Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la géographie, l'histoire, la fable, et les antiquités ...T. III
Full text
—
CRECS
ET
LATIN.
lb
I
DICTI
ONNAIRE
LE
DUCDECHOISEUL,
POUR
CINTELEIGENCE
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
GRECS
ET
LATINS,
TANT
SACRÉSQUE
PROFANES,
GO-N
T
E
NE
ANT
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HISTOIRE,
LA
FABLE,
RE
ÉES
ANFIOUITÉES.
DE
DTE
ee
À
MONSEIGNEUR
Par
M.
SABBATHIER
,
Profeffeur
au
Collège
de
Chélons-fur-Marne
,
-
&
Secrétaire
perpétuel
de
la
Société
Littéraire
de
la
même
Ville.
|
TOME
TROISIÉME.
Ÿ
a
0
à
o
ee
A
_
SUR-MARN
EM
SENEUZE,
Imprimeur
du
Roi,
dans
la
Grande
Rue;
.
<
Et
fe
trouve
a
PARTS:
ee
DErarain,
Libraire,
rue
S.
Jacques
,
à
LE
Se
Jacques,
_
BaArBoù,
Imprimeur
-
Libraire,
rue
des
Mathurins,
rs
HÉRISSANT,
Fils,
Libraire,
rue
_.
Jacques.
Chez
:
È .
PRET
AR
M
DCC.
LXVIL
Avec
Approbation
&
Privilège
du
Roi.
*
6
AN
dans
l’hiftoire
de
la
guerre
de
Ju-
gurtha
contre
les
Romains,
il
fait
mention
1.°
d'un
L.
Annius,
tii-
bun
du
peuple
avec
P.
Lucullus;
ces
deux
tribuns
,
qui,
par.
leurs
querelles,
donnoient
alors
d'horri-
bles
fecoufles
à
la
République,
vouloient,
à
toute
force
,
être
continués
dans
leurs
charges
2.9
d'un
C.
Annus,
préfet
de
qua-
tre
cohortes
Liguriennes
,
qu'on
envoya
à
Lepus
fur
la
demande
-que
ceux
de
cette
Ville
en
avoient
faite.
(a)
Cicéron
de
même,
dans
fes
haranoues,
nomme
plufñeurs
:
Annius,
1.9
C.
Annius
Afellus,
x
qui
mourut
dans
le
tems
que
C.
Sacerdos
étoit
préteur,
&c
qui
ne.
laiffa
qu’une
fille,
qu'il
avoit
conf:
tituée
fon
héritière
;
mais,
Ver-
rès
trouva
le
moyen
de
lui
enle-
ver
la
fuccefhon.
2.9
C.
Annius
Bellienus
,
lieutenant
de
M.
Fon-
teius,
dans
la
Gaule.
3.°
M.
An-
nius
Appius
de
Camerte
,
ville
d'Itahe
,
auquel
Marc-
Antoine
accorda
le
droit
de
bourgeoifie.
4°
M.
Annius,
chevalier
Ro-
main,
qui
dépofa
contre
Verres,
cs
-ANNIUS
,
Annius,
Aimoc
,
(5)
farnommé
Rurus.
Il
fuccéda
dans
le
gouvernement
de
Judée
à
Ambivms,
&
eut,
pour
faccef-
feur,
Valérias
Gratus.
Îl
gouver-
ha
cette
province
,
depuis
lan
du
monde
4016;
jufqu’en
4018.
Ce
fut
pendant
fon
gouvernement
qu'arriva
la
mort
d'Aupufte.
Il
Ca)
Cicer,
in
Verr,
L,
JL
c,
9
;
w2.
L.
VIT:
c.
$0,
121.
Pro
Fonrei.
c.
#.
|}
Hift.
des
Emp.
Tom.
JU.
Pro
Corn,
Balb.
c,
36.
(&)
Jofeph.
de
Antiq.
Judaïc,
p.
619,
JS
DRE
avoit
été
envoyé
par
ce
prince
en
Judée.
Il
fut
rappellé
par
Tibère.
ANNIUS
3
AnnIus
3
À
06
+
(c)
furnommé
Bassus,
liente-
nant
de
la
onzieme
légion,
l'an
de
Rome
621.
Cette
léoion,
grofhe
de
fix
mille
Dalmates,
étoit
com-
mandée
par
Pompeus
Sylvanus,
homime
confulaire.
Mais,
comme
cet
officier
avoit
peu
d'expérience
dans
Ja
guerre,
&
qu'il
pafloit
à
raïfonner
le
tems
où
1l
falloit
agir,
Annius
Baflus
avoit
toute
l'au-
torité
fur
les
tronpes
;
&
prenant,
.
en
apparence
,
les
ordres
de
Syi-
vanus,
il
le
gouvernoit
en
effet,
obfervoit
ayec
attention
toutes
fes
démarches,
&
lui
faggéroit
adroï-
tement
tout
ce
qu'il
étoit
a
propos
de
faire.
2
ANNIUS
,
Annius,
Mc,
(d)
qui
fut
furnommé
FAUSTUS,
étoit
de
l’ordre
des
Chevaliers.
Comme
il
avoit
fait,
fous
l'Empire
de
Né-
ron,
le
métier
de
Délateur,
&
qu'il
avoit
accufé,
entr'autres
,
le
frere
de
Vibius
Crifpus
,
celui-ci
le
cita
devant
le
Sénat
après
la
mort
de
l'Empereur.
Il
fe
fondoit
fur
un
arrêt
que
le
Sénat
avoit
rendu
-tont
récemment,
pour
obliger
les
accufateurs
à
rendre
compte
de
de
leur
conduite.
Cet
arrét
{ub-
fiftoit
encore,
quoiqu'il
fût
aufh
fouvent
négligé
qu'exécuté,
felon
que
les
accufés
étoient
foibles
ou
puibans.
Mais,
outre
cet
atte
que
Crifpus
faifoit
valoir
,1l
employoit
encore
toute
fon
éloquence
,
fon
pouvoir
;
&
fon
crédit,
pour
(c)
Tacit.
Hift,
L.TII,
c,
so.
Crév
P+
213,
214e
(d)
Tacit.
Hift.
L,
IL
c.
10.
REA
RTE
RENTE
RATE
PERS"
Lo
nine.
Ad
ALUEES
AN
“opprimer
l'accufateur
de
fon
frere;
&
il
avoit
tant
fait
,
qu'il
avoit
“engagé
la
plus
grande
partie
des
Sénateurs
à
demander
qu'Annius
Fauftus
fût
puni
de
mort,
fans
qu'on
voulût
entendre
fa
défenfe.
Les
autres
au
contraire
étant
d'autant
plus
favorables
à
cet
ac-
cufé
,
que
fon
adverfaire
avoit
plus
de
puiffance
&
d'autorité
,
vouloient
qu'on
lui
fit
connoitre
Les
crimes
,
&
que
quelqu'odienx
&
coupable
qu'il
pût
être
;
on
Jui
liffât
,
fuivant
l'ufage,
le
tems
&
la
liberté
de
répondre.
Cette
op-
poñtion
fit
différer
fon
jugement
de
quelques
jours;
&
à
la
fn
il
fat
condamné
,
mais
d'un
confen-
tement
moins
unanime
que
fa
ma-
-
lice
&
fa
cruauté
ne
le
méritoient.
Car,
on
fe
fouvenoit
que
Cufpus
lui-même
s’étoit
enrichi
dans
le
métier,
dont
il
fafoit
un
crime
à
fon
ennemi;
enforte
qu'on
trou-
voit
qu
Annius
Fanftus
auroit
été
légitimement
condamné
&
puni,
fi
c'eût
été
à
la
pourfuite
d'un
au-
tre.
Son
arrêt
fut
prononcé,
Pan
de
Rome
821.
“ANNIUS
,
Annius
,
Àm06
»
(a)
qu'on
furnomma
GALLUS,
étoit
un
homme
de
beaucoup
d'ex-
périence
&
de
capacité.
Othon,
dont
il
faivit
conftamment
le
parti,
lui
confia
le
commande-
ment
de
l’armée,
qui
devoit
mar-
cher
contre
Cécinna
&
Valens,
Van
de
Rome
821.
Veftrious
Spurinna
commandoit
conjointe-
ment
avec
lui.
Celui-ci
ayant
été
envoyé
devant
pour
défendre
les
(a)
Tacit,
Hift.
L.T.
c.
87.
L.
IT.
c:
Ji
2
23
>
23°
L,
IV,
Ce
67
ES
V.
[en
19°
bords
du
Pô,
écrivit
quelque
tems
après
à
Anmus
Gallus
pour
hui
apprendre
la
levée
du
fiège
de
<
Plaifance
,
tout
ce
qu'il
avoit
fait
pour
fauver
cette
place,
&
les
dé-
marches
préfentes
de
Cécinna.
ÂAnnius,,
qui
étoit
attuellement
en
chemin
avec
une
lésion
,
pour
venir
à
fon
fecours,
dans
la
crain-
te,
au’avec
un
petit
nombre
de
cohortes
,
il
ne
fût
obligé
de
céder
à
la
force
des
troupes
aguerries
de
Germanie
,
n'eut
pas
plutôt
appuis
que
Cécinna
&r
les
fiens
avoient
été
repoulés
,
que
fes
foldats
brà-
lant
du
defñr
de
combattre,
lui
firent
prefque
violence,
pour
Po-
bliger
à
les
mener
contre
lenne-
mi
:
enforte
qu'ayant
appaifé
la
fédition
,
avec
beaucoup
de
pei-
ne,
il
conduifit
fa
iégion
à
Bé—
-
dnac
,
petit
bourg,
fitué
entre
Crémone
&
Vérone,
&
celebre
par
le
malheur
de
deux
armées
Romaines,
qui
y
furent
défaites
à
peu
d'intervalle
l'ane
de
l'autre.
Malgré
une
conduite
fi
fage,
il
fat
accufé
de
trahifon;
&
cela,
“parles
plus
fâches
de
fes
foldats.
Une
bleflure
qu'il
s’étoit
faite
en
tombant
de
cheval,
l'ayant
em-
pêché
de
faivre
armée
,
on
ne
Jaiffa
pas
d'envoyer
le
confulter
dans
l'endroit,
où
il
étoit
refté
pour
fe
guérir
,
fur
le
projet
d’'O-
thon,
qui
vouloit
attaquer
Vitel-
us.
Il
fut
d'un
avis
contraire
;
mais
on
n'y
eut
point
d'épard
,
non
plns
qu'à
celui
de
Celfus
qui
avoit
opiné
de
même.
L'événe-
ment
fit
voir
que
ces
deux
Géné-
ere
Hift,
des
Emp.
Tom.
I.
pag.
87
lg
faits
:
À
faux
parloïent
fort
jufle;
car,
les
Othoniens
furent
battus
deux
fois
de
fuite,
&
les
foldats
attribuant
leur
défaite
à
la
trahifon
des
ofi-
.
ciers,
leur
faifoient
mille
infultes.
Annius
fut
le
feul
qui
conferva
quelque
autorité
fur
cette
mulri-
tude
effrénée,
À
force
de
prieres
&
de
remontrances
,
il
vint
à
bout
de
les
appaifer
,
&
de
leur
faire
comprendre
qu'ils
ne
de-
voient
pas
ajoûter
au
malheur
de
leur
défaite,une
difcorde
qui
ache-
-veroïit
de
les
détruire
;
que
foit
qu'ils
vouluffent
s’en
tenir
x
l'é-
vénement
du
dernier
combat,
ou
reprendre
tout
de
nouveau
les
armes
,
leur
falut
dépendoit
uni-
quement
de
leur
union.
Le
lende-
main
on
fe
détermina
à
demander
la
paix
au
vainqueur.
Et
Annius
Gallus
fut
chargé
;
avec
Celfus,
.
d'aller
la
négocier
auprès
de
Vi
t
tellius
,
qui
fut
enfin
reconnu
Em-
pereur
des
toutes
les
troupes.
Comme
Tacite
ne
marque
point
_ce
que
devint
Annius
Gallus
fous
Vitellius,
il
y
a
lieu
de
croire
qu'il
fat
compris
dans
le
pardon
que
ce
prince
accorda
aux
généraux
dOthon
,
fon
prédécefleur
&
fon
ennemi.
En
effet,
{ons
le
fuccef.
feur
de
Vitellins
;
c’eft-à.dire
,
fous
l'empire
de
Vefpañen,
on
vit
“encore
Annius
Gallus,
chargé
du
commandement
des
troupes
dans
la
Gaule,
ainf
que
dans
la
haute
Germanie,
où
Cériahis
lui
envoya
un
Jour
la
quatorzième
lésion.
ANNIUS
,
Annius,
Aynoc,
(2)
farnommé
Liso
,
parent
de
(a)
Ceév.
Hift,
des
Emp.
Tom.
IV.
PAR.
413»
414:
()
Tacit.
Annal,
L.
VI,
c,
4.
L,
XV.
|
AN
Marc-Auréle.
[1
fervit
en
Syties
en
qualité
de
lieutenant
général,
fous
Vérus,
qui
étoit
frere
de
l'Empereur
;
&
pour
lequel
il
marqua
de
déférence
;
car,
au
lieu
de
prendre
fes
ordres,
il
dé-
ciaroit
que
dans
les
doutes
qu'il
pourroit
avoir,
il
écrirôit
à
Ro-
me.
Îl
mourut
fubitéement,
&
il
parut
far
fon
corps
des
marques
de
poifon
;
enforte
que
tout
le
monde
demeura
perfuadé
que
Vé.
rus
étoit
l’auteur
de
cette
mort.
Marc-Auréle
,
f
nous
nous
en
rapportons
à
Capitolin,
ne
crut
point
fon
frere
coupable,
&ileft
vrai
qu'il
ne
lui
donna
aucun
f-
gne
de
mécontentement.
Il
fouf-
frit
même
que
Vérus
mariât
la
veuve
de
Libo
à
Agaclytus,
l'un
de
fes
affranclüs.
1
pouffa
la
com-
plaifance
juqu’à
aflifter
à
ces
no-
ces.
-
ANNIUS
,
Anmius,
Ayre,
(2)
furnommé
Pozrrow
,
époufa
Servile,
fille
de
Soranus.
Vers
l'an
de
Rome
785
,
il
fut
accnfé
de
crime
de
leze-majefté,
ainf
que
plufeurs
autres,
tous
perfon-
nages
d'une
haute
naifiance
,
&
quelques-uns
revetus
des
premiè-
res
dignités.
Vinicianns,
fon
fils,
fut
du
nombre
des
accufés.
Tibère
{e:
réferva
[a
connoïffance
de
l'affaire
d'Annius
,
de
Vinicianus,
&
de
Mam.
Scaurus
,
quil
difoit
vou-
loir
juger
avec
le
Sénat
3-8
corm-
me
il
ne
revint
jamais
à
Rome,
ils
Évitérent
le
péril
,
à
l'exception
néanmoins
de
Scaurns
,
qui
fut
de
nouveau
accufé
deux
ans
après,
C.
56,
71.
L.
XVE,
c.
21,
Crév.
Hifi.
des
ÆEmp.
Tom.l.
pag,
576.
Tom,
I,
pag,
404:
à
1
Ride
Li
pri
RP
ETS
ER
ENIT
EN
ER
PRET
TEXTE
Ésstté
prob
A
JU,
&et
État
AN
Plufieurs
années
après
,-Annius
fut
accufé
par
Quinctianus
&
Sé-
nécion
,
fes
intimes
anis
,
d’avoir
eu
part
à
une
conjuration
for-
mée
contre
Néron,
&
quoiqu'il
n'en
eût
pas-été
convaincu
,
l'on
ne
laïffa
pas
de
l'exiler
fur
de
fim-
ples
foupçons.
C’eft
dans
le
mé-
me
tems
que
Servilie
,
fa
femme,
accufée
de
magie,
fut
condam-
née
à
perdre
la
vie.
ANNIUS
,
Annius,
Avi,
(z)
qu'on
furnomma
Vinicra-
NUS
,
étoit
fils
d'Annius
Pollion.
Il
fat
accufé
comme
fon
pere
de
cri-
me
de
leze-majefté
,
environ
l'an
de
Rome
785.
Mais,
certe
affai-
re
n'eut
point
de
fuite,
parce
que
l'Empereur
,
qui
s’en
étoit
référvé
la
connoïffance
,
fous
prétexte
de
lexaminer
avec
le
Sénat,
ne
re-
vint
point
à
Rome.
chappé
de
ce
danger,
Annius
Vinicianus
n’en
fat
pas
plus
tran-
quille
pour
cela.
Remuant
fans
doute
par
caraëière
,
il
fe
rendit
complice
de
plufieurs
comura-
tons.
Il
falloit
cependant
que
ce
fût
l'une
des
premières
têres
du
Sénat
»
Puifqu'après
la
mort
de
Caius,
contre
lequel
il
avoit
con-
juré,
on
le
mit
fur
les
rangs
,
pour
l'élever
à
l'Empire.
Claude,
qui
fut
alors
choifi,
fe
comporta
d'abord
avec
beaucoup
de
dou-
eur.
Mais,
ayant
changé,
dans
lafuite
de
conduite
,
il
tépandit
l'alarme
parmi
les
Grands.
Vini-
CIANUS
Crut
avoir
plus
à
craindre
qu'un
autre,
&
il
réfolut
de
tout
tenter
pour
éloigner
le
danger
AN
9
qui
le
ménaçoit,.
Mais,
1
n'avoir
point
de
forces
à
fes
ordres.
fl
fe
lia
donc
avec
Furius
Camillus
Scribonianus
,
qui,
étant
dans
les
mêmes
fentimens
que
lui,
com-
mandoit
une
armée
confidérable
en
Dalmatie.
Camillus,
de
con
cert
avec
Vinicianus
,
&
vraïfem-
blablement
avec
plufieurs
autres,
fe
révolta
ouvertement.
Aufh-tôt,
un
grand
nombre
de
Sénateurs
&
de
Chevaliers
Romains
fe
décla-
rérent
pOur
EUX,
:
On
fçait
peu
de
chofes
de
ce
mouvement,
qui
fut
bientôt
dé-
couvert
;
&
comme
on
fañoit
des
recherches
très-risourenfes
contre
lescomplices
,
Annius
Vinicianus
fe
tua
lui-même,
l'an
de
Rome
7093
&
de
J,
C.
42.
>
ANNIUS
,
Annius,
Nwnec,
(5)
furnommé
Vrvranus,
épou-
fa
la
fille
de
Corbulon.
Ïl
n'étoit
pas
encore
Sénateur,
à
caufe
de
fa
jeunefle,
l'an
de
Rome
818,
quoiqu'il
fût
dès-lors
lieutenant
de
la
cinquième
lépion.
Cette
même
année
,
fon
beau-pere,
fous
les
ordres
duquel
il
fervoir
‘en
Âfie
,
ayant
ménagé
une
en-
trevue
avec
Tiridate,
roi
d'Ar-
ménie;
Annins
&
Tibérius
Ale-
xandre
allérent
trouver
ce
Prin-
ce
dans
fon
camp,
païtie
pour
lui
faire
honneur
,
partie
pour
lui
fervir
d'ôtages
,
&
le
raffurer
con-
tre
les
embñches
quil
pouvoit
appréhender.
Îl
accompagna
enfuite
Tirida-
te
à
Rome,
&
fut
fait
Conful
par
Néron
,
lan
de
J.
C.
67.
(a)
Tacit,
Anal,
L.
VI,
c.
0.
Crév.
fil.
pag.
77.
&
fav.
£
Hit,
des
Emp,
Tom.
pag,
576.
Tom,
(8)
Tacit.
Annal,
L.
XV.
©,
28
TO
AN
Mais,
fous
fon
Confulat
même,
Corbulon
,
fon
beau-pere
;
fut
réduit,
pour
prix
de
fes
fervices,
à
fe
faire
mourir
lui-même
;
&
apparemment
Annius
fut
enve-
loppé
dans
fa
difgrace.
ANNIUS
,
Annius,
Aie,
(z)
furnomme
Vérus,
bifareul
de
Marc-Auréle,
étoit
de
la
ville
d'Ucubis,
ou
Succubis
dans
la
Bétique
,
province
d'Efpagne.
-
S'étant
tranfporté
à
Rome,
1l
y
parvint
à
la
Préture.
La
noblefle
de
fa
famille
pouvoit
être
ancien-
ne,
&
on
lui
attribue
une
origine
bien
illuftre
,;
mais
chimérique
fans
doute
,
en
la
faifant
defcendre
de
Numa.
Son
illuftration
conf-
tante
ne
remonte
pas
au
de-là
de
la
quatrième
génération.
_ANNIUS,
Annius,
Ame,
(2)
auf
furnommé
Vérus,
&
fils
du
précédent,
porta
la
fplen.
deur
de
fa
maïfon
au
plus
haut
dégré,
&
devint
Patricien,
trois
fois
Conful
,
&
Préfet
de
la
Ville.
ANNIUS,
Annius,
Nuvioc,
(c)
farnommé
encore
VÉRUS,
fils
du
précédent
,
mourut
peu
avancé
en
âge,
étant
atuellement
Préteur.
1]
avoit
époufé
Domitia
Calvilla
Lucilla,
fille
de
Calvifius
Tullus,
qui
fut
deux
fois
Conful.
Cet
An-
nius
fut
pere
de
l’empereur
Marc-
AUrele
ANNIUS
,
Annius,
Are,
également
furnommé
VERUS
,
&
fils
du
précédent.
Il
eff
plus
connu
Ca)
Crév.
Hift.
des
Emp,
Tom.
I.
pag.
(62)
pag:
329:
:
(ce)
Crévs
Hifi,
des
Emp.
Tom.
IV,
PB:
229:
-
LE
Crév.
Hift.
des
Emp,
Tom.
IV.
A
N
‘fous
le
nom
de
Marc
-
Auréle,
Voyez
Auréle.
ANNIUS
,
Annius
,
A’mncs
(d)
qui
fut
furnomme
SEvERuS,
étoit
beau-pere
de
Gordien
lan-
cien,
qui,
jufqu'à
fa
Préture,
ne
s’aflit
jamais
devant
lui,
&
ne
laïffoit
pafler
aucun
jour
fans
aller
lui
rendre
fes
devoirs.
ANNIUS
,
Annius
,
Aynoc,
(e)
farnommé
Ferrarrs,
étoit
un
écrivain
Latin,
duquel
Pline
fait
mention.
Il
avoit
compofé
des
Annales.
Le
même
Pline
parle
ailleurs
d’un
autre
Anmus
,
qui
avoit
le
furnom
de
Plocamus.
ANNIUS:,
Annius
,
A'ioGe
(f)
Cet
Annius,
qui
étoit
de
Vi-
terbe
,
eft
fort
connu
dans
la
ré-
publique
des
Lettres,
par
les
ou-
vrages
,
qu'il
a
fuppofés.
ANNOMINATION
,
Anno-
minatio
,
figure
de
Rhétorique.
C’eft
une
allufion,
qui
roule
fur
les
noms,
un
jeu
de
mots.
Cette
figure
eft
ordinairement
froide
&
puérile.
On
ne
laifle
pas
d'en
trouver
quelques-unes
dans
Cicé-
ron.
Elles
n’en
font
pas
meïlleu-
res
pour
cela.
=
ANNONA,
Annona
On
donnoit
ce
nom
à
la
Déefle
de
Pabondance
&
des
provifons
de
la
bouche.
Ce
mot
Annona
au
fingulier,
fignifie
généralement
toutes
fortes
de
provifions
de
bouche,
comme
le
bled
,
le
vin
,
l'huile
,
la
vian-
(2)
Crév.
Hift.
des
Emp.
Tom.
V.
page
315.
(e)
Plin.
L.
VI
c.
23.
L.
XXXIV.
C6:
(f)
Mém.'de
l'Acad,
des
Infcripr.
&&
sell,
Lertr.
Tom,
XIIF,
pags
83
3
Be
AN
de,
&c.
Annone
an
pluriel,
fi-
-gnifie
feulement
des
pains.
Ainf
-
dans
les
Anciens,
il
faut
enten-
dre
,
par
/ingulæ
Annonæ
,
un
pain
à
chacun;
par
ne
Annonæ,
deux
pains
;
ferxæ
Annonæ
,
trois
pains.
fly
avoit
encore
AnnOn4
rnilitaris
;
C'eft-à-dire,
les
vivres
pour
les
armées.
À
Rome,
le
gouvernement
donnoit
une
attention
extrême
à
tout
ce
qui
concernoit
ces
diffé-
rens
objets,
Outre
le
foin
qu'en
prenoient
les
Édiles,
&
en
parti-
ticulier
celui
qu'on
nommoit
Cé-
réalis
,
il
y
avoit
un
magifirat
ap-
pellé
Prœfedus
Annone
;
c'eft-à-
dire,
l’Intendant
des
vivres,
qui
veilloit
à
ce
que
les
marchés
fuf-
fent
bien
pourvus
de
toutes
fortes
de
denrées
;
qu’elles
fufflent
de
bonne
qualité
;
qu'il
ne
fe
commit
point
de
fraude
dans
les
poids
&t
dansles
mefnres,
&c.
-
ANNONCIATION
,
(2)
Annunciatio.
Ce
mot
eft
compoté
de
la
prépoñition
Latine
44,
&
du
verbe
zuntiare,
annoncer,
décla-
rer
une
chofe
à
quelqu'un.
Les
Grecs
lappellent
évayyeniaus
,
fauflus
nuncius
,
bonne
noûvelle;
Xaperlquoc,
falutatio
,
falutarion.
-
l’Annonciation
eft
une
fête,
:
dans
laquelle
l'Églife
Chrétienne
célebre
la
Conception,
on
plutôt
Plncarnation
du
Fils
de
Dieu
dans
le
Gin
dela
Vierge
Marie.
L'ange
Gabriël
en
avoit
porté
la
première
nouvelle
à
Zacharie
,
en
lux
cifant.
qu'il
auroit
un
fils,
qui
feroit
le
précurfeur
&
le
prophéte
du
Mef-
fie,
Six
mois
après
,
le
même
ange
(a)
Luc,
ce,
1.
v,
17:
dr
fig.
AN
=
AX
Gabriël
fut
envoyé
en
une
vie
de
Galilée,
appellée
Nazaréth,
à
la
Vierge
Marie,
de
la
tribu
de
Juda
&
de
la
famille
de
David.
L'Ange
lui
dit:
»
Je
vousfalne,
»
Ô
pleine
de
grace;
le
Seigneur
»
eftavec
vous;
vous
êtes
bénie
»
entre
toutes
les
femmes.
«
Ma-
rie
l'ayant
entendu
,
‘fut
troublée
de
fes
paroles;
&c
elle
penfoit
en
elle-même,
quelle
pouvoit
être
cette
falutation.
L'Ange
lui
dit
de
nouveau
:
»
Ne
crugnez
point,
»
Marie
,
vous
avez
trouvé
grace
»
devant
Dieu.
Vous
concevrez,
»
êc
enfanterez
un
fils,
à
qui
vous
»
donnerez
le
nom
de
Jefus.
Il
»
fera
grand,
&c
fera
appellé
le
»
Fils
du
Très-Haut.
Le
Seisneur
»
lui
donnera
le
trône
de
David,
»
fon
pere
,
&ilregnrera
Cternel-
»
lement
fur
la
marion
de
Jaccb.
»
Son
regne
n'aura
point
de
fin.
«
Alors
Marie
dit
à
l'Ange:
»
Comment
cela
fe
fera-t:l2
car,
»
je
ne
connois
point
dhomme.«
L'Ange
lui
répondit:
»
Le
Saint-
»
Efprit
furviendra
en
vous,
&
»
la
vertu
du
Très-Haut
vous
»
couvrira
de
fon
ombre.
C'eft
»
pourquoi
le
Fruit
faint,
qui
aitra
de
vous
,
fera
appellé
le
fils
de
Dieu.
Et
fçachez
qu'Eli-
fabeth,
votre
coufine,
a
conçu
»
elle-même
un
fils
dans
fa
vieil-
»
lefle,
&
que
c’eft
icile
fixième
»
mois
de
fa
groflefie
;
parce
qu'il
»
nyarien
d'impofible
à
Dieu.«
Marie
lui
dit
alors
:
Woici
la
fer-
vante
du
Seigneur
;
qu'il
me
foit,
felon
votre
parole.
En
même-tems,
l'Ange
fe
fépara
d'elle,
&-elle
2.
DS
BU
8
ère
Qi
bone
CS
ER
l'a
-
far
un
livre,
nn
écrit,
a
T2
AN
conçut
,
par
l'opération
du
Saint-
Efprit
,
le
Fils
unique
de
Dieu
le
-
Pere,
attendu
depuis
quatre
mille
ans,
pour
être
le
bonheur,
la
lumière
&
le
falut
de
tous
les
hommes.
L'Églife
célebre
la
mémoiré
de
ce
Myftère,
le
25
Mars.
Saint
Auguitin
dit
que
de
fon
tems.
lÉglife,
par
une
ancienne
tradi-
tion,
croyoit
que
le
Sauveur
du
monde
avoit
été
concu
ce
jour-là.
Non
feulement
l'Églife
Latine
&
lPÉglife
Grecqne
ont
choïfi
le
25
Mars
pour
célébrer
ce
Myftère
;
mais
encore
les
Syriens,
les
Chal-
déens
,
les
Cophtes
font
la
même
chofe.
Cette
aflertion
paroit
fon-
dée
principalement
für
ce
que
l’on
a
cru
que
J.
C.
étoit
né
le
25
Dé-
cembre
;
&
par
une
fuite
de
ce
fentiment
,
qu'il
avoit
été
conçu
le
25
Mars,
parce
qu'ordimaire-
ment
il
y
a
neuf
mois
entre
la
conception
&
la
naïflance
des
en-
fans,
ANNOTATION
,
Adnota-
to,
terme
de
littérature,
compo-
{6
de
la
prépoñtion
42,
&
de
nota.
L'Annotation
eff
un
com-
mentaire
fuccint,
une
remarque
éclaircir
quelques
paffages
on
tirer
des
connoïflances.
Les
Crit
ques
modernes
ont
fait
de
{cavan-
tes
Annotations
fur
les
Écritures
&t
les
Auteurs
claffiques.
-ANNULUS,
(4)
Le
mor
“Annulus
en
Latin
,
fe
prenoit
prefque
généralement
pour
toutes
les
chofes,
qui
étoient
de
figure
Montf,
Tom.
III.
pag.
224.
(a)
Antiq.
expliq.
par
D,
Bern,
de
(2)
Paral,
L,
ke
Ce
&s
Vs
8;
|
—_
_
-
circulaire
,
à
peu
près
de
même
que
fe
prend
aujourd'hui
le
mot
Anneau.
Maïs,
il
fe
prend
auf
en
particulier
pour
les
bagues
,;
qu’on
mettoit
aux
doigts,
Voyez
Bagues,
ANOB,
Anob,
Evret,
(b)
de
la
tribu
de
Juda
,
étoit
fils
de
Cos.
ANCOBRETH,
Anobrech,
(c)
nom
d’une
nymphe
,
qui
fut
l’une
des
femmes
de
Saturne,
&
mere
de
Teud.
Anobreth
fignihe,
fui-
vant.la
remarque
de
Bochart,
ex
gratia
concipiens
;
&
l’applica-
:
tion
de
ce
nom
à
Sara
eft
fenfi-
ble.
ANOCHUS
,
Anochus,
(d)
Aroxoc,
fils
d'Adamante
Taren-
tin.
Îl
remporta
le
prix
du
ftade
&
de
la
longue
courie.
On
voyoit
à
Delphes
la
ftatue
de
cet
Athlé-
te
;
qui
étoit
un
ouvrage
d'Agé-
ladas
d’Argos.
ANOGON
,
Anogon
,
étoit
fils
de
Caftor
&
d’Hilaire,
ANOMALT
Verbe
|,
Verbum
Anomale.
Les
verbes
Anomaux
font
ceux,
qui,
dans
leur
conju-
gaïfon
,
ne
fuivent
pas
la
régle
des
autres.
Îl
y
a
dans
tonces
les
langues
des
verbes
Anomaux,
des
infléxions
de
mots
Anomales
êt
irrégulières.
Ce
mot
eft
formé
de
&
privatif,
&
de
ouancc,
pla-
nus,
æqualis,
uni;
égal.
Ainf
Anomal
veut
dire
,
qui
n’eft
pas
égal
;
qui
ne
fuit
pas
la
régle
des
autres.
Par
exemple,
la
régle
de
la
troifième
conjugaifon
porte
qu’on
dira,
lego,
lepis,
lepit.
On
de-
vroit
dire
de
même,
fero
,
feris
,
(c)
Mém,
de
lAcad,
des
Infcript.
&
Bell.
Lett.
Tom
J.
pag,
49,50,
(d)
Pauf,
pag.
370.
PEACE
ARE
D
LL Cd
ét
du
ASS
TANT
REY
AN
ferir.
Cependant
on
dit,
ÿéro
,
fers
,
fert.
Le
verbe
féro
,
eft
donc
“un
verbe
Anomal
en
Latin.
ANOMALIE
,
Anomalta
,
terme
de
Grammaire.
Il
fe
dit
de
l'irrégularité
de
la
conjugaifon
de
plufeurs
verbes
dans
chaque
lan-
gue
;
comme
volo
,
en
Éctes-
<pxoma,
en
Grec;
aller,
en
Fran-
Oise
ANONE
|
la
Fontaine
|,
Fo7s
Anonus
,
muy
À
vordc.
(a)
Cette
Fontaine
étoit
dans
la
Lacome,
province
du
Péloponnèfe
,
auprès
de
Derrhion,
vers
le
mont
Fai-
ete.
ANONYME,
Aronymus,
terme
de
littérature
,
formé
du
Grec
arœrvuoc,
quieft
dérivé
hu-
même
de
#
privatif,
@
de
6youa
nomen,
noM
,
avec.
uñ
y
pour
rendre
la
prononciation
plus
dou-
ce.
Ainñ,
Anonyme
fignife
,
qui
na
point
de
nom,
ou
dont
le
nom
n’eft
pas
connu,
On
donne
cette
épithéte
à
tous
les
ouvrages,
qui
paroïlent
fans
nom
d'Auteur,
ou
dont
les
Auteurs
font
inconnus.
-
ANOPÉE,
Anopea,
À
vrai,
{b)
nom
d’un
chemin
de
Gréce.
1
commencçoit
au
fleuve
Afope,
qui-couloit
par
l'ouverture
d'une
montagne,
portant
aufli
le
nom
d'Anopée,
&
pafloit
par-derrière
la
montägne.
Il
alloit
finir
près
de
la
Pierie,
qu’on
appelloit
Mé-
dampyge
,
&
non
loin
des
loges
des
Cercopes
,
ainfi
que
de
la
ville
d’Alpène
,
qui
étoit
la
pre-
mière
des
Locriens
,
en
venant
vers
les
Méliens.
Ceux-ci
ayoient
(a)
Pauf,
pag.
431,
432.
:
€?)
Herod,
L.
VAL,
ce
213.
G
feg.
AN
2
autrefois
découvert
ce
chemin,
par
lequel
ils
conduifirent
les
:Theflaliens
contre
les
Phocéens,
lorfqu’ils
penfoient
être
en
fûreté,
après
avoir
fait
bâtir
une
muraille,
pour
émpêcher
qu'on
m'allèt
leur
faire
la
guerre.
Dans
la
fuite,
un
certain
Épial-
tes,
fils
d'Eurydème,
dans
lef-
pérance
d'obtenir
quelque
récom-
pente,
découvrit
à
Xerxès
le
che-
min
d’Anopée,
qui
conduifoit
aux
Thermopyles
,
&c
fut
canfe
par
ce
moyen
que
les
Grecs,
qui
gat-
doient
cet
endroit,
furent
défaits
par
les
ennemis.
ANOSIA
,
Anofia
,
épithéte
donnée
à
Vénus,
qui
veut
dire
impitoyable.
Ce
fut
pour
la
même
raifon
qu’on
l’appella
Andropho-
ne.
Voyez
Androphone.
ANQUISITION
,
Anguifirio,
Dans
toutes
les
accufations,
l’ac-
cufateur
concluoit
à
telle
peine
ou
amende
qu'il
jugeoit
à
propos;
&
fa
réquifition
s’appelloit
Æ47-
U1/1#10%
ANSIBARIENS
,
Anfibarit
,
_
{c)
peuples
de
la
Germanie.
Lorf
peup
aue
les
Romains
,
fous
la
conduite
d'Avitus,
fafoient
la
guerre
aux
habitans
de
cette
contrée
,
l'an
de
Rome
814
;
les
Anfbariens,
chaflés
de
leur
patrie
;
par
les
Chauces,
ne
demandoiïent
qu'un
exil
où
ils
puflent
vivre
en
füreté.
C'étoit
cependant,
au
rapport
de
Tacite,
une
nation
puiflante
par
fa
multitude,
&
foûtenue
par
ia
compañlion
de
fes
voifins.
Ils
ayoient
à
leur
tête
un
chef
illuf-
(c)
Tacit.
Annal.
L,
XIL,
Cs
5$
;
sé
T4
AN.
tre,
&
des
plus
attachés
aux
Ro-
mains
;
nommé
Bojocalus,
Il
leur
repréfenta
:
»
Qu'au
»
terms
de
la
révolte
des
Chéruf-
»
ques,
AÂrminius
l’avoit
fait
char-
»
ger
de
chaines
,
&
que
depuis
»
ce
tems-là
il
avoit
fervi
fous
mn
Tibère
&
fous
Germanicus
:
»
qu’à
cinquante
ans
de
fervices,
#
il
vouloit
encore
ajoûter
celui
»
de
foumettre
fa
nation
aux
Ro-
»
mains.
Mais,
pourquoi
laïfer
%
tant
de
terres
incultes
,
fous
»
prétexte
d'y
envoyer
paître,
»
dans
le
befoin,
quelques
trou-
7
Peaux
appartenans
aux
{ol-
»
dats
?
Quaà
[a
bonne
heure
ils
:
»
en
réfervaflent
une
partie
pour
.
»
les
animaux,
pourvu
qu'ils
ne
-»
réduififent
pas,
en
folitude
&
»
en
défert,
un
pais,
où
ils
pou-
»
voient
établir
un
peuple,
qui
»
leur
feroit
toujours
attaché
:
»
que
ce
terrein
avoit
appartenu
»
d'abord
aux
Chamaves,
de
qui
»
il
étoit
paflé
aux
Fubantes,
&
»
enfuite
aux
Ulpiens
:
que
com-
»
me
le
ciel
étoit
la
demeure
des
»
dieux,
la
terre
étoit
‘celle
des
»
hommes,
&
que
celle
qui
fe
»
_trouvoit
inhabitée,étoit
au
pre-
#
mier
occupant.
Enfuite,
levant
»
les
yeux
vers
le
{oleil
&
les
au-
»
tresaftres
,
il
leur
démandoit,
»
comme
s'il
enffent
été
capables
»
de
l'entendre,
s'ils
preénoient
»
plaifir
à
éclairer
des
campagnes
»
défertes,
&
s’il
n'étoit
pas
plus
-»
à
propos
de
les
fübmerger
fous
»
les
eaux
dela
mer,
pour
abimer
»
avec
elles
un
peuple,
qui
fu-
»
foit
profeflion
de
défoler
les
3.
autres
nations,
«
À
Avyius
,
peu
touché
de
ces
re-
172
AN
montrances
,
répondit
en
général
aux
Anfbariens
,
qu'il
falloit
obéir
aux
plus
forts
;
&
que
ces
mêmes
dieux
qu'on
venoit
d'invoquer
,
avoient
laïflé
aux
Romains
le
pou-
voir
abfolu
d’ôter
&
de
donner
à
qui
1l
leur
plaïfoit,
fans
recon-
noïtre
d’autres
arbitres
qu’eux-
mêmes.
Mais
,
il
dit
en
particulier
à
Bojocalus
qu’il
lui
donneroit
des
terres
pour
fa
fubfftance,
en
con-
fidération
de
fes
fervices
pañlés.
Bojocalus
rejetta
cette
offre,
qu'il
régardoït
comme
la
récompenfe
odieufe
d’une
trahifon.
»
Nous
»
pourrons
bien
,
ajoûta-til,
»
n'avoir
pas
affez
de
terres
pour
»
vivre,
mais,
nous
en
aurons
»
toujours
aflez
pour
mourir.
«
Après
cet
entretien,
le
Romain
&
lui
fe
féparérent
fort
mécon-
tens
l’un
de
Pautre.
Aufi-tôt,
les
Anfbariens
tâché.
rent
de
foulever
les
Brudères,
les
Tenétères
&
les
antres
nations
plus
éloignées.
Avitus,
de
fon
côté,
écrivit
à
Curtiius
Man-
Cia
,
lieutenant
de
l’armée
du
haut
Rhin,
de
pañier
auffi-tôt
ce
fleu-
ve,
pour
les
venir
attaquer
par
derrière.
Pour
lui,
en
attendant
;
il
entra
avec
fes
troupes
far
les
terres
des
Tenéières,
les:
mena-
Gant
d'y
mettre
tout
à
fen
&
à
fang
,
s'ils
ne
renonçoient
à
l'al-
lance
des
Anfibariens.
ilsobéirent
fur
le
champ
,
@&
la
même
crainte
détacha
aufli
les
Brudtères
de
ceite
ligue
;
enforte
que
les
Anfr-
bariens
,
étant
encore
abandonnés
des
autres
nations,
qui
ne
vou-
loïent
pas
s’expofer
à
périr
avec
eux
,
fe
retirérent
plus
avant
dans
le
païs
des
Ufipiens
&
des
Tu-
AN
bantes,
Mais,
en
ayantencore
été
chaflés
,
ils
eurent
recours
aux
Cattes,
puis
aux
Chérufques
;
&
enfin
après
avoir
long-tems
erré
d'un
lieu
dans
un
autre,
toujours
pauvres,
toujours
rebutés
comme
ennemis
de
ceux
dont
ils
implo-
roient
l’afliftance
,
ils
périrent.
tous
,
les
jeunes
gens
dans
les
combats
,
@&
les
vieillards
avec
les
femmes
&
les
enfans
dans
la
fer-
-viude.
{|
y
en
a
qui
croyent
que
les
Anfbariens
habitoient
le
pis,
où
eft
à
préfent
Deventer.
=
ANTAGONISTE
,
Antopo-
nifle
,
A’rrayenrric,
terme
qui
,
chez
les
Anciens,
vouloit
dire
un
ennemi
fous
les
xfmés
&
en
ba-
taille.
Ce
terme
vient
de
&r,
contra
;
Contre
,
À
dyericouai,
pugno,
je
combats.
Le
mot
Antagonifte
aujourd’hui
ef
moins
en
uface
pour
fignifier
ün
des
tenans
dans
des
combats
qui
fe
vuident
par
les
armes,
que
pour
exprimer
l’un
ou
l’autre
con-
tendant
dans
des
difputes
littéraires
où
dans
des
jeux
d'exercice.
Ileft
quelquefois
abfolu
,
&
quelquefois
relatif,
Ainf,
un
répondant
qui
fe
tient
fur
la
défenfive,
&
qui
tâche
-
de
réfoudre
les
objettions
qu'on
lui
propofe
,
a
des
Antasoniftes;
mais
on
ne
peut
pas
dire
qu'il
foit
l’Antagonifte
des
perfonnes
qui
difputent
contre
lui.
Âu
contraire,
deux
partis,
qui
foûtiennent
des
opinions
oppo-
fées,
&
qui
fe
propofent
l’un
à
l'autre
des
difficultés
,
font
réci-
proquement
Antagoniftes,
C'eft
pourquoi,
les
Newtoniens
font
les
(4)
Plut,
Tom,
I,
pag.
332«
E
nr
AN
I
Antagoniftes
des
Cartéfiens;
ei
ci
font
à
leur
tour
les
Antagoniftes
des
Newtoniens.
ANTAGORAS,
Antagoras,
À
rœ7y6pas,
(a)
capitaine
de
Chio,
contemporain
d’Ariftide.
Comme
les
alliés
des
Grecs,
après
la
ba-
taille
de
Platée,
qui
fe
donna
479
avant
l'Ére
Chrétienne,
ne
pou-
voient
fupporter
la
févérité
avec
laquelle
les
Eacédémoniens
com-
mandoient
&
qu'ils
demandoient
a
obéir
plutôt
aux
ordres
des
Athéniens;
Ariftide
les
ayant
en-
tendus
,
leur
répondit
qu'il
voyoit
dans
leur
difcours
beaucoup
de
de
néceflité
&
de
juftice;
mais,
qu’il
manquoit
feulement
quelque
action,
qui
en
marquât
la
fincé-
rité
&
la
vérité
,
&
qui,
étant
exécutee,
jettat
leurs
troupes
dans
Pimpofhbilité
de
changer
de
fen-
timent.
Sur
cette
réponfe
,
Antagoras
&
Uliade
de
Samos
,
aÿant
conf-
pité
enfemble
,
&
s'étant
hés
par
les
plus
grands
fermens
,
allérent
attaquer,
près
de
Byzance,
la
ga-
lére
de
Paufanias
,
général
des
-
Lacédémoniens
,
qui
vognoit
à
la
tête
de
toute
la
flotte.
Paufanias,
voyant
cette
infolence
,
fe
leva
tranfporté
de
colère,
&
leur
dit
d'un
ton
menaçant,
que
bientôt
il
leur
feroit
fentir
que
ce
n’étoit
pas
à
fa
galére
qu'ils
avoient
fait
cette
infulte,
mais
à
leur
propre
pais.
Ils
ne
firent
que
fe
moquer
de
fes
menaces,
fls
Jui
dirent
qu'il
mavoit
qu'à
fe
retirer
,
&
quil
devoit
bien
remercier
la
fortune,
qui
lavoit
fecouru
à
Platée
;
car,
22
À
N.
fignifie
en
général
un
ennemi
de
3.
C.,
un
homme
qui
nie
que.
J.
G:
foit
venu
,
&
qu'il
foit
le
Mef-
fe
promis.
En
ce
fens,
on
peut
dire
des
Juifs
&
des
Inädeles
,
que
ce
font
des
Antéchrifts.
F
Antéchrift
eft,
en
particu-
ber,
le
nom
de
cet
homme
de.
péché,
qui
doit
précéder
le
fecond
avénement
de
J:
C.,
&
qui
nous
eff
repréfenté
dans
l'Écriture
&
dans:
les
Peres
,
comme
l'abrégé
.
de
tont
ce
qu'il
y-a
jamais
eu
de
Plus
abominable
,
de
plus
cruel
&
dé
plus
impie.
On
li
attribue
ce
que
les
Prophétes
ont
dit
d'An-
tiochus
Épiphane,
de
Gog
&
de
Magog,
du
pañteur
infenfé,
dont
parle
Zacharie
,
de
l’homme
de
péché
,
&
de
l'enfant
de
perdition,
*
dont
il
eft
fait
mention
dans
Saint
Paul,
&
que
plufieurs
appliquent
à
Néron
dans
le
fens
hiftorique.
On
peut
dire
en
effet
que
Nabu-
chodonofor,
Cambyfe,
Antiochus
Épiphane,
Caius,
Néron,
étoient
autant
d’Antéchrifts,
ou
de
pré-
curfeurs
de
l’Antéchrift.
S.
Jean;
dans
fon
épitre
,
nous
avertit
qu'il
_
y
avoit
déjà,
de
fon
tems,
un.
grand
nombre
de
femblables
An-
tchrifts.
Et
ces
Antéchrifts
n’é-
toient
autre
chofe
que
les
teurs
&
les
hérétiques.…
=
“
Cependant,
le
véritable
Anté-
chrift,
celui.qui
doit
venir
avant
le”
jugement
univerfel
.,:
réunira
dans
fa
perfonne.
tous
les
cara@è-
res
de
malice,
que
l'on
n’a
vus
que
féparément
dans
ces
différens
perfonnages,
qui,
par
leur
im-
piété,
ont
mérité
le
nom
de
figu:
perfécu-
zes,
ou
de
précurfeurs
de
l'Anté-.
chrift,
On
trouve,
dans
les
Au-
=.
VX
AN
:
teurs
facrés,
diflérens
traits
de
cet
Antéchrift,
On
lui
applique
ce
que
dit
Daniel
en
ces
termes:
»
J'éus
enfuite
un
grand
defr
»
d'apprendre
ce
que
c’étoit
que
»
la
quatrième
bête
,
qui
étoit
»
très-différente
de
toutes
les
au-
»
tres,
&
très-effroyable,
dont
»
les
dents
étoient
de
fer,
&'les
»
ongles
d’airain
;
qui
dévoroit,
qui
mettoit
en
piéces,
&
qui
»,
fouloit
aux
pieds
ce
qui
avoit
»
échappé
à
fa
violence.
Je
vou=
»
lus
m'enquérir
aufli
des
dix
»
cornes
qu'elle
avoit
à
la
tête,
»
&
de
cette
antre
qui
li
étoit
».
venue
de
nouveau,
en
préfence
»
de
laquelle
trois
cornes
étoient
»
tombées
;
pourquoi
cette
corne
»
avoit
des
yeux
&
une
bouche,
»
qui
prononcoit
des
paroles
in-
»
folentes
,
&
pourquoi
elle
pa-
»
roïffoit
plus
grande
que
les
au
»
tres.
Comme
je
regardois
atten-
»
tivement
;
Je
vis
que
cette
cor-
»
ne
faifoit
la
guerre
contre
les
»
Saints,
&
qu'elle
avoit
l’avan-
»
tage
fur
eux
;
jufqu'à
ce
que
l'Ancien
des
jours
vint
à
paroi:
tre.
Alors,
la
puiffance
de
juget
fat
donnée
aux
Saints
du
Très-
Haut;
&
le
téms
étant
accom-
»
ph,
les
Saints
éntrérent
en
polleffion
du
Royaume,
»
Sur
quoi
l'ange
me
dit
:
la
»
quatrième
bête
eft
le
quatrième
».
Royaume.
qui
fe
formera
fur
la
»
térre
;
©
il
fera
différent
de
»
tous
les
autres
Royautnes.
Il
dé:
».
vorera
toute
la
terre,
la
foule-
»
fa
aux
pieds,
&
la
réduira
en
»
poudre.
Les
dix
cornés
font
dix
2
Rois-qui
s'éléveront
de
ce
mé-
»
me
Royaume.
Ilsenélévera
un
A
N
»
autre-après
eux,
qui
fera
plus
puifant
que
ceux
qui
l’auront
»
devancé
,
&c
il
abaïflera
trois
»
Rois.
Îl
parlera
infolemment
»
contrele
Très.
Haut,
&
foulera
»
aux
pieds
les
Saints
du
Frès-
Haut.
Il
fe
flattera
de
changer
»
les
tems
&
les
loix
;
êcles
Saints
»
feront
livrés
entre
{es
mains
»
jufqu'a
un
tems,
deux
tems,
&
la
moitié
d’un
tems.
Leju-
-»
gement
fe
tiendra
enfuite
,
afin
»
que
la
puiflance
foit
ôtée
à-cet
»
homme
,
qu'elle
foit
entière-
»
ment
détruite,
&
qu'il
périfle
7.
POUT
Jainaise
€
:
se
Zacharie
repréfente
l’Antéchrift
comme
un
pafteur
infenfé.
Voici
{es
propres
paroles
:
»
Je
m'envais
»
F
ditle
Seioneur
|
fufciter
fur
la
»
terre
un
pafteur
,
qiine
vifite-
»
fa
point
les
brebis
,;
qu'on
a
»
maltraitées,
qui
ne
cherchera
»
point
les
agneaux
encore
ten-
»
dres
,
qui
ne
guérira
point
les
2
Le
»
brebis
malades,
qui
ne
nourrira.
»
point
les
faines
;
mais,
qui
man-
»
gera
la
chair
des
plus
grafles,
»
&
qui
leur
rompera
la
corne
»
des
pieds,
O
pafteur,
à
idole,
»
qui
abandonne
le
troupeau!
»
L’épée
tombera
für
fon
bras
&t
fur
fon
œil
droit:
Son
bras
»
deviendra
tout
fec,
&
fon
œil
“droit
fera
entièrement
convert
»
de
ténébres.
«
Voïlà
quel
fera
l'Antéchrift,
&
quelle
fera
fa
do-
mination...
#
Le
Sauveur:,
dans
l'Évangile,
nous
décrit
les
tems
qui
précé-
dront
fon
fecond
avénement,;com-
me
des
tems
de
guerre,
de
fami-
ne,
de
révolte,
Il
dit
que
tout
£ela
n'eft-encore
que
le
commen-
SSI
À
N
£
cement
des
douleurs.
Te
juftes
feront
livrés
aux
méchans,
qui
les
outrageront,
&
qui
les
feront
mourir.
Plufieurs
gens
de
bien
tomberont
dans
le
fcandale,
On
verra
l’'abomination
de
la
dé-
folation
dans
le
Lieu
faint.
Les
maux
feront
fi
extrêmes,
que
s'ils
nétoient
abrégés,
nul
ne
feroit
fauvé
;
mais,
en
faveur
des
élus;
ils
feront
abrégés.
On
verra
alors
de
faux
Chrifts
&c
de
faux
Pro-
phétes,
qui
feront
des
fignes
&
des
prodiges
,
capables
d'induire
à
erreur
s’il
étoit
pofhble,
même
les-élus.
Après
cela,
le
Fils
de
Fhomme
paroïtra
dans
tout
fon
éclat.
né
Saint
Paul,
dans
fa
feconde
Épt.
treaux
Fheffaloniciens,
fait
auffi
un
portrait
frappant
de
l'adver-
faire
du
Meflie.
»
Ne
vous
laifiez
»
féduire
,-
dit.
cet
Apôtre
,
en
»
aucune
thanière,
par
qui
que
»-ce
foit;
car,
le
jour
du
Sei-
n
gneur
ne
viendra
point,
que
».
l’apoñtañe
ne
foit
arrivée
aupa-
»
ravañnt,
&
qu'on
n'ait
VU
pa-
»
roître
l'homme
de
péché,
cet
»:
enfant
de
perdition,
cet
enne-
»
mi
de
Dieu.
qui
s'élevera
au-
»-deflus
de.quiconque
eft
appellé
».
Dieu
,
ou
de
ce
quieft
adoré,
»
Jufqu'à
s’afleoir
dans
le
temple
”
»
de
Dieu,
comme
s'il
étoit
5:
Dieu,
voulant
lui-même
pañler
pour
Dieu.
Ne
vous
fouvenez-
m
vous-pas
que
je
vous
ai-dit
ces
-»
chofés
,
lorfque
Jj'étois
encore
»
avec
vous?
Et
vous
{çavez
bien
»
ce
qui
empêche
qu'il
ne
vienne,
»
1
jufqu'à
ce
quil
paroïffe
en
fon
tems.
Car
le
myftère
d'iniqui-
té
fe
forme
dès
à
préfent;
at-
B
iv
49
:
2
24,
AN
se
»
tendant
feulement
que
celui
qui
»
empêche
maintenant
que
cet
»
homme
ne
vienne
,
foit
lui-
ÿ
même
ôté
du
monde
,
&
c’eit
»
un-bien
qu'il
lempêche.
Alors,
»
1e
découvrira
l'impie
,
que
le
».
Seigneur:
Jéfus
détruira
par
le
»
foufe
de
fa
bouche,
&
quil
»
perdra
par
l'éclat
de
fa
préfen-
»
ce
;
cet
impie
qui
doit
venir,
»
accompagné
de
la
pufflance
de.
»
fatan
;
avec
toutes
fortes
dé
»
miracles,
de
fignes.
&
de
pro-
»
diges
trompeurs,
&
avec
toutes
#
les
1llufions
qui
peuvent
porter
»
à
l'iniquité
ceux
qui
périflent,
>»
parce
qu'ils
n'ont
pas
reçu-dans
»
leurs
cœurs
amour
de
la
véri-
»
té,
pour
être
fauvés.
C'eft
»
pourquoi
,
Dien
les
livrera
à
>
une
telle
efficace
de
féduétion,
»
qu'ils
croiront
au
menfonge,
afin
que
tous
ceux.qui
n'ont
»
point
cru
la
vérité,
mais
qui
Ont
confenti
à
l'iriquité,
foient
»
jugés
comme
ils
le
méritent.
«
-+
Cet
affreux
pottrait,
que
Saint
Paulatracé
de
?Antéchrift,
a
pa
ru
fi
refflémblant
à
Néron,
que
plufièurs
Anciens
,
:comme
nous
Vavons
déjà
obfervé
,
ont
cru
que
:ce
prince
étoit
l'Antéchrift.,
ou
du
moins
fon
précurfeur
,.
&
que
-
FAntéchrift
paroïtroithientôtaprès
lui.
D'autres
ont cru
que
Néron
reflufciteroit
avant
la
fin
des
fié-
-cles
,
pour
accomplir-tont
ce
qui
eft
dit
de
l'Antéchrift
dans.
les
Écritires.
Enfin,
Saint
Auguftin
aflare
qu’il
yen
avoit
d’autres-qui
foûtenoient
que
Néron
n'étoit-pas
-mort-;
Mais,
qu'il
vivoit
encore
-dans
quelque
lieu
inconnu
&in-
acceflible
;
confervant
toute
fa
Églifes
&-de
AN
vigueur
&
toute
fa
cruauté,
dont
il
devoit
un
jour
faire
reflentir
les
effets
aux
ferviteurs
de
Dieu.
H,
On
n'eft
pas
für
du
tems
auquel
PAntéchrift
paroîtra.
On
fçait
certainement
qu'il
viendra
avant
la
fin
des
fiécles,
&
qu'il
précédera
le
fecond
avénement
de}.
C.
Mais,
tous
ceux
qui
ont
-
voulu
fixer
l’année
de
fa
venue
,
“ont
fait
que
découvrir
leur
igno-
rance
@
leur
témérité.
Dès
le
tems
de
S.
Paul,
il
y
avoit
des
impofteurs
;
qui
effrayoient
les
fideles
en
voulant
leur
perfuader
que
le
jour
du
Seigneur
étoit
pro=
che.
Les
Peres,
eux-mêmes,
dans
les
premiers
fécles
,
ont
fouvent.
cru
appercevoir
des
fignés
avant=
coureurs
de
l'Antéchrit,
au
mi-
heu
des
troubles
&
des
perfécu-
tions
qui
s’excitoient
alors,
:
©
Mas,
depuis
le
dixième
fécle
;
qui
finifloit
le
fixième
millénaire
;
{nivant
l'opinion
de
ceux
qui
met=
toient
la
naïffance
de
J.
C.
vers
lan
so00
du
monde
;-on
com-
mença
à
fe
raflurer
fur
la
crainte
où
l’on
avoit
été
jufgu’alors
de
la
fin
du
monde,
qui
devoitarriver,
felon
la
tradition
des
Anciens
,
après
fx
mille
ans
de
durée.
On
fe-mit
à
bâtir:
de.
plus
grandes
plus
grands
édif-
ces.
La
traduétion
de
l'Écritute,;
qui
avoit
té
faite
par
S.
Jerôme,
&
qui
donnoit
environ
4000
ans
au
monde
ayant
J.
C.,
contribua
auffr
à
faire
croire:
que
la
fin
du
-monde
&
la
venue
de
lAntéchrift
n'étoient
pas
fi
prochaines.
Cela
n'empécha
pas
toutefois
que
quel-
ques-uns
ne
fe
hazardafient-enco-
re
à
vouloir
fixer
l'année
de
l'ap=
AN
pastion
de
PAntéchrift,
Le
Con-
cile
de
Florence,
affemblé
en
1105
,
condamna
Fluentius,
Évê-
que
de
la
même
Ville,
qui
foûte-
noit
que
l’Antéchrift
étoit
déjà
né.
L'abbé
Joachim
,
qui
vivoit
au
douzième
fiécle,
prétendoit
que
PAntéchrift
paroîtroit
foixante
ans
après
lui.
Arnaud
de
Villeneuve
avoit
dit
que
l'Antéchrift
vien-
droiten
1326,
Pierre
d'Ailly
avoit
cru
obferver
qu'il
devoit
paroître
en
1789
;
le
cardinal
de
Cufa
,
en
1730,
ou
1734;
Jean
Pic
de
la
Mirande
,
en
1994;
François
Melet,
en
1530,
ou
1430;
Jean
de
Paris
,
en
1560
;
Jerôme
Car-
dan,
en
1800,
On
pourroit
citer
_
d'autres
prédi@tions
femblables.
L'événement
en
a
déjà
réfuté
la
-plpart.
Eton
peuraflurer,
fans
témérité
,
que
les
autres
ne
font
pas
mieux
fondées
;
ni
plus
füres
que
les
précédentes.
_—
(a)
HE.
Ü
y
à
une
tradition
qui
paroît
prefque-uniforme
parmi
les
Anciens
;
que
l'Antéchriit
nai-
tra
de
la
race
des
Juifs,
&
qu'il
fortira
de-la
tribu
de
Dan.
On
explique,
en
ce
fens,
ces
paroles
de
Jérémie
:
»
Le
brait
de
la
cava-
»
lerie
de
l'ennemi
s'entend
déjà
»
de
Dan;
toute
la
terre
retentit
»-des
hanniflemens
de
leurs
che-
»
vaux
de
bataille;
ils
viendront
»
en
foule,
&
dévoreront
tout
le
»
pais,
tous
les
fruits
de
laterre,
»
toutes
les
villes,
@&
les
habi-
5
tans.
«
;
-
Les
plus
anciens:
Commenta-
teurs
de
l’Apocalypfecroyentque
-
Ce)
Tr
c»
8.
Ve
16:
«
AN:
25
l'omiflion
,
que
Saint
Jean
a
faire.
du
nom
de
Dan
dans
le
dénom-
brèment
des
tribus
d'Iftaël
,
ne
vient
que
de
ce
qu'il
fçavoit
que
l'Antéchnit
naîtroit
de
cette
Tri-
bu.
Mais,
comment
viendroit-il
de
cette
Tribu
,
puifque
les
Juifs-
ne
demeurent
plus
dans
la
Judée:
où
du
moins
ne
font
plus
maitres
de
cette
province
?
Il
viendra,
difent
nos
Commentateurs
,
de
de-ll'Euphrate,
dela
Babylonie,
où
l’on
prétend
que
les
dix
Fribus,
&
en
particulier
celles
de
Dan,
fubfftent:
encore
toute
entière.
Ce
fentiment
eft
fuivi
par
prefqne
tous
ceux
;-
qui-ont
écrit
depius
Saint
Jerôme,
&
c'étoit
déja,
de-
fontems
,
un
fentiment
coinmun:
dans
PÉelile.
=
È
(&)
IV:
Comme
on
fuppote
donc
que
l'Antéchrift
naîtra
dans
Ja-Babylonie,
on
dit
qu'il.
y
jetre-
ra
lés
fondemens
de
fon
Empires
que
les
Juifs
feront
les
premers.:
qui
fe
déclareront
pour
lui,
qui
reconnoîtront
fa
domination,
8
qui
auront
les:
premiers
-emplois
de
fon
Empire.
Il
fçaura
les
gagner:
par
fes
preftiges,
par
fes-Careltes..:
par
fes
faux
miracles,
tr
par
tonites:
les
apparences
de
bonté
;
de
piété
&
de
clémence
;
de
mamière
que:
ce
malheureux
peuple
le
prendra.
pour
le
vrai
Mefhe,êr
fe
flattera
de
voir
rétablir,
par
fon.
moyen,
le.
premier
éclat
du
royaume
d'If-
raët,-dans
là
Terre
promife.
Lorfque
l'Antéchrilt
paroïtra,:
ilcommencera
à
attaquer
l'empire
Romain,
qui
fera
alors
partagé
cb)
Danielc.
y.:v,
7;
8,
“c.
tre
vs
425.4%
Ik.
Theflal,
Ca
Ve
4
26
AN
entre
dix
Rois
puiflans
,
fhivant
ces
paroles
de
Daniel,
que
lon
applique
au
royaume
de
lAnté-
carift:
»
Je
regardois
enfuite
dans
x
cette
vifion
que
jayois
pendant
»
Ja
nûit.,
dit
le
Prophète,
&
je
x
vis
paroïtre
une
quatrième
bête
x
quiéfoit
terrible
&
étonnante
;
»
elle
étoit
extraordinairement
»
forte
;
elle
avoit
de
grandes
»
dents
de
fer
;
elle
dévoroïit,
»
mettoit
en
piéces
&
fouloit
aux
#
pieds
ce
qui
refoit,
Elle
étoit
»
fort
différente
des
autres
bêtes,
»
que
javois
vues
avant
elle,
&
»
elle
avoit
dix
cornes.
Je
confi-
n
dérois
fes
cornes,
&
j'en
vis
#
une
petite,
qu
s'élevoit
au
mi-
»
lieu
des-autres.
Trois
des
pre-
»-mières
cornes
furent
arrachées
»-de
devant
elle,
Cette
corne
avoit
des
yeux
comme
des
yeux
»
d'homme,
&
une
bouche
qui
%
proféroit
des
paroles
infolen-
33
tes,
«c
ESC
Cette
bête
à
dix
cornes,
felon
les
Interprétes,
n’eft
antre
chofe
que
l'empire
Romain.
La
petite
corne
eft
l’Antéchrift.
Les
trois
cornes,
qui
tombent
en
fa
pré-
fence,
font
trois
monarques,
qui
feront
rénverfés
par
les
armes
de
cet
ennerni
de
Dieu.
Daniel
ex-
-
prime
ces
trois
monarques
en
un
autre
endroit
,
en
ces
termes
:
>»
Il
étendra
fa
main
contre
les
»
provinces,
&
le
pais
d'Égypte
»
néchappera
point.
Il
{e
rendra
»
maitre
des
tréfors
d’or
&
d’ar-
»
gent,
&
de
tout
ce
qu'il
y
a
de
>
plus
précieux
dans
l'Égypte.
».
Ceux
de
la
Libye
&
de
l'Éthio-
La
L°2
»
pie
le
füivront
à
la
guerre,
«:
Voilà
les-trois
Royaumes
par
où
À
N
commencera
la
décadence
de
Pem:
pire
Romain.
Leur
châûte
entrai-
nera
la
ruine
de
tout
le
refte.
L'on
ñe
garantit
point
ces
applications,
l’on
rapporte
feulement
ce
que
les
Anciens
en
ont
dit.
=
Après
avoir
aflujetti
l'Ésypte,
l'Éthiopie
&
la
Libye
,
l'Anté-
chrft
marchera
contre
Jérufalem,
en
fera
aifément
la
conquête,
&
y
étabhira
le
fiége
de
fon
Empire.
Alors
;il
apprendra
que
les
rois
Gog
&
Magog
viennent
pour
le
combattre
;
il
leur
livrera
la
ba-
taille,
@
les
défera
aifément
au
milieu
de
la
Paleftine.
Tout
le
pais
s'enrichira
de
leurs
dépouil-
les.
Après
cela,
l’Antéchrift
Voyant
maitre
de
l'Empire
d'o-
rient
&
d'occident,
tournera
toute
{on
application
à
détruire
le
royau.
me
de
J.
GC.
&
à
perfécuter
les
gens
de
bien.
»
[|
s'élévera
fur
»
tout
ce
qui
porte
le
nom
de
»
Dieu
,
&
fur
tout
ce
qui
eft
»
adoré
;
enforte
qu'il
Saffeiera
»
dans
le
temple
de
D
à-dire.,
dans
le
temple
de
Jérufa-
lem
qu'il
rétablira.
Il
y
a
même
quelques
Anciens
qui
croyent
qu'il
s'afleiera
dans
les
églifes
des
Chré:
tiens
;
&
qu'il
y
recevra
les
ado-
rations
d’un
grand
nombre
d'A
pofs
tats
,
qui
renonceront
à
[a
foi
de
L'Écriture
ne
marqne
pas
pré-
cifément
la
durée
du
regne.
de
l'Antéchrift
;
mais,
elle
{emble
,
en
plus
d'un
endroit
,
donner
trois
ans
&
demi
à
la
durée
de
{es
per-.
fécutions.
Du
moins,
elle
afhigne
trois
ans
&
demi
aux
perfécutions
de
Ceux
,
qu'on
regarde
comme
des
figures
de
l'Antéchrift
heu;
«C'eft+
AN
“ANTÉCIENS,
Antœci
,
du
Grec
&vrt,
contra
,
contre
,
&
‘téo
,
habito,
jhabite.
C'eftun
terme
de
Géographie.
En
confi-
dérant
les
habitans
de
la
terre
re-
lativement
;
c'eft-à-dire,
par
rap-
port
les
uns
aux
autres
,
les
uns
font
Périéciens,
les
autres
Anté-
ciens
,
&
les
autres
Antipodes.
es
Antéciens
font
ceux
qui
habitent
fous
la
même
portion
du.
méridien
,
comprife
entre
les
deux
Poles,
&
qui
font
à
égale
diftance
de
l'Équateur
;
mais,
les
uns
du
côté
du
nord,
&
les
autres
du
côté
du
midi.
Ainfi,
les
Antéciens
ont
la
même
longitude
&
la
même
latitude
5#mais
,
les
uns
ont
la
longitude
auftrale,
&
les
autres
la
longitude
feptentrionaie.
Les
habitans
du
Péloponnèfe
font
An-
téciens
des
Cafres
du
cap
de
Bonne-Ffpérance.
Les
Antéciens
ont
midi
&
minuit,
précifément
à
la
même
heure;
mais
,
les
uns
ont
l'été,
quand
les
autres
font
dans
l'hiver.
ANTÉCŒNE
,
Anrecæna
,
vel
Anrecœnium
;
terme
formé
de
ante,
avant,
&
cœna,
fouper.
C’eft
le
nom
que
les
Romains,
dans
leurs
repas,
donnoïient
au
premier
fervice
,
dans
lequel
on
fervoit
des
mets
propres
à
exciter
l'appétit,
Il
y
avoit
ordinairement
désŒbfs,
*
ANTÉDILUVIENNE
[Phi
lofophie
,
Poëfie,
&c.
]
(2).
Ce
terme
Latin,
compofé
de
la
pré:
pofition
ante,
avant,
&
dilnvium,
“déluge,
fignifie
la
Philofophie,
la
Poëfe
»
Otc.
avant
le
déluge.
AN
27
On
ne
peut
guere
former
la-deflus
que
de
belles
conjettures
,
&
c’eft
ce
qu'ont
fair
plufeurs
Écrivains.
Quelques-uns
de
ceux,
qui
re-
montent
à
l’origine
de
la
Philofo-
phie,
ne
s'arrêtent
pas
même
an
premier
homme,
qui
fut
formé
à
l'image
&
à
la
reflemblance
de
Dieu
;
mais,
comme
fi
la
terre
nétoit
pas
un
féjour
digne
de
fon
‘origine,
ils
s’élancent
dans
les
cieux
,
&
la
vont
chercher
jufques
chez
les
Anges,
où
ils
nous
la
montrent
tonte
brillante
de
clarté.
:
À
l'égard
de
la
poëfe
Antédi-
hivienne,
les
paroles
que
Lamech
adrefle
à
fes
femmes,
dans
le
-
quatrième
chapitre
de
la
Génète,
font
regardées
par
de
fcavans
In-
terprétes
,
comme
un
fragment
de”
cette
efpèce
de
poëñe,
M:
Pabbé
Fontenu
regrette
tant
de
cantiques,
admirables
fans
doute,
où
nous
trouverions
les
idées-de
la
plus
fablime
Métaphyfique,
revètues
des
couleurs
de
la
plus.
brillante
poëfie.
En
effet,
files
Orphées
&
les
Silènes
,
au
rap-
port
d'Homère
&
de
Virgile,
chantoient
fur
leurs
lyres
le
dé-
brouillement
du
chaos
&
l'orisi-
ne
des
êtres,
felon
les
idées
biz
zatres
des
Cofmogonies
payen-
nes
,
que
d'images
plus
nobles
ne
devoit
pas
ofirir
aux
Poëtes
de
l'ancien
monde,
le
véritable
fyftême
de
la
formation
de
l'U-
nivers
,
dont
la
connoïflance
n’a-
voit
pas
eu
le
tems
de
s’altérers
où
de
fe
perdre!
:
La
nature
,
alors
;
dans
è
fa
Ce)
Genef,
c,
iv.
23;
24
Mém.deP'Acad.
des
Infer,
&
Bell.
Léte.
T.
XVUL,
Peise
28
A
N.
beaute
|
portoit
vifiblement
l’em-
se
ss
preinte
de
fon
Auteur.
Les
cieux
annonçoient
fa
gloire
;
&
l’homme.
forti
de
fes
mains
,
pouvoit
encore
fe
{ouvenir
de
fon
origine.
Une
tradition
fuivie
,
peut-être
même,
comme
Fobferve
M.
l'abbé
Fon-
tenu
,
l’ufase
d’une
écriture,
ou
litrérale
,
où
fymbolique
;
con-
fervoient
parmi
eux
les
premières
notions;
que
l’homme
recut
en
naiflant,
fur
l’eflence
&
les
per-
feétions
de
l'Être
fuprême,
für
le
monde
des
intellisences
,
far
Fimmortalité
de
l'ame,
Que
de
fujets
pour
la
poëñe!
ANTÉE
»
Antœ@us,
Ayraïoc
a)
Pun
des
chefs
de
l’armée
de
urnus.
Î
fut
attaqué
par
Énce,
ainfi
que
plufeurs
autres
chefs,
qui
étoient
poités
,
comme
lui,
au
premier
rang
de
l’armée.
FT
LS
5;
a
ANTÉE
»
ARGUS,
Arraie,
(ë)
l'un
des
compagnons
d'Énée.
Un
jour
que
ce
Prince
des
TFroyens
fortit
brufquement
de
fon
camp,
pour
marcher
à
l’en-
nemi,
Antée
Paccompagna
avec
Ménefthée.
Leur
marche
étoit
telle,
felon
Virgile
;
que
la
terre
émue
retentifloit
fous
leurs
pas.
ANTÉE,
Anreus,
Ayraec,
(c)
géant
de
Libye,
d’une
taille
monitrueufe
,
étoit
fils
de
Neptu-
ne
&
de
la
Ferre.
1l
avoit
foixan-
te-quatre.
coudées
de
hanteur,
C’étoit
un
vrai
monftre
en
cruau-
té
;
il
obligeoit
les’
étrangers.
à
lutter
contre
lui,
.&
les
étouffoit
tous
du
feul
poids
de
fa
corpulen-
(a)
Virg.
Æneid.
L.
X.
v.
‘61.
(2)
Virg.Ænéid.
L.
X.v:
#78.
&
feq.
(c)
Diod.
Sicul.
p.
157,
Strab.
p.829.
Mych,
par
M,
PAbb,
Ban,
Tom,
VIE
-
À
N
ce.
[l
brovoqua
Hercule
à
la
lutte.
Hercule
accepta
le
défi,
&
le
jetta
trois
fois
à
terre
à
demi
mort;
mas,
dès
qu'Antée
touchoit
la
Terre,
fa
mere,
il
reprenoit
fes
forces,
&
devenoit
plus
furieux
qu'auparavant.
Hercule
s’en
étant
apperçu
;
&t
l'ayant
faifi
de
nou-
veau,
le
ferra
fi
fortement
en
Pair,
&
le
tint
f
long-tems
en
cette
poflure,
qu'il
expira.
C'eft
cetté
fable,
qui
eft
repréfentée
dans
les
fépulchres
des
Nafons,
qui
font
dans
l'Antiquité
expli-
quée
par
D.
Bernard
de
Mont-
faucon,
Minerve
s’y
trouve
appa-
rémment
pour
fecourir
Hercule.
On
trouve
auffi
cette
fable
,
re-
préfentée
dans
une
médaille
de
Pofthume,
au
revers
de
laquelle
Hercule
tient
Antée
élevé
en
l'air,
avec
lPinfcription:
HERCULIE
LIBFCO,
À
LHERCULE
DE
-LIBYE:
M.
l'abbé
Banier
explique
cette
fable
de
cette
manière
:
Comme
Hercule
vouloit
établir
une
colo=
nie
en
Afrique
pour
faciliter
le
commerce,
ce
qui
étoit
une
des
fins
de
{on
voyage
dans
ce
pais,
il
en
fut
repouilé
d'abord,
par
un
autre
Marchand,
qui
s’étoit
établi
dans
Lx:
Libye
,.&
qui
étoit
déjà
fi
puiflant
,
qu'il
n’étoit
pas
poffble
de
le
forcer.
Notre
Héros
l'attira
adroïtement
fur
mer,
&
lui
ayant
conupé:les
paflages
de
la
terre,
où
il
alloït
fe
rafraichir.,
êt:
reprendre
des
troupes,
il-le
fit
pénr.
De-là,
eft
venue,
ajoûte
pag:
32,
32.
Antiq.explig.
par
D.
Bern.
de
Montf.
Tom:
1.
pag.
212,
Mém:
de
PAcad,
des
Infcripr.
&
Bell.
Lett.
Tom,
1,
pag,
128,
Tom.
Hi,
pag,
233
AN
M.
Pabbé
Banier,
la
fable
d’An-
tée.
Cet
Antée
avoit
bâti
la
ville
Antées
-
:
#ticuliers.
de
Tingi
,
ou
Limgi,
quieftun
petit
bourg
fur
le
détroit
de
Gi-
braltar.
On
dit
que
Sertorins
fit
ouvrir
le
tombeau
de
ce
Géant,
êt
que
fes
offemens
étoient
d’une
grandeur
extraordinaire.
:
ANTÉE,
Anteus,
Avratc,
(a)
roi
d'Irafe
en
Libye.
Il
pro-
-pofa
{
fille
Barcé,
pour
prix
de
la
courfe,
aux
Amans
de
cette
Princefle.
Cet
Antée
eft
peut-
être
le
même
que
le
précédent,
.
‘auffi
bien
que
cet
autre
Antée,
qui
fut
chargé
par
Ofiris
du
gou-
vernement
des
lieux
voifins
de
FÉthiopie
&
de
la
Hibye.
l'un
des
Poëtes
tragiques,
nommé
Phrynique
,
au
rappott
de
Suidas,
avoit
fait,
entre
au-
tres,
une
piéce,
quil
intitula
On
dit
qu'il-y
avoit
une
Déeffe
-de
ce
nom,
qui-fut
ainfi
appellée
“de
la
ville
d'Antinm
en
Italie,
où
on
lui
rendoit
des
honneurs
par-
C'étoit
apparemment
celle
qûi
fe
nommoit
Les
Fortu-
nes.
La
ffatue
de
cette
Déefle
avoit
cela
de
remarquable,
qu'elle
fe
remuoit
d'elle-même,
{elon
le
témoignage
de
Macrobe
;
&
fes
mouvemens
divers,
ou
fervoient
-de
réponfe,
ou
marquoient
f
l’on
-
pouyoit
confulter
les
Sorts.
ANTÉIA,
Anteia
;
(b}
avoit
lépoufé
Helvidius
Prifeus
,
qui
fut
(a)
Diod.Sicul,
pag.
ro,
Myth.
par
“M.
VAbb.
Ban.
Tom.Il.
p.37.
&
faiu.
À
_
Mém.de
l'Acad,
des
Infcript.
&
Bell.
-
Let.
Tom,.1il.
pag.
201.
Tom.
XHI.
/.pag.
274.
Tom.
XVI.
pag.
82.
=
7
(b):
Crév,
Hit,
des
Emp.
Tom,
IV.
{11
pag:
268
;
451°
PS
TS7s
Eee
<
AN.
29
accufé
dans
le
Sénat
,
&
mis
en
prifon.
Après
la
mort
de
cet
of-
Ger
,
Pline
réfolut
de
pourfnivre
un
ancien
Préteur
,
nommé
Pu-
blicius
Certus,
qui
avoit
été
le
premier
à
mettre
la
main
fur
hu,
&
qui
avoit
aidé
les
archers
à
le
mener
en
prifon.
Mais,
ne
vou-
lant
pas
entreprendre
la
chofe,
fans
avoir
confulté
Antéia,
il
lus
demanda
f
elle
vouloit
fe
rendre
partie,
à
quoi
elle
confentit
avec
oi.
|
ANTÉIUS
[C.],
C.
Anteius,
K.
Arms.
(c)
L'an
de
Rome
769,
Germanicus
fe
difpofant
à
aller
par
mer
en
Germanie
,
CG.
-Antéius
eut
la
commiffion
de
faire
équiper
une
flotte.
On
lu
avoit
aflocié
pour
cela
Silins
&
Cécina.
ANTÉIUS
2
Anelus,
A'yTyioc,
(d)
fénateur
Romain.
Après
le
meurtre
de
l'empereur
Caligula
,
une
curiofité,
que
lui
infpiroit
l'efprit
de
vengeance,
lamena
au
lieu
;
où
avoit
été
commife
cette
attion
fanguinaire,
pour
jouir
de
la
fatisfaétion
de
voir
étendu
mort
celui,
qui
avoit
banni
&
tué
fon
pére.
Il
lui
en
coûta
la
vie.
;
&,
ayant
tenté
inutilement
de
fe
ca-
cher
,
lorfquil
vit
le
péril,
ik
fut
maflacré
par
les
Germains.
C’é-
toit
l'an
de
FC.
41.
-
ANTÉIUS
[P.],
P.
Anteius,
H.-Avryios,
(e)
lun
de
ceux
-qu'Agrippine,
mere
de
Néron,
honoroit
de
fa
protettion.
L'an
de
-
-“{c)
Tacir.
Annal,
L.
IT.
c.
6.
-(dy-Jofeph.
de
Anriq.
Judaïc.
ps
667
Crév.
Hift:
des
Emp.
Tom.
Il.
pag.87.
(e)
Tacit,
Annal.
L.
XIII.
c.
22.
E-
XVI.
c.
14.
Crév.
Hift,
des
EmpTom.
30
,
A
N
Rome
806,
on
807,
onlni
pro
mit,
fur
la
recommandation
de
cette
Princeile,
le
gouvernement
de
Ja
Syrie;
mais,
on
élnda
fous
divers
prétextes
l'exécution
de
cette
promefle
;
de
manière
que
P.Antéius
refta
à
Rome.
La
pro-
teétion.
de
la
mere
l’avoit
rendu
odieux
à
fon
fils.
|
Plufeurs
années
après,
comme
P.
Antéius
faifoit
une
penfon
an-
nuelle
à
un
Aftrologue,
nommé
Pammenès,
Antiftius
Sofianus
en
eut
connoïlance.
Avant
même
intercepté
quelques-unes
de
fes
Lettres,
1
{e
fervit
de
cette
de
couverte,
pour
le
perdre
dans
l'efprit
de.
Néron;
ce
qui
ne
fut
pas
bien
difficile,
à
caufe
de
Ja
haine
que
ce
Prince
lui
portoit
déjà
,
&
parce
qu'il
poffédoit
d'ailleurs
de
grandes
richefles.
.
Dès
qu'on
fut
dans
le
public
Faccufation
|
formée
contre
P,
Antéus
,
on
le
regarda
comme
un
homme
fans
reflource,
&
condamné,
avant
que
d'être
en-
tendu
;
en
forte
que
perfonne
ne
vouloit
figner,
comme
témoin
,
le
teflament
d'Antéius
»
A
Tigellin
n'eût
leyé
la
difiicuité
_avertiffant
le
teftateur
de
ñe
point
trainer,
L'avis
fut
fuivi.
P.Antéius
mit
ordre
promptement
à
{es
affai.
res,
prit
enfüité
du
poifon;
&,
impatient
de
ce
que
la
mort
ne
venoit
pas
aflez-tôt,
il
fe
fit
ou-
-Vrir
les
veines,
l'an
de
J,C.
66.
C'eft
qu'il
avoit
que
Néron,
en
pareil
as
,
ne
fouffroit
point
de
délai
;
&
que
fi
ceux
dont
il
avoit
(z)
Strab.
pag,
230.
Plin.
E.
TI.
cs
2
ernpus
Antelucanum.
mais
en
+
Kit,
Liv,
E,
1,
c
93
1Q2
Ils
Plur,
Tom,
AN
ordonné
la
mort,
ne
s’exécntoier®
pas
au
plutôt
eux-mêmes,
il
leur.
envoyoit
fes
chirurgiens
pour
les
traiter,
C'étoit
fon
terme.
ANTÉLUCANE
|
le
Tems],
C'eft
le
nom
que
les
Anciens
donnoient
au
tems,
qui
précéde
immédia=
tement
l’aurore,
ANTEMNA
,
Anremna,
Avreuræ,
ville
d'Italie
;
autre
ment
appellée
Antemnes.
Voyez
Antemnes.
ANTEMNATES,
Antemna=
tes,
peuples
d’Antemnes.
Voyez
Antemnes,
ANTEMNES,
Antemne,
(a)
Àvreuru,
ville
d'Italie,
à
trente
OÙ
quarante
ftades
de
Rome,
au
pais
des
Sabins.
Ceux
d’Antemnes
:
étoient
du
nombre
de
ces
Peuples,
à
qui
Romulus
fit
enlever
les
filles
Pat
la
jeuneffe
Romaine,
pendant
la
célébration
d’une
fête
&
des
jeux
folemnels,
en
l'honneur
de
Neptune
équeftre.
Les
Antemna-
tes,
ainfi
que
les
autres;
voulu
rent
en
tirer
vengeance.
C’eft
pourquoi,
is
firent
une
incurfion
fur
les
terres
des
Romains.
Ceux-
ci
Envoyérent
contre
eux
une
lé-
gion,
qui
les
trouva
difperfés,
çà
&
là,
dans
ja
Campagne.
Au
pre-
imier
choc,
ils
furent
mis
en
fuite,
&
pourfiivis
jufques
dans
leur
Ville,
qui
fut
bientôt
réduite
{ous
la
puiffance
des
Romains.
Dénys
d'Halicarnafle,
&
les
faîtes
Capi-
tolins
comprennent
les
Antem-
nates
Au
nombre
des
Peuples,
dont
Romulus
triompha,
[pag
471.
Mém,
de
VAcad.
des
fnfcr;
&
Bell:
Letr.
Tom,
VIL,
Pag.
120
,
120
AN
:
Craflus,
qui
s’étoit
joint
à
Syl-
Ja,
durant
les
troubles
de
la
Re-
publique
Romaine,
ayant
un
jour
“vaincu
les
ennemis
,
les
pourfui-
vit
jufqu'à
la
ville
d’Antemnes.
Sylla,
informé
de
cette
nouvelle,
y
marcha
lui-même
le
lendemain
à
la
pointe
du
jour.
Comme
il
approchoit,
trois
mille
des
enne-
mis
lui
envoyérent
des
Hérauts
,
pour
lui
demander
quartier.
Il
leur
répondit
qu'il
leur
donneroit
toute
forte
de
füreté,
fi,
avant
que
de
venir
fe
rendre
à
lui,
ils
faïoient
au
refte
de
fes
ennemis
quelqué
mal
confidérable.
Sur
cela,
ces
trois
mille,
fe
fiant
à
fa
parole,
fe
jettérent
fur
leurs
compagnons
;
&
il
y
en
eut
plu-
fieurs
,
qui
fe
tuérent
les
uns
les
autres.
Mais,
Sylla,
ayant
raf-
femblé
tous
ceux
qui
reftoient,
tant
de
ces
trois
mille
que
des
autres
,
jufqu'au
nombre
de
fix
mille,
les
enferma
dans
le
Cir-
que;
&
en
même-tems
il
aflem-
:
bla
le
Sénat
dans
le
temple
de
Bellone.
:
:
-
Là,
d
commence
à
haranguer,;
&
pendant
qu'il
parloit,
fes
fol-
dats,
à
qui
il
avoit
donné
{es
or-
dres
,
mallacrent
ces
fix
mille
malheureux,
qui
étoient
dans
le
Cirque.
Les
cris
de
tant
d’hom-
mes
,
quon
ésorgeoit
dans
un
lieu
fi
étroit,
étant
joints
enfem-
ble
,
firent
un
éclat,
tel
qu’on
peut
penfer.
Les
Sénateurs
en
furent
cfrayés,
ne
fçachant
ce
que
ce
pouvoit
être
;
mais,
Sylla,
con-
tinuant
fon
difcours
avec
le
même
ee
AN.
-3T
fang
froid
&
le
vifage
auf
affuré
qu'auparavant
,
leur
dit
qu'ils
de-
voient
n'avoir
attention
qua
ce
qu'il
leur
difoit,
&
ne
pas
fe
met-
tré
en
peine
de
ce
qui
fe
pañoit
dehors
;
que
le
bruit
qu’ils
enten-
doient,
venoit
de
quelque
correc-
tion
que
l'on
faïfoit
à
quelques
mauvais
garnemens
,;
quil
avoit
ordonné
de
chaâtier.
S
_
Prifcien
dit,
fur
lautorité
de
Varron,
qu'Antemnes
étoit
plus
ancienne
que
Rome
;
&
Varron
obferve
que
cette
Ville
étoit
fituée
devant
une
rivière,
qui
tomboit
dans
le
Tibre.
C’eft
pourquoi,
d'anciens
Critiques
jugent
que
fon
nom
veñoit
de
fa
fituation
,
Ante
amnem,
devant
la
rivière.
Du
tems
de
Strabon,
ce
n'étoit
plus
qu'un
village
,
ainfi
que
plufeurs
autres
villes.
Quelques
particu-
liers
y
faifoient
leur
demeure.
Pline
,
qui
vécut
après
cet
ancien
Géographe
,
parle
d'Antemnes,
comme
d’une
ville
détruite.
Elle
ne
s’eft
point
rétablie
depuis.
ANTÉMUSIE
,
Antemnfa,
A'yrepovclæ,
(a)
ville
d'Afe,
dans
la
Méfopotamie,
qui
fut
fondée
par
les
Macédoniens.
Elle
étoit
arrofée
par
les
eaux
d’un
fleuve,
qu'on
appelloit
Aborrhas.
Elle
n'étoit
pas
cependant
éloïgnée
de
l'Enphrate
;
car,
felon
Strabon,
pour
aller
de
Syrie
dans
la
Se-
leucie
&
la
Babylonie
,
on
pañloit
ce
fleuve
auprès
d'Antémule.
Cette
Ville
fut
du
nombre
de
celles,
qui,
vers
l'an
de
Rome
789
;recurent
Tiridates.
Les
ha
(a)
Strab.
pag:
747,
748
Tacit,
Annal,
L.
VE,
car.
Plin,
L.
V.
c.
24.
Ptoleme
EL,
Vs
Ce
18
38
À
mocritus
,
Aveuoxolroc,
(a)
He
raut
qui
fut
envoyé
par
les
Athé-
.
miens
à
Lacédémone;
mais,
étant
mort
en
chemun
,
&
les
Mépa-
réens
étant
foupconnés
d'y
avoir
contribué,
Charinusdrefla
un
dé-
cret
par
lequel
les
Athéniens
dé-
claroient
à
Mépare
une
haine
im-
mortelle
&
irréconciiable.
Ce
dé-
cret-ordonnoit
en
outre
que
tous
les
Mégaréens,
qui
mettroient
le
pied
dans
Athènes,
feroient
punis
de
mort;
que
tous
les
généraux
Athéniens
;
en
prétant
le
ferment
folemnel,
jureroient
expreflément
qu'ils
enverroient
tous
les
ans
ra
vager
deux
fois
le
territoire
de
cette
ville
ennemie
;
&
que
le
héraut
Anthémocrite
feroit
en-
terré
près
des
portes
Thriafiennes,
quon
appella
dans
la
fuite
le
Di-
pyle.
Selon
Paufanias,
fon
tom-
beau
étoit
fur
le
chemin,
qui
con-
_duifoit
d'Athènes
à
Éleufis,
&
ue
l’on
nommoit
la
Voie-facrée.
-
ANTHÉMUS
,
Anthemus
,
Aybeuvoc
,
(b)
ville
de
Macédoi-
ne.
Elle
fut
offerte
par
Amyntas
:
à
Hippias,
qui
la
refufa,
ain
que
celle
d'Iolcos
en
Theffalie,
que
lui
préfentoient
les
habitans
de
cette
province...
—
:
.
ANTHES
;
Anihes,
An,
{c)
poëte
muficien.
Nous
appre-
_nons
de
Plutarque
d’après
Héra-
.
Chide
,
qu'il
étoit
originaire
d’An-
_thédon
en
Béotie,
&
qu'il
fit
des
Hymnes.
C'eft
tout
ce
que
nous
en
fçavons
;
à
moins
qu'il
ne
fût
l'Anthès,
d'après
qui
Etienne
de
Byzance
allégue
étymologie
du
-
(a)
Plut.
Tom.
I.
p:
168,
(5)
Herod.L,
V,_c.
94.
(e)
Pauf,
“pag:
142,
574.
Roll,
Hifi,
A
N
mot
Æalicarnaffe
;
ou
l'Anthès,
cité
par
Harpocration,
comme
ayant
écrit
fur
le
fujet
d’Attis.
Îl
eft
vrai
que
dans
le
pañlage
d'Harpocration,
où
on
lifoit
Sedÿ-
aœxero
A
0x,
Anthés
a
mani-
jeté;
Mauflac,
fur
l'autorité
de
Cafaubon,
corrige
d'éfyauxe
Nedr=
te
Néanthès
a
manifeflé
;
&
ce
Néarthès
eft
un
auteur
connu
d’ailleurs.
;
À
l'égard
de
l'Anthès
,
l’un
des
fondateurs
de
la
ville
d'Halicar-
naile
,
où
il
conduifit
une
colonie
de
Trœzéniens
;
felon
Strabon
&
tienne
,
peut-être
pourroit
-
il
avoir
quelque
chofe
de
commun
avec
le
poëte
Mufcien,
par
fon
antiquité.
+
Quant
à
l'Anthès,
fils
de
Nep.
tune
&
d’Alcyone
,
fille
d'Atlas,
felon
Paufanias,
ce
qu'Étienne
de
Byzance
nous
apprend
de
celui-ci,
eit
hors
de
toute
vraifemblance,
&
n’a
pourtant
été
relevé
par
au-
cun
des
Enterprétes,
où
des
Come
mentateurs
de
ce
Géographe.
En
effet,
qui
pourra
croire
qu’un
fils
de
Neptune
&
un
petit-fils
d'At-
las,
qui
;
comme
tel,
devoit
être
de
la
plus
haute
antiquité,
ait
été
tué
,
comme
laflure
Étienne,
par
Cléomène
,
frere
de
Léonidas
,
qui
vivoit
du
tems
de
Darius
[,
roi
de
Perfe
;
qu’enfuite
on
Pait
écorché
,
8
qu'on
ait
écrit
fur
fa
peau
,
qu'anf
s'accompliffoient
les
Oracles
:
car,
c'eft
précifé-
ment
ce
que
porte
le
texte
d’'E-
tienne.
Sur
quoi
Meurfus
eft
tombé
dans
une
méprife
aflez
fin-
Pauf,
p.67.
Anc.
Tom.
V.
P.
675:
Mém.
de
l’Acad,
des
Infeript.
&
Bell.
Let.
Tom.
VII
pag:
8485.
Tom.
X.
pag.
197.
&
faivs
A
EE
ce
à
(SR
Mu
née
nstete
nid
na
té:
à
ic.
eue
ga
nil
MS
dirt
à
dr
LS
tshast
pr
>
#
ci
e
re:
STE
Pape
st
à
TN
TI
TR
ET
TANT
TEE
VER
RD
ENTREE
NS
IS
PO
SENS
PPT
NEC
PET
PE
PES
TP
TRERNERÉT
DER
PEVT
ESS
RERO
ET
PTT
PETER
PONTS
VONT
TN
DEEP
PERSAN
ET
ET
PTE
PTE
NA
NT
PES
A
PLIS
CTI
PT
ON!
AN
gulière
;
ayant
oublié
le
derniet
mot
du
pañlage;
enforte
qu'il
ré-
fulte
de
la
verfon
Latine,
qu'il
en
donne,
que
fur
la
peau
d’An-
thès
on
écrivoit
des
Oracles.
Cet-
te
bévue
relevée
par
Berkel,
Commentateur
d'Étienne,
n'a
pas
empêché
ce
Commentateur
d'en
faire
plufeurs
à
fon
tour,
dans
une
feule
de
fes
réflexions.
ANTHES,
Anthès
,
Ayue,
(a)
fils
de
Neptune
&
d'Alcyone,
fille
d'Atlas.
Î
y
en
a
qui
lui
attri-
buent
la
fondation
de
la
ville
d’An-
thédon
,
dans
la
Béotie.
Voyez
Particle
précédent.
ANFHESPHORIES
,
Æ47-
thefphoria.
Ce
nom
eft
Grec
;
il
_€ft
compofé
de
&loc
,
flos,
fleur,
SE
péro,
fero,
je
porte:
C'eft
le
nom
d’une
fête
,
que
lon
célé-
broit
en
Sicile
en
l'honneur
de
Proferpine,
&
quis’appelloit
ainfi,
parce
que
cette
Déelfe
fut
enlevée
par
Pluton,
lorfqu'elle
cueilloit
des
fleurs
dans.
la
campagne.
Il
femble
que
les
Anthefphories
foient
la
même
chofe
que
le
Flori-
fertum
des
Latins.
Cependant,
Fef-
tus
ne
rapporte
point
cette
fête
à
Proferpine
;
&c
il
dit
qu'on
la
nommoit
ainfi,
parce
quon
por-
toit
ce
jour-là
des
épis
au
temple.
ANTHESPHORION
,
47-
thefphorion
,
(b)
nom
d'un
des
mois
de
l’année
Attique.
C'étoit
dans
ce
mois
que
l’on
célébroit,
près
d'Athènes,
fur
les
bords
de
lliffus
,
les
myftéres
de
Profer-
pine.
Cela
s’appelloit
les
Anthef=
phories
,
fêtes
qu’on
célébroit
auf
(2)
Pauf.
pag,
574
æ
AN
2
en
Sicile.
Voyez
Anthefphories,
?
Le
mois
Anthefphorion
eft
le
même
que
le
mois
Antheftérion
u’on
peut
voir
ci-après.
ANTHESTÉRIES
,
Anthef-
teria
,
nom
d'une
fête
que
célé-
broient
les
Athéniens
en
l'honneur
de
Bacchus.
Quelques-uns
difent
qu’elle
prenoit
fon
nom
du
mois
Ântheftérien,
ou
Antheftérion,
dans
lequel
on
la
célébroit.
D'au-
tres
prétendent
que
ce
nm'étoit
point
une
fête
particulière
;
mais,
que
toutes
les
fêtes
de
Bacchus
s’appelloient
Antheftéries.
C'eft
le
fentiment
d’Apollodore
,
cité
par
le
Scholiafte
d’Ariflophane.
Quelques-uns
prononcent
&c
écri-
vent
Anthitéries;
c'eft
une
faute,
Ti
eft
plus
naturel
de
dériver
le
mot
Anthefleries
de
&rlos
,
flos,
fleur,
parce
que
l’on
portoit
alors
des
couronnes
de
fleurs
à
Bac-
chus.
Les
Antheftéries
duroient
trois
jours,
l'onzième
,
le
douzième
&e
le
treizième
du
mois.
Chacun
de
-
ces
jours
avoit
un
nom
,
qui
avoit
rapport
à
ce
qu’on
faifoit
ce
Jour-
à
Le
premier
jour
de
la
fête;
ou
l’onzième
du
mois,
s’appelloit
æiforyia
;
c'eft-à-dire
,
ouverture
des
tonneaux.
Ce
jour-là
,
et
effet,
on
ouvroit
les
tonneaux,
&
on
goûtoit
le
vin.
Le
fecond
jour
de
la
fête,
ou
le
douzième
dx
mois,
fe
nommoiït
y6ec,
COngS
le
congius.
C'étoit
une
mefure,
qui
contenoit
le
poid
dé
dix
livres
;
nous
dirions
les
bouteilles,
Ge
jour-
R,
on
buvoit
le
vin
qu'on
avoit
|
‘(#)
Mém.
de
VAcad,
des
Enfcript.
&
Bell,
Léct.
Tom.
XXL,
pag:
89e
D
Or
40
AN
préparé
la
veille.
Le
troifième
jour
de
la
fête,
ou
le
treizième
du
mois
s'appelloit
xérper,
les
mar-
mites.
Ce
jour-là,
on
faifoit
cuire,
dans
des
marmites,
toutes
fortes
de
légumes
,
auxquels
on
ne
tou-
choit
point,
parce
qu'ils
étoient
offerts
à
Mercure.
ANTHESTÉRION,
Anrhef-
terion
(a)
nom
d'un
des
mois
de
l'année
Attique.
Le
premier
de
ce
_
mois
a
répondu
au
13
Février,
87
de
l'année
Julienne
anticipée.
La
ville
d'Athènes
fut
prie
par
:
Sylla
;
après
un
fiége
de
plufieurs
mois
,
le
premier
de
Mars,
felon
le
Calendrier
Romain,
qui
répon-
dit,
cette
année,
au
premier
du
mois
Antheftérion.
Ce
mois
revenoit
à
la
fin
de
Février
&
au
commencement
de
-
Mars,
felon
un
Commentateur
des
fañies
d'Ovide.
C'étoit
un
mois
creux,
où
de
29
jours
,
le
fixième
de
l'année.
Oppien
explique
Mars
par
Antheftérion.
Il
eft
difficile
de
_
décider
auquel
de
nos
mois
il
avoit
rapport,
Potrérus
dit
qu'il
répon-
doit
à
la
fin
de
notre
mois
de
No-
vembre
,
&
au
commencement
de
Décembre.
Voyez
Antheftéries.
ANTHEUS
,
Antheus
;
c'eft-
ä-dire,
la
fleur,
nom
d’un
chien
de
chaffe,
Poyez
Chiens
de
Chafle.
ANTHION,
Anthion,
Arbre,
nom
d'un
puits,
auprès
duquel
on
dit
que
Cérès,
fatignée
des
courfes
qu'elle
avoit
faites
,
en
cherchant
fa
fille,
fe
repofa
tous
la
figure
d’une
vieille
femme.
Les
AN
filles
de
Célée
l'ayant
trouvée
en
cet
endroit
|
la
menérent
à
leur
mere.
ANTENPPE,
Anrhippus,
(2)
Mtirres.
[l
eft
regardé
comme
Pinventeur
de
l'harmonie
Lydien-
ne
par
quelques
Auteurs.
Du
refte,
nous
ne
fçavons
rien
d’Anthippe,
finon
qu'il
y
a
eu
un
poëte
comi=
que
de
ce
nom,
cité
par
Athénée,
qui
en
rapporte
un
fragment
con-
fidérable,
tiré
d’une
comédie
pu-
bliée
fous
le
titre
de
caché
;
enVe=
loppé.
L’Auteur
introduit
fur
la
fcène,
dans
ce
fragment
,
un
cui-
finier
,
qui
fe
vante
de
fçavoir
tous
les
fecrets
de
fon
art,
de
connoître
quels
font
les
mets
con-
venables
aux
différens
états
&
aux.
diverfes
profeflions
,
aux
jeunes
g£ns
amoureux,
aux
vieillards,
aux
philofophes
&
aux
maltotiers
:
de
deviner
à
la
phyfonomie
des
convives
,
quelle
forte
de
viande
doit
être
de
leur
goût.
Au
fürplus,
Scaliger,
qui,
dans
fa
poétique
,
parle
d'Anthippe
comme
de
l'in
venteur
du
mode
Lydien,
n’a
pu
-
le
prendre
-que
dans
Pollux,
qu'il
.
ne
cite
pas,
à
moins
que
ce
ne
fût
-dans
quelque
manufcrit
grec
de
Plutarque,
on
dans
la
verfon
de
Valgulio.
sr.
ANTHIUS,
Arhius,
A'ydice,
fürnom
donné
à
Bacchus.
Ce
mot
qui
vient
du
Grec,
veut
dire
fleuri.
… :
ANTHO
,
Anrho
>
Au,
(c)
fille
d'Amulius.
Cette
Prince
voyant
{on
pere
près
de
faire
(a)
Antiq.
expliq.
par
D.
Bern.
de,
Letr.
Tom.
XXI.
Pag:
40,
2344
Montf.
Tom.
IL
p.200:
Recuil
d’Antiq.
(#)
Mem,
de
PAcad,
des
Infcrip,
&
par
M.
le
Comte
de
Cayl,
T.IT.
p.
238,
Bell.
Lect,
Tom:
XIIE,
p.220,
&
frite,
Mém,
de
Acad,
des
Inlcripr,
&
Béli,
(c)
Plut,
Tom,
L,
pag.
19.
Lu
5
dre
Aro
is
Stone
ctt
a
agi
Ad
A
Sat
Ai
à
CPP
EL
PT
SEP
TE
PR
EN
MON
ER
PT
PP
EN
4
I
EM
CNE
LT
[HR
AN
fouffrir
à
Rhéa
la
peine
portée
par
les
Loix,
contre
celles
d’en-
tre
lés
Veftales
,
qui
avoient
violé
le
vœu
de
chaîteté,,
intercéda
pour
elle.
C'eft
donc
à
fes
prieres
que
Rhéa
dut
fa
confervation.
Elle
{nt
feulement
enfermée
dans
une
pri-
fon
fort
étroite.
ANTHOLOGIE
,;
Anrholo=
glum.
(a)
On
donne
ce
nom
à
un
recueil
d’épigrammes
de
divers
poètes
Grecs.
Ce
mot
vient
du
Grec
drtoc,
flos,
fleur
,
YO
colligo
,
je
recueille.
e
fameux
vers
Grec
de
l’An-
thologie
à
la
louange
d'Homère
,
étoit
au
bas
d’une
ftatue
d'Apol-
lon.
M.
Defpréaux
l'a
traduit
,
ou,
Pour
mieux
dire,
paraphrafé
dans
un
dizain,
que
voici
:
Quand
la
dernière
fois,
dans
le
jacre
vallon
,
La
troupe
des
neufs
Sœurs,
par
l'ordre
d’Apollon
,
Lut
l'Iliade
&
FOdyffée.
Chacune
à
les
louer
fe
montrant
empreffee
;
Apprenez
un
fecrer
qu'ignore
l'u-
nÎVErs
,
=
Leur
dit
alors
le
Dieu
des
vers:
Jadis
avec
Homère
;
aux
rives
du
Permeffe,
Dans
ce
bois
de
lauriers
|
où
feul
El
me
fuivoit,
Je
les
fis
toutes
deux
,
plein
d’une
douce:
ivreffe
Je
chantois
;
Hornère
écrivoit.
…
Cette
tradu@ion
,
felon
certains
A
N
AX
Auteurs
,
eft
négligée
&
lang
fante.
En
voici
une
autre
par
M.
le
préfident
Bouhier
,
que
ces
Auteurs
trouvent
bien
plus
noble
&
bien
plus
concile.
Il
fuppote,
comme
1l
y
a
beaucoup
d’appa-
rence,
qu’Apollon,
dans
fa
flatue,
avoit
[à
main
fur
l’Iliade
&
FO-
dyflée
:
.
Mortels
,
apprenez
ce
myflére
3
Ces
deux
Poëmes
ft
vantés,
Sont
vraiment
de
la
main
&
Ho-
Thère
;
=
Mais
,
c’eft
mot,
qui
les
ai
dits.
C'eit
aux
connoïfleurs
à
juger
laquelle
des
deux
piéces
mére
la
préférence,
Méléagre
,
natif
de
Gadare,
ville
de
Syrie
,
qui
vivoit
fous
Seleucus
VI,
dernier
roi
de
Syrie,
eft
le
premier
qui
a
fait
un
recueil
d'épigrammes
Grecques
,
qu'il
nomma
Anthologie
,
à
cau®
qu'ayant
choïfi
ce
qu'il
trouva
de
plus
brillant
&:
de
plus
fleuri
par-
mi
les
épigrammes
de
quarante-
fix
Poëtes
anciens,
il
regarda
fon
recueil
comme
un
bouquet
de
fleurs
,
&
attribua
une
fleur
à
chacun
de
ces
Poëtes
;
le
lis
à
Anytes
;
la
rofe
à
Sapho
;
&r.
après
lui
,
Philippe
de
Theflalo-
|
niquefit,
du
tems
de
l’empereur
Aupgufte,
unfecond
recueil
,
tiré
_feulement
de
quatorze
Poëtes.
Âgatias
en
fit
encore
un
troifiè-
me
,
Envirôn
ÿOO
ans
après,
du
tems
de
l'empereur
Juftinien.
En-
fin
,
Planude,
moine
de
Conftan-
tinople
,
qui
vivoit
en
1380,
ftle
(a)
Roll.
Hit,
Anc.
Tom,
VI.
PAL.
1473
148
Mém.
de
l'Acad.
des
Infcrip.
&
Bell.
Lert,
Tom,
IL:
Pa£:
262,
©
fair,
4
À
N
quatrième
,
qu'il
divifa
en
fept
livres,
dans
chacun
defquels
les
épigrammes
font
rangées
,
{elon
les
matières,
par
ordre
alphabéti-
que.
Îl
en
a
retranché
beaucoup
de
falles
épigrammes
,
de
quoi
quelques
Sçavans
lui
ont
fçù
mau-
vais
gré.
On
trouve
dans
ce
recueil
beau-
coup
de
belles
épigrammes,
fort
fenfées
&
fort
fpirituelles
;
mais,
elles
ne
font
pas
le
plus
grand
nombre,
:
Entre
une
multitude
de
manuf-
crits
Grecs
,
que
l'on
conferve
dans
Ja
bibliothèque
du
Roï,
An-
thologie
,
qui
s'y
trouve,
eft
un
de
ceux,
qui
mérient
le
plus
d'être
connus
par
les
amateurs
de
l'Antiquité.
li
y
a
plus
de
cent
ans
que
Saummaile
en
trouva
l'origi-
nal
dans
la
bibliothéque
d'Heidel-
berg.
Cafaubon
&
Scaliger
l'ex-
hortérent
à
le
donner
au
public,
&
il
en
eut
d’abord
la
penfée;
mais,
plufeurs
raifons
l’empé-
chérent
d'exécuter
ce
deflein.
_
C'eft
un
ir-folio
en
papier,
de
foixante
feuillets,
fort
bien
écrit,
de
la
main
même
de
Guiet
;
qui
a
joint
au
texte
un
grand
nombre
de
corrections
&
de
reflitutions
,
avec
d’autres
notes
pour
l'intelli-
gence
du
texte.
Le
recueil
eft
de
plus
de
fept
cens
épigrammes.
Le
tout
fait
environ
trois
mille
vers,
il
eft
divifé
en
cinq
parties.
La
première
&
la
feconde
font
compofées
d’épigrammes,
la
plà-
part
licencieufes
,
&
qui,
fi
l'on
en
excepte
un
très-petit
nombre,
ne
doivent
jamais
voir
le
jour.
(2)
Virg:
Æneid,
L,
X,
Ve
778,
&
fes.
AN
“La
troïfième
partie
a
pour
titre
émiypouare
arabmuaærint.
C’eft
ainfi
que
l’on
nommoit
les
épi-
grammes,
qui
fervoient
d'infcrip-
tion
aux
offrandes
,
que
l’on
fai-
foit
aux
dieux.
La
quatrième
contient
des
inf-
criptions
de
tombeaux,
C'eft
ce
que
nous
appellons
des
épitaphes.
La
cinquième
comprend
des
épigrammes
fur
divers
fujets,
dont
quelques-uns
font
inventés
à
plai-
fr.
L’Auteur
du
recueil
les
nom-
me
éTippdpuara
eémideltrixa
épigrammes
d’oftentation
;
c'eft-
à-dire,
des
épigrammes,
où
le
Poëte
ne
cherche
qu'a
faire
pa-
roitre
fon
efprit.
Voyez
Épigram-
me.
ANTHOR,
Anthor,
(a)
fut
d'abord
le
compagnon
d’Ftercule,
Depuis
ayant
quitté
Argos
,
pour
s'attacher
à
Évandre,
il
s'établit
dans
{on
royaume.
Mézence,
lun
des
chefs
de
l’armée
de
Turnus,
ayant
lancé,
dans
un
combat
,
un
trait
contre
Énée,
ce
trait,
qui
liffa
fur
le
bouclier
du
prince
—
>
alla
percer
le
brave
Anthor.
Celui-ci,
atteint
d'un
coup
qui
ne
lui
étoit
pas
deftiné,
leva
les
yeux
au
ciel
;
&
près
d’expirer,
il
fe
rappella
fa
chere
patrie,
&
mourut
à
linftant.
ANTHRACIE
;
Anthracia,
Aipaxiæ,
(b)
nom
d’une
nymphe
d’Arcadie,
Paufanias
en
parle
plus
d'une
fois.
Il
dit,
dans
un
endroit,
qu'elle
étoit
repréfentée
,
tenant
un
flambeau
à
la
main,
ANTHROPINUS,
Anthropi-
nus,
A
pois.
I
confpira
con
1
(6)
Pauf,
pag,
506,
52.
AN
tre
Apathocle,
tyran
de
Syracu-
fe,
avec
Tifarques
&
Dioclès.
Le
Tyran
en
ayant
été
informé,
les
Manda,
&
fit
femblant
de
leur
donner
Île
commandement
des
troupes
,
qu'il
vouloit
envoyer
au
fecours
d'une
Ville
,
qui
étoit
ferrée
de
près
par
les
ennemis.
»
Pour
cela,
dit
Agathocle
,
il
»
faut
demain
nous
affembler
»
dans
le
Timoléonte
[
c’étoit
le
»
nom
d'une
plaine
|,
&
nous
»
acheverons
là
avec
nos
armes
»
&
nos
chevaux
de
prendre
nos
»
-mefures
pour
cette
expédition.«
Les
trois
conjurés
acceptérent
volontiers
cette
commiflon
,
efpé-
tant
par-la
être
en
état
d'attaquer
la
perfonne
du
Prince.
Le
lende-
main,
ils
{e
rendirent
à
point
nom-
mé
dans
le
Timoléonte.
Agatho-
_cle
donna
le
fignal
pour
s’en
faïfr.
Aufh-tôt,
on
fondit
fur
Dioclès,
Tifarques
&
Anthropinus
,
&
on
pafla
au
fil
de
l'épée
tous
ceux
qui
voulurent
les
fecourir.
Il
y
eut,
en
cette
action,
fix
cens
hommes
de
tués:
“ANTHROPINUS
,
Arthro-
pinus,
A'porirec,
(a)
capitaine
d’un
vaifleau
d’Apollonie,
Cicéron
nous
apprend
que
les
pirates
de
Verrès
s’en
étant
emparés,
tuérent
ce
Capitaine.
ANTHROPOLOGIE,
Ar-
thropologia
,
terme
compofé
de
épwroc
,
homo
;
homme,
&
20706
+
fermo
,
difcours.
El
fe
dit.de
la
manière
de
parler
de
la
fainte
‘Écriture,
lorfqu’elle
parle
de
Dieu.
Comme
des
hommes,
en
lui
attri-
buant
des
yeux,
des
mains,
&c.
(a)
Cicer,
in
Verr,
L.
VIL,
c,
71,
_:
des
fentimens
de
douleur,
de
-
à
paflion,
&c.
tout
cela
fe
dit
de
Dieu
par
Anthropolopie,
&
mar:
que
feulement
l’eftet
,
ou
la
chofe
que
Dieu
fait,
comme
sil
avoit
les
fentimens
qu’ont
les
hommes
,
ou
un
corps
comme
les
hommes.
L’Anthropologie
eft
néceflaire
en
parlant
de
Dieu,
pour
faire
com-
prendre
au
peuple
bien
des
cho-
fes,
qu'il
ne
concevroit
pas
fans
cela.
|
re
ANTHROPOMANTIE,
Anthropomantia,
Ce
mot
vient
de
évporoc
,
homo,
l'homme
,
&
uarTéiæ
,
divinatio
,;
divination
L’Anthropomantie
étoit
une
efpè-
ce
de
divination.
Elle
fe
faifoit
par
Pinfpection
des
entrailles
d’un
en-
fant
ou
d'un
homme
mort.
ANTHROPOPATHIE,
Ar-
thropopathia
,
terme
qui
veut
dire
à
peu
près
la
même
chofe
qu
An-
thropologie.
Cependant,
PAnthre-
popathie
à
proprement
parler,
de-
vroit
difiérer
de
FAnthropologie,
comme
l’efpèce
du
genre
;
enforte
que
l’Anthropologie
fe
dit
de
tont
difcours
,
dans
lequel
on
attribue
à
Dieu
ce
qui
convient
à
l’hom-
me,
foit
fentimens,
foit
parties
du
corps
;
&
que
l'Anthropopathie
fe
dit
feulement
des
pafhons,
fen-
fations
,
ou
fentimens
humains
attribués
à
Dieu;
mais,
dans
lu
fage
on
confond
ces
deux
mots.
ANTHROPOPHAGE,
4n-
thropophagus.
(b)
C'eft
un
mot
rec,
qui
vient
de
paye
;
Come
do
9
je
Mange
;
&
artowmoe,
homo
,
homme.
inf,
Anthropophage
-veut
dire,
qui
mange
les
hommes.
3
(4)
Plin.
L;IV,c.
12.
L.
VE
©
17330
A
N
Quelques
-uns
font
remonter
lorigine
des
Anthropophages
juf-
de
Déluge
,
&
attribuent
aux
éans
le
premier
exemple
de
la
barbare
coûtume
de
fe
repaitre
de
chair
humaine.
On
prétend
que
la
terre
de
Chanaan
même
étoit
habitée
par
des
hommes
de
taille
gigantefque
,
&
d’un
naturel
fi
fa-
rouche
,
que
les
cadavres
hu-
mains
étoient
leur
nourriture
or-
dinaire.
Les
Hiftoriens
parlent
des
Scythes
&
des
Saüromates,
qui
faïfoient
de
ces
horribles
repas.
Pline
trouve
encore
des
Anthro-
pophages
dans
l'Éthiopie
;
&
Ju-
vénal
fait
un
effroyable
récit
de
-
la
voracité
de
certams
peuples
d'Égypte
,
qui,
à
la
manière
des
tigres
,
déchiroïent
entre
leurs
dents
des
corps
encore
tout
fu-
mans.
On
dit
qu'Annibal
faifoit
manger
de
la
chair
humaine
à
fes
foldats
,
pour
les
rendre
plus
fiers
&
plus
intrépides
dans
le
combat.
La
partie
auftrale
de
l'Afrique
étoit
la
demeure
la
plus
fameufe
des
Anthropophages.
Il
y
en
a
eu
dans
la
Cafrerie
&
dans
le
Zanguebar.
=
Vefputius
raconte
qu'il
a
vu
-ces
hommes
nus,
aufli-bien
que
les
femmes,
manger
indifférem-
ment
[a
chair
les
uns
des
autres
;
le
fils
rongeant
avidement
le
ca-
davre
du
pere,
&
tirant
gloire
d'avoir
dévoré
un
plus
grand
“nombre
d'hommes.
Les
Caraïbes
&t
les
Cannibales
de
l'Amérique
ont
encore
furpaflé
les
autres
en
férocité.
Où
en
a
vu
qui
arra-
choient
des
jeunes
enfans
du
{ein
(a)
Herod,
L,
IX,
Ce
98
A
N
de
leurs
meres,
parce
qu'ils
tron-
voient
plus
de
ragoût
dans
cette
chair
tendre
&
nouvelle.
:
Dans
les
premiers
fiécles
de
l'Églife
,
les
Payens
accufoient
les
Chrétiens
d’être
Anthropophages,
comme
il
paroït
par
Tatien,
par
T'ertullien
dans
fon
Apologérique,
&
par
Salvien.
Ils
difoient
que,
dans
leurs
myftères
,
les
Chré-
tiens
tuoient
un
enfant
,
puis
le
mangeoient.
Cette
calomnie
étoit
fondée
fur
ce
qu'ils
avoient
oui
dire
du
facrifice
de
l’Euchariftie
&
de
la
Communion;
preuve
évi-
dente
que,
dans
ces
tems
fi
voi-
fins
des
Apôtres
,
l'Églife
enfei-
gnoit
fur
cela
ce
qu’elle
enfeigne
:
encore
aujourd'hui,
ANTHYELE,
Anthylla,
(a)
Afvare,
ville
célebre
d'Égypte,
Depuis
que
ce
païs
eut
été
foumis
aux
Perfes,
Anthylle
fut
toujours
donnée
à
la
femme
du
Roi
pour
fa
chauflure.
=
ANTI.
Cette
efpèce
de
pré-
pofition
fe
trouve
dans
plufeurs
mots
François,
en
deux
fignifica-
tions
différentes
;
car,
elle
fignifie
quelquefois
ce
qui
eft
avant,
com-
me
antichambre
;
c'eft-à-dire,
ce
qui
eft
avant
la
chambre,
&
pour
lors
elle
vient
du
Latin
Ante,
“avant
;
quelquefois
elle
fignifie
ce
qui
eft
contraire,
oppolé,
&
alors
elle
vient
du
Grec
art,
contra,
contre
,
comme
Antipode,,
celui
qui
a
les
pieds
oppofés
aux
nôtres.
Cette
prépoñition
Anti
fouffre
élifion
lorfqw’elle
eft
fuivie
d’une
voyelle,
Aïnfi,on-dit
Antarchique
en
François;
comme
en
Grec,
AN
ee.
:
pour
Anti-archique
,
&
Antarcti-
que,
pour
Anti-arctique.
Outre
les
mots,
formés
de
cet-
te
prépoñtion
,
qui
font
dans
un
ufage
commun,
on
en
pent
éga-
lement
former.
de
nouveaux
au
befoin.
Ainfñi,
dans
la
querelle
pour
les
Anciens
&
les
Modernes
on
a
dit:
Tout
Le
trouble
poëtique
Dans
Paris
s'en
va
celler,
Perrault
lAnupendarique,
Et
Defpréaux
l'Homérique
Confentent
de
s'embraffer.
Les
Anti
,
parmi
les
gens
de
lettres,
font
des
écrits
faits
pour
répondre
à
quelqu'un,
&
qui
por-
tent
fouvent
le
nom
d’Anir,
avec
le
nom
de
ceux
auxquels
ils
ré-
pondent,
On
peut
voir
les
Anti
de
M.
Baïller
,
&c
l'Anti-Baillet
de
.
M.
Ménage.
On
a
fait
auf
A4»-
timenagiana.
Céfar
,
le
dictateur
,
avoit
tait
des
livres
,
qu’il
avoit
intitulés
Anticatons.
Cicéron,
Ju-
vénal,
&
d’autres
en
ont
parlé.
Vivès
affure
qu'il
a
vu
les
Anti-
Catons
dans
une
ancienne
biblio-
thèque.
Beaucoup
d’autres
livres,
für
tout
depuis
le
rétabliffement
des
lettres,
ont
porté
pour
titre
Anti,
dans
les
controverfes
,
tant
fur
les
matières
de
religion,
que
fur
celles
de
pure
littérature.
:
ANTIAT
la
Loi},
Lex
Antia.
*
(a)
Cette
Loi
prit
le
nom
de
ce-
lui,
qui
lavoit
portée
;
c'eft-à-
dire,
d'Antius
Reftion.
Elle
avoit
pour
objet
de
réprimer
le
luxe
de.
la
table.
Elle
défendoit
auf
au
Mmagiftrats
,
ainfi
qu'à
ceux
qui
(a)
Rofin.
de
Antiq,
Rom.
pag.
846:
À
N
afpiroient
aux
magiftratutes,
d'al=
ler
manger
chez
toutes
fortes
de
perfonnes
,
mais
feulement
chez
quelques
-
unes.
Il
eft
à
remarquer
qu'Antius
Reftion
,
depuis
qu'il
eut
fait
pañler
cette
Loi
,
nella
jamais
manger
nulle
part,
de
peur
d’être
le
premier
a
violer
une
régle
qu'il
avoit
faite
our
le
bien
public,
ANTIATES
,
Antiates,
peu-
ples
d’Antium
,
célebres
dans
Phiftoire
Romaine.
Voyez
An
tiuin,
ANTIBACCHIQUE,
Anri-
bacchius
,
terme
de
poëñe
Eati-
ne.
Ce
n’eft
pas
un
vers
,
maïs
un
pied
de
trois
fyllabes,
dont
les
deux
premières
font
longues,
&c
la
troifième
brève,
comme
czr-
taré
,
virtüté,
Banmrec.
Il
eft
ainfi
nommé
du
Grec
avi,
contra,
contre,
parce
qu'il
eft
contraire
au
Bacchique
,
dont
la
première
eft
breve
,
&
les
deux
autres
lon-
gues,
comme
épéfias.
Vittorien,
au
contraire,
dit
que
l’Antibac-
chique
eft
compofé
d’une
bréve
&
de
deux
longues,
comme
/4-
cinäs.
L'on
voit
qu'il
appelle
An-
tibacchique-ce
que
les
autres
ap-
pellent
Bacchique.
La
méthode
de
Port-Royal
écrit
Bacquique
&
Antibacquique,
au
lieu
de
Bacchique
&
Antibac-
chique
,
fuivant
en
cela
la
pronon-
ciation
Françoïfe
,
&
méprifant
Panalogie
de
la
racine
,
d’où
ce
mot
he
tiré.
Parmi
les
Anciens,
l'Antibacchique
fe
nommoit
auf
Palimbacchique
&
Saturnique.
Quelques-uns
l’appelloient
Pro-
pontique
&
Theflaléen.
16
AN
É
ANTICATON,
Anticato.
(a)
Ce
mot
eft
formé
de
la
prépoh-
tion
Grecque
«it,
contra
,
con-
tre,
&
du
Latin
Caro,
Caton.
Cicéron,
après
la
mort
de
Caton,
avoit
compofé
l'éloge
delce
grand
homme
,
&
il
avoit
donné
le
nom
même
de
Caton
à
fon
livre.
Cet
ouvrage
étoit
fort
eftimé
&
fort
recherché,
comme
on
peut
pen-
fer,
tant
à
caufe
de
la
réputation
de
fon
Auteur,
qui
étoit
le
plus
_
éloquent
des
Orateurs
de
{on
tems,
que
pour
la
grandeur
&
la
beauté
du
fujer,
qui
étoit
des
plus
riches.
Cela
chagrina
Céfar,
qui
crut
que
l'éloge
d’un
homme
,
qui
s’é-
toit
tué,
pour
ne
pas
tomber
entre
fes
mains,
étoit
pour
lui
nn
fecret
reproche.
Îl
y
répondit
donc
dans
un
traité,
où
il
affembla
beaucoup
de
charges
&
d’accufations
contre
Éaton,
&
qu'il
intitula
Aarica-
ton
;
d'autres
lifent
ÆAnricatons,
fappofant
que
ce
traité
compre-
noït
plufieurs
livres.
Il
y
en
a
qui
difent
que
ce
fut
moins
l'effet
de
fa
haine
que
Céfar
portoit
à
Ca-
ton,
que
d’une
ambition
de
poli-
tique.
Quoiqu'il
en
foit,
l'an
&
l'autre
de
ces
ouvrages
avoient
encore,
du
tems
de
Plutarque,
des
partifans
fort
zélés,
à
caufe
de
la
vénération
que
Pon
confer-
voit
pour
Caton
&
pour
Céfar,
thones
,
(b)
terme
de
Géographie,
compofé
du
Grec
ri,
contre,
contre,
&
de
yo
,
serre
,
terre;
c'eft-à-dire,
qu'Antichthone
veut
(a)
Plut,
Tom.
ï,
Satyr,
6,
v.
326
AN
dire
;
celur
qui
habite
une
terre
oppofée
à
celle
qu'habite
un
autre.
Nous
entendons
en
effet
aujour-
d'hui
par
Antichthones
la
même
chofe
que
par
Antipodes,
qui
font
|
les
peuples
qui
habitent
la
partie
de
la
terre,
diamétralement
op-
pofée
à
celle
que
nous
habitons.
Pour
les
Anciens
,
ils
donnoient
à
ce
nom
un
autre
fens.
Pompo-
nius
Méja
parle
des
Antichthones;
mais
,
il
wentend
pas
par-là
les
deux
hémifphères
,
fupérieur,
&
inférieur,
puifqu'on
ne
connoif-
foit
pas
l’intérieur
de
fon
tems,
comme
l'a
remarqué
Vofhus;
mais
feulement
les
deux
parties
feptentrionale
&
méridionale
de
notre
hémifphère,
qui
font
fépa-
rées
par
la
Zonetorride,
enforte
que
les
peuples
que
Pomponiis
Méla
nomme
Antichthones
,
font
ceux
que
les
Géographes
nom-
ment
pour
l'ordinaire
Périéciens.
Les
Pythagoriciens
avoient
imaginé
une
autre
terre,
qu'ils
ap-
pelloient
Antichthone
,
où
oppo-
fée
,
à
laquelle
ils
donnoient
aufl
des
habitans
;
mais
,
ceux
qui
étotent
fur
notre
terre,
ne
pou-
voient
les
appercevoir
;
parce
qu'en
tournant
autour
de
l’An-
ticathone
,
nous
lui
étions
tou-
Jours
oppofés.
On
nous
difpenfera
dé
faire
voir
ici
comment
cette.
ANTICHTHONES.
Antieh
+
Antichthone
,
abfolument
déta-
re
5
ANREIC/I=
chée
de
notre
terre
,
nous
étoit
inviñble
,
malgré
l’hypothèfe
des
Pythagoriciens
,
qui
eroyoient
que
les
planetes
tournoient
,
non
feu-
dement
autour
du
feu
central»
Pa:
733:
ee
Pomp.
Mel.
L.
I,
€,
de
Mundi
ivifion,
&c.
de
Ægypt,
AN
mais
encore
fur
elles-mêmes.
Ce
*
m'étoit
pas
feulement
à
leur
An-
tichthone
qu'ils
donnoïent
des
ha-
bitans
,
ils
accordoient
encore
cet
avantage
à
la
lune.
Elle
leur
pa-
roiffoit
une
terre
comme
la
nôtre,
parce
qu'elle
étoit,
difoient-ils
,
auf
habitée
;
mais
,
les
animaux
qu'elle
nourrifloit,étoient
bien
au-
deflus
des
nôtres
par
la
beauté
&
la
grandeur
,
puifquils
étoient
quinze
fois
plus
grands.
C'eft,
fans
doute,
pour
cette
raifon
que
quel-
ques-uas
comptoient
que
le
fa-
meux
lion
de
la
forêt
de
Némée
étoit
tombé
de
la
lune
dans
le
Pé-
loponnèfe
;
&
Héraclides,
qui
ai-
moit
le
merveilleux
,
comme
le
lui
a
reproché
Timée
,
afluroit
auf
qu'il
en
étoit
tombé
un
hom-
me,
ANTICLE
,
Anticles,
(4)
officier
d'Alexandre
le
Grand.
fl
entra
dans
uñe
conjuration,
for-
inée
contre
ce
Prince.
Le
complot
ayant
été
découvert
,
les
compli-
ces
furent
punis
de
mort.
.
ANTICLÉE,
Anriclea
,
(b)
ÂAvrhaux
,
fille
d’Autolycus
,
époufa
Sifyphe,
qui
étoit,
dit-on,
un
homme
fin
&
rufé.
Elle
en
eut
une
fille,
qui
prit
le
nom
de
fa
mere
,
&t
un
fils
connu
fous
le
nom
d'Ulyffe
,
qui
pafloit
cepen-
dant
pour
fils
de
Laërte.
Ce
fa-
meux
Héros,
dans
fon
voyage
aux
enfers,
fut
reconnu
de
l’om-
bre
d'Anticlée,
qui
eut
avec
luiun
long
entretien.
»
Mon
fils,
lui
dit
»
entr'autres
chofes,
cette
mere
(a)
Q:
Curt.
LE.
VIE
c.
6,7,
8.
(b)
Pauf.
pag,
666.
Homer.
Odyff.
L
XI,
_v.
85.
dr
feg..
Myth.
par
M.
PAbb.
Ban,
T,
V,
pe
1845
1854
1e
VIT,
P:
365+
A
N
7.
»
en
faifant
de
grandes
»
tions,
comment
êtes-VOuS
vent
»
touten
vie
dans
ce
féjour
de
»
ténébres
à?
Il
eft
difficile
aux
»
vivans
de
voir
l'empire
des
»
morts;
car,
ils
font
féparés
par
»
de
grands
fleuves,
&
par
une
»
grande
étendue
d'eaux
,
fur
»
tout
par
l'Océan,
qu'il
nef
»
pas
aïe
de
traverfer.
Efl-ce
»
qu'à
votre
retour
de
Troye
»
vous
avez
perdu
votre
route;
»
:&
qu'après
avoir
été
long-tems
»
égaré
;
yous
avez
été
porté
»
dans
ces
triftes
lieux
avec
vos
»
compagnons,
avant
que
d'être
retourné
à
Ithaque,
&
d’avoir
»
revu
votre
femme
&
votre
ÿ
»
fils?
cc
On
avoit
repréfenté
à
Delphes
Anticlée
,
s'afleyant
fur
une
pier-
re.
ANTICLÉE,
Anriclea
,
{c)
Ayrixaeræ
,
fille
de
la
précédente.
Ïl
y
en
a
qui
prétendent
que
cette
Anticlée
fut
la
mere
d'Ulyfle,
comme
ayant
été
mariée
à
Laër-
te,
qu’on
croyoit
en
eflet
pere
de
ce
célebre
capitaine.
ANTICLÉE
,
Anticlea,
(9
Ayriureræ
,
fille
de
Dioclès.
Elle
époufa
Machaon
,
fils
d'Efculape,
dont
elle
eut
deux
fils
,
fçavoir
Nicomaque
&
Gorgafus,
qui
de-
meurérent
tous
deux
à
Phares,
&
y
regnérent
après
leur
pere.
ANTICLES
,
Anticles,
(e)
AYrILANG,
Nom
propre
,
commun
à
plufeurs
Grecs
;
mais,
felon
M.
Burette,
on
ne
connoïît,
de
cette
(c)
Myth.
par
M.l'Abb,
Ban.
T.V.p.185.
(d)
Pauf.
pag.
273.
(e)
Mém,
de
l'Acad.
des
Infeript.
&
Bell,
Lett,
Tom,
XIE,
p.215,
216.
n.:
‘
AN
SE
NTICENIDE
»
Antigenides,
À
yTiyEvid
ue,
(a)
étoit
de
Thébes
en
Béotie.
Suidas
le
fait
fils
d’un
Satyrus
,
&
Harpocration
lui
don-
ne
pour
pere
un
Denys.
Élien
parle
d'un
Satyrus,
fameux
joueur
de
flûte.
Lorfqu'il
fortoit
des
le-
çons
du
philofophe
Aston,
dont
l'élcquence
douce
&
nerfaañve
le
charmoi:
»
Je
veux,
difoitil,
»
qu'on
me
coupe
la
tête,
fi
je
pm-ne
jette
mes
flûtes
au
feu.
«
Comme
Aniigénide
execlioit
dans
le
même
art
,
il
y
a
grande
appa-
rence
qu'il
étoit
fils
de
ce
même
Satytus.
Il
n'eit
pas
le
feul
de
fon
pais
,
que
l’habileté
fur
cet
inftru-
-
ment
ait
rendu
célebre
;
&
les
Thébans
,
en
général
,
fe
pi-
quoïent
d’être
grands
joueurs
de
fîte
,-
comme
lattefte
un
pañfage
de
Dion
Chryfoftôme.
.
Antigénide
,
originaire
d'une
Ville,
où
le
jeu
de
la
flûte
étoit
fi
fort
en
honneur,
&
fils
d’un
pere
qui
s’y
diftingnoit,
ne
pou-
voit
mañquer
de
briller
à
fon
tour
dans
ce
même.
art.
Il
s’y
perfec-
tionna
infiniment,
parles
leçons
que
lui
donna
Philoxène,
fameux
poëte
muficien,
dont
il
devint
le
Joueur
de
flûte
ordinaire
;
c’eft-à-
dire
,
qu'il
accompagnoit
fur
cet
inftrament
les
airs
de
mufque
,
compofés
par
Philoxène
fur
fes
propres
poëfies.
Inftruit
fous
un
tel
maître,
il
mérita
d’avoir
des
difciples
du
premier
ordre,
&
de
contribuer
aux
plaiirs
des
plus
grands
Princes.
Périclès.,
chargé
de
l'éducation
d’Alcibiade
,
fon
._
AN
neveu
,
le
mit
entre
les
mains
d'Antigénide
pour
la
flûte
;
mais,
un
incident
,
raconté
par
Aulu-
Gelle
,
d’après
Pamphila
,
dans
fon
hiftoire
de
la
mufique
,
parta-
gée
en
trente
livres
,
dégoûta
bientôt
l’'Écolier
,
&
cet
incident
lui
fut
commun
avec
Minerve
méême..
Alcibiade
ayant
embou-
ché
la
flûte
,.
&
s'étant
vu
au
mi-
roir
en
cet
état,
fut
fi
honteux
de
la
difformité
de
fon
vifage,
qu'il
Jetta
les
flûtes,
&
les
miten
pié-
ces
;
ce
qui
décria
beaucoup
cet
inftrument
parmi
les
Athéniens.
Ce
fut
Antigénide,
{elon
Athé-
née
;
qui
joua
de
la
flûte
aux
noces
d'Iphicrate
,
lotfque
ce
gé-
néral
Athénien
époufa
la
fille
de
Cotys
,
roi
de
Thrace;
&
Plutar-
que
rapporte
que,
dans
un
repas,
ce
joueur
de
flûte
,
exécutant
fur
cet
inftrument
le
nome,
ou
l’air
du
char
,
en
préfence
d'Alexandre
,
le
mit
tellement
hors
de
lui,
que
peu
s'en
fallut
que
ce
Prince,
{e
Jettant
fur
fes
armes,
ne
chargeât
les
convives
,
&
ne
juftifiât
par-
là
cette
chanfon
des
-Lacédémo-
miens,
qui
dit:
»
Un
bon
joueur
»
de
cithâre
fait
affronter
le
fer
ÿ
même,
«<&
Quelque
bien
établie
que
fût,
dans
le
public,
la
réputation
d’An-
tigénide
,
il
ne
{
croyoit
point
à
couvert
des
mauvais
fuccès
,
con-
noïflant,
comme
il
faïfoit,
l'in-
-conftance
&
les
travers
de
[a
mul-
titude
;
dont
il
fçavoit
apprécier
au
jufte
les
fuffrages.
Il
tâchoit
d'infpirer
à
fes
difciples
les
mêmes
Brut.
c.
07.
Roll,
Hift,
Anc,
Tom.
V:
Tom,
XII.
Page 297:
&
fuiv,
(a)
Suid:
Tom.
I.
pag.
300.
Cicer.
}&
Bell,
Lettre,
Tom.
V.
PAS:
142,
Tdde
pag,
671,
Mém,
de
P’Acad,
des
Inferip.
=
AN
fentimens
;
&
ce
fut
dans
cette
vue
que,
pour
confoler
l'un
d’en-
tr'eux
,
qui,
quoique
très-habile,
avoit
été
peu
applaudi
de
l’audi-
toire,
&
pour
l’encourager
à
y
reparoïre
avec
toute
la
confiance
pofhble
,
il
lui
dit
:
Jowez
pour
moi
&
pour
les
mufes.
Ce
bon
mot
eft
rapporté
comme
d'An-
tigénide
,
par
Cicéron
&
par
Valère-Maxime.
D'autres,
&S.
Jérôme
eft
de
ce
nombre,
l'attri-
buent
à
Ifménias,
autre
eélèbre
joueur
de
flûte
,
compatriote
du
premier
&c
fon
contemporain.
An-
tigénide
étoit
fi
perfuadé
du
mau-
vais
goût
de
la
multitude,
qu’un
jour
fe
trouvant
à
un
fpettacle,
:
&
entendant
de
loin
le
broxhaa
du
peuple,
qui
applaudifloit
à
un
joueur
de
flûte:
»
Il
faut,
dit-il,
»
que
ce
foit
quelque
chofe
de
»
bien
mauvais
;
autrement
le
>
peuple
feroit
moins
prodigue
»
de
fes
applaudiflemens.
«
Athé-
née
cite
ce
bon
mot
comme
d'A-
fopodore
de
Phlionte
,
avouant
néanmoins
que
d’autres
le
don-
ñoient
à
Antigénide.
-
Antigénide
introduifit
dans
le
jeu
de
la
flûte
plufieurs
nouveau-
tés.
Il
en
multiplia
les
trous,
&
par
conféquenat
les
divers
fons;
ce
qui
en
rendit
le
jeu
plus
varié
;
plus
flexible
,
plus
délicat
,;
&
beaucoup
plus
fufceptible
d'agré-
mens,
C’eft
Théophrafte
,
qui
rend
témoignage
de
ces
innova=
tions,
par
rapport
au
jeu
de
la
flûte
;
&
qui
les
met
fur
le
compte
d'Antigénide
,
en
difant
qu'avant
ce
Muficien
;
on
coupoit
vers
le
mois
de
Septembre
les
rofeaux
ou
cannes
déftinées
à
fabriquer
des
Z
>
à
AN
flûtes
,
parce
qu’alors
on
:
tout
fimplement,
au
lieu
que de-
puis
qu’Antigénide
eut
rendu
plus
varié
le
jeu
de
cet
inftrument,
&t
du
tems
de
T'héophrafte
même,
on
coupoit
ces
rofeaux
beaucoup
plutôt
;
c’eft-à-dire
,
un
peu
avant
le
folftice
d'été
;
parce
qu'alors
ils
fe
trouvoient
plus
pro-
pres
à
former
des
flûtes,
fur
lef-
quelles
on
pût
exécuter
la
nou-
velle
mufique.
Notre
muficien
avoit
grand
be-
foin
de
flûtes
,
qui
puflent
obéir
aifémient
aux
différentes
infléxions
des
fens,
puifqu'il
jouoit
de
cet
inftrument
fur
tous
les
modes,
felon
Apulée;
fur
l'Éolien
&
lIo-
nien,
remarquables,
l’un
par
fa
fimplicité,
l’autre
par
fa
variété
;
far
le
Lydien
plaintif;
fur
le
Phry-
gien
;
confacré
aux
cérémonies
religieufes;
&
fur
le
Dorien,
con-
venable
aux
guerriers,
Antipéni-
de,
diflingué
comme
il
Pétoit
,
par
le
choix
qu'il
fçavoit
faire
des
meilleures
flütes
,
@C
par
fon
ha-
bileté
à
les
toucher
,
n’aimoït
point
à
être
confondu
avec
ce
qu'il
y
avoit
de
médiocre
ou
de
mauvais
dans
ce
genre
de
profeflion,
“&t
il
ne
pouvoit
fouffrir
que
Pon
hono-
rât
du
nom
de
joueurs
de
flûtes
,
ceux
qui
fonnoient
du
cornet
aux
enterrémens.
_
Les
innovations
d’Antigénide
.
ne
fe
bornérent-pas
au
jeu
de
la
flûte.
Elles
s'étendirent
aux
ajufte.”
nens-
du
joueur;
&c
il
fut
le
pre-
rmiér
qui
parut
dans
les
fpectacles
publics,
avec
la
chauffure
Milé="
fenne.
Dans
la
comédie
de
Po-
lixène,
intitulée
Corraflés
,
il
fe
couvrit
du-mañteau
a
Cro-
iv
nn
;
-
sé
A
N
=
[1
compofa
des
poëfies
Ly-
riques
;
&
felon
Plutarque
,
il
fut
auteur
d’un
nouveau
gente
de
mufique
,
qui
confiffoit
,
à
ce
qu'on
croit
,
dans
üne
manière
de
toucher
les
flûtes,
qui
lui
étoit
particulière,
Le
même
Plutarque
nous
a
confervé
un
bon
mot
d'É-
paminondas:,
au
fujet
d'Antigé-
nide.
Quelqu'un
lui
annonçant
que
les.
Athéniens
avoient
envoyé
dans
le
Péloponnète
des
troupes
équipées d'armes
toutes
neuves
,
il
répondit:
»
Antigénide
s’aflie
»
ge-t-il,
lorfqu'ilvoit
des
flûtes
»
neuves
entre
les
mains
de
Tel-
».
lis
°«
C'étoit.
un
mauvais
joueur
de
flûte.
er
_
_
Re
à
ANTIGEÉNIDIEN
[le
Mode].
Ce
Mode
de
mufique
fut
ainf
appellé
du,
nom
de
{on
Auteur
;
c'eft-à-dire
,
d'Antivénide.
_
ANTIGONE,
Antigone,
(a)
A
vrr0,
jeune
femme
dela
ville
de
Pydne,
du
rems
d'Alexandrele
Grand.
C'étoir
une
grande
beauté.
Ayant
été
faite
prifonnière
après
la
défaite
de
Darius,
dans
la
Cilicie,
Philotas,
fils
de
Parménion
,
leut
en
partage
;
.&
étant
à
table
avec
elle,
&
comme
jeune
&
comme
amoureux,il
parloitavec
beaucoup
deliberté,
&laïffoit
échapper,
dans
Je
vin,
des
vanteries
&
des
fanfa-
ronades
de
foldar,
S'attribuant
à
lui.
même,
ouattribnantà
fon
pere,
les
plus
grandes
aions,
Qui
avoient
êté
faires
dans-la
guerre,
&
appel.
fant
ouvertement
Alexandre
un
jeune
homme,
-qui
,
pat.
leur
moyen,
jouifloit
du
titre
de
Roi,
Cetre
jeune
femme
fit
confiden.
(a)
Plut,
Tom,
I.
pag.
62.
<
A
N
-ce
de
ce
difcours
à
ün
de
fes
atnisi
Celui-ci,
comme
cela
eft
aflez
Ordinaire
,
en
fit
confidence
à
un
autre
;
de
forte
qu'il
vint
aux
oreilles
de
Cratère,
qui,
prenant
{ur
l'heure
cette
femme
,
la
mena
.
fecrétement
:
à
Alexandre,
Ce
Prince,
ayant
tout
entendu
de
fa
bouche
,
lui
commanda-de
s’en
re-
tourner
auprès
de
Philotas,
de
re.
Cuetllir
avec
{oin
tont
ce
qu'elle
Jui
eñtendroit
dire,
&
de
venir
le
lui
rapporter.
Philotas.,
qui
igno-
roit
les
piéges
qu’on
lüitendoir,
Vi-
voit
fans
réferve
avec
Antigone
,
&
dans
des
accès
de
colère,
ou
de
vanité,
il
tenoittous.les
jours
des
difcours
fort
impertinens
contre
le
Roi.
Antigone
ne
manqua
pas
.
de
s'acquitter
de
fa
comnuflion
,
©
Philotas
fut
condamné
à
mort.
ANTIGONE,
Añtigone
,
(b)
Ayrryom,
fille
de
Bérénice.
Cette
Princefle
l’avoit
eue
de
Philippe,
fon
premier
mari
avant
que
d’ê«
tre
mariée
à
Ptolémée.
Plufñeurs
jeunes
Princes
pourfuivirent
en
mariage
Antigone..
Pyrhus
leur
fut
préféré
,
à
caufe
de
la
fagefle
;
&
de
la
modération
;
qu'il
mon-
troit
dans
{es
mœurs
&
dans
toute
fa
conduite.
Après
{es
noces
,
il.
brilla
encore
davantage
,
&
fut
encore
plus
eftimé
;
&.
parle
{=
cours
de
fa
femme
Antigone,
qui
avoit
beaucoup
de
vertu
,
il
obtint.
des
troupes.
&
de
l'argent,
pour:
aller
fe
rétablir
dans
fon
Royaume-
dÉpiés
=
Antigone
ayant
été
informée:
un
Jour
du
détail
d’une
conjura=
tion,
qui
f
formoit
contre
fon.
Dot
:(0)
Plut,
Tom,
f,
pag:
385.
LE
fes
É
LL
tatin
d'os
méditer
AN
mari,
en
avertit
auffi-tôt
Pyr-
thus,
en
habile
politique
,
n'en
fit
rien
paroiître
fur
le-champ
;
mais,
à
un
facrifice
qu'il
fit
aux
dieux,
il
pria
le
chef
de
la
conjuration
de
venir
fouper
chez
lui,
&
le
tua.
Antigone
eut
de
Pyrchus
un
fils,
à
qui
on
donna
le
nom
de
Pto-
lémée.
Quandelle
fut
morte,
Pyrrhus
époufa
plufeurs
autres
fénmes
-
ANTIGONE
,
Antigone,
(a)
Avrryorr,
fille
d'Œdipe
&
de
Jo-
cafté,
étoit
fœur
d'Ifnène,
ainf
que
d'Éthéocle
&
de
Polynice.
Créon,
frere
de
Jocafte,
s'étant
emparé
de
la
couronne
de
Thé-
bes
;
après
la
mort
d'Éthéocle
&
de
Polynice
,
défendit
exprefé-
ment
d'enterrer,
ou
le
corps,
ou
les
cendres
de
Polynice,
quil
avoit
fait
jetter
à
Ja
voirie
;
mais
,
Antigone,
fa
fœur,
étant
fortie
la
nuit
de
la
Ville,
alla
Jui
rendre
les
derniers
devoirs.
se
-
On
apprit
le
lendemain
au
Roi
que
quelqu'un
avoit
défobéi
à
fes
ordres;
&
pour
s’en
aflurer
,
il
le.
fit
déterrer
;
ordonnant
à
fes
gar-
des
de
veiller
auprès.
On
furprit.
la
nuit
fuivante-la
Princeffe
,
qui
_venoït
pleurer
le
malheur
de
fon
frere
;
&
on
l’amena
an
Rot,
qui
Commanda
qu'on
l'enfevelit
toute
vive;
maïs,
elle
prévintune
mort
L
funefte
<ens
s'étranglant.
-
Le
prince
Hémon,
fon-amant,
fe
tua
de
défefpoir
;
&
Euriganée,
fa
mere;
ne-pouvant
furvivre
à
ces
(a)
Pau,
pag.
ce.
:
My.
par
M,
PAbb.
Ban.
Tom.
VII,
pag.
187,
0
fait.
Mém,
de
Acad:
des
Enferipr.
&
Bell.
Lett.
Tom.
V.
pag-38,
Tor
IX,
“ps
65»
Tom,
XIIT,
pag.
366.
:
AN
57
cataftrophes
,
{e
donna
la
mort
Cet
événement
fait
le
fujet
d’un
elle
tragédie
de
Sophocle
,
dont
le
peuple
d'Athènes
fat
fi
touché
à
la
première
repréfentation
,
qu'il
donna
à
lAuteur
le
pouverne-
nent
de
Samos.
_—_—.
On
dit
qu'il
y
eut
une
fille
de
Laomédon,
quiprit
lé
nom
d'An-
tigone.
Cette
Princefle
fit
chan
gée
en
Cigogne,
pour
s'être
cru
plus-bellé
que
Junon.
="
ANTIGONIDE
,
Antigonis
,
Avrryéris,
(b)
C'étoit
une
tribu,
qui
fut
ajoutée
aux
anciennes
tri-
bus
de
lAttique
,
en
Phonneur
d'Antigonus
,
pere
de
Démétrius,
qui
lui
donna
fon
nom.
Les
Athé-
mensenajoûtérent
en
même-tems
une
autré,
fous
le
nom
du
fils.
Celle-ci
fat
par
conféquent
appel-
lée
la
tribu
Démérriade.
Etcom-
me
le
Sénat
n'étoit
compoié
que
de
cinq'cens
,
ils
le
firent
de
fix
cens,
afin
quil
y
eût
cinquante’
Sénateurs
de
chaque
tribu.
ANTIGONIDES,
Anfipont-
dæ
,
Arriond
oi,
(e)
Plutarque
s.
dans:
la
vie
de
Paul
Émile,
fait
mention
de
certaines
coupes,
ain
appellées
qu'on
porta
au
tom
phe
de
ce.
Général
Romain.
Elles
-
prirent
le
nom
d’Antigonus
,
+oi
de
Macédoine
,
qui
s'en
étoit
fervi
lui-même.
ES
“"ANTIGONIE
,
Antigonia
;
Ayriyoveia,
(a}
ville
de
la
Chao-
me,
province
maritime
de
la
_Gréce
,
felon
Ptolémée.
C'eltauff”
-_(8)
Plut,
Tom.
I:
pag.
By:
{c)
Plut.
Tom.
E
pag.
273.
(4)
Ph,
EL,
IV.
€.
1.
Proiem.L,
HE
Cr
Ie
Fit
Liv.
L
XXXII,
Ce
Ss
=
Ses
58
AN
le
fentiment
de
Tite-
Live,
qui
dit,
fous
l'année
553
de
la
fon-
dation
de
Rome,
que
Philippe
,
dès
le
commencement
du
prin-
tems,
envoya
tout
ce
qu'il
avoit
de
troupes
auxiliaires,
&
de
{ol-
dats
armés
à
la
lepère,
fous
la
conduite
d'Ahéaagoras,
dans
la
Chaonie
,
pour
semparer
d'un
paflage
étroit
,
appellé
Sthéna,
auprès
d'Antigonie.
Peu
de
jours
après
,
illes
fuivit
lui-même
avec
fon
infanterie
&
fes
bagages
;
&
après
avoir
confidéré
attentive-
ment
Ja
fituation
&
la
nature
des
heux,
il
jugea
qu'il
ne
pouvoit
fe
retrancher
dans
un
pofte
plus
für
&
plus
avantageux,
qu'aux
envi-
rons
du
fleuve
Aous.
Les
habi-
tañs
d’Antigonie
font
appellés
47-
sigonenfes
dans
Pline,
qui
les
ran-
ge
après
les
Thefprotes.
Un
Auteur
aflure
que
la
ville
:
d'Antigonie
eft
aujourd’hui
Croia,
&
que
ce
nom,
qui
fignifie
fource,
a
été
donné
à
cette
Ville,
à
caufe
des
fontaines,
qui
y
coulent
tou-
jours,
fans
jamais
tarir.
D’autres
font
d’un
avis
contraire,
&
pré-
tendent
que
c'eft
à
préfent
Argiro
Caftro
,
dans
la
Turquie
d'Europe.
-ANTIGONIE
,
Aatigonia,
À’vriyoeïæ,
(2)
ville
de
Macédoi-
ne.
Prolémée
la
met
dans
la
Myg-
donie
,
quiétoit
un
canton.de
cette
province.
Étienne
le
Géographe
lui
donne
pour
fondateur
Antigo-
nus
,
fils
de
Gonotas.
C’étoit
une
ville
maritime.du
pais.
Q.Mar-
cius
,
vers
lan
de
Rome
583,
ayant
ravagé
le
territoire
d'Énia,
(a)
Ptolem.
E.
IN,
c.
12.
Plin.
L.IŸ,
Ce
20,
Tit,
Liv.
L,
XLIV,c,
10
AN
arriva
à
Antisonie
;
en
cotoyant
le
rivage.
Eä,
fes
foldats
étant
defcendus
à
terre,
commenceérent
par
faire
le
dégât
de
la
campagne,
&
tranfportérent
une
aflez
grande
quantité
de
butin
dans
leurs
vaif-
{eaux.
Les
Macédoniens
les
trou-
vant
épars
dans
la
campagne,
les
Yinrent
aitaquer
avec
leur
cavale-
rie
8.
ieur
infanterie,
en
tuérent
aù
tour
de
cinq
cens
,
en
prirent
à
peu
près
autant,
&
les
pourfui-
virent
jufqu'à
la
mer.
Alors,
la
difficulté
de
rentrer
dans
leurs
vaifleaux,
pendant
que
l'ennemi
les
prefloit
,
l'épée
dans
les
reins,
&
le
défefpoir
de
fe
fauver
autre-
ment
,excitérent
dans
les
Romains
une
indignation
,
qui
leur
tint
lieu
de
courage.
Ils
firent
face
aux
Macédoniens
,
fur
le
rivage
;
&
fecondés
de
ceux
,
qui
étoient
ref
tés
fur
la
flotte
ils
tuérent
deux
cens
Macédoniens,
en
prirent
uf
pareil
nombre
;
&
s'étant
rembar-
qués
,ils
allérent
faire
une
defcen-:
te
fur
les
terres
de
Pallène,
les
piller.
Les
uns
donnent
à
préfent
4
pour
la
vile
d'Antigone
le
nom
de
Coiogna
;
d’autres
celui
d'Ant-
goca.
On
la
voit
dans
la
Tur-
quie
d'Europe.
Re.
ANTIGONIE
,
Antigonia
,
Avriyesiæ,
(b)
ville
du
Pélopon-
nèfe,
dans
l'Arcadie,
Elle
porta
dabord-le
nom
de
Mantinée;,
qu'on
changea
depuis
en
celui
d'Antigonie.
Ce.fut
en
faveur
d'Antigonus
;
tuteur
du
jeuñe
Philippe,
pere
de
Perfée.
Com-
|
(&)
Plin,
L,
IV,
c.6.
Pauf,
pag:
4684
Le
mer
vs
AN
‘me
il
avoit
montré,
durant
fa
tu=
téle,
beaucoup
d'affeétion
pour
les
Achéens
,
les
Mantinéens
lui
rendirent
toutes
fortes
d'honneurs,
juqu'à
changer
le
nom
de
leur
Ville
en
celu:
d'Antigonie.
;
_ANTIGONIE
,
Antigonia,
Avrlyote,
(a)
ville
de
la
Froa-
de,
qui
fut
fondée
par
Antigônus,
dont
elle
prit
le
nom.
Ce
Prince
ÿ
transféra
les
Cébréniens,
qui
jufques-là
avoient
toujours
été
en
diffention
avec
les
Scepfiens.
Ces
peuples
y
habitérent
avec
le
refte
des
citoyens,
Antisonie
s’appella
dans
la
fuite
Alexandrie,
en
l’hon-
neur
d'Alexandre
le
Grand
;
mais,
ce
ne
fut
qu'après
la
mort
de
ce
:
Prince
;
&
c’eft
Lyfimaque,
qui
en
changea
le
nom
,
ayant
eu
foin
de
rétablir
auparavant
cette
Ville.
Elle
s’accrut
depuis,
&
fubffta
lonp-tems
;
de
forte
que
du
tems
de
Strabon
,
elle
recut
une
colo-
ne
Romaine
,
&
pafloit
alors
pour
une
des
Villes
les
plus
illuf-
tres.
.
ANTIGONIE
,
Antigonia
,
Avrlyovere
,
()
ville
de
Syrie,
für
le
fleuve
Oronte
;
dans
le
voifina-
ge
d'Antioche.
Pendant
qu’Anti-
gonus
réfidoit
dans
ce
pais,
il
s’y
occupa,
en
302,
ou
plutôt,
felon
d'autres
,
en
307
avant
lÉre
Chrétienne
;
à
bâtir
cette
Ville,
qui
devoit
s’appeller
Antigonie
de
onnom.
fl
y
deflinoit
des
fom-
mes
immenfes
,
&
fui
donnoit.
trois
heues
de
tour.
Le
lien
étoit
tès-favorable
,
pour
avoir
infpec-
(a)
Strab,
pag.
593,
594
507:
Plin.
be
V,
Ce:
30.
(6):
Diod.
Sicul.
pag.
758.
Strab.
pag.
750
Roll.
Hift,
Anç.
Tom,
IV,
p,
146,
.
AS
59
tion
de-là
fur
la
Babylonie,
&
fur
toutes
les
Satrapies
fupérieures
&
inférieures,
jufqu'aux
limites
de
l'Épypte.
Antigonus
y
établit
des
jeux
folemnels,
qu'il
célébroit,
.
lorfqu'il
apprit
en
même-tems
la
nouvelle
de
plufeurs
révoltes
;
ce
qui
lui
fit
quitter
incontinent
fes
jeux.
Îl
congédia
fur
le
champ
laflemblée,
&
fe
prépara
à
mar-
cher
contre
l'ennemi.
Il
fut
vain-
cu.
C'eft
pourquoi
la
nouvelle
Ville
ne
fubffta
pas
long
-
tems.
Elle
fut
détruite
par
Séleucus,
qui
en
tranfporta
les
habitans
&
toute
la
gloire
à
celle
qu'il
fit
bâtir
dans
la
fuite,
fous
le
nom
de
Séleucie.
D'autres
difent
,
{ous
celui
d’'An-
tioche.
(c)
La
ville
de
Nicée,
en
Bi-
thynie
,
porta
d'abord
le
nom.
d’Antigonie
,
parce
qu'elle
avoir
été
bâtie
par
Antigonus,
fils
de
Philippe.
Le
nom
de
Nicée
li
fut
donné
de
celui
de
la
femme
de
Lyfimaque.
Voyez
Nicée,
On
met
,
dansle
bofphore
de
Thrace’,
une
ifle
du
nom
d'Anti-
one,
que
les
Grecs
nomment
à
préfent
l'ile
du
Prince,
ou
plutôt
de
la
Princefle..
On
dit
que
c'eit
parce
que
cette
ïfle
a
fouvent
fervi
de
retraite
à
des
Princet-
fes,
qui
y
ont
vécu
dans
le
cé-
libat.
Aux
environs,
&
dans
le
territoire
de
Cyzique,
à
cinquante
ftades
de
la
mer,
vers
l'occident,
étoit
une
place
forte
,
ayant
nom
Antigonie.
On
la
donne
pour
la
même
que
Troade.
154.
Mém.
de
l'Acad.
des
Infer.
&Bell.
Let.
Tom,
XVI,
pag.
269.
(c)
Suab:
pag.
565.
60
AN
ANTIGONIES,
Anrigonia
,
fêtes
inftituées
en
l'honneur
d'An-
tigonus.
ss
ANTIGONUS,
Anrigonus,
A
yriyovec
,
(a)
fils
d'un
Macédo-
nien,
appellé
Philippe,
de
larace
des
Téménides
,
vint
au
monde,
l'an
381
avant
l'Ére
Chrétienne.
:
Son
pere
n'avoit
rien
fait
de
mé-
morable
,;
que
l’'Hifioire
ait
pu
conferver.
Antigonus
eut
un
com-
mMandement
dans
les
troupes,
fous
Philippe
,
pere
d'Alexandre
le
Grand.
I]
en
eut
aufli
un
fous
ce
dernier
;
&
ce
fut
principalement
fous
lui,
qu'il
commença
à
fe
faire
connoître.
Devenu
gouverneur
de
la
Lydie
,
de
la
Phrygie,
&
des
rière
main
à
la
nouvelle
Smyrne,
dont
on
avoit
jetté
les
fondemens,
par
l'ordre
du
Roi,
à
vingt
ftades
de
la
vieille.
Les
Perles
étant
ve-
nus
l'attaquer
dans
fon
gouverne-
ment
,
il
les
défit
trois
fois-de
fui-
-
te,
&
ajoûta
la
Lycaonie
aux
ré-
gions
,
qu'on
lur
avoit
confiées.
Alexandre,
durant
le
{jour
qu'il
fit-dans
la
Sitacène
,
ayant
propo-
{6
huit
prix,
pour
les
plus
braves
de
fes
gens,
le
cinquième
fut
ad-
jugé
à
Antigonus.
Tout
cela
n’eft
rien,,
en
comparaïfon
du
rôle
qu’-
Antigonus
joua
dans
la
fuite.
:
On
fçait
qu'après
la
mort
d'A-
lexandre,
fon
Empire
fut
partagé
entre
fes
Généraux.
La
Lycie,
la
-
(2)
Q.
Curt.L.
IV.
c,
1,5.
L,
V.
c.32,
L,
X.c,
10,
Freinf.
Suppl.
in
Q,
Cure.
LE.
lc.
#7,
Juft
L
XI:
«cc.
4.6,
L.
XIV,
ce
2,3,4
L.
XV.
C
Ts 23
4:
L,
XVI:
ç.
1,
Diod.
Sicul.
pag.
628,
641,
648
,
649.
dr
eg:
Plut.
Tom.
1.
p.
584.
do
feg.
889.
dr
feg.
Tir.
Liv.
LeXL:
c.
ar.
Corn.
Nép.
in
Eümeén,
c,
5,
7,
dr
eg.
AN
Pamphilie
&
la
grande
Phrygie;
échurent
à
Antigonus.
Il
étoit
ex-
preflément
porté
par
le
traité,
que
Léonatus
&
Antigonus,
avec
une
profle
armée,
conduiroient
Eumenès
dans
le
païs
qu'on
li
avoit
donné.
Antigonus
ne
fit
pas
grand
cas
de
ce
que
Perdiccas
lui
écriVit
à
ce
fujet.
Car,
felon
k
remarque
de
Plutarque,
il
étoitfi.
rempli
de
hautes
efpérances
,
qu'il
méprifoit
tont
le
monde,
&
quil
ne
penfoit
qu'à
fon
propre
agran.
difiement.:
[fe
mit
de
bone
heure
en
campagne
contre
Eu-
ménès.
[l
fe
donna
un
combarà
Orcynium,
en
Cappadoce.
En
-
iménès
y
fut
battu,
8
y
perdit
autres
pais
voifins
,
1]
mit
la
der=
:
huit
mille
Hommes.
Ce
fut
pars
trahon
d’Apollonide
,
un
des
principaux
officiers
de
fa
cavale-
Hé;
qui
gagné
par
Antigonus,
pañla
au
milieu
du
combat,
dans.
Je
parti
de
l'ennemi
Le
tratre
en
fut
bientôt
puni
;
car,
Eumé-
nès
le-prit
,
&
le
fit
pendre
für
le
champ.
EST
Euménès
,
s'étant
renféfmé,
avec
cinq
cens.
hommes
,
dans
le
château
de
Nora
,
fitué
fur
les
frontières-de
la
Cappadoce
&
ds
la
Lycaonie,
&
qui
étoit
extré-
mement
fortifié
,
y
foûürint
un
long
fiége.
Mais,
ce
fiée,
où,
plutôt
ce-blocus,
n’empêcha
pas
Ântigonus
de
faire
une
expédi-
0
.
.
Er
1
tion,
en
Pifidie
,
contre
Alcétas
In
Reg,
c.3.
Lucian.
Tom.
Il.
p,
636
Roïl,
Hift.
Anc,
Tom:
IV.
pag.
22
»
509
52:
do
fniv.
Mém,
de
l’Acad.
des
[nier
&
Bell.
Let.
Tom.
VII. pag.
87,80
Tom:
VITE
pag.
170.0
fniv.
Tom.
XI
p:
204.
T.
KIIL.
p.22,
23,
24
@
Jde
T.
XIV.
p219.T.
XVI
p.
28,
287,289
290:
T,
XIX,
Ps
2720
PR
4
:
AN
&
Attal,
Le
dernier
fut
fait
prifonnier
dans
un
combat
;
à
l'autre:
tué
par
trahifon
dans
une
place,
où
il
s’étoit
retiré.
Vers
ce
même-tems,
Antipater
vintä
mourir,
&
par-cette
mort,
Antigonus
fe
trouva
le
plus
puif-
-
fant
de
tous
les
Capitaines
qu'A-
lexandre
avoit
laiflés.
Il
avoit
une
autorité
abfolue
fur
toutes
les
pro-
vinces
de
l'Afie
minenre,
avec
le
titre
de
Généraliffime,
&
une
ar-
mée
de
foixante-dix
mille
hom-
mes
,
&
de
trente
éléphans:,
à
la-
quelle
il
ny
avoit
alors,
dans
lÉmpire,
aucune
Puiffance
capa-
ble
de
réfifter.
Il
n’eft
pas
furpre-
nant,
qu'avec
cette
fupériorité
;
1l
format
le
deffein
d'engloutir
la
Monarchie
toute-entière.
Pour
y
réuffir,
il
commença
par
faire
une
réforme
dans
tous
les
gouverne-
mens
des
Provinces
de
{a
dépen-
dance,
déplaçant
tous
ceux,
dont
1
f
défioit,
&
y
mettant
des
créatures.
Il
Ôta
ainfi
à
Aridée
le
gouvernement
de
Ja
petite
Phry-
gie
&
de
PHellefpont,
&
à
Clitus
celui
de
la
Lydie.
:
La
plus
grande
difficulté
&
le
Plus
grand
embarras
pour
Anti-
gonus
,
étoit
de
venir
à
bout
d'Euménès
,.
dont
la
valeur,
la
fagelle
&
la
fcience,
dans
l’art
mi.
litre,
lui
étoient
plus
formida-
bles
que
tout
le
refte
|
quoiqu'il
Le
tint
bloqué
&
afliégé
depuis
un
añ
dans
le
château
de
Nora.
Il
voulut
donc
effayer
une
{econde
fois
de
l'engager
dans
fes
intérêts
;
Car;
il
Pavoit
déjà
tenté
,
avant
que
de
former
ce
fiése.
Il
char-
Sade
cette
commifion
Jérôme
de
Cardie,
{on
compatriote
,
fa-
AN
6x
meux
Hiftorier
de
ce
tems-là,
qui
eut
ordre
de
Ini
faire
des
ouver-
tures
d'accommodement.
Fumé-
nès
conduifit
cette
négociation
avec
tant
de
dextérité
&
d’adref-
fe,
qu'il
fe
déhvra
du
fiége,
dans
le
tems
qu'il
étoit
réduit
aux
aboïs,’
fans
s’engager
à
rien
de
ce
qu'An-
tigonus
prétendoit.
Car,
au
lieu
que,
dans
ce
qu'Euménès
devoit
jurer
en
conféquence
de
cet,
ac
commodement,
Antigonus
avoit
mis
qu'il
s'engageroit
à
avoir
pour
amis
&t
pour
ennemis,
ceux
qui
le
feroient
d'Antigonus
;
il
chan-
gea
cet
article,
&
jura
qu'il
au=
roit
pour
amis
êt
pour
ennemis
»
tous
ceux
qui
le
feroient
d'Olÿym-
pias
&
des
Rois
,
auf
bien
que
d'Antisonus.
Il
confentit
que
Les
Macédoniens,
qui
étoient
au
fé-
ge,
décidailent
laquelle
des
deux
formules
étoit
la
meilleure.
Les
Macédoniens
fuivirent
le
pen-
chant,
qu'ils
avoient
pour
la
Fa-
mille
Royale,
&t
{e
déclarérent,
fans
balancer
,
pour
la
formule
d'Euménès.
[]
la
jura,
&
on
leva
aufistôt
le
fiéce,
Quand
Antigonus
apprit
com-
“ment
l'affaire
s’étoit
terminée,
1l
en
fut
fi
mécontent
,
:
qu'il
ne
voulut
pas
ratifier
le
traité,
&
il
donna
ordre
de
recommencer
in-
:
ceflamment
le
fiége.
Ges
ordres
arrivérent
trop
tard
;
car,
Eume-
nès
;
dès
quil
avoit
vu
les
trou-
pes
ennemies
retirées
de
devant
la
place,
l'avoit
quittée
;
&
avec
les.
“cinq
cens
hommes,
qui
lui
ref-
toient
,-1l
s'étoit
fauvé
dans
la
Cappadoce,
où
ilaffembla
bien-
tôt,
auprès
de
lui,
deux
mille
de
fes
vieux
foldats.
Îl
y
fit
tous
les
62
A
N
préparatifs
néceflaires,
pour
foû-
tenir
la
guerre,
qu'il
vit
bien
que
_Pon
alleit
recommencer
contre
lui.
Elle
le
fut
en
effet.
Euménès
fe
défendit
avec
courage,
&
rem-
porta
quelques
avantages
;
mais,
tes
foldats
,
au
retour
d’une
ation,
trouvant
leur
bagage
enlevé
avec
leurs
femmes
&
leursenfans
,
tour-
nérent
leur
furie
contre
leur
propre
Général,&
le
conduifirent
au
camp
d’'Antigonus.
Quand
cet
illuftre
prifonnier
y
fut
arrivé,
Antigo-
ñus
eut
pas
le
courage
de
le
voir,
parce
que
fa
préfence
feule
étoit
un
fanplaut
reproche
contre
lui.
Comme
ceux
à
qui
il
Pavoit
donné
en
garde,
lui
demandoient
comment
il
vouloit
qu'on
le
gar-
dât
:
Comme
un
éléphant
,
leur
it
AÂnngonus
;
02
comme
un
lion
;
ces
deux
efpèces
d’ami-
maux
étant
des
plus
à
craindre.
Mais,
quelques
jours
après
,
at-
téndri
8
touché
de
compañion,
il
commanda
qu'on
lui
Ôtât
fes
fers
les
plus
pefans,
&
qu’on
lui
don-
nât
un
de
fes
domeftiques
pour
le
fervir
;
&
il
permit
à
fes
amis
de
le
voir
,
de
pafler
avec
lui
les
journées
entières
,
&
de
lui
porter
tous
les
rafraichiffemens
,
dont
il
pourroit
avoir
befoin,
-
Antigonus
fut
quelque
tems
en
balance
fur
ce
qu'il
devoit
faire
de
fon
prifonnier.
Ils
avoient
été
amis
intimes,
en
fervant
fous
Ale-
xandre,
Le
fouvenir
de
cette
ami-
tié
réveilla
quelques
fentimens
de
bonté
pour
lui,
qui
combattirent
pendant
un
certain
tems
contre
fon
intérêt.
Son
fils
,
Démétrius,
follicita
aufh
fortement
en
fa
f-
veur,
fouhaitant
avec
pañion,
*
AN
par
püre
générofité,
qu'on
fauvêt
la
vie
à
un
fi
brave
homme.
Maïs,
Antigonus,
qui
connoifloit
fà
f-
délité
infléxible
pour
la
famille
d'Alexandre,
fentant
quel
danpe-
reux
ennemi
il
avoit
en
lui,
&
combien
il
étoit
capable
de
rom-
pre
toutes
fes
mefures
,
s’il
échap
poit
de
fes
mains
,
n’ofa
lui
laïfler
la
vie.
Ïl
ordonna
qu’on
fe
défit
de
lui
dans
la
prifon.
Après
la
mort
d'Euménès,
An
tigonus
mena
fon
armée
dans
la
Médie
,
pour
y
pañler
l'hiver.
C'étoit
Pan
316
avant
J.
C.
Ilap-
prit
pendant
ce
tems-là,
que
Pi-
thon
,
commandant
de
quelques
Satrapies
,
tramoit
un
complot
contre
lui.
Il
diffimula
d’abord,
Cependant,
il
engagea
le
Satrape
à
venir
le
trouver#
Pithon
eut
limprudence
d'aller
fe
livrer
entre
{es
mains.
Antigonns,
maître
de
fa
perfonne,
lui
fit
faire
fon
pro-
cès,
en
plein
confeil
de
guerre,
&
le
fit
mourir
en
conféquence
de
fa
condamnation.
Après
quoi,
en
préfence
de
toute
l’armée,
il
nomma
Satrape
de
la
Médie,
Orontobate,
Méde
lui-même,
&
Pour
commandant
de
l'infanterie,
Hippoitrate
,
qui
avoit.
amené
trois
mille
cinq
cens
fantafhns
étrangers.
Pour
lui,
à
la
tête
de
fes
troupes,
il
marcha
vers
Echa-
tane,
où,
s'étant
pourvu
de
cinq
mulle
talens
d'argent
en
mafle,
&
non
mOonnoyé
,
il
vint
en
Perte,
.8t
employa
vinot
jours
de
mat-
che,
pour
arriver
jufqu’à
la
ca-
pitale
du
Royaume
,
appelée
Perfépolis.
Dès
qu’Antigonns
fut
arrivé
en
Perte
,
il
reçut
dans
tout
le
pais
les
mêmes
honneurs,
que
AN
Von
rendoit
aux
Rois,
comme
devant
être
déformais
le
véritable
Souverain
de
l'Afie.
Là,
alfem-
blant
{es
amis
,
il
fit
avec
eux
la
diftribution
des
Satrapies.
Cependant,
il
fe
formoit
une
ligue
contre
ÂAntigonus
,
entre
Séleucus,
Ptolémée,
Lyfimaque,
&Caflandre
,
quatre
autres
géné-
faux
d'Alexandre
le
Grand.
Sé-
leucus
étoit
le
chef,
Antigonus,
qui
fe
douta
de
ce
qui
fe
pañloit,
envoya
des
Ambaffadeurs
vers
les
trois
autres.
Les
réponfes,
qu'il
reçut,
lui
firent
affez
compren-
dre,
qu'il
falloit
fe
préparer
à
la
guerre
;
&,
là
deflus,
1l
quitta
Orient,
&
fe
rendit
dans
la
Ci
_licie,
portant
avec
lui
des
tréfors
confidérables
,
qu'il
avoit
tirés
de
Babylone
&
de
Sufe.
Là,
il
fit
de
nouvelles
levées
,
mit
ordre
à
diverfes
affaires
dans
les
provin-
ces
de
l’Afie
mineure,
&.marcha
enfuite
vers
la
Syrie
&
la
Phénicie.
Son
deffein
étoit
de
les
enlever
à
Ptolémée,
&
de
s'emparer
des
forces
de
mer
de
ces
deux
provin-
ces,
qui
lui
étoient
abfolument
néceflaires
dans
la
guerre
,
qu'il
alloït
avoir
avec
les
confédérés.
Car,
fans
être
maitre
de
la
mer,
&
avoir
du
moins
les
ports
&
les
vaïfleaux
des
Phéniciens
à
fa
dif-
Poñition
,
il
ne
pouvoit
efpérer
aucun
fuccès
contre
eux.
Îl
arriva
trop
tard
,
pour
furprendre
Îles
Yateaux.
Ptolémée
avoit
déjà
emmené
en
Égypte
tous
ceux
qui
S'étoient
trouvés
dans
la
Phénicie
;
ê&t
ce
ne
fut
pas
même
fans
peine,
qu'Antigonus
fe
rendit
maître
des
ports
;
car,
Fyr,
Joppé
&
Gaza,
firent
de
la
réfiftance,
Il
vint
bien-
AN
6
tôt
à
bout
des
deux
dernières
ces
villes
;
mais,
pour
réduire
Tvyr,
il
lui
fallut
un.
tems
confidé-
rable.
Démétrius,
fils
d’Antigonus
commence
ici
à
fe
faire
connoitre.
Plutarque
fat
obferver
en
lui
comme
un
trait,
qui
le
diftinguoit
des
autres
Princes
de
fon
tems,
le
profond
refpeét
,
qu'il
avoit
pour
fon
pere
&
pour
fa
mere
;
refpect
qui
n'étoit
point
fimulé
,
nide
fim-
ple
cérémonie
;
maïs,
qui
partoit
du
cœur,
&
qui
étoit
fincère
&
réel.
Antigonus
,
de
on
côté,
avoit
pour
fon
fils
une
afection
&t
une
tendreile
vraiment
pater-
nelles
,
qui
alloient
même
juf-
qu'à
la
familiarité,
mais,
fans
rien
diminuer
de
l'autorité
de
pere
&
de
roi
,
&
qui
formoient
entre
eux
une
umon
©
une
confiance
exemptes
de
toute
crainte
&
de
tout
{oupçon.
Plutarque
en
rap=
potte
un
exemple.
Un
jour
qu”
Antigonus
étoit
occupé
à
donner
audience
à
des
Ambafladeurs,
Démétrius,
revenant
de
la
chafle,
entra
dans
la
falle,
falua
fon
pere
d'un
baifer
,
&
s’aflit
auprès
de
Jui
,
tenant
encore
fes
dards
dans
fes
mains,
Antisonus
venoit
de
rendre
réponfe
à
ces
Ambafñla-
deurs,
&il
les
renvoyoit.
Mais,
il
les
rappella
,
&
leur
dit
à
haute
voix:
»
Vous
direz
de
plus
à
vos
»
maîtres
la
manière
dont
nous
»
vivons,
mon
fils
&
moi
:
«
leur
faifant
obferver,
qu'il
ne
craignoit
point
de
le
laïffer
approcher
de
fa
perfonne
avec
fes
armes,
&
que
cette
bonne
intelligence,
-quire-
gn)oit
entre
fon
fils
&
lui,
faifoit
la
plus
grande
force
de
fes
États,
AN
70
émpatérent,
fans
le
démolir.
Après
avoir
emporté
tout
ce
qu'ils
purent:
trouver
,
ils
marchérent
vers
le:
rivage
de
la
mer,
où.,
tandis
qu'ils
s’achatnent
trop
étourdiment
au
pillage
des
vaiffeaux
,
ils
font
far-
pris
&
taillés
en
piéces
par
les
fameurs
,
&
par
une
partie
des
ennemis,
qui
s'étoient
retirés-là
avec
leurs
femmes
&
leurs
enfans.
Le
bruit
d’une
fi
fanglante
défaite
rendit
Antigonus
fi
redoutable,
que
non
feulement
les
Gaulois,
mais
fes
voilins
même,
les
plus
turbulens
,
lui
firent
demander
la
Da
ie
-
Cependant
Pyrrhus,
roi
d'É-
ee
par
les
Carthaginoiïs
ur
la
mer
de
Sicile,
fit
deman-
der
du
fecours
au
roi
de
Mace-
doïne,
Sur
le
refus
qu'il
en
fit,
ile
mit
à
tavager
les
frontières
de
fon
royaume:
Antigonus
fe
préfente
à
lui
avec
une
armée,
lui
livre
bataille,
la
perd
&
s'enfuit.
Pyr-
rhus
reçut
la
Macédoine
dans
fon
obéiffance
;
&
comme
fr
la
con-
quête
de
ce
royaume
lPeût
dé-
dommagé
de
la
perte
de:la
Sicile
&
de
Pltalie
,
il
rappella
fon
fils
.
&
un
ami
qu'il
avoit
laiffés
à
Tarente,
Antigonus,
fuivi
d'un
pe-
tit
nombre
de
cavaliers,
&
réduit
à
mettre
bas
toutes
les
marques
de
fa
première
fortune,
{e
retira
à
Pheffalonique
pour
épier
de-là
l'occalñon
de
recouvrer
les
États,
qu'il
venoit
de
perdre,
&
dans
le
deflein
de
tenter
encore
le
fort
des
armes,
avec
quelque
troupes
Ganioïifes
qu'il
avoit
prifes
À
f
folde:
Mais,
vaincu
une
{econde
fois,
&
fans
reflource
;
par
Ptolé-
mée,
fils
de
Pyrrhus,
il
fe
fauva,
AN
déchu
entièrement
de
l’efpérance
de
rentrer
dans
fon
royaume
,
&
ne
chercha
que
les
antres
&
les
déferts
pour
aflurer
fa
vie
&
fa
fuite.
D
Antigonus
reprit
toutefois
cou-
rage
rallia
fes
troupes
&
marcha
contre
l'ennemi.
Îl:occupoit
fes
hauteurs
,
qui
bordoient
la
plaine
d'Argos,
lorfque
Pyrrhus
marcha
contre
cette.
Ville,
Ce
dernier
planta
fon
camp
près
de
la
ville
de
Nauplie
;
&
le
lendemain
ma-
tin
il
envoya
un
Héraut
à
Antigo=
nus,
avec
ordre
de
l'appeller
mé-
chant
&
perfide
,
&
de
le
défier
de
defcendre
dans
la
plame
&
de
venir
difputer
le
royaume
,;
vuider
leur
querelle
par
un
com-
bat.
Antigonus
ln
fit
réponfe
qu'il
faïfoit
la
guerre
moins
avec
les
armes
qu'avecle
tems;
&
que
fi
Pyrrhus
étoit
las
de
vivre
,
il
trouveroit
bien
des
chemins’,
pour.
courir
à
la
mort.
En
même-tems
il
leur
vint,
à
tous
deux,
des
am-
bafladeurs
d’Argos,
pour
les
prier
de
fe-retirer,
&de
permettre
que
leur
ville
ne
fr
afliettie
à
ancun
d'eux
;
mais,
qu'elle
demeurât
anne
de
Jun
&
de
l’autre.
Anti
gonns
reçut
volontiers
cette
pro
pofition
,
&t
donna
aux
Argiens
fon
fils
en
ôtage.
Pyrrhus
promit
auf
de
f
retirer
;
maïs
,
comme
il
ne
donnoit
aucun
gage
de
fa
parole,
1l
fut
foupconné
de
mau-
vaife
{oi.
ue
Hattaqua
en
effet
la
Ville,
mais
il
yfuttué,
Le
bruit
de
cette
mort
fut
bientôt
répandu.
Alcyo-
née,
fils
d'Antigonus,
vint
aufh-
tôt
demander
la
tête
pour
la:
re-
connoitre
>;
&c
l'ayant
prife-,
À
AN
pouffa
à
toute
bride
vers
fon
pere
;
qu'il
trouva
affis
avec
quelques-
uns
de
fes
amis,
&
la
jetta
a
fes
pieds.
Antigonus
l’ayant
regardée
_&
reconnue,
chafla
fon
fils
à
grands
coups
de
bâton,
l’appellant
impie
&
barbare
;
&
mettant
fon
manteau
devant
{es
yeux,
il.fe
mit
à
pleurer
,-en
fe
fouvenant
de
la
mort
de
fon
ayeul
,
qui
fut
tué
à
la
bataille
d'Ipfus,
&
de
celle
,de
fon
pere,
mort
en
prion;
deux
exemples
qu'il
avoit
dans
fa
maifon
des
changemens
de
la
for-
tune,
Après
avoir
magnifiquement
orné
le
corps
&
la
tête
de
Pyr-
rhus
,
illes
mit
fur
le
bûcher,
&
les
fit
brülerhonorablement.
Bien-
tôt
après,
Alcyonée,
ayant
ren-
contrée
Hélénus,
fils
de
Pyrrhus,
en
pauvre
état,
&
couvert
d'un
méchant
manteau,
le
traita
très-
humamement
,
&@
le
mena
à
{on
pere.
Antigonus,
ravi,
lui
dit:
»
Monfils,
cette
dernière
attion.
»
vaut
mieux
que
la
première
;
»
mais,
elle
n’eft
pas
encore
telle
»
qu’elle
devroit
être;
car,
tuine
».
lui
a
pas
ôté
ces
méchans
ha-
»
bits
,
qui
font
plus
de
honte
aux
»
vainqueurs
,
qu'aux
vaincus.
ce
Ayant
ainfi
parlé
,
il
embrafla
Hé-
lénus
,.
lui
ft
toutes
fortes
d’hon-
-
neurs,
le
remit
en
équipages,
&
le
renyoya
en
Epire.
Après
s'être
rendu
maître
du
camp
&
de
toute
l'armée
de
Pyrrhus,
il
traita
fes
amis
@&
fes
férviteurs
avec
beau-
coup
d'humanité
&
de
générofite.
Antigonus
,
rentré
en
poflef-
fon
de
fes
États
par
la
mort
de
Pyrrhus
,
eut
de
nouvelles
guerres
à
foûtenir,
Il
étoit
d’ailleurs
deve-
au,
quelques
années
après,
fort
AN
7L
puiflant,
&
par
cela
même
,
for-
midable
aux
états
de
la
Gréce.
Les
Lacédémoniens
&c
les
Athé-
niens
firent
une
ligue
contre
Jui,
&
engagérent
Ptolémée
Philadel-
phe
à
y
entrer.
Antigonus,
pour
.
diffiper
la
ligue
,
qu'avoient
for-
mée
ces
deux
peuples,
&
pour
en
prévenir
la
fuite
,
commença,
fans
perdre
de
tems,
par
mettre
le
fiége
devant
Athènes,
dont
il
fe
rendit
maître.
Plutarque
obfer-
ve
qu'il
étoit
fur
tout
afligé
des
fuccès
d'Aratus
,
général
des
Si.
cyomens
;
&
voulant,
ou
le
ga-
.
gner
,
ou
le
rendre
fufpeët
à
Pto-
lémée
,
il
lui
donna
de
grandes
marques
de
fon
afettion,
quoi-
qu'il
ne
les
recherchät
point,
&
qu'il
ne
fit
rien
pour
fe-les
attirer,
Éntrautres
,
ayant.fait
un
jour
un
grand
facrifice
dans
la
ville
de
Corinthe
,
il
en
envoya
des
por-
tions
à
Aratus
à
Sicyone.
Erau
milien
du
feftin
du
facrifice
,
où
il
y
avoit
beaucoup
de
gens.à
table
avec
lui,
il
dit
tout
haut:
»
Je
»_penfois
que
ce
jeune
homme
de
»
Sicyone
n'étoit
qu'un
homme
»
franc
&
libre
de
fon
naturel,
»
&
qui
aimoit
feulement
la
li-
»
berté
de
fon
païs;
mais,
il
me
»-paroit
préfentement.
que
c'eft
»
un
excellent
juge
des
mœurs
&
»
de
toute
la
conduite
des
Prin-
»_ces.
Car,
d’abord
il
nous
a
mé
»
priés,
&na
fait
aucun
cas
de
».
nous,
emporté
par
fes
efpéran-
»
ces
,
qui
lui
fafoient
jetter
les
»
yeux
hors
de
fon
pais
;
&cil
»
admiroitles
richefles
d'Égypte,
»
fes
éléphans,
fes
flottes,
&t
la
».
magniñcence
de
fa
cour.
Mais,
»
_préfentement
qu'entré
dans
fe;
Liv
F
72
AN
»_
pavillons,
il
a
vu
de
près
que
»
toute
cette
pompe
neft
qu'une
»
vaine
décoration
dethéatre,
1
»
s’eft
tourné
vers
nous;
&
j'ai
»
reçu
ce
jeune
homme
de
tout
»
mon
cœur,
bien
réfolu
de
m'en
_»
fervir
dans
toutes
mes
affaires,
»
@t
je
vous
prie
tous
de
le
re-
»
garder
comme
votre
ami.
«
GCés
paroles
ne
tombérent
pas
à
terre.
Les
malins
&
les
envieux
en
tirérent
un
ample
prétexte
d'é-
ctire
à
l’envi
à
Ptolémée
beau-
coup
de
chofes
fâcheufes
contre
Aratus
;
de
forte
que
le
Roi
lui
envoya
un
Courier,
pour
fe
plain-
dre
à
lui-même
de
fon
change-
ment.
À
Antigonus
avoit
une
extrême
paffion
de
fe
rendre
maitre
de
Corinthe.
Cette
pafhon
étoit
fi
violente
,
qu’elle
ne
différoit
en
rien
de
la
fureur
des
amans
les
plus
paflionnés.
Il
ne
penfoit
nuit
&
jour
qu'aux
moyens
de
l’enle-
ver
par
furprife
à
ceux,
qui
la
te-
noient
;
Car
,
il
n'y
avoit
nulle
apparence
de
pouvoir
y
réuflir
par
la
force
onverte.
Alexandre
,
qui
étoit
maitre
de
cette
citadelle,
étant
mort
du
poifon
qu'on
dit
qu'Antigonus
lui
fit
donner,
elle
demeura
entre
les
mains
de
Ni-
céa
,
fa
femme
;
qui
prit
le
gou-
vernement
des
affaires
,
&
parda
fa
citadelle
très
-
foignenfement.
Antigonus
Ii
envoya
d’abord
fon
fils
Démétrius
,
en
la
flattant
de
la
douce
efpérance
qu'il
la
lui
fe-
roit
époufer
;
&
ce
n'étoit
pas
une
chofe
peu
agréable
&
peu
flat-
teufe
pour
une
femme,
déjà
fur
Jâge
,
que
d'avoir
pour
mari
un
jeune
Prince,
beau
&
bien-fait,
AN
T1
la
gagna
donc
par
le
moyen
de
-
fon
fils,
dont
il
fe
fervit,
comme
d’un
appât
pour
l’attirer
dans
fes
piéges.
Elle
n’abandonna
pour-
tant
point
la
citadelle
;
mais,
elle
la
garda
avec
grand
foin,
Antigo-
nous
feignit
de
ne
s'en
pas
{ou-
cier
,
&
fit
à
Corinthe
le
feftin
de
leurs
noces
avec
beaucoup
de
ma-
gnificence.
Ce
n'étoit
que
fpec-
tacles
&
feftins
;
&
tous
les
jours
il
donnoit
de
nouvelles
fêtes
,
comme
un
homme
que
l'excès
de
fa
joie
portoit
à
ne
penfer
qu'à
faire
bonne
chere
&
à
fe
divertir.
Un
jour
qu'Amoïibéus
,
céle=
bre
muficien,
devoit
chanter
fur
le
théatre
,
Antigonus
voulut
ac-
compagner
lui-même
à
ce
fpec-
tacle
la
reine
Nicéa:,
qur
étoit
portée
dans
une
litière
royale-.
ment
ornée,
&
qui,
toute
fière
de
ce
grand
honneur
,
étoit
bien
éloignée
de
penfer
au
malheur,
dont
elle
étoit
menacée,
Quand
la
litière
fut
arrivée
à
un
détour
par
où
il
falloit
monter,
ik
ordonna
à:
ceux
qui
la
conduifoient
de
la
me-
ner
au
théatre
;
&
laiflant
là
le
muficien
Amoibéus
,
&
tontes
les
noces
,
il
fe
hâta
de
monter
a
la
citadelle
de
Corinthe
,
en
s'efforçant
plns
que
fon
âge
ne
permettoit.
Comme
il
trouva
la
porte
fermée,
il
heurta
avec
fon
bâton
,
&t
commanda
qu'on
lui
ouvrit.
Les
foldats
de
la
garnifon,
étonnés
de
fa
‘préfence.,
lui
ou-
Viirent;
de
cette
manière,
11
fe
rendit
maître
du
château,
&
en
fut
fi
tranfporté
de
joie
,
qu'il
ne
put
fe
contenir.
Il
fe
mit.
à
boire
&t
à
fe
réjouir
au
milieu
des
rues,
&
de
la
place
publique,
menant.
AN.
avec
lui
des
chanteufes
&
‘des
joueufes
d'mftrumens
,
&
portant
des
chapeaux
de
fleurs
fur
la
tête.
ÂAntigonus
étoit
dès-lors
fort
avancé
en
âge.
Îl
mourut
vers
242
ans
avant
J,
C.,
après
un
regne
‘de
54
ans
en
Macédoine
,
&
de
44
en
Gréce.
Îl
étoit
pour
lors
âgé
de
80,
ou
de
83
ans.
Démé-
tnus,,
fon
fils,
lui
fuccéda.
ANTIGONUS
,
Anrigonus
,
Avriyoce,
(a)
fils
d'Alcyonée
,
&
petit-fils
d'Antisonus
Gonatas.
U
fut
farnommé
Dofon,
du
par-
_bcipe
Grec
J'ovor,
daturus
,
qui
donnera
;
c’eft-à-dire
,
qu'il
étoit
magnifique
en
promefles
,
mais:
fans
effet.
Après
la
mort
de
Dé-
métrius
IL
;
roi
de
Macédoine,
qui
laifla
{on
fils
dans
un
âge
en-
core
fort
tendre,
Antigonus
Do-
fon
fat
choifi
pour
être
fon
tuteur.
Mais,
ce
Prince
ayant
époufé
la
mere
de
fon
pupille
,
n’oublioit
ren
pour
fe
faire
Roi.
Affiégé
quelque
tems
après
dans
fon
pa-
lis
par
une
populace
menaçante,
il
fortit
en
public
fans
gardes
;
&
jettant
fon
diadême
&
fa
robe
de
Pourpre
au
milieu
même
des
mu-
ns,
1l
leur
dit
qu'ils
en
revêtif-
fent
quelque
autre
,
ou
qui
ne
{çût
pas
leur
commander
,
ou
au-
quel'ils
fçuflent
mieux
obéir;
que
ce
n'étoit
point
par
les
plaiñrs,
Mais
par
les
peines
&
par
les
pé-
rils
;
à
quoi
il
avoit
toujours
été
expofé,
qu'il
fentoit
qu'il
gou-
vérnoit
ceroyaume
,
qui
lui
atti=
toit
tant
de
haine,
il
leur
retraça
enfnite
tous
les
biens
,
qu'ik
leur
À
N
73
avoit
faits;
comme
il
avoit
{çu.
les
venger
de
la
révolte
de
leurs
alliés,
&
réprimer
l'infolente
joie,
que
les
Dardaniens
&
les
Thefla-
liens
avoient
témoignée
à
la
mort
du
roi
Démétnius
;
enfin
,
comme
il
avoit
non
feulement
foûtent,
mais
angmenté
la
gloire
du
nom
Macédonien
;
il
ajoûta
que
fi
le
fouvenir
de
toutes
ces
chofes
les
offenloit
,
il
étoit
prêt
à
fe
démet-
tre
de
l'Empire,
&r
à
leur
rendre
le
préfent,
qu'ils
fui
avoient
fait
;
-
qu'ils
n’avoient
qu'a
fe
choïfir
un
Roi,
auquel
ils
puilent
eux-mé-
mes
commander.
Alors,comme
le
peuple,
faifi
de
honte,
le
prefloit
de
reprendre
la
conduite
de
l'État,
il
ne
voulut
point
l’accepter
qu'on
n'eût
auparavant
livré
au
füpplice
les
auteurs
de
la
fédition.
Après
cela,
Antigonus
tourna
fes
vues
du
côté
de
la
guerre.
La”
citadelle
de
Corinthe
lui
tenoit
fort
à
cœur.
Ayant
long-tems
cherché
avec
ane
inquiétude
&
un
empreffement
extraordinaire
,
les
moyens
de
fe
rendre
maître
de
cette
place,
il
étoit
enfin
venu
à
bout
de
l'enlever
par
furprife
,
&
il
fe
félicitoit
de
ce
fuccès
inopiné,
comme
d’un
vrai
triomphe.
Âra-
tus,
général
des
Sicyoniens,
ne
perdit
pas
l’efpérance
de
la
x
enlever
à
fon
tour
;
&
pendant
qu'il
étoit
tout
occupé
de
cette
penfée,
une
efpèce
de
hazard
li
fournit
une
occafon
favorable
de
la
mettre
à
éxécution.
Cette
ac-
tion,
@
quelques
autres
de
cette
nature,indifpoférent
beaucoup
Ât=.
(2)
Juil,
LIL
c.
254:
Plut.
Tom.f.
IV.
pag.
274,
283,310.
Œfnin.
Méme
.
PA:
1045;
1046,
@fég.
Paul,
p.
100
;
|
de
PAcad,
des
fnfcripr.
&
Bell,
Ecrte
1015
373,
409
Roll.
Hift,
Anc.
Tom,
1
Tom.
XIV;
pags
80;
gr.
=
,
74
À
N
tigonus
contre
legénéral
Sicyo=
nien;
&
il
le
fentoit
bien
lui-mê-
me.
Cela
n'empêcha
pas
qu'Ara-
tus
n’implorât,
dans
la
fuite
,
fon
fecours
en
faveur
de
la
ligue
des
Achéens.
Ce
fut
à
Ésium,
où
fe
tenoit
l’affemblée,
qu’on
prit
cette
réfolution.
Et
on
convint
en
mê-.
me-tems
,
qu'on
remettroit
à
An-
tigonus
la
citadelle
de
Corinthe,
Aratus
lui
envoya
lui-même
fon
fils
parmi
les
autres
ôtages.
Comme
Antigonus
‘venoit
à
grandes
journées
avec
fon
armée,
ii
étoit
de
vinot
mille
hommes
de
pied
&
de
quatorze
cens
che-
vaux,
Aratus,
avec
les
Maoiftrats
&t
les
principaux
officiers
de
la
ligue
,
alla
par
mer
au-devant
de
lui
jufqu'à
la
ville
de
Pege.
Dès
qu'Antigonus
fut
averti
qu'Aratus.
arrivoit
en
perfonne
,
il
s'avança,
fit
à
tous
les
autres
un
accueil
honnête
&
fans
aucune
diffinc-
tion
marquée;
mais,
pour
Âra-
tus,
dès
cette
premièré
entrevue,
x}
lui
fit
toutes
fortes
d’honneurs
;
&
dans
la
fuite
l'ayant
trouvé
homme
de
bien
&
de
très-grand
fens,
il
l’admit
dans
fa
familiarité
-
la
plus
intime
,
jufqu’à
lui
com-
muniquer
fes
fecrets
les
plus
im-
portans,
&
à
fe
fervir
de
li
dans
fes
plus
grandes
affaires,
Auf
Aratus
n'étoit
pas
feulement
utile:
dans
tout
ce
qui
regardoit
le
gou-
vernement
;
mais
il
étoit
d'un
commerce
très-agréable,
&
l’hom-
me
du
monde
le
plus
propre
à
être
auprès
d'un
Roï,
qui
fe
trou-
voit
libre
,
&
qui
ne
cherchoit
qu'à
fe
divertir
&
à
pafler
le
tems.
C'eft
pourquot
Antigonus,
quoi-
À
N
qu’alors
fort
jeune
,
n'eut
pas
plutôt
connu
les
mœurs
&
les
grandes
qualités
de
ce
perfonna-
ge
;
dont
il
n’y
en
avoit
aucune
,
qui
ne
fût
digne
de
l'amitié
d'un
Roi,
qu'il
le
préféra
non
feule-
ment
a
tous
les
Achéens,
mais
encore
à
tous
les
Macédoniens,
qu'il
avoit
à
fa
cour
,
&
continua
de
fe
fervir
de
lui
en
toutes
cho-
fes.
Et
le:
figne
,
que
les
dieux
avoient
fait
paroître
dans
les
en-
trailles
des
viétimes
,
ent
fon
ac-
complfflement;
car,
on
raconte
que
pen
de
tems
auparavant
,
comme
Âratus
offtoit
un
facrifice
,
on
vit
près
du
foie
deux
véficules
de
fiel,
enveloppées
d’une
feule
coëffe
de
graïfle
;
&
que
le
devin
prédit
fur
cela
que
deux
ennemis,
qui
paroïfloient
irréconciliables
,
feroient
bientôt
réunis
dans
une
étroite
amitié.
Eneflet,
quelque-
tems
après
,
comme
la
guerre
alloit
heureufement
fon
train,
&c
étoit
fort
avancée,
Antigonus
fit
un
grand
feftin
dans
la
ville
de
Corinthe,
où
il
y
eut
beaucoup
de
gens
priés,
8
où
il
&t
placer
Aratus
à
table
à
fon
côté
au-deflus
de
lui.
Quelques
momens
après,
ayant
commandé
qu’on
lui
appor-
tât
un
tapis
pour
fe
couvrir,
il
demanda
à
Aratus
s’il
ne
trouvoit
pas
qu'il
fit
grand
froid.
Aratus
ayant
répondu
que
le
froid
étoit
très-rude
,
Antigonus
le
prefla
de
s'approcher
encore
plus
de
li;
&
{es
officiers
ayant
apporté
un
grand
tapis,
ils
les
en
envelop-
perent
tous
deux.
Alors
Aratus,
fe
reflouvenant
de
fon
facrifice
,
fe
prit
à
rire
,
&
conta
au
Roi
le
fi-
gne
qui
avoit
paru,
&
la
prédic=
A
=
tion
qui
avoit
été
faite.
Cepen-
dant
Âratus,
felon
la
remarque
de
Plutarque,
n’ajoûtoit
pas
bean-
coup
de
foi
aux
préfazes,
qu'on
toit
des
victimes
,
parce
quil
aimoïit
à
faire
ufage
de
fa
railon.
-
Añtigonus
&c
Aratus
,
étant
donc
tous
deux
à
Pege.,
après
avoir
prêté
@c
reçu
les
fermens,
mMarchérent
contre
les
ennemis.
IL
ÿ
eut
plufieurs
combats
fous
les
murs
de
Corinthe,
Cléo-
x
DS
:
1-31
imene
,
général
des
Lacédémo-
fiens
,
s'étant
bien
fortifié,
&c
les
Cointhiens
fe
défendant
avec
beaucoup
d'ardeur
&
de
courage.
Mais
,
Cléomène,
fur
un
avis
-quilreçut,
abandonna
le
combat
Pour
marcher
au
fecours
des
fens.
à
Argos,
Antigonns
&
Aratus
y
faivirent
;
&
l'oblicérent
de
fe
re-
ürer
à
Mantinée
,
ville,
dont
le
nom
fut
bientôt
changé
en
celui
d'Antigonie,
en
l'honneur
d'An-
tigonus.
Celui-ci,
étant
à
Arsos,
releva
toutes
les
flatnes
des
T
y-
fans
qu'Aratus
avoit
abattues,
&
abattit
celles
qu'on
avoit
-érigées
4
Ceux,
qui
avoient
farpris
la
ci-
tadelle
de
Corinthe
,
hors
une
feule
;
qui
étoit
celle
d’Aratus
même.
Et
quelques
prieres
qu'A-
tatus
lui
fit,
1l
ne
put
jamais
l'en
empêcher.
|
=
-
Quelque
tems
après,
Cléomè-
ne
vaincu
dans
une
bataille
près
de
Sellafe
;
fe
fauva
à
Sparte,
quil
abandonna
la
nuit
fuivante.
À
peine
en
étoit-il
parti,
qu'An-
Mponus
arriva.
|
parut
traiter
cette
Ville,
fon
en
vainqueur,
mais
En
ami,
déclarant
qu'il
avoit
fait
la
guerre,
non
aux
Spartia-
tes;
mais
à
Cléomène
,
dont
la
A
N
fuite
avoit
fatisfait
&
défarmé
&
colère.
Il
ajoûta
qu'il
feroir
glo-
rieux
pour
{on
nom
que
l’on
dit
dans
la
poftérité
,
que
Sparte
avoit
été
fauvée
par
le
Prince
qui,
feul,
avoit
eu
le
bonheur
de
la
prendre.
IF
appellott
avoir
fauvé
Sparte,
que
d'avoir
aboïr
tout
ce
que
le
zèle
de
Cléomène
avoit
fait
pour
le
rétabliflement
des
anciennes
loix
de
Lycurgue,
&
c'eft
ce
qui
caufa
fa
ruine,
-
Trois
jours
après
qu'Antisonus
futentré
dans
Sparte,
il
en
parti
für
les
nouvelles
qu'il
reçut
,
que
la
guerre
étoit
allumée
dans
la
Macédoine,
&
que
les
Barbares
faïfoient
un
dégat
horrible
dans
tout
le
pais.
Si
cette
nouvelle
étoit
arrivée
trois
jours
plutôt,
Cléomène
auroit
été
fauvé.
Aa
refte,
Antigonus
étoit
déjà
atta-
qué
d’une
grande
maladie
,
qui
dégénéra
enfin
en
une
phüfie
to-
tale,
par
un
catharre
général
{ur
tout
fon
corps.
Îl
ne
fe
laiffa
bour-
“tant
point
abattre
an
mal,
&
4
trouva
encore
en
lui
des
foices,
pour
fournir
à
de
nouveaux
com-
bats
dans
fon
propre
royaume.
On
dit
qu'après
fa
vitoire
qu'il
remporta
fur
les
Hiyriens
,
tranf-
porté
de
joie,
il
répéta
plufeurs
fois
:
6
La
belle,
6
l'heureufe
jour-
née
!
&
qu'il
poufla
ce
cri
avec
un
fi
grand
effort,
qu'il
fe
rompit
une
vaine,
&c
perdit
beaucoup
de
fans,
Ce
fymptôme
fut
fuivi
d’une
fièvre
continue
très-violente,
dont
1
mourut,
l'an
223
avant
J.-C
Ilavoit
nommé
auparavant,
pour
fon
fucceffeur,
Philippe,
fils
de
Démétrius,
âgé
pour
lors
de
qua-
torze
ans;
où
plutôt,
illui
rernit
le
£
2e
À
fceptre
,
dont
il
n'avoit
été
que
le
dépofitaire.
ANTIGONUS
,
Artiponus
,
Avsiyeros,
(a)
fils
d'Échécratès,
&
neveu
d'Antigonus
Dofon,
étoit
le
feul
des
amis
de
Philippe,
{on
oncle,
roi
de
Macédoine
,
qui
fût
demeuré
fidele
à
ce
Prince
in-
fortuné,
malgré
les
efforts
qu'on
avoit
faits
pour
le
corrompre
;
&
cette
fidélité
lui
avoit
attiré
une
haine
implacable
de
la
part
de
Perfée
,
fon
coufin,
qui
ne
Pavoit
jamais
aimé.
Antigonus
prévit
bien
le
péril
auquel
il
feroit
expofé,
fi
un
ennemi
fi
redoutable
montoit
fur
le
trône.
Ainf,voyant
le
chan-
gement
qui
s'étoit
fait
dans
le
cœur
de
Philippe
à
l'égard
de
Perfée
,
depuis
la
mort
de
Démé-
trius
,
&
étant
à
tout
moment
té-
moin
des
foupirs
,
que
cette
mort
injufte
[ni
arrachoit,
il
s’attacha
à
le
confirmer
dans
fes
fentimens;
joignit
fes
regrets
&
fes
gémifie-
mens
à
ceux,
qui
échappoient
à
cé
malheureux
pere,
&
aigrit
de
plus
en
plus
les
plaintes,
qu'il
lt
entendoit
pouller.
Et
comme
la
vérité
,
quelque
effort
qu'on
faffe
pour
l’écarter
,
laïfle
ordinaire-
ment
des
traces,
par
où
l’on
peut
arriver
juiqu'a
elle
,
1
ny
eut
point
de
moyens
,
qu'ilne
mit
en
ufage
pour
démêler
toutes
les
in-
trigues
de
Perfée.
Entre
ceux
dont
ce
Prince
s’é-
toit
fervi,
pour
opprimer
Démé-
trius
,
fon
frere
,
les
plus
fufpeéts
à
Antigonus
,
étoient
Apellès
&
Philoclès
,
qi
avoient
été
envoyés
(a)
Tit,
Liv.
L,
XL.
c.
54
552
66,
pag.
659.
©
fniv,
Tom,
V,
pag,
3:
AN
en
ambañfade
à
Rome,
&
qui
avoient
écrit,
fous
le
nom
de
Fla-
minius
,
les
lettres
fatales,
qui
avoient
caufé
la
mort
du
Prince
innocent.
On
foûtenoit
haute-
ment
à
la
cour
de
Philippe,
qu'el-
les
avoient
été
fnppofées,
&
qu'on
avoit
corrompu
le
fecrétaire,
qui
y
avoit
appofé
le
cachet,
qu'on
difoit
être
celui
de
Flamimins.
Mais
,
comme
ce
n'étoit
en=
core
que
des
foupçons
&t
des
con:
jedures,
Antigonus
rencontrant
pat
hazard
un
certain
Xychus,
larrés
ta,
le
fit
conduire
au
palais
;
&c
le
laiflant
entre
les
mains
des
gat-
des
,
il
alla
trouver
le
Roi.»
Jai,
»
reconnu,
dans
plufieurs
de
vos
»
entretiens
,
dit-il
alors
à
ce
»
Prince,
que
ce
que
vous
fouhaï-
»
tiezle
plus
au
monde,
cétoit
»
d'apprendre
au
jute
ce
qui
s'ef
»
paflé
dans
votre
maifon
;
êt
»
qui,
de
vos
deux
fils,
a
drefié
»
des
embñches
à
l’autre.
Vous
»
avez
en
votre
puiflance
XY-
»
chus,
celui
de
tous
les
hommes,
».
qui
peut
le
mieux
démêler
cette
»
affaire.
Le
hazard
me
layant
_»
préfenté
,
je
lai
fait
amener
»
dans
votre
palais;
vous
pouvez
»
l'interroger.
«
Quand
Xychus
fut
devant
Philippe,
1l
commença
par
nier,
mais
avec
tant
d'embar-
ras
&
fi
peu
de
fermeté,
quil
étoit
aifé
de
voir
que
les
premiè=
res
menaces
de
l'appliquer
à
la
queftion
,
lui
feroient
tout
avouer.
En
effet,
le
bourreau
ne
parut
pas
plutôt
à
fes
yeux
,
avec
l'appareil
des
tourmens,
quil
expofa
toute
58.
»
Roll,
Häft,
Anc.
Tom.
IV
AN
la
fuite
de
la
confpiration
,
le
com-
plot
des
ambafladeurs,
qui
étoient
allés
à
Rome
,
&
la
part
qu'il
avoit
eue
lui-même
à
ce
parrici-
de.
Sur
ie
champ,
le
Roi
envoya
des
gens
qui
arrêtérent
Philoclés
;
pour
Apellès,
ayant
été
envoyé
après
un
certain
Chéréas
,
1l
ap-
prit
en
chemin
la
dénonciation
de
-Xychus,
&
fe
fauva
en
ftalie.
Perfée
apprit,
fans
s’en
mettre
beaucoup
en
peine,
que
tout
le
myftére
étoit
découvert;
car
,
il
avoit
fufffamment
affermi
fa
puif-
fance,
pour
fe
difpenfer
de
fuir.
Toute
la
précaution
qu'il
prit,
fut
de
s’abfenter
quelque
tems,
&c
de
ne
pas
fe
préfenter
aux
yeux
d’un
pere
juftement
irrité,
mais
qui
n'a-
voit
plus
que
peu
de
jours
à
vivre.
Philippe
donc,
défefpérant
d'avoir
ce
Prince
en
fa
puiflance
,
ne
fon-
gea
plus
qu'à
empêcher
au
moins
qu'il
n'ajoûtât
à
l'impunité
la
ré-.
compenfe
de
fon
crime.
Il
fit
ve-
nit
Antigonus
,
à
qui
il
avoit
don-
né
toute
fa
confiance
,
fur
tout
depuis
qu'il
lui
avoit
aidé
à
de-
couvrir.
le
parricide
de
Perfée
;
outre
quil
le
jugeoit
digne
de
commander
aux
Macédoniens,
qui
navoient
pas
oublié
les
athions
glorieufes
de
fon
oncle
Antigo-
nus
;
&
lui
découvrant
tout
le
fecret
de
fon
ame
:
»
Puifque
les
»
dieux,
lui
dit-il,
m'ont
affligé
»
jufqu’au
point
de
me
faire
de-
»_
fret
l'extinction
de
ma
famille;
»
ce
que
les
autres
regardent
»
comme
le
plus
grand
des
mal-
.»
heurs
,
j'ai
deflein
de
vous
ren-
»
dre
le
royaume
que
votre
on-
A
N
77
»
cle
m'a
remis
plus
puiflant
qu'il
»
ne
l’avoit
recu
,
après
l'avoir
»
gouverné
lui-même
avec
autant
»
de
courage
que
de
fidélité.
Vous
»
êtes
le
feul
de
ma
race,
que
je
»
juge
digne
de
porter
le
fceptre.
»
Si
elle
étoit
entièrement
éteinte,
»
j'aimerois
nueux
le
voir
anéan=
»
ti,
que
de
le
laïfler
à
Perfée,
»
comme
la
récompenfe
de
fa
»
perfidie
&
de
fon
impiété.
Je
»
croirai
voir
revivre
Démétrius,
»
fi
je
vous
puis
laïfler
regner
en
»
fa
place
,
vous
qui,
feul,
avez
»
pleuré
la
mort
d’un
fils
inno-
»
cent,
&
partagé
l’affliétion
du
»
plus
malheureux
de
tous
les
»
_peres.
«
Depuis
cette
converfation,
il
le
combla
d’honneurs
&
de
dif-
tinGions,
&c
ne
cefla
de
le
pré-
fenter
à
fes:
fujets,
comme
celui
qui
devoit
les
gonverner
après
lui.
Son
fils
étant
alors
dans
la
Thra-
ce,
il
commença
à
parcourir
les
villes
de
la
Macédoine
avec
An-
tigonus
,
le
recommandant
à
tous
les
Grands
du
royaume,
comme
fon
héritier
;
&
s'il
avoit
vécu
plus
jong-tems
,
il
eft
indubita-
ble
qu'il
l'eût
laiflé
dans
la
pof-
fefhon
paifble
du
royaume.
Mais,
dès
qu'il
fut
mort,
&
que
Perfée
eut
ceint
le
diadème
,
Antigonus
fut
tué
par
l’ordre
du
Roi;
ce
qui
ariva
lan
179
avant
J.
GC,
&
de
Rome
573.
ANTIGONUS
,
Antisonus,
Avriyorce
:
(a)
l’un
des
feigneurs
de
la
cour
de
Perfée,
roi
de
Ma-
cédoine.
Comme
une
armée
de
Gaulois,
vers
l'an
168
avant
l'Ére
o
(4)
Tit,
Liv,
L.
XEIV,
Ce
26%
27%
Roll,
Hit,
AnC:
Tom,
V,
pag.
58e
7e
…
A
N
=
Chrétienne,
s'étoit
arrêtée
aux
environs
d'Éfime,
à
vingt-cinq
.
lieues
du
fleuve
Axius
,
où
elle
attendoit
la
récompenfe
;
donc
Perfée
étoit
convenu
avec
elle,
Antigonus
y
fut
envoyé
pour
or-
donner
äcette
armée
d'aller
camper
à
Bylazor,
dans
la
Péonie,
&
aux
Princes
&
chefs
de
la
nation
,
de
fe
rendre
auprès
du
Roi.
Lorfquil
eut
fait
connoître
la
volonté
de
ce
:
Prince,
il
leur
vanta
l'attention
&t
la
générofté
avec
laquelle
il
avoit
fait
préparer
à
leurs
foldats,
fur
le
chemin,
toutes
fortes
de
provifions
en
abondance,
&
les
préfens
d'habits,
de
chevaux
&
d'argent
,
dont
il
devoit
régaler
les.
principaux
à
leur
arrivée,
»
C'eft
ce
que
nous
verrons
,
»
quand
nous
ferons
fur
les
lieux,
»
répondirent-ils
;
mais,
le
Roi
»
a=t-il
fait
apporter
largent
»
quil
a
promis
de
payer
comp
»
tantaux
foldats
,
tant
fantaffins
»
que
cavaliers
?
«
Comme
An-
tigonus
ne
leur
donnoit
point
la-
deffus
de
réponfe
pofirive
:
»
Eh
»
bien!
dit
Clondicus,
leur
roi,
7
teétournéz
donc
vers
votre
mai-
».
tre
,
&
dites-lui
que
les
Gaulois
»
ne
front
pas
un
pas
davanta=
»
pe,
qu'ils
n'aient
reçu
l'or
&
les
»
Ôtages.
«
Perfée
,
ayant
appris
cette
réponfe,
aflembla
fon
con-
feil
,
où
il
ne
tronva
perfonne
qui
ne
fût
d'avis
qu'il
falloit
fatisfaire
les
Gaulois.
Lui
feul
plus
attentif
à
la
confervation
de
fon
argent,
qu'à
celle
de
fon
royanme
,
s’em-
porta
contre
la
férocité
&
la
per-
fidie
de
ces
barbares.
Re
AN
Ï
ny
avoit
perfonne
dans
{e
confeil
,
qui
ne
vit
que
la
crainte
de
cette
multitude,
que
le
Prince
fafoit
valoir,
n’étoit
qu’un
pré-
texte
,
&
que
celle
de
donner
de
l'argent
étoit
la
feule
à
laquelle
il
fût
fenfible.
Mais,
pérfonne
n’o-
{ant
lui
parleravec
fincérité,
An-
tigonus
fut
renvoyé
aux
Gauloïs,
pour
leur
déclarer
que
le
Roi
n'a
voit
beloin
que
de
cinq
mille
ca-
valiers
,
&
qu'il
les
difpenfoit
de
lui
fournir
le
furplus.
À
cette
pro-
pofition,
tous
les
foldats
murmu-
rérent
hautement
contre
Perféer,
qui
leur
avoit
fait
quitter
leur
pais
fous.
l'efpoir
d’une
récompent
qu'il
leur
refufoit,
dans
le
mo>
ment
qu'ils
s'attendoient
à
la
re-
cevoir.
Clondicus
demanda
une.
feconde
fois
fi
au
moins
Perfée
tiendroit
parole
aux
cinq
mille
hommes,
qu'il
acceptoit.
Gomme
Antigonus
ne
donnoit
encore
que
des
paroles
ambigues
,
fans
faire
aucun
outrage
à
ce
négocia-
Se
teur
peu
fmcère
,
qui
les
trompoit
pour
Ja
féconde
fois,
ils
rebronf-
férent
chemin
vers
le
Danubes
Pour
Antigonus
,
il
ne
croyoit
pas
ên
être
quitte
à
fi
bon
mar=
ché,
.
ANTIGONUS,,
Antigonus
À
vriyoroc
,
(a)
fils
de
Jean
Hir-
cari,
&
petit-fils
de
Simon
Mac-
cabée.
Ïl
avoit
été
aflocié
à
la
royauté
par
fon
frere
Ariftobale:
Ce
Prince
obligé,
par
une
mala-
die
de
revenir
de
l'Iturée
à
Jéru-
falem
,
laiffa
à
ÂAntigonus
le
com-
mandement
de
l'armée,
pour
ache-
ver
la
guerre
quil
y
avoit
com-
(2)
Jofeph,
de
Antiq.
Judaïc,
P-
454455.
Roll,
Hift,
Anc,
T,
V,
p.
251
y
252%
mencée.
La
Reine
&t
fa
cabale,
quienvioient
la
faveur
d'Antigo-
nus,
profitérent
de
cette
maladie,
pour
indifpofer
le
Roi
contre
lui,
par
de
faux
bruits
&
de
noires
calomnies,
Antigonus
revint
biens
tôt
à
Jérufalem
,
après
les
heu-
reux
fuccès
par
lefquels
il
avoit
terminé
cette
guerre.
Son
entrée
fut
une
efpèce
de
triomphe.
On
célébroit
alors
la
fête
des
Taber-
naclès.
Il
alla
droit
au
temple,
tout
armé
&
avec
fes
gardes,
comime
1l
étoit
entré
dans
la
Ville,
fans
fe
donner
le
tems
de
rien
changer
à
fon
équipage.
On
lui
en
fit
un
crime
auprès
du
Roï,
qui,
prévenu
d’ailleurs
contre
lui,
lui
envoyä
ordre
de
fe
défarmer,
&
de
le
venir
trou-
Ver
en
diligence,
comptant
que,
sil
refufoit
d'obéir,
c'étoit
une
prenve
qu'il
avoit
quelques
mau-
vais
deflein
;
&
en
ce
cas
,
il
or-
donna
qu'on
le
tuât.
Celui
qu'A-
riftobule
avoit
envoyé
,
gagné
par
R
Reine
&
pär
fà
cabale
,
lui
Tapporta
l’ordre
tout
autrement
,
&t
lui
dit
que
le
Roi
fouhaitoit
de
le
voir
tout
armé,
comme
il
étoit.
Antigonus
partit
aufhi-tôt
pour
lé
venir
trouver
;
&
les
gar-
des,
qui
le
virent
armé,
exécu-
térent
leurs
ordres
,
&
le
tuérent,
l'an
101
avant
l’Ére
Chrétienne,
Ariftobule
ayant
{cu
tout
ce
qui
s'étoit
pañlé
,
en
fut
vivement
touché
,
&
ne
put
fe
confoler
de
fa
mort.
Tourmenté
par
les
re-
Mords
de
fa
confcience
pour
ce
meurtre
&
pour
celui
de
fa
mere,
A
N-
9
il
traina
une
vie
miférable
7
eéxpira
enfin
dans
les
douleurs
&
dans
le
défefpoir.
ANTIGONUS
,
Anrigonus,
Avriyne,
(a)
fils
d'Ariftobule,
qui
étoit
frere
d'Hircan.
1]
fut
envoyé
à
Rome,
lan
63
avant
J.
C.,
avec
fes
freres
Ariftobule
&
Alexandre.
C’eft
Pompée
qui
les
yenvoya
,
les
ayant
faits
pri-
fonniers
,
lors
de
la
démolition
des
murailles
de
Jérufalem
,
&
du
rétabliflement
d'Hircan,
dans
le
royaume
de
Judée.
Antigonus
trouva
le
moyen
de
fe
fauver
de
Rome
avec
Ariftobule;
enforte
qu'ils
revinrent
en
Judée
cinq
où
fix
ans
après.
Îls
effayérent
d’y
ré.
tablir
leurs
affaires
,
par
le
moyen
de
leurs
amis
;
mas,
ils
furent
défaits
&
pris
par
Gabinius,
qui
les
envoya
de
nouveau
à
Rome.
Ariftobule
y
demeura;
mais,
on
renvoya
en
Judée
Alexandre
&
Antisonus
,
fes
fils
,
parce
que
Gabinius
avoit
marqué
qu'il
l’a-
voit
aïnfi
promis
à
leurmere.
Céfar,
l’an
47
avant
J.
C.,
ren.
voya
Ariftobule
en
Judée,
afin
que
lui
&
Antigonus,
fon
fils,
attiraflent
cette
Province
à
fon
parti,
&
qu'ils
la
foulevaffent
con-
tre
Pompée
;
mais,
Ariftobule
fut
empoifonné
par
ceux
du
parti
de
Pompée.
Alexandre
,
fon
fils
ainé,
fut
décapité
par
ordre
de
Scipion
à
Antioche,
Antisonus,
fe
voyant
exclu
de
la
Judée
par
Antipater
&
fes
fils
,
eut
recours
à
Céfar,
&t
lui
expofa
les
malheurs
,
que
fon
pere
&
fon
frere
avoient
(a)
Plut.
Tom.
I.
pag.
932.
Jofeph.}p.264,
265.
&
fuiv.
Mém.de
PAcad.
de
Antiq.
Judaïc.
L
Érv
De
Bell.
fes
Tien
&
Bell.
Lertr.
Tom:
XVI.
Judaïc,
É:
T,
Roll,
Hit,
ANC:
Tom,
V,
|
Pe
299e
s
XIX,
Pe92
T,
XXI,
pe
27e
Léù
à
à
86
À
N
laquelle
le
Prêtre
portoit
un
habit
de
femme
,
&t
avoit
la
tête
liée
d'une
mitre
,
on
d’une
bande#à
la
manière
des
femmes.
La
raifon
en
étroit,
felon
Plutarque
,
qu'Her-
cule
s'enretournant
après
la
prife
de
Troye
,
une
tempête
écarta
fix
navires
qu'il
avoit
;
&
que
celui
qui
le
pottoit
,
fit
naufrage
à
l'ile
de
Cos
,
où
après
avoir
erdu
fes
gens,
fes
armes
&
fon
F
il
prit
terre.
Ilpria
un
berger,
nommé
Antagotas
,
de
Jui
donner
un
bélier.
Le
berger,
qui
étoit
fort
&
robufte
,
lui
pro-
pofa
de
lutter
contre
lui
,
&
lui
promit
le
bélier
,
s’il
demeuroit
vainqueur.
Hercule
accepta
la
con-
_dition;
&
quandils
en
furent
ve-
nus
aux
mains
,
les
Méropes
fe
‘mirent
du
côté
d’Antagoras,
&
les
Grecs,
qui
fe
trouvérent
À,
du
côté
d'Hercule,
.
Le
combat
fut
rude.
Hercule,
accablé
par
le
grand
nombre,
s'enfuit
chez
une
femme
Thra-
‘cienne
,
&
prit
l'habit
de
femme,
Pour
tromper
ceux
qui
le
pour-
fnivoient,
ce
qui
lui
réuffit.
Ayant
“depuis
vaincu
les
Méropes
,
après
avoir
fait
les
expiations
ordinai-
res,
il
époufa
Alciope,
portant,
le
jour
des
noces
,
une
robe
ornée.
de
fleurs.
C'étoit
en
mémoire
de
ce
fait,
que
le
Prêtre,
en
habit
de
femme,
offroit
un
facrifice
au
lieu
du
combat,
oh
les
fiancéss,
aufh
en
habits
de
femmes,
em-
brafloient
leurs
fiancées.
ANTIMAQUE,
Antimachus,
(4)
Pauf.
pag.
117,
À
N
es,
Àrriuayos,
(a)
étoit
fils
de
Thra:
fyanor
,
petit-fils
de
Ctéfippe,
&
atrière
petit-fils
d'Hercule,
I
fut
pere
de
Déïphon
,
à
qui
Témé-
nus,
toi
d’Argos,
donna
toute
fa
confiance,
ANTIMAQUE,
Antimachus,
À
vriuwSoc
;
(8)
eut
pour
pere
Éleûryon
»
fils
de
Perfée,
&
roi
de
Mydéum.
Antimaque
&
fes
fieres
furent
tués
dans
une
guerre
contre
les
Télébes.
Leur
pere
prit
les
armes
pour
venger
leur
mort.
Mais,
il
fut
bleflé
par
un
accident
imprévu,
&
mourut
de
cette
blef-.
fare.
Antimaque
fut
pere
d'Am-
phianax.
Il
y
a
des
leçons
qui
portent
Amphimaque
;
mais,
c’eft
une
faute
.de
copifte
,
à
ce
qu'on
croit.
ANTIMAQUE,
Antimachus,
Avriuayxo,
(c)
lun
des
capitai-
nes
Troyens.
Corrompu
par
les
préfens
de
Pâris
,
il
empêcha,
par
es
confeils,
qu'on
ne
rendit
Hé-
1éne
à
Ménélaus.
Homère
rapporte
qu'il
avoit
dans
fon
palais
des
tré-
fors
infinis,
de
l'or,
de
l'airain,
du
fer.
C’étoit
d’ailleurs
un
vail-
lant
Prince,
qui
fut
pere
de
Pr
fandre
,
de
l’intrépide
Hippoloeus
-&t
de
Léontéus.
ANTIMAQUE,
Antimachus,
À
vripaycc,
(d)ofhcier
de
Perfée,
roi
de
Macédoine.
Il
commandoit
ce
corps
de
cavalerie
,
appellé
JEfcadron
facré
par
les
Macédo-
mens,
L'an
171
avant
J.
C.,
s’é-
“tant
donné
un
combat
entre
ces
peuples
&
les
Romains
,
les
pre-
(c)
Homer.:Iliad,
L.XI,
v.
123.
@
fe.
(7)
Pauf.-pag.
213,
Mém,
de
l'Acads
(1.
XIL.
v.
188.
des
Infcript.
&
Bell, Lett,
Tom,
VIE,
pes:
108
,
109,
(d)
Tit,
Liv,
L,
XLIL.
c.
66,
Roll
Hit,
Anc.
Kom,
V.
pag.
36,%
AN
miets
fe
retirérent
,
laïffant
fur
la
place
trois
cens
hommes
de
pied,
&
vingt-quatre
cavaliers
des
plus
diftingués
de
cet
Efcadron
facré.
Antimaque
fut
du
nombre
des
tués.
ANTIMAQUE
,
Antimachus,
Ayriuayos,
(a)
antre
officier
du
roi
Perfée.
[1
étoit
gouverneur
de
Démétriade,
l'an
169
avant
l'Ére
Chrétienne.
(Cette
Ville
étant
afliégée
cette
même
année
par
_Euménès
,
roi
de
Pergame
&
par
les
Romains
,
on
dit
qu'Antima-
que
&
un
certain
Crétois,
nom-
mé
Cyda,
menagérent
une
en-
trevue
entre
l'ennemi
&
Île
roi
Perfée
,
&
traitérent
des
condi-
tions
auxquelles
ils
feroient
allian-
ce.
Ce
fut
du
moins
le
bruit
pu-
blic,
&
même
le
fiége
de
Démé-
triade
fut
abandonné,
ANTIMAQUE,
Antimachus,
Avruaxos,
(b)
poëte
&
gram-
mairien
,
fils
d'Hyparchus,
naquit
à
Colophon,
ou
à
Claros
en
{o-
nie
,
&
fuivant
d’autres,
à
Téos.
{]
étoit
contemporain
d'Hérodote,
puifqu'il
fut
,
felon
certains,
difci-
ple
de
Panyafis
&
de
Stéfymbro-
te,
qui
florifloient
vers
l'an
480
avant
J.
C.
Il
vivoit
encore
vers
lan
400
,
au
tems
de
la
défaite
des
Athéniens
par
Lyfandre
;
&c
Platon,
dans
fa
jeunefle
,
avoit
vu
ce
Poëte
dans
un
âge
très-
avancé.
Quintilien
dit
d'Antimaque
,
qu'il
avoit
de
la
force
&
de
la
(a)
Tit. Liv.
L,
XLIV.
c.
13.
Mém.
de
PAcad.
des
Infer,
&
Bell.
Lett,
Tom.{c.1.
Plut.
XII.
pag.
277
;
278.
(&)
Suid.
Tom,
I.
pag.
303.
A
N
87
folidité
;
&
que
fon
élocution,
qui
n’étoit
nullement
commune
,
avoit
fon
prix,
&
éfoit
digne
de
louan-
ge
;
mais,
que
quoique
les
Gram-
mairiens
,
d’un
commun
accord,
lui
euffent
déféré
le
fecond
rang
après
Homère
,
il
étoit
certain
qu'on
ne
trouvoit,
dans
fes
ou-
vrages,
ni
fentimens,
ni
agré-
ment
,
ni
ordre,
&
qu'il
manquoit
abfolument
d'art
;
ce
qui
faifoit
voir
manifeftement
l'énorme
diffé-
rence,
qui
étoitentre
approcher
de
ce
grand
Poëte,
&t
n'être
que
le
fecond
après
lui.
Cependant,
Platon
faifoit
une
telle
eftime
des
poëfies
d'Antima=
que
,
qu'il
envoya
exprès
au
lieu
de
fa
naiffance
,
pour
les
recueillir.
L'empereur
Adrien
préféreit
ce
Poëte
à
Homère
,
dont
il
vouloit
férieufement
fupprimer
les
ouvra-
ges;
mais,
il
n'a
fervi
de
rien
à
ÂAntimaque
d’avoir.
de
tels
protec-
teurs
;
{a
Thébaïde
a
péri
avec
fes
autres
poëfies.
Herméfianax
ne
Va
pas
oublié
dans
la
hifte
des
Poëtes
amoureux.
Touché
d'une
violente
paflion
pour
Lydé,
foit
qu'elle
fût
{à
femme,
comme
Plu-
farque
la
cru
,
foit
qu'elle
fût
fa
maïîtrefle,
comme
l’aflure
Cléar-
que,
il
la
fuivit
jufques
fur
les
bords
du
Paétole
,
&
l'ayant
vu
expirer
fous
fes
yeux
;
il
revint
à
Colophon,
où,
felon
le
même
Herméfianax,
il
fit
entendre
les
“plustriftes
élégies.
Plutarque
ajoù-
te
qu'il
y
rappelloit
tous
les
mal=
Lucian.
Tom.
I.
pag.
776.
Quint.
L.X.
Tom.
T°
pag.
24,
253;
443
Mém.
de
l'Acad.
des
Infeript.
&
Bell,
Pauf.|
Let,
Tom,
VII.
pag.
294:
360,
PaB:
494
»
495
»
496,
Athæn.
page
598.
FE
iv
88
“AN
heurs
arrivés
aux
Souverains,
pour
confoler
par
le
fotwenirde
leurs
infortunes
;
mais,
il
faut
avouer
que,
fi
l'enflure,
tant
de
fois
re-
prochée
à
la
Thébaide
d’Antima-
que,
repnoit
également
dans
fes
élégies
,
il
n’excella
pas
en
ce
genre.
Les
termes
empoules
font
le
partage
ordinaire
des
déclama-
tions
,
ils
ne
{çautoient
partir
d'un
cœur
véritablement
touché.
Plutarque
,
que
nous
venons
de
citer
,
rapporté
qu'Antimaque
,
&
un
certain
Nicératus
d'Héra-
clée
;
ayant
compofé
chacun
un
poëme,
qui
portoit
le
nom
de
Lyfandre,
dfputérent
le
prix
de-
vant
Jui,
&
qu'il
adjugea
la
cou-
ronnéà
Nicératus.
Antimaque
en
eut
tant
de
dépit,
qu'il
fupprima
fon
poëme.
Platon,
qui,
comme
nous
lavons
déjà
obfervé,
admi-
roit
la
poëñe
d'Antimaque,
voyant
qu'il
étoit
au
défefpoir
de
cet-affront,
prit
foin
de
le
con-
foler
&
de
l’encourager
,
en
ln
difant
que
l'ignorance
eft
pour
les
yeux
de
l'efprit
,
ce
que
laveugle-
ment
eft
pour
les
yeux
du
corps.
(a)
Il
y
eut
encore
quelques
autres
poètes
Grecs
du
nomd
An-
timaque.
1.9
Un,
qui
étoit
d'Hé-
liopolis
en
Égypte.
Il
avoit
écrit
une
defcription
de
la
produétion
du
monde.
C'étoit
un
poëme
compofé
de
3780
vers.
2.9
Un
autre
,
qui
étoit
en
même-tems.
muficien
;
on
le
furnomma
Pfécas,
du
Grec,
Vers.
705,
roris
gurtu-
2;
de
la
rofée,
une
goutte
de
rofée,
où
d'eau
C'etoit
parce
(a)
Suid.
Tom.
I.
pag.
302.
Plin.
L.
XXXIV.
c,
8
Demofth,
pag.
965,
y
A
N
qu'il
crachoït
fur
ceux
qui
étoient
près
de
lui.
Pline
parle
d’un
An-
tmaque
,
qui
étoit
un.
célebre
fcuipteur.
Démofthène
parle
auf
d'un
Antimaque.
(C'eft
dans
fa
harangue
pour
Phormion.
ANTIMENE.,
Antimenes,
A
vriuernc,
fils
de
Déiphonte
&
d'Hyrnétho.
Voyez
Hyrnétho.
ANTIMÉTATHESE,
Anti-
metathefis
,
figure
de
rhétorique
,
qui
confifte
à
répéter
les
mêmes
mots
;
mais,
dans
un
fens
oppofé
;
comme
dans
cette
penfee:
Vo
ut
edam
vivo
,
fed
ut
vivam
edo
;
Je
ne
vis
pas
pour
manger,
maïs,
je
mange
pour
vivre.
On
nomme
encore
cette
figure
Antimétabole,
&
Antimétalepie,
-
ANTIMOINE,
Subium,
CTI
()
forte
de
minéral,
qui
approche
de
la
nature
des
métaux,
&t
que
quelques-uns
croyent
en
contenir
tous
les
principes;
parce
qu'il
fe
trouve
près
des
mines
des
uns
&
des
autres
,
&
fur
tout
dans
les
mines
d'argent
&
de
plomb.
Souvent
même,
il
a
fa
mine
propre.
On
l'appelle
auf
Marchafite
de
plomb
;
&
les
Chymiftes
le
nomment
le
Loup
,
ou
le
Saturne
des
Philofophes
;
parce
qu'il
dévore
les
autres
mé-
taux,
quand
on
les
fond
enfemble
.
&
qu'il
les
confume
tous,
à
la
réferve
de
lor.
On
l'appelle
aufi
Prothée
,
à
caufe
de
la
diverfité
des
couleurs
,
qu'il
prend
par
le
moyen
du
feu.
On
le
tient
com-
pofé
d’un
double
fouffre
minéral,
lun
métallique
,
approchant
de
la
(&)
Reg,
L.
IV,
€.
9.
v.
30.
Job.
€.
42»
V.
14+
Jercm.
c,
4,
v.
30.
Ezech.
6
23
Vs
42e
A
N
pureté
&
de
la
couleur
de
celui
de
l'or
|
&
l'autre
terreftre
&
combuftible
,
femblable
prefque
au
fouffre
commun;
d’un
mercure
fulipineux
&
mal
digéré
,
partici-
pant
de
la
nature
du
plomb,
&
d'un
peu
de
fel
terreftre.
Il
eff
de
couleur
noire
&
rempli
de
longues
évuillés
brillantes.
meilleur
vient
de
Hongrie.
L’An.
timoine
eft
aujourd’hui
fort
em-
ployé
dans
la
médecine
;
mais,
avant
le
douzième
fiécle,
on
ne
s'en
fervoit
que
dans
a
compo-
fition
du
fard,
L'Écriture
nous
le
décrit
com-
me
un
fard
,
dont
les
femmes
fe
fervoient
pour
noircir
les
yeux.
Jézabel
,
ayant
appris
que
Jéhu
devoit
entrer
dans
Samarie,
fe
farda
les
yeux
avec
de
l'Antimoi-
ne;
ou,
felon
l’'Hébreu,
mit
fes
Yeux
dans
l’Antimoine
,
ou
fe
les
en
frotta
entièrement,
où
même
elle
les
plongea
dans
le
fard,
Pour
parler
à
cet
ufurpateur,
&
Pour
fe
montrer
devant
lui.
Comme
les
yeux
grands
,
bien
fendus,
&
noirs,
pañlaient
pour
les
plus
beaux
;
ceux
&
celles
,
qui
avoient
foin
de
leur
beauté
,
fe
frottoient
le
tour
de
l'œil
&
la
Paupière
avec
une
éguille
trem-
Pée
dans
une
boëte
de
fard
d’An-
moine
|
pour
fe
noircir
l'œil
;
POur
étendre
la
paupière
,
ou
plu-
tôt
pour
la
replier
,
afin
que
l'œil
€n
parût
plus
grand,
Encore
au-
Jourd’hui,
les
femmes
Syriennes,
Arabes
&
Babyloniennes
{
frot-
tent
&
fe
noirciflent
le
tour
de
l'œil;
&dans
le
défert
les
hom-
Le
%
ANS
-
@
mes
&
les
femmes
mettent
L
noir
dans
les
yeux,
pour
les
conferver
contre
l’ardeur
du
f6-
leil,
&t
contre
la
vivacité
de
fes
Tayons.
Jérémie
parlant
aux
filles
de
Sion
:
»
En
vain,
leur
ditil,
vous
»
revêtirez-vous
de
pourpre
,
&
»
mettrez-vous
vos
colliers
d’or:
»
En
vain
vous
peindrez-vous
les
»
yeux
avec
l’Antimoine.
Vos
»
amans
vous
mépriferont.
«
Ézéchiel
découvrant
les
déregle-
mens
de
la
nation
Juive
,
1ous
l'idée
d'une
femme
débauchée
,
dit
qu’elle
s'eft
baionée;
quelle
s'eft
parfumée;
qu'elle
a
frotte
fes.
yeux
d’Antimoine
;
qu'elle
s'eft
parée
; qu’elle
s’eft
aflife
{ur
uæ
très-beau
lit,
&
devant
une
ta-
ble
bien
couverte.
Job
marque
aflez
l’eflime
que
l'on
faifoit
de
PAntimoine
,
en
donnant
à
ue
de
fes
filles
le
nom
de
vafe
d'An-
timoine
,
ou
de
boëte
à
metre
le
fard.
Selon
lAuteur
du
livre
d'Hénoch,
dès
avant
le
Déluge,
l'ange
Azléel
apprit
aux
fillés
l'art
de
fe
farder.
ANTIMONARCHIQUE,
Antimonarchus
;
-A’vrluorepstoe
3
c'et-à-dire,
quieft
oppofe
à
la
Monarchie
,
ou
gouvernement
Royal.
Ce
mot
vient
du
Grec,
avri,
Contre
,
Contre,
Hovoc,
foluss
feul,
&
dpxn,
imperium,
em-
ire,
ANTINOË
,
Antinoë
,
(a)
À’vrwsr,
fille
de
Céphée.
Il
LA
en
a
qui
lifent
Antonoé
,
Auto-
noë.
Quoiqu'il
en
foit,
Antinoé
,
en
vertu
d'un
certain
Oracle,
(4)
Pauf,
p.
467,
469.
Mém.
de
l'Acad.
des
Infer.
&
Bell,
Lert.
T,
XIV.
P
149%
90
AN
fransféra
les
habitans
d’une
Ville,
bâtie
par
un
fils
de
Lycaon,
dans
celle
des
Mantinéens.
On
dit
qu'un
ferpent
lui
montra
le
che-
min
qu'elle
devoit
tenir
;
mais,
on
ne
dit
pas
quelle
efpèce
de
ferpent
c’étoit.
On
ajoûte
feule-
ment
que
le
fleuve,
qui
traver-
foit
la
Ville,
fut
nommé
de-là
Ophis
;
car,
Ophis
en
Grec,
veut
dire
un
férpent.
Que
s'il
eft
permis
de
tirer
quelque
conjectu-
re
des
vers
d'Homère
,
Paufanias
croiroit
que
ce
ferpent
étoit
un
dragon.
En
effet,
lorfque
,
dans
le
dénombrement
des
vaifleaux,
ce
Poëte
dit
que
les
Grecs
Jaïifférent
Philoététe
à
Lémnos,
fouffrant
des
douleurs
mortelles
de
la
piquure
d'un
fervent,
il
fe
fert,
non
du
mot
Ophis,
mais,
de
celui
d'Æydros
,
une
Hydre;
&
au
contraire,
quand
il
dit
qu'un
aigle
,
qui
tenoit
un
dragon
dans
fes
ferres
,
le
laiffa
tomber
au
milieu
des
Troyens
,
il
employe
le
mot
Ophis.
C'eft
pourquoi,
on
peut
croire
que
le
ferpent,
qui
fervit
de
guide
‘à
Antinoé,
étoit
un
dragon.
On
croit
qu'Antinoé
repofoit
auprès
du
lieu
appellé
par
les
Mantinéens,
Les
autels
du
foleil.
Près
de
fa
tombe
étoit
une
co-
lonne
,
fur
laquelle
on
voyoit
une
flatue
équeftre
de
Grillus
,
fils
de
Xénophon.
ANTINOÉË,
Antinoë,
Avr
vu,
June
des
filles
de
Pélias.
Voyez
Pélias.
(a)
Un
Poëte
,
nommé
Pané-
(a)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infcript,
&
Bell.
Lett,
Tom,
LE
pag.
ALZe
de
Pénélope.
AN
rates
,
ayant
trouvé
une
fleur
de
Lotos
rouge
,
l’apporta
à
Fem-
pereur
Adrien,
comme
nine
chofe
extraordinaire;
&
pour
lui
faire
fa
cour,
il
dit
qu'il
falloit
donner
à
cette
fleur
le
nom
d’Antinoé.
»
Pour
la
conleur
rouge
qu'elle
»
a,
ajoûta-t-il,
elle
lui
vient
du
»
fang
de
ce
lion
de
Libye
,
que
»
vous
avez
tué,
il
ny
a
pas
».long-tems,
à
la
chafle.
«
Cette
fade
adulation
lui
procura
une
place
dans
le
Mufée
d'Alexandrie.
Ï!
faut
croire
,
pour
Fhonneur
des
Lettres
,
que
les
Sçavans,
qui
compoloient
cette
célebre
fociêté,
regardérent
avec
mépris
»
celui
qu'une
pareille
flatterie
avoit
mis
au
nombre
de
leurs
confréres.
ANTINOIÏIES,
Arrinoïs,
fêtes
|
qui
furent
inflituées
par
Adrien,
en
honneur
d'Antis
noûs
,
fon
favori,
ANTINOPLE
,
o4
ANTINO-
POLE,
Antinopolis
;
AvTIvo
TOME
»
ville
d'Égypte,
dans
la
Thébaide.
Elle
s’appella
premièrement
Befa.
Voyez
Befa.
ANTINOUS
,
Antinoës
,
(b)
Ash
,
fils
d'Eupéithes
,
&c
pa-
rent
d'Ulyfle,
étoit
l’un
des
amans
Mais,
cétoit
uf
amant
violent
&
plein
de
fl.
En
effet,
après
un
difcours
pro:
noncé
par
Télémaque,
fon
rival,
&
fils
d'Ulyfle
,
il
fut
le
premier
à
rompre
le
filence.
»
Téléma-
»
que,
lui
dit-il,
fans
donte,
ce
»
font
les
dieux
mêmes
,
qui
vous
»
enfeignent
à
parler
avec
tant
de
»
hauteur
&
de
confiance.
Je
fou-
(6)
Homer.
Odyff.
L.
I.
v.
382.
&
fifr
L,
KVIL
v.
374,
&
Jez
Le
XKIE,
ve
25e
dr
fea.
3
<
*
-
AN
»
haite
de
tout
mon
cœur,
que
»
Jupiter
ne
vous
donne
pas
fitôt
»
le
fceptre
de
cette
Ile
[
celle
»
d'Ithaque
|;
qui
vous
appar-
».
tient
par
votre
naiflance.
«
Ce
difcours,
felon
la
remarque
de
Mde
Dacier
,
eft
une
raillerie
fine,
&
une
imprécation
;
car,
il
veut
lui
dire
que
n’ayant
pas
été
bien
élevé
&
bien
inftruit
par
des
hommes
,
il
veut
parler
comme
sil
étoit
infpiré
par
les
dieux.
Il
fouhaite
qu'il
ne
regne
jamais;
<ar
,
puifqu'il
parle
f1
fièrement,
métant
que
Prince
,
que
ne
feroit-
il
point
s’il
étoit
Roi,
&
en
poñlef-
fion
d'un
État,
qui
ne
lui
appar-
«ent
que
par
fucceflion,
&
auquel
il
ne
fçauroit
prétendre
par
fon
mérite
?
Télémaque
l’entend
fort
bien;
mais,
infpiré
par
Minerve,
il
diflimule
,
&
prend
cette
impre-
cation
pour
une/prere,
qu'Anti-
AOÛS
fait
en
fa
faveur.
Une
autre
fois,
Antinoüs
fâché
contre
Eumée,
de
ce
qu'il
avoit
.amen<
Ulyfle,
qu'on
prenoït
dans
<e
moment
pour
un
inconnu
:
»
Vilain
gardeur
de
cochons
,
lui
»
dit-il,
&
que
tout
le
monde
»
prendra
toujours
pour
tel,
D
Pourquoi
nous
as-tu
amené
ce
»
gueux?
n'ayons-nous
pas
aflez
»
de
vagabonds
&
aflez
de
pau-
»
Vres
pour
affamer
nos
tables?
»
te
plains-tu
qu'il
ny
en
ait
pas
»
déjà
aflez
pour
manger
le
bien
-#
deton
maître,
:&
falloit-il
que
#
tu
nous
amenaffes
encore
celui-
»
BR?
«
:
Cependant,
tous
les
Princes,
-qu
étoient
préfens
,
donnérent
Hbéralement
à
Ulyfle,
&
empli-
rent
{a
beface
de
pain
&
de
vian-
AN
97
de
;
de
manière
qu’il
avoit
de
quoi
s’en
retourner
fur
le
feuil
de
la
porte,
&
faire
bonne
chere.
Maïs,
il
s’approcha
d'Antinoüs,
&
lui
dit:
»
Mon
ami,
donnez-moi
»
aufh
quelque
chofe
;
à
votre
»
mine,
il
eft
aifé
de
voir
que
»
Vous
tenez
un
des
premiers
»
rangs
parmi
les
Grecs,
car,
»
vous
reflemblez
à
un
Roi;
c'eft
»
pouiquot.il
faut
que
vous
foyez
»
plus
libéral
que
les
antres,
je
»
célébrerai
par
tonte
la
terre
»
votre
pénérofité.
..
..
J'ai
êté
»
vendu
autrefois
à
un
étranger,
»
qui
me
mena
en
Cypre,
où
4
‘»
me
vendit
à
Dmétor,
fils
de
»
Tafus
,
qui
repnoit
dans
cette
»
ifle,
De-là,
je
fuis
venu
ia,
»
après
bien
des
traverfes
&t
des
n_
aventures
,
quil
feroit
trop
long
»
de
vous
conter.
«
Alors,
Antinoüs
s’écria
:
»
Quel
»
dieu
ennemi
nous
a
amene
ici
».ce
fléau,
cette
pefte
des
tables?
»
éloigne-toi
de
moi,
de
peur
»
que
je
ne
te
fafle
revoir
cette
»
trifte
terre
de
Cypre.
Il
»'y
a
»
pointde
gueux
plus
impoïtun,
»
plus
impudent
;
va,
adrefle-toi
»
à
tous
ces
Princes
,
ils
te
don-
»
neront
fans
mefure.
;
car,
äls
»
font
volontiers
largefle
du
bien
»
d'autrui.
«
Ulyfe
s'éloignant,
Jui
dit:
»
Antinoüs,
vous
êtes
n
beau
&
bien
fait;
mais,
le
»
bon
fens
n'accoripagne
pas
»n
cette
bonne
mine.
On
voit
»
bien
que
chez
vous,
vous
ne
»
donneriez
pas
un
grain
de
{el
»
à
un
mandiant
,
qui
feroit
à
»
votre
porte,
puifque
vous
n’a-
>»
vez
pas
même
le
courage
de
»
me
donner
une
pettte
partie
GE,
92
AN
»
d’un
fuperflu,
qui
n’eft
point
3
à
vous.
«
Ro
Cette
réponfe
ne
fit
qu'irriter
davantage
Antinoüs
,
qui,
le
re-
gardant
de
travers,
lui
dit:
»
Je
»
ne
penfe
pas
que
tu
t'en
retour-
»
nes
en
bon
état
de
ce
palais,
#
puifque
tu
as
linfolence
de
me
»
dire
des
injures.
«
En
mème-
tems,
il
prit
fon
marche
-
pied,
le
Im
jetta
de
toute
fa
force,
&
Fatteignit
au
haut
de
l'épaule.
Le
coup
,
quoique
rude,
ne
l'ébranla
point.
Ulyffe
demeura
ferme
fur
fes
pieds
comme
une
roche
;
d
‘branka
feulement
la
tête,
fans
dire
une
parole
,
&c
penfant
pro-
fondément
aux
moyens
de
fe
venger.
:
L'occafon
fe
préfenta
bientôt.
En
eflet,
un
jour
qu'Antinoüs
étoit
à
table
,
tenant
une
coupe
pleine
de
vin,
&
la
portant
à
fa
bouche,
dans
le
moment
que
a
penfée
de
la
mort
étoit
bien
éloï-
_onée
de
ln,
Ulyfle
le
frappa
à
la
gorge,
&
la
pointe
mortelle
ln
perça
le
cou.
Il
fut
renverfé:
de
{on
fiége
,
la
conpe
lui
tomba
.
des
mains,
un
ruifleau
de
fang
-
lui
fortit
par
les
narines
,
il
ren-
‘verfa
la
table
avec
fes
pieds,
&
jetta
par
terre
les
viandes,
qui
nageoient
pêle-mêle
dans
le
fang.
…
Les
autres
,
le
voyant
tomber,
firent
grand
bruit
,
fe
levérent
avec
raies
;
&
cherché-
rent
de
tous
côtés
des
armes
;
mais
,
ils
ne
trouvérent
ni
bou-
chier,
ni
pique;
Ulyffe
avoit
eu
la
précaution
de
les
faire
enlever.
ANTINOUS,
Antinoïs,
(a)
(a)
Tit,
Liv.
L,
XLV,
Co
26%
AN
Avrhoce,
naquit
à
Paflaron,
ville
de
la
Moloffide
,
en
Épire.
Il
vi-
voit
167
ans
avant
J.
C.
C'étoit
un
des
principaux
citoyens
;
QUiy
avec
un
autre,
non
moins
diftin=
gué,
appellé
Théodotus
,
avoit
marqué
autant
de
zèle
pour
Per-
fée,
roi
de
Macédoine,
que
de
haine
pour
Les
Romains.
Ces
deux
chefs,
à
qui
leur
confcience
re-
prochoït
une
faute
,
dont
ils
ne
devoient
pas
efpérer
le
pardon
de
la
part
des
Romains,
pour
s’en-
fevelir
fous
les
ruines
de
leur
pa-
trie
,
fermérent
les
portes
de
la
Ville
aux
troupes
du
préteur
Ani-
cius
,
lorfque
ce
général
vint
pour
la
foumettre
,
&
exhortérent
les
habitans
à
préférer
la
mort
à
k
fervitude.
Perfonne
n’ofoit
ouvrir
la
bou-
che
contre
deux
hommes,
dont
le
pouvoir
étoit
abfolu
;
lorfqu'un
jeune
citoyen
,
d'une
naïflanc
égale
à
la
leur,
nommé
Théo-
dotus
,
comme
l’un
d'eux,
eutle
courage
de
prendre
la
parole
con-
tre
des
Généraux,
qu'il
appré-
hendoit
cependant
moins
que
les
Romains.
»
Quelle
rage
vous
»
pofléde,
dit-il
à
fes
compatrio-
»
tes,
&
vous
porte
à
envelop«
»
pet
tant
d'innocens
dans
la
pu-
»
nition
de
deux
coupables
?
Pour
»
moi,
Jai
fouvent
oui
dire
qu'il
»
s'étoit
trouvé
des
particuliers,
»
qui
étoient
morts
généreufe-
#
ment
pour
leur
patrie.
Ceux-
»
Ci
font
les
feuls
jufqu’à
ce
jour»
»
qui
ayent
cru
que
leur
patrie
»
devoit
périr
pour
eux
,
&
avec
»
eux,
Ouvrons
plutôt
nos
por:
RASE
RE
SU
BR
TA
LS
LCR
ED.
AN
»
tes
aux
Romains,
&
foumet-
»
tons-nous
à
üne
Puiflance,
à
»
qui
tout
l'univers
eft
fourmis.
«
Antinous
&
fon
collégue,
voyant
que
la
multitude
fuivoit
ce
jeune
Citoyen
,
fondirent
fur
le
corps
des
ennemis
le
plus
voifin
;
&
s’offrant
eux-mêmes
à
leurs
coups,
ils
y
trouvérent
la
mort,
qu'ils
cherchoient.
Et
fur
le
champ,
la
Ville
fat
rendue
aux
Romains.
ANTINOUS,
Antinous,
(a)
À
vrires
,
jeune
homme,
ofigi-
naire
de
Bithynie*,
qui
füivoit
l'empereur
Adrien
dans
#&s
voya-
ges.
Il
péfit
en
Ésypte,
vers
l'an
de
J.C.
132,
par
la
barbare
fu-
perftition
de
celui
dontil
avoit
fait
les
délices
criminelles.
Adrien,
dévoué
à
toutes
les
efpècés
de
di-
vination,
fans
en
excepter
la
ma-
gie,
{
perfuada
qu'il
avoit
befoin
d’une
victime
volontaire,
qui
don-
mât
librement
fa
vie,
foit
pour
prolonger
les
jours
de
fon
Prince,
{oit
pour
quelqu’antre
motif
de
luperftitieufe
impiété.
Antinous
s'offrit,
@&-fut
accepté.
Ainfi,
Adrien
immola
fa
propre
idole;
&t
afin
qu'il
ne
Ini
manquât
aucu-
ne
forte
de
travers
&
de
contra-
diétion
,
il
pleura
comme
une
fem-
me
|ceff
l’expreflion
d'un
Hiflo-
rien
|,
celui
qu'il
avoit
immolé.
Tel
fut,
dans
le
vrai,
le
genre
de
mort
d’Antinoüs
,
quoiqu'À-
drien,
pour
couvrir
fon
abomi-
nable
barbarie
,
ait
répandu,
&
même
configné
dans
des
Écrits
un
récit
différent,
&
fe
foit
ef-
forcé
de
faire
croire
‘dans
le
pu-
(a)
Pauf,
pag.
460
,
470.
Crév.
Hift.
des
Emp.
Tom.
IV:-pag.
303
»
304
#e
AN
(
blic
,
qu'Antinoüs
s’étoit
Le
dans
le
Nil,
j
:
H
auroit
été
de
l'intérêt
&t
de
la
gloire
de
ce
Prince,
d’étouf-
fer
un
f
honteux
fouvenir
;
mais,
les
paflions
ne
raïfonnent
point
,
fi
ce
n’eft
peut-être
dans
ce
qui
tend
à
les
fatisfaire.
Adrien
s’ap-
pliqua
à
immortalifer
,
par
toute
forte
de
monuinens
,
un
nom
,
qui
le
couvroit
d’opprobre.
Antnoüs
étoit
mort
à
Befa
,
ville
de
la
Thébaide,
fur
le
Nil,
ancienne-
ment
confacrée
à
un
dieu
de
mé-
me
nom.
Adrienen
fit
une
ville
toute
nonvelle,
par
les
bâtimens
qu'il
y
ajoûta,
&
l’appella
An-
tinople.
Îl
y
conftruifit
un
tem-
ple
en
l'honneur
d'Antinoüs
,
où
*
il
mit
des
Prêtres
&
des
Prophé-
tes;
car,
il
voulut
que
ce
dieu,
de
fa
création,
rendit
des
oracles.
En
effet,
l’on
en
débita
quelques-
uns,
qui
étoient
de
la
compoii-
tion
d'Adrien
lui-même.
Il
rem-
plit
l'univers
de
flatnes
d'Anti-
noüs
,
expoites
à
la
vénération
des
peuples.
Enfin,
les
Aftrono-
mes
ayant
prétendu
découvrir
au
“ciel
un
nouvel
aftre,
Adrien
fei-
gnit
de
croire
que
C’étoit
ame
d'Antinoüs,
reçue
dans
le
féjour
des
bienheureux,
&
laftre
en
prit
le
nom.
ANTIOCHE,
Antiochia
,;
Avrioyxele
;
ville
de
Syrie,
fur
le
fleuve
Oronte,
à
cent
vingt
ftades
de
la
mer.
Elle
fut
bâtie
Jan
307
avant
I.
C.,
par
Séleu-
cus.
Nicanor.
Ce
Prince
ayant
vaincu
Antigonus
,
:
s'empara
de
Lert.
Tom,
I.
pag.
280:
Tom.
IV.
page
,
1260.
Tom.
XIV.
pag
Mém,
de
l'Acad.
des
{nferipr.
&
Bell.
I
XVII.
pag:
223
»
224°
o
À
N
da
haute
Syrie,
&
y
jetta
les
fon-
demens
de
cette
Ville,
qu'il
ap-
pella
Antioche,
du
nom
de
fon
pere,
ou
de
fon
fils
;
car,
l’un
&
l’autre
fe
nommoit
Antiochus.
(4)
Antigonus,
peu
de
tems
aupara-
vant,
avoit
bâti
dans
le
voifinage
une
Ville,
qu'il
avoit
nommée
Antigonie,
Séleucus
la
fit
démolir
entièrement
;
il
fe
fervit
des
ma-
tériaux
pour
la
fienne,
&
y
fit
pafler
tous
les
habitans
de
la
pre-
mière.
Séleucus
bâtit
dans
le
mê-
me-tems
plufieurs
autres
Villes
;
&t
dans
toutes
ces
nouvelles
Villes,
il
donna
aux
Juifs
les
mêmes
pri-
viléges
&
les
mêmes
immunités
-
qu'aux
Grecs
&
aux
Macédoniens,
fur
tout
à
Antioche,
où
il
s’en
érablit
beaucoup
;
de
forte
qu'ils.
Y
occupoient
une
partie
aunffi
con-
fidérable
de
la
Ville,
qua
Ale-
xandrie.
|
Antioche
reçut
depuis
des
accroiflemens
,
dont
elle
fut
rede-
vable
à
d’autres
grands
perfonna-
.
ges.
C’eft
pourquoi
elle
eft
nom-
mée
par
Strabon
T'étrapole
;
c’eft-
a-dire,
quatre
Villes
,
à
caufe
des
quatre
parties
,
dont
elle
fe
trouva
compoiée
dans
la
fuite.
Chaque
partie
étoit
fermée
d’un
mur
parti-
culer,
&
les
quatre
enfemble
lé-
toient
encore
d’un
mur
commun.
L'année
à
Antioche
commen-
çoit
au
premier
O&tobre
;
mais,
on
y
fuivit
des
Éres
fort
différen-
tes,
On
a
vu
Antioche
abandon-
(a)
Tir.
Liv.
L:
XXXIII.
c,
19:
EL,
XLI.
€,
20,
Strab.
pag,
750,
#51.
Juit,
L,
XV.
c,
4.
Vlin.
L.-V,
c.ar.
Ptolem.
L,
V.
c.
15.
Pomp.
Mel.
L,
I,
c.
de
Phœn.
Roll.
Hift.
Anc.
Tom.
IV.
pag.
154,155.
Crév.
Hift,
des
Emp,
Tom.
IV,
p.242,
243.
Tom,
V,
p,
428,
429.
AN
nef
,
fous
les
Romains
,
celle
qu'elle
avoit
eue
fous
les
Séleuci-
des
;
prendre
d’abord
celle
de
l’Autonomie
,
accordée
par
Pom
pée;
puis.la
quitter,
pour
pren-
dre
celle
de
la
confirmation
ou
du
renouvellement
de
cette
Auto-
nomie
par
Jules
Céfar
;
quitter
celle-ci,
pour
prendre
celle
de
l'empire
d'Augufte
en
orient,
apres
la
défaite
d'Antoine,
&
re-
venñir
enfuite,
thème
fous
le
re-
gne
d’Aupufte
,
à
l’époque
de
Jules
Céfar.
On
remarque
qu'il
n'y
a
guêre
de
Villes,
qui
fe
foient
plus
fervies
de
contre-marques,
fur
leurs
monnotes
,
que
celle
d'Antioche
,
principalement
fur
les
monnoïes,
qui
ont
pour
type,
d'un
çôté
la
tête
de
Jupiter,
&
au
révers
,
la
figure
du
même
eu,
aflife,
portant
fur
fa
mai
droite
une
petite
viétoire
,
avec
la
légende:
ANTIOXEON
MH-
TPOLOAEQOS
,
ou
ANTIO=
XEON
MHTGOHAECS
AT-
TONOMOT.
La
ville
d'Antioche,
fi
l’on
en
croit
5.
Jérôme
,
s'appelloit
au-
tréfois
Réblat.
I]
n’en
eft
parlé
fous
le
nom
d’Antioche
que
dans
les
livres
des
Maccabées
,
&
dans
ceux
du
nouveau
Teftament;
maïs,
1l
eft
fait
mention
de
Réblat,
ou
Réblata
dans
lelivre
des
Nombres,
dans
les
livres
des
Rois,
&
dans
Jérémie.
Théodoret
dit
que
,
de
{on
tems,
il
y
avoit
une
ville
de
D.
Vail.
Géog.
Hift.
Eccléf,
Tom.
IX:
PAS:
1843
185.
Mém,
de
l’Acad,
des
Infcripe,
&
Bell.
Letr,
Tom,
VII,
p+
103°
Tom.
X,
pag.
490.
Tom.
XL:
pag:
52°
Tom.
XII,
PAg.
470:
482,
484.
Ton
XIV,
pag:
134
Tom.
XVI:
pag.
1938
2895295.
Tom.
XVII,
pag.
4
rene
parer
OPEN
TER
IR
SON
ETAT
TH
nn
ee
prenne
prone
|
À
N
Rébiat
auprès
d'Émele
en
Syrie;
ce
qui
eft
fort
contraire
à
l'opi-
nion
de
S.
Jérôme.
Quoiqu'il
en
foit
,
la
ville
d’Añtioche
n’eft
con-
fue
fous
ce
nom,
que
depuis
le
reone
de
Séleucus
Nicanor
,
qui,
comme
on
l’a
dit,
la
bâti,
&
lappella
du
nom
d’Antioche,
pour
les
raifons
qu’on
a
données.
Antioche
ne
fut
pas
moins
cé-
lebre
fous
le
bas-Empire
,
qu’elle
ñe
l'avoit
été
ci-devant.
On
fçait
qu'après
la
défaite
de
Pefcennius
Niser
,
la
ville
d’Antioche
qui
s'étoit
déclarée
pour
lui,
perdit
fes
priviléges.
Et
fans
le
fecours
des
médailles,
nous
ignorerions
que
ce
fut
à
la
ville
de
Laodicée
qüe
Septime
Sévere
tranfporta
la
primauté
de
là
Syrie,
qu'Antio-
_Che
avoit
toujonrs
eue.
Laodicée
s’en
glorifia
aufi-tôt.
Elle
fit
frap-
per
en
l'honneur
de
Caracalla
un
médaillon
,
fur
le
revers
duquel
On
lit
ces
mots
autour
d’une
tête
de
femme
voilée
&
couronnée
de
tours
AAOAÏIKEON
HPOTON
CTPIAE
:
»
Des
Laodicéens
qui
»
font
les
premiers
de
la
Syrie.
&
Mais,
ce
triomphe
ne
fut
pas
de
longue
durée.
Antioche
rentra
dans
tous
fes
droits,
qu’elle
conferva.
:
Environ
cent
ans
auparavant
;
C'eft-a-dire,
l'an
de
Rome
866,
&
de
J.
C.
115,
on
avoit
reffenti
à
Antioche
un
tremblement
de
tèrre,
qui
fut
très-funefte,
parce
que
le
féjour
de
l’empereur
Trajan
dans
cetté
ville,
y
avoit
raflem-
blé
des
troupes
;
des
ambafla-
deurs
avec
leurs
cortéges
,
une
multitude
de
particuliers
,
qui
avoient
des
affaires
en
cour,
des
Marchands
,
des
curieux
;
enforte
AN
que
le
malheur
d’une
feule
Ville
devint
celui
de
tout
l'empire
Ro-
main.
Les
fecoufles
,
accompa-
gnées
de
tonnerres
dans
l’a,
de
vents
impétueux
,
de
feux
foûter-
reins,
furent
fi
violentes
,
que
tous
les
édifices
fembloient
prêts
à
quitter
leurs
fondemens
,
&
la
plüpart
furent
renverfés.
Trajan
fe
fauva
avec
affez
de
peine
par
la
fenêtre
de
la
chambre,
où
ïl
fut
farpris
par
cet
affreux
accident.
Il
en
fut
quitte
pour
de
legéres
contufons.
Dion,
toujours
ama=
teur
du
merveilleux,
dit
que
quel-
qu'un
,au-deflus
de
l’homme
pour
la
taille
8
pour
la
force
,
tira
du
danger
ce
Prince
,
chéri
du
ciel,
Ce
qui
eft
vrai,
c’eft
qu'il
échap-
pa;
&
le
refte
du
tems
que
dura
le
tremblement
de
terre
,
il
le
pañla
dans
PHippodrome
,
loin
de
tout
bâtiment.
Le
mal
fe
fit
fentir
dans
une
grande
étendue
de
pais
;
mais,
c’étoit
Antioche
qui
en
fut
le
cen-
tre,
&
qui
en
foufrit
de
plus
“horribles
ravages.®
Notre
Hifto-
rien,
fans
marquer
précifément
le
nombre
des
perfonnes
qui
y
péri-
rent,
nous
donne
lieu
de
juger
qu’il
fut
immenfe.
Il
ne
nomme
én
particulier
que
Pédo
,
aétuelle-
ment
Conful.
Lorfque
le
calme
fut
rétabli,
on
alla
chercher,
dans
les
décombres
&
dans
les
mafu-
res
,
ceux
qui
pouvoient
être
en
êtat
de
recevoir
encore
du
fe-
couts.
On
n’y
trouva
que
deux
énfans
vivans,
l’un
avec
fa
mere
aufh
vivante
,
qui
l’avoit
nourri,
&
s'étoit
nourrie
elle-même
de
fon
propre
lait
,
l’autre
quitéttoit
encore
famere
déjà
morte,
LE
ALES
102
AN
.
mus.
L'infcription
apprénoitque
cet
Athléte
remporta
le
prix
du
Pentathle
une
fois
aux
jeux
Olym-
piques
,
deux
fois
aüx
jeux
Pythi-
ques
,
&
autant
aux
jeux
Né-
méens
;
car
,
de
fon
tems
,*les
Lépréates
n’étoiènt
pas
exclus
des
jeux
IHfthmiques,
comme
les
Éléens
le
furent-du
tems
d'Hyfmon,
qui
avoit
fa
flatue
auprès
de
celle
d'Antiochus.
É
-
ANTIOCHUS,
Antiochus
,
A'vrloyes,
le
Pancratiafte.
Xéno-
phon
dit
qu'il
futenvoyé
en
am-
baffade
par
les
Arcadiens
vers
le
roi
de
Perfe.
:
ANTIOCHUS
,
Antiockhus,
A
vrissxoc
,
(a)
chef
d'un
corps
de
Phocéens,
compolé
de
trois
mille
fantaflins
;
&c
de
cinq
cens
cava-
hers.
On
lui
avoit
aflocié
Arifto=
bule
pour
le
commandement.
Ce
toit-là
le
contingent
que
fourni-
rent
ceux
de
la
Phocide,
lorfque
les
Grecs
réunirent
leurs
forces
contre
les
Gaulois,
commandés
par
Brennus,
environ
279
avant
lÉre
Chrétienne.
ANTIOCHUS
,
Antiochus
,
Avrlxce,
(5)
pere
de
Séleucus
icator
,
l’un
des
capitaines
d'A-
lexandre
le
Grand,
&
depuis
roi
de
Syrie.
Selon
Juftin,
ce
fut
en
honneur
de
cet
Antiochus
,
que
Séleucus
donna
le
nom
d’Antio-
che
à
une
Ville,‘
que
ce
Prince
ft
bâtir
fur
lOronte.
Hérodote
parle
d'un
Antiochus,
pere
de
T'ifamè
ne.
:
(a)
Pauf.
pag.
646.
(8)
Juft.
Le
XII.
c.
4
Le
XV:
€.
4.
Herod.
L.
IX..c.
32.
/
(c)
Plur.
Forñ.
{:
p.
06;
907.
Pauf.
Page
13,
28,
Strab,
pag:
516,
678,
624.
AN
:
…
On
compte
plufieurs
rois
di
nom
d'Antiochus,
en
Syrie,
ainfi
que
dans
la
Comagène.
Voici
ce
qui
regarde
les
premiers.
ROIS
DESFRIE,
ayant
nom
ANTIOCHUS.
-
ANTIOCHUS
Soter,
47-
tiochus
Soter,
Avrioyot
Sorips
(c)
fils
de
Séleucus
Nicator.
Il
fut
furnommé
Soter
du
Grec
Zorvp,
Salvator,
Sauveur
;
pour
avow
empêché
les
Gaulois
de
faire
une
irruption
dans
lAfie
qu'ils
vou-
loient
envahir.
ÂAntiochus
étant
devenu
éper-
dument
amoureux
de
la
reine
Stratonice
,
fa
belle-mere
,
qui
étoit
fort
jeune
,
&
qui
avoit.
déjà
un
fils
de
Séleucus,fe
trouvoit
dans
un,
pitoyable
état.
Il
faifoit
tous
fes
efforts
pour
vaincre
fa
pañlion,
mais
toujours
inutilement.
Enfin
fe
condamnant
lui-même
,
&
fe
difant
continuellement
que
fes
de-
firs
étoient
infames,
qu'il
brûloit
dune
pañlion,
où
il
ne
pouvoit
efpérer
aucun
foulagement
,
&
que
fa
raifon
étoit
égarée,
il
ré-
folut
de
fe
délivrer
de
la
vie
&
de
fe
laiffer
mourir
peu
à
peu
,
en
népligeant
{on
corps
,
&
en
s’abf-
tenant
de
prendre
de
la
nourriture.
Pour
y
réufhir
,
il
fit
femblant
avoir
quelque
maladie
cachée
&
incurable,
Son
médecin
Érañftrate
s’apperçut
fans
peine
que
fon
mal
-
meétoit
caufé
que
par
l'amour
;
Jutt.
EL,
XVI,
Ce
25
ER
XXIV:
C:
Ie
Roll,
Hift.
Anc.
Tom.IV.
p.192,
193»
194:
Mém,
de
l'A
cad,
des
Infer.
&
Bell.
Lett.
Tom.
VIT,
pag.
00,
dr
fuiv.
Tom,
:
XIE.
pag.
207;
210,
#11,
LT.
XVI,
p.
804
mais
,
il
n'étoit
pas
aifé
de
décou-
vrir
l'objet,
qui
caufoit
cetre
pa-
fion
fi
violente.
Voulant
donc
s'en
aflurer
,
il
pañloit
les
journées
en-
tières
dans
la
chambre
du
mala-
de;
&
quand
il
entroït
quelque
beau
jeune
garçon
,
ou
quelque
jeune
femme
fort
belle,
il
regar-
doit
incontinent
‘au
vifage
d'An-
tiochus
,
&
obfervoit
très-attenti-
vement
toutes
les
parties
&t
tous
les
mouvemens
du
corps
,
qui
ré-
pondent
naturellement
à
toutes
les
paffions
les
plus
fecretes
de
l'ame.
Érañftrate
,
ayant
donc
remar-
qué
que
pour
tout
le
refte
du
monde
qui
entroit
,
il
étoit
tou
Jours
dans
une
fituation
égale;
&c
que
,
toutes
les
fois
que
Strato-
nice
entroit,
ou
feule
,
ou
avec
le
Roi,
fon
mari,
ce
jeune
Prince
me
manquoit
jamais
de
tomber
dans
tous
les
accidens,
qui
mar-
quent
une
pafhon
violente
;
ex-
tinétion
dé
voix,
rougeur
enflam-
mée,
nuage
confus
,
répandu
fur
les
yeux
,
fueur
froide,
grande
inégalité
&
défordre
fenfible
dans
le
pouls
,
enfin
lame
étant
en-
tièrement
abattue
&
accablée’,
refpiration
perdue
,
tremblement
ee
&
päleur
mortelle,
Éra-
iftrate
,
tirant
de-là
fes
confe-
quences
,
conclut
,
&
non
fans
raïfon
,
qu'Antiochus
étoit
amou-
reux
de
Stratonice
,
&
qu’il
avoit
réfolu
de
cacher
fa
pafñon
jufqu'à
la
mort.
Mais,
en
même-tems,
il
penfa
qu'il
étoit
très-dangereux
de
déclarer
ce
fecret
,
qu'il
avoit
déconvert.
Cependant,
plein
de
confiance
dans
l'amitié,
que
Séleucus
avoit
»
vous
n'avez
ici
nul
be
té
AN
103$
pour
fon
fils,
il
fe
hazarda
un
jour
à
lui
dire
que
la
maladie
d'Antio-
chus
étoit
un
amour
très-violenf,.
mais
un
amour
fans
reméde
,
&
qui
ne
pouvoit
jamais
être
fatis-
fait,
»
Comment,
un
amour
fans
»
reméde
,
demanda
le
pere
tout
»
étonné
?
Oui
fans
reméde
,
ré-
»
pondit
Érafftrate
;
car
,
il
eft
»
amoureux
de
ma
femme.
Quoi,
»
Érañftrate,
repartit
Séleucus,
»
étant
mon
am,
tu
ne
cédrois
»
pas
ta
femme
à
mon
fils,
fur
»
tout
\noùs
voyant
en
dan-
»
ger
de
perdre
notre
unique
»
efpérance
!
Mais,
vous
même,
»
Seigneur,
répondit
prompté-
»
ment
Érafftrate
,
vous
qui
êtes
»
fon
pere,
le
feriez-vous,
S'il
»
étoit
amoureux
de
Stratonice
?
»
Mon
cher
Érafiftrate
,
reprit
»
vivement
Séleucus
,
plût
au
»
ciel
que
quelque
dieu
favofa-
»
ble,
ou
quelque
homme
affez
»
habile
changeât
la
pañhon
de
»
monfils,
&
fubftituät
Strato-
»
nice
à
la
place
de
ta
femme!
»
non
feulement
je
facriñerois
»
mon
amour,
mais
je
donnerois
»
même
tout
mon
royaume,
pour
»
{auver
mon
cher
Antiochus.
«1
prononça
ces
paroles
avec
tant
de
LT
»
w
Li
paflion,
&cles
accompagna
de
tant
de
larmes,
qu'Érafftrate
lui
ten-
dant
la
main,
lui
dit:»
Séipneur
,
a
du
»
fecours
d'Érafiftrate;
car,
étant
»
pere,
mari
&
Roï,
vous
pou-
»
vez
feul
en
même-tems
être
le
»
meilleur
médecin
du
monde,
»
pour
guérir
votre
fils,
&
pour
»
fauver
votre
maïfon.
&
Dès
ce
moment,
Séleucus
con-
:‘voqua
une-affemblée
générale’
dé
G
iv
TO4,
AN
tout
le
peuple,
&
là
illeur
décla-
rai»
Qu'il
avoit
réfolu
,
ét
que
tel
»
étoit
fon
plaïfir,
de
couronner
»
fon
fils
Anuochus,
roi
des
hau-
»
tes
provinces
de
l’Añe,
&
Stra-
»
tonice
reme,
&
de
les
marier
»
enfemble;
qu'il
étoit
perfaadé
»
que
fon
fils,
accoûtumé
à
In:
‘
»
Obéir
en
toutes
chofes
,
&
à
*
»
lui
être
fournis
,
ne
s’oppoferoit
»
point
à
ce
mariage;
&
que,
fi
»
fafemmeStratonice
faifoit
quel-
-».
que
cifiiculté
d'y
confentir,
»
parce
que
c'étoit
une
chofe
,
_»
qui
n'étoit
autorifée,
ni
par
les
»
coûtumes
,
ni
par
les
loix
,
il
2»
prioit
fes
amis
de
lui
faire
fur
.»
cela
des
remontrances,
&
de
»
lui
bien
mettre
dans
l'efprit
-».
qu'elle
devoit
trouver
beau
&
»
juite
tout
ce
qui
étoit
agréable
»
au
Roi,
&utile
au
royaume.
«
Voilà
comment
fe
fit
lé
mariage
de
Stratonice
&
d’Antiochus.
Cependant
Julien
l'Apoñlat,
empereur
des
Romains,
marque
dans
un
écrit
qu'on
a
de
In
;
qu'Antiochus
ne
voulut
recevoir
Stratonice
pour
fa
femme
.
qu’a=
près
la
mort
de
{on
pére.
Aurefte,
cette
maxime:
Qu'elle
devoir
trou-
Ver
beau
6
jufle,
tout
ce
qui
étoit
agréable
au
Roi,
eft
très-perni-
cieuke
,
-&
par
conféquent
très
faufle,
La
Reine
devoit
trouver
beau
&
jufte
tont
ce
qui
étoit
agréable
au
Roi
;
pourvu
qu'il
fût
conforme
aux
lois
7
..
Anüochus
,
lan
262
avant
J.
ER
voulut
profiter
de
la
mort
de
Philétère
;
roi
de
Pergame,
pour
A
N
s'accommoder
de
fes
États,
Mais]
Euménès,
fon
neveu
&
fon
fuc-
cefleur
|
avec
une
belle
armée
qu'il
leva
pour
fe
défendre
,
lui
Evra
bataille
près
de
Sardes,
&
le
battit
fi
bien,
que
non
feule-
ment
il
garda
ce
qu’il
avoit
déjà,
mais
1]
aprandit
même
confide-
rablement
{es
États
pat
cette
vic=
toire.
Antiochns.,
après
cette
défaite
;
revint
à
Antioche,
[l
y
fit
mourir
un
de
fes
fils,
qui
avoit
remné
pendant
fon
abfence,
&
fit
pro-
clamer
toi
l’autre
,
qui
portoit
le
même
nom
que
lui.
El
mourut
fort
peu
après;
c'eft-à-dire,
l’année
fuivante
,
&
lui
laifla
tons
fes
États.
M,
de
la
Nauze
croit
que
la
mort
de
ce
Prince
arriva
avant
celle
de
Séleucus,
fon
pere.
ANTIOCHUS
Tuéos,
(a)
Antiochus
Theos,
A'rrloyoctsce,
fils
d'Antiochus
Soter
&
de
Stra-
tonice
,
fille
de
Démétrius,
fuc-
céda
à
fon
pere
au
roéyaume
de
Syrie,
l’an
267
avant
J.
C.
Quand
il
parvint
à
la
couronne
,
il
avoit
_
pour
femme
Laodice
,
(à
fœur
de
pere.
Îl
prit
enfaite
le
farnom
de
Æhéos,
qui
veut
dire
Dieu;
&
c'eft
par-la
qu'on
le
difingue
encore
aujourd'hui
des
autres
rois
de
Sy-
fie
,
qui
ont
porté
le
nom
d'An-
tiochus.
Les
Miléfiens
furent
les
Premiers
qui
le
Iui
donnérent,
pour
lui
témoigner
leur
reconnoif-
fance
de
les
avoir
délivrés
de
la
tyrannie
de
Timarque,
Apamé
,
fœnr
d'Antiochus
;
fut
f
bien
aiorir
fon
efprit
contre
(4)
Ju,
L.
ZXVIT:c.1.
Rol},
Hift
Anc.}
de
PAcad,
des
Tüfcript..
&
Bell:
Lett.
Le
IV
pe
249
»
258
3253:
€
Joiv,
Mèm.
Tom,
VI,
p,
uz
»
93:
T.
XXI,
p,
409.1.
AN
Ptolémée,
roi
d'Égypte,
qu’enñn
elle
le
porta
à
entreprendre
une
guerre
,
qui
fut
de
longue
durée,
fort
violente,
&
qui
eut
des.
fui-
tes
très-faneltes
pour
Antiochus.
Ptolémée
ne
fe
mit
point
lui-
même
à
la
tête
de
fes
armées.
Sa
fanté
étoit
trop
délicate
pour
l’ex-
pofer
aux
fatigues
d'une
campa-
ge,
où
aux
incommodités
d'un
camp.
Îl
fe
contenta
d’y
employer
fes
généraux.
Antiochus
;
Qui
étoit
dans
[a
fleur
de
fon
age,
eñta
lui-même
en
campagne,
&
mena
avec
lui
toutes
les
forces
de
Baby-
lone
&
de
l'Orient,
pour
poufler
cetté
guerre
avec
la
dernière
vi-
gueur.
L'hifloire
ne
nous
a
pas
confervé
le
détail
de
ce
qui
sy
Pafla
;
ou
peut-être
qu'il
n'y
eut
pas
de
grands
avantages
,
rem-
portés
de
part
ni
d'autre,
ni
d’é-
“Vénemens
fort
confidérables.
Pendant
qu'Antiochus
étoir
oc-
Cupé
de
la
guerre
d'Ésypte
,
il
fe
fit
Un
grand
foulévement
dans
les
Provinces
d'Orient,
à
quoi
fon
éloignement
l'empêcha
de
pour-
Voir
affez
promptement,
Ain,
la
révolte
s’augmenta,
&
fe
fortifia
fibien
qu'il
ny
eut
plus
moyen
d’y
témédier.
Ces
troubles
donnérent
lieu
au
Commencement
de
l’em-
Pire
des
Parthes,
À
peu
près
dans
le
même
tems
;
Théodote
fe
ré-
voltà
auf
dans
la
Badriane
;
&
de
Souverneur
qu'il
étoit,
il
fe
ft
oi
de
cette
province.
Il
en
fou-
Mit
les
mille
Villes
qu'elle
conte-
10;
pendant
qu'Antiochus
s’a-
mufoit
à
la
guerre
d'Égypte,
&
À
s’y
forriña
fi
bien
,
qu’il
ne
fut
plus
poffible
de
le
réduire,
Cet
éxémple
fat
füivi
par
les
autres
il
AN
10S
Nations
de
ce
côté-là,
qui
fecouc-
.
rent
toutes
le
joug
en
même-
tems;
de
forte
qu'Antiochus
per-
dit
toutes
les
provinces
orientales
de
fon
Empire,
qui
étoient
au.
de-là
du
Tigre,
Ceci
arriva,
lon
Juftin,
lorfque
L.
Manlius
Vulfon
&
M.
Atilius
Réoulus
étoient
con-
fuls
à
Rome;
c'eit-à-dire,
la
qua-
torzième
année
de
la
première
guerre
Punique.
ee
Les
troubles
&
les
révoltes
de
POrent
firent
enfin
venir
à
An-
tiochus
Penvie
de
{e
débarraffer
de
la
guerre,
qu'il
avoit
avec
Pto-
lémée.
La
paix
fe
ft
entr'eux,
dont
les
conditions
furent:
qu'An-
tiochus
répudieroit
Laodice,
pour
époufer
Bérénice,
fille
de
Ptoié=
mce;
êt
que
deshérirant
les
en-
fans
du
premier
lit,
il
aflureroit
la
couronne
à
ceux,
qui
naïtroient
de
ce
mariage.
Après
la
ratifica-
tion
du
traité,
Antiochns
répudia
Laodice
,
quoiqu'elle
fût
fa
fœur
de
pere,
&
qu'il
en
eût
eu
deux
fils.
Et
Ptolémée
s'étant
embar
qué
à
Pélufe,
Ini
amena
fa
filie
À
Séleucie,
port
de
mer,
près
de
l'embouchure
de
l'Oronte
,
rivière
de
Syrie,
où
Antiochus:
fa
vint
recevoir
;
&t
le
mariage
s'y
fit
avec
une
grande
mapmhcence
:
Ptolémée
étant
mort
quelque
tems
après,
Antlochus
ne
l’ent
pas
plutôt
appris,
qu'il
répudia
Bérénice,
&
reprit
Laodice
&
es
enfans.
Laodice
,
qui
connoifloit
la
légereté
&
l’inconftance
d’An-
tiochus
,
craigpañt
que,
par
un
effet
de
cette
même
légereté
,
il
ne
retournèt
encore
à
Bérénice,
_réfolut
de
fe
fervir
de
l'occañon
,
pour
aflurer
la
couronne
à
{on
fils,
Pg
106
À
N
Par
le
traité
fait
avec
Ptolémée,
fes
enfans,
comme
nous
venons
de
l’obferver
,
étoient
deshérités
,
&
ceux
qu'auroit
Bérénice,
de-
voient
fuccéder
;
&
elle
en
avoit
déjà
un.
Laodice
fait
donc
em-
poñfonner
Antiochus
;
&
quand
elle
le
{cut
expiré,
elle
mit
dans
fon
lit
un
nommé
Artémon
,
qui
lui
reflembloit
beaucoup
,
&
pour
le
vifage
&c
pour
la
voix,
afin
de
jouer
le
perfonnage
,
dont
elle
avoit
befoin.
Il
le
fit
fort
adroite-
ment;
&
dans
le
peu
de
vifites
qu'on
lui
rendit,
il
eut
grand
foin
de
recommander
aux
Seigneurs
êc
au
Peuple
fa
chere
Laodice
&
fes
enfans.
On
publia,
en
fon
nom,
des
ordres,
par
lefquels
fon
aîné,
Séleucus
Callinicus
,
éroit
nommé
fuccefleur
à
la
couronne.
Alors,
on
déclara
fa
mort
;
&
Sélencus
monta
paifiblement
fur
le
trône,
Pan
246
avant
J.
C.,
&
l’occupa
vingt
ans.
Antiochus
Théos,
ou
Dieu
,
Pavoit
occupé
quinze
ans.
Quelques
peuples
avoient
rendu
des
honneurs
divins
à
ce
Prince.
(a)
On
remarque
que
ce
qu’on
vient
de
rapporter
du
mariage
de
la
fille
de
Ptolémée
avec
Antio-
chus,
avoit
éré
prédit
clairement
«par
le
prophète
Daniel.
Voici
fes
termes:
»
Quelques
années
après,
la
fille
du
Roi
du
Midi
[
Ptolé-
mée,
roi
d'Ésypte
|
viendra
époufer
le
Ror
de
PAquilon
{
Antiochus,
roi
de
Syrie],
pour
faire
amitié
enfemble.
Mais
,
elle
ne
sétablira
point
par
un
bras
fort
;
&
fa
race
ne
{z)
Daniel.
€.
11.
v.
6.
=
AN
elle-
même
avec
les
jeunes
hommes,
qui
l’avoient
amenée,
&
qui
l’avoient
foûtenue
en
di
37
Vers
teMmS.
(€
ANTIOCHUS
HiéRAx,
(b)
Antiochus
Hierax
;
Avr
l'epaë
,
fils
d'Antiochus
Théos
&
de
aodice,
étoit
frere
de
Séleu-
cus,
qui
avoit
fuccédé
au
Royau:
me
de
leur
pere
commun.
Séleu-
cus,
l'an
243
avant
J.
C.,
fe
trou-
vant
réduit
à
la
dernière
extrème
:
té,
par
des
échecs
confidérables
,
qu'il
avoit
reçus,
tant
fur
terre
que
fur
mer
,
eut
recours
à
fon
frere
Antiochus,
&
lui
promit
la
fouveraineté
des
provinces
de
l'A-
fie
mineure,
qui
dépendoient
dé
l'Empire
de
Syrie,
pourvu
quil
le
vint
joindre
avec
fes
troupes
»
pour
agir,
de
concert
avec
lui,
contre
les
Égyptiens.
:
Ce
jeune
Prince
étoit
alors
dans
ces
provinces,
à
la
têre
d'une
af”
mée
;
&
quoi
qu'il
n'eût
que
que”
torze
ans,
comme
il
avoit
déjà
toute
l'ambition
&
toute
la
fcélé-
ratefle,
qui
ne
fe
trouvent
qué
dans
des
hommes
d’un
âge
fait
ilaccepta
,
fans
balancer
,
les
offres
qu'on
lui
faifoit,
&
vint
trouver
{on
frere,
moins
pour
lui
confer”
ver
fes
États,
que
pour
s'en
em”
parer
lui-même.
Îl
étoit
d'une
avidité
fi
grande,
&
tonjours
fi
pré
à
prendre
tout
ce
qui
fe
préfentoit
à
lui,
fans
aucun
épard
à
la
juiti-
ce,
qu'on
lui
donna
le
furnom
d'Hiérax,
qui
veut
dire
un
Oif4#
de
proie,
qui
fond
fur
tout
ce
qu
3-
Roll
Hift.
Anc.
Tom.
IV.
pa8:262»
()
Strab.
pag,
754
Juft,
L,
I,
©,
2,
|
268.
@
fxiu,
l
fubfflera
point.
Elle
fera
livrée
AN
È
trouve,
&
à
qui
tout
eft
bon,
quand
il
le
peut
ravir.
Quand
Ptolémée,
roi
d'Égyp-
te,
apprit
qu’Antiochus
fe
difpo-
foit
à
agir
de
concert
avec
Séleu-
cus
contre
lui,
afin
de
n'avoir
pas
ces
deux
Princes
pour
ennemis
en
même-tems,
il
s'accommoda
avec
Séleucus
;
&
il
y
eut
une
tréve,
conclue
pour
dix
ans.
Cependant,
Antiochus
conti-
nuoit
toujours
fes
préparatifs,com-
me
pour
marcher
au
fecours
de
fon
frere,
felon
le
traité
qu'ils
avoient
fait
enfemble
;
mais,
vé-
ritablement
pour
le
détrôner
lui-
même,
cachant
,
fous
le
nom
de
frère,
toute
la
mauvaife
volonté
d'un
ennemi.
Séleucus
comprit
alors,
que
c’étoit
à
lui
qu'il
en
vouloit,
&
pafla
aufi-tôt
le
mont
—aurus,
pour
arrêter
fes
entre-
prifes.
Le
prétexte
d’Antiochus
toit
la
promefle
qu'on
lui
avoit
faite
de
la
fouveraineté
des
pro-
vinces
de
l’Afie
mineure,
pour
aflfter
fon
frere
contre
Ptolémée.
Séleucus,
qui
fe
voyoit
délivré
de
cette
guerre,
fans
l’afiftance
de
fon
frere,
ne
fe
croyoit
pas
obligé
de
tenir
fa
promefle.
An-
tiochus
ne
voulant
point
fe
défif-
ter
de
fes
prétentions,
&
Séleu-
CUS
refufant
de
les
lui
accorder,
il
fallut
que
les
armes
en
décidaffent.
/n
en
vint
à
une
bataille,
près
d'Ancyte
,
en
Galatie.
Séleucus
y
fut
défait,
&
eut
de
la
peine
à
fauver
fi
perfonne.
‘Antiochus
,
auf,
malgré
fa
victoire,
courut
.
grand
rifque..
Les
troupes,
à
la
valeur
defquelles
il
la
devoit
prin-
Cipalement,
étoient
des
Gaulois,
Qu'il
avoit
pris
à
fa
folde,
du
AN
TÔ7
nombre
de
ceux,
apparemment,
qui
s'éroient
établis
dans
la
Gala-
tie.
Ces
traîtres,
fur
le
bruit
qui
s'étoit
répandu
que
Séleucus
avoit
été
tué
dans
l’action
,
avoient
for-
mé
le
deflein
de
fe
défaire
d’An-
tiochus
,
comptant
qu'après
la
mort
de
ces
deux
Princes,
ils
fe-
toient
ce
qu
leur
plairoit
en
Afie.
Antiochus
fut
obligé
,
pour
fe
fauver
,
de
leur
donner
tout
l'argent
de
l’armée.
Euménès
,
roi
de
Pergame,
pour
profiter
de
la
conjonâure,
marcha
avec
toutes
fes
forces
contre
Ântiochus
&
les
Gaulois,
dans
l’efpérance
de
les
accabler,
à
la
faveur
de
leur
divifion.
Un
danger
fi
preffant
obligea
Antio—
chus
de
faire
un
nouveau
traité
avec
les
Gaulois,
par
lequel,
au
lieu
de
leur
maître
qu’il
étoit
au
paravant
,
il
devint
fimplement
leur
allié,
&
fit
avec
eux
une
‘ligue
offenfive
&
défenfive.
Mais,
ce
traité
n'empêcha
pas
Euménès
de
les
attaquer.
.
Comme
il
le
fit
fi
brufquement,
qu'il
ne
leur
laifla
pas
le
tems
de
fe
remettre
de
leur
fatigue
,
&
de
faire
des
rectues,,
il
remporta
fur
eux
une
victoire
;
qui
ne
lui
coûta
pas
beaucoup,
&
qui
lui
ouvrit
toure
l'Âfñe
mi-
neure..
Après
plufeurs
pertes
:&
plu-
fieurs
défaites
,
Antiochus
,
vaineu
&
dépouillé
,
fut
oblige
de
cher-
chèr
des
retraites,
&
d'en
changer
fouvent
,
avec
les
débris
de
fon
païti,
jufqu'à
ce
qu'enfin
il
fut
tout
à
fait
chaîfé
de
la
Méfopota-
mie.
Ne
voyant
plus
d’endroit,
où
il
pût
être
en
füreté,
dans
tout
l'empire
de
Syrie,
il
fe
réfugia
=
“
108
AN
chez
Ariarathe
,
roi
de
Cappado-
ce,
dont
il
avoit
époufé
la
fille.
Son
beau-pere,
malgré
cette
al-
lance
,
fut
bientôt
las
d'entretenir
‘un
gendre,
qui
lui
étoit
à
charge,
&t
rétolut
de
s'en
défaire.
Antio-
chus
,
averti
de
fon
deflein
,
fe
fanva
en
Égypte.
Îl
aima
mieux
fe
mettre
entre
les
mains
de
Ptolé-
mée
,
l'ennemi
déclaré
de
fa
mai-
fon,
que
de
fe
fier
à
un
frere,
qu'il
avoit
fi
fort
offenfe.
Mais,
il
eut
fujet
de
s’en
repentir.
Il
ne
fut
pas
plutôt
en
Égypte,
que
Ptolémée
le
fit
arrêter
,
&
le
mit
en
prifon
fous
bonne
parde
,
où
il
.
le
retint
pendant
quelques
années,
jufqu'àce
qu'enfin,
afhifté
par
une
courtifanne,
qui
le
voyoit,
it
s’é-
vada
;
&
en
fortant
d'Égypte,
il
fut
aflaffiné
par
des
voleurs
,
l’an
230
avant
J.
C.
ANTIOCHUS
1e
GRAND,
“Antiochus
Magnus
,
(a)
Avrioyos
Méyas,
fils
de
Séleucus
Callini-
cus,
&
frere
de
Séleucus
Gérau-
nus,
ou
la
Foudre,
naquit
vers
Van
239
avant
I.
C.
Son
pere,
-en
partant
pour
l’Afe,
l’avoit
en-
voyé
en
Babylonie,
pour
y
re-
cevoir-une
éducation
digne
de
fa
maiflance.
Après
la
mort
de
ce
Prince,
Séleucus
Céraunus,
fon
fils
ainé,
lui
fuccéda
au
royaume
de
Syrie.
Son
regne
fut
court
;
8e
comme
il
mourut
fans
laïfler
-
d’enfans
,
l’armée
offrit
la
couron-
(4)
Plut,
Tom.
EX
ESTRE:
+
Ps
342,
374.
Ju.
XXX.
c.
1,
2.4
L.|Mém,
de
l’Acad.
des
Infcripr.
&
Bell.
AN
ne
à
Achéus,
fon
coufin
;
plu-
fieurs
des
Provinces
en
firent
au-,
tant.
Il
fut
affez
généreux
pour
la
refufer
alors
,
quoique
dans
la
fuite,
il
fe
crut
forcé
d’en-uier
autrement.
Dans
la
conjonéture
préfente,
non
feulement
1l
n'ac-
cepta
pas
la
couronne
,
mais
il
la
conferva
foigneufement
à
lhéri-
tier
légitime
;
Antiochus
,
frere
du
défunt
Roi.
Il
étoit
encore
en
Babylonie,
quand
fon
frere
mou-
rut,.
On
le
fit
venir
de-là
à
An-
tioche
,
où
il
monta
fur
le
trône,
lan
224
avant
l’'Ére
Chrétienne.
Dès
qu’Antiochus
eut
pris
pofs
feffion
de
la
couronne,
ilenvoya
en
Orient
deux
freres,
Molon
&t
Alexandre
;
le
premier
,
pouf
gouverner
la
Médie
;
&
le
fe-
cond
,
la
Perfe.
Achéus
fut
char-
gé
des
provinces
de
l'Afie
mineu-
re.
Le
général
Épigène
eut
|
commandement
des
troupes
qu'of
tint
auprès
de
la
perfonne
di
Roi;
&
Hermias
le
Carien
fat
dé-
claré
fon
premier
miniftre,
com-
me
il
l'avoit
été
fous
fon
frere.
Achéus
reprit
bientôt
tout
ce
qu
-Attale
avoit
enlevé
à
l'empire
de
Syrie
,
&
l’obligea
de
fe
réduire
à
fon
royaume
de
Pergame.
Ale-
xandre
&
Molon,
méprifant
8
jeuneffe
du
Roi,
ne
furent
pa
_
plutôt
affermis
dans
leurs
gonver
nemens
,
qu'ils
ne
voulurent
plus
le
reconnoitre
;
&
chacun
d'eux
Anc.
Tom,
IV,
pag.
242,
443.
@
fuite
Se
1,
6
7
de
LE,
XXXIT.
c.
2.|Lett.
Tom.
VII.
pag.
92.
Tom
ve
orn.
Nep.
in
Annib,
c.
2,7,
8,g.|pag.
2,
393.
Tom»
XIE
Tit.
Liv.
L.
XXXI.
c.
14
L:XXXIT,
c.|
pag,
.
Fe
D
fun
Tome
XIV,
page
131910.
&
fes.
L.
XXXV,
XXXVI,}302.
Tom.
XVI,
pag.
148,
@>
fuiv.
TOM
XXXVIT,
XKXVIH.
Strab,
pag.
287,1
XVHI.
pag.
117,
Tom.
XXI,
pag
497
528,
5312
624»
744,759.
Roll,
Hit!
fuiv.
Li
DRE
CNET
DSPERSS
AN
le
rendit
Souverain
dans
la
Pro-
vince
,
qui
lui
avoit
été
confiée.
On
envoya
contre
ces
rebelles
une
partie
des
troupes
,
tandis
qu'Antiochus
marcha,
avec
l’autre
partie,
du
côté
de
la
Céléfyrie,
\pour
s’oppofer
à
Ptolémée
,
roi
d'Égypte.
En
arrivant
à
Séleu-
cie,
près
du
Zeugma
,
il
y
trou-
va
Laodice
,
fille
de
Mithridate,
roi
de
Pont,
qu'on
lui
amenoit
pour
l’époufer.
Il
s’y
arrêta
quel-
que
tems
pour
célébrer
ce
maria-
ge,
dont
la
joie
fut
bientôt
trou-
blée
par
la
nouvelle,
qu’on
recut
d'Orient,
que
fes
généraux,
trop
foibles
pour
faire
tête
à
Molon
&
à
Alexandre
,
qui
s'étoient
joints,
avoient
été
obligés
de
fe
retirer,
&t
de
les
Jaïffer
maîtres
du
champ
de
bataille,
On
fit
partir
un
nou-
Veau
général,
qui
ne
réufflit
pas
mieux
que
les
deux
premiers.
Alors
,
le
Roï
prit
le
parri
de
mar-
cher
en
perfonne
contre
l’enne-
mi,
&t
le
foumit.
Après
la
vittoi-
re,
les
débris
de
l’armée
vaincue
fe
rendirent
à
Antiochus,
qui
fe
contenta
de
leur
faire
une
forte
téprimande
,
&
leur
pardonna
leur
faute.
Îl
les
envoya
dans
la
Médie
,
fous
le
commandement
de
ceux
qu'il
avoit
chargés
du
foin
des
affaires
de
cette
provin-
Ce;
&
retournant
de-là
à
Séleu-
cie
fur
le
Tigre,
il
y
pafla
quel-
que
tems
à
donner
les
ordres
né-
ceflaires
;
pour
rérablir
fon
auto-
tité
dans
les
Provinces
,
où
s’étoit
faite
la
révolte.
Tout
cela
s'étant
exécuté
par
les
perfonnes
,
qu'il
jngea
propres
à
le
faire
>
1
marcha
contre
les
Atropatiens
,
qui
occupoient
le
oi
A
N
109
païs
;
fitué
à
l'occident
de
la
Mé=
die
,
&
qu'on
appelle
à
prétentla
Georgie.
Leur
Roi,
nommé
Ar-
tebazane-,
étoit
un
vieillard
fort
café,
qui
fut
fi
effrayé
de
l’ap-
proche
d’Antiochus
,
avec
üñe
armée
vittorieufe
,
qu'il
envoya
faire
fa
foumiflion,
&
fit
la
paix
aux
conditions
qu'on
jugea
à
pro=
pos
de
lui
impofef.
On
reçut
,
dans
ce
tems-là,,
la
nouvelle,
qu'il
étoit
né
un
fils
au
Roi;
ce
qui
fut
un
grand
fujet
de
joie
pour
toute
la
cour
&
pour
toute
l’armée.
Hermias
,
dès
ce
moment,
fonçea
aux
moyens
de
fe
défaire
du
Roi,
dans
lefpéran-
ce
qu'après
fa
mott,
il
ne
mañn-
queroit
pas
d’être
nommé
tuteur
du
jeune
Prince,
&
que
fous
fon
nom
il
exerceroit
un
empire
ab-.
folu.
Antiochus,
informé
de
ce
coupable
projet
,
fit
affafliner
:
Hermias
,
dont
la
mort
caufa
une
joie
univerfelle,
parce
que
ce:mi-
niftre
étoit
généralement
détefté.
Après
avoir
rétabli
fi
heureufe-
ment
fes
affaires
dans
l'Orient,
&t
avoir
rempli
les
gouvernemens
te)
des
Provinces
de
perfonnes
de
mérite,
&
en
qui
il
avoit
le
plus
de
confiance
,il
ramena
fon
armée
en
Syrie,
&
l'y
mit
en
quartiers
d'hiver.
Il
pafla
le
refte
de
l’année
à
Antioche
,
à
tenir
de
fréquens
confeils
avec
fes
miniftres
fur
les
opérations
de
la
campagne
fui-
vante.
Ce
Prince
avoit
encore’
deux
entreprifes
bien
dangereufes
à
exécuter
,
pour
rétablir
entière-
ment
la
füreté
&
da
gloire
ae
Pem-
pire
de
Syrie;
la
première
contre
Ptolémée,
pour
recouvrer
la
Cé-
léfyrie
,
&
l’autre
contre
Acheus,
ere
F10
AN
qui
venoit
dufurper
l'Afie
mi-
neure.
On
marcha
d’abord
contre
le
roi
d'Égypte.
Après
s'être
empa-
ré
de
Séleucie
,
Antiochus
entra
dans
la
Céléfyrie.
Deux
villes,
TEyr
&
Ptolémaide,
lui
furent
li-
vrées
par
la
perfidie
de
Théodote
FÉtolien,
gouverneur
de
la
pro-
vince.
Ïl
trouva,
dans
ces
deux
places
,
les
magafins,
que
Ptolé-
mée
y
avoit
mis
pour
le
fervice
de
fon
armée
,
&
une
flotte
de
quarante
voiles.
Il
donna
le
com-
mandement
de
ces
vaifleaux
à
fon
Amiral
Diognéte
,
qui
eut
ordre
:
de
fe
rendre
devant
Pélufe
,
où
le
-
Roi
avoit
deffein
d'aller
aufi
par
terre
pour
entamer
l'Égypte
de.
ce
côté-là.
Mais,
étant
informé
-
que
c'étoit
la
faifon,
où
l’on
inon-
.
doit
le
pais
en
ouvrant
les
digues
du
Nil
;
&
qu'ainfi
il
li
feroit
impofhble
de
s’avancer
alors
dans
l'Égypte
,
il
abandonna
ce
def-
fein,
&
employa
toutes
fes
forces
à
réduire
le
refte
de
la
Céléfyrie.
Il
emporta
plufeurs
places
par
force
;
d’autres
fe
foumirent
à
lui,
Enfin
,
il
fe
rendit
maître
de
Da-
mas
,
capitale
de
la
province,
ayant
trompé
par
un
ftratagême
Dinon,
qui
en
étoit
gouverneur.
La
dernière
ation
de
cette
campägne
fut
le
fiége
de
Dora,
place
maritime
dans
le
voifinage
du
mont
Carmel,
Cette
place
fe
trouva
fi
forte
d’afiette
,
&c
avoit
été
fi
bien
fortifiée,
qu'il
lui
fut
impoñhble
de
la
prendre.
Il
fut
obligé
d'acceptèr
la
propoñtion,
qu’on
lui
fit
d'une
tréve
de
quatre
mois
avec
Ptolémée
;
&
ce
fut
un
‘prétexte
honorable,
pour
rame-
A
N.
ner
fon
armée
à
Séleucie
fur
l'O-
ronte,
où
il
lui
afhigna
des
quar-
tiers
d'hiver.
Il
donna
le
gouver=
nement
de
toutes
les
conquêtes
de
cette
année
à
Théodote
l’Éto-
lien.
Pendant
cette
tréve
,
on
tra-
vailla
à
un
traité
entre
les
deux
couronnes
;
mais
,
les
deux
partis
ne
cherchoïent
qu'à
gagner
du
tems.
Pendant
les
conteftations,
le
tems
de
la
tréve
s’écoula;
&
com-
me
on
n’étoit
convenu
de
rien,
il
fallut
de
nouveau
avoir
recours
à
la
voie
des
armes.
Antiochus
ent
quelques
avantages
;
mais,
vaincu
à
la
bataille
de
Raphia,
il
fit
la
paix
avec
Ptolémée,
auquel
il
abandonna
toutes
fes
conquêtes
,
&
tourna
fes
armes
contre
Achéus.
Ayant”
paflé
ie
mont
Taurus,
il
entra
dans
PAfie
mineure,
pour
la
réduire.
Il
y
fit
une
ligue
avec
Âttale,
roi
de
Pergame,
en
vertu
de
laquelle
ils
joignirent
leurs
for-
ces
contre
l’ennemi,
qui,
d'ail-
leurs,
leur
étoit
commun.
Ils
le
preflérent
fi
fort,
qu'il
leur
aban-
donna
la
campagne
,
&
fe
renfer-
ma
dans
Sardes.
Antiochus
en
for:
ma
le
fiége.
Achéus
le
foûtint
plus
d'un
an.
Ïl
faifoit
fouvent-des
for-
ties
,
&
il
y
eut
quantité
d'actions
au
pied
des
murailles
de
la
Ville.
Enfin
par
une
rufe
de
Ligoras,
un
des
commandans
d’Antiochus,
onprit
la
Ville.
Achéus
fe
retira
dans
le
château,
&
s’y
défendoit
encore,
quand
il
fut
livré
par
deux
traitres
Crétois.
Antiochus
lui
ft
auffi-tôt
trancher
la
rête.
5
Antiochus
,
ayant
employé
quelque
tems
,
après
la
mort
d'A-
chéus
,
à
mettre
ordre
à
fes
affai=
AN
res
dahs
l’Afie
mineure,
marcha
vers
l'Orient
,
pour
réduire
les
provinces
,
qui
avoient
fecoué
le
joug
de
l'empire
de
Syrie.
Il
com-
mença
par
la
Médie,
que
les
Par-
thes
venoient
de
lui
enlever.
Leur
roi
étoit
Arface,
fils
de
celui,
qui
avoit
fondé
cet
empire.
Îl
avoit
profité
de
l’'embarras,qué
caufoient
à
Antiochus
la
guerre
de
Ptolé-
mée
&
celle
d’'Achéus
;
il
avoit
fait
la
conquête
de
la
Médie.
Lorf-
qu'Arface
vit
qu'Antiochus
tra-
verfoit
un
vafte
défert,
malgré
les
difficultés
,
qu'il
croyoit
devoir
Varrêter
|,
il
donna
ordre
qu’on
bouchât
les
puits.
[
C’étoit
la
feu-
le
reflource
qu'il
y
eût
pour
avoir
de
leau
|.
Antiochus
qui
l’avoit
prévu
,
envoya
un
détachement
de
fa
cavalerie,
qui
fe
porta
au-*
près
de
ces
puits,
&
battit
le
par-
ti
qui
venoit
les
boucher,
L’ar-
mée
traverfa
les
déferts
,
entra
dans
la
Médie
,
en
chafa
Arface,
&
regagna
toute
cette-province,
Antiochus
y
pafla
le
refte
de
l’an-
/
£
;
<
RER
née
à
rétablir
l’ordre,
&
à
faire
les
préparatifs
néceffaires
pour
Continuer
la
guerre,
Îl
entra
de
fort
bonne
heure
l'année
fuivante
dans
le
pais
des
Parthes
»
OÙ
il
eut
le
même
fuccès
qu'il
avoit
eu
en
Médie,
l’année
Précédente.
Arface
fut
obligé
de
{e
retirer
en
Hyrcanie,
où
il
crut
qu'en
s'aflurant
de
quelques
paffa-
ges
dans
les
montagnes,
qui
la
{paroient.de
la
Parthie
;
il
feroit
impoflible
à
l'armée
de
Syrie
de
le
_Veur
inquiéter,
mais
il
fe
trompa,
ar
,
dès
que
la
filon
le
permit,
Antiochus
fe
mit
en
campagne
;
&
après
avoir
efluyé
des
difhicul-
€
LL
AN
11F
tés
incroyables
,
il
ft
attaquer
tons
les
poftes
en
même-tems
par
toutes
fes
forces,
dont
il
forma
autant
de
corps,
qu'il
y
avoit
d’at-
taques
à
faire,
&
1l
les
eut
bien-
tôt
forcés.
Enfuite
,
il
les
réunis
toutes
dans
le
plat
pais,
&
alla
former
le
fiége
de
Sérinsis,
qui
étoit
comme
la
capitale
d'Hyrca-
nie.
Il
y
ft,
au
bout
de
quelque
tems
;
une
grande
bréche
,
&
prit
la
Ville
d’affaut.
Les
habirans
fe
rendirent
à
difcrétion.
Arface,
cependant,
fe
donnoit
de
grands.
mouvemens.
En
fe
re-
tirant
,
il
rafflembloit
des
troupes,
dont
il
forma
enfin
une
armée
de
cent
mille
hommes
d'infanterie,
&
de
vingt
mille
de
cavalerie.
Alors
,il
fit
tête
à
l'ennemi,
&.
arrêta
fes
progrès
avec
beaucoup
de
valeur.
Sa
réfftance
fit
durer
la
guerre
,
qui
paroïloit
prefque
à
fa
fin.
Après
bien
des
combats,
Antiochus,
voyant
qu'il
ne
ga-
gnoit
rien,
jugea
qu'il
feroit
fort
difficile
d’abattre
une
ennemi
f
courageux,
&t
de
le
chaffer
entiè.
ment
des
provinces,
où
il
s’étoit
fi
bien
affermi
par
le
tems.
Ainf
,:
il
commença
à
écouter
les
ouver-
tures
d’accommodement
qu'on
lui
fit
pour
terminer
une
guerre
fi
fà-
cheufe.
Ontraita
enfin
;
&
l’on
convint
qu'Arface
garderoit
la
Par-
thie
&
l'Hyrcanie,
à
condition
qu'il
aideroit
Antiochus
à
recou-
vrer
les
autres
Provincesrévoltées.
Antiochus
,
après
cette
paix,
vers
l’an
207
avant
J.C.
,
tourna
fes
armes
contre
Euthydême,
roi
de
Batriane,
Dans
cette
guerre,
il
donna
des
preuves
d’une
valeur
extraordinaire.
Dansun
des
com-
ce
"
L
re
AN
il
envoya
repréfenter
au
Sénat,
par
des
Ambailadeurs,
fon
droit
fur
les.
provinces
de
Céléfyrie
&
de
Paleftine
,
dont1l
étoit
a@uel-
lement
en
poflefhon,
&
l'obliga-
tion
,
où
1
fe
trouvoit
d'entrer
en
guerre
pour
le
foutemir
;
&
en
même-tems
,
il
fe
mit
a
la
tête
de
fon
armée
,
&
marcha
vers.
la
frontière
de
l'Égypte.
L'armée
de
Ptolémée
&
la
fienne
fe
joignirent
entre
le
mont
Cafius
&
Pélute;
&
l’on
en
vint
à
une
bataille,
où
Antiochus
remporta
la
viétoire
,
dont
il
profita
fi
bien,
quil
mit
la
frontière
en
état
de
fervir
de
barrière,
&
d'arrêter
tous
les
efforts
,
que
pourroit
faire
PÉgypte,
pour
regagner
ces
Pro-
vinces.
Ce
tut-là
fa
première
ex-
pédition
contre
l'Égypte,
Enfui-
te
,
fans
entreprendre
autre
chofe
cette
année
,
1]
retourna
à
Tyr,
&
y
mit
fon
armée
en
quartier
d'hiver,
dans
les
places
voifines.
Pendant
le
féjour
qu'il
y
fit,
trois
Députés
du
Ssñédrin
de
Jérufa-
em
vinrent
iui
faire
des
plaintes
contre
Ménélaüs,
qu'ils
convain-
“quirent,
en
fa
préfence
,
d'impièré
©
de
facrilége.
Le
Roi
étoit
près
-de
le
condamner
;
mais,
fur
l'avis
de
Ptolémée
Macron
,
l’un
de
{es
mimiftres,
que
Ménélaüs
avoit
ga-
gné
,
ille
renvoya
abfous,
&
fit
mourir
les
trois
Députés
,
comme
calomnieteurs
;
inquitice,
dit
lAu-
teur
Sacré,
qui
nauroit
pas
eu
lieu
parmi
des
Scythes.
Les
Ty-
riens,
touchés
de
compañhon,
les
firent
enterrer
honorablement,
Antiochus
employa
tout
l'hiver
à
fare
de
nouveaux
préparatifs
de
guerre,
pour
une
feconde
ex-
7
AN
pédition
en
Égypte
;
&
dès
que
.
la
farfon
le
permit,
il
l'attaqua
par
mer
&
parterre.
Ptolémée
avoit
mis
une
nombreufe
armée
fur
pied
;
mais,
elle
ne
tint
pas
de-
vant
Antiochus.
Celui-ci
gagna
une
feconde
bataille
fur
la
fron-
tière,
prit
la
ville
de
Pélufe,
&
entra
juique
dans
le
cœur
de
l'Égypte.
Dans
cette
dernière
dé-
faite
des
Égyptiens
;
il
ne
tint
qu'à
lni
de
n'en
pas
laifleréchap-
per
un
feul
homme
;
mais
;
pour
mieux
ruinér
fon
neveu,
au
heu
de
profiter
de
fon
avantage,
il
ar-
rêta
lui-même
fes
gens,
en
allant
de
tous
côtés,
après
la
vidtoire;.
faire
ceffer
le
carnage.
Cette
clé-
_mence
,
en
effet,
lui
gagna
le
cœur
des
Égyptiens,
&
quand
s’avança
dans
le
pais,
tous
ve-
noïent
en
foule
{e
rendre
à
lwi;
de
forte
qu'il
fe
vitbientôt,
fans
|
peine,
maitre
de
Memphis,
&de
tout
le
refte
de
PÉgypte
a
réferve
d'Alexandrie
,
qui
feule
tint
bon
contre
lui.
Ptolémée
,
ou
fut
pris,
ou
vint
fe
mettre
lui-même
entre
les
mains
d'Antiochus,
qui
lui
laifla
{a
liberté
entière.
Ïls
mangeoïent
à
la
mêmetable,
&
vivoient
en
aimis.
Pendant
auelque-tems
mê-
me,
Antiochus
affeétoit
de
pren-.
dre
foin
des
intérêts
du
jeune
Rot,
fon
neveu,
&c
de
regler
les
affaires
comme
fon
tuteur.
Maïs,
quand
une
fois
il
{e
fut
rendu,
maï-
tie
du
pais
;
fous
ce
prétexte,
il
fe
fait
de
tout
ce
qui
lui
con-
venoit,
pilla
de
tous
les
côtés
;
&
s'enrichit,
aufi-bien
que
fes
troupes,
des
dépouilles
des
Égyp-.
tiens.
Pendant
qu'il
étoit
en
Égyp-
AN
te,
un
faux
bruit
de
fa
mort
{e
répandit
dans
toute
la
Paleftine.
*
Jafon
crut
l’occafñon
propre
à
re-
couvrer
le
pofte
qu’il
avoit
perdu.
TL
vint
avec
‘n
peu
plus
de
mille
hommes
à,
Jérufälem
;
&
avec
le
fecours
de
ceux
de
fon
parti,
qui
étoient
dans
la
ville,
il
la
prit,
en
chafla
Ménélaüs,qui
fe
retira
dans
la
citadelle,
commit
toute
forte
de
cruautés
contre
fes
Concitoyens,
&
fit
mourir
fans
miféricorde
,
tous
ceux
qui
lui
tomboient
entre
les
mains,
&
quil
regardoit
comme
fes
ennemis.
Quand
Antiochus
apprit
ces
nouvelles
en
Égypte,
il
conclut
que
c’étoit
une
révolte
générale
des
Juifs,
&
fe
mit
aufh-tôt
en
marche,
pour
la
réprimer.
Îl
étoit
particulièrement
en
colère,
de
ce
qu’on
lui
dit
que
le
peuple
de
Jé-
rufalem
avoit
fait
de
grandes
ré-
jouiflances
fur
le
bruit
de
{a
mort.
IL
forma
le
fiége
de
la
ville
,
la
prit
d'afflaut,
&
en
trois
jours
de
tems,
que
la
ville
fut
livrée
à
la
fureur
du
foldat
,
il
en
coûta
la
vie
à
qua-
tre-vingt
mille-hommes,
qu'il
fit
égoroer.
Il
y
en
eut,
outre
cela,
quarante
mille
faits
prifonniers,
&c
‘pareil
nombre nombre
vendu
aux
nations
voifines.
Non
content
de
cela,
cét
impie
entra
pa
force
dans
le
temple
,
jufque
dans
le
fantuaire,
&
les
lieux
les
plus
fa-
LA
.
«
crés,
fouillant
même,
par
fa
pré-
fence,
le
lieu
Très-Saint,
où
le
traitre
Ménélaüs
le
conduifit.
En-
fuite
,
ajoûtant
le
facrilége
à
la
,
profanation
,
il
emporta
l'autel
des
parfums
,
la
table
des
pains
de
propofition,
le
chandelier
à
fept
branches
du
San@tuaire,
plufñeurs
“À
AN
119
autres
vafes,
uftenfiles
,
&
dons
des
Rois
;
le
tout
étoit
d'or,
Il
pilla
la
ville,
&t
s'en
retourna
à
Antioche
,
chargé
des
dépouilles
de
la
Judée
&
de
l'Éeypte,
qui,
jointes
enfemble
,
faifoient
des
fommes
immenfés.
Pour
mettre
le
comble
au
défefpoir
des
Juifs,
en
partant,
il
nomma
pour
gou-
verneur
de
la
Judée
,un
Phrygien,
nommé
Philippe,
homme
d'une
cruauté
barbare
;
pour
gouverneur
de
la
Samarie,
Andronic,
d'un
cara@ière
pareil
;
&
il
laïfla
à
Mé-
nélaüs
;
le
plus
méchant
des
trois,
letitre
de
fouverain
Sacrificateur
,
avec
l'autorité
qui
étoit
attachée
à
cette
charge.
L'année
fuivante
,
on
lan
169
avant
J,
C.,
Antiochus
ayant
eu
avis
des
troubles
,
arrivés
en
Égypte,
en
prit
occañon
d'y
re-
venir
encore
pour
une
troïfième
fois,
fous
prétexte
de
rétablir
le
Roi
dépofé
,
mais
en
effet
pour
fe
rendre
maître
abfolu
duRoyanme,
1
battit
les
Alexandrins
dans
un
combat
naval
près
de
Pélufe,
en-
tra
par
terre
en
Égypte,
&mar-,
cha
droit
à
Alexandrie,
dans
le
deffein
d’en
former
le
fiége,
Maïs,
il
y
eut
un
accommodement,
après
lequel
Aptiochus
retourna
en
SY-
rie.
Bientôt
après
,
il
revint
de
nouveau
en
Égypte
,
bien
difpofé
à
fe
rendre
maître
abfolu
de
tout
le
Royaume.
Il
y
auroit
infailli-
blement
réuffi,
s'il
n'eût
trouvé,
en
y
allant
,une
ambaflade
de
Ro-
‘me,
qui
l'arrêta,
&
rompit
toutes
les
mefures
,
qu'il
avoit
prifes
de-
puis
fi
long-terms
,
pour
fe
rendre
maître
de
l'Égypte.
æ
Antiochus
?
à
fon
retour
de
H
iv
120
AN
cette
contrée,
outré
de
fe
voir
arracher
par
les
Romains
une
cou-
ronne
fur
laquelle
il
avoit
comp-
té,
&
dont
il
fe
voyoit
déja
pref-
qu'en
pofieflion
,
fit
tomber
tout
le
poids
de
fa
colère
fur
les
Juifs,
qui
ne
lui
en
avoient
donné
aucun
fujet.
Il
détacha
,
en
traverfant
la
Paleftine
,
vingt-deux
mille
hom-
mes
,
dont
1]
donna
le
commande-
ment
à
Apollonius,
&
lui
ordon-
na
de
détruire
a
ville
de
Jérufa-
lem,
Apollonius
y
arriva
jufte-
ment
deux
ans
après
la
prife
de
cette
Ville
par
Antiochus,
If
ne
témoigna
rien
du
tout
au
com-
meéncement,
qui
pût
faire
foup-
Conner
les
ordres
cruels
qu'il
avoit,
&t
attendit,
pour
les
faire
éclater,
le
premier
jour
de
fabbat.
-
Alors,
voyant
tout
le
peuple
affemblé
paifiblement
dans
les
fy-
nagogues
,
&
occupé
à
ÿy
rendre
à
Dieu
le
culte
religieux,
il
sac
quitta
de
la
commiflion
barbare
,
dont
1l
étoit
chargé,
&
lâcha
fur
eux
toutes
fes
troupes,
avec
of-
dre
de
maflacrer
tous
lès
hommes,
de
prendre
toutes
les
femmes
&
tous
les
enfans,
&
de
les
vendre.
Ses
ordres
furent
exécutés
avec
la
:
-
dernière
vigueur
&
la
dernière
cruauté.
On
n'éparona
pas
un
feul
homme;
tous
ceux
qu'on
put
tron-
ver,furent
maflacrés
impitoyable-
inent,
&t
les
rues
remplies
de
fang.
On
pillala
Ville
enfüite,
&
on
y
mit
le
feu
en
plufieurs
endroits,
après
en
avoir
tiré
tout
ce
qu'il
y
avoit
de
richefles.
On
abattit
le
refte
des
marfons
,
&
on
fe
fervit
des
matériaux
pour
bâtir
une
bor-
ne
forterefle
fur
le
haut
d’une
des
éminences
de
la
cité
de
David,
vis-
A
N:
à-vis
du
temple
qu'elle
comman=
doit.
On
y
mit
une
grofle
garni-
fon,
pour
tenir
en
bride
toute
4.
nation
des
Juifs.
On
en
fit
une
place
d'armes,
munie
de
bons
ma-
gafins
,
&
on
y
ferra
les
dépouilles
prifes
dans
le
fac
de
la
Ville.
De-
la,
la
garnifon
fondoit
fur
ceux,
qui
vénoient
adorer
Dieu
dans
le
temple
,
&
répandoit
leur
fang
de
tous
les
côtés
du
Sanétuaire
qu'elle
fouilla
de
tontes
les
manières.
Ce
fat
alors
que
les
facrifices
du
for
&t
du
matin
ceflérent
;
pas
un
des
véritables
ferviteurs
de
Dieu
n’o-
fant
plus
venir
l'y
adorer.
Dès
qu’Antiochus
fut
de
retour
à
ÂAntioche,
il
ordonna
que
ton-
tes
les
nations
de
fes
États
euflent
a
quitter
leurs
anciénnes
cérémo-
nies
religieufes
@&
leurs
ufages
particuliers
;
qu'elles
fe
confor-
maflent
à
la
relision
du
Roi,
&
adoraflent
les
mêmes
dieux,
&
de
larmême
manière
que
lui.
Cette
ordonnance
,
quoique
conçue
en
termes
généraux
,
avoit
principa-
lément
en
vue
les
Juifs,
dont
il
vouloit
abfolument
exterminer
la
religion
;
aufhi-bien
que
[a
nation.
Ayant
avis
que
fes
ordres
ne
trou-
voient
pas
en
Judée
la
même
fou-
miflion
que
par
tout
ailleurs,
il
s'y
réndit
en
perfonne
pour
les
faire
exécuter.
Îl
exerça
les
plus
grandes
cruautés
fur
tous
les
Juifs,
qui
refufoient
d’abjurer
leur
reli-
gion,,
pour
obliger
les
autres,
par
la
crainte
de
pareils
tourmens,
à
faire
ce
qu'on
demandoit
d'eux.
Ce
fut
alors
qu'arriva
le
martyre
Dh
d'Éléazar,
&
celui
de
la
mere
&
de
fes
fept
fils,
appelés
ordinai=
rement
les
Maccabées.
AN
Après
cette
expédition
fangui-
maire
,
Antiochus
eut
envie
de
faire
célébrer
des
jeux
à
Daphné,
port
d’Antioche.
Il
en
marqua
le
tems,
envoya
de
tous
côtés
invi-
ter
des
fpectateurs,
&
en
attira
une
foule
prodigieufe.
Les
jeux
fe
.
firent
avec
une
pompe
&
une
dé-
penfe
extraordinaires
,
&
duré-
rent
plufñeurs
jours.
Le
perfon-
nage
,
qu'il
y
joua
pendant
tout
ce
tems-là
,
répondit
parfaite-
ment
au
trait
de
la
prophétie
de
Daniel
;
qui
l'appelle
un
homme
méprifable.
Après
la
célébration
des
jeux,
Antiochus
ne
tarda
pas
à
envoyer
contre
les
Juits
diffé-
rens
généraux,
qui
réuflirent
fort
mal.
Judas
Maccabée,
s'étant
mis
à
latète
des
Juifs,
qui
étoient
de-
meurés
fideles
au
Seigneur,
leur
fit
la
puerre
avec
beaucoup
de
fuccès.
Le
Roi
,
informé
de
ce
qui
fe
pañloit,
y
envoya
de
nouvelles
forces
;
&t
voyant
{es
tréfors
épui-
lès,
il
réfolut
d'aller
en
Perte,
pour
recueillir
Je
tribut
qu’on
avoit
manqué
de
payer
régulièrement.
I]
fut
averti
que
la
ville
d'Élymai.
de
pafloit
pour
avoir
de
grandes
ticheffes
en
or
&
en
argent;
&
fur
tout
que
dans
un
temple
de
cette
Ville,
dédié
,
felon
Polybe,
à
Diane,
&
felon
Appien,
à
Vé-
nus
,
il
y
avoit
des
tréfors
im-
menfes,
Îl
y
alla,
dans
le
deflein
de
prendre
la
Ville,
&
de
la
piller-
avec
fon
temple,
de
même
qu'il
en
avoit
ufé
à
l'égard
de
Jérufa-
lem.
Comme
on
fut
averti
de
fon
deffein,
les
habitans
de
la
cam-
pagne
&
les
bourgeois
de
la
Ville
prirent
les
armes
pour
défendre
leur
temple,
&
Le
repouilérent
AN
121
honteufement,
El
fe
retira
à
Ecba-
tane
,
outré
de
cette
difyrace.
Pour
furcroit
de
douleur
,
1y
:
recut
la
nouvelle
de
ce
qui
venoit
d'arriver
en
Judée
à
Nicanor
&
à
Timothée.
Tranfporté
de
rage
;
il
fe
mit
en
chemin
pour
venir
en
diligence
faire
fentir
à
la
nation
Juive
les
effets
les
plus
terribles
de
fa
colère
;
ne
refpirant,
tout
le
long
du
chemin,
que
menaces,
êt
ne
parlant
que
de
ruine
6r.de
def-
truétion
totales.
Ens’avançant
ainft
vers
la
Babylonie
;
qui
fe
trou-
voit
fur
fa
route
,
il
reçut
de
nou-
veaux
courriers,
qui
lui
appor-
toient
la
nouvelle
de
la
défaite
de
Lyfas,
&
qui
lui
apprirent
com-
ment
les
Juifs
avoient
repris
le
temple,
abattu
les
autels
8.
les
idoles
,
qu'il
y
avoit
mifes
,
&
ré-
tabli
leur
ancien
culte.
À
ces
nou-
velles,
fa
rage
redouble.
Il
com
mande
à
fon
cocher
de
le
mener
à
toute
bride,
afin
d'arriver
plutôt
fur
les
lieux
,
&
d'aflouvir
fa
ven-
eance
,
menaçant
de
faire
de
Jé-
rufalem
je
fépulere
de
toute
la
na=:
tion
des
Juifs,
&r
de
n’en
pas
laifer
un
feul.
À
peine
eut-il
prononcé
ce
blaf
phême
;
que
la
main
de
Dieu
le
frappa.
Il
fut
attaqué
d’une
effroya-
ble
douleur
dans
les
entrailles,
&c
d'une
colique:,
qui
le
tourmentoit
cruellement.
Et
ce
fut
avec
beau-
coup
de
juitice.,
dit
l'Écriture,
puifqu'il
avoit
déchiré
lüi-même
…
les
entrailles
des
autres
par
un
grand
nombre
de
nouveaux
tour-
mens.
Mais
,
ce
prenner
coup
nabattit
pas
encore
{on
orgueil.
Au
contraire
,
fe
lailflant
alleraux
tranfports
de
fa
fureur,
&
ne
ref
722
AN
pirant
que
feu
&
flammes
contre
les
Juifs
,
il
commanda
qu'on
hàâ-
tât
fon
voyage.
Lorfque
fes
che-
chaux
couroient
avecimpétuolité,
il
tomba
de
fon
chariot,
&
eut
tout
le
corps
froifié
,
&
les
mem-
bres
tout
meurtris
de
cette
chûte.
It
fallut
le
mettre
dansune
litiè-
re
,
où
il
fouffrit
des
tourmens
horribles.
Il
fostoit
des
vers
de
fon
corps;
toutes
fes
chairs
lui
tom-
boïent
par
piétes,
avec
une
odeur
fi
effroyable
,
que
toute
l’armée
n'en
pouvoit
fouffrir
la
puanteur.
Né
pouvant
lui-même
la
fup-
porter
:
»
Il
eft
juite
,
s'écria-tAil,
»
que
l’homme
foit
fourmis
à
Dieu,
»
&
que
celui,
qui
eft
mortel,
ne
»
s'épgale
pas
au
Dieu
Souverain.«
Reconnoïlfant
que
c'étoit
la
main
du
Dien
d'Ifraël,
qui
le
frappoit
-
à
canfe
des
maux
qu'il
avoit
faits
.
dans
Jérufalem,
il
promet
de
com-
bler
fon
peuple
de
faveur,
d'en-
richir
de
dons
précieux
le
faint
temple
de
Jérufalem
,
qu'il
avoit
,
pilé,
de
fournir
de
fes
revenus
les
dépenfes
néceffaires
pour
offrir
des
facrifices,
de
fe
faire
lui-mé-
me
Juif,
&
de
parcourir
toute
la
terre,
pour
publier
la
toute-puif-
fance
de
Dieu.
Il
efpéroit
fléchir
fa
colère
par
ces
magnifiques
pro-
mefles
,
que
la
vivacité
des
dou-
leurs
préfentes
&c
la
crainte
des
maux
futurs
arrachoient
de
fa
bouche
,
non
de
fon
cœur.»
Mais,
»
ajoûte
l'Écriture,
ce
fcélérat
»
prioit
le
Seigneur,
de
qui
il
ne
»
devoit
point
recevoir
de
mifé-
»
ricorde.
«
En
effet,
ce
meur-
trier
&
ce
blafphémateur
|
ce
font
les
noms
que
le
Saint-Efprit
fubf-
titue
au
furnom
d’Illuftre
,
que
les
e
AN
hommes
avoient
donné
à
ce
Prin:
‘ce
},
frappé
d’une
horrible
pla,
&
traité
comme
il
avoit
traite
les
autres,
finit
{a
vie
criminelle
par
üne
miférable
mort,
qui
arriva,
l'ân
164
avant
l'Ére
Chrétienne,
à
Tabes
,
ville
de
Perfe,
aujour-
d’hui
Sava.
On
raconte
de
ce
Prince
des
chofes
,
qui
prouvent
combien
eft
jufte
l'épithéte
de
meprifable
;
que
lui
donne
l’Écriture.
Îl
{ortoit
fou-
vent
du
palais
avec
deux
ou
trois
domeftiques
,
&
s’en
alloit
courir
les
rues
à
Antioche.
Il
s’amufoit
À
caufer
avec
des
orfévres
&
des
graveurs
dans
leurs
boutiques,
êt
à
difputer
avec
eux
des
minucies
de
leur
art,
qu'il
fe
piquoit
ri-
diculement
d'entendre
aufhi-bien
qu'eux.
[1
s’abaifloit
fort
fouvent
jufqu’entrer
en
converfanonavec
la
plus
vile
populace
,
&
fe
mê-
loit
avec
elle
dans
les
lieux,où
elle
étoir
attroupée.
Dans
ces
rencon-
tres!,
il
buvoit
fréquemment
avec
des
étrangers
de
la
plus
bafle
con:
dition.
Quand
il
apprenoït
qu'il
Y
avoit
quelque
partie
de
plaifr,
faite
par
des
jeunes
gens,
il
alloit,
fans
rien
dire
,
faire
le
fow,
chan-
ter,
&
boiré
avec
eux,
ne
gai
dant
aucune
mefure,
ni
aucune
bienféance.
Quelquefois,
il
lui
pre
noit
fantaifie
de
quitter
fes
habits
Royaux,
de
mettre
une
robe
à
la
Romaine,
&
d’aller
par
la
Ville,
dans
cet
équipage,
de
rue
en
rue;
comme
il
l’avoit
vu
pratiquer
à
Ro-
me
aux
éle@tions
pour
la
magiltra
ture.
[1
demandoit
les
fuffrages
des
Citoyens,
en
donnant
la
main
à
Yon,
&
en
embraffant
un
autre;
&
fe
mettait
fur
les
rangs
,
tantôt
LA
SU
MR
AE
ID
OST
AUS
TE
Lee
BONE
RE
e
TRE
ee
ee
A
A
RE
D
ER
NN
RIRE
LE
mes
n
<
DR
RATE
CHAR
ES
TEEN
TER
ENS
CRÉENT
PEN
AN
pour
la
charge
d'Édile,
tantôt
pour
celle
de
Tribun.
Quand
il
avoit
été
élu,
1l
fe
faifoit
apporter
la
chaire
curule,
&
s’y
plaçant,
il
entendoit
les
petits
procès,
qui
furvenoient
pour
des
contrats
de
vente
;
&
des
affaires
du
marché,
.
&
prononcçoit
{a
fentence
avec
une
.
attention
&t
une
gravité
aufli
gran-
des
,
que
s’il
fût
agi
d’affaires
de
la
dernière
importance.
On
dit
auffi
qu'il
étoit
fort
adonné
à
l'ivrognerie
;
qu'il
dé-
penfoit
une
grande
partie
de
fon
revenu
en
débauches
;
&
que
quand
le-vin
lui
étoit
monté
à
la
tête
,
il
alloit
fouvent
courir
dans
la
Ville
,
en
jettant
l'argent
à
poi-
gnées
parmi
la
canaiïlle
,
&
criant,
attrape
qui
peur.
D’aurres
fois,
il
ortoit
avec
une
couronne
de
rofes,
&
une
robe
à
la
Romaine,
&
marchoit
feul
dans
les
rues
;
&
fi
quelqu'un
s’avifoit
de
le
fuivre,
il
avoit
toujours
,
dans
ces
occafions
fous
fa
robe,
provifon
de
pierres,
qu'il
li
jettoit.
Il
alloit
auffi
fou-
vent
fe
baigner
aux
baïns
publics
avec
le
commun
du
peuple,
&
y
fafoit
des
extravagances
,
qui
lui
attiroient
le
mépris
de
tous
Œux
qui
le
voyoient,
On
peut.
juger
,
d'après
tous
ces
traits
&
éaueoup
d’autres
,
qu’on
omet,
‘f'Antiochus
ne
méritoit
pas
à
plus
jufte
titre
le
furnom
d'infenfé
,
que
celui
d'illuftre.
-—
ANTIOCHUS
EuparTor
,
Antiochus
Eupator
,
Awrl:yoc
Error
op
»
(a)
fils
d’Antiochus
Piphane
,
roi
de
Syrie,
fuccéda
(s)
Maccab.
LL.
C.
5,
V,
174
@
feq
AN
123
au
royaume
de
fon
pere,
l'an
164
avant
J.
C.,
il
n’étoit
alors
âgé
que
de
neuf
ans.
Antiochus
Épi-
phane,
en
mourant,
fit
venir
Phi
hppe
,
fon
favori
,
qui
avoit
été
élevé
avec
lui.
El
lui
donna
la
ré-
gence
du
Royaume
pendant
la
mi-
norité
de
fon
fils,
&
lui
mitentré
les
mains
fa
couronne,
fon
ca-
chet,
&7
toutes
les
autres
marques
dela
Royauté
,
en
lui
recom-
mandant
{ur
tout
d'employer
tons
fes
foins
à
élever
fon
fils
de
la
manière
la
plus
propre
à
lui
en-
feigner
l’art
de
repner.
Philippe,
en
arrivant
à
Antio-
che,
trouva
qu'un
autre
avoit
déjà
ufurpé
l'emploi,
que
la
confiance
du
feu
Roi
luiavoit
deftiné.
Lyfas,
fur
les
premiers
avis
de
lamort
de
ce
Prince
,
avoit
d’abord
mis
furie
trône
Ântiochus
Eupator
,
cont
il
étoit
gouverneur,
&t
avoit
pris
s
avec
ss
tutele
,
les
rênes
du
gon-
vernement
,
fans
avoir.
aucun
égard
à
la
difpolition,
qu'avox
faite
le
Roïen
mourant.
Philippe
vit
bien
qu'il
n'étoit
pas
alors en
état
d'entrer
en
cifpute.
Il
fe
retira
en
Égypte,
dans
l'efpérance
de
trouver
à
cette
cour
Pafhitance,
dont
il
avoit
befoin,
pour
rentrer
dans
fes
droits,
&
chafler
l’ufur-
pateur.
Démétrius
,
fils
de
Séleucus
Philopator
,
qui,
depuis
l'année
que
mourut
{on
pere
,
avoit
Conti-
nué
de
demeurer
en
ôtage
à
Ro-
me,
étoit
dans
fa
vingt-troifième
année
;
quand
il
apptit
la
mort
d'Añtiochus
Épiphane
,
&
lavé-
.{Jofeph,
de
Antiq.
Judaïc.
p.
419.420
C7:
v,
1.
do
féa.
L.
LE.
c.
13.
v.
1,
|
421.
Roll,
Hift.
Anc.
Tom,
V.p:
158
fègic
14,
v.
1,2.
Diod.
Sicul.
pag.
34
|
1594
de
faiv.
724
AN
nement
d'Eupator,
fon
fils
à
la
couronne
,
qu'il
prétendoit
lui
ap-
partenir
de
droit,
comme
fils
du
frere
ainé
d’Antiochus
Épiphane.
I
propofa
au
Sénat
de
le
rétablir
fur
le
trône
de
fon
pere;
mais,
le
Sénat
eut
plus
d'égard
aux
in-
térêts
de
la
République
,
qu’au
droit
de
Démétrius.
Antiochus
Eupator
fut
donc
confirmé
dans
la
pofleffion
de
la
Royauté.
Ce
Prince
,
ou
plutôt
ceux,
qui
le
gouvernoient
,
continuérent
la
guerre
contre
les
Juifs.
Deës.la
feconde
année
de
fon
repne
,
Ly-
las
ayant
marché
contre
ce
peu-
ple,
fut
défait,
&
{on
armée
tail-
lée
en
piéces.
Après
cet
échec
le
général
Syrien
,
ennuyé
d’une
guerre
fi
malheureufe,
&
com-
prenant,
dit
l’Écriture
,
que
les
Juifs
étoient
invincibles,
lorfqu'ils
s’appuyoïent
fur
le
fécours
du
Dieu
tout-puiffant
,
fit
un
traité
avec
Judas
&
le
peuple
Juif;
&
Antiochus
le
ratifia.
Un
des
ar-
ticles
de
cette
paix
fut
que
l’or-
donnance
d’Antiochus
Épiphane
,
fon
pere,
par
laquelle
les
Juifs
étoient
obligés
de
fe
conformer
à
la
religion
des
Grecs
,
feroit
ré-
voquée,
&
qu'ils
auroient
par
tout
la
liberté
de
vivre
felon
leurs
loix
particulières,
La
paix
ne
fut
pas
de
longue
durée.
Antiochus
fit
marcher
un
autre
général
contre
les
Juifs
;
mais,
celui-ci
ne
fut
pas
plus
heu-
reux
que
le
premier.
Alors,on
mit
fur
pied
une
nouvelle
armée
de
cent
mille
hommes
d'infanterie
,
avec
vingt
mille
chevaux
,
trente-
deux
éléphans,
&
trois
cens
cha-
riots
de
guerre,
Le
Roï
en
per
AN
fonne,
avec
Lyfias,
le
récent
du
royaume
,
{e
mut
à
fa
tête,
&en-
tra
dans
la
Judée.
Judas,
comp-
tant
fur
la
toute
puiflance
de
Dieu,
.
créateur
de
l'univers
,
&
ayant
exhorté
fes
gens
à
combattre
juf-
qu'à
la
mort,
alla
fe
pofter
vis-à-
vis
du
camp
d'Antiochus.
Après
avoir
donné
aux
fiens
pour
cri
de-
guerre
:
la
victoire
de
Dieu,
à
choïfit
les
plus
braves
de
fon
ar=
mée
,
&t
tomba
avec
eux
péndant
la
nuit
fur
le
quartier
du
Roi.
ls
tuérent
quatre
mille
hommes
,
&
s'en
retournérent
après
avoir
rem=
pli
tout
fon
camp
de
trouble
&
d'effroi.
_Quoïiqu’Antiochus
connût
par=
là
le
courage
extraordinaire
des
Juifs
,
il
ne
douta
point
qu'ils
ne
fuflent
enfin
accablés
par
le
orand
nombre
de
fes
troupes
&
de
fes
éléphans.
I!
réfolut
donc
d’en
ve-
nir
à
une
bataille
sénérale.
Judas,
fans
être
intimide
par
ce
terrible
appareil,
S'avança
avec
fon
at-
mée.
On
en
vint
aux
mains,
&
les
Juifs
tuérent
un
grand
nombre
d'ennemis.
Alors,
le
célebre
Éléa-
zar,
Voyant
un
éléphant
plus
grand
que
les‘autres,
couvert
des
armes
du
Roi,
&
croyant
que
le
Roi
lui-même
étoit
deflus,
fe
fa-
crifia
pour
déliver
fon
peuple,
&
pour
s’acquérir
un
nom
immortel,
Î
courut
hardiment
à
l'éléphant
au
travers
du
bataillon,
tuant
à
droite
&
à
gauche,
&
renverfant
tout
ce
qui
fe
préfentoit
devant
Jui.
Puis,
s'étant
mis
fous
le
ventre
.
de
la
bête,
il
la
perça,
la
fit
tom-
ber,
&
fut
écrafé
Ini-même
par
fa
chûte.
Cependant,
Judas
&
les
fiens
{
battoient
avec
une
réfolu-
AN
Yon
extraordinaire.
Mais,
à
la
fin,
épuifés
de
fatigue
,
&
ne
pouvant
foûtenir
plus
long-tems
Pefort
des
ennemis
,
ils
prirent
le
parti
de
la
retraite.
Le
Roïles
ayant
fuivis,
_afhégea
la
forterefle
de
Bethfura.
Cette
place
,
après
une
longue
&
visoureute
réfflance
,
fut
obligée
,
fante
de
vivres,
de
fe
rendre
par
Capitulation.
De-là,
Antiochns
marcha
vers
Térufalem,
&
forma
le
fiége
du
temple,
Ceux
qui
le
défendoient
,
“<toient
déjà
réduits
à
ja
même
néceflité
que
ceux
de
Bethfura,
&
aüroient
été
obligés
de
fe
ren-
dre
comme
eux,
ft
la
Providence
ne
les
eût
dégagés
par
un
incident
imprévu.
-
Un
nouvel
ennemi;
c’eft-à-dire,
Philippe
,
profitant
de
l’abfence
du
Roi,
pendant
fon
expédition
_en
Judée,
s'empara
de
la
capita-
le
de
l'Empire.
Sur
cette
nouvelle,
Lyfas
jugea
qu'il
étoit
néceflaire
de
faire
la
paix
avec
les
Juifs,
afin
de
tourner
fes
armes
contre
fon
rival
en
Syrie.
La
paix
fe
fit
donc
à
des
conditions
fort
avanta-
geufes
&
fort
honorables.
Antio-
chus
la
jura
;
&
on
le
laiffa
entrer
dans
les
fortifications
du
temple,
dont
la
vue
l’effraya
fi
fort,
que,
contre
la
foi
donnée,
contre
le
ferment,
qu'il
avoit
fait
en
jurant
la
paix,
il
les
fit
démolir,
‘avant
que
de
partir
pour
la
Syrie.
Le
prompt
retour
d'Antiochus
chaf-
f
l'ennemi
d’Antioche
,
mit
fin
à
fa
courte
Régence
,
&
bientôt
après
à
fa
vie.
A
N
125$
Vers
ce
même-tems,
Démé=
trius
ayant
débarquéà
Tripoli
en
Syrie
,
le
bruit
fe
répandit
que
c'étoit
le
Sénat
qui
Pavoit
envoyé
-
prendre
pofieffion
de
fes
États,
&
qu'il
étoit
bien
réfolu
de
l’y
foû-
‘tenir.
Aufhi-tôt,
on
regarda
Ântio-
chus
Eupator
comme
nn
homme
perdu
,
&
tout
le
monde
l’aban-
donna
pour
prendre
le
parti
de
Démétrius.
Antiochus
&
Lyfas,
arrêtés
par
leurs
propres
foldats
,
furent
liyrés
au
nouveau-venu,
qui
les
fit
mourir.
C’étoit
l’an
162
avant
l'Ére
Chrétienne.
Ainfi,
le
_regne
d'Antiochus
Eupator
n’avoit
duré
que
deux
ans.
Ewpator,
veut
dire,
bon
,
heureux
pere.
Cepen-
dant,
Antiochus
Eupator
ne
fut
jamais
pere,
étant
mort
à
l’âge
d'onze
ans.
ANTIOCHUS
Taios,
4n-
tiochus
Théos
,
A’yrloyoc
eos
,
(a)
fils
d'Alexandre
Bala,
roi
de
Sy-
rie.
L'éducation
de
ce
jeune
Prin-
ce
fut
confiée
à
Zabdiel
,
ou
“Émalchuel,
lon
d’autres,
prince
Arabe,
Diodote
,
autrement
Try-
phon,
voulant
profiter
des
trou-
bles
,
dont
la
Syrie
étoit
agitée,
Van
145
avant
J,
C.,
alla
trouver
Zebdiel
,
&
lui
mit
devant
les
yeux
l’état
des
affaires
de
Syrie,
lui
fit
voir
le
mécontentement
des
peuples
8
fur
tout
des
foldats,
&
lui
repréfenta
vivement
que
l’oc-
cafion
ne
pouvoit
être
plus
favo-
table
pour
établir
Antiochus
fur
le
trône
de
fon
pere.
Il
demandæ
/
qu'on
ni
donnât
ce
jeune
Prince,
pour
faire
valoir
fes
droits.
Son
(a)
Juit.
LE.
XXXVI,
c.
1.
Maccab.
L.}
Jofeph.
de
Antiq.
Judaïc.
p.
440,
447.
$
Ce
Le
ve
39,
40,
54:
55,
@
fe
[Roll,
Hüft,
Anc,
Tom.
V,
p.182
@fuiv.
226
AN
/
plan
étoit
de
fe
fervir
des
préten-
tions
d'Antiochus.,
jufqu'à
ce
qu'il
eût
détrôné
Démétrius,
enfuite
_de
fe
défaire
de
ce
jeune
Prince
,
&
de
prendre
la
couronne
pour
lui-même
,
comime
il
fit.
Zabdiel
,
foit
qu'il
pénétrât
fon
véritable
deffein
,
ou
qu'il
ne
goûtât
pas
tout
à
fait
fon
plan,
n’y
donna
pas
d’abord
les
mains,
T'ryphon
fut
obligé
de
demeurer
aflez
long--
tems
auprès
de
lui,
pour
le
{olli-
citer
&
le
prefler.
Enfin,
à
force
d'importunités
,
ou
de
préfens
,
il
y
fit
confentit
Zabdiel,
&
obrint.
ce
qu'il
demandoit.
ee.
Eryphon
mena
donc
en
Syrie
Antiochus,
fils
d'Alexandre,
&
fit
déclarer
par
tout
{es
préten-
tions
à
la
couronne
par
un
mani-
-fefte,
Les
foldats
,
que
Démétrius
avoit
caflés
,
&
un
grand
nombre
d’antres
mécontens
,
fe
rangérent
en
foule
auprès
du
Prétendant,
&
le
proclamérent
Roï.
Ils
marché-
rent
fous
fes
étendards
contre
Dé-
métrius,
le
battirent
&
l'obligé-
rent
de
fe
retirer
à
Séleucie.
[ls
lui
prirent
tous
fes
éléphans
,
fe
ren-
dirent
maîtres
d’Antioche
,
y
pla-
cérent
Antiochus
fur
le
Trône
des
rois
de
Syrie,
&
lui
donnérent
le
furnom
de
Théos
,
qui
fignifie
ieu,
Mais,
quand
Tryphon
vit
que
tout
étoit
au
point,
où
il
le
vouloit,pour
commencer:à
exécu-
ter
le
projet
qu'il
avoit
formé,
il
donna
ordre
de
tuer
fecrétement
-
Antiochus.
Il
fit
enfuite
courir
le
Bruit
qu'il
étoit
mort
de
la
pierre;
&
en
même-tems
il
fe
déclara
roi
(a)
Juit.
L,XXXVI.c.
1,
L.XXX
VIII,
€.
10,
L,
XXXIX.c.
1.
Maccab:
E,
I:
c:
25,
V-1,
2,
@
feg.
Jofeph,
de
Anriq.|
pag.
(
AN
de
Syrie
en
fa
place
,
&
prit
pofs
fefion
de
la
couronne,
l’an
144
avantl
Cr
;
ANTIOCHUS
SipETE,
4n-
tiochus
Sidetes
,
(a)
fils
de
Démé-
trius
Soter
,
fut
envoyé
à
Cnide,
avec
fon
frere
Démétrius,
pen-
dant
les
guerres
qu’eut
leur-pere
contre
Alexandre
Bala
,
pour
être
à
couvert
des
révolutions
qu'on
appréhendoit.
Cléopâtre,
fille:
de
Ptolémée
Philométor
,
l'an
r40
avant
J,
C.
ayant
propofé
à
An-
tiochus
de
l’éponfer,
à
condition
qu’il
feroit
roi
de
Syrie,
ce
Prince
accepta
l'offre
,
&
prit
le
titre
de
roi
de
Syrie.
[l
écrivit
à
Simon,
chef
des
Juifs,
une
lettre,
oùil
fe
‘plaignoit
de
l'injufte
ufurpation
de
Fryphon.
[Ce
Tryphon,com-
me
on
le
voit
dans
l’article
préce-
dent
,
avoit
ufurpé
le
royaume
de
Syrie
|,
&
promettoit
d’en
tirer
bientôt
vengeance.
Pour
l'engager
dans
fes
intérêts,
il
lui
faifoit
de
grandes
concefhons,&
en
luifaifoit
efpérer
de
plus
grandes
encore,
quandil
feroit
monté
fur
le
trône.
Au
commencement
de
l’année
fuivante
,
il
fit
une
defcente
en
Syrie,
avec
une
armée
de
troupes
étrangères
,
qu'il
avoit
prifes.
à
fa
folde
en
Grèce,
dans
l'Afie
mi-
neure
,
&t
dans
les
Ifles.
Et
après
avoir
époufé
Cléopâtre
,
&
joint
ce
quelle.
avoit
de
troupes
aux
fiennes
,
il
fe
mit
en
campagne
pour
aller
combattre
Tryphon.
La
plûpart
des
troupes
de
cet
ufurpateur
,
lafles
de
fa
tyrannie,
le
quittérent
,
&
vinrent
grofüir
Judaïc.
p.
447,
448.
&
feq.
Plut.
Tom.
IT.
pag.
184,
Roll,
Hift,
Anc,
Tom,
V.
189,
&
faiv,
rer.
SRE
RI
EE
SEP
ESEONENNPENNEERENNENDENENE
NT
EDEN
SET
PRET
PE
OT
T
N
IETIETTS
RENE
PRINT
PORTER
DEFENSE
ETES
ENNENSE
PPNNNPSENE
TOUR
PSE
PPT
PINOT
ENVIE
INT
PRS
TT
ST
TION
SRE
FTP
AE
SON
PANOEN
PPT
RETENIR
SRTEENNRN
ENEEEN
DIEU
PRPIEPEIEE
ERIC
PE
AUD
EDIT
PET
ET
PT
PNR
NOT
TR
l'atmée
d'Antiochus,
qui
fe
trouva
alors
monter
jufqu’à
fix
vingt
mille
:
hommes
d'infanterie
&
huit
mille
chevaux.
Tryphon
n'avoit
pas
de
quoi
lui
faire
tête.
Il
fe
retira
à
Dora
,
ville
fituée
auprès
de
celle
de
Ptolémaide
en
Phénicie.
An-
tiochus
l’y
afliégea
par
mer
&
par
terre
avec
toutes
fes
forces.
La
place
ne
pouvoit
pas
tenir
long-
tems
contre
une
fi
puiffante
armée.
Tryphon
fe
fauva
par
mer
à
Or-
thofie
,
autre
ville
maritime
de
Phénicie.
De-là,
ayant
gagné
Apamée
;
où
il
étoit
né,
il
y
fut
pris
&
mis
à
mort.
Ainfi,
Antio-
chus
mit
fin
à
certe
ufurpation,
&
monta
fur
le
trône
de
fon
pere,
-qu'il
occupa
neuf
ans.
Sa
pafñon
pour
la
chaîle
li
fit
donner
le
fur-
nom
de
Sidete,
ou
le
chaïfeur,
du
mot
Zidah,
qui
fignifie
la
mê-
me
chofe
dans
la
langue
Syria-
que,
Simon
étant
mort
quelques
an-
nées
après,
Antiochus
fit
toute
la
diligence
poflible
,
pour
profiter
‘de
l'avantage
que
lui
donnoit
cette
mort,
&
s’avança
à
la
tête
d’une
puiflante
armée
pour
réduire
la
Judée
,
&
la
réunir
à
l'empire
de
Syrie,
Hyrcan,
qui
avoit
fuccédé
à
Simon,
fut
obligé
de
fe
renfer-
mer
dans
Jérufalem.
Il
y
foûtint
un
long
fiége
avec
un
courage
in-
Croyable.
Réduit
enfin
à
la
der-
nière
extrémité,
faute
de
vivres,
il
fit
faire
au
Roi
des
ouvertures
de
paix.
On
n'ignoroit
pas
dans
le
Camp
l'état
,
où
il
fe
trouvoit.
Ceux,
qui
approchoïient
du
Roi,
le
prefloient
de
profiter
de
l’occa-
fon,
qu'il
avoit
en
main
,
pour
exterminer
la
nation
Juive,
Dio-
AN.
f27
dore
de
Sicile
,
aufh-bien
que
Jo=
fephe,
dit
que
ce
fut
par
un
pur
effet
de
la
générofité
&
de
la
clé-
mence
d'Antiochus,
que
la
nation
Juive
ne
fut
pas
entièrement
dé-
truite
dans
cette
occafion.
Il
voulut
bien
entrer
en
traité
avec
Hyrcan.
On
convint
que
les
affiégés
rendroient
leurs
armes,
que
les
fortifications
de
Jérufa-
lem
feroient
rafées,
&t
qu’on
paye-
roit
au
Roi
un
tribut
pour
Jéppé,
&
pour
lés
autres
villes,
que
les
Juifs
avoient
hors
de
la
Judée;
&
la
paix
fut
conclue
à
ces
condi-
tions.
Antiochus
avoit
aufh
de-
mandé
qu'on
rebâtit
la
çitadelle
de
Jérufalem,
&
vouloit
y
mettre
une
garnifon
;
mais,
Hyrcan
ne
voulut
pas
y
confentir,
à
caufe
des
maux
qu’avoit
faits
à
la
nation
celle,
qui
y
avoit
été,
pendant
que
cette
citadelle
avoit
fubfifté.
1l
aima
mieux
payer
au
Roi
la
fomme
de
cinq
cens
talens
,
qui
lui
fut
demandée
en
équivalent.
La
capitulation
s’exécuta
;
&
pour
ce
qui
ne
pouvoit
pas
s'exécuter
fur
le
champ,
on
donna
des
Ôta-
ges,
entre
lefquels
il
y
avoit
un
frere
d'Hyrcan.
Antioehus
,
foit
qu'il
fûtinftruit,
ou
non,
des
vues
que
les
Parthes
avoient
fur
le
royaume
de
Syrie,
prévint
leur
deflein,
&
mena
con-
tre
Phraate,
leur
roi
,
une
puif=
fante
armée.
L'ufurpation,
que
les
Parthes
venoient
de
faire
des
plus
riches
&
des
plus
belles
provinces
delOrient,quefes
ancêtres
avoient
toujours
poifédées
depuis
Alexan-
dre
le
Grand
,
étoit
pour
lni
une
raifon
preflante,
de
réunir
toutes
fes
forces
pour
les
en
chafler,
Son
.
4
AN
l'invite
à
fouper,
La
table
étoit:
fuperbement
pare.
Il
étale
fr
les
buffets
tous
fes
vafes
les
plus
eftimés
,
&
il
en
avoit
un
grand
nombre.
Îl
fait
préparer
un
repas
fomptueux
&
délicat,
&
a
foin
que
rien
n'y
manque.
En
un
mot,
Antiochus
en
fortit
fort
perfuadé
de
la
riche
magnificence
du
Pré-
teur,
&encore
plus
content
de
la
réception
honorable
qu'il
lui
avoit
faite.
[l'invite
à
{on
tour
Verrès
«
à
fouper.
Il
expofe
toutes
fes
ri-
chefles
,
beaucoup
de
vaïfelle
d'argent,
quantité
de
coupes
d'or,
enrichies
de
pierreries,
felon
l’u-
fage
des
Roïs
,
&
fur
tont
ceux
de
Syrie.
Entr'autres,il
ÿyavoituntrès-
grand
vafe
pour
mettre
le
vin,
d'u.
ne
feule
pierre
précienfe.
Verrès
prend
chacun
de
ces
vafes,
Fun
après
l'autre
,
les
loue
,
les
admi-
re;
&
le
Prince
voit,
avec
com-
plaifance,
que
le
repas
ne
déplait
pont
au
Préteur
du
peuple
Ro-
main.
Quand
on
fe
fut
féparé,
Verres
ne
fongea
plus
;
comme
l’événe-
ment
le
fit
aflez
voir
;
qu'aux
moyens
de
piller
Antiochus
,
&
de
le
renvoyer
dépouillé
de
tou-
tes
fes
richeffes.
T1
Iui
fait
deman-
der
les
plus
beaux
vafes,
qu’il
avoit
vus
chez
lui,
fous
prétexte
de
les
montrer
à
fes
ouvriers.
Ce
Prince,
qui
ne
connoifloit
point
Verrès,
les
lui
envoye
fans
pei-
ne
&
fans
défiance,
Le
Préteur
le
fait
encore
prier
de
Jui
préter
ce
grand
vafe
d’une
feule
pierre
précieufe,
pour
l’examiner,
difoit-
1,
plus
exa@tement.
Antiochus
le
li
envoye
auf.
Mais,
voici
le
comble
de
la
perfidie.
Les
deux
À
N
Princes
de
Syrie,
dont
on
vient.
de
parler,
avoient
porté
avec
eux
à
Rome
un
luftre
d'une
beauté
fingulière
,
&
par
les
pierreries,
dont
il
étoit
enrichi,
&
par
la
per.
fe@tion
du
travail.
Ils
avoient
def-
-
{ein
d'en
orner
leCapitole,quiavoit
êté
brûlé
pendant
les
guerres
de
Marius
&
de
Sylla
,
&
que
l'on
rebätifloit
alors.
Mais
,
cet
édifice
f'étant
pas
encore
achevé,
ils
ne
voulurent
pas
l'y
laiffer,
ni
le
far
re
voir
à
perfonne
;
afin
que
lorf-
qu'en
fon
tems
,1l
paroitroit
dans
le
temple
de
Jupiter,
la
furprife
augmentat
l'admiration,
&
que
Pagrément
de
la
nouveauté
en
relevât
l'éclat,
Ils
prirent
donc
le
parti
de
le
remporter
en
Syrie,
réfolus
d'envoyer
des
Ambañla-
deurs
ofrir
à
Jupiter
ce
rare
&
Magnifique
préfent,
avec
beau-
coup
d'autres,
lorfqu'ils
fcauroient
que
Ja
ftatue
du
Dieu
auroit
été
placée
dans
fon
temple,
Verrès
fut
informé
de
tout
cela,
_on
ne
fçait
comment
;
car,
Antio=
chus
,
qui
s’étoit
chargé
lui-même
de
ce
luftre,
en
partant
de
Rome,
avoit
en
grand
foin
de
le
tenir
ca-
ché,
non
qu'il
craignit,
ou
foup-
Connât
rien,
mais
afin
que peu
de
perfonnes
le
viflent;avant
qu'il
fût
expofé
à
la
vue
du
peuple
Romain.
Le
Préteur
le
lui
demande,
&
le
prie
avec
de
grandes
inflances
de
le
lui
envoyer,
marquant
un
grand
defrr
de
l'examiner,
&
promettant
de
ne
le
laïfler
voir
à
perfonne.
Le
Jeune
Prince,qui
joïgnoit
à
la
can-
deur
&
à
la
fimplieité
de
l’âge
les
nobles
fentimens
ce
fa
naiflance,
étoit
bien
éloigné
de
le
foupçon-
ner
d'aucun
mauvais
deflein.
Il
7"
&
K
de
din
iantt
Êi
d)
S
h
Rte
ri
tit
nd
MC
a
Et
ut
Lis
clio
at
dt
din
Pl
LS
À
AAA
AL
D»
fil
ad
À
N.
ordonne
à
fes
officiers
de
porter
fecrétement
chez
Verrès,
le
luftre
bien
couvert
;
ce
qui
fut
exécuté.
Dès
que
lesenveloppes
font
ôtées,
êc
que
le
Préteur
lapperçoit
,
il
s'écrie
que
c’eft
un
préfent
digne
d'un
Prince,
digne
d’un
Roï
de
Syrie,
digne
du
Capitole;
car,
il
étoit
d'un
éclat
éblouiffant
,
par
la
quantité
de
pierreries,
dont
il
étoit
orné
;
d’un
travail
fi
varié,
qu'il
fembloit
que
l’art
le
difputât
à
la
matière
;
&
d'une
telle
grandeur
,
qu'il
étoit
aifé
de
comprendre
qu'il
n'étoit
pas
fait
pour
parer
les
pa-
lais
des
hommes
,
mais
pour
orner
un
vafte
&
fuperbe
temple.
Les
officiers
d'Antiochus
,
ayant
laïflé
au
Préteur
tout
le
tems
de
le
con-
fidérer
,
{e
mettent
en
devoir
de
le
remporter.
Verrès
leur
dit
qu'il
veut
l’examuner
plus
à
loifir,
&
que
fa
curiofité
n’eft
pas
encore
fatisfaite.
Il
les
engage
à
senaller,
&
à
lui
laïffer
le
luftre.
Ils
s’en
re-
tournérent
donc
les
mains
vuides.
D'abord,
Antiochus
ne
fut
point
allarmé,
&
ne
forma
aucun
foup-
çoñ.
Un
jour
fe
pañle
,
deux
jours,
plufieurs
jours,
on
ne
rapporte
point
le
luftre.
Le
Prince
,
alors,
l'envoye.
demander
au
Préteur,
qui
remet
au
lendemain.
On
ne
le
rend
point
encore.
Enfin,
il
s'adrefle
lui-même
au
Préteur,
&
le
prie
de
le
lui
rendre.
Qui
le
croiroit?
Ce
luftre,
qu'il
fçavoit
du
Prince
même,
devoir
être
pofé
dans
le
Capitole,
&
être
deftiné
pour
le
—
Jupiter,
&
pour
le
peuple
tamment
Antiochus
de
le
lui
don-
ner.
Antiochus
s’en
défendant,
&
.
für
le
vœu
qu'il
en
avoit
fait
à
Ju-
omain
,
Verrès
prie
inf-
AN
135
piter,
&
fur
le
jugement
que
por-
teroient
,
de
cette
aétion.,
tant
de
nations,
qui
l’avoient
vu
travail-
ler,
&
qui
en
fçavoient
la
defti-
nation,
le
Préteur
emploie
les
menaces
les
plus
vives.
Mais,
voyant
qu'elles
ne
réuflifloient
pas
mieux
que
les
prieres,
il
or-
donne
fur
le
champ
à
ce
Prince
de
fortir
de
fa
province
avant
la
nuit,
@c
allégue
pour
raifon
qu’il
fçavoit
de
bonne
part,
que
des
Pirates
de
Syrie
devoient
aborder
en
Sicile.
Alors
,
Antiochus,
s'étant
tranf-
porté
dans
la
place
publique,
les
larmes
aux
yeux,
déclare
à
haute
voix,
devant
une
nombreufe
af-
femblée
de
Syracufains
,
&t
pre-
nant
les
dieux
&
les
hommes
à
témoin,
que
Verrès
lui
a
enlevé
un
luftre
d’or,
enrichi
de
pierres
précieufes
,
qui
devoit
être
placé
dans
le
Capitole,
pour
être,
dans
cet
angufte
temple
,un
monument
,
de
fon
alliance
&
de
fon
amitié
avec
les
Romains
;
qu'il
fe
foucioit
peu,
&
ne
fe
plaignoit
point
des
autres
vafes
d'or
&
de
pierreries,
que
Verrès
avoit
à
lui,
mais,
que
de
fe
voir
arracher
ce
luftre,
c'étoit
pour
lui
un
malheur
&
un
affront
,
dont
il
ne
pouvoit
fe
confoler
;
que
quoique
Gans
fon
intention
&
dans
celle
de
fon
frere,
ce
luitre
fût
déjà
confacré
à
Jupiter
,
cependant,
il
l'offroit,
le
donnoit,
le
dédioit,
le
confa-
croit
tout
de
nouveau
à
ce
dieu
,
en
préfence
des
citoyens
Romains,
qui
lentendoient,
&
qu'il
prenoit
Jupiter
même
à
témoin
de
fes
fen-
timens
&
de
fes
pieufes
intentions.
Antiochus,
étant
—
en
|
ËY
136
AN.
Afe
,
monta
peu
après
fur
le
tro-
ne.
Îl
repna
fur
une
partie
du
pais
l'efpace
de
quatre
ans.
Pompée
le
dépouilla
de
fon
Royaume,
pen-
dant
la
guerre
contre
Mithridate,
&
réduifit
la
Syrie
en
province
de
l'empire
Romain.
ROIS
DE
COMAGÈNE,
portant
le
nom
d’'ANTIOCHUS.
ANTIOCHUS
I,
Antiochus,
«
Avrloxos,
(a)
premier
roi
de
Go-
magène.
Ce
Prince
fut
vaincu
par
Pompée,
après
la
défaite
de
Ti-
grane,
roi
d'Arménie
,
la
qua-
trième
année
de
la
178
Olympia-
de,
&
l'an
65
avant
I.
C.
Mais,
le
vainqueur
le
traita
avec
beau-
coup
de
générofité
;
&
bien
loin
.
de
lui
ôter
fes
États
,
il
lui
donna
encore
Séleucie,
ville
de
Méfo-
potamie.
“Antiochus,
par
fecon-
noiffance
,
{fecourut
Pompée
dans
la
guerre
civile
contre
Céfar,
&
contre
Pacorus
,
roi
des
Parthes,
que
Labienus
avoit
attiré
jufque
dans
la
Syrie,
Long-tems
après;
c’eft-à-dire,
Van
38
avant
J.
C.,
Ventidius,
lieutenant’
d'Antoine
,
afliégea
,
dans
Samofate,
Antiochus,
qui
lui
offroït
mille
talens,
&
qui
pro-
mettoit
d'obéir
aux
ordres
d'An-
toine.
Mais,
il
lui
ordonna
d’en-
voyer
faire
fes
propolitions
à
An-
toine
lui-même;
cat,
il
s’avan-
|
çoit
avec
beauconp
de
diligence
,
pour
empêcher
Ventidius
de
trai-
(a)
Plut,
Tom.I,
pag. 031.
Appian.
|
de
Antiq.
Judaïc,
pag.
1573
244
Crév.
Hiff,
Rom.
Tom.
VIT.
pag.
344.
Hift.
des
Emp,
Tom.I.
aps
TO.
(2)
Tacit.
Annal,L.
II,
c,
42.
Jofeph,
AN
ter
avec
Antiochus,
voulant
que
du
moins
cet
exploit
fût
fous
{on
nom
,
&
que
tous
les
fuccès
ne
fuffent
pas
attribués
à
Ventidius.
Mais
,
le
fiége
traînant
en
lon-
gueur
,
&
les
afhégés,
qui
nefpé-
roient
plus
de
capitulation
,
ayant
pris
le
parti
de
fe
défendre
juf-
qu'a
l'extrémité,
Antoine
ne
fit
rien
de
confidérable
;
&
plein
de
honte
&
de
repentir
,
il
fe
trouva
trop
heureux
de
traiter
avec
An-
tiochus
pour
trois
censtalens
,
&
de
lever
le
fiépe.
Antiochus
,
neuf
on
dix
ans
après
,
fut
mandé
à
Rome
par
ordre
d’Augufte
,
&
condamné
au
fupplice,
pour
avoir
affaffiné
un
aïnbafladeur,
que
fon
frere
envoyoit
au
Sénat,
au
fujet
de
quelques
différends,
qui
étoient
entreux.
ANTIOCHUSII,
Artiochus,
A'vrioxos,
(b)
quatrième
roi
de
Comagène.
Il
remit
la
couronne
dans
fa
famille,
&
mourut,
fous
l'empire
de
Tibère,
lan
17
de
I.
.C.
Après
fa
mort,
les
nobles
&
la
populace
fe
diviférent
en
deux
faétions
,
les
nobles
voulant
que
leur
païs
fût
gouverné
en
forme
dé
province
libre,
&
le
menu
peuple
demandant
un
Roi.
Dans
ces
circonfrances
,
Antiochus
IE
fut
choifi,
pour
faccéder
à
An-
tiochus.
IT,
ANTIOCHUS
HE
,
:
Anrio-
chus,
À’rrloyocs
(c)
fils
d’'Antio-
chus
IT,
&
cinquièmé
roi
de
Co-
p.620,
678.
Créve
Hift.
des
Emp.
Tom.
I,
pag,
364.
(c).
Crév.
Hift.
des
Émp.
Tom.
Il.
PAg:
15,
16,
17,
200.
dr
fuiv.
TOM
Jii,
pag.
166;
341»
où
friv.
#
A
N
mapène.
Ce
pais
avoit
été
réduit
en
province
Romaine
,
par
Ger-.
manicus,
fous
Tibère.
Caius
le
rendit
à
Antiochus
Ill,
l’an
de
J.
GC.
37.
Cet
Empereur
avoit
beau-
coup
de
confiance
en
lui;
mais,
il
en
abufoit,
s'il
eff
vrai,
comme
on
le
préfume,
qu'il
lui
donnoit
des
leçons
de
tyrannie.
Quoiqu'il
enfoit
,
il
fut
dépouillé
de
fes,
États
par
ce
même
Empereur,
qui
les
lui
avoit
donnés.
Il
les
recou-
Via
de
nouveau
fous
l’empire
de
Claude.
Du
tems
de
Tibère,
il
avoit
été
chargé
par
Corbnlon
d'infefter
les
régions
voifimes
de
-
fon
Royaume,
c’étoit
principale-
ment
l'Arménie.
Antiochus
exé-
Cuta
l'ordre
,
&
eut,
pour
récom-
penfe,
une
partie
de
cette
contrée,
.
quand
les
Romains
en
eurent
fait.
la
conquête,
.
Antiochus,
l'an
de
J.
C.
69,
fe
déclara
en
faveur
de
Vefpañen
contre
Vitelhius.
Depuis,
il
fournit
ces
troupes
aux
Romains
contre
les
Juifs
,
qu'il
perfécuta
beaucoup
à
la
prife
de
Jérufalem.
Ce
Prin-
ce,
quelque
tems
après
;
c’eft-à-
dire,
Pan
de
I.
C.
72,S
étant
ren-
du
fufpelt
à
l'Empereur,
comme
€ntrétenant
des
intelligences
avec
les
Parthes,
dans
le
deffein
de
{e
tévolter,
Céfennius
Pétus,
gou-
verneur
de
Syrie,
l'attaqua,
&
le
dépouilla
de
fes
États.
La
Coma-
gène
fut
réduite
en
province
Ro-
maine,
quoiqu'Antiochus
eût
deux
fils
,
Épiphane
&
Callinique,
qui,
aufh-bien
que
lui
,
après
diverfes
aventures
,
fe
retirerent
à
Rome,
4
N
137.
&t
y
vécurent
honorablement
,
mais
dans
une
condition
privée.
Cette
époque
eft
le
dernier
terme.
de
la
puiflance
des
Séleucides
,:
s'il
eft
vrai
,
comme
on
le
conjec-
ture
avec
beaucoup
de
probabili-
té
,
que
les
rois
de
Comagène
defcendoïient
des
anciens
rois
de
Syrie.
HOMMES
DE
LETTRES,
du
nom
d'ANTIOCHUS.
ANTIOCHUS
,
Aariochus
A
vrloyos
,
(a)
fils
de
Xénophañe,
étoit
né
à
Syracuie
en
Sicile.
I
florifloit
vers
l’an
416
avant
I.
C.
Ce
ne
fat
point
un
vulgaire
Éeni-
vain,
felon
Denys
d'Halicarnafle.
Ïl
avoit
compoié
en
neuf
Livres
une
hiftoire
de
la
Sicile
;
qui
commençoit
à
Cocale
,
roi
des
Sicans,
&
qu'il
continua
juiqu'à.
fon
tems,
Îl
avoit
écrit
auf
une
hiftoire
très-curieufe
de
l'Italie,
qu'il
affuroit
avoir
compofée
fur
les
monumens
les
plus
fûrs
&
les
plus
dignes
de
foi.
Pluñeurs
Ân-
ciens
citent
divers
endroits
de
cet
ouvrage
,
&entr'autres,
Feftus,
qui
appelle
mal
à
propos
Pauteur
Antigonus.
Au
refte,
cette
hifoire
ne
con-
tenoit
pas
tous
les
païs
,renfermés
fous
le
nom
d'Italie
en
général
mais
feulement
la
Calabre.
Antiochus
nous
Fapprend
lui-même,
dans
ux
fragment
,
que
nous
a
confervé
Strabon.
Quoique
les
aflaires
de
Ja
Calabre
n'aient
commencé
à
être
liées
avec
celles
des
Romains,
qu'après
la
mort
d'Antiochus
,
cer
(a)
Diod.
Sicul,
p.
322.
Strab.
p.242;
|
de
l'Acad.
des
Infer.
&
Bell.
Letr.
Tom,
52,
@
alib,
paf.
Pauf,
pag.
628.
Mém,.|
VI,
page
22,23.
Tom.
VIL
p.
304.
138
AN
Hiftorien
avoit
néanmoins
parlé
de
Rome,
dans
un
endroit
cité
par
Denys;
mais,
il
y
fuppote,
contre
la
foi
de
toute-l’antiquité,
que
la
fondation
de
cette
Ville
a
précédé
la
deftruétion
de
Froye.
Le
même
Hiftorien,
felon
Pau-
-
fanias,
racontoit
que
les
Liparéens
étoient
une
colonie
de
Cmdiens,
qui
eut
pour
chef
un
homme
de
Cnide,nommé
Pentathlns.il
a
joû-
toit
que
,
chaflés
par
les
Élymes
&tles
Phéniciens
d'une
Ville’,
qu'ils
avoient
bâtie
auprès
du
promon-
toire
de
Pachynum
en
Sicile
,
ils
allérent
occuper
des
ffles,
qu'ils
trouvérent
défertes
,
où
dont
ils
chafférent
les
habitans,
ANTIOCHUS
,
Antiochus,
Avriogos.
(a)
Celui-ci
eft
appellé
Antiochus
d'Afcalon
,
parce
qu'il
étoit
de
cette
ville.
C'eft
le
der-
nier
des
Philofophes
Académi-
ciens,
dont
l'hiftoire
foit
connue.
Cicéron,
dans
le
voyage
qu'il
fit
_
a
Athènes,
fut
enchanté
de
fa
-manière
de
parler,
qui
étoit
dou-
ce,
coulante,
&
pleine
de
grace;
maïs
,
il
n'approuvoit
pas
le
chan-
sement
qu'il
avoit
introduit
dans
la
méthode
de
Carnéade.
Car,
Antiochus
,
après
avoir
foûtenu
long-tems,avec
force,
les
dogmes
de
la
nouvelle
Académie,
qui
re-
jettoit
tout
rapport
des
fens
&
même
de
la
ralon.,
&
qui
enfei-
gnoit
qu'il
ny
avoit
rien
de
cer-
tain,
avoit
embraflé,
tout
d'un
coup,
les
fentimens
de
la
vieille
Académie;
{oit
qu'il
eût
été
défa
bufé
par
l'évidence
des
chofes
&
(a)
Plut.
Tom,
J.
pag.
519,
520;
862
,
984
Cicer.
Brut.
c.
174,
&
alib,
AN
par
le
rapport
des
fens
;
foit,
com-
me
quelques-uns
le
penfoient,
que
la
jaloufie
&
l'envie
contre
les
difciples
de
Clitomaque
&
de
Philon
leuffent
porté
à
prendre
ce
parti.
a
Lucuile
,
ce
fameux
Romam,
autant
connu
par
fon
goût
mer-
veilleux
pour
les
fciences
,
que
par
fon
habileté
dans
le
métier
de
la
guerre,
s'étoit
déclaré
ouver-
tement
pour
la
fefte
des
Acade-
miciens
,
non
de
la
nouvelle
Aca-
démie
,
quoiqu’elle
fût
alors très-
floriflante
par
lés
écrits
de
Car-
néade
,
que
Pailon
expliquoit,
mais
pour
celle
de
la
vicille
Aca-
démie,
dont
l’école
étoit
tenue
alors
par
Antiochus.
Il
avoit
re-
cherché
l'amitié
de
ce
Philofophe
avec
un
empreflement
extrême.
Il
le
logcoit
chez
lui,
&
il
s’en
{ervoit
pour
l’oppofer
aux
difciples
:
de
Philon,
parnu
lefquels
Cicéron
ténoit
le
premier
rang.
Diogène
Laërce
fait
mention
d'un
autte
Antiochus
de
Laodi-
cée
,
qu'il
dit
avoir
eté
un
Philo-
fophe
Sceptique.
Athénée
parle
encore
d’un
autre,
né
à
Alexan-
drie
,
qui
fit
une
hiftoire
des
Poë-
tes
critiqués
par
les
comédiens
de
la
moyenne
comédie.
C’eft
peut-
être
le
même
qui
publia
une
hif-
toire
des
chofes
fabuleufes
,
qu'on
difoit
être
arrivées
dans
chaque
Ville,
dont
Photius
fait
mention.
Un
Sophifte
d'Éges
en
Gilice
s'eft
aufli
appellé
Antiochus,
vers
Van
de
3.
C.
119.
Il
étoit
difciple
de
Denys
de
Milet.
Il
avoit
fait
paflim.
Roll.
Hifk.
Anc.
Tom,
VI:
pa$
432.
a
moe
sels
ass
de
«ur
Bi
rdréiéer
des
odif
lat
AN
une
hiftoire
,
dont
Philoffrate
par
le
avec
éloge
,
mais
qui
eft
perdue.
On
remarque-qu'Antiochus
em-
ployoit
fon
bien
à
fecourir
fa
pa
tre,
&
fur
tout
à
acheter
des
bleds
pour
ceux
qui
en
man-
quoient.
-
ANTIOCHUS
,
Antiochus
,
Arbre,
(2)
nom
d'un
comé-
cien,
dont
il
eft
parlé
dans
la
troifième
fatyre
de
Juyénal.
ANTIOCHUS
,
Anriochus
,
Avrioyee,
()aventurier,
Cilicien
de
nation.
Îl
fit
d'abord
le
métier
de
philofophe
Cinique,
&
dans
cet
état,
1l
ne
laifla
pas
de
fervir
uti-
lement
les
Empereurs
,
qu'il
ac-
compagnoit
à
l’armée.
Dans
des
climats,
où
le
froid
faififloit
les
foldats
,
&
les
portoit
à
l’abatte-
ment,
Antiochus
,endurei
au
mal
;
fe
jettoit
dans
la
neige,
s'y
rou-
Joit
;
&
ranimoit
par
fon
exemple
le
courage
des
troupes.
Il
fat
ma-
gnifiquement
récompenté
de
fes
LPT
e
E
«
fervices
par
Sévére
,
&
par
Cara-
Calla
lui-même.
Devenu
riche
FH
Quitta
la
beface
&
le
bâton
de
Diogène
;
&
fa
nouvelle
fortune
lui
enflant
le
cœur,
il
forma
ap-
Paremment
quelque
projet
ambi-
tleux!,
pour
l'exécution
duquel
ïl
fe
là
avec
un
certain
Tinidate,
Le
faccès
ne
répondit
point
à
leurs
vœux,
&
ils
allérent
chercher
leur
fûreté
dans
empire
des
Parthes.
Caracalla
redemanda
ces
deux
transfuges,
menaçant
de
la
guerre
,:
fon
ne
les
Ini
livroit:
Cela
con-
agnit
le
roi
des
Parthes
de
les
rendre.
Ce
fat
l'an
de
J.
C.
216.
(a)
Juven.
Satyr,
3,
v,
08.
(4)
Crév.
Hi,
des
Emp.
Tom.
V
£
h
D
cn
g
AN.
10S$
ANTIOCHUS
,
Anriochus
,
Ariege,
(c)
autrement
Xeuxis.
-
C'eff
le
titre
dun
dialogue
de
Lu-
|
cien,
qui
eft
comme
une
apologie
de
la
façon
d'écrire
de
cet
Au-
teur,
dont
il
y
a
déjà
quelque
chofe
dans
le
traité,
qui
eft
inti-
tulé
:
Contre
celui
qui
l’avoit
ap=
ellé
Promérhée,
P
JICTLES;
gui
ont
porté
le
nom
-d'ANTIOCHUS.
ANTIOCHUS
,
Anriochus
,
Arloxoc.
C'étoit
un
Juif
d'An-
tioche
,
fils
du
premier
des
Juifs
de
cette
Ville,
Il
accufa
,
en
plein
théatre
,
fon
pere
&
les
autres
Juifs,
d’avoir
voulu
la
nuit
met-
tre
le
feu
à
la
Ville.
Le
peuple
d'Antioche
ayant
oui
cette
accu-
fation
,
fe
jetta
fur
tous
les
Juifs,
qui
étoient
dans
l’aflemblée
,
&
en
tua
un
grand
nombre.
Maïs,
Antiochus
,
qui
cherchoit
moins
à
leur
faire
ôter
la
vie,
qu'a
leur
fire
abandonner
leur
réligion
,
dit
aux
habitans
d'Antioche,
que
pour
diftinguer
ceux
,
qui
étoient
entrés
dans
le
complot
de
brûler
la
Ville
|
de
cenx
qui
étoient
in-
nocens,
ils
mavoient
qu'a
les
contraindre
de
facrifer
à
la
ma-
nière
des
Gentils
,
&
que
tous
ceux
qui
refuieroient
de
le
faire,
étoient
coupables
du
crime
dont
on
les
accufoit.
Plufieurs
périrent
dans
cette
oc-
Cafñon,
aimant
mieux
mourir,
que
facrifier
aux
idoles.-
Les
autres
pag:
160,
170,
(c)
Lucian,
Tom.
I,
pag.
626.
&
fra.
y
x40
AN
apoftafiérent
,
&
fauvérent
leur
vie
par
un
facrilége.
Cela
arriva,
vers
l'an
35
après
la
Paffion
de
ANTIOCHUS
,
Aatiochus
,
…
Avrloxoc,
(a)
pere
de
Numenius,
qui
fut
député
par
Simon
Macca-
bée
vers
ceux
de
Lacédémone
,
pour
renouveller
avec
eux
lallian-
ce
des
Juits.
ANTION
,
Antion
,
{b)
fils
de
Périphas
&
d’Aftiagée,
Ïl
avoit
plufieurs
freres
;
mais
,
il
fut
le
plus
célebre
de
tous
,
pour
avoir
donné
la
naïflance
à
[xion.
ANTIOPE
,
Aniiope
;
(c)
Àvrory
,
fille
d'Afopus
,
felon
Homère.
Ce
Poëte
écrit
qu’elle
fe
vantoit
d’avoir
dormi
entre
les
bras
de
Jupiter
,
dont
elle
eut
deux
fils
,
Zéthus
&
Amphion.
C'eft
la
même
qu'Antiope,
fille
de
Ny@ée.
Voyez
fon
article.
:
C'eft
celui
qui
fuit.
ANTIOPE
,
Antiope
,
(d)
Avrlor
,
fille
de
Nyétée
,
roi
de
Thébes.
Elle
étoit
célebre
dans
toute
la
Gréce
pour
fa
rare
beau-
té.
On
la
difoit
même
fille
non
de
Nytée,
mais
du
fleuve
Afope,
ou
Afopus,
qui
arrofoit
les
terres
des
Platéens
&
des
T'hébains.
S‘é-
tant
laifié
féduire
par
fon
amant,
qu’elle
difoit
être
Jupiter
,
elle
fut
obligée,
pour
fe
dérober
à
la
co-
lère
de
fon
pere
,
de
fe
retirer
chez
Épopée
,
roi
de
Sicyone,
qui
l’époufa.
D'autres
difent
que
ce
Prince
l’enleva
,
voulant
fatis-
faire
,
à
quelque
prix
que
ce
fût,
la
(a)
Maccab.
L.
TI.
c.14.
v.
22.
(ë)
Myth.
par
M.
P'Abb,
Ban.
Tom.
VI.
pag.
315
»
316«
(c)Homer,
Odyif.
EL,
XI,v,
259,
&
feg.
AN
paffionqu'ilavoit
conçue
pourelle.
Les
Thébains,
bien
réfolus
de
ven-”
‘gercet
affront,marchérentaufhi-tôt
:
contre
lui.
Le
combat
fut
fanglant;
Nyétée
y
reçut
une
bleflure
mor-
telle.
Épopée
remporta
la
viétor-
re
;
mais,
il
fut
blefié
auf.
Nyc-
tée,
s'étant
fait
reporter
à
Thé-.
bes,
&
fentant
fa
fin
approcher,
laïffa
ladminiftration
du
royaume
à
fon
frere
Lycus;,
car,
le
royau-
me
appartenoit
à
Labdacus,
fon
pupille,
fils
de
Polydore
,
&
etit-fils
de
Cadmus.
Il
donna
auffi
la
tutelle
du
jeune
prince
à
Lycus,
mais
en
le
conjurant
de
venger
fa
mort,
de
combattre
Épopée
avec
de
plus
grandes
for.
ces
,
&
de
punir
Antiope,
fi
elle
tomboit
entre
fes
mains.
La
mort
d'Épopée,
qui
artiva
bientôt
après,
mit
fin
à
la
puerre;
car,
Lamédon,
qui
lui
fuccéda,
remit
Antiope
entre
les
mains
de
Lycus.
On
la
remena
à
Thébes;
&
ce
fut
en
y
allant,
&
près
d'Élenthére
qu’elle
fe
délivra
de
deux
enfans,
dont
elle
étoit
srofle,
far
quoi
Afius
,
fils
d'Amphipto-
1ème
fit
les
vers
fuivans
:
La
charmante
Antiope
eut
pour
pere
Afopus,
-
Pour
amant
Épopée
,;
&
Jupiter
lui-même
;
Pour
enfans
deux
héros
|
Amphion
6
Zéthus.
:
Il
y
avoit
auprès
d'Éleuthère
,
ou
plutôt
au
de-là
d’un
temple
de
Bac-
(d)
Pauf,
p.72,
953
568
578»
673°
Myth.
par
M.
l’Abb,
Ban,
Tom.
VI,
pag:
133:
Jui
dt
bis
til
à
AN
chus.,
bat
par
les
habitans
de.
cette
Ville
,
une
caverne
,
qui
nétoit
pas
grande,
&
auprès
une
fontaine
d'eau
froide.
On
dit
qu'Antiope
expofa
dans
cette
ca-
verne
les
deux
jumeaux
,
qu’elle
avoit
mis
au
monde
,
&
qu'un
berger,
les
ayant
trouvés,
les
de-
maillota
&
les
lava
dans
la
fon-
taine..
Lorfqu'Antiope
fut
en
état
d’ê-
tre
tranfportée
,
elle
fut
livrée
à
Dircé
,
femme
de
Nyée,
qui
la
traita
pendant
plufeurs
années
de
la
manière
du
monde
la
plus
cruelle
;
mais,
enfin
ayant
trouvé
le
moyen
de
s'échapper,
elle
alla
chercher
fes
deux
fils
chez
les
per-
fonnes.,
à
qui
elle
les
avoit
con-
fiés
;
&
ces
deux
Princes,
étant
entrés
à
main
armée
dans
Thé-
bes,
tuérent
Lycus,
&
attache-
tent
Dyrcé
à
la
queue
d’un
tau-
eau
indompté,
qui
la
fit
périr
miférablement-
=
:
-
Dircé
honoroit
fingulièrement
Bacchus.
Ce
dieu
indigné
de
la
cruauté
avec
laquelle
elle
avoit
été
traitée
,
s’en
vengea
fur
An-
tiôpe.
On
dit
donc
qu'Antiope
perdit
l’efprit,
-&
que
hors
d’elle-
même
elle
courut
toute
la
Grece.
Phocus,
fils
d'Ornytion,
&
petit-
fils
de
Sifyphe
,
l'ayant
rencon-
trée
par
hazard
la
guérit,
&
l'é-
poufa
enfuite,.
De-là
vient
qu'ils
eurent
une
commune
fépulture.
ANTIOPE
,
Antiope
,
(a)
Avrlomn,
l’une
des
Amazones,
fœur
d'Orythie.
Lorfqu'Hercule
vint
faire
une
irruption
dans
le
(a)
Plut.
Tom.
I.
pag.
12,13.
Juit
AN
tIAX
païs
des
Amazones,
Antiope
&
Orythie
partageoient
la
fouve-
raine
autorité.
Mais
,
celle
=
ci
étoit
occupée
à
des
guerres
étran-
gères
;
de
façon
qu'Hercule,
étant
defcendu
fur
le
rivage
,
ne
trouva
qu'Antiope
accompagnée
par
ha-
zard d’un
grand
nombre
de
fes
fujettes
,
qui
ne
s’attendoient:
pas
qu’on
dût
venir
les
infulter
jufque
dans
le
fein
de
leur
royaume,
Cette
furprife
fut
caufe
que
peu.
d’entr’elles
eurent
le
tems
de
s’ar-
mer,
pour
S’oppofer
à
une
irrup-
tion
fifoudaine
,
&
qu’elles
furent
facilement
vaincues.
On
en
tua
plufieurs.
On
en
fit
plufñeurs
pri-
fonnieres.
Antiope
fut
de
ce
nom-
bre.
Eton
la
donna
à
Théfée,
roi
d'Athènes,
pour
récompenfe
de
fa
valeur;
ce
qui
fuppofe
que
ce
Prince
fit
le
voyage
du
Pont-
Euxin
avec
Hercule.
Mais
,
la
plüpart,
&
fur
tout
Phérécyde,
Hellanicus
&
Héro-
dote
de
Pont
,
aflurent
que
Thé-
fée
fit
ce
voyage
feul
long-tems
après
Hercule,
&
qu'il
prit
cette
Reine
prifonnière
;
ce
qui
ef
beaucoup
plus
vraifemblable.
Car,
on
ne
lit
pas
que
de
tous
ceux,
qui
l'accompagnoient
à
cette
expé-
dition
,
autre
que
lui
,
ait
pris
une
Amazone.Bionraconte
même
que
Théfée
l’enleva
par
furprife;
car,
il
dit
que
,
comme
les
Amazones
aimoient
naturellement
les
hôm-
mes,
bien
loin
de
fuir
Théfee,
quand
il
entra
en
armes
dans’
leur
pais
,
elles
allérent
au-devant
de
lui,
&
lui
offrirent
des
préfens
;
:
pag.
3,
77.
Myth.
par
M.
l'Abb,
Ban,
L.
II,
c.
4
Diod,
Sicui,
p,
163;
Paul,
j
Tom.
VIE.
pag..46
»
47:
}
sr
142
AN.
que
Théfée
invita
celle,
qui
les
portoit,
à
entrer
dans
fon
vaifleau,
&
qu'il
mit
tout
auflistôt
à
la
voile.
Un
certain
Ménécratès,
dans
une
hiftoire
,
qu’il
avoit
faite
de
la
ville
de
Nicée
en
Bithynie,
difoit
que
Théfée,
emmenant
avec
lui
Antiope,
féjourna
quelque
tems
ans
ce
lieu-la;
que
parmi
ceux,
qui
l'accompagnoient,
il
y
avoit
trois
jeunes
Âthéniens,
qui
étoient
freres,
Eunée
,
Thoas
,
&Soloon;
que
lé
dernier
étant
devenu
amou-
reux
d'Antiope,
découvrit
fon
{e-
cret
à
un
de
fes
camarades
,
qui
alla,
fans
différer,
parler
de
fa
paffon
à
cette
Princefle;
qu'elle
rejétta
fort
loin
fes
propoñitions
;
&t
que
du
refte
elle
prit
la
chofe
avec
beaucoup
de
donceur
&
de
fagefle.
Car,
elle
ne
fit
aucun
éclat,
&
n’en
découvrit
rien
à
Fhéfée.
Cependant,
cet
enlévement
d'Antiope
donna
lieu
à
une
puer-
re.
Les
autres
Amazones
vinrent
attaquer
les
Athéniens
dans
leur
pais.
Mais,
ceux-ci
en
firent
un
grand
carnage.
Le
quatrième
mois
il
ÿ
eut
un
traité,
qui
fut
conclu
par
le
moyen
d'Antiopé,
D’autres
écrivent
pourtant
qu'elle
fut
tuée
d'un
coup
de
javelor
par
üne
au-
tre
Amazone
,
nommée
Molpa=
dia,
comme
elle
combattoit
vail-
lamment
près
de
Théfée
;
en
mé-
moire
de
quoi
on
lui
éleva
fur
fon
tombeau
la
colomne
qui
étoit
près
du
temple
de
la
terre
Olympi-
(a)
Plut.
Tom.
I.
pag,
ç0.
(>)
Jofeph,
de
Antig.
Judaïc.
p.
çg0.
d
fed:
Matth.
c.
14,
v.
3,
dx
feg
Luc
C.
34
Vs
19,
20,
C.
23.
V°
11,
Crév,
Hift,
AN
que.
Pour
ce
que
le
poëte
de
fa
1
héféide
écrit,
que
les
Amazones
“entréprirent
cette
guerre
pour
venger
l’affront
que
Fhéfée
avoit
fait
à
Antiope
,
en
la
quittant
pour
époufer
Phédre
;
&
qu'Hercule
les
mit
à
mort,
cela
paroit
trop
ouvertement
une
fable
&t
un
conté
fait
à
plaiir.
Il
eft
certain
que
Théfée
n'époufa
Phédre,
qu'après
:
la
mort
d'Antiope
,
dont
il
avoit
eu
un
fils,
nommé
Hippolyte,
ou,
felon
Pindare,
Démophoon.
Il
y
en
a
qui
donnent
à
Antiope
même
le
nom
d'Hippolyte.
ANTIOPÉ,
Aatiopa
,
tte
d'une
piéce
du
poëte
Pacuvius.
ANTIORUS,
Antiorus
,
(a}
A'rrlepos
,
fils
de
Licurgue.
C'eft
le
feu]
qu’ait
laflé
ce
fameux
Lé-
gilateur
de
Sparte.
Encore
mou-
rut-il
fans
laifier
de
poftérité,
Ainft
il
fut
le
dernier
de
{a
race.
ANTIPARASTASE,
Ant-
paraffafis
,
figure
de
Rhétorique,
qui
confifte
en
ce
que
l’accufe
ap-
porte
dés
raïfons,
pour
prouvét
qu'il
devroit
plutôt
être
loué
que
:
blêmé
,
s'il
étoit
vrai
qu'il
eût
fait
ce
qu'on
lui
oppofe.
x
ANTIPAS,
Antipas,
AyriTaés
@)
fils
du
grand
Hérode
,
&
d'une
de
fes
femmes
,
qui
fe
nommoit
Cléopâtre,
&
qui-étoit
de
Jéru*
faem.
Hérode
avoit
déclaré
An-
tipas
fon
fuccefleur
an
royaume
de
Judée
dans
fon
premier
tefla-
ment;
mas
,
enfuite
il
changea,
&
nomma
Aïchélaüs,
roi
de
Ju-
dée
,
ne
donnant
à
Antipas
quelle
des
Emp.
Tom.
?.
pag.
182.
Tom.
Ml.
pag.
68.
Mém,
de
J'Acad.
des
Infcript-
&
Bel],
Éctt,
Tom,
XXI,
p.
268:
dr
Juive
hs
E
met
dé
bn
tt
dt
Ce
lant
ddr
20
aide
érii
Sses
‘onde
ir
énbe
dr
ie
nice
OnE
et
Mt
Enbdée
1
SC
se
ip
qu
de
|
ÿ
À
N
titre
de
Tétrarque
de
la
Galilée
&
de
la
Pérée.
Archélaüs
étant
alle
à
Rome
pour
y
faire
confirmer,
par
Augufte,
le
teftament
de
fon
père,
Antipas
y
alla
aufli.
L’Em-
pereur
donna
à
Archélaüs
la
moi-
té
de
ce
qui
lui
étoit
afhgné
par
le
teflament
d'Hérode,
avec
la
qualité
d'Ethnarque,
lui
promet-
tant
quil
lui
accorderoit
le
titre
de
Roi,
dès
qu'il
s’en
feroit
montré
digne
par
fa
vertu.
Ses
revenus
Étoient
de
600
talens.
Quant
à
Antipas
,
Augufte
lui
donna
la
Galilée
&
la
Pérée,
qui
lui
rap-
portoient
200
talens
;
enfin,
il
don-
ña
à
Philippe
,
autre
fils
d'Hérode,
la
Batanée,
la
Trachonite,
&
l'Auranite
,
avec
quelques
autres
places.
Le
tont
lui
faïfoit
un
re-
venu
de
cent
talens.
Antipas,
qui
prit
depuis
le
nom
d'Hérode
,
étant
de
retour
en
Ju-
dée
»
Sappliqua
à
orner
&
à
for-
tifier
les
principales
places
de
fes
États.
Il
donna
à
Bethfaide
le
nom
de
Juliade
,
en
l'honneur
de
Julie,
femme
d'Augufte
;
&
à
Cinné-
réth,
celui
de
Fibériade
,en
l'hon-
neur
de
Tibère.
Il
avoit
époufe
la
lle
d'Arétas,
roi
d'Arabie,
qu'il
répudia
,
vers
l'an
de
J:
C.
35,
Pour
époufer
Hérodiade,
fa
belle-
Μur,
femme
de
fon
frere
Philip-
pe,
qui
étoit
encore
vivant.
Saint
Jean-Baptifte
ne
ceflant
de
crier
Contre
ce
rapt
&
cet
incefte
,
An-
tipas
le
fit
arrêter
|,
&
mettre
en
Prifon
dans
Je
château
de
Maqué-
ronte.
Jofephe
prétend
qu’Antipas
avoit
fait
arrêter
S.
Jean
,
que
parce
qu'il
attiroit
trop
de
monde
auprès
de
lui,
&
qu'il
craignoit
qu'il
ne
fe
fervit
de
l'autorité,
qu'il
AN
143
avoit
acquife
fur
l’efprit
du
peuple,
pour
le
porter
à
la
révolte.
Mais,
Jofephe
a
pris
le
prétexte
pour
la
vraie
caufe.
Les
Évangéliftes
,
mieux
informés
que
lui,
puifqu'ils
étoient
témoins
oculaires
de
ce
qui
fe
pailoit,
&
qu'ils
connoif-
foienr
Saint
Jean
&
fes
Difciples
d'une
manière
particulière,
nous
aflurent
que
la
véritable
raïfon
de
la
détention
de
$.
Jean,
fut
la
ha
ne,
que
lui
portoient
Antipas
&
Hérodiade
,
à
caufe
de
la
liberté
avec
laquelle
il
reprenoit
leur
ma-
riage
fcandaleux.
La
fainteré
&
la
vertu
de
Saint
Jean
étoient
telles,
qu’Antipas
même
le
craignoit
,
le
refpettoit,
&
faifoit
beaucoup
de
chofes
en
fa
“confidération.
Mais
,
fa
pañlion
pour
Hérodiade
lauroit
porté
à
le
faire
mourir,
s’il
n’eût
été
re-
tenu
par
la
crainte
du
peuple
,
qui
regardoit
Jean
-
Baptiite
comme
un
prophète.
Comime
on
célébroit
le
jour
de
la
naïffance
de
ce
Prin-
ce,
la
fille
d'Hérodiade
danfa
au
milieu
de
l’affemblée
,
&
elle
Ini
plut
beaucoup
;
de
forte
qu'il
pro-
mit
avec
ferment
de
lui
donner
tout.
ce
qu'elle
lui
demanderoit,
Elle,
à
l'inftigation
de
fa
mere,
lui
dit
:
»
donnez-moi
préfente-
»
ment
dans
un
baffin
la
tête
de
»
Jean-Bapufte.
«
Antipas
en
eut
de
la
peine
;
néanmoins
à
caufe
de
fes
fermens,
&
de
ceux
qui
étoient
à
table
avec
lui,
il
com-
manda
qu'on
la
lui
donnât,
&il
envoya
décapiter
Jean
dans
la
pri-
fon.
Sa
têre
fut
apportée
dans
un
baffin
,
&
donnée
à
cette
fille,
qui.
la
porta
à
fa
mere.
Arétas
,
roi
d'Arabie,
pour
fe
246
A°N-
lui
étoit
écrit.
Tranfporté
de
joie
d’une
guérifon
fi
miraculeufe
,
il
remercie
Anyté,
&
la
renvoye,
après
lui
avoir
compté
deux
mille
‘piéces
d’or,
fuivant
l’ordre
conte-
nu
dans
la
lettre.
ANYTUS,
Anytus,
À'wros,
{a)
lun
des
Titans.
On
voyoit
dans
un
temple
d'Arcadie,
près.
de
la
divinité
favorite
,
Anytus
dans
l'équipage
d’un
homme
de
guerre.
Les
Miniftres
du
temple
difoient
que
la
Déefle
avoit
été
élèvée
par
cet.
Anytus.
ANYTUS,
Anytus
,
ArvTe
;
(2)
rhéreur,
d'Athènes
,
fils
d'An-
thémica,
étoit
l’un
des
amans
d'ÂAicibiade.
Un
jour,
qu'il
don-
noit
à
fouper
à
quelques
étran-
érs,
il
envoya
aufh
prier
Alci-
Pa
Alcibiade
refufa
;
mais,
le
foir
,
après
avoir
fair
la
débauche
chez
lui
,
avec
fes
amis
,
plein
de
vin
,
il
alla
en
mafque
chez
Anytus,
s'arrêta
fur
la
porte
de
la
falle
du
feftin
,
&
voyant
le
buffet
&
les
tables
couvertes
de
vaiflelle
d’or
&
d'argent
,
il
com-
manda
à
fes
efclaves
den
pren-
dre
la
moitié
,
&
de
l'emporter
chez-lui
;
après
quoi
il
s’en
re-
_
tourna
,
n'ayant
pas
feulement
daigné
leur
faire
l’honneur
d'en-
trer.
Les
étrangers
,
qui
étoient
à
table,
murmuroïient
hautement
de
cet
afront
,
&
difoïent
qu’Alcibia-
de
traitoit
Anytus
avec
trop
de
mépris
&
d'infolence.
»
Point
du
»
tout,
reprit
Anytus
;
au
con-
»
traire
,
il
me
fait
honneur
&
»
grace
;
Car
,
il
pouvoit
tout
(a)
Pauf.
pag.
s15-
()
Lucian,
Tom.
E.
pag:
397
,
1002.
|
v.
3.
AN
»
prendre,
&
il
nous
en
a
laïffé
»
la
moitié.
«
C’eft
Plutarque
,
qui
raconte
cette
aventure,
comme
un
exem-
pile
des
infultés
,
qu'Alcibiade
fai-
{oit
quelquefois
à
{es
amans,
Mais,
on
eft
furpris
qu'il
ait
fuivi
une
tradition
fi
défavantagenfe
à
Alci-
biade;
car,
il
femble
que
Pintérèt
ait
plus
de
part
à
Pinfulte
qu'il
fait
a
Anytus,
que
Penvie
de
lui
faire
un
afrront.
Âthénée
raconte
cette
hiftoire
d’une
manière
bien
plus
fine.
Il
dit
qu'Alcibiade
étant
allé
en
mafque
chez
Anytus,
avec
un
de
fes
amis,
nommé
Thrafyilus,
qui
étoit
pauvre
,
&
s'étant
ap=
proché
du
buffet,
chargé
de
vaif-
{elle
d'or
&
d'argent,
but
à
la
fanté
de
Thrafyllus,
&
ordonna
à
fes
efclaves
de
prendre
la
moï-
_tié
du
buffet,
&
de
le
porter
chez
Thrafyilus.
Alcibiade
prit
donc
cette
argenterie
à
un
de
fes
amans,
qui
étoit
riche
,
pour
la
donner
à
un
autre,
qui
étoit
pauvre,
&C
nullement
pour
en
profter.
Anytus
eft
regardé
comme
le
premier,
qui
ait
employé
largent
à
Athènes,
pour
corrompre
les
Juges.
Ce
fut,
lorfqu’on
l’accufoit
d'avoir
livré
le
fort
de
Pyle
aux
ennemis,
fur
la
fin
de
la
guerre
du
Péloponnèfe.
Comme
1l
étoit
l'ennemi
déclaré
de
Socrate
,
ül
engagea
Ariftophane
à
compofer
une
comédie
contre
lui
;
êc
s'étant
joint
à
Mélitus
&
à
quelques
au-
tres
,
il
ft
condamner
Socrate
à
mort,
fous
la
95e
Olympiade,
environ
400
ans
avant
J.
C-
pag.
193,
220.
Horat.
L.
II,
Saryr.
4°
Mém,
de
l’Acad,
des
Infcript.
&
Xenoph,
pag.
706:
707,
Plut,
Tom,
1,iBcli,
Lett,
Tom,
ÆVe
pag.
145»
|
8
=
A
O
Mais,
lorfque
l'innocence
de
ce
Philofophe
fut
connue,
le
peuple
s’elèva
contre
fes
accufateurs,
&
Anytus,
s'étant
fauvé
à
Héraciée,
en
fut
chaflé
par
les-habitans.
Se-
lon
Thémiftus,
1l
y
fut
aflommé
à
coups
de
pierre.
ANYTUS
,
Anytus
,
A'wrec
,
(2)
furnommé
Laciade.
Il
eft
parlé
de
cet
Anytus
dans
un
difcouts
de
Démofthène,
A
O
…
AOD,
4od,
Aus,
(b)
fils
de
Géra,
de
la
tribu
de
Benjamin.
On
remarque
qu’il
fe
fervoit
de
la
main
gauche
,
comme
de
la
main
droite,
Églon,
roi
des
Moabites,
ayant
opprimé
les
Ifraëlites
pen-
dant
dix-huit
ans
,
Dieu
leur
fuf-
cita
un
libérateur
dans
la
perfonne
d'Aod,
ou
Éhud,
comme
le
pro-
noncent
les
Juifs
,
ou
Ajoth,
comme
on
lit
dans
quelques
exern-
plaires
des
Septante
,
ou
Judé,
comme
porte
le
texte
de
Jofephe.
Les
enfans
d'Ifraël
envoyérent
par
Aod
des
préfens
à
Églon.
Aod
fe
fit
faire
une
dague
à
deux
tran-
chans
,
longue
d’une
coudée,
&
qui
avoit
une
garde
de
la
lon-
gueur
de
la
paume
de
la
main.
Il
R
mit
fous
fa
cafaque
à
fon
côté
droit,
&
il
offrit
fes
préfens
à
glon.
Or,
ce
Prince
étoit
extré-
-mement
gros.
Aod.,
‘lui
ayant
offert
{es
préfens,
s’en
retourna
-
avec
fes
compagnons
,
qui
étoient
venus
avec
lui.
Puis
étant
revenu
de
Galgala
,
où
il
y
:avoit
des
idoles
,
il
dit
au
Roi
:
»
J'ai
un
»
mot
à
vous
dire
en
fecret,
Ô
(4)
Démofth.
pag,
871,
À
O
247
»
Prince.
«
Le
Roi
lui
ayant
dit
d'attendre
un
moment,
tous
ceux,
qui
étoient
auprès
de
fa
perfonne,
{ortirent.
Alors,
Aod
s’approcha
du
Roi,
qui
étoit
feul
,
aflis
dans
fa
chambre
d'été,
&
lui
dit:
»
Jai
»
un
mot
à
vous
dire
de
la
part
»
de
Dieu.
«
Aufli-tôt,le
Roi
fe
leva
de
fon
trône.
Et
Aod
ayant
porté
la
main
à
la
dague
,
qu'il
avoit
à
{on
côté
droit,
la
tira,
&
la
lui
enfonça
fi
avant
dans
le:
ventre
,
que
la
poignée
y
entra
toute
entière
avec
le
fer,
&
fe
trouva
ferrée
par
la
grande
quan-
tité
de
graïfle,
qui
fe
rejoignit
par=
deffus.
Aod
ne
retira
point
fa
da=
gue
;
mais,
après
avoir
conné
le
.
coup
,
il
la
laïffa
dans
le
corps,
&
aufli-tôt
les
excrémens”qui
étoient
dans
le
ventre
;’s’écou-
lérent
par
les
condui#fs
naturels.
_Aod
,
ayant
ferméà
clef
avec
grand
foin
les
portes
de
la
cham-
bre,
fortit
par
la
porte
de
der-
tière.
__
Cependant
les
ferviteurs
du
Roi
,
étant
venus,
trouvérent
la
porte
fermée
,
&
dirent:
»
C'eft
»
peut-être
qu'il
a
queloue
befoin
».
dans
fa
chambre
d'été.
«
Après
avoir
long-tems
attendu,
jufqu’à
en
devenir
tout
honteux,
voyant
que
perfonne
n’ouvroit,
ils
prirent
la
clef,
ouvrirent
la
chambre
,
&
trouvérent
leur
Seigneur
étendu
.
mort
fur
la
place.
Pendant
ce
grand
trouble
|
où
ils
étoient,
Aod
trouva
le
moyen
de
{e
fau-
ver,
&
ayant
palié
le
lieu
des
idoles
,
d’où
il
étoit
revenu
,
it
vint
à
Séirath.
Aufli-tôt.,il
fonna
z
4)
Judic.e,
3:
vs
7s
+
Ras
RO
.
+
#
240.
AO
de
la
trompette
fur
la
montagne
d'Éphraim
,
&les
enfans
d'Ifraël
defcendirent
avec
Aod.,
qui
mat-
choit
à
leur
tête.
-Et
il
leur
dit:
»
Suivez-moi;
car,
le
Seigneur
»
nous
a
livré
entre
les
mains
les
»
Moabites
nos
ennemis.
«
Les
Hraëlites
fuivirent
Aod,
{
faif-
rent
des
pgués
du
Jourdain,
par
où
lon
palñoït
au
païs
de
Moab,
&
ne
laifférent
païñler
ancun-des
Moabites.
Ils
en
tuérent
environ
dix
mille,
qui
étoient
tous
des
hommes
forts
&
vaillans,
&
nul
-d'entr'eux
ne
put
échapper.
Moab
fat
humilié
en
ce
jour-là
fous
la
main
d'fraël,
&
le
pais
demeura
en
paix
pendant
quatre-vingts
ans;
c'elt-à-dire
,
depuis
l'an
du
mon-
de
2679,
juiqu'à
2759,
&
avant
3:C.
T2AT.
;
Après
Aod,
Samgar,
fils
d’A-
nath,
fut
mis
en
fa
place,
C’eft
lui,
qui
tua
fix
cens
Philiftins
avec
un
{oc
de
charrue,
Re
AGDÉ
,
Aœde,
A'uly,
nom
d'une
des
Mufes.
Voyez
Mufes.
AOLLIUS,
Aollius,
Aonxoc,
(2)
fils
de
Herfilie
&
de
Romulus,
_felon
quelques-uns.
Il
avoit
une
fœur,
qui
fut
appellée
Prima
,
parce
qu'elle
n’aquit
la
première.
Pour
lui,
il
fut
appellé
Aollius,
à
Caufe
d’un
nombre
de
peuples,
que
fon
pere
avoit-ramaliés
de
toutes
parts.
Gar,
en
Grec,
Æol-
Zées
fignifie
des
gens
affemblés.
Dans-les
fiécles
frivans,
Aollius
fut
nommé
Abillius,
comme
l'é-
crit
Zénodotus
le
Trézénien
,
qui
trouve
en
cela
beaucoup
d’Au-
(2)
Plur,
Tom,
I.
pag,
26,
{(&)
Strab.
p.327,
401.
Ovid.,
Metam,
L.
I,
ce
11,
L,-III.
Ce
6,-Pauf,
pag:
548
ER
A
D:
teurs
,
qui
le
contredifent,
+
AON,,
Aox,-étoit
fils
de
Nep=
-
tune.
Ce
Prince
ayant
été.
obligé
de
fuir:
de
l’Apulie,
vint
dans
la
-Béotie,
où
ik
s’établir
fur
des
mon
tagnes
,
qui,
de
{on
nom,
furent
appellées.
Aoniennes.
AONIDES
,
Aonides,
furnom
que
les-Poëtes
ont
donné
aux
Mu-
fes.
Voyez
Aoniens.
AONÏIE
,
Aonia,
contrée
de
la
Gréce
,
qui
fut
ainfi
appellée
des
monts
Âoniens.
Foyez
Ao-
miens,
re
es
AONIENS
,
Aones
,
Aovcc
,
(2)
peuples
de
Gréce
,
que
Stra-
bon
place
au
rang
des
Barbares,
qui
occupérent
d’abord
la
Béotie.
Îs
y
étoient
venus,
felon
ce
Géo-
raphe,
de
Sunium
,
ainfi
que
les
Runbicee
ou
Femmices.
Paufa-
nias
croit
qu'ils
étoient
originaires
de
la
Béotie
même,
Voici
comme
il
s’en
exprime
:
»
On
croit
que
»
les
premiers
peuples,
qui
ont
»
habité
la
Thébaide
|
étoient.
»
Eéténes,
&
qu'ils
-avoient
pour
»
roi
Opypus
;
qui
étoit
Jui-mé-
».
meenfant
de
la
terre
;
c'eft-à-
»_dire,
originaire
du
pais..De=là
».
vient
que
la
plüpart
des
Poëtes
»
donnent
à
Jhébes
le
furnom
»
d'Opyvies.
On.
dit
que
tout
ce
»
peuplé
périt
de
la
peñle
,;
&
;
TOY
TE:
k
»
qu'aux
Ecténes
fuccédérent
les
».Hyantes
&
les
Aoniens
,
peu-
»
ples,-comme
je
crois,
de
la
-
».Béotie,
&
nullement
étrangers.
»
Enfuite
Cadmus,
étant
venu
de
»_Phénicie
avec
nne
armée
,
li-
»
Via
combat
aux
Hyantes
,-&
540.
Myth:
par
M,
V'Abb,
Ban.
Tom
IV,
pag.
230.
A
O.
n
lesdéfir,
Ces
peuples,
fe
voyant
»
fubjugués,,
s’enfuirent
durant
la
»
nuit,
&
allérent
chercher
une
»
retraite
ailleurs:
Mais,
les
Ao-
»
niens
fe
foumirent
au
vain-
»
queur.,
qui
leur
permit
de
ref-
»
ter
dans
le
pais,
enforte
qu'ils
»
ne
firent
plus
qu'un
peuple
avec
»
les
Phéniciens.
Ils
gardérent
»
donc
les
habitations
qu'ils
a-
:
»
voient
dans
les
villages:
«
Le
nom
d'Aonie
eit
célebre
chez
les
Poëtes.
On
croit
qu'ils
ne
l’ont
employé
fi
fréquemment,
que
parce
que
la
mefure
de
ce
mot
leur
étoit
favorable,
On
ne
voit
pas
d’ailleurs
que
les
Hifto-
riens-s’en
foient
fervis.
-
Ona
donné
aux
mufes
le
fur-
nom
d'Aonides.
M,
PabbéBanier,
dans
fa
Mythologie,
dit
que
ce
farnom
eft
tiré
des
montagnes
de
Béotie
,
appellées
Aonieanes
,
d'où
cette
Province
elle-inême
eft
fouvent
nommée
Aonie.
Et
ces
Montagnes
,
felon
certains,
pri-
rent
leur
nom
d'Aon
,
fils
de
Neptune.
*AORASIE,,
Aorafie,
terme,
quiéft
compofé
de
&
privatif,
&
‘pau;
video
,-je
vois
;
c'elt-à-
dire,
qu'Orafe
fignifie
invifbilité,
€s
Anciens
étoient
perfuadés
que
,
lorfque
les
dieux
venoient
Parmi
les
hommes
,
&
conver-
Dientavec
eux,
leur
divinité
ne
Le
manifeftoit
jamais
en
face,
Îls
ne
fe
faifoient
reconnoitre
que
pat
derrière,
dans
le
moment
qu'ils
À
retitoient.
C’eft
ainf
que
Nep-
tune,
dans
Homère,
après
avoir
parlé
aux
deux
Ajax;
fous
ja
f-
(#)
Pauf,
pag,
107:
pe
“AO
249
gure
de
Calchas,
weft
reconanm…
d'eux
qu'à
fa
démarche
par
derrië-
re,
lorfqu'illes
a
quittés.
Vénus
apparoît
à
Énée
,
fous
les
traits
d’une
chafleufe
;
&
{on
fils
ne
la
reconnoît
que
quand
elle
:
-{e
retire,
fa
tête
rayonnante,
fa
robe
abattue,
&
fa
divinité,
pour
af
dire,
étant
trahie
par
la
ma-
jeté
de
fa
démarche.
AORTS
;
Aoris,
Aope,
(a)
fils
d'Âräs,
avoit
une
fœur,
nom-
ée
Aréthyrée.
Les
Phliafiens
di-
foient
qu'ils
furent
lun
&
l’autre
grands
guerriers
&
grands
chaf-
feurs.
Aréthyrée
étant
morte,
fon
frere
Aoris,
pour
faire
hon-
eur
à
la
mémoire
de
fa
fœur,
voulut
que-tout
le
pais
portât
le
nom
d'Areéthyrée
;
&
Homère
a
parlé
de
ce
païs
fous
ce
nom-là,en
faifant
le
dénombrement
des
pen-
ples
,
qui
fuivoient
Les
enfeigues
d'Agamemnon.
Tous
foldats
avuerris
de
la
fertile
ornée
,
Ou
du
païs
voifin
l’heureufe
Arë-
thyrée.
à
AORISTE,
Aorifius,
terme
de
grammaire
Grecque-,
&
de
gram-
maire
Françoife.
Ce
térme,
qui
vient
du
Grec
,veut
dire
indéfiu,
indéterminé
ILeft
en
effet
com-
pofé
de
&
privatif,
&
de
es
terminus,
limes
;
terme,
limit;
c'eft-à-dire,
qui
n’a
point
de
li-
mIfess-
:
ë
Aorifte
fe
dit
donc
d’un
tems,
&
für
tout
d'un
prétérit
imdéter=
miné,
J'ai
fait,
eitun
prétérit
dé=
terminé,
où
plutôt
abfolu;
au
lieu:
«
250
A
O
que
je
fs
,
eft
un
Aorifte
;
c’eft-
à-dire,
un
prétérit
indéfini,
indé-
terminé,
ou
plutôt
un
prétérit
re-
latif,
Car,
on
peut
dire
ab{olu-
ment:
J'ai
fait
,
J'aiécrir,
j'ai
donné,
jai
mangé
;
|
ai
br
:
au
Û
»
J
DES
JRISDES
Feu
que
,
quand
on
dit
:
Je
fs,
J'écrivis
>
Je
donnai
>
Je
mangeai,
Je
bus
,
il
faut
ajoûter-
quelque
autre
mot,
qui
détermine
le
tems,
Où
l’aétion
,
dont
on
parle,
a
été
faite:
par
exemple
,
je
fs
hier
ne
Per
J'écrivis
il
y
a
quinxe
jours
,
&c.
Il
faut
obferver
1.°
que
l’on
ne
doit
fe
fervir
de
l'Aoifle
,
que
Pour
marquer
un
terms
qui
foit
au
moins
éloigné
d'un
jour
de
cel,
où
l'on
parle.
Ainfi,on
ne
pourroit
pas
dire
:
Je
reçus
de
l’aroent
ce
matin
;
parce
que
ce
matin
fait
partie
du
jour
,
où
l’on
eft
encore.
2.°
Que
;
pour
employer
ce
même
Âorifle,
ce
n’eft
pas
aflez
que
le
tems,
dont
on
parle,
foit
éloigné
de
plus
d’un
jour
de
celui,
où
l'on
eff,
il
faut
encore
qu'il
n'en
refte
plus
rien,
&
que
l’on
n'y
foit
plus
renfermé.
Ainf,
il
ne
feroit
pas
permis
de
dire
:
Nous
yimes
de
grands
évenemens
dans
ce
fiècle
,
dans
cette
année,
dans
Ce
mois
,
dans
cette
femaine
,
parce
que
le
fiécle,
l'année,
le
mois
;
&
la
fémaine
,
dont
on
parle
;
font
des
efpaces
de
tems,
qui
ne
font'pas
encore
pañlés,
&
où
l’oneft
encore
renfermé.
Mais,
il
faudroit
dire
,
en
fe
fervant
du
prétérit
abfolu:
Nous
avons
vu
de
grands
événemens
dans
ce
fiécle
,
dans
cétfe
année;
dans
ce
mois,
dans
cette
femaines
on
*
:
RER
HORLTS.
À
O
AORNE,
Aornon,
A’
opror
$
(z)
nom
d'un
rocher
des
Indes,
fort
célebre.
On
dit
qu'Herenle
l'affiégea,
&
quil
fur
contraint
d'en
lever
le
fiége
par
un
trem-
blement
de
terre.
Les
peuples
des
environs
,
chaflés
de
leurs
Villes
par
Alexandre
le
Grand,
fe
re-
tirérent
fur
ce
rocher.
Comme
ce
Prince
ne
fçavoit
par
où
l'atta-
quer
,
parce
que
c’étoit
un
ro-
cher
,
efcarpé
de
tous
côtés,
il
y
eut
un
homme
du
pais,
qui
le
vint
trouver
avec
deux
de
fes
en-
fans,
&
lui
offrit
de
lui
montrer
.
un
chemin,
pour
monter
au
haut
du
rocher,
moyennant
quelque
récompenfe.
Le
Roï
lui
promit
quatre-vingts
talens
;
&
ayant
re-
tenu
Pun
defes
fils
en
ôtage,
ile
renvoya
pour
exécuter
ce
qu'il
promettoit,
&
lui
donna
quelques
foldats
armés
à
la
legére,
fous
la
conduite
de
Mullinus
,
fecrétaire
de
fes
commandemens
,
qui
de-
voient
gagner
le
fommer
par
des
détours,
fans
être
apperçus
des
ennemis,
Aurefte,
ce
rocher
n'avoit
pas,
comme
d’autres
,
de
petites
pen=
tes
aifées
pour
y
monter;
mais,
il
s'élevoit
en
forme
de
bute
;
&
étant
fort
large
par
le
bas,
il
alloït
toujours
en
s’étréciflant
,
jufqu'en
haut,
de
facon
qu'il
fe
terminoit
en
ponte,
Le
fleuve
Indus
pafloit
au
pied,
ayant
fes
rives
droites
&
élevées
de-çà
&
de-là,
De
l'autre
côté
,
il
y
avoit
de
grandes
fondrières
,
qu'il
falloit
fe
réfoudre
defemplir
,
fi:
Fon
vouloit
pren-
dre
la
place
;
mais,
il
fe
trouvoit
bas:
688.
Q:
Curt,
L,
VIII,
c,
11e
À
O
à
une
forêt
fort
à
propos,
qu'A-
lexandre
fit
abattre
,
avec
ordre
de
ne
prendre
que
les
troncs
des
atbres
,
qu'on
ébranchoit
,
pour
les
porter
plus
aïfément.
Il
jerta
lui-même
,
dans
ces
gouffres,
le
premier
tronc
d'arbre,
dont
toute
l'armée
fit
un
cri
d’alégreile
;
&
tout
le
monde
travaillant
avec
ar-
deur
à
l’ouvrage,
que
le
Roi
avoit
commencé
,
tout
fut
achevé
en
fept
jours,
En
même-tems,
ayant
téfolu
de
faire
une
atraque
,
1
commanda
aux
archers
&
aux
Agriens.
de
monter
fur
le
rocher.
_Î
choifit
trente
jeunes
hommes
des
plus
vaillans
de
fa
compagnie,
&t
leur
donnant
pour
chefs
Ce
&
un
autre
officier
qui
s’appelloit
Alexandre
,
il
exhorta
ce
dernier
de
fe
fouvenir
du
nom
qu'il
por-
toit,
=
.
D'abord,
on
ne
fut
pas
d'avis
que
le
Roi
s’y
hazardât,
le
péril
étant
trop
évident;
mais,
la
trom-
pette
n'eut
pas
plutôt
fonné,
que
ce
Prince,
qui
n’étoit
pas
maître
de
fon
courage
;
ordonna
à
fes
gardes
de
le
fuivre
,
&
fut
le
pre-
Mmier
à
grimper
fur
le
rocher.
Dès.
lors,
il
n’y
eut
plus
perfonne
,
qui
fe
tint
en
fon
pofte;
les
voilà
tous
après
lui,
où
plufieurs
périfloient
miférablement
,
tombant
des
ro-
chers
dans
la
rivière
,
qui
les
en-
eloutifloit
dans
fes
.
un
fpeétacle
bien
pitoyable
,
mé-
Ie
pour
ceux
qui
n'avolent
point
Couru
de
rifque.
Mais
,
comme
ils
f
trouvoient
expofés
au
même
“anger
,
leur
compañlion
fe
tour-
nant
en
peur,
ils
ne
fongeoient
‘
plus
qu’à
leur
propre
falut.
Cependant,ils
s'étoient
engagés
res.
C'étoit
À
O
254
fiavant,
qu’il
falloit
vaincre,
où
mourir
;
Car,
les
Barbares
rou-
loient
de
grofles
pierres
fur
ceux
qui
montoient,
lefquels
ayant
dé-
ja
bien
de
la
peine
à
fe
tenir
en
des
lieux
fi
gliffans
,
tomboient
dans
des
précipices.
Cependant
Alexandre
&
Carus,
que
le
Rai
avoient
envoyés
devant
avec
les
trente
jeunes
hommes
d'élite
,
avoient
déjà
gagné
le
haut,
&
étoient
aux
mains
;
mais,
parce
-que
l’ennemi
tenoit
encore
Le
fom:
met,
pout
un
Coup
qu'ils
don-
noient,
ils
en
recevorent
plufeurs.
Alexandre
fit
voir,
en
ce
combat,
qu'il
fe
fouvenoit
de
{on
nom
&.
dé
fa
promefle
;
mais,
comme
il
ne
fe
ménageoït
point,
&
qu'on
le
chargeoit
de
tous
côrés,
il
fut
accablé
de
coups:
Carus
,
le
voyant
par
terre
,
n'eut
foin
que
de
le
venger;
&
fe
jettant
à
tra-
vers
les
ennemis,
il
en
tua
plu-
feurs
de
fon
javelot
,
&
d’autres
à
coups
d'épée,
jufqu'à
ce
que,
ne
pouvant
réfifter
feul
à
un
fe.
grand
nombre
,
il
tomba
mort
fur
le
corps
de
fon
ami.
:
Le
Roi
afligé
,
comme
il
de-
voit,
de
la
perte
de
deux
f
bra-
ves
hommes,
&
de
fes
autres
{ol-
dats
,
fit
fonner
la
retraite.
Le
bon
ordre
&
la
contenance,
dont
ils
la
frent,
fut
ce
quiles
fauva
;
car,
les
Barbares
fe
contentérent.
d’a-
voir-repouilé
l'ennemi,
&-ne
le
pourfiivirent
pas
davantage.
Du
refte,
quoiqu'Alexandre
eût
ré
fola
de
lever
le
fiége
,
comme
ayant
perdu
l’efpérance
d'en
ve-
nir
à
bout,
il
fit
cependant
mine
de:
le
vouloir
continuer.
Il
fe
faifit
des
:
avenues
,
fit
approcher
les-tours,
Lt
?
262
À
O0:
&
fit
relever.,
par
des
gens
tous.
frais
|
ceux
qui
étoient
fatigués,
Les
Indiens,
voyant
{on
opimii-
treté
,
témoïignérent
auf
leur
affurance
;
&,
comme
pour
triom-
pher
de-lui,
ils
fe
mirent
à
faire
grand’chere
,
durant
deux
jours
&
deux
nuits
,
jouant
de
leurs
tam
bours
&
de
lents
timbales
;
mais
;
la
troifième
nuit
on
ne
les
enten-
dit
plus
,
&
l’on
fut
fort
étonné
de
voir
le
rocher
éclairé
par
tont
de
lambeaux,
qu'ils
avoient
allumés
pour
favorifer
leur
fuite,
&
{e
con:
duire-plus
afément
dans
les
préci-
pieces
pendant
l’obfcurité
de
la
nt,
Le
Roi
ayant
envoyéun
Ofi-
cier
pour
reconnoitre
ce
que
c'é-
toit,
apprit
que
les
[ndiens
avoient
abandonné
le
rocher
;:
&
‘alors
donnant
un
fignal
à
fes
gens
,
afin
qu'ils
fe
priflent
tous
à
crier
,
il
init
une
telle
épouvante
parmi
les
fuyards,
que
plufieurs
,
penfant
voir
l'ennemi,
fe
précipitérent
du.
haut
des
rochers,
La
plüpart,
ef
tropiés
de
quelque
membre,
fu-
rent
délaïflés
par
ceux
qui
fe
pu-
rent
fauver.
Quoiqu'Alexandre
fût
plutôt
vidorieux
de
la
place,
-
que
de
l'ennemi
,
il
fit
des
facrifi-
ces
d’attons
de
graces
aux
dieux,
comme
sil
eût
gagné
une
batail-
le
;
&
drefla
des
autels,
fur
le
rocher,
aux
déefles
Minerve
&
Viétoire,
Pour
les
guides
,
qui
de-
voient
conduire
au
haut
du
rocher
les
foldats
i,
armés
à
la
legére
,
quoiqu'ils
n'enffent.
pas
exécuté
|
tout
ce
qu'ils
avoient
fait
efpérer,
(a)
Pauf,
pag.
586.
Strab.
pag.
26.
Plin.
L.
IV:
c.
1,
Mém.
de
l'Acad.
dés
Infcript.
&
Bell:
Lettr,
Tom,
VIL,
pag:
859,
Tom,
X,
pag.
264
:
AO
il
ne
laiffä
pas
de
leur
donner
f-
delement
ce
qu'il
leur
avoit
pro-
mis,
&
fit
Sofocofte,
gouverneur.
de
ce
rocher
&
de
tout
le
païs.
AORNE
,
Aornon,
A'oprer
5
(a)
lieu
de
la
Thefbrotie.
Ce
mot
ÆAorne
et
compofé
de
opnç
,
avis,
oïfeau
;
&
de
d
privatif.
On
ap-
pelloït
ce
lieu
af,
parce
que
les
exhalatfons
,
qui
en
fortoient
,
étoient
mortelles
anx
oifeaux.
On
dit
qu'il
y
avoit
ancienne-
ment
à
Aorne
un
Oracle
,
qui
rendoit
fes
réponfes
,
en
évoquant
les
morts.
On
dit
auf
qu
Or.
phée
,
ayant
perdu
fa
femme,
alla
dans
ce
lieu,
où
1
vit
fa
chere
Eurydice
;
&
s'étant
flatté
qu’elle
le
fuivroit.,
quand
il
vint
à
regar-
der
derrière
lui
,
il
fat
fi
afigé
de
ne
la
plus
voir
,
que
de
défefpoir
il
fe
tua
lui-même.
Les
Thraces
difoient
que
les
roffignols
,
qui
avoient
leurs
nids
aux
environs
du
tombeau
d'Orphée
,
chantoient
avec
plus
de
force
&
de
mélo-
die
,
que
les
autres.
Mais
,
les
habitans
de
Dion
,
ville
de
Macé-
doine,
près
du
mont
Piéria,
pré
tendoient
qu'Orphée
fut
tué
dans
leur
païs
par
des
femmes
,
&
qu'il
ÿ
avoit
fa
fépulture,
On
dit
qu'il
y
a
eu
un
fleuve,
appellé
Aorne,
qui
couloit
à
Phe-
néos,
@&
dans
lequel
il
y
avoit
des
poiflons
;
qui
rendoient
un
lon,
pareil
à
celui
de
la
tourterel
le.
Le
mot
d’Aorne
répond
à
celui
d'Averne,
Voyez
Averne.
AOUÛS
;
Aous
,;
A'oœ:
(8)
(6)
Strab.
p.216.
Tit.
Liv.
L.
XXXIL
CS:6,13
LXXXIIL.
c.
4.
Plin,
L,
ll,
C.
23.
Di0,
Caff,
pag, 1744
;
À
O
fleuve
de
Macédoine,
Hécatée,
-
appelloit
ce
fleuve
Æas,&
croyoit
quil
prenoit
fa
fource
à
un
lieu
nominé
Lacmus,
d’où
il
alloit
fe
rendre
vers
le
couchant
dans
la
mer
Adriatique
,
au
travers
du.
territoire
des
Taulantiens.
Il
eft
appellé
Anas
dans
Dion.
La
ville
d'Apollonie,
bâtie
par
des
Corin-
thiens
&
des
Corcyréens
,
&
cé-
lébre
par
les
excellentes
loix
,
que
ces
peuples
avoient
données
à
fes
habitans
,
étoit
fituée
à
dix
flades
de
l'Aous.
Nous
apprenons
de
Tite-Live
que
l’Aous
couloit
dans
un
vallon
étroit
;
entré
deux
montagnes
,
—
lune
Érope
,
&
l’autre
Anaïs,
ne
laiflant
qu'un
chemin
fort
ferré
entre
fes
rives
&
ces
Montagnes.
La
nature
&
la
fitua-
tion
de
ces
lieux
les
rendoient
fort
Propres
pour
des
retranchemens.
Cet
pourquoi
Philippe
,
roi
de
Macédoine,
l'an
de
Rome
553;
les
ayant
confidérés
avec
atten-
#0n,
ctut
qu'il
ne
pouvoit
fe
cam-
:
Per
dans
un
pofte
plus
avanta-
geux
&
plus
fûr
qu'aux
environs
du
fleuve
Aons.
Ïl
commanda
à
Athénagoras
de
fe
retrancher
fur
_
L
mont
Afnaüs,
avec
les
foldats
armés
à
la
Jeoére,
&
fe
campa
lui:même
für
le
mont
Érope.
Il
ne
plaça
qu'un
petit
nombre
de
foldats
aux
endroits
déjà
défendus
par
les
rochers
efcarpés
,
qui
les
Pordoient,
&
ft
creufer
des
foités,
Stélever
des
palifades
ou
des
tours
‘4
CeUX,
qui
étoient
moins
inac-
cefhibles.
if
fit
‘porter
une
gran
de
quantité
de
traits
&
de
ma-
chines
;
faites-pour
être
lancées.
de
loin
,
dans
les
lieux
,
où
cette
précaution
lui
parut
néceffaire,
contre
les
ennemis
,
qui
vou-
droient
en
approcher.
I
fit
placer
fa
tente
devant
fes
retranchemens
s
dans
la
hauteur
la
plus
expofée
à
la
vue
,
pourintimider
lennemi,
&raflurer
les
fiens,
par
ce
témoi-
gnage
de
confiance.
=
Phiippe,
malgré
tant
d'avane
tages,
fut
défait;
car,
Valérius
d'Antium
rapportoit
que
Villius
entra
dans
les
défilés
;
que
re
pouvant
fuivre
le
droit
chemin
par
lès
montagnes,
dont
le
Roi
étoit
maitre
,
il
prit
à
route
par
la
vallée,
au
milieu
de
laquelle
couloït
le
fleuve
Aous;
&
qu'e-
tant
pañlé
du
côté,
où
étoit
cam-
pé
Philippe
,
fur
un
pont
fait
à
la
hâte
,
il
lui
donna
bataille,
le
dé-
fit,
le
mit
en
déroute,
&
s'em-
para
de
{on
camp
;
que
,
dans
ce
combat,
il
y
eut
douze
mille
ennemis
de
tués,
deux
mille
deux
cens
de
pris
,
avec
cent
trente-
deux
étendards
,
&
deux
cens
trente
chevaux.
Valérius
ajoûtoit
que
Villius
,
au
milieu
de
Pa&tion,
fit
vœu
de
bâtir
un
temple
,
sil
gagnoit
la
victoire.
Il
faut
conve-
ir
Néanmoins
que
tous
les
autres
écrivains
Grecs
&
Latins
,
dont
Tite-Live
avoit
lu
les
Annales,
-afluroient
que
Villius
ne
fit
rien
-de
mémorable.
AOUST
|
le
Mois
d’},
Mens
Auguflus.
(a)
C'eft
le
huitième
mois
de
l'année
,
felon
notre
fa-
çon
de
compter,
puifque
nous
la
.
fafons
commencer
au
mois
de
(4)
Crév.
Hift,
des
Emp.
Tom.
I.
pag,
35
;
36:
254,
À O
Janvier.
Dans
l’ancien
calandrier
Romain
,
lorfque
l’année
com-
mençoit
par
le
mois
de
Mars,
c'étoit
le
fixième
mois
,
d’où
il
étoit
nommé
Sextilis,
nom
qu'il
conferva
encore
long-tems,
après
qu'il
ne
fut
plus
que
le
huitième
mois
,
par
l'addition
des
mois
de
Janvier
&
de
Février.
Un
des
mois
de
l’année
ayant
#éçu
un
nouveau
nom,
en
fmé-
…
more
de
Jules
Céfar
[c’eft
le
mois
de
Juillet
|
,
on
voulut
rendre
le
même
honneur
à
Aupufte;
&
l’on
fe
déterminoit
à
donner
{on
nom
au
mois
de
Septembre,
dans
le-
quelil
étoit
né,
Mais
,
ce
Prince
préféra
le
mois
précédent
,
pour
les
raïfons
énoncées
dans
le
Séna-
tus-Confulte,
qui
nous
a
été
con-
fervé
par
Macrobe.
En
voici
la
teneur
:
»
Comme
C’eft
au
mois,
»
appellé
jufquici
Sexilis,
que
2
l’empereur
Céfar
Augufte
a
pris
stpofleflion
de
fon
premier
Con-
»
fulat
3
quil
a
célébré
trois
»
triomphes
;
qu'il
a
reçu
le
fer-
»
ment
des
légions,
qui
occu-
»
poient
le
Janicule
;
qu'il
&ré-
»
duit
l'Égypte
fous
la
puiffance
»
du
peuple
Romain;
qu'ila
mis
>»
fin
à
toutes
les
guerres
civiles
;
»
enforte
que,
par
tous
ces
en-
»
droits
,
il
paroït
que
ce
mois
eft
»
6taété
tout-à-fait
heureux
pour
»
cet
Empire;
le
Sénat
ordonne
»
qu'à
l’avenir
ce
mois
fera
an-
»
pellé
Aug
es
C'eft
de
ce
nom
altéré
&
corrompu
,
que
nous
avons
fait
le
nom
d’Aouit,
dont
nous
nous
fervons.
(a)
Dan:
c.
17,
v:
45,
AP.
APADNO
,
Apadno,
Ege-
d'aro.
(a)
Le
prophéte
Damiël,
parlant
de
l’Antéchrift,
felon
la
plüpart
des
Commentateurs
,
où
d’Antiochus
Épiphane
,
felon
ceux
qui
s’attachent
au
fens
littéral
,
dit
qu’il
dreffèra
[a
tente
4
Apadno
,
entre
les
mers
,
fur
la
montagne
iuftre
&
fainte
;
qu’il
montera
Jufqu'à
fon
fommet
,
©
que
nulne
lui
donnera
du
fecours.
Il
s’agit
de
trouver
la
pofition
d'Apadno.
Les
uns
l'entendent
du
mont
des
Oliviers,
où
les
Fideles
s’aflembléront,
où
l'Antéchrift
ira
les
attaquer,
&
où
il
dreflera
à
tente
entre
les
deux
mers,
la
mer
Morte
&
la
mer
Méditerranée.
D’autres
prennent
Apadno
dans
un
fens
apellatif,
pour
{on
palais
ou
fa
tente.
L’afhette
de
[a
tente,
où
de
fon
palais,
fera
fur
la
mon:
tagne
illuftre
&
fainte
,
entre
les
deux
ters.
Selon
Porphyre,
Apadno
étoit
le
nom
d’un
endroit
dans
l£s
mon-
tagnes
de
P'Élymée,
ou
de
la
Per-
fe,
où
Antiochus
Épiphane
avoit
dreflé
fes
tentes,
entre
l'Euphrate
&t
le
Tigre,
lorfqu'il
entreprit
de
piller
le
temple
degBélus,
où
de
Diane
d'Élymaïs;
mais,
fon
def-
fein
ayant
été
découvert,
il
fut
obligé
de
fe
retirer.
Symmaque
traduit
ainfi
:
ll
dreffera
Les
tentes
de
fa
cavalerie
entre
les
mers
:
&
Fuller
:
{
dref-
fera
la
tente
de
[a
tunique
entre
deux
mers.
À
propos
de
quoi,
on
remarque
que
chez
les
Romains,
RTS
RAS
PO
RANNETS
AP
ôh
mettoit
quelquefois
au
haut
de
la
tente
du
Général,
une
ai-
rafle,
ou
une
tunique
de
couleur
de
pourpre
,
pour
donner
le
fignal
de
la
bataille.
Dom
Ualmet
rend
l'Hébreu
de
…
cette
forte:
1]
dreffera
fes
tentes
dans
Apadno
des
deux
mers,
ou
dans
Padan
des
deux
mers
>
qui
eit
le
même
que
Padan
des
deux
fleuves
;
c'efl-à-dire
,
la
Méfopo-
tamie
fituée
entre
l'Euphrate
&
le
Tigre,
deux
grands
fleuves,
juf-
tement
comparés
à
la
mer,
fur
“tout
dans
leurs
débordemens.
En
ft,
Antiochus
Épiphane
étant
Fa.
es
:
allé
faire
la
guerre
à
Ârtaxias,
roi
d'Arménie
,
qui
s’étoit
foulevé
_Cntre
lui,
mena
fon
armée
dans
l
Méfopotamie,
où
il
drefla
fes
téntes
,
entre
les
deux
fleuves
du
Tigre
&
de
l'Enphrate.
J/
fe
pla-
Cera
fur
La
montagne
illnftre
,
ou,
5
felon
l'Hébreu
,
Jur
la
montagne
de
Zobi,
11
montera
Jufqu'a
fon
formes,
&
51
Y
mourra,
fans
que
Perlonne
lui
donne
le
moindre
fe-
Cours,
Antiochas
Épiphane,
re-
Venant
de
Perfe
à
Babylone,
tom.
ba
de
fon
chariot,
&
fe
froiffa
tous
les
membres.
Il
moutut
mi-
férablement
dans
les
montagnes
de
Tabes
>
comme
nous
l'appre-
nons
des
Hiftoriens.
.
Théodoret
croit
qu'Apadno
Soit
un
lieu
dans
le
voifinage
de
Jérufalem.
S.
Jérôme
dit
d’une
Matière
plus
précife,
qu’Apadno
“0
près
de
Nicopole.,
autre-
Ment
Émmaus
,
où
:commencent
Montagnes
de
Judée
;
far
quoi
(3)
Plut,
Tom,
I,
pag.
583.
A
P
Se
il
faut
remarquer
que
M.
Relland.
a
montré
qu'Emmaüs,
à
qui
l’on
donna
le
nom
de
Nicopole,
nef
pas
la
même
chofe
qu'Emmaüs,
dont
parle
S.
Luc,
&
qui
étoit
à
foixante
ffades
de
Jérufaiem.
Procope
,
parlant
de
certains
lieux
,
qui
furent
rétablis
par
Juf-
tinien
aux
environs
d'Amida
en
Méfopotamie,
nomme
en
parti-
culier
Zpadna
&
Byrthus
;
ce
qui
fert
d'appui
au
fentiment
de
Dom
Calmet
,
qui,
comme
on
vient
de
le
voir
,
entend
par
ÆApadno
des
deux
mers
,
la
Méfopotamie
,
ap-
pellée
en
Hébreu
Paden-
Aram
,
où
Aram-Nakaraim
,
la
plaine
d'Aram
,
ou
Aram
des
deux
fleuves.
|
APAGOGIE
,
forte
de
dé-
monttration
;
par
laquelle
on
prouve
la
vérité
d'une
propoñ-
tion,
en
faifant
voir
que
la
pro-
poñtion
contraire
eft
abfurde
;
d'où
vient
qu'on
l'appelle
auf
redutio
ad
impoflibile,
où
ad
ab-
furdur.
Le
APAMÉ
,
Apama
;
Are,
(2)
fille
de
Barfine,
qui
fut
la
pre.
inière
perfonne
qu'Alexandre
ai-
ma
en
Afe.
Ce
Prince
donna
Apamé
en
mariage
à
Ptolémée.
Elle
étoit
l’ainée
d’une
fœur
,
qui
éporifa
Euméne.
APAMÉ
2
Apama
À
rene
+
(2)-femme
du
roi
Séleucus.
Cette
Princefle-
donna
-fon
nom
à
une
ville
de
Phrygie
,
bâtie
près
de
Célenes.
Un
autre
Princefle,
nommée
ÂArfinoé
par
quelques-uns,
eft
(6)
Tit.
Liv.
L.
XKXVIIL,
€,
134
Plut,
Tom.
I,
pag.
903.
262
À
P
APATURIES
,
Apaturia
,
(a)
‘
La
fête
des
Apaturies
tombois
À'rarcupies
Les-Apaturies
étoient
une
fête
célebre
parmi
les
Athé-
niens.
En
voici
l’origine.
Les
Béo-
tiens
faifoient
la
guerre
aux
Athé-
niens
,
pour
décider
à
qui
les
lieux
de
Célaine
,
ou
Mélaine
&
Œnoé
appartenoient.
Xanthe,
chef
des
Béotiens,
appella
en
duel
Thy-
mete
,
roi
des
Athéniens.
Celui-
ci
ne
voulut
pas
accepter
le
défi.
Mélanthe,
qui
l’accepta
,
fut
établi
Roi
en
fa
place,
fe
mit
devant
les
rangs
,
&
approchant
de
Xan-
the
,
il
ufa
d'une
tromperie,
qui
lui
reuflit,
»
Eft-ce
agir
en
hon-
»
nête-
homme,
dit-il
,
d'amener
»
un
fecond,
lofqu’on
doit
com-
»
battre
feul?
«
Xanthe
fe
tourna
pour
voir
fi
quelqu'un
venoit
après
lui,
&
Mélanthe
prit
ce
tems-là,
pour
lui
porter
un
coup,
qui
le
mit
à
terre.
De-là
vientie
Mot
Apaturia
;
dmarn
en
Grec
voulant
dire
tromperie.
On
célébroit
les
Apaturies
pen-
dant
trois
jours.
Le
premier
jour,
où
l'on
s'aflembloit
pour
fouper
enfemble,
étoit
appellé
Dorpia,
ui
veut
dire
cæœrz,
fouper:
Le
se
où
lon
facrifñoit,
s’ap-
-pelloit
Anarrhyfs,
qui,
en
an-
X
cienftyle
,
vouloit
dire
,
chez
les”
Grecs,
un
facrifice.
Le
troifième:
fe
nommoït
Curéotis
;
nom
déri-
vé
de
curos,
jeune;
parce
que
c'étoit
ce
jour-là
que
les
jeunes
garçons
étoient
reçus
&
écrits
dans
la
tribu,
&
aflociés
aux-au-
tres,
Ca)
Suid.
Tom.l.p.332,323.
Antiq.
A
P
au
mois
d'Otobre,
ou
,
felon
quelques-nns
,
au
mois
Attique,
nommé
Pyanepfon,
qui
répon-
doit,
fuivant
certains
,
partie
à
Novembre,
partie:
à
Décembre.
Tous
les
tribunaux
,
fans
en
ex-
cepter
celui
de
P'Aréopage,
étoient
obligés
de
faire
cette
fête
,
qu'on
célébroit
en
l'honneur
de
Bacchus.
Il
y
en
a
qui
prétendent
qu'elle
duroit
non
feulement
trois
Jours,
-
mais
quelquefois
quatre
&
cinq.
{
APATURIUS
,
Apaturius
5
Araroûpros,
nom
d'un
homme,
contre
lequel
Démofthène
pro-
nonça
une
orafon,
-
APATURIUS
,
Apaturius
,
A'rarowpic,
furnom
de
Jupiter.
Jupiter
Apaturius
veut
dire,
en
bon
François
,
Jupiter
le
Trom-
peur.
Les
Athéniens
lui
offroient
des
facrifices
durant
la
fête
des
Apaturies.
©
S
APÉGA.,
Apege
;
(b}
nom
d'une
machine
,
inventée
par
Na-
bis
,
tyran
de
Sparte.
Elle
repré-
fentoit
une
femme
revêtue
d’ha-
bits
magnifiques
;
&
qui
reflem-
bloit
tout-à-fait
à
la
fienne.
Fou-
tes
les
fois
que
Nabis
fafoit
venir
quelqu'un
pour
en
tirer
de
lar-
“gent
;
d’abord
if
lui
parloit
avec
beaucoup
de
douceur
&
d’honnê-
teté
du
péril,
dont
le
pais,
&
Sparte
en
particulier
;
étoient
me=
nacés
par
les
Achéens
,
du
nom-
bre
des
étrangers
,-quil
étoit
obli-
gé
d'entretenir
pour
la
füreté
de
l'État,
des
dépenfes
qu'il
faifoit
dés
Infcripr.
&
Bell,
Lett,
T.
VIL,
p.
189:
expliq.
par
D,
Bern.
de
Montf,
Tom.
Il,
ÊT,
X.p.185.T.
XIV.
p.
219.
pag.
198,210.
Myth:
par
M,
lAbb.
Ban.
Tom,
I,
pag.
520,
521.
Mém,
de
l’Acad,
Tom,
IV,
pag,
443
»
444
EU
RE
ee
AE
RS)
RES:
5
a
2
OR
LE
Ru
t
L'or
MCE
“is
gr:
AP
pour
le
culte
des
dieux,
&
pour
le
bien
commun.
Sion
fe
laïffoit
toucher
par
ces
difcours
,
il
n’al-
loit
pas
plus
loin;
c'étoit
ce
qu’il
.
fe
propofoit.
Mais,
quand
quel-
qu'un
refufoit
de
fe
rendre,
&
fe
défendoit
de
donner,
il
difoit:
Peut-être
n'ai-je.pas
le
talent
de
vous
perfuader
;
mais
j'efpere
qu’
Apéga
vous
perjuadera.
Apèga
étoit
le
nom
de
fa
femme.
À
peine
avoit-il
achevé
ces
paroles,
que
la
machine
paroif-
foit.
Nabis,la
prenant-par
la
main,
la
Jevoit
de
fa
chaife,
&
la
con-
duifoit
à
fon
homme.
Elle
avoit
les
mains
,
les
bras
&
le
fein
hé-
tiflés
de
pointes
de
fer
aigues
,
cachées
fous
les
habits.
La
pre-
tendue
Apéga
embrafloit
ce
pau-
vre
malheureux
,
le
ferroit
entre
fes
bras
,
lapprochoït
de
fa
poi-
trine
,
lui
appuiant
les
mains
fur
le
dos,
&
lui
fafoit
jetter
les
hauts
cris.
La
machine
étoit
fuf-
ceptible
de
tous
ces
mouvemens
par
le
moyen
des
refforts
fecrets,
dont
elle
étoit
compoñte.
Le
ty=
ran
fit
périr
de
cette
manière
Quantité
de
ceux,
dont
il
n’avoit
pu
extorquer
autrement
ce
qu'il
demandoit.
+
+
ABEIPOS,
(a)
Ce
terme,
qui
fe
trouve
dans
un
païñlage
d’He-
rodote,
a
donné
lieu
à
quelques
obfervations
,-inférées
dans
les
mémoires
de
l’Académie
des
Inf-
criptions
&
Belles
Lettres.
Les
Curieux
peuvent
les
confulter.
APÉLAURE,
Apclaurum,
(b)
nom
d'un
lieu
fitué
dans
le
terri-
(a)
Mém.
de
l’Acad,
des
Infcript.
&
Bell,
Lert.
Tom.
XVE,
pag.
58»
59
{#)
Tir,
Liv,
L,
XXXIII.
Ce
Tage
s
+.
AP
si;
toire
de
Stymphalie.
L'an
197
avant
J.
C.
les
Macédoniens
&
leurs
alliés,
fous
la
conduite
d’An-
drofthène
,
courant
la
mer
avec
leurs
vaifleaux
,
ravageoïient
toute
la
côte
maritime
de
l’Achaïe.
Le
mépris,
qu'ils
avoient
pour
leurs
ennemis
;
les
fit
pafler
infenfble-
ment
de
la
confiance
à
une
fé-
curité
&
à
une
négligence,
qui
firent
concevoir
à
Nicoftrate
,
préteur
des
Achéens
,
le
deflein
&z
l'efpérance
de
lés
attaquer
avec
avantage
,
lorfauils
s'y
atten-
droient
le
moins.
Pour
parvenir
à
fon
but,
1l
envoya
dans
les
Villes
voifines
un
ordre
fecret
de
lui
fairè
trouver
à
un
jour
mar-
qué,
auprès
d'Apélaure,
le
nom-
bre
de
gens
armés,
qu'il
leur
fpé-
cifioit.
Tous
s'étant
trouvés
au
rendez-vous
,
1l
partit
dans
le
mo-
ment,
&
fon
projet
eut
tout
le
fuccès
qu'on
pouvoit
en
attendre.
APELLA,
Apella,
(c)
nom
d'un
affranchi
de
M.
Fabius
Gal-
lus:
Cicéron
en
fait
mention
dans
une
de
fes
lettres
à
ce
M.
Fabms.
Gallus.
_
ee
-
APELLA
,
Apella
;
(d)
far-
nom
d’un
Juif,
dont
parie
Horace
dans
une
de
fes-fatyres.
Certains
croyent
que
c'eft
un
nom
com.
muni,
figmifant
la
même
chofe
que
Crrconcis.
Mais,
1
eff
plus
-yraïfemblable
que
ce
fut
un
nom,
propre
à
quelque
Juif,
fort
connu
du
tems
d'Horace.
M.
le
Batteux,
dans
fa
traduétion
des
œuvres
de
ce
Poëte
,
l’a
pris
en
ce
fens.
APELLE
,
Apeiles
,
A’renane,
(ec)
Cicer,
ad
Amic,
L,
VIF.
Epift,
25
(d)
Horat,
L,E,
Satyr.
5.
ve
95
<
R
iv
À
264
A
P
{<)
le
plus
fameux
de
tous
les
Peintres
de
l'Antiquité
,
vivoit
vers
la
112e
Olympiade.
Îl
étoit
d'Éphèfe,
füivant
Strabon
&
Lu-
cien
,
de
Coos,
felon
Ovide;
:&
faivant
Suidas
,
il
étoit
originaire
de
Colophon,
&
n'étoit
devenu
citoyen
d'Éphèfe,
que
par
adop=
tion.
Cette
diverfité
de
fentimens
femble
prouver,
ou
du
moins
in-
diquer
,
que
plufieurs
Villes
fe
difputoient
l'honneur
d’avoir
don-
né
{a
naïffance
à
ce
grand
Peintre,
comme
d’autres
Villes
fe
{ont
dif-
puté
l'honneur
d'être
la
patrie
d'Homère.
Apelle
étoit
fils
de
Pithius.
Il
alla
prendre
les
lecons
de
Parn-
phile
à
Sicyone
en
Gréce
,
felon
Plutarque.
Il
y
prit
auffi,
{lon
le
même
Auteur,
celles.de
Mélan-
the
;
&
il
donna
un
talent
à
ces
deux
Peintres,
moins
pour
ap=
prendre
d'eux
la
perfeétion
de
l'art,
que
pour
participer
à
Jeur
grande
réputation.
Il
eut
la
gloire
de
contribuer
lui
feul
,
plus
que
tous
les
autres
enfemble,
à
la
per-
feétion
de
la
Peinture
,
non
{eule-
ment
par
fes
excellens
ouvrages,
mais
par
fes
écrits
,
ayant
com=
pofé
trois
volumes
für
les
princi-
paux
fecrets
de
fon
art,
qui
fub-
fiftoient
encore
du
tems
de
Pline,
mais
Qui,
malheureufement,
ne
font.
pas
parvenus
jufqu’à
nous,
La
manière
donf
notre
Peintre
fit
conn@iflance,
&
lia
une
étroi=
te
amiué
avec
Protogène
,
cé-
(a)
Plut.
Tom.lI,
pag,
666,
1022.
Freinf.
Suppl.
in
Q.
Curt.
EL.
I.
c.
6:
Pauf.
pag.
344,
506.
Plin,
L.
VIL,
c.
37.
L.
XXVIHIT.c
8.
L.
XXXV,c.6,7,
10.
|
A
P
lebre
Peintre
de
fon
tems
,
ef
afiez
curieufe.
Protogène
vivoit
à
Rhodes,
connu
d’Apelle
feule-
ment
de
réputation
&
par
le
bruit.
de
fes
tableaux.
Celui-ci
voulant
s'aflurer
dela
beauté
de
fes
ouvra-.
ges
par
fes
propres
yeux,
fiwun
voyage
exprès
à
Rhodes.
Arrivé
chez
Protogène
,
il
n’y
trouva
qu'une
vieille
femme,
qui
gar-
doit
l’attelier
de
fon
maître,
&
un
tableau
monté
fur
le
chevalet,
où
il
n’y
avoit
encore
rien
de
peint.
La
vieille
Ini
demandant
fonnom:
Je
wais
le
mettre
ici,
lu
dit-il.
Et
prenant
un
pin-.
ceau
avec
de
la
couleur
,
il
def
na
quelque
chofe d'une
extrême
délicatefle.
Protogène
,
à
fon
re-.
tour
,
ayant
appris
de
la
fervante
ce
qui
s’étoit
paflé,
&
confidérant
avec
admiration
les
traits
qui
a-
voient
été
deflinés
,
ne
fut
pas
long-tems
à
en
deviner
l’auteur.
»
Ch
Appelle,
s’écria-t-il.
[ny
»
a
que
[uiau
monde,qui
foit
capa-
»
ble
d’un
deflein
de
cette
finefle
&
»
de
cette
lepéreté.
«
Et
prenant
d’ane
autre
couleur,
il
ft
fur
les
mê-
mes
traits
un
contour
plus
corre“
&
plus
délicat
;
&
il
dit
à
fa
gou-
Wernante,
que
fi
l'étranger
reve-
noiït
;
elle
n’avoit
qu’à
lui
montrer
ce
qu'il
venoit
de
faire
;
&
l’aver-.
tir
en
même-téems
que-c’étoit-la
louvrage
de
l’homme,
qu'il
étoit
venu
chercher,
À
Appelle
revint
bientôt
après;
mais,
honteux
de
fe
voir
inférieur
Roll.
Hiff.
Anc.
Tom.-V..pag,
646»
647:
&
f#iv.
Mém,
de
l'A
cad:
des
Inicr,
&
Bell,
Lert.
Tom.VIiI.
p.104:
Tom.
ZIK.
p.
256:
&
fuiv,
T,
XXI,-p,
178
Strab,
pag.
643.
Athen,
pag,
590,
591.)
&
faiv.
——
-
à
fon
émule
,
il
prit
d'une
troifie-
me
couleur,
&
parmi
les
traits,
qui
avoient
été
faits,
il
en
con-
duifit
de
fi
fçavans
&
de
f
mer-
vellleux,
qu'il
épuifa
toute-la
fub-
tilité
de
lart,
Protogène
ayant
dif.
tingué
ces
derniers
traits:
Je
Juis
vaincu,
dit-il,
&
je
cours
embraf-
fer
mon
vainqueur.
En
effet
2
-vola
au-port
à
l'inftant
>
Où
ayant
trouvé
fon
rival,
il-lia
avec
lui
une
étroite
amitié,
qu,
depuis,
16
fe
démentit
jamais
:
chofe
affez
are
entre
deux
perfonnes
du
pre-
mier.
mérite,
-
8e
qui
courent
la
même
carrière.
Îls:-convinrent
Entfeux,
par
rapport
au
tableau,
où
ils
s’étoient
efcrimés
,
de
le
laifler
à
la
poftérité
,
tel
qu’il
étoit
fans
y
toucher
davantage,
prévoyant
bien
,
comme
en
eïet
Cela
arriva,
qu'il
feroit
un
jour
l'admiration
de
tout
le
mon-
de,
&
particulièrement
des
con-
noïfleurs
&
des
maîtres
de
Part.
Mais,
ce
précieux
monument
des
deux
plus
grands
Peintres
,
qui
furent
jamais,
fut
réduit
en
cendres
au
premier
embrafement
de
Ja
maïfon
d'Augufte
;
où
il
étoit
Expoie
à
la
curiofité
des
fpec-
tateurs
|
toujours
nouvellement
furpris
>
au
milieu
de
quantité
d'autres
des
plus
excellens
&
des
plus
finis
,
de
ne-trouver
dans
ce-
lui-ci
qu'ane
efpèce
de
vuide,
d'äutanr
plus
admirable,
qu'on
AY
voyoit
que
trois
defleins
au
fimple
trait
&
de
la
dernière
f-
nelle,
qui
échappoient:
à
la
vue
par
leur
fubtilité,
&
qui,
par
cela
même,
devenoient
encore
plus
ef:
timables
&
plus
attrayans
pour
de
Bons
yeux,
-
Quoiqu’Apelle
fût
fort
exaét
dans
fes
ouvrages,
il
fçavoit
juf-
qu'à
quel
point
il
devoit
travail-
ler
,
fans
fatiguer
fon
efprit,
&
ne
poufloit
point
l’exaétitude
jufqu'au
{crupule.
If
dit
un
jour
,
parlant
de
Protogène,
qu'il
avouoit
que.
ce
rival
pouvoit
lui
être
égalé,
ou
même
préféré
pour
tout
le
reîte
;
mais
qu'il
ne
fçavoit
pas
quitter
le
pinceau
,
&
qu'il
gâtoit
fouvent
les
belles
chofes,
qu'il
faifoit
,
à.
force
de
les
vouloir
perfethion-
ner,
Ce
n’eft
pas,
au
refte,
qu'A-
pelle
approuvät
la
négligence
dans.
ceux,
qui
fe
méloient
de
peinture.
I
penfoit
bien
autrement,
&
pour
lui-même,
&
pourles
autres.
I
ne
paflcit
aucun
jour
de
fa
vie,
quelque
occupation
étrangére
,
qu'il
eût
d’ailleurs
,
fans
s'exercer
au
crayon,
à
la
plume,
où
au,
pinceau
,
tant
pour
fe
conferver
la.
main
libre
&
legére,
que
pour
{e.
perfeétionner
de
plus
en
plus
dans
toutes
les
finefles
d'un
art
qui
n’a.
point
de
bôrnes.
re
Un
de
fes
difciples
lui
montrant
un
tabléau,
pour
{avoir
ce
qu'il
en
penfoit,
&
ce
difciple
Jui
difant
qu'il
lavoit
fait
fort
vite
,
6c
qu'il.
n'y
avoit
employé
qu'un
certain
tems
:
»
Je
le
vois
bien,
fans
que
»
vous
me
le
difiez
,
répondit
»
ÂApelle;
&je
fuis
étonné
que,
»_
dans
ce
peu
de
tems-là
même,
»
vous
n'en
ayez
pas
fait
davan-
»
tage
de
cette
forte.
«
Unautre.
Peintre
lui
faifant
voir
le
tableax
d'une
Hélène,
qu'il
avoit
peinte.
avec
foin,
&
qu'il
avoit
ornée
de.
beaucoup
de
pierreries
,
il
lui
ditz,
»
©
mon
ami,
n'ayant
pu
la
faire.
266
A
P
»
belle,
vous
avez
voulu
du
moins
:»
la
faire
riche.«
Si
Apelle
difoit
fon
fentiment
avec
fimplicité,
il
recevoit
de
la
même
manière
celhi
des
autres.
.
Sa
coûtume
étoit,
quand
il
avoit
achevé
un
ouvrage,
de
l’expofer
aux
yeux
des
palans,
&
d'enten-
dre
,
caché
derrière
unrideau,
ce
qu’on
en
difoit,
dans
le
deflein
de
corriger
les
défauts,
que
l’on
pour-
roit
y
remarquer.
Un
cordonnier
ayant
trouvé
qu'il
manquoit
quel-
que
chofe
à
une
fandale
,
le
dit
librement,
&
la
critique
étoit
juf-
te.
Repañlant
le
lendémain
par
le
même
endroit,
il
vit
qué
la
faute
avoit
été
corrigée.
Tout
fier
de
lPheureux
fuccès
de
fa
critique,
ül
s’avifa
de
cenfurer
aufli
une
jam-
be,
à
laquelle
il
n'y
avoit
rien
à
redire.
Le
Peintre
alors,
fortant
de
derrière
fa
toile
,
avertit
le
cordonnier
de
fe
renfermer
dans
fon
métier
&
dans
fes
fandales.
C'eft
ce
qui
donna
lieu
au
pro-
verbe;
Ne
futor
ultra
crepidam
;
c'eft-à-dire,
.
Saveer.
\
Fais
ton
metier;
Et
garde
toi
furtout
d'élever
ta
=
cenfure
Au-deffus
de
la
chauffure.
Apelle
rendoit
juftice
avec
joie
au
mérite
des
grands
ouvriers
,
&c
ne
rougifloit
point
de
fe
les
pre-
férer
à
lui-même,
pour
de
certai-
nes
qualités.
Aïnf,il
avouoit
ingé-
nument
qu'Amphion
l'emportoit
fur
lui
pour
la
difpofition,
&
Af-
clépiodore
pour
la
régularité
du
déflein.
Nous
avons
vu
le
juge-
À
P
ment
avantageux
qu'il
portoit
de
Protogène.
Il
ne
s'en
tint
pas
à
de
fimples
paroles.
Protogène
,
tout
excellenr
peintre
qu'il
étoit,
n'étoit
pas
beaucoup
eftimé
de
fes
compatriotes.
Pendant
qu'Apelle
étoit
avec
lui
à
Rhodes,
lur
ayant
demandé
un
jour
ce
qu'il
vendoit
fes
ouvrages
,
lorfqu'il
y
avoit
mis
la
dernière
main,
@&
l'autre
lui
ayant
marqué
une
fomme
très-
modique;
»
Et
moi
,
reprit
Apel”
»
le,
je
vous
en
offre
cinquante
»
talens
pour
chacun
&
je
les
»
prendrai
tous
à
ce
prix,
«
en
ajoûtant
qu'il
ne
feroit
point
en
peine
de
s’en
défaire
,
&
qu'il
les
vendroit
cotame
étant
de
fa
pro-
pre
main.
Cette
offre,
qui
étoit
-férienfe,
fit
ouvrir
les
yeux
aux
Rhodiens
fur
le
mérite
de
leur
Peintre,
qui,
de
fon
côté,
s’en
pré”
valut,
&
ne
livra
plus
fes
tableaux
qu'à
un
prix
très-confidérable,
Alexandre
le
Grand
avoit
une
fi
haute
idée
d’Apelle,
qu'il
don-
na
un
édit,
pour
déclarer
que
fa
volonté
étroit
de
n'être
peiñt
que
par
lui,
de
même
qu'il
ne
donna
permiffion
,
par
le
même
édit
;
qu'à
Pyrgotéle
de
graver
fes
me-
dailles,
&
à
Lyfippe
de
le
repré-
fenter
par
la
fonte
des
métaux:
Ce
Prince
étant
à
Éphèfe,
venoit
fouvent
voir
travailler
Apelle,
&
fe
plaifoit
à
s’entrerenir
avec
lui
fur
la
peinture.
Lorfqu'il
en
par”
loit
peu
exaftement,
Apelle
lui
confeilloit
de
£e
taire
,
pour
empé-
cher
fes
éleves
de
fe
moquer
de
lui.
Tant
étoit
grande
,
remarque
Pline,
l'autorité
qu'Apelle
avoit
far
un
Roi,
d’ailleurs
&
fier
&
A
fousueux.
us
4
A
P
On
raconte
encore
un
trait,
qui
me
paroïit
beaucoup
plus
fort.
Alexandre
voyant
un
de
fes
por-
traits,
fait
par
Apelle,
ne
le
loua
que
foiblement
;
mais
un
cheval
ayant,
dans
le
même-tems,
hen-
ni,
à
l’afpe@
de
celui
fur
lequel
le
Peintre
avoit
apparemment
placé
ce
Prince,
Apelle
dit
au
Roi:
»
Seigneur
,
ce
cheval
paroît
fe
»
Connoïtre
mieux
que
vous
,
en
»
peinture.
«
De
pareils
propos
ne
s’accor-
dent
guere
avec
ce
que
l’on
ra-
conte
de
la
politeffe
d’Apelle
,
de
{à
connoïffance
du
monde,
de
fes
Manières
douces,
infinuantes,
&
fbirituelles.
Quoiqu'il
en
foi,
Voici
un
autre
trait,
qui
eft
bien.
plus
vraifemblable.
I
arriva
qu'un.
des:
principaux
courtifans
d’Ale-
xandre,
fe
trouvant
chez
Apelle,
lorfqu'il
peignoit
,
fe
répandit
en
queftions
,
ou
en
réflexions
peu
juites
fur
la
peinture,
comme
il
Eft
ordinaire
à
ceux
qni
veulent
parler
d’un
art,
qu'ils
ignorent.
Apelle
Ii
dit
librement:
»
Voyez-
M
Vous
ces
jeunes
garçons,
qui
»
broïent
mes
couleurs?
Pendant
»
que
vous
gardiez
le
filence,
ils
»-VOous
admiroient
;
éblouis
de
»
l'éclat
de
votre
pourpre
&
de
%
l'or
qui
brille
für
vos
habits.
Depuis
que
vous
avez
com-
*
mencé
à
parler
de
chofes
,
que
Vous
n'entendez
point,
ils
ne
»
ceflent
de
rire.
«
Ce
caradère
fimple
8
ouvert
d'Apelle
ne
revenoit
pas
épale-
ment
à
tout
le
monde,
&
en
par-
ticulier
aux
généraux
d’Alexan-
dre.
Ptolémée,
lun
d'eux,
qui,
dans
a
fuite
>
eut
en
partage
le
BP
royaume
d'Égypte,
fut
pen
favo=
table
à
Apelle.
On
n’en
{çait
pas
la
raifon.
Quoiau’il
en
{oit,
ce
Peintre
s'étant
embarqué
,
quel-
que
terms
après
la
mort
d'Alexans
dre,
pour
une
Ville
de
la
Gréce,
fat
malheurenfement
jetté
par
la
tempête
du
côté
d'Alexandrie,
où
le
nouveau
Roi
ne
lui
fit
aucan
accueil.
Outre
cette
mortification,
à
laquelle
il
devoir
s'attendre
,
il
y
trouva
des
envieux
aflez
malins,
pour:
chercher
à
le
faire
tomber
dans
un
piège.
Dans
cette
vue,
ils
engagérent
un
des
officiers
de
la
cour,
à
l’inviter
au
fouper
da
Roi,
comme
de
fa
part
,
ne
don-.
tant
point
que
cetre
liberté,
qu'il
paroïtroit
avoir
prife
de
lui-mê-
me,
ne
lui
attirât
lindignation
d’un.
Prince
,
qui
ne
l’aimoit
pas,
&t
qui
ne
fçavoit
rien
de
la
fu-
petcherie.
:
Eneñlet,
Apelle
s’y
étant
ren:
J
,
sa
du
par
déférence,
le
Roi
,
irrité
de
fon
audace,
lui
demanda
brut
quement,
qui
étoit
celui
de
fes
officiers,
qui
l’avoit
appellé
à
fa.
table
;
&
lui
montrant
de
la
main
fes
invitateurs
ordinaires,
il
ajoû-
ta
qu'il
vouloit
fcavoir
abfolu-
ment,
qui
d'eux
lui
avoit
fait
prendre
cette
hardiefie,
Le
Pein-
tre,
fans
s'émouvoir,
fe
tira
de
ce
pas
en
homme
d'efprit,
&en
deffinateur:
confommé..
[:-prit,,
d'an
réchaut
qui
étoit
là,
un
charbon
éteint,
&
en
trois
on
quatre
coups,
il
crayonna
fur
le
champ
contre
la
muraille
,
l’ébau
che
de
celui,
qui
lavoit
invité,
au.
prand
étonnement
de
Ptolé-
née,
quireconnut,
dès
les
pre-
miers
traits
,
le
vifage
de
Pimpof-
267.
She
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