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Tacite. Tome second

Tácito, Cayo Cornelio; Amelot de La Houssaie, Abraham-Nicolas, Sieur (1634-1706) anot.

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PR TR NES ! "É AC IT E à AVEC DESNOTES POLITIQUES | | Hisrorrours « a DE LA HOUSSAYE, : TOME SECOND À PARIS, PLACE DE RÉ “Chez ANDRE CAILLEAU san Coin > de la né des no à faint André : _ M. DCC. XXI V. 2 vec Approbation G Privilege du Roi. _ 2 £ eee g LIVRE TROÏSIEME. GRIPPINE continuant toits Al jours fon voiage, malgré Les ris KI gueurs de Fhiver , & les bouraf- : ques de la mer , arrive enfin à —… Corfou , ifle fituée à l'opofite des ports dela Calabre.Elle ne s'yarréta que peu de jours ; pour. calmerun peu f6n efprit, parta- ge entre la douleur & l'imparierce, A la pou velle deffa venué les amis de fa Maifon > & plus _ fieurs Officiers de guerre, quiavoient fcrvifous | … Germanicus, & même beaucoup d'inconnus, D 2COU=. GA ra CORNEILLE TAËTTÉ 4 Les AnnAres pr TAcrrr. acourent de tous les lieux circonvoilins à Brin- des 4 , où elle étoit attenduë , comme au port le plus proche & le plus afluré , les uns croyant faire leur cour au Prince, & lesautres les fui- Vant, far compagnie, ou par curiofité. Dès qu'on püt découvrir la flote en haute mer , non feulement le port & tousles rivages, maisenco- re les murailles de la ville , & les toits des mai- {ons , & tous les autres endroits ;’ du plus loin que Îa vüé fe pou voit étendre, furent remplis de monde qui pleuroit. On ne favoit comment re- cevoir Aorippine au fortix de fon vaiffeau , avec des cris lamentables , ou bienavec un profond filence ; & cela n étoir point encore décidé,lorf- que la flote entra dans le port , non point avec l'empreflement , niavecl'alleprefle accoütumée des matelots ; mais lentement , & aveeunetrif- gelé épandué fur tous les vifages. Quand elle eut mis pied à terre avec fes deux enfans , por- tant les cendres de fon époux , & tenant les yeux baillez, ce fut un deuiluniverfel. Vous neufliez pas difcerné les parens d'avec les étrangers, ni . les lamentations des hommes d'avec celles des femmes, fi ce n’eft que-ceux qui alloient au de- _ vantd Agtippine, étant tranfportez d'unedou- - leurtoute récente; furpafloienr les gens de fa fui- _— + te, RER NRC ENNN EPSON NOTES HISTORIQNUES | & Ou Brundufe, ville de Calabre fur Iç Golfe Adriatiqueft 7 LivVRE TRroistrEe Mr. f tæ, qu'une longuetriftcile avoit rendus lan- Suiffans. 0%, avoir accablez, IT. L'Empereuravoit envoyé au devant deux _cohortes Prétoriennes avec ordre aux Maoif- trats de la Pouille , de la Calabre , & de la Cam. panie , de s’aquiter des derniers devoirs envers la mémoire de fon fils. Les Centurions & les Tribuns portoient [es cendres fur leurs épaules, : précédez desenfeignes fans parure, & des faif. feauxrenverfez. Dans tontes les Colonies, par où le Convoi pafloit , le Peuple vécu de noir, & les Chevaliers avec leurs robes de pourpre, brü- loient , f£lon les richelles du lieu ; des parfums, des vétemens , & d’autres matiéres, qui fervent à la pompe des funérailles des Grands, Les hab tans même des villes, qui n'éroient. pas fur [a . Toute, accouroient en foule, & témoisnoiens Leur douleur 1 , 02 femlement par des larmes & par des crisconfus , #45 encore par des vidi- mes qu'ils immoloient aux Dieux Mines. À 3 Dru- REFLExXIONS PoLiriqueEs. 1 Quelqu= magnifique & extraordinaire que foirfa . pompe des funérailles d'un Prince , rien ne fair plus d'honneur à fa mémoire, que Ja douleur des peuples , =.qui le regrérent. L'Hiftoire de Portugal dit, qu'à la mort du Roï Jean II. tout le Roïaume s'habilla de bu= re, & qu'à Lisbonne il fut défendu aux barbiers de faire : Le poiläquique ce fut durant l’efpace de fix mois.Chofe qui nes étoir jamais faire pour aucun Roi du monde Délogoquaro de Paris Hiforin, CAP IL. o mr né hs _—— + : TETE NE DEEE co px 655 è # 6 Les ANNALES DE. TAcite. Drufas fat jufqu'à Terracine , avec quatre des enfans de Germanicus, qui étoient reftez à Rome, & Claudius 1 le paternel a Rome, & Claudius leur oncle parernel. AN DE ROME. 773. Les Confuls Marcus Valerius & Marcus ÂAu- relius ; qui avoient déja commence l'éxercice de kur charge, le Sénat, & une grande partie DE D - du Peuple , fe répandirent çà & 1à , fans garder aucun ordre de marche: , chacun pleurant Ger- mManicus comme il lui plailoits car la flaterie n°’a- “voit point de part à ce deuil , tout le monde fà- chant, que Tibére étoit joyeux de cette mort, quoi qu'il en fit le trifte. IT. Tibére & fa mére s'abftinrent de parot- re en public; eroyant que ce feroit déroger à la Ma. REFLEXIONS POLITIQUES _ = x Dans les enterremens des Princes ,Ceftune imar- que infaillible d’une grande afiion , Jorfque les” — Grands & les Magiftrats s’abftiennent des honreurs £ qui fonc dûs à leur rang-Aujourd hui , les Maîtres des. - cérémenics font bien plus occupez à régler les pré- tentions des Officiers , &:à pacifier les querelles, que de point- d'honneur fait naîtreentre les Grands, qu à .S’aquiter de tous les devoirs les plus embaraffans de leur charge. De forré que les funérailles des Rois & “des Princes fouverains ne focr le plus fonvent éélébres, . queparles défordres, qui yarrivenr; au-jieu qu'elles 1e devroient être par un dei] yniverlel, \ ken rene El Livre TROISIE ME. 7 majefté, s'ils pleuroient publiquement 1 , ou peut-être de peur que leur vifage étantà l'éxa- men des yeux de tout un peuple, l’on nerecon-= nut leur faux: femblant b. Je ne trouve point, ni dans les regiftres dela ville, nidans nos hif- toires , qu Antonia ait rendu aucun devoir pars ticulier à la mémoire de fon fils, quoiqu'Agrip- pine , Drufus , & Clandius, y foient nom- mez avec lesautres parens. Peut-être quelleen fut empéchée par quelque indifpofñtion , eu que fucombant àla donleur elle n'eus pas lecourage À 4 : de RÉFLEXIONS POLITIQUES. . 1 Les loïx de fa Nature font faites pour les Prices auffi-bien que pour le commun des hommes. La dou- leur de la mort de leurs enfans , & des Princes de leur fans, ne leur eft point mefléante , pourvu qu’elle ne _dégénére point en foiblefie , ni en emportement. Hen- ti ITI.à mon fens , ne ménageoir sucre fa dignité, quand il afiftoit.à l'enterrement du Cardinal de Bira-. gue en habit de Pénirent ; & il fmble même quil avoir oublié tout-à fair qu'il étoir Roi, quand il alla baïfer les corps de Quelus & de Maugiron, fes mi-. gnens. Fournaldefon regne. 1578. | : en — NOTES HISTORIQUES. b Cabrera parlant des obfeques du prince Don Carlos, ra- conte ,;que le Cardinal Efpino a n’accompagnale corps, que jufqu’à la porte de PEglife , où on le portoicen dépoft, pour ne fe poinr trouver à fa cérémonie du (ervice, difant, qu'il = étoitindifpofé , au lieu qu'il fouvoir dire avec plus de vérité, _quefa préfeuce déplaifois’au Prince , de la mort duquel on - favoit, qu'il n'évaif pas fâché, Chapitres, dulivre 8. de fon Hiftuire- = ee. $ Lrs Annarrsp» TAcirvy. de voir les funérailles de fon fils 1. Mais jeërot- rois plus volontiers , qu’elle refta en fa maifon , retenuë par Tibére & Livia , afin qu'ils paruf- ent tous trois également afflivez, & qu on crût, que c'étoit à l'éxemple de la mére, que Fayeule _& l'oncle ne fortoient point du Palais 2. IV. Lejour, que les cendres de Germanicus furent portées au tombeau d'Augufte, il yeut alternativement un profond filence, où un re- tentiflement de lamentations & de cris pitoya- bles , & toutes les suës de la ville étoientpleines de monde, & le Champ de Mars environné de torches alumées. Là, les Soldats en armes, les Mapiftrats fans ornemens , le Peuple rangé par tributs , crioient à J'envi , quetout étoit perdu fans reffource , & même avec tant de liberté; . que " REFLEXIONS POLITIQUES, 1 De tous les devoirs de la Nature, il nyena pas $n auquel une bonne mére foit moins obligée, qu'à ce- Jui d’affifter aux fanérailles de fon fils. En pareille ren= £ontre une véritable mére eft trop affligée > Pour voir un fpeétale, qui n’eft capable que d’angmenter {à dou- - deux ; &pour vouloirafc@er de paroïtre conftarte , aux dépens de fa tendrefle. 2 Un Prince, qui n’eft pas aflicé , ou plutôt qui eft joïeux de la mort d’un Grand » que tout le Peuple regrére, fait plus fagement de ne fe point Montrer du ant la célebration de {es funérailles » que d'yaflfter, de peur que l’on ne vienne À s’apercevoir , que fa trif- tefle ef feinte ; ou qu'il a du dépit des honneufs, qui* font rerdus à la mémoire d’un homime qui a toujours has ee. RS. a ee LIVRE TRorsiIE Ms. 9 que vouseufhez crû , qu'ils ne fe fouvenoiene plus d'avoirun maîtrec. Mais rien ne piqua Tibére plusau vif, que l’ardente aff-@ion du Peuple pour Agrippine , qu'on apelloit l’hon- ncur de la Patrie 1 , l'unique reftede l’ancienne : A $ Pro- RsEFLExl ONS PorzrTrequss. 1 Les loïianges , que le Peuple donne à un homme de naïflatce royale , dont le mérite, ou la puiflance faie ombrageau Prince, lui coûtent toujourseher ; carel= Jes ne lui font pas feulement perdre les bonnes graces. du Prince , mais elles infpirent encore'au Prince le defir de fe défaire d’umSujer , à qui fon Peuple donne la pre- férence. Témoin Saül, qui vouloit tuer David ; que les femmes d’Ifraël avoienc en la téméricé de lui com- parer. Lesacclamarions, que le peuple de Paris fren faveur du Duc de Guife , le jour qu'il reçut en céré- monic l'épée benire , que Sixte-quint lui avoir envo- zéc parun Evéque , réveillérent route la jaloufe & tous les foupcons d'Henri III, contre lui. Et cené— toit pas fans raïfon ; car certe cérémonie fe fit avce tant d'apareil & de pompe, qu’il fmbloir que ce fût yn facrcde Roi,( 1587) Aurefte, Tibére >Quiavoit pour maxime ;.de modérer les honneurs des femmes ; & même ceux de fa mere , qui lui avoit donné Em pire , ne pouvoir pas manquer d’avoir un profond ref. - otiment conte Agrippine ,. dont le Peuple faifoit J'unique objet de fes adoïarions, SRE CREED 7e DEEE] NOTES HISTORIQUES. cl eft dit au chap. 18. du livre r. des Rois »que Saül com- _ mençadebaïr mortellement David , depuis le jour que les femmes d'Ifraël allant au devant dé lui ; pour le féliciter de 1# : ; viioire ‘ 2 menton ne me im 1e 10 Lrs ANNAZES DE TACITE. Probité, & le feul veritable fang d'Auguftes nt que la priere, qu'on faifoit aux Dieux ; défaire furvivre fes enfans à leurs ennemis. V. Il y eût des gens, qui tronvérent ; Qué ces funérailles n’écoient pas afféz pompeufes d4 moins en comparaifon de celles, qu'Augulte avoit faites au pére de Germanicus; carilalla au plus fort de l'hiver jufqu'à Pavie, d’oùilaccom- pagna le corps de Drufusjufques dans Rome. L'on porta autour de fon lit les images des Clau- des & des Liviens d 3 il fut pleuré dans la grande place ; loté far la tribune des Roftrese, & com- a] NOTES HISTORIQUES. viétoire remportée par David fur Goliat, eurent chanté à fes “oreilles ce petit motet: Saui a tué mille Filiftins , mais David enatué dix mille Quoi, dir Saül ; ces femmesen ontdonné “dix mille à David , & à moi, g#i fus leur Roi ,elles ne m'en ent donné que mille que manque t-il après cela à David finon. d’être Roi? En effet, cette chanfon étoit plurôtune fatire con- tre Saül, qu'une louange » ou qu'un apiaudiflement. Quelle mortification étoit ce a Henri LIT. de favoir que Îles Prédica: _geurs dé Parispréchoient, comme s'ils n’euffent point eu de- Roi , que fans fa valeur & la conftance du Duc de Guife, l'Ar- che fürtombée entre les mains des £iliftins., & que l'Hérefia eût triomphé de la Religion. Fowrnal du regne d'Henri III EST re | 5 Sr. Jatin dit, Fzliorum, mais Ceft une tranfpofition de lettres du mot, Livierum. Caronne portoitipoint danslesob- . féques des Grands d’autres images ; que celles deleurs vrais: ancètres. Or les Jules n'étoiens rien à Drufi us, mais bien l'es Li viens , du côté de fa mere. Ainfñ , iln’yapas d'aparence que . es images des anceftres de Livia furent oubliéesidans cette cé= rémonie. e Les Roftres. C’éroicune efpéce de salerie, où fe faifoient Jesharangues, appelléeainfi, parce qu'elle étoit bâtie furles épcronsoulesbecs d’airain des yvaiffcaux , que les Romains avoient pris fur les Antiates À J: An se Ut ANA A ne" 0 LErvRE Trorsrr mme À comblé de tous les honneursinventez , fit Par les Anciens ou parles Modernes: au-lieu quon n avoit pas même rendu à Germanicus CCUX ».qu'on rendoit à chaque Chevalier Romäin. » N'importe , difoient-ils , que fon corps ait » êté brülé fans apareil, en terre étrangére , vü » la dificulté de l’aporter de ff loin ; mais pour » C:lamémeil faloit lui auémenter les hon- » neurs en fécompenfe de ceux , qué le fore » lui avoit refufez auparavant: Quoi , fon fré- _mY#enavoir été qu'une journée au devant de »lui,& fon oncle n'avoir pas été fenlemene jufqu'aux de la ville ? Où fontles céré ? Juiqu aux portes de [a ville ? Où fontles céré- # monies de nosanciens , | éfigie f portée {ur #un lit , les élépies , les pancoyriques , & À 6 les ne ones mmmnemnt, NOTES HISTORIQUES. Il faloit éviter Le mor d'éfigie : (dit Érémonc d'A blancourg - Page 30, del'Apologie defon oncle ) Parce qu'ilne s'agir poine dependu , x qwon nes en peut bien fervir qu'en certe occufon. Si eft- ce que fon oncle ufe dece mot dans le mémeendroit de fa traduétion. Où étoient , dit-il scesvénérables coutumes de nosanceltres de porter l’éfigie fur unlit > Feu Monfieur Ogier fe fert du mefme mot dans fon Oraifon funebre de Louis XIIE. £ Ce trait de vûë décochéf ur tes combeaux de fes peres , furlé figie de tant de Mortsilluftres 1 il parle des combeaux de nos - RoisàS,. Denis. L’Auteur du Journal duregne d'Henri IIX, dutétoit Avocat Général au Parlementde paris, & qui par conféquent (avoit très bien. parler, dit que le Roi donna le collier del’Ordreà trois Gentilshommes,, trouvant indécent . que l'éfigie de fon frere fêr accompagnée de perfonnes qui ne Leuffencpas. Feu Mr. Doujat de l'Académie Françoife dit que Numa by; monnoye avec l'empreinte d'yme. éfigie. Voilà de (A da guérir es imaginations patibulaires de Femont & de Rir QUES ee 12 Les ANNAzEs DE TaAcitrr. » les autres démonftrations de douleur 1 > VI. Ces difcours aloient jufqu'à Tibére , & # pour y metre fin ,ilremontra par un Edit , » Que pluficurs perfonnages illuftres étoienc # morts au fervice de la République, mais que # pas un encore n'avoit été fi violemment re- »otete: Que cela feroit louable, & pour lui , » & pour eux, fi cela n'aloit pas à l'excès : ‘2 Que les mêmes chofes n'é- 0%, que ce n’étoiené : ; n pas les mêmes régles #toient pas*galementhonné: houries de, & tes pour les Princes& pour les particuliers 2 ; pour ResLexioNs PeérrTrrQUuers. ‘1 Siles Princes ne font pas véritablement tonchez: de la mort des Grands ; qui ont rendu d’importansfer- vices à l'Etat , ils doivent du moins en faire femblant. ” 2 ne faut pass’éronner, fi les jugemens du Peu Pie fon prefque toujours contre le Prince ; car le Deus pie; qui marque de diféernement, voudroit , quete Prince époufat fs paflious , & S’accommodät à fon. SS Es Li se 7 Éd : goût F: dé l'Hife PAIN EIA PRÉTEN ARR TRAITER EU TEC PE IE PP RAR UT ETS TS SRE Livre TrRoisr:r mr. 13 » pour un Peuple , qui commandoit à tout l'U- »nivers : & pour de petites villes : Que les “pleurs &les plaintes avoient été de-faifon ; » lorfque la douleur étoit recente ; mais qu'a pres undeuil detrois mors , ilétoit bien jufte 5 de bannir la triftele , comme avoient fait » Céfar à: la mort de fà filleunique & Aupufts » à celle defes petits-filsr >; pour ne point ale- »guer de plus vieux éxemples du Peuple Ro= » Main, quiavoit porté conftamment la défai- te de fes armées g ; la mort de fes Géné- » aus REFLEXIONS POLITIQUES. Hé CHE goût ; & le Prince ,au contraire, veut que le Peuple fe laifle gouverner , fans fe mêler de juger de ce qu'il n'entend pas. Le Peuple n’eft pas capable de connoître ce qui convient ; ou ne convient pas au Prince; au lieu que le Prince, fi peu intelligent qu'il foit, fais toujours ce qui eft convenable;ou mefléanrà fa dignité. 1 Lorfquele Prince veut juftifier quelque ation qu'il fait que le Peuple interpréte, ou peutinterpréter finiftrement , il ne peut pas la mieux autorifer, que par léxemple de fes derniers prédecefleurs; car plus Féxemple eft récent, plus il fait d’impreffion fur def prit de ceux à quiileftaleoue. LE ESS + NOTES HISTORIQUES. ; | : g La perte des Batailles de Cremera & d’Allia, toutes deux | | données le 17. de Juillet de diferenres années; & quatre autre 2 : dires du Tefin , de rrébia, du Lac de Trafimene, apellé au- | <e jourd’hui le Lac de peroufe ; & celles de Cannes, où:1l mourut ù _ gant de Chevaliers Rémaïins ,qu'Hannibal envoya à Carthage 3 deux boifleaux de bagues d’or > POur marquer lenombre ass 2 “morts par çelui desbagues 4 LEs ANNAzESs pe TAciTre, s# raux #, & l'exftinétion entière de plufeurs f1= » milles nobles+ : Que les Princes étoient mor- » tels:, au: lieu que l'Empire étoit éternel 1 : » Qu'ils retournaflent donc à leurs éxercices # ordinaire, & quils repriflent toute leur » gaieté pourles Jeux Mégaléfiens À; quiapro- : » choient 2. - = VIT, REFLEXIONS POLITIQUES. ‘y LesRoïaumes, dir Ant. Perez ; font à Pévard des Rois ce que font les efpéces à l'égard des individus. £cs Philofophes apellent lescfpéces éternelles, parce que de Jeur nature elle ne peuvent-prendre fin ; au-lieu - que les individus périflent , comme n'étant què desac- cidens. Ce ne {ont pas les Rois, qui fonrles Roïaumes, “mais les Roïaumes, qui font les Rois. Dwsss [es fecon- des lettres. enr. -_ 2 Quelquemécententement qu'ait le Peuple, pro- pofez-lui des jeux & des fpe“acles, il eubliera bien- tôrles fujers qu'ilen a. Le Peuple pafñle encore plus facilement de la triftefle à la joie , que dela joie à la triftefle: Il ne faut fouvenr qu'un caroufel , ou une mafcarade , pour le ramener à fon devoir, On lamute par ces fortes de divertiflemens ; comme l’on apaite les. enfans , qui pleurent , avec une poupée. - 3 Remer NOTES HISTORIQUES. h Des Scipions en Efpagne , & de tant d’autres. - &Tousles Fabius, qui étoientc au nombre de3o#:proches … parens , périrent dans-une embufcade, que-les-rofcans leur _avoient dreflée près de la riviére de Cremera :mais par boni= heur il en refta un à Rome caufe de fon bas âge, qui fitrevi= vre cette race. Fer ee ER - & Jeux inflituez en l’honneur delaMerce des Dieux ; apellée Pre 2 Livre TRoOïISIE me, 1 . VIT: Chacun recommenca donc fes fonc- tions, & Drufus partit poural'er joindre l'armée -d'Hlirie, laiflant les efprits dans l'impariencede voir la mort de Germanicus vangée. On difoit par la villé,que Pifon ne voïagéoit parlesagréa- bles lieux de l'Afe & de la Grece, que pour élu- der par fa contumace,& par des longueurs afec- tées, les preuves de fes crimes.Cär le bruit cou- roit, quela celebre empoifonneufe Martine, que Gnetus Sentius envoioit à Rome, étant _ morte fubitement à Brindes, onluiavoit trou- vé du poifon caché dans les frifons de fes che- veux, fans qu'il part furfon corpsaucune mar- que de s'être empoifonnée - VHE. REFLEXIONS Poririou ES. n 1 Le plus dangereux de tousles poifons eff celui qui fair {on éfet fans lailler aucune marque vifible de F'emn- poifonnement. C'eft pour cela, qu'il für impofhble de prouver que Germanicus.eüt été empoifonné. Tou- te la preuve ronloit fur le commerce , que Planci- ne avoit eu avec Martine. Le Journaldu regne d'Henri TE. parle d’un Valer de chambre du Ducd’Alencon . = somme Blondel , qui fut accufé d’avoir empoionne a fon, NOTES HISTORIQUES parles Romains, Muagre Marer.Cetre Déeffefutaportée àRo- medu tems de Scipion Mafica, qui, pour avoir été déclaré le: … plus fainthomime de la ville,eur l'honneur de la loger quelque. * rems.Ces jeux furent appellez Mégalefiens, à caufe d’un terne - ple qu'elle avoicà Peflinunte en Grece, apellé Mégalefion écélébroienttous les ans au mois. d’Avrik Re 16 Lrss AnnAres De TAciry. VIIE Mais Pifon, après avoir dépèché fon fils à Rome, avec des inflruétions., pour difpo-- fer l'efprit du Prince en fa faveur , va trouver Drufus , de qui il attendoit plus de protetion, pour l'avoir défait d'un rival ; que de haine , Pour lui avoir Sté un frére 1. Tibére, pour “Montrer, qu'iln'étoit point prévenu eontrePi- fon , recut honnêtement fon fils , & lui fit les Préfens, qu'ilavoit accoutumé de faire aux en- fans de qualité. Drufus dit à Pifon, que fi tout cé qu'on difoit étoit véritable, ilne pouroit re- fufer à à douleur d'être le premier à pourfuivre | * n" REFLEXY ONS PoLiTirQUESs. à - fon Maître, & fur apliqué plufieurs fois à la queftion, quoiqu'il n’y eût poinrd’aurre preuve contre lui, que celle du foupçon, fondé fur ce qu’il avoir été aupara- vant domeflique du Cardinal de Birague , qui, felon ec témoignage de l’Amiral de Coligny , difoir aux Rois Charies IX. & Henri III. qu'ils ne viendront jamais à bout de leurs ennemis , que par le fecours des Cuifinicrs. Voi la Réflexion 2 du chap. 75, du li= Ur Le 1 Les Princes font bien aïfcs de trouver des gens , qui leur ouvrent le chemin à l4 fnecefion des Etats. Mais quand on jeur rend ce férvice par la voye de- l'empoifonnement, ou du meurtre, ils fe gardent bien, s'ils font fages., d'en témoigner jamais aucune recotr- noïfflance , parciculiérement, lorfqu’iis n’ont aucune pattaucrine. En ces fortes d’affaires, c'eftêtre com> : . _plice, que d’être reconnoïffant ; &c'eft une marque - de prudence & d'équité , que d'être Ipgrag es Livre TRotsitr Me. I ; 7 la vengeance 1 ; mais qu'il fouhaitoit que tout - se REFLEIXIONS POLITIQUES, 1 Il importe extrémement aux Princes de venger fa mort de leur prédécefleur affaffiné, ou empoifonné , cariln y a point d'autre moïen d'affürer leur vie, que de faire en forte , qu'il ne £e voie point d'exemple de Pimpunité de ceux , qui ont procuré la mort à Jeur Prince. Ne point venger celle du Prince , à qui Von fuccede, c’eftaprendre au Peuple, &aux mécon- tens , que la confpiration peut quelquefois être recon- nuË pour jufte& raifonnable, puifqu'on la laïfle quel quefois impunie. Opinion, à laquelleles Princes doi- vent érre foigneux de fermer toutes les portes. Clau- dits fit mourir Chereas & Eupus, qui avoien tué Ca ligula , quoique ce meurtre lui eût fervi de degré pour montrer à l'Empire. Domitien punit de même Epafro- dite, feulement , pour avoiraidéà fe tuer à Neron, . qui d’ailleurs évoir profcrit par un arrêt du Sénat, Ner- va , au contraire, s'expofa lui-même àla fureur des foldats:, pour ne leur avoir pas voulu livrer les meur- triers de Domiitien, Danger, dont ilne fuc garanti que pat Padoprion qu’il ftde Trajan Enfin, ç a étéderout tems une maxime inviolable parmi les Princes, de ne pardonner jamais, ni à ceux qui onttué leur préde= ceflcur, niimême à ceux , qui ont verfé le fans de quelque Prince érranger que ce puiflé étre Quoi- -quAlbert, Duc d'Autriche, eûr été &lG Roi des Ro= maïss du vivant de Empereur Adolfe de Naflau , & qu'aprèsla mort d’Adolfe, qu’il tua dansun combat: fingulier , il eût fait confirmer fon éle&tion , où plu tôt fait proceder à une toute nouvelles; quelques E- Jeéteurs , & plufieurs Princes de PEmpire,- ne Jaiffée xentpas, depuis, de former une plainte contre lui ; devant l'Eledteur Palatin , pat laquelle ils preren= doient faire cafler &añnuller cette feconde élettion, comme 1 fie 18 LEes ANNALES pe TACITS=. cela Gtrouvât faux ; & que la mort de Germa- nicus ne fût funefte à perfonne 1. Il lui dit cela publiquement, & furant de lui parler en fecret: & l'on ne doutoit point que ce ne fut par l'ordre de Tibére, d'autant que Drüfus évoit tropjeune. _& trop fimple, pour inventer de fon chef des. rufes de vieillard 2. REFLEXIONS PoLiTiQUEsSs. commed’un homme, quiaïant cut fonprédéceffeur , éroit incapable & indigne de lui fucceder, Oxenftiern dass fon livre de rarione ftatus , cap. $ partisi. 1. Il fied coujours bien à un Prince de parler humai= nement aux perfonnes accufées, qui fe juftifient, quoi- auil facheméême , qu’elles font criminelles ; de peur que , s’ilen ufoit autrement, onne crüc , que fa pale fion ; ou fa haïne particuliere, fut la vraïe caufe de leur condannation, 2 Un Prince, qui fe donne la peine d’inftruire lui- : même fon fils ,ne tarde puére a le rendre habile. hom- me; car le difciple eft plus docile , à caufe du refpect que Jui imprime la majefté du maître; & le maître plus foigneux, à caufe de l'incérér qu'il prend'à l'édu ation du difciple. Patercule femble attibuer toute Phabileré de Tibére aux divins préceptes d'Auguftes Zenutritus cœlefhiumpreceptorum difciplinis. Hift.2,Ca- brera dir, que Charle-quinc €tant de retour en Efpagne après {a démifhion, eur la penfée de fe charger du foin de l'éducation de Don Carlos, Prince d'Efpagne, qui ne refpeétoitnt Gouverneurs , ni Précepteurs , mais que {on peu de fanté l'en empêcha. Peut-être auffi changea-t-il d'avis, pour n'être pas obligé quileft dangereux d’enfcigner à un méchant efprit, Le - d'aprendre à {on petits fils des maximes politiques , Re Rate déteste nee 1 Leiher ris lo Lg des 2 Lis BE RAGE LIVRE TRoïsir Mr. 19 TX. Pifon aïant traverfé la mer Adriatique, & lailfé es vaifleaux à Ancone, vint par le Pi- cen l, & delà par la voie Flaminies, joindre une légion , qui retournoit de la Pannonie à Rome, pour aller de là en garnifon en Afrique. Mais parce que le bruit courut . qu'il avoit ea defles3 de corrempre les foldars parle chemin , en s'entrétenant fouvent aveceux 1: fi tôt el Gt REFLEXIONS POLITIQUES. tel qu'étoit Don Carlos. Diégo de Mendoca dit, que c'eftla coutume des Ponrces de Leon de mener cux-méê- mes leurs enfans à la guerre, & deleur fervir de mai- tres en tout ce quieft de feur éducation. [ Les Ponces , autrefois Ducs de Cadix, aujourd’hui Ducs d’Arcos, ont le Grandat héréditaire & permanent daus Jeur fa- mille ,ainf queles Guzmans, Ducs dé Medina Sidonia leurs rivaux. Ces deux Maifons font diftinguées des autres Grands orignaires , en ce que de douze familles, qui pofledent cet honveur,iln°y à encore que les Guz= mass & les Ponces, que le Roi d'Efpagne ait nommez & reconnus pour cels. ] Chap. 9, c» 14 dulivrea dela Guerre de Grenade. ER - 1 Quand un Grand eft fufped zu Prince , on qu'il eft aduellemerr recherché de quelque crime d’Era , âl ne peut faire une plus grande imprudence, que d’en= BEr en commerce avec les gens de ouerreifur-rout s’if a €u auparavant ducrédic parmi eux, Ainft, Pifon > CS NOTES HISTORIQUES. _lAujourd'hni la Marche d’Ancone, 8 Cf un des grands chemins de Rome, 26 Lr$ ANNALESDE T AcrTr. fut arrivéà Narni # , il s'embarqua furle Nar, foit pour éviter les fonpçons , ou paree que CEUX , qui craignent , font toujours dans l'in- certitude. Mais la faute qu'il fit de venir aborder en plein jour au tombeau des Céfars , à la vüe de tout un Peuple , qui bordoït le Tibre, irrita encore davantage les efprits , d'autant quelui&e Plancine entrérent avec un vifage joïeux ; lui , accompagné de grand nombre de domeftiques: elle , dequantité de femmes à fa fuite. Leur maifon ; qui regardoit fur la grand'place , or- née au dehors de lauriers & de ouirlandes , le feftin , & les réjoniffances, quisyfirent, fans que rien fut fecret, à caufede la fituation & de laparence du lieu , furent aufli des éguillons , qui provoquérent l'envie r. — : EE — 2. [Le = REFLEX] ONS POLITIQUES. qui avoit été appellé le Pére des légionsen Syrie, & qui depuis, avoit etc accufé par le Sénateur Sentiusde vou- Joir alumer une guerre civile dans la Province ; après qu'il en eñt’perdu le Gouvernement, Pifon, dis-je, … ausmentoit le foupcon du crime dont Sentiusl’accu> tournoit à Rome, = 2 1 La pompe, le fafte , es feftins. & les réjotif= foit , en vivant familiéremenr avec la lègion, quire … . fances ; foncimputez comme autant de NOUVEAUX Cri= ES _ NOTES HISTORIQUES ville de PUmbrie. — Livre TrRoïsrr Mer. 2x À: Lelendemain, Fulcinius Trio aceufà Pi- on devant les Confuls ; mais Vitellius , Vera- pius , & les autres Compagnons du voïage de Germanicus , foûtenoient , que Trion n'avoit pas droit d'intervenir dans cette Caufe, & que, Ponr eux, fans fe rendre aceufateurs sis nefes. Toient que raporter , comme témoins lesder- niéres velontez du défunt. Trion fe défifta de fa prétention , & fe contenta d’obrenir la permif. fon de recherchertoute la vie del'accufé. L'Em- pereur fut prié de prendre connoiflance de l'affaire , & Pifon y confntoit volontiers , dans REFLIXIONS Perirrqu 55, mes a un homme, qui eff apellé en juftice pour des &rimes d'Etat ; car c'eft proprement braver le Prince & les Loix , en montrant > qu'on ne les craint pas. Véritablement , Tibére éroit joyeux de la mort de _ Germanicus, mais il en faifoit le crifte-Pifon deyoit donc s’abftenir d'entrer à Rome avec éclat ; de mon. ter un vifage content , & de faire , dans (à maifon des magnificences , quiattirant les yeux du Peuple, ne, ervoient qu’à réveiller lindigratien publique , par la. _ Comparaïfon qu'on faifoit de toutes ces téjoüiflances, _. filence , lacrifieffe , & le deuil, qui resnoient. Maïfond’Agrippine. Cabrera dir > que la ma- —nificence avec laquelle Antoine Perez continuoit de vivre ; pendant que la femme & les enfans du Secre= taite Juan Efcovedo, qu'ilavoit fair aflaffiner, pour- fuivoienr la vengeance de fa mort, irrita fi fort les _efprits, que Philippe IL. furenfin contraint de Paban= donner à la Juftice , qui ne Manqua pas de Île traicer à @ouic rioueur, ss LEs ANNALES PE CACITE. dans la crainte qu'il avoit de paffer par les mains du Peuple, ou du Sénat , tous deux trop affec- tionnez à la Maifon de Germanicus ; au lieu qu'il avoir , que Tibére ne fe latfoit point aller aux bruits de ville ; & que fa mére avoit concer= té avec luiles ordres fecrets , g#'elle auorr don mex à Plancine. Quire que la vérité fe difcerne mieux par un Juge feul, que parune affemblée 3, où la haine & l'envie ont un grand pouvoir. - Tibére n'ignoroit pas l'importance de cette affaire, ni lescalomnies , dont on ledéchiroit. Après doncavoir oui, en prefence de quelques: mnsdefes confidens , les plaintes des accufa- teurs, & les réponfes de l’accufé , il renvoya tout au Sénat. : | XI. Cependant, Drufus retournant de l’[Le dirie rentra dans Rome fans pompe ; remettant ‘À un autretems le petit triomphe;que le Sénat Jui avoir décerné pour les exploits de l'été précé-. dent ; dont le principal éroir la réduction de Maroboduus. Après cela, Pifon demandant pour Avocats T. Arruntius, Fuleinius, Afe nius Gaïlus, Eferninus Marcellus, & Sextus = = Pom» = RSFLEXIONS POLITIQUES. y La diverficé des humeurs & des intérêts deceux, qui,compofenr une aflembiée , ouvre la porte à toutes : es paffions,parmi Jefqueliesil eft impoffhible de difcer= ner là veriré d'avec le menfonge,quia toujoufs la-pre vention pour Avocat. — 2 En onmes Livre TROISIE ME 3 Pompeius , & ceux ci s'excufant 1 {ur divers _ prétextes ; on lui donna M. Lepidus, Lucius Pilo, & Livencius Regulus; toute la ville aten- dant avec impatience > quelle feroit la fideliré des amis-0 de Germanicus > & la réfolution du criminel , & fi Tibére cacheroit , Où découvriroit fes fentimens. Car le Peuple n'avoit jamais montré plus de foupcon , ni pris plus de liberté. de murmurer contre le Prince XIL. Le jourque ftintla premiere audien- ce, Tibérefit un difcours bien étudié, & dit ; # Que Pifon avoit été l'ami & le Lieutenant » d'Aupufte , & que‘ce n’étoit pas moins par - Favis S Li = RsrLsxioNs PoLiTiQUes. 1 Un ériminel, dent tout un Peuple demande [a mort , avec menaces de Je mettre en piéces , s’il ef abfous par les Juges , trouve difficilement des Ave- cats qui ofent entreprendre {a défenfe. Souvent, l'en _ fouve moyen de fe mettre à couvert de la colére du - Prince , maïs il arrive rarement defe garantir de celle el ne | nn PR nes | _ NOTES HISTORIQUES 9 C'eft qu'ils avoient promis à Germaniens moribond, de Perdre la vie plutôtquede faifler fa mortimpunie, comme lg ditracite vers 14 fn du fecond livre des Annales. > 34 Les ANNALES DE TAcars. # l'avis du Sénat 1 , que par le fien quil évoit #été envoiéavec Germanicus ; pour gouvér. a ner l'Orient: Qu il s'agifloit d'examiner fans » prévention , sil étoit vrai qu'il eüt irrité le » défunt par des conteftations, & par des défo- s> béifances , & qu'il fe fut réjoui de fa mort, » ou quilen füt l'auteur. Car , difest-1l, fi le »# Lieutenant de mon fils a pafléles bornes de fa 5 charge , a défobéi à fon Général, s'eft xéjoui » defa mort , & de ma douleur; je le bannirai » de ma maifon, & me vengerai de lui comme -» pêre- de-famille, & non pointcomme Prin= » ce 2. Mais s'il fe trouve coupable d'un crime, #» qui mérite d'être puni pour la mort du moin- . dre *RE£EFLEXIONS POLITIQUES. 3 Quand le Princea choïfi quelque Gouverneur , où #uelque autre O Micier , dont l’adminiftration vient à. être recherchée pour des crimes capiraux, d'ordinaire il en veur partager le blämeavec fon Cenfeil. Il fem- ble même , que Tibere veuille faire croire ici , que le: motif pour lequel il avoit envoyé Pifon Gouverneur en Syrie , étoit pour fe conformer au choix d'Au- gufte, qui avoit honoré Pifonide fon amicié , & de divers emplois , dont il s’étoit bien aquité. 2 Il yabiende la difference entre les offenfes faites à la perfonne , ouà la majefté du Prince: le Prince. peut pardonner les premietes , mais il ne doit jamais Jaifler impunies les fecondes,qui tirent toujours à des” conféquerces dangereufes poux l'Erat. Car ec feroit, ” comme dit très bien le grand Cardinal de Richelieu, une faufle clémence, plus dangereufe ; que la cruauté. même. Chaps 5, de ln feconde partie de [on Tefameit Politique, LD Livre TrReoiïisir wr. if #3 dredes hommes, vengez vous, Meflieurs > » vengez les enfans de Germanicus , & leur #ayeul, Mais fur tout n'oubliez pas d'éxami- » ner , S'il a corrompu la difcipline militaire ; ». S'il a tâché de gagner l'afe@tion des foldats = » pour s'en fervir à quelque entreprile , s'il a » employé la voie des armes, pour rentrer dans » la Province ; où fi ce n’eft point une invention » Où Une éxagération de fes accufateurs r ; lef- » quels je finis faché de voir procéder avec trop nie chaleur Car. à quel deffein dépouiller le » corps de Germanicus, & l'expoler tout nud # aux yeux & au maniment du Peuple ? Pour- » quoi publier jufque dans les païs étrangers, » qu il a été empoifonné, fi cela eft encore in. » Certain , & à verifier ? Je pleure mon fils, & » le pleurerai toujours ; mais je n° empêche # point que l'accufé ne dife tout ce qni peut {er - » vit à juftification 2, fans épargner même Time 24. B le: REFLEXIONS POLITIQUES. 1 Lorfqu’un Prince metun Grandentre les mains de Ja Juftice, & qu'il y a aflez de quoi lui faire fon pro= cès , ileftdefa prudence & de fon honneur : de com- Mander aux Juges de ne fe polnt amuferà l'éxamen des crimes inçcertains & douteux , dont le coupable ef accufé, pour Montrer qu'il agit fans pafon , & qu'il VEur qu'on procéde par ja feule autorité des loix. . 2rLe Prince a deux fortes de devoirs à templir, Ceux de la Nature envers fes enfans,&cceux dela Prin. cipauté 26 Les ANNALES DE TACITÉ. 5 le deffunt , s’il a fait quelque faute. Que mon » interet , M:{icurs , ne.vous fafle point rece- # voir des accufations pour des crimes. ue » ceux , que la parenté , l'amitié, ou la recon- » poillance , ont donnez à Pifon pour À vocats, # ne craignent point de le fecourir dans ledan- » ger où il eft , avec toute leur éloquence, & » toute leur induftrie. Texhorte {és accufateurs s à travailler de leur côtéavec le même courage. s» out ce que nous acorderous au delà des loix » à la mémoire de Germanicus , €ft que cette » Caufe fera jugée par le Sénat, au lieu d'aller s devant les Juges ordinaires; car nous vou- » lons que tout le refte fe fafle dans les. formes » accoütumées. Enfin, ALeflieurs; je vos prie. » de n'avoir point d'égard ni aux larmes de 5 Drufus, nià mon afiliétion ; vi aux mauvais » bruits qu'on {eme contre nous. XIII. Il futordonné ,.que les accufateuts au- goient deux jours pour parler , & l'a ne Sie cufé trois pour répondre, &.fixen- one Le re deux pour sy préparer. Fulcintus parer » & commença par une déduétion de de chofes vi.illes, & qui n'apartenoient point au ee fait, RSFLExXIONS Poritrquss. cipauté envers fes Sujets. Comme il eft le pére com mun des uns & des autres , il doir cenir la balance égale entr'eux , & laifler agir les loix ; fur-tout lorfquit et queftion de venger la mort , ou les querelles des pienuets, . Livre TrRorsirur », fait , accufant Pifon d'avoir malverfé autre fois en Elpagne ; chofe, dont la conviction même pe fufhfoit pas pour le condamner , s’il fe juftifioit du refte ; nila réfutation pour l'abfoudre , s’il fe trouvoit coupable des cri= mes nouveaux ; dônt on le chargeoit, Ser… veus ; Veranius, & Vitellius, continuerent l'accufation avec même ardeur , mais le der- nier , avec plus d’éloquence , difane , qu'ers baine de Germanicus , & par un defir d'in troduire quelque nouveauté. Pifon AVOIt cop rompu le commun des foldats > Par tant d'itge dulgence & de licence , aux dépens même des Alliez , quetousles fcélérats l'apelloïen: le Pére des légions : Qu'au contraire , il avoit crucile- ment traité les meilleurs OfMciers, & für. tout. … les amis &c les domeltiques de Germanicns , le- quel il avoit fait mourir enfuite par les charmes & parle poifon ; témoin les facrifices détefta… . bles, que lui ;, & Plancine avoient faits »En ré- jouifance de [a mortp: Qu'il avoit prislesarmes <ontre la République , & , que pour le faire venir en Juftice , il avoit falu lui donner bataille. ee Lee ATV: La défenfe fut chancelante ; car on ne : . pouvoit nier la licence donnée aux loldats; Jes B 2 Outre- SRE posent, = _n nn | NOTES HISTORIQUES, # Voile chap. 76, du livre2, 58 Lrs ANNALESDET Acire. outrages faits au Général , niles excès commis dansla Province , parles méchans , g%°#/ prore- grois Mais ilfatishit, ce femble , à l'accufation du poifon, qui veritablement n'éroit pas bien prouvée 1. Car de dire, qu'il avoit empoifon- né les viandes , én y touchant , un jour qu'il étoit à la table de Germanicus, & dans une pla- ce au deffus delui ; cela paroïlloit abfurde, n'y ayant nulle aparence , que Pifon l'eût 6f faire à Ja vüe detant de valets,&detant d'afliftans, & fous les yeux même de Germanicus. Aufli de- mandoit-il que fes domeftiques , & ceux du Prince, qui avoient fervi à table , ce jowr-le, fulfentapliquez à la queftion. Mais les Juges étoient inéxorables 2 , & trous par des motifs : diférens s . REFLEXIONS POLITIQUES. 1 Pour le poifon, dir Patin , on en dit toujours autant à la mort des Princes , dont on fait fouvenc wiftére & finefle. Lettre 69. Comme fi, dit Strada, ec leur éroit ‘un deshonneur de mourir de mort natu- gelle ; à caufe del’égaliré qu'il fembleroïr y avoiren- creux & les particuliers, Livre 2. dela feconde decañe de [a Guerre de Flandre. © 2 En matiére de crime d’Erat , dit Monfeur de Richelieu, il faut fermer la porte à la pitié , & mépri= : fer les-plaintes des perfonnes intéreffees. Etre rigou- reux envers les particuliers , qui mérrifent les loix & les ordres d'un Etat , c’eft être bon pour le public, contre lequel le Prince ne fauroit commerrre un plus *orand crime , que d’ufer d’induloence envers ceux; quiles violent. Chap 5. dela feconte partie de fon T4 sament Politique. ras ss LIVRE TROïSIE MY La diferens l'Empereur , à caufe de la guerre émüe dans la Province: le Sénat, pour Écre trop pré- venu du fonpcon, que Germanicus n écoit. pas mort de maladie naturelle. Quelques: uns vou- lotent obliger Fifon à monirer les lettres, que fes amis las avotentécrites de Rome , durant {en fcionren Syrie, mais Tibére ne 59 opofost pas moins , que P:fon même g. Dans le même tems, on entendoït le Peuple crier à la porte du Sénat que fi Pifon étoit renvoyé ablous, il n échape- xoit pas deleurs mains 1 ; & fes ftatuës fe trai- noient déjà aux Gémonies r , lorfque Tibére Ve com.- REFLEXIONS POLITIQUES. x Le Prince ne doit jamais fouffrir , que le Peuple prenne connoiflance des affaires des Criminels d'Etat , ni qu’il éxamine , fi les Juges, qu'on leur a donnez, doivent les abfoudre , ou les condamner. Si cette por- te étroit une fois ouverte , le Peuple feroir le maître de tous les jugemens par le moyen des féditions qu'il exciteroit en faveur de ceux qu'il voudroit fauver ; ou pour obtenir la mort des Miniftres , & des Officiers publics , qui lui feroïent odieux. V2 ee SRE NOTES HISTORIQUES. g. C’eft ainfi que Freinshemius remplit une lacune : qui eft dans le latin ; où il y a deux lignes, qui n’ont point de fens, 74 Paraphrafi Corneliana. r C’étoitun lieu patibulaire, où l'on expofoit les corps des fupliciez ; mais feulement de ceux qui avoient été condamner pour des crimes d'Etat, ou de leze majefté. De ce lieu , où l’on montoit par des degrez , & que l’on apelloït ponr cela les Echetles Géonies , on jettoit de haut en bas les ftatuës des cri minels, Cegibet étoir an Mont Aventin, L 53 © Les ANNALES De TAcirr. commanda de les remetreen leur place. Pifon étant donc rentré dans {à Uitiére ; fut reconduit en fa maïfon par le Chef d’une cohorte préto- tienne , ce qui fut interprété diféremment , Les uns difant , que c'etoit pour le garantir de la fu- reur du Peuple; & les autres , pour lui anoncer À mort. X V. La hainen’étoit pas moindre contre Plancine , mais fa faveur étoit Os, rlancine n'étois PRÉ RRSR AS pee min, ei taifon, l’on doutoit , fi Tibe- VEUr, - — re oferoit la mettreen Juftice 2. Tantqu'il y eut quelque efpérance pour Pifon , elle lni protefta de vouloir tre la compapne de fa fortune, & méme de {2 mort, fi le fort le vouloir ainf : a mais. REFLEXIONS POLITIQUES, 1 C'eft une fatalité , qui regne dans.tous les Etats onarchiques, que plus un Miniftre eft hay du Peuple plus il eft aimé du Prince ; & que la haine populaire fert de fauvegarde à des perfonnes , que le Prince, in formé de leur conduite ; abandonneroit volontiers , fi ce n étoitpas pour contenter Ja Pa ffion de la Commune. C'eft pour cela qu’on a vû fouvenr des Miniftres, & des Favoris , feurir & profperer , lorfque le Peuple crioit & fulminoit contre eux ; & ne Faire de Ja grandeur , dans letems , que le Peuple fembloit être Jas de Jes haïr & de les ofenfer. &: 2 Rien n'eft plus honteux à un Prince, que de laiflér croître le crédit, on le pouvoir d'un Grard, à cel point qu'il foitobligé de diffimulet {es fautes ; jufqu’à nofer. F metre entre les mains de la Juftice pour des cils ges d'Etar, . LIVRE TRoiIstr Mer. 31 mais fi tôtqu'elle eut obtenu fa grace par la pro- tection fecréte de l'Impératrice ; elle commen ça peu à peu à fe retirer de fon marir,&à fe de- fendre féparément ; ce que Pifon prit pour un figne affuré de fa mort. Doutant , s il devoit tenter encore la compaflion des juges > 1l y ef exhorté par fes enfans , & de ce pas il retourie au Sénat. Il y trouve l'accufation recOmMENCÉz les Juges fort animez contre lui, &c tout confpi- rant à fa perte. Mais rien ne l'éfraïa davantaue, que la contenance de Tibére, qui lui parut fais pitié , fans colére , roide, infenfible ;inébranta- ble. Il fe fit donc remener en fa matlbu , com- mefi c'eût été pour travailler encore àfà défenfe, 1l écrivit à Tibére une lettre fort courte ; qu'il donna cachetée à unafranchi,& puisilemploya quelque tems aux fonctions corporelles ; qu'il fit à {oh-ordinaire. Enfin , fa femme étant {or tie dé fa chambre, fur la fin de la nuie, il ft fer : e Re mér REFLExIONS PoriTiquess. _ + Onfacrifie touràl’æmour dela vie, & comme dit Antoine Perez,il nya plusd'amitié verirable qu'en- tre l'ame & le corps , qui ne veulenc jamais fe. féparer, Il ya aflez de femmes, qui Font à leurs maris routes les promefles , qué Plancine £{oir à Pifon , maisil ne s'en voit aucune qui les tienne : elles font leurs com pagnes infeparables dans la bonne fortune ; mais bien loin d’être leur reconfort dans la mauvaife ;clles dem Viensent fouvent leurs fleaux. Heureux mille fois qui en trouve ure bonne. É A GAL D TNA 32 Les AnnaArezs be TAcivr. merles portes, &, le jour venu, on le trouva égorgé , & fon poignard à terre. XVI. Je me fouviens d'avoir oui dire à des Vicillards , qu'on lui avoit vû fouvent dans les mains des papiers,qu’il n’avoic noint montrez ; lefquels , à ce que difoient fes amis , étoient des lettres de Tibére, & des ordres férets contre Germanicus,que Sjan l’avoit emsêché de pio- duire en plein Sénat , en lui donnant de vaines efpérances. Ils difoient encore , quilne s'é- toit pas tuélui même, & que Tibére jui avoit LS LS à 2 2 , NT . cnvoyéun éxécuteur.. Je n'aflürerai nil'un, ni 2 . ss 3 -—. A » Pautre 1, mais auffi, je n'ai pas dû taire ce que mont REeFrLEx I OoNSs Poirriques. 1 Un Hiftorien ne peut jamais être trop fcrupuleux, Quand il eft aueflion de raconter des a@ons que les Princes ont faites en fecret. La demangeaifon, qu'ont plsfieurs Ecrivains d’aprofondir les fecrers des Prin. ces , & de rafiner fur les mémoires, qu'on leur com unique , ne fert pas toujours à leur donner de la ré- Putation dans le monde ; car fi d’un côté ils y paflerr pour fubrils & pour pénétrars , de l’autre , On doure fort , qu’ils foienc fidelcs & véritables. C'eft ce qui eft arrivé à un de tros Hiforiografes , qui à force de vouloir s'élever 4 deffus dn vulgaire , @ de tächer d'aprocher des anciens , & prircipalemenr de Tacite : dontil fe pique d'étreun réjéton , eftrombé comme un autre Jcare, Il ya des Ecrivains , dit Strada > qui font gloire de publier les chofes les plus cachées & les plus atroces , & qui négligent les communes. Compas - rablesà ces voleurs, qui paflent les maifons ouvertes " & qui ne S'adreflenr qu'à celles, qui font bien fer mécs. Livre, dela feconde Décade. Livre TRoïstrEe MY. 33. m'ont raconté des perfonnes 1 qui ont vécu ju£e qu'au tems de ma jeuneffe. Tibére , témoignant Br de REFLEXIONS POLITIQUES. Il ya des particularirez curieufes, qu’un Hifto- rien ne doit pas omettre , quoiqu'elles foient difficiles ‘à croire , & que perfonne ne les ait encore écrites , quand il les fait de perfonnes dignes de foi, pour avoir eu quelque part à ces événemens , ou pour en avoir eu des mémoires fecrets. Les Hiftoriens , dit Commines. ; laiflene plufieurs chofes , ou ne les fa= vent pas quelquefois dans la vérité: mais pour moi, je ne veux parler de chofe , qui ne foit vraie, & que je n’aie vüë , ou fé de f grands perfonnages , qu'ils foient dignes d'être crûs. Ex dans ux autre éndroir= -Bien.que je ne fufle point fur les lieux , où ces chofes fe faïloïent , je les füs néanmoins par ce Qu'on rapor= toit au Roï, & par leslertres qu'on lui écrivoir, lef “quelles je voyois fouvenc, pour en faire les réponfes par fon commandement. Ch2p. 13. du livre 5. € 4, die livre 6. Quand Strada parle de l’aparicion du Colonel Pedro de Paz à fon Régiment dans un combat près: d'Anvers, il cite Delrio pour fongarant , &dir qu'a près le témoignage d’un homme de fi grand poids , il croiroir faire rort. à la-poltérité , s’il lui déroboit la éonnoiffance d'un événement fingulier , & raconté avec ferment.par quantité d'Officiers., qui étoient à ce: Combat. Livre 6.delafeconde Décade, La Préface des Mémoires de M. Aubery du Mauriereft une des meil- leures piéces qu’on nous'aitdonnées depuis longrems ; -& je préférerois un point d’hiftoire comme celui de la mort de la Reine d’Ecofle, qu'il dit avoir apris de fon pere , qui le tenoit de Ja propre bouche du Chan- celier de Bellièvre , à toutes les” hiftoites > que nous donne un hemme , qui écrit fur des manufcrits & fur des mémoires invifibles. 34 Lrs ANNALES DE T'ACITE. de Î2 compaffion , dit, dans le Sénat, que Pi fon avoit ru à le charger de toute la hai- ne- f##t*+ Il fit beaucoup de queftions à fon afranchi, pour favoir les particularitez de fa mort; & cet homme ayant répondu à toutes {es. demandes , aux unes, avec jugement ; aux au- tres, avecembaras 1; il fit lecture de la lettre de Pifon , qui contenoit à peu près cestermes: » Puifque la vérité , ni mon innocence , ne # trouvent point de place parmi les calomnies 35 de mes ennemis , j'atelte les Dieux immor- n tels, que je n'ai jamais manqué de fidélité en- #-vers toi; ni de refpeétenversta mere. C'eft- # pourquoi , je vous prie vous deux d'accorder # vôtre protection à mes enfans ; dont l'un n'a »point eude part à mes affaires , puifquil a » toujours été à Rome; & l’autre s’eftopofé, # par remontranees , à mon retour en Syrie, Ah ! _RErLExIONS : PoLiTIQUEsS. 1 Iln'ya rien de plus difficile ; que de répondre jufte aux fréquences interrogations des Princes; les plus habiles gens y font fort ur > à plus forte ‘raifon , ceux: , qui paroiffent pour Ja premiere fois _devantun Prince, quiaunair de rhajefté fevére:, com me Tibére, dont le vifage Etoit auf ambigu: que fes paroles, Tiberi fermone , uultw:, adrogantibus € ob[= gris, ADN. 1. Res NOTES HISTORIQUES, .. ff ilmanque ici quelque chofe, or D GA Livre TRoisrr ms, 3ÿ » Ah !'plut aux Dieux , que la vieillefle du DÉ = » re eut cédé cette fois à la jeunelle du fils ! Cet ? Encore ce qui m oblige à te prier plus inftam- # ment de ne point mêler l'innocent avec Je # coupable. Te te conjure donc d'avoir pitié de # mon pauvre fils, par quarante-cinq ans de » fervice , par nôtre commun Confulat # ;: par » lé fouvenird'Augufte, qui m'aimoit ; & par # Compaflion pour un ami , qui ne té pourra # plus rien demander. « Il ne difoit rien de Plancine. : XVII. Tibére déchargeale jeune Pifon du crime de Ja guerre éivile, un fils n'ayant pas pu défobéïir à fon pére 1. I] parla en mêmetems de | BG rh REFLEXIONS Poirriques. 1 Commeileft certain, que là qualité de pere ne peur jamais mettre en droit de rien commander à fes enfans ; au préjudice de l'Etat ; de même les enfans , qui font en Âge de bien cemnoître ec qu’ils fonr , ne font pas plus Éxemprs de crime , que leur pére, quand is lui obéïffent dâns uñe révolte anifefté contre je Prince ; foir qu’ils Je faflenr volontairement, ou pag Contfainte. Autrement , le devoir de l'obéïflance flia= le ferviroie de prétexte à [a rebellion. Or puifque le _ÿeune Pifon diffuadoit fon pére de retourner ep Syrie; Miremontrant , qu'il alloit allumer une guerre civile dans l'Oriene ; il eft évident , qu'il favoit de quelle = Con NOTES HISTORIQUES # En Pan de Rome 746. ou 747e Dee (36 Lxrs ANNALES DE T AcrTe. 12 nobleffe de la Maifon Calpurnia # , & deplo- 1a le malheur,du pére , quoiqu'il fut très. digne de punition 1. Après cela , il demanda la grace de Plancine , honteux de faire une demande, qui REPLExXIONS POLtITIQUES. tonféquence étoit cette affaire, & qu'il y voyoit aufft clair, que fon pere. Et d’ailleurs , il paroit aflez par Ja Jerrre du pere à l'Empereur , qu’il ne croyoit pas. lui-même , que fon fils füt rout-à fait innocent , com- me véritablement il ne létoit pas; puifqu’au té- moignage de Tacite , il fur auf ardentafairelaguer. te, lorfqu’elle fut commencée , qu'il avoir été ferme à Ja déconfeiller. Hawd ignavo ad minifferix belliju= : vene Pifane, quanquarn fa|tipiendum bellurs abnuif[er: Ann. 2, : : : - “1 Quoique les princes foïenr obligez de punir les cri. mes, il leur fied bien néanmoins de plaindre lemalheus des perfonnes , qui les ont commis Après s'être aquite tez du devoir de Prince , qui eft de faire bonne jufti- te, fansavoir nul égard à la qualité des coupables , if eft de l'humanité de donner quelque chofe à la com - paffion , fur-tout lorfque ce font des Grands | on des perfonnes , qui ont rendu auparavant quelque fervice a PEtat. Je ne vois point, que ceux, qui lifenta Vie de Sixte-quint , aprouvent., ni mêmeexculenr, en aucune maniére, ce zele outré , qui lui faifoit dire. après avoir regardé l’éxécution d’un Gentilhomme. Efpagnol perdu devant fes fenêtres , que.cerre juftice étoir une faufle, qui {e feroit dîner de meilleur apêtir, * Leti livre 2. de la feconde partie de [a Vie. a nm REDON, rase a D NOTES HISTORIQUES & D'où Jes Pifons tiroienc leur origine, Livres TRoISrEME: > qui le fefoit pañler pour complice x 5 mais. alé guant pour éxcufe les prieres de fa mére, contre qui tous les géns de bien murmuroient fecréte- 5 ment. Quoi difoit:on , il eft donc permis »à une mére de voir la meurtriére de fon » fils, de traiter avec elle , de l'enlever à la » juftice ? On refufe donc à Germanicus {eul 3x ce que les loix accordent à tous les Citoïens ? » Vitellius & Veranius 0, Vitellins & Veranius »ont pourfuivi Plancine DRE PONS ETS CRE ne D efamort, & l'Empereur. »en juftice, & l'Empe-. &famereont protégé cel- »reur & fa mérel’ont dé. lequilarue! _# fendue ! Que refte t-ilà cette femme, après savoir emploïé fi heureufement le poifon & nles fortiléges , que de s'en fervir contre » Agrippine & es enfans , pour foûler du fang _ » de cette malheureufe famillece digne oncle& » cette généreufe aïeule 1 ? Durant deux jours, On REFLEXIONS POLITIQUES. 1 Cormme les Hiftoriens. ne doivent pas aprouver - Jes jugemens finiftres , que le Peuple fair du Prince, ou des Grands, ils doivent encore moins les pafler fous filence ; car Îa fin pour laquelle ils écrivent ; eft de donner des éxemples, par où les hommes puiffent con- noître le bien & le mal, & éviter les chofes, que l'en vie & la médifance peuvent mal interpréter. NOTES HISTORIQUES. xI1 y a dans le latin , cwx pudore dv flagirio, par où Tacite veut marquer , que cette demande étoit nanfeulement honteu- fe RE SE RS SES STEP rte verre ve ant ea NE NN ERA SORA A TE PPT HG PAT d AVE a Eee $$ Lrs ANNArT=ESsD= TACITE. on fit femblant de travailler à ce procès , Ti- béreexhortant les enfans de Pifon à la défenfede leur mére. Et comme perfonne ne fe prefentois Pour répondreaux accufateurs & auxtemoins , . qui uanioters à l'envicontre elles la haine fe. foit place à la compaffion, Aurelius Cotta, qui opina le premier, ( carlorfque l'Empereur ra- Portoit, les Confuls parloient les premiers ; aulien gue d'ordinaire ils récueilioient les avis) dit ; qu il faloit raïex dés Faftes le nom de Pifon, confifquer une partie de fes biens, & donner fautre à {on jeune fils , à la charge.de changer. le nom de Cneïus , ajoûtant , que l'aîné feroic dégradé de trous honneurs 1 , & telegué pour dix REFLExIONS POLITIQUES : z Les Juges doivent toujours opiner felon la fév xité des loïx ; car cen'eft pas à eux à faire grace , mais au Prince. L'avis du Conful Cotta étoir. HIgOUreUx , mais iléteit conforme aux loix, dont le principal buc cft d'imprimer la terreur aux méchans. Ajoûrez à ce- Ja , que les Princes aimenr . que les Juges foient feve- res, afin que, s’il leur plair d’ufér de-clémence , les criminels leur en foienr plus obligez. Cependant , il k : ne PRÉSENTS ED momreD omvmsen v pement E = NOTES HISTORIQUES. (fe, mais éncorecriminellé; ée que Îés tradu@euts François, Efpagnols, & fraliens ; n’ont point rendu. Or jai voulu expri- mer par le mot de , complice, celui de » flagitio, parce que cela quadre parfaitément À ce que racire 4 dit auparavant.cos/fiiem- ta tLatris innexum cffe , que ribére étoit du {ecret de fa mere à l'égard des ordres , qu’elle avoit donnez à »lancine. Lrvre TrRoxstr Ms. 3» dix ans,avec 12 so 0 o.mille écus qu'on lui don- neroit pour vivre : & que la grace de Plancine feroitaccordée aux priéres de l'Impératrice XVI, Tibére modérabeancoup cet avis , ne voulant pas;que le nom de Pifon fut raïé des. Faftesr, puifqu'on y laiffoit bien celui de Marc- Antoine , quiavoit fait la guerre à fa patrie; & celui de Julus Antonius, qui avoit corrompu la fille d'Augufte. Et quant au fils-aîné de Pifon , ; il REFLEXIONS POLITIQUES. _nefaut pas , que les Juges pañlent jamais les bornes, qui leur font prefcrires parleur confcience ; &lacome plaifance pour le Prince ne doit aller tout au plus qu'à ce qu'éxige abfolument là rigueur dela loi. Car c'eft unetémérité ; & tout enfemble une injuftice , que de condamner un criminel, quel qu'il foit, à plus que fon. crime ne mérite, fur l'opinion qu'ona , que le Prince: modérera la fentence. x Il eft de la prudence du Prince de retrancher des arrèts de mort portez contre les Grands les notes d’in- famie , qui flétriffent l'honneur de leur famille. Phi- lippe IT-aprenant les circonftances du erime de Gone çale Pizarro , qui avoit éré décapité fous le regne de: Charle-quint ; pour avoir voulu s'inftaller dans le Gouvernement du Perou, dont {on frere avoit fait la conquête , mais fans avoir jamais confenti au citre de Roï, que ceux du païs Jui avoient offert ; déclara par un aéte figné de fa main , que Gonçalo n’avoit poine ététraître, quoiqu'ileüt été condamné comme tel, commandant , que ce nom für effacé de toures les Hif- toires, où onl'auroirappellé inf. Der fv48 Antonio de Vera dans l'Episome de la Vie de Charlie quinr. . Ceux, qui voudront voir un cas tour fmblable à çe Jui de Pifon , n’ont qu'aenlire cet endroû. 40 Les ANNALES DE TACITz. il le délivra de toute ignominie, & lui lailfa tous les biens de fon pére ; car il réfiftoit allez conf- tamment auxtentarionsde l’avarice , comine j'ai dit plufieurs fois; & la honte d'avoir fait abfoudre Plancinelerendoit alors encore plus humain. Ilrejera auffi lesavisde Valerius Mef- falinus & de Cecina Severus, dont l'un vouloit, qu'on mituneftatué d'or dans le temple deMars le Vengeur , & l'autre qu'on drelfac anautel à: la Vengeance, difant , que ces ofrandes fe fe- foient pour conferver la mémoire des viétoires gagnées fur les Etrangers: au-lieu qu'il faloiten- fevelir les malheurs domeftiques dans l'oubli, Et far ce que Meffalinus avoit ajoûté qu'on fe- roit des remercimens à T'ibére, à Livia , à An tonia , à Agrippine, & à Drufus , pour avoir vengé la mort de Germanieus, L. Afprenas lui demanda devant tout le Sénat , s'il avoit oublié Claudius à dellein : ce qui fut eaufe , que le nom de Claudius fut incontinentéeritavecles . autres. Pour moi, plus je lis d'hiftoires , an- ciennes ou modernes, plus je découvre la vanité des chofes du monde, & les égaremens de la prudence humaine. Car la renommée , les fou- haits du Peuple, & la vénération des Courti- fans, prométoient l'Empire à tout autre, qu à celui ; à qui la forcune le deftinoir 1... : REFLEXIONS POLITIQUES. x Il s’en voit fouvent des.exemples dans Jes Princi-. -patirez Livre TRoOIStIE Mr. ZR pautez électives , où le peuple, qui aime fort à rai fonner des affaires du Gouvernement ,.ne cefle point de nommerdivers Princes, chacun felon fa fantaifie , ou fes efpérances , jufqu'à ce qu'enfin il y en aït un d'élû. Tac. Hifl2. Etcommeiln’y a poinc de Cour, oüilarrivetant de changemens , ni tant d’Elections imprévüës , qu'à Rome , Scipion Ammirato a eu taifon d’apliquer ici un difcours de l’éleétion des Pa pes , dont voici l'extrait. Il femble, dit-il, que ces: fages du monde, qui fe piquent de nous montrer au doigt celui qui doirétre élà , attachenc à l'âge la con- ition principale de l'élection, difant , que les Car- dinaux jeunes n’ont rien à efpérer au Pontificat ; ce qu* efttrès-faux, Leon X. y étant parvenu à l'age de 57e ans ; Boniface VII. à 34. Clement VII. à 45. D'au- tres tiennent pour affuré ; qu'on n’élira jamais un Pape étranger ; d'autant que les Cardinaux Italiens. qui font toäjours en plus grand nombre, que les Ul- tramontains , ne foufriront pas que le Ponrificat forte de leur nation. Sans aller plus loin, on voirlecontrai- re dans Hadrien VE. qui non feulement étoit Flamand, Mais qui, outrecela , mavoit jamais vû ni Rome, ni Plralie, Et Califte IIE. & Alexandre VE. qui ne fonc pas fort anciens ; n’étoient-ils:pas Efpagnols ? D'au- tres difént, que les Cardinaux de maifon iluftre ,ow 2 parenté nombreufe , peuvent en toute affurance abandonner l’efpérance du Pontificat ; & néanmoins de mes jours ont été Paul IHL. & Paul IV. tous deux très-nobles , & ce dernier ff aparenté, que je ne fai pointde famille en Italie plus abondanteen hommes , enterrés, &enchardes, que la Maifon Carrafe. Er de plus , Clement VII. n’étoit pas feuleménr très na- ble , mais encore Seigneur abfol, (bien que fous le titre modefte de Gouverneur ) d’une grande pattie de Ja Tofcane. Combien de fois ai je oui dire, que de- puis que le Pontificat fut forti des mains des Moines Bénédiétins , onavoicréfolu de ne plusfouffrir , qu'il Stournât dans aucun Ordre Religieux ? &_ nean- : moins az Les ANNALES pe TACITe. moins , outre Sixte IV. & Pie V. l’un Cordelier , & Fautre Dominiquain, cette année (15 8 5. } Dieu à voulu, que de 64. Cardinaux n'y en ayantque deux qui fuffenc Religieux, Felix Pereti , de l'Ordre de S. François, fut élevéau Ponrificat. Témoignage, que ni les jeunes, ni les étrangers , nt les Nobees, ni les Moines , n'en font point exclus , comme le difent ros Politiques. Ilyena aufñi, qui débirenrpourcerrain , que l’on ñe fera jamais Pape un homme très-fevere, un éfprit Jibre, ni un Sujer , qui ait l'humeur guer- tiére. Voudroient-ils un Pape plusrigide, que Pie V. plus libre, que Jules TEL. plus courageux & plus guer- rier que Jules II ? Il faut donc conclure, que quelques brigues & pratiques que faflent les Cardinaux , l’élec- tion des Papes eft toujours une œuvre pure & fim- plée dela mainde Dieu. Difc. 1. duliv.3.4e fon Comm. fur Tac Il ne s’en peut jamais voir un plas bel éxem ple , que celui, qui eft raporté dans une lercre du Caï-, dival de Joycule, où 1l rend compte au Roi Henri I. de l’éleétion du Cardinal Borghefe, qui fut Paul V; du lieu du Cardinal Fofco , que les Cardinaux Aldo brandin & Montalte, Chefs des deux principaks factions du Conclave , alloïienc élire d’an commun accord. » Sur cela, dit-il, fe prefente le grand Cardi- w na! Baronius , qui ayant roujours prorefté à At- # dobrandin, qu'il n'iroit jamais à l'adoration de ce ® Sujer, que le dernier , dic rout haut : Que celui, »# que nous allions élire, étoir indigne decetrecharge : w quec'étoit faireunegrande plaie à l'Eglife ; qu'il ne w feroit point de fchifme , mais qu'il n’iroir que le » dernier à {on adoration. Nous vimes alors un ze- w le bien ardent à l’honneur de Dieu , & nn éxemple # fort rare , qu'un feul Cardinal, fur l'acte propre # de l’adoration, & voyant tous les autres unis , ofat » parler avec tant de liberté... ,.. Le Cardinal Al: # dobrandin m'a yant propofé le Cardinal Borghefe, :# & conjuré par tous les fervices, qu'il avoit ren= = dus à V. M. & par la mémoire du Pape AUS. : sù (EC Livre TRoïIsrr Mr. 42 XIX. Peu de jours après , Tibére propolà au Sénat dedonnerà Vitellius , Veranins , & crveus lesdignitez de Précrife, gs vaguosent. 1] promit à Fulcinius de le nommer aux char- 9ES » .REsLExIoNs PoriTiqus. » de le vouloir agréer... je demandai au Cardinal » Montalto , f ce Sujer lui étoit aoréable, Ilme # dit, que non feulement il ni éroit agréable , mais # que nous l’obligerions fort de nous en contenter. sw Aldobrandin nous fuplianc de lui faire cette grace , > je ni dis , que je foüois Dieu , de ce qu'en fervant » deux perfonnes , que nous hoñorions fort , nous » avions pour Pape celui, que V. M. defiroit le plus, # & un fihotme de bien , & de vie fi Exemplaire. æ Et dès la parole Prononcée , Borghefe Far fair Pape. s Voilà, Sire, le fuécès de la négociation de ce jour- w là, dont je crois que V. M. recevra beaucoup de # conténtement , voyant la difpofition desaffaires s'é- wtie rencontré telle , que les Cardinaux vos Sujets # font demeutez comme les arbitres du Conclave, & # ont empêché , que l’Eclife n'ait eu pour Chef, wa # homme, de quila vie & la répuration étoir un pew » cachée , au lieu que nous en avonsun, qui , fans: * contradiction , eft eftimé très homme de bien, &. » très (age, Aiuf, je veux croire, qu’il fera agréa- » be XV, M & utile à la France, par la recon= # noiflance qu'il aura d’avoir été bien {ervi des Car # dinaux vos Sujets, eh fon élection; ne fe pouvaut “nier , qu'ils n'ayent été les inftrumens de la volonre # de Dieu pour empêcher , que le Saint-Siége n'ait » été rempli d'autre perfonne , afin de Île réferver à #lui, à qui Dieu lavoit deftiné pour le bien & le # fervice de {on Eglife. Dans l'Hiftoire dn Cardinal 82 de Foyen/e, = 4 44 Les ANNALrS Ds T'AcITs. ges, & l'avertir de modérer {on feu ; qui nni- loit à fon éloquence 1. Voilà à quoi fe termina la vengeance de la mort de Germanicus, fdiver- fement racontée, non feulement en ce tems- là 2, maisencore en celui-ci. Tant les grandes afai- REëFLExIONS PoriTiquess: x La Logodiarrhee , e’eft-à-dire , ce flux de bou- che impétueux , que Quisrilien apelle os praceps , eft un grand defaut dans un Orateur. Nous voyons des Prédicateuts , dont la bouche va commeun réveille matin , & dont tous les fermons font un emportement perpétuel. Et le vulgaire apelle cela , prêcher à l'A- poftolique , comme fi les Apôtres n'avoient annoncé Ja parole de Dieu qu'en criant. Ce defaur eft excefhf dans les Prédicateurs raliens & Efpagnols ,.qui ontie gefte encore aufli impétueux que la prononciation, J'ajoüterai à cela une réflexion fur l’avertiflement, que Tibére voulut bien donner à Fulcinius. C'eft que Ja précipitation & la véhémence de cer Avocat lui de- plaïoient , parce qu’elles étoient fort opofées à fa ma- niére de parler lente & pofce. T1 faut donc , que ceux, qui ont à parler devanc les Princes ; accommodent leur difcours à leur goût, s'ils veulent être écoutez favorablement. Sous Augufte , les harangues fe fai- foient longues , parce que les fiennes étoient toujours affez étenduës , à caufe du foin qu'il prenoït d’expli- quer clairemenr fes penfées. Sous Tibére , on les fai- foit courtes & preflées, parce que fon ftile étoir con- cis & ferré. Ce qui montre , que l’éloquencea es mo- des ; auffñ bien que les habits, &que les précepres de a Grammére & de la Rhétorique ne font d'ufage dans Je monde ; que felon la conformité qu'ils ont au génie préfent de la Cour... 2 Het bien difficile de déveloper la vérité des cho- fes , qui ont été diverfement racontées dans le tems $ ineme Livre RRoïsrEME. 4 afairés font fujetesdes narrationsambigues, les uns croyant tout ce qu'on leur dit , & les autres déguifant la verité par des menfonoes, de forte: que le vrai & le faux partagent également la créance de la poftérité. : XX. Drufus étant forti de la Ville, pour aller preudre de nouveau les aufpices y, y fit, après, fon éntrée,avec l'apareil du triomphe de l'Ova= tion z, Vipfania, fa mére ; mourut quelques Jours REFLEXIONS POLITIQUES. rême auquel elles ffontpaflées. Plus élles vicillif- ot ,-plus elles deviennent obfcures , & mélcesde cir= conftances ingénieufes , qui les font pafler en romans. C'cft pourquoi , dit le Chancelier de Chiverny dans fes Mémoires, j'ai eftimé être bon de laïfler aux miens Ja vérité des chofes plus remarquables , où la plüpare des Hiftoriens peuvent cromper ja peftériré. mener ect meme nn NOTES HISTORIQUES. à J Sans lefquels ilne pouvoit pas recommencer les fon@ions publiques, qu’ilavoit interrompués depuis fon retour à Rome, -hijouir del’honneur du triomphe, qui lui étoit décerné. Cette cérémonie confifloit-en des briéres ; que faifoient aux Dieux de leur étre favorables , ceux qui prenvient poffeffion de quelque Magiftrature civileou militaire. S * L'Ovation n'étoit du commencement qu'un cridejoye, que faifoient les foldats vi@orieux à la fin da combat,enredou- blantcerte exclamation;qui eft aujourdui fi commune par toute :O!OT'OIEtrce quenons apellons les © ! de Noël, qui font des cris 8 des chants d’alleprefle, répond affez à cetre Ovation Rumaine. Le triomphant y portoit une couronne fur la tête, Begcédé des foldars;qui ténciçnt une branche d’olivier Sa robe étoit 46 Les ANNALES DE TAGITE. jours après, l'unique detous lesenfans d'Agrip- pa > qui eût une mort douce; carileft certain, ou du moins chacun a crû , que les autres ont péri par le fer, parle poifon ; ou parla faim x. XXI. Cetteannée, Tacfarinas, que j'aidit qui fut mis en fuite l'Eté précédent, recom- æmença la guerre en Afrique, premiérement par des courfes çà & là,toûjours hüreufes à-caufe de’ la vicefle , dontil alloit;& puis par le pillage des bourgades, d'oùil emportoit un gros butin ; en- fin, il affiégea un Fort, peu éloigné du fleuve Pa. gis, où commandoit, avec une cohorte Romai- ne, Decrius, homme de cœur, & bienaguerri, quieftimant àdeshonneurde foufrirun tel fiége, _€xhorta les fiens à faire une fortie généreufe 1. Mais REFLEXIONS POLITIQUES. 1 Bien que les forties foient quelquefois bien née ccflaires , dit Commines , fi {ont-elles bien dange- seules pour ceux, qui font enfermez dans uné place ; car la perte de dix hommes leureft plus qu'une de cent a CCUX some | NOTES HISTORIQUES, toit fimplement de pourpre , au-lieu que , dans Îe grand triomphe , elle étoir de pourpre brochée d'or à palmes. Cette entrée fe faifoit tantôt à cheval, tantôra pied, d'oùelte eff, apellée triomphe pedeitre par Denis d'Halicarnaffe ÿ au fon des flûtes & des haubois , & toujoufs fans trompettes : & la cé- rémonie finiffoit par le facrifice d’une brebis, d’où felon »iu- tarque vient Le nom d’Ovario, _ _a Caïus & Lucius , par le poifon ; Agrippa » le gohnumes gar le fer ÿ Agrippine, parlafaim. : = \ Livre TRoïsir me. 47 Mais fa cohorte, qui étoie rangée en bataille £vant la Forterefle , ayant été repoufiée dès le premier efort, il fe prefènte aux fuyards, fans fe foucier des traits des ennemis , crie aux Éufeignes , que c’eft une chofe honteufe , que des foldats Romains tournent le dos de- Vant des déferteurs & des avanturiers > Qui vi- voient fans difciplines & quoiqu'il eût perdu un œil, & reçu plufeurs b'eflûres , il tourna droit à l'ennemi, & continua de combatre , jufqu'à Ce qu étant abandonné des fiens , il perdit la vie. Ç XXII L. Apronius, qui avoit fuccédé } Camille , plus indigné de lignominie des fiens , que de la gloire de l'ennemi ; fit déci- * Met REFLExIONS Poritriques. à ceux de dehors ; d'autant quefeur nombre n'eft point pareil, & qu'ils ne peuvent Pas técouvrer d'autres hommes , quand ils veulenr. D'ailleurs , ils peuvent perdre un Chef, où un Conducteur 5.C€ qui bien fou. vent cf caufe, que le refe des gers de guerre ne de mandenc qu’à abandonner les places. Chap 11. du Li Vre 1. de fes Mém. Que celui, qui eft jaloux d’une forterefle, dit Ammirato > ne {€ laïfle poine aller à [a tentation de faire des {orties , car dix, qui meurent de côté des afliégcans , ne compenfent pas Ja peñte d’un qui meurt du côté des afliégez ; parce que ceux du Achorsonct moyen de rérablir leurs pertes, & non pas ceux de dedans. Difcours 3: du livre 10, de fou Coms= fecntaire [ur Tacite, 48 Les ANNALES De TAciTes. mer b cette infame cohorte 1, & tuer-à coups de. | bâton. REFLEXIONS POLITIQUES. 1 La décimiation eft le plus eficace reméde qu'il y ait contre la lâcheré , la défobéïflance, & l’infidélité des foldats. Elle s'exécute rarement en France , mais on y fuplée par un reméde équivalent, qui eft la caf. fation des compagnies. Celle que fit Loüis-le- Jufte ‘en 1639. elt remarquable. En voici la teneur. » Le # Roi érancbieninferme de la lâcheté , avec laquelle » les Compagnies des Cheyau legers de Fonterte , de à Cafteler, & de Cuvilliers , ont lâché le pied au com- # bat de Thionville, &ne voulant qu’une telle infa- »-mie demeure fans être notée & châriéeexemplaire- # ment, a ordonné & ordonne , que lefdites Compas. mgnies front caflées , fans qu'elles puiflent jamais, “ étre rétablies. Déclare Sa Majefté les Capiraines & Officiers defdires Compagnies , infames , & incapa- » bles de jamais poffeder charge dans la guerre, fe ré- » fervant d’ordonner contre eux celle punition qu'its méritent. Er dans une lertre au Vicomte de Ligron : » Monintentioneft , ( dit il} que vous cafliez & chaf: » fiez honreufement de vôtre Régiment tous les Ofi- m.ciers & foldats , qui auront êré notez, pour avoir w fui en cetce occafon; & que vous ne permectiez % PAS » qu'ils fervent en d’autres troupes, où la cou- # tagion de leur mauvaife conduite pourroit caufer le. # imême défordre, qu'elle a fait au combat de Thion- w ville. Dans letome 4. des Mémoires du Minifire du Cardinal de Richelieu. NOTES HISTORIQUES. b Sratwerunt rajores nafiridit Cicéron parlant de la décimas à tion, #1, f à multiseffer flagitini retmilitarts admiffurmfirite où rione in quofdam animadvertéretr;ti metus Videlicer ad o7tne5) tana se masnemammanef mener Ë LIVRE TROISIEME. 49 bâton ceux qui furent tirez aufort.Punitionrare en ce tems là, mais fondée fur l'exemple des‘an- ciens. Et d'ailleurs , cette févérité ftun fi bon. éfet , que cinq-cens Vétérans, feulement , dé- firent les mêmes troupes de Tacfarinas I, qui afliée- REFLExIONS Po LITIQUES. 1 Quelquefois les vaincus aportent plus de réfo. lution, de courage , & de bonne conduire , à un fe cond combat , que ne font les vainqueurs, cat ceux- ci font fujers à fe relâcher par je ne fai quel dégoüt,où parun certain orgucil, que la viétoire infpire ; aue leu que les autres ont pour éguillonla honre, le des pit, le defir de fa vengeance , & celui de répagner leftime & les bonnes graces de leur Général. Tone cela eft de Tacire. Acriore difciplina , dicil , vies : | quan a] = N O TES HISTORIQUE S, Rene pores Paena ad pancos pervenires, Pro Cluentia. C’eit à. dire: Nos am céftres ont ordonné, que, fi beaucoup de gens venoient à com- mettre quelque crime contre les loix militaires , on en punit quelques uns par la voie du fort , afin que le fuplice de ceux ci donnât de la terreurà tous les autres. Appius Claudius femble avoir été le premier auteur de 1a décimation chez les Romains, Son armée l'ayant abandonné dans Pexpédition contre lesVolf. ques, ilfa fit décimer à fon retour , & ft Couper la tefte aux Centurious ; après les avoir fait fotieter, T, Live livre 2. Le mefme Hiftorien dit, que l’on tuoit Les (oldats Romains, avec des échalas , ou des bâtons de farment : ( Viibæs) & les foidats étrangefs , avec des bâtons ordinaires: (fufiibrs } Patercule dit ,-que le Proconfal Calvinus Demitius fit exécuter avecle bâton le Lieutenant Colonel Vibillius , Pour s'être entui hon- tenfement d’un combat. Hiff. 2, chap. 78. Quelquefois Les Con- fuls Romains vie:frmabanr , & Centefimabant, c'e à dire , contentoient'd’en punir un de vingt, ou un decent Tome, : fo Lrs AnnAres De TAcire affiégeoientun Fort , nommé Thala. Ce fat dans ce combat , que Rufus Helvius > fimple foldat:,ayaut fauvé la vie à un citoyen , fut ho- noté ; par Apronius, du préfent du colier & dela pique’ fans fer 5 à quoi Tibére ajouta la couronne civique , fe plaignant (quoiqu'il n’en fut pas fâché ) de ce qu'A pronius ne la lui avoit pas donnée 1. ayant droit de le faire comme Pro- REFLEXIONS PorrTiQuUEs, EE RSR quäm victoresagunt : hosira ; odium , ulrionts cupidi- spaciain. habefeunt. Hift. 2. Profuifle difciplina 1pfuns - pudorem. Hit. 3. : 1 Les Princes fonc toujours bien aifes, que leurs Miniftres leur laïffenc la difpofition des récompenfes , &Îur- tout des récompenfes militaires, dont la diftri- bution tite à de grandes conféquences , lorfqu’elle fe fait par d’autres mains, A près la bataille de Rocroy , le bâton de Maréchal ne fur refufe à M. de Gafion , pour qui le Duc d’Arguien le demandoit, que parce que la Reïne Régente & le Cardinal Mazarin ne vou- Joïenr pas , qu'il für redevable de cetre dignité à ce Général viétorieux. Quoi qu'il'en foit, riemne fair . plus de plaifir à un fouverain, que la modération | d'us Sujer, qui , après Jui avoirrendu de grands fer vices ; ne veut point être récompenfé d’aucre main que de là fienne. Le Cardinal d’Offac parlant des pre- es que le Cardinal de Joyen(e Jui avoir envoyez au Un) “de fa promorion ? Je n’acceptai,dir-il, que Ja pa- né d’arçent, qui peut valoir cent écus; carencore aie point tout ce qu’il me faudroit pour foute- AUX certe ignité ; fi eft-ce que jene veux pour celare- -, fonce 4 l’abfinence, que j'ai toujours gardée , ni .: m'obliger eee "4 É 145 y Aù virtutein accendits illi, per faftidium coïtu= RU EN RE SPROÉSTE ME: fr Proconful. Tacfarinas voyant lesNumides épous vantez , &réfolus dene plus entreprendre de fiéges, répand la guerre en divers lieux , fuïane, “quand on le pourfuivoit ; & pourfuivant , lorfqu'onfuïoit. Tant qu'il ft ainf la guerre, il ‘{è moqua impunément des Romains ; mais de- puis qu il fe fut aproché des lieux maritimes , if fut obligédecamper , à-caufe de la dificulté d'emporter fon butin. Deforte qu'Apronius - Cefianus ; qui futenvoyéparfon pére avec la Cavalerie & les cohortes auxiliaires , & la meile leure Infanterie des légions , trouvamoyen de le combatre , & de le rechafler dans fes monta: Dies . < : _ XXIIE En ce même tems , Emiliæ Lepi- da , qui , outre [a fplendeur de fà Maiïfon, avoie Eucius Silla , & Cneïus Pompeius pour bi faïeux, fut accufée de fupofition de part,par Pus — | Car blius : -REFLEXIONS POoLrTiqUues. r'obliger de tant à autte Seigneur où Prince , qu'au -Roï. Leïtre 171, Le Roi, ditun Moderne, doir être le {ul maître, & le feularbirre de toutes les récom _ PERS, & les doir faire par lui-même , en forte que Ceux, qui récevront quelqu'un de fes bienfaits , foient perfuadez , qu'iis les doivent à fa bonté. Cutre que tien ne peut donner un contentement plus véritable à - -des Sujets, qui ont les vrais fentimens d'honneur , que de recevoir un bienfait de la main du Roi, d'autane que la dignité de la main royale ajoûte au prefent une qualité , quien augmente l'excellence & le Prix. Chap. 3:44 Trartéde la Politique de Frances. Ÿ 52 Lrs ANNALES De TACITE blius Quirinus, fon mari, homme riche , & fansenfans. Onl'accufoit au ti d'adultére,d'em- poifonnement 1 , & de demandes faites aux IVÈSE trologués touchant la Maifon del'Empereur; &c fon frére Manius Lepidus la défendoit. Et quoi-. qu'elle füt coupable , & terüe pour infame , [a perfecution ; que Quirinus lui fefoit encore après Pavoir répudiée , lui atirois la compaflion * des autres. Il n’auroit pas été facile de pénétrer la penfée de Tibére dans l'inftruction de ce pro: cès,tantil fût bien accorderlaclémencede Prince avec la vérité de Juge. Car ayant prié le Sé- pat dene point toucher au crime de leze- majef té. il incita le Confulaire M. Servilius , & les autres témoins, à déclarer ce qu'il avoit comme voulu taire. D'autre côté, il fit mettre entre les mains des Conluls les efcaves de Lepida ; qui. éroient fous la garde des foldats , & ne permit pas , qu'on leur donnât la torture, pour fàvoir d'eux ce quile concernoit. Enfin , il difpenfa Drufus de dire le premier fon avis . ainfi qu'il devoit faire enqualitédeCon fuldéfignéec. #4 ais cela (REFLEXIONS POLITIQUES. rlleft Facile de perfuader aux Juges , qu'une fem me, tente pouradultére, a voulu empoifonrer fon mar. res à PEDENSSSS TERRE ENEPPRONTAES NOTES HISTORIQUES. .c Tia enim apud Romanos » dit Appian » foruri ani Confol LIVRE FROISIEME 6j; Cela furinterpreté diverfemenr. Les unsdiloient, que c'étoit afin que les Jugesnefe fiflent poine une obligation de faivre l'avis de fon fils ; & les autres » que Cetoie Où , pour leur laïffer toute {a ne {ls liberté decondamner Lepida, 3 | Te ner Le pour avoir lieu de laifler O4 , pout leur donner lieu de condamner Lepida 2. condamner l’Accufée. C3 Sn. REFLEXIONS LoriTrQUESs. 2 Ieft certain, que fi Tibére eûreu lavolonté de fauver Lepida , il eût laiflé parler fon fils le premier Pour avoir toute la gloire du pardon , auquel tous les autres auroient confenti d'autant plus volontiers ; que le mépris qu'on fefoirde Quirinus , laccufareur de Lepida , attiroic la faveur des Jugesa. cette Dame Voyez la rufede Tibére. Hne veut pas , que (on fils Opine le premier ; fous couleur de conferver la libercé des avis , maisen éfec, pour laifler faire aux autres ce dont ilne veut pas être crû l’auteur ; & pour mon ter , que bien loinde vouloir impofer aux Juges la néceflité de füivre Pavis de Drufus , il prétendoic que Drufus fe conformät au leur : ce qui rcjetoit roure ia haine fureux, Voilà commeles actions des Prin- ces font couvertes desanarerces de modeftie , de clé mence, & de juftice. Quand Lhilippe HI. donna la vie & la liberté à la Princeife Elifaber, que la Reine Ma- fie d'Anglererre, {a femme , avoit fair condaaner à MOT Pour crime de confpiration , certe action fut éxaltée par les Efpagnols , comme un éxemple fingu- lier de clémence & de générofre. Quant il ne voulut pasconfentir, qu'Elifabet fuc envoyée en Efpagne, pour être enfermée dans un Convenc ; les Anglois crürent, que c'étoit pour Ja raifon qu'il afécuoirà {a Reine, quele Royanme auroirlieu de fe plaindre; fr où lui enlevoir (à légitime heritiere ; pendant que la Reine (f4 . Les ANNArES DE TACIrr. :XXIV. Durant cette procédure y ayant eux des jeux publics, Ecpida s'y prefenta avec plu- fieuxs Damesilluftres, &adrefl. at fes priere & fes pleurs à fesancètres ; & à Pompée mé. me, dont les images étoient rangées fur ce théa- tre, quil avoit autrefois bâti , excita une fi grande compaflion , quetous les afliftans fon= -dant en larmes firent des imprécations contre Quirinus , qui vü à vielle , & l'obfcurité ee. : ee de REFLIXIONS POLITIQUES, = Reïne & lui n’avoient point d’enfans. Quand poux empêcher qu'Elifabet ne für décapirée,il difoirèMarie, | que le Prince, qui trempe fes mains dans le fang de fes parens , éguife le glaive contre foi-même : cette Princefle éroyoit , qu'il s'intérefloit beaucoup à la fr ‘rete de fa vie. Mais tour cela n'étoit que prérextes , comme en convient fon propre Éiftorien Cabrera. w Les François , dit-il, difoient , que Philippene con « frvoit Elifaber , que par raifon d'Etat, pour em # pêcher ; que les Royaumes d’Anclererre, ne fe joi= # oniflent après Ja mort de Marie en la perfonne de » Marie Stuart, Reine d’Ecolft , qui avoit époufé le _» Dasphin de France; & quepar cette union la France » ne devint redoutable anx Païs-bas : & cela étoit » vrai. Er Dicu permit dans la fuite, qu'Elifabertrou- ® blât & divifât ces Provinces , &inquierat la vicil- ® lefle de Philippe, pouravoir préferé Pinrérêr de fon. 2 JE De SUISSE # autorité.à la Religion , en fanyant une perfonne, * qui fut depuis la plus srañde epnemie de J'Eclife © Romane. C'eft ainfi que Dieu punir les Princes, qui préferenr le bien de leurs affaires temporelles à re * leur confcience. Chap: 7,410. du livre 1. defon Hifoire Gr Aubery du Manrier dans La eréface de [es Mémoires. { &< LIVRE TROISIE ME. S$ de {a nailfance , n'étoit pasun homme conve- | nable pour une Dame, qui avoit été deltinéeau. | trefois pour femme de Lucius Cefar, & pour elle fille d'Augulte. Mais fes crimes ayant été révélez par fes efclaves mis à la queftion , l'avis de Rubellius Blandus , qui luiinterdiloit le feu & l'eau, l'emporta, & Drufus mêmes’ yrendie, quoique d’autres euflent opiné avecmoins de ri gueur. Cependant, il fut accordé à la priere de Scaurus , qui avoit eu d'elle une fille, que fes biens lui feroient laillez. Après cela, Tibére declara, qu'il favoit des efclaves de Quirinus. que Lepidaavoiteflayé de fe défaire de ui par le poifon. — es : XV. L'afii@ion , où étoient les grandes Maifons ; deux defquelles 4 avoient perdu prefque en même tems, l’une Pifon , & l'autre Écpida,, fut modérée par a joie que là Famille Jania cut da retour de D.e Silanus, dont je vais raconter là diforace en pêu de mots. Comme , Auoufte cut la fortune favorable densl'admint fration desafaires pabliques f, il l'eut fortcon- | EE craire NOTES HISTORIQUES, d Les maifons Calpurnia & Emilia, eDecius. : - FTacite dit , validain Reap. fortune, qui veut dire à {a lettre , il eut la fortune favorable contre la République. Ecje crois que c’eft je vrai fens de l'Auteur, qui, à mon avis > VEUT ‘ tarquerle bonheur extiêne qu'ilavoit eu. de le rendre par Ja 56 Les ANNALES DE TAeiTsz. traire dans f Maifon 1 , par l'impudicité de {à fille & de fa petite fille, qu'il fut obligé de chaf- {er de Rome, puniffant leurs adultéres de mort, ou de banniflement. Car ilapelloit du nomde facriléoe , & de leze-majclté , une faute, qui cf FRE rm RS te REFLEXIONS POLITIQUES. 1 x Ii eft fatal aux Princes , qui font heureux dass leur Etar, d'être malheureux dans leur famille , foic par la défobéïflance de leurs enfans ; comme Charles VII..en France & Philippe IF en Efpagne ; ou par les débauches de lurs femmes, ou deleurs filles , com= me Auoufte, Tibére, & quantité d’autres. Aurefte, ” Augufle méricoit bienqu'on Jui rendit Ja pareille ,Iui, qui oublioit tous les plus {aints devoirs de l'amitié, quand il'sagifloit de fon plaifir , & qui abufoï de {2 femme de Mecenas , fon premier Miniftre , & fon Favori. Ce qui a donné lieu à un Poëre ltaliendedire, ER, Non fu fi fanto ne benigno Angzufto, il Come latrombn àiVirgiliofaona. Atiofte. 1'é 1e, qu Augufe n'étoit pas fi faint , ni fi bon ; quenous | le dit Virgile, asser il : PRET EEE D NÔTES HISTORIQUES. À À | 1a force des armes le maître abfolu de Empires Car fi Tacite. ne vouloit parler que de fon regne, il faloit dire :3 Rep. & non |$ pas i7 Remp. À quoipasun des rraduéteurs Efpagnols , fta- | liens, & Frarçois , n’a fait réflexion, excepté Rodolfe le Maï- ire , qui dit : [ Comme la fortune fut puiflamment favorableà | _ l'Empereur Augufte à l’encontre de la République, ] Mais jai 1 jugé plus à propos de m’arrêrer à l'incerprétation commune, | 1 me contentant de mettre ici cettenote grammaticale, ( ce qui # Fa’arrive rarement, ) #02 #? arguerem , [éd ne argueress LiVRE TROISIE Mr $7 eft toute commune entre les hommes & Îles femmes, pour avoir un prétexte de s'écarter de la clémence de nos ancèires, & de violer fes propres loix 2. Mais je oarde pour un autre Ou- en, | Vin REFLEXIONS POLITIQUES. 2 Le Prince , qui n’obferve pas les loix qu'il a tou- tes Iui-même , donne lieu de croire, ou qu'elles font injuftes, ou qu'elles ne font pas néceffaires : & d'ail. leurs il tombe dans la haine publique , s’il les fait ob= ferver aux aucres à la rigueur. Plus les ordonsances font fevéres , plus il importe au Prince de les aurorifer par fon éxemple, qui gagne agréablement la volonté de ceux,qui pourroient avoir envie de refifter à fonau- torité. Machiavel raconte un fair confidérable, qui montre combien1l eft dangereux pour l’auteur d’une loi ; d'en être l’irfrateur. Frére Jerôme Savonarola , dit il,ayart, entre plufieüfs autres réolemens con- cernant le Gouvernement de Florence , fait pafier à force de prieres & de remontrances , une loi ; qui portoïit ; qu 6n pourroit apeller au Peuple des fnten- ces rendües par Je Confeil desHuie , & par.la Seigneu- rie ,enmat'ere d'Erat , il arriva que peu après la confirmation de cerre loi ,. cinq citoyens condannez à mort par la Seioneutie, pour crime d'Etat , en vou- Jurept apeller , mais furent éxécutez , fans autre for= me.de procès : ce qui fir plus de rort à la réputation de Frére Jerôme que tout autre chofe. Car f l'ufage de Vapel étoit utile au public’, ildevoit le faire obfervet; & s'il n’éroit d'aucune utilité , il n'avoir pas dû s'o- piniâtrerà le faire accepter pour lui. Et ce. procedé fur d'autant pluscenfuré , qu'entant de prédiearions. qu'ilfit depuis , il re parla jamais de ce cas ; foit qu'ilne le voulut pas blâmer , comme étant chofe qui afloir à {es fins sou qu'il ne le pût pas excufer. ; Chap. En \ $$ Les AnNnNarss De TACITE vrage le recit de ce qui eftarrivéaux autres , & de tout ce qui s'eft pallé du tems de ce Prince, fi après avoir achevé ces Annales, il me refte affez de vie pour un nouveau travail, Pour re- venir donc à Silanus; quoi qu'Augufie nelui . eût point fait d'autre mal, pour avoir débau- ché fa petite fille, que de luiinterdire fa maifon 6, il entendit très bien que cela vouloitdire (= un éxil; deforte quil y fut jufqu'au régne de Tibére, où il commença à demander. au Sénat &auPrince la permifion de retourner,apuyédu PTT 2 : : crédit qu'avoit fon frére M. Silanus , à caufe de fa naïflanceilluftre , &c de {a grande éloquen: ec. Et comme celui-ci faifoit fes remercimens : à Ti- _ RErLExiOoONs POLITIQUES. Chap. 45. du livret. de fes Difceurs. Sixte V. perdit un peu. de É réputation d'homme qui ne yarioit jamais, par une ou deux promotions qu'il fitexira temporaen ‘1587. après avoir fair une Bulle ; par laquelle ilor- donnoir,, qu'ilne fe fit plus de promotions que dans les. Quatre-tems du mois de Décembre. Les livre dernier | NOTES HISTORIQUES. gJe rens ainfi, aicitia Cefars probiberi; car Tacite dits qne c'étoit par là que tes Romains déclaroient, qu'ils renon- . coient à l'amitié de ceux, qui les avoient offenfez ; More faille majoribus, quoriens dirimerent amicitiass interdicere d0= mo,comaquefiremgratie ponere. Ann, 6e À Quoi fe raportent les paroles .que Tacite fait dire à ribére , dans fa harangue contre Pifon:Si cbf2quinme erga Imperatorem exit; einfdemqse és luttumeo Letarns eft, odero,feponatmque à douso mea, ANG LrvRE TRorsre we. 9 2 Tibére , ce Prince lui répondit en préfence du Sénat ; Qu'il R réjouilloit comme les au- tres , de voir lon frére de retour d’un fi long voyage; qu'illui éroit permis de rentrer dane Rome, puifqu'il n’enavoitété chañé, ni par atrét du Sénat , ni par aucune loi; mais que, pour lui, ilnelaifloit pas de garder le même rciléntiment de l'ofenfe faiteà fon pére, dont la volonté ne pouvoit pas être éladée 3 par le 6 retou£ REFLEXIONS PoLrT FQUE S. x 3 Les Princes doivent s’abftenir autane qu'il ef poflible, de défaire ce que leur prédecefleur a fair. Outre que ce refpcét eft de bon Exemple pour leurs Sujets > qui en ont plus de révérence pour la Majefe , tlaprerd à leur fuccefleur > Commentilen doir ufer euvers eux. mêmes. Jamais. Prince n’eût plus de {ujce d'être mécontent de fon prédecefleur ;:&-de blâmer {2 mémoire: >-que David ; & néanmoins 3 HOn con’ tent de faire mourir celui qui lui æporta lanouvelle de la mort de Saïül avec fon diademe , & de pleurer ce “ : Prince 2 2 EN. 0: TE s = H1 ST oO ee — * = h I y avoittrois fortes d’éxil ; le premier; qui s’apelloit dé Portation , étoit ordonné par le Sénat , tel que fut-celui de pofthume Agripa ;qu’Augufte fit autori(er par un fenatufcon- fulte. Aix Déportari añtem Îts Civitaris @ bona arsittebante Le fecond s'ordonnoit par les Juges particuliers, où par les: Parens. Comme furcelui de Varilia. Ans. 1. LE troifiéme .. qui n'étoit qu'une rélegation , dépendoîit de la feule volonté “Prince, qui envoyoit une efpece de lettres de cachet aux perfonnes , qui lui éroient fufpe@es , où qui Pavoient ofenté ;. & lesrapciloit auf quand; lui-plaifoir, : + { éo LErs ANNALES DE T'AGITsz. retour de Silanus. Depuis cetems-là, Silanus demeuta toujours à Rome; Ov, mais fans eftre mais ce fut fans charge & 2Pelléaux charges. fans emploi. e - XXVI. Il fut propolé, après, de modé- rer la loi Popia Poppea:, qu'Aupguite, dansun âge avancé , avoit ajoûtée aux Ordonnances de Cefar , pour augmenter le Fifc par de nouvel- les impolitions ; que devoient païer ceux ; qui gardoient le célibat ; car tout cela n'avoit point rendu les mariages plus fréquens ; chacun trou- vant encore micux fon compte à n'avoir point d’enfans 1, Cependant, les interprétations frau- duleufes REFLEXIONS POLITIQUES, Prince , qui l'avoir voulu tuer plufieurs fois, il fic fon éloge, éxalta fa valeur , { libéralité, fa riche … taille , {a bonne mine , & fon adrefle , difant au Peu ple d'Ifraël , qu'il furpaffoit les aigles en-vitefle , & À les lions en force 2. Reg. cap. 1. Louis XIE. avoir été . pareillement très-mal-traité fous leregne de Charles VILI. Cependant , il dta peu d'Oficiers , &dit, qu'il PPT TE TU vouloit tenir tout homme en fon entier & état, & tout cela lui fut bien-féanr. Corines dans le dernier chapitre defes mémoires. x L’unedes plus certaines marques d’un Gouvér Se pement NOTES HISTORIQUES. ÿLoi caduquaire,ainf apellée du nom des Confuls MPapius & Q: roppeus > qui La publierent vers la fin duregne d'Auguite E/ TA 7 di S 3 Livre TROISIE Mr 6 duleufes des Délateurs ruinoïent de jour en jour : on O#, faifoient un fgrand tant de familles, que l’on di toutes ne étoitalorsauflitourmenté milles, que, &ce . 3: 2 . ERA à 5 par les loix, qu'on l'avoit été auparavant par les crimes. Cette matiére m engage à remon- ter jufqu’à l'origine des loix , pour dire com- ment elles font parvenus à cette multitudein- finie, où nous les voyons. . X XVII. Comme les premiers hommes étoient fans malice , & fans ambitiont, : ne eur REFLEXIONS POLITIQUES. nement tyranniqueeft,quand les hommes aimentmieux fe priver des douceuis & des plaifirsdu mariage, que - de tomber dans la neccfliré d’avoir desenfans, &, par conféquent , de multiplier les malheurs de leur famille C'eft ence fens , que le Jeune Pline dit dans une des- lettres qu'il écrità Trajan , qu’il defire d'ayoir des en- _ fans fous fon regne , parce qu'ileft affuré d’êcre heu- reux pére: & que Tacitedit,queles Anglois, après avoir perdu une bataille , qui les métoir à fa'merei des Romains, entrérenc dans un fi violenc defefpoir.,, que plufieurs cuérenr leurs femmesé&leurs enfans , 2#q44m #n-fererentur, comme par unexcès de compañhñon,pour les dérober à la-cruelle fervitude, que leur patrie alloic éprouver. 1n Agricola. ; 1 Mais, dir plaifamment le Pagliari , quels étoienr ces hommes,en qui regnoit cette fimplicité,ou cetrein-. nocence , dont parle ici Tacite ? Le premier homme quinaquit au monde, tua le fecond , il fdut done conclure, que depuis qu’Adain fur tombé dans la défo- beïffance , il yeut toujours des bons & des méchans Ofirvation 341. Mais probablement Tacice n'avoit ja» maïs [ü la Géncie. : 6> Les ANNALES.Dpe TAcrvrr. leur faloit ni eorreétion, ni châtiment : & com me ils fe portoient naturellement au bien, ils n'avoient que faire aufliderécompenfes. Rien. méme ne leur étoit défendu , parce qu'ils ne vouloient rien qui nefut permis. Mais depuis qu'on eut renonce à l'égalité ; l'ambition & la . violence prirent la place de la modeftie & de la juftice, & introduifitent peu à peu la Roïauté & la Tyrannie, qui ont toùjours fubffté dans certains paie. Quelques Nations aimérent mieux être gouvernée par les loix , foir dès le commencement , ou après s'être dégoñtées des Rois 2 Les premiéres loix éroient fim- ples comme les efprirs 3 3 & les plus célébres à furent. RaFrixions POLITIQUES: > Plufieurs Morarchies font devenues Répub'iques:. quelques unes par l'inconftance , ou par l'indociliré des Peuples 3 mais la plüparr à caufe de la licence éfrenée des Rois , qui n’ont pas voulw fe contenter d’uneaurorité légitime: C'eft pourquoi, fi les Prin- ces. s'aiment eux mêmes , & veulent fe conferver, {c'eft Antoine Perez qui parle ) ilsnedoïvenr pas tant fuir les Médecins , qui ou par ignorance, où par fla- terie | ou par quelque haine particuliére, fouffrent qu'ils mangent des viandes contraires à leur fante, que les Confeillers:, qui , leur attribuent une puiflance arbitraire & fans bornes. Car de tels Confeillers ne tar deront guére à poufler à bouc la patience des Peu- tres. Dans fes Rélations. 3 Les loix doivent être propertionntes à la condi- tion ples, ni par éonléquent à faire dérrôner leurs Mai= Livre TRoOISIE Me. Ex furent celles, que donnérent Minos aux Cre-, tois k: Lyeurgue aux Lacédémoniens; & So- lon aux Athéniens , mais celui-cien fit un plus grand nombre , & les rafina 4 davantage. Romulus nous gouyerna avecun pouvoir ab= ; {olu.,. REFLEXIONS POLITIQUES tion des hommes, pour quielles font faites,comme les: médecines àla nature des maladies. Ur Legiflateur , quiferoic des loix contre des vices & des abus inconnus: aux Peuples qu’il a à gouverner , {eroit le corrupteur de leur innocence, d'autant qu'il leur aprendroit ce: qu'il importe qu'ils ignorent. els font ces Confef s {curs imprudens , qui à force de queftions nullemene neceflaires font venir la connoiflancé du malà des f1-: les, quine favent pas même la diférence de leur fexe =: . &ces Prédicateurs outrez , qui pour vouloir apro= fondir les erreurs des hérériqaes , enfeignent au Peu pie des chofes ; qui auclieu de le confirmer dans la: for ,le rendenteurienx , & l’écartent du chemin de lz vérité & de la fimpliciré Chrérienne. Maïs je m’aper gois, qu'on va murmure, fi.je ne finis mon prône, 4 Plus les efprits font fubrils &clairvoyans, plus les loix doivent être en grand nombre ; car commeun Ltoiflarenr ne peut jamais prévoir tous les cas , qui peuvent arriver, hi toures les fubrilitez , & les cavil- lations, doncons’avifera , pour éluder {a loi; ou du Moins , pour y crouver des exceptions, c’eft-à-dire ,.: des raïfons de n°y pas obéïr bc & run : il eft obligé de commenter fa loi , ou plutôt de faire autant de -loix, qu'il furvient de cas nouveaux.Il n'ya point de _ NOTES HISTORIQUES. k Qui fonc aujourd'hui Les habitans de L'Ile de Candia Î SEA 4 64 Les ANNALES DE TACITS=. £ : , Ë £ Où, &-Numa hu-. folu ; Numa établit une forme 0%» & À épis de culte divin & des cérémo- par, &c. hies de Religion ;. Tullus & Aneus firent auff quelques ordonnances : mais nos meilleures loix viennent de Servins. Tullius , qui vou- lut même, que les Rois y fullent obéif fans 5. : . XX VIIL. CREFLEXIONS POLITIQUES. Province , où il y ait de meilleures loix, ni en plus grand nombre qu'en Normandie ; car de tout rems les efprits y ont été très-rafinez, & les Normands fonc cn France ce qu'étoientles Archéniensen Gréce. - f.. Selon Platen , la Monarchieeft.la pire & la meiïl- leure forme de Gonvernement : la pire, fi elle eft in- dépendante des loix;& la meilleure, fi elle y eft obéiflan- te. Ceuxauienfeignent le contraire aux loix&aux Prin- ces fonverains,ne leur aprennentpasà régner,mais à ti- rannifer;ni à renirles peuples dans le refpet &dans l’o- béiflance,mais à les porter à la révolte. Iin'y a jamais cu de Prince mieux obéis,ni par conféquent plus Prin- … ces, { file Pere Diétareur me permer de parler ainf } que ceux, qui ne fe font point mis au deflus des loix. Commine.en donne un bel Exemple en la perfonne de ïôtre Roi Charles VII. qui, àfonavénemenra la Couronne ; obtint des Erats tenus à Tours, un don de deux millions cinq-cens mille livres, ( qui étoit, die. il , plûtôt trop que se } quoique le Royaume füe épuifé par les tailles Tant vingt ans. Au contraire, quand le Prince veut faire tout à farêre, & par volonre defordonnée ; ce | font ces termes , les Peuples ne lui obtiflent pas, nine le fecourent en {es néceflitez ; mais au lieu de luiaider - quand il a beaucoup d'affaires fur les.bras ; ils le mé- prifent, & fe mertent en rebellion conte lui. Che dernier du livres, de les Mémoires ses ë orribles, quilavoir portées du- a orpe Livre TRoïsIE ME 6f$ MOREL EL. Après qu'on eût chaflé Tar- quin 1 le Superbe , le Peuple , réfolu de défen- dre fa liberté , contre les faétions du Sénat 2, fit plufieurs fatuts >» pour entretenir la con- corde; & créa enfuite les Décemvirs L , qui ayant recucilli ce qu'il y avoit par cout de meil- leur REFLEXIONS POLITIQUES. 1 Voila à quoi fetermine cette aurorité indépen. dante, arbicraire , & fans bornes, que les flateurs fonc prendre aux Princes. Voila ce qui arriva à nôtre Roï Henri III. à qui l’ondifoir , qu'il faloit defacoutumer ks François de lui faire des remontrances , & leur avrendre, qu'iln y avoir point d'autre juftice que fa volonté. MeZerai dans fa Vie. » L'une des chofes., qui »& le p'usnuià ce pauvre Prince , dit lé Charcelier de » Chiverny , a été opinion, qu'il avoit concuë de fa » fufifance , méprifant toutes les opinions d'autrui, # qui eft je plus grand malheur, qui puifle arriver à # un Roi ,ouàtoutautre. Days fes Mérmrires, 2 Les Grands & les Noblesaimenttoüjours mieux un Roi, ou un Prince, quelqu'’il foit , qu'un Gouver- nement populaire ou le Peuple ne manque jamais de Jés réduire à l'égalité , qui eft la chofe qu'abhorrent davantage des.gens accoïtumez à la diftirétion Car il eneft des Grands , comme d'Agrippalc gendre d’Au- _gufte, lequel, felon Parércule, obéifloir très-volon- tiers à un feul, mais en revanche vouloir cemmander À. tous lesautres. Parendi, [ed uni, [cientiffimus, lits. Jerèimperandi cupidus. NOTES HISTORIQUES. Z Voile mot ,Deceravirs , dans les notes hifioriques du Pro logue de racite, ie pa TE il 66 Exrs ANNALES pr TACITE. leur 3 ex matiere de Police , en formérent les douze Tables , où finirent 0%, qui furenr le er : = terme fatal. des ;: Îles bonnes ordonnances. Car & re ; dépuis ce tems là, les loix ( quoi qu'il s’en fit par occafion quelques unes contre les malfais éteurs ) furent le plus fouvent établies par la violence, à caufe des diflentions du Peuple &e du Sénat , tantôt pour challer des perfonnés illuftres ; tantôt pour obtenir des charges avant le tems , ou pour d’autres mauvais d.f- feins. Témoin celles des Gracques & des Sa1- tutnius REFLEXIONS POLITIQUES. 3 Rien n'eft plus urile à un Prince , quia de grands Etats, & par conféquent de grandes affaires à déméler. avec les aucres Princes , que la connoïflance éxacte des loix & des coutumes des païs étrangers, Outre que cela lui fert à difcerner ce qu'il y a de bon & demau= vais dans chaque Gouvernement , eela lui donne encote des ouvertures & desexpédiens commodes ; pour ré- 2. former les äbus , quinaiffent de jouren jour dans la, police , dans lPadminiftration des Finances, dans la difcipline militaire , dans la Judicature, & dans tou. u tes les autres parties de la-vie civile. Mariana dir, u qu'Henri II. Roi dé Caftille, envoyoit des Ambal- fadeurs aux Princes Chrétiens, &aux Rois Morcs feulement à deffein de s'informer de leur manicre de gouverner, pour ramafler ainfi la: prudence de toutes \ les Cours enla fienne , & favoir mieux reptefenter en u toutes fes a@ions la majefté royale. Que devoir-on attendre de ce Prince , qui à l'âge de vingt-feprars 532 c + . 2ETE LE EC A quil mourut , étoit déja le plus habile de rous ceux, | qui fégnoïent alors en Efpagne ? Chap, 14. du liste 39. de fon Hiffoire. - SEE L3 LAù OT RATE ERA PRE nrà LIVRE TRorsrr Mr. 67 euroins , les boutefcux du Peuple; & celle de Brufus, qui ne faifoit pas de moindres lar- gefles , au nom du Sénat, & qui corrompoit les Alliez par des promefñles , que l’opoñtion des autres Magifkrats rendit 0% dont l’éxécution : à À futempêchée parles. inutiles. La Guerre Iralique, ne ni la Guerre Civile # , qui vint après, n'em- pêché- NOTES HISTORIQUES, # Pour faire mieux:entendre cette récapitulation de PHiftoi- re de l’ancienne République , laquelle racite n’a pas voulw étendre davantage , parceque, dit-il dans fon Avant-propos s. tout cela a été amplement écrit par de célébres Hiftoriens : il cf, àmonavis, néceffaire de mettre ici un extrait de quelques: chapitres de Patercule , qui raconte très-bien ces diflenfions, “Ssipion Nañca, dit il; futlepremier. qui s’avifa d’emploier ; p :q {a force contrele Tribun Tiberius Gracchus, fon coufin, pour empêcher l’éxécution des/loix agraires, qu'il avoit publiées: en faveur du-peuple. Dix ans: après, Nafica futimité par le: Conful Opimius, qui pritles armescontre Caius Gracchus, le- quel, foit pour venger la mort de riberius,, fon frere; cu pour souvrir le-chemin à la Royauté , qu’ilaffe@oit , exerçoit le Tribunat avec encore plus de violence, que »’avoit fait{on aî=. né, & renverfoit toute la police de la Ville & delBtat. Les Gracques étant morts , Opimius ft mourir dans fes fuplices. tous leurs amis ou ferviteurs., punition, qui ne fut point aprou= vée, comme venant plutôt de fa haine particuliére contre les. Gracques, que du defir de venger la Répablique. Aux Grac- ques luccéderent les xribuns Servilius Glaucia , & Saturninus Fe . Apuleïus; qui pour fe maintenir dans Le ribunat an-dels du. > tems porté Par fes loix, & empêcher qu’anne leur donnär des: fucceffeurs ; F-voilà ce que Tacite entend ici par cpife inlicitos: honore; ] rompoiens par Le fer&par le feu lecaffemblées dureus ple; ce qui obligea Marius; alors Cunful pour lafixiéme fois. de lesimmoler à ja haine publique. Le Tribunac de Livius Dru fus, qui vouloït rendre au Senat le droit de juger les procès,le= quelCaius. Gracchns avoit transféré aux Chévaliers , ne fut ni pluspaifible , niplus heureux , tous les Sénateurs lui ayant été contraires.dans les choles mefme qu’il entreprenoiten leus… faveur 2. 68 Les ANNALES DE FACITÉ faveur , jufqu’à aimer mieux fouffrir les infultes , qui {eus étoient faits par fes colégues, que de jui étre redevables de: Lhonneur , qu’il vouloir leurpracurers tant ils portoient d'en vie àfa gloire , parce qu’elle leur paroiffoit crop grande. La mort de Drufus, qui fut tué comme les Gracques; pour avoir voulu donpéer le droit de Cité Romaine à toute l’Eralie, [ voilà l'explication du palage de Tacite , corruptifpe s ant inlufi pire | Satenceffioncr focii Jalluma la Guerre Iralique,ou Sociale,c’eft» à: dire, des Alliez, qui demandoient inftamment cet honneurs fe plaignant avec raifon d’être trairez en étrangers par uné ville ; dont ils foñtenoient l'empire par leurs armes,quoi qu’ils faffent & de mefme nation , & de mefme fang, & que Rome leur fât obligée de Pénorme puiffance ; oùelle étoit parvenue. Cette guerre fut la premiére occafion de l'agrandiffementde Cn. Pompée, de Marius, & de Silla, qui fe fervirent contre la. République , des armes ; dont elle teur avoit donné le coms mandement contre les Afliez. Car Silla , qui étoit d’une mai- fonilluftre ; mais fort déchue de fonancienne fpiendeur , eñ flé de la gloire d’avoir terminé la guerre Italique, ofa denian- der le Confulat, & l’obtincenfin par les fufrages de prelque tous les citoyens: Au mefmetems ; le Gouvernement del'A= fieérant échu à Silla, Pub. Sulpicius rribun du Peuple fe de: clara pour Marius, qui quoi qu'ägé de plus de 70. ans; vouloit avoir lui feul toutes les Provinces; & Gta par uneloiqu'il » publia ; ce Gouvernement à Silla , pour le donnerà Ma à jius ÿ d’où näquit auf tôt la guerre civile de Silla, qui chaffa® | de Rome Marius & Sulpicius , avec leurs complices. À cette guerrefucceda celle de Cinna, qui métoit pas plus moders ques Marius, niqueSulpicius Cethomme, peur fe venger du SE. nat, qui lavoit dépofé du Confulat, & mis un autre Conlul à fa place, rapella de leur éxil Marius & fon fils , &trous les aus | — tres bannis de leur parti, pour en fortifier le fien ; auquel : avoit attiré par de grandes promeflés tous les Officiers: de Par mée Romaine, qui étoit auprès de Nole Pendant qu'il fait ia guerre à fa patrie, Cnée Pompéefe voyant ‘fruftré de: l'efpe* rance d’eftre eontinué dans le Confulat , fe tintneutre entres République &Silla; pour épier tes occañons de rendre fa con dition-meilleure , en fejettant avec fon armée du côté, oùi trouveroit un plusgrand arantage ÉCar arnive toû-ours dans Les Guerres civiles que la fidélité dés Grands eft la viéiméde leur intereft. 1 Pompée étant mort là deflus , après avoir donn bataille à Cinna ; celui ci & Marius fe rendirent maitres de Rome,où leur entrée fut fuivie de Jamort des ConfulsO avis qui fut tué par leur ordre,&Cornclius Meruja;qui fe ficcouper Les veines , pour prévenir La vengeance de Cinna, dontil rem ee plie DUÉAULLEN ÊTES LiVRE TROïISIE Me Go péchérent pas même, que l'on ne fit encore plufieurs réglemens ; mais qui étoient tous contraires les uns aux autres , jufqu'à ce que . Silla, devenu Ditateur, les ayant changez , ou révoquez ; pour en faire de tout nou- = / se veaux, + nr mn seras NOTES HISTORIQUES. pliffoit la charge. Marius étant mort l’année fuivante au com: mencement de fon feptiéme Confulat, Cinna squ1t-entroit dans . fon fecond , eut toute la puiffance-du Gouvernement » Mais Comme fa domination étoit trop violente, la plüpart desGrans fe retirerent auprès de Silla, qui. étoit en Grece. Ce qui fuc caufe, qu’il repaffaen Italie, pour venger les Nobles, dont 11 s’étoit fair le Chef, ainfi que Marius Pavoir été des ple- beyens : & que Cinna fur tué par fes foldats > Qui fe mutinerent contre lui, fur ce qu’illes voulait embarquer, pour aller com= ‘battre les Nobles. Silla effaya de terminer tous les diférends par un bon accommodement , & à des conditions raifonnables , mais la paix ne pouvoit plaire à ceux, qui languiffant dans la tranquilité publique efpéroient de relever leur fortune par Îles faétions, L’ambition du jeune Marius , élà Conful à 26. aus, fomenta la guerre , mais après avoir perdu la bataille de Sacrie. port ; 11 fut tué par des gens apoltez par Silla, qui , depuis , en prit le furnomd’Hezseux ; tant il redoutoit te courage dece Jeune adverfaire.Cétte viétoire lui fit déferer 12 Didature où il abufa fi fort de fon pouvoir , qu’on regreta Marius & Cinna. Car il fur Le premier , qui inventa la pro(cription , Ceft- à-dire qui fit afigner par autorité publique une récompenfe à quiconque égorgéroit un citoyen Romain; jufc que 11 même,que l’on ne Hi donnoït pas plus grande pour la tête d’un ennemi tué À la guerre , que pour celle d’un citoyen tué dans fa maifone Après Ciona, Marius .& Sila , vint Pompée le Grand, quife- Jon.racite , favoit mieux difimuler > Mais-n'étoit pas meilleur qu'eux, Poff quos Cr. Pompeius occultior >#0nmelior, Hift. 2e Dès que Pomyée fut entré dans le matîment des affaires publi- ques , non content d'être le premier, il vonlut être toutfeul , d'où vint [a jaloufie de Cetar , qui, dans la fuite ; produifig Unéautre guerre civile, où la fortune ayant abandonné Pom péc, rendit Cefar le maître de l'Empire Parerc, Hifé. 2. Chafe Ba Te AB 130 LS A7 194 204 ZI 22, 25:28,33, 47, 48 © Les ANNALESDE TACiTr. veaux , donna quelque relâche. Mais ce re- pos dura peu , à caufe des pourfuites & des “opofitions turbulentes de Lepidus , & dela lie cence effrenée dès Tribuns, qui recommen- cérent à foulever le Peuple , pour faire paller leurs dectets. Et dès lors on fit autant de deix ; quily avoit de perfonnes 94 0% ascufiits de forte que toute la République étant cor- YompPUE » les loix fe multiploient à l'infini 4. KXIX. Enfin, Cnée Pompte , étant dans à _fonctoiliéme Confulat », fut élu pour réfor- mateurdes mœurs: mais comme fes remédes étoient REPLEXIONS POLITIQUES. à Le Hulioies des lorx, dit Platon dans f Répu- blique, eftune marque auffi certaine de Ja corruption, d’un Etat, que la multitude des Médecins en eft une de la grande quantité des malades. Je puis dire avec veritésajoute un grand Miniftre, que les nouvelles Joix nefont pas tant des remedes aux défordres des Brars ,que des témoignages de Jeur maladie , & des. sañürées dela foibleffe du Gorivernement, atens du que fi les anciennes Jeix avoient été bien éxccu=. tées , ilne feroit befoin , ni deles renouveller , ni d'en preuve À faire d’aucres pour arrérer de nouveaux défordres, qui #euffent jamais pris cours. Chap. s.delafeconde partie RE | SES RECENT CENTER EERRRENRES exeaensesnss NOTES HISTORIQUES . - aPatercule dir, que dansce Confulat sonne lui donna point de colégue , & que cet honneur extracrdinaire fit tant de ja Joue à Cefar, que dès lorsils devinrent ennemisirréconciliaz 2. 4 Confujat conire Les brigues des charges, Chaps 47. Pr bles. I ajoute , que pompée employa toute la puiffance de cc LA en France n’a jamais {ery ‘réformées , aprend à tous les à : armées, Pomsée aprouvo : Livre TRoO1IS:E Meg, FI <toient pires que lesmauxr, & quil violoit en favenr de fes amsss les loix qu'il avoit fai- tes 2 , il perdit par les armes de fes ennemis l'autorité, qu'il vouloit conferver avec les ar- Mes o. Et depuis , il n'y eut durant plus de ee VIn9€ ReEFLExions PoriTiqQUEs. du Teflamentp olirique. Quoïqu'ilen foir, Mezeraia <uraifon dedire , que la multiplication des rés lemens Î qu'à mulcplier les abus, Dans la Vie d'Henyi LIT. 1. Pour faire des loix, i] faut fe régler fur la fition des peuples. I] ny 4 point de pires loix que cel. les qui prefcrivent des chofes, qui vont àla perfeétions car la dificnlré de Jes obferver les réduir au non-uface. La pratique ne va jarnais fi Join que la fpeculation , & er les chofes, non pas de mieux ; mais de la manie - ic quelles peuvent durer plus long-tems.. Le Cardinal! Pallavicin apelle très bieu les loix trop rigoureufes le poifon de la tranquilirée publique. = 2 Un Prince, ou un Maçiftrar, qui éxemre del’ob.- fervation des Joix , qu'il a faites lui-même en Matiére. de téformarion , des perfonses , qui ont befoin d’être utres à les méprifer, fur-to riqu'il accorde ces Éxemptions , dans ua tems > OÙ ces loïx {ont encore toutes fraîches. NOTES HISTORIQUzS 8 Tous es oens debien > dit le même Auteur » Vouloïent que Pompée & Cefar Ténofeaffent tous deux au Conmandement des née apr t fort lavis. de CEUX, qui difoiene >: * 4 rod . 4 pe … . qu'ible falloir ôter à Cefar ; mais réfifloie à CCUx,qui jugeoient »9 fe Et voilà par où commença la BUETES Givile, Chap. 48 D pe. TrsPNR ere pe TAcrTe. nidroit, ni polices les plus grands crimes demeurolent impunis » & plu fieurs belles actions firent périr leurs auteurse vingtans pi paix » Mais après qu'Augufte eut affermi fa puiffan- ce, ilabolit, ce quilavoit ordonné étant Triumvyir ; & nous donna des loix pour vivre en paix fous fon Empire. Et comme 1 vouloit faire obferver exactement ces loix 3 il propofa des sécom- _penfes pour CEUX » qui cn dénonceroient. les infraceurs. Celle; qui fut apellée-Papia Pop- pea , portoit ; que le Penple Romain, En qua lité de pére commun » poiféderoit comme vas gans tous les biens ; qui étoient lailez par tef tament à CEUX » qui n'avoient point d'en- fans p. Mais les Délateurs alloient bien plus avants ils troubloient & toute la ville, &. luficurs familles étoient déja le monde prenoit l'épohvans tes toute l'Italie, P guinées ; & tout Ne NOTES HISTORIQUES. .pparlaloi Papia > CEUX qui nav Hilcapiebant ex reamentis, étoient Fruitrez de tout ce qui leur étoir laiffé par teftament : maisles, orbi,i, € CEUX qui étant marier n’avoient point d’enfans » ne per de ce qui leur étoit Jegué. Brc'eft ence pal'us adultére dit au mari, Quel 110 fliolus ; vel filie nafciturex me Zara parentis babes ÿ proprer me firibiris heress À s Æ Legatun omne CA is nec non @dulce cadncumr Satr 9 L'Empereur Antonin Ota auPeuple Le droit & voulut , queces biens tombaflent au fifc du Prince. Hodits dir Uipiens ex confiisutione Imperaroris Antonin à 0ni4a 46 ducafifeo vindicantur In Fragnes tit, 180 Re Zi fens ; que dans Juves 2 dans fon fixiéme Confulat ; tout. oient jamais été marier Hi doienr que la moitié de vacantia encre, Livre TRoïisre Mr. 73 . te, lorfque Tibére, pour y aporter remede 3, tira au fort cinq Confulaires, cinq Prétoriens& : dix autres Sénateurs,qui dévelopérent plufieurs _chufes embrouillées de cette loi, & s Par nnein- terprétation favorable, donnérent, pour le pré- fént, un peu dereposaux citoyens. XXX. Ce fut vers ce tems là, que Tibé- ré demanda au Sénat, que Néron, fils-aîné de Gérmanicus , lequel avoir dix- fept ane accomplis , füt difpenfé du Vigintivirat 9, & pht obtenir la Quefture cinq ans avant Je téms x preferit par les loix r : alléguant , que lui-même & fon frére avoient obtenu la mé- : me grace , à la priere d'Augufte. Cette dema ne de ne fut pas ouie fans moquérie , & je ne doute REFLEXIONS POLITIQUES. 3 Puifquela fin des loix eft de conferver l’ordre & le paix encre Îles citoyens d’une même ville ,ileft du de voir du Princedeles modérer, quand elles font trop rigoureufes ; ou de fes abolir tour a fait, lorfqu'elles ge font plus urilesau public. 1 La bonne éduearion, que l'on donne aux enfans des NOTES HISTORIQUES. g Les Vigintivirsn’étoient que de petits Juges de police, qui procédoient à la vente des biens des particuliers ; qui diftri- buoient des grains au Peuple ; qui avoient foin de réparer Les: chemins , & de voir, que lamonnoyene fut poinralrérée. À Venife , Les Nobles des anciennes Maïfons font d'ordinaire dif- - Penfer leurs enfans de Paffer par les deux Quaranties civiles, # Selon les loix ; on ne pouvoit être Quelteur qu'à 25: 45: Lune La. D 74 Les ANNALES DE T ACITE. doute pas même, quon ne fe fut moqué au- trefois de celle d'Augufte/, quoi quelle fut beaucoup plus ratfonnable.. Car outre qu'alors l'autorité des Cefars étoit toute nouvelle , & l'ancien ufage plus prefent à la mémoire, Au- gufte n'étoit que le beau pére de Tibére & de Drulus ; au lieu que Tibére étoit l'oncle & l'aïeul de Néron r. Avec la Quefture, on lui décerna la dignité de Pontife , & la premiére fois qu'il parut en public avec la robe virile, on diféribua de l'argent & du bled au ménu- peuple , qui urcffailloit de joye de voir un fils de Germanicus déja dans les charges. Cetre joye fut encore auementée par {on mariage = avec REFLEX] ONS POLITIQUES. des Princes , jointeau privilége de leur naiflance , les doit afranchir des loix de l’âge, d'autant qu'ils devien- rene habiles de bien meillenre heure que esautres. Ce qui a donné lieu de dire. — © Cefaribuswirtus contigit antè diem. LS Fteft impofhble, difoit le Cardinal du Perron, que les Princes ne fachent quelque chofe, car i’s ont les fruits. des peines tousde ceux qui étudient ; ils aprennerten unquart-d'heure ce à quoiunbonefprir aura cravaillé * gn mois, Perroniann. 2 se NOTES HISTORIQUES, Rrommcsene ne. oEPENRE EEE f Auaufte , pour faire le populaire , & laiffer au Sénatuné vaine image de grandeur & de liberré, feignoit d'avoir befoin à > à de leur confentement ; pour accorder aux enfans defa femme | _ ufedifpenfe, dont il étoit ie maitre abfolu. CES # Et par conféatent, Tibére devoit prendre un plus grand ins terêr à Pavancement de fon petit-fils , que n'avoit pris AU gufe à celui des fils de fa femmes. . _. Livre TRoisir ue 7$. avec Julia, file de Drufus 2. Mais ice ma- #age fut univerfellement aprouvé , on murmu- ra fort de celui, qui fe concerta , de la fille de Séjan avec le fils de Claudius 3 , dont la noblefTe fembloit être foüillée par une.fi baffle alliance 5; au lieu que Séjan, dont l'ambition étoit déja füfpede, s'élevoitinfiniment. _ XXXI. Sur la fin de l’année moururent deux hommes illuftres , Lucins Volufius & ee 2 … _Sallu- + REFLexrôns Potritr QUES. entre les particuliers , fonc toujours aplouyez. 3 Les Princes du fang, à quelque point d'honneur près , ne font pas une faute fi grande, que lon penfe, cn s'allianr avec les filles > Ou Îcs niéces des Miniftres ge car outre que c'eft un moïen de fe conferver les bonnes graces du Prince , c'en eft encore un- de s'agrandir : anais les Miniftres , qui ont l'ambition de s’allicr avec les Princes du fans, s’expofent toujours à beaucoup d'envie; & quand'il vien un revers de fortune, comme ilarrive crès fouvent ; ils virent peu de protection de Ceux , qui ne les ont honorez de leur alliance que par intérêt , & qui n'aïanc plus rienà efperer d'eux, ne Jes _confidérenc plus Que comme des Parens, qui les desho… aotent. Il ya encore une autreraifon » Quidoit empê- cherles Miniftres d'afpirer à cer h Cnneur; c'eft queces Princes étant fort fujets à devenir fufpeds à celui qui _regne, le foupcon qu'il a d'eux rerombe fouvene far le Münifire,qui a incérée de les protécer, äcaufe dela pa renté. Et d’ailleurs, le Prince, qui veuc être le. maître. ÉQtout ,& tenir lieu de tout à fes créatures > he pour Ta jamais aimer ni beaucoup, ni longrems, un Mini té ; qui fra partagé d'afection & de complaifance cntre Ii & les Princes de fon fans. = 2 Les mariages égaux, foit entre les Princes | ow 76 Les ANNALES DE TACITE. Salluftius Crifpus Le premier étoit d'une fa- . mille ancienne, mais qui n'avoit point exer- cé de plushante charge que la Préture ; il y fit entrerle Confulat, & la dignité de Cenfeur , qui lui fut donnée pour faire la revüe des dé-. euries de la Cavalerie; & amalla des richefles —excefives , qui agrandirent infiniment cette Mailon. L'autreétoit petits fils d'une fœur de Caius Salluftius ; fameux Hiftorien Ro= main, dont il avoit pris le nom en vertu de. - fon adoption. Illui auroit été très : facile. de monter aux plus hautes dignitez , mais , fans être Sénateur , non plus que Mecenas # dont il fuivoic l'éxemple, il ne lailla pas de furpaf- fer en pouvoir beaucoup de Confulaires & de Trionfans. 8a façon de vivre étoit toute dife- sente de celle des Anciens , foit pour la pro- preté des habits ; ou pour la délicareffe du manger ; & l'abondance ; qui regnoit dans fa failon, aprochoit fort du luxe. Mais avec tout cela , fon efprit fufifoit aux pius grandes afaires 1 à & il y montroit d'autant plus dé » ee. | vigueur, à «Raergexions POLITIQUES. + ie. De tour rems:, les hommes qui ont manié;ou qui EE — es où NOTES HISTORIQUES -. … æPatercule dit sque Mecenas fe contenta toute (a vice durang | de Chevalier Romain , fans fe foucier des dignitez , qu'il lui. _antoit été facile d’Obtenir d’Augufte , dont il n'étoit pas moins aimé qu'Agrippa 3 S'il eut été d'humeur à Les defirer Hif. 2, chapi8 8 Perse. SR Er nee FRE LIVRE TRotsIp ar Si vigueur, qu'il afeétoit de paroître volouptueux & fans fouci. Durant la vie de Mecenas , il tint la feconde p'ace dans le Miniftere > & la premiére après fa mort. Il eut partà la réfolu= ton qui fut prife de tuer le jeune Agrip- pa 2, & fur la fin de fes jours, il eut plus l'a- parence d'un favori , qu'il nen eut le pou- voir : Et cela étoit arrivé parcillement à Me- Cenas 3. Tantileft rare ; que la faveur dure = 3 LOUE « REFLEXIONS POLITIQUES. ont été capables de manier les grandes affaires, ont été les plus voluprueux. Jamais homme ne fur plus vi- gilant , que l’étoit Mecenas, lorfque les affaires de T'Etat le requéroiene ainfi ; mais aufñ perfonne n’aima davantage le repos, l’oifiveré, & les plaïfirs de la vie, Ainf , Salufte l’imita en tout, en vertns & en vices, 2 Tôtou tard, les Princes fe laflent de voir, ou du moïns d'aimer les témoins , les complices , ou les mi- niftres deleurs crimes, foir par honte, ou par tepen— tir, Voila note 3,dn chap. 1. du livre. = . 3 La diforace des premiers Miniftresn’eft pas toù- jours un éfer de leur mauvaile conduire. Les plus fages & les plus modérez perdent la faveur , auffi bien que ceux qui en ont abufe, Mecenas étoit, fans contredire ; un des meilleurs & des plus inrelligens Miniftres , que - PÜt avoir Augufte,&cependant ilne laifla pas d’éprou- Ver ; que fon Maître aïmoir le changement. Gonçalo Hernandez avoit conquis au fien leRoyaume deNaples, & la premiére fécompenfe qu’ilen reçut, fut que Fer- dinand le Catholique prèta l’oreilleà toutes les plaintes & à romres les calomnies de fes envieux,rav de trouver ne octafion de réformer & de refferrer.{on pouvoir. APIs quoi l'ayanc faic revenir en Efpague , il Le cinr fept À 78 Lrs ANNALES pr» TACIT>». toûjours x; foir que les Princes , fe désoûtent de leurs confidens , lorfqu'ils n'ont plus rien à Jeux donner ; ou ceux ci de leur Maïtre , quanè ils n’ont plus sien à defirer 4. — RÉFLEXIONS POLITIQUES. feptouhuitans réleaué dans fes terres; il lui refufa tout net la grande Commanderie de Léon , & puis cel- Je de Hornachos , quivaquérenr en même tems. Ma- viana chap. 9, dulivre 28, 614, du livre 30, de [on Hifhoire , à la fin de la quelleil fair Péloge de ce grand Capigaine ences termes : Perfonnage admirable, dit-il, : & toutenfemble le plus brave & le plus heureux guer xier, qui fur forti d'efpagne de puis long-tems. L'in- . gratitude, dont on ufa envers Jui, augmenta Ja gloire & le préferyva même des fautes , qu'il auroit pû faire fur le déclin de fon âge. Car ileft bienrare de naviger plufeurs fois fans effuter ancune bourafque. = 4 La faveur des Rois , ( dit Antoine Perez, a le | ee avoit EE 2-+ NOTES HISTORIQUES. Re x Le Chancelier de Chiverni , dir, qu'ilétoir fatal à farace des Valois de haïr À ia fin ceux au’iisavoient leplus aimez au | commencement Philippe de Valois, Le premier de cette races à étoirobligé de fa Couronneau Comte d'Artois, & depuisilft u - tout ce qu’il pûr, pour Le dépotiller defesterres, Loiis ruina le Duc de Bourgogne, chez qui ilavoit demeuré;fixa LoüisXIL. perfecutale Maréchal de Gié; & François [ie Du de Bourbon, qu'il avoit uniquement aimé s & Meflieursde Montmorency & de Brion, qui avoient été fes favoris. Henti IL. en ufa demême envers M* de Dampierre , & le Maréchal de Gié, de la main duquel il avoit voulu être fait Chevalier : : Charles IX. envers Meflieurs de Montmorency & de Coffés | Henri IH, envers Meffieurs de Lignerolles ; de Bellegarde, le Guaft , Saint Luc, de Villequier , Beauvais-Nangis ; & fut toutenvers Méfieurs de Guife, qu'il avoit tant aimez en fa jeunelfe ; & tous ceux de fonConfeil,qui l’avoient le mieuxfer- vi. Dans fes Mémoires, Qn peut dire la même chofe deprefque: tous les Princes, ee : ; 2 LIVRE TRoISTE ME 09 AN DE ROAIE, 774: XXXIIL L'année qui fui eft remarqua= Die par le commun Confüulat du pére & du fils ; qui étoit le quatriéme de Tibére, & le fecond de Drufus. Doux ansauparavant , Ger- manicus avoit bien été le colécue de Tibére, maisla proximité du fang n'étoit pas fi oran de , ni même le neveu fort agréable à l'oncle. Au commencement de cetté année, Tibzre al- la { promener dans la Campanie > comme pour prendre de nouvelles forces , foit qu'il méditât déja de s’abfenter pour -tobiours ; où que , par fon éloignement ; il voulût haiffer _ faire à fon fils toutes “les fondtions du Confu- latr, Il arriva par hazardune chofe, qui bien D 4 =. quelle REFLEXIONS POLITIQUES 27 + ge SERA ce : . fent d être complaifans. Car, felon Commines , pius pour lesbiens;qu’ils ont déja reçus.Chap.ir, du livres. . 1 Un Prince, qui éxerce fon fils aux fontions du Gouvernement , fait également.le devoir de pere & de Pise NOTES HISTORIQUES, 3 Apellée aujourd'hui la Terre de Labour, 4 $o Les ANNALES DE TAcrTr. quelle fût de peu d'importance , donna à Drufus une occafion de fe faire aimer , enter- minant la querelle , quelle avoit excitée 2, Le Prétorien Domitius Corbulo porta fes plaintes au Sénat contre le jeune Eucius Sulla , qui navoit pas voulu lui céder fa place dans un fpectacle de gladiateurs. L'âge, la Cou- tume, & les Vicillards étoient pour Corbu… lon ; Mamercus Seaurus, Lucius Arruntius, & quelques autres , pout Sulla, leur parent. Les uns & les autres haranguoïent à l'envi, _& l'on alléguoit contre Sulla l'éxemple de nos. Anciens, qui avoient refrené par de rigou- reux arrêts l'irrévérence dela Jeunefle 3. Dru- ee ee fus RasrLixionNs PoLrTrques. Prince: de pere , parcé qu'il donne l'éducation qu'il doir à {on fils ; & de Prince , parce qu'il s’aquite en- vers fes Sujets de l’obligation qu'ila de travailler à laïflerun bon fucceffeur.Er c'éft par cet endroît , que Commines veur blämer l'Empereur Fréderice LIT. quand il dit , que le Duc Maximilien, fonfils, n'a » voit connoïfance de rien, & avoir été mal nouini, # au moins pour avoir connoiffance des grandes cho- w fes. Chap. 3 du livre 6. Ze … 2 Les plus periteschofes font quelquefois naître les plus grands événemens, Les querelles , qui arrivent entre les Grands , ne font jamais à négliger, parce qu'elles fe convertiflent fouvent en faétions , en caba- les, &en partis. 3 I! eft non feulement de la bienféance & de l'honné- teté publique , mais encore de l’interér du Prince & de VEtat, que les vieillards foient refpectez par les jeunes ee gens “Livres TroïsSrE ME. £r [us dit tout ce qu'ilfalloit pour adoucir Les ef- pris, & Corbulon fut fatisfait 4 par Scaurus, qui étoit oncle & beaupére de Sulla, & le plus éloquent Orateur de fon tems. XXXHI. Le même Corbulon ayant fait des plaintes de [a négligence des Magiltrats des villes municipales , & de la malverfation des Voyers,quilaiffoientles grans-chemins touc rompus ; de forte qu'on n'y pouvoit plus pafler, fe chargea volontiers de la commiflion dy pourvoir. Mais il fr moins de fervice au public, qu'il ne fit de tort à beaucoup de particuliers 1, 3 à qui REFLEXIONS POLITIQUES. gens , mais particuliérement dans les aflemblées'& dans les cérémonies ,où l'irrévérence de la Jeunefle envers. les perfonnes , que l’âge rend vénérables , eft de crès- dar sereufc conféquence. À 4 Himporte beaucoup au Prince de ne point Jaiffer -impunies les ofenfes , que les jeunes Scigneurs de {a Cour fontaux Juges & aux Maoiftrats ; car iine fera lui-même obét , qu'autant quil fera refpeéter ceux. qui font les gardiens des loix. I] ÿ a par-tout, mais en France plus qu'ailleurs,une antipatic horrible encre es gens d'épée & les gens de robe; que feroir-ce , f& Ce _ étux-cinetenoient pas les autres en bride > 1 ya roujours des gens, quiont la préfomption de croire, qu'ils fonr capables de conduire des afaires, où: ils n'entendent rien, Ceux , qui fe cronvenr en crédie. auprèsdes Princes, croient tof jours être dignes de tou- tes fortes d'emplois , & fur ce faux fondement ils nom: bfienc rien de ce qu’ils peuvent pour les obtenir. Cepen- dant, ileft vrai, quetel, quieft capable de bien fer: wir le publie encertaines fonéions , {era capable de le 5 ruiner 82 Lrs ANNALES px TACITE. à qui il toit l'honneur & les biens par des pro- ? « -e cédures injuites 2. _XXX IV. Peu de tems après , Tibére écrivit au Sénat , que Tacfarinas recommen- çoit à ravager l'Afrique , & qu'ainfi il faloit élire un Proconful entendu au métier de la guerre , robufte, & capable de bien remplis cette charge. Sexte Pompée prit cette occafñon, . pour anfuirer M. Lepidus, difant , que fa _pauvrété & fon peu de courage deshonorotent fa famille r ; & que, par conféquent ; 11 faloit | — flex Ra LEIXIONS POLITIQUES. ÿuiner en d’aucres, M. de la Chañire dit, que l'Evéque de Beauvais fr out ce qu’il püt pour ruiner M. de Chafteau-neuf auprès de la Reine Anne d'Autriche ; pour n'avoir point de compagnon dans ja direction des afaires, dontilfe croyoir très-capable. La Reme , ajoûte-t-il, ne pouvoit mieux choifir pour la fidelité ai ouere plus mal pour la capacité , ce bon Prélatnae yane pas la cervelicaffez forte pour une selle chaige, Dansfes Mémoires 2 La réformation eft plus dangerenfe que Je mat, euand on la donne à faire à des perfonnes, qui n’ont pas, £ ù là capacité, ni la modération requifes. Sur les plaintes, que quelques-unsfefoienr de certains réformateurs, qui ayoient fair plus de ruine qu'iln'yen ayoitavante qu'ils fuffent établis, le Cardinal du Perron dir au Con: : fil: Ceux-ciontrailon de s'apeller réformateurs, mais _ c'effan langage de Maître Guillaume. C'évoit un bou- fon , qui quand il vouloirdire, ruiner, difoit réformer Perroniana. eo x Detouttems , les plus grans hommesont trouve .#es adverfaires ; qui ne leur ont pas feulement . ; - OLcE 27 LIVRE TRroiïsrr mr, 8°3 Fexclure du Gouvernement de l'Afe , quil avoittiréaufort. Ee Sénat au contraire tenoit Lepidus pour un homme modéré , & plus digne de foüange , que de mépris, puifqu’avec Le peu de bien que fon pére lui avoit lailfé, il avoit tobjours vécu fans baflefle. Il fut donc envoyéen Âfie ; & quant à l'Afrique, la no- mination du Proconful fut renvoyée à l'Em- pereur. - XXXV. Lè-deffus, Severus Cecinz pro- $ pofa de defendre aux femmes d'accompagner . leurs maris dans leurs Gouvernemens:; après: avoir protcfté plufieurs fois , quil vivoit # heureux avec la fienne , dont il avoit fix #Cnfans; & qu'il ne confeilloit rien pour le pur : REFLEXIONS POLITIQUE s. Oter les charges, & les dignitez, dencils étoïent reyé tus, mais qui les ont encore atraquez dans honneur , ou du moins , qui ont râché dedérruirel’opinionqu'om avoit de leur éminent mérite, M. de Montrefor dit,que Je Cardinalde Richelieu, dans toutce qu'ilaentrepris a été plus obligés la fortune ; que l'Etat à fescon(eils _& à fes délibérations. Et dansun autre endroit, ilajoù- tes qu'iln'a jamais rien trouvé en ni, ni d’un efprig prévoïant, ni d’un grand perfonnage,mais feulement, que c'étoit un homime fort heureux , que la fortune foûtenoit beaucon P plus dans les traverfes, qui lui ar Tivoicnt , quela prudence , que plufieursonc voulu ef- timer en lui. Dans les Mérpoires. L'Evêque de Beauvais difoit,que le Cardinal Mazarin n’ctoir pas habile hors me, parce qu'il n'entendoit pas les matières bénéficige les; niles Frances. Mémoires de M. de la Chajtre, RS D & 84 Les ANNALES br TACYT=. »public , quil n'eût obfervé lui-même, » puifqu'il ne l’avoit jamais menée dans au- »cune des provinces, où il avoit fervi durant #quaranteans. Il ajoûta , que ce n'étoit pas » fans caufe , que nos ancêtres l'avoient def: » fendu : que la compagnie des femmes ne w faifoit que de l'embaras, foit en paix , foit- »en guerre ; que leur Iuxe corrompoit les « mœurs, & leur frayeur retardoit les entre- » prifes 1 : qu'avec elles une armée Romaine » reflembloit à une marche d'eunuques ? : que ; : | 3 CE REFLEXIONS, POLITIQUES - Li n'y a rien de plus contraire à l’aplicarion n° teffaire aux affaires publiques , que l'attachement , que ceux qui en ont l'adminiftration , peuvent avoir pour Îles femmes. Comme une femme a perdu le mon- de, rien n°eft pluscapable de nuire aux Etats, que ce. fexe , lorfque prenant pié fur ceux , qui les gouver- nent, ilJes fait fouvent mouvoir comme bon lui fem ble, & mal ; par conféquent ; les meilleures penfées . des femmes érantprefque toujoursmauvaifes en celles, qui fe conduifent par leurs pafions., qui d'ordinaire tiennent lieu de raïfon dans leur efprit s au lieu que la -faïfon eft le feul motif, qui doit animer & faire agir ceux , qui manienc les affaires publiques. Seifion $. du du Cardinal de Richelien. Se chap. 8. dela premiere partie du Teftarment Politique NOTES HISTORIQUES. æ Le latin dit , ad frilirudinem barbari incefus » À @ qu'il fembloit que ce fut un camp de Barbares; parce que c’étoit la cousume des Barbares de mener leurs femmes à la guerre, comme Le marque Tacite, 47, 4 de plerifs DTA dun ne A de ut Livre TRoïsIr ME "Se “# ce fexe n'étoit pas feulement imbécille , & nincapable de travail , mais encore cruel ; #ambitieux ; & qui veut dominer abfolu- sment, sila trop de liberté : quon voyoit s des femmes marcher parmi les eohortes , 5 & commander aux centurions ; qu'une ye- »noit de préfider aux revüês & aux exerci- wces des foldats : que- lorfque leurs maris » étoient accufez de péculat, elles s'y trou- # voient totjours mêlées : que dès-quelles »entroient dans une province , les plus fcé- » lérats s'adrelloient à elles , comme à cel- les , qui entreprenoient volontiers les mé- »-chantes affaires, & qui venoient à bout de # tout : qu'on les attendoit à la fortie, pour ler prefenter desrequêtes, & quil yavoit » comme deux prétoires ; 72445 avec cette dif- » férence , qu'elles { failoient mieux obéir: » que leurs maris. Qu'aucrefois les loix Op« # piennes ; & quelques autres , leur avoient DRIQUES. Ages Ann. 14. Britannorum copie anis 20 fe; es quoqueteftes victorie (ecum:traherenr. _Et dans fa Ger Ferinarum ululatus andiri, vagitus in- Fantium. Hé caique fantifféni refles, dre. Mais j'ai trouve plus: degrace, & même plus dejufteffe,. à dire une marche d'eunu- ques, à caufe le ce que dit ici Tacite ; que leluxe des femines. énervéir & amolifloit fe courage des foldats, Outre que cela: eft conforme à la verité de FHioire , qui raconte , que les. Barbates faifoient grand état des eunuques , jufqu’à leur don - ner le commandement des 4rmées. No defhecfum id (i.e. d’'êe tréeunnque } aprd Barbaros, ultroque potentiars haber, Taëx LA 11 6 DR TR TN PR SR parer enter ere TE PET ENT R R TE ERAR ENT D TES 86 Les ANNAgrs Dr TaAcite # mis un frein, mMs quelles avoient fi bien » romput ces liens, qu'elles gouvernoïent main * tenant, non feulement leurs maifons, mais » encore les tribunaux de judicature , & les # ATMÉES 2. : Fe —. __XXXVI. Peu de gens aprouvérent cet avis, & plufieurs même y contredirent 1 ; erlant , que l'on n'avoit point mis cette affaire en délibération & ; & que Cecina n'étoit pas Un cenfeur d'afléz grand poids. Et tout d'un, a - tems, REYLEXIONS POLITIQUES. 2 Puifquel’intérêtdes hommes, conclut M.deRi- chelicu, eft ce qui d'ordinaire les fair malverfer aux charges qui leur font commifes ; les Eccléfiaftiques. font fonvent préférables à beaucoup d'autres, lorfqu'il eft queftion des grandsemplois ; non pas qu'ils foienr moins fujets à leursinterêts ; mais parce que n'ayant ni femmes , nienfans , ils font libres des liens , qui ac tachent davanrage. Chap. 7. de la feconde partie ds D T'efament Politique. es 3 ileft toujours dangereux d’ouv£ir un avis de réfor- _— mation, PASS > CC È gr sS NOTES HISTORIQUES. æC’eft que l'affaire ayanc-pas été propofée par les Confuls," mi par le Prince, à quiil apartenoit de propofer lesmatieres s pour en faire déliberer,on prétenc t hors de propes ; & que d’ailleurs il néroit pas homme afiez confidérable de lui mefme, pour entreprendre la réformation des Proconfuls & des autrès grands Magiftrats Us en» gouverner Îes srovinces. Tacite dit néanmoins eh deux droits du fecond livre ; qu’il étoit permis defortirdufujet, fur lequel on déliberoit , quand on avoit à dire quelque chofe dé plus important au public ; & que cela étoirençcore alors se FE : rare" ndoit que PavisdeCecina étroit APT Livre TrRoñsir Me 67 tems , Valerius Meffalinus , fils de Mefla- la b, de l'éloquence duquel il avoit quelque teinture , répondit » Que l'on avoit chan- » gé très à-propos beaucoup de chofes trop » févéres des Anciens 2 , attendu que la Ville | Re » n'étoit REFLEXIONS POLITIQUES. mation ; car il ya toujours plus de gens , qui lacrai… gnent , qu'il ny enafquila defirent.M. Je Cardinal de: _ Richelieu avoue, qé'iln’ayoit ofé entreprendre la ré= formarion de la Mafa du Roi, parce qu'il ne le pou- voit faire, fans chodcr l'inrerêr de beaucoup de gens; qui étant continuellement auprès du Roi , -& vivant avec Jui dans une grande familiarite, euffenc.pû le de- tourner des ordres les plus néceflaires à fon Eat , pour empêcher ceux de fa Maifon, dont fe dérégle- ment leur éroït utile. Chap. 7. de la prersiére partie duinèéme Teitament, _2.1ly a deschofes utiles, & même néceflaires, dans ° un tEMS ; fexoient pernicieufes dans un autre. Ceux, qui ont la conduite des Erars , foit les Princes . où les Miniftres ; doivent s'accommoder au préfent, qui d'ordinaire n’a point de raport anpañlé. Tousles Politiques conviennent en cela. Machiavel pofe pour fondement de bon ou du mauvais fuccès des afaires la maniére de proc converable.ou-non convenable au “tems ; auque € rencontre, Ge qui fait , dit-il, T Re & es : ; < que NOTES HISTORIQUES. ordinaire aux Sénateurs. Erarguippeadbnc frequens Senators= bus, f; quid à rep. crederent , loco fenreñtiæ promere, & trois pa= ECS après : 4 r4joribus concrfum ef} ceredi aliguando relario- Hem, G*quodin commune condurar loco [entente proferre. - bMetfala Corvinus , de qui Quintilien dit, Ciceroze mitior ds Sulcèor ; gr in verbis magis elaberatns, Dialoga de Ürarsrivus 88 Lrs AnNnwArzs pe TAcirp. #n'étoit plus , comme autrefois , agitée de ? guerres , ni Environnée de Provinces en- #nemies : quefi l'on accordoit quelque cho: #fe au plaifir des femmes , cela ne faifoit & point d'incommodité durant la paix ; & # que bien loin d'être à charge aux Alliez, elles ne l'étoient pas même à leurs maris, #avec qui tout le refte leur étoit commun. »% Véritablement , difoit:1l , il faut aller àla à » guerre fans embaras , maïs lorfqu'on en re- »vient, quya-t-il de plus honnéte , que de # goûter le repos avec fa femme ? On “m'en » citera quelques unes ; qui n'ont pas réfifté # à l'ambition , ni à l'avarice ; maisleurs ma- # ris mêmes n'ont ils pas été, la plüpart , » fujets à divers apétits déréolez ; & cefle-t- | A dope REFLEXIONS PotiTiQuUESs. aue la fortune abandonneun Prince, c’eftqu'ilne fait pas accorder fa conduireavec les tems , & que les cems. & les affaires venant à changer, il ne change point de procedé , ni de mefures; au-lieu que s’il en changeoïir, la fortune ne changeroit pas. Chap. 9. du livre s. de Les Diféours. M. te Duc de Rohan dirà peu près la mé- me chofe dans l’Epîrre de fon Zrnterés des Princes, adreffée au Cardinal de Richelieu. On ne peut, dit-il, tablir une régle immuable dans le gouvernement des Etats. Ce qui caufe la révolution des affaires dec monde , caufe aufl le changement des maximes fonda= À mentales pouf bien regner. C’eft-pourquoi ceux, qui en ces mariéres fe guident plus par les éxemples du À Pañfé » que par les raïfons préfentes , fonc par nécefñré des manquemens norables, Ge Livre Troisrr Me … 85 »on pour cela d'envoyer des Magifirats dar s » les Provinces ? On me dira, que ce font » leurs femmes , quiles ont COrTOMPUS ; cft- » ce que tous ceux, quinen ont point » font »fans reproche c« ? es loix oppiennes ont » plû autrefois , parce qu'elles étoient de fai-. »{on; mais on les a depuis relèchées & mo- »dérées , parce qu'on l'a jugé méceffaire 3 » C'eft en vain , que nous donnons d'autres 5» noms à nôtre lâcheté; car fi la femme paf: fe les bornes du devoir ; c'eft plus la faute _. . _»du REFLEx1ONS PoLrrTreaues. . 3 Au nouvel établiflement d’une République , la raie fon veut , qu’on érabliffe les loix Kes plus parfaites,que la fociéré des homimes eft capable de fouffrir ; mais la prudence ne permet pas d'agir de même pied dans une ancienne Monarchie , dont les imperfections ont paflé. en habitude , & dont le défordre fait, non fans urili- té ; partie de l'ordre de l'Etat. Il faut en ce cas cé- der à la foibleffe, & fe contenter plutôt d’une régle. modérée, que d'en établir une plusauftére , & qui fe roit peut-être moins convenable ; parce que fa rioueur pouroît caufer quelque ébranlement , à cé qu'on veut affermir. Seëtion 1. du chap. 4.de la premiere partie . du Tefiament Politique, NOTES HISTORIQUES. c Si vilate eût fuivi Le con(eil de Claudia Procula,fa femme, quilui envoya dire jufques dans-fon tribunal, qu'ilfe gardat bien de condamner linñocent: Mi£r ad illum uxorejus, di- cens : Nühil tibi dy juffo illi Matt, 27. il neût pas abandonné. … Jefus Chrift aux Juifs:S’il y avoir beaucoup de femmes comme cette pracula , il feroit à defirer , que tonsles Gouverneurs & 35 Intendans menaffent leurs femmes avec EUXs 99. Les AnNazes pr Tacite. 5 du mari 4 que la fienne d. Et d'ailleurs , - n'eftpas jufte , que, pour un ou deux ma- » ris trop facile, on nous. ôte à tous les com. * » pagnes de nôtre bonne & mauvaife fortu- #ne, Outre que:c'eft abandonner un fexe | # qui de foi n'a ni vigueur , ni conduite . D ceft encore l'expofer par fon luxe-à la con # voitife des hom- : 0, Les maris ont beau garder leurs S femmes à vüë, Les mariages n’en fonc 3 MES f. Car fi la guére plus à Couvert des adulteres : » prefence des ma- que Eee donc, se > FiS n. ; , ce de plufieurs années les tiendra fé- < ESA ft pe sue parez ; comme s’ils avoient fait di= æ garde fuifante, vorce ? nr obmet Le mots ,£» #odum diftidii, qui font ? HC fera-ce > pourtant toute la grace & la force 2 Quand. une ab- decette période, R£SFELEXIONS POLITIQUES 4 La fotc vanité des maris, qui veulent non feule- ent ; que leurs femmes le porrentbeau, mais encore qu'elles éfacent par la magnificence de leurs habits ; des Dames , qui font fort au deflus d'elles s CÉTIC va rité , dis-je, eft Ja premiére caufe de tous les dérégie- mens de leurs femmes , qui , pour foûrenir unérar , dont Ja folie des maris les a mifes en poffeffion dans les premiers jours de leur mariage ; font obligées de chercher la reflource de leurs finances €puifées, dans Ja bourfe de ceux, qui veulent bien être leurs valans Cela mis en fait ,.à qui faut-il donner le tort ; auR maris , Ou aux femmes? de, 5 Si l'on pouvoir trouver moyen de bannir leluxes 2) de NOPES HISTORIQUES __dQue c’étoiten vain, dit d’Ablancourt, que nous dépui. fions nos fautes (ous d’autres noms , & que fouvent les vices des fémmes éroient {es défauts du mari. Ce Qui n’a point de. _F€nS , où du moins ne rend point celui de agite , quidits Na | Virt fe 60 Chlpars, fifemina raodure EXCEURF ee » {ence RIT ER PN TT ee crinsemmemements S di “grand bien. “LIVRE TROISIE Me …— 97 » fence de plufieurs années les féparera de # leurs femmes, comme par un divorce ? I » eft bon de remédier aux défordres des Pro- » vinces, mais il ne faut pas que cela fafle » oublier ceux de Rome. Drufus y ajoûta en » faveur de fon mariages: Que très - fouvent nes Princes étoient obligez de vifter les » Provinces les plus éloignées >; qu'Augufte “avoit mené plufienrs fois Livia en Orient ».8c en Occident 6 ; que, pour lui , il étoit allé en Iilirie, & iroit encore en d’autres » païs, fi le fervice publie le requeroit ain ; s mais quece ne fércit pas fans chagrin , f » on l'arrachoit toujours d'entre les bras d'u- #ne femme , quil aimoit f tendtement 7 à REFLEXIONS Pozir: QUES. ine feroit pas, après cela, difficile ,de remédieràlz débauche des femmes ; car commeelles font encore plus fufcepribles de vanité que < amour, & que la plü- | païe s'aiment les hommes quepar raporr aux MOYENS, qu'ils leur donnent de contenter leur vaniré & leura: Le bition ;-f le luxe , qui en eft léguillon, vénoitune fois icefler, il cf certain, que leurs défordres cefle-.. * quela pudeur & la modeltie reyien. de. Maisau point que la dépravation. arrivée, il n’y a paslieu d'efpérer un @ des mœurse 6 Un Prince ne peut rien aléguer de meilleur pour. juft'fier fa conduite, que l'éxemple rout femblable d'un prédéceffeur , qui a cu l'aprobation univetfelle. - 7 Quand les Princes (ont Jeunes , &-qu'ils entre prennent de longs voyages, ils ne peuvent avoit une a À : meilleure ous, dont ils adoroient la fortune. 9 2 _Lrs ANNALES 5e TaAcrrr. » & dontilavoit tant d’enfans. Ce qui acheva d'éluder l'avis de Cecina 8. -_XXXVII Dans l'aflemblée fuivante du : Sénat, on lüt des lettresde Tibére , quileur faifoient comme des plaintes de ce qu'ils rejet- toient fur lui tous les foins du Gonverne- ment 1 , & leur donnoit le choix de Mar. Lepidus ou de Junius Blefus pour le Procon- fulat d'Afrique. On écouta donc les raifons de l’un & de l'autre. Lepiduss'excufoitavec plus defranchife 2 , alléguant fon peu de fan- ee té ; REFLEXIONS POLITIQUES. meilleure compagnie , que celie de leurs femimes , dont ‘Ja prefenceles empêche de tomber dans la débauche, pourvû qu'elles aïent dela beauté & de lacomplaifan- | ec. Car fans cela ileft impefhble , qu’elles aïent aflez de pouvoir fur lefprit de leurs maris, pour rerenir le pañchant naturel qu'ils ont à la volupté. 8 Le Princen’a qu'adire fon avis , il eft bientôt fuivi de cousceux , qui délibérent ayeclui. x Le cœur des Princes eft rarement d’acord avec leu langue; à les entendre parler , ce n'eft que modeftie; mais à voir ce qu'ils font,c'eft prefquetoujours lecons taire. Tibére fc plaignoit de cequele Sénat milaifloir 4 nommer le Procontul d'Afrique, & néanmoinsilace ceptoir cequ'il fembloit refufer. Il leur propofoit deux. fujets , comme pour leur laïffer, par une déférence r€.. ! ciproque , la liberté de choïfir ; mais il Ja leur ôroiren éfet ,en leur donnant l'alternative d’un oncle de Séja- + 2 Ua bon Courtifan fe gardera bien d’entreren cons. Currenceavec les proches parens d'un Favori, ou d’un. Premier Miniftre. Ences occafons , il ya toujours. plus Livre TRo1Ist1r Ms, CE té, fa fille prête à marier , & le bas âge de fes autres enfans , outre une chofe , que cha- un entendoit ; quoi qu'il ne la dit pas, que B'efus étoit oncle de Sejan ; & , par confé- quent avoit plus de faveur 3. Blefus répon- dit, comme s'il eñt voulu refuferaufli, mais les fateurs ne l'écoutérent pas avec le même — plai- REFLEXIONS POLITIQUES, lus de frere , & même plus d’honneur, à ceder, qu’à compérer. 11 fefoit beau voir un Abbé de la Riviere : Bomme du dernier néant, difputer le Cardinalat au Prince de Conty. ; 3 Quelque grand, que foit le mérite d'un prétendant ilne doit jamais fe flarer de l'emporter fur un compe- titeur, qui a la faveur du Prince, ou celle du Premier Miniftre. Il ya entre le mérite & la faveur à peu près Ja même différence, queles Théologiens métent entre la Grace fufifante & la Grace éficace Le Duc d’Alve avoit le mérite, & le Prince d’Eboli la faveuren x 58. ils demandérent tous deux le Duché de Bari, fitué au Roïaume de Naples, d’où le Duc venoit de chafler l’armée de France. Ce fervice tout récent & beaucou d'autres plus scies, parloient pour le Duc , mais la compérance.du Prince d'Eboli empêcha Philippe II. d'accorder cette recompenfe à un Miniftre , à qui {on peré & lui avoient rant d'obligation. Tant eft yraïe la maxime de Loûis XI. que zaturellement le Prince ai= meplus Ceux, qui lui font tenus, que cenx à qui il efi te- ##.Comines chap. dernier du livre 3. de fes Mémoires. Aurefte, c'eftun finiftre augure pour un Prince, [orf= que celui, qui eff le plus confiderable par fon mérite, _ n'Cft pas le plus confidéré par la faveur... Le mérite <oit toujours emporter la balance, &lorfque la juftice ft d'un côté, la faveur ne peut prévaloir fans injufti- EC Chap.7. dela feconde partie du Teffament Politique, + ns - s 94 Les ANNALES pe TAC1:TE. plaifir , qu'ilsavoient pris au refus de Lepidus, XXXVII. Enfin , le refentiment que beaucoup de gens gardoient au fond du cœur, vint à éclater. La canaille pouiloit fon info- lence fi loin, quil n'y avoit qu'à embraffer une image du Prince, pour étreendroit d'in- fulter les honnêtes gens 1. Les afranchis &c les cfclaves mêmes fe fefoient craindre à leurs maîtres e , qu'ils ofenfoient de gaïeté de cœur. Le Sénateur C. Ceftius remontra donc , que les Princes tenoient la place des Diéux , mais que les Dieux n'écoutoient point de priéres , qui ne fuflent juftes: Que le Capitole & les ee autres REFLEXIONS POLITIQUES. x Un Prince fage ne doit jamais fouffrir, que pet- fonne fe {erve de {on nom, ni de fon autorité, pour commertre des violences. Loïüis XI. dir Commines ; fouloir {es Sujets, coutefois il n’eût jamais fonffert … qu'un autre l’eur fait, ni ami, ni qui que cefüc , Six- te quint envoya aux galéres le Bellocchio , {on Echan= fon , & fon ancien domeftique, pour avoir appofé J’Anneau du Pécheur à un Bref, qu'il n'avoir pas voue. PARA arr Ju expédier. ( C’étoirun Bref, qui commandoit à un NOTES HISTORIQUES, e C’eft de cette mifére des Maîtres que parle le Jeune Pline, à quand il dit à Trajan : Tu nous as tous délivrez des accufations pars mpeg S domeftiques , & tu as enfin étoufé , pour parler ainfi,une | guerréfervile. Philoftratedit , qu’un Maître fut condamné comme impie & facrilege pour ‘avoir bara fon efciave ; qui portoit fur foi une dragmed’argent,où l’image de Tibérecioit. empreinte. Das la vie d'Apolloninée K Livre TROISIEME 9$ autres temples de la Ville ñétoient point ou- Verts» Pour autorifér les crimes 2 : que C'étoit fait des loix , fi Apnix Rufilla qu'il avoit con- vaincue- de fauffeté devant les Juges , pouvoit _ lui faire des menaces & des Outrages, à la porte du Sénat, & en pleine place, fans qu'il ofât l’afeller en Juflice , à caufe qu'elle lui opofoit une image de l'Empereur f° D'autres parlerent prefque de même, & quelques unsenchériffäne Encore fur ces plaintes , prioient Drufus de faire nne punition éxemplaire ; de forte que cctte femme fur mile en Prifon , après avoir été convaincu, _. XXXIX. À [a reqnête de Drnfus > Con= fiduus Æqnus & Celins Curfor , Chevaliers Romains , furent Condamnez par le Sénat - Pour avoir accufé fauflement de leze-majetté le | à - Pré REFLIxIONS Port TIQUES,. particulier de vendre {a Maïfon à Bellocchio, quivous Joit bâti un Palais Magnifique dans {a Pacrie. } Less livre 3. delafeconde partie de la Vie deSixte. — - 2 Les afiles ont ré inftituez POUr ceux qui implo- rent le cours des loix > & NON point pour ceux. > qui . font profeffiond’infulter & d'outrager lesautres. NOTES. HISTORIQUES FSuétone dit, que le Sénat défendit de Aux ftatués & aux images , con lamnant aux fers ceux, qui do- FénaVant s'avifcroient de porter où d'embraffer l'image de Empereur pour offenfer ls autres, Dans Lx vie de Tibérecha= PtireiT, À recourir davantage À g6 Les ANNALESDE PACTIT.E. Préreur Magius Cecilianus. Ces deux actions firent grand honneur à Drufus1 , qui fe plai- fant fort à voir les compagnies de la ville, avoit le renom d'adoucir l'humeur bilieufe de fon pére. Et bien loin de blämer fon luxe , on difoit , qu'ilvaloit mieux pour un homme de fon âge , quilpañlatle jour en vifires g & la auit en feflins, que de mener une vie folitaire2, & RÉFLIXIONS POLITIQUES. 1 Un Prince n’a point de plus fur moïen de fe faite aimer & refpeéter ,qu'en fe {ant bonne & pronte jufti- ee. Il ne fe peur une plus belle aétion ; que celle de _JeanlIi Roide Portugal. Etant au pié de l’Autel. pour communier, il arriva un Gentilhomme , qui dit touchautau Prêtre, qui tenoit l'hoftie, Je fufpens la communion , jufqu'à ce que le Roi wait enterdu , & © gm'ait fair juftice ; &ce-bon Prince ne communia point qu'il ne la lui eût faire. Dans un Traité intirulé , 4#- diencia de Principes, Fa 2 La folitude ne vaut rien parmiles Princes , fur= tout quandils font jeunes. Elles ne ferr qu'a les xendie farouches ; fantafques , bourus ; défians , intraita= … bles, &ennemis de routes les fonctions apartenantes da a Roïauté. Je ne puis donner ici un exemple , qu alle mieux connorre le cost que la folitude à l'édu- cation NOTES HISTORIQUES. gLelatindit, editionibus , qui veutdire proprement» fpec- vacles & reprefentations : mais commeilny en avoit pas tous des jours, & que racite veut marquer ici fes pañletems ordinair |! res, témoin les paroles qui précédent, ab eo inter cœits g fer- mones hominum vbfèrvante, j'ai trouvé plus à propos d'aller au fens, que de m'arreter aux paroles. 2 ; rrmemosess) ‘ Livre TRoOISIES ME 87 - Cation des Princes, que celui de Jean II. Roide Caftil. de, fClonle portrait qu'en fair le judicieux Mariana, » Touces les vertus de ce Roi ,; dit-il , étoient éfacées » par lepeudefomqu'il prenoit des affaires , & du # Gouvernemens. Il ne donnoit pas volontiers audien- “ce, & ne ladofidoit jamais qu'a la hâte. Il n’avoic # pas grande capacité, ni la cêre aflez Forte ; pour fu. » fire aux foins de fon Etar. C’eft ce qui ouvrit la porte » de la faveur à fes Courtifans , & parriculiérement à - » Alvaro de Luna, qui éommencoit àétre plus fami- w lier avec lui, que tous les arres. La Reine Cateri- *ne, fa mére , avoit bien eu raifon de chafler du Pa= » aise Mignon: & de lcrenvoyer en fon païs, mais »# CÎle manqua bien de prudence, en tenant fon ls “enfermé dans une maïifon particuliére, par l’efpace _wde plus de fix ans , fans permetre jamais qu'Ü fortir, »ni que perfonne le vifität, finon quelques dometti. » ques du Palais-Par où elle prérendoit empêcher , » que les Grands ne fe rendiffent maîrres de lui, & n’ex- »citaflent quelque nouveauté dans le Royaume. Mi- wfCrable éducation pour ün Roi ! chofe indigne + » qu'un Prince n'ait pas la liberté de voir , de parier, _» ni d'être vü; qu'on le cienne comme dans une cage , » pour le rendre farouche & furieux : qu'on envrai( » {e, commeun chapon dans une muë, celui qui ef né pour letravail , & pour ies fatigues de la ouerre Quoi, vous vouliez amolir & abatardir par les deli- » Ces le courage de celui, qui doit être jour & nuit en “ fentinelle ; & veiller far routes les parties de J’Etar » » Certes;unerelle nourriture arirera decrands imaux à » fes Sujets. Son âge viril {era femblabie à fon enfan- m.cesil paffera fes plusbeaux jours dans les plaifirs def. » honnêtes, & dans l’oifiveré , Comme il {e voir qu à » fair Jean IT. Car après la mort de la Reine Caterine, “ilala toujours à tâtons , comme s’il, für forti ronc * nouvellement du ventre de {à mére, où quil f'eûc » jamais vÜ la lumiere. La multitude des afairesle al #foit , & luibrouilloit même la cervelle. C’eft pOour— Tomelle E : quo <& il 98 LEs ANNALES D£ TAciTr. & fans plaifir 3, & de fe lailler devorer à la mélaucolié; & à des penfées dangereufes 5 cat Dibére & Les Délateurs failoitent aflez de pei=. ne. REFLEXIONS POLITIQUES. 5 5 quoi 1l fe aiffa toute {a viecouverneràfesCourtifans, m au Grand préjudice de fes États, quifurent dans une # agitation perpétuelle. Mariana ditencore qu 1} Ctoit EE {ajet à à des boutades , qui lui prenoicnt tOut-à- coup. # & que les carefles quil feloir étoient toutes hors # de faifon ; de forte. qu'il éroit plus mé “ fe ue re- douté. Chap..11. d# 30, livrede fon Hiff. d'Efb. La vie que mena Henti 1 1 1, Roïde Frarce, depuis que es Mignens lui eurent. perfuadé de ne le plus com- munaquer fes Sujets , & de fe tenir caché comme »Ics Roïs d'Orient » produifit les mêmes éfers. Ses » afcétions, dit le Chancelier de Chiveriy , onr fait. sw ParOÎtE ; qu “1! n'avoir pas le jugement femblabieau site, oui étoit trop enfermé , & civelopé dans : une. volupté, où. fes Mignons l’avoient plongé ; &xl » faut qu'il m'Echa pe de dire ; que prévoyant d’aflez 5 lengtems , & même plus de quatre ans avast fa » MOIC , qu 1} étoit impofhble que ce pauvre Prince w,nc fe yic à Ja fin plongé dans quelque grand mal- ee 3 je Jui remontraïplufieurs fois le ‘crand tort » qu'il fe fefoic » & le malindubhable , que lui &fon w État en receyroient. Dañsfes Mémoires. Voi la now 5. dela page 10. 2 - 3. I fauraccorder quelque relichegqueique rÉCrÉAe, tion d' cfprir.: aux Princes, après qu'ils ont travaillé aux. afaires ferieufes,& qu’ils { fonc laflez aux grandes ac, tions de fiêges ; de batailles , de Se 1 n’eft pas Doiibl c, que l'ame foït toujours rendue en. ces graves & pénibles adiminiftrations fans quelque ra fraîchiflement; ni fans faire diverfion à d’aurres pen fes Sp agr éabies & Qhe ae Titus , qui ef pros se se a ë È .doitnt lé droit dé citoyens, & étoienc contraints de s'éxiler Livre Trois: mr “se < 3 * _ tva tout le monde : Et Ancarius Prifcus sex noit d'accufer de péculat Cefius Cordus Pro- “conful de Crète, & y avoit ajoûté le crime de leze-majefté , qui fervoit alors de renfort à tou- tes les accufations 4. XL. Tibére, irrité contre les Juges, qui avoient ablous d'adultére Antiftius Verus, l'un dés plus grands Seigneurs de Macédoine , le ra- pella à Rome, pour fe purger du crime de le- ze: majellé : , Comme complice du deflein, que Rhefcuporis avoir eu de nous faire là guerre, après quil eût tué fon neveu Cotis, Outre l'interdiétion du feu & de l'ean 2, if Er fut REFLEXIONS POLITIQUES. pofé pour un des plus fages Princes , qui ay2nt jamais . gouverne, aimoit éperdument la Reine Bérénice,maïs - fs amours n'aportérent jamais de retardement à fe rafaires Hyrangue de M. d'Anbray dans la Sarire M1 és DID . ee 4 Lotfque tous les crimes fe convertiflenten matiére d'Etat & de leur majefté ; e’eft une mafque certaine. quele Gouvernement dégénere en tyrannie, & que le Prince facrihe la julticen fRsinrerèrs — 2: 1 Quand un Prince fufcice de nouvelles aceufa tions àun Grand,que les juges viennent d'abfourdre de quels que-autre crime, 1! ne fait que trop conuoître, qu'il. veut abfolument la perte de l’acufé. = <SREsmener ee NOTES HISTORIQUES. - hC’étoit une peine capitale, parlaquelle les condamner ped PE À i00o Lys ANNALES De TACITE fût ordonné , qu'il froit envoyé dans une. ile 2 , qui n eût point de commerce , ni ayec la Thrace, niavecla Macédoine:'3. Car de- puis le partage de la Thrace entre Rhémétal- cés & les enfans de Cotis, dont Trcbellienus Rufus REFLEXIONS POLITIQUES. 2 Pour peu qu'il y ait d'aparence qu'un homme foir criminel , ileftroujours rigourcufement traité, fi c’eft pour affaire d’Etat.Il ne faut pas croîre,dit leCar- dinal de Richelieu , qu'on puiffe avoir des preuves mathématiques des confpirarions & des cabales ; elles ne f connoiflent ainfi que par l'événement, c'eft-à- ‘dire , lorfqu’elles ne font plus capables de reméde. Tome $. des Mémoires de fon Miniffere.. Er par confe- quent , ce qui paroît par des conjectures preffantes, doit quelquefois être tenu pour fuffifamment éclairci, Chap: 5: de lu feconde partie du Teffamnt Politique. -3 Siun Grand eft puiffant dans une Province fron- tire, & tient une conduire , qui donne lieu de le foup-. onner d'intelligence avec les Princes voifins, le Prin= @.elt en droit des’aflurer de fa perfonne, {oir en la pelañt à la Cour, ou en Je faifant arrêter , s’ilu’ y vient “pas.-Erquoiqu'iln’y aît point de preuves authentiques | contre lui , ce n'eft point lui faireinjuftice, que de | empêcher dererournex en certe Province n'étant pas = raifon: NOTES HISTORIQUES. parce que perfonnen’ofoit leur donner retraite , ni leur fourpi jes chofes neceffaires pour vivre; ce qui eft exprimé par ia: -terdidion du feu & de Peau, dontil eftimpoñfible de fe pañfere An quod in his vire caufx ef ; bec perdidit exul? dit Ovide: = in Faflss. RUE Ileft à remarquer, que la peine de l'éxil n’étoit jamais expri-: mée dans les arrêts par le mot exiléwras mais toujours par çets formule , 4g4a dr igui arceattiie À Lrvre TRoïs:F ME IOT Rafus étroit tuteur à caufe de leur enfance. ce Royaume, quinétoit point accouttimé à nO:re mauiére 4 de gouverner s , étoit plein de dif-. Be fenfions, & fe plaignoit égale: ee ne Re ment de Rhéméralcés & de calces, qu'à Trebel- Trebellienus , qui laifloient lienus, de laiffer im: à : : ; punies les violences , - impunies les opreflions qu'on qu'on faifoit , &ec. : Rire E 3 _ faifoit REFLEXIONS POLITIQUES. _xaifonnable que le Prince viveen crainte & en inquictu- de à l'égard d’un Sujer,ni que l’intérêt d’un particulier Femporte: fur la fureté publique. à 4 C'eft une condition abfolument requife à un Gou- verneur , que de favoir les coûtumes, les loix; &les mœurs du païs , où il eft envoïe ; autrement , il fera mille faures , qui le feront haïr où méprifer, & tout celaau préjudice de l’autoriré du Prince. M. le Cards pal de Richelieu marquedansle premier chapitre de fon Teftament Politique , qu'il fu obligé d’ôrer au Maréchal de: Virry le Gouvernement de Provence , quoiqu'ilec fur digne pour fon courage-& pour fa fide- fité , parce qu'ayant l'humeur infolente & alticre , il H'CLOIT pas propre à gouverner uu Peuple jaloux de fes privilèges & de fes franchifes, co:nme font les Proven. çaux. C'eft pour cela > que les Aragonnoiïs prétendent que le Roï d'Efpagne ne peur pas léur donner un Vices roi étranger, c'eft-à-dire , qui ne foir pas natif de [a “Province même d'Aragon , fans violer leurs f#eros. C'eft ainfi qu'ils apéllent leurs immunitw & liberrez’, pour la défenfe defquelies tout le Royaume fe fou- leva en . d'Antoine Perez , contre Philippel f. é IS9T. E ve ARS RER SET trance mere RS = : NOTES HISTORIQUES. . = «2 Jadmire d’Ablancourt ,qui traduit 2r/olentia hoftri, l'in(os * Jence desos fofdars, Egregiur imtérpretcm, @fercifero Riche= Êste liudetcre donne | oe Fe = “ 7 Se 10% LES ANNALES DE TActTrr. : 1. faifoit à ceux du païs 5. Les Célalétes , les |. Odrufens, & les Diens ; nations puiflantes dela Trace, prirenrles armes fous divers Chefs: mais comme ces Chefs manquoient tous éga- | lement d'expérience 6 , cela fût caufe , qu'ils. .‘ nepürént pas faire une tude ouerre. Les uns ra- vagent lé pais d'alentour 3 les autres traverfent le Mont Hemus, pour exciter la révolte dans les Provinces éloignées ; les plus avifez affié- . gent Rhémétalcés dans la ville , qui porté le _nom de Filippe de Macédoine ; fon fonda- ÉEUTs ne. ee XLI. P. Velléins k, qui commandoitl'ar- mée voifine / , averti de ce defordre, envoyé fur le champ quelques ailes de Cavalerie , avec ge l'Infanterie lepére ; contre ceux , qui _ + alloïent __ RerLixronNs POLITIQUES. is Un Gouvernevr,qui foufre que ceux du païsfoient infultez par les étrangers , foir qu’il ne puifle ,ouqu'il | ne veuille pas y remédier,doit tenir poux certain, qu'à ‘l premiere occafion le peuple fe révoltera contre lui. 6 L'Iflüe desrévoltes cit prefque voûjours male heureufe, à caufe de l'incapaciré de ceux, qui fe met- j tent à la-rêre des rebelles. Car en cesoccafñons, lepeu- | ple, qui nefairpastemporifer, prend d'ordinaire le. L ER prefente, NOTES HISTORIQUES - FCef celui, de qui nous avons une-Éoirome de PHifoire Romaine, qui eft écrite dans route la pureté du fiécle d'Aus -gufte ; mais avec-une extrême fateriés ES ee L'armée dela Mefies à e LIVRE TROISIE ME 109 alloient au pillage , où qui ramafloient du e-. cours, pendant quil va lui même fecourir les affiégez. Toût lui fut favorable, la diffenfon desennemis ; le malficre des coureurs, la fortie, que Rhémétalcés fit à propos, & l'arivée de la légion en méme tems Ÿe me garderai bien d'apel- ler bataille r , ni fair d'armées , une défaire de Vagabons à deminuds, où il ny eut point de nôtre fans répandu. — - XET. En la mémeannée, les villes de la Gaule commencérent à {e rebeller à caufe des dettes énormes, quelles avoient contraéttes. Leurs boutefeux étoient Julius Florus, & Ju- lius Sacrovir , tous deux de maifon illulires & d'ancétres, qui, pour leurs fervices , avoient obtenu le droit de Citoïens Romains; hon- eur très rareen ce tems-là , & qui ne fe dé. féroit qu'à la vertu. 1. A yant débauché par des = Cntre- REFLEXIONS POLirTrQUES. = 1 ÜUnbon& fidéle Hiftorien doit raconter les chofes - fimplemenc, & fansaucune éxaocrarion, Si la veriré eft l'ame de l'Hiftoire , ceux qui fe méêlenr de l'écrire; doivent évirer, {crupuleufemenc l'éxagération, qui a toujours quelquemélange de menfonge. Comines par: Jant de la baraille de Morat , où le Duc de Bourgogne fut défair par les Suilles, dit, quebeancoup de gens parlent de milliers @ font les armées plus grofles qu'elles ne [ont ; en parlent legérement. C’eft un défaut quieft rrès-commun dans la plüpart denos Hiftoires moder- nes. x Leshonneuts quin’onréré déferez, que rate Re : E # ÉNCRs, 4} : 104 Lys ANNALES DE TACITS, entretiens fecrets les plus mutins, & ceuxs qui parleur pauvreté, ou par la crainte d'être = punis-de leurs crimes , étoient foreez de tout hazarder, ils conviennent enfemble, l'un de | foulever les Belges, & l'autse , les Bourgui-. _gnons; car Florus étoitde Treves, & Sacro- vird'Autun. Ils fe mettent donc à murmurer, en certaines aflemblées clandeftines , de R continuation des impôts, des gros intéréts, qu'ils payoient pour leurs détes #7 ; de la fu- perbe & de la cruauté des Gouverueurs ; & difent, que depuis la mort de Germanicus a difcorde s’étoit mife dans nos légions ; & que s'ils failoient reflexion à la puiflance des Gau: a | “1e RErLExIONS POLITIQUES. = = ent, & qu'à des perfonnes d'un mérite diftingue,rien- nent lieu d’une grande récompenfe à ceux qui lesobrien- nent. M. de Marquemont Archevêque de Lion, parlant de l’arrivée du Prince de Pologne a Roine,& des dificul- tez , quela Congregation de Riavoicrrouvées {ur le trairement qu'on lui devoir faire: Iln’arecu, dit-il, aucuns honneurs publics , mais on a crû le bien recom- penfcr en le fefanc Charoïne de S. Pierre , & lui per imérant de faire l’oftenfion des reliques de cette Eolife, habillé en Chanoïne, Grace, quin'a jamais été faire, ce dit-on , qu'à Charle-quinr, & à un autre Empereur: Dansune lettre du s.Fanuier 1625, fomel. des mém dn, Minifléredn Card 4e Rich. : É = ne mere à ee css NOTES HISTORIQUES. ‘#2 C'eftque les Communautez , pourpaïer les taxes , quon metoit inceffamment fur elles, étoienr.obligées d'emprunter de Pargent des banquiers Romains ; qui les ruinolent en afaires LIVRE TRoïsie Me 107 les, à la pauvreté de l'Italie, à l'imbécilité de ‘la populace de Rome , qui ne valoit rien potrr la gu.rre ; & à l'état nrefent de nos armées > dont toute la force confiftoit dans les troupes étran- géres x ils verroienc , que cétoic le vrai tems de recouvrer la liberté, ee XLIIT Il n'y eûc prefque pas de ville exémte de cette contagion , mais Tours & An- gers furent les premiéres à fe révolter. Celie- cy fütbien-tôt réduite par le Lieutenant Âci- lius Aviol , qui fit venir en diligence une cohorte dela Garnifon de Lion. Il vint audi à bout de Tours avec la miice lépionnaire que lui envoya Vifellius Varro, Lieutenant de. l'Empereur dans la Bifle Allemagne, & le fe. cours, que lui donnérent quelques Seioneurs -Gauleis, Qui attendoient une OCctzfron plus favor:ble pour fe révolter ou vertement. Sacro- vir méme combatit pour les Romains , ayant Ja tête nuë , pour faire mieux remarquer {à va. leur, à cequ'il difoit ; mais eneffct > pour être xéconnu par les Gaulois, & les empêcher per là de tirer fur lui, comme lui reprochoient les pri- Tonniers. XLIV. Tibére informé de tout cela n’en fit pas de Cas, & nourrit la guerte par {on ir- téfolution r. Carflorus Pourluivant fon en-. ; ne Uepiik Rerrsyxions PotitTreuss. = x L'irréfolution des Princes, dit Antoine Perez , Li Re 08) GUY LATTES 46 (TT NL S à € PE voé Les ANNA£»s px TACITE-. treprife travailloit à corrompre un Régiment de Cavalerie levé à Treves , lequel obfervoit Jes formes de notre difcipline , l'incitant à commencer la guerre pat exterminer tous nos. Marchands. Mais, à quelques cavaliers près, 4 Sr S ; le Régiment demeura dans fon devoir, &c les: armes ne furent prifes , que par une troupe de gens endétez 2, & de Vaflaux de Florus , qui . voulant fe jetrer dans la Forêt d’Ardennes , en furent empêchez par lesléoions. que Vifellius -& Silius ; qui commandotent les deux ar x — mées REFLEXIONS POLITIQUES: eft la mére & la porte de plufieurs grands inconveniens Dansfes Relations. Aux grandes affaires, dit le Cardi= Hé Me eue nal d'Offar pour éviter un grand mal, & obtenrum grand bien , il faut ofer quelquechofe , & fe réfoudre. _àtemis & à point, poux fortir d’un mauvais & dange- roux pañlage le plûror & le mieux que l'ont peut.Lerrre 127. Don Carlos Coloma ; habile homme d'Etat & desuerre , rend une trèsbonneraifon de cette maxi me. Jamais, dit-il, ongft ft bien trouvée de vacil- der darsfes confeils 3 & quelque apañerce qu'il ÿaaits que le tems pourra donner ouverture à de meilleurs _expédiens il vaut toujours mieux fe roidir à furmou- TS NL SC rer les dificultez qui fe prefenrenr , que d'atendre : qu'elles.ceffent ; parce que l'on ne fait, nine peut _pas favoirau quite , s’il n'en furviendra pas encor - de plus grandes. Lévre 8. 4e fon Histoire des Guerres de Flandre, =. : ee 2 — 2 Tour Chefcft propreades malheureux,quin'on point dercflourcesileft d'eux,comme de ceux. qui font ‘barus d’une cruclle rempêre ; la retrace la plus mal af» furée leur tient lieu deporr - se :- LrvRE ÉROISTÉME 107 fées # sayoicnt-chvoyées par deux Chemins contraires. Et FaliusIndus ; qui avoit prisles devans avec une troupe d'élite, ravi d'avoir occafñon de fe fignaler contre Florus , fon compatriote » & fon ennemi particulier 3, défit enfuite cette multitude mal ordonnée. Florus échapa aux vainqueurs ; mais après s'être tenu caché en des endroits inconnus, voyant tous les paflages occupez par nos fol. dats , qui Île vouloient prendre, il fe tua de fa propre main. Eccelle fut la fl de la révolte dé Treves, > : . XLV. Elle fut plus opiniâtre à Autun, à- caufe de la puiffance de la villeo , & de l’é loïgnement de nos armées. Sacrovir s'étoie EE 6 em- _RerLExroNs PoLrriques. __3 Souvent les Grandsne vancent les injures du Prin êe & de l'Erat , que parce qu'ils font animez d’un ref— fentiment particulier contre les perfonnes , qui ont o=. fenfé le Prince. M. le Cardinal.de Richelieu à bien Tai rs où nn NOTES HISTORIQUES, -# Campées fur lebord du Rhin , l’une apellée l’armée d’en. haut & l'autre l'armée d’émbas. Dx0 apud riptm Rheni exerci- fus erant ÿ cuinomen (uperiori, [ubC. Siio legato ; infericrenæ À. Caine curabat, An. 1. au lieu que c’étoit maintenant Vi fellins ; Gui commandoic cel'e d’embas. se 9 Autnn toit la Capitale d’un Btat, qui comprenoit le Du chéde Bouroogne , & ieBourbonnois , que JuléCefar ÿloignie: à la priére des Autunois , dontil eftimoit la valeur, ainfi qu'il. marque dans fes Commentaires, Boiss , ditil, persribas got egreia Virtate erantcogti 4 in fnibus (ais » - Parier ,conce(ft, Chap. 6, libri x de Belle Galice. Ke ne *o8 Les ANNALES D» TaciTe. Gaules aprenoit les Arts-libéraux , pour obli- ger par ce page les ParCnS. Os,pouratirer par ce gageà & les amis de cette Jeu . … fonparti Jesparens & les amis de cette Jeunefle, à qui tout . nefle à fuivrefon parti ; d’untemsil ditribua, de, & tout d'un téms il diftribua à ces Nobles les armes , quilavoit fait fabriquer en fecret. Ses troupes montoient bien à quarante mille hom- mes, dont la cinquiéme partie Ctoit armée com me nos légions, & lerefte, d'épieux, de cou- telas , & de toutes les autres armes , qui fervent auxchafleurs. Les efclaves deftinez à la gladia: ture furent, felon la coûtume du païs équipez d'une armüre de fer, appelée Cruppeilaire, qui étant touted'une piéce rend les foldats impé- nétrables aux coups ; mais auffi les met hors d'é. - tatd'endonner. Ces troupes groffilloient de jour en jour parle concours des habitans des vil.. les voilines,ñon pas que ces villes fe déclarant encore ouvertement , mais parceque chacun af. piroit au recouvrement de la liberté. À quoi ai: doit anffi la difcorde de nos deux Générauxt, CRÉES REFLEXIONS POLITIQUES fon de dire, que ces gens-fà font bien par un mauvais principe. Au refte, quandun Grard s’eft révolré dans. une Province , le Prince ne peut mieux faire, que de- donner la commiflion de fa vengeance à quelque aucré grand Seigneur dela même Province, quia toujours fiélerival, ou l’ennemi du rebcile: « . 1 Hn'ÿa point de plus belle occafon def révolter , = SU emparédescette cité, où toutela Nobiefle des . à > PE ANA ir dune à Vol 1 2 Livre TROISIE ME. 109. entre lefquels Tibérebalançoit , l'un & l'autre demandant le commandement de l'armée. Mais Vifellius , que l'âge avoit affoibii, le céda, après , à Silius, qui écoic plein de vigueur 2. XLVI Cependant, on débitoit à Rome, que les foixante-quatre villes des Gaules s'é- toient révoltées ; qu'elles avoient fait une ligue avec les Allemands ; que lEfpagne-branloit , & tout le refte éxagéré de même, comme ceft la cou REFL£XIONS POLITIQUES. que lorfque la difcorde , & , par conféquent le défor- dre ,eft dans ies armées du Prince , dont on veut {e- Coüer le joug. Ainfi , le Prince, quia des Sujets mé- contens, doit à quelque prix que ce foit empêcher que la méfintelligence. ne fe méte entre les perfonnes , à qui il a donné le commandement des armes. Car pen- dant qu'il eff mal obeï des Généraux, ( commeil arrive toujours , lorfqu’ils ont querelle enfemble ) il demeure Expofé aux entreprifesde rous les Grands, qui lui fonc ébnémis. rte 2 La. fanté du corps eft prefque auf néceflaire à mn Général d'armée, que laforce de Pefprit ; car c'eft - Une charge, où il faut agir écalement de l’un & del’au- tte, Selon M. le Cardinal de Richelien , un Général, pour étre excellent, doit être jeune d'années , mais nos pas de fervice & d'expérience. Er bienque les vieux _foïent d’ordinaireles plus fages , ils ne font pas les iMmeilleurs pour entreprendre, parce qu’ils { trouvent deflituez du feu de la jeunefle, qui eft requis en telles ocafions. Outre que c’eft chofecertaine,quela fortune fit fouvenr aux jeunes sens, &tourne le dosà la Vieil- I. SeGion 4, du chap 9, delnfecondepartie di Tejta- sent Politique. a. = il x1o - LES ANNALES DE T ACITE coutume de la Renommée. Les plus gens de- bien s'en afiligeoient déja: pour l'amour de la pa- trie; plufeurs s'en réjouifloient en haine du Gouvernement, oùils defiroient une révolu- tion r , quelque mal quil leur en püt arriver. - = On : REërLExIONS POEITIQUES. 1 Les Grands d’un Etat, qui eft gouverné par ue: Prince comme Tibére, c’eft-à-dire par un Prince, qui ne fouffre point decompagnon, ontcoütume de defi- rer, que leur Maître loir occupé emtroubies& en guer- tes, foit pour lui devenir néceflaires , ou du moins. pouravoir le plaifr desle voir embaraflé & fes affaires en mauvais état. Le Comte de $. Pol, Connétablede France , dit Commines , les ferviteurs du Duc de Guienne, & quelques autres defroient la guerre entre le Roi & le Duc de Bourgogne; pour deux raifous : lune, parce qu’ils craignoient , que lesgrands étais & apointemens., qu'ils avoienr , ne fuffent diminuez fi la paix continuoir ; car le Conriérable avoit quatre cens hommes d'armes payez à la monrre, & plus de trente-imille francs trous les ans ,outre les gages de fa charge, & les profits de pluficurs belles places qu'il - tenoir : Pautre ; parce, difoient=ils , quel condition du Roï éroit telle, que s’il n'avoit débat au dehors; il faloït qu’il l’efrayec fes OMiciers & fes domeftiques, fon cfprit ne pouvant étre en repos. Le Connérable offroit de prendre Saint- Quentin quand on voudroit; -& difoit qu'il avoit des incelligences en Flandre & en Brabant, & qu'il feroit révolrer plufcurs villes contre le Duc: Le Duc de Guiénne , & fes principaux Gou= verreurs, offroient de fervir leRoïencerte querelle, mais. léur fin-n’étoit pas telle que le Roïenterdoit, Chap. 1. du livre 3. de [es Mémoires. Claudian explique entrois mots , pourquoi les Grañds haïflent-la paix. M andatèque fortins urget. Es Trperio|a quies. Livre TROISIE ME TLié : On blâmoit hautement Tibére de s'amufer en- core à lire les mémoires des délateurs durant un _fi grand orage. » Croit il, diloit-on , que » Sicrovir vienne à Rome, pour fubir la peine » du crime de leze majefté; il s'eft enfin trou: nvé des hommes , qui onteu le courage d'é- »luder par les armes les lettres p fanglantes » d'un Tyran; il vaut ehcore mieux avoir la » guerre, que de langüir dansune paix fi mi- érable. Mais fui , fans changer de lieu , ni même de vilage , fe gouverna toüjours de même 2 , affectant de montrer, quil ne crai- guoit rien ; foit qu'il le fit parintrépidité , où = quil REFLEXIONS POLITIQUES. 2 Les Princes habiles fe foucient peu des jugemens finiftres du Peuple , il leur fufie d’aler tonjours à leur but, quieft le bien de l'Etat. Le Pape Urbain VIT dt - foit, qu’en matiére de réputation temporelle, il don- noit volonriers ce qu'il y pouvoir aller du fien, au bien public, & à la paix, pourvu que, par quelque moïen que ce fût ,illaputavoir,aléouant le mot de S: Paul, — fpergloriam dr ignobilitaten , per infariam @ boram —‘famam., c'eft-à.-dire, par la voie de l'honneur ou de j'i- Bnominie ; par Ja bonne ou la mauvaife répurarion. Lettres (SES S LP PRESSE RES NOTES HISTORIQUES: .p C'eft-à dire , les ordres.fecrets., que le Prince donnoïz = par écrit aux Certurions & aux foldats; pourallertuer dans deurs maïfons les Grands, qui Lui croient fufpeds Ilapelle aie Feurs ceslettres, codicilles, & l’éxécution de çesordres , #= Hileria militanme Art Xe 4 112 LES ANNALES DE TAciTe. qu'il fût, que le mal étoit moindre qu'on pe le publioit. XLVII Mais Silius ne laifla pas de mar- cher avec deux légions, après avoir envoyé, de- vant , lestroupes auxiliaires. Il favagea en paf. fant les frontiéres des Francs Comtois , qui. confinant aux terres des Autupois, étoient aufh leurs compagnons de guerre;Galla à oran. des journées à Autun, les En fignes difoutant à qui marcheroit plus vire, & les fimples fol- daës criant, qu'ils vouloient-marcher nuit & jour ; qu'on leur montrât feulement les enne- mis, & quils repondoient de la victoire 1. À douze mille de la ville ; Sacrovir parut avec fes troupes rangées en bataille dans une rafe Campague. Les Crupellaires éroient à Ja tête, les Cohortes fur les ailes, & les gens mal ar- mez [ur à queuë. Et parmi les principaux of. ficierson voyoit Sacrovir, monté fur u beau Cheval qui alloit par les rangs; éxaltant Les, à anciens exploits des Gaulois, & les maux qu'is 2e avoient faits aux Romains , & rémMOntrant, que plus là férvitude feroit infuportable , s'ils. : Étoienç. REFLEXIONS DPorrri QUES. Lettresde M.de M arquement , Arnballadeur à Rome, dans le 1, tome des Mémoires du Cardinal de Riche- lieu. ù Quand les foldatsont une extrême envie de come battre ; le Général re doit pasdaifler morfondre certe a > Qui eft prefque toujours un prélage de la vie- toire, — e LIVRE EROESIEMES 1e Étoient encore une fois vaincus 2 , plus la li- berté feroit elorieufe s'ils demeuroient vain- Queurs. Ée À XLVHI.-Sa harangue fut courte 1 , car nos lésions aprochoient , toutes prêtes à com- batre; maïs elle fut mal écoutée , car cette multitude de bourgeois & de païlans, qui ne fivoient rien du métier de la.guerre , n'avoit plus d'ycux , ni d'oreilles, pour voir ni pour . entendre ce qu'il falloitfaire. L'efperance cer- _taîne, que Silius avoit conçué des fiens ; lui devoit épargner la peine de les exhorter , tou- ee. tefois REFLEXIONS PoLiTiqQuUEs. 2 Des Sujets ; qui retombent fous la puiflance dur Prince , contre lequelils fe font révolrez, ne doivent p'us s'attendre qu'à être traitez avec une rigueur impi- toyable. Mais auffi , cette opinioneft caufe , que les . Princes perdent pour jamais des Erats, qu'ils pour roient recouvrer , fi les rebelles ne defefpéroient pas d'obrenir.un pardon fincére. C’eft ec qui fic perfevé- _rér les Hollandois dans la réfolution de s'enfevelir dans Ja met avec toutes leurs villes , plutôt quede rerourner à l'obétffance de Philippe EL. du reffentiment duquelils jugeoient par les cruautez du Duc d’Alve, fon Miiftre. 1 Les plus courtes harangues font les meilleures pour les gens de guerre , qui ne font pas capables d'uve lonoue artention, ni de peler les raifons qu'on. Jeur alégue. Rien né fait plus d’imprefion fur leurs efprits, que certe Imperatoria brevitas , qui leur fair - rétenir tour ce.qu’on leuradit Telle étoir l'exhôrta- tion qu Henri IV. fit aux fiens un jour. qu'il alloit douner.baraille. Je fuis votre Roi, dit-il, & vous éres François , il n’en fauc pas davañtage pour vaincre, 114 Les ANNALFS DE TaAcirr. téfois il le fit. » C'eft, difoit-il , une honte : 5 vous, qui avez ou Alemagne, de être 5» menez contre les Gaulois ; comme fi c'é- | # toient des ennemis égaux. Une feule cohor- »te a tout nouvellemeut réduit les rebelles: » de Tours ; une aile de cavalerié , ceux de » Treves .j une petite partie de vôtre propre parmée , les Comtois. Les Autunois fontplus _» riches , mais ilsen font plus lâches : les dé- 2 lices les ayant énervez. Combatez les donc 5 aujourd “hui,ou platôt prenez g garde qu'ils ne »senfuyent. L'armée répondit à cela par e acclamations, & tout d'un tems la Cavaler -enveloppa les.ennemis , & l'Infanterie Ésudie furleur avantoarde. Les 0% attaqua Pavantgarde.. ailes fixent peu de réfiféance , mais les Crupel- laires foutinrent quelque tems , les ne de fer , qui leur couvroient le corps érantà lé preuve de l'épée & du javelot 5 ce qui obi ‘igea nos foldats de prendre la hache & k coigsée, comme fi çeütété pour abatre un mur. Quel. ques-uns jettoient parterre ces mafles de fer. à coups de fourches & deleviers, & cespau- | vres ‘Crupellaires reftant für la place , fans pou. voir Le relever 2 2 non plus se des ftatuës, on. les Rartecrons Dot Lans. 2 Jin yapasde pires armes, que celles, avec lef- quelles onnc fe peut pas remuer. Sanlaïant armé Da- vid de fa cuirafle, de fon cafque , & de fon ë épée, Da- vid epivs Avoir cie çes armes > qu éroient trop pe= fanrcé : none) LA at livrer, des Rois, Livre Troisir Mr If. les y laifloit pour morts. Sacrovir fe retira pre- miérement à Autun, & craignant d'être livré aux Romains , ilalla avec fes plus fideles amis fe réfugier dans un château près de la ville. Ce fat là qu'il cud , & que ceux, quiluite- nOtentcompagnie , fe donnerent Ja mort les unsauxautres , après avoir mis le feu au chà- teau, pour fe réduire tousencendre. XLIX. Alors Tibére écrivit au Sénat le. commencement & la fin de cette guerre , fans zieu Oter ni ajoïter à la vérité du fait, difanc feulement , que fes Lieutenansayoient contri- bné à cebon fuccès par leur fidélité & par leur valeur, & iüi, par fa prudence. Il di- foit auf , que lui, ni fon fils, n’étoient point forcis de Rome, parce quil ne convenait pas à la grandeur de l'Empire , nià la ma- jefté du Prince , d'abandonner fà Capitale , qui donne. le branle à tout [erefte, pour une où deux villes ; qui fe foulevoient : que main- tenant quil n'y avoit plus Heu de croire , que PEtat eût rien à craindre, iliroit volontiers … mettre ordre aux affaires de cette province. Le Sénat ordonna des vœux & des priéres pour fon retour , avec d'aucres honneurs. Il n'y eut, que REFLEXIONS POLITIQUES. fantes pour lui, ditàSaül , qu'il ne pouvoit pas s'en lervir ;& fe contenca de porter fa fronde , cinq pier- ses, & fon bâton, pour vaincre Goliat, Chap, 17, du A RE D ———— RP NS PAT TSI TS PET RES D Rae : dans le voifinage de Rome. - te la bonne opinion, que l’on.a de leur.véririble mé» qui E portée en Macedoine. i #16 Les ANNALES DE TACITr, que Cornelius Dolabella , qui , pour fe fignaler par deflus lesantres ; tomba dans une flaterie ridicule, qui fut de décerner le petit trionfeà Tibére, pour le jour qu'il entreroit à Rome. Mais on reçüt de lui des lettres , où: il répon- doit , qu'après avoir domté des Nations beli- queules, & recü ou refufé tant de trionfes en fa jeuneffe , il n'étoit pas fi dépourvü de gloi- re, que de vouloiren fa vicillefle, accepter de vains honneurs 1 pour une promenade faite L. Vers le même tems ,il pria le Sénat de faire des funérailles publiques à Sulpicius Qui: . finuss. Cet homme étoit originaire de La: pu: REFLEXIONS POLITIQUES. 1 Les Princes , qui ont acquis une réputat'on fo. de, méprifent les faux honneurs ; parce que leur . gloire n’a pas befoin d'emprunt, & que celle, quéles flareurs leur veulent prêter , ne fert qu'à détruirerou- tite. C'eft pour cela , qu’Aléxandre jeta dans l'Hi=. dafpe lhiftoire de Ja bataille qu'il avoit gagnéedur … Porus, difanc à l’Auceur , quiluien faifoir la lecture, qu'il écoir bien téméraire d’y avoir inferé de faux exe ploirs, comme fi Aléxandre n’en avoir pas fair aflez ‘de vrass, pour pouvoir être loué fans mentir. Prufias, Roi de Birhynie ; fur méprifé du Sénat de Rome pour s'écre avifé de Jui faire ure harenoue femée de face ries fur ure viétoire , que les Romains avoïenr rem=. _.1 Il n'ya pois. de reconnoiffance plus fincére, que colle, que les Princes montrenr après la mort des Mi- — =... ne N É î È Ê E £ à È Ë ee Livre TrRoïsieMs 117 auviumg, & n'apartenoit en rien à la famille patficienne des Sulpices ; mais Augufle, à quiil avoit rendu de grands férvices à la ouer- rer, l’aveit honoré du Confulat, & peu après ; du triomphe, pour s'être emparé des forts, que les Hormonades tenoient dans la Cilicie. Etant Gouverneur de Caius Célar durant fon féjour en Armenie , il avoit fait aufii —_ ReFLExroNs Porrrr QUES. niftres , quilesont bien fervis. Les Portugais accule- rent Philippe I.d’ingraticude pour ne s'être pas abfte- nu ; flon la coutume de leurs Rois en pareilles ren- contres , de paroîere en public le jour que mourut le Duc d’Alve, quiluiavoit Se le Royaume de Por - tugal. Henri IV. au contraire fur loué de toute la Cour de Rome, & de rous Jes Princes d'Italie, pour avoir faie célébrer dans les Eclifes de Nôtre Dame de Paris & de Nôtre Dame de Roüen les funérailles du Cardis al Toleto, qui avoit été le principal promoreur de fon abf{olution.Et c’eft chofe merveilleufle, dir le fage Cardinal d'Offat , que du milieu d'Efpagne , d’où ef venue toute l’opofirion & contradiction une f faince œuvre, Dien ait fufeité un perfonnage de f grande autorité , pour procurer, foliciter ,achemirer > avan= cer, &achever ce que les Efpagnols abhorroient le plus. Lettres‘ 14, €& 80. : | NOTES HISTORIQUES, . g Le latin ajoûte , musicipiumn » C'eft-à- dire, ville munici pale, : tLe latin dit, imipiger milite, dv acribus minifleriis, ce qui # lalettre veuc dire , qu'il étoie homme d'éxécution & de vie gucurà la guerre, Fate Pat on Na. 210 AP Va ET k tout le foin qui 2 A] #8. Les ANNALES De T ACTTr. aufli {à cour à Tibére ; qui demeuroit à Rhodes 2 : & Tibére l’écrivit alors au Sénat avecun grand éloge de Quirinus ; accufant , au contraire, Marcus Lollius f d'avoir corrom- pu R£sFLExIONS POLITIQUES. - . » Pour être aimé conftamment des Princes, il faut ävoir cultivé leur amitié dans leur fortune privée, où dans un tems qu'ils ont été perfécutez , par leur predé- ccfeur. L'amicié des particuliers nes’aquiert qu'ala longue à plus forte railon celle des Princes doit-elle s’aquetir par de longs fervices. Is font peu de casdes ferviteurs qui leur viennent , lorfqu'ils montent au trône, parce que d'ordinaire ce font des gens,quisa- dreflenr plurôt à leur fortune qu'à leur perfonre;&qui regardent la récompenfe comme prochaïne;au lieu que ani ceux , quife font attachez àeux du vivant de leurs rie, Ê - vaux & de leurs ennemis , ainfi qu'avoir fait Quirinus à Tibére du vivant de Caius Cefar , le plus prochehe: vitier de l'Empire , entre de plein droit en pofteffion de la faveur du Prince, qui les confidere fur le pied d'amis défintéreflez.C'eft ainfi que le Duc de Beaufort, à fon rerour d'Angleterre , devint le favori de la Reine. Anne d'Efpagne , qui non contente de parler delui avec route forte d'eftime, & de commander à fes créas TUIS . SD armement NOTES HISTORIQUES. Patercule parle ainfi de ce Lollius. C’étoit un homme; qui P ; in avoitplus d’envi | prenoit de cacherfes vices, ne laiffoit pas d’être & de paroitre encore très vicieux: Chap. 97. d# livre 2e ’Augufte avoit défon Epirome. Et dans le 102: ajoute , qu - choifi cé Lolltus pour être le Gouverneur de Caïus Cefar s ie de senrichir ,quedebienfaire,&quiavec quer moderatorcre juvense filii(ii Angufius effe GOUT A > detrenteans) avoit toujours tenu pour lui €oïftance de leurs glorieux arcétr Livre TRrotsrr Mr 119 Pu le bon naturel du‘jeune Célar 3 , & fo menté {a difcorde Entre ce Prince & lui. Mais . la REFLEXIONS PoLiTr ques. tures de s’unir d'amitié avec lui, le choifir,un jour que les Médecins crurent que Loüis XTIT. alleit mourir , poufêcre le gardien de Mon feigneur le Dauphin,& de Monfieur. Confiance, qui marque aflez à quels hon- neurs & dignirez elle le deftinoit 5 S'il eût mieux fé - Mésager {a fortune. Mémoires de la Chajire. Henri v. Perfita toujours à demander la Premetion du SieurS$e- “Tafinau Cardinalar,jufqu'à ce qu'il lPeñt obtenue >Par- depuis plus > & pour Ja Couronne , au tems le plus difcile & dangereux. C’eft Comme en parle M. d’Offat dans [à lettre. 6x. 3 Un méchant Gouverneur > où Précepreür , eft na dangereux inftrumenc auprès d’un jeune Prince, ccque ce Prelar (il éroit Audireur deRore Teflarecensimbuts din fervabis odoveys, Platon dit, que les Rois de Perfe donnoïent À leurs en fans quatreMaîrres oWGouverneurs , par raport aux quatre vertus néceflaires à ceux qui doivent régner: Le premier leur fefoir des leçons de prudence ; Le fecond fice ; la troifiéme les . accohtumoitadroitement à la témpérance, & aux rmé- pris des voluptez ; le dernier leur enfcignoit l’art de Ja ples de courage &de Xaucecres, Dans fon Premier Alcibirde. Paul Emile dir > que Gillés Romain, qui fut. Atchevêque de Bourges , éxhorrot LE RoïPhilippe le Bel à imiter en cela les Rois de Perfe, Livre 8, de [os Hifioire de France, < io Les ANNALES DE Ï ACITR. | | jh em gg pr “cs ER on D À RG nm" Lomé Tee ne À +- nt ROC NER MAIRE NAES On dINE __commifhon , lui rendoïert.un repenrir silen revenoit. Il femble , ii étoir bien un meilleur Prince que Loüis XI. f tint f la mémoire de QuirinuS nétoit point agréd« ble au Sénat , à-caufe de l'accufation intens tée contre Lepida , comme j'ai dit , de fon avarice fordide, & de fa vicillelfe impéricu- fe: : LI. Surla fin del’année ,C. Lutorius Prif- cus ; Chevalier Romain, à qui l'Empereur > . # 3 £ Le avoit donué de l'argent pour uneexcellente. éleaie fur la mort de Germanicus , fut acu- fé de Favoir compofée auparavant pour Dru- fus, qui étroit malade , en vüe d'être récom-. _penfé plus libéralement , fi ce Prince fût venu à mourit 1. Veritablement il avoit là, par vanité ces vers à plufñeurs Dames illuftres S dans: REFrLEXIONS POLITIQUES: 1. Rienn'eft plus odieux aux Princes , que tout ce que l'on fait en vüc de leur mort.En quelque état qu'ils » foient, ils ne fauroient fouffrir qu'on les compte pour : morts. Quand Loüis XI. répondirà ceux, quiluians jui : Peut-être nefuis {en enfez sil témoignoiraffezou qui s'étoient chargez deceue fervice dont il les feroits que le feu Rois SA noncérent ; que c'étoit fair de pas f malade que vous ÿ ‘vertement ; QUE CeUX » ofenfé de la crédulité de la Reine , lorfque voulanttes nirle Confeil ; qu'elle avoit tenu le jour précédent par on commandement exprès , il la fit retirer defa chame bre, quoiqu'il Für à deux doigts de la mort. Tant les Princes ont de facilite à Le flarer des efpérances,, quon : en se = lus nee ne unes FRITES ET Er T RES LIVRE TROISIE ME . yo dans la maifon de P. Petronius, & lorfque le délateuriesapella pour venir témoigner , il n'y eut que Vitella , belle-mere de Petronius , qui foutint hardiment , qu'elle n'avoic rien oùi ; mais on ajoûta plus de foi à celles , qui dépo loient contre l'accufé. Haterius Agtippa , dé- fioné Conful, Opiua à la mort , au contraire M. Eepidus parià en ces termes: - » LIL. Si nous confidérons fulement # avec quelle hardiele Lutorius Prifeus à fouil- » IC fa penfée & les oreilles de fes auditeurs , » ni REFLEXIONS PoLiT: QUss, - Rutdonne d’une plus longue vie, Ainfi, M. de Chiver. ny-fit une action très-prudente, lorfqu'il refufa d'afi- fter à laconfultation, que les Médecins firent fur [a maladie de Charles IX. d'autant qu’aparcenant au Roi de Pologne, fon frere, & fon légitime fuccefleur , on l'autoir pù réparder à cerre aflemblée comme un homme , qui atendoit la mort du Roi, & l'avéné- ent de fon.Maître àla Couronne. Dans [es Mémai= res, Auxefte , fi Lurorius avoit commis un crime cu compofantune élégie fur la mort de Drufus, qu'il tenoirpour affûrée , ceux-Ià ne fonr pas mois crie minels , qui préparent des Oraïfons funébres à des Princes, qui font encore pleins de vie , pour être les premiers à {es prononcer , quandils viennent à mou tir, & pour fe faire un renom de grands Orateurs,. Ca pérfuadanr qu'ils ont fair en cinq ou, fix jours des difcours , qui quelquefois leur ontcouté plufieurs années Quoiqu'ilen foi, ces sens-là MONETIENT tOU— Jeursmieux leur vanité queieur éloquence. = Tome II, 122 LES ANNALES DE TAcirs * #nila prifon, ni la corde , ni même les fu _» plices desefclaves, ne feront pas une puni- stion fufhfante. Mais quoique Îles crimes. » foient aujourd'hui fans nombre & fans me- » fure , à modération du Prince, l'éxemple de » nos ancêtres , & vôtre prudence , ne fouffrent ° » pas, que les peines aillent à la déiniére ris »oueur. La vaiu.é «ft diferente de la fcéléra- » telle ; &,lés paroles ne fe punillent pas »comme les ad ions. On peur ouvrir un » avis , par lequett le coupable foit pant , fans # que nous ayons lieu de nous epentir 014 » de otre indulsence , ni de nôtre fevérite, mai fouvent oùt le Prince fé plaindre de . » Ccux, cui par leur defefpoir avoient préve- -»pu faclémence 1. Donnons donc la die À » Eutorius, qui ne peut ni fervir d'éxemple , » quand on le fera mourir 5:ni troubler le re- sresesas eme pi rose) LU SINET ENS # pos public, quand on lelaïffera vivre, Car * >» qu yat il à craindre d'un homme,, quis 95 » cupe à des chofes. vaines & frivoles, & qui » {e se. lai même 5 va : débirer fes folies +. iclque . que “foie Lu pa s de prendre plaifir à s'entendre lotierde clémen _ ce. Ilarrive quelquefois , aue.les lotanges és on lu = donne pour une vertu qu AE Aa pas j dt font “ae : Penvie de les méritrenla RAUAEe ot La dééhiuédéis S Livre TROISYE ME 133. » fes biens , interdifons-lui le feu & l'eau. Je ne » parlerois pas autrement , quand il feroit cri » minel de leze-majefté. LITE. Cét avis ne fut fuivi , que du con- fulaire Rubellius B'andus1, tous les autres furent de celui d'Agrippa , & par conféquent Lutorius mené en prifon fut aufli tôt éxécu- té Tibére en écrivit au Sénat avec fes ambi- guitez ordinaires , loüant Lepidus , & ne blä- mant pas Agrippa 2 ; éxaltant l'affection du Sénat ; qui vengéoit avec ardeur juigu'aux moindres offeufes faites au Prince , mais prianc, qu à l'avenir on ne fe hârât. pas fi fort de pur nir les paroles 3. Il fut donc ordonné ; que les arrêts de mort. ne feroient portezau Greffe = 4 qu'a RErLEIXIoNS Poririques. 1 Un Sujet, qui a le Prince pour partie adyerfe 5 ne trouve jamais beaucoup de Juges, qui veuillent pro téger fon innocence, & pour peu qu'il Loir criminel . toutes les voix vontala mort. Dasgereufe eft la Juf. tice ;-dit. Antoine Perez "où Ja- volonté donne la fer tence. Que fera-ce donc fielle a pour af-ffeurs le pouvoirabfolu, lecouroux, & la Aaterie ? _4forfes de Jes Relations. Cela me fair fouvenir du proverbe Ef- paghol, qui dir , alla van Leyes , de quicrer R£yos.i. © des Loix vont où veulent les Rois. ee. 2, Quand le Prince ne bläme pas les actions cruels. les ou févéres de fes Miniftres., c'eft une.marque af _furée, qu'ilen eft bien aile, ou du. moins-.qu'i n'es eft pas fâché. : a Re a - 3 Les Princes fanguinaires Ont coutumé.de pren die Je mafque de la clémerceaprès le fans répandu, — nn 2 1 pour LRU LS ARC CRETE. Gé TAC 324 Les ANNALES DE TAcuTe. gu'après neuf jours accomplis r ; pour donner aux condamnez le tems de recourir au Prince. Mais Tibére ne fe laiffoit point adoucir par le tems , & le Sénat n'ayoit point la liberté de évoquer , ni de modérer ces arts #e See AN REFLEXIONS POLITIQU 56. pouren rejeter la haïne fur ceux;,qui leur ont fair p'ais fr en le répondant. Après qu'Elifaber d'Angleterre eût fair trancher la cête à la Reine d'Ecofle , elle fit con- danner à une prifon perpétuelle le Secretaire Davifons miffaires, l’acufant de le lui avoir fair figner par fut prife. Philippell lila procéder centre Anvoine Perez fon Secreraired Etat, pour le meurtre commis en a perfonne du Secreraire Efcovedo, quoiqu'il lui en eût donné l'ordrepar €erir. Et Cabrera, qui ent reprend de juifier Philippe , ne laiffe pas d'avoüer ,.que la mort violence de cer homme ne lui fit point de compañlion, Chap. 5. du livre 12. de fon Hiftasre.. GSSEEPEERE SNS ARE SN LEE. ep xiéme jour de l’arrér prononcé, 1 Les Loix Romainesne fouffroient pas pas même une feule lettre. Praconfylis rebelle fententiaeft, qu4 For. Btc’elt pour cette railon, quePilate répondit aux Juifs 1 1 1 sjui vouloient qu’il changeäti’infcription mife fur La groix 46 _Jefus Chris Quod [rip à [Crépfie quiavoit porté l’ordre de cette éxécurion aux Com- = #C'eftà-dire, que les condamnez re pouvoient plus être _ éxécutez à mort, que dansledixiéme, ou même après le. dir , que les Magiftrats - changeaffentrien aux fentences qn’ils ayoient prononcées ,n0n _ femell:daneque angeri litter& , neque mini poreft, fiduscuns que recira , 114 Pronintia inférmmento. refertur, Apuh lbs near ee dre CAC D UE FN AP Livre Trorstr ie 125 AN DE ROME. 775. LIV. Nous entrons dans le Confulat de Caïus Sulpieius & de Decimus Hatérins , fous lequel tout fut tranquille 04, 1e dehors fut tranquil'es au- dehors , au lieu que la Ville fut agitée de la crainte de la réformation du luxe , qui étoit exCcilif dans tout ce qu'il ya de chofes, où l'on peut prodiguer fon argent. Mais quoique les dépenfes ‘en habits & eu meubles fuffene les plus ruineufes , c’étoient néanmoins celles qu'on cachoit le mieux , parce quele prix en étoit inconnu x. Ainfi trous les difcours tom boient fur la fomptuofité des feftins : & com- me Tibére étoit un Prince d'une frugalité égale à celle des Anciens, on craignoit quil _he fit quelque réglement incommode. Cr x ' PES aprés queC. Bibulus eut commencé 4 parler @é la reformation , les autres Ediles avoiene Es LE FCPre» NOTES HISTORI QUES, x Câr outre que le commun ne favoit pas le prix des pierre ries ; destableaux ; des vales d’or & d’argent,&des riches éto- fes, ceux qui en achéroient, fe gardoïent bien de dire ce aie tout cela coûtoit ; comme fontencore aujourd’hui nos bour- _ geoifes , qui pour avoir tout ce qui tente leur folle ambition, fontaccroire à leurs maris , qu’on leur offre à vil prix des meu- “bles précieux ,-qu’elles achetent bien cher » & qu’elles nofe- toient Jamais Jaiffer voir , flenom de haXard , où de rescotte 27e, qu'on donne à ces achats, ne fervoit de éouverture {pé- ciehfe à leurluxe. Et voilà comme les femmes menent leurs : maris & leurs enfans à l'Hôpital, à moins qu'il d'ÿait des ae fans au louis por aysdls de pifre, < 126. Les ANNALES py TAcrrTe. étoient méprifées ; que, malgré les défenfes ; . Àe prix des chofés néceflaires au ménage croif foit de jour en jour; & que le defordre ne _ pouvoit plus Être arrêté par les remédes ordi- naires : Et le Sénat avoit renvoyé cette affaire = « o Là \ s au Prince. Tibére , après avoir fouvent exa-. mine, fi l'on pourroit empêcher des profu-. fions fi déréolées ; fi la réformation ne tour- neroit point au dommage de la République 1; combien. il lui feroir honteux de ne pas réüf- _fir dans fon entreprife., ou fâcheux de ny téüffir , que par une punition ignominieufe dés perfonnes illuftres , qui fe trouveroient : | ee = eo en ReFLEXIONS PoziTiques. . xeprefenté an Sénat , que les loix. fomptuaires done me EL 17 CS 2, 0e Le ve TRS RE Q U E 1 La premiere chofe ; à laquelle un Reformateur doit bienavifer,eft que fa réformarion ne tire pas après foi des maux plusgrands queceux, donril veutarrèter le cours. Pie V.ayant fair enfermer toutes les Courti- fanes dans un lieu féparé, fur averti par les Conf : p P * {eurs , que l'adultére , Pincefte, & la fodomie, fe mul- tiphoïent à vüe d'œil. Pagliari dansfen Commentaire far Tacite, Oblervarion 38 9. Sixte V. l'homme du monde, qui favoit le micux fe faire obéir , ne réüffir pas micux que Pie: faure de pouvoir enfermer ces fem -mes, dont lenombre étoirexceffif à Rome. il leschaf= fa prefque toutes , dans la penfée de tenir enfermées, dansun lieu particulier celles qui reftoient ; mais les = RE . À 2 \ -Confeffeurs lui a yanr fair lesmêmes remontrances qu'à Pie, ilcommanda au Gouverneur de Rome de lever le. ban; avec permiffion d'y retourner à toutes celles, qui Vie, = n éroient fortics. Letilévre 1. dela feconde partiede[s Hi Ah /éé LIVRE TRO:SIEME 127 en faute ; écrivit enfin cettelettre au Sénat -, » LV. En toute autre affaire, Meflieurs , il » féroit peut être plus à propos de me de- » mander mon avis , en plein Sénat , afin ».que je répondifle de vive voix ; mais en. celle-ci ,ilvautmieux , que je foisabfentc, » de peur que la erainte de ceux , fur qui » vous jetteriez les yeux , ne me fit remar- » quer auf, & prendre comme fur le fait, » les perfonnes accufées d’une vie fihonteufe, » Siles Ediles meuffènt confulté là-deflus , je” »nefai , lije ne leureuffle point confeillé de » lailler des vices enracinez &paflez en cou 5 tume 1, pltOÔt que de nous mettre au ha- =. : . » Zatd _REFLExIONS PoLrTrqUEs. F'Ün Prince , qui veut établiruns domination :bfo- lae & defpotique, f garderabien ,s'ileft habile , de réformerleluxe, quieft le meilleur & le plus agréable inftrument de la fervirude, Ce fin Prince, dit Citiaque de Leñrzen parlant de Tibère ,évira la réformation du. luxe, parce qu'ilayoit autant de gages & d'ôrages de. la fervitude de la ville, qu'ily avoit de grands & de riches qui vivoienr danses plaifire , & dans la INA Die ficence, SiVefpafien pürbier, par fon éxemple, rapel= Jer les anciennes imœurs, & remettreen crédit l'ancien ne frugaliré : fitour récemment le Roi Très Chrerien. Loiis XIIT. a pu par un Edit remédier aux modes Fe - aux dépenfes exceffives des habits, pourquoi Tibére. nauroit-1l pas eu le mêmefuccès , s'il eñten la même volonté ? Dens fon Auguffus. Il ajoûte dans fon Aule Tiberiana > que les Cartons, les Thrafea ,& les Hel- vidins ne font jamais au août désryrans , &que So- Er à # Crates { 128 Les ANNALES DE TACITz. :» zard de faire voir ; qu'il y a des maux auf » quels nous ne fommes pas capables de-re- _ =» médier 2. Mais au refte ; ces dignes Ma< _» giftrats ont fait eux dévoir, comme je vou- » drois que le fiérit tous les autres. Pour 5 Moi, javoué , quil ne meft pas honnête » de me taire, mais aufli je fuis fort en pei- sne de vous répondre , car je ne fais pasla » charge d'un Edile, d’un Préteur, ni d'un # Conful ; 3 on attend du Prince quelque . Re | » chofe . REFLEXIONS POLITIQUES. grate, quoiqu'il fût pauvre , devint fufpect aux trente tyrars par le mépris qu'il fefoit des plaifirs de la vie ; atenduque les mauvais Printes freoardent comme des. ambiticux tous ceux,qui préférent leur réputation aux aléchemens de la volupté. Aforifime 63.dulivres. 2 Quoique les plaïntes , qu'on faït contre les vieux abus , foient raifonnables , les Princes ne laiffent pas de Jestolérer , parce que nous ne fommes pas capables de. Ja perfeétionauftére, que demandent des Cenfeurs, qui n'entendent rien awoouvernement des Érars. Les ordres, les plus conformes à la Raïfon ne font pas toujours les meilleurs, parce qu'ils ne font pas quelquefois.propor-. tionnez à la portée de ceux , qui les doivent pratiquer. Section x, du chap. 4. déla premiere partie du Teflament Politique, 3 Les orands Princes ne doivent pas s’cmbarafler de toures fortes d’affaires,ni defcendre dans cousles petits. détails. Tandis qu'ils cravaillent aux grandes chofes, leurs Miniftres & les Magifirats ordinaires cxpédien les petices. L’aplication qu'ils donnent à celles ci leur: en fait oublier , ou du moins diférer d’autres, dont le xérardement préjudicie fort au bien de leur Erat, Don, È È DU à der 7 1 d'e AT M _æ Ou àvôtre Général -» de Richelieu à Loüis X LIT. d'a - » nes était. plus mdefcoara Livre Trorsir me 129 » chofe de plus grand & de plus majeftueux. » Chacun tire à {oi la eloire de ce qui a été » faitavec fuccès , & le blâme de tout ce qui » n'a pas reufhi , eft toüjours rejetté für un # ful. Par où voulez-vous que je commen - # Ce? fera ce, par vos mailons des champs, # qui occupent un efpace infini ; où par cette » multitude de valets, que vous rangez par na- < $ » (IONS > REFLEXIONS PoOLxTIQUES. Juan Antonio de Vera dit > que Charle quinr, -bierx que très pieux , n'eut jamais beaucoup de commuuicas | tion avec les Moines , hors.du Confeflional » tant qu'il cut des Etats à gouverner. Et un jour que le Pére Frans çois de Madrid Je confultoic fus quelques abus de for Ordre}, qu’il eftimoit dignes de réforme , il lui dit >» d'uu air un peu chagrin: Pere François , de tout ce # Que vous m'avez dit, je ne trouve rien > Qui revat- = de l'Empereur >. que ne vous-adreflez- vous au Pape, > plutôt qu'à moi >» qui ne perd 5 pas Mon téms à difcourir d'affaires de Cloître. Dens _w l'Epitome de fa Vie Ye conjure V. M. dit le Cardiral pliquer fon efprit # AUX grandeschofcs importantes à {on Etat, & de ” méprifer les petites, comme indiones de fes foins & » de fes penfées.…: Tant s'enfaut, qu'Ellepuifle tireg waücunavantage de s’ocuper1 rop au détail de celles. # qui ne font pas confidérables, qu'au-corntraire elle #Cnrecevroit beaucoup de dommace, on feulement mCn ce quetélles Ocupations Ja divertiroient d'au mLIES MO AS; mais aufli > parce que les petites épis capables de piquer aue les grandes ,, # qui S'apercoïvent facilement , il lui feroit impofble gafantir de beaucoup de chagrins, inuriles aux affaires , & fort contraires à la farré. Chap. s.de im Premiere parrie 4e fon Teflarmermt Politique 2 2 : < À x30 Lrs ANNAEES pe Tacire. » tions ? fera-ce par vôtre vaïllelle d’or & _»d'argent y, ou par ces figures de bronze, 5 CE mme 1000-64. PTE‘ moines nn. re SX | NOTES HISTORIQUES. 3 Ce que fit Henri III, Roi de Caftille, pour abolir Le luxe de Ja table, mérite d’être mis ici, comme un des plus beaux exent- ples de ce que peut un Prince, qui a de Pefprit&de la vigueur. Jn jour , que fa table étoir très mal fervie, on lui dit, que les Grands du Royaume fe traitoientbien autrement ; & qu’il n’y avoit rien de fi fomptueux , que les repas , qu’ils fe donnoïent tour à tour. Ce jour là méme;érant averti quel’Archevèque de. roléde donnoit à fouper à plufieurs Seigneurs ; il y alla dé- guifé ; & vit la magnificence du feftin, où rien ne manquoit, & auipis eff , il entenditdefes propres oreilles lerécit qu'ils fi- sent de leursbiens de patrimoine ; & des penfions qu'ils ti- roicnt du domaine du Roi. Lelendemain matin, il ft courir fe bruit qu’il étoit malade, & qu’il vonloit faire fon teftament? ce qui les firtous.acourir au.Palais. Surile midi , Henri entra dans la (als, oùils attendoient, & fi-tôt qu’il furaffis , adref- fant la parole à? Archevéque, il lui demanda,comb'en il avoit yô de Rois en Caftille,&fit-la même queltion à rous les autres. féparément. Les uns répondirent : J’en ai cena trois ; moÿ quatre; moi cinq, &e. Comment celafe peut-il, répliquale Roi, puifque j'en ai connu vingt à l’âge que Jai. Et les voydnt furpris de cequ'il difoit, il ajouta: C’effvous, Meffiewrs, que étesces Rois , an grand dommage de ce Royaume ; d* an gr1n8 déshonnenr de vésre Roi ÿ mais j'empécherai,quevôtreregnent dure long-rems , de que vousne poufficx plas loin la raillerie, que vous faites de nôtre perfonne. L’Archevèque (e jeta à fes pieds; & lui demanda pardon, comme firent auffi les autres. Le Rof eur ft grace de la vie, & fe contenta de les retenir prifon- miers, jufqu'à ce qu'ils lui euffentrendu les châteaux, awils tenoient de la Couronne , & tout cequ'ils avoient pris [ur les deniers royaux. A@ion, qui lui aquit tant de gloire & d’auto-. rité, que les Grands ne furent jamais fi fouplesiqu,f obéïffans. Outre qu’elle fit éntrer tant d'argent dans feéofes , qu'il PASS. à Am le TI laiffa de grands trefors; fans avoir foulé (es Sujets? Mariane à chap. à. dulivre1o. de fon Hiftaire d'EfpagnsreRemarquez ‘en -pañlant, que ce Roi fit ce coup de maitre l’âge de quinze où feize ans. fl étoit furnommé Henri l'infirme, à-çcaufe de ja foi- : “bjg-complexion de fon corps; maisil méritoit à bon dro jt Vendre nue PER ET ce: ; le” k due aie Lin agde Lrvre TRo!IsIEME T3r _»& ces tableaux qui font autant de merveil- les"? Défendrai je ces habics fomptueux , »que portent également les hommes & les » femmes ? ou bien empécherai je un defor- »dre particulier de ce fexe , qui par fa pat » fon pour les pierreries fair aller cout nôtre » Argent à des nations étrangéres , où ennc- > Tes Je fai qu'on murmure de tout cela » dans les Compagnies , & qu'on demande un » téolement ; maisfi quelqu'un en fait un, Ë : 2e s: A .» & ordonne des peinés , lés mêmes gens. _» qui fe plaignent des abus cricront qu'on » veut tout bouleverfer, qu'on cherche à rui- »iuer les familles iuftres ; & que petfonne # ne fera éxemt dela recherche des délateurs. » Gspendant . comme l'on ne peut arrêter [e # COUTrS des vicilles maladies , que par des re- » médes violens , on ne peut pas non plus. » guérit l'efprit , qui ft corrompu, & qui wÔôutre cela, répand encore’ fa cCorruotion »ailleurs , files remédes ne font auffi forts que les paffions & les onvoitifes 4, donr EE NEriiserons Dorrriques 4 Aux Maux éxrrèmes, il faut des remédesextrêmes, : —— ; PAR AC PEDERS CPE RG NOTES HISTORIQUES, titre d'Henri le Fort ou le Courageux ; pour la vigueur de fonefprit. Cerexemple montre bien ce que dit Monfieur de Richelieu, que les Rois peuventtout, lorfqu'ils veulent ef- caGement & conftimment ; & que les chofes’, qui paroilfent les : plus difficiles, & prefque impoñfibles , ne le font que par lime diférence » Avec laquelle il femble qu’elles font ordonnées, 332 Les AnnaAtes pe Tacrre -sil eft embrafé. Tant de loix établies pré » nos ancêtres, & tant d’autres faites par le divin Aupguite , n'ont fervi quà donner « _# plus de crédit au luxe , les premiéres étant »tombées dans l'oubli , & les autres, (qui »-eft encore pis } dans le mépris 5. Car lorfe … » qu'on aime ce qui n'a pas encore été défen- »du, on craint quil ne vienne quelque dé- »fenfe ; mais quand une fois les défenfes ont. | sété violées impunément , il n'ya plus de sCrainté ni de honte 6, Pourquoi la frugali- 33. LÉ: RSELEXIONS POLITIQUES. 5 I n’y a plus de reméde, quand cequi pafloir aus paravant pour vice, vient à fe métamorfoferen mœurs. Pour lors, il faut s’'acommoder au precepte d'Hippo= crate , qui ordonne de n'apliquer point de remédes aux. æaladies defefpérées : 6 Tandis que les abus font tolérez , les hommes: gardent quelques-mefnres extérieures de Bienféance , - parc qu'ils craignent, que fi la liberté va trop loin, le: . Prince ; ou le Maviftrar,. ne s’avife de réformer ces. - abus, darslefquelsils font confifter une partie de leur © bonheur. Au contraire, fi le réformateur n’a-pas aflez: d'autorité, pour fe faire obéir, commeilarrive quel- quefoïs ; ou affez defermeré ; pour ne pas épargne les Grands, qui d'ordinaire font les premiers à tranf- greffer les nouveaux réslemens; l’éxemple de l’impuit | té ouvre la porte au mépris, & du mépris on pale infenfiblement à la licence. C’eft pourquoi, il:faur de deux chofes l’une , ou quele Princes’abftienne le plus. - qu'il ponrra de mettre la main a la réformation, fur- - sout s'il fe fenr foible d'autorité. , ou d'humeur à {e:- Rifler féchiraux prieres,où que s’il veut faire la guer- — et: LIVRE TROISIE Mr 137 æ té étoit-elle en régne autrefois > parce que s chacun modéroir fes defirs ; parce que nous #ce pollédions qu'une ville. Et depuis. mé- »me que nous eümes aquis la domination. » de l'Italie , les aléchemens de la volupté : … »nétoient pas fi grands. Les guerres étrangé- » res nous ont apris à difliper le bien d'au- »trui , & les guerres civiles à confumer le nôtre z. Ce que les Ediles viennent dere- » montrer et bien peu de chofe , du moins # en Comparaifon de tout le refte 7. Perfon- : CHRIS 25 REFDEXTONS POLITIQUES LR É- Fe aux abus , il prenne une bonne réfolurion d'êtreim pitoïable , comme un Sixte-quint énvers-ceux qui ofe- #ont enfreindre {es ordonnances. 7 Ilyades gens, quicroïent , quetout eft perdu. # l’on ne remédie prontement aux abus , qui les cho- | quent , mais le Price nedoir jamais fe laïffer entraîner a = à la. conne name . - = ee | NOTES HISTORIQVES - « patercule attribuëla caufe du luxe de Rome aux deux Sci- pions, quiont été furnommez Afriquains. Le premier ; dit-il» avoicouvert le chemin à [a puiffance des Romains, mais le‘e= cond louvrit au luxe car dès que Rome n’eutplusrien à craindre de Carthage, qui avoit ceffé. d’être , l’on ne s'écartæ pas de la vertu pas à pas, comme l'on faifoit auparavant, mais. on coutut à toute bride aux voluprez & aux vices s l’ancienne difcipline fut méprifée , & fit place aux nouvelles mœurs, & - voute Ja ville paffa foudainement de la vigilance à laffonpifle- ment : des exercices de la guerre à la débauche; & dutravail à Poifiveté Enfin , la magnificence publique fut incontinent: fuivie de 12 fomptuofiré des particuliers. Awcommencement dix hors, defon Epiromes $ 134 LEes-ANNALES De TACIT re. 5 ne ne réplique, (& certes je men étonne } »5 que l'Italie a befoin du fecours des provin- » ces; que la vie du Peuple Romain eft tous. » les jours à la merci de la mer & des tem- »» pêtes 4 5 que ce ne font pas nos maifons: sde plaifance , ni nos parcs ; qui nous dé- » fendent, ni qui nourrient tant de maîtres » avec un monde de valets. Ce fonc là, Mef- » fieurs , les foins qui occupent le Prince, & 5 fans lefquels la République périroit. Pour »lérefte ; chacun ÿ doit remédier-en foi mé- me, & ceft à nous de commencer ; la né- » ceflité rendra plas faces ceux que leluxea »ruinez ; & le dégobt , ceux qui font ri- x ches 8. Que fi auelque Magiftrac fe fent af- = , —. ES ; + RErLExIONS PorrTtrques. à la pafion d'autrui. C'eft À lui de prévoir les inconvés niens qui peuvent arriver de la réformatior ,; qu’on lui - demande, & de bien confidérer , s’il la peut entre- prendre avec fuccès , en forte , que ceux qui ferons contens de fes réglemens ; foienc en plus grand nom bre, que ceux, quien front mcconters. Car e°eft à ] > cette marque ; qu on connoit [a prudence du réfore mateut, - 8 Onfe lafle dés plaifirs, comme on fe lafle de far re trop bonne chere, Beaucoup de voluprucux devien= nent fagés , parce qu'ilsn’ont plus de plaïfirs nouveaux à | à goû- Pense ceci rame © 4 _.N OTES HISTORIQUES. 2 Car tout lebled venoit d'Egypte , & par conféquent. par mer | a 4 Ë : 4 5 (eZ AE REC are À 0 LIVRE TRoOISLE Mr 1:$ »> fez d'efprit & de courage , pour empêcher » que le mal n'aille plus lon , j'accepte vo- » lontiers fon aide , avoüant , qu'il me dé- » chargera d'une partie de mes peines. Mais ».fi lon ne demande une réformation ; que » pour avoir la gloire de paroïtre ennemi des » vices, & pour me laifier après porter tou- » te Ja haine 9 de ceux qui en font acculez 3: » je vous déclare , Meflicurs , qu: mon def » {ein neft pas de me faire mal:à propos de. # Houveaux ennemis 10 5 & que fi jefluie , # pour R EFL EXTONS Po L de QUES à goûter , & par conféquent plus rien de quoi vivre cOntens, “9 I} ya beaucoup de gens, dir M. fe Cardinal de Richelieu , dont la vertu confifte plus à plaindre les défordres , qu'à y remedier par l'écabliflement d’une bonne difcipline. Au-lieu que ceux , qui {pur emploïez aux-afaires publiques, devroient marcher de même p'é,& tenir le mêmelangage, comme tendant à mé- “me fin, il s’en trouve toujours quelques-uns, qui par= : fant plus foiblement que les autres , pour décliner l'en. vie, chatgenr de haïne ceux , dont la frarchile des pa roles correfpond à la fermeté deleurs actions. Se%ron 3: du chap: 8. de la premiere partie du Teflament Poliri- CT 10 Ifya.cette différence entre le Prince & fes Mi- . niftres, que le Prince doic éviter autant qu'il peut tout ce qui peut lui atirer la haïne du Peuple, ou des Grans,. parce que la corfervation de fon autorité dépend de l’2- mour de fes Sujers : au contraire , fes Miniftres étane. Obligez par le devoir de leur charge de fatrifier leurin- tétét parriculier au bien public, & au fervice de leur > Maitre, - J'autorite, 136 Les ANNALES ps TAcrtr. # pour le bien de l'Etat des querelles dans. » gereufes , & fouvent fort injuftes r1 , il eft » bien raifonnable de m'en éparoner d'inuti-. » les & dont nivous, ni moi ne pouvons tirer _#>aucuu avantage. en . ns LVI. Après la lcéture de ceslettres , il fuc. commandé aux Ediles de laïlfer leschofes com- meelles étoient. Et leluxe:de la table, qui fur exceffif depuis la bataille d'A Cbium jufqu à l’a- a * = VÉDE= REFLEXrIONS Port TIQUES, Maître, il ne leur eft pas permis de fuprimer un bon: pas p à confeil, qu'ils font capables de donner , fous prétexte à: que ce confeil les rendoir odieux au Peuple , ou aux Grands. Car, fclon M.de Richelieu , la probiré du: Miniftre d'Etat requiert ,.qu'il foir à l'épreuve de rous intérêts, & fi conftant. que ni les calomnies, ni les traverfes ne le puiflent jamais décourager debien faire, ni le dérournerd’alleraux fins, qu'il s’eft propofées. pour le bien del’Erac. Chap dernier de la premiere par= tie as Teflament Polinique. Le Cardinal d'Offar patlace d'un certain Chevalier de Malte, de limportunicé du quel in'avoit pû fe delivrer , fans lui p'omertre,quois que froïidement & par maniere d'aquit , de le re commander à Henri IV. pourune grace qu'il deman= doit mal-2-propos: Je m’en repens.; dit-il, & une autre fois je veux fecoüer cette puflanimité ,-{ans a voir plus à:vous.cxpofer lesimperrinences de tels im= . p@rtuns, ni ma honte puflanime de les refufer. Lette 197. 5 - 11 C'eft lepropre des Rois de faire dwbien, & du Peuple , de les calomnier. I n’y a guére de Princes, à qui l'on faufle juftice durant leur vie , parceque natu= rellement les hommes haïffene ceux dont ils craignene. RO A CU DE VERTE TIRE RES PORN ES ft SÉRIE PTT TT Livre TRroïisir Me. 137 “vénement de Galba à l'Empire , c'eft à dire par l'efpace de centans b, sabolit enfin peu à peu 1. Si l’on veut favoir les caufes de ce chan gement , les voici. Autrefois , les perfonnes. confidérables par la naïffance,ou par les tichef- fes, (elaifloient aller à la paffion de paroïcre ma- guifiques , parce quil étoit permis alors de ga- gner l'affection du Peuple, & de cultiver l'ami uié des Rois, & des Alliez, pour en étre réci-. prôquement courtifé. Plus on étoit fplendide en maifons ; en meubles ,en équipage , plus on REFLEXIONS POLITIQUES 1 En France le luxe dela table commence à fe mo= dérer, mais c'eft pour faire place aunautreluxe,c’eft- à-dire,à celui des habits, & des meubles, lequeleft bien plus dacgereux. C’eft le luxe, qui nousa multiplié les Dames & les Demoifelles à tel-point, que Fon ne peut plus difcerner les perfonnes dequaliré &de naïffance. ue par Ja civilité.& la imodeftie ; qui ont ceflé d’être de vertus bourgeoifes. Dans le fiécle paffé ;.les Pre miers Préfidens de Thou & de Harlay mangeoïient en vaiflelle d’étain :aujourd-hui des Commis de Finan= cie fe fonc fervir en vaiffelle d’arcent, Un Chancelier‘ de Bellievre ne donnoir.que vint mille francs de dot à fes filles - aujourd'hui un Partifan donne cent-mills écusaux fiennes, 4ded precipiticarfuà virtate defcitunss ad vicia tranfcurfurm. er Grne?t © NOTES HISTORIQUES. bLa bataille d’A&ium fe ne Pan-de Rome 724. & Galba: parvinsa l'Empire en l’an 822, : ; ee - dont les aplaudiflemens font funeftes. ee RE nn Da Te Eu Gien Capa =. Re I CRE DE cs D RER RE TETE SIM ETS EpenS NE DCE pes 138 Lys ANNALES Be TAciTs. on aquéroit de réputation & de cliens c. Mais. depuis qu'on eut commencé à verfer le fang des tiches , & à tourner en crime la faveur du Peuple 2 ; chacun en devint plus fage. D'autre côté , les hommes nouveaux, qui {€ tiroient fouvent des villes municipales , des colonies, & même des provinces ; pour tre agrcgez au Sénat, yaporterent leur frugalité domeftique, fans jamais changer de genre de vie, quoique | plufieurs ; qui avoient vieilli dans les emplois, fuflent devenus extrémement riches. Mais le principal auteur de cette facon de vivre refler- -rée fut Vefpañen , qui fe conformant lui mé- me à l'ancienne économie , fit naître à tour le monde le defir de limiter 3.5 éguillon plus | A . , Rafisxions POLITIQUES. 2 La grande réputation n’eftpas moins dargereufe ,! - qhé la mauvaife: Si elle faic revivre les morts, elie fait: mourir les vivans. Les Princes ve peuvenc foufrir un 22 e . ._, = 3 mérite, qui fe fait trop remarquer. -C'eft donc une grande fcience 5 que de le favoir bienceacher, non fu-: lementau Prince , mais encore davantaseau Peuple; 3 Rienn'eftplus urile à un établiflement., que la. bonne vie des Princes: laquelle eft une loïparlanee , & quiobligeayecplusd'éficace; quetoures celles, qu'ils: Pourrolent faire, pour contraindre-au bien qu'ils veu. : _ — Jens = — NOTES HIST ORIQUES. EGens, qui failoient la Cour aix Grands > pour avoir lens Protc&ion, SX RARE TEE TENTE LEUR SV ANER PR TOPETE MINT PO F Terme le CU Doe ANR DU EC ES LT Livre TROISIE ME 139 fort quetounteslesloix, & 0, plus fort que la ES S : . crainte des fuplices or- que la crainte des fuplices. äonner parles loix, Sicen'eftqu'on dife ; qu'il ya dans toutes les chofes du mondeuncertain 9#>quetoutes les cho- Se =, =, fes du, monde ont un mouvement circulaire, QUL certain période, qui faic fairque les mœurs changent que les mœurs vont & -9 ,., reviennent comme Îcs comme lestems. Quoiqu'il vens. a en {oit ;tout n'a pas été meilleur du tems de os peres 4 ; & nôtre fiécle a donné beaucoup d'éxemples de fagcfle , qui mérirent d'être - imitez REFLEXIONS POLITIQUES lent procurer. S'ileft vrai, qu'en quelque crime que puifie tomber un Sonverain il péche plus par le mau- vais éxemple, que par lanature de fafautes ilneftpas moins certain que quelques loix qu'il puifle faire, s’il pratique ce qu'ilpreferit , fonexemplen’eft pas moins puiflanc pour faire exécuter fes volontez,que toutes les peines qu'il peutordonner. La rerenue du Prince, qui ne jurera pointe ; recranchera plus pronrement tous les fermens & les blasfêmes, qui fonten regne parmi les _peuples,que toute la rigueut, queles Maoiftrars pour= foienr éxercer contre ceux : qui font fujets à telles im piétez. Chap. s.delafeconde particdu Teft. Politique. - 4 Toute nôtre vénérationeftpourle pale. & roue £ôtre mépris pour lepréfent, parce que le préfent nous eft acharae, & nous chagrine , à- caufe des objets qui nous-déplaïfent ; au-lieu que le paflé nous inftruir , fans nous rien montrer , qui puilfe provoquet nôtre envie, ninous mettreen mauvaife humeur. left ecr=. tain , que de la maniére, -dont le monde eft fait, nous autions jugé de ceux même, que nous admirons , à- caufequils ont éré pluficurs.fiéclesavantnous, com ME nous jugcons de nos contemporains ; car les vices four auf aïciens que les hommes. 140 Lzs AnwNALis DE Tacrrr. imitez par nos defcendans. Et plaife aux Dieux}. que nous nenouspiquions 0%».que nous n’entrions ; Fe À -en difpute avec nos ancé=. de furpailer nos ancêtres , tres, que pour les vertus: que dans les chofes honnêtes. LVTIT. Tibere ayantacquis la réputation de Prince modéré, pour avoir fermé la bouche aux accufateurs , qui alloient éclater d , deman:- da la puiffance du Tribuñat pour Drufus r. Aupgufte avoit inventé ce titre , pour ue- pas prendre celui de Roi , ni de D'éateur , & pour étre pourtant au deffus des autres pnif- | fances e par un nom de diftinction 2. Il avoit — affocié RSFLEXIONS POLiTIQUESs. 1 Quand les Princes ont fait quelque belle ation, ils ont coutume de s’en faire comme un droit , pour -©btenir ce qu'ils defirent ; & cela leur rétiffir prefque toujours dans la premierechaleur des 2plaudiflemens du Peuple. : --2 Les nouveauxtirres, que prennent les Grands, | leur font fouvent ure efpece de droit, pourufurper des | Etats , qui ne leur apartiennent pullement. Paul Emi-. ess ee le: F5 à £ è + NOTES HISTORIQUES, a Si l’on eüt-procedé à fa réformation du luxe. .e IL faut remarquerici habileté d’Augufte. Quand il quita Je nom odieux de Triumvir ; il pritcelui de Conful, Confulem fe ferens, Annev Mais commeles Confuls avoient pour adver- faires les rribuns du Peuple ; qui difputoient d’autorité avec | eux ; par le droit qu'ils avoient de s’opofer aux’ délibérations du Sénat , & par la prérogative deleur dignité; qui les ren- dotent facrez & inviolables ; Augufte,. qui voyoit que le Con- - fulatnelediftingueroit point des autres Confuls , s’avifa d'y joindre en fx perfonne le tribünat, en vertu dequel il s’opole: se ee é “LIVRE TROISIFME 14… 8Hocie à cette dignité Marcus Agrippa,& après : la REFLEXIONS. Po LITIQUES k marque fort à propos , que le tirre de Prince de France , que Charles Mariel prit au tien de celui de Maire du Palais, fut le premier échelon, par où il fie monter {a famille au trône. Le Connétable Anne de Montmorenci fit donc une ation de bon Politique, lorfqu’il opofa fon autorité aux Guites ;- qui vouloïent prendre lé nom & les armes de la Maïfon d'Anjou, dont ils defcendoient par Yolandd’Anjou leur bifa yeUs le ; parce que ce nouveau nom auroit fortifié la vieille & rance prétention, ( c'eft comme l’apelle le Cardinal . d'Offar létre x 2 3.) qu'ils avoienc au Comré de Pro. vence, Etc'eft pour cela , qu'enri IV. ayant donné ce Gouvernement au jeune Duc de Guife , le Chañcelier de Chiverny prorefta en plein Confcilcourre cetre pres. Vifion,& voutur que {a proteftation fur enregitrécaux: Parlémens de Paris & d'Aix ; ayañt que de fceller les provifions de ce Duc. Mémoires de Chiverny 1554, Le ComteDuc d'Olivarés,premierMiniftre d'Efpagne, ne tarda guére à fe repencir d’avoir confié le Généralat des troupes de Portugal an Duc de Bragance, à quice _Houveau pouvoir , joint aux droits qu'il avoit À cette Couronne, fervit d'échelon pour monter à laRoyauré, : + : : NOTES HISTORIQUES foitaux rrouone & aux-entreprifes des a fans que pasuh d'eux pût réfilter aux flennes. De forte que dedeux charges nées avec la Liberté > & par conféquent agréa- - bles au Peuple, dontil difoit voyloir être le défenfeur , Fa taendam pleber T'ribunicio jure contenrum 1 il s’en fit une Dic- tärure réelle & perpétuelle, auf abfoluë » Que celle de Jules - Ccfar, mais beaucoup moins odieufe > Parce qu'il la populari- foit fous le nom de rribunat, Dignité, qu'il conferva trente= Æprans ,commele MAIQUE Taçite. 447, Le utres Magiftrats x Là 142 LES ANNALES DE TAGCITE. la mort de celuici, Tibére: afin que perfons ne ne fût en doute de fon fuccefleur ; & que nul autre ne prévendit à l'Empire. Car du ref te , il & foit beaucoup fur fa propre fortune, & fur la fidélité de Tibére. À fon éxemple, Tibére appela Drufus au Tribunat., après avoir tenu tout égal entre fes enfins du vivant de Germauicus. Ses lettres comménçoient par ane priére quil faifoit aux Dieux de favorifer fes deflcins pour le bien de Etat, & finite Toient par un petit éloge de fon fils, où il di- foic fins rien éxagérer , » Qu'ilavoit une 5 femme & trois enfans , & le méme 49e » qu'avoit fon pere , lorfque.le divin Auvulte nle fit fon coléeue ; quil ne prénoit point » Drufus pour le fien , par une réfolution. » trop précipitée, mais après l'avoir éprouvé » huitans durant , fort ar dehors , ouilavoit » étoufté des éditions, termine des guerres; +; & mérité l'honneur du triomphe; Jos &# S \ = 0 4 4 + 2 r 2 » dedans ,où ilavoit éxercé deux fois le Cons » fulat. a _ LVHIL Commele Sénat s'étoit attendu à. — cettedemande ilavoit prémedité fa-réponte, . pour flater le Prince avec plus dedélicatelle 3 néanmoins on ne trouva rien à ordonner. que des flatuës au pere & au fils , des autels | aux Dieux , des temples » desarcs, & dau- |! tres chofes ordinaires ; fi-ce n'eft que Marcus si Silanus , pour honorer. davantage Les deux. EE " da ent mes " à F r nn Livres Trotsir ur 143 Princes ;Propolà au grand deshonneur du Con- fulat , de ne plus dater les aétss publics & par- ticuliers fous le nom dés Confuls , mais d'y apofer le nom de ceux , qui à l'avenir éxeree- Toient {a puilfance du Tribunal > À Commencer Par Drufio. Mais Haterius, ayant propofé de graver en lettre d'or les decretsde ce jout-R , {€ rendit d'autant plus ridicule 1 , qu'étant Ort vieux , fa flateriene lui pouvoit plus apor- ter que del'infamie. : - ÊTX, Dans le même tems » le Gouverne- ment de l'Afrique xyant éré continué à Junius Blefus , Servius Maluginenfis , Prêtre de Jupi- ter ; demanda celui de J’Afe . foutenane, » Que c’étoit une erreur de croire, qu'il ne » fit pas permis aux Prétres de Jupiter de »fortir de l'Italie ; que n'étant pas de pire # condition ; que ceux de Mars & de Romu- RerLExions Dor:;r 1QU Ne . 1 Plusun homme eft conftitué en haute. dignité, - plusla flaterie. eft honreufe enfabouche mais fur tout, fila Magiftrature, qu’ iléxerce, eftune de celles, dont le devoir. principal eft de conferver & maïnrente. ‘autorité des loix > Comme font les charges de Chan= celier ; de Premier Préfidenc, &d’Avocars Généraux. I fefoit béau voir haranguer au Parlement ce Jacques Fays, qui apelloit Henri III. le:faïnt des faints. 8e foie qu'il méritoir d’être canonifé plus qu'aucun de fes prédéccffeurs Rois de France ; pendant qu'Henri abandonnoïr la conduire de l'Etar à fes Mignons , & Le SOREGatoit d’aprendre à décliner. Journalae fonregne, Ês yad Les ANNALES Dx TAcITr. » lus, quitiroient au fort les provinces , cel. -» ne dévoit pas leur être plus défendu qu'aux. »auites 5 qu'il ne fe trouvoit rien, qui fur #» contre eux. ni dans les regîtres du Peuple, “hi dans nos cérémoniaux 1. Que fonvent \ » les Pontifes avoient fait la charge du Prétre » de Jupiter , lorfqu'il étoit ou malade , où » occupé aux affaires publiques : qu'après ka » mort de Cornclius Merula , cette Charge » avoit vaqué foixante-: douze ans 2 ; fans que » » les REFLEXIONS PeLiTIQUES. 1 De tourtems les Bénéficicrs ont été ingénieuxa trouver des raifons , ou plütôr des prétextes, pour sc- xempter de leurs plus indifpenfables obligations: La ré. fiderce croit fi étroitement obfervée par les Précres des. Romains, que cela a donné lieu à Senéque de dire, qu'ilen étoir de leurs Prêtres & de leurs Pontifes, comme des éxilez , qui ne pouvoient nullement fortit du lieu de leur éxil, @Quofdamexilin, dir-il, gaofdam facerdotin uno locotenent. De tranqguilitate vitas Vis w fus eff fibi quis, dit Artemidorc, ad Érmamentum rempli Neptuni : catena allegatss effe: faitus eft facerdes . Neptuni : opportebat enim ipfum inféparabilem elfe las N cerdoters. Lib..5. de fomnieruim eventibus ;fomnio a. Un _ Payenenvifage fa Précrife commeune chaîne indifios | luble, qui attache pour route fa vie au cemple de Ne: LÀ prune ; & des Prêrres, & des Prélars Chrériens, ne font, aucun fcrupule de pafler prefque toute la leur hoïsde | leurs Eclifes , fans rendre aucun fervice à l'Etat! Fil ) bominum , éfquequo gravi corde ? Noi la note de l'ar= ë Re. >: Ron 2. Un abus ne celle pas d’érreabus , pouravoir été ‘de longue durée , & par conféquenc le Princene doit RUSSE LOIS H So SOI RS qUD: RARES RE. MN do En dr La ER Ce Ce à Livre TROISIE Ma x4 les facrifices, niles autres cérémonies de re- » ligïon eullent jamais ceffé. Que fi l’on avoit » pù {e pañler fi long tems d'un Prêtre de Tu- » piter , fans aucun dommage , il ne feroit » pas difhcile de s'en pafler pour un an qu'il » aurOit à étre abfent : que ce n'avoit été, » que pour des inimitiez particulières , que » les Pontifes avoient autrefois empéché le » Sacrificateur de Tubiter d'aller gouverner les » Provinces ; mais que ; par Î1 orace des »> Dieux , on avoit maintenant pour fouve- »ïain Pontife le fouverain de tous les hom- » mes » lequel nt jet Qu s n on » ni à la haine ,niàlenvie, 3 ‘ni AUX autres paîlions 4 des particuliers, - _ Le LABS - RaFLExXIONS POLITIQUES. ns Me oint de qualité plus eflenciellement tequi= Il n'y. : fa un Pate Ge celle de Pére commun. Tous les : Papés portent également ce rire, maïisils n’en remplifs+ {ent pas tous également les obligations. La partialire qu'ils ont les uns pour une Couronne , lesautres pour Une autre, ne manque jamais de produire de méchans éfers, Comme il eft impoñfible qu'un Pape partial fo ic dome IT: GG: jufte qu'enintention que les Papes ufaflent de ces forces con- À = 146 Lrs Annarespre Tacirs. jufte, ileft pareillement impoffible qu’il foit reyére des Priñces , à qui fa partialité eft prejudiciable. Outre que ceux qu'ilfavorife au préjudice des aucres, n’en ti- tent le plus fouvent d’aucre fruit , que la guerre avec. leurs voifins. Que produifit à la France la Ligue que fr Henri IT.avec Paul IV.finon la perte des batailles de Saint- Quentin & de Gravelines, qui fut la jufte puni- tion de la rupture de fa Treve de Vaucelles, & tout en- femble une preuve convaincante,-que les Brefs d’abfo- Jution, que donne un Pape violent & pafionné; ne font pas toujours de bonnes aflürances de l’abfolution divine. Ainfi, le fage Cardinal d'Offat à bien raifon de dire, qu'il faur qu’un Pape fois homme de bien & d'entendement, pour ne fe point lailler tromper par les artifices des malins, @ pour fe rendre Pere commun à tons, en tenant la balance égale, [ans procurer mal aux uns à l'apetir@ [ugpeffion des autres, Létre 3 30, Dans les premiers jours de fon Pontificat , Gregoire : XIV. déclara , qu'il ne prétendoit point gouverner fe- Ê Jon les maximes de la Raïfon d'Etat, mais feulement Ë fslon les loïx de l'Evangile, qui eft levéritable contre « poids des Puifiances cemporelles. * C’éroit là parler « en Pape, mais, comme bon Milarois, il ne tincpas € fa parole ;car il fe déclara auffi tôt pour JaLioue enfa- veur du Roi d'Efpagne & des Guifes. Comme fi la pare gialiré cür été un des preceptes de l'Evangile pour un à Pere commun. * Herrera chap. 10. dulivre6, delas partie defon Hiff. Si la piéré des Fidéles, ‘dir Saaye= dra, a donné des forces temporelles à la digiré Po: ficale, ça été bien plus pour la füreté de {a grandeur tre les Princes, fi ce n’étoit que le bien univerfel de l’ glfe lerequit ainfi. Quand 13 Tiare fcchangeencale | que, le refpect ne la reconnoît plus, &la forceluirés +» _fifte comme ä une chofe temporelle ; Jorfqu'elle veut, | fe fervir deraïfons politiques , elleeft confidéréecom. | -mé le diadème d'un Prince politique, &nonpluscom- me la couronne d'un Pontife, dont l'empire ne fe maine . A ne A DHBPr £ | LIVRE TROISIEME 14% - L'Auoure Lentulus & quelques autres parlé- rent au Contraire, mais tout diverfement ; de forte qu'il fut réfolu d'en lailfèr la décifon à ROC ee ee LX, Tibere, fans-répondre à cette queftion, modéra Les honneurs décernez à Drufus au {a- jet du Tribunat,traitant d'impertinente la pro- polition de graver ce decret en l:ttresd'or, con- — G2-- tre …._ : ReErLExIONS POLITIQUES, tient,que par l'autorité fpirituelle. Son devoir paftora} n'eft point un ofice de guerre, mais de paix ; fon bâton eft courbé,& non pointu, parcequ'ileft pour conduire & non point pour blefler.Ezsprefs 94.Je finiraicetarti. cle par une réflexion très-judicieufe que fait Don Juan Antonio de Vera dans le fecond difcouts de fon 4mbafz fañenr. Quel éxemple ancien, ou moderne, dit-il, pour= ra-t-onalCguer en comparaifon de celui, que le Car. dinal Bembe & Thomas Porcachi raportent du Pape Jules II, qui étant «à rance ( Loüis XI) plus qu'il ne con e ur -univer{el de l'Eplife;manda les Ambañfadeurs dû Roi Catholique ge - de la République de Venife , fes Aliez , pour leur dire, … Qu'il avoit fait la paix avec le Roi de France, mais qu'ils ne s'en devoient point alarmer, d'autant qu'if en diminué de {a mauvaïfe volonté contrecére ronnes que fon cœur étoit Efpagnol, & que paf: céte paix il vouloir endormir les François, pour les prendre, après, au dépourvû. S'il y a donc fi peu de füreté & de bonne foi dans un fouverain Pontife de l'E. _ SH, que doit-on aténdre des Princes féculiers à quel. - fonds pourra-t-on faire fur ccux-qui ne font pas Ca tholiques, ou fur ceux qui font nez Infidéles ? Paroles dignes du nom & de la probité de ce Cavalier Eipz- gnol, qui portois pour diction, Ferires LATITEN 148 Les ANNALES DE TAcirs tre la coutume. On Iütaufli des lettres de Dru- fus, qui furent trouvées très arrogantés, quoi. qu ne euflent un certain tour de modeftie, p_Ceft donc là , difoienc-ils , le mépris que » fait de nous un jeune homme , qui vient de » recevoir un figrand honneur ! “Ro écrit » pour ne pas venir nous remércier en perfon- » ne silne daigne pas mêmevifiter nos Dieux » pénates; ni prendre les aufpices de fa dignité -» dans fa patrie. Et ceh guerre, on le erand D éloignement, qui l en empêche ? 2 On É voit » pourtant » qui fe promence fur les lacs & fur ples rivages de la Campanie fl Voilà comme . non éleve celui, qui doit gouverner le Gen: À » re humain! Voilèles premiéres rose + » que le pere donne à fon fils ! Véritable- » ment, Tibére eft excufable, de ne vouloir à 5 POINE {e : montrer en publie, à caule de fa à » vicillefle, & de R fanté épuifée par fes longs =) » travaux; mais quel em péchement peut avoir » Drufus, que fon arrogance ? LXI Tibére affermilloit LOUjoUrs de plus en plus la principauté , mais pour laifler au Sé- nat quelque image de l’ancienne liberté , illui k rEnvoyà se — des provinces. La licen- | pt 2 + conte NOTES BISTORIQUES fProvince voifine de Rome appelée aujourd’hui 14 Terre 2. + de Labour. Florus dit que la Campanie étoit le plus, beat pa du monde, ’erre;#re pélcherriras tab 6 ner éétet dt 18 cri x tait lé — foient récla LIVRE TROISIE MM 149 ce des afiles croiffoic à tel point dans la Grece . que la plufpart des villes en établifoient où el- les vouloient. Les temples fe remplifloient d'efclaves révolrez contrelenrs maîcres ; de dé- biteurs, qui fe défendoient contre leurs créan- ciers; & des gens accufez de crimes capitauxg 3 > G 3 _. An œs NOTES HISTORIQUES. g Comme la Grece étoit une Province prefque toute maritis me; & où ; felon rhucydide ; la piraterieétoit fort en regne,®& ceux qui l’execçoient fort en eftime; les habitans s’aviferenc de bâtir des temples pour fe mettre à couvert des infultes des pi- rates Ajnf ; ces temples, quisn’étoient pas faits comme nos Eglifés ,mais comme des châteaux , & des tours , quiavoient des voütes fous terre , ne fervoient pas deretraite aux fcélérats, ni aux criminels , mais feulement aux honnêtes gens ; qui fuyoientl'opreffion, Et s’il s’y commettoit quelque abus , ils perdoient auffi- toc le privilege d’afile, qui , outre cela, ne s’a- cordoit du commencement qu'à rrès peu delieux. Mais la ma lice des hommes;ingénieufe à trouver des moyens d’abuler des _chofes les plus faintes ; ft grand changement , que ce qui . avoit étéinftitué en Grece, pour être un bouclier contre l’o- prefion, en devint un contre la Juftice, & contre les loix ; de forte que lésafles ; qui-ne fervoient auparavant de retraite qu'aux gens de bien,& aux affligez , n’en ervoiene plus qu'aux fcélérats. Bt c’eft ce qui obligea le Sénat Romain à faire un rée = Slement, par lequelil ôra le droit d’afile à tous les temples de la Grece, excepté neuf, qui prouvoient mieux leur origine que les autres. Nombre tres petit pour une vafte Province» qui avoit plus de mille mille d’étenduë, Il yavoitencore en ce tems 1 un autre genre d’immunité, qui m’étoit peintinfti- tuée en l'honneur d’aucun Dieu ; hi en faveur d'aucun temple, mais feulement en confidération de la Juftice: C’eft queceux , quiavoient quelque puiffant adverfaire , Aguiils nepouvoient - pasrélifler, courojient à quelqueftarué du prince ; & l’embrae - mant l'autorité publique, fans que perfonne ofât maindre violence. Ce-n’étoit pas Là néaumoins »mais une efpéce d'apel interjetté par iesperfor- nes » eur faire la une Immunicé - expliquant geure. Se 5e Les ANNALES DE TAcITr. fans que les Magiftrats pullent réprimer l'info Jence du Peuple , qui protégeoit les facriléges des hommes, gomme fi c'eût été le culte des Dieux 1. Il fut donc ordonné, que ces viles . En REFLEXIONS POLITIQUES. % Comme les Princes font oblicez d'établir le vrai £ulte de Dieu, ils doivent être foigneux d’en bannir les fauffes aparences, qui font fi préjudiciables aux Erats car-on peut dire avec vériré,que la fuper@ition & l'hy- pocrific ont. fouvent fervide voile, pour convrirl'hor- reùr des plus pernicieufes entreprifes. Chap, 1. de la fecondepartie du Teflament Politique. La confpiration de Ja Marquife de Verneuil contre Henri IV. s'étoit braflée fous le facré mantau de la Corfefion, par un Capucin, noynrmé le Pere Archaänge , qui couvroitles : fréquens entretiens fécrers qu’il avoit ayec elle, & le Compte d'Auvergne, fon frére uterin , du prérexte de la réfolurion qu'elle avoir prife de fe faire Capucine. . CidepErpr ais alere qe: ARE 3 Ait à QUE es ai Se fa suc doivent point trouver d'a. à > Set S . PEER? A p 7 TEEN EE PATENT F2 NT: à PPT RE “trefois. ; Leg du bis fie Ke dé Let LEURS Li Le £ / x L Livres TROISIE ME. fi enverroient leurs titres avec leurs députez. Quelques:unesabandonserent volontairement ce qu'elles avoientufurpé fans raifon ; mais les autres défendirent , alépuant de vicilles fu- perflitions ; ou des fervices rendus au Peuple Romain. Ce fut un jour bien glorieux au Sé- dat , que celui ; auquel.on luiaporta les con ceffions de nos ancèrres , les traitez faits avec nos Allez , les decrets des Rois , quiavoient répné ayant la naillance de la domination Ro- maine , & même l'origine des cérémonies int- ticuées en l'honneur des Dieux , pour en or- donner fouverainement , Commeil faifoit au- > . EXIL'Les Efefiens : qui farentoüts les pres. miers , reprefenterent , que Diane & Apollon n'étoient pas nez en l'Ifke de Delos , conne le vulgaire fe croÿyoit ; qu'on voyoit en leur D 5 EE NE ne ee Ses À pass auprès dufluve Ceneris , un bois Rcré _apellé Orrigie ; où Éatone étoit acouchée de. ces Déïtez , apuyée fur un olivier , qui reftoit encore : qu Apollon même s’étoit. refugié en cet endroit , poux éviter la colere de Jupiter, Ce après _ = - —— cmnrmeaers - NOTES HISTORIQUES - file dans les lieux confacrer à [a pieté & au cultedivin. Pre- … fanis infano nullum efe receprars. lib. de fhec. legib. Dans les etnes de Petrarque , N y en a uneadrelféeau pape Urbain V, pardaquelie ikle félicite d’avoir reprimé la licence des Car- “ineux, qui donnofent retraite chez fuivis par le hibice. Epiff, r Lib 7e eux aux [célérats pour. 152 Les ANNALES ps TAcire, après avoir tuê les Cyclopes : que Bacchus, viétorieux des Amazones, avoit pardonné à cel- les , qui s'étoient faifies de l'autel de Diane: qu Hercule, devenu maître de 0: qwHereule, 4a Lidi tandisqu’il fut mai- la 1 ie ne (TOUVA pas MAU- ‘tredela Lidie,;aug- vais ; que. ce lieu ft honoré menta les immuni- tez de ce licu par, par de nouvelles cérémonies: à temple 4. que fous la domination des Perlesleurs droits : n'avoient point été diminuez ; & quenfin, les Macédoniens, & puis les + Ies leur avoitnt toujou TS Toners Ou,lesy avoient toù: VEZ. “jours maintenu. EXTIF. Les . quientrérent après, fe fondoient fur les conceflions de L. Scipion & de L. Silla, quiayant vaincu, lun Antio- cus, & l'autre, Mitridate , voulurent en re- connoiflance de la fidelité & de la valeur des -Magnéfiens, que le remple de Diane Leuco- frinefütinviolable. Les Afrodifiens & les Stra toniciens raportéren une patente du Didtateur | Célar, qui rendoit témoigoage des fervices, qu'il avoit autrefois: reçis d'eux 5 & un de- ces NOTES HIST ORIQUES. B C’eft Le fensque Mr. Chansalon donne à àces paroles, 4e Fe fan conceffn Herculis cerimoniamtemplo :& ce pourroit bi étre auff celui de Tacite , quoi quetous les autres Traducteuis. difent, cérémonies du temple , la cerimoniadefte templo, Co= toma dr Sueyro. Larévérencedece temple, le Paie Es sn immunitez du temple , d’Ablancourt. À Durant la Guerre civile gntre lui & Pompée LIVRE TROISIF ME :f; cret tout récent du divin Augufte , qui les lotioit d'avoir foutenu l'irruprion des Partes, fans rien diminuer de leur aucicune affeétion pour. le peuple Romain. Mais les uns ado- roient Venus, & les autres Jupirer & /4 Diane lurnommée Trivia. . Ceux d'Hierocéfarée re- montoient plus haut, racontant, qu'ils avoient le temple de Diane Perfique, dédié par Cyrus ; & que Perpenna, Ifuricus, & plufieurs au- tres Généraux Romains , n'avoient pas feule- ment reconnu ce temple pour faint & inviola- | ble,mais encore l'efpace d'alentour jufqu'à deux mille pas. Les Députez de Cypre précendoient la franchife pour trois temples , dont le plus : ancien bâti par AËrias, Ossdontle plisancien avoie nee éré confacré par AtiasaVe- Portoit le. nom de Ve- paphia ; lefecond à Ve- nus Pachia b : cond. nus Amathufia, par fon fils _ de = hia k: le fecond, -Amathus; &le dernier, à dédié par Amathus ; Jupiter de Salamine , par S d'Abrins 2, jt Teucer qui fuyant la colére S @ACrAS, Sappeloic Feucer ; qui fuyant la colér RSS Ware Ne de (on pére Telamon , s’étois . Venus Amathufa /; & réfugié chez eux. le derniet Jupiter de Salamine, qu'avoit bâti Feucer ss fuïanc la colére dé fon pére Tela- LA à OR ef AT TL 2 ri di ES CS Liv. NOTES HISTORIQUE s. + RAïnf furnommée, parce que cctemple étoit. dans la ville de Paphos dite aujourd’hui ee - LM avoit dans cetreifle une ville apeilée Amatonte , dites: “aujourd'hui Zi5ffo : mais ce net prefque plus qu'un village, -. # Mdouna le furnom de Salamine à ce temple de J upitesen: l'honneur defa patrie, ee re S \ 3ÿ4 Las ANNALrS DE TACiTe. LXIV. Ées autres Députez eurent aufli au dience , mais le Sénat fatigué d'entendre tant degens, & importuné des brigues, qu'on fais oit pour les uns, & pour les autres , donna :£ : > . 2 « « aux Confuls la commiflion d'éxaminer les ti- tres de ces villes, pour en faire enfuite leur ras port. Les Confuls en firent un , qui fut favo= sable à la ville de Pergame, difant, que le téra- pled’Efculape étoitun añleauthentique nauff. bien que ceux dont je viens de parler ; mais. . que l'origine de tous les aucres étoit incertai- ne 1 à caufe de l'antiquité. Car Smirne & Te: - -. nef RS&FLEXIONS POLITIQUES. 3 fl ya bien des priviléges & des exemtions, done : ne Fa on means CRC CEE D Ve rence A æ: = NOTES HISTORIQUES ÿ L’Ertife d’Orleans eft le plus célebre & le plus authenti- queafñle qu'il y ait aujourd'hui en France , & peut-étreen - soute l'Europe; le privilege, qu'ont fes Evèques ; de délivrer» àleur entrée, tous lescriminels , qui y viennent de-tous les ændroits du Royaume , excepté les criminelsde lee Majeñté, layant été confervé par une poffeffion & joüiffancenoninter- rompué depuis.le rems de S. Aignan, 8. autorifée par le con- - fentement de tousnos Rois, & par l’aveu de tous les Fribu- di ‘paux & Magiftrats du Royaume , quinont jamais contefé ce droit, Ainfi, le favant HiRoriografe Hadrien Valois a. raifon de S étonner de la négligence des Orleannois, qui férant& ce Le tébrant , par une proceffion générale, le huiriéme jour deMais : pouravoir été délivrez à pareil jour d'un fiéue des Anglois > _{env429.) ne fêtent pasler4 de Juin, qui eftie jour au» - quel teurs anceftres chafferent [Attila & les Huns,quilestes noientétroitementafliegez, Qzerr diem s ajoûce.t il , f; 9#47- doforrocelebrare voluerint , fciant anno1429.18. Kal. Jul» _quéefi Jurii dies quartus decimus ; Hwwnos nrbe expulfes sas | majeres faos caprivirate miferd 46 vinculis effe libgratgse NO ma Galliarum, ut, Geraéarm lu aider" as nn fau dé dt FPT PROS PT PIPOR TT Livre Trorsite Me is nos aleguoient toutes deux un oracle d’Apol= lon , qui leur avoit commandé de bâtir un temple à Venus Stratonicide , & un autre à Neptune avec une ftatuê.Sardes & milet ra- portoient des conceflions plus nouvelles , l'ane d'Aléxandre en l'honneur de Diane, & l’autre de Darius en l'honneur d’Apollon. Créte pré- tendoit la même grace pour une flatuë du di- vin Aupgufte. Le Sénat donna là deflus divers arrêts, où parlant avec beaucoup de refpet , du culte des Dieux ; il ne lailoic pas de mo- dérer les priviléges 2 de leurs temples , avec LS - COM REFLEXIONS PoLirrques, on pêut dire ce qu'un Docteur a dir dela Donation de Confrantin, qu'elle a été lue par les aveugles; oute par les fourds ; & racontée par les muets. Si, felon le Car= dinal du Perron, routes les Epîtres des Papes ont biere étés forgées & fabriquées par des Moines da:rems de Charlemagne, l'on peut croire avec beaucoup de rai— for , qu’ils fonr eux-mêmes les auteurs de Ja plufpare de leurs cartulaires. EE 2 Ées Princes doivent s'abftenir religiewfement de violer les Immunirez Eccléfaftiques > Mais quand ces _éxemt'ons dégénérent en abus, ils font obligez d'y - aporter le reméde néceffaire. Théodoric,Roi d'Italie, ordonnoit aux Masiftrats de défendre l'Eglife, &de : : Ja maïnrenir dans fes droits , mais fans préjudicier à ceux de Ja Roïaute, fxlua cévilitate, dit Caffiodore, _ÆEtc'eft en ce fens, qne Charle-quint venant fe faire ceuronner Empereur en Italie, répenditaux Eépats du Pape, qui alérent le recevoir à Gcres)qu’ilne violeroie Jamais les droits & les Privileges de lEalife ; mais Gé ao 356 Les ANNALES DE TACITE. commandement a toutesces villes de faire gra= ver la prefente ordonnance en des tables d'ai- rain , qui feroient attachées en gwelque endroit à remarquable du temple; foit pour en conferyer n l2 mémoire , où pour empêcher, que , fous. couleur de fcligion , l'on ne tombät dans une fuperftition e vaine & ridicule. EXV. REFLEXIONS POLITIQUES. auf, qu'il fouciendroir ceux de l’Empire, fans fou- frir, quel'Eglile y fir aucun changement. S#ave#r# cmprela 94.€ Donÿnan Antonio de Vera dans l'Epi= orme de fa Vie. L'immunité, qu'ont les Ecclefafiques, ajoûte celui-ci, eft bien pour les privilégier,mais non pas pour les éxemcer de leur devoir; c'eft pour leur tzecir la circonférence , dans Jaquelle ils ont à vivre, & non pas pour leur lâcher la bride, nipourleurpers | metre de fortir des bornes de la modeflie requife à leur érar. sn NOTES HISTORIQUES | b Si Meffieurs les Genois ont foin de conferver la mémoire du miférable état ; où leur ville futréduiteparnôtrearméen | vale en l’année 1682. ilsne fe feront plus, comme ils faifoient à depuis fi long-tems, fur la lettre de S. Bernard, dontondit; | que Poriginal fe trouve encore dans leurs Archives,par faquele fe ce Saint leur promet de ne les oublier jamais. 2#4ter2wms | dit il parlanta la ville de Gennes , os oblivifiartui ; plels | devetz ; honorabils gens, civiras illufiris. Epifte 129: adfar | _maenfes.Xis auront beau lui faire.desvœux {olennels,&luidédien £ destemples,pourytronver un file contre fes armes dela Frans ) ce, il laiffera bombarder leur ville ; ét détrnire entiérement SE feur République, s’ilsne fe contiennent dans es termes ne. | _méfpe@& de la modeflie. En l'année r62$. certe Répabliques ï ayant da guere contre le Duc de Savoie fit vœu à S4 LUS un TS Fe He 4 VS à 4 AU RS D HET MEET EEE iE Livre TROISIEME - 5$7 LXV. Vers le mêmetems , une maladie dangereufe de l'Impératrice obligea Tibére de hâter fon retour à Rome, la mére & le Fils vivant encore bien enfemble ‘, ou du moins cachant réciproquement leur haine. Car, peu auparavant , Livia , dédiant une ftatué à Au- gufte , affez près du théatre de Marcellus , avoit mis le nom de fon fils après le fien , de quoi l'on croyoit que Tibére avoit eu un profond reflentiment , comme d'une indionité faite à [a majefté du Prince 1, quoiqu'il n'en eût rien = ee té- REFLEXIONS POLITIQUES. x La Majefté ne reconnoît point de titre fupérieur. Comme Rois , les Reis n’ont point de mére, & par conféquent leur mére doit avoir pour eux le même refpeét que léurs fujers, dont elle eft du nombre. €e que fit à Ferrare la Reine d’'Efpagne Marouerite d’Au- triche, qui dans Ja premiere vifire qu'elle rendit au Pa peClément VITE avec lPArchiduchefledeGretz fa me- re, céda le fauteuil , qui étoit préparé pourelle, à —. : Sr PACE + +0 TE $ HISTORI QUES. | fe mettre an nombre de fes Patrons, de célébrer à perpetuité fa fête avec une proceflion générale ; de lui bâtir une Chapelle & de donner tous les ans une certaine dot à douze pauvres filles, Dom Jean Mabillon Benedi@in :# #01 ad Epiféolas D, Bernar- di CebonSa.nt &tousles autres de Paradis, dit un de nos - prelats, fe conforment à ta volonté de Dieu , qui donne la paix &la guerre; felon qu’il plait à fa providence, qui fe rit delaprudenceprétendue des mortels. Lerrre de M° de Marque= Pour Archev. de Sion , dus. Mai:G2$: dans le x, tome de. Mémoires pour l'Hiltoire du Cardinal de Richehiers, 156 Lrs ÂNNAL»S bre Taciva. - témoigné. On décerna donc alors des priéres. aux Dieux , & des jeux folemnels, que donnee Toient les Pontifes, les Augures, & les colé- ges des quinze & des fept, avec les Prêtres d'Augulte, Eucius Apronius vouloit que les Féciaux p préfidaffent auffià ces jeux, mais Ti bére l'empécha , montrant par des éxemples, qu'ils n'ayoient jamais eu cet honneur, qui mettoit une jufte différence entreux & les-au- tres facerdoces ; & que fi les Prétres d’Augufte . 4 Étoient adjoints à cette cérémonie , c'étoit parce: RErLExIONS Porrrrquess. : PArchiduchefle , & pric l’autre place, * peut bien être’ donné pout un exemple de piété filiale,mais non poin pour une aétion décente à la Majefté. On pourroit mê- me dire, qu'en céte rencontre céte jeune Reine violq toutes les réples de la bienf£ance & de la juftice, paif- que pour honorer fa mére, elle manquoit au refpc qu'elle devoit à la disnicé de fon mari. Et ce fut pour. réparer céte faute, que Clément ft aporter aufli-rôt un autre fige pour la Reine,quine pouyoirpasocupes “Celui de l’Archiduchefle, fans b'effer la majefté duRoi d'Efpaone. * Gracian dans le $9. Difcours de fon Agu= deza, La perfônne du Prince, dit Antoire Perez» peut bien fe donner un compagnon , mais l'office de Re — Princæ Preftres. £x aux Jeux publics, NOTES HISTORIQUES _ - p Gens, qui avoient foin destraitez & des ailiances > &qué - @nfaifoientles cérémonies. Leur Colége étoit compolé devinge H°7 Qui n’avoient pas droit , non plus que les Féciaux, de pré è Livre TROISIE ME Tfæ parce qu'ils appartenoient , come Officiers , à la maifon pour laquelle on faifoit ces priéres. LXVI Ce n'eft pas mon deflein de rapor- ter ici toutes les opinions, mais {eulement cel- les, qui font finguliéres par un garaébére de li- berté, ou par quelque flaterie rafinée ; car je tiens, que le principal devoir d'un Hiftorien eft de netaireniles vertus , ni les vices, afin que chacun ait peur du jugement de la pofté- ritér, & fuye l'infamie. Au refke cestems-là a : : firent REërLEXIONS POLITIQUES. Prince n’en foufre point. Et c’eft ce que les Anciens -ont voulu faireentendre, en difant, que Jupiter di ftribua aux autres Dieux le Caducée, le Trident, & plufeurs autres marques de puiffance, maïs retint toujours le fceptre &la foudre. Dans les aforifines des fécondes létres. es : - 2 Qui pourra jamais étouper laboucheälapolterité, & l'empêcher de parler de ceux, qui ne fe fervent de leur puiffance , que pour commétre impunement des rimes ? Quelques loix qu'on fañle, les méchans ne - pourront jamais éviter céte punition 5 & s'ils ont tous. | __ Jeurs plaifirs durant eur vie, il faut au moïns qu'ils. F ce déplaifir , & ce ver fur le cœur, de favoir, que ie les déchire & les maudir fecrérément : & que * les Ecrivaisneles épargneront pas après leur mort.” = Ala fin du dernier difcours de la fatireMénippée. Sarire, 4 — que le Chancelierde Chivernidirétreun chef-d'œuvre, | & un monument, qui écrira d'un oprobre éternel la | _ mémoire des aureurs & desentremeteurs de la Licue, - & (ervira d'exemple a leurs fmblables, pour les dé- tourner de s'embarquer en de telles entréprifes, Dazs fes Mémoires, Orcomme la craiace de l'infamie don= a — eng 160 LES ANNALES pr FACIT-r. furent f corrompus, & la contagion de la fa- terie fi grande , que non feulementles premiers de la Ville, qui re pouvoient fe maintenir, que par des foumiflions , maistous les confu- - laires, & la plûpart des prétoriens ; comme. aufli beaucoup de Sénateurs défignezr, difpu- toient à l'envi, à qui onvriroit les avis les plus agréables au Prince. Et l'on dit que Tibére ne fortoit jamais du Séñat, qu'il ne s'écrit en grec, Ah que ces hommes aiment la fervitue dé ! Tant celui même qui ne pouvoit fouffrir B liberté publique , avoit d'averhion pour les . ames ferviles. D. EXVII. Des chofés mal- honnêtes on paf- ! fa peu-à peu aux pernicieufes r. Mamercus a - . Scau- RéFLExIONS Porir IQUES. ne de l’avcrfion pour les vices., les Exemples de vertu, qui font.racontez dans l'Hiftoire, nous fervent d'éouils | - lonä imiter ceux , qui nous les ont laiffez. ee 1 Quand une fois la complaifance {ervile à prisracine dans lefprit des Magiftrats, ils ne tardenr ouéreàs'a coûtumer à Ja cruauré, Les Juges , quicherchenta faire Jeur fortune, font toujours de rrès-méchans Jus PR Re Rue Le ESS HF NOTES HISTORIQUES. r Tacitedit, pedaré fesarores , qui elon Aulu gelle après. Varron, n’étoient paSproprement Sénateurs , parce que les -Cenfeurs n’avoient pas encore enregifiré leurs noms. Etc pour certe raifon que Don Carlos Colenia traduit, pédarii Je #atones ; os que entravar en Senadvu, fineltar tferssosen los lie bros delos Cenfores. Maïs ces pedarü , félon le même Aulugel - As sue laiffoienr pas d'entrer au Senat , & d’y avoir leur voiæ Len — DS PAPAS STEOT EN PPATITEN E TIR nan) QG er imenegién Te Lo Livre TRoOISIF ME. 167 Scaurus, confulaire, Junius Otho , Préteur, & Biutidius Niger , Edile, attaquerentenfem- ble C. Silanus, Proconful d'Afe, déja accufé de péculat par les Alliez , le chargeant d’avoir violé la divinité d'Augufte, & méprifé là ma- jcfté de Tibére. Scaurus juftifioit fon procédé par des éxemplesanciens,aléguant,que L.Corta avoit été accufé-par Scipion l'Afriquain ; Sér Galba , par Gaton le Cenfeur ; & P. Rutilius, par M, Scaurus. Comme fi Scipion & Caton euffent jamais vengé des injures imaginaires ; ou que Mamercus , l'oprobre de fes ancêtres, eût fuivi les traces de- fon bifayeul Scaurus, dont il deshonoroit le nom parle métier infa- me de délateur. Junius. Otho avoit fait au- trefois celui de maître d'école . & devenu fé- nateur par la faveur de S:jan , il vouloir rele- ver la baffeife de fa naifance par des entrepri- {es contre les Grands 2. Brutidius ; avec toutes REFLEX I ONS POLITIQUES, : gts, C'eft pour cela que l'Ecléfiaftique dit: Abftiens-" roi de demander au Roïla chaire d'honneur, & ne fon- ge point à devenir Juve, fi tu n’as aflez de courage , pour c'opofer à l’iniquicé fans craindre les menaces du plus fort. Chap. 7. : 2 Les Grands n'onr jamais de plus grans ennemis, que ceux, qui d'une baffle naiflance {ont parvenus au maniment des afaires publiques. Il feroit également odieux & fuperflu d'ênraporter des exemples do méftiques, chacun en aïaot cent devanc les yeux. La auf de cére haine, fcion Tacites ft, 444 mimori- ee + bus 162 Les ANNarr $ DE TAcrre, les bonnes qualitez qu'ilavoit, pouvoit afpires! aux plus hautes charges, s'il ne fe für pas écar- y 4 ES _s : * . té du bon chemin , à force de vouloir devan | cer fes égaux ; & puis fes fupérieurs , & enfin Le r PES LA ies paopres cfpérançces- Ecueil ; où ont péri beaucoup -de gens - de - bien pour s'être hâtez | d’avoir , avant letems , ce qu'ils auroient aquis & poflédé fansdanger, fic'eûñt O%:sils fe fuffene 5 7 = contentez de ob. Ête plus tard ‘3e ténir plus tard, EXVHL … ions Moir FIQUES. bus major smnlandi cura. GE. 4. parce que les petits obt: raturellement de la mauvaife humeur concrelés Grans: Maisil y en a encoreune autre micux fondée: > = ES 22 . BST LES £ ceft qu'il n'ya suéredepcrits, quin aïent reçu quel: que deplaïfir des Grans, ou qui n'en aïicnréré Oprimez, - A, il nyen a guére, ni même point, quientrers | PERS “dans les afaires, éxemts de tout reflentiiment. L'un sontraire, avoir le cœur bien placé. El ya des efprirs : — à qu Le ET TS ORNE ETUDE meer SCT ATTEPRNONNIEEN NOTE EPNETTSSSEESE SEE PRRNIEE dés dé EPA CS “Livres TrRorsi PME 165 _LXVIH. G.lhus Poplicola , Quefteur de Silanus , & M. Paconius, fon Lientenant, aug- c — men REFLECTIONS POLITIQUES. quive favent point atendre; & cela vient de’eurexcef- five ambition : car ils veulent prefque en même tems palfer leurs égaux ; & puis leurs fupérieurs, & devan- cer leurs propres efpérances, Pouñlez par leur impé= tuofire naturelle, ils négligenc les moiens les plussurs, commetardifs , & embraflenc les plus courts , quoi que cefoient [es plus dangereux. Ilarrive d'ordinaire à ces sens-là la même chofe qu'aux édifices fairsala hâ- \ te,fans donner tems de fécheraux matériaux; ils tom benc incontinent.. Les arbres., qui, la premiére cha- icur,-pouffenc leurs fleurs, les perdent aufh-tôt, pour - n'avoir pas atendu, quéles rigueurs de l'hiver fufene pailées.-Celui-1à ne recuifle jamais le: fruic des afais : res, qui lesveur avancer avec les mains > Pimpatience les. fair avorter, & ne fert qu'à accelérer les dangers. Sanvedraemprefapolis.34:En moins dun an -N...… Mancor fut Mai ie des Requêtes Premier Prefident =: d'Erar de la guerre, 8& Garde FETE niftere du Cardinal de Richelieu , pour fe faire des créatures , & donner des marques fi éclatantes de fon. pouvoir, que chacun eûr liew d'en acribuer la caufe à: tour ce qui éroir le plus capable de fatisfaire fon am birion & fa vanité. Mémoires de M le Dur. 46 L. Ra L xéé Les Annatrs ps TAcite. ter de nouveau Tibére f, qu'à l'avenir il ne faloit point laifler tirer au fort les provinces à ceux dont la vie feroit tachée d'infamie , &. que ce feroit le Prince , qui en jugeroit 3: A. que De : Ca REFLExIONS POLITIQUES. ‘ | 3 Voilà unde ces avis de belle apatence , qui, fous | couleur d'augmenter l'autorité des Princes, la ruinent k en éfet. Dolabella donnoit à Tibére un moïen d'ex- clure desGouvernemens tous ceux qui lui déplairoienr; … mais d'un autre côté il lexpofoirälahaine de la plul- W part desGrans s'il eût fait la faute d'accepter ce parti, M.le Cardinal de Richelieu parlant de Ja vénalicé des Offices, conclurqu'il vaut mieux la continuer , quede la fuprimer, pour donner gratuitement les charges, Bien que, dit-il, da fupreffion de la vénaliré & de l’he= rédité des O ices foit conforme à la raïfon, & à toures. esconfticutions du Droit, feft-ce néanmoins , que les abus inévicables, quife commeétroi:nt en la difiri butin des charges, fi elles dépendoient de la fimple “+ volonté des Rois, en rendent la vénaliré tolérable Car en telcas les artifices de la Cour pourtoient plus que la raifon , & la faveur plus quele mérite, Ergwatre pages après : Au lieu que ctie fupreffion devroit ouvrir Ja porte à la vertu, elle l’ouvriroit aux brigues &cau factions , & rempliroir les charges d'Officiers de bal extraction, .... La foibleffe de nôtre fiécleeft Île, CR AT ETS date ESS 2 NRA NN Tee TT ETES te … quo NOTES HISTORIQUES À fCar c'eft lui , qui avoit décerné à ribére l'honneur de PO=. Varios, pour quaud il retourneroit à Rome; & de qui T.bére. = fe moqua en écrivant au Sénat ; qu’il n’avoit pas coutume S'aceprer le triomphe pour les promenades ; qu'il feloit aus : RAR RES LIVRE TROISIE ME. 167 que comme les loix punifloient Les coupables, il feroit plus doux aux gens de mauvaife con- duite d'être empêchez de tomber en faute ; & plus agréable aux provinces de n'avoir plus oc- Cafion de fe plaindre. à XX LEmpereur dit au contraire. » Qu'il avoit {à tout ce quon difoit de Silanus = # Mais quil ne faloit pas s'arrêter aux bruits » du Peuple : Que plufieurs s’écoient compor- »teZ dans les provinces tout autrement que » lon n'avoit pente ; que véritablement quel= # Ques-uns fuccomboient fous le poids des » affaires, mais que d’antres y réveilloient leur - EE nine e REFLEXIONS PoLiTiqueEs, qu'on fe laïfle plutôt aler aux importunitez, que cons duire par Ja raifon ; & qu'au lieu d’être guidé par le juftice, oueft d'ordinaireemporté par la faveur. L'ex- périence du pafé nous doit faire craindre l'avenir, tane parce qu'elle nousateujeurs fair voir,que les plus pui- flans en crédit gagnent fouvent leur Caufe au preju- tlice dela vertu ; que parce que le Prince & fes conf dens ne pouvant connoître Je mérite des perfonnes, que parle jugement du tiers & du quart, 1l leur arrive fou- Vent de prendre Fombre pour le corps, Sedion 1. du Chap. 4, de la premiere Partie du Teflament Politiques _ Aucrcfois, les Papes preconifc noïent au Cardinalar - Îes jugemens qu'onfe que de proceder à Ja Promorie _ déSenvicux & des médifans, fices, & de mille. menfonge perfonnes, qu'ils baifloiene, oient ceux qu'ils defti > Pour avoir le rems d’'aprendre roit des S ujets préconifez, avant n5 mais Ja malivniré qui ufoient de mille arris S, pour faire exclure lee fit abolir cer ufage, PR EEE CE que tout le monde avoit ju ‘p'aiant ni biens te, ne font pas fortefli ü 768 Les ANNALES pa TACITE. #» induftrie 1 : Que le Prince n€ pouvoit pag » toutprévoir , & que d'ailleurs il ne lui con , # venoit pas dé Sen raporter aveuglément au | » témoignage intéreflé d'autrui : Que les loix ‘ » ne | REFLEXIONS POLITIQUES. - à J'ai fouvent penfé, dit J'Ammirato, d’où peur ve, nir , que les uns rétfMiflenr mieux dans les emplois, . & les autres moins bien, qu'onne l’avoit cfperé d'eux, Par exemple, Vefpañien devine meilleur & plus mode- ré, après qu'il fuc Empereur : au contraire, Gulbs eût toujours été crû digne de l'être, s’il ne leur jamais ëré. Die IV. que je pourrois comparer au premier, fur pafla tout ce qu’on avoirattendu de luis& Clément VI, gécrès-capable d’écrePape, ne réuffir pas mieux que Gaïba. Pour réfoudre cegou- à té, fervons-nous d'une comparaifon. Voici deux va fes, l'un petit, & plein d’une liqueur ; &c Pautre orand : & prefque vuide. Je dis , que le plein eft un homme, | conftitué dans une charge proporrionnée à fa fufie | fance. Ceux qui voient cer homme porter fi-bienfa lance , comine dit le Proverbe, inférent,qu'il pourroit. 5: réuffir de même dans un plus grand pofte,ne s'aperce= se vant pas que fon vale cf plein de toute Ja liqueur,qu'il ASE peutrenif, & que fi l'on y en métoit davantage, verferoit. Tel fur. Galba, qui tandis qu'ilfut homm privé, parut plus grand homme qu'iln’étoir en ÉfeE Les grans vafes,prefque vuides,ouù du moins quine fo: pas pleins , fo Me el en de Li ares ergnene nt les hommes de prand efprit , Jefquels ni emplois ; convenables à leurmert- | mez , (oit qu'ils naportent pas foutre la diligence, où léxa&itude, quil fandror, dans les chofes qu'ils font; où que ces chofes n'étant pas proportionnées à ce dont ils fonc capables, ls , se ; d'air SPUUET. | COROARERET : 1 LIVRE TROISIE ME. - 169 5 Ne Jjugcoient que: des chofes faites, parce # que les chofes futures font incertaines ; ,” quil nefaloitrien changer à ce que nos an- =» CÔLTES R£EFLEXIONS PoLiTirQUES. n'aient pas lieu de faire connoître ce qu’on pourroie atrendre d'eux : au lieu que dans êne forcune , qui peut cmplir Jensvafe, is viennent à déveloper contre. l'attentecommune, céte grandeur d’ame, & céte fu blimicé d'efprir , que ieur bxfÎe fortune tenoit enfeve= "Ke ...., Vefpañen, de qui nous avons dejà parlé, h'aïant pas fait nétoïer les tües, avec tour le foin, qu'on lui avoit erdouné , Caligula lui fit emplir fe par de fa robe de boïe & d’ordure ; & fous Néron , il fat lir à perdre la vie, pour s'être endormi, pendant que Néron chantoit fur le théatre. De quoiilne faut pas: . S'éronner ; atendu qu'il n'écoit pas né pour ces badi- Ecries ,& que fon vafe pour être pleis , avoir befoin d'uteauf grande mefure, que celle de l'Erupire du monde , qu'il gouverna depuis. Défcours. onxiéme du ivre 3. defon Cominentaire(ur Tacire. Le pére de Guil-. laume ; Duc de Mantoïüe, vouloir, qu'il fe Fit Prêtre, : à caufe qu'il étoit petit & boffu, jugeant de‘fon ef. prit par {on corps ; mais Guillaume n'en voulut rien faire, & quand ü fut Duc, il montra par lPacquifition du Moñtferrar, & de quelques aurres cigneuries , qu'ilne faut pas melurer les hommes à laune,& qu'un grandefprir loge fouvent dans un petit corps. Au re fte, combien meurt-il d'egcellens hommes, féns être. connus, lefquels fe feroicnc aie admirer ar tout, fe . Oh {és eût emploïez ? Comment Arnaud d'Offar au roir-il pû montrer, qu'il éroit n€ pour la névocia… tion, fi Henry IV. ne l'eûr pas fait fon ‘Procureur, pour folicirer fon abfolution à la Cour de Rome? : TIMOR. H { 170 Lrs ANNALES pr TaciTr. » cêtrés avoient fagement ordonné 2 5 & qu- » de tout tems les peines ayant fuivi les cri. » MES ; on.ne devoit point abolir cet ufage » que les Princes avoient autant de charge, » qu'ils en pouvoient porter 3 3 & même allez » d'autorité po#r en être contens ; qu on Ôtoit “aux loix ce qu'on donnoit 0%, qu'on dimi: SE nuoit -le pouvoir de tropaux Princes , & He de los ie 1e » le pouvoir ab{olu n'avoir que fois qu'on augmen: | : . toit celui des Prin- # faire, où celui des loix étoir KE » (üffe REFLEXIONS POLITIQUES. 2 Ce qui eft fait par les Princes, dont la conduite PTE EE pero et à ou rapare nier a €té judicieufe , ne peut pas être changé avec raifon, « fi l'expérience n'en fait connoître le préjudice, & f l'on ne voit clairement qu’on peur faire mieux. Sein 1. duchap, 4, de la premiere partie du Teftament Poli- tique. es 3 In'ya plus de juftice, lorfque le Prirce veurètre | fouverain en tout. La Roiïauté, dit Antoine Perez, _eftune charge, & par conféquent les actions de celui, qui exerce cêre charge, ne déperdent pas de fa volonté perfonelle, mais des régles & des conditions, que les | peuples lai ont impofées, & qu'il a lui même aecep- | tés: Er f le Prince y contrevient, parce que cene - font que des conventions humaines, il ne peur pas marquer à celles que lui ont prefcrites la loi divine & la loi naturelle, qui font les fouveraines des Rois, auffi bien que des bergers. Dans les aforifmes de [es à Relations. Er dans un autre endroit, il dit, que h | couronne des Rois eft faite en cercle, pour les avertit des bornes du pouvoir humain, Ferdinand le Catholi- que difoit, (je ne fai pas s'il le partiquoir } que le meilleur moyen de conferver la Roïauté & les Roïau- ee : | mes Livre TRoIsIE Me 151 # fufifant. Cette réponfe fut d'autant mieux reçüé , que Tibére étoit rarement fi populai- re. Et comme il favoic très bien ufer de dou- ceur , lorfqu'il ne s’agifloit pas de venger fes propres offenfes , il ajoûta, que l'ifls de Giare époit afreufe & deferte; & que celle de Cithére ne fe devoit pas refufer à un homme de la fa- mille Tunia , & qui avoit été du Sénat , niaux priéres de fa fœur Torquata , dont la vertu ga. loit celle des anciennes Veftales. Et cet avis fut fuivi. LXXT. Les Ciréniens furent oüis enfuite . & Cefius Cordus , acculé de péculat par An- carius Prifcus ; fut condamné. Mais Tibére fe abfoudre L. Ennius , Chevalier Romain, acufé de leze majefté , pour avoir converti une fta- tué du Prince en monnoye: & quoi qu Âteïus Capiton remontrât avecchaleur, & comme s'il eût pris le parti de la liberté , qu'un fi grand crime ne devoit pas refker impuni ; & que c'évoit bien affez que le Prince étoufât {on propre reflentiment , fans Oter au Sénat le pouvoir de punir les offenfes faites à la Répu- blique 1 5 Tibére , qui preuoit plus garde au — Hz fens REFLEXIONS POLiTiIQUE s. nes étoit , de tenir dans l'équilibre la fatisfa@ion du Roi & celle du Roïaume. Ra 1 n'ya point de plus agréable, ni de plus fine flaterie , que celle qui {e couvre du mafque de ja cor TE - reétion, Ÿ 172 Les ANNALES pa TaAcirs. fens qu’au fon de cés paroles, perfilta dans la vo’ lonté de renvoyer Eonius ablous , au grand des- honneur de Capiton., qui tout favaur quil étoit dans le dro tdivin & humain, avoir fouillé 4 les belles qualirez de Magiftrat , & d'homme prie | vé, quiie rendoient illuftre 2. LXXIT RE5FLEXIONS POLITIQUess,. > reétion ; oùde la liberté ; car elle prend leshomimes, & particuhérement es Pinces, par l'endroit le plus: délicat de leur amour propre. Plurarque dir quil en eit de céte feinre liberie, comme des merfures des Courtifares qui bien loin de faire du mal, pro= voquent le plaifir. Les Princes ont les oreilles fi fou- . « vent rchatuës dés fareries communes, qu'ils fe lafle- roient d'être flatez , fi de tems.en tems on ne leur 4> prêtoit cére viande de Cour avec des ingrédiens nou- veaux , qui leur font tevenir lapetit à une nourriture, dont fes favoris feroient très-fâchez qu'ils fe décoi- taflerc. À — : ce 2 Lesméchars, dit Commines , empirent de beau- coupde favoir, au lieu que les bons en amendenr. …. Ces gens de robe longue conviennent bienaux Princes, q uand NOTES HISTORIQUES # Le latinporte, egregium publicum, qu'Eman uel Sueyro tra duit, la reparation de la Républiva > D, Carlos coloma , /27e< putacion publica; Adriano Politi , la repuracione pablica 5 M. ÉTÉ NRA FES de Chanvalon , l'Etat ; d'Ablancourt à fon ordinaire, fuit la à difficulté Rodolfele Maitre fait bande à part: Capiton, dir. il avoit terni Le plus beau juftre de fesa@ions publiques, & defes vertus domeftiques. Sens, qui me paroît fort raifonnable, at- tendu que ce Senateur ayant été Conful, & par conféquens - Magiffrac public, racite a pçut étre voulu parler des diferens “états de {à vie, 4 il Livre TRoISIFME 17; : LXXIL On délibéra aufli fur un point de religion, fcavoir , en quel temple on met- troit l'offrande, que les Chevaliers Romains _avoient vouée à la Fortune Equeftre pour la fanté de l'Impérarrice. Car bien que cette Décile eût plufeurs temples dans la Ville, il n yen avoitaucun qui elt ce furnom x. Mais s'en étant trouvé un, qui s'appelloit ainfi, à Antium ; il fnt rélolu d'y porter le don , d'au- tant plus volontiers, que toutes les cérémo- nies de religion, qui fe pratiquoient dans les villes de l'Italie, étoient, ainñ que les temples .& les images des Dieux, de la jurifdition de l'Empire Romain. Et commeil fe parloit de —— —. He + <cho- "REFLEXIONS POLITIQUES. quandils font bons, mais font bien dangereux , quand ils font mauvais. Livre 2. chap, 6. livre $. chap der- nier. Le Pape Nicolas IFI avoit coùtume de dire, que da fcience fans la /probité éroït un poifon fans remede, Pagliarr oblervatien 431. — es . CRTER RSR EC ARTE NOTES HISTORIQUES. rite Live livre 42: ditie contraïre, racontant que Quins - sus FulviusElaccus,, étant Préteur en Efpagne , voua à la For- tune Equeftre un temple, qu’il bâtir depuis à Rome fous le Confular de Livius-Pofthumus Albinus& de Marcus Popilius Lenas , durant lequelil exerçoït la charge de Cenfeur, Mais - comme ce templene fut jamais dedié , (oit à caufe de la mort deEulvius , qui mourut l’année d'après [a Cenfure ; ou parce quel’édifice n’étoit pas encore achevé , c’eft probablémene pour cette raifon ; que Tracitea dit qu'il n’y avoit pointde æemple de ce homa Rome ;, attendu que Je nom ne s’impofoit gue dans la cérémonie de la dédicace, = À 374 Les ANNALES pe TAcire. chofes appartenantes à la religion. Tibére, qui avoit diféré de répondre fur l’article de Ser- vius Milugineofis, Prêtre de Jupiter, raporta un deécrét des Pontifest, fair fous le reone d'Augufte , lequel portoit , Que fi le Prêtre de Jupiter fe trouvoic indifpofé , il pourroit, avec la permiffion du Grand Pontife ,s’abfen- ter de Rome pour deux jours ; pourvü que cé ne fuffent pas dés jours de facrifice à , & que = cela RIFLEXIONS POLITIQUES. -3 C'eft une chofe déplorable,que les Païens aïent fait ©blerver f étroitement la réfidence À leurs faux Prè- tres, & qu'il faille prefque tous les jonrs des ordonran- ces du Prince, & desariéts des Parlemens ; pour faire aler nos Evêques à leurs Diocefes.Un Prêtre de Jupiter ne pouvoir pas étre abfent de Rome plus de deux jours, encore faloir- il que ce fût des jours ;où il n’yeûtau. cune cérémonie rcliaieufe à faire. Aujourd hui il eft. sour commun de voir des Evêques qui font des années entières à Paris, ou à la Cour, & qui ne font connus de leurs diocefains, que par le récit de Jeuts fermiers, & d’autres, qui n’ort jamais ja goute, que dans les Quätre-rems. Que diroit Saint Bernard > qui fouhaï- toit avec tant de pañflion de voir l'Eglife de Dieu tel-. le qu'elle étoir du tems que les Apôtres laxabant re fa in capturam dit-il au Pape Eugene , on ir cap- 2HTAIN Auri vel-argenti, [ed 1 Captara ANITBBTHMe Epifi. 237, Cependant, il n°y en à pasun, dir le feu Roï dans une létre circulaire sances ce de Roïaume, les obligent à une réfidence attuelle , de laquelle dépend principalement Je-bon Of+ > qu'il leur écrivit pour la réfidence, qui puifie ignorer, que les Canons de l'E ghife , ( dontles Rois font éxécuteurs } & les Ordon- "ges - AL EE A CL En ER LT Livre TRoïsirMr. 17$ cela n'arrivât pas plus de deux fois en une mé- meannée. Témoignage , qu'il n'étoit point permis au Prêtre de Jupiter des'ab'enterunan, fi par confequent, d'être Gouverneur de pro- vince. Il aléouoit encore l'éxemple du Ponri- H: 4 fe REFRLEXIONS POLITIQUES. dre, & Ja difcipline de leurs Dioccfes. Tome $. des Më- moires du Cardinal de Richelieu. Les Evêchez, dit le Cardinal d'Oflat , fonc les plus grandes & les plusim- portantes charges de l’Eolife , qui requicrent la pre- fence & réfidence des Prélats, pour être bien adimini- ftrées, fur- tout en un rems fi déréglé comme eft celui- ci; encore y a-t-il bien afaire à s'en bien aquirer, quand l'Evêqueeft-préfenc, pour foioneux, diligeur; & zelé qu'ilfoit. Letre 528. Celle que Denis de Mar- quemont , Archevèque de Lion , écrivit au Cardinal de Richelieu ; pour être rapellé en France, eftencore plus forte & plus rouchanre. ,, Cére Rome, dir-il, 53 Qui a étéaucrefoisinon Eden & mes délices , m'eft >» deveruben ce derrier voyage infurportable, que » je nai plus ni efprir ni fanté, ni réfolution , pour 1 ÿ dem'urer davantage. Ce n'eft-pas le fair d’un Ar- >» chevêque de Lion, nid’une barbe blanche, de pañler -»> toute fa viedans des cortéocs & des antichambres, >» Je laifle le pluseffentiel , qui fonc les r'proches de 5» ma confcience, & les confolations , dont je fuis >> Piivé, & après lefquelles je foupiretousles jours , _»1 pour les avoir goûréces quelque rems fort fenfible- >» ment dans les fonctions de ma charge. Dans les Mem. du Mrniflére du Card. de Rich. Don Frañcilcé “Saimiento, Evêquede Jaën , refufa la charge de Pre- -fident de Caftille, que Filippe IT. le prefloir d’accep- ter, difant ; qu'il ne le pouvoir faire en confcience s Jui, qui croïoir la réfidence d'obligation divine.* Voi: À ce qui s’apelle parler en Prélac. * Dichos 3 he:hos ae D. Felipe Li, =. “ > - \ 176 Les ANNALE»S pr TAcirTe. fe L. Metellus, quiavoit retenu à Rome Au- lus Poftumius Prêtre de Afars. Ainf le gou- _Vernement de l’A fie fut donné au Confnlaire, qui étoit le plusancien après Maluginenfs. . LXXHI. En ce même tems, Lepidus de- manda au Sésat la permiffion de rebâtir & d'embellir à {es pronyes dépens la Bifilique y. de Pauins, le principal monumentde la famil. se , A 5 le Emilia. Car c'étoit encore la coûtumes que les particuliers fe piquoient de montrer leur magnificence par des édifices publics ; & Avgufte n'avoit point empêché z Taurus , Philippus, & Balbus, d'employer à l'ornement de la ville, & à la célébration de lcur nom, les dépouilles des ennemis , ou les Biens im menfes quils pofledoient. Et ce fut à leur exemple, que Lepidus , quoique médiocre- : + È É SES : Zu À [2 . ment riche ; voulut renouveller la mémoire de ces ancêtres. Mais 04 » faire revivre (es ancêtres, poux lethéatre de Pompée, qui avoit été brû- ee lé TE = mec . : SAR CPRERAINTRETS NOTES HISTORIQUES, J Baflique étoit une efpece de galerie, ou de court , où l'on fe promenoit, & où l’on s’affembloit pour parler d’affaires ,à peu près comme ce que les Marchands apellent la Bourie. & Statilius Taurus, qui étoir un homme nouveau, mais qui tenoit auprés d’Augufte la premiere place après Agrippa, bâut _'Amphithéatre; Philippus , le temple d'Hercule (urnommé. des Mufes ÿ & Balbus, le Théatre. Taurus & Baïbus, qui avoïent fait tous deux leur fortune à la guerre > h'employerent que les dépouilles des ennemis : ‘& Phibppus, au contraire, que fon propre bien ; comme n° ayant jamais été à l’armée. z sito | Livre TROISIEME 177 Ï par accident , l'Empereur promit de le re- * A 14 : bâtir , fans lui ôter le nom de Pempéer, parce qu'il ne reftoit perfonne de cette famille, qui fut allez riche pour faire cette dépenfe. Età cet- te occafion il loüa fort Séjan, dont ildiloit que “la vigilance éroir canfe , que le feu n avoit con- famé que ce feul édifice C'eft pourquoi , le Sénatordonna, que l'image de Séjan feroitmi= fe fur cethéatres | LXXAV. Peu de tems après , Tibére don- nantles ornemens du triompheà Junius B <fus, Proconful en Afrique, dit ,.que C'étox en confidération deSéjan , dont il étoit l'oncle, os = = ETES LL % quoique Blefus cdt bien mérité cét honneur. FH $ Ci REFÉEXIONS POLITIQUES. 1 Rare éxemple de modeftie, & qui n'a que peu où point d’imirateurs parmi les Princes, & les Grans qui - fouvent fe font honneur de ce dont méme ils n’ont ja mais fair Ja dépenfe. Durems d’Innocent X. l'Eclife de Saint Pierre de Rome fut apellée le colombier * de .S: Pierre, pour fe moquer de la vanité ridicule de ce Pape, quiy fit mére fes armes en plus de milié en- droits. Eutrope dir, que Conftantin apelloïit F'Empe- xeur Hadrien le Pariéraire ,. parce qu il avoit fair écri- re fon nom par-rout. Céte vaniré eft bien plus com : mune aujourd'hui. On la voit fur les, murailles , fur: les vicres, & furles paremer.s des Eclifes elle eftijnf- > que fur les autels. Je ne parle point desRoiïis, ni des : Princes, ni des Grands; mais de ces hommes nouveaux, _de ces Nobles dela premiére eftampe, de ces partifans, dont nous recontrens les armes en tous lieux. * C'eff gulnnocent X. portoit de gueules à la célembe d'argent, Ge. ee = » EE RSS CE Re RIT EE LE LE RetET E =- il 78 .Lrs ANnNares pe TAC:rTr Car Tacfarinas , après avoir été chaflé déja plufieurs. fois ; ayant ramaflé de nouvelles trou- pes tout au cœur de la province, avoit bien ofe: envoyer des Ambafladeurs à Tibére , & le me- nacer d'une guerre; dontil ne fortiroit jamais, s'il ne luraccordoiït desterres pour la fubfiftan- ce de fon armée. On dit que TFibére ne fut. jamais plus outré d'aucune offenfe , quelui, ou Île Peuple Romain, eût reçüë. » Quoi, s» s'écrioit- il, un deferteur, un briguand , veut swtraiter avec nous , comme un jufte ennue- # mil? Spartacus qui ravageoit impunément » l'Italie, ResFLExIONS POLITIQUES. # Ün Princene doit jamais admétre un fujet. rebelle à traiter avec lui ; car owre que c'eft un éxemple de dangereufe conféquence, c’eft en quelque façon recon- roîcre {on Sujet pour égal, ou pour indépendant. Ro berc de la Marck, dit Don juan Antonio de Vera, re- tourna pour la troifieme fois en Alemagne, d’où il dvoir été chaffé deux fois par les Gapitaines Impe- riaux ; car Charle-quintre voulut jamais marcher et perfonne contre ce rebelle, qui n’étoit digne que de. mépris, {e fouvenant de ce qu'Hérodote écrit des Ef- claves de Scychie, qui avoient pris les armes contre leurs Maîtres, & leur avoient fair tère en pleire cam- pagne, enorgueillis du cas qu'on fefoir d'eux, en les allant combatre, comme de légitimes ennemis : au lieu que les Maîrres aïant laiflé les armes, & pris des écourgées & des foüets, ainfi que le requeroit la condition de ceux , qui leur faifoiene Ja guerre ; ces, miférables fe rendirent incontinent au mépris, qu'ils virent , que leurs Maîtres avoient peur eux, Dans l'Epitome de la Wie deCharle-quint. # Livre TROISIF ME, 179 » l'Italie , après avoir taillé en piéces tant d'ar- » méss confulaires, ne plc pas obtenir > qu'on. » capitulät avec lui , quoique la République » eût alors deux autres guerres contre Serto- » rius & Mitridite, qui la mettoient prefque # aux abois : & maintenant que le Peuple Ro- » main eftau plus haut degré de la puiffance , ” il feroit la paix avec un voleur, & lui don- # neroit desterres ? I} ordonna donc à Blefus 3e à # ,. de promettre l'impunité à tous ceux, qui mé- troient bas Îes armes, & de tâcher d’avoir le Chef à quelque prix que ce für. _EXXV. Ce pardon lui débaucha beaucoup degens, & puis on lui fit la guerre de la mé- me maniere, quil nous la failoit. Car comme fes forces étoient infoales , & qu'il 'entendoit mieux à piller qu'à combatre , d'ordinaire il diviloit fes troupes en divers pelotons , ce qui lui fervoir à s'exquiver, quand on lattaquoit ; & tout enfemble à faire tomber les nôtres en embufcade, lorfgn'ils le pourfuivoienr. On fi donc trois marches , & par conféquent , trois corps d'armée, dont l’un fat donné à Corne- Bus Scision, Lieutenant de Blefus, pour mar- cher du côté que Tacfarinas pouvoit rav:o2g les terres des Leptins ; ou fe fauver chez es saramantes ; le fils de Blefus condnifoir de l'autre côté la milice , qu'il avoit coûume de Commander , pour empêcher > Qué les terres des Cirtes ne fuflent à la merci du barbare. 180 Les ANNALES DE TAcire. Le Général marchoit au milieu avec l'élite de fes troupes , faifant des forts & des retranche=. MENS aux Éeux où il faloit ; ce qui réduifit à Pétroir les ennemis , leur rendoit tout diff- cile & contraire. Car de quelque côté qu'ils | fe tournaflent ils trouvoient par tout quelque . partie de nôtre armée, foit en tête, ou fur les ailes , & fouvent en queuë ; de forte qu'il y en eüt beaucoup de tuez , oude pris. Après cela Blefus divifa ces trois corps en plufeurs bandes , dont il donna la conduite à des cen- turions de valeur éprouvée : & quand l’Eté « fut paflé , il ne retira pas fes troupes , ni ne les envoya pas dans les quartiers d'hiver de la vieille Afrique 4 , comme c'étoit la coutume; , Mais, ainfi qu'au commencement de la ouer- re , ayant conftruit de nouveaux forts, il ft. poutfuivre Tacfarinas, quichangeoit à toute heure de logemensb, par des coureurs , qui fa voient les routes & les caches de ces deferts, _ jufquà ce que le frere de ce brigant étant pris , il fe retira , mais plutôt quil ne faloie pour le repos dela province , où:il laifloit le barbare- encore en état de recommencer [a guerre. Cependant , Tibére la tenant pour > _ache- Le RES NOTES HIST ORIQUES, æ On apelloit ainfi à Romela parrie de certe Province ; que: Les Romains avoient conquife {ur les Carthaginois. & Le latin dit, #2palia qui veut dire de pauvres cabanes. RENE EURE % _deffus d’Antiftius Labeo 1, qui ne lui cédoic ASS ur Livre TROISIEME 165. achevée , permit que blefus fut proclamé /”- perator-pat les légions : honneur, que les ar mées vitorieules rendoient autrefois à leurs Généraux dans le premier tranfport de la joye. Et quelquefois il y avoit en même tems plu- fleurs Zmrperatores , tous égauxen dignité. Au= gufte avoit accordé ce titre à quelques Gapitai- - nes, & Blefus fut le dernier, qui l'obtint fous LEXXVI. Cette année moururent deux hommesilluftres, Afnius Saloninus, petit-fils de Marcus Agrippa & d'A finius Pollio, frère _utérin de Drulusc ,-& deftiné pour mari à l'u- ne des petites filles de l'Empereur, & Ateyus Capito , de qui j'ai déja parlé , le premier hom- me de la Ville , pour l'intelligence des af- faires , mais au refte petit fils d'un centu- riOn , qui avoit fervi fous Silla, & fils d'un Préteur. Auguftel'avoit appellé de bonne heu- re au Confutat , pour lui donner le rang au | en REFLEXIONS Politiques, 1 C’eft une chofe aflez ordinaireaux Princes d’avan cer un Courtifan , pouren abaifler un aurre de plus grand NOTES HISTORIQUES. _e Iétoit fils de Viplania, fille d’Agrippa, premiére femme de ribére , & mere de Drulus ; & devoit époufer une des filles de Germaniçuse 182 Les ANNALES De T ace. en rien pour l'habileté. Car ces deux orne- mens dé la paix floritfent fous le même regne ; mais Labéon étoit plus eftimé dans le monde à-caufe de la Liberté 2 de fon efprit d, quine biai- REFLEXIONS POLITIQUES. grand mérite, qu'ils haïflent. C'eft pour céte raïfon, que Filippe I I. préféroit prefque en tout le Prince d’Eboli au Duc d'Alve. Aucommencement de la Ré- gence de la Reine Mére , le Cardinal Mazarin ne con- ferva les Seaux au Chancelier Seguier , qui ue lui évoir pa$5 moins odicux qu'à la Régente , que pour opoler unhomme d’efprir & de vigueurà M.de Chafteauncuf, qui les prétendoir , & à la Duchefle de Chevreufe , qui Femuoit ciel & terre, pour introduire fon adorateur, & fon martir ,-* dans le Miniftére. * C’eft ainfi que la Reine appelloit M.de Chafteauneuf. Mésoires de M. dela Chafire. $ 2 Quelque bons que foient les Princes , ils ne fau roient aimer lesefprits roides.La Majeftéeft fracoutu. Mée aux refpeéts, que prefque tour ce qui fent la libzr- t€ lui eft infuportablé. Il y & peu de Princes comme Etienne de Battor, Roi de Pologne , qui donna le ris che Palatinar de Sandomir àStanilis Pekofliwski, le- quel étant Nonce de cette Province à la Diére avoit rou- Jours opiné contre lui. Pekofléwski, dir Evienne en le nom=" a - NOTES HISTORIQUES. d C'eft lui , qui donnantfa voix à Lepidus, pour être Séna- teur, répondit à Augulte, qui fui demandoit , s’il ne connoif- foit perfonne, qui en für plus digne, que chacun avoit fon opi- mion, Sur quoi Augufte prenant feu , jufqu’à le menacer de la = TS -mort, Labéon , fans changer de couleur, ni de réfolution ,re- partit , qu’il croyoit faire un bon choix ; quandil propofoit pour Sénateur un homme, à qui Augulte n’avoit jamais voulu. Over La dignité de Grand Pontife, PRIT IIS pivree TRoïste Me 385 biaifoit jamais ; & Capiton plus aimé des Prin”. ces , à caufe de fa complaifance. Le premier Ou, la gloire du premier devint devint plus fecom plus éclatante par drc& la fortune mandablé par ltpju du fecond plus enviée , pour éxe. ftice qu’on lui fit de ne le point élever plus haut que la Préture ; & l'autre plus envié , & même plus odieux pour avoir obtenu le Confulat 3. 52 EXXVIE LE de . Rasrzsxions PoLiTirQUues- sommant à ce Palatinat, ef wntres-mauvais Nonct » mais c'efi un tres: bon foldat. Exemple mémorable de générofite & de modération, {#joûte l'Evêque dePre- milz } & d'autant plus digne de louange , que ce Prin ce aimoir le mérite de celui, dont il avoit fujet de haïr Ja perfonne: Piafecki dans [a Chronique, Ce que fic le Pape fules III. en faveur de Braccio Marielli, qu'il transféra du pauvreEvêché de Fiéfole à la riche Eclife de Lecce, quoique cer Evêqueeür été Îe perpetuelcon= tradicteur de l'autorité des Légats dans le Concile de Trente, où Jules avoit prefidé en cére qualité, eften- coreun des plus beaux éxemples, qui aïent paru fur la fcene du fiécle paffé. Le Cardinal Pallavicin chap. 1. du 13. livrede [on Hiffoire du Concile de Trente. Sci- pion Ammirato dir, que la bonne vie de ce Prélat füt çaufe, que le Clerge de Leccé, qui vivoit dans une grande diflolurion lorfquilentra au gouvernement de ce dioccfe , devint fi régle & fi vertueux , que les plus fevéres cenfeurs auroient pü s’en comrenter, Dé/cours 9e du livre 3. de fon Commentaire [ur Tacite, 3 Quand le mérire d’un Grand ef univerfellement reconnu, le refus qu’on lui fair des charges & des hon- veus , qu'il a droit de prétendre , eft ure lertrede re- commandation pour la poftérite. Et de fon vivant méê- me , la compañhon publique le récompenfe du tort qui Ju + 184 Les ANNALES DE TaAciTr LXXVIT. Junia fœur de Brutus , femme de Caffius , & niéce de Caton , mourut auffi, foixante-quatre ans après la bataille de Phic He : REFLEXIONS POLITIQUES. Imieft fair Et d'ailleurs, il eft glorieux pour lui, qu'on demande, pourquoi il n'a pas obtenu unbâton de Maréchal ; Où un Gouvernement de Province ; car tousces, pourquoi, font autant de témoignages, qu’il en.eft divne, Ciaconius demande, avee étonne Mert , pourquoi S. Thomas d'Aquin ne fut pas créé Cardinal comme S. Bonaventure, à qui il ne cedoi ti En fcience, ni en fainteté, Et j'ofe pareillement de- Mander, dit un Moderne, pourquoi S. Bernard na point été appellé au Cardinalat, comme tant deRelie gieux fes difciples, dont il étroit l'aigle... Ma con jcéture eft , que fon Traité de Confideratione ad Enge. Ait Papas, coutageufement écric, & {es remone trances à pluficurs Cardinaux ; donc ilne pouvoit fou. frir les déportemens, ont été caufe, qu'il n'a point été horcré du Cardinalat par le Pape Eugere , fon dif Ciple. Traité de l'Origine des Cardinaux, chap. 6 x Rien n’expole davantage à l'envie un Courtifan ; que - d’êtreappelié de trop bonne heure à-des charges, d’où fontexcelus des gens de plus haure naïflance, & de plus ÿrasd iérite. La promotion de Bartelémi de Carran- “ça, fimple Relivirux de l'Ordre de S. Dominique, à. Ç P g Si VArchevéché de Toiéde, fans avoir jamais pallé par à aucunedieniré , lui fufcira auratt d'ennemis & de per- fécureurs , qu'il y avoir de Prélatsen Efpagne, Dos Hernando de Valdés, Archevéque de Seville, & In- Quifitenr général, qui s'éroir artendu à monter à la. Primatie de Toléde, le ft acufer den’être pas ortho- doxe, & plufieurs Religieux du même Ordre, qui. étoient Confulreurs du Sainr Office, joïignirent au Grand Iñquifiteur. De {orte que-ce pauvre Prélatne } dcyint Livre TRorsis Mer. 16ÿ lippes.fl fur beaucoup parlé de {on teflamentr, où nommant avéc honneur prefque tous les Grands pour héritiers de ies grandes richelfes ,. elle REFLECTIONS POLITIQUES. devine le prenuer Archeyèque d'Efpagne, que pour être la vidime de la calemnie: au-lieu que fi Filippe II. leñtmené par degrez à céte £minenre dignité, lon ne € fût pas prefque aperçu de fon élévation, ni.de la aveur du Prince, Cabrera chap. 10. du livre 4. de fon Hiftaire Don Barrelemi fur dix- fept ans dans les pri- fons de Ploquifition , fept a Madrid, & dix à Rome, où il mourut en 2; 76. ee _1 On parle toujours beaucoup du FeRlament des. Grans , car c’eft le plus fidéle miroir de leur efprit & de leurs mœurs. Teffarenta hominurm fpeculummo: *#m , dit Pline le jeune. Durant leur vic, onnc fair le plus fouvent ce qu'ils ont dans le cœur, tantils dégui- fent bien {eur vifage & leur averfion ; mais à leur mort, Jeux teftament léve les doutes , & détrompe beaucoup degers, qui croïoïient avoir la meilleure part à leur cime , ou à leur afeétion. Celui que Pilippe IL. fe cn 1580. à Badajoz ; où il penfa mourir, aprir à la. +Rcine Anne, qui s’atendoit à la Récerce, qu'elle avoit un mari imbü de la maxime de Tibére, qu'il ne faut point donner d'autorité aux femmes. La ff-. cerité, que dois avoir nn homme qui fai: un teflament, _païoïr aflurément route entiére dans celui, que fe Cardinal de Richelieu adrefle à Louis XIII. Vous Y voïez I portrait de ce Roi tiré au naturel ; vous y trouvez prefque tous lesmeilleurs confcils qu’un habile Miniftre puiffe donner à fon Prince ; des traits de politique exquis , de grans fentimens , des vérirez bardies , une Cloquence mâle , une juftefle d’efprt admirable. Maïs l'amour propre, qui, au dire d’un Ancien , eft la derniére chemife de nos paflions, ya is fait 186 Lrs ANNAtes DE TActrre. elle avoit obmis Tibére 2. Mais ce Prince le: prit en bonne part 3 , & n'empécha point quelle. REFLEXIONS POL1iT: QUES. fair glifler un defaut, qui faute aux yeux. C’eft qu'il y parle trop de fes fervices, parriculiérement das le premier chapitre de la premiére partie, qui eft bien ‘plus fon éloge, que celui de fon Maître. Au refte, de ja maniére dont il craïonne Louïs X I I I. comme Prince & Maciftrat , il a raifon dedire qu #x rejtament net aujour beaucoup d'intentions, que le tejæ'eur n'a voit ofé divnlsner pendant [a vie. Chap. 7. de la pre. à miêre partie. - 2 Ceux, qui font nez républiquains , ont bien de. Ja peine à fe défaire de l'amour de la liberté , temoin Junia , qui dépuis foixante- quatre ans qu'elle avoir vécu fous les regnes d’Augufte & de Tibére , avoir toujours confervé les fentimens , dans lefquels fon oncle, fonfrére, & fon mari , éroient morts Airfs fon reftamenr ne pouvoir pas manquer d'être auf re- publiquain que route fa famille, qui avoit été par Vefpace de plufieurs ficcles le rempart & lepaliadiun. de Ja Jiberrée, : : . 3 Ilya ed cftron feulement plushon nête, mais encore plus utile au Prince, de difimuler, que de montrer du reffentimenr. Tibére n'auroir pû tenir ofenfé du teflament de Junia, fass ofénfer lui- même tous les Grans, qu’elle y nommoir s d'autant qu’ils auroient-eu lieu de croire, qu'il vouloir abohrla Hberté desteftamens, lui ; qui auparavant n’avoit jas mais voulu fe porter pour hericier de perfonne , qu'il _æeut mérité de l'être pat un long commerce d'amitié - Outre que Junia fembloit avoir em Bonne opinion de {a -moderation & de fa juftice, lorfqu'elle.avoit appelléles pose Rome à fa fucceffion, fans craindre , que “exclufion du Prince ne fit caffer fon teftament. “Livre TRo’Isir ME 187 qu'elle ne fut loüée dans la place de Roftres, es ; Fc . < & honorée de toutes les autres cérémonies fu- nébres 4 On porta devant fon corpsles ima- ges R£sFLEXIONS POLITIQUES. 4 C’eft une action de magnanimiré, que d’honorer la verco jufquedans fe plus gransennemis: Rodolfe, Duc de Suabe , que le Pape Gregoire VIT. avoit fait élire Empereur 4 la place d'Henri IV. dépofe comme ex= comimunié , aïant été.enterré à Mersbourg ; comme æn Empereur , les Saxons voulurent ôver de fon tom beau une table de cuivre, où éroient fes armes avec la couronne & les ornemens imperiaux , pour fe métre à couvert du reffentiment d'Henri, qui avoir gagné deux batailles fur les rebelles : mais Henri leur defendir de toucher à céte fepulrure;difant,qu’il fouhaiteroir, que tous fes ennemis fuffent aufli magnifiquemententerrez. Hi]. dans fon Hiftoire de l’Empire, Vie d'Henri IV. Le Duc de Sefle, Viceroi de Naples fous Filippe I L fic drefler un maufolée au fameux Capiraine Pedro Navarro;quoiqu'ileütembraffe le parti de François I. contre Charl- quint , fon fouverain, & qu'il füt mort à Naples par la main du boureau. Qu amuis Gallorur p :rtes fecutu dit l'epitafe pio fepulcri munerehonefta- vit cumhoc habeat infe preclara virtus, utetiamin hoffe fitadmirabilis Ce Duc, ajoûte du Maurier , ho- noroïit la vertu dans un ennemi, & dans un rebelle, & fans fe contenter de le louer en fon cœur , il lui éle= voitun maufolée. Daxs la preface de [es Mémoires de _Hollante. Filippe FE. aïant fait couper la tête à Don Juan dela Nuça, fufticia d'Aragon, qui avoit pris les armes pour la-défenfe dés privilèges de ce Roïaume, voulur que fon corps fût porré au rombeau de fes an- _ cècres par dix Seigneurs illuftres, pour honorer la di-- gaité 188 Les ANNALES Dr TAcrts£. ges de vinot familles illuftres, entre lefqueiles étoient les Manlius, les 0%, celles des Manlins, ge Quintius , & d'autres de pareille nobjelle, Mais Caflius & Brutus étoient ceux , qu'on refar- quoit davantage dans cette pompe , à caufe même que leurs portraits $ ne s'y voyoicnt point. ZT RÉFLEXIONS a snité de celui ,dont ilavoit puni la ii Chap. 10, mefdits h des faits de Filippe II. $ Lagloire des grans hommes ne dépend point du. caprice n1 de là malignité des Princes.Ccux-làe rome pent Jourdemenr, qui eroïent, que Ja fuprefionde. leurs mages, ou de leurs éloges , €ft capable d’enfe: ver Le mémoire dans un éternel oubli. Les Princes ont le pouvoir de faire taire Jes Hommes, mais ils ’auront jamais celui.de leur faire oublier les belles actions des perfonnes, qui ont mérité l'aplaudiflement univerfel. La complaifance , que chacun 2 pour le Prince, fufpend pour un tems les louanges & les hons neurs ,qui leur font dûs : mais quand le Prince ef mort, la liberté fuccéde à la contrainte, &. ee Tinjufice fair aux apAAee fus la mémoire de | ce sa 24 A N N À É S. CORNEILLE TAC ITE LIVRE SAT RReE ANDE. KOME. 367: Re nee en cel du Con- € fulat de C. Afioius &deC. An- _tiflins, étoit la senviéme du re- | gnede T'ibére, quiavoit le plai- fr de voir l'Empire en paix , & 8 Mailon, ben contoit la mort de entre fes profpéritez { lorfquetout à coup les affaires changérent de face, & fluide conduite » par les cruautez qu'il exerea luime. me ; où Be des gens violens quil susorifoit. La vera POP Se roc neen cé éd. CRE * \ 190 Lrs ANNALES pr TAciTre.. La premiére caufe de ce changement fut Elius Sejanus , fon Capitanedes sardes , dela faveur duquel j'ai déja parlé. Je dirai maintenanc@ naiflance & ies mœurs, & par quels moyeis il vouloit s'emparer de l'Empire. Il étoic de Vullines, & fils de Séius Strabo, Chevalier Ro. Main, & dans fa premiére jeunelle , étant au fervice de Caïus Cefar , petit fils d'Augufte, il fut foupconnédes’êcre proftitué pour de l'argent à Apiaus, qui n'éparpnoit rien pour fes plai- firs. Depuis, il s'infinua , par fes artifices , fi avant dans l'efprir de Tibére,que cc Princeim- pénétrab'eà tousles autres , ne s'ouvroit & ne {e foit qu'à ini feul 1. Ce qui toutefois procé: doit moins de fon induftrie , puifqu'il fut vain: eu parles mêmes rules , 4ont sl fe fervoss ; que de la colére des Dieux contre l'Empire , à qui fa chûce fur aufl funefte, que fon élévation. Il avoir le corps fait à la fauioue , avec de la har: dieile, de là difimulation , & du safinement à calomnier lesaucres 2.[: écoit complaifant&{u. | perbe RÉFLEXIONS POLITIQUES. x Les Princes , dit Antoine Perez ; ne doivent jamais. donner toute leur faveur à un feul. Ils doivenr imiter les temples, qui ont toujours plufieurs entrées; & Dieu méme, auprès de quiil ya beaucoup d’inrercel- feurs. Les Princes, qui ne prennent point ce chemin, de. Rois devi: nuent vafleaux& Sujets, ous fes afor:/mes. ÿ © s STE « 4: ue -2 Les Princes foupconneux ( Commines dir qu’ils le re Aont SR LE A ER ET à PPPTETE FDmecae ee TEE cule, le plus graud flateur qui fut jamais Livre QUATRIF Me or perbe au même degré ; modefte à l'exterieur : mais au dedans , enivré d'üne violente paflion de regner , qui le rendoit quelquefois liberal & fplendide jufqu'à la profufion ; au lieu que d'or- . dinäire il employoit l’adrefle & la vigikhnce:ver. tus au{li dangereufes 9% les largefles ; lor{- qu elles fe rencontrent avecle defir de aRoyau- tés. Il augmenta fort le pouvoir de fa charge, qui REFLEXIONS POLITIQUES. font-tous ; & {ur-tour les plus fages , & ceux, qui ont beaucoup d'ennemis) aiment les raports, la médifance & les calomnies, parce qu'ils veulent rour favoir. Le Cardinai André d'Autriche avoit plus d’inclination: Pour ceux, qui lui découvroient les vices des Courri- fans ; que pour ceux, qui lui en racontoient les vertus, parce que, difoir-il, les premiers me fervent d’efpions & me font toujours tenir {ur mes gardes ; feconds font une porte par où paffent l'amo la partialité, & la Aarerie ; de forte que Ja vériten’ar- 1ive jamais pure & fars déeuifement jufqu'à moi. Don Carlos Caloma dans le 12, livre de [es Guerres de Flandre. se & que les ur propre, nes NOTES HISTORIQUES. æ Ce portrait eft cenfuré par le PereR 204 de {on Zrffruétion por lHiféoire, être reffemblant , en quei Tacite n’eft feplûtôtà fuivre fon génie , qu'à imiter la nature » cherchant plusä faire de belles peintures > Que de bons portraits : pour- Vüque fes tableaux plailent, comme celui de Sejan., il fe fou- Sie peu qu’ils reffemblenr, car il le faie bien plusméchant qu’il nef û l’on en croit Paterculus , qui le loué tort. C°eft À dire, qe ce bon pere fuifoit plus de cas du témoignage de pater- > COMME il en cun- VienE apin, dans Particle Le portrait dit-il doit Pas affez exa@ , qui pen [Document text truncated for crawler view.]