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Yves Burnand, Primores Galliarum. Sénateurs et chevaliers romains originaires de Gaule de la fin de la République au III e siècle. I. Méthodologie. II. Prosopographie. Bruxelles, Latomus, 2005-2006. 2 vol. [Reseña]

Álvarez Melero, Anthony

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L'antiquité classique Yves Burnand, Primores Galliarum. Sénateurs et chevaliers romains originaires de Gaule de la fin de la République au IIIe siècle . I. Méthodologie . II. Prosopographie , 2005-2006 Anthony Alvarez Melero Citer ce document / Cite this document : Alvarez Melero Anthony. Yves Burnand, Primores Galliarum. Sénateurs et chevaliers romains originaires de Gaule de la fin de la République au IIIe siècle . I. Méthodologie . II. Prosopographie , 2005-2006. In: L'antiquité classique, Tome 78, 2009. pp. 572-574; https://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_2009_num_78_1_3753_t17_0572_0000_2 Fichier pdf généré le 26/05/2018 572 COMPTES RENDUS phies prenant cette fois-ci pour objet les plus importants centres urbains de la Péninsule ibérique romaine : en plus du volume ici recensé, d’autres sont annoncés pour Carthagène, Barcelone ou encore Italica. La qualité du projet éditorial originel est cependant respectée : il s’agit à chaque fois de proposer un état de la question sur chaque cité en environ 150 pages et 11 chapitres abondamment illustrés, dont la rédaction est confiée à un spécialiste du sujet. Après une introduction générale, le volume présente ainsi successivement une introduction historique (F. Beltrán Lloris), une histoire des recherches (J.A. Paz Peralta), un aperçu de la topographie et de l’évolution urbaine (M. Beltrán Lloris), un exposé sur l’architecture officielle (F. Escudero, J.A. Hernández Vera et J. Núñez Marcén), puis sur les édifices de spectacle (F. Escudero, M.P. Galve), l’architecture domestique (M. Beltrán Lloris et A. Mostalac Carrillo) et funéraire (M.P. Galve et A. Mostalac Carrillo), avant d’élargir le propos au territoire (F. Beltrán Lloris et M.A. Magallón Botaya), à la sculpture (E. Koppel et I. Rodà), aux musées et collections (R. Erice Lacabe et C. Aguarod Otal), et enfin de proposer une bibliographie très complète (L. Aranda Minguillón). La rédaction d’un tel ouvrage pour Caesar Augusta est assurément la bienvenue : cette importante colonie augustéenne, capitale de conventus et nœud routier et fluvial de la vallée de l’Èbre, était encore jusqu’il y a peu bien méconnue. En cause, une histoire très riche qui a peu à peu enseveli la ville romaine et a provoqué un véritable « naufrage » épigraphique dont n’ont été sauvées que quelques dizaines d’inscriptions. On comprend dès lors toute l’importance prise par le développement de l’archéologie préventive, qui a accompagné de ses tâtonnements la transition démocratique espagnole, et a permis de mettre au jour la majeure partie de ce que nous connaissons de la ville romaine. Sont ainsi apparus lors de fouilles inégalement publiées le forum et le théâtre, ainsi que le port fluvial et certaines maisons parfois antérieures à la fondation coloniale. De même, le mobilier archéologique a permis de mieux comprendre le rôle économique d’une ville où convergeaient les grands axes de communication, et qui organisait profondément le territoire alentour, dont l’exploitation est désormais éclairée par la découverte exceptionnelle du bronze d’Agón. Il est ainsi légitime de parler d’effervescence archéologique à Saragosse au cours des trente dernières années, mais il manquait encore une synthèse de qualité scientifique, les principales publications ayant avant tout fait œuvre de vulgarisation. Cet ouvrage permet donc de faire le point sur notre connaissance de la colonie en renvoyant systématiquement à une bibliographie qui était jusqu’ici très dispersée : il constitue dès lors un point de départ fondamental pour toute étude ultérieure sur la Saragosse romaine. Espérons qu’il stimulera de véritables publications détaillées des résultats des fouilles, notamment pour le théâtre ou encore le port fluvial. Bertrand GOFFAUX Yves BURNAND, Primores Galliarum. Sénateurs et chevaliers romains originaires de Gaule de la fin de la République au IIIe siècle. I. Méthodologie. II. Prosopographie. Bruxelles, Latomus, 2005-2006. 2 vol. 16 x 24 cm, 450 et 630 p. (COLLECTION LATOMUS, 290 et 302). Prix : 60 et 85 €. ISBN 2-87031-231-8 ; 978-2-87031-243-8. Cet ouvrage, toujours en cours de parution près de 25 ans après la soutenance en Sorbonne de la thèse qui en est à l’origine, constitue un jalon important dans l’étude COMPTES RENDUS 573 des élites gallo-romaines du Haut-Empire. L’objectif de l’auteur est de se livrer à une étude critique d’histoire sociale sur les sénateurs et les chevaliers gaulois, entre la fin du IIe siècle avant J.-C. (époque de la pénétration romaine dans la façade méditerranéenne de la Gaule) et l’année 285 de notre ère, au cours de laquelle Dioclétien fut reconnu empereur en Occident. L’aire géographique retenue est la Gaule au sens césarien du terme, c’est-à-dire tout l’espace délimité par la Méditerranée, l’Atlantique et la Mer du Nord, compris entre les Pyrénées, les Alpes et le Rhin. Il exclut les provinces alpines mais adjoint en revanche les Champs décumates qui firent partie des provinces germaniques. Le savant français organise son exposé en quatre volumes : le premier se réfère à l’introduction méthodologique, précédant ainsi le catalogue prosopographique. Suivent l’étude sociale, au volume 3, scindé en deux tomes dont le second est encore sous presse, puis les index en conclusion de la monographie. Pour des raisons pratiques, nous ne rendrons compte que des deux premiers volumes, en attendant la parution des deux derniers. Après avoir délivré l’immense bibliographie consultée puis abordé la problématique de la recherche, en nous retraçant l’historiographie du sujet et en le délimitant dans le temps et dans l’espace, l’auteur en vient à l’étude méthodologique. Grâce à une structure relativement lourde mais clairement affichée, il se livre en premier lieu à une réflexion complète sur les sources conservées, qu’elles soient littéraires ou épigraphiques, sans négliger l’iconographie et l’archéologie. Il discute ainsi de leur pertinence et de leur représentativité, ce qui n’est pas sans conséquence lorsqu’on souhaite s’intéresser aux membres de l’uterque ordo issus des Gaules et des Germanies. C’est ensuite à leur identification sociale et géographique que le savant nancéien consacre le reste du volume. Il cherche dans un premier temps à s’assurer que seuls des sénateurs et des chevaliers sont repris dans sa prosopographie : il analyse scrupuleusement carrières et titres, pour tantôt rejeter, tantôt admettre des personnages dans son catalogue. Il poursuit ensuite sa minutieuse enquête, en prêtant son attention à l’origine géographique des sénateurs et chevaliers : il passe ainsi en revue tous les critères pouvant déterminer avec plus ou moins de certitude leur provenance gauloise (mention de l’origo, tribu, carrière, onomastique). À ce stade du travail, il est particulièrement regrettable que l’auteur n’ait pas pris la peine de discuter de certains points de vue contraires à ses opinions. Nous songeons, par exemple, aux réflexions de Sir R. Syme, dans son article More Narbonensian Senators, paru dans ZPE, 65, 1986, p. 1-23 qui corrigeait et révisait la liste qu’Y. Burnand avait en son temps établie pour le colloque « Epigrafia e ordine senatorio ». Les remarques du savant oxonien sont en effet d’une importance capitale pour la constitution de ce catalogue car elles sont susceptibles de modifier les conclusions qu’on peut en tirer. Quoi qu’il en soit, sur la base de tous ces critères, il dédie le deuxième volume à sa prosopographie, d’où sont exclus les descendants des sénateurs car installés à Rome et perdant de facto leur lien avec leur terre natale. À nouveau, il s’agit là d’un point de vue qui ne fait pas l’unanimité parmi les scientifiques car, si les informations à notre disposition sont variables en fonction des sénateurs, il est des personnages qui maintiennent des relations étroites avec leur patrie, par le biais de l’évergétisme, de sacerdoces ou grâce à leurs parentes. D’ailleurs, il rejette toutes les femmes liées aux sénateurs et aux chevaliers au motif que ces dernières, à son avis, ne firent pas partie de l’ordre sénatorial dès le départ et tandis qu’elles furent toujours exclues de l’ordre équestre. S’il voit juste pour les 574 COMPTES RENDUS femmes apparentées aux chevaliers, il n’en va pas de même pour les clarissimes car il est bien possible qu’elles aient fait partie de l’ordre sénatorial dès la recréation de celui-ci par Auguste. Enfin, une fois l’échantillon ainsi délimité, Y. Burnand range les sénateurs et chevaliers selon deux classements. Le premier est mixte, chronologique (au quart de siècle près) et alphabétique et regroupe tous les « Primores », numérotés de 1 à 291. Le second classe les personnages en fonction de leur appartenance à l’ordre équestre (signalé par « E ») ou sénatorial (marqué d’un « S »). Chaque notice comporte les sources antiques citées in extenso, la bibliographie et un commentaire. Des cartes géographiques et des tableaux chronologiques agrémentent son texte. En conclusion, il en résulte un volume dense, tant l’étude est exhaustive, et il est aisé de constater que son auteur connaît très bien son matériel. Toutefois, il est à regretter, en dépit de ce travail titanesque, qu’il n’ait pas systématiquement pris la peine de faire état des débats faisant parfois rage au sein de la communauté scientifique, et qui donnent en fin de compte davantage de consistance à ses propos. Certains de ces choix sont par ailleurs contestables. Si l’exclusion de toutes les femmes apparentées aux membres de l’uterque ordo peut se comprendre parce qu’elles étaient tenues éloignées des fonctions publiques, il se prive, par la même occasion, de la possibilité d’approfondir, par exemple, la question des alliances matrimoniales qu’on ne peut complètement étudier de près sans les prendre en compte. Nous attendons donc avec curiosité la suite de son étude afin de pouvoir prendre connaissance de l’exposé des résultats de ses analyses sur son thème de recherche. Anthony ALVAREZ MELERO Nicolas TRAN, Les membres des associations romaines. Le rang social des collegiati en Italie et en Gaules, sous le Haut-Empire. Rome, École française, 2006. 1 vol. 17 x 24 cm, VIII-577 p. (COLLECTION DE L’ÉCOLE FRANÇAISE DE ROME, 367). Prix : 60 €. ISBN 2-7283-0556-0. L’ouvrage de N. Tran, issu d’une thèse de doctorat soutenue à Paris en 2003, constitue une contribution remarquable à l’étude des associations romaines, souvent qualifiées de collèges. Dans une introduction fort riche, l’auteur apporte des éléments de définition générale – les collèges forment des associations volontaires de droit privé, correspondant aux « structures d’intégration au sens durkheimien du terme » – ; il y précise aussi la nature des collèges et des activités collégiales – se présentant souvent comme une fraction d’une communauté civique (collegium fabrum tignuariorum Ostiensium par ex.), « les collèges offrent à leurs membres un cadre de vie communautaire, un espace collectif de partage et de convivialité » (p. 14), organisé selon des structures hiérarchiques et permettant l’intégration civique de leurs membres. N. Tran propose ensuite d’aborder, dans une perspective sociologique, les collèges « en tant que phénomène de sociabilité », se manifestant notamment lors des banquets ou des assemblées des collegiati et d’étudier, sur cette base, l’identité sociale de ces derniers, en tentant de distinguer les buts collectifs et singuliers des collegiati. Pour répondre aux questions que suscite une telle approche, N. Tran choisit d’étudier la personnalité sociale des collegiati sur une base prosopographique, entre le début de notre ère et jusqu’aux années 260, en Italie et dans les Gaules (son enquête