Les inscriptions du podium de l'amphithéâtre d'Italica
Full text
Cahiers du Centre Gustave Glotz Revue reconnue par le CNRS X 1999 PUBL1CATIONS DE LA SORBONNE DE BOCCARD
Bulletin 371 trouvée á Steinsel prés de Luxembourg, en pays trévire (AE, 1989, 542) : Dea Ceruin/co Soltrius / Pruscus/ u(otum) s(oluit) l(ibcns) m(erito). II faut ajouter une dédicace découverte en 1981 á Laudun (Gard), au lieudit Plouzole, sommairement publiée dans une revue lócale (j. Charmasson, Deux inscriptions romaines inéditos de la región bagnolaise, dans Rhodanie, n° 13, 3C trim. 1985, p. 46-47, photogr.) : [Dis] / manibus / C(ai) Soltri(i) / Prisci. L’étrange coincidence qui veut que les cognomina des deux Soltrii, Pruscus et Priscus, soient presque identiques2 achéve de souligner les liens, au plan onomastique, entre lesTrévires et les Volques Arécomiques. S. Dardaine estime que la lettre qui suit le nom Soltrus n’est ni un K ni un L, mais un F, pour ffilius). Pour ce qui est de la forme inhabituelle de cette lettre, on peut comparer, par exemple, avec ILB 127 (Buzenol). F. Bérard releve des différences stylistiques entre la stéle de C. Largennius et celle de Q. Sertorius Quadratus ; elles ne sont pas nécessairement contemporaines. S. Demougin souligne que l’absence, sur les deux inscriptions, du surnom de la légion constitue un indice de haute époque. P. Le Roux suggére que Largennius, dont le gentilice parait celtique, pourrait étre originaire de Lucus Augusti (Lugo) plutót que de Lucques. J. Scheid precise que le site archéologique de Steinsel correspond á un pedt sanctuaire de tradition indigéne (fanum). Séance du 14 mars 1998 A Paris, centre Gustave-Glotz. Présidence : M.J. Scheid, vice-président. M.John Scheid présente les excuses de M. J.-P Martin, souffrant. II a le plaisir d'accueillir le Prof. Antonio Caballos Rufino, de l’Université de Séville, qui va nous présenter les résultats de fouilles recentes effectuées dans l’amphithéátre d’Italica. II donne ensuite la parole á Mme Monique Dondin-Payre au nom du Comité scientifique de la SFER : Le Comité scientifique s’est réuni á 9 h 30, ce samedi 14 mars 1998. Etaient présents : F. Bérard ; G. DiVita-Evrard ; M. Dondin-Payre ; X. Dupuis ;J.-M. Lassére. Excusés :J.-P. Bost ; M.-Th. Raepsaet-Charlier. P. Le Roux, membre du Comité, participait au incme moment á la réunion du Comité d’administration, auquel il appartient également. Le Comité scientifique constate l’absence de plusieurs membres, ainsi que d’ordre du jour sur la convocation ; il ne s’est done pas cru autorisé á procéder á Félection du bureau (directeur et secrétaire) prévue dans l’article 14 des statuts. Celle-ci est fixée au 20 juin 1998 a 9 h 30. Les modalités de fonctionnement futur (proposition de vote á bulletin secret, á la majorité absolue pour le premier tour, relative ensuite, par procuration éventuellement á raison d’une seule procuration par personne), le role du Comité scientifique et les questions de modalités de publication du Bulletin de la S.F.E.R. ont été discutés. Communications : Antonio Caballos Rufino, Michel Molin. 2 II est possible que Priscus représente une forme latinisée du nom celtique PruOcus/Pruscus, d’ou dérive aussi le gentilice Pruscius (cf.A. Holder, Alt-celtischer Sprachschatz, II, Leipzig, 1904, col. 1049-1050).
37* Société FRANpAISE d'études épigraphiques sur R ome et le monde romain Caballos Rufino (A.), Les inscriptions du podiutn de Vamphithéatre d’Italica [résumé]. La préparation de la seconde édition du CIL II permet un renouvellement profond de l’épigraphie d’Italica. Parini P ensemble monumental qu'ofFre cette cité, patrie de Trajan et d’Hadrien, se distingue tout particuliérement 1’ amphithéatre, Y un des plus grands de l’Empire, utilisé de l’époque d’Hadrien jusqu’au IVe siécle au moins. Au point de vue typologique, les inscriptions provenant de ce monument se répartissent en quatre groupes : 1) inscriptions juridiques (CIL. II, 6278 : Senatusconsultum de sumptibus ludorum gladatoriorum minuendis et la lettre CIL. II, 5368 ; 2) inscriptions avec gravure d’empreintes de pieds venant du sacellum traditionnellement identifié comme un Néméséum ; 3) inscriptions funéraires ; 4) inscriptions gravées sur des éléments de structure de 1’édifice. Dans ce dernier groupe, on remarque notamment les inscriptions de la corniche qui couronne le podium. La majorité des blocs conservés (85 % du total) portent un texte épigraphique. En 1868, Demetrio de los Ríos mit au jour les 16 premiers.J. M. Luzón en exhuma 11 autres en 1970, mais sans les publier. Nous en avons rasssemblé 21 de plus, encore á ce jour inédits. II s’agit d’inscriptions de caractére privé, destinées á identifier les siéges de la tribune réservée aux membres de l’élite de la cité, avec des références onomastiques concernant soit des groupes familiaux soit des individus, et, dans ce dernier cas, figure parfois la mention d’une charge revétue. La superposition des registres et l’oblitération des sigles révélent l’utilisation des mémes siéges par des personnages ou des groupes familiaux différents au cours des temps, ainsi que la possibilité de louer des siéges á des particuliers. J. Scheid remercie Lorateur. L’cnquéte n’est pas encore achevée et le matériel épigraphique s’enrichira lorsque les blocs auront été retournés. Pour revenir sur la chapeOe á Némésis, les représentations de pieds font référence á la praesentia de la divinité. Antonio Caballos Rufino observe qu’on a peut-étre affaire á un Panthéon plutót qu’á un Neinesaeum. C. Lepelley suggére que le titre de praefectus pourrait désigner un préfet produumvir. Caelestis est-elle la Junon Caelestis de Carthage ? Antonio Caballos Rufino répond qu’il s’agit sans doute d’Isis, bien qu’il y ait eflfectivement beaucoup d’Afncains á Itálica. M. Christol remarque qu’á Nímes on rencontre des mentions de grandes corporations dépassant le cadre local (nautes par exemple). M. Navarro ajoute que les Fabii Seneciani sont déjá bien connus á Itálica comme á Tucci. Molin (M.), Sur une anomalie de titulature d’un préfet des uéhicules de Commode [résumé]. Une inscription grecque d’Ephése nous a conservé la carriére de Marcus Aurelius Mindius Mattidianus Pollio (J. Keil, JÓ Al, 23, 1926, col. 269-270 = AE. 1928, 97 — SEG. IV, 520). Sur le personnage : H.-G. Pflaum, Cursus