Sur l’irréductibilité d’une induite parabolique
Abstract
Let F be a non-Archimedean locally compact field and let D be a central division algebra over F. Let p1 and p2 be respectively two smooth irreducible representations of GLðn1; DÞ and GLðn2; DÞ, n1; n2 f0. In this article, we give some su‰cient conditions on p1 and p2 so that the parabolically induced representation of p1 np2 to GLðn1 þ n2; DÞ has a unique irreducible quotient. In the case where p1 is a cuspidal representation, we compute the Zelevinsky’s parameters of such a quotient in terms of the parameters of p2. This is the key point for making explicit Howe correspondence for dual pairs of type II (cf. [A. Mínguez, Correspondance de Howe explicite : paires duales de type II, Ann. Ec. Norm. Sup., à paraître]).
Full text
J. reine angew. Math. 629 (2009), 107—131 DOI 10.1515/CRELLE.2009.028 Journal fu ¨r die reine und angewandte Mathematik (Walter de Gruyter Berlin New York 2009 Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Par Alberto Mı ´nguez a `Orsay Abstract. Let Fbe a non-Archimedean locally compact field and let Dbe a central division algebra over F. Let p1and p2be respectively two smooth irreducible representations of GLðn1;DÞand GLðn2;DÞ,n1;n2f0. In this article, we give some su‰cient conditions on p1and p2so that the parabolically induced representation of p1np2to GLðn1þn2;DÞhas a unique irreducible quotient. In the case where p1is a cuspidal representation, we compute the Zelevinsky’s parameters of such a quotient in terms of the parameters of p2. This is the key point for making explicit Howe correspondence for dual pairs of type II (cf. [Mi1]). Introduction Dans l’e ´tude des repre ´sentations irre ´ductibles d’un groupe re ´ductif sur un corps local non archime ´dien F, on est amene ´a `conside ´rer aussi des repre ´sentations re ´ductibles. En ge ´ne ´ral, elles ne sont pas semi-simples et il est tre `s inte ´ressant de construire de telles repre ´- sentations ayant un unique quotient (ou un sous-module) irre ´ductible. C’est dans cette ligne ´e, par exemple, que l’on trouve les classifications de Langlands et de Zelevinsky du type : ‘‘l’unique quotient irre ´ductible de . . .’’ ou ‘‘l’unique sous-module irre ´ductible de . . .’’. Cet article est motive ´par la question suivante : Soit D une alge `bre a `division de centre F de dimension finie sur F. Si p1et p2sont deux repre ´sentations lisses irre ´ductibles de GLðn1;DÞet GLðn2;DÞrespectivement,est-ce que l’induite parabolique,note ´ep1p2,de p1np2a `GLðn1þn2;DÞposse `de un unique quotient irre ´ductible? Nous utilisons des techniques des foncteurs de Jacquet, avec des conside ´rations de combinatoire, pour donner des conditions su‰santes pour que la re ´ponse soit positive. Donnons quelques premie `res applications de ce re ´sultat ge ´ne ´ral : la repre ´sentation p1p2admet, en particulier, un unique quotient irre ´ductible si : (1) La repre ´sentation p1est un caracte `re de GLðn1;DÞ. C’est une question qui apparaı ˆt naturellement dans la correspondance de Howe. Ceci prouve une ancienne conjecture de M.-F. Vigne ´ras, cf. [MVW], Conjecture 3.III.6. Partially supported by MTM2004-07203-C02-01 and FEDER. Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
(2) La repre ´sentation p1est une repre ´sentation cuspidale. Ceci permet, dans [Mi1], de rendre explicite la correspondance de Howe pour les paires duales de type II. (3) Les repre ´sentations p1et p2sont essentiellement de carre ´inte ´grable. Ceci permet de donner dans la section 4 une preuve simple, comple `tement combinatoire, de la classification des repre ´sentations irre ´ductibles de GLðn;DÞa `la Zelevinsky en termes des segments (voir [Ze1] quand D¼F). Remarquons, pour comprendre l’importance de la question qui motive cet article, que parmi d’autres applications, l’unicite ´du quotient irre ´ductible impliquerait, en particulier, la conjecture (U0) de Tadic ´(qui vient d’e ˆtre prouve ´e dans [Se]) qui permet de de ´terminer le dual unitaire de GLðn;DÞ. Donnons maintenant plus de de ´tails concernant les di¤e ´rentes sections de l’article : Dans la section 1, on introduit les notations. Dans la section 2, on utilise le lemme ge ´ome ´trique combinatoire de [Ze1], pour donner une condition su‰sante pour que l’induite parabolique du produit tensoriel de plusieurs repre ´sentations irre ´ductibles n’ait qu’un seul quotient irre ´ductible. En section 3, on introduit les foncteurs de Jacquet et, en section 4, on rappelle la classification de Tadic ´des repre ´sentations irre ´ductibles de GLðn;DÞ. On donne aussi un parame ´trage a `la Zelevinsky de cet ensemble. Dans la section 5, on combine ces re ´sultats pour montrer le the ´ore `me principal de cet article (The ´ore `me 5.1). Dans la section 6, on calcule, avec la classification de la section 4, les parame `tres de l’unique quotient irre ´ductible de p1p2, quand la repre ´sentation p1est cuspidale, en termes des parame `tres de p2. On utilise ce calcul, dans la section 7, pour tirer quelques conse ´quences : d’une part, on donne une condition combinatoire ne ´cessaire et su‰sante d’irre ´ductibilite ´de p1p2, quand p1est cuspidale (The ´ore `me 7.4). D’un autre co ˆte ´, Zelevinsky, dans [Ze1] construit une involution, note ´eD, du groupe de Grothendieck associe ´a `la cate ´gorie des repre ´sentations lisses et longueur finie de GLðn;FÞ. Aubert montre en [Aub] que cette involution permute les classes des repre ´sentations irre ´ductibles. Dans [Ze2], Zelevinsky propose une formule pour de ´crire Da `l’aide des objets ge ´ome ´triques parame ´trisant les repre ´sentations irre ´ductibles de GLðn;FÞ. Dans [MW] on montre cette conjecture et on donne une description combinatoire de l’involution. Dans [Ta1] on ge ´ne ´ralise cette involution pour les formes inte ´rieures de GLðn;FÞet on conjecture que la description combinatoire et ge ´ome ´trique de Ddoit rester valable dans ce cadre, avec quelques petites modifications (cf. [Ta1], Conjecture 3.6). On montre cette conjecture dans le The ´ore `me 7.7. Ceci facilite les calculs de [Ta2]. Dans l’appendice, on montre (Corollaire A.3) un lemme jouant un ro ˆle cle ´dans le calcul de [Mi1] de la correspondance the ˆta explicite dans le cas des paires duales de type II. Il serait tre `s inte ´ressant de trouver une preuve plus simple, sans devoir utiliser tous les calculs des sections pre ´ce ´dentes, pour, peut-e ˆtre, ge ´ne ´raliser les re ´sultats de [Mi1] aux paires duales de type I. Remarquons que dans le cas des repre ´sentations des groupes orthogonaux, la repre ´sentation induite parabolique a `partir du produit tensoriel de deux repre ´sentations cuspidales peut avoir deux sous-modules irre ´ductibles (cf. [Moe]). 108 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Je voudrais particulie `rement remercier Guy Henniart et Colette Mœglin pour leurs nombreux conseils et ide ´es. Je remercie aussi Florent Benaych-Georges, Goran Muic ´, Hiroshi Saito et Vincent Se ´cherre ainsi que le re ´fe ´re ´pour les remarques et corrections inte ´ressantes qu’ils m’ont faites a `propos de cet article. 1. Pre ´liminaires Soient Fun corps commutatif localement compact non archime ´dien de caracte ´- ristique re ´siduelle p>0, Dune alge `bre a `division de centre Fde dimension finie d2 sur F. On note Mnl’ensemble de matrices nna `coe‰cients dans Det Nrd :Mn!F la norme re ´duite. Le groupe GLðn;DÞdes matrices inversibles dans Mnsera note ´Gn. Le groupe trivial sera note ´G0. On note n¼jNrdjF, la valeur absolue de la norme re ´- duite (par abus de notation on ne fera pas distinction entre nagissant sur Gnpour di¤e ´rent n). A toute partition (ordonne ´e) a¼ðn1;...;nrÞ,nif0, de l’entier n, correspond une de ´- composition en blocs des matrices carre ´es d’ordre n. On notera Gale sous-groupe de Gn forme ´des matrices inversibles diagonales par blocs de taille ni,Pa(resp. Pa) le sous-groupe forme ´des matrices triangulaires supe ´rieures (resp. infe ´rieures) par blocs, et Uale sousgroupe de Paforme ´des e ´le ´ments dont les blocs diagonaux sont des matrices unite ´.Le sous-groupe Paest conjugue ´a `Padans Gnavec a¼ðnr;...;n1Þ. Dans cet article on ne conside ´rera que des repre ´sentations lisses complexes et le mot repre ´sentation voudra toujours dire repre ´sentation lisse complexe. On notera IrrðGnÞl’ensemble des classes d’e ´quivalence des repre ´sentations irre ´ductibles de Gn. On note Irr l’union disjointe Irr ¼S nf0 IrrðGnÞ; et Cle sous-ensemble de Irr forme ´de repre ´sentations cuspidales. Le support cuspidal de pAIrr sera note ´suppðpÞ. On note ra;n(resp. ra;n) le foncteur de Jacquet normalise ´associe ´au parabolique standard Pa(resp. Pa). Soient riAIrrðGniÞ,1eier. On note r1rrla repre ´sentation indGn Paðr1nnrrn1UaÞ induite parabolique normalise ´e. Soit pune repre ´sentation de Gn; on a un isomorphisme canonique (re ´ciprocite ´de Frobenius) : HomGnðp;r1rrÞFHomGara;nðpÞ;r1nnrr:ð1:1Þ 109 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
On dispose aussi d’un isomorphisme de re ´ciprocite ´a `la Casselman (cf. [Ber], Theorem 20, ou bien [Bus]) : HomGnðr1rr;pÞFHomGar1nnrr;ra;nðpÞ:ð1:2Þ On notera Rnle groupe de Grothendieck de la cate ´gorie des Gn-modules de longueur finie identifie ´au Z-module libre qui a pour base ðpÞpAIrrðGnÞ. Le sous-semigroupe de Rnqui consiste en des sommes finies p1þþpkou `piAIrrðGnÞ,kf0 sera note ´Rþ n. Posons R¼L nf0 Rn; Rþ¼L nf0 Rþ n: Si p1;p2ARon note p1ep2si p2p1ARþ. On note s:s:ðpÞ(ou JHðpÞ) l’image de pdans Rpour toute repre ´sentation de longueur finie p.Onde ´finit une loi de multiplication dans Rpar mðp;p0Þ¼s:s:ðpp0Þ. L’ope ´ration mest aussi note ´eet ðR;þ;Þ devient un anneau gradue ´(associatif et commutatif). Si pest une repre ´sentation de Gnon notera grðpÞ¼net ~ pp la contragre ´diente de p. Si pest une repre ´sentation de longueur finie, alors s:s:ðpÞ¼ L tiAIrr;1eier miti;o` u les tisont distincts: On dit que les tiforment une suite de composition de pet que miest la multiplicite ´de ti dans p. 2. Lemme ge ´ome ´trique combinatoire On rappelle ici les re ´sultats de [Ze1], 1.6, et on de ´duit quelques premiers lemmes simples qui seront utilise ´s dans la suite. Soient b,gdeux partitions de n,b¼ðn1;...;nrÞ,g¼ðm1;...;msÞet pour iAf1;...;rg soit riune repre ´sentation de Gni. On veut calculer une suite de composition de rg;nðr1rrÞ. Notons Mb;gl’ensemble des matrices b¼ðbi;jÞrstelles que : (1) Les bi;jsont des entiers positifs. (2) P s j¼1 bi;j¼nipour tout i¼1;...;r;P r i¼1 bi;j¼mjpour tout j¼1;...;s. Fixons bAMb;get notons bila partition ðbi;1;...;bi;sÞde niet gjla partition ðb1;j;...;br;jÞde mj. 110 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Les rbi;niðriÞsont de longueur finie. Supposons alors JHrbi;niðriÞ¼fsð1Þ i;sð2Þ i;...;sðriÞ ig ou ` sðkÞ i¼sðkÞ i1nnsðkÞ is ;sðkÞ ij AIrrðGbi;jÞ;k¼1;...;ri: Pour tout jAf1;...;sg, et pour toute famille d’entiers k1;...;krtels que 1 ekjerj, on de ´finit la repre ´sentation sjde Gmjpar sj¼sðk1Þ 1jsðk2Þ 2jsðkrÞ rj ; et la repre ´sentation sðk1;...;krÞde Ggpar sðk1;...;krÞ¼s1ns2nnss: Alors, d’apre `s [Ze1], 1.6, les sðk1;...;krÞquand on fait varier les ðk1;...;krÞet bAMb;gforment une suite de composition de la repre ´sentation rðm1;...;msÞ;nðr1rrÞ. Une premie `re conse ´quence imme ´diate est la proposition ci-dessous : Proposition 2.1. Avec les notations pre ´ce ´dentes,supposons que pour tout i,1eier, toute partition bi¼ðbi;1;bi;2Þde niet tout sðkÞ i¼sðkÞ i1nsðkÞ i2AJHrbi;niðriÞon ait : (1) Ou bien suppðsðkÞ i1ÞjLS 1ejei1 suppðrjÞ. (2) Ou bien suppðsðkÞ i2ÞjLS iþ1ejer suppðrjÞ. Alors la repre ´sentation r1nnrrapparaı ˆt avec multiplicite ´1dans JHrb;nðr1rrÞ: De ´monstration. D’apre `s ce qui pre ´ce `de, les sðk1;...;krÞ, quand on fait varier ðk1;...;krÞet bAMb;b, forment une suite de composition de rb;nðr1rrÞ. Si best la matrice diagonale dans Mb;bd’e ´le ´ments diagonaux n1;n2;...;nr, alors sðk1;...;krÞ¼r1nnrret ki¼1 pour tout i. Il su‰t donc de montrer que pour tout bAMb;b,bnon diagonale, et tout ðk1;...;krÞ, r1nnrrn’est pas un sous-quotient de sðk1;...;krÞ. Or, si bn’est pas diagonale (par la condition (2) de la de ´finition des matrices ðbi;jÞ), il existe j<iet j0>i0tels que bi;jet bi0;j0 soient non nuls. Soient i0¼minfi:bj<i;bi;j30g;j0¼minfj:bi0;j30g; i0 0¼maxfi0:bj0>i0;bi0;j030g;j0 0¼maxfj0:bi0 0;j030g: 111 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Par l’hypothe `se (1), puisque j0<i0, pour tout ki0, suppðsðki0Þ i0j0ÞjLsuppðrj0Þet donc, rj0 ne peut pas e ˆtre un sous-quotient de sj0. Ainsi, r1nnrrn’est pas un sous-quotient de sðk1;...;krÞ. Par l’hypothe `se (2), puisque j0 0>i0 0, pour tout ki0 0, suppðs ðki0 0Þ i0 0j0 0ÞjLsuppðrj0 0Þet donc, rj0 0 ne peut pas e ˆtre un sous-quotient de sj0 0. Ainsi, r1nnrrn’est pas un sous-quotient de sðk1;...;krÞ.r Corollaire 2.2. Avec les notations pre ´ce ´dentes,supposons que pour tout i,1eier, toute partition bi¼ðbi1;bi2Þde niet tout sðkÞ i¼sðkÞ i1nsðkÞ i2AJHrbi;niðriÞ,on ait : (1) Ou bien suppðsðkÞ i1ÞjLS 1ejei1 suppðrjÞ. (2) Ou bien suppðsðkÞ i2ÞjLS iþ1ejer suppðrjÞ. Alors r1rra un seul sous-module irre ´ductible et sa multiplicite ´dans JHðr1rrÞ est e ´gale a `1. De ´monstration. C’est une conse ´quence du lemme qui suit et de la proposition pre ´ce ´- dente. r Lemme 2.3. Supposons que r1nnrrapparaisse avec multiplicite ´1dans JHrb;nðr1rrÞ ðresp:JHrb;nðr1rrÞÞ: Alors r1rra un seul sous-module (resp. quotient)irre ´ductible et sa multiplicite ´dans l’induite est e ´gale a `1. De ´monstration. Supposons qu’il existe p1et p2deux sous-modules irre ´ductibles de r1rret posons p¼p1lp2. Ainsi dimHomGnðp;r1rrÞf2: Par (1.1), on trouve dimHomGbrb;nðpÞ;r1nnrrf2: Or, par l’exactitude du foncteur de Jacquet, JHrb;nðpÞeJHrb;nðr1rrÞ: On trouve donc que r1nnrrapparaı ˆt avec multiplicite ´au moins 2 dans JHrb;nðr1rrÞce qui est absurde, par hypothe `se. Si r1nnrrapparaı ˆt avec multiplicite ´1 dans JHrb;nðr1rrÞ, la preuve est la me ˆme mais on utilise (1.2) a `la place de (1.1). r 112 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
3. Les blocs dans Fin(Gn) Pour un ensemble X,MðXÞsera l’ensemble de tous les multi-ensembles dans X, i.e., des fonctions m:X!Na `support fini. On de ´finit la somme de multi-ensembles de fac¸on naturelle. Si WAMðCÞ, on pose jWj¼ P rAC WðrÞgrðrÞ: Soit Wun multi-ensemble de repre ´sentations cuspidales, avec jWj¼n. On note FinðGnÞla sous-cate ´gorie pleine de AlgðGnÞdes repre ´sentations de longueur finie et FinðWÞ la sous-cate ´gorie pleine de FinðGnÞtelle que pour tout sous-quotient irre ´ductible pde tout e ´le ´ment dans FinðWÞ, suppðpÞ¼W. Alors (cf. [Cas], Theorem 7.3.2) la cate ´gorie FinðGnÞest produit direct des blocs FinðWÞquand Wparcourt tous les multi-ensembles de repre ´sentations cuspidales de Gn avec jWj¼n. On veut dire par cela : (1) Tout pAFinðGnÞest une somme directe de repre ´sentations piAFinðWiÞ,ou ` Wi3Wjsi i3j. (2) HomGnðpi;pjÞ¼0sipiAFinðWiÞet Wi3Wj. Soient n,tdeux entiers positifs, t<net soit pune repre ´sentation de longueur finie de Gn. La repre ´sentation rðt;ntÞ;nðpÞ,e ´tant de longueur finie, se de ´compose alors : rðt;ntÞ;nðpÞ¼L r i¼1L s j¼1 Pi;j ou `, pour tous 1 eieret 1 ejes,Pi;jest une repre ´sentation de longueur finie de GtGnttelle que tout sous-quotient irre ´ductible de Pi;jest la forme pinp0 javec piAWi et p0 jAW0 jou `fWig1eieret fW0 ig1ejessont deux sous-ensembles de MðCÞtels que jWij¼t, jW0 jj¼nt, pour tous 1 eieret 1 ejes,etWi3Wi0si i3i0,etW0 j3W0 j0si j3j0. Si rune repre ´sentation irre ´ductible de Gt, avec suppðrÞ¼Wi, on pose JacrðpÞ¼ L 1ejes Pi;j; et si r0une repre ´sentation irre ´ductible de Gntavec suppðr0Þ¼W0 j, on pose Jacr0ðpÞ¼ L 1eier Pi;j: Remarquons que JacrðpÞet Jacr0ðpÞne de ´pendent que du support cuspidal de ret r0, respectivement. Remarquons aussi que l’on obtient le foncteur Jacra `partir du foncteur 113 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Jacren changeant dans la de ´finition de Jacrle foncteur de Jacquet par son foncteur oppose ´ (d’ou `la notation). Proposition 3.1. Supposons qu’il existe rAIrrðGtÞ,VAIrrðGntÞtelles que rnV soit un sous-quotient de rðt;ntÞ;nðpÞ. Il existe alors r0une repre ´sentation irre ´ductible avec suppðr0Þ¼suppðrÞet une repre ´sentation V 0AIrrðGntÞtelles que psoit un sous-module de r0V0. De ´monstration. Par hypothe `se, JacrðpÞ30. Soit r0nV0un quotient irre ´ductible de JacrðpÞ. Alors r0est une repre ´sentation irre ´ductible avec suppðr0Þ¼suppðrÞet, la compose ´e du morphisme non nul dans HomGðt;ntÞJacrðpÞ;r0nV030 avec le morphisme surjectif canonique de rðt;ntÞ;nðpÞvers JacrðpÞmontre que HomGðt;ntÞrðt;ntÞ;nðpÞ;r0nV030; et, par re ´ciprocite ´de Frobenius on trouve le re ´sultat cherche ´.r 4. Repre ´sentations de GL(n,D) On va rappeler ici quelques re ´sultats de [Ta1] et [Mi2]. Dans [Ta1], §2 (voir aussi [Se], Theorem 3.4, pour une preuve di¤e ´rente valable en toute caracte ´ristique), on montre qu’il existe une fonction qui, a `chaque repre ´sentation cuspidale rassocie un entier strictement positif srtel que, si r1et r2sont deux repre ´sentations cuspidales de GLðn1;DÞet GLðn2;DÞ, n1;n2f1 alors r1r2est re ´ductible si, et seulement si r1¼nsr1r2ou r1¼nsr1r2: Cet entier sr1est aussi caracte ´rise ´de la fac¸on suivante (cf. [Ta1], §2) : par la correspondance de Jacquet-Langlands r1se corresponde a `une se ´rie discre `te pde GLðn1d;FÞ. D’apre `sla classification des se ´ries discre `tes (cf. [Ze1]), il existe un unique entier positif qdivisant n1d et une repre ´sentation cuspidale tde GLðn1d=q;FÞtels que pest l’unique quotient irre ´ductible de tnt nq1t: Alors sr1¼q. Pour toute repre ´sentation rcuspidale on pose nr¼nsr. Soient rune repre ´sentation cuspidale de Gn,b;eAZ,bee. On pose D¼fnb rr;nbþ1 rr;...;ne rrg: On appelle Dun segment et on le notera souvent D¼fb;egr. L’ensemble de tous les segments sera note ´S. On notera lðDÞ¼ðebþ1Þnla longueur de Det bðDÞ¼nb rret eðDÞ¼ne rrles extre ´mite ´sdeD. 114 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
On dit que fb;egr,fb0;e0gr0sont lie ´ssifb;egrWfb0;e0gr0est encore un segment et fb;egrjLfb0;e0gr0et fb0;e0gr0jLfb;egr. On dit que fb;egrpre ´ce `de fb0;e0gr0s’ils sont lie ´s et il existe tAfb;egrtelle que r0nb01 r0Ft. Un multisegment est un multi-ensemble de segments de la forme ci-dessus. On dira qu’un multisegment est ordonne ´si l’on peut l’identifier a `l’ensemble indexe ´ðD1;...;DrÞ, tel que, si i<j,Dine pre ´ce `de pas Dj. Soit m¼ðD1;...;DrÞun multisegment. On notera lðmÞ¼ P 1eier lðDiÞ la longueur de met cðmÞAMðCÞson support, i.e. le multiensemble de repre ´sentations cuspidales de ´fini par cðmÞðrÞ¼ P rAD mðDÞ; pour toute repre ´sentation cuspidale r. On identifiera tre `s souvent cðmÞa `un ensemble de repre ´sentations cuspidales fr1;...;rtgcompte ´es avec multiplicite ´s. On dira que le support de mest connexe si S 1eier Di(sans multiplicite ´s) est encore un segment. Dans ce cas on dira que mest a `support connexe. Proposition 4.1. A chaque segment D¼fnb rr;nbþ1 rr;...;ne rrg,re ´tant une repre ´sentation cuspidale de Gn,on peut associer des repre ´sentations irre ´ductibles hDiet hDittelles que : (1) hDi(resp. hDit)est l’unique sous-module (resp. quotient)irre ´ductible de nb rrnbþ1 rrne rr. (2) rðn;...;nÞ;nðebþ1ÞðhDiÞ¼nb rrnnbþ1 rrnnne rr (resp. rðn;...;nÞ;nðebþ1ÞðhDitÞ¼ne rrnnnbþ1 rrnnb rr). Les repre ´sentations hDiet hDitsont aussi caracte ´rise ´es par la proprie ´te ´(2). L’ensemble de repre ´sentations de la forme hDitest l’ensemble des repre ´sentations essentiellement de carre ´ inte ´grable. De ´monstration. Cf. [Ta1], 2.7. r Si D¼fb;egrest un segment on note ~ DD le segment fe;bg~ rr de sorte que g hDihDi¼h~ DDiet g hDit hDit¼h~ DDit: Notons Dl’endomorphisme involutif de Rde ´fini en [Aub], Definition 2.1. La preuve du the ´ore `me 2.3 de [Aub], en changeant npar nr, montre que DðhDiÞ¼hDit. Ainsi cette involution ge ´ne ´ralise l’involution de Zelevinsky [Ze1], 9.12, au cas D3F(voir [Ta1], §3). Par [Aub], Corollaire 3.9, si pest une repre ´sentation irre ´ductible de Gnalors DðpÞest aussi une repre ´sentation irre ´ductible de Gn. 115 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
d’apre `s la Proposition 3.1, il existerait t1AIrrðGniÞet t2AIrrðGiÞ, avec suppðt2Þ¼suppðt0 2ÞHsuppðrÞ et HomGnðp;t1t2Þ30. Cette remarque nous permet de de ´finir l’entier lsuppðrÞ ppour pune repre ´sentation de longueur finie (non ne ´cessairement irre ´ductible). De ´monstration du The ´ore `me 5.1. Posons pour simplifier l¼lsuppðrÞ p. Soient t1AIrrðGnlÞ,t2AIrrðGlÞ, avec HomGnðp;t1t2Þ30, et suppðt2ÞHsuppðrÞ. Alors : (1) La condition (5.1) nous dit que les segments de rne sont pas lie ´s avec ceux de t2 dans le parame ´trage a `la Langlands (resp. a `la Zelevinsky). La repre ´sentation t¼t2rest donc irre ´ductible d’apre `s [Ta1], Prop. 2.2 (resp. [Mi2], 2.3.8). (2) Par maximalite ´de lsuppðrÞ pet la remarque pre ´ce ´dente, pour tout if1 et tous r1nr2AJHrðnli;iÞ;nlðt1Þ; r1AIrrðGnliÞet r2AIrrðGiÞ,ona suppðr2ÞjLsuppðtÞ: Le the ´ore `me de ´coule du fait que tet t1sont alors deux repre ´sentations irre ´ductibles qui satisfont aux conditions du Corollaire 2.2. Leur induite n’a alors qu’un seul sous-module irre ´ductible et donc, pr, sous-module non nul de t1t, n’a, lui aussi, qu’un seul sousmodule irre ´ductible. r Remarque 5.4. Si Vest l’unique sous-module irre ´ductible de pr, alors lsuppðrÞ V¼lsuppðrÞ pþt,ou `t¼grðrÞ. En e¤et, l’ine ´galite ´lsuppðrÞ VflsuppðrÞ pþtest claire. Pour l’autre, on remarque que, puisque le foncteur de Jacquet est exact, pour tout r0AIrr, si Jacr0ðVÞ30, alors Jacr0ðprÞ30 et donc lsuppðrÞ VelsuppðrÞ pr. Ce dernier entier, par le lemme ge ´ome ´trique, vaut lsuppðrÞ pþt. En passant a `la contragre ´diente on trouve : Corollaire 5.5. Avec les me ˆmes hypothe `ses,pra un unique quotient irre ´ductible et il apparaı ˆt avec multiplicite ´1dans JHðprÞ(resp. JHðrpÞ). De la me ˆme fac¸on, en utilisant le foncteur de Jacquet oppose ´et en rede ´finissant de fac¸on approprie ´e l’entier l, on montre le the ´ore `me ci-dessous. The ´ore `me 5.6. Avec les hypothe `ses de 5.1, rpa un seul sous-module (resp. quotient) irre ´ductible et il apparaı ˆt avec multiplicite ´1dans JHðprÞ(resp. JHðrpÞ). On conside `re pourtant que les conditions ne sont pas ne ´cessaires et on se pose la question suivante : 122 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Question 5.7. Est-ce que l’induite parabolique du produit tensoriel de deux repre ´sentations irre ´ductibles a toujours un seul sous-module irre ´ductible? Remarquons que l’induite du produit tensoriel de trois repre ´sentations irre ´ductibles peut avoir deux sous-modules irre ´ductibles (par exemple, cf. [Ze1], 11.2, la repre ´sentation 1j j1deGLð3;FÞ). 6. Calcul explicite Dans cette section on se propose de calculer les parame `tres de Langlands de l’unique sous-module irre ´ductible de pr. Le premier lemme est une transcription du Lemme II.9 de [MW] dans nos notations. Nous introduisons quelques autres notations dont nous aurons besoin. On fixe une repre ´sentation cuspidale tde GLðn;DÞ. D’apre `s la Remarque 4.10, il su‰t de calculer les parame `tres de Langlands de l’unique sous-module de ptpour pune repre ´sentation irre ´ductible dans RðtÞ. Ainsi on peut identifier un segment D¼fnt tt;ntþ1 tt;...;nr ttga `une suite ft;tþ1;...;rg. Dore ´navant, s’il n’y a pas d’ambiguı ¨te ´, quand on a fixe ´une repre ´sentation cuspidale, on utilisera indi¤e ´remment les deux notations. On notera aussi bðDÞ¼t, eðDÞ¼ret þD(resp. D) le segment þD¼fnt1 tt;...;nr ttg(resp. D¼fntþ1 tt;...;nr ttg). De me ˆme, s’il n’y a pas d’ambiguı ¨te ´, on notera Jactau lieu de Jacnt tt. On notera aussi hjitla repre ´sentation triviale de G0et pour toute repre ´sentation V, ^ VV ¼hjit(ce qui signifie, en pratique, qu’on o ˆte la pre ´sence de Vdans la notation). Le lemme ci-dessous est une adaptation du lemme II.9 de [MW] dans nos notations, la preuve e ´tant la me ˆme : Lemme 6.1. Soient c un entier,r¼nc ttla repre ´sentation associe ´edeGLðn;DÞ,et p une repre ´sentation irre ´ductible de GLðNn;DÞ,pARðtÞ,parame ´tre ´e,a `la Langlands,par le multisegment range ´m¼fD1;...;Drg. Alors l’ensemble des repre ´sentations irre ´ductibles de GLðN;DÞqui sont isomorphes a ` des sous-modules de pr(resp. a `des quotients de rp)est inclus dans l’ensemble des repre ´sentations irre ´ductibles suivantes : hfcg;D1;...;Drit;hD1;...;þDs;...;Drit ou `Dsest un segment de m de ´butant a `cþ1, et ou `s parcourt les entiers ve ´rifiant la proprie ´te ´ suivante :notons Djð1Þ;...;DjðtpÞles segments de m (dans l’ordre de ´croissant)commenc¸ant par c;pour tout entier v compris entre 1et r,on de ´finit,inductivement sur v,l’entier iðvÞcomme e ´tant soit le plus grand entier di¤e ´rent de ið1Þ;...;iðv1Þ,tel que DiðvÞcommence par c þ1 et soit pre ´ce ´de ´par DjðvÞ,soit iðvÞ¼rþ1si un tel entier n’existe pas ;alors s ne doit pas e ˆtre l’un des entiers iðvÞqui viennent d’e ˆtre de ´finis. On note kð1Þ;...;kðwpÞ, ceux des entiers jðvÞ, pour vAf1;...;tpg, pour lesquels iðvÞ est infe ´rieur ou e ´gal a `r,kð1Þ;...;kðwpÞe ´tant e ´crits dans l’ordre croissant. Remarquons qu’on a wpetp. On note aussi hð1Þ;...;hðwpÞles iðvÞcorrespondants ; lð1Þ;...;lðupÞles iðvÞdi¤e ´rents de ceux qui viennent d’e ˆtre de ´finis. On pose l0 p¼ðtpwpÞet l’on note sð1Þ;...;sðl0 pÞles iðvÞdi¤e ´rents de ceux qui viennent d’e ˆtre de ´finis. 123 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Remarquons que les entiers tp,wp,up,l0 pne de ´pendent que des segments fD1;...;Drg. On garde pourtant les sous-indices ppour simplifier la notation. Le lemme suivant est la cle ´de tout ce qui suit : Lemme 6.2. Soient D¼fb;...;eg,D0¼fb0;...;e0gdeux segments tels que Dpre ´- ce `de D0. Alors JacbðhD;D0itÞ3j,b03bþ1. De ´monstration. On a une suite exacte 0!hDWD0ithDXD0it!hDithD0it!hD;D0it!0: Par le lemme ge ´ome ´trique on a : (1) La repre ´sentation rððe0bÞn;nÞ;ðe0bþ1ÞnðhDithD0itÞest compose ´e des repre ´sentations ðhDithD0itÞnbet ðhDithD0itÞnb0. (2) La repre ´sentation rððe0bÞn;nÞ;ðe0bþ1ÞnðhDWD0ithDXD0itÞest compose ´e des repre ´sentations hðDWD0ÞithDXD0itnbet hðDWD0ÞithðDXD0Þitnb0(si DXD03j). Et donc JacbðhDithD0itÞ¼ðhDithD0itÞnb; JacbðhDWD0ithDXD0itÞ¼hðDWD0ÞithDXD0itnb: Ainsi, par exactitude du foncteur de Jacquet, on a JacbðhD;D0itÞ¼hD;D0itnbsi, et seulement si, hDithD0it3h ðDWD0ÞithDXD0it, i.e., si b03bþ1. r Cela implique le Corollaire 6.3. Avec les notations de 5.1 et 6.1, re ´tant toujours une repre ´sentation cuspidale de Gn,on a lfrg penl0 p. De ´monstration. Pour tout entier icompris entre 1 et r, on pose Vi¼ hDii;si iBfhðvÞ:1evewpgWfkðvÞ:1evewpg; hDhðvÞ;DkðvÞit;si i¼hðvÞ;1evewp; hjit;si i¼kðvÞ;1evewp: 8 > < > : D’apre `s [MW], Preuve du Lemme II.9, pest un quotient de V1Vr, et donc, par exactitude du foncteur de Jacquet lfrg pelfrg V1Vr. D’un autre co ˆte ´, par le Lemme 6.2, les seuls Vitels que JacrðViÞ3jsont les VsðiÞavec 1eiel0 pet donc, par le lemme ge ´ome ´trique lfrg V1Vr¼nl0 p; qui prouve le lemme. r 124 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
On de ´finit deux ope ´rateurs : Qc:MðSÞ!MðSÞ; Sc:MðSÞ!MðSÞ; par les formules ci-dessous. Notons p¼hD1;...;Drit; on rappelle qu’on a de ´fini en 6.1 des entiers up,l0 p. Alors : QcðfD1;...;DrgÞ ¼ fD1;...;þDlð1Þ;...;Drgsi upf1; ffcg;D1;...;Drgsi up¼0; ScðfD1;...;DrgÞ ¼ fD1;...;Dsðl0 pÞ;...;Drgsi l0 pf1; jsi l0 p¼0; ou `le multisegment fD1;...;Drgest suppose ´range ´. Le lemme ci-dessous explicite, en termes des segments, l’action de Scsur un multisegment : Lemme 6.4. Soit fD1;...;Drgun multisegment. Notons fD0 1;...;D0 r0gle multisegment ScðfD1;...;DrgÞ,et p¼hD1;...;DritAlors : (1) D0 hðvÞ¼DhðvÞet D0 kðvÞ¼DkðvÞpour tout v ¼1;...;tp. (2) D0 lðvÞ¼ D0 sðl0 pÞsi v ¼1; D0 lðv1Þsi v ¼2;...;wpþ1: ( De ´monstration. On a D0 jðvÞ¼ D0 jðvÞsi v<j1sðl0 pÞ; D0 jðvþ1Þsi vfj1sðl0 pÞ: ( Montrons (1) par re ´currence sur v: Par construction de k, il n’y a pas de segment Dtcommenc¸ant par cþ1 qui pre ´ce `de DjðtÞpour jðtÞ<kð1Þ. Par minimalite ´dans l’ensemble des DsðtÞ,Dsðl0 pÞne pre ´ce `de aucun des DjðtÞpour jðtÞ<kð1Þ. D’ou ` D0 kð1Þ¼Dkð1Þ: Dhð1Þest un segment dans fD0 1;...;D0 rgcommenc¸ant par cþ1, pre ´ce ´dant D0 kð1Þet minimal parmi les Dtve ´rifiant ces deux proprie ´te ´s. —Sikð1Þ<sðl0 pÞ, alors Dsðl0 pÞne pre ´ce `de pas D0 kð1Þ. —Sikð1Þ>sðl0 pÞ, puisque Dhð1Þne pre ´ce `de pas Dsðl0 pÞ(par construction de hð1Þ), alors Dhð1ÞeDsðl0 pÞ, d’ou ` D0 hð1Þ¼Dhð1Þ: 125 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Supposons maintenant que D0 hðiÞ¼DhðiÞet D0 kðiÞ¼DkðiÞpour tout iAf1;...;vg,et montrons que D0 hðvþ1Þ¼Dhðvþ1Þet D0 kðvþ1Þ¼Dkðvþ1Þ. Il n’y a pas de segment Dtcommenc¸ant par cþ1 qui pre ´ce `de DjðtÞpour jðtÞ<kðvþ1Þet jðtÞBfkð1Þ;...;kðvÞg. Par minimalite ´dans l’ensemble des DsðtÞ, le segment Dsðl0 pÞne pre ´ce `de aucun des DjðtÞpour jðtÞ<kðvþ1Þet jðtÞBfkð1Þ;...;kðvÞg (ce sont des ‘‘DsðbÞ’’ . . .). D’ou ` D0 kðvþ1Þ¼Dkðvþ1Þ: Dhðvþ1Þest un segment dans fD0 1;...;D0 rgcommenc¸ant par cþ1, pre ´ce ´dant D0 kðvþ1Þdi¤e `rent des DhðbÞ, pour bevet minimal parmi les Dtve ´rifiant ces trois proprie ´te ´s. —Sikðvþ1Þ<sðl0 pÞ, alors Dsðl0 pÞne pre ´ce `de pas D0 kðvþ1Þ. —Sikðvþ1Þ>sðl0 pÞ, puisque Dhðvþ1Þne pre ´ce `de pas Dsðl0 pÞ(par construction de hðvþ1Þ), alors Dhðvþ1ÞeDsðl0 pÞ, d’ou ` D0 hðvþ1Þ¼Dhðvþ1Þ: Pour montrer (2) il su‰t, d’apre `s ce qui pre ´ce `de, de remarquer que Dlð1ÞeDsðl0 pÞ. r Le corollaire suivant est une conse ´quence imme ´diate : Corollaire 6.5. (1) Si l0 pf1, alors QcSc¼IdMðSÞ. (2) Si l0 pf1, alors l0 hScðfD1;...;DrgÞit¼l0 hD1;...;Drit1. (3) l0 hQcðfD1;...;DrgÞit¼l0 hD1;...;Dritþ1. (4) Si oiest l’un des sous-modules de ´crits dans le Lemme 6.1 et oiYhQcðfD1;...;DrgÞit; alors l0 oi¼l0 hD1;...;Drit. Le the ´ore `me suivant est la conclusion de notre e ´tude soigneuse : The ´ore `me 6.6. Soient r¼nc ttune repre ´sentation cuspidale de Gn,p¼hD1;...;Drit. Avec les notations pre ´ce ´dentes,on a : (1) lfrg p¼nl0 p. (2) L’unique sous-module irre ´ductible de hD1;...;Dritrest hQcðfD1;...;DrgÞit. 126 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
(3) Si l0 pf1, hD1;...;Dritest un sous-module irre ´ductible de hScðfD1;...;DrgÞir: (4) L’unique quotient irre ´ductible de rhD1;...;Dritest hQcðfD1;...;DrgÞit: De ´monstration. (3) est une conse ´quence de (2) et 6.5(1). Montrons (1) et (2) par re ´currence sur l0 p. Si l0 p¼0, d’apre `s 6.3 on a lfrg p¼0. Si pravait pour sous-module l’un des oi3hQcðfD1;...;DrgÞit, on aurait, par 6.5(4), l’e ´galite ´l0 oi¼0, donc lfrg oi¼0 ce qui est absurde par 5.4. Supposons l0 p¼k>0. Alors, par 6.5(2), l0 hScðfD1;...;DrgÞit¼l0 hD1;...;Drit1 donc, par hypothe `se de re ´currence, le the ´ore `me est vrai pour la repre ´sentation hScðfD1;...;DrgÞit, i.e. (1) hQcScðfD1;...;DrgÞitest l’unique sous-module de pr. Or, hQcScðfD1;...;DrgÞit¼p par 6.5(1). (2) lfrg hScðfD1;...;DrgÞit¼nðk1Þ. Par 5.4, on a que lfrg p¼nðk1Þþn¼kn. Finalement supposons que pra pour sous-module l’un des oi3hQcðfD1;...;DrgÞit: Alors, par 6.5(4) on aurait l0 oi¼l0 hD1;...;Drit¼k. On vient de montrer que, si l0 oi¼k,on trouve par hypothe `se de re ´currence lfrg oi¼kn ¼lfrg pce qui est absurde, par 5.4. (4) est une conse ´quence de (1), de 6.5(4) et de 5.6 ce qui ache `ve la de ´monstration du the ´ore `me. r 7. Applications La proposition suivante est due a `[GK] dans le cas ou `D¼F, mais leur preuve n’est pas valable quand Dn’est pas commutatif car la transpose ´e d’une matrice inversible n’est plus force ´ment inversible. Elle de ´coule imme ´diatement des parties (2) et (4) du the ´ore `me pre ´ce ´dent. 127 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Proposition 7.1. Soient p;p0AIrr, rAC. Les conditions suivantes sont e ´quivalentes : (1) Homðp0;prÞ30. (2) Homðrp;p0Þ30. Remarque 7.2. On pense, bien su ˆr, que l’hypothe `se rcuspidale n’est pas ne ´cessaire. Notons Dj0ð1Þ;...;Dj0ðt0 pÞles segments de m(dans l’ordre de ´croissant) se terminant par c; pour tout entier vcompris entre 1 et t0 p,onde ´finit inductivement sur v, l’entier i0ðvÞ comme e ´tant soit le plus petit entier di¤e ´rent de i0ð1Þ;...;i0ðv1Þ, tel que Di0ðvÞtermine par c1 et pre ´ce `de Dj0ðt0 pvþ1Þ, soit i0ðvÞ¼rþ1 si un tel entier n’existe pas. On note l0ð1Þ;...;l0ðu0 pÞles i0ðvÞdi¤e ´rents de ceux qui viennent d’e ˆtre de ´finis. o0 0¼hfcg;D1;...;Drit; o0 i¼hD1;...;Dþ l0ðiÞ;...;Drit;o uu iA1;...;u0 p: On a de ´fini les entiers j0ðvÞ,i0ðvÞpour que, en appliquant la contragre ´diente a `partir du The ´ore `me 6.6(2), on trouve : Corollaire 7.3. L’unique quotient irre ´ductible de prest o0 1,si u0 p>0ou o0 0,si u0 p¼0. Si prest irre ´ductible, alors il est clair que u0 p¼up¼0. Re ´ciproquement, si u0 p¼up¼0 on a que o0¼o0 0est le seul quotient et sous-module irre ´ductible de pr. Or, d’apre `s 5.1, o0apparaı ˆt avec multiplicite ´1 dans JHðprÞ, d’ou ` The ´ore `me 7.4. prest irre ´ductible si,et seulement si,u0 p¼up¼0. Maintenant il est clair que tout ce qui pre ´ce `de dans cette section est aussi vrai pour les parame ´trages a `la Zelevinsky. Il su‰t de remplacer, dans les e ´nonce ´s et les preuves : (1) le mot quotient par sous-module, (2) le mot sous-module par quotient, (3) le sens de toutes les fle `ches, (4) le symbole hi tpar hi, (5) le foncteur r(resp. r) par le foncteur r(resp. r). Ainsi, on montre un the ´ore `me similaire au The ´ore `me 6.6 : The ´ore `me 7.5. (1) L’unique quotient irre ´ductible de la repre ´sentation hD1;...;Drirest hQcðfD1;...;DrgÞi: (2) L’unique sous-module irre ´ductible de rhD1;...;Driest hQcðfD1;...;DrgÞi. 128 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Corollaire 7.6. Soient rune repre ´sentation cuspidale et pune repre ´sentation irre ´ductible. On rappelle qu’on a note ´D l’involution de Zelevinsky. Les conditions suivantes sont e ´quivalentes : (1) V est un sous-module irre ´ductible de rp. (2) DðVÞest un sous-module irre ´ductible de DðpÞDðrÞ. De ´monstration. C’est une conse ´quence de 7.5(2), 6.6(2) et 4.10. r La conse ´quence de ce corollaire est que les re ´sultats du papier [MW] sont valables pour des repre ´sentations complexes de GLðr;DÞcomme c’e ´tait conjecture ´dans [Ta1], Conjecture 3.6. En e¤et, toute la partie I de [MW] e ´tait consacre ´ea `la preuve du Corollaire 7.6 pour pet rdes repre ´sentations irre ´ductibles d’une certaine alge `bre de Hecke mais pour la preuve du the ´ore `me qui suit, ils n’utilisaient que le corollaire pre ´ce ´dent. The ´ore `me 7.7. L’involution D ve ´rifie la description ge ´ome ´trique de [Ze2] et la description combinatoire de [MW]. De ´monstration. Il su‰t de changer la Proposition I.7.3 et le Corollaire I.7.2 de [MW] par le corollaire pre ´ce ´dent. r Annexe A. La correspondance the ˆta Ici on montre un lemme qui nous aidera a `calculer explicitement la correspondance the ˆta dans [Mi1]. On continue avec les notations de la section 6. Soient a,b,cdes entiers. Lemme A.1. Soit fD0 1;...;D0 r0gun multisegment et notons ple sous-module irre ´ductible de hD0 1;...;D0 r0ithciet p0le sous-module irre ´ductible de hb;...;ba;D0 1;...;D0 r0ithci: Si c Bfb;ba1get p¼hD1;...;Drit,alors p0¼hb;...;ba;D1;...;Drit: De ´monstration. La condition cBfb;ba1ge ´quivaut au fait que cet cþ1 appartiennent tous les deux a `fb;b1;...;ba;ba1gou aucun des deux. Ainsi, si l’on note fd1;...;dng(resp. fd0 1;...;d0 n0g) le sous-ensemble de fD0 1;...;D0 r0g(resp. fb;...;ba;D0 1;...;D0 r0gdes segments commenc¸ant par cou cþ1 on a que : (1) Si cAfb;b1;...;ba;ba1g, alors fc;cþ1;d1;...;dng¼fd0 1;...;d0 n0g: (2) Si cBfb;b1;...;ba;ba1g, alors fd1;...;dng¼fd0 1;...;d0 n0g. 129 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
Dans le deuxie `me cas le lemme est une conse ´quence imme ´diate de 6.6. Dans le premier cas, il est e ´vident, par re ´currence comme dans 6.4, que d0 lðvÞ¼dlðvÞpour v¼1;...;ohd0 1;...;d0 n0itet ohd1;...;dnit¼ohd0 1;...;d0 n0it. On ache `ve la de ´monstration avec le The ´ore `me 6.6. r On re ´e ´crit le lemme dans les notations qu’on utilisera dans [Mi1]. On rappelle qu’on a de ´fini, pour gAD,nðgÞ¼jNrdDðgÞjF. De ´finition A.2. Soit pAIrrðGnÞ, quotient de Langlands de t1tr,ou `t1;...;tr sont des repre ´sentations essentiellement de carre ´inte ´grable. Notons alors y mðpÞle quotient de Langlands de nm2n1 2nmþ1 2nmn 2e t1 t1nmn 2e tr tr: Corollaire A.3. Soient rune repre ´sentation cuspidale de Gk,r3nnþ1 2 n2mnþ1 2 , p1AIrrðGnkÞ,et pl’unique sous-module irre ´ductible de rp1. Notons p0l’unique sousmodule irre ´ductible de nk 2y mkðnk 2p1Þnmn 2~ rr. Alors p0¼y mðpÞ: De ´monstration. En e¤et, par 4.10, on peut supposer que pour tout ier, suppðtiÞHRðnnþ1 2Þ.Deme ˆme rARðnnþ1 2Þ, sinon le re ´sultat est trivial. Soit cARtel que r¼ncet soient D0 1;...;D0 rdes segments tels que p1¼hD0 1;...;D0 r0it. Alors pest, par 7.1, l’unique sous-module irre ´ductible de hf D0 1 D0 1;...;f D0 r0 D0 r0ithnci. Le corollaire de ´coule maintenant du Lemme A.1, avec b¼n1 2et a¼mn.r Est-il possible de montrer ce corollaire sans utiliser tous les calculs de la section pre ´- ce ´dente ? Re ´fe ´rences [Aub] A.-M. Aubert, Dualite ´dans le groupe de Grothendieck de la cate ´gorie des repre ´sentations lisses de longueur finie d’un groupe re ´ductif p-adique, Trans. Amer. Math. Soc. 347 (1995), 2179–2189, Erratum, Trans. Amer. Math. Soc. 348 (1995), 4687–4690. [Ber] I. N. Bernstein, Representations of p-adic groups, Notes by K.E. Rumelhart, Harvard Univ., 1992. [Bus] C. J. Bushnell, Representations of reductive p-adic groups : Localization of Hecke algebras and applications, J. London Math Soc. (II) 63, No. 2 (2001), 364–386. [Cas] W. Casselman, Introduction to the theory of admissible representations of p-adic reductive groups, preprint. [GK] I. M. Gelfand,D. A. Kazhdan, Representations of the group GLðn;KÞwhere Kis a local field, Lie groups and their representations, I. M. Gelfand, ed., London 1975. [Mi1] A. Mı ´nguez, Correspondance de Howe explicite : paires duales de type II, Ann. Ec. Norm. Sup., a `paraı ˆtre. [Mi2] A. Mı ´nguez, Correspondance de Howe l-modulaire : paires duales de type II, the `se, Orsay 2006. [Moe] C. Mœglin, Normalisation des ope ´rateurs d’entrelacement et re ´ductibilite ´des induites de cuspidales ; le cas des groupes classiques p-adiques, Ann. Math. 151 (2000), 817–847. [MVW] C. Mœglin,M. F. Vigne ´ras,J.-L. Waldspurger, Correspondance de Howe sur un corps p-adique, Lect. Notes Math. 1291, Springer-Verlag, 1987. [MW] C. Mœglin,J.-L. Waldspurger, Sur l’involution de Zelevinsky, J. reine angew. Math. 372 (1986), 136– 177. 130 Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM
[Se] V. Se ´cherre, Proof of the Tadic ´conjecture U0 on the unitary dual if GLmðDÞ, J. reine angew. Math. 626 (2009), 187–203. [Ta1] M. Tadic ´, Induced representations of GLðn;AÞfor p-adic division algebras, J. reine angew. Math. 405 (1990), 48–77. [Ta2] M. Tadic ´, Representation theory of GLðnÞover a p-adic division algebra and unitarity in the Jacquet- Langlands correspondence, Pacific J. Math. 223 (2006), no. 1, 167–200. [Ze1] A. V. Zelevinsky, Induced Representations of Reductive p-Adic Groups II, Ann. Scient. Ec. Norm. Sup. (4) 13 (1980), 165–210. [Ze2] A. V. Zelevinsky,p-adic analogue of the Kazhdan-Lusztig conjecture, Funct. Anal. Appl. 15 (1981), 83– 92. Laboratoire de Mathe ´matiques, Universite ´Paris-Sud, Ba ˆt. 425, 91405 Orsay Cedex, France, CNRS UMR 8628 e-mail: [email protected] Eingegangen 11. Mai 2007, in revidierter Fassung 4. Februar 2008 131Mı ´nguez,Sur l’irre ´ductibilite ´d’une induite parabolique Brought to you by | Biblioteca de la Universidad de Sevilla Authenticated Download Date | 10/17/16 10:13 AM