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Action et interaction entre les peuples de la Méditerranée. La traduction en arabe de textes scientifiques grecs dans le Califat de Cordove: la version revisée du Materia Medica de Dioscorides

Cabo González, Ana María

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This pdf is a digital offprint of your contribution in A. Pellitteri, M.G. Sciotino, D. Sicari & N. Elsakaan (eds), Re-defining a Space of Encounter. Islam and Mediterranean: Identity, Alterity and Interactions, ISBN 978-90-429-3640-9. The copyright on this publication belongs to Peeters Publishers. As author you are licensed to make printed copies of the pdf or to send the unaltered pdf file to up to 50 relations. You may not publish this pdf on the World Wide Web – including websites such as academia.edu and open-access repositories – until three years after publication. Please ensure that anyone receiving an offprint from you observes these rules as well. If you wish to publish your article immediately on openaccess sites, please contact the publisher with regard to the payment of the article processing fee. 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Right Belief and Good Behaviour in the Definition of a Muslim . . . . . . . . . . . . . . . . 13 András Mércz Conversion in the Chronicle of Zuqnīn: Reversed Baptism or Authentic Shahāda? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 Antonella StraFace The Calling of the Roots of Truth: the Prayer in al-Sijistānī’s Ismaili View . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 HISTORY Marek M. dziekan How Aḥmad al-Nāṣirī quoted European Sources. The Case of Descripción historica de Marruecos by Manuel P. Castellanos . . . . 49 Antonino Pellitteri Al-ṭā’ifa al-bāġiya on one side and mušrikūna on the other. The Ideological Dispute between Ottoman Syrian Governors and Wahhabis in the Early 19 th Century. A Historical and Terminological Analysis of Some Syrian-Lebanese Documents and the Tārīkh Nağd by Ibn Bišr 63 Pavel Shlykov Islamic Institutions in the Socio-Political Process and Development of Civil Society in Turkey: the Case of Cemaats . . . . . . 77 Johannes thoMann Tools of Time: Devices for Organizing Public and Private Life in the Premodern Islamic World . . . . . . . . . . . . . 87 VI TABLE OF CONTENTS Dmitry R. Zhantiev Allies of the Sultan? Traces of the Plan of a Russian Military Expedition to Ottoman Syria in the 1830s . . . . . . . . . . 97 LITERATURE Julia Bray From Spain to Syria: What did al-Jilyānī Bring with him? . . . 105 Francesca Maria Corrao Guḥā: a Trickster across Different Cultural Borders . . . . . . 115 Hilary kilPatrick Arabic Poetry among Christians in the Early Ottoman Period . . 123 Bernadette Martel-thouMian «De curieux notables». Étude sur le Mut‘at al-adhhān d’Ibn al-Mallā (937-1003/1530-1595) . . . . . . . . . . . . . . . 133 Ulrich MarzolPh Reconsidering the Origins of the Thousand and One Days . . . 141 Nefeli PaPoutSakiS Al-Aḥnaf al-‘Ukbarī (ca. 301-385/914-995), a Sui Generis 10th-Century Arab Poet: Major Themes of his Complaint Poetry (Shakwā) . . . 153 Monica Ruocco Archive et révolution: espaces de débat et pratiques culturelles en Syrie dès 2011 . . . . . . . . . . . . . . . . . 165 Simone SiBilio Mediterranean Poetic Geographies. Cross-Cultural Patterns and Paths in Munṣif al-Wahāybī’s City Poetry . . . . . . . . . . . 177 Richard van leeuwen The Esoteric Roots of the Story of the ‘Queen of the Serpents’ . . 189 TRAVELS Cristiana Baldazzi The Power of Representation: Museums and Monuments through the Eyes of Arab Intellectuals between the 19th and 20th Centuries . 207 Nikolay N. Dyakov Alexandria of Egypt in Russian Travelogues of the 19th Century from the Libraries and Archives of Saint Petersburg . . . . . . . 219 TABLE OF CONTENTS VII Lutz richter-BernBurg Ibrāhīm b. Ya‛qūb from Tortosa as a Source of Arabic Itala: the Case of Friuli and Lombardy . . . . . . . . . . . . . . . 227 Daniele Sicari Gerusalemme e la Palestina nella Riḥla maqdisiyya dello Shaykh Jamāl al-Dīn al-Qāsimī (1903) . . . . . . . . . . . . 239 LANGUAGE AND LINGUISTICS Rosanna Budelli Cultural and Religious Syncretism of Coptic Magic in the Arabic Language. Manuscript n. 412 from Muskī (Cairo): New Insights . 255 Pierre Larcher Mais que vient donc faire Yaḥyā al-Naḥwī ici? Sur une citation du Lisān al-‘arab d’Ibn Manẓūr . . . . . . . . . . . . . 269 Vladimir leBedev Système périodique des éléments temporels de la langue arabe littéraire (présentation du tableau périodique) . . . . . . . . . 283 ART AND INSCRIPTIONS Vincenza graSSi Rethinking Arabic Pseudo-Inscriptions in Context . . . . . . 297 Ennio G. NaPolitano The Transfer of Arabic Inscriptions in Italian Gothic and Renaissance Painting: A New Approach. The Words al-mulk, baraka and al-yumn in 14 th and 15 th Century Italian Paintings . . . . . . . . . 315 Aram A. Shahin An Interpretation of the Title Khalīfat Allāh in Light of Pre-Islamic Arabian Inscriptions and Early Islamic Documents . . . . . . 335 Jan M.F. van reeth Les premiers scribes musulmans et les origines syro-arabes de leur art 345 Eva-Maria von keMnitz The hand / khamsa Symbol in the Mediterranean: the Case of Algeria 353 VIII TABLE OF CONTENTS LAW Vasco Fronzoni Du droit pénitentiaire islamique à la prévention de la radicalisation violente et du prosélytisme à l’intérieur des prisons aujourd’hui. Le cas Italie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 375 Pietro Longo Arab Uprisings, Constitutional Law and Islam: Perspectives for an Accountable Government in Libya . . . . . . . . . . . 391 PHILOSOPHY AND SCIENCES Carmela BaFFioni The Three Kinds of Ritual in Ep. 50 of the Ikhwān al-Ṣafā’ . . . 405 Ana M. caBo-gonzález Action et interaction entre les peuples de la Méditerranée. La traduction en arabe de textes scientifiques grecs dans le califat de Cordoue: la version revisée du Materia medica de Dioscorides . . . . . . . 415 Yassir el JaMouhi Die Rezeption der Unsterblichkeitslehre des Aristoteles in Miskawaihs Tahḏīb al-akhlāq . . . . . . . . . . . . . . . . . 427 István lánczky God’s Knowledge of Particulars: Avicenna and the Greek Philosophical Tradition . . . . . . . . . . . . . . . . . . 439 Miklos Maróth Yaḥyā ibn ‘Adī and the adab al-munāẓara . . . . . . . . 455 Monica Scotti The Power of Knowledge and the Knowledge of Power . . . . 461 Ana M. Cabo-González 1. IntroduCtIon Le développement des sciences est une tâche dans laquelle ont participé tous les peuples de la terre à divers degré, des hommes et des femmes qui y ont contribué de leurs efforts et leurs volontés propres à l’être humain. La civilisation de l’Islam s’est emparée de toutes les branches du savoir intellectuel et technique. Elle a accompli des découvertes prodigieuses dans différents domaines de la science, tout particulièrement au Moyen-Âge à al-Andalus, notamment du 9 ème au 12 ème siècle. Dans cet intervalle de siècles, la science du monde arabe et, en particulier, la médecine, la pharmacologie et la botanique, domaines dont nous allons nous occuper, ont parcouru diverses étapes que l’on peut résumer, à grands traits, en quatre: 1. La première période commence au moment de l’arrivée des musulmans à al- Andalus et se finit à l’onzième siècle. L’activité scientifique se concentre à Cordoue, ville que sous le mécénat de la cours (califale) devient le focus culturel principal à al-Andalus. Tout au début de la période, la science des Wisigoths et des Romains survivait, et y s’ajouta petit à petit les connaissances propres à l’Occident, surtout dès la seconde moitié du 9 ème siècle, où les échanges culturels et scientifiques entre l’Occident et l’Orient augmentent pour produire les meilleurs fruits à la moitié du 10 ème siècle à al-Andalus. 2. La seconde période correspond au premier siècle d’or à al-Andalus, le 11ème siècle. Ce siècle coïncide historiquement avec les royaumes de ‘Taifas’, et il est le plus important de la production scientifique. La rivalité entre les ‘Taifas’ pour devenir supérieures les unes aux autres fait de ce siècle le plus productif et l’exposant maximum des expressions culturelles et scientifiques à l’époque. Nous y assistons à l’un des moments des plus productifs de l’histoire des sciences à la Péninsule Ibérique. 3. La troisième période coïncide avec le second siècle d’or des sciences de al- Andalus, c’est-à-dire, le 12 ème siècle, un siècle surtout dominé en politique par les Almoravides et Almohades, et dont l’activité scientifique se concentre dans la nouvelle capitale de al-Andalus, Séville. ACTION ET INTERACTION ENTRE LES PEUPLES DE LA MÉDITERRANÉE. LA TRADUCTION EN ARABE DE TEXTES SCIENTIFIQUES GRECS DANS LE CALIFAT DE CORDOUE: LA VERSION REVISÉE DU MATERIA MEDICA DE DIOSCORIDES 416 A.M. CABO-GONZÁLEZ 4. La quatrième et dernière période qui commence avec le début du 13 ème siècle et qui s’accomplit à la fin du 15 ème siècle, marque déjà le déclin de la science andalouse en faveur de celle du Maghreb. La cour Nazari à Grenade d’elle seule continuera une production digne à être mentionnée mais très peu étendue. Ce travail va se concentrer dans la première période, c’est-a-dire, celle qui coïncide avec la Cordoue califale, centre névralgique de l’activité politique de al-Andalus et, surtout, centre névralgique de l’activité scientifique qu’on vient de mentionner. Ce sont les siècles 9ème, 10ème et le début du 11ème, et notamment, la période califale du royaume de ‘Abd al-Raḥmān III. 2. Cadre hIstorIque Depuis la naissance de l’Empire musulman, les rapports entre les arabes et les peuples voisins, byzantins et perses, se sont caractérisés par une confrontation continue à contrôler les mêmes territoires.1 Et au fur et à mesure que le pouvoir politique et territorial musulman prend force, ses intérêts se dirigent vers l’appropriation de la connaissance et la sagesse dont les peuples voisins étaient dépositaires à cette époque. La conséquence immédiate serait une action parfaitement orchestrée de la part du gouvernement califal de Baghdad à fin de s’armer des livres, principalement scientifiques et techniques, contenus dans les bibliothèques perses et byzantines 2 et ensuite les traduire en arabe, pour s’emparer des connaissances millénaires des ces Empires. Ces livres leur parviennent soit par voie de cadeaux, soit par voie ex polio. Nous trouvons des exemples dans les offres des œuvres de la part de Baghdad à Byzance que nous lisons dans Les prolégomènes de Ibn Khaldūn, où al-Manṣūr (754-775) avait écrit à l’Empereur byzantin en lui demandant de lui envoyer des livres de sciences, ce qui eut comme réponse l’envoi de plusieurs œuvres parmi lesquelles l’une d’Euclide. 3 Et plein d’autres histoires peuvent s’y ajouter et dont les descriptions se trouvent dans diverses sources. 4 1 De la vaste bibliographie que ce sujet a développé, on peut signaler la suivante: A. VasIlIeV, Byzance et les arabes, Bruxelles, 1935-50; M. Canard, Les relations politiques et sociales entre Byzance et les arabes, Dumbarton Oaks Papers 18 (1964), pp. 33-56. 2 Une histoire détaillée de ce procès et des rapports que pendant des siècles ont tenu les arabes et les byzantins peut se trouver en J. sIGnes Codoñer, La diplomacia del libro en Bizancio. Algunas reflexiones en torno a la posible entrega de libros griegos a los árabes en los siglos VIII-X, Scrittura e Civiltà 20 (1996), pp. 153-87. 3 Cf. Ibn Jaldun, Muqaddima, ed. El Cairo, 1930, trad. J. Feres, México, 1977, p. 890. 4 Cf. J. sIGnes Codoñer, La diplomacia del libro, pp 159-72. On y trouve une énumération détaillée des multiples missions envoyées pour la récolte des livres à fin d’être traduits en arabe à la cour de Baghdad. ACTION ET INTERACTION ENTRE LES PEUPLES DE LA MÉDITERRANÉE 417 Les rapports entre les musulmans et les byzantins ne furent toujours caractérisés par la confrontation, au contraire ils étaient aussi paisibles et cordiales et donc la diplomatie entre les deux Empires passait en plusieurs occasions par l’échange de cadeaux, fréquemment des livres en général avec des précieuses illustrations. Dès l’arrivée des arabes à la Péninsule Ibérique, ces rapports diplomatiques se sont intensifiés, notamment par l’intérêt de Byzance de compter sur un allié de l’autre côté de la Méditerranée face aux problèmes causés par les États naissants dans les côtes africaines, et dont la situation avait cassé l’hégémonie de l’empire grec sur cette mer.5 Les byzantins se sont caractérisés tout au long de l’histoire pour faire de la diplomatie un art, et de cette guise maintenir vif leur Empire pendant des siècles, même sous les menaces omniprésentes des invasions des peuples qui l’entouraient, guerriers et dominants. Ils furent les premiers à développer une politique extérieure et à structurer parfaitement une chancellerie destinée à la préparation des documents nécessaires pour l’envoi des ambassades à d’autres peuples, ainsi qu’à la formation des personnes appropriées pour telles missions, des diplomates.6 De façon que, sous l’héritage des grandes connaissances grecques dans la matière, ils ont toujours eu conscience de l’importance et la nécessité des rapports avec l’empire musulman, et ils eurent absolument à faire des continus et paisibles rapports. De leur côté, les diplomates de al-Andalus ainsi que leur structure administrative ne répondaient à la même organisation chez les Byzantins. Les arabes envoyaient des ambassades constituées par des personnes proches des émirs et califes, des membres de premier rang de la cour et, d’ailleurs, connaisseurs des langues du lieu où ils avaient été envoyés.7 3. rapports dIploMatIques entre bysanCe et al-andalus 3.1 Antécédents Les rapports entre les peuples des deux extrêmes de la Méditerranée remontent à l’antiquité.8 Pendant la période wisigothe de la Péninsule Ibérique, l’influence b yzantine vint de la main des affrontements religieux et sociaux qui divisaient 5 Cf. F. J. Martín Fernández, Las relaciones diplomáticas y el derecho de embajada entre Córdoba y Bizancio (siglos IX-XI), Axerquía 6 (1983), p. 87. 6 Ibid., p. 91; L. GarCía arIas, Una embajada occidental a Bizancio hace mil años, Zaragoza, 1955, p. 297. 7 Cf. F.J. Martín Fernández, Las relaciones diplomáticas, p. 92. 8 Une bibliographie complète et détaillée des périodes pré et post-Arabes dans la Péninsule Ibérique peut être trouvée dans A. b raVo G arCía , Bizancio y España. Hitos en una relación de siglos, I Congreso Internacional: España en Grecia-Grecia en España, Madrid, 1999, pp. 45-56. 424 A.M. CABO-GONZÁLEZ Cette traduction de Iṣṭafan b. Bāsīl arriva à al-Andalus et fut utilisée par les ‘andalous’ et par les orientaux jusqu’a l’époque de ‘Abd al-Raḥmān al-Nāṣir. Vers l’année 337/948, ‘Abd al-Raḥmān reçut de la part de Romain, Empereur de Constantinople, une lettre accompagnée de cadeaux à la grande valeur, entre lesquels se trouvait le Traité de Dioscorides qui était illustré de superbes miniatures grecques et était écrit en grec, la même langue que le Joni. Cet envoi comprenait l’Historie de Orose à propos des faits du passé, des anciens rois et des événements importants (…) Parmi les chrétiens de Cordoue il n’y avait personne en mesure de lire le grec, qui est le Joni ancien. En conséquence, le livre de Dioscorides resta à la bibliothèque de ‘Abd al-Raḥmān al-Nāṣir sans être traduit en arabe: donc il était à al-Andalus mais ses habitants utilisaient la traduction de Iṣṭafan b. Bāsīl venant de Baghdad. Lorsque al-Nāṣir réponda au byzantin, il lui demanda d’envoyer quelqu’un maitrisant le grec et le latin pour enseigner ces langues à ses esclaves (…) Et l’Empereur lui envoya un moine qui est arrivé à Cordoue en l’an 340/951. À cette époque, il y avait à Cordoue une série des médecin dédiés à la recherche et l’enquête pour l’établissement des noms des éléments simples venant du livre de Dioscorides et dont les équivalences en arabe étaient méconnues. L’un d’entre eux, le plus intéressé et diligent, était le médecin juif Ḥasdāy b. Shaprūṭ qui essayait de faire plaisir à ‘Abd al-Raḥmān. Le moine Nicolas devint son copain intime et apprécié. À ce temps, habitaient aussi à Cordoue des médecins consacrés à l’établissement des noms compris dans le livre. Entre autres, on trouve Muḥammad, dit al-Shajjār; un autre dit al-Basbāsī et Abū ‘Uthmān al-Jazzār, surnommé al-Yābisa; les médecins Muḥammad b. Sa‘īd, ‘Abd al-Raḥmān b. Isḥāq b. al- Haytham et Abū ‘Abdallāh al-Siqillī, celui-ci parlait le grec et connaissait les propriétés des drogues. Tous étaient contemporains du moine Nicolas, et connus au même temps au royaume de al-Mustanṣir (350/961-366/976). J’étais à l’époque son ami. Nicolas mourut au tout début du royaume de ce Calife. Et grâce aux recherches poursuivies par ce groupe de médecins autour des noms des éléments simples du livre de Dioscorides, à Cordoue et même dans tout al-Andalus , on connaissait les vraies vertus et la prononciation exacte des noms écartant les erreurs, exception faite d’un tout petit nombre d’entre eux, à peine dix, ce qui semble négligeable. 20 Cette extraordinaire et précise description faite par l’un des chercheurs qui avait participé à la nouvelle édition de la Matière Médicale nous donne les clés pour comprendre l’histoire, tantôt du moment même où les faits se déroulent tantôt sur les circonstances où ils se produisent et les personnes qui y sont reliées. 20 Cf. I bn y ulyul , Libro de la explicación de los nombres de los medicamentos simples tomados del Libro de Dioscórides, I. Garijo Galán (ed.), Córdoba, 1992, pp. 33-35. ACTION ET INTERACTION ENTRE LES PEUPLES DE LA MÉDITERRANÉE 425 5. en GuIse de ConClusIon Il n’y a pas de doute si l’on affirme que, dans le Moyen-âge, les musulmans ont participé activement au développement des sciences, et que leur contribution toucha le moment critique à al-Andalus, tout notamment entre les siècles IX–XII. La période califale du royaume de ‘Abd al-Raḥmān III (921-961) est particulièrement importante à cause de la nature des rapports diplomatiques qui se sont établis avec d’autres peuples, et, dans le cas où nous sommes, avec Byzance, tout spécialement avec l’Empereur Constantin VII. Le cadeau que cet Empereur envoya à ‘Abd al-Raḥmān III au cours d’une mission depuis Constantinople, un exemplaire en grec de la Matière Médicale de Dioscorides magnifiquement illustré, fut le déclenchement à produire une profonde révision et actualisation du contenu d’un ouvrage médico-pharmacologique des plus importants, répandu tout au long de l’histoire des sciences dans le monde. Ce fait aboutit à une nouvelle version de la Matière Médicale, adaptée à la nature, la géographie, la botanique et la médecine de al-Andalus, et aux connaissances du moment, tout en provocant une révolution dans le domaine qui signale la pierre angulaire dans l’histoire des sciences et un déclanchement de la médecine et son développement ainsi que celui de la botanique et de la pharmacologie.