Tacite. Tome second
Full text
PR
TR
NES
!
"É
AC
IT
E
à
AVEC
DESNOTES
POLITIQUES
|
|
Hisrorrours
«
a
DE
LA
HOUSSAYE,
:
TOME
SECOND
À
PARIS,
PLACE
DE
RÉ
“Chez
ANDRE
CAILLEAU
san
Coin
>
de
la
né
des
no
à
faint
André
:
_
M.
DCC.
XXI
V.
2
vec
Approbation
G
Privilege
du
Roi.
_
2
£
eee
g
LIVRE
TROÏSIEME.
GRIPPINE
continuant
toits
Al
jours
fon
voiage,
malgré
Les
ris
KI
gueurs
de
Fhiver
,
&
les
bouraf-
:
ques
de
la
mer
,
arrive
enfin
à
—…
Corfou
,
ifle
fituée
à
l'opofite
des
ports
dela
Calabre.Elle
ne
s'yarréta
que
peu
de
jours
;
pour.
calmerun
peu
f6n
efprit,
parta-
ge
entre
la
douleur
&
l'imparierce,
A
la
pou
velle
deffa
venué
les
amis
de
fa
Maifon
>
&
plus
_
fieurs
Officiers
de
guerre,
quiavoient
fcrvifous
|
…
Germanicus,
&
même
beaucoup
d'inconnus,
D
2COU=.
GA
ra
CORNEILLE
TAËTTÉ
4
Les
AnnAres
pr
TAcrrr.
acourent
de
tous
les
lieux
circonvoilins
à
Brin-
des
4
,
où
elle
étoit
attenduë
,
comme
au
port
le
plus
proche
&
le
plus
afluré
,
les
uns
croyant
faire
leur
cour
au
Prince,
&
lesautres
les
fui-
Vant,
far
compagnie,
ou
par
curiofité.
Dès
qu'on
püt
découvrir
la
flote
en
haute
mer
,
non
feulement
le
port
&
tousles
rivages,
maisenco-
re
les
murailles
de
la
ville
,
&
les
toits
des
mai-
{ons
,
&
tous
les
autres
endroits
;’
du
plus
loin
que
Îa
vüé
fe
pou
voit
étendre,
furent
remplis
de
monde
qui
pleuroit.
On
ne
favoit
comment
re-
cevoir
Aorippine
au
fortix
de
fon
vaiffeau
,
avec
des
cris
lamentables
,
ou
bienavec
un
profond
filence
;
&
cela
n
étoir
point
encore
décidé,lorf-
que
la
flote
entra
dans
le
port
,
non
point
avec
l'empreflement
,
niavecl'alleprefle
accoütumée
des
matelots
;
mais
lentement
,
&
aveeunetrif-
gelé
épandué
fur
tous
les
vifages.
Quand
elle
eut
mis
pied
à
terre
avec
fes
deux
enfans
,
por-
tant
les
cendres
de
fon
époux
,
&
tenant
les
yeux
baillez,
ce
fut
un
deuiluniverfel.
Vous
neufliez
pas
difcerné
les
parens
d'avec
les
étrangers,
ni
.
les
lamentations
des
hommes
d'avec
celles
des
femmes,
fi
ce
n’eft
que-ceux
qui
alloient
au
de-
_
vantd
Agtippine,
étant
tranfportez
d'unedou-
-
leurtoute
récente;
furpafloienr
les
gens
de
fa
fui-
_—
+
te,
RER
NRC
ENNN
EPSON
NOTES
HISTORIQNUES
|
&
Ou
Brundufe,
ville
de
Calabre
fur
Iç
Golfe
Adriatiqueft
7
LivVRE
TRroistrEe
Mr.
f
tæ,
qu'une
longuetriftcile
avoit
rendus
lan-
Suiffans.
0%,
avoir
accablez,
IT.
L'Empereuravoit
envoyé
au
devant
deux
_cohortes
Prétoriennes
avec
ordre
aux
Maoif-
trats
de
la
Pouille
,
de
la
Calabre
,
&
de
la
Cam.
panie
,
de
s’aquiter
des
derniers
devoirs
envers
la
mémoire
de
fon
fils.
Les
Centurions
&
les
Tribuns
portoient
[es
cendres
fur
leurs
épaules,
:
précédez
desenfeignes
fans
parure,
&
des
faif.
feauxrenverfez.
Dans
tontes
les
Colonies,
par
où
le
Convoi
pafloit
,
le
Peuple
vécu
de
noir,
&
les
Chevaliers
avec
leurs
robes
de
pourpre,
brü-
loient
,
f£lon
les
richelles
du
lieu
;
des
parfums,
des
vétemens
,
&
d’autres
matiéres,
qui
fervent
à
la
pompe
des
funérailles
des
Grands,
Les
hab
tans
même
des
villes,
qui
n'éroient.
pas
fur
[a
.
Toute,
accouroient
en
foule,
&
témoisnoiens
Leur
douleur
1
,
02
femlement
par
des
larmes
&
par
des
crisconfus
,
#45
encore
par
des
vidi-
mes
qu'ils
immoloient
aux
Dieux
Mines.
À
3
Dru-
REFLExXIONS
PoLiriqueEs.
1
Quelqu=
magnifique
&
extraordinaire
que
foirfa
.
pompe
des
funérailles
d'un
Prince
,
rien
ne
fair
plus
d'honneur
à
fa
mémoire,
que
Ja
douleur
des
peuples
,
=.qui
le
regrérent.
L'Hiftoire
de
Portugal
dit,
qu'à
la
mort
du
Roï
Jean
II.
tout
le
Roïaume
s'habilla
de
bu=
re,
&
qu'à
Lisbonne
il
fut
défendu
aux
barbiers
de
faire
:
Le
poiläquique
ce
fut
durant
l’efpace
de
fix
mois.Chofe
qui
nes
étoir
jamais
faire
pour
aucun
Roi
du
monde
Délogoquaro
de
Paris
Hiforin,
CAP
IL.
o
mr
né
hs
_——
+
:
TETE
NE
DEEE
co
px
655
è
#
6
Les
ANNALES
DE.
TAcite.
Drufas
fat
jufqu'à
Terracine
,
avec
quatre
des
enfans
de
Germanicus,
qui
étoient
reftez
à
Rome,
&
Claudius
1
le
paternel
a
Rome,
&
Claudius
leur
oncle
parernel.
AN
DE
ROME.
773.
Les
Confuls
Marcus
Valerius
&
Marcus
ÂAu-
relius
;
qui
avoient
déja
commence
l'éxercice
de
kur
charge,
le
Sénat,
&
une
grande
partie
DE
D
-
du
Peuple
,
fe
répandirent
çà
&
1à
,
fans
garder
aucun
ordre
de
marche:
,
chacun
pleurant
Ger-
mManicus
comme
il
lui
plailoits
car
la
flaterie
n°’a-
“voit
point
de
part
à
ce
deuil
,
tout
le
monde
fà-
chant,
que
Tibére
étoit
joyeux
de
cette
mort,
quoi
qu'il
en
fit
le
trifte.
IT.
Tibére
&
fa
mére
s'abftinrent
de
parot-
re
en
public;
eroyant
que
ce
feroit
déroger
à
la
Ma.
REFLEXIONS
POLITIQUES
_
=
x
Dans
les
enterremens
des
Princes
,Ceftune
imar-
que
infaillible
d’une
grande
afiion
,
Jorfque
les”
—
Grands
&
les
Magiftrats
s’abftiennent
des
honreurs
£
qui
fonc
dûs
à
leur
rang-Aujourd
hui
,
les
Maîtres
des.
-
cérémenics
font
bien
plus
occupez
à
régler
les
pré-
tentions
des
Officiers
,
&:à
pacifier
les
querelles,
que
de
point-
d'honneur
fait
naîtreentre
les
Grands,
qu
à
.S’aquiter
de
tous
les
devoirs
les
plus
embaraffans
de
leur
charge.
De
forré
que
les
funérailles
des
Rois
&
“des
Princes
fouverains
ne
focr
le
plus
fonvent
éélébres,
.
queparles
défordres,
qui
yarrivenr;
au-jieu
qu'elles
1e
devroient
être
par
un
dei]
yniverlel,
\
ken
rene
El
Livre
TROISIE
ME.
7
majefté,
s'ils
pleuroient
publiquement
1
,
ou
peut-être
de
peur
que
leur
vifage
étantà
l'éxa-
men
des
yeux
de
tout
un
peuple,
l’on
nerecon-=
nut
leur
faux:
femblant
b.
Je
ne
trouve
point,
ni
dans
les
regiftres
dela
ville,
nidans
nos
hif-
toires
,
qu
Antonia
ait
rendu
aucun
devoir
pars
ticulier
à
la
mémoire
de
fon
fils,
quoiqu'Agrip-
pine
,
Drufus
,
&
Clandius,
y
foient
nom-
mez
avec
lesautres
parens.
Peut-être
quelleen
fut
empéchée
par
quelque
indifpofñtion
,
eu
que
fucombant
àla
donleur
elle
n'eus
pas
lecourage
À
4
:
de
RÉFLEXIONS
POLITIQUES.
.
1
Les
loïx
de
fa
Nature
font
faites
pour
les
Prices
auffi-bien
que
pour
le
commun
des
hommes.
La
dou-
leur
de
la
mort
de
leurs
enfans
,
&
des
Princes
de
leur
fans,
ne
leur
eft
point
mefléante
,
pourvu
qu’elle
ne
_dégénére
point
en
foiblefie
,
ni
en
emportement.
Hen-
ti
ITI.à
mon
fens
,
ne
ménageoir
sucre
fa
dignité,
quand
il
afiftoit.à
l'enterrement
du
Cardinal
de
Bira-.
gue
en
habit
de
Pénirent
;
&
il
fmble
même
quil
avoir
oublié
tout-à
fair
qu'il
étoir
Roi,
quand
il
alla
baïfer
les
corps
de
Quelus
&
de
Maugiron,
fes
mi-.
gnens.
Fournaldefon
regne.
1578.
|
:
en
—
NOTES
HISTORIQUES.
b
Cabrera
parlant
des
obfeques
du
prince
Don
Carlos,
ra-
conte
,;que
le
Cardinal
Efpino
a
n’accompagnale
corps,
que
jufqu’à
la
porte
de
PEglife
,
où
on
le
portoicen
dépoft,
pour
ne
fe
poinr
trouver
à
fa
cérémonie
du
(ervice,
difant,
qu'il
=
étoitindifpofé
,
au
lieu
qu'il
fouvoir
dire
avec
plus
de
vérité,
_quefa
préfeuce
déplaifois’au
Prince
,
de
la
mort
duquel
on
-
favoit,
qu'il
n'évaif
pas
fâché,
Chapitres,
dulivre
8.
de
fon
Hiftuire-
=
ee.
$
Lrs
Annarrsp»
TAcirvy.
de
voir
les
funérailles
de
fon
fils
1.
Mais
jeërot-
rois
plus
volontiers
,
qu’elle
refta
en
fa
maifon
,
retenuë
par
Tibére
&
Livia
,
afin
qu'ils
paruf-
ent
tous
trois
également
afflivez,
&
qu
on
crût,
que
c'étoit
à
l'éxemple
de
la
mére,
que
Fayeule
_&
l'oncle
ne
fortoient
point
du
Palais
2.
IV.
Lejour,
que
les
cendres
de
Germanicus
furent
portées
au
tombeau
d'Augufte,
il
yeut
alternativement
un
profond
filence,
où
un
re-
tentiflement
de
lamentations
&
de
cris
pitoya-
bles
,
&
toutes
les
suës
de
la
ville
étoientpleines
de
monde,
&
le
Champ
de
Mars
environné
de
torches
alumées.
Là,
les
Soldats
en
armes,
les
Mapiftrats
fans
ornemens
,
le
Peuple
rangé
par
tributs
,
crioient
à
J'envi
,
quetout
étoit
perdu
fans
reffource
,
&
même
avec
tant
de
liberté;
.
que
"
REFLEXIONS
POLITIQUES,
1
De
tous
les
devoirs
de
la
Nature,
il
nyena
pas
$n
auquel
une
bonne
mére
foit
moins
obligée,
qu'à
ce-
Jui
d’affifter
aux
fanérailles
de
fon
fils.
En
pareille
ren=
£ontre
une
véritable
mére
eft
trop
affligée
>
Pour
voir
un
fpeétale,
qui
n’eft
capable
que
d’angmenter
{à
dou-
-
deux
;
&pour
vouloirafc@er
de
paroïtre
conftarte
,
aux
dépens
de
fa
tendrefle.
2
Un
Prince,
qui
n’eft
pas
aflicé
,
ou
plutôt
qui
eft
joïeux
de
la
mort
d’un
Grand
»
que
tout
le
Peuple
regrére,
fait
plus
fagement
de
ne
fe
point
Montrer
du
ant
la
célebration
de
{es
funérailles
»
que
d'yaflfter,
de
peur
que
l’on
ne
vienne
À
s’apercevoir
,
que
fa
trif-
tefle
ef
feinte
;
ou
qu'il
a
du
dépit
des
honneufs,
qui*
font
rerdus
à
la
mémoire
d’un
homime
qui
a
toujours
has
ee.
RS.
a
ee
LIVRE
TRorsiIE
Ms.
9
que
vouseufhez
crû
,
qu'ils
ne
fe
fouvenoiene
plus
d'avoirun
maîtrec.
Mais
rien
ne
piqua
Tibére
plusau
vif,
que
l’ardente
aff-@ion
du
Peuple
pour
Agrippine
,
qu'on
apelloit
l’hon-
ncur
de
la
Patrie
1
,
l'unique
reftede
l’ancienne
:
A
$
Pro-
RsEFLExl
ONS
PorzrTrequss.
1
Les
loïianges
,
que
le
Peuple
donne
à
un
homme
de
naïflatce
royale
,
dont
le
mérite,
ou
la
puiflance
faie
ombrageau
Prince,
lui
coûtent
toujourseher
;
carel=
Jes
ne
lui
font
pas
feulement
perdre
les
bonnes
graces.
du
Prince
,
mais
elles
infpirent
encore'au
Prince
le
defir
de
fe
défaire
d’umSujer
,
à
qui
fon
Peuple
donne
la
pre-
férence.
Témoin
Saül,
qui
vouloit
tuer
David
;
que
les
femmes
d’Ifraël
avoienc
en
la
téméricé
de
lui
com-
parer.
Lesacclamarions,
que
le
peuple
de
Paris
fren
faveur
du
Duc
de
Guife
,
le
jour
qu'il
reçut
en
céré-
monic
l'épée
benire
,
que
Sixte-quint
lui
avoir
envo-
zéc
parun
Evéque
,
réveillérent
route
la
jaloufe
&
tous
les
foupcons
d'Henri
III,
contre
lui.
Et
cené—
toit
pas
fans
raïfon
;
car
certe
cérémonie
fe
fit
avce
tant
d'apareil
&
de
pompe,
qu’il
fmbloir
que
ce
fût
yn
facrcde
Roi,(
1587)
Aurefte,
Tibére
>Quiavoit
pour
maxime
;.de
modérer
les
honneurs
des
femmes
;
&
même
ceux
de
fa
mere
,
qui
lui
avoit
donné
Em
pire
,
ne
pouvoir
pas
manquer
d’avoir
un
profond
ref.
-
otiment
conte
Agrippine
,.
dont
le
Peuple
faifoit
J'unique
objet
de
fes
adoïarions,
SRE
CREED
7e
DEEE]
NOTES
HISTORIQUES.
cl
eft
dit
au
chap.
18.
du
livre
r.
des
Rois
»que
Saül
com-
_
mençadebaïr
mortellement
David
,
depuis
le
jour
que
les
femmes
d'Ifraël
allant
au
devant
dé
lui
;
pour
le
féliciter
de
1#
:
;
viioire
‘
2
menton
ne
me
im
1e
10
Lrs
ANNAZES
DE
TACITE.
Probité,
&
le
feul
veritable
fang
d'Auguftes
nt
que
la
priere,
qu'on
faifoit
aux
Dieux
;
défaire
furvivre
fes
enfans
à
leurs
ennemis.
V.
Il
y
eût
des
gens,
qui
tronvérent
;
Qué
ces
funérailles
n’écoient
pas
afféz
pompeufes
d4
moins
en
comparaifon
de
celles,
qu'Augulte
avoit
faites
au
pére
de
Germanicus;
carilalla
au
plus
fort
de
l'hiver
jufqu'à
Pavie,
d’oùilaccom-
pagna
le
corps
de
Drufusjufques
dans
Rome.
L'on
porta
autour
de
fon
lit
les
images
des
Clau-
des
&
des
Liviens
d
3
il
fut
pleuré
dans
la
grande
place
;
loté
far
la
tribune
des
Roftrese,
&
com-
a]
NOTES
HISTORIQUES.
viétoire
remportée
par
David
fur
Goliat,
eurent
chanté
à
fes
“oreilles
ce
petit
motet:
Saui
a
tué
mille
Filiftins
,
mais
David
enatué
dix
mille
Quoi,
dir
Saül
;
ces
femmesen
ontdonné
“dix
mille
à
David
,
&
à
moi,
g#i
fus
leur
Roi
,elles
ne
m'en
ent
donné
que
mille
que
manque
t-il
après
cela
à
David
finon.
d’être
Roi?
En
effet,
cette
chanfon
étoit
plurôtune
fatire
con-
tre
Saül,
qu'une
louange
»
ou
qu'un
apiaudiflement.
Quelle
mortification
étoit
ce
a
Henri
LIT.
de
favoir
que
Îles
Prédica:
_geurs
dé
Parispréchoient,
comme
s'ils
n’euffent
point
eu
de-
Roi
,
que
fans
fa
valeur
&
la
conftance
du
Duc
de
Guife,
l'Ar-
che
fürtombée
entre
les
mains
des
£iliftins.,
&
que
l'Hérefia
eût
triomphé
de
la
Religion.
Fowrnal
du
regne
d'Henri
III
EST
re
|
5
Sr.
Jatin
dit,
Fzliorum,
mais
Ceft
une
tranfpofition
de
lettres
du
mot,
Livierum.
Caronne
portoitipoint
danslesob-
.
féques
des
Grands
d’autres
images
;
que
celles
deleurs
vrais:
ancètres.
Or
les
Jules
n'étoiens
rien
à
Drufi
us,
mais
bien
l'es
Li
viens
,
du
côté
de
fa
mere.
Ainfñ
,
iln’yapas
d'aparence
que
.
es
images
des
anceftres
de
Livia
furent
oubliéesidans
cette
cé=
rémonie.
e
Les
Roftres.
C’éroicune
efpéce
de
salerie,
où
fe
faifoient
Jesharangues,
appelléeainfi,
parce
qu'elle
étoit
bâtie
furles
épcronsoulesbecs
d’airain
des
yvaiffcaux
,
que
les
Romains
avoient
pris
fur
les
Antiates
À
J:
An
se
Ut
ANA
A
ne"
0
LErvRE
Trorsrr
mme
À
comblé
de
tous
les
honneursinventez
,
fit
Par
les
Anciens
ou
parles
Modernes:
au-lieu
quon
n
avoit
pas
même
rendu
à
Germanicus
CCUX
».qu'on
rendoit
à
chaque
Chevalier
Romäin.
»
N'importe
,
difoient-ils
,
que
fon
corps
ait
»
êté
brülé
fans
apareil,
en
terre
étrangére
,
vü
»
la
dificulté
de
l’aporter
de
ff
loin
;
mais
pour
»
C:lamémeil
faloit
lui
auémenter
les
hon-
»
neurs
en
fécompenfe
de
ceux
,
qué
le
fore
»
lui
avoit
refufez
auparavant:
Quoi
,
fon
fré-
_mY#enavoir
été
qu'une
journée
au
devant
de
»lui,&
fon
oncle
n'avoir
pas
été
fenlemene
jufqu'aux
de
la
ville
?
Où
fontles
céré
?
Juiqu
aux
portes
de
[a
ville
?
Où
fontles
céré-
#
monies
de
nosanciens
,
|
éfigie
f
portée
{ur
#un
lit
,
les
élépies
,
les
pancoyriques
,
&
À
6
les
ne
ones
mmmnemnt,
NOTES
HISTORIQUES.
Il
faloit
éviter
Le
mor
d'éfigie
:
(dit
Érémonc
d'A
blancourg
-
Page
30,
del'Apologie
defon
oncle
)
Parce
qu'ilne
s'agir
poine
dependu
,
x
qwon
nes
en
peut
bien
fervir
qu'en
certe
occufon.
Si
eft-
ce
que
fon
oncle
ufe
dece
mot
dans
le
mémeendroit
de
fa
traduétion.
Où
étoient
,
dit-il
scesvénérables
coutumes
de
nosanceltres
de
porter
l’éfigie
fur
unlit
>
Feu
Monfieur
Ogier
fe
fert
du
mefme
mot
dans
fon
Oraifon
funebre
de
Louis
XIIE.
£
Ce
trait
de
vûë
décochéf
ur
tes
combeaux
de
fes
peres
,
furlé
figie
de
tant
de
Mortsilluftres
1
il
parle
des
combeaux
de
nos
-
RoisàS,.
Denis.
L’Auteur
du
Journal
duregne
d'Henri
IIX,
dutétoit
Avocat
Général
au
Parlementde
paris,
&
qui
par
conféquent
(avoit
très
bien.
parler,
dit
que
le
Roi
donna
le
collier
del’Ordreà
trois
Gentilshommes,,
trouvant
indécent
.
que
l'éfigie
de
fon
frere
fêr
accompagnée
de
perfonnes
qui
ne
Leuffencpas.
Feu
Mr.
Doujat
de
l'Académie
Françoife
dit
que
Numa
by;
monnoye
avec
l'empreinte
d'yme.
éfigie.
Voilà
de
(A
da
guérir
es
imaginations
patibulaires
de
Femont
&
de
Rir
QUES
ee
12
Les
ANNAzEs
DE
TaAcitrr.
»
les
autres
démonftrations
de
douleur
1
>
VI.
Ces
difcours
aloient
jufqu'à
Tibére
,
&
#
pour
y
metre
fin
,ilremontra
par
un
Edit
,
»
Que
pluficurs
perfonnages
illuftres
étoienc
#
morts
au
fervice
de
la
République,
mais
que
#
pas
un
encore
n'avoit
été
fi
violemment
re-
»otete:
Que
cela
feroit
louable,
&
pour
lui
,
»
&
pour
eux,
fi
cela
n'aloit
pas
à
l'excès
:
‘2
Que
les
mêmes
chofes
n'é-
0%,
que
ce
n’étoiené
:
;
n
pas
les
mêmes
régles
#toient
pas*galementhonné:
houries
de,
&
tes
pour
les
Princes&
pour
les
particuliers
2
;
pour
ResLexioNs
PeérrTrrQUuers.
‘1
Siles
Princes
ne
font
pas
véritablement
tonchez:
de
la
mort
des
Grands
;
qui
ont
rendu
d’importansfer-
vices
à
l'Etat
,
ils
doivent
du
moins
en
faire
femblant.
”
2
ne
faut
pass’éronner,
fi
les
jugemens
du
Peu
Pie
fon
prefque
toujours
contre
le
Prince
;
car
le
Deus
pie;
qui
marque
de
diféernement,
voudroit
,
quete
Prince
époufat
fs
paflious
,
&
S’accommodät
à
fon.
SS
Es
Li
se
7
Éd
:
goût
F:
dé
l'Hife
PAIN
EIA
PRÉTEN
ARR
TRAITER
EU
TEC
PE
IE
PP
RAR
UT
ETS
TS
SRE
Livre
TrRoisr:r
mr.
13
»
pour
un
Peuple
,
qui
commandoit
à
tout
l'U-
»nivers
:
&
pour
de
petites
villes
:
Que
les
“pleurs
&les
plaintes
avoient
été
de-faifon
;
»
lorfque
la
douleur
étoit
recente
;
mais
qu'a
pres
undeuil
detrois
mors
,
ilétoit
bien
jufte
5
de
bannir
la
triftele
,
comme
avoient
fait
»
Céfar
à:
la
mort
de
fà
filleunique
&
Aupufts
»
à
celle
defes
petits-filsr
>;
pour
ne
point
ale-
»guer
de
plus
vieux
éxemples
du
Peuple
Ro=
»
Main,
quiavoit
porté
conftamment
la
défai-
te
de
fes
armées
g
;
la
mort
de
fes
Géné-
»
aus
REFLEXIONS
POLITIQUES.
Hé
CHE
goût
;
&
le
Prince
,au
contraire,
veut
que
le
Peuple
fe
laifle
gouverner
,
fans
fe
mêler
de
juger
de
ce
qu'il
n'entend
pas.
Le
Peuple
n’eft
pas
capable
de
connoître
ce
qui
convient
;
ou
ne
convient
pas
au
Prince;
au
lieu
que
le
Prince,
fi
peu
intelligent
qu'il
foit,
fais
toujours
ce
qui
eft
convenable;ou
mefléanrà
fa
dignité.
1
Lorfquele
Prince
veut
juftifier
quelque
ation
qu'il
fait
que
le
Peuple
interpréte,
ou
peutinterpréter
finiftrement
,
il
ne
peut
pas
la
mieux
autorifer,
que
par
léxemple
de
fes
derniers
prédecefleurs;
car
plus
Féxemple
eft
récent,
plus
il
fait
d’impreffion
fur
def
prit
de
ceux
à
quiileftaleoue.
LE
ESS
+
NOTES
HISTORIQUES.
;
|
:
g
La
perte
des
Batailles
de
Cremera
&
d’Allia,
toutes
deux
|
|
données
le
17.
de
Juillet
de
diferenres
années;
&
quatre
autre
2
:
dires
du
Tefin
,
de
rrébia,
du
Lac
de
Trafimene,
apellé
au-
|
<e
jourd’hui
le
Lac
de
peroufe
;
&
celles
de
Cannes,
où:1l
mourut
ù
_
gant
de
Chevaliers
Rémaïins
,qu'Hannibal
envoya
à
Carthage
3
deux
boifleaux
de
bagues
d’or
>
POur
marquer
lenombre
ass
2
“morts
par
çelui
desbagues
4
LEs
ANNAzESs
pe
TAciTre,
s#
raux
#,
&
l'exftinétion
entière
de
plufeurs
f1=
»
milles
nobles+
:
Que
les
Princes
étoient
mor-
»
tels:,
au:
lieu
que
l'Empire
étoit
éternel
1
:
»
Qu'ils
retournaflent
donc
à
leurs
éxercices
#
ordinaire,
&
quils
repriflent
toute
leur
»
gaieté
pourles
Jeux
Mégaléfiens
À;
quiapro-
:
»
choient
2.
-
=
VIT,
REFLEXIONS
POLITIQUES.
‘y
LesRoïaumes,
dir
Ant.
Perez
;
font
à
Pévard
des
Rois
ce
que
font
les
efpéces
à
l'égard
des
individus.
£cs
Philofophes
apellent
lescfpéces
éternelles,
parce
que
de
Jeur
nature
elle
ne
peuvent-prendre
fin
;
au-lieu
-
que
les
individus
périflent
,
comme
n'étant
què
desac-
cidens.
Ce
ne
{ont
pas
les
Rois,
qui
fonrles
Roïaumes,
“mais
les
Roïaumes,
qui
font
les
Rois.
Dwsss
[es
fecon-
des
lettres.
enr.
-_
2
Quelquemécententement
qu'ait
le
Peuple,
pro-
pofez-lui
des
jeux
&
des
fpe“acles,
il
eubliera
bien-
tôrles
fujers
qu'ilen
a.
Le
Peuple
pafñle
encore
plus
facilement
de
la
triftefle
à
la
joie
,
que
dela
joie
à
la
triftefle:
Il
ne
faut
fouvenr
qu'un
caroufel
,
ou
une
mafcarade
,
pour
le
ramener
à
fon
devoir,
On
lamute
par
ces
fortes
de
divertiflemens
;
comme
l’on
apaite
les.
enfans
,
qui
pleurent
,
avec
une
poupée.
-
3
Remer
NOTES
HISTORIQUES.
h
Des
Scipions
en
Efpagne
,
&
de
tant
d’autres.
-
&Tousles
Fabius,
qui
étoientc
au
nombre
de3o#:proches
…
parens
,
périrent
dans-une
embufcade,
que-les-rofcans
leur
_avoient
dreflée
près
de
la
riviére
de
Cremera
:mais
par
boni=
heur
il
en
refta
un
à
Rome
caufe
de
fon
bas
âge,
qui
fitrevi=
vre
cette
race.
Fer
ee
ER
-
&
Jeux
inflituez
en
l’honneur
delaMerce
des
Dieux
;
apellée
Pre
2
Livre
TRoOïISIE
me,
1
.
VIT:
Chacun
recommenca
donc
fes
fonc-
tions,
&
Drufus
partit
poural'er
joindre
l'armée
-d'Hlirie,
laiflant
les
efprits
dans
l'impariencede
voir
la
mort
de
Germanicus
vangée.
On
difoit
par
la
villé,que
Pifon
ne
voïagéoit
parlesagréa-
bles
lieux
de
l'Afe
&
de
la
Grece,
que
pour
élu-
der
par
fa
contumace,&
par
des
longueurs
afec-
tées,
les
preuves
de
fes
crimes.Cär
le
bruit
cou-
roit,
quela
celebre
empoifonneufe
Martine,
que
Gnetus
Sentius
envoioit
à
Rome,
étant
_
morte
fubitement
à
Brindes,
onluiavoit
trou-
vé
du
poifon
caché
dans
les
frifons
de
fes
che-
veux,
fans
qu'il
part
furfon
corpsaucune
mar-
que
de
s'être
empoifonnée
-
VHE.
REFLEXIONS
Poririou
ES.
n
1
Le
plus
dangereux
de
tousles
poifons
eff
celui
qui
fair
{on
éfet
fans
lailler
aucune
marque
vifible
de
F'emn-
poifonnement.
C'eft
pour
cela,
qu'il
für
impofhble
de
prouver
que
Germanicus.eüt
été
empoifonné.
Tou-
te
la
preuve
ronloit
fur
le
commerce
,
que
Planci-
ne
avoit
eu
avec
Martine.
Le
Journaldu
regne
d'Henri
TE.
parle
d’un
Valer
de
chambre
du
Ducd’Alencon
.
=
somme
Blondel
,
qui
fut
accufé
d’avoir
empoionne
a
fon,
NOTES
HISTORIQUES
parles
Romains,
Muagre
Marer.Cetre
Déeffefutaportée
àRo-
medu
tems
de
Scipion
Mafica,
qui,
pour
avoir
été
déclaré
le:
…
plus
fainthomime
de
la
ville,eur
l'honneur
de
la
loger
quelque.
*
rems.Ces
jeux
furent
appellez
Mégalefiens,
à
caufe
d’un
terne
-
ple
qu'elle
avoicà
Peflinunte
en
Grece,
apellé
Mégalefion
écélébroienttous
les
ans
au
mois.
d’Avrik
Re
16
Lrss
AnnAres
De
TAciry.
VIIE
Mais
Pifon,
après
avoir
dépèché
fon
fils
à
Rome,
avec
des
inflruétions.,
pour
difpo--
fer
l'efprit
du
Prince
en
fa
faveur
,
va
trouver
Drufus
,
de
qui
il
attendoit
plus
de
protetion,
pour
l'avoir
défait
d'un
rival
;
que
de
haine
,
Pour
lui
avoir
Sté
un
frére
1.
Tibére,
pour
“Montrer,
qu'iln'étoit
point
prévenu
eontrePi-
fon
,
recut
honnêtement
fon
fils
,
&
lui
fit
les
Préfens,
qu'ilavoit
accoutumé
de
faire
aux
en-
fans
de
qualité.
Drufus
dit
à
Pifon,
que
fi
tout
cé
qu'on
difoit
étoit
véritable,
ilne
pouroit
re-
fufer
à
à
douleur
d'être
le
premier
à
pourfuivre
|
*
n"
REFLEXY
ONS
PoLiTirQUESs.
à
-
fon
Maître,
&
fur
apliqué
plufieurs
fois
à
la
queftion,
quoiqu'il
n’y
eût
poinrd’aurre
preuve
contre
lui,
que
celle
du
foupçon,
fondé
fur
ce
qu’il
avoir
été
aupara-
vant
domeflique
du
Cardinal
de
Birague
,
qui,
felon
ec
témoignage
de
l’Amiral
de
Coligny
,
difoir
aux
Rois
Charies
IX.
&
Henri
III.
qu'ils
ne
viendront
jamais
à
bout
de
leurs
ennemis
,
que
par
le
fecours
des
Cuifinicrs.
Voi
la
Réflexion
2
du
chap.
75,
du
li=
Ur
Le
1
Les
Princes
font
bien
aïfcs
de
trouver
des
gens
,
qui
leur
ouvrent
le
chemin
à
l4
fnecefion
des
Etats.
Mais
quand
on
jeur
rend
ce
férvice
par
la
voye
de-
l'empoifonnement,
ou
du
meurtre,
ils
fe
gardent
bien,
s'ils
font
fages.,
d'en
témoigner
jamais
aucune
recotr-
noïfflance
,
parciculiérement,
lorfqu’iis
n’ont
aucune
pattaucrine.
En
ces
fortes
d’affaires,
c'eftêtre
com>
:
.
_plice,
que
d’être
reconnoïffant
;
&c'eft
une
marque
-
de
prudence
&
d'équité
,
que
d'être
Ipgrag
es
Livre
TRotsitr
Me.
I
;
7
la
vengeance
1
;
mais
qu'il
fouhaitoit
que
tout
-
se
REFLEIXIONS
POLITIQUES,
1
Il
importe
extrémement
aux
Princes
de
venger
fa
mort
de
leur
prédécefleur
affaffiné,
ou
empoifonné
,
cariln
y
a
point
d'autre
moïen
d'affürer
leur
vie,
que
de
faire
en
forte
,
qu'il
ne
£e
voie
point
d'exemple
de
Pimpunité
de
ceux
,
qui
ont
procuré
la
mort
à
Jeur
Prince.
Ne
point
venger
celle
du
Prince
,
à
qui
Von
fuccede,
c’eftaprendre
au
Peuple,
&aux
mécon-
tens
,
que
la
confpiration
peut
quelquefois
être
recon-
nuË
pour
jufte&
raifonnable,
puifqu'on
la
laïfle
quel
quefois
impunie.
Opinion,
à
laquelleles
Princes
doi-
vent
érre
foigneux
de
fermer
toutes
les
portes.
Clau-
dits
fit
mourir
Chereas
&
Eupus,
qui
avoien
tué
Ca
ligula
,
quoique
ce
meurtre
lui
eût
fervi
de
degré
pour
montrer
à
l'Empire.
Domitien
punit
de
même
Epafro-
dite,
feulement
,
pour
avoiraidéà
fe
tuer
à
Neron,
.
qui
d’ailleurs
évoir
profcrit
par
un
arrêt
du
Sénat,
Ner-
va
,
au
contraire,
s'expofa
lui-même
àla
fureur
des
foldats:,
pour
ne
leur
avoir
pas
voulu
livrer
les
meur-
triers
de
Domiitien,
Danger,
dont
ilne
fuc
garanti
que
pat
Padoprion
qu’il
ftde
Trajan
Enfin,
ç
a
étéderout
tems
une
maxime
inviolable
parmi
les
Princes,
de
ne
pardonner
jamais,
ni
à
ceux
qui
onttué
leur
préde=
ceflcur,
niimême
à
ceux
,
qui
ont
verfé
le
fans
de
quelque
Prince
érranger
que
ce
puiflé
étre
Quoi-
-quAlbert,
Duc
d'Autriche,
eûr
été
&lG
Roi
des
Ro=
maïss
du
vivant
de
Empereur
Adolfe
de
Naflau
,
&
qu'aprèsla
mort
d’Adolfe,
qu’il
tua
dansun
combat:
fingulier
,
il
eût
fait
confirmer
fon
éle&tion
,
où
plu
tôt
fait
proceder
à
une
toute
nouvelles;
quelques
E-
Jeéteurs
,
&
plufieurs
Princes
de
PEmpire,-
ne
Jaiffée
xentpas,
depuis,
de
former
une
plainte
contre
lui
;
devant
l'Eledteur
Palatin
,
pat
laquelle
ils
preren=
doient
faire
cafler
&añnuller
cette
feconde
élettion,
comme
1
fie
18
LEes
ANNALES
pe
TACITS=.
cela
Gtrouvât
faux
;
&
que
la
mort
de
Germa-
nicus
ne
fût
funefte
à
perfonne
1.
Il
lui
dit
cela
publiquement,
&
furant
de
lui
parler
en
fecret:
&
l'on
ne
doutoit
point
que
ce
ne
fut
par
l'ordre
de
Tibére,
d'autant
que
Drüfus
évoit
tropjeune.
_&
trop
fimple,
pour
inventer
de
fon
chef
des.
rufes
de
vieillard
2.
REFLEXIONS
PoLiTiQUEsSs.
commed’un
homme,
quiaïant
cut
fonprédéceffeur
,
éroit
incapable
&
indigne
de
lui
fucceder,
Oxenftiern
dass
fon
livre
de
rarione
ftatus
,
cap.
$
partisi.
1.
Il
fied
coujours
bien
à
un
Prince
de
parler
humai=
nement
aux
perfonnes
accufées,
qui
fe
juftifient,
quoi-
auil
facheméême
,
qu’elles
font
criminelles
;
de
peur
que
,
s’ilen
ufoit
autrement,
onne
crüc
,
que
fa
pale
fion
;
ou
fa
haïne
particuliere,
fut
la
vraïe
caufe
de
leur
condannation,
2
Un
Prince,
qui
fe
donne
la
peine
d’inftruire
lui-
:
même
fon
fils
,ne
tarde
puére
a
le
rendre
habile.
hom-
me;
car
le
difciple
eft
plus
docile
,
à
caufe
du
refpect
que
Jui
imprime
la
majefté
du
maître;
&
le
maître
plus
foigneux,
à
caufe
de
l'incérér
qu'il
prend'à
l'édu
ation
du
difciple.
Patercule
femble
attibuer
toute
Phabileré
de
Tibére
aux
divins
préceptes
d'Auguftes
Zenutritus
cœlefhiumpreceptorum
difciplinis.
Hift.2,Ca-
brera
dir,
que
Charle-quinc
€tant
de
retour
en
Efpagne
après
{a
démifhion,
eur
la
penfée
de
fe
charger
du
foin
de
l'éducation
de
Don
Carlos,
Prince
d'Efpagne,
qui
ne
refpeétoitnt
Gouverneurs
,
ni
Précepteurs
,
mais
que
{on
peu
de
fanté
l'en
empêcha.
Peut-être
auffi
changea-t-il
d'avis,
pour
n'être
pas
obligé
quileft
dangereux
d’enfcigner
à
un
méchant
efprit,
Le
-
d'aprendre
à
{on
petits
fils
des
maximes
politiques
,
Re
Rate
déteste
nee
1
Leiher
ris
lo
Lg
des
2
Lis
BE
RAGE
LIVRE
TRoïsir
Mr.
19
TX.
Pifon
aïant
traverfé
la
mer
Adriatique,
&
lailfé
es
vaifleaux
à
Ancone,
vint
par
le
Pi-
cen
l,
&
delà
par
la
voie
Flaminies,
joindre
une
légion
,
qui
retournoit
de
la
Pannonie
à
Rome,
pour
aller
de
là
en
garnifon
en
Afrique.
Mais
parce
que
le
bruit
courut
.
qu'il
avoit
ea
defles3
de
corrempre
les
foldars
parle
chemin
,
en
s'entrétenant
fouvent
aveceux
1:
fi
tôt
el
Gt
REFLEXIONS
POLITIQUES.
tel
qu'étoit
Don
Carlos.
Diégo
de
Mendoca
dit,
que
c'eftla
coutume
des
Ponrces
de
Leon
de
mener
cux-méê-
mes
leurs
enfans
à
la
guerre,
&
deleur
fervir
de
mai-
tres
en
tout
ce
quieft
de
feur
éducation.
[
Les
Ponces
,
autrefois
Ducs
de
Cadix,
aujourd’hui
Ducs
d’Arcos,
ont
le
Grandat
héréditaire
&
permanent
daus
Jeur
fa-
mille
,ainf
queles
Guzmans,
Ducs
dé
Medina
Sidonia
leurs
rivaux.
Ces
deux
Maifons
font
diftinguées
des
autres
Grands
orignaires
,
en
ce
que
de
douze
familles,
qui
pofledent
cet
honveur,iln°y
à
encore
que
les
Guz=
mass
&
les
Ponces,
que
le
Roi
d'Efpagne
ait
nommez
&
reconnus
pour
cels.
]
Chap.
9,
c»
14
dulivrea
dela
Guerre
de
Grenade.
ER
-
1
Quand
un
Grand
eft
fufped
zu
Prince
,
on
qu'il
eft
aduellemerr
recherché
de
quelque
crime
d’Era
,
âl
ne
peut
faire
une
plus
grande
imprudence,
que
d’en=
BEr
en
commerce
avec
les
gens
de
ouerreifur-rout
s’if
a
€u
auparavant
ducrédic
parmi
eux,
Ainft,
Pifon
>
CS
NOTES
HISTORIQUES.
_lAujourd'hni
la
Marche
d’Ancone,
8
Cf
un
des
grands
chemins
de
Rome,
26
Lr$
ANNALESDE
T
AcrTr.
fut
arrivéà
Narni
#
,
il
s'embarqua
furle
Nar,
foit
pour
éviter
les
fonpçons
,
ou
paree
que
CEUX
,
qui
craignent
,
font
toujours
dans
l'in-
certitude.
Mais
la
faute
qu'il
fit
de
venir
aborder
en
plein
jour
au
tombeau
des
Céfars
,
à
la
vüe
de
tout
un
Peuple
,
qui
bordoït
le
Tibre,
irrita
encore
davantage
les
efprits
,
d'autant
quelui&e
Plancine
entrérent
avec
un
vifage
joïeux
;
lui
,
accompagné
de
grand
nombre
de
domeftiques:
elle
,
dequantité
de
femmes
à
fa
fuite.
Leur
maifon
;
qui
regardoit
fur
la
grand'place
,
or-
née
au
dehors
de
lauriers
&
de
ouirlandes
,
le
feftin
,
&
les
réjoniffances,
quisyfirent,
fans
que
rien
fut
fecret,
à
caufede
la
fituation
&
de
laparence
du
lieu
,
furent
aufli
des
éguillons
,
qui
provoquérent
l'envie
r.
—
:
EE
—
2.
[Le
=
REFLEX]
ONS
POLITIQUES.
qui
avoit
été
appellé
le
Pére
des
légionsen
Syrie,
&
qui
depuis,
avoit
etc
accufé
par
le
Sénateur
Sentiusde
vou-
Joir
alumer
une
guerre
civile
dans
la
Province
;
après
qu'il
en
eñt’perdu
le
Gouvernement,
Pifon,
dis-je,
…
ausmentoit
le
foupcon
du
crime
dont
Sentiusl’accu>
tournoit
à
Rome,
=
2
1
La
pompe,
le
fafte
,
es
feftins.
&
les
réjotif=
foit
,
en
vivant
familiéremenr
avec
la
lègion,
quire
…
.
fances
;
foncimputez
comme
autant
de
NOUVEAUX
Cri=
ES
_
NOTES
HISTORIQUES
ville
de
PUmbrie.
—
Livre
TrRoïsrr
Mer.
2x
À:
Lelendemain,
Fulcinius
Trio
aceufà
Pi-
on
devant
les
Confuls
;
mais
Vitellius
,
Vera-
pius
,
&
les
autres
Compagnons
du
voïage
de
Germanicus
,
foûtenoient
,
que
Trion
n'avoit
pas
droit
d'intervenir
dans
cette
Caufe,
&
que,
Ponr
eux,
fans
fe
rendre
aceufateurs
sis
nefes.
Toient
que
raporter
,
comme
témoins
lesder-
niéres
velontez
du
défunt.
Trion
fe
défifta
de
fa
prétention
,
&
fe
contenta
d’obrenir
la
permif.
fon
de
recherchertoute
la
vie
del'accufé.
L'Em-
pereur
fut
prié
de
prendre
connoiflance
de
l'affaire
,
&
Pifon
y
confntoit
volontiers
,
dans
REFLIXIONS
Perirrqu
55,
mes
a
un
homme,
qui
eff
apellé
en
juftice
pour
des
&rimes
d'Etat
;
car
c'eft
proprement
braver
le
Prince
&
les
Loix
,
en
montrant
>
qu'on
ne
les
craint
pas.
Véritablement
,
Tibére
éroit
joyeux
de
la
mort
de
_
Germanicus,
mais
il
en
faifoit
le
crifte-Pifon
deyoit
donc
s’abftenir
d'entrer
à
Rome
avec
éclat
;
de
mon.
ter
un
vifage
content
,
&
de
faire
,
dans
(à
maifon
des
magnificences
,
quiattirant
les
yeux
du
Peuple,
ne,
ervoient
qu’à
réveiller
lindigratien
publique
,
par
la.
_
Comparaïfon
qu'on
faifoit
de
toutes
ces
téjoüiflances,
_.
filence
,
lacrifieffe
,
&
le
deuil,
qui
resnoient.
Maïfond’Agrippine.
Cabrera
dir
>
que
la
ma-
—nificence
avec
laquelle
Antoine
Perez
continuoit
de
vivre
;
pendant
que
la
femme
&
les
enfans
du
Secre=
taite
Juan
Efcovedo,
qu'ilavoit
fair
aflaffiner,
pour-
fuivoienr
la
vengeance
de
fa
mort,
irrita
fi
fort
les
_efprits,
que
Philippe
IL.
furenfin
contraint
de
Paban=
donner
à
la
Juftice
,
qui
ne
Manqua
pas
de
Île
traicer
à
@ouic
rioueur,
ss
LEs
ANNALES
PE
CACITE.
dans
la
crainte
qu'il
avoit
de
paffer
par
les
mains
du
Peuple,
ou
du
Sénat
,
tous
deux
trop
affec-
tionnez
à
la
Maifon
de
Germanicus
;
au
lieu
qu'il
avoir
,
que
Tibére
ne
fe
latfoit
point
aller
aux
bruits
de
ville ;
&
que
fa
mére
avoit
concer=
té
avec
luiles
ordres
fecrets
,
g#'elle
auorr
don
mex
à
Plancine.
Quire
que
la
vérité
fe
difcerne
mieux
par
un
Juge
feul,
que
parune
affemblée
3,
où
la
haine
&
l'envie
ont
un
grand
pouvoir.
-
Tibére
n'ignoroit
pas
l'importance
de
cette
affaire,
ni
lescalomnies
,
dont
on
ledéchiroit.
Après
doncavoir
oui,
en
prefence
de
quelques:
mnsdefes
confidens
,
les
plaintes
des
accufa-
teurs,
&
les
réponfes
de
l’accufé
,
il
renvoya
tout
au
Sénat.
:
|
XI.
Cependant,
Drufus
retournant
de
l’[Le
dirie
rentra
dans
Rome
fans
pompe
;
remettant
‘À
un
autretems
le
petit
triomphe;que
le
Sénat
Jui
avoir
décerné
pour
les
exploits
de
l'été
précé-.
dent
;
dont
le
principal
éroir
la
réduction
de
Maroboduus.
Après
cela,
Pifon
demandant
pour
Avocats
T.
Arruntius,
Fuleinius,
Afe
nius
Gaïlus,
Eferninus
Marcellus,
&
Sextus
=
=
Pom»
=
RSFLEXIONS
POLITIQUES.
y
La
diverficé
des
humeurs
&
des
intérêts
deceux,
qui,compofenr
une
aflembiée
,
ouvre
la
porte
à
toutes
:
es
paffions,parmi
Jefqueliesil
eft
impoffhible
de
difcer=
ner
là
veriré
d'avec
le
menfonge,quia
toujoufs
la-pre
vention
pour
Avocat.
—
2
En
onmes
Livre
TROISIE
ME
3
Pompeius
,
&
ceux
ci
s'excufant
1
{ur
divers
_
prétextes
;
on
lui
donna
M.
Lepidus,
Lucius
Pilo,
&
Livencius
Regulus;
toute
la
ville
aten-
dant
avec
impatience
>
quelle
feroit
la
fideliré
des
amis-0
de
Germanicus
>
&
la
réfolution
du
criminel
,
&
fi
Tibére
cacheroit
,
Où
découvriroit
fes
fentimens.
Car
le
Peuple
n'avoit
jamais
montré
plus
de
foupcon
,
ni
pris
plus
de
liberté.
de
murmurer
contre
le
Prince
XIL.
Le
jourque
ftintla
premiere
audien-
ce,
Tibérefit
un
difcours
bien
étudié,
&
dit
;
#
Que
Pifon
avoit
été
l'ami
&
le
Lieutenant
»
d'Aupufte
,
&
que‘ce
n’étoit
pas
moins
par
-
Favis
S
Li
=
RsrLsxioNs
PoLiTiQUes.
1
Un
ériminel,
dent
tout
un
Peuple
demande
[a
mort
,
avec
menaces
de
Je
mettre
en
piéces
,
s’il
ef
abfous
par
les
Juges
,
trouve
difficilement
des
Ave-
cats
qui
ofent
entreprendre
{a
défenfe.
Souvent,
l'en
_
fouve
moyen
de
fe
mettre
à
couvert
de
la
colére
du
-
Prince
,
maïs
il
arrive
rarement
defe
garantir
de
celle
el
ne
|
nn
PR
nes
|
_
NOTES
HISTORIQUES
9
C'eft
qu'ils
avoient
promis
à
Germaniens
moribond,
de
Perdre
la
vie
plutôtquede
faifler
fa
mortimpunie,
comme
lg
ditracite
vers
14
fn
du
fecond
livre
des
Annales.
>
34
Les
ANNALES
DE
TAcars.
#
l'avis
du
Sénat
1
,
que
par
le
fien
quil
évoit
#été
envoiéavec
Germanicus
;
pour
gouvér.
a
ner
l'Orient:
Qu
il
s'agifloit
d'examiner
fans
»
prévention
,
sil
étoit
vrai
qu'il
eüt
irrité
le
»
défunt
par
des
conteftations,
&
par
des
défo-
s>
béifances
,
&
qu'il
fe
fut
réjoui
de
fa
mort,
»
ou
quilen
füt
l'auteur.
Car
,
difest-1l,
fi
le
»#
Lieutenant
de
mon
fils
a
pafléles
bornes
de
fa
5
charge
,
a
défobéi
à
fon
Général,
s'eft
xéjoui
»
defa
mort
,
&
de
ma
douleur;
je
le
bannirai
»
de
ma
maifon,
&
me
vengerai
de
lui
comme
-»
pêre-
de-famille,
&
non
pointcomme
Prin=
»
ce
2.
Mais
s'il
fe
trouve
coupable
d'un
crime,
#»
qui
mérite
d'être
puni
pour
la
mort
du
moin-
.
dre
*RE£EFLEXIONS
POLITIQUES.
3
Quand
le
Princea
choïfi
quelque
Gouverneur
,
où
#uelque
autre
O
Micier
,
dont
l’adminiftration
vient
à.
être
recherchée
pour
des
crimes
capiraux,
d'ordinaire
il
en
veur
partager
le
blämeavec
fon
Cenfeil.
Il
fem-
ble
même
,
que
Tibere
veuille
faire
croire
ici
,
que
le:
motif
pour
lequel
il
avoit
envoyé
Pifon
Gouverneur
en
Syrie
,
étoit
pour
fe
conformer
au
choix
d'Au-
gufte,
qui
avoit
honoré
Pifonide
fon
amicié
,
&
de
divers
emplois
,
dont
il
s’étoit
bien
aquité.
2
Il
yabiende
la
difference
entre
les
offenfes
faites
à
la
perfonne
,
ouà
la
majefté
du
Prince:
le
Prince.
peut
pardonner
les
premietes
,
mais
il
ne
doit
jamais
Jaifler
impunies
les
fecondes,qui
tirent
toujours
à
des”
conféquerces
dangereufes
poux
l'Erat.
Car
ec
feroit,
”
comme
dit
très
bien
le
grand
Cardinal
de
Richelieu,
une
faufle
clémence,
plus
dangereufe
;
que
la
cruauté.
même.
Chaps
5,
de
ln
feconde
partie
de
[on
Tefameit
Politique,
LD
Livre
TrReoiïisir
wr.
if
#3
dredes
hommes,
vengez
vous,
Meflieurs
>
»
vengez
les
enfans
de
Germanicus
,
&
leur
#ayeul,
Mais
fur
tout
n'oubliez
pas
d'éxami-
»
ner
,
S'il
a
corrompu
la
difcipline
militaire
;
».
S'il
a
tâché
de
gagner
l'afe@tion
des
foldats
=
»
pour
s'en
fervir
à
quelque
entreprile
,
s'il
a
»
employé
la
voie
des
armes,
pour
rentrer
dans
»
la
Province
;
où
fi
ce
n’eft
point
une
invention
»
Où
Une
éxagération
de
fes
accufateurs
r
;
lef-
»
quels
je
finis
faché
de
voir
procéder
avec
trop
nie
chaleur
Car.
à
quel
deffein
dépouiller
le
»
corps
de
Germanicus,
&
l'expoler
tout
nud
#
aux
yeux
&
au
maniment
du
Peuple
?
Pour-
»
quoi
publier
jufque
dans
les
païs
étrangers,
»
qu
il
a
été
empoifonné,
fi
cela
eft
encore
in.
»
Certain
,
&
à
verifier
?
Je
pleure
mon
fils,
&
»
le
pleurerai
toujours
;
mais
je
n°
empêche
#
point
que
l'accufé
ne
dife
tout
ce
qni
peut
{er
-
»
vit
à
juftification
2,
fans
épargner
même
Time
24.
B
le:
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
Lorfqu’un
Prince
metun
Grandentre
les
mains
de
Ja
Juftice,
&
qu'il
y
a
aflez
de
quoi
lui
faire
fon
pro=
cès
,
ileftdefa
prudence
&
de
fon
honneur
:
de
com-
Mander
aux
Juges
de
ne
fe
polnt
amuferà
l'éxamen
des
crimes
inçcertains
&
douteux
,
dont
le
coupable
ef
accufé,
pour
Montrer
qu'il
agit
fans
pafon
,
&
qu'il
VEur
qu'on
procéde
par
ja
feule
autorité
des
loix.
.
2rLe
Prince
a
deux
fortes
de
devoirs
à
templir,
Ceux
de
la
Nature
envers
fes
enfans,&cceux
dela
Prin.
cipauté
26
Les
ANNALES
DE
TACITÉ.
5
le
deffunt
,
s’il
a
fait
quelque
faute.
Que
mon
»
interet
,
M:{icurs
,
ne.vous
fafle
point
rece-
#
voir
des
accufations
pour
des
crimes.
ue
»
ceux
,
que
la
parenté
,
l'amitié,
ou
la
recon-
»
poillance
,
ont
donnez
à
Pifon
pour
À
vocats,
#
ne
craignent
point
de
le
fecourir
dans
ledan-
»
ger
où
il
eft
,
avec
toute
leur
éloquence,
&
»
toute
leur
induftrie.
Texhorte
{és
accufateurs
s
à
travailler
de
leur
côtéavec
le
même
courage.
s»
out
ce
que
nous
acorderous
au
delà
des
loix
»
à
la
mémoire
de
Germanicus
,
€ft
que
cette
»
Caufe
fera
jugée
par
le
Sénat,
au
lieu
d'aller
s
devant
les
Juges
ordinaires;
car
nous
vou-
»
lons
que
tout
le
refte
fe
fafle
dans
les.
formes
»
accoütumées.
Enfin,
ALeflieurs;
je
vos
prie.
»
de
n'avoir
point
d'égard
ni
aux
larmes
de
5
Drufus,
nià
mon
afiliétion
;
vi
aux
mauvais
»
bruits
qu'on
{eme
contre
nous.
XIII.
Il
futordonné
,.que
les
accufateuts
au-
goient
deux
jours
pour
parler
,
&
l'a
ne
Sie
cufé
trois
pour
répondre,
&.fixen-
one
Le
re
deux
pour
sy
préparer.
Fulcintus
parer
»
&
commença
par
une
déduétion
de
de
chofes
vi.illes,
&
qui
n'apartenoient
point
au
ee
fait,
RSFLExXIONS
Poritrquss.
cipauté
envers
fes
Sujets.
Comme
il
eft
le
pére
com
mun
des
uns
&
des
autres
,
il
doir
cenir
la
balance
égale
entr'eux
,
&
laifler
agir
les
loix
;
fur-tout
lorfquit
et
queftion
de
venger
la
mort
,
ou
les
querelles
des
pienuets,
.
Livre
TrRorsirur
»,
fait
,
accufant
Pifon
d'avoir
malverfé
autre
fois
en
Elpagne
;
chofe,
dont
la
conviction
même
pe
fufhfoit
pas
pour
le
condamner
,
s’il
fe
juftifioit
du
refte
;
nila
réfutation
pour
l'abfoudre
,
s’il
fe
trouvoit
coupable
des
cri=
mes
nouveaux
;
dônt
on
le
chargeoit,
Ser…
veus
;
Veranius,
&
Vitellius,
continuerent
l'accufation
avec
même
ardeur
,
mais
le
der-
nier
,
avec
plus
d’éloquence
,
difane
,
qu'ers
baine
de
Germanicus
,
&
par
un
defir
d'in
troduire
quelque
nouveauté.
Pifon
AVOIt
cop
rompu
le
commun
des
foldats
>
Par
tant
d'itge
dulgence
&
de
licence
,
aux
dépens
même
des
Alliez
,
quetousles
fcélérats
l'apelloïen:
le
Pére
des
légions
:
Qu'au
contraire
,
il
avoit
crucile-
ment
traité
les
meilleurs
OfMciers,
&
für.
tout.
…
les
amis
&c
les
domeltiques
de
Germanicns
,
le-
quel
il
avoit
fait
mourir
enfuite
par
les
charmes
&
parle
poifon
;
témoin
les
facrifices
détefta…
.
bles,
que
lui
;,
&
Plancine
avoient
faits
»En
ré-
jouifance
de
[a
mortp:
Qu'il
avoit
prislesarmes
<ontre
la
République
,
&
,
que
pour
le
faire
venir
en
Juftice
,
il
avoit
falu
lui
donner
bataille.
ee
Lee
ATV:
La
défenfe
fut
chancelante
;
car
on
ne
:
.
pouvoit
nier
la
licence
donnée
aux
loldats;
Jes
B
2
Outre-
SRE
posent,
=
_n
nn
|
NOTES
HISTORIQUES,
#
Voile
chap.
76,
du
livre2,
58
Lrs
ANNALESDET
Acire.
outrages
faits
au
Général
,
niles
excès
commis
dansla
Province
,
parles
méchans
,
g%°#/
prore-
grois
Mais
ilfatishit,
ce
femble
,
à
l'accufation
du
poifon,
qui
veritablement
n'éroit
pas
bien
prouvée
1.
Car
de
dire,
qu'il
avoit
empoifon-
né
les
viandes
,
én
y
touchant
,
un
jour
qu'il
étoit
à
la
table
de
Germanicus,
&
dans
une
pla-
ce
au
deffus
delui
;
cela
paroïlloit
abfurde,
n'y
ayant
nulle
aparence
,
que
Pifon
l'eût
6f
faire
à
Ja
vüe
detant
de
valets,&detant
d'afliftans,
&
fous
les
yeux
même
de
Germanicus.
Aufli
de-
mandoit-il
que
fes
domeftiques
,
&
ceux
du
Prince,
qui
avoient
fervi
à
table
,
ce
jowr-le,
fulfentapliquez
à
la
queftion.
Mais
les
Juges
étoient
inéxorables
2
,
&
trous
par
des
motifs
:
diférens
s
.
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
Pour
le
poifon,
dir
Patin
,
on
en
dit
toujours
autant
à
la
mort
des
Princes
,
dont
on
fait
fouvenc
wiftére
&
finefle.
Lettre
69.
Comme
fi,
dit
Strada,
ec
leur
éroit
‘un
deshonneur
de
mourir
de
mort
natu-
gelle
;
à
caufe
del’égaliré
qu'il
fembleroïr
y
avoiren-
creux
&
les
particuliers,
Livre
2.
dela
feconde
decañe
de
[a
Guerre
de
Flandre.
©
2
En
matiére
de
crime
d’Erat
,
dit
Monfeur
de
Richelieu,
il
faut
fermer
la
porte
à
la
pitié
,
&
mépri=
:
fer
les-plaintes
des
perfonnes
intéreffees.
Etre
rigou-
reux
envers
les
particuliers
,
qui
mérrifent
les
loix
&
les
ordres
d'un
Etat
,
c’eft
être
bon
pour
le
public,
contre
lequel
le
Prince
ne
fauroit
commerrre
un
plus
*orand
crime
,
que
d’ufer
d’induloence
envers
ceux;
quiles
violent.
Chap
5.
dela
feconte
partie
de
fon
T4
sament
Politique.
ras
ss
LIVRE
TROïSIE
MY
La
diferens
l'Empereur
,
à
caufe
de
la
guerre
émüe
dans
la
Province:
le
Sénat,
pour
Écre
trop
pré-
venu
du
fonpcon,
que
Germanicus
n
écoit.
pas
mort
de
maladie
naturelle.
Quelques:
uns
vou-
lotent
obliger
Fifon
à
monirer
les
lettres,
que
fes
amis
las
avotentécrites
de
Rome
,
durant
{en
fcionren
Syrie,
mais
Tibére
ne
59
opofost
pas
moins
,
que
P:fon
même
g.
Dans
le
même
tems,
on
entendoït
le
Peuple
crier
à
la
porte
du
Sénat
que
fi
Pifon
étoit
renvoyé
ablous,
il
n
échape-
xoit
pas
deleurs
mains
1
;
&
fes
ftatuës
fe
trai-
noient
déjà
aux
Gémonies
r
,
lorfque
Tibére
Ve
com.-
REFLEXIONS
POLITIQUES.
x
Le
Prince
ne
doit
jamais
fouffrir
,
que
le
Peuple
prenne
connoiflance
des
affaires
des
Criminels
d'Etat
,
ni
qu’il
éxamine
,
fi
les
Juges,
qu'on
leur
a
donnez,
doivent
les
abfoudre
,
ou
les
condamner.
Si
cette
por-
te
étroit
une
fois
ouverte
,
le
Peuple
feroir
le
maître
de
tous
les
jugemens
par
le
moyen
des
féditions
qu'il
exciteroit
en
faveur
de
ceux
qu'il
voudroit
fauver
;
ou
pour
obtenir
la
mort
des
Miniftres
,
&
des
Officiers
publics
,
qui
lui
feroïent
odieux.
V2
ee
SRE
NOTES
HISTORIQUES.
g.
C’eft
ainfi
que
Freinshemius
remplit
une
lacune
:
qui
eft
dans
le
latin
;
où
il
y
a
deux
lignes,
qui
n’ont
point
de
fens,
74
Paraphrafi
Corneliana.
r
C’étoitun
lieu
patibulaire,
où
l'on
expofoit
les
corps
des
fupliciez
;
mais
feulement
de
ceux
qui
avoient
été
condamner
pour
des
crimes
d'Etat,
ou
de
leze
majefté.
De
ce
lieu
,
où
l’on
montoit
par
des
degrez
,
&
que
l’on
apelloït
ponr
cela
les
Echetles
Géonies
,
on
jettoit
de
haut
en
bas
les
ftatuës
des
cri
minels,
Cegibet
étoir
an
Mont
Aventin,
L
53
©
Les
ANNALES
De
TAcirr.
commanda
de
les
remetreen
leur
place.
Pifon
étant
donc
rentré
dans
{à
Uitiére
;
fut
reconduit
en
fa
maïfon
par
le
Chef
d’une
cohorte
préto-
tienne
,
ce
qui
fut
interprété
diféremment
,
Les
uns
difant
,
que
c'etoit
pour
le
garantir
de
la
fu-
reur
du
Peuple;
&
les
autres
,
pour
lui
anoncer
À
mort.
X
V.
La
hainen’étoit
pas
moindre
contre
Plancine
,
mais
fa
faveur
étoit
Os,
rlancine
n'étois
PRÉ
RRSR
AS
pee
min,
ei
taifon,
l’on
doutoit
,
fi
Tibe-
VEUr,
-
—
re
oferoit
la
mettreen
Juftice
2.
Tantqu'il
y
eut
quelque
efpérance
pour
Pifon
,
elle
lni
protefta
de
vouloir
tre
la
compapne
de
fa
fortune,
&
méme
de
{2
mort,
fi
le
fort
le
vouloir
ainf
:
a
mais.
REFLEXIONS
POLITIQUES,
1
C'eft
une
fatalité
,
qui
regne
dans.tous
les
Etats
onarchiques,
que
plus
un
Miniftre
eft
hay
du
Peuple
plus
il
eft
aimé
du
Prince
;
&
que
la
haine
populaire
fert
de
fauvegarde
à
des
perfonnes
,
que
le
Prince,
in
formé
de
leur
conduite
;
abandonneroit
volontiers
,
fi
ce
n
étoitpas
pour
contenter
Ja
Pa
ffion
de
la
Commune.
C'eft
pour
cela
qu’on
a
vû
fouvenr
des
Miniftres,
&
des
Favoris
,
feurir
&
profperer
,
lorfque
le
Peuple
crioit
&
fulminoit
contre
eux
;
&
ne
Faire
de
Ja
grandeur
,
dans
letems
,
que
le
Peuple
fembloit
être
Jas
de
Jes
haïr
&
de
les
ofenfer.
&:
2
Rien
n'eft
plus
honteux
à
un
Prince,
que
de
laiflér
croître
le
crédit,
on
le
pouvoir
d'un
Grard,
à
cel
point
qu'il
foitobligé
de
diffimulet
{es
fautes
;
jufqu’à
nofer.
F
metre
entre
les
mains
de
la
Juftice
pour
des
cils
ges
d'Etar,
.
LIVRE
TRoiIstr
Mer.
31
mais
fi
tôtqu'elle
eut
obtenu
fa
grace
par
la
pro-
tection
fecréte
de
l'Impératrice
;
elle
commen
ça
peu
à
peu
à
fe
retirer
de
fon
marir,&à
fe
de-
fendre
féparément
;
ce
que
Pifon
prit
pour
un
figne
affuré
de
fa
mort.
Doutant
,
s
il
devoit
tenter
encore
la
compaflion
des
juges
>
1l
y
ef
exhorté
par
fes
enfans
,
&
de
ce
pas
il
retourie
au
Sénat.
Il
y
trouve
l'accufation
recOmMENCÉz
les
Juges
fort
animez
contre
lui,
&c
tout
confpi-
rant
à
fa
perte.
Mais
rien
ne
l'éfraïa
davantaue,
que
la
contenance
de
Tibére,
qui
lui
parut
fais
pitié
,
fans
colére
,
roide,
infenfible
;inébranta-
ble.
Il
fe
fit
donc
remener
en
fa
matlbu
,
com-
mefi
c'eût
été
pour
travailler
encore
àfà
défenfe,
1l
écrivit
à
Tibére
une
lettre
fort
courte
;
qu'il
donna
cachetée
à
unafranchi,&
puisilemploya
quelque
tems
aux
fonctions
corporelles
;
qu'il
fit
à
{oh-ordinaire.
Enfin
,
fa
femme
étant
{or
tie
dé
fa
chambre,
fur
la
fin
de
la
nuie,
il
ft
fer
:
e
Re
mér
REFLExIONS
PoriTiquess.
_
+
Onfacrifie
touràl’æmour
dela
vie,
&
comme
dit
Antoine
Perez,il
nya
plusd'amitié
verirable
qu'en-
tre
l'ame
&
le
corps
,
qui
ne
veulenc
jamais
fe.
féparer,
Il
ya
aflez
de
femmes,
qui
Font
à
leurs
maris
routes
les
promefles
,
qué
Plancine
£{oir
à
Pifon
,
maisil
ne
s'en
voit
aucune
qui
les
tienne
:
elles
font
leurs
com
pagnes
infeparables
dans
la
bonne
fortune
;
mais
bien
loin
d’être
leur
reconfort
dans
la
mauvaife
;clles
dem
Viensent
fouvent
leurs
fleaux.
Heureux
mille
fois
qui
en
trouve
ure
bonne.
É
A
GAL
D
TNA
32
Les
AnnaArezs
be
TAcivr.
merles
portes,
&,
le
jour
venu,
on
le
trouva
égorgé
,
&
fon
poignard
à
terre.
XVI.
Je
me
fouviens
d'avoir
oui
dire
à
des
Vicillards
,
qu'on
lui
avoit
vû
fouvent
dans
les
mains
des
papiers,qu’il
n’avoic
noint
montrez
;
lefquels
,
à
ce
que
difoient
fes
amis
,
étoient
des
lettres
de
Tibére,
&
des
ordres
férets
contre
Germanicus,que
Sjan
l’avoit
emsêché
de
pio-
duire
en
plein
Sénat
,
en
lui
donnant
de
vaines
efpérances.
Ils
difoient
encore
,
quilne
s'é-
toit
pas
tuélui
même,
&
que
Tibére
jui
avoit
LS
LS
à
2
2
,
NT
.
cnvoyéun
éxécuteur..
Je
n'aflürerai
nil'un,
ni
2
.
ss
3
-—.
A
»
Pautre
1,
mais
auffi,
je
n'ai
pas
dû
taire
ce
que
mont
REeFrLEx
I
OoNSs
Poirriques.
1
Un
Hiftorien
ne
peut
jamais
être
trop
fcrupuleux,
Quand
il
eft
aueflion
de
raconter
des
a@ons
que
les
Princes
ont
faites
en
fecret.
La
demangeaifon,
qu'ont
plsfieurs
Ecrivains
d’aprofondir
les
fecrers
des
Prin.
ces
,
&
de
rafiner
fur
les
mémoires,
qu'on
leur
com
unique
,
ne
fert
pas
toujours
à
leur
donner
de
la
ré-
Putation
dans
le
monde
;
car
fi
d’un
côté
ils
y
paflerr
pour
fubrils
&
pour
pénétrars
,
de
l’autre
,
On
doure
fort
,
qu’ils
foienc
fidelcs
&
véritables.
C'eft
ce
qui
eft
arrivé
à
un
de
tros
Hiforiografes
,
qui
à
force
de
vouloir
s'élever
4
deffus
dn
vulgaire
,
@
de
tächer
d'aprocher
des
anciens
,
&
prircipalemenr
de
Tacite
:
dontil
fe
pique
d'étreun
réjéton
,
eftrombé
comme
un
autre
Jcare,
Il
ya
des
Ecrivains
,
dit
Strada
>
qui
font
gloire
de
publier
les
chofes
les
plus
cachées
&
les
plus
atroces
,
&
qui
négligent
les
communes.
Compas
-
rablesà
ces
voleurs,
qui
paflent
les
maifons
ouvertes
"
&
qui
ne
S'adreflenr
qu'à
celles,
qui
font
bien
fer
mécs.
Livre,
dela
feconde
Décade.
Livre
TRoïstrEe
MY.
33.
m'ont
raconté
des
perfonnes
1
qui
ont
vécu
ju£e
qu'au
tems
de
ma
jeuneffe.
Tibére
,
témoignant
Br
de
REFLEXIONS
POLITIQUES.
Il
ya
des
particularirez
curieufes,
qu’un
Hifto-
rien
ne
doit
pas
omettre
,
quoiqu'elles
foient
difficiles
‘à
croire
,
&
que
perfonne
ne
les
ait
encore
écrites
,
quand
il
les
fait
de
perfonnes
dignes
de
foi,
pour
avoir
eu
quelque
part
à
ces
événemens
,
ou
pour
en
avoir
eu
des
mémoires
fecrets.
Les
Hiftoriens
,
dit
Commines.
;
laiflene
plufieurs
chofes
,
ou
ne
les
fa=
vent
pas
quelquefois
dans
la
vérité:
mais
pour
moi,
je
ne
veux
parler
de
chofe
,
qui
ne
foit
vraie,
&
que
je
n’aie
vüë
,
ou
fé
de
f
grands
perfonnages
,
qu'ils
foient
dignes
d'être
crûs.
Ex
dans
ux
autre
éndroir=
-Bien.que
je ne
fufle
point
fur
les
lieux
,
où
ces
chofes
fe
faïloïent
,
je
les
füs
néanmoins
par
ce
Qu'on
rapor=
toit
au
Roï,
&
par
leslertres
qu'on
lui
écrivoir,
lef
“quelles
je
voyois
fouvenc,
pour
en
faire
les
réponfes
par
fon
commandement.
Ch2p.
13.
du
livre
5.
€
4,
die
livre
6.
Quand
Strada
parle
de
l’aparicion
du
Colonel
Pedro
de
Paz
à
fon
Régiment
dans
un
combat
près:
d'Anvers,
il
cite
Delrio
pour
fongarant
,
&dir
qu'a
près
le
témoignage
d’un
homme
de
fi
grand
poids
,
il
croiroir
faire
rort.
à
la-poltérité
,
s’il
lui
déroboit
la
éonnoiffance
d'un
événement
fingulier
,
&
raconté
avec
ferment.par
quantité
d'Officiers.,
qui
étoient
à
ce:
Combat.
Livre
6.delafeconde
Décade,
La
Préface
des
Mémoires
de
M.
Aubery
du
Mauriereft
une
des
meil-
leures
piéces
qu’on
nous'aitdonnées
depuis
longrems
;
-&
je
préférerois
un
point
d’hiftoire
comme
celui
de
la
mort
de
la
Reine
d’Ecofle,
qu'il
dit
avoir
apris
de
fon
pere
,
qui
le
tenoit
de
Ja
propre
bouche
du
Chan-
celier
de
Bellièvre
,
à
toutes
les”
hiftoites
>
que
nous
donne
un
hemme
,
qui
écrit
fur
des
manufcrits
&
fur
des
mémoires
invifibles.
34
Lrs
ANNALES
DE
T'ACITE.
de
Î2
compaffion
,
dit,
dans
le
Sénat,
que
Pi
fon
avoit
ru
à
le
charger
de
toute
la
hai-
ne-
f##t*+
Il
fit
beaucoup
de
queftions
à
fon
afranchi,
pour
favoir
les
particularitez
de
fa
mort;
&
cet
homme
ayant
répondu
à
toutes
{es.
demandes
,
aux
unes,
avec
jugement
;
aux
au-
tres,
avecembaras
1;
il
fit
lecture
de
la
lettre
de
Pifon
,
qui
contenoit
à
peu
près
cestermes:
»
Puifque
la
vérité
,
ni
mon
innocence
,
ne
#
trouvent
point
de
place
parmi
les
calomnies
35
de
mes
ennemis
,
j'atelte
les
Dieux
immor-
n
tels,
que
je
n'ai
jamais
manqué
de
fidélité
en-
#-vers
toi;
ni
de
refpeétenversta
mere.
C'eft-
#
pourquoi
,
je
vous
prie
vous
deux
d'accorder
#
vôtre
protection
à
mes
enfans
;
dont
l'un
n'a
»point
eude
part
à
mes
affaires
,
puifquil
a
»
toujours
été
à
Rome;
&
l’autre
s’eftopofé,
#
par
remontranees
,
à
mon
retour
en
Syrie,
Ah
!
_RErLExIONS
:
PoLiTIQUEsS.
1
Iln'ya
rien
de
plus
difficile
;
que
de
répondre
jufte
aux
fréquences
interrogations
des
Princes;
les
plus
habiles
gens
y
font
fort
ur
>
à
plus
forte
‘raifon
,
ceux:
,
qui
paroiffent
pour
Ja
premiere
fois
_devantun
Prince,
quiaunair
de
rhajefté
fevére:,
com
me
Tibére,
dont
le
vifage
Etoit
auf
ambigu:
que
fes
paroles,
Tiberi
fermone
,
uultw:,
adrogantibus
€
ob[=
gris,
ADN.
1.
Res
NOTES
HISTORIQUES,
..
ff
ilmanque
ici
quelque
chofe,
or
D
GA
Livre
TRoisrr
ms,
3ÿ
»
Ah
!'plut
aux
Dieux
,
que
la
vieillefle
du
DÉ
=
»
re
eut
cédé
cette
fois
à
la
jeunelle
du
fils
!
Cet
?
Encore
ce
qui
m
oblige
à
te
prier
plus
inftam-
#
ment
de
ne
point
mêler
l'innocent
avec
Je
#
coupable.
Te
te
conjure
donc
d'avoir
pitié
de
#
mon
pauvre
fils,
par
quarante-cinq
ans
de
»
fervice
,
par
nôtre
commun
Confulat
#
;:
par
»
lé
fouvenird'Augufte,
qui
m'aimoit
;
&
par
#
Compaflion
pour
un
ami
,
qui
ne
té
pourra
#
plus
rien
demander.
«
Il
ne
difoit
rien
de
Plancine.
:
XVII.
Tibére
déchargeale
jeune
Pifon
du
crime
de
Ja
guerre
éivile,
un
fils
n'ayant
pas
pu
défobéïir
à
fon
pére
1.
I]
parla
en
mêmetems
de
|
BG
rh
REFLEXIONS
Poirriques.
1
Commeileft
certain,
que
là
qualité
de
pere
ne
peur
jamais
mettre
en
droit
de
rien
commander
à
fes
enfans
;
au
préjudice
de
l'Etat
;
de
même
les
enfans
,
qui
font
en
Âge
de
bien
cemnoître
ec
qu’ils
fonr
,
ne
font
pas
plus
Éxemprs
de
crime
,
que
leur
pére,
quand
is
lui
obéïffent
dâns
uñe
révolte
anifefté
contre
je
Prince
;
foir
qu’ils
Je
faflenr
volontairement,
ou
pag
Contfainte.
Autrement
,
le
devoir
de
l'obéïflance
flia=
le
ferviroie
de
prétexte
à
[a
rebellion.
Or
puifque
le
_ÿeune
Pifon
diffuadoit
fon
pére
de
retourner
ep
Syrie;
Miremontrant
,
qu'il
alloit
allumer
une
guerre
civile
dans
l'Oriene
;
il
eft
évident
,
qu'il
favoit
de
quelle
=
Con
NOTES
HISTORIQUES
#
En
Pan
de
Rome
746.
ou
747e
Dee
(36
Lxrs
ANNALES
DE
T
AcrTe.
12
nobleffe
de
la
Maifon
Calpurnia
#
,
&
deplo-
1a
le
malheur,du
pére
,
quoiqu'il
fut
très.
digne
de
punition
1.
Après
cela
,
il
demanda
la
grace
de
Plancine
,
honteux
de
faire
une
demande,
qui
REPLExXIONS
POLtITIQUES.
tonféquence
étoit
cette
affaire,
&
qu'il
y
voyoit
aufft
clair,
que
fon
pere.
Et
d’ailleurs
,
il
paroit
aflez
par
Ja
Jerrre
du
pere
à
l'Empereur
,
qu’il
ne
croyoit
pas.
lui-même
,
que
fon
fils
füt
rout-à
fait
innocent
,
com-
me
véritablement
il
ne
létoit
pas;
puifqu’au
té-
moignage
de
Tacite
,
il
fur
auf
ardentafairelaguer.
te,
lorfqu’elle
fut
commencée
,
qu'il
avoir
été
ferme
à
Ja
déconfeiller.
Hawd
ignavo
ad
minifferix
belliju=
:
vene
Pifane,
quanquarn
fa|tipiendum
bellurs
abnuif[er:
Ann.
2,
:
:
:
-
“1
Quoique
les
princes
foïenr
obligez
de
punir
les
cri.
mes,
il
leur
fied
bien
néanmoins
de
plaindre
lemalheus
des
perfonnes
,
qui
les
ont
commis
Après
s'être
aquite
tez
du
devoir
de
Prince
,
qui
eft
de
faire
bonne
jufti-
te,
fansavoir
nul
égard
à
la
qualité
des
coupables
,
if
eft
de
l'humanité
de
donner
quelque
chofe
à
la
com
-
paffion
,
fur-tout
lorfque
ce
font
des
Grands
|
on
des
perfonnes
,
qui
ont
rendu
auparavant
quelque
fervice
a
PEtat.
Je
ne
vois
point,
que
ceux,
qui
lifenta
Vie
de
Sixte-quint
,
aprouvent.,
ni
mêmeexculenr,
en
aucune
maniére,
ce
zele
outré
,
qui
lui
faifoit
dire.
après
avoir
regardé
l’éxécution
d’un
Gentilhomme.
Efpagnol
perdu
devant
fes
fenêtres
,
que.cerre
juftice
étoir
une
faufle,
qui
{e
feroit
dîner
de
meilleur
apêtir,
*
Leti
livre
2.
de
la
feconde
partie
de
[a
Vie.
a
nm
REDON,
rase
a
D
NOTES
HISTORIQUES
&
D'où
Jes
Pifons
tiroienc
leur
origine,
Livres
TRoISrEME:
>
qui
le
fefoit
pañler
pour
complice
x
5
mais.
alé
guant
pour
éxcufe
les
prieres
de
fa
mére,
contre
qui
tous
les
géns
de
bien
murmuroient
fecréte-
5
ment.
Quoi
difoit:on
,
il
eft
donc
permis
Ȉ
une
mére
de
voir
la
meurtriére
de
fon
»
fils,
de
traiter
avec
elle
,
de
l'enlever
à
la
»
juftice
?
On
refufe
donc
à
Germanicus
{eul
3x
ce
que
les
loix
accordent
à
tous
les
Citoïens
?
»
Vitellius
&
Veranius
0,
Vitellins
&
Veranius
»ont
pourfuivi
Plancine
DRE
PONS
ETS
CRE
ne
D
efamort,
&
l'Empereur.
»en
juftice,
&
l'Empe-.
&famereont
protégé
cel-
»reur
&
fa
mérel’ont
dé.
lequilarue!
_#
fendue
!
Que
refte
t-ilà
cette
femme,
après
savoir
emploïé
fi
heureufement
le
poifon
&
nles
fortiléges
,
que
de
s'en
fervir
contre
»
Agrippine
&
es
enfans
,
pour
foûler
du
fang
_
»
de
cette
malheureufe
famillece
digne
oncle&
»
cette
généreufe
aïeule
1
?
Durant
deux
jours,
On
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
Cormme
les
Hiftoriens.
ne
doivent
pas
aprouver
-
Jes
jugemens
finiftres
,
que
le
Peuple
fair
du
Prince,
ou
des
Grands,
ils
doivent
encore
moins
les
pafler
fous
filence
;
car
Îa
fin
pour
laquelle
ils
écrivent
;
eft
de
donner
des
éxemples,
par
où
les
hommes
puiffent
con-
noître
le
bien
&
le
mal,
&
éviter
les
chofes,
que
l'en
vie
&
la
médifance
peuvent
mal
interpréter.
NOTES
HISTORIQUES.
xI1
y
a
dans
le
latin
,
cwx
pudore
dv
flagirio,
par
où
Tacite
veut
marquer
,
que
cette
demande
étoit
nanfeulement
honteu-
fe
RE
SE
RS
SES
STEP
rte
verre
ve
ant
ea
NE
NN
ERA
SORA
A
TE
PPT
HG
PAT
d
AVE
a
Eee
$$
Lrs
ANNArT=ESsD=
TACITE.
on
fit
femblant
de
travailler
à
ce
procès
,
Ti-
béreexhortant
les
enfans
de
Pifon
à
la
défenfede
leur
mére.
Et
comme
perfonne
ne
fe
prefentois
Pour
répondreaux
accufateurs
&
auxtemoins
,
.
qui
uanioters
à
l'envicontre
elles
la
haine
fe.
foit
place
à
la
compaffion,
Aurelius
Cotta,
qui
opina
le
premier,
(
carlorfque
l'Empereur
ra-
Portoit,
les
Confuls
parloient
les
premiers
;
aulien
gue
d'ordinaire
ils
récueilioient
les
avis)
dit
;
qu
il
faloit
raïex
dés
Faftes
le
nom
de
Pifon,
confifquer
une
partie
de
fes
biens,
&
donner
fautre
à
{on
jeune
fils
,
à
la
charge.de
changer.
le
nom
de
Cneïus
,
ajoûtant
,
que
l'aîné
feroic
dégradé
de
trous
honneurs
1
,
&
telegué
pour
dix
REFLExIONS
POLITIQUES
:
z
Les
Juges
doivent
toujours
opiner
felon
la
fév
xité
des
loïx
;
car
cen'eft
pas
à
eux
à
faire
grace
,
mais
au
Prince.
L'avis
du
Conful
Cotta
étoir.
HIgOUreUx
,
mais
iléteit
conforme
aux
loix,
dont
le
principal
buc
cft
d'imprimer
la
terreur
aux
méchans.
Ajoûrez
à
ce-
Ja
,
que
les
Princes
aimenr
.
que
les
Juges
foient
feve-
res,
afin
que,
s’il
leur
plair
d’ufér
de-clémence
,
les
criminels
leur
en
foienr
plus
obligez.
Cependant
,
il
k
:
ne
PRÉSENTS
ED
momreD
omvmsen
v
pement
E
=
NOTES
HISTORIQUES.
(fe,
mais
éncorecriminellé;
ée
que
Îés
tradu@euts
François,
Efpagnols,
&
fraliens
;
n’ont
point
rendu.
Or
jai
voulu
expri-
mer
par
le
mot
de
,
complice,
celui
de
»
flagitio,
parce
que
cela
quadre
parfaitément
À
ce
que
racire
4
dit
auparavant.cos/fiiem-
ta
tLatris
innexum
cffe
,
que
ribére
étoit
du
{ecret
de
fa
mere
à
l'égard
des
ordres
,
qu’elle
avoit
donnez
à
»lancine.
Lrvre
TrRoxstr
Ms.
3»
dix
ans,avec
12
so
0
o.mille
écus
qu'on
lui
don-
neroit
pour
vivre
: &
que
la
grace
de
Plancine
feroitaccordée
aux
priéres
de
l'Impératrice
XVI,
Tibére
modérabeancoup
cet
avis
,
ne
voulant
pas;que
le
nom
de
Pifon
fut
raïé
des.
Faftesr,
puifqu'on
y
laiffoit
bien
celui
de
Marc-
Antoine
,
quiavoit
fait
la
guerre
à
fa
patrie;
&
celui
de
Julus
Antonius,
qui
avoit
corrompu
la
fille
d'Augufte.
Et
quant
au
fils-aîné
de
Pifon
,
;
il
REFLEXIONS
POLITIQUES.
_nefaut
pas
,
que
les
Juges
pañlent
jamais
les
bornes,
qui
leur
font
prefcrires
parleur
confcience
;
&lacome
plaifance
pour
le
Prince
ne
doit
aller
tout
au
plus
qu'à
ce
qu'éxige
abfolument
là
rigueur
dela
loi.
Car
c'eft
unetémérité
;
&
tout
enfemble
une
injuftice
,
que
de
condamner
un
criminel,
quel
qu'il
foit,
à
plus
que
fon.
crime
ne
mérite,
fur
l'opinion
qu'ona
,
que
le
Prince:
modérera
la
fentence.
x
Il
eft
de
la
prudence
du
Prince
de
retrancher
des
arrèts
de
mort
portez
contre
les
Grands
les
notes
d’in-
famie
,
qui
flétriffent
l'honneur
de
leur
famille.
Phi-
lippe
IT-aprenant
les
circonftances
du
erime
de
Gone
çale Pizarro
,
qui
avoit
éré
décapité
fous
le
regne
de:
Charle-quint
;
pour
avoir
voulu
s'inftaller
dans
le
Gouvernement
du
Perou,
dont
{on
frere
avoit
fait
la
conquête
,
mais
fans
avoir
jamais
confenti
au
citre
de
Roï,
que
ceux
du
païs
Jui
avoient
offert
;
déclara
par
un
aéte
figné
de
fa
main
,
que
Gonçalo
n’avoit
poine
ététraître,
quoiqu'ileüt
été
condamné
comme
tel,
commandant
,
que
ce
nom
für
effacé
de
toures
les
Hif-
toires,
où
onl'auroirappellé
inf.
Der
fv48
Antonio
de
Vera
dans
l'Episome
de
la
Vie
de
Charlie
quinr.
.
Ceux,
qui
voudront
voir
un
cas
tour
fmblable
à
çe
Jui
de
Pifon
,
n’ont
qu'aenlire
cet
endroû.
40
Les
ANNALES
DE
TACITz.
il
le
délivra
de
toute
ignominie,
&
lui
lailfa
tous
les
biens
de
fon
pére
;
car
il
réfiftoit
allez
conf-
tamment
auxtentarionsde
l’avarice
,
comine
j'ai
dit
plufieurs
fois;
&
la
honte
d'avoir
fait
abfoudre
Plancinelerendoit
alors
encore
plus
humain.
Ilrejera
auffi
lesavisde
Valerius
Mef-
falinus
&
de
Cecina
Severus,
dont
l'un
vouloit,
qu'on
mituneftatué
d'or
dans
le
temple
deMars
le
Vengeur
,
&
l'autre
qu'on
drelfac
anautel
à:
la
Vengeance,
difant
,
que
ces
ofrandes
fe
fe-
foient
pour
conferver
la
mémoire
des
viétoires
gagnées
fur
les
Etrangers:
au-lieu
qu'il
faloiten-
fevelir
les
malheurs
domeftiques
dans
l'oubli,
Et
far
ce
que
Meffalinus
avoit
ajoûté
qu'on
fe-
roit
des
remercimens
à
T'ibére,
à
Livia
,
à
An
tonia
,
à
Agrippine,
&
à
Drufus
,
pour
avoir
vengé
la
mort
de
Germanieus,
L.
Afprenas
lui
demanda
devant
tout
le
Sénat
,
s'il
avoit
oublié
Claudius
à
dellein
:
ce
qui
fut
eaufe
,
que
le
nom
de
Claudius
fut
incontinentéeritavecles
.
autres.
Pour
moi,
plus
je
lis
d'hiftoires
,
an-
ciennes
ou
modernes,
plus
je
découvre
la
vanité
des
chofes
du
monde,
&
les
égaremens
de
la
prudence
humaine.
Car
la
renommée
,
les
fou-
haits
du
Peuple,
&
la
vénération
des
Courti-
fans,
prométoient
l'Empire
à
tout
autre,
qu
à
celui
;
à
qui
la
forcune
le
deftinoir
1...
:
REFLEXIONS
POLITIQUES.
x
Il
s’en
voit
fouvent
des.exemples
dans
Jes
Princi-.
-patirez
Livre
TRoOIStIE
Mr.
ZR
pautez
électives
,
où
le
peuple,
qui
aime
fort
à
rai
fonner
des
affaires
du
Gouvernement
,.ne
cefle
point
de
nommerdivers
Princes,
chacun
felon
fa
fantaifie
,
ou
fes
efpérances
,
jufqu'à
ce
qu'enfin
il
y
en
aït
un
d'élû.
Tac.
Hifl2.
Etcommeiln’y
a
poinc
de
Cour,
oüilarrivetant
de
changemens
,
ni
tant
d’Elections
imprévüës
,
qu'à
Rome
,
Scipion
Ammirato
a
eu
taifon
d’apliquer
ici
un
difcours
de
l’éleétion
des
Pa
pes
,
dont
voici
l'extrait.
Il
femble,
dit-il,
que
ces:
fages
du
monde,
qui
fe
piquent
de
nous
montrer
au
doigt
celui
qui
doirétre
élà
,
attachenc
à
l'âge
la
con-
ition
principale
de
l'élection,
difant
,
que
les
Car-
dinaux
jeunes
n’ont
rien
à
efpérer
au
Pontificat
;
ce
qu*
efttrès-faux,
Leon
X.
y
étant
parvenu
à
l'age
de
57e
ans
;
Boniface
VII.
à
34.
Clement
VII.
à
45.
D'au-
tres
tiennent
pour
affuré
;
qu'on
n’élira
jamais
un
Pape
étranger
;
d'autant
que
les
Cardinaux
Italiens.
qui
font
toäjours
en
plus
grand
nombre,
que
les
Ul-
tramontains
,
ne
foufriront
pas
que
le
Ponrificat
forte
de
leur
nation.
Sans
aller
plus
loin,
on
voirlecontrai-
re
dans
Hadrien
VE.
qui
non
feulement
étoit
Flamand,
Mais
qui,
outrecela
,
mavoit
jamais
vû
ni
Rome,
ni
Plralie,
Et
Califte
IIE.
&
Alexandre
VE.
qui
ne
fonc
pas
fort
anciens
;
n’étoient-ils:pas
Efpagnols
?
D'au-
tres
difént,
que
les
Cardinaux
de
maifon
iluftre
,ow
2
parenté
nombreufe
,
peuvent
en
toute
affurance
abandonner
l’efpérance
du
Pontificat
;
&
néanmoins
de
mes
jours
ont
été
Paul
IHL.
&
Paul
IV.
tous
deux
très-nobles
,
&
ce
dernier
ff
aparenté,
que
je
ne
fai
pointde
famille
en
Italie
plus
abondanteen
hommes
,
enterrés,
&enchardes,
que
la
Maifon
Carrafe.
Er
de
plus
,
Clement
VII.
n’étoit
pas
feuleménr
très
na-
ble
,
mais
encore
Seigneur
abfol,
(bien
que
fous
le
titre
modefte
de
Gouverneur
)
d’une
grande
pattie
de
Ja
Tofcane.
Combien
de
fois
ai
je
oui
dire,
que
de-
puis
que
le
Pontificat
fut
forti
des
mains
des
Moines
Bénédiétins
,
onavoicréfolu
de
ne
plusfouffrir
,
qu'il
Stournât
dans
aucun
Ordre
Religieux
?
&_
nean-
:
moins
az
Les
ANNALES
pe
TACITe.
moins
,
outre
Sixte
IV.
&
Pie
V.
l’un
Cordelier
,
&
Fautre
Dominiquain,
cette
année
(15
8
5.
}
Dieu
à
voulu,
que
de
64.
Cardinaux
n'y
en
ayantque
deux
qui
fuffenc
Religieux,
Felix
Pereti
,
de
l'Ordre
de
S.
François,
fut
élevéau
Ponrificat.
Témoignage,
que
ni
les
jeunes,
ni
les
étrangers
,
nt
les
Nobees,
ni
les
Moines
,
n'en
font
point
exclus
,
comme
le
difent
ros
Politiques.
Ilyena
aufñi,
qui
débirenrpourcerrain
,
que
l’on
ñe
fera
jamais
Pape
un
homme
très-fevere,
un
éfprit
Jibre,
ni
un
Sujer
,
qui
ait
l'humeur
guer-
tiére.
Voudroient-ils
un
Pape
plusrigide,
que
Pie
V.
plus
libre,
que
Jules
TEL.
plus
courageux
&
plus
guer-
rier
que
Jules
II
?
Il
faut
donc
conclure,
que
quelques
brigues
&
pratiques
que
faflent
les
Cardinaux
,
l’élec-
tion
des
Papes
eft
toujours
une
œuvre
pure
&
fim-
plée
dela
mainde
Dieu.
Difc.
1.
duliv.3.4e
fon
Comm.
fur
Tac
Il
ne
s’en
peut
jamais
voir
un
plas
bel
éxem
ple
,
que
celui,
qui
eft
raporté
dans
une
lercre
du
Caï-,
dival
de
Joycule,
où
1l
rend
compte
au
Roi
Henri
I.
de
l’éleétion
du
Cardinal
Borghefe,
qui
fut
Paul
V;
du
lieu
du
Cardinal
Fofco
,
que
les
Cardinaux
Aldo
brandin
&
Montalte,
Chefs
des
deux
principaks
factions
du
Conclave
,
alloïienc
élire
d’an
commun
accord.
»
Sur
cela,
dit-il,
fe
prefente
le
grand
Cardi-
w
na!
Baronius
,
qui
ayant
roujours
prorefté
à
At-
#
dobrandin,
qu'il
n'iroit
jamais
à
l'adoration
de
ce
®
Sujer,
que
le
dernier
,
dic
rout
haut
:
Que
celui,
»#
que
nous
allions
élire,
étoir
indigne
decetrecharge
:
w
quec'étoit
faireunegrande
plaie
à
l'Eglife
;
qu'il
ne
w
feroit
point
de
fchifme
,
mais
qu'il
n’iroir
que
le
»
dernier
à
{on
adoration.
Nous
vimes
alors
un
ze-
w
le
bien
ardent
à
l’honneur
de
Dieu
,
&
nn
éxemple
#
fort
rare
,
qu'un
feul
Cardinal,
fur
l'acte
propre
#
de
l’adoration,
&
voyant
tous
les
autres
unis
,
ofat
»
parler
avec
tant
de
liberté...
,..
Le
Cardinal
Al:
#
dobrandin
m'a
yant
propofé
le
Cardinal
Borghefe,
:#
&
conjuré
par
tous
les
fervices,
qu'il
avoit
ren=
=
dus
à
V.
M.
&
par
la
mémoire
du
Pape
AUS.
:
sù
(EC
Livre
TRoïIsrr
Mr.
42
XIX.
Peu
de
jours
après
,
Tibére
propolà
au
Sénat
dedonnerà
Vitellius
,
Veranins
,
&
crveus
lesdignitez
de
Précrife,
gs
vaguosent.
1]
promit
à
Fulcinius
de
le
nommer
aux
char-
9ES
»
.REsLExIoNs
PoriTiqus.
»
de
le
vouloir
agréer...
je
demandai
au
Cardinal
»
Montalto
,
f
ce
Sujer
lui
étoit
aoréable,
Ilme
#
dit,
que
non
feulement
il
ni
éroit
agréable
,
mais
#
que
nous
l’obligerions
fort
de
nous
en
contenter.
sw
Aldobrandin
nous
fuplianc
de
lui
faire
cette
grace
,
>
je
ni
dis
,
que
je
foüois
Dieu
,
de
ce
qu'en
fervant
»
deux
perfonnes
,
que
nous
hoñorions
fort
,
nous
»
avions
pour
Pape
celui,
que
V.
M.
defiroit
le
plus,
#
&
un
fihotme
de
bien
,
&
de
vie
fi
Exemplaire.
æ
Et
dès
la
parole
Prononcée
,
Borghefe
Far
fair
Pape.
s
Voilà,
Sire,
le
fuécès
de
la
négociation
de
ce
jour-
w
là,
dont
je
crois
que
V.
M.
recevra
beaucoup
de
#
conténtement
,
voyant
la
difpofition
desaffaires
s'é-
wtie
rencontré
telle
,
que
les
Cardinaux
vos
Sujets
#
font
demeutez
comme
les
arbitres
du
Conclave,
&
#
ont
empêché
,
que
l’Eclife
n'ait
eu
pour
Chef,
wa
#
homme,
de
quila
vie
&
la
répuration
étoir
un
pew
»
cachée
,
au
lieu
que
nous
en
avonsun,
qui
,
fans:
*
contradiction
,
eft
eftimé
très
homme
de
bien,
&.
»
très
(age,
Aiuf,
je
veux
croire,
qu’il
fera
agréa-
»
be
XV,
M
&
utile
à
la
France,
par
la
recon=
#
noiflance
qu'il
aura
d’avoir
été
bien
{ervi
des
Car
#
dinaux
vos
Sujets,
eh
fon
élection;
ne
fe
pouvaut
“nier
,
qu'ils
n'ayent
été
les
inftrumens
de
la
volonre
#
de
Dieu
pour
empêcher
,
que
le
Saint-Siége
n'ait
»
été
rempli
d'autre
perfonne
,
afin
de
Île
réferver
à
#lui,
à
qui
Dieu
lavoit
deftiné
pour
le
bien
&
le
#
fervice
de
{on
Eglife.
Dans
l'Hiftoire
dn
Cardinal
82
de
Foyen/e,
=
4
44 Les
ANNALrS
Ds
T'AcITs.
ges,
&
l'avertir
de
modérer
{on
feu
;
qui
nni-
loit
à
fon
éloquence
1.
Voilà
à
quoi
fe
termina
la
vengeance
de
la
mort
de
Germanicus,
fdiver-
fement
racontée,
non
feulement
en
ce
tems-
là
2,
maisencore
en
celui-ci.
Tant
les
grandes
afai-
REëFLExIONS
PoriTiquess:
x
La
Logodiarrhee
,
e’eft-à-dire
,
ce
flux
de
bou-
che
impétueux
,
que
Quisrilien
apelle
os
praceps
,
eft
un
grand
defaut
dans
un
Orateur.
Nous
voyons
des
Prédicateuts
,
dont
la
bouche
va
commeun
réveille
matin
,
&
dont
tous
les
fermons
font
un
emportement
perpétuel.
Et
le
vulgaire
apelle
cela
,
prêcher
à
l'A-
poftolique
,
comme
fi
les
Apôtres
n'avoient
annoncé
Ja
parole
de
Dieu
qu'en
criant.
Ce
defaur
eft
excefhf
dans
les
Prédicateurs
raliens
&
Efpagnols
,.qui
ontie
gefte
encore
aufli
impétueux
que
la
prononciation,
J'ajoüterai
à
cela
une
réflexion
fur
l’avertiflement,
que
Tibére
voulut
bien
donner
à
Fulcinius.
C'eft
que
Ja
précipitation
&
la
véhémence
de
cer
Avocat
lui
de-
plaïoient
,
parce
qu’elles
étoient
fort
opofées
à
fa
ma-
niére
de
parler
lente
&
pofce.
T1
faut
donc
,
que
ceux,
qui
ont
à
parler
devanc
les
Princes
;
accommodent
leur
difcours
à
leur
goût,
s'ils
veulent
être
écoutez
favorablement.
Sous
Augufte
,
les
harangues
fe
fai-
foient
longues
,
parce
que
les
fiennes
étoient
toujours
affez
étenduës
,
à
caufe
du
foin
qu'il
prenoït
d’expli-
quer
clairemenr
fes
penfées.
Sous
Tibére
,
on
les
fai-
foit
courtes
&
preflées,
parce
que
fon
ftile
étoir
con-
cis
&
ferré.
Ce
qui
montre
,
que
l’éloquencea
es
mo-
des
;
auffñ
bien
que
les
habits,
&que
les
précepres
de
a
Grammére
&
de
la
Rhétorique
ne
font
d'ufage
dans
Je
monde
;
que
felon
la
conformité
qu'ils
ont
au
génie
préfent
de
la
Cour...
2
Het
bien
difficile
de
déveloper
la
vérité
des
cho-
fes
,
qui
ont
été
diverfement
racontées
dans
le
tems
$
ineme
Livre
RRoïsrEME.
4
afairés
font
fujetesdes
narrationsambigues,
les
uns
croyant
tout
ce
qu'on
leur
dit
,
&
les
autres
déguifant
la
verité
par
des
menfonoes,
de
forte:
que
le
vrai
&
le
faux
partagent
également
la
créance
de
la
poftérité.
:
XX.
Drufus
étant
forti
de
la
Ville,
pour
aller
preudre
de
nouveau
les
aufpices
y,
y
fit,
après,
fon
éntrée,avec
l'apareil
du
triomphe
de
l'Ova=
tion
z,
Vipfania,
fa
mére
;
mourut
quelques
Jours
REFLEXIONS
POLITIQUES.
rême
auquel
elles
ffontpaflées.
Plus
élles
vicillif-
ot
,-plus
elles
deviennent
obfcures
,
&
mélcesde
cir=
conftances
ingénieufes
,
qui
les
font
pafler
en
romans.
C'cft
pourquoi
,
dit
le
Chancelier
de
Chiverny
dans
fes
Mémoires,
j'ai
eftimé
être
bon
de
laïfler
aux
miens
Ja
vérité
des
chofes
plus
remarquables
,
où
la
plüpare
des
Hiftoriens
peuvent
cromper
ja
peftériré.
mener
ect
meme
nn
NOTES
HISTORIQUES.
à
J
Sans
lefquels
ilne
pouvoit
pas
recommencer
les
fon@ions
publiques,
qu’ilavoit
interrompués
depuis
fon
retour
à
Rome,
-hijouir
del’honneur
du
triomphe,
qui
lui
étoit
décerné.
Cette
cérémonie
confifloit-en
des
briéres
;
que
faifoient
aux
Dieux
de
leur
étre
favorables
,
ceux
qui
prenvient
poffeffion
de
quelque
Magiftrature
civileou
militaire.
S
*
L'Ovation
n'étoit
du
commencement
qu'un
cridejoye,
que
faifoient
les
foldats
vi@orieux
à
la
fin
da
combat,enredou-
blantcerte
exclamation;qui
eft
aujourdui
fi
commune
par
toute
:O!OT'OIEtrce
quenons
apellons
les
©
!
de
Noël,
qui
font
des
cris
8
des
chants
d’alleprefle,
répond
affez
à
cetre
Ovation
Rumaine.
Le
triomphant
y
portoit
une
couronne
fur
la
tête,
Begcédé
des
foldars;qui
ténciçnt
une
branche
d’olivier
Sa
robe
étoit
46
Les
ANNALES
DE
TAGITE.
jours
après,
l'unique
detous
lesenfans
d'Agrip-
pa
>
qui
eût
une
mort
douce;
carileft
certain,
ou
du
moins
chacun
a
crû
,
que
les
autres
ont
péri
par
le
fer,
parle
poifon
;
ou
parla
faim
x.
XXI.
Cetteannée,
Tacfarinas,
que
j'aidit
qui
fut
mis
en
fuite
l'Eté
précédent,
recom-
æmença
la
guerre
en
Afrique,
premiérement
par
des
courfes
çà
&
là,toûjours
hüreufes
à-caufe
de’
la
vicefle
,
dontil
alloit;&
puis
par
le
pillage
des
bourgades,
d'oùil
emportoit
un
gros
butin
;
en-
fin,
il
affiégea
un
Fort,
peu
éloigné
du
fleuve
Pa.
gis,
où
commandoit,
avec
une
cohorte
Romai-
ne,
Decrius,
homme
de
cœur,
&
bienaguerri,
quieftimant
àdeshonneurde
foufrirun
tel
fiége,
_€xhorta
les
fiens
à
faire
une
fortie
généreufe
1.
Mais
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
Bien
que
les
forties
foient
quelquefois
bien
née
ccflaires
,
dit
Commines
,
fi
{ont-elles
bien
dange-
seules
pour
ceux,
qui
font
enfermez
dans
uné
place
;
car
la
perte
de
dix
hommes
leureft
plus
qu'une
de
cent
a
CCUX
some
|
NOTES
HISTORIQUES,
toit
fimplement
de
pourpre
,
au-lieu
que
,
dans
Îe
grand
triomphe
,
elle
étoir
de
pourpre
brochée
d'or
à
palmes.
Cette
entrée
fe
faifoit
tantôt
à
cheval,
tantôra
pied,
d'oùelte
eff,
apellée
triomphe
pedeitre
par
Denis
d'Halicarnaffe
ÿ
au
fon
des
flûtes
&
des
haubois
,
&
toujoufs
fans
trompettes
:
&
la
cé-
rémonie
finiffoit
par
le
facrifice
d’une
brebis,
d’où
felon
»iu-
tarque
vient
Le
nom
d’Ovario,
_
_a
Caïus
&
Lucius
,
par
le
poifon
;
Agrippa
»
le
gohnumes
gar
le
fer
ÿ
Agrippine,
parlafaim.
:
=
\
Livre
TRoïsir
me.
47
Mais
fa
cohorte,
qui
étoie
rangée
en
bataille
£vant
la
Forterefle
,
ayant
été
repoufiée
dès
le
premier
efort,
il
fe
prefènte
aux
fuyards,
fans
fe
foucier
des
traits
des
ennemis
,
crie
aux
Éufeignes
,
que
c’eft
une
chofe
honteufe
,
que
des
foldats
Romains
tournent
le
dos
de-
Vant
des
déferteurs
&
des
avanturiers
>
Qui
vi-
voient
fans
difciplines
&
quoiqu'il
eût
perdu
un
œil,
&
reçu
plufeurs
b'eflûres
,
il
tourna
droit
à
l'ennemi,
&
continua
de
combatre
,
jufqu'à
Ce
qu
étant
abandonné
des
fiens
,
il
perdit
la
vie.
Ç
XXII
L.
Apronius,
qui
avoit
fuccédé
}
Camille
,
plus
indigné
de
lignominie
des
fiens
,
que
de
la
gloire
de
l'ennemi
;
fit
déci-
*
Met
REFLExIONS
Poritriques.
à
ceux
de
dehors
;
d'autant
quefeur
nombre
n'eft
point
pareil,
&
qu'ils
ne
peuvent
Pas
técouvrer
d'autres
hommes
,
quand
ils
veulenr.
D'ailleurs
,
ils
peuvent
perdre
un
Chef,
où
un
Conducteur
5.C€
qui
bien
fou.
vent
cf
caufe,
que
le
refe
des
gers
de
guerre
ne
de
mandenc
qu’à
abandonner
les
places.
Chap
11.
du
Li
Vre
1.
de
fes
Mém.
Que
celui,
qui
eft
jaloux
d’une
forterefle,
dit
Ammirato
>
ne
{€
laïfle
poine
aller
à
[a
tentation
de
faire
des
{orties
,
car
dix,
qui
meurent
de
côté
des
afliégcans
,
ne
compenfent
pas
Ja
peñte
d’un
qui
meurt
du
côté
des
afliégez
;
parce
que
ceux
du
Achorsonct
moyen
de
rérablir
leurs
pertes,
&
non
pas
ceux
de
dedans.
Difcours
3:
du
livre
10,
de
fou
Coms=
fecntaire
[ur
Tacite,
48
Les
ANNALES
De
TAciTes.
mer
b
cette
infame
cohorte
1,
&
tuer-à
coups
de.
|
bâton.
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
La
décimiation
eft
le
plus
eficace
reméde
qu'il
y
ait
contre
la
lâcheré
,
la
défobéïflance,
&
l’infidélité
des
foldats.
Elle
s'exécute
rarement
en
France
,
mais
on
y
fuplée
par
un
reméde
équivalent,
qui
eft
la
caf.
fation
des
compagnies.
Celle
que
fit
Loüis-le-
Jufte
‘en
1639.
elt
remarquable.
En
voici
la
teneur.
»
Le
#
Roi
érancbieninferme
de
la
lâcheté
,
avec
laquelle
»
les
Compagnies
des
Cheyau
legers
de
Fonterte
,
de
à
Cafteler,
&
de
Cuvilliers
,
ont
lâché
le
pied
au
com-
#
bat
de
Thionville,
&ne
voulant
qu’une
telle
infa-
»-mie
demeure
fans
être
notée
&
châriéeexemplaire-
#
ment,
a
ordonné
&
ordonne
,
que
lefdites
Compas.
mgnies
front
caflées
,
fans
qu'elles
puiflent
jamais,
“
étre
rétablies.
Déclare
Sa
Majefté
les
Capiraines
&
Officiers
defdires
Compagnies
,
infames
,
&
incapa-
»
bles
de
jamais
poffeder
charge
dans
la
guerre,
fe
ré-
»
fervant
d’ordonner
contre
eux
celle
punition
qu'its
méritent.
Er
dans
une
lertre
au
Vicomte
de
Ligron
:
»
Monintentioneft
,
(
dit
il}
que
vous
cafliez
&
chaf:
»
fiez
honreufement
de
vôtre
Régiment
tous
les
Ofi-
m.ciers
&
foldats
,
qui
auront
êré
notez,
pour
avoir
w
fui
en
cetce
occafon;
&
que
vous
ne
permectiez
%
PAS
»
qu'ils
fervent
en
d’autres
troupes,
où
la
cou-
#
tagion
de
leur
mauvaife
conduite
pourroit
caufer
le.
#
imême
défordre,
qu'elle
a
fait
au
combat
de
Thion-
w
ville.
Dans
letome
4.
des
Mémoires
du
Minifire
du
Cardinal
de
Richelieu.
NOTES
HISTORIQUES.
b
Sratwerunt
rajores
nafiridit
Cicéron
parlant
de
la
décimas
à
tion,
#1,
f
à
multiseffer
flagitini
retmilitarts
admiffurmfirite
où
rione
in
quofdam
animadvertéretr;ti
metus
Videlicer
ad
o7tne5)
tana
se
masnemammanef
mener
Ë
LIVRE
TROISIEME.
49
bâton
ceux
qui
furent
tirez
aufort.Punitionrare
en
ce
tems
là,
mais
fondée
fur
l'exemple
des‘an-
ciens.
Et
d'ailleurs
,
cette
févérité
ftun
fi
bon.
éfet
,
que
cinq-cens
Vétérans,
feulement
,
dé-
firent
les
mêmes
troupes
de
Tacfarinas
I,
qui
afliée-
REFLExIONS
Po
LITIQUES.
1
Quelquefois
les
vaincus
aportent
plus
de
réfo.
lution,
de
courage
,
&
de
bonne
conduire
,
à
un
fe
cond
combat
,
que
ne
font
les
vainqueurs,
cat
ceux-
ci
font
fujers
à
fe
relâcher
par
je
ne
fai
quel
dégoüt,où
parun
certain
orgucil,
que
la
viétoire
infpire
;
aue
leu
que
les
autres
ont
pour
éguillonla
honre,
le
des
pit,
le
defir
de
fa
vengeance
,
&
celui
de
répagner
leftime
&
les
bonnes
graces
de
leur
Général.
Tone
cela
eft
de
Tacire.
Acriore
difciplina
,
dicil
,
vies
:
|
quan
a]
=
N
O
TES
HISTORIQUE
S,
Rene
pores
Paena
ad
pancos
pervenires,
Pro
Cluentia.
C’eit
à.
dire:
Nos
am
céftres
ont
ordonné,
que,
fi
beaucoup
de
gens
venoient
à
com-
mettre
quelque
crime
contre
les
loix
militaires
,
on
en
punit
quelques
uns
par
la
voie
du
fort
,
afin
que
le
fuplice
de
ceux
ci
donnât
de
la
terreurà
tous
les
autres.
Appius
Claudius
femble
avoir
été
le
premier
auteur
de
1a
décimation
chez
les
Romains,
Son
armée
l'ayant
abandonné
dans
Pexpédition
contre
lesVolf.
ques,
ilfa
fit
décimer
à
fon
retour
,
&
ft
Couper
la
tefte
aux
Centurious
;
après
les
avoir
fait
fotieter,
T,
Live
livre
2.
Le
mefme
Hiftorien
dit,
que
l’on
tuoit
Les
(oldats
Romains,
avec
des
échalas
,
ou
des
bâtons
de
farment
:
(
Viibæs)
&
les
foidats
étrangefs
,
avec
des
bâtons
ordinaires:
(fufiibrs
}
Patercule
dit
,-que
le
Proconfal
Calvinus
Demitius
fit
exécuter
avecle
bâton
le
Lieutenant
Colonel
Vibillius
,
Pour
s'être
entui
hon-
tenfement
d’un
combat.
Hiff.
2,
chap.
78.
Quelquefois
Les
Con-
fuls
Romains
vie:frmabanr
,
&
Centefimabant,
c'e
à
dire
,
contentoient'd’en
punir
un
de
vingt,
ou
un
decent
Tome,
:
fo
Lrs
AnnAres
De
TAcire
affiégeoientun
Fort
,
nommé
Thala.
Ce
fat
dans
ce
combat
,
que
Rufus
Helvius
>
fimple
foldat:,ayaut
fauvé
la
vie
à
un
citoyen
,
fut
ho-
noté
;
par
Apronius,
du
préfent
du
colier
&
dela
pique’
fans
fer
5
à
quoi
Tibére
ajouta
la
couronne
civique
,
fe
plaignant
(quoiqu'il
n’en
fut
pas
fâché
)
de
ce
qu'A
pronius
ne
la
lui
avoit
pas
donnée
1.
ayant
droit
de
le
faire
comme
Pro-
REFLEXIONS
PorrTiQuUEs,
EE
RSR
quäm
victoresagunt
:
hosira
;
odium
,
ulrionts
cupidi-
spaciain.
habefeunt.
Hift.
2.
Profuifle
difciplina
1pfuns
-
pudorem.
Hit.
3.
:
1
Les
Princes
fonc
toujours
bien
aifes,
que
leurs
Miniftres
leur
laïffenc
la
difpofition
des
récompenfes
,
&Îur-
tout
des
récompenfes
militaires,
dont
la
diftri-
bution
tite
à
de
grandes
conféquences
,
lorfqu’elle
fe
fait
par
d’autres
mains,
A
près
la
bataille
de
Rocroy
,
le
bâton
de
Maréchal
ne
fur
refufe
à
M.
de
Gafion
,
pour
qui
le
Duc
d’Arguien
le
demandoit,
que
parce
que
la
Reïne
Régente
&
le
Cardinal
Mazarin
ne
vou-
Joïenr
pas
,
qu'il
für
redevable
de
cetre
dignité
à
ce
Général
viétorieux.
Quoi
qu'il'en
foit,
riemne
fair
.
plus
de
plaifir
à
un
fouverain,
que
la
modération
|
d'us
Sujer,
qui
,
après
Jui
avoirrendu
de
grands
fer
vices
;
ne
veut
point
être
récompenfé
d’aucre
main
que
de
là
fienne.
Le
Cardinal
d’Offac
parlant
des
pre-
es
que
le
Cardinal
de
Joyen(e
Jui
avoir
envoyez
au
Un)
“de
fa
promorion
?
Je
n’acceptai,dir-il,
que
Ja
pa-
né
d’arçent,
qui
peut
valoir
cent
écus;
carencore
aie
point
tout
ce
qu’il
me
faudroit
pour
foute-
AUX
certe
ignité
;
fi
eft-ce
que
jene
veux
pour
celare-
-,
fonce
4
l’abfinence,
que
j'ai
toujours
gardée
,
ni
.:
m'obliger
eee
"4
É
145
y
Aù
virtutein
accendits
illi,
per
faftidium
coïtu=
RU
EN
RE
SPROÉSTE
ME:
fr
Proconful.
Tacfarinas
voyant
lesNumides
épous
vantez
,
&réfolus
dene
plus
entreprendre
de
fiéges,
répand
la
guerre
en
divers
lieux
,
fuïane,
“quand
on
le
pourfuivoit
;
&
pourfuivant
,
lorfqu'onfuïoit.
Tant
qu'il
ft
ainf
la
guerre,
il
‘{è
moqua
impunément
des
Romains
;
mais
de-
puis
qu
il
fe
fut
aproché
des
lieux
maritimes
,
if
fut
obligédecamper
,
à-caufe
de
la
dificulté
d'emporter
fon
butin.
Deforte
qu'Apronius
-
Cefianus
;
qui
futenvoyéparfon
pére
avec
la
Cavalerie
&
les
cohortes
auxiliaires
,
&
la
meile
leure
Infanterie
des
légions
,
trouvamoyen
de
le
combatre
,
&
de
le
rechafler
dans
fes
monta:
Dies
.
<
:
_
XXIIE
En
ce
même
tems
,
Emiliæ
Lepi-
da
,
qui
,
outre
[a
fplendeur
de
fà
Maiïfon,
avoie
Eucius
Silla
,
&
Cneïus
Pompeius
pour
bi
faïeux,
fut
accufée
de
fupofition
de
part,par
Pus
—
|
Car
blius
:
-REFLEXIONS
POoLrTiqUues.
r'obliger
de
tant
à
autte
Seigneur
où
Prince
,
qu'au
-Roï.
Leïtre
171,
Le
Roi,
ditun
Moderne,
doir
être
le
{ul
maître,
&
le
feularbirre
de
toutes
les
récom
_
PERS,
&
les
doir
faire
par
lui-même
,
en
forte
que
Ceux,
qui
récevront
quelqu'un
de
fes
bienfaits
,
foient
perfuadez
,
qu'iis
les
doivent
à
fa
bonté.
Cutre
que
tien
ne
peut
donner
un
contentement
plus
véritable
à
-
-des
Sujets,
qui
ont
les
vrais
fentimens
d'honneur
,
que
de
recevoir
un
bienfait
de
la
main
du
Roi,
d'autane
que
la
dignité
de
la
main
royale
ajoûte
au
prefent
une
qualité
,
quien
augmente
l'excellence
&
le
Prix.
Chap.
3:44
Trartéde
la
Politique
de
Frances.
Ÿ
52
Lrs
ANNALES
De
TACITE
blius
Quirinus,
fon
mari,
homme
riche
,
&
fansenfans.
Onl'accufoit
au
ti
d'adultére,d'em-
poifonnement
1
,
&
de
demandes
faites
aux
IVÈSE
trologués
touchant
la
Maifon
del'Empereur;
&c
fon
frére
Manius
Lepidus
la
défendoit.
Et
quoi-.
qu'elle
füt
coupable
,
&
terüe
pour
infame
,
[a
perfecution
;
que
Quirinus
lui
fefoit
encore
après
Pavoir
répudiée
,
lui
atirois
la
compaflion
*
des
autres.
Il
n’auroit
pas
été
facile
de
pénétrer
la
penfée
de
Tibére dans
l'inftruction
de
ce
pro:
cès,tantil
fût
bien
accorderlaclémencede
Prince
avec
la
vérité
de
Juge.
Car
ayant
prié
le
Sé-
pat
dene
point
toucher
au
crime
de
leze-
majef
té.
il
incita
le
Confulaire
M.
Servilius
,
&
les
autres
témoins,
à
déclarer
ce
qu'il
avoit
comme
voulu
taire.
D'autre
côté,
il
fit
mettre
entre
les
mains
des
Conluls
les
efcaves
de
Lepida
;
qui.
éroient
fous
la
garde
des
foldats
,
&
ne
permit
pas
,
qu'on
leur
donnât
la
torture,
pour
fàvoir
d'eux
ce
quile
concernoit.
Enfin
,
il
difpenfa
Drufus
de
dire
le
premier
fon
avis
.
ainfi
qu'il
devoit
faire
enqualitédeCon
fuldéfignéec.
#4
ais
cela
(REFLEXIONS
POLITIQUES.
rlleft
Facile
de
perfuader
aux
Juges
,
qu'une
fem
me,
tente
pouradultére,
a
voulu
empoifonrer
fon
mar.
res
à
PEDENSSSS
TERRE
ENEPPRONTAES
NOTES
HISTORIQUES.
.c
Tia
enim
apud
Romanos
»
dit
Appian
»
foruri
ani
Confol
LIVRE
FROISIEME
6j;
Cela
furinterpreté
diverfemenr.
Les
unsdiloient,
que
c'étoit
afin
que
les
Jugesnefe
fiflent
poine
une
obligation
de
faivre
l'avis
de
fon
fils
;
&
les
autres
»
que
Cetoie
Où
,
pour
leur
laïffer
toute
{a
ne
{ls
liberté
decondamner
Lepida,
3
|
Te
ner
Le
pour
avoir
lieu
de
laifler
O4
,
pout
leur
donner
lieu
de
condamner
Lepida
2.
condamner
l’Accufée.
C3
Sn.
REFLEXIONS
LoriTrQUESs.
2
Ieft
certain,
que
fi
Tibére
eûreu
lavolonté
de
fauver
Lepida
,
il
eût
laiflé
parler
fon
fils
le
premier
Pour
avoir
toute
la
gloire
du
pardon
,
auquel
tous
les
autres
auroient
confenti
d'autant
plus
volontiers
;
que
le
mépris
qu'on
fefoirde
Quirinus
,
laccufareur
de
Lepida
,
attiroic
la
faveur
des
Jugesa.
cette
Dame
Voyez
la
rufede
Tibére.
Hne
veut
pas
,
que
(on
fils
Opine
le
premier
;
fous
couleur
de
conferver
la
libercé
des
avis
,
maisen
éfec,
pour
laifler
faire
aux
autres
ce
dont
ilne
veut
pas
être
crû
l’auteur
;
&
pour
mon
ter
,
que
bien
loinde
vouloir
impofer
aux
Juges
la
néceflité
de
füivre
Pavis
de
Drufus
,
il
prétendoic
que
Drufus
fe
conformät
au
leur
:
ce
qui
rcjetoit
roure
ia
haine
fureux,
Voilà
commeles
actions
des
Prin-
ces
font
couvertes
desanarerces
de
modeftie
,
de
clé
mence,
&
de
juftice.
Quand
Lhilippe
HI.
donna
la
vie
&
la
liberté
à
la
Princeife
Elifaber,
que
la
Reine
Ma-
fie
d'Anglererre,
{a
femme
,
avoit
fair
condaaner
à
MOT
Pour
crime
de
confpiration
,
certe
action
fut
éxaltée
par
les
Efpagnols
,
comme
un
éxemple
fingu-
lier
de
clémence
&
de
générofre.
Quant
il
ne
voulut
pasconfentir,
qu'Elifabet
fuc
envoyée
en
Efpagne,
pour
être
enfermée
dans
un
Convenc
;
les
Anglois
crürent,
que
c'étoit
pour
Ja
raifon
qu'il
afécuoirà
{a
Reine,
quele
Royanme
auroirlieu
de
fe
plaindre;
fr
où
lui
enlevoir
(à
légitime
heritiere
;
pendant
que
la
Reine
(f4
.
Les
ANNArES
DE
TACIrr.
:XXIV.
Durant
cette
procédure
y
ayant
eux
des
jeux
publics,
Ecpida
s'y
prefenta
avec
plu-
fieuxs
Damesilluftres,
&adrefl.
at
fes
priere
&
fes
pleurs
à
fesancètres
;
&
à
Pompée
mé.
me,
dont
les
images
étoient
rangées
fur
ce
théa-
tre,
quil
avoit
autrefois
bâti
,
excita
une
fi
grande
compaflion
,
quetous
les
afliftans
fon=
-dant
en
larmes
firent
des
imprécations
contre
Quirinus
,
qui
vü
à
vielle
,
&
l'obfcurité
ee.
:
ee
de
REFLIXIONS
POLITIQUES,
=
Reïne
&
lui
n’avoient
point
d’enfans.
Quand
poux
empêcher
qu'Elifabet
ne
für
décapirée,il
difoirèMarie,
|
que
le
Prince,
qui
trempe
fes
mains
dans
le
fang
de
fes
parens
,
éguife
le
glaive
contre
foi-même
:
cette
Princefle
éroyoit
,
qu'il
s'intérefloit
beaucoup
à
la
fr
‘rete
de
fa
vie.
Mais
tour
cela
n'étoit
que
prérextes
,
comme
en
convient
fon
propre
Éiftorien
Cabrera.
w
Les
François
,
dit-il,
difoient
,
que
Philippene
con
«
frvoit
Elifaber
,
que
par
raifon
d'Etat,
pour
em
#
pêcher
;
que
les
Royaumes
d’Anclererre,
ne
fe
joi=
#
oniflent
après
Ja
mort
de
Marie
en
la
perfonne
de
»
Marie
Stuart,
Reine
d’Ecolft
,
qui
avoit
époufé
le
_»
Dasphin
de
France;
&
quepar
cette
union
la
France
»
ne
devint
redoutable
anx
Païs-bas
:
&
cela
étoit
»
vrai.
Er
Dicu
permit
dans
la
fuite,
qu'Elifabertrou-
®
blât
&
divifât
ces
Provinces
,
&inquierat
la
vicil-
®
lefle
de
Philippe,
pouravoir
préferé
Pinrérêr
de
fon.
2
JE
De
SUISSE
#
autorité.à
la
Religion
,
en
fanyant
une
perfonne,
*
qui
fut
depuis
la
plus
srañde
epnemie
de
J'Eclife
©
Romane.
C'eft
ainfi
que
Dieu
punir
les
Princes,
qui
préferenr
le
bien
de
leurs
affaires
temporelles
à
re
*
leur
confcience.
Chap:
7,410.
du
livre
1.
defon
Hifoire
Gr
Aubery
du
Manrier
dans
La
eréface
de
[es
Mémoires.
{
&<
LIVRE
TROISIE
ME.
S$
de
{a
nailfance
,
n'étoit
pasun
homme
conve-
|
nable
pour
une
Dame,
qui
avoit
été
deltinéeau.
|
trefois
pour
femme
de
Lucius
Cefar,
&
pour
elle
fille
d'Augulte.
Mais
fes
crimes
ayant
été
révélez
par
fes
efclaves
mis
à
la
queftion
,
l'avis
de
Rubellius
Blandus
,
qui
luiinterdiloit
le
feu
&
l'eau,
l'emporta,
&
Drufus
mêmes’
yrendie,
quoique
d’autres
euflent
opiné
avecmoins
de
ri
gueur.
Cependant,
il
fut
accordé
à
la
priere
de
Scaurus
,
qui
avoit
eu
d'elle
une
fille,
que
fes
biens
lui
feroient
laillez.
Après
cela,
Tibére
declara,
qu'il
favoit
des
efclaves
de
Quirinus.
que
Lepidaavoiteflayé
de
fe
défaire
de
ui
par
le
poifon.
—
es
:
XV.
L'afii@ion
,
où
étoient
les
grandes
Maifons
;
deux
defquelles
4
avoient
perdu
prefque
en
même
tems,
l’une
Pifon
,
&
l'autre
Écpida,,
fut
modérée
par
a
joie
que
là
Famille
Jania
cut
da
retour
de
D.e
Silanus,
dont
je
vais
raconter
là
diforace
en
pêu
de
mots.
Comme
,
Auoufte
cut
la
fortune
favorable
densl'admint
fration
desafaires
pabliques
f,
il
l'eut
fortcon-
|
EE
craire
NOTES
HISTORIQUES,
d
Les
maifons
Calpurnia
&
Emilia,
eDecius.
:
-
FTacite
dit
,
validain
Reap.
fortune,
qui
veut
dire
à
{a
lettre
,
il
eut
la
fortune
favorable
contre
la
République.
Ecje
crois
que
c’eft
je
vrai
fens
de
l'Auteur,
qui,
à
mon
avis
>
VEUT
‘
tarquerle
bonheur
extiêne
qu'ilavoit
eu.
de
le
rendre
par
Ja
56
Les
ANNALES
DE
TAeiTsz.
traire
dans
f
Maifon
1
,
par
l'impudicité
de
{à
fille
&
de
fa
petite
fille,
qu'il
fut
obligé
de
chaf-
{er
de
Rome,
puniffant
leurs
adultéres
de
mort,
ou
de
banniflement.
Car
ilapelloit
du
nomde
facriléoe
,
&
de
leze-majclté
,
une
faute,
qui
cf
FRE
rm
RS
te
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
x
Ii
eft
fatal
aux
Princes
,
qui
font
heureux
dass
leur
Etar,
d'être
malheureux
dans
leur
famille
,
foic
par
la
défobéïflance
de
leurs
enfans
;
comme
Charles
VII..en
France
&
Philippe
IF
en
Efpagne
;
ou
par
les
débauches
de
lurs
femmes,
ou
deleurs
filles
,
com=
me
Auoufte,
Tibére,
&
quantité
d’autres.
Aurefte,
”
Augufle
méricoit
bienqu'on
Jui
rendit
Ja
pareille
,Iui,
qui
oublioit
tous
les
plus
{aints
devoirs
de
l'amitié,
quand
il'sagifloit
de
fon
plaifir
,
&
qui
abufoï
de
{2
femme
de
Mecenas
,
fon
premier
Miniftre
,
&
fon
Favori.
Ce
qui
a
donné
lieu
à
un
Poëre
ltaliendedire,
ER,
Non
fu
fi
fanto
ne
benigno
Angzufto,
il
Come
latrombn
àiVirgiliofaona.
Atiofte.
1'é
1e,
qu
Augufe
n'étoit
pas
fi
faint
,
ni
fi
bon
;
quenous
|
le
dit
Virgile,
asser
il
:
PRET
EEE
D
NÔTES
HISTORIQUES.
À
À
|
1a
force
des
armes
le
maître
abfolu
de
Empires
Car
fi
Tacite.
ne
vouloit
parler
que
de
fon
regne,
il
faloit
dire
:3
Rep.
&
non
|$
pas
i7
Remp.
À
quoipasun
des
rraduéteurs
Efpagnols
,
fta-
|
liens,
&
Frarçois
,
n’a
fait
réflexion,
excepté
Rodolfe
le
Maï-
ire
,
qui
dit
:
[
Comme
la
fortune
fut
puiflamment
favorableà
|
_
l'Empereur
Augufte
à
l’encontre
de
la
République,
]
Mais
jai
1
jugé
plus
à
propos
de
m’arrêrer
à
l'incerprétation
commune,
|
1
me
contentant
de
mettre
ici
cettenote
grammaticale,
(
ce
qui
#
Fa’arrive
rarement,
)
#02
#?
arguerem
,
[éd
ne
argueress
LiVRE
TROISIE
Mr
$7
eft
toute
commune
entre
les
hommes
&
Îles
femmes,
pour
avoir
un
prétexte
de
s'écarter
de
la
clémence
de
nos
ancèires,
&
de
violer
fes
propres
loix
2.
Mais
je
oarde
pour
un
autre
Ou-
en,
|
Vin
REFLEXIONS
POLITIQUES.
2
Le
Prince
,
qui
n’obferve
pas
les
loix
qu'il
a
tou-
tes
Iui-même
,
donne
lieu
de
croire,
ou
qu'elles
font
injuftes,
ou
qu'elles
ne
font
pas
néceffaires
:
&
d'ail.
leurs
il
tombe
dans
la
haine
publique
,
s’il
les
fait
ob=
ferver
aux
aucres
à
la
rigueur.
Plus
les
ordonsances
font
fevéres
,
plus
il
importe
au
Prince
de
les
aurorifer
par
fon
éxemple,
qui
gagne
agréablement
la
volonté
de
ceux,qui
pourroient
avoir
envie
de
refifter
à
fonau-
torité.
Machiavel
raconte
un
fair
confidérable,
qui
montre
combien1l
eft
dangereux
pour
l’auteur
d’une
loi
;
d'en
être
l’irfrateur.
Frére
Jerôme
Savonarola
,
dit
il,ayart,
entre
plufieüfs
autres
réolemens
con-
cernant
le
Gouvernement
de
Florence
,
fait
pafier
à
force
de
prieres
&
de
remontrances
,
une
loi
;
qui
portoïit
;
qu
6n
pourroit
apeller
au
Peuple
des
fnten-
ces
rendües
par
Je
Confeil
desHuie
,
&
par.la
Seigneu-
rie
,enmat'ere
d'Erat
,
il
arriva
que
peu
après
la
confirmation
de
cerre
loi
,.
cinq
citoyens
condannez
à
mort
par
la
Seioneutie,
pour
crime
d'Etat
,
en
vou-
Jurept
apeller
,
mais
furent
éxécutez
,
fans
autre
for=
me.de
procès
:
ce
qui
fir
plus
de
rort
à
la
réputation
de
Frére
Jerôme
que
tout
autre
chofe.
Car
f
l'ufage
de
Vapel
étoit
utile
au
public’,
ildevoit
le
faire
obfervet;
&
s'il
n’éroit
d'aucune
utilité
,
il
n'avoir
pas
dû
s'o-
piniâtrerà
le
faire
accepter
pour
lui.
Et
ce.
procedé
fur
d'autant
pluscenfuré
,
qu'entant
de
prédiearions.
qu'ilfit
depuis
,
il
re
parla
jamais
de
ce
cas
;
foit
qu'ilne
le
voulut
pas
blâmer
,
comme
étant
chofe
qui
afloir
à
{es
fins
sou
qu'il
ne
le
pût
pas
excufer.
;
Chap.
En
\
$$
Les
AnNnNarss
De
TACITE
vrage
le
recit
de
ce
qui
eftarrivéaux
autres
,
&
de
tout
ce
qui
s'eft
pallé
du
tems
de
ce
Prince,
fi
après
avoir
achevé
ces
Annales,
il
me
refte
affez
de
vie
pour
un
nouveau
travail,
Pour
re-
venir
donc
à
Silanus;
quoi
qu'Augufie
nelui
.
eût
point
fait
d'autre
mal,
pour
avoir
débau-
ché
fa
petite
fille,
que
de
luiinterdire
fa
maifon
6,
il
entendit
très
bien
que
cela
vouloitdire
(=
un
éxil;
deforte
quil
y
fut
jufqu'au
régne
de
Tibére,
où
il
commença
à
demander.
au
Sénat
&auPrince
la
permifion
de
retourner,apuyédu
PTT
2
:
:
crédit
qu'avoit
fon
frére
M.
Silanus
,
à
caufe
de
fa
naïflanceilluftre
,
&c
de
{a
grande
éloquen:
ec.
Et
comme
celui-ci
faifoit
fes
remercimens
:
à
Ti-
_
RErLExiOoONs
POLITIQUES.
Chap.
45.
du
livret.
de
fes
Difceurs.
Sixte
V.
perdit
un
peu.
de
É
réputation
d'homme
qui
ne
yarioit
jamais,
par
une
ou
deux
promotions
qu'il
fitexira
temporaen
‘1587.
après
avoir
fair
une
Bulle
;
par
laquelle
ilor-
donnoir,,
qu'ilne
fe
fit
plus
de
promotions
que
dans
les.
Quatre-tems
du
mois
de
Décembre.
Les
livre
dernier
|
NOTES
HISTORIQUES.
gJe
rens
ainfi,
aicitia
Cefars
probiberi;
car
Tacite
dits
qne
c'étoit
par
là
que
tes
Romains
déclaroient,
qu'ils
renon-
.
coient
à
l'amitié
de
ceux,
qui
les
avoient
offenfez
;
More
faille
majoribus,
quoriens
dirimerent
amicitiass
interdicere
d0=
mo,comaquefiremgratie
ponere.
Ann,
6e
À
Quoi
fe
raportent
les
paroles
.que
Tacite
fait
dire
à
ribére
,
dans
fa
harangue
contre
Pifon:Si
cbf2quinme
erga
Imperatorem
exit;
einfdemqse
és
luttumeo
Letarns
eft,
odero,feponatmque
à
douso
mea,
ANG
LrvRE
TRorsre
we.
9
2
Tibére
,
ce
Prince
lui
répondit
en
préfence
du
Sénat
;
Qu'il
R
réjouilloit
comme
les
au-
tres
,
de
voir
lon
frére
de
retour
d’un
fi
long
voyage;
qu'illui
éroit
permis
de
rentrer
dane
Rome,
puifqu'il
n’enavoitété
chañé,
ni
par
atrét
du
Sénat
,
ni
par
aucune
loi;
mais
que,
pour
lui,
ilnelaifloit
pas
de
garder
le
même
rciléntiment
de
l'ofenfe
faiteà
fon
pére,
dont
la
volonté
ne
pouvoit
pas
être
éladée
3
par
le
6
retou£
REFLEXIONS
PoLrT
FQUE
S.
x
3
Les
Princes
doivent
s’abftenir
autane
qu'il
ef
poflible,
de
défaire
ce
que
leur
prédecefleur
a
fair.
Outre
que
ce
refpcét
eft
de
bon
Exemple
pour
leurs
Sujets
>
qui
en
ont
plus
de
révérence
pour
la
Majefe
,
tlaprerd
à
leur
fuccefleur
>
Commentilen
doir
ufer
euvers
eux.
mêmes.
Jamais.
Prince
n’eût
plus
de
{ujce
d'être
mécontent
de
fon
prédecefleur
;:&-de
blâmer
{2
mémoire:
>-que
David
;
&
néanmoins
3
HOn
con’
tent
de
faire
mourir
celui
qui
lui
æporta
lanouvelle
de
la
mort
de
Saïül
avec
fon
diademe
,
&
de
pleurer
ce
“
:
Prince
2
2
EN.
0:
TE
s
=
H1
ST
oO
ee
—
*
=
h
I
y
avoittrois
fortes
d’éxil
;
le
premier;
qui
s’apelloit
dé
Portation
,
étoit
ordonné
par
le
Sénat
,
tel
que
fut-celui
de
pofthume
Agripa
;qu’Augufte
fit
autori(er
par
un
fenatufcon-
fulte.
Aix
Déportari
añtem
Îts
Civitaris
@
bona
arsittebante
Le
fecond
s'ordonnoit
par
les
Juges
particuliers,
où
par
les:
Parens.
Comme
furcelui
de
Varilia.
Ans.
1.
LE
troifiéme
..
qui
n'étoit
qu'une
rélegation
,
dépendoîit
de
la
feule
volonté
“Prince,
qui
envoyoit
une
efpece
de
lettres
de
cachet
aux
perfonnes
,
qui
lui
éroient
fufpe@es
,
où
qui
Pavoient
ofenté
;.
&
lesrapciloit
auf
quand;
lui-plaifoir,
:
+
{
éo
LErs
ANNALES
DE
T'AGITsz.
retour
de
Silanus.
Depuis
cetems-là,
Silanus
demeuta
toujours
à
Rome;
Ov,
mais
fans
eftre
mais
ce
fut
fans
charge
&
2Pelléaux
charges.
fans
emploi.
e
-
XXVI.
Il
fut
propolé,
après,
de
modé-
rer
la
loi
Popia
Poppea:,
qu'Aupguite,
dansun
âge
avancé
,
avoit
ajoûtée
aux
Ordonnances
de
Cefar
,
pour
augmenter
le
Fifc
par
de
nouvel-
les
impolitions
;
que
devoient
païer
ceux
;
qui
gardoient
le
célibat
;
car
tout
cela
n'avoit
point
rendu
les
mariages
plus
fréquens
;
chacun
trou-
vant
encore
micux
fon
compte
à
n'avoir
point
d’enfans
1,
Cependant,
les
interprétations
frau-
duleufes
REFLEXIONS
POLITIQUES,
Prince
,
qui
l'avoir
voulu
tuer
plufieurs
fois,
il
fic
fon
éloge,
éxalta
fa
valeur
,
{
libéralité,
fa
riche
…
taille
,
{a
bonne
mine
,
&
fon
adrefle
,
difant
au
Peu
ple
d'Ifraël
,
qu'il
furpaffoit
les
aigles
en-vitefle
,
&
À
les
lions
en
force
2.
Reg.
cap.
1.
Louis
XIE.
avoir
été
.
pareillement
très-mal-traité
fous
leregne
de
Charles
VILI.
Cependant
,
il
dta
peu
d'Oficiers
,
&dit,
qu'il
PPT
TE
TU
vouloit
tenir
tout
homme
en
fon
entier
&
état,
&
tout
cela
lui
fut
bien-féanr.
Corines
dans
le
dernier
chapitre
defes
mémoires.
x
L’unedes
plus
certaines
marques
d’un
Gouvér
Se
pement
NOTES
HISTORIQUES.
ÿLoi
caduquaire,ainf
apellée
du
nom
des
Confuls
MPapius
&
Q:
roppeus
>
qui
La
publierent
vers
la
fin
duregne
d'Auguite
E/
TA
7
di
S
3
Livre
TROISIE
Mr
6
duleufes
des
Délateurs
ruinoïent
de
jour
en
jour
:
on
O#,
faifoient
un
fgrand
tant
de
familles,
que
l’on
di
toutes
ne
étoitalorsauflitourmenté
milles,
que,
&ce
.
3:
2
.
ERA
à
5
par
les
loix,
qu'on
l'avoit
été
auparavant
par
les
crimes.
Cette
matiére
m
engage
à
remon-
ter
jufqu’à
l'origine
des
loix
,
pour
dire
com-
ment
elles
font
parvenus
à
cette
multitudein-
finie,
où
nous
les
voyons.
.
X
XVII.
Comme
les
premiers
hommes
étoient
fans
malice
,
&
fans
ambitiont,
:
ne
eur
REFLEXIONS
POLITIQUES.
nement
tyranniqueeft,quand
les
hommes
aimentmieux
fe
priver
des
douceuis
&
des
plaifirsdu
mariage,
que
-
de
tomber
dans
la
neccfliré
d’avoir
desenfans,
&,
par
conféquent
,
de
multiplier
les
malheurs
de
leur
famille
C'eft
ence
fens
,
que
le
Jeune
Pline
dit
dans
une
des-
lettres
qu'il
écrità
Trajan
,
qu’il
defire
d'ayoir
des
en-
_
fans
fous
fon
regne
,
parce
qu'ileft
affuré
d’êcre
heu-
reux
pére:
&
que
Tacitedit,queles
Anglois,
après
avoir
perdu
une
bataille
,
qui
les
métoir
à
fa'merei
des
Romains,
entrérenc
dans
un
fi
violenc
defefpoir.,,
que
plufieurs
cuérenr
leurs
femmesé&leurs
enfans
,
2#q44m
#n-fererentur,
comme
par
unexcès
de
compañhñon,pour
les
dérober
à
la-cruelle
fervitude,
que
leur
patrie
alloic
éprouver.
1n
Agricola.
;
1
Mais,
dir
plaifamment
le
Pagliari
,
quels
étoienr
ces
hommes,en
qui
regnoit
cette
fimplicité,ou
cetrein-.
nocence
,
dont
parle
ici
Tacite
?
Le
premier
homme
quinaquit
au
monde,
tua
le
fecond
,
il
fdut
done
conclure,
que
depuis
qu’Adain
fur
tombé
dans
la
défo-
beïffance
,
il
yeut
toujours
des
bons
&
des
méchans
Ofirvation
341.
Mais
probablement
Tacice
n'avoit
ja»
maïs
[ü
la
Géncie.
:
6>
Les
ANNALES.Dpe
TAcrvrr.
leur
faloit
ni
eorreétion,
ni
châtiment
:
&
com
me
ils
fe
portoient
naturellement
au
bien,
ils
n'avoient
que
faire
aufliderécompenfes.
Rien.
méme
ne
leur
étoit
défendu
,
parce
qu'ils
ne
vouloient
rien
qui
nefut
permis.
Mais
depuis
qu'on
eut
renonce
à
l'égalité
;
l'ambition
&
la
.
violence
prirent
la
place
de
la
modeftie
&
de
la
juftice,
&
introduifitent
peu
à
peu
la
Roïauté
&
la
Tyrannie,
qui
ont
toùjours
fubffté
dans
certains
paie.
Quelques
Nations
aimérent
mieux
être
gouvernée
par
les
loix
,
foir
dès
le
commencement
,
ou
après
s'être
dégoñtées
des
Rois
2
Les
premiéres
loix
éroient
fim-
ples
comme
les
efprirs
3
3
&
les
plus
célébres
à
furent.
RaFrixions
POLITIQUES:
>
Plufieurs
Morarchies
font
devenues
Répub'iques:.
quelques
unes
par
l'inconftance
,
ou
par
l'indociliré
des
Peuples
3
mais
la
plüparr
à
caufe
de
la
licence
éfrenée
des
Rois
,
qui
n’ont
pas
voulw
fe
contenter
d’uneaurorité
légitime:
C'eft
pourquoi,
fi
les
Prin-
ces.
s'aiment
eux
mêmes
,
&
veulent
fe
conferver,
{c'eft
Antoine
Perez
qui
parle
)
ilsnedoïvenr
pas
tant
fuir
les
Médecins
,
qui
ou
par
ignorance,
où
par
fla-
terie
|
ou
par
quelque
haine
particuliére,
fouffrent
qu'ils
mangent
des
viandes
contraires
à
leur
fante,
que
les
Confeillers:,
qui
,
leur
attribuent
une
puiflance
arbitraire
&
fans
bornes.
Car
de
tels
Confeillers
ne
tar
deront
guére
à
poufler
à
bouc
la
patience
des
Peu-
tres.
Dans
fes
Rélations.
3
Les
loix
doivent
être
propertionntes
à
la
condi-
tion
ples,
ni
par
éonléquent
à
faire
dérrôner
leurs
Mai=
Livre
TRoOISIE
Me.
Ex
furent
celles,
que
donnérent
Minos
aux
Cre-,
tois
k:
Lyeurgue
aux
Lacédémoniens;
&
So-
lon
aux
Athéniens
,
mais
celui-cien
fit
un
plus
grand
nombre
,
&
les
rafina
4
davantage.
Romulus
nous
gouyerna
avecun
pouvoir
ab=
;
{olu.,.
REFLEXIONS
POLITIQUES
tion
des
hommes,
pour
quielles
font
faites,comme
les:
médecines
àla
nature
des
maladies.
Ur
Legiflateur
,
quiferoic
des
loix
contre
des
vices
&
des
abus
inconnus:
aux
Peuples
qu’il
a
à
gouverner
,
{eroit
le
corrupteur
de
leur
innocence,
d'autant
qu'il
leur
aprendroit
ce:
qu'il
importe
qu'ils
ignorent.
els
font
ces
Confef
s
{curs
imprudens
,
qui
à
force
de
queftions
nullemene
neceflaires
font
venir
la
connoiflancé
du
malà
des
f1-:
les,
quine
favent
pas
même
la
diférence
de
leur
fexe
=:
.
&ces
Prédicateurs
outrez
,
qui
pour
vouloir
apro=
fondir
les
erreurs
des
hérériqaes
,
enfeignent
au
Peu
pie
des
chofes
;
qui
auclieu
de
le
confirmer
dans
la:
for
,le
rendenteurienx
,
&
l’écartent
du
chemin
de
lz
vérité
&
de
la
fimpliciré
Chrérienne.
Maïs
je
m’aper
gois,
qu'on
va
murmure,
fi.je
ne
finis
mon
prône,
4
Plus
les
efprits
font
fubrils
&clairvoyans,
plus
les
loix
doivent
être
en
grand
nombre
;
car
commeun
Ltoiflarenr
ne
peut
jamais
prévoir
tous
les
cas
,
qui
peuvent
arriver,
hi
toures
les
fubrilitez
,
&
les
cavil-
lations,
doncons’avifera
,
pour
éluder
{a
loi;
ou
du
Moins
,
pour
y
crouver
des
exceptions,
c’eft-à-dire
,.:
des
raïfons
de
n°y
pas
obéïr
bc
&
run
:
il
eft
obligé
de
commenter
fa
loi
,
ou
plutôt
de
faire
autant
de
-loix,
qu'il
furvient
de
cas
nouveaux.Il
n'ya
point
de
_
NOTES
HISTORIQUES.
k
Qui
fonc
aujourd'hui
Les
habitans
de
L'Ile
de
Candia
Î
SEA
4
64
Les
ANNALES
DE
TACITS=.
£
:
,
Ë
£
Où,
&-Numa
hu-.
folu
;
Numa
établit
une
forme
0%»
&
À
épis
de
culte
divin
&
des
cérémo-
par,
&c.
hies
de
Religion
;.
Tullus
&
Aneus
firent
auff
quelques
ordonnances
:
mais
nos
meilleures
loix
viennent
de
Servins.
Tullius
,
qui
vou-
lut
même,
que
les
Rois
y
fullent
obéif
fans
5.
:
.
XX
VIIL.
CREFLEXIONS
POLITIQUES.
Province
,
où
il
y
ait
de
meilleures
loix,
ni
en
plus
grand
nombre
qu'en
Normandie
;
car
de
tout
rems
les
efprits
y
ont
été
très-rafinez,
&
les
Normands
fonc
cn
France
ce
qu'étoientles
Archéniensen
Gréce.
-
f..
Selon
Platen
,
la
Monarchieeft.la
pire
&
la
meiïl-
leure
forme
de
Gonvernement
:
la
pire,
fi
elle
eft
in-
dépendante
des
loix;&
la
meilleure,
fi
elle
y
eft
obéiflan-
te.
Ceuxauienfeignent
le
contraire
aux
loix&aux
Prin-
ces
fonverains,ne
leur
aprennentpasà
régner,mais
à
ti-
rannifer;ni
à
renirles
peuples
dans
le
refpet
&dans
l’o-
béiflance,mais
à
les
porter
à
la
révolte.
Iin'y
a
jamais
cu
de
Prince
mieux
obéis,ni
par
conféquent
plus
Prin-
…
ces,
{
file
Pere
Diétareur
me
permer
de
parler
ainf
}
que
ceux,
qui
ne
fe
font
point
mis
au
deflus
des
loix.
Commine.en
donne
un
bel
Exemple
en
la
perfonne
de
ïôtre
Roi
Charles
VII.
qui,
àfonavénemenra
la
Couronne
;
obtint
des
Erats
tenus
à
Tours,
un
don
de
deux
millions
cinq-cens
mille
livres,
(
qui
étoit,
die.
il
,
plûtôt
trop
que
se
}
quoique
le
Royaume
füe
épuifé
par
les
tailles
Tant
vingt
ans.
Au
contraire,
quand
le
Prince
veut
faire
tout
à
farêre,
&
par
volonre
defordonnée
;
ce
|
font
ces
termes
,
les
Peuples
ne
lui
obtiflent
pas,
nine
le
fecourent
en
{es
néceflitez
;
mais
au
lieu
de
luiaider
-
quand
il
a
beaucoup
d'affaires
fur
les.bras
;
ils
le
mé-
prifent,
&
fe
mertent
en
rebellion
conte
lui.
Che
dernier
du
livres,
de
les
Mémoires
ses
ë
orribles,
quilavoir
portées
du-
a
orpe
Livre
TRoïsIE
ME
6f$
MOREL
EL.
Après
qu'on
eût
chaflé
Tar-
quin
1
le
Superbe
,
le
Peuple
,
réfolu
de
défen-
dre
fa
liberté
,
contre
les
faétions
du
Sénat
2,
fit
plufieurs
fatuts
>»
pour
entretenir
la
con-
corde;
&
créa
enfuite
les
Décemvirs
L
,
qui
ayant
recucilli
ce
qu'il
y
avoit
par
cout
de
meil-
leur
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
Voila
à
quoi
fetermine
cette
aurorité
indépen.
dante,
arbicraire
,
&
fans
bornes,
que
les
flateurs
fonc
prendre
aux
Princes.
Voila
ce
qui
arriva
à
nôtre
Roï
Henri
III.
à
qui
l’ondifoir
,
qu'il
faloit
defacoutumer
ks
François
de
lui
faire
des
remontrances
,
&
leur
avrendre,
qu'iln
y
avoir
point
d'autre
juftice
que
fa
volonté.
MeZerai
dans
fa
Vie.
»
L'une
des
chofes.,
qui
»&
le
p'usnuià
ce
pauvre
Prince
,
dit
lé
Charcelier
de
»
Chiverny
,
a
été
opinion,
qu'il
avoit
concuë
de
fa
»
fufifance
,
méprifant
toutes
les
opinions
d'autrui,
#
qui
eft
je
plus
grand
malheur,
qui
puifle
arriver
à
#
un
Roi
,ouàtoutautre.
Days
fes
Mérmrires,
2
Les
Grands
&
les
Noblesaimenttoüjours
mieux
un
Roi,
ou
un
Prince,
quelqu'’il
foit
,
qu'un
Gouver-
nement
populaire
ou
le
Peuple
ne
manque
jamais
de
Jés
réduire
à
l'égalité
,
qui
eft
la
chofe
qu'abhorrent
davantage
des.gens
accoïtumez
à
la
diftirétion
Car
il
eneft
des
Grands
,
comme
d'Agrippalc
gendre
d’Au-
_gufte,
lequel,
felon
Parércule,
obéifloir
très-volon-
tiers
à
un
feul,
mais
en
revanche
vouloir
cemmander
À.
tous
lesautres.
Parendi,
[ed
uni,
[cientiffimus,
lits.
Jerèimperandi
cupidus.
NOTES
HISTORIQUES.
Z
Voile
mot
,Deceravirs
,
dans
les
notes
hifioriques
du
Pro
logue
de
racite,
ie
pa
TE
il
66
Exrs
ANNALES
pr
TACITE.
leur
3
ex
matiere
de
Police
,
en
formérent
les
douze
Tables
,
où
finirent
0%,
qui
furenr
le
er
:
=
terme
fatal.
des
;:
Îles
bonnes
ordonnances.
Car
&
re
;
dépuis
ce
tems
là,
les
loix
(
quoi
qu'il
s’en
fit
par
occafion
quelques
unes
contre
les
malfais
éteurs
)
furent
le
plus
fouvent
établies
par
la
violence,
à
caufe
des
diflentions
du
Peuple
&e
du
Sénat
,
tantôt
pour
challer
des
perfonnés
illuftres
;
tantôt
pour
obtenir
des
charges
avant
le
tems
,
ou
pour
d’autres
mauvais
d.f-
feins.
Témoin
celles
des
Gracques
&
des
Sa1-
tutnius
REFLEXIONS
POLITIQUES.
3
Rien
n'eft
plus
urile
à
un
Prince
,
quia
de
grands
Etats,
&
par
conféquent
de
grandes
affaires
à
déméler.
avec
les
aucres
Princes
,
que
la
connoïflance
éxacte
des
loix
&
des
coutumes
des
païs
étrangers,
Outre
que
cela
lui
fert
à
difcerner
ce
qu'il
y
a
de
bon
&
demau=
vais
dans
chaque
Gouvernement
,
eela
lui
donne
encote
des
ouvertures
&
desexpédiens
commodes
;
pour
ré-
2.
former
les
äbus
,
quinaiffent
de
jouren
jour
dans
la,
police
,
dans
lPadminiftration
des
Finances,
dans
la
difcipline
militaire
,
dans
la
Judicature,
&
dans
tou.
u
tes
les
autres
parties
de
la-vie
civile.
Mariana
dir,
u
qu'Henri
II.
Roi
dé
Caftille,
envoyoit
des
Ambal-
fadeurs
aux
Princes
Chrétiens,
&aux
Rois
Morcs
feulement
à
deffein
de
s'informer
de
leur
manicre
de
gouverner,
pour
ramafler
ainfi
la:
prudence
de
toutes
\
les
Cours
enla
fienne
,
&
favoir
mieux
reptefenter
en
u
toutes
fes
a@ions
la
majefté
royale.
Que
devoir-on
attendre
de
ce
Prince
,
qui
à
l'âge
de
vingt-feprars
532
c
+
.
2ETE
LE
EC
A
quil
mourut
,
étoit
déja
le
plus
habile
de
rous
ceux,
|
qui
fégnoïent
alors
en
Efpagne
?
Chap,
14.
du
liste
39.
de
fon
Hiffoire.
-
SEE
L3
LAù
OT
RATE
ERA
PRE
nrà
LIVRE
TRorsrr
Mr.
67
euroins
,
les
boutefcux
du
Peuple;
&
celle
de
Brufus,
qui
ne
faifoit
pas
de
moindres
lar-
gefles
,
au
nom
du
Sénat,
&
qui
corrompoit
les
Alliez
par
des
promefñles
,
que
l’opoñtion
des
autres
Magifkrats
rendit
0%
dont
l’éxécution
: à À
futempêchée
parles.
inutiles.
La
Guerre
Iralique,
ne
ni
la
Guerre
Civile
#
,
qui
vint
après,
n'em-
pêché-
NOTES
HISTORIQUES,
#
Pour
faire
mieux:entendre
cette
récapitulation
de
PHiftoi-
re
de
l’ancienne
République
,
laquelle
racite
n’a
pas
voulw
étendre
davantage
,
parceque,
dit-il
dans
fon
Avant-propos
s.
tout
cela
a
été
amplement
écrit
par
de
célébres
Hiftoriens
:
il
cf,
àmonavis,
néceffaire
de
mettre
ici
un
extrait
de
quelques:
chapitres
de
Patercule
,
qui
raconte
très-bien
ces
diflenfions,
“Ssipion
Nañca,
dit
il;
futlepremier.
qui
s’avifa
d’emploier
;
p
:q
{a
force
contrele
Tribun
Tiberius
Gracchus,
fon
coufin,
pour
empêcher
l’éxécution
des/loix
agraires,
qu'il
avoit
publiées:
en
faveur
du-peuple.
Dix
ans:
après,
Nafica
futimité
par
le:
Conful
Opimius,
qui
pritles
armescontre
Caius
Gracchus,
le-
quel,
foit
pour
venger
la
mort
de
riberius,,
fon
frere;
cu
pour
souvrir
le-chemin
à
la
Royauté
,
qu’ilaffe@oit
,
exerçoit
le
Tribunat
avec
encore
plus
de
violence,
que
»’avoit
fait{on
aî=.
né,
&
renverfoit
toute
la
police
de
la
Ville
&
delBtat.
Les
Gracques
étant
morts
,
Opimius
ft
mourir
dans
fes
fuplices.
tous
leurs
amis
ou
ferviteurs.,
punition,
qui
ne
fut
point
aprou=
vée,
comme
venant
plutôt
de
fa
haine
particuliére
contre
les.
Gracques,
que
du
defir
de
venger
la
Répablique.
Aux
Grac-
ques
luccéderent
les
xribuns
Servilius
Glaucia
,
&
Saturninus
Fe
.
Apuleïus;
qui
pour
fe
maintenir
dans
Le
ribunat
an-dels
du.
>
tems
porté
Par
fes
loix,
&
empêcher
qu’anne
leur
donnär
des:
fucceffeurs
;
F-voilà
ce
que
Tacite
entend
ici
par
cpife
inlicitos:
honore;
]
rompoiens
par
Le
fer&par
le
feu
lecaffemblées
dureus
ple;
ce
qui
obligea
Marius;
alors
Cunful
pour
lafixiéme
fois.
de
lesimmoler
à
ja
haine
publique.
Le
Tribunac
de
Livius
Dru
fus,
qui
vouloït
rendre
au
Senat
le
droit
de
juger
les
procès,le=
quelCaius.
Gracchns
avoit
transféré
aux
Chévaliers
,
ne
fut
ni
pluspaifible
,
niplus
heureux
,
tous
les
Sénateurs
lui
ayant
été
contraires.dans
les
choles
mefme
qu’il
entreprenoiten
leus…
faveur
2.
68
Les
ANNALES
DE
FACITÉ
faveur
,
jufqu’à
aimer
mieux
fouffrir
les
infultes
,
qui
{eus
étoient
faits
par
fes
colégues,
que
de
jui
étre
redevables
de:
Lhonneur
,
qu’il
vouloir
leurpracurers
tant
ils
portoient
d'en
vie
àfa
gloire
,
parce
qu’elle
leur
paroiffoit
crop
grande.
La
mort
de
Drufus,
qui
fut
tué
comme
les
Gracques;
pour
avoir
voulu
donpéer
le
droit
de
Cité
Romaine
à
toute
l’Eralie,
[
voilà
l'explication
du
palage
de
Tacite
,
corruptifpe
s
ant
inlufi
pire
|
Satenceffioncr
focii
Jalluma
la
Guerre
Iralique,ou
Sociale,c’eft»
à:
dire,
des
Alliez,
qui
demandoient
inftamment
cet
honneurs
fe
plaignant
avec
raifon
d’être
trairez
en
étrangers
par
uné
ville
;
dont
ils
foñtenoient
l'empire
par
leurs
armes,quoi
qu’ils
faffent
&
de
mefme
nation
,
&
de
mefme
fang,
&
que
Rome
leur
fât
obligée
de
Pénorme
puiffance
;
oùelle
étoit
parvenue.
Cette
guerre
fut
la
premiére
occafion
de
l'agrandiffementde
Cn.
Pompée,
de
Marius,
&
de
Silla,
qui
fe
fervirent
contre
la.
République
,
des
armes
;
dont
elle
teur
avoit
donné
le
coms
mandement
contre
les
Afliez.
Car
Silla
,
qui
étoit
d’une
mai-
fonilluftre
;
mais
fort
déchue
de
fonancienne
fpiendeur
,
eñ
flé
de
la
gloire
d’avoir
terminé
la
guerre
Italique,
ofa
denian-
der
le
Confulat,
&
l’obtincenfin
par
les
fufrages
de
prelque
tous
les
citoyens:
Au
mefmetems
;
le
Gouvernement
del'A=
fieérant
échu
à
Silla,
Pub.
Sulpicius
rribun
du
Peuple
fe
de:
clara
pour
Marius,
qui
quoi
qu'ägé
de
plus
de
70.
ans;
vouloit
avoir
lui
feul
toutes
les
Provinces;
&
Gta
par
uneloiqu'il
»
publia
;
ce
Gouvernement
à
Silla
,
pour
le
donnerà
Ma
à
jius
ÿ
d’où
näquit
auf
tôt
la
guerre
civile
de
Silla,
qui
chaffa®
|
de
Rome
Marius
&
Sulpicius
,
avec
leurs
complices.
À
cette
guerrefucceda
celle
de
Cinna,
qui
métoit
pas
plus
moders
ques
Marius,
niqueSulpicius
Cethomme,
peur
fe
venger
du
SE.
nat,
qui
lavoit
dépofé
du
Confulat,
&
mis
un
autre
Conlul
à
fa
place,
rapella
de
leur
éxil
Marius
&
fon
fils
,
&trous
les
aus
|
—
tres
bannis
de
leur
parti,
pour
en
fortifier
le
fien
;
auquel
:
avoit
attiré
par
de
grandes
promeflés
tous
les
Officiers:
de
Par
mée
Romaine,
qui
étoit
auprès
de
Nole
Pendant
qu'il
fait
ia
guerre
à
fa
patrie,
Cnée
Pompéefe
voyant
‘fruftré
de:
l'efpe*
rance
d’eftre
eontinué
dans
le
Confulat
,
fe
tintneutre
entres
République
&Silla;
pour
épier
tes
occañons
de
rendre
fa
con
dition-meilleure
,
en
fejettant
avec
fon
armée
du
côté,
oùi
trouveroit
un
plusgrand
arantage
ÉCar
arnive
toû-ours
dans
Les
Guerres
civiles
que
la
fidélité
dés
Grands
eft
la
viéiméde
leur
intereft.
1
Pompée
étant
mort
là
deflus
,
après
avoir
donn
bataille
à
Cinna
;
celui
ci
&
Marius
fe
rendirent
maitres
de
Rome,où
leur
entrée
fut
fuivie
de
Jamort
des
ConfulsO
avis
qui
fut
tué
par
leur
ordre,&Cornclius
Meruja;qui
fe
ficcouper
Les
veines
,
pour
prévenir
La
vengeance
de
Cinna,
dontil
rem
ee
plie
DUÉAULLEN
ÊTES
LiVRE
TROïISIE
Me
Go
péchérent
pas
même,
que
l'on
ne
fit
encore
plufieurs
réglemens
;
mais
qui
étoient
tous
contraires
les
uns
aux
autres
,
jufqu'à
ce
que
.
Silla,
devenu
Ditateur,
les
ayant
changez
,
ou
révoquez
;
pour
en
faire
de
tout
nou-
=
/
se
veaux,
+
nr
mn
seras
NOTES
HISTORIQUES.
pliffoit
la
charge.
Marius
étant
mort
l’année
fuivante
au
com:
mencement
de
fon
feptiéme
Confulat,
Cinna
squ1t-entroit
dans
.
fon
fecond
,
eut
toute
la
puiffance-du
Gouvernement
»
Mais
Comme
fa
domination
étoit
trop
violente,
la
plüpart
desGrans
fe
retirerent
auprès
de
Silla,
qui.
étoit
en
Grece.
Ce
qui
fuc
caufe,
qu’il
repaffaen
Italie,
pour
venger
les
Nobles,
dont
11
s’étoit
fair
le
Chef,
ainfi
que
Marius
Pavoir
été
des
ple-
beyens
:
&
que
Cinna
fur
tué
par
fes
foldats
>
Qui
fe
mutinerent
contre
lui,
fur
ce
qu’illes
voulait
embarquer,
pour
aller
com=
‘battre
les
Nobles.
Silla
effaya
de
terminer
tous
les
diférends
par
un
bon
accommodement
,
&
à
des
conditions
raifonnables
,
mais
la
paix
ne
pouvoit
plaire
à
ceux,
qui
languiffant
dans
la
tranquilité
publique
efpéroient
de
relever
leur
fortune
par
Îles
faétions,
L’ambition
du
jeune
Marius
,
élà
Conful
à
26.
aus,
fomenta
la
guerre
,
mais
après
avoir
perdu
la
bataille
de
Sacrie.
port
;
11
fut
tué
par
des
gens
apoltez
par
Silla,
qui
,
depuis
,
en
prit
le
furnomd’Hezseux
;
tant
il
redoutoit
te
courage
dece
Jeune
adverfaire.Cétte
viétoire
lui
fit
déferer
12
Didature
où
il
abufa
fi
fort
de
fon
pouvoir
,
qu’on
regreta
Marius
&
Cinna.
Car
il
fur
Le
premier
,
qui
inventa
la
pro(cription
,
Ceft-
à-dire
qui
fit
afigner
par
autorité
publique
une
récompenfe
à
quiconque
égorgéroit
un
citoyen
Romain;
jufc
que
11
même,que
l’on
ne
Hi
donnoït
pas
plus
grande
pour
la
tête
d’un
ennemi
tué
À
la
guerre
,
que
pour
celle
d’un
citoyen
tué
dans
fa
maifone
Après
Ciona,
Marius
.&
Sila
,
vint
Pompée
le
Grand,
quife-
Jon.racite
,
favoit
mieux
difimuler
>
Mais-n'étoit
pas
meilleur
qu'eux,
Poff
quos
Cr.
Pompeius
occultior
>#0nmelior,
Hift.
2e
Dès
que
Pomyée
fut
entré
dans
le
matîment
des
affaires
publi-
ques
,
non
content
d'être
le
premier,
il
vonlut
être
toutfeul
,
d'où
vint
[a
jaloufie
de
Cetar
,
qui,
dans
la
fuite
;
produifig
Unéautre
guerre
civile,
où
la
fortune
ayant
abandonné
Pom
péc,
rendit
Cefar
le
maître
de
l'Empire
Parerc,
Hifé.
2.
Chafe
Ba
Te
AB
130
LS
A7
194
204
ZI
22,
25:28,33,
47,
48
©
Les
ANNALESDE
TACiTr.
veaux
,
donna
quelque
relâche.
Mais
ce
re-
pos
dura
peu
,
à
caufe
des
pourfuites
&
des
“opofitions
turbulentes
de
Lepidus
,
&
dela
lie
cence
effrenée
dès
Tribuns,
qui
recommen-
cérent
à
foulever
le
Peuple
,
pour
faire
paller
leurs
dectets.
Et
dès
lors
on
fit
autant
de
deix
;
quily
avoit
de
perfonnes
94
0%
ascufiits
de
forte
que
toute
la
République
étant
cor-
YompPUE
»
les
loix
fe
multiploient
à
l'infini
4.
KXIX.
Enfin,
Cnée
Pompte
,
étant
dans
à
_fonctoiliéme
Confulat
»,
fut
élu
pour
réfor-
mateurdes
mœurs:
mais
comme
fes
remédes
étoient
REPLEXIONS
POLITIQUES.
à
Le
Hulioies
des
lorx,
dit
Platon
dans
f
Répu-
blique,
eftune
marque
auffi
certaine
de
Ja
corruption,
d’un
Etat,
que
la
multitude
des
Médecins
en
eft
une
de
la
grande
quantité
des
malades.
Je
puis
dire
avec
veritésajoute
un
grand
Miniftre,
que
les
nouvelles
Joix
nefont
pas
tant
des
remedes
aux
défordres
des
Brars
,que
des
témoignages
de
Jeur
maladie
,
&
des.
sañürées
dela
foibleffe
du
Gorivernement,
atens
du
que
fi
les
anciennes
Jeix
avoient
été
bien
éxccu=.
tées
,
ilne
feroit
befoin
,
ni
deles
renouveller
,
ni
d'en
preuve
À
faire
d’aucres
pour
arrérer
de
nouveaux
défordres,
qui
#euffent
jamais
pris
cours.
Chap.
s.delafeconde
partie
RE
|
SES
RECENT
CENTER
EERRRENRES
exeaensesnss
NOTES
HISTORIQUES
.
-
aPatercule
dir,
que
dansce
Confulat
sonne
lui
donna
point
de
colégue
,
&
que
cet
honneur
extracrdinaire
fit
tant
de
ja
Joue
à
Cefar,
que
dès
lorsils
devinrent
ennemisirréconciliaz
2.
4
Confujat
conire
Les
brigues
des
charges,
Chaps
47.
Pr
bles.
I
ajoute
,
que
pompée
employa
toute
la
puiffance
de
cc
LA
en
France
n’a
jamais
{ery
‘réformées
,
aprend
à
tous
les
à
:
armées,
Pomsée
aprouvo
:
Livre
TRoO1IS:E
Meg,
FI
<toient
pires
que
lesmauxr,
&
quil
violoit
en
favenr
de
fes
amsss
les
loix
qu'il
avoit
fai-
tes
2
,
il
perdit
par
les
armes
de
fes
ennemis
l'autorité,
qu'il
vouloit
conferver
avec
les
ar-
Mes
o.
Et
depuis
,
il
n'y
eut
durant
plus
de
ee
VIn9€
ReEFLExions
PoriTiqQUEs.
du
Teflamentp
olirique.
Quoïqu'ilen
foir,
Mezeraia
<uraifon
dedire
,
que
la
multiplication
des
rés
lemens
Î
qu'à
mulcplier
les
abus,
Dans
la
Vie
d'Henyi
LIT.
1.
Pour
faire
des
loix,
i]
faut
fe
régler
fur
la
fition
des
peuples.
I]
ny
4
point
de
pires
loix
que
cel.
les
qui
prefcrivent
des
chofes,
qui
vont
àla
perfeétions
car
la
dificnlré
de
Jes
obferver
les
réduir
au
non-uface.
La
pratique
ne
va
jarnais
fi
Join
que
la
fpeculation
,
&
er
les
chofes,
non
pas
de
mieux
;
mais
de
la
manie
-
ic
quelles
peuvent
durer
plus
long-tems..
Le
Cardinal!
Pallavicin
apelle
très
bieu
les
loix
trop
rigoureufes
le
poifon
de
la
tranquilirée
publique.
=
2
Un
Prince,
ou
un
Maçiftrar,
qui
éxemre
del’ob.-
fervation
des
Joix
,
qu'il
a
faites
lui-même
en
Matiére.
de
téformarion
,
des
perfonses
,
qui
ont
befoin
d’être
utres
à
les
méprifer,
fur-to
riqu'il
accorde
ces
Éxemptions
,
dans
ua
tems
>
OÙ
ces
loïx
{ont
encore
toutes
fraîches.
NOTES
HISTORIQUzS
8
Tous
es
oens
debien
>
dit
le
même
Auteur
»
Vouloïent
que
Pompée
&
Cefar
Ténofeaffent
tous
deux
au
Conmandement
des
née
apr
t
fort
lavis.
de
CEUX,
qui
difoiene
>:
*
4
rod
.
4
pe
…
.
qu'ible
falloir
ôter
à
Cefar
;
mais
réfifloie
à
CCUx,qui
jugeoient
»9
fe
Et
voilà
par
où
commença
la
BUETES
Givile,
Chap.
48
D
pe.
TrsPNR
ere
pe
TAcrTe.
nidroit,
ni
polices
les
plus
grands
crimes
demeurolent
impunis
»
&
plu
fieurs
belles
actions
firent
périr
leurs
auteurse
vingtans
pi
paix
»
Mais
après
qu'Augufte
eut
affermi
fa
puiffan-
ce,
ilabolit,
ce
quilavoit
ordonné
étant
Triumvyir
;
&
nous
donna
des
loix
pour
vivre
en
paix
fous
fon
Empire.
Et
comme
1
vouloit
faire
obferver
exactement
ces
loix
3
il
propofa
des
sécom-
_penfes
pour
CEUX
»
qui
cn
dénonceroient.
les
infraceurs.
Celle;
qui
fut
apellée-Papia
Pop-
pea
,
portoit
;
que
le
Penple
Romain,
En
qua
lité
de
pére
commun
»
poiféderoit
comme
vas
gans
tous
les
biens
;
qui
étoient
lailez
par
tef
tament
à
CEUX
»
qui
n'avoient
point
d'en-
fans
p.
Mais
les
Délateurs
alloient
bien
plus
avants
ils
troubloient
&
toute
la
ville,
&.
luficurs
familles
étoient
déja
le
monde
prenoit
l'épohvans
tes
toute
l'Italie,
P
guinées
;
&
tout
Ne
NOTES
HISTORIQUES.
.pparlaloi
Papia
>
CEUX
qui
nav
Hilcapiebant
ex
reamentis,
étoient
Fruitrez
de
tout
ce
qui
leur
étoir
laiffé
par
teftament
:
maisles,
orbi,i,
€
CEUX
qui
étant
marier
n’avoient
point
d’enfans
»
ne
per
de
ce
qui
leur
étoit
Jegué.
Brc'eft
ence
pal'us
adultére
dit
au
mari,
Quel
110
fliolus
;
vel
filie
nafciturex
me
Zara
parentis
babes
ÿ
proprer
me
firibiris
heress
À
s
Æ
Legatun
omne
CA
is
nec
non
@dulce
cadncumr
Satr
9
L'Empereur
Antonin
Ota
auPeuple
Le
droit
&
voulut
,
queces
biens
tombaflent
au
fifc
du
Prince.
Hodits
dir
Uipiens
ex
confiisutione
Imperaroris
Antonin
à
0ni4a
46
ducafifeo
vindicantur
In
Fragnes
tit,
180
Re
Zi
fens
;
que
dans
Juves
2
dans
fon
fixiéme
Confulat
;
tout.
oient
jamais
été
marier
Hi
doienr
que
la
moitié
de
vacantia
encre,
Livre
TRoïisre
Mr.
73
.
te,
lorfque
Tibére,
pour
y
aporter
remede
3,
tira
au
fort
cinq
Confulaires,
cinq
Prétoriens&
:
dix
autres
Sénateurs,qui
dévelopérent
plufieurs
_chufes
embrouillées
de
cette
loi,
&
s
Par
nnein-
terprétation
favorable,
donnérent,
pour
le
pré-
fént,
un
peu
dereposaux
citoyens.
XXX.
Ce
fut
vers
ce
tems
là,
que
Tibé-
ré
demanda
au
Sénat,
que
Néron,
fils-aîné
de
Gérmanicus
,
lequel
avoir
dix-
fept
ane
accomplis
,
füt
difpenfé
du
Vigintivirat
9,
&
pht
obtenir
la
Quefture
cinq
ans
avant
Je
téms
x
preferit
par
les
loix
r
:
alléguant
,
que
lui-même
&
fon
frére
avoient
obtenu
la
mé-
:
me
grace
,
à
la
priere
d'Augufte.
Cette
dema
ne
de
ne
fut
pas
ouie
fans
moquérie
,
&
je
ne
doute
REFLEXIONS
POLITIQUES.
3
Puifquela
fin
des
loix
eft
de
conferver
l’ordre
&
le
paix
encre
Îles
citoyens
d’une
même
ville
,ileft
du
de
voir
du
Princedeles
modérer,
quand
elles
font
trop
rigoureufes
;
ou
de
fes
abolir
tour
a
fait,
lorfqu'elles
ge
font
plus
urilesau
public.
1
La
bonne
éduearion,
que
l'on
donne
aux
enfans
des
NOTES
HISTORIQUES.
g
Les
Vigintivirsn’étoient
que
de
petits
Juges
de
police,
qui
procédoient
à
la
vente
des
biens
des
particuliers
;
qui
diftri-
buoient
des
grains
au
Peuple
;
qui
avoient
foin
de
réparer
Les:
chemins
,
&
de
voir,
que
lamonnoyene
fut
poinralrérée.
À
Venife
,
Les
Nobles
des
anciennes
Maïfons
font
d'ordinaire
dif-
-
Penfer
leurs
enfans
de
Paffer
par
les
deux
Quaranties
civiles,
#
Selon
les
loix
;
on
ne
pouvoit
être
Quelteur
qu'à
25:
45:
Lune
La.
D
74
Les
ANNALES
DE
T
ACITE.
doute
pas
même,
quon
ne
fe
fut
moqué
au-
trefois
de
celle
d'Augufte/,
quoi
quelle
fut
beaucoup
plus
ratfonnable..
Car
outre
qu'alors
l'autorité
des
Cefars
étoit
toute
nouvelle
,
&
l'ancien
ufage
plus
prefent
à
la
mémoire,
Au-
gufte
n'étoit
que
le
beau
pére
de
Tibére
&
de
Drulus
;
au
lieu
que
Tibére
étoit
l'oncle
&
l'aïeul
de
Néron
r.
Avec
la
Quefture,
on
lui
décerna
la
dignité
de
Pontife
,
&
la
premiére
fois
qu'il
parut
en
public
avec
la
robe
virile,
on
diféribua
de
l'argent
&
du
bled
au
ménu-
peuple
,
qui
urcffailloit
de
joye
de
voir
un
fils
de
Germanicus
déja
dans
les
charges.
Cetre
joye
fut
encore
auementée
par
{on
mariage
=
avec
REFLEX]
ONS
POLITIQUES.
des
Princes
,
jointeau
privilége
de
leur
naiflance
,
les
doit
afranchir
des
loix
de
l’âge,
d'autant
qu'ils
devien-
rene
habiles
de
bien
meillenre
heure
que
esautres.
Ce
qui
a
donné
lieu
de
dire.
—
©
Cefaribuswirtus
contigit
antè
diem.
LS
Fteft
impofhble,
difoit
le
Cardinal
du
Perron,
que
les
Princes
ne
fachent
quelque
chofe,
car
i’s
ont
les
fruits.
des
peines
tousde
ceux
qui
étudient
;
ils
aprennerten
unquart-d'heure
ce
à
quoiunbonefprir
aura
cravaillé
*
gn
mois,
Perroniann.
2
se
NOTES
HISTORIQUES,
Rrommcsene
ne.
oEPENRE
EEE
f
Auaufte
,
pour
faire
le
populaire
,
&
laiffer
au
Sénatuné
vaine
image
de
grandeur
&
de
liberré,
feignoit
d'avoir
befoin
à
>
à
de
leur
confentement
;
pour
accorder
aux
enfans
defa
femme
|
_
ufedifpenfe,
dont
il
étoit
ie
maitre
abfolu.
CES
#
Et
par
conféatent,
Tibére
devoit
prendre
un
plus
grand
ins
terêr
à
Pavancement
de
fon
petit-fils
,
que
n'avoit
pris
AU
gufe
à
celui
des
fils
de
fa
femmes.
.
_.
Livre
TRoisir
ue
7$.
avec
Julia,
file
de
Drufus
2.
Mais
ice
ma-
#age
fut
univerfellement
aprouvé
,
on
murmu-
ra
fort
de
celui,
qui
fe
concerta
,
de
la
fille
de
Séjan
avec
le
fils
de
Claudius
3
,
dont
la
noblefTe
fembloit
être
foüillée
par
une.fi
baffle
alliance
5;
au
lieu
que
Séjan,
dont
l'ambition
étoit
déja
füfpede,
s'élevoitinfiniment.
_
XXXI.
Sur
la
fin
de
l’année
moururent
deux
hommes
illuftres
,
Lucins
Volufius
&
ee
2
…
_Sallu-
+
REFLexrôns
Potritr
QUES.
entre
les
particuliers
,
fonc
toujours
aplouyez.
3
Les
Princes
du
fang,
à
quelque
point
d'honneur
près
,
ne
font
pas
une
faute
fi
grande,
que
lon
penfe,
cn
s'allianr
avec
les
filles
>
Ou
Îcs
niéces
des
Miniftres
ge
car
outre
que
c'eft
un
moïen
de
fe
conferver
les
bonnes
graces
du
Prince
,
c'en
eft
encore
un-
de
s'agrandir
:
anais
les
Miniftres
,
qui
ont
l'ambition
de
s’allicr
avec
les
Princes
du
fans,
s’expofent
toujours
à
beaucoup
d'envie;
&
quand'il
vien
un
revers
de
fortune,
comme
ilarrive
crès
fouvent
;
ils
virent
peu
de
protection
de
Ceux
,
qui
ne
les
ont
honorez
de
leur
alliance
que
par
intérêt
,
&
qui
n'aïanc
plus
rienà
efperer
d'eux,
ne
Jes
_confidérenc
plus
Que
comme
des
Parens,
qui
les
desho…
aotent.
Il
ya
encore
une
autreraifon
»
Quidoit
empê-
cherles
Miniftres
d'afpirer
à
cer
h
Cnneur;
c'eft
queces
Princes
étant
fort
fujets
à
devenir
fufpeds
à
celui
qui
_regne,
le
foupcon
qu'il
a
d'eux
rerombe
fouvene
far
le
Münifire,qui
a
incérée
de
les
protécer,
äcaufe
dela
pa
renté.
Et
d’ailleurs,
le
Prince,
qui
veuc
être
le.
maître.
ÉQtout
,&
tenir
lieu
de
tout
à
fes
créatures
>
he
pour
Ta
jamais
aimer
ni
beaucoup,
ni
longrems,
un
Mini
té
;
qui
fra
partagé
d'afection
&
de
complaifance
cntre
Ii
&
les
Princes
de
fon
fans.
=
2
Les
mariages
égaux,
foit
entre
les
Princes
|
ow
76
Les
ANNALES
DE
TACITE.
Salluftius
Crifpus
Le
premier
étoit
d'une
fa-
.
mille
ancienne,
mais
qui
n'avoit
point
exer-
cé
de
plushante
charge
que
la
Préture
;
il
y
fit
entrerle
Confulat,
&
la
dignité
de
Cenfeur
,
qui
lui
fut
donnée
pour
faire
la
revüe
des
dé-.
euries
de
la
Cavalerie;
&
amalla
des
richefles
—excefives
,
qui
agrandirent
infiniment
cette
Mailon.
L'autreétoit
petits
fils
d'une
fœur
de
Caius
Salluftius
;
fameux
Hiftorien
Ro=
main,
dont
il
avoit
pris
le
nom
en
vertu
de.
-
fon
adoption.
Illui
auroit
été
très
:
facile.
de
monter
aux
plus
hautes
dignitez
,
mais
,
fans
être
Sénateur
,
non
plus
que
Mecenas
#
dont
il
fuivoic
l'éxemple,
il
ne
lailla
pas
de
furpaf-
fer
en
pouvoir
beaucoup
de
Confulaires
&
de
Trionfans.
8a
façon
de
vivre
étoit
toute
dife-
sente
de
celle
des
Anciens
,
foit
pour
la
pro-
preté
des
habits
;
ou
pour
la
délicareffe
du
manger
;
&
l'abondance
;
qui
regnoit
dans
fa
failon,
aprochoit
fort
du
luxe.
Mais
avec
tout
cela
,
fon
efprit
fufifoit
aux
pius
grandes
afaires
1
à
&
il
y
montroit
d'autant
plus
dé
»
ee.
|
vigueur,
à
«Raergexions
POLITIQUES.
+
ie.
De
tour
rems:,
les
hommes
qui
ont
manié;ou
qui
EE
—
es
où
NOTES
HISTORIQUES
-.
…
æPatercule
dit
sque
Mecenas
fe
contenta
toute
(a
vice
durang
|
de
Chevalier
Romain
,
fans
fe
foucier
des
dignitez
,
qu'il
lui.
_antoit
été
facile
d’Obtenir
d’Augufte
,
dont
il
n'étoit
pas
moins
aimé
qu'Agrippa
3
S'il
eut
été
d'humeur
à
Les
defirer
Hif.
2,
chapi8
8
Perse.
SR
Er
nee
FRE
LIVRE
TRotsIp
ar
Si
vigueur,
qu'il
afeétoit
de
paroître
volouptueux
&
fans
fouci.
Durant
la
vie
de
Mecenas
,
il
tint
la
feconde
p'ace
dans
le
Miniftere
>
&
la
premiére
après
fa
mort.
Il
eut
partà
la
réfolu=
ton
qui
fut
prife
de
tuer
le
jeune
Agrip-
pa
2,
&
fur
la
fin
de
fes
jours,
il
eut
plus
l'a-
parence
d'un
favori
,
qu'il
nen
eut
le
pou-
voir
:
Et
cela
étoit
arrivé
parcillement
à
Me-
Cenas
3.
Tantileft
rare
;
que
la
faveur
dure
=
3
LOUE
«
REFLEXIONS
POLITIQUES.
ont
été
capables
de
manier
les
grandes
affaires,
ont
été
les
plus
voluprueux.
Jamais
homme
ne
fur
plus
vi-
gilant
,
que
l’étoit
Mecenas,
lorfque
les
affaires
de
T'Etat
le
requéroiene
ainfi
;
mais
aufñ
perfonne
n’aima
davantage
le
repos,
l’oifiveré,
&
les
plaïfirs
de
la
vie,
Ainf
,
Salufte
l’imita
en
tout,
en
vertns
&
en
vices,
2
Tôtou
tard,
les
Princes
fe
laflent
de
voir,
ou
du
moïns
d'aimer
les
témoins
,
les
complices
,
ou
les
mi-
niftres
deleurs
crimes,
foir
par
honte,
ou
par
tepen—
tir,
Voila
note
3,dn
chap.
1.
du
livre.
=
.
3
La
diforace
des
premiers
Miniftresn’eft
pas
toù-
jours
un
éfer
de
leur
mauvaile
conduire.
Les
plus
fages
&
les
plus
modérez
perdent
la
faveur
,
auffi
bien
que
ceux
qui
en
ont
abufe,
Mecenas
étoit,
fans
contredire
;
un
des
meilleurs
&
des
plus
inrelligens
Miniftres
,
que
-
PÜt
avoir
Augufte,&cependant
ilne
laifla
pas
d’éprou-
Ver
;
que
fon
Maître
aïmoir
le
changement.
Gonçalo
Hernandez
avoit
conquis
au
fien
leRoyaume
deNaples,
&
la
premiére
fécompenfe
qu’ilen
reçut,
fut
que
Fer-
dinand
le
Catholique
prèta
l’oreilleà
toutes
les
plaintes
&
à
romres
les
calomnies
de
fes
envieux,rav
de
trouver
ne
octafion
de
réformer
&
de
refferrer.{on
pouvoir.
APIs
quoi
l'ayanc
faic
revenir
en
Efpague
,
il
Le
cinr
fept
À
78
Lrs
ANNALES
pr»
TACIT>».
toûjours
x;
foir
que
les
Princes
,
fe
désoûtent
de
leurs
confidens
,
lorfqu'ils
n'ont
plus
rien
à
Jeux
donner
;
ou
ceux
ci
de
leur
Maïtre
,
quanè
ils
n’ont
plus
sien
à
defirer
4.
—
RÉFLEXIONS
POLITIQUES.
feptouhuitans
réleaué
dans
fes
terres;
il
lui
refufa
tout
net
la
grande
Commanderie
de
Léon
,
&
puis
cel-
Je
de
Hornachos
,
quivaquérenr
en
même
tems.
Ma-
viana
chap.
9,
dulivre
28,
614,
du
livre
30,
de
[on
Hifhoire
,
à
la
fin
de
la
quelleil
fair
Péloge
de
ce
grand
Capigaine
ences
termes
:
Perfonnage
admirable,
dit-il,
:
&
toutenfemble
le
plus
brave
&
le
plus
heureux
guer
xier,
qui
fur
forti
d'efpagne
de
puis
long-tems.
L'in-
.
gratitude,
dont
on
ufa
envers
Jui,
augmenta
Ja
gloire
&
le
préferyva
même
des
fautes
,
qu'il
auroit
pû
faire
fur
le
déclin
de
fon
âge.
Car
ileft
bienrare
de
naviger
plufeurs
fois
fans
effuter
ancune
bourafque.
=
4
La
faveur
des
Rois
,
(
dit
Antoine
Perez,
a
le
|
ee
avoit
EE
2-+
NOTES
HISTORIQUES.
Re
x
Le
Chancelier
de
Chiverni
,
dir,
qu'ilétoir
fatal
à
farace
des
Valois
de
haïr
À
ia
fin
ceux
au’iisavoient
leplus
aimez
au
|
commencement
Philippe
de
Valois,
Le
premier
de
cette
races
à
étoirobligé
de
fa
Couronneau
Comte
d'Artois,
&
depuisilft
u
-
tout
ce
qu’il
pûr,
pour
Le
dépotiller
defesterres,
Loiis
ruina
le
Duc
de
Bourgogne,
chez
qui
ilavoit
demeuré;fixa
LoüisXIL.
perfecutale
Maréchal
de
Gié;
&
François
[ie
Du
de
Bourbon,
qu'il
avoit
uniquement
aimé
s
&
Meflieursde
Montmorency
&
de
Brion,
qui
avoient
été
fes
favoris.
Henti
IL.
en
ufa
demême
envers
M*
de
Dampierre
,
&
le
Maréchal
de
Gié,
de
la
main
duquel
il
avoit
voulu
être
fait
Chevalier
:
:
Charles
IX.
envers
Meflieurs
de
Montmorency
&
de
Coffés
|
Henri
IH,
envers
Meffieurs
de
Lignerolles
;
de
Bellegarde,
le
Guaft
,
Saint
Luc,
de
Villequier
,
Beauvais-Nangis
;
&
fut
toutenvers
Méfieurs
de
Guife,
qu'il
avoit
tant
aimez
en
fa
jeunelfe
; &
tous
ceux
de
fonConfeil,qui
l’avoient
le
mieuxfer-
vi.
Dans
fes
Mémoires,
Qn
peut
dire
la
même
chofe
deprefque:
tous
les
Princes,
ee
:
;
2
LIVRE
TRoISTE
ME
09
AN
DE
ROAIE,
774:
XXXIIL
L'année
qui
fui
eft
remarqua=
Die
par
le
commun
Confüulat
du
pére
&
du
fils
;
qui
étoit
le
quatriéme
de
Tibére,
&
le
fecond
de
Drufus.
Doux
ansauparavant
,
Ger-
manicus
avoit
bien
été
le
colécue
de
Tibére,
maisla
proximité
du
fang
n'étoit
pas
fi
oran
de
,
ni
même
le
neveu
fort
agréable
à
l'oncle.
Au
commencement
de
cetté
année,
Tibzre
al-
la
{
promener
dans
la
Campanie
>
comme
pour
prendre
de
nouvelles
forces
,
foit
qu'il
méditât
déja
de
s’abfenter
pour
-tobiours
;
où
que
,
par
fon
éloignement
;
il
voulût
haiffer
_
faire
à
fon
fils
toutes
“les
fondtions
du
Confu-
latr,
Il
arriva
par
hazardune
chofe,
qui
bien
D
4
=.
quelle
REFLEXIONS
POLITIQUES
27
+
ge
SERA
ce
:
.
fent
d
être
complaifans.
Car,
felon
Commines
,
pius
pour
lesbiens;qu’ils
ont
déja
reçus.Chap.ir,
du
livres.
.
1
Un
Prince,
qui
éxerce
fon
fils
aux
fontions
du
Gouvernement
,
fait
également.le
devoir
de
pere
&
de
Pise
NOTES
HISTORIQUES,
3
Apellée
aujourd'hui
la
Terre
de
Labour,
4
$o
Les
ANNALES
DE
TAcrTr.
quelle
fût
de
peu
d'importance
,
donna
à
Drufus
une
occafion
de
fe
faire
aimer
,
enter-
minant
la
querelle
,
quelle
avoit
excitée
2,
Le
Prétorien
Domitius
Corbulo
porta
fes
plaintes
au
Sénat
contre
le
jeune
Eucius
Sulla
,
qui
navoit
pas
voulu
lui
céder
fa
place
dans
un
fpectacle
de
gladiateurs.
L'âge,
la
Cou-
tume,
&
les
Vicillards
étoient
pour
Corbu…
lon
;
Mamercus
Seaurus,
Lucius
Arruntius,
&
quelques
autres
,
pout
Sulla,
leur
parent.
Les
uns
&
les
autres
haranguoïent
à
l'envi,
_&
l'on
alléguoit
contre
Sulla
l'éxemple
de
nos.
Anciens,
qui
avoient
refrené
par
de
rigou-
reux
arrêts
l'irrévérence
dela
Jeunefle
3.
Dru-
ee
ee
fus
RasrLixionNs
PoLrTrques.
Prince:
de
pere
,
parcé
qu'il
donne
l'éducation
qu'il
doir
à
{on
fils
;
&
de
Prince
,
parce
qu'il
s’aquite
en-
vers
fes
Sujets
de
l’obligation
qu'ila
de
travailler
à
laïflerun
bon
fucceffeur.Er
c'éft
par
cet
endroît
,
que
Commines
veur
blämer
l'Empereur
Fréderice
LIT.
quand
il
dit
,
que
le
Duc
Maximilien,
fonfils,
n'a
»
voit
connoïfance
de
rien,
&
avoir
été
mal
nouini,
#
au
moins
pour
avoir
connoiffance
des
grandes
cho-
w
fes.
Chap.
3
du
livre
6.
Ze
…
2
Les
plus
periteschofes
font
quelquefois
naître
les
plus
grands
événemens,
Les
querelles
,
qui
arrivent
entre
les
Grands
,
ne
font
jamais
à
négliger,
parce
qu'elles
fe
convertiflent
fouvent
en
faétions
,
en
caba-
les,
&en
partis.
3
I!
eft
non
feulement
de
la
bienféance
&
de
l'honné-
teté
publique
,
mais
encore
de
l’interér
du
Prince
&
de
VEtat,
que
les
vieillards
foient
refpectez
par
les
jeunes
ee
gens
“Livres
TroïsSrE
ME.
£r
[us
dit
tout
ce
qu'ilfalloit
pour
adoucir
Les
ef-
pris,
&
Corbulon
fut
fatisfait
4
par
Scaurus,
qui
étoit
oncle
&
beaupére
de
Sulla,
&
le
plus
éloquent
Orateur
de
fon
tems.
XXXHI.
Le
même
Corbulon
ayant
fait
des
plaintes
de
[a
négligence
des
Magiltrats
des
villes
municipales
,
&
de
la
malverfation
des
Voyers,quilaiffoientles
grans-chemins
touc
rompus
;
de
forte
qu'on
n'y
pouvoit
plus
pafler,
fe
chargea
volontiers
de
la
commiflion
dy
pourvoir.
Mais
il
fr
moins
de
fervice
au
public,
qu'il
ne
fit
de
tort
à
beaucoup
de
particuliers
1,
3
à
qui
REFLEXIONS
POLITIQUES.
gens
,
mais
particuliérement
dans
les
aflemblées'&
dans
les
cérémonies
,où
l'irrévérence
de
la
Jeunefle
envers.
les
perfonnes
,
que
l’âge
rend
vénérables
,
eft
de
crès-
dar
sereufc
conféquence.
À
4
Himporte
beaucoup
au
Prince
de
ne
point
Jaiffer
-impunies
les
ofenfes
,
que
les
jeunes
Scigneurs
de
{a
Cour
fontaux
Juges
&
aux
Maoiftrats
;
car
iine
fera
lui-même
obét
,
qu'autant
quil
fera
refpeéter
ceux.
qui
font
les
gardiens
des
loix.
I]
ÿ
a
par-tout,
mais
en
France
plus
qu'ailleurs,une
antipatic
horrible
encre
es
gens
d'épée
&
les
gens
de
robe;
que
feroir-ce
,
f&
Ce
_
étux-cinetenoient
pas
les
autres
en
bride
>
1
ya
roujours
des
gens,
quiont
la
préfomption
de
croire,
qu'ils
fonr
capables
de
conduire
des
afaires,
où:
ils
n'entendent
rien,
Ceux
,
qui
fe
cronvenr
en
crédie.
auprèsdes
Princes,
croient
tof
jours
être
dignes
de
tou-
tes
fortes
d'emplois
,
&
fur
ce
faux
fondement
ils
nom:
bfienc
rien
de
ce
qu’ils
peuvent
pour
les
obtenir.
Cepen-
dant,
ileft
vrai,
quetel,
quieft
capable
de
bien
fer:
wir
le
publie
encertaines
fonéions
,
{era
capable
de
le
5
ruiner
82
Lrs
ANNALES
px
TACITE.
à
qui
il
toit
l'honneur
&
les
biens
par
des
pro-
?
«
-e
cédures
injuites
2.
_XXX
IV.
Peu
de
tems
après
,
Tibére
écrivit
au
Sénat
,
que
Tacfarinas
recommen-
çoit
à
ravager
l'Afrique
,
&
qu'ainfi
il
faloit
élire
un
Proconful
entendu
au
métier
de
la
guerre
,
robufte,
&
capable
de
bien
remplis
cette
charge.
Sexte
Pompée
prit
cette
occafñon,
.
pour
anfuirer
M.
Lepidus,
difant
,
que
fa
_pauvrété
&
fon
peu
de
courage
deshonorotent
fa
famille
r
;
&
que,
par
conféquent
;
11
faloit
| —
flex
Ra
LEIXIONS
POLITIQUES.
ÿuiner
en
d’aucres,
M.
de
la
Chañire
dit,
que
l'Evéque
de
Beauvais
fr
out
ce
qu’il
püt
pour
ruiner
M.
de
Chafteau-neuf
auprès
de
la
Reine
Anne
d'Autriche
;
pour
n'avoir
point
de
compagnon
dans
ja
direction
des
afaires,
dontilfe
croyoir
très-capable.
La
Reme
,
ajoûte-t-il,
ne
pouvoit
mieux
choifir
pour
la
fidelité
ai
ouere
plus
mal
pour
la
capacité
,
ce
bon
Prélatnae
yane
pas
la
cervelicaffez
forte
pour
une
selle
chaige,
Dansfes
Mémoires
2
La
réformation
eft
plus
dangerenfe
que
Je
mat,
euand
on
la
donne
à
faire
à
des
perfonnes,
qui
n’ont
pas,
£
ù
là
capacité,
ni
la
modération
requifes.
Sur
les
plaintes,
que
quelques-unsfefoienr
de
certains
réformateurs,
qui
ayoient
fair
plus
de
ruine
qu'iln'yen
ayoitavante
qu'ils
fuffent
établis,
le
Cardinal
du
Perron
dir
au
Con:
:
fil:
Ceux-ciontrailon
de
s'apeller
réformateurs,
mais
_
c'effan
langage
de
Maître
Guillaume.
C'évoit
un
bou-
fon
,
qui
quand
il
vouloirdire,
ruiner,
difoit
réformer
Perroniana.
eo
x
Detouttems
,
les
plus
grans
hommesont
trouve
.#es
adverfaires
;
qui
ne
leur
ont
pas
feulement
.
;
-
OLcE
27
LIVRE
TRroiïsrr
mr,
8°3
Fexclure
du
Gouvernement
de
l'Afe
,
quil
avoittiréaufort.
Ee
Sénat
au
contraire
tenoit
Lepidus
pour
un
homme
modéré
,
&
plus
digne
de
foüange
,
que
de
mépris,
puifqu’avec
Le
peu
de
bien
que
fon
pére
lui
avoit
lailfé,
il
avoit
tobjours
vécu
fans
baflefle.
Il
fut
donc
envoyéen
Âfie
;
&
quant
à
l'Afrique,
la
no-
mination
du
Proconful
fut
renvoyée
à
l'Em-
pereur.
-
XXXV.
Lè-deffus,
Severus
Cecinz
pro-
$
pofa
de
defendre
aux
femmes
d'accompagner
.
leurs
maris
dans
leurs
Gouvernemens:;
après:
avoir
protcfté
plufieurs
fois
,
quil
vivoit
#
heureux
avec
la
fienne
,
dont
il
avoit
fix
#Cnfans;
&
qu'il
ne
confeilloit
rien
pour
le
pur
:
REFLEXIONS
POLITIQUE
s.
Oter
les
charges,
&
les
dignitez,
dencils
étoïent
reyé
tus,
mais
qui
les
ont
encore
atraquez
dans
honneur
,
ou
du
moins
,
qui
ont
râché
dedérruirel’opinionqu'om
avoit
de
leur
éminent
mérite,
M.
de
Montrefor
dit,que
Je
Cardinalde
Richelieu,
dans
toutce
qu'ilaentrepris
a
été
plus
obligés
la
fortune
;
que
l'Etat
à
fescon(eils
_&
à
fes
délibérations.
Et
dansun
autre
endroit,
ilajoù-
tes
qu'iln'a
jamais
rien
trouvé
en
ni,
ni
d’un
efprig
prévoïant,
ni
d’un
grand
perfonnage,mais
feulement,
que
c'étoit
un
homime
fort
heureux
,
que
la
fortune
foûtenoit
beaucon
P
plus
dans
les
traverfes,
qui
lui
ar
Tivoicnt
,
quela
prudence
,
que
plufieursonc
voulu
ef-
timer
en
lui.
Dans
les
Mérpoires.
L'Evêque
de
Beauvais
difoit,que
le
Cardinal
Mazarin
n’ctoir
pas
habile
hors
me,
parce
qu'il
n'entendoit
pas
les
matières
bénéficige
les;
niles
Frances.
Mémoires
de
M.
de
la
Chajtre,
RS
D
&
84
Les
ANNALES
br
TACYT=.
»public
,
quil
n'eût
obfervé
lui-même,
»
puifqu'il
ne
l’avoit
jamais
menée
dans
au-
»cune
des
provinces,
où
il
avoit
fervi
durant
#quaranteans.
Il
ajoûta
,
que
ce
n'étoit
pas
»
fans
caufe
,
que
nos
ancêtres
l'avoient
def:
»
fendu
:
que
la
compagnie
des
femmes
ne
w
faifoit
que
de
l'embaras,
foit
en
paix
,
foit-
»en
guerre
;
que
leur
Iuxe
corrompoit
les
«
mœurs,
&
leur
frayeur
retardoit
les
entre-
»
prifes
1
:
qu'avec
elles
une
armée
Romaine
»
reflembloit
à
une
marche
d'eunuques
?
:
que
;
:
|
3
CE
REFLEXIONS,
POLITIQUES
-
Li
n'y
a
rien
de
plus
contraire
à
l’aplicarion
n°
teffaire
aux
affaires
publiques
,
que
l'attachement
,
que
ceux
qui
en
ont
l'adminiftration
,
peuvent
avoir
pour
Îles
femmes.
Comme
une
femme
a
perdu
le
mon-
de,
rien
n°eft
pluscapable
de
nuire
aux
Etats,
que
ce.
fexe
,
lorfque
prenant
pié
fur
ceux
,
qui
les
gouver-
nent,
ilJes
fait
fouvent
mouvoir
comme
bon
lui
fem
ble,
&
mal
;
par
conféquent
;
les
meilleures
penfées
.
des
femmes
érantprefque
toujoursmauvaifes
en
celles,
qui
fe
conduifent
par
leurs
pafions.,
qui
d'ordinaire
tiennent
lieu
de
raïfon
dans
leur
efprit
s
au
lieu
que
la
-faïfon
eft
le
feul
motif,
qui
doit
animer
&
faire
agir
ceux
,
qui
manienc
les
affaires
publiques.
Seifion
$.
du
du
Cardinal
de
Richelien.
Se
chap.
8.
dela
premiere
partie
du
Teftarment
Politique
NOTES
HISTORIQUES.
æ
Le
latin
dit
,
ad
frilirudinem
barbari
incefus
»
À
@
qu'il
fembloit
que
ce
fut
un
camp
de
Barbares;
parce
que
c’étoit
la
cousume
des
Barbares
de
mener
leurs
femmes
à
la
guerre,
comme
Le
marque
Tacite,
47,
4
de
plerifs
DTA
dun
ne
A
de
ut
Livre
TRoïsIr
ME
"Se
“#
ce
fexe
n'étoit
pas
feulement
imbécille
,
&
nincapable
de
travail
,
mais
encore
cruel
;
#ambitieux
;
&
qui
veut
dominer
abfolu-
sment,
sila
trop
de
liberté
:
quon
voyoit
s
des
femmes
marcher
parmi
les
eohortes
,
5
&
commander
aux
centurions
;
qu'une
ye-
»noit
de
préfider
aux
revüês
&
aux
exerci-
wces
des
foldats
:
que-
lorfque
leurs
maris
»
étoient
accufez
de
péculat,
elles
s'y
trou-
#
voient
totjours
mêlées
:
que
dès-quelles
»entroient
dans
une
province
,
les
plus
fcé-
»
lérats
s'adrelloient
à
elles
,
comme
à
cel-
les
,
qui
entreprenoient
volontiers
les
mé-
»-chantes
affaires,
&
qui
venoient
à
bout
de
#
tout
:
qu'on
les
attendoit
à
la
fortie,
pour
ler
prefenter
desrequêtes,
&
quil
yavoit
»
comme
deux
prétoires
;
72445
avec
cette
dif-
»
férence
,
qu'elles
{
failoient
mieux
obéir:
»
que
leurs
maris.
Qu'aucrefois
les
loix
Op«
#
piennes
;
&
quelques
autres
,
leur
avoient
DRIQUES.
Ages
Ann.
14.
Britannorum
copie
anis
20
fe;
es
quoqueteftes
victorie
(ecum:traherenr.
_Et
dans
fa
Ger
Ferinarum
ululatus
andiri,
vagitus
in-
Fantium.
Hé
caique
fantifféni
refles,
dre.
Mais
j'ai
trouve
plus:
degrace,
&
même
plus
dejufteffe,.
à
dire
une
marche
d'eunu-
ques,
à
caufe
le
ce
que
dit
ici
Tacite
;
que
leluxe
des
femines.
énervéir
&
amolifloit
fe
courage
des
foldats,
Outre
que
cela:
eft
conforme
à
la
verité
de
FHioire
,
qui
raconte
,
que
les.
Barbates
faifoient
grand
état
des
eunuques
,
jufqu’à
leur
don
-
ner
le
commandement
des
4rmées.
No
defhecfum
id
(i.e.
d’'êe
tréeunnque
}
aprd
Barbaros,
ultroque
potentiars
haber,
Taëx
LA
11
6
DR
TR
TN
PR
SR
parer
enter
ere
TE
PET
ENT
R
R
TE
ERAR
ENT
D
TES
86
Les
ANNAgrs
Dr
TaAcite
#
mis
un
frein,
mMs
quelles
avoient
fi
bien
»
romput
ces
liens,
qu'elles
gouvernoïent
main
*
tenant,
non
feulement
leurs
maifons,
mais
»
encore
les
tribunaux
de
judicature
,
&
les
#
ATMÉES
2.
:
Fe
—.
__XXXVI.
Peu
de
gens
aprouvérent
cet
avis,
&
plufieurs
même
y
contredirent
1
;
erlant
,
que
l'on
n'avoit
point
mis
cette
affaire
en
délibération
&
;
&
que
Cecina
n'étoit
pas
Un
cenfeur
d'afléz
grand
poids.
Et
tout
d'un,
a
-
tems,
REYLEXIONS
POLITIQUES.
2
Puifquel’intérêtdes
hommes,
conclut
M.deRi-
chelicu,
eft
ce
qui
d'ordinaire
les
fair
malverfer
aux
charges
qui
leur
font
commifes
;
les
Eccléfiaftiques.
font
fonvent
préférables
à
beaucoup
d'autres,
lorfqu'il
eft
queftion
des
grandsemplois
;
non
pas
qu'ils
foienr
moins
fujets
à
leursinterêts
;
mais
parce
que
n'ayant
ni
femmes
,
nienfans
,
ils
font
libres
des
liens
,
qui
ac
tachent
davanrage.
Chap.
7.
de
la
feconde
partie
ds
D
T'efament
Politique.
es
3
ileft
toujours
dangereux
d’ouv£ir
un
avis
de
réfor-
_—
mation,
PASS
>
CC
È
gr
sS
NOTES
HISTORIQUES.
æC’eft
que
l'affaire
ayanc-pas
été
propofée
par
les
Confuls,"
mi
par
le
Prince,
à
quiil
apartenoit
de
propofer
lesmatieres
s
pour
en
faire
déliberer,on
prétenc
t
hors
de
propes
;
&
que
d’ailleurs
il
néroit
pas
homme
afiez
confidérable
de
lui
mefme,
pour
entreprendre
la
réformation
des
Proconfuls
&
des
autrès
grands
Magiftrats
Us
en»
gouverner
Îes
srovinces.
Tacite
dit
néanmoins
eh
deux
droits
du
fecond
livre
;
qu’il
étoit
permis
defortirdufujet,
fur
lequel
on
déliberoit
,
quand
on
avoit
à
dire
quelque
chofe
dé
plus
important
au
public
;
&
que
cela
étoirençcore
alors
se
FE
:
rare"
ndoit
que
PavisdeCecina
étroit
APT
Livre
TrRoñsir
Me
67
tems
,
Valerius
Meffalinus
,
fils
de
Mefla-
la
b,
de
l'éloquence
duquel
il
avoit
quelque
teinture
,
répondit
»
Que
l'on
avoit
chan-
»
gé
très
à-propos
beaucoup
de
chofes
trop
»
févéres
des
Anciens
2
,
attendu
que
la
Ville
|
Re
»
n'étoit
REFLEXIONS
POLITIQUES.
mation
;
car
il
ya
toujours
plus
de
gens
,
qui
lacrai…
gnent
,
qu'il
ny
enafquila
defirent.M.
Je
Cardinal
de:
_
Richelieu
avoue,
qé'iln’ayoit
ofé
entreprendre
la
ré=
formarion
de
la
Mafa
du
Roi,
parce
qu'il
ne
le
pou-
voit
faire,
fans
chodcr
l'inrerêr
de
beaucoup
de
gens;
qui
étant
continuellement
auprès
du
Roi
,
-&
vivant
avec
Jui
dans
une
grande
familiarite,
euffenc.pû
le
de-
tourner
des
ordres
les
plus
néceflaires
à
fon
Eat
,
pour
empêcher
ceux
de
fa
Maifon,
dont
fe
dérégle-
ment
leur
éroït
utile.
Chap.
7.
de
la
prersiére
partie
duinèéme
Teitament,
_2.1ly
a
deschofes
utiles,
&
même
néceflaires,
dans
°
un
tEMS
;
fexoient
pernicieufes
dans
un
autre.
Ceux,
qui ont
la
conduite
des
Erars
,
foit
les
Princes
.
où
les
Miniftres
;
doivent
s'accommoder
au
préfent,
qui
d'ordinaire
n’a
point
de
raport
anpañlé.
Tousles
Politiques
conviennent
en
cela.
Machiavel
pofe
pour
fondement
de
bon
ou
du
mauvais
fuccès
des
afaires
la
maniére
de
proc
converable.ou-non
convenable
au
“tems
;
auque
€
rencontre,
Ge
qui
fait
,
dit-il,
T
Re
&
es
:
;
<
que
NOTES
HISTORIQUES.
ordinaire
aux
Sénateurs.
Erarguippeadbnc
frequens
Senators=
bus,
f;
quid
à
rep.
crederent
,
loco
fenreñtiæ
promere,
&
trois
pa=
ECS
après
:
4
r4joribus
concrfum
ef}
ceredi
aliguando
relario-
Hem,
G*quodin
commune
condurar
loco
[entente
proferre.
-
bMetfala
Corvinus
,
de
qui
Quintilien
dit,
Ciceroze
mitior
ds
Sulcèor
;
gr
in
verbis
magis
elaberatns,
Dialoga
de
Ürarsrivus
88
Lrs
AnNnwArzs
pe
TAcirp.
#n'étoit
plus
,
comme
autrefois
,
agitée
de
?
guerres
,
ni
Environnée
de
Provinces
en-
#nemies
:
quefi
l'on
accordoit
quelque
cho:
#fe
au
plaifir
des
femmes
,
cela
ne
faifoit
&
point
d'incommodité
durant
la
paix
;
&
#
que
bien
loin
d'être
à
charge
aux
Alliez,
elles
ne
l'étoient
pas
même
à
leurs
maris,
#avec
qui
tout
le
refte
leur
étoit
commun.
»%
Véritablement
,
difoit:1l
,
il
faut
aller
àla
à
»
guerre
fans
embaras
,
maïs
lorfqu'on
en
re-
»vient,
quya-t-il
de
plus
honnéte
,
que
de
#
goûter
le
repos
avec
fa
femme
?
On
“m'en
»
citera
quelques
unes
;
qui
n'ont
pas
réfifté
#
à
l'ambition
,
ni
à
l'avarice
;
maisleurs
ma-
#
ris
mêmes
n'ont
ils
pas
été,
la
plüpart
,
»
fujets
à
divers
apétits
déréolez
;
&
cefle-t-
|
A
dope
REFLEXIONS
PotiTiQuUESs.
aue
la
fortune
abandonneun
Prince,
c’eftqu'ilne
fait
pas
accorder
fa
conduireavec
les
tems
,
&
que
les
cems.
&
les
affaires
venant
à
changer,
il
ne
change
point
de
procedé
,
ni
de
mefures;
au-lieu
que
s’il
en
changeoïir,
la
fortune
ne
changeroit
pas.
Chap.
9.
du
livre
s.
de
Les
Diféours.
M.
te
Duc
de
Rohan
dirà
peu
près
la
mé-
me
chofe
dans
l’Epîrre
de
fon
Zrnterés
des
Princes,
adreffée
au
Cardinal
de
Richelieu.
On
ne
peut,
dit-il,
tablir
une
régle
immuable
dans
le
gouvernement
des
Etats.
Ce
qui
caufe
la
révolution
des
affaires
dec
monde
,
caufe
aufl
le
changement
des
maximes
fonda=
À
mentales
pouf
bien
regner.
C’eft-pourquoi
ceux,
qui
en
ces
mariéres
fe
guident
plus
par
les
éxemples
du
À
Pañfé
»
que
par
les
raïfons
préfentes
,
fonc
par
nécefñré
des
manquemens
norables,
Ge
Livre
Troisrr
Me
…
85
»on
pour
cela
d'envoyer
des
Magifirats
dar
s
»
les
Provinces
?
On
me
dira,
que
ce
font
»
leurs
femmes
,
quiles
ont
COrTOMPUS
;
cft-
»
ce
que
tous
ceux,
quinen
ont
point
»
font
»fans
reproche
c«
?
es
loix
oppiennes
ont
»
plû
autrefois
,
parce
qu'elles
étoient
de
fai-.
»{on;
mais
on
les
a
depuis
relèchées
&
mo-
»dérées
,
parce
qu'on
l'a
jugé
méceffaire
3
»
C'eft
en
vain
,
que
nous
donnons
d'autres
5»
noms
à
nôtre
lâcheté;
car
fi
la
femme
paf:
fe
les
bornes
du
devoir
;
c'eft
plus
la
faute
_.
.
_»du
REFLEx1ONS
PoLrrTreaues.
.
3
Au
nouvel
établiflement
d’une
République
,
la
raie
fon
veut
,
qu’on
érabliffe
les
loix
Kes
plus
parfaites,que
la
fociéré
des
homimes
eft
capable
de
fouffrir
;
mais
la
prudence
ne
permet
pas
d'agir
de
même
pied
dans
une
ancienne
Monarchie
,
dont
les
imperfections
ont
paflé.
en
habitude
,
&
dont
le
défordre
fait,
non
fans
urili-
té
;
partie
de
l'ordre
de
l'Etat.
Il
faut
en
ce
cas
cé-
der
à
la
foibleffe,
&
fe
contenter
plutôt
d’une
régle.
modérée,
que
d'en
établir
une
plusauftére
,
&
qui
fe
roit
peut-être
moins
convenable
;
parce
que
fa
rioueur
pouroît
caufer
quelque
ébranlement
,
à
cé
qu'on
veut
affermir.
Seëtion
1.
du
chap.
4.de
la
premiere
partie
.
du
Tefiament
Politique,
NOTES
HISTORIQUES.
c
Si
vilate
eût
fuivi
Le
con(eil
de
Claudia
Procula,fa
femme,
quilui
envoya
dire
jufques
dans-fon
tribunal,
qu'ilfe
gardat
bien
de
condamner
linñocent:
Mi£r
ad
illum
uxorejus,
di-
cens
:
Nühil
tibi
dy
juffo
illi
Matt,
27.
il
neût
pas
abandonné.
…
Jefus
Chrift
aux
Juifs:S’il
y
avoir
beaucoup
de
femmes
comme
cette
pracula
,
il
feroit
à
defirer
,
que
tonsles
Gouverneurs
&
35
Intendans
menaffent
leurs
femmes
avec
EUXs
99.
Les
AnNazes
pr
Tacite.
5
du
mari
4
que
la
fienne
d.
Et
d'ailleurs
,
-
n'eftpas
jufte
,
que,
pour
un
ou
deux
ma-
»
ris
trop
facile,
on
nous.
ôte
à
tous
les
com.
*
»
pagnes
de
nôtre
bonne
&
mauvaife
fortu-
#ne,
Outre
que:c'eft
abandonner
un
fexe
|
#
qui
de
foi
n'a
ni
vigueur
,
ni
conduite
.
D
ceft
encore
l'expofer
par fon
luxe-à
la
con
#
voitife
des
hom-
:
0,
Les
maris
ont
beau
garder
leurs
S
femmes
à
vüë,
Les
mariages
n’en
fonc
3
MES
f.
Car
fi
la
guére
plus
à
Couvert
des
adulteres
:
»
prefence
des
ma-
que
Eee
donc,
se
>
FiS
n.
;
,
ce
de
plufieurs
années
les
tiendra
fé-
<
ESA
ft
pe
sue
parez
;
comme
s’ils
avoient
fait
di=
æ
garde
fuifante,
vorce
?
nr
obmet
Le
mots
,£»
#odum
diftidii,
qui
font
?
HC
fera-ce
>
pourtant
toute
la
grace
&
la
force
2
Quand.
une
ab-
decette
période,
R£SFELEXIONS
POLITIQUES
4
La
fotc
vanité
des
maris,
qui
veulent
non
feule-
ent
;
que
leurs
femmes
le
porrentbeau,
mais
encore
qu'elles
éfacent
par
la
magnificence
de
leurs
habits
;
des
Dames
,
qui
font fort
au
deflus
d'elles
s
CÉTIC
va
rité
,
dis-je,
eft
Ja
premiére
caufe
de
tous
les
dérégie-
mens
de
leurs
femmes
,
qui
,
pour
foûrenir
unérar
,
dont
Ja
folie
des
maris
les
a
mifes
en
poffeffion
dans
les
premiers
jours
de
leur
mariage
;
font
obligées
de
chercher
la
reflource
de
leurs
finances
€puifées,
dans
Ja
bourfe
de
ceux,
qui
veulent
bien
être
leurs
valans
Cela
mis
en
fait
,.à
qui
faut-il
donner
le
tort
;
auR
maris
,
Ou
aux
femmes?
de,
5
Si
l'on
pouvoir
trouver
moyen
de
bannir
leluxes
2)
de
NOPES
HISTORIQUES
__dQue
c’étoiten
vain,
dit
d’Ablancourt,
que
nous
dépui.
fions
nos
fautes
(ous
d’autres
noms
,
&
que
fouvent
les
vices
des
fémmes
éroient
{es
défauts
du
mari.
Ce
Qui
n’a
point
de.
_F€nS
,
où
du
moins
ne
rend
point
celui
de
agite
,
quidits
Na
|
Virt
fe
60
Chlpars,
fifemina
raodure
EXCEURF
ee
»
{ence
RIT
ER
PN
TT
ee
crinsemmemements
S
di
“grand
bien.
“LIVRE
TROISIE
Me
…—
97
»
fence
de
plufieurs
années
les
féparera
de
#
leurs
femmes,
comme
par
un
divorce
?
I
»
eft
bon
de
remédier
aux
défordres
des
Pro-
»
vinces,
mais
il
ne
faut
pas
que
cela
fafle
»
oublier
ceux
de
Rome.
Drufus
y
ajoûta
en
»
faveur
de
fon
mariages:
Que
très
-
fouvent
nes
Princes
étoient
obligez
de
vifter
les
»
Provinces
les
plus
éloignées
>;
qu'Augufte
“avoit
mené
plufienrs
fois
Livia
en
Orient
».8c
en
Occident
6
;
que,
pour
lui
,
il
étoit
allé
en
Iilirie,
&
iroit
encore
en
d’autres
»
païs,
fi
le
fervice
publie
le
requeroit
ain
;
s
mais
quece
ne
fércit
pas
fans
chagrin
,
f
»
on
l'arrachoit
toujours
d'entre
les
bras
d'u-
#ne
femme
,
quil
aimoit
f
tendtement
7
à
REFLEXIONS
Pozir:
QUES.
ine
feroit
pas,
après
cela,
difficile
,de
remédieràlz
débauche
des
femmes
;
car
commeelles
font
encore
plus
fufcepribles
de
vanité
que
<
amour,
&
que
la
plü-
|
païe
s'aiment
les
hommes
quepar
raporr
aux
MOYENS,
qu'ils
leur
donnent
de
contenter
leur
vaniré
&
leura:
Le
bition
;-f
le
luxe
,
qui
en
eft
léguillon,
vénoitune
fois
icefler,
il
cf
certain,
que
leurs
défordres
cefle-..
*
quela
pudeur
&
la
modeltie
reyien.
de.
Maisau
point
que
la
dépravation.
arrivée,
il
n’y
a
paslieu
d'efpérer
un
@
des
mœurse
6
Un
Prince
ne
peut
rien
aléguer
de
meilleur
pour.
juft'fier
fa
conduite,
que
l'éxemple
rout
femblable
d'un
prédéceffeur
,
qui
a
cu
l'aprobation
univetfelle.
-
7
Quand
les
Princes
(ont
Jeunes
,
&-qu'ils
entre
prennent
de
longs
voyages,
ils
ne
peuvent
avoit
une
a
À
:
meilleure
ous,
dont
ils
adoroient
la
fortune.
9
2
_Lrs
ANNALES
5e
TaAcrrr.
»
&
dontilavoit
tant
d’enfans.
Ce
qui
acheva
d'éluder
l'avis
de
Cecina
8.
-_XXXVII
Dans
l'aflemblée
fuivante
du
:
Sénat,
on
lüt
des
lettresde
Tibére
,
quileur
faifoient
comme
des
plaintes
de
ce
qu'ils
rejet-
toient
fur
lui
tous
les
foins
du
Gonverne-
ment
1
,
&
leur
donnoit
le
choix
de
Mar.
Lepidus
ou
de
Junius
Blefus
pour
le
Procon-
fulat
d'Afrique.
On
écouta
donc
les
raifons
de
l’un
&
de
l'autre.
Lepiduss'excufoitavec
plus
defranchife
2
,
alléguant
fon
peu
de
fan-
ee
té
;
REFLEXIONS
POLITIQUES.
meilleure
compagnie
,
que
celie
de
leurs
femimes
,
dont
‘Ja
prefenceles
empêche
de
tomber
dans
la
débauche,
pourvû
qu'elles
aïent
dela
beauté
&
de
lacomplaifan-
|
ec.
Car
fans
cela
ileft
impefhble
,
qu’elles
aïent
aflez
de
pouvoir
fur
lefprit
de
leurs
maris,
pour
rerenir
le
pañchant
naturel
qu'ils
ont
à
la
volupté.
8
Le
Princen’a
qu'adire
fon
avis
,
il
eft
bientôt
fuivi
de
cousceux
,
qui
délibérent
ayeclui.
x
Le
cœur
des
Princes
eft
rarement
d’acord
avec
leu
langue;
à
les
entendre
parler
,
ce
n'eft
que
modeftie;
mais
à
voir
ce
qu'ils
font,c'eft
prefquetoujours
lecons
taire.
Tibére
fc
plaignoit
de
cequele
Sénat
milaifloir
4
nommer
le
Procontul
d'Afrique,
&
néanmoinsilace
ceptoir
cequ'il
fembloit
refufer.
Il
leur
propofoit
deux.
fujets
,
comme
pour
leur
laïffer,
par
une
déférence
r€..
!
ciproque
,
la
liberté
de
choïfir
;
mais
il
Ja
leur
ôroiren
éfet
,en
leur
donnant
l'alternative
d’un oncle
de
Séja-
+
2
Ua
bon
Courtifan
fe
gardera
bien
d’entreren
cons.
Currenceavec
les
proches
parens
d'un
Favori,
ou
d’un.
Premier
Miniftre.
Ences
occafons
,
il
ya
toujours.
plus
Livre
TRo1Ist1r
Ms,
CE
té,
fa
fille
prête
à
marier
,
&
le
bas
âge
de
fes
autres
enfans
,
outre
une
chofe
,
que
cha-
un
entendoit
;
quoi
qu'il
ne
la
dit
pas,
que
B'efus
étoit
oncle
de
Sejan
;
&
,
par
confé-
quent
avoit
plus
de
faveur
3.
Blefus
répon-
dit,
comme
s'il
eñt
voulu
refuferaufli,
mais
les
fateurs
ne
l'écoutérent
pas
avec
le
même
—
plai-
REFLEXIONS
POLITIQUES,
lus
de
frere
,
&
même
plus
d’honneur,
à
ceder,
qu’à
compérer.
11
fefoit
beau
voir
un
Abbé
de
la
Riviere
:
Bomme
du
dernier
néant,
difputer
le
Cardinalat
au
Prince
de
Conty.
;
3
Quelque
grand,
que
foit
le
mérite
d'un
prétendant
ilne
doit
jamais
fe
flarer
de
l'emporter
fur
un
compe-
titeur,
qui
a
la
faveur
du
Prince,
ou
celle
du
Premier
Miniftre.
Il
ya
entre
le
mérite
&
la
faveur
à
peu
près
Ja
même
différence,
queles
Théologiens
métent
entre
la
Grace
fufifante
&
la
Grace
éficace
Le
Duc
d’Alve
avoit
le
mérite,
&
le
Prince
d’Eboli
la
faveuren
x
58.
ils
demandérent
tous
deux
le
Duché
de
Bari,
fitué
au
Roïaume
de
Naples,
d’où
le
Duc
venoit
de
chafler
l’armée
de
France.
Ce
fervice
tout
récent
&
beaucou
d'autres
plus
scies,
parloient
pour
le
Duc
,
mais
la
compérance.du
Prince
d'Eboli
empêcha
Philippe
II.
d'accorder
cette
recompenfe
à
un
Miniftre
,
à
qui
{on
peré
&
lui
avoient
rant
d'obligation.
Tant
eft
yraïe
la
maxime
de
Loûis
XI.
que
zaturellement
le
Prince
ai=
meplus
Ceux,
qui
lui
font
tenus,
que
cenx
à
qui
il
efi
te-
##.Comines
chap.
dernier
du
livre
3.
de
fes
Mémoires.
Aurefte,
c'eftun
finiftre
augure
pour
un
Prince,
[orf=
que
celui,
qui
eff
le
plus
confiderable
par
fon
mérite,
_
n'Cft
pas
le
plus
confidéré
par
la
faveur...
Le
mérite
<oit
toujours
emporter
la
balance,
&lorfque
la
juftice
ft
d'un
côté,
la
faveur
ne
peut
prévaloir
fans
injufti-
EC
Chap.7.
dela
feconde
partie
du
Teffament
Politique,
+
ns
-
s
94
Les
ANNALES
pe
TAC1:TE.
plaifir
,
qu'ilsavoient
pris
au
refus
de
Lepidus,
XXXVII.
Enfin
,
le
refentiment
que
beaucoup
de
gens
gardoient
au
fond
du
cœur,
vint
à
éclater.
La
canaille
pouiloit
fon
info-
lence
fi
loin,
quil
n'y
avoit
qu'à
embraffer
une
image
du
Prince,
pour
étreendroit
d'in-
fulter
les
honnêtes
gens
1.
Les
afranchis
&c
les
cfclaves
mêmes
fe
fefoient
craindre
à
leurs
maîtres
e
,
qu'ils
ofenfoient
de
gaïeté
de
cœur.
Le
Sénateur
C.
Ceftius
remontra
donc
,
que
les
Princes
tenoient
la
place
des
Diéux
,
mais
que
les
Dieux
n'écoutoient
point
de
priéres
,
qui
ne
fuflent
juftes:
Que
le
Capitole
&
les
ee
autres
REFLEXIONS
POLITIQUES.
x
Un
Prince
fage
ne
doit
jamais
fouffrir,
que
pet-
fonne
fe
{erve
de
{on
nom,
ni
de
fon
autorité,
pour
commertre
des
violences.
Loïüis
XI.
dir
Commines
;
fouloir
{es
Sujets,
coutefois
il
n’eût
jamais
fonffert
…
qu'un
autre
l’eur
fait,
ni
ami,
ni
qui
que
cefüc
,
Six-
te
quint
envoya
aux
galéres
le
Bellocchio
,
{on
Echan=
fon
,
&
fon
ancien
domeftique,
pour
avoir
appofé
J’Anneau
du
Pécheur
à
un
Bref,
qu'il
n'avoir
pas
voue.
PARA
arr
Ju
expédier.
(
C’étoirun
Bref,
qui
commandoit
à
un
NOTES
HISTORIQUES,
e
C’eft
de
cette
mifére
des
Maîtres
que
parle
le
Jeune
Pline,
à
quand
il
dit
à
Trajan
:
Tu
nous
as
tous
délivrez
des
accufations
pars
mpeg
S
domeftiques
,
&
tu
as
enfin
étoufé
,
pour
parler
ainfi,une
|
guerréfervile.
Philoftratedit
,
qu’un
Maître
fut
condamné
comme
impie
&
facrilege
pour
‘avoir
bara
fon
efciave
;
qui
portoit
fur
foi
une
dragmed’argent,où
l’image
de
Tibérecioit.
empreinte.
Das
la
vie
d'Apolloninée
K
Livre
TROISIEME
9$
autres
temples
de
la
Ville
ñétoient
point
ou-
Verts»
Pour
autorifér
les
crimes
2
:
que
C'étoit
fait
des
loix
,
fi
Apnix
Rufilla
qu'il
avoit
con-
vaincue-
de
fauffeté
devant
les
Juges
,
pouvoit
_
lui
faire
des
menaces
&
des
Outrages,
à
la
porte
du
Sénat,
&
en
pleine
place,
fans
qu'il
ofât
l’afeller
en
Juflice
,
à
caufe
qu'elle
lui
opofoit
une
image
de
l'Empereur
f°
D'autres
parlerent
prefque
de
même,
&
quelques
unsenchériffäne
Encore
fur
ces
plaintes
,
prioient
Drufus
de
faire
nne
punition
éxemplaire
;
de
forte
que
cctte
femme
fur
mile
en
Prifon
,
après
avoir
été
convaincu,
_.
XXXIX.
À
[a
reqnête
de
Drnfus
>
Con=
fiduus
Æqnus
&
Celins
Curfor
,
Chevaliers
Romains
,
furent
Condamnez
par
le
Sénat
-
Pour
avoir
accufé
fauflement
de
leze-majetté
le
|
à
-
Pré
REFLIxIONS
Port
TIQUES,.
particulier
de
vendre
{a
Maïfon
à
Bellocchio,
quivous
Joit
bâti
un
Palais
Magnifique
dans
{a
Pacrie.
}
Less
livre
3.
delafeconde
partie
de
la
Vie
deSixte.
—
-
2
Les
afiles
ont
ré
inftituez
POUr
ceux
qui
implo-
rent
le
cours
des
loix
>
&
NON
point
pour
ceux.
>
qui
.
font
profeffiond’infulter
&
d'outrager
lesautres.
NOTES.
HISTORIQUES
FSuétone
dit,
que
le
Sénat
défendit
de
Aux
ftatués
&
aux
images
,
con
lamnant
aux
fers
ceux,
qui
do-
FénaVant
s'avifcroient
de
porter
où
d'embraffer
l'image
de
Empereur
pour
offenfer
ls
autres,
Dans
Lx
vie
de
Tibérecha=
PtireiT,
À
recourir
davantage
À
g6
Les
ANNALESDE
PACTIT.E.
Préreur
Magius
Cecilianus.
Ces
deux
actions
firent
grand
honneur
à
Drufus1
,
qui
fe
plai-
fant
fort
à
voir
les
compagnies
de
la
ville,
avoit
le
renom
d'adoucir
l'humeur
bilieufe
de
fon
pére.
Et
bien
loin
de
blämer
fon
luxe
,
on
difoit
,
qu'ilvaloit
mieux
pour
un
homme
de
fon
âge
,
quilpañlatle
jour
en
vifires
g
&
la
auit
en
feflins,
que
de
mener
une
vie
folitaire2,
&
RÉFLIXIONS
POLITIQUES.
1
Un
Prince
n’a
point
de
plus
fur
moïen
de
fe
faite
aimer
&
refpeéter
,qu'en
fe
{ant
bonne
&
pronte
jufti-
ee.
Il
ne
fe
peur
une
plus
belle
aétion
;
que
celle
de
_JeanlIi
Roide
Portugal.
Etant
au
pié
de
l’Autel.
pour
communier,
il
arriva
un
Gentilhomme
,
qui
dit
touchautau
Prêtre,
qui
tenoit
l'hoftie,
Je
fufpens
la
communion
,
jufqu'à
ce
que
le
Roi
wait
enterdu
,
&
©
gm'ait
fair
juftice
;
&ce-bon
Prince
ne
communia
point
qu'il
ne
la
lui
eût
faire.
Dans
un
Traité
intirulé
,
4#-
diencia
de
Principes,
Fa
2
La
folitude
ne
vaut
rien
parmiles
Princes
,
fur=
tout
quandils
font
jeunes.
Elles
ne
ferr
qu'a
les
xendie
farouches
;
fantafques
,
bourus
;
défians
,
intraita=
…
bles,
&ennemis
de
routes
les
fonctions
apartenantes
da
a
Roïauté.
Je
ne
puis
donner
ici
un
exemple
,
qu
alle
mieux
connorre
le
cost
que
la
folitude
à
l'édu-
cation
NOTES
HISTORIQUES.
gLelatindit,
editionibus
,
qui
veutdire
proprement»
fpec-
vacles
&
reprefentations
:
mais
commeilny
en
avoit
pas
tous
des
jours,
&
que
racite
veut
marquer
ici
fes
pañletems
ordinair
|!
res,
témoin
les
paroles
qui
précédent,
ab
eo
inter
cœits
g
fer-
mones
hominum
vbfèrvante,
j'ai
trouvé
plus
à
propos
d'aller
au
fens,
que
de
m'arreter
aux
paroles.
2
;
rrmemosess)
‘
Livre
TRoOISIES
ME
87
-
Cation
des
Princes,
que
celui
de
Jean
II.
Roide
Caftil.
de,
fClonle
portrait
qu'en
fair
le
judicieux
Mariana,
»
Touces
les
vertus
de
ce
Roi
,;
dit-il
,
étoient
éfacées
»
par
lepeudefomqu'il
prenoit
des
affaires
,
&
du
#
Gouvernemens.
Il
ne
donnoit
pas
volontiers
audien-
“ce,
&
ne
ladofidoit
jamais
qu'a
la
hâte.
Il
n’avoic
#
pas
grande
capacité,
ni
la
cêre
aflez
Forte
;
pour
fu.
»
fire
aux
foins
de
fon
Etar.
C’eft
ce
qui
ouvrit
la
porte
»
de
la
faveur
à
fes
Courtifans
,
&
parriculiérement
à
-
»
Alvaro
de
Luna,
qui
éommencoit
àétre
plus
fami-
w
lier
avec
lui,
que
tous
les
arres.
La
Reine
Cateri-
*ne,
fa
mére
,
avoit
bien
eu
raifon
de
chafler
du
Pa=
»
aise
Mignon:
&
de
lcrenvoyer
en
fon
païs,
mais
»#
CÎle
manqua
bien
de
prudence,
en
tenant
fon
ls
“enfermé
dans
une
maïifon
particuliére,
par
l’efpace
_wde
plus
de
fix
ans
,
fans
permetre
jamais
qu'Ü
fortir,
»ni
que
perfonne
le
vifität,
finon
quelques
dometti.
»
ques
du
Palais-Par
où
elle
prérendoit
empêcher
,
»
que
les
Grands
ne
fe
rendiffent
maîrres
de
lui,
&
n’ex-
»citaflent
quelque
nouveauté
dans
le
Royaume.
Mi-
wfCrable
éducation
pour
ün
Roi
!
chofe
indigne
+
»
qu'un
Prince
n'ait
pas
la
liberté
de
voir
,
de
parier,
_»
ni
d'être
vü;
qu'on
le
cienne
comme
dans
une
cage
,
»
pour
le
rendre
farouche
&
furieux
:
qu'on
envrai(
»
{e,
commeun
chapon
dans
une
muë,
celui
qui
ef
né
pour
letravail
,
&
pour
ies
fatigues
de
la
ouerre
Quoi,
vous
vouliez
amolir
&
abatardir
par
les
deli-
»
Ces
le
courage
de
celui,
qui
doit
être
jour
&
nuit
en
“
fentinelle
;
&
veiller
far
routes
les
parties
de
J’Etar
»
»
Certes;unerelle
nourriture
arirera
decrands
imaux
à
»
fes
Sujets.
Son
âge
viril
{era
femblabie
à
fon
enfan-
m.cesil
paffera
fes
plusbeaux
jours
dans
les
plaifirs
def.
»
honnêtes,
&
dans
l’oifiveré
,
Comme
il
{e
voir
qu
à
»
fair
Jean
IT.
Car
après
la
mort
de
la
Reine
Caterine,
“ilala
toujours
à
tâtons
,
comme
s’il,
für
forti
ronc
*
nouvellement
du
ventre
de
{à
mére,
où
quil
f'eûc
»
jamais
vÜ
la
lumiere.
La
multitude
des
afairesle
al
#foit
,
&
luibrouilloit
même
la
cervelle.
C’eft
pOour—
Tomelle
E
:
quo
<&
il
98
LEs
ANNALES
D£
TAciTr.
&
fans
plaifir
3,
&
de
fe
lailler
devorer
à
la
mélaucolié;
&
à
des
penfées
dangereufes
5
cat
Dibére
&
Les
Délateurs
failoitent
aflez
de
pei=.
ne.
REFLEXIONS
POLITIQUES.
5
5
quoi
1l
fe
aiffa
toute
{a
viecouverneràfesCourtifans,
m
au
Grand
préjudice
de
fes
États,
quifurent
dans
une
#
agitation
perpétuelle.
Mariana
ditencore
qu
1}
Ctoit
EE
{ajet
à
à
des
boutades
,
qui
lui
prenoicnt
tOut-à-
coup.
#
&
que
les
carefles
quil
feloir
étoient
toutes
hors
#
de
faifon
;
de
forte.
qu'il
éroit
plus
mé
“
fe
ue
re-
douté.
Chap..11.
d#
30,
livrede
fon
Hiff.
d'Efb.
La
vie
que
mena
Henti
1
1
1,
Roïde
Frarce,
depuis
que
es
Mignens
lui
eurent.
perfuadé
de
ne
le
plus
com-
munaquer
fes
Sujets
,
&
de
fe
tenir
caché
comme
»Ics
Roïs
d'Orient
»
produifit
les
mêmes
éfers.
Ses
»
afcétions,
dit
le
Chancelier
de
Chiveriy
,
onr
fait.
sw
ParOÎtE
;
qu
“1!
n'avoir
pas
le
jugement
femblabieau
site,
oui
étoit
trop
enfermé
,
&
civelopé
dans
:
une.
volupté,
où.
fes
Mignons
l’avoient
plongé
;
&xl
»
faut
qu'il
m'Echa
pe
de
dire
;
que
prévoyant
d’aflez
5
lengtems
,
&
même
plus
de
quatre
ans
avast
fa
»
MOIC
,
qu
1}
étoit
impofhble
que
ce
pauvre
Prince
w,nc
fe
yic
à
Ja
fin
plongé
dans
quelque
grand
mal-
ee
3
je
Jui
remontraïplufieurs
fois
le
‘crand
tort
»
qu'il
fe
fefoic
»
&
le
malindubhable
,
que
lui
&fon
w
État
en
receyroient.
Dañsfes
Mémoires.
Voi
la
now
5.
dela
page
10.
2
-
3.
I
fauraccorder
quelque
relichegqueique
rÉCrÉAe,
tion
d'
cfprir.:
aux
Princes,
après
qu'ils
ont
travaillé
aux.
afaires
ferieufes,&
qu’ils
{
fonc
laflez
aux
grandes
ac,
tions
de
fiêges
;
de
batailles
,
de
Se
1
n’eft
pas
Doiibl
c,
que
l'ame
foït
toujours
rendue
en.
ces
graves
&
pénibles
adiminiftrations
fans
quelque
ra
fraîchiflement;
ni
fans
faire
diverfion
à
d’aurres
pen
fes
Sp
agr
éabies
&
Qhe
ae
Titus
,
qui
ef
pros
se
se
a
ë
È
.doitnt
lé
droit
dé
citoyens,
&
étoienc
contraints
de
s'éxiler
Livre
Trois:
mr
“se
<
3
*
_
tva
tout
le
monde
:
Et
Ancarius
Prifcus
sex
noit
d'accufer
de
péculat
Cefius
Cordus
Pro-
“conful
de
Crète,
&
y
avoit
ajoûté
le
crime
de
leze-majefté
,
qui
fervoit
alors
de
renfort
à
tou-
tes
les
accufations
4.
XL.
Tibére,
irrité
contre
les
Juges,
qui
avoient
ablous
d'adultére
Antiftius
Verus,
l'un
dés
plus
grands
Seigneurs
de
Macédoine
,
le
ra-
pella
à
Rome,
pour
fe
purger
du
crime
de
le-
ze:
majellé
:
,
Comme
complice
du
deflein,
que
Rhefcuporis
avoir
eu
de
nous
faire
là
guerre,
après
quil
eût
tué
fon
neveu
Cotis,
Outre
l'interdiétion
du
feu
&
de
l'ean
2,
if
Er
fut
REFLEXIONS
POLITIQUES.
pofé
pour
un
des
plus
fages
Princes
,
qui
ay2nt
jamais
.
gouverne,
aimoit
éperdument
la
Reine
Bérénice,maïs
-
fs
amours
n'aportérent
jamais
de
retardement
à
fe
rafaires
Hyrangue
de
M.
d'Anbray
dans
la
Sarire
M1
és
DID
.
ee
4
Lotfque
tous
les
crimes
fe
convertiflenten
matiére
d'Etat
&
de
leur
majefté
;
e’eft
une
mafque
certaine.
quele
Gouvernement
dégénere
en
tyrannie,
&
que
le
Prince
facrihe
la
julticen
fRsinrerèrs
—
2:
1
Quand
un
Prince
fufcice
de
nouvelles
aceufa
tions
àun
Grand,que
les
juges
viennent
d'abfourdre
de
quels
que-autre
crime,
1!
ne
fait
que
trop
conuoître,
qu'il.
veut
abfolument
la
perte
de
l’acufé.
=
<SREsmener
ee
NOTES
HISTORIQUES.
-
hC’étoit
une
peine
capitale,
parlaquelle
les
condamner
ped
PE
À
i00o
Lys
ANNALES
De
TACITE
fût
ordonné
,
qu'il
froit
envoyé
dans
une.
ile
2
,
qui
n
eût
point
de
commerce
,
ni
ayec
la
Thrace,
niavecla
Macédoine:'3.
Car
de-
puis
le
partage
de
la
Thrace
entre
Rhémétal-
cés
&
les
enfans
de
Cotis,
dont
Trcbellienus
Rufus
REFLEXIONS
POLITIQUES.
2
Pour
peu
qu'il
y
ait
d'aparence
qu'un
homme
foir
criminel
,
ileftroujours
rigourcufement
traité,
fi
c’eft
pour
affaire
d’Etat.Il
ne
faut
pas
croîre,dit
leCar-
dinal
de
Richelieu
,
qu'on
puiffe
avoir
des
preuves
mathématiques
des
confpirarions
&
des
cabales
;
elles
ne
f
connoiflent
ainfi
que
par
l'événement,
c'eft-à-
‘dire
,
lorfqu’elles
ne
font
plus
capables
de
reméde.
Tome
$.
des
Mémoires
de
fon
Miniffere..
Er
par
confe-
quent
,
ce
qui
paroît
par
des
conjectures
preffantes,
doit
quelquefois
être
tenu
pour
fuffifamment
éclairci,
Chap:
5:
de
lu
feconde
partie
du
Teffamnt
Politique.
-3
Siun
Grand
eft
puiffant
dans
une
Province
fron-
tire,
&
tient
une
conduire
,
qui
donne
lieu
de
le
foup-.
onner
d'intelligence
avec
les
Princes
voifins,
le
Prin=
@.elt
en
droit
des’aflurer
de
fa
perfonne,
{oir
en
la
pelañt
à
la
Cour,
ou
en
Je
faifant
arrêter
,
s’ilu’
y
vient
“pas.-Erquoiqu'iln’y
aît
point
de
preuves
authentiques
|
contre
lui
,
ce
n'eft
point
lui
faireinjuftice,
que
de
|
empêcher
dererournex
en
certe
Province
n'étant
pas
=
raifon:
NOTES
HISTORIQUES.
parce
que
perfonnen’ofoit
leur
donner
retraite
,
ni
leur
fourpi
jes
chofes
neceffaires
pour
vivre;
ce
qui
eft
exprimé
par
ia:
-terdidion
du
feu
&
de
Peau,
dontil
eftimpoñfible
de
fe
pañfere
An
quod
in
his
vire
caufx
ef
;
bec
perdidit
exul?
dit
Ovide:
=
in
Faflss.
RUE
Ileft
à
remarquer,
que
la
peine
de
l'éxil
n’étoit
jamais
expri-:
mée
dans
les
arrêts
par
le
mot
exiléwras
mais
toujours
par
çets
formule
,
4g4a
dr
igui
arceattiie
À
Lrvre
TRoïs:F
ME
IOT
Rafus
étroit
tuteur
à
caufe
de
leur
enfance.
ce
Royaume,
quinétoit
point
accouttimé
à
nO:re
mauiére
4
de
gouverner
s
,
étoit
plein
de
dif-.
Be
fenfions,
&
fe
plaignoit
égale:
ee
ne
Re
ment
de
Rhéméralcés
&
de
calces,
qu'à
Trebel-
Trebellienus
,
qui
laifloient
lienus,
de
laiffer
im:
à
:
:
;
punies
les
violences
,
-
impunies
les
opreflions
qu'on
qu'on
faifoit
,
&ec.
:
Rire
E
3
_
faifoit
REFLEXIONS
POLITIQUES.
_xaifonnable
que
le
Prince
viveen
crainte
&
en
inquictu-
de
à
l'égard
d’un
Sujer,ni
que
l’intérêt
d’un
particulier
Femporte:
fur
la
fureté
publique.
à
4
C'eft
une
condition
abfolument
requife
à
un
Gou-
verneur
,
que
de
favoir
les
coûtumes,
les
loix;
&les
mœurs
du
païs
,
où
il
eft
envoïe
;
autrement
,
il
fera
mille
faures
,
qui
le
feront
haïr
où
méprifer,
&
tout
celaau
préjudice
de
l’autoriré
du
Prince.
M.
le
Cards
pal
de
Richelieu
marquedansle
premier
chapitre
de
fon
Teftament
Politique
,
qu'il
fu
obligé
d’ôrer
au
Maréchal
de:
Virry
le
Gouvernement
de
Provence
,
quoiqu'ilec
fur
digne
pour
fon
courage-&
pour
fa
fide-
fité
,
parce
qu'ayant
l'humeur
infolente
&
alticre
,
il
H'CLOIT
pas
propre
à
gouverner
uu
Peuple jaloux
de
fes
privilèges
&
de
fes
franchifes,
co:nme
font
les
Proven.
çaux.
C'eft
pour
cela
>
que
les
Aragonnoiïs
prétendent
que
le
Roï
d'Efpagne
ne
peur
pas
léur
donner
un
Vices
roi
étranger,
c'eft-à-dire
,
qui
ne
foir
pas
natif
de
[a
“Province
même
d'Aragon
,
fans
violer
leurs
f#eros.
C'eft
ainfi
qu'ils
apéllent
leurs
immunitw
&
liberrez’,
pour
la
défenfe
defquelies
tout
le
Royaume
fe
fou-
leva
en
.
d'Antoine
Perez
,
contre
Philippel
f.
é
IS9T.
E
ve
ARS
RER
SET
trance
mere
RS
=
:
NOTES
HISTORIQUES.
.
=
«2
Jadmire
d’Ablancourt
,qui
traduit
2r/olentia
hoftri,
l'in(os
*
Jence
desos
fofdars,
Egregiur
imtérpretcm,
@fercifero
Riche=
Êste
liudetcre
donne
|
oe
Fe
=
“
7
Se
10%
LES
ANNALES
DE
TActTrr.
:
1.
faifoit
à
ceux
du
païs
5.
Les
Célalétes
,
les
|.
Odrufens,
&
les
Diens
;
nations
puiflantes
dela
Trace,
prirenrles
armes
fous
divers
Chefs:
mais
comme
ces
Chefs
manquoient
tous
éga-
|
lement
d'expérience
6
,
cela
fût
caufe
,
qu'ils.
.‘
nepürént
pas
faire
une
tude
ouerre.
Les
uns
ra-
vagent
lé
pais
d'alentour
3
les
autres
traverfent
le
Mont
Hemus,
pour
exciter
la
révolte
dans
les
Provinces
éloignées
;
les
plus
avifez
affié-
.
gent
Rhémétalcés
dans
la
ville
,
qui
porté
le
_nom
de
Filippe
de
Macédoine
;
fon
fonda-
ÉEUTs
ne.
ee
XLI.
P.
Velléins
k,
qui
commandoitl'ar-
mée
voifine
/
,
averti
de
ce
defordre,
envoyé
fur
le
champ
quelques
ailes
de
Cavalerie
,
avec
ge
l'Infanterie
lepére
;
contre
ceux
,
qui
_
+
alloïent
__
RerLixronNs
POLITIQUES.
is
Un
Gouvernevr,qui
foufre
que
ceux
du
païsfoient
infultez
par
les
étrangers
,
foir
qu’il
ne
puifle
,ouqu'il
|
ne
veuille
pas
y
remédier,doit
tenir
poux
certain,
qu'à
‘l
premiere
occafion
le
peuple
fe
révoltera
contre
lui.
6
L'Iflüe
desrévoltes
cit
prefque
voûjours
male
heureufe,
à
caufe
de
l'incapaciré
de
ceux,
qui
fe
met-
j
tent
à
la-rêre
des
rebelles.
Car
en
cesoccafñons,
lepeu-
|
ple,
qui
nefairpastemporifer,
prend
d'ordinaire
le.
L
ER
prefente,
NOTES
HISTORIQUES
-
FCef
celui,
de
qui
nous
avons
une-Éoirome
de
PHifoire
Romaine,
qui
eft
écrite
dans
route
la
pureté
du
fiécle
d'Aus
-gufte
;
mais
avec-une
extrême
fateriés
ES
ee
L'armée
dela
Mefies
à
e
LIVRE
TROISIE
ME
109
alloient
au
pillage
,
où
qui
ramafloient
du
e-.
cours,
pendant
quil
va
lui
même
fecourir
les
affiégez.
Toût
lui
fut
favorable,
la
diffenfon
desennemis
;
le
malficre
des
coureurs,
la
fortie,
que
Rhémétalcés
fit
à
propos,
&
l'arivée
de
la
légion
en
méme
tems
Ÿe
me
garderai
bien
d'apel-
ler
bataille
r
,
ni
fair
d'armées
,
une
défaire
de
Vagabons
à
deminuds,
où
il
ny
eut
point
de
nôtre
fans
répandu.
—
-
XET.
En
la
mémeannée,
les
villes
de
la
Gaule
commencérent
à
{e
rebeller
à
caufe
des
dettes
énormes,
quelles
avoient
contraéttes.
Leurs
boutefeux
étoient
Julius
Florus,
&
Ju-
lius
Sacrovir
,
tous
deux
de
maifon
illulires
&
d'ancétres,
qui,
pour
leurs
fervices
,
avoient
obtenu
le
droit
de
Citoïens
Romains;
hon-
eur
très
rareen
ce
tems-là
,
&
qui
ne
fe
dé.
féroit
qu'à
la
vertu.
1.
A
yant
débauché
par
des
=
Cntre-
REFLEXIONS
POLirTrQUES.
=
1
ÜUnbon&
fidéle
Hiftorien
doit
raconter
les
chofes
-
fimplemenc,
&
fansaucune
éxaocrarion,
Si
la
veriré
eft
l'ame
de
l'Hiftoire
,
ceux
qui
fe
méêlenr
de
l'écrire;
doivent
évirer,
{crupuleufemenc
l'éxagération,
qui
a
toujours
quelquemélange
de
menfonge.
Comines
par:
Jant
de
la
baraille
de
Morat
,
où
le
Duc
de
Bourgogne
fut
défair
par
les
Suilles,
dit,
quebeancoup
de
gens
parlent
de
milliers
@
font
les
armées
plus
grofles
qu'elles
ne
[ont
;
en
parlent
legérement.
C’eft
un
défaut
quieft
rrès-commun
dans
la
plüpart
denos
Hiftoires
moder-
nes.
x
Leshonneuts
quin’onréré
déferez,
que
rate
Re
:
E
#
ÉNCRs,
4}
:
104
Lys
ANNALES
DE
TACITS,
entretiens
fecrets
les
plus
mutins,
&
ceuxs
qui
parleur
pauvreté,
ou
par
la
crainte
d'être
=
punis-de
leurs
crimes
,
étoient
foreez
de
tout
hazarder,
ils
conviennent
enfemble,
l'un
de
|
foulever
les
Belges,
&
l'autse
,
les
Bourgui-.
_gnons;
car
Florus
étoitde
Treves,
&
Sacro-
vird'Autun.
Ils
fe
mettent
donc
à
murmurer,
en
certaines
aflemblées
clandeftines
,
de
R
continuation
des
impôts,
des
gros
intéréts,
qu'ils
payoient
pour
leurs
détes
#7
;
de
la
fu-
perbe
&
de
la
cruauté
des
Gouverueurs
;
&
difent,
que
depuis
la
mort
de
Germanicus
a
difcorde
s’étoit
mife
dans
nos
légions
;
&
que
s'ils
failoient
reflexion
à
la
puiflance
des
Gau:
a
|
“1e
RErLExIONS
POLITIQUES.
=
=
ent,
&
qu'à
des
perfonnes
d'un
mérite
diftingue,rien-
nent
lieu
d’une
grande
récompenfe
à
ceux
qui
lesobrien-
nent.
M.
de
Marquemont
Archevêque
de
Lion,
parlant
de
l’arrivée
du
Prince
de
Pologne
a
Roine,&
des
dificul-
tez
,
quela
Congregation
de
Riavoicrrouvées
{ur
le
trairement
qu'on
lui
devoir
faire:
Iln’arecu,
dit-il,
aucuns
honneurs
publics
,
mais
on
a
crû
le
bien
recom-
penfcr
en
le
fefanc
Charoïne
de
S.
Pierre
,
&
lui
per
imérant
de
faire
l’oftenfion
des
reliques
de
cette
Eolife,
habillé
en
Chanoïne,
Grace,
quin'a
jamais
été
faire,
ce
dit-on
,
qu'à
Charle-quinr,
&
à
un
autre
Empereur:
Dansune
lettre
du
s.Fanuier
1625,
fomel.
des
mém
dn,
Minifléredn
Card
4e
Rich.
:
É
=
ne
mere
à
ee
css
NOTES
HISTORIQUES.
‘#2
C'eftque
les
Communautez
,
pourpaïer
les
taxes
,
quon
metoit
inceffamment
fur
elles,
étoienr.obligées
d'emprunter
de
Pargent
des
banquiers
Romains
;
qui
les
ruinolent
en
afaires
LIVRE
TRoïsie
Me
107
les,
à
la
pauvreté
de
l'Italie,
à
l'imbécilité
de
‘la
populace
de
Rome
,
qui
ne
valoit
rien
potrr
la
gu.rre
;
&
à
l'état
nrefent
de
nos
armées
>
dont
toute
la
force
confiftoit
dans
les
troupes
étran-
géres
x
ils
verroienc
,
que
cétoic
le
vrai
tems
de
recouvrer
la
liberté,
ee
XLIIT
Il
n'y
eûc
prefque
pas
de
ville
exémte
de
cette
contagion
,
mais
Tours
&
An-
gers
furent
les
premiéres
à
fe
révolter.
Celie-
cy
fütbien-tôt
réduite
par
le
Lieutenant
Âci-
lius
Aviol
,
qui
fit
venir
en
diligence
une
cohorte
dela
Garnifon
de
Lion.
Il
vint
audi
à
bout
de
Tours
avec
la
miice
lépionnaire
que
lui
envoya
Vifellius
Varro,
Lieutenant
de.
l'Empereur
dans
la
Bifle
Allemagne,
&
le
fe.
cours,
que
lui
donnérent
quelques
Seioneurs
-Gauleis,
Qui
attendoient
une
OCctzfron
plus
favor:ble
pour
fe
révolter
ou
vertement.
Sacro-
vir
méme
combatit
pour
les
Romains
,
ayant
Ja
tête
nuë
,
pour
faire
mieux
remarquer
{à
va.
leur,
à
cequ'il
difoit
;
mais
eneffct
>
pour
être
xéconnu
par
les
Gaulois,
&
les
empêcher
per
là
de
tirer
fur
lui,
comme
lui
reprochoient
les
pri-
Tonniers.
XLIV.
Tibére
informé
de
tout
cela
n’en
fit
pas
de
Cas,
&
nourrit
la
guerte
par
{on
ir-
téfolution
r.
Carflorus
Pourluivant
fon
en-.
;
ne
Uepiik
Rerrsyxions
PotitTreuss.
=
x
L'irréfolution
des
Princes,
dit
Antoine
Perez
,
Li
Re
08)
GUY
LATTES
46
(TT
NL
S à
€
PE
voé
Les
ANNA£»s
px
TACITE-.
treprife
travailloit
à
corrompre
un
Régiment
de
Cavalerie
levé
à
Treves
,
lequel
obfervoit
Jes
formes
de
notre
difcipline
,
l'incitant
à
commencer
la
guerre
pat
exterminer
tous
nos.
Marchands.
Mais,
à
quelques
cavaliers
près,
4
Sr
S
;
le
Régiment
demeura
dans
fon
devoir,
&c
les:
armes
ne
furent
prifes
,
que
par
une
troupe
de
gens
endétez
2,
&
de
Vaflaux
de
Florus
,
qui
.
voulant
fe
jetrer
dans
la
Forêt
d’Ardennes
,
en
furent
empêchez
par
lesléoions.
que
Vifellius
-&
Silius
;
qui
commandotent
les
deux
ar
x
—
mées
REFLEXIONS
POLITIQUES:
eft
la
mére
&
la
porte
de
plufieurs
grands
inconveniens
Dansfes
Relations.
Aux
grandes
affaires,
dit
le
Cardi=
Hé
Me
eue
nal
d'Offar
pour
éviter
un
grand
mal,
&
obtenrum
grand
bien
,
il
faut
ofer
quelquechofe
,
&
fe
réfoudre.
_àtemis
&
à
point,
poux
fortir
d’un
mauvais
&
dange-
roux
pañlage
le
plûror
&
le
mieux
que
l'ont
peut.Lerrre
127.
Don
Carlos
Coloma
;
habile
homme
d'Etat
&
desuerre
,
rend
une
trèsbonneraifon
de
cette
maxi
me.
Jamais,
dit-il,
ongft
ft
bien
trouvée
de
vacil-
der
darsfes
confeils
3
&
quelque
apañerce
qu'il
ÿaaits
que
le
tems
pourra
donner
ouverture
à
de
meilleurs
_expédiens
il
vaut
toujours
mieux
fe
roidir
à
furmou-
TS
NL
SC
rer
les
dificultez
qui
fe
prefenrenr
,
que
d'atendre
:
qu'elles.ceffent
;
parce
que
l'on
ne
fait,
nine
peut
_pas
favoirau
quite
,
s’il
n'en
furviendra
pas
encor
-
de
plus
grandes.
Lévre
8.
4e
fon
Histoire
des
Guerres
de
Flandre,
=.
:
ee
2
—
2
Tour
Chefcft
propreades
malheureux,quin'on
point
dercflourcesileft
d'eux,comme
de
ceux.
qui
font
‘barus
d’une
cruclle
rempêre
;
la
retrace
la
plus
mal
af»
furée
leur
tient
lieu
deporr
-
se
:-
LrvRE
ÉROISTÉME
107
fées
#
sayoicnt-chvoyées
par
deux
Chemins
contraires.
Et
FaliusIndus
;
qui
avoit
prisles
devans
avec
une
troupe
d'élite,
ravi
d'avoir
occafñon
de
fe
fignaler
contre
Florus
,
fon
compatriote
»
&
fon
ennemi
particulier
3,
défit
enfuite
cette
multitude
mal
ordonnée.
Florus
échapa
aux
vainqueurs
;
mais
après
s'être
tenu
caché
en
des
endroits
inconnus,
voyant
tous
les
paflages
occupez
par
nos
fol.
dats
,
qui
Île
vouloient
prendre,
il
fe
tua
de
fa
propre
main.
Eccelle
fut
la
fl
de
la
révolte
dé
Treves,
>
:
.
XLV.
Elle
fut
plus
opiniâtre
à
Autun,
à-
caufe
de
la
puiffance
de
la
villeo
,
&
de
l’é
loïgnement
de
nos
armées.
Sacrovir
s'étoie
EE
6
em-
_RerLExroNs
PoLrriques.
__3
Souvent
les
Grandsne
vancent
les
injures
du
Prin
êe
&
de
l'Erat
,
que
parce
qu'ils
font
animez
d’un
ref—
fentiment
particulier
contre
les
perfonnes
,
qui
ont
o=.
fenfé
le
Prince.
M.
le
Cardinal.de
Richelieu
à
bien
Tai
rs
où
nn
NOTES
HISTORIQUES,
-#
Campées
fur
lebord
du
Rhin
,
l’une
apellée
l’armée
d’en.
haut
&
l'autre
l'armée
d’émbas.
Dx0
apud
riptm
Rheni
exerci-
fus
erant
ÿ
cuinomen
(uperiori,
[ubC.
Siio
legato
;
infericrenæ
À.
Caine
curabat,
An.
1.
au
lieu
que
c’étoit
maintenant
Vi
fellins
;
Gui
commandoic
cel'e
d’embas.
se
9
Autnn
toit
la
Capitale
d’un
Btat,
qui
comprenoit
le
Du
chéde
Bouroogne
,
&
ieBourbonnois
,
que
JuléCefar
ÿloignie:
à
la
priére
des
Autunois
,
dontil
eftimoit
la
valeur,
ainfi
qu'il.
marque
dans
fes
Commentaires,
Boiss
,
ditil,
persribas
got
egreia
Virtate
erantcogti
4
in
fnibus
(ais
»
-
Parier
,conce(ft,
Chap.
6,
libri
x
de
Belle
Galice.
Ke
ne
*o8
Les
ANNALES
D»
TaciTe.
Gaules
aprenoit
les
Arts-libéraux
,
pour
obli-
ger
par
ce
page
les
ParCnS.
Os,pouratirer
par
ce
gageà
&
les
amis
de
cette
Jeu
.
…
fonparti
Jesparens
&
les
amis
de
cette
Jeunefle,
à
qui
tout
.
nefle
à
fuivrefon
parti
;
d’untemsil
ditribua,
de,
&
tout
d'un
téms
il
diftribua
à
ces
Nobles
les
armes
,
quilavoit
fait
fabriquer
en
fecret.
Ses
troupes
montoient
bien
à
quarante
mille
hom-
mes,
dont
la
cinquiéme
partie
Ctoit
armée
com
me
nos
légions,
&
lerefte,
d'épieux,
de
cou-
telas
,
&
de
toutes
les
autres
armes
,
qui
fervent
auxchafleurs.
Les
efclaves
deftinez
à
la
gladia:
ture
furent,
felon
la
coûtume
du
païs
équipez
d'une
armüre
de
fer,
appelée
Cruppeilaire,
qui
étant
touted'une
piéce
rend
les
foldats
impé-
nétrables
aux
coups
;
mais
auffi
les
met
hors
d'é.
-
tatd'endonner.
Ces
troupes
groffilloient
de
jour
en
jour
parle
concours
des
habitans
des
vil..
les
voilines,ñon
pas
que
ces
villes
fe
déclarant
encore
ouvertement
,
mais
parceque
chacun
af.
piroit
au
recouvrement
de
la
liberté.
À
quoi
ai:
doit
anffi
la
difcorde
de
nos
deux
Générauxt,
CRÉES
REFLEXIONS
POLITIQUES
fon
de
dire,
que
ces
gens-fà
font
bien
par
un
mauvais
principe.
Au
refte,
quandun
Grard
s’eft
révolré
dans.
une
Province
,
le
Prince
ne
peut
mieux
faire,
que
de-
donner
la
commiflion
de
fa
vengeance
à
quelque
aucré
grand
Seigneur
dela
même
Province,
quia
toujours
fiélerival,
ou
l’ennemi
du
rebcile:
«
.
1
Hn'ÿa
point
de
plus
belle
occafon
def
révolter
,
=
SU
emparédescette
cité,
où
toutela
Nobiefle
des
.
à
>
PE
ANA
ir
dune
à
Vol
1
2
Livre
TROISIE
ME.
109.
entre
lefquels
Tibérebalançoit
,
l'un
&
l'autre
demandant
le
commandement
de
l'armée.
Mais
Vifellius
,
que
l'âge
avoit
affoibii,
le
céda,
après
,
à
Silius,
qui
écoic
plein
de
vigueur
2.
XLVI
Cependant,
on
débitoit
à
Rome,
que
les
foixante-quatre
villes
des
Gaules
s'é-
toient
révoltées
;
qu'elles
avoient
fait
une
ligue
avec
les
Allemands
;
que
lEfpagne-branloit
,
&
tout
le
refte
éxagéré
de
même,
comme
ceft
la
cou
REFL£XIONS
POLITIQUES.
que
lorfque
la
difcorde
,
&
,
par
conféquent
le
défor-
dre
,eft
dans
ies
armées
du
Prince
,
dont
on
veut
{e-
Coüer
le
joug.
Ainfi
,
le
Prince,
quia
des
Sujets
mé-
contens,
doit
à
quelque
prix
que
ce
foit
empêcher
que
la
méfintelligence.
ne
fe
méte
entre
les
perfonnes
,
à
qui
il
a
donné
le
commandement
des
armes.
Car
pen-
dant
qu'il
eff
mal
obeï
des
Généraux,
(
commeil
arrive
toujours
,
lorfqu’ils
ont
querelle
enfemble
)
il
demeure
Expofé
aux
entreprifesde
rous
les
Grands,
qui
lui
fonc
ébnémis.
rte
2
La.
fanté
du
corps
eft
prefque
auf
néceflaire
à
mn
Général
d'armée,
que
laforce
de
Pefprit
;
car
c'eft
-
Une
charge,
où
il
faut
agir
écalement
de
l’un
&
del’au-
tte,
Selon
M.
le
Cardinal
de
Richelien
,
un
Général,
pour
étre
excellent,
doit
être
jeune
d'années
,
mais
nos
pas
de
fervice
&
d'expérience.
Er
bienque
les
vieux
_foïent
d’ordinaireles
plus
fages
,
ils
ne
font
pas
les
iMmeilleurs
pour
entreprendre,
parce
qu’ils
{
trouvent
deflituez
du
feu
de
la
jeunefle,
qui
eft
requis
en
telles
ocafions.
Outre
que
c’eft
chofecertaine,quela
fortune
fit
fouvenr
aux
jeunes
sens,
&tourne
le
dosà
la
Vieil-
I.
SeGion
4,
du
chap
9,
delnfecondepartie
di
Tejta-
sent
Politique.
a.
=
il
x1o
-
LES
ANNALES
DE
T
ACITE
coutume
de
la
Renommée.
Les
plus
gens
de-
bien
s'en
afiligeoient
déja:
pour
l'amour
de
la
pa-
trie;
plufeurs
s'en
réjouifloient
en
haine
du
Gouvernement,
oùils
defiroient
une
révolu-
tion
r
,
quelque
mal
quil
leur
en
püt
arriver.
-
=
On
:
REërLExIONS
POEITIQUES.
1
Les
Grands
d’un
Etat,
qui
eft
gouverné
par
ue:
Prince
comme
Tibére,
c’eft-à-dire
par
un
Prince,
qui
ne
fouffre
point
decompagnon,
ontcoütume
de
defi-
rer,
que
leur
Maître
loir
occupé
emtroubies&
en
guer-
tes,
foit
pour
lui
devenir
néceflaires
,
ou
du
moins.
pouravoir
le
plaifr
desle
voir
embaraflé
&
fes
affaires
en
mauvais
état.
Le
Comte
de
$.
Pol,
Connétablede
France
,
dit
Commines
,
les
ferviteurs
du
Duc
de
Guienne,
&
quelques
autres
defroient
la
guerre
entre
le
Roi
&
le
Duc
de
Bourgogne;
pour
deux
raifous
:
lune,
parce
qu’ils
craignoient
,
que
lesgrands
étais
&
apointemens.,
qu'ils
avoienr
,
ne
fuffent
diminuez
fi
la
paix
continuoir
;
car
le
Conriérable
avoit
quatre
cens
hommes
d'armes
payez
à
la
monrre,
&
plus
de
trente-imille
francs
trous
les
ans
,outre
les
gages
de
fa
charge,
&
les
profits
de
pluficurs
belles
places
qu'il
-
tenoir
:
Pautre
;
parce,
difoient=ils
,
quel
condition
du
Roï
éroit
telle,
que
s’il
n'avoit
débat
au
dehors;
il
faloït
qu’il
l’efrayec
fes
OMiciers
&
fes
domeftiques,
fon
cfprit
ne
pouvant
étre
en
repos.
Le
Connérable
offroit
de
prendre
Saint-
Quentin
quand
on
voudroit;
-&
difoit
qu'il
avoit
des
incelligences
en
Flandre
&
en
Brabant,
&
qu'il
feroit
révolrer
plufcurs
villes
contre
le
Duc:
Le
Duc
de
Guiénne
,
&
fes
principaux
Gou=
verreurs,
offroient
de
fervir
leRoïencerte
querelle,
mais.
léur
fin-n’étoit
pas
telle
que
le
Roïenterdoit,
Chap.
1.
du
livre
3.
de
[es
Mémoires.
Claudian
explique
entrois
mots
,
pourquoi
les
Grañds
haïflent-la
paix.
M
andatèque
fortins
urget.
Es
Trperio|a
quies.
Livre
TROISIE
ME
TLié
:
On
blâmoit
hautement
Tibére
de
s'amufer
en-
core
à
lire
les
mémoires
des
délateurs
durant
un
_fi
grand
orage.
»
Croit
il,
diloit-on
,
que
»
Sicrovir
vienne
à
Rome,
pour
fubir
la
peine
»
du
crime
de
leze
majefté;
il
s'eft
enfin
trou:
nvé
des
hommes
,
qui
onteu
le
courage
d'é-
»luder
par
les
armes
les
lettres
p
fanglantes
»
d'un
Tyran;
il
vaut
ehcore
mieux
avoir
la
»
guerre,
que
de
langüir
dansune
paix
fi
mi-
érable.
Mais
fui
,
fans
changer
de
lieu
,
ni
même
de
vilage
,
fe
gouverna
toüjours
de
même
2
,
affectant
de
montrer,
quil
ne
crai-
guoit
rien
;
foit
qu'il
le
fit
parintrépidité
,
où
=
quil
REFLEXIONS
POLITIQUES.
2
Les
Princes
habiles
fe
foucient
peu
des
jugemens
finiftres
du
Peuple
,
il
leur
fufie
d’aler
tonjours
à
leur
but,
quieft
le
bien
de
l'Etat.
Le
Pape
Urbain
VIT
dt
-
foit,
qu’en
matiére
de
réputation
temporelle,
il
don-
noit
volonriers
ce
qu'il
y
pouvoir
aller
du
fien,
au
bien
public,
&
à
la
paix,
pourvu
que,
par
quelque
moïen
que
ce
fût
,illaputavoir,aléouant
le
mot
de
S:
Paul,
—
fpergloriam
dr
ignobilitaten
,
per
infariam
@
boram
—‘famam.,
c'eft-à.-dire,
par
la
voie
de
l'honneur
ou
de
j'i-
Bnominie
;
par
Ja
bonne
ou
la
mauvaife
répurarion.
Lettres
(SES
S
LP
PRESSE
RES
NOTES
HISTORIQUES:
.p
C'eft-à
dire
,
les
ordres.fecrets.,
que
le
Prince
donnoïz
=
par
écrit
aux
Certurions
&
aux
foldats;
pourallertuer
dans
deurs
maïfons
les
Grands,
qui
Lui
croient
fufpeds
Ilapelle
aie
Feurs
ceslettres,
codicilles,
&
l’éxécution
de
çesordres
,
#=
Hileria
militanme
Art
Xe
4
112
LES
ANNALES
DE
TAciTe.
qu'il
fût,
que
le
mal
étoit
moindre
qu'on
pe
le
publioit.
XLVII
Mais
Silius
ne
laifla
pas
de
mar-
cher
avec
deux
légions,
après
avoir
envoyé,
de-
vant
,
lestroupes
auxiliaires.
Il
favagea
en
paf.
fant
les
frontiéres
des
Francs
Comtois
,
qui.
confinant
aux
terres
des
Autupois,
étoient
aufh
leurs
compagnons
de
guerre;Galla
à
oran.
des
journées
à
Autun,
les
En
fignes
difoutant
à
qui
marcheroit
plus
vire,
&
les
fimples
fol-
daës
criant,
qu'ils
vouloient-marcher
nuit
&
jour
;
qu'on
leur
montrât
feulement
les
enne-
mis,
&
quils
repondoient
de
la
victoire
1.
À
douze
mille
de
la
ville
;
Sacrovir
parut
avec
fes
troupes
rangées
en
bataille
dans
une
rafe
Campague.
Les
Crupellaires
éroient
à
Ja
tête,
les
Cohortes
fur
les
ailes,
&
les
gens
mal
ar-
mez
[ur
à
queuë.
Et
parmi
les
principaux
of.
ficierson
voyoit
Sacrovir,
monté
fur
u
beau
Cheval
qui
alloit
par
les
rangs;
éxaltant
Les,
à
anciens
exploits
des
Gaulois,
&
les
maux
qu'is
2e
avoient
faits
aux
Romains
,
&
rémMOntrant,
que
plus
là
férvitude
feroit
infuportable
,
s'ils.
:
Étoienç.
REFLEXIONS
DPorrri
QUES.
Lettresde
M.de
M
arquement
,
Arnballadeur
à
Rome,
dans
le
1,
tome
des
Mémoires
du
Cardinal
de
Riche-
lieu.
ù
Quand
les
foldatsont
une
extrême
envie
de
come
battre
;
le
Général
re
doit
pasdaifler
morfondre
certe
a
>
Qui
eft
prefque
toujours
un
prélage
de
la
vie-
toire,
—
e
LIVRE
EROESIEMES
1e
Étoient
encore
une
fois
vaincus
2
,
plus
la
li-
berté
feroit
elorieufe
s'ils
demeuroient
vain-
Queurs.
Ée
À
XLVHI.-Sa
harangue
fut
courte
1
,
car
nos
lésions
aprochoient
,
toutes
prêtes
à
com-
batre;
maïs
elle
fut
mal
écoutée
,
car
cette
multitude
de
bourgeois
&
de
païlans,
qui
ne
fivoient
rien
du
métier
de
la.guerre
,
n'avoit
plus
d'ycux
,
ni
d'oreilles,
pour
voir
ni
pour
.
entendre
ce
qu'il
falloitfaire.
L'efperance
cer-
_taîne,
que
Silius
avoit
conçué
des
fiens
;
lui
devoit
épargner
la
peine
de
les
exhorter
,
tou-
ee.
tefois
REFLEXIONS
PoLiTiqQuUEs.
2
Des
Sujets
;
qui
retombent
fous
la
puiflance
dur
Prince
,
contre
lequelils
fe
font
révolrez,
ne
doivent
p'us
s'attendre
qu'à
être
traitez
avec
une
rigueur
impi-
toyable.
Mais
auffi
,
cette
opinioneft
caufe
,
que
les
.
Princes
perdent
pour
jamais
des
Erats,
qu'ils
pour
roient
recouvrer
,
fi
les
rebelles
ne
defefpéroient
pas
d'obrenir.un
pardon
fincére.
C’eft
ec
qui
fic
perfevé-
_rér
les
Hollandois
dans
la
réfolution
de
s'enfevelir
dans
Ja
met
avec
toutes
leurs
villes
,
plutôt
quede
rerourner
à
l'obétffance
de
Philippe
EL.
du
reffentiment
duquelils
jugeoient
par
les
cruautez
du
Duc
d’Alve,
fon
Miiftre.
1
Les
plus
courtes
harangues
font
les
meilleures
pour
les
gens
de
guerre
,
qui
ne
font
pas
capables
d'uve
lonoue
artention,
ni
de
peler
les
raifons
qu'on.
Jeur
alégue.
Rien
né
fait
plus
d’imprefion
fur
leurs
efprits,
que
certe
Imperatoria
brevitas
,
qui
leur
fair
-
rétenir
tour
ce.qu’on
leuradit
Telle
étoir
l'exhôrta-
tion
qu
Henri
IV.
fit
aux
fiens
un
jour.
qu'il
alloit
douner.baraille.
Je
fuis
votre
Roi,
dit-il,
&
vous
éres
François
,
il
n’en
fauc
pas
davañtage
pour
vaincre,
114
Les
ANNALFS
DE
TaAcirr.
téfois
il
le
fit.
»
C'eft,
difoit-il
,
une
honte
:
5
vous,
qui
avez
ou
Alemagne,
de
être
5»
menez
contre
les
Gaulois
;
comme
fi
c'é-
|
#
toient
des
ennemis
égaux.
Une
feule
cohor-
»te
a
tout
nouvellemeut
réduit
les
rebelles:
»
de
Tours
;
une
aile
de
cavalerié
,
ceux
de
»
Treves
.j
une
petite
partie
de
vôtre
propre
parmée
,
les
Comtois.
Les
Autunois
fontplus
_»
riches
,
mais
ilsen
font
plus
lâches
:
les
dé-
2
lices
les
ayant
énervez.
Combatez
les
donc
5
aujourd
“hui,ou
platôt
prenez
g
garde
qu'ils
ne
»senfuyent.
L'armée
répondit
à
cela
par
e
acclamations,
&
tout
d'un
tems
la
Cavaler
-enveloppa
les.ennemis
,
&
l'Infanterie
Ésudie
furleur
avantoarde.
Les
0%
attaqua
Pavantgarde..
ailes
fixent
peu
de
réfiféance
,
mais
les
Crupel-
laires
foutinrent
quelque
tems
,
les
ne
de
fer
,
qui
leur
couvroient
le
corps
érantà
lé
preuve
de
l'épée
&
du
javelot
5
ce
qui
obi
‘igea
nos
foldats
de
prendre
la
hache
&
k
coigsée,
comme
fi
çeütété
pour
abatre
un
mur.
Quel.
ques-uns
jettoient
parterre
ces
mafles
de
fer.
à
coups
de
fourches
&
deleviers,
&
cespau-
|
vres
‘Crupellaires
reftant
für
la
place
,
fans
pou.
voir
Le
relever
2
2
non
plus
se
des
ftatuës,
on.
les
Rartecrons
Dot
Lans.
2
Jin
yapasde
pires
armes,
que
celles,
avec
lef-
quelles
onnc
fe
peut
pas
remuer.
Sanlaïant
armé
Da-
vid
de
fa
cuirafle,
de
fon
cafque
,
&
de
fon
ë
épée,
Da-
vid
epivs
Avoir
cie
çes
armes
>
qu
éroient
trop
pe=
fanrcé
:
none)
LA
at
livrer,
des
Rois,
Livre
Troisir
Mr
If.
les
y
laifloit
pour
morts.
Sacrovir
fe
retira
pre-
miérement
à
Autun,
&
craignant
d'être
livré
aux
Romains
,
ilalla
avec
fes
plus
fideles
amis
fe
réfugier
dans
un
château
près
de
la
ville.
Ce
fat
là
qu'il
cud
,
&
que
ceux,
quiluite-
nOtentcompagnie
,
fe
donnerent
Ja
mort
les
unsauxautres
,
après
avoir
mis
le
feu
au
chà-
teau,
pour
fe
réduire
tousencendre.
XLIX.
Alors
Tibére
écrivit
au
Sénat
le.
commencement
&
la
fin
de
cette
guerre
,
fans
zieu
Oter
ni
ajoïter
à
la
vérité
du
fait,
difanc
feulement
,
que
fes
Lieutenansayoient
contri-
bné
à
cebon
fuccès
par
leur
fidélité
&
par
leur
valeur,
&
iüi,
par
fa
prudence.
Il
di-
foit
auf
,
que
lui,
ni
fon
fils,
n’étoient
point
forcis
de
Rome,
parce
quil
ne
convenait
pas
à
la
grandeur
de
l'Empire
,
nià
la
ma-
jefté
du
Prince
,
d'abandonner
fà
Capitale
,
qui
donne.
le
branle
à
tout
[erefte,
pour
une
où
deux
villes
;
qui
fe
foulevoient
:
que
main-
tenant
quil
n'y
avoit
plus
Heu
de
croire
,
que
PEtat
eût
rien
à
craindre,
iliroit
volontiers
…
mettre
ordre
aux
affaires
de
cette
province.
Le
Sénat
ordonna
des
vœux
&
des
priéres
pour
fon
retour
,
avec
d'aucres
honneurs.
Il
n'y
eut,
que
REFLEXIONS
POLITIQUES.
fantes
pour
lui,
ditàSaül
,
qu'il
ne
pouvoit
pas
s'en
lervir
;&
fe
contenca
de
porter
fa
fronde
,
cinq
pier-
ses,
&
fon
bâton,
pour
vaincre
Goliat,
Chap,
17,
du
A
RE
D
————
RP
NS
PAT
TSI
TS
PET
RES
D
Rae
:
dans
le
voifinage
de
Rome.
-
te
la
bonne
opinion,
que
l’on.a
de
leur.véririble
mé»
qui
E
portée
en
Macedoine.
i
#16
Les
ANNALES
DE
TACITr,
que
Cornelius
Dolabella
,
qui
,
pour
fe
fignaler
par
deflus
lesantres
;
tomba
dans
une
flaterie
ridicule,
qui
fut
de
décerner
le
petit
trionfeà
Tibére,
pour
le
jour
qu'il
entreroit
à
Rome.
Mais
on
reçüt
de
lui
des
lettres
,
où:
il
répon-
doit
,
qu'après
avoir
domté
des
Nations
beli-
queules,
&
recü
ou
refufé
tant
de
trionfes
en
fa
jeuneffe
,
il
n'étoit
pas
fi
dépourvü
de
gloi-
re,
que
de
vouloiren
fa
vicillefle,
accepter
de
vains
honneurs
1
pour
une
promenade
faite
L.
Vers
le
même
tems
,il
pria
le
Sénat
de
faire
des
funérailles
publiques
à
Sulpicius
Qui:
.
finuss.
Cet
homme
étoit
originaire
de
La:
pu:
REFLEXIONS
POLITIQUES.
1
Les
Princes
,
qui
ont
acquis
une
réputat'on
fo.
de,
méprifent
les
faux
honneurs
;
parce
que
leur
.
gloire
n’a
pas
befoin
d'emprunt,
&
que
celle,
quéles
flareurs
leur
veulent
prêter
,
ne
fert
qu'à
détruirerou-
tite.
C'eft
pour
cela
,
qu’Aléxandre
jeta
dans
l'Hi=.
dafpe
lhiftoire
de
Ja
bataille
qu'il
avoit
gagnéedur
…
Porus,
difanc
à
l’Auceur
,
quiluien
faifoir
la
lecture,
qu'il
écoir
bien
téméraire
d’y
avoir
inferé
de
faux
exe
ploirs,
comme
fi
Aléxandre
n’en
avoir
pas
fair
aflez
‘de
vrass,
pour
pouvoir
être
loué
fans
mentir.
Prufias,
Roi
de
Birhynie
;
fur
méprifé
du
Sénat
de
Rome
pour
s'écre
avifé
de
Jui
faire
ure
harenoue
femée
de
face
ries
fur
ure
viétoire
,
que
les
Romains
avoïenr
rem=.
_.1
Il
n'ya
pois.
de
reconnoiffance
plus
fincére,
que
colle,
que
les
Princes
montrenr
après
la
mort
des
Mi-
—
=...
ne
N
É
î
È
Ê
E
£
à
È
Ë
ee
Livre
TrRoïsieMs
117
auviumg,
&
n'apartenoit
en
rien
à
la
famille
patficienne
des
Sulpices
;
mais
Augufle,
à
quiil
avoit
rendu
de
grands
férvices
à
la
ouer-
rer,
l’aveit
honoré
du
Confulat,
&
peu
après
;
du
triomphe,
pour
s'être
emparé
des
forts,
que
les
Hormonades
tenoient
dans
la
Cilicie.
Etant
Gouverneur
de
Caius
Célar
durant
fon
féjour
en
Armenie
,
il
avoit
fait
aufii
—_
ReFLExroNs
Porrrr
QUES.
niftres
,
quilesont
bien
fervis.
Les
Portugais
accule-
rent
Philippe
I.d’ingraticude
pour
ne
s'être
pas
abfte-
nu
;
flon
la
coutume
de
leurs
Rois
en
pareilles
ren-
contres
,
de
paroîere
en
public
le
jour
que
mourut
le
Duc
d’Alve,
quiluiavoit
Se
le
Royaume
de
Por
-
tugal.
Henri
IV.
au
contraire
fur
loué
de
toute
la
Cour
de
Rome,
&
de
rous
Jes
Princes
d'Italie,
pour
avoir
faie
célébrer
dans
les
Eclifes
de
Nôtre
Dame
de
Paris
&
de
Nôtre
Dame
de
Roüen
les
funérailles
du
Cardis
al
Toleto,
qui
avoit
été
le
principal
promoreur
de
fon
abf{olution.Et
c’eft
chofe
merveilleufle,
dir
le
fage
Cardinal
d'Offat
,
que
du
milieu
d'Efpagne
,
d’où
ef
venue
toute
l’opofirion
&
contradiction
une
f
faince
œuvre,
Dien
ait
fufeité
un
perfonnage
de
f
grande
autorité
,
pour
procurer,
foliciter
,achemirer
>
avan=
cer,
&achever
ce
que
les
Efpagnols
abhorroient
le
plus.
Lettres‘
14,
€&
80.
:
|
NOTES
HISTORIQUES,
.
g
Le
latin
ajoûte
,
musicipiumn
»
C'eft-à-
dire,
ville
munici
pale,
:
tLe
latin
dit,
imipiger
milite,
dv
acribus
minifleriis,
ce
qui
#
lalettre
veuc
dire
,
qu'il
étoie
homme
d'éxécution
&
de
vie
gucurà
la
guerre,
Fate
Pat
on
Na.
210
AP
Va
ET
k
tout
le
foin
qui
2
A]
#8.
Les
ANNALES
De
T
ACTTr.
aufli
{à
cour
à
Tibére
;
qui
demeuroit
à
Rhodes
2
:
&
Tibére
l’écrivit
alors
au
Sénat
avecun
grand
éloge
de
Quirinus
;
accufant
,
au
contraire,
Marcus
Lollius
f
d'avoir
corrom-
pu
R£sFLExIONS
POLITIQUES.
-
.
»
Pour
être
aimé
conftamment
des
Princes,
il
faut
ävoir
cultivé
leur
amitié
dans
leur
fortune
privée,
où
dans
un
tems
qu'ils
ont
été
perfécutez
,
par
leur
predé-
ccfeur.
L'amicié
des
particuliers
nes’aquiert
qu'ala
longue
à
plus
forte
railon
celle
des
Princes
doit-elle
s’aquetir
par
de
longs
fervices.
Is
font
peu
de
casdes
ferviteurs
qui
leur
viennent
,
lorfqu'ils
montent
au
trône,
parce
que
d'ordinaire
ce
font
des
gens,quisa-
dreflenr
plurôt
à
leur
fortune
qu'à
leur
perfonre;&qui
regardent
la
récompenfe
comme
prochaïne;au
lieu
que
ani
ceux
,
quife
font
attachez
àeux
du
vivant
de
leurs
rie,
Ê
-
vaux
&
de
leurs
ennemis
,
ainfi
qu'avoir
fait
Quirinus
à
Tibére
du
vivant
de
Caius
Cefar
,
le
plus
prochehe:
vitier
de
l'Empire
,
entre
de
plein
droit
en
pofteffion
de
la
faveur
du
Prince,
qui
les
confidere
fur
le
pied
d'amis
défintéreflez.C'eft
ainfi
que
le
Duc
de
Beaufort,
à
fon
rerour
d'Angleterre
,
devint
le
favori
de
la
Reine.
Anne
d'Efpagne
,
qui
non
contente
de
parler
delui
avec
route
forte
d'eftime,
&
de
commander
à
fes
créas
TUIS
.
SD
armement
NOTES
HISTORIQUES.
Patercule
parle
ainfi
de
ce
Lollius.
C’étoit
un
homme;
qui
P
;
in
avoitplus
d’envi
|
prenoit
de
cacherfes
vices,
ne
laiffoit
pas
d’être
&
de
paroitre
encore
très
vicieux:
Chap.
97.
d#
livre
2e
’Augufte
avoit
défon
Epirome.
Et
dans
le
102:
ajoute
,
qu
-
choifi
cé
Lolltus
pour
être
le
Gouverneur
de
Caïus
Cefar
s
ie
de
senrichir
,quedebienfaire,&quiavec
quer
moderatorcre
juvense
filii(ii
Angufius
effe
GOUT
A
>
detrenteans)
avoit
toujours
tenu
pour
lui
€oïftance
de
leurs
glorieux
arcétr
Livre
TRrotsrr
Mr
119
Pu
le
bon
naturel
du‘jeune
Célar
3
,
&
fo
menté
{a
difcorde
Entre
ce
Prince
&
lui.
Mais
.
la
REFLEXIONS
PoLiTr
ques.
tures
de
s’unir
d'amitié
avec
lui,
le
choifir,un
jour
que
les
Médecins
crurent
que
Loüis
XTIT.
alleit
mourir
,
poufêcre
le
gardien
de
Mon
feigneur
le
Dauphin,&
de
Monfieur.
Confiance,
qui
marque
aflez
à
quels
hon-
neurs
&
dignirez
elle
le
deftinoit
5
S'il
eût
mieux
fé
-
Mésager
{a
fortune.
Mémoires
de
la
Chajire.
Henri
v.
Perfita
toujours
à
demander
la
Premetion
du
SieurS$e-
“Tafinau
Cardinalar,jufqu'à
ce
qu'il
lPeñt
obtenue
>Par-
depuis
plus
>
&
pour
Ja
Couronne
,
au
tems
le
plus
difcile
&
dangereux.
C’eft
Comme
en
parle
M.
d’Offat
dans
[à
lettre.
6x.
3
Un
méchant
Gouverneur
>
où
Précepreür
,
eft
na
dangereux
inftrumenc
auprès
d’un
jeune
Prince,
ccque
ce
Prelar
(il
éroit
Audireur
deRore
Teflarecensimbuts
din
fervabis
odoveys,
Platon
dit,
que
les
Rois
de
Perfe
donnoïent
À
leurs
en
fans
quatreMaîrres
oWGouverneurs
,
par
raport
aux
quatre
vertus
néceflaires
à
ceux
qui
doivent
régner:
Le
premier
leur
fefoir
des
leçons
de
prudence
;
Le
fecond
fice
;
la
troifiéme
les
.
accohtumoitadroitement
à
la
témpérance,
&
aux
rmé-
pris
des
voluptez
;
le
dernier
leur
enfcignoit
l’art
de
Ja
ples
de
courage
&de
Xaucecres,
Dans
fon
Premier
Alcibirde.
Paul
Emile
dir
>
que
Gillés
Romain,
qui
fut.
Atchevêque
de
Bourges
,
éxhorrot
LE
RoïPhilippe
le
Bel
à
imiter
en
cela
les
Rois
de
Perfe,
Livre
8,
de
[os
Hifioire
de
France,
<
io
Les
ANNALES
DE
Ï
ACITR.
|
|
jh
em
gg
pr
“cs
ER
on
D
À
RG
nm"
Lomé
Tee
ne
À
+-
nt
ROC
NER
MAIRE
NAES
On
dINE
__commifhon
,
lui
rendoïert.un
repenrir
silen
revenoit.
Il
femble
,
ii
étoir
bien
un
meilleur
Prince
que
Loüis
XI.
f
tint
f
la
mémoire
de
QuirinuS
nétoit
point
agréd«
ble
au
Sénat
,
à-caufe
de
l'accufation
intens
tée
contre
Lepida
,
comme
j'ai
dit
,
de
fon
avarice
fordide,
&
de
fa
vicillelfe
impéricu-
fe:
:
LI.
Surla
fin
del’année
,C.
Lutorius
Prif-
cus
;
Chevalier
Romain,
à
qui
l'Empereur
>
.
#
3
£
Le
avoit
donué
de
l'argent
pour
uneexcellente.
éleaie
fur
la
mort
de
Germanicus
,
fut
acu-
fé
de
Favoir
compofée
auparavant
pour
Dru-
fus,
qui
étroit
malade
,
en
vüe
d'être
récom-.
_penfé
plus
libéralement
,
fi
ce
Prince
fût
venu
à
mourit
1.
Veritablement
il
avoit
là,
par
vanité
ces
vers
à
plufñeurs
Dames
illuftres
S
dans:
REFrLEXIONS
POLITIQUES:
1.
Rienn'eft
plus
odieux
aux
Princes
,
que
tout
ce
que
l'on
fait
en
vüc
de
leur
mort.En
quelque
état
qu'ils
»
foient,
ils
ne
fauroient
fouffrir
qu'on
les
compte
pour
:
morts.
Quand
Loüis
XI.
répondirà
ceux,
quiluians
jui
:
Peut-être
nefuis
{en
enfez
sil
témoignoiraffezou
qui
s'étoient
chargez
deceue
fervice
dont
il
les
feroits
que
le
feu
Rois
SA
noncérent
;
que
c'étoit
fair
de
pas
f
malade
que
vous
ÿ
‘vertement
;
QUE
CeUX
»
ofenfé
de
la
crédulité
de
la
Reine
,
lorfque
voulanttes
nirle
Confeil
;
qu'elle
avoit
tenu
le
jour
précédent
par
on
commandement
exprès
,
il
la
fit
retirer
defa
chame
bre,
quoiqu'il
Für
à
deux
doigts
de
la
mort.
Tant
les
Princes
ont
de
facilite
à
Le
flarer
des
efpérances,,
quon
:
en
se
=
lus
nee
ne
unes
FRITES
ET
Er
T
RES
LIVRE
TROISIE
ME
.
yo
dans
la
maifon
de
P.
Petronius,
&
lorfque
le
délateuriesapella
pour
venir
témoigner
,
il
n'y
eut
que
Vitella
,
belle-mere
de
Petronius
,
qui
foutint
hardiment
,
qu'elle
n'avoic
rien
oùi
;
mais
on
ajoûta
plus
de
foi
à
celles
,
qui
dépo
loient
contre
l'accufé.
Haterius
Agtippa
,
dé-
fioné
Conful,
Opiua
à
la
mort
,
au
contraire
M.
Eepidus
parià
en
ces
termes:
-
»
LIL.
Si
nous
confidérons
fulement
#
avec
quelle
hardiele
Lutorius
Prifeus
à
fouil-
»
IC
fa
penfée
&
les
oreilles
de
fes
auditeurs
,
»
ni
REFLEXIONS
PoLiT:
QUss,
-
Rutdonne
d’une
plus
longue
vie,
Ainfi,
M.
de
Chiver.
ny-fit
une
action
très-prudente,
lorfqu'il
refufa
d'afi-
fter
à
laconfultation,
que
les
Médecins
firent
fur
[a
maladie
de
Charles
IX.
d'autant
qu’aparcenant
au
Roi
de
Pologne,
fon
frere,
&
fon
légitime
fuccefleur
,
on
l'autoir
pù
réparder
à
cerre
aflemblée
comme
un
homme
,
qui
atendoit
la
mort
du
Roi,
&
l'avéné-
ent
de
fon.Maître
àla
Couronne.
Dans
[es
Mémai=
res,
Auxefte
,
fi
Lurorius
avoit
commis
un
crime
cu
compofantune
élégie
fur
la
mort
de
Drufus,
qu'il
tenoirpour
affûrée
,
ceux-Ià
ne
fonr
pas
mois
crie
minels
,
qui
préparent
des
Oraïfons
funébres
à
des
Princes,
qui
font
encore
pleins
de
vie
,
pour
être
les
premiers
à
{es
prononcer
,
quandils
viennent
à
mou
tir,
&
pour
fe
faire
un
renom
de
grands
Orateurs,.
Ca
pérfuadanr
qu'ils
ont
fair
en
cinq
ou,
fix
jours
des
difcours
,
qui
quelquefois
leur
ontcouté
plufieurs
années
Quoiqu'ilen
foi,
ces
sens-là
MONETIENT
tOU—
Jeursmieux
leur
vanité
queieur
éloquence.
=
Tome
II,
122
LES
ANNALES
DE
TAcirs
*
#nila
prifon,
ni
la
corde
,
ni
même
les
fu
_»
plices
desefclaves,
ne
feront
pas
une
puni-
stion
fufhfante.
Mais
quoique
Îles
crimes.
»
foient
aujourd'hui
fans
nombre
&
fans
me-
»
fure
,
à
modération
du
Prince,
l'éxemple
de
»
nos
ancêtres
,
&
vôtre
prudence
,
ne
fouffrent
°
»
pas,
que
les
peines
aillent
à
la
déiniére
ris
»oueur.
La
vaiu.é
«ft
diferente
de
la
fcéléra-
»
telle
;
&,lés
paroles
ne
fe
punillent
pas
»comme
les
ad
ions.
On
peur
ouvrir
un
»
avis
,
par
lequett
le
coupable
foit
pant
,
fans
#
que
nous
ayons
lieu
de
nous
epentir
014
»
de
otre
indulsence
,
ni
de
nôtre
fevérite,
mai
fouvent
oùt
le
Prince
fé
plaindre
de
.
»
Ccux,
cui
par
leur
defefpoir
avoient
préve-
-»pu
faclémence
1.
Donnons
donc
la
die
À
»
Eutorius,
qui
ne
peut
ni
fervir
d'éxemple
,
»
quand
on
le
fera
mourir
5:ni
troubler
le
re-
sresesas
eme
pi
rose)
LU
SINET
ENS
#
pos
public,
quand
on
lelaïffera
vivre,
Car
*
>»
qu
yat
il
à
craindre
d'un
homme,,
quis
95
»
cupe
à
des
chofes.
vaines
&
frivoles,
&
qui
»
{e
se.
lai
même
5
va
:
débirer
fes
folies
+.
iclque
.
que
“foie
Lu
pa
s
de
prendre
plaifir
à
s'entendre
lotierde
clémen
_
ce.
Ilarrive
quelquefois
,
aue.les
lotanges
és
on
lu
=
donne
pour
une
vertu
qu
AE
Aa
pas
j
dt
font
“ae
:
Penvie
de
les
méritrenla
RAUAEe
ot
La
dééhiuédéis
S
Livre
TROISYE
ME
133.
»
fes
biens
,
interdifons-lui
le
feu
&
l'eau.
Je
ne
»
parlerois
pas
autrement
,
quand
il
feroit
cri
»
minel
de
leze-majefté.
LITE.
Cét
avis
ne
fut
fuivi
,
que
du
con-
fulaire
Rubellius
B'andus1,
tous
les
autres
furent
de
celui
d'Agrippa
,
&
par
conféquent
Lutorius
mené
en
prifon
fut
aufli
tôt
éxécu-
té
Tibére
en
écrivit
au
Sénat
avec
fes
ambi-
guitez
ordinaires
,
loüant
Lepidus
,
&
ne
blä-
mant
pas
Agrippa
2
;
éxaltant
l'affection
du
Sénat
;
qui
vengéoit
avec
ardeur
juigu'aux
moindres
offeufes
faites
au
Prince
,
mais
prianc,
qu
à
l'avenir
on
ne
fe
hârât.
pas
fi
fort
de
pur
nir
les
paroles
3.
Il
fut
donc
ordonné
;
que
les
arrêts
de
mort.
ne
feroient
portezau
Greffe
=
4
qu'a
RErLEIXIoNS
Poririques.
1
Un
Sujet,
qui
a
le
Prince
pour
partie
adyerfe
5
ne
trouve
jamais
beaucoup
de
Juges,
qui
veuillent
pro
téger
fon
innocence,
&
pour
peu
qu'il
Loir
criminel
.
toutes
les
voix
vontala
mort.
Dasgereufe
eft
la
Juf.
tice
;-dit.
Antoine
Perez
"où
Ja-
volonté
donne
la
fer
tence.
Que
fera-ce
donc
fielle
a
pour
af-ffeurs
le
pouvoirabfolu,
lecouroux,
&
la
Aaterie
?
_4forfes
de
Jes
Relations.
Cela
me
fair
fouvenir
du
proverbe
Ef-
paghol,
qui
dir
,
alla
van
Leyes
,
de
quicrer
R£yos.i.
©
des
Loix
vont
où
veulent
les
Rois.
ee.
2,
Quand
le
Prince
ne
bläme
pas
les
actions
cruels.
les
ou
févéres
de
fes
Miniftres.,
c'eft
une.marque
af
_furée,
qu'ilen
eft
bien
aile,
ou
du.
moins-.qu'i
n'es
eft
pas
fâché.
:
a
Re
a
-
3
Les
Princes
fanguinaires
Ont
coutumé.de
pren
die
Je
mafque
de
la
clémerceaprès
le
fans
répandu,
—
nn
2
1
pour
LRU
LS
ARC
CRETE.
Gé
TAC
324
Les
ANNALES
DE
TAcuTe.
gu'après
neuf
jours
accomplis
r
;
pour
donner
aux
condamnez
le
tems
de
recourir
au
Prince.
Mais
Tibére
ne
fe
laiffoit
point
adoucir
par
le
tems
,
&
le
Sénat
n'ayoit
point
la
liberté
de
évoquer
,
ni
de
modérer
ces
arts
#e
See
AN
REFLEXIONS
POLITIQU
56.
pouren
rejeter
la
haïne
fur
ceux;,qui
leur
ont
fair
p'ais
fr
en
le
répondant.
Après
qu'Elifaber
d'Angleterre
eût
fair
trancher
la
cête
à
la
Reine
d'Ecofle
,
elle
fit
con-
danner
à
une
prifon
perpétuelle
le
Secretaire
Davifons
miffaires,
l’acufant
de
le
lui
avoir
fair
figner
par
fut
prife.
Philippell
lila
procéder
centre
Anvoine
Perez
fon
Secreraired
Etat,
pour
le
meurtre
commis
en
a
perfonne
du
Secreraire
Efcovedo,
quoiqu'il
lui
en
eût
donné
l'ordrepar
€erir.
Et
Cabrera,
qui
ent
reprend
de
juifier
Philippe
,
ne
laiffe
pas
d'avoüer
,.que
la
mort
violence
de
cer
homme
ne
lui
fit
point
de
compañlion,
Chap.
5.
du
livre
12.
de
fon
Hiftasre..
GSSEEPEERE
SNS
ARE
SN
LEE.
ep
xiéme
jour
de
l’arrér
prononcé,
1
Les
Loix
Romainesne
fouffroient
pas
pas
même
une
feule
lettre.
Praconfylis
rebelle
fententiaeft,
qu4
For.
Btc’elt
pour
cette
railon,
quePilate
répondit
aux
Juifs
1
1
1
sjui
vouloient
qu’il
changeäti’infcription
mife
fur
La
groix
46
_Jefus
Chris
Quod
[rip
à
[Crépfie
quiavoit
porté
l’ordre
de
cette
éxécurion
aux
Com-
=
#C'eftà-dire,
que
les
condamnez
re
pouvoient
plus
être
_
éxécutez
à
mort,
que
dansledixiéme,
ou
même
après
le.
dir
,
que
les
Magiftrats
-
changeaffentrien
aux
fentences
qn’ils
ayoient
prononcées
,n0n
_
femell:daneque
angeri
litter&
,
neque
mini
poreft,
fiduscuns
que
recira
,
114
Pronintia
inférmmento.
refertur,
Apuh
lbs
near
ee
dre
CAC
D
UE
FN
AP
Livre
Trorstr
ie
125
AN
DE
ROME.
775.
LIV.
Nous
entrons
dans
le
Confulat
de
Caïus
Sulpieius
&
de
Decimus
Hatérins
,
fous
lequel
tout
fut
tranquille
04,
1e
dehors
fut
tranquil'es
au-
dehors
,
au
lieu
que
la
Ville
fut
agitée
de
la
crainte
de
la
réformation
du
luxe
,
qui
étoit
exCcilif
dans
tout
ce
qu'il
ya
de
chofes,
où
l'on
peut
prodiguer
fon
argent.
Mais
quoique
les
dépenfes
‘en
habits
&
eu
meubles
fuffene
les
plus
ruineufes
,
c’étoient
néanmoins
celles
qu'on
cachoit
le
mieux
,
parce
quele
prix
en
étoit
inconnu
x.
Ainfi
trous
les
difcours
tom
boient
fur
la
fomptuofité
des
feftins
:
&
com-
me
Tibére
étoit
un
Prince
d'une
frugalité
égale
à
celle
des
Anciens,
on
craignoit
quil
_he
fit
quelque
réglement
incommode.
Cr
x
'
PES
aprés
queC.
Bibulus
eut
commencé
4
parler
@é
la
reformation
,
les
autres
Ediles
avoiene
Es
LE
FCPre»
NOTES
HISTORI
QUES,
x
Câr
outre
que
le
commun
ne
favoit
pas
le
prix
des
pierre
ries
;
destableaux
;
des
vales
d’or
&
d’argent,&des
riches
éto-
fes,
ceux
qui
en
achéroient,
fe
gardoïent
bien
de
dire
ce
aie
tout
cela
coûtoit
;
comme
fontencore
aujourd’hui
nos
bour-
_
geoifes
,
qui
pour
avoir
tout
ce
qui
tente
leur
folle
ambition,
fontaccroire
à
leurs
maris
,
qu’on
leur
offre
à
vil
prix
des
meu-
“bles
précieux
,-qu’elles
achetent
bien
cher
»
&
qu’elles
nofe-
toient
Jamais
Jaiffer
voir
,
flenom
de
haXard
,
où
de
rescotte
27e,
qu'on
donne
à
ces
achats,
ne
fervoit
de
éouverture
{pé-
ciehfe
à
leurluxe.
Et
voilà
comme
les
femmes
menent
leurs
:
maris
&
leurs
enfans
à
l'Hôpital,
à
moins
qu'il
d'ÿait
des
ae
fans
au
louis
por
aysdls
de
pifre,
<
126.
Les
ANNALES
py
TAcrrTe.
étoient
méprifées
;
que,
malgré
les
défenfes
;
.
Àe
prix
des
chofés
néceflaires
au
ménage
croif
foit
de
jour
en
jour;
&
que
le
defordre
ne
_
pouvoit
plus
Être
arrêté
par
les
remédes
ordi-
naires
:
Et
le
Sénat
avoit
renvoyé
cette
affaire
=
«
o
Là
\
s
au
Prince.
Tibére
,
après
avoir
fouvent
exa-.
mine,
fi
l'on
pourroit
empêcher
des
profu-.
fions
fi
déréolées
;
fi
la
réformation
ne
tour-
neroit
point
au
dommage
de
la
République
1;
combien.
il
lui
feroir
honteux
de
ne
pas
réüf-
_fir
dans
fon
entreprife.,
ou
fâcheux
de
ny
téüffir
,
que
par
une
punition
ignominieufe
dés
perfonnes
illuftres
,
qui
fe
trouveroient
:
|
ee
=
eo
en
ReFLEXIONS
PoziTiques.
.
xeprefenté
an
Sénat
,
que
les
loix.
fomptuaires
done
me
EL
17
CS
2,
0e
Le
ve
TRS
RE
Q U E
1
La
premiere
chofe
;
à
laquelle
un
Reformateur
doit
bienavifer,eft
que
fa
réformarion
ne
tire
pas
après
foi
des
maux
plusgrands
queceux,
donril
veutarrèter
le
cours.
Pie
V.ayant
fair
enfermer
toutes
les
Courti-
fanes
dans
un
lieu
féparé,
fur
averti
par
les
Conf
:
p
P
*
{eurs
,
que
l'adultére
,
Pincefte,
&
la
fodomie,
fe
mul-
tiphoïent
à
vüe
d'œil.
Pagliari
dansfen
Commentaire
far
Tacite,
Oblervarion
38
9.
Sixte
V.
l'homme
du
monde,
qui
favoit
le
micux
fe
faire
obéir
,
ne
réüffir
pas
micux
que
Pie:
faure
de
pouvoir
enfermer
ces
fem
-mes,
dont
lenombre
étoirexceffif
à
Rome.
il
leschaf=
fa
prefque
toutes
,
dans
la
penfée
de
tenir
enfermées,
dansun
lieu
particulier
celles
qui
reftoient
;
mais
les
=
RE
.
À
2
\
-Confeffeurs
lui
a
yanr
fair
lesmêmes
remontrances
qu'à
Pie,
ilcommanda
au
Gouverneur
de
Rome
de
lever
le.
ban;
avec
permiffion
d'y
retourner
à
toutes
celles,
qui
Vie,
=
n
éroient
fortics.
Letilévre
1.
dela
feconde
partiede[s
Hi
Ah
/éé
LIVRE
TRO:SIEME
127
en
faute
;
écrivit
enfin
cettelettre
au
Sénat
-,
»
LV.
En
toute
autre
affaire,
Meflieurs
,
il
»
féroit
peut
être
plus
à
propos
de
me
de-
»
mander
mon
avis
,
en
plein
Sénat
,
afin
».que
je
répondifle
de
vive
voix
;
mais
en.
celle-ci
,ilvautmieux
,
que
je
foisabfentc,
»
de
peur
que
la
erainte
de
ceux
,
fur
qui
»
vous
jetteriez
les
yeux
,
ne me
fit
remar-
»
quer
auf,
&
prendre
comme
fur
le
fait,
»
les
perfonnes
accufées
d’une
vie
fihonteufe,
»
Siles
Ediles
meuffènt
confulté
là-deflus
,
je”
»nefai
,
lije
ne
leureuffle
point
confeillé
de
»
lailler
des
vices
enracinez
&paflez
en
cou
5
tume
1,
pltOÔt
que
de
nous
mettre
au
ha-
=.
:
.
»
Zatd
_REFLExIONS
PoLrTrqUEs.
F'Ün
Prince
,
qui
veut
établiruns
domination
:bfo-
lae
&
defpotique,
f
garderabien
,s'ileft
habile
,
de
réformerleluxe,
quieft
le
meilleur
&
le
plus
agréable
inftrument
de
la
fervirude,
Ce
fin
Prince,
dit
Citiaque
de
Leñrzen
parlant
de
Tibère
,évira
la
réformation
du.
luxe,
parce
qu'ilayoit
autant
de
gages
&
d'ôrages
de.
la
fervitude
de
la
ville,
qu'ily
avoit
de
grands
&
de
riches
qui
vivoienr
danses
plaifire
,
&
dans
la
INA
Die
ficence,
SiVefpafien
pürbier,
par
fon
éxemple,
rapel=
Jer
les
anciennes
imœurs,
&
remettreen
crédit
l'ancien
ne
frugaliré
:
fitour
récemment
le
Roi
Très
Chrerien.
Loiis
XIIT.
a
pu
par
un
Edit
remédier
aux
modes
Fe
-
aux
dépenfes
exceffives
des
habits,
pourquoi
Tibére.
nauroit-1l
pas
eu
le
mêmefuccès
,
s'il
eñten
la
même
volonté
?
Dens
fon
Auguffus.
Il
ajoûte
dans
fon
Aule
Tiberiana
>
que
les
Cartons,
les
Thrafea
,&
les
Hel-
vidins
ne
font
jamais
au
août
désryrans
,
&que
So-
Er
à
#
Crates
{
128
Les
ANNALES
DE
TACITz.
:»
zard
de
faire
voir
;
qu'il
y
a
des
maux
auf
»
quels
nous
ne
fommes
pas
capables
de-re-
_
=»
médier
2.
Mais
au
refte
;
ces
dignes
Ma<
_»
giftrats
ont
fait
eux
dévoir,
comme
je
vou-
»
drois
que
le
fiérit
tous
les
autres.
Pour
5
Moi,
javoué
,
quil
ne
meft
pas
honnête
»
de
me
taire,
mais
aufli
je
fuis
fort
en
pei-
sne
de
vous
répondre
,
car
je
ne
fais
pasla
»
charge
d'un
Edile,
d’un
Préteur,
ni
d'un
#
Conful
;
3
on
attend
du
Prince
quelque
.
Re
|
»
chofe
.
REFLEXIONS
POLITIQUES.
grate,
quoiqu'il
fût
pauvre
,
devint
fufpect
aux
trente
tyrars
par
le
mépris
qu'il
fefoit
des
plaifirs
de
la
vie
;
atenduque
les
mauvais
Printes
freoardent
comme
des.
ambiticux
tous
ceux,qui
préférent
leur
réputation
aux
aléchemens
de
la
volupté.
Aforifime
63.dulivres.
2
Quoique
les
plaïntes
,
qu'on
faït
contre
les
vieux
abus
,
foient
raifonnables
,
les
Princes
ne
laiffent
pas
de
Jestolérer
,
parce
que
nous
ne
fommes
pas
capables
de.
Ja
perfeétionauftére,
que
demandent
des
Cenfeurs,
qui
n'entendent
rien
awoouvernement
des
Érars.
Les
ordres,
les
plus
conformes
à
la
Raïfon
ne
font
pas
toujours
les
meilleurs,
parce
qu'ils
ne
font
pas
quelquefois.propor-.
tionnez
à
la
portée
de
ceux
,
qui
les
doivent
pratiquer.
Section
x,
du
chap.
4.
déla
premiere
partie
du
Teflament
Politique,
3
Les
orands
Princes
ne
doivent
pas
s’cmbarafler
de
toures
fortes
d’affaires,ni
defcendre
dans
cousles
petits.
détails.
Tandis
qu'ils
cravaillent
aux
grandes
chofes,
leurs
Miniftres
&
les
Magifirats
ordinaires
cxpédien
les
petices.
L’aplication
qu'ils
donnent
à
celles
ci
leur:
en
fait
oublier
,
ou
du
moins
diférer
d’autres,
dont
le
xérardement
préjudicie
fort
au
bien
de
leur
Erat,
Don,
È
È
DU
à
der
7
1
d'e
AT
M
_æ
Ou
àvôtre
Général
-»
de
Richelieu
à
Loüis
X
LIT.
d'a
-
»
nes
était.
plus
mdefcoara
Livre
Trorsir
me
129
»
chofe
de
plus
grand
&
de
plus
majeftueux.
»
Chacun
tire
à
{oi
la
eloire
de
ce
qui
a
été
»
faitavec
fuccès
,
&
le
blâme
de
tout
ce
qui
»
n'a
pas
reufhi
,
eft
toüjours
rejetté
für
un
#
ful.
Par
où
voulez-vous
que
je
commen
-
#
Ce?
fera
ce,
par
vos
mailons
des
champs,
#
qui
occupent
un
efpace
infini
;
où
par
cette
»
multitude
de
valets,
que
vous
rangez
par
na-
<
$
»
(IONS
>
REFLEXIONS
PoOLxTIQUES.
Juan
Antonio
de
Vera
dit
>
que
Charle
quinr,
-bierx
que
très
pieux
,
n'eut
jamais
beaucoup
de
commuuicas
|
tion
avec
les
Moines
,
hors.du
Confeflional
»
tant
qu'il
cut
des
Etats
à
gouverner.
Et
un
jour
que
le
Pére
Frans
çois
de
Madrid
Je
confultoic
fus
quelques
abus
de
for
Ordre},
qu’il
eftimoit
dignes
de
réforme
,
il
lui
dit
>»
d'uu
air
un
peu
chagrin:
Pere
François
,
de
tout
ce
#
Que
vous
m'avez
dit,
je
ne
trouve
rien
>
Qui
revat-
=
de
l'Empereur
>.
que
ne
vous-adreflez-
vous
au
Pape,
>
plutôt
qu'à
moi
>»
qui
ne
perd
5
pas
Mon
téms
à
difcourir
d'affaires
de
Cloître.
Dens
_w
l'Epitome
de
fa
Vie
Ye
conjure
V.
M.
dit
le
Cardiral
pliquer
fon
efprit
#
AUX
grandeschofcs
importantes
à
{on
Etat,
&
de
”
méprifer
les
petites,
comme
indiones
de
fes
foins
&
»
de
fes
penfées.…:
Tant
s'enfaut,
qu'Ellepuifle
tireg
waücunavantage
de
s’ocuper1
rop
au
détail
de
celles.
#
qui
ne
font
pas
confidérables,
qu'au-corntraire
elle
#Cnrecevroit
beaucoup
de
dommace,
on
feulement
mCn
ce
quetélles
Ocupations
Ja
divertiroient
d'au
mLIES
MO
AS;
mais
aufli
>
parce
que
les
petites
épis
capables
de
piquer
aue
les
grandes
,,
#
qui
S'apercoïvent
facilement
,
il
lui
feroit
impofble
gafantir
de
beaucoup
de
chagrins,
inuriles
aux
affaires
,
&
fort
contraires
à
la
farré.
Chap.
s.de
im
Premiere
parrie
4e
fon
Teflarmermt
Politique
2
2
:
<
À
x30
Lrs
ANNAEES
pe
Tacire.
»
tions
?
fera-ce
par
vôtre
vaïllelle
d’or
&
_»d'argent
y,
ou
par
ces
figures
de
bronze,
5
CE
mme
1000-64.
PTE‘
moines
nn.
re
SX
|
NOTES
HISTORIQUES.
3
Ce
que
fit
Henri
III,
Roi
de
Caftille,
pour
abolir
Le
luxe
de
Ja
table,
mérite
d’être
mis
ici,
comme
un
des
plus
beaux
exent-
ples
de
ce
que
peut
un
Prince,
qui
a
de
Pefprit&de
la
vigueur.
Jn
jour
,
que
fa
table
étoir
très
mal
fervie,
on
lui
dit,
que
les
Grands
du
Royaume
fe
traitoientbien
autrement
;
&
qu’il
n’y
avoit
rien
de
fi
fomptueux
,
que
les
repas
,
qu’ils
fe
donnoïent
tour
à
tour.
Ce
jour
là
méme;érant
averti
quel’Archevèque
de.
roléde
donnoit
à
fouper
à
plufieurs
Seigneurs
;
il
y
alla
dé-
guifé
;
&
vit
la
magnificence
du
feftin,
où
rien
ne
manquoit,
&
auipis
eff
,
il
entenditdefes
propres
oreilles
lerécit
qu'ils
fi-
sent
de
leursbiens
de
patrimoine
;
&
des
penfions
qu'ils
ti-
roicnt
du
domaine
du
Roi.
Lelendemain
matin,
il
ft
courir
fe
bruit
qu’il
étoit
malade,
&
qu’il
vonloit
faire
fon
teftament?
ce
qui
les
firtous.acourir
au.Palais.
Surile
midi
,
Henri
entra
dans
la
(als,
oùils
attendoient,
&
fi-tôt
qu’il
furaffis
,
adref-
fant
la
parole
à?
Archevéque,
il
lui
demanda,comb'en
il
avoit
yô
de
Rois
en
Caftille,&fit-la
même
queltion
à
rous
les
autres.
féparément.
Les
uns
répondirent
:
J’en
ai
cena
trois
;
moÿ
quatre;
moi
cinq,
&e.
Comment
celafe
peut-il,
répliquale
Roi,
puifque
j'en
ai
connu
vingt
à
l’âge
que
Jai.
Et
les
voydnt
furpris
de
cequ'il
difoit,
il
ajouta:
C’effvous,
Meffiewrs,
que
étesces
Rois
,
an
grand
dommage
de
ce
Royaume
;
d*
an
gr1n8
déshonnenr
de
vésre
Roi
ÿ
mais
j'empécherai,quevôtreregnent
dure
long-rems
,
de
que
vousne
poufficx
plas
loin
la
raillerie,
que
vous
faites
de
nôtre
perfonne.
L’Archevèque
(e
jeta
à
fes
pieds;
&
lui
demanda
pardon,
comme
firent
auffi
les
autres.
Le
Rof
eur
ft
grace
de
la
vie,
&
fe
contenta
de
les
retenir
prifon-
miers,
jufqu'à
ce
qu'ils
lui
euffentrendu
les
châteaux,
awils
tenoient
de
la
Couronne
,
&
tout
cequ'ils
avoient
pris
[ur
les
deniers
royaux.
A@ion,
qui
lui
aquit
tant
de
gloire
&
d’auto-.
rité,
que
les
Grands
ne
furent
jamais
fi
fouplesiqu,f
obéïffans.
Outre
qu’elle
fit
éntrer
tant
d'argent
dans
feéofes
,
qu'il
PASS.
à
Am
le
TI
laiffa
de
grands
trefors;
fans
avoir
foulé
(es
Sujets?
Mariane
à
chap.
à.
dulivre1o.
de
fon
Hiftaire
d'EfpagnsreRemarquez
‘en
-pañlant,
que
ce
Roi
fit
ce
coup
de
maitre
l’âge
de
quinze
où
feize
ans.
fl
étoit
furnommé
Henri
l'infirme,
à-çcaufe
de
ja
foi-
:
“bjg-complexion
de
fon
corps;
maisil
méritoit
à
bon
dro
jt
Vendre
nue
PER
ET
ce:
;
le”
k
due
aie
Lin
agde
Lrvre
TRo!IsIEME
T3r
_»&
ces
tableaux
qui
font
autant
de
merveil-
les"?
Défendrai
je
ces
habics
fomptueux
,
»que
portent
également
les
hommes
&
les
»
femmes
?
ou
bien
empécherai
je
un
defor-
»dre
particulier
de
ce
fexe
,
qui
par
fa
pat
»
fon
pour
les
pierreries
fair
aller
cout
nôtre
»
Argent
à
des
nations
étrangéres
,
où
ennc-
>
Tes
Je
fai
qu'on
murmure
de
tout
cela
»
dans
les
Compagnies
,
&
qu'on
demande
un
»
téolement
;
maisfi
quelqu'un
en
fait
un,
Ë
:
2e
s:
A
.»
&
ordonne
des
peinés
,
lés
mêmes
gens.
_»
qui
fe
plaignent
des
abus
cricront
qu'on
»
veut
tout
bouleverfer,
qu'on
cherche
à
rui-
»iuer
les
familles
iuftres
;
&
que
petfonne
#
ne
fera
éxemt
dela
recherche
des
délateurs.
»
Gspendant
.
comme
l'on
ne
peut
arrêter
[e
#
COUTrS
des
vicilles
maladies
,
que
par
des
re-
»
médes
violens
,
on
ne
peut
pas
non
plus.
»
guérit
l'efprit
,
qui
ft
corrompu,
&
qui
wÔôutre
cela,
répand
encore’
fa
cCorruotion
»ailleurs
,
files
remédes
ne
font
auffi
forts
que
les
paffions
&
les
onvoitifes
4,
donr
EE
NEriiserons
Dorrriques
4
Aux
Maux
éxrrèmes,
il
faut
des
remédesextrêmes,
:
——
;
PAR
AC
PEDERS
CPE
RG
NOTES
HISTORIQUES,
titre
d'Henri
le
Fort
ou
le
Courageux
;
pour
la
vigueur
de
fonefprit.
Cerexemple
montre
bien
ce
que
dit
Monfieur
de
Richelieu,
que
les
Rois
peuventtout,
lorfqu'ils
veulent
ef-
caGement
&
conftimment
;
&
que
les
chofes’,
qui
paroilfent
les
:
plus
difficiles,
&
prefque
impoñfibles
,
ne
le
font
que
par
lime
diférence
»
Avec
laquelle
il
femble
qu’elles
font
ordonnées,
332
Les
AnnaAtes
pe
Tacrre
-sil
eft
embrafé.
Tant
de
loix
établies
pré
»
nos
ancêtres,
&
tant
d’autres
faites
par
le
divin
Aupguite
,
n'ont
fervi
quà
donner
«
_#
plus
de
crédit
au
luxe
,
les
premiéres
étant
»tombées
dans
l'oubli
,
&
les
autres,
(qui
»-eft
encore
pis
}
dans
le
mépris
5.
Car
lorfe
…
»
qu'on
aime
ce
qui
n'a
pas
encore
été
défen-
»du,
on
craint
quil
ne
vienne
quelque
dé-
»fenfe
;
mais
quand
une
fois
les
défenfes
ont.
|
sété
violées
impunément
,
il
n'ya
plus
de
sCrainté
ni
de
honte
6,
Pourquoi
la
frugali-
33.
LÉ:
RSELEXIONS
POLITIQUES.
5
I
n’y
a
plus
de
reméde,
quand
cequi
pafloir
aus
paravant
pour
vice,
vient
à
fe
métamorfoferen
mœurs.
Pour
lors,
il
faut
s’'acommoder
au
precepte
d'Hippo=
crate
,
qui
ordonne
de
n'apliquer
point
de
remédes
aux.
æaladies
defefpérées
:
6
Tandis
que
les
abus
font
tolérez
,
les
hommes:
gardent
quelques-mefnres
extérieures
de
Bienféance
,
-
parc
qu'ils
craignent,
que
fi
la
liberté
va
trop
loin,
le:
.
Prince
;
ou
le
Maviftrar,.
ne
s’avife
de
réformer
ces.
-
abus,
darslefquelsils
font
confifter
une
partie
de
leur
©
bonheur.
Au
contraire,
fi
le
réformateur
n’a-pas
aflez:
d'autorité,
pour
fe
faire
obéir,
commeilarrive
quel-
quefoïs
;
ou
affez
defermeré
;
pour
ne
pas
épargne
les
Grands,
qui
d'ordinaire
font
les
premiers
à
tranf-
greffer
les
nouveaux
réslemens;
l’éxemple
de
l’impuit
|
té
ouvre
la
porte
au
mépris,
&
du
mépris
on
pale
infenfiblement
à
la
licence.
C’eft
pourquoi,
il:faur
de
deux
chofes
l’une
,
ou
quele
Princes’abftienne
le
plus.
-
qu'il
ponrra
de
mettre
la
main
a
la
réformation,
fur-
-
sout
s'il
fe
fenr
foible
d'autorité.
,
ou
d'humeur
à
{e:-
Rifler
féchiraux
prieres,où
que
s’il
veut
faire
la
guer-
—
et:
LIVRE
TROISIE
Mr
137
æ
té
étoit-elle
en
régne
autrefois
>
parce
que
s
chacun
modéroir
fes
defirs
;
parce
que
nous
#ce
pollédions
qu'une
ville.
Et
depuis.
mé-
»me
que
nous
eümes
aquis
la
domination.
»
de
l'Italie
,
les
aléchemens
de
la
volupté
:
…
»nétoient
pas
fi
grands.
Les
guerres
étrangé-
»
res
nous
ont
apris
à
difliper
le
bien
d'au-
»trui
,
&
les
guerres
civiles
à
confumer
le
nôtre
z.
Ce
que
les
Ediles
viennent
dere-
»
montrer
et
bien
peu
de
chofe
,
du
moins
#
en
Comparaifon
de
tout
le
refte
7.
Perfon-
:
CHRIS
25
REFDEXTONS
POLITIQUES
LR
É-
Fe
aux
abus
,
il
prenne
une
bonne
réfolurion
d'êtreim
pitoïable
,
comme
un
Sixte-quint
énvers-ceux
qui
ofe-
#ont
enfreindre
{es
ordonnances.
7
Ilyades
gens,
quicroïent
,
quetout
eft
perdu.
#
l’on
ne
remédie
prontement
aux
abus
,
qui
les
cho-
|
quent
,
mais
le
Price
nedoir
jamais
fe
laïffer
entraîner
a
=
à
la.
conne
name
.
- =
ee
|
NOTES
HISTORIQVES
-
«
patercule
attribuëla
caufe
du
luxe
de
Rome
aux
deux
Sci-
pions,
quiont
été
furnommez
Afriquains.
Le
premier
;
dit-il»
avoicouvert
le
chemin
à
[a
puiffance
des
Romains,
mais
le‘e=
cond
louvrit
au
luxe
car
dès
que
Rome
n’eutplusrien
à
craindre
de
Carthage,
qui
avoit
ceffé.
d’être
,
l’on
ne
s'écartæ
pas
de
la
vertu
pas
à
pas,
comme
l'on
faifoit
auparavant,
mais.
on
coutut
à
toute
bride
aux
voluprez
&
aux
vices
s
l’ancienne
difcipline
fut
méprifée
,
&
fit
place
aux
nouvelles
mœurs,
&
-
voute
Ja
ville
paffa
foudainement
de
la
vigilance
à
laffonpifle-
ment
:
des
exercices
de
la
guerre
à
la
débauche;
&
dutravail
à
Poifiveté
Enfin
,
la
magnificence
publique
fut
incontinent:
fuivie
de
12
fomptuofiré
des
particuliers.
Awcommencement
dix
hors,
defon
Epiromes
$
134
LEes-ANNALES
De
TACIT
re.
5
ne
ne
réplique,
(&
certes
je
men
étonne
}
»5
que
l'Italie
a
befoin
du
fecours
des
provin-
»
ces;
que
la
vie
du
Peuple
Romain
eft
tous.
»
les
jours
à
la
merci
de
la
mer
&
des
tem-
»»
pêtes
4
5
que
ce
ne
font
pas
nos
maifons:
sde
plaifance
,
ni
nos
parcs
;
qui
nous
dé-
»
fendent,
ni
qui
nourrient
tant
de
maîtres
»
avec
un
monde
de
valets.
Ce
fonc
là,
Mef-
»
fieurs
,
les
foins
qui
occupent
le
Prince,
&
5
fans
lefquels
la
République
périroit.
Pour
»lérefte
;
chacun
ÿ
doit
remédier-en
foi
mé-
me,
&
ceft
à
nous
de
commencer
;
la
né-
»
ceflité
rendra
plas
faces
ceux
que
leluxea
»ruinez
;
&
le
dégobt
,
ceux
qui
font
ri-
x
ches
8.
Que
fi
auelque
Magiftrac
fe
fent
af-
=
,
—.
ES
;
+
RErLExIONS
PorrTtrques.
à
la
pafion
d'autrui.
C'eft
À
lui
de
prévoir
les
inconvés
niens
qui
peuvent
arriver
de
la
réformatior
,;
qu’on
lui
-
demande,
&
de
bien
confidérer
,
s’il
la
peut
entre-
prendre
avec
fuccès
,
en
forte
,
que
ceux
qui
ferons
contens
de
fes
réglemens
;
foienc
en
plus
grand
nom
bre,
que
ceux,
quien
front
mcconters.
Car
e°eft
à
]
>
cette
marque
;
qu
on
connoit
[a
prudence
du
réfore
mateut,
-
8
Onfe
lafle
dés
plaifirs,
comme
on
fe
lafle
de
far
re
trop
bonne
chere,
Beaucoup
de
voluprucux
devien=
nent
fagés
,
parce
qu'ilsn’ont
plus
de
plaïfirs
nouveaux
à
|
à
goû-
Pense
ceci
rame
©
4
_.N
OTES
HISTORIQUES.
2
Car
tout
lebled
venoit
d'Egypte
,
&
par
conféquent.
par
mer
|
a
4
Ë
:
4
5
(eZ
AE
REC
are
À
0
LIVRE
TRoOISLE
Mr
1:$
»>
fez
d'efprit
&
de
courage
,
pour
empêcher
»
que
le
mal
n'aille
plus
lon
,
j'accepte
vo-
»
lontiers
fon
aide
,
avoüant
,
qu'il
me
dé-
»
chargera
d'une
partie
de
mes
peines.
Mais
».fi
lon
ne
demande
une
réformation
;
que
»
pour
avoir
la
gloire
de
paroïtre
ennemi
des
»
vices,
&
pour
me
laifier
après
porter
tou-
»
te
Ja
haine
9
de
ceux
qui
en
font
acculez
3:
»
je
vous
déclare
,
Meflicurs
,
qu:
mon
def
»
{ein
neft
pas
de
me
faire
mal:à
propos
de.
#
Houveaux
ennemis
10
5
&
que
fi
jefluie
,
#
pour
R
EFL
EXTONS
Po
L
de
QUES
à
goûter
,
&
par
conféquent
plus
rien
de
quoi
vivre
cOntens,
“9
I}
ya
beaucoup
de
gens,
dir
M.
fe
Cardinal
de
Richelieu
,
dont
la
vertu
confifte
plus
à
plaindre
les
défordres
,
qu'à
y
remedier
par
l'écabliflement
d’une
bonne
difcipline.
Au-lieu
que
ceux
,
qui
{pur
emploïez
aux-afaires
publiques,
devroient
marcher
de
même
p'é,&
tenir
le
mêmelangage,
comme
tendant
à
mé-
“me
fin,
il
s’en
trouve
toujours
quelques-uns,
qui
par=
:
fant
plus
foiblement
que
les
autres
,
pour
décliner
l'en.
vie,
chatgenr
de
haïne
ceux
,
dont
la
frarchile
des
pa
roles
correfpond
à
la
fermeté
deleurs
actions.
Se%ron
3:
du
chap:
8. de
la
premiere
partie
du
Teflament
Poliri-
CT
10
Ifya.cette
différence
entre
le
Prince
&
fes
Mi-
.
niftres,
que
le
Prince
doic
éviter
autant
qu'il
peut
tout
ce
qui
peut
lui
atirer
la
haïne
du
Peuple,
ou
des
Grans,.
parce
que
la
corfervation
de
fon
autorité
dépend
de
l’2-
mour
de
fes
Sujers
:
au
contraire
,
fes
Miniftres
étane.
Obligez
par
le
devoir
de
leur
charge
de
fatrifier
leurin-
tétét
parriculier
au
bien
public,
&
au
fervice
de
leur
>
Maitre,
-
J'autorite,
136
Les
ANNALES
ps
TAcrtr.
#
pour
le
bien
de
l'Etat
des
querelles
dans.
»
gereufes
,
&
fouvent
fort
injuftes
r1
,
il
eft
»
bien
raifonnable
de
m'en
éparoner
d'inuti-.
»
les
&
dont
nivous,
ni
moi
ne
pouvons
tirer
_#>aucuu
avantage.
en
.
ns
LVI.
Après
la
lcéture
de
ceslettres
,
il
fuc.
commandé
aux
Ediles
de
laïlfer
leschofes
com-
meelles
étoient.
Et
leluxe:de
la
table,
qui
fur
exceffif
depuis
la
bataille
d'A
Cbium
jufqu
à
l’a-
a
*
=
VÉDE=
REFLEXrIONS
Port
TIQUES,
Maître,
il
ne
leur
eft
pas
permis
de
fuprimer
un
bon:
pas
p
à
confeil,
qu'ils
font
capables
de
donner
,
fous
prétexte
à:
que
ce
confeil
les
rendoir
odieux
au
Peuple
,
ou
aux
Grands.
Car,
fclon
M.de
Richelieu
,
la
probiré
du:
Miniftre
d'Etat
requiert
,.qu'il
foir
à
l'épreuve
de
rous
intérêts,
&
fi
conftant.
que
ni
les
calomnies,
ni
les
traverfes
ne
le
puiflent
jamais
décourager
debien
faire,
ni
le
dérournerd’alleraux
fins,
qu'il
s’eft
propofées.
pour
le
bien
del’Erac.
Chap
dernier
de
la
premiere
par=
tie
as
Teflament
Polinique.
Le
Cardinal
d'Offar
patlace
d'un
certain
Chevalier
de
Malte,
de
limportunicé
du
quel
in'avoit
pû
fe
delivrer
,
fans
lui
p'omertre,quois
que
froïidement
&
par
maniere
d'aquit
,
de
le
re
commander
à
Henri
IV.
pourune
grace
qu'il
deman=
doit
mal-2-propos:
Je
m’en
repens.;
dit-il,
&
une
autre
fois
je
veux
fecoüer
cette
puflanimité
,-{ans
a
voir
plus
à:vous.cxpofer
lesimperrinences
de
tels
im=
.
p@rtuns,
ni
ma
honte
puflanime
de
les
refufer.
Lette
197.
5
-
11
C'eft
lepropre
des
Rois
de
faire
dwbien,
&
du
Peuple
,
de
les
calomnier.
I
n’y
a
guére
de
Princes,
à
qui
l'on
faufle
juftice
durant
leur
vie
,
parceque
natu=
rellement
les
hommes
haïffene
ceux
dont
ils
craignene.
RO
A
CU
DE
VERTE
TIRE
RES
PORN
ES
ft
SÉRIE
PTT
TT
Livre
TRroïisir
Me.
137
“vénement
de
Galba
à
l'Empire
,
c'eft
à
dire
par
l'efpace
de
centans
b,
sabolit
enfin
peu
à
peu
1.
Si
l’on
veut
favoir
les
caufes
de
ce
chan
gement
,
les
voici.
Autrefois
,
les
perfonnes.
confidérables
par
la
naïffance,ou
par
les
tichef-
fes,
(elaifloient
aller
à
la
paffion
de
paroïcre
ma-
guifiques
,
parce
quil
étoit
permis
alors
de
ga-
gner
l'affection
du
Peuple,
&
de
cultiver
l'ami
uié
des
Rois,
&
des
Alliez,
pour
en
étre
réci-.
prôquement
courtifé.
Plus
on
étoit
fplendide
en
maifons
;
en
meubles
,en
équipage
,
plus
on
REFLEXIONS
POLITIQUES
1
En
France
le
luxe
dela
table
commence
à
fe
mo=
dérer,
mais
c'eft
pour
faire
place
aunautreluxe,c’eft-
à-dire,à
celui
des
habits,
&
des
meubles,
lequeleft
bien
plus
dacgereux.
C’eft
le
luxe,
qui
nousa
multiplié
les
Dames
&
les
Demoifelles
à
tel-point,
que
Fon
ne
peut
plus
difcerner
les
perfonnes
dequaliré
&de
naïffance.
ue
par
Ja
civilité.&
la
imodeftie
;
qui
ont
ceflé
d’être
de
vertus
bourgeoifes.
Dans
le
fiécle
paffé
;.les
Pre
miers
Préfidens
de
Thou
&
de
Harlay
mangeoïient
en
vaiflelle
d’étain
:aujourd-hui
des
Commis
de
Finan=
cie
fe
fonc
fervir
en
vaiffelle
d’arcent,
Un
Chancelier‘
de
Bellievre
ne
donnoir.que
vint
mille
francs
de
dot
à
fes
filles
-
aujourd'hui
un
Partifan
donne
cent-mills
écusaux
fiennes,
4ded
precipiticarfuà
virtate
defcitunss
ad
vicia
tranfcurfurm.
er
Grne?t
©
NOTES
HISTORIQUES.
bLa
bataille
d’A&ium
fe
ne
Pan-de
Rome
724.
&
Galba:
parvinsa
l'Empire
en
l’an
822,
:
;
ee
-
dont
les
aplaudiflemens
font
funeftes.
ee
RE
nn
Da
Te
Eu
Gien
Capa
=.
Re
I
CRE
DE
cs
D
RER
RE
TETE
SIM
ETS
EpenS
NE
DCE
pes
138
Lys
ANNALES
Be
TAciTs.
on
aquéroit
de
réputation
&
de
cliens
c.
Mais.
depuis
qu'on
eut
commencé
à
verfer
le
fang
des
tiches
,
&
à
tourner
en
crime
la
faveur
du
Peuple
2
;
chacun
en
devint
plus
fage.
D'autre
côté
,
les
hommes
nouveaux,
qui
{€
tiroient
fouvent
des
villes
municipales
,
des
colonies,
&
même
des
provinces
;
pour
tre
agrcgez
au
Sénat,
yaporterent
leur
frugalité
domeftique,
fans
jamais
changer
de
genre
de
vie,
quoique
|
plufieurs
;
qui
avoient
vieilli
dans
les
emplois,
fuflent
devenus
extrémement
riches.
Mais
le
principal
auteur
de
cette
facon
de
vivre
refler-
-rée
fut
Vefpañen
,
qui
fe
conformant
lui
mé-
me
à
l'ancienne
économie
,
fit
naître
à
tour
le
monde
le
defir
de
limiter
3.5
éguillon
plus
|
A
.
,
Rafisxions
POLITIQUES.
2
La
grande
réputation
n’eftpas
moins
dargereufe
,!
-
qhé
la
mauvaife:
Si
elle
faic
revivre
les
morts,
elie
fait:
mourir
les
vivans.
Les
Princes
ve
peuvenc
foufrir
un
22
e
.
._,
=
3
mérite,
qui
fe
fait
trop
remarquer.
-C'eft
donc
une
grande
fcience
5
que
de
le
favoir
bienceacher,
non
fu-:
lementau
Prince
,
mais
encore
davantaseau
Peuple;
3
Rienn'eftplus
urile
à
un
établiflement.,
que
la.
bonne
vie
des
Princes:
laquelle
eft
une
loïparlanee
,
&
quiobligeayecplusd'éficace;
quetoures
celles,
qu'ils:
Pourrolent
faire,
pour
contraindre-au
bien
qu'ils
veu.
:
_
—
Jens
=
—
NOTES
HIST
ORIQUES.
EGens,
qui
failoient
la
Cour
aix
Grands
>
pour
avoir
lens
Protc&ion,
SX
RARE
TEE
TENTE
LEUR
SV
ANER
PR
TOPETE
MINT
PO
F
Terme
le
CU
Doe
ANR
DU
EC
ES
LT
Livre
TROISIE
ME
139
fort
quetounteslesloix,
&
0,
plus
fort
que
la
ES
S
:
.
crainte
des
fuplices
or-
que
la
crainte
des
fuplices.
äonner
parles
loix,
Sicen'eftqu'on
dife
;
qu'il
ya
dans
toutes
les
chofes
du
mondeuncertain
9#>quetoutes
les
cho-
Se
=,
=,
fes
du,
monde
ont
un
mouvement
circulaire,
QUL
certain
période,
qui
faic
fairque
les
mœurs
changent
que
les
mœurs
vont
&
-9
,.,
reviennent
comme
Îcs
comme
lestems.
Quoiqu'il
vens.
a
en
{oit
;tout
n'a
pas
été
meilleur
du
tems
de
os
peres
4
;
&
nôtre
fiécle
a
donné
beaucoup
d'éxemples
de
fagcfle
,
qui
mérirent
d'être
-
imitez
REFLEXIONS
POLITIQUES
lent
procurer.
S'ileft
vrai,
qu'en
quelque
crime
que
puifie
tomber
un
Sonverain
il
péche
plus
par
le
mau-
vais
éxemple,
que
par
lanature
de
fafautes
ilneftpas
moins
certain
que
quelques
loix
qu'il
puifle
faire,
s’il
pratique
ce
qu'ilpreferit
,
fonexemplen’eft
pas
moins
puiflanc
pour
faire
exécuter
fes
volontez,que
toutes
les
peines
qu'il
peutordonner.
La
rerenue
du
Prince,
qui
ne
jurera
pointe
;
recranchera
plus
pronrement
tous
les
fermens
&
les
blasfêmes,
qui
fonten
regne
parmi
les
_peuples,que
toute
la
rigueut,
queles
Maoiftrars
pour=
foienr
éxercer
contre
ceux
:
qui
font
fujets
à
telles
im
piétez.
Chap.
s.delafeconde
particdu
Teft.
Politique.
-
4
Toute
nôtre
vénérationeftpourle
pale.
&
roue
£ôtre
mépris
pour
lepréfent,
parce
que
le
préfent
nous
eft
acharae,
&
nous
chagrine
,
à-
caufe
des
objets
qui
nous-déplaïfent
;
au-lieu
que
le
paflé
nous
inftruir
,
fans
nous
rien
montrer
,
qui
puilfe
provoquet
nôtre
envie,
ninous
mettreen
mauvaife
humeur.
left
ecr=.
tain
,
que
de
la
maniére,
-dont
le
monde
eft
fait,
nous
autions
jugé
de
ceux
même,
que
nous
admirons
,
à-
caufequils
ont
éré
pluficurs.fiéclesavantnous,
com
ME
nous
jugcons
de
nos
contemporains
;
car
les
vices
four
auf
aïciens
que
les
hommes.
140
Lzs
AnwNALis
DE
Tacrrr.
imitez
par
nos
defcendans.
Et
plaife
aux
Dieux}.
que
nous
nenouspiquions
0%».que
nous
n’entrions
;
Fe
À
-en
difpute
avec
nos
ancé=.
de
furpailer
nos
ancêtres
,
tres,
que
pour
les
vertus:
que
dans
les
chofes
honnêtes.
LVTIT.
Tibere
ayantacquis
la
réputation
de
Prince
modéré,
pour
avoir
fermé
la
bouche
aux
accufateurs
,
qui
alloient
éclater
d
,
deman:-
da
la
puiffance
du
Tribuñat
pour
Drufus
r.
Aupgufte
avoit
inventé
ce
titre
,
pour
ue-
pas
prendre
celui
de
Roi
,
ni
de
D'éateur
,
&
pour
étre
pourtant
au
deffus
des
autres
pnif-
|
fances
e
par
un
nom
de
diftinction
2.
Il
avoit
—
affocié
RSFLEXIONS
POLiTIQUESs.
1
Quand
les
Princes
ont
fait
quelque
belle
ation,
ils
ont
coutume
de
s’en
faire
comme
un
droit
,
pour
-©btenir
ce
qu'ils
defirent
;
&
cela
leur
rétiffir
prefque
toujours
dans
la
premierechaleur
des
2plaudiflemens
du
Peuple.
:
--2
Les
nouveauxtirres,
que
prennent
les
Grands,
|
leur
font
fouvent
ure
efpece
de
droit,
pourufurper
des
|
Etats
,
qui
ne
leur
apartiennent
pullement.
Paul
Emi-.
ess
ee
le:
F5
à
£
è
+
NOTES
HISTORIQUES,
a
Si
l’on
eüt-procedé
à
fa
réformation
du
luxe.
.e
IL
faut
remarquerici
habileté
d’Augufte.
Quand
il
quita
Je
nom
odieux
de
Triumvir
;
il
pritcelui
de
Conful,
Confulem
fe
ferens,
Annev
Mais
commeles
Confuls
avoient
pour
adver-
faires
les
rribuns
du
Peuple
;
qui
difputoient
d’autorité
avec
|
eux
;
par
le
droit
qu'ils
avoient
de
s’opofer
aux’
délibérations
du
Sénat
,
&
par
la
prérogative
deleur
dignité;
qui
les
ren-
dotent
facrez
&
inviolables
;
Augufte,.
qui
voyoit
que
le
Con-
-
fulatnelediftingueroit
point
des
autres
Confuls
,
s’avifa
d'y
joindre
en
fx
perfonne
le
tribünat,
en
vertu
dequel
il
s’opole:
se
ee
é
“LIVRE
TROISIFME
14…
8Hocie
à
cette
dignité
Marcus
Agrippa,&
après
:
la
REFLEXIONS.
Po
LITIQUES
k
marque
fort
à
propos
,
que
le
tirre
de
Prince
de
France
,
que
Charles
Mariel
prit
au
tien
de
celui
de
Maire
du
Palais,
fut
le
premier
échelon,
par
où
il
fie
monter
{a
famille
au
trône.
Le
Connétable
Anne
de
Montmorenci
fit
donc
une
ation
de
bon
Politique,
lorfqu’il
opofa
fon
autorité
aux
Guites
;-
qui
vouloïent
prendre
lé
nom
&
les
armes
de
la
Maïfon
d'Anjou,
dont
ils
defcendoient
par
Yolandd’Anjou
leur
bifa
yeUs
le
;
parce
que
ce
nouveau
nom
auroit
fortifié
la
vieille
&
rance
prétention,
(
c'eft
comme
l’apelle
le
Cardinal
.
d'Offar
létre
x
2
3.)
qu'ils
avoienc
au
Comré
de
Pro.
vence,
Etc'eft
pour
cela
,
qu'enri
IV.
ayant
donné
ce
Gouvernement
au
jeune
Duc
de
Guife
,
le
Chañcelier
de
Chiverny
prorefta
en
plein
Confcilcourre
cetre
pres.
Vifion,&
voutur
que
{a
proteftation
fur
enregitrécaux:
Parlémens
de
Paris
&
d'Aix
;
ayañt
que
de
fceller
les
provifions
de
ce
Duc.
Mémoires
de
Chiverny
1554,
Le
ComteDuc
d'Olivarés,premierMiniftre
d'Efpagne,
ne
tarda
guére
à
fe
repencir
d’avoir
confié
le
Généralat
des
troupes
de
Portugal
an
Duc
de
Bragance,
à
quice
_Houveau
pouvoir
,
joint
aux
droits
qu'il
avoit
À
cette
Couronne,
fervit
d'échelon
pour
monter
à
laRoyauré,
:
+
:
:
NOTES
HISTORIQUES
foitaux
rrouone
&
aux-entreprifes
des
a
fans
que
pasuh
d'eux
pût
réfilter
aux
flennes.
De
forte
que
dedeux
charges
nées
avec
la
Liberté
>
&
par
conféquent
agréa-
-
bles
au
Peuple,
dontil
difoit
voyloir
être
le
défenfeur
,
Fa
taendam
pleber
T'ribunicio
jure
contenrum
1
il
s’en
fit
une
Dic-
tärure
réelle
&
perpétuelle,
auf
abfoluë
»
Que
celle
de
Jules
-
Ccfar,
mais
beaucoup
moins
odieufe
>
Parce
qu'il
la
populari-
foit
fous
le
nom
de
rribunat,
Dignité,
qu'il
conferva
trente=
Æprans
,commele
MAIQUE
Taçite.
447,
Le
utres
Magiftrats
x
Là
142
LES
ANNALES
DE
TAGCITE.
la
mort
de
celuici,
Tibére:
afin
que
perfons
ne
ne
fût
en
doute
de
fon
fuccefleur
;
&
que
nul
autre
ne
prévendit
à
l'Empire.
Car
du
ref
te
,
il
&
foit
beaucoup
fur
fa
propre
fortune,
&
fur
la
fidélité
de
Tibére.
À
fon
éxemple,
Tibére
appela
Drufus
au
Tribunat.,
après
avoir
tenu
tout
égal
entre
fes
enfins
du
vivant
de
Germauicus.
Ses
lettres
comménçoient
par
ane
priére
quil
faifoit
aux
Dieux
de
favorifer
fes
deflcins
pour
le
bien
de
Etat,
&
finite
Toient
par
un
petit
éloge
de
fon
fils,
où
il
di-
foic
fins
rien
éxagérer
,
»
Qu'ilavoit
une
5
femme
&
trois
enfans
,
&
le
méme
49e
»
qu'avoit
fon
pere
,
lorfque.le
divin
Auvulte
nle
fit
fon
coléeue
;
quil
ne
prénoit
point
»
Drufus
pour
le
fien
,
par
une
réfolution.
»
trop
précipitée,
mais
après
l'avoir
éprouvé
»
huitans
durant
,
fort
ar
dehors
,
ouilavoit
»
étoufté
des
éditions,
termine
des
guerres;
+;
&
mérité
l'honneur
du
triomphe;
Jos
&#
S
\
=
0
4
4
+
2
r
2
»
dedans
,où
ilavoit
éxercé
deux
fois
le
Cons
»
fulat.
a
_
LVHIL
Commele
Sénat
s'étoit
attendu
à.
—
cettedemande
ilavoit
prémedité
fa-réponte,
.
pour
flater
le
Prince
avec
plus
dedélicatelle
3
néanmoins
on
ne
trouva
rien
à
ordonner.
que
des
flatuës
au
pere
&
au
fils
,
des
autels
|
aux
Dieux
,
des
temples
»
desarcs,
&
dau-
|!
tres
chofes
ordinaires
;
fi-ce
n'eft
que
Marcus
si
Silanus
,
pour
honorer.
davantage
Les
deux.
EE
"
da
ent
mes
"
à
F
r
nn
Livres
Trotsir
ur
143
Princes
;Propolà
au
grand
deshonneur
du
Con-
fulat
,
de
ne
plus
dater
les
aétss
publics
&
par-
ticuliers
fous
le
nom
dés
Confuls
,
mais
d'y
apofer
le
nom
de
ceux
,
qui
à
l'avenir
éxeree-
Toient
{a
puilfance
du
Tribunal
>
À
Commencer
Par
Drufio.
Mais
Haterius,
ayant
propofé
de
graver
en
lettre
d'or
les
decretsde
ce
jout-R
,
{€
rendit
d'autant
plus
ridicule
1
,
qu'étant
Ort
vieux
,
fa
flateriene
lui
pouvoit
plus
apor-
ter
que
del'infamie.
:
-
ÊTX,
Dans
le
même
tems
»
le
Gouverne-
ment
de
l'Afrique
xyant
éré
continué
à
Junius
Blefus
,
Servius
Maluginenfis
,
Prêtre
de
Jupi-
ter
;
demanda
celui
de
J’Afe
.
foutenane,
»
Que
c’étoit
une
erreur
de
croire,
qu'il
ne
»
fit
pas
permis
aux
Prétres
de
Jupiter
de
»fortir
de
l'Italie
;
que
n'étant
pas
de
pire
#
condition
;
que
ceux
de
Mars
&
de
Romu-
RerLExions
Dor:;r
1QU
Ne
.
1
Plusun
homme
eft
conftitué
en
haute.
dignité,
-
plusla
flaterie.
eft
honreufe
enfabouche
mais
fur
tout,
fila
Magiftrature,
qu’
iléxerce,
eftune
de
celles,
dont
le
devoir.
principal
eft
de
conferver
&
maïnrente.
‘autorité
des
loix
>
Comme
font
les
charges
de
Chan=
celier
;
de
Premier
Préfidenc,
&d’Avocars
Généraux.
I
fefoit
béau
voir
haranguer
au
Parlement
ce
Jacques
Fays,
qui
apelloit
Henri
III.
le:faïnt
des
faints.
8e
foie
qu'il
méritoir
d’être
canonifé
plus
qu'aucun
de
fes
prédéccffeurs
Rois
de
France
;
pendant
qu'Henri
abandonnoïr
la
conduire
de
l'Etar
à
fes
Mignons
,
&
Le
SOREGatoit
d’aprendre
à
décliner.
Journalae
fonregne,
Ês
yad
Les
ANNALES
Dx
TAcITr.
»
lus,
quitiroient
au
fort
les
provinces
,
cel.
-»
ne
dévoit
pas
leur
être
plus
défendu
qu'aux.
»auites
5
qu'il
ne
fe
trouvoit
rien,
qui
fur
#»
contre
eux.
ni
dans
les
regîtres
du
Peuple,
“hi
dans
nos
cérémoniaux
1.
Que
fonvent
\
»
les
Pontifes
avoient
fait
la
charge
du
Prétre
»
de
Jupiter
,
lorfqu'il
étoit
ou
malade
,
où
»
occupé
aux
affaires
publiques
:
qu'après
ka
»
mort
de
Cornclius
Merula
,
cette
Charge
»
avoit
vaqué
foixante-:
douze
ans
2
;
fans
que
»
»
les
REFLEXIONS
PeLiTIQUES.
1
De
tourtems
les
Bénéficicrs
ont
été
ingénieuxa
trouver
des
raifons
,
ou
plütôr
des
prétextes,
pour
sc-
xempter
de
leurs
plus
indifpenfables
obligations:
La
ré.
fiderce
croit
fi
étroitement
obfervée
par
les
Précres
des.
Romains,
que
cela
a
donné
lieu
à
Senéque
de
dire,
qu'ilen
étoir
de
leurs
Prêtres
&
de
leurs
Pontifes,
comme
des
éxilez
,
qui
ne
pouvoient
nullement
fortit
du
lieu
de
leur
éxil,
@Quofdamexilin,
dir-il,
gaofdam
facerdotin
uno
locotenent.
De
tranqguilitate
vitas
Vis
w
fus
eff
fibi
quis,
dit
Artemidorc,
ad
Érmamentum
rempli
Neptuni
:
catena
allegatss
effe:
faitus
eft
facerdes
.
Neptuni
:
opportebat
enim
ipfum
inféparabilem
elfe
las
N
cerdoters.
Lib..5.
de
fomnieruim
eventibus
;fomnio
a.
Un
_
Payenenvifage
fa
Précrife
commeune
chaîne
indifios
|
luble,
qui
attache
pour
route
fa
vie
au
cemple
de
Ne:
LÀ
prune
;
&
des
Prêrres,
&
des
Prélars
Chrériens,
ne
font,
aucun
fcrupule
de
pafler
prefque
toute
la
leur
hoïsde
|
leurs
Eclifes
,
fans
rendre
aucun
fervice
à
l'Etat!
Fil
)
bominum
,
éfquequo
gravi
corde
?
Noi
la
note
de
l'ar=
ë
Re.
>:
Ron
2.
Un
abus
ne
celle
pas
d’érreabus
,
pouravoir
été
‘de
longue
durée
,
&
par
conféquenc
le
Princene
doit
RUSSE
LOIS
H
So
SOI
RS
qUD:
RARES
RE.
MN
do
En
dr
La
ER
Ce
Ce
à
Livre
TROISIE
Ma
x4
les
facrifices,
niles
autres
cérémonies
de
re-
»
ligïon
eullent
jamais
ceffé.
Que
fi
l’on
avoit
»
pù
{e
pañler
fi
long
tems
d'un
Prêtre
de
Tu-
»
piter
,
fans
aucun
dommage
,
il
ne
feroit
»
pas
difhcile
de
s'en
pafler
pour
un
an
qu'il
»
aurOit
à
étre
abfent
:
que
ce
n'avoit
été,
»
que
pour
des
inimitiez
particulières
,
que
»
les
Pontifes
avoient
autrefois
empéché
le
»
Sacrificateur
de
Tubiter
d'aller
gouverner
les
»
Provinces
;
mais
que
;
par
Î1
orace
des
»>
Dieux
,
on
avoit
maintenant
pour
fouve-
ȕain
Pontife
le
fouverain
de
tous
les
hom-
»
mes
»
lequel
nt
jet
Qu
s
n
on
»
ni
à
la
haine
,niàlenvie,
3
‘ni
AUX
autres
paîlions
4
des
particuliers,
-
_
Le
LABS
-
RaFLExXIONS
POLITIQUES.
ns
Me
oint
de
qualité
plus
eflenciellement
tequi=
Il
n'y.
:
fa
un
Pate
Ge
celle
de
Pére
commun.
Tous
les
:
Papés
portent
également
ce
rire,
maïisils
n’en
remplifs+
{ent
pas
tous
également
les
obligations.
La
partialire
qu'ils
ont
les
uns
pour
une
Couronne
,
lesautres
pour
Une
autre,
ne
manque
jamais
de
produire
de
méchans
éfers,
Comme
il
eft
impoñfible
qu'un
Pape
partial
fo
ic
dome
IT:
GG:
jufte
qu'enintention
que
les
Papes
ufaflent
de
ces
forces
con-
À
=
146
Lrs
Annarespre
Tacirs.
jufte,
ileft
pareillement
impoffible
qu’il
foit
reyére
des
Priñces
,
à
qui
fa
partialité
eft
prejudiciable.
Outre
que
ceux
qu'ilfavorife
au
préjudice
des
aucres,
n’en
ti-
tent
le
plus
fouvent
d’aucre
fruit
,
que
la
guerre
avec.
leurs
voifins.
Que
produifit
à
la
France
la
Ligue
que
fr
Henri
IT.avec
Paul
IV.finon
la
perte
des
batailles
de
Saint-
Quentin
&
de
Gravelines,
qui
fut
la
jufte
puni-
tion
de
la
rupture
de
fa
Treve
de
Vaucelles,
&
tout
en-
femble
une
preuve
convaincante,-que
les
Brefs
d’abfo-
Jution,
que
donne
un
Pape
violent
&
pafionné;
ne
font
pas
toujours
de
bonnes
aflürances
de
l’abfolution
divine.
Ainfi,
le
fage
Cardinal
d'Offat
à
bien
raifon
de
dire,
qu'il
faur
qu’un
Pape
fois
homme
de
bien
&
d'entendement,
pour
ne
fe
point
lailler
tromper
par
les
artifices
des
malins,
@
pour
fe
rendre
Pere
commun
à
tons,
en
tenant
la
balance
égale,
[ans
procurer
mal
aux
uns
à
l'apetir@
[ugpeffion
des
autres,
Létre
3
30,
Dans
les
premiers
jours
de
fon
Pontificat
,
Gregoire
:
XIV.
déclara
,
qu'il
ne
prétendoit
point
gouverner
fe-
Ê
Jon
les
maximes
de
la
Raïfon
d'Etat,
mais
feulement
Ë
fslon
les
loïx
de
l'Evangile,
qui
eft
levéritable
contre
«
poids
des
Puifiances
cemporelles.
*
C’éroit
là
parler
«
en
Pape,
mais,
comme
bon
Milarois,
il
ne
tincpas
€
fa
parole
;car
il
fe
déclara
auffi
tôt
pour
JaLioue
enfa-
veur
du
Roi
d'Efpagne
&
des
Guifes.
Comme
fi
la
pare
gialiré
cür
été
un
des
preceptes
de
l'Evangile
pour
un
à
Pere
commun.
*
Herrera
chap.
10.
dulivre6,
delas
partie
defon
Hiff.
Si
la
piéré
des
Fidéles,
‘dir
Saaye=
dra,
a
donné
des
forces
temporelles
à
la
digiré
Po:
ficale,
ça
été
bien
plus
pour
la
füreté
de
{a
grandeur
tre
les
Princes,
fi
ce
n’étoit
que
le
bien
univerfel
de
l’
glfe
lerequit
ainfi.
Quand
13
Tiare
fcchangeencale
|
que,
le
refpect
ne
la
reconnoît
plus,
&la
forceluirés
+»
_fifte
comme
ä
une
chofe
temporelle
;
Jorfqu'elle
veut,
|
fe
fervir
deraïfons
politiques
,
elleeft
confidéréecom.
|
-mé
le
diadème
d'un
Prince
politique,
&nonpluscom-
me
la
couronne
d'un
Pontife,
dont
l'empire
ne
fe
maine
.
A
ne
A
DHBPr
£
|
LIVRE
TROISIEME
14%
-
L'Auoure
Lentulus
&
quelques
autres
parlé-
rent
au
Contraire,
mais
tout
diverfement
;
de
forte
qu'il
fut
réfolu
d'en
lailfèr
la
décifon
à
ROC
ee
ee
LX,
Tibere,
fans-répondre
à
cette
queftion,
modéra
Les
honneurs
décernez
à
Drufus
au
{a-
jet
du
Tribunat,traitant
d'impertinente
la
pro-
polition
de
graver
ce
decret
en
l:ttresd'or,
con-
—
G2--
tre
…._
:
ReErLExIONS
POLITIQUES,
tient,que
par
l'autorité
fpirituelle.
Son
devoir
paftora}
n'eft
point
un
ofice
de
guerre,
mais
de
paix
;
fon
bâton
eft
courbé,&
non
pointu,
parcequ'ileft
pour
conduire
&
non
point
pour
blefler.Ezsprefs
94.Je
finiraicetarti.
cle
par
une
réflexion
très-judicieufe
que
fait
Don
Juan
Antonio
de
Vera
dans
le
fecond
difcouts
de
fon
4mbafz
fañenr.
Quel
éxemple
ancien,
ou
moderne,
dit-il,
pour=
ra-t-onalCguer
en
comparaifon
de
celui,
que
le
Car.
dinal
Bembe
&
Thomas
Porcachi
raportent
du
Pape
Jules
II,
qui
étant
«à
rance
(
Loüis
XI)
plus
qu'il
ne
con
e
ur
-univer{el
de
l'Eplife;manda
les
Ambañfadeurs
dû
Roi
Catholique
ge
-
de
la
République
de
Venife
,
fes
Aliez
,
pour
leur
dire,
…
Qu'il
avoit
fait
la
paix
avec
le
Roi
de
France,
mais
qu'ils
ne
s'en
devoient
point
alarmer,
d'autant
qu'if
en
diminué
de
{a
mauvaïfe
volonté
contrecére
ronnes
que
fon
cœur
étoit
Efpagnol,
&
que
paf:
céte
paix
il
vouloir
endormir
les
François,
pour
les
prendre,
après,
au
dépourvû.
S'il
y
a
donc
fi
peu
de
füreté
&
de
bonne
foi
dans
un
fouverain
Pontife
de
l'E.
_
SH,
que
doit-on
aténdre
des
Princes
féculiers
à
quel.
-
fonds
pourra-t-on
faire
fur
ccux-qui
ne
font
pas
Ca
tholiques,
ou
fur
ceux
qui
font
nez
Infidéles
?
Paroles
dignes
du
nom
&
de
la
probité
de
ce
Cavalier
Eipz-
gnol,
qui
portois
pour
diction,
Ferires
LATITEN
148
Les
ANNALES
DE
TAcirs
tre
la
coutume.
On
Iütaufli
des
lettres
de
Dru-
fus,
qui
furent
trouvées
très
arrogantés,
quoi.
qu
ne
euflent
un
certain
tour
de
modeftie,
p_Ceft
donc
là
,
difoienc-ils
,
le
mépris
que
»
fait
de
nous
un
jeune
homme
,
qui
vient
de
»
recevoir
un
figrand
honneur
!
“Ro
écrit
»
pour
ne
pas
venir
nous
remércier
en
perfon-
»
ne
silne
daigne
pas
mêmevifiter
nos
Dieux
»
pénates;
ni
prendre
les
aufpices
de
fa
dignité
-»
dans
fa
patrie.
Et
ceh
guerre,
on
le
erand
D
éloignement,
qui
l
en
empêche
?
2
On
É
voit
»
pourtant
»
qui
fe
promence
fur
les
lacs
&
fur
ples
rivages
de
la
Campanie
fl
Voilà
comme
.
non
éleve
celui,
qui
doit
gouverner
le
Gen:
À
»
re
humain!
Voilèles
premiéres
rose
+
»
que
le
pere
donne
à
fon
fils
!
Véritable-
»
ment,
Tibére
eft
excufable,
de
ne
vouloir
à
5
POINE
{e
:
montrer
en
publie,
à
caule
de
fa
à
»
vicillefle,
&
de
R
fanté
épuifée
par
fes
longs
=)
»
travaux;
mais
quel
em
péchement
peut
avoir
»
Drufus,
que
fon
arrogance
?
LXI
Tibére
affermilloit
LOUjoUrs
de
plus
en
plus
la
principauté
,
mais
pour
laifler
au
Sé-
nat
quelque
image
de
l’ancienne
liberté
,
illui
k
rEnvoyà
se
—
des
provinces.
La
licen-
|
pt
2
+
conte
NOTES
BISTORIQUES
fProvince
voifine
de
Rome
appelée
aujourd’hui
14
Terre
2.
+
de
Labour.
Florus
dit
que
la
Campanie
étoit
le
plus,
beat
pa
du
monde,
’erre;#re
pélcherriras
tab
6
ner
éétet
dt
18
cri
x
tait
lé
—
foient
récla
LIVRE
TROISIE
MM
149
ce
des
afiles
croiffoic
à
tel
point
dans
la
Grece
.
que
la
plufpart
des
villes
en
établifoient
où
el-
les
vouloient.
Les
temples
fe
remplifloient
d'efclaves
révolrez
contrelenrs
maîcres
;
de
dé-
biteurs,
qui
fe
défendoient
contre
leurs
créan-
ciers;
&
des
gens
accufez
de
crimes
capitauxg
3
>
G
3
_.
An
œs
NOTES
HISTORIQUES.
g
Comme
la
Grece
étoit
une
Province
prefque
toute
maritis
me;
&
où
;
felon
rhucydide
;
la
piraterieétoit
fort
en
regne,®&
ceux
qui
l’execçoient
fort
en
eftime;
les
habitans
s’aviferenc
de
bâtir
des
temples
pour
fe
mettre
à
couvert
des
infultes
des
pi-
rates
Ajnf
;
ces
temples,
quisn’étoient
pas
faits
comme
nos
Eglifés
,mais
comme
des
châteaux
,
&
des
tours
,
quiavoient
des
voütes
fous
terre
,
ne
fervoient
pas
deretraite
aux
fcélérats,
ni
aux
criminels
,
mais
feulement
aux
honnêtes
gens
;
qui
fuyoientl'opreffion,
Et
s’il
s’y
commettoit
quelque
abus
,
ils
perdoient
auffi-
toc
le
privilege
d’afile,
qui
,
outre
cela,
ne
s’a-
cordoit
du
commencement
qu'à
rrès
peu
delieux.
Mais
la
ma
lice
des
hommes;ingénieufe
à
trouver
des
moyens
d’abuler
des
_chofes
les
plus
faintes
;
ft
grand
changement
,
que
ce
qui
.
avoit
étéinftitué
en
Grece,
pour
être
un
bouclier
contre
l’o-
prefion,
en
devint
un
contre
la
Juftice,
&
contre
les
loix
;
de
forte
que
lésafles
;
qui-ne
fervoient
auparavant
de
retraite
qu'aux
gens
de
bien,&
aux
affligez
,
n’en
ervoiene
plus
qu'aux
fcélérats.
Bt
c’eft
ce
qui
obligea
le
Sénat
Romain
à
faire
un
rée
=
Slement,
par
lequelil
ôra
le
droit
d’afile
à
tous
les
temples
de
la
Grece,
excepté
neuf,
qui
prouvoient
mieux
leur
origine
que
les
autres.
Nombre
tres
petit
pour
une
vafte
Province»
qui
avoit
plus
de
mille
mille
d’étenduë,
Il
yavoitencore
en
ce
tems
1
un
autre
genre
d’immunité,
qui
m’étoit
peintinfti-
tuée
en
l'honneur
d’aucun
Dieu
;
hi
en
faveur
d'aucun
temple,
mais
feulement
en
confidération
de
la
Juftice:
C’eft
queceux
,
quiavoient
quelque
puiffant
adverfaire
,
Aguiils
nepouvoient
-
pasrélifler,
courojient
à
quelqueftarué
du
prince
;
&
l’embrae
-
mant
l'autorité
publique,
fans
que
perfonne
ofât
maindre
violence.
Ce-n’étoit
pas
Là
néaumoins
»mais
une
efpéce
d'apel
interjetté
par
iesperfor-
nes
»
eur
faire
la
une
Immunicé
-
expliquant
geure.
Se
5e
Les
ANNALES
DE
TAcITr.
fans
que
les
Magiftrats
pullent
réprimer
l'info
Jence
du
Peuple
,
qui
protégeoit
les
facriléges
des
hommes,
gomme
fi
c'eût
été
le
culte
des
Dieux
1.
Il
fut
donc
ordonné,
que
ces
viles
.
En
REFLEXIONS
POLITIQUES.
%
Comme
les
Princes
font
oblicez
d'établir
le
vrai
£ulte
de
Dieu,
ils
doivent
être
foigneux
d’en
bannir
les
fauffes
aparences,
qui
font
fi
préjudiciables
aux
Erats
car-on
peut
dire
avec
vériré,que
la
fuper@ition
&
l'hy-
pocrific
ont.
fouvent
fervide
voile,
pour
convrirl'hor-
reùr
des
plus
pernicieufes
entreprifes.
Chap,
1.
de
la
fecondepartie
du
Teflament
Politique.
La
confpiration
de
Ja
Marquife
de
Verneuil
contre
Henri
IV.
s'étoit
braflée
fous
le
facré
mantau
de
la
Corfefion,
par
un
Capucin,
noynrmé
le
Pere
Archaänge
,
qui
couvroitles
:
fréquens
entretiens
fécrers
qu’il
avoit
ayec
elle,
&
le
Compte
d'Auvergne,
fon
frére
uterin
,
du
prérexte
de
la
réfolurion
qu'elle
avoir
prife
de
fe
faire
Capucine.
.
CidepErpr
ais
alere
qe:
ARE
3
Ait
à
QUE
es
ai
Se
fa
suc
doivent
point
trouver
d'a.
à
>
Set
S
.
PEER?
A
p
7
TEEN
EE
PATENT
F2
NT:
à
PPT
RE
“trefois.
;
Leg
du
bis
fie
Ke
dé
Let
LEURS
Li
Le
£
/
x
L
Livres
TROISIE
ME.
fi
enverroient
leurs
titres
avec
leurs
députez.
Quelques:unesabandonserent
volontairement
ce
qu'elles
avoientufurpé
fans
raifon
;
mais
les
autres
défendirent
,
alépuant
de
vicilles
fu-
perflitions
;
ou
des
fervices
rendus
au
Peuple
Romain.
Ce
fut
un
jour
bien
glorieux
au
Sé-
dat
,
que
celui
;
auquel.on
luiaporta
les
con
ceffions
de
nos
ancèrres
,
les
traitez
faits
avec
nos
Allez
,
les
decrets
des
Rois
,
quiavoient
répné
ayant
la
naillance
de
la
domination
Ro-
maine
,
&
même
l'origine
des
cérémonies
int-
ticuées
en
l'honneur
des
Dieux
,
pour
en
or-
donner
fouverainement
,
Commeil
faifoit
au-
>
.
EXIL'Les
Efefiens
:
qui
farentoüts
les
pres.
miers
,
reprefenterent
,
que
Diane
&
Apollon
n'étoient
pas
nez
en
l'Ifke
de
Delos
,
conne
le
vulgaire
fe
croÿyoit
;
qu'on
voyoit
en
leur
D
5
EE
NE
ne
ee
Ses
À
pass
auprès
dufluve
Ceneris
,
un
bois
Rcré
_apellé
Orrigie
;
où
Éatone
étoit
acouchée
de.
ces
Déïtez
,
apuyée
fur
un
olivier
,
qui
reftoit
encore
:
qu
Apollon
même
s’étoit.
refugié
en
cet
endroit
,
poux
éviter
la
colere
de
Jupiter,
Ce
après
_
=
-
——
cmnrmeaers
-
NOTES
HISTORIQUES
-
file
dans
les
lieux
confacrer
à
[a
pieté
&
au
cultedivin.
Pre-
…
fanis
infano
nullum
efe
receprars.
lib.
de
fhec.
legib.
Dans
les
etnes
de
Petrarque
,
N
y
en
a
uneadrelféeau
pape
Urbain
V,
pardaquelie
ikle
félicite
d’avoir
reprimé
la
licence
des
Car-
“ineux,
qui
donnofent
retraite
chez
fuivis
par
le
hibice.
Epiff,
r
Lib
7e
eux
aux
[célérats
pour.
152
Les
ANNALES
ps
TAcire,
après
avoir
tuê
les
Cyclopes
:
que
Bacchus,
viétorieux
des
Amazones,
avoit
pardonné
à
cel-
les
,
qui
s'étoient
faifies
de
l'autel
de
Diane:
qu
Hercule,
devenu
maître
de
0:
qwHereule,
4a
Lidi
tandisqu’il
fut
mai-
la
1
ie
ne
(TOUVA
pas
MAU-
‘tredela
Lidie,;aug-
vais
;
que.
ce
lieu
ft
honoré
menta
les
immuni-
tez
de
ce
licu
par,
par
de
nouvelles
cérémonies:
à
temple
4.
que
fous
la
domination
des
Perlesleurs
droits
:
n'avoient
point
été
diminuez
;
&
quenfin,
les
Macédoniens,
&
puis
les
+
Ies
leur
avoitnt
toujou
TS
Toners
Ou,lesy
avoient
toù:
VEZ.
“jours
maintenu.
EXTIF.
Les
.
quientrérent
après,
fe
fondoient
fur
les
conceflions
de
L.
Scipion
&
de
L.
Silla,
quiayant
vaincu,
lun
Antio-
cus,
&
l'autre,
Mitridate
,
voulurent
en
re-
connoiflance
de
la
fidelité
&
de
la
valeur
des
-Magnéfiens,
que
le
remple
de
Diane
Leuco-
frinefütinviolable.
Les
Afrodifiens
&
les
Stra
toniciens
raportéren
une
patente
du
Didtateur
|
Célar,
qui
rendoit
témoigoage
des
fervices,
qu'il
avoit
autrefois:
reçis
d'eux
5
&
un
de-
ces
NOTES
HIST
ORIQUES.
B
C’eft
Le
fensque
Mr.
Chansalon
donne
à
àces
paroles,
4e
Fe
fan
conceffn
Herculis
cerimoniamtemplo
:&
ce
pourroit
bi
étre
auff
celui
de
Tacite
,
quoi
quetous
les
autres
Traducteuis.
difent,
cérémonies
du
temple
,
la
cerimoniadefte
templo,
Co=
toma
dr
Sueyro.
Larévérencedece
temple,
le
Paie
Es
sn
immunitez
du
temple
,
d’Ablancourt.
À
Durant
la
Guerre
civile
gntre
lui
&
Pompée
LIVRE
TROISIF
ME
:f;
cret
tout
récent
du
divin
Augufte
,
qui
les
lotioit
d'avoir
foutenu
l'irruprion
des
Partes,
fans
rien
diminuer
de
leur
aucicune
affeétion
pour.
le
peuple
Romain.
Mais
les
uns
ado-
roient
Venus,
&
les
autres
Jupirer
&
/4
Diane
lurnommée
Trivia.
.
Ceux
d'Hierocéfarée
re-
montoient
plus
haut,
racontant,
qu'ils
avoient
le
temple
de
Diane
Perfique,
dédié
par
Cyrus
;
&
que
Perpenna,
Ifuricus,
&
plufieurs
au-
tres
Généraux
Romains
,
n'avoient
pas
feule-
ment
reconnu
ce
temple
pour
faint
&
inviola-
|
ble,mais
encore
l'efpace
d'alentour
jufqu'à
deux
mille
pas.
Les
Députez
de
Cypre
précendoient
la
franchife
pour
trois
temples
,
dont
le
plus
:
ancien
bâti
par
AËrias,
Ossdontle
plisancien
avoie
nee
éré
confacré
par
AtiasaVe-
Portoit
le.
nom
de
Ve-
paphia
;
lefecond
à
Ve-
nus
Pachia
b
:
cond.
nus
Amathufia,
par
fon
fils
_
de
=
hia
k:
le
fecond,
-Amathus;
&le
dernier,
à
dédié
par
Amathus
;
Jupiter
de
Salamine
,
par
S
d'Abrins
2,
jt
Teucer
qui
fuyant
la
colére
S
@ACrAS,
Sappeloic
Feucer
;
qui
fuyant
la
colér
RSS
Ware
Ne
de
(on
pére
Telamon
,
s’étois
.
Venus
Amathufa
/;
&
réfugié
chez
eux.
le
derniet
Jupiter
de
Salamine,
qu'avoit
bâti
Feucer
ss
fuïanc
la
colére
dé
fon
pére
Tela-
LA
à
OR
ef
AT
TL
2
ri
di
ES
CS
Liv.
NOTES
HISTORIQUE
s.
+
RAïnf
furnommée,
parce
que
cctemple
étoit.
dans
la
ville
de
Paphos
dite
aujourd’hui
ee
-
LM
avoit
dans
cetreifle
une
ville
apeilée
Amatonte
,
dites:
“aujourd'hui
Zi5ffo
:
mais
ce
net
prefque
plus
qu'un
village,
-.
#
Mdouna
le
furnom
de
Salamine
à
ce
temple
de
J
upitesen:
l'honneur
defa
patrie,
ee
re
S
\
3ÿ4
Las
ANNALrS
DE
TACiTe.
LXIV.
Ées
autres
Députez
eurent
aufli
au
dience
,
mais
le
Sénat
fatigué
d'entendre
tant
degens,
&
importuné
des
brigues,
qu'on
fais
oit
pour
les
uns,
&
pour
les
autres
,
donna
:£
: >
.
2
«
«
aux
Confuls
la
commiflion
d'éxaminer
les
ti-
tres
de
ces
villes,
pour
en
faire
enfuite
leur
ras
port.
Les
Confuls
en
firent
un
,
qui
fut
favo=
sable
à
la
ville
de
Pergame,
difant,
que
le
téra-
pled’Efculape
étoitun
añleauthentique
nauff.
bien
que
ceux
dont
je
viens
de
parler
;
mais.
.
que
l'origine
de
tous
les
aucres
étoit
incertai-
ne
1
à
caufe
de
l'antiquité.
Car
Smirne
&
Te:
-
-.
nef
RS&FLEXIONS
POLITIQUES.
3
fl
ya
bien
des
priviléges
&
des
exemtions,
done
:
ne
Fa
on
means
CRC
CEE
D
Ve
rence
A
æ:
=
NOTES
HISTORIQUES
ÿ
L’Ertife
d’Orleans
eft
le
plus
célebre
&
le
plus
authenti-
queafñle
qu'il
y
ait
aujourd'hui
en
France
,
&
peut-étreen
-
soute
l'Europe;
le
privilege,
qu'ont
fes
Evèques
;
de
délivrer»
àleur
entrée,
tous
lescriminels
,
qui
y
viennent
de-tous
les
ændroits
du
Royaume
,
excepté
les
criminelsde
lee
Majeñté,
layant
été
confervé
par
une
poffeffion
&
joüiffancenoninter-
rompué
depuis.le
rems
de
S.
Aignan,
8.
autorifée
par
le
con-
-
fentement
de
tousnos
Rois,
&
par
l’aveu
de
tous
les
Fribu-
di
‘paux
&
Magiftrats
du
Royaume
,
quinont
jamais
contefé
ce
droit,
Ainfi,
le
favant
HiRoriografe
Hadrien
Valois
a.
raifon
de
S
étonner
de
la
négligence
des
Orleannois,
qui
férant&
ce
Le
tébrant
,
par
une
proceffion
générale,
le
huiriéme
jour
deMais
:
pouravoir
été
délivrez
à
pareil
jour
d'un
fiéue
des
Anglois
>
_{env429.)
ne
fêtent
pasler4
de
Juin,
qui
eftie
jour
au»
-
quel
teurs
anceftres
chafferent
[Attila
&
les
Huns,quilestes
noientétroitementafliegez,
Qzerr
diem
s
ajoûce.t
il
,
f;
9#47-
doforrocelebrare
voluerint
,
fciant
anno1429.18.
Kal.
Jul»
_quéefi
Jurii
dies
quartus
decimus
;
Hwwnos
nrbe
expulfes
sas
|
majeres
faos
caprivirate
miferd
46
vinculis
effe
libgratgse
NO
ma
Galliarum,
ut,
Geraéarm
lu
aider"
as
nn
fau
dé
dt
FPT
PROS
PT
PIPOR
TT
Livre
Trorsite
Me
is
nos
aleguoient
toutes
deux
un
oracle
d’Apol=
lon
,
qui
leur
avoit
commandé
de
bâtir
un
temple
à
Venus
Stratonicide
,
&
un
autre
à
Neptune
avec
une
ftatuê.Sardes
&
milet
ra-
portoient
des
conceflions
plus
nouvelles
,
l'ane
d'Aléxandre
en
l'honneur
de
Diane,
&
l’autre
de
Darius
en
l'honneur
d’Apollon.
Créte
pré-
tendoit
la
même
grace
pour
une
flatuë
du
di-
vin
Aupgufte.
Le
Sénat
donna
là
deflus
divers
arrêts,
où
parlant
avec
beaucoup
de
refpet
,
du
culte
des
Dieux
;
il
ne
lailoic
pas
de
mo-
dérer
les
priviléges
2
de
leurs
temples
,
avec
LS
-
COM
REFLEXIONS
PoLirrques,
on
pêut
dire
ce
qu'un
Docteur
a
dir
dela
Donation
de
Confrantin,
qu'elle
a
été
lue
par
les
aveugles;
oute
par
les
fourds
;
&
racontée
par
les
muets.
Si,
felon
le
Car=
dinal
du
Perron,
routes
les
Epîtres
des
Papes
ont
biere
étés
forgées
&
fabriquées
par
des
Moines
da:rems
de
Charlemagne,
l'on
peut
croire
avec
beaucoup
de
rai—
for
,
qu’ils
fonr
eux-mêmes
les
auteurs
de
Ja
plufpare
de
leurs
cartulaires.
EE
2
Ées
Princes
doivent
s'abftenir
religiewfement
de
violer
les
Immunirez
Eccléfaftiques
>
Mais
quand
ces
_éxemt'ons
dégénérent
en
abus,
ils
font
obligez
d'y
-
aporter
le
reméde
néceffaire.
Théodoric,Roi
d'Italie,
ordonnoit
aux
Masiftrats
de
défendre
l'Eglife,
&de
:
:
Ja
maïnrenir
dans
fes
droits
,
mais
fans
préjudicier
à
ceux
de
Ja
Roïaute,
fxlua
cévilitate,
dit
Caffiodore,
_ÆEtc'eft
en
ce
fens,
qne
Charle-quint
venant
fe
faire
ceuronner
Empereur
en
Italie,
répenditaux
Eépats
du
Pape,
qui
alérent
le
recevoir
à
Gcres)qu’ilne
violeroie
Jamais
les
droits
&
les
Privileges
de
lEalife
;
mais
Gé
ao
356
Les
ANNALES
DE
TACITE.
commandement
a
toutesces
villes
de
faire
gra=
ver
la
prefente
ordonnance
en
des
tables
d'ai-
rain
,
qui
feroient
attachées
en
gwelque
endroit
à
remarquable
du
temple;
foit
pour
en
conferyer
n
l2
mémoire
,
où
pour
empêcher,
que
,
fous.
couleur
de
fcligion
,
l'on
ne
tombät
dans
une
fuperftition
e
vaine
&
ridicule.
EXV.
REFLEXIONS
POLITIQUES.
auf,
qu'il
fouciendroir
ceux
de
l’Empire,
fans
fou-
frir,
quel'Eglile
y
fir
aucun
changement.
S#ave#r#
cmprela
94.€
Donÿnan
Antonio
de
Vera
dans
l'Epi=
orme
de
fa
Vie.
L'immunité,
qu'ont
les
Ecclefafiques,
ajoûte
celui-ci,
eft
bien
pour
les
privilégier,mais
non
pas
pour
les
éxemcer
de
leur
devoir;
c'eft
pour
leur
tzecir
la
circonférence
,
dans
Jaquelle
ils
ont
à
vivre,
&
non
pas
pour
leur
lâcher
la
bride,
nipourleurpers
|
metre
de
fortir
des
bornes
de
la
modeflie
requife
à
leur
érar.
sn
NOTES
HISTORIQUES
|
b
Si
Meffieurs
les
Genois
ont
foin
de
conferver
la
mémoire
du
miférable
état
;
où
leur
ville
futréduiteparnôtrearméen
|
vale
en
l’année
1682.
ilsne
fe
feront
plus,
comme
ils
faifoient
à
depuis
fi
long-tems,
fur
la
lettre
de
S.
Bernard,
dontondit;
|
que
Poriginal
fe
trouve
encore
dans
leurs
Archives,par
faquele
fe
ce
Saint
leur
promet
de
ne
les
oublier
jamais.
2#4ter2wms
|
dit
il
parlanta
la
ville
de
Gennes
,
os
oblivifiartui
;
plels
|
devetz
;
honorabils
gens,
civiras
illufiris.
Epifte
129:
adfar
|
_maenfes.Xis
auront
beau
lui
faire.desvœux
{olennels,&luidédien
£
destemples,pourytronver
un
file
contre
fes
armes
dela
Frans
)
ce,
il
laiffera
bombarder
leur
ville
;
ét
détrnire
entiérement
SE
feur
République,
s’ilsne
fe
contiennent
dans
es
termes
ne.
|
_méfpe@&
de
la
modeflie.
En
l'année
r62$.
certe
Répabliques
ï
ayant
da
guere
contre
le
Duc
de
Savoie
fit
vœu
à
S4
LUS
un
TS
Fe
He
4
VS
à
4
AU
RS
D
HET
MEET
EEE
iE
Livre
TROISIEME
-
5$7
LXV.
Vers
le
mêmetems
,
une
maladie
dangereufe
de
l'Impératrice
obligea
Tibére
de
hâter
fon
retour
à
Rome,
la
mére
&
le
Fils
vivant
encore
bien
enfemble
‘,
ou
du
moins
cachant
réciproquement
leur
haine.
Car,
peu
auparavant
,
Livia
,
dédiant
une
ftatué
à
Au-
gufte
,
affez
près
du
théatre
de
Marcellus
,
avoit
mis
le
nom
de
fon
fils
après
le
fien
,
de
quoi
l'on
croyoit
que
Tibére
avoit
eu
un
profond
reflentiment
,
comme
d'une
indionité
faite
à
[a
majefté
du
Prince
1,
quoiqu'il
n'en
eût
rien
=
ee
té-
REFLEXIONS
POLITIQUES.
x
La
Majefté
ne
reconnoît
point
de
titre
fupérieur.
Comme
Rois
,
les
Reis
n’ont
point
de
mére,
&
par
conféquent
leur
mére
doit
avoir
pour
eux
le
même
refpeét
que
léurs
fujers,
dont
elle
eft
du
nombre.
€e
que
fit
à
Ferrare
la
Reine
d’'Efpagne
Marouerite
d’Au-
triche,
qui
dans
Ja
premiere
vifire
qu'elle
rendit
au
Pa
peClément
VITE
avec
lPArchiduchefledeGretz
fa
me-
re,
céda
le
fauteuil
,
qui
étoit
préparé
pourelle,
à
—.
:
Sr
PACE
+
+0
TE
$
HISTORI
QUES.
|
fe
mettre
an
nombre
de
fes
Patrons,
de
célébrer
à
perpetuité
fa
fête
avec
une
proceflion
générale
;
de
lui
bâtir
une
Chapelle
&
de
donner
tous
les
ans
une
certaine
dot
à
douze
pauvres
filles,
Dom
Jean
Mabillon
Benedi@in
:#
#01
ad
Epiféolas
D,
Bernar-
di
CebonSa.nt
&tousles
autres
de
Paradis,
dit
un
de
nos
-
prelats,
fe
conforment
à
ta
volonté
de
Dieu
,
qui
donne
la
paix
&la
guerre;
felon
qu’il
plait
à
fa
providence,
qui
fe
rit
delaprudenceprétendue
des
mortels.
Lerrre
de
M°
de
Marque=
Pour
Archev.
de
Sion
,
dus.
Mai:G2$:
dans
le
x,
tome
de.
Mémoires
pour
l'Hiltoire
du
Cardinal
de
Richehiers,
156
Lrs
ÂNNAL»S
bre
Taciva.
-
témoigné.
On
décerna
donc
alors
des
priéres.
aux
Dieux
,
&
des
jeux
folemnels,
que
donnee
Toient
les
Pontifes,
les
Augures,
&
les
colé-
ges
des
quinze
&
des
fept,
avec
les
Prêtres
d'Augulte,
Eucius
Apronius
vouloit
que
les
Féciaux
p
préfidaffent
auffià
ces
jeux,
mais
Ti
bére
l'empécha
,
montrant
par
des
éxemples,
qu'ils
n'ayoient
jamais
eu
cet
honneur,
qui
mettoit
une
jufte
différence
entreux
&
les-au-
tres
facerdoces
;
&
que
fi
les
Prétres
d’Augufte
.
4
Étoient
adjoints
à
cette
cérémonie
,
c'étoit
parce:
RErLExIONS
Porrrrquess.
:
PArchiduchefle
,
&
pric
l’autre
place,
*
peut
bien
être’
donné
pout
un
exemple
de
piété
filiale,mais
non
poin
pour
une
aétion
décente
à
la
Majefté.
On
pourroit
mê-
me
dire,
qu'en
céte
rencontre
céte
jeune
Reine
violq
toutes
les
réples
de
la
bienf£ance
&
de
la
juftice,
paif-
que
pour
honorer
fa
mére,
elle
manquoit
au
refpc
qu'elle
devoit
à
la
disnicé
de
fon
mari.
Et
ce
fut
pour.
réparer
céte
faute,
que
Clément
ft
aporter
aufli-rôt
un
autre
fige
pour
la
Reine,quine
pouyoirpasocupes
“Celui
de
l’Archiduchefle,
fans
b'effer
la
majefté
duRoi
d'Efpaone.
*
Gracian
dans
le
$9.
Difcours
de
fon
Agu=
deza,
La
perfônne
du
Prince,
dit
Antoire
Perez»
peut
bien
fe
donner
un
compagnon
,
mais
l'office
de
Re
—
Princæ
Preftres.
£x
aux
Jeux
publics,
NOTES
HISTORIQUES
_
-
p
Gens,
qui
avoient
foin
destraitez
&
des
ailiances
>
&qué
-
@nfaifoientles
cérémonies.
Leur
Colége
étoit
compolé
devinge
H°7
Qui
n’avoient
pas
droit
,
non
plus
que les
Féciaux,
de
pré
è
Livre
TROISIE
ME
Tfæ
parce
qu'ils
appartenoient
,
come
Officiers
,
à
la
maifon
pour
laquelle
on
faifoit
ces
priéres.
LXVI
Ce
n'eft
pas
mon
deflein
de
rapor-
ter
ici
toutes
les
opinions,
mais
{eulement
cel-
les,
qui
font
finguliéres
par
un
garaébére
de
li-
berté,
ou
par
quelque
flaterie
rafinée
;
car
je
tiens,
que
le
principal
devoir
d'un
Hiftorien
eft
de
netaireniles
vertus
,
ni
les
vices,
afin
que
chacun
ait
peur
du
jugement
de
la
pofté-
ritér,
&
fuye
l'infamie.
Au
refke
cestems-là
a
:
:
firent
REërLEXIONS
POLITIQUES.
Prince
n’en
foufre
point.
Et
c’eft
ce
que
les
Anciens
-ont
voulu
faireentendre,
en
difant,
que
Jupiter
di
ftribua
aux
autres
Dieux
le
Caducée,
le
Trident,
&
plufeurs
autres
marques
de
puiffance,
maïs
retint
toujours
le
fceptre
&la
foudre.
Dans
les
aforifines
des
fécondes
létres.
es
:
-
2
Qui
pourra
jamais
étouper
laboucheälapolterité,
&
l'empêcher
de
parler
de
ceux,
qui
ne
fe
fervent
de
leur
puiffance
,
que
pour
commétre
impunement
des
rimes
?
Quelques
loix
qu'on
fañle,
les
méchans
ne
-
pourront
jamais
éviter
céte
punition
5
&
s'ils
ont
tous.
|
__
Jeurs
plaifirs
durant
eur
vie,
il
faut
au
moïns
qu'ils.
F
ce
déplaifir
,
&
ce
ver
fur
le
cœur,
de
favoir,
que
ie
les
déchire
&
les
maudir
fecrérément
:
&
que
*
les
Ecrivaisneles
épargneront
pas
après
leur
mort.”
=
Ala
fin
du
dernier
difcours
de
la
fatireMénippée.
Sarire,
4
—
que
le
Chancelierde
Chivernidirétreun
chef-d'œuvre,
|
&
un
monument,
qui
écrira
d'un
oprobre
éternel
la
|
_
mémoire
des
aureurs
&
desentremeteurs
de
la
Licue,
-
&
(ervira
d'exemple
a
leurs
fmblables,
pour
les
dé-
tourner
de
s'embarquer
en
de
telles
entréprifes,
Dazs
fes
Mémoires,
Orcomme
la
craiace
de
l'infamie
don=
a
—
eng
160
LES
ANNALES
pr
FACIT-r.
furent
f
corrompus,
&
la
contagion
de
la
fa-
terie
fi
grande
,
que
non
feulementles
premiers
de
la
Ville,
qui
re
pouvoient
fe
maintenir,
que
par
des
foumiflions
,
maistous
les
confu-
-
laires,
&
la
plûpart
des
prétoriens
;
comme.
aufli
beaucoup
de
Sénateurs
défignezr,
difpu-
toient
à
l'envi,
à
qui
onvriroit
les
avis
les
plus
agréables
au
Prince.
Et
l'on
dit
que
Tibére
ne
fortoit
jamais
du
Séñat,
qu'il
ne
s'écrit
en
grec,
Ah
que
ces
hommes
aiment
la
fervitue
dé
!
Tant
celui
même
qui
ne
pouvoit
fouffrir
B
liberté
publique
,
avoit
d'averhion
pour
les
.
ames
ferviles.
D.
EXVII.
Des
chofés
mal-
honnêtes
on
paf-
!
fa
peu-à
peu
aux
pernicieufes
r.
Mamercus
a
-
.
Scau-
RéFLExIONS
Porir
IQUES.
ne
de
l’avcrfion
pour
les
vices.,
les
Exemples
de
vertu,
qui
font.racontez
dans
l'Hiftoire,
nous
fervent
d'éouils
|
-
lonä
imiter
ceux
,
qui
nous
les
ont
laiffez.
ee
1
Quand
une
fois
la
complaifance
{ervile
à
prisracine
dans
lefprit
des
Magiftrats,
ils
ne
tardenr
ouéreàs'a
coûtumer
à
Ja
cruauré,
Les
Juges
,
quicherchenta
faire
Jeur
fortune,
font
toujours
de
rrès-méchans
Jus
PR
Re
Rue
Le
ESS
HF
NOTES
HISTORIQUES.
r
Tacitedit,
pedaré
fesarores
,
qui
elon
Aulu
gelle
après.
Varron,
n’étoient
paSproprement
Sénateurs
,
parce
que
les
-Cenfeurs
n’avoient
pas
encore
enregifiré
leurs
noms.
Etc
pour
certe
raifon
que
Don
Carlos
Colenia
traduit,
pédarii
Je
#atones
;
os
que
entravar
en
Senadvu,
fineltar
tferssosen
los
lie
bros
delos
Cenfores.
Maïs
ces
pedarü
,
félon
le
même
Aulugel
-
As
sue
laiffoienr
pas
d'entrer
au
Senat
,
&
d’y
avoir
leur
voiæ
Len
—
DS
PAPAS
STEOT
EN
PPATITEN
E
TIR
nan)
QG
er
imenegién
Te
Lo
Livre
TRoOISIF
ME.
167
Scaurus,
confulaire,
Junius
Otho
,
Préteur,
&
Biutidius
Niger
,
Edile,
attaquerentenfem-
ble
C.
Silanus,
Proconful
d'Afe,
déja
accufé
de
péculat
par
les
Alliez
,
le
chargeant
d’avoir
violé
la
divinité
d'Augufte,
&
méprifé
là
ma-
jcfté
de
Tibére.
Scaurus
juftifioit
fon
procédé
par
des
éxemplesanciens,aléguant,que
L.Corta
avoit
été
accufé-par
Scipion
l'Afriquain
;
Sér
Galba
,
par
Gaton
le
Cenfeur
;
&
P.
Rutilius,
par
M,
Scaurus.
Comme
fi
Scipion
&
Caton
euffent
jamais
vengé
des
injures
imaginaires
;
ou
que
Mamercus
,
l'oprobre
de
fes
ancêtres,
eût
fuivi
les
traces
de-
fon
bifayeul
Scaurus,
dont
il
deshonoroit
le
nom
parle
métier
infa-
me
de
délateur.
Junius.
Otho
avoit
fait
au-
trefois
celui
de
maître
d'école
.
&
devenu
fé-
nateur
par
la
faveur
de
S:jan
,
il
vouloir
rele-
ver
la
baffeife
de
fa
naifance
par
des
entrepri-
{es
contre
les
Grands
2.
Brutidius
;
avec
toutes
REFLEX
I
ONS
POLITIQUES,
:
gts,
C'eft
pour
cela
que
l'Ecléfiaftique
dit:
Abftiens-"
roi
de
demander
au
Roïla
chaire
d'honneur,
&
ne
fon-
ge
point
à
devenir
Juve,
fi
tu
n’as
aflez
de
courage
,
pour
c'opofer
à
l’iniquicé
fans
craindre
les
menaces
du
plus
fort.
Chap.
7.
:
2
Les
Grands
n'onr
jamais
de
plus
grans
ennemis,
que
ceux,
qui
d'une
baffle
naiflance
{ont
parvenus
au
maniment
des
afaires
publiques.
Il
feroit
également
odieux
&
fuperflu
d'ênraporter
des
exemples
do
méftiques,
chacun
en
aïaot
cent
devanc
les
yeux.
La
auf
de
cére
haine,
fcion
Tacites
ft,
444
mimori-
ee
+
bus
162
Les
ANNarr
$
DE
TAcrre,
les
bonnes
qualitez
qu'ilavoit,
pouvoit
afpires!
aux
plus
hautes
charges,
s'il
ne
fe
für
pas
écar-
y
4
ES
_s
:
*
.
té
du
bon
chemin
,
à
force
de
vouloir
devan
|
cer
fes
égaux
;
&
puis
fes
fupérieurs
,
&
enfin
Le
r
PES
LA
ies
paopres
cfpérançces-
Ecueil
;
où
ont
péri
beaucoup
-de
gens
-
de
-
bien
pour
s'être
hâtez
|
d’avoir
,
avant
letems
,
ce
qu'ils
auroient
aquis
&
poflédé
fansdanger,
fic'eûñt
O%:sils
fe
fuffene
5
7
=
contentez
de
ob.
Ête
plus
tard
‘3e
ténir
plus
tard,
EXVHL
…
ions
Moir
FIQUES.
bus
major
smnlandi
cura.
GE.
4.
parce
que
les
petits
obt:
raturellement
de
la
mauvaife
humeur
concrelés
Grans:
Maisil
y
en
a
encoreune
autre
micux
fondée:
>
=
ES
22
.
BST
LES
£
ceft
qu'il
n'ya
suéredepcrits,
quin
aïent
reçu
quel:
que
deplaïfir
des
Grans,
ou
qui
n'en
aïicnréré
Oprimez,
-
A,
il
nyen
a
guére,
ni
même
point,
quientrers
|
PERS
“dans
les
afaires,
éxemts
de
tout
reflentiiment.
L'un
sontraire,
avoir
le
cœur
bien
placé.
El
ya
des
efprirs
:
—
à
qu
Le
ET
TS
ORNE
ETUDE
meer
SCT
ATTEPRNONNIEEN
NOTE
EPNETTSSSEESE
SEE
PRRNIEE
dés
dé
EPA
CS
“Livres
TrRorsi
PME
165
_LXVIH.
G.lhus
Poplicola
,
Quefteur
de
Silanus
,
&
M.
Paconius,
fon
Lientenant,
aug-
c
—
men
REFLECTIONS
POLITIQUES.
quive
favent
point
atendre;
&
cela
vient
de’eurexcef-
five
ambition
:
car
ils
veulent
prefque
en
même
tems
palfer
leurs
égaux
;
&
puis
leurs
fupérieurs,
&
devan-
cer
leurs
propres
efpérances,
Pouñlez
par
leur
impé=
tuofire
naturelle,
ils
négligenc
les
moiens
les
plussurs,
commetardifs
,
&
embraflenc
les
plus
courts
,
quoi
que
cefoient
[es
plus
dangereux.
Ilarrive
d'ordinaire
à
ces
sens-là
la
même
chofe
qu'aux
édifices
fairsala
hâ-
\
te,fans
donner
tems
de
fécheraux
matériaux;
ils
tom
benc
incontinent..
Les
arbres.,
qui,
la
premiére
cha-
icur,-pouffenc
leurs
fleurs,
les
perdent
aufh-tôt,
pour
-
n'avoir
pas
atendu,
quéles
rigueurs
de
l'hiver
fufene
pailées.-Celui-1à
ne
recuifle
jamais
le:
fruic
des
afais
:
res,
qui
lesveur
avancer
avec
les
mains
>
Pimpatience
les.
fair
avorter,
&
ne
fert
qu'à
accelérer
les
dangers.
Sanvedraemprefapolis.34:En
moins
dun
an
-N...…
Mancor
fut
Mai
ie
des
Requêtes
Premier
Prefident
=:
d'Erar
de
la
guerre,
8&
Garde
FETE
niftere
du
Cardinal
de
Richelieu
,
pour
fe
faire
des
créatures
,
&
donner
des
marques
fi
éclatantes
de
fon.
pouvoir,
que
chacun
eûr
liew
d'en
acribuer
la
caufe
à:
tour
ce
qui
éroir
le
plus
capable
de
fatisfaire
fon
am
birion
&
fa
vanité.
Mémoires
de
M
le
Dur.
46
L.
Ra
L
xéé
Les
Annatrs
ps
TAcite.
ter
de
nouveau
Tibére
f,
qu'à
l'avenir
il
ne
faloit
point
laifler
tirer
au
fort
les
provinces
à
ceux
dont
la
vie
feroit
tachée
d'infamie
,
&.
que
ce
feroit
le
Prince
,
qui
en
jugeroit
3:
A.
que
De
:
Ca
REFLExIONS
POLITIQUES.
‘
|
3
Voilà
unde
ces
avis
de
belle
apatence
,
qui,
fous
|
couleur
d'augmenter
l'autorité
des
Princes,
la
ruinent
k
en
éfet.
Dolabella
donnoit
à
Tibére
un
moïen
d'ex-
clure
desGouvernemens
tous
ceux
qui
lui
déplairoienr;
…
mais
d'un
autre
côté
il
lexpofoirälahaine
de
la
plul-
W
part
desGrans
s'il
eût
fait
la
faute
d'accepter
ce
parti,
M.le
Cardinal
de
Richelieu
parlant
de
Ja
vénalicé
des
Offices,
conclurqu'il
vaut
mieux
la
continuer
,
quede
la
fuprimer,
pour
donner
gratuitement
les
charges,
Bien
que,
dit-il,
da
fupreffion
de
la
vénaliré
&
de
l’he=
rédité
des
O
ices
foit
conforme
à
la
raïfon,
&
à
toures.
esconfticutions
du
Droit,
feft-ce
néanmoins
,
que
les
abus
inévicables,
quife
commeétroi:nt
en
la
difiri
butin
des
charges,
fi
elles
dépendoient
de
la
fimple
“+
volonté
des
Rois,
en
rendent
la
vénaliré
tolérable
Car
en
telcas
les
artifices
de
la
Cour
pourtoient
plus
que
la
raifon
,
&
la
faveur
plus
quele
mérite,
Ergwatre
pages
après
:
Au
lieu
que
ctie
fupreffion
devroit
ouvrir
Ja
porte
à
la
vertu,
elle
l’ouvriroit
aux
brigues
&cau
factions
,
&
rempliroir
les
charges
d'Officiers
de
bal
extraction,
....
La
foibleffe
de
nôtre
fiécleeft
Île,
CR
AT
ETS
date
ESS
2
NRA
NN
Tee
TT
ETES
te
…
quo
NOTES
HISTORIQUES
À
fCar
c'eft
lui
,
qui
avoit
décerné
à
ribére
l'honneur
de
PO=.
Varios,
pour
quaud
il
retourneroit
à
Rome;
&
de
qui
T.bére.
=
fe
moqua
en
écrivant
au
Sénat
;
qu’il
n’avoit
pas
coutume
S'aceprer
le
triomphe
pour
les
promenades
;
qu'il
feloit
aus
:
RAR
RES
LIVRE
TROISIE
ME.
167
que
comme
les
loix
punifloient
Les
coupables,
il
feroit
plus
doux
aux
gens
de
mauvaife
con-
duite
d'être
empêchez
de
tomber
en
faute
;
&
plus
agréable
aux
provinces
de
n'avoir
plus
oc-
Cafion
de
fe
plaindre.
à
XX
LEmpereur
dit
au
contraire.
»
Qu'il
avoit
{à
tout
ce
quon
difoit
de
Silanus
=
#
Mais
quil
ne
faloit
pas
s'arrêter
aux
bruits
»
du
Peuple
:
Que
plufieurs
s’écoient
compor-
»teZ
dans
les
provinces
tout
autrement
que
»
lon
n'avoit
pente
;
que
véritablement
quel=
#
Ques-uns
fuccomboient
fous
le
poids
des
»
affaires,
mais
que
d’antres
y
réveilloient
leur
-
EE
nine
e
REFLEXIONS
PoLiTiqueEs,
qu'on
fe
laïfle
plutôt
aler
aux
importunitez,
que
cons
duire
par
Ja
raifon
;
&
qu'au
lieu
d’être
guidé
par
le
juftice,
oueft
d'ordinaireemporté
par
la
faveur.
L'ex-
périence
du
pafé
nous
doit
faire
craindre
l'avenir,
tane
parce
qu'elle
nousateujeurs
fair
voir,que
les
plus
pui-
flans
en
crédit
gagnent
fouvent
leur
Caufe
au
preju-
tlice
dela
vertu
;
que
parce
que
le
Prince
&
fes
conf
dens
ne
pouvant
connoître
Je
mérite
des
perfonnes,
que
parle
jugement
du
tiers
&
du
quart,
1l
leur
arrive
fou-
Vent
de
prendre
Fombre
pour
le
corps,
Sedion
1.
du
Chap.
4,
de
la
premiere
Partie
du
Teflament
Politiques
_
Aucrcfois,
les
Papes
preconifc
noïent
au
Cardinalar
-
Îes
jugemens
qu'onfe
que
de
proceder
à
Ja
Promorie
_
déSenvicux
&
des
médifans,
fices,
&
de
mille.
menfonge
perfonnes,
qu'ils
baifloiene,
oient
ceux
qu'ils
defti
>
Pour
avoir
le
rems
d’'aprendre
roit
des
S
ujets
préconifez,
avant
n5
mais
Ja
malivniré
qui
ufoient
de
mille
arris
S,
pour
faire
exclure
lee
fit
abolir
cer
ufage,
PR
EEE
CE
que
tout
le
monde
avoit
ju
‘p'aiant
ni
biens
te,
ne
font
pas
fortefli
ü
768
Les
ANNALES
pa
TACITE.
#»
induftrie
1
:
Que
le
Prince
n€
pouvoit
pag
»
toutprévoir
,
&
que
d'ailleurs
il
ne
lui
con
,
#
venoit
pas
dé
Sen
raporter
aveuglément
au
|
»
témoignage
intéreflé
d'autrui
:
Que
les
loix
‘
»
ne
|
REFLEXIONS
POLITIQUES.
-
à
J'ai
fouvent
penfé,
dit
J'Ammirato,
d’où
peur
ve,
nir
,
que
les
uns
rétfMiflenr
mieux
dans
les
emplois,
.
&
les
autres
moins
bien,
qu'onne
l’avoit
cfperé
d'eux,
Par
exemple,
Vefpañien
devine
meilleur
&
plus
mode-
ré,
après
qu'il
fuc
Empereur
:
au
contraire,
Gulbs
eût
toujours
été
crû
digne
de
l'être,
s’il
ne
leur
jamais
ëré.
Die
IV.
que
je
pourrois
comparer
au
premier,
fur
pafla
tout
ce
qu’on
avoirattendu
de
luis&
Clément
VI,
gécrès-capable
d’écrePape,
ne
réuffir
pas
mieux
que
Gaïba.
Pour
réfoudre
cegou-
à
té,
fervons-nous
d'une
comparaifon.
Voici
deux
va
fes,
l'un
petit,
&
plein
d’une
liqueur
;
&c
Pautre
orand
:
&
prefque
vuide.
Je
dis
,
que
le
plein
eft
un
homme,
|
conftitué
dans
une
charge
proporrionnée
à
fa
fufie
|
fance.
Ceux
qui
voient
cer
homme
porter
fi-bienfa
lance
,
comine
dit
le
Proverbe,
inférent,qu'il
pourroit.
5:
réuffir
de
même
dans
un
plus
grand
pofte,ne
s'aperce=
se
vant
pas
que
fon
vale
cf
plein
de
toute
Ja
liqueur,qu'il
ASE
peutrenif,
&
que
fi
l'on
y
en
métoit
davantage,
verferoit.
Tel
fur.
Galba,
qui
tandis
qu'ilfut
homm
privé,
parut
plus
grand
homme
qu'iln’étoir
en
ÉfeE
Les
grans
vafes,prefque
vuides,ouù
du
moins
quine
fo:
pas
pleins
,
fo
Me
el
en
de
Li
ares
ergnene
nt
les
hommes
de
prand
efprit
,
Jefquels
ni
emplois
;
convenables
à
leurmert-
|
mez
,
(oit
qu'ils
naportent
pas
foutre
la
diligence,
où
léxa&itude,
quil
fandror,
dans
les
chofes
qu'ils
font;
où
que
ces
chofes
n'étant
pas
proportionnées
à
ce
dont
ils
fonc
capables,
ls
,
se
;
d'air
SPUUET.
|
COROARERET
:
1
LIVRE
TROISIE
ME.
-
169
5
Ne
Jjugcoient
que:
des
chofes
faites,
parce
#
que
les
chofes
futures
font
incertaines
;
,”
quil
nefaloitrien
changer
à
ce
que
nos
an-
=»
CÔLTES
R£EFLEXIONS
PoLiTirQUES.
n'aient
pas
lieu
de
faire
connoître
ce
qu’on
pourroie
atrendre
d'eux
:
au
lieu
que
dans
êne
forcune
,
qui
peut
cmplir
Jensvafe,
is
viennent
à
déveloper
contre.
l'attentecommune,
céte
grandeur
d’ame,
&
céte
fu
blimicé
d'efprir
,
que
ieur
bxfÎe
fortune
tenoit
enfeve=
"Ke
....,
Vefpañen,
de
qui
nous
avons
dejà
parlé,
h'aïant
pas
fait
nétoïer
les
tües,
avec
tour
le
foin,
qu'on
lui
avoit
erdouné
,
Caligula
lui
fit
emplir
fe
par
de
fa
robe
de
boïe
&
d’ordure
;
&
fous
Néron
,
il
fat
lir
à
perdre
la
vie,
pour
s'être
endormi,
pendant
que
Néron
chantoit
fur
le
théatre.
De
quoiilne
faut
pas:
.
S'éronner
;
atendu
qu'il
n'écoit
pas
né
pour
ces
badi-
Ecries
,&
que
fon
vafe
pour
être
pleis
,
avoir
befoin
d'uteauf
grande
mefure,
que
celle
de
l'Erupire
du
monde
,
qu'il
gouverna
depuis.
Défcours.
onxiéme
du
ivre
3.
defon
Cominentaire(ur
Tacire.
Le
pére
de
Guil-.
laume
;
Duc
de
Mantoïüe,
vouloir,
qu'il
fe
Fit
Prêtre,
:
à
caufe
qu'il
étoit
petit
&
boffu,
jugeant
de‘fon
ef.
prit
par
{on
corps
;
mais
Guillaume
n'en
voulut
rien
faire,
&
quand
ü
fut
Duc,
il
montra
par
lPacquifition
du
Moñtferrar,
&
de
quelques
aurres
cigneuries
,
qu'ilne
faut
pas
melurer
les
hommes
à
laune,&
qu'un
grandefprir
loge
fouvent
dans
un
petit
corps.
Au
re
fte,
combien
meurt-il
d'egcellens
hommes,
féns
être.
connus,
lefquels
fe
feroicnc
aie
admirer
ar
tout,
fe
.
Oh
{és
eût
emploïez
?
Comment
Arnaud
d'Offar
au
roir-il
pû
montrer,
qu'il
éroit
n€
pour
la
névocia…
tion,
fi
Henry
IV.
ne
l'eûr
pas
fait
fon
‘Procureur,
pour
folicirer
fon
abfolution
à
la
Cour
de
Rome?
:
TIMOR.
H
{
170
Lrs
ANNALES
pr
TaciTr.
»
cêtrés
avoient
fagement
ordonné
2
5
&
qu-
»
de
tout
tems
les
peines
ayant
fuivi
les
cri.
»
MES
;
on.ne
devoit
point
abolir
cet
ufage
»
que
les
Princes
avoient
autant
de
charge,
»
qu'ils
en
pouvoient
porter
3
3
&
même
allez
»
d'autorité
po#r
en
être
contens
;
qu
on
Ôtoit
“aux
loix
ce
qu'on
donnoit
0%,
qu'on
dimi:
SE
nuoit
-le
pouvoir
de
tropaux
Princes
,
&
He
de
los
ie
1e
»
le
pouvoir
ab{olu
n'avoir
que
fois
qu'on
augmen:
| :
.
toit
celui
des
Prin-
#
faire,
où
celui
des
loix
étoir
KE
»
(üffe
REFLEXIONS
POLITIQUES.
2
Ce
qui
eft
fait
par
les
Princes,
dont
la
conduite
PTE
EE
pero
et
à
ou
rapare
nier
a
€té
judicieufe
,
ne
peut
pas
être
changé
avec
raifon,
«
fi
l'expérience
n'en
fait
connoître
le
préjudice,
&
f
l'on
ne
voit
clairement
qu’on
peur
faire
mieux.
Sein
1.
duchap,
4,
de
la
premiere
partie
du
Teftament
Poli-
tique.
es
3
In'ya
plus
de
juftice,
lorfque
le
Prirce
veurètre
|
fouverain
en
tout.
La
Roiïauté,
dit
Antoine
Perez,
_eftune
charge,
&
par
conféquent
les
actions
de
celui,
qui
exerce
cêre
charge,
ne
déperdent
pas
de
fa
volonté
perfonelle,
mais
des
régles
&
des
conditions,
que
les
|
peuples
lai
ont
impofées,
&
qu'il
a
lui
même
aecep-
|
tés:
Er
f
le
Prince
y
contrevient,
parce
que
cene
-
font
que
des
conventions
humaines,
il
ne
peur
pas
marquer
à
celles
que
lui
ont
prefcrites
la
loi
divine
&
la
loi
naturelle,
qui
font
les
fouveraines
des
Rois,
auffi
bien
que
des
bergers.
Dans
les
aforifmes
de
[es
à
Relations.
Er
dans
un
autre
endroit,
il
dit,
que
h
|
couronne
des
Rois
eft
faite
en
cercle,
pour
les
avertit
des
bornes
du
pouvoir
humain,
Ferdinand
le
Catholi-
que
difoit,
(je
ne
fai
pas
s'il
le
partiquoir
}
que
le
meilleur
moyen
de
conferver
la
Roïauté
&
les
Roïau-
ee
:
|
mes
Livre
TRoIsIE
Me
151
#
fufifant.
Cette
réponfe
fut
d'autant
mieux
reçüé
,
que
Tibére
étoit
rarement
fi
populai-
re.
Et
comme
il
favoic
très
bien
ufer
de
dou-
ceur
,
lorfqu'il
ne
s’agifloit
pas
de
venger
fes
propres
offenfes
,
il
ajoûta,
que
l'ifls
de
Giare
époit
afreufe
&
deferte;
&
que
celle
de
Cithére
ne
fe
devoit
pas
refufer
à
un
homme
de
la
fa-
mille
Tunia
,
&
qui
avoit
été
du
Sénat
,
niaux
priéres
de
fa
fœur
Torquata
,
dont
la
vertu
ga.
loit
celle
des
anciennes
Veftales.
Et
cet
avis
fut
fuivi.
LXXT.
Les
Ciréniens
furent
oüis
enfuite
.
&
Cefius
Cordus
,
acculé
de
péculat
par
An-
carius
Prifcus
;
fut
condamné.
Mais
Tibére
fe
abfoudre
L.
Ennius
,
Chevalier
Romain,
acufé
de
leze
majefté
,
pour
avoir
converti
une
fta-
tué
du
Prince
en
monnoye:
&
quoi
qu
Âteïus
Capiton
remontrât
avecchaleur,
&
comme
s'il
eût
pris
le
parti
de
la
liberté
,
qu'un
fi
grand
crime
ne
devoit
pas
refker
impuni
;
&
que
c'évoit
bien
affez
que
le
Prince
étoufât
{on
propre
reflentiment
,
fans
Oter
au
Sénat
le
pouvoir
de
punir
les
offenfes
faites
à
la
Répu-
blique
1
5
Tibére
,
qui
preuoit
plus
garde
au
—
Hz
fens
REFLEXIONS
POLiTiIQUE
s.
nes
étoit
,
de
tenir
dans
l'équilibre
la
fatisfa@ion
du
Roi
&
celle
du
Roïaume.
Ra
1
n'ya
point
de
plus
agréable,
ni
de
plus
fine
flaterie
,
que
celle
qui
{e
couvre
du
mafque
de
ja
cor
TE
-
reétion,
Ÿ
172
Les
ANNALES
pa
TaAcirs.
fens
qu’au
fon
de
cés
paroles,
perfilta
dans
la
vo’
lonté
de
renvoyer
Eonius
ablous
,
au
grand
des-
honneur
de
Capiton.,
qui
tout
favaur
quil
étoit
dans
le
dro
tdivin
&
humain,
avoir
fouillé
4
les
belles
qualirez
de
Magiftrat
,
&
d'homme
prie
|
vé,
quiie
rendoient
illuftre
2.
LXXIT
RE5FLEXIONS
POLITIQUess,.
>
reétion
;
oùde
la
liberté
;
car
elle
prend
leshomimes,
&
particuhérement
es
Pinces,
par
l'endroit
le
plus:
délicat
de
leur
amour
propre.
Plurarque
dir
quil
en
eit
de
céte
feinre
liberie,
comme
des
merfures
des
Courtifares
qui
bien
loin
de
faire
du
mal,
pro=
voquent
le
plaifir.
Les
Princes
ont
les
oreilles
fi
fou-
.
«
vent
rchatuës
dés
fareries
communes,
qu'ils
fe
lafle-
roient
d'être
flatez
,
fi
de
tems.en
tems
on
ne
leur
4>
prêtoit
cére
viande
de
Cour
avec
des
ingrédiens
nou-
veaux
,
qui
leur
font
tevenir
lapetit
à
une
nourriture,
dont
fes
favoris
feroient
très-fâchez
qu'ils
fe
décoi-
taflerc.
À
—
:
ce
2
Lesméchars,
dit
Commines
,
empirent
de
beau-
coupde
favoir,
au
lieu
que
les
bons
en
amendenr.
….
Ces
gens
de
robe
longue
conviennent
bienaux
Princes,
q
uand
NOTES
HISTORIQUES
#
Le
latinporte,
egregium
publicum,
qu'Eman
uel
Sueyro
tra
duit,
la
reparation
de
la
Républiva
>
D,
Carlos
coloma
,
/27e<
putacion
publica;
Adriano
Politi
,
la
repuracione
pablica
5
M.
ÉTÉ
NRA
FES
de
Chanvalon
,
l'Etat
;
d'Ablancourt
à
fon
ordinaire,
fuit
la
à
difficulté
Rodolfele
Maitre
fait
bande
à
part:
Capiton,
dir.
il
avoit
terni
Le
plus
beau
juftre
de
fesa@ions
publiques,
&
defes
vertus
domeftiques.
Sens,
qui
me
paroît
fort
raifonnable,
at-
tendu
que
ce
Senateur
ayant
été
Conful,
&
par
conféquens
-
Magiffrac
public,
racite
a
pçut
étre
voulu
parler
des
diferens
“états
de
{à
vie,
4
il
Livre
TRoISIFME
17;
:
LXXIL
On
délibéra
aufli
fur
un
point
de
religion,
fcavoir
,
en
quel
temple
on
met-
troit
l'offrande,
que
les
Chevaliers
Romains
_avoient
vouée
à
la
Fortune
Equeftre
pour
la
fanté
de
l'Impérarrice.
Car
bien
que
cette
Décile
eût
plufeurs
temples
dans
la
Ville,
il
n
yen
avoitaucun
qui
elt
ce
furnom
x.
Mais
s'en
étant
trouvé
un,
qui
s'appelloit
ainfi,
à
Antium
;
il
fnt
rélolu
d'y
porter
le
don
,
d'au-
tant
plus
volontiers,
que
toutes
les
cérémo-
nies
de
religion,
qui
fe
pratiquoient
dans
les
villes
de
l'Italie,
étoient,
ainñ
que
les
temples
.&
les
images
des
Dieux,
de
la
jurifdition
de
l'Empire
Romain.
Et
commeil
fe
parloit
de
——
—.
He
+
<cho-
"REFLEXIONS
POLITIQUES.
quandils
font
bons,
mais
font
bien
dangereux
,
quand
ils
font
mauvais.
Livre
2.
chap,
6.
livre
$.
chap
der-
nier.
Le
Pape
Nicolas
IFI
avoit
coùtume
de
dire,
que
da
fcience
fans
la
/probité
éroït
un
poifon
fans
remede,
Pagliarr
oblervatien
431.
—
es
.
CRTER
RSR
EC
ARTE
NOTES
HISTORIQUES.
rite
Live
livre
42:
ditie
contraïre,
racontant
que
Quins
-
sus
FulviusElaccus,,
étant
Préteur
en
Efpagne
,
voua
à
la
For-
tune
Equeftre
un
temple,
qu’il
bâtir
depuis
à
Rome
fous
le
Confular
de
Livius-Pofthumus
Albinus&
de
Marcus
Popilius
Lenas
,
durant
lequelil
exerçoït
la
charge
de
Cenfeur,
Mais
-
comme
ce
templene
fut
jamais
dedié
,
(oit
à
caufe
de
la
mort
deEulvius
,
qui
mourut
l’année
d'après
[a
Cenfure
;
ou
parce
quel’édifice
n’étoit
pas
encore
achevé
,
c’eft
probablémene
pour
cette
raifon
;
que
Tracitea
dit
qu'il
n’y
avoit
pointde
æemple
de
ce
homa
Rome
;,
attendu
que
Je
nom
ne
s’impofoit
gue
dans
la
cérémonie
de
la
dédicace,
=
À
374
Les
ANNALES
pe
TAcire.
chofes
appartenantes
à
la
religion.
Tibére,
qui
avoit
diféré
de
répondre
fur
l’article
de
Ser-
vius
Milugineofis,
Prêtre
de
Jupiter,
raporta
un
deécrét
des
Pontifest,
fair
fous
le
reone
d'Augufte
,
lequel
portoit
,
Que
fi
le
Prêtre
de
Jupiter
fe
trouvoic
indifpofé
,
il
pourroit,
avec
la
permiffion
du
Grand
Pontife
,s’abfen-
ter
de
Rome
pour
deux
jours
;
pourvü
que
cé
ne
fuffent
pas
dés
jours
de
facrifice
à
,
&
que
=
cela
RIFLEXIONS
POLITIQUES.
-3
C'eft
une
chofe
déplorable,que
les
Païens
aïent
fait
©blerver
f
étroitement
la
réfidence
À
leurs
faux
Prè-
tres,
&
qu'il
faille
prefque
tous
les
jonrs
des
ordonran-
ces
du
Prince,
&
desariéts
des
Parlemens
;
pour
faire
aler
nos
Evêques
à
leurs
Diocefes.Un
Prêtre
de
Jupiter
ne
pouvoir
pas
étre
abfent
de
Rome
plus
de
deux
jours,
encore
faloir-
il
que
ce
fût
des
jours
;où
il
n’yeûtau.
cune
cérémonie
rcliaieufe
à
faire.
Aujourd
hui
il
eft.
sour
commun
de
voir
des
Evêques
qui
font
des
années
entières
à
Paris,
ou
à
la
Cour,
&
qui
ne
font
connus
de
leurs
diocefains,
que
par
le
récit
de
Jeuts
fermiers,
&
d’autres,
qui
n’ort
jamais
ja
goute,
que
dans
les
Quätre-rems.
Que
diroit
Saint
Bernard
>
qui
fouhaï-
toit
avec
tant
de
pañflion
de
voir
l'Eglife
de
Dieu
tel-.
le
qu'elle
étoir
du
tems
que
les
Apôtres
laxabant
re
fa
in
capturam
dit-il
au
Pape
Eugene
,
on
ir
cap-
2HTAIN
Auri
vel-argenti,
[ed
1
Captara
ANITBBTHMe
Epifi.
237,
Cependant,
il
n°y
en
à
pasun,
dir
le
feu
Roï
dans
une
létre
circulaire
sances
ce
de
Roïaume,
les
obligent
à
une
réfidence
attuelle
,
de
laquelle
dépend
principalement
Je-bon
Of+
>
qu'il
leur
écrivit
pour
la
réfidence,
qui
puifie
ignorer,
que
les
Canons
de
l'E
ghife
,
(
dontles
Rois
font
éxécuteurs
}
&
les
Ordon-
"ges
-
AL
EE
A
CL
En
ER
LT
Livre
TRoïsirMr.
17$
cela
n'arrivât
pas
plus
de
deux
fois
en
une
mé-
meannée.
Témoignage
,
qu'il
n'étoit
point
permis
au
Prêtre
de
Jupiter
des'ab'enterunan,
fi
par
confequent,
d'être
Gouverneur
de
pro-
vince.
Il
aléouoit
encore
l'éxemple
du
Ponri-
H:
4
fe
REFRLEXIONS
POLITIQUES.
dre,
&
Ja
difcipline
de
leurs
Dioccfes.
Tome
$.
des
Më-
moires
du
Cardinal
de
Richelieu.
Les
Evêchez,
dit
le
Cardinal
d'Oflat
,
fonc
les
plus
grandes
&
les
plusim-
portantes
charges
de
l’Eolife
,
qui
requicrent
la
pre-
fence
&
réfidence
des
Prélats,
pour
être
bien
adimini-
ftrées,
fur-
tout
en
un
rems
fi
déréglé
comme
eft
celui-
ci;
encore
y
a-t-il
bien
afaire
à
s'en
bien
aquirer,
quand
l'Evêqueeft-préfenc,
pour
foioneux,
diligeur;
&
zelé
qu'ilfoit.
Letre
528.
Celle
que
Denis
de
Mar-
quemont
,
Archevèque
de
Lion
,
écrivit
au
Cardinal
de
Richelieu
;
pour
être
rapellé
en
France,
eftencore
plus
forte
&
plus
rouchanre.
,,
Cére
Rome,
dir-il,
53
Qui
a
étéaucrefoisinon
Eden
&
mes
délices
,
m'eft
>»
deveruben
ce
derrier
voyage
infurportable,
que
»
je
nai
plus
ni
efprir
ni
fanté,
ni
réfolution
,
pour
1
ÿ
dem'urer
davantage.
Ce
n'eft-pas
le
fair
d’un
Ar-
>»
chevêque
de
Lion,
nid’une
barbe
blanche,
de
pañler
-»>
toute
fa
viedans
des
cortéocs
&
des
antichambres,
>»
Je
laifle
le
pluseffentiel
,
qui
fonc
les
r'proches
de
5»
ma
confcience,
&
les
confolations
,
dont
je
fuis
>>
Piivé,
&
après
lefquelles
je
foupiretousles
jours
,
_»1
pour
les
avoir
goûréces
quelque
rems
fort
fenfible-
>»
ment
dans
les
fonctions
de
ma
charge.
Dans
les
Mem.
du
Mrniflére
du
Card.
de
Rich.
Don
Frañcilcé
“Saimiento,
Evêquede
Jaën
,
refufa
la
charge
de
Pre-
-fident
de
Caftille,
que
Filippe
IT.
le
prefloir
d’accep-
ter,
difant
;
qu'il
ne
le
pouvoir
faire
en
confcience
s
Jui,
qui
croïoir
la
réfidence
d'obligation
divine.*
Voi:
À
ce
qui
s’apelle
parler
en
Prélac.
*
Dichos
3
he:hos
ae
D.
Felipe
Li,
=.
“
>
-
\
176
Les
ANNALE»S
pr
TAcirTe.
fe
L.
Metellus,
quiavoit
retenu
à
Rome
Au-
lus
Poftumius
Prêtre
de
Afars.
Ainf
le
gou-
_Vernement
de
l’A
fie
fut
donné
au
Confnlaire,
qui
étoit
le
plusancien
après
Maluginenfs.
.
LXXHI.
En
ce
même
tems,
Lepidus
de-
manda
au
Sésat
la
permiffion
de
rebâtir
&
d'embellir
à
{es
pronyes
dépens
la
Bifilique
y.
de
Pauins,
le
principal
monumentde
la
famil.
se
,
A
5
le
Emilia.
Car
c'étoit
encore
la
coûtumes
que
les
particuliers
fe
piquoient
de
montrer
leur
magnificence
par
des
édifices
publics
;
&
Avgufte
n'avoit
point
empêché
z
Taurus
,
Philippus,
&
Balbus,
d'employer
à
l'ornement
de
la
ville,
&
à
la
célébration
de
lcur
nom,
les
dépouilles
des
ennemis
,
ou
les
Biens
im
menfes
quils
pofledoient.
Et
ce
fut
à
leur
exemple,
que
Lepidus
,
quoique
médiocre-
:
+
È
É
SES
:
Zu
À
[2
.
ment
riche
;
voulut
renouveller
la
mémoire
de
ces
ancêtres.
Mais
04
»
faire
revivre
(es
ancêtres,
poux
lethéatre
de
Pompée,
qui
avoit
été
brû-
ee
lé
TE
=
mec
.
:
SAR
CPRERAINTRETS
NOTES
HISTORIQUES,
J
Baflique
étoit
une
efpece
de
galerie,
ou
de
court
,
où
l'on
fe
promenoit,
&
où
l’on
s’affembloit
pour
parler
d’affaires
,à
peu
près
comme
ce
que
les
Marchands
apellent
la
Bourie.
&
Statilius
Taurus,
qui
étoir
un
homme
nouveau,
mais
qui
tenoit
auprés
d’Augufte
la
premiere
place
après
Agrippa,
bâut
_'Amphithéatre;
Philippus
,
le
temple
d'Hercule
(urnommé.
des
Mufes
ÿ
&
Balbus,
le
Théatre.
Taurus
&
Baïbus,
qui
avoïent
fait
tous
deux
leur
fortune
à
la
guerre
>
h'employerent
que
les
dépouilles
des
ennemis
:
‘&
Phibppus,
au
contraire,
que
fon
propre
bien
;
comme
n°
ayant
jamais
été
à
l’armée.
z
sito
|
Livre
TROISIEME
177
Ï
par
accident
,
l'Empereur
promit
de
le
re-
*
A
14
:
bâtir
,
fans
lui
ôter
le
nom
de
Pempéer,
parce
qu'il
ne
reftoit
perfonne
de
cette
famille,
qui
fut
allez
riche
pour
faire
cette
dépenfe.
Età
cet-
te
occafion
il
loüa
fort
Séjan,
dont
ildiloit
que
“la
vigilance
éroir
canfe
,
que
le
feu
n
avoit
con-
famé
que
ce
feul
édifice
C'eft
pourquoi
,
le
Sénatordonna,
que
l'image
de
Séjan
feroitmi=
fe
fur
cethéatres
|
LXXAV.
Peu
de
tems
après
,
Tibére
don-
nantles
ornemens
du
triompheà
Junius
B
<fus,
Proconful
en
Afrique,
dit
,.que
C'étox
en
confidération
deSéjan
,
dont
il
étoit
l'oncle,
os
=
=
ETES
LL
%
quoique
Blefus
cdt
bien
mérité
cét
honneur.
FH
$
Ci
REFÉEXIONS
POLITIQUES.
1
Rare
éxemple
de
modeftie,
&
qui
n'a
que
peu
où
point
d’imirateurs
parmi
les
Princes,
&
les
Grans
qui
-
fouvent
fe
font
honneur
de
ce
dont
méme
ils
n’ont
ja
mais
fair
Ja
dépenfe.
Durems
d’Innocent
X.
l'Eclife
de
Saint
Pierre
de
Rome
fut
apellée
le
colombier
*
de
.S:
Pierre,
pour
fe
moquer
de
la
vanité
ridicule
de
ce
Pape,
quiy
fit
mére
fes
armes
en
plus
de
milié
en-
droits.
Eutrope
dir,
que
Conftantin
apelloïit
F'Empe-
xeur
Hadrien
le
Pariéraire
,.
parce
qu
il
avoit
fair
écri-
re
fon
nom
par-rout.
Céte
vaniré
eft
bien
plus
com
:
mune
aujourd'hui.
On
la
voit
fur
les,
murailles
,
fur:
les
vicres,
&
furles
paremer.s
des
Eclifes
elle
eftijnf-
>
que
fur
les
autels.
Je
ne
parle
point
desRoiïis,
ni
des
:
Princes,
ni
des
Grands;
mais
de
ces
hommes
nouveaux,
_de
ces
Nobles
dela
premiére
eftampe,
de
ces
partifans,
dont
nous
recontrens
les
armes
en
tous
lieux.
*
C'eff
gulnnocent
X.
portoit
de
gueules
à
la
célembe
d'argent,
Ge.
ee
=
»
EE
RSS
CE
Re
RIT
EE
LE
LE
RetET
E
=-
il
78
.Lrs
ANnNares
pe
TAC:rTr
Car
Tacfarinas
,
après
avoir
été
chaflé
déja
plufieurs.
fois
;
ayant
ramaflé
de
nouvelles
trou-
pes
tout
au
cœur
de
la
province,
avoit
bien
ofe:
envoyer
des
Ambafladeurs
à
Tibére
,
&
le
me-
nacer
d'une
guerre;
dontil
ne
fortiroit
jamais,
s'il
ne
luraccordoiït
desterres
pour
la
fubfiftan-
ce
de
fon
armée.
On
dit
que
TFibére
ne
fut.
jamais
plus
outré
d'aucune
offenfe
,
quelui,
ou
Île
Peuple
Romain,
eût
reçüë.
»
Quoi,
s»
s'écrioit-
il,
un
deferteur,
un
briguand
,
veut
swtraiter
avec
nous
,
comme
un
jufte
ennue-
#
mil?
Spartacus
qui
ravageoit
impunément
»
l'Italie,
ResFLExIONS
POLITIQUES.
#
Ün
Princene
doit
jamais
admétre
un
fujet.
rebelle
à
traiter
avec
lui
;
car
owre
que
c'eft
un
éxemple
de
dangereufe
conféquence,
c’eft
en
quelque
façon
recon-
roîcre
{on
Sujet
pour
égal,
ou
pour
indépendant.
Ro
berc
de
la
Marck,
dit
Don
juan
Antonio
de
Vera,
re-
tourna
pour
la
troifieme
fois
en
Alemagne,
d’où
il
dvoir
été
chaffé
deux
fois
par
les
Gapitaines
Impe-
riaux
;
car
Charle-quintre
voulut
jamais
marcher
et
perfonne
contre
ce
rebelle,
qui
n’étoit
digne
que
de.
mépris,
{e
fouvenant
de
ce
qu'Hérodote
écrit
des Ef-
claves
de
Scychie,
qui
avoient
pris
les
armes
contre
leurs
Maîtres,
&
leur
avoient
fair
tère
en
pleire
cam-
pagne,
enorgueillis
du
cas
qu'on
fefoir
d'eux,
en
les
allant
combatre,
comme
de
légitimes
ennemis
:
au
lieu
que
les
Maîrres
aïant
laiflé
les
armes,
&
pris
des
écourgées
&
des
foüets,
ainfi
que
le
requeroit
la
condition
de
ceux
,
qui
leur
faifoiene
Ja
guerre
;
ces,
miférables
fe
rendirent
incontinent
au
mépris,
qu'ils
virent
,
que
leurs
Maîtres
avoient
peur
eux,
Dans
l'Epitome
de
la
Wie
deCharle-quint.
#
Livre
TROISIF
ME,
179
»
l'Italie
,
après
avoir
taillé
en
piéces
tant
d'ar-
»
méss
confulaires,
ne
plc
pas
obtenir
>
qu'on.
»
capitulät
avec
lui
,
quoique
la
République
»
eût
alors
deux
autres
guerres
contre
Serto-
»
rius
&
Mitridite,
qui
la
mettoient
prefque
#
aux
abois
:
&
maintenant
que
le
Peuple
Ro-
»
main
eftau
plus
haut
degré
de
la
puiffance
,
”
il
feroit
la
paix
avec
un
voleur,
&
lui
don-
#
neroit
desterres
?
I}
ordonna
donc
à
Blefus
3e
à #
,.
de
promettre
l'impunité
à
tous
ceux,
qui
mé-
troient
bas
Îes
armes,
&
de
tâcher
d’avoir
le
Chef
à
quelque
prix
que
ce
für.
_EXXV.
Ce
pardon
lui
débaucha
beaucoup
degens,
&
puis
on
lui
fit
la
guerre
de
la
mé-
me
maniere,
quil
nous
la
failoit.
Car
comme
fes
forces
étoient
infoales
,
&
qu'il
'entendoit
mieux
à
piller
qu'à
combatre
,
d'ordinaire
il
diviloit
fes
troupes
en
divers
pelotons
,
ce
qui
lui
fervoir
à
s'exquiver,
quand
on
lattaquoit
;
&
tout
enfemble
à
faire
tomber
les
nôtres
en
embufcade,
lorfgn'ils
le
pourfuivoienr.
On
fi
donc
trois
marches
,
&
par
conféquent
,
trois
corps
d'armée,
dont
l’un
fat
donné
à
Corne-
Bus
Scision,
Lieutenant
de
Blefus,
pour
mar-
cher
du
côté
que
Tacfarinas
pouvoit
rav:o2g
les
terres
des
Leptins
;
ou
fe
fauver
chez
es
saramantes
;
le
fils
de
Blefus
condnifoir
de
l'autre
côté
la
milice
,
qu'il
avoit
coûume
de
Commander
,
pour
empêcher
>
Qué
les
terres
des
Cirtes
ne
fuflent
à
la
merci
du
barbare.
180
Les
ANNALES
DE
TAcire.
Le
Général
marchoit
au
milieu
avec
l'élite
de
fes
troupes
,
faifant
des
forts
&
des
retranche=.
MENS
aux
Éeux
où
il
faloit
;
ce
qui
réduifit
à
Pétroir
les
ennemis
,
leur
rendoit
tout
diff-
cile
&
contraire.
Car
de
quelque
côté
qu'ils
|
fe
tournaflent
ils
trouvoient
par
tout
quelque
.
partie
de
nôtre
armée,
foit
en
tête,
ou
fur
les
ailes
,
&
fouvent
en
queuë
;
de
forte
qu'il
y
en
eüt
beaucoup
de
tuez
,
oude
pris.
Après
cela
Blefus
divifa
ces
trois
corps
en
plufeurs
bandes
,
dont
il
donna
la
conduite
à
des
cen-
turions
de
valeur
éprouvée
:
&
quand
l’Eté
«
fut
paflé
,
il
ne
retira
pas
fes
troupes
,
ni
ne
les
envoya
pas
dans
les
quartiers
d'hiver
de
la
vieille
Afrique
4
,
comme
c'étoit
la
coutume;
,
Mais,
ainfi
qu'au
commencement
de
la
ouer-
re
,
ayant
conftruit
de
nouveaux
forts,
il
ft.
poutfuivre
Tacfarinas,
quichangeoit
à
toute
heure
de
logemensb,
par
des
coureurs
,
qui
fa
voient
les
routes
&
les
caches
de
ces
deferts,
_
jufquà
ce
que
le
frere
de
ce
brigant
étant
pris
,
il
fe
retira
,
mais
plutôt
quil
ne
faloie
pour
le
repos
dela
province
,
où:il
laifloit
le
barbare-
encore
en
état
de
recommencer
[a
guerre.
Cependant
,
Tibére
la
tenant
pour
>
_ache-
Le
RES
NOTES
HIST
ORIQUES,
æ
On
apelloit
ainfi
à
Romela
parrie
de
certe
Province
;
que:
Les
Romains
avoient
conquife
{ur
les
Carthaginois.
&
Le
latin
dit,
#2palia
qui
veut
dire
de
pauvres
cabanes.
RENE
EURE
%
_deffus
d’Antiftius
Labeo
1,
qui
ne
lui
cédoic
ASS
ur
Livre
TROISIEME
165.
achevée
,
permit
que
blefus
fut
proclamé
/”-
perator-pat
les
légions
:
honneur,
que
les
ar
mées
vitorieules
rendoient
autrefois
à
leurs
Généraux
dans
le
premier
tranfport de
la
joye.
Et
quelquefois
il
y
avoit
en
même
tems
plu-
fleurs
Zmrperatores
,
tous
égauxen
dignité.
Au=
gufte
avoit
accordé
ce
titre
à
quelques
Gapitai-
-
nes,
&
Blefus
fut
le
dernier,
qui
l'obtint
fous
LEXXVI.
Cette
année
moururent
deux
hommesilluftres,
Afnius
Saloninus,
petit-fils
de
Marcus
Agrippa
&
d'A
finius
Pollio,
frère
_utérin
de
Drulusc
,-&
deftiné
pour
mari
à
l'u-
ne
des
petites
filles
de
l'Empereur,
&
Ateyus
Capito
,
de
qui
j'ai
déja
parlé
,
le
premier
hom-
me
de
la
Ville
,
pour
l'intelligence
des
af-
faires
,
mais
au
refte
petit
fils
d'un
centu-
riOn
,
qui
avoit
fervi
fous
Silla,
&
fils
d'un
Préteur.
Auguftel'avoit
appellé
de
bonne
heu-
re
au
Confutat
,
pour
lui
donner
le
rang
au
|
en
REFLEXIONS
Politiques,
1
C’eft
une
chofe
aflez
ordinaireaux
Princes
d’avan
cer
un
Courtifan
,
pouren
abaifler
un
aurre
de
plus
grand
NOTES
HISTORIQUES.
_e
Iétoit
fils
de
Viplania,
fille
d’Agrippa,
premiére
femme
de
ribére
,
&
mere
de
Drulus
;
&
devoit
époufer
une
des
filles
de
Germaniçuse
182
Les
ANNALES
De
T
ace.
en
rien
pour
l'habileté.
Car
ces
deux
orne-
mens
dé
la
paix
floritfent
fous
le
même
regne
;
mais
Labéon
étoit
plus
eftimé
dans
le
monde
à-caufe
de
la
Liberté
2
de
fon
efprit
d,
quine
biai-
REFLEXIONS
POLITIQUES.
grand
mérite,
qu'ils
haïflent.
C'eft
pour
céte
raïfon,
que
Filippe
I
I.
préféroit
prefque
en
tout
le
Prince
d’Eboli
au
Duc
d'Alve.
Aucommencement
de
la
Ré-
gence
de
la
Reine
Mére
,
le
Cardinal
Mazarin
ne
con-
ferva
les
Seaux
au
Chancelier
Seguier
,
qui
ue
lui
évoir
pa$5
moins
odicux
qu'à
la
Régente
,
que
pour
opoler
unhomme
d’efprir
&
de
vigueurà
M.de
Chafteauncuf,
qui
les
prétendoir
,
&
à
la
Duchefle
de
Chevreufe
,
qui
Femuoit
ciel
&
terre,
pour
introduire
fon
adorateur,
&
fon
martir
,-*
dans
le
Miniftére.
*
C’eft
ainfi
que
la
Reine
appelloit
M.de
Chafteauneuf.
Mésoires
de
M.
dela
Chafire.
$
2
Quelque
bons
que
foient
les
Princes
,
ils
ne
fau
roient
aimer
lesefprits
roides.La
Majeftéeft
fracoutu.
Mée
aux
refpeéts,
que
prefque
tour
ce
qui
fent
la
libzr-
t€
lui
eft
infuportablé.
Il
y
&
peu
de
Princes
comme
Etienne
de
Battor,
Roi
de
Pologne
,
qui
donna
le
ris
che
Palatinar
de
Sandomir
àStanilis
Pekofliwski,
le-
quel
étant
Nonce
de
cette
Province
à
la
Diére
avoit
rou-
Jours
opiné
contre
lui.
Pekofléwski,
dir
Evienne
en
le
nom="
a
-
NOTES
HISTORIQUES.
d
C'eft
lui
,
qui
donnantfa
voix
à
Lepidus,
pour
être
Séna-
teur,
répondit
à
Augulte,
qui
fui
demandoit
,
s’il
ne
connoif-
foit
perfonne,
qui
en
für
plus
digne,
que
chacun
avoit
fon
opi-
mion,
Sur
quoi
Augufte
prenant
feu
,
jufqu’à
le
menacer
de
la
=
TS
-mort,
Labéon
,
fans
changer
de
couleur,
ni
de
réfolution
,re-
partit
,
qu’il
croyoit
faire
un
bon
choix
;
quandil
propofoit
pour
Sénateur
un
homme,
à
qui
Augulte
n’avoit
jamais
voulu.
Over
La
dignité
de
Grand
Pontife,
PRIT
IIS
pivree
TRoïste
Me
385
biaifoit
jamais
;
&
Capiton
plus
aimé
des
Prin”.
ces
,
à
caufe
de
fa
complaifance.
Le
premier
Ou,
la
gloire
du
premier
devint
devint
plus
fecom
plus
éclatante
par
drc&
la
fortune
mandablé
par
ltpju
du
fecond
plus
enviée
,
pour
éxe.
ftice
qu’on
lui
fit
de
ne
le
point
élever
plus
haut
que
la
Préture
;
&
l'autre
plus
envié
,
&
même
plus
odieux
pour
avoir
obtenu
le
Confulat
3.
52
EXXVIE
LE
de
.
Rasrzsxions
PoLiTirQUues-
sommant
à
ce
Palatinat,
ef
wntres-mauvais
Nonct
»
mais
c'efi
un
tres:
bon
foldat.
Exemple
mémorable
de
générofite
&
de
modération,
{#joûte
l'Evêque
dePre-
milz
}
&
d'autant
plus
digne
de
louange
,
que
ce
Prin
ce
aimoir
le
mérite
de
celui,
dont
il
avoit
fujet
de
haïr
Ja
perfonne:
Piafecki
dans
[a
Chronique,
Ce
que
fic
le
Pape
fules
III.
en
faveur
de
Braccio
Marielli,
qu'il
transféra
du
pauvreEvêché
de
Fiéfole
à
la
riche
Eclife
de
Lecce,
quoique
cer
Evêqueeür
été
Îe
perpetuelcon=
tradicteur
de
l'autorité
des
Légats
dans
le
Concile
de
Trente,
où
Jules
avoit
prefidé
en
cére
qualité,
eften-
coreun
des
plus
beaux
éxemples,
qui
aïent
paru
fur
la
fcene
du
fiécle
paffé.
Le
Cardinal
Pallavicin
chap.
1.
du
13.
livrede
[on
Hiffoire
du
Concile
de
Trente.
Sci-
pion
Ammirato
dir,
que
la
bonne
vie
de
ce
Prélat
füt
çaufe,
que
le
Clerge
de
Leccé,
qui
vivoit
dans
une
grande
diflolurion
lorfquilentra
au
gouvernement
de
ce
dioccfe
,
devint
fi
régle
&
fi
vertueux
,
que
les
plus
fevéres
cenfeurs
auroient
pü
s’en
comrenter,
Dé/cours
9e
du
livre
3.
de
fon
Commentaire
[ur
Tacite,
3
Quand
le
mérire
d’un
Grand
ef
univerfellement
reconnu,
le
refus
qu’on
lui
fair
des
charges
&
des
hon-
veus
,
qu'il
a
droit
de
prétendre
,
eft
ure
lertrede
re-
commandation
pour
la
poftérite.
Et
de
fon
vivant
méê-
me
,
la
compañhon
publique
le
récompenfe
du
tort
qui
Ju
+
184
Les
ANNALES
DE
TaAciTr
LXXVIT.
Junia
fœur
de
Brutus
,
femme
de
Caffius
,
&
niéce
de
Caton
,
mourut
auffi,
foixante-quatre
ans
après
la
bataille
de
Phic
He
:
REFLEXIONS
POLITIQUES.
Imieft
fair
Et
d'ailleurs,
il
eft
glorieux
pour
lui,
qu'on
demande,
pourquoi
il
n'a
pas
obtenu
unbâton
de
Maréchal
;
Où
un
Gouvernement
de
Province
;
car
tousces,
pourquoi,
font
autant
de
témoignages,
qu’il
en.eft
divne,
Ciaconius
demande,
avee
étonne
Mert
,
pourquoi
S.
Thomas
d'Aquin
ne
fut
pas
créé
Cardinal
comme
S.
Bonaventure,
à
qui
il
ne
cedoi
ti
En
fcience,
ni
en
fainteté,
Et
j'ofe
pareillement
de-
Mander,
dit
un
Moderne,
pourquoi
S.
Bernard
na
point
été
appellé
au
Cardinalat,
comme
tant
deRelie
gieux
fes
difciples,
dont
il
étroit
l'aigle...
Ma
con
jcéture
eft
,
que
fon
Traité
de
Confideratione
ad
Enge.
Ait
Papas,
coutageufement
écric,
&
{es
remone
trances
à
pluficurs
Cardinaux
;
donc
ilne
pouvoit
fou.
frir
les
déportemens,
ont
été
caufe,
qu'il
n'a
point
été
horcré
du
Cardinalat
par
le
Pape
Eugere
,
fon
dif
Ciple.
Traité
de
l'Origine
des
Cardinaux,
chap.
6
x
Rien
n’expole
davantage
à
l'envie
un
Courtifan
;
que
-
d’êtreappelié
de
trop
bonne
heure
à-des
charges,
d’où
fontexcelus
des
gens
de
plus
haure
naïflance,
&
de
plus
ÿrasd
iérite.
La
promotion
de
Bartelémi
de
Carran-
“ça,
fimple
Relivirux
de
l'Ordre
de
S.
Dominique,
à.
Ç
P
g
Si
VArchevéché
de
Toiéde,
fans
avoir
jamais
pallé
par
à
aucunedieniré
,
lui
fufcira
auratt
d'ennemis
&
de
per-
fécureurs
,
qu'il
y
avoir
de
Prélatsen
Efpagne,
Dos
Hernando
de
Valdés,
Archevéque
de
Seville,
&
In-
Quifitenr
général,
qui
s'éroir
artendu
à
monter
à
la.
Primatie
de
Toléde,
le
ft
acufer
den’être
pas
ortho-
doxe,
&
plufieurs
Religieux
du
même
Ordre,
qui.
étoient
Confulreurs
du
Sainr
Office,
joïignirent
au
Grand
Iñquifiteur.
De
{orte
que-ce
pauvre
Prélatne
}
dcyint
Livre
TRorsis
Mer.
16ÿ
lippes.fl
fur
beaucoup
parlé
de
{on
teflamentr,
où
nommant
avéc
honneur
prefque
tous
les
Grands
pour
héritiers
de
ies
grandes
richelfes
,.
elle
REFLECTIONS
POLITIQUES.
devine
le
prenuer
Archeyèque
d'Efpagne,
que
pour
être
la
vidime
de
la
calemnie:
au-lieu
que
fi
Filippe
II.
leñtmené
par
degrez
à
céte
£minenre
dignité,
lon
ne
€
fût
pas
prefque
aperçu
de
fon
élévation,
ni.de
la
aveur
du
Prince,
Cabrera
chap.
10.
du
livre
4.
de
fon
Hiftaire
Don
Barrelemi
fur
dix-
fept
ans
dans
les
pri-
fons
de
Ploquifition
,
fept
a
Madrid,
&
dix
à
Rome,
où
il
mourut
en
2;
76.
ee
_1
On
parle
toujours
beaucoup
du
FeRlament
des.
Grans
,
car
c’eft
le
plus
fidéle
miroir
de
leur
efprit
&
de
leurs
mœurs.
Teffarenta
hominurm
fpeculummo:
*#m
,
dit
Pline
le
jeune.
Durant
leur
vic,
onnc
fair
le
plus
fouvent
ce
qu'ils
ont
dans
le
cœur,
tantils
dégui-
fent
bien
{eur
vifage
&
leur
averfion
;
mais
à
leur
mort,
Jeux
teftament
léve
les
doutes
,
&
détrompe
beaucoup
degers,
qui
croïoïient
avoir
la
meilleure
part
à
leur
cime
,
ou
à
leur
afeétion.
Celui
que
Pilippe
IL.
fe
cn
1580.
à
Badajoz
;
où
il
penfa
mourir,
aprir
à
la.
+Rcine
Anne,
qui
s’atendoit
à
la
Récerce,
qu'elle
avoit
un
mari
imbü
de
la
maxime
de
Tibére,
qu'il
ne
faut
point
donner
d'autorité
aux
femmes.
La
ff-.
cerité,
que
dois
avoir
nn
homme
qui
fai:
un
teflament,
_païoïr
aflurément
route
entiére
dans
celui,
que
fe
Cardinal
de
Richelieu
adrefle
à
Louis
XIII.
Vous
Y
voïez
I
portrait
de
ce
Roi
tiré
au
naturel
;
vous
y
trouvez
prefque
tous
lesmeilleurs
confcils
qu’un
habile
Miniftre
puiffe
donner
à
fon
Prince
;
des
traits
de
politique
exquis
,
de
grans
fentimens
,
des
vérirez
bardies
,
une
Cloquence
mâle
,
une
juftefle
d’efprt
admirable.
Maïs
l'amour
propre,
qui,
au
dire
d’un
Ancien
,
eft
la
derniére
chemife
de
nos
paflions,
ya
is
fait
186
Lrs
ANNAtes
DE
TActrre.
elle
avoit
obmis
Tibére
2.
Mais
ce
Prince
le:
prit
en
bonne
part
3
,
&
n'empécha
point
quelle.
REFLEXIONS
POL1iT:
QUES.
fair
glifler
un
defaut,
qui
faute
aux
yeux.
C’eft
qu'il
y
parle
trop
de
fes
fervices,
parriculiérement
das
le
premier
chapitre
de
la
premiére
partie,
qui
eft
bien
‘plus
fon
éloge,
que
celui
de
fon
Maître.
Au
refte,
de
ja
maniére
dont
il
craïonne
Louïs
X
I
I
I.
comme
Prince
&
Maciftrat
,
il
a
raifon
dedire
qu
#x
rejtament
net
aujour
beaucoup
d'intentions,
que
le
tejæ'eur
n'a
voit
ofé
divnlsner
pendant
[a
vie.
Chap.
7.
de
la
pre.
à
miêre
partie.
-
2
Ceux,
qui
font
nez
républiquains
,
ont
bien
de.
Ja
peine
à
fe
défaire
de
l'amour
de
la
liberté
,
temoin
Junia
,
qui
dépuis
foixante-
quatre
ans
qu'elle
avoir
vécu
fous
les
regnes
d’Augufte
&
de
Tibére
,
avoir
toujours
confervé
les
fentimens
,
dans
lefquels
fon
oncle,
fonfrére,
&
fon
mari
,
éroient
morts
Airfs
fon
reftamenr
ne
pouvoir
pas
manquer
d'être
auf
re-
publiquain
que
route
fa
famille,
qui
avoit
été
par
Vefpace
de
plufieurs
ficcles
le
rempart
&
lepaliadiun.
de
Ja
Jiberrée,
:
:
.
3
Ilya
ed
cftron
feulement
plushon
nête,
mais
encore
plus
utile
au
Prince,
de
difimuler,
que
de
montrer
du
reffentimenr.
Tibére
n'auroir
pû
tenir
ofenfé
du teflament
de
Junia,
fass
ofénfer
lui-
même
tous
les
Grans,
qu’elle
y
nommoir
s
d'autant
qu’ils
auroient-eu
lieu
de
croire,
qu'il
vouloir
abohrla
Hberté
desteftamens,
lui
;
qui
auparavant
n’avoit
jas
mais
voulu
fe
porter
pour
hericier
de
perfonne
,
qu'il
_æeut
mérité
de
l'être
pat
un
long
commerce
d'amitié
-
Outre
que
Junia
fembloit
avoir
em
Bonne
opinion
de
{a
-moderation
&
de
fa
juftice,
lorfqu'elle.avoit
appelléles
pose
Rome
à
fa
fucceffion,
fans
craindre
,
que
“exclufion
du
Prince
ne
fit
caffer
fon
teftament.
“Livre
TRo’Isir
ME
187
qu'elle
ne
fut
loüée
dans
la
place
de
Roftres,
es
;
Fc
.
<
&
honorée
de
toutes
les
autres
cérémonies
fu-
nébres
4
On
porta
devant
fon
corpsles
ima-
ges
R£sFLEXIONS
POLITIQUES.
4
C’eft
une
action
de
magnanimiré,
que
d’honorer
la
verco
jufquedans
fe
plus
gransennemis:
Rodolfe,
Duc
de
Suabe
,
que
le
Pape
Gregoire
VIT.
avoit
fait
élire
Empereur
4
la
place
d'Henri
IV.
dépofe
comme
ex=
comimunié
,
aïant
été.enterré
à
Mersbourg
;
comme
æn
Empereur
,
les
Saxons
voulurent
ôver
de
fon
tom
beau
une
table
de
cuivre,
où
éroient
fes
armes
avec
la
couronne
&
les
ornemens
imperiaux
,
pour
fe
métre
à
couvert
du
reffentiment
d'Henri,
qui
avoir
gagné
deux
batailles
fur
les
rebelles
:
mais
Henri
leur
defendir
de
toucher
à
céte
fepulrure;difant,qu’il
fouhaiteroir,
que
tous
fes
ennemis
fuffent
aufli
magnifiquemententerrez.
Hi].
dans
fon
Hiftoire
de
l’Empire,
Vie
d'Henri
IV.
Le
Duc
de
Sefle,
Viceroi
de
Naples
fous
Filippe
I
L
fic
drefler
un
maufolée
au
fameux
Capiraine
Pedro
Navarro;quoiqu'ileütembraffe
le
parti
de
François
I.
contre
Charl-
quint
,
fon
fouverain,
&
qu'il
füt
mort
à
Naples
par
la
main
du
boureau.
Qu
amuis
Gallorur
p
:rtes
fecutu
dit
l'epitafe
pio
fepulcri
munerehonefta-
vit
cumhoc
habeat
infe
preclara
virtus,
utetiamin
hoffe
fitadmirabilis
Ce
Duc,
ajoûte
du
Maurier
,
ho-
noroïit
la
vertu
dans
un
ennemi,
&
dans
un
rebelle,
&
fans
fe
contenter
de
le
louer
en
fon
cœur
,
il
lui
éle=
voitun
maufolée.
Daxs
la
preface
de
[es
Mémoires
de
_Hollante.
Filippe
FE.
aïant
fait
couper
la
tête
à
Don
Juan
dela
Nuça,
fufticia
d'Aragon,
qui
avoit
pris
les
armes
pour
la-défenfe
dés
privilèges
de
ce
Roïaume,
voulur
que
fon
corps
fût
porré
au
rombeau
de
fes
an-
_
cècres
par
dix
Seigneurs
illuftres,
pour
honorer
la
di--
gaité
188
Les
ANNALES
Dr
TAcrts£.
ges
de
vinot
familles
illuftres,
entre
lefqueiles
étoient
les
Manlius,
les
0%,
celles
des
Manlins,
ge
Quintius
,
&
d'autres
de
pareille
nobjelle,
Mais
Caflius
&
Brutus
étoient
ceux
,
qu'on
refar-
quoit
davantage
dans
cette
pompe
,
à
caufe
même
que
leurs
portraits
$
ne
s'y
voyoicnt
point.
ZT
RÉFLEXIONS
a
snité
de
celui
,dont
ilavoit
puni
la
ii
Chap.
10,
mefdits
h
des
faits
de
Filippe
II.
$
Lagloire
des
grans
hommes
ne
dépend
point
du.
caprice
n1
de
là
malignité
des
Princes.Ccux-làe
rome
pent
Jourdemenr,
qui
eroïent,
que
Ja
fuprefionde.
leurs
mages,
ou
de
leurs
éloges
,
€ft
capable
d’enfe:
ver
Le
mémoire
dans
un
éternel
oubli.
Les
Princes
ont
le
pouvoir
de
faire
taire
Jes
Hommes,
mais
ils
’auront
jamais
celui.de
leur
faire
oublier
les
belles
actions
des
perfonnes,
qui
ont
mérité
l'aplaudiflement
univerfel.
La
complaifance
,
que
chacun
2
pour
le
Prince,
fufpend
pour
un
tems
les
louanges
&
les
hons
neurs
,qui
leur
font
dûs
:
mais
quand
le
Prince
ef
mort,
la
liberté
fuccéde
à
la
contrainte,
&.
ee
Tinjufice
fair
aux
apAAee
fus
la
mémoire
de
|
ce
sa
24
A
N
N
À
É
S.
CORNEILLE
TAC
ITE
LIVRE
SAT
RReE
ANDE.
KOME.
367:
Re
nee
en
cel
du
Con-
€
fulat
de
C.
Afioius
&deC.
An-
_tiflins,
étoit
la
senviéme
du
re-
|
gnede
T'ibére,
quiavoit
le
plai-
fr
de
voir
l'Empire
en
paix
,
&
8
Mailon,
ben
contoit
la
mort
de
entre
fes
profpéritez
{
lorfquetout
à
coup
les
affaires
changérent
de
face,
&
fluide
conduite
»
par
les
cruautez
qu'il
exerea
luime.
me
;
où
Be
des
gens
violens
quil
susorifoit.
La
vera
POP
Se
roc
neen
cé
éd.
CRE
*
\
190
Lrs
ANNALES
pr
TAciTre..
La
premiére
caufe
de
ce
changement
fut
Elius
Sejanus
,
fon
Capitanedes
sardes
,
dela
faveur
duquel
j'ai
déja
parlé.
Je
dirai
maintenanc@
naiflance
&
ies
mœurs,
&
par
quels
moyeis
il
vouloit
s'emparer
de
l'Empire.
Il
étoic
de
Vullines,
&
fils
de
Séius
Strabo,
Chevalier
Ro.
Main,
&
dans
fa
premiére
jeunelle
,
étant
au
fervice
de
Caïus
Cefar
,
petit
fils
d'Augufte,
il
fut
foupconnédes’êcre
proftitué
pour
de
l'argent
à
Apiaus,
qui
n'éparpnoit
rien
pour
fes
plai-
firs.
Depuis,
il
s'infinua
,
par
fes
artifices
,
fi
avant
dans
l'efprir
de
Tibére,que
cc
Princeim-
pénétrab'eà
tousles
autres
,
ne
s'ouvroit
&
ne
{e
foit
qu'à
ini
feul
1.
Ce
qui
toutefois
procé:
doit
moins
de
fon
induftrie
,
puifqu'il
fut
vain:
eu
parles
mêmes
rules
,
4ont
sl
fe
fervoss
;
que
de
la
colére
des
Dieux
contre
l'Empire
,
à
qui
fa
chûce
fur
aufl
funefte,
que
fon
élévation.
Il
avoir
le
corps
fait
à
la
fauioue
,
avec
de
la
har:
dieile,
de
là
difimulation
,
&
du
safinement
à
calomnier
lesaucres
2.[:
écoit
complaifant&{u.
|
perbe
RÉFLEXIONS
POLITIQUES.
x
Les
Princes
,
dit
Antoine
Perez
;
ne
doivent
jamais.
donner
toute
leur
faveur
à
un
feul.
Ils
doivenr
imiter
les
temples,
qui
ont
toujours
plufieurs
entrées;
&
Dieu
méme,
auprès
de
quiil
ya
beaucoup
d’inrercel-
feurs.
Les
Princes,
qui
ne
prennent
point
ce
chemin,
de.
Rois
devi:
nuent
vafleaux&
Sujets,
ous
fes
afor:/mes.
ÿ
©
s
STE
«
4:
ue
-2
Les
Princes
foupconneux
(
Commines
dir
qu’ils
le
re
Aont
SR
LE
A
ER
ET
à
PPPTETE
FDmecae
ee
TEE
cule,
le
plus
graud
flateur
qui
fut
jamais
Livre
QUATRIF
Me
or
perbe
au
même
degré
;
modefte
à
l'exterieur
:
mais
au
dedans
,
enivré
d'üne
violente
paflion
de
regner
,
qui
le
rendoit
quelquefois
liberal
&
fplendide
jufqu'à
la
profufion
;
au
lieu
que
d'or-
.
dinäire
il
employoit
l’adrefle
&
la
vigikhnce:ver.
tus
au{li
dangereufes
9%
les
largefles
;
lor{-
qu
elles
fe
rencontrent
avecle
defir
de
aRoyau-
tés.
Il
augmenta
fort
le
pouvoir
de
fa
charge,
qui
REFLEXIONS
POLITIQUES.
font-tous
;
&
{ur-tour
les
plus
fages
,
&
ceux,
qui
ont
beaucoup
d'ennemis)
aiment
les
raports,
la
médifance
&
les
calomnies,
parce
qu'ils
veulent
rour
favoir.
Le
Cardinai
André
d'Autriche
avoit
plus
d’inclination:
Pour
ceux,
qui
lui
découvroient
les
vices
des
Courri-
fans
;
que
pour
ceux,
qui
lui
en
racontoient
les
vertus,
parce
que,
difoir-il,
les
premiers
me
fervent
d’efpions
&
me
font
toujours
tenir
{ur
mes
gardes
;
feconds
font
une
porte
par
où
paffent
l'amo
la
partialité,
&
la
Aarerie
;
de
forte
que
Ja
vériten’ar-
1ive
jamais
pure
&
fars
déeuifement
jufqu'à
moi.
Don
Carlos
Caloma
dans
le
12,
livre
de
[es
Guerres
de
Flandre.
se
&
que
les
ur
propre,
nes
NOTES
HISTORIQUES.
æ
Ce
portrait
eft
cenfuré
par
le
PereR
204
de
{on
Zrffruétion
por
lHiféoire,
être
reffemblant
,
en
quei
Tacite
n’eft
feplûtôtà
fuivre
fon
génie
,
qu'à
imiter
la
nature
»
cherchant
plusä
faire
de
belles
peintures
>
Que
de
bons
portraits
:
pour-
Vüque
fes
tableaux
plailent,
comme
celui
de
Sejan.,
il
fe
fou-
Sie
peu
qu’ils
reffemblenr,
car
il
le
faie
bien
plusméchant
qu’il
nef
û
l’on
en
croit
Paterculus
,
qui
le
loué
tort.
C°eft
À
dire,
qe
ce
bon
pere
fuifoit
plus
de
cas
du
témoignage
de
pater-
>
COMME
il
en
cun-
VienE
apin,
dans
Particle
Le
portrait
dit-il
doit
Pas
affez
exa@
,
qui
pen
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