Cours de physique expérimentale et théorique : formant la derniere partie d'un cours complet de philosophie, précédé d'un précis de mathématiques qui lui sert comme d'introduction. Tome second
Full text
l
PHYSIQUE
EXPÉRIMENTALE.
.
THÉORIQUE.
É
>
23
DES
Y
COURS
PHYSIQUE
EXPÉRIMENTALE
ET
THÉORIQUE;
For
m4xr
la
derniere
Partie
d'un
Cours
Complet
de
Philofophie,
précédé
d'un
Précis
de
Mathématiques
qui
lui
fers
-
comme
d'Introduétion,
Par
MlAbbéSAUR
T,
Correfpondane
de
l’Académie
Royale
des
Sciences
de
Montpellier,
_—.
FF
3,%
TOME
SECOND#
YA
2
.
4
PARIS,
Chez
12
R
O
U
L
L
É
3
Libraire
A
:
__
Notre-Dame,
vis
vis
Le
Quai
de
Gévres.
M.
DCC.
LXXVIL
Avec
Approbation
>
C
Privilese
du
Roi
6
pr;
SAVEURS
rence
entre
les
faveurs,
afin
que
Îles
animaux
puflent
éviter
les
alimens,
jee
l
,
r
-
G
.
nufrbles
;
car
en
général
aucun
ali
MENT
pernicieux
ref
d’un:
goût
gra
cieux
,
&
celui
qui
eft
propre
à
notre
nourriture,
n’eft
pas
d’un
goût
défa-
gréable
;
il
ne
s’agit
pas
ici
de
Ja!
gloutonnerie,
qui
peut
rendre
nuif-
ble
Paliment
le-plus
flutaire
»
ni
des,
fofliles
;
que
la
nature
N'a
point
offeit.
aux
hommes,
mais
que
Part
a
cher.
ché;
nides
mets
COmpofés,
danslef.
quels
ont
peut
méler
du
poifon.
Les.
#PIMAUX
,
Qui
ne
peuvent
rien
ap=
doïvent
vivre
de
végétaux,
qui
font
|
mélangés
d’efpeces
nutfibles
|
ont.
teçu
des
Papilles
plus
longues
,
&
une
langue
plus
Clégamment
conf.
truite
que
les
hommes
>
Qui
n’en
n’avoient
pas
befoin.
Ce
qne
les
ani-
Maux
digerent
eft
bon
pour
les
nour-
TK,
tandis
que
les
fubftances
qu'ils
RER
RGEPANCET
7.
rar
vases
E
TRES
SO
DE
URSS.
4
ne
digerent
pas,
leur
font
nuifibles.
Delà
certains
alimens
font
fains
pour
quelques
animaux,
&
des
poi-
fons
pour,d’autres.
.
6,
L'odorat
nous
fert
auffr
à
de
tinguer
les
alimens
nuifibles,
à
nous
prévenir
fur
le
danger
qu'il
y
a
fou*
vent
de
les
goûter,
à
éviter
la
pour-
rijure
qui
eft
très-dangereufe
dans
les
ältmens
,
&
à
nous
faire
découvrir
ceux
qui
font
utiles
&
agréables,
Les
hômimes
abandonnés
à
eux-mêmes,
ont
paru
avoir
la
délicatelle
de
Por
gane
néceflaire
pour
diflinguer
de
oin
les
qualités
des
alimens;
&
il
n'eft
guere
de
moyen
plus
für
pour
juger
de
la
vertu
médicinale
des
plantes,
que
le
témoignage
combiné
du
goût
&.de
l’odorat;
c’efl
pour
cela
,
fans
doute
;
que
le
Créateur
a
placé
dans
les
animaux
Porgane
de
Podorar
aux
environs
de
celui
du
goût;
c’eft
encore
pour
cela
que
les
animaux
4
qui
font
obligés
de
chercher
au
loin
leur
proie,
&
qui
doivent
diftinguer
parmi
plufieurs
plantes
qui
fe
ref-
femblent,
celles
qui
leur
font
nui-
fibles
ou
falutaires,
ont
lodorat
très-
fin
&
très-fubtil.
Cer
organe
a
fon
À
4
%
;
8
bBEs
Saveurs
fiege
dans
une
membrane
pulpeufe,
molle
|
vafculaire,
Papillaire
,
po-
reufe,
à
laquelle
fe
difiribue
un
ailez
grand
nombre
de
nerfs
qui
tapiflent
toute
la
cavité
interne
des
narines,
arrofée
d’un
mucus
infipide
,
fade,
Vilqueux
,
fluide
lorfqwik
eft
récent,
_deftiné
à
préferver
de
la
féchereffe
les
nerfs
qui
s’y
diflribuent
en
aflez
grand
nombre.
Ce
imucus,
qui
humede
de
-
Tous.
côtés
la
membrane
olfadive
,
Eil
produit
par
les
artères
des
nar-
tiñes
;
quile
dépofent
en
partie
dans
des
conduits
cylindriques
qui
y
{ont
en
grand
nombre,
&
en
Partie
dans
des
véficules
arrondies
qui
font
vi
fibles.
#
L'air
rempli
de
Particules
très
-
f-
pes,
invifibles
,
volatiles,
falines
:
huïleufes,
qui
s’échappent
des
COIps
odorans
,
attiré
dans
les
narines
pen-
dant
Pinfpiration
>
dépofe
ces
molé-
-cules
für
des
nerfs
nuds
&
mols,
qui
tranfmettent
jufqu’au
fenforiuns
des
impreffions
qui
font
difäinguer
3
lame
différens
genres
de
fels
&
d'huiles,
Plus
les
Corps
abondent
en
païties
falines.
fulfareutes
;
que
Ja
chaleur
volatilife,
Plus
ils
font
odo-
E
Te
Dr
O
DE
URSS
9
trans
:
Peau,
qui
ne
contient
rien
de
femblable
,
-ne
fauroit
exciter
aucune
fenfation
d’odeur.
Les
parties
odo-
rantes
font
très-fenfibles
,
puifqu'un
grain
de
‘mufc
peut
rempli
une
chambre
de
fon
odeur
pendant
plu-
fleurs
années
fans
perdre
fenfiblement
de
fon
poids.
L'huile
mélée
avec
le
fel
fait
Podeur
comme
la
faveur
;
mails
le
goût
nous
fait
plutôt
diftin-
guer
les
parties
fixes
;
&
Podorat
les
parties
volatiles
,
qui
s'appliquent
fur
des
nerfs
mols
&
nuds,
qui
paroif>
fent
les
’attirer
avec
plus
où
moins
de:
violence.
ee
-.
=
:
-
Et
comme
ces
nerfs
font
fortirri-
tables
,
il
n’eft
pas
furprenant
que
les
odeurs
les
affectent
ficilement.
C’eft
en
conféquence
que
certaines
odeurs
peuvent
faire
revenir
ft
efficacement.
ceux
qui
fe
trouvent
mal,
où
qui
ont
été
fubmrergés.
C’eft
delà
encore
que
les
parties
volatiles
acres.exitent
un
éternuement
violent,
que
Fodeur
des
médicamens
purgatifs
Tâche
le
ventre.
Les
éternuemens
trop
-fré-
quens
deviennent
nuïfibles,
&
lon
elt
expofé
à
perdre
la
vue,
à
caufe
de
la
communication
qu'il
y
a
entre
À
5
10
DES
SAvEURS
&c.
Jes
nerfs
des
yeux
&
ceux
de
lodo=
fat.
*
-
&
CHAPITRE
IL
|
DU
SON.
7.
ON
peu
confidérer
le
fon
dans
le
corps
fonore,
dans
le
milieu
,
qui
_
en
eft
le
véhicule
:
c'eft
Pair
;
où
enfin
dans
Porgane
de
lonie,
C’eft
Pourquoi,
pour
entendre
un
fon,
H
eft
nécefläire
qu’il
exifle
dans
un
Corps
qui
réfonne
,
un
mouvement
de
tremblement
ou
de
frémifflement
tranfmis
aux
particules
de
Pair,
&
par
fon
moyen
jufqu’à
Poreille
de
Paudi-
teur.
En
effet,
Les
corps
ne
réfon-
ment
pas,
à
moins
qu'ils
ne
foient
frappés
,
&
ceux
qui
téfonnent
le
plus
font
les
corps
durs
&
clafliques
,
dont
les
parties
d’abord
fléchies
par
:
.
Une
percuffon,
reprennent
leur
pre-
mier
état
par
leur
force
élaftique,
&
font
des
ofcillations
plus
ou
moins
grandes.
C’eft
ce
qui
arrive
à
une
corde
de
violon
bien
tendue,
qu'on
|
DU:
S
ON
TE
fléchit
par
le
moyen
d’un
coup
d’on-
gle;
car
alors
elle
fait
des
vibrations
fonores
,
qui
ceflent
tout
à
coup
fi
on
touche
la
corde
avec
le
doigt,
ou
avec
un
autre
corps
folide.
Il
eft
vifible
que
cette
corde
ne
peut
fe
courber
en
arc,
à
moins
qu'elle
ne
s’allonge,
&
que
fes
parties
ne
s’élor:
gnent
un
peu
les
unes
des
autres
;
elle
ne
peut
fe
raccourcir
en
repre-.
nant
fa
premiere
fituation,
à
moins
que
fesmolécules
ne
fe
rapprochent:
d’où
il
fuit
que
toute
la
corde
&
fes
plus
petites
molécules
doivent
être
agitées
par
des
vibrations
alternatt-
ves.
Quand
on
approche
la
main
d’une
cloche
immobïle,
qui
fonne,
on
fent
un
certain
frémiflement
dans
les
parties
de
cette
cloche.
Bien
plus,
f
lon
place
une
cleche
de
verre
entre
deux
planchés
paralelles,
dont
lune
porte
une
vis,
dont
la
pointe
foit
très-peu
éloïgnée
de
la
cloche,
quand
on
frappera
la
cloche,
on
entendra
un
certain
frémiffement
du
verre,
qui
frappera
la
pointe
de
la
vis
dans
fes
vibrations
alterna-
tives
;
car.
les
zones
circulaires
de
cette
cloche
prennent
alternative-
A0
12
DU.
So.
ment
une
figure
ovale,
dont
Le
petie.
diametre
fe
trouve
d’abord
dans
la
dretion
de
La
Percuflion
,
&
le.
grand
dans
une
ftuation
pérpendi-
Culaire
aäw
premier:
Si
une:
corde:
dinfirument
n'eft
pas
aflez
tendue
;
Où
ft
étant
affez
tendue
ele
ef
agi.
tée
par
ladion
d’un
archer
enduit
de
fuif,
elle
fait
des
vibrations
fans.
Produire
aucun
fon;
Parce
qu’alors.
-
Petites
parties
ne
font
pas
des.
vibrations
fafifantes
POur
commu
niquér
à
Pair
le
mouvement
que
Je.
fon
demande,
C’eft
Pour
la
même
Rifon
que
les
branches
dune
pin-
cette
rapprochées
d’abord
par
lation:
des
doigts,
&
livrées
enfuite
à
elles
mêmes
,
font
des
Yibrations
fans.
rendre
aucun
fon
5
Mais
fr
en
ofcil.
ant
arnf
elles
rencontrent
un
Corps.
dur
,
elles
réfonnent
auf
-tôt,
Si
on
frotte
tn
archet
avee-de
la
réfine.,
Le
frottement
qu’il
produira
enfüite
fur
une
corde
de
violon,
COMMuniquers.
:
aux
molécules
de
cette
corde
un:mou
vement
de
vibration
trés-propre:
pour
le
fon.
Prenez
un
verre
à
boiretrès=
Hunee
;
&
pañez
far
{on
bord,
en:
le
frottant
,.
votre
doigt
un
pen
\
DAS
ON
mouillé,
vous
entendrez
un
fon
plus
ou
moins
confrdérable
;
5
&
ce
fon
iera
felon
[a
quantité
d’eau
que
Téndra
le
verre;
l’on
remarquera
aufli
que
Peau
frémira
à
la
furface,
&
qu'il
s’en
élancera
de
fort
petites
gouttes
,
qui
s’éleveront
à
différentes
|
hauteurs
:
cette
expérience
efl
agréa-
ble
à
voir.
Ces
expériences
nous
font
comprendre
queélefon
n’eft
pas
pro-
duit
par
le
feul
mouvement
ofcilla-
toire
du
corps
total,
mais
plutôt
par
le.
frémillement.
de
fes
particules,
Cell
Ia
raifon
pour
laquelle
les
-COTPS
MOUS
&
peu
élafiiques.,
dont
les
parties
font
peu
propres
au
mou-
vement
vibratorre,
font
très-peu
fo-
nores.
Néanmoïns
certains.
corps
pe
propres
à
réfonner,
peuvent
parleur
.
mélange,
former
un
corps
très-fono-
re,
comme
il
arrive
lorfqu'on
fait
des
cloches,
en
mélant
le
cuivre
avec
l'étain,
Tout
ce
qui
peut
em-
pêcher.
ou
diminuer
le
mouvement
de
vibration
nuiteau
fon.
Ceft
pour-
quof
les
tymbres
des
‘horloges
cou-
verts
de
neige,
les
tambours
CO
verts
d’un
ieea
on
tès-pen
=.
nores,
14
DU
Sox.
On
fait
ceffer
fubitement
le
fon:
une
cloche
en
1:
touchant
avéc
la
Nain
Où
avec
quelqu’autre
camps,
|
.
Parce
qu'on
intérrompt
fes
YWbra-
tions,
Ceft
pour
obvier
à
cet
INcOn-
venient,
que
les
horlogers
ont
tou-
jours
foin
que
Îles
marteaux
des
tym-
bres
,
foient
relevés
fubitement
après
le
coup,
par
un
reflort
,.
de
peur
qu'en
reflant
trop
long
-temps
ap-
pliqués
fur
le
corps
fonore,
ils
ne
Huifent
à
la
beauté
du
fon.
Une
cloche
frappée
avec
un
morceau
de
bois
verd
rend
un
fon
plus
foible,
qu'en.
la
frappant
avec
un
marteau
de
fer,
Parce
que
le
bois
plus
mou
7€
peut
vibrer
les
parties
de
la
cloche
avec
affez
de
force.
Les
clo-
ches
fendues
raïfonnent
très
-
mal
;
Parce
que
les
bords
de
1a
fente,
en
fe
frappant
alternativement,
nüifent
aü
Mouvement
de
vibration,
de
Ia
même
maniere
à
peu
près
qu’un
Corps
qu'on
appliqueroit
extérieure-
ment,
Mais
les
angiens
Inftrumens
rendent
ordinairement
un
fon
plus
Pur,
parce
que
Les
fucs
qui
étoient
répandus
entre
leurs
fibres,
fe
font
diffipés
peu
à
pen,
&
leurs
molécu-
&
l
ñ
pu
SON
15
ies
font
devenues
plus
propres
au
frémiflement.
Quelquefois
auffi
les
inftrumens
brifés
&
racommodés,
rendent
des
fons-plus
aigus,
ce
qui
aroît
venir
de
ce
que
leurs
fibres
on
plus
courtes
;
or
-Pon
fait
que
les
cordes
plus
courtes
ren-
dent
des
fons
plus
aigus.
Le
mou-
vement
de
frémiflement
pañle
des
particules
du
corps
fonore
dans
celles
de
l'air
environnant,
dont
les
molécules
ofcillent
comme
une
cor-
de
de
muffque.
On
ne
fauroit
ré-
voquer
en
doute
que
Pair
ne
foit
le
véhicule
du
fon
;
car
ft
on
renferme
dans
la
machine
de
Boyle
une
mon-
tre
à
réveil
bien
ifolée,
&
quine
puifle
pas
communiquer
fes
vibra-
tions
à
la
machine,
le
fon
que
ce
corps
rend
,
diminue
à
proportion
qu’on
tire
l'air;
&
quand
on
a
épuilé
cet
air,
on
n'entend
plus
aucun
fon.
M.
Zanotti,
après
des
expérien-
ces
auf
délicates
au’ingénieufes
,
penfe
que
la
force
du
fon
eft
com-
me
le
produit
de
fon
élafticité
mul-
tipliée
par
la
denfité.
Aïnfi,
en
fup-
pofant
que
Pélafticité
foit
repréfentée
par
6,
&
la
denfité
par
$,
la
force
2e
DU:
$
-GN.
On
connoïîtra
avec
aflez
d’exaditude
Ja
diftance
qui
nous
fépare
du
lieu
où
a
foudre
vient
d’être
produite
;
mais
|
la
foudre
ne
parcourt
pas
un
grand
}
efpace
fans
fe
difMiper.
É
Selon
M.
de
Mairan,
un
fon
plus
aïgu
doit
fe
propager
avec
un
peu.
plus
de
vitelle
qu’un
fon
plus
grave*
maïs
les
obfervations
des
Accadéms.
ciens
de
Florence,
de
Derham,
&
de
Caffini
font
voir
qu'un
fon
plus
fort
ou
plus
foible,
plus
aigu
ou
plus.
obtus,
parcourt
les
mêmes
efpaces
en
temps
égaux.
Si
nous
en
croyons
|
Derham,
le
fon
defcend
avec
moins
|
de
vitefle
du
fommet
d’une
mon,
tagne
vers
fon
pied,
qu'il
ne
monte
du
pied
vers
le
fommer
de
la
même
|
montagne
;
maïs
les
obfervations
de
|
Cafini,
&
celles
que
les
Phyficiens
|
Efpagnoïs
&
Francois
ont
faites
au
|
Pérou,
ne
s'accordent
Pas
avec
ce
|!
fentiment,
Ë
Le
vent
favorable
à
Ia
dire@ion
k
du
fon
accélere
fà
vitefle
;
un
vent
|
contraire
le
retarde,
Le:
fon
fe
pro-
|
page
aufi
beaucoup
plus
loin
fie
|
vent
ef
favorable;
car
alors
on
entend
le
fon
de
certaines
cloches
aflez
|
DU
S
ON:
22
élorgnées,
&
l’on
cefle
de
les
enten-
dre
,
Torfque
‘le
vent
eft
contraire.
Mais
fi
on
pointe
un
canon,
la
vitefle
du
fon
demeure
la
même,
dans
quel-
que
direttion
que
fe
fafle
l’explo-
fion
par
rapport
à
Pobfervateur
,
ainf
que
Derham
la
remarqué
auffi-bien
que
les
Phyficiens
Efpagnols
&Fran-
çois
qui
ont
fait
le
voyage
du
Pérou.
-
Un
fon
plus
fort
en
abforbe
un
plus
foïble
;
c’eft
la
raifon
pour
laquelle
lorfqu’on
eft
auprès
d’une
groffe
clo-
che
qu’on
fait
fonner,
‘on
n’entend
point
parler
celui
qui
eft
près
de
nous:
cependant
ff
on
produit
tout
à
1a
fois
.
dans
un
petit
endroit
différens
fons
qui
ne
foïent
pas
trop
bruyans,
on
pourra
les
difinguer
aflez
aifément:
c’eft
pour
cette
raïfon
que
nous
pouz
vons
juger
aflez
bien
fr
les
fons
d’un
concert
font
diffonnans
ou
harmoniques,
11.
Toutce
qui
peut
communiquer
un
mouvement
de
frémiflement
aux
particules
de
Pair,
peut
produire
de
fon:
telles
font
les
cordes
*&
les
clo
ches,
les
flûtes
&
les
trompettes
dans
lefquelles’on
fouffe
delair,
Lorfqu’on
pince
une
corde
bientendue:@&
qu’on
da
féchit
à
une
petite
profondeur,
ele
24
DU:
SO:
fe
rétablit
par
fa
force
élaftique
;
maïs
étant
parvenue
à
fa
premiere
fituation
naturelle,
elle
pafle
an
-
delà
par
le
mouvement
acquis,
&
fait
ainft
plu.
fieurs
allées
&
venues,
jnfqu’à
ce
que!
tout
fon
mouvement
foit
éteint
pat
1a
réfiftance
de
Pair,
Si
l’on
fait
ainf
Ê
ofciller
une
corde
de
mufque
,
ten-
due
par
un
poids,
on
trouvera
qu’en
la
chiant
à
des
très-petites
profon-!
deurs
,
fes
vibrations,
quoiqu’inéga-
les
en‘étendue,
fe
feront
cependant
en
temps
égaux,
comme
il
arrive
aux
petites
vibrations
d’un
pendule
:
ce
qui
vient
de
ce
que
lorfque.
la
pro-
fondeurde
l'inflexion
eft
plus
grande,
la
force
élaftique
qui
agit
pour
réta-
-
blir
la
corde
dans
fa
premiere
fitua-
tion,
augmente
dans
le
même
Tap=
port.
Si
lon
fait
ofciller
deux
cor-
des
homogenes
de
même
diametre.
tendues
par
des
poids
égaux,
mais
|
inégalement
Iongues,
on
trouvera
k
qu’elles
feront
des
vibrations
dont
les
£
nombres
feront
en
raifon
inverfe
de
Ë
leur
longueur;
ainf
une
corde
d’une
Ë
toife
de
longueur,
fera
9
vibrations
|
dans
le
temps
qu'une
corde
de
Otor-
|
es
n’en
fera
qu’une,
Si
les
cordes
ne
:
_different
|
D-.U:8
O:N:
ER
different
que
par
leurs
diametres,
célle
quiaura
un
diametre
9
fois
plus
grand
que
l’autre
ne
fera
,
qu’une
vi-
bration,
pendant
que
Pautre
en
fera
9.
Enfin
fi
les
cordes
ne
different
que
par
les
poids
qui
les
tendent,
celle
qui
fera
tendue
par
un
poids
o
fois
plus
grand,
fera
3
vibrations
dans
le
temps
que
Pautre
n’en
fera
qu’une,
enforte
que
dans
ce
cas
les
nom-
bres
des
vibrations
de
chaque
corde,
font
dans
Je
rapport
des
racines
des
poids
tendans,
Mais
pour
que
ces
expériences
foient
plus
faciles
à
faire,
on
doit
choïfir
des
cordes
d’une
cer=
taime
longueur
;
comme
par
exemple,
de
96
pieds,
ou
même
plus
longues;
car
alors
les
vibrations
pourront
être
facilement
comptées
;
mais
Ces
Vi-
brations
doïvenr
être
très-petites,
Or
on
fait
qu'une
corde
de
96picds,
peut
faire
une
ofcillation
dans
une
fecon-
de
(1).
Le
fon
eft
d'autant
plus
aTgu
que
là
corde
qui
le
produit
fait
un
_
(T1)
Quoique
ce
que
nous
allons
dire
dans
cette
note,
ne
foit
pas
abfolument
né-
ceffaire
pour
lintelligence
de
la
queftion
que
fOUS
traitons
;
nous
croyons
cependant
faire
plaifir
à
un
grand
nombre
de
Ledteurs
>
C9
Tome
IT,
26
DU
SON
plus
grand
nombre
de
vibrations
dans
le
même
temps,
&
d’autant
plus.
grave
qu’elle
en
fait
moins.
II
ne
q
E
faut
pas
croire
qu’on
puifle
rendre!
ST
expliquant
d'une
maniere
qui
nous
paroît
aflez
claire,
le
rapport
qu'il
y
a
entre
les.
petites
vibrations
des
cordes
de
mufique
de
même
matiere,
à
raifon
de
leur
longueur,
de
leur
tenfion
&
de
leur
diametre.
Suppo-
fons
deux
cordes
homogenes
:44B,
ab,
-
(Jig:
1
)
attachées
aux
points
fixes
A
&
a
,
&
pañlant
fur
deux
poulies
B,5,
&
dont
les
dia.
metres
&
les
poids
tendans
P
&p
foient
égaux,
Si
l’on
applique
au
milieu
de
ces
cordes
dés
puiffances
flexiflantes
égales,
il
eft
évident
que
la
corde
la
plus
longue
fèra
flexie
à
une.
profondeur
M
m,
d'autant
plus
grande
que
cette
Corde
eft
plus
longue
,
de
maniere
que
f'la
corde
À
B
eft
9
fois
plus
longue
que
&
D,
la
profondeur
M
m
fera
9
fois
plus
grande
que
la
profondeur
f:;
en
effét
la
ES)
corde
À
B
ne
peut
faire
équilibre
À
la
pui£
|
fance
flexiffante,
à
moins
que
l'angle
AmB,
ne
foit
épal
à
Pañgle
a
+
b
;
or
pour
cela
,
il
ef
néceflaire
que
les
triangles
Am
B,
a
t
b
foient
|
femblables,
un
étant
en
grand
ce
que
l’au- +
tre
eff
en
petit;
&
parce
que
À
B
vaut
94
fois
ab,
M
m
doit
äuffi
valoir
9
fois
fr.-Cefi!
pofé
lation
des
poids
P
&
p
,
pouvant
être
Ë
confidérée
comme
uniforme
pendant
la
refti:
à
tution
des
cordes,
à
caufe
que
le
temps
de
|
chaque
vibration
ef
très-petit
,
nous
pou-
|
vons
füppofer
que
la
force
reflituante
ft
|
conftante,
qu'elle
eftla
même
dans
les
deux
|
D'US
$.0:w
…
#7
le
fon
aufi
aigu
qu'on
le
you-
droit.
Si
nous
en
croyons
le
fameux
Haller,
(Elémens
de
Phyfologie;,
tradu&ion
de
M.
Bordenave,
2°.partie,
cordes
;
mais
dans
la
plus
grande
,
elle
doit
faire
mouvoir
une
mafle
nonuble
;
ainf
elle
doit
lui
communiquer
une
viteffe
o
fois
plus
petite.
Si
nous
fuppofons
donc
qué
Pefpacé
ft
eft
repréfenté
par
r
ligne,
cet
efpace
étant
décrit
par
une
force
comme
tr
,
fera
décrit
dans
un
temps
repréfenté
par
1,
&
la
force
qui
agit
pour
rétablir
la
corde
4B,
fera
parcourir
Îa
neîlvieme
partie
d’une
ligne
dans
un
temps
comme
r
;
&
parce
que
les
efpaces
parcourus
par
l’aétion
d’une
force
accélératrice
conftanté,
font
comme
les
quarrés
des
temps
,
elle
fera
parcourir
un
efpace
8r
fois
plus
grand
ou
9
lignes,
dans
un
temps
comme
9,.c’efl-à-dire
que
le
temps
d’une
demi-ofcillation
de
la
corde
À
B,
fera
9
fois
plus
grand
que
celui
d’une
domi-ofcillation
dans
la
corde
ab;
ainfi
les
temps
des
ofcillations
entieres,
feront
entreux
comme
9
&
r,
où
comme
les
longueurs
des,
cordes
;
ce
qui
arrivera
de
même
quelles
que
foient
ces
longueurs;
C'eft
pourquoi
la
corde
a
b
fera
9
vibrations
dans
le
temps
que
l’autre
n’en
fera
qu'une,
Suppofons
maintenant
que
les
poids
ten-
dans
P
&
p,
foient
entr'eux
comme
1&
4;
le
premier
étant
d’une
livre
,
par
exemple,
&
le
fecond
de
4
livres,
&
que
les
cordes
de
.
même
matiere
foient
également
longues
&
2
28
DU
S
one
page
38
E
le
fon
Je
plus
aigu
qu’on
:
pue
entendre,
demande
7520
of-
cilfationspar
feconde
»
&
le
plus
gravé.
E
-
En
exIge
30.
M,
Sauveur
penfe
que.
également
grolles
;
il
eft
vifble
que
la
même
|
ultérieure,
fera
le
MÊMe
;
&
én
füuppofant
|
que
fon
a@tion
eft
uniforme
Pendant
la
refii.
qui
dure
très
-peu
de
temps
,
la
corde
48.
devra
parcourir
un
efPace
comme
r
;
dans
nn
fémps
comme
1,
&un
efbace
comme
4,
|
dans
un
temps
SOMME,
randis
que
lautr
À
corde
qui
n’a
qu’un
efpace
comme
r
à
par-
|
courir,
(6
rétablira
dans
uà
temps
comme
|
1;
ainfi
la
feconde
corde
fera
deux
vibra-
à
tions
,
tandis
que
la
Premiere
n’en
fera
L
qu'une
ou
ce
qui
revient
au
même,
ces
deux
cordes
feront.
des
Vibrations
dont
les
nombres
feront
dans
les
Tapports
des
racines
L
2
&
1
des
poids
tendans,
&
cela
aura
lieu
.de
même
dans
les
autres
Cas.
|
Nous
avons
confidéré
le
reffort
des
cordes;
|
comme
étant
le
même
pendant
tout
le
temps
de
la
reflitution
quoique
ce
reflorr
diminue
À
Proportion
que
Ïa
corde
fe
rétablir
;
mais
.
Du
$
6M
29
lé
fon
Teplus
aigu
que
nous
puïfions
entendre,
eft
produit
par
une
corde
qui
peut
faire
6400
vibrations
par
feconde,
tandis
que
le
plus
grave
il
faut
remarquer
19.
que
le
temps
de
la
ref
titution
eff
très-court,
&
que
les
chofes
fe
pañlent,
du
moins
fenfblernent,
comme
fi
la
force
reflituante
étoit
conftament
la
mé-
me
qu'au
commencement
de
la
refitu-
tion,
2°,
Que
lon
peut
,
fi
l’on
yeüt
;
Cüncevoir
une
force
moyenne
entre
celle
qui
agit
au
commencement
de
la
refirution
&
celle
qui
à
lieu
dans
l’état
de
repos,
&
regarder
cette
force
comme
une
force
refti:
tuante
dont
l’afion
feroit
uñiforme;
&
l'or
firera
de
cetre
fuppoñition
les
mêmes
confié:
quences
que
nous
avons
déjà
rirées
de
l'autre,
|
Suppofons
à
préfént
que
les
cordes
À
+
ab
de
même
maticre,
également
longues
&
tendues
par
des
poids
égaux,
ont
des
diametres
qui
foient
entreux
comme
2
&
r
;
alors
la
corde
4
B
pourra
être
confidérée
<omme
compolée
de
quatre
cordons
,
dont
chacun
feroit
égal
à
la
corde
a
b;(car
les
cordes
font
des
cylindres,
&
les
cylindres
de
mémelon-
gueur
font
comme
les
quarrés
des
diametres,
enforte
que
fi
un
cylindre
de
plomb
pefe
une
livre,
un
autre
cylindre
du
même
métal,
de
même
longueur,
&
dont
le
diametre
éroit
2
fois
plus
grand,
pefera
4
livres;
)
mais
alors
chacun
de
ces
cordons
étant
tendu
par
le
quart
du
poids
P,
que
je
fuppofe
de
4
livres,
fera
4
fois
moins
tendu
‘que
la
B3
3o
DU
Sox.
demande
feulement
12
vibrations
&
demie
dans
le
même
temps,
Le
même.
ylcienayant
fu
Pputé
combien
une.
corde
de
mufque
Parcourt
d’efpace
|
Re
corde
ab,
tendue
par
le
poids
p
de
4
livres
s
c'eft
pobrquoi
la
force
qui
pourra
flexir
la.
Corde
4
D
5
dne
Profondeur
comme
43
ce
cordon
c
tendu
par
un
poidscomme
x,
fera
fléchi
à
une
Profondeur
comme
4,
la
corde
4,
tendue
parun
poids
comme
4,
étant
fé.
dire
,
que
la
corde
4
Ô
fera
2
vibrations
dans
|
€
temps
que
le
cordon
c
n’en
fera
qu’unes
|
or
les
autres
cordons
de
la
corde
AB,
&.
Vera
de
même
en
fuppofant
que
ces
cordes
ont
d’autres
diametres
différens,
pourvu
ue
Jeurs
longueurs
&
leurs
poids
tendans
foient
égaux,
pu
Son
Es
e
dans
un
certain
temps,
lorfqu’elle
eft
vibrée
avec
plus
de
force,
&
com-
bien
elle
en
parcourt
lorfque
fes
vi-
brations
font
moins
promptes,
tandis
cependant
qu’elle
donne
le
mêmeton,
il
a
trouvé
que
cette
corde
parcourë
en
une
feconde
un
efpace
72
fois
plus
grand
dans
le
premier
cas
que
dans
le
fecond;
de
forte
qu'une
même
corde
peut
produire
un
fon
72
-
fois
plus
fort
,
quoiqu’elle
donne
toujours
le
même
ton.
Cependant,
dans
les
fortes
inflexions
le‘
reffort
d’une
corde
d’inftrument
réagit
dans
un
rapport
plus
grand
que
celui
qui
eft
entre
ces
inflexions
;
enforte
que
dans
une
grande
inflexion,
elle
exé-
cute
fes
vibrations
plus
promptement
que
fi
on
la
touchoït
plus
doucement,
&
qu’on
lui
fit
prendre
une
imflexion
Les
Géometres,
pour
exprimer
ce
que
tous
venons
d'établir
dans
cette
note,
difenc
que
le
nombre
des
vibrations
des
cordes
de
même
matiere,
font
en
raifon
direéle
des
ra-
cines
des
poids
tendans,
€»
en
raifon
inverfe
des
diametres
5
des
longueurs
de
ces
cordes.
Au
refle,
nous
avons
traité
cette
matiere
d'une
maniere
plus
favante
dans
le
cin-
quieme
volume
de
notre
Cours
complet
de
Mathématiques.
-
|
B
4
38
pu
So
x;
tube
;
&
dans
Les
flûtes
traverfiéres
;
la
Bouche
femble
imiter
une
efpece
de
bec.
L'air
contenu
dans
le
corps
de
Ka
flûte,
forme
comme
une
efpece
|
tons
qui
different
d'une
o@ave
,
EXcitent
le
fentiment
de
{a
Proportion
de
1
À
2;
une
Guinte
excite
celui
de
la
proportion
de
z
|
4
35
&
une
tierce
majeure.
celui
de
la
pro=.
Portion
,
où
du
Tapport
;
(
car
ces
termes
font
ici
fynonimes
)»de4à
s,
On
comprend
donc
l’ordre
qui
fe
trouve
dans
quelque
|
harmonie
,
quand
on
connoît
toutes
les
Proportions
qui
régnent
entre
les
tons
dont
"harmonie
ef
Compofée
;
&
c’eft
le
juge-
ment
des
orerlles
qui
conduit
à
cetteson-
noiffance.
Ce
jugement
étanr
plus
ou
moins
lPautre,
füur-tout
quand
les
rapports
entre
les
LOns
font
exprimés
par
des
nombres
un
peu
Srands.
Cependant
il
ye
des
Mufciens
qui
|
Penfent
que
les
fons
diflonans
&
diffans
les
ticuliere
de
l'organe,
Ils
aflurent
d’ailleurs
que
lame
ne
compte
pas
les
degrés
des
Confonnances,
&
ne
fe
plait
pas
dans
leur
fa-
È
cilité.
D'autres
aflurent
que
le
plaifir
que
caufe
la
mufque,
vient
de
la
proportion
qu'ont
entr’eux
les
fons
barmoniques,
Si
ce
rapport
eft
aifé
à
(aifr
comme
ceux
de
1
à
2,
de2à3,
les
ns,
difent-ils
>
feront
agréaa
p
u
S
Oo.
Ke
55
de
corde
d’une
certaine
longueur
&
groffeur,
tendue
par
le
poids
ou
la
prelion
de
Pathmofphere;
or
cette
preffion
doit
s’eftimer
par
la
hauteur
bles.
Mais
fi
ce
rapport
ef
difficile
à
faifr,
ils
feront.
défagreables
&
difcordans.
Ar
veugle
né
auquel
M.
Chefeiden
donna
la
vue,
en
lui
abattanr
la
cataraëte,
trouvoit
agréable
les
formes
régulieres
&
unies
,
Mais
les
corps
pointus
&
irréguliers
lui
étoient
défagréables;
il
en
eft
demème,
ajoutent-t-ilss
du
plaifir
des
fons.
:
_
Outrel’harmonie,
la
mufique
renferme
enco-
reunautre
objet
fufceptible
d'ordre,
qui
eftla
amefure
par
laquelle
onaffigne
à
chaque
ton
une
_
certaine
durée:
&
la
perception
de
la
mefure
confife
dans
la
connoiffance
de
la
durée
de
tous
lestons.&-des
proportions
qui
en
naïllent,
comme
fi
unton
dure
deux
fois
,
trois
fois
où
quatre
fois
plus
qu'un
autre,
Le
rambour
&
\a
timbale
nous
fourniflent
une
mufque
où
la
feule
mefure
a
lieu
,
puifque
tous
les
tons
font
égaux
entreuxs;
&
K,il
ny
a
point
d'harmonie;
comme
il
y
a
aufli
une
mufque
où
la
feule
harmonie
a
lieu,
à
l’exclufion
de
la
mefure
;
mais
une
mufque
parfaite
réunit
l'harmonie
&
la
mefure.
Main-
.
tenant
celui
qui
entend
une
mufique,
&
qui
comprend
toutes
les
proportions
furlefquelles,
tant
l'harmonie
que
la
mefüre
eft
fondée,
a
cer-
tainement
la
plus.
parfaite
connoiffance
de,
cette
mufique
qu'il
foit
poffible
phyfiquement
d'avoir,
pendans
qu'un
autre
qui
n'apper=
20
Du
Son.
du
mercure
dans
Le
barometre,
Maïs:
parce
que
les
filets
4ériens
>
QUI
COM*
pofent
cette
corde,
font
également
tendus
par
[a
preffion
de
Pathmof.
|
Soit
ces
proportions
qu’en
Partié
ou
point
du
tout,
n'ÿ
Comprend
rien
ou
en
à
une
Connoïffänce
imparfaite,
Mais
le
plaifir
fur
lequel
roule
cette
queftion,
eft
encore
bieñ
différent
de
cette
connoïffance
|
dont
on
‘vient
de
parler:
quoiqu’on
puille
avancer
hardiment
qu’une
Mufique
produit
plus
de
plaifr,,
quand
on
en
à
une
certaine
con-
noïflänce
;
car
la
feule
connoiffance
de
tou-
tes
les:proportions
qui
repnent
dans
une
mu
fique,
tant
à
l'égard
de
l’harmonie
que
de
la
mefure,
ne
fume
Pas
encore
pour
exciter
le
fentiment
du
plaifir
:
il
faut
quelque
chofe
de
plus.
Pour
fe
Convaincre
que
la
feule
Perception
de
toutes
les
Proportions
d'uñe
mufique
n’eft
pas
füfifante,
on
n’a
qu'à
fort
fimple
qui
ne
Marche
que
par
des
odaves
,
où
la
percep-
tion
des
Proportions
eft
certainement
la
plus
aifée;
cependanr
il
s’en
faut
beaucoup
que
Cette
mufque
caufe
du
plaifir,
quoique
ce-
Mais
qui
exige
quelque
peine
;
i]
faut
>
Pour
-ainfi
dire,
que
cette
Connoiffance
nous
coûte
quelque
chof&,
Mais
une
diffonnance
dont
‘la
Proportion
confifte
en
des
plus
prands
nombres,
eft
plus
difcile
À
être
comprile.
DU
$
O
7
phere,
quel
que
foit
le
diametre
de
la
flûte
;
H
eft
vifible
que
les
fons
doivent
être
d'autant
plus
graves
que
les
flûtes
font
pluslongues,&
d'autant
Re
cependant
une
fuite
de
diffonnances
placées
fans
choix
&
fans:
deffein,
ne
plaira
pas
Il
eft
donc
néceffaire
que
le
compoñteur
ait
faivi
dans
{à
compoñtion
un
certain
plan
ou
deflein
,
qu’il
ait
exécuté
par
des
propor-
tions
réelles
&
perceptibies;
&
alors,
lorf-
qu’un
connoifleur
entend
cette
piece,
&
qu'outre
les
proportions
il
en
comprend
lé
plan
&
le
deffein
même
que
le
compoñteur
a
eu
en
vue,
il
éprouve
cette
fatisfation
qui
eft
le
plaifir
dont
une
belle
mufque
frappe
les
oreilles
intelligentes.
Ce
plaifir
vient
donc
de
ce
que
lame
devine
,
pour
ainf
dire,
les
vues
&jes
fentimens
du
com:
poñteur,
dont
l’exécution,
en
tant
qu'on
la
juge
heureufe,
remplit
lefprit
d'une
agréable
fatisfaion.
C’eft
à
peu
près
une
_
femblable
fatisfadtion
qu'on
reflent
en
voyant
une
belle
pantomime
,
où
on
peut
deviner
par
les
gefles
&
les
attions,
les
fentimens
&
les
difcours
qui
font
repréfentés
,
en
fuppofant
d’ailleurs
qu'on
exécute
un
beau
deflein
:
dès
qu’on
a
deviné
le
fens
d'une
énigme
propofée,
&
qu'on
reconnoit
qu'ik
eit
parfaitement
exprimé
dans
la
propof-
tion
de
l'énigme,
on
en
reflent
un
grand
plaifir;
au
lieu
que
les
énigmes
plates
&
mal
digérées
n’en
caufent
aucun,
Fels
font
42
DU
S
Oo
Plus
aïgus
qû’elles
font
plus
courtes;
ce
qui
s'accorde
très-bien
avec
lex.
Périence.,
On
a
auf
Obfervé
que
le
{on
des
Aûtes
ef
plus
aigu
pendant
1
peut-être
les
vrais
Principes,
für
lefquels
{ont
fondés
les
jugemens
fur
Ja
beauté
des
Pieces
de
Mufique,
À
ce
raifons
on
pourroit
doux,
&
dans
les
nerfs
un
ébranlement
ca
comme
quand
on
fait
commencer
en
même
tués
aflez
près
les
unes
des
autres,
&
dont
les
longueurs
font
entr'elles
comme
16,
9
4
;
de
maniere
que
le
premier
faifant
4
vi
Prations,
le
fecond
en
fait
3,
&
le
troifieme
:,
dans
le
même
témps
:
9%.
de
leurs
fils
caufent
na
fentiment
agréable,
|
dont
les
nombres
font
comme
43
3,
23
de
forte
qu’il
ya
une
efbece
d’analogie
entre
l’or-
£ane
de
l’ouie
&celni
de
la
vue.
Mais
comme
Ceci
ne
regarde
plus
a
Phyfique
,
nous
ren-
Voyons
ceux
denos
Leeurs
Qui
voudront
con-
noître
plus
particulierement
Pourquoi
cer-
taines
chofes
Plaifent
aux
uns
tandis
qu'elles
déplaifnt
aux
autres
;
à
ce
que
ROUS
ayons
dit
fur
cette
matiere
dans
notre
Méraphyfique
»
dans
le
Chapitre
de
la
Sym
Du
SON.
43
un
temps
ferein
&
fort
chaud,
parce
qu’alors
l'air
étoit-plus
élaftique;
le
fon
doit
être
plus
foïble,
par
un
temps
de
neige,
parce
que
les
vibrations
5
aériennes
font
amorties
par
les
flocons
de
neige
qu'elles
rencontrent,
qui,
n’ctant
pas
élafliques
,
ne
peuvent
réa»
gir
contre
Pair
qui
les
frappe.
La
force.
des
fons
dépend
de
fa
force
pathie
&
de
VAnthipatie,
où
ils
trouve=
ront
peut-être
des
chofes
qui
leur
feront
plaifir.
On
dit
que
la
mufique
guérit
ceux
qui
ont
été
piqués
par
la
tarentule
,
qui
eff
une
efpece
de
grofle
araignée
,
aflez
com=
mune
en
Italie,
dont
le
venin
caufe
quelque=
fois
la
mort.
Quand
on
s’apperçoit
que
quel-
qu'un
a
cette
maladie,
on
effaie
en
fa
pré-
_fence
différens
airs,
fur
différens
inftru-
mens
,
jufqu'à
ce
qu'on
ait
trouvé
éelui
qui
convient
pour
la
guérifon
;
on
le
re-
gonnoit
à
certains
gefles
&
à
certains
mouvemens
cadencés
quefair
le
malades
Ces
agitations
,;
cette
efpece
de
danfe
&
ces
fauts
excitent
ordinairement
une
tranfpiration
falutaire
,
qui
étant
renou=
vellée
de
temps
en
temps,
diffipe
tont
le
venin
:
mais
je
ne
garantis
pas
cette
hifloire.
Cependant,
fi
l'on
en
croit
l'Hiftoire
de
l'A-
cadémie
des
Sciences
(
an.
1708,
page
22
à
on
à
vu
des
gens
attaqués
de
fievres
chau-
des,
être
touchés
d'un
air
de
violon
,
fe
lever,
fauter,
fuer,
de
farigue
&
être
ZUÉTISa
A4
DU
S
a
N:
ayec
laquelle
Pair
eft
lancé
dans
+
flûte,
&
du
Tapport
qu’il
y
a
entr
1a
longueur
&%
le
diametre
de
Pinftrut
ment.
Si
l'on
fouffe
Op
lentement.
dans
Ia
flûte,
on ne
produira
aucun
{on
;
mais
fi
Pon
fouflle
avec
trop
deb
violence
,
le
fon
fera
Plus
aïgu
qu'il
ne
doit
être;
ce
qu'on
doit
attribuer
à
la
trop
grande
promptitudes
avec
|
laquelle
la
corde
aérienne
fait
alors
+
f]
fes
OfCillations
,
comme
quand
on!
pince
avec
trop
de
force
une
cords
de
mufique
fort
tendue,
qui
rend
un
!
{on
plus
aigu,
que
quand
on
lui
fait
|
faire,
des
vibrations
MOINS
profons
|:
des
(r),
(1)
Les
ffites
nous
offrent
encore
quañs
|
tité
de
différences
à
examiner,
dés
anches,
comme
les
haut
bois
:
quard
nous
fouMons
dans
cette
anche,
&
que
nous
en
pinçons
les
levres
avec
les
nôtres,
nous
les
ébranlons
,
nous
leur
COMmmuniquons
des
yiz
rations
,
&
Par
Ce
moyen
nous
Produifons
les
mêmes
vibrations
dans
Pair
contenu
dans
fe
Corps
de
la
flûte
;
f
l’on
bouche
tons
5:
les
trous
Ton
Communique
ces
OfCillations
À
toute
la
male
d'air
renfermée
dans
le
tuyau
;
de.
Les
unes
ont
:|
Mo
à
dl
à
D
de
ET
RIT
NRDRES
TE
ATET
DU
9
ON,
4$
14.
Fout
le
monde
connoit
le
porte
-
voix,
qui
eft
un
inflrument
par
le
moyen
duquel
on
peut
fe
faire
entendre
difln@ement
à
d’aflez
gran-
ébranler
;
ainf
le
fon
fera
alors
fort
grave;
mais
fi
on
ouvrè
le
dernier
trou
de
cet
inftrument,
la
colonne
d’air
qu'il
faudra
mettre
en
mouvement
»
fera
moins
confidé-
rable
;
car
ce
fera,
comme
ffle
corps
de
la
flûte
devenoit-plus
court
à
proportion:
&
f
l'on
fouflle
avec
un
peu
plus
de
force,
les
ofcillations
de
la
colonne
d’air
en
devien-
dront
plus
rapides,
on
entendra
un
fon
plus
aigu;
&
ce
fon
deviendra
encore
de
plus
en
plus
aigu,
à
proportion
qu'on
débous
chera
les
trous
qui
font
au
deflus,
proche
de
l'embouchure
;
mais
on
doit
faire
atten-
tion
que
ces
fons
dépendent
auf
de
la
force
plus
ou
moins
grande
avec
laquelle
on
fouffle
dans
l’inftrument,
Les
flûtes
qu’on
appelle
douces
,
&
celles
qu'on
nomme
sra-
verfieres
;
«n’ont
point
d’anches,
Mais
il
ya
derriere
le
bec
d’une
flüte
douce
une
petite
fente,
&
lorfqu'on
fouffle
par
cebec,
l'air
va
frapper
la
languette
placée
defriere
le
bec
:
cet
air
divifé
par
le
tranchant
de
certe
lanpuette,
s'échappe
en’partie
par
cette
ouverture,
tandis
que
l’autre
partie
pénetre
dans
le
corps
de
la
füte,
&
la
languette
reçoit
un
mouvement
de
vibration
qu’elle
communique
à
l'air
renferme
dans
l’inftru-
ment
;
&
lorfque
cet
air
ne
peut
s'échapper
‘
que
par
l'ouverture
inférieure
de
linftru
46
pu
So.
des
diftances.
Plufieurs
attribuent
|
loire
de
fon
invention
à
Morlland,
&
d’autres
à
Kircher.
Voici
une
mé
thode
qu’on
peut
fuivre
dans
fa
conf:
truction
:
donnez
à
l’inflrument
une
longueur
g
a
de
4
pieds
8
pouce
(fig.
3),
&
divifez
-
la
de
maniere
que
la
partie
g
e
foit
de
32
pouces,
la
partie
ec
de
16,
&
la
partie
c
4
de
8,
conftruifez
enfuite
Le
tube
avec
une
lame
métallique
,
de
fer
blanc,
par
exemple,
de
maniere
que
Ja
bow
che
de
celui
qui-parle
puiffe
s’appli-
quer
exadement
à
lembouchure,
b
k
qui
doit
recevoir
le
fon
qui
en.
fort
;
le
plus
petit
demi-diametre
de
la
trompette
parlante,
doit
être
d’un.
pouce,
f
e
de
deux
pouces,
c
d
de
À
#
À
É
=
=
+
b
ment,
&
que
tous
les
trous
de
la
flûte
font
bouchés,
les
ofcillations
de
l'air
font
fort
|
lentes;
mais
elles
deviennent
très-promptés
|
f
l’on
ouvre
l’orifice
d’enbaut.
Dans
la
flûte
à
traverfiere,
la
différence
des
fons
dépend
|
fur-tout
de
l'embouchure
:
cette
ouverture
|
devient
tantôt
plus
petite
,
tantôt
plis
|
grande,
felon
la
maniere
différente
dont
on
la
tourne
vers
les
levres:
mais
la
force
Ë
avec
laquelle
on
fouffle
contribue
encore
À
|
çerte
différence.
:
DU
BU
So
nv
7
quatre
,
a
m
de
8
(1).
La
trom-
pette
doit
étre
dirigée
vers
celui
de
_qui
l'on
veut
fe
faire
entendre;
on
doit
prononcer
lentement
toutes
les
fylabes
;
il
ne
faut
Pas
trop
crier,
afin
que
Particulation
foit
plus
dif
tinde,
Enfin
celui
qui
parle
doit
pren-
dre
autant
qu'il
peut
le
ton
que
Ia
trompette
rend
quand
elle
éft
frappée.
L'augmentation
du
fon
dépend
dela
:
<
x
LA
os
£
(1)
Haze
&
Gravefande
penfent
que
la
forme
la
plus
parfaite
d’une
trompette
par-
Jante,
eft
la
figure
parabolique
;
parce
que
dans
cette
figure
les
rayons
fonores
SU
qui
partent
de
l’embouchure
f;
où
doit
fe
trouver
le
foyer
de
la
parabole,
fe
refez
chiffent
parallélement
à
l'axe
fx,
(fig
4);
&
afin
que
rien
ne
puifle
trotbler
Peñet
que
doit
produire
linffrument
>
On
doit
avoir
foin
de
recourber
la
partie
la
plus
large
pour-que
la
trompétte
devienne
plus
large.
M.
Haze
veut
qu'elle
foit
compo-
fée
de
deux
parties
dont
une
foit
élliptique,
&
l’autre
parabolique
(fo.
s
),
&
qu'elles
aient
un
foyercommun
en
b
,
afin
que
les
rayons
qui
_
partent
de
l’embochure
,
placée
au
prèmier
foyer
de
la
portion
élliptique,
érant
réfle-
chis
de
tous
Les
points
es,
f,-d,
c,
fe
croi-
fent
en
D,
pour
êtré
enfuite
réfléchis
paralle.
lement
de
tous
les
Points
L,
li,
&
de
la
partie
parabolique,
S4
DU
Sox.
eft
compofée
de
deux
lames
mincés
|
&
élafiques,
qu’on
peut
faire
de.
bois
où
de
métal
:
elles
forment
un.
Petit
tuyau
par
un
de
leurs
bouts
5!
par
l’autre
elles
font
plates,
&
s'ap-
|
prochent
de
fort
près.
Lorfque
le.
{ouffle
de
la
bouche
où
Le
vent
d’un
|
fouflet
met
l'anche
en
jeu,
les
deux
|
lames
Battent
l’une
contre
l’autre
|
vec
une
grande
vitefle,
&
produi-
:
fent
un
fon
qui
paroïît
continu,
Ce:
|
pendant
puifque
ce
fon
vient
des
:
Coups
multipliés
d’une
lame
fur
Pau
.
tre
,
il
eft
évident
qu'il
ÿ
a
un
petit
|
intervalle
entre
les
battemens,
&
|
par
conféquent
entre
Les
vibrations
de
Pair
qui
donnent
le
fon.
La
voix
de
la
plupart
des
infe@es
ellproduite
par
une
méchanique
aflez
|
femblable
à
celle
d’une
anche
;
&
lon
ne
doit
pas
croire
que
le
bour-
donnement
des
mouches,
le
cri
des
cigales
,
celui
des
grillons
&
des
Ë
fauterelles
parte
de
la
bouche
de
ces:
petits
animaux.
Dans
les
uns
,
ceft
un
certain
battement
des
ailes
;
dans
les
autres,
c’eft
le
jeu
de
quelque
|
_efbèce
de
tambour
qu'ils
ont
quel
*
Quefoïis
dans
le
ventre
»
Comme
la
D
w.S
O
Ni
av
gigale
;
&
d'autrefois
fur
Ie
dos
,
comme
on
peut
l’obferver
dans
cer:
taines
fauterelles
qui
fe
retirent
dans
les
buiffons
,
&
qui
n’ont
point
daïles,
=
Le
fon
fera
clair
fi
les
vibrations
de
l'air
ne
font
pas
interrompues
&
empéchées
;
il
fera:
rauque
fi
les
vE
brations
font
interrompues
;
1l
feta
doux
fi
les
vibrations
des
différentes
parties
du
corps
fonore
font
unrfor-
nés
;
il
aura
dé
l’âprété
ft
ces
vibra-
tions
ne
font
pas
uniformes
(1).
(1)
On
remarquedans
certains
corps
des
ens
droits
par
lefquels
,
fi
on
vient
à
les
toucher
;
ils
rendent
des
fons
clairs
&
diftinéts
,
tandis
que
ces
fons
feroient
confus
,
fi
on
les
touchoit
en
d'autres
endroits.
Si
deux
cordes
font
montées.
fur
un
infirument
de
mufque
ou
far
deux,
mais
aflez
proches
lun
de
l'autre;
lorfqwon
pincera
celle
qui
doit
donner
l'oc-
taveraigue
;
l’autre
réfonnera;
&
on
ob-
feryera
au
milieu
de
fa
longueur
un
nœud
ou
un
endroit
immobile;
mais
les
autres
parties
de
cetre
corde
frémiront.
On
remar-
quera
de
même
différens
nœuds
où
points
immobiles
fitués
en
différentes
parties
des
cordes
montées
à
différentes
oétaves,
qui
feront
que
les
différentes
parties
de
ces
cordes
donneront
Puniffon
,
lorfqu'on
pincera
celle
qui
peut
rendre
le
fon
le
plus
aigu.
4
56
DU
S
6.w
1
16.
Si
l’on
Prend
cinq
cordes
que.
nôûs
défignerons
Par
4,b,c,d,e,de
IMâniere
que
là
corde
4
puifle
rens
-
dre
Ia
douzieme
an
deffus
de
2,
ç
fi
On
peut
en
quelque
façon
rendre
raifon
|
de
ces
Phénomenes
,
en
difant
que
les
:
ondes
fonores
produites
par
une
Corde
ve-…
Corde;
mais
fon
Mouvement
(era
interrompu
j
des
harmoniques
|
de
même
diametre
,
tene
|
dues
par
des
forces
égales,
mais
non
pas.
SY
%.
».
F
réfonne
fait
trois
ofcillations
»
tandis
que
‘autre
n’en
Pêut
faire
qu’une
»
la
feconde
fe
divifera
en
trois
partiés
égales,
ayant
déux
points
de
TéPos
;
C'elt
peut.
tre
I.
FRANS
ANTENNES
TE
RETT
TT
p
uU
S
Oo
N-
7
la
dix-feptieme
majeure
au
deffus
de
a,
d
,
ladouzieme
au
deflous
dea&e,
&
la
dix-feptieme
majeure
au
deflous
de
a
;
fi
on
pince
alors
la
corde
a,
raifon
pour
laquelle
une
oreille
exercée,
peut
entendre
un
concert
entier,
lorfqu'on
pince
une
corde
Îongue
&
fort
tendue
;.
car
alors
non
feulement
on
diffingue
le
fon
principal
qui
répond
au
frémiflement
total
de
la
corde
,
mais
encore
les
füns
particuliers
plus
aigus
qui
viennent
des
parties
divifées
de
la
même
corde,
On
pré-
tend
qu'une
oreille
bien
exercée
peut
en-
tendre
43
tons
dans
une
oëtave.
Sauveur
penfe
qu'on
peut
appercevoir
dix
oftaves,
&
Euler
8
Si
on
applique
un
peigne
mince
au
milieu
d'une
corde,
elle
rendra
Vottave
du
ton
qu'elle
auroit
produit
fans
cet
obffacle,
pourvu
que
le
mouvement
de
Varchet
foit
doux
:
mais
fi
lon
prefle
trop
fortement
l’archet,
le
peigne
n'étant
plus
en
état
de
faire
obflacle
aux
vibrations
natu-
relles
de
la
corde,
elle
donnera
le
même
fon
qu’elle
auroit
produit
fans
l'application
du
peigne,
En
général,
pourvu
que
l’obfta-
cle
par
lequel
on
veut
diviferæinf
la
corde,
foit
mince,
afin
que
les
ofcillations
paffer
d’une
partie
À
l’autre
,
qu’en
mé
la
corde
(it
divifée,de
maniere
qu
foient
des
parties
aliquores
exatt
la
corde,
c'efl-à-diré,
des
moitiés,
des
tiers,
des
quarts,
&c.
comme
fi
Von
met-
toit
le
peigne
au
tiers
de
la
longueur
d’une
C5
+
$8
2:
Du
Sox
les
autres
quatre
réfonneront,
fan
qu'on
les
touche
>
&
On
verra
aül
quatre
nœuds
fur
Ia
corde
e,
&
der!
\
fur
la
corde
4,
Ces
phénomenes
pa
toïflent
être
une
Loi
de
Là
nature,
À
corde;
l’on
entendra
dans
tous
ces
cas
quel.
ques
tons
de
mufique
,
produits
par
les
del
parties
de
la
corde,
La
longueur
d’unt,
corde
faitqu’une
de
fes
parties
commence}.
d’ofciller,
tandis
que
l’autre
ef
encore
en.
repos,
On
remarque
auf
qu'il
y
a
des
cor.
des
qui
ne
font
Pas
propres
aux
tons
har.
Moniques
:
fi
on
les
tend,
le
fon
devient.
plus
aigu
qu'il
ne
faut;
fi
on
les
reläche®
tant
foit
peu,
il
devient
tout
de
fuite
trop
obtus,
En
examinant
ces
cordes
avec
attens.
tion,
on
s’apperçoit
fouvent
que
leur
grof.
feur
n’ef
pas
égale,
qu’elles
ont
comme.
d’efpeces
de
nœuds:
&
c'eft-là
peut-être
he
Caufe
qui
divife
les
ofcillations
dans
le!
cordes
longues,
de
maniere
qu'on
peut
ets.
tendre
plufieurs
tons.
M,
de
la
Grange
penfk
que
peut-être
certaines
parties
confonnes
de
|
tout
Pinftrument
peuvent
COnCourir
à
ce,
de
femblable
dans
un
flapeoler,
&
ne
peut
fférentes
impulfons
#
enfermée
dans
{à
cavité
en
par-
|
s,
dé
maniere
qu’outresle
ton
al
qui
répond
À
tonte
Ja
longueur
|
de
l’inffrument
,
on
peut
auffi
produire
d'au:
|
Îres
tons
“harmoniques
fecondaires
2
Ë
pu
SON.
s9
&
lon
peut
connoitre
par-là
tous
les
fons
harmoniques.
_
On
comprend
,
par
ce
que
lon
vient
de
dire,
pourquoi
lon
voit
frémir
les
verres
à
boire,
les
vitres,
&
même
les
maifons
;
pourquoi
nous
fentons
dans
nos
membres
&
dans
nos
os
un
certain
frémiflement
,
lorfque
certains
corps
réfonnent.
En
effet,
felon
ce
que
nous
venons
de
dire,
tous
les
corps
qui
font
à
lu-
niflon,
ou
à
la
quinte,
où
à
la
merce
aïgue
du
corps
qui
réfonne
,
doivent
xéfonner
en
même
temps.
17.
Lorgane
de
la
voix
peut
être
comparé
à
un
inftrument
à
cordes;
car
l'expérience
a
appris
au
fameux
Ferrein,
que
les
deux
leyres
de
la
glotte
,
(qui
eft
une
fente
ovale
par
où
l'air
entre
dans
la
trachée-artere
pour
fe
rendre
dans
Îe
poumon
),ne
battent
point
l'une
contre
l’autre
à
la
maniere
d’une
anche;
mais
que
cha-
une
d’elles
frottée
par
Pair
qui
vient
des
poumons
,
raïfonne
à
la
maniere
d'une
corde
fur
laquelle
on
traîne
un
archet,
Ce
Médecin
a
reconnu
que
les
bords
de
ces
deux
levres
GC
6
en
60
DU
Sox.
|
font
formés
Par
dés
cordons
tend:
NEUX
,
{
qu'on
PEUt
appeller
des:
cordes
vocales
),
attachés
de
par
&
d'autre
à
des
Cartilages
,
qui
enles:
tendant
ävec
plus
ou
moins
de
force,
les
rendent
Propres
à
produire
des
fons
plus
où
moins
aigus,
Ce
Savant
ayant
adapté
un
foufler
à
des
tra!
chées
toutes
fraîches
»
l'air
qu'ifie
|
-
Pafler
avec
Précipitation
Par
la
glorte,
\
rendit
des
fons,
&
fes
conjedures
|
devinrent
des
vérités
évidentes.
ë
Î
ÿ
à
des
gens,
Qui
par
habitude
ou
|
Par
Une
certaine
difpofition
d'orvas
4
nes,
produifent
une
voix
fourde
&
4
_
étouflée,
qui
fe
forme
par
le
frémife
ent
delair
qui
entre
dans
la
trachée
2
|
on
lesappelle
Veniriloques,
mais
im
;
P'oprement
;
car
ils
ne
parlent
pas
du
Ë
ventre,
I]
y
a
un
Ventriloque
à
Saint
|
Germain,
à
quatre
lièues
de
Paris
L
qui
à
l’art
de
Modifier
tellement
VOIX
,
que
ceux
qui
font
auprès
de
lui,
&
qui
né
{ont
pas
fur
leur
&garde
,
Penfent
qu’elle
vient
d’un
|
endroit
éloïgné.
Nous
JEnvoyons
|
ceux
de
nos
lecteurs,
qui
voudront
|
en
fayoir
davantage
fur
cette
ma:
|
Sd
;
Du
S
o
N.
ét
tiere,
à
un
petit
Ouvrage
Imtitulé
Hidroftope
&
le
Ventriloque
(x),
dans
lequel
nous
avons
tâché
de
rendre
raïfon
des
différens
phénomenes
qu'on
obferve
dans
les
ventriloques.
Au
refle,
ce
que
nous
venons
de
dire
concernant
la
voix
humaine,
ne
s'accorde
nullement
avec
lopinion
de
Dodard,
qui
admettoit,
à
la
vé-
tité,
un
frémifflement
dans
les
levres.
de
la
glotte
;
maïs
1
penfoit
que
ce
frémiflement
n’influoit
fur
la
variété
des
tons
,
que
d’une
maniere
fecon-
daire,
&
que
toute
la
mélodie
de
la
voix
dépendoit
de
la
différente
ouverture
dé
la
glotte.
Mais
Férrein
a
obfervé
qu’en
changeant
cette
ou
verture
;
[a
tenfron
des
fibres
reftänt
(1)
Cet
Ouvrage
fut
imprimé
en
1772,
à
l'occafon
du
jeune
Provençal,
qui
voyoit,
dit-on,
à
travers
la
terre.
L’Auteur
entre=
prit
d'expliquer
ce
phénomne,
en
fuppo-
fant
toutefois
qu'il.
exifloit;
car
quoiqu'il
leût
appris
par
les
nouvelles
publiques
&
par
la
gazette,
il
n'ignorait
pas
que
le
charlatanifime
en
impofe
fouvent
à
des
gens
Qui
n'y
regardent
pas
d’aflez
près
:
(Voyez
les
Mémoires
de
l’Académie
des
Sciences,
année
1741;
page
409),
On
le
trouve
à
Paris
chez
Valade,
+
62
vu
Son:
la
même,
le
ton
étoit
le
même
;
&@
ce
ton
change
lorfque
la
tenfion
des,
fibres
elt
différente.
La
voix
ne
de.
vient
articulée
que
par
les
modifica-.
tions
qu’elle
reçoit
dans
Ia
bouche,
par
les
dents,
la
langue
,
les
levres,
les
joues,
Le
palais.
Le
nez
contri.
Pue
auffi
à
Ia
beauté
de
Ha
VOIX
;\
Car
On
n’aïme
point
à
entendre
quel.
|
qu'un
qui
parle
les
natines
bou.
chées;
on
dit
alors
qu’il
parle
du
nez,
expreflion
tout-à-fait
impropre,
|
puilque
c’eft
précifement
quand
on,
n’en
parle
point
qu’on
s’attire
un
tel.
reproche
(1).
|
_
18,
Les
Phyfciens
cherchent
de:
puis
long
-
tEMpS
par
quel
moyen
NOUS
pouvons
entendre
en
même
F4
temps
d’une
maniere
diflin&e,
tant
|
de
fonsdifférens,
M.
de
Mairan
penle
que
les
molécules
de
Pair
font
des’|
(1)
Conrad
Amman
>
Médecin
d’Amfter
:
dam,
enféignoit
dans
le
dernier
fiecle
aux
|
muets
de
naïlance
,
à
produire
tous
les
mot:
vemens
néceflaires
pour
prononcer
les
lets
|
tres;
&
lingénieux
Pereyre.
enfeigne
mai
|
tenant
à
Paris
avec
le
plus
grand
füccès
Ê
l'art
de
parler
aux
ourds
&
muets
de
|
naïflance,
|
ser
D
u,
$
Oo.
K
63
afflemblages
fortuits
des
parties
plus
fubtiles
,
qui
fe
joignent
&
fe
fépa-
rent
par
mille
caufes
différentes,
pour
former
des
molécules
tantôt
plus
grandes
,
tantôt
plus
petites,
capables,
par
conféquent,
de
tranf-
mettre
des
fons
plus
graves
ou
plus
aigus
,
felon
la
nature
du
corps
qui
réfonne
;
mais
il
paroît
qu’on
doit
placer
cette
opinion
dans
la
claffe
des
hypothefes
ingenieufes,
plutôt
que
dans
celle
des
vérités
phyfiques.
En
effet,
les
molécules
de
Pair
font
féparées
entr’elles,
ne
{e
touchent
nullement,
&
il
n’y
aaucune
raifon
folide
qui
puiffe
nous
faire
croire
que
les
particules
qui
le
compofent
puñflent
fe
féparer
ou
fe
réunir
f
facilement
pour
former
des
molécu-
les
de
tant
de
différens
diametres
qu’il
feroit
néceffaire
,
pour
produire
&
tranfmetre
fans
confufon,
tous
les
différens
tons
que
nous
pouvons
difinguer
féparement
ou
enfemble,
D’aleurs,
pourquoi
les
mêmes
parties
de
lair
ne.
pourroïent-elles.
pas
produire
les
difflérens
tons
?
Sup-
pofons
qu’un
certain
ton
demande
64
vibrations
dans
un
temps
donné,
70
pu
Sox,
placé
en
:
(
fig.
7
),
l’obferw
teur
étant
enp,
à
peu
de
diftäné,
du
corps
fonore
; cet
obfervateu.
entendra
dabord
le*fon
dired
qui
parviendra
à
fon
oreille,
en
fuivan.
da
Tigne
t:
p
;
mais
le
fon
fe
prop
_gera
aufñli
felon
Ja
diréäion
+
m,
&.
rencontrant
en
m
Pobftacle
c
d
ile.
réfléchira
felon
Ia
Tone
mp,
&
pa.
roîtra
venir
du
point
#,
en
fuppo:
*
fant
Ia
ligne
mn
égale
à
Ia
lignék
mt;
de
{orte
qu'il
mettra
autant.
de
temps
à
parvenir
en
p
,
quesil
étoit
parti
du
point
nr,
&
qu'il
n’eit)
rencontré
aucun
obflacle
fur
fon.
chemin,
Si
Pefpace
n
p
et
alu.
grand,
on
pourra
aifément
diftine.
guer
le
fon
réfléchi
du
fon
dire&
1]
€e
qui
n'arrivera
pas
ff
cet
efpaceel
|
fort
petit
;
car
alors
le
fon
direû
fe.
confondra
avec
le
fon
réfléchi,
&!
on
n’entendra
qu'un
feul
{on,
St
:
l'obfervateur
eft
très-proche
du
corps
|
fonore,
&
que
l'obftacle
s’en
trot
F
ve
éloïgné
d'environ
$35
pieds,
ik
ÿ
aura
environ
une
feconde
d’inter:
valle
entre
Ia
perception
du
font
dire,
&
celle
du
fon
réfléch:
5
&
À
par
conféquent
tous
les
mots
que
|
pu
S
06
x.
7x
—
quelqu'un
prononceroïit
pendant
cet
intervalle,
feroïent
rendus
par
l'écho
lorfque
cette
perfonne
cefferoit
de
parler.
Il
y
a
des
échos
qui
ne
pro-
noncent
qu'une
fyllabe
,
(
on
les
appelle
mono/fyllabes
);
ceux
qu'on
nomme
polifyllabes,
rendent
plu-
fieurs
fyHabes,
ce
qui
dépend
de
la
diffance
de
lobflacle
qui
réfléchit
le
fon
relativement
au
corps
fonore,
&
à
Vobfervateur,
Lorfque
les
mu-
ficiens
jouent
prefliffimo,
ils
exécu-
tent
ordinairement
fur
le
violon
9
ou
10
fons
dans
une
feconde
;
&
on
ne
fauroit
diftinguer
les
fons
s’ils
fe
fuccédoïent
avec
plus
de
rapidité;
de
forte
qu'une
oreille
habituée
à
entendre
la
mufique
,
ne
peut
diftin-
guer
l’écho
du
fon
dire&,
que
lorf.
que
le
fon
réfléchi
ne
fuccede
pas
plus
promptement
au
fon
direë
,
que
Îles
fons
fe
fuivent
dans
un
con-
_
cert.
Merfenne
demande
69
pieds
de
diflance
entre
le
corps
fonore
&
l'obflacle
,
pour
qu’on
puifle
diftin-
guer
un
écho
monofyllabe;
mais
pour
le
même
écho,
Morion
exige
90
pieds
de
Londres
de
diftance
en-
tre
le
corps
fonote
&
l'obflacle
:
H
72
DU
$
ox.
demande
105
pieds
de
diftance
pou
un
ccho
de
deux
fyllabes
:
160.
pieds
pour
un
de
3
fylabes
:
18)
pieds
pour
un
de
4
fyllabes
:
20)
pieds
pour
un
de
5
fyllabes
:
si]
‘a
avoit
des
obflacles
difpofés
à
des
di!
tances
différentes
d’un
homme
qi.
parleroit,
enforteque
Iesplus
éloïgnil
fuflent
plus
hauts
que
les
plus
pré
tous
étant
difpofés
de
maniereue
réfléchir
le
fon
vers
le
même
endroit,
on
entendroit
alors
différentes
repét
:
titions
fucceflives
de
Pécho
:
mal.
comme
Îa
voix
paroît
ordinairemell.
plus
foible
&
moins
claire
Jorfqu’elk.
vient
dun
endroit
plus
éloïgné
hi
répétition
qui
viendroit
de
l'échol
plus
voifin,
feroit
claire
;
les
autié.
deviendroient
baffes
de
plus
en
plust
enforte
que
fi
dans
cette
fappof
tion
on
prononçoit
lexclamatioll
ah
,
les
échos
répéteroient
cette
ft
Rbe,
dont
le
fon
s’affoibliroit
de.
plus
en
plus;
ce
qui
repréfenteroi|
affez
bien
les
gémiffemens
d’un
mo}
ribond.
Maïs
ff
un
-obflacte
a
un).
figure
concave,
propre
à
réfléchi}
un
grand
nombre
de
molécules
d’ai
Vers
un
même
endroit,
l'écho
qui
Ë
S
réfulter
|
DU
S:0.K:
GE
réfultefa,
pourra
être
plus
fort
que
celui
qui
doit
fon
origine
à
un
obf
tacle
moins
éloigné,
dont
Ia
figure
eft
différente.
Les
murs
paralelles
fortélevés,
produifent
des
échos
re.
doublés,
commeïl
y
en
à
eu
autre-
fois
dans
le
Château
de
Simonette
,:
dont
Miffon
&
Kirker
ont
donné
la
defcription
:
il
y
avoit
une
fenêtre
d’où
celui
qui
parloit,
entendoit
40
fois
fes
paroles.
Celui
de
Woftoc
répete
diflinement
17
fyllabes
pen-
dant
le
jour,
&
20
pendant
la
nuit;
ce
qui
vient
,
fans
doute,
de
ce
que
pendant
la
nuit
Ie
mouvement
de
frémiflement
des
molécules
de
Pair
Et
moins
interrompu
que
pendant
le
jour,
où
Pair
reçoit
différens
mouvemens
qui
fe
troublent
lun
l'autre,
Il
paroît
même
que
tous
les
fons
que
nous
entendons,
font
com.
pofés
du
fon
primitif
produit
par
Le
corps
ébranlé,
&
des
fons
fecon-
daires
produits
Par
des
corps
envi-
Tonnans,
ébranlés
par
les
fecouffes
élafliques
du
fon
pümitif,
Les
mu-
railles,
les
vieux
remparts
des
villes,
les
édifices
,
Les
rochers,
les
mon-:
tagnes,
les
cavernes
,
les
hauteurs
Tome
IE,
=.
D
y
S
on
fituées
de
l’autre
coté
d’une
riviere’.
>]
les
champs
couverts
de
certaines.
plantes
qui
montent
fort
haut,
les.
nuées
mêmes
peuvent
réfléchir
les.
{ons,
&
produire
un
écho,
De
?
viennent
ces
terribles
coups
de
ton!
nerre,
dont
les
éclats
répétés
reten-
tient
avec
tant
de
bruit
:
f
on
tire
[le
canon
orfque
le
temps
ef
ferein
,
on
n’entend
ordinairement
qu'un
feul
coup;
mais
le
coup
&@
fait
entendre
plufeurs
fois
Iorfque
le
ciel.eft
couvert
de
nuages,
Dans
le
grand
nombre
des
arbres
qui
trouvent
dans
une
forêt,
il
sen.
trouve
toujours
un
certain
nombre
difpofés
les
uns
par
rapport
aux
autres
en
figure
concâve,
&
pro:
pre
à
renvoyer
Île
fon
du
même
côté.
If
nef
donc
pas
furprenant
que.
les
forûts
produifent
lécho,
Les
rochers
peuvent
étre
difpofes
|
de
même,
&
de
plus
avoir
dsl
cavernes
;
ce
qui
doit
encore
pr®
|
huire
lécho,
-
Les
obférvations
font
voir
quil
y
a
des
échos
de
mer
comme
dés
L
échos
de
terre.
Des
coups
de
fufil
|
tirés
fur
des
oïfeaux
de
mer
,
op
DRE
TT
PP
PENRTER
TPS
PORTES
ER
ETUI
EE
IT
-
bu
Son.
7
Été
répétés
par
des
groffes
vagues
placées
fous
Ie
vent
du
vaiffeau
d’où
partoit
Ie
coup.
Des
paroles
forte-
ment
prononcées
dans
un
porte-voix,
ont
été
répétées
très-
difindement
par
le
côté
convexe
des
voiles
de
plufieurs
vaifleaux,
qui
pafloïent
au
vent
du
vaifleau
d’où
venoit
la
voix,
Îl
faut
du
vent
pour
produire
des
échos
en
pleine
mer
;
car
lorfque
le
vent
ne
fouffle
pas
,
Fa
mer
eft
calme
où
peu
agitée,
&
les
voiles
des
vaifleaux
n’étant
pas
enflées
,
ne
peuvent
réfléchir
le
fon,
ni
par.
conféquent
occafionner
des
échos
marins.
Voyons
maintenant
en
peu
de
mots
Comment
Ile
fon
fe
tranf.
met
jufqu’à
l’organe
de
louie,
22.
L’oreïlle
extérieure
qui
a
Îa
forme
d’une
efpece
d’entonnoir
ou
de
pavillon,
formé
Par
un
cartilage
claflique,
eft
terminée
par
Îa
con-
que
qui
forme
lPembouchure
du
Conduit
auditif,
qui
eft
terminé
in
térieurement
par
la
membrane
du
lYmpan
,
compofée
de
plufieurs
lames,
&
dans
laquelle
on
n’a
pu
jufquw’ict
découvrir
aucun
trou
natu-
rel,
de
maniere
que
le
Palläge
de
D
>
|
6.
DU.
SO.
Ni
|
la
fumée
par
cette
voie
eft
une
f&.
ble.
On
trouve
derriere
cette
meme!
brane
une
cavité,
dans
laquelle
s’ow.
vre
un
canal
qu’on
appelle
Ia
rompu
d'Eufiache,
(
qui
fe
termine
par
une.
ouverture
ovale
derriere
les
nark
nes,
dans
la
cavité
du
gofier
),
pat.
Je
même
moyen
duquel
Ia
caïfle
du,
tambour
communique
avec
lair
den
la
bouche.
L’Auteur
de
la
natureak
placé
quatre
offelets
dans
cette
+
vité,
favoir,
le
marteau
,
l’enclume,
l’étrier
,
&
los
orbiculaire
:
le
marteau
Ë
adhere
à
la
membrane
du
tympar,
par
fon
manche,
fa
tête
repofe
fur
l’enclume,
dont
Ia
longue
branche.
reçoit
le
quatrieme
offelet
placé
fur!
Pétrier,
auquel
il
communique
lil
fecouffes
qu’il
a
reçues.
La
bafe
de!
Pétrier
s'adapte
exaement
fur
w!
trou
conforme
à
fa
figure,
&
qu’on.
appelle
Ta
fenétre
ovale
,
derriere
4
uelle
fe
trouve
une
autre
cavité
qu’on.
appelle
labyrinthe
,
ou
oreïlle
interne
F
À
cette
cavité
répond
Ia
fenétrek
ovale
dont
nous
venons
de
parler,
|
auMfi-bien
que
[a
fénérre
ronde,
fer
\
mce
par
une
membrane
mince,
qui
empêche
que
Tair
ne
pañle
deh|
Du
Son.
77
câvité
dutympan
dans
le
labyrinthe.
Le
milieu
de
cette
derniere
cavité,
greufée
dans
cet
os
dur,
que
les
*
Anatomiftes
appellent
los
pétreux
,
prend
le
nom
de
vefhbule.
On
trou-
ve
dans
cette
cavité
trois
canaux
demi-circulaires
,
qui
s'ouvrent
dans
le
vellibule
par
cinq
orifices,
avec
un
noyau
offeux
quon
appelle.le
limaçon
:
ce
limaçon
forme
deux
pires
&
demi,
&
va
toujours
en
diminuant
;
mais
fon
canal
fpiral
eft
partagé
en
deux
loges,
par
une
cloï-
-
{on
fpirale
qui
fe
prolonge
dans
la
cas
vité
du
canal.
La
portion
molle
du
nerf
auditif
entre
dans
los
pierreux,
{e
difiribue
en
partie
au
veftibule
,
aux
canaux
femi-circulaires,
&
en
paitie
au
limaçon
dont
un
des
orifi-
ces
s'ouvre
dans
le
veftibule,
&
l'autre
dans
la
fenêtre
ronde,
Mais
la
partie
dure
du
nerf
acouftique
,
fe
rend
par
différens
rameaux
à
la
membrane
du
tympan
,
à
oreille
ex-
terne,
&
aux
parties
voifines
(1).
(1)
On
nous
permettra
de
faire
une
de
éription
plus
étendue
en
faveur
de
ceux
qui
aiment
l'anatomie,
L’oreille
externe
«bc
D
3
=
Ê
78
D
U
S
0
x.
Ë
Le
fon
excité
dans
l'air,
Va
fraps
pet
dabord
Poreille
externe
&
la.
conque,
d’où
il
pañle
dans
le
CON
|
duit
auditif
pour
ébranler
Ia
ue
|
|
(ir.
8
yet
élaftique
&
à
une
figure
|
propre
à
ramafler
le
fon,
le
réfléchir,
&
le
conduire
dans
le
canal
auditif
cd,
en,
partie
offeux,
en
partie
cartilagineux
&
terminé
par
Ja
membrane
4
du
tambour.
|
qui
n’eft
elle-même
percée
d'aucun
trou
C’eft
fur
cette
membrane
que
repofe
leh
manche
4
d’un
offèiet
qu'on
nomme
le
mar
Ë
eau
&
qui
lui
e&
adhérent,
Le
marteau
s'articule
avec
un
autre
oflelet
e
appellé!
lenclume,
&
l’enclume
avec
un
autre
ofle,
let
1
orbiculaire
ou
lenticulaire
,
qui
ef
lui-même
articulé
avec
un
offelet
2
quoi,
appelle
lérrier.
Le
célebre
Albin
à
décrit
ces
quatres
offelets
,
(qu’il
n’efl
pas
aifé
de
à
bieñ
repréfenter
dans
une
petite
figure
},
avtc
Ê
beaucoup
d’exaitude,
Le
marteau
a
tros
à
muftles
qui
fervent
à
rendre
&
à
relâcher
ki
|
membrane
du
tambour
:
derriere
cetre
mem:
k.
brane
ef
placéeune
cavité
confidérable
de
figue
h
re
ovale
quoiqu’irréguliere.
Dans
cetre
cavité
|
s’ouvre
la
trompe
d'Euflache
dont
la
partie
|
qui
répond
à
la
bouche
ef
la
plus
large:
à
enforre
que
l’air
peut
pafler
de
la
bouche
|
&
des
narines
dans
la
caifle
du
tambours
à
&
lorfque
la
trompe
d'Enfache
eft
obftruce,
|
il
en
réfüulte
une
efpece
de
furdité,
Si
quel
|
qu’un
mer
dans
[a
bouche
un
tube
à
l’autre
u
extrémité
duquel
un
autre
homme
parle
à
voix
balle,
celui
qui
tient
l'extrémité
du
|
FIFA
TEE
2
canal
dans
la
bouche,
entendra
diflin@ement
le
fon,
quoiquune
perfonne
intermédiaire
.
placée
auprès
du
canal
ne
puifle
rien
en:
tendre.
À
cette
même
cavité,
maisen
allant
du
côté
du
cervau,
répond
a
fenêtre
ronde
€
la
fenêtre
ovale,
qui
four
routes
les
deux
fermées
par
une
membrane
;
de
maniere
que
la
bafe
de
léciier
repofe
far
celle
de
la
fenêtre
ovale,
On
rencontre
d’abord
dans
le
Jabyrinthe
le
Veñlibule
formé
par
une
cavité
irréguliere,
creufée
dans
cet
os
que
les
Anatomiles
ap=.
pellent
os
pierreux,
Dans
cette
cavité
sou
vrent
les
cinq
orifices
des
trois
canaux
femis
circulaires
K,
ï,
h
creufés
intérieurement,
de
même
que
l’orifice
du
Façon
+,
qui
€ft
un
conduit
fair
comme
une
vis
qui
auroit
deux
fpires
&
demi,
terminé
par
-
une
pointe.
Ce
conduit
eft
partagé
par
une
_cloifon
très
-
mince
NM
(fig.
9),
en
deux
autrès
canaux
dont
l’un
répond
à
la
fenéc
tre
ronde
qui
eft
à
l'oppofite
du
centre
de
a
membrane
du
tambour,
&
l’autre
s'ouvre
dans
Île
veflibule,
Cette
efpece
de
corde
..
qui
pafle
fur
la
membrane
du
tambour
,
ef
un
rameau
de
nerf
qui
doit
fon
origine
à
la
cinquieme
paire.
Le
nerf
auditif
eft
compofé
de
deux
par-
æies,
dont
l’une
fe
nomme
portion
dure,
&
&
DE
S
ON.
79.
brañe
du
tympan.
Cette
membrane
met
en
mouvement
l'air
de
[a
cavité
du
tambour,
dont
le
frémiflement
fe
communique,
par
le
moyen
des
860
Dr
L'OPTrour:
:
miere
direde,
qui
vient
d'un
objet.
vifible
jufqu’à
Poil,
fans
éprouver.
ni
réflexion
ni
réfradion.
Mais
fans
NOUS
embarrafler
de
toutes
ces
dif
:
tindions,
nous
regarderons
optique
:
comme
la
fcience
de
Ia
lumiere,
|
foit
direde,
foit
réfléchie
;
foit
ré
k
fratée,
.
CHAPITRE
PREMIER,
TR
REPRISE
RESRTETES
.…
De
la
Nature
de
14
Lumiere.
24
Érue
apprend
que
ka.
lumiere
fe
réfléchit
comme
les
COrpS
à
parfaitement
élaftiques
,
en
faifant
È
Pangle
de
réflexion
égal
à
celui
d’in-
Ë
cidence.
Mais
fi
un
rayon
de
lumiere
…
Ja
X
fig
10
)
pafle
de
l'air
dans
fie
verre,
an
lieu
de
fuivre
la
diredion
À
£,
prendra
le
chemin
4m.
Si
du
À
point
a
comme
centre
avec
le
rayon
|
a
f,
on
décrit
un
are
de
cercle
fnit,
|
&
que
des
points
m
&.+
on
abaiffe
Jes
Perpendiculaires
mn
,tr
,
furla
ligne
hf
;
qui
el
elle-même
perpendicu:
LL
laire
à
la
furface
réfringente
}
d,
É)
per’
O?TIQUE
87
on
trouvera
que
ces
lignes
font
tou-
jours
dans
un
même
rapport,
de
maniere
qué
f
la
lumiere
pafle
de
Pair
dans
le
verre,
la
ligne
t
r
fera
à
la
ligne
m
n
à
peu
près
comme
3
à
2;
mais
fi
la
lumiere
pañle
de
Paix
dans
l'eau,
ce
rapport
fera
comme
4
à
3.
Heft
vifible
que
la
lignetr
eft
le
finus
de
l'angle
#
a
f
que
fait
le
rayon
incident
avec
la
perpendi-
culaire
h
f,
&
que
la
ligne
m
n
eft
le
finus
de
l'angle
de
réfraétion
formé
par
le
rayon
réfradé
m
a
&
la
même
perpendiculaire;
c’efl
pourquotr
les
Phyficiens
difent
que
quand
la
lumiere
palle
de
l'air
dans
l'eau
ou
dans
le
verre
,
le
finus
de
l’angle
d'incidence
&
de
réfraëlion
font
toujours
dans
un
rap-
port
confiant.
Si
la
lumiere
pafle
du
verre
dans
Pair,
le
finus
d'incidence
fera
à
celui
de
réfraion
,
comme
2.
à
3
;
il
fera
comme
3
à
4,
ft
la
Tumiere
pafle
de
l’eau
dans
Pair.
Sx
la
lumiere
pafle
de
l’eau
dans
lair
,
de
maniere
que
l'angle
d'incidence
foiït
d'environ
so
degrés,
elle
ne
péné-
trera
pas
dans
l’a,
maïs
de
la
fur-
face
de
l'air
il
fe
réfléchira
&
ren-
trera
dans
l’eau
;
un
rayon
de
lumiere
F
88
D+x
L’'OrrTrqur.
TEntrera
aufli
dans
le
verre,
au
lt
€
pénétrer
l’air,
f
langle
d'in.
dence
‘eft
de
plus
de
48
degrés
34
minutes
,
parce
que
le
finus
de
Pangl.
de
réfra@ion
étant:
celui
d'incident
COMME.
4
2
ice
nus
fero
plus
grand
que
le
finus
total
où
ki
7,907»
Ce
qui
eft
impoffible.
Maiïsi
,
l'angle
d'incidence
eft
précifément
(
48-déprés
30
minntes
;
comme
}
TaYON
vaut
I
fois
&
demie
ce
fau)
le
finus
de
l’angle
de
réfra@ion
[en
égal
au
finus
total
3
c’eft
pourquoil
TaYOn
réfradé
rafera
La
furface
di
verre
b
d,
en
faïfant
un
angle
droit.
2vecune
ligne
perpendiculaire
à
cetit
furface,
_”
4
Ieft
aifé,
dans
notre
théorie
,
dx.
Pliquer
pourquoi
un
rayon
de
ln
_Mmiere
f2
qui
pale
de
Vair
dans
Peau
Ou
dans
Ie
verre
b
pad,
abandonne
le
chemin
f:
pourfuiyre
la
ligne
am,
car
fi
le
mouvement
d’un
globule)E
eft
exprimé
par
la
ligne
fa,
diago,
nale
du
retanÿle
x
[u
4,
On
pou}
facilement
décompofer
ce
NOUS
ment
en
deux
autres
;
Pun
perpen-h
diculaïre
à
Ja
furface
b
d.,
&
laut!
parallele
à
la
même
furface.
La
forct
Là
Dr
L’'OP
TIQUE
89
_
perpendiculaire
fu
feraaugmentéepar
Ja
force
attraive
du
milieu
b
pq
d
qui
_
agit
fur
le
globule
lorfqu’il
fe
trouve
auprès
de
la
furface
b
d,
tandis
que
la
force
parallele
n’eft
nullement
augmentée
:
ainfi
Ie
globule
f'étant
arrivé
en
4,
abandonnera
la
ligne
ft
&c
‘
s’approchéra
de
Ia
perpendiculaire
a
f,
en
fuivant
la
direction
am.
Maïs
fi
ce
même
rayon
rebroufloit
fon
che-
min
en
fuivant
la
direction
ma,
lorf-
”
qu’il
feroit
arrivé
auprès
de
2
,
la
force
_attradive
du
milieu
b
p
qd
étant
plus
_
grande
que
celle
de
l'air,
poufferoit
ce
rayon
vers
la
furface
b
d,
&
lui
feroit
fuivre
la
diredion
a
f.
3.
Lesobjets
ne
deviennent
vifibles
que
par
le
moyen
d’un
fluide
fubtil.
qu'ils
envoient
ou
qu'ils
réfléchiffent
vers
nos
yeux,
Ce
fluide
forme
des
_
lignes
droites
que
nous
appellons'des
rayons
de
lumiere
,
qui
vont
en
s’écar-
tant
les
uns
des
autres
comme
les
tayons
d'une
fphere,
à
proportion
qu'ils
s’élorgnent
du
point
réfléchif-
fant,
où
de
l'objet
lucide.
I
eft
cer-
tain
que
Îa
lumiere
ne
parvient
pas
de
l’objet
lucide
jufqu’à
nous
dans
un
inflant
mdivifible.
On
fait
en
effet
A
que
Îa
terre
r
{
fig.
11)
tourne
tour
du
foleït
/
avec
Jupiter
m
don.
l’obite
renferme
celle
de
notre
globe
Le
premier
fitellite
p
de
Jupta
toume
autour
de
fà
planete
dans.
lefpace
d'environ
42
heures
;
de.
maniere
que
nous
Le
perdons
de
vue,
lor{qu’il
fe
trouve
derriere
Ju
piter
pat
rapport
à
nous:
cell
ce
qu’on
appelle
à
une
éclipfe,
Les
Aftronomes
ont
re!
Marque
que
l’éclipfe
arrive
plus
tard.
d'environ
un
quart
d'heure,
lorfque!
da
terre
{e
trouve
ens
,
que
lorfqu’elle}
eft
Située
en
».
Mais
dans
le
premiet
|
cas
le
foleïl
étant
placé
entre
Jupiter
&
la
terre,
Ia
lumiere
qui
vient
dt}
fatellite
jufqu'à
nous,
doit
parcourit
&
Île
diametre
de
l'orbite
terreftre
;
a
lieu
que
la
terre
étant
en
n
entre
k
|
foleïl
&
Jupiter,
la
lumiere
n’efl
oble
|
gée
de
parcourir
que
la
diftance
mi
\
qu'il
y
à
entre
Jupiter
&
Ia
terre.
|
C’eft
pourquoi
dans
le
premier
cas,
‘Ia
lumiere
parcourt
a
ligne
n
r
de
plus
que
dans
le
fecond
;
&
cette
ligne
étant
d'environ
foixante-huit
|
miMions
de
lieues,
[a
luiniere
met
environ
un
quart
d'heure
à
parcourt
À
gét
efpace
;
&
par
conféquent
ellé
:
a
pr
L'O2TTreUr
91
emploie
un
demi-quart
d'heure
à
parcourir
là
diflance
f
+
du
foleil
à
la
terre,
ou
trente-quatre
millions
de
lieues.
C’eft
la
raifon
pour
laquelle
une
écliple
du
fatellite
p
qui
feroit
apperçue
aujourd'hui
à
10
heures
du
foir,
f.
la
terre
étoit
en
n,
ne
laïffera
qu'environ
à
10
heures
&
un
quart
la
terre
étant
en
t
(1).
|
Defcartes
prétend
que
le
foleil
eft
un
amas
de
matiere
fubtile,
dont
lagitation
communique
un
mouve-
ment
en
ligne
droite
aux
globules
du
fecond
élément
parfaitement
durs
,
(1)
Cafini
&
Maraldi
douterent
ong-
temps
de
la
vérité
que
nous
venons
d'éra=
blir;
parce
qu’il
y
a
beaucoup
d’inégalités
dans
les
fatellites,
(
dont
il
faut
tenir
compte
quand
on
veut
calculer
leurs
éclipfes
avec
exadtitude),
qui
avoient
été
négligées
dans
les
Tables
de
Cafini.
Quelquefois
ces
iné-
galités
fe
détruifent
mutuellement,
le
plus
fouvent,
elles
produifent
une
erreur.
Mais
fi
lon
a
égard
à
la
propagation
de
la
lu=
miere
,
aux
inégalités
du
mouvement
que
les
attrations
des
fatellites
de
Jupiter
&
du
Soleil,
peuvent
produire
dans
les
viteiles
,
&
à
la
figure
dés
orbites
de
ces
mêmes
fatele
lites,
on
trouvera
un
accord
admirable
en-
tre
l’obfervation
&
la
théorie.
RUE
92
DFE
L'OrTrQUE.
qui
rempliflent
les
efpaces
célefit
&
qui
fe
touchent
immédiatémentés
uns
les
autres,
Dans
cette
hypotheks
les
lignes
de
ces
globules
feroïeït.
comme
des
verges
de
fer,
dont
une.
extrémité
ne
peut
avancer
d’un
côté,
|
fans
que
l’autre
ne
parcoure
un
églk
efpace
&
Ia
PTOpagation
de
la
lumiete
feroit
inffantanée
&
non
pas
Juccfh
Je.
Pour
fe
tirer
de
cet
embaräs
les
faccefleurs
de
Defcartes
ont
Emil
ginéqueles
globules
lumineux
étoientk
élafliques
;
&
Moliere
à
fubftituéib
ces
globules
des
petits
tourbillons
duk
fecond
élément
;
maïs.
il
admet
le
}
plein
parfait
comme
Défcartes
on
faïfant
pas
réflexion
que
des
globulsk
Où
même
des
petits
tourbillons
GEAR
tiques
ne
pourroient
être
comprimés.
ni
{e
dilater
vers
les
côtés
,
à
moi
qu'on
r’admette
du
vuïde
;
enforte
que
dans
cette
opinion
comme
dans
&
celle
de
Defcartes,
La
Propagation
de
h
la
lumiere
feroit
inflantanée
&
n01
4
fuccefive.
7
4.
Seguy
penfe
que
Îes
efpacts
célefles
font
remplis
de
fluide
igné,
&
que
la
lumiere
confifte
dans
un
Mouvement
de
vibration
quele
fofei
ve
SE
Ca
A
CR
CSS
ME.
L'ORTIQUE
07
lui
communique.
Le
célebre
Euler
foutient
qu’une
matiere
élaftique,
très-
rare
&
très-poreufe
eft
répandue
dans
Les
efpaces
céleftes
depuis
les
étoiles
&
le
{oleïl
jufqu'à
nous,
&
que
la
lumiere
confifte
dans
les
impulfions
Ou
vibrations
que
Îes
corps
lucides
communiquent
à
cette
matiere,
II
n'explique
pas
d’une
maniere
fatisfai-
ante,
pourquoi
la
lumiere
paflant
de
l'air
dans
le
verre,
fe
réfrade
en.
S’approchant
de
la
perpendiculaire,
tandis
qu'une
pierre
fe
réfrade
en
s’en
éloïgnant.
II
foutient
aufi
que
*
es
vibrations
de
l’æcher
,
(
qu’il
nous
donne
comme
une
matiere
fort
élaf-
que,
fans
s'embarraffer
de
nous:
dé-
velopper
la
caufe
de
cette
élaticité),
fe
tranfinettant
avec
beaucoup
plus
de
facïlité
dans
l'air
que
dans
le
verre
:
ou
dans
Veau,
de
maniere
que
la
vitefle
de
[a
lumiere
diminue
sdans
les
milieux
plus
denfes,
Pourquoi.
donc
la
lumiere
pañlänt
de
l’eau
dans
Pair,
fous
un
angle
d'incidence
de
so
degrés
'eftelle
réfléchie
de
la
fur-
face
de
Pair
&
rentre
dans
l'eau?
{1}
72
-
(1)
11
y
a
encore
d’autres
phénomenes
tels
SE
DE
TL
-OPTTro
UE
|
D'autre
côté,
dans
hypothefe
À
Seguy
&
d’Euler
,
la
lumiere
dev
mettre
en
toute
forte
de
fens.
Cl
la
raifon
pour
laquelle
le
fon
qu
palle
à
travers
un
trou
de
fa
port.
d’une
chambre
fermée,
eft
entend
de
tous
les
angles
de
Ia
chambre,
comme
ff
le
corps
fonore
étoit
placih
Peau
fe
tranfmetrent
au
-
delà
dit
Obflacles,
comme
les
vibrations
quel.
le
fon
produit
dans
Vair:
la
mémt
chofe
arriveroit
aux
ondes
luminel
fes”
qui
fe
tranfinettroient
juiquis
nous
,
lorfque
le
foleil
eft
fous
l'hoïs
Zon,
&
nous
jouirions
d’un
jou.
éternel.
Lorfqu'on
introduit
un
rayoik
de
lumiere
dans
une
chambre
un
pa
+
LISE
que
Îes
accès
de
facile
réflexion
&
de
fadhh
tranfmiffion,
dont
nous
traiterons
dans
la
fuite,
É
que
cet
Auteur
célebre
sef
difpenfé
pr
à
demment
d'examiner,
abandonnant
tout
€
à
que
fon
fyflème
ne
Pouvoit
préfenter
heu
h
reufement,.
.,,
Et
que
defperat
;
traf
à
nirefcere
polfe
,
relinquir,
4h
_
Horat,
Art
Pot
Là
Dé
L'ODT
ro
Ur.
o$
.
Obfcure
par
le
moyen
d’un
trou
fait
au
volet
d’une
fenêtre
,
&
qu’on
fe
place
de
côté,
onapperçoïit
ce
rayon
;
parce
que
es
particules
lumineufes
font
réfléchies
en
différens
fens
par
l'air
&
les
corpufcules
qui
voltigent
dans
ce
fluide;
c’eff*la
raifon
pour
laquelle
f
on
fait
pafler
un
rayon
de
lumiere
à
travers
un
tube
de
verre
dont
on
a
pompé
Pair,
celur
qui
refte
ne
réfléchit
qu'une
très-petite
quan=
tité
de
lumiere.
S-
La
plus
petite
étincelle
de
In-
miere
produite
dans
l’athmofphere
,
Peut
être
vue
de
tous
les
points
de
R
furface,
Si
on
place
un
COrPS
Opas
que
entre
lPoœil
&
létincelle,
elle
difparoît
;
ce
qui
démontre
qu’on
la
_Voit
par
des
efpeces
de
rayons
con-
duits
en
ligne
droite
de
Pétincelle
JuQqu'à
Pœil
:
a
ténuité
de
ces
rayons.
eft
étonnante
;
car
f
on
fait
un
trou.
À
une
carte
avec
une
épingle,
un
obfervateur
couché
furte
dos,
pourra,
En
regardant
au
travers
de
ce
trou
:
diffnguer
tous.
les
objets
qui
rem-
pliffent
lhémifphere
célefte.
Mais
pour
voir
tant
d'objets
différens
.
Heft
nécefläire
que
la
multitude
pref.
102
DE
L'OPTIQUE,
les
bleus,
les
indigo
&
les
viole,
dont
le
mélange,
ainfi
que
nous
le.
verrons
dans
la
fuite,
donne
la
cou.
leur
blanche
,
rien
n'empêche
de
fuppofer
que
les
forces
répulfives
|
qui
produifent
lémifion
de
la
hi
à
miere,
agiflent
un
peu
différemment!
fur
des
molécules
différentes
»
Cl
eur
communiquant
une
vitelle
un!
peu
différente,
quoique
nous
ne.
puiflions
pas
nous
appercevoir
dk
cette
différence,
Mais
sil
s’agit
del
rayons
d'une
même
efpece,
Ja
vitel|
fe
doit
être
à
très-peu
près
la
mt.
me,
parce
que
Parc
répulff
qui
k,
produit
eft
le
même.
Si
la
fermer.
tation
du
corps
lucide
vient
à
we.
_rier,
la
quantité
de
lumiere
qui
a
fortira
ne
fera
pas
toujours
la
mêmes
|
&
c'eft
peut-être
Ja
raifon
pour
&
|
quelle
Ia
grandeur
apparente
de
cer.
F
taines
étoiles
fixes
augmente
&
dr
|
minue,
ainfiique
Pont
remarqué
les
|
Aftronomes
(1}.
Ë
RER
\(1)
M.
Newton
prétend
que
les
points
|
€
matiere
s’attirent
dans
les
petits
ae
|
tervalles
;
maïs
que
les
diflances
venant
à
à
être
un
peu
augmentées
,
la
répulfon
qi
|
l
DE
L'OPTIQUE.
103
8.
Lorfque
les
globules
lumineux
traverfent
un
milieu,
comme
Pair
ou
l'eau,
par
exemple,
les
parties
de
ce
milieu
agiflent
par
leurs
for-
ces
attradives
&
répulfves,
fur
dif-
férentes
parties
de
ces
corpufcuies,
dérangent
leur
mouvement
redili-
gne,
&
leur
font
décrire
une
efpece
de
courbe
qui
va
en
ferpentant
;
mais
comme
ces
ferpentemens
font
très-petits,
la
lumiere
nous
paroît
décrire
une
gré
Aro
9.
La
lumiere
n’eft
pas
homo-
gene
,
chaque
rayon
blanc
étant
compofé
de
fept
autres
rayons
qui
n'ont
pas
la
même
réfrangibilité.
En-
troduifez
un
rayon
de
lumiere
dans
une
chambre
obfcure
,
par
le
moyen
d'un
trou
rond
de
la
groffeur
d’une
plume
à
écrire,
fait
au
volet
d'une
produit
l’émiffion
de
la
lumiere,
fuccede
à
Vattrattion.
Il
eft
bien
difficile
d’expli-
quer
dans
ce
fyflême
l’origine
&
la
caufe
des
vibrations,
Car
f
les
points
fe
trouvent
dans-les
diffances.
où
l’attra@tion
a
lieu
,
üls
s’approcheront
pour
former
une
mañle.folide,
Si
au
contraire
ils
fe
trouvent
dans
des
diffances
de
répulfion,
ils
fe
diffiperont
,
&
il
ny
aura
point
de
vibrations
dans
la
matiere
lucide.
:
E
4
104
DE
L'OrTiiQ
ur.
fenêtre
(
fx
12);
#
vous
réces
vez
ce
rayon
fur
un
carton
paralell
|
au
volet
de
la
fenêtre
,
il
peindi
un
cercle
Blanc.
Prenez
enfuite
ui
prime
triangulaire
de
verre,
dont
On
voit
la
coupé
tranfverfale
a
°
D
EP,
placez
ce
prifme
de
ma.
niere
que
Je
rayon
folaire
rencon
|
tre
obliquement
la
face
D
E:«œ
YayON
aprés
avoir
traverfé
le
prifme,
ira
peindre
fur
un
papier
MN
(où.
far
a
muraille
oppofée)
,:
placé
à
la
diflance
‘d’environ
16:.pieds,
-
-
une
image
MN,
environ
cinq
fois
+
plus
longue
,
mais
de
la
même
fargeuwr
que
s'il
ny
avoit
point
de
prifme
Cette
tnage
.
fera
terminée
fupéz
rieurement
&
inférieurement
par
|
deux
demi-circonférences
de
cerclé,
&
latéralement
par
deux
lignes
drok
|
tes,
Le
fpeûre
M
N
reprélente
fept
couleurs
différentes
,
de
maniere
.
que
le
rayon
rouge
occupe
lextré-
mité
inférieure
N;
viennent
enfuite
Ÿ
+
è
par
ordre,
l'orange
,
le
Jaune:
le
verd
,
le
bleu,
Pindiso:
où
le
pour=
pre,
&
le
violer.
Cette
‘expérience
démontre
évidemment
qu'un
rayon
blanc
de
lumiere
efl
compolé
de
se
’
DÉ
L:OPTDIQ
UE
10$
fept
rayons
différens:
;
dont
lé
rougé
qui
s’écarte
le
moins
de
la
diredion
ÉI,
eft
le
moins
réfrangible
,
tan-
dis
que
le
violet,
qui
parvient
en
M,
fait
le
plus
grand
angle
de
ré-
fradion.,
&!,
s’écarte
le
plus
de.
Ja
ligne
droite
,
qu'il
auroit
fuivie
fans
Pinterpoñtion
du
prifme.
L’inter-
valle
qu
occupe,
le
rouge
dans
le
fpetre,
contient
toutes
les
nuances
du
rouge;
on
trouve
auf
toutes
les
nuances
du
]
jaune
dans
Pintervalle
jaune,
&c,
;
-
Mariotte.
&
Rizzeti
prétendent
avoir.
obfervé
que
les
couleurs
dont
nous
veñons
de
parler
ne
font
pas
immuables,
&
qu'on
peut
les
chan-
ger
par
une
feconde
réfration,
Mais
Martotte,
habile
d’ailleurs
,
a
manqué
de
dextérité
ou
d'attention
en
fai-
fant
ces
expériences,
ou
bien
ül
s’eft
fervi
de
prifimes
imparfaits,,
parfemés
de
bulles
&
de
fillons.
En
effet,
les.
expériences
de
Newton
ont
été
répétées
avec
grand
foïn-
par
les
Académies
de
Londres,
de
Paris,
en
Hollande.
en
Iralie,
en
Alle-
magne,
&
toujours
avec
le
même.
fuccès,
Celt
donc
fans
raifon
qu’elles.
ES
106
DE
L’'Or
Trou
1
font
rejettées
comme
faufles
,
paru
ou
deux
Particuliers
,
qui
ont
puk
tromper
facilement:
faute
de
bo!
infirumens
,
Ou
par
quelque
circonti
tance
qui
Jes
à
empêché
de
réuffir|
Au
refle,
quand
nous
difons
qu'un.
rayon
blanc
de
lumiere
contienl
fept
filets
différens
;
Yun
rouge:
l'autre
jaune,
l’autre
orangé,
&0h
nous
prétendons
feulement
que
kb
filet
rouge
,
par
exemple,
a
la
pro
k
_
priété
de
faire
une
certaine
imprek
fon
fur
l'organe
de
la
vue
&
fall
nerfs,
à
laquelle
PAuteur
de
La
|
ture
a
attaché
la
fenfation
du
Touge
|
tandis
qu’il
a
attaché
la
fenfationdi
È
violet
à
l’impreffion
que
produit
k
Û
filet
|
que
nous
nommons
ray
violer
;
Ge.
:
7-42)
On
peut
remarquer
que,
quoique
|
le
fpeëre
3
N
parole
terminé
#
ï
iéralement
par
des
lignes
droites,
|
il
eft
néanmoins
compofé
de
diff
|
rens
cercles
des
fept
couleurs
,
«doit.
HOUS
venons
de
parler,
qui
{oi
à
tellement
mélés
‘entreux,
&
enf
k
grand
nombre,
que
les
extrémités
Ë
æ
de
leurs
circonférences
paroïflent
fe
ioucher
,
&
former
des
lignes
droites,
|
DE
L”O
56
TrQ.u
r
107
Le
brifme
ne
fait
autre
chofe
que
féparer
des
rayons,
qui
par
letir
mé-
knge
formoient
la
couleur
blanche.
En
effet,
f
lon
fait
un
trou
à
un
carton
où
à
un
papier
qui
reçoit
le
fpedre
M
N,
pour
laïffer
paffet
le
faifceau
rouge,
afin
de
le
faire
tomber
fur
un
autre
prifme,
ü
ref
tera
toujours
rouge
,
quelque
nom»
bre
de
réflexions
ou.de
réfrattions
qu'il
fouffre;
feulement
il
saffoi-
blira,
parce
que
plufeurs
de
fes
globules
ferorit
diffipés
par
Îles
ré-
flexions
,;
ou
abforbés
dans
Îes
ré-
fradions.
Ce
que
l'on
vient
de
dire
dusrayonrouge,
doit
s'entendre
éga-
lement
de
lorangé,
du
jaune,
&c.
*°$i
lon
touine.lé
ptifime
D
E
P
d’une
certaine
maniere,
on
pourra
faire
paroître
fur
le
carton
K
L
le
feul
rayon
violet,
qui
eft
le
plus
réfran-
gible
de
tous;
&
en
continuant
de
totrner,
les
autres
fe
placeront
fuc-
ceflivement
fur
le
même
carton
KL,
&
lon
pourra
même,
en
con-
tnuant
de
tourner
,
faire
monter
le
Yäyon
rouge
juiques
en
r
,
où
!l
pallera
par
un
trou
convenable
d’en-
vison
3
lignes
de
diametre.
Sr
alors
408
DE
L’.Or
vre
vu
BE
.
on
le
reçoit
farun
Prifne
e:dp;ilint
peindre
far
un
antre
carton-m
n.,
une
mage
rouge
j..
Ét:
quelque,
nombre.
de
prifmes
qu'iltraverfe
;:
&
de
quel
que
couleur
que
foïent
c
verds,
bieus
,
&c.
fa
couleur
reflet!
inaltérable
(1).
Ces
expériences.
prot
£
RENTE
Der
FCI
>
(1)
La
lumiere
réfléchie
de:
def
ah
objets,
fe
réfrañe
&
fe
décompofe
en
peh
ant
par
le
prifine
:
c'eff
la
raifon
|poith
laquelle
les
corps
placés
à
une
certaiith
diflance
,.
paroiflent-
bordés.:
de,
conleus.
vives,
&
quelquefois
comme
chamarrés
1h
différens
endroits
de
leur
furfaces
Si
JobiaL
.€f
grand
&
àflez
près,
lés
/coulears
di
Paroiflent:
qu'aux
_
bords
s
:s1b
ef
oi
al
k\
difance
d'environ
12.pieds,
‘il
parolt
colo
dans
toute
fa
furface.
On
rendra
rail
à
de
ces
phénomenes
>
fon
fait
attention
que.
Torfque
l’objet
peut
être
Compris
däng
Pan:
gle
que
forment
les
rayons
ivioress]
&
hs
FOUSes
,
alors
toutes
les
Couleurs:
doive
|
emeurer
contigues
les
unes.
aux
aprés
|
fans
inferruption
5
mais
sl
ex
cede
cét
an
es
les
bords
-
oppofés
doivent
Paroffrél!
A
colorés,
Fun
en:
rouge
&
jaune,
Pautre
ef
Violet
bleu
&
Verd
:
l’efpace.
intermédiaire
fe
voit
comme
à
Ja
ue
fimple
,
parce
qu'il
S'y
trouve
des
rayôns
de.toures
les
efpects
PR
CT
Lo
ce
DE
L’'O
P
CrQ
ÛE
105-
vent:
que
les
couleurs
:ne:-dépen-
dent.
point
des
réflexions,
ou
.des
réfractions
que
foufrent
les
rayons.
folaires
en
traverfant
différens
mi-
lieux,
commele
prétendoït
Defcartes.
À
Pégard
du
noir,
il
eft
vifible
que
ce
n'eft
pas
une,
couleur,
maïs
plu-
tot-une.
privation
de
lumiere;
äinf
lès
corps
;qui
ne
réfléchiffent
pas
allez,
de
Iumiere,
paroïffent
noirs.
IE
y
a
des
rayons
qui,
par
leur
mélan-
ge;
donnent
une
couleur
moyenne
:
le
faifceau
rouge
étant
mêlé
au
fai£-
ceau
jaune
|
produit
lorangé
;
Le
faifceau
jaune
mêlé
avec
le
bleu
5
donne
la-couleur
verte;
&
du
mê-:
lange
du
faifceau
bleu
avec
le
violet.
réfute
le
pourpre,
qui
eft
une
cou.
leur,
moyenne
entre
le
violet
&
le:
bleu,
Mais
ces
couleurs
qui
dépens,
:
dent,
d'un
mélange,
ne.
font
pas:
fnmples.comme
les
prifmätiques
;
car.
on-peut,
les
décompofer
en
faifant:
ASE
formément
éclairée
;
carantremenrles
parties:
les
plus
illuminées
font
comme
autant
d’ob
Jets:
particiiliers
de
chacun
defquels
on
peut
”
affurer
tout:
ce
qu'on
ivient
de:
dire
due:
objet
en
général.
fe
4
|
110
DE
L’'OrpTrTraus
|
pañler
lesrayons
qui
Les
donnent
àtt&
vers
un
prifine
;
ce
:qui
n'arrive
pal
aux
couleurs
primitives
qui
font
feule
ment
au
nombre
de
fept,
&
qui
était,
mêlées
dans
le
foyer
d’un
verre
ardent,
à
travers
duquel
on
les
aura
faitpafler,|
donneront
ja
couleur
blanche,
-
SE
après
avoir
regardé
le
fokll
pendant
long-temps,
on
ferme
fubi!
temént
les
yeux
;
où
ff
l'on
entil
dans
un
lieu
obfcur
,
on‘éprouvelti\
imprefions
de.
fa
couleur
rouge
;
|
Orangée,
jaune,
verte
,
&c.;
elle
ne
peuvent
avoir
d'autre
origitt,
‘que
le
rayon
folaire,
qui
avoit
at
|
Paravant
pénétré
dans
l'œil,
Lotk|
qu'un
petit
rayon
de
lumiere
pal,
à
travers
un
petit
trou,
on
oblet|
ve
,
dit-on,
comme
des
fils
très!
déliés
de
différentes
couleurs
::
ai}
relle
,
tous
ces.rayons
colorés
était
k
_IMéêlés
les
uns
avec
les
autres,
à
felon
une
certaine
lot,
doivent
pro.
duire
une
impreflion
compofée
für!
l'organe
de
la
vue,
&
occafonntl
k
à
notre
efprit
une
fenfation
difé
|
rente
de
celle
que
chaque
rayoi
Ë
de
ces
conleurs
pourroit
exciter
sil
Ë
étoit
feul
,
comme
il
arrive
à-peu
pi
à
pr
L'OrTIrdU£.
tff
dans
cun
certain
bruit
produit
par
différens
fons
mêlés
&
confondus
les
uns
avec
les
autres.
E
10.
Les
couleurs
qui
fe
réfrac-
tent
le
plus
,
font
celles
qui
fe
ré-
fléchiflent
plus
faclement;
de
ma-
niere
que
le
violet
eft
réfléchi
fous
un
angle
,
fous
lequel
le
bleu,
par
exemple,
eft
tranfimis,
C'eft
pour-
quoi
ft
le
rayon
rouge
&
le
violet
pañlent
fous
le
même
angle,
du
ver-
_re
dans
Île
vuide
ou
dans
Pair
;
comme
le
finus
de
l'angle
de
ré-
fraction
du
violet
eft
plus
grand
que
celui
du
rouge,
le
rayon
violet
fera
attiré
avec
plus
de
force
par
le
ver-
re
qui
lobligera
de
changer
fa
dire&tion
,
&
de
rentrer
dans
fon
fein,
Suppofons
que
la
figure
13
repréfente
un
plan
mobile
4
B,
percé
d’un
petit
trou
O,
à
travers
lequel
on
fait
pafler
fucceffivement
différens
rayons
colorés,
pour
les
faire
tomber
fort
obliquement
fu
le
prifme
M,
&
fous
le
même
an-
gle
d'incidence;
on
remarquera
que
les
uns
font
réfléchis
vers
C,
tandis
que
Îles
autres
paflent
encore
vers
E,
&
que
ceux
qui
font
réfkéchis
218
DE
L'OrPrrTrQUE.,
ler
d'argent
qu’on
a
fait
chauffer
|
auparavant
,
ils
recommenceront
à
_
luire:
on
remarque
la
même
chofe
Torfqu’on
les
plonge
dans
l’eau
chau-
de
;
maïs
on
fait
bientôt
difparoître
Teur
lumiere
en
les
jettant
dans
l’eau
froide,
&
on
la
fait
reparoître
de
nou-
veau
en
Îes
échauffant
avec
l’haleine:
ils
ceffent
encore
de
briller
f
on
les
replonge
dans
l’eau
froide
:
mais
après
les
avoir
aïinfi
réchauffés
&.
refroïdis
plufieurs
fois
,
leur
lumiere
qui
s’eft
afoiblie
à
chaque
fois,
s’éteint
tout-à-fait,
&
on
ne
peut
plus
réufMir
à
les
faire
briller,
quoi-
qu'on
les
échauffe.
I
paroît
donc
que
Ja
lumiere
eft
différente
du
feu.
D'autre
côté
le
feu
efl
nourri
par
Vhuile,
tandis
que
tout
principe
bui-
eux,
liquide,
affoiblit
Ia
Jumiere,
S'il
ne
la
détruit
point.
La
Iumiere
pénetre
rapidement
Les
corps
dia:
phanes
,
le
feu
les
pénetre
lente-
ment,
Le
vent
ne
repoufle
point
Ja
lumiere,
&
ne
Ia
déplace
point;
maïs
l'air
agit
fur
la
flamme,
&
Ja
détermine
à
s'élever
,
tandis
que
Ja
Fumiere
du
foleil,
comme
celle
de
tous
les
corps
lumineux
,
fe
dirige
DE
L’'OPTrQUux
119
en
toutes
fortes
de
fens.
Comme
le
feu
qui
fe
fait
remarquer
fous
Ia
forme
de
flamme,
differe
en
chaleur
&
en
couleur
,
fuivant
la
nature
de
fon
aliment,
Ia
lumiere
qui
provient
des
différens
corps
embrafés,
n’eft
point
femblable
dans
tous.ces
corps:
elle
paroît
être
un
corps
d’une
na-
ture
toute
particuliere.
Ses
ryors
condenfés
au
foyer
d'un
verre
brû-
Jnt,
&
dirigés
fur
un
refort
de
montre,
fixé
par
une
de
fes
extré-
mités
dans
un
morceau
de
bois,
mettent
en
vibration
l’autre
extré-
mité
de
ce
reflort
(1).
La
famiere
qu'un
corps
opaque
réfléchit,
fait
toujours
Pangle
de
ré-
flexion:
égal
à
celui
d'incidence
,
ce
qui
démontre
que
la
vitefle
de
la
lumiere
eft
la
même
avant
&
après
Fa
réflexion.
14.
Le
bois
des
vieux
arbres,
Ia
chair
des
animaux
terrefres
,
plu-
feurs
poiflons
,
lorfqu’ils
fe
pour-
riffent,
les
endroits
qu’on
arrofe
fré-
uemment
d'urine,
jettent
une
belle
lumiere
pendant
la
nuit.
Les
mou-
ches
qui
volent
pendant
Ia
nuit
dans
DUO
18
Pre
an
ne
UNE
Se
DONS
RES
Ar
EE
SE
DE
ETS
RCA
_
(1)
Hifk
de
J’Acad.
Royale,
ann.
1708,
er
es
H504D
EL
-OPT
rQ
Ù
ë..
TAlemagne
&
dans
Pltalie,
les
yeux
de
plufieurs
animaux,
des
“farabées
gros
comme
des
abeilles,
mais
fur-tout
les
mouches
des
Antilles,
qui
font
mu:
nies
de
quatre
aïles,
‘d'où
fort
une
lue
miere
fort
éclatante,
ont
la
même
pros
pricté.
Si
l'on
met
dans
un
verre
ces
[ea
|
rabées
qu'on
trouve
dans
l'Afrique,
‘aux
environs
du
fleuve
Gambiss,
qui
font
d’un
rouge
brun,
&
applatis,
on
peut
lire
auf
facilement
pendant
à
nuit,
que
fi
of
étoit
éclairé
avec
une
chandelle
(1).
Si
on
renferme
en
Italie
trois
fcarabées
Inifans
dans
un
tube
de
verre-banc
,
ïls
donneront
‘aflez
de
lumiere
pour
“éclairer
tous
les
objets
d’une
chambre.
L’éclar
des
carabéés
&
des
mouches
diminue
dorfque
ces
infedtes
font
malades,
«&
is
ceffent
de‘fuirefi-tôt
qu’ils
font
rOrts.
-
Lorfqu
ls
font
effort
pour.
….
1:)6
M.
‘de
Res
parle
d'une
efpect
.de
mouche
qu’on
trouve
aux
Antilles,
dans
les
Indes,
&
que
Mlle.
Merian
a
décrite
parmi
les
infeétes
de
Surinam.
Les
habitans
“du
pays
s’en
éclairent
,
dit
le
P,
du
Tertre,
-(dans
fon
Hijloire
des
Antilles
)\,
tant
n
aller
&
venir
>
que
pour
travailler
pendant
la
nuit;
le
même
animal
fert
pendant
1j
jours;
après
quoi
on
le
renouvelle.
.
voler
;
DE
L'OPTrQwE.
r72r
voler,
on
voit
la
lumiere
fortir
fur-
tout
de
leur
ventre,
Les
vers
qu’on
trouve
dans
les
huîtres
font
lumi-
neux
,
auffi-bien
qu'une
humeur
vif
_queufe
qui
fe
trouve
dans
le
gofier
de
certains
poiïflons.
Les
couteaux
de
mer,
fur-tout
,
font
fort
lumi-
neux,
&
ces
poiflons
continuent
de
briller,
même
après
leur
mort,
Si
on
les
plonge
dans
du
vin,
du
vi-
naigre
,
de
l’efprit
de
vin,
de
l’urine,
de
la
folution
de
fel
de
faturne
,
de
la
folution
de
vitriol,
&c.
leur
lue
miere
s’éteint
;
mais
cela
n'arrive
pas
fi
on
Les
jette
dans
l’eau
,
dans
le
fait,
dans
l'huile,
dans
l'huile
de
tartre
,
ou
dans
lefprit
de
[el
am-
moniac.
Si
on
les
plonge
dans
une
eau
trop
chaude,
leur
lumiere
s’af-
foiblit
;
cela
arrive
aufli
ft
l'eau,
quoique
chaude
,
ne
left
pas
ju£
qu'à
un
certain
point;
enforte
qu'il
ÿ
aun
certain
degré
de
chaleur
qui
eft
plus
favorable
à
la
lumiere
de
ces
poiflons
(1).
+
15.
La
mer
battue
&
agitée
devient
(1)
Ce
font
des
coquillages
vivalves,
qui.
ent
[a
forme
d’un
manche
de
couteau,
|
Tome
IE,
122
DE
L'OPTIQUE
Jumineufe
dans
certains
temps
:
ce
phénomene
dépendroit-il
des
petits
infedtes
femblables
à
des
chenilles,
ou
de
plufieurs
efpeces
qui
fe
raf
fembleroient
promptement
&
en
grande
quantité;
enforte
que
Ia
mer
chargée
de
ces
animaux,
feroit
Jui
neufe,
lorfque
fa
furface
feroit
agk
tte,
&
que
le
rivage
battu
par
{6
flots
chargés
de
ces
infectes,paroïtroit
comme
embrafé,
aïnf
qu’on
la
ob-
{ervé
dans
le
Bréfil?
Maïs
ces
anr
‘maux
vénant
à
périr
&
ceflant
de
répandre
la
lumiere,
la
mer
perdit
tout
fon
éclat.
Les
obfervations
de
Linnæus,
Goflellinr,
&c.
paroïflent
confirmer
cette
idée;
c’eft
pour
ceh
que
l’eau
de
la
mer
filtrée
ne
donne
plus
de
lumiere;
maïs
celle
qui
ef
encore
dans
le
filtre,
conferve
un.
bel
éclat
;°
&
fi
l’on
en
expofe
quel-
que
goutte
fous
{a
lentille
d'un
mi
_
crofcope,
on
y
voit
nager
une
quai
tité
prodigieufe
de
petits
animaux
6.
I
y
a
des
corps
qui
ne
deviet-
ment
lumineux
&
n’abforbent
la
lu-
_miere
qu'après
avoir
été
expofés
al
-
foyer
d’un
miroir,
où
d’un
verre
a
dent:
d’autres
deviennent
lumineux
pr
1
OrTi.our.
123
étant
expofés
à
l’ardeur
du
foleïl,
Il
y
en
a
qu'il
fufit
d’expofer
au
grand
air
pendant
le
jour,
que
le
ciel
foit
ferein
ou
nébuleux.
Il
y
en
à
d’autres
qui
s’imbibent
de
lumiere
,
lors
même
qu'ils
font
renfermés
fous
des
verres:
l’on
en
voit
auf
qu’il
fufüt
de
placer
dans
Peau,
dans
le
lait,
ou
dans
du
vinaïgre.
En
général
tous
les
corps
échauflés
par
un
feu
moderé,
s’imbibent
plus
aifément
de
lumiere,
Les
bols,
de
quelque
couleur
qu’ils
foïent
,
toutes
les
incruftations
qui
fe
forment
dans
les
canaux
des
fon-
taines,
toute
efpece
de
marbre
quel-
conque,
tous
les
fables,
le
talc,
le
fpath,
amiante
,
les
agates,
les
fta-
_…dadtites
;
les
jafpes,
les
opales
,
Ponix,
_
da
pierre
calaminaïire
,
les
cryflaux
de
roche
,
les
dendrites,
les
belemni-
tes,
les
cailloux,
Paimant
,
l’æmatite,
toutes
les
terres,
toutes
les
pierres
précieufes
,
tous
les
fels
naturels,
tous
les
fucs
gras,
le
fuccin,
le
fou-
fre
,
Parfenic
blanc,
lorpiment
fof-
file
,
Pivoire
foflile,
toutesles
pétri-
fications
,
la
tutie,
du
côté
qu’elle
eft
mégale
&
raboteufe
,
&c.
toutes
ces
Aubftances
abforbent
la
matiere
de
la
Fr
2
126
p
EE
L'OPTIQUE
nes,
le
jus
de
viandes
épaïff
;
un
jaune
d'œuf
defléché,
le
fromage
,
la
férofité
du
fang
épaïilie,
des
grumeaux
de
fang,,
les
chairs
defféchées,
la
maïn
d'un
homme
vivant
en
hiver
&
1lorf
qu'il
gele,
les
calculs
des
reïns
&
de
la
vefe
,
le
bezoar
;
les
pierres
d’écre-
viffe
,
&c.
Cependant
les
métaux,
le
cinnabrée
,
[le
zinc,
les
marcaflites,
lejayet,
le
pétrole,
les
bitumes
,
là
térébenthine
liquide
&
le
benjoin
ne
deviennent
point
phofphoriques
par
le
procédé
que
nous
venons
d’indis
QUER,
5:
FE
|
_-
18.
Maïs
pourquoi
les
corps
s’ims
bibent-ils
d’une
plus
grande
quantité
de
lumiere
pendant
un
jour
même
nébuleux,
que
fi
on
les
avoit
expofés
à
une
flamme
artificielle
très
-claire?
Cela
viendroit-1l
de
ce
que
là
lumiere
du
jour
feroit
plus
denfe
que'celle
de
toute
flamme
que
nous
puiffions:
:
produire
,
ou
de
ce
que
cétte
efpece
de
flamme
artificielle
eft
toujours
em-
barraflée
de
parties
hétérogenes
qui
la
rendent
moins
propre
à
pénétrer
dans
les
pores
des
corps
que
la
lumiere
du
folerl
qui
eft
plus
pure?
*
«19,
L'art
prépare
aufi
plufieurs
FRE
RG
EEE
RE
|
DE
LOPTIQUE
127
corps
qui
s’Imbibent
de
lumiere
&
qui
deviennent
Jumineux
dans
Îles
ténebres,
On
doit
compter
parmi
ces
corps
toutes
les
pierres
calcinées,
&
{a
pierre
de
Boulogne
(x).Selon
Lemery,
cette
pierre
étant
expofée
à
la
{u-
miere
du
jour,
lorfque
le
foleil
eft
fur
le
point
de
fe
coucher
,
rend
enfuite
une
lumiere
plus
vive,
&-elle
brille
davantage
lorfque
le
ciel
eft
nébuleux
&
pluvieux
,
que
par
un
temps
ferein;
mais
les
rayons
de
la
June
lui
communiquent
un
éciat
modique.
Ce
phofphore
contient
un
foufre
fort
fubtil
&
trèsmobile,
qui
_exefce
une
forte
action
fur
la
lumiere
qu'il
renferme;
de
maniere
qu'il
blan-
chit
la
furface
d’un
morceau
de
laï-
ton
fur
laquelle
on
le
pofe.
I
Prille
avec
plus
d’éclatspendant
un
temps
pluvieux
&
nébüleux,
parce
qu'un
peu
d'humidité
produit
dans
fes
par-
ties
une
efpece
de
fermentation
très-
propre
à
donner
du
mouvement
à
[a
lumiere
quelles
contiennent.
oo
(x
)
On
donne
le
nom
de
phofvhore
à
toutes
les
fubflances
capables
de
répandre
de
la
lu-
miere
dans
les
ténebres
:
telles
que
font
les
F
4
328
DE
L'OrTrqur:
L'on
doit
encore
ranger
parmi
cés
fübflances
Peau
de
chaux
vive
mêlée
avec
l'huile
de
vitriol,
étanr
diftillée
cryflallifée
&
diftillée
enfaite,
toutes
me
ee
mt
vers
luifans,
le
bois
pourri,
la
pierre
de
Boulogne
,
&c.
La
pierre
de
Boulogne
ef
tendre,
pefante
,
cryftallifée
,
ne
fait
aucune
effervefcence
avec
les
acides
>
avant
d'avoir
été
calcinée
avec
le
conta@
des
charbons,
Ces
qualités
la
font
ranger
par
Margraff
au
nombre
des
{paths
fufibles
pefans
,
avec
d'au
tant
plus
de
raifon
que
tous
ces
fpaths
pré=
parés
avec
la
pierre
de
Boulogne,
devien-
nent
phofphoriques,
Pour
donner
la
vertu
phofphorique
à
ces
pierres,
on
choifit
celles
qui
font
les
plus
nettes,
les
plus
friables,
les
plus
pefantes,
les
plus
cryflallines
,
qui
s’effeuillent
lorfqw'on
les
brife.
On
les
fit
roupir
dans
un
creufet,
on
les
réduit
en
poudre
dans
un
mortier
de
verre
ou
de
porphyre
;
&
c’eft
à
tort
que
Lemery
pré-
tend
qu’il
eft
néceffaite
d'employer
un
mor-
tier
de
bronze.
Les
pierres
ayant
été
ainf
réduites
en
poudre,
on
en
forme
une
pâte
avec
du
mucilage
de
gomme
adragan,
&
on
en
fait
des
gâteaux
minces
de
lépaiffeur
environ
d’une
lame
de
couteau
>
qu'on
fait
deflécher
en
employant
une
aflez
grande
chaleur
fur
la
fin,
On
allume
du
charbon
dans
un
fougneau
de
réverbere
ordinaire,
rempli
à
peu
près
jufqu’aux
trois
quarts
de
fa
hauteur
,
ayant
eu
foin
de
pofer
les
gateaux
de
pierre
à
plat
fur
ce
charbon.
On
acheve
DE
L'OPT:QÛE
129
les
pierres
diffloutes
dans
les
acides
&
enfuite
calcinées,
le
phofphore
de
Baudouin,
fait
aveg
la
craie
&Pefprit
de
nitre,
La
lumiere
de
ces
diverfes
de
remplir
le
fourneau
avec
du
charbon
noir
,
on
le
couvre
de
fon
dôme
dont
le
tuyau
doit
refter
ouvert;
on
laifle
confumer
tout
le
charboti
&
refroidir
le
fourneau
;
&
les
pierres
font
alors
calcinées.
Si
on
les
nettoie
par
le
moyen
du
vent
que
produit
un
foufa
flet
,
de
la
cendre
dont
elles
font
couvertes,
qu’on
les
expofe
à
la
lumiere
du
jour,
(fe-
Ton
Scherffer,
on
ne
doit
pas
les
expofer
aux
rayons
folaires
),
pendant
quelques
minutes,
qu’on
les
porte
enfuite
dans
un
lieu
obfcur,
on
les
verra
briller
comme
des
charbons
-
ardens
,
fur-tout
fi
on
s’eft
tenu
foi-même
dans
l’obfcurité
,
ou
fi
l’on
a
eu
foin
de
fermer
les
yeux
pendant
quelque-temps
afin
de
dilater
la
prunelle.
Margraff
obferve
que
fi
après
la
calcination
à
travers
les
charbons
,
on
calcine
de
nouveau
ces
pierres
pendant
une
bonne
demi-heure
,
leur
propriété
phof=…
phorique
en
devient
plus
vive.
Si
l’on
en
croit
M,
du
Fay,
toutes
les
pierres
calcaires
peuvent
devenir
phofphoriques
par
la
calci-
nation
;
avec
cette
différence
feulement
que
celles
qui
font
purement
calcaires,
ont
befoin
d’une
calcination
plus
forte
ou
de
plufeurs
calcinations
réitérées,
tandis
que
celles
qui
contiennent
l’acide.
telles
que
les
gypfes,
les
félénites
,
les
fpaths,
le
deviennent
par
une
fule
calcination
plus
PR
au
5
1226
DE
L'OrTroqus.
même
des
diamans
qui
brillent
pens
dant
quatre
heures.
Les
corps
qui
ont
la
faculté
dabforber
la
Iumiere
&
de
la
mieux
retenir
;
peuvent
là
mm
charbon
à
la
fois
par
la
porte
de
la
chape:
La
cornue
doit
être
bien
lutée
à
un
ballon
de
moyenne
grandeur
,
percé
d’un
petit
trou,
&
à
moitié
rempli
d’eau
:
on
fe
fert
pour
cela
du
[ut
gras
ordinaire
,
bien
aflu-
Jetti
par
des
bandes
de
linge
chargées
delit
de
chaux
&
de
blanc
d'œuf.
L’échancrure
du
fourneau
par
où
pañle
la
cornue,
doit
être
aufli
bien
fermée
par
de
la
rerre
à
four,
Enfin
on
éleve
un
petit
mur
de
briques
entre
le
fournéau
&
le
ballon,
pour
garantir
ce
.
Vaïffeau
de
la
chaleur
le
plus
qu'il
ef
poffible»,
«
Toutes
ces:
chofes
ayant
été
préparéesla
|
veille
du
jour
qu’on
fe
propofe
de
faire
la
diffillation
,
of
eft
en
état
de
procéder
à
cette
opération
,
dont
le
refle
eft
très-facile,
On
échauffe
la
cornue
par
degrés
environ
per-
dant
une
heure
&
demie
,
alors
on
augmente
la
chaleur
jufqu’à
faire
bien
rougir
la
cor:
nue,
&
le
phofphore
commence
à
pafler
en
vapeurs
fumineufes:
la
cornue
étant
prefque
rouge-blanc
,
le
phofphore
pañle
en
gouttes
qui
tombent
&
fe
figent
dans
l’eau
du
récin
pient
:
on
foutient
ce
degré
de
chaleur
,ju£
qu'à
ce
que
la
cornue
étant
rouge-blanc;
ons’apperçoive
qu’il
ne
pañle
plus
rien.
Cette
opération
dure
environ
cinq
heures
pour
une
cornue
de
a
contenance
de
deux
pintes
où
mème
plus.
».
DE
L'OPTIQUE.
137
perdre
,
lorfqu’on
les
expofe
Jong-
temps
à
l’adron
du
feu,ainfr
qu'on
peut
le
remarquer
dans
les
cryftaux,
les
émeraudes,
&c.
La
vertu
phofpho-
PRES
SE
MR
RE
RE
EE
«
Le
phofphore
ne
pañle
pas
pur
dans
cette
diftillation
;
mais
on
le
purifie
des
matieres
charbonneufes
ou
fuligineufes
dont
il
eft
noirci,
en
le
diftillant
une
feconde
fois
dans
une
petite
cornue
de
verre
à
laquelle
on
ajoute
un
petit
récipient
à
moitié
plein
d'eau.
Cette
rectification
ne
demande
qu’une
chaleur
très-
modérée,
le
phofphore
une
fois
formé
étant
très-volatil
,
tandis
que
les
matieres
fuligi-
neufes
dont
il
eft
fouillé,
ne
peuvent
être
élevées
qu'à
laide
d’une
grande
chaleur.
Aïnf
elles
reftent
au
fond
de
la
cornue,
&
le-phofphore
pañle
très-pur.
On
a
coutume
de
le
réduire
après
cela
en
petits
bâtons
pour
la
commodité
des
expériences,
ce
qui
fe
fait
en
l'introduifant
dans
des
tubes
de
verre
qu’on
plonge
dans
de
l’eau
un
peu
plus
que
tiede.
Cette
chaleur
très-douce
fuffit
pour
liquéfier
le
phofphore,
qui
eft
prefque
aufli
friable
que
du
fuif;
fes
parties
fe
réuniflent
&
prennent
la
forme
du
tube
qui
leur
fert
de
moule
:
on en
fait
fortir
le
phofphore
ainf
moulé
,
après
lavoir
laiflé
totalement
refroidir
&
figer
:
1!
faut,
pour
pouvoir
retirer
com-
modément
le
phofphore
de
cestubes
ou
mou-
les,
qu’ils
aient
de
la
dépouille
,
c’eft=à-dire,
qu’ils
foient
de
figure
un
peu
conique
;
&
toutes
ces
opérations
doivent
fe
faire
toujours
dans
l’eau,
pour
éviter
linflammation
du
phofphore
».
138.DE
L.O-PTIQUF
rique
réfide
pendant
plufieurs
années
|
dans
la
colophone
;
le
pain
la
perd
|
au
bout
d'un
jour,
&
la
gomme
ara
bique
dans
fix
jours
;
mais
en
faifant
Ce
phofphore
fe
diffout
dans
les
huiles
&
|
liqueurs
inflammables
;
&
ces
liqueurs
buis
leufes
phofphoriques
font
toujours
lumineu-
fes,
fur-tout
lorfqw’elles
font
un
peu
échauf
|
fées
&
qu’elles
ont
une
libre
communication
avec
l’air;
fon
accide
diflout
entierement
le
zinc,
&
cette
diflolution
exhale
une
odeur
féride.
Ce
même
acide
traité
par
la
fufon
avec
l’étain,
le
plomb,
&
fur-tout
le
fer
&
le
zinc
qui
font
des
fubffances
dont
le
à
phlosiftique
et
très-abondant
&
très-dévé
loppé,
orme
du
phofphore.
M.
Margrañà
obtenu
une
aflez
grande
quantité
de
tré
beau
phofphore
en
difillant
au
grand
fu
l’acide
phofphorique
avec
du
zinc.
Le
même
Chymiite
a
encore
obfermé
que
beaucoup
de
matieres
végétales
&
fur-tout
les
graints
contiennent
affez
de
cet
acide.
pour
produité
|
os
ri
TPE
TERRE
du
phofphore
lorfqu’on
les
poufle
au
grand
|
feu
dans
les
vaifleaux
clos.
Cet
acide
R
|!
forme-t-il
dans
les
regnes
végetalouanima,
|
&
pafle-t-il
du
premier.
dans
le
fecond?
!
Quoi
qu’il
en
foit
,
c’eft
toujours
dans
Puriné
où
il
s'en
trouve
la
plus
grande
quantita
Pour
dégager
l’acide
phofphorique,
ilfüf
fit
de
faire
brûler
le
phofphore,
car
6
principe
inflammable
fe
diffipant
parlacom
|
buftion
,
l'acide
refte
libre;
ce
qui
prouÿt
que
ce
réfidu
efl
un
acide
,
c’eft
fa
faveurs
DE
LOPTIQUE
139
chauffer
ces
corps
&
les
expofant
aufr
à
la
lumiere
du
jour,
ïls
redevien-
dront
lumineux.
Si
le
phofphore
de
Baudouin,
la
chaux
de
fpath
reftent
=
5
&
la
propriété
qu'il
a
de
rougir
les
couleurs
bleues
des
végétaux.
On
écritfur
la
muraille
d’un
lieu
obfcur
avec
un
bâton-de
phofphore
,
&
l'écriture
fe
lit
auffi-tôt
tracée
en
caraéteres
de
feu.
On
enduit
un
objet
avec
une
diffolution
de.
phofbhore
dans
unehuile.,
&
cet
objet
paroit
tout
rayonnant
de
lumiere
dans
un
lieu
té=
nébreux,
principalement
fi
l'air
eft
un
peu
échauffé,
On
éteint
une
bougie
;
&
on
l’a
rallume-for
le
champ
en
appliquant
fur
la
-
meche
encore
chaude
la
pointe
d’un
couteau.
à
laquelle
on
attache
avec
du
fuif
un
petit
_
morceau
de
phofphore.
Enfin
,
c’eftune
fubf=
tance
par
le
moyen
de
laquelle
les
Phyf-
ciens
peuvent
faire
des
opérations
capables
d'en
impofer
beaucoup
aux
ignorans.
Calcinez
une
certaine
quantité
d'écailles
d'huitres
ordinaires;
en
les
tenant
pendant.
demi-heure
fur
un
feu
‘bien
foutenu.
Lorfe
que
vos
écailles
feront
réduites
en
poudre,
féparez-en
la
partie
la
plus
pure
en
les
cri=
blant,
Vous
mêlerez
cette
poudre
avec
un:
quart
de
foufre
,
&
vous
mettrez
le
mê-
lange
dans
un
creufet
d’un
pouce
&
demi
de
profondeur
,
que
vous
remplirez
prefque
jufqu’aux
bords
:
vous
le
placerez
fur
le
plus:
grand
feu,
où
vousle:tiendrez
rouge
au
moins
pendant
une
heure,
après
quoi.
vous
le.
laif=
O0
DE
L'OrTireur.
dans
les
ténebres
deux
où
trois
ferai
nes,
ils
perdent
{eur
éclat;
mai
f
on
Îles
expofe
trois
Où
quatre
jours
à
la
lumiere
du
foleil,
&
qwonks.
place
enfaite
fur
un
fourneau
bia.
échauñé,
ils
redeviendront
lumineux,
Peut-on
dire
que
les
corps
repouk
ferez
refroidir.
Vous
couperez
ou
vous
br
ferez
la
matiere
froide
dont
vous
broyere
les
parties
les
plus
brillantes,
qui,
f
lopé
ration
eft
bien
faite,
vous
rendront
une
pox
dre
blanche
que
vous
mettrez
dans
une
boy:
teille
fermée
hermétiquemenr.,
Quelques
par
ties
de
ce
phofphore,
lorfquelles
ont
été
expo
fées
à
l'air
pendant
2
ou
3
fecondes
,
&
qu'on
les
tranfporte
fur
le
champ
dans
une
chane
bre
obfcure
,
donnent
aflez
de
lumiere
pour
|
faire
diffinguer
les
heures
à
une
montre,
|
Pourvu
qu'on
ait
fermé
les
yeux
ou
qu'on
|
ait
refté
dans
un
endroit
peu
éclairé
pen
|
dant
2
ou
3
minutes.
Par
uneexpérience
rapportée
dans
le
Journal
Anglois
du
15
Février
1776,
le
phofbhore
donne
toujours
la
même
lumiere
non
cojorce,
quoiqu'il
ait
été
expofé
fucceflivement
an
différens
rayons
colorés
du
Prifme
;
cepen-
dant
la
lumiere
eft
plus
ou
moins
éclatante,
felon
la
couleur
des
rayons
auxquels
il
4
été
expofé.
Ce
qui
vient
fans
doute
de
çe
que
les
rayons
quiont
leplus
de
force
,
ébran:
lent
avec
plus
de
violence
les
particules
du
phofphore,
&
produifent
une
agitation
plus
confidérable
dans
la
Jumiere
qu'il
renferme
LA
DE
L'O
PT
ro
v
r
TAT
fent
la
[lumiere
au
dehors,
ou
que
fa
lumiere
fe
difipe
d'elle-même
en
tendant
à
fe
mettre
en
équilibre
,»
OÙ
que
Phumidité
répandue
dans
lath-
mofphere
;
éteint
Ia
lumiere
dans
les
corps
qu’elle
pénetre
2
20.
Les
métaux
expofés
à
Ia
Iu-
micre
du
foleïl
ne
deviennent
point
lumineux
,
mais
le
fer
imprégné
d'une
grande
quantité
de
matiere
jgnée
acquiert
un.
grand
éclat.
Cela
Paroït
venir
de
ce
que
ce
métal
réfifle
à
la
lumiere
&
non
à
la
matiere
ignée,
quoïque
celle-ci
contienne
beaucoup
de
lumiere,
Dans
la
ville
de
Gamron
en
Arabie,
les
étoiles
fixes
D'étincellent
point;
ce
qu’on
attribue
\
4
R
pureté
de
Pair
:
cette
lumiere,
felonles
obfervations
de
M.
de
Ia
Cons
damine
;
étincelle
moins
au
Perou,
depuis
Guajaquil
jufqu’à
Lima
qu'en
France,
Les
étoiles
étincellent
vive=
ment
en
Hollande
,
orfque
le
temps
ef
ferein
&
très-froid
pendant
lhi-
Ver,
&
elles
nétincellent
point
quand
On
les
regarde
avec
un
télefcope.
Cet
effet.
ne
dépend-il
pas
de
Ia
vivacité
de
la
lumiere
&
de
Padi-
Vité
avec
laquelle
elle
agit
fur
nos
142
DE
L'OPTIQUE
veux?
ou
faut
-
il
Pattribuer
au
mot
vement
continuel
des
vapeurs
&
dé
particules
de
Pair
?
|
Quoïque
la
lumiere
du
foréil
|
tienne
les
fept
couleurs
prifmatiqués,
|
il
ne
s'enfuit
point
que
celle
dune,
flamme
quelconque
où
d’un
com
qui
brûle
,foit
compofée
dés
rayon
colorés,
tels
que
ceux
qui
nousyier
nent
du
foleïl',
où
que
les
coùlti
foïent
répandues
dans
Ia
mêmepit
portion
dans
les
rayons
de
différents
flammes.
Le
foufre
ordinaire
dont
une
flamme
bleue
qui
abonde
pt
conféquent
en
rayons
bleus,
&
l5
vifages
de
ceux
qui
fontautout
cette
flamme
paroïflent
d’une
pilet
effrayante.
Sr
lon
fait
brüler
di!
“un
endroit
obfcur
de
Pefprit
de
1
qu’on
a
eu
foin
de
Bien
faire
cha
fer
auparavant,
ou
dans
lequelont
jetté
;
tandis
qu’il
étoit
fur
lefeu,d
el
ammoniac
ou
de
Palüun,
&
qn
"01
le
remue
pendant
quelque
temp
avec
un
bâton;
les
objets
rougf
placés
à
quelque
diflance
dela
me
paroîtront
d’un
rouge
fale;
oï
“
verra
diflin@ement
les
corps
Blé
&
les
jaunes
;
mais
à
peine
on
pouf
Rerceerrere
?
DE
L'OPTreQuEr
143
diflinguer
ceux
qui
font
verds
ou
bleus.
Sï
on
jette
dans
de
l’efprit
de
vin
qu'on
vient:
de
retirer
de
deflus
le
feu,
une
grande
quantité
de
nitre
où
de
fel
marin
&
qu’on
1e
remue
fortement
avec
un
bâton,
lorfqu’on
aura
allumé
cette
liqueur,
les
hom-
mes,
fur-tout
ceux
dont
le
vifage
eft
vermeïl
&
fort
rouge,parofîtront
pâles
&
livides:
les
objets
verds
parot-
tront
d’une
autre
couleur
rude
ap-
prochante
de
celle
de
l'olive
;
Les
Touges
auront
une
couleur
obfcure-
ment
livide,
Le
blanc
tirera
fur
le
jeune,
les
corps
jaunes
conferveront.
leur
couleur
:
mais
le
pourpre
&
lindigo
le
plus
foncé
ne
pourra
fe
diflinguer
du
noir
qu'avec
peine,
&
le
bleu
pâle
paroîtra
gris.
21.
Melville
à
remarqué
,
en
exa-
minant
ces
phénomenes
à
travers
le
Prifme
,
que
lorfqw’on
avoit
mis
du
felammoniac,
des
cendres
gravelées
Où
de
lalun
dans
l’efprit
de
vin,
la
.
Hamme
de
ce
fluide
donnoit
des
rayons
de
toutes
les
couleurs,
mais
en
quantité
différente
;
de
maniere.
“que
Îés
rayons
jaunes
étotent
les
plus
äbondans
;
&
que
les
rouges
furpaf-
144
DE
L'OPTIQUE
foïent
en
nombre
les
verds
&
[es
|
bleus.
II
a
encore
obfervé
que
lot
|!
qu'on.avoit
mis
du-nitre
ou
du
fel
marin
dans
Pefprit
de
vin,
fa
flamme
|
répandoît
des
rayons
bleus,
quoique
|
fort
pâles;
mais
lorfque
cet
efprit
|
n’étoit
chargé
que
de
nitre,
là
flamme
contenoit
beaucoup
de
rayons
verds.
Si
lefprit
de
vin
étoit
chargé
de
fel
marin,
les
rayons
verds
ctoïent
foit.
päles.
Si
lon
combinoit
ces
deux.
fels
enfemble
&
qu'on
agitât
forte:
ment
la
liqueur,
la
flamme
ne
don-
noït
point
de
rayons
rouges,
qu
fe
faifoïent
cependant
remarquer
aufli-tôt
que
lefprit
de
vin
étoit
tranquille
;
enforte
qu’onvoyoitalos
|
les
objets
rouges
fous
leurs
propres
|
couleurs
;
maïs.
ff
on
agitoit
de
note
|
veau
le
mélange,
les
rayons
rouges
cefloient
de
paroître.
|
Un
trou
fait
dans
une
planche
&
qui
donne
paflage
aux
rayons
,
paroiït
jaune
dans
toute
fon
étendue
;
Ia
cou-
leur
néanmoïns
eft
mêlée
d’un
peu
de
verd
&
de
bleu;
ce
qui
vient
de
ce
que
les
rayons
jaunes
font
plus
abondans
dans
ces
expériences.
La
flamme
du
camphre
&
du
zinc
el
très-
DE
L'OrTreur.
145
trés-blanche
;
mais
:
larfenic
mêlé
avec
le
zinc
produit
une
flamme
qu£
tire
fur
lebleu.
Le
cuivre
jaune
chauffé
au
point
de
donner
de
la
flamme
,
jette
une
lumiere
verte
;
mais
le
zinc
mélé
avec
lorpiment
produit
une
flamme
noire
(1).
Sinousen
croyons
le
favant
Beccaria,
lorfqu’on
plonge
fous
le
fuc
luifant
des
couteaux
de
mer,
où
fous
du
lait
mélé
avec
de
ce
füc,
un
morceau
de
bois
peint
avec
toutes
les
couleurs
de
l'iris
,
on
voit
diftintement
le
blanc
,
Le
jaune
&
le
bleu,
tandis
qu’on
n’appercoit
tout
au
plus
que
confufément
les
autres
couleurs
;
cela
vient,
f
nous
‘en
croyons
un
habile
Phyficien
,
de
ce
que
Ia
lumiere
du
fac
des
cou.
:
teaux
de
mer
contient
principale
ment
des
rayons
jaunes
&
bleus,
&
que
cette
lumiere
ne
renferme
que
trés-peu
d’autres
rayons,
22.
Les
rayons
du
foleil
féparés
par
Le
puifine
ne
font
jamais
obferver
des
lumieres
noires
;
&
delà
lon
peut
conclure
que
Ie
noir
n’eft
pas
Une
véritable
couleur,
aïnfi
que
nous
(1)
Hi
de
V'Acad,
Royale
;
anne
17444
Tome
II,
G
SAS
DE
Lai
|
1670
x.
:
femblable
à
celle
de
la
gelée
de
viande
:
elle
ef
connue
fous
le
nom
humeur
vitrée.
Du
côté
de
cette
hu
PEUT,
ON
femarque
un
canal
circu-
laïre
qui
entoure
le
cryflallin;
je
Vappellerai
Je
canal
de
Perif,
parce
qu'il
à
été
découvert
par
ce
fameux
Anatomifle
:
il
paroît
devoir
fon
or:
gine
à
la
tunique
de
|
humeur
vitrée,
qui
en,
cet
endroit
ef
compofée
de
deux
feuillets,
dont
Pintérieur
ren-
ferme
lhumeur
vitrée,
tandis
que
Pextérieur
recouvre
une
portion
du
ctyflallin,
Haller
penfe
que
ce
cercle
Cellulaire,
qui
fe
tmméfe
lorfqu'on
ÿ
infinne
de
Pair
;
doit
fon
Origine
à
la
rétine,
qui
Poflérieurement
sé
loigne
un
peu
de
fa
membrane
vi
tice,
&
fe
continne
antérieurement
avec
la
capfule
du
cryflallin
,
qu’on
auroit
tort
de
mettre
au
nombre
des
humeurs
;
car
ell
compolé
de
lames
qui
fe
fuccedent
en
for-
mant
des
feuillets
entre
lefquels
ä
y
a
une
liqueur
trar{parente
»
qui
de-
vient
naturellement
jaune
dans
fl!
vieïllefle.
SO:
L’œil
eft
mu
en
différens
fens
par
différens
mufcles,
dont
les
uns
FSI
OPEN
TT
MTS
DE
LA
Visron.
249
font
appellés
droits,
&
les
autres
obli-
ques.
Voyons
maintenant
comment
R
fait
la
vifons
$1,
Plus
la
prunelle
ef
ample
,
(&
fes
dimenfions
peuvent
devenir
doubles
dans
les
ténebres),
plus
elle
tranfmet
des
rayons
rcflécliis
par
le
même
point
d’un
objet.
Pour
voir
diftindement
,
nous
avons
befoin
d’un
certain
nombre
de
rayons
,
dont
Vadion
fur
la
rétine
ne
foit
ni
trop
forte,
ni
trop
foible;
©elt
la
raifont
Pour
laquelle
nous
modifions
la
lu-
miere
qui
pénetre
dans
nos
YEUX,
en
dilatant
ou
en
contradant
là
pru-
nelle,
T1
paroît
qu’une
trop
forte
Iu-
miere
irrite
les
fibres
de
liris,
ou
plutôt
ellé
irrite
Ia
rétine,
&
par
ce
Moyen
liris
;
car
[a
rétine
eft
plus
irritable
que
Piris
(1),
&
cette
irri-
tätion
occafionne
la
contradion
de
la
prunelle,
Les
TaÿONSs
arrivant
de:
laïr,
qui
eft
un
fluide
extrêmement
füubtil,
traverfent
la
cornée
dont
Ia
force
réfradive
eff
quatre
foïs
plus
grande
que
celle
de
l'eau
;
enforte
qu'ils
s’approchent
beaucoup
de
1a
(1)
Commentar.
Gothing.
,
v.
2,
Pe133e
L
"
2$0
DE
E
A
Vrsron.
perpendiculaire
,
paflent
enfuite
dans
Phumeur
aqueufe,
qui
eft
en
très-
petite
quantité
,
prefque
femblable
à
l’eau,
%
beaucoup
plus
légere.
en
COnVérgeant
un
peu
moins:
mais
leur
convergence
augmente
en
entrant
dans
le
cryftallin;
çar
on
fait
voir
Par
certaines
expériences,
que
la
for-
ce
de
réfraion
dans
cette
lentille
eft
égale
à
celle
du
diamant
,
dans
lequelle
finus
de
lan
gle de
réfradion
eft
moitié
du
finus
de
angle
d’incr
dence.
Les
rayons
convergent
donc
beaucoup
en
paflant
par
fa
furface
an-
térieure,
&
fur-tout
par
lapoftérieure,
qui
elt
très-convexe,
Paflant
delà
dans
l’humeur
vitrée,
plus
denfe
que
l'eau,
puifqu’elle
va
au
foñd,
mais
moins
denfe
que
le
cryflallin
,
con-
UÜnuent
à
fe
rapprocher
de [à
per-
pendiculaire
,
jufqu’à
ce
que
dans
un
œil
bienconflitué,
ces
TaYONS
ar-
#ivant
d’un
point
de
vifion
diflinde
(fig.
45
),
ils
peignent
fur
la
rétine
l'image
de
Pojet
B
C
renverfée
;
parce
qu’ils
fe
font
néceflairement
croifés,
On
peut
obferver
cétte
ima-
ge
dans
un
œil
de
vean,
auquel
on
à
Ôté
la
partie
fupérienre
de
la
felé-
PP
PP
eee
TE
ET
AD
ES
NE
NEC
ES
eme"
"
ITR
Deere
ner
arr
RCE
rS
L15
2
0
DE
LA
VISION
sr
rotique,
Lorfque
le
cryflallin
eft
dé-
truit,
où
quand
on
la
tiré
de
lœil
par
opération
de
R
catarade,
lhu-
meur
vitrée
réunit
les
rayons,
mais
plus
foïblement,
Si
les
rayons
qui
partent
du
point
B
fe
réuniflent
avant
d'arriver
à
la
rétine,
ou
s'ils
ne
ten-
dent
à
fe
réunir
qu’au-delà
de
la
ré-
tine,
ilsne
pourront
peindre
en
blima-
ge
du
point
B,
qui
par
Conféquent
fera
confufe
;
car
pour
là
vifion
dif.
tinéte,
l’image
doit
être
peinte
fur
la
rétine
dans
le
plus
petit
efpace
pollible,
Ea
rétine
étant
compofée
de
deux
membranes,
lune
inté-
rieure
&
vafculaire,
qui
recoit
lhu-
meur
vitrée
,
l’autre
extérieure
&
méduHaire,
(
ce
qui
eft
contre
le
fentiment
de
prefque
tous
les
Phyfi-
ciens
),
ne
peut-on
pas
dire
que
la
Partie
vafculaire
fur
laquelle
fe
pei-
guent
les
images
des
objets,
défend
les
fibres
médullaires
,
qui
font
fort
délicates,
&
les
empêche
de
vaciller,
quoïqu'en
même
temps
elle
leur
communique
affez
de
mouvement
pour
tranfmettre
l'impreflion
jufqu’au
fenforium?
Ne
peut-on
pas
dire
que
a
membrane
antérieure
du
chaton
du
L
6
252
DE
LA
Vrcron
cryffallin
Comprime
allez
fortement
cette
lentille
contre
Phumeur
vitrée,
&
en
exprime
la
liqueur
qu’elle
con-
tient
entre
fes
feuillets
>
ou
bien,
PENt-On
penfer
que
le
liquide
de
capfule
étant
preilé,
fe
porte
dansle
canal
de
Perir
,
qui
eft
vuide
ou
dila-
table
,
de
maniere
que
Ta
liqueur
comprimée
fe
retire
dans
fà
cavité?
Peut-on
croire
que
la
membrane
de
la
capfule
venant
à
fe
relâcher,
lé
laflicité
des
lames
du
Cryflallin
fafit
POUr
rétablir
cette
Jeatille
dans
fa
premiere
figure
,
pour
développer
&
étendre
fa
capfale
»
afin
que
l’hy-
mêur
fe
faifant
jour
entre
fes
mem:
branes,
abandonne
le
canal
de
Peur?
Où
bien
eflil
plus
probable
que
le
changement
de
figure
du
cryftallin
ef
dû
à
Padion
de
Ia
membrane
de
la
caplule,
&
non
à
celle
dés
pro-
ces
ciliaires
,
qui
#ottent
far
fon.
Contour?
Les
différens
changemens
Qui
arrivent
à
l'œil
relativement
aux
dimenfions
de
Ja
Pupille,
à
la
figure
du
cryflallin,
à
difance
à
Ia
réti=
ne;
&
peut-être
même
relativement
à
la
convexité
de
1
Cornée
,
-qui
:
augmente,
diton,
Par
ladion
des
>+
DE
LA
Visron.
252
mufcles
qui
compriment
l'œil,
&
le
portent
en
devant,
font
reflerrées
dans
des
bornes
plus
où
moins
étroi-
tes
qui
dépendent
de
la
fruétüre
de
Pœil,
de
fa
flexibilité,
de
âge,
de
l'exercice
qu’on
à
coutume
de
faire,
-
Dans
les
hommes
qui
font
dans
l'u-
fage
de
confidérer
des
petits
objets,
comme
Îes
peintres,
les
gens
de
let-
tres,
[es
graveurs
,
les
horlogers,
_Îes
yeux
fe
contradent
;
ils
devien-
NENt
myopes
;
enforte
que
ces
gens-là
ne
peuvent
plus
voir
diflinc-
tement
les
objets
éloignés.
Mais
ceux
QUE
,
cCommegles
navigateurs
&
les
Chaffeurs,
fônt
dans
l'habitude
de
confidérer
des
objets
fort
éloignés
,
ont
les
proces
ciliaires
fort
relâchés
,
&
diflinguent
difficilement
les
petits
Objets
placés
à
une
petite
diflance.
On
fera
donc
très-bien
de
s'accou-
tumer
à
regarder
habituellement
de
grands
objets
fort
éloïgnés,
&
de
petits
corps
placés
à
une
petite
dif-
tance
:
ceft
le
confeil
que
donne
Raïnazzini,
dans
fon
Traité
des
Ma-
ladies
des
Artifans.
52.
Les
rayons
qui
arrivent
des
lieux
très-diflans
,
&
qui
peuvent
2$4
DE
LA
Visron.
palier
pour
paralleles
,
fe
réuniroient
dans
Phumeur
vitrée
avant
que
d’ar-
river
à
Îa
rétine
;
maïs
le
cryftallin.
s’approchant
alors
de
la
rétine,
Île
point
de
concours
des
rayons
pour:
ra
tomber
fur
cette
membrane;
car.
enfin
lœiïl
qui
raffemble
fur
Ja
rétine
les
rayons
qui
viennent
de
la
diflance
de
8
pouces,
réunira
en
deça
de
cette
membrane
ceux
qui
viennent
de
la
diflance
de
4
pieds.
I
étoit
donc
convenable
que
les
veux
fu£
fent
mobiles,
&
fufceptibles
d’un
changement
de
figure.
Les
forces
:
qui
réuniflent
les
ray@ns,
font
dif
férentes
dans
diférens
individus
0
quelquefois
même
dans
les
yeux
du
même
homme,
dont
lun
eft
prefbyte,
&
l’autre
myope.
II
y
a
des
hommes
qui
ont
la
coméé
plus
convexe
&
plus
denfe,
Je
cryftallin
pareïllement
plus
folide
&
plus
convexe,
œil
plus
long,
Ce
font
ces
vices
réunis
où
féparés
,
qui
font
qu’on
ne
peui
voir
les
objets
diflintement
qu’à
une
petite
diftance.
L’iris
eft
fenfible
à
une
petite
lumiere
dans
les
perfon-
nes
qui
ont
ce
défaut;
&
parce
quelles
clignent
les
yeux,
on
les
ap-
Cr
ereremeernrerte
st
SET
So
eme
qenngeen
prntgr
anre
DE
EX
VESFOoN:
26e
pelle
myopes.
Dans
ces
yeux
le
point
de
vifion
diflindte
fe
trouve
entre
un
&
fept
pouces
de
diflance
de
Pœil.
Dans
un
œil
bien
conflitué
5
_Yifion
eft
confufe
lorfque
les
objets
font
trop
voifins
de
la
cornée;
parce
que
les
rayons
s’éparpillant
fur
Ia
rétine
,
ne
fe
réuniflent
dans
aucun
endroit.
L’age
donne
quelque
efpece
de
guérifon
aux
myopes,
car
tous
Es
enfans
le
font;
mais
avec
l'âge
l'œil
eft
applani
par
la
force
des
par-
tes
folides,
ïl
devient
plus
court,
&
la
force
réfrmgente
du
cryflallin
&
de
la
cornée
diminue,
53.
Les
prefbytes
ont
un
défaut
contraire
aw
premier,
ne
voyant
dif
tin@ement
les
objets
que
dans
des
diftances
très-
éloignées,
&.ce
défaut
qui
eff
très
-
fréquent
.
paroît
Incura-
ble,
fur-tout
dans
les
vieillards.
Dans
ce
Cas
le
cryftallin
&
[a
cornée
font
MOINS
convexes,
&
la
force
de
ré-
fration
des
humeurs
de
lœil
eft
moins
confidérable
:
enforte
que
les
TaYONS
arrivent
à
la
rétine
avant
de
s'être
réunis,
&
rendent
la
vifion
confufé
:
on
diflingne
Bien
les
objets
éloignés,
dont
les
rayons
arrivent
à
256
DE
LA
Visron:
prefque
paralleles
à
l'œil,
Le
point
de
la
vifion
diflin&e
des
prefbytes,
el
entre
30
&
IS
pouces.
On
con-
feïlle
à
ceux
qui
ont
ce
défaut
de
la
vue,
de
fe
fervir
de
tuyaux
noir
is,
dont
l'ufage
attendre
{a
rétine,
&
qui
font
arriver
à
Poil
Les
rayons
paralleles,
en
abforbant
les
autres,
On
peut
encore
faire
ufage
d’une
lentille
convexe
de
verre,
qui
en
faïfant
Cconverger
Îles
rayons
,
les
réunit
plus
Promptement
à
un
foyer,
&
fur
la
rétine
même.
L'âge
ne
ail
fe
aucun
efpérance
de
guéri{on
,
ïl
augmenté
au
contraire
le
mal.
=
54:
L’oœil
bien
confitué
voit
dif:
tinttement
les
objets
affez
prochss
&
aflez
éloignés,
On
regarde
comme
bon
celui
qui
peut
lire
exactement
à
un
pied
de
diftance,
Mais
es
hu-
meurs
doivent
être
limpides,
Ia
pu-
pile
fenfible,
Ia
rétine,
ni
trop
dure
ni
1rop
tendre,
&
lœ:l
doit
être
trés-mobile,
Mais
Pour
quelle
rai-
fon
lame
ne
voit-elle
qu'un
feul
&
unique
oBjet
,
quoique
fon
ima-
8€
foit
peinte
féparement
dans
chaque
œil?
Cet
effet
paroît
venir
de
lha-
bitude
que
nous
ayons
acquife
,
&
{
Rp
DE
LA
Visron.
257
quiaous
a
appris
qu'il
n'y
avoit
vé-
titablement
qu'un
feul
objet,
quoi-
que
fon
image
fàt
double.
Le
gout
&
le
taët
nous
apprenant
que
Pobjet
eft
feul
&
unique
,
quoiqu'il
fe
pei-
gne
dans
chacun
de
nos
yeux,
l'ame
dans
plufieurs
autres
circonftances
,
jugera
qu’un
objet
eft
fimple
,
quoi-
qu'il
y
ait
une
double
repréfentation
au
fond
des
yeux,
fur-tont
lorfque
ce
feront
les
fibres
correfpondantes
de
la
rétine
qui
recevront
Pimpref=
fon,
Enforte
que
fi
on
conçoit
un
petit
cercle
décrit
dans
chaque
œil
fur
la
rétine,
de
maniere
que
les
extrémités
des
axes
optiques
foient
Je
centre
de
ce
petit
cercle,
alors
les
images
qui
viendront
fe
perdre
dans
les
mêmes
parties
de
ce
cercle,
Où
dans
leurs
parties
oppofées,
ne
repréfenteront
à
lame
qu’une
feule
image
;
ainfi
ft
dans
l'œil
droit
l;-
mage
eft
à
une
certaine
diflance
du
centre
de
ce
cercle
du
côté
du
nez,
&
que
dans
l'œil
gauche
l’image
foit
à
la
même
diflance
du
centre
du
cer-
ele
correfpondant,
fituée
du
côté
du
nez,
Ou
du
côté
des
temples,
on
ne
verra
dans
ces
deux
cas
qu’un
feul
264
:
DE
LA
Vrsrow.
SI
nous
en
croyons
Photion,
le
Philofophe,
Afclépiodote
diftinguoit
_
Îes
Objets
pendant
la
nuit.
Pline
affure
là
même
chofe
de
Tibere,
Plutarque
de
Marius
,
Fabrice
d’A:
quapendente
nous
apprend
Ja
même
chofe
d'un
citoyen
de*Pife,
Willis
parle
d’une
perfonne
à
qui
cela
ai-
rivoit
lorfqu’elle
avoit
buy
beau
Coup
de
vin,
Boyle
confirme
la
même
chofe
au
fujét
d'une
perfonne
de
diftinäion
,
qui
étoit
en
prifon,
qui
le
premier
Jour
ne
vit
rien
dans
fa
prifon
;
mais
qui
bientôt
après
diflinguoit
tous
les
objets
qui
Venvironnoïent,
On
obferva
la
même
chofe
dans
un
homme
dont
l'œil
avoit
été
bleffé
par
la
Tupture
d’une
<orde-
d’un
inftrument
de
mufique:
cet
homme
voyoit
très-bien
de
cet:
œil
pendant
‘la
nuit,
Pendant
Ja
nuit
Ja
plus
obfcure,
il
ÿ
à
toujours
une
lumiere
très-foible
à
la
vérité
,
mais
qui
étoit
fufifante
Pour
ébranler
la
rétine
délicate
des
perfonnes
dont
nous,
venons
de
parler,
|
.
Laciartéavec
laquellenous
voyons
es
objets,
dépend
de
plufieurs
cau-
fes,
1°,
De
la
plus
grande
quantité
de
Jumiere
L
D
DE
BA:
Visrron,
26$
Jumiere
que
l’objet
envoie
à
nos
yeux,
ce
qui
dépend
en
partie
de
fà
diflance
;
car
la
vivacité
de
la
lu-
miere
eft
en
raïfon
inverfe
du
quarré
des
diflances,
comme
nous
Pavons
dit
atlleurs,
2°,
La
clarté
dépend
de
la
trafparence
de
lathmofphere
,
de
-
La
couleur
de
l’objet,
comme.
par
exemple,
s’il
eft
Blanc
ou
d'une
cou-
leur
vive,
3°.
Elle
vient
de
Ia
Ma
niere
dont
l'objet
eft
éclairé,
DIEUX
il
fera
éclairé,
&
plus
on
le
verra
difimtement.
I
peut
fe
faire
auf
que
la
figurede
l’objet
foit
telle,
qu’il
ré-
#échiffe
une
grande
quantité
de
lu-
miere
vers
Pœil.
4°,
Plus
la
pupille
ef
ouverte,
plus
les
rayons
tranf.
nus
au
fond
de
l'œil
font
nom-
breux,
La
clarté
vient:
encore
de
la
tranfparence
-&
de
Ja
pureté
des
trois
humeurs
de
l'œil
;
de
Îa
bonne:
conflitution
de
la
rétine
&
du
nerf
optique,
&
enfin
de
la
ma-
Diere
dont
on
regarde
un.
objet,
foït
avec
[es
deux
yeux,
foit
avecun
feul
;
car
1]
paroît
que
la
clarté
avec
az
quelle
on
le
voit
dans
Ie
premier
Cas,
eft
à
celle
avec
laquelle
on
Ie
voit
dans
le
fecond
,
comme
1
3
font
Tome
IT.
266
pe
La
Vrsron.
à
12
(1).
La
prunelle
des
myo:
pes
&
des
enfans
étant
plus
grande
que
celle
des
vieillards,
fes
myopes
&
les
enfans
doivent
voit
les
‘objets
plus
clairement
que
les
hommes
d’un
certain
Âge,
D'autre
‘côté
les
humetürs
de
lœil
font
moins
Timpides
dans
les
vierllards
;
Ieur
ré
tine
eft
plus
dure
&
plus
calleufe;
&
plus
on
avance
èn
âge,
plus
là
(1)
On
peut
en
quelque
forte
rendre
raifon
de
ce
phénomene,
f
l’on
fait
attention
avec
moi
que
l’angle
que
forment
les
nerfs
optiques
à
leurrencontre
,
avant
d’entrer
dans
le
cerveau
eft
fort
grand,
&
peut-être
d’envis
Ton
116
degrés,
Celapofé
,
fi
nousexprimons
“par
12
la
force
communiquée
à
chaque
nerf,
ou
le
mouvement
que
chaque
nerf
tran£
met,
la
force
-réfultante
fera
exprimée
par
a
diagonale
d'un
parallélogramme
dont
les
eotés
,
qui
expriment
les
mouvemens
ou
les
Forces
des
nerfs,
font
égaux,
&
dont
l’angle
€ft
peut-être
d'environ
rr6
degrés.-Mais
les
côtés
étantexpriméschacun
par
12
la
diago-
Male
fera
exprimée
par
13
;
&
il
femble
que
la
vivacité
de
la
fenfation
doit
répon-
dre
à
la
force
de
l'impreffion.
Ainf,
en
voyantun
objet
parle
moyen
de
deux
yeux,
on
doit
le
voir
comme
sil
étoit
éclairé
par
13
lumiéres
,
tandis
qu'on
le
voit
avec
un
feul
œil,
éomme
s’il
n’étoit
éclairé
que
par
12
lumieres
égales,
pepe
Tr
PT
TE
DUR
TT
UT
TES TUE
RMI
nl
CONS
UNENNNE
!
DE
LA
Vrsro-x:
267
pupille
diminue,
parce
que
Ja
fecré-
tion
de
l'humeur
aqueufe
‘devient
moins
abondante
:
[a
pupille
même
peut
fe
férmer
tout-à-fait
à
Ja
fuite
d'une
plaie
qui
a
procuré
lPévacua-
tion
de
humeur
aqueufe,
On
dit
que
nous
voyons
diftinc-
tement
un
objet,
lorfqu’il
nous
pa-
roit
bien
ternuné,
que
nous
diflin-
8"Ons
parfaitement
fes
différentes
Parties
&
que
nous
pouvons
juger
fainement
de
leurs
couleuts
&
de
‘leur
ftuation.
Pour
que:la
vifion
foi
diflinée,
il
eft.
néceffrire
que
les
TaÿOons
,
qui,
ainfi
que
nous
l'avons
déjà
dit,
partent
de
chaque
point
d’un
objet,
concourent
en
un
même
Point
fur
la
rétine,
après
avoir
‘tra-
verf
Tes
humeurs
de
l'œil.
La
vifion
fera
fort
diftinde
lorfque
Pimage
fera
grande,
relativement
à
cet
objet,
C’eft
pour
cela
que
nous
voyons
moins
diflinâement
les
objets
trop
éloignés
que
ceux
qui
font
plus
près;
&
que’
[es
myopes
diflin
guent
mieux
Les
objets
que
les
prefbytes,
Les
ob-
jets
ne
doivent
être
nitrop
peu,
ni
trop
éclairés;
[a
Jumiere
du
foleil
nous
bleffe
la
vue,
nous
empêche
de
le
M
2
1
268
D
LA
VESTrON.
fixer
&
defe
bien
diftinguer,
à
moins
que
nous
ne
nous
fervions
d’un
petit
trou
fait
à
un
lame
de
métal,
où
que
nous
le
régardions
à
travers
un
verre
enfumé,
ou
à
travers
un
verre
plan
,
d'une
certaine
épaifleur
&
coloré,
foit
qu'il
foit
bleu,
jaune,
verd,
rouge
:
on
peut
fur-tout,
pat
le
moyen
d’un
verre
bleu,
diftin-
guer
très-bien
[es
taches
répandues
fur
la
furface
de
Ia
lune
;
mais
les
rayons
jaunes
&
rouges
qui
pañent
à
travers
un
verre
jaune
ou
rouge,
introduifent
trop
de
lumiere
dans
Poil,
pour
qu'on
puifle
voir
bien
diflinétement
les
taches
du
foleïl
ou
‘celles
de
la
lune
(r).
Si
es
objetsne
|
font
pas
allez
éclairés
,
la
lumiere
|
n'ébranle
pas
fufifamment
Ia
ré-
|
(1)
L’aveuglement
de
nuit
,
très-commun
chez
les
Nations
qui
habitent
les
pays
chauds,
où
le
foleil
paroît
dans
fon
plis
grand
éclat,
&
aux
vieillards,
doit
fon
oris
gine
à,la
callofté
de
la
rétine:
celui
du
jour
e
remarque
dans
ceux
qui
ont
les
yeux
enflammés
où
extrémement
fenfbles,
&
dans
les
jeunes
gens.
d'un
témpérament
vifs
dans
lefquels
la
rétine
eff
trop
fenfible,
Les
animaux
dont
la
pupille
eft
grande
&
dilz
D
Gi
mures
table
&
la
rétine
tendre
,
voient
pendañt
DE
LA
Vrsron
369
ne,
&
lon
ne
peut
les
voir
dif-
tinétement.
Plus
nous
regardons
d'ob-
jets
à
Ia
fois,
moins
difinéement
nous
les
voyons
;
parce
que
les
dif-
férentes
impreffions
que
font
les
Tayons
qui
partent
de
ces
objets,
fe
nuifent
mutuellement
:
c’efl
pour
cela
que
nous
voyons
plus
diftintement
un
tableau
en
le
regardant
à
travers’
un
tube
noirci,
que
lorfque
nousle
Voyons
fans
Ie
fecours
de
cet
inftru-
ment,
Si
les
cils
de
nos
paupieres
font
noirs,
ïls
abforbent
prefque
touteda
[umiere
qui
tombe
fur
eux
&
ne
La
réfléchiflent
point
dans
les
JEUX
comme
ceux
qui
font
blancs
s.
amf
ceux
dont
les
cils
font
noirs
,.
la
nuit.
Le
nerf
optique
ne
pouyant
pas-
être
fuflfamment
ébranlé
par
des
puiflances
Plus
petites
;
auffi-rôt
après
qu'il
a
éprouvé
les’
effets
des
plus
grandes,
nous
ne
devons
pas
voir
orfque
nous
pañlons
d'un
lieu
fort
clair
dans
un
lieu
fort
obfcur
:
bien
plus,
nous
devons
fentir
de
la
douleur-dans
les
yeux,
lorfque
Nous
paflons
füubitemenr
d’un
lieu
obfcur
dans
un
lieu
bien
éclairé
5
parce
que
la
Pupille,
qui
dans
ce
moment
ef
‘très-ou—)
Verte,
laïffe
paffer
une
trop
grande
quantité
€
lumiere
qui
affe&te
très-vivement
la
rétine,
dont
les
ébranlemens
qui
avoient
lieu
dans
l'obfcurité
étoient
extrémement
foibles,
M
3
29@
DE
LA
Vrs
1
0:
doivent
voir
plus
diflinäement.
que
S'ils
les
avorent
blancs.
Les
objets
opaques
qui
ont
un
mouvement
trop
rapide,
comme
un
boulet
de
canon,
qui
fe
meut
dans
Pair,
forment
dans
pos
yeux
des
mages
qui
fe
diflipent
très
-
promptement
;
enforte
que
les
fibres
nerveufes
en
font
à
peine
ébran-
lées
;
auffi
nous
ne
voyons
pas
fort
diflinétement
ces
fortes
de
corps.
Si
la
rétine
devient
calleufe
,
les
objets
paroîtront
confus
;
ce
fera
la
même
chofe
fi
[es
humeurs
de
Pœil
s’épai-
fifflent
&
deviennent
moins
trahfpa-
rentes.
On
deviendra
même
entiere-
ment
aveugle,
fi
le
nerf
optique
eft
comprimé
,
paralyfé
:
ou
roïipu
en-
tre
le
/enforium
commune
&oϕt:
cela
arrivera
auf
ft
les
humeurs
de
Poil
abforbent
Ja
lumiere
que
les
objets
renvoient,
ou
fi
le
cryflallin
perd
fa
tranfparence
,
comime
on
l’obferve
dans
la
catara@te,
Une
trop
grande
chaleur
peut"deflécher
les
fibres
de
Jarétine
&
les
rendre
calleufes.
Les.
oïfeleurs
aveuglentJes
oifeaux
dont
ils
font
ufage
pour
attirer
es
autres,
en
approchant
de
leurs
yeux
un
fer
rouge.
Souvent
les
ennemis.
aveu-
glent
leurs
prifonniers
par
un
fem-
|
æ
D£tta
Virsron
275
blable
artifice;
ils
réuffiffent
auf
pat
le
moyen
du
foleil,,
ÿ5.
Le
point
d’un
objet
paroîtra
double,
f
les
rayons
quien
partent
ne
concourent
pas
au
même
point
de
la
rétine
:
foit
a
un
petit
trou
fait
à.
une
carte
b
c
(fn.
46
),
foit
pa-
reïllement
une
autre
carte
fm,
dans
laquelle
on
ait
fait
deux
trous
nr
&
d,
de
maniere
que
ces
deux
trous
nexce-
dent
pas
Ja
grandeur
de
la
pupille,
Si
on
s’éloïgne
à
Îa
diflance
d'environ
20
pouces
d'une
chandelle
;
placée
derriere
la
carte
b
c,
par
le
trou
4
de
laquelle
Ia
fumiere
puïfle
pafler,
&
qu'on
place
Ia
carte
f
m
auprès
de
l'œil,
enforte
que
la
lumiere
QUE.
aura
pailé
par
le
trou
de
la
premiere
_caïte,
puiffe
auf
pañler
par
les
trous
ñ
&
d
de
ja
feconde,
les
rayons
de
lumiere
venant
à
concourir
fur
fe
même
point
J
de
la
rétine;
on
ne
verra
qu’un
feul
trou
en
«
:
mais
fl
on
daifle
la
chandelle
&
Ja
pre-
miere
carte
dans
la
même
pofition
,
tandis
qu’on
approchera
l'œil,
ainfi
que
la
carte
f
m
de
la
carte
b
c;
les
rayons
de
lumiere
qui
viennent
du
trou
4,
&
qui
pañlent
à
travers
+
ù
272
DE
LA
Visron:
les
trous
d
&
n,
ne
pouvant
fe
réu-
nir
qu’au-delà
de
Ja
rétine:
Vimage
de
ces
deux
trous
viendra
fe
peindre
fur
la
rétine
à
h
(
fic,
47
),
&
lon
verra
deux
fois
le
trou
;
favoir,
enc&enb:
maïs
{1
on
ferme
le
trou
inférieur
n,
Je
trou
fupérieur
b
difharoîtra
;
parce
que
ce
trou
elt
vu
par
le
rayon
qui.
pañle
par
le
trou
7,
Si
laiflant
la
chandelle
&
Ia
premiere
carte
dars
là
même
fituation
,
on
éloigne
Pœil
&
la:
carte
f
m,
à
une
plus
grande
diflance
que
dans
le
premier
cas.
ON
remarquera
alors
que
les
rayons
de
fumiere
tranfinis
par
le
trou
a,
&
enfuite
parles
trous
n
&
d
,
fe
réuni:
Tontau
point
T
(fig.
47,
P),
avant
d'éz
tre
parvenus
jufqu'à
la
rétine
;
&
ces
rayons
fe
développant
en
ki;
feront
que
Fil
verra
deux
fois
le
ou
a
en
b
&
en
c.
Si
on
ferme
alors
le
trou
füupérieur
4,
le
trou
c
difparoîtra;
maïs
f
on
ferme
fetrou
inférieur
2,
le
trou
&
ceflera
être
yifible,
|
Selon
que
Ia
flrudure
des
yeux
eft
différente,
&
que
les
lobjets
font
Plus
ou
moins
grands,
leur
diftance
à
Pœil
doit
être
différente
pour
que
la
vifion
{oit
diftinde,
nn
due
ER
RENE
BEA
VrstTOon
PTS
"56:
L'anple
optique
n’elt
autre
chofe
que
längle
que
forment
Iés
rayons
Vifüels
qui
partént
des
éxtrémités
de
l'objet,
&
qui
fe
réuniffent
au
cen=
tre
du
cryflallin;
ceft
par
Îé
moyen
de
cet
añgle
que
nous
mefurons
a
grandeur
apparente
des
Objets
éloi-
gnés.
Ceux
que
nous
voyons
fous-
des
angles
égaux,
nous.
paroïffent
égaux
,
&
deffinent
des
images
égales
für
la
rétine
:
ceux
au
contraire
que
Nous
voyons
fous un
plus
grand
an-
gle
,
païoiffent
plus
grands
que
ceux
que
nous
voyons
fous
un
plus
petit
angle.
Mais
il:
fatt
bien
difimguer
là
grandeur
apparente
d’un
objet
de
celle
que
nous
lui
attribuons
en
le
Voyant
:
car
cette
derniere
dépend
auf
du
jugement
que
nous
en
por-
tons,
Nous
fommes
dans
l'habitude
de
confidérer
&
de
voir
des
objets.
GE
font
autour
de
nous,
&
nous
Jügeons
aflez
Bien
de
lèur
grandeur
:
af
nous
eflimons
aflez
jufte
Ia
S'andeur
d’un
homme,
&
nous
la
Jigeons
Ja
même,
quoïque
cet
hom-
me
{oit
à
une
diflance
double
|
uiple,
quadruple
;
cependant
les
dimenfions
de
fon
image
peinte
fux
3.
28G
DE-1
A
:V
I
Sr
0
N°!
pofe
qu'on
fit’
fort
près
,
‘ne
nous!
parût
beaucoup
plus
:
grand
que
le
dernier
,
f
nous
en
jugions
feule-
ment
par
les
Yeux;
&
fi
parle
tou=
cher
nous
n’avions
pas
pris
Phabitu=
de
de
juger
également.
grande
mÉ=
me
objet,
où
des
objets
femblables
à
différentes
diflances
;
nous
favont
que
le
dernier
foldat:
eft
un
foldat
comme
le
premier;
dès-lors
nousle.
Jugeons.
de
la
même
grandeur,
com-
me
nous
jugertons
que
le
premier
feroit
toujours
de
la
même
grandeur,
quand
ïl
pafleroit
de
la
tête:
à
là
quete
de
la
file;
&
comme
nous
ayons
habitude
de
juger
Le
même
objet
toujours
également
grand
à
toutes
les
diflances
ordinaires
auxquelles
NOUS
pouvons
en
reconnoître.
aifé-
ment
la
forme
»
nous
ne
nous
tro:
POns
Jamais
fur
cette
grandeur
que
quand
Ta
difiance
devient:
top
gran
de,
ou
bien
lorfque
Vintervalle
de
cette
diflance
nefl
pas-dans
la
direc
tion
ordinaire
;
car.
une
diftance
cefle.
d'être
ordinaire
Pour
nous
toutes
les
fois
qw’elle
devient
trop
grande
;
où
bien
qu’au
lieu
de
la.
mefurer
“hori<
ZOntalement
,
nous
la-mefurons:
de
haut
en
bas,
ou
du
bas
en
haut,
Les
DE
LA
Virsron
287
premieres
idées
de
la
comparaïfon
de
grandeur
entre
les
Objets
nous
font
venues
en
mefurant
,
Toit
avec
la
main,
foit
avec
le
corps
en
mar-
chant,
la
diflance
de
ces
objets
rela-
tivement
à
nous
&
entr'eux
;
toutes
ces
expériences,
par
lefquelles
nous
avons
rectifié
les
idées
de
grandeur
que
nous
en
donnoït
Ie
fens
de la
vue,
ayant
été
faites
horizontale-
ment,
nous
n'avons
pu
acquérir
la:
même
habitude
de
juger
de
1a
gran-
deur
des
objets
élevés
ou
abaïflés
au
deffous
de
nous;
parce
que
ce
n’eft
Pas
dans
cette
diredion
que
nous
les
avons
mefurés
par
le
toucher;
&
C'ell
par
cette
raifon,
&
faute
d’ha-
bitude
à
juger
des
diflances
dans
cette
diredion,
qne
lorfque
nous
NOUS
trouvons
au
deflus
d’une
tour
élevée,
nous
jugeons
les
hommes
&:
les
animaux
qui
font
au
deflous
beau-
Coup
plus
petits
que
nous
ne
les
Jugerions
en
effet
à
une
diftance.
égale
qui
feroit
horizontale,
c’eft-à-
dire,
dans
la
diretion.
ordinaire.
IE
en
eft
de
même
d’un
coq
ou
d’une
boulle
qu’on
voit
au
deffas
d’un
clo-
cher
:
ces
objets
nous
paroïflent
être
beaucoup
plustpetits-que
nous
ne
les
282
DE
LA
Vréro
x:
jugerions
être
en
effet,
f
nous
les’
voyions
dans
fa
diredion
ordinaire
&
à
la
même
diftance
horizontale.
ment,
à
laquelle
nous
les
voyons
verticalement,
Tout
le
monde
fait
qu’en
vOya=
geant
pendant
la
nuit,
on
prend
fou
vent
un
buïflon
dont
on
eft
près,
pour
un
grand
arbre
dont
on
ef
loin,
&
réciproquement
on
prend
un
grand
arbre
éloigné
pour
un
Puiflon
qui
eft
voifin
;
de
même,
dit
le
Naturalifte
Francois,
fr
on
ne
con:
noît
pas
les
objets
par
leur
forme
;
&
qu'on
ne
puifle
avoir
par
ce
moyen
aucune
idée
de
diflance
,
on
£e
trom-
pera
encore
néceflirement
;
une
mouche
qui
paflera
avec
rapidité
à
quelque
pouce
de
diflance
de
nos
YEUX
;
NOUS
paroïîtra
dans
ce
cas
être.
un
oïfeau
,
qui
en
feroit
à
une
très,
grande
diflance;
un
cheval
qui
feroit
fans
mouvement
dans
le
milieu
d’une
campagne,
&
qui
feroit
dans
une
at-
tütude
femblable
,
par
exemple,
à
celle
d’un
mouton,
ne
nous
parofîtra
pas
plus
gros
qu’un
mouton,
tant
que
nous
ne
réconnoîtrons
pas
que
c'eft
un
cheval;
mais
dès
que
nous
Vaurons
reconnu,
il
nous
paroïtra
L
TRE
nn
D
eur
RER
DE
LA
Vrsron.
283
dans
Vinflant
gros
comme
un
che-
val,
&
nous
rectifierons
far
le
champ
notre
premier
jugement.
Toutes
les
fois
qu’on
fe
trouvera
donc
dans
les
lieux
inconnus
où
lon
ne
pourra
juger
de
la
diflance,
&
où
lon
ne
pourra
reconnoître
Ia
forme
des
chofes
,
à
caufe
de
lobfcurité,
on
fera
en
danger
de
tomber
à
tout.
inflant
dans
lerreur
au
fujet
des
ju-
gemens
que
lon
fera
fur
les
objets
qui
fe
préfenteront
;
c’eft
delà
que
vient
la
frayeur
&
lefpece
de
crainte
intérieure
que
l’obfcurité
de
la
nuit
fait
fentir
à
prefque
tous
les
hom..
mes
;
c’eft
fur
cela
qu’eft
fondée
l'apparence
des
fpedres
&
des
figures
gigantefques
&
épouvantables
que
tant
de
gens
difent
avoir
vues
::on
leur
répond
communément
que
ces
figures
étorent
dans
leur
imagination;
cependant
eHes
pouvoïent
être
réel-
lement
dans
leurs
yeux
,
&
ileft
pof-
fble
qu’ils
aïtent
en
effet
vu
ce
qu'ils
difent
avoir
vu;
car
il
doit
arriver’
néceflairement,
toutes
les
fois
qu’on
ne
pourra
juger
d’un
objet
que
par
l'angle
qu'il
forme
dans
l'œil,
que
cet
objet
inconnu
groffira
&
gran-
dira
à
mefure
qu'il
en
fera
plus
voi-
284
DE
LA
Vrstow:
fin,
&
que
s’'i
à
paru
d’abord
aù
_{pedateur
qui
ne
Peut
reconnoître
ce
qu'il
voit,
ni
juger
à
quelle
dif
tance
1]
le
voit,
que
s’il
a
art
=
dis:
»)
q
P
>)
je,
d’abord
de
fa
hauteur
de
quel-
ques
pieds,
lorfqu’il
étoit
à
Ja
dif:
tance
de
20
ou
30
pas,
ïl
doit
pa-
roitre
haut
de
plufieurs
toifet
,
lorf-
qu'il
n’en
fera
plus
éloïygné
que
de
quelques
pieds
;
ce
qui
doit
en
efet
létonner
&
leffrayer
,
jufqu'à
ce
qu'enfin
il
vienne
à
toucher
l’ob.
jet,
où
à
le
reconnoître
3
Car
dans
Pinflant
même
qu’il
TecOnnoitra
ce
quec’eftque
cet
objetqui
lui
paroifloit
gigantefque,
ildimmuera
tout:à
COUP,
&
nelui
paroîtra
plus
avoir
que
fa
grandeur
réelle;
mais
f
on
fuit,
ou.
qu'on
rofe
approcher,
il
ef
certain.
qu'on
maura
d'autre
idée
de
cet
Objet
que
celle
de
l’image
qu’il
for-
moît
dans
l'œil
,
&
qu’on
aura
réelle
ment
vu
une,
figure
gigantefque
ou!
épouvantable
par
Ia
grandeur
&
par
1a
forme.
Le
Ptéjugé
des
fpeûres
et
donc
fondé
dans::1a
nature
;
&
ces
2PParences
ne
dépendent
pas,
comMm-
me
Île
croientles
Philofophes
,
uni-
quement
de
l'imagination.
Lorfque
nous
ne
pouvons
prens:
en
Re
dnbe
saut
étions
Li
LA
LA
DE
LA
Vrsron.
28
dre
une
idée
de
Ia
diflance
par
la
comparaïfon
de
lintervalle
intermé=s
diaire
qui
elt
entre
nous
&
les
ob-
jets
,
ajoute
cet
Auteur
célebre
,
nous
tâchons
de
reconnoître
la
forme
de
ces
objets
pour
juger
de
leur
grandeur
;
mais
Jorfque
nous
con-
noïllons
cette
forme,
&
qu’en
même
temps
nous
voyons
plufieurs
objets
femblables,
&
de
cette
même
forme,
nous,
Jugeons
que
ceux
qui
font
les
plus
éclairés,
font
les
plus
voifins
ï
-&
que
ceux
qui
nous
paroïflent
es
plus
obfcurs,
font
les
plus
éloignés;
&
ce
Jugement
produit
quelquefois
dés
erreurs
&
des
apparences
fingu-
lieres.
Dans
une
file
d'objets.
dif-
pofés
fur
une
ligne
droite,
comme
le
font,
par
exemple,
les
lanternes
fur
Le
chemin
de
Verfailles
en
ar-
rivant
à
Paris,
de
Ja
proximité
où
de
l'éloignement
defquelles
nous
ne
_POuvons
juger
que
par
le
plus
oule
à
notre
œil
,
il
arrivé
fouvent
que
lon
voit
toutes
ces
lanternes
à
droï..
te,
au
lieu
de
les
voir
à
gauche
où
elles
font
réellement,
lorfqu’on
les
régarde
de
loin,
comme
d’un
dem.
quart
de
lieue.
Ce
changement
de
moins
de
lumiere
qu’elles
envoient
286
DE
LA
Vrsron.
fituation
de
gauche
à
droite,
eftuñe
“apparence
trompeufe,
&
qui
el
Produite
par
la
caufe
que
nous
ve-
nons
d'indiquer;
car
comme
le
(ec.
tateur
n’a
aucune
autre
indice
de
la
diflance
où
ül
eft
de
ces
Janternes,
que
la
quantité
de
lumiere
qu’elles
luï
envoient
,
il
juge
que
Ja
plus
brillante
de
‘ces
Jumieres
«eft
La
pre:
miere
,
&
celle
de
Jaquelle
il
eft
Le
plus
voiïfin
:
or
s'il
arrive
que
Îles
premieres
lanternes
foient
plus
obf
cures
;
ou
feulement
fi
dans
{a
file
de
ces
lumieres
il
s’en
trouve
une
feule
qui
foït
plus
brillante
&
plus
vive
que
les
autres,
:cette’
lumiere
plus
vive
paroîtra
au
fpedateur
comme
frelleétoit
la
premiere-de
{à
file
;
&
11
jugera
dès-lors
que
les
autres
,
Qui
<ependant
Ia
précedent
réellement,
la
fuivent
au
contraire.
Or
cette
tranfpofition
apparente
ne
peut
fe
faire,
ou
plutét
fe
marquer
,
que
par
ce
changement
de
leur
fituation
de
gauche
à
droite
;
car
juger
devant
ce
qui
elt
derriere
dans
ue
longue
ile
,c'eftvoir
à
droitece
quieftà
gau-
che
;
ou
à
gauche-ce
qui
ft
à
droite,
Quand
on
ne
fait
ufage
que
d’un
feulœiïl
,
on ne
peut
nullement
jus
Fi
DE
LA
Visron
28»
ger
de
Ia
diflance
des
objets
;
parce
qu'alors
l'angle
D
4
C
ne
fe
forme
pas.
Néanmoins
ceux
qui
n’ont
lufage
que
d'uf
feulϕl,
apprennent
à
la
lon.
|
gue
à
juger
des
diflances:
parce
que
peu
à
peu
is
s’accoutument
à
faire
‘attention
au
mouvement
des
parties
intérieures
de
l'œil
;
&
l'on
fait
que
les
diflances
du
cryflallin
à
La
rétine
font
plus
grandes
lorfque
les
objets
font
plus
proches
:
nous
jügeons
encore
que
les
objets
qui
paroïflet
grands,
font
plus
près
de
nous
que
quand
ils
nous
paroïffent
petits.
On
juge
Æncoré
de
la
diflince
des
objets
par
a
vivacité
de
4a
lumiere
,
&
par
celle
de
leur
image
;
c’eft
pour cela
‘que
TOUS
jugeons
plus
proches
de
nous
quelles
ne
4e
{ont
réellement,
les
MOntagnes
couvertes
de
néige.
Nous
portons
un
jugement
femblable
des
Objets
Blancs
&
des
flambeaux
que
NOUS
Voyons
à
une
certaine
diftance
.
Pendant
Ja
nuit;
ice
qui
vient
de
ce
que
lair
qui
les
environne
;
forme
üne
efpece
dathmofphere
éclairée
,
qui
nef
pas
fenfible
à
ne
pétite
:
diflance,
Peut-on
dire
que
nous
“Voyons
Les
étoiles
brillantes
plus
S'andes
,
parce
que
nous
confoñdons
288
DE
LA
Vrsron:
les
aftres
avec
les
athmofpheres
lu
mineufes
qui
les
environnent
3
que
les
rayons
qui
viennent
de
ces
ath.
-MmOfpheres
étant
affoiblis
par
les
ver-
res
des
lunettes,
ne
peuvent
pas
faire
une
impreffion
fuMfante
fur
la
rétine;
&
que
d’ailleurs
[a
pupille
qui
fe
contracte
lorfque
nous
regardons
à
travers
ces
inflrumens,
ne
permet
pas
que
l'image
qui
fe
peint
au
fond
de
Pœiïl,
foit
auf
grande
;
dé
maniere
que
dans
ce
cas
les
étoïles
doivent
paroïître
plus
petites
,
comme
Pexpé-
rience
ne
permet
pas
d'en
douter?
N’efl-ce
pas
en
contradant
fortement
{a
rétine
que
certains
aigles
peus
vent
regarder
fixement
le
foleil
,
tan:
dis
que
Phomme
qui
n’a
pas
Ja
facilité
de
rétrécir
f
fort
la
prunelle,
na
pas
le
même
avantage.
Les
oifeaux
de
nuit,
dans
fefquels
la
pupille
eft
très
ample,
ne
peuvent
regarder
cet
aftre,
.
Nous
jugeonsencore
de
1a
diftance
|
des
objets,
en
les-confidérant
de
dif:
férens
endroits
ou
bien
par
les
corps
_Antermédiaires
,
Jeurs
intervalles
&
Jeurs
granleurs
apparéntes,
Les
nues,
les
planetes
,
les
étoiles
nous
paroif-
fent
à,
la
même
diflance,
parce
ques
nous
rer
rs
ere
PT
Ernie
DE
LA
Vrstonx,
289
ROUS
ne
voyons
aucun
COfps
inter
médiaire
entre
ces
Objets,
&
que
Nous
ne
pouvons
point
juger
de
Pin-
tervalle
qui
les
{épare,
La
lune
paroit
plus
grande
à
lhorizon,
que
quand
elle
eft
vers
Le
méridien;
parce
que.
lès
montagnes
&
Ies
objets
fitués
entre
Ja
lune
&
nous
,
nous
font
juger
fa
diflance
,
&
Par
conféquent
à
grandeur
apparente
plus
grandes
que
quand
elle
eft
au
méridien
;
on
obferve.
en
effet
en
regardant
cet
aftre
par
le
Moyen
dun
tube
qui
empêche
de
voir
les
objets
intermédiaires
on
:
obferve,
dis-je,
que
fa
grandeur
ap-
Parente
eft
alors
la
même
que
dans
:
leméridien
:
on
faitauff
que
les
arbres
.Œui
forment
[es
allées
Paralleles
dune
P'omenade,
nous
Paroïffent
fe
Trap-
Procher
d’un
côté,
lorfque
nous
fom-
Mes.
placés
vers
l'autre
extrémité,
Tome
IT,
296
DE
LA
Vrstro
Ne
_faïre
une
révolution
;
tous
les
objets
€nVironnans
ui
Paroïtront
fe
mou-
Voir
en
fens
contraire
5
&
ce
mou-
vement
apparent
fübffterà
encore
pendant
quelque
temps
lorfqu'il
cel.
fera
de
fe
MOUVOIr
;
parce
que
le
frémiflement
produit
dans
les
fibril
1es
de
la
rétine
fubfifte
encore
quel-
que
temps,
ce
qui
donneune
certaine
durée
au
mouvement
‘apparent
des
Objets.
Si
quelqu'un
regarde
fixement
le
foleil,
&
qu'il
ferme
enfuite
Jes
yeux
,
il
verra
néanmoins
encore
li
mage
de
cet
aflre
fous
la
foïme
d’une
tache
de
couleur
louge
;
cette
couleur
changera
enfuite
‘en
jaune,
bientôtenverd,
&
enfm
en
bleu,
&
bientôt
il
ne
verra
plus
rien,
Cette
obfervation
prouve
que
Îles
rayons
rouges
agiflent
avéc
le
plus
de
vio-
lence
fur
Ja
rétine
;
que
les.
jaunes
Ont
moins
de
force:
&
queles
rayons
bleus
font
encore
plus
foibles,
Les
poiffons
mont
point
d'humeur
aqueufe
,
&
eur
cryflallin
eft
fphéri-
que,
La
raïfon
en
eft
que
lhumeur
aqueufe
feroit
inutile
-dans
Ces.ani-
maux
;'car
les
rayons
devroïent
pañfer
de
l'eau
où
is
nagent
dans
l'humeux
DE
LA
Visro
x.
297
âqueufe
de
leur
œil,
ce
qui
fe
feroit
fans
réfradion,
C’eft
Pourquor,
afin
que
la
réfradion
des
rayons
qui
fe
fait
en
trois
fois
dans
l’homme
,
fe
fit
en
deux
fois
dans
les
yeux
des
poïflons,
il
falloit
que
leur
cryftallin
fût
plus
convexe.
que
Île
nôtre
j.
Car
nous
ne
pouvons
voir
les
objets
que:
confufément
fous
Peau,
ainfi
que
le
favent
les
DOS
ner
59
Lorfque
nous
regardons
objet
a
avec
l'œil
droit
C
|
fig:
49),
nous
le
rapportons
au
POintp;
mais
fr
nous
le
regardons
avec
Toi
gauche
D,
nous-le
rapportons
au
point
x.
Sr
nous
le
confidérons
des
deux
yeux
ä
da
fois,
nous
le
verrons
dans
un
Point
b
intermédiaire
entre
p
&
x.
Cela
ne
viendroit-il
pas
de
ce
que
NOUS
rapportons
les
objets
à
lextré-
mité
de
Ja
ligne
,
felon
laquelle
Les
Taÿons
qui
les
deffinent
dans
nos
yeux
parviennent
à
organe,
&
de
ce
que
lame
corrige
le
jugement
qui
nous
Porte
à
croire
que
l'objet
eft
en
p
&
h
x,
En
prenant
pour
cela
un
point
b
auquel
aboutiroient
les
droites
tirées
de
Ja
rétine
en
paflant
par
le
milieu
du
cryflallin
>
Les
enfans
nouveaux
S.
298
DE
LA
Vrsron.
nés
ne
peuvent,
dit-on,
diflinguet
les
objets
pendant
les
4
ou
s
pre-
mieres
femaïnes
après
leur
naïflance,
Cela
vient
.
felon
plufieurs,
de
ce
que
leur
cornée
eft
trop
lâche
&
trop
épallfe
&
qu’elle
touche
prefque
iris.
Maïs
ne
peut-on
pas
dire
qu'il
faut
un
certain
temps
à
l’homme
pour
apprendre
à
voir,
ainfi
que
Le
prouve
lobfervation
de
Chefelden
(
1
}.
(
x}
M.
Chefelden,
fameux
Chirurpien
de
Londres,
dit
M.
de
Buffon,
ayant
fait
Vopération
de
la
cataraëte
à
un
jeune
homme
de
13
ans,
aveugle
de
naïflance,&
ayant
réuffi
à
lui
donner
le
fens
de
la
vue,
obferva
la
maniere
dont
ce
jeune
homme
commençoit
à
voir,
&
publia
enfuite
dans
les
Tranfàc-
tions
Philofophiques,
n°
402
,
&
dans
le
$5me
article
du
Tarler
,
les
remarques
quil
avoit
faires
à
ce
fujet.
Ce
jeune
homme,
quoiqu’aveugle
,
ne
l’étoit
pas
abfolument
&
entierement
;
comme
la
cécité
proveroit
d’une
catarate
>
il
étoit
dans
Le
cas
de
tous
les
aveugles
qui
peuvent
toujours
difins
uer
le
jour
de
la
nuit
;
il
diflinguoic
même.
à
une
forte
lumiere
le
noir,
le
blanc,
&le
rouge
vif
qu'on
appelle
écarlate
;
mais
il ne
Voyoit
ni
n’entrevoyoit
en
aucune
façon
la
forme
des
chofes;
on
ne
lui
fit
lopération
d’abord
que
fur
l’un
des
yeux.
Lorfqw'il
vit
pour
la
premiere
fois,
il
étoit
fi
éloigné
de
Pouvoir
juger
en
aucune
façon
des
difanz
DE
LA
Vrsron,
299
Si
pendant
la
nuit
nous
plaçons
à
Une
certaine
diflance
entre
notre
ϕl
&
la
lumiere
d’une
chandelle
une
aiguille
à
coudre,
elle
nous
paroïtra
ces,
qu'il
croyoit
que
tous
les
objets
indifs
féremment
touchoient
fes
yeux
(
ce
fut
lexpreffion
dont
il:
fe
fervit
};
comme
les
chofes
qu’il
palpoit
,
touchoient
fà
peau.
Les
dbjets
qui
lui
étoient
Jes
plus
agréables
,
étoient
ceux
dont
la
forme
étoit
unie
&
la
figure
régulicre.,
quoiqu'il
ne
pt
encore
former
aucun
jugement
fur
leur
forme
,
ni
dire
pourquoi
‘ils
Jui
paroiflent
plus
agréa=
bles
que
les
autres
:
il
n'avoir
eu
pendant
le
temps
de
fon
aveuglement
,
que
des
idées
f
foibles
des
couleurs;
qu’il
pouvoit
alors
difinguer
à
une
forte
lumiere
,
qu’elles
n’a
voient
pas
lflé
des
traces
fufifäntes
pour
qu'il
püt
les
reconnoître
;
lorfqu’il
les
vie
en
eflèt
;
il
difoit
que
ces
couleurs
qu'il
Voyoïit,
n'étoient
pas
les
mêmes
que
celles
qu'il
avoit
vues
autrefois:
il
ne
connoifloit
la
forme
d'aucun
objet;
&
il
ne
difinguoir
aucune
chofe
d'une
autre
,
quelque
diffé-
rentes
qu’elles
puflent
être
de
figure
ou
de
Brandeur:
Jorfqu’on
lui
montro:t
les
chofes
_
qu'il
connoifloit
auparavant
par
le
toucher,
il
les
regardoit
avec
attention
&
les
obfervoit
avec
foin
pour
les
reconnoître
une
autre
fois
:
Mais
comme
il
avoit
trop
d'objets
à
retenir
àla
fois,
il
en
oublioit
la
plus
grande
partie
;
&
dans
le
commencement
qu'il
apprenoit
(comme
il
difoit)
à
voir
&
à
connoître
les
300
DE
LA
Visron.
tranf{parente
&
rougie:
par
le
feu:
Ce
phénomene
paroit
dépendre
de
lins
flexion
que
la
lumiere
foufre
en
paf
fant
le
Iong
des
côtés.
de
cette.ai-
:
objets
,
il
oublioit
mille
chofes
pour
une
qu'il
rétenoit
;
il
étoit
fort
fürpris
que
les
chofés
qu'il
avoit
le
mieux
aimées,
n’étoient
pas
celles
qui
étoient
plus
agréables
à
fes
yeux
&
il
s’attendoit
à
trouver
les
plus
belles,
les
perfonnes
qu'il
aimoir
le
mieux,
Il
fe
paffa
Plus
de
deux
mois
avant
qu'il
püt.
recon-
noïtre
que
les
tableaux
repréfentoient
des
corps
folides
;
jufquw’alors
ilne
fes
avoit
con
!
fidérés
que
comme.
des.
plans.
différemment
colorés,
&
des
furfaces
diverffiées
par
La
va
rieté
des
couleurs
:
mais
lorfqu’il
commença
à
reconnoître
que
ces
tableaux
repréfentoient
des
corps
folides,
il-s’attendoit
À
trouver
en
effèr
des
corps
folides
en-touchant
la
roile
du.
tableau
5:
&
il
fut
extrémement
étonné
;
lorfqu'’en
touchant
-Jes-
parties,
qui
par
la
fumiere
&
les
ombres
lui
paroïffoient
rondes
&inégales
,
il
les
trouva
plates
&
unies
comme
le
refte
;
il
demandoir
quel
étoit
donc
le
fens
quile
trompoit
,
fi
c’étoit
la
vue
où
£
c'étoir
le
toùcher.
On
lui
Montra
alors.
un
petit
portrait
de
fon
pere
,-qui-étoit:
dans
la
boite
de
la
montre
de
f
mere;
il
dit
qu’il
con
noifloit
bien
que
c’étoit
la
reflemblance
de
fon
pere
;
mais’il
demandoit
avec
un
prând
étonnement
comment
il.
voir
poflible
qu’u
vifage
auf
large
pût
tenir-dans
un
f
petit
lieu;
que
cela
lui
paroïffoit
aufi
impoffible
DR
rs
VERS
DONS:
50,
guille
,
qui
efttelle
que
fon
ombre
devient
très-petite
ou
nulle
;
enforte
qu’elle
paroït
tranfinettre
plufieurs
rayons
de
fumiere,
ou
qu’elle
paroît
tranfparente
ou
rougie
par
lalumiere.
que
de
faire
tenir
un
boiffeau
dans
une
pinte.
Dans
les
commençcemens
il
ne
pouvoit
fup-
Porter
qu'une
très-petite
lumiere,
&
il
voyoit
tous
les
objets
extrêmement
gros;
mais
à
mefüre
qu’il
voyoit
des
chofes
plus
grofles.
tneflet
,
il
jugéoit
les
premieres
plus
petites
3:
il
«croyoit
qu'il
n’y:
avoit
rien
au-delà
des
limites
de
ce
qu'il
voyoit
»1l
favoit
bien
que
la
chambre.
dans
läquelle
il
étoir,
ne
faifoit
qu'une
partie
de
la
maifon
,
cependant
il
ne
Pouvoit
concevoir
comment
la
maifon
pou-
voit
paroïtre
plus
grande
que.
fa
chambre.
Avant
qu'on
lui
eût
fait
l'opération
,
il
n’ef-
PéTOI
pas
un
grand
plaifir
du
nouveau
fens
qu'on
lui-promettoit,
&
il
n’étoit
touché
que
de
l'avantage
qu’il
auroit
de
pouvoir
appren-
dre
à
lire
&
À
écrire
il
difoit,
par
exem-
ple,
qu'ilne
pouvoit
pas
avoir
plus
de
plaifr
fe
promener
dans
le
jardin
;
lorfqu’il
auroit
ce
fèns,
qu'il
en
avoit,
parce
qu'il
sy
pro.
Menoit
librement
&
aifément,
&
qu'il
en.
Connoifloit
tous
les
différens
:
endroits
;
"..
avoit
même
très-bien
remarqué
que
fon
état:
de
cécité
lui
avoit
donné
un
avantage
fur
les
autres
hommes
»AVañtage
qu'il
conferva
lon
g=
mp$s
après
avoir
obtenuéle
fens
de
la
vue,
qui
éroit
d'aller
Ja
nuit-
plus
aifément
&
plus
ûrement
que
ceux
qui
voient,
Mais
lorf
302
DE
LA
Visron,
60.
Les
couleurs
que
M.
de
Bufon
|
appelle
accidenrelles,
&
que
Jurin
ay
où.
qu'il
eut
commencé
à
fe
fervir
de
ce
nou=
Veau
fens,
il
étoit
tranfporté
de
joies
il
ifoit
que
chaque
nouvel
objet
étoir
un
délice
nouveau,
&
que
fon
plaifir
étoit
f
Srand
qu'il
ne
Pouvoit
l’exprimer,
Un
an
très-belle
&
très-étendue
;
i]
parut
enchanté
de
ce
fpe&acle
>
&
il
appelloit
ce
payfage
Une
nouvelle
facon
de
voir,
On
Jui
fit
la
beaucoup
plus
grands
qu’il
ne
les
voyoit
dé
autre,
mais
cependant
pas
aufli
grands
qu'il
les
avoit
vus
du
Premier
œil
;
&
lorfqu’il
Teépardoit
le
même
objét
des
deux
yeux
à
la
fois
,
il
difoit
que
cet
objet
lui
paroifoit
une
fois
plus
grand
qu'avec
fon
premier
œil
tout
feul
;
mais
il
ne
le
Voyoit
pas
double
Ou
du
moins
on
ne
Peut
pas
s’aflürer
qu'il
eût
vu
d’abord
les
objets
doubles,
lorfqu'on
lui
procura
lPufage
de
fon
fecond
œil,
.
+
€
même
Chefelden
rapporte,
dans
fon
Anatomie,
qu’un
homme
étant
devenu
louche
na
à
Re
.
DE
LA
Visron.
303
auffi
remarquées,
paroiflent
dé-
pendre
de
la
difpofition
aduelle
de
notre
organe.
Ayant
mis
un
petit
quarré
rouge
fur
le
milieu
d’un
car-
ton
blanc,
f
nous
regardons
fixe-
ment
&
pendant
long-temps
ce
quarré,
nous
obferverons
autour
de
fa
circonférence
une
couronne
d’un
bleu
pâle
:
f.
nous
détournons
un
peu
la
vuepour
la
jeter
fur
le
carton
blanc
,
nous
verrons
difinéement
fur
ce
car-
ton
fe
même
quarré,
mais
d’une
couleur
verte
tirant
fur
le
bleu.
Si
on
trace
fur
un
papier
blanc
un
quarré
d’unrouge
fort
vif
&
qu’onle
regarde
attentivement,
on
obfervera
autour
de
fà
circonférence
une
couronne
Verte
;
la
couleur qui
eft
au
milieu
du
quarré
paroîftra
bientôt
changée
:
On
verra
les
côtés
d’un
rouge
plus
foncé
;
ces
côtés
fe
diviferont
enfuite
en
deux
:
on
verra
une
croix
d’un
rouge
très-foncé
,
&le
quarré
paroûtra
femblable
à
une
fenêtre
dont
la
croi-
fée
feroit
garnie
de
quatre
panneaux
blancs.
On
obfervera
après
cela
un
reclangle
d'un
rouge
très-foncé
qui
aura
même
hauteur,
maïs
moins
de.
largeur
que
le
quarré
;
maisalors
l'œil
304.
DE
LE
A
Vrsron..
étant
extrémement
fatigué
,
on
ne.
POurra
plus
confidérer
ce
quarré,
a
lumiere
renvoyée
par
un
objet,
peint.
fon
image
fur
la
partie
mem
braneufe
de
la
rétine.
Cette
partie
ébranle
fa
partie
veloutée
dont
les
fibrilles
continuent
à
être
agitées
par
limpreffion
continuelle
de
la
lumiere:
le
mouvement
fe
communique
len-
“ement
de
proche
en
proche
aux
fbrilles
Jatcrales
adjacentes
;
mais
il
€ft
moindre
dans
ces
fibrilles
que
dans
Celles
qui
répondent
à
Pimage
de
objet.
Delà
f
Pimage
‘ef
deffinée
c
rouge.
les-parties
qui
environs
nent
étant
moins
fortement
afledtées,
feront
paroître
du
verd
ou
du
blanc.
Si
image
étoit
Peinte
en
jaune,
les
Couleurs
ambiantes
qui
doivent
être
moins
fenfibles
,
fe
feroïent
remar-
quer
fous
Ja
couleur
d’un
bleu
pale;
%
limage
d’une
tache
verte
feroit
entourée
dune
couleur
Purpurine
de
maniere
que
les
couleurs
qui
en-
vironnent
Pimage,
feront
toujours
moins
vives
&moinsclaires
que.
celles
{ous
Ilefquelles
nous
voyons
cette
même
image,
FRE
M.
Monges
ayant
fixé
le
foleil
DELA
Vrsio
30$
autant
qu'il
Jui
fut
poMible
,
ferma
les
ÿeux
,
appliquant
les
deux
mains
deflüs,
afin
que
la
lumiere
extérieure
ne
pût
nuire;
infenfiblement
il
vit
difparoître
le
difque
rou
ge;
lerouge
étant
difparu,
lorangé
fuccéda
5
Celui-ci
fit
place
au
jaune,
qui
bien-
tôt
s’évanouit
pour
ne
laifler
äp-
percevoir
que
le
verd,,
‘puis
le
bleu,
Pindigo
,;
&
enfin
Île
violet
;
celutrci
difparut
à
{on
tour,
&
ce
Phyficien
ne
vit
plus
rien,
Les
faif.
ceaux
de
lumiere
ayant
frappé
vive-
ment
&
long-temps
Ie
nerf
optique,
le
tendent
pour
ainf
dire
au
dernier
degré,
ce
qui
occafionne
la
fenfation
du
rouge.
Mais
à
Proportion
que
la
fatigue
de
l'œil
diminue,
la
tenfion
diminue
également,
&
le
ton
des
couleurs
baïfle
dans
la
même
propor-
tion
:
au
rouge
fuccédera
donc
l’o-
rangé;
à
Porangé
le
faune
;
puis
Je
verd,:puis
le
bleu,
puis
Pindigo
&
le:
violet,
:Enfin
-la
tenfion:
ceffänt
tout-à-fait,
ce
nerf
tranquille
ES
ébranlement
&
rendu
à
fon
premier
état,
n'occafionnera
plus
Ia
fenfation
de
quelque
couleur
déterminée,
Ce
qui
paroît
confirmer
que
Je
phéno-
‘312
BE
LA
Vrsron,
pendant.
tranfparente,
fi
l’on
verfe
deffus
de
l'huile
de
térébenthine.
Le
vinaigre
&
l'huile
d'olive
font
deux
Jiquides
tranfparens
;
maïs
leur
mê-
lange
forme
une
efpece
de
faufle
blanche
,
qui
eft
prefque
opaque.
L'eau
eft
naturellement
tranfparente;
mais
fes
vapeurs
forment
des
nuages
opaques.
Le
papier
Blanc
devient
tranfparent
lorfqu’on
limbibe
d'huile
d'olive.
Tous
les
métaux
réduits
en
petites
lames
minces
font
tranfpa
rens,
ainfi
que
toute
tranché
de
bois
quelconque;
maïs
lorfque
la
lumiere
tombe
fur
un
miroir
de
verre,
une
partie
eft
réfléchie
par
1a
furface
an.
térieure
;
celle
qui
eft
réfléchie
par
la
furface
poflérieure
revient
vers
lan-
térieure
,
&
s'échappe
du
moins
en
partie;
1
y
en
a
cependant
une
grande
quantité
qui
eft
réfléchie
vers
la
furface
poftérieure
,
d’où
elle
elt
de
nouveau
réfléchie
vers
lantérieure,
&
ainfi
de
fuite;
mais
à
proportion
que
ie
nombre
des
répercuffions
augmen-
te
,
les
images
formées
par
Ia
furface
poftérieure
,
diminuent
de
vivacité,
&
les
dernieres
images
ne
peuvent
plus
être
fenfibles.
E
L'opacité
EE
DE
LA
Vrsron.
313
L'opacité
d'un
corps
confifte
en
ce
que
fa
quantité
de
lumiere
qu’il
tranf-
met
ne
peut
faire
une
impreffion
fénfiblé
far
Ia
rétine.
I]
ÿ
a
toute
ap-
Parence
néanmoïns
qu’il
n’y
ên
a
au-
cun
parfaitement
opaque,
tous
laiflant
pafler
plus
où
moins
de
lumiere.
16
James
de
verre,
formant
9
:
jignes
d'épaifleur
,
ne
laiflent
päller
qu'un
7
de
lumiere.
Une
tranche
d’eau
marine
de
10
pieds,
abforbe
Îes
+
de
la
lumiere
qui
fa
pénetre
;
Mais
il
paroît
que
Pair
ef
environ
58290
fois
plus
tranfparent
que
l’eau
de
la
mer;
de
maniere
que
S8230
Pieds
d’air
n’abforbent
qu'environ
les
=
de
la
lumiere
qui
pénetre
dans
ce
fluide
;
mais
80
lames
de
verre
for-
nant
une
épaifleur
de
4ç
+
lignes
ne
laiffent
pafer
aucune
lumiere
fenfible,
Si
nous
conceyons
qu’un
faifceau
de
lumiere
compofé
d’un
celfain
nom-
bre
de
fiers
rencontre
une
tran-
che
d'eau,
&
qu'il
perde
en
par-
Courant
un
pied,
la
dixieme
partie
de
fes
rayons,
il
perdra,.en
parcourant
la
feconde
tranche
de
même
épaïiffeur,
la
dixieme
partie
de
ceux
qui
fe
font
Préfentés
à
lentrée
de
la
feconde
Tome
II,
(®
314
DELA
Vrsro
x.
tranche,
&
ainfi
de
fuite,
M.
Bov-
guer
prétend
avoir
trouvé
,
par
des
expériences;
1°.
Que
la
lumiere
du
foleil
eft
environ
trois
cens
mille
fois
plüs
forte
que
celle
de
La
lune,
lorfqu’elle
eft
pleine,
&
dans
f
moyenne
diflance
àlaterre;
2°,
Que
la
lumiere
du
foleil
n’eft
plus
fenfble
lorfqu’elle
eft
diminuée
1000
000
000
000
fois
;
enforte
qu’un
COYpS
et
véritablement
opaque,
lorfquil
ne
tranfmet
que
la
1000
000
009
000
me
partie
de
la
lumiere
du
fo-
le
;
3°.
Que
de
10009
rayoïf
qui
partant
d’un
aftre,
viendroientjufqu'à
notre
ϕl
s'ils
ne
rencontrotent
pas
notre
athmofphere
,
il
n’en
arrive
qu'autant
qu'il
'eft
indiqué
par
R
“Fable
fuivante,
dans
laquelle
o
dé-
figne
que
laflre
eft
à
l'horizon.
rs
xD
CA
EE
eme
ner
7
PET
rime
gr
rnnenranseennanhainnis
senmmes
memes
À
ET
RU
RE
nr
RE
TE
PE
LA
Vis-rox.
SES
CA
|
Devrés
À
Nombre
Deprés
de
Haureurf
des
de
Hauteur
apparente,
|
Rayons.
|anparenre.
.
Selon
ce
favant
célebre,
une
ligne
d’épaiffeur
de
verre
détruit
Z
de
lumiere
5
mais
M,
de
Buflona
Houvé,
en
fe
fervant
‘du
vêrre
de
Saint-Gobein
,
différent
fans
doute
de
celui
qu’a
employé
M.
Bouguer,
qu'une
ligne
d’écaifleur
d’un
tel
verre
Re
diminue
{a
lumiere
que
d’envi-
9n
>;
que
deux
ligues
ne
Ia
dimi-
O
2
F0
DELA
VrsTos
nuent
pastout-à
fait
d'un,
&tos
|
_
glaces
de
deux
lignes
,
moins
dei;
|
&
ce
dernier
Auteur
aflure
que
h
|
Jumiere
ne
diminue
que
d'un
peu
plus
de
moitié,
en
traverfant
une
épaifleur
de
6
lignes
de
verte
de
Bohême.
:
Ii
eft
bon
de
remarquer
que
{a
Jumiere
qui
fort
d’un
corps
opaque
“peut
avoir
perdu
une
partie
de
fa
vitefle
par
Pinégalité
des
forces
atr
tradives
&
répullives
des
molécules
}
de
ce
corps
,
qui
lont
fait
errer
dans
des
labyrinthes
innombrables,
&,
|
qui
ne
Jui
permettant
pas
de
fe
diri-
ger
dans
un
certain
fens,
Ia
difper-
fent
de
tous
côtés,
de
maniere
qu'elle.
ne
peut
faire
aucune
imprefhion
fen-
-
fible
fur
la
rétine
:
telle
paroît
être,
fa
véritable
caufe
de
lopacité:
La
sranfparence
au
contraire,
tire
fon
origine
non
feulement
des
por
droits,
(
qui
fe
trouvent
dans
tous
Jes
corps
,
}
maïs
principalement
de
Pho-
mogéneité
des
parties
qui
exerçant
des
forces
égales
fur
[es
globules
um
|
_neux,
leur
permettent
de
fortir
el
ligne
droite,
de
fe
diriger
dans
ct”
tains
fens,
de
maniere
qu'à
leur
Rb
à
a
|
|
…
TOME
11.
PL.T.
Page
316,
|)
Le
me
ne
RS
ass
227
>
UE
ENS
MN
SP
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EPE
|
7
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©
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tee
omutmube
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KES
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Nos
LS
2
=
de
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3
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Dige
316
ne
TIL-PL.
TITI
Page
816,
Z
y
si
Re
=;
=
L
|
QUI
322
ASTRONOMIE
PHYSIQUE:
cle
qui
pañle
par
le
milieu
de
l'axe:
du
monde,
ou
par
le
centre
del'uni-
.
vers,
&
dont
le
plan
foit
perpendis
cülaire
à
Ia
ligne
qui
joint
Les
deux
poles
,
ce
cercle,
qu’on
nomme
équa=
teur
,
féparera
la
fphere
célefte
&
le
globe
de
la
terre,
en
deux
hémif.
pheres
égaux
,
lun
feptentrionak,
l'autre
méridronal,
Lorfque
le
foleil
paroïît
parcourif
cé
cercle,
ce
qui
arrive
aux
équinoxes
,
les
jours
font
égaux
aux
nuits
par
toute
la
terre,
.
L'équateur
étant
à
égale
diftance
de
lun
&
de
l’autre
pole,
lés
poles
du
monde
feront
en
même
temps
ceux
de
Péquateur
;
car
on
appelle
en
général
poles
d'un
cercle
les
deux
points
de
la
fphere
qui
font
le
plus
éloïgnés
de
ce
cercle,
on
ceux
qui
font
fitués
fur
une
ligne
perpendi-
culaire
au
même
cercle
&
paffant
pat
fon
centre,
C’eft
pourquoi
le
zénith
eftle
pole
de
l'horizon
;
il
en
eft
de
même
d’un
autre
cercle
;
fon
pole
en
€lt
toujours
éloïgné
de
90
degrés
en
tout
fens.
Mais
il
ne
s’agitici
que
des
grands
cercles
de
fa
fphere
:
ce
font
ceux
qui
ont
le
même
centre
que
la
fphere
;
tels
font
l'horizon
&
Péqua-
l
Ê
Ë
|
ASTRONOMIE
Pays
IQUE,
327
teur.
La
Tigne
qui
pale
par
les
deux
Poles
d’un
cercle
s'appelle
auf
en.
général
Pave
de
ce
cercle.
Cetteligne
elt
toujours
perpendiculaire
au
plan
de
ce
cercle;
mais.le
diametre
elt
tiré
dans
le
plan
même
du
cercle.
6.
Le
méridien
eftun
grandicercle
de
Ja
fphere
qui
pale
par
les
deux
poles
du
monde
auffi-bien
que
par
le
zénith
&
le
nadir,
Partageantle
ciel
&
Ia
terre
en
deux
hémifpheres
égaux,
Pün-
oriental
&
l'autre.
occidental.
IL
eft
ainfappellé,
Parce
qu’il
marque
le
mi.
lieu
du
jour,
quand
le
foleil
y
arrive
.
chaque
point
de
ce
cercle
étant
éga-
lement
éloigné
de
l'horizon
à
droite
&
à
gauche.
Le
méridien
d’un
lieu
ftué
plus
à
lorient
ou
à
l'occident
que
Paris,
eft
différent
du
méridien
décetre
Ville
;
de
naniere
que
filon
avance
de
15
degrés
vers
lorient,
le
zénith
de
l’'ébfervateur
avancera
de
la
même
quantité
auffi-bien
que:
fon
méridien,
Ainfi
de
Breft
Paris:
ya
7
degrés
dont
Paris
eft
plus
Otiéntal
que
Breft,
Mais
quand
on
va
ditetement
vers
Le
nord
ou
vers
le
füd,
on
ne
change
point
de
méri-
in,
Tous
les
méridiens
de
différens
O
ç
324
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
:
lieux
de
Ta
terre
fe
réuniffent
&
fe
coupent
aux
deux
poles
du
monde;
&
ils
font
tous
coupés
en
parties
:
égales
par
Péquateur
dont
le
plan
eft
à
égale
diflance
des
deux
poles
:
ils.
font
tous
perpendiculaires
à
ce
cercle,
Mais
quand
un
obferyateur
placé
dans
un
endroit
fixe
;
parle
du
méridien.
_il
entend
Ie
méridien
du
lieu
où
il
eft,
celui
qui
pañle
par
fon
zénith
&
que
l’on
confidere
comme
fixe
aull
bien
que
l'horizon.
La
hauteur.
d’un
aftre,comme
nous.
avons
déjà
dit
ci-deflus
er).
fe
mefure
par
un
are
d’un
cercle
ver-
tical,
qui
va
de
aftre
à
l'horizon.
Soit
un
obfervateur
défigné
par
0:
(fig.
2),
dont?
eftle
zénith,
&
HOR,
horizon,
qui
eft
umicercle
dont
nous,
ne
repréfentons
iei
que
Îe
diametre
;,
1
Von
décrit
le
demi-vertical
H
7
RS
qui
pafle
par
le
zénith,
z
R
fera
un
quart
de
cercle
;
enforte
qu’une
étoile
|
qui
feroit
fituée
en
7,
auroit
90
de-
|
grés
de
hauteur
;
f
elle
étoit
fituée
en
À,
de
maniere
que
angle
4
OR
fût
de
45
degrés,
lare
4
R
ou:
la
hauteur
de
létoïle
feroit
de
4s
de-
grés,
Suppofons
que
l’obferyateur
0:
ASTRONOMIE
PHYSrQUE.
32ÿ
foït
muni
d’un
quart
de
cerclé
B
O
D,
de
bois
où
de
métal,
divifé
en
90.
degrés
,
en
plaçant
un
des
côtés
B
O
Verticalement
,
au
moyen
d’un
fi
à
plomb,
&
mettant
enfnite
l'œil
au
centre
O,
il
remarquera
fur
quel
point
C
répond
laftre
4;
le
nombre
de
degrés
compris
entre
C
& D
fur
fon
inftrument,
fera
égal
au
nombre
de
degrés
de
l'arc
4
R
du
vertical
célefte
qui
marque
la
hauteur
de
laflre
au
deffus
de
l’horizon
:
enforte
que
f
Parc
D
C
eft
de
45
degrés,
la
hau-
teur
de
laftre
À
fera
auffi
de
45
de-
grés:
fi
une
étoile
“toit
placéeena,
0
trouveroit
[a
diftance
qu’il
y
a
entre
cette
étoïle
&
laftre
A,
eh.
mefurant
l'arc
de
cercle
ç
C
compris
entre
Jes
deux
rayons
vifuels
©
4
;
OA
car
f
Parc
c
Ceft
de
20
de.
grés,
l'arc
célefte
correfpondant
4
4
‘fera
auf
de
20
degrés
:
or
les
Aftro-
nomes
fe
fervent
pour
mefurer
les.
mOouvemens
apparens
&
relatifs
des:
aftres
,
de
degrés,
minutes
ou
fecon-'
des,
ou
de
portions
de
cercles
,
&ils.
mefurent
auffi
les
diflances
apparen-
tes
des
aftres
par
les
degrés,
minu-
fes
&
fecondes
d’un
arc
de.
cercle
326
ASTRONÔOMIE
Pavsique:
dont
le
centre
d’où
partent
les
rayons
vifuels
efl
Pϕl
du
fpedateur,
Si
deux
rayons
vifuels
menés
Pun
au
bord
fupérieur
&
l’autre
au
bord
Inférieur
de
[a
lune
fituée
près
de
l'horizon,
forment
un
angle
d’un
demi-degré
où
de
30
minutes,
on
dira
que
la
lune
a
un
diametre
de
30
minutes
où
d’n
_demi-degré,
*
Les
Affronomes
emploient
d’une
autre
maniere
le
quart
de
cercle
dont
ils
£
fer:
VEnt
pour
mefurer
les
hauteurs
;
ils
placent
-
un
des
côtés
O
B
(
fig.
3
),
de
maniére
qu'il
foit
dirigé
vers
Paltre
4;
au
centre
O
de
PMinifrument
ef
fufpendu
librement
un
£l
à
plomb
O
D;
dans
ce
cas
Parc
F
G
du
quart
de
cercle
compris
entre
le
fil
à
plomb&le
|
rayon
O
G'aura
autant
de
degrés
que
l’arc
À
R
qui
mefüre
[a
hauteur
de
laflre
au
deffus
de
l’horizon;
en
effét
la
ligne
ver<
ticale
Z
©
D
fair
avec
le
rayon
vifuel
qui
va
du
point
B,
(où
ef
fitué
le
fpeétateur
dans
cette
maniere
d’obferver
J-alatre
4
wn
angle,
qui
eft
mefuré
par
l'arc
Z
4
d’un
côté,
&
de
l’autré
par
l’are
B
F
qui
a
lé’
même
‘nombre
de
degrés;
car
les
deux
|
angles
BOF,
ZO
Aétant
Oppofés-au
fon
met,
font
égaux,
ainf
que
nous
Payons
fait.
Voir
dans
notre
Précis
des
Mathématiques
:
c’eft
ce
que
nous
appellerons
la
diffance
a
zénith,
Mais
cette
diffance
crant
connues
on
l'ôtera
du
quart
de
cercle
Z
A
R
;
OÙ
de
90
degrés,
&
il
reflera
la
hauteur
4
R
3
ASTRONOMYE
Paysiqux.
327.
&
cette
hauteur
fera
mefurée
par
l'arc
FG
.
du
quart
de
cercle.
Suppofons
que
la
difance
aù
zénith
défignée
par
l'arc
B
Fou
par
Z
À
fit
de
so
degrés,
Otant
50
degrés
de
99
deprés
,
il
reftera
49
degrés
pour
la
valeur
de
larc
FG
ou
de
l'arc
4
R:
&
la
hauteur.
de
l’affre
À
fera
de
40
degrés.
7:
Tandis
que
La
fphereentieretour-
ne
fur
fon
axè
P
R
(ft8.4),
chaque
pointde
l'équateur
E
Q
décrit
un
grand
cercle
de
Ia
fphere;
maïsles
points
qui
“font
plus
près
du
pole,
commele
point
À;
par
exemple,
décrivent
des
cer.
cles
plus
petits
quila
coupent
en
par-
tes
Inégales,
ls
ont
leur
centre
hors
de
celui
de
Ia
fphere,
fur
Paxe
PR
,
ls
font
paralleles
à
l'équateur,
&
on
les
nomme
fimplement
des
paralleles:
tel
ef
le
cercle
À
B
qnia
fon
centre
au
point
D
de
l'axe
PR,
&
qui
paroît
ovale
dans
a
figure,
parce
que
nous
fuppofons
qu’il
eft
vu
en
perfpedive.
*
de
côté.
Pendant
la
révolution
de
_
lafphere,
chaque
point
du
ciel
placé
hors
de
l'équateur,
décrit
un
paral-
lele
d'autant
plus
petit
que
ce
point
€f
plus
éloïgné
de
Péquateur:
tous.
les
paralleles
4
B
font
coupés
em
deux
parties
éoales
par
le
méridien
PAMR
B;
le
plan
de
ce
cercle
les
328
Asrrokomrre
PHysrour,
traverfe
par
le
centre,
&
les
partage
Par
conféquent
en
deux
parties
éga-
les,
Si
le
parallele
4
B
que
décrit
une
étoile
eft
tout
entier
au
deflus
de
Phorizon
H
O,
elle
paffera
deux
fois
le
jour
aw
méridien,
d’abord
en
A4
&
enfuite
12
heures
après
en
B:;
fa
plus
grande
élévation
4
def
de
l'horizon,
fera
dans
fon
PAR
fupé-
rieur
en
À,
&
fa
plus
petite
hauteur
dans
fon
pañlage
inférieur
en
B,
Mais
-
f
Le
parällele
de
l'étoile
fe
trouve
n'avoir
qu’une
petite
partie
au
deflus
de
lhorizon
,
comme
le
parallele
M
NL,
(
dont
on
na
repréfenté
ict
-que
Ja
moitié
},
Ja
partie
fupérieure
M
N
élevée
fur
l'horizon
,
fera
moins
confidérable
que
la
partie
invifible:
N
L
cachée
par
horizon,
&
on
ne:
verra
Pétoïle
que
pendant
la
plus
petite
partie
de
24
heures,
Deux
grands
cercles
de
la
fphere
ayant
le
même
centre
,
fe
coupent
à
ce
point,
&
leur
commune
fedion
eft
un
dia:
mette
CommMUR:
mais:
il
ef
de
{a
nature
du
diametre
de
couper
Île
cer-
cle
en
deux
parties
égales
;
ainfi
le
plan
de
chaque
grand
cercle
eñ
coupé
pat
l’autre
fuivantfon
diametre
même
&
en
parties
égales,
Pere
*
“eme
nrns
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
329
:
8.
Le
principe
que
nous
avons
déjà
établi,
fufñt
pour
trouver
la
hauteur
du
pole
par
Le
moyen
des
étoiles.
Prenons
une
étoile
fituée
prés
du
pole
nord.
P,
en
À,
par.
exemple,
(fs.
4
);
ft
cette
étoile
eft
à
2
degrés
du
pole
,
Îes
arcs
4
BP
&
P
B
feront
chacun
de
deux
de-
grés,
&
l'arc
entier
À
P
B
fera
de
4
degrés.
Ceft
pourquoi
l'étoile
étant
au
méridien
en
4,
dans
la
païtie
fupérieure
de
fon
parallele
,
aura
une
hauteur
H
4
au
deffus
de
l'horizon
;
plus
grande
de
4
degrés
que
la
hau-
teur
B
H
de
cette
même
étoile,
lorf
que
12
heures
âprès
elle
fera
au
deflous
du
pole;
&
Ia
différence
B
4
de
ces
deux
hauteurs
fera
de
4
de-
grés.
Suppofons
maintenant
qu’on
ait
obfervé
Ia
hauteur
de
l'étoile
en
À,
&
fa
hauteur
en
B;
ïl
faudra
Pour
ayoïr
la
hauteur
du
pole
P,
divifer
en
deux
parties
égales
la
dif-
_férence
B
4
des
deux
hauteurs.
On
ajoutera
Ja
moitié
P
B
de
cette
dif
férence
avec
la
petite
hauteur
H
R
de
Pétoile
;
La
fomme
donnera
Ia
fauteur
H
P
du
pole.
Si
une
étoile
Oblérvée
à
Paris,
a
d’abord
47
degrés
se
hauteur,
&
12
heures
après
S}
de-
330
AsTroNomtE
PHysiQuE,
grés
,
on
prendra
2
degrés
,
moîtié
de
Ia
différence
45
ce
fera
la
dif.
tance
de
létoïle
au
pole
;
ces
2
des
grés
ajoutés
à
la
plus
petite
hauteur,
(47
degrés),
de
Pétoile,
donneront
la
hauteur
du
pole,
qui
fera
pat
corféquent
de
49
degrés.
On
trou-
vera
le
même
réfuitat
en
prenant
la
moitié
de
la
fomme
des
deux
hau-.
@urs
47
&
çr
degrés;
car
cette
moitié
vaut.
49
degrés
;
c’eft
ainf
que.
les
étoiles
voifines
du
pole
fer:
Vent
à
trouver
fa
hauteur,
La
hau+
teur
du
pole
étant
connue
»
celle
de
léquateur,
fera
facile
à
trouver.
Soit
Q,
Péquatus,
a
hautetr
au
def:
fus
-de
l'horizon
H
O',
eft
mefurée
par
Parc
O
E
du
méridien,
qui
pañle
nécellirement
par
Je
zénith
Z,
Tous
les
points
de
l'équateur
étant
égale-
ment
diflans
des
deux
poles
P,R,
le.
point
Æ
doit
Partager
en
deux
par-
ties
égales
Le
demi
-
cercle
P
E
R;
ainf
larc
P
E
eft
un
Quart
de
cercle,
&
vaut
par
conféquent
-00
degrés,
D'autre
côté
»
Phorizon
H
O
,;
qui.
eft
un
grand
cercle
de
la
fphere,
coupant
le
méridien
,
qui
eft
aufñf
UN
autre
grand
cercle
de
Ia
fphere,
en
parties
égales
;
fi
du
demi-cercle
ou
M
1
+
ASTRONOMIE.
PHYSIQUE.
337
du
demi-méridien
H
P
O,
l’on
retran-
che
Parc
E
P
quieft
un
quart
de
ce
cle,
Hreflera.deux
arcs
H
P,
EO
qui
pris
enfemble
,
vaudrontun
quart
de
cercle
ou
90
degrés;
c’eft
pourquoi
ide
90
degrés,
l'on
retranche
la
hauteur
H
P
du
pole,
ïl
reflera
Ia
auteur
Ë
©
de
lPéquateur
;
mais
f
_lepole
P
eft
fuppofé
celui
du
nord,
&
que
lobfervateur
{oit
placé
en-
deça
de
l'équateur
4e
point
©
de
lhorizon
fera.
fitué
du
côté
du
midi.
Les
Aflronomes
difent
que
la
hauteur
du
pole
H
P,
ef
le
complément
de
la:
hauteur
E
O
de
l'équateur;
cefl-à-
dire,
que
la
hauteur
du
pole
eft
ce
qi
manque
à
celle
de
l'équateur
.
pour
valoir
90
degrés(r}:le
zénith
Z
étant
toujours
élorgné
de
lhorizon
de
90
degrés,
les
arcs
Z
O,
Z
H
feront
chacun
un
quart
de
cercle:;
Ceft
pourquoi
fa
hauteur
H
P
du
pole,
eft
le
complément
de
la
dif
tance
P
Z
du
pole
au
zénith;
carces
(1)
I
ef
bon
de
fe
rappeller
que-
nous
avons
dit
dans
notre
Précis
de
Mathémati-
ques
&
ailleurs,
que
le
comp'ement
d'un
arc
ef
ce
qui
lui
manque
pour
loir
90
degrés,
&
que
le
füpplément
ef
ce
Qui
lui
manque
:
Rour
valoir
un
demi-
cercle
ou.180
degnés.
238
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
pendiculaires
à
l'équateur,
&
pañfent:
tous
par
les
poles
de
la
terre
qui
font
auffr
les
poles
de
Péquateur
terreftre,
Tous
les
lieux
qui
font
fitués
fur
un
même
méridien,
ont
la
mème
longi-
tude,
dont
les
deorés
fe
comptent
fur
léquateur,
en
allant
d’occident
en
orient,
depuis
le
premier
méri-
dien
jufqu’à
celui
du
lieu
dont
il
s’a-
git;
de
maniere
que
fi
Parc
de
léqua-
teur
compris
entre
le
premier
méri-
dien
&
celui
d’une
Ville
donnée,
eftde
20
degrés,
la
longitude
de
cette
ville
fera
de
20
degrés.
Le
premier
me
ridien
d’où
lon
part
pour
compter
les
Iongitudes
,
effune
chofe
arbitraire
&
de
pure
convention.
La
Béclaration
du
25
Avril
1634
la
fixe
pour
Î6s
Géographes
François,
à
l’extrémité
de
lifle
de
Fer,
Ia
plus
occidentale.
des
iles
Canaries,
Le
Bourg
princr
pal
de
cette
ifleeft
à
19
degrés
$3
minutés
4ç
fecondes
à
loccidentde
Paris;
mais
M.de
l'Ifle,
fameux
Géo
graphe
,
ayant
fuppofé
pour
plus
de
facilité
&
en
nombres
ronds,
que
Paris
étoit
à
20
degrés
de
longitude
les
Géographes
de
France
ont
fui
fon
exemple;
:c’eft
pourquoi
dansk
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
339
plupart
de
nos
Cartes,
on
établit
le
premier
méridien
à
20
degrés
du
méridien
de
Paris,
du
côté
de
Poc-
cident;
&
lon
continue
de
compter
les
Ilongitudes
terreftrés
vers
lorient
jufqu'à
360.
degrés,
en
faïfant
tout:
le
tour
de
la
terre;
néanmoins
les
Aftronomes
François
lont..unñe
autre
maniere
de
compter
les
longitudes
:
‘is
prennent,
non
pas
en
degrés,
mais
en
temps,
Ja
différence
des
méri-
diens
où
la
différence
des
longitudes
entre
Paris
&
les
autres
lieux;
1ÿ
degrés
de
longitude
font
une
heure,
parce
que
le
foleil
faifant
en
appa-
rence
le
tour
de
la
terre
en
24
heu-
res,
parcourt
en
une
heure
la
-
par-
tie
de
fon
cercle
ou
15
degrés;
un
depré
fait
4
minutes
de
temps.
Un
obfervateur
qui
s’avanceroit
à
1
degrés
de
Paris
du
côté
de
lorient,
compteroit
une
heure
de
plus
qu'à
Paris
;
&
comme
Vienne
en
Autri--
che
eft
à
environ
15
degrés
à
lorient
de
Paris,
le
foleïl
arrive
au
méridien
de
Vienne
une
heure:
plutôt
qu’à
ce-
lutde
Paris,
de
maniere
qu'oncompte
midi
à
Vienne
lorfqu'il
n'éft
encore
qu'onze
heures
du
matin
à
Paris
5
P
2
:
.
B40
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
&
il
eft
midi
une
heure
plutôt
à
Vienne
qu'à
Paris.
C’eft
pourquoi
un
obfervateur
qui
avance
de
1$
degrés
vers
lorient,
va
au
devant
du
foleil,
&
Ie
voit
une
heure
plus
tôt.
En
continuant
d'avancer
am
vers
lorient
de
15
en
15
degrés,
il
gagneroitune
heure
à
chaque
fois;
&
s’il
faifoit
le
tour
entier
du
globe,
il
auroït
gagné
24
heures
en
arrivant,
à
Paris,
de
maniere
qu'il
compteroit
un
jour
dé
plus-que
les
Parifiens;
il
feroit
au
Jeudi,
tandis
que
les
Par
fiens
feroïent
encore
au.
Mercredi
Un
autrè
obfervateur
qui
s'avance:
roit
de
15
degrés
du
côté
de
locci:
dent
,compteroit
une
heure
de
moins
qu'à
Paris;
de
maniere
qu'il
compte:
roit
r1
heures,
lorfque
les
Parifiens
comptent
midi;
àinft
le
foleïl
fe
le-
veroïit
une
heure
plus
tard
pour
Jui
que
pour
Paris,
En
continuant
de:
vancer
ainfr
vers
l’oueft
de
15
ent
degrés
,
il
perdroit
une
heure
à
cha
que
fois;
&
revenant
à
Paris
apré
avoir
fait
le
tour
du
monde,
11
n€
compteroit
que
Jeudi
lorfque
6
Parifiens
feroïent
au
Vendredi.
On
xemarque
cette
fingularité
dans
le
ASTRONOWrE
PHYSIQUE.
354$
maniere
de
compter,
toutes
les
fois
qu'on
voit
arriver
un-vaifleau
qui
a
fait
le
tour
du
monde,
Les
habitans
des
ifles
de
Ja
mer
du
fud
;
qui-font
éloignés
d’un
demi-cercle
ou
de
12
eures
de
notre
méridien
>;
VOoient
les
voyageurs
qui
viennent
des
Indes
&
ceux
qui
leur.
viennent
de
PAmé-
tique,
compter
différemment
les
Jours
.de;la
femaine:
car
fuppofant
qu'il
el
Mardi
à
midi
pour
Paris,
ceux
qui
lont
dans
les
Indes,
difent
Qu'il
ya
{x
heures
que
Mardi
eft
commencé
:
&
ceux
qui
font
en
Amérique
difent
qu'il
s’en
faut
au
contraire
de
plufieurs
heures,
Dampierre
étant
allé
à
Min
danao
par
l'ouelt
»
troüva
qu'on
ÿ
COMmptoit
un
jour
de
plus
que
lui,
Les
Portugais
établis
à
Macao,
ville
Maritime
de
la
Chine,
comptent
un
jour
de
plus
que
Îles
Efpagnols
ne
Comptent
aux
Philippines
.
:
quoi
qu'ils
foient
peu
éloïgnés
les
uns
des
autres
:
les
premiers
font
au
Lundi,
tandis
que
les
feconds
ne
comptent
que
le
Dimanche;
cela
vient
de
ce
que
les
Portugais
de
Macao
y
font
allés
par
lorient
»
&
que
les
Efpa-
&nols
font
allés
aux
Philippines
par
:
FF.
+
342
ASTRONOMIE
PHysrour:
Poccident
,
en
partant
de
PArméri-
que
&
traverfant
la
mer
du
Sud.
On
peut
fe
fervir
des
éclipfes
de
Tune
pour
trouver
Ia
longitude
d’un
lieu.
Suppofons,
par
exemple,
qu'il
foit
onze
heures
précifes
du
foir
à
Vienne
en
Autriche,
lorfqu’on
ÿ-Ob-
ferve
le
commencement
d’une
écliple
de
Tune,
&
qu’on
remarque
Île
même
commencement
à
Paris
à
dix
heures
précifes,
nous
ferons
afürés
qu'il
y
a
une
heure
de
temps
de
différence
entré
la
capitale
de
l'Autriche
&
celle
de
la
France,
&
qu’on
compte
une
heure
de
plus
dans
cette
premiere
Ville
;
d'où
nous
concluerons
que
Vienne
eft
à
15
deorés
à
l’orient
de
Paris
;
de
maniere
que
fa
longitude
€ft
plus
grande
de
15
degrés
que
celle
de
Paris.
Si
on
obfervoit
le
commencement
de
Ja
même
écliple
à
neuf
héures
du
foir
dans
un
lieu
plus
occidental
que
Vienne
en
Au
triche,
on
pourroit
aflurer:
que
le
méridien
de
ce
lieu
ef
cloïgné
de
30
degrés
de
celui
de
Vienne,
dont
la
Tongitude
feroit
plus
grande
de
30
degrés
que
celle
de
ce
lieu,
|
“
ASTRONOMIE
PHvsique,
34%
12.
Le
mouvement
diurne
com-
mun
à
tous
les
aftres
,
par
lequel
ïls
paroïflent
aHer
d’orient
en
occident’,
n'ell
pas
le
feul
qu’on
ait
obfervé
dans
les
planetes.
Tous
lès
mois
fa
lune
change
de
figure,
&
fait
Le
tour
du
ciel
dans
un
fens
contraire
à
celuÿ
du
mouvement
général
;
de
maniere
.
qu'elle
à
un
mouvement
propre
&
réel
d’occident
en
orient
,
par
lequel
elle
faitune
révolution
entiere
autour
de
la
terre
dans
Pefpace
de
27
jours
&
quelques
heures,
en
avançant
tous
les
Jours
vers
lorient
d'environ
13
degrés.
La
June
paroît
tantôt
ronde
Où
pleine,
quelques
jours
après
elle
reflemble
à
un
demi-cercle
,
&
cette
“Pparence
ou
phafe
eft
appellée
je
dernier
quartier
de
La
lune
;
quelques
JOUS
aprés
continuant
de
fe
rappro-
.
‘cher
du
foleil,
elle
paroît
le
matin
à
lorient
avant
le
lever
du
foleit,
les
cornes
vers
le
haut
oppolées
à
cet
aftre
;
bientôt
après
elle
diminue
tellement
à
nos
yeux
,
que
fe
per-
dant
dans
Les
rayons
du
foleïl,
elle
difparoît
totalement
pendant
3
ou
4
Jours,
&
Pon
dit
alors
qu’elle
eft
nouvelle,
Ee
reparoît
enfuite
le
for
4
B44
AsTRONOMrE
PHysiQuE.
vers
l'occident
après
le
coucher
du
foleil,
fous
la
forme
d'un
croiffant
«ont
les
pointes
font
toujours
vers
le
haut
ou
oppoltes
au
foleil
;
maïs
en
continuant
d'avancer
vers
l’orient
par
fon
mouvement
propre,
elle
aug
mente
de
grandeur,
&
acquiert
h
forme
d’un
demi
-
cercle
lorfqu’elle
ell
en
quadrature
avec
le
foleil,
dont
elle
eft
alors
éloïgnée
de
90
degrés
;
l'arc
de
cercle
qui
mefure
l'angle
for-
mé
par
deux
lignes
tirées
de
l'œil
de
Pobfervateur
au
centre
du
foleil
&
à
celui
de
fa
June,
étant
dans
ce
cas
de
90
degrés
;
c’eft
ce
qu’on
appelle
le
premier
quartier.
Enfin
7
à
8
jours
après
;
elle
reparoît
pleine,
ronde
&
lumineufé,
commeelle
étoit
un
mois
auparavant
,
elle
pale
au
meri-
dien
à
minuit,
&
lon
voit
qu’elle
eft
oppofée
au
foleil,
qui
fe
trouve
alors
dans
Ia
partie
inférieure
du
même
méridien.
Nous
rendrons
raifon
dans
Ta
fuite
de
toutes
ces
apparences
dif-
férentes
de
Ia
lune.
13.
Quoique
le
foleil
par:
fon
mouvement
journalier
,
{
qui
nel
qu'apparent,
comme
nous
le
verrons
dans
{a
fuite
},
fafle
une
révolution
ren
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
34$
d’orient
en
occident
,
il
paroît
encore
:
avoir
un
mouvement
d’occident
en
orient,
par
lequel
il
fe
rapproche
de
Jour
en
jour
des
étoiles
qui
font
plus
Orentales
que
lui
:
ce
mouyement
eft
d'environ
1
degré
chaque,
jour;
&
:
au
bout
d’environ
365
joursonrevoit
létoïle
vers.
occident,
à
la
même
heure
&
au
même
endroit
où
elle
paroïlloit
l'année
précédente
à
pareil
jour;
enforte
que
le
foleil
eft
revenu
fe
placer
au
même
point
par
rapport
à
l'étoile,
après
avoir
fait
une
révo-
lution
entiere
:
c’eft
ce
qu’on
appelle
lemouvement
annuel
(x
}.
Par
ce
mou-
Vément
apparent
,
le
foleïl
décrit
un
-
orbite
qu’on
appelle
écliptique,
parce
que
la
lune
eft
toujours
dans
le
plan
de
cet
orbite
ou
à
trés-peu
près,
lorf
qu'il
y
a
éclipfe
de
foleil
ou
de
June,
On
peut
remarquer
que
lorfque
le
oleileflarrivé
en
été
au
point
le
plus
oo
.
(1)
Ces
deux
mouvemens
font
très-bien
Exprimés
dans
ces
quatre
vers
d'Ovide
:
_Adde
quod
afidué
rapitur
vertigine
cælum
,
.
Sideraque
altatrahit,
celerique
volumine
torquer
:
Nitor
in
adverfüim
;
nec
me
(qui
cætera)
vincir
mpetus
;
&*
rapido
contrarius
evehor
orbi.
S
Metam,
13
PS
346
ASTRONOMIE
PHYSIQUE:
.
près
du
pole
feptentrionai,
fa
hauteur
méridienne
eft
plus
grande
que
celle
de
Péquateur
d'environ
23
:
degrés,
&
qu'elle
eft
plus
petite
de
[a
même
quantité
que
celle
de
ce
cercle,
lorf
qu'en
hiver
cet
aftre
fe
trouve
le
plus
éloïgné
qu'ileft
poflible
de
Péquateur,
Nous
pouvons
ici
confidérer
Péclipti
que,
comme
un
cerele
qui
coupe
lé-
quateur
en
deux
points,
qu’on
appellé
les
points
équinoxiaux
,
&
qui
fait
avec
ce
cercle
un
angle
d'environ
23
:
de-
grés
;
mais
cet
angle
n’eft
pas,
dit-on,
invariable
;
&
il
diminué
d’environ
une
minute
tous
les
cent
ans.
Maïs
les
Mathématiciens
font
voir
que
cette
diminutron
,
(frelle
a
lieu,
}
ne
peut
jamais
devenir
bien
confidérable,
&
que
cet
angle
,
après
avoir
un
peu
diminué
“augmentera
de
nouveau.
Lorfque
le
foleil
décrit
l'équatetr,
left
12
heures
au
deffus
de
horizon,
&
12
heures
au
deflous
,
c’eft-à-drre
que
le
jour
ef
alors
égal
à
Ja
nuit:
les
deux
jours
auxquels
cela
arrivé
NES
font
appellés
les
jours
des
équinoxes.
L’équinoxe
du
printemps
arrive
le
20
de
Mars,
&
celui
d'automne
le
23
de
Septembre,
Les
points
de
RTE
tre
one“
<=
RES
TI
TIRÉS
RE
RRTEe
EL
rsA
er
es
RAT
CRE
er
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
347
Pécliptique
fitués
entre
les
équinIoxes,
&
dans
lefquels
fe
trouve
le
foleil
Jorfqu’il
eft
le
plus
éloïgné
de
Péqua-
teur,
ont
été
appellés
fol/fices,
comme
qui
diroit
ffarion
du
foleil
;
parce
que
cet
aftre
étant
arrivé
à
ce
plus
grand
éloignement,
femble
être
quelques
jours
à
[a
même
diflance
de
Péqua-
teur,
fans
s’en
éloigner,
nt
fans
s’en
rapprocher
fenfiblement.
Le
folffice
d'été
artive
le
21
de
Jum
;
&
lé
Jolffice
dhiver
le
21
Décembre.
Le
jour
du
folflice
d'été
Je
foleil
décrit
par
fon
mouvement
diurne
le
paral:
léle
Le
plus
élorgné
de
Péquateur
du
côté
du
pole
nord
qu’il
puifle
décrires
Ce
parallele
eft
appellé
le
tropique
du
Cancer,
parce
que
ce
jour-là
le
foleit
entre
dans
fa
conflellation
qw’on
ap=
Pelle
le
ffgne
du
Cancer
ou
de
l'Ecre=
vife
(1).
Le
jour
du
foifice
-d’hiver
(1)
Une
Confellation
eft
un
amas
d’é-
toiles
plus
ou
moins
confidérable.
Pour
repréfenter
les
confellations
,
on
2
peint
des
figures
dans
lefquelles.
ces
étoiles
fetrouvent
renfermées
;
ainf
,
les
étoiles
de
la
conftel-
lation
Gu'on
nomme
la
grande
ourfe,
font
rénférmées
dans
une
figure
qui
repréfente
Cét
animal.
Les
Aflronomes
conçoivent,
une
bande
circulaire
qui
entoure
la
fphere
célefte,
P
6
LA
354
ASTRONOMIE
PHystour,
de:
Péquateur,
de
même
les
cercles
de
latitude
;
quand
il
s’agit
des
af
tres,
font
des
cercles
qui
paflent
tous
par
les
poles
de
Péclintique,
Ils
fer-
vent
aufli
à
connoître
la
longitude
d’un
affre;
car
cette
longitude
et
Parc
de
lécliptique
compris
entre
léquinoxe
du
Printemps
,
&
le
point
de
Pécliptique
auquel
répond
le
cér-
cle
de
latitude
fur
lequel
fe
trouve
l'aftre.
L’afcenfion
droire
d’un
aftre
eft
l'arc
de
Péauateur
Compris
entre
le
premier
point
du
figne
du
belier
&
le
méridien
où
fe
trouve
Pañtre
;
&
lon
appelle
déclinaifon
d’un
aflre
la
diflance
de
cet
aflre
à
Péquateur,
c'eft-à-dire,
l'arc
du
méridien
com-
pris
entre
cet
aftre
&
Péquateur.
Ceux
de
nos
fedeurs
qui
auront
entre
Îles
mains
cette
machine
in-
génieufe,
qu'on
appelle
/phere,
où
plutôt
/phere
armillaire
parce
qu'elle
eft
compofte
de
plufieurs
cercles
évuidés
énforme
d’atmilles,
cel
a-dire
,
d'anneaux
où
de
colliers
,N'atr
TORt
pas
de
peine
à
fe
former
une
idée
claire
des
grands
&
des
petits
cercles
de
Ia
fphere.
L’horizon
ef
réptéfenté
par
le
cercle
HO
L(
fig
|
ASTRONOMIE
PHYSIQUE,
325$
_
$),
pofé
fur
des
foutiens
qui
font
attachés
au
pied
de
la
fhere.
Le
‘méridien
eft
le
cercle
R
47
P
N,
éle;
VÉ
verticalement,
&
retenu
dans
une
entaïile
faite
au
pied
de
Pinitrument,
&
dans
deux
autres
entailles
faites
far
Vhorizon
au
nord
&
au
midi.
Les
cercles
mobiles
forment
un
affem-
blage
ou
efpece
de
charpente
qui
tourne
fur
Ja
Egre
R°P
:
cette
_
digne
repréfente
Pare
du
monde.
On
ÿ
voit
l'équateur,
le
zodiaque
;
Véclip-
tique,
&
les
deux
colures,
qui
font
des
méridiens
,
dont
lun
pafle
‘par
les
points
folfficiaux
;
on
le
nomme
le
colure
des
folflices
;
Vautre
pafñfe
pat
TS
points
équinoxiaux
,;
%
prend
le
n0m
de
colure
des
équinoxes.
Ony
Fémarque
les
deux
tropiques
&
les
deux
cercles
polaires
»
QUE
font
éloi-
gnés
des
poles
de
23
;
degrés,
un
ef
fitué
du
côté
du
pole
auftral
:
on
le
nomme
cercle
polaire
aufiral
:
mais
le
cercle
polaire
feptenirional
;
€
fitué
du
côté
du
pole
nord.
L’in-
Yention
de
Ia
fphere
armillaire
eft
très
ancienne
:
on:
Pattribue
à
Atlas,
qe
l’on
croit
avoir
vécu
1600
ans
avant
Jefus-Chrift,
à
Hercule
&
à
356
AsTRoNOMIE
PHYSIQUE.
Mufeus
;
mais
il
eft
plus
naturel
de
penfer
quelle
vient
de
Babylone
où
d'Egypte,
La
fphere
d’Archimes
de,
fi
fimeufe
dans
l'antiquité,
étoit
.
un
planetaite
où
une
machine
pros
Pre
à
repréfenter
auf
le
mouvemeit
des
pfanetes
dans
un
globe
de
verre,
Avant
de
parler
des
pofitions
de
la
fphere,
nous
croyons
devoir
diré
quelque
chofe
de
a
lumiere
crépuf
culaire,
&
de
la
réfraction
des-rayons
à
travers
athmofhhere,
La
réfrädion
fait
que
les
rayons
du
{oléil
fe
plient
en
traverfant
Pair,
de
maniere
àat
river
vers
nous
plutôt
qu'ils
n’y
fe
Toïent
venus
par
Ja.
ligne.
droite
;
«
cette
réfradion
ef
telle
que
quand
le
bord
fupérieur
du
foleil
ef
vai.
tablement
à
l'horizon,
enforte
qu'il
ne
faffe
que
paroître
,
le
difque
‘en:
tier
étant
encore
fous
l'horizon,
la
réfradion
léleve
aflez
,
pour
qui
paroïlle
tout
entier
au
deflus,
cell:
à-dire,
qu’alors
fon
bord
inférieur
paroit
toucher
Phorizon,
&
l'effet
de
Ia
réfradion
égale
à
peu
près
ha
grandeur
même
du
diametre
folaire,
ÏI
faut
4
à
ÿ
minutes
dans
nos
ci-
Mats,
pour
que
le
foleil
s’éleye
ds
TARA
7
ARE
FLEX
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
357
a
quantité
d’un
demi-degré
,
enfor-
te
que
la
durée
du
jour
artificiel,
y
eft
augmentée
de
plus
d’un
demi-
quart
d'heure,
par
cet
effet
de
la
ré-
fradion
;
elle
devient
beaucoup
plus.
confidérable
en
avançant
vers
les
zones
glaciales
;
&
fous
le
pole
mé-
me
on
a,
par
le
feul
effet
de
la
ré-
fration
,
environ
67
heures
de
jour,
plus
qu’on
n’auroit
fans
elle
(1).
La
(1)
Les
aftres
paroiffent
fe
lever
plutôt
&
fe
coucher
plus
tard
qu’ils
ne
le
devroient
sil,
ny
avoit
point
de
réfra@ion,
Les
réfrac=
tions
font
inconflantes
,
&
fujettes
à
toutes
les
variations
de
l’athmofphere
:
elles
font
plus
grandes
quand
l’air
eft
plus
humide,
plus
denfe,
plus
ftoid;
&
fi
l’on
en
excepte
le
Voifinage
de
l'horizon
ou
des
vapeurs,
&
d'autres
caufès
accidentelles
&
locales,
don-
nent
aux
rayons
qui
ont
une
dire@ion
pref-
que
horizontale,
des
inflexions
irrégulieres
;
Ja
réfraêtion
augmente
d’un
vingt-feptieme
de
fa
quantité
moyenne,
lorfque
le
mer-
cure
fe
leve
d’un
pouce
dans
le
barometre,
Qu
que
la
liqueur
defcend
de
10
degrés
dans
un
thermometre
gradué
felon
les
principes
de
M.
Réaumur.
La
réfra@ion
fait
paroitre
le
foleil
ovale
à
fon
lever
&
à
fon
coucher;
çar
étant
plus
grande
au
bord
inférieur
qu’au
bord
fupérieur,
elle
fait
paroître
ces
deux
bords
plus
rapprochés,
&
par
conféquent
elle
fait
paroître
Le
diamerre
vertical
plus
petit
358
ASTRONOMIE
PHYSrQUE:
lumiere
crépufculaire
augmente
en-
core
Îa
durée
du
jour
:
cette
lumiere
douce
&
tranquille
de
l'aurore
qui
EN
=
e
ù
1
augmente
peu
à
peu
le
matin
ayant
le
ever
du
foleil
,
&
qui
diminue
le
foir
dès
que
cet
aftre
eft
couché,
eft
produite
par
[a
difperfion
des
rayons
dans
la
mañle
de
l'air
qui
les
réfi-
chit
de
toutes
parts,
Le
crépufoule
dure
toute
la
nuit
au
mois
de
Juin
à
Paris,
&
dans
les
Pays
qui
ont
plus
de
48
degrés
30
minutes
de
latitude;
que
lhorizontal
;
la
même
chofe
a
lieu
pour
la
lune.
Les
réfra@ions
font
d’aurant
plus
_
petites
que
laftre
ef
plus
près
du
zénith;
car
au
zénith
elle
eff
nulle,
parce
que
les
rayons
fumineux
entrent
alors
perpendicu-
fairement
dans
Pathmofphere.
Les
Aflrono-
mes
ont
remarqué
qu’à
compter
depuis
20
degrés
au
deflus
de
l'horizon
,
les
réfraétions
font
entr’elles
comme
les
tangentes
des
dif
tances
au
zénith.
La
réfradion
horizontale
*
ef
en
Europe,
&
méme
en
Laponie
de
22
minutes
&
demie
;
elle
n’eft,
felon
les
ob=
fervations
de
M.
Bouguer,
que
de
27
mi-
nutes
au
Pérou.
La
réfradion
fair
paroître
Tes
objets
terreftres
plus
élevés
qu’ils
ne
le
font.
Ea
lumiere
du
foleil
en
entrant
dans
Vathmofphere
,
fe
difperfe
;
‘&
lorfque
cet
afîre
€ft
à
l'horizon,
fà
lumiere
ef
envi-
Ton
quinze
ou
feize
cens
fois
moindre
que
Jor(qu’il
eft
au
zénith,
reparer
pnnr
oo
ASTRONOMIE
PHYSIQUE,
359
la
durée
du
crépufcule
au
pole
eft
de
7
femaines
;
mais
nous
ferons
abflra@ion
de
ces
caufes
,
en
parlant
des
circonflances
du
jour
artificiel
dans
les
différentes
poñtions
de
1a/
fphere
(1).
Au
refte,
nous
entendons
(1)
On
a
remarqué
que
Ja
lumiére
cré-
pufculaire
commence
le
matin
lorfque
le
foleil
na
plus
qu'environ
18
degrés
à
mon-
ter
pour
parvenir
à
l'horizon,
&
quelle
cefle
le
{oir
lorfqu’il
eff
parvenu
à
18
degrés
au
deffous;
ainf,
il
meft
pas
nuit
clofe
pour
un
lieu
de
la
terre,
lorfque
le-foleil
à
minuit
efé
Moins
de
18
deprés
au
deffous
de
l'horizon.
Cette
umiere
fait
qu’on
n'apperçoit
ordinairement
PUS
»
que
quand
le
foleil
eff
à
$
degrés
au
deffous
de
l'horizon
;
quelquefois
cepen-
ft,
on
voit
cette
planete
en
plein
jour.
nne
voit
Mercure
&
Jupiter
que
quand
le
foleil
eff
à
10
dégrés
au
deflous
de
l’ho-
z0n;
&
l'on
ne
difingue
Mars,
Saturne,
&
les
étoiles
les
plus
brillantes,
que
quand
cet
aflre
eft
à
environ
11
ou
12
degrés
au
deffous
du
plan
de
l'horizon;
cependant
Sirius,
l'étoile
la
plus
belle
du
frmament,
fe
voir
_€n
plein
jour
dans
les
pays
méridionauxe
À
Pépard
des
étoiles
les
moins
Jumineufes,
on
ne
Îles
apperçoit
à
la
vue
fimple,
que
and
le
crépufculeeft
fini
;
mais
il
eft
aifé
de
C0mprendre
que
fa
durée
dépend
beaucoup
€
la
pureté
de
Pair,
qui
n’eft
pas
la
même
en
différens
temps,
&
en
différens
lieux
de
fa
terre,
360
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
pa
jour
artificiel
la
durée
du
temps
qui
s’écoule
depuis
que
le
centre
du
oleil
fe
trouve
fur
le
bord
oriental
de
lhorizon,
jufqu’à
ce
qu’il
foit
at
rivé
dans
la
partie
occidentale
du
plan
du
même
cercle.
16,
La
fphere
peut
être
droire.
oblique
ou
parallele,
{elon
que
lé
quateur
eft
perpendiculaire
à
Phort
zon,
qu'illui
eft
oblique
ou
paralle-
le,
Aïnfr
ceux
dont
l’horizon
el
coupé
perpendiculairement
par
lé
quateur,
ont
la
fphere
droite
:
tels
font.
Les
habitans
de
Quito
dans
PAmérique
méridionale
;
[à
les
deux
poles
font
toujours
dans
lhorizon
HO
(|
fig.
6)
tous
les
cercles
P
À
paralleles
à
l'é
quateur
Ë
F7,
|
cercles
dont
on.n
repréfenté
fci
que
le
diametre
},
font
coupés
par
l'horizon
en
deux
parties
égales,
que
le
foleil
parcourt
cha
cune
en
12
heures.
C’eft
pourquoi
les
jours
font
égaux
aux
nuits
pen:
dant
toute
l’année.
Le
foleil
pale
deux
fois
Pannée
par
le
zénith,
favoir,
le
20
Mars,
&
le
23
Septembre,
Jours
auxquels
il
décrit
lPéquateur
;
car
lPéquateur
pañle
toujours
par
Îe
zénith
des
peuples
qui
habitent
|
À
ASTRONOMIE
PHYSIQUE,
36x:
la
ligne;
ils
ont
comme
deux
étés
&
deux
printemps
;
car
on
ne
doit
Pas
parler
d'hiver
dans
des
pays
où
le
foleïl
lance
fes
rayons
prefque
toujours
perpendiculairement
ou
a
trés-peu
près.
On
remarque
néan-
moins
que
la
chaleur
qui
eft
extrême
fur
les
rivages
de
Ia
mer
&
dans
les
fonds
;
fe
change
en
une
température
agréable
Iorfqu'on
stleve
à
Ia
hau-
teur
de
1200
où
rs00
toifes
au
deffus
du
niveau
de
océan,
tandis
que
fur
les
montagnes
fort
élevées
on
éprouve,
à
la
hauteur
de
2500
toifes
où
au-delà,
nn
froid
Infuppor-
table,
accompagné
d’une
neige
pet-
pétuelle,
:
Dans
Ia
fphere
droite
ombre
dif.
Paroit
totalement
à
Theure
de
midi
dans
les
deux
jours
des
équinoxes
5
Parce
que
le
foleïl
eft
alors
au
zénith,
On
a
le
foleil
du
coté
du
midi,
&lom-
bre
du
côté
du
nord,
depuis
le
23.
Septembre
jufqu'au
20
Mars
:
mais
On
a
Îe
foleil
du
côté
du
nord,
&
ombre
du
côté
du
midi
pendant
les
fix
autres
mois
de
l’année.
On
y
voit
I
foleil
&
tous
les
aftres
s'élever
Pérpendiculairement
au
deflus
de
Tome
II,
Q
362
ASTRONOMIE
PHVSrQUE.
|
Phorizon
:
toutes
les
étoiles
mom
tent
au
deflus
de
ce
cercle
dans
l'e£
pace
de
24
heures,
puifqw'en
ft
fant
leur
révolution,
elles
font
12
heures
{ur
horizon,
&
12
heures
au
deflous,
17.
Les
peuples
qui
habitent
les
pays
fitués
entre
l'équateur
&
les
por
les,
ont
Ia
/phere
oblique.
;
parce
que,
:
Féquateur
coupe
Ieur
horizon
ob
quement,
&
fous
un
angle
qui
n’el
pas
droit.
Les
paralleles
à
l'équateur
dont
coupés
en
parties
inégales
par
Phorizon
;
Je
jour
neft
égal
à
Ia
nuit
que
le
20
Mars
&
le
23
Septembre,
jours
des
équinoxess
parce
que
le
foleil
décrit
alors
l'équateur,
qui
el
toujours
conpé
en
parties
égales
par
Vhorizon:
dans
Les
pays
feptentrio:
naux,
on
a
les
plus
Jongs
jours
pe
dant
que
le
foleil
paroît
dans
les
fix
premiers
fignes,
le
belier,
le
tau-
reau,
les
gémeaux,
Pécrevife,
Ie
lion
&
la
vierge;
car
alors
à
dés
clinaifon
eft
boréale,
&
il
décrit
des
paralleles
comme
4
2
(fie
0e
qui
ont
leur
plus
grande
portion
“A
D'au
déflus
de
l'horizon
;
mas
1
eft
évident
qu'il
ef
jour
pendait
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
363
_
que
le-foleil
décrit
cette
portion;
&
_&
qu'il
eff
nuit
pendant
tout
le
temps
que
le
foleïl
emploie
à
décrire
{a
portion
inférieure
B
D
de
{on
cer-
cle
diurne
,
fituée
au
deflus
de
Pho-
rizon,
Mais
dans
les
pays
méridio-
naux,
fitués
au-delà
de
l'équateur
,
les
plus
longs
jours
arrivent
quand
le
foleil
eft
dans
Les
fix
derniers
f-
gnes
,
qui
font
Les
fignes
méridio-
naux
,
parce
que
les.
paralieles:
que
.
décrit
alors
cet
aftre
,
ont
leur
plus
grande
portion
fituée
au
deffis
de
l'horizon,
En
effet
,
l'axe
du
monde
PR
(fi.
8},
pañle
pär
le
centre
detous
les
paralleles,
&
fa
Partie
mé
ridionale
C
R
eft
élevée
au
deflüs
de
Phorizon
OH,
dans
les
pays
méri-
dionaux
;
de
maniere
que
Îles
paral-
_Idles'que
le
foleil
décrit
»
Quand
il
ell
au-delà
de
Péquateur,
ayant
leur
cêntre
au
deflus
de
horizon,
ont
leurs
arcs
divrnes
plus
grands
que
leurs
arcs
noëurnes.
Ainf
les
jours
y
font
plus
longs
que
les
nuits,
quand
le
foleil
eft
dans
les
fignes:méridio=
Taux,
Mais
quand
le
foleïl
décrit
quelque
parallele
4
R
,
fituc
en-deçà
de
l'équateur
du
côté
du
polenordP,
Q
2
370
ASTRONOMIE
Pavsreur.
tayons
s’éloïgnent
de
la
verticale
où
de
la
ligne
de
notre
zénith,
&
plus
_1a
chaleur
diminue.
H_eft
cependant
Bon
de
remarquer
que
la
hauteurdu
foleil
en
été
eft
plus
grande
que
celle
de
lPéquateur;
mais
en
hiver
il
sa:
baïlle
de
la
même
qnantite,
&
line
_
galité
n’en
devient
que
plus
grande
pour
les
faifons.
Auf
l'on
a
vu
au
Sénégal,
fur
Ja
côte
d'Afrique,
le
thermometre:
divifé
à
Ia
façon
de
M.
de
Réaumur,
monter
à
plus
de
38
degrés
au
deflus
de
la
congella
tion.
Maïs
à
Paris
il
ne
monte
ordi:
Nairement
qu'à
28.
où:
29
degrés
dans
les
plus
grandes
chaleurs.
Dans
a
Siberie,
il
ne
monte
pas
fr
haüt
pendant
Pété;:&
pendant
l'hiver
il
defcend
jufqu’à
30
degrés
au
deflous
di
terme
de
{a
glace,
tandis
qu'à
Paris
Le
plus
grand
froïd
de
1709
n'a
pas
été
plus
de
1ÿ
degrés
:
au
deflous
du
tèrme
de
ta
congellation:
le
froid
de
1776
étoit
à
peu
près
égal
à
celui
de
1700.
On
éprouve
des
chaleurs
brülantes
furles
côtes
d'Afrique,
parce
que
les
fables
sé
chauffent
plus
facilement
que
les
fo-
rêts
&
les
terreins
humides,
&
parce
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
371
Qu'on
y
eft
prefque
au
niveau
de
la
mer.
Le
Canada-eft
plus
froïd
que
la
France,
parce
que
ce
pays
eft
cou:
vert
de
boïs
,
moins
defléché,
moins
cultivé,
Une
des
principales
caufes
de
la
chaleur
de
Pété,
eft
la
durée
du
temps
que
le
folcil
paroit.
fur
Yhorizon
,
&
Ia
diredion
de.
{es
fayons
,
qui
approche
plus
d'être
perpendiculaire.
au
plan
de
notre
horizon
vers
midi,
&
qui
traverfe
une
moindre
quantité
d'air,
L’éloi-
ghement
&
Ja
proximité
du
foleil
influe
bien
moins
fur
la
chaleur.
:
cat
cet
aflre
éft
moins
éloigné
de
notre
globe
au
mois
de
:
Décembre
qu'au
mois
de
Juin;
la
différence
peut
aller
à
environ
370
fois
le
diametre
de
la
terre,
c’eft-à-dire
3
à
plus
d’un
million
de
lieues
,
ce
qui
d'empêche.pas
que
nous
n’ayions
notre
hiver
dans
le
temps
même
_où
Le
foleïl
eft
plus
près
de
nous,
20.
Les
Géographes
divifent
toute
R
furface
de
la
terre
en
chmars
:
ils
entendent
par
climat
une
partie
de
Ia
.
furface
terreftre,
c'eft-à-dire,
une
zone
Où
une
bande
comprife
entre
deux
‘Cercles
paralleles
à
l'équateur;
on
a
Q
6
572
ASTRONoMIE
PHysrour,
accoutumé
de
donner
à
cette
zone,
une
largeur
telle
que
le
plus
Jong
_
jour
fur
le
parallele
qui
eft
le
plus
près
du
pole,
furpañle
d’une
demi-
heure
le
plus
‘long
jour
fur
le
pa
rallele
qui
eft
Le
plus
près.
de
lé
quateur
;
c’eft
aïnfi
qu'on
compte
24
climats,
depuis
l'équateur
ju
qu'à
l’un
&
autre
tropique
;
mais
depuis
chaque
tropique
jufqu'a
pole
voifin
,
on
compte
fix
climats,
qu'on
appelle
climats
de
mois.
Ils
fon
tels
que
le
plus
Iong
jour
fr
1e
parallele
Ie
plus
près
du
pole
exce-
de
d’un
mois
le
plus
one
jour
fur
le
parallele
le
plus
près
de
Péquateur.
Voïci
deux
Tables,
dont
la
premiere
contient
Pélévation
du
pole,
&
la
dûrée
du
plus
Iong
jour
pour
ce=
ui
des
24
climats
d'heure
fitués.
du
côté
dn
pole
boréal;
tandis
que
k
feconde
fait
voir
quelle
ef
la
latitude
qui
convient
aux
climats
de
moin
_AsTRONOMTe
Paysrour,
373.
ee
Plus
lonss
|
Elévarion
CLIMATSs.
jours
du
Pole
pour
la
fin
|
pour
ia
fin
du
Climat.
|
du
Climat.
_
[Heur.
Min.
Degr.
Min.
Premier,
12
20
8
25
|
Second.
13
o
|
16
25
Tro:fieme.
00
|
2
50
Quaitrieme,
|
14
o
|
3a
20
Cinquieme,
14
-
30
|
36
28
Sixieme,
15
o
|
41
22
Septieme.
i$
=
30
|"4s
29
Huitieme.
16
©
|
49
Fr
Neuvieme.
I6-30
51
58
lxieme,
À
17
Oo
|
54
27
nyieme.
17
30
{
56
37
Douzieme.
18
o
|
58
29
réigieme.
1
18
30
|
9
58
luatorzieme,
19
Oo
|
Gr
18
linxieme,
19-30
1-62
25.
elzieme,
20
Oo
|
63
22
ix=feptieme,
20
30
|
64
6
ix-huitieme.
À
21
O
|
64
49
Îx-neuvieme,
21
:
30
|
Gÿ
21
inptieme.
22
0-1
6$
47
Ingt=unieme,
|
22
30
|
66
6
ingt-deuxieme.
23
o
|
66
2a
Vingt-troifieme.
|
23
30
|
66
38
ingt
quatrieme.]
24
o
|
66
30
a
ASTRONOMTIE
Prysrour
|
Durée
À
Climats:
Latitude.
du
plus
|
de
Mois.
long
jour
|
:
-
en
Mois,
|
Depgr.
Min,
>
Premier.
67
30.
I
Second...
-
|
Go:
30
2
Troifieme.
73
20
3
Quarriene,
|
78
20
4
Cinquieme,
84
(o)
5
(
Sixieme.
.
.
|
90
O
La
connoiïiflance
des
climats
des
mois
eft
plus
curieufe
qu’utile
;
mas
il
n’en
eft
pas
de
même
de
celle
des
cinq
zones
où
bandes
circulaires
dans
lefquelles
les
Géographes
ont
divilé
toute
a
furface
de
la
terre.
La
zont
torride
comprend
tous
les
pays
fitués
entre
les
deux
tropiques
;:
fa
largeur
et
de
47
degrés
:
Les
zones
remperêts
s'étendent
à
43
degrés
de
chaque
tro:
pique,
en
allant
vers
les
poles
;
Puné
au
nord
du
‘tropique
du
Cancer,
Vautre
au
midi
du
tropique
du
Ca:
pricorne
;
les
peuples
qui
les
habitent
n'ont
jamais
le
foleil
à
leur
zénith,
&
ne
le
perdent
jamais
de
vue
pendant
24
heures
de
fuite,
Les
régions
fe
æ
ASTRONOMIE
PaysrQuE,
379
tuées
à
6
degrés
30
minutes
de
latitude
boréale,
mont
l'équateur
élevé
que
23
degrés
30
minutes;
aff
quand
Je
foleil
au
folftice
d'été
décrit
le
tropique
du:
Cancer
;
TE
CIE
viible
fur
Phorizon
pendant
24
heu:
Tes;
car
ce
parallele
fe
trouve
tout
entier
au
deflus
de
leur
horizon,
Maïs
quand
le
foleil
décrit
le
tropique
du
Capricorne,
qui
ef.
tout
entier
au
deflous
de
l'horizon
de
ées
peuples;
qu'il
touche
feulement
en
un
point,
il
ne
fait
que
paroître
dans
l'horizon
même
au
moment
du
midi.
Au.
delà
de
66
degrés
30
minutes
de
latitude
,
en
allant
vers
les
poles,
il
y
a
des.
lieux
où
la
durée
du
jour
eft:
égale
à
celle
d’un
de
nos
mois
;
il
y
en
a
où
le
jour
dure
deux
mois
,
t'OÏS
mois,
quatre
mois,
cinq
mois;
&
enfin
au
pole,
Ia
durée
du
jour
eft
de
fix
MOIS
;
maïs
aff
pendant
l'hiver,
on
a
des
nuits
qui
ne
font
pâs
moins
longues.
Les
cercles
polaires
font
des
Paralleles
placés
à
66
degrés
30
mi-
Mtes
de
l'équateur
,
&
à
2
3
degrés
30
minutes
des
poles,
Les
zones
gla-
ciales
font
comprifes
entre
ces
cerctes
&
les
poles,
La
zone
glaciale
fépten-
376
AsTRONOMIE
PHysrQUE
:
_trionale
s’étend
depuis
lértercle
pos
laïre
boréal,
jufqu'au
pole
ardique;
la
zone
placiale
antarétique
s'étend
der
puis
le
cercle
polaire
méridional,
juiqu'au
pole
antardique,
Ces
s
z0+
nes
n'étoient
pas
inconnues
aux
an-
ciens:
Virgile
&
Ovide.en
ont
parlé,
lun
danses
Géorgiques,
l’autre
dans
Les
Métamorphofes;
maisils
penfoient
que
la
zone
torride
&
les
zones
gla-
ciales
étoïent
inhabitables
(1).
Deux
régions
de
Ja
terre,
éloignées
dia:
métralement
lune
de
l'autre,
ou
pla:
Se
Êx)
Quinque
tenent
cæelum
zone
;
quarum
una
corufco
Semper
fole
rubens
,
&
torrida
femper
ab
igne;
|
Quam
circm
extremæ
dentré
levéque
trabuntur
j
Ceruled
glacie
concretæ
,
arque
imbribus
atris
:
“Has
inter
mediamque
,
duæ
mortalibus
ægris
Munñere
concefe
divum,
&
via
Jeëla
per
ambas
;
Obliquus
qu
Je
fignorum
verteret
ordo.
Georg,
L
Utque
due
dextré
cælum,
toridemque
finifré
Parte
fecanr
{onæ
;
quinta
eft
ardentior
illis
:
Sic
onus
inclufum
numero
diffinxit
eodem
_
Cura
Dai,
totidemque
plage
tellure
premuntur
;
Quarum
que
medideff,
non
ef
habirabilis
efu:
Nix
tegit
alta
duas
:
toridem
inter
urramgue
locwit}
.
Temperiemque
édit,
mixta
cum
frigore
flamma,
Meram,
à
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
377
cées
aux
deux
extrémités
d’une
ligne
qui
pafleroit
par
Île
centre
de
notre
globe,
font
antipodes
une
de
Pautre:
aïnfi
Ja
ville
de
Siam
dans
les
Indes,
eft
à
peu
près
antipode
de
la
ville
de
Lima
au
Pérou
:
Buenos
-
Aires
en
Amérique
eft
antipode
de
Pekin.
Paris
a
fes
antipodes
dans
la
mer
du
Sud
;
PEfpagne
a
fes
antipodes
dans
la
Nouvelle
Zelande
:
c’eft
une
contrée
que
lon
connoïfloit
fort
peu
avant
le
voyage
autour
du
Monde
de
MM.
de
Bougainville,
Banks
&
Solander,
&
Cook.
Les
antipodes
ont
le
même
plan
pour
horizon;
mais
l’un
voit
une
des
faces
du
plan,
&
l’autre
la
face
op-
pofée
;
de
maniere
qu’un
aftre
s’éleve
pour
Pun
quand
ïl
fe
couche
pour
Vautre
;
Pun
a
le
jour
lorique
l’autre
ala
nuit;
l’un
éprouve
la
rigueur
de
‘
Thiver,
lorfque
l'autre
eft
expofé
aux
chaleurs
de
lété,
Si
l'on
perçoit
la
terre
dans
l’un
de
fes
diametres,
B
D
{
fig.
10),
un
fpedtateur
placé
en
B,
&
dont
les
pieds
font
oppofés
à
ceux
du
fpedateur
fitué
en
D,
tomberoït
vers
le
centre
C
de
Ia
terre
,
tandis
que
le
fpettateur
placé
en
D
parviendroit
aufien
C
par
l’ac-
578
AsTroNomrr
Puverous
tion
de
la
force
attradive
de
noue
globe.
Les
ignorans
ont
de
Ja
peine
à
comprendre
comment
les
horames
placés
en
D
peuvent
fe
tenir
frk
terre
fans
tomber
vers
le
Ciel
,
ne
faifant
pas
attention
qu’un
corps
placé
en
F
fur
Ja
ligne
AF,
tend
vers
le
centre
C
de
la
terre,
par
la
même
raïfon
qu'un
corps
placé
en
A;
de
maniere
que
deux
corps
qui
s’appro»
chent
de
Ia
terfe
tombent
&
defcem
dent
Pun
&
Pautre,
quoiqu'ils
aïllent
en
deux
fens
oppofés
;
mais
un
COrpS
placé
en
D
monteroit,
s’il
s’éloïgnoit
du-centre
€
de
la
terre,
en
fuivantla
Hgne
D
F,
ee
21.
H
eft
bon
d’avoir
devant
es.
yeux
un
globe
terreftre
artificiel.
dans
lequel
foïent
repréfentés
la
terre,
les
villes,
les
contrées
&
les
mers,
On
re:
marquera
facilement
que
la
pofñtion
d'une
villeeft
détérminée
par
falongr-
tude
&
fa
latitude,
Ainf,
en
fappofant
que
la
longitude
de
Paris
eft
de
20
de-
grés,
&
fa
latitude
de
49
degrés,
on
|
cherchera
fur
le
globe
le
demi-méri-
dien
qui
pañlé
par
le
20°
degré
de
Pés
quateur
,
à
compter
du
premier
métis
dien
,
én
allant
d’occident
en
orient,
ASTRONOMIE
PHYSIQUE,
379
êren
prenant
le
parallele
qui
pañle
à
“49
degrés
de
Péquateur,
du
coté
du
pole
ardique
;
car
linterception
de
ce
parallele
avec
le
méridien
,
où
plutôt
le
demi-méridien
dont
nous
venons
de
parler,
donnera
la
pof-
tion
de
Paris
;
on
s’y
prendra.
de
même
pour
placer
un
autre
lieu
quelconque,
dont
on
connoîtra
foit
la
longitude
,
foit
la
latitude.
La
Mappemonde
n’eft
autre
chofe
que
le
développement
de
la
furface
du
globe
;
les
deux
hémifpheres
y
font
répréfentés
avec
l'équateur
ou
la
li-
ligne
équinoxiale,
(
qu’on
doit
con-
cevoir
comme
un
cercle,
quoiqu’elle
ait
l'apparence
d’une
ligne
droite;
ceft
fur
cette
ligne
qu’on
compte
les
degrés
de
longitude,
Le
point
À
d'où
l’on
part
(
fs
1r),ef
fur
Le
Premier
méridien
,
&
Von
va
de
Ia
gauche
à
Ja
droite,
dé
maniere
que
la
partie.
4
[
B
repréfente
un
demi
cercle,
&
Ia
partie
b
:
À
Vautre
moitié
de
léquateur
;
on
y
voit
les
méridiens
qui
vont
fe
réunir
aux
deux
poles
;
les
degrés
de
ltitude
font
repréfentés
de
part
&
d'autre
de
{a
ligne
équinoxia-
_384
AsTronomwr
PHYSIQUE.
il
paroît
que
leur
dénomination
re:
monte
à
environ
1200
ans
avant
Je.
fus-Chrift,
à
exception
peut-être
des
noms
des
12f
gnes
du
Zodiaque,
—
eff
ro
heures
du
matin
à
Paris,
il
n'eft
que
9
heures
+
à
Lifbone,
+
heures
+
du
matin
à
Quebec,
&
z
heures
Z
à
Compoftelle
dans
le
Mexique,
En
tournant
le
globe
vers
loc:
cident,
on
verra
que
quand
1l
eft
ro
heures
du
matin
à
Paris,
ileft
midi
paflé
à
Con£
z
tantinople,
4
heures
=
à
Siam,
2
heures
à
à
Ifpaham
dans
la
Perf,
&
7
heures
à
Méaco
dans
le
Japon.
Pour
trouver
les
antipodes
d’un
lieu,
par
exemple,
de
Paris,
on
mettra
cette
Ville
fous
le
grand
méridien
du
globe,
&
lon
comptera
le
nombre
de
degrés
du,
grand
méridien
,
entre
Paris
&
le
pole
arétique,
vers
lequel
cette
Ville
eff
ftuée
:
le
lieu
qui,
fous
la
moitié
inférieure
du
grand
méri-
dien,
fera
à
égale
diffance
de
l’autre
pole,
fera
les
antipodes
de
Paris,
:
Concevons
dans
la
fphere
droite
le
démi-
tropique
du
cancer
placé
au
deflus
de
l’ho-
rizon,
divifé
en
48
parties
égales
:
divifons
de
même
[a
moitié
du
même
tropique
,
fitué
au
deffous
de
l'horizon;
il
eft
vifible
que
deux
de
ces
parties
prifes
enfemble,
répon-
dront
à
une
demi-heure,
puifque
le
foleil
parcourt
ce
cercle.
dans
24
heures.
Cela
pofé,
il
eft
vifible
que
fi
l’on
éleve
le
pole
de
maniere
que
deux
des
parties
du
demi-
fropique
inférieur
montent
fur
lhorizon,
l'on
qui
ASTRONOMIE
Pvysrour.
385
qui
paroillent
avoir
une
origine:
Egyptienne
,
&
peuvent
être
plus.
anciens,
Les
Aflronomes
modernes
Ont
ajouté
plufeurs’
conftellations
aura
la
hauteur
du
pole
qui
répond
au
pre-
miér
climat,
à
la
fn
duquel
le
plus
grand.
jour
eft
de
12
heures
30
minutes
:
fi
lon.
éleye
encore
dâvantage
le
pole,
afin
que
deux
autres
Parties
du
même
demi-cercle
,
Pune
à
droite
&
lautre
à
gauche
,
montent
für
horizon
;
on
aura
l'élévation
du
pole
qui
convient
au
fecond
climat
;
ainf
de
fuite
:
mais
parce
que
dens
ces
différentes
épérations,
le
tropique
coupe
l'horizon
plus
où
moins
obliquement,
il
eff
vifble
que
la
hauteur
du
pole
n’augmente
pas,
proportion-
nellement
au
nombre
des
climats
d'heures,
qui
font
beaucoup
plus
grands
du
côté
de
Péquateur,
que
du
cèté
des
poles,
On
peut
auffi
trouver
les
climats
des
mois
part
le
moyen
du
globe
:
en
effét,
f
l’on
leve
faccefivement
le
pole
nord,
de
maniere
que
fa
hauteur
aille
croiflant
depuis
66
de=
8res
30
minutes,
jufqu'à
90
degrés,
&
que
féhañt
Un
crayon
dans
l’horizos
au
coin
dw
nord,
on
fafle
tournerle
globe
fur
fon
axe;
ce
CfaÿGn
tracera
fur
le
globe
un
parallele
à
‘Équateur
qui
Coupera
l’écliptique
en
deux
Points,
&
ÿ
Marquera
deux
parties
on
deux
fegmens,
dont
le
plus
petit
indiquera
Parc
de
l’écliptique
décrit
par
le
foleil
pendant
tout
le
temps
que
cet
afire
fera
cenfé
cou
Ché,
ou
fans
defcendre
au
deflous
de
l'horizon
Tome
Il,
386
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
aux
anciennes
;
&
M,
de
la
Caiïlle,
après
avoir
dreffé
fon
grand
Oatas
logue
des
étoïles
auftrales
en
r7$1,
a
formé
14
nouvelles
Conftellations
qu'on
ne
trouve
point
dans
Le
Cate:
logue
de
Flamftéed,
.
On
voit
dans
Ia
Table
füivante
Te
nom
de
toutes
les
Confiellations
tant
anciennes
que
modernes,
quon
repréfente
fur
le
globe
célefte
;
elles
font
au
nombre
de
100...
du
lieu
donné;
en
effet,
la
plus
petite
partie
de
l’écliptique,
dont
nous
venons
de
parler,
répond
à
des
paralleles
qui
font
tous
placés
au
deflus
de
l'horizon
du
lieu
pour
lequel
on
a
fait
l'opération
:
c’eft
pourquoi,
fi
cette
partie
de
l’écliptique
eft
de
30
degrés
;
comme
le
foleil
parcourt
environ
un
degré
parjour,
Ton
aura
l'élévation
du
pole
qui
convient
au
premier
climat
de
mois;
fi
cette
partie
ft
de
60
degrés,
l’on
aura
celle
qui
cons
vient
à
la
fin
du
fecond
climat
de
mois,
&
C'eftainfi
qu'on
peut
former
la
table
des
climats
;
mais
ces
queftions
ont
plus
de
rap:
port
avec
la
Géographie,
qu'avec
l’Aftro:
Romie,
\
SY
:
Le
Scorpion
;
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
387
a
———————
,
Les
12
Conftellations
du
Zodiaque
,
avec
les
Caraëteres
qui
les
repréfentent.
Le
Belier
,
Le
Taureau,
Les
Gémeaux,
L’Ecréviffe,
Le
Lion,
La
Vierge,
La
Balance
,
Le
Sagitaire
,
Le
Capricorne,
Le
Verfeau,
Les
Poiflons
,
X
se
Les
23
Conffellations
oréales
des
anciens,
La
grande
Ourfe.
a
petite
Ourfe,
€
Dragon,
éphée.
Caffiopée,
Andromedes
erfée.
Pégafe.
Le
petit
Cheval,
€
Triangle
Boréal,
te
RS
lb
8
D0
x
+
à
Orion.
Le
Cocher.
La
Chévelure
de
Bé
rénice.
Le
Bouvier.
La
Couronne
Boréa-
ee.
Le
Serpentaire,
on
-_
Ophiucus.
Le
Serpent,
Hercule.
L’Ai
gle.
Antinoüs.
La
Fleche,
…
La
Lyre,
Le
Cygne,
Le
Dauphin.
TR
ee
Les
15
Conf'ellations
Auffrales
des
anciens.
La
Baleine,
L’Eridan,
Le
Lievre,
.
Le
grand
Chien,
:
Le
petit
Chien,
L’Hydre
femelle,
a
Coupe,
Le
Corbeau,
Le
Centaure,
e
Loup,
L’Autel..
Le
Poiflon
auffral,
Le
Nävire,
La
Couronne
auftrale,
2
89
ASTRONOMIE
PHYSIQUE,
|
Les
22
Conftellations
ajoutées
par
Hevelius
,
Anthelme,
Ro
Cas
La
Girafe,
}OU
Camé-
+
léopard.
Le
Fleuve
du
Jour-
dain,
Le
Fleuve
du
Tygre,
Le
Sceptre
&
la
Fleur
sde
bys
La
Colombe,
La
Licorne
ou
Mono-
CÉros,
—
La
Croix,
Le
Sextant
d'Uranie.
Le
Rhomboïde,
Les
Chiens
de
chañfe,
Le
petit
Lion,
Le
Linx.
Le
Renard,
LOR-
L’Ecu
de
Sobieski,
-
Le
petit
Triangle,
Cerbere.
Le
Rameau.
Le
Lézard,
Le
Mont
-
Ménale.
Le
Cœur
de
Char-
les
IT,
;
Le
Chêne.
de
Char-
js
is
At
RS
Re
ere
Les
14
Cia
1féellations
Auftrales
de
Theodor
Bayer.
L'Indiens
La
Grue.
Le
Phénix.
L’Abeïlle
ou
la
Mous
che.
Le
Triangle
auftral,
L'Oifeau
de
Paradis,
Le
Paon.
Le
Toucan,
L'Hydre
mâle
:
La
Dorade,
Le
Poifflon
volant
Le
Caméléon.
Le
grand
Nuage.
Le
petit
Nuage,
Les
14
Conflll
ations
‘de
WI.
de
la
Caille.:
L
Attelier
du
Soul
teur.
Le
Fournean
de
Chys
mie,
Le
Horloge
Affronos
mique.
Le
Réticule
Rhom-
boiïde.
Le
Burin
du
Graveuts
Le
Chevalet.du
Pels
tes:
Asrronoïe
Paysiqué.
389
Ta
Boufiole,
.
|
L'Equerre&laReglé,
La
Machine
Pneuma-
|
Le
Télefcope.
“TIQUE
:
:
[
Le
Microfcope.
L’Otansderéflexion,
|
La
Montagne
dé
la
Le
Compas.
{
Table.
ë
Parmi
les
étoiles
qüi
compofent
es
100
conftellations,
on
en
diftin-
gue
de
plufieurs
grandeurs,
du
moms
apparentes;
premiere,
feconde,
troi-
fieme,
quatrieme,
cinquième,
fixie-
me,
feptieme
;
maïs
on
ne
péutaper-
cevoir
Îes
étoïles
de
[a
feptieme
gran.
deur
,
fans
le
fecours
dés
lunettes
d'approche,
On
compte
ordinaire-
ment
14
étoiles
de
la
premiere
gran-
deur;
Sirius,
ou
la
gueule
du
grand
chien,
l'épaule
d'Orion,
Rigel,
ou
le
pied
d’Orion,
Aldebaran,
ou.
l'œil
du
taureau;
Ta
Lyre;
Ia
Chêvre,
Arc-
turus,
Antarès
ou
le
cœur
du
Scor-
pion,
Repulus
où
le
cœur
du
lion,
PEpi
de
la
Vierge,
Procyon.,
Foma-
hant,
Canopus
&
Acharnar;
mais
nous
ne
voyons
jamais
ces
deux
dernieres
€n
Europe.
Le
cœur
de
l’Hydre,
Ta
queue
du
Lion,
&
Ia
queue
du
Cipne,
font
des
étoiles
très-brillantes
,
que
plufieurs
Aftronomes
comptent
au
R
3
390
ASTRONOMIE
PHysiQuE.
Tang
de
celles
de
Ia
premiere
grans
-
deur.
On
peut
facilement,
avec
un
globe
ou
des
cartes
céleftes
;
comme
celles
de
Senex,
d'Hévelius,
de
Par
dies,
ou
les
deux
hémifpheres
de
Robert
Vaugondi,
s’aligner
de
pro-
che
en
proche,
en
partant
de
la
grande
Ourfe
,
&
connoître
les
diffé.
rentes
conflellations
par
[eur
figure,
leur
fituation
&
leurs
noms.
L’hifloire
parle
de
plufieurs
étoiles
remarquables
qui
ont
paru
&
difparu
enfuite
totalement
;
il
y
ena
d’autres
qui
paroïffent
aujourd’hui
,
quoi-
qu’elles
n’aïent
pas
été
décrites
par
les
anciens.
Homere,
Attalus
&
Ge:
minus
ne
comptoient
que
fix
plétades;
maïs
Simonide,
Varron,
Pline,
Ars
tus,
Hipparque,
Ptolomée
,
les
met-
tent
au
nombre
de
fept;
&
l’on
pré-
tendit
que
Ja
feptieme
avoit
difparu
avant
la
deflruétion
de
Troye,
ou
du
temps
d’'Ogisès.
Maïs
peut-être
cette
différence
eft
venue
de
la
difficulté
de
les
difiimguer
&
de
les
compterà
la
vue
fimple,
L’hifoire
raconte
plus
précifément
des
aparitions
d'étoiles
nouvelles
au
temps
d'Hipparque,
&
fous
le
regne
de
l'Empereur
Adrien,
ASTRONOMIE
PHYSIQUE
291
Fortunro
Liceti,
dans
fon
Traité
de
Novis
Affris,
rapporte
que
Cüfpinianus
.
obférva
uné
étoile
nouvelle
lan
389,
près
de
lAïgle
;
qu'elle
parut
auf
brillante
que
Vénus
pendant
trois
fe.
_maines.
La
nouvelle
étoïle
de
1572
€ft
très-fameufe
:
on
la
vit
au
com-
mencement
de
Novembre
fort
écla-
tante,
comme
f:
elle
fe
füt
formée
.
tout-à-coup
avec
tout
fon
éclat,
qui.
furpafloit-
celui
de
Sirius,
la
plus
brillante
des
étoïles.
Dès
Ie
mois
de
Décembre
de
[a
même
année,
elle
.
commença
à
diminuer
jufqu'au
mois
de
Mars
1574,
qu’on
la
perdit
en-
tierement
de
vue.
Le
10
O&@obre
‘1604,
on
vit
dans
Ie
ferpentaire
une
nouvelle
étoile
prefque
auffi
brillante
que
celle
de
1572.
On
a
obfervé
dans
le
Cygne,
trois
étoiles
chan-
geantes.
MM.
Cafini
&
Maraldi
ont
trouvé
la
période
du
plus
grand
éclat
-de
la
plus
brillante
de
405
jours.
Cet.
aftré
à
été
dans
fon
plus
grand
éclat
le
27
Août
1776.
Êlle
y
fera
le
7
Octobre
1777.
On
doit
obferver,
‘dit
M.
de
Ia
Lande, que
ces
retours
font
fujets
à
des
imégalités
phyf-
ques,
R
4
392
ASTRONOME
PHysrquE:
Ricctolf
penfoit
que
peut
être
1
ÿ
a
des
ctoïles
qui
ne
font
pas
lumi
neufes
dans
toute
leur
étendue
10e
_
dont
la
partie
obfcure
peut
fe
tourner
vers
nous
plus
ou
moins,
par
leffet
de
la
rotation
de
Pétoïle
für
un
axe,
M.
de
Maupertuis
confidéra
les
étoi:
es
changeantes,
comme
des
fphéroï-
des
fort
applatis
en
formede
lentille,
Loxfqu’untelaftre
nous
préfenterafon
tranchänt,
nous
ne
pourrons
lap-
percevoir;
mais
nous
le
verrons
d'au
‘ant
plus
ou
moins
Brillant,
qu’il
nous
Préfentera
une
plus
grande
ou
une
plus
petite
partie
de
fon
difque.
Mais
pat
quelle
canfe
phyfique
l'étoile
nous
préfentera
tantôt
une
plus
gran
de,
tantôt
une
plus
petite
portion
-de
fon
difque
?
C’eft
ce
qu’il
eft
fort
difficile
d'expliquer.
On.
peut
dire
néanmoins
que
f
quelque
groffe
pla
mete
tournoit
autour
de
létoile
dans
uneorbiteallongce,
dontie
plan
feroit
incliné
à
celui
de
Péquateur.de
lé
toïle,
cette
planete,
en
s’approchant
de
l'étoile,
pourra
par
fon
attradion,
agir
plus
puiffämment
far
une
partie
de
fon
difque
que
fur
lantre,
&
changer
ainfi
l'inclinaifon
du
plan
de
ASTRONOMIE
PHYSIQUE.
392
tette
étoile.
Un
autre
Philofophe
conjedure
que
les
étorles
tournent
fur
un
axe
;
que
quelques
-
unes
ont
une
moitié
obfcure
&
l’autre
moitié
lumineufe
;
de
maniere
qu’elles
nous
préfentent
alternativement
la
partie
obfcure
&
Ia
partie
lumineufe,
Tour
le
monde
connoît
Ia
voie
laëiée
;
OÙ
cette
blancheur
irréguliere
qui
fem-
ble
faire
le
tour
du
Ciel
en
forme
de
ceïnture
:
on
l'a
appellée
Chemin
de
Saint
Jacques,
Cercle
de
Junon,
&c.
Démocrite
&
Manilius
ont
penfé
que
la
blancheur
de
cette
bande
célefte
étoit
produite
par
un
grand
nombre
d'étoiles
trop
petites
pour
étre
ap-
perçues
diftin&ement,
Ï
faut
conve-
ni
néanmoins
que
cette
opinion
ne
doit
pas
être
mife
au
rang
des
vérités
démontrées
;
car
on
voit
avec
le
télefcope
des
étoïles
dans
toutes
les
parties
du
Ciel,
à
peu
près
comme
dans
[a
voie
ladée,
On
remarque
aufir
dans
d’autres
parties
du
Ciel,
des
petites
blancheurs,
qu’on
prendroit
à
la
vue
fimple
pour
des
étoiles*peu
brillantes
;
maïs.
qui
dans
le
télefco-
gope
paroïffent
comme
une
blan-
RP
SYsTime
mu
Monpr.
48$
de
la
lune
rétrograde
toûs
les
ans
de
19
degrés
20
minutes
,
felon
M.
de
la
Caïllé.
Lorfque
orbite
d’un
fatel-
lite
embrafle
de
fort
près
la
planete
principale,
&
que
le
plan
de
cette
orbite
eft
peu
incliné
à
celui
de
Por-
be
de
la
planete
principale,
il
eft
tyideñt
que
dans
toutes
les
conjonc-
tions
inférieures
,
ce
fatéllite
doit
cacher
à
l’obfervateur
que
nous
fup-
*
pofons
fur
le
foleïl,
une
partie
de
da
furface
de
a
planete
,
&
jetter
ficcefivement
fon
:ombre
fur
tous
les
points
de
cette
furface,
qui
fe
trouvent
dans
Ja
route
de
cette
om-
bre,
ce
qui
doit
y
caufer
une
écliple
_de
foleit
;
;
mais
dans
toutes
les
con-
jonétions
fupérieures
;
ce
fatellite
doit
traverfer
l'ombre
de
fa
planete,
&
s’éclipfer.
Au
contraire
lorfquel
orbie
te
d’un
fatellite
eft
fort
éonfidérable,
Comme
font
celles
du
quatrieme
&
cinquieme
fatellite
de
Saturne,
celle
du
quatrieme
farellite
de
Jupiter,
&
celle
de
Ia
lune;
il
eft
clair
que
dans
les
conjon@ions
inférieures,
qu
fe
font
loin
des
nœuds,
le
fatellite
ne
peut
.cacher
au
foleil
ancune
partie
de
Ja
planete
,
ni
par
conféquent
X
3
486
Sysrime
pu
Monpr.
éclipfer
cet
aftre;
&
dans
les
cOnJOnC:
tions
füpérieures
a
planete
ne
ca-
che
pas
le
fatellite
au
foleil,
&i
m'ya
point
d'éclipfe
de
fatellite
:
ef
pourquoi
les
éclipfes
n'arrivent
que
lorf-
que
les
fyzygies
fe
font
près
des
nœuds
des
orbites
de
ces
fatellites.
Les
éclip-
fes
peuvent
être
plus
ou
moins
con-
fidérables
,
felon
la
pofition
de
la
plancte
&
du
fatellite,
À
Pégard'des
habitans
de
la
planete,
qui
font
fitués
vers
les
poles
,
l’éclipfe
de
foleil
n'at-
rive
que
lorfque
le
fatellite
a
un
peu
de
latitude,
de
même
dénomini-
ton
que
Îa
hauteur
du
pole,
pa
rapport
à
l'horizon
de
ces
habitans.
C’elt
la
raïfon
pour
laquelle
les
éclip-
fes
de
foleil
ne
font
confidérables
à
Paris,
dont
la
hauteur
du
pole
nord
eft
de
48
degrés
gi
minutes,
que
lorfque
ia
une
en
conjondion
a
30
où
40
minutes
de
latitudeboréale,
Maïs
dans
les
conjonéfions
füpérieures
écliptiques,
lorfque
le
fatellite
s’enfon-
ce
dans
Pombre,
fa
lumiere
paroît
s’eBacer,
de
quelque
point
du
monde
qu'il
foit
vu;
c’efl
pourquoi
les
eclip-
Jes
de
fatellires
font
univerfelles
,
ntais
les
éclipfes
de
foleil
ne
fe
font
qua
SysTème
mu
Monpe.
487
l'ésard
de
quelques
habitans
de
la
pla-
nee
principale.
.
Leséclipfes
de
fatellites
étant
uni-
verfelles
,
commencent
&
finiffent
en
même
temps
pour
tous
CEUX
qui
peuvent
les
appercevoir
;
deux
ob
fervateursne
doivent
remarquer
aucune
différence
dans
les
phafes
d’une
éclip-
fe
de
farellite
;
en
quelqu’endroit
de
la
furface
de
la
planete
qu'ils
foient
fitués,
pourvu
que
le
farellite
foit
vi-
fible
d
ious
deux.
M
faut
cependant
faire
attention
que
le
mouvement
de
la
lumiere
qui
n’eft
pas
inflantané,
doit
être
caufe
qu’une
éclipfe
vue
de
de
différens.
points
de
l'univers,
doit
paroître
arriver
d'autant
plus
tard,
que
lœil
de
lobfervateur
eft
plus
éloïgné
de
la
planete
ou
du
fatellite,
On
obferve
en
effet,
(
dit
M.
de
Ia
Caïlle),
que
toutes
chofes
d’ailleurs
égales,
les
éclipfes
des
fatellites
de
Jupiter
,
obfervées
de
deflus
la
terre;
arrivent
plus
tard
d'environ
8
min.
de
temps
,
lorfque
Jupiter
eft
près
de
fes
pou
avec
le
foleïl,
que
lorfqu’il
eft
en
oppofition.
Or,
cette
planete
en
quadrature
eft
à
Pépard
de
la
terre
,
à
peu
près
autant
éloi-
X
4
488
Système
nu
Move:
gnée
de
Ia
terre
que
du
foleil:
&
lorfqw’elle
eft
en
oppoñition,
elle
ef
plus
près
de
la
terre
que
du
folell,
de
toute
la
diflance
du
foleil
à
la
terre
;
d’où
il
fuit
que,
felon
ces
ob-
fervations
,
1a
lumiere
emploie
8
miï-
nutes
à
parcourir
cette
diflance
;
&
qu'ainfi,
en
fuppofant
uniforme
le
mouvement
de
[a
lumiere,
les
rayons
qui
partent
du
foleil,
n’arrivent
à
la
terre
qu'au
bout
d'environ
8
minutés
de
temps.
Mais
parce
que
la
lune
lt
environ
400
fois
plus
près
de
la
terre
que
le
foleïl,
Ta
lumiere
n’emploie
pas
une
feconde
&
1
de
temps
à
venir
de
la
lune
à
latérre,
C’eft
pour-
quot
lon
peut
fe;
difpenfer-d’avoir
égard
au
mouvement
de
la
lumiere,
dans
Pufage
qu’on
fait
des
obferva-
tions
de
Ia
lune.
Si
l'on
confidere
Ie
mouvement
des
fatellites
par
rapport
aux
étoiles,
nn
obfervateur.
placé
für
le
foleil,
vérroit
Les
trois,
premiers
fatellites
de-
Saturne.
&
Ie
premier
de.Jupi-
ter,
flationnaires
en
deux
points
de
leur
orbite,
favoir
,
après
1
digrel-
fon
orientale,
&
après
Ja
digreflion
occidentale,
Ils
feroient
directs.
par
|
Svsrème
pu
MoNbr
489
rapport
à
fut,
&
leurs
mouvéméens
fe
feroïent
felon
lordre
des
fignes,
depuis
leur
flation
occidentale,
juf-
qu'à
leur
flation
orientale,
II
I6s
ver
Yoit
rétrogrades
depuis
leur
‘flation
orientale
,
jufqu’à
leur
ftation
occk
dentale,
Dans
leur
digreflion
ces
fellites
ont
la
méme.
viteflé
que
Jeur
planete
;
mais
leur
vitefle
s’ac-
célere
depuis
un
point
de
flation
jufqu'à
14
conjonction
fuivante
|
&
delà
elle
diminue
jufqu’à:
a
flation
qui
fuit,
[s
emploient
plus
de
temps
d'aller
de
la
digreflion
occidentale
à
la
digrefion
oriéntale
;
que
pour
revenir
de
la
digreffion
offentale
à
Toccidentale
|
quoique
leur
vitefle
{oït
plus
grande
dans
la
conjonttion
‘füpérieure
,
que
dans
la
conjondion
‘inférieure.
Mais
la
lune,
1e
quatrie-
me
&
cinquième
fatellites
de
Satur-
ne,
les
2e
3e
&
4e
fatellites
de
Ju-
piter,
font
toujours
direds,
&
ja-
mais
flationnaires
:
nous
fuppofons
toujours
que
lobfervateur
éft
fitué
fur
Ja
furface
du
foleit,
La
virefle
des
fatellites
eft
fenf-
blement
uniforme
;
parce
que
leurs
otbites
font
à
peu
près
circulaires,
X
5
490
SYSTÈME
DU
Moxpe
_
oudesellipfes
qui
approchent
beaw
coup
de
la
figure
du
cercle.
Suppo-
fons
que-la
planete
principale
f
tuée
en
I
fe
meut
dans
l'arc,
&:fur
vant
la
dire@ion
I
K,
en
tirant
du
point
$S
Les
tangentes
S
D,
S
G,
à
l’orbe
du
fatellite
,
le
point
G
marquera
la
digreffion
occidentale,
&
le
point
D
Ia
digreffion
orien-
tale.
|
1°,
(
Dit
M,
de
la
Caïlle
},
quand
le
farellire
eft
en
O
dans
fa
conjonc-
tion
fupérieure
,
alors
la
diredion
Q
À
de
{on
mouvement
étant
pet-
pendieulaire
au
rayon
S
O,
ou
ce
qui
eft
la
même
chofe,
parallele
&
dans
le
même
fens
que
la
direäton
de
fa
planete,
le
fatellite
rapporté
à
un
point
fixe,
paroît
aller
avec
mne
vitelle
égale
à
la
fomme
de
f
vitelle
réelle,
&
de
la
vitefle
réelle
de
la
planete
:
donc
alors
la
vitelle
apparente
du,
faelite
eft
direde,
&
la
plus
grande
qu'il
eft
poffible.
2°.
Quand
le
fatellite
eft
en
P:
entre
la
conjonétion
fupérieure
&
fa
digreffion
orientale,
alors
la
direc-
tion
P
Q
de
fa
vitefle
étant
obliqué
an
rayon
S
P,
on
a
la
diredion
1
À
Sysæème
ou
MONDE
40
dela
planete;
d'œil
en
S
ne
voit
pas
la
vitefle
du
fatellite
,
telle
qw’ellé
eft
réellement;
maïs
ïl
ne
fa
voit
que
*
comme
f
elle
étoit
PF,
&
par
conféquent
il
a
voit
plus
petite
qu’el-
Je
n’eit
:
donc
le
mouvement
du
fa-
tellite
paroît
dire
encore,
&
égal
à
PT
,
plus
la
vitefle
réelle
de
Ia
planete
:
donc
dans
ie
paflage
de
Ia
conjondion
fupérienre
à
la
digref-
fon,
orientale,
le
fatellite
eft
direû
;
mais
fa
vitéfle
apparente
fe
ralentit
de
plus
en
plus,
parce
que
fa
vitefle
réelle
devient
de
plus
en
plus
obli-
que
à
l'œil
de
lobfervateur.
3°
Quand
le
fatellite
eft
en
D
dans
la
digreffion
orientale
,
alors
la
direttion
DR
de
fa
vitelle
étant
con
fondue
avec
le
rayon
S
D
,
le
fatel-
lite
ne
doit
paroitre
fe
«mouvoir
;
ni
füivant.la
fuite
des
fignes
I
K,
nicontre
la
fuite
des
fignes
1
M
3
_
Mais
comme
il
refte
dans
le
même
rayon
S
D,
11
paroîtroit.immobile,
Si
métoit
entrainé
par
fa
planete,
Donc
dans
la
digreffon-orientale
le
fatellite
eft
diré&,
&.
fa
vitefle
pa-
roît
précifément
égale
à
celle
de
la
planete,
A
—
|
X
6
à
492
SYSTÈME
pu
Monpr,
4°.
Après
que
le
fatellite
a
pañf@
la
digreflion
orientale,
&
qu’il
fe
trouve
vers
,
la
diredion
H
Fde
fa
vitefle
réelle
eft
contre
là
fite
des
:
lignes;
mais
comme
elle
eft
oblique
au
rayon
S
H,
elle
ne
paroit
étre
que
de
Ia
quantité
H
N,
&
aloisit
peut
arriver
trois
cas;
où
H
Nef
encore
plus
petite
que
la
virefle
réel.
le
de
Ja
planete,
felon
a
fuite
des
fignes,
&
par
conféquent
le
fatellé
te
efl
emporté
felon
la
fuite
des
fi
gnes,
par
excès
de
la
vitefle
réelle
de
a
planete,
fur
la
vitefle
appa-
rente
HN
du
fatellite;
on
H
Nef
égale
à
la
viteffe
réelle
de
Ia
planete,
felon
Ja
fuite
des
fignes,
&
par
con:
féquent
ces
deux
vitellés
fe
détrui-
fent,
&
le
fatellite
paroît
immobile
ou
flationnaire
;
ou
enfin
HNeft
plus
grande
que
Ia
vitefle
réelle
de
la
planete,
&
par
conféquent
le
fatel-
lite
paroît
rétrograder,
ou
aller
con-
ire
la
fuite
des
fignes
avec
une
vi:
”
teffe
égale
à
l'excès
de
H
N
,
fur
viteffe
réelle
de
la
planete.
Et
parce
que
fa
direétion
de
Ta
vitefle
du
fa-
1ellite
devient
de
moins
en
moins
oblique
au
rayon
tiré
du
foleil,
en-
LS
SYSTÈME
DU
MONDE,
49%
Drté
qwelle
Jui
ef
perpendiculaire
en
©
dans
fa
conjondion
inférieure
;
il
fuit
que
dans
le
paflage
du
fätelite,
depuis
fà
digrefMon
orientale
jufqu’à
fa
conjonction
inférieure,
fa
vitefle
contre
Ja
fuite
des
fignes
paroit
aug-
menter,
&
que
fon
mouvement
eff
compôlé
de
la
différence
dela
vîtefle
Melle
de
la
planete,
avec
la
vitefle
apparente
du
fatellite.
Donc
danse
pañlage
de
la
digreion
orientale
à
Ja
conjondion
inférieure,
Je
fatellite
Paroïtra
flationnaire,
puis
rétrogra-
dera
en
accélérant
{à
viteffe
>
1
{a
Vitefle
apparente
contre
la
füite
des
fignes
peut
devenir
égale,
&
fur-
palfer
enfuite
la
vitefle
réelle
de
la
planete,
&
c'eft
ce
‘qui
arrive
au
Premier,
fecond
&
troifieme
fatel-
litede
h,
&
au
premier
fatellite
de
%
(1)
3
&
il
ne
paroîtra
ni
flation-
naire
ni
rétrograde
,
mais
fa
vitefle
Paroïtra
feulement
diminuer,
ft
fa
Vitefle
apparente
contre
la
fuite
des
fignes
ne
peut
égaler
la
vitefle
réel-
(3)
On
doit
fe
fouvenir
que
le
carac-
tere
7%
indique
Jupiter,
&
le
caraëtere
B
$O2
SysTÈme
pu
Mons,
attribuer
une
f
grande
différence
À
lation
de
Jupiter.
Ce
retardemen.
fenfble
qu’on
a
obfervé,
fur-toi.
depuis
1770
juiqu'à
1773,
dépend
peut-être
de
lattraion
de
quelque
cometé,
qui
en
pañlant
très-près
de
Saturne
,
aura
exercé
fon
a@ion
das
un
fens
oppofé
à
Ia
direction
du!
mouvement
de
la
planete,
.
36.
La
luñe,
dont
la
mañe
nef
|
qu'environ
la
foïxante-
onzieme
pt.
tie
de
celle
de
Ia
terre,
aïnfi
que
nous
l’avons
prouvé
dans
le
cinquit:
me
volume
de
notre
Cours
complet
de
Mathématiques
,
décriroit
üne
or
bite
circulaire
,
ou
élliptique
4.
tour
de
Ia
teire
,
fi
Tartradion
du
foleïl
ne
_
oppofôit.
Soit
PL
(
fig.
39
),
une
partie
de
l'orbite
terreftre
,
P
O
B
l'orbite
lunaire
que
nous
fappoferons
d'abord
circulart,
T'Ta
terre
placée
au
centre
de
cette
orbite,
La lune
en
conjon@ion
ph:
cée
en
C,
&
le
foleil
en
S.
L’attrac
tion
d’une
planete,
par
rapport
;
à
une
autre
planete
,
pouvant
s
’expié
mer
par
une
fra@ïon
dont
le
numnée
rateur
eft
la
mafle
de
Ia
planete
atti
‘rante,
&
le
dénominateur
le
qua”
SYSTÈME
DU
MONDE.
563
dé
la
diflance
entrele
centre
du
corps
attirant
&
celui
de
la
planéte
attirée
;
fPon
compare
la
force
attradive
du
foleïl
fur
la
lune
en
conjonäion
au
point
€,
avec
la
force
attradive
de
l
terre
fur
la
même
lune,
en
fuppo-
fantles
males
du
foleil
&-de
la
terre,
telles
que
nous
le
dirons
dans
Ia
fuite,
on
trouve
que
Padion
du
fo-
leïl
fur
Ia
lune
eft
plus
grande
que
celle
de
la
terre
fur
la
même
planete.
C'eft
de-là
que
plufieurs
Savans
avorent
conclu
que
le
foleïl
devroit
arracher
la
lune
à
la
terre,
Maïs
ils
ñe
faifoïent
pas
attention
que
Ia
terre
&
la
lune
étant
toutes
les
deux
attirées
par
le
foleiïl
:
la
force
avec
Rquelle
cet
aftre
tend
à
féparer
la
June
d'avec
la
terre,
n’eft
que
lexcès
de
fon
attraction
par
rapport
à
Ia
lu-
ne,
fur
fon
attraion
par
rapport
à
la
terre
;
puifqu’en
fappofant
que
la
lune
&
fa
terre
font
égalemene
attirées
par
le
foleïl
,
Ia
lune
ne
fe
{e-
pareroït
jamais
de
la
terre,
quelle
que
fût-la
force
du
foleil;
mais
l’excès
dont
nous
venons
de
parler
eft
plus
petit
que
lattradion
quel
terre
éxerce
fur
la
lune;
ainft
nous
ne
$o4
SysTème
D6
Monrr
«
_
devons
pasceraindre
que
Îe
foleil
nous.
l'enleve,
:
Suppofons
maintenant
la
lune
en
P
dans
une
des
quadratures
“elle
fera
attirée
par
le
foleil
felon
la
Hi-
gne
PS
oblique,
au
mouvement
de
la
lune,
tandis
que
laterre
ef
attirée
félon
Ja
ligne
S
T.
Si
lon
décom-
pole
la
force
PS
en
deux
autres,
.
June
PE
parallele
&
égale
à
la
force
_S
T
avec
laquelle
le
folei
attire
Ja.
terre,
&
l’autre
P
T
dirigée
vers
la
(erre,
On
verra
facilement
que
cette
derniere
force
pouflant
la
Tune
vers
notre
globe,
augmente
fa
pefanteur
vers
la
terre.
Ainf
lattraëtion
folaire
augmente
la
pefanteur
de
la
lune
vers
la
terre
dans
les
quadrarures.
Maïs
la
lune
fe
trouvant
en
C,
la&ion
du
foleil
far.
Ia
lune
dont
ïl
eft
alors
moins
éloïgné
que
de
Ia
terre,
di-
minue
fa
gravité
fur
la
terre.
Quand
la
lune
fe
tronye.en
oppofition
en
O,
elle
eft.
alors
plus
éloignée
du
foleil
que
Ia
terre
;
celle
-
ci
et
plus
attirée
que
Ia
{une
;
ainfi
la
gra-
vité
de
la
lune.
für
la
terre
ef
dimi-
nuce
das
Les
JYzygies;
&
augmentée
dans
les
quadratures,
Maïs
f
Ja
lune
fe
trouvé
Système
Du
Monpr.
ços
trouve
entre
Îles
quadratures
&
les
{yzygies,
en
B
,
par
exemple
;
&
fi
nous
füuppofons
que
la
ligne
B
D
repréfente
l’attrattion
du
foleil
fur
la
lune,
on
pourra,
en
faïfant
le
parallelogramme
B
FD
R
,
la
décom-
pofer
en
deux
autres
forces
EXprI-
_mées
Punepar
B
F,
parallele
&
égale
à
la
ligneST,
que
nous
fuppofons
repréfenter
la
force
avec
laquelle
le
{oleil
attire
la
terre;
ainfi
[a
feule
force
B
R
troublera
le
mouvement
de
la
Tune.
Mais
cette
force
étant
oblique
au
mouvement
de
Ja
lune,
On
peut
la
décompofer
en
B
M
&
B
N
:
la
premiere
tend
à
éloïgner
la
lüpe
de
la
terre,
felon
Ia
direction
du
rayon
veeur
T
B,
tandis
que
la
force
B
N
perpendiculaire
au
même
rayon
vecteur,
augmente
la
vitefle
de
la
lune
,
lorfque
celle-ci
.va
de
[a
quadrature
L
à
la
conjondionC
:
car
alors
elle
confpire
avec
la
dire@ion
du
mouvement
de
la
lune,
Maïs
f
la
lune
alloit
de
Ia
conjon@ion
€
à
la
quadrature
P
,
cette
même
force
feroit
oppofée
au
mouvement
de
cet
aftre
,
&
diminueroit
fa
vitefle,
En
un
mot,
en
décompofant
convena-
Tome
IL
i
$06
Système
pu
Monpr,
blement
la
force
du
foleil
fr
k
lune
fituée
entre
les
fyzygies
&
les
quadratures
,
on
verra
.que
la
vélocité
de
cette
planete
doit
être
accélérée,
lorfqu’elle
va
de
la
feconde
quadrature
a
la
nouvelle
lune,
&
de
la
premiere
gquadaiure
à
la
pleine
lune,
&
qu'elle
doit
être
retardée
lorfqu'elle
va
de
la
nouvelle
lune.a
la
premiere
quadraiure
;
©
de
la
pleine
lune
à
la
Jeconde
qua-
drature
:
c'eff
ce
qu'on
appelle
la
va.
riation
de
la
lune.
Mais
dans
les
qua
‘dratures
&°
Les
Jxygies
,
la
forceBN
Sévanouiflant,
la
vitefle
neft
ni
aug-
mentée
ni
diminuée,
:
:
Vers
les
quadratures
le
mouvement
de
la
lune
eftralenti,
&
fa
grayité
dur
Ja
terre
augmentée
;
c’eft
pour-
quoi
fon
orbite
doit
s'éloigner
da-
Vantage
des
tangentes
redilignes
,
devenix
plus.
courbe
,
:&
par
conft-
uent
être
plus
applatie
vers
les
fÿ-
zygïes
;
ainff
elle
doit
acquérir
à
figure
d’une
ellipfe,
dont
le
grand
axe
feroït
dirigé
.vers
les
quadratur
+es,
&
Je
petit
vers
es
fyzygies;
ce
qui,
fans
doute,
doit
paroître
fut
prenant;
parce
que.la
gravité
de
la
June
fur
laterre
étant
augmentée
dan
SYSTEME
DU
MONDE.
so7
les
quadratures
,
&
diminuée
dans
les
{yzygies
,
ïl
femble
que
le
contraire
devroit
arriver
;
maïs
on
doit
faire
attention
qu'en
fuppofant
la
lune
en
quadrature
au
point
L
(fis..20),
fon
orbite
fuppofée
d’abord
circu-
lire
,
ne
peut
plus
refler
telle
lorf-
que
laûion
du
folerl
aura
augmenté
.
Ja
tendance
de
Ia
lune
vers
la
terre,
Car
alors
cette
planete
doit
aban-
donner
Parc
circulaire
L
B,
en
s’ap-
prochant
de
Ia
terre,
&
décrire
l'arc
Lr,
qui
s'éloigne
moins
de
la
ligne
L
P,
qui
devient
par
conféquent
le
grand
axe
de
la
nouvelle
orbite
;
ainfr,
quoiqu’en
allant
vers
la
con-
jon&tion
C
,
la
tendance
de
Ia
[une
vers
[a
terre
foit
diminuée
par
Pac-
tion
du
foleïl
,
cependant
fon
mou-
Vement
tendant
au
parallelifme
avec
1
ligne
L
P
,
la
lune
fera
plus
près
de
la
terre
dans
Ia
conjondion
C,
‘que
fi
fon
orbite
avoit
été
circulai-
re,
&
ff
fa
gravité
vers
la
terre
n’a-
voit
pas
été
augmentée
vers
les
qua-
.dratures,
Maïs
Ia
diminution
de
fa
gravité
vers
[a
terre,
dans
les
fyzy-
gites,
empêchera
que
l'applatiflement
de
fon
orbite
ne
fait
+
confidéra=
‘à
2
08
Svysrime
Du
Moxnor.
ble
qu’il
lauroit
été,
fi
lon
ne
con-
fidéroit
que
augmentation
de
gra-
vité
dans
les
quadratures,
L'orbite
lunaire
fe
dilare
pendat
Phiver
,
e’eft-à-dire
,
lorfque
la
terre
eft
périhélie;
parce
que
le
foleïl
étant
alors
plus près
de
notre
globe,
fon
ation
diminue
dans
les
fyzygies
la
gravité
de
la
fune
fur
la
terre,
beau-
coup
plus
que
quand
notre
globe.
geft
aphélie
;
c’eft
pourquoi
la
lune
s’éloïgnant
encore
davantage
de
li
terre,
foit
dans
[a
conjon&ion,
foit
dans
Poppoñtion,
fon
orbite
doit
fe
dilater
,
&
par
conféquent
le
temps
de
Ia
révolution
doit
devenir
plis
long.
Mais
en
été,
la
terre
érant
aphts
lie,
€
le
foleil
diminuanr
moins
tendance
de
la
lune.
vers
la
terre,
Porbite
lunaire
doit
fe
contraëter
,
6
le
temps
de
fa
révolution
doit
ire
plus
court,
|
La
diminution
de
Ia
gravité
de
la
June
fur
la
terre
dans
les
fyzygies,
fait
que
le
mouvement
de
la
lung
eft
moins
fléchi
vers
les
fyzygies:
&
que
par
conféquent
Porbite
lu
naire
devient
plus
tard
perpendicü
laire
à
{on
rayon
veteur,
&
que
Ja
Sysrème
pou
MONDE.
509
Tune
atteint
plus
tard
fon
apogée,
qui
par
conféquent
avance
alors
vers
lorient
,
ou
felon
l’ordre
des
fignes.
Cependant,
lorfque
lalune
fe
trouve
vers
les
quadratures
,
Padion
du
{o-
lil
augmentant
la
gravité.de
cette
planete
fur
la
terre,
le
mouvement
de
la
lune
fe
fléchit
beaucoup
plus,
&
fa
direion
tend
à
devenir
plutôt
perpendiculaire
au
rayon
vecteur
;
&
par
conféquent
à
faire
rétrograder
Tapogée.
Maïs
parce
que
la
dimmu-.
tion
de
Ia
gravité
de
la
June
vers
a
terre
dans
les
fyzygies
eft
plus
con-
fidérable
que
fon
augmentation
dans
les
quadratures
,
comme
le
démon-
trent
les
.Aftronomes
,
le
mouve-
ment
de
l'apogée
vers
Porient
ef
plus
grand
que
fa
rétrogradation
vers
occident.
C’eft
pourquoi
la
ligne
des
abfides
parcourt
lorbite
lunaire
d'occident
en
orient,
en
occupant
tantôt
les
fyzygies,
tantôt
les
qua-
dratures
(x).
(x)
La
plupart
des
leéteurs
qui
entendent
un
peu
les
Mathématiques,
feront
bien
aifes
de
trouver
ici
une
théorie
plusdéveloppée
des
mouvemens
dela
lune
;
les
autres
peuvent
pafler
cette
note,
Soit
fuppofé
le
foleil
en
S
3
$io
Système
Du
Monps.
Les
Aflronomes
ont
remarqué
que
l'excenrricité
de
l'orbite
lunaire
eft
la
plus
petite
poffible
lorfque
la
ligne
des
ablides
fe
1rouve
dans
les
quadratures
,
(fige
40),
Ja
terre
en
T,
la
lune
en
L,
dans
une
orbite
H
F
K
E,
fuppofce
circu-
laire,
foit
HTK,
uné
portion
de
l'orbite
terreftre
fuppofée
aufi
circulaire
,
ayant
me-
né
les
autres
lignes
que
repréfente
fa
figures
&
confidérant
F
K
comme
un
rayon
de
l’or-
bite
lunaire
,
au
centre
de
laquelle
eft
placée
la
terre
T',-la
ligne
S
K
,
perpendiculaire
à
l’arc
ou
à
la
ligne
TK,
pent
être
regardée
comme
uñe
tangente
de
l'orbite
lunaire,
dont
SD
eft
une
fécante
;
ainf,
felon
ce
que
nous
avons
dit
dans
la
troifieme
édition
de
nos
Inflitutions
Mathématiques,
(
Géomt-
trie
n°
47
),
l'on
aura
la
proportion
SL:
SK—ST::
ST
:S
D.
Suppofons
main
tenant
que
l’on
ait
ceîte
autre
proportion
ST:SD::SD:SB,
l'on
aura
cette
progreflion
=
SL:
ST
:S
D:SB,
ou
en
renverfant,
=
S
B:
SD
:ST:SL;donc
felon
ce
que
nous
avons
dit
dans
la
troifiemé
édition
de
nos
Inflitutions
Mathématiques,
(calcul
n°80,
)
l'on
aura
S
B:ST::
(SB)°:(SD
)?;
mais,
felon
ce
que
nous
avons
dit
dans
l'ouvrage
cité
(
calctl
n°79,
)lona(SB)?:
(SD)::(ST}:
(SL)?
;
donc
S
B:
ST
comme
(S
T)’:
(SL)?
Mais
parce
que
la
vitefle
avec
laquelle
Ta
lune
rend
vers
le
foleil,
eft
à
celle
avec
laquelle
Ja:
terre
tend
vers
le
même
aftre,
comme
le
quarré
de
la
diffance
Sysrème
pu
Monpe.
Srf
&
la
plus
grande
poffible
,
lorfqu'elle
occupe
les.
fyzygies
;
cet
effet
dépend
de
lation
du
foleil,
qui,
en
aug-
mentant
la
gravité
de
la
lune
vers
la
S
T
du
foleil
à
la
terre
;
au
quarré
de
la
diffance
S
L
de
la
lune
au
foleil,
on
pourra
exprimer
la
tendance
de
la
terre
vers
le
foleil
par
S
T,
en
exprimant
celle
de
la
June
vers
le
même
aftre,.
pat
.S
B.
Cela
pofé
,
menons
B
4,
parallele
à
L
T,
la.
force
S
B
de
la
lune
fe
décompofera
en
deux
autres
forces,
c’eft-à-dire
en
B
À
&BP—AS,
&la
force
4
S—
BP
peur
être
confidérée
comme
compofée
de
deux
parties
B
x
&
P'x,
ou
AT
&
TS.
On
peut
donc
confidérer
dans
la
lune
trois
dif-
férentes.
forces
;
favoir
,
BA,
AT,
TS;
on
met
À
T
&
T
S:à
la
place
de
B:+
&
x
P,
parce
que
la
direétion
de
ces
der
nieres
forces
étant
parallele
à
celle’
de
leurs
égales,
il
en
doit
réfulter
le
même
effet.
La
force
TS,
parallele
&
égale
À
celle
qui
poufle
le
centre
dé
la
terre
vers
le
foleils
ne
trouble
point
le
mouvement
de
4
lune
autour
de
notre
globe
:
il
nous
refte-done
à
examingr
les
effets
de*
deux
forces
B
4
&
A
T3;
mais
pour
ne
pas.
embraffer
trop
de
difficulrés
,
nous
confidérerons
d’abord
Porbite
lunaire,
comme
ayant
à
pew
près
une
figure
circulaire,
dont
le
centre
feroït
occupé
par
celui
de
fa
terre.
La
droite
$
L
fera
plus
petite
ou
plus
grande
que
S
T',
felon
que
lalune
fe
trouvera
au
deffous
où
au
@eflus
de
—.
HS
K
;
par
4
S18
Système
pu
Monspr.
lexcentricité,
puifque
le
double
de
Pexcentricité,
c’efl-à-dire,
la
diflance
des
deux
foyers,
eft
égale.
à
Ja
diffé-
|
Xence
qu’il
y
a
entre
la
grande
&
la
nn
entrer
me
emmener
mener
amet
lunaire
,
éloignés
chacun
de
$4
degrés
44
minutes
de
la
fyzygie
,
dans
lefquels
la
force
du
foleil
fur
la
june
ne
trouble
point
la
Bravité
de
cette
planete
fur
la
terre;
mais
parce
que
la
lune,
dans
toute
{à
révolurion,
€
tantôt
pouflée
vers
la
terre
;
tantôt
Cloi=
gnée
de
notre
globe,
la
force
qui
tend-à
l'éloigner
prévaut
en
général
fur
la
pre-
micre,
{oit
parce
qu’elle
eft
dans
les
fy-
zygies
double
de
la
feconde
dans
les
qua-
dratures
,
foit
parce
qu’elle
agit
par
un
plus
grand
arc;
en
effet,
la
force
qui
tend
à
rapprocher
la
lune
de
la
têtre
,
n'agit
de
part
&
d'autre
de
Ja
quadrature
>
que
par
uf
arc
de
35
degrés
16
minutes
;
tandis
que
l'autre
force
agit
par
un
arc
de
çA
degrés
44
minutes,
de
part
&
d'autre
des
[yzygiese
Puifque
TL:
LC::LC:
LI
la
premiere
force
fera
à
la
feconde
partie
de
la
feconde
,
comme
LT:
;
ETS
3
(L
C)*,
c'efti-dire
comime
le
quarré
du
rayon
au
triple
quarré
du
finus
de
la
diffance
à
la
quadrature,
ou
du
co-finus
de
la
diftance
à
la
fyzygie.
Maïs
fi
l’on
compare
la
feconde
or:
ee
avec
fes
deux
parties,
(fig.
41,n°r&2,)
comme
les
lignes
LC,
CT,
Î
L
font
entr'elles
parce
que
les
lignes
LT,
LC,
CT,
les
forces
repréfentées
par
les
trois
premieres
lignes
,
feront
entr'elles
comme
le
rayon
,
le
finus
&le
co-finus
de
la
diflance
à
la
quadrature
»
SYSTÈME
DU
MonuDe.
5çIg
petite
abfde,
Suppofons,
par
exem-
ple,
que
dans
la
baffe
abfide,
abftrac-
tion
faite
de
Padion
du
foleïl,
la
lune
tend
vers
la
terre
avec
une
force
ou
comme
le
rayon,
le
co-finus
&
le
finus
de
la
diffance
à
la
fyzygie
;
&
en
regar-
dant
l'orbite
lunaire
comme
circulaire,
la
-
feconde
force
C
L
fera
comme
le
finus
de
la
diffance
à
la
quadrature,
où
comme
le
co-
finus
de
là
diftance
à
fa
fyzygie
;
&
parce
que
ce
finus
s’évanouit
dans
les
quadratures,
la
feconde
force
fera
nulle
dans
les
quadratures
;
delà
elle
croïtra
continuellement
jufqu’à
la
-fyzygie
,
où
elle
devient
égale
au
rayon
;
&
dans
ce
point,
la
premiere
force
eft
à
la
féconde
comme
le
rayon
au
triple
du
rayon,
c'eft-à-dire
comme
1
:
3.
Et
comme
dans
le
même
eas
l’on
a
CI
X
LT=LCxCT,
à
caufe
de
F
L:conf-
tante
,
&
que
C
left
le
finus,
foit
de
l’are
LC,
foit
de
l'arc
CT
(fe.
41,
n°3},
la
premiere
partie
de
la
feconde
force
,
qui
altere
la
vitefle
tangentielle,
fera
proportionnelle
au
produit
du
finus
&
du
co-finus
de
la
diftance
à
la
fyzygie
ou
à
la
quadrature
;
elle
fera
auf
comme
le
finus
de
la
même
double
diftance
à
la
quadrature,
&
par
conféquent
elle
s’évañouira
dans
les
quadratures
:
delà
,
elle
croîtra
con-
tinuellement
jufqu’à
ce
que
cette
double
dif-
tance
devienne
un
quart
de
cercle,
ou
juf-
qu’à
ce
que
cette
diffance
devienne
un
odfant
s
enfuite
elle
décroitra
jufqu'à
ce
que
cette
double
diffance
devienne
un
demi-cercle
;
ou
jufqu'à
ce
que
cette
diffance
devienne
20
Sysréme
pu
Monpr.
comme
16,
&
avec
une
force
com:
me
4
dans
Ja
haute
abfide
;
il
ef
vif
ble
que
[a
feconde
force
fera
le
quart
dela
premiere.
Suppofons
maintenant
Donne
eee
un
quart
de
cercle
;
car
alors
elle
s’évanouira,
C’eft
pourquoi
cette
force
eft
nulle
dans
les
fyzygies
&
les
quadratures,
&
la
plus
grande
-
dans
les
o@ans
:
l’altération
de
la
vitefle
de
la
lune
dans
fon
orbite
qui
réfultede
l’adion
de
cette
force
,
s'appelle
14
variation.
La
viteffe
de
la
lune
dans
les
quadratures,
eft
plus
petite
à
caufe
de
l'adion
de
la
pre-
miere
partie
de
la
deuxieme
force
qui,
dat
le
premier
&
le
troifieme
quart
de
l’orbite,
diminue
la
vitefle
angulaire;
elle
eft
plus
grande
dans
les
fyzygies,
À
caufe
de
fn
aétion
contraire
dans
le
fecond
&
le
quatrieme
quart
de
lorbite,
Mais
parce
que-la
force
qui
poufle
la
lune
vers
la
terre
dans
ls
quadratures
,
eft
plus
grande
que
dans
les
fj-
zÿgies,
cette
planete,
en
allant
aux
quads
tures
,
s'éloigne
plus
qu’elle
n’auroit
fait
fans
laétion
de
ces
forces
perturbatrices,
&
s’ap-
proche
plus
de
la
terre
forfqu’elle
revient
aux
1yzygies
:
de
maniere
qu'en
fuppofant
que
l'orbite
de
la
lune
eut
dû
être
circulaire,
en
ayant
égard
feulement
à
la
premiere
force
de
projeétion,
elle
auroit
éré
changée
ef
une
figure
ovale,
dont
le
grand
axe.
palle
par
les
quadratures
;
car
l’orbite
doit
deveni
plus
courbe
1à
où
la
farce
qui
poufié
la
lune
vers
la
terre
eft
plus
grande,
&
la
viteffe
de
la
planete
plus
petite;
puifque
plus
da
lune
avance
lentement
,
plus
cette
force
Sysrème
pu
MONDE.
$21
que
lation
du
foleil
diminue
d’une
quantité
à
peu
près
égale,
de
2,
par
exemple
,
la
gravité
de
Ia
lune
fur
la
terre,
foit
dans
[a
conjonction,
agit
efficacement
pour
courber
davantage
fon
.
orbite.
Réfumons
;
il
y
a
une
force
qui
aupmente
la
pefanteur
de
la
lune
vers
la
terre,
&
cette
force
eft
exprimée
par
le
rayon
de
l'orbite
lunaire.
Il
y
a
une
une
autre
force
qui,
dans
les
fyzygies,
efl
repréfentée
par
Je
triple
du
rayon,
&
elle
tend
à
éloigner
la
lune
de
la
terre
avec
une
force
comme
3
,
en
exprimant
par
1
la
force
dont
nous
ve-
nons
de
parler
;
maïs
cette
feconde
force
eft
nulle
dans
les
quadratures
:
ainfi,
la
force
qui
poule
la
June
vers
la
rerre
dans
les
quadra-
tures,
eft
la
moitié
de
celle
qui
tend
à
l’en
éloigner
dans
les
fyzygies.
Cette
feconde
force,
dans
les
autres
points,
peut
fe
décom-
pofer
en
deux
parties,
dont
la
premiere
al-
tere
la
vitefle
de
la
lune
dans
fon
orbites
la
retarde
en
allant
de
la
fyzygie
à
la
qua-
drature
,
&
l’accélere
en
allant
de
la
qua-
drature
à
la
fyzygie;
&
les
degrés
d’accé-
lération
ou
de
retardement
,
croiflent
jufques
aux
oétans,
puis
décroiflent
:
c’elt
la
varia-
tion
de
la
lune.
La
feconde
partie
de
la
feconde
force
diminue
la
gravité
de
la
lune
vers
la
terre,
&
elle
eft
exprimée
par
les
&
moitiés
du
finus
verfe
du
double
de
la
diftance
À
la
quadrature
;
&
comme
cette
force
agit
en
fens
contraire
de
la
premiere
,
&
qu’elle
lui
\
$22
SYSTÈME
pu
Mowvr:
foit
dans
loppoñtion
:
il
reflera
14
d’un
côté
&
2
de
l’autre
;
de
manie-
.
re
que
la
tendance
de
la
lue
vers
la
terre
fera
maintenant
7
fois
plus
grande
dans
la
conjondion
que
dans
Poppoñition
;
c’eft
pourquoi
la
différence
des
diffances
de
la
terre
à
la
lune
dans
Ia
conjondtion
&
lop-
pofition,
fera
maintenant
plus
con:
fidérable
qu'elle
ne
lauroit
été
fans
Padion
du
foleil,
Confidérons
la
June
au
point
Bde
fon
orbite
{
fe.
>
9),
quieft
inclinée
au
plan
de
lécliprique
d'environ
$
degrés
9
minutes;
il
eftvifible
que
le
parellogramme
B
R
DFne
peut
pas
être
couché
fur
le
plan
de
Péchip:
tique,
dans
lequel
fe
trouve
la
terre,
le
foleil,
&
la
Tgne
D
R,
enforte
que
la
ligne
B
R
qui
va
de
la
lune
au
plan
de
Pécliptique,
doit
fe
de
compofer
en
deux,
lune
perpendr
Culaïre
au
plan
de
l'écliptique,
&
l’autre
couchée
fur
celui
de
l'orbite
2
eft
égale
à
;
3
degrés
16
minutes
de
la
quas
drature
,
il
y
a
quatre
points
dans
l'or
bite
lunaire,
dans
lefquels
la
rendance
de
la
lune
vers
la
tetre
n'eft
pas
altéree
pat
Vadion
du
foleils
j
SysTèmE
DU
MoNDE.
523
lunaire
;
cette
derniere
force
aug-.
mentera
ou
diminuera
la
vîtefle
de
la
lune
dans
fon
orbite,
felon
Ia
fitua-
tion
de
cette
planete,
felon
la
direc-
tion
de
fon
mouvement
par
rap=
port
aux
quadratures
&
aux
fyzygies,
de
la
maniere
que
nous
Pavons
ex-
pliqué
ci-deffus
,
en
fuppofant
la
fofce
B
R
dans
le
plan
de
l'orbite
lunaïre,
Voyons
maintenant
ce
que
doit
produire
la
force
perpendiculaire
qu
plan
de
lécliptique,
force
qui
eft
peu
confidérable
,
relativement
à
celle
qui
agit
dans
le
plan
de
Porbite
de
a
lune.
Suppofonsla
lune
en
B
(fig.
42),
entre
la
conjondtion
&
le
premier
quartier,
&
décompofons
la
force
BR,
dont
nous
avons
déjà
parlé,
dans
les
2
forces
BN
,BM,
la
premiere
dans
le
plan
de
orbite
lunaïre,
&
qui
pro-
duira
les
‘effets
dont
nous
avons
par-
lé
ci-devant
,
[a
feconde
perpendicu-
laire
au
plan
de
lécliptique
h
P
D
L.
nous
VPappellerons
Iaf
orce
déitur-
batrice.
Son
effet
eft
de
donner
à
a
lune
une
teñdance
continuelle
vers
le
plan
de
Pécliptique,
dont
elle
tend
à
[a
rapprocher;
de
maniere
que
l
lune
qui
n’auroit
rencontré
Ie
plan
524
SYSTÈME
pu
Monpr*
de
Vécliptique
qu’en
P.
le
rencons
tréra
en
D.
Aïnfi
le
nœud
P
rétro
Sgradera
en
D,
De
plus
le
nouvean
Plan
de
lorbite
lunaire
fera
un
angle
8
D
Mplus
grand
que
Pangle
BP
D;
aïnfi
Pinclinaifon
de
l'orbite
lunaire
aura
augmenté.
Quand
la
[une
pal-
fera
de
loppoñition
à
la
quadrature,
la
force
déturbatrice
La
pouffera
de
même
vers
le
plan
de
Pécliptique,
&
le
lui
fera
rencontrer
plutôt;
ainf,
le
nœud
ira
pour
ainfi
dire
au
devant
de
Ia
lune,
&
rétrogradera
d’orient
€n
Occident.
Lorfque
la
lune
fera
en
f
entre
le
fecond
quartier
&
la
conjondion
,
la
force
déturbatrice
la
Poufléra
dans
une
diredion
f
b
per-
pendiculaire
au
plan
de
Pécliptique,
diminuera
la
diflance
entre
le
plan
de
Porbite
lunaire
&
celui
de
l’éclip-
tique
;
de
maniere
que
Ia
lune
pa-
Toftra
venir
d’un
nœud
4
,
plus
éloi-
gné
de
f
que
le
nœud
L.
Ainf
le
nœud
paroïtra
avoir
rétrogradé,
En
général
dans
le
pallage
d’une
fyzyaie
à
la
quadrature
fuivante,
le
nœud
de
Ta
lune
ya
en
rétrogradant
,
&
Pincli-
naïfon
de
l'orbite
en
augmentant
:
mais
dans
Ie
paflage
de
Ia
quadrature
4
la
fjrygie
fuivante,
le
nœud
de
la
=
SYSTÈME
DU
MONDE.
525$
lune
va
en
rétrogradant,
&’
l'incli-
maifon
de
l'orbite
en
diminuanr.
La
force
déturbatrice
ctant
nulle,
lorf-
que
la
lune
fe
trouve
fans
latitude,
c'eft-à-dire
,
dans
le
plan
de
léclip-
tique
;
&
lorfqu’elle
fe
trouve
dans
les
quadratures,
parce
que
dans
le
premier
cas,
la
force
B
R
(
fg,
39),
fe
trouve
dans
le
plan
de
léclipt
que
;
&
que
dans
le
fecond
cas,
la
ligne
BR,
quirepréfente
cette
force,
étant
couchée
fur
Ia
ligne
FB,
ou
E
P
parallele
à
Ia
ligne
S
T',
fe
trou-
ve
parallele
au
plan
de
lécliprique.
Aïnf
la
tendance
de
la
lune
vers
le
plan
de
Pécliptique
eft
alors
nulle
{1}.
(1)
Voici
à
peu
près
comme
M,
de
Ia
Caille
traite
cette
matiere
;
mais
ceux.quine
favent
pasles
Mathématiques,
peuvent
pafler
cette
note.
Suppofons
que
le
cercle
O
DL
(
figure
42
p.)
repréfente
l'orbite
lunaire,
-
le
cercle
D
M
N
le
plan
de
l’éclipti-
que
,
&
L
M
une
perpendiculaire
menée
fur
le
plan
de
l’orbite
lunaire
,
cette
force
peut
être
regardee
ici
comme
égale
à
la
force
BM(
fig.
42).
Soit
R
(
fig.
42
p.)
une
des
quadratures,
T
À
la
force
que
nous
ayons
défignée
par
le
triple
finus
de
la
diftance
de
ke
lune
à
la
quadrature
,
elle
fexa
ici
==
3
fine
526
Sysrime
pu
MonwpE,
On
comprend
par
ce
que
now.
venons
de
dire,
que
l’adion
du
Ho.
£TR
:
menonsL
4
&
du
point
A
la
ligne
4P
perpendiculaire
fur
la
ligne
TP
des
nœuds,
&
du
point
P
la
perpendiculaire
PV
far
même
ligne,
W
À
étant
fuppofée
perpendicus
laire
{ur
l'écliptique
,
&
faifant
W
4-1
M:
mais
parce
que
quand
Ja
lune
fe
trouve
dans
!
les
nœuds,
elle
fe
trouve
auf
dans
le
plan
de
l'écliprique,
la
force
déturbatrice
L
Mel
nulle
&lona
L
WC
pofé,
en
défignant
le
finus
de
Pangle
Y
P
Aparp,
le
rayon
par
r,
le
finus
de
l'angle
LTR
pars,
celuidel’an
gle
ATP
part,
nous
avons
premie-
rément
le
rayon
TR
ou
T'L:TA::r:3fn
LTR—=3x%x;
fecondement
Je
triange
TAP
donne
TA
:AP::r:fn.
A4
TP=t;
ur
‘Semement
le
triangle
}
P
À
donne
AP:
AV
;:rsfûn
APV
Ep.
Multipliant
ces
Proportions
terme
à
terme
,
&
divifant
enfüite
Les
terines
des
2
premieres
raifons
par
TA.
AP,
on
aura
TL:LM::7rt:
3x1p;
ai)
laugmentation
de
la
force
centrale
dans
Les
Quadratures
,
eft
à
la
force
déturbatrice,
Somme
le
cube
du
rayon
eft
au
triple
du
produit
du
finus
de
la
diflance
de
la
lune
à
la
quadrature
,
par
le
finus
de
la
diflans
ce
du
nœud
à
la
fyzygie
(
placée
dans
la
ligne
4
O
)
,
par
le
finus
de
Pinclinailon
de
l'orbite
Junaire
fur
le
plan
de
l’écliptiques
D'où
1
fuit,
premierement
que
la:
forct
déturbatrice
eff
nulle
dans
trois
cas;
favoirs
quand
la
lune
eft
en
quadrature,
quand
la
latitude
de
La
lune
eft
nulle,
&
quand
A
&
SYSTÈME
DU
MONDE.
27
Jeil
fur
la
lune,
&
fur
les
fatellites
‘de
Jupiter
&
de
Saturne,
doit
dé-
ranger
Je
mouvement
de
ces
aftres
ligne
des
nœuds
concourt
avec
celle
des
fyzygies;
car
dans
chacun
de
ces
trois
cas,
un
des
finus
étant
nul
,
le
produit
total
eft
nul.
En
fecond
lieu”,
que
cette
force
eff
Ja,
plus
grande
pofible
quand
la
lune
étant
dans
les
fyzygies
,
elle
eft-en
même
temps
dans
fes
limites
,
c’efl-à
dire
,
la
plus
éloignée
qu'il
eft
poflible
du
plan
de
l’écliptique
5
puilqu'alors
les
trois
finus
font
les
plus
grands.
En
troifieme
lieu,
qu’en
général
cette
force
ef
d'autant
plus
grande,
que
la
lune
ef
plus
près
de
la
fyzygie,
ayant
une
plus
grande
latitude.
Telles
font
les
conclufons
de
M.
de
la
Caille
:
«
mais
fa
métode
,
dit
un
Géo-
Meire,
ne
paroît
pas
exacte
;
car
en
fuppofant
A
P&
PP
pérpendiculaires
für
TP
,
l'angle
V
A
P
que
fait
le
plan
de
l'orbite
lunaire
«
ayec
celui
de
lécliptique,
(voyez
nos
Infti-
tutions
Géo,
n°
55
),
ne
dépend
pas
de
la
grandeur
de
L
M=
V
À,
mais
du
rapport
de
AP
à
AV,
Maïs
ileft
clair
qu’en
fuppofant
L
M
perpendiculaire
au
plan
de
l’éclipti-
que,
&
égale
à
WA,
ce
quieft
ici
permis,
cetteligne,
(à
laquelle
la
force
déturbatrice
£f
proportionnelle
,
)
fera
le
finus
de
l'angle
MTL
ou
de
la
latitude
de
la
lune
;
ce
qu’on
comprendra
aifément
,
en
fuppofant
un
cercle
de
Ja
latitude
qui
pafle
par
le
point
L,
dont
le
centre
foit
en
T',
&
dont
le
plan
foit
perpene
diculaire
à
celui
de
Pécliprique
:
ainf,
l’on
Soit
dire
que
l'augmentation
de
la
force
cen-
534
SYSTÈME
DU
-Monpe,
rétrogradation
des
nœuds
de:la
lune;
€ft
d’autant
plus
grande
que
les
plans
|
PCL;P
Dh
L.font
plus
écartés,
:
Auf.
lon:
a
remarqué
que
la,
prér
ceflion
des
:équinoxes
varie
‘pendant
une
période.
d’environ:19:
ans
,1de
maniere
qu’elle
eft
la
plus
grande;
&
felon
les
obfervations
de
Bradley,
d'environ
.f8.
fecondes
en:
un
an,
lôrfque
le
nœud
afcendant
de,
lauc
ne
arrive
au.premier
point
du
belier;
elle
eft
la
plus
petite,
&
d'environ
43
fecondes
par
an,
lorfque
le
nœud
afcendant
de
la
lune
atteint
le
pre-
mier
point
de
Ja
balance.
Enfin
elle
eft
moyenne.
.&
d'environ.
50
À
fecondes
par
an,
lorfque
les
nœuds
de
la
lune
font
dans
le
colure
des
folftices.
HeCSD
ent
à
co
La
lenteur
du
mouvement
rétro
grade
des
points
équinoxiaux
,
vient
de
plufieurs
caufes.
1°,
De
la
promp-
titude
du.mouvement
périodique
de
Péquateurterreñtre.
qui
ne
donne
pas
le
temps
à
la
caufe
efficiente
de
produire
un
effet
confidérable,
24
Du
peu
d’élévation
de
l'anneau
ter-
reflre
,
dont:
l’épaifleur
diminue
à
Proportion
qu'il
s'éloigne
de
léque-
SYSTÈME
py
MoNDÉ
ÿ3F
teur,
formant
ainfr
une
efpece
dé
couche
plutôt
qu'un
véritable
an-
neau.
Ajoutons
encore,
que.
cet
an-
neaui
ne
peut
{é
mouvoir
qu'en
en-
trainant
le
globe
:terreftre,
ce
qui
doit
diminuer
fa
vitefle..
:
La
rétrogradation
des
points
équi-
noxiaux,
dont
la
révolution
eft
dé
25740
ans,
donne
aux
étoïles
unmou-
vement
apparent
oppolé,
ou
d’oc-
cident
en-orient
;
par
lequel
elles
_
paroifflent
avancer
felon
l'ordre
des
fignes-dans
des
cercles
paralleles
à
’écliptique
,
&
faire
un
révolution
“dans
l’efpace
de
25740
ans.
En
effer,
les
points
équinoxiaux
ne
peuvent
parcourir
fucceflivement
la
cirecon-
fétence
de.
l’écliptique
;
fans
que
l'axe
de
l'équateur
fe
meuve
autour
de
celui
de
Pécliptique
,
&
par
con-
féquent,
fans
que
les
étoiles
ne
pa-
roiflent
aller
en
fens
oppofé,
à
un
obfervateur
qui
fe
-croit
immobile
fur
la
terre;
maïs
parce
que
les
ob-
fervations
des
étoiles
ont
fait
voir
qu'à
chaque
révolution
du
nœud
de
das
lune
,
inclinaifon
du
plan
de
Véquateur
varie
à
l'égard
de
celui
de
l’écliptique
;
il
eft
clair
que
les.
Z
4
|
536
Svsriwe
puy
Monpr.
poles
de
l'équateur
ne
décrivent
pas
un
cercle
exad
autour
de
ceux
de
lécliptique,
mais
ure
courbe,
dont
1
nef
pas
aifé
de
déterminer
la
na
ture,
D’autre
côté,
l'on
prétend
que
Pobliquité
de
Pécliptique
va
main.
Ténant
en
diminuant
d’environ
46
fecondes
par
fiecle
;
maïs
parce
que
les
hauteurs
du
pole
paroïffent
être
Invariables
far
Ia
terre,
on
dit
que
c’eft
le
pole
de
Pécliptique
qui
ferap-
proche
de
celui
de
l'équateur,
Auref-
te,
cette
théorie
eft
fort.
incertaine.
38.,Les:
étoïles
ont
encore
ui
7
ouvement
apparent
qui
dépend
de
la
lumiere,
qui
met,
(
comme
nous
Vavons
déjà
dir
);
environ
8
minu:
tes
à
venir
du
foleïl
à
nous
,
c’eft-à-
dire,
à
Parcourir
plus
de
34000000
de
lieues.
If
eft
certain
;
par
les
prin-
cipes
de
Poptique,
que
Îa
préfence
des
objets
ne
fe
manifeftant
à
nous
que
par
limpreflion
que
Ies
rayons
de
lumiere
qui
en
viennent
font
dans
notre
œil
nous
ne
jugeons
de
Ja
figure
&
de
Ja
pofition
de
ces
objets
que
par
cette
impreffion
;
de
maniere
que
nous
les
croyons
placés
dans
la
ligne
droite,
fuivant
laquelle
cette
C4
SYSTÈME
DU
MoNnr.
s27
impreflion
fe
fait
dans
notre
rétine;
où
ce
qui
revient
au
même,
nous
les
jugeons
fitués
à
l'extrémité
de
la
droite
,
felon
laquelle
fe
fait
la
féadion
des
fibres
de
notre
rctine,
SI
la
vitelle
de
Ia
lumiere
a
un
rap-
port
fini
avec
celle
de
la
terre
;
limpreffion
du
rayon
lumineux
qui
vient
d'une
étoile,
ne
fe
fat
fen-
Ur
ni
dans
la!
direction
du
rayon,
nf
dans
celle
de
Ia
terre
;
mais
fembla-
ble
à
limpreffion
d’un
coup
donné
fur
un
corps
mobile,
elle
fe
fera
fentir
dans
la
diredion
de
la
diago-.
nale
d'un
parallelogramme
formé
fur
les
dire@ions
du
rayon,
&
de
latar
gente
à
Porbite
de
la
terre
,
au
point
où
elle
fe
trouve
au
moment
que
le
rayon
arrive
;
car
cette
tangente
eft
évidemment
Ja
direction
du
mouve-
ment
actuel
dé
Ia
terre;
maïs
les
Cotés
de
ce
parallelogramme
doivent
être
dans
les
rapports
des
vitefles
de
la
fumiere
&
de
la
terre.
Ainfi*le
lieu
apparent
de
cette
étoile
doit
être
au
point
du
ciel
où
cette
dia-
gonale
paroît
aboutir.
Suppofons
que
TL
Q
(
fg.
43
},
repréfente
Pécliptique
célefte,
P
fon
pole,
S
Z
ÿ
538
SYSTÈME
pu
Monpr.
fon
centre
où
le
foleil
eft
firué:
{
Nous
confidérons
ici
lécliptique
comme
circulaire
),.F
D
C
Por-
bite
de
la
terre,
E
une
étoïle,
Pre:
nons
fur
la
tangente
C
c
de
l'orbite
terreftre
une
ligne
C
o,
qui
Loità
Ia
longueur
de
la
ligne
€
B,
mence
du
point
C
à
l'étoile,
comme
13
vitefflede
la
terre
dans
fon
orbite
elt
à
celle
de
[a
lumiere
;
le
rayon
lumi:
neux
E
C
,
qui
part
de
Pétoile,
af
fectera
l'œil
de
lobfervateur
placé
en
C,
de
maniere
qu’il
paroîtra
avoir
la
dire&ion
x
C,
&
lobfervateur
verra
l’étoile
en
x.
En
effet,
felon
ce
que
nous
yenons
de
dire;,
11
obfervateur
placé
en
C,
doit
rap-
pote
limpreffion
qui
eft
faite
dans
on
œil,
dans
la
diredion
€
4
du
parallelogramme
B
4
0
C,
ou
à
lex
trémité
x
de
la
diagenale
du
para
lelogramme
E
x
c
C,
dont
le
côté
C
c
eft
au
côté
€
E,
comme
fa
yitelle
de
la
terre
au
point
C,
eftà
celle
de
Ia
lumiere
qui
vient
de
Tétoile.
On
peut
fuppofer
que
le
parallelogramme
E
C
c
x,
que
nous
appellerons
le
parallelogramme
d’aber-
ration
;
tourne
avec
la
tangente
C6
_Sysrème
ou
Mowpr,
s30
autour
de
[a
ligne
S
E,
qui
va
du
foleil
à
Pétoile;
&
felon
que
cette
droite
eft
plus
ou
moins
inclinée
au
plan
de
Pécliptique
,
l'orbite
optique
décrite
annuellement
par
l'étoile,
doit
étreplus
ou
moinsétroite
;
car
la
projeion
orthographique
de
cette
orbite
au
fond
du:ciel
‘doit
être
diffé-
rente"
felon
que
les
lignes
tirées
de
Vorbite
de
la
terre
à
lorbite
de
Pétoile,
dont
le
plan
eft
toujours
parallele
à
Pécliptique,
font
plus
ou
moins
inclinées
à
cette
orbite;
ce
qui
eft
conforme
aux
obfervations,
&
ce
qui
eft
en
même
temps
une
nouvelle
preuve
du
mouvement
de
la
terre
autour
du
foleil.’
39.
L’aftre
du
jourétant
attiré
parles
planetes
qui
lattirent,
doit
fe
dépla:
cer
ur
peu;
mais
parce
que
fa
mañlé
€ft
très-confidérable
,
relativement
à
celles
des
planetes,
qui
d’ailleurs
ne
fe
trouvant
pas
toutes
du
même
cô-
té,
Pattirent
en
différens
fens,
fon
Mouvement
doit
être
peu
confidéra-
Ple,
&
l’orbite
qu'il
décrit
très
-pe-
tite
;
maïs
cet
aftre
tourne
fur
lui-mê-
me
d’occident
enorient,
dans
l’efpace
de25
jours
14heures8
minutes;
&
»
540
SysTimMe
Du
MONDE.
ie
plan
de
fon
équateur,
c’eft-à-dire;
du
cercle
qui
eft
par
-
tout
égale
ment
éloïgné
des
extrémités
de
fon
axe
de
rotation,
eft
incliné
à
Péclip:
tique
d'environ
7
degrés
36
minutes,
comme
On
Pa
reconnu
par
le
mot-
“vement
de
fes
taches
obfervées
ver
.
1611,
par
Scheïner,
Jean
Fabriciüs,
&
dont
Galilée
sattribuoit
a
pre
miere
découverte
(1).
Si
Pon
en
croit
CaMfini,
lon
à
vu
fur
le
folei
des
points
plus
brillans
que
le
refle
de
fa
furface,
&
ül
appelle
facules,
_
(1)
Il
eft
aifé
de
comprendre
,
que
f
la
direétion
de
la
force
impulfive
avec
laquelle
on
peut
concevoir
que
le
foleil
a
été
lancé
dans
Pefpace,
n’étoit
pas
perpendiculaire
à
fa
furface
|
maïs
pafloit
à
quelque
diftance
de
fon
centre,
il.en
a
dû
réfulter
un
mou-
vement
de
tranflation,
avec
un
mouvement
de
rotation
autour
d’un
axe
;
comme
le
dé:
montrent
les
Mathématiciens,
Nous
avons
fait
voir
dans
le
cinquieme
Volume
de
notre
Cours
Complet
de
Mathématiques,
que
f
Pimpulfon
primitive
a
été
appliquée
à
une
diflance
du
centre
de
la
terre,
égale
à
la
157€
partie
de
fon
rayon,
il
doit
en
avoir
réfulté
le
rapport
actuel
du
mouvement
diur-
ne
&
annuel.
Cette
diflance
,
relativement
au
centre
de
Jupiter,
doit
avoir
été
de
5
dc
{on
rayon,
SwsTÈME
DU
MONDE.
S4r
des
taches
légeres
&
foibles
que
lon
apperçoit
quelquefois
à
endroit
mé-
me
où
une
tache
a
difparu
;
or,
les
taches
font
des
parties
noires
qu’on
apperçoit
de
temps
en
temps
fur
le
foleïl,
&
qui
paroïffent
tourner
uui-
formément,
&
revenir
par
rapport
à
nous
au
même
point
du
difque
folaire
en
27
jours
12
heures
20
minutes,
quoique
la
véritable
rota-.
tion
du
foleïl
foit
de
25
jours
14
*
Heures
8
minutes
;
parce
que
lorfque
cet
aftre
a
fait
une
révolution
fur
Jui-même
,
&
qu'un
point
de
fon
équateur
qui
répondoit
à
une
étoile
au
commencement
de
fa
révolution,
eft
revenu
dans
fa
premiere
fitua-
tion
par-rapport
à
la
même
étoile,
il
ny
eft
pas
revenu
par
rapport
à
un
point
déterminé
de
la
terre,
qui
a
avancé
dans
l’écliptique
d'environ
2$
degrés
;
de
maniere
qu'il
faut
environ
2
jours
de
plus
pour
que
ie
même
point
de
léquateur
folaire
ré-
ponde
au
même
point
de
notre
glo-
be,
Les
ombres
font
des
nébulofités
blanchâtrés,
qui
environnent
tou-
jours
les
grandes
taches;
elles
pa-
roiffent
quelquefois
jaunätres
,
&
$42
SvstTême
pu
Monpr:.
quelquefois
elles
fe
trouvent
toutes
feules,
&
donnent
enfuite
naïflance
à
des
taches.
Hevelins
a
vu
en
1643,
une
de
ces
ombres
qui
occupoit
environ
le
tiers
du
diametre
du
{-
leil.
Les
Annales
deda
F
rance
impris
mées
à
Paris
en
1-88
,
aflurent
que
lan
807,
Mercure
parut
fur
Le
fo.
leil
comme
une
Petite
tache
notre,
qu'on
apperçut
en
France
pendant
8
jours
;
mais
parce
que
le
diametre
de
cette
planete
ne
peut
être
vu
que
fous
un
angle
de
12
fecondes,
29
ne
peut
pas
l'appercevoir
à
la
vue
fimple
;
ainfi
ce
ne
pouvoit
être
rien
autre
chofe
qu’une
tache,
Si
lonen
croit
Abulfaradoe,
lan
626,
Ia
moi.
tié
du
difque
du
foleil
fut
obfcurcie
depuis
Ie
mois
d'Oûobre
jufqu'au
mois
de
Juin;
ce-phénomene
,
eft
permis
de
le
croiré,
devoit
{on
Origine
à
quelques
taches
confdé
Tables
du
foleil.
Les
taches
n’ont
rien
de
régulier,
4
y
en
a
qui
dif:
paronffent
pendant
long-tenips,
&
réparoïflent
au
même
endroit,
Celle
qui
fut
obfervée
à
la
fin
de
1676;
dura
plus
de
70
jours,
&
parut
dans
chaque
révolution,
Depuis
169$
élites
ste
Sysrème
ou
MonDr.
543
jifqu'à
1700
lon
n’en
vit
aucune
;
mais
les
Volumes
de
Académie
des
Sciences
;
parlent
continuellement
de
celles
qu’on
a
apperçues
depuis
1700
jufqu'à
1710.
€
:
40.
Galilée
penfoit
que
les
taches
du
{oleil
font
une
efpece
de
fumée
,
de
nuage,
où
d’écume
qui
fe
forme
à
la
furface
de
cetaftre
,
&
quinage
fur
un
océan
de
matiere
fluide
&
fub-
ile.
M.
de
la
Hire
croyoit
que
fe
-
font
les
éminences
d’une
maffe
{o-
lide,
opaque,
qui
nage
dans
la
ma-
tiere
fluide
du
foleil,
&
s’y
plonge
quelquefoïs
en
entier.
On
explique
par-là
d'où
vient
que
l'on
voit
ces
taches
fous
tant
de
figures
difiéren-
tes,
pendant
qu'elles
paroiffent
,
&
pourquot,
après avoir
difparu
pendant
,
plufieurs
révolutions,
elles
reparoif-
”
foïent
de
nouveau
à
la
même
place
qu’elles
devroient
avoirs
f:
elles
euffent
continué
de
fe
montrer.
On
explique
par-là
les
facules,
&
cette
néhulofité
blanchâtre
dont
les
taches
{ont
toujours
environnées
,
&.
qui
font
les
parties
du
corps
folide
fur
lequel
il
ne
refte
plus
qu'une
très-
peute
couche
de
ce
fluide.
Cepen-
Le
S$0
SvsTÈME
pu
Mowpr:
nutes
de
la
lumiere
&
de
l'ombre,
On
y
remarqueroit
auffi
des
nuages
des
neiges,
qui
changeroïent
fr
face
apparente.
Les
<toiles
dont
on
obferve
les:
immerfions
,
paroiffent
fouvent
pendant
quelques
fecondes
|
être
entieremênt
fur
Le
difque
de
h
lune.
«
Il
eft
probable:
que
cette
ap:
parence
ell
occafionnée
par
lirradue
tion
,
ou
le
débordement
de
lumrere
de
la
lune;
tous
les
Corps
Îumineux
font
ainf.
bordés:,
-&
comme
tenté
par
la
Jumiere
qui
les
environne
»,
M.
du
Sejourpenfe
quePathmofphere
de
Ia
lune
produit
dans
la
lumiere
une
inflexion
de
4
+
fecondes
;
mais
il
n’eft
pas
encore
poffible
de
rien
prononcer
de
certain
fur.cette
matiere.
5
HS
A
Les
cometes
font
des
aftres
qui
ne
font
vifibles
que
pendant
une
partie
de
leur
révolution
;
leur
lumiere
elt
toujours
foible
&
douce
;
c’efture
lumiere
du
foleil
qu’elles
réfléchif
fent
vers
nous,
Elles
fe
meuvent
dans
des
orbites
elliptiques
trés
-
allongées
,
elles
ne
font
vifibles
que
quand
elles
font
vers
Le
périhélie
;
car
dans
l’aphe:
lie
élles
fonc
trop
éloignées
de
nous
Sysrème
pu
MonNDE.
5$5i
Elles
ont
des
retours
réglés
plus
ou
moims
longs
;
maïs
leur
mouvement
ne
fe
fait
point
dans
le
zodiaque,
comme
celui
des
planetes
;
car
ces
afttes
traverfent
l’efpace
en
toutes
fortes
de
fens
,
ts
fe
meuvent
du
nord
au
midi,
du
midi
au
nord,
occident
à
lorient,
ou
de
lorient
à
d'occident.
On
leur
remarque
fouvent
des
queues
qui
ont
coutume
d’être
très-brillantes
,
lorfque
les
cometes
font
parvenues
au
périhélie,
qu’elles
fe
font
enfoncées
dans
l’athofphere
folaire,
&
aw’elles
ont
été
échauffées
pat
[a
chaleur
du
foleïl;
alors
leur
noyau
paroît
petit
&
obfcur,
La
co-
,
mete
de
1680
avoit
au
mois
de
Deé-
cembre
une
queue
qui
occupoit
70
degrés
dans
le
ciel,
tandis
que
le
noyau
ne
paroifloit
pas
plus
grand
qu'une
étoile
de
Ia
feconde
gran-
deur,
ee
Les
planetes
n’ont
point
des
queues,
parce
que
le
changement
de
leur
dif
tance
au
foleil
n'eft
pas
aflez
confide-
rable.
Quand
une
comete
morte
du
périhélie
vers
fon
aphélie,
elle
fe
charge
de
plufieurs
particules
de
Pathmofphere
folaire,
Ces
parties
at-
#
$$2
SYSTÈME
pu
Monppr:
tirées
par
le
noyau
de
Ja
comete,
s’attachent
à
fon
athmofphere,
&lorl
que
cet
aflre
fe
trouve
vers
fon
aphélie,
ces
efpeces
de
vapeurs
per:
|
dent
peu
à
peu
leur
chaleur,
&
le
condenfent.
Suppofons
qu'une
comète
Cfe
meuve
dans
l'orbite
PCBÆDd
(fs.
44).
dontiebii
S
occupe
un
des
foyers
;
lorfque
cet
aflre
approchera
du
périhélie
P,
|.
pourra
être
vifible
pour
un
habitant
de
la
terre
,
dont
l'orbite
ef
repré-
fentée
par
le
cercle
F
M
T°,
1r2a
terre.fe
trouve
placée
vers
EF,
par
exemple
;
mais
ff
la
terre
fe
trouve!
placée
en
T,
&
que
Ja
comete
boit
trop
près
du
foleil,
la
vivacité
de
kB
lumiere
de
cet
aftre
empêchera
de
l'appercevoir.
Lorfque
la
comete
aprèsavoir
atteint
fon
périhélie,
fera
parvenue
en
€
,
un
obfervateur
placé
furlaterre
fituée
en
T,
pourra
lapper-
voir
facilement
;
maïs
lorfque
Ia
co-
mete
fera
remontée
vers
fon
aphélie,
&
qu'elle
fe
trouvera
au
point
B,
ou
même
plus
éloignée,
elle
difpa-
roitra
pour
les
babitans
de
la
terre;
parce
qu'un
corps
trop
éloigné
cefle
d'être
vifible,
Ainfi
nous
ne
pouvons
appercevoir
EE
RE
Sysrème
Du
Monpr.
ÿs3
appercevoir
de
nouveau
la
comete,
que
lorfqu’après
avoir
pañlé
par
fon
aphélie
À,
elle
fe
rapprochéra
de
{on
périhélie.
47.
Ï
y
a
des
Auteurs
qui
s’imagi-
hentqw'ilexifte
environ
300cometes.
«
Cette
affertion
finguliere
eft-fon-
dée
fur
Ie
raïfonnement
fuivant
:
Si
depuis
x$
ans
que
l’on
obfèrve
les
cometes
avec
plus
d'attention
,
l’on
en
a
découvert
jufqu'a
z$
,
il
eff
proba-
ble
que
Pon
en
doit
découvrir
une
cha-
que
année
;
&
comme
la
révolution
moyenne
des
cometes
dont
on
a
déterminé
les
périodes
,
ef
denviron
3
fiecles,
il
y
a
grande
apparence
que
le
nombre
des
cometes
eff
d'environ
300
».
L’on
fent
affez
combien
ïl
feroit
aïfé
de
fépondre
à
ce
raifonnement.
Le
plus
für
eft
de
nous
en
tenir
à
ce
que
nous
favons
de
certain,
fans
trop
chercher
à
pénétrer
des
fecrets
que
le
temps
feul
peut
dévoiler.
:
Lubienitz
comptoit
4r$
cometes
à
l'époque
de
1665.
IX
faut,
à
la
vérité
,
rabattre
un
peu
de
ce
cal-
cul;
car
l'Auteur
fupplée
quelque-
fois
au
filence
des
Hifloriens
;
&
comme
il
étoit
perfuadé
qu'il
n'y
Tome
IT,
*
Aa
554
SYSTÈME
DU
Monpes.
:
avoit
point
eu.
de
grands
défaflres
fans
cometes,
&
des
cometes
fans
grands
défafires
,
quand
ïl
voyoit
un
grand
malheur
fans,
cometes,
il
:
en
concluoit
que
Ia
comete
avoit
été
oubhée,
&
il
la
reftituoit.
Le
peuple
groffier
&.ïgnorant
penfe
encore
dans
ce
fiecle
de
lumiere,
que
les
cometes
annoncent
la
moït
des
Princes
,
la
guere,
la
peñte,
la
famine
;
les
gens
inflruits
méprifent
une
opinion
fi
abfurde,
Les
cometes
dont
l'apparition
a
.été
la
plus
lon-
gue,
font
celles
qui
ont
paru
pen-
dant
fx
mois.
La
premiere,
du
temps
de
Néron
;
la
feconde,
du
temps
de
Mahomet;
la
troifieme
,
en
1240;
lors
de
Pirruption
du
fameux
Tamer-
lan
;
&
de
nos
jours.
la
comete
de
1729.
La
comete
qu'on
vit
après
la
mort
de
Demetrius,
Roï
de
Sirie,
(
146.
ans.
avant
Jefus-Chrift
),
pa
roifloit
auM.
grofle
que
le
foleil.
Celle
qu'on
obferva
à
Ia
naïflance
de
Mithridate,
répandoit,
au.rapport
de-Juftin,
plus
de
lumiere
que
le
foleil
:
la
‘grandeur
apparente
de
la
comete
de
1006,
jettoit
autant
de
lumiere
que
le
quart
de
la
lune
pour:
roit
faire,
SYSTÈME
DU
MONDE.
5
Apollonius
le
Myndien
,
Hippo-
crate
de
Chio
,
Æfchile,
Diogene,
Democrite
,
&c.
penfoïent
que
les
cometes
font
des
aflres,
dont
les
ré-
volutions
font
conflantes:
Cependant
Ariflote
;
Ptolomée,
Tycho,
Bacon,
Galilée,
Hevelius,
Longomontanus
,
Kepler
»
Ricciolr,
les
regardoient
:
comme
dés
corps
nouvellement
for-
més
,
&
d'une
exiflence
pañlagere.
Mais
depuis
la
découverte
de
Pat-
trattion
,
on
efl
én
ctat
de
prédire
les
Tetours
des
cometes,
&
de
détermi-
ner,
du
moins
à
peu
près,
letemps
de
leurs
révolutions.
La
comete
qui
à
Part
en
1456,
à
reparu
en
IS.
1607,
1682
&
1759
;
enforte
que
fa
révolition
moyenne
elt
d’enyi-
ton
77
ans.
Îl
ne
faut
pas
croire
ce-
pendant
que
la
révolution.
d’une
co:
mete
foit
rigoureufement
conflante,
Êt
M:
Halle,
à
Poccafon
de
1.
Comete
de
1682,
dont
nous
Vénons
de
parler,
avoit
remarqué
que
le
temps
de
fà
révolution
pouvoit
être
altéré
par
lattradion
de
Jupiter;
&
€R
annonçant
fon
retour
pour
x
DE
O:
I
avoit
mis
une
refitidion
à
fon
annonce.
M,
Clairaut
ayant
repris
À
a
2
=-
Ys6
Système
Du
Monpr
cette
matiere,
eft
venu
à
bout,
pat
des
calculs
compliqués
,
dont
le
dé:
tail
feroït
déplacé
dans
cet
Ouvrage,
de
déterminer,
à
un
mois
près,
a
derniere
révolution
de
cette
co-
mete
(1).
La
comete
de
1532
pa:
roit
être
Îa
même
que
celle
de
1661;
on
fattend
pour
1789
ou
1790.
Celle
de
1264
&
de
1556,
elt
at-
tendue
pour
1848.
La
grande
co
mete
de
1680,
fuivant
M,
Halley,
devroit
reparoître
Pan
2254;
il
croit
que
c’eft
celle
qui
parut
du
temps
de
Céfar,
&
elle
auroit
paru
à
peu
près
dans
Île
temps
du
déluge.
Re
(1)
Ce
fameux
Mathématicien
trouva
que!
la
révolution
de
la
comete
devoit
être
de
611
jours,
plus
grande
que
celle
ide
1607
à
1682,
dont
roo
jours
pour
lation
de
5a-
turne
,
&
s11
pour
celle
de
Jupiter,
Suivant
fon
calcul
,
cet
aftre
devoit
pañler
par
fon
périhélie
au
milieu
d'Avril
;
dy
pafñlale
13.
Mars.
Peut-être
l'attra@ion
des
autres.
corps
céleftes
&
des
autres
cometes,
onf
influe
fur
le
temps
de
fa
révolution,
Il
ef
aïfé
de
comprendre,
par
ce
que
nous
avons
dit
ci=
deflus,
que
lation
d’une
planete
fur
une
comete
,
qui
pañle
dans
fon
voifinage
;
peut
changer
fon
orbite
,
la
dilater,
l’allonger»
&
même
ralentir
où
précipiter
fa
viteile
»
felon
les
différentes
fituations
où
ces
aftres
#
trouvent
l’un
par
rapport
à
l’autre
Sysréme
Du
Monné.
$57
Si
lon
ne
compte
que
pour
une
feule
&
même
comete
celles
des
années
1456,1531,1082
&1759,
ainf
que
cela
eft
démontré
;
que
Von
ne
compte
parcillement
que
pour
une
feule
comete
celles
de
1264
&
1556,
&
celles
de
1532
&
1661,
ainfi
que
cela
eft
tres-
probable
;
on
connoît
en
tout
63
cometes,
dont
on
a
déterminé
les
orbites,
en
y
comprenant
méme
ja
comete
de
1774.
De
ces
63
co-”
metes
,
25
font
diredes,
&
28
font
rétrogrades.
L’inclinaïfon
de
leurs
Orbites
,
par
rapport
au
plan
de
l'écliprique
,
n’eft
pas
la
même
pour
toutes.
Ît
y
ena
9,
dont
Pinclinai-
fon
ne
va
pas
à
plus
de
10
degrés;
les
orbites
de
7
autres
font
inclinées
‘depuis
10
jufqu’à
20
degrés;
3
de-
puis
20
degrés
jufqu'à
30;
8
de-
puis
30
degrés
jufqu'à
40
;
5
de-
puis
40
jufqu'à
so
degrés
;
ÿ
de-
puis
so
jufqu'à
60
dégrés
;
10
de:
puis
Co
jufqu'à
70
degrés;
9
de-
puis
70
jufqu'à
80;
7,
enfin,
de-
puis
80
jufquà
90;
10
feulement
ont
leursdiflances
périhélies
plus
gran
des
que
la
moyenne
diflance
de
la
Aa
3
NX
558
SYSTÈME
pu
Monpr,
terre
au
foleil
;
>
ont
leurs
difian.:
cés
périhélies
plus
petites.
Telles
font
es
63
cometes
calculées
juiqu’en
1774
(1).
:
6$
cometes
paroïflént
ordinaire
ment
environnées
d’une
efpece
de
queue,
&
d’autres
fois
d’une
efpece
de
chevelure,
Ces
queues
n’ont
pas
‘toujours
fa
même
longueur
:
celle
dont
parle
Juflin,
&
qui
parut
à
la
naïffänce
de
Mithridare
;
OCCUpOIt
45
degrés;
elle
étoit
f:
terrible
quel
le
fembloit
embrafer
tout
Le
ciel.
Si
lon
en
croit
Seneque
,
on
vit
a
(t)
Si
les
planeres
&
leurs
farellites
&
Meuvent
dans
le
même
fens,
&
À
peu
près
dans
le
même
plan,
tandis
que
les
cometés
æont
point
de
zodiaque
,
ce
phénomene
n'a
d'autre
caufe
que
la
volonté
de
lEtre
fu-
prème,
qui
a
lancé
les
corps
céleftes
dans
Vefpace,
dans
des
direétions
différentes
mais
convenables
à
la
fin
qu’il
s’ef
propofée,
en
Créant
cet
Univers,
Les
planetes
&
les
co-
metés
n'ont
pas
été
jettées
au
hazard
dans
le
vuide
immenfe
qui
nous
environne.,
com-
me
le
penfent
les
athées;
&
l’on
ne
fauroit
affez
s’éronner
qu'un
Écrivain
‘dont
les
ta-
lens
re
font
pas
Équivoques,
penfe
que
la
déterminaifon
du
mouvement
des
planetes
dans
le
zodiaque
,
tient
à
des
caufes
parte
Cukeres
inconnues,
SYSTÈME
DU
Mowps£,
$Ss9
vers
lan
135
une
comete,
dont
Ja
queue
couvroit
toute
la
voie
ladée
Celle
de
1744
toit
à
d’une
lumiere
en
éventail,
où
d’unc
queue
divifée
en
plufeurs
branches.
:
Ces
queues
paroïffent
de
différentes
grandeurs
dans
les
différens
lieux
où
on
les
obferve
:
la
comete
de
1759
parut
à
Paris
avec
une
queue
d'un
ou
de
deux
degrés
,
tandis
qu'à.
Montpellier,
fuivant
M.
de
Pate,
la
queue
avoit
25
decress
le
29
Avrd,
la
partie
la
plus
Inmineufe
étant
de
10
degrés.
Les
queues
des
cometes
font
tranfparentes
;
;
Car
On
voit
les
étoiles
au
travers.
Ces
queues
font
toujours
oppofées
au
foleil
,
mais
on
y
appercoit
fouvent
une
courbure
qui
eft,
dit-on,
l'effet
d'une
ïllu-
fion
optique
,
produite
par
la
pofi-
tion
de
la
terre
hors
du
plan
de
la
comete
,
&
par
le
mouvement
de
celle-ci,
La
queue
des
comeres,
fe-
Jon
Newton,
vient
de
lathmofphe-
re
propre
de
chaque
comete.
Il
penfe
que
les
fumées
&
les
vapeurs
peuvent
s’en
éloigner,
ou
par
lim-
pulfon
des
rayons
folaires,
comme
le
croyoiït
Kepler
,
ou
par
la
raré-
Aa
4
S66
SvstTime
pu
Monpe,
un
froid
où
à
une’
chaleur
exceMf,
Maïs
quoique
ces
effets
des
cometes
foïent
polfibles,
à
réfuite
des
cal-
_Culs
du
favant
M,
du
Sejour,
que
la
probabilité
da
danger
,
relativement
aux
63
cometes
calculées,
eft
nulle
Où
infiniment
petite
;
à
l'égard
de
celles
dont
nous
ne
connoïflons,
ni
le
nombre
,
ni
la
mafle
,
niles
cit.
.Confiances
de
[eur
mouvement,
elles
ne-doivent
pas
troubler
{a
tranquilité
des
hommes,
en
leur
infpirant
une
frayeur
imaginaire,
L’athée
peut
craindre
Jeur
choc
;
je
ne
l’en
empé.
che
pas:
pour
moi,
qui
fuis
perfue
dé
que
leur
route
à
été
tracée
par
un
Etre
fouverainement
fage
&
intelli-
gent,
je
penfe
que
le
monde
n’en
a
rien
à
craindre,
&
je
fuis
perfuadé
que
ces
corps
fervent,
au
contraire,
à
Pharmonie
&
à
la
beauté
de
Pan
vers.
Ne
pourroit-on
pas
conjecurer
que
Îles
cometes
ont
été
deflinces
par
lEtre
fuprême,
à
fervir
d’alr
ment
au
foleïl,
comme
le
bois
fett
d’aliment
à
notre
feu
ordinaire,
aïnf
que
nous
l'avons
dit?
Comme
cesaltres
€n
entrant
dans
lathmofphere
folaire,
doivent
ralentir
leur
mouyement,
Pat:
SysTème
DU
MonNDr
567
tradion
du
foleïl
Les
précipitera,
dit-
on,
fuccefivement
dans
cet
aftre(1).
42,
La
reffemblance
entre
la
terre
&
les
autres
planetes
eft
fr
frappante,
que
nous
ne
pouvons
douter
qu'elles
ne
foient
habitées
comme
notre
glo-
be.
Celui
qui
voudroit
fe
refufer
à
cette
croyance,
ne
feroit
pas
moins
inconféquent
que
celui
qui,
dans
un
troupeau
de
bœufs,
ayant
vu
les
uns
avoir
les
entrailles
d'animaux,
pen-
feroient
que
les
utres
ne
contien-
nent
que
des
pierres.
Nous
voyons
fix
planetes
autour
du
foleil,
elles
tour-
nent
toutes
les
fix
dans
des
orbites
elliptiques
;
Jupiter
eft
applatt
comme
la
terre
;
il
y
a
apparence
qu’elles
ont
toutes
un
mouvement
de
rotation,
des
taches,
des
inégalités,
des
monta-
-gnes.
Peut
-
on
fuppofer
que
l’exif-
tence
des
êtres
vivans
&
penfans
foit
reffreïnte
à
notre
globe?
Sur
quoi
fe-
(1)
Comeres
que
lon
craint
à
Pégal
du
tonnerre,
Ceffez
d’épouvanter
les
Peuples
de
la
terre;
Dans
un
ellipfe
immenfe
achevez
vote
cours
:
Remontez,
defcendez
près
de
laftre
des
jours
$.
Lancez
vos
feux,
volez,
&
revenant
fans
cefe,
Bes
mondes
épuifez,
ranimez
la
vieillefe,
$68
Svstrime
pu
MONDE,
roit
fondé
un
pareil
Privilege
?
Les
plus
grands
Philofophes
de
l'antiquité
Ont
penféque
les
planetes
étoient
def.
tinées
àrecevoir
des
êtres
vivans
com=
me
nous
&
qu'elles
étoient
habitées,
Philolaüs
:
Nfcetas
»
Hercelides,
en-
fcignoïent
que
lesaflres
étoïent
autant
de
mondes
;
Metrodore
trouvoit
qu'il
étoit
auf
abfurde
de
ne
mettre
qu'un
feul
monde
dans
le
vuide
infini,
que
de
dire
qu’il
ne
peut
croître
qu'un
feul
épi
de
bled
dans
unevafte
campagne,
Chaque
étoile
Paroît
être
comme
no:
tre
foleïl,
c’eft-à-dire
,
UN
corps
lumi-
neux
&
immobile
defliné
à
fervir
de
centre,
à
retenir
&
à
éclairer
les
pla-
netes
qui
l’environnent
(1).
Bien
des
gens
feront
fans
doute
fur.
Pris
que
nous
donnions
dés
habitans
aux
planetes
;
&
Par
conféquent
aux
-Cometes
qui
font
de
véritables
plane
(Q)Ilyatoute
apparence
non
feulement
que
a
lune,
les
fatellites
de
Jupiter
&
ceux
de
Saturne
font
habités
;
mais
encore
que
l'art
néau
de
cette
derniere
planete
nourrit
des
êtres
animés.
Ces
êtres
ne
tombent
pas
vers
Saturne
,
Parce
qu'ils
font
retenus
par
la
force
centrale
de
Fannean
qui
les
atrire
aveg
plus
de
force
que
Saturnes
“
Sysrème
ou
Monpr.
569
tes.
Comment
concevoir
que
des
êtres
vivans
puiflent.
habiter
un
domicile
qui
pañle
pour
ainfi
dire
par
les
der-
nieres
extrémités
du
chaud
&
du
froid.
La
comete
qui
a
paru
en
17$9,
&
_
dont
la
période
eft
d’environ
foixanté
:
dix-fept
ans,
doit
avoir
un
hiver
de
RTE]
:
plus
de
foixante-dix
ans;
car
à
pro-
portion
qu’elle
s'éloigne
du
foleïi,
fa
vitefle
fe
ralentit,
&
fon
mouvement
eft
très
lent
vers
l’aphélie.
La
comete
de
1680
a
éprouvé,
comme
nous
Fa-
vons
déjà
dit,
une
chaleur
très-forte
;
&
cette
chaleur,
frelle
fuivoit
la
raïfon
renverfée
des
quarrés
des
diflances
au
foleil,
auroit
été
environ
2000
fois
plus
grande
que
celle
d’un
fer
rouge
;
mais
y
a
apparence
que
la
chaleur
ne
fuit
pas
cette
proportion,
D’autre
côté,
chaque
corps
n’eft
fufceptible
que
d'un
degré
limité
de
chaleur
;
&c
le
fer
une
fois
rougi,
fi
vous
contt-
nuez
à
l’expofer
à
un
feu
violent,
fe
vitrifie
&
tombe
en
cendres
;
d’où
fuit
que
f
cette
comete
eùt
été
2000
fois
plus
chaude
que
le
fer
rouge,
les
matieres
dont
elle
eft
compofce
doi-
vent
être
différentes
de
toutes
celles
que
nous
connoiffons
&
dont
auçune
S70
Système
pu
Monpr.
ne
réfifleroit
à
une
chaleur
de
certe
force.
Aïnfi,
foit
que
cette
comete
fût
dune
matiere
plus
compacte
que
celle
denotre
globe,
foit
qu’elle
fût
garantie
par
d’autres
circonflances,
elle
a
heu
reufement
paflé
par
fon
périhélie;
&
l'onpeut
croire
que
fes
habitans
auroit
pallé
avec
elle,
H
faut
fans
doute
qu'ils
foient
d’un
tempérament
bien
plus
vigoureux
&
d’une
conflitution
bien
différente
de
la
nôtre.
Mais
pourquoi
Youdroit-on
que
tous
les
êtres
vivans
foïent
faits
comme
nous
?
N'eft-il
pas
plus
vraifemblable
qu'il
y
a
de
globe
en
globe
une
variété
dorganifations
&
de
complexions
relatives
aux
he-
foins
des
peuples
quiles
habitent,
pro:
Poïtionées
au
lieu
de
leur
féjour
&
aux
changemens
detempératurequik
doivent
fubir?
N’eft-
on
pas
revenu
_du
préjugé
qui
long
-
temps
avoit
fai
regarder
la
zone
torride
&
les
zon6
glaciales
comme
inhabitables
»
N'y
a-
til
auf
quedes
hommes
fur
la
terre
même
?
Et
ff
nous
neuffons
jamais
Vu
ni
offeaux
ni
poiflons
,
ñe
regarde
rons
nous
pas
les
eaux
&
les
ais
comme
dépeuplés
?
Sommes
-
nous
bien
certains
que
le
foleil
n’a
pas
fes
SYSTÈME
DU
MoNdr.
78
habitans
dont
les
corps
foient
faits
de
quelque
fubflance
inpénétrable
à
la
flamme?
Eft-
on
afluré
que
cet
aftre
na
pas
fes
véyétaux
formés
d’une
_pareïlle
fubftance
inaltérable
au
feu,
&
deftinés
à
la
nourriture
des
ant
maux
qui
y
font
leur
féjour?
Difons
donc
que
fa
nature
des
êtres
qui
peu-
plent
les
cometes
nous
eft
inconnue
;
Mais
ne
nions
pas
leurexiftence,
&
encore
moins
feur
poMbilité.
Il
eft
certain
que
les
habitans
des
planetes,
accoutumés
à
une
température
plus
douce
&
plus
égale,
fe
trouveroïient
fort
mal
à
leur
aïfe,
fion
Les
tranf-
plantoït
dans
des
aîlres
aflujettis
aux
viciMitudes
extrêmes
du
chaud
&
du
froid;
mais
avecuneflrudure
de
corps
différente,
nous
fupporterions
ces
vi-
ciMitudes
&
peut-être
en
vaudrions-
nous
mieux.
El
eft
certain
quenousne
connoïffons
pas
toutes
les
cometes:
&
un
Savant
célebre
penfe
qu'il
y
en
a
au-delà
de
cinq
cens
millions
dont
le
périhélie
eft
plus
près
du
foleïl
que
celui
de
Saturne.
:
Maïs
qu’eft-ce
qui
empêche
d'en
imaginer
encore
fort
loin
au
-
delà
de
cette
planete
?
L’efpace
s’aggrandit
à
572
Sysrême
pu
-Moxpr,
-
mefure
qu’on
s’éloïgne
du
Soleil
;
&
c’eft
dans
ces
régions
éloignées
que
Peuvent
farreleursrévolutions
les
plus
grofles
cometes
;
&
même
des
come.
tes
à
fatellites,
à
qui
Pénormité
de.
leur
mafle,
&leur
attraction
trop
puif
faute,
ne
permettroit
Pas
d’approcher
davantage
du
{oleil,
où
la
place
plus
étroite
demande
à
être
ménagée,
Que
:
deviennent
déformais.
les
planetes
Elles
femblent
perdues
dans
cette
fou.
le
innombrable
de
corps
céleftes
qui
:
.
Environpent
le
foleil,
Que
la
partie
connue
de
notre
fyflême
eft
petite!
Que
la
terre
eft
chétive
»
&
que
nous
fommes
peu
de
chofe,
nous
qui
ram
POns
fi
orgueilleufement
far
fà
fur
face
!
Les
planetes
fe
meuvent
toutes
dans
le
zodiaque,
&les
plans
deleuror
bites
s’écartent
fort
peu
de
celui
de
l'é:
cliptique,
Ne
POurrions-nous
pas
pen
fer
que
l’Auteur
de
l'Univers
aarrangé
les
chofes
de
cette
maniere,
pour
lai:
|
aux
cometes
un
efpace
plus
libre
tant
au
deflüs
qu’au
deffous
du
plan
de
lécliptique,
afin
de
multiplier
le
nom:
bre
des
cometes
?
[left
très-
apparent
Encore
que
les
planetes
ne
font
f
éloi-
.
SYSTÈME
DU
Monnr.
575
gnées
les
unes
des
autres
,
que
pour
laifler
aux
cometes
des
intervalles
à
traverfer.
Nous
auïions
tort
cepen-
dant
de
penfer
que
toutes
les
come-
tes
font
vifibles
;
il
y
en
a
plufeurs
fans
doute
trop
petites
&
trop
éloi-
gnées
dans
Jeur
périhélie,
pour
être
apperçues.
Î[
y
en
a
d’autres
qui
paf
fent
trop
près
du
foleïl,
dans
des
cir-
conflances
qui
nous
empêchent
de
les
oblerver.
Le
nombre
de
celles
qu’on
a
vues
durant
les
mois
d'hiver
efl
bien
plus
confidérable
que
celui
des
come-
tés
qui
ont
été
remarqués
durant
les
mois
d'été,
ce
qu’on
doit
attribuer
à
a
fongueur
des
nuits
d'hiver.
Ï
peut
arriver
encore
qu'une
cos
mete,
après
avoir
pañlé
par
fon
péri-
hélie,
foit
détournée
de
fon
chemin
Par
Pattra@ion
des
‘planetes
ou
de
quelqu’autre
comete,
de
maniere
que
fon
orbite
s’allongeant
confidérable-
Ment,
elles’éloïgne
aflez
du
foleil
pour
entrer
dans
Ie
fyftême
de
quelque
étoi-
le.
Etant
arrivée
à
cette
diflance
pref:
quimmenfe,
elle
pourra
tourner
au-
tour
de
cette
étoile
comme
une
de
10s
planetes
tourne
autour
du
foleil
;
ou
Pien
après
avoir
parcouru
une
por-
ee
74
SYSTÈME
pu
Monper,
tion
de
fa
nouvelle
orbite
autour
de
Tétoile,
elle
changera
de
route
pat
Vadion
de
la
force
attradive
des
plane:
tes,
&
des
cometes
qui
appartiennent
à
cette
étoile,
entrera
enfuite
danse
{yflême
de
quelqu’autre
étoile,
qu'elle.
abandonnerapar
l'aéion
d’unefembh..
ble
caufe;
elle
reviendra
après
des
mil.
.
lrons
d’années
fe
montrer
aux
habitans
de
notre
globe
aui
brillante
qu’à
fon
dernier
paflage
par
le
périhélie,
J'aime
à
me
figurer
ces
globes
voyageurs
per
ec
Loir
nt
lis
NEC
Est
plés
de
Savans
occupés
à
contempler
|
la
nature
en
grand,
comme
nous
à
|
contemplons
en
petit.
Léur
domicile
voguant
d’un
foleilà
l’autre,
les
meti
portée
de
voir
lesmouvemens
de
cts
aflres,
&
ceux
des
planetes
&
des
co-
metes
qui
roulent
autour
d'eux.
Noïs
pouvons:
imaginer
que.
leur
année
fe
mefure
par
le
chemin.
qu'ils
font
de
Î
foleiïl
en
foleïl.
Leur
hiver
tombe
al
milieu
de
cette
route;
leur
été
dépend
|
de
chaque
pañlage
par
un
périhélie:
|
ils
voient
renaître
{eur
printemps
à
chaque
entrée
dans
un
nouveau
mor
1
de
;
enle
quittant
commence
feura
tomne.
Leur
fépour
eftaccommodé
à
toutes
leurs
diftances
des
étoïles
fixes,
SYSTÈME
DU
Mons
$ç7$
&
les
différens
degrés
de
chaleur
font
murit
les
végétaux
&
les
fruits
defti-
nésà
leur
ufage,
Des
millions
d'années
s'écouleront
pour
eux
,
comme
les
jours
pour
les
habitans
de
la
terre
:.
Nous
refpirons
un
moment
,
&
l’er-
Teur
paroit
être
notre
partage
;
Ja
fciencè
femble
leur
appartenir,
&la
longueur
de
leur
vie
elt
de
plufieurs
bilions
de
nos
fiecles.
:
On
fait
que
plufieurs
étoiles
fixes
ont
changé
de
place;
&
M.
Mayer
ne
doutoit
pas
que
cela
n’eut
lieu
à
l’é-
gard
de
toutes
es
étoiles
fans
excep-
tion;
ainft
lon
pourroit
penfer
que
l'Univers
entier
fe
meut,
dans
l’ef
Pace
immenfe
autour
d’une
efpece
de
centre
de
gravité
qui
elt
peut-être
OCCUPÉ
par
un
corps
énorme
placé
à
une
diflance
plufieurs'billions
de
fois
plus
confidérable
que
n’eft
celle
qui
{pare
Le
foleil
des
étoiles,
dont
celle
qui
eft
la
plus
voïfine
de
nous
eft
plus
de
quatre
cens
mille
fois
plus
éloi-
gnée
de
la
terre
que
celle-ci
ne
l’eft
du
foleil,
I
y
a
apparence
que
les
étoiles
fixes
font
répandues
dans
le
pace
à
différentes
diflances
propot-
tionnées
à
Padivité
de
leur
attradion,
#
$832
AsrroNowrr
JuDrcrarRr.
on
ne
manque
pas
de
dire
que
lafune
les
a
fécondées
:
fi
la
terre
trop
feche
5
fr
la
difette
de
fels
‘aériens
nutfentà
l'accroïfléinent
des
plantes,
on
ati
fihélie.,
elle
S’éloignéroit
de
nous
à
des
di£
tances
immenfes,
&
Parcourroit
la
région
des'étoilés
fixes
,
à
moins
que
quelque
cafe
ne
changeñt
la
diré@ion
de
fon
mouvements
12°,
-Soit
la
terre
P
(ÂE.
a7
),
la
lune
que
‘je
fuppofe
lancée
dans
Pefpace,
dans
des
direions
Contraires,
mais
parallèles,
avecdes
vitelles
PB,
Q°C
én
raifon
inverfe
de
leurs
maîles
,
elles
décriront
en
même
‘rémps
dés
ellipfes
femblables
;
(c’efl-à-dire,
dont
f’üne
feraen
grand
ce
que
l’autre
(era
en
petit),
qui
2UTORt
Por
foyer
commun
le
centre
G
de
gravité
des
deux
planetes
,
enfuppofant
que
Pattra@tion
füir
[a
raifon”
dire&edes
males
at-
tirantes,
@&
la
raifon
inveïrfe
des
quarrés
des
diffances,
Cela
arriveroit
ain
dans
la
fup-
Pofñtion
qu’on
vient
de
faire,
f
[a
lune
&
la
terre
étoient
tranfportées
dans
un
même
plan
aütour
du
foleil
>
&
que
leur
centre
de
gravité
feul
fût
atriré
par
le
foleil.
Mais
le
f6leil
trouble
Je
mouvement
de
la
faune
&
de
la
terre,
les
planeres
&
les
comeres,
exercent
auf,
en
S’attirant
réciproquement
les
unes
les
autres,
des
a@ions
qui
rendent
leurs
érbites
irrégulieres
;
enforte
que
les
planetés
&
les
cometes
ne
décrivent
pas
des
ellipfès
exadtes
,
inais
feulement
des
courbes
Qui
approchent
plus
où
moins
d'être
eilip-
tiques,
félon
que
les
forces
réunies
des
POPNIEE
SR.
ee
PEN
PSN
ENS
ASTRONOMIE
JUDICIAIRE.
83
bue
cet
eflet
au
défaut
d'influence
de
la
lune
,
on
ne
manque
pas
d’ap-
puyer
cette
opinion
ridicule
par
des
hifloires
vraies
ou
fauffes:
on
avu
dit:
me
1%
autres
planetes
&
cometes
qui
les
troublent
»
font
moins
ou
plus
grandes
par
rapport
à
l'adion
du
foleil
,
&
à
la
force
tangentielle.
Comme
la
mafle
de
la
lune
n’eft
qu'environ
la
71e
partie
de
celle
de
la
terre,
le
centre
de
gravité
de
ces
deux
planetes
fera
fort
près
de
celui
de
notre
globe,
&
l’on
pourra
regarder
le
centre
de
la
terre,
comme
celut
de
l'orbite
lunaire
fuppofée
circulaire.
De
même
les
centres
de
Jupiter
&
de
Saturne
ne
font
pas
exactement
le
centre
des
orbites
de
leurs
fatellites
,
mais
feulemeñit
à
peu
près
&
fenfblement,
13°.
Un
corps
qui
pefe
ici
3600
livres,
étant
tranfporté
à
la
diffance
moyenne
de
Ja
lune,
re
péfercic
qu'une
livre
;
&
fi
le
rayon
de
la
terre
écoir
double
de
ce
qu'il
eft,
un
corps
qui
pefe
mainte-
nant
une
livre,
auroit
une
pefanteur
dou-
ble,
14°.
La
forceg,
attirante
d'un
afître
m,
par
rapport
à
une
planete
qui
circule
autour
de
cet
aftre,
efl
comme
fa
mañlem,
divilée
par
le
quarré
n°
de
la
diffance
du
corps:
attiré
au
centre
de
l'afire
,
c'eft-à-
dire,
queg
=
D3
,
fi
l'on
exprime
le
temps
périodique
part,
l’on
aura
m=+
2
;
c’eft-à=
dire,
que
les
mafles
des
aftres
font
comme
les
cubes
de
la
diftance
entre
le
centre
de
ces
aftres
&
de
leurs
farellites, divifé
par
le
quarré
du
temps
de
la
révolution
des
fa-
]
B
b
4
584
ASTRONOMIE
Jubicrarre,
on
une
femme
dont
le
changement
de
vifage
fuivoit
ceux
de
Ia
lune;
&
Bartholin
apporte
que
les
taches
du
vifage
d’une
autre
femme
augimen-
tellites,
Si
l’on
divife
les
cubes
de
ces
dif
fances
par
les
quarrés
des
tem
Ps
périodiques,
les
quoriens
EXprimeront
les
mañles
des
Corps
£entraux
;
&
en
faifant
la
diffance
D
égale
au
rayon
de
laftre
attirant
»
les
quotiens
feront
comme
les
poids
d’un
même
COrps
fur
les
furfices
de
ces:
aftres.
Maïs
la
quan-
tité
de
matiere
d’un
Corps
étant
évale
au
Produit
de
fon
volume
par
fà
denfité,
Ja
denfité
fera
égale
à
Ja
quantité
de.
matiere
dvife
par
le
volume
3
qui
dans
les
globes
€t
proportionel
AUX
Cubes
des
diametres
C'eit
pourquoi
,
f
l'on
divifoir
les
quantités
Pondans,
ou
ce
qui
revient
au
même,
f
Von
divifoit
les
Poids
qu’auroit
un
même
Corps
fur
la
furface
du
foleil,
de
Jupiter,
€
Saturne,
&
de
Ja
terre,
refpectivement
par
les
diimerres
de
ces
aftres
,:
on
auroit
Jeurs
denfités,
qui
felon
Sigornhe
,
font
com-
me
190600,
9385
>
6567,
39539.
Ainf
les
denfités
des
planetes
{roient
en
diminuant,
-€n
S'écartant
du
foieil
;
&
fi
l’on
fuppofoit,
en
eflét,
que
Ja
denfité
de
Saturne
füt
égale
à
celle
de
Ja
Ferre;
Comme
cette
planete
€ft
beaucoup
moine
échauffée
par
les
rayons
“du
foleil
,
à
caufe
de
fa
Prodipieufe
difance
à
éct
afre,
que
ne
left
notre
globe
,
le
ASTRONOMIE
JUDICIAIRE,
68
toient
ou
diminuoïent
felon
les
phafes
dela
lune,
Peut-être
un
jour
on
verra
des
hommes
qui
attribueront
le
fom-
seit
&
Ia
veïlle
au
mouvement
du
foleït.
a
froid
y
détruiroit
les
plantes
&
les
animaux,
S'ils
étoient
femblables
aux
nôctes.
On
peut
fémarquer
que
les
cinq
fatellites
de
Saturne
ne
donnent
pas
le
même
réfüultat,
Les
den-
fités
de
Vénus,
de
Mercure
&
de
Mats'
ne
Peuvent
pas
fe
trouver
par
la
même
mé-
thode,
puifque
ces
planetes
n’ont
point
de
fatellites
qui
tournent
autour
d’elles
,
comme
Jupiter,
Saturne
,
la
terre
&
le
foleil,
au-
fout
duquel
tournent
différentes
planeres,
Mais
voyant
dans
les
trois
planetes,
dont
les
denfités
font
connues,
une
augmenta=
fon
de
denfité,
quand
on
approche
du
foleil,
qui
fuit
le
rapport
des
racines
du
temps
de
révolutions
moyennes,
il
femble
qu'on
peut
fuppofer
que
Ia
même
loi
a
lieu
POUT,
toutes
les
planetess
Le
mouvement
moyen
de
Jupiter
étant
fuppolé
—
1,
celui
€
a
terre
(era
environ
11,
86:
car
la
ré-
Yolution
de
la
terré
autour
du
foleil
,
ef
Aviron
12
fois
plus
prompte
que
celle
de
üpiter,
Or,
la
racine
de
11,
86
eft
à
peu
PTÉS
3
=,
&
la
denfité
de
la
terre
eft
auf”
4
peu
près
3
fois
&
Lcelle
de
Jupiter.
À
Pégard
de
ja
mafle
de
la
lune,
j'ai
fait
Voir
>.
dans
le
cinquieme
volume
du
Cours
Complet
de
Mathématiques,
qu'elle
eft
envi-
fon
la
71e
partie
de
celle
de
la
terre,
En
BE
$86
AsTRONOmMrE
Juprcrares,
Nous
ne
prétendons
cependant
p#
que
les
faïfons
de
l’année,
la
chaleur,
Je
froid
,
la
pureté
de
Pair
n’influent
fur
Je
corps
humain,
comme
l’a
remarqué
divifant
les
mañles
d’un
aftre
par
les
quarrés.
de
leurs
diametres,
on
trouvera
des
quotiens
|
qui
font
entreux
comme
les
efpaces
qi.
doivent
parcourir
dans
une
feconde
les
Corps
fitués
fur
a
furface
des
aftres,
en
obciflat
|
ä
la
force
artradtive
qui
fes
poufle
vers
k!
centre
de
ces
affres.
55°.
Pour
trouver
ls
|
rapports
des
diffances
moyennes
des
planes
|
au
foieil
;
on
appellera
T°
&+
les
tempspé
riodiques
des
deux
planetes;
D
&
d
les
dit
|
tences
moyennes
de
ces
:planeres
;
&
l'on
fera
la
proportion
T'
:
#
::
1/D3
:
y/à,
Si
lon
connoit
donc
les
trois
premiers
tér-
Mes
de
cette
proportion,
on
connoitrak
Quatrieme
,
qui
fera
connoître
la
diflanced,
cherchée
ou
bien
en
fera
T?
+
Ca
NET
le-Quatrieme
terme
de
cet.
proportion
donnera
le
cube
de
la
difanc
fherchée,
&
la
racine
cubique
donnera
le
|
difance
cherchée,
On
peut
,
par
le
moÿti
|
de
cette
proportion
,
trouver
facilement
fa
diffance
moyenne
des
planetes
au
foleil,
Pourvu
quon
connoiflè
celle
de
la
tent.
au
foleil.
Suppofons
que
le
temps
pério*
dique
de
la
révolntion
de
Mercure
el
de
87
jours,
23
heures,
15
minutes,
33
fecondes
,
on
fera
ce
remps
—
t,
le
temps
de
la
révolution
périodique
de
la
tent
ss
T',
la
difance
moÿenne
de
la
terre
24
ASTRONOMIE
JUDICIAIRE.
ÿ87
Mead.
Car
les
effets
de
l’athmofphere
dépendent
de
Ia
fituation
du
foleil,
de
la
lune
&
de
la
terre,
de
Paétion
dela
_
lunuere,
&
de
lattraüron
:
&
de-la
*
foleil
=
[D
;
&
l’on
trouvera
facilement
Ja
difance
moyenne
d
de
Mercure
à
la
ter-
ré,
par
la
proportion
dont
nous
venons
de
parler.
La
même
méthode
peut
s'appliquer
aux
cometes,
Ainfi,
en
fuppofant
la
diftance
moyenne
de
la
terre
au
foleil=
1,
le
temps
de
la
révolution
de
la
comete
qui
a
paru
en
1755,
de
27937
+
jours,
on
fera
comme
€
temps
périodique
de
la
terre,
eftà
1,
raciñe
quarrée
du
cube
de
la
diftance
moyenne
de
Ja
terre
au
foleil;
ainfñ
Île
temps
périodique
de
la
révolution
de
la
co-
mete
eft
à
un
quatrieme
terme,
dont
la
racine
cube
du
quarré
donnera
la
diflance
moyenne
de
la
comete
au
foleil
;
&
dont
le
double
donnera
le
grand
axe
de
Porbîte
de
la
comete.
M,
de
la
Caille
trouve
ce
grand
axe
——
36.
0377
,
en
fuppofanr
celui.
de
l'orbite
terreftre
—
2
;
ainfi
fa
diffance
moyenne
fera
=
18.
0188
:,
en
fuppofant
la
diffance
moyenne
dela
terre
==
1;
mais
fi
l'on
füppofe
cette
diftince
—
34761680
lieues,
de
2283
toifes,
telles
qu'il
y
en
à
à
peu
près
25
au
degré
d'un
gran]
cercle
de
la
terre
,
on
multipliera
ce
nombre
par
18.018321,
le
réfultat
donnera
cette
diflance
moyenne
de
la
comete
exprimée
en
lieues,
À
l'égard
de
Ja
diffance
du
foleïl
à
fa
terre,
onla
connoit
par
le
moyen
de
fà
parallaxe
Bb
6
588
ASTRONOMIE
JUDICIAIRE,
fuit
que
certaines
humeurs
peuvet
fermenter
dans
certaines
faïfons,
avec
w
plus
ou
moïns
de
violence,
comme
on
le
remarque
dans
les
épileptiques,
one
lement
eee
dormi
_
horizontale,
que
le
dernier
paflage
de
Vénus
|
fur
la
difque
(olaire
donne
d'environ
8
5:
condes.
M.
Lexell
la
trouve
de
8
fecondes,
&
53
de
feconde.
Nous
la
fappoferons
de
8
fecondes
&
demie
dans
la
Table
fuivantes
qui
contient
le
réfulrat
de
prefque
toute
YAftronomie
:
nous
Ja
devons
au
célebre
M.
de
Lalande.
Connaiffant
la
parallaxe
ho-
rizontale
du
foleil
;
on
aura
un
sriangle
redtangle,
dont
l’hypothénufe
exprimera
la
diflance
du
centre.
de
la
terre
au
foleil,
&
dont
le
côté
oppofé
à
l'angle
de
8
+
fecon:
des,
fera
le
rayon
de
la
terre
,
qui
cf
de
1432
lieues
+.
C’eft
pourquoi,
en
faifant
Ja
proportion,
le
finus
de
8
>
fecondes
,
finus
qui
eff
à
peu
près
égal
à
fon
arc,
ef
au
demi-diametre
de
la
terre,
comme
le
rayon
eff
à
la
diftance
de
la
terre
au
foleil;
Xe
quatrieme
terme
fera
connoître
la
difeance
moyenne
du
foleil
à
la
terre.
Pour
Pintel-
ligence
de
la
Table
fuivante,
on
doit
re”
marquer
que
les
diflances
moyennes
au
foleil
de
Mars,
Jupiter
&
Saturne
font
les
memes
que
les
diffances
moyennes
à
la
terres
&
que
la
lettre
D
dans
la
feconde
&
troifieme
colonne,
indique
des
dixiemes
;
la
lettre
S
des
fecondes,
la
lettre
M
des
minutes,
la
lettre
H
des
heures,
&
la
lettre
Jides
jours
Enfin,
les
chiffres
qui
fonc
à
la
droite
d'une
TAB
Page
588
Qvz
contient
le
Réfukar
des
Obférvations
les
plus
récentes
Jur
les
Révolutions
,
les
Grandeurs
&
les
Diflances
des
Planeies.
Révol.
tropique
,
ou
re-
S
Fe
Denfité
par
rapport
P
Révol.
fidérale
,
c.
à.
d,
|
Révol.
finod.oure-|
Grofleur
par
rapport
à
la
terre
>
[Plus
exa@ement|:
1,
terre
:
celle
de
LANETES,
x
Le
=
S
;
ST
:
PLANETES
&
=
/
tour
à
l’équinoxe,
par
SAONE
Etoiles.
|
rour
à
la
conjonct,
:
à
peu
près,
&
en
décimales.
|la
terre
étant
fup-
Ans
J.
H.
M.
Se
D.
Ans
<ÿ
H:
M.
°
e
e
e
e
S>
ee
1
?
pofée
r,
Le
Soleil,
|
r.
o,
5.48.
45.5
|
I.
oo.
G.
o.1r.2
**
ee.
|Le
Soleil,
Quatorse
cent
mille
fois
plus
gros,
|
1435025
0,25463
La
Lune,
|
o,
27.
7e
43e
4,6
|
O.
17.
7,
43.
11,
$
29e
12e
44e
3
|
La
Lune,
ILa
quarante
-
neuvieme
de
Jaterre,
0,02036
0,68706
Mercure
,
|
o.
87,
23e
I
25,
9
|
oO.
87.
23e
15°37°0
IIS,
21,
3.22
|Mercure,
Sept
centiemes,
0,06981
20377
Vénus
,
9.
224
16.
41.
32.4
|
O0.
214,
IG,
49,
12,
TMS
7
6
Vénus,
|Onze
douziemes
de
la
terre
,
0,91822
1,27$0
Mars
,
132122
18,
27.3
|
1.321,23.
30, 43.
3
1779.22.
28,
26
|Mars
;
Trois
dixiemes
,
0,30155
0572917
Jupiter,
Îir.
315,
8,
58°
27:
3
|I1.317.
8,
$1.
25.
6
398,
21.
15.
45
|Jupiter,
|1470
fois
auffi
gros
que
Îa
terre,
1479
0,22984
Saturne,
29,164,
7.21.
J0e0
129.17614,36.
42.5
378.
2.
8.
8
|Saturne
,
1030
fois
aufli
gros
que
la
terre,
1030
0:10450
Diametres
en
minutes
&
fec,
Diametres
en
lieues.
{port
à
la
terre,
Diametres
|
Maffe
par
rap-
|
Viteffe
des
graves!
Diflance
à
la
terre
en
lieues
Par
rapport
à
[a
terre,
ét
+
à
leur
furface,
de
2283
toifes.
M.
Le
Soleil,
3I
=
;
Pieds,
$7,5
323155.
|
Cent&13
diam.
de
la
terre
OU
112,79
|Le
Soleil,
365412
|
433,81
Moyenne,
Îpes
Diftances
Moyennes
a
Terre,
17,0
206$e
las.
‘es.
1,000
{La
Terre,
|
x
15,1038
34761680]de
Mercure
&
de
Vénus!
La
Lune,
4,642
782
Un
quart,
Ou
-<
du
diam,
de
a
terre
0:2730
|La
Lune,
0,01399
2,83
+
++.
+
ffont
marquées
ici
par
Mercure,
750
1180,
SE
Ciqhiemes
.
e
0,41176
Mercure,
0,14228
12,673
86324|rapport
au
Soleil
;
car,
énus,
16,52
278$.
|
Plus
pt
d'une
997196
Vénus,
{|
1,1707
18,717
13456204
|par
rapport
à\la
terre
,
Mars,
11,4
1921,
|
Deux
CISCO
Se
0,67059
|Mars,
0,21998
7339
25
144250]|elles
font
les
mêmes
que
Jupiter,
57
32644
|
Onze
diametres
&
un
tiers
.
*
15393
(Jupiter,
1Â340,00
39,55
52966122|la
diftance
du
foleil
à
Ia
AUS
er
28936.
|
Dix
diametres
de
1a
terre
+
+
10,100
[Saturne
>
106,90
15,83
1807947o1iterre
,
ou
de
34761680
Ann
deB.|
6,
40,6
67518.
|
Vingt-trois
diametres
&
demi
23,567
|
:
331604504|lieues,
"4
ASTRONOMIE
JUDICIAIRE.
589
_
Îes
fous
&
les
manïaques.
Maïs
les
4
trologues
prétendent
pouvoir
annon-
virgule
,
indiquent
des
décimales,
Les
diame-
tres
exprimés
en
minutes
&
fecondes
,
font
tels
qu'ils
feroient
vus
à
la
diftance
de
la
terre
au
foleit,
Dès
qu’on
connoît
la
diflance
&
le
diametre
apparent
d’un
aftre
,
on
con-
noït
facilement
le
diametre
réel.
Suppofons
que
le
diametre
apparent
d’un
corps
rond,
éloigné
de
30
millions
de
lieues,
foit
de
30
minutes
ou
d’un
demi-depré.
Cherchez
la
longueur
de
la
circonférence
d’un
cercle,
dont
le
rayon
foit
de
30000000
lieues;
divi-
fez-la
par
360
degrés,
ou
par
360.
Le
_Quotient
exprimera
la
longueur
d’un
degré;
&
la
moitié
de
cette
longueur
exprimera
celle
du
diametre
cherché.
Avec
les
diffan
ces
moyennes,
qui
font
à
la
fin
de
la
Table,
on
peut
avoir
facilement
la
plus
grande
&
la
plus
petite
diffance
de
chaque
planete
à
la
terre;
pour
cela
on
ajoutera
la
diftance
de
la
planete
au
folcil,
avec
celle
de
laterre
3
la
fomme
donnera
la
plus
grande
diftance.
Pour
avoir
la
plus
petite,
on
retranchera,
à
l’égard
de
Vénus
&
de
Mercure,
leur
dif
tance
au
foleil
:
de
celle
de
la
terre
au
foleit,
À
l'égard
de
Mars,
Jupiter
&
Saturne,
on
retranchera
la
diffance
de
la
terre
au
foleil
de
leur
diftance
au
même
aftre.
Si
l’on
divi-
fe
les
diffances
des
planeres
au
foleil
par
2865,
ou
par
le
nombre
des
fieues
que
contient
le
diametre
terreftre,
on
aura
ces
diflances
exprimées
en
diametres
de
notre
globe,
596
Du
Fzrux
er
REFEUXx
que
laftre
a
pañlé
&
qu'il
n’exerce
.
plus
fa
force;
l’eau
qui
s’étoit
élevée
par
Padion
de
cette
puiffance
étran.
gere,
reprend
fon
niveau,
&
regagne
|
les
rivages
&:les
lieux
qu'elle
avoit
:
été
forcée
d'abandonner,
enfuite,
lor£
que
la
lune
pafle
au
méridien
de
lan-
tipode
du
Iieu
où
nous
avons
fuppole
qu'elle
à
d’abord
cleyé
les
eaux.
|
même
effet
arrive
;
les
eaux,
danscet
inflant
où
la
lune
eft
abfente
&
Ja
plus
.
éloïgnée,
s'élevent
fenfiblement
,
ax.
tant
que
dans
le
temps
où
elle
el
Préfente,
&
{a
plus
voifine
de
cette
païtie
dela
mer
;
dans
le
premier
ca,
Iles
eaux
s’élevent,
parce
qu’elles
font
plus
près
de
laftre
que
toutes
les
au-
tres
parties
du
globe;
&
dans
le
fe
.
cond
cas,
c’eft
par
laraifon
contraire,
elles
ne
s’élevent
que
parce
qu'elles
en
font
plus
éloïgnées
que
toutes
les
autres
parties
du
globe,
&
l’on
voi
bien
que
cela
doit
produire
le
même
effet,
car
alors
les
eaux
de
cette
par-
tie
étant
moins
attirées
que
toutle
_refte
du
globe
,
elles
s’élofgneront
nécefläirement
du
refte
du
globe,
&
formeront
une
éminence
dont
le
fow-
Met
répondra
au
point
de
la
moindie
DE
LA
Mer
7?
ÿoy
adion,
c’efl-à-dire
,
au
point
du
ciel
direttement
oppofé
à
celui
ou
fe
trouve
:
l
lune,
ou,
ce
qui
revient
au
même,
:
au
point
où
elle
étoit
treize
heures
auparavant,
lorfqu’elle
avoit
élevé
les
:
eaux
la
premiere
fois
;
car
lorfqw’elle:
ef
parvenue
à
horizon,
le
reflux
étant
arrivé
,
la
mer
eft
alors
dans
fon
état
naturel,
&
les
eaux
font
en
équi-
libre
&
de
niveau
;
mais
quand
la
June
:
et
au
méridien
oppofé
,
cet
équilibre
ne
peut
plus
fubfifier
,
puifque
les
eaux
de
la
partie
oppoice
à
la
lune
étant
à
la
plus
grande
diftance
où
elles
puiflent
être
de
cet
aftre,
elles
font
MOINS
attirées
que
le
refte
du
globe;
qui
étant
intermédiaire
,
fe
trouve
être
plus
voifin
de
la
lune,
&
dès-lors:
leur
pefanteur
relative,
qui
les
tient.
toujours
én
équilibre
&
de
niveau
:
les
pouffe
vers
le
point
oppofé
à
Ia
lüne,
pour
que
cet
équilibre
fe
con-
ferve,
Ainfi
dans
les
deux
cas,
lorfque
la
lune
eft
au
méridien
d’un
lieu
OU
au
:
méridien
oppofé,
les
eaux
doivent
sé
lever
à
trés-peu
près
de
même
quan--
tité,
&
par
conféquent
s’abaifler
&
refluer
auf
de
la
même
quantité
Iorf-
que
la
Tune
ef
à
Phorïzon,
à
fon
cou.
:
$e8
Du
Fzux
er
Rerrux
cher
ou
à
fon
lever,
On
voit
bien
qu'un
mouvement,
dont
la
caufe
&
Peflet
font
tels
que
nous
venons
de
lexpliquer,
ébranle
néceffairementh.
male
entiere
des
mers,
&
la
remue.
dans
toute
fon
étendue
&
dans
toute
|
fa
profondeur
;
&fi
ce
mouvement
pi
roît
Infenfible
dans
les
hautes
mers,
&
lorfqu’on
eft
loi
gné
des
terres,
il
n'en.
cit
cependant
pas
moins
réel
;
le
fond
&
la
furface
font
remués
à
peu
pré
également,
&
même
les
eaux
du
fond
que
les
vents
ne
peuventagiter,
cour
me
celles
de
la
furface,
éprouvent
Bien
plus
régulierement
que
celles
de
la
furface
cette
a@ion,
&
elles
ont
un
mouvement
plus
réglé
&.
qui
dl
toujours
alternativement
dirigé
deh
même
facon
».
re
Ainf
s'explique
le
célebre
M.
Buffon
;
mais
quoique
la
maniere
don
ilrend
raifon
de
ces
phénomencs
fut
.prenans
paroïfe
très-lumineufe,
not
croyons
qu'il
ne
féra
pas.
inutile
dé
préfenter
la
caufe
du
flux
&
refluxde
le
mer
fous
un
autre
point
de
vué
Suppofons
la
terre
B
2
b
4
(is,
48)
-parfattement
ronde
.
mais
couvelté
:
3
Par-tout
d'une
couche
d'eau
dut
D
dm
dim
mc
PE
LA
Mer.
$99
certaine
épailleur
;
la
lune
fituée
en
mattirera
les
eaux
placéesenn,a,n,
avec
plus
de
force
que
le
centre
C
de
la
terre,
qui
eft
plus
éloignée
de
cet
aîlre,
tandis
que
le
point
C
fera
plus
attiré
que
les
eaux
placées
en
4;
c’eft
pourquor
les
eaux
Hggé
>
1
AUTONt
plus
de
tendance
vers
{a
lune
que
le
centre
C
de
Ia
terre,
&
le
centre
C
plus
de
tendance
que
les
eaux
fituées.
en
4,
Cela
fait
voir
que
les
eaux
pla-
cées
en
z
s’éleveront
à
une
certaine
hauteur
tandis
que
les
eaux
À,
moins
attirées
que
le
centre
C,
refteront
un
peu
en
arriere,
la
force
d'inertie
les
Féhant
un
peu
éloïgnées,
ou
ce
qui
revient
au
même,
les
empêchant
de
refler
à
Ja
même
diflance
du
centre
€,
[arrivera
cependant
que,
fï
la
lune
&
le
foleit,
(car
le
foleïl
influe
auf
fur
es
marces,
comme
on
le
verra
dans
Ja
fuite)
font
placés
du
même
côté
:
les
eaux
en
À
feront
un
peu
moins
attirées
que
le
centre
C
;
mais
la
diffé-
tence
d’attradion
fera
moindre
qu’elle
ne
left,
par
rapport
au
point
C
&
aux
Eaux
fituées
en
4.
C’eft
pourquoi
les
Eaux
feront
beaucoup
plus
élevces
en
quen
T,
comme
lobfervarion
le
600.
Du
Frux
Er
Rerrux
prouve,
À
l'égard
des
eaux
fituées
en
B
&
b,
left
évident
que
f
lon
décompofe
Ia
force
Bm
qui
pouflent
les
eaux
B
vers
la
lune,
en
CM&BCM
la
feule
force
B
M
égale
à
Cm,
agira
{
pour
les
élever
;
maïs
cette
force
doit:
être
regardéeseomme
égale
à
celle
quis
pouffe
le
centre
C
vers
m:
c’eft
pou:
À
quoïelle
ne
peut
produire
aucun
effet
|
fenfible,
puifqueles
eaux
ne
doivent
|
s'élever
que
par
la
différence
des
for.
|
ces
qui
pouflent
ces
eaux
&
le
centre
C.
vers
la
lune
m,
D'autre
côté
,&
force
BC,
qui
prefle
les
eaux
B
vers
la
terre,
augmente
leur
pefanteur
&
diminue
leur
hauteur
;
enforte
que
les
eaux
qui
font
en
quadrature
avec
la
lune,
doivent
s’abaïfler
;
tandis
que
celles
qui
font
en
conjondion
ou
«
Oppofition,
doivent
s'élever
en
S’ÉCaI-
tant
du
centre
C
de
la
terre.
Le
globe
térrefire
,
en
tournant
fur
fon
axe,
tend
à
éloïgner
de
Ia
lune
le
fommet
r
du
fphéroïde,
tandis
que
force
attradive
de
cet
aftre
agit
pour
le
ramener
dans
la
ligne
Cm,
qui
Pafie
par
le
centre
de
la
terre
&
dela
une;
enforte
que
ce
fphéroïde
ef
©bligé
de
tourner
autour
de
notre
:
globe,
DE
LA
Mer.
6OT:
{|
globe,
cequine
peut
fe
faire,
à
moins
que
chaque
point
n
n’acquiere
une
force
centrifuge
d’autant
plus
confi-
dérable
,
que
le
rayon
pn
du
cercle
qu'il
décrit
eft
plus
grand.
L'effet
de
cette
force
centrifuge
eft
d’élorgner
chaque
point
n
de
l'axe
de
la
ter-
‘re,
&
de
faire
prendre
au
fphéroïde
une
figure
elliptique
ou
ovale,
fem-
|
blable
à
celle
d'une
orange,
ou
d’un
globe
un
peu
applati
vers
les
poles
&
renflé
vers
Péquateur.
Si
la
latitude
du
lieu
eft
affez
con-
fidérable
pour
que
la
{une
ne
fe
cou-
che
pas
dans
certains
temps
,
il
n’y
aura
alors
qu'une
feule
marée
dans
un
Jour,
parce
que.
cet
aflre
ne
s’appro-
che
alors
qu’une
fois
de
l'horizon
dans
Pefpace
de
24
heures.
Sous
le
pole
il
ny
a
aucune
marée
diurne,
parce
que
Ia
lune
eft
à
peu
près
éga-
lement
éloignée
du
zénith
pendant
toute
fa
journée
,
de
maniere
que
le
fphéroïde
aqueux
tourne
autour
du
pole
fans
s'élever
plus
d’un
côté
que
de
l'autre,
Dans
les
lieux
quine
font
pas
f
proches
du
pole,
il
y
a
deux
marées
fenfibles
;
Pune
répond
à
peu
prés
au
pañlage
de
a
{une
par
la
pars
602
Du
Fiux
er
Rerrux
tie
fupérieure
du
méridien,
l'autre
au
pafläge
du
même
aftre
par
la
paitie
inférieure,
Le
foleïl,
en
agiffant
fur
les
eaux
|
de
la
mer
qui
lui
répondent,
doit
|
produire
un
effet
femblable
à
cel
de
Ia
lune,
&
contribuer
au
fux
&
|
reflux
de
locéan.
Si
un
lieu
donné
n'elt
pas
fitué
fous
l'équateur,
lama.
rée
fupérieure,
ou
celle
qui
arrive
|
lorfque
Paftre
eft
au
deffüus
de
Phori-
zon,
fera
la
plus
grande
quand
Paftre
pañlera
plus
près
du
zénith,
ou
ce
qui
révient
au
même,
lorfque
la
déclinai
fon
de
l'aftre
fera
du
côté
dn
pole
élevé
;
maïs
la
marée
inférieure,
qui
arrive
lorfque
laftre
eft
au
deflouws
de
Fhorizon,
fera
alors
plus
petite
que
quand
Paftre
étoit
dans
le
plan
de
l'équateur,
parce
que
le
point
oppofé
à
Paflre,
(ce
point
forme
lex
trémité
oppofce
de
lellipfoïde
},
fera
plus
éloigné
du
zénith
que
de
l'équ
teur,
lorfque
Paftre
paffera
par
la
par
tie
inférieure
du
méridien,
Mais
lé
vents
du
fud
&
de
Toueft,
qui
font
plus
fréquens
&
plus
violens
en
Eu-
fope
après
les
équinoxes
que
versie
foHüce
d'été
,
paroïffent
déranger
là
DE
LA
Mer.
683
théorie
;
car
on
a
obfervé
dans
cette
partie
du
monde
que
les
marées
font
plus
grandes
en
général
après
les
équi-
noxes
que
vers
le
folftice
d'été.
_
D'autre
côté
,
la
marée
du
folftice
et
plus
refferrée
entre
le
continent
de
Amérique
&
celui
de
PAfrique
,
que
celles
des
équinoxes
;
enforte
qu’elle
doit
être
moins
fenfible
fur
nos
côtes.
On
peut
dire
encore
que
la
force
cen-
trifuge
fous
Ie
tropique
étant
moindre
que
fous
Péquateur,
les
eaux
y
font
plus
pefantes,
&
obéiflent
avec
moins
de
facilité
à
Padion
de
l’aftre
attirant.
On
doit
dans
les
marées
avoir
égard
à
lation
du
foleïl
;
car
dans
les
[yzy=
gies,
c’efl-à-dire,
dans
les
pleines
&
nouvelles
lunes,
Ie
fphéroïde
aqueux
produit
par
la
force
du
foleil,
&
celui
qui
eft
formé
par
l’attradion
lunaire
,
font
dirigés
dans
le
même
fens
;
&
dans
ce
cas
l'allongement
du
fphé-
roïde
eft
égal
à
la
fomme
des
allonge-
mens
particuliers
que
la
June
&
le
foleil
peuvent
produire
féparément,
dans
les
quadratures
au
contraire,
les
axes
de
ces
fphéroïdes
fe
coupent
à
angles
droîts
;
enforte
que
Ie
grand
axe
du
fphéroïde
folaire
étant
fitué
Cc
2
664
Du
Frux
et
Rerrux
|
fur
la
même
ligne
que
le
petit
axe
du
|
{phéroïde
lunaire,
le
foleil
éleveles
eaux
là
où
la
lune
Les
abaïfle
>
&
réch
proquement
;
ainfi
les
marées
des
Laye
gtes
font
la
fomme
des
effets
des
for.
|
Ces
attradives
du
foleïl
&
de
fa
lune;
mais
les
marées
des
Quadratures
en
font
la
différence,
Quand
la
lune
&.
le
foleïl
font
à
quelque
diftance
Pun
de
l’autre,
fans
être
ni
en
quadra:
ture
ni
dans
les
fyzygies,
chacun
de
ces
aflres
produitune
élévation
difié-
rente
dans
nn
lieu
déterminé,
&
la
fomme
de
ces
élévations
donne
le
bar
teur
de
Ja
imarée,
Quoique
la
malle
du
foleïl
Pémporte
beaucoup
fur
cells
de
la
lune,
néanmoins
comme
ce
der:
nier
aftre
eft
beaucoup
plus
près
de
notre
globe,
fon
ation
fur
les
eaux
de
locéan
eft
bien
plus
confidérable
que
celle
du
foleil;
car
felon
Newton,
fa
force
de
la
lune
eff
à
celle
du
folell
à
peu
près
comme
9
font
à
23
&M,
Daniel
Bernoulli,
ayant
comparé
Îes
marces
des
fyzygies
qui
arrivent
à
5,
Malo avec
celles
des
quadratures,
en
avoit
conclu
quele
rapport
des
forces
de
Ia
lune
&
du
folei
,
efégal
à
celui
de
13
à
A
pere
Mamie
y
…
Par
une
méthode
dont
nous
ne
pouvons
ici
développer
Îles
prin=
cipes
,
NOUS
AVONS,
conclu
;
dans
Îe
_
tome
cinquieme
de
notre
Cours
coms
plet
de
Mathématiques
,
que
la
force
de
la
lune
eft
à
celle
du
folerl
,
com-
me
$
font
à
2
à
peu
près;
enforte
que
le
fommet
du
fphéroïde
aqueux
doit
approcher
environ
deux
fois
&
demie
plus
près
de
la
lrgne
qui
joint
les
cen-
tres
de
la
lune
&
de
laterre,
que
de
celle
qui
va
du
centre
de
notre
globe
-
à
celur
du
foleil
;
&
f
l'on
en
croitun
favant
,
le
point
de
la
haute
mer
n’eft
mais
éloigné
de
Ia
premiere
ligne
de
1
deprés;.ainf
le
pañage
de
lalune
‘au
méridien
eft
la
prineipale
circonf-
tance
qui
influe
fur
les
temps
de
Ja
haute
marée
;
&
dans
une
met
libre
&
ouverte
..
Pintervalle
eñtre
le
temps
.
de
la
haute
mer,
(n'ayant
pas
égard
à
Pinertie
des
eaux),
&
le
paflage.de
la
lune
au
méridien
peüt
aller
jufqu'à
une
heure
trois
où
quatre
minutes
environ,
lorfque
la
lune
eft
apogée,
&
qu’elle
eft
éloignée
du
foleil
de
45
degrés.
En.effet,
lorfque
Ia
lune
eft
apogée
&
éloignée
de
15
degrès
du
méridien,
elle
emploie
environ
63
es
612
Du
Frux
&r
REFLUXx
-après
le
pafläge
du
foleil
&
de
Ja
line
parle
méridien,
ou
trois
heures
après
midi,
ce
qui
eft
Le
temps
où
ïil
doit
naturellement
arriver
;
ainfi
la
marée
n’a
pas
été
retardce
par
les
côtes,
mais
ele
y-eft
produite
par
les
eaux
qui
viennent
diretement
de
Pocéan
Il
n'en
eft
pas
de
même
à
Oftende,
au
avre,
à
Saint-Malo,
à
Dunkerque;
le
flux
n’arrive
dans
ces
lieux
que
par
les
courans
qui
fe
forment
fur
les
rivages,
&
par
conféquent
fuccef.
fvement
5
lavoir,
à
fx
heures
à
Saint-Malo,
à
penf
heures
au
Ha-
vre,
&
à
minuit
à
Oftende.
À
Dun-
Kerque:,
la
haute
mer
s’obferve
(ou:
vent
à
minuitaux
temps
des
fyzygies;
Mais
ce
flux
eft
une
fuite
de
celui
qui
a
été
produit
par
le
Précédent
pañage
du
foleil
&
dela
lune
ax
méridien,
&
qui
n'arrive
à
Dunkerque
qu’envi:
Ton
12
heures
après
ce
paflage.
À
Batsham,
port
du
Royaïme
de
Ton-
quin
,
il
y
à
deux
“entrées
;
l’une
par
la
mer
de
la
Chine
»
Entre
le
Conti-
nent
&:
Manille
;
Pautre
par
l'océan
Indien,
entre
te
Continent
&
l'Ile
de
Bornéo,
Le
fux
arrive
par
l’une
de
‘eS
contrées
à
lroïfieme
heure
de
DE
LA
MEr.
613
ladune
;
&
fix
heures
après,
par
l’autre
entrée,
c’efl-a-dire
,
à
fa
neuvieme
heure
de
la
lune,
à
caufe
de
leur
dif-
férente
fituation.
C’eft
pourquoi,
fi
les
marées
font
égales
,
Pune
arri-
vant,
tandis
que
l’autre
fe
retireroit
,
Peau
doit
refter
tranquille
fans
aucun
mouvement.
C’eft
aufli
ce
qui
arrive
Jorfque
la
Tune
‘eft
dans
le
plan
de
léquateur
;
parce
qu’alors
les
marées
du
matin
font
à
peu
près
égales
à
cel-
les
du
foir
;
maïs
fi
la
lune
commence
à
décliner
du
même
côté
de
l’équa-
teur
que
Batsham,
fitué
à
vingt
de-
-grés,
cinquante
minutes
de
latitude
feptentrionalé
,
les
marées
-qui
fe
fai-
vent
ne
feront
point
égales
;
enforte
que
celle
qui
arrive
d’un
côté
furpaf-
fera
celle
qui
vient
de
l’autre
côté
;
la
marée
durera
12
heures
;
&
Pon
n'aura
qu'un
flux
&
un
reflux
par
jour,
Ce
fera
Ia
même
chofe,
lorfque
la
lune
aura
une
déclinaifon
auftrale,
avec
cette
différence
,
que
dans
le
pre-
mier
cas
les
eaux
auront
leur
plus
grande
hauteur
environ
fix
heures
après
le
coucher
de
1a
lune,
&
qu’el-
les
feront
bafles
à
fon
lever;
maïs
dans
le
fecond
cas
elles
feront
hautes
au
le.
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