Observations sur la litterature moderne : Tome Troisiéme
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} Con nes qu'on nous mots on trouve le, un vieil Ouvrage ; do. quefois , on reflufcite Nonvelle édition: ; lee 9 parcnce ST ANILES CE vertu. Paroles divines ! EI feules tous ces prodiges. Pour entrer dan$ certains c& faut faire certaines preuves : de #7 ” E DIRE Malthe, dé piété dans l'Ort. TE , Ecchéfaftique, d'humilité dans les@i à À tres, de valeur dans le Militaire, qe sichefles dans la Fi É ? nl
2 ee — ma mens Peas OBSERVATIONS Se LA LITTERATURE M SUR LA TTER | uk > MESSE s ER N E. k ST E nombre des Livres croit tons les É jours ; celui des produétions nou- - . velles n’augmente pas de même , & _ cere font plus guére que les anciennes qu'on nous PEUR Avec deux mots on trouve le fecret de rajeunir un vieil Ouvrage ; on fait pius quelquefois , M ace un Livre mort, Nonvelle édition: pa 5 fiimples en 19. parence ;mais fléines € force & e vertu. Paroles divine ! Elles opérent feules tous ces prodiges. Pour entrer dan$ certains Corps, il faut faire certaïnes preuves : de no= bicfe à Malthe, de piété dans l'Ordre Eccléfaftique, d'humifité danses Cloftres, de valeur dans le Militaire ; de ichefles dans la Fin: de {cience
” s 7e ta HEC. 4 Orion dans la Barreau.-Les Ecrivains , pout #+. à JE: pe . bleffe ; & apres pluficurs de ces génclas ÿ n tre admis au rang des bons Auteurs, doivent aufli produire des titres; & ces titres , 11S Croyent les trouver infailliblement dans le grand nombre d'éditions qu'ls.ont données de leurs Ouvrages. Un Bivre paroît imprimé pour la feconde fois ; il acquiert deslors un dégré dermérite qu'il n’avoit pas auparavant ; il procure à fon Auteur un nouveau rayon de gloire. On compte les éditions qu'il a euës, comme-on compte les quartiers de Norations Littéraires , on le fait pafler de i'ctat de Roture dans le corps des Nobles ; du nombre des Ecrits médiocres, au rang des bons Ouvrages. On {ent combien cette nramieté-d'en JUBCr cft fujette à l’erreûrs çar {1 pour étresne” cü dans quelques-unes dcsSocictes dont je biens de parler , on falifie quelquefois des titres ; fi dans quelques autres la naiance tient fouvent lieu d'érudition , la Faveur de bel-efprit , la protection des richeñés, l'h pocrific de iété , La bafñleffe d'humintce , l'impuénee.de bravoüre , & l'efprit de chis canc dehors Loix; COM= pcoù le à de k
A2 OR DIR > it É LUS 7 s 74e a Litté dl fode: À 5 à bien de Livres n’ave ns-NOUS pas vis auffi décorés de ph ieurs éditions, Se ” quin'ont dû cet honneur qu'au ma- u nége ; à la cupidité , à la mauvaife foi, à la vanité des Auteurs > Phronyime donne un Ouvrage au Public; on le lit & on le trouve mauvais. Vous croyez fà s doute. l’Ouvrage Mort ou IS Ti pr à Phro- NyMC Verraplus d’une Cdition de {on ZLivre. Incertain du fuccès il n'en a fait . tirer d'abord qu'un Petit nombre d’exemplaires. L'ignorance \la Curiofité, la cabale les auront bien-tôt épuifés. L'Imprimeur Sy Riffera prendre auf bien que Phronyme ; &le- Livre paroîtra de NOUVEAU avec un titre de MÉ- rite de plésaere édition. _ Erafle, Autêur : iverfeby voltige de fajets-on- RÉ ET Cft du reflort de fon génie, Mais {es premicres idées pañlent avec trop de rapidité de fon imagination à fa plume ; & de fon ca. binet chez le Libraire. Le Livre sim. Prime, [e Public l'achete & le Critique. L'Atiteur écoute, lit & COrrige: la premiere Cditicrip'eg point encore venduë , qu'il CN paroît une nouvelle fi fubite, 1 précipitée , que ce qui 4 À
A cs : 6. Eh Obfervations | ‘donné lieu à la feconde en fera bien: tôt faire une troifiéme. Argante dans fa jeunefle. fe fit Auteur. Ce titre glorieux flteroit encore aujourdhui {a vanité; mais fon efprit épuifé par le-grand âge n’eft plus capa- { ble de rien-produire. Argante cependant craint qu'on'ne l'oublie ; que joe vil pour faire encbreparler de lui ? Une édition nouvelle de fes Œuvres. Ariffe n'a d’autre rèvénu que celui de fa plume , & fa plume eft férile. Un Ouvrage feul ne fufit pas pour le faire vivre toute une année , & dans une année cependant il ne peut faire qu'un féul Ouvrage. Quélle fera dont la reflource du pauvre Arifte ? Au liet de donner fon Livre tout à la fois: #nc publicræ.qu'un Efai d’abord ; fix mois après il férd paroître l'Ouvrage entier ; à la fin dé Parméeil"y ajotitcra des Notes & ces paroles : troifiéme édition. Que dirai-je de toutes ces produce 4 tions furtives, quine doivent leur vO- : # gue, & par copféquent leurs. éditions multiplices ; aux traits Hcenticux » auxpcintures eandaleufes, aux max mes perverfes qui y font répanduës ? Voie ; CPE TS ec ET"
Ovale Ltyre bi . Moins Corrigés ,» } A Littéra Ur 4 z( d'en tirer à la fois un grand nombre d'exemplaires , l'empréflément qu'on a riéxenouveller fouvent les l'AVO RS; de acplus de ré- ER. CAE VE r.de‘la bonté d'un Oumort d'un Auteur , pour fe roCurer une colletion complette de Less@Etr<.… :: vres: Mais quexdis-jére mort même 2 des Ecrivains ne fixe pas toüjours le fort ni la forme de leurs Ouvrages. Après plufieurs fiécles écoulés , On Jes voit quelquefois reparoître {ur la {cé MeuËs ; augmentés ; mais fouvént ue jamais. Car à quoi fe borne d'ordinairette {oin_de.leuts Editeurs? à augmenter. peut=être le nombre des volumes , & À diminuer | rot ES * J t
> æ :N Pr ca CA DE OJETVALIONS : “ RE 4 de une des plus es iéces que nou | ayonsencege ire : C apelle & Chau-« _ Jieu n'ont peut-être rien de plus naïf, 3 -g de plus élégant, de plus délicat que k Profe & les Vers dont cette Epitre cft compofte. C’eft fans doute Fa imprimée dans deux endroits de d'abord à fa tête des Mémoires de Grammont , on la retrouve enfuite au commencement des Œuvres mê- Les autres Poëfies de l'Auteur ne font certainement pas de la même beauté ni de la même finefle ; il en eft peu cependant , parmi celles qui ss tompoñfent le premier volume , où * Von ne découvre une légereté de ftyle, une pureté de langage , une vivacité d'imagination, &fur-tout ce ton aifé, délicat & poli , qui annonce encore “plus l'homme de naïflance & le Courtifan , que l'homme de Lettres & le Poëte. Outre les Ouvrages en Profe dont j'ai déja parlé , ilyræencorc deux autres Contes de Féeric dans ce Re= afin de la faire lire pluficurs fois qu'on cette nouvelle édition. On la: voit *
| miér , moins inftructif qu'amufant, ef beaucoup mieux écrit que le {econd. On y trouve des faillies heureufes, des Rfoébtions brillantes , des ceintures des es" finement Enveoppées fous le déguifement ingénieux oppées fous le déguifement ingt Mais l'ouvrage qui afait le plus d'honneur au Comte Hamilton , & won peutregarder comme fon chefd'œuvre, ce font à mon avis les Mé -moires de Grammont. Que de légéreté dans le file, de naturel dans les penfces , de finefle dans les réfléxions , #4 cæ 'sdé PRE TU L à ee £ dr F2 fin La Littératuré Moderne ns … cutil. Le Bélier & Fleur d'épine. LE Pre- & « d’enjouëment:däns les récits , de varicté dans les tableaux ! Tous les caracteres font exprimés parles traits qui leur font propres .Szsehaque trait eft reprefenté fous Ja couleur qui lui convient. Rien de répété où d'inua tile ; les portraits mêmes qui offtiroient des rapports trop reflemblans , font nuancés d’unewmaniere qui répanda fur eux tous les charmes de la . variCté. LE badinage crayonne les uns, la raillerie trace les atitress.des fenti. ment, le refpeét , la reconnoiffance prennent le pinceau tour à tour; mais +
Dbfervarions | des mains de la vérité. ie qu'ils Le recoivent , C'eft toüjours elle _ - quile conduit, Voici comment dans _ ces Memoires le Comte Hamilton a . fait le portrait de {a fœur. + _. - » Elle Ctoit dans cet heureux âge » Où les charmes-du beau: fexe. com- À. > Mmencentà s'épanoüir. .Elle avoit la _\ plus belle taille, la plusibelle-gorge \ ;, & les plus beaux bras du monde. > Elle Ctoit grande &.gracieufe juf- >» ques dans le moindre de fes mouve- 3; mens. C‘étoit l'original que toutes > les femmes copioient pour le goût 2» dés habits & l'air de la coiffure. EL- » le avoit lefront ouvert, blanc & »» Uni; les cheveux biemsplantés , & _ s» dociles pour cet arrangement natu- _ ;, rel qui Coûtetant Atrouver; une cer. — :, taine fraîcheur qué les couleurs emea »» Pruntées ne {Cauroient imiter ; for- »» moit fon teint. Ses yeux n'étoient de pas grands , mais ils ctoient vifs ,,& » 165 regards fignifioient tout ce qu'el- » le vouloit. Sa bouche ctoit pleine ,, d'agrémens, & le tour de fonvifa= | » ge Ctoit parfait. Unapetit nez déli- » Cat & retrouflé n'étoit pas le moin- » dre oxnement d’un vifagc tout aimable,, . » Line + "FR
7 für la Littérature, Moderne. ww 5; mable, Enfin, à fon air, à fon port, _ 3: à toutes les graces répanduës {ur {a > perfonne entiere , le Chevalier de » Grämmont ne douta point qu'il n’y _ ,; tageux fur tout le refte. # _ 2 là figureïñCe m'étoir "5 VACItES IMPOITUNES , , n€ font qu'étourdir, qu'elle cher- , Choit à briller dans la converfation. Oint par Ces vi- , affectée danslé difcours, dont la pe- > fanteur afloupit. Mais {ans fe Fe > de parler ;'elle difoit ce qu'il falloit , 33 & pas davantage. Elle avoit tout le >> difcernement imaginable pour le {o- >, lide & le faux brillant ; &fans fe pa. >» ICr à tout propos des pre de 3) fonrefprirselléétoit réfervée, mais . ., três-jufte dans fes décifions. Ses fen- :, timens étoient pleins de noblefe È >> fiers à outrance quand il en étoit #» queftion. Cependant elle étoit moins » Prévenué fur fon mérite, qu'on ne | 3, l'eft d'ordinaire, quand on en a tant. Faites comme on Viéntde dire, elle > Ne pouvoit manquer de fe faire ai. . a mer ; mais Join de lechercher', elle 1 Tomé III. 8" >» Cût dequoi former des préjugés avan- >, Son efprit Ctoit à peu près comme RDS PNR 2 Pa ontlesfaillies ; Elle évitoit encore plus cette lenteur .
… Obfervations dif ( ur le mérite de ceux: 1t y prétendre. retendu donner ici ce: € le mieux fait, mais Pa CE _ Comme un des plus intéreffans de ces 1 . » Mémoires , par la part que l’on peut ‘prendre à ce qui regarde l'Auteur. On aime à connoîtré touti@é qui appar— tient aux Hommes Illüftrés. Et telle cft en particilicr la gloire des gens de Lettres, de faire rejaillir fur tous ceux ui les touchent de près , une partie de l'éclat qui les environne. Un Sçavant dans une famille la décore autant ue les premicres dignités de l'Etat. n peut même oublier quelquefois is dans une telle Maifon il y a eû tes Marêchaux de France ; mais s'il a eu de bons Poëtes , de grands Hiftoriens , d’habiles Fhilofouhes off ne l’oubliera jamais. Ah QUEITE véné: ration n’aurions-nous pas pour les defcendans d'Homere , de Socrate ; de Thucidide, s'il y en avoit parmi nous ! Je fuis perfuadé qu'on ne les traiteroit pas avec moins dediftinétion, ue s'ils defcendoienten droite ligne de emiftocle , de Periclés ou d'Alci: bide, On conferve avec foin , dans
Se ; er + LE à les cabinets des Curieux , des cho: Ce de vil prix en apparence, mais dont | images m4 de - mes? Pcut-être en Littérature Moderne. on.fait-un cas extraordinaire , parcG qu'on fuppefe qu'elles’ont eû l'honpeur d’appartenir autrefois À quelques Sçavans de l'antiquité: que {eroit-ce, : fi nous avions devant les yeux les ht: PS4 Grands Hom- S ? PÇEUL-ÈRLE ions — nous des Idôles auxquelles nous rendrions les mêmes hommages qu'aux Ecrits de leurs ancètres. . Mais où m'emporte mon zèle pour la gloire des gens de Lettres ? L'efpece d'enthoufiafime où je me livre, en Hlant leurs Oüvrages , m’entraîne quelquefois au-delà dés bornes de l'équite ; & je me perfuade alors qu'il n'y à rien au-deflus d’un Bel- Efpries d'un Sçavant sd'amAmteutr : mais l'inftant d'aprés je quitte le Livre je confidere l'homme , & je m'apperçois qu'il n'y a fouvent rien au-deflous. | Je revieus aux Mémoites dû Comte deGrammont dont je tirerai encore quelques "portraits ; a: lorfque M. Hamiltonvent égayer{on pinceau , il le fait avec beaticoup de finefle. Voici ce qu'il dit d’une Da- .B2 on y verra que 4 4
: … Obférvations * mr » æ t 3, durant la journée. Que voulez-vous ? > La nature en avoit fait une poupée 5, dés fon enfance ; & oupce jufqu'à. 3 la mort refta la indé Whittnell. ,; Mademoifelle Blake étoit une au: ,, tre éfpêce de ridicule. Sa taille n’é- > toit ni bien ni mal. Son vifage ctoit » de la derniere fadeurs8efonteint fe >» fourroit partout ; avec deux petits » Yeux reculés , garnis de PAU :» blondes , longues comme le doigt ; | » avec ces attraits elle fe mettoit en à 3€mbufcade pour furprendre leseœæurs. À ces portraits, quisfont peut - être moins intéreffans, parce que l'on connoît peu les. perfonnes qu'il repré+ Ë | ETS
ds be bb dti ., les fcelrats, " 1 ,, fions oppofces $ étoit compatiflante reux , infiléxible pour LLC) ,, ès. Il étoit capable de tout dans les , affaires preflantes ; & incapable de > S'y appliquerquand elles ne létoient \, pas. Son cœur toit fouvent la du- ,, pe, plus fouvent encore l’efclave de |, fes engagemens. ,, _ le fujet le plus ingrat sembellit ; Les traits les plus éloignés paroiffent d’eux- Ce n'’eft pas feulementdans les portraits, qu'on remarque l’heureux génie du Comte Hamilton : fous fa main, mêmes fe rapprocher. La diverfité des faits ne coupe point la narration d'une maniere défagréable ; les tranfitions les plus heureufes les enchaïînent fans affeéation & fans contrainte; & chez qui LE naturel, domine toñjours , au milieu même des pins grandes finefles de l'art. L'ame de tous ceux qu'il fait parler femble avoir pailé toute entiere tendre: jufqu'à l’ex-
. moires de toute, efpêce que nous avons en notre Langue , il n’y en a point de ? mieux Ccrits, de plus attachans , que ceux du Comte de Grammont. N’eftil pas étonnant que ce foitun-Etranger qui doive nous fervir de modele.dans ce genre d’écrire* Il eft bien vrai que M. Hamilton ctoit fort jeune lorfqu'il vint en France, & quenotre Languea pû lui devenir auf Léilere su 1 Naturelle même que la fienne propre ; convenons cependant que parmi tous - ceux qui comme lui ont quitté leur Patrie fort jeunes , pour.venirsincor- … -porer dans la nôtre, on n’en a vü au- ”_ Cun qui ait renouvellé ce prodige. Ils —_._ confervent toûjours certain goût de terroir , que Îe trajet de lamerne leur fait jamais perdre entierement, Les plantes étrangeres ne profitent point en France; & M. Hamilton eft le feul qui y ait produit des fruits dignes de : nous. Je ne difimulerai cependant pas quelques obfervations que j'ai fautes en le es maires. La fin d'abord L
RE: | - #i © fur la Littérature ten a paru trop brufque & trop pré cipitée. En fecond lieu, l’Auteur perd: trop fouvent & LS re de vie fon Héros ; & l’on n’y fait d’ailleurs: prefque aucune mention des événemens militaires auxquels M. de Grammont peut avoir eù quelque part. En- .. fin; €e ‘Saitforme. Les deux volumes de cet ouvrage , CC font uniquement les avantures amoureufes du Chevalier de Grammont dans les Cours de France , d'Angleterre & de Savoye ; ou plütôt , les galanteries de ces trois Cours du tems du Chevalier de Grammont. & On ne doit pas s'attendre que je donne ici un extrait plus détaillé de ces Mémoires ; ils {ont fi connus, que je ne ferois que répéter ct que tout le monde fait: Je me contenterai, pour finit cet article , de rapporter lendroit:d’une Lettre de M. de la Chapelle , où il fait le portrait du Héros de cette Hiftoire. » Les graces naïves , les actions fu- , blimes , 1e merveilles du courage, ,, les vivacités de l'éfprieslesfoupleftes ,, du Courtifan, les hardicffes de l'amant, les entreprifes du Guerrier , ue + as
n Obférvations © Sn 1 CE UVer , ou du moins vous ven. | grand dans un cœur qui méprife le Si d'un mauvais fuccès mon audace eft füivie , Une mort fecourable eft prête à m'obéïr Et le poifon du moins ne fçauroit me trahir. DENYS LE JEUNE, 7 MÈÈTE" md Le poifon Le ARETIE, nn. C'eft l'appui qu'a choifi ma prudence, Cependant Famour de la Patrie fe réveille dans le cœur de cette amante … défolée; elle confent xépoufer le Tyran, file Tyran lui-même veut renon- - cer au Trône. Il feint d'y confentir ; il offre à fon fils la Couronne , & en même tems qu'il l'acceptess" Denys le condamne à la mort. Son fort cependant eft entre les mains d’Aretie ; mais 7 ce nef qu'en époufant le Tyran; qu’elle.peut fauver la vie à fon amant. S< Voilà toute l'intrigue. K nouëment. à : £ +» La mottde Denys pouvoit feule _.. dlÿ Voici le dé- Ag ” rer le peuple de là tyrannie ,
à ve DURS E » EUR Le fur “Littérature Moderne. Dion du dernier fupplices# de fes fers , Arcried’un époi Qui ofera lui porter le coup mprtéles Cette gloire ctoit dûë à Arctic mais en immolant le Tyran elle fe facrifie : elle-même: Conduite à l'autel pour recevoir {a main, elle boit avec lui ::” dans la" Côt €‘ de Phymen “le poifon 5 w'elle lui avoit préparé; & en affurant ainfi la liberté à {a Patrie, lavie à fon pere , le” Frône à fon amant, : elle ne fe réferve que la mort. Il y a dans cette Tragédie quelques beautés de détail, mais en général , é cle n’eft nullementäntéreflante. D'ailleurs , l'Auteur s'écarte de la nature dans la plüpartdes caraétères, Ef-il … naturel, par exemple , que Dion.saiz ‘ me {à fille plus c ue fa Patrié , tandis qu'Arétie aime fa Patrie plus que fon … amant? Que Denys aime {on fils moins + que fà Couronne , tandis que le Prin: ce‘aime fon pere plus que la Couron- | ñe-, fon amante & fa vic. Quelques pentes brillantes , & | d’aflez beaux Veérswont fit en partie | le fuccès de cetre PiéceMBlepäroît | avoir été plitôt faite pour Pefprit que pour le cœur. L'Auteur à Cparené des | Ca em
PURE … Obfervations | É . larmes M btateure : Peut - être eñ _ eût-il fait couler ;fi fa Picce eût été E _joüéc à Londres ou à la Haye. L’a: _ mour de la Patrie {Cparé de Famour du Souverain ; ne touche point les Ps Francois. En France on meurt pour “la Patrie comme ailleurs ; & plus \ qu'ailleurs ; mais ce n'éftqu'en mou- | rant pour le fervice duPrinee: Il cit … le pere delæPätrie , du Peuple & de l'Etat: Ainfi toutes les Gafconades que décbite Arétie à ce fujet , n’ont point €té goûtées ; & ces deux beaux Vers : Ah : mon pere, pourquoi n’avons-nous qu'uné vie >. Da: | Que ne peut-on cent fois moutir pour la Patrie N'ont attendri perfonne: je me fuis même apperçü qu'ils ont excité de k . grands éclats de rire à toutes les re- + préfentations. D'ailleurs cette penée n'eft pas neuve : elle cft fouvent ré pétée dans les Œuvres Myftiqueshde, Sainte Thérefe , & dansd# Vie,de Marie d'Agréda ; c'eft naturellement R fa" place : pénétrées du défir du
dde = è D cn e : ir La Littérature Moderne ss martyre & de l'amour du Ciel , qui eft la Patrie des Elus, ces faintes ames ; DE VS Ye A addrefloient à Dieu à peu prés les memes paroles. Seroit -ce dans cette {Ces ? la TragédieleM:Marmontel . il m’eft venu dans l'idéc' d'y joindre une petite Parodie. Le titre que je lui donne, c’eft Dénys le Pédanr. Le fujet , c’eit un Maître d’Ecole , qui , par: une févérite outrce , caufe une efpêce de fédition parmi fes jeunes difciples. Ées parens, Comme de coûtume», prennent part à fa querelle’, & le Marguillier du lieu fomente en-{ecret cette révolte dont le but eft de dépofer le Maître d’E- cole de fon emploi. Celui-ci en eft averti, il Cherche à mettre le Maruillier dans fes intérêts , & pour réüfir , il lui demande fa fille en mariage. Mais la cabale prévaut , il n’obtient point la fille , & perd fon em- “ploteMoilà le fond dela Piéce ; en voici l'intrigues. Ariete fille de Margeuillier aime Denizot , fils du Maître d'EcOle , & elle en eft aimée de même, Ils s'étoient 2. Sur l'expofc queje viens de faire de fource que lAuteur les auroit puiae ce dde
LE 2 ; n Obfervations parens avoient approuvé ce mac - Mais le Maître d’Ecolé chan- … ge d'avis, & veut avoir pour femme, celle qui d’abord ne devoit être que fa bru. 11 en parle au Marguillier , & . Le Marouillier aux deux Amans , qui Fun & l’autre fe défefpérent. De rage Denifot veut fe faire-Soldat , de dé- RE pi Arictewett être Sœur Grife. DT DENIZOT. L'amour met mon ame en déroute. Il fait boüillit mon fang ; & je n'y vois plus goute, | | Dans la rage où je fuis ; je n'examine tien ; HE Il n'eft pere qüirtienne ; Arieteeft mon bien... … Que dis-je Eft-ce bien moi qui parle de la ET forte À .s Ah mon pere1.,,1] m'enleve Ariéte L,,. N'importe... | Ah ! faifons-nous Soldat plûtoc de défefpoir ! ; Mais demeurons dû moins fidéle à mon devoir. à LARIETE SEE | Hélas ! fans m'expofér que n€ puis-je te fuivret - k Vois à quels mouvemens ton défefpoir me livre ! bi ÿ" ou 1. cllement de s'époufer * | g .
us | à + Jar a aan RE" > Crois-tu que Join de toi , fans confolation ” Ariete | pourroit ‘yivre contente ? Non. : À Je foûtiendrois res d'un Pr. PEN bhortes 2 D'un monftre qui m'enleye un Amant que j'ä& dore fe; Et qui force Ti) “fl de s'aller engager ! Ah ! je veux le punir,, le traitreate venger. Un grand cœur + peut faire une foes tife 3. Si tute fais Soldat , je me ferai Sœur Grile, Un Couvent fecourable et prêt à m'obéïr ; Et la Guimpe du moins nefçauroit me trahir, (DENIZON Laguimpet 9. CR 7 se sabre ARIETE. C'eft l'appui qu'a choifi ma prudence; Cependant la réflexion vient au fecours d’Ariete , & pour retenir fon Amant danse, pays , elle tâche d’engager le Maître d' École: àremettre fon emploi à fon fils.
>. 36 " Obférvations “RS | Le ARTE TU, DEN YS. à AR LEE Prouvez-le, sdès ce foir vous ferez mon époux, £ me DENYS. 4 Qu'exigez-vous de moi ? L ARIETE. na es EUR "4 De quiter otre Ecole : Et je fuis pour toûjours à vous , fur ma patole, Ce n’eft qu'à cette condition qu’elle ts \ »’1 “1 5" . : confent à l’époufer. Voilà l'intrigue ; voici le dénotiement. tre le Maître d'Ecole & fes Difciples: ». ‘ Le Les Parens demandent qu'il 4oit dépofé , & que fon emploi foit donné à fon fils Le Marguillier follicité par La Guerre ‘eft toûjours allumée en- Ma mie , en doutez-vous 2 La
ben, j | ù | fi la Littérature Moderne. = à 4 Ariete , travaille à cette dépofition ; il gagne les Notables du Eteu ; De-. nys eft déclare déchü de fon emploi ;: fon fils eft nommé à fa place , & en vertu d'une promefñlé par écrit que les deux Amans fe font donnée mutuelleà P , y- ++ + 1 ment , le Maître d’Ecole eft obligé de confentir à IéUr mariage, Ce dénouëment n'eft=il pas plus heureux & plusnaturel que celui de la Tragédie,, ol'on fait mourir Arctic fort mal à propos. La mort du Tyran , dont elle avoit délivré la Patrie , ne fufifoit-elle pas pour en affurer la liberté ? Qu'étoit-il néceflaire welle partageir aveclut Ie breuvage Ainefte 2 Mais l’Auteur qui, fans doute, ne fcavoit plus qu'enfaire , étoit | bien-aife de s’en débarafier. En cffct, que fcroit-elle devenuë > elle ne pouvoit plus époufer le Prince aprés avoir empoifonné le Tyran ; au lieu qu'A- ricte pouvoit toûjours fe marier avec le fils du Maître d'Ecole, Je teriminerai cet extrait par celui d'une petite Pièce fort ingénicufe ,qui fut jotiée à. la Comcdic Franéoife ces années dernieres , intitulée: Le R{aifir,
fe : en voici le fond. Le Plaifir paroït {ur la fcène. Un - François veut le fixer à Paris , une - Angloife vêut l'attirer à Londres , une . “\ Italienne veut l'emmener dans fon Pays. On lui dit posiiengsser , que Ja France eft le centretdu"goût ; l'An gleterre leféjour des talens ; l'Italie, celui de la bonne Mufique. Le Francois lui promet du fentiment ; l'Angloife, de la raifon ; l’Italienne , de la folie. Le plaifir lui apprend qu'il cit tout à la fois en Angleterre , en Italie & en France ; à Londres, moins gai, mais plus réfléchi ; à Paris, moins penfé , maïs mieux fenti ; à Rome : moins fage , mais plus aimable. Je trouve dans cette petite Comédie beaucoup de rapportravec celle que M. de Boiffy donna l'an pañlé aux Italiens : Le retour de la Paix. Comment deux Auteurs peuvent-ils fi bien fe rencontrer ? Car il n’eft pas croyable que M. de Boifly fe foinapproprié les idées d'autrui, Ami dont les Ouvrages fontcapables de faire naître ‘ a # a Er LN PRÈS J Me Obférvarions + x à On ne trouve point ailleurs plus dé _finefle; plus d'efprir , plus de délica-
‘à Comédiens Italiens veulent l'arrêter parmi eux ; es François veulent la con- 4 duire fur leur Théâtre. On lui repré. fente , pour la gagner , que la Comédie Italienne eft le féjour des plaifirs ; la Françoïfe celui 4e la décence. Les uns lui offrent de.la Danfe , du. Chant , des Farces, des Lazzis , des Décorations, des Feux d'artifices ; des Machines. Les autres lui promettent des Piéces de Moliere ,du bon comiue, des Ateurs choifis. La Jove leur di qu'elle fera tout à la fois fe l'un & l'autre Thcitre ; enjouée , badine, follâtre aux Italiens ; aux Françoise, grave , modefte ; décente Ces deux Comédies ont entre elles, comme on voit ,.une reflemblance parfaite. Qu'on change la Joye en Plifr ; (la métamorphofe ne fera que dans le nom. ) Qu'on retranche le RÔ- e de l'Angloife , (ce ne fera qu'une Actrice de moins. ) Que Rome & Pas ris foient les deux Théâtres & ces deux Pices n'en feront plus qu’une, " fo lu Litrerature Moderne. , : Le Er * , Nr PE aux autres de fort jolies idées. Quoi= qu'il en foit , voici l’idée de fa Picce..… + 4. 4 À \ he La Joyce paroït. fur la fcène ; les
246 + Obfervations | : Grand-Prêtre de préparer le facrifice: Elle fait affembler les Grands de fa Cou , leur apprend qu’elle doit fe choifir un nouvel Epoux, & déclare qu'elle fixe fon choix fur Arface. J'ai pô choifir , fans doute, entre les Souves rains , NS Mais ceux dont les Etats entôurent mes con. fins ; Où font mes ennemis , ou font mes tributaires ; & Mon fceptre n'eft point fait pour leurs mains étrangeres , Et mes premiers Sujets font plus grands à mes yeux , Que tous ces Rois vaincus par moi-même où par eux. ÿ: J'ai rangé fous vos loix vingt Peuples de l'aurore , ji nas Qu'au fiécle de Bélus on ignoroit encore : Tout ce qu'il entreprit ; je le {çûs achever. Ce qui fonde un Etat le peut feul conferver, Il vous faut un Héros digne d'un tel Empires Digne de tels Sujets , ge &j'of@le dire » Digne de cette main qui va le couronner ;
- fur la Littérature Moderne. 4Af x. : Et du cœur indompté que je vais lui donner. J'ai confulté es loix , les Maîtres du tonnerre. L'intérêt de l'Etat ; l'intérêt de la Terre ; Je fais le bien du Monde en nommant un Epoux. Adorez le Héros qui. va regner fur vous. Voyez révivre en lui es Princes de ma Race. Ce Héros , cet Epoux , ce Monarque eft Arzace. Ici ombre de Ninus paroît , elle annonce à Ninias qu'il régnera dans Babylone , mais qu'il doit auparavant … lui immoler une victime fur fon tombêau, * ** L.., Le fecret de la naiïffance d’Arzace fe découvre au quatriéme acte. Le: Grand-Prêtre l’avoit appris par la Lettre de Ninus. Pour prévenir un incef. te , il la communique à Ninias , & Semiramis elle-même y lit l'horreur de fon crime. PA UET L'OUT OUI A Eh! bieni;. ne,tarde plus » templis ta deftinée Puni cette coupable ‘&"cette infortunée. Etouffe dans mon fang mes déteftables feux. La nature trompée eft horrible à tous deux. :
Éd + & more d'un pere ; oh huis moi, mon fils, Fe & € puni ta mere, (Se jettant à genoux.) ! je fus fans pitié ; fois batbate à à ton tour. 5 Sois le fils de Ninus en m 'arrächant le jour. Frappe, Mais quoi! t tes si à mes LE et” - larmes re : © Nimiäs ! Ô jour plein d'horreurs ê de char: - + * mes ! . A Avant de me ski la mort que tu me dois; De la nature encor laiffe parler la voix. Souffre au moins que les pie d de ta coupable mere Asrofent une main fi fatale & fi en 2 1 ARZACE. . 4 Ah ! je fuis votre fils, & ce n'eft | pas à vous, - Quoique vous ayex fait "te mes ge- . noux. à | Ninias vous implore , il vous aime , te vous cs % jure h SE Les Fe profonds refpeñs , , 8 Wamour le La “ pure, | Cet | .
Li fix la Liuérature Moderne. 4) C'eft un nottyeau Sujet plus cher :& plus fous LR SNS. Le Ciel eft appaifé , puifqu'il vous rend un fils. | | Cependant l'ombre de Ninus avoit ,. demandé-üñ facrifice , l'Oracle l'avoit ordonné" & Cet, avec le mariage -d’Azema , ce qui fait la matiere y cinquiéme Aëe. Aflur {çait que c’est dans le tombeau de Ninus que ce fàcrifice doit fe faire ; il s’y rend en fecret dans le deffein d'y affiner Ni. nias, Sémiramis en eft avertie , elle Court pour défendre fon fils; Ninias ÿ.va lui-même pour y Cgorber Aflür ; mais dans la fureur qui le pofléde, il porte à fa mere le coup mortel qu'il deftinoït à fon ennemi. AVant que de mourir , Sémiramis unit fon fils avec Azèma, & Ninias prononce l’arrêt de mort contre le perfide Aflur. Voilà en abregt tout le plan de cette Tragédic , dont on à dit d’abord beaucoup de mal. Mais s'ilen eft de cette Piéce COMmMedu, Cid, fi l'on doit juger de fa valeur par esgrand nombre de Critiques qui’en ont été Zome LIT, J ENTER
à t N À f £ s2: 58 Objervations faites , elle peut aller de rang avec Œdipe , & avec Zaire. On feroit une ® Bibliothèque enticre de tout ce qu’on : \ adit. On a épuifé tous les diffcrens genres d'écrire. La Profe , les Vers, les Parodies , les Chanjons, les Epigrammes , les Obfervations , les J'igemens , les - Réflexions , les Remarques , les-Lertres ; les Parallellese tout a été employés, ur faire defcendre Sémiramis & La renfermer avec Ninus dans le tombeau. : : Mina ex On ne peut nier néanmoins qu'il n’y ait dans cette Piéce des beautés frappantes & dignes de l’Auteur de : Ja Hentiade. Mais M..de Voltaire 4 tellement accoûtumé le Public à le rearder comme le premier de nos Poëtes . commele plus grand homme de Lettres de notre fiécle , qu'on ne lui pardonne pas bien des Ouvrages qui : feroient honneur à ceux qui font immédiatement après lui. Ce qui établiroit la K are d'un autre Aétrit la fienne. I eft fi grand , fi admirable dans prefque tous fes Ecrits ; qu'on fouffre de ne leærotver ici qu'auef- füs du médiocre: Car il faut conv cnir
ner | fur La Littératuré Moderne. 3 Que parmi le grand nombre de fautes qu'on lui reproche dans cette Picce , “il y en a quelques-unes qui font, & qu'il a reconnu lui-même être dignes de cenfure. Voici celles qui m'ont le plus frappé, | “= Niniasin'eft regardé à la Cour que “conne ün Général d’Armée : à] nefe teéconnoît point luimême d'autre ualité : qu'eft-ce donc qui lui donne 1 droit d’addreffer à Affur » Premier ‘Prince du Sang , un difcours fi fier , j'ofe dire même , fi infolent » Maftruic à refpecter le Sang qui vous fit nai. LA tre, Sans redouter en vous l'autorité d'un Maître, Je fçais ce qu'on yous doit, fugtout en ces cli. mas, £c je m'en fouviendrois ; f pas. L'Etat peut quelque jour être en yotre puif- _ fance; Yous n’en parliez Le ÊIE doune fuveñtides Rois dans fa vengeance : { Mais il vous trompe au moins däns l'un de vos projets, | PA CE
#2 cObférvations Si vous comptez Arzace au rang de yos sue = Jets, F5 Je vous paroïs hardi, mon fe peut:von$: dé: plaire ; | Mais vous me patoiflez cent fois plis téméraite, Vous qui fous votre joug : prétendant m'acCa LS | séss Mous croyez allez grand pour m'avoir fait tres bler. De: | Quel eft celui de nos Généraux qui osât parler. de la forte à un Prince dur Sang, à un Régent du Royaume ? On eft aufli furpris du peu d’em-. preffement que témoigne le Grand- Prêtre à lire la Lettre de Ninus, & à la communiquer à Arzace, qui.y eft fi fingulierement intérefié: Pourquot attendre au quatriéme Acte à découvrir un fecret , qu'il Ctoit fi important de fcavoir dés le premier ? On. eft encore étonné que cePrètre, qu'on nous dépeint comme un fi honnète homme, confeïlle néanmoins, de fang froid le meurtre & le parri- 7 ie
EN te .S fur La Littérature Moderne. à $3 tide; qu'il abufe de Pautorite de Ra Religion, pour enfanglanter le trône. Qu'auroient fait de plus ces Pontifes _crücls & ambitieux, dont il eft parle dans la: Henriade ? :: PES kr -)Sémiramis ; après plus de quinze ans ‘de tranquillité’ dans le crime, s’avife enfin fur fes vieux jours de devenir dévote -& fcrapuleufe. Ses inquiétudes &rifes remords ne lui laiffent plus win inftant de repos; elle en parle à tous ceux qi'elle rencontré, elle entretient tout le monde de fes’peinés de con- {cience. L'ombre de Ninus eft toûjours Préfente à fon cfprit ; & c’eft pour la . calmer qu’elle fe difpofe X'un nouvel Hyimen. Pläïifante façon d’appaifer un premier mari , que d'en époufér un écond !. Cette ombre qui paroît fur la fcène cominé la Statuë du Commandeur dal le Feftin de Pierre, n'a pas été approuz vée de bien des gens. On a ëté d'au tant plus furpris de la voir venir , qu'on n'a jamais foupconné M: e croire aux Me Fe or Müis ce qu'on à 1e blus générale: ment condamné , c'eft'toute la coh: E ;
4 \ de # 2 OU duite du cinquième A@e. On le rez LS pk agé ÉSERE TT. % Ed : NET … Obférvations +x arde comme entierement inutile, & c'eft le moindre défaut qu'on y trouve. On ne pardonne pas non plus àlAuteur la méprife de Ninias qui poignarde fa mere, croyant afffliner fon-en- _memi. Sémiramis parle , elle-crie, & Ninias ne reconnoit ni {a voix, ni fes. cris. Aflur entend tout. ce-bruit , puifqu'il eft au tombeau , & Aflur refte tranquille. Trouverai-je donc toûjours à re-- prendre dans cette Piéce , 8 n’y a-tif rien à lotier. Semblable à ces gens qu£ travaillent aux mines , fi du moins. j'en retirois de l’or. Mais n’en rapporter que des cailloux , de la terre où du fable , n'eft-ce pas montrer ou peu: de goût, où beaucoup de mauvaife foi > Non; fi lorfqu'on en a Ôte le fa. ble, les cailloux & la terre ‘on a foin d'avertir que tout ce qui refte eft de Por le plus pur. Et c’elt-là juftement ce que j'ai prétendu faire en réndant compte de cette Tragédie , qui eft, fans contredit , la meilleure detoutes. celles qu'on. nous a données depuis Mérope. L'Auteur ; toUJOUrS attentif
" N nn ittérature Moderne: *$. | a la L s#° à profiter des obfervations du Public, toüjours docile aux fages confeils de fes amis, avant de la donner à l’Imrimeur , y à fait pluficurs changemens qui en augmentent de beaucoup le mérite. Il n'avoit rien à changer dans la.verfification, elle eft parfaite. M. de Voltaire n’a encore rien perde de cet-éclat qui fait le caradtre de à Poifie, $&aqui le rend , finon le plus exat , du moins le plus brillant de nos Poîtes. Mais tandis que par de nouveaux fuccès , il méritoit à Paris de nouveaux applaudifiemens , on faifoit re vivre en Hollande , fous le titre de Volterians , Où d'Eloges amphiçouriques , une partie des anciennes injures que la haine , la vengeance & l'envie avoient autrefois débitées contre lui. Ce Livre elft une collection mal digerce d’anecdotes fouvent faufles , & toüjours douteufes ; de picces la plüpart mauvaifes, & prefque toutes injuricufes ; de Mémoires, de Faétums, de Procedureskde, toute efpèce. Son Procés avec le Sieur Travenol , fes démèlés avec fes Libraires, fes différends E 4
Obfervations À & - AAROTT COLE T'Ye RES O pe 4) | Re Aux MANKNEes De M. 1e Marquis DE Rosen, Par M. Marin... L A Poëfie’, dans fon origine , n’ésoit deftince qu’à chanter les lotian- : ges des Dieux , & à célébrer la gloi- | re des Héros. Les hommes fans dou- . te n’Ctoient touchés alors que des ac= | tions vertueufes , & ce n’Ctoient que | ; pour elles qu'ils employoient cet: Art divin. On aimoit à éntendre louër les Grands Hommes, & ces éloges Poëtis ques n’excitoient encore ni la jaloulic ni l'ennui. Mais hclas ! que les tems font changés ! Le langage des Dicux cft devenu auf celui du libertinage, Que dis-je? c’eft principalement pour rendre le vice aimable , que la Poëfie réferve aétuellement fes plus brillantes couleurs. La vertu , les actions éclatantes , la gloire des Hommes Iluftres font autant de fujets fur lefquels celle n'ofe prefque plus s'exercer ; & un |
fur La Littérature Moderne. 63 ouvrage qui n'a d'autre objet que d’honorer le mérite , trouve aujoufdhui moins de Lecteurs , que sil s’attachoit à décrier la vertu. Au milieu de cette dépravation générale de nos mœurs, peut-on fe flatter qu'il y ait encore des éloges qu'on puiffe lire avec plaifir ? Of: maisil faut pour cela que ce foit la vérité BE les difpenfe , & que l’efprit , la délicatefe, les fentimens les accompagnent ; que celui qui les reçoit aittoutes les vertus d'un Héros; celui qui les donne, toutes les qualités d’un bon Poëte. Ce font ces deux raifons qui m'engagent à annoncer au Public cette belle Ode, qu'on peut regarder comme un monument de reconnoiffance élevé à la gloire du Marquis de Rofen, Lieu. tenant Géneral des Armées du Roi. Cet Ouvrage fait encore plus l'éloge du cœur du Poëte , que de fon efrit, On y reconnoit une ame fenfible qui ranime fes talens, pour payer à la mémoire de fon bienfaiteur ie tribut de lotianges qu'ilmérite. T'ouché de la perte qu'il vient de faire , l'Au. teur employe le langage le plus ten. dre & le plusanimé de la Poëfic ) pour:
» 6gt. = = Obférvations- - : | # exprimer fes regrets. Ils lui font com. \ muns avec tous Ceux qui ont Connu S M: le Marquis de Rofen, & qui fça- \ Vent que.ce Scigneur étoit encore plus \ récommandable par fon mérite perfonnel, que-par fon rang & fa naif. fance. Une juftice exate , une probité fcrupuleufe , un.zéle ardent pour le. {ervice de fon Prince , unesvaleuraf. furée , une connoïffance étenduë de l'ArtMilitaire , un goût decidé pour les beaux Arts, & furtout une obfervation cdifiante des devoirs de fa Religion , furent les vertus.par lefquelles il fe diftingua principalement. Quel champ fécond pour la Poëfic ! Mais . qu'on fe fouvienne que c’eft ici un ouvrage de fentiment. | L’Auteur fe fuppofe dans un Temple où la conduit fa douleur: Le premier objet qui s'offre fa vûë, c’eft un Tombeau. FA Du pouvoir dela mort images trop funeftes, Matbres , qu'à nos ayeux éleverent nos mains, Envain vous étalez encore quelques reftes De l'orguëil desshumains: Monumens d'une gloire à mes yeux éclipfée, Je
fur la Littérature Moderne. @$ Jene puis contempler en vous que mes mal- .. heurs. Hélas ! vous retracés’à ma trifte penfée Le fujer de mes pleurs. Ces deux premieres ftrophes préviennent déja beaucoup en faveur de tout l'ouvrage. Il en renferme plufieurs autres qui ne leur cédent en rien. Je voudrois pouvoir les fappor- . ter toutes 1CI ; maïs les bornes ordinaires de ces feüilles ne me lé permettent pas. Je me contenterai donc d'en prendre quelques-unes de côté & d'autre, fur lefquelles je ferai mes rC- marques , & C'eft par-là que je terminerai cette feüille. Rofen n'eft plus , à ciel! & les Païques cruelles ; Ont porté contre lui leurs faneftes arrêts : Mes yeux ont yû changer fes palmes immor. celles | En funébres cyprès. Roufleau avoit dit : Rome it chan ger fes oprès en lauriers. Mais com. PS Zome II.
m6 cf pe s on à Obférvationss bien d’autres avant lui avoient dit [4 même chofe. C'eft-là une penféc qui - à tout le monde. Elle eft € droit public , & chacun peut l'employer fans qu'on l'accufe de plagiat. Guerriers , qu'au champ de Mats conduifoit fa. vaillance, H n'appartient qu'à vous d'annoncer es: ex. ploits = ia Parlez ; c'eft un tribut que la reconnoiffance. Impofe à yotre voix.. Impofer un tribut à la voix , cette mé taphore me paroït un peu hazardée, C'eft comme fi on: difoit quenos Ac+ teurs Chantans à l'Opéra impofent-un: tribut à leur voix , pour dire qu'ils font obligés de chanter. Cette facon de parler feroit au moins regardéccomme précieufe. ; M. Marin remarque dans une Note qui accompagne cette cinquiéme ftrophe, que “peu de Colonels ont été , autant aimés , eflimés & regrettés » des Officiers & des Soldats, que M. sie Marquis de Rofen. 11 ajoûte que Sle Prince Louis de Wirtemberg , À 7 ut de, “hé 2
s 8 RTE et TZ +, 2 + LE s =, qui le Roi a donné ce Regiment, >, étoit feul capable d'adoucir leuts re ,, grets; & que la valeur de ce jeune , Prince contribuëra un jour à la gloi- > À de > re de la Nation Françoife qui la >, adopté , & dont il fait déja les dé- : SslLces Toute la France foufcrira {ans doute à cet Cloge. Depuis le peu de tems : que ce Prince y fait fon f{Cjour , elle a éja vû briller en lui toutes les qualités qui peuvent fonder des efpéran- -ces fi flatteules pour nous, & pour lui-même fi gloricufes. Le Poëte con. tinuë. Eh! quoi? tant de grandeur n’eft plus qu'un: peu de cendre ! Mortels, tel eft le fort &es grandeurs d'ici bas, Le mérite, lerang , rien ne peut nous deffen.… dre Dés horreurs du rép ’ Qu'êtes-voiis devenus, Héros imâbinaires y Par le crime élevés , par ta More abbatus ? Ainfi que les éclairs , vos grandes pairageres. Brillent & ne font plus. F 2 fur La Littérature Moderne. 67 2
+: (, 7 ? RE Tr. : à Obfervations | Letems a renyerfé ces coupables idoles , MST oi . . . “ … Que la crainte adoroit & qu'encenfoit l'ex. E | SEE TE + \ Ætdéja votre nom, divinités frivoles, ti N'eft qu'un objet d'horreur. Le Poëte oppofe enfuite la gloirede fon Héros ; à cet éclat pañager , & il ° fait voir entrès-beaux vers > que les verts dc M. le Marquis de Rofen à -vivront long-tems apres lui dans la l mémoire des hommes , & il ajoûte F qu'il confervera lui-même éternelles ment le fouvenir de fes bienfaits. Mais à quoi fert l'encens que ma douleur 4e donne ? 11 faut à ton mérite un hommage plus beau. Joüis de ces regrets , qui defcendus du thré* ne dvi. 8) Hénorent ton tombeau. Les plétirsd'une époufe chérie , lès larmes d’une mere tendre , font encore des témoignages fenfibles dont l'Auteur fe fert pour faire éclater les qualités du cœur de fon Héros.
! AN CA hr DEN &c FC fur la Littérature Modernes. #67 Vois ton illuftre Epoufe aux pleurs abandonnées: J Son amour à ton fort avoit uni le fiemsie,n 7% À | Eh quoi ! les Dieux n'ont point d'un fi doux : éd Ê __ hymenée | + \ | Refpedté le lien? si Au-delà du trépas elle voudroit te fuivre; Mais puifque le deftin fe refufe à fes vœux , Elle demande au Ciel de te faire revivre « =: 8 En des fils’ généreux. F4 LOS ét, de. … M. le Marquis de Rofen alaiflé : deux enfans en mourant ; Oétave Auguftin de Rofen ; Marquis de Bolle- _ viller &c. Meftre de Camp de Cava- * {érie, aduellement au College de Louis le Grand , & Antoine-François deciRoôfen ;-Baron de Saint Remi &c. :qui eft encore fort jeune. Le Poite aprés avoir. retracé La douleur d’une mere défolée , qui ne eut fe confoler.que dans fa vertu de a-perte d’un mari -qu'elle aimoit fi tendrement continuë ainfi : Rofen , ta feule image a pour elle des char. mes
di «cé CRE #& À Y (‘e 4 + Qui calment Ra triftele & l'augmentent encor. La: veuve de Priam répandit moins de larmes ® & * Sur la cendre d'He&or. M. Marin finit par cette ftrophe pleine de fentiment & de tendrefe. Sois fenfible aux regrets de mon ame attendiie. Je viens fur ton rombeau. femer de triftes fleurs: Reçois"dù haut des Cieux , Ombre awgufte 8 chérie, Mon encens & mes pleurs, Quelle fatisfa&tion pour l'illuftre: Maifon de Rofen , de voir préfider à Féducation du jeune Marquis qui en. eft le Chef, un homme fi capable de: lui infpirer des fentimens dignesde fa naiflance & des vertus de fes ancêtres. H faut les avoir dans le cœur foi-mé- me , ces fentimens élevés ,. pour les exprimer avec des couleurs fi vives & f naturelles ; & M. Marin les Ctablira d'autant plus aifément dans le: cœur de fon jeune éléve qu'on ap- Pérçoit déja dans celmi-er, un généeux empreffement à fuivre les routes
LR. 4 cette _ dé France la plusdiftinguéefe fait glotre d’avoir été élevée, dans ce: Lyceé fameux, où PSE Les doctes Arts forment l'enfance Des fils des Héros & des Dieux ; dans cette Ecoleenfin , des fciences, des bonnes mœurs & de la vertu, le: jeune Marquis de Rofen peut ètre propofé aujourdhui comme T'exemple des jeunes gens de fon âge , comme il fera dans la fuite le digne imitateur des Héros de fa race. Jai faif avec plaifir l'occafion qui s'eft préfentée de rendre hommage à cette illuftre famille , qui fait la gloire: & l’ornemient d’une Province où j'ai. pris naiffance ; le nom des Rofens infpi-. . re dans toute l’Alface une forte de véneration , que leurs vertus & leurs: bienfaits leur ont juftement méritée. 1 n'eft perfonne dans tout ce Paysh, qui ne füit pénetré pour cette Mai-- fon des fentimens d'idmiration, d'a. mour , & de reconnoiffance que l'Au.- teur a fi bien exprimés dans {es vers es ES
L fi enr envil. diverfes’Religions sidtirel < ei] | gionsque d'en avoir une mauvaifc, | M. de Montefquieux renverfe entie- . rement ce principe , &.il fait voir que toute Religion, quelle qu'elle foit, eft toûjours un frein qui contiéntdans le devoir la plüpart de ceux qui la rofefent. “Un Prince qui aime le b ,, Religion & qui la craint, eftun 4 ë ., lion qui cede à la main qui le flà- | te , où à la voix qui lappaife. Ce- . ,, Jui qui craint la Religion & quil - | ,; hait , eft comme les bêtes fauvages, qui mordent la chaiñe qui les empêche de fe jetter fur ceux 3 » qui pañlent.: Celui qui na point ,, du tout.de Religion, eft cet anis, ,, mal terrible qui ne fent fa liberté que lorfqu'il-déchire & qu il dé 3» Vore,
| PR SNS "ra at Enr Le 7 LE, »» Brand homnie n'ait pas {cû diftin- » loix. : + Je dois faire remarquer en pañlant , & pour donner tofjours une idée plus parfaite de cet ouvragésique l'on y trouve une infinité de pénfées qu’on ne s'eft pas donné la peiné de rendre G4
tn Obféraiae es lus claires & plus intelligibles que cette derniere. M. de Montefquieux 5 Léompte un peu trop fur l'intelligence FU € fes Lecteurs. Il faut qu'on le de- P\ vine , & la plüpart ne font point en \ état de le faire. On fçait bien vraïment , qu'il n’eft pas difficile à ‘un bomme d’efprit de dire des chofes ingénicufes ; mais de les dire de façon, que ceux mêmes qui n'ont pas beaucoupwd'efprit , les entendent. & les goûtent , cela demande-blus de peine = & de travail que l’Autéur n'en x em: ployé. Avançons. HU Deux Religions Perben ‘prefque aujourdhui le monde entier ; la Chrétienne & la Mahometane. La premiere a un caraétèré de douceur qui en éloigne le gouvernement defpotique. La feconde , qui ne parle que de glai- ve , s'accorde parfaitemenr avec le pouvoir arbitraire. LETTRE La Religion Chrétienne, €ft divifée en plufieurs partis: les principaux font les Catholiques & les Proteftans. Les Catholiques , dit M. de Montefquieuxs s’'accommodent mieux de Pétat ue narchique; le gouvernement répub i- Climéconviènt davantage à ka Reli-
# À D fur làs Littérature Moderne, AFS gion Protcitante. Mais je demande, ur quoi tout cela eft-il fonde 2 EE SEE. pourroit - on .pas également fourenis 7? ir l'opinion contraire ? Car.enfin, quelles font les preuves que l'Auteur apporte HS On fon fentiment ? C'eft , dit-il; que les peuples du Nord “fe font faits Ptoteftans , que ceux du Midi font reftés- Catholiques, & que Calvin a eu pour lui la, République -.. «dés Suifles.… Quellés raifons! Si Eu- 2 :theréût débité fes erreurs en Italie, .‘-ou eh Efpagne, & que l’Inquifition | n'yseût pas Cté ctablie ; l'Efpagne & | Tltalie:feroient peut-être Proteltantes aujourdhui ;: comme la Saxe & le Brandebourg. Calvin s'eft refugié en Suifle , & il y a enfcigné {a doétrine, La Suifle-eft devenuë Calvinifte, cela eft tout fimple ; & la même chofe eût fort bien pü arriver , quand. méme les Cantons euffent formé un Etat Monarchique. Pourquoi non? La Suéde, le. Dannemarx , l'Angleterre , les Ele&torats de Saxe , de Brandebourg 2 d'Hanovre formoient-ils des Républiques , lorfqu'ils Gfétembrafrs les nouvelles opinions ? Et, depuis qu'ils font devenus Proteltas, ont-ils en
x : v | 2 ne fe font-elles pas toûjours parai gion Catholique ? Aucune d'elles a-t'elle jamais crü qu'il lui convint : micux de fe faire proteftante à raifon de la forme de fon gouvernement >ÆEn"vérité , eft-il bien ton. nant que parmi les fept.ou-huit Répe, potins que nous avons en Etiros: 4 n'y en ait que deux où trois qui ayent adheré aux fentimens: de Luther & de Calvin , tandis qu’elles avoient toutes un fi grand intérêt. à les fuivre ! Plus étonnant encore, que parce que ces deux ou trois les ont fuivis , on vienne nous dire que la Religion Proteftante eft celle quiscon… vient le mieux à toutes les Républi- : ques. C’eft-Ià cependant le railonnement de M. de Montefquieux , qui fans doute auroit pû apporter une pWap meilleure raïon pour prouver fon fens timent. Car il n’eft pas CARTE D rs peuple libre & accoûtumé à l'ineé- Pendance , comme font les Républis binlé h HÉÉRRé
teftante à fa Catholique. Mais d'un autre côté on tireroit contre l’Auteur une conféquence tout-à-fait oppofce + à un de fes principes: Car s'il eft vrai que la Religion la plus commode eft celle qui s'accorde le mieux avec le gouvernement le plus libre, il faudra *. qu'il convignne néceflairement que l’é- - tatle plus defpotique doit être aufli le plus difpofé à recevoir la Religion la plus gèbante, la plus contraire à nos phifirs’, li moins conforme À nos goûts; à n0s.penchans ; à nos inclinations: en un mot la Religion Chré- CE tienne. Cette conféquence , comme Er on voit, combat direétement ce prine -cipe qu'il a avancé plus haut, fcavoir ue le. gouvernement modéré convient mieux « la Religion Chrétienne , & le gouver- #ement defpotique à. la Mahometane. Mais continuons ; & pour faire fentir d'au« tres contradiétionside lAuteur , VO« ons avec lui les rapportsiqu'ent" ces mêmes Religions avec les diffcrens climats. Es 10 fur la Littérature Moderne... 83. | eains, ne s'accommodetoüjours Mieux de la Religion qui le gène lé moinsÿ & que par cette raifon il doit, hu- “ mainement parlant , preferer la Pro we, et Le à mA Abe 4 RS. AS EU
7" ME ee 4 85543 # SO 2 Olfroaii is 2 = + Si je-prenois ici Ja qualité de Theo- _… logien, je dirois à M:de Montef ÊË pe , que la Rcligion Chrétienne doit tre celle de tous les hommes, de tous les climats , de tous les païs. Que Jefus-Chrift , en ordonnant à fes us Res d'aller annoncer fon Evan= : gile , ne leur a point dit: Vous n'itrop chaud ni trop froid ‘pour ‘être! es Les unes & les autres font égæ ément intéreflées à meconnoître , &. . | refufent de vous reconnoître pour mes Miniltres , & moi pour Jeur Dieu.” | | » Tel eft le raifonnement. dont f mc! …. . férvirois , S'il nrétoit PErNUS cm- The 2e: | i ES : ir. TE Q pS] jt M eo 2 lez HS? pes] Ja pe) [eo ge) Ë Q ,® ke : = os sr He TE NS ON #14
D MES Le FR É, » % > LE A für la Littérature Moderne. S$ ne ployer c ontre un Philofophe. les ares mes que la Religion me fourrit. Mais k ce n'eft qu'à la Philofophie que je h: veux avoir recours, ceft-a-dire ,: à la raifon : elle ne fera peut - être se pe plus favorable aux principes de + lAuteur,;que la Religion même. Voici d’abord quelques propolitions queje tire mot à mot de fon Livre. =; La Religion des Efpagnols étoit …:, bonne pour leur païs , & celle du SANS Mexique -pour le fien. L ve êp S 4,2, L'antienne. Religion s'accorde avec « ” ,;leclimat; & fouvent /4 nouvelle s'y: 4 sx L'iemble ;‘fumainement par- 21% ,, dant, que.ce foit le: climat qui a - : à prefcrit des bornes à la Religion ere chi & à la Religion Maho- DE Q [1,3 MCtanc. | “UE, Je ne-dirai rien de la premiere de : 1° ces trois,propoñtions : peut - tre ne trouverois-je pas dans la Philofophie toute feule ; afez de raifons poux . Ja combattte. Je fens bien que la » à Théologie met fourniroit de bonnes | & en fort grand nombrewmais j'ai promis de n'être ici que Philofophe ; Æcft pourquoi , pañons aux deux aU=
Rs Se. Obférvations | ; tres qui me paroiflent aufli contraires _ aux idées de la raifon , que la premicre eft oppofée aux principes de NL foi. \diion vifible ; & c’eft-là un défaut dans lequel l’Auteur tombe affez fouvent. Car qu'on lui demande quelle Ctoit en Afic l'ancienne Religion , lor{- que celle de Mahomet y prit naiflance ? Hfaudra bien qu'il convienne néceflairement que c'étoit la Religion US ancienne , à s’accorder avec le cli= mat , plütôt qu'à la Mahometane. Cependant tout le contraire eft arrivé, & la Religion Chrétienne , malgré fon ancienneté , faute de pouvoir s'acrh , Cétoit à elle ,; comme étant la ] de céder fa place à l’autre. Voilà donc | de l'ancienne , ui qui devoit , il n'ya qu'un moment, preferer toûjours l'ans cienne à la nouvelle. gs Outre cette contradiction ; qui M (croit bien fenfible , je découvre en- Core dans la troiliéme propofition que \ * J'y remarque d’abord une contra- * Chrétienne. Donc , felon fes princile climat qui fe déclare préfentement | our la nouvelle Religion au préjudice corder avec le climat , a été obligée LA
Re» æ JS | al far la Littér 74 re Moderne. 6 87 je viens de FE DpoEr , un défaut de a raifonnement qui ctonne. L Le prétend que c'elt le climat qui a prelcrit des bornes à la Religion Chrctienne & à la Religion Mahometanc ; qu'il ny à que les païs que ces deux Religions occupent aétuellement, qui leur conviennent à l’une & à l'autre , & que par - tout ailleurs elles ne pourroient pas fubfifter longtems. Eft-il poflible que l’Auteur ait ignoré l’Hiftoire des fix premiers ficcles de l’Eglife ? IL faut bien le croire , fans doute , puifque s’il en avoit êu la plus légere connoiffance , il aufoit VA que jamais R Religion Chrétienne n’a Cté plus Aoriflante , que dans le tems qu'elle habitoit les plus “belles Provinces de l’Afic. En cffet, où a-t'élle paru avec plus d'éclat > Où | a-t'elle produit des fruits plus excel- | 4 lens , me dans ces mêmes climats , avec lefquels cependant on veut nous Faire’ acroire qu'elle ne fçauroit s’ac- o : order ? Ils sen font b eu in accommo= + >». dés pendant plussdeufx cens ans, À pourquoi donc ne s'en accommode : roient -ils pas encore aujourdhui 3 D'ailleurs, éft-il un païs dans le mon-
rc .7# Obfervations |. er par la ,, de ne pas ju, _,, moment , d’un travail de vingt an- | ,, nées : d'approuver ou de condamner , le Livre entier , & non pas quelques >» phrafes. Si l'on veut chercher le def- > ein de l'Auteur , on ne.le peut bien ,; découvrir que dans Ze deffein de l'Ou- 95 VrAge. Je déclare d’abord que je ne fuis oint du nombre. de-ceux qui refueront à l'Auteur la grace qu'il leur demande, Je ne me bornerai pas à condamner quelques phrafes.{eulement.; c'eft le corps entier du Livre que je défaprouve. Si dans,un écrit on n'avoit égard qu'aux phrafes , qu'aux morceaux détachés , jamais Livre , j'ofe le dire , n’auroit mieux mérité l'eftime , les éloges ; l'admiration ge- … mérale du Public que celui-ci. Il eft rempli d'une infinité de traits, qui pris chacun f{éparement ; dénotent le plus rand génie , & qui rétinis Enfemble , auroient pù st ré de cet Ouvrage un Livre admirable, fi on l'eût intitulé fimplement : Aer cueil de penfées détachées. Mais de nous le donner commemnitout bien afñlor- &i, comme.un compofé parfait; dont ee Êie VNP : ‘ si ve ee “ledure d'iix
> Il eft certain qu'on ne l'y trouveroit jamais , dût - on lire ce Livre pendant autant d'années qu'on en a employé à le faire. M. de Montefquieux lui - même.convient qu'il y travailla. d’abord fort long--tems fxzs former de deffein; fi fon deflein eft venu après ; | c’eft ce qu'il doit fcavoir mieux qu'un autre ; toüjours eft-il vrai du moins , | qu'il ne s’eft point aflez appliqué à le faire connoître. D'ailleurs , il eft : = bien difficile que des chofes faites b fans deflein , puiflent avoir entr'el- | les aucune forte de liaïfon. Quoiqu'il énwoit je n'y en vois point ; & je le dis d'autant plus hardiment ; que je n'ai encore trouvé perfonne qui ait étC d'un fentiment oppofé au mien. Je ne parle aujourdhui dans cette
Juici. Je crois que c’eft ici le lieu de placer ce que j'ai dit autrefois fur le Livre dessWæ#rs dans /e voyage au [éjour des Ombres ; C'cit la derniere :chofe que je tirerai de ce petit Ouvrage: J'y trouve beaucoup de rapport avec te que j'ai rapporté de l'Efprit des Loix , {oit pour là matiere en;elle-même; foit pour les contradiétions dans lefquelles les deux Auteurs font tombés. Les Murs ne font autre chofe que les devoirs de l’homme envers Dieu , envers lui-même, envers les autres; & ces trois ;fortes de dévoirs forment les trois parties de ce Livre,’ . - L'homme doit à Dieu. de l'amour pour fa bonté , de la reconnoiffänce pour fes bienfaits , des hommages pour fa majeftc. he: Le fecond de nos devoirs , c’eft de travailler xnous rendre heureux. Le | Pa Vrai
our cela ; il faut de la prudence pour difcerner ce que défend & ordonne cette Loi ; du çourage pour y obéir ; de la juftice pour préferer l’'honnète à l'utile.; de La tem pérance pour mettre un frein à {es defirs. L'amour de nos femblables eft RE troifiéme de nos devoirs. Il doit être plus où.moins fort, felon que notre union avec:eux eft plus où moins étroite. Auteur le divife En troisclafles ; l'amour -Pfoprement dit, l'a- La picté ; la fagefle [es vertus focia bles, voilà doncen quoi confiftenttous les devoirs de l'homme , & c’eft auflice qui formele plan de cet Ouvrage. Qui croiroit qu'un frontifpice pareil cou- | OnS-y & parcourons-en. les divers GE Jartemens, Nouë y verrons de tres tableaux : & ort o -DEaux #emfort grand nombre. Is {ont tous de main de Maître, &il ya apparence que l'Auteur jaloux de {on Ouvrage , n’a entrepris ce valte bâti "ent, que pour pouvoir les y placer Tome III. I (
Ÿ w 4 u s ÆS- + Gulont Ctudiés > On plus commodèm Can « our. Je n'en rapporterai qu'un feul que je. ne choifis point s cet'ie premier qui me tombe ie la main. . “Le peuple el fi perfuadé qu'il eft ,, de la dignité d’un grañd d’être vain ,, & arrogant, que quand un homme, ,, fofti dunéänt, s’eft mis en tête de ,, faire oublier fon origine, il ne croit » "5; pas pouvoir mieux faire que de 225 we ,, S'annonCCr dans le monde par des 3 324 et CEST OS + . ”,, fatuités. Ce feroit peut-être en ef- ”,, fet le moyen d'en impofer; »s’il ,, imitoit mieux fes modeles." Chrysès ,, antiché de cette manie , eft parvenu < x fe donner un régard méprifant , >, un abord glacé, un:ton:fôque , un ., fouri dédaigneux. 11 fe fait préfen- ,, ter des placcts, ne les lit point , & :, les répond d'un je verrai cela: Il a * ,; des Auteurs à fa table ; des Prêtres n, & des Comédiens il les met aux ,, prifes & les raille ; s'ils fe-décon- ., certent il ricane. Dans fesdifcours, ., dans fà démarche , dans fes geftes . & fes attitudes , il elt fat autant ;, qu'un Marquis , mais il left avec ., moins d'aifance* Tous Ces ridicules F y voit Part, De
RE ; she AT rs us \ w 4 = CRE fur la Littérature: Moderne. 99. : au combat les plus bray * Armée. Que le Théologien fe préfente , 3, plus, ilne bat ni fes vaflaux ; ni fes » Valets , il payecexa@ement fes dettes, 5» 8 compte avec fon Intendant ; il é » lui-même évalué fon patrimoine , il >» NE touche qu'au revenu, & n’enta- >; me point le fonds, qu'il compte un »» jour tranfmettre à fes enfans. Tant ss, HE vrai que l'efprit de roture » PErCE toûjours FE quelque coin ! ; Un vrai noble defcendroit-i dans 1» Ces détails d'œconomie bourgcoïfe. L'Auteur qui a placé par-tout de pareïls tableaux, ne s'eft réfervé que quelques coins de l'édifice , pour loger fes erreurs. La principale de toutes , & celle pour laquelle il t6- moigne uneaffcétion particuliere , regarde le; culte extérieur que Fhomme. doit à Dieu. Il prétend que /e choix de rel'ou tel culte en particulier eff indiffé. rent, SC QU'il n'en cf} aucun que Dieu affechionne finguliérement. Comme ‘ceft-là {on erreur favorite , il tâche de la défendre de toutes fes forces ; & comme Mn autre Goliat , il s’avance jufqu’au Camp des Ifrretites pour y provoquer es de Tir dit-il, qu'il parle @ me convainque. Nous ? bre
né D: P ko #00. - 2Obférvations, EN + venons de voir que J’Auteur de l'E prit des Loix ne veut ;rien avoir à faire avec les Théologienÿ'; il s’en eft \ expliqué encore plus oùvertement \ dans une petite Brochure , où il répond à une critique Théologique qui avoit été faite de fon Livre. C'eft fans doute qu'il les regarde comme des gens trop redoutables. Il {çait qu'ils “fe fervent dans le combat d'un glais… ve à deux”tranchans qui leur affure infalliblement la viéoire. La raifon & la Religion marchent toûjours à leur fuite; & il faut compter beaucou fur fes propres forces , pour ofer É iméfürér avec de pareils adverfaites. - C'eft néanmoins ce que fait ici l'Auteur des Mœurs ; toute là Théologie fous les armes n’eft point capable de pue Il fe préfente à elle avec a faire les premieres avances pour l'engager dans un combat. Je pourrois donc, après un pareil défi, me fervir contre lui des armes que la Thcologic me fournit ; je pourrois l'attaque avec le glaive de la divine HE ; P | = Canons des Conciles ; les € "Yeglifc. Maismon » Je CV oudres cux EnCO= urance , & il ne craint point de
2% 0 fur la Littérature Moderne. 10% re avoir récours ici qu'à la raifon, ou pltôt, c'eft l’Auteur lui:mème qui me fournira les armes dont j'ai befoin pour le combattre. Si, comme Goliat , il ofe provoquer les Chefs de l'armée , je fçaurai, comme David, le faire périr de fon ropre glaive. Et voici pour cela le dicBUte que je Jui adrefle, 3 Vous dites à la fin de la premiere partie, que s'il eft quelque culte qui fuppoie des dogmes contraires à » Ceux de la Religion naturelle, c’eft > celui-là que Dicu réprouve. Vous »» dites enfuite , que le fage doit fe » faire-une loi de‘nc jamais donner >, Atteinte au Culte exterieur dans leÿ ue il eft né , & de-là vous con- > ClüeZ qu'un Turc peut-être Mu , fulman , mais que vous ne pardon: néricz pas à un Chrétien de le de- >» VCNIT. ,, Comment ne vous appercevez-vous 2s que tout n'eft que contradiction ans Ce QUE vous-ayancez ? Car ditesmoi , ou bien vous Croyez avec les Chrétiens, que l’Auteur de leurre. ligion eft un Dieu , ou bien vous êtes N Perfuadé comme les Juifs, & les Ma- ! Ï 3
PAL AT 0 es E u , Coffinent pouvez-vous dire \ qu'il éft indifférent d'embraffer ou de \ Fejégtér un culte qu'il prefcrit, & qu'il eft bardonnable à un Turc d’être Mufulman ?,On ne doit être que ce | que Dicu veut qu'on foit ; & com- |. me Dicu veut qu'on foit Chrétien, 7 que c’eft-làJa loi qu'il a prefcrit lui-” | même * tous les hommes, ainfi quë ë nous le fuppofons : il s'enfuit. donc hi qu'un Turc doit abjurer le Mahomc- = tifme, & fuivre la Religion Chré- | -/ticnne. AE ne foit point Dieu , il eft évident gs Ja Religion qu'il nous a enfeigne # à . Religion naturelles € | FAP Ken.” vos principes MmémeEs, que C ct een moraagt ann er ÉD 6
Chrétienne ’ou plüirôt le to cipal & fur lequel tous les 2 font fondés ; c'eft de rendre à, HR. qui en eft l'inflituteur , un culteékqui n'eft dû qu'à Dieu. Mais fi cet inftituteur n'eft qu'un pür fiomme ,. ne devez-vous pas convenir alors quece + dogme eft incompatible avec les prime = cipes de la Religion naturelle , & ; conféquemment , que c’eft un dogme que Dieu réprouve ? Concluez ne qu’il eft non-feulement pardonnable, mais qu'il eft même très-loüiable À am Chrétien ‘de fe faire Mufulman. Tournez:Vous de’quel côté il vous … es TFUE plie vous n'éviterez pas laçontraæ = iétion où vous vous êtes jetté VOUS. & même. à > Une chofe qui m'a toûjours fort FL étonné , c'eft de voir des gens d'ef. = | prit, des hommes profonds, des gé- ES nies mêmes ; qui raifonnent mal. On POurroit pardonner abfolument à un à Poëte d Cire froid , à un Orateur a : tre ennuyeux , à un Hiflorien d’être peu exaét ; mais jamais à un Philo. fophe de manquer de logique. IL y à 1
DRE: ormée de trois {ons feulement ; {ça- Ÿ voir. du. générateur & de fes deux sn EESe ENT Se __- Veut-on-pañer les bornes de cette proportion ?1on rencontre aufli-tôt des __ Confonnanées altérées entre les difeà rens {ons qui la forment, &sivoilà la __saïfon desconfonnances altérces quife rencontrent dans l'échelle :altération ‘àlaquelle l’orcille' eft totalement'in- _. * fenfble, parce que les confonnances …_ font d'ailleurs parfaitementjutes en- _ treles fons de l'échelle, & ceux de : # a bañe. Preuve évidente , que. c'eft “Ne la bafe fondamentale quiselt l’origine du chant diatonique , le véritable:chant auquel l'oreille faitattention ; & avec lequel elle cherche toûjours à. s’'ac- À 7 corder. 3 C’eft ce que l’Auteur confirme encore en Cxpofant comment notre échel- “h le diatonique ordinaire , #t, re, mi, &. fa, fol ; af, ut, dérive de la bafe F fondamentale, fa sut, fol, re. Toutes les queftions , toutes les dificués qui. font élevées en dif CPAM TS
É … fcrens tem Littérature Moderne. TT s fur cette Cchelle, fur la valeur de certains tons qu'elle renforts me , fur la maniere dont la voix tem-"#%1} pere Certainés Confonnances dans Le chant, &c. fe-réfolvenr avec une extrème facilité par les principes de M. Rameau. Ses partifans & fes adverfaires peuvent y'idécouvrir la caufe phyfique des effets différéns Pdes {en fations contraires qu'ont produit far x 4 ta. 1 RTE : he pre PS zx cux les répréfentations de fes Opera. canon Aer lui-même dans le -Compte qu'il rend de fes recherches ; Je peu de mots que je vais tran{crire feront duscs de la netteté de fes idées & de fon file. . GR | » Jabandonnaï les convenances', %, malgré lautorité & la force qu’elles >» ont. dans les affaires de goût, de >» Crainte qu'elles .n€ m'entrainaflent g; dans quelque filme qui fcroit peut- , Ctre le mien , mais qui ne feroit » point celui de I nature, ,» Ma recherche ne fut pas longue: » 1 premier fon qui frappa mon orcil , 1e fut un te le lumiere, Je m'ap- ,; Percus tout d'un COup qu'il n’étoit >» pas un, où que l'impreflion qu'il | efailoit fur moi, étoit compofte. #
à u F2" on 17 7,, Jem'apperqus aprefte que ces | + 2 3sfons:(VAuteur les appelle harmo- | Je -, MIQUES ) ;; étôient trés aigus &très- R . , fugitifs , & qu'il devoit par Cconféss Pr UC e Toi telle oreille qui les” | AE De firoit moins diftinétement qu'une A à "autre ; telle qui ne fcroit affectée -" ,, que d'un, & peut-être même, telle _ qui ne feroit affcêtte de l'impref S PRES d'aucun. Je dis aufli-tôt, voi- M 5 à une des fources de la différente 1; », {enfibilité pour la muüufique ; que | ,, l'on remarque entre les ‘honimes, | ,, Voilà des hommes pour qui la ru- » fique ne fera que du bruit, ceux”. qui ne feront frappés que du fon 3 Rte] ; CCUX pour qui tous ,, les harmoniques feront perdus. Voi- ,, À, ajoûtai-je, des bruits plus ou 3; MOinS aigus, voi des échelles de ,, bruit aïnfi que des échelles de Jôns ; ,, des intervalles .de rnir comme :46s . #3, intervalles de Joss &e ceux {s'il S ie »*
Fr > 4 ar 67 TR >» totalement ctrangers au phifirmte 73 ACAL, SRE MSN SR Ne Que d’'étra " | OC | | nt cependant ak. de la meilleure foi du monde les ul | “Raturels du pays! Re + _Les folutions que M. Rameau don. ne für toutes les dificultés qui avoient _. arrêté fes prédécefleurs ; lui fourniffent =? À dé nouveaux moyens d'enrichir lhar-.. monie , entre autres > Ce qu'il appelle A AAIE “Lei le. double emploi tout -à - ait inconnit PES A Ce jufqu'à lui; & ces folutions lui fervent encore à rendre raifon des variétés dix mode mineur. La diflünnance employée. de us | long-terns dans l'harmonie , & dont | l'orcille avoit connu la néceflité, fans qu'on eût pü en découvrir Ja caufe | la diffénnance dis-je, {on ufage pour 4 déterminer Je Môde., ufage que M. # Rameau a le PTCMIET APpéreuS Les re xèfés | gles enfin & {es variétés ne font qu'une Conféquence fort fimple de la pro- £refion Si Quintes. Tome ZI]. K
| RCE ui ne re Y. LE 14 LL 2 Obfératiins = |: [etre même progrefion qui Po jamais à l’oétave du fon prin- | | { 6 . . SRE SET EN QT | = &pal, indique par-là non feulementla | ÿ \ nécefité du tempérament ; Mais ENCO- re la néceñlité de faire tomber l'aîtération: fur les quintes , & de la par- + tager également entre toutes. = Telles font, fort en abrégé, les _ conféquences que M. Rameautire de la progreflion des quintes ; &'Ur UE a appartiennent entierement... LS _ Pafons delà à la progeflion, des } + tierces majeures : il en fait naître 4i- É: __ fément le ton mineur, & il'obferve.. :*” ._ quefi ce ton eft plus difficile à faià _ ./firque le ton majeur, c'eft que la pra- | “greffion qui le donne eft un peu moins familiere à l'oreille , que celle : des: uintes. Ce demi ton mineur ajoûté à tout ce qui a été trouvé par le moyen des quintes , donne toute da mélodie. ANGLES ON © L'Auteur combine enfuite les deux ; proportions des quintes & des tier- % ces, & en tire de nouvelles baffes fondamentales , & de ces bafes , de nou- e “veaux chants beaucoup moins nAU- 9 rels que ceux qui conftittEnt la méloie ordinaire ; parce que la route que; - :
" % ag + ME . re ads + FSC LU far la Littérature Moderte. 135 . uit alors la baffle fondamentale , ne É f ‘4 + ne “ — ‘ie. détournée 1 &n cft pas iinme fe Fe ment:donnce:par la nature. -. RL Aufli doit-on.être fort réfervé à fe jetter dans ces routes, & ne. doit-on s'y hazarder Que pour des peintures & des fituations. extraordinaires. C’eft ce que M. Rameau à fait avec beau coup’.de fuccés dans quelques more re. Ceaux’ de fes Opéra. L'effet fingulier 4 & brillant de ceux d'entre fes mor- - iceaux qui.ont Gt exécutés , doit faixe. defirer beaucoup l'exécution des- : ‘autres qui n'ont püû l'être encore, &_: que l’Auteur indique dañs: fon ouvräge: Ce moment viendra bientôt fans doute. Ainfi foit-il, WE à .Telles font les principales vérités qué M:-Rameéau démontre dans fon mémoire : fixer le principe de l'har- “monic jufqu'à préfent ignore ; faire "voir que la mélodie naît de l'harmonie ; déduire de la bafe fondamentale les teles eflentielles de l’une & de l’autre , regles qui métoient fusgerces que par une expérience: aveugle ; rehdre rai- | fon d’un trêsgrand nombré de phénomencs qui concernent le chant ; expliquer les effets des différens gen- K 2
x16, Obfervatie de mufique ; & dé montrer que + efémsselt uniquement dans la bfe Vi nil, (+ ] Fr : " Fe. : on fondamentale ; & non pas, comme on | lavoir toüjours cru , dans un chant qui n’eft que le produit de cette baffle : voilà Ié$ principaux points de la dccouverte je M. Rameau. Ce n'eft point au.relte fur une _ métaphyfique vague: e'eftfur des. u expériences qu'il raifonne ; elles font la-baze de tout l'édifice nouveau qu'il éleve. Il a profcrit toute hy= pothéfe phyfique, & par ce moyen il a évite de préfenter à fes lcéteurs dansla même page, l'incertain à côté ‘du certain , & peut-être :le faux à côté du vrai: perfuadé ; quoiqu'en difent les efprits fyftématiques ; que Japplication des raifonnemens ma: thématiques aux expériences, 1eft la feule vraïe maniere de philofopher, Sa découverte pure & exempte de tout alliage , le met donc Au rang des Philofophes ;. & il vient de recc- -yoir la couronne qu'il méritoit en. cet: +5 224 ” ; A # te qualité. de la main de l’Académie Royale des Sciences , ui.avoit!Clleen France le droit.de la lui donner, ; no ts LORS Le EE
fur laLittérature Modernes a. Tous: ceux qui ‘font capa à à fuivre une affez longue ch de +) ‘raifonnemens , ne s’étonneromponnt après avoir Jü fon. mémoire ‘5 4 ue M. Rameau foit leplus profond har monifte de l'Europe. ‘A Tégard de ceux quin'ont que de l’orcille & de la bonne foi , il nous fuffira pour les en convaincre , de les renvoyer à fa -mufiquesa peu près, s'il cft permis - de fe'fervir de cette comparaifon , comme les Miffionnaires qui fubju- -guent bien-tôt par l’expofition des .miracles , ceux que lévidence du 2 ‘raïifonnement n’a point encore terraie É M. Rameau en tenant fon Livre d'une main , & fes Opéra de lat tre >; peut-dire hardiment à tout ce qui eft impartial , Zfez & écoutez. : Pour ceux qui n’ont le talent ni de “lire ni d'écouter, & moins encore celui de-raifonner , mais qui malheureufëfaent pour eux & pour la focieté, font décorés de: l'envie de nuire, la cabale & les déclamations feront leur partagc. C'eft un partidans leucl’il eft aifc de jouër à peu de Le ais un rôle confidérable. Deux mots
N forment tout le dié Fe: | {ortes de connoifleurs. Admirable , dé … aeffuble. Faut - il s'étonner fi ce parti X ’ ; EE \ gagne, fi c’eft-là le bon ton, le ton à la \ mode? ee | - Le Livre au refle dont je viens de donner une légere idée , eft celui de tous ceux que nous avoit donné M. Rameau , où les principes font expoles avec le plus d'ordre & de-clar té On fçaisicombien l'ufage de la _ baffe-forñdæmentale qu'il avoit déja fait | connoitre , facilite l'art de la compo - fition. Un traité complet fur cet art, (traité..qui manque abfolument) ne feroit ni long ni difficile :à faire fur _les principes a M. Rameau; & quand. fon mémoire ne produiroit pas d'au: tres avantages , c'en feroit’déja un trés - confidérable : mais il s’en faut bien que ce foit le feul. Indépen-. damment de ceux qu'il fair entrevoir dans la Préface pour perfeétionner les voix & les inftrumens ,.les DroRphe trouveront dans fon'ot> . : vrage des lumieres ; & les artiftes:ÿ trouveront des vüës. De forte de la fphere des idées 8 celle des fen fations y gagneront toutà la fois,
| | | | j | | | für La Littérature Modernes 119 ©; Le tronc primcipal cft découvert & fifi : que de branches ne doitil pas fournir ? L'art jufqu'à prés _fent aveugle , toit refté dans des bornes aflez Ctroites , furtout parmi nous. M. Rameau.a fouvent ofc les franchir s avec un-peu plus de hardieffe , ou plütôt, avec:plus d’encouragement de, la part de fes contemporains, iLeût fans doute ajoûté de nouveaux plaifirs à ceux qu'il nous a; pour ainfi dire. ;' fait pions our la premiere fois: Mais l'efpèce abondante de gens médiocres, ne {cautoit fouffrir qu'on étende lacarricré, furtout lorfqu'ils y courent. Leurs idées & leurs talens fe trouvent plus ramañlés ,-plus à leur aife dans un cercle étroit. és -Nos defcendans plus heureux que nous (.car on ne doit pas craindre fans doute , que la Barbarie reprenne jamais le deflus , dans une nation aufli éclairée que la nôtre) nos defcendans recutrilerônt.emsabondance les fruits dont nous n'avons goûté que les prémices. Un muficien Philofophe nous donne aujourd'hui le fil ; un autre le
LP... nd < A ar .e 426: © © ‘Oférvarions Tout Etat cft compofé de la partie gpervense & de celle qui eft gournce ;. & c'eft-là aufli ce qui forme \£ deux parties de ce livre. Dans la HAE on à én vüë principalement: e Roï , les Miniftres , le Sénat; dans - la feconde , le peuple , les troupes, là police. Tout cela fait autant d’articles particuliers , dans lefquels on expole d'abord la forme du gouverne , ment aëtuel à l'égard de un de ces ordres différens : on décoùuvie ehfuite les abus qui en réfultent ; on remonte aux principes qui les entrai- - nent ; on fournit les moyens de les évirer ; où démontre l'utilité de ces moÿens ; on en facilite l'exécution ; & Enfin , on détruit les raïfons préten- ‘duës qu'on pourroit oppofer à ce fyt-. tème. | LAS Ce plan , comme lon voit, n’eft point celui d’un Légiflateur Imperieux qui veut fubjuguer les efprits, aflervir Jés volontés , & qui content de voir le vrai, néglige de le faire fentir. % n'apperçoit point dans cet Ouvrage € caractere Aâteur d’un royalifte outre , attentif à gagner la faveur du Prince ätix dépens fe la liberté publique, ni
far la Littérature Moderne. x 2 PRE le zéle aveugle d’un fanati LS cn blicain , toujours prét à acrifier +. bonheur réel de la Patrie au chimce- ; rique avantage d'une funefte indépendance. Ce.n’eit point un politique fu. perficiel, qui dans fes vüës bornées , ou n’embrafle qu'une partie du Gouvérnement ,ou pañle léserement {ur les reflorts qui font mouvoir un Empire. Ce n'eft point un Machiavelifte furieux à qui la forcetient lieu de loi ; l'injuftice , de reflource ; la fourberie , de prudence ; l'ambition , de motifs : qui comptant our rien les fueurs , le fang, & la vie. combler leur mifére , Part même qui devroit les rendre heureux. Ce n’eft pas non plus fimplement un fage ; ce n'eft point un Philofophe qui ne fe conduit que par les lumieres de la rai. fon , qui n’a en vûë que le bonheur nturel de la focicté. S'il profite de tous les fécours dela Philofophie pour fonder fa politique , s’il fait {ervir les attraits d'une félicité humaine , pour faire goûter fes Principes, il moublie pas les intérêts de la Religion , dontil t4- che d'établir l’Empire dans tous les Sœurs, & qu'il regarde comme la feu. L'4 s peypies ; LMPIOYE POULE.
| c'£ ; 328 + Obférvations re Je voye qui conduit au véritable bon. N heur.: se : _ Son zéle pour cette Religion fainte éclate dans toutes les occafions où elle peut être intéreflée; il veut que on 1 * . tout fe rapporte à augmenter fa gloire, à la conferver dans toute fa puretc ; & Ja vénération qu'il a pour elle, lui fait regarder fes Miniftres comme les premiers membres de la République. S'il pose un œil févere fur les abus qui fe font glifiés parmi les Ecclcfiaftiques , “il ne fe croit pas permis d'entrer dans rien de ce qui concerne leur gouvernement particulier. ,, Il n'appartient , qu'à l'Eglife de regler les mœurs de ,, {es Miniftres , de corriger ou ,, maintenir la difcipline qu'ils doivent >“obferver. Anathème à celui qui ;, prétendroit que la puiffance tempo- …,, relle eût quelque droit fur la puiflaneu: à » 2 1 ,, ce fpirituelle , & qu'une #4 fécu- ,, liere pût mettre la sain à l'encenfoir. ., Mais comme les biens des gens d'E- , glife font une portion des Liens de ,, l'Etat , je crois pouvoir {oûtenir que .,, l'Etat a droit de remédier à l'abus -,, qui s’en fait ; , tourner à leur | | +, 11 * & de les faire rcvéritable ufage.
es. à fer la Littérature Moderne. 22 Le principe de ces abus, felon f Auteur , c’eft le partage inégal des biens. Eccléfiaftiques , trop#modiques pour les uns , trop confidérables pour les autres ; & de cette injufte proportion _naïflent , dans ceux-ci , les mauvaifes vocations , la vie molle & fenfuelle, la pompe , le fafte , l'orguëil & l’oubli de fon état : dans ceux-là , les baf. fefes, les monopoles l'inapplication, le peu de zéle , lavarice ; d’où réfultent néceflairement abandon des Eglifes , le peu de foin pour fes pauvres 7 l'ignorance des peuples , le mépris des Ecclefiaftiques , & fouvent même , par Contre-coup , celui de la Re- “bgion. Pour remédier à ces abus , l'Auteur veut qu'on fafñle une difpenfation plus jufte & mieux proportionnée des richeffes du fanétuaire ; qu'on fournifle à chaque membre du Clergé un revenu fufifant , pour remplir {on mi- . U 2 _ iftere avec décence , & qu'on refer- ve le fuperflu pour les befoi République. A SR - Je ne fçais fi les moyens que l’Auteur propole, pour réformer les abus qu'il condamne , plairont À tout Je monde. Je fuis afuré au moins que
* 130 «Obférvations ___ Xyalong-tems que les grands biens > des Ecclcfiaftiques excitent leur ja- _ Moufie; les plus mondains eux-mêmes * paroiflent indignés', fcandalifés , de | f | 3 | À 2 Laïqus ne les défapprouveront pas. voir fervir au luxe , à la fenfualité, |. he *? \ 4 & à toutes les Ro es du fiecle ,; 2 4 des richefles priles fur l’Autel. Ils bliment la fimplicité de leurs pieux ancêtres , d'avoir laïffé des biens fi: confidérables aux Egliles , pour nourk- sir la mollefle , la vanité & le faite des Miniltres ; ils difent que ces biens | fortis de leurs maifons auroient cté r . / s « »/ = plus utilement employés à léducation de leurs enfans , & à les mettre en état de fervir la Patrie , qu'à entretenir le luxe & l'oifiveté d'un Clerc : inutile à l'Eglife & à l'Etat. ls fe plaignent que les Clercs tout feuls vivent dans l’opulence , tandis que tous les | autres Etats foufftent , & que le malheur des tems fe fait fentir au refte des Citoyens : ils ajoûtent enfin, que l’hcréfie , en ufurpant les biens confacrés à l'Eglife , n’allégua point d’autres prétextes ; & que l'ufage prophane ue la plûüpart des Miniftres faifoient a richefles du fanctuaire , l'autori-
."$ fur la Lätiérature Moderne. 131, fa à les arracher de l'Autel, & à rendre . au monde des biens , que les:Clercs n'employoient que pour le monde. , Telles font les plaintes que l’on reïtere fouvent contre les Eccléfiaftiques bénéficiers , & j'avotie qu'elles ne font quelquefois que trop juftes. Cela n'empêche pas néanmoïns que l'on ne fañle tous Les jours de nouvelles fondations en faveur des gens d’Eglife ; c'eft qu'on efpére fans doute , &-avec raifon , qu'il ÿ en aura toûjours quelues-uns qui , par leur piète , leur charité , & leurs bonnes œuvres ré-' pareront le mal de tous les autres. Mais je laifle-là les bénificiers & les béncfices , & je retourne en Pologne. L’Auteur en plaçant à la tête de fon Livre ce qui regarde les Eccléfiaftiques ,ne vêut pas nous dire par-là que ce foit le Clergé qui occupe le pret. mier rang dans le Gouvernement. »* Trois différens ordres compofentno- »» tre République , dit-il ; le Roi feul »» IOrme le premier. Cette prééminen- »> CC EXISC NOS refpects; clle nous mon ,, tre dans nos Rois les oïnts du Sei- » gneur , & quel hommage ne doit >» ON pas à une qualité fi éminente à
232 Obfervations Chez une nation où le Souverain ne monte fur le Trône que par le :. \ confentement libre des Sujets, il fem- | \ ble que les Sujets devroient aufli trou- | a ver dans le Souverain toute la recon- > noïiffance qu'ils ont droit d'en attenæ ” Eee Sn eee — 7 | — wi} y Da dre, & que c’eit à lui principalement qu'on pourroit dire , ce que difoit autrefois à un jeune Prince , un Pontife Egyptien dans une occafion toute pareille. : # Je vaiste revêtir de la grandeur fuprême. Maître d'un peuple entier ; deviens-le de Toi. même, Songe que l'équité doit regler tes Confeils ; Qu'entre ton peuple & voiles devoirs font pa- | reils. F: Que le Ciel vous a fait dépendre l'un de l'autre, Ta puiflance te lie, & ton droit eft le nôtre : Et cet ordre facré d'une immuable loi ; Ne peut agir fur nous, sil ne régne fur toi. | 11 doit te rendre tel que l'Egypte l'efpére : Tu n'en es point le Roi fi tu n'en es le pere, Et pour en réünir les titres glorieux , Tiens à nous d'une main, & de l'autr Dieux. | | | | e à nos ‘ # L'Abbé Nadal.
| | ; | fur la Litterature Moderne. 15 3 - Cependant le contraire arrive tresfouventen Pologne. 22 ., Rois fur nos têtes , qu'ils tâchent de ‘ Li LA : ,, nous écrafer. Is voudroient ancan- , tir tontce qui a contribué à les mettre fur le Trône ; & il ne part que ,, des orages , d’où nous m’attendions ., que des pluyes fécondes où une ra Ece férénite. En même tems que !’Auteur expofe ici les maux , qui font les fuites 1n- féparables de l'ambition des Rois &e de l'indépendance des peuples, il affigne les remédes qui leur conviennent. Le premier feroit de perfuader aux Rois que rien n'eft plus honorable ni plus flâteur pour eux , que.de régner fur une Nation libre : le fecond-, d'établir dans l'Etat des Loix fi précifes , que le Roi ne püt rien fairé que de concert avec la Republique. Ce moyen de concilier les divers intérêts du Peuple & du Souverain , fans nuire aux droits de l’un & de l'autre , ft mis ici fous un jour également avantageux au Prince & aux Sujets. L'Auteur entre dans un détail fi intérefant , qu'il eft impoflible d’en A. peine avons-no us élevé nos - us
e ——., qe 134 "Obfervations \ rien retrancher. Jamais Ouvrage n'« été moins fufceptible d’un extrait que celui-ci. Tout y eft effentiel , & il \ wyÿ à pas un feul mot d'inutile. Ainfi je renvoye à la leëture du Livre ceux qui voudront en prendre une jufte idée. Je dirai feulement , plein d’ad- _ miration pour celui qui l'a fait , heu reux les peuples qui auroient à leur tête un homine qui. connoît fi parfaitement tout ce qui peut rendre une pation heureufe , & qui feroit luimême fon bonheur de celui de fon peuple ! PRE Ce qui concerne le maniement des “affaires publiques , fe rapporte néceffairement à ces quatre chefs , la juftice , la guerre , Îles finances & la police. ‘A la tête de ces quatre parties du gouvernement , il y a en RRÉRENEE a tre grands Miniftres en qui réfide , aprés le Roi , la principale autorité de l'Etat. L'un eft le grand Géneral , qui a le foin de la guerre. Le Grand Chancelier préfide à la juftice. Le Grand Tréforier gouverne les finan= ces. Et le Grand Maréchal eft pour la police. Ces quatre Miniftres ; it .J'Auteur , ont été établis pour CONICE: RS —
| fur la Littérature Moderne. 13 s ver l'équilibre entre la Majeñté & la liberté. 11 n’eft pas douteux que s'ils | ufoient tous de leur pouvoir avec fù délité , s'ils étoient plus attentifs aux : intérêts publics qu'à leurs propres ‘avantages ; l'Etat jotiroit d'une tran- -quillité & d’un repos. qu'on ne connoît guére en Pologne , Où dans fes propres foins chacun d'eux attaché Par ce qui touche autrui ne peut être touché. -L'a&tion la plus juite & la plus éclatante , Lorfqu'elle eft fans efpoir , leur eft indifférente, Ils n’eftiment jamais ce qui ne leur fert pas. La vertu route feule eft pour eux fans appas. A leur gré la fortune eft feule aimable & belle: Et tous font vanité d'être aveugles comme elle. .: C’eft-lx du moins l’idée que l’Auteur nous donne des Miniftres qui gouvernent dans fon pays , où peu fidéles à leurs devoirs , ils n’ont pas honte quelquefois , lorfque leur intérêt _ l'euige, de fe faire les efclaves des vo- - lontés du Roi, & de facrifier le bien de la Républi ili li Ds à leur utilité particuliere. On ne s'attend pas fans doute ju. je m'engagerai dans toutes ces érentes parties du gouvernement :
\ x \ : as s LE pe” - 4 rois: SES ÿ Mais à quels malheurs nes expofe- ?,relle pas elle-même , par une con- FE AN È Fe 14e CE Obfervations 22 blique, fi j'ofe parler ainfi : arbore nn is l'expofe à l'ambition ,, de tous ceux qui peuvent y afpirer , _ À & leur permet d'employer tous les À 1 ; ,, détours , tous les moyens dont ils peuvent savifer pour l'acquérir. 22 3 duite fi oppoñée à fa gloire & à fes ,, intérêts? à Le moyen de les éviter ces: malheurs , CC {eroit fans doute de fuivre en ce point , comme dans tous les au- : tres, les reglemens que VAuteur pro. pofe dans, cet ouvra e. Ls arrange mens y. font combines avec Gel - es inconvémiens éloi nés avec foin 5. fes. intérêts rapprochés avec art 4. Si nous vivions ENCOrG dans ces tems où les peuples errans cherchoient x former des focietés , & fe laifoient ! ‘guider par l'éclat du mérite & dela. rudence , dans le choix dés maitres … Wils vouloient fe donner , qui de- _roit plus capable de les gouverner, que célui quisconnoit fi parfaitement tout ce qui peut contribtiër à leur bon- Hheur ? ls trouveéroient dans pAuteur “de cer ouvrage; MR fage qui feroit çn mi) etes She:
Dé de ut 27 0 «2 KR F& L fur la Littérature Moderne. 143 même-tems l'appui & le protecteur de leur liberté , le propagateur de leur religion , l'ame des Confeils, & le foutien de l'Etat. NE avec un cœur noble , grand , généreux , défintereffé , il ne s’occupéroit que des avantages. de fa nation , encourageroït les beaux= arts, feroit fleurir le commerce : aff reroit l'abondance & la tranquillité pu blique. Il ne chercheroit fa gloire que dans le bonheur de fes fujéts ne fe regarderoit que comme l’homme de fes peuples , & croiroit que fes tréfors les plus précieux feroient les cœurs de ceux qui lui feroient foumis. Par la fagefle de fes loix & de fes exemples , il banniroit les défordres de fes états’, “cortigeroit les abus ,-canferveroit la “bienféance des mœurs , maintiendroit chacun à fa place , réprimeroit le luxe & la licence , rendroit au culte & à la-Religion de fes peres l'autorité , Véclat , la majefté , l’uniformité pérpétuent le refpeét parmi les peuples. IL regarderoit fes fujets comme fes enfans , fon Royatime comme fx famille, & n'uferoit de fa puiffance que pour la félicité de ceux qui la lui auroient confiée, Un Prince Fe CC caquien
… de vivre fous un fi bon maître. Ceux: ci le rediroient à leurs neveux ; & dans chaqué famille , ce fouvenir con- _ fervé d'âge en âge , deviendroit comme un monument dômeftique élevé dans l'enceinte des:murs paternels qui perpétueroit 14 mémoire d'un fi bon Roi dans tous les ficcles. A e 21 Re sw: ep A:
points de vüë feuls qu teur [lui-même paroît 1 que ces deux rapports _Y46 OBSERVATIONS + SUR LA LITTERATURE MODERNE, ; PR Lt ee Suite Dr L'EXTRAIT DE - L’Esprir DES Loi x. | P OUR procéder toûjours avec or- > On dre à l'examen de ce Livre fuivra äci la méthode quon 4. déja “obfervée au comméncement de cet 4 Œxtfait, On n’a Confideré là Religion «QUE par rapport au climat & au Gou. vérnement ; C’eft'aufli fous ces deux e l’on va réiinir Ce qui regarde [a Morale. L’Au- LaVOIr Cnvifagé ; il femble donc, que pour donner à cet Ouvrage découfu la liaifon qui lui Manque , if , . »\ " , . ny avoit qu'a le divifer en quatre Parties, & faire voir quelle eft la Re Tome III,
Jigion : orale, La Politique, & Ia Jurifprudence qui conviennent davan- | tageà chaque climat , à chaque forte -de Gouvernement. Par cette divifion — fimple, claire naturelle , le Lecteur VA A , . + eût vü-du premier coup d'œil ce qu'il ; TRE De 4 » > x … n'apperçoït qu'avec bien de la peine, “ce que l’Auteur lui-même fembleavoit voulu lui cacher. Quoiqu'il en foit, il eff certain que c'eit - là principalement».ec que renferme le:livre de lElprit des Loix.; c’eft à cesquatre objets qu'on peut rapporter cc qui fe trouve difperfé fans ordre dans tout lé cours dé cet Ouvrage. Voilà du moinslidée que je m'en fuis formée “moi-même ; voilà fous: ucl afpect ‘auf j'ai crû devoir le préfenter. au. public. On à déja traité aflez au long ce qui concerne la Religion; continuons , & voyons adtucllement ce qui: regarde a Morale. La vertu , felon l’Auteur , n eft pas une chofe néceflaire dans tous les Gouvernemens. ni dans tous les Pays: fleftbien vrai qu'il faut en avoir dans une République ; mais dans une MT narchie on n'en 4 que faire » elle
» Chers intérêts fur la Littérature Moderne. 143 feroit dangerenfe dans de Gouvernement defpotique. Ainfi ce qui, à la Haye , peut faire un bon Citoyens n’en feroit qu'un fort mauvais à Paris js un plus mauvais encorc-à Conftantinople. 33 Ilne faut pas beaucoup dé pro- » bité, dit-on , pour qu'un Gouyerne- >» MEN monarchique , ou un Gouver- 5 nement defpotique ,. fe maintien »» nent ou fe foutiennent. La force # des Loix dans l'un, de bras du Prin- >» Cetoüjours levé dans l'autre, réglent > OU Contiennenñt.tout.. Mais dans un »> État populaire , il faut un reflort de >» plus, qui eft la vertu. »* Dans les Monarchics: Ia politi- : que fait faire les plus grandes chofes' »> AVEC Je moins de vertu qu’ellepeut ,: » l'Etat fubfifte indépendamment de #Tamour pour la Patrie , du défir »: de la vraiegloire , du renoncement. » &foi-même. du facrifice de {es plus inté » & de toutes les ver- 35 tus! héroïques UE: nous trouvons : ,; dans les anciens. Les Loixy. tien- »s nent la place dé toutes.ces verre j > dont on n'a aucun befoin ; l'Etat VOUS en » difpenfe, ” 27
148 Obfervations _;, Dans les Monarchiesbien reglées, 3, toi t le monde fera à peu près bon ;, Citoyen ; & on trouvera rarement ,, quelqu'un qui foit homme de bien; ",, car pour être homme de‘bien ,‘il ,, faut avoir intention de l'être. à _ ,, Je fçais très-bien qu'il n'eft pas 5, râre qu'il y ait des Princes vertueux; 3, mais je dis que dans une Monar- | ,, chie,, ileft très-difficile que Ie-Peu- ,, plelefoit. rte | ,, Pourquoi dans le Gouvernement, :, defpotique , l'éducation s’attache- , roit-elle à former un bon Citoyen, ,, qui prit pat au malheur public 2. :, S'il aimoit l'Etat , il feroit tenté de. ae relâcher les. refforts du .Gouverne- ,, ment; s'il ne réuminoic pas, ile, .,; perdroit ; s'il rétiflioit , il courroit & oe de fe perdre lui, le Prince. & l'Empire. -!' Godin Tout ceci , Comme on Voit, tient beaucoup du paradoxe ; & pour peu ._ qu'on veille fe donner la peine de _féchir, on fentira bien-tôt la faufs, feté de toutes pps Mais. ur éviter moi-même ; dans LExamen que j'en ferai ; la confufion qui Fe FA La Re 5 & — +‘
er 0 à il fur la Littérature Moderne. 149 régne dans cet Ouvrage , voyons d'abord ce que l’Auteur entend par lemot de versa : je ferai remarquer enfuite les contradiétions où iltombe par rapport à la fignification qu'il lui donne. + », JC parle ici , dit-il, dans une >, note, je parle de la vertu porn » qui €ft la vertu morale , dans le-fens >, qu'elle fe dirige au bien general; fort >>tpeu.de vertus morales particulières, ….:» & point du tout de cette vertu , qui 3 à du rapport aux vérités révélées. >> On peut définir cette vertu , ditil ailleurs , l'amour des Loix & dela 5; Patrie, » La vertu dans une République eft >» une chofe trés-fimple ; c’eft amour “3 de la République. Par le mot de very, l’Auteur, comme ‘on voit , n'entend ici, ni la probité , ni la juftice , ni la bonne foi ; ni tou. tes les qualités qui font l’'honnéte homme. l'homme vertueux , l’homme de bien. Il ne parle uniquement que de l'amour de là Patrie & de l’E- tat ; & il prétend que la vertu ; prife dans ce fens-là , eft inutile dans le Gouvernement monarchique ; dan gete: N 3 +61
38 ‘Obfervations à | dans le defpotique , néceflaire le Républicain. C’eft de ce prinqu'il tire enfuite toutes les con- _ tiens moi que ce principe cit faux & | ue vertu , dans le fens qu'on lui donne ici , eft aufli néceflaire dans Æe les deux premiers Gouvernemens que narchie.,eft donc auffi l'amour de la Monarchie ; la vertu; dans le Gouvernement defpotique ; cft donc auñli - Jamour du defpotifme ; or je pré- … tensque l'amour du defpotifme &-de Ja Monarchie ef auf néceffaire, pour 2 'iqueces. deux Gouvernemens fe foutiennent , qu'il. eft néceflaire, d'aimer que fubfifte. En effet, fuppofons pour un inftant, que dans un Royaume tous le Sujets manquent de vertus c'eft-às dire., qu'aucun d'eux n'ait dansale cœur l'amour de la Monarchie : War __ riveroit-il alors ? Ce qui arriva Chez Re. les Romains lorfqu'ils ne voulurent pin oy * JM ; ee. ” A “À v 5 . r - tic de fon premier volume. Or je foudans le troifiéme, Car enfin ff 4 ver. tu, duns une République : eff. l'amour ; de : La République , la vertu ; dansune Mo: … | la République:, pour que la Répulili= LE
fur La Littérature Moderne. 5x plus obéir à des Rois ;: ce qui arriva en Hollande lorfque ces Peuples fe lafferent d'être gouvernés par un Mo. narque ; c'efk-à-dire , que l'Etat changeroit de face , le Gouvernement prendroit une nouvelle forme ; la Monarchie périroit. Car ,, le Gouverne- ,, ment cit comine toutes les chofes ,, du monde , dit l'Auteur lui-même; »»pourde conferver, il faut aimer, … Qu'on détruife donc parmiles Turcs , à l'amour du defpôtifme ; & bien-tôt FEmpité Ottoman ne formera plus qu'une Monarchie , ou fe changera en République. Tant il eft vrai que _ Ra vertu n'eft pas moins néceffäire chez ‘eux que parmi les Républicains 3:82 .-qu'elle eft également ‘le principe de : leur Gouvernement & du gouverne- : ment Monarchique. L’Auteur n'a donc pas eû raifon de dire , comme il a fait ;, qu'il ne » faut pas beaucoup de vertu pour que 6es deux Gouvernemens fe fou- >» HEnnent ; qu'ils fubfftent Pun & , l'autre indépendaimiment-de 14 ver: tu; qu'on n'y en a aucun beloin : que l'Etat en difpenfe ; qu'il eft N 4! … 18e f À ER
254 Obfervations | _ » Les révolutions que forment Ja - , liberté, ne font qu'une confirma- _,, tion dela liberté. Une nation libre >> peut avoir un libérateur ; une na- \ > tion fubjugute-ne peut avoir qu'un > AUTC opprsHen Car tout homme h >, quia affez de force pour chaflérce- _ _,, lui qui eftdéja lemaître abfolu dans … 5 > Un Etat , en a aflez pour le devenir » lui-même. Tin se »» I ne faudroit pas que la Reli- »gion encourageiît les.dépenfes des >; funerailles ; qu'y a-til de plus na- » turcl, que d'ôter la difference des fortunes dans une chofe & dans les > Mmomens qui égalifent toutes les ,, fortunes. EE) GE ,, Les Sérails font des lieux où 'artifice , la méchanceté, la rufe re- ,; gnent dans lefilence , & {ccouvrent , d'une épaifle nuit ; où un vieux Prin- ., ce devenu -tous. les jours plus im- 5, bécille , eft le premier prifonnier du Palais. à ,, Les-hommes extrêmement heu- ,, reux & extrèmement malheureti* ,» font également-portés.à la, dureté; » témoins les Moines & Jes.Conquede | 1 2
fur la Littérature Moderne. 255 ,, trans. Il n'y a que le AE de la ., bonne & de [a mauvaife fortune , ,, qui donne de là douceur & de la Le: 4 - £ L 52 pitic. 2:35: a FETES = °,, 1 eft fingulier que parmi nous , ., trois crimes ; Ja magie , lhéréfic&c *,,le crime contre nature , dont on 2,, pourroit prouver du premier , qu'il :,, n'exifte pas; dufecond qu'il eft {uf- ,, céptible d'une infinité de diftinc- +, tions , interprétations , limitations ; ,, du troifiéme , qu'il eft très-fouvent ;, Obfeur , ayent cte tous trois punis ,, de la peine du feu. ,, Quand les Sauvages dela Loui- - ,, fianne veulent avoir du fruit , ils ,, coupent l'arbre au pied, & cuëil- ,, lent le fruit. Voilà le gouvernement ,; defpotique. Ces dernieres paroles valent un livre ; C’eft peut-être ce qui a engagé l’Auteur à faire de ces’ quatre petites “dignes un Chapitre particulier ; il ya des gens qui y ontærouvé à redire , & qui ont traité cela de coqueterie ; ils ont tort; une fi belle image devoit être encadrée féparément. J'avois promis de donner de l'or , 6 “ht.
rs 1256. Obfervations :& jai, je crois , aflez bien tenu ma promefle. Je ferois. le maître , {ans _… doute, d'en -donnér davantage fi je voulois , car je fuis à la fourcéè , &'ce - livre eft un Péroi Mais je dois mieux ménager mes intérêts, j'aicncorcbien. des chofes à dire; & :comment-faire > … n : recevoir au lecteur le fer que jo lui : : donne ; fi je l'accotitume trop l'or.) A d'autrui? de tems en tems feulément* pourle défennuyer je ferai parler l’Au-. teur ; je fens que c’eft le moyen d'être mieux venu. Continuons , &’dé la nature des trois gouvernemens , pañlons : à leurs principes. ENS La vertu , l'honneur & la crainte, voila les trois grands reflorts qui font . mouvoir les Etats, voilà ce qui leur donne l'ame , le mouvement & la vie. La vertu anime les Républiques, l'honneur fait agir les Monarchies , & la crainte eft le principe des Etats defpotiques Que. PAuteur ait raifon ou non, dans la diftribution qu'il fait de ces trois principes , c'eft ce qu'il n'eft plus ueftion d'examiner préfentement: J'a1 dit ailleurs tout ce que j'avois à ns L 7
[ur la Littérature Moderne. 257 | l-deflus , je ne ferai donc que rap | porter ici quelques:conféquences que l'on en tire par rapport à la politique. SE …. Elles regardent prihcipalement l'édu- * W çation:, la difiribution des emplois , | Le: les récompenfes &'lés peines. Tout | L . cela doit étre.relatif aux principes de 4 he chaque gouvernement. ".. : Dassile républitain l'éducation ne … ‘doit s'appliquer qu'à rendre les Ci toyens vertueux , qu'a leur élever le cœur dans les Monarchies , qu'à leur abbaïfler l'ame dans les états defpotiques. C’eftlemoyen d'entretenir dans ces trois gouvernemens , la vertu l'honneur & [a crainte. . … Dansle prèmier , les emplois & les iagiftratures :font des témoignagés de vertu ; on ne peut donc pas les refufer. Dans le fecond ce font des marques d'honneur ; on peut donc ne pas les accepter. Dan$ le troifiéme , Où'on abufe également de ‘hannieux & de la vertu not fait indifféremment 2 d'un Prince un goujat , & d'un Coujat un Prince. dei. ! » \ Dans une République où regne la vertu , l'Etat ne doit récom Tome III, penfer que Y
De 158 Obfervations par des témoignages de cette vertu. La récompenfe d’une belle action eft le plaifir de l'avoir faite. Fra 4 ; … - Dans ine Monarchie , où regne 1 \ Fhonneur feul, un fujet ne doit attendre de fes fervices que des diftinctions; mais comme les diftinétions font jointes à un luxe qui donne néceflai: ‘-» # fement des befoins, il fautquele Prin-. 1 | L] ce y récompenfe par des honneurs qui conduifent à la fortune. Q Dans les Etats defpotiques, le Princé qui récompenfe n'a que de l'argent | à donner ; c'eft qu'on n'ÿ connoit ni | Fhonneur ni la vertu. La plüs grande peine d’une mau-. vaife action dañs un gouvernement républicain , eft d’en être convaincu. Dans le monarchique , la honte & la érainte du blîime (ont auffi des motifs #éprimans. Il faut dans lé defpotique dés peines corporelles. Un homme vertueux cft totjours affez puni par des remords; un honime d'honneur , par des humiliations ; au lieu qu'il faut des fupplices rigoureux pour une ame À fervile. Qi "4 Je marche À grand pas; c'eft qu'il
"4 PORN fur la Littérature Moderne. 259 me reite encore bien du chemin à faire. Que feroit-ce fi je fuivois l’Auteur dans tous fes détours.? Chaque {entier qui fe préfente, ilsy engage; peuinquict , il s'éloigne de fon but. 1] eft vrai qu'il rend {à route agréable; + ne tout où'il pale, il répand des eurs. Si quelque fois, pour dérober {a marche , il fe couvre d’un nuage : épais, bientôt un trait éclatant de lumiere s'échappe au travers de l'obfcu (rité , & le découvre. Le nuage refte cependant; auf voit-on dans fa cour- . fe beaucoup d'éclairs , & peu de jour. A Vaide de cette lueur pañlagere, j'ai _ parlé de la nature & des principes des . trois gOuVCrnemens ; VOYONS; AVEC le même fecours , comment ils fe corrompent. | Ce qui perd une République, c’eft quand elle n’a plus rien à redouter au dehors. Carthage & Rome sintimiderent l’un & l’autre, & s’affermirent. Comme des.eaux trop tranquilles, une République qui à trop de fareté , eft fujette à fe corrompre. La démocratie fe corrompt ou par Lefprit d'inégalité qui le mene infhil. Y ij
260%: Obfervations …. liblement à lariftocratie; on par l’efprit d'une égalité extrême ,-qui finit toûjours par le défhotifme: Ce n’eft que la vertu qui foutientle gouvernement populaire ; & la vertu cft auf éloignée de Ia liberté extréme que de l'extrême fervitude. EE L'ariftocratie fe corrompt, lorfque le pouvoir des Nobles devient arbie traire , & leur puiflance héréditaire. La République alors n’eft plus que dans la partie qui gouverne; l'Etat defpotique ft dans celle qui’ eft gouvernce ; les Nobles joüiflent de la liberte , le peuple gémit dans la fervitude ; ceux-là font des tyrans , celuici eft un cfclave. 3 * La Monarchie fe corrompt lorfque le Prince Ôte aux villes leurs privileges , aux corps leurs ee ÿ aux grands le refpect des peuples. Qu'il change l’ordre des récompenfes & des honneurs , qu'il méconnoit l’amouf de fes {ujets, qu'il montre plus defévérité que de juftice ; lorfque rapportant tout à lui-même , il appelle PE- tat à fa capitale, la capitale à la Cour, la Cour à fa perfonne. HAT
Quant au Gouvernement defpotique, voici. ce que dit P'Auteur. : ,»; Son >; principe: fe corrompt lans œ CE 7 parce qu'il eft corrompu par sa nâ- ,, ture. Ce-Gouvèrnement périt Par ;, fon vice-intcrieur ; lorfque quel- ,, ques caufes accidentelles n’empé- ,, chent pas fon principe de fe cor- 5; lOMPTE ; CCS chofes forcent fa na- ,, ture fans la changer ; {a ferocité sreflettelle eft pour quelque tems 5; apprivoifce. C'eft comme fi l’Auteur difoit : le Gouvernement defpotique ne peut fe foutenir par lui-même : fa confervation dépend de plufieurs caufes étrangeres , fans lefquelles il périroit à chaque inftant. Il eft toûjours dans un État violent & forcé ; & fa nature eft de tendre fans ceffe à fa deftruétion : Voilà fans doute le vrai fens de ces paroles; cela pofé , voici comme je raifonne. Ce qui s'oppofe à la confervation du Gouvernement defpotique , doit, par la même raifon , s'oppofer aufli à {on ttabliflement ; & les mêmes caufes qui fervent à le maintenir doivent fur la Littérature Moderne. 26% vite vi
Obfervations contribuër également à le former. Or s'il eft vrai que ce Gouvernement ait tant. depeine à fe“Conferver , il faut donc qu'il en ait aufi beaucoup à #6. tablir. Cette conféquence eft évidenté, ; c’eft feulement dommage qu'élle. s'accorde fi peu avec ce qui fuit, »» Le Gouvernement defpotique fau 5 (© , pour ainfi dire , aux yeux; il >; ES uniforme partout; comme ilne >, faut que des pañions pour l'établir , » tout le monde eft bon pour.cela. ,, Mais fi tout le monde cft bon pour former un Etat defpotique , tout le monde ceft donc bon aufli pour le maintenir ; s’il ne faut que des pañlions pour Fétablir , il ne faut donc que des paflions non plus pour le conferver, Un Gouvernement qu'on dit être fi fimple , fi naturel, fi uniforme , n’eft donc pas un Gouvernement qui ait befoin du concours de tant de caufes accidentelles & étrangeres pour l’empêcher de périr ; ce n'eft pas un Gouvernement qui foiwtoûjours dans un Etat violent & forcé , qui panche à chaque inftant vers fa ruine. Ce fontlà des contradiétions qui prouvent bien
| | fur La Littérature Moderne. 26 3 que le Livre de l'Efprit des Loix n'eft pas un Ouvrage de mémoire; Car 07 ne sy fouvient pas dans la page fuivante de ce quia été dit dans celle qui a précedé."L'Auteur à jetté fur le paier toutes les idées qui Æ font préentées à fon efprit, {ans sembarraf- {ér du peu de liaifon qu’elles avoient entre elles ; fans s'inquiéter fi les premieres. démentoient les fecondes , & fi elles fe détruifoient mutuellement. Il a parcouru à grands pas des pays immenies , fans bornes’, fans chemins & fans guides; & fa courfe plus briifante , plus gloricufe ; plus variéeque celle d'Ulifle , eft auf plus remplie d'erreurs. Mais au milieu de ces erreurs-Ià même on découvre des vérités fi fublithes , au travers de ces routes Cgarées on appercçoit des clartés fi lumineufes, parmi tant de défautsenfin on remarque des beautés fi frappantes, qu'on eft toûjours étonné de trouver tant d'efprir & fi peu de raifonnement , tant de génie & fi peu de logique. Mais pourfuivons ÿ 8: voyons ‘actuellement ce qu'exige encore la politique pour la confervation des trois Gouvernemens.
_ FE 5 d + è 2] a * : Obférvations contiendra par des forterefès ; M elle eft grande; on la confervera par des colonies. Mais là’ politique: veut que Rs Corps civils & "militaires -foient Compoies ‘également de vaincus & de vainqueurs , pour ne point déféfisérer les uns, & pour ne point énorgucil= hr les autres. RENE FE . Quand un Etat defpotique conquiert ün autre Etat, sil veut le conferver il faut que Ie defpote ait toûjours au: tour de luïun'corps de trotipés particuliérement affidé , tofjours prét à fondre fur I partie de fa conquête qi, pourroit s'ébranler. e? L'Auteur de PEfprit dés Loix trou: ve qu'il vaudroit miéux que le Cona quérant rendit le Trône au Prince 162 gitime pour s'en faire un Allié nécéffaire , qui; avec les forées qui lui font propres ; augmentéroit, les fiennes: I avoit dit auparavant que les Etats defpotiques pourvoyent lent fureté e» fe féparant & en [e tenant ; four winf dire’; feuls. Mais éommént peut-on fe tenir feul & fe faire en même tems des Alliés > Comment peut-on s'unir & fe féparer tout à la fois 2 Si té n'eft F
für La Littérature Moderne. 274 pas-là {e “Res -C'ef d MOINS s'expliquer fort mal, 1 EE oftan des tributs & la levée des impots dans les trois Gouvetne” mens , font aufli l’objet de la politique de l’Auteur. I dit B-deflus , comme fur tout le refte des chofes admirables. IL y a en particulier ‘un morceau digne de Juvenal contre.les Fermiers & les Traitans. Je n'entreprendrai pas de réfuter fon fentiment Le cette matiere ; un homme du metier la fait, dit-on , avec beaucoup de force ; mais l'ouvrage cft fort rare, & quoique fait pour le Public, ik n'a été vü jufqu'à préfentque par un tréspetit nombre d'amis particuliers ; à qui , par un privilège fpécial , on à bien voulu en procurer la leéture. Tout Ie monde fçait que lAuteur eft'un homme d’un très-grand mérite ; il a écrit pour la défenfe de fa caufe, & de celle d’une Compagnie riche , nombreufe & puiffante, Un combat enue lui & l’Anteur de lEfprit des Loix , feroit pour le moins aufi inrm que celui d’Argant & de Tan: eréde, , \ Z iv RSR : MEL
272 Obférvations Mais il eft tems de délafler ] teur ; il aime les belles chofes , & il m'eft fort aifé de lui en donner ; je mai qu'à prendre dans ce Livre les prémieres qui fe préfentent.. 5» L'air de la Cour confifte: à quit- » ter fa grandeur propre pour une ‘,, grandeur empruntée. Celle-ci. flatte ,, plus un Courtifan que la: fienne ,, même, Elle donne: une certaine » modéftie fuperbe qui fe répand au ,; loin, maïs dont l'orguëil diminuë 3 infenfiblement, À proportion de là ,, diftance où l’on cft de la fource de ;; Cette grandeur. ,, L'ambition dans loifiveté , 14 > bafleflé dans Forguëit, le défir de ,, s'enrichir fans travail , l’averfion » pour la vérité , la flatteric:, la tra- 3; bifon , la perfidie , l'abandon de ,, tous fes engagemens, le mépris des > devoirs du Citoyen , la crainte de » la vertu du Prince , Fefpérance de » fes foibleffes , & plus que toutcela, le ridicule perpétuel jetté für la ,3 vertu , font, je crois, le caractère ; de la plüpart des Courtifans , Mar- » qués dans tous les lieux & dans tous >> les tems. æ € lecz-
1 fur la Littérature Moderne. 273 ,, Parmi nous il eft impoffible que 3, nous ayons jamais de régle dans ,, nos finances , parce que nous. fça- 5» VONs tOUJOUrS que nous ferons quel- ,, que chofe , & jamais ce que nous ,, ferons. ,, En Europe les Edits des Princes -:, afigent même avant qu'on les ait >, VÜS ; parce qu'ils y parlent toûjours ,, de leurs befoins , & jamais des 35 nÔtres rer: ,, Comme les Monarques doivent ;, avoir de la fageffle pour augmenter >; leur puiffäance , ils ne doivent pas ,; avoir moins de prudence afin de la ,, borner. En faifant cefler les incon- >; véniens de la petiteffe, il faut qu'ils » ayent toûjours l'œil fur les incon- », véniens de la grandeur. ,, Les fleuves courent fe mêler dans x mer ; les Monarchies vont fe per- ; dre dans le defpotifme. > Charles XII. Ctant à Bender , trou »» Vant quelque réfiftance dans le Sé- » nat de Suêde; écrivit qu'il leur en- > verroit une de fes bottes pour les » commander. Cette botte auroit go. » verné comme un Roi defpotique. PES
T4 Obfervations ,; narchie Conquérante ; un luxe af- >, freux dans là Capitale , la mifere 3, dans les Provincesqui s’en éloignent, > l'abondance aux.extrémités. Il eneft 5» Comme de notre Planette ; le feu-eft 5; au centre , la verdure à la furface, » une terre aride, froide & ftérile ens, tre les deux. jfflias: » Syracufe cfuya des malheurs que: » là Corruption ordinaire ne donne 3, pas. Cette. Ville toùüjours dans la li- >» Cence oudans loppreflion , égale- ;, ment travaillée par fa Hberté & par 5» fa fervitude:, recevant toûjours l’une » & l'autre comme une tempête, » avoit dans fon fein um peuple ims#menfe, qui n’eût jamais que cette » Cruelle alternative , de fe donner » Un tyran , ou de Pêtre lui-même. ,, I y a un lot pour chaque Pro- » feflion. Le lot de ceux qui levent n les tributs eft les richefles ; & les » récompenfes de ces richefles , font » les richefles mêmes. La gloire & ;, l'honneur font pour cette Noblefñë ui ne connoît , qui fe voit, qui NE » à . nc de vrai bien que l'honneur & Frs « » Tel eft Fétat néceffaire d’une Mo.
fur la Littérature Moderne. 276 3, la gloire. Le refpe& & la confidé- , ration. font pour ces Miniftres & ,, ces Magiftrats, .quine trouvantque ;, le travail après le travail, veillent ÿ, nuit® & jour pour le bonheur de » l'Empire. ,, On vit ;: des fortunes fcandaleufes ; c’étoir 5; une des calamités des guerres de »; Cinquante ans : mais pour lors ces 5; richéfles® furent regardées comme ;, ridicules , & nous lesädimirons.. … 1 d er. ‘ - ! > --,7 Un Etatbien gouverne doit met- » tré pour le‘prémier article de fa dés> pente , une fomme réglée pour les >» cas fortuüits. IL en eft du Public com- 53 te des RÉ , qui fe ruinent ; 3; lorfqu’ils dépenfent exaétement les. 5; révénus de leurs terres. ,, Un Prince à qui on demandoit s; pourquoi il ne bâtifloit po d'HÔ: 55 pitaux dans fes Etats, dit: Je rens> drai mon Empire fi riche, qu'il 5; N'aUrA Pas befüin. d'Hôpittux. JL >'auroit fallu ‘dire + je commencerai »; par rendre mon Empire riche, & 3; JC bâtirai des Hôpitaux. ©; ÀA Rome, les Hôpitaux font que: bien dans, les tems pañés 4
NO 376 : <Obfirvations >; tout le monde eft à fon aife , ex. >» CEPté CEUX qui travaillent, excepté >, Ceux qui ont de F'induftrie , excepté ,; CEUX Qui cultivent les arts, excepté » CEUX qui ont des. terres ; excepté » Ceux qui font le commerce. ÿ Finiflons cet article, & voyons quel rapport a.le climat avec les différens Gouvernemens. Comme il:y a,des Gouvernemens detrois fortes, le Républicain., le Monarchique , l'arbitraire , on diftingue pareillement trois fortes de climats, lé froid , le chaud & le temperc. Pour trois fortes de rai- {ons aufli, dont les unes font bonnes, les autres mauvaifes , les autres. douteufes , l’Auteur prétend que la forme du gouvernement dépend toüjours de la nature du climat :: que les. pays froids , par exemple ; conviennent mieux au gouvernement modéré, & que la chaleur des pays d'Orient s'accorde davantage: avec le gouvernement arbitraire. Voyons quelles font fes raifons. Je comménce par les mauvies! ie rx Ori #4 L'air froid refferre: les: extrémités des fibres ; augmente Fa reffort , pris
états mis à 2 bitt " c b'obdé th de < sd EL * + « ‘ fur la Littérature Moderne. 2177. donne au corps plus de force ,-& à lame plus -de courage. Le courage conduit à l'indépendance , à 1e ‘dance au gouvérnement le plus libre , le gouvernement le plus libre , c’eft le gouvernement moderc ; donc le gouvernement moderé s'accorde mieux | avec les pays froids. LE | Aufli l'Auteur -appelle-t'il 1e Nord | de l'Europe, ,, la fabrique des inftru- >» mens -quibrifent les fers forgés au >, midy. C'eft-là ; dit-il ; que fe for- 3 ment ces nations vaillantes qui for- ;, tent de leurs pays pour détruire les . 5 tyrans & les efclaves, & apprendre >» aux hommes que la nature les ayant 35 fait Égaux , la raifon n'a p les rens; dre dépendans que ‘pour leur bon: ik heur. , Je ne puis m'empêcher de me récricf ici avec une admiration mélée d'extafe , ah! que ces paroles {ont belles | qw'elles font admirables! elles font divines. Quél dommage de les faire fervir de conféquence à un faux principe !'mais achevons le raifonnement de Auteur. | L'air chaud relâche les extrémités des fibres | afoiblit leur reflort, di-
278 Obférvations minuë Jes forces, &.caufe au cœur une défaillance. Cette défaillance produit la timidité , la timidité mene À la dépendance, la dépendance à la {ervitude , la fervitude au gouvernement arbitraire; donc le gouvernement atbitraire s’accommode davantage des pays chauds. L'URSS PER E ,, I ne‘faut pas doncêtre étonné , :, Conclut l’Auteur ; que 1e courage ,, des-peuples des climats froids. les > ait maintenus libres, & que la la- ,, Cheté despeuples des climatschauds, ,, les ait prefque toüjours rendus .ef- F ,, claves. C'eit:un effet qui dérive.de 5; fa caufe naturelle. | Je crois avoir fuifamment démon- | tré ailleurs , que le chaud ou le froid | ne font point la. çaufe naturelle de la Jacheté ou du courage , ce w'eft donc nile froid ni le chaud qui produit la liberté ou la fervitude,;.ce.n'eft donc ni Pun ni l'autre non:-plus, qui intro- | duit dans un Etat Je gouvernement | moderé ou le defpotique. Eh!.quei,, le climat de Mofcovie eft-il donc aufli | Chaud que celui de Sparte & d’Arhc- | nes ? Cependant Ie Czar eftun defpa- | aie | , LE
fur la Littérature Moderne. 279 te dans fes Etats, & ces deux dernicres villes étoient des Républiques. La Botte de Charles XII. auroit gouverné à Stokolm comme un Prince defpotique ; & Denys avec tout fon clprit , fon induftrie, fes forces , fes richefles , fa politique , n’a jamais pü fe maintenir {ur Je Trône de Syra- Cufe. Il fait pourtant bien froid en Suede , &bien chaud en Sicile ; preu- ve évidente ‘que ce n’eit ni le froid ni le chaud qui décide de la forme du gouvernement; où ; file climat y fait quelque chofe , ce n’eft pas du moins pour la raifon que l’Auteur en apporte. En voici une autre, & il me paroît que c'eft la bonne. Selon qu'un pays eft plus ou moins ctendu , plus où moins fertile , il eft aufli plus ou moins propre au gouvetnement defpotique, il convient plus OU MOINS au gouvernement modéré. En'Afie , par exemple , il y a de plus grandes plaines qu'en Europe , elle eft coupée en plus grands morceaux par les montagnes & par les mers. Comme elle eft plus au midi , les fources Ydont aufli plus aifément taries , les
286 + »Objervations >» réCages , où chaque troupe fe car: ,, tonné , & forme une petite nation. Or une petite nation , comme on. l’a déja dit, n'eft point propre à faire un. Etat defpotique. ‘Le Gouvernement monarchique ne fçauroit non plus sy établir 5*puifque tous les hommes y font égaux. Le‘Républicain voudroit y faire des Loix ; & l'on ne veut reconnoître .parmicesipeuples , que celles dela nature. Chez'eux la liberté de l’homme eft fi orande , qu'il eft prefqw’impoñtible#d'en" faire des Citoyens , aufi n’y voit-on que des fauvages qu y vivent dans un excés d’insus ance , comme dans les pays defpotiques on n’afperçoit que des efclaves qui y fouffrent l’excés de la fervitude. Maïs ce qu’il y a de fingulier , dans les principes de l’Auteur ; c’eft que la même caufe qui foumet les peuples en général à PReR Ce arbitraire, les fouftrait en même tems a ce pouvoir; ce qui multiplie les efclaves ,argmente auf le nombre -des hommes libres ; ce qui introduit dans certains pays les Etats defpotiques , formé
Re — ee ; ? - für la Littérature Moderne. 287 dans d’autres , les Nations. indépen+ dantés ; je veux. dire la fertilité des. retrés, », Et Amérique, dir l'Auteur à 3, la terre ne He beau- » coup de’fruits dont on peut fe nour- ,, rit: la chaffe & la pêcheachevent de: >, mêttre les hommes dans l'abondan- Ce: De plus, les animaux qui paif- » ent réüfifient mieux que les bètes ,, Catnacicrés.:,, Il devoit donc conclure , quel’Arcrique cft un pays propré au defpotifme , puifqw'on y jotit d'uné fi grande fertilité. Point du tout ; il raifonne à préfent d’une autré maniere : Ce pays cft extrèmement fertile, » C'eft CE qui fait, dit-il, qu'il y a tant ,, dé Nations fauvages. ,, C’eftà-dire, de Nations libres. La fertilité des terres eft ici Comme ces nuages où l’on voit tout ce qu'on veut. Il Ya encore une autre raifon qui fait dépendre la forme du Gouverne- Ment.de la nature du climat. Ellenë M a pas perfuadé , maisÿje fens qu'elle peut faire impreflion fur d'autres. La voici, Dans les pays chauds , il eft néceffaire de retenir. les femmes dans une
188. Obfreatios | efpèce d’efclavage domeftique ; c’eft ce que l’Auteur a tâché de prouver ailleurs. Cet efclavage ne Se convenir au Gouvernement Républipre Es (PT ke que: SHES À 4 43043 . çain , Où la condition. des, Citoyens cft bornce ÿ égale, douce, moderée ; & où tout doit {& reffentir. de la li berté publique; le Gouvernement Républicain ne peut donc pas s’accorder avec. les pays chauds. Âu.contraire , la fervitude des fémmes eft trés-con- forme au Gouvernement defpotique ;. c'eft dans les.pays-ott les femmes font efclaves, cC’eft-à-dire , dans les. pays chauds, qu'on doit mieux s’accommoder de;ce Gouvernement, Voilà tout ce que j'ai pû ramañler de côte & d'autre dans cet Ouvrage au fujet de la politique, Ce. Livre eft comme un amas de plufieurs riches métaux fondus enfemble , & qui: en forment une malle précicufe , mais informe: Sembläble à un Chimifte , j'ai féparc toutes ces matiéres, & j'ai tàché de les mettre chaçune dans la place qui leur convient. | | |
AR TOME XI. EPITRE SR VLL De M. L'Angé pe L'ATTAIGNANT 3 A M. L'ABBé DE LA PORTE. Sur la Critique. "AUTEUR de cette petite Epiître n'avoit chanté jufqu'ici , que le vin; fes amis & l'amour. Il prend aujourd’hui leflor., &-voilà qu'il s’éleve jufqu’à la fublime region des Auteurs. Ih'avoitdonnédesleconsau'aux büveurs & aux amans ; il en LR actuellement à ceux mêmes qui font chargës d'en donner aux aufres. Ce font eux en effet qui en on le plus Loin; & c'éftrendre un/és-grand Tome II. # BI ) OBSERVATIONS SUR LA LITTERAEURE
4 Ph ES re Le Te. |! je É let ans + 4 F ns % 200 … Obfervations férvice à fa Littérattüre que de-com: mencer par bieninftruire ceux qui {e mêlent de vouloir inftruire les gens de lettres. Aufli n’a-t’on.inferé l’Epître fnivante dans ces Obfervations , que: parce qu’elle renferme des régles de critique qu’un Journalifte ne doit jamais perdre de vit, Ce font d’excellentes leçons que l'Auteur nousdonne, & que’ nous plaçons iet pour nous fervir de guides ;.ou pour tre un jour notre condamnation #s’il atrive que nous nous en ÉCATEIONS jamais. On “expofe avec beaucoup d’elprit & de difcernement les obligations de ceux qui rendent compte au public des ouvrages d'autrui, & l'on peut regarder cette petite Pièce ; comme unc cfpèce de Poëme didactique, fur les devoirs d'un boncritique. Les vers en font legers , facilés , naturels , & tels enfin , qu'il meft pas difficile d'y reconnoitre V'Auteur des Picées dérobées. S'il leur a laifé quelques négligences , c’eft pour ne point leur donner ui air trop étur | dié ; fon génielibre & aifé veut que tout ce il produit porte le:m£me - caractère. V'étoit bicnæflez pour lui
la Poëfie , une exadtitude pedantefques fur la Littérature Moderne. : 739% : < ! qu'il nous donnât des préceptes:, fans qu'il joignit.encore à la contrainte de EPITRE, CHaRMANT. Abbé-;-j'aurois bienlieu. . . De m'enorguéillir âe la place Qu'entre Anacreon & Chaulieu , Vous me donnez {ur lé Parnafe. À peine j'autgisen l'audace De m'aller mettre en rang d'ognon Auprès de notre ami. Coulanges, Qui, comme moi, bon compagnons Eut autrefois quelques loüanges Des gens de fa focieté, Pour de petites Perodies, Et Chanfons quelquefois jolies ». it Que dans le fein de la gaité, An Avec aifance & liberté Il compoloit , fouvent à table, Tantôt pour un: convive aimable ; Tantôt fur quelque jeune objet, Qui faifoit valoir-le couplet. : Mais quand un auffi bon critique, st Quand un fi grand connoiffeur D'un médiocre & mince Autéêur Fait un fi beau panégyrique, Par un éloge trop fatteut Bbi
CVTE TOP 7 è 2 Le ETS RESTE Obférvations peucb biés lui tourner la tête. Trop d'ehcens ; quoique délicat, D'un fora fouvent fait un fat; ; Mais ma recette eft toûte: prête. Et voici mon contrepoifon à we Pour n'en pas perdre la raifon, Vous m'ävezlû , cher Ariftarque, yes Axer les Jeux de l'amitié + és S'il voit des beautés , au étage Le préjugé qui le féduit, Les augmente &les exagere 5° 5 Et c'eft, de cet ami fincére, Le cœur qui juge, & non l'efprit. : D'une lunette à longue vûe , Qui d'un côté groflit l'objet, Et de l’autre le diminuë , Il fe fert felon le fujet. : Autre raifon , c’eft l'indulgence Qu'on a volontiers pour quelqu'un Qu'on | peut lolierifans conféquence , Et qui i n'eft le riväl d'aucun; Pour un chanfonnier dont la mufe Badine, fans prétendre à àrien, Et qui fecouant tout lien » S'occupe moins, qu'il ne s'amufe, Voilà mon folide argument, Contre votre SLR * | sit ”
“fur la Littératüre Moderne. #93 Pour me garantir de l'ivreffe. Je fens le prix d'un compliment, Effet de votre politefle, = HT Plus que celui d’un jugement se à 70 Dont on fçait la délicatelle. + :: Mais avec d'autres ».CrOYEZ-MOLs | ax Ufez-en d’une autre maniere ;: ADRE:T Vous êtes chargé d'un emploi} Penible & dangereux àfaires | Un cenfeur s'impofésla lois” D'être moins poli que fincere. Il doit loüer, mais fans fadeur, Toutes les beautés d'un ouvrages Son éloge eft pour un Auteur Au lieu qu’un encens trop flatteur À mon avis eft un outrâge. 01 410: Où l'on croit que c'eft badinage ,. 21! quai q Où bien ce ftile adulateur ? #1: 11 Fait imaginer au leêteur GA TRTETE Qu'on achette votre fuffrage, Mais quoique la fadent du siniel Souvent deshonore un critique, On l'aime encor mieux mieux que Le fie À el D'une plume trop fatirique, "ts 7 Si l’on compare aû chien couchaht Le flatteur quistrôp cherche À plaire y © L'autre eft un enragé mordant: Qu'on noyeroit dans la riviere, Un aiguillon qui l'encourages * © p::::,
294 > Ohio Voyez votre er. L Le fameux Abbé Desfonraines ; * Malgré fes talens & fes peines, Jufqu'aprés fa morten-horreur:… On peut avec délicateffe - ST Employer les trairs de Momus, Mais fans excès & fans pie. ; En plaifantant avec finelle.… Par un tour fin & déli Quand on badine & ve e; On imite d'un jeune:chat - Les graces & la gentillefle 5: :: Et la critique plait roûjours;+ Quand il fait patte-de velours. Au lieu que l'on ait la rudeffe Et la ferocité d'unours Qui d'abord emporte lapiéce. ; |, Frappez donc ,, mais àpetits OUPK» Pour éviter la fécherefes. On réveille plus qu'on nebleffe Lorfque l'on frappe fans: courroux, . | Ce qui rend féche. ja matiere Des Journaliftes Trevoux, dre C'eft qu "ils ne P vent » Comme vous, A leurefprit donner carriere ;. | Comme dans un port un, forçat. Ne fort jamais qu'avec: fa chaîne, Ils font liés par leur état, Et par la robbe qui les gêne... Dei fçauroit ns liberté ” 1
fi la itératuie Moderne. 295 Écrire avec légeretés in Et jamais de riftes efclaves N'ont fur leur front l'air de gaité. Vous qui n avez plus ces entraves ; Et dont les liens font rompus ; Puifque rientne vous contraint plus à Livrez-vous à votre génie ; Se. Affaifonnez toûjours de el Une fage plaifenterie ÿ: Que jamais tienide perfonnel N empoifonne:la raillerie. Quand vous voulez , vous préparez Avec tant d'art unéSatyre ; Que tous ceux que vous effleurez Sont eux-mêmes forcés d'en rires Et jamais vous ne déchirez ; Excepté dans ceïtain voyage ; Ceci ne foit dit qu'entre nous ; ” Je vous aurois trouvé plus fage Si vous étiez refté chez vous: Mais n'en parlons pas davantage. Quelqu'un qui me plaît bientericot ; Qui, comme vous, a pris l'éffor , C'eft Freron, ce gentil confr CEE s PFetillant de fel & d'efpritsrme Mais qui plairoit fans pre ee - Beaucoup plus , ftfop de côlere ; ; so D'antipathie & de dépits (73 N'animoititout ce qu'il écrit LR Bb:iv: J sa
“#02 se" Obfervations ROONÉEE Jalettre initiale K, &pouf. fer fon haleine avec violence. Voilà bien la fcene de M. Jourdain & du maître de Philofophie dans le Bourgeois Gentilhomme. | * Que les Anglois ayent traduit parcilles chofes dans -leur langue , je n'en fuis point du tout. étonné ; ils ont beaucoup de goût pour les maticres ennuyeufes ; mais qu'un Francois les ait renduës dans la nôtre , voilà ce qui fait le fujet de mon admirations Les Articles qui concernent la Mcdecine offrent plufieurs remédes dont la connoiffance feroit très-précieufe à la focieté, fi leur éffet étoit aufli fnfaillible, que ces Mémoires nous l’affurent. On y trouve contre la goute un fpécifique admirable , & qui ne paroïît pas d'un ufagebien pénible, On apprend art de rendre Fotifc aux QUE s , la parole aux mucts, la vüë aux aveugles. On y enfeigne des fecrets merveilleux contre toutés fortes de maladies, excepté contre l'ennui; & rien enfin ne manqueroit à ce Livre , fi à tant d'avantages siljotgnoit ne
Que É RS mg - in Aer: ps fur la Littérature Moderne. 303. celui de fe faire toûjours lire avec plaifir. sain à > 5 POUESS Ceux qui travaillent au grand œuvre A° PB à" : feront peut-être charmés de lire dans ces Mémoires deux differtations, qui ctabliflent la poflibilité de la-pierre philofophale., par voie de railonnement, & par voie.d’expérience. Mais je crains que les gens fenfés ne fe rendent pas plus aux témoignages qui affurent la tranfimutation fuite & réiterce plufieurs fois, des diftrens métaux en or véritable , qu'aux raifons apportées en faveur de la poflibilité de cette tranfmutation. Ce que j'ai trouvé de plus fingulier fur ce fujet, c’cft l'endroit où l’Auteur examine Pourquoi fi peu de perfonnes ont découvert ce fecret ? Outre la durée & l'afiduité du travail , la bonté des matériaux & des inftrumens , l1commo- dite du Laboratoire , il fant encore , it Auteur & ceci-eft admirable ; 5 il faut être un Ta Thcologien , » Pour pouvoir fe conduire envers 5, Dieu & fon prochain d'une ma- » nicre à attirer la bénédidion du ss Ciel. Il: faut être en fecond lieu
#04 * Obférvations : »» parfaitement verfé dans la Morale ; >; pour pouvoir renoncer à toute pal- >; fion particulicre ,' & ne point fe 3, livrer aveuglément à tous {es défirs, . Les Prédicateurs ne noûs en deman: . dent guére davantage pour gagner le Ciel. ‘Hs nous difent que pour acquetir la perfection du Chriftianifme , il faut commencer par rénoncer À fon or ; & l’on prétend ici que pour avoir de l'or, il faut commencer par acquerir la perfe&ion du Chriftianifme. C'eft peut-être là Ce qui a fi fort enrichi nos Moines : ils ont fait vœu de fuivre les confcils dé l'Evangile, voilà la perfcétion du Chriftianifme; faut-il donc s'étonner s'ils poflédent de fi grandés richeflés ? Ils ont la pierre philofophale. Parmi les: Mémoires qui ont rapoft à la Phyfique , il y en a qui établifiene > par. férentes découvertes , la végétation des métaux , & en pars ticulier celle de l'or & de l'argent. Ce Livre ne roule D que fur l'or, ou fur les moyens d'en avoir ; il peut faire la fortune à toute forte de gens ; &c'eit peut-être le plus ucile qui ait puu
fur la Littérature Moderne. 30 re paru depuis les fecrets. d'Albert le Grand. Il y eft fait mention. d'un Palmier d'or qu'on a trouvé dans des Mines fur le territoire déLyon ; & quiimitoit fi parfaitement l'nature , qu'on le jugea digne d’être préfenté à Henri IV. Voici quelque chofe de plus admirable encore : en Hongrie on a vû des jets d'or fortir de la terre &. croître en plein air; il n'eft pas extraordinaire d'y: trouver des eps: de vignes chargés de ce métal précieux , & des pepins de raifins qui renferment des grains d'or. C'eft A Tokay. princi. palement que ce prodige eft fort comrun ; ‘il n'eft pas étonnant qu'ony boive de fi bon vin ; c'eft peut-être de J'or potable. | : Voici une des curiofités naturelles contenuës dans ces Mémoires ; qui me paroît fort finguliére.}] y à uné Montagne de la petite Pologne dans le Palatinat de Cracovie. ; {depuis long-tems on à remarqüé uc dans ce pays-R , on voit toijours de chofes pie extraordinaires. que partout aileurs ) près de Cracovie onC il y a neMontagne 3 & dans cette Mon- Tome II], Ce
Bo = Oran ‘tagne, une Fontaine.,, dont l'eau s’en- ,; flamme comme l'efprit de vin le ,, plus fubtil , lorfqu'on «en approche 3, un flambeau. Ce feu ne s'éteint pas 5 de lui-même ,"ä moins qu'on ne le 5» diflipe en le foüiettant avec du ge- >> neft. II y a environ trente-cinq ans 5; Que les Habitans ayant négligé de >, léteindre , il gagna infenfiblement 3 ous terre, s’attacha aux racines des ,,atbres, & réduifit en cendres tous 3» les bois des-environs, & ce ne fut > qu'au bout de trois ans qu'on vint :, à bout de l’éteindre..,, Cette Fontaine eft appellée la Merveilleufe ; & elle opere en effet une infinité de prodiges. Elle cft furtout aufi falutaire aux hommes , qu’elle eft funefte aux arbres & aux forêts. On aflure que le Jlimon qu’elle dépofe eft excellent pour a galc , largoute inveterée & la paralific. Soheau et odorante & a le goût du lait. Elle à là vertu de purer les hommes , & de leur donner . de la vigueur & de la gaité ; ceux qui habitent dans fes environs font exemptswde maladie. & vivent treslong-tems. C’eft peut-être la Fontaine € Jouvence;
Pme re fur la Littérature Moderne. 307 Ces Mémoires peuvent être utiles à bien du monde; ils le font, com- RS on a vû aux fourds, aux muets & aux aveugles ; aux édecins , aux Géographes aux -Chimiftes ; à. ceux qui ont la-goute , la paralifieou la gale. Lls le font auf aux Laboureurs, aux Jardiniers . aux Marins. Ils enfeignent la maniere de faire des lampes qui éparenenb l'huile & augmentént la’ lumiere ; d'améliorer les terres ftériles , Méauer & fabloncufes ; de multi ligr’le bled ; de renouveller l'écorce des ‘arbres sBcdétdefäler: l'eau de la mér. Ils contiennent encore une infinité de curiofités naturelles que je ne-rapporte: pas:ici rce que cela ne mé:paroît-ni de ni naturel. Voilà tout:ce que j'avois à dire.de ce Livré Allemand traduit: de: LR lois ‘en François, DEC La Cci
308 1.) Obférvations: ÉHOACRAIE CEE RIIL" MERE" T CR ES baies à $ à: ds 2 ORRAAUTE DE LA CAUSE r - EN > \ YSET :pBs:-PHÉNo MENES NT: " DENDELE CHARLOTTE 10 À Ré niiiole “rt à L .— © Par M Boulanger: Comme il y'a des tems propres pour chaque production de la nature , 11 y a aufli des faifons différentes pour les diverfes éonnoïffances de: l’efprit. Le fiécle pañlé ctoit le fiécle des fleurs; le fiécle préfent-eftile fiécle des fruits. TL'utile à fuccedé, à l’agréable, & le regne des Sciences a. remplacé celui des Lettres. Nos perés :parloïent &c écrivoient mieux que nous ; Mais nous ommes mieux inftruits & plus éclairés que ne l’étoient nos peres. Aflis au bas dela Mbnrigne pars RS a violette & les rofes, ils jouifioient fans doute d’un point de, vûë plus agréable, mais leur horifor étoit plus borné. Placés fur le fommet nous portons plus loin qu'eux nos regards <d nous touchons de lœil cs, quais n° > “= LA
© fur la Littérature Moderne. 309 teignoientque de la pénfée. Que dis-je! ils-n’avoient pas même idée de la lûpart de-mos découvertes; 82 nous recucillons une moiffon abondante . dans-des lieux qui leur avoient toùjours paru-ftériles, Le monde seft Sy richi entre-nos mains, & nous laïlferons à nos neveux plus de bien que nous n'en avons hérité de, nos. peres. Ce n’eft pas que :nos, prédécefeurs ayent - ignoré abfolument jufqu'aux principes. de: nos.connoiflances ; mais ces principes étoient pour EUX çommeE ungerme caché.qui ne devoit point encore éclore ; ou, fi l’on veut , ils avoient l'arbre &: nous avons le: fruit. IL'enseft de prefque toutes, nos découvertes mi Re ,; comme des effets de la gravité de l'air :.on fçavoit, par. exemple , que: plus on gonfloit un balon , & plus il devenoit péfant ; Ariftote lui-même l’avoit dit. On fça- Voit donc » pa conféquént, que l'air avoit. de Ja cfanteur Cependant combien, de’fiécles après Ariftote , wa-ton: pas:attribué à l'horreur du vuide ou à d’autres qualités occultes , lation de l'eau qui s'éleve dans le
HART OR CR d ne 310 + Obférvations : _ tuyau d’une-pompe ? De même :dane Ja plüpart des chofes naturelles on. 4 bien püavoir quelques notions de 4 caufe; fans-en avoir des effets. C’eft ce que je de particuliérement dans ce -qui va faire la matiere: de cet Afticle. Onfçait:, il:y a très-long tems', que certains Corps enattirent d’autres ; que l’aimañtattire le fer :; que lambre! & le verre Échauffés par lc frotementenlevent: de petites: pailles & d’autres maticres éxtrêmement Iégeres : il y a donc très-long tems que l'électricité eft-connuë ; :maisice que lon ñe connoît que depuis:fort peu ‘dé tems, ce qui n'étoit Irefervé qua notre fiécle ;: ce font ecsiphénomences ädmirables , dont nos peres n'avoient pas la moindre idée. Hs ne fçavoient pas , que par Le frotement dun globe de verre tourné ’rapidement {ur fon. xe , nous devenons des hommes de feu. Plus prompts que la oudre & lefalpétre!, nous nous enflammons au preinier choc , 87 nous brülons tout ce qui nous touche. Plus terribles que ces dragons de‘la fable, le feu noûs fort de toute pats"ét nor
fur La Littérature Moderne. | 3 1T tre corps eft comme une fournaile ar dente , d'où PE membres , comme . autant de fotipiraux , répandent le feu - la Hamme & le fouffre fur tout ééqui nousenvironne. Maisavant de rendre compte de ces prodiges ; avant d'entrer dans l'examen de cet ouvrage , je vaisexpofer ici en peu de mots; comment , & par quels degrés nous avons fait la découverte de tant de ICLV ELLES SAS SR ES Gilbert , Philofophe ‘Anglois ; ‘obferva le premier que le fouffre , le verre & beaucoup d’autres matieres étant frotécs avec aflez de force, devenoient capables d'attirer -d’autres corps. Premier effet de lélericité , L'ACTAEUORRE Guerrick de Magdebourg , par le moyen d'une manivelle, fit tourner un globe de fouffre fur fon axe , y appliqua Ja main, & vit qu'une pe- UtC plume en-étoit attirée avec un fil à la diftance d’une aulne , & enfuite repouffce. Cette plume attiroit ellemême la poufliere qui l'environnoïit, Voilà donc encore É nouveaux phénomencs ; la Communication & 4 Répulfion.
318 | Obférvations térieur du globe , &,le-compriment. de air comprime les repoufle avec précipitation hors du globe; & comme elles font extrêmement délices À elles raréfient l'air extérieur qui eft entre le globe & le corps légér qu’on lui préfente, Alors l'air qui environne ce corps leger , ne fe trouvant plus en Cquilibré , exerce fon élaficite , s'érend, & porte ce corps contre le globe qui paroît l’attirer à lui. Secondement , li communication, Un globe de verre éleétrifé lance comme on l'a dit , des rayons d’un fluide extrèmement délié, & trés-propre par conféquent à sinfinuer dans toutes les matieres. Si auprés de ce globe on place un corps qui foit perméable à fes rayons , il eft clair qu'ils doivent s’y infinuer d'abord, & en être cnfuite chafléspar de nouveaux rayons qui leur fuccedent. En fortant ece corps ils rarefient l'air extérieur qui l'environne , & par là rendent ce méme corps capable d'en attirer un au- “Mtre. C'eft donc le globe.éleétrifé qui Jui communique ce pouvoirs Sitôt que la rotation cefle , le reflort
fur la Litrérature Moderne. 31% _Troifiémement , la répulfon. Elle eft une fuite de la communication. Deux corps font aduellement électriques , ils lancent tous deux des rayons d'un fluide très-délit. Ces . . . ! rayons , ayant une direction diamétralement oppofte , fe rencontrent ; +3 . TP UE 4 mais comme ils {ont aufli délices les “uns que les autres , ils ne peuvent pas O- {e pénétrer ; ils doivent donc fe c quer mutuellement. Ce choc repoufle néceffairement le corps qui eft le plus leger. Or le corps le plus leger eft toûjours celui quiavoit été attiré d’abord; c’eft donc celui-R auf, qui doit être repouñié. | : Quatriémement , le Phofphore électrique.. On y remarque quatre proprietés gui le caraétérifent ; la lumiere, l'odeur , le petillément & le feu, Voici de quelle maniere l’Auteur les explique. be avons vü que les parties les us délices du fie: Qu €nvironne es corps , font celles du feu & de Ia lumiere. Quand ces païties font raffemblées par la rotation, quand elles font réüimesien grand nonibre , quel" pi À D d iv
M + 2 ' 320 Obfervations les font fortement agitées , qu’elles fe touchent immédiatement , & qu'elles ne font mêlées avec aucun corps étranger , il eft évident qu'alors elles doivent produire de la clarté. Premicre propricté du Phofphore éledrique. Mais fi pi elles ifs’en trouve de fulphureufes ; nitreufes , on ferrugineufes , celles-cis’enflammeront à l'inf tant , & répandront une odeur de fouffre. Seconde propricté. Que des corpufcules groffiers viennent à fe mêler ces parcelles ; en les reflerrant davantage , ils augmenteront leur refort qui Ctant enfuite comprimé avec le doigt fe debandera, & produira le petillement. Troifiéme propricté. te Si dans ce moment on approche une liqueur très-inflammable , l'étincelle élctrique la penetrera , la divifera & l’allumera. Quatriéme-& dernicre propriété du Phofphore électrique. CAE Cinquiémement , la commotion. La matiere électrique eft extrémement _ élaftique , cela fuit de fa nature. Il Wsénfuit donc aufli que pluselle cit
| Le fur La Littérature Moderne. 321 comprimée , plus elle a de force, & confequemment plus d'action contre les obltacles qu’elle rencontre. Si d’un globe éleérifc cette matiere pañle oi communication dans ce corps voilin, & qu'avec les mains je veuille la renfermer dans ce corps , & l'empêcher de fortir , il eft certain qu'elle agira fortement contre moi , que je fentirai une fecoufle , & par conféquent une commotion. * | Mais voici la grande difficulté , & le feul endroit peut-être , par lequel lingénieux fiftème.de M. Boullanger pourroit fouffrir quelqueattaque. Pourquoi dans certaines circonftances les mains {ont-elles un obftacle au pañage de la matiere électrique , & que dans d’autres occafions elles ne s’oppofent point à ce pañlage? Je m’explique. Je tiens d’une main un verre À moitié plein d'une liqueur éleétrifée ;-une baguette de fer trempe Paru .bout dans cette liqueur , & je/porte l'autre main à l’autre bout de la baguctte. Si je fuis monté fur un gateau de refine , fur des éroffes de loÿe , ou fit. s,
NA 322 Obfervations d’autres corps de cette nature » je n'éprouve aucunc commotion ; au lieu qu'elle fe fait vivement fentir > Quand je fuis immédiatement fur le parquet où für la terre. D'où vient cette difference 2 C’eft dit l’Auteur ; que dans le premier cas mes mains ne font pas un obftacle au pañlage de la matiere cle@rique , au lieu que. dans l’autre cas elles s’oppofent à ce pañlage ; & voici encore la raifon quilen apporte. Quand nous fommes montés {ur des gateaux deréfine , nous devenons trés-perméables à cette maticre; c’eftä-dire, qu'ellépañé aifément & fans aucune réfiftance au travers de nos pores , & que nos Mains ne la retiennent point enfermée dañs la baguette, Comme elle à la liberté d'en {ortir , il eft évident qu'elle-ne’ doit jamaïs y être fort. comprimée ; que jamais par confé it cle ne doitexercer contre nous LS ; © QUE Jamais enfin nous ne devons reffentir de commotion. Le contraire arrivera , fi nous touchons le parquet immédiatement ; parce qu'alors, dit M. Boulanger , nous ne fommes plus perméables aux DNS à de A
me. rem s eo far La Littérature Moderne. 323 parcelles électriques ; elles ne fçau- % 1 roient plus pañler au travers de nos pores; & nos mains, parconféquent à les retiennent comme enfermées dans labaguctte de fer. Elles doivent donc y être fortement comprimces ; elles doivent y exercer contre nous leur reflort avec violence , elles doivent enfin nous faire éprouver une commotion. Mais on va plus loin, & l'on demande à FAuteur pourquoi , lorfque nous fommes montés fur des gateaux de réfine , nous ago percables où fluide cleétrique ; out- Ai nous ceflons de Pêtre nt touchons immédiatement le parquet ? Sa réponfe quoique fort ingénicufe ; n’eft peut-être pas auf fatisfaifante , que le refte de fon fyftème. IL eft für cependant qu'elle dénote un grand Phyficien , un homme accoûtumc à remonter aux principes des chofes , &'à nepoint quitter la nature qu'elle ne lui ait revelé CR eut bien fe faire qu'elle lui fe quelque fois de faufles confidences , mais elle les accompagne de tant de vrai-fem- blance , il fçait.lui-même nous les ren- en VV
324 Obfervations dr (es fi probables : qu'il n'y a Prefque perfonne qui ne les prenne pour des vérités. Pour bien faire entendre à réponfe , il faudroit que j'entraffe ici dans une efpèce de difértation phyfique , dans laquelle il eft plus court & plus aifé pour moi de ne oint m'engager. Ceux qui aiment ces fines de matieres la liront ‘dans fon livre avec plus de plaifir ; &les autres me {cauront bon gré de n’en avoir tien dit dans cet extrait. J'ai raconté au commencement de cet article, par quels degrés nous étions parvenus’ à la connoiflance des Principaux phénomenes de l'éledricité ; il eft jufte en le finiffant, de dire aufli un mot fur ce qui s'éft pañlé depuis que ces phénomences nous font connus. La découvefte d’un nouveau pays eft ordinairement le fujet de bien des guerres ; les premiersventus croyent être en droit de s’en emparer, & il faut bien livrer des combats avant de ouvoir s’eñ rendre paifible poffefièur. Voili juftement ce qui elt arrivé partouts, mais principalement en France, RARE, ait la dé » apres qu'on à cu fait Ja, découverte be e | méiiaans Dr TRE
| fur la Littérature Moderne. 321$ | du pays éleétrique. Tous nos Philofophes voulurent d’abord s’en rendre maîtres , & ce fur à qui s’ établi roit le premier L'illuitre M. l'Abbé | Nollet qu'on regarde depuis long-tems | & à juite titre , comme le plus grand Phificien de la nation, & peut-£ètre de toute l'Europe , ne fut:pas des derniers à ccrire fur cette matiere. Il fit un livre fur les nouveaux phénomenes. Or faireun livre fur une fcience , cet comme envoyer des colonies dans un pays nouvellement . découvert; c’eft.déclarer qu'on y a des x droits bien acquis: IE.én avoit fans doute dès-lors d’incontelftables , mais il en a mérité beaucoup d’autres de- = puis ,:par les’ grands biens dont il a Enrichi ce nouveau monde. Il eft entré dans ce pays comme le Soleil paroît fur notre hémifphere , pour y porter la lumiere , la chaleur , la fécondités, abondance. Aufi ne lui a-ton pas difputé fes drêits ; on a voulu feulement en limiter. l'étenduë, Quelques-uns ont crû qu'il vouloit fe former un domaine à lui feul de toutes ces nouvelles terres , & que nul
316 Obfervations autre ne pourroit y avoir d’établiffement. D'autres fe font imaginé qu'il prétendoit En faire un ctat défpotique , où tout feroit réglé felon fes loix & fes ordonnances. Ces bruits qui fe répandirent fourdement , cchaufferent les efprits; on craignit que le gouvernement arbitraire ne s'introduisit dans une République libre , & qu'un fimple Citoyen ne voulûtenêtre le defpote. Je ne fçais fur quoi tout cela étoit fondé. Mais il eft für que les autres Phyficiens en furent allarmés. Cependant il y en eut trois qui furent plus hatdis que les autres, & qui entrerent dans le nouveau pays les armes à la main..]ls n'y trouverent aucune réfiftance ; &il fut même permis à chacun de choifir le canton qui lui plairoit davantage , pes S'y établir: On fit plus : on leur donna la liberté de gétendre autant qu'ils 1C jugeroient à Propos & de faire dans cc nouveau monde , de nouvelles découvertes # à une condition Cependant, du moins à ce qu'ils ont dit depuis, c’'elk qu'ils ne s'écarteroient Jatnais des loix qui y avoientétéétablics » LCR DTA
fur la Lättérature Moderne. 317 avant eux, par celuiqui les avoit pré- | cedés. Cette claufe leur parut dure , & loin de s'y foumettre , ils allerent DT a détruire ces mêmes loix aufquelles on vouloit les affüjettir. Dèés-lors le mécontentement devintréciproque ; on publia de part & d’autre des manifeftes ; la guerre fut déclarée. M. lPAbbé Nollet , dans un feul écrit , attaqua fes trois adverfaires , & ceux-ci fe défendirent féparcment. Cela donna lieu à quelques invectives , effets ordinaires de toutes les difputes qui s'élevent entre les Scavans. Le fang n’ÿ eff jïmais répandu, mais en revanche , on s’y dit beaucoup d'injures. Hy en eut parmi nos combatans , qui garderent l’incogniro ; d’autres mirent leur nom à la tête de leurs ouvrages: On à attribué à ceux qui ne fe font point nommés , plufieurs Ccrits aufquels ils n’avoient cu AUCUNE pare. Lelle, cft en particulier une certaine Lettre à M. l'Abbé Nollet , dont on a dit que M. Boullanger étoit l'auteur , & qu'il défavouë authentiquement. Parmi ceux qui ont fuivi M. J’Abbé Nollet dans le pays de l'&- Na EX e * .K + \ ver ER TE RENE EAN ANRT ET EE PSE RE er
CE pt pee Potage vec épentinure : ÈS 33 re ï L ME mm mi mm nr LE — TES A Obfervations. gea l'Académie des Sciences établie & Dijon , à propoler pour le fujet du Prix de l'année 1748., qu'on déterminâc Comment fe fait la tranfinifion des maladies héréditaires. Cette quéftion:annoncée dans les Journaux , fervit ,: r hazard , de matiere à une converfation à laquelle fe trouva l’Auteur de cette Differtation. ;, Elle fut, dit- Sal, - fort ingénieufement difcutée 3 ,, mais touS#les raifonnemens qu'on , fit , me parurent fondés fur un faux - principe 5 jesdemandois quon prou- 3, vât préliminairement l'exiftance de ,, ces maladies, ; Gela étoit bien jufte; car s'il eft faux quil y ait des maladies , qui, par fucceflion pañlent des” peres aux enfans , il eft inutile , ridicule même , de rechercher comment fe fait cette tranfmiflion. En 1724. l'Académie Royale des Sciences - de Paris, prôpofa pour fujer du prix welle devoit donner cette mêmeannée: Les loix du choc des corps durs. M: Bernouilli fitun difcours qu'il envoya à l'Académie ?. & dans ce Difcours il commençoit par prouver qu'il ne pouvoit pas Ÿ avoir de pareils. corp: dans it pas : ee °° Late
bus cree. ©. für La Littérature Moderne. 335 la nature. LL faut donc bien saflurer des faits avant que d'en rechercher l& caufe. De grands Phyliciens , dit M. de Fontenelle , ont fort bien trouvé la‘raifon pourquoi les lieux fouterrains font chauds en Hyver, & froids en Etc ; maïs de plus grands Phyficiens encore ont trouvé que cela n'€- toit pas. Il falloit donc , avant de chercher la folutiou du Problème propofé par l'Académie deDijon , examiner sil y a véritablement des maladies héréditaires. C’eft-là , fans doute, ce que M. Loüis a eu principalementen vüë , en compofant ce Difcours. Peut-être même ne s’eft-il declaré contre l’exiflance de ces maladies A que ÈS cngager les perfonhes de fa Profeflion à défendre le fentiment oppofé ; & procurer , par ce moyen , des éclairciffiemens % une matiere , dont la difcuflion ne peut que tournerauprogres de d'Art. Quoi qu'il en foit , il eft certain qu'il n’eft point trop attaché à fon opinion ; & il aflure des fentimens de la plus fincere reconnoiflance , ceux qui lui feront Voir qu'il s'eft trompé. ss
36 - Obfervations … J'aidit plus haut, pas toute équivoque ; ce que F tuteur Entend par Maladies héréditaires. Ce n'eft pas , comme on l’a vû , la fucceffion conftante d’une maladie dans une famille ; Fexpcrience prouve affez , qu'iln'y en a point de cette.efpèce. Mais c’eft une difpofition à telle ou à telle maladie; Jiquelle difpofition les parens ont reçûë de leurs ayeux , 8& qu'ils tranfmettent enfuite à leur poftérité ; fans qu'il foit néceflaire qu'ils éprouvent ‘amais eux-mêmes la maladie que cette difpofition procure. Or M. Loüisprétend que la difpofition à telle ou telle maladie ne peut jamais être héréditaire , & voici la raifon qu'il en donne. Ou tous les hommes naiffent fucceffivement les uns des autres , de facon quele germedu fils ne doit fa formation qu'à la vertu-produétrice de fon pere; où bien nous Ctions tous renfermés dans le premier homme, de maniere.que les produétions fucceffives ne font-qu'un développement des germes qu'il contenoit. Dans Fun & dans l'autre Sentiment pdreft CLS L de tain , 1
| ! fur La Littérature Moderne. ep F4 tain , dit l'Auteur , que la difpofition à telle maladie ne féauroit ètre un héritage. Car'fi lon dit.que nous ctions tous renfermés dans lé premier honime, il faudroit, pour quecerte difpofition füt héréditaire , que par une volonté particuliere & déterminée du Créateur , certaines fuites de germes cuffent cté affeétées vicieufement dans la création ; Ce qui ne doit, ni ne peut être fuppofé. Si aucontraire le germe dufils ne doit fa formation qu'à la vertu produ&rice dt pere , ‘il cît clair alots que les germes des neveux m'exiftoient point dans. leurs ayeux , & que les maladies atfquelles ceux-ci ctoicnt fujets , ne pouvoient par conéquent être tranfmifes À leur poftérité, du moins par fubftitution. Il refle à fçavoir , fi un germe peut acquérir une difpofñition motbif que, dans l'inftant de fx fécohdation, M. Lotiisapporte un fait quidétruit cette idée. Mb * dé Un homme , dans un voyage , Cut à faire à une fille qui luit communiqua le mal vénérien , dont les fYmptômes | Aeparurent qu'après qu'il éut habité Tome LIT, "2 FF | ag * s
tb : PRE -s PR | Obférvations avec fon époufe. Cellezci devint groffe, & l'enfant ne contraéta point la maladie dont fon pere étoit attcint. Maïs on objcéte à l’Auteur ce que Je grand Defcartes dit {lui-même de {a Æanté , qui, pendant vingt-ans , a toûtjours été chancelante , par la mauvaife difpofition que fa mere lui avoit communiquée. Je rapporte les paroles de ce Philofo es les mMOindres particui= farités qui regardent les grands homimés , font agur intéreflantes. Etant né d'une mére qui mOourtt F8 quelques jours après ma naiflance ,, d'un mal de poumon caufe par quel- ,, ques déplaifirs , J'avois hérité d'elle une toux féche, & tune couleur ,, pale’, que jai gardées jufqu'a l'âge ,, de plus de vingt ans, & qui fai- ,, foient que tous les Médecins qui .,, m'ont vi avant cetétns-li , me con- ”,, diminoient.à mourir jeune. Mais Je 2 crois qué linclination que j'ai toù- 3 jours EUË à regarder les chofes Fe ., fe préfentoient , du biais qui me les »,, pouvoit rendre le plus agréables , :, & à faire que mon rincipal contentement ne de Lque Me moi
fur la Littérature Moderne. 339 ; feul , -eftcaufe que cette indifpoli- 3; tion qui m'étoit comme naturile, 3, S'éftipeu”Apeu-entierement pañée. Aprésiice qui à été dit.plus haut fursce: qu'on entend par maladies hétéditaires ;-on {ent.bien que l'exemple de Defcartes ne fait rien contre le entiment de M. Loüis. La mauvaife difpofition d'un enfant ; prévenu. du Mauvais ctat détuel quelfés parens ont contraé , n’eft ‘pointtun héritage , puifqu'elle nelui à été panique Qu'aprés la fécondation du germe dont 1Larété pro deier y EN ” Jeine {çais pas sil feroit auf aie à YAuteur de’répondre à unc autre ob- Jection qu'on pourroit lui faire , mais qu'il'ne:s'eftpas faite, Un pere a cu la petite vérole ; {on fils ne la point ûE ; fon-petit-fils en eft attaqué. Peut- OR nier que cette maladie ne {oit hé réditaire ; &-héréditaife même par fibfitution #L' Auteur, dans fes principes ,: doit dire le contraire ; cependant nous. fomimes - fi: fort perfuadés qu'elle nous à été tranfinife par nos ancêtres ,-que nous aurons totjours foutés les peines du monde à nous à F fi
HU ‘10 ; 34 Obfervations rendre l-deflüs aux principes de l'Axteur. #10 nt: MOTOR . M. Loûis n’en demeure pas E: Il entre dans le détail de quelques fhaladies particulieres , qu'on croit communément ne-nous venir que par fuc-- ccffion : telles font la pierre , la goute, Ja pthifie. Il -expofc. avec une récifion admirable la caufe & les effets de ces trois maladies ; Al fit VOIr QUE ceux quien font attaqués doivent s'en ‘prendre à eux mêmes & non à leurs ayeux ; ques z Tufage "trop freuent:de certaines liqueuis ; de cetgaines nourritures, & à d’autres caufes érrangeres plurôt.qu'à leurs ancêtres , qu'ils doivent attribuër Hamatiaile conftiution qui les foumet à tous ces accidens.. Voici le raifonnement qu'il faitenfuité pour fervir de conclufion à fo Diféours: 3 Y L + Gette-matvaife-difpolition ; qu'on fuppofe AVOIr-CtC hércditatrement im= primée dans un germe ; affcéte. ou les arties liquides, ou les parties folides de ce germe on ne peut pasidire CCT- He affecte les parties lir- | œainement” qu quides ; Car cn eue un
. PRE TEE na RSS 1 à ÉD Éd <; > wÿ y J$s + %e >" nn, RER fr La Littérature Moderne. 341 Vice humoral dansun germe, fans en concevoir en même tems la deftruction? Siau contraire elle affecte les trame organique feroit mal difpofée , ne pourroit pas exercer peñdant quarante Où cinquanteans fes: fonctions. . avec toutes [es apparences & les avantaÿés dela meilleure conftitution. C’eft néanmoins: ce Qui arrive À tous ceux: en qui la goute., par exemple , ou la. Pierre ne fe déclarent que pendant Mer |, leur vicilleffe, M: Loüis ne regarde pas ce raifonnement comme invincible ; & l'on voit bien que ce nef que l'envie d’avoir de plus grands échairciffemens fur: cette quefhion importante de la Médecine , qui lui a aitentreprendre ce Difcoursi Il effen général fort bien. ccrit ; & ; contrée l'ordinaire de ces for + ouvrages la Icé ure en eft agrcable , par les En net qu'il a trouvé moyen d’yrépandre de côte & d'autre: On remarque furtout dans l’Auteur un zélc extrême pour le Progrés de fon:Art , & un grand défir D, 3 E fi e arties folides ;'elle devroitfe mani- Feller d'abord ; car un vifceré dont l4
r + rendre rofjours plus utile-au- : Pub LL 4 }= "3° es :4r 1 "SL HAAEUR TIC EM ICW) voir va HisTOiRe + | D DUSTADHOUDER AT. © Par M. ALLÉE Rand On voit des plantes.fortir de terre, croître &cséleyer ; fe couvir-de feüil-. les , fe De de fleurs , {e charger de fruits; Le défféchers péri & difparoître ; & toutcela dans le cours d’un. Etc. Pareille chofcarrive dans la Littérature ; &. tels font, aujourd'hui la, plüpart des Ouvrages que l'on nous. donne : l'Auteux les à conçus, , com. mencés & finis ; de Libraire les a im primés, affichés:& vendus ; le Public les a achetés ; ls & oubliés; & tout F cela dans Pefpace de trois mois. Pour de bons à e une dure long-tems , 1l faut welle ait été long-tems à croître s, & elle doit avoir produit bien des. feüilles avant que de pouvoir porter. s. Un Livre fait pour la. Poftérité ne fçauroit être. non plus ofe qauro $ fs
+ fur La Littérature Moderne. 343. l'ouvrage d’un moment ; &il ne doit. {ortir des mains de l'Auteur , que lort= qu'il mérite d'occuper fouvent celles d Public. Si on y laifle quelque imperfection d’abord , que ce ne foit au moins. qe pour le rendre un jour - plus parfait; & qu’on ne le prélente enfin pour la derniere fois à notre fiécle , que quand il fera digne des ficcles à venir. « | L’Hiftoire du Stadhonderat eft cette jeune plante, qui , par lasfuite des tems & avec de la culture , eft devenuë.un-grand-arbte + foible dans {es commencemens., ce neft que par degrés & après cinq éditions toüjours différentes , qu'elle eft arrivée à cette Reu£Aon où nous la voyons aujour- ‘hui. Pendant long-tems on lui reproché de n'étfé qu'agréable ; mais à l'heure qu'il ef ÿonn'y trouvera pas moins de vérité que d'agrément , de folidité que de graces. L'Auteurla retouchée avec un foimuine laifle plus rien à défirer aux Lééteurs ; & depuis bien des annéés on n’a point vû de morceau d'Hiftoireaufli parfait. Les faits y. font liés avec un enchai. ‘ Ffiv
LL! : … 350 Obfervations l …_ propre à la contes d'un grand | Royaume: "20 PR . "On nerpeut pas imier que ce ne-foit, run beau tableau , bien reffemblant; .… «8aique chaque coup de pinceau n'exprime ‘parfaitement où un défaut ou ‘ane vertu de ce Miniftre. Mais le portrait de M. de Louvois eft-il bien à fa _2= placé dans Phiftoire du Stadhouderat , où doit-il y être en grand? Uir-fim- ple Büfte, un Medaillon n'auroit - il pas fu? M. J'Abbc Raynal eft le plus. | nt uë nous ayons, : le plus agréable ;,: le ‘plus brillant; c'eft un Latour: Perfonne n'imiterl’eclat de fon colôtis ; a-hardiefle: de don deffcin , l'élégance de fon pinceau. | On eft étonné. de ne pas le Voir ‘en core placé au Eouvre. C'eft bien là 4 Tendroit quidui convient ; & il Y feroitplusà fa place certainement , | -que le portraït de M. de Lomvoisdans À cette MIOTrE.T | Cet ouvrage & fon Auteur font fi connus , qu'il feroit: inutile d'entrer | dans un pluslongdétail. Je n'en au- . “fois pas mêmeparlé ,'ff je n'avois penfé qu'il convenoit d'sngoncer cette " - D 7 de, :,° a 4 : ré « Pi ns | + +) SD *" pla rs |
Ta D {ur À ittérature Moderne. <inquiéme édition beaucoup plus faite que toutes les autres. ARTICLE XVL 352 ee LETTRES Turques," pa Ÿ 4 i i LeTTres DE NepiM CocéiA, Ox croyoit peut-êtrequ'après les Lettres Perfannes on ne pourroit plus rien dire d’agréable ni de nouveau en L à is. TE TS 4, à ce genre ; mais nos fhœurs fourniffent toujours à pop GepEt nouvelle «maticre à Tlotange &acritique. Car voilà le but ordinäire de ces fortes d'ouvrages; d'expoler au grand jour nos vertus &ùnos vices , no0S belles qualités & nos ridicules. Nous TT fommes aujourd'hui en fpedtacle à tout l'univers ; toutes les nations ont les yeux fixés fur nous. Les habitans du.PCrou & de la Chine’, ceux de la Turquicerde fi Perles -connoif- fent prefque aufli-bien ot nous ‘connoiffons nous-mêmes. Ceuxd'’entre eux qui font venusn France , ont étudié avec foin leicaractère de notre Nation F &:dans leurs Lettres particugi
D 352 >Obférvations dieres, ils nous ont peints au naturel yeux de leurs compatriotes. Tout “a paru fingulier à des hommes dont les mœurs nous paroiflent à nous-mé- À mes fort extraordinaires ; & ce que À nous regardons parmi nous -comme . 3 des vertus, ils l'ont fouvent repréfenté chez eux comme: des vices. Les & Lettres Bergnnes les Lettres Chinoi- {es , les es d’une Péruvienne-, ces dernieres fürtout ne nous ont point pargnés "Mais on pardonne volontiers à Zihiaftou# Le mal qu'elle à dit ; de nous ,:en faveur du plailir.que fes Lettres nous ptocurent. Jamais la critique ne s'cft Exprimée.avec plus de vérité, d’efprit.& de délicatefle ; & Jon ne doit pas fe plaindre de cequ'on eft forcé d'admirer. La nouvelle édition des Lettres Murques ; & celles de ott: Pa ggis qu'on pourroit prefque : mince les deux parties d'un même OUVFASE, Ont aufli une. critique de nos mœurs. Dans les premieres’, une jeunc perfonne , fille d'un Vifir & d'une mere chrétienne , €ft - enlevée de Conftantinoplepar un Gentilhomme Vénitien fon Mat ; lle
PRETR fur la Littérature Moderne. 3. elle arrive en France fut'te Vaiffear d'un riche Négociant de Marfeilles Elle a une fœur mariée à Conftanti* nople ; & c’eft à cette fœur qu’elle. cerit tout ce qu’elle remarque de plus os \ fingulier dans nos ufages. | Dans les fecondes:, Nedim Coggiæ Secrctaire.de l’'Ambafade de Mébemee Effendi ; Ambaffadeur de la Porte Ottomanc à la Coùr de France , fait part à plufieurs de fes amis en Turquie de ce qu'il apprend de plus Curieux, foit durant fa route, foit après fon arrivée à Paris: Voilkquelle eft la matiere de ces deux ouvrages. extrêmement inté_ reflans & bienwécrits. L’Auteur eft ue homme de beaucoup d’efprit ,- fort connu dans la Littérature, & rincipalement renommé par des piéces de * Théâtre d'un. comique fin& délicat, & qui fera goûté dans tous-les-tems.. La defnicre qu'il à donnée au public eft une Petite Comédie en trois-aétes intitulée la C olonie:, précédéed’un' Prolgue. Cette pièce eftabfolument dans le genre comique, genre trés-difficile | - dans lequel'on ne travaille prefque , Plus., Quelques pérfonnes avoient ac- Tome ZI], Gg
ds FT 0 + ie “pas d'y. M dés . s ur peu licencieux ; mais l’im- — Preflion de cettc Comédie a confondu … Jeur impofture. J'ofe aflürer de plus, que ceux qui. la liront fans {ehifler prévenir , trouveront peu de piéces lelé, Cr dll. ‘ardt à « AGE M de à ch ÉS : …, d"£ Ve ‘ P'Eaies os 4 "7 v 4 n ss ; pu F hui © A ie mieux dialoguées, mieux, conduites & plus agréables, Bidéesen cft fort jolie , & LE écu répond parfaitement x li J'av uë néanmoinsque “pourila goûter ; il faut aimer encore . ke comi ue de (oliere. nr: | + AS de:Nedim Cog- À gja on trouvé auf une petite Comé:- | die én un ae intitulce /es Vewves , LÉ dans laquelle 6nsremarque plufieurs, À de ces traits gaiss badins , agréables, E qui cara@érifent tous les ouvrages de D lingéniéux Auteur de lOracle. Mais 4 revenons à Ra fait le fujet de cet articles Le fond de ces Peticoas comme on Li dt: "2 3 +. ja v inc” éfpéce de critique de 1% nos ufages & de nos mœurs faite par 14 “je étrangers à qui tout paroît extra0t+ a Se Fe do nner au public une de-cés. deux ouvrages , il ; à Mfires mc. tirer de lun Te Ce Fautre
à 7» dits 2 fur la Littérature Moderne. © 355 quelques traits que je copierai fans choix , parce Qu'on ne trouve ici que du bon , ded’excellent. Voici de quelle maniere l’Auteur définit la falle de Ka Comédie Françoife. | >» Un lieu où les François s’'affem- » blent à uñe certaine heure, pour » pleurer fur la trifte deftinée de RES | >» ques Hérossqu'ils n’ont jamais vüs » ni connus ; & pour yirire des dé- >; fauts , des foiblefles, des vices & » des ridicules de‘léurs parens , de » leurs amis , &c..,, P’Auteur auroit pù ajouter, «82. des Jeursmêmes. =, S'il étoit permis à Paris d’avoir » plufieurs femmes, çlles y feroient » Peut-être aufli captives qu'en Tur-- »»quie ; mais comme un François ne >> Peut en,avoir qu'une , il ne la ca- » Che pas , de peur que fon voifin ne »; Cache auffi la fienne. # »» I n'eft pas aifé de démêéler fi les >» François ‘aiment Véritablement les- » Etrangers, Où stlsn [ vanité , l'efpêce de coquettériede s’en Ë >, faire aimer. Croiroientsils que f me >, toutes fortes de bonnes façons, 118= ” » doivent tâcher d’adoucir lemalheur ee. Geÿ pb 0
ns Le ide cat tt in EEE CE * Le 2? j id fible de fentir qu’elles ne le font. s. _, pas. Sans les avoir Ë k | EE la beauté ;gjama : :, fures, de parures , & les ctoffes les. plus nouvelles. Je prie là perfonne LE] ù He. LS } ” L à 22 , à qui je lesadrefie à farfaille , de ,, té les faire tenir 1€ plutot u'il fer ? 4 “ de mode ici , qua d tu les réCC=. M} SV | | ., Les femmes en France ont , dit- ,;on, beaucoupde juitefe dans l'efdélicatefe naturelle de » Re ge dE Cie ON ,; fentiment qui rend leur gout,extremem Bye & prefque toujours. 7 afez für. Aufli leurs maris les char. ca ent-ils ordinairement de {olliciter — pour eux les graces , lés Honneurs , nes procès, les emplois, IIS les crovent propres À s'expliquer à mer- 3 te
fur la Littérature Moderne. 357 © 3, veille fur toutes fortes d'affaires avec ,, les hommes; pour avec Dieu, cela », eft différent: Sans.-leur. dire précifé= ,, ment qu’elles n’auront point de part .» au Paradis, on ne leur peïmet de: » faire leurs priéres que dansune Lan- > gue qu’elles n’entendent pas. à »» Ordinairementc’eft moins la pof-- » {effion queïle triomphe d’un cœur » que le François recherche: Sa prc- » tenduë délicateflé meft qu'un rafi- ».nement de l'amourpropre:Il s’em- » barraffe avec plaifitédans des difi- > Cultés d’unerconquête ; l'orguéil & 31% vanité l’animênt:;: il veut l’em- »; porter fur fesrivaux & obtenirune » Préférence , qu'il regarde comme” >> Une nouvelle preuve de fon mérite. 5» Dès que fà vanité eft fatisfaite , fon: > Amour languit 3 & Bientôt l'indif- 2 » Crétion , les airs avantageux & la. 4 » perfidice découvrentrà ‘une amante À >> MOPerédule, l'indisne* vainqueur » qu'elle s’eff données "= - Il y à dans les Lettres de Nedim $ Coggia plufieurs traits “hiftoriquess > préfentés fous le jour le plus agréables #3 & Le plus intérefäne, Je voudrois pou-