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Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la gégraphie, l'histoire, la fable, et les antiquités ... T. VI

Sabbathier, François

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DR HET DICTIONNAIRE. POUR L'INTELLIGENCE | DES AUTEURS CLASSIQUES, GRECS ET LATINS, __ TANT SACRÉS QUE PROFANES. POME SILIIME . DICTIONNAIRE® POUR LINTELLILOLNCE DES AUTEURS CLASSIQUES, GRECS ET LATINS, TANT SACRÉS QUE PROFANES,. CONTENANT LA GÉOGRAPHIE, L'HISTOIRE, LA FABLE ET ÉES ANTIOUITÉS. | DÉDTIÉE À MONS EÉÉGNEUR. . LE D UC DECHMOLSEU T.. 2 Par M. SABBATHIER ; Profeffèur au Collère de Chälons-fur-Marne , 6 Secrétaire perpétuel de la Société Littéraire de La même Ville. LE #7 MS os oo ere À CHÂALONS- SUR-MARNE, S Ê NMEU2ZE Imprimeur du Roi, dans la Grande Rue: ee Et fe trouve à Parts, Chez DELALAIN, Libraire, rue de la Bond Françoife. Barsou, Imprimeur - Libraire, rue des Mathurins. ne ÉRISSANT, Fils, Libraire, rue Saint Jacques. M. D'ÉCEXEX Avec Approbation & Privilège du Roë, AUTRES. OUVRAGES DU MÊME AUTEUR, Qui Je trouvent chez les mêmes Libraires. 1.° Effai Hiftorique - Critique fur lOrigine de la Puiffance temporelle des Papes ; Ouvrage, qui a remporté le Prix de . F'Académie Royale de Pruffe. N ouvelle édition. Broché 1 .v. 10.[. : 2.° Le Manuel des Enfans » où les Maximes des Vies des Hommes Iluftres de Plutarque ; Ouvrage dédié à Monfeigneur le-Dauphin 1. Zo7, in-12. Relié 1.v. tof. 3° Souié prefte » Recueil de Differtations fur divers fujets de l'Hifoires France , lefquelles ont concouru pour le prix de différentes, Académies. 1, Vol, in-12. © N_ - * de ce Volume la Lifte de MM.les Souferipteurs : Let mais, la plüpartn ayant pas encore envoyé leurs Noms, nous avons été obligés de différer limprefion de certe Lifte, Les Perfonnes, qui ont foufcrit, & celles qui voudront encore foufcrire, font priées d’adrefler direétement & fans frais une notice de leurs roms, qualités & demeures, à l’Auteur même de Ouvrage. C’eft fous fes yeux qu’on l'imprime. 1] en corrige Iui- même toutes les épreuves; & il n’y en a aucune qui ne foit lue au moins trois ou quatre fois. Ainf, cette Édition fera très - certainement la plus exacte de toutes celles ;que lon pourra donner dans la fuite. Nous ofons nous flarter qu’on n'aura point vu depuis long-tems de Life de Soufcripteurs auffi-bien compofée que le fera celle-ci, Prefque tous les So uvérains de l'Europe ônt la bonté de s’intérefler à l'exécution de cette entreprife. Notre Augufte Monarque,S. AR. Tlnfanc Duc de Parme, Te AVERTISSEMENT Je -RoË d' le Roi de Sardaigne, l'Impératrice Reine, &c. Soufcrivent,chacun en particulier, pour plufieurs exem plaires, Quelques Miniftres des Cours Étrangères, ont fai Jhonneur à M, S. de Jui écrire, au nom de leurs Princes, des Lertres bien capables de Jencourager dans fa carrière: On en jugera par la leéture de celle de M. du Tillot, (4) Miniftre de S. A. R. l'Infanc Duc de Parme. Son AlteÏe Royale a lu, Monsieur, votre Lettre avt l'intérêt que votre mérite connu a dû lui infpirer. Elle avoit déja entendu parler de votre Nom * de votre Didionnaire avec de jufles éloges. Defirant que la Jeunefe de fes Etats profite des lumières qui font renfermées dans cet Ouvrage, elle 4 bien fincèrement à cœur de Je le procurer cr s’intérefera véritablement à fon Jucces, qui eff déja fi bien affuré. Monfiewr Bonnet, Tréforier de [on Altell Royale, rue Poifonnerie à Paris, fera chargé en confequence dt … fouférire pour le nombre d'exemplaires qu'elle jusera convenable. Je faifis avec bien de l'emprefement celte occafion de vous afuret de l'eflime fincère, avec laquelle je fus, MonstEuRr, vwrt très - humble très - obéifant Serviteur DUT ILLOT. Parme ce SE Novembre 1768. TL n'y aura. pas jufqu'à un Boulanger, qui n'ait defiré de fe procurer cer Ouvrage. Cela-paroïtra fans doure fort (az) C'eft autrement M. le Marquis. de Félino. DÉS LIBRAIRES di étrange ; mais, la Lettre, que ce Boulanger a écrite à l'Auteur, doit paroitre encore plus étrange. La voici: MONSI 2 UR, L'évudition | dont votre Didionnaire porte L empreinte , C l'avantage que tout homme curieux peut en retirer , mont déterminé. à acheter chez la veuve Vatar de Nantes ; les ‘vois premiers Volumes, & me font defiver les autres: A ces effet, je vous prie de vouloir bien me marquer les conditions , ques je dois Joufcrire pour le vefle de l'Ouvrage, & quelles font Les mefures que je dois prendre pour recevoir chaque Volume auffi= tot quil paraitre. Je pallèrai avec plaifr par la voie que Vous ie prefcrirez. , perfuadé gwelle fera égale à celle des astres LS ou[cripteurs, Comme L'amour propre ef} l'appanage de preque tous les hommes, @ queles Gens de Letires y font méme plus fujets que les autres. Je crois pouvoir vous demander, conformément à votre Auvertifeiment, à étre placé dans La Life de ceux au concourent à l'édition de cet atile Diéhionnaire. Que les perfonnes , qui diront cette nomenclature, Sr J'urprifes di 1Youver un PRE de Paimbeuf,.peu m'im por te, Je ris même déjà de leur étonnement. Quoi? l'Hifloire Ancienne > les Langres mortes Jont- elles exclufivement deffinéss aux Gens de la première diféinétion ? Eff-:l défendu à un Boulanger. d'avoir d'autres connoilances que celles de fon four & de fon pain ? Er le proverbe, ne futor ultrà crépidam ,pourra-t«il avoir lieu à mon égard, quand on fe rappellera que le Jciécle pallé à vu naître un maître Adam is APERIISSEMENT DES LIBRAIRES. Eillaud, AMenuifier de Nevers P Adieu ne plaife que je veuille me mettre en parallele avec cet efprit naturels mais, Jans. avoir fa génie , joie me Jlatter d'être né avec quelques talens, que je Li ferai toujours gloire de cultiver, lorfque je trouverai des mmaberék tels que vous. En coufequente, j'efpere que vous me ferez le pluifi de configuer mon nom de #4 demeure à la fin de votre fixièm Volume ; & de croire que je ferai avec refpeit & reconuoifance, Moi NSIEUR, ARTS DATES ETAT IT Pre Votre très-bumble & Des Dee S'erviteur} FRANCOIS LE CLATITRA si Ancien maitre Boulanger de Nantes, a prélentement Marchand Peslanser 2 La - à Paimbenf. Painbuf le ce -huit Avril i 76 8. DE do Ur CAE Bren des gens ne pourront s'imaginer Ge une tell! Lettre foic de la façon d’un Boulanger. Nous le préfumon d'avance. Mais, la chofe n'en eft pas moins réelle. A H _ vérité, qui dit Boulanger, dit pour l'ordinaire un homme . groffier, fans politefle, fans éducation , & qui n’a d’autré connoiffances, que. celles qui ont rapport à fon état, C& meft pas-là l'idée que l’on doit fe former de M. le Clair, Nous avons été informés par une voie très- fûre, qu'il ef vériablemenc homme de Lertres, & bien ee de l'État qu'il exerce. | N.2 On travaille afluellement à la gravure des Planches 6: dés Cartes Géographiques , > qui doivent accompagner cet Ouvrage. Ce partie importante s'exécute aufft fous la direétion de M. S DICTIONNAIRE) É DICTIONNAIR E POUR L'INTELLIGENCE#* DES AUTEURS CLASSI dE r GRECS ET LATinsté <# En EE a — CS ERDATR ET (a). Cette lettre foure ® moins diftin{: que les au- eff Ja première des tres. Le B,leP & LV Cconfonne ?. Confonnes & la fe- 6nt tant de rapport enfémble , conde-de l’alpha- qu'on les a foïvent confondus , bet dans prefque tant dans Ja Prononciation que _toutes les langues. … dans l'écriture. Quintilien remar- . Les Hébreux la nomment Perk, que que, dans obéinuir, la raifon & les Grecs Bira . que l'on pro= vouloir qu'on mit un B ; Mais que, nonce Bérta où virales É YP=< dans la prononciation »: On lui don- tiens , vida. Les Latins & les Oc- noit le fon d'an p > 0ptinuit. C'eft . cidentaux l’appellent Be. Pourquoi, dans les manuferits sx Cette lettre eft dun nombre des ces deux lettres font fouvent miles . confonnes , qu’on appelle muet- lune pour l'autre ; & dans les ts , parce qu’elles ont un fon plus verbes compolés de /zb ou d'os, è (a) Mém, de l'Acad. des Infcrip. & Bell, Lett, Lo XIII. pag, 425. Tom, XX. pas. 167 ee : MAS Tom, VI 2 ù : D quand il fuit un #, on change le B enp, comme /zppono pour /ub- pono ; oppono pour obpono. On change de même le B enp, tou- tes les fois qu'il fuit un s, comme fcribo , feripf Les Grecs chan- gecient aufh fonvent ces deux lettres l’une en l'autre. Plutarque témoigne que c’étoir l'ufage de ceux de Delphes. “Quant.à l'V confonne, on le trouvé fouvent dans les Infcrip- tions Latines & Grecques pour le B; & de même le B pour l'V confonne.-Ily a même plufeurs Nätions quiprononcentle B pour PV, & PV pour le B, ou d’un fon moyen entre celui de l'un où de autre. n voit dans des Infcrip- tions SP iris ,; Berna s &tc: pour VIXIT, Verne; QC. Cette lettre feule étoit fouvent üne abréviation de noms propres, tels que ceux de Brutus, de Bal- bus, &c. & de plufieurs autres mots, fur tout dans les anciennes, Tofcriptions, où B. figniñe Bozus, bon; Beatus , heureux; Bulnee, bains; Bona; biens, richefles, Mais, fa plus commune fignifica- tion, dans ces monumens , eft Beñe, bien: Deux B à côté l’un de lautre, de certe manière B.B., fignifioient. où Bona, Bona, des biens , des biens , c'eft.à-dire, de très grands biens ; où Pené , Benè , bien, bien, ceft-à-dire , très-bien, B: DD. Bonis denbus , aux bonnes déefles,. BF. Bon4 fide ; Bona kfémina.; Bona fortuna ; Ben fac- tum ; de bonne foi; bonne fem- me ; bonne fortune ; bien-faic. B. L. Bona lex , bonne loi. B, M, P. dela brebis exprime le fon vi, B Bent merito pofuit; 1 a pofé à un homme qui lui a rendu fervice. B. M. P. C. Benè merito ponen-« dum curavit ; il a eu foin dé pofer à un homme., qui lui a rendu fer- vice. B. M.5. C. Berémeruo fe=” pulcrum condidit ; il a bâti ce {6-" pulcre à un hommie,qui lui a ren- du fervice. Un B & un F renverfés, de | . cette manière,q.x, vouloient dire, … Bona femina, ou Bona filiaz , bon-w ne femme ou bonne fille. B. À. L.. Bixit pour vixit annis quinqua=« ginta ; il a vécu Cinquante ans. … B. L. I. Boni judicis judicium ÿ jugement d'un bon juge. B. H." Bona haæreditaria , on bonôrum « hæreditas ; biens héréditaires ou. héritage des biens. BN. HT, Zone hic invenies ; tu trouveras ici des » biens. BN. EM. Bonorum empto-” res; acquéreurs des biens, B. RP, N. Boro Reipublicæ natus; né. pour le bien de la République, BENHMARENTI [ 4 eft mis icipoure | Pene merenti; à une homme de bien. BIINTE MHI- RHNTL FIICIT. | ici deux à pour e | Bené merenti fecit ; a fait à un hommede bien. BIBU.. ALES . Bibu pour vivo , à lui vivant. BIRTOR, BiGor pour yitor,. vainqueur , ÔtC. On dit que les anciens Écyp+. tièns exprimoient la lettre B dans” leurs hiéroglyphes par la figure” d’une brebis, à caufe de la reflem. blance qu'il y a entre le bêlement des brebis & le fon de cette lettre; &x il eff à remarquer que les Grecs . modernes, quidonnentau B le nom de vita, difentauff que le bélement : HEC LE 0 DUT EUR) Bb B, chez les Grecs & chez les Romains , éroie une lettre numé- tale , qui fignifoit le nombre deux, quand elle étoit fgurée fim- plement; &, avec un accent def. fous; elle marquoit deux mille Chez les Grecs, : Aujourd'hui, les Maîtres des petites écoles , en apprenant à lire , fonc prononcer be > comme on le prononce dans la dernière fyllabe de tombe : il: tombe. Us font dire aufli , avec un e muet, de; fe, me, pe ; ce qui donne bien plus de facilité pour aflembler ces lettres avec celles qui les fuivent. C'eft une pratique ; que l'Auteur de la Grammaire générale de Port. : Roÿal avoit conteillée , & dontil parle comme de la voie la plus naturelle pour montrer à lire fa- cilèement en toutes fortes de-lan- Bues ; parce qu'on ne s'arrête point an notn particulier, que l’on a donné à la lettre dans l'alpha bet ; mais, on n'a égard qu'au fon naturel de la lettre ; lorfqu’elle entre en compofñtion ayec quel- que autre, Le B étant une confonne na de fon qu'avecunevoyelle. Ainf ; quand B termine un mot, tels qu'Achab, Joab , Moab , Oreb, Job, Jacob, après avoir formé cette lettre par l'approche des. - deux lévres l’une contre l’autre, On ouvre la bouche, & on poufle autant d'air qu'ilen faut pour faire entendre nn e muet; & ce nef qu'alors qu'on entend le B. Cer e muet efl beaucoup plus foible que celui LE entend dans fy//1be, - Arabe, ufébe , globe, robbe. On divife les lettres en Certai= B nes clafles, felon les parties des organes de [a parole , qui fervent le plus à les exprimer. Airf le B eft une des cinq lettres , qu'on ap- pelle labiales, parce que les 1é- vres font principalement. em-« ployées dans la prononciation de ces cinq lettres, qui font by ps MR Ve Le B efJla foible du p. En fer- Tant un peu plus les lévres, on fait p de b , & fe de ve. Ainf, il . n'y a pas lieu de s'étonner f l’on trouve ces leitres l’une pour l'au- tre, Le chängement de ces deux lettres labiales v, à, a donné lieu à quelques jeux dé mots , entr autres à ce mot d’'Aurélien > au fajet de Bonofe, qui pañloit {à vie à boire : Natus ef non. ut vivat, Jed ur bibar, Ce Bonofe étoit un Capitaine originaire d'Efpagne, On peut voir {on article. | Outre le changement de B en P OU En y, of trouve auf le B changé en f, où e#fp, parce que ce féntdes lettres labiales. Ainf 5 de Bréno eft venu fremo ; & au heu de fhilore on à dit fifileres: d'où eft venu notre mot fiffer. C’eft par ce changement récipro- que que du Grec êupo les Latins Ont fait 4/2bo, - On pontroit rapporter un plus - grand nombre d'exemples pareils de ces permutätions de lettres, Ce que sous venons d'en dire |; nous paroït {ant pour faire voir que les réflexions , que l'on fait fur l'étymologie, ont, pour la plü-, part , un fondement plus folide qu'on ñe le croit pour l'ordinaire, Parmi nous, les villes où l’on À j \ 4. B A bat monnoie , font diflinguces les unes des autres, par une lettre, qui eft marquée au bas de l’écu de France. Le B fait connoître que la piéce de monnois a été frappée à Rouen. (z) B, ou Béta, fervoit chez les Grecs à défigner les fyllabes lon- gues; c'eft parce que cette lettre a deux tems. B A BAAL , Baal, Bia, (8) ville de Judée. Elle étoit fituée vers les frontières de la tribu de Siméon, æ Sans doute que cette ville étoit -ainft appellée , parce qu'on y ado- roit le dieu Baal, dont il eft parlé ci-après, &t C'aura été auf appa- remmentpour la même raifon,qu’- onaura joint à ce nom quantité d'au- tresvilles , à moins que ce n'ait été parce que ces villes étoientcomime des capitales de pais. Mais, outre les villes , 1 ÿ avoit plufeurs . lieux, dont le nom étoit compofé ide: Baal. # BAAL, Ber, BéLus, Real, Bel, Relus ; (c)n’eft qu'un même . nom. C'étoit ün titre de disnité & non pas un nom propre. li figni- fioit en général Roi, Seigneur, Maitre, Mari. ne. .BAAL, Boul, Béarn, (d)-cé- lebre divinité chez ples d'Orient. (2) Mém, de P'Acad, des Infeript, & Bell, Letr. T, XVII. p. 1e CG) Paral, L, TI. c. 4 ve22. (c) Mém. de PAcad, des Infcrip, & Bell. Letr. Tom. V. pag. 265. (d) Reg. L. IT. c. 14. Te V= per quelques peu Ÿ FE. [rés :36$: Eom, XVI, pag. 69, & fs B À 5 LE Ce dieu Baal ou Bel, dont il eft aflez fouvent parlé dans l'É2 criture fainte , femble y être con. fondu avec Moloch, Jérémie, en efiet, reproche à la tribu de Juda & aux habitans de Jérufalem, d'avoir bâti un temple à Baal pour y brûler leurs enfans dans le feu; & ce Prophéte ajoûte enfuite! » C'eft pourquoi, le tems vient » que ce lien ne fera plus appellé Æopheth ni la vallée du fi d'Ennon , mais la vallée di carnage. « C'étoit à Moloch, qu'on offroit ces innocentes vide mes ; & c'étoit dans la vallée dut fils d'Ennon que fe commettoi, cette abomination. Baal on Bl étoit donc le même dieu que Mo loch. On peut tirerla même con. clufion de la reffemblance de leu. Le | 1e DR noms , qui fignifient l'an & l’aus ire, Roi, Seioneur, &c.; titres, qui conviennent au Soleil , adoït. également fous le nom de Baal os de Moloch. Pour bien entendre cette Mys thologie, 1l eft néceflaire d’obfer ver; 1,° Que le même dieu étoi. - fouventhonoré par différens peus. ples, mais prefque toujours {ous des noms ditférens & avec des cé rémonies différentes, C’eft ce qui a jetté une grande obfcurité far hi Mythologie. Il eft certain, pa exemple, que la grande divinités Ofce, ce 14. v. 14. Virg. Æneid, L ve 625, 733, 734. Myth. par M PAbD Ban, Tom, { pag. 156, 3200 Tom. II. pag, 85. dr fuiv. Mém, d (oi Co 19 Vers. 6, Cr 32, Ve 2fl) Vs 24 CF PAcad, des Infcripr. & Bell. Lert: Te 12. ©, 18, V. 22,C. 22. V. 47, LV, € Fos v. To, c+ 7 v, 163 7. Er 23 ve 4 fege Pialm, 106, v. 28. pag. 489. d' friv. Toi. V. pi Tom. XXI, pag, ez. & È à B A des peuples d'Orient étoit le So. leil Cependant, fous combien de noms ne la=t-on pas adoré ? 2.9 Que comme plufieurs princes ont porté le nom de Bélus, les My- tholognes font embarraflés à dé- terminer quel a été le premier de tous , qui a reçu les honneurs di- vins. Si l’on vouloit fuivre le fenti- ment de Bérofe, que le Syncelle, fur l’autorité de Polyhiftor , nous aconfervé , nons trouverions des princes & des dieux de ce nom : même avant le Déluge ; mais, fans nous arrêter à cette opinion, que l'on croit n'avoir aucun fon- . dement, ileft hors de donte que la plüpart des peuples de Syrie & de Phénicie reconnurent une di- vinité de ce nom. Les Syriens l’adoroient fous le nom de Baal- péhor ; les Moabites, fous celui de Baalphégor ;c'eft-à-dire, Baal adoré fur le mont Phégor, com- me le remarque Théodoret ; les AïMyriens, fons celui de Baaload. Le culte de ce dieu paffa même jufqu'en Afrique , apparemment avec la colonie de Didon, Les Carthaginois le nommoient Bal ou el; comme nous apprenons de Servius ; c’eft de-là fans doute que leur étoit venue la coûtume d’ajoûter par honneur, le titre de Bal aux noms de leurs Grands Homines, comme dans ceux d'An- nisBal, d'Afdru-Bal, & quelques autres, ; Éeculrede cette fauffe divinitéa 1 er) . été fouv éfendu au peuple Juif par les Prophéres. L'impie Achab ‘ / £ Ÿ £ lui fit élever un temple à Samarie; LA . . ët le prophète Élie fit mouri: qua- B A tre cens cinquante de fes Prêtress ce qui fait voir la magnificence du cuite de cette faufle divinité, de- vant laquelle prefque toute lg ter- re avoit fléchi le genou, comme il.eft dit dans l'Écriture fainte, Parmi les cérémonies du culte de ce dieu, on remarque celle de fervir tous les jours des viandes dévant fon idole , que les Prêtres avoient foin d'enlever, en entrant dans le temple par des chemins fouterreins , £omme le prophéte Daniel le découvrit au roi de Ba- bylone, à la confufon de ces fcé- lérats. FE. Ceux, qui ont voulu Te= chercher l’origine de cette divini-_— té, ont embraflé différentes -Opi- nions. Servius, Eufébe , Théo- phile d’Antioche & quelques au- tres ont cru que c'étoit Saturne. Voffius & Selden, comme on la dit , ont penfé que c'étoit le So- lil. Ge dernier confirme fon {en- timent par plufieurs raifons très- plaufibles ; entre lefquelles, celle qu'il tire du nom d'Héliogabale, prêtre du Soleil, n’eft pas la moin- dre, puifque cet Empereur fem- bloit avoir joint les deux noms, que les Grecs & les Syriens don- noient à cet aître , appellé par les Grecs H‘uc, & Bel. ou Bélus par les Syriens. D'autres fe font imaginés que Baal étoit le même que Jupiter Stygien , ou Pluton; & ils ap puyent leur fentiment d'un paña- ge de l'écriture, où lEfprit faint appelle les facrifices de Béelghé- gor, des facrifices des morts. Car, comme le remarque Saint Aueuf- tin, par les facrifices des morts on À iÿ 6 _bAÀ doit entendre ceux , qui étoient Offerts aux dieux manes , où aux dieux des enfers, Ontrouve des Auteurs, & Eu: fébe eft de ce nombre, qui con- fondent Baal avec Bélus , Premier foi des Aflyriens , qui fut mis au fang des dieux après fa mort, Mais , il y a apparence que le culte de cette divinité étoit plus ancien que ce Prince , à qui on donna auf, par honneur, le nom de Bélus, qui veut dire Seigneur: nom que les Juifs, comme le re- Marque judicieufement Grotius, ne voulurent jamais donner au Dieu d'Ifraël, parce qu'il étoit profané par l'application , qu’en faifoient les Idolâtres à leurs fanf. fes divinités. : TL. L'Écriture a un terme par- ticulier pour défioner les temples Confacrés à Baal ou au Soleil. Elle les appelle Chamanim. C’étoienr des lieux fermés de murailles dans lefquels on entretenoit un feu éter- nel. Ils étoient très-fréquens dans FOrient & fur tout chez les Per- - es. Les Grecs les nommoient Py- réa ; où Pyratheia, d’un mot dé- _rivé du Grec Pyr, fen > Où Pyra, bücher. On y voyoit un autel , beaucoup de cendres , & un feu qu'on ne laifloit point éteindre, fuivant Strabon. Mzundrel , dans fon voyage d'Alep à Jérufalem . a encore remarqué quelques vef- tiges de ces enclos dañs la Syrie. On ne voyoit point de flatues dans la plûpart; on en voyoit ce- perdant dans d'autres | mais rien (2) Paral. L, I, c, 8. v. 30. = G@) Jofte €, 15, v. 9, 10, 29. Reg, B A d'uniforme dans la figure, Baal ou Bel s'appelloit auff. EI & Bélathes ; de Bel, les Grecs avoient fair, outre Bélus, Bélis,. Bélénus , Bolus , Bolanus, Bellu- cadrus & plufieurs autres , fans parler des compofés , dont nous avons nomineé une partie. BAAL, Baal, Béun, de Jéhièl , prince de Gaäbaon & de Maacha. Il avoit plufieurs fre- res, dont laine étoit Abdon. : BAAL,. Baal, Baux, roi de (a) fils. Tyr en Phénicie. I fuccéda à. Ithobal & prit le gouvernement. 2 RS : de cet État, qui fut ruiné par LA Nabuchodonofor. Il mourut l'an du monde 3443, & avant J. C: : 592. Après Baal, Tyr fut gou-. vernée, pendant treize ou quas. torze ans, par des Juges qui dé. pendoient des Affyriens. BAALA, Bualu, Baar, (b) ville de la Terre fainte dans la tribu de Juda. On la voyoit vers. les frontières de cette tribu, C’é-. toit la même que Cariathiarim 5. c’eft-à-dire, la ville des forêts. Lorfque les Philiftins eurent ten: VOyé l'Arche du Seigneur, on la. tran{porta dans cette ville, où elle fut mife en dépôt dans la maifon d'Aminadab. On en confia le fon. à Éléafar , fon fils, qu'on fanctifa pour cet effet, Elle y demeura î long-tems , jufqu'à ce qu'enfin É David là fit tranfporter à Jérufa- ler. dans le Pfeaume 131 fous le nom de Campis Sylre, Do t Calmet L. EL ©. 6, v. 21, c. 7, v. tr. © [eq Paral, LE, I, c. 13» V6, &'feg La ville de Baala eft défifnée £ ÿ& RIT. PA BA. dit que Baala, Baalat , Caria- thiarim , Cariathbaal , ou Bal fimplement, Baalim de Juda Séde- iarum & Caempi Sylve , ne font W'une même chofe. BAALATH, Baalath, Barèx, (a) ville de Paleftine. Elle fit par- tie de l'héritage échu aux enfans de Siméon. BAALATH , Bazlath , (b) autre ville de Paleftine.. Elle étoit fituée dans la tribu de Dan. On lit au troifième Livre des Rois, que Salomon rebâtit ; entr'autres villes, celle de Baalath. BAALATHBÉER, Paalath- beer. (c) C'eft la même ville que Baalath, fituée dans la tribu de Siméon, I y en a qui diftinguent ces deux mots, comme étanc.les noms de deux villes différentes. D'autres n'admettent pas certe diftinéion. - BAALBECKH, oz Barsrou — eft l’ancienne Héliopolis de Syrie, Voyez Héliopolis. —BAALBÉRITH, Paalberith, BaaaGesit. (2) Ce dieu feroit to- talement inconnu fans un paflage du livre des Juges, où ileft dit qu'après la mort de Gédéon, les Tfraëlites abandonnérent le Sei- gneur & firent alliance avec Baal, afñn qu'il fût leur dieu. Le texte … Hébreu porte: /s érablirent Paal- bérith fureux., afin qu'il fit leur dieu, [left dit auf, dans le mé- me Livre, que ce dieu avoit un témple à Sichem, d'où les habi- tans de cette ville tirérent foixan- (a) Jon = 19. Ve 8. BA te-dix livres d'argent pour jes donner à Abimélech, fils de Gé- déon:. Les Interprètes de l’Écriture fainte ont débité plufieurs conjec- tures pour nous apprendre quel toit ce dieu. Dom Calmet croit qu'il étoit le même que Dercéto, où Dagon, ou Diane Britomariss & que fon culte écoit pañlé de l’ifle de Crète chez les Philiftins, & avoit pénétré de-là jufquà Si- chem; mais, ce n’eft pas-là le chemin, qu'ont fait les fables. Le culte dés dieux du Paganifine, originaire des païs de l'Orient , dit M: l'abbé Banier, a pañlé dans les ifles de la Méditerranée, & de-là dans la Gréce & dans les pais voifins. Ainf , ajoûte M, l'abbé Banier, nous aurons encore re- cours à Sanchoniathon. Cet Au- teur, ou plutôt Philon de Byblos, fon Interpréte , dit qu'Élion & Bérith font deux divinités de Phé- nicie. Le premier de ces deux noms figniñie le Très-Haut | & al eft donné quelquefois au vrai Dieu parles Écrivains facrés. Bel ou Baal veut dire le Séigneur ; Béruth, qui a un rapport vifible avec Bérth, fignifie l'alliance. Ainti , Élion-Béruth, ou Baal- Bérith, fera le vrai Dieu ; on la déeffe de lalliance, L'Écriture dit, eneffet, que les [fraëlites firent alliance avec ce Dieu , comme on re vient de le voir dans le pañage que nous ayons rapporté. On fçait que les Anciens avoïent (d) Judic, © 8: v. 33; 34. co. v. a (6) Jofu. Cr 19 V. 44, Reg. EL. xir. | MSc. par M. Pabb, Ban, Tom. Il: pag, C9, -V: 18: Ce) Jofu, c. 19. v. 8. 430. Te LI, pag. 95. dr fuiv, A iv : 8 = BA plûüfeurs. dieux ; qui préfidoient aux alliances ; & il femble que chacun étoit maître de choifir ce- Jui, qu'il vouloit, pour être le garant de ce qu'il alloit promettre. Cependant ; on choififloit ordi- natrement , parmi les Grecs & les Romains, Jupiter , qui ;, pour ce- la, étoit furnomimé Jupiter au {er- ment. Paufanias nous apprend que , dans la ville d'Olympie, on voyoit ce Jupiter tenant la foudre dans fes mains, prêt à la lancer contre ceux, qui violeroient leurs fermens, Il ny avoit rien de plus célebre chez les Romains, que la formule du jurement par Jupiter- Pierre : Quid igütur juRabo ? dit Apulée; per deum lapiderm Roma- 20 vetufhffimo more. : Mais, quel étoit donc ce dieu de lalliance ? C’eft ce qu'il eft im- pofhble de deviner: car, Bochart ne nous fatisfait point, lorfqu'il dit que Bérith eft le même que la déeile Béroë , dont parle Non- nus , & que ce Poëte dit être fille de Vénus & d'Adonis; ou, felon d'antres , de Térhys & de lO- céan. On ne fera pas plus avancé, quand on fçaura que ce dieu , on cette déefle, avoit donné fon nom à la ville de Bérith, où elle étoit adorée. Fix : Baalbérith étoit un des dieux, qu'on invoquoit à Carthage. [y étoit aufli honoré comme le dien de l’ailiance où du ferment, BAALGAD , Bazlgad, (a) Barxryad\, ville de Judée. Elle ap- partenoïit à la tribn d'Afer, & étoit Ca) Jofu, cit. v.17. | à G) Myth, par M, Ÿabb, Ban. Tom. IL pag. 86% 87, à tuée vers le les peuples qui habitoient fur le se B À mont Hermon au de-là du Jourdain, Cette ville pre. noit {on nom du dieu Baalgad," qu'on yadoroit. - BAALGAD , Bacan , où B£-. GAD., Baalsad, Bagad, où Be-\ gad, (b) dieu des Affyriens, Le premier nom eft compofé de Paul, feigieur ou dieu , & de Gad, for. tune; comme qui diroit dieu de la. fortune, Bagad où Bépad fignife. bonne fortune. En Allemagne , les Juifs ont coûtume d'écrire, au- deflus de Ja porte de leurs mai=. fons, Ba-gadeou Mazaltob ; c'eft=… ä-dire , bonne fortune on bon gé= mie, pour attirer la profpérité dans! leur famille. : > Il y en a cependant qui expli- quent Baalgad parle Soleil ? &. felon ceux-ci, c'étoit cer aftre,. que» les Affvriens adoroient fous le nom de Baalsad, SE BAALHASOR , Baalhafor à Béxarop, (c) ville de Palefine, f- à tuée dans la tribu d'Éphraïm. C’eft … dans cetre ville, qu’ Abflom fit. allafiner Amnon,, fon frere, pour … venger l'outrage , qu'il avoir fait - à Thamar, È BAALHERMON > PBaalher=… mor ; (d) montagne de la Terre fainte au nord de la tribu d'Iffa- char & dn Grand-Champ, felon. Dom Calmet. L'Écriture remar- à que que le Seigneur avoit laiflé . mont Liban, depuis la montagne de Baalhermon jufqu'à l'entrée d'Émath, pour {ervir d'inftru@tion & d'exercice aux enfans, d'Ifraël, (c) Reg. L, If, c. #3, v. #3, & fège Cd) Judic, ç, 3, v, 3. = ESA Jr F rare BA BAALI , Baali, Buaxe/u : (a) c'eft-à-dire, mon maitre. Ce rer- te fe trouve dans le prophéte Ofée. C’eft la même chofe que Bal Voyez Baal. BAAËEIA , Paola, Bœœia , (ë) un des trente braves de l'armée de David. + BAATIADA, Baalieda, (c) E'rade, un des enfans de David; du nombre de ceux, que ce Prin- ce eut à Jérufalems BAALIM, Bralim , terme, quieft fouvenc répété dans l'Écri- ture. C'ef le plüriel de Baal, Poyez Baal, Se - BAATIS , Baalis Berre : () roi des enfans d'Ammon. Ce Prince envoya lfmaël , fils de Na- thamias, pour tuer Godolias , à ‘qui of avoit donné le commande- ment du peuple ; qui étoit refté dans Juda , pendant la captivité ‘dé Babylone. à = BAAËISÉPHON ; Paahife- phon ; c'ell-à-dire , dieu-fenti- nelle, On dit que les magiciens d'Égypte avoient mis cette idole dans le défert, comme une bar- fière, qui devoit arrêter les Hé- breux & les empécher de fuir. BAALMÉON , Baalmeon., Bséausqr, (e) ville de Judée dans la tribu de Ruben, Ceux de cette …. tribu la rebâtitent, ainf que plu- fieurs autres. Du tems du prophé- té Ézéchiel , la ville de Baalméon étoit en la dépendance des Moa- (4) OfÉé, c. 2, y. 16. CG} Paral EL: c, 12. v. $ (©) Para Rire Las Vs 7 4) Jerem. C 40, v. 14: Y» ge Ce) Numer, c. 32, v. 38, Ezéch. c. 25) 8 B A bites, ceux-ci Payant reprife {te les enfans de Ruben. Sa poñition étoit vers la frontière du pais de Moab. Eufébe & S. Jérôme placent cetre ville à neuf milles d'Esbus où d'Éfébon, au pied du mont Baaru ou du mont Abarim. Ca. la nomme auf Béelméus & quel quefois Bethbaalméon. Li y avoit des eaux chaudes. ‘ BAAL-OCHUS, Baul-Ochus, (f) dix-neuvième & dernier Roide la première dynaftie des rois d'A fyrie. Après l’extinélion de cetre Maïfon ; la couronne pafla , d'une manière finsulière , dit-on, mais dont on nous à laiflé ignorer le détail, au fur-intendant des jardins du eoi , nommé Baaltar. BAALPÉOR, Baalpeor, () idole , à qui les Syriens rendoient les honneurs divins, C’étoit anff - un dieu des Arabes, C’eft le So- leil ; qu’on adoroit fous ce nom, puifque Baalpéor eft le même que Baal, Voyez Baal. ee * BAALPHARASIM , PBuale Pharafim , (h) ville de Paleftine dans la tribu de Juda. Elle prit ce nom, qui veut dire difperfion , confufion, parce que le Seïgnenr ÿ fit remporter une vidoire à Da- vid, en difperfant les Philiftins fes ennemis. Îls y laiflérent même leurs idoles | que le vainqueur emporta,. Cette ville n’éroit pas éloignée (f) Mém. de lAcad, des Infer. & Bell. £Lert, Tom, XXI, pag. 6, - () Myth. par M. l’abb. Ban, Tom: IT. pag. 420. Tom. IIL.pas. 86, 8%» CG) Reg EL. H. © 5. v. 20, @ [eg LE 2 Voyez; Baal. 10 À de Jérüfalem , puifqu’elle étoit {= tuée dans la vallée de Raphaïm. - BAALPHÉGOR , Paalphe- g0r , là même divinité que Béel- Phéoor. Voyez Béelphésor. BAALSALISA > Baalfalifa, Barœrire , (a) ville de Judée dans la tribu d'fflachar. Ce fut de certe ville qu’un homme vint apporver à Elie des pains des prémices, Vingt pains d'orge , & du froment nouveau dans fa beface. Le Pro- phète les fit donner au Peuple. Quoiqu'il y eût cent perfonnes, iis'en mangérent tous, & il y en eut de refte, comme le Seigneur avoit prédit. Cette ville , lon S. Jérôme & Eufébe, étoit à quinze milles de Diofpolis, vers le nord. : BAAESAR, Bralfar ; celt-à- dire , le Seigneur Dieu. C’eft le même que Béléfis, Joyez Béléns. v BAALSÉMEN, où Baarsr- MÈS , Baalfemen, Baallemes, (8) divinité, qui reprefentoit le So= lil, chez les Phénicisns, Sancho- mithon dit qu'une grande féche- refle étant furvenue dans le pais, les Phéniciens tendirent les mains vers le Soleil, qu'ils regardérent comme le feul dieu & le maître des cieux, & lui donnérent le nom - de Baalfémen, lequel, en Phé- _nicien, fipniñe feigneur des cieux. C'eft le même dieu que Baal, = BAALTAR, Baalar, (c) fur- intendant des jardins du roi dAf.… Ca) Rep, L. IV. c. 4 Vr 42 & fez. (6) Myth. par M, Pabb. Ban. Tom, [, 49. 156. Méim, de l'Acad, des Iafcrip. -Bêll. Lett, Tom. IT, pag. qq -_ (c) Mém, de l'Acad, des Infcripr, & PB A fyrie. Get Officier , après l’extine tion de la famille, qui avoit regnt jufqu'alors , fut placé lui-mêms für le trône par un événement fi gulier , dont nous ignorons le dé: tail, BAALTHAMAR, Baalihas mar, Béañaut, (4) lieu del tribu de Benjamin dans le vois nage de Gabaa, Durant la guerre, que les enfans d’Ifraël firent aux Benjamites pour tirer vengeanc de l'outrage-, que la femme d'un Lévite avoit recu des habitans dé Gabaa, ils allérent fe camper Baalthamar, tandis qu’un corps dé leurs troupes s’étoit mis en em bufcade au tour de la ville. Le enfans de Benjamin, ayant dont dans le piège, furent tallés ei piéces. Ils perdirent jufqu’à vingt cinq mille êt cent hommes. Ceux qui sétoient fauvés , ayant fil vers Gabaa , furent également, taillés en piéces par les troupes à qu'on avoit mifes en embufcadér Tout ce qui reftoit de Benjamités dans la ville , fur enfuite paffe aie fil de l'épée. Poyez Gabaa. 2 BAALTIDE ,. Baaltis . (e : déeffe des Phéniciens , appellé. autrement Beltus. Héfychius, al mot Braôre, ditque c'elt, ou Jue non, ©u Vénus. Eufébe ét Bars @& l'appelle Reine. D'autrén difent que c'eftia même que Das ne, où ja Lune. Sainchoniathon,. dans Eufébe, les diftingue , & di. -qu'Aftarce & Baalride font {œurss Bell. Eett. Tom, XXT. pag. 6. nn (d) Judic..c.-20. v. 33. @ feq, (e) Mém. de PAcad. des Inferip. & B£li. Lert, Tom, XVI. pag. <o. s NP VE VO dr RE 451; . BA que fa première eft Vénus , & l’autre Diane, que l’on prend pour Lucifer, Sanchoniathon ajoû- te que Baaltide fut femme de Sa- turre , aufi-bien qu'Aftarte, & gu'elle n'eut de lui que des filles. Certe Déefle étoit honoréeà By- blos; car, Eufébe dit que Saturne lui avoit donné cette ville, : BAANA, PBaana, Manvre, (2) fils de Remmon de Béroth., avoit un frere, nommé Réchab. [ls étoient tous deux officiers d'Isbo- feth, ls de Saül. Un jour que le Prince, leur maître , dormoit fur fon lit vers le midi, ils entrérent fecrétement dans l'intérieur de la maifon, comme pour acheter du bled; & ayant frappé. Isbofeth dans laine , ils le tuérent, prirent fa tête & s’enfuirent. Ayant marché toute la nuit par le chemin du défert, ils la préfentérent à David , & lui di- -rent : » Voici la tête d'Isbofeth, » fils de Saül, votre ennemi, qui » cherchoit à vous ôter la vie, » Le Seigneur venge aujourd'hui » mon Seigneur & mon Roi, de » Sal & de fa race, « David ré- pondit à Baana & à Réchab : » Vive le Seigneur , qui m'a dé- » livré des dangers les plus pref- » fans. J'ai fait arrêter & tuer à » Siceleg celui qui me vint dire » que Saül étoit mort, celui qui » Croyoit m'apporter une bonne » nouvelle, & qui en atrendoit » Unerécompenfe. Combien plus, » Maintenant, que des méchans » ont tué un homme innocent (a) Reg. Le TI, c. 4. v. 2. & fe. (4) Reg. L. IH, €, 4 v. 16. C2 Reg. L, IT, €, 23: v: 29, » dans fa maïlon , fur fon Ke, » Vengerai-Je fon fang fur vous, qui l'avez répandu de vos » mains , ® vous exterminerai- » je de deffus la terre? « David donna donc l'ordre À fes gens, & ils les tuérent. Ils leur coupérent les mains & les pieds, & les pen- dirent près de la pifcine d'Hé- bron. BAANA, Paana , Baua, (2) fils d'Huf, étoit intendant de tout le pais d’Afer & de Baloth, fous lé repre de Salomon. : BAANA , Baana, (c) pere de Héled , qui étoir un dés trente . … - braves de l’armée de David, Baa- naétoit de Nétophath. ; BAANA , Bauna , Paarà, (4) ün des chefs du peuple, qui figné- rent l'alliance , que l'on fit avec le Seigneur, au retour de la cap= tivité de Babylone à Jérufalem. BAARAS, Baarss , Radpacs (e) nom d’un lieu fiué dans la vallée de Machéron ou Machéron-. te. [croïffoit en ce lieu une plante de même nom. Joféphe donne de cette plante la défcription fuivan- e. » Elle reflemble, dit-il, à » une flamme , jette fur le fox » des rayons refplendiffäns, & fe » retire lorfqu'on veut la prendre. »-Le feul moyen delarrêter, eff » de jetter deflus de l'urine de » femme ou de ce fang fuperfu , » dont elles fe trouvent de tems- » en-tems incommodées. On ne » la fçauroit toucher fans mourir, » fionn'a dans fa main de la ira= » cine de la même plante; maïs, Cd) Efdr. L, Il. c. 10.v?27. | (e) Jofeph. de Belf, Judaic..pag, 081 12 b À. » of a trouvé encore un autre # moyen de la cueillir fans péril. » On creufe tout alentour, en > forte qu'il ne refte plus qu'un » peu de fa racine; & à cette ra- # ciné, quirefte, on attache un # chien, qui, voulant fuivre celni x ‘qui l’a attaché , arrache la plan- ».te & meurt aufli-tôt, comme » S'il rachetoit de fa vie celle de >» fon maitre. Après cela, on peut »# fans péril manier cette plante ; # & elle a une vertu, qui fait que » lon ne craint point de s’expo- » fer à quelque danger pour la » prendre. Car, ce que l'on nom- 3 me des Démons , & qui ne font » autres que les ames des mé- » chans , qui entrent dans les # corps des hommes vivans, & » qui les tueroient, $ on n’y ap- » portoit point de reméde, ‘les » quittent auffi-tôt que l’on ap- > proche d'eux cette plante, « Ï y en a quidifent que cette Plante naît au mont Liban, au- deflus du chemin, qui conduit à Damas, & qu'on ne commence à - R voir qu'au mois de Mai, jorf- -que la neige eft fondue. Dès que la nuit eft venue, cette plante <ommence à s’enflammer & à tendre de la clarté, comme un petit flambeau, mais qu'aufi-tôt que le jour vient, cette lumière ne paroït plus, & l’herbe devient imvifible.: Les. feuilles mêmes, qu'on a enveloppées dans des mouchoirs ; ne s'y trouvent plus : - ce qui autorife l'opinion de ceux ge difent que cette plante eft ob- fédée des Démons, parce qu’elle & auif, felon eux, une propriété @cculte , pour rompre les charmes BA & les fortiléces. D’autres aflurent quelle eft propre à tranfimuer les métaux en or ; @& c’eft pour cette. raifon, que les Arabes l’appellent. l'herbe de l'or. Mais, ils n’ofe- roient la cueillir, ni même l’appro- cher, pour avoit, difent-ils, Éprous vé plufeurs fois que cette plante. fait mourir fabitement celui qui l’arrache de cerre , fans apporte les précautions néceflaires ; & comme. ils ignorent ces précau- tions, ils la laiffent fans y cou: cher, ? Î y a quelques Naturaliftes, qui difent que cetre plante fe nourrit d’one terre & d’une humeur bitus mineufe ; que lorfqu’on l’arrache. de terre , il fort de {a racine uné. forte odeur de bitume, qui fuffo que celui qui larrache; & que ceift pour cette même raïfon qu elle éclaire de nuit. Car, cette. Matière bitumineufe, qui partice. pe de la nature du fouffre, s’en. flamme, felon eux , parl'antipéri£ tafe de Pair froid de cette haute. fontagne, @& rend de la clarté. : jufqu'àce que Pair,un peu échauflés par les rayons du folëil, fafle cel fer cette flamine, Que fi l’on sé. tonne que cette plante ne fe con: fume point, on doit confidéret que ce qui s'enflimme, eft Je füperflu de lalinent néceflaire, pour fa confervation, & que lorfqu'il eff confimé , la lumiere celles comme l’on peut remars quer en une lampe , où , faute d'huile, la lumiere vient À man- Guer, quoique la méche ne foit. pointentièrement confimée, Vol. là ce que les Naturaliftes rappor- + tent de cette plante admirable, B A qui ne fe trouve, difent.ils, quan mont Fiban , dans les endroits plantés de cédres. | : BAASA, Paafa, DBazra, (a) fils d'Ahias, de la maifon d’Iffa- char, fit une conjuration contre Nadeb, fils de Jéroboam, roi d'Tfraël. Comme il étroit Général des armées de ce Prince, il le tua au fiége de Gebbethon, qui étoir une ville des Philiftins, & regna en fa place, la troïfième année du regne d'Afa, roi de Juda, lan 949 avant J. C. Baafa, étant de- venu Roi, tua tous ceux de la maifon de Jéroboam. Il n’en laïffa pas vivre un feul de fa race, juf- qu'à ce qu'il l'eiiéexterminée entiè- tement, felon que le Seisneur l’a- voit prédit par Ahias Silonite, fon ferviteur. Il y eut guerre entre Baafa & Alfa, tant qu'ils vécurent. La tren- te-fixième année du regne de ce dernier, Baafa marcha contre Ju- - da, @& fortifa Rama d’une mu- raille tout au tour, afin que nul du royaume d'Afa ne püût füre- ment ni entrer ni fort. Mais, ayant appris que Bénadad , roi de Syrie , Mmarchoit au fecours d'A- fa, il ceffa de bâtir Rama, & laiffa fon ouvrage imparfait. Le regne de Baafa fut de vingt- quatre ans. Ce Prince fitle mal devant le Seisneut; il marcha - dans la voie de Jéroboam, & dans les péchés qu'ilavoit faitcommet- ire à [fraël, Or, le Seigneur adrefs fa fa parole à Jéhu, fils d'Hana- ni, contre Baafa ; @& Int ordonna (@) Reg. LI. c, 15. V. 27. @ [eq C: 16. V. 1, @ feg. Paral, L, IL Ve Xe d* feg. B A 13 de dire de fa part à ce Roi: » Je. » vous ai élevé de la pouflière , & » je vous ai établi chef fur mon » peuple d'Ifraël; & après cela . » Vous avez marché dans la voie » de Jéroboam ; & vousavez fait » pécher mon peuple d'Ifraël, » C'eft pourquoi, je retrancherai ». de deflus la terre la poftérité de » Baafa, & celle de fa maïfon; & » je ferai de votre maïfon ce que » J'ai fait de la maifon de Jéro- » boam, fils de Nabat, Celui de » la race de Baafa, qui moura » dans la ville, fera mangé par » les chiens ; & celui, qui mour- » ra à la campapne, fera mangé » par les oïfeaux du Ciel. « Le refte des a@ions de Baafa, & tont ce qu'il avoit fait & fes com- bats, tout cela avoit éré écrit au livre des Annales des rois d'Ifraël. Baafa s’endormit donc avec fes peres. Il fat enfeveli à Therfa; & Ela, fon fils, reena en place, lan 926. avant J, C. ES Mais , la parole, que le Sa. gneur avoit dite par le prophéte Jéhu, s’accomplit par la punition de Baafa &t de toute fa maifon, à caufe de rous les maux, qu'ilavoit faits en la préfence du Seigneur, pour Pirriter par les œuvres de fes mains. Sa maïfon fut traitée comme celle de Jéroboam. Ce fut Zambri, dont Dien fe {ervit pour cette exécution, Il extermina tonte la maïfon de Baafa, fans en Riffer aucun refte. BA AU ,oz1A Nuir, (4) avoit époufé le vent Colpias, felon San- (ë) Mém. de PAcad, des Inferipe. & c. 16, | Bell. Lert, Tom, XVI, p.35. 14. BB À. choniathon. De ce mariage na- quirent Eon & Protogone. BABAS, Bubhus, BéCac, (a) de lilluftre race des Afrnonéens, êt un de ceux gui avoient le plus de droit à la couronne de Judée, après le dernier Anticonus & le dernier Ariflobule, qui fur étouffé dans le bain par l'ordre d'Eérode, E} s'oppofa avectons fes fils,qui é- toienttrès-braves, aux invafñonsde ce tyran, & foûtnr le parti d'An- tigonus, avec beaucoup de cha- leur, particulièrement lorfque ce Prince infortuné fut allégé dans Jérufalem par Hérode & par S0- fus. Mais, la ville ayant été pri- fe , ce fat fur cux que cet ufur= Pateur commença à décharger fa colère. Ïl donna ordre à Coftoba- re, mari de fa fœur Salomé, d'en . faire la recherche , deles arrêter, & d'empêcher qu'ils ne fortiffent ge la ville, pour les faire mourir. … Coflobare, qui connoïfloit leur mérite & leur qualité, & qu'en : Le cas de changement dans lÉRE, ils éroient gens à monter fur le trône, ne crut pas devoir poufler à bout la vengeance d'Hérode. Il Gonna au Contraire avis aux Ra bas, de ce qui fe tramoir conr- eux; @ au lieu de contribuer à leur perte, il les envoya fecréte- ment en {dumée, dans des terres qu'il y avoit, pour qu'ils y vécut {ent en toute fûreté, Îls y demeu- rérent quelques annéés, fans être inquiétés ; mais , Salomé & Co _» difperfés dans toute la rérten BA : tobare s'étant brouillés, cette nes chante femme necrut pas pouvoit mieux fe venger de fon mar, qu'en découvrant ce fecret au rol {on frere, qui envoya auffi-tôt des Satellites, pour les égorger , af qu'il ne reftâ: plus perfonne de la race royale ni des parens d'Hyrs Can. BABEL, Pubel, SV yever, (b) terme qui fignifie proprement, confufñon. Il eft célebre dans PÉe eriture, Voici ce qu'elle raconte À cette occafion, » Les: defcendans » de Noë étant partis du côté de » l'Orient, tronvérent une cam » pagae dans le païs de Sennaar, ». où 1is habitéignt. Ils fe dirent » Pun à laut dons te : » desbriques & cuifons-les au fem. » Les briques leur fervirent donc. » ce pierres, & le bitume de ca » ment. Ds s’entredirentenfuites. » Venez, bâtiflons - nous une. » ville & une tour, dont le fom- è » met s'éleve jufqu'au ciel, pour, » rendre nôtte nom célebre, & » de peur que nous ne foyonse » Or, le Seigneur defcendit pouf. » VOir a ville & fa tour, que les” ». Cnfans des hommes bâtiffoient, _» Îls ne font maintenant qu'uf » peuple, dit le Séigneur. Is ont. » tousje même langage; & ayant è » commencé a faire cet OUVrages = »_ils ne quitceront point leur def. ele, qu'ils ne l'aient entieree. meéntacheyé, Venez.donc ; def. : = LEA Hit. Anc, Tom. 1, pag. 3239. Mém de l'Acad. des Iñfcript, & Bell, Let. Forms XVIIE, Pas. 216 , 292, Ton XXI, Bag: 270 ? : De (2) 10féph, de Antig. Judaic. pag: S32- ë : (6) Gene. ce, crew 2, & feg. el de Antiq. Judaïc, Page. 1, 12, Herod. LT cs 187, Strab. pag, 738. Roll, PR LA UE VAE 2 BA 15. » cendons en ce lieu, & confon- ne veut pas dire: fzifons-nous un LA L » dons-y tellement leur langage, zom, avant que d'être épars fur La » quilsnesentendent pluslés uns zerre; maïs fzifons-nous ur Jfigne ; » Jes-autres, C'eft ainfi, quele de peur que nous ne feyons épars. » Séigneur les difperfa de celien. Soir que cette tour dût fervir d’un » dans tous les pais du monde, fignal à ce peuple de bergers pour » & qu'ils ceflérent de bâurcette les empêcher de s'égarer en con- » ville. C'eft pour cette raïon duifant leurs tronpeaux dans les » que cette ville furappellée Ba- vaftes plaines dé Sennaar; foit que »_ bel, parce que c’eit-là que le les connoïflances Aftronomiques,, » Seigneur confondit le langage à la perfection defquelles elle pa- » de route la terre, & que de-là roir avoir été deflinée, doffent » 1] difperfa les hommes danston- fervir aux bergers à fe retrouver » tes des régions. « On place au milieu de la nuit par le moyen cet événement, vers l'an du mon- des étoiles. de 1775, & 120 ans après le Nous ne fcavons pas jufqu'à Déluge. se - quelle hauteur cette tour avoit été On croit que Nemrod, fils de élevée. Tour ce que l’on ên trou- Chus, fut le principal auteur de ve dans les Auteurs, ne mérite l'éatreprife de la tour de Babel. Il aucune créance. Plufeurs ont cru vouloit, dit Jofephe, bâttr une que la tour de Bélus, done parle tour fi élevée, qu'elle pûtle ga- Hérodote, & que l'on vOyoit en- rantir d'un nouveau déluge, & core de fon tems à Babylone, le mettre en état de vengermême étoit la tour de Babel; où du contre Dieu, la mort de fes ancé- moins qu’elle avoir été bâtie fur tres, caufée parle Déluge. Ileft les fondemens de l’ancienne. Ge: difficile. de croire qu'il fe foit mis dermer fentiment paroit d'autant üne aufh folle imagination dans plus vraifemblable, que ceïte tour l'éfprit, Quoiqu'il en foit, M. le étoit achevée & avoit toute {à préfident de Brofles, dans un Mé- hauteur, Elle étoit compolée , fe= Imoire que l’on trouve parmi ceux lon Hérodote, ainf quenous l’ob= de l’Académie des [ufcriptions & fervons à l’article de Babylone, Belles Lettres, remarque que la de huittonrs placées lune fur l’au- Bible ne regarde pointla conftruc- tre en diminuant toujours en grof- tion de certe tour, comme une feur depuis la première Jufqu'à la entreprife condamnable, & qu'el- dernière. Au-deflus dela huitième le ne dit nulle part que Dieu eût étoit le temple de Bélus. Hérodo- fait quelque défenfe à ce fujet te ne dit pas quelle étoit la hau- Cefont les Commentateurs,ajoûte= teur de tout l'édifice ; mais feule- M, le préfident de Brofes, qui ment, que la première des huit Ont mis depuis ce féntiment en tours, & celle qui fervoit comme vogue, faute d'avoir, À ce que de bafe aux feprautres, avoit on croit Périzonius, bien entendu le ffade > Où cent cinquante pas en fens du pañlage de la Génie, qui hauteur & en largeug, ou en quar- Li 16 BA récar, fon texte nef pas bierr clair. Quelques Écrivains croyent que C’étoit là hauteur de tout lé cfice ; & Sirabon l'a entendu en ce fens. D'autres foûtiennent que chacune des huit tours avoir un fade, & que tout l'édifice avoit buit flades, ou douze cens pas de hauteur; ce qui paroi impof- fible. Cependant, S. Jérôme dit, fer le rapport des autres, qu'il avoit quatre mille pas de hauteur. D'autres lui en donnent encore davantage, Les nouveaux Voyageurs va- rient dans les defcriptions, qu'ils nous donnent des refles de la tour de Babel. Fabricius dit qu'elle Peut aYoir environ un mille de tour. Guion dit la même chofe. Benjamin, qui eft beancoup plus ancien, aflure qu'elleavoit deux mile pas de long par les-fonde. mens. Le fieur de la Boulaye le Gouz, gentil-homme Anpevin, ‘qui dit avoir fait un affez-lone fé- Jour à Babylone ou Bagdac , rap- porte qu'il. y a, environ à trois Hèues de certe ville, une tour nommée Mépara, & fituée entre: PÉuphrate & le Tigre , dans une rafe campagne. Cette tour. et tonte folide en dedans, & reffem- ble plutôt à une montagne, qu'à une tour, File a par le pied cinq cens pas de circuit; & comme la pluye & les vents l'ont beaucoup Tuinée, elle ne peut avoir de hau- tèur qu'environ cent trente-hunit ques; Qui ont quatre doigts d’é- … Paifleur. Après fept ranos de bri- = ; fa) Plut, Tom, E, pag. 43 287, : + “Tan ps. B A ques , il ÿ à un rang de paille de trois doigts d'épailleur, mélé avec de la poix où du bitume Depuis le haut jufu’en bas, on cn compte environ cinquan® Ï y a apparence que tout @ que l'on raconte de certe cour, cepté ce que l’on en trouve dans PÉcriture ef Abuleux ; & que les relies de quelques tours, que Pon montre dans la Babylonie , ne font rien moins que les reftes de tour de Babel, 5 BABIA, Bobia , nom d’un idole, qui étoit révérée en Syrie & fur tout à Damas, On y don* noit le nom de Babia aux enfant -C6 Qui a: fait Conjedurer que h Babia étoit déeffe de PEntance, | BABRIAS, Babries, on GAN BRIAS ,poëte Grec, qui à mis les fables d'Efcpe en vers jambes, Onne fçair pas en quel tems1la vécu. BABYCE, PBabyce, BaGuuu. (z) pont de Sparte, [| eft fait mention de ce pont dans la vie de Lyeurgue, écrite par Plurarque ». Quand tu auras bâti, répondit. » oracle de Delphes À Lycur » gue, un temple à Jupiter Syk » lamien& à Minerve Syllarien » ne; @ que tu auras rangé le » peuplé par lignées & par tri » bus, & établi an Sénat de tre. » te Sénateurs, y cotnpris les » deux chefs, tu tiendras de tems FE. » en téms le confeil entre le Bar pieds de roi. Elle eft bâtie de bri= -» byce & le Cnacion ; tu confer ?_ Veras Je pouvoir de prolongerà » tongré, ou de congédier l'af » fembléé,. FFAID B A » femblée, & tu laifleras au peu- » ple le droit de ratifier ou d’an- » nuüller ce qu'on ÿ aura propo- ee. Le Babyce & le Cnacion, c’eft . l'Œnonte. Ariftote écrit pourtant que le Cnacion eft le fleuve, & que le Babyce eft le pont; car, les Lacédémoniens tenoient leurs affemblées entre le pont & la ri- vière , dans un lieu où il n’y avoit ni faille enrichie de tableaux, ni place autrement ornée. Lycurgue eftimoit que ces embelliflemens, bien-loin de fervir pour le bon confeil, lui nuifent au contraire , en rempliffant de penfées, ou inu- tiles ou vaines , l’efbrit des af- fiftans, qui, au lieu d'être atten- tifs aux affaires , dont il s’agit, s’a- mufent à regarder ou les flatues ; ou les tableaux, ou les riches lam- bris, comme on regarde lés déco- rations d’une fcéne, M. Dacier, dans nne de fes re-. Marques , conclut, de ce que les Lacédémoniens tenoit leurs aflem- blées entre le Babyce & le Cna- cion, que ce pont devoit être le pont de quelque torrent différent de cette tivière ; Car , ajoûte-t-il, entre une rivière & fon pont il n'y a pas d'efpace pour tenir des af- femblées, à moins que cette ri- vière nait deux bras. Cette re- Marque me paroit fort judicieufe. Plutarque fait encore mention Cu Babÿce dans la vie de Pélopi- das, C'eft au füjet d'un combat ; qu'il dit avoir été le premier, qui apprit à fous les Grecs, que ce n'eft ni l’Eurotas ni le lieu, qui eft G) Crév. Hift. des Emp, Tom, V, p. 391; 403, Zom. VI. B A “KZ entre le Babyce & le Cnacion, qui portent des hommes belliqueux & de hardis combattans; mais que les grands courages naïflent pat tout où les jeunes gens fca- vent avoir de la honte pour tout ce qui eft mauvais, & de l'affu- rance. & de l'audace pour tout ce qui eft bon, & où ils craignent plus le moindre affront que tout les périls enfemble. | BABYLAS, Babylas, (a) évêque d'Antioche, vers le milieu du troifième fiécle de l'Églife. Se- lon S. Jean Chryfoftome , ce faint Prélat chaffa de l’Églife » &mitef pénitence un Empereur , qui avoit fait mourir le fils d’un Roi , qu'on lui avoit donné en Ôtage ; ce que quelques-uns entendent de l’em- pereur Philippe, que l’on croit avoir été Chrétien, & de qui Eu- sèbe ‘dit qu'un Évêque ne voulut pas le laifler entrer dans l'Églife, qu'il n’eñt fait pénitence publique de fes crimes. S. Chryfoftome ne * nomme point l'Empereur à qui cela eft arrivé, ni Eusèbe, l'Évêque quien agit ainfi. La conformité de l’Hifloire & la concurrence du tems, font en- tendre ces deux relations d’un mé- me fait, & fuppofer que c'eft l’empereur Philippe , que S. Ba- bylas avoit chaflé de l'Églife , & mis en pénitence, parce quil avoit fait mourir le jeune Gordien. Mais , cette hiftoire en elle-même paroît fufpecte, L'on a fujet de douter que: l’empereur Philippe ait été Chrétien : & quand il lau- roit été, il n’y a pas d'apparence B À * 18 bb À qu'ilen ait fait profeffion publique, encore moins qu'il ait été mis en pénitence. Les reliques de S. Babylas étoient en très-grande vénération à Antioche, où il y avoit deux Éolifes bâties en fon honneur, Pune ancienne, au de-là de la rivière d'Oronte , dont il eft £ait mention dans S. Chryfoftome; & l'autre bâtie par Gallus, vis-à-vis dutemple de Daphné, où ce Prin- ce fit tranfborter les reliques de S. Babÿlas. On prétend qu'aufh-tôt qu'elles y furent tranfportées, l’o- facle d'Apollon cefla; & que l'empereur Julien étant venu à Antioche en 362, & ayant ré- tabli le temple de Daphné, ne put avoir ancune réponfe de l’oracle, jufqu'à ce qu'il eût fait reporter les reliques de S. Babylas dans fon ancienne Éplife. Quoiqu'il en foit, le temple de Daphné fuc Tüiné peu dé tems après par un tremblement de terre ; ce que les Chrétiens attribuérent à l’effer des prieres de S, Babylas, - On croit que ce faint Évêque mourut durant [a perfécution de l'empereur Dece , vers l'an de ÉC2:0. : - BABYLONE, Babylon , (a) = Ca) Prolem, L, V. © 20. Strab. pag, 775 735 SO: 815 SZ 84% 86 90 » 735: d fe. Pomp. Mel, pag, 66, 67. Pauf. pag. 275, Soo. Plin, Tom. 1. Pag: 269: 331, 332: @ feg. Tom. Il, PAS." 722, 352, Plur.STom. T, pas. 553 » 937- Diod. Sicul, pag, 68. @ feg. Herod. L. I, c. 178, 170, &: eg, E. HI c. 158. G Jeg. Athen, pag. 651. Xenoph. pag. 188. @ fey. Juil. L.I, 2,7, L,-XI..c 12, L, XI, c, 10, 13» @' feq. lib: Q, Curt. L,. II, & fèa. Genef.-c, 10, v,-10, Ifai. <. 4S+ Vr 2: BA : BaËraar , ville d'Afie dans la B bylonie , fituée fur PEuphrat C’étoit une ville d’une très-grand antiquité, puifque Moïfe, le plu ancien & le plus refpectable d Écrivains , en place la fondatià dan: les tems qui ont fuivi immé diatement le Déluge. I] y ent qui croyent que Nemrod en jet les fondemens. D’autres en attrt Puent l'honneur à Bélus ; d’autré à Sémiramis, Mais , ileft vifible, dit M. Rollin, que les uns & lé autres fe trompent, s’il eft quel tion de celui qui bâtit le premie Babylone; car, ajoûte-t-il , cet ville ne doit fon commencement, ni à Sémiramis, ni à Bélus, nil Nemrod , mais à la folle varit de ceux, dont l’Écriture dit qu'il voulurent bâtir une tour & un. ville, qui rendiffent leur mémoits immortêlle. e ABRÉGE CHRONOLOGIQUE. de lhifloire des B abyloniens. © Babylone fut d’abord la capitas. le d'un État décrit dans la Génét Mais , cet État demeura aflez long. tems fans s’accroitre, Plufieurs fé clés après, Aflür, fondateur & Ninive,.les rois de Sennaar, d& la Méfopotamie, du pais d’Arat Roll, Hift. Anc, Tom. I, pag, 318. @' fuiv. Tom. III. pag. 668, Méms de lPAcad. des Infcript, & Bell. Let Tom. III, pag. 343, cr fai Tom, IV, pag, ee on jf, pag. 324: 2. d: fuiv, Tom. VI. p 412..@ a VI pag. 132. 0 fetv. Tom, X, pag, 26. Tom. XI Pags 128, @ fiv Tom. XIII. pag: 27: Tom, XVI pag, », 735 2j do. fniv. Tom. XIX, pag. 528. &. fiv. Tom, XXI pag, 2, 3, G: Juin B À ou de Syrie, & de la terre de Chanaan , fémblent avoir été fou- mis à un Chodorlahomor , roi d'Élam; c'eft-l-dire, de l'Ély= made , de la Sufiane & peut-être de la Perfe. Nous apprenons par lhifioire d'Abraham , que ce Pa- triarche ayant joint {es vaflaux Ou fes domeftiques , au nombre. de 318 avec ceux de trois princes Chananéens fes alliés, furprit une parte de l’armée de Chodorlaho- mor , la tailla en piéces, & par cet Heureux fuccès encouragea les peuples voifins à fecouer le joug des Élimies, qui leur avoient impofé un tribut: Depuis ce terms- là, 11 eff plus fait mention dans PÉcriture de la monarchie des Éla- mites. On peut même conclure,de la facilité avec laquelle Jacob & fes nombreux troupeaux paflent de Méfopotamie en Syrie, & de la liberté qu'il avoit de les con- duire de toures parts , dans un païs Où 1l ne poflédoit pas un pouce de terre, que ces provinces étoient dans un état d’Autonomie ou de pleine liberté, aflez femblable à celui des peuples de l'Amérique feptentrionale, < Il eft vrai cependant que fuivant Alexandre Polyhiftor & Jule Afri- Cain , il y avoit déjà deux cens ans que les Arabes s’étoient em- parés de la Babylonie , & que ces rinces étrangers en jouifloient Païfiblement, lorfque Béëlus, 322 ans avant la prife dé Troye , entra ans cette province avec une puif- fante armée, Il défit Nabonnadus, qui y regnoïtalors ; & par cette vittoire , il demeutra maître de ce royaume , fur lequel il avoit des A prétentions légitimes, Les Baby loniens depuis demeurérent fou- mis aux rois d'Affyrie, Ceux-ci y envoyoient des Satrapes, qui gou- vernoient le pais, Les chofes étoient encore en cet état , lorfqu’Arbace, souver- neur de Médie, foñtenu de Bélé- is, pouverneur de la Babylonie , fecoua le joug de Sardanapale, l'an 916 avant J. C., felon M: Fréret, où 808 feulement , felon M. le préfident de Brofles, Bélé- fis, pour récompenfe d'un fervice fimportanc, fut maintenu dans la poffeffion de la Satrapie de Ba. bylone. On prétend au’Arbace ayant changé la forme du conver- nement Aflyrien , les Cover neurs des provinces ne reconnu- tent plus l'autorité des rois Afly- riens; mais que le pouvoir devint héréditaire dans leur famille ss qu'ils ne purent être deflitués que par une efpèce de diete où d’af- femblée générale de tous les Prin- ces confédérés. = ee Cependant, il arriva une révo- lation à Babylone’, l'an 747 avant l'Ére Chrétienne. Le Royaume des Babyloniens prit une nonvelle forme. Nabonaflar, qui regnoit fur ce païs , ayant fait des établi femens confdérables par tapport x aux Sciences & à PAftronomie ; le comtmencèmenr de fon rephe devint une époque, que les Aftro- nomes anciens émployérent long; tems après la deftruchon de certe ville. La fuite des fuccefleurs de Nabonaflar, & les années de leur regne font ce qu'il y a de plus afluré dans tonte l’ancienne Chro- nologie , parce qu’elles fonc déter= 1j A lé xs 20 B À minées par des éclipfes obferyées avec exactitude. Nabonaflar eut pour fuccefleur, fon fils Mérodac- Balädan. Mais, la race royale ayant manqué à Babylone , vers lan 710 , il y eut un interreone. Af- farhaddon , roi de Ninive , réunit cet Empire à celui de Ninive. Ce ne fut que plus de cent ans après que Nabopolaflar ; général des armées d'Affyrie , qui étoit de Babylone, fe révolta contre Sa- rac, & s'empara du gouverne- ment de la Babylonie. Pour fe foû- tenir dans fa révolte, il ft alliance avec les rois des Médes. Unis en- femble , ils afiégérent Ninive , tuérent Sarac, prirent la ville &/ la tuinérent de fond en comble, Depuis ce tems, Babylone fut la capitale de l'empire Afyrien. Après la deftru@tion de l'empi- re de Ninive , la puiflance des Babyloniens devint f redoutable, qu'elle excita la jaloufie des peu- ples voifins. Néchao, roi d'Ésyp- te, en fut fi allarmé, qu'il mar- cha vers l’Euphrate, à la rêre d’une puiflante armée ; & déjà il s’étoit rendu maître de la Palefti- ne & de la Syrie, lorfque Nabo- olaffar s’aflocia à l'empire {on fils K abuchodonofor , & l'envoya , à la tête d’une armée formidable, pour remettre ce pais fous fon obéiffance. — Nabuchodonofor II ; fils de “"Nabopolaflar , vers l'an 606 , battit près de l’Euphrate l’armée de Néchao, roi d'Égypte , &re- _prit Carcamis, ville très-cénfdé- rable. De-là il s’avança du côté de la Syrie & de la Palefline, & B A fit rentrer ces provinces fons fl domination. Îl fe rendit pareille: ment maitre de Jérufalem, Un grand nombre de Juifs, & entr: autres, les enfans de la race rOya: le fürent menés captifs à Babylo- ne. Daniel, &, quelque tems après lui, Ézéchiel furent auffi enlevés C'eft à cette fameufe époque, k quatrième année de Joakim , ro de Juda, qu'il faut placer la cap: tivité des Juifs à Babylone, pré dite tant de fois par Jérémie, Après la mort de Nabopolaf. far, Nabuchodonofor, fon fs , & rendit en diligence à Babylone, & fe mit en pofleffion des État de fon pere, qui comprenoient li Chaldée, l'Aflyrie, l'Arabie, a < Syrie & la Paleftine. Ce Prince. eut, la quatrième année de fon repne, un fonge, qui marquoit} les révolutions des trois grand. empires des Perfes , d'Alexandre. le Grand & des Romains. Daniel put lui feul en rappeler le fous venir & en donner l'explication. Le Prophète fur élevé aux grandes dignités duroyaume. Joakim, sé: tant révolté contre le roi de Ba-. bylone , en fut aufi-tôt puni Après la mort de\Joakim , l royaume pafla a Jéchonias, fon. fils. Jérufalem ayant été prife pat Nabuchodonofor, les tréfors, que renfermoit cette ville, furent tranf. portés à Babylone. Sédécias fut mis fur le trône; Mais, ayant fait alliance avec Pha- raon Éphrée, roi d'Égypte, ilrom: pit le frment de fidélité , qu'il avoit prêté au roi de Babylone, Nabuchodonofor fongea aufli-tôtà en tirer vengeance, Î] alla campét B A devant Jérufalem & défitles Éyp- tiens, qui étoient venus au fecours de cette ville. Après un an de fiése, la ville fut emportée d’af- faut, &il s’y fit un grand carna- ge. Nabuchodonofor fit mourir les deux fils de Sédécias en fa pré- fence , avec tous les nobles & les grands de Juda. Il lui fit enfuite crever les yeux & l’emmena à Babylone , Où il fut mis en pri- fon. La ville & le temple furent livrés au pillage, & les fortifica- tions démolies. Nabuchodonofor, de retour "à Babylone , ‘fit élever une ftatue d'or, & ordonna à rous fes fujets de l’adorer , menaçant quiconque lui défobéiroit, de le faire préci- - piter dans une fournaife ardente. Ce fut dans cette occañon que trois jeunes Hébreux, Ananias , Mifaël & Azarias, furent confer- vés d’üne manière miraculeufe , au milieu des flammes. L'an 572, le roi de Babylone s’empara de Tyr, ville célebre, après un fiége de treize ans. Les habitans , avant que de fe rendre, firent porter la pläpart de leurs effets dans une le voifine à un demi mille du rivage , où ils bâti- rentune nouvelle ville , dont les richefles & la magnificence firent ; dans la fuite, oublier la première. Cependant | Nabuchodonofor ayant eu un nouveau fonge plus _€fraÿyant que le premier, Daniel ue encore confulté. Le Prophéte ne lui dépuifa point qu'il feroit banni de la compagnie des hommes pendant fept années; & que ré- duit à la demeure & à [a condi- tion des bêtes , il paîtroit comme _ Bb A 2r elles , l'herbe des champs ; que fon royaume lui feroit pourtant confervé, & qu'il le recouvreroit après ce tems-là ;ce qui fut, felon PEcriture , accompli à la lettre. L'an 562 , Évilmérodach fuc- céda à Nabuchodonofor , fon pere. Ce Prince fit {ortir Jéchonias, roi de Juda, de prifon, où iétoit en- fermé depuis près de trente-fept ans. On place fous fon regne la : découverte , que fit Daniel de la fourberie des prêtres de Bel, & la délivrance miraculeufe de ce Prophéte dans la foffe aux lions. Évilmérodach fe rendit fi odieux ; que {es propres parens confpiré- rent Contre lui , ‘“& le firent mou tir. Son regñe ne fut que de deux : ans.:N érighflor , fon beau-frere : chef des conjurés , regna à fa pla- ce. Ce Roi fut tué la quatrième année de fon regne, dans une ba- taille contre Cyaxare , roi des Médes. Laborofoarchod »lonfils, lui faccéda. Lorfqu'il fut for le trô- ne, il s'abandonna fans réferve à : 5 fon humeur cruelle & féroce. Ce tyran fut tué par fes füujets, Il ne regna que neuf mois, Labynit ou Nabonid monta en- fuite fur le trône de Babylone, Ce Prince, eut encore d’autres noms: L'Écriture l'appelle Balthafar, Il étoit, fuivant le fentiment com- mun , fils d'Évilmérodach , par Nitocris , femme de ce Prince , & par conféquent petit-fils de Na- bachodonofor. En 538, dans le tems même que l’ennemi étoitaux portes de Babylone, & qu'il affié- geoit la ville , le roi donnoit un grand feffin à toute fa cour ; mais, lR joie de cette fête fut croublée iï 2 B A parune vifion bien effrayante, On vit fortit de la muraille une main, qui écrivit en caradtères , que Da- niel feul put expliquer, la con- damnation du Roi & la deftruc- tion de l'Empire. En effet, la nuit même la ville fut prie, & Bal- thafar tué. ci finit l'empire Baby- lonien, : DESCRIPTION Topographique de la Ville de BABYLON. Babylone étoit fituée dans une plaine , dont le terroir étoit ex- trémement gras & fertile. Ses mu- tailles éroient d’une grandeur pro= digieufe. Elles avoient cinquante coudées d’épaifleur, qui font dou- ze toiles & demie; deux cens de hauteur ; qui font cinquante toi- -fes; & quatre cens quatre-vingts ftades”de circuit, qui font vingt- quatre lieues. Elles formoient un quarré parfait, dont chaque côté étoit de fix vinpts flades ; c'eft-à. cire , de fix lienes. Elles étoient toutes bâties de larges briques, cimentées de bitume , liqueur éparffe & glutineufe , qui fort de terre dans ce pais-là, qui lie plus fortement que le mortier, & qui devient beaucoup plus dure quela brique ou {a pierre ; à qui elle fere de ciment, Ces murailles étoient entou- rées d'un vafte foflé ; rempli d'eau, & revêtu de briques des deux cO- tés. La terre qu'on en avoit tirée en le creufant , avoit été employée à faire les briques , dontles mural. les étoient conftruites. = Chaque côté de ce grand quar- BA —- : té avoit vingt-cinq nortes d’airaill mafif; ce quientout fafoit cent D'où vient que lorfque Dien pros mit à Cyrus la conquête de Ba bylone, il [ui dit: Je marchera. devant vous, & je romperai les portes d’airain. Entre ces portes, & aux angles de chaque quarré,s il y avoit plufieurs tours, élevée de dix pieds plus haut que l& murales, - Des vingt-cinq portes de cha que côté du quarré partoient aus tant de rues , qui aboutifloien aux potes du côté oppofé ; de. forte qu'il y avoit en tout cit. quante rues, qui {e conpoiencb angles droits. Elles étoienc. bots. dées de maifons, qui avoient troh où quatre étages ; & dont le des vant étoit orné de toutes forte. d'embelliffemens. Ces. maifons n'étoient point contigues , ayañl de chaque côté un vuide , qui le. féparoit les unes des autres, On avoit laïffé auf une grande diflan ce entr'elles & les murs de la ville. Ainf, Babylone étoit plus gran. de en apparence qu’en réalité. près de la moitié de la ville étant. coupée par des jardins & par des terres, qu’on labouroit & qu'on enfemençoit, comme noi l'apprend Quinte-Curfe. Ë Une branche de l'Euphratetræ. verfoit cette grande ville du nord au midi. On bâtit de chaque côté de la rivière ; pour lui fervir dé Quai , une grande muraille de bri- que & de bitume, de la même épaïfleur que les murs de la ville Ÿn y mit des portes d’airain vis: 4- Vis de toutes les rues , qui cou: poient le fleuve, avec des defcen: k B A tes, qui y conduifoient, & dont les habitans avoient accoûtumé de fe fervir pour pañler en bateau d'un bord à l'autre , n'ayant pas d’autre paflage fur le fleuve , avant que le pont eût été conftruit. Ces portes étoient ouvertes pendant le jour ; mais, la nuit on !:: tenoit fermées. Le pont ne le cédoit pour la beauté à aucun des autres ou- vrages. Îl avoit un ftade; c’eft-à- dire , cent quatre coifes de ldhg, fur trente pieds de large. Les ar- ches étoient bâties de grofles pier= res , qu'on avoit liées enfemble avec des chaînes de fer & du plomb fondu: Eorfqu'il s’éroit agi de le conftruire , on avoit dérour- né le fleuve , & mis fon lit à fec pour d’autres raifons encore , com- me nous le dirons bientôt. Et comme tôut étoit préparé de loin, le pont fat conftruit pendant cet intervalle ,aufi-bien que les quais, dont nous avons parlé. — Ces travaux, objet de. l’admi- tation des plus habiles connoif- feurs ,.avoient encore plus d’uti- lité que de magnificence. À l’ap- proche de l'été, le foleil venant à fondre les neiges des montagnes d'Arménie, il en nait une grande crüe d'eaux dans les mois de Juin, Juillet & Août, qui, fe jettant dans l’'Euphrate , lui font franchir fes bords dans cette’ faifon, de la même manière que le Nil fe dé- borde en Égypte. Comme la ville & le pais en foufroient beaucoup de dommage, pour y remédier on fit tirer fort haut au-deflus de la ville deux canaux artificiels pour détourner dans le Tigre ces eaux B À “23. débordées , avant qu'elles Rens parvenues à Babylone. Afin que le païs fût encore plus en fûreté contre les inondations , on fit conftruire une prodigieufe digue de brique cimentée de bitame des deux côtés du fleuve pour le rete- nir dans fon lit, laquelle s’écendoit depuis la tête des canaux artifi- ciels jufques à la ville & un peu au-deflous, Pour faciliter la conftru&tion de la plûpart des ouvrages , dont nous venons de parler, il avoit fallu détourner le cours dela r1- vière. Onavoit, pour cela, creu- fé à l'occident de Babylone un grand lac, qui, felon Hérodote, . avoit quatre cens vingtftades en quarré ; c’eft-à-dire, vingt-une lhenes, & trente-cinq pieds de -profondeur, ou, felon Mégafthè- ne , foixante - quinze pieds. Le fleuve fut conduit tout entier dans ce vaite lac par un canal qu'on avoit coupé à fon bord occiden- tal; & lorfqne tous les ouvrages furent finis, on le fit rentrer dans fon lit ordinaire. Cependant, de peur que PEuphrate , dans le tems de fes crûes , n’inondât, la ville par les portes qui y conduifoient, on conferva le lac avec fon canal, L’eau,qni y étoit conduite & reçue dans le tems des débordemens, y étoit confervée comme dans ünré- fervoir commun, d’où on la tiroit par le moyen des éclufes dans les . tems convenables pour arroferles terres voifines. Ce lac fervoit donc en même tems à défendre le pais contre les inondations &t à le ferti- lifer. - Nous rapporterons ce qu'ont 1V 24 BA dit les Anciens des merveilles de. Babylone ; mais, il y en a qu'on a de la peine à concevoir ; & de ce nombre eft la vafte étendue du lac, qu'on vient de décrire. Bé- rofe, Mégafthène & Abydène, cités par Jofephe & par Eufébe, font Nabuchodonofor auteur de prefque tous ces ouvrages. Mais, Hérodote atrribue le pont , les deux quais de la rivière, & le lac à Nitocris, belle-fille de ce mo- narque. Peut - être que Nitocris mit la dernière main à ce que fon. beau-pere avoit laïflé imparfait à fa mort; ce qui lui a valu , chez cet Hiforien , l’honneur de toute l'entreprife. Aux deux extrémités du pont, 1l:y avoit deux palais, qui com- muniquoient enfemble par une voute, qu'on avoit conftruite {ous le lit du fleuve, pendant qu'il étoit à fec. Le vieux palais des rois de Babylone , fitué au côté oriental du fleuve, avoit trente flades de circuit ; c'eft-à-dire , une lieue & demie. Tout près de- là étoit le temple de Bel ou Bélus, dont nous parlerons bientôt. Le nouveau palais, fitué vis-à-vis de lautre, au côté occidental du fleu- ve, avoit foixante {lades de cir- cuit, qui font trois lieues, Il étoit environnié d’une triple enceinte de murailles, féparées l’une de l'au- tre par un efpace aflez confidéra- ble. Ces murailles ,.auffi bien que celles de l’autre palais ; étoient embellies d'une infinité de fculptu- res , qui repréfentoient au naturel toutes fortes d'animaux. On VOyoit fur tout une chafle, où Sé- puiramis de deflus fon cheval lan ù B À çoit un javelot contre un léopard, & où Ninus, fon mari, perçol: un lion, Dans ce dernier palais étoienl ces jardins fufpendus , fi renom més parmi les Grecs. Ils for moient un quarré, dont chaque côté avoit quatre cens pieds. Îk étoient élevés, & formoient plu fieurs larges terrafles, pofées ei. forme d’amphithéatre ; dont plus haute égaloit la hauteur des murs de la ville. On montoit d’uné terrafle à l’autre par un efcalit large de dix pieds. La mafle en tière étoit foûtenue par de gra: des youtes bâties l’une fur l’autre, . & fortifiée d’une muraille de vingt. deux pieds d’épaifleur, qui l'en touroit de toutes parts. Sur le fommet de ces voutes, on avoit pofé de grandes pierres plates d feize pieds de long & de quatit de large, On avoit mis par-defli une couche de rofeaux enduit. d’une prande quantité de bitume, far laquelle il y avoit deux rang _de brique, liés fortement enfem. ble avec du mortier, Tout cel! étoit couvert de plaques de plomb, & fur cette dernière couche étoit pofée la terre du jardin. Ces pla: tes-formes avoient été ainfi conf truites, afin que l'humidité del: terre ne perçât point en bas, &. ne s’'écoulât point au travers des voutes. La terre, qu’on y avoit jet: tée , étoit f profonde , que les plus grands arbres pouvoient y prendre racine. Aufli toutes les terrafles en étoient-elles couvertes , ainf que de toute forte de plantes &de. fleurs , propres à embellir un lieu de plaïfance, Sur la plus hauteters B À rafle , il y avoit une pompe, qui _ ne paroifloit point, par le moyen de laquelle on tiroit en haut l'eau de la rivière, & on en arrofoit de-là tout le jardin. On avoit mé- nagé, dans l’efpace qui féparoit les -voutes fur lefquelles étoit appuyé touc l’édifice, de grandes &t ma- gnifiques failles, qui étoient fort éclairées , & qui avoient une vue très-agréable. Amytis, femme de Nabucho- donofor , ayant été élevée dans la Médie, dont Aftyage , fon pere, éroit Roi, s'étoit beaucoup plue aux montagnes & aux forêts de ce pais-là. Et comme elle fouhai- toit d’avoir à Babylone quelque chofe de femblable , Nabuchodo- nofor , pour lui complaire, fit conftruire ce prodigieux édifice. Diodore dit à peu près la même chofe ; mais, il ne nomme point “les perfonnes. Un des grands ouvrages, qu'il y eût à Babylone, étoit le temple de Bel. On a déjà dit qu'il étoit fitué près du vieux palais. Ce qu'il avoit de plus remarquable, étoit une tour prodigieufe , qui écoit au centre de cet édifice , bâtie en quarré , laquelle, felon Hérodote, avoit un ftade de longueur fur au- tant de largeur , &, felon Stra- bon, un flade auf de hauteur. Elle confiftoit en hnit tours bâties Faune fur l’autre , qui alloient tou- jours en diminuant. C’eft pour- quoi ; Strabon lui done le nom de pyidmide, On prétend & on dé- montre que cette tour furpañoit de beaucoup en hauteur la plus grande d'Égypte, C'eft ce qui donne un jufte lieu de croire, si B A 25 comme Bochart l'aflure, que c'eft la même qui fut bâtie lors de la confufion des langues ; d'autant plus que les Auteurs profanes re- marquent qu'elle fut toute bâtie de brique &t de bitume , comme P'Écriture le dit de la tour de Ba- bel. On y montoit par des déprés, qui alloient en tournant par le dehors; ce qui fignifie peut-être une rampe douce prife dans l'é- paiffeur du mur , laquelle tour- noyant huit fois , avant que d’arri- ver au fommet , formoit une ap- parence de huit cours pofées l'une fur l'autre. On y avoit pratiqué plufieurs grandes chambres, avec des voutes foûtenues par des pi- liers. Au fommet de la tour , il y avoit une efpèce d’obfervatoire, par le fecours duquel les Babylo- niens s’étoient rendus habiles en Aftronomie plus qu'aucune autre nation, & y avoient fait en peu de tems les grands progrès, que lHiftoire leur attribue. Mais, cette tour étoit principalement deftinée au culte du dieu Bel ou Baal, & à celui de plufieurs autres divinités. Ïl y avoit pour cette raïfon plu- fieurs chapelles en différens en- droits de la tour. Les richefles de ce temple en ftatues , tables, en- cenfoirs , coupes & autres vafes facrés , le tout d’or mañflif, étoient immenfes. Parmi ces ftatues , il y en avoit une de quarante pieds de haut, qui feule pefoit mille talens Babyloniens. _ Le talent Babylonien , felon Pollux dans fon Onomafticon , vaut 7000 dragmes Âttiques , & par conféquent un fixième plus AS 26 B À que le talent Attique , qui n'én vaut que 6000. Selon le dénom- brement , que Diodore fait des richefles renfermées dans ce tem- ple, la fomme totale eft de 6300 talens Babyloniens. Le fixième de 6300 eft 1050. Par conféquent 6300 talens d'or Babÿloniens va- lent 7350 talens d’or Attique. Or 7350 talens Attiques d'argent va- lent 22050000 livres ; c’eft-à- cite , vingt-deux millions cin- quante mille livres. Comme nous mettons pour les Anciens la pro- portion de l'or à l’argent de dix à un , 7350 talens Attiques d’or doivent valoir 220$00000 livres ; ceft-à-dire , deux cens vingt millons cinq cens mille livres. Ce temple fubfftoit encore au tems de Xerxès, Ce Prince , à fon retour de fon expédition con- tre la Gréce , le démolit entière- ment, après enavoirenlevé les tré- forsimmenfes. Alexandre, quand il fut revenu des Indes à Babylo- ne , forma le deffein de le rebâtir ; : & d'abord , il employa dix mille Hommes pour nettoyer la pla- ce & en écarter les ruines. Mais, comme 1} mourut deux mois après , l'entreprife cefla. Il faut pourtant que ce temple ait été re- conftruit depuis, puifqu'il exiftoic fous Séleucus Nicator. Tels étoient les principaux ou- Vrages, qui ont rendu Babylone fi fameufé. Quelques - uns {ont attribués par les Auteurs profanes, à Sémiramis. ee - La prife de Babylone par Cy- (a) Jerem. c:25. v. x, G) Mai, c. 13. v. 6. d feq. €. 14. Vs 23» aq Jerem, c, 50, y, 15, @ eg. B À rus eft un des plus grands événez mens de l'Hiftoire ancienne. Les circonftances , qui l’ont accompas gnée , avoient été prédites plus lieurs années auparavant par les” Auteurs facrés. ; I. Prédiéfion de la captivité des Juifs, a Babylone & de [a durée (2) Dieu ne s’étoit pas contens. té de faire prédire long-tems au paravant la captivité , que fon peuple devoit fouffrir à Babylo… ne; mais, 1] avoit encore marqué. le nombre précis d'années qu'elle. devoit durer. Îl en avoit fixe Ie terme à foixante-dix ans, après. lefquels, ilavoit promis de le déli. vrer, en détruifant avec éclat & fans retour, la ville de Babylone, qui lui avoit fervi de prifon. Ser. vient regi Babylonis feptuagintan annis.;Qe qui avoit allumé la co. lère de Dieu contre Babylone, c’étoit l’orgueil infupportable des cette ville , la dureté inhumaine, qu’elle avoit exercée contre les, Juifs , & limpiécé facrilége de fon. RO à ET Arrêt prononcé contre Babylone. Prédifion des maux , qui le. doivent accabler , © de [a ruint - entiére, Lea (8) Aiguifez vos flêches, remplif- ez vos carquois. | C’eft le Pro- phéte qui parle aux Médes & aux Perfes. | Le Seigneur a [ufoé courage des rois de Médie.æil a ce SIs ve 3 & fe. Palm. 136, 8 ; 9 - # B À formé fa réfolution contre Babylo- ne., afin de la perdre , parce que le tems de le vengeance du & eigneur eflarrivé, le tems de la vengeance de fon Temple. -Pouflez des cris & des hurle- mens , parce que le jour du Sei- gneur.eft proche... Jour cruels plein d’° indignation , de colère 6 : fureur. ... Je vais vifiter dans ma colère Le ro de Babylone & for pais , comme J'ai vifité le roi vd Affur. Attaquez cette ville z impie. Ren- derba ,Jelon fes œuvres. Traitez- La comme elle a traité les autres. N'épargnez point fes jeunes hom- mes. Exterminez toutes Jes (TOUPES. Quiconque fera trouvé dans fes murailles, fera tué. Tous ceux, qui fe préfenteront pour la défendre, pafleront au fil de l’épée. Les en- fans feront écrafés contre La terre à leurs yeux. Leurs maifons feront pillées, 6 leurs femmes feront Vi0- lées. Je vais fufciter contr'eux les - Médes , qui ne chercheront point d'argent , 6 qui ne fe mettront - pointen peine de l'or ; mais , ils Perceront les petits enfans de leurs flèches. Us n'auront point de com- pallion de ceux ; qui font encore dans les entrailles de leurs meres : 6 ils n'épargneront point ceux , qui ne font que de naïtre.... Mal- heur a toi, fille de Babylone! Heureux celui, quite réndra tous les maux, que tu nous a faits! Heureux Fe qui i prehdra tes pe- tits enfans , 6 les brifera contre La zerre ! Babylone fi magnifique & fi [u- (a) Ifai, c, 45. v. 1, & fer. B A 27 perbe , cette reine entre les TOY am mes du monde ; qui avoit porté dans un fi grand éclat l'orgueil des Chaldéens, fera détruite | comme le Seigneur renverfa Sodome € Gormorrhe. Elle ne fera plus habi- tée, On ne la rebätira Jamais. Les Arabes n'y drefferont pas même leurs tentes, & les pafteurs ny viendront point pour y faire pe fer leurs troupeaux. Maïs , les bé- tes fauvages s'y retireront. Ses maifons feront remplies d’oijeaux funefles 6 nocturnes. Les autru- ches y viendront habiter, .... Les hiboux heurleront à l’envi l’un de - l'autre dans fes maifons fuperbes, € les dragons feront leur demeure dans fes palais de délices... .. Je la rendrai la demeure des hériffons, Je couvrirai d’un marais le lieu qu'elle occupe maintenant. Je re- cherchera avec foin jufqu'a fes moindres vefliges pour les effacer. Le Seigneur des armées a fait ce ferment : Je Jure que ce que J' ’ai réfolu , arrivera, G& que Ce que j ai arrété , S "executer ze TIT Cyrus appellé pour détruire Baby- lone & pour délivrer les Juifs. (a) Cyrus , dont la Providen- ce devoit fe fervir, comme d'un inftrument , pour accomplir fes deffeins de bonté & de miféricor- de far fon peuple , avoit été nom= mé par fon nom plus de deux cens ans avant fa naiflance, Et afin qu’on ne fût point furpris de la rapidité étonnante de fes viétoi- res, Dieu avoit marqué en ter- RE mes magnifiques , qu'il feroit lui- A . É : même fon guide ; qu'il le condai- Toit par la main dans toutes fes expéditions ; & qu'il lui foumet- : troit tous les Princes de la terre. Voici ce que dit le Seigneur à Cy- TUs ; qui efl mon Chrifl, que j'ai Pris par la main pour lui affujetrir les nations , pour mettre en fuite les Rois, pour ouvrir devant lui toutes les portes , fans qu'aucune lui foit fermée. Je marcherai devant vous. J'humilierai les Grands de la terre, Je romperai les portes d’arrain, € je briferai les gonds de er, Je vous donnerai les trefors ca- chés € Les richeffes fecretes € in- connues, afin que vous fcachiez que je fuis le Seigneur, le Dieu S'Jfraël, qui vous ai appellé par voire nom, a caufe de Jacob, qui ef mon ferviteur, d'Ifraël qui eff ri0n élu. T V. Dieu donne le fignal aux chefs & . ZUX troupes pour marcher contre Babylone. (a) Placez mon étendard, dit le Seigneur, fur une haute mon- fagne; afin qu'il foit vu de fort loin , & que tous ceux qui doi- vent m'obéir , connoïflent mes Ordres. Hauffez la voix à l'égard de ceux, qui peuvent vous enten- dre: faites figne de la main , pour -hâter la marche de ceux qui font trop éloignés , pour difcerner une autre efpèce de commandement. Que les officiers des troupes e7- trent dans les pavillons des Rois. Que chaque nation fe range au- B À tour de fon Souverain, & s'em: preffe de venir lui offrir fes fervi- ces dans fon pavillon, qiti eft déj tout dreflé. J'ai: donné mes ordres à ceux, que J'ai confacrés à l'exécution di nes deffeins ; & ces Rois mar chent déjà pour m'obéir, quois qu'ils ne me connoiïflent point C'eft moi qui les ai placés fur ke trône, & qui leur ai foumis divers peuples, pour accomplir par eux mes defleins. J'ai fuit venir mes guerriers, pour être les TnErifires. de ma colère, [ls tiennent de moi leur courage , leur capacité dans. la ie » leur patience, leur fa gelle , le fuccès dans leurs entre: prifes. [ls font invincibles, parce. qu'ils me fervent. Tout tremble. devant eux, parce qu’ils font les minifires de ma colère & de m vengeance. Jls travaillent ave. Joie pour ma gloire. L’honneur,. qu'ils ont de m'avoir pour chef,. & d'être mandés pour délivrer uf, peuple que j'aime , les remplit. d'allégreffe & d’ardeur , & ik. triomphent déjà dans l’efpérance. certaine de la viétoire. Le Prophéte, témoin en efprit des ordres, qui viennent d’être. donnés , eft étonné de la promp- titude avec laquelle les Princes & les peuples les exécatent. Déja les. montagnes ; s’écrie-t-il, rerentife. fent des cris différens d’une muli tude de peuples. J'entends La voix des Rois confedérés & des nations qui S’affemblent. Le Seigneur des armées fait pafler en revue toutes les troupes, qu'il define à la guërs | Ga) Ifai, c, 13e Ve le @ feg. ©. 21, v, 2, B A re. Elles viennent des terres les plus reculées & de l'extrémité du monde , où la voix du Dieu Sou- verain, qui en eft le maître , a {çu fe faire entendre. Mais, ce n’eft plus la vue d’une armée formidable ; ni des Rois de la terre, qui me frappe. Je ne vois que Dieu feul ; & toute le refte ne paroït à fa fuite que com- me des Miniftres de fa juitice, C’eft le Seigneur lui-même qui mar- che avec tous les inftrumens de fa colère , pour exterminer toute la terre. Dieu m'a révélé une épouvan- table Prophétie. L'impie Balthafar, rot de Babylone, continue d'agir avec umpièté, & celui qui dépeu- ploit , continue de dépeupler tout. Pour arrêter ces excès, » Prince » des Perfes, partez : Afcende » Aèlam. Et vous, Prince des » Médes, formez le fiége de Ba- » bylone ; ‘obfide Mede. Je vais » faire cefler tous les gémifle- » mens, dont elle étoit la caufe; » Omnem gemitumejusceffare feci.«. Cette ville criminelle eft prife & pillée. Elle eft fans pouvoir, Mon peuple ef délivré. V. Circonftances du fiége & de la prife de Babylone, marquées en détail. (a) 1.9 Cette ville fera atta- quée d’une manière toute extraor- dinaire, à laquelle elle ne s’étoit point du tout attendue ; venier fu- Per te malum , € nefcies ortum eus. Elle fera tout d’un coup & en un moment accablée de maux, (a) Jerem,. c, So. v. 24; 238, c, sr, v. 13. dr fe. Tai. c, 19. @ fegr ce, a1:V,3, dr feg. ç 47, ve 114 Dani, c. 5.v, 6; 104 B A 2: qu'elle n’avoit pu prévoir; ne fuper te repenté miferia, quam nef- ctes. En un mot, elle fera prife comme dans un filet, fans s'être apperçue qu'on lui tendoit des pièges : {aqueavite, 6 captaes Babylon, 6 nefciebas. 2.9 Babylone comptoit que l’'Euphrate feul pouvoit la rendre imprenable ; & elle étoit toute fière de fe voir ainfi défendue par un fleuve fi profond: Que habitus fuper aquas multas. C'eft Dieu même , qui l’a définie de la forte; & ce fera lEuphrate qui fera la caufe de fa ruine. Cyrus, parun ftratagème , qui n’avoit point eu d'exemple jufques-là, & qui n’en a point eu depuis, détournera le cours de ce fleuve, mettra fon lit à fec , & par là s'ouvrira un paflage dans la ville; defertum faciam mare ejus , & ficcabo venam ejus….. Sic- citas fuper aquas ejus erit, & aref- cent. Cyrus s'emparera des quais du fleuve; & les eaux, qui ren- doient Babylone inaccefible , fe-. ront defléchées , comme fi le feu y avoit pañlé; vada præoccupata funt, & paludes incenfæe ficut igni. 3.° Elle fera prife de nuit , un jour de fête & de réjonifflance, pendant que tout le monde fera à table , & que fes habitans ne fon- geront qu'à boire & à manger; Incalore eor1m ponam potus eo- rum , 6 inébriabo eos, ut fopian- tur 6 dormiant [omnum fempirer- num. {]'eft remarquable que c'eff Dieu, qui fait tout ici , qui tend un piége à Babylone, //aqueavi # 134 Ve de Ce Tdi Vi A A PARA EOE PE VE LIT A MUST RE Pt 1 30 Se BA Le ; qui féche les eaux du fleuve , Jéccabo venam ejus, qui enivre & aHoupit {es princes , z2cbr1abo prin- cipes eJus. 49 Ee Roï entrera tout d'un coup dans un trouble & une agi- tation incroyables. Mes entrailles Jont pénêtrées de douleur, Je fuis déchiré au-dedans /de rno1 comme äne femme, quiet en travail, Ce Que j'entends , me caufe des con- vulfions. Ce que je vois, me Jette dans le trouble. Mon cœur fouffre de violentes agitations. Je [uis faif de terreur & d'effroi. Dieu & chan- gé le commencement d'une nuit qui étoit l'objet de mes defirs, en un fujes de terreur. C'eft l’état de Bal- thafar , lorfqu'au milieu du repas, il vit fornr de la muraille une main, qui écrivoit des caractères , qu'aucun de fes Devins ne put, ni exphquer, ni Hire; @ fur tout lorf- . que Daniel Jui déclara que ces ca- raétères contenoient l'arrêt de fa mort. Alors, dit l'Écriture , Le - village du Roï fe changea , les pen- fées ; qui agitoient fon efprit, le froublérent , fes reins fe reläché- rent, & dans fon tremblement fes genoux fe choquoient l’un l’autre. E'étonnement , la frayeur, la dé- faillance, le tremblement de Bal- thafar font exprimés par le Pro- phéte , qui en a été le cémoin, Comme par le Prophète, qui les “avoit prédits deux cens ans aupa- ravant. Mais ; il falloit qu’Ifaïe flt éclai- ré d'une lumière bien divine, pour ajoûter immédiatement après la defcription du trouble de Balthafar, les paroles qui fuivent: Couvrez La table ; confidérez avec attention du - dans le fommeil. B A haut d'une puérite ; mangez , buve, C’eft que Balthafar,d’abord effraÿé &t perdant courage , fera confol & enfuite rafluré par fes courts fans & plus encore par la Reine, fa mere, qui lui avoit dit, dès commencement, qu'il ne devoi pas fe livrer à fes craintes &c à f@ alarmes ; 207 Le conturbent cogla faliones tU@ , neaque facies tU& im matetur. On lexhortera donc 4 contenter de donner de bons of dres, pour être averti de tout pa les fentinelles; à faire fervir d nouveau , comme fi rien n'étol arrivé ; & à rappeller la joie &tke tranquillité , que des craintesex céflives lui avoient Ôtées ; por. menfam ; contemplare 1n fpecula. comede, bibe. 3 5° Mais pendant que les hommes donnent ces ordres, Dieu donné. auf les fiens de fon côté: Levepe, vous, Princes, & poliffez vos bois cliers. C'eft Dieu lui-même, qi commande aux Princes de s’ayan: cer , de prendre les armes 6% d'entrer fans crainte dans une ville noyée dans le vin, ou plongé, 6.9 Tfaïie nous apprend deu circonftances importantes de ki prie de Babylone. La premièr eft que les tronpes , dont elle el. remplie, ne feront ferme nulle. part, ni aû palais, ni dans la de tadellé ;-ni dans aucune place purs blique ; qu’elles fe débanderont,. fans penfer à autre chofe qu'a la fuite; & qu'elles fe diviferont ei fuyant par diverfes routes, com”. me Uüh troupeau de daims où &. brebis fe diffipe, dès qu'il eftef fraÿé ; erit quafi damula fd. B A giens, € quaft ovis ; & non erit “qui congreget. Lafeconde circonf- . tance eft que la plüparr de ces troupes étoient à la folde des Ba- byloniens , mais n’étoient pas de Babylone ; & qu’elles retourne- ront dans les provinces , d'où elles avoient été tirées , fans être pour- füivies par les vainqueurs, parce que c’étoit principalement fur les citoyens de Babylone que la ven- geance divine devoit tomber ; unufquifque ad populum Juum con- Vertetur, & fingulz ad terram [ua fugienr, - - 7.9 Enfin, fans parler du car- nage horrible , qui doit fe faire des habitans de Babylone , où l’on népargnera, m les vieillards, ni les femmes , ni les enfans, pas même ceux , qui feront encore enfermés dans le fein de leurs me- . res , ce qui a déjà été marqué ci- devant ; une dernière circonftance eft la mort du Roi même, qui fera privé de fépulture, & l'ex- tinéhon entière de la famille roya- le, annoncées dans l'Écriture d’u- ne manière bien effrayante, mais en même tems bien inftruive pour. les Princes. Pour 101, tu feras jetté loin de ton fépulcre com- me un tronc abominable,.... Tu ne feras point mis dans le tombeau de tes ancêtres , parce que tu as TUiné ton royaume , {4 as fait pé- rir ton peuple. Il eft jufte qu'on oublie un Roi, qui ne s’eft jamais fouvenu qu'il étoit le prorecteur ët le pere de fon peuple. On doit refufer jufqu'au tombeau à celui qui n’a vécu que pour ruiner {on (a) Dani, c, $. vs 1, & feg B À SA propre pais. Il doit être féparé de ous les hommes!, puifqu’il en a été l'ennemi. I! étoit femblable aux bêtes farouches , & il en aura la fépulture. Et puifqu’il_n’avoie aucun fentiment humaih, il ef indigne qu'on en ait aucun à-fon égard. C'eft l'arrêt que Dieu lui- même prononce contre Balthafar; il étend cette malédition juf- ques fur fes enfans , qu’on regar- doit comme aflociés au trône, & comme la fource d'une longue poftérité de Rois, & que les flnt- teurs n'entretenoient que de leur future grandeur. Préparez ces en- - fans a être égorgés comme des vid nes à caufe de l’iniquité de leurs peres. ..... Îls ne-feront point les héritiers du royaume de leur pere, Je m'eéléverai contre eux. Je per= drai le nom de Babylone. J'exter- minerai les refles de cette famille, le fils & lepetit-fils, dit Le Sei-” greur, ne Voilà un détail bien circonftan- cié de tout ce qui doit arriver à limpie Babylone. Voyons - en maintenant l’exécution, VI Defcription de la prife de Babylone. (a) Le fiége de cette place n'étoit pas une entreprife faciles mais aucune difficulté ne fut capa- ble de: détonrner Cyrus de fon deffein. Ce Prince défefpérant de prendre la place d’aflant, aïfla croire qu'il fongeoit à la réduire par la famine, Il fit donc tirer d'abord une ligne de circonvalla- tion tout au tour de la ville avec 39 B À 3 me un foffé large & profond ; & pour me pas accabler {es troupes de fa- tigue , il divifa fon armée en dou- ze parties, &t afligna à chacune fon mois pour la garde des tranchées. Les afliégés fe croyant en pleine füreté , à la faveur de leurs rem- parts & de leurs magazins , inful- toïent à Cyrus du haut de leurs murailles , & fe moquoient de la peine inutile, qu'il fe donnoit, & de tout ce qu’il faioit contr’eux. Quand Cyrus vit que le foffé, auquel on travailloit depuis long- tems, étoit achevé, il fongea fé- rienfement à exécuter fon grand defléin, dont il n’avoit encore fait part à perfonne, La Providence lui en fournit une occafon, telle qu'il la pouvoit fouhaiter. [l apprit qu'on devoit célébrer à Babylone une grande fête, & que les Ba- byloniens avoïent accoûtumé , dans cette folemnité, de pafler la nuit entière à boire & à faire la débauche. Balthafar prit part plus qu'aucun autre, à cette réjouiflance publi . que , & fit un feflin magnifique aux premiers officiers de. fon royaume & aux dames de la cour, ® Dans la chaleur du vin, il fit ap- porter les vafes d’or & d'argent, qui avoïeht été enlevés du temple de Jérufalem; & comme pour in- falter au Dieu d'Ifraël, à y but lui 6 toute fa cour , & y fit boire toutes fes concubines. Dieu; irrité d’une telle impiété & d’une telle infolence , lui fit fentir dans le moment même à quiils’étoit at- taqué , & fit paroïtre tout à coup fur la muraille une main ; qui écrivoit certains caractères, Le BA Roi , étrangement furpris & ef frayé de cette vifion , manda für le champ tous fes Sages , tous fes, Devins , tous fes Aftrologues pour hre cette écriture & en expliquer le fens. Mais, ce fut inutilement, Aucua d'eux ne put, ni expliquer, ni lire ces caractères. C’eft pets. être par rapport à cer événement! qu'Hfaie , après avoir prédit à Ba bylone , qu’elle fe trouvera tout d'un coup accablée de maux, aux. quels elle ne s’attendoit point, ajoûte: Appellez à votre fecourse VOS enChanteurs.,.…, Que vos Aflrologues , qui Contemplent lek ciel, qui étudient le cours & difpoñition des affres , fe préfentente maintenant , 6 vous feuvent, La. éme mere [ c'étoit Nitocris,. princefle d'us grand mérite ] étant. venue au bruit de ce prodige dam À la falle du feftin , tâcha de pañluse rer lefprit du Roi, fon fils, & lui parla de Daniel, dont elle con. noïfloit l’habileté dans ces {ortes, de matières ; & qu’elle avoit tou- : jours employé dans le gouverner ment de l'État, I fut donc mandé fur le champ, * & parla au Roi avec une liberté véritablement prophétique. Il ke. fit fouvenir de la manière terrible, = dont Dieu avoit puni l'orgueil de fon grand-pere Nabuchodonofor, & labus criant qu'il faifoir de &. puiffance , ne reconnoiflant d’au- : tre loi que fa volonté, & fe croyant = le maître d'élever l’un, d’abaifler l'autre ; de ruiner celui-ci, de fai re mourir celui-là , uniquement parce que tel étoit fon bon plaifr. » Loin de profiter de fon exem- | » ple, dit-il au Roi, vous qui »» ÊTES | PA | ». êres fon fils, vous avez afleQé ». d'enchérir fur {on ofgueil & fur » fon rmpiété. Vous vous êtes » élevé contre le Dominaténr du » ciel; vous avez fait apporter » devant vous les vafes de fa mat- »- fon fainte , &t vos avez bu de- ». dans, vous, vos femmes & vos » concubines , .avec.les Grands » de votre cour. Vous avez rendu ».-un hommage public de louange » & d'honneur à vos dieux d’or -an & d'argent, de bois & de piere 7 16, qui ne Voyent. point, qui » Nentendent point , qui ne fen- »_tént Point ; &, vous n'avez ». point rendu gloire au Dieu, » qui tient vôtre fouffle dans fa » main, @& qui eft le maître de 7. toutes_yos actions & de tous » les momensde votre vie: C’eft » pour cela que Dieu a envoyé ». les doigts de certe main, qui a ». écrit ce. qui eft marqué fur la » muraille... Or, voici, ce qui eft »Écrit: Mane Thecel, Phares: » Ê en voici Finterprération. Ma: » 63 Dieu a comptéles jours de » Votre repne., &c 1l en a marqué Da fin. Thecel: vous avez été », Pelé dans.la balance, &-on »” Vous a tronvé-trop leger. P/a- 7 Tes ; votre royauine a été divi- ». fé , & il a éré donné aux Médes pt aux Perfes:« : : :: Cette interprétation devoit en= core augmenter le trouble; mais ; on fe raffura apparemment fur.ce que le malheur n’éroit pas annon- cé.comime préfenr , & que l’ave- nit pourroit fournir des expédiens pour le dérourner. Ce qui eft cer- tain., c'eft que lacrainte de trou bler une joie univerfelle & pré- : Tome VI, B A 33 fente ayant fait renvoyer la dif cufhion des affaires {érieufes à un autre tems ,-on fe rémit à table &c l’on. pouffa la débauche fort avant dans la nuit, ee 5 -Cenendant, Cyrus bien in formé de la confufon, que cette féte avoit coûtume de répandre dans le palais & dans la ville, avoit pofté une partie de Les trou- pes à l'endroit où Je fleuve entroit dans la-ville, & lautre partie à Celui où1l en fortoit, & jeur avoit commandé d'entrer cette nuit dans la ville. par le Lt du fleuve., dès le moment quils le tronveroient- guéable. Après avoir donné tous Jes ordres néceflaires , & exhorté les officiers à le füivre, en leur rep'éfentant qu'il matchoit fous la <ondure des dieux , il fit ouvrir für le: foir la tranchée des deux côtés de larivière au-defions É& au-deflus de la ville, a%n d'y faire écoulerles eaux. Par ce moyen le lt de l'Euphrate £ trouva bientôr aiece Alors, es deux corps des troupes , felon lenrs ordres, Sy Jettérent, conduis; lon par Go bryas , &c l’autre par Gadaras ) S'avancérent fans trouvér d'obfla-. cle. Le guide invifible, qui avoit Promis à Cyrus-de.J Ouyrir tou- tes les-porres ,-s'étoit lervr de là néglisence:& du-deforûre, qui rez BONE Par tout pendant cette nuit de diflolution > pour faifler- ouvertes les portes daran, qu fermoient les defcenrés. du quai vers le fleuve, qui feules auroient pu-faire échouer lon -entreprife. Aiïnfi, ces deux-corps de -troupes * LA Là LA S x See RE He LES É Pénétrégent jufques-dans-lé cœur de la ville, fans trouver de régit. Ce 54 BA palais royal, comme ils en étoient convenus , ils furprirent la garde & la mirent en piéces. Îls fé jet- térent aufhi-tôt dans le palais, dont quelques-uns de ceux, qui etoient au-dedans , avoient où- vert les portes pour fçavoir d’où venoit le bruit qu'on entendoit. Ils s’en rendirent les maîtres ; & ayant rencontré le Roi qui venoit à eux, l'épée à la main, à la rête de ceux qui s'étoient trouvés à portée de le fecourir, ils le tué- rent, & firent main-bafle fur tous ceux qui l’accompagnoient. Le premier foin des vainqueurs fut de remercier les dieux d’avoir en- fin puni ce Roi impie. Cette re- marque de Xénophon mérite d’e- tre peiée ; & elle s'accorde mer- veilleufement avec tout ce que l'Écriture fainte dit de l'impie Bil- ‘thafar. = C'eft ainfi que fut anéantie la ‘puiffance de cette ville faperbe, cinquante ans précifément après quelle eut détruit Jérufalem & {on Temple. Par-là furent accom- plies les prédiéhons , qu'lfaie, Jé- rémie & Daniel avoient pronon- cées contr'elle , comme on l'a vu “par tout ce quia été rapporté juf- ‘qu'ici. Îlen refte une, la plus 1m- portante de toutes , la plus in- croyable , & celle néanmoins qui eft marquée dans l'Écriture de la manière la plus précife & la plus forte ; prédiétion accomplie à la lettre dans tous fes points , & dont ” Ja preuvé éft a@tuellement fubff tante, la plus facile à vérifier, & la plus inconteftable, C'eft la pre- fhétion de la ruine totale & entiè- ance ; © s'étanc. rencontrés au re de Babylone , enforte qul n'en doit pas refter le moin veftise, se . NET. È Accompliffement de la prédit de la ruine totale de Babylone. Cette prédition fe trouve dat plufieurs Prophéres , mais fur tous dans Ifaie, au Chapitre XII dépuis lé verfet 19 jufqu'au verf 22, & au Chapitre XIV, vé fets 23 & 24, On la rapport. dans {on entier ci-deffus. 1 y marqué que Babylone fera ent, rement détruite, comme le furel. autrefois les villes criminelles Sodome & de Gomorrhe ; qu'el ne fera plus habitée ; qu’on nek “rébâtira jamais; que lés Arab n'y drefleront pas même leu tentes, & que les pañfteurs n| viendront point pour y faire pofer leurs troupeaux; qu’elle dé viendra la retraite des bêtes fan. vages &t des oïfeaux nournél qu'un marais couvrira le lieu, qu’elle avoit occupé, enforte qui ne reftera pas même des veftigi ee = re de l'endroit, où elle aura & C'eft Dieu même, qui avoit pt noncé cet Arrêt. 1.° Babylone perdit d'abordii qualité de ville royale, Les Roi de Perfe lui préférérent un auti féjour. Sufe, Echatane, Perfépolis toute autre demeure leur plut d# Vantage , & ils ruinérent eur ‘mêmes une partie de la ville. 2.9 Strabon & Pline nous af prennent que les Macédoniens qui fuccédérent aux Perfes, n0i féulement la népligérent & net rent occupés , ni Qu foin de l'en B A bellir , ni de celui de la réparer mais, qu'ils affeétérent même de bâtir dans fon voifinage Séleucie, pour. la faire abandonner & pour lui Otér fes habicans. Il n’y a rien de plus propre à expliquer ce que le Prophéte avoit prédit: Vos habitabitur. Ses propres maitres s'appliquent à la rendre déferte. 3.2 Les nouveaux rois de Per- fe, qui devinrent maïrres de Ba- bylone, achevérent de la ruiner “en bâtifflant Ctéfiphon,, qui lui en- levasce qui lui reftoit d'habitans. Er il fembloit que depuis qu'elle avoit été frappée. d'anathème , ceux , qui devoient être {es pro- tecteurs, devenoient fes ennemis; & que tous croyoïent être chargés du foin de la réduire en folitude , mais par des voies indireétes & fans employer la violence, afin. qu'il füt plus maniféfle que c'étvoit la main de Dieu, plutôt que celle des hommes , qui s’appliquoit à lanéantir. he : 4.9 Elle fut f-univerfellement “abandonnée, qu'il ne refta plus que l'enceinte de fes murailles, Elle étoit réduite à cet. état, du tems que Paufanias écrivoit fes obfervations fur:la Gréce. Z//4 aütem Babylon; omnium quas un: quam fol afpexit urbium maxima , jam preter muros nihil hebet reli- qui. ; s% Les Rois-de Perfe, la voyant déferte ,;en-firent un parc, où ils enfermérent des bêtes fau- vages pour la chafle, Elle devint ainfi, comme. le Prophéte-l’avoit prédit, la demeure. des animaux crüels & ennemis de l’homme , où fugirifs & timides, Ses cicoyens B A + furent convertis en des fnglier Fe des léopards, des ours, des ânes fauvages , des cerfs. Babylone fut la retraite des bêtes funeftes, fau- vages, ennemies de la lumière. Re. qguiefcent. 1bi beflie | & replebuntur. domus illorum draconibus, &c. - Saint Jérôme nous a confervé cette précieufe remarque. Il la tenoit d'un religieux Perfan, qui : - avoit vu ce qu'il lui avoit rappor- té. Didicimus à quodam fratre Elamnite , qui de illis finibus eyre= diens, nunc Jerofolymis viram exi- gt Monachorum , venationes re- gas effe in Babylone, € omnis generis beflias murorum ejus ambi- lt tantim continer. = 6.2 Mas, c'étoit encore -tro que les murs de Babylone fubff- taflént, Îs-tombérent en plufieurs endroits, & ne furent pas réparés. Le refte fuivit par divers accidens. Les bêtes , qui fervoient aux plai- firs des rois de Perfe, fortirent, Les ferpens & les fcorpions de- meurérent, & elle devint un lieu redoutable pour ceux ,.qui au- - roient eu quelque-curiofité pour vilirer fes Antiquités. L’Euphrate, qui la traverfoit, n'ayant plus un canal‘libre, prit, avec lerems, fon cours ailleurs, Er:il ne refloit., au tems de Fhéodoret, qu'un filec d'eau’, qui couloit à travers les mafures., &-qui n'ayant plus de pente ni d'écoulement libre, dé- généroit néceffairement én un ma- Tais, $ - Ar 7.2 Par tous: ces changemens, Babylone devint entièrement dé- ferte; &tous {es environs devin- rest auf affreux &c auffi aban- donnés que le lieu, qu’elle avoit je D occupé ; & les Géographes les plus habiles ne fçavent aujour- d'hui où le déterminer. Aïn, fut accompli à la lettre ce que Dieu avoit prédit: » Je perderai le nom » de Bäbylone...., Je convrirai » d'un marais le lieu, qu'elle oc- » cüpe maintenant. Je recherche D rai avec foin jufqu'à fes moin- » dres veltiges pour les effacer. « Je ferai moi-même la recherche, dir le Seigneur, avec un cœil ja- Joux , pour découvrir s’il ne refte- ra rien d’one ville ennemie de mon nom & de Jérufalem. Je balaierai avec foin la place, où elle aura été ; &c je la rendrai fi nette, en effaçant jufqu'aux moindres vefti- gés d’une ville, que perfonne ne pourra conférver la mémoire dû heu choïff par Nemtod ; & aboli par moi qui fuis le Seigneur. Scoz pabo eam in fcopa terens , dicit Dorninus exercituum. | 8: Dieu ne s’étoir pas con- tenté de faire prédire tons ces changemens ; il avoit voulu ter _tniner & fcelier cette prédiétion par un ferment, pour en marquer davantage la certitude: » Le Sei- -» gneur des armées a fit ce fer: » inent: Je jure que ce que j'ai, » réfolu ; arrivera’, & que ce “que » j ai arrété, s'exécutera. « Mais, pour donner à ce formidable fer= ment toute fon étendue, il ne ut pas le bofner ;-ni à Babylone, mi. au peuple qui la habité, ni-aux Princes qui y ont reené. C’eftla malédittion du monde entier, que - nous Hfons ici. C’eft l’anathême “général des impies. C'eft l'arrêt oran 5 qui féparera pour toujours les deux cités de Baby- B À : lone & de Jérnfaiem, & quime tra un érernel divorce entre kk Saints & les Réprouvés. Les Éd tures , qui l'onc prédit, fubffteroil jufqu'au jour où il fera exécut, La fentence en eft écrite 14 Mife comme en désôt dans les a chives publiques de la religion, Juravit Dominus exercituum, de Cens : fEnonut putavi, ita erit il quomodo tra&tavi, fic eveniet, Au refle, il eft à propos dett. marquer , pour l'intelligence di, anciens Auteurs ;; que la prédié. tion de [a ruine totale-de Babylon ne s'exécuta que fuccefliveme En effet, Plurarque, en: parlait de l'expédition de Craflus conti, les Parthes,, dir que la plus grats de de toutes les fautes , qu'il dans cette guerre, après celleds lavoir-entreprife, ce fut d’avol négligé de fe faifir de Babylonedl de Sélencie , villes toujours ennés mies des Parthes: . ie M. Prideaux , dans fon hiftoit des Juifs, prétend: que Plutarqi s'eft trompé dans cet endroit La qu'ila pris deux noms d'une mêm. ville pour:le rom de deux vilé difiérentes ; que Babylone & 5% 2 leucie étoient alors la même vil _&t que, lorfque Craflus-alla-da. ce pais-là, il y avoit long-teni que l'ancienne. Babylone n'exis toit plus. Il fonde cette: cnriqi, fur des paflages de Strabon ; d Pline &rde Paufanias ; qu'il a raps portés en-ces termes.: » Pline di » que Babylone avoit eté épuilt > d'habitans, & rendue tont-# » fait déferte-par le voifinage d. ». Séleucie fur le Tigre, que Së, leucus Nicator-avoit fait bâti. w Le] La BA. »_exprès;, & Strabon dit la même » chofe, aufh-bien que Paufanias » dans fes Arcadiques. Car, ce dernier dit que Babylone , au- » trefois la plus grande ville , que ». le foleil eût jamais éclairée, » mavoit plus rien que fes mu- » railles, « : Il eft facile de prouver, dit M. Secoufle , que M. Prideaux s'eft trompé dans fa critique ; & pour cela, il fuffit d'examiner les pafla- ges qu'il a cités, & de les com- parer avec d’autres endroits des mêmes Auteurs. Le paflage de Strabon eft for= mel contre lui; & lon eft furpris d'Y trouver précifément le con- trare de ce qu'il lui fait dire. Strabon , après avoir rapporté que Nicator fonda Séleucie, qui fut augmentée par fes fuccelfeurs, ajoûte que cette ville eft préfen- tement plus grande que Babylone, & qu'une grande partie de celle- ci eft déferre, Ce Géographe, en difant qu'une grande, partie de . Babylone eft déferre , fait claire- -ment entendre qu’une petite par- tie de cette ville eft habitée ; & la comparaifon, qu'il fait de la grandeur préfente de Séleucie & de Babylone ,ne prouve-t-elle pas que cette dernière ville exiftoit encore ? Paflons à Pline, dont voici les termes : Durat adhuc ibi Jovis Bell remplum, ... Caterd ad foli- tudinem rediit , exhauflé vicinitate Seleucie que tamen Babylonia co- gr0mInatur. Si Von prend ces ter- mes à Ja riguenr, il femble que : Pline dife que l’ancienne Babylo- nen’eit plus rien en comparaifon B À 37. de: la nouvelle, qui s’eff_ enrichie de fes dépouilles. Ce qni le per- fuade, c’eft que Pline, dans un autre endroit, parle de l’ancienne Babylone , comme d’une ville, qui-exiftoit encore de fon tems, & qu'il la diftingue précifément : de Séleucie. Il.dit que la ville de Philifque eft éloignée de dix jours de navigation de Séleucie, & à peu près antant de Babylone. Philifcum... ab eo Selenciam die- rum. decem navigafio , totidermique feré Babylonem, Pour le paflage des Arcadiques de Paufanias , il eft cel que M, . Prideaux Fa rapporté; & il y eft dit formellement que de cette grande ville de Babylone , il n'en refte plus que les murailles ; mais, Ce pañlage ne peut prouver que pour le tems , auquel vivoit Pau fanias , qui écrivoit plus de deux cens ans aprés l'expédition de Craflus.. D'ailleurs , Paufamas , - dans fes: Attiques , après avoir rapporté que Nicator avoit tranf- planté à Sélencie les habitans de Babylone , ajoûte qu'il ne détrui- fit, ni les murailles de certe ville, ni le temple de Bélus , & quil permit a des Chaldéens d’'habiter au tour de ce temple. Ce pañlage, joint à celui, deStrabon, prouve que depuis {a conftruttion de Sé- lencie ou nouvelle Babylone , l’ancienne n’avoit pas été entière- ment dégarnie d’habitans, Ain, Plutarque a eu raifon de diftingner cette ville de celle de Séleucie ; & la critique de M. Prideaux fe détruit parles mêmes paflages fur lefquels'il l'a appuyée, Voyez Babylonie. AS Ci - 8 BA 2 BABYLONE , Babylon, (2) Bobi , ville d'Égypte , dont Diodore de Sicile raconce lorigi- ne de deux manières diflérentes. Sélofiris , roi d'Égypte, ayant, ‘dit-il, renoncé à tout projet de guerre, licentia fes troupes, & “aflura à tous fes foldats la jouiffan- “ce des biens, qu’ils avoient acquis “par beaucoup detravaux. Ne per- “dant point toutefois Pamour de la gloire , & voulant au contraire . affermir la fienne par toutes fortes d’endroits , il entreprit des ouvra- ges magnifiques par le deffein & -par la dépenfe ; mais, ils étoient tels. qu’en immortalifant fon nom ; ils devoient contribuer auff pour toujours à la füreté & à la com- modité de l'Égypte. Commencant par la religion , il fit bâtir en cha. que ville un temple en l'honneur du dieu , qu'on y révéroit parti- culièrement. Il nemploya à ces Ouvrages aucun de fes fujets, & il ny fit travailler que les captifs, - Il eut foin même de faire graver ces mots für tons les temples: Aucun Égyptien na mis la main à cet édifice. Maïs, les captifs de Babylone , ne pouvant fupporter ces travaux, trolivérent moyen de s'échapper, & s'étant rendus maitres d’un téfrein avantageux far les bords du fleuve , ils firent “la guerre aux Égyptiens, & rava- . érent là campagne des environs. Enfin, par un traité fait avec eux < ils habitérént tranquillement le lieu, où ilsss’étoient retirés, & le - nommérent Babylone en mémoi- (a) Diod, Sicul. : $- Strab, pag, So, B A re de Ja capitale de leur patrie Ctéfias, felon Diodore de ÿ. cile , donne une autre Origines cétte ville; car, il aflure qu'ek fut bâtie par des originaires dela bylone , qui fe trouvérent il. fuite de Sémiramis , lorfqueh pafla en Éovypte, Diodore de ÿ cile ajoûte qu'il n’entreprent point de démêler la vérité fur € article, mais, que rapportanth Opinions difiérentes, qu'il trou dans les Hifloriens , 1] lafleh choix au difcernement des Lé . teuts. 4 S Jofephe , en racontant pe quelle route les Tfraëlites forte. d'Égypte, dit qu'ils pafférent al près de Latopolis , qui étoit alt déferte ; car, pourfüit-il, on _ tit enfuite en ce lieu-là Babylon. dans le tems que Cambyfe rayé geoit l'Égypte. Voilà une troie me Origine , que ce paffage dont à cette ville; mais, il nous 4h, prend auf qu’elle avoit d’abo porté le nom de Latopolis , à ville de Latone. 2 Ptolémée fait mention del ville de Babylone ; & il nous prend qu'elle étoit arrofée par! fleuve Trajanus, qui baignoit auf les murs d’une autre ville, nom la ville des Héros. Cellarins ler tend du fleuve Bubafte. Pour St bon, il dit qu'en remontant D Eau, au-deflus du delta, on trok voit Babylone, place force nat rellement & bâtie par quelqu Babyloniens , qui, s’y étant tel rés, obtinrent des Rois la per 2 P28: 36: Jofeph, de Antiq, Judaïc. pag, 65. Ptolem. L. IV * Bb À fion de s’y établir. Il ajoûte que de fon terms , on y tenoit une des trois légions, qui gardoient VÉ- ypte. Jufques-là, il femble que Babylone étoit fur le Nil; mais, ce qu'il dit enfuite fait voir le con- traire. Entre ce lieu jufqu'au Nil, pourfuit cet Auteur, 1 y a une hauteur fur laquelle on fait mon- ter l'eau du fleuve , à force de moulins, à quoi cent cinquante efclaves font continuellement oc- cupés. .... [n’y a pas loin de-là à Memphis, qui eft à trois fchæ- nes du delta. Aiïnfi,Strabon ne met pas cette ville fur un des bras du Nil, qui forment le delta, mais au-deflus du delta même. Quelques Critiques ont préten- du que c’étoit de cette Babylone, que S. Pierre a écrit fa première Épitre. Dom -Calmet réfute ce fentiment, dans une differtation à la tête du dernier tome de fon Commentaire. Un livreanonyme, cité par Ortélius , qui foupçonne Poftel d’en être l’auteur , dit que cette ville étoit nommée Mazar où Mizir en Arabe , Maffar en Arménien, Alchabiren Chaldéen, & Mefraim en Hébreu. La plü- part des Géographes difent que c'eft la même. ville que le vieux Caire. Le moine Brocardus dit que c'étoient deux villes différen- tes , mais qui furent jointes en (a) Suid. Tom, I. pag. 727. = CG) Prolem. L. V.._c. 20. Strabon. pag: 80, 109, 02, 602, 736. dr feq. Pomp: Mel, pag, 65; Plin. Tom. 1. pag. 331 Tom. Il. pag. 354. Herod. EL. I, C. 192, dr feg. L.IIL. c. 150. @& fes. Diod. Sieul, pag. 71. Q. Curt, E. Véc, r.JuftE, rs C. 4. Gene, €. 10. y. 10. Ezech, c, 12, y, 13. Roll, Hit, ‘en celui de Babylone. B À: 39 une. L'on ne voit rien que de vraifemblable dans ce fentiment... Cette ville a été épifcopale fous la métropole Léoncopolis, où la ville des Lyons ; & Cyrus, évé- que de Babylone,eft nommé dans les aîles du concile d'Éphèfe, & dans le premier aëte du concile de, Chalcédoine. BABYLONE , Babylon, (a) Babvrar. Sémiramis, au rapport de Suidas, ayant entouré Ninive de murailles, changea fon nom Il y eut en Phénicie une ville du nom de Babylone. Elle n’eft. guere connue. On fçait feulement que l’on y faïfoit une forte de vin, qu’on appelloit le vin Polipodite, - Le nom de Babylone eft de- venu un nom injurieux , qui fe donne métaphoriquement aux vil. les, où l’on veut faire entendre que le vice eft monté à {on plus haut excès ; & c’eft dans ce fens, que Pétrarque & Bocace ont ap- pellé Babylone la ville d'Avis gnon, où fiépeoit la cour de Ro= me, qu'ils haïfloient. Les ennemis de l'Églife Romaine n’ont pas épars gné ce nom à Rome la Sainte. : BABYLONIE , Babylone, Ba£urcvi , (b) contrée d'Afe, qui, felon Ptolémée , avoit pour bornes au feptentrion la Méfopo- tamie , à l'occident l'Arabie défer- Anc. Tom, I. pag, 648. &: fuiv, Géog. Hit. Eccléf, Cie es Vail. Tom, IX. pag. 3237, 338. Mém. de PAcad, des Inferipr, & Bell. Lett. T, IV. pag. 152. @* faiv. Tom. V. page 345. Tom. VI. pag. 6. Tom, VII p. 4313 432. Tom. XVI, pig. 72: 73, Le XVI -pagr-63, C iv te, à lorient la Sufane : au midi une partie du golfe Perfique, " TL Iy én à ui croyent que la Babylonié eft là même chofe que Ja campagne de Sennaar, nom- imée ainf dans Ja Généfe. D'au- tres l'ont Confondue avec la Mé- foporamie ; quoique celle-ci en ft féparée, Ptolémée, celui de fous les Anciens, qui en a parlé avec le plns de juftefle, la divife En plufieurs petits pas, qui étoient PAüranitide für les bords de l'Eu- phrate , la Chaldée auprès de l’A- rabie “déferte, l'Amordacie ou l'Amordôocie le long des. marais, Ce dernier & le premier font de- meurés inconnus, Ï] n’y a eu que la Chaldée, qui ait été fameufes & ce nom, { prenant dans un fens plus étendu , a quelquefois fenifié tonte la Babÿlonie, Ainf, toutes les fois que le prophéte Jé- rémie, & ceux Qui ont écrit l'Hi£ toire de fon tems, Chaldéens & de leurs armées Fil faut l'entendre de ceux, qui de- Beuroieñt au tour de Bäbylone, - C'éft dans le même fens, que le prophète Ezéchiel met certe ville dans [a Chäldée, quoiqu’elle fût bien éloignée de la ‘Chaldée pro. pre de Prolémée, Le nom de Babylonie efl.eme ployé par Diodore de Sicie, par Strabon , par Pline & autres ; mais , il faut bien diflinener dans. quellé étendue 45 le prennent, : sl Quelquefois Méfopotamie , le Tigre & le gol- fe Perfique; & en ce fens, c'eit. [a Même chofe que la terre des Chat: : déens, Quelquefois, fa Babylonie : patient des. ». 4 - Babylone. fe : prend pour tout le païs entre Ja B À | ne fisnifie que la hante partie ve le lit-de PEuphraté &'au tour Ja ville de Babylone. Ceft dan ce fens, que Diodore de Sici dit, à l'endroit cité, que l’Eupht te êc le Tivre forment la Méfopo Baby lonie tamie, & <oupant la fe jettent dans la mer. 2 M: Huet dit que, dans le con: mencement, la Babylonie fe tér Mminoit à la jondion du Tigre de l'Enphrate: La contrée , pois füit-1l, qui eff au-deffons de cetié jonétion jofqu'an golfe Perfique, eft appellée fraque par Allérgan, nomme communément À]fraoail par Abulféda & les autres Ca L > 24 graphes Arabes, du nom d Érec, qui fut, avec Babylone & d'autré lieux , le commencement du regft de Nemtod. Ce font les termes dé Moïfe. Érec étoit une ville, fitués le long du lit commun du Tigi & de l'Eaphrate. Babylone éroi fituée für l'Enphrate au-deffus dè fa jon@tion, Ces deux villes dons nérent le noin à deux provinces. La Babylonie s'étendo:t jafqu’à Jonction: des deux fleuves, & Province d'Érec où d'lragne sé tendoit le Tong du lit commun de ces deux fleuves À “droite & à Bauche , depuis leur jon@tion ju Gu'à la mer. Le tems a changé ces. chofes ; Flraque a empiété fur, Babylonie , {ar PAflyrie & fur ha : Médie , 8 leur à fait porter foi. nom.-La Babylonie, de fon côté, seft mie en pofleflion de touté l’ancienne province d'fraque, M Huet prend ici Ja Bäbylonie au: trément que nous ne l'avons mar. “quée -ci-deffus ;çar, il la met. dans-la Méfoporamie ; au-deflus ncts j 15) de la jon@tion du Tigre ; ce qui €ft oppoié à ce que-dit Ptolémée, qui la ner au midi de la Méfopo- taie, @ par conféquent au-deflus dé-la jonétion. Mais, il faut re= marquer que M. Huet dit 24 cem- mencement, ÔL que Prolémée par- loit dans un terms, où les chofes avoient changé, - IE Comme tous les peuples de la domination de: Cyrus. éroient obligés de lui fournir, outre les tributs ordinaires, fa nourriture & la nourriture de fon armée, toute FAfñie le nourrifloit avec fes trou- pes huit mois de l’année ; le feul pais de Babylone étoit obligé de le nourrir quatre mois, de forte qu'il étoit feu] égalé à la troifième partie de l'Afe, Le souvernement de ce païs,que lesPerfes appelloient Satrapie, étoit le meilleur & le plus grand de tous les autres. !] étoit fi confidérable, que Fritech- me, fils d'Artäbafe, qui levoit les tributs de cette contrée au nom du Roi , en retiroit tous les jours un artabe , rempli d'argent, IL nourrifloit pour le Roi, outre les chevaux de guerre, un haras de huit. cens chevaux, & de feize mille jumens; enforte qu'il y avoit vingt jumens pour chaque cheval, On y élevoit M pour le Roi une fi prande quantité de chiens d'Inde, qu'il y avoit quatre villes exémptes d'impofitions & de vri- buts, à condition feulement qu’el- les nourriroient ces chiens. Voilà ce que donnoit la Babylonie à celui qui en étoit le maître, Au reite , if ne pleuvoit pas fouvent dans ce païs, flon Hé- rodote. Les bleds | qui y vénoient, BE - 4x étoïent feulement arrofés par l'eat. de la rivière, qui s'y répandoit par un eflet de l’mduftrie des hom- mes, comme le Nil s'étend de-lmi- même fur les campagnes. Car, tout le païs des Babyloniens étoit, comme l'Égypte, divifé en ca- faux, Gônt le plus grand portoit navires, étoit tourné vers le folf- tice d'hiver , & alloit de l'Euphra- te dans le Figre, Enfin ,cètte con- crée éroit pour le bled, la plus fer- tile & là meilleure qu'on ait vue ; tes, pour les arbres, comme le #Higuier, la vigne & lolivier, elle le cédoit aux autres pais. Elle étoit, en récompenfe, f propre pour les grains , qu’elle rendoit ordinairement deux cens fois plus qu'on ne lui donnoit; & quand les années étoient bonnes , elle ren doit trois cens fois davantage : qu'elle navoit reçu. Les feuilies des bleds & de l'orge y avoient quatre grands doigts de large. Quoique je fçache bien, dit Hé- : rodote , que le mil & le fézame ÿ viennent aufh grands que des arbres ; Cependant , je n’en parle- rai point, parce qu'il fembleroit à eux , qui n'ont pas été dans la Babylonie, que je leur conterois des fables. On ne s’y fervoit point d'autre huile que de celle qu’on faifoit de fézame. Les palmiers croifloient d'eux mêmes de tons côtés dans le pais;& la plüpart portoient du fruir, dont on faifoit- du pain, du vin & . du miel. On ne les cuitivoit pas d'une autre façon que les figuiers. De ces arbres, comme des autres, les Grecs en appelloient quelques uns mâles, On attachoit. le fruit 42. DA des mâles à ceux, qui rappor- toient des dattes, afin que le mou- cheron ; qui fortoit du fruit des males, fit mûrir la datte en péné- trant ; autrement, elle tomboit. Les palmiers mâles produifoient dans jeur fruit des moucherons ; comme le figuier fauvagce. Mais, il ne fant pas paller fous filence une chofe, qui femble la plas merveilleufe de toutes , c’eft que les bateaux , dont on fe fer- voit fur le fleuve, pour aller dans E Babylonie, étoient tous faits de peaux. Cétoient les Arméniens, gai habitoient au-deflus des Ba- byloniens , qui y travailloient, & les faifoient avec des perches de faule , qu'ils plioient, & qu'ils revétoient de peaux ; en mettant “en déhors la partie | où il n’y avoit point de poil, & les ten- doïent de telle forte , qu'elles ref fermbloient à un plancher. [ls n’y mettoient , ni pouppe, niproue; mais, ils les arrondifloient comme ua bouclier. Ils mettoient de la paille au fond, puis ils les aban- donnoient au fleuve, chargés de diverfes marchandifes, & princi- palement de vin de palme. Deux hommes les conduifoient avec un aviron chacun. Ils en faifoient de fart grands & de fort perits; les plus grands portoient le poids de cinq mille talens On: pouvoit mettre un âne dans chaque petit bateau ; mais , on en mettoit plu- ficurs dansles grands. Lorfqu'ils étoient arrivés à Babylone, & qu'ils y avoient décharoé ce qu'ils portoient, ils vendoient aufh les perches du bateau & la paille qui étoit dedans, & remettoient les B A peaux fur leurs ânes, qu'ils reme. noient en Arménie; car, com le fleuve étoit rapide , il étoirime pofhble de le remonter. C'efa qui étoit caufe qu'ils faifoient Jeux bateaux de peaux & non past bois; & quand ils étoient de fé tour en Arménie avec leurs âne. ils faifoient d’autres bateaux del même forte. Telle étoit leur ma. nière de naviver. 2 Quant à leurs habits, ils por toient fur la chair une chemifetr lin, qui leur defcendoit juiqu'all pieds. Ils mettoient par-deffusutl robe de laine; & après cela,ih s’enveloppoient d’une efpèceld vefte blanche, fs portoient di fouliers | qui reflembloient pré que à ceux des Thébains, Îlsh lafloient croitre les cheveux. ll fe couvroient la tête d’un turbah & fe frottoient tout le cotpstl liqueurs odoriférantes, Chad d'eux portoit au doigt fon cachtl. & un bâton à la main fort bit façonné, au bout duquel étoitus pomme , où une rofe, ou un ÿi où un aigle, ou quelque ant chofe ; car, il ne leur étoit mi permis de porter de bâton, fi qu'il y eût deffüs quelque enft gne. + Pour ce quicéticerne leurs loi Hérodote croit que la meilleut qui étoit parmi eux , c’étoit lh Joi , dont les Hénétes, peupl d'llyrie ; fe fervoient dans ché. que ville & dans chaque villas Quand fes files étoient en d'être mariées | ils les faifoiel affembler en un endroit, où s4 fémbloient auf quantité de jé nes hommes, Alors , le crieur pl B À blic les vendoit; mais , il vendoit premièrement la plus belle, Quand il Pavoit vendue à haut prix, il metioit en vente celle, qui la fui- voit en beauté ; de forte que les Babyloniens, qui étoient riches , ‘êt qui n’étoient pas mariés, ache- _ toient à Penchère les plus belles, qu'on adjugéoït à ceux , qui en donnoïent davantage. Mais, com. me ceux de bafle condition, qui étoient à marier, ne fe foucioient _ pas d’avoir de belles fêmmes, ils. > prenoient les plus laides avéc de . Targent qu'on leur donnoit ; C&, quand le crieur avoit achevé de vendre les belles, il faifoit lever a plus laide, & demandoit fi ‘quelqu'un la vouloit prendre avec une petite fomme d'argent; & on la’ donnoit à celui , qui fe con- tentoit de peu de chofe. Ainf, on vendoit les belles filles ; & de l’ar- gent quien provenoit, on marioit les laides & celles qui avoient quelque défaut corporel, I n’étoit pas permis à qui que ce fût, de marier fa fille à fa fantaifie, ni à celui qui l’achetoit, de l'emmener fans donner caution qu'il l'épou- feroit. Et, fi les parties ne pou- voient s’accorder , il étoit ordonné par la loï, qu’on rendroit largeat à l'acheteur. Il étoit auf permis à ceux, qui venoient d’une autre . ville, d'acheter des filles pour les époufer. Voilà les coûtumes , qui furent d'abord en ufage parmi les Babyloniens. Mais , ils firent depuis une au- tre loi, par laquelle il étoit défen- du de faire de mauvais traitemens aux femmes, & de les mener dans les autres villes, Comme ils étoient devenus: pauvres par la ao leur ville, 1 n’y en avoit point. parmi le peuple, qui ne proftituät {es filles ; pour en tirer du profit. Us chfervoient aufli cette coûtu- me , qui étoit fasement établie parmieux ; c’eft qu'ils apportoient les malades dans la place pour confulrer les paffans fur leurs ma- ladies ; car , ils ne fe fervoient pot de médecins. ls deman- doient donc à ceux, qui s’appro- choient dés malades ; s'ils n'a Voient pas eu le même mal, s'ils ne fçavoient point quelqu'un qui - l'eût eu , & comment il en étoit guéri. Ainfi, chacun de ceux, qui venoient les trouver , leur enfei- gnoit le reméde , qu’il fçavoit, & les exhortoit à faire ce qu'il avoit fait, ou ce qu'il avoit vu faire pour le même mal, C'eft pour- quoi , 1 n'étoit pas permis de paf= fer devant un malade fans lui par- ler. & fans lui avoir demandé quelle étoit fa maladie. Îs embaumoient leurs morts avec du miel; & le deuil, qu'ils en faifoient , étoic femblable à celui des Égyptiens. Toutes les fois qu'un Babylonien vouloit avoir la compagnie de fa femme, il faïfoit brûler fous lui des par- fums. La femme faifoit la même chofe ; & fur le matin, ils fe la- voienttous deux, & ne touchoient aucun vaifleau , avant qu'ils fe fuflent lavés. Les Arabes obfer- voient la même coûtume. Mais, il y avoir une loi parmi les Babyloniens , qui étoit hon- teufe & infame, ceft que toutes les femmes du païs étoient obli- gées une fois en Jeur vie de fe 4e 7e FE de. dans le temple de Vénus pour fe proftituer à des étran- gers, Mais, comme ja plüpart de celles ; qui s’eftimoient plus con- fidérables que les autres , par leur condition & par leurs biens , ne vouloient pas s’abandonner à des étrangers , elles fe faifoient fule- inent porter dans des litières jaf- . qu'à l'entrée du temple, où elles # préfentoient, ayant laiffé der- tière elles une grande troupe de valets; &c:les autres allotent s’af- feoir dans le temple avec des cou- avoit dans ce temple : quantité d'allées & de détours, par où fe ronnes de fleurs fur la tête, Il y -Promenoient les étrangers pour fai- re le choix de celle qui leur plairoit davantage. Quand elles étoient dans ce temple, il n'étoit permis à aucune de s'en retourner en fa maifon , que quelqu'un des étran- gers ne lui eût jetté quelque ar- gent, 8 que l'ayant menée à part “hors dn temple, il n'en eût eu -connoïffance. Mais , il falloit qu’en lui préfentant cet argent, il lui dit qu'il implotoit en fa faveur la déefle Mylitta, qui étoic le nom, que les Babyloniens donnoient À Vénus. Au-refte, il n’étoit pas - permis de refufer cet argent, quel- que modique qu'il pût être , parce -qu'on eftimoit qu'il étoit facré; & même la femme ne pouvoit pas -refufer celui, qui la choififfoit, & . -Étoit obligée de le faivre, de quel. que condition qu'il fût, Enfin, -quand elle avoit fatisfait à la loi avec l'étranger , & qu'elle avoit facrifié à la Déeffe felon la coûtu- - me, elle s’en retournoic en fa maïi- fon ; & ; après cela ; quelque LPK . BA grands préfens qu'on lui fit, étoit impofhble de la gagner. 0 n'aura pas beaucoup de peine croire que celles,-qui étoienfil plus belles, étoienr celles, qurio toient plutôt de ce temple; m que les laides étoient contraint d'y demeurer lono-tems , avi qu'elles fatistflent à la loi, &a Telles étoient les loix des B byloniens, dont il y avoit tr tribus , qi ne vivoient que ds poiflons , & qui en ufoient th cetre forte. Quand ils les avoiel fait fécher au foleil , ils les piloïeil dañs un mortier, en tiroient uk efpèce de farine , qu'ils pafloi dans des hinges , & en faifoient dr tourteaux, qu'ils faifoient cüii comine du pain, . IE, Ce qW'on vient de lire dé mœurs & coûtumes des Babyl niens,eft tiré d'Hérodote. Quint Curfe nous trace, en peu de mot un portrait à peu près femblablé Le voici. El n’étoit rien, dit-il, 4 fi corrompu que ce peuple, rit de plus fçavant en larrdes pl firs & des voluptés. Les peresl les meres fouffroient que leursfik les fe proftituaffent à leurs hôt pour de largent; & les maris nt totent pas moins mdulgens envéll leurs femmes. Les Rois & les 52 trabes , dans toute la Perfe, n# _Voient point de plus grand div tiflement que les feftins, qu'ils me loïent de jenx pleins de licence de diffolutions ; mais, les Babylo® niens fe plongeoient principale ment dans l'ivroguerie & dans & B A déférdres qui la fivent. Les fem- mes paroïllaient d'abord à leurs banquets avec modeftie ; mais, après. cela , elles quittoient leur rôbe, puis le refte de leurshabits Fun après l'autre, dépouillant peu à. peu la pudeur’, qufqu'à ce qu'el- les fe mettoient toutes nues. Et ce n’étoient.pas-des femmes pu- bliques,qui s’abandonnoiïent aïnñ, c'étoient les dames les plus hono- rables & leurs filles, quiprenoient, ‘auffi-bien que leurs peres &t leurs meres , cette horrible proftitution pour une grande civilité.. _ + On remarque que Xerxès, irri- té de ce que les Babyloniens sé- toient révoltés, ne leur accorda le pardon qu'après leur avoir dé- fendu de porter les armes, & leur avoir ordonné au contraire une profeflion moins honnête. Il leur impofa la néceflité de porter, à exemple des femmes , des tuni- “ques trainantes & à longs plis. Ces peuples avoient uñne manière de broder toute particulière. Ils ne formoient qu'un tiflu, quin'étoit chargé que de la différence- des couleurs. Après quoi , ils ne laif- foient pas-cependant d'employer l'aiguille. C'étoienteux,qui avoient appris aux Grecs l’ufage du pole, du fiyle, la divifion des jours, & autres chofes femblables. IV. Les Babyloniens adorérent . d'abord le foleil &:la lune; mais, ils ne furent pas long-tems, fans admettre d’autres divinités. Ils di- viniférent Baal ou Bel, autrement Bélus , un de leurs Rois, avec Mérodach-Baladan. Ts adoroient encore , ainf.que nous- l'avons déjà dit, Vénus fous. le nom de BA #4 Myltta. Cette dernière & Bêlts étoient les principales divinités des Babylomiens. Ils avoient coû- tume de compter leurs jours, de- puis. le lever du foleil jufqu'an même tems du jour fnivant. Hs avoienc. cinq jours dans l’ansée, qu'ils folemnifoientavec beaucoup de magnificence, &t prefque avec les mêmes cérémonies que les Ro- mains célébroient leurs Saturna- les.: = ; re Be : Les Babyloniens étoient forr adonnés à l’Aftrologie judiciaire, Leurs Prêtres , qui faifoient une profefhion ouverte de cet-art, _étoientobligés de mettre en écrit tous les événemens de la vie des hommes fingnliers ; & c'étoit par le rapport, qui fe trouvoit entre ces événemens, & les mouvemens des corps céleftes ; qu’ils avoient établi les principes de leur art. Hs prétendoient avoir ;- depuis. des milliers de fiécles , de pareilles obfervations des événemens hitto- tiques, comparés aux révolutions dés aftres. On leur cornitefte avec raïfon cette longue fuite d'obier- vations , qui éroient allécuées par les feuls- Aftrolooues judiciaires mais, on.ne peut révoquer eñndou- te cellès-de leurs Aftronomes. 4 eft certain que l’on en.avoit:, au tems d'Ariftote, qui étoient:plus anciennes que-l’empire des Baby- loniens. RSA V.. La Babylonie étoit.arrofée de plufeurs fleuves, dontles prin: Cipaux--étoient le- Tivre-& JEue phrate. Le premier étoit navigable depuis fon embouchure -jufqu’à Séleucie & Opis , -l’entrepôt des pais -circonvoifins ; -& le fecond de également, à commencer - à fon embouchure jufqu’à Baby- lone. ee Babylone étoit la principale ville du pais; mais, il y en avoit un nombre d'autres. On voyoit für les bords du Tigre , au-def- fous d'Apamée jufqu'à la mer, Bilbe ou Bible, Didugua ou Di- gua, Gunde ou Spunde , Barra- charta, Thalatha , Alrha ; & fur ceux de l'Euphrate, Idicare, Du- rabe, Thaccone, Thelbencane. Volgèfie& Barfite étoient fituées le long du Baarfare. Il yen avoitaufñ plufieurs le long des marais & de PArabie “déferre, C’éroient Béane ou Béone , Chuduca, Phumane ou Chumane , Ciafe on Céafe, Bérambe ou Birande, Orchoé, Beththane , Théamé ; Sorthide, Tamba, Rhagie, Chiriphe , Rhar- tés VI. Nous torminerons cet article par une courte defcription, que M: Fréret nous a donnée de la Babylonie, C'eft au fujet des Saques , dont :l eft parlé dans la Cyropédie de Xénophon. ». La Babylonie, dit ce fçavant » Académicien, efl une pref- » quille, ou même uneifle fer- »méean nord par le canal royal » ou le Nahar-Malcha , à l'orienc » parle Tigre ; à occident & au » midiparl'Euphrate, qui, après » avoir coulé prefque nord & fud, » toùrne vers lorient, $ va tom- » berdansle Tigre. Cette gran- » de ïfle eft encore divifée en » deuxparun bras du Tigre, qui, ». fe féparant au-deffus de la ville, » nommée Aparmia Mésène, cou- » le vers le midi, & vient tomber » je crois, le pais des Saques B À » dans l'Euphrace au-deffous del » ville de Séleucie for PEupht » ce, différente de celle qui ét » fur le Tigre, & vers une ait » ville, nommée Apamia , db » même que celle qui étoit fur » Figre. Cette feconde ifle, no. À & _» imée Mésène dans quelquesAl » teurs, & formée par l'Euplr » te, par le canal principal dl » Tigre & par le bras nomtl » Délas ou Sélas, étoit, à ce qi » Ja Cyropédie; ce qui me lefi » croire, ceit non {eulementl, » convenance de cêtte fituatth ». avec toutes les circonftancesil » récit de Xénophon, mais et » core Fés-veftiges de leur noi} » que l’on trouve dans ce pais. »: Dans la carre Arabe de Bas » fora &t d’ane partie de la Baba » Jlonie, publiée dans les recütl » de voyages de M. Thevenoi. » oncle du voyaseur, on troll » deux villes où bourgades , l'utl » fur le Tigre , & l'autre » l'Enphrate, nommées l’unel » l'autre Sakié ou Zakié, &él » pgnées entrelles de plus de vifs » lienes. Le rapport de ce no » avec celui des Saques où Sat ». de Xénophon, elt fi fenfblé »_ que Jai-cru pouvoir fuppol » que lé nom-de ces peuples étl »- demeuré à ces deux endroits La Babylonie répond à pé fent à ce qu’on appelle l'Ir& Arabi , où l'Yérac- Arabie, Cd une province, quiappartiencal Turcs. Il faut obferver que plufie crivains de l’hiftoire Byzanti donnent aux Arabes, fujets 27 BA | Califes, entrautres noms, celui d Babyloniens. Fofephe donne auff ce nom-là aux habitans de Bathy- ra, qui étoit un village aux envi- ‘rons de Syrie. BABYLONIENS , Babylon, Ba£oréno. C'eft ainf qu'on ap- pelloit les habitans de Babylone ou de la Babylonie , dont cette ville fur la capitale, Voyez Baby- lone-& Babylonie. - BABYS, Babys , frere de Marfyas , qui fat écorché par Apollon, pour avoir ofé le défier à qui joueroit Lemieux de la flûte. Comme Babys fe mêloit aufh d’en jouer , il eût éprouvé le mê- me fort que fon-frere, s'il n’eût été fauvé par l'interceflion de Pallas , qui repréfenta à Apollon, ‘que cet ignorant étoit indigne de fac olère.. BABYTACE, Babytace, (a) ville du royaume de Perfe, dont Pline & Solinus difent que les ha- - bitans s'attachoient à ramafler & énfouir dans la terre, autant qu'ils pouvoient trouver d’or, afin que ce métal ne püt être entre les mains de perfonne. Mais, comme on ne trouve ce trait d'hif- toire dans ancun autre auteur que dans Pline & Solinus, Saumaife croit que Babytace a été une ville où lon gardoit le tréfor des Rois de Perle , & que pour le mieux. cacher ; on l’avoit enfoui dans la terre. [ly en a qui nomment certe ville Barbythace ou Barbytace. BACA, Baca, Bax?, (b) village, qui féparoit le territoire (a) Plin, ‘Tom. I. pag. 224. Solin. pa : è 5. g. 328, (b3 Jofeph, de Bell, Judaïc, pag, 832. des Tyriens , de la Galilée, am rapport de Jofephe. On place une ville de même nom au pied da mont Liban, BACABASE , Bacabafus, (c) figneur de la cour de Perte, du tems de Xerxès.. Artabane, capitaine des gardes de ce Prince, après l'avoir aflafhiné , Jui & Da: rius fon fils , vouloit encore facri- fier un autre fils, qui réftoit, fca- voir, -Artaxerxe, qui fut fufnom- mé Longuemain. Mais, aupara- vant, il communiqua fon dellern à Bacabafe, Ce Seigneur, content de fa fortune préfente, le révéla à Artaxerxe. Îl lui apprit par quellés mains le Roi, fon pere, avoit été aflafliné, par quelle rufe il avoit immolé lui-même {on pro- pre frere fur le faux foupçon d’un parricide ; enfin par quelles em- bûches on fe préparoit à le faire périr lui-même. Artaxerxe profira habilement de la découverte , pour prévenir les defleins d'Arras bane , qui futtué par la main mé- me de-ce jeune Prince. — BACASIS , Bacafis , (d) lieu- tenant de Mithridate , roi des Parthes. Ce Prince , ayant fait la conquête du pais des Médes, en confia le gouvernement à Ba: cafñs, BACATHA, PBacatha, ville ou bourg, que S. Épiphane met dans lArabie , aux environs de Philadelphie, au de-là du Jour- dain.. On trouve un évêque de Bacatha dans les foufcriptions dé quelqües Conciles. Charles de S. (c) Juft.-L. HT. c: +. (4) Juft, L, 41. c, 6. 48 B À - Paul &, après lui, le P. Labbe croyent que Bacatha elt la même que Bazcata | dans la tribu de Jus BACAUDES,, Pacaude., au- trement Bagaudes. Voyez Bagau- des. BACBACAR , Bacbacar, (2) BauGarap, Lévite, qui-étoit un fameux charpentier. Au retour de la captivité de Babylone , il fut employé à-la reconftruétion du Temple de Jérufalem. BACBUC, Bachuc, BaxCoor, : (2) Juif, dont les enfans revin- rent à Jérufalem , -après la capui- yité de Babylone. BACCARIN , Baccerinum., (c) forte de parfum, dont {e fer- voient lés Anciens. Il prenoit ce nom del’herbe, appellée Baccar, qui porte une fleur de couleur de ourpre. … BACCHA., Paccha, Bauyas nom que l’on donnoit à.la prêtrefle de Bacchus, BACCHANALES., Baccha- nalia, Bauynma, Aioriæ , (d) fêtes ;-qui fe célébroient en Fhon- neur de Bacchus: Les Grecs dif- tinguoient des-Bacchanales de di- verfes fortes, d'anciennes, de nou- velles, de grandes, de petites, de champêtres , de printanières, Toutes ces différences {e trouvent (a); Para L, hi ©. 0. vis. : (ER ETC, 22 v, 57.7 (ec) Antiq. expl. par: D. Bern, de Montf, Tom, AI. pag.-207. - : {d) Thucyd. pag. Pag. 67, 148. Tit. Liv, L, XXXIX. cr 8, dr feq. Cicer. de Natur. Deor. Athen. pag. 212, 659. Roll, Hit, Giecs & Larins. Cette fêtee Sauveur. Añc, Tom, JI. pag. 87. fiv: Hi Rom. Tom. IV. has. 407. 49 Je Antiq-explpar Dom Bern. de-Mohl Ë Tom, IL. pag, 227, 2282. 110. Herod. L. T.} M: PAbb. Ban, Tom. © 150. L: I, c, 48, 49. Diod. Sicul.| $25. Tom. 1v. de: VA cad.” des Inferipr. Tom, XV. pag, 101, dans Thucydide, dans Ariftoph ne & fon Scholiafte , dans ph fieurs endroits de Plutarque, da Cicéron & dans plnfeurs autel fon origine en Égypte, felon Hs rodote, & fut établie dans la Gé par Mélampus, qui l'avoit appor tée d'Égypte, au rapport de Di dore de Sicile. Plutarque fait all vénir d'Égypreles Bacchanales. : Dans plufieurs villes Grecqu les femmes célébroient les Bi chanales tous les trois ans ; c'étoit la regle que les jeunes filé portafient. alors des thyrfes dit leurs mains, & qu'éprifes d'u efpèce de fureur, elles chanafs des cantiques enl'honneur de B&à chus. Elles s’affenibloient pour! offrir des facrifices ; & elles fup pofoienr, dans leurs hymnes, ls préfence de ce dieu, à l’exemp des Ménades , qu'on dit avoir ds à {a fuite., Comme l'invention di vin eft.d'une -grande utilité ail hommes, tant à caufe du plaill qu'il leur procure , que parce di augmente leurs-forces , ‘on avo coûtume d'apporter au tniliéu di repas du vin.pur à tous les.coW. { viés, & d’invoquer le-bon:Géni. Quand le repas éroit fini on le donnoit du vin mêlé avec de l'eall d’automnales ; de no@urnes , &c. ” & ils. invoquoient alors J gpl A Ntyrhepil Pme Lspar us PI£ 247, 236. MG & Bell, Le B A Îl s'étoit introduit plufieurs in: famies dans la célébration des Bacchanales. On y portoit un Phallus à limitation de celui qu'fis avoit confacré à Okris quoique les Auteurs Grecs “qui vouloient prouver à tout propos, que les dieux &leur culte avoient pris naïflance dans leur _pais , ayent inventé une autre raon de lraftitution de cette cérémonie < en difant que fon ee. venoit de ce que les peuples de l'Arctique n'ayant pas voulu recevoir le cal- te de Bacchus, ce dieu les avoit afigés d'une maladie honteute , & que pour l’appaïifer , ils avoient été obligés de confacrer la repré fentation des parties, fur lefquelles la vengeance du dieu étoit tom: bée. 5 Quoiqu'il en foit, les fêtes de Bacchus-n’étoient célébrées nulle part avec plus de folemnité qu’à Athènes. On yen avoit même établi plufieurs en l'honneur de ce dieu ; deux far tout, qui éroïent plus connues que toutes les au- tres ; appellées les grandes & les pétites fêtes de Bacchus. Celles- ci étoient comme une préparation aux premières. Flles fe eéiébroient en pleine campagne, vers le tems de lautomne, & s'appelloient Lenez , d'un mor Grec » Qui figni- fie prefloir. Les grandes étoient nommées ordinairement Diony- Jia; d'un des noms de ce dieu 8 fe-célébroient dans la ville-vers le printems. 2e Dans lessunes &cdans les au- tres, on donnoit au peuple : des jeux , des fpeétacies ; des repré- fentations de: théatre ce qui.fe Zon. FL BA +. faifoit avec un grand concours & une grande magnificence, C'étoit pourlors que les Poëtes difputoient Entreux le prix de la poëñe , en foumettant au jugément des arbi= tres, nomméspour cetefler, les piéces foit tragiques {oit comiques, qu'ils avoient compofées , & que l’on répréfentoit devant le peuple. Ces fêtes duroient plufieurs jours. Ceux, qui y étoient initiés, imitoient toug ce qu'il a plu aux Poëtes de feindre du dieu Bac- chus, [ls fe couvroient de peaux de bêtes ; ils tenoient en main des thyries., c'eft=-à-dire, dés demi- piques couvertes de: ‘féuilles dé hierre ; ils avoient des tymbales, des cors , des fiftres & d’autres infirumens propres à faire beans coup de bruit ; 3 bortoient {ur la tête des couronnes de branches de lierre, de vigne, & d’autres etbres confacrés à Bacchus. Les uns reprelentoient Silène ; les au: tres, Pan; les autres des Saty= és, tous habillés en mafcarades. Plufieurs étoient montés {ar des ânes; d’autres traînoient-des che= VIéS, pour les‘immoler. Hommes femmes , traveflis de la forte , paroïloient en publie, & le jour & la nuit, contrefaifant les ivro= gnes, danfant d’une manière tout- a- fait indécente, & couroïent en foule fur les Moñtagnes & dans les forêts, poufflant des cris & des hurlemens terribles , les femmes für tout, qui paroïfloient plus for- cenées que les hommes , & qui, toutes hors d'elles - mêmes , & tranfportées de fureur, appelloient à grands cris le Dieu, dont on cé lébroit la. Éteussévor -Bdxxe , où De BA TAUYE, où Téduxe, ou lo Du. Cette troupe de Bacchan- tes étoit fuivie de ce qu'il y avoit dans la ville de vierges plus ref- pettables par leur naïffance, ap- peliées xarnpspos > parce qu’elles portoient fur leurs têtes des cor- beilles couvertes de pampres &t de lierre. On; joignoit à à tout cela d’autres cérémonies de la dernière obfcé- nité , & dignes du dieu, qui vou loit être ainf honoré. “Tous les fpeétateurs entroient dans les mé- mes difpofitions, & étoient faifis du même efprit. Ce n’éroient que danfes, ivrogneries, débauches, & tout.ce que la licence la plus effrénée peut imaginer de plus grandes abomunations. Voilà ce que tout un peuple, qui a pañlé pour l’un des plus fages de la Gré é- en ce , non feulement fouffroit, mais. admiroit & pratiquoit. Nous di- fons tont un peuple; car, Platon, en parlant des Bacchanales, dit en termes forméls ; qu'il avoit vu toute la ville d'Athènes Plongée dans livrognerie. Une chofe encore plus digne de remarque , c'eft ce qui fe pañloit à Rome dans les Bacchanales. On en trouve le détail dans Tite-Live; & il. mérite certainement de trou- ver ici place, Un certain Grec fans naïflance & fans nem vint d’aborden Tof- çcane, où.il n’apporta aucun de ces arts, aucune de ces fciences ,.que fa nation, la plus habile de l’uni- vers en toute forte de connoif- fances , a fouvent introduites à Rome pour la perfection de l’ef- prit & du “corp als . nou Ge, æ" ee JS RS inerte Pins De BA : veaux facrifices, ou pour mil dire, de folles & dangereufes fe perflitions ; ; car, il n'étoit past ceux, qui, pour fubffter, foi profeflion de quelque culte rel gieux , & enfeï gnent ouvertemé au peuple des ris & des céréni. mes , qui n'ont pour but quel, Jui infpirer le relpeét des dieu Ses myftères étoienr inconnis & fe célébroient dans le fecretil. n'y initia d'abord qu'un petit no bre de perfonnes ; mais bient}, il ÿY admit indifféremment t0) ceux , qui fe préfentoient de Pa & de l’autre fexe. Pour y attit un plus grand nombre de gen} il les affaïfonna des plaifirs du vit & de la bonne chere. Levin, # cris. & les ténébres de la nil ayant bientôc éteint jufquall moindres reftes de pudeur , tt s’abandonna à toute forte de co tuptions & d'infamies , chaci trouvant, pour ainfi dire, fousl main , le plaifir qui étoit le ph conforme à à fon goût. : - Un libertinage fi affreux r'étl pas le feul vice de ces affemblé no@urnes. Il fortoit de Ja ment fource une foule d’autres criméi tels que font les faux témoigté ges, les teftamens & autres aût fuppofés ; les dénonciations & innocens , les empoifonnemens), enfin les meurtres exécutés fi crétement, qu'on ne trouvoit pi même les corps des malheurell pour leur donner la fépulture. Pli fieurs de‘ces forfaits fe committ toient par la rufe, & un plus gra nombre encore par la violen® Ceux de la dernière efpèce étoil! couverts par les Ruslomens aftec (Æ B À tés des coupables, & par le bruit des cymbales & des tambours, qui empêchoient qu'on.n’entendit les cris de ceux ou de celles, à qui on Otoit ou l'honneur ou la vie. : = Ces abominations pafférent de la Tofcane à Rome, comme une maladie, qui fe communique de proche en proche. La grandeur de la ville les tint quelque tems cachées , comme il arrive d’ordi- naire, Maisenfin , le conful Poftu- mius en eut connoiffance de la manière qui fuit... a Pub. Ébutius , fils d’un officier de cavalerie , ayant perdu fon pere , étoitrefté , après la mort des tuteurs, qu’on lui avoit nom- més , fous la direction de fà mere Duronia & de fon beau-pere T,, Sempronius Rutilus , qui l’a- voient fait élever. Cette dame fe Rifloit gouverner par fon mari, qu'elle aimoit; & ce beau-pere, qui avoit adminiftré les biens de {on pupille, de façon à ne pou- voir en rendre compte, fongeoit où a fe défaire de Ini, ou an moins à le mettre dans une telle dépendance de fa volonté, qu'il ne pût jamais le troubler. Le moyen, qui lui parut le plus pro- pre pour le-conduire à fon but, ce fut de faire initier P. Ébutius dans la confrérie des Bacchana- les. Sa femme, à quiil avoit fait part de fon deflein , fit venir ce jeune homme, & lui dit que » pendant qu'il avoit été malade , elle avoir promis aux dieux qu’elle linitieroit dans cette confrérie, dès qu'il auroit recouvré la fanté; que puifque les dieux avoient eu B A SI là bonté d’exaucer. fes bé elle vouloit s'acquitter de fon vœu ;-qu'il falloit qu'il paflât dix jours dans l’abflinence des fem mes ; & qu'après ce terme , elle le laveroit dans de l’eau pure ; & le conduiroit dans le fanétuaire du dieu , à quielle l’avoit engage. + Î y avoit, dans le voifinage de Duronia , une courtifanne célebre, connue fous le nom d'Hifpala Fé. cénia. Elle étoit née avec des fen- timens aflez nobles ; mais , relie eft la force de l'habitude , que pour fe foûtenir, elle continvoit, depuis qu’elle avoit recu la liber= té, l'indigne métier qu'on lui avoit appris dès l'enfance, & pen- dant fon efclavage. P. Ébutus s'étoit engagé avec elle dans un commerce, qui ne faifoit tort, ni. à fa réputation, ni à {à fortune. Car, c'étoitelle, qui l'avoiraimé là première, & qui avoit cherché à sen faire aimer ; @& par fa libe ralité, elle le mettoir en état de faire une dépenfe , que lui refufoit lavarice de fon beau-pere & de fa mere. Enfin, la tendrefle,, qu’elle avoit pour ce jeune hom- me, alla fi lon, que depuis la mort de fon patron, n'ayancper- fonne fous l’autorxé de qui elle pût contracter légicimement , elle fe fit nommer un tuteur par le Préteur & par les Tribuns, &elle inflitua par fon teftament P, Ébu- tius pour fon unique héritier. Comme ils éroienc-doncunis de marière qu'ils n’avoïent rien de fecret l’un pour Pautre, P, Ébu- tius dit en riant à Hifpala Fécénia, qu'elle ne fût pas étonnée , s'il Pañloit quelques nuits-fans dormir Die - s2 B À avec elle ; que par une fuite du vœu , que fa mere avoit fait pour fa fanté , il vouloit fe faire initier dans les myftères de Bacchus. Les dieux VOUS en préfervent , S'ÉCria Hifpala Fécénia, effrayée de ce difcours , & qu'ils nous envoyent plutôt la mort à vous 6 à moi, que de permettre que vous exécu- tiez un deffein: fi funefle. Et aufli- tôt elle commença à les conjurer de faire retomber fur ceux, qui lui avoient donné ce confeil, les malheurs dans lefquels ils avoient voulu le précipiter. P. Ébutius, furpris de ce difcours & encore plus du trouble de fa matrefle, lui dic pour l’appaifer, qu'il n’é- toit pas befoin de faire des impré- cations; que c'étoit fa mere, qui, du confeñtement de fon beau- pere , lui avoit ordonné de fe pré- parer à cette cérémonie. Worre beau=pere a donc deffein , lui ré- pliqua-t-elle , [ car, Je ne veux pas en foupconner votre mere | de vous. faire perdre votre honneur, “votre réputation ; votre. fortune & votre vie. - P. Ébutius,, plus étonné qu’au- paravant , lui ayant demandé de quoïil étoit donc queftion, elle commença-à prier les dieux &les -déefles de-lur pardonner , fi la tendrefle; qu’elle avoit pour-lur, da forçoit de révéler les fecrets, -qu’ellé auroit dû taire. Puis , elle lui avoua qu'écant efclave, elle ‘avoitsaccompagné fa maîtrefle à ces: myftères ; où elle ne s’éroit “Jamais trouvée , depuis qu’elle -étoit libre ; mais qu’elle en avoir allez vu pour aflurer quil n’y “avoit forte. d'infamies à laquelle “is B A on ne fe livrât dans ces affemblà noéturnes. ; & qu'il étoit conf que depuis deux ans on n'y av affocié perfonne ; qui ne füta deflous de vingt ans; que dès qh quelqu'un y avoit été introdil on le mettoit comme une vid entre les mains des Prêtres,, quil conduifoient auffi-tôc dans uni à l'écart , où les hurlemens,,l chant des muficiens,& le bruit dé Cymbales, des tambours &auti infirumens de mufique , em choient qu'on ne pût entend! les cris plantifs de ceux out celles, à qui on faifoit violent qu'elle le prioit &-le conjuit d'éviter cemalheur, à quel prix que cefût, & de ne points jetrer aveuglément dans un pt cipice, où il lui faudroit d’abah {ouffrir dans fa perfonne , pi exercer fur les autres tons les d trages imaginables ; & elle nél, quitta point, qu'il ne lui eût jui qu'il renonçoit abfolument à & myftères fr déreftables. : Après cet entretien , il vil chez fa mere-;-& cette dameli ayant dit ce qu'il devoit faire @ jour-là & les fuivans , pour préparer à la cérémonie, doi elle lui avoit parlé, il lui déclar en préfence de .fon. beau-per qu'il ne feroit-rien de ce quel demandoit , & qu'il ne vouli point fe faire initier. Aufli-ton Duronia.s’écria-qu’on-voyoit bit qu'il étoit retenu. par -l'amol .d'Hifpala Fécénia., dont il nav! pas la force de fe féparer pendil dix nuits ; qu’enchanté par les al traits empoïfonnés de certe Circ, il ne refpeétoit , ni fon hbeau-pert B A ni fa mere ,.ni les dieux. La dif- pute s'étant échauffée peu à peu, Sempromius.& Duronia le mirent hors de la maifon avec quatre de fes efclaves.. Le jeune homme fe- retira chez Ébutia fa tante pater- nelle, & lui dit la raifon, qu'a- voiteue fa mere de le chafler de chez elle. Dès le lendemain , par le confeil de cette dame , il alla trouver le conful Poftumius , à qui il expofa en fecret tout ce _ qu'il fçavoit de la conjuration. Ce Magiitrat le renvoya en lui or- donnant de revenir letrouver trois jours après. Pendant cet interval- le , il demanda à Sulpicia, fa belle- mere , qui étoit une dame de grande confidération, fi elle ne connoiffoit pas une femme âgée du mont Aventin , qui fe nommoit Ébutia. Sulpicia loi ayant répon- du qu'elle la connoïfloit pour une femme d'honneur & digne des premiers tems de la République, il lui dit qu'il avoit à lui parler, & qu'il la prioit de la faire venir. Ébutia ne marqua pas de fe ren- - dre chez Sulpicia. Alors , le Con- ful feignant de s'y rencontrer par hazard, luiparla de la converfation, quil avoit eue avec fon neveu. Auffi-tôt, Ébntia fe mit à pleurer, plaignant le malheur de fon ne- veu, qui, dépouillé de fes: biens par ceux-là même quiauroisnt dû le protéger, étoit alors dans fa mafon ; ayant été chaflé de celle de fa mere; qu'elle prioit les dieux de le Jui pardonner ; maïs que la feule raïfon, qui ur avoit attiré un traîtement firude, c'eft qu'il avoit trop de pudeut & de modeftie, pour vouloir participer à des myflères , qu’on difoit être _témplis d’horreurs & d’obfcénités, Le Conful convaincu, ayant pas lieu de douter qu'Ébutius ne lai eût dir la vérité, congédia Ébutia, & pra fa belle-mere de fui faire encore venir Hifpala Fé- cénia , affranchie aflez connue de tous ceux qui habitoient fur le mont Aventin, quil vouloit l'in= terroger fur des faits importans. Hüfpala Fécénia fut faife de crain- te, .quand.elle fe vit mandée, fans en fçavoir Ja raifon , chez une da- me de ce rang & de cette réputa= tion. Mais , quand elle apperçut dans le veftibule de fon palais les héteurs du Conful & ta foule, qui accompagnoit ordinairement ce Magiftrat ,: peu s'en fallut qu'elle ne tombät morte. Poltumius., l'ayant raffurée , la conduifit dans l'endroit le plns fecret de la mai fon ; & là en préfence de Sulpi- cia , il lui dit qu'elle n'avoit rien à craindre, fi elle ponvoit fe ré- foudre à dire la vérité; qu'il lui eñ donnoït fa parole , auffi-bien que Sulpicia , qu'elle fçavoit n'être pas _Capable de la tromper; qu'ellelni apprit donc , fans aucun dévuife- ment , ce qui avoit coûtunme de fe pañlér aux facrifices nofturnes des Bacchanales dans le bocage de Stimula, À ces mots, l'aflranchie fat agitée d’une fi grande frayeur & d’un tel tremblement dans tont fon.corps, qu’elle demeura long- terms fans pouvoir ouvrir la bou- che. Enfin, reprenant fes efprits ; elle avoua qu’étant encore jeune efclave , elle avoit été adoptée avec fa maîtrefle dans ces aflem- blées ; mais que depuis plufieurs fi B À ännées qu’on l’avoit mife en liber. té, elle n’avoit rien appris de ce qui s’y fañoit. Le Conful la loua de ce qu'elle avouoit qu'elle y Se je SRE »i + FES avoit été initiée ; que c’étoit déjà üne marque de fa bonne foi. Mais, il Pexhorta à Jui apprendre le refte avec la même fincérié. Comme elle perfiftoit à nier quelle en fçut davantage : » Si » vous êtes convaincue par le té- » moignage d'un autre , lui dit » Poftumius, de fçavoir ce que » vous refufez de m'avouer , nef. » pérez pas que Je vous traite » avec la même douceur, que fi » vous me le découvriez vous- » même. Je fçais ront, ajoûta-t- » 1], de celui-là même que vous » enavez imftruit. « Hifpala Fé- cénia, perfuadée que cétoit de Pub. Éburius que le Confal avoit tout appris, fe jetta aux pieds de Sulpicia , & commença par la prier de ne pas changer en une affaire , non feulement férieufe, mais même criminelle, une fim- le converfation d’un amant avec fa mairefle ; que tout ce qu’elle âvoit dit à P. Ébutius » étoitun conte, qui n'avoit rien de réel, _&t qu'elle n'avoit inventé que pour fui faire peur, » Tu penfes, lui dit » Poflumius en colère, être en- » core à folätrer avec ton amant, » & non répondre à une des pre- » muières dames de Rome & au » Conful lui-même. « Alors, Sulpicia la relevant lexhorte à parler , & prie fon gendre de l’é- couter avec douceur. Enfin, ayant fepris courage & s'étant plainte amèrement de l’indifcrérion & de Finfidélité de Pub. Ébutius , qui B A payoit d'une telle ingratitude, |. fervice important , qu’elle luranil rendu en cette occafion-là mênt elle ajoûta qu’elle redoutoit fol colère des dieux .. dont elle all révéler les myftères fecrets,l encore plus la vengeance deshon, mes, qui, apprenant qu'ellehl avoit dénoncés , ne manqueroïi. pas de la mettre en piéces de leu propres mains; qu’elle conjul Sulpicia & le Conful de vouloi. par pitié , la faire tranfporterl de l'Italie dans quelque lieu, td elle pût pañler le refte de fes jo en fûreté. Poftumius laflura que le n’avoit rien à craindre , &qil lui procureroit à Rome autanti! fûreté qu'en aucun lien du mort Alors , Hifpala Fécénia déco vrit au Conful tout le myftéret ces facrifices , en les reprenantüi leur première origine ; » Quedi. » bord ils avoient été confié! » des femmes, fans qu'on ya » mit aucun homme; qu’il y avi _» eu trois jours dans l’année, di » _tinés à l'initiation de celles, ® » ‘fe préfentoient pour être adil » fes dans la confrérie ; quel » dames parvenoïent à la prêt » fe, chacune à leur tour; mi - » que Paculla Minia de Capoit » ayant été élevée à cette dipl! » té, avoit introduit dans cest » rémonies des changemens Î » des nouveautés, qu'elle prêté » doit lui avoir été infpirés pl »_les dieux ; que c’évoit elle quil » avoit admis les premiers ho » mes; fcavoir, fes deux fils Me » nius & Hérennius, de la fan! » le des Cerrinius; qu'elle av » voulu que ces facrifices fe célé B A braflent la nuit & non le jour; & qu'au lieu des trois jours confacrés chaque année aux ini > tiations , elle en avoit établi cinq chaque mois ; que depuis que les hommes y avoient été admis pêle-mêle avec les fem- mes, & que les ténébres de la nuit avoient permis une licence, que la lumière du jour en avoit bannie auparavant, il n’y avoit fortes de crimes, d'infamies & d'abominations, auxquelles on ne fe fût abandonné . fcru- -pule ; que la corruption des hommes entr’eux furpafloit en- core celle à laquelle ils fe por- toient avec les femmes ; que ceux,quitémoignoient de la ré- pugnance à fouffrir ces indigni- tés dans leur perfonne, ou à les commettre dans celle des au- tres, étoient immolés comme des victimes ; que le caraétère effenriel de leur religion étoit de fe croire tout permis ; que les hommes, en s’agitanc par des mouvemens convulfifs de tous leurs membres , & affle@ant de n'être plus les maîtres de leur efprit, parloient de l'avenir d’un air & d'unton de prophére ; que les femmes ; travefties en Bac- chantes & laiffant leurs cheveux épars , couroient aux bords du Tibre; que plongeant dans fes eaux les torches ardentes,qu’- eiles avoient à la main , elles les en retiroient tout allumées , & donnoïent pour miracle , ce qui n'étoit que l'effet du fouphre & de la chaux, dont on les avoit enduites ; que jettant dans le fond des abimes ceux, dont ils B A y vouloient fe défaire , ils pu= » blioient que les dieux les avoient » enlevés ; qu'ils traitoient ainfi » ceux, qui refufcient d'entrer -» dans la conjuration, de partici- » per à leurs forfaits, ou de fouf- » frir les proffitutions auxquelles » ils les vouloient aflujettir ; que » la feûte étoit déjà fi nombreu- ». fe, qu’elle compofoit à Rome » un fecond peuple , dont plu- » fiears perfonnes illuftres de l’un » & de l’autre fexe faifoient par- » tie ; que depuis deux ans, on » avoit fait une lot, qui défen- » doit de recevoir perfonne au- _» deffus de vingt ans ; qu’on re- » cherchoit les âges les plus faf- » ‘ceptibles d'erreur & de profti- » tution, « Après avoir déclaré tout ce qu'elle {çavoit , elle fe profterna une feconde fois aux pieds du Confal , & le conjura de l’éloigner de Rome. Mais, ce Magiftrat pria fa belle-mere de mettre la dénonciatrice en fûreté dans quelque partie de fa maifon, Elle la logea tout au haut, dans un appartement fermé en dehors, & où l’on montoit par des dégrés placés dans l’intérieur de la mai- fon même. Hifpala Fécénia y.fit aufli-tôt tranfporter tous fes eflers & y appella fes efclaves. Pour P, Ébatius , le Conful lui ordonna d’aller loger chez un de fes clients, Par-là s'étant afluré des deux dé- nonciareurs , il informa le Sénat de toute cette intrigue, Lorfqu’il eut expofé avec or- dre , tant ce qui lui avoit été rap- porté par d’autres , que ce qu'il avoit découvert pat lui-même, le Sénat craignit,pour la République, > iv + ) # Pa, 6 EAN ES 6 B A e fuites d'un fi pernicieux com- plot, & il ny eut point de parti: culier, qui nappréhendât que quelqu'un des fiens ne s’y crouvât engagé. En attendant, les Séna- teurs ordonnérent que le Conful feroit remercié des foins qu'il avoit pris de découvrir le tout fans tumulte & fans bruit. Enfüuite is le chargérent lui & fon collégue , d'informer extraordinairement con- ‘tre les miniftres de ces cérémonies noëturnes, & contre leurs compli- ces & adhérents , prenant grand foin de mettre À couvert de Jeur cruauté P, Ébutius & Hifpala Fé- cénia, & promettant des récom- penfes à quiconque fe joindroit à eux , pour aider à approfondir ce myftère d'iniquité. Ils ordonné- rent qu'on arrêtât, non feulement a Rome, mais encore dans tous les autres boures & villes circon- voifines, les Prêtres où Prétref- fes , qui préfidoient à ces facrifi- ces, & qu'on les mit au pouvoir des Confuls; qu’on défendit à Rome par un édit qui feroit en- VOYÉ dans routes les provinces de l'Italie, à tous ceux ou celles, qui s’étoient fait initier dans les’ Bac- chanales,de s’affembler pour raifon de ces fortes de facrifices , ou pour aucune cérémonie qui y eût rap- port. L'arrêt portoit fur tout , qu'on décrétât tous ceux , qui avoient confpiré contre l’honneur où contre la-vie de quelque per- fonne que ce pût être. Les Confuls commandérent aux Édiles curules de rechercher tous les Prêtres de cette fete , de les faire arrêter & de les tenir ren- fermés , fans cependant les en- / Æ- B A _chaïner ; afin qu'on pôt Les inter. roger en tems & lieu ; &aï Édiles du peuple, de veiller at qu’il ne fe fit aucun facrifice fecre. On chargea les Trinmvirs Cape taux de difpofer des fentinelk dans les différens quartiers dell ville , & d'empêcher les aflem bléés noëturnes. Et pour préver les incendies , on nomma di Quinquevirs , à qui on donm commifhon de travailler de co cert avec les Triumvirs , & 4 arder les édifices, chacun di. Fe quartier, tant en de-çà qu, de-là du Tibre, = Dès que ces officiers furent partis ,| pour aller où leur devo. les appelloit, les Confuls mont renc fur la tribune aux hatangués, Où la multitude accourut en foi. le ; & là, Poffumius ayant com mencé par la priere folemnelle, que les Magiftrars âvoient coût me de prononcer, avant que. parler , il continta ainfi : » Ro. » mains, 1] n’y eut jamais dal »_ fernblée où il fût non {eulemeit » plus convenable, mais encoi » plus inéceffaire, d'adreffer au » dieux’ la priere que vous ven » d'entendre, pour vous averti »” que nous n'avons point d’autié » dieux, que ceux que nos at » cêcres ont adorés , & que nol. » devons rejetter ceux, dont » culte étranger & impie, apré » avoir aveuglé les efprits par ui » entoufiafme furieux , & lai » avoir entièrement Ôté l'ufagt » de la raifon, jette les homme » dans toutes fortes de défordres, » de déréglemens & de profant » tions. Pour moi, Citoyens, j? À B À ne féais ce que je dois dire, ni ce que Je dois faire, J'ai lien de craindre, fi je vous laïffe igno- rer une partie de ce que j'ai dé- couvert , qu'on ne m'accufe de négligence ; 8 que fi je vous fais cout connoître, je ne vous caufe trop de terreur & d’allar- mes. Mais , de quelque façon que je vous parle, fçachez par avance , que mes expreflons ne répondront jamais à l’atroci. té des forfaits, que j'ai à vous révéler. Il me fufht qu'elles foientaflez fortes pour vous en- x : , Li gager a vous tenir fur vos gar= des. Qu'il regne depuis long= tems dans toute litalie, & de- puis peu même, en plufeurs endroits de Rome, ce qu'on ap- pelle les Bacchanales ; c’eft ce que je füis perfuadé que vous avez appris, non feulement par la renommée, mais encore par les hurlemens & le fracas, qui fe font entendre pendant la nuit dans tontes les parties de la ville, Mais, je fçais en même tems qne vous n’en connoïflez que le nom, & que vous igno- rez de quoi il eft queftion dans lé fond. Les uns s'imaginent que c'eft le culte de quelque dieu particulier ; d’autres que ce font des jeux &: des divér- tiflemens permis; & qu'après tout, il ny a que très-peu de gens , qui foient mêlés dans cette intrigue, de quelque na- ture qu'elle foit. À l'égard du nombre des initiés, fi je vous dis qu'il ft compofé de plu fieurs milliers de perfonnes , vous ferez tout d'un coup ef- Be » frayés ; fi je n'ajoûte aufi-rôt »_ pour vous raflurer , première- » ment que ce font, pour la plû- , A » part, des femmes, [ & c’eit-fà .» Ja principale fource de tout le » mal}; en fecond lieu , des » hommes qui ne valent guere ». mieux que des feinmes , unique- » ment occupés à corfompre les » autres, aprèss'être laifflécorrom- » pre-les premiers; des fanatiques, » enqui les veilles , le vin, le bruit ». des tambours & les ciameurs » nocturnes ont étouflé la raifon, » aufli-bien que la pudeur. _» La-conjuration eft encore :» foible; mais, tous les jours, » elle prend de nouveaux accroif » femens. Ni vos ancêtres , ni » vous-mêmes, n'avez jamais » permis aux Citoyens de s’aflem- » bler, fi ce n’eft ou quand on leur » en donnoït le fignal du haut du » Janicule, pour aller contre les » ennemis dans les attaques im- » prévues, ou quand les Tribuns » convoquoient le peuple pour »*ui propofer quelque loi , oa » quand quelqu'un des antres » Magiftrats je vouloit haran- » -guer. En un mot’, on n'a jaruais » fouffert que la multitude saf- » femblâr, fans avoir à fa têtes. » un chef lépitime, qui pût en ». modérer les mouvemens.: Que ». devez-vous donc penfer de ces » afflemblées, qui fe tiennent la »' nuit, où les hommes { tron- » vent pêle-mêle avecles fem- mes ? Si vous fçaviez à quel » âpe les mâles y fonc initiés, » leur miférable condition ne vous ». Cauferoit pas moins de honte, » que de compathon. Quoi, Ro= vér i-;. atthietéés dt Là ls, Cle Los EN fe: fi ÿ 77. >> 8 BA mains, voudriez-yous enrôler pour foldats de jeunes gens, qui ont prêté ferment à de tels corrupteurs ? Voudriez-vous leur mettre les armes à la main & leur confier votre falut, après les avoir tirés de ce fanttuzire obfcur ? Croyez-vous propres à combattre pour l'honneur de vos femmes & de vos enfans, des gens qui fe font proftituéseux mêmes , avant que de devenir les proflituteurs des autres ? » Encore, s'ils s’étoient con- tentés de fe deshonorer eux- mêmes, en fe plongeant dans toute forte de turpitude, fi leur cœur feul étoit fouillé par des impuretés, & que leurs bras fuffent exempts de meurtres, t leurs efprits de fraudes. Mais , apprenez qu'on ne vit jamais dans la République un amas fi complet de tous les cri- mes imaginables, Sçachez que, depuis quelques années, tout _e quil y a eu de Libertinage, de fraudes , de violences & d'impiétés , eft forti de cette in- fame fociété , comme de fa fource. Cependant, ils ne font pas Encore arrivés au but, qu'ils fe font propofés. La conjura- tion fe borne, quant à préfent, à nuire aux particuliers ; mais, elle s’accrédite tous les jours , & bientôt elle fera aflez puif- fante pour attaquer & peut-être opprimer la République. Si vous ne prenez garde, Ro- Mains , l’afflemblée noûturne deviendra inceflamment égale à celle, que le Conful tient ici en plein jour, Chacun d'eux vous Dee «? B A : redonte à préfent qu'ils vol voyent tous enfemble ; mal, fi-1ôt que vous ferez ren dans vos maifons , & que voi ferez fortis de Rome, poutd ler à la campagne, ils ne ae queront pas de délibérer ent eux fur les moyens , qu'illt faudra prendre pour leur fi & pour votre perte. Alon étant tous réunis, ils devit. dront redoutables à chaquelh toyen en particulier. Voust vez donc tous fouhaiter qu. cun dés vôtres n'ait été attaql de cette maladie contagiell, Car , s'il sen trouvoit qu qu'un, que fon libertinagel fa folie eût entraîné dans tt abime, vous ne devez:plusk tenir pour votre ami ou ph votre parent, mais le repart comme un membre empeñtél ce corps, avec lequel ils uni pour s'abandonner auxtl cès les plus honteux & les pl, déteftables. Je ne fuis past me bien affûré qu'aucun del ne fe foit laïflé où ne fe ki furprendre à l'erreur. » Gar, rien n’eft plus cap de féduire qu’une fuperititi criminelle, quand elle fe co \vre du manteau re(pectablet la religion. Elle oppofe ot nairement à fes ennemis lan jefté redoutable des dieux, ! leur fait craindre qu'en vouli punir la fraude & la malice t hommes , ils n’entreprent# fur les droits du ciel. Mai nous avons une infinité de 0 crets des Pontifes , d’arrêtst Sénat & de réponfes des A pices, qui doivent vous ôter ces vains fcrupules. Combien de fois, du tems de nos peres, a-t-on chargé les Magiftrats, d'empêcher qu'on n'admir à Rome aucun dieu, aucun cul- te étranger; de chafler de la place publique , du cirque & de la ville entière, tous ces {é- duéteurs , qui courent le pais, fous le nom de devins ou de rêtres ; de rechercher toutes P ; les formules nouvelles de prie- res ou de prophéties , & de les brûler, & d'abolir tous les rits, toutes les cérémonies & tous les facrifices , qui n'étoient pas en ufage à Rome ? Car, ces perfonnages prudens & éclai- rés , qui connoïloient épale- ment, & les loix facrées de la religion , & la jurifprudence des hommes, étoient perfuadés que les États n’avoient pas de plus dangereux ennemis que lés no- vateurs ,; & que rien n'étoit plus capable d'abolir la vérita- ble & l’ancienne religion de nos peres, que les facrifices nou- veaux & inconnus, qu'on vou- loïit introduire en fa place. » Voilà de quoi j'ai cru vous devoir avertir, afin que vous n'ayez aucun fcrupule , quand vous nous verrez détruire ces retraites de débauches & de crimes , & difliper cette aflem- blée d'impies & de fanatiques. Tout fe fera fuivant la volonté = & fous les anfpices des dieux, qui ne pouvant foufrir qu’on commit , fousleur nom, tant de crimes & de factiléges , ont ti- ré ces attentats du milieu des » ténébres, pour les expofer BA 5 an grand jour , non dans le deffein, qu'ils demeurent impunis; maïs, » afin qu'on venge leur majefté offenfée , par la punition exem- plaire des coupables. Le Sénar nous a donné extraordinaire- ment , à mon collégue & à mot, » la commiflion d'informer de » cette confpiration & de l’étouf- fer; & nous nous en acquit- terons ponétuellement. Nous avons ordonné aux Masiftrats du fécond ordre de faire faire exattement la ronde pendant la nuit dans tous les quartiers de la ville. C’eft à vous, Ci- » toyens, à vous acquitter anffi » de vos devoirs dans les endroits, où chacun fe trouvera polté, à bien exécuter les ordres , » qu'on vous donnera, & à em- » pêcher que la rufe & la malice » des conjurés n’excitent quelque » tumulte, qui mercte la ville en danger. « Enfuite , ils firent faire leQure de l'arrêt du Sénat, & propofé- rent une récompenfe à quiconque ameneroit devant eux, où au moins , leur dénonceroit quelqu'un des complices. Ils déclarérent en même tems que fi quelqu'un de ceux , qui auroient été dénoncés, prenoit la fuite, ils lui donnoient, pour fe repréfenter , un certain tems , pañlé lequel il feroit con- damné par contumace ; que fon leur nommoit quelqu'un, qui fût aétuellement hors de l'Italie, ils lui accordoient un plus lons ter- me pour venir comparoitre & fe défendre. [ls défendirent de plus , par un édit, à toute perfonne, de Qu Lie Un y MI RL QUIL Se CE St PL a St NT EE HE D OR 60. BA quelque condition qu’elle fût ; de rien vendre ou acheter, dans le deflein de favorifer la fuite des ac- cufés, ou de les retirer dans fa maïfon , de les y tenir cachés, ou de leur donner fupport ; en quel- que manière que ce püt être. Aufh -tôt que l'affemblée du peuple eut été congédiée , la ter- reur fe répandit par toute la ville, & pañla bientôt dans le rerrivoire de Rome, & de-là dans toutes les provinces de lltalie , à mefure que les Citoyens écrivoient à Jeurs hôtes & à leurs amis, pour leur apprendre l'arrêt du Sénat quiavoit été rendu, l’aflemblée du peuple, que les Confuls avoient convoquée , & l’édit qu'ils avoient fait publier. La nuit qui füivitim- médiatement l’afflemblée dans la- quelle le complot fut déconvert au peuple, quelques-uns des com- plices, s'étant préfentés aux portes de la ville pour fe fauver, furent arrêtés par ceux, à qui on en avoit confié la garde , & livrés aux Triumvirs. On en ramena un grand ombre , qui en étoient déjà foitis. On en dénonçä plu- fieurs , tant hommes que femmes, dont il y en eut qui prévinrent la peine de leur crime par une mort volontaire. On faifoit monter à plus de fept mille le nombre des conjurés de l’un & de l’antre fexe. On ne donta point que la conjura- tion n’eût pour chefs les deux Ati- nius M, & C. dela populace de Ro- me , & Falifcus L. d'Opiterne, & Minius Cerrinins de Capoue ; & qu'ils ne fuffent les auteurs de tous les crimes & de toutes les infamies de cetre feéte , comme ils étoient LA BARSEETE BA + les fouverains Pontifes @ les ton dateurs de ces facrifices, Onpik des mefures fi juftes , qu'ils fur bientôt arrêtés. Dès qu'ils part tent devant les Confuls, ils avoit, rent leur crime, & n’apportérel aucun délai au jugement, Au refte , la frayeur avoït ch fé tant de Citoyens hors del ville, que comme plufeurs d'en eux, qui avoient des procès pti dans: pardevant les Juges , 1 quoient d’être condamnés par fin clufion & de perdre leurs bieth… ou d’être déchüs de leurs droi. les préteurs T. Ménius & M.l® cinius , du confentement du nat, leur accordérent une furfea. ce de trente jours , pendant K quels les Confuls pouvoient tt miner l'affaire des Bacchandkt Par la même raifon , ceux ,q. avoient été dénoncés, ne fe roi vant pas à Rome, pour com roitre devant les Confuls & F défendre ,: ces: Magiftrats fur obligés de fe tranfporter dans Ki villes voifines., d'y continuerleli informations |, & d'y pronom leurs jugemens. Ceux, qui nef rent convaincus que de s'être ll initier & d’avoir prononcé lah mule de prieres , que le Pré. leur avoit diftée , & qui les eng geoit à commettre tous les forfal énoncés dans le plan de la conf ration;mais, qui, jufques.là ,1# voient encore, ni fouffert dai leurs perfonnes , ni exécuté fl celles des autres , aucun des ef cès auxquels ils s’étoient obligé par leur ferment, ceux-là reftoitf Les j s prifonniers & chargés de chairt C'étoit-là toute leur peine. Mai B A on punifloit de mort les corrup- teurs , les meurtriers, les faux té- moins , les fanffaires , ceux, qui avoient contrefait des teflamens, B À blée, compolée au moins de cent Sénateurs, le lui permettoit, il . pourroit offrir {on facrifice, mais à où préfenté en juftice d’autres ac. tes faux & fuppofés, On en pu- nit beaucoup plus par-la perte de Ja vie, que par celle de la liberté. Dans ces deux cas fe trouvoient prefqu’autant de femmes que d'hommes. Les Confuls remet- toient les femmes , qu'ils avoient condamnées, entre les mains de leurs parens ou de leurs tuteurs , - afin qu'ils les fiflent exécuter en - leur particulier, S'il ne fe trou- voit perfonne, à qui ils puñlent s’en rapporter de leur fupplice, ils les faifoient mourir publique- ment. Le Sénat chargea enfuite les Confuls de détruire & d’abolir, _ premièrement à Rome, puis dans tout le refte de l'Italie, ces abo- minations facriléges des Baccha- als; épargnant cependant les _autels & les ftatues de Bacchus, ui étoient d’ancienne date. Le as rendir énfuite tn arrêt, qui … défendoit qu’à l'avenir on célébrât ahcun facrifice , aucune fête en l'honneur de Bacchus, ni à Ro- me, ni dans acune partie de PI- talie. Que fi quelqu'un fe trouvoit obligé en confcience de faire quel- que cérémonie dé cette nature, & qu'il ne crût pas pouvoir s’en difpenfer fans oflen{er les dieux, il en donnât fa déclaration au Pré- teur de la ville, qui en feroit fon rapport au Sénat; que fi l’äflem- (4) Pauf, pas. 08: : 1 P'AB, Ban, Tom, & on Re IV, pag. 250, 2514 Mém, de l’Acad, | condition qu'il n'y admettroit que cinq témoins au plus ; qu'il n'y employeroit aucun denier public, & que perfonne n’y prendroit la qualité de Prêtre ;- on de Maitre des facrifices. 5 : Le récit, que l’on vient de fai- re , { rapporte à l'an de Rome 566, & 186 avant l'Ére Chré- tienne. ter ae - BACCHANS:, Bacchantes , nom de ceux, qui fervoient aux myfères de Bacchus. On trouve beaucoup de-ces Bacchans fur les monumens. see BACCHANTES , Bacche ; Béxy«, (a) nom que l’on don- noit aux femmes , qui célébroient les myftères de Bacchus. On les appelloit auf Ménades | Baffari= des , Thyades , Mimallonides ; Édonides , Élyades , Éléides ; tous nomsures , ou de leur manière de crier, ou de leur füreur.:Nonnus;: dans fes Dionyfaques , les nom me fouvent Éleufiniennes. C’eft: parce que la flatue de Bacchus étoit portée certain jour de l'an née d'Athènes à Éleufss Voyez Bacchus & Bacchanales, BACCHEIUS , Baccheius, (b} Béxxéios, nom commun à plu= fieurs ftatues de Bacchus. I! y en avoit une ainfi nommée à Corin- the ,une autre à Sicyone. La pre- mière étoit de bois & dorée, ex= cepté le vifage , qui étoit peint de vermillon, Pour la feconde , des des” Infcri pag. 656. pt. & Bell. Let, Tom AV, - (h) Pauf, pe 88 n "89% £ 62 B A | B À Sicyoniens la renfermoient avec 8 de Cénée. Éétion , ne pouÿa d'autres dans nne efpèce de fa- avoir d'enfant, ni de cette f# crftie. Mais, chaque année durant me, ni d'une autre, alla à D, une certaine nuit, 1ls les tiroient phes pour fçavoir de l’oradeit de ce ieu pour les porter dansle ne pourroit jamais en avoir d temple. Ils allamoient des flam- peine fut-il entré, que la Pyb beaux , afin d'éclairer la cérémo- lui fit entendre ces vers: nie, & chantoient des hymnes, compofées en vieux langage. La ffatue , qu'ils nommoient le Bac- cheius, tenoit le premier rang à Toutefois Étion, perfonnemell cètte procefhion. C’étoit une fla- tte ; 2 tue, quils croyoient avoir. été confacrée par Androdamas; fils ST x ee . ue Qui tombera bientôt [ur des mn Encore que ton corps Cachek C@UT IRAapnaniume , Labda doit enfanter un calk glorieux , d'une fille de Bacchus, Il y en a ee ie 4 qui prétendent que les Bacchiades Æ# dont la pefanteur à Corl defcendoient de cette Princefle, fatale PD'autres penfent différemment. BACCHIADES, Bacchiace , =. Baxyial as, («) nom que l'on Cet oracle, qui avoit étére. donnoit à Corinthe aux defcen- à Éétion, fur rapporté aux W. dans de Bacchis, fils de Prumnis, chiades, qui n’en avoient pas. qui fe rendit maitre de cette ville. tendu un autre, que le dienail Ées Bacchiades la gouvernérent rendu touchänt la ville de Co pendant cinq générations , où, the,& quitendoità la mêmel comme dit Strabon, pendant près que celui d’'Éétion. Il éroit ci de deux. cens ans: Pour mieux en ces termes. Le conferver leur autorité, ils avoient foin de ne contraéter mariage que dans leurs familles. - Ps ces Mais, il arriva qu'un d'entr- Do Jes redoutables approchi eux , appellé Amphion, eut une M fille, nommée Labda, qui naquir 244702 JOU? en confufion, boiteufe ;:& parce que-pas un Æabitans de Corinthe, habitan des Bacchiades ne la voulut.épou- Pallène, fer ; elle fat mariée à Éétion, fils . Que cette voix, qui n'ift d'Échecrate, qui n'étoit, àla vé- ne CT : : «171€ rité , que de la tribu dela Pierre ; 2 mais , qui defcendoit de Lapihès Æaffé fur vous impreffon. . (# Herod. EL: V.c. 92. Strab. pag. l'Acad, des Infcrip, & Bell, Let! 326, 378. Plut, Tem. I. pag. 423, | VIN, Pag. 249. 434 Pauf, pag. 92, 320, Mém, del : ES La doit rendre en tous lieux 4 L'aigle conçoit parmi des roch Et doit enfanter un lion, B À Les Bacchiades n’avoient donc pu jufques-là entendre le fens de loracle, qui leur avoit été rendu auparavant ; mais , aufli-tôt qu'ils eurent appris celui d'Éétion, ils réconnurent que ces deux oracies annonçoient une même chofe. Ce- pendant , ils n’en parlérent point, êt réfolurent de faire mourir tous les enfans qu’auroit Éétion. Ainf ; dès que fa femme fut accouchée, ils envoyérent dix des leurs, où demeuroit Éétion , afin de tuer fon enfant; & quand ils furent arrivés au quartier, appellé la . Pierre, & qu’ils furent entrés dans la maïfon d'Éétion, ils demandé- rent à voir lenfant. Labda, qui ne fçavoit pas le deffein de leur voyage, & qui s'imagina qu'ils _étoient venus pour fe réjouir avec fon mari de la naiMfance de leur enfant, leur apporta fon fils, &. le mit entre leurs mains. Ils avoient réfolu en chemin, que ce- lui qui prendroit le” premier cet _ enfant, le laïfleroit tomber fi ru- dement, qu’il fe tueroit. Il arriva par hazard: que cet enfant jetta un fouris à celui à qui fa mere le don- na ; de forte que ce perfonnage en fut touché de pitié, & eut hor- reur de le tuer, {| le mit donc en- tre les mains d'un autre, qui le donna de même à un troifième ; êt cet enfant ayant ainft paflé dans les mains de cous les dix, fans que pas un d'eux fe pût réfoudre à le tuer , ils le rendirent à fa mere, && fortirent de fa maifon. Quand ils furent dehors US s’arrétérent devant la porte , & commencérent à s'accufer les uns les autres , & principalement le BA + premier, qui n’avoit pas os ce dont ils étoient convenus entr eux. Enfin, après avoir demeuré quelque tems devant la porte, ils réfolurent de rentrer & de tuer cer enfant tous -enfemble. Mais ; l falloit que le malheur de Corinthe fortit de la race d’Éétion. Labda, qui étoit demeurée derrière la por: te, &C qui avoit entendu tout ce qu'ils avoient dit, craignant que leur pitié ne fe convertit en fureur, & qu'ils ne tuaflent fon enfant, alla aufüi-côt le cacher dans une cypfele , qui éroit une certaine mefure de bled , s’imaginant que cet endroit étoit le plus afluré, & que fi ces inhumains rentroient : ils le chercheroïent de tous côtés, comme 1l arriva. En effet, quand ils furent dans la maiïfon, ils cher- chérent par tout cet enfant, & ne l'ayant pu trouver , ils réfolurent de s’en aller & de dire à ceux, qui les avoient envoyés, qu'ils > avorent exécuté leurs ordres. De- puis , on nourrit foipneufement cet enfant, & parce que par une cypfele il avoit évité la mort , on lui donna le nom de Cyplele, Maïs , quand il fut en âge d’hom- me , il alla confulter Poracle , qui ne lui fit qu'une réponfe obfcure & pleine d'ambiouité. Néanmoins, il ne laïffa pas d'y ajoûter de la créance ; & fur l’opinion qu'il en eut , il attaqua Corinthe & s’en rendit maitre, Voici cet oracle: Homme riche & Puiffant, qui viens dans notre temple, Fils d'Étion, que je contemple, Sois de Corinthe un des Rois triom- Plans, TE Pois, tes enfans € leurs enfans, ais non pas leurs enfans , de qui . la deflinée Ne féra Jamais couronnée, Voilà donc l'oracle qui fut ren- du. Cependant, Cypfele , ayant ufurpé la puiflance fouveraine, perfécuta pluñeurs Corinthiens, én dépouila d'autres de leurs biens , & en fit mourir un plus grand nombre, Ceux , qui ref- toient de la famille des Bacchia- dés, il les réduifit à une vie pri- yée. 11 y en a qui prétendent que les Bacchiades s'étant retirés à Lace démone, & ayant paru très-défi- gurés & très -difformes , parce qu'ils avoient coupé leurs che- veux , les Lacédémoniens , dès ce moment là, s’aviférent de laif= fer croître les leurs. Mais, Plutar- ” : que affure que cela eft faux, & que cette coûtume des Lacédé- moniens de porter de longs che- veux, venoit de Lycurgne. = BACCHIAS , Pacchuns , fils de Denys , tyran de Sicile. Cer- tains font defcendre de ce héros les Bacchiades, Leur opinion ne pardit pas mieux fondée que celle de ceux, qui les font venir de Bacchia, fille de Bacchus, BACCHIDAS | Bucchidas : Baryiduss. (z) Eunuque de Mi- thridate , qui fut chargé par ce Prince, de porter à fes fœurs &xà fes femmes l'ordre de mourir. (4) Plut, T. p.502, 502. . (5) Jofeph. de Bell. Juéaïe, P: 700. G) Maceab, L, Ï, c. #7. v: Jez. Ce 9e Val dr eg. L Te Ç, 8, 8. &r | pag, 698. Tom. B À Voyez Bérénice , femme dell. thridate. Le BACCHIDE, Bacchides, bu XI y , (D) officier , qui comm doit pour Antiochus Épiphi dans toutes les places de la Judi Comme il étoit naturellem très-cruel, il exécutoit avec les ordres impies de {on mai Son infolence & fes violences! loient jafqu’à un tel excès , n'y avoit point d'outrages, ql ne fit aux perfonnes de la pl grande qualité, Ses incroyalls inhumanités faifoient voir chagi jour une nouvelle & affrenfeiil ge dela prife & de la. défolatt de la ville de Jéruflem aupat vant fi puiflante & fi cékeh Mais enfin, une f infupporull tyrannie anima ceux ;- qui la ft froient, à s'en délivrer & à enti vengeance. Matthias où Math tias , facrificateur , qui demeutt dans le bourg de Modin , fils. fes cinq fils.*de fes domeftiq tua Bacchide, & s'enfuit dansh montagnes, pour éviter la fur des garnifons établies par Anti chus Épiphane. se BACCHIDE , Bacchides, | Bauxid y , un des amis de Din trius Soter, roi de Syrie, 86 plas confidérables Seioneurs del royaume, Îl étoit fidele à fon tre, & avoit obtenu le commif, dément du pais fitué an de-ht l'Euphrate; c’eft-à-dire , del Méfopotamie. il vint alors des hommes ft v. 20: Jofeph. de Antiq. Judaïc. pl 421. & feg. Roll. Hit Anc. T:l V, pag, 170. © je - chi BA | chans d'Ifraël , porter de faufles _ plaintes contre Judas Maccabée & fes ‘freres. Bacchide fur choifi pour aller prendre connoïlfance de _ cette affaire. Démérrius lui aÎlocia Alcime, qui étoit venu à la tête de ces prétendus mécontens, Étant artivés avec une grande armée dans le païs de Juda, ils député- rent yers Judas & fes freres pour leur faire des propoñtions de paix | dans le deflein de les farprendr@ mais, Judas & fes freres n’eurent aucun égard à ces propoftiôls de - paix. Cependant, quelques Doc- vinrent trouver Bacchide & Alci- me , qui leur promirent de ne leur faire aucun mal. Ils ne laifférent _ pouitant pas d'en faire arrêter _ foixante , qui furent tous tués en un même jour. | Bacchide, étant enfüite parti . de Jérufalem , alla camper près . de Bérhzétha ; & envoya prendre plufieurs de ceux , qui avoient . quitté fon parti, & quelques-uns du peuple qu'il tua & qu'il fir jet- cela , il remit toute la province entre les mains d’Alcime, à qui il laïfa des troupes pour le foûre- nir ; & il retourna trouver le Roi, On comptoit alors lan 157 avant 3. C. Peu de tems après, Bacchi- de fut envoyé de nouveau en Ju- dée. Judas s’étoit campé à Laïfa, avecune armée de trois mille hom- mes ; & celle de Bacchide étoit de vingt mille hommes de pied & de deux mille Chevaux. Les troupes de Judas , intimidées par le grand nombre des ennemis, fe renré- rent infenfiblementi,} enforte qu'il Tom. VIT. teurs de la loi s'étant affemblés , mu ne lui refta que huit cens hommes. Îlne laïffa pas de livrer Ja bataille à Bacchide, & de rompre fon aîle droite , quil pourfuvit juiques fur la montagne d’Azoth. Mais, l'aile gauche de Bacchide ayant enveloppé Judas & fa perite ar- mée , ce héros fut opprimé par la multitude, & tué par lesennemis. … Tout le pais fe rendit enfuice à Bacchide, Ce Général choifit des hommes impies, & leur donna le gouvernement de ce pais. Ces hommes, faant une très-exadte recherche des amis de Judas, les menoient à Bacchide, qui exer- çoit fa vengeance fur eux, & les traitoit avec infulte, Le euple , accablé d'affiétion, chatte Jona- _thas pour fuccéder à Judas Mac ter dans un grand puits. Après cabée, fon frere. Bacchide n’en fat pas plutôtinftruit ; quil vou- Jut le fafir & le faire mourir, Jo- nathas , en étant informé, fe re- tira dans le défert de Thécué, & s'arrêta fur le bord du Jourdain. Bacchide l'y füivit, avec une puif. fante armée , le jour même du Sabbat, Alors, Jonathas dit à fes - gens : » Âllons combattre jes en- 27 » » 2) nemis ; Car, il n'en ef pas de ce jour comme d'hier, où du jour d’auparavant, Nous avons les ennemis en têre, & derrière nous , l'eau du Jourdain avec les marais ; & le bois, à droite & à gauche, 87 il ne rious refle aucun moyen d'échapper. C’eft pourquoi criez-au ciel, 4Ba que vous foyez délivrez des mains de vos ennemis, « En inême tems Ja bâtaille fe donna: Jona- thas érendit la main pour frapper Bacchide ; mais , Bacchide évita ») bo] » » n. » »” 2: le coup , en { retirant en arrière. Enfin Jonathas , & ceux , qui étoient avec lui, fe jettérenc dans le Jourdain, & le pallérent à la page, fans que les ennemis s'y jettaflent pour les pourfuivre. Mil- le hommes de l’armée de Bacchi- de demeurérent en ce jour là far la place, & il recourna avec fes gens à Jérufalem, Il bâtit des villes fortes dans la Judée, & fortifia de hautes murailles, de portes & de ferrures , les citadelles , qui étoient à Jéricho , à Emmaüs, à Béthoron, à Béthel, à Thamnata, à Pharaton & à Taphua. Îl y mit des garnifons pour faire des cour- fes contre lfraël. Il fortifia aufli la citadelle de Bethfura & Gazara, & la forterefle de Jérufalem. H y init des garnifons, avec une gran- de provifion de vivres. Îl prit pour Ôtages les enfans des pre- mières perfonnes du pais, & les fit garder dans la forterefle de Jé- rufalem. Alcime mourut vers ce tems-là, Auffi-tôt après fa mort, Bacchide s’en retourna vers le roi Démétrius. ee La Judée demeura en repos pendant deux ans. Au bout de ce tems-là , tous les méchans formé- rent entr'eux ce deflein: » Jona- - » thas, dirent-ils, & ceux, qui » font avec lui, vivent mainte- » nant en paix & en aflurance, » Faifons donc venir Bacciide, 5» 6 il les farprendra tous en une » nuit. &« Ainfi, ils allérent le trouver , & lui donnérent ce con- feil.-Bacchide fe hâra donc de ve- nir avec une grande armée, & envoya en fécret des lettres à çeux , qui étoient de fon parti B A dans la Judée, afin qu'ils @b fiflent de Jonathas & de ceuxq étoient avec lui ; mais , ils ml purent, parce que leur entrepih fut découverte. Jonathas , aÿi pris cinquante hommes du pal qui étoient les chefs d’un del fi malicieux , les fit mourir. retira enfuite, avec fon frere mon & ceux qui laccompi gpoicr: , à Bethbeflen. Il ent para les ruines, & en fit une ph fortes Bacchide le fçut ; & aÿ, aflefiblé toutes fes troupes, fait avertir ceux des fiens,@ étoient de Judée , il vint cam au-deflus Bethbeflen. Ï lai long-tems afiésée , &r fit dre. des machines de guerre. Cependant , Simon fortit dh ville avec fes gens, & ils bill rent les machines des ennemis attaquérent l’armée de Bacch &c la défirent. Is lui cauférentii extrême douleur, parce quil que fes defleins & toute font treprife étoient fans effet. C? pourquoi, il entra dans une gra colère contre ces hommes di quité , qui lui avoient confeilké vénir en leur païs. Il en tual, fieurs & rétalut de s’en retols en fon païs avec le refte del armée. Jonathas , en ayant. averti , lui envoya des ambil denrs, pour faire la paix avéthi offrant de faire un échange € prifonniers. Bacchide reçut fit rablement cette ouverture, [lc fentit à ce qu'il vouloit, & 1lf' que de fa vie il ne lui feroit al® mal. Il lui rendit les prifonnif qu'il avoit faits dans le pañ” Juda ; & étant retourné B A _païs , il ne revint plus depuis en Judée. : BACCHIONITES , Bacchio- nitæ.; Phiofophes qui avoient un mépris fi univerfel pour les chofes de ce bas monde, qu'ils ne fe ré- fervoient qu’un vaifieau pour bot- re. Encore , ajoüte-t-on qu'un d’entr'eux ayant apperçu dans les champs un berger , qui puifoit, dans un ruifleau , de l’eau avec le creux de fa main, Jetta loin delui fa tafle , comme un meuble in- commode & fuperflu. C’eft ce qu'on raconte aufl:\ de Diogène. S'il y à eu jamais des hommes auffi défintérefles , 1l faut avouer que leur méraphyfque & leur morale mériteroient bien d’être un peu plus connues. Après avoir banni d’entr'eux les difinttions funeftes du sien & du mien, il leur reftoit peu de chofes à faire pour n'avoir plus aucun fuyetde querelle, : & 1e rendre auffi heureux, qu'il eft permis à l’homme de l'être. … BACCHIQUE [ le rhyth- me}, (a) étoit da genre double où iambique, c'éft-a-dire, qu'il fe battoit à deux tems inégaux, ou à trois rems épaux. Ce genre iambique fe partageoit en plu- _ fieurs efpéces. Îly avoit les rhyth- mes iambiques fimples & les com- poiés. Le rhythme Bacchique étoit du nombre des derniers; & il y En avoit d'abord de deux fortes; le Bacchique par l’iambe, formé d'un iambe & d'ün trochée V-I-V ; & le Bacchique par le trochée , for- mé d’un trochée & d'un ‘iambe a) Mém, de l'Acad, des Infcrip, & Bell, Letr. Tom, XV, pas, 22 22: Tom, XVII, pag. Ride nr i À IX, pag, 235. B A 67 -VIV-, I y en avoit encore quel- ques autres plus compolés, qui renfermoient juiqu'a douze tems - fyllabiques on douze fyllabes bre- ves, & que l’on peut voir dans Ariftide, où ils font expliqués en détail. On donnoit à ce rhythme le nom de Bacchique, parce qu’il entroit dans les cantiques deftinés au culte de Bacchus. BACCHIQUE , Bacchius ; forte de pied dans la poëfie Grec- que & Latine. Il eft compoté de trois fyllabes ; la première breve , êt les deux autres longues,comme dans ces mots, épelas , dvart. Le Bacchique a pris fon nom de ce qu'il entroit fouvent dans les hymnes compofés en fhonneur de Bacchus, Les Romains le nom moient encore ænotrius , {TipO= dius, faltans; & les Gréts, rapiaG:e. Le Bacchique peut ter- miner un vers hexamètre, BACCHIQUE, Bacchici, Baxxixa , nom d’une feéte de Py- thagoriciens , qu'on appelloit auff Orphiques. Voyez Orphiques, BACCAIS, Bacchus, Baxyics fils de Pramnis, fut la fouche des Bacchiades. Voyez Bacchiades. BACCHNS, Bacchis, Baux , (£} courtifanne, qui étoit maîtrefle de Clitiphon, un des perfonnages, que Térence introduit dans fa co: médie, intitulée l’ÆHezutontimoru- menos. Certe courtifanne reparoît dans une autre comédie du même poë- te. C'eft dans celle, qui a pour titre ’ÆHécyre. Ch) Terent. Tom, I. pag. &. Tom. Es e 638 B A BACCHIS., Bacchis, BaxyYic, (a) autre courtifanne, que Lucien introduit dans un de fes Dialo- gues. Elle s’encretienc avec une autre courtifanne , nommée Me- liffe. Le Dialopue eft intitulé de leur nom, Mélifle & Bacchis. BACCHIUS, Bacchius, (b) fameux gladiateur, qui vivoit du ‘tems de l’empereur Aupgufte, Il avoit pour concurrent Bithus ; & ils étoient tous deux fi égaux en âge & en force, qu'ils ne purent jamais fe vaincre l’un l’autre, & : qu'ils fe tuérent tous deux-en mé- me tems; d'où eft venu le pro- verbe: Birhus contra Bacchium. Il en-eft fait mention dans Hora- ce : : sos se CIE NON CAE melins cum Bitho es. Bacchius. BACCHUS, Bacchus, (c) Aisrvece, héros, fameux chez les Mythologues & les Poëres. Mais, _comme ceux d'entreux , qui font mention de ce héros, en parlent diverfement, @ chargent même fon hifloire de faits incroyables & abfurdes , il eft fort difficile de dé- méler la vérité de l'origine & des ations de Bacchus. Il ÿ en a qui foûtiennent que ce Dieu n’a ja- mais paru fous la figure d'un - (a) Lucian. Tom, Il pag. 709. & Te {5) Hôrat. L. I, Satyr, 9. v. at. (c) Diod, Sicul, pag. 87, 136. & fea. Herod. L. Il. c. 42. d Jea. L, fV. © 79. Athen. pag. 26. @ fe. Plut, Tom, pag. 119. @' feg. Suid, Tom. I. pag. 529. Strab. pag. 48. &* feg. Paul. Paffim. Lucian. Tom. |, pag. 140. @' feq. Tom. I, pag, 197. & Je, Ovid, Meéram, L,. HI, c, 9. s fes: ÉSIVS CT il BA homme ; & ils veulent que, ji le mot de Bacchus, on entai feulement le vin. Nous raph terons en abréoé ce qui en all dit dans ces différentes fuppih tions. ee : Ceux ; qui parlent phyfqé ment de ce dieu, & qui nom. le raifin du nom de Bacchus;t fent que la terre , entrait fruits , produifit d’elle-mêmtl vigne, qui navoit point ent. été: femée., Leur raïfon eft qu, trouve dans des lieux abandoni des vignes fauvages , qui rappil tent un fruit femblable à celuit vignes cultivées. Ils prétendi que Bacchus a été nommé Din ter par les Anciens; c’eft-à-di qui.a deux meres, parce qu'il pour la première fois , loi la vigne fort de terre, & pot feconde, lorfque le vin forte vigne. Quelques Mythologuesh: attribuent encore une troilt naïffance ; car , ils racontent qi tant né de Jupiter & de Ci. il fut mis en piéces par les ho “mes, qui le firent enfaite bol lir; mais que Cérès , ayant maflé fes membres, lui rendlh vie. ë On donne une interprétall Phyfique de ces fiions, en di que Bacchus, fils de Jupirrl & elib 1h Myth, par M. lAbb, Ban, Tom. | 124. Tom. IV. pas. 232, 233, & [M Antig. expl. paf D, Bern, de M Tom, I. pag. 229, Mém. de l’A® des Infcripr. & Béil, Let. Tom. li! 121,122 , 202, 271, Tom. II, ji 7. D: friv, Tom. IV. pag. 650! ë » = faiv, Tom: V: pag. 37. & fuiv. T0 VE, pag. 94. Voyez æuffi les Vol: Ji APARAPIR 4 B A de Cérès fignifñe que la vigne étant venue à fon point de maturité, par le moyen de Cérès qui eftla terre , &de Jupiter qui eft la pluye, produit le fruit qui four- nit le vin. Bacchus, dans fa jeu- nefle mis en piéces par les hom- mes, maïque la vendange & le raifin mis au prefloir, Ses mem- Pres ; qu’on a fait cuire , indiquent la coûtume de faire cuire le vin -pour le rendre plus fort & d'un goût plus agréable; ce qui fe pra tiquoit chez plufieurs peuples. Son retour à la vie & à fon premier état, par les foins de Cérès, ex- prime qu'après qu'on a dépouillé la vigne de fon fait , & qu’on la taillée , la terre la remet en état de repoufler dans fon tems. On ajoûte que Cérès'a été appellée Terremere par les anciens Poëtes & Mythologues, Enfin, on re- marque que ce qu'ils avancent eft entièrement conforme à ce qu’en difoient les poëmes d'Orphée. C’eft auf, par une raifon de Phyfque, que d’autres prétendent que Bacchus eft fils de Sémelé ; car, ils difent que. la terre fut nom- mée par les Anciens Sémelé & Thyoné; Sémelé à caufe de la vénération qu'on portoit à cette Déefle, & Thyoné à caufe des facnifices qu'on lui faifoit. Il nà- quit deux fois de Jupiter ; felon eux; parce que le déluge de Deu- calionayant fait périr la vigne, ainfi que tous les antres arbres, les rai- fins furent bientôt reproduics à l'aide de lapluye. Ce Dieu s'étant montré ainfi aux hommes une {e- conde fois , on dit qu'il avoit été gardé dans la cuifle de Jupiter, B A 69 Voilà quels font les fentimens de ceux, qui n'entendent par Bac- chus que l'invention ou la décon- verte du vin. . Les Mythologues, qui recon- noïflent un vrai Bacchus, lui at- tribuent tous uniformément Fin- vention de la culture des vignes &t de tout ce-qui concerne le vin. Mais, is difpurent s'il y ena eu plufieuts , ou siln'y en a eu qu'un feul. Les uns difent qu'il n’y a eu qu’un feul Bacchus, qui enfeigna aux hommes à boire du vin &c à ramafler les fruits des arbres; qui mena une armée par toute la terre habitable, & qui introduific les facrés myitéres & les Bacchana- les. D’autres admettent plufieurs Bacchus. Cicéron en compte juf- qu'à cinq. » Plufieurs, dit-il, ». portent le nom de Dionyfus. » Le premier eft fils de Jupiter » & de Proferpine: Le fecond, » fils du Nil , eft celui qu’on dit »_avoirtué Nifa. Le troifième eut » pour pere Caprius. On dit que » celui-ci fut roi de lAfie & au- » teur des loix, qu'on appella » Sabaziènes, Le quatrième, fils » de Jupiter & de la Lune, à qui » l’on croit que ce font les céré- » monies facrées , qu’on appelle » Orphiques, Le cinquième, fils ». de Nifus & de Thyoné, l'infti- ». tuteur des Friétérides. « Entre ces cinq, nous ne trouvons point le fils de Jupiter & de Sémelé, qui eft pourtant le plus connu, {oit dans l'Antiquité, foit dans les bas fiécles. Philoftrate , dans la vie d’Apol- lonius de Tyane, en admet trois, Le Thébain, l'ladien & lAfly« Eü 70 B A rien. Diodore de Sicile en compte trois de même. L’Indien, ou plutôt PÉgyprien, qui fit la conquête des Indes, farnommé le Barbu; celui, - qu'on difoit être fils de Jupiter & - de Proferpine ou de Cérès,& qu’on repréfentoit avec des-cornes, ou : parce qu'il avoit appris à labourer la terre, ou parce que les cornes étoient les anciens vaifleaux , dont on fe fervoit pour boire, [ car ce héros étoit le Dieu du vin | ou pour marquer les rayons du foleil, dont il étoit le fymbole. Enfin, le troïfième Bacchus étoit fils de Ju- piter & de Sémelé. C’étoit celui- là , qu'on nommoit ordinairement Je Bacchus de Thèbes. . Certains, parmi nos Moder- nes, ont voulu chercher l’origine de cette divinité dans les Livres de l'Écriture fainte ; ils ont cru que ce Kéros de la Fable étoit copié d’a- près ceux de la Bible. Vofliuüs a prouvé fort au-long que Bacchus eft le même que Mot. fe. Voici les principaux chefs du parallele, qu'il en fait. Moïfe eft hé en Égypte, ainfi que Bacchus. Le premier fut expofé fur le Nit; les Poëtes difent la même chofe du fecond; & l’un & l’autre ont tiré leur nom de ce qu'ils avoient été fauvés des eaux. Car, Orphée appelle Bacchus Myfas. Celui-ci fut élevé dans une montagne d'A. rabie,nommée Nyfa ; c’eft dans ce même pais que Moïfe a paflé qua- rante ans. Le poëte Nonnus parle de la fuire de Bacchus vers leseaux de la mer Rouge; il ne fe peut rien de plus précis pour Moife. L'armée de ce dieu, felon Dio- dore de Sicile, compofée d’hom- LT B A mes & de femmes, traverfalde rabie pour aller anx Indesstel du Légiflateur des Tuifs, rempi de femmes & d’enfans, pal défert pour aller dans la Paleiln. qui étoit dans l’Afie. Les-cors qu'on donne au dieu de la Fa ne {ont-elles pas allufond rayons de lümiere, qui fal, fur la tête de Moiïfe le mêmet fet que deux cornes? Le ni Nyfa n’eft-il pas le même quel na, par la tranfpoñtion d'ungh! Le P. Thomaflin ajoûte del velles preuves au parallele dei fins. Bacchus, armé de fon thyt défait les Géans, felon Non Moife neft:il pas obligé de or bactre les defcendans d'Enac,t te des Géans ? Sa verge eftli trument de fes miracles. M traverfe la mer Rouge; & Ni nus nous raconte la même chi d'une nymphe de Bacchus. Jup le lettre ? + , {. envoye Îris à Bacchus, pour qi elle lui ordonne d'aller détril une nation impie dans les Int. & Dieu ordonne à Moïfe dl dans la Paleftine abolir les aboï nations d’un peuple idolâtre, ( leb, dont le nom approche! celui d’un chien, fut le fidele col pagnon de Moïfe ; les Poëtesf difent que Pan avoit donnéäBi chus un chien pour Paccompagl dans fes voyages. Moïfe & Jo! arrêtent le foleil; Nonnus le formellement de Bacchus. Moi enfin , fait fortir-une fontaine d' rocher; Bacchus, en frappait: terre de fonthyrfe, en fait (0 des rorrens de vin. M. Huet eft du même fa B A : ment, & fait auffi un parallele entre Moiïfe & Bacchus. Le {ça- . vant Bochart au contraire, &t après lui, M. le Clerc, qui n’abandonne jamais fes opinions, croyent que Bacchus eft le même que Nem- rod, fils de Chus, ce qui lui fit donner le nom de Bar-chus ; & ces deux Auteurs trouvent beaucoup de vraifemblance entre ce premier conquérant & le héros de la Fable, Bochart fait voir que tous les. noms de Bacchus fonr tirés de la langue Affyrienne , que les Grecs ont ajuftée à la leur. Ainf, Selon cer Auteur, le culte de Bacchus a. commencé en Affyrie, d’où il eft paflé en: Phénicie & en Égypte, & de-là dans la Gréce par le moyen de Cadmus & de Mélam- pe. Un parallele fi frappant n’a pas cependant gagné tous les fuf- frages. Il y a des Scavans,: qui prétendent que Bacchus eft le même que Noë, puifque l’inven- tion de la vigne, qu’on attribue à Bacchus, convient uniquement à Noë, comme nous. l’enfeigne l'Écriture fainte ; & ceux-là ajoû- tent avec raifon, que c’eft le pre- mier & le plus ancien Bacchus , fur le modéle duquel on a formé tous les autres. Îl faut convenir qu'il y a des traits aflez femblables entre Moïfe & Bacchus ; & comme le Lépifla- teur des Hébreux fe rendit très- célebre en Égypte, il peut bien être arrivé qu'on ait emprunté quelques-uns de fes traits, pour embellir l'Hifoire de Bacchus ou de Dionyfins; c'eft-à-dire, d'O- firis, qui eftle véritable Bacchus. Le culte de cette divimité fuc por- B A: | 71 - té dans la Gréce par la colonie de Cadmus ; & Sémelé, fa fille,ayant eu un fils, qui fut appellé ou du- moins furnommé Bacchus, & qui fic quelques conquêtes & quelques aétions femblables à celles de l’ancien, on les a confondus dans la fuire. Et pour faire honneur à la famille de Cadmus, on a mis fon petit-fils au nombre des dieux. On lui a rendu tout le culte, qui s’éroit long-tems auparavant éta- bli parmi eux en l'honneur de lan cien Bacchus; & on a chargé fon hiftoire des aventures d'Ofris & des autres Bacchus. à . Nous allons maintenant faire connoitré ces Bacchus chacun en particulier, en. nous attachant principalement au récit de Dio- dore. de Sicile. I. Ë BACCHUS LE THÉBAIN, Fils de Jupiter & de Sémelé, fille de Cadmus. : On raconte que Jupirer, érant devenu amoureux de Sémelé, qui étoit extrêmement belle, la vifi- toit fouvent; & que Junon, en ayant conçu de la jaloufie,& vou- lant-s'en venger fur fa rivale, prit la figure d’une des confidences de cette jeune fille. Dans ce déguife- ment, elle lui perfuada quil lui feroit glorieux que Jupiter vint la trouver avec la même pompe & la même majefté , qui l’accom- pagnoient , lorfqu'il alloit voir Junon. Sémelé s'étant laiflé fédui- re à cette propofition flatteuie, exigea de Jupiter, malgré lui- mème, une faveur qui deévoit la | E iv. - LE B À perdre ; de forte que ce dieu s'é- tant PrÉÉRIEs aile, armé duton- nerre & de la foudre, Sémelé, qui n'en put foûtenr l'éclat & le bruit, accoucha avant terme, & mourut, Jupiter renferma promp= tement l'enfant dans fa cuille, où il prit laccroiffiement oréere. Lorue le tems de la naïffance fut arrivé , il le porta à Nyfe, ville d'Arabie , où cet enfant ayant été élevé par les nymphes, fut appellé Dionyfius, d'un nom “compofé de celui de fon pere & du lieu, où il avoit été nourri. -Un ‘grand nombre de villes Grecques fe difputoient néanmoins lhonneur de la naiflance de Bac- chus, Lés Éléens, les Naxiens , les “habitans d'Éleuthère , les Féiens & quantité d’antres: peu- ples croyoient démontrer qu'il étoit né chez eux. Les Téiens, en par- ticulier, donnoient pour preuve de:-lèur prétention » une fontaine d’excellent vin qui: ‘couloit dans leur ville en tems réolés. Quel- ques-uns alléguoient qué Jeur pais -étoit de toute ancienneté voué à ce dieu ; d'autres enfin Ë s’autori- foient de quelques temples de leurs villes, ou de quelques bois dé leurs campagnes , qui étoient confacrés de tems immémorial à Bacchus. En général, comme cédieu avoit laïfé, en plufcurs endroits , des marques de fa préfence 8e de bonté , il n'eft pas étonnant que chaque peuplelecrütor iginaire de fon pais. _conteflation pour le lieu de lan - Homère confirme ce récit, ll que, dans fes hymnes ; il pal Ant des villes, qui étoientt, fince de Bacchus, en dé néanmoins qu'il étoit né dans partie de lPArabie, qui to l'Égypte: Cent (a) peuples chériffant fau à es Verius eulent avoir nourri L cfa Bacchus. Il n'eft Grecque cité, fi jo à Jon hifloire , | Qui ne puiffe a l'Égypte enk cette gloire. Mas ; d une erreur corinne; efépar tout féduit; Dans ün profond fecrer, he l'a produit; — En ces lieux , où du hautd : nonfagne , ; Nyfe voit L'eau du Nil couler la campagne. _ Il femble que les Anciensdt répandu à deflein , fur l’éducatl de Bacchus, l'obfcurité myftért fe de fa naïflance ; car , fin en croyons Ovide, Ino fa tal fut fa première nourrice ; mi je même Poëre, pen coilil “dans {es narfations, dit que ce de fat nourri par les Hyades. ” D marchus, dans le poëre Nonil affure que les Heures furenth nourrices de Bacchus. Paufan (a) Les quatre premiers vers François ne préfentent que le fond du fo des quatre premiers vers Grecs, où le Poëte nomme Dracanon., le mé A ‘care, l'ifle de Naxos ; le fleuve Alphée. & la ville de Thébes, TRE RSI ARE B À prétend que c’étoit une tradition reçue parmi le peuple de Patras en Achaïe , que Bacchus avoit été élevé-dans la ville de Méftis, & que Pan%r les Satyres Ini avoient dreflé des embûches, dont il avoit en de la peine à fe délivrer. Apol- lonius dit que Mercure porta , par l’ordre de Japiter, le jeune Bac- chus dans l'ifle d'Eubée, pour le donner à Macris, fille d’'Ariftée ; & que Junon, jaloufe de ce que Je fils de fa rivale étoit élevé dans une ile, qui lui étoit confacrée, ‘en avoit chafé la jeune nourrice, qui,s’étant retirée dans le païs des Phéaciens , l’avoit élevé fcréte- ? E ment dans uñ antre, D'autres Auteurs affurent qu'il : fut élevé dans l'ifle de Naxos. Il s’en frouve encore qui prétendent, après Lucien, que ce fut dans l’A- rabie. Prenoient-ils plaifir ; ces graves Auteurs, à donner tant de nourrices à un dieu, qui devoit être immortel ? On plutôt, dans : l'envie de faire croire que tous les dieux. étoient originaires de la Gréce, ne, s’aveuploient-ils pas jufqu'à ne point appercevoir le ri- dicule de tant de narrations extra- vagantes ? s : Quoiqu'il en foit, nous croyons devoir nous en tenir à ce que nous avons dit , d’après Diodore de Sicile, que Bacchus fur élevé à Nyfe dans l'Arabie. Quant à ce qui a donné lieu à la fable de fa naïflance., c’eft que Sémelé ayant eu quelque galanterie , on voulut, pour fauver fon honneur, da mettre fur le compte de Jupi- ter. Quelques Auteurs difent que Cadmus , irrité contre {à fille à Phénicienne ou dans l BA Pexpofa fur la mer avec fon fils, : & qu'ils s’arrérérent fur les riva- ges d'Orcate, ancienne ville de Laconie , où l’on trouva Sémelé morte dans une efpèce de coffre, où elle avoit été enfermée } & on Fenterra avec ‘beaucoup de ma- gnificence. Selon d’autres , elle fat - frappée de Ja foudre ; ce qui, Jointau brüit qu’on avoit répandu de fon intrigue avec Jupiter, don- na lien à la fable, que les Grecs nous racontent, Diodore de Sicile ajoûte que cette Princefle accou- cha d’un fils à l'âge de fept mois; & que commeon ne croyoit pas que les enfans, nés à cer âce, puilent vivre, Cadmus publia que Jupiter, qui en étoit le pere, l'a voit tenu renfermé dans {a cuille pendant deux mois. C'eft une équivoque > qui a donné lieu à cette fable ; car, le mot Grec aps, fignifie également la‘cuifle & une montagne, Ainf, au lieu de dire que Bacchus avoit été - nourri fur le mont Nyfe , on ajoûta cette circonftance au Grec, qui en étoit la copie , & on dit qu'il avoit été porté dans la cuifle ‘de Jupiter. De deux-fens, les Grecs prenoient toujouts le mer- : veilleux. Bochart, qui s’eft efor- cé de trouver ,: dans la langue l ébraïque, la clef de toutes les fables, pre- tend que celle-ci tire fon origine de cette phrafe fi ordinaire dans les Livres faints , natus ex femore. Bacchus étroit , dit-on, d'une rare beauté. Il paffa fa jeuneffe parmi des femmes, en feflins, en danfes , & en toutes fortes de phiñrs, Mais, aflemblant enfuite + À #4 B A Lies ; & leur ayant donné des thyrfes pour armes , il par- courut toute la terre avec elles. fl n'initia dans fes myflères , que des hommes pieux & d'une vie irréprochable. Il inflitua , en plu- fieurs endroits, des fêtes pnbli- ques &t des prix de mufique. Îl appaïfa les différends, qui .étoient : entre les Nations ; & il établit par tout la paix au lieu des guerres, qui repnoient auparavant, Le bruit de fa générofité & de fes bienfaits s'étant répandu, & tout le mon- de fçachant qu'il rendroit le com- merce de la vie plus agréable , on couroit au-devant de lui de tous côtés , & on le recevoit avec de randes marques de réjoniffance. Odeon » Cependant , le re- fafoient par fierté & par jaloufie. Es difoient que c'étoit par incon- tinence qu'il menoit les Bacchan- tes avec lui, & qu'il n'avoit in- q venté fes myftères & fes initia- tions , que pour corrompre les femmes d'autrui. Mais, il tira bientôt vengeance de ces calom- nies; & fe fervant contre {es en- nemis de fon pouvoir divin, tan- tôt il les rendoit infenfés, tantôt il les faifoit démémbrer par les fem- mes qui le füivoient. Il employa auf dans ces fortes d'exécutions uñ ftratagême de guerre ; car , au Heu de thyrfes , il donna à fes Bacchantes des lances, dont le fer étoit caché fous des feuilles de: lièrre. Ses ennemis, ignorant ces artifices, méprifoient les -thyrfes comme dés armes de femmes ; & ne fe précautionnant point contre leurs coups , ils en étoient mor- tellement bleffés, Les plus céle- B À | bres de ceux, que Bacchus puni, furent , dit-on, Penthée parmik Grecs, le roi Myrraneëchezls Indiens, & Lycurgue , roi cecté partie de la Thrace, qu étoit ftuée fur l’'Hellefpont, On raconte que Bacchus, vol lant mener fon armée d'Afe a Europe , lia amitié avec ce Ru. dont les États étoient fur fon pi fage. Î avoit déjà fait avancerh têre de fon armée dans ce pal qu'ilcroyoit für. Mais, Lycugi. commanda à fes foldats de si fembler la nuit pour fe faiftt Bacchus &c de fes Ménades, Ba. chus, en ayant été averti pañll Thrace, appellé Tharops , enil très-inquiet ; parce que la ph grande partie de fes troupes éco. encore fur l’autre rivage, &qii métoit accompagné que d'unti petit nombre de femmes. Ok pourquoi, il repafla fecrétemti la mer pour aller rejoindre li armée. Cependant , Lycus ayant attaqué les Ménades, fé tées dans un lieu appellé Nylu les fit pañler au fil, de lé Mais, Bacchus amenant touteli! armée , remporta la vicoirell les Thraces. Lycurgue érant toi bé vif entre fes mains, il luf d’abord crever les yeux ; & apf : toutes fortes d’opprobres & 4 tourmens , 1l le fit enfin attache en croix. Enfuite, pour mardif à Tharops fa reconnoiïffance, lui donna le royaume de Thrat & lui enfeigna fes myftères & À orgies. Quelques poëtes , enli lefquels eft Antimaque , difentd' Lycurgue étoit roi, non & ES, : Thrace , mais de l'Arabie, &° x B A ce fut à Nyfe en Arabie, qu'il dreffa des embûches à Bacchus & aux Menades. Bacchus, plus avancé en âge, inventa l’ufage du vin & enfeigna aux hommes la manière dé plan- ter la vigne. Il inventa aufi la biere, qui, felon Diodore de Si- cile, eft une boiflon compofée d'orge, & prefque auffi bonne que le vin. Il en gratifia les peuples, qui habitoient des contrées peu propres à la culture des vignes. Voulant répandre fes bienfaits fur fa patrie, il rendit libre tout le pais de Béotie ; & il y bâtit une ville , qui fat appellée Éleurhère ; c'eft-à-dire , libre ; parce qu’elle. ne recevoit des loix que d’elle- même, I] employa trois ans en- tiers à fon expédition des Indes, au bout defquels il revint en Béo- tie, chargé de riches dépouilles. On dit que, monté far un élé- phant Indien , il fut le premier , qui reçut l'honneur du triomphe,- es Béotiens , les Thraces & les autres peuples Grecs avoient inf- titué , en mémoire de cette expé- dition , les. fêtes qu'on appelloit Triétérides , parce qu’elles reve- noïènt trous les trois ans, & ils Prétendoient qu’alors Bacchus fe manifeftoit aux hommes. On dit qu'il fut accompagné dans fes expéditions par les Mn- fes , qui étoient des filles trés- {çavantes, &c qui le divertifloient par leurs concerts , par leurs dans les & par les beaux arts » dont elles faïfoient profefon. Il avoit aufñ dans fon armée Silêne , qui étoit fon pere nourricier & {on Précépieur, & qui avoit contribué B À Se à fon mérite & à fa gloire. Bac chus étoit couvert à la guerre de fes armes & d’une peau de pan- thère ; mais, en tems de paix & far tout les jours de fête & d’af- femblée, il s’habilloit d’étoffes fines de différentes couleurs. Il portoit une mitre fort étroite , afin de fe préferver des maux de tête, que le vin caufe à ceux , qui en pren- nent avec excès ; & c'eft pour cette raifon , qu’on l’a appellé Mi- trophore, On dit que c’eft de cet- te mitre , qu'eit venu l'ufage dû diadème des Rois. On donnoit à Bacchus une ba. guette, par la raïfon que nous allons dire, Comme dans les pre- Miers tems du vin, on ne s'étoit pas encore avifé du le tempérer avec de l’eau , la coûtume étoit de le boire pur. Il arrivoitfouvent de-là que , dans les affemblées &r “les feflins, ceux, qui étoient de la fête, en ayant trop pris, entroïent en fureur, & fe frappoient les uns les autres , avec leurs bâtons. Plu- fieurs étoient bleffés, & quelques- uns même fi grièvement qu'ils en mouroient. Bacchus , offenfé de ces accidens, ne condamna pas les hommes à s’abfienir entière ment de boire du vin , à caufe du plaïfir, que procure cette boiflon : mais , il voulut qu’au lieu de bä- tons, ils fe {ervillent de baguet- tes. On Jui attribua deux cofps , parce qu'il y a eu deux Bacchus ; l'ancien furnommé Catopogon , parce que tous les Anciens avoient coûtume de Jaïifler croître leur barbe ; & celui-ci, qui étoit jeune & bienfaie, comme nous l'avons 76. ER déjà dit. Quelques-uns, cepen- dant , prétendent qu'on lui a attri- : bué deux formes , à caufe des dif- férentes difpoftions , qu’on re- marque dans les ee ; qui de- viennent Où pais où furieux. Bac- chus avoit auf avec lui les Saty- res; qui lui donnoient du plaifir par leurs danfes & par les tracé- dies, quils repréfentoient. Les Mufes ; par l'étendue de leurs commoiflances , lui procuroient des divertiflemens utiles. Mais , les Satyres, ne cherchant qu’à le faire rire, lui fatfoient agréablement paf. fer le tems. On dit que Bacchus inventa les farces & les théatres , & qu'il établit même des écoles de mufique. Il exempta de toutes fonétions militaires dans fes ar- mées, Ceux qui s'étoient rendus habiles dans cet art. C’eft pour cette raifon que depuis , à l'imita- tion de Bacchus, on forma des compagnies de mufciens , qu jouirent de grands privilèges, LE BACCHUS Fils de Jupiter & de Proferpine ou de Cérès. Quelques-uns difent qu'il y a eu un autre Bacchus, beaucoup plus ancien, que celui dont nous venons de parler, On prétend qu'il naquit de Jupiter & de Pro- ferpine ; ou de Cérès; & certains Aateurs lui donnenr le nom de Sabazins. On dit qu'il avoir l'ef- prit très-inventif, & que ce fat lui qui, le premier, attela des “bœufs à la charme, & facilira les Semailles par ce moyen; car , au- B À paravañt, on ne labouroit qi. force de bras. [Il'inventa plufeuts chofes utiles à l’agriculture, &que foulagérent beaucoup les labo reurs. C'eff pourquoi, fuvals Pinchination qu'ont les hommé. d’appeller dieux leurs bienfaiteur, ils lui firent des facrifices , lis décernérent les honneurs divitss Les peintres & les fculpteurs oi donné à celui-ci des cornes poli, le diftinguer du: précédent, & pour marquer de quelle utlitéa, été aux hommes , l'inventiont, faire fervir le bœuf au labourap r Les cérémonies du cuite, qi. Von rendoit à ce Bacchus , étoieil. accompagnées d'infamies. Cl pourquor, on ne l’honoroït qu, durant la nuit. Suivant les Cr. tois , il étoit né chez eux. lis alé, guoient,pour preuve de la naïf ce de ce dieu en Crête, les del. iles qu'il avoit formées dans voifinage , au lieu qu’on appel les déux Sinus. I les avoit méni! nommées Dionyfennes ; favelts qu'il wavoit faite à aucun autt. païs, ÉET BACCHUS L'INDIEN. On ne nous dit pas de qui éule né.ce Bacchus. Diodore de Sidkh affure qu'il éroit le plus ancien dis héros de ce nom: Comme fon pi étoit-fi fertile, qu'il. portoit.d vignes, fans être cultivé, if s’avil le premier d'écrafer des grappest, raifin, @c-montra ain aux hoï mes l’uface du vin. Après cela! apporta beaucoup d'attention i cultiver les figuiers & les autté. arbres ,-qui portent du fruit, Er B A fn, il fut très-expérimenté dans tout ce qui concernoït les produc- tions de la terre, On ajoûte qu'il parcourut toute la terre, à la tête dune armée , & quil enfeigna l’art de planter la vigne & de pref- {ét le raifin ; ce quilui ft donner le farnom de Lénéus. Enfin,avant découvert aux hommes plufeurs autres fecfêts , il fut mis, après fa mort, au rang des immortels, Les Indiens montroient encore , du tems de Diodore de Sicile, l’en- droit où il prit naïiffance ; &ils avoient plufieurs villes, qui por- toient en leur langue le nom de ce dieu. Il nons refte auf, dit Dio- dore de Sicile, plus d’un monu- ment , qui prouve qu'il eft né dans les Îndes ; mais, pourfüit-il, il feroit trop long de les rappor- RSS Les Indiens , felon ce que rap- porte ailleurs Diodore de Sicile, difoient que lorfqu'ils n’habitoient encore que dans les villages, Bac. chus venant des pais occidentaux entra chez eux, avec une puit fante armée, & qu'il parcourut aifément toute l'Inde, n’y ayant alors aucune ville , qui fût capa- ble de l'arrêter. Des chaleurs ex- ceffives étant furvenues , & la maladie s'étant imife dans fon ar- mée, cet habile capitaine la tira des lieux bas pour la conduire fur les montagnes. Les vents frais , que fes foldats y recevoient, & les eaux pures , qu'ils buvoient dans leurs fources , les eurent bien- tôt rétablis, On dit qu'il apprit aux Indiens . Ja culture des fruits > qu'il leur donna l'invention du vin, & qu'il leur communiqua d’autres fecrets: nécellaires ou utiles. Outre cela, il bâtit des villes confidérables & bien fituées . & y appella les ha- bitans des villages pour les peu= pler. Il leur enfeiona le culte des dieux & leur. donna des loix. établit la juftice parmi eux, & mérita enfin,par tant de bienfaits, le nom de dieu, & les honneurs divins. On ajoûte qu’il avoit me- né un grand nombre de femmes dans fon armée; que la trompette n'étant pas encore en ufage , 1 fe fervoit de tambours & de tymba- les dans les batailles , & qu'il mou- rut enfin de vieilleffe après ur re- gne de cinquante-deux ans. Ses fils li faccédérent & tranfmirent le royaume à leur poflérité , qui le conferva pendant plufieurs gé- nérations ; jufqu’à ce qu'enfin la Monarchie fut changée en démo- cratie, Tel eft l'abrégé de ce que les habitans des montagnes de l’{n. de difoient de Bacchus & de fes defcendans. TV: B'ACCHUS L’AFRIC AIN. Les Africains , qui habitoiene les côtes de l'Océan, foûcenoient que Bacchus étoit né parmi eux. Îls prétendoient que tous les ex- ploits, qu’on raconte de ce dieu, : s'étoient faits dans leurs païs, Ils avoient même une ville, appellée Nyfe, à laquelle ils appliquoient l'hiftoire de la naïflance de Bac- chus. Plufeurs anciens Mytholo- gues. ou Poëtes de la Gréce ST même quelques Écrivains plus ré- cens ont été de cet avis. C’eft Pourquoi , afin de ne rien omettre de ce qui concerne Bacchus, nous rapporterons, en peu de mots, ce que les Africains en difoient, con- qu'en ont écrit _formément à ce les Grecs. Bacchus PAfricain étoit fils d'Ammon , roi d'une partie de PAfrique , qui avoit époufé Rhéa, fille d'Uranus , fœur de Saturne & des autres Titans. Ammon , vifi- tant fon royaume, trouva dans les plaines voifines des monts Cé- rauniens ,une fille fingulièrement “belle; qui s’appelloit Amalrhée. En étant devenu amoureux , ilen eut un entant d’une beauté & d'u- ne force admirables. Mais, Am- mon craignant la jaloufe de fa femme Rhéa:, cacha avec foin cet enfant, & le fit élever fecréte- ment dans la ville de Nyfe, qui étoit fort éloignée de {on royaume. On envoya le jeune Bacchus dans un antre, & on le donna à nour- rir à Nyfe , fille d'Ariftée. Am- mon établit pour fon gouverneur Âriftée même, homme recom- mandable par fon efprit , par fa fagefle & par toute force de con- noilances. Afin qu'il fût plus en füreté contre les entreprifes de Rhéa , fä marâtre, Ammon le re- commanda à Minerve, qui étoit alors fort jeune. Bacchus, ayant été nourri à Nyfe.& inftruit dans toutes fortes de fciences, éroit non feulement d'une force & d'une beauté plus qu'humaines ; mais , il communi- qua aux hommes plufñeurs inven- tions. Dans fon enfance , il décou- vrit la nature du vin & fon utilité, en s’amufant à écrafer des raifins, qui croifloient naturellement à : BA - . Nyfe. I remarqua auffi qu’on por. voit faire fécher les raifins min. & les garder pour le befoin, Ilre chercha avec attention quel tr roir convenoit à chaque plante] réfolut de faire part anx homni. de ces découvertes , perfuit qu’en reconnoiffance d’un tel bien fait, ils lui rendroïent des how neurs divins, Ses vertus & fa putation étant venues à la co noïflance de Rhéa, fa belle-mert. cette femme en conçut de la hais contre Ammon, & elle réfolurts fe faifir de Bacchus. Mais, 18 pouvant venir à bout, elle fe para de foñ mari. Étant retolt née chez les Titans , fes frerés, elle époufa nn d’entr'eux , appels Saturne. Celui-ci, à la perfualol de fa femme , déclara la guérréà Ammon > &t le vainquir en batallte rangée, Ï alla enfuite à Nyfe artaqutt Bacchus avec une grande armé Maïs, Bacchus ayant appris k défaite de fon pere, & fçachail que lès Titans venoient le con battre, leva une armée dans Ny fe. Elle étoir compofée fur toutt. deux cens hommes , qui ayant ét nourris avec le jeune Prince, li portoient une véritable affection, & qui de plus étoient d’un courts ge extraordinaire, Outre cela, ll appella des contrées voifines, 8. Africains & les Amazones. O1 dit que celles-ci furent portées! cette guerte parles avis de Mr nerve, qui avoit choifi le méêr genre de vie, & qui avoit eñ braflé, comme elles, la virginit &t le métier des armes. Bacchus s'étant mis à La tête dés B A hommes , & Minerve à [a crête des femmes, ils tombérent tous enfemble fur l'armée des Titans. Be combat fut fanglant, &cil.y eut un prand carnage de part & d'autre, Mais enfin, Saturne fur bleflé, & Bacchus gagna la ba- taille: Les Titans s'enfuirent dans les païs, qu'ils avoient conquis fur Ammon, Bacchus s’en retour- na à Nyfe, avec un srand nom- bre de prifonniers. Peu après, les ayant fair aflembler & entourer par fes foldats, il rappella hante- ment devant eux tous les crimes des Titans, & donna lieu à ces captifs de croire qu'il les alloit tous condamner à la mott; mais, il leur fic grace, & leur laifla la liberté. de s'en retourner , ou de l'äccompagner à la guerre. Ils s’at- tachérent tous à lui; & en recon- noïflance de ce qu'il les avoit Épargnés contre leur attente, ils l'adorérent comme un dieu, En- fuite, Bacchus, les ayant appel- lés l'unaprès l’autre, & leur ayant donné du vin, les fit jurer qu'ils le ferviroient fidélement contre les Titans ; &. qu'ils combattroient pour lui jufqu’à la fin de leur vie. Comme ces foldats furent nom- més Hypofpondes ; c'eft-à-dire,qui fe font engagés par des libations, les defcendans de Bacchus appel- lérent fpondes ou ibations ; les traités conclus avec l’ennemi. Bacchus ayant fait fortir fes troupes de la ville de Nyfe dans le déffein d'aller combattre Sa turne , on dit qu'Ariftée, {on gou- verneur , lui offrit un facrifice., & que ce fut lui qui donna à fon / égard le premier exemple de cet B A | honneur exceflif. On raconte au ff que. Bacchus mit dans fon armée les Silènés , qui étoient les plus nobles des Nyféens. Ayant tra= verfée, àla tête de fes troupes, plufeurs pais , qui manquoient abfolument d'eau , & quantiré d'autres qui éroient déferts & in cultes , 1l afhégea enfin Zabirne, ville d'Afrique. Il tua devant cette place un monftre né de la terre, qui s’appelloit Campé, & qui avoit dévoré beaucoup d'hab: tans. Cet exploir le mit en grande réputation parmi eux. Voulant en laïfler la mémoire dans le pais, 1l fit élever fur le Corps :de cette bête un grand terire, qui fubffta long-tems. : Ï alla enfuite à la rencontre des Titans. Il eut foin que fon armée ne commit aucun défordre dans fa marche, & fe montra doux &c affable à tont le monde. Il déclara même qu'il n'avoit entrepris cette expédiuon que dans le deffein de punir les méchans & de répandre fes bienfaits fur le genre humain. Les Africains admirant la difci- pline, qu'il maintenoit parmi fes foldats , & charmés de fa magha- nimité , fournirent abondamment des vivres à fon armée & je fui- virent avec joie, Cependant, les troupes de Bacchus approchant toujours de la ville des Ammo- niens , Saturne lui livra bataille devant cette place : mais ; ayant eu du deflous , il commanda qu’on y mit le feu pendant la nuic, dans le deflein de détrnire entièrement là maïifon paternelle de Bacchus. Enfüite ,emmenant avec lui Rhéa, fa femme , & quelques-uns de fes 80 B A. re à amis, 1labandonna la ville & s’en: fit. % .Ce fut alors que Bacchus fit voir qu'il-agifioit par des princi- pes fort différens de ceux de fes en- nemis ; Car , ayant fait prifon- niers ; peu de tems après, Satur- ne & Rhéa , non feulement il leur pardonna à caufe de la pa- renté qui étoit entr'eux ; mais, il les pria de vouloir le regarder - comme leur fils, & même d’ac- cepter les marques d'honneur & d'attachement, qu'il avoit deflein. de leur donner. Rhéa l’aima toute fa vie, comme s'il eût été fon fils; mais, Saturne ne lui pardonna ja- mais fincérement. Dans ce tems- à , Saturne eut un fils appellé Ju- piter, à qui Bacchus porta toujours beaucoup de refpeét, & quienfin devint le maître du monde par fa vertu. : On dit qu'avantle combat, les Africains aflurérent à Bacchus, que dans le tems qu'Ammon fur chaflé de fon royaume, il avoit prédit que fon fils, ayant récou- vréles États de fon pere & éten- du fa domination par toute la ter- re, feroit mis enfin au rang des dieux. Bacchns , ajoûrant foi à cette prédiction , bâtit une ville & un temple à fon pere. Il l'ado- ra comme un dieu, &c établit des Prêtres, qui devoient rendre fes oracles. La flatue d’'Ammon., qu'on plaça dans ce temple, avoit une tête de bélier , parce que.ce Prince portoit au combaf un caf- que orné de cette figure. Quel- ques -uns prétendent cependant qu'il avoit naturellement deux cornes à la tête, & que fon fils feigna aux Égyptiens la culturel Et Bacchus lui reflembloit en ch! Bacchus fut le premier , qui co fulta l’oracle de fon pere fur ki entreprifes. On dit que fon pe lui prédit qu'il acquerroit lim mortalité par fes bienfaits enverlis homme:. Cette réponfe lui ayaïh élevé le cœur , il entra d'abus avec fon armée dans l'Égyptell ÿ établit pour roi Jupiter, fl Saturne & de Rhéa , & lui don Olympe pour gouverneur, Jupi ter, ayant appris fous celui-ci vertu & les belles lettres; en il furnommé Olympien. Bacchuse la vigne & de tous Les fruits, cons me 1l. l’avoit enfeignée aux aut nations. … AE Sa réputation s'étant répand par tout , aucun peuple nofili réfifter ; mais, ils fe foumiti tous à [ni volontairement , &IM ofirirent des facrifices. Il parc rut ainfi toute la terre, plant des vignes dans toutes les pi vinces ; & comblant tous les hoï mes de bienfaits, [l reçut deal les mêmes actions de graces Gtki êmes hc et, dl mêmes honneurs. En efter, 0 Diodore de Sicile , \les dit peuples ont des opinions difiéréts tes fur Je fujet des dieux & deshés :r0s mis au rang des dieux, mais ils conviennent tous de l'immofs talité de Bacchus, parce qu'ils répandu également fes breni fur les Grecs & fur les Barbaïti Ïl a même enfeigné, continté ! même. Auteur, à ceux qui ab tent des contrées fauvages & pt propres à la vigne , à farci breuvage d'orge, qui n'eft glé moins agréable que le vin. Bacchis air dut TE és : | B A Bacchus ; après avoir porté fes .atmes jufques dans les Indes , re- . A LA vint -promptetment du côté de la Méditerranée; car, les Titans : ayant ramailé leurs forces, éroienc venus dans l'ile de Créte pour attaquer Ammôn. Jupiter envoya des foldats Égyptiens au fecours de ce Prince; & la guerre s’allu=< Mant de plus en plus dans certe ifle , Bacchus, Minerve & quel- ques autres Dieux ÿ accoururent, … Ïl fe donna là une grande bataille, qui fut gagnée par le parti de - Bacchus , & où tous les Titans furent tués. ‘Cependant, Ammon & Bacchus ayant pañlé de cette vie humaine au féjour des dieux, Jupiter regna far tout le monde ; d'autant plus que la deftrudion des Tirans l’avoit délivré des {enls Ennernis, qui euflent ofé lui en difputer l'Empire. Voilà les AC tions , que les Africains attribuent à Bacchus , fils d'Ammon & d’'A- malthée, Nous n'avons prefque fait que copier Diodore de icile , dans cé que nous venons de dire, com- me nous en avons déjà prévenu le Leéteur. Nous lui laiflons le foin de décider, sil faut diftinguer tous ces Bacchus. Nous ne nous per- Mettrons qu'une feule réflexion ; c'eft qu'il nous femble apperce- voit beaucoup d'identité dans ce QUE nous avons raconté, Nous ajoûterons que M. l'abbé Banier, que nOUS nous faifons un devoir de füivre , pour l'ordinaire , dans l'explication des fables . aflure qu'il faut reconnoitre plufienrs Bac- chus. Les Grecs ayant Zom. FI. ajoûté plu- B A ÊE _fieurs fables à tés de Bac- chus, il ét néceflaire de les ex= pliquer. Lorfque Diodore de Sici- le & Plutarque difent que Bac- chus defcendit aux enfers pour en retirer fa mere; il ÿ a apparence qu'ils ont voulu nous parler de quelque évocation , qu'il fit de l'ombre de Sémelé, où plutôt de fon apothéofe, l'ayant , pour ain dire, retirée des enfers pour la . placer dans le ciel, où elle fut mife au nombre des déefles , fous le nom de Thyoné, Paufanias dit _ que Bacchus defcendit aux enfers ; près du lac Alcyonien, qui écoit aux environs de Lerne ; qu’un cer- tain Polymnus lui en avoit mon- tré le chemin, parce qu'apparem- ment Bacchus l'employa pour fai- re l'évocation ou l’apothéofe de fa mere. D'autres Auteurs ajoûtent * avec Ovide, que Bacchus chan- gea en dauphins les mariniers, qui avoient voulu l'enlever. Cette à- ble n’a d’antre fondement ; que l'aventure qui arriva à quelques marchands Phéniciens > qui, por- tant du vin en Italie » firent nau- frage ; où plutôr, f nous en croyons Bochart, parce que ces marchands, qui étoient Tyriens, avoient {ur leur vaiflean la figure d’un poiflon de mer » nommé /zr- Jo , marfouin, dont le nom ref- fembloit au leur ; ce qui: donna lieu de dire qu'ils avoiene été changés en dauphins ; fur quoi, il eft bon de remarquer que les Poë- tes rapprochoient dans l’hifloire d'une même perfonne, des évé- nemens arrivés en des tems bien LA 2 { éloignés, 82 BA . Le Poëte, qu’on vient de nom- mer, dit auffi que Bacchus chan- gea en chauve-fouris les Minéides, parce qu'elles avoient travaillé le jour de fa fête. C'eft qu’apparem- ment quelques filles confrdérables de Thébes ayant fait paroître leur mépris pour le culte de Bacchus, on en fit une exacte recherche, & que n'ayant pu les trouver, ou piutôt les Prêtres les ayant fait périr fecrétement , on publia que /Bacchus les avoit changées en ces oïfeaux ,-qui fe cachent avec tant de foin. ee Ces prétendus châtimens de Penthée , des Mariniers , des Mi- héides & de Lycurgue firent paf fer Bacchus pour une divinité fort vindicative ; @ les Prêtres ne fañquoient pas de faire valoir ces hiftoires , pour rendre fon culte plus refpeétable, On donnoit à Bacchus plutieurs noms, tirés des lieux, où il étoit honoré , ou des cérémonies de fon culre , ou de quelque autre cr- conftance. Il y a beaucoup d’ap- parence qu'on ne lui donna le nom de Bacchus ,. qu’à caufe des pleurs & des hurlemens des Bacchanres. Nous n'expliquerons pas ici les noms de Bimater, de Bromius, de Liber , de Eénéus, de Bifor- mis, & autres, parce que chacun de ces noms a fon article particu- : Ber. Nousajoûterons feulement, à Ja fin de cerarticle, les noms qui lui étoient propres en Gréce, & que Paufamias nous a confervés. - La panthèfe étoit confacrée à Bacchus, où parce que cet animal eft ford chaud, ce qui convient au vin, Ou parce que Bacchus BA étant l'Ofiris des Égyptiens, éroit le fymbole du foleil, la thère marquoit par fes caché étoiles , comme l'ont penféqe ques Auteurs ; ou plutôr, à di que ce héros portoit la peau dt. animal, fuivant lufage de cle Cien terms. On le repréfentoit quelqu comme un jeune homme, fl marquer la joie des feftins ;q quefois comme un vieillard, pl nous apprendre que le vin,l. fans modération, ufe la fant nous rend , comme les vieilan incapables de garder aueun ft La pie lui étoit confacrée,}l ce que dans les triomphes, fl il étroit l'inventeur , on avoith mifhon de parler avec uneli ce effrénée, & d’infulter aux vainqueurs, en leur 1} chant leurs défauts, comme tone nous l'apprend à loccafioi. triomphe de Céfar. SR C'eft ainfi que les Épypi avoient allégorifé cetre hill C'étoit leur génie; & toute Théologie étoit remplie delf boles femblables. Mais, les Gi qui ne l’entendoient pas, &e ne vouloient pas voir que {ll qu’on racontoit de Bacchusi rapport au vin ou an foleil, 8 ce dieu étoit le fymbole, 3 voient, pour l'expliquer; ül tre reource que leurs fables’ difoient, par exemple, quo donnoit des cornes , par@ Cérès, dont Jupiter avoit dd étoit accouchée d’un enfatt” la figure d'un taureau ; qu'i a couronné de figuier , parce q nymphe Syca, dont le nom BA dire un figuier | & dont Bacchus “Éétoit amoureux; avoit été changée en cet arbre, C’eft par la même raifon qu'ils publioient que la vi- gne &t le lierre lui étoient confa- crés, parce que la nymphe Sta- phile & le jeune Ciflon avoient été métamorphofés en ces plan- : tes ; ainf des autres, Nous n'avons pas defein d’ex- pliquer toutes les figures , les bas- reliéfs & les pierres gravées, qui nous reftent de Bacchus. Il y a peu de divinités payennes, dont le tems ait confervé un plus grand nombre de repréfentations ; & on peut confulter, à ce fujet, les An- tiquaires , @&c fur tout D, Bernard de Montfaucon, qui les a raflem- blées, Mais, comme il y ena qui, par les fymboles qu'elles portent, fervent infiniment à éclaircir Phif toire de ce dieu, il eft bon d’en dire un mot, Îl eft ordinairement repréfenté comme un jeune homme fans barbe , quoiqu'il y ait aufh le Bacchus barbu , fonvent même comme un enfant conronné de lierre ou de pampre. Et il eft, fe- lon Pline , le premier des dieux, qui ait porté une couronne , tenant le thyrfe d’une main, de l’autre des grappes de raifin, & quel- quefois une corne, qui étoit un vale à boire, Un beau vafe de terre, donné par Spon, nous repré- ente Mercure, donnant le jeune Bacchus à une nymphe , que cet Auteur croitêtre Leucothée. Mais, comment pouvoir deviner , à cau- fe de la variété qui regne dans les Anciens, à l'égard de l'éducation de ce dieu ? Il eft vrai que Lucien B A_ dit qué Bacchus, après fa naif- fance ; fur porté par Mercure à Nyle, pour être élevé par la nymphe du lieu; mais, il y a d'autres Anciens , qui aflurent qu'il fut élevé à Mélatis on dans l'ile d'Eubée , ou à Naxe. Quélquelois on le repréfente nu , quelquefois les épaules cou- vertes d'une peau de panthère, & quelquefois fur les épaules du Pan, ou entre les bras de Silène; qui, füivant Nicandre de Colo- Phon, étoit {on pere nourricier. On le voit encore aflis fur un globe célefte couvert d'étoiles; & c'eft alors le Soleil où Ofris , aufli-bien que , quand il paroît avec des fléches, qui marquent les rayons de cet aftre, ainf qu'on le voit fur une médaille de Maro née , ville bâtie ; felon Diodore de Sicile, par ce Maron compa= gnon d'Ofris. ee Les fymboles qui accompa= gnent le plus ordinairement les f. gures de ce dieu , font le thyrfe, le lierre , le pampre , des grappes de raifin, la peau de chevre, ou de léopard, on de panthère, ou de lion, La figure de Bacchus , farnom. mé Éfymnéte , que Béger dit être fur une pierre gravée, & M, . Vaillant furune médaille ; renfer- me un trait d'hifloire , qu'il ne faut pas omettre. On lit, dans Paufanias, que les Grecs, après Ja prife de Troyes, ayant partagé les déponilles, Eurypyle eut dans fon lot un coffre, dans lequel étoit üné flatue de Bacchus, de la main de Vulcain, que Jupiter avoit donnée à Dardanus:; & qu'Eury- 1er = 84 B A se ayant ouvert le coffre, &,. jetté les yeux fur cette ftatue, étoit devenu furieux. Dans un de ces momens d'intervalle, que la fureur lui laïfloit, il alla confal- ter oracle de Delphes , qui lui. répondit qu'il devoit s'arrêter dans un lieu, où il trouveroit des gens prêts à offrir un facrifñice barbare, y dépoferle coffre, & y établir fon domicile. Eurypyle , de retour dans l'endroit où étoit fon vaif- feau , fe rembarque , & fe laiant aller au gré des vents, ilaborde à la côte de Patra , où étant def- cendu à terre, dans le tems qu'on alloit immoler un jeune garçon & une jeune fille à Diane Friclara ; fuivant la coûtume du païs, il fe . Préfenta avec fon coffre. Ceux du pais, perfuadés qu'il y avoit de- dans quelque divinité , interrom- pirent le facrifice, & reçurent ce Prince , qui fe trouva dans ce moment guéri de fa folie. Eury- pylefixa là fa demeure ; &, après fa mort, les habicans du païs lui rendirent de grands honneurs , & _ Célébrérent rous les ans l’anniver- faire de fes funérailles. Ils inftitué- rent aufh une fête annuelle en: Fhonneur du dieu , qui éroit ren- férmé dans ce coffre , qu'ils nom- mérent Bacchns Éfymnéte. Parmi les monumens , qui nous reftent de Bacchus, les plus beaux font ceux ; qui repréfentent fon fariage avec Ariadne , que Fhé- fée avoit abandonnée dans lifle de Naxe. Cecte cérémonie eft gravée fur une pierre ineftimable, : qu’on nomme le cachet de Michel- () Pauf, pag. 520. - BA Ange , qui eft dans le cabinll Roi, & quia été define grand par M, le Haï. Mai bas-rehef de la vigne Mon repréfente encore plus en dé cetre cérémonie. Sur un chatilk par des Centaures, font Bat & Ariadne ; le corrége, quk fuit, eft magnifique. D'abord voit des joueurs de flûtes & tymbales , de l’un & de lat fexe, qui paroiflent à la té la troupe; un éléphant qui, après, défigne la conquét Indes. Il eit ceint d’un nik comme les viimes deftinés facrifices. Silène , monté fil âne, & ivre à fon ordinaire, enfuite accompagné de Faunél. Satyres & de Nymphes, i pe tent des pots, des vaiflel. boire ,des pampres ; des gra} de raifin & des thyrfes. : Les deux monumens, quil préfentenr le triomphe dl dieu ; après la conquête dsl des ; font auf magnifiques b dieu y paroït fur un char tt par des lions ou des panthèrés. On remarque que les Si furent les feuls ; qui ne voili point reconnoître Bacchus, dl que c’étoit une chofe ridicuketh dorer un dieu, qui rendoit leshi. mes infenfés & furieux. à BACCHUS AcraToPhol Bacchus Acratophorus ; An Axparopapoc, (a) avoit un ti à Phigalie. Le bas de f f# étoit tellement couvert de fall . . à de lierre & de laurier, quoi! le pouvoit voir. Les partié{ B À étojent vifibles, étoient enlumi- | nées de vermillon. : ee _ BACCHUS AnTaéus, Bac- chus Antheus, Auvvoos Aybeuc, (a) On voyoit une ftatue de Bacchus . Anthéus à Patra. Elle étoit placée dans un lieu facré, fitné près du théatre, & qui ayoit appartenu anciennement à une femme de la ville. Il y avoit au même lieu deux autres ftatues de Bacchus, l'une de Bacchus, Méfadéus , l’au- tre de Bacchus Aréus. Toutes ces ftatues tiroient leurs noms de dif- _férentes villes d'Achaïe. Le jour _ de la fête du dieu , on les portoit dans le temple de Bacchus Éfym- néte, qui étoit à l'extrémité de la ville-baffe fur le bord de la mer & à la droite du chemin par où lon venoit de la place. BACCHUS ARËus, Bacchus Areus , Auérvrcs A'pevc. Voyez Particle qui précéde. BACCHUS AxrTEs , Bac- chus Axites | Aiéruece À'Etryc, (2) étoit honoré par les hahitans -d'Hérée , ville d’Arcadie. Ils | avoient même deux temples de Bacchus, l’un de Bacchus Axitès, l'autre de Bacchus Politès, fans compter une chapelle , où ils cé- lébroïent les Orgies en l'honneur du dieu. On voyoit cette chapel- Je, auffi-bien que les deux tem- -ples, fur les bords de VAlphée , qui-arrofoit les murs de la ville. BACCHUS CapmÉen, Bac- cChus Cadmeus, Aifyveoe Kad uslos (c) Les Thébains afluroient que, lorfque Sémelé fut frappée dela Pauf. = GE DE Pere €) Pauf. p, 560. BA se foudre ; il tomba en même tems du ciel un morceau de bois , que Polydore enchafla dans du bron- ze, & qu'il nomma Bacchus Cad- méen. re - BACCHUS CALYDONIEN , Bacchus Calydonius ; (d) Aicn cos Kanvd'owyies. Ce dieu avoit untem- ple à Patra, dans le quartier où {e trouvoit le théatre. Il étoit fur- nommé Calydonien ; parce que fa flatue avoit été zpportée de Galydon. - BACCHUS CÉPHALLEN , (e) Bacchus Cephallen , Aires Ke- _.gérwr. Des pêcheurs de Méthym- ne, ayant jetté leurs filets dans la mer , en retirérent une tête faite de bois d’olivier, Cette tête ref- fembloit affez à celle d’un dieu, mais d'un dieu étranger & incon- nu aux Grecs. Les Méth;y;mnéens, voulant {çavoir fi c’étoit la tête de quelque héros ou d’une divinité, envoyérent.confulter la Pythie, qui leur ordonna de révérer Bac- chns Céphallen. Gardant donc cette tête, ils en firent l’objet de leur culte ; mais, en même tems,ils en envoyérent une copie à Del- phes. Et c’étoit cette tête de bron- ze , que l’on voyoit après la ftatue de Scyllis. BACCHUS CHANTANT, Pac- chus canens , Aiérvros Menréuerses (f) EH fat ainfi furnommé, dit Paufanias, par la même raïifon, que l’on appelloit Apollon le chef & le conduéteur des Mufes. Bac- chus chantant étoit honoré par les Athéniens , qui lui ayoient (d) Pauf, pag. 437. (e) Pauf, p, 642. (f) Pauf, p. 4, 60. = Hi ’ nt 86 B A Confacré un lieu partculiet de leur ville. Il létoit auf par ceux d'Acharna de la tribu Œnéide. … BACCHUS Cissus, Bacchus Ciffus ; Aicrusoc Kiccoc. (a) Bac- chus Ciflus; où Bacchus dieu du herre , c'eft la même chofe. Il: étoit adoré fous cé nom par les habitans d’Acharna; & cela, par- ce que ce lieu étoit le premier canton de l’Attique, où l’on eût vu du lerre: : BACCHUS CoLonATE, (4) Bacchus Colonata , Afsrvece Ko- auvdra. Îl y avoit à Sparte une éminence , appellée Colona ; où étoit un ternple de Bacchus Co- lonate. Ce temple tenoit prefque à un bois , que les Spartiates avoiènt confacré à ce hé + qui eut l'honneur de conduire Éacchus dans leur ville. Ces femmes me- me, qu'ils appelloient Dionyfa- «des & Leucippides ; facrifioient à ce héros , avant que de facrifier à Bacchus. Outre ces Prêtrefles , il Y avoit on7e autres femmes, qui fe nommoient auffi Dionyfades , & qui, tous les ans, difputoient le prix de la courfe entr'elles, ‘ füivantune coûtume qui leur avoit “été fugpérée par l'oracle de Del. hes. - BACCHUS Crésius, Pac- ‘chus Crefeus 3 Aires Kpurice. (:) On voyoïtà Argos un temple ‘de Bacchus furnommé Créfius. La haine de Bacchus contre Per- fée ayant pris fin avec la guerre, qu'ils s'étoient faite, les Aïgiens difoient que leurs ancêtres décer- (a) Pauf, p. 60. (b) Pauf, p. 185. {c) Pauf, p. 128, fait la dédicace de la flatue de - BA nérent à ce dieu de grands fon neurs, & lui bâtirent ce rempk, qui eut depuis le furnom de Cr fus, ou le Crétois ; parce qu, Bacchus choïfit ce lieu pourlafs pulture d’Ariadne, En effet, Let céas racontoit que , lorfque tt. temple fut réparé, on y trou uné urne de terre, qui renfermil, les cendres d'Ariadne, Paufans affure que Leucéas même & plu fieurs Ârpiens avoient vu clt urne. è EF BACCHUS Dasvirius, \ = # = Fs Bacchus Dafyllius ;-Aiciuces Mb evaalce. Ce dieu étoit honoré fus ce nom à Mégare. On voyill dans cette ville un temple qüilik étoit confacré. On prétend qu. c’étoit Euchénor, fils de Coral & petit-fils de Polyidus, qui ati Bacchus Dafvilius. BACCHUS Écorozus, (} Bacchus Ægobolus ; Ar, A'ryobcree, avoitun temple à Pot. nes. Voici la raifon de ce furntl. de Bacchus. Un jour que les Por. niens facrifioient à Bacchus , si tant enivrés, ils portérent l'inle lence jufqu’à tuer le Prêtre “dieu. Auf-tôt frappés de la pli ils envoyérent confulter Forack dont [a réponfe fut que, pour 4, païfer Bacchus , il falloit lui im. moler ün jeune garçon, qui el atteint l’âge de puberté, Mais, dit que peu d'années après, le dél, lui-même fubltitua une chevi la place du jeune homme ; qu alloïent égorger ; de - là vit k e) Pauf, p, 554 | (d) Pauf. p. 8r, ( B À farnom d’Égobolus. BACCHUS ÉSYMNÉTE, (4) Bacchus. Æfÿymnetes ; Aréyuss A'ivuurpruc , recevoit les honneurs divins à Patra. [l'a déjà été parlé ci-deffus de Bacchus. Éfyimnéte. Nous ajoûterons ici, que le peuple choïfifloit, parmi les plus honnêtes gens de la ville, neuf hommes àr autant de femmes , pour être les minifires de {on culte, Sa fête fe célébroit tous les ans ; & la nuit, : RE , A di qui la précédoit , le prêtre du dieu apportoit le coffre, dans lequel on gardoit fa ftatue, & la tiroit de ce coffre. On pratiquoit enfuite la cérémonie fuivante. Tousles en- fans du pais fe rendoient fur le bord du fleuve Milichus, couron- nés d'épices de bled, & dans l'ap- pareil de ces viétimes que l'on im- moloit à Diane ; mais, du tems de Paufanias , ils dépofoient {eule: ment leurs couronnes aux pieds de la déefle. Enfuite, ils fe la- voient dans l’eau du fleuve , re- prenoient des couronnes de lierre, & s’en alloient au temple de Bac- ‘chus Éfymnéte. BACCHUS D'ÉLEUTHÈRE , Bacchus : Éleutherens , Arbrusce B'reufepede, (b) Ce furnom de Bac. chus fignifie Libérateur. Il étoit honoré à Athènes fous cette dé- nomination. Îl y avoit un temple, qui n'étoit pas fort grand, & où l'on portoït la flatue du dieu tous les ans à certains jours. Elle étoit d'or & d'ivoire | de la façon d'Alcrmène, Îl y avoit dans l’Attique une (a) Pauf, p.436 CB) Pauf. pag. 34, S4s 72e Ce) Pauf, pag. 453, B A 87 ville du nom d'Éleuthère; & c'e de-là que Bacchus prit le nom . d'Éleuthère. Les habitans de cette : ville avoient un temple dédié à ce dieu ; dont la ftatue avoit été tranfportée à Athènes ; car, celle qui fe voyoit à Éleuthère, du tems de Paufanias, n’étoit qu'une copie de l’autre. BACCHUS LAMPTER, Bac- chus Lampter, Arovvre, Aaumripe (c) Le temple de Bacchus Lamp- ter fe voyoit à Pellène vis-a-vis du bois confacré à Diane confer- vatrice. Ce dieu étoit ainfi fur nominé à caufe des illuminations que l’on faïfoit à fa fêre ; & l’on appelloit cette fête Lampteria. En effet, on allumoit, durant la nuit, un grand nombre de flambeaux ; & le vin couloit dans toutes les rues. BACCHUS - LEUCYANITE , Bacchus Leucyanitas., Aicrures Asuxværiraæc, (d) Ce dieu fut ainfi furnommé de la rivière de Leu- cyanias , fur les bords de laquelle, on lui avoit bâti un temple. BACCHUS Evsius, Bacchus Lyfius ; Aidivoos Avis. (e) A Corinthe dans la place publique, il y avoit plufieurs temples, où, entr'autres ftatues, on en remar= quoit deux de Bacchus en bois, toutes deux dorées, excepté le vi- fage , qui étoit peint de vermil- lon. On nommoit l’une Bacchus Lyfus, l’autre Baccheius, Voici à quelle occafion elles avoient été confacrées. On dit que Penthée fe déchaina infolemment. contre çd) Pauf. pag. 385. (e) Pauf, pag. 88, 89, 98: 566, | Fi 88 B A Bacchus , & qu'après plufeurs marques de méptis , il voulut fça- voir ce qui fe pañloit dans les my tères , que les Bacchantes célé- broïent en l'honneur du dieu ; que pour cela , il monta fur un arbre du mont Cithéron, & qu'il dé- couvrit tout. Mais, les Bacchan- tes l'ayant apperçu s’en vengérent & le mirent en pièces. On ajoûte que loracle avertit les Corin- thiens de chercher l'arbre où Pen- taée étoit monté , & quand ils l'auroient trouvé , de. l’honorer comme le dieu même. Ce fut alors qu'ils confacrérent à Bac- chüus nos deux flatues , faites du. bois de cet arbrelämême. On voyoità Thébes, près du théatre , un temple de Bacchus furnommé Lyfus , parce que des Thraces ayant emmené quelques Thébains captifs , lorfqu'ils furent atrivés au pais des Haliartiens , le dieu fit tomber les chaînes des Thébains, & endormitles Thra- ces ; ce qui donna aux prifonniers le moyen de tuer leurs gardes & de regagner Thébes. Dans ce temple, outre la ftatue de Bac- chus , on en voyoïit une , que les Thébains difoient être de Séme: lé ; mais, on n’ouvroit le temple que certains jours de l’année, _BACCHUS MéÉranéeis, (a) Bacchus Melanægis, Aisruoos Me aarayié. Îl y avoir à Hermioné un temple, dédié à Bacchus Mé- lanégis. Le dieu y étoit repré- fenté en bronze, appuyant un de fes pieds fur un dauphin. Tous les (a) Pauf, pag. 157. (6) Pauf. pag, 542. (c) Pauf, p.75. Det 2. B A ans , on célébroit en fon home des jeux publics. Les mufñdn, les nageurs & les rameurs y di putoient le prix entr'eux. : BACCHUS Mésapeus, Bi chus Mefadeus , Aiovoco Mae d'evc, Voyez Bacchus Anthéns - BACCHUS ze MYSTÉRIEU, Bacchus Myfles, Ardrucoc Murs () Sur le chemin de Tégéi, Argos, on trouvoit un temple dl Bacchus, furnommé le Myle. TX Fat rieux. Ë BACCHUS Nycrérius, (Ni Bacchus Nyékelius, ArvocceNit Tele, avoit un temple à Mépat. Ce temple étoit fur le chemise qui conduifoit du bois facré deluh AA PURE Le . Pitér à une citadelle, nommé&lh Carie. Bacchus Nyétélius well dire Bacchus le noëturne , ouqih aime à veiller, du mot Grecwi PUMTIC ; nOX , ns , la nt BACCHUS Parroës, Pitt chus Patrois, Aéyvcos Uarrie (&) Bacchus Patroüs , recevoitlas honneurs divins à Mégare. Oil voyoit dans cette ville la {tatuedi Bacchus Patroüs, avec un rempii dédié au dieu. “2540 BACCHUS Pozrrës , Ba chus Polites ; Arrucos Uni Voyez Axitès.. ë BACCHUS Psrias, Bach Phlas, Dicwcos Visas. (e) Ds habitans d'Amycle _honoroïl particulièrement Bacchus Pfls Ts lui donnoïent ce furnom pl une raïfon aflez ingénieufe ; cal, Pfila, en langage Dorien, fist fie la pointe de l'aile d’un oifel (4) Pauf, p. $r. Ce) Pauf. p, 199. B A Or, il femble que l'homme foit emporté & foûcenu par une poin- te de vin , comme un oïfeau dans l'air par les ailes. BACCHUS SxoTEs , Pac- chus Saotes, Auvvros Sewrus. (2) C'eft comme qui diroit Bacchus le Sauveur. Ïl y avoit à Troëzène un autel de Bacchus Saotès. Cet autel lui avoit.été dédié en confe- quence d’un certain oracle, Pau- fanias parle ailleurs d’un temple ‘confacré à Bacchus Saotès, où le _dien étoit en bois & aflis. BACCHUS , Bacchus, Aucru= co , (D) ticre d’un dialogue de Lu- cien. C’eft l’entreprife de Bacchus contre les Fndes , que ce héros, felon Lucien, ft malgré la raillerie desuns,& la compaflon des autres, qui croyoient qu'il feroit écrafé par les éléphans , quand mêmeil échapperoit à la fureur des ar- mes ;-car , fon armée n'étoit com- pofée que de femmes , éprifes d'une fureur divine, qui, au lieu de boucliers, portoient des tam- bours &r des cymbales ; pour lan- ces ou javelots, des bâtons éntor- tillés de lierre ; au lieu. d'armet, des girlandes du même arbre; & pour harnoïs , des peaux de bi- ches & de Panthères, Elles étoient füivies d’une tronpe de Satvres, qui ne faifoient que fauter & dan- fer, comme de jeunes chevréaux, dont ils avoienc la queue & les cornes. & Bacchus étoit auffi cornu, mais fans barbe , vêtu de pourpre avec des brodequins dorés & des pam- pres chargés de raifins , entrelaffés (#) Paul. pag, 144, 158 TZ ; BA 89 parmi fes trefles. Il éroit monté fur un char trainé par des tigres, qui étoit tout ce quil y avoit d'efroyable. Ses deux lieutenans étoient ; l’un un petit vieillard ca- mus , tout tremblant , vêtu de jaune, avec de grandes oreilles droites, & nn gros ventre, monté la plüparc du tems fur un. âne, ou, a fon défaut, appuyé fur un bâton, mais du refte grand capi- taine ; l’autre, un Satyre commu, avec des cuifles velues , la barbe & les pieds de bouc, qui tenoit de fa main gauche une flûte, & de l’autre un bâton courbé, & cou- roit par tout le camp en fautant & danfant, & faifant grand peur aux femmes ; car, il étoit prompt & colère. Etlorfqu'il s'approchot, elles couroïiert toutes échevelées, criant éyoheé , comme le recon= noiflant pour maître, Cependant, ces. enragées, entre leurs autres exploits, mettoient en piéces les troupeaux, & en mangeoient la chair crue. Les Indiens, voyant unf gro _tefque équipage ; plus propre à un balet , quà un appareil de guerre, dédaignérent d’abord de prendre les armes , & voulurent envoyer leurs femmes pour les combatre, de peur de ternir leur valeur par une mdigné viétoire. Mais, lorfqw'ils eurent appris que cette armée , quoique ridicule, mettoit le feu par tout, ils s'ar- mérent en hâte; & montant {ur leurs éléphans, ils vinrent, pleins de rage & de dépit, rencontrer ces boute-feux. Quand ils furent 3 @) Lucian. Tom,Il. pag. 509. d Jege 90 BA en préfence , ils fe rangérent en bataille , couvrant d’éléphans le front de leurs troupes. “Bacchus rangea aufli fon armée , & mit Silène à la droite, qui étoic ce gros camus , dont nous avons parlé, & Pan. à la gauche, Pour lui, il fe plaça au milieu 5 Après: : avoir répandu par tont les Saty- res , comme autant d'officiers & de capitaines, & donné pour mot évohe. Aufh-tôt, les Bacchantes fonnérent la charge avec leurs petits tambours & leurs cymba- les ; & un Satyre ayant entonné un cor, l’äne de Silène commen- ça à braire fi terriblement , qu’ai- dé du heurlement des Bacchantes, qui découvrirent alors le fer de leurs. thyrfes & les ferpens,, dont elles étoient ceintes., il fit prendre la fuite aux Indiens 8e à à lbs 6 élé- phans , avant qu'ils fuffenc à la portée du Javelot. [ls fürent donc défaits &t affujettis, ayant appris à leurs dépens, qu'ilne faut ja- mais méprifer fon ennemi. (a) Il ÿ a un autre dialopue de Lucien, qui eft intitulé, Dialogue d Apollon € de Bacchus. C'eft un des dialogues des dieux. : BACCHYLIDE , Bacchylides, Baxyvaiane, (8) poëte Grec, qui naquit à Julis dans Pifle de Céos. Il fut par conféquent compatriote de Simonide , dont il étoit même ke neveu. Suidas le dit fils de Mé- don & petit-fils de l'athléte Bac- chylide. Mais ; le Gyraldi prétend que dans le Lexicogriphe , il faut {&) Lucian. Tom. I. p» 177.-@ feq. (b) Suid, Tom. I. pag, 529. Strabon. pag. 486. Roll. Hift, Anc. Tom. I. pag, 340 Tom, VI, pag. 142, Mém.. B A lire Milon, au lieu de Médon, il allégue pour garants les Scholafn tes de Pindare, qui n'en difent rien, & un vers Grec , quil m cite Ports & dont il ne nomme. point l’Auteur. Sur ce pied-R,,il. faudroit l'en croire fur fa paroles mais, c'eft ce qu'on n'ofe exists des Leéteurs. La chronique d'Ede. fébe place Bacchylide dans la 83% Olympiade, puis dans la 87e; & ces deux dates n’ont rien d'incom. patible , puifque ne comprenai à que l’efpace de vinge-quatre ask rien n'empêche qheice Poëte n'at pu fleurir encore fort au dé-là il s'établit dans le Péloponnèfe, & y compofa la plüpart de fes où vrages, felon Plutarque. Il écrit en dialeGte Dorique , ainf que foà oncle & Pindare , fon contempo: | rain & fon rival. È Ils chantérent l’un & lPautrels, victoires d'Hiéron , remporté | pute IRLERIPEE dans les} Jeux publics de la Gréce;! &c peut-être les poëfies de Bas chylide plurent -elles afez à dl Prince, pour excxer la jaloufe de Pride Celui-ci ne'put s’en taie Îlen marqua fon mécontentemeith dans une de fes odes an | où il défigne fon rival , fans Kk nommer , & s'efforce de 1 décrigt | auprès d' ère comme l’oblerk ve le Schokhaîte. Si] en-faut croltl le Gyraldi; Porphyrion, l'ancit commentateur d'Horace , ant que l’ode de celti-ci, Paflor cl traheret per freta navibus , 8 où il fait prédire par le dieu Ne de PAcad, des Tifeuipe, & Bell, Lei Tom. HI. pag. 378, 279. Tom. V pas, 158, ia 202. &' fniv. To XI, pe 259,20 fuiu. BA rée à Pâris les malheurs de Troyes, n'eft qu’une imitation de celle; où Bacchylide mettoit les mêmes prédictions dans la bouche de Caf- fandre. Mais , c’eft de quoi l’on ne trouve pas un mot aujourd’hui dans ce vieux Scholiafte Larin, Ammien Marcellin témoigne que les vers de ce poëte Grec faifoient les délices de l’empereur Julien, .& qu'il eh citoit fouvent un pafla- ge , où Bacchylide , en louanr un habile peintre , qui fçait embellir Un portrait, compare cet arc avec à pudeur , qui jetre un nouvel éclat fur la vie héroïque d'un Grand-homme. H ne nous refle que quelques fragmens des poëlies de Bacchyli- de, qui étoient de plus d'une ef- pèce ; quoique renfermées, pour la plüparc dans le genre Lyrique. Îl'avoit compofé ; r.° Des vers amoureux; 2.° Des odes fur les victoires des Athlétes; 3.9 Des profodies ; 4.° Des dithyrambes; 5° Des hymnes; 6.° Des péans; 7.° Des hyporchemes; 8.9 Des parthénies. 11 faut confulter, {ur tous ces ouvrages , la bibliothèque Grecque de M, Fabricius. Il rele- ve une méprife du Gyraldi, qui, fur la foi d'Élien, nous parle de trois autres Bacchylides , l’un Athénien, les deux autres Arca- . Giens ; au lieu que cet hiftorien * “Grec ne dit rien de ces trois Bac- chylides , faifant mention feule- ment de trois hommes, nommés. Bakides , parmi lefquels il y en avoit un d'Athènes, & un autre (a) Cæf. de Bell. Gall, L. 221, “être qu'une VI, pag. | () Maccab. L.H. c: 12 v: 35. B À “0T d'Arcadie; mais, on trouve dans Suidas un fecond Bacchylide, poëte originaire d'Opunte , & que le poëte comique Platon range parmi les Sophiftes, que celui-ci jJouoit dans une de fes piéces. BACCON. Voyez Bacon. BACCONIQUES, nom que l'on donnoit à certains vaifleaux - à mettre fur la table. C'étoit par- ce que l’on y fervoit du porc, appellé anciennement Bacon, ou Baccon. … te _—. BACENIS , Bacenis , (a) nom d'une forêr de Germanie, qui {- paroit les Chérufques des Suèves. Selon Céfar , c'étoit une forêt d'une grandeur immenfe, qui s’é- tendoit fort avant dans le pais , & qui fervoit de barrière naturelle entre les Chérufques & les Suë ves, pour arrêter les hoftilités na- turelles de ces deux peuples. C'é- toit à l'entrée de cette forêt, que les Suèves fe retirérent à l'appro- che de Céfar, qui avoit pañlé le Rhin. - La ficuation de cette forêt, la fuite des Suèves, qu'un Géogra- phe moderne dit être les mêmes ue les Cattes , qui s'éloignent du hin de plus en plus; tout cela fait voir que cette forêt ne peut aue de la forêt, nommée aujourd'hui le Hartz, qui s'étend encore à préfent très- loin , quoiqu'on en ait détruitune très- grande partie. : . BACENOR , Pacenor , (b) Baxirup; avoit parmies gens un certain cavalier , nommé Dof- + A 92 BA thée, qui étoit un vaillant homme. BACHIE, Bachium , (a) ifle de la mer Égée fur les côtes de PAñe Mineure. Elle eit appellée Bachine dans Pline; & ce Géo- Fu la met auprès de Smyrne, ite-Live, quila nomme Bachie, dit qu’elle commandoit Phocée, _ Comme les Romains, lan 190 avant J.C., avoient deflein d’al- ler à Phocée, ils vinrent mouil- ler à Bachie; & après avoir pillé les temples , qu'ils avoient refpec- tés d’abord, & en avoir enlevé les ftatues, qui étoient très-belles & en grand nombre dans cette ile , ils s’approchérent de la ville même , dans le deffein de lui don- ner l'affaut. Mais, jugeant que fans le fecours des ouvrages & des travaux , il leur feroit impof- fible de l'emporter avec leurs feu- Jes armes & leurs échelles, fur tout depuis qu'un renfort de trois mille hommes, envoyé par An- tiochus, y étoit entré; ils aban- donnérent aufli-tôt ce projet, & ra- menérent leurs vaifleaux, bornant toute leur expédition au pillage des terres , qui étoient au tour de la ville. BACHIQUE. Voyez Bacchi- ue. BACHOR , Bachor, ou Ba- CHORE ,; Bachora , (b):qu’on nomme aufli Chorame , eftla mê- me chofe que Bahurim. Voyez Ba- hurim. CAE TRE RENTRER B À BACHTAN , Bachtan, nome d’une pierre , que les Ifmaëlitesis c'eft-a-dire, les Arabes adoroiente comme une idole de Vénus. Ilsdes foient qu'Agar avoit conçu ffinatlh fur cette pierre, ou bien qu'Abta » ham y aitacha fon chameau,| quand il voulut Gcriñer Ifaac, Où k y avoit reprefenté la forme d'un tête. ca BACIS , Pacis, Béue, (c) fs meux Athléte, qui étoit de Træ, zène, Il fe diftingua particulière. ment à la lutte; ce qui lui mérite l'honneur d’une fatue à Olympik Cette ftatue étoit un ouvrage, Naucydés. A: BACIS , Bacis, Sue, (d)! célebre Devin, qui naquit en Beo:k tie. On ditque ce Devin , infpitl + ! parles Nymphes, fit diverfes pré Ë didions à plufieurs peuples dehh Gréce, & fur tout celle-ci, a fujet du retour des Mefféniens: | Sparte alors expofte à de facheut| L: TeVers - ë pe RER F F Verra d'un. œil jaloux Mefst triomphantes Paufanias affure que Bacis avoit} prédit non feulement le fiége di. ra, mais même la manière doit, elle feroit prife ; témoin ce vers! La tempête & les vents contre Ii conjures. Bacis avoit auf prédit l'xrup*| : z VAT tion des Perfes en Gréce: Iln'étolt, (a) Plin. L: L pag. 287. Tit. Liv. L, } pag. 267, 632. : eg. Cicer. de Divinat | XXXVIL. €, 21. (&) Jofeph, de Antiq, Judaic. pag. 230. (c) Pauf. pag. 359. (42 Suid, Tom, [, pag. 528, Pauf, = L. I, c, 34. Mém. de l’Acad. des Infcrin, & Bell. Lett. Tom. XII. pag: 17%) Tom, XIX. pag. 160. Tom. XX, pag. 192 B À pas moins célebre par fes opéra- tions inerveilleufes , que par fes prédictions. Îl guérit par des pu- tifications les femmes Lacédémo- ennes, qu'une efpèce de manie avoit faifies, Le fiécle de Bacis nous eft in- connu. Ses prédictions formoient: un recueil, qui portoit fon nom. On ne peut douter que ce recueil ne fût déjà célebre au tems d'Hé- rodote, puifque cet Hiflorien en fapporte quelques oracles, qu'il applique à des événemens de la guerre de Xerxès. M. Fréret ne croit pourtant pas qu'il fût beau- coup plus ancien , puufquon y voit le nom des Perfes, qui n'a pu être connu des Grecs, que de- puis la conquête de la Lydie par . Cyrus, & dont Efchyle, contem- potain de Darins, eft probable- ment le premier , qui fe foit fervi. Sa tragédie eft poflérieure à l’an 510, Ë à la bataille de Marathon. BACIS , Bacis , Béus, (a) nom d'un taureau, qui étoit con- facré an Soleil. On ladoroit à Hermonthi , ville d'Égypte; & felon Macrobe , il changeoiït de couleur à chaque heure du jour.Son poil croïfloit en haut , enforte qu'il étoit toujours hériflé contre la coûtume des autres animaux. BACON , oz Baccow, (4) terme , qui fgnifoit un porc en- granlé, ee. dénomination fe trouve dans le teflament de Léo- debode , abbé de Fleuri & dans les donations de Saint Didier, évêque d'Auxerre , à fa cathédra- (4) Antiq. expl, Montf. T, II. p, 309. (5) Mém, de Acad, des Infcrip. & B A 05 le, qui font des piéces du com mencement du feptième fiécle. Le grand nombre de citations du Gloffaireau mot Baco, pourroïent faire remonter jufqu’à cetre haute antiquité, la coûtume fuivant la quelle le clergé de léglife de Paris étoit autrefois nourri de porc, à certaines folemnités. Parmi les ti- tres dü chapitre de Notre-Dame, il y en a un qui fait menrion des redevances, dites de carribus por- cinis ; & c'eft peut-être à ces re- devances, qu'il faut rapporter l’o- rigine de Ja foire des jambons, qui , de tems immémorial, {e tient chaque année un des jours de la Semaine fainte au parvis de l'élite de Notre-Dame, Au refte, le goût des Germains &t. des Francs pour Ja chair de porc n'exclut pas l’ufage des autres viandes. La loi Salique fait men- tion de vaches @ de veaux , de brebis & d’apneaux. Clotate I, fe rendant les Saxons tributaires, voulut que chaque année, ils ame- naffent au fifc cinq cens vaches ; & ce tribut fut exaétement payé, jufqu'au tems où Dagobert les en difpenfa, BACTAILLÉ , oz Becri- LETH $ 04 BaicTiLaiTR, (c) noms communs à une plaine, fi- tuée dans la Syrie Cafotide, entre Hiérapolis & Antioche. Ce fut à l'entrée de cette plaine, qu'Holo- ferne-joignit fes troupes qui s’y étoient raffemblées. Deé-à à Nini- ve il n'y avoit que trois journées de chemin. par D. Bern, def Bell, Lett. Tom. XVII. pag. 198, (c) Mém. de PAcad, des Infcrip, & Bell, Leti.. Tom. XXI, pag. s4. BA IE ACTRES. Battra, - (a) ville d'Afe : Re de la Baëtriane. Elle porta d'abord le nom de Zariafpe, au rapport de Strabon & de’Pline. Nous lifons dans Quinte -Curfe , que la ville de Baëtres étoit fituée au pied du mone Paropamife, fur les bords du fleuve BaGrus. Mais, Prole- mée veut que cette ville fût aflife fur les rives du fleuve Dar- gyde. D'autres prétendent que Zariafpe éroir le nom du fleuve, qui arrofoit Baëtres. Strabon & Pline s'expliquent là-deflas d'une manière forc obfcure, On ne fçau- roit diflinguer , d’après leurs ex- prefhons, fi le fleuve, dont les murs de Baétres étoient baignés , fe nommoit ou Bactrus ou Zariaipe. Quoiqu'il en foit , cette ville étoit très - confidérable , dès le tems dei Ninus, fameux roi d’Af- fyrie. Enefler , ce Prince, à qui tant de conquêtes avoit déjà ac- quis la plus grande réputation , réfolnt d'y joindre celle de la Bac- triane. Î] partit de Ninive, avec hne armée formidable , accom- pagné des principaux Seigneurs de fa cour. Apres une bataille long-téms difputée, & que perdi- rent les Badriens, coutes les villes ouvrirent leurs portes à Ninus, Baëtres fut la feule qui arrêta la rapidité de fes conquêtes. Deux (a) Diod, Sicul. pag, pag: 68, 715 74, S14:.516. Plin. T . Page 313 ; 4 Prolem, L, VI, c. 113-0 GUr EE CO SES TV, ec: SL: Ve BE À © ro Mémde Letr:T, III. pag. 366 ; 368, Tom. XVII. pag, PAcad. des Infcripr. & Bell. 138. (b) Prolem, EL. VI, ç. 11. Strabon, 66 ; 67. Strab. PAT B À chofes contribuoient à relever ke. courage des habitans, la force del Ja place, & la nude de ce qui la défendoient. On eut bals preffer le fiège, il n’avançoitaits -très-lentement ; & il ne létot, guere plus que le premier jours lorfque Sémiramis arriva au camp Étant allée reconnoitre la pi elle apperçut que la citadelle-ne À toit gardée que pat un petit no!) bre de foldats , & que ces foldaie dans le téms des attaques, accols roient tons à la défenfe des polis. les plus expofés. Trop habile pou ne pas profier de la néplig nt à des ennemis, elle forma le dell d'attaquer la ville du côté delà citadelle, Un jour donc qu’on doré noit un aflant, elles avança ave a un corps de troupes , & n'eut pl de peine a s'emparer d’un endroih. que la trop grande confiance dk afhégés avoit laiflé fans défenfeu | Aüïnii fut prife la capitale de laBes @riane. Ninus , fenfible à un fr. vice de cette importance, combi. de préfens cette Princefle, di lui faccéda depuis au A des Aflyriens. On croit que la ville de Babe eft celle qui prend aujourd'hui} nom de Balkh , à | | Perfe du côté de l'Orient. BACTRIANE, Padriana, (il BaxrTpiavy, contrée d'Afe, port rxés, r Pi 72 5 516, 517. Pomp. Mel pag pl «Pline Tom I, pag. 313 , 354, 324441 660, Q. Ourt. L, IV. ©, 6, 12. Eh A ES 2 A me A Den e Le VALT, si ES TX."c 7 Herod. «EL. 1: 2: 153 L III, c. 92. EL, VII. c. 68, 86. nr Sicul, pag, 606, 614; É. 6301. 648 Dom Vaifr, Géog. Hit, Oil ? B A à l'occident par la Margiane , au feprentrion par la Sogdiane , à lorient par les montagnes , & au midi par le Paropaiile. - Cette contrée étoit entreconpée & enfermée de montagnes de tous côtés, & arrofée d’un nombre de fleuves, tels que le Dargidus, l'Icarus, le Baëtrus, le Dargo- manes, le Zariafpe’, l’Artamis & l'Oxus, dans lequel prefque tons ces fleuves alloient porter leurs eaux. Ptolémée fait mention de _plüfieurs peuples, qu'il place dans _ les divers cantons de la Ba@riane, Les Salatares habitoient au {p- . tentrion du pais, le long de .l'Oxus. On trouvoit enfuite les Zariafpes, au midi defquels étoient les Chomares , au-deflous des Sa- latares. Dans le voifinage des Cho-: mares , il y avoit les Comes , puis les Acinaces & les Tambyzes. Aux Zariafpes étoient contipus les Tochares , nation confidérable ; après quoi, on trouvoic les Mary- ces, les Scordes, les Varnes , les Avadies , les Orfippes & les Amarifpiens. : Îl y avait,chezces différens peu- ples, quantité de villes. On trou- voit , le long de l’Oxus, Chatra- chatte, Charifpe, Choane , Suro- gane , Phrati ;:& le long des au- tres fleuves, Alichorde, Choma- te, Curiandre, Cuaris, Aftacane, Tofmuanafle, Menapie, Eucrati- die, Badtres, capitale du païs, se » Maracande, Maraco- re. La Baûriane avoit des contrées _& Eccléf. Tom. IX, pag, 116, 117. Mém, de l'Acad. dés Infcript, & Bell, Eett, Tom, IX, Pagr 361, 362, 366, B A $. \J'une nature bien différente, En certains endroits, tout étoit cou verts d'arbres & de vignobles, qui portoient quantité de fruits & de vins délicieux, En d’autres la terre étoit plus grafle & arrofée d'une infinité de ruifleaux , où étoient ces belles prairies d’une % longue étendue. Les terres les plus legéres étoient réfervées pour le froment , & les autres fervoient à nourrir du bétail, Maïs, d’un autre côté, qui contenoit la plus grande partie du pais ,‘ce n'étoient que campagnes de fablons arides , que les fécherefles rendoïent inhabita- bles , & où il ne croifloit aucun. fruit. Quand les vents de la mer du Pont y foufoient , ils empor=- . toient cout le fable, qui étoit dans les champs ; & quand ce fable étoit ramañlé , il paroïfloit de loin comme de grandes collines, & l'on ne voyoit plus de chemin; de façon que ceux , qui traver- {oient ces plaines , obfervoient les aftres la nuit pour drefler leur route, comme fur la mer. Ang, lon n’y pouvoit voyager de jour, tant parce qu'il n’y avoit aucune trace, que l’on pô fuivre, qu'à caufe que ces vents excitoient des vapeurs fi épaifles ,, qu'on n’y voyoit guere plus clair de jour que de nuit. Au refle , fi cette tempête furprenoit les paflans, elle les enfeveliffoit dans le fable ; mais , dans les lieux fertiles, il y avoit quantité d'hommes & de chevaux. Les Ba@riens furent foumis de & fui, Tom. XVI. pag. 243. Tom. XXV, p. 17. &' fui. DÉS BA très-bonne heure à des Rois. Zo- roaftre, felon Eufébe, ou Oxyar- tes, felon Diodore de Sicile, re- -gnérent dans la Badtriane, & fu- rent contemporains de Ninus, qui leur fit la guerre, & leur enleva leur pais. Fous les Hiftoriens con- viennent que la Baétriane fut fub- juguée d’abord par les Affyriens, & enfuite par les Perfes fous Cy- tus le Grand. Elle tomba après cela fous la puiflance des Grecs. Théodore fut le premier qui porta le titre de roi de la Ba@triane, & : qui fonda cet Empire, vers lan 255 avant J, C. Il eut des guerres à foûtenir contre les rois des Par- thes, qui venoient de fonder, dans le même tems, un puiflant royau- me, En mourant, il laifla fes États à lhéodote IT fon fils, & celui-ci fat tué par Enthydème le Magné- fien , qui fe fit déclarer Roi. Ce dernier eut pour fuccefleur Mé- nandre , fon fils, qui fit de grandes conquêtes au de-là du mont Imaüs & dans l'Inde, On prétend qu'il pénétra même jufque chez des peuples Scythes , que Strabon ap- pelle Svpo & Dour, Après Mé- nandre, les Grecs furent gouver- nés par Eucratidès, qui fut tué par Eucratidès IT fon fils, dernier roi de la Baëtriane. Ce royaume fut très-floriffant , pendant que les Grecs en étoient les maitres ; & il paroït que ces peuples , aufli-bien que les Par- thes, leurs voifins , pénétroient fort avant dans la Scythie & dans l'Inde, & qu'ils avoient, ou étoient à portée d'avoir, une grande con- noïlfance de tous ces pais. Sous le reone de Théodote EF, Tirida- K B À te , roi des Parthes , obligé def devant Séleucus, roi de Syrkk s’étoit retiré chez les Saces, ln Scythe Afpafiaci ; qui dowal être les Scythes du Captchac,t tués au nord de Sihon, & quifois moient alors un royaume ts confidérable , que les Chinois pellentKam.Kiu. Ménandrearik de même porté la guerre chezlié Scythes, qui habitoient au note eft du Jaxarte. Euthydème & D métrius, d’un autre côté > VOIES pénétré Jufque dans les Indes, àln tête de leurs armées. Eucratidsh après avoir foumis plufebrsprs vinces voifines , y étoit auffi enfin dans la fuite. Ces Grecs en furtls dépouillés , vers lan 144 avale Je C:par Müthridate , frere dh Phraate, qui s’étoit avancé juiqus dans le royaume, où Porus avole, regné, Fousces vaftes païs, l'Indis le Khorafan , le royaume ts Grecs, ne formoient , pour aillh dire, qu'un très-vafte Empitis dont les provinces Les plus élok, gnées étoient unies par un COMM merce réciproque. Les peuplé du Khorafan, les Parthes & lens voïfins portoient dans l’Inde &k. produétions de leurs pais, pes dant que les Indiens venoient ts fiquer dans le Khorafan & dans les environs. < Telle éroit la fituation del Ba@riane , lorfque quelques Nas tions , qui demeuroient dans l'O, rient , fur les frontières occide talès de la Chine, obligées paf un Prince puiflant d’aller cherches d’autres habitations , arrivérells dans ces provinces, y een 6. = TR Ce à & ni À Fe Re % # BA le royaume des Grecs, & don- nérent beaucoup d'occupation aux Parthes. Ces nations poffédoïient encore la Baltriane fous les empereurs Adrien, Antonin le Pieux & Va= lerien, Flies en furent enfin chaf- {es par les Huns, lefquels re- gaoïent dangda Ba@triane, du tems de Ladiflas IV, roi de Hongrie, Dans les commencemens, les mœurs des Ba@riens, ainf que cellés des Sogdiens ; ne diférojent pas beaucoup des mœurs des No- mades.Leursfoldatsétoienteltimés les meilleurs du monde ; maïs , ils étoient bruraux 8 netenoient rien de la politefle des Perfes, Comme ils étorent proches voifins des Scy- thes , peuples fort belliqueux, & ui ne vivoient que de larcins, ils étoient tonjours en armes. Ils avoient, comme eux, le vifage afffeux , la barbe hériflée ,; de longs cheveux pendans & une. taille énorme; de manière qu'ils firent peur d’abord aux Grecs ; quinéanmoins les foumirent. Pline - dit que les Baëtriens envoyérent, land CE 142: des amball. deurs à lempereur Antonin le Pieux. Quelques-uns prétendent qu'ils nourrifloient exprès des chiens , pour dévorer ceux , qui Parvenoient à une extrême vieil- lefle, où qui étoient épuités par de longues maladies. On ajoûre que leurs époufes s'abandonnoient IMmpanément aux étrangers. Les Iats ofcient à peine s'en plain- dre, à caufe de l'empire qu'elles avoient fur eux, Elles ufoient de Parfums, fe traitoient & s'habil- (4) Mém. de Acad, des Infcrip, &Bell, Zom, VI, B A 97. loïent avec magnificence. Les ef- cläves avoient plus de refpe& pour elles que pour leurs maris. Elles ne paroifloient jamais en public … _qu'à cheval & avec un appareil des plus fomptueux, étant toutes couvertes d'or & de pierres pré- cieufes, La Sogdiane fit anciennement partie de la Ba@riane, Quand les Grecs f furent emparés de ce pais , ils le diviférent en Satra pies , dont deux, Afpionia & Tu- tiva , furent détachées par les Par. thés, comme nons l'avons déjà remarqué. Cette contrée eft repréfentée aujourd'hui par la grande Bouka- HE ; Qu'on partage en trois provin= ces , qui font celles de Bouckara, de Maruarhennar ou de Samar- kand & de Balek. Les deux pre mières appartiennent aujourd’hui au Kan de Bouckara, quieft très- puiffant, & qui prétend defcendre de Ginghifcan, auffi:bien que les autres Kans des Usbecks ; & Ja troifième à fon Kan particulier, Les deux premières provinces , féparées au midi du Khorafan par le Gihon, furent conquifes par les Arabes Mofumans au commencement du huitième fiécle de l'Ére Chrétienne. Elles furent enfuite poflédées fuccefivement par les Samanides, par les Kho- warefmiens, par Ginghifcan & par Tamerlan, Les Tartares Uf- becks les conquirent enfin en 1526 fur la poitérité de ce der- ner ; & ils les potiédent encore. (2) M. Fréret, dans fes ob- fervations fur la Cyropédie de Lett. T, IV, pi 606. & fiv. T. XXL. p, 14, G \ 8 B À bi. | , principalement par » il n’eft plus parlé des Ba@riensi. rappoñt à la Géographie, en fait » mais , au cinquième , on Ih une fur la Bactriane, quim'aparu_ » voit revenir fur la fcène. On aufli folide que lumineufe; &je » lit qu'après la première défams fais bien perfuadé qu'elle ne con- » des Aflyriens, Cyrus trouva, — tribuera pas peu à faciliter l'intel- » parmiles captifs, Panthée fem ligence de certains endroits des » me d'Abradate roi de la Sul anciens Auteurs. C’eft dans cette » ne &c tributaire du roi de Baby vue que je placerai ici en entier » lone. Cet Abradate étoit poil cette obfervation. = ) < lors en ambaffade à la courdik » Xénophon, dit M. Fréret, » roi de la Baëtriane, pour l'en. n parle de la Ba@triane en plu- » gager dans le parti du roi d'Als n fieursendroitsdefa Cyropédie; ».fyrie, parce qu'il étoit amillk » mais, je crois que le païs, au- » allié du roi des BaGriens, Cu » quelil donne ce nom, neftpas >» Jap à ÉTLYXAYE TO TON ”. » celui, que nous connoïflons; »” rpravor Garinei ; Ce qui MONS » & qui eft à lextrèmité orien. » que la guerre des Médes at » tale de la Perfe, entre l'Oxus » fait abandonner celle de la Bat » & les montagnés de l'Inde; » trianeaux Aflyriens. F »_voici mes raifons.. » Si cette Ba@riane étoit . 4 Ë » Au livre premier de la Cy- : » de l'Oxus,onne comprend pal » ropédie, onlit queleroi d'AF » quel chemin Abradate , rot, » fyrie ayant fobjugué les Ara- » la Sufane, avoit pris pour » bes & tous les peuples de Sy- » rendre par terre. [nele ce » rie , & tenant les Baë@riens » voit fairé fans traverfeg la Petk. » afliégés, monopuir d'exar Bax= » ou la Médie dans toute le » Tplouc , penfa que sil pouvoit » lonpueur, au hazard d’être ais » foumettre les Médes & les Per- » rêté par les peuples , doit} » fes , aucune des nations voifi= » étoit ennemi. Par mer ; ouf . » nesne lui réffteroit: Siles Bac- » que la navigation n'étoit pl » triens, dont il s'agitici, étoient » fort connue alors dans ces pail » ceux de l'Oxus , comment Xé- » Orientaux , il falloit toujolih » nophon pourroit-il diré que le x» traverfer une grande partie de » roid'Aflyrie les cenoit afégés , » la Perfe , ou remonter l'Inde ». Toncpro ; Car, cette Baltriane » dans toute {a longueur, & fra » eftuntrès-grand pais? Îlne lui n chir les montagnes prefquif » auroit pas même été poñlible » praticables dans lelquellés ! » de les attaquer , puifqu'il en » prend fa fource; ce qui fai (e » étoit féparé par une difance de » voyage fort long & fort dir, » trois cens lieues & par les états n gereux. : » des Médes & des Perfes, qui » D'ailleurs, quelle apparent » étoient entre la Ba@triane & » qu'Abradate aimant pafhonne, » l'Affyrie. » ment fa femme Panthée , l! » Dans les trois Livres fnivans, .» laiflàt à la cour du roi d'Al LC] 22] 2 » » » LL 2 ED 2 2 De) » 2 Li » ÿ» 3 3) » » 3» ? . y» . ) » » » » » 3 ‘9 » b) 3 » »2] b2] 3» Li » »” rie, jèune Prince emporté , ac- coûtumé à facrifier tous {es in- térêrs à fa pafhon , & qui avoit! été amoureux de cetre Princef= fe? N'eft-il pas plus vraifem- blable que Panthée , qui ché- BE . D . rifloit tendrement fon mari, qui haïfloit le roi d'Aflyrie , auroit accompagné Abradate jufqu’à Sufe, capitale de fes États, & au travers de laquelle il devoit pañler néceffairement , quelque chemin qu'il prit , pour aller dans [a Plndus ? ee z » Il faut donc fuppofer que Xénophon donne ce nom à un autre pais. Le mot Pafler , d’où l’on a formé la Baëtriane., fi- a en\ général l'Orient, le evant, ainfi que l’obferve M, d'Herbelot, & par conféquent Convient à tous les pais, ficués à lorient de le Perfe. Mais, cela ne réfout pas la difficulté ; Car, les pais Orienraux, à l'é- gard de la Perfe, feront tou- jouts féparés de la Syrie par la Perfe même, qui eft à lorient de Babylone, & par conféquent les Aflyriens ne pourront y porter leurs armes fans traver- fer la Perfe, » M. Bochart a conje@turé que la Méfopotamie & l'Aflyrie étoient divifées en deux parties, l'une nommée Zreb, Occident, en de-ça du Tigre, l’antre ap- pellée Æedem , Orient, au de-là du même fleuve. Cette conjec- tare , qui lui fert à réfoudre une difficulté confidérable du Texte facré, pourroit, je crois’, s'em- ployer en cette occafion ; en è< actriane voifine _de » __» 5) 3 » » 2 » 2) » 2) » 2? 3 BA 99 fappofant que les Ari avoient donné ce même nom de Æedem aux conquêtes, qu'ils avoient faices vers l'Orient, & que l’on comprenoit fous le nom de Æedem on d'Orient, une partie de la Syracène & des montagnes des Cofléens & des Uxiens , nations belliqueufes , que Pline nomme Populi libere féritatis.” Néarque , cité par Strabon , affuroit que les feuls Cofléens , dans une grande guerre contre les Sufiens & les Babyloniens , ayvoient mis dou- "ze cens archers en campagne, La fituation de leur pais & limpoffbilité de les forcer dans leurs montagnes, les rendoient fi hardis, qu'ils mettoient fou- vent la Perfe à contribution : & que les rois des Parthes étoient contraints de leur payer un tribut annuel , pour fe ga- rantir de leurs incarfions , pen- dant les voyages qu'ils faifoient tous les ans d'Echatane à Baby- lone. » Les Géographes anciens met- tent les Cofléens au nombre des habitans de la Perfe, Kec- céx épos ITepaifec, dit Étienne de Bÿzance.lls traduifiren: done en Perfan le nom de Kedem par celui de Baader, qui a la même figniñcation. Comme ils avoient été pendant quelque tems à. l'extrémité orientale de l’em- pire Babylonien, on les nom- Ma, Orientaux ou Baûriens, par la même raifon, qui, dans la fuite, fit donner ce nom aux peuples voifins de l'Oxus, à l'extrémité orientale de la Per- Gi - 100 9 3 x 5 .» 3 » 3 » » » ? » 3 » 3 3) » » » 3 » ” » 3 2 3) » » » 5) » » » F 2) -2 3? » 7) fe , aux environs du flenve nommé d'abord Zariafpe & Araxes , mais dans la fuite Baétrus ; ; changement, qui afri= va aufit à la ville nommée de- puis Padra , & qui avoit porté d’abord le nom de Zariafpa, comine le fleuve. Les Perfans modernes nomment cnsore au- jourd'hui toutes ces provinces orientales de leur Empire, Cha- razan ; @& ce nom fignifie feu- lement le Levant. Onfçait que les Grecs modernes ont donné le nom d’Anatolie à l’Afie mi- neure ; qui étoit Je pais le plus avancé vers l'Orient, qu'ils poflédaflent depuis létabliile- ment de l’empire des Califes. Les Romains avoient, par la même rafon, dofiné le nom d'Orient à la. Syrie &t à cette partie de la Méfoporamie, qui confinoit avec les Parthes & avec les Arabes , &t qui étoit par conféquent la frontière orientale de l’Empire. Je pour- rois montrer , par un grand nombre d’autres exemples, que cet nfage de donner aux nations des noms tirés de leur fituation, à l'égard de certains pais , eft prefqu' univerfel; mais, je ne crois .pas.que cela ait befoin de preuves. »-Ces Cofléens , Mardes, Uxiens & autres peuples monta- gnards de l'Élymaide ne furent jamais bien foumis aux Perfans, ni à ceux qui avoient regné avant eux dans ces cantons. Néarque, cité plus haut, aflu- roit qu'ils avoient fait la guerre aux Babyloniens & aux Suñens » 2) : Kara SUYOVXe BA en même terms. Cetrête ven » parle Xénophon; car, dent létabliflement des Perfans ll Sufiane n'a plus fait une pos vince féparée de la Perf les Babyloniens n’ont pontélk guerre ; mais, comme e. dans la füire, le-roi d’Aflyn rechercher Valliance de ti mêmes Ba@riens , qu'il mi peu de tems auparavant bloqué — leurs montagnes, il eftül, raifemblable qu'il avai pl = foumettre. :$ » Au refte , Xénophon ml pas le feul, qui aït mis des Ba liens dns le voifinage del Sufiane. Héfychins dic{aun Nuoæiuc frrouc, chevaux. M féens. ] Meraëo 746 Zovs) xal Ts Baurpiee > TÔT, 5 [ Kara srl dans Suidas, = sh aa di Phavorin | o7ep Emi ra) Nycoc. Entre la Sufrane él Pattriane, 1 y a un lieu ,mf mé Rata Stégona ox Kat : gona; C "efl-dà- dire ; en Lang Grecque, L ifle, &c Ilnyt pas d'apparence que Jon à défigné : un pais, en difant qui étoirentre la Sufiane & la Hi triane ; fa défignation feroi! peu vague. J'aimerois autant figner quelque canton de la Fih ce , en difanc qu'il eft en PEfpagne & le Danemarck: f faut donc chercher une au Ba@riane que celle de Vos) à ci {oit plus près de a 1 B A fiane ; @ cette Badtriane fera celle de Xénophon. Il y avoit dans la Perfe plufieurs plaines avec des haras, dont les che- vaux étoient nommés My/£ens. Il femble même que ce nom étoit celui de cous les grands pâturages , où le roi de Perfe : avoit des haras établis ; & Héfy- chius parle ici des haras del'É- lymaïde , auprès de la Sufiane. Pline parle de la Battriane en plufieurs endroits de fon ouvra- ge; & filonn’expliqieunepartie de ce qu'il dit, de la Bactriane de Xénophon, non feulement il fe contrediroit d'une façon bien marquée , mais il ayanceroit des abfardités palpables. Il eft cependant étonnant qu'aucun de ceux , qui ont commenté cet Écrivain, ou qui ont cité les : paflages , dont il s’agit , n'ait fonpçonné la difficulté , qu'ils contiennent, » Au chapitre XVI du fixième Livre, Pline décrit la Ba@ria- ne voifine de l'Oxzs, fitnée entre le mont Paropamifus & la Sogdiane. Il en parle confor- mément au fyftême des Géo- * graphes, qui-n'ont connu que cette Ba@riane. Mais, au cha- pitre XX VIT du même Livre, ce n'eft plus la même chofe. Voici de quelle façon il s’ex- “prime: Sufz à Perfico mari ab- Junt 250 millia pafluum. Sufra- nis ab oriente funt proximi Cof- fei 3 fupra-Coffeos ad fepten- trionem , Mefobatene [ub monte Cambalido qui eft Caucafi ramus. Indè molliffimo tranficu in Bactros ; Sufianen ab Ely- »» 2. » » » 3 B A To? marde diflerminat amnis Euleus cortus in Medis, medioque [patio cuniculo conditus , ac rurfas exortus & per Mefobatenen lap- Jus, circuit arcem Suforum. La difiiculté de ce paflage confifte dans ces mots, zrdè mollifffino tranfitu in Baëros ; à quoi les doit-on rapporter ? Eff-ce 4 -Caucafi ramus où à Eulens am- nis ?- Faudra-t-il dire que le mont Cambalidus | qui eft au. nord de la Sufane, &c qui eft une branche du Caucafe , eft auffi un paflage très-commode pour aller dans la: Baûtriane ? Mais, outre que la conftruétion Latine ne s’accommode pas avec cette explication, eft-1l vraifemblable que Pline fe foit exprimé aufh pen exaftement ? Comment a-t-il pu dire que le mont Cambalidus étoit un des paffages pour aller dans la Bac. triane , dont il ne s’agit point- là, qui eft éloignée de l'Ély- -imaïde de trois cens lieues ; & qui en eft féparée par plufieurs royaumes fameux, la Médie, la Perfe, la Carmanie , la Par- thie , la Margiane, &c.? Pare donneroit-on aujourd’hui à un Écrivain , qui ; parlant de la Navarre ou du‘Béarn, & dé- crivant une gorse des Pyrée- nées, diroit que c’eft-un pafla- ge très-commode pour aller en ‘Champagne ou en Picardie, lorfqu'il ne s’agiroit point du tout de ces provinces ? D'’ail- leurs , l’expreflion de Pline fe- roit faufle. Au de-là de la Mé- fobatène & du mont Cambali- dus.; ii y a encore de très-rüdes G ii 102 » 3» 3) 3) 22 2) 2? >)] 2 3) 3) » 2 3 » =» 2» » 2) 3) 3 22 >} 3 r2 B À montagnes, de très-vaftés plai- nes défertés, couvertes de fa- ble falé , & par conféquent abfolument ftériles, qu'il faut traverfer pour aller dans la Bac. : triane. [1 ne faut que jetter les yeux fur la carte pour s’en con- vaincre. Aïnfi, il n’y a point d'apparence que Pline ait voulu parler en cet endroit de la Bac- triane orientale , ou voifine de l’'Oxus ; mais plutôt de la Bac- triane occidentale & voifine de la Sufiane. On ne peut même appliquer à la montagne ces mots , zadè molliffimo tranfitu 17 Battros, parce que l'on ne connoïfloit qu’un paflage pour aller dela Sufiane dans la Per- {e , & que ce paflage fe nommoit Sufiane portæ ; & non point les: portes de La Baéfriane. » Îl ne refte donc d'autre parti que dé rapporter ces mots au fleuve Eulaus , & lire: inde molliffimo tranfitu in Bactros Sufianen ab Elymaide difiermi- nat amnis Euleus ortus ir Me- dis, medioque [patio cuniculo. conditus , ac rurfüs exortus , per Mefobatenen lapfus , circuit arcem S'uforum. » Ce qui fignifiera que le fleu- ve Exlæus, qui prend fa fource dans la Médie, fe précipite fous terre & va fe remontrer dans cette partie du mont Cambali- dus, qui eft un paflage com= mode pour aller dans la Bac< triane; que ce fleuve coulant par ce paflage , fépare la Su- fiane de PÉlymaide ; & après avoir traverfé la Méfobatène, va former une ifle dans laquelle en DA 2 ef bâtie la citadelle de Si, Suivant cette explication, |. Bactriane fera dans la Méfou tène, entre l'Élymaide &|\ Sufiane , dans lés vallées À mont Cambalidus ; & c'eft th j'ai fait voir qu’elle devoitét fuivant le fyflême de Xéw phon. SAR » Cetre Bactriane n'eft pal feul païs , ne le nom fe tro. ve répété en plufieurs endroi, différens, Arrien , dans fon hs toire d'Alexandre donne lens de Sogdiane au païs voifin dAt belles ; c’eft que le nom de Sig diane fignifie feulement une walk le; & que ce pais, appel Adiabene ; eft en effet unelit, ge vallée, où coule le Tigre « » Je ne fçais fi le nom dlk Baétriane eft entièrement al dans la Perfe. Un dénombt ment dés provinces & des gb vernemens de ce royaume, pli blé par Oléarius ; & par Sat fon le Mifiionnaire, joint di! Baéthianis aux peuples de l'#b louife on de la Sufiane , &e met au nombre de ces proyir. ces , dont les peuples font pli tôt tributaires que fujets, &loil, gouvernés par un #a/5 ou Pris ce de leur nation. Ce pourris bien être une nation du pais dis Louts où peuples du Louvefut. & du Courdiflan ; car, cs. montagnards ne fone pref, point foumis aux rois de Perf, Ainfi, les Baëtriens de Xeno. phon auroient confervé lei. nom jufqu'à ce jour. -La Bat triane orientale, voifine de l'O xus , porte aujourd’hui le no B À. » de Tochareflan , des peuples » nommés Tochar: par les An- g» ciens, & qui fañoient partie de » cette Ba@riane. Comme ce To- » chareflan eft depuis long-tems » fous la domination des Jouz- » beos, ce ne peut étre le pais des » Batthianis, qui font encore au- » jourd'hui fujets du roi de Perfe.u BACTRIÉNS, Baérii , Bac- triant , Baxrplor, Baxrpraver. C’é- toient les habitans de la Badtriane ou de Baétres, qui fut la capitale de cette province. Voyez Ba&ria- ne, Baétres. : - BACTROPÉRATE, oz Bac- TROPÉRETE, nom que l’on don- noit aux Philofophes par mépris. Îl fignifie un homme à bâton & à beface , étant formé de Céxrpcv, baculus ; bâton ; & de rñpa , pera, poche , beface. C’eft Saint Jérôme qui nous apprend que l’on donnoït autrefois ce nom aux Phi- lofophes. Du Cange croit qu'il faut dire Ba@tropérite , & que c'é- toient des voyageurs, qui portoient un bâton & du vin dans des ou- tres, ainfi que l'explique Papias, _qui les appelle Ba&roperite. BACTRUS, Baërüs, (a) fleuve d’Afie dans la Ba@riane. Il avoit fa fource au mont Paropa- mife. En coulant de-là entre les montagnes , 1] arrofoit Darapfe, &t recevoit les eaux de l’Icarus. . Après avoir baigné les murs de la ville de Baétres, qui en prit le nom, il alloit fe perdre dans l’O- xus, Ileft parlé du Ba@rus à l’ar- ticle de Baétres. Voyez Badtres. BACULUSTP.SExrius], P. Ca) Q. Curt. L. VII. c. 4. Cart. des Affÿr. &c. par M. d'Anvill. () Diod. Sicul, p. 68x. B A. 193 Sextius Baculus. Voyez ‘Sextius, : BACURDE, ou Bacurpus, PBacurdus, nom d'un faux-dieu , qui ne fe trouve que dans deux Infcriptions, rapportées par Gru- ter. Les voici : BACVRDO SACRVM M ALBANVS PATERNFVS OPTIO- Ha L. M TT: STE. CONS, BACVRDO SACRV M T. JVL. FORTVNATVS PROSE ET SVIS V. S. L. M. . Comme ces deux Infcriptions ont été prifes à Cologne fur deux petits autels, & que ce nom ne fe trouve point ailleurs, il eft à croi- re que ce Bacurde étoit un dieu particulier de ce pais. BADACE , Badaca, Brdare, (2) ville d’Afe dans la Sufane. Elle étoic fituée fur les rives du fleuve Eulée, Diodore de Sicile nous a confervé le nom de cette. ville. C’eft à l’occafon d’Antigo- nus , l’un des lieutenans généraux d'Alexandre le Grand. Ce général , après une perte confidérable qu'il venoit de fai- re , fans pouvoir même y appor- ter aucun reméde , prit le parti de reculer du côté de Badace. Mais, $ G iv I 04, B A comme cette route étoit expofée à toutes les ardeurs du foleil, plu- fieurs de fes foldars tombérene morts ; & le refte de {on armée fe laïffa aller au dernier décourage- inent. Cependant , ayant demen- ré quelques jours dans la ville de Badace, il procura à fes foldats des rafraïchifflemens, qui les f- rent un peu revenir; après quoi, il jugea à propos de pañler à Ec- batane de Médie. _ Il y a des leçons de Diodore de Sicile , qui portent Bagade , au lieu de Badace. - BADACER , Badacer, (a) Bad exp, capitaine des gardes de Jéhu , roi d'Ifraël, [1 fut chargé de jetter dans le champ de Na- both de Jezraël, le corps de Jo- ram, fils d'Achab , que Jéhu avoit percé d’une fléche, _BADAD , Padud, Bopad , (B) étoit pere d'Adad, qui repna fur le pais d'Édom. BADAIAS , Badaïas , (c) Badalx , un des enfans des Pré tres, qui, au retour de la capti- vité de Babylone , fe trouvérent avoir pris des femmes étrangères. TI! confentit, comme les autres a s'en {éparer & à offrir un bélier pour fon péché. BADAN , Padan , Bapéx, (a un de ceux qui délivrérent Ifraël : car , il eft dit, au premier Livre des Rois, que le Seigneur en- VOya , pour fauver [fraël, divers lhbérateurs | comme Jérobaal ; (a) Reg. L. IV. c. o. v. as. ç> Gêne. c, Cs 1. V, 46. : {c) Eldr. L, 1.-c.. 10, v. 35° 4) JFudic, Co 10, V. encore contribué à Te, 12.-v. 11. Paral. 26. ve 35° Paral, EL, TI, {21 > 2%: 3. Reg. L.1I,: B A AR Badan , Jephté , Samuël. Onfal que Jérobaal eft le même que CEA déon ; mais, on ne trouve pas nom de Badan parmi les Jigak d'Ifraël. Les Septante , au lieude. Badan, lifent Barac. D’autres{ol. à tiennent que Badan:eft le mêmes que Jair de la tribu de Manalfe, à qui jugea Ifraël pendant vint, deux ans, Badan étroit doncunda! defcendans. de Machir ; car, Jah étoit arrière-perit-fils de Machi | Le Chaldéen , les Rabbins , après eux, [a plûüpart des Com, mentateurs ont avancé que i étoit Samfon, qui étoit de late de Dan. Mais, Dom Calmerpié | féreroit le fentiment qui l’expligiée de Jaïr, On avoit ajoûté lesnoms N de Samfon & de Barac dans plis - fieurs exemplaires Latins, avan à les correttions des Cenfeurs Ro Ë mains, eo BADIOCASSES, ou Vario CASSES, Badiocafles, Vudiouf\ fes. Voyez Bxjocafles. PEAR : BADIUS, Padius , (e) Cam pañien, qui vivoit fous l'an &4 Rome $40, & 212 avant J.C! Les Campaniens , en ce tems-l L avoient la guerre avec les Ro 4 mains. Badius étoit hé avec ui Romain nommé F., Quintius Cifh pinus, & par les loix de l'hofpin talité, & par une amitié étroite, | qui en étoit la fuite, Ce qui avolh à en reflerrét} les nœuds, c’eft que Badius étant b tombé malade à Rome chez L. Î ne z; 1Ë Ce LS Y 3 (e\ Tit, Liv. L, XXV. c. 18. Rob, Bift, Rom.T. IN, p. 427. d fisive 2 5 A Quintins Crifpinus , avant la ré- volte de Capouë , il avoit reçn de luitous les fecours qu'on peut at- tendre en cet état d’un ami éga- lement fidele & généreux. Badius, voyant donc les troupes des Ro- Mains cainpées devant les murail- les dé fa patrie ,’avança jefqu'aux (à premiers corps de garde, & de- manda à haute voix qu'on lui fit venir F. Quinius Crifpinus. Ce- lui-ci ;: ayant été averti, crut que. Badius vouloit lui parler comme à un ancien ami, & que la rUp- ture des deux nations n'avoit pas êté capable d'effacer dans fon ef- prit le fouvenir de leur union par- ticulière. Ainfi , il séloipha un peu des fiens, & alla au-devant de lui fans balancer. Quand Badius vit qu'il étoit à portée de l’enten- dre : » Je vous défie au combat : » dit-il , Crifpinus. Montons à ». cheval, & nous écartant des » nôtres, voyons qui de vous ou » de moi fera paroître plus de » courage.» Crifpinus répondit À ce gompliment, auquel il ne S'étoit point attendu: que lun & lautre , ils avoient aflez d'ennefnis | contre qui ils pou- voient éprouver leur valeur & leurs forces. » Pour moÏ, ajOhta- % til, Quand je vous rencontre »_TOis par hazard dans la mêlée, » Je me détournerois:, pour ne » pointfouiller mes mains du fang . » de mon ami & de mon hôte. « _ Alors, Badius, encore plus fier qu'auparavant » COmMeEnça âtraiter de crainte & de lächeté <étte modération & cette dou- ur de Crifpinus ; & lui > qui Méritoit toute forte de Tépro- ritablement ches, accabloit cet homme vé- brave des outrages.. les plus indignes. » Tu feins, di- » foit-il, de vouloir épargner ma- » vie, parce que tu fçais bien que » tunes pas en état de défendre » Ja tienne contre moi; mais, f » tu crois que la guerre, qui a » rompu l'alliance des deux pen » ples, n’a pas fufifammentétouf » fé routes les liaifons particuliè- » res, apprends que Badius de _» apoue renonce folemnelle- » ment à l'amitié de T. Quintius » Crifpinus Romain. Je prends à » témoin de ma déclaration les » foldats des deux armées, qui » mentendent. Je ne veux plus » avoir rien de commun avec un » homme, qui eft venn attaquer » Ma patrie & mes dieux, tant » publics que particuliers. Situ as » du cœur viens combattre. « … T, Quintius Crifpinus n’auroit- jamais. pu fe réfoudre à accepter’ ce défi, fi fes camarades ne lui euffent fait comprendre gombien il éroit Hontenx de fouffrir que Je Cambanien l'infular impunément. Cependant, avant que de mar- cher au rendez vous ; il alla de- mander à {es généraux s'ils vou- loïent bien lui pérmettre de com- battre excraordinairement contre un enñémi qui le défoit, Ayant: obtenu leur confentement , il prit fes armes ; & monta À cheval nues ayant appellé Badius par fon. nom ; il lui déclara qu'il étoit prêt à le combattre, Badius fe prèfen- ta für le champ. Ils n'eurent pas plutôt. ponflé leurs chevayx l'un contre l’autre, que T, Quintius Crifpinus perça l'épauie gauche 106 B À de Badius d’un coup de lance, qui paifa au-deflus de fon bouclier: Cette bleflure ayant fair tomber le Campanien de deflus fon che- val, le vainqueur fauta en bas du fien, & fe jetta fur fon ennemi pour l’achever à pied. Mais, Ba- dius le prévint; & lui abandon- nant fon bouclier & fon cheval, il s'enfuit au milieu des fiens. T. Quintins Crifpinus retourna vers les Romains avec le cheval & les armes du vaincu ; & leur ayant préfenté ces dépouilles honorables &t fa-lance enfanglantée , il fut conduit , au rhilieu des cris de joie & des applandiflemens de tous les foldats, à la tente des généraux , qui donnérenc à fa va- leur les éloges & les récompenfes, quilurétoient dûs. . BADIUS, Badius , (z) quieft de couleur baie ou brune. On trouvé certaines Infcriptions fur lefquelles les chevaux font mar- qués avèc cette couleur. BABU, Badn, Bad. (ë) On raconte que les femmes des Éléens voyañit fout leur pais dépeuplé d'hommes , firent un vœu à Mi- nerve, pour obtenir de la déefle qu'ellès puflent concevoir, dès la première fois qu'elles auroient Commerce avec leurs matis. Elles furent exaucées, & bâtirent un temple, qui fut dédié, par cette raifon , à Minerve , mere des hommes. Enfuite, les hommes & les femmes , pour conferver la mémoire d'un événement fi heu- sn me. reux, donnérent le nom de Bad _non feulement au lieu oùils se. toient rencontrés , Mais encorealh M: l'abbé Gédoyn fait là-déf fus cette remarque.» Badv pois » d&Ju à la manière des Doris » où do, fuivant le dialeéte com »” mun yfv, dulce , jucundumt » doux , agréable. «e BADUHENNA , Bzduhens nom d’une divinité, qui étoic at rée chez les Germains. À: BADUHENNE | la Forêtts Lucus Baduhennæ.(c) C'étoit ue forêt de Germanie dans le pais tt, Frifons, Il en eft fait mentiondiis Tacite, qui dit qu'il y eut envi neuf cens Romains de taillésth PIECE AE On croit que la forêt de Badte henne étoic à peu près au mél lieu, où eft aujourd'hui la ph grande forêt de Frife ; qui sh pelle Séven Wolden ou les fs forêts. Le nom de Baduhenk felon Jérôme Vérutius , s’eft coïs fervé dans celui de Bagueen {à eft un village du païs à trois lie, dé Gionmeus 1 BADY , Bady. Voyez Bad Ë BÆTER , ou Berumer , 0 BÆTHARRUS. Voyez Bether. | BÆTICUS , Baticus., 10, d’un des chevaux du Cirque. Vaji Chevaux du Cirque. è ET (a) Antiq, expl. par D. Bern. defl'Acad. des Inferip. & Bell, Let Î Montf. Tom. III, pag, 286. XIV. P+ 199, 200, (3) Pauf, pag. 290, 291. Mém, del, (c) Facits Annal. L, IV, c, 73e [Document text truncated for crawler view.]