Notices sur J.-A. Letronne... et discours prononcés a ses funérailles.
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a.j.letronne. Membre de l'Institut, Académie des Inscriptions et Belles Le
NOTICES ' SUR -À LETRONNE MEMBRE DE L’INSTITUT . F.T DISCOURS PRONONCÉS A SES FUNÉRAILLES UE SAMEDI 16 DÉCEMBRE 1848 \ L\ MÉMOIRE RE M. LETUONNE HOMMAGE DE L’ÉDITEUR DE LA REVUE ARCHÉOLOGIQUE PARIS A. LELEUX, LIBRAIRE ÉDITEUR DE LA REVUE ARCHÉOLOGIQUE RUE PIEURE-SARRAZIN, 9 1849
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Le \ o décembre , le jour où paraissait le numéro de la Revue Archéologique, la rédaction de ce recueil faisait la perte la plus cruelle, la plus inattendue. La mort prématurée de M Letronne laisse, à notre tète , un vide irréparable. Son talent si jeune encore 1 ardeur avec laquelle il prenait part à toutes les discussions qui font progresser la connaissance de l’antiquité., nous promettaient une longue série de travaux ; et nous sommes tout à coup déçus dans cette esperance. Non-seulement la lecture des mémoires de M Le tronne offrait un enseignement direct, que Ion trouvait dans ses moindres notices, mais sa méthode si sûre, si saine, attirait les es¬ prits vers la recherche de la vérité; mais sa haute autorité tenait ierreur a distance, réprimait, pour ainsi dire, àLavancè les fausses doctrines et leurs pernicieux résultats. Car ce que M. Letronne esti¬ mait le plus chez les autres, et qu’il possédait à un degré si émident cétait la rectitude du jugement; cette qualité quUst, ainsi ffu d le disait lui-même, si rare quoique on la nomme le sens com- ‘ nnr?V' 0 U v SCS GCntSGn P ° rtent la vive em Feinte, et sous ce rap- 1 ru érudition française peut proposer comme des modèles achevés ' « r ° Pe “ : le Mémoire Sür la de Mcmnon, les Obscrsur l eiude des noms propres grecs. Ces beaux travaux sont connus de tout le monde; mais telle 5 était l’heureuse Site d ]\ . Letronne que sa collaboration dans chacun des recueils où il écri¬ vait suffît pour lui assurer l’admiration du lecteur On’nn »• éloigné de tout grand centre d’études, n avant entre lWmnirtTT’ Mémoires de l'Académie des Inscriptions ni j ? ^ m GS ou M. Letronne a inséré tant et de si cjccllemL ... . 1 eet antiquaire ait lu la Revue Archéologique, et il Lra , à coup sùr'!
4 REVUE ARCÉOLOGIQUE. conçu de l’illustre savant dont nous déplorons la perte , l’opinion la plus haute. Quarante articles ou notices sur les sujets les plus variés auraient établi la réputation d’un critique, et ce n’était cependant qu une parcelle prélevée sur les trésors scientifiques que son gén*o enfantait continuellement. Avons-nous besoin de rappeler le Mémoire sur le tombeau de saint Eutrope, où le respect des antiquei croyances se fortifie au contact d’une lucide et rigoureuse appréciation des faits matériels; la Notice sur l’aqueduc deBeirouth, travail d’intuition q UI ferait monter l’archéologie au rang des sciences exactes, si l’imagi¬ nation logique pouvait s’enseigner. Cette fermeté d’esprit, cet amour de la vérité prouvée qui distinguent ses écrits, M. Letronne les mon¬ trait dans toutes ses actions; partout où il a été administrateur: a la Bibliothèque, au Collège de France, aux Archives, à l’École des Chartes, il a laissé une heureuse marque de son passage. Toutes ces institutions lui doivent de grandes améliorations, queiques-unes un e régénération complète. Son attention s’appliquait aux plus petits cl lails; il aimait les choses dans ce quelles pouvaient avoir dutile aux hommes. U Parmi les grandes et rares qualités que possédait M. Letronne, ^ ne faut pas oublier de mentionner la bienveillance avec laque c ^ accueillait les jeunes gens. Quelque inconnu que l’on fut , on p oU vait en toute assurance, lorsqu’on avait un penchant véritable P° l’érudition, faire appel à sa sollicitude, elle n’était jamais en de o On pouvait redouter en l’abordant sa critique sévère, on était ier * étonné, charmé de son indulgente franchise. Les biographes an^ ^ seront avec précision les services que M. Letronne a ren us science, raconteront avec soin sa vie si remplie, si ployée. Nous ne voulons ici qu’exprimer la douleur mort nous fait éprouver, nous réservant d honorer ™ cP teS conservant précieusement sa doctrine, en appliquant es excellents que nous devons à sa constante honte. Adrien de Long réri euactivement cmprofonde que _/.mmrfî en
NOTICE SUR LA VIE ET LES OUVRAGES DE M. LETRONNE. En r ««Uaborat !! 11 !!" 1 oux '««leurs de la Revue la biographie de l’illustre tons pas J,'“ nt «'le déplore la perte récente, nous ne nous acquit- Re «"ei' est" „ " l 4u » pieux devoir envers l’homme auquel ce « trouvé P atl ie redevable de l'accueil bienvedlant qu il ^udes archpoi,,, , nous travaillons encore à l’avancement des « ev °ir ê t re Do La vie de M. Letronne nous semble, en eflet, tlo n, un suietlv llntit lUaire et le critique, une matière d’instruc- I^mi lesquel Cnsei gnement non moins fécond que les dissertations ««la Uiétho,] ' ,‘! 0us l a plaçons; elle montrera ce que peut la sévérité Un es Prit in„r • " solidité du jugement jointes à un savoir étendu, a toutes l cs /.I 1 * 111 et sagace. M. Letronne a possédé à un haut degre s «ience d’i "° ll|U ‘ constituent le vrai savant, et il a laissé de cette de mota ‘ mora bvablcs monuments destinés il rester comme autant Carri ^e n „' i , Pr °l >os,5s à l’imitation de ceux qui voudront suivre la C ° Ü P dVi 1 * a parcourue avec un si prodigieux succès. Jeter un m °yen s SUF1 ^ n sem ble de ses écrits et chercher à saisir par quels tâche s*M* heureuse réunion de facultés, il a pu suffire a une Vaincu 1 aboricuse et si difficile, c’est ce que nous allons tenter, connotice ^ leS llommes studieux trouveront à puiser dans cette Jea n - A e nSei8nements utilcs ct(le salulaires exem P les * faïniiiu i nl0lüe Letronne est né à Paris le 25 janvier 1787, d’une qu’une f •K| Ure * c l ui n’avait pu apporter à son instruction première appui l!- a ^ en t ,on et dans laquelle il ne rencontrait ni aide ni pléer * D ® J eune Letronne dut se faire lui-même une carrière et sup- » f r son zèle et son travail, au défaut de ressources qui était la
12 REVUE ARCHÉOLOGIQUE, l’illustre archéologue. Toutes les questions importantes que soule¬ vait son histoire, étaient examinées, éclaircies par lui. Dans son mé¬ moire sur le tombeau d’Osymandyas, il apprenait aux érudits à se défier des témoignages que rien ne confirme et ne corrobore. É les mettait en garde contre les assertions de Diodore de Sicile, dupe des récits exagérés que lui faisaient les prêtres égyptiens, et ren- ' chérissant sur les merveilles dont ses yeux avaient été frappés sur les bords du Nil. Il effaçait de la liste des monuments réels ce tom¬ beau dont l’historien grec nous a laissé la description pompeuse, assuré qu’il en resterait assez sur cette terre d’Égypte pour mériter l’admiration de ses contemporains. Dans ses Matériaux pour servir a l’histoire du christianisme en Egypte, en Nubie et en Abyssinie, il tirait d’une inscription grecque une heureuse explication d’un passage ma compris de Priscus, et retrouvait les preuves de l’existence vivace u° culte égyptien, bien après que Théodose en eut proscrit l’exercice- Dans l’explication d’un papyrus grec du règne d’Évergète II, conte¬ nant l’annonce d’une récompense promise à celui qui ramènerait un esclave échappé, il nous faisait pénétrer dans la société privée a Égyptiens, il nous retraçait les scènes de la vie commune en Égypt e > et, rapprochant notre époque de cet âge que tant de siècles en sep ^ rent, il peignait avec un rare esprit ces petits traits de l’existence p pulaire qui se retrouvent les mêmes dans tous les âges. Lexam d’inscriptions grecques découvertes à Philes, le mettait sur la lra ^ d’un mode particulier de compter les années au temps d’Auguste, un seul mot, un texte d’un mot unique, ùuToxp«Topwv, lui don la date de la construction d’un temple. Mais le mémoire qui«surpa^ tous les autres etqui fut comme le chef-d’œuvre de M. Lctronnc, sa Dissertation sur la statue vocale de Mcmnon. Ce modèle des mem^ ^ d’érudition, ce type de la bonne critique demeurera certainemen^^ de ses plus beaux titres dans l’esprit des générations sa\an cutant les faits relatifs à cette statue, il en fait sortir une t ie ^ ^ | a embrasse et explique tous les détails de ce curieux prob eme,^^^ solution , inconnue aux anciens mêmes, était à peu près nJ j n és, des modernes. Les textes épigraphiques sont ensuite j n - éclaircis par lui en philologue consommé, et dans les ,nscrl | cocomprises ou défigurées qui couvrent les jambes et le soc losse, il retrouve la confirmation de sa théorie. m omen l s Tant de travaux semblent avoir dû absorber tous ’Tnomb^ 1 M. Lettonne. Eh bien, ils lui laissent au contrai jptéres loisirs qu’il consacre à l’étude d’autres questions non m
NOTICE SUR M. LETRONNE. 13 saotes et qui rentraient également dans le domaine de l’antiquité. °us ne pouvons citer une foule d’articles, de recensions qui trou- V ent ' eur place dans le Journal des Savants , les Annales de Vinsarchéologique de Rome, nous ne nous arrêterons qu’à ceux qui, aï p ear ^portance, ont fait faire un pas notable à la science. t ron ai ava ' t donné une édition des petits géographes grecs ; M. Le- '° U ^ u l: com p iéter l’œuvre de son maître, en publiant les lui server S ^ °^ mes Scymnus de Chio et du faux Diccarque , qui vait ètreT > su ‘ l c et supplément. Un travail de ce genre ne poula philolo^- 1 ^ P ar ^lustre académicien sans profit pour l’histoire et détail, nf 0 ’ Le llvre laisse peut-être à désirer à l’égard de certains de faits écK ^ S6ra ^ eureux d’y rencontrer, au milieu d’une foule d es plus c r S P ar une inépuisable érudition* deux pièces inédites M. Letronn e rie ^ SeS ’ qui n ’ avaient P oint encore été rnises uu j o u r * parfaite; S ui v n aVUlt pas Ailleurs la prétention de donner une édition présenter Ses P r °P r es expressions, il visait seulement à en nessc f ut le q e ^ eilleure - Ce retour vers les recherches de sa jeuait davanta^o !Ü er que fit notre collaborateur. L’archéologie éveil- L’étudedesv as Sa8acité - ces n ombreu x mo SGS pe * n ts avait attiré l’attention des antiquaires sur , e ! a ^ytholocrie ’ d°nt l’intérêt, sous le rapport de l’art et ^ leurs formes si ^ v l lte a l’élégance et au fini du travail. Frappé x er dans l a | anrr 1 Var 'ées, on avait cherché à les classer et à relrou- a, t caractéricT e § rec que, les noms par lesquels chaque forme aar d, Proposéj 0 1 * ^ GUX savan t s allemands, MM. Panofka et Gerf°ajoi]rs atte t ? î SUccess ivement des nomenclatures. M. Letronne, ,( lées qui ne « l * a ne point laisser s’introduire dans la science des c latn res à u USSent P°' n t suffisamment justifiées, soumit ces nomeri- en Montra 1° exaïïlen sévère, il discuta la valeur de chaque mot, il gnag es sur \ SenS P r ^ c ^ o u générique, et établit combien les témoi- a PpUyés \ eSq ! le,s ^ es deux archéologues d’au delà du Rhin s’étaient La" (.* aissa * e nt encore de vague et d’incertitude, savants colu° n de la P. einture anti( l ue avait été de la part d’un de ses dihon de i UGS ’ P ob j e t de recherches intéressantes où la riche éru- ( ]Uels il C T avait réuni des témoignages nouveaux à l’aide dess apercevoir Qtt ? !t lcS id6es d ’ u n habile artiste * M - Letronne crut tion de l’ant*^ 110, G SGns dü ^ arc ldtecte avait été plus sur que l’érudises Lettres T ’ Ct U prôtU aU P rcmier Pa P Pui de sa critique. Dans etrllT U Peiniure historique murale dans la décoration des etd " mires édifices publics ou parùailiers, il lit preuve de
14 REVUE ARCHÉOLOGIQUE. connaissances positives sur les arts plastiques, connaissances qu’il n’avait point encore eu occasion de produire, et l’ancien élève de David se retrouva en lui en même temps que le philologue profond qui enrichissait le vocabulaire grec d’une foule de mots mal interprétés* Dans ses recherches sur le personnage d’Atlas et sur les opinions cosmologiques des Pères de l’Église, M. Letronne présentait une appréciation exacte et savante des connaissances des anciens sur la cosmologie, et il fournissait des données judicieuses sur la méthode à suivre dans l’étude de la mythologie. Ses considérations sur l’étude des noms propres grecs auxquelles l’avait conduit la méditation des écrits de Lobeck et de Pape, lui suggérèrent des aperçus lumineux sur la philologie, sur le génie de la composition des mots dans la langue hellénique, aperçus qui devenaient à leur tour des sources fécondes de rapprochements intéressants propres à faire connaître le véritable esprit des anciens. M. Letronne sortit une fois du cercle ordinaire de ses travaux ; 1 voulut faire voir ce que peut la méthode appliquée avec bon sens et sagacité, dans les mains de celui-là même qui était primitivement étranger au sujet qu’il traite. Une question au fond d’une médiocre importance, mais qui passionnait vivement les membres de l’Acadé mie, lui en donna l’occasion. Un cœur avait été trouvé à la Sainte- Chapelle ; quelques-uns avançaient que c’était celui du fondateur de cette collégiale, de saint Louis. Notre collaborateur, que sa p oS1 " tion officielle de garde général des Archives avait conduit à l’examen de cette question, se prononça pour la négative. La controverse qu^ soutint alors s’éleva, par l’art infini qu’il y apporta, la sagacité dont i fit preuve, à la hauteur d’une discussion delà plus réelle importa ne * Pénétrant dans l’examen de témoignages qui n’avaient jusqu a 0 ^ aucunement attiré son attention , il composa sur ce sujet un mcIT1 ? n où l’on ne sait s’il faut admirer plutôt l’étonnante souplesse i ^ savoir qui se prête si vite à des études nouvelles, que la nette e j vue et la sûreté de coup d’œil qui font deviner le nœud, le point cap dans les questions qui sont le moins familières. , édeiu- Dans des discussions que M. Letronne avait soutenues p r( j c ment à l’Académie, sur le revêtement des pyramides , sur s> il ansée, et dont il a consigné les résultats dans des disserta^ ^ avait déjà montré, bien qu’à un degré plus faible et sans d°u moins de bonheur, cette habileté de polémique qui le faisai s ment redouter pour adversaire. t pu l , rC Parlerons-nous des articles nombreux que les lecteurs
NOTICE SUR M. IÆTRONNE. 15 dans ce recueil, et qu’ils ont encore tous présents à la mémoire? E éditeur de la Revue a voulu les réunir comme un dernier hommage e sa reconnaissance. Dans ces articles sont consignées quelquesunes des plus importantes découvertes de l’illustre archéologue, no¬ tamment celle de l’aqueduc de Beyrout, et plusieurs de ces critiques vait T** Savantes » ^ pleines de verve et d’entrain dont il poursui- ■ fondées '^ eS ^ ausses » î e s systèmes malencontreux , les hypothèses critimT s ^ r * a confusion des époques et l’inintelligence des textes , a donné S s e anS / eS ^ Ue ^ eS ^ exce ^ ait ‘ C’est a ^ a ^ evue ( l ue Letronne tribune S ^ ern ‘ ers travaux ; c’est elle qu’il choisissait encore pour avant sa^ Uan ^ V ° * x savante Q H a ' t bientôt s’éteindre. Peu de jours numéro de 0 ?’’ ^ corr ’8 ea *t l’épreuve de l’article qu’on a lu dans le cher pou , ecem bre. C’est un honneur que ce recueil paye trop M {JJ ^ Ul P u ' sse en mentionner ici sa satisfaction, travaux 1 VOa ! u t réunir en un seul corps d’ouvrage tous les d’en com C ^ ^ ^ ava ' 1 ^ P arai t re sur l’Égypte. Il eut la pensée ü avait sUo^ C ° mme , u n monument à la mémoire de la contrée dont ce projet ern P s étudié l’histoire et les institutions. En réalisant dépourvues V a ses œuvres un mérite dont elles semblaient sorte matériel! 111 i ° U plutôt il mettait (ians une évidence en quelque dispersées dan^ - ° ^ en secret ? u i un i ssa it toutes ces dissertations formé les vérit^K| ln ^- recu ®*l s différents. Cette vaste collection eut y a quelques -1 T justificatives du beau mémoire qu’il lut, il 1 établissement ùlTr nStltut ’ la clvl bsatioii égyptienne depuis d 'Alexand“ Dét , P “ ichus U, conquête P» ter^r^lruvre ^ ™ 1u ™ S in ^ Hélas! 11 Infclix operis summa. tinée. f au t G . uen est point à l’homme, elle en nc f ' i 1 entrer aïait tous les WW ™ “ du recueil 1 n d ern,Cr volume - 11 «vait réuni complément nS W ï" s grccs trouïés e " Égypté "1°i?!* de morceau,? - ," 1 ’ et <P< eût enrichi les Int?? Cn eut ete ll toi? r ' îd,ts ' Précieux pour l, L lres a,lli que s de ton colhii U | * >aS | CS d étochées des Annales mm", ’ P r é c 'eux pour l’hiscollaborateur les rassemblait une I lH ? le , mai 'I«e s , noire illustr, rode qui en dérobait le sens à nos yeux i V , * *PPrt»ait à déchirer b de ce savant linceul'où elle av L h “ blles - l ' e xhumaitl'Égypt b rande œuvre, celte tentative prodi<.io, 0pp,; sa dépouille. Cctt b lsc du savoir liumain arrachai!
16 REVUE ARCHÉOLOGIQUE, à force de sagacité à l’Égypte, ses secrets, par la seule lecture de quelques fragments déchirés, il ne lui a pas été donné de l'accom¬ plir. Il comptait sur les longues années que lui promettait sa santé florissante, et son heure a sonné avant môme qu’il ait songé qnd allait vieillir. M. Letronne a voué sa vie à la science ; c’est à elle à lui rendre le tribut funèbre. C’est à elle d’inscrire dans le livre des vivants le souvenir des qualités brillantes qui excitaient l’admiration de tous ceux qui l’ont connu. Le mérite a des envieux, la critique, môme quand elle s’exerce à deux mille ans de date, excite des jalousies, des rancunes, et froisse des amours-propres. Plus d’un savant esti¬ mable s’est vu blessé par le caractère absolu et inexorable de cette critique persévérante et active. Mais qu’on cesse de reprocher à notre collaborateur ce qui fit précisément le plus grand de tous ses mérites, ce qui nous a valu ses chefs-d’œuvre. Les noms s’oublient, la w ' thode reste et l’érudition recueille le fruit des combats où tant susceptibilités reçurent de dangereuses atteintes. Impitoyable p° u r les erreurs des autres, M. Letronne l’était aussi pour lui-môme* Avant de les produire au grand jour, il soumettait ses idées a ce discussion pressante qu’il appliquait ensuite aux œuvres d autrui, laissait mûrir ses pensées et attendait pour les communiquer, q u ( ; . fc eussent subi l’épreuve du temps. Voilà pourquoi sa conviction ^ si forte, pourquoi les ménagements, les réticences lui étaient^ connus; il ne savait pas être pour les autres moins sévèrequ» l’était pour lui-môme. . . /. fan , M. Letronne appartenait à cette grande école de l'érudition^ çaise dont Foncemagne, l’abbé Belley, Lancelot, Danville, ® jj de Villoison, Dupuy, Fréret ont été de si glorieux représentai^^ rappelait surtout ce dernier par la netteté de ses vues et ar j e ployer les textes, par la sûreté de son jugement, comme al î sS ^ple caractère absolu de ses idées. Son style à la fois clair et concl ^ r j t a ble mais vif, sa diction spirituelle et coupée en ont fait u n or i- , écrivain. Profondément original dans sa manière, il devai s a ginalité à son éducation. Il s’était fait lui-môme, et com aI ^ j. jnt jivi' propre force, il n’empruntait aux autres rien qui pût altéré dualité de ses vues. Il y a eu de nos jours des archéologues qui ont P°s st . §anC e p* 1 1 * ment plus profond de l’art que lui, qui ont eu une connau ^ ^ s’en pratique et plus familière des monuments figurés, inai corT) p lè(e d c est trouvé aucun qui ait réuni une intelligence aussi sent' -
NOTICE SUR M. LETRONNE. 17 antiquité à une telle variété de connaissances et à une sagacité si ei jyj eUSe s ’ Patrice. son ^ e . tronî ) e a reçu toutes les récompenses qui étaient dues à sll , S aV0lr ‘ D ’abord inspecteur général de l’Université, il devint enuale et°d SerValeUr du Gabinet des Antiques à la Bibliothèque NatiosuccéderTr^ de cet établissement. U eut deux fois l’honneur de de France n U n 0U ’ d ’ abord comme professeur d’higtoiré'.au collège ce ssivementX S v C i 0mnie ^ arde général des Archives. U fut créé sucpresque toutes 1 ° °^ 1Cler e t commandeur delà Légion-d honneur; les souverains i • acadérni e s de l’Europe l’admirent dans leur .sein, îl, u strcs B œ j? 1 0 ntac cordé des distinctions, et les savants les plus honn ^ son;? f l etHumboldt , se sont honorés de son amitié. Ces persuadé qu’ij son amour-propre, mais ils ne lui ont jamais de . trava ux iJT 1 QSSez pour la science. 11 préparait une multitude cl P ' t é dans la t }^ uand un ma l rapide dans sa marche l’a préd ? ^i> l’hérita^ 111 ^ ^. a ^ r é ce que nous pouvions encore attendre f eux i pour Q f 1 SC, ® ntifi que qu’il laisse est assez riche, assez prébu érent à i a e . a . a nc e doive l’inscrire parmi ceux qui contriamtemr au premier rang des nations savantes. Alfred Maury. 2
NOTICE SUR M. LETRONNE. La mort seule fixe et consacre définitivement le mérite des fi mes. Les éloges, comme les critiques, manquent ordinairement^ mesure quand ils s’adressent à un personnage vivant ; mais qu a ° nous parlons de ceux qui ne peuvent plus nous entendre, nous ^ songeons ni à flatter ni à médire, et nous ne sommes plus exposes commettre que des erreurs involontaires. J’y échapperai P el jf. moins qu’un autre en parlant d’un homme éminent avec qui J 3 1 g le bonheur d’entretenir, pendant plusieurs années, des relations <1^ sa bienveillance me rendait chaque jour plus douces et plus p f ( ^ cicuses. Mais placé comme je l’étais sous sa direction. j’ai c 0 ? ce qu’il a entrepris, exécuté ou projeté dans l’intérêt des Arch'^ Nationales, et je craindrais que l’éclat de la vie scientifique de M- tronne n’éclipsàt le mérite plus modeste de son administration a ^ et intelligente, si un de ceux qui en furent témoins ne venait peler en peu de mots ce que lui doit un établissement auquc consacré les dernières années de son existence. ,^ 0 j r e, j Successeur de M. Daunou et plein de respect pour sa on' 1 || y M. Letronne n’a pourtant pas cherché à en devenir 1 imitate*^^ , avait entre ces deux hommes des différences trop profondes p° ^ ^ jllllllts lit!!) UlIluICIItC!) liup piviv» _ ■ . Jl leur manière put jamais être la même. M. Daunou médffa 1 ^ lenceet mûrissait par de longues réflexions les mesures q l l ‘ ^ ^ posait d’appliquer. Habitué à une vie solitaire, détaché du lT1( ^.j pa$ heurtait ses goûts, il aurait trouvé rarement et ne ruch crC urïl etl f ^ d’ailleurs l’occasion de communiquer ses pensées et de les * ayaI) t r à une discussion. Lui seul en pesait les inconvénients et ^ g ges, examinait une question sous toutes ses faces, soûl levait
NOTICE SUR M. LETRONN’e'. 19 Jetions avec une rare intelligence et une inflexible sévérité. Comptant Peu sur les chances favorables de l’avenir, se défiant de lui-même, ( j e ^. revo y a ' 1 tou jours beaucoup d’obstacles, hésitait longtemps avant il ne a h° r der, et ne redoutait rien tant qu’une fausse démarche; car terminé 1 ^ mais recule r- Mais quand ces débats intérieurs étaient fois prise’ Sa raison difficile était satisfaite, sa décision , une l’avait examiné' 1 acce plée comme un arrêt sans appel. Plus il il comprenait a’ dlScutée » critiquée dans son for intérieur, moins cause dé[initivem° n ^ niéconn ût les avantages : c’était pour lui une Archives qu’il a ^ Rendu, en 1830, à l’administration des Appliqua sunout' 1 , ° rganisées et dirigées sous l’empire, M. Daunou assidu , une méth V ntretenir dans ce vaste établissement un travail pies de l’homme n°‘ a r ^° Ureuse » une économie sévère. Les exemde l’administrateur • d ° anaient une g ran d e autorité aux principes daitaux autres, f’ Car d P r »tiquait plus lui-même qu’il ne demanlongue expérience * \ Verlu efficace de l’exemple, unie tà une ht beaucoup pour W^u- 1816 et P rofonde i nstruction » D aunou *cc qu’il avait construittouten se bornant à consolider l’édiregretté à sa mort / ^ ' ° n P e ut dire que cet homme vénérable ^chiviste parfait> COtïlnie ayant réuni tout ce qui constitue un haute estime qu’ü^ a ?^ e i ® vienne aujourd’hui rien retrancher à la tt res P ect ueuse admirer ement COnc l u i se, et affaiblir dans les autres e ureux de pouvoir '° n dont J e demeurerai toujours pénétré, uiinents, je ne v nol : ( : r a la lois la mémoire de deux hommes camontrant la différenp 8 ^ e ' e r l’un aux dépens de l’autre; mais,. es services divers au’il ° eur carac tère, faire mieux comprendre Autant M. Dau ' - l ïéndus * rrumT a ’ ma ‘ t à se rénan^ C ° UCentr ^ en lui-même, autant M. Le- «voir aas distr »ct io ns aTècttr - " sa '; ait al,ier le S oùt <h * ne s’exnlirl harme de sa vio n travaux d érudition, qui, après 'es salons^? mê " le P» V* ™ ' 8 “ mémoire - 0,1 poursuivi i amal) ilitô de P 1 trouver le temps de paraître dans S f-it rechercher, et de lieu du bruit de/c lait ' lnrt "ut son t ''“"t" 6 sava,t quc |lar un rarc Par jour et I convw sations avo1 ' I' our le continuer ou mipa jou e 1. reprendre commet T' h ''"‘«"rompre vingt fois musilüe P ° UVmt 8 ° Ùtar ~ “ 1 V* i l ' ,as 1»^ «1- ■ rentré 1 . ans interrompre la mardij oxi!cutlo n d'un morceau de ndrCac d e sa dialectique puissante. Je
20 REVUE ARCHÉOLOGIQUE, me rappelle lui avoir entendu dire que le piano de sa fille l’aidait faire ses mémoires. Il semble en efi'et que rien ne gênât celte orga^ nisation merveilleuse, ni les visites, ni les jeux de ses jeunes en^ fants, ni les caresses de son chien favori; il s’occupait de tout, ses travaux n’en souffraient pas. , .. Il est certain , au reste, que celte mobilité extraordinaire ne a^ pas seulement une faculté, mais aussi un besoin véritable. M- ® tronne aurait probablement souffert s’il eut été obligé de contirlU pendant toute une journée un travail solitaire. Il aimait le rn( ! u ^ u r ment et la distraction. Son imagination toujours active se portait s mille objets divers; prompt à concevoir une pensée, également c pressé de la produire, il n’évitait pas, il provoquait plutôt a cussion de ses projets. Il saisissait avec facilité les objections, ^ accueillait avec plaisir, et n’hésitait jamais à en profiter, n P dire qu’il navait pas de parti pris, et que personne netar p^ empressé que lui de se rendre à une bonne raison. Mais quan ^ n’avait à lui objecter que des. inconvénients éventuels, deS cja douteuses, il était peu disposé à s’en préoccuper. M. Lelronne ^ confiance dans l’avenir, dans son étoile, dans les ressources . esprit. Arrivé en face d’un de ces obstacles qu il n avait pas ^ prévoir, il trouvait toujours quelque moyen de le surmon cr, fertilité de son’imagination ne lui faisait pas défaut. Son esprit actif et entreprenant rencontra plus d une <> ccas ’ gS s’exercer dans l’administration ordinairement si paisible es ^ Nationales. Le calme des dernières années de M. Daunou -J • péniblement troublé par les grands travaux de col î^ 1 u . qj aV aH furent entrepris malgré lui et contrairement aux p ans ,|j indiqués. Cette mesure l’avait trop péniblement 1()lssl ^ n terveoi r songeât un seul instant, pendant le cours des travaux, été dans les détails d’une affaire où, dès 1 origine, son au s ^ ce méconnue. Le grand âge de M. Daunou s opposai A patronne* ( qu’il pût exercer à cet égard une surveillance e ica • j» aC tivité qui n’avait pas les mêmes raisons de s abstenir, nu n’était que de persévérance à faire écouter scs avis, ans 0 . nl0 difi er pas définitivement accompli. Il a contribue ainsi g a d op ter quelques constructions encore inachevées, et sur ou a * dépl¬ ie plan le plus convenable pour la disposition in en i er0 nt tou^ Ceux qui s’intéressent aux Archives Nationales se ,. t er ^ urs jours que le garde général et l’architecte aient P a . j’ ex écutio fl ; plans' respectifs et se mettre d’accord avant d en s
NOTICE SUR M. LETRONNE. 21 y jvjf résulté de ce concert des améliorations considérables, dont ra ' n(i cessera de se faire sentir, et qui suffiraient seules pour ^Ppeler de la manière la plus avantageuse l’administration de M. Lepar* 11 ! ? ° Ur bi(H ‘ apprécier toute l’importance des résultats obtenus ^cetle surveillance intelligente, il faut savoir qu’il n’a pas cessé u^ er , cei ; Pendant les huit années qu’a duré sa direction. Le jour VUse r eV Utteign i t c etle maladie qui devait être mortelle, on l’avait Scea ux q re ,d ans nue salle destinée à l’exposition des empreintes de atta chaif e 1 on re cueille aux Archives depuis plusieurs années. Il 8 . ra P Siieo grande importance à la création de ce musée sigillor,c he c 0 || e ; espérait y réunir pour les savants et les artistes une I e ^Urs °lî de mon u m ents où l’on pourrait étudier mille détails î^^de’v habillements et d’architecture, observer les phases délicates du ^ a ^ moyen âge , et communiquer aux appréciations ^P es dont 1 exactitude de la science, en les appliquant à des auth i cniiq lle a dale et l’origine sont déterminées d’une manière Lest da n * s ^ ren? ^ibliotS^ 6 Salle que M. Letronne avait fait disposer en ord^ f’hôtel quelques-unes des plus riches boiseries que tro üv ’ la,,Ces et des* • 1 1 voulait y placer la double collection des m enf e c ? registres 8nciens comptes des rois de France. 11 avait Ü ü 3 UI en cotnp’ ° U plulôt ces cahiers, dans un état de délabrev anf G / a, ' en t être , 0lTle f ta it la conservation. Les dépenses de la re- sau v S Uf ? r . e > M. j. Cons, d érabies, et le budget des Archives n’y pouà e ^jamais cq/j 0 116 s °^*cita et obtint les fonds nécessaires pour était! ' r * a ^iblioti°' CUn[lenls précieux. Il ne mit pas moins de zèle so Us dCnieur ce dans ^ Ue des Archives » q u i > depuis sa cr ^ ation » Vra ges° n a ^ rtl *nistrat' Uïl dtat P r es q u e stationnaire. Elle s’est accrue qu’o n a e . ts i le l )üc j ( ' 0 11 , dun n °mbre considérable d’excellents ousentir s ^ a,tac c°rdée 4 Arc *dves conserve la modeste allocation Sije n^P^tl’heV 68 prt ! ssantes instances, on continuera à rcsguère in^ Cra ' gnai s p rei \ se mfluence de son administration éclairée. ^PPortait F?®* que d G ! » descendre à des détails qui ne peuvent c °nservati 0n U ! er de tous arc *ûvistes, je parlerais de l’attention qu’il compris q U o f 8 Papiers ^ mo y ens possibles pour mieux assurer la de fi X er tou ^ e tcl s Soins aut pourtant louer M. Letronne d’avoir Produirait S(?n at teiuiô ap i )arence bien minutieux, méritaient veux n as ^ SSa ir et n e n ’ et qu’en s’y appliquant avec intérêt il ' oubller de ^ ^ améliorations considérables. Je ne e quil a préservé de la destruction et fait
DISCOURS PRONONCÉ AUX FUNÉRAILLES DE M. LETRONNE, PAR M. QUATREMÊRE, AU NOM DU COLLÈGE DE FRANCE. Messieurs , Au milieu des événements prodigieux qui signalent notre époque > au milieu des convulsions qui agitent la société et l’ébranlent jusque dans ses fondements, il semble que la mort d’un savant, d un hornin de lettres, doit produire une faible sensation, doit, pour ainsi passer inaperçue. Mais si cet homme a été distingué par des qua 1 éminentes, si des travaux nombreux et utiles ont marqué sa car î| e geS le monde lui-même, malgré son indifférence habituelle, 11111 regrets à ceux de la science, et reconnaît que cet événement a a> ^ dans les rangs de la société un vide qu’il sera peut-être di ,CI te combler. Et en effet, Messieurs, celui dont nous déplorons a réunissait en sa personne , au plus haut degré , les qualités es blés qui constituent le véritable savant. Une vaste érudition, (] f gement sain, un esprit droit, un talent de discussion peu c ° j n S i une logique puissante, une sagacité admirable, qui tenai P e dire de la divination, et qui lui faisait saisir dans une ques Q n je particularités qui auraient peut-être échappé à tout au re voyait avec étonnement se jouer de difficultés en a P P al . f jes montables, restituer avec un rare bonheur des textes a t copistes, remplir de la manière la plus probable es acu ption^ sentaient les traits gravés sur les monuments. Dans es de composées d’un petit nombre de mots, et quon aurai j esCû roi regarder comme complètement insignifiantes , il savai , P j e j5 faits binaisons ingénieuses, faire jaillir de ces matériaux m o . gtor jqoes les plus curieux , et y trouver la matière de dtcouvcr * ^ cr j e r a u d’une véritable importance. On était quelquefois ten
DISCOURS SUR M. LETRONNË. 29 vainc Xe * ’ m{d ? 0n se trouvait subjugué par cette dialectique con¬ fient ff* e V o n resta,t persuadé que ces révélations si neuves detamineu nr j e x P ress * on de 1° mérité. Son esprit, à la fois flexible et et part ** S , ex . erça ' t ave c complaisance sur les sujets les plus variés, mêmes n ?- U . ^ i )orta ^ ses profondes investigations , il déployait les ces fatliT ’ * G S m ^ mes talents. L’étude qu’il avait faite des scientions immTi 111 ^ 1168 ^ a v ad: * ™ s a même de discuter une foule de quesfluiexigent antes ^ son ^ du domaine de ces sciences, questions Sens de leu 1 10 rGurdon de connaissances peu communes, et dont les ^éme sn Cc ^ re J’ P our lu plupart, n’auraient pu s’occuper avec le a . Ses travaux j S mat ^ res ra éme qui semblaient les plus étrangères ^eussions d’ \ d u(ds * devenaient sous sa plume le sujet de Une lumiè re j^ 1 laut ‘ n l é r ét, et dans lesquelles il portait souvent assertions ; n ? lten due. On pouvait repousser quelques-unes de ses Une pleine j ü s aiS Ceux I e combattaient étaient forcés de rendre c °uvenir q iq,“ ce a son vaste savoir, à sa puissante logique, et de f ire. On p eut ®J a,en t à lutter contre un noble et redoutable adverussi otl prolongé c .° mme une polémique bien remarquable la discom CCeur trouvai e ut l i eu ’ dans le sein dü l’Académie et ailleurs, t r Uverse } a a Sainte-Chapelle. Notre confrère, dans cette jj e pressant au P* u s ^ aut point les ressources d’une dialec- .J" 1 co »quérir’rj" 6 l!ruditi< "' sage, d’ une activité infatigable, et travT S GS Conv, ctions n i M t l T U ^ Ceux m6me étaient loin de partion U ' X> acc iuis une h * e *[ onne ’ n é sans fortune, avait, par ses lett a a( î Ue lle peut 00 , ° ™ ^ exi , st P nce > a l te » u t l aplushauteposim / es * ^ n e qualité dont. a , e P ltime a mbition d’un homme de Tous! da " s '<» dÆSïïr** 1 " l l" i r C ° m P l e - e’est qu'il savait, Paient t u f “ r ““ a « ™ yante. En sorte què^Mr’ P ri5senterl ' ,!rudilion skieuses. J e J° U , lds des hommes lesnlus iil, CS P US SaVanls | esou o pusr,uî e n „T crai Pomtici, Messieurs if fS * 7 Tous présom GS ^ Ua P^duits-la ninm» f l es nombreux ouvranotre confrère ' aurore d'untf ; d , e P u i s les premiers e s ,I S genres dc mérite, objet Implication Jï®" 1 ’ ■ ius< l ua «te vaste manife slèrent en lui a mort ne lui a '“'"l 11 '* trouvées ori ï P0sltlon 1 U 1 a P 0U1 ' 1 ouvrage qu’il r èL > J^ ™ 18 de mettre l u ,i jSypta et à laquelle titre de gloire £ dad ’ aï “ toute JL dernièra mai"- «lait là de la » * le eloirn Mv . vec toute ^ main. c. était la ai-je V:° c " é > ~ - fincipa, tte en c einie f un Au ro G \ Mess,eurs ! J ai parlé > ou la gloire humaine sa-
30 REVUE ARCHÉOLOGIQUE, néantit, où les rêves de l’ambition s’évanouissent comme une fumée légère, ou les richesses et les grandeurs sont remplacées par un p eU de cendre, où une voix inexorable fait retentir à nos esprits cette parole si éminemment vraie, mais si désolante pour l’orgueil l’homme : Tout ri est que vanité. Espérons, toutefois, que le nom & notre confrère sera prononcé avec respect et reconnaissance partout où la science et l’érudition sont en honneur. Demandons surtout qu e son nom soit inscrit dans le livre des justes, et qu’il recueille dans une autre vie ces véritables biens sur lesquels la mort n’a plus aucune prise.
DISCOURS PRONONCÉ funérailles de m. letronne , lUUH M. J. QUICHERAT, R pé titeür Général a l’école des chartes. D’Ecole des Ch Su h ? mrna ge su r a L GS Serait in grate si elle ne venait aussi déposer 8 e réo rVice él ninent rCU - il de M Letronne - El,e ne saurait 0U " p° ns ^t entre tam'a' 1 lui a rendu en consentant » lors q u ’ elle re ssemeni d ? Sa direction î Stacles > à acce P l er gratuitement la resétabliscn Amande n * » Ce n ’ est P as ce seul acte de dés,nté " le Pala‘ T nt !° u t entier n ? r e ,Connaissance. N ous lui devons notre toute 18 Cliss on et d P ’ r v® s qu’il nous a eu donné un asile dans Ü e n J ate j' n elIe à embeUi U * Se * af)r ^ s qu d a eu m ‘ s une scdbc * tude bi e ,* lv -!1 S * a v ons trouv ' *j Ce sd j° u r d’une étude austère et recueilàfa -f. °t» toujours i’• ans bexer cice de son autorité, toujours aü Cll| | er toute chos ^ 6m de P aro ^ e s encourageantes, toujours prêt ^ oxigences e ’ ^éme en contribuant de ses propres deniers l un service f * '-«est qu e no “ ‘* ? erv ' c e trop parcimonieusement doté par l’État. .. s ^arquégg d P , Instl tution répondait à l’une des sympathies les °. n ? de son esn r i t a r natUl - e .’ en m6me lem P s ( t u a 1 une des con cep- |,î! t é que pendant t La Criti( l ue ’ cett e faculté si française, cette fa- Eur °pe attentive *[ ente . n n s 11 a fait briller avec tan t d’éclat devant ff rla Production !„? v,e » d ,ui sembla,t q u ’ au b eu d’en abandoneta,t possible de 1 , rd des circonstances ou des penchants il possible de | a foi ‘ son germe dans de jeunes intelligences glauque p ar ,j * c ‘ ore f “"O culture particulière et assidue. R a o tcurs <100 notre 1 ?““? re " Htement * cette armée d'explorcste do mondef ‘ Ul * ^evan avoir le privilège de fournir «ccélée dans Æ* TZ * h mis ? au j«" r ‘«oie vétextes. Il reconnut que l'École des Chartes ré-
32 REVUE ARCHÉOLOGIQUE. , g pondait en partie à ce but, et malgré la différence de ses èta* favorites et des nôtres, il nous adopta; il nous fit venir a lui cet empressement juvénile qui est le signe et la preuve des ac ^ spontanées. Il suivit curieusement nos premiers travaux, ij es i s de les voir aboutir. L’une des dernières et des plus vives em ,° - s £ de sa vie a été d’apprendre que son fils aîné venait dêtre a l’École des Chartes. jy ouS Nous avons joui trop peu de l’honneur de l’avoir à notre tête, aurions voulu que plusieurs générations de sujets distingués s‘ J ^ lassent, comme un ornement de plus, à la couronne qu il P or 31 ce monde. Puisqu’une mort prématurée nous le ravit, c est a sa g moire que nous ferons cette offrande, c’est sur sa tombe quo apporterons les succès futurs de nos élèves. DI l’imprimerie de crapelet, rue de vaugirard, P