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Tartessos, une vue de la côte marocaine du Détroit

Mohcin, Cheddad A.

Abstract

Del tema de Tartessos han surgido interesantes obras y artículos aclarando nuestros conocimientos sobre el desarrollo de las estructuras culturales, económicas y políticas de las sociedades locales en el sur de la península Ibérica. El presente ensayo que se interesa también por el norte de Marruecos, trata de plantear una perspectiva de análisis comparable a la que se efectúa en la zona conocida por todos como área geográfica de Tartessos. A partir de algunos elementos que hacen de la región del estrecho de Gibraltar una unidad donde los intercambios y las semejanzas son notables de forma brillante en el curso del periodo de las expansiones fenicia y griega, observamos que los componentes del concepto de Tartessos no son ausentes en la franja marroquí. En la misma dirección que apuntamos, el texto relatado en la Ora marítima (v. 331) nos sirve de indicio estimulante. Sobre todo, para abordar con mas detalles los aspectos de esta cuestión y comprobar la posibilidad o no de una época tartessica en el norte de Marruecos, es necesario emprender nuevas excavaciones especialmente concentrados en los sitios preromanos y a sus alrededores.

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TARTESSOS, UNE VUE DE LA CôTE MAROCAINE DU DéTROIT por CHEDDAD A. MOHCIN RESUMEN Del tema de Tartessos han surgido interesantes obras y artículos aclarando nuestros conocimientos sobre el desarrollo de las estructuras culturales, económicas y políticas de las sociedades locales en el sur de la península Ibérica. El presente ensayo que se interesa también por el norte de Marruecos, trata de plantear una perspectiva de análisis comparable a la que se efectúa en la zona conocida por todos como area geográfica de Tartessos. A partir de algunos elementos que hacen de la región del estrecho de Gibraltar una unidad donde los intercambios y las semejanzas son notables de forma brillante en el curso del periodo de las expansiones fenicia y griega, observamos que los componentes del concepto de Tartessos no son ausentes en la franja marroquí. En la misma dirección que apuntamos, el texto relatado en la Ora marítima (v. 331) nos sirve de indicio estimulante. Sobre todo, para abordar con más detalles los aspectos de esta cuestión y comprobar la posibilidad o no de una época tartessica en el norte de Marruecos, es necesario emprender nuevas excavaciones especialmente concetrados en los sitios preromanos y a sus alrededores. AbSTRACT Concerning Tartessos’s theme, many works and articles have appeared to enrich our kwnoledge about the progressing of cultural, economical and political structures among local societies in the south of the Iberian peninsula. This essay which also takes into consideration the north of Morocco, aims at establishing an analytical comparable perspective of what exists in the area which is considered by all as a geographical zone of Tartessos. According to some elements which make the straits of Gibraltar region a unit in which exchanges and similarities are more noticeable during the phoenician and greek expansions period, we notice that the components of Tartessos concept are not absent in the moroccan region. In the same direction, the text cited in the Ora maritima helps us as a stimulating point. Indeed, to approach this question in a more profound way, we believe in the necessity of undertaking new excavations especially in the pre-Roman sites and the areas around. SPAL 13 (2004): 257-270 ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 TARTESSOS, UNE VUE DE LA CôTE MAROCAINE DU DéTROIT TARTESSOS, AN OVERVIEW OF THE MOROCCAN SIDE OF THE GIBRALTAR STRAIT SPAL 13 (2004) 258 Cheddad a. MohCin Palabras claves Tartessos, región del estrecho de Gibraltar, concepto de Tartessos, expansiones fenicia y griega, sitios indígenas, Avieno (Ora maritima, v. 311). Key words Tartessos, region of the straits of Gibraltar, the concept of Tartessos, phoenician and greek expansions, the native’s sites, Avienus (Ora maritima, v. 311). Nul doute des relations étroites unissant les deux rives du détroit de Gibraltar depuis les temps préhistoriques. Les expressions «ibéro-maurusien», «circuit du détroit»,… confirment des interdépendances continues entre ces deux côtes durant toute l’Antiquité. La proximité géographique, l’afflux des mêmes influences extérieures et les intérêts économiques communs ont été au cours de toute l’histoire des facteurs déterminants dans l’élaboration d’une unité régionale regroupant les sites espagnols et marocains. Cependant, si les chercheurs modernes acceptent une chronologie commune pour les deux côtes s’étalant sur plusieurs périodes de l’Antiquité, nous ne connaissons aucun travail se référant aux problèmes de Tartessos et ses implications au nord du Maroc. A la lumière de plusieurs données que nous allons relater, serait-il légitime d’introduire cette partie de la région du détroit de Gibraltar aux discussions relatives à cet énigme ? Une autre question fondamentale s’impose : s’agit-il d’un ‘‘royaume’’ dont les limites géographiques restent mal connues ou d’un stade précis dans l’évolution des sociétés indigènes ? Depuis le dernier siècle, le nombre des ouvrages et des articles concernant Tartessos et sa culture ne cesse de s’accroître. Ce thème suscite en effet la curiosité de nombreux chercheurs et constitue une polémique méritant l’intervention de plusieurs disciplines (philologie, archéologie, histoire, …). La liste des travaux relatifs à ce sujet est impressionnante, nous signalons : V Simposium Internacional de Prehistoria Peninsular ‘‘Tartessos y sus problemas’’ (Jerez de la Frontera, 1968); ‘‘Tartessos. Arqueología Protohistórica del Bajo Guadalquivir’’ (Barcelona, 1989); Actas del Congreso conmemorativo del V Symposium Internacional de Prehistoria Peninsular ‘‘Tartessos. 25 años después 1968-1993’’, (Jerez de la Frontera, 1993); Almena 1990; Alvar 1982; Alvar-Blázquez 1993; Bendala Galán 1977; 1979; Bermejo 1978; Blázquez 1975; 1983; Bonsor 1928; Bosch-Gim- pera 1972; Cruz Andreotti 1993; Dion 1960; Elat 1982; Fernández Jurado 2000a; 2000b; Fernández Miranda 1979a; 1979b; 1986; García Moreno 1979; González Blanco 1977; de Guadán 1961; Luzón 1962; Maluquer de Motes 1975; 1985; Martínez Maza, Myro, Romero 1995; Pellicer Catalá 1976; Pérez Rojas 1998; Ruiz Mata 1981; 1983; Ruiz Mata-Fernández Jurado 1986; Schulten 1972; Torres Ortiz 2002; Tsirkin 1986; Tyloch 1978; González Wagner 1983; 1986a; 1986b; 1993. Malgré ce grand intérêt, le débat reste ouvert et les interrogations demeurent. D’une part, nous croyons que les nuances caractérisant l’historiographie contemporaine à l’égard de ce thème trouvent leur source de divergence dans les témoignages des auteurs anciens. D’autre part, il paraît tout à fait impossible de dissocier l’analyse de la question de Tartessos de l’histoire de l’expansion phénicienne et celle grecque en Extrême-Occident (Fernández-Miranda 1995; Ruiz Mata 2000). Bien que l’enchaînement des événements et leurs répercussions sur les milieux indigènes se passent presque inaperçues dans les ouvrages des auteurs anciens, les indices et les arguments ne manquent pas pour établir des analogies entre les sites indigènes du sud de l’Espagne où les influences orientales sont plus évidentes que ceux du nord du Maroc. Les récits bibliques (I Rois, 10, 22; 2 ChRoniques, 9, 21; Psaumes, 48, 7; esaïe, 23, 1-6; ezé- Chiel, 27, 12 et 25; Jonas, 1, 3; …) sont les documents les plus anciens mentionnant le royaume de Tartessos et son commerce fructueux avec Tyr. On dénombre pas moins de vingt et une références (Täckholm 1969). En bref, disons que l’ambiguïté des récits bibliques ne permet aucune localisation précise. G. Bunnens (1979: 348) estime que “… la seule hypothèse … est celle qui fait de ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 SPAL 13 (2004) 259TarTessos, une vue de la côTe marocaine du déTroiT Tarshish une région occidentale indéterminée, si non l’Occident dans son ensemble”. C’est précisèment le terme de ‘‘navires de Tarshish’’, souvent répété dans l’ancien Testament, qui est à l’origine de la disparité des points de vue. quoique tous les passages fussent allusion aux navires tyriens, quelques-uns indiquent que sous la tutelle du roi Salomon (970-931 avant J.-C.) et de son allié, le roi Hirom (968-935 avant J.-C.), ces navires entreprenaient des voyages commerciaux, tous les trois ans, en destination du pays d’Ophir sur la côte de la mer Rouge pour revenir chargés d’or, d’argent, d’ivoire, d’aromates et d’animaux exotiques (Bunnens 1976; Lemaire 1987). Plusieurs hypothèses s’opposent pour la localisation de ce pays (Baslan 1970; Christidès 1970; Lipinski 1992; Moscati 1971) . Il est probablement question des côtes de Somalie et de l’Ethiopie, ou de de l’Arabie Heureuse, ou encore il peut s’agir simplement de quelques entrepôts où les commerçants arabes ou africains exposaient des produits apportés de l’Inde et des côtes méridionales de l’Afrique (Saint Jérôme, Correspondance, 125, 3). Cette orientation vers la mer Rouge est un appui supplémentaire pour ceux qui considèrent l’expression ‘‘navires de Tarshish’’ comme un terme spécifique pour dénommer des navires destinés spécialement au transport des métaux. Par ailleurs, ni les ouvrages grecs ni les latins ne sont en mesure de combler les lacunes des textes bibliques; au contraire, leur récits relatifs à Tartessos sont souvent d’une pauvreté déroutante (Del Castillo 1988; De Hoz 1989; González Wagner 1986a). D’un côté, il y a unanimité pour situer Tartessos au sud de l’Espagne, mais d’un autre, les opinions divergent quant à son identification et sa localisation précise. Dans un passage de l’Ora maritima, le détroit de Gibraltar est appelé fretum tartessium (Avienus, 54). Signalons toutefois qu’Avienus, l’auteur de ce poème, tire ses informations d’un certain nombre de périples d’époques différentes, d’où la diversité des opinions qu’il rapporte (Dupuich 1974; Mangas y Plácido 1994). Dans un autre passage du même poème, Tartessos correspond à un golfe (Avienus, 265), lequel, selon A. Schulten, est situé aux environs de la ville de Bonanza (Schulten 1955:113-114). De même, Tartessos est identifié parfois à un mont (Avienus, 308; Justin, Histoires Philippiques, XLIV, 4, 1) que le philologue allemand localise entre Cadix et San Lucar (Schulten 1955: 118). D’autres fois, le nom de Tartessos est attribué à un fleuve (Avienus, 225; Pausanias, Description de la Grèce, VI, 19, 3), probablement le Bétis des Romains. A l’époque romaine, plusieurs auteurs essayèrent en vain de l’identifier avec l’une ou l’autre ville de la rive septentrionale du détroit. Certains d’entre eux pensaient qu’il s’agissait de Cadix, ville célèbre durant toute l’Antiquité (Avienus, 85; 269-270; Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, IV, 120; VII, 49, 156). D’autres (Pline l’Ancien, III, 3, 2; Pausanias, VI, 19, 3; Appien, Iber., XI, 63), croyaient qu’il était question de Carteia (appelée aussi, Carpessus ou Carpia). Par ailleurs, tandis que quelques-uns localisent Tartessos sur une île dans l’Océan ou à proximité des Colonnes d’Héraklès, ou encore à l’embouchure d’un fleuve homonyme, d’autres le placent dans un lieu imprécis à deux jours de navigation de Cadix (Blázquez 1969). D’autre part, certains auteurs contemporains estiment de façon sérieuse que le mythe de l’Atlantide est inspiré de la disparition de ce royaume. Les indications mythologiques qu’on trouve chez Platon (Timée, 24 e-25; Critias, 108e), Aristote (Du Ciel, II, 14) et Strabon (Géographie, I, 3, 6) supposent que ce continent disparu se situait entre le détroit de Gibraltar et l’Inde (Burgualeta Mezo 1988; García Iglesias 1974; Rousseau-Liessens 1956; Schulten 1955: 159-183). Ainsi, à propos de la géographie de Tartessos, nous n’avons que des incertitudes. Plus révélateur encore est le récit rapporté par Avienus (Ora Mar., 331) suivant lequel Tartessos se trouvait aux confins de la Libye : « …nec respuendus testis est Dionysios, Liby(a)e esse finem qui docet Tartessium ». Notons que malgré les doutes qui entourent les informations rapportées par ce poème, toutes les hypothèses doivent être prises en considération. A l’encontre de l’opinion de Bosh-Gimpera (1928: 326; 1972: 225-243) et de quelques historiens modernes selon lesquels le mot ‘‘Tarshish’’ n’implique aucune localisation géographique précise et se rapporte seulement à toutes les régions riches en métaux, la majorité des chercheurs mettent ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 SPAL 13 (2004) 260 Cheddad a. MohCin ce terme en rapport avec le sud de la péninsule Ibérique. Selon U. Täckholm (1969: 86), ce n’est que dans la deuxième moitié du VIIe siècle avant J.-C. qu’il prend une signification géographique et qu’on peut le rattacher au bassin occidental de la Méditerranée. S’il convient de localiser cette région, qu’on nomme suivant les sources anciennes Tartessos ou Tarshish, au sud de l’Espagne, c’est parce que l’autre région appelée Tarse –située sur la côte méridionale d’Asie Mineure (Cilicie)–, était déjà fréquentée par les Phéniciens et par d’autres commerçants et n’exigeait pas des expéditions d’une telle envergure (Moscati 1971: 310). De surcroît, les mines mentionnées par les récits bibliques et les récits des auteurs grecs et latins correspondent beaucoup mieux à l’extrémité du bassin occidental de la Méditerranée. Malgré sa complexité, la question de Tartessos comporte l’énorme intérêt de se trouver en relation avec le problème de la colonisation dans la région du détroit de Gibraltar. Les rapports entretenus entre les populations indigènes et les commerçants phéniciens ont permis de développer considérablement l’exploitation des richesses locales et cet essor affecta énormèment l’ensemble des sites de la région du détroit de Gibraltar. La répartition des localités dites ‘‘tartessiennes’’ reflète une surveillance des régions minières, agricoles et des principales voies de communication. Sur le plan social et culturel, les particularités du monde phénicien exerçaient sans doute une grande influence sur l’élite de la société locale et de l’union de ces deux courants est née la culture “orientalisante”. L’introduction de nouveaux éléments iconographiques et de nouvelles techniques artistiques a contribué largement à l’accélération du processus d’acculturation de la population locale. Il est fort probable que dans une première phase (Xe-VIIIe siècle avant J.-C.), les voyages phéniciens avaient pour objectif la découverte et l’exploration des contrées riches en métaux précieux très estimés en Orient. On suppose, avec une certaine logique, que les indigènes maintenaient jusque-là un niveau d’exploitation minière relativement faible. Diodore de Sicile (Bibliothèque Historique, V, 35) rapporte que les Ibères ignoraient les techniques de la métallurgie bien que leur pays était riche en mines argentifères. En échange, les Phéniciens leurs offraient des objets fabriqués comme les céramiques, les parures et les bijoux d’or, les scarabées, l’ivoire gravé et d’autres produits de luxe qui fascinaient essentiellement l’élite des communautés indigènes. Parmi les signes symboliques que l’on peut attribuer à ce phénomène d’acculturation se trouvent les objets de luxe et les insignes du pouvoir recueillis dans quelques nécropoles, l’introduction de nouveaux éléments iconographiques ainsi que de nouvelles techniques artistiques. Le cas de Huelva, Mesa de Asta, Osuna Carmona, El Carambolo et d’autres sites indigènes expriment l’ampleur de ce dynamisme (Blanco Freijeiro, Luzon Nogué, Ruiz Mata 1970; Blázquez y otros 1979; Fernández-Miranda 1986; Fernández Jurado 1986; Garrido Ruiz 1979a; 1979b; Garrido Ruiz y Orta García 1978; Carriazo 1973; Maluquer de Motes 1958; Pérez 1986: 324 y s.; Ruiz Mata 1986a; 1986b; 1989; Ruiz Mata y Fernández Jurado 1986). Au demeurant, ce processus ne pouvait se réaliser sans l’existence d’un site névralgique assurant une double fonction : d’un côté il permettait le contrôle des débouchés des richesses locales, de l’autre il était disposé de manière à pouvoir accueillir les agents civilisateurs venus par voie maritime. La fondation de Cadix annonce l’inauguration d’une nouvelle phase dans l’évolution des rapports entre deux sociétés différentes. Le texte de Strabon ( III, 5, 5) relatant les trois expéditions qui ont abouti à la fondation de ‘Gadeira’ témoigne de la réalisation d’un projet longuement mûri et bien accompli malgré les difficultés. L’empreinte d’une mission religieuse caractérise l’ensemble de ces voyages pour lesquelles l’ordre des oracles semble omniprésent. Deux fois auparavant, les dieux n’avaient pas donné leur approbation. Le lieu choisi était non seulement favorable aux relations avec le bassin du Guadalquivir , la région de Huelva, celles du rio Tinto et du rio Odiel, mais aussi un relais obligatoire dans l’acheminement des produits venus des rivages atlantiques. Constatant la richesse du marché tartessien, les expéditions phéniciennes deviennent de plus en plus régulières et ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 SPAL 13 (2004) 261TarTessos, une vue de la côTe marocaine du déTroiT nécessitent l’établissement de certains comptoirs permanents. Il n’est cependant pas aisé de décrire les modalités et les procédures qui réglaient les échanges : l’intervention des temples dénote fort probablement une réalité plus complexe que celle décrite par Hérodote (Histoires, IV, 196). L’attrait de l’activité métallurgique au sud de l’Espagne a également incité les Grecs à étendre leur sphère commerciale (Arce 1979; Blanco Freijeiro 1981; Blázquez 1974; López Monteagudo 1977-78; Ripoll Perello y Sanmarti 1978; Rouillard 1991). A la phase de l’expansion légendaire qui pourrait se rattacher au souvenir de quelques relations datant de l’époque de la thalassocratie mycénienne ou crétoise, succède une présence historique qui, naturellement, ne devait pas épargner la région du détroit de Gibraltar. Les plus anciennes importations grecques apparaissent à Huelva; elles sont datables de la fin du VIIIe siècle avant J.-C. : une pyxide attique du Géométrique Moyen II et pareillement des amphores S.O.S. attiques. La séquence grecque de Huelva comporte également un fragment d’aryballe de style corinthien Moyen et des fragments d’amphores à l’oenochoé de type rhodien trouvés dans la nécropole de la Joya (Cabrera Bonet 1986; 1988-89; Garrido Ruiz 1970; Rouillard 1978). Nous devons mentionner aussi une coupe d’imitation ionienne découverte dans le site phénicien d’El Cerro del Prado (Rouillard 1977; 1978). On distingue aussi parmi les importations grecques des objets de luxe que l’on trouve surtout dans des sites indigènes, comme le cratère géométrique datant du milieu du VIIIe siècle avant J.-C. découvert à Huelva (Rouillard 1977; 1988) . La rareté de types identiques et le contexte archéologique où il fut recueilli laissent croire qu’il s’agissait d’un don diplomatique, d’un cadeau envoyé à une haute personnalité tartessienne (Shefton 1982; Starr 1989). En effet, à cette période rien ne prouve que le marché tartessien y compris le littoral atlantique ait été interdit au commerce grec. On présume que le décalage chronologique de l’arrivée des navigateurs Grecs par rapport aux Phéniciens est d’environ un quart de siècle : 775 avant J.-C. pour ceux-ci et 750 avant J.-C pour les premiers (Rouillard 1991: 90). On connaît grâce aux témoignages littéraires, deux individus qui par leurs propres initiatives ouvrirent au commerce grec la voie des marchés occidentaux. D’après Pline l’Ancien (VII, 57, 197), Midacritus fut le premier à importer le plomb des îles Cassitérides. Plus ancien et plus fameux encore est le voyage du Samien Colaios rapporté par Hérodote (IV, 152). Il s’agit d’une aventure dans laquelle les Samiens abordèrent au-delà des Colonnes d’Héraklès, dans le pays de Tartessos. Il réalisa un très grand bénéfice sans doute en se procurant directement des métaux en échange d’aryballes, de parfum, de produits de céramiques, de vases de bronze et de pièces d’orfèvrerie (Morel 1970: 288). L’apogée du commerce grec se situe au VIe siècle avant J.-C. avec l’afflux des commerçants phocéens qui se lièrent d’amitié avec le roi tartessien Arganthanios ‘‘ à un tel point… que d’abord il les invita à quitter l’Ionie pour venir s’établir dans son pays où ils voudraient, et qu’ensuite comme ils ne s’y laissaient pas décider, instruit par eux des progrès du Mède, il leur donna de l’argent pour entourer leur ville d’une muraille’’ (Hérodote, IV, 152). C’est sous le règne de ce roi philhellène que les rapports entre Grecs et Tartessiens furent les plus fructueux. La position géographique de Cadix sur les rivages de l’Océan à l’abri des courants maritimes du détroit et en étroite relation avec un arrière-pays fertile et riche en métaux faisaient d’elle un pôle d’attraction incomparable dans la région. Non seulement certains auteurs anciens la confondaient avec Tartessos, mais aussi S. Gsell (1913: 415) suppose qu’elle fut la résidence du roi tartessien. De la part d’Arganthanios, cette amitié n’était sans doute pas désintéressée. Nous pouvons croire que son objectif principal était la suppression du monopole phénicien sur le commerce des métaux et l’instauration d’une politique dont les Tartessiens pouvaient eux-mêmes tirer davantage de profits économiques (Maluquer 1969: 400). Dans cette ambiance les Phocéens réussissent à concentrer leurs activités sur la côte méditerranéenne de l’Espagne où ils fondèrent de véritables colonies comme Mainaké et Ampurias. Bien que Hérodote (III, 4, 8) cite Emporion comme une fondation marseillaise, il est fort probable qu’elle soit d’origine ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 SPAL 13 (2004) 262 Cheddad a. MohCin phocéenne et qu’elle fut sous la tutelle de Marseille durant la seconde moitié du VIe siècle avant J.-C. ( Domínguez Monedero 1986; Lamboglia 1974; Jully 1980; Niemeyer 1979-80). On constate alors une intensification des relations entre les Phocéens et les sociétés indigènes au sud de l’Espagne qui se sont traduites par l’apparition de plusieurs noyaux urbains et par une augmentation spectaculaire des transactions commerciales (Cabrera Bonet 1988-89: 53). En revanche, il est fort probable qu’au début du Ve siècle avant J.-C., les sites au sud de l’Espagne subirent les conséquences de la situation fragile survenue en Méditerranée Centrale et du nouveau schéma de l’implantation grecque en Extrême-Occident. Ainsi peut-on parler à partir de cette date d’une ‘‘véritable coupure (qui) se situe en fait durant la première moitié du Ve siècle où les importations grecques sont quasiment stoppées en Andalousie’’(Rouillard 1991: 28). La diminution du volume des importations grecques depuis la seconde moitié du VIe siècle avant J.-C. est assez notoire à Huelva et dans sa région. On remarque donc une régression continue et un brusque arrêt des produits grecs qui correspondent par ailleurs à la disparition du monde tartessien (Pereira Sieso 1988:1051-1055). Ce repli s’explique aussi par la crise du commerce phénicien et par l’épuisement des zones minières du sud-ouest espagnol. Ce n’est pas une coïncidence fortuite si les expéditions des Carthaginois Hannon et Himilcon au-delà des Colonnes d’Héraklès, ainsi que l’hypothétique fermeture du détroit et aussi la dislocation de Tartessos datent de la même époque. Bien que la question de Tartessos n’est cernée ni dans l’espace ni dans le temps, on peut considérer la Basse Andalousie comme la région que les auteurs anciens désignaient sous ce nom. Les mines des provinces actuelles de Séville et d’Huelva se distinguaient en tant que centres producteurs d’argent et d’or, et les versants de la Sierra Morena étaient riches en cuivre et en plomb. Cependant, si les recherches entreprises depuis les premières décennies du siècle précédent ont échoué à identifier le foyer central de Tartessos –à l’instar de Cnossos pour la civilisation mycénienne–, la tendance actuelle se penche principalement à l’étude des aspects culturel, politique et économique de la société tartessienne (Alvar 1994; Bendala Galán 1993; Ruiz Mata 1993; Tejera Gaspar 1993; Torres Ortiz 1993). Si on considère la situation sur la côte marocaine, on s’aperçoit qu’elle comporte certains événements dont le rapprochement –tant sur le plan chronologique que sur le plan culturel– avec ceux de la côte espagnole est réalisable sans difficulté. Nous pouvons présumer que les commerçants orientaux nouèrent –dès le dernier quart du VIIIe siècle avant J.-C.– des rapports fructueux avec les indigènes. Cela conduisit évidement à l’acculturation de ces derniers grâce au rôle des colonies phéniciennes parmi lesquelles Cadix et Lixus jouissaient d’une influence considérable. Lixus fut une importante base logistique pour tous les commerçants se dirigeant le long du littoral atlantique africain. Les sources littéraires ( Strabon, XVII, 3, 2; Périple du Pseudo Scylax, 112; Pomponius Mela, Chorographie, 107; Pline l’Ancien, V, 9; XIX, 22, 63; …) lui consacrent d’intéressants paragraphes et prétendent même que sa fondation est plus ancienne que celle de Cadix. Le choix du site de Lixus n’est sûrement pas le fruit du hasard : elle se trouve à une distance quasiment symétrique de celle de Cadix par rapport au détroit de Gibraltar. Les Phéniciens érigèrent sur l’acropole un temple didié au dieu Melkart. Nous sommes convaincus que les sites nord-marocains ont connu une évolution notable. Des fragments de céramiques trouvés dans les grottes situées aux environs de Tanger, de Tétouan et de Ceuta confirment des liens de dépendance avec les types européens (Kohler 1931; Jodin 1957; 1958-59; Souville 1965; Tarradell 1955). Les nécropoles mégalithiques et les sépultures qui s’échelonnent dans le territoire compris entre oued Laou et oued Loukkous prouvent l’existence d’un substratum qui ne fut jamais isolé des influences extérieurs (Camps 1961; Ponsich 1970). Nous mentionnons la découverte lors d’une campagne de fouilles effectué en 2000 et dirigée par une équipe marocaine d’environ vingt tombes avec un mobilier comportant des outils en bronze au lieu-dit el-Addarîne (Rakkada, à proximité de Lixus). Par ailleurs, la découverte d’un ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 SPAL 13 (2004) 263TarTessos, une vue de la côTe marocaine du déTroiT certain nombre d’outils métalliques en cuivre trouvés dans les environs de Lixus témoigne elle-aussi d’une évolution interne qui s’effectue en relation constante avec la côte riveraine du détroit. D’autres indices montrent bien que les deux rives composantes de cette région ont subi les mêmes influences phéniciennes et grecques. Outre le texte d’Avienus signalé auparavant, les récits légendaires sont aussi passionnants et révélateurs. Les principales scènes se déroulent à Lixus et à Tingi. Dans la première ville sont situés le palais royal d’Antée, défié dans un combat par le héros grec Héraklès (Balil 1988; Rebuffat 1971; Tarradell 1959) et les jardins des Héspirides d’où ce dernier s’empara des pommes d’or. S’il est vrai que les mythes n’ont pas de patrie, nul part ailleurs qu’aux environs de Lixus la localisation de cette scène ne peut être mieux situer. Le thème de jardin des Hespérides est évoqué par plusieurs auteurs anciens : Strabon (III, 2, 13), Pline l’Ancien (V, 2- 3; XIX, 63), Pomponius Mela (III, 10, 100-103), Isidore de Séville (Etymologies, XV, 1, 73-74). La plus ancienne allusion aux exploits d’Héraklès est celle rapportée par Hésiode (frag. 349) lorsqu’il vante le triomphe du héros grec sur le ‘‘bouvier’’ Geryon et l’enlèvement de ses troupeaux. D’autres auteurs anciens perpétuent le souvenir du passage de ce héros grec dans ces parages (Hérodote, IV, 8; Pausanias, I, 35, 7-8; Diodore de Sicile, IV, 17, 1-2; Strabon, III, 2, 11; Ovide, Héroïdes, IX, 91; …). quant à Tingi, la légende attribue sa fondation à Antée, ou selon Plutarque à Sophax, fils d’Héraklès et de Thingé (veuve d’Antée) et qui fut le premier roi du pays (Pline l’Ancien, V, 2; Plutarque, Vie de Sertorius, VIII, 9, 8; Pomponius Mela, I, 5, 26). Plutarque ajoute que Diodore -fils de Sophaxréussit à soumettre plusieurs ‘‘peuples libyens à l’aide d’une armée grecque d’Olbiens et de Mycéniens établis dans cette région par Héraklès’’. D’après Salluste (Bell. Iug., XVIII, 3-4), l’armée d’Héraklès se composait de plusieurs éléments orientaux : Mèdes, Perses et Arméniens. On peut percevoir dans ces légendes l’écho de quelques souvenirs d’anciennes immigration grecques, qui leur auraient permis d’étendre leur influence sur toute la région du détroit de Gibraltar et montre à quel point les auteurs grecs ont été habiles à ensevelir la suprématie commerciale de leurs rivaux (Iglesias 1979; Ripoll y Sanmarti 1978). A vrai dire, il convient de mettre ces contes en parallèle avec ceux intéressant la côte espagnole. Les récits mentionnant Antée comme fondateur des villes, Sophax comme instaurateur du régime monarchique et Diodore comme un chef guerrier conquérant méritent une valorisation comparable à celle accordée à Geryon, à Habis et à Gargoris (Bermejo 1978; Jordá Cerdá 1994). Tous ces rappels mythologiques n’ont pour but que de confirmer une présence grecque dans ces parages depuis des temps immémoriaux. L’invention de ces contes est le reflet d’une réalité locale, mais que sa transmission ne s’est pas faite sans déformation. Antée, Sophax, Diodore, Habis, Gargoris et ensuite Arganthonios incarnent probablement l’évolution d’une organisation tribale vers un état politique fondé sur la monarchie. Il s’agit probablement aussi d’un changement appréciable dans le mode de vie de la population indigène : l’ouverture du marché des métaux et l’afflux des commerçants orientaux ont certainement bouleversé le système économique basé sur les activités agro-pastorales (García y Bellido 1943; Hawkes 1969). Il est vrai que ce processus s’effectuait avec des écarts sensibles d’une côte à l’autre, la partie marocaine n’offrait pas une rentabilité semblable à celle du sud de l’Espagne. Certes, nous ne devons pas écarter l’hypothèse du trafic d’or africain soutenue par J. Carcopino (1943: 73-74). D’autre part, des gisements de cuivre, de plomb et de fer sont mentionnés en arrière-pays des sites côtiers de la région du détroit de Gibraltar (Ponsich 1966; Rosenberg 1970a; 1970b). Outre ces possibilités, nous constatons que la plupart des sites nordmarocains se trouvent à proximité d’un fleuve facilitant les contacts avec les indigènes et disposent de vastes plaines alluviales offrant des conditions propices aux activités agricoles. De même, les importations grecques sont quasiment insignifiantes sur la côte marocaine. Parmi les rares pièces retrouvées, on note à Cotta (dans les environs de Tanger) un type de cratère laconien à vernis noir très répandu en Occident au VIe siècle avant J.-C. et un fragment de coupe attique (Villard 1960). ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 SPAL 13 (2004) 264 Cheddad a. MohCin A Lixus furent également découvertes quelques pièces attiques remontant au Ve-IVe siècles avant J.-C. De la même époque date le lot de céramiques grecques, le plus important dans cette zone, trouvé à Kouass et qui comporte notablement dix vases de style à figure rouge et un nombre équivalent de vases à vernis noir (Ponsich 1968; Tarradell 1960; Villard 1959). L’importance de la présence grecque dans la région du détroit de Gibraltar se mesure aussi par les toponymes d’un certain nombre de villes et de sites (Gras 1992; Jodin 1976). On doit penser naturellement à Cadix appelée par Denys d’Alexandrie (La description de la terre habitée : 450-453) Catinoussa; à Carteia nommée naguère Héraclée (Strabon, III, 1, 7) et à d’autres lieux sur la côte marocaine comme képhésias, Kôtés, Anidés, Hermès cités par le Pseudo Scylax (112); Arambys, Karikon Teichos… cités par le Périple d’Hannon (5); … Après l’analyse de ces données, il ressort que le phénomène tartessien ne pourrait sous aucun prétexte négliger la côte marocaine. S’il est possible d’associer le nord du Maroc à une culture dite ‘‘tartessienne’’, c’est parce qu’on dénote quasiment tous les éléments qui la composent : une économie productive et mercantile, une société mieux organisée avec un niveau urbanistique plus évolué, apparition de nouveaux rites funéraires, … En définitive, on aperçoit que la civilisation tartessienne s’est développée là où se conjuguaient les intérêts des indigènes et des commerçants orientaux. Il s’agit en général des zones stratégiques permettant l’accès aux ressources minières, le contrôle des voies de communication (mer, fleuve, …), voire aussi la possibilité d’exercer des activités agricoles. Cela prouve –une fois de plus– que toute la région du détroit de Gibraltar était à cette époque sous l’influence des mêmes courants civilisateurs. Bien que cette réalité n’échappe point au Professeur M. Ponsich –infatigable chercheur et bon connaisseur des deux rives du détroit–, il n’a jamais exprimé de manière affirmative et précise une possible localisation de Tartessos au nord du Maroc. De ses nombreux travaux, tout ce que nous pouvons retenir à ce sujet : « … s’il est permis de faire des hypothèses, on est bien en droit de se demander si la région de Tanger avant d’être ‘phénicisée’, ne fut pas une colonie tartessienne » (Ponsich 1969: 184). Dans un autre article, il ajoute : « Nous avons retrouvé des témoignages de cette culture tartessienne, sous une forme plus modeste mais irréfutable dans le Maroc atlantique, qui prouvent les contacts suivis entre les deux régions » (Ponsich 1975: 662). Nous devons aussi souligner à cet égard l’hypothèse de G. de Frutos Reyes (1994: 200) selon laquelle Lixus et Mogador furent des fondations tartessiennes. Par ailleurs, l’idée d’insérer cette partie aux confins de la Libye au concept de Tartessos permet aussi de couvrir une longue période qui a précédé l’éclosion des premières ‘‘monarchies’’ historiquement attestées. Plusieurs indices plaident en faveur de l’ancienneté du système monarchique au nord du Maroc. Le tumulus de M’zora édifié à l’honneur d’une haute personnalité locale (Antée ?)et le récit de Justin (XXI, 4, 7) concernant un roi maure dès le IVe Siècle avant J.-C. sont des preuves convaincantes qui font remonter les origines du royaume maure à une époque beaucoup plus ancienne qu’au IIIe siècle avant J.-C. C’est par ce biais aussi qu’on doit traiter le problème de la présence carthaginoise au Maroc : les sources littéraires et la documentation archéologique n’accréditent pas suffisamment la domination de Carthage sur cette partie aux confins de l’Afrique. Sur les deux côtes, les légendes ont servi de trait-d’union reliant l’imaginaire grec à une réalité ibère au sud de l’Espagne et maure au nord du Maroc. Les indications de Strabon (III, 1, 7; 2, 1; 4, 1), Pline l’Ancien (III, 3, 3), Pomponius Mela (III, 1, 3) et Ptolémée (II, 4, 4-6) nous permettent de distinguer deux groupes humains occupant la côte espagnole du détroit : les Bastules / Bastétans et les Turdules / Turdétans (Escacena 1989; García Moreno 1993). Parallèlement, l’historiographie ancienne (Périple d’Hannon, 6-7; Philostrate, V, 1; Strabon, III, 1, 4; XVII, 3, 2; Pline l’Ancien, V, 17; Ptolémée, II, 1-8; IV, 5; …) mentionne un certain nombre de tribus maures se partageant le nord marocain : les Métagonites, les Tinges, les Lixites, les Socosii, ... (Desanges 1962: 27 ss.). A notre avis, la fin de Tartessos n’implique pas la destruction de l’une ou de l’autre ville, ni le morcellement ISSN: 1133-4525 ISSN-e: 2255-3924 http://dx.doi.org/10.12795/spal.2004.i13.10 SPAL 13 (2004) 265TarTessos, une vue de la côTe marocaine du déTroiT politique d’un royaume légendaire mais à fortiori elle signifie un recul manifeste des influences orientales et le passage à une réalité interne qui sera perturbée, quelques siècles plus tard, par l’intervention romaine. Aussi significatives qu’elles puissent être ces constatations, les lacunes caractérisant les études pré-romaines au Maroc constituent un obstacle de taille devant la valorisation historique de ce sujet, d’où l’intensification des campagnes archéologiques devient une nécessité urgente. bIbLIOgRAPhIE ALMENA, F. (1990): Tartessos, Madrid. ALVAR, J. 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