Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins, tant sacrés que profanes : contenant la gégraphie, l'histoire, la fable, et les antiquités ... T. VI
Full text
DR
HET
DICTIONNAIRE.
POUR
L'INTELLIGENCE
|
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
GRECS
ET
LATINS,
__
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES.
POME
SILIIME
.
DICTIONNAIRE®
POUR
LINTELLILOLNCE
DES
AUTEURS
CLASSIQUES,
GRECS
ET
LATINS,
TANT
SACRÉS
QUE
PROFANES,.
CONTENANT
LA
GÉOGRAPHIE,
L'HISTOIRE,
LA
FABLE
ET
ÉES
ANTIOUITÉS.
|
DÉDTIÉE
À
MONS
EÉÉGNEUR.
.
LE
D
UC
DECHMOLSEU
T..
2
Par
M.
SABBATHIER
;
Profeffèur
au
Collère
de
Chälons-fur-Marne
,
6
Secrétaire
perpétuel
de
la
Société
Littéraire
de
La
même
Ville.
LE
#7
MS
os
oo
ere
À
CHÂALONS-
SUR-MARNE,
S
Ê
NMEU2ZE
Imprimeur
du
Roi,
dans
la
Grande
Rue:
ee
Et
fe
trouve
à
Parts,
Chez
DELALAIN,
Libraire,
rue
de
la
Bond
Françoife.
Barsou,
Imprimeur
-
Libraire,
rue
des
Mathurins.
ne
ÉRISSANT,
Fils,
Libraire,
rue
Saint
Jacques.
M.
D'ÉCEXEX
Avec
Approbation
&
Privilège
du
Roë,
AUTRES.
OUVRAGES
DU
MÊME
AUTEUR,
Qui
Je
trouvent
chez
les
mêmes
Libraires.
1.°
Effai
Hiftorique
-
Critique
fur
lOrigine
de
la
Puiffance
temporelle
des
Papes
;
Ouvrage,
qui
a
remporté
le
Prix
de
.
F'Académie
Royale
de
Pruffe.
N
ouvelle
édition.
Broché
1
.v.
10.[.
:
2.°
Le
Manuel
des
Enfans
»
où
les
Maximes
des
Vies
des
Hommes
Iluftres
de
Plutarque
;
Ouvrage
dédié
à
Monfeigneur
le-Dauphin
1.
Zo7,
in-12.
Relié
1.v.
tof.
3°
Souié
prefte
»
Recueil
de
Differtations
fur
divers
fujets
de
l'Hifoires
France
,
lefquelles
ont
concouru
pour
le
prix
de
différentes,
Académies.
1,
Vol,
in-12.
©
N_
-
*
de
ce
Volume
la
Lifte
de
MM.les
Souferipteurs
:
Let
mais,
la
plüpartn
ayant
pas
encore
envoyé
leurs
Noms,
nous
avons
été
obligés
de
différer
limprefion
de
certe
Lifte,
Les
Perfonnes,
qui
ont
foufcrit,
&
celles
qui
voudront
encore
foufcrire,
font
priées
d’adrefler
direétement
&
fans
frais
une
notice
de
leurs
roms,
qualités
&
demeures,
à
l’Auteur
même
de
Ouvrage.
C’eft
fous
fes
yeux
qu’on
l'imprime.
1]
en
corrige
Iui-
même
toutes
les
épreuves;
&
il
n’y
en
a
aucune
qui
ne
foit
lue
au
moins
trois
ou
quatre
fois.
Ainf,
cette
Édition
fera
très
-
certainement
la
plus
exacte
de
toutes
celles
;que
lon
pourra
donner
dans
la
fuite.
Nous
ofons
nous
flarter
qu’on
n'aura
point
vu
depuis
long-tems
de
Life
de
Soufcripteurs
auffi-bien
compofée
que
le
fera
celle-ci,
Prefque
tous
les
So
uvérains
de
l'Europe
ônt
la
bonté
de
s’intérefler
à
l'exécution
de
cette
entreprife.
Notre
Augufte
Monarque,S.
AR.
Tlnfanc
Duc
de
Parme,
Te
AVERTISSEMENT
Je
-RoË
d'
le
Roi
de
Sardaigne,
l'Impératrice
Reine,
&c.
Soufcrivent,chacun
en
particulier,
pour
plufieurs
exem
plaires,
Quelques
Miniftres
des
Cours
Étrangères,
ont
fai
Jhonneur
à
M,
S.
de
Jui
écrire,
au
nom
de
leurs
Princes,
des
Lertres
bien
capables
de
Jencourager
dans
fa
carrière:
On
en
jugera
par
la
leéture
de
celle
de
M.
du
Tillot,
(4)
Miniftre
de
S.
A.
R.
l'Infanc
Duc
de
Parme.
Son
AlteÏe
Royale
a
lu,
Monsieur,
votre
Lettre
avt
l'intérêt
que
votre
mérite
connu
a
dû
lui
infpirer.
Elle
avoit
déja
entendu
parler
de
votre
Nom
*
de
votre
Didionnaire
avec
de
jufles
éloges.
Defirant
que
la
Jeunefe
de
fes
Etats
profite
des
lumières
qui
font
renfermées
dans
cet
Ouvrage,
elle
4
bien
fincèrement
à
cœur
de
Je
le
procurer
cr
s’intérefera
véritablement
à
fon
Jucces,
qui
eff
déja
fi
bien
affuré.
Monfiewr
Bonnet,
Tréforier
de
[on
Altell
Royale,
rue
Poifonnerie
à
Paris,
fera
chargé
en
confequence
dt
…
fouférire
pour
le
nombre
d'exemplaires
qu'elle
jusera
convenable.
Je
faifis
avec
bien
de
l'emprefement
celte
occafion
de
vous
afuret
de
l'eflime
fincère,
avec
laquelle
je
fus,
MonstEuRr,
vwrt
très
-
humble
très
-
obéifant
Serviteur
DUT
ILLOT.
Parme
ce
SE
Novembre
1768.
TL
n'y
aura.
pas
jufqu'à
un
Boulanger,
qui
n'ait
defiré
de
fe
procurer
cer
Ouvrage.
Cela-paroïtra
fans
doure
fort
(az)
C'eft
autrement
M.
le
Marquis.
de
Félino.
DÉS
LIBRAIRES
di
étrange
;
mais,
la
Lettre,
que
ce
Boulanger
a
écrite
à
l'Auteur,
doit
paroitre
encore
plus
étrange.
La
voici:
MONSI
2
UR,
L'évudition
|
dont
votre
Didionnaire
porte
L
empreinte
,
C
l'avantage
que
tout
homme
curieux
peut
en
retirer
,
mont
déterminé.
à
acheter
chez
la
veuve
Vatar
de
Nantes
;
les
‘vois
premiers
Volumes,
&
me
font
defiver
les
autres:
A
ces
effet,
je
vous
prie
de
vouloir
bien
me
marquer
les
conditions
,
ques
je
dois
Joufcrire
pour
le
vefle
de
l'Ouvrage,
&
quelles
font
Les
mefures
que
je
dois
prendre
pour
recevoir
chaque
Volume
auffi=
tot
quil
paraitre.
Je
pallèrai
avec
plaifr
par
la
voie
que
Vous
ie
prefcrirez.
,
perfuadé
gwelle
fera
égale
à
celle
des
astres
LS
ou[cripteurs,
Comme
L'amour
propre
ef}
l'appanage
de
preque
tous
les
hommes,
@
queles
Gens
de
Letires
y
font
méme
plus
fujets
que
les
autres.
Je
crois
pouvoir
vous
demander,
conformément
à
votre
Auvertifeiment,
à
étre
placé
dans
La
Life
de
ceux
au
concourent
à
l'édition
de cet
atile
Diéhionnaire.
Que
les
perfonnes
,
qui
diront
cette
nomenclature,
Sr
J'urprifes
di
1Youver
un
PRE
de
Paimbeuf,.peu
m'im
por
te,
Je
ris
même
déjà
de
leur
étonnement.
Quoi?
l'Hifloire
Ancienne
>
les
Langres
mortes
Jont-
elles
exclufivement
deffinéss
aux
Gens
de
la
première
diféinétion
?
Eff-:l
défendu
à
un
Boulanger.
d'avoir
d'autres
connoilances
que
celles
de
fon
four
&
de
fon
pain
?
Er
le
proverbe,
ne
futor
ultrà
crépidam
,pourra-t«il
avoir
lieu
à
mon
égard,
quand
on
fe
rappellera
que
le
Jciécle
pallé
à
vu
naître
un
maître
Adam
is
APERIISSEMENT
DES
LIBRAIRES.
Eillaud,
AMenuifier
de
Nevers
P
Adieu
ne
plaife
que
je
veuille
me
mettre
en
parallele
avec
cet
efprit
naturels
mais,
Jans.
avoir
fa
génie
,
joie
me
Jlatter
d'être
né
avec
quelques
talens,
que
je
Li
ferai
toujours
gloire
de
cultiver,
lorfque
je
trouverai
des
mmaberék
tels
que
vous.
En
coufequente,
j'efpere
que
vous
me
ferez
le
pluifi
de
configuer
mon
nom
de
#4
demeure
à
la
fin
de
votre
fixièm
Volume
;
&
de
croire
que
je
ferai
avec
refpeit
&
reconuoifance,
Moi
NSIEUR,
ARTS
DATES
ETAT
IT
Pre
Votre
très-bumble
&
Des
Dee
S'erviteur}
FRANCOIS
LE
CLATITRA
si
Ancien
maitre
Boulanger
de
Nantes,
a
prélentement
Marchand
Peslanser
2
La
-
à
Paimbenf.
Painbuf
le
ce
-huit
Avril
i
76
8.
DE
do
Ur
CAE
Bren
des
gens
ne
pourront
s'imaginer
Ge
une
tell!
Lettre
foic
de
la
façon
d’un
Boulanger.
Nous
le
préfumon
d'avance.
Mais,
la
chofe
n'en
eft
pas
moins
réelle.
A
H
_
vérité,
qui
dit
Boulanger,
dit
pour
l'ordinaire
un
homme
.
groffier,
fans
politefle,
fans
éducation
,
&
qui
n’a
d’autré
connoiffances,
que.
celles
qui
ont
rapport
à
fon
état,
C&
meft
pas-là
l'idée
que
l’on
doit
fe
former
de
M.
le
Clair,
Nous
avons
été
informés
par
une
voie
très-
fûre,
qu'il
ef
vériablemenc
homme
de
Lertres,
&
bien
ee
de
l'État
qu'il
exerce.
|
N.2
On
travaille
afluellement
à
la
gravure
des
Planches
6:
dés
Cartes
Géographiques
,
>
qui
doivent
accompagner
cet
Ouvrage.
Ce
partie
importante
s'exécute
aufft
fous
la
direétion
de
M.
S
DICTIONNAIRE)
É
DICTIONNAIR
E
POUR
L'INTELLIGENCE#*
DES
AUTEURS
CLASSI
dE
r
GRECS
ET
LATinsté
<#
En
EE
a
—
CS
ERDATR
ET
(a).
Cette
lettre
foure
®
moins
diftin{:
que
les
au-
eff
Ja
première
des
tres.
Le
B,leP
&
LV
Cconfonne
?.
Confonnes
&
la
fe-
6nt
tant
de
rapport
enfémble
,
conde-de
l’alpha-
qu'on
les
a
foïvent
confondus
,
bet
dans
prefque
tant
dans
Ja
Prononciation
que
_toutes
les
langues.
…
dans
l'écriture.
Quintilien
remar-
.
Les
Hébreux
la
nomment
Perk,
que
que,
dans
obéinuir,
la
raifon
&
les
Grecs
Bira
.
que
l'on
pro=
vouloir
qu'on
mit
un
B
;
Mais
que,
nonce
Bérta
où
virales
É
YP=<
dans
la
prononciation
»:
On
lui
don-
tiens
,
vida.
Les
Latins
&
les
Oc-
noit
le
fon
d'an
p
>
0ptinuit.
C'eft
.
cidentaux
l’appellent
Be.
Pourquoi,
dans
les
manuferits
sx
Cette
lettre
eft
dun
nombre
des
ces
deux
lettres
font
fouvent
miles
.
confonnes
,
qu’on
appelle
muet-
lune
pour
l'autre
;
&
dans
les
ts
,
parce
qu’elles
ont
un
fon
plus
verbes
compolés
de
/zb
ou
d'os,
è
(a)
Mém,
de
l'Acad.
des
Infcrip.
&
Bell,
Lett,
Lo
XIII.
pag,
425.
Tom,
XX.
pas.
167
ee
:
MAS
Tom,
VI
2
ù
:
D
quand
il
fuit
un
#,
on
change
le
B
enp,
comme
/zppono
pour
/ub-
pono
;
oppono
pour
obpono.
On
change
de
même
le
B
enp,
tou-
tes
les
fois
qu'il
fuit
un
s,
comme
fcribo
,
feripf
Les
Grecs
chan-
gecient
aufh
fonvent
ces
deux
lettres
l’une
en
l'autre.
Plutarque
témoigne
que
c’étoir
l'ufage
de
ceux
de
Delphes.
“Quant.à
l'V
confonne,
on
le
trouvé
fouvent
dans
les
Infcrip-
tions
Latines
&
Grecques
pour
le
B;
&
de
même
le
B
pour
l'V
confonne.-Ily
a
même
plufeurs
Nätions
quiprononcentle
B
pour
PV,
&
PV
pour
le
B,
ou
d’un
fon
moyen
entre
celui
de
l'un
où
de
autre.
n
voit
dans
des
Infcrip-
tions
SP
iris
,;
Berna
s
&tc:
pour
VIXIT,
Verne;
QC.
Cette
lettre
feule
étoit
fouvent
üne
abréviation
de
noms
propres,
tels
que
ceux
de
Brutus,
de
Bal-
bus,
&c.
&
de
plufieurs
autres
mots,
fur
tout
dans
les
anciennes,
Tofcriptions,
où
B.
figniñe
Bozus,
bon;
Beatus
,
heureux;
Bulnee,
bains;
Bona;
biens,
richefles,
Mais,
fa
plus
commune
fignifica-
tion,
dans
ces
monumens
,
eft
Beñe,
bien:
Deux
B
à
côté
l’un
de
lautre,
de
certe
manière
B.B.,
fignifioient.
où
Bona,
Bona,
des
biens
,
des
biens
,
c'eft.à-dire,
de
très
grands
biens
;
où
Pené
,
Benè
,
bien,
bien,
ceft-à-dire
,
très-bien,
B:
DD.
Bonis
denbus
,
aux
bonnes
déefles,.
BF.
Bon4
fide
;
Bona
kfémina.;
Bona
fortuna
;
Ben
fac-
tum
;
de
bonne
foi;
bonne
fem-
me
;
bonne
fortune
;
bien-faic.
B.
L.
Bona
lex
,
bonne
loi.
B,
M,
P.
dela
brebis
exprime
le
fon
vi,
B
Bent
merito
pofuit;
1
a
pofé
à
un
homme
qui
lui
a
rendu
fervice.
B.
M.
P.
C.
Benè
merito
ponen-«
dum
curavit
;
il
a
eu
foin
dé
pofer
à
un
homme.,
qui
lui
a
rendu
fer-
vice.
B.
M.5.
C.
Berémeruo
fe=”
pulcrum
condidit
;
il
a
bâti
ce
{6-"
pulcre
à
un
hommie,qui
lui
a
ren-
du
fervice.
Un
B
&
un
F
renverfés,
de
|
.
cette
manière,q.x,
vouloient
dire,
…
Bona
femina,
ou
Bona
filiaz
,
bon-w
ne
femme
ou
bonne
fille.
B.
À.
L..
Bixit
pour
vixit
annis
quinqua=«
ginta
;
il
a
vécu
Cinquante
ans.
…
B.
L.
I.
Boni
judicis
judicium
ÿ
jugement
d'un
bon
juge.
B.
H."
Bona
haæreditaria
,
on
bonôrum
«
hæreditas
;
biens
héréditaires
ou.
héritage
des
biens.
BN.
HT,
Zone
hic
invenies
;
tu
trouveras
ici
des
»
biens.
BN.
EM.
Bonorum
empto-”
res;
acquéreurs
des
biens,
B.
RP,
N.
Boro
Reipublicæ
natus;
né.
pour
le
bien
de
la
République,
BENHMARENTI
[
4
eft
mis
icipoure
|
Pene
merenti;
à
une
homme
de
bien.
BIINTE
MHI-
RHNTL
FIICIT.
|
ici
deux
à
pour
e
|
Bené
merenti
fecit
;
a
fait
à
un
hommede
bien.
BIBU..
ALES
.
Bibu
pour
vivo
,
à
lui
vivant.
BIRTOR,
BiGor
pour
yitor,.
vainqueur
,
ÔtC.
On
dit
que
les
anciens
Écyp+.
tièns
exprimoient
la
lettre
B
dans”
leurs
hiéroglyphes
par
la
figure”
d’une
brebis,
à
caufe
de
la
reflem.
blance
qu'il
y
a
entre
le
bêlement
des
brebis
&
le
fon
de
cette
lettre;
&x
il
eff
à
remarquer
que
les
Grecs
.
modernes,
quidonnentau
B
le
nom
de
vita,
difentauff
que
le
bélement
:
HEC
LE
0
DUT
EUR)
Bb
B,
chez
les
Grecs
&
chez
les
Romains
,
éroie
une
lettre
numé-
tale
,
qui
fignifoit
le
nombre
deux,
quand
elle
étoit
fgurée
fim-
plement;
&,
avec
un
accent
def.
fous;
elle
marquoit
deux
mille
Chez
les
Grecs,
:
Aujourd'hui,
les
Maîtres
des
petites
écoles
,
en
apprenant
à
lire
,
fonc
prononcer
be
>
comme
on
le
prononce
dans
la
dernière
fyllabe
de
tombe
:
il:
tombe.
Us
font
dire
aufli
,
avec
un
e
muet,
de;
fe,
me,
pe
;
ce
qui
donne
bien
plus
de
facilité
pour
aflembler
ces
lettres
avec
celles
qui
les
fuivent.
C'eft
une
pratique
;
que
l'Auteur
de
la
Grammaire
générale
de
Port.
:
Roÿal
avoit
conteillée
,
&
dontil
parle
comme
de
la
voie
la
plus
naturelle
pour
montrer
à
lire
fa-
cilèement
en
toutes
fortes
de-lan-
Bues
;
parce
qu'on
ne
s'arrête
point
an
notn
particulier,
que
l’on
a
donné
à
la
lettre
dans
l'alpha
bet
;
mais,
on
n'a
égard
qu'au
fon
naturel
de
la
lettre
;
lorfqu’elle
entre
en
compofñtion
ayec
quel-
que
autre,
Le
B
étant
une
confonne
na
de
fon
qu'avecunevoyelle.
Ainf
;
quand
B
termine
un
mot,
tels
qu'Achab,
Joab
,
Moab
,
Oreb,
Job,
Jacob,
après
avoir
formé
cette
lettre
par
l'approche
des.
-
deux
lévres
l’une
contre
l’autre,
On
ouvre
la
bouche,
&
on
poufle
autant
d'air
qu'ilen
faut
pour
faire
entendre
nn
e
muet;
&
ce
nef
qu'alors
qu'on
entend
le
B.
Cer
e
muet
efl
beaucoup
plus
foible
que
celui
LE
entend
dans
fy//1be,
-
Arabe,
ufébe
,
globe,
robbe.
On
divife
les
lettres
en
Certai=
B
nes
clafles,
felon
les
parties
des
organes
de
[a
parole
,
qui
fervent
le
plus
à
les
exprimer.
Airf
le
B
eft
une
des
cinq
lettres
,
qu'on
ap-
pelle
labiales,
parce
que
les
1é-
vres
font
principalement.
em-«
ployées
dans
la
prononciation
de
ces
cinq
lettres,
qui
font
by
ps
MR
Ve
Le
B
efJla
foible
du
p.
En
fer-
Tant
un
peu
plus
les
lévres,
on
fait
p
de
b
,
&
fe
de
ve.
Ainf,
il
.
n'y
a
pas
lieu
de
s'étonner
f
l’on
trouve
ces
leitres
l’une
pour
l'au-
tre,
Le
chängement
de
ces
deux
lettres
labiales
v,
à,
a
donné
lieu
à
quelques
jeux
dé
mots
,
entr
autres
à
ce
mot
d’'Aurélien
>
au
fajet
de
Bonofe,
qui
pañloit
{à
vie
à
boire
:
Natus
ef
non.
ut
vivat,
Jed
ur
bibar,
Ce
Bonofe
étoit
un
Capitaine
originaire
d'Efpagne,
On
peut
voir
{on
article.
|
Outre
le
changement
de
B
en
P
OU
En
y,
of
trouve
auf
le
B
changé
en
f,
où
e#fp,
parce
que
ce
féntdes
lettres
labiales.
Ainf
5
de
Bréno
eft
venu
fremo
;
&
au
heu
de
fhilore
on
à
dit
fifileres:
d'où
eft
venu
notre
mot
fiffer.
C’eft
par
ce
changement
récipro-
que
que
du
Grec
êupo
les
Latins
Ont
fait
4/2bo,
-
On
pontroit
rapporter
un
plus
-
grand
nombre
d'exemples
pareils
de
ces
permutätions
de
lettres,
Ce
que
sous
venons
d'en
dire
|;
nous
paroït
{ant
pour
faire
voir
que
les
réflexions
,
que
l'on
fait
fur
l'étymologie,
ont,
pour
la
plü-,
part
,
un
fondement
plus
folide
qu'on
ñe
le
croit
pour
l'ordinaire,
Parmi
nous,
les
villes
où
l’on
À
j
\
4.
B
A
bat
monnoie
,
font
diflinguces
les
unes
des
autres,
par
une
lettre,
qui
eft
marquée
au
bas
de
l’écu
de
France.
Le
B
fait
connoître
que
la
piéce
de
monnois
a
été
frappée
à
Rouen.
(z)
B,
ou
Béta,
fervoit
chez
les
Grecs
à
défigner
les
fyllabes
lon-
gues;
c'eft
parce
que
cette
lettre
a
deux
tems.
B
A
BAAL
,
Baal,
Bia,
(8)
ville
de
Judée.
Elle
étoit
fituée
vers
les
frontières
de
la
tribu
de
Siméon,
æ
Sans
doute
que
cette
ville
étoit
-ainft
appellée
,
parce
qu'on
y
ado-
roit
le
dieu
Baal,
dont
il
eft
parlé
ci-après,
&t
C'aura
été
auf
appa-
remmentpour
la
même
raifon,qu’-
onaura
joint
à
ce
nom
quantité
d'au-
tresvilles
,
à
moins
que
ce
n'ait
été
parce
que
ces
villes
étoientcomime
des
capitales
de
pais.
Mais,
outre
les
villes
,
1
ÿ
avoit
plufeurs
.
lieux,
dont
le
nom
étoit
compofé
ide:
Baal.
#
BAAL,
Ber,
BéLus,
Real,
Bel,
Relus
;
(c)n’eft
qu'un
même
.
nom.
C'étoit
ün
titre
de
disnité
&
non
pas
un
nom
propre.
li
figni-
fioit
en
général
Roi,
Seigneur,
Maitre,
Mari.
ne.
.BAAL,
Boul,
Béarn,
(d)-cé-
lebre
divinité
chez
ples
d'Orient.
(2)
Mém,
de
P'Acad,
des
Infeript,
&
Bell,
Letr.
T,
XVII.
p.
1e
CG)
Paral,
L,
TI.
c.
4
ve22.
(c)
Mém.
de
PAcad,
des
Infcrip,
&
Bell.
Letr.
Tom.
V.
pag.
265.
(d)
Reg.
L.
IT.
c.
14.
Te
V=
per
quelques
peu
Ÿ
FE.
[rés
:36$:
Eom,
XVI,
pag.
69,
&
fs
B
À
5
LE
Ce
dieu
Baal
ou
Bel,
dont
il
eft
aflez
fouvent
parlé
dans
l'É2
criture
fainte
,
femble
y
être
con.
fondu
avec
Moloch,
Jérémie,
en
efiet,
reproche
à
la
tribu
de
Juda
&
aux
habitans
de
Jérufalem,
d'avoir
bâti
un
temple
à
Baal
pour
y
brûler
leurs
enfans
dans
le
feu;
&
ce
Prophéte
ajoûte
enfuite!
»
C'eft
pourquoi,
le
tems
vient
»
que
ce
lien
ne
fera
plus
appellé
Æopheth
ni
la
vallée
du
fi
d'Ennon
,
mais
la
vallée
di
carnage.
«
C'étoit
à
Moloch,
qu'on
offroit
ces
innocentes
vide
mes
;
&
c'étoit
dans
la
vallée
dut
fils
d'Ennon
que
fe
commettoi,
cette
abomination.
Baal
on
Bl
étoit
donc
le
même
dieu
que
Mo
loch.
On
peut
tirerla
même
con.
clufion
de
la
reffemblance
de
leu.
Le
|
1e
DR
noms
,
qui
fignifient
l'an
&
l’aus
ire,
Roi,
Seioneur,
&c.;
titres,
qui
conviennent
au
Soleil
,
adoït.
également
fous
le
nom
de
Baal
os
de
Moloch.
Pour
bien
entendre
cette
Mys
thologie,
1l
eft
néceflaire
d’obfer
ver;
1,°
Que
le
même
dieu
étoi.
-
fouventhonoré
par
différens
peus.
ples,
mais
prefque
toujours
{ous
des
noms
ditférens
&
avec
des
cé
rémonies
différentes,
C’eft
ce
qui
a
jetté
une
grande
obfcurité
far
hi
Mythologie.
Il
eft
certain,
pa
exemple,
que
la
grande
divinités
Ofce,
ce
14.
v.
14.
Virg.
Æneid,
L
ve
625,
733,
734.
Myth.
par
M
PAbD
Ban,
Tom,
{
pag.
156,
3200
Tom.
II.
pag,
85.
dr
fuiv.
Mém,
d
(oi
Co
19
Vers.
6,
Cr
32,
Ve
2fl)
Vs
24
CF
PAcad,
des
Infcripr.
&
Bell.
Lert:
Te
12.
©,
18,
V.
22,C.
22.
V.
47,
LV,
€
Fos
v.
To,
c+
7
v,
163
7.
Er
23
ve
4
fege
Pialm,
106,
v.
28.
pag.
489.
d'
friv.
Toi.
V.
pi
Tom.
XXI,
pag,
ez.
&
È
à
B
A
des
peuples
d'Orient
étoit
le
So.
leil
Cependant,
fous
combien
de
noms
ne
la=t-on
pas
adoré
?
2.9
Que
comme
plufieurs
princes
ont
porté
le
nom
de
Bélus,
les
My-
tholognes
font
embarraflés
à
dé-
terminer
quel
a
été
le
premier
de
tous
,
qui
a
reçu
les
honneurs
di-
vins.
Si
l’on
vouloit
fuivre
le
fenti-
ment
de
Bérofe,
que
le
Syncelle,
fur
l’autorité
de
Polyhiftor
,
nous
aconfervé
,
nons
trouverions
des
princes
&
des
dieux
de
ce
nom
:
même
avant
le
Déluge
;
mais,
fans
nous
arrêter
à
cette
opinion,
que
l'on
croit
n'avoir
aucun
fon-
.
dement,
ileft
hors
de
donte
que
la
plüpart
des
peuples
de
Syrie
&
de
Phénicie
reconnurent
une
di-
vinité
de
ce
nom.
Les
Syriens
l’adoroient
fous
le
nom
de
Baal-
péhor
;
les
Moabites,
fous
celui
de
Baalphégor
;c'eft-à-dire,
Baal
adoré
fur
le
mont
Phégor,
com-
me
le
remarque
Théodoret
;
les
AïMyriens,
fons
celui
de
Baaload.
Le
culte
de
ce
dieu
paffa
même
jufqu'en
Afrique
,
apparemment
avec
la
colonie
de
Didon,
Les
Carthaginois
le
nommoient
Bal
ou
el;
comme
nous
apprenons
de
Servius
;
c’eft
de-là
fans
doute
que
leur
étoit
venue
la
coûtume
d’ajoûter
par
honneur,
le
titre
de
Bal
aux
noms
de
leurs
Grands
Homines,
comme
dans
ceux
d'An-
nisBal,
d'Afdru-Bal,
&
quelques
autres,
;
Éeculrede
cette
fauffe
divinitéa
1
er)
.
été
fouv
éfendu
au
peuple
Juif
par
les
Prophéres.
L'impie
Achab
‘
/
£
Ÿ
£
lui
fit
élever
un
temple
à
Samarie;
LA
.
.
ët
le
prophète
Élie
fit
mouri:
qua-
B
A
tre
cens
cinquante
de
fes
Prêtress
ce
qui
fait
voir
la
magnificence
du
cuite
de
cette
faufle
divinité,
de-
vant
laquelle
prefque
toute
lg
ter-
re
avoit
fléchi
le
genou,
comme
il.eft
dit
dans
l'Écriture
fainte,
Parmi
les
cérémonies
du
culte
de
ce
dieu,
on
remarque
celle
de
fervir
tous
les
jours
des
viandes
dévant
fon
idole
,
que
les
Prêtres
avoient
foin
d'enlever,
en
entrant
dans
le
temple
par
des
chemins
fouterreins
,
£omme
le
prophéte
Daniel
le
découvrit
au
roi
de
Ba-
bylone,
à
la
confufon
de
ces
fcé-
lérats.
FE.
Ceux,
qui
ont
voulu
Te=
chercher
l’origine
de
cette
divini-_—
té,
ont
embraflé
différentes
-Opi-
nions.
Servius,
Eufébe
,
Théo-
phile
d’Antioche
&
quelques
au-
tres
ont
cru
que
c'étoit
Saturne.
Voffius
&
Selden,
comme
on
la
dit
,
ont
penfé
que
c'étoit
le
So-
lil.
Ge
dernier
confirme
fon
{en-
timent
par
plufieurs
raifons
très-
plaufibles
;
entre
lefquelles,
celle
qu'il
tire
du
nom
d'Héliogabale,
prêtre
du
Soleil,
n’eft
pas
la
moin-
dre,
puifque
cet
Empereur
fem-
bloit
avoir
joint
les
deux
noms,
que
les
Grecs
&
les
Syriens
don-
noient
à
cet
aître
,
appellé
par
les
Grecs
H‘uc,
&
Bel.
ou
Bélus
par
les
Syriens.
D'autres
fe
font
imaginés
que
Baal
étoit
le
même
que
Jupiter
Stygien
,
ou
Pluton;
&
ils
ap
puyent
leur
fentiment
d'un
paña-
ge
de
l'écriture,
où
lEfprit
faint
appelle
les
facrifices
de
Béelghé-
gor,
des
facrifices
des
morts.
Car,
comme
le
remarque
Saint
Aueuf-
tin,
par
les
facrifices
des
morts
on
À
iÿ
6
_bAÀ
doit
entendre
ceux
,
qui
étoient
Offerts
aux
dieux
manes
,
où
aux
dieux
des
enfers,
Ontrouve
des
Auteurs,
&
Eu:
fébe
eft
de
ce
nombre,
qui
con-
fondent
Baal
avec
Bélus
,
Premier
foi
des
Aflyriens
,
qui
fut
mis
au
fang
des
dieux
après
fa
mort,
Mais
,
il
y
a
apparence
que
le
culte
de
cette
divinité
étoit
plus
ancien
que
ce
Prince
,
à
qui
on
donna
auf,
par
honneur,
le
nom
de
Bélus,
qui
veut
dire
Seigneur:
nom
que
les
Juifs,
comme
le
re-
Marque
judicieufement
Grotius,
ne
voulurent
jamais
donner
au
Dieu
d'Ifraël,
parce
qu'il
étoit
profané
par
l'application
,
qu’en
faifoient
les
Idolâtres
à
leurs
fanf.
fes
divinités.
:
TL.
L'Écriture
a
un
terme
par-
ticulier
pour
défioner
les
temples
Confacrés
à
Baal
ou
au
Soleil.
Elle
les
appelle
Chamanim.
C’étoienr
des
lieux
fermés
de
murailles
dans
lefquels
on
entretenoit
un
feu
éter-
nel.
Ils
étoient
très-fréquens
dans
FOrient
&
fur
tout
chez
les
Per-
-
es.
Les
Grecs
les
nommoient
Py-
réa
;
où
Pyratheia,
d’un
mot
dé-
_rivé
du
Grec
Pyr,
fen
>
Où
Pyra,
bücher.
On
y
voyoit
un
autel
,
beaucoup
de
cendres
,
&
un
feu
qu'on
ne
laifloit
point
éteindre,
fuivant
Strabon.
Mzundrel
,
dans
fon
voyage
d'Alep
à
Jérufalem
.
a
encore
remarqué
quelques
vef-
tiges
de
ces
enclos
dañs
la
Syrie.
On
ne
voyoit
point
de
flatues
dans
la
plûpart;
on
en
voyoit
ce-
perdant
dans
d'autres
|
mais
rien
(2)
Paral.
L,
I,
c,
8.
v.
30.
=
G@)
Jofte
€,
15,
v.
9,
10,
29.
Reg,
B
A
d'uniforme
dans
la
figure,
Baal
ou
Bel
s'appelloit
auff.
EI
&
Bélathes
;
de
Bel,
les
Grecs
avoient
fair,
outre
Bélus,
Bélis,.
Bélénus
,
Bolus
,
Bolanus,
Bellu-
cadrus
&
plufieurs
autres
,
fans
parler
des
compofés
,
dont
nous
avons
nomineé
une
partie.
BAAL,
Baal,
Béun,
de
Jéhièl
,
prince
de
Gaäbaon
&
de
Maacha.
Il
avoit
plufieurs
fre-
res,
dont
laine
étoit
Abdon.
:
BAAL,.
Baal,
Baux,
roi
de
(a)
fils.
Tyr
en
Phénicie.
I
fuccéda
à.
Ithobal
&
prit
le
gouvernement.
2
RS
:
de
cet
État,
qui
fut
ruiné
par
LA
Nabuchodonofor.
Il
mourut
l'an
du
monde
3443,
&
avant
J.
C:
:
592.
Après
Baal,
Tyr
fut
gou-.
vernée,
pendant
treize
ou
quas.
torze
ans,
par des
Juges
qui
dé.
pendoient
des
Affyriens.
BAALA,
Bualu,
Baar,
(b)
ville
de
la
Terre
fainte
dans
la
tribu
de
Juda.
On
la
voyoit
vers.
les
frontières
de
cette
tribu,
C’é-.
toit
la
même
que
Cariathiarim
5.
c’eft-à-dire,
la
ville
des
forêts.
Lorfque
les
Philiftins
eurent
ten:
VOyé
l'Arche
du
Seigneur,
on
la.
tran{porta
dans
cette
ville,
où
elle
fut
mife
en
dépôt
dans
la
maifon
d'Aminadab.
On
en
confia
le
fon.
à
Éléafar
,
fon
fils,
qu'on
fanctifa
pour
cet
effet,
Elle
y
demeura
î
long-tems
,
jufqu'à
ce
qu'enfin
É
David
là
fit
tranfporter
à
Jérufa-
ler.
dans
le
Pfeaume
131
fous
le
nom
de
Campis
Sylre,
Do
t
Calmet
L.
EL
©.
6,
v.
21,
c.
7,
v.
tr.
©
[eq
Paral,
LE,
I,
c.
13»
V6,
&'feg
La
ville
de
Baala
eft
défifnée
£
ÿ&
RIT.
PA
BA.
dit
que
Baala,
Baalat
,
Caria-
thiarim
,
Cariathbaal
,
ou
Bal
fimplement,
Baalim
de
Juda
Séde-
iarum
&
Caempi
Sylve
,
ne
font
W'une
même
chofe.
BAALATH,
Baalath,
Barèx,
(a)
ville
de
Paleftine.
Elle
fit
par-
tie
de
l'héritage
échu
aux
enfans
de
Siméon.
BAALATH
,
Bazlath
,
(b)
autre
ville
de
Paleftine..
Elle
étoit
fituée
dans
la
tribu
de
Dan.
On
lit
au
troifième
Livre
des
Rois,
que
Salomon
rebâtit
;
entr'autres
villes,
celle
de
Baalath.
BAALATHBÉER,
Paalath-
beer.
(c)
C'eft
la
même
ville
que
Baalath,
fituée
dans
la
tribu
de
Siméon,
I
y
en
a
qui
diftinguent
ces
deux
mots,
comme
étanc.les
noms
de
deux
villes
différentes.
D'autres
n'admettent
pas
certe
diftinéion.
-
BAALBECKH,
oz
Barsrou
—
eft
l’ancienne
Héliopolis
de
Syrie,
Voyez
Héliopolis.
—BAALBÉRITH,
Paalberith,
BaaaGesit.
(2)
Ce
dieu
feroit
to-
talement
inconnu
fans
un
paflage
du
livre
des
Juges,
où
ileft
dit
qu'après
la
mort
de
Gédéon,
les
Tfraëlites
abandonnérent
le
Sei-
gneur
&
firent
alliance
avec
Baal,
afñn
qu'il
fût
leur
dieu.
Le
texte
…
Hébreu
porte:
/s
érablirent
Paal-
bérith
fureux.,
afin
qu'il
fit
leur
dieu,
[left
dit
auf,
dans
le
mé-
me
Livre,
que
ce
dieu
avoit
un
témple
à
Sichem,
d'où
les
habi-
tans
de
cette
ville
tirérent
foixan-
(a)
Jon
=
19.
Ve
8.
BA
te-dix
livres
d'argent
pour
jes
donner
à
Abimélech,
fils
de
Gé-
déon:.
Les
Interprètes
de
l’Écriture
fainte
ont
débité
plufieurs
conjec-
tures
pour
nous
apprendre
quel
toit
ce
dieu.
Dom
Calmet
croit
qu'il
étoit
le
même
que
Dercéto,
où
Dagon,
ou
Diane
Britomariss
&
que
fon
culte
écoit
pañlé
de
l’ifle
de
Crète
chez
les
Philiftins,
&
avoit
pénétré
de-là
jufquà
Si-
chem;
mais,
ce
n’eft
pas-là
le
chemin,
qu'ont
fait
les
fables.
Le
culte
dés
dieux
du
Paganifine,
originaire
des
païs
de
l'Orient
,
dit
M:
l'abbé
Banier,
a
pañlé
dans
les
ifles
de
la
Méditerranée,
&
de-là
dans
la
Gréce
&
dans
les
pais
voifins.
Ainf
,
ajoûte
M,
l'abbé
Banier,
nous
aurons
encore
re-
cours
à
Sanchoniathon.
Cet
Au-
teur,
ou
plutôt
Philon
de
Byblos,
fon
Interpréte
,
dit
qu'Élion
&
Bérith
font
deux
divinités
de
Phé-
nicie.
Le
premier
de
ces
deux
noms
figniñie
le
Très-Haut
|
&
al
eft
donné
quelquefois
au
vrai
Dieu
parles
Écrivains
facrés.
Bel
ou
Baal
veut
dire
le
Séigneur
;
Béruth,
qui
a
un
rapport
vifible
avec
Bérth,
fignifie
l'alliance.
Ainti
,
Élion-Béruth,
ou
Baal-
Bérith,
fera
le
vrai
Dieu
;
on
la
déeffe
de
lalliance,
L'Écriture
dit,
eneffet,
que
les
[fraëlites
firent
alliance
avec
ce
Dieu
,
comme
on
re
vient
de
le
voir
dans
le
pañage
que
nous
ayons
rapporté.
On
fçait
que
les
Anciens
avoïent
(d)
Judic,
©
8:
v.
33;
34.
co.
v.
a
(6)
Jofu.
Cr
19
V.
44,
Reg.
EL.
xir.
|
MSc.
par
M.
Pabb,
Ban,
Tom.
Il:
pag,
C9,
-V:
18:
Ce)
Jofu,
c.
19.
v.
8.
430.
Te
LI,
pag.
95.
dr
fuiv,
A
iv
:
8
=
BA
plûüfeurs.
dieux
;
qui
préfidoient
aux
alliances
;
&
il
femble
que
chacun
étoit
maître
de
choifir
ce-
Jui,
qu'il
vouloit,
pour
être
le
garant
de
ce
qu'il
alloit
promettre.
Cependant
;
on
choififloit
ordi-
natrement
,
parmi
les
Grecs
&
les
Romains,
Jupiter
,
qui
;,
pour
ce-
la,
étoit
furnomimé
Jupiter
au
{er-
ment.
Paufanias
nous
apprend
que
,
dans
la
ville
d'Olympie,
on
voyoit
ce
Jupiter
tenant
la
foudre
dans
fes
mains,
prêt
à
la
lancer
contre
ceux,
qui
violeroient
leurs
fermens,
Il
ny
avoit
rien
de
plus
célebre
chez
les
Romains,
que
la
formule
du
jurement
par
Jupiter-
Pierre
:
Quid
igütur
juRabo
?
dit
Apulée;
per
deum
lapiderm
Roma-
20
vetufhffimo
more.
:
Mais,
quel
étoit
donc
ce
dieu
de
lalliance
?
C’eft
ce
qu'il
eft
im-
pofhble
de
deviner:
car,
Bochart
ne
nous
fatisfait
point,
lorfqu'il
dit
que
Bérith
eft
le
même
que
la
déeile
Béroë
,
dont
parle
Non-
nus
,
&
que
ce
Poëte
dit
être
fille
de
Vénus
&
d'Adonis;
ou,
felon
d'antres
,
de
Térhys
&
de
lO-
céan.
On
ne
fera
pas
plus
avancé,
quand
on
fçaura
que
ce
dieu
,
on
cette
déefle,
avoit
donné
fon
nom
à
la
ville
de
Bérith,
où
elle
étoit
adorée.
Fix
:
Baalbérith
étoit
un
des
dieux,
qu'on
invoquoit
à
Carthage.
[y
étoit
aufli
honoré
comme
le
dien
de
l’ailiance
où
du
ferment,
BAALGAD
,
Bazlgad,
(a)
Barxryad\,
ville
de
Judée.
Elle
ap-
partenoïit
à
la
tribn
d'Afer,
&
étoit
Ca)
Jofu,
cit.
v.17.
|
à
G)
Myth,
par
M,
Ÿabb,
Ban.
Tom.
IL
pag.
86%
87,
à
tuée
vers
le
les
peuples
qui
habitoient
fur
le
se
B
À
mont
Hermon
au
de-là
du
Jourdain,
Cette
ville
pre.
noit
{on
nom
du
dieu
Baalgad,"
qu'on
yadoroit.
-
BAALGAD
,
Bacan
,
où
B£-.
GAD.,
Baalsad,
Bagad,
où
Be-\
gad,
(b)
dieu
des
Affyriens,
Le
premier
nom
eft
compofé
de
Paul,
feigieur
ou dieu
,
&
de
Gad,
for.
tune;
comme
qui
diroit
dieu
de
la.
fortune,
Bagad
où
Bépad
fignife.
bonne
fortune.
En
Allemagne
,
les
Juifs
ont
coûtume
d'écrire,
au-
deflus
de
Ja
porte
de
leurs
mai=.
fons,
Ba-gadeou
Mazaltob
;
c'eft=…
ä-dire
,
bonne
fortune
on
bon
gé=
mie,
pour
attirer
la
profpérité
dans!
leur
famille.
:
>
Il
y
en
a
cependant
qui
expli-
quent
Baalgad
parle
Soleil
?
&.
felon
ceux-ci,
c'étoit
cer
aftre,.
que»
les
Affvriens
adoroient
fous
le
nom
de
Baalsad,
SE
BAALHASOR
,
Baalhafor
à
Béxarop,
(c)
ville
de
Palefine,
f-
à
tuée
dans
la
tribu
d'Éphraïm.
C’eft
…
dans
cetre
ville,
qu’
Abflom
fit.
allafiner
Amnon,,
fon
frere,
pour
…
venger
l'outrage
,
qu'il
avoir
fait
-
à
Thamar,
È
BAALHERMON
>
PBaalher=…
mor
;
(d)
montagne
de
la
Terre
fainte
au
nord
de
la
tribu
d'Iffa-
char
&
dn
Grand-Champ,
felon.
Dom
Calmet.
L'Écriture
remar-
à
que
que
le
Seigneur
avoit
laiflé
.
mont
Liban,
depuis
la
montagne
de
Baalhermon
jufqu'à
l'entrée
d'Émath,
pour
{ervir
d'inftru@tion
&
d'exercice
aux
enfans,
d'Ifraël,
(c)
Reg.
L,
If,
c.
#3,
v.
#3,
&
fège
Cd)
Judic,
ç,
3,
v,
3.
=
ESA
Jr
F
rare
BA
BAALI
,
Baali,
Buaxe/u
:
(a)
c'eft-à-dire,
mon
maitre.
Ce
rer-
te
fe
trouve
dans
le
prophéte
Ofée.
C’eft
la
même
chofe
que
Bal
Voyez
Baal.
BAAËEIA
,
Paola,
Bœœia
,
(ë)
un
des
trente
braves
de
l'armée
de
David.
+
BAATIADA,
Baalieda,
(c)
E'rade,
un
des
enfans
de
David;
du
nombre
de
ceux,
que
ce
Prin-
ce
eut
à
Jérufalems
BAALIM,
Bralim
,
terme,
quieft
fouvenc
répété
dans
l'Écri-
ture.
C'ef
le
plüriel
de
Baal,
Poyez
Baal,
Se
-
BAATIS
,
Baalis
Berre
:
()
roi
des
enfans
d'Ammon.
Ce
Prince
envoya
lfmaël
,
fils
de
Na-
thamias,
pour
tuer
Godolias
,
à
‘qui
of
avoit
donné
le
commande-
ment
du
peuple
;
qui
étoit
refté
dans
Juda
,
pendant
la
captivité
‘dé
Babylone.
à
=
BAAËISÉPHON
;
Paahife-
phon
;
c'ell-à-dire
,
dieu-fenti-
nelle,
On
dit
que
les
magiciens
d'Égypte
avoient
mis
cette
idole
dans
le
défert,
comme
une
bar-
fière,
qui
devoit
arrêter
les
Hé-
breux
&
les
empécher
de
fuir.
BAALMÉON
,
Baalmeon.,
Bséausqr,
(e)
ville
de
Judée
dans
la
tribu
de
Ruben,
Ceux
de
cette
….
tribu
la
rebâtitent,
ainf
que
plu-
fieurs
autres.
Du
tems
du
prophé-
té
Ézéchiel
,
la
ville
de
Baalméon
étoit
en
la
dépendance
des
Moa-
(4)
OfÉé,
c.
2, y.
16.
CG}
Paral
EL:
c,
12.
v.
$
(©)
Para
Rire
Las
Vs
7
4)
Jerem.
C
40,
v.
14:
Y»
ge
Ce)
Numer,
c.
32,
v.
38,
Ezéch.
c.
25)
8
B
A
bites,
ceux-ci
Payant
reprife
{te
les
enfans
de
Ruben.
Sa
poñition
étoit
vers
la
frontière
du
pais
de
Moab.
Eufébe
&
S.
Jérôme
placent
cetre
ville
à
neuf
milles
d'Esbus
où
d'Éfébon,
au
pied
du
mont
Baaru
ou
du
mont
Abarim.
Ca.
la
nomme
auf
Béelméus
&
quel
quefois
Bethbaalméon.
Li
y
avoit
des
eaux
chaudes.
‘
BAAL-OCHUS,
Baul-Ochus,
(f)
dix-neuvième
&
dernier
Roide
la
première
dynaftie
des
rois
d'A
fyrie.
Après
l’extinélion
de
cetre
Maïfon
;
la
couronne
pafla
,
d'une
manière
finsulière
,
dit-on,
mais
dont
on
nous
à
laiflé
ignorer
le
détail,
au
fur-intendant
des
jardins
du
eoi
,
nommé
Baaltar.
BAALPÉOR,
Baalpeor,
()
idole
,
à
qui
les
Syriens
rendoient
les
honneurs
divins,
C’étoit
anff
-
un
dieu
des
Arabes,
C’eft
le
So-
leil
;
qu’on
adoroit
fous
ce
nom,
puifque
Baalpéor
eft
le
même
que
Baal,
Voyez
Baal.
ee
*
BAALPHARASIM
,
PBuale
Pharafim
,
(h)
ville
de
Paleftine
dans
la
tribu
de
Juda.
Elle
prit
ce
nom,
qui
veut
dire
difperfion
,
confufion,
parce
que
le
Seïgnenr
ÿ
fit
remporter
une
vidoire
à
Da-
vid,
en
difperfant
les
Philiftins
fes
ennemis.
Îls
y
laiflérent
même
leurs
idoles
|
que
le
vainqueur
emporta,.
Cette
ville
n’éroit
pas
éloignée
(f)
Mém.
de
lAcad,
des
Infer.
&
Bell.
£Lert,
Tom,
XXI,
pag.
6,
-
()
Myth.
par
M.
l’abb.
Ban,
Tom:
IT.
pag.
420.
Tom.
IIL.pas.
86,
8%»
CG)
Reg
EL.
H.
©
5.
v.
20,
@
[eg
LE
2
Voyez;
Baal.
10
À
de
Jérüfalem
,
puifqu’elle
étoit
{=
tuée
dans
la
vallée
de
Raphaïm.
-
BAALPHÉGOR
,
Paalphe-
g0r
,
là
même
divinité
que
Béel-
Phéoor.
Voyez
Béelphésor.
BAALSALISA
>
Baalfalifa,
Barœrire
,
(a)
ville
de
Judée
dans
la
tribu
d'fflachar.
Ce
fut
de
certe
ville
qu’un
homme
vint
apporver
à
Elie
des
pains
des
prémices,
Vingt
pains
d'orge
,
&
du
froment
nouveau
dans
fa
beface.
Le
Pro-
phète
les
fit
donner
au
Peuple.
Quoiqu'il
y
eût
cent
perfonnes,
iis'en
mangérent
tous,
&
il
y
en
eut
de
refte,
comme
le
Seigneur
avoit
prédit.
Cette
ville
,
lon
S.
Jérôme
&
Eufébe,
étoit
à
quinze
milles
de
Diofpolis,
vers
le
nord.
:
BAAESAR,
Bralfar
;
celt-à-
dire
,
le
Seigneur
Dieu.
C’eft
le
même
que
Béléfis,
Joyez
Béléns.
v
BAALSÉMEN,
où
Baarsr-
MÈS
,
Baalfemen,
Baallemes,
(8)
divinité,
qui
reprefentoit
le
So=
lil,
chez
les
Phénicisns,
Sancho-
mithon
dit
qu'une
grande
féche-
refle
étant
furvenue
dans
le
pais,
les
Phéniciens
tendirent
les
mains
vers
le
Soleil,
qu'ils
regardérent
comme
le
feul
dieu
&
le
maître
des
cieux,
&
lui
donnérent
le
nom
-
de
Baalfémen,
lequel,
en
Phé-
_nicien,
fipniñe
feigneur
des
cieux.
C'eft
le
même
dieu
que
Baal,
=
BAALTAR,
Baalar,
(c)
fur-
intendant
des
jardins
du
roi
dAf.…
Ca)
Rep,
L.
IV.
c.
4
Vr
42
&
fez.
(6)
Myth.
par
M,
Pabb.
Ban.
Tom,
[,
49.
156.
Méim,
de
l'Acad,
des
Iafcrip.
-Bêll.
Lett,
Tom.
IT,
pag.
qq
-_
(c)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infcripr,
&
PB
A
fyrie.
Get
Officier
,
après
l’extine
tion
de
la
famille,
qui
avoit
regnt
jufqu'alors
,
fut
placé
lui-mêms
für
le
trône
par
un
événement
fi
gulier
,
dont
nous
ignorons
le
dé:
tail,
BAALTHAMAR,
Baalihas
mar,
Béañaut,
(4)
lieu
del
tribu
de
Benjamin
dans
le
vois
nage
de
Gabaa,
Durant
la
guerre,
que
les
enfans
d’Ifraël
firent
aux
Benjamites
pour
tirer
vengeanc
de
l'outrage-,
que
la
femme
d'un
Lévite
avoit
recu
des
habitans
dé
Gabaa,
ils
allérent
fe
camper
Baalthamar,
tandis
qu’un
corps
dé
leurs
troupes
s’étoit
mis
en
em
bufcade
au
tour
de
la
ville.
Le
enfans
de
Benjamin,
ayant
dont
dans
le
piège,
furent
tallés
ei
piéces.
Ils
perdirent
jufqu’à
vingt
cinq
mille
êt
cent
hommes.
Ceux
qui
sétoient
fauvés
,
ayant
fil
vers
Gabaa
,
furent
également,
taillés
en
piéces
par
les
troupes
à
qu'on
avoit
mifes
en
embufcadér
Tout
ce
qui
reftoit
de
Benjamités
dans
la
ville
,
fur
enfuite
paffe
aie
fil
de
l'épée.
Poyez
Gabaa.
2
BAALTIDE
,.
Baaltis
.
(e
:
déeffe
des
Phéniciens
,
appellé.
autrement
Beltus.
Héfychius,
al
mot
Braôre,
ditque
c'elt,
ou
Jue
non,
©u
Vénus.
Eufébe
ét
Bars
@&
l'appelle
Reine.
D'autrén
difent
que
c'eftia
même
que
Das
ne,
où
ja
Lune.
Sainchoniathon,.
dans
Eufébe,
les
diftingue
,
&
di.
-qu'Aftarce
&
Baalride
font
{œurss
Bell.
Eett.
Tom,
XXT.
pag.
6.
nn
(d)
Judic..c.-20.
v.
33.
@
feq,
(e)
Mém.
de
PAcad.
des
Inferip.
&
B£li.
Lert,
Tom,
XVI.
pag.
<o.
s
NP
VE
VO
dr
RE
451;
.
BA
que
fa
première
eft
Vénus
,
&
l’autre
Diane,
que
l’on
prend
pour
Lucifer,
Sanchoniathon
ajoû-
te
que
Baaltide
fut
femme
de
Sa-
turre
,
aufi-bien
qu'Aftarte,
&
gu'elle
n'eut
de
lui
que
des
filles.
Certe
Déefle
étoit
honoréeà
By-
blos;
car,
Eufébe
dit
que
Saturne
lui
avoit
donné
cette
ville,
:
BAANA,
PBaana,
Manvre,
(2)
fils
de
Remmon
de
Béroth.,
avoit
un
frere,
nommé
Réchab.
[ls
étoient
tous
deux
officiers
d'Isbo-
feth,
ls
de
Saül.
Un
jour
que
le
Prince,
leur
maître
,
dormoit
fur
fon
lit
vers
le
midi,
ils
entrérent
fecrétement
dans
l'intérieur
de
la
maifon,
comme
pour
acheter
du
bled;
&
ayant
frappé.
Isbofeth
dans
laine
,
ils
le
tuérent,
prirent
fa
tête
&
s’enfuirent.
Ayant
marché
toute
la
nuit
par
le
chemin
du
défert,
ils
la
préfentérent
à
David
,
&
lui
di-
-rent
:
»
Voici
la
tête
d'Isbofeth,
»
fils
de
Saül,
votre
ennemi,
qui
»
cherchoit
à
vous
ôter
la
vie,
»
Le
Seigneur
venge
aujourd'hui
»
mon
Seigneur
&
mon
Roi,
de
»
Sal
&
de
fa
race,
«
David
ré-
pondit
à
Baana
&
à
Réchab
:
»
Vive
le
Seigneur
,
qui
m'a
dé-
»
livré
des
dangers
les
plus
pref-
»
fans.
J'ai
fait
arrêter
&
tuer
à
»
Siceleg
celui
qui
me
vint
dire
»
que
Saül
étoit
mort,
celui
qui
»
Croyoit
m'apporter
une
bonne
»
nouvelle,
&
qui
en
atrendoit
»
Unerécompenfe.
Combien
plus,
»
Maintenant,
que
des
méchans
»
ont
tué
un
homme
innocent
(a)
Reg.
Le
TI,
c.
4.
v.
2.
&
fe.
(4)
Reg.
L.
IH,
€,
4
v.
16.
C2
Reg.
L,
IT,
€,
23:
v:
29,
»
dans
fa
maïlon
,
fur
fon
Ke,
»
Vengerai-Je
fon
fang
fur
vous,
qui
l'avez
répandu
de
vos
»
mains
,
®
vous
exterminerai-
»
je
de
deffus
la
terre?
«
David
donna
donc
l'ordre
À
fes
gens,
&
ils
les
tuérent.
Ils
leur
coupérent
les
mains
&
les
pieds,
&
les
pen-
dirent
près
de
la
pifcine
d'Hé-
bron.
BAANA,
Paana
,
Baua,
(2)
fils
d'Huf,
étoit
intendant
de
tout
le
pais
d’Afer
&
de
Baloth,
fous
lé
repre
de
Salomon.
:
BAANA
,
Baana,
(c)
pere
de
Héled
,
qui
étoir
un
dés
trente
.
…
-
braves
de
l’armée
de
David,
Baa-
naétoit
de
Nétophath.
;
BAANA
,
Bauna
,
Paarà,
(4)
ün
des
chefs
du
peuple,
qui
figné-
rent
l'alliance
,
que
l'on
fit
avec
le
Seigneur,
au
retour
de
la
cap=
tivité
de
Babylone
à
Jérufalem.
BAARAS,
Baarss
,
Radpacs
(e)
nom
d’un
lieu
fiué
dans
la
vallée
de
Machéron
ou
Machéron-.
te.
[croïffoit
en
ce
lieu
une
plante
de
même
nom.
Joféphe
donne
de
cette
plante
la
défcription
fuivan-
e.
»
Elle
reflemble,
dit-il,
à
»
une
flamme
,
jette
fur
le
fox
»
des
rayons
refplendiffäns,
&
fe
»
retire
lorfqu'on
veut
la
prendre.
»-Le
feul
moyen
delarrêter,
eff
»
de
jetter
deflus
de
l'urine
de
»
femme
ou
de
ce
fang
fuperfu
,
»
dont
elles
fe
trouvent
de
tems-
»
en-tems
incommodées.
On
ne
»
la
fçauroit
toucher
fans
mourir,
»
fionn'a
dans
fa
main
de
la
ira=
»
cine
de
la
même
plante;
maïs,
Cd)
Efdr.
L,
Il.
c.
10.v?27.
|
(e)
Jofeph.
de
Belf,
Judaic..pag,
081
12
b
À.
»
of
a
trouvé
encore
un
autre
#
moyen
de
la
cueillir
fans
péril.
»
On
creufe
tout
alentour,
en
>
forte
qu'il
ne
refte
plus
qu'un
»
peu
de
fa
racine;
&
à
cette
ra-
#
ciné,
quirefte,
on
attache
un
#
chien,
qui,
voulant
fuivre
celni
x
‘qui
l’a
attaché
,
arrache
la
plan-
».te
&
meurt
aufli-tôt,
comme
»
S'il
rachetoit
de
fa
vie
celle
de
>»
fon
maitre.
Après
cela,
on
peut
»#
fans
péril
manier
cette
plante
;
#
&
elle
a
une
vertu,
qui
fait
que
»
lon
ne
craint
point
de
s’expo-
»
fer
à
quelque
danger
pour
la
»
prendre.
Car,
ce
que
l'on
nom-
3
me
des
Démons
,
&
qui
ne
font
»
autres
que
les
ames
des
mé-
»
chans
,
qui
entrent
dans
les
#
corps
des
hommes
vivans,
&
»
qui
les
tueroient,
$
on
n’y
ap-
»
portoit
point
de
reméde,
‘les
»
quittent
auffi-tôt
que
l’on
ap-
>
proche
d'eux
cette
plante,
«
Ï
y
en
a
quidifent
que
cette
Plante
naît
au
mont
Liban,
au-
deflus
du
chemin,
qui
conduit
à
Damas,
&
qu'on
ne
commence
à
-
R
voir
qu'au
mois
de
Mai,
jorf-
-que
la
neige
eft
fondue.
Dès
que
la
nuit
eft
venue,
cette
plante
<ommence
à
s’enflammer
&
à
tendre
de
la
clarté,
comme
un
petit
flambeau,
mais
qu'aufi-tôt
que
le
jour
vient,
cette
lumière
ne
paroït
plus,
&
l’herbe
devient
imvifible.:
Les.
feuilles
mêmes,
qu'on
a
enveloppées
dans
des
mouchoirs
;
ne
s'y
trouvent
plus
:
-
ce
qui
autorife
l'opinion
de
ceux
ge
difent
que
cette
plante
eft
ob-
fédée
des
Démons,
parce
qu’elle
&
auif,
felon
eux,
une
propriété
@cculte
,
pour
rompre
les
charmes
BA
&
les
fortiléces.
D’autres
aflurent
quelle
eft
propre
à
tranfimuer
les
métaux
en
or
;
@&
c’eft
pour
cette.
raifon,
que
les
Arabes
l’appellent.
l'herbe
de
l'or.
Mais,
ils
n’ofe-
roient
la
cueillir,
ni
même
l’appro-
cher,
pour
avoit,
difent-ils,
Éprous
vé
plufeurs
fois
que
cette
plante.
fait
mourir
fabitement
celui
qui
l’arrache
de
cerre
,
fans
apporte
les
précautions
néceflaires
;
&
comme.
ils
ignorent
ces
précau-
tions,
ils
la
laiffent
fans
y
cou:
cher,
?
Î
y
a
quelques
Naturaliftes,
qui
difent
que
cetre
plante
fe
nourrit
d’one
terre
&
d’une
humeur
bitus
mineufe
;
que
lorfqu’on
l’arrache.
de
terre
,
il
fort
de
{a
racine
uné.
forte
odeur
de
bitume,
qui
fuffo
que
celui
qui
larrache;
&
que
ceift
pour
cette
même
raïfon
qu
elle
éclaire
de
nuit.
Car,
cette.
Matière
bitumineufe,
qui
partice.
pe
de
la
nature
du
fouffre,
s’en.
flamme,
felon
eux
,
parl'antipéri£
tafe
de
Pair
froid
de
cette
haute.
fontagne,
@&
rend
de
la
clarté.
:
jufqu'àce
que
Pair,un
peu
échauflés
par
les
rayons
du
folëil,
fafle
cel
fer
cette
flamine,
Que
fi
l’on
sé.
tonne
que
cette
plante
ne
fe
con:
fume
point,
on
doit
confidéret
que
ce
qui
s'enflimme,
eft
Je
füperflu
de
lalinent
néceflaire,
pour
fa
confervation,
&
que
lorfqu'il
eff
confimé
,
la
lumiere
celles
comme
l’on
peut
remars
quer
en
une
lampe
,
où
,
faute
d'huile,
la
lumiere
vient
À
man-
Guer,
quoique
la
méche
ne
foit.
pointentièrement
confimée,
Vol.
là
ce
que
les
Naturaliftes
rappor-
+
tent
de
cette
plante
admirable,
B
A
qui
ne
fe
trouve,
difent.ils,
quan
mont
Fiban
,
dans
les
endroits
plantés
de
cédres.
|
:
BAASA,
Paafa,
DBazra,
(a)
fils
d'Ahias,
de
la
maifon
d’Iffa-
char,
fit
une
conjuration
contre
Nadeb,
fils
de
Jéroboam,
roi
d'Tfraël.
Comme
il
étroit
Général
des
armées
de
ce
Prince,
il
le
tua
au
fiége
de
Gebbethon,
qui
étoir
une
ville
des
Philiftins,
&
regna
en
fa
place,
la
troïfième
année
du
regne
d'Afa,
roi
de
Juda,
lan
949
avant
J.
C.
Baafa,
étant
de-
venu
Roi,
tua
tous
ceux
de
la
maifon
de
Jéroboam.
Il
n’en
laïffa
pas
vivre
un
feul
de
fa
race,
juf-
qu'à
ce
qu'il
l'eiiéexterminée
entiè-
tement,
felon
que
le
Seisneur
l’a-
voit
prédit
par
Ahias
Silonite,
fon
ferviteur.
Il
y
eut
guerre
entre
Baafa
&
Alfa,
tant
qu'ils
vécurent.
La
tren-
te-fixième
année
du
regne
de
ce
dernier,
Baafa
marcha
contre
Ju-
-
da,
@&
fortifa
Rama
d’une
mu-
raille
tout
au
tour,
afin
que
nul
du
royaume
d'Afa
ne
püût
füre-
ment
ni
entrer
ni
fort.
Mais,
ayant
appris
que
Bénadad
,
roi
de
Syrie
,
Mmarchoit
au
fecours
d'A-
fa,
il
ceffa
de
bâtir
Rama,
&
laiffa
fon
ouvrage
imparfait.
Le
regne
de
Baafa
fut
de
vingt-
quatre
ans.
Ce
Prince
fitle
mal
devant
le
Seisneut;
il
marcha
-
dans
la
voie
de
Jéroboam,
&
dans
les
péchés
qu'ilavoit
faitcommet-
ire
à
[fraël,
Or,
le
Seigneur
adrefs
fa
fa
parole
à
Jéhu,
fils
d'Hana-
ni,
contre
Baafa
;
@&
Int
ordonna
(@)
Reg.
LI.
c,
15.
V.
27.
@
[eq
C:
16.
V.
1,
@
feg.
Paral,
L,
IL
Ve
Xe
d*
feg.
B
A
13
de
dire
de
fa
part
à
ce
Roi:
»
Je.
»
vous
ai
élevé
de
la
pouflière
,
&
»
je
vous
ai
établi
chef
fur
mon
»
peuple
d'Ifraël;
&
après
cela
.
»
Vous
avez
marché
dans
la
voie
»
de
Jéroboam
;
&
vousavez
fait
»
pécher
mon
peuple
d'Ifraël,
»
C'eft
pourquoi,
je
retrancherai
».
de
deflus
la
terre
la
poftérité
de
»
Baafa,
&
celle
de
fa
maïfon;
&
»
je
ferai
de
votre
maïfon
ce
que
»
J'ai
fait
de
la
maifon
de
Jéro-
»
boam,
fils
de
Nabat,
Celui
de
»
la
race
de
Baafa,
qui
moura
»
dans
la
ville,
fera
mangé
par
»
les
chiens
;
&
celui,
qui
mour-
»
ra
à
la
campapne,
fera
mangé
»
par
les
oïfeaux
du
Ciel.
«
Le
refte
des
a@ions
de
Baafa,
&
tont
ce
qu'il
avoit
fait
&
fes
com-
bats,
tout
cela
avoit
éré
écrit
au
livre
des
Annales
des
rois
d'Ifraël.
Baafa
s’endormit
donc
avec
fes
peres.
Il
fat
enfeveli
à
Therfa;
&
Ela,
fon
fils,
reena
en
place,
lan
926.
avant
J,
C.
ES
Mais
,
la
parole,
que
le
Sa.
gneur
avoit
dite
par
le
prophéte
Jéhu,
s’accomplit
par
la
punition
de
Baafa
&t
de
toute
fa
maifon,
à
caufe
de
rous
les
maux,
qu'ilavoit
faits
en
la
préfence
du
Seigneur,
pour
Pirriter
par
les
œuvres
de
fes
mains.
Sa
maïfon
fut
traitée
comme
celle
de
Jéroboam.
Ce
fut
Zambri,
dont
Dien
fe
{ervit
pour
cette
exécution,
Il
extermina
tonte
la
maïfon
de
Baafa,
fans
en
Riffer
aucun
refte.
BA
AU
,oz1A
Nuir,
(4)
avoit
époufé
le
vent
Colpias,
felon
San-
(ë)
Mém.
de
PAcad,
des
Inferipe.
&
c.
16,
|
Bell.
Lert,
Tom,
XVI,
p.35.
14.
BB
À.
choniathon.
De
ce
mariage
na-
quirent
Eon
&
Protogone.
BABAS,
Bubhus,
BéCac,
(a)
de
lilluftre
race
des
Afrnonéens,
êt
un
de
ceux
gui avoient
le
plus
de
droit
à
la
couronne
de
Judée,
après
le
dernier
Anticonus
&
le
dernier
Ariflobule,
qui
fur
étouffé
dans
le
bain
par
l'ordre
d'Eérode,
E}
s'oppofa
avectons
fes
fils,qui
é-
toienttrès-braves,
aux
invafñonsde
ce
tyran,
&
foûtnr
le
parti
d'An-
tigonus,
avec
beaucoup
de
cha-
leur,
particulièrement
lorfque
ce
Prince
infortuné
fut
allégé
dans
Jérufalem
par
Hérode
&
par
S0-
fus.
Mais,
la
ville
ayant
été
pri-
fe
,
ce
fat
fur
cux
que
cet
ufur=
Pateur
commença
à
décharger
fa
colère.
Ïl
donna
ordre
à
Coftoba-
re,
mari
de
fa
fœur
Salomé,
d'en
.
faire
la
recherche
,
deles
arrêter,
&
d'empêcher
qu'ils
ne
fortiffent
ge
la
ville,
pour
les
faire
mourir.
…
Coflobare,
qui
connoïfloit
leur
mérite
&
leur
qualité,
&
qu'en
:
Le
cas
de
changement
dans
lÉRE,
ils
éroient
gens
à
monter
fur
le
trône,
ne
crut
pas
devoir
poufler
à
bout
la
vengeance
d'Hérode.
Il
Gonna
au
Contraire
avis
aux
Ra
bas,
de
ce
qui
fe
tramoir
conr-
eux;
@
au
lieu
de
contribuer
à
leur
perte,
il
les
envoya
fecréte-
ment
en
{dumée,
dans
des
terres
qu'il
y
avoit,
pour
qu'ils
y
vécut
{ent
en
toute
fûreté,
Îls
y
demeu-
rérent
quelques
annéés,
fans
être
inquiétés
;
mais
,
Salomé
&
Co
_»
difperfés
dans
toute
la
rérten
BA
:
tobare
s'étant
brouillés,
cette
nes
chante
femme
necrut
pas
pouvoit
mieux
fe
venger
de
fon
mar,
qu'en
découvrant
ce
fecret
au
rol
{on
frere,
qui
envoya
auffi-tôt
des
Satellites,
pour
les
égorger
,
af
qu'il
ne
reftâ:
plus
perfonne
de
la
race
royale
ni
des
parens
d'Hyrs
Can.
BABEL,
Pubel,
SV
yever,
(b)
terme
qui
fignifie
proprement,
confufñon.
Il
eft
célebre
dans
PÉe
eriture,
Voici
ce
qu'elle
raconte
À
cette
occafion,
»
Les:
defcendans
»
de
Noë
étant
partis
du
côté
de
»
l'Orient,
tronvérent
une
cam
»
pagae
dans
le
païs
de
Sennaar,
».
où
1is
habitéignt.
Ils
fe
dirent
»
Pun
à
laut
dons
te
:
»
desbriques
&
cuifons-les
au
fem.
»
Les
briques
leur
fervirent
donc.
»
ce
pierres,
&
le
bitume
de
ca
»
ment.
Ds
s’entredirentenfuites.
»
Venez,
bâtiflons
-
nous
une.
»
ville
&
une
tour,
dont
le
fom-
è
»
met
s'éleve
jufqu'au
ciel,
pour,
»
rendre
nôtte
nom
célebre,
&
»
de
peur
que
nous
ne
foyonse
»
Or,
le
Seigneur
defcendit
pouf.
»
VOir
a
ville
&
fa
tour,
que
les”
».
Cnfans
des
hommes
bâtiffoient,
_»
Îls
ne
font
maintenant
qu'uf
»
peuple,
dit
le
Séigneur.
Is
ont.
»
tousje
même
langage;
&
ayant
è
»
commencé
a
faire
cet
OUVrages
=
»_ils
ne
quitceront
point
leur
def.
ele,
qu'ils
ne
l'aient
entieree.
meéntacheyé,
Venez.donc
;
def.
:
=
LEA
Hit.
Anc,
Tom.
1,
pag.
3239.
Mém
de
l'Acad.
des
Iñfcript,
&
Bell,
Let.
Forms
XVIIE,
Pas.
216
,
292,
Ton
XXI,
Bag:
270
?
:
De
(2)
10féph,
de
Antig.
Judaic.
pag:
S32-
ë
:
(6)
Gene.
ce,
crew
2,
&
feg.
el
de
Antiq.
Judaïc,
Page.
1,
12,
Herod.
LT
cs
187,
Strab.
pag,
738.
Roll,
PR
LA
UE
VAE
2
BA
15.
»
cendons
en
ce
lieu,
&
confon-
ne
veut
pas
dire:
fzifons-nous
un
LA
L
»
dons-y
tellement
leur
langage,
zom,
avant
que
d'être
épars
fur
La
»
quilsnesentendent
pluslés
uns
zerre;
maïs
fzifons-nous
ur
Jfigne
;
»
Jes-autres,
C'eft
ainfi,
quele
de
peur
que
nous
ne
feyons
épars.
»
Séigneur
les
difperfa
de
celien.
Soir
que
cette
tour
dût
fervir
d’un
»
dans
tous
les
pais
du
monde,
fignal
à
ce
peuple
de
bergers
pour
»
&
qu'ils
ceflérent
de
bâurcette
les
empêcher
de
s'égarer
en
con-
»
ville.
C'eft
pour
cette
raïon
duifant
leurs
tronpeaux
dans
les
»
que
cette
ville
furappellée
Ba-
vaftes
plaines
dé
Sennaar;
foit
que
»_
bel,
parce
que
c’eit-là
que
le
les
connoïflances
Aftronomiques,,
»
Seigneur
confondit
le
langage
à
la
perfection
defquelles
elle
pa-
»
de
route
la
terre,
&
que
de-là
roir
avoir
été
deflinée,
doffent
»
1]
difperfa
les
hommes
danston-
fervir
aux
bergers
à
fe
retrouver
»
tes
des
régions.
«
On
place
au
milieu
de
la
nuit
par
le
moyen
cet
événement,
vers
l'an
du
mon-
des
étoiles.
de
1775,
&
120
ans
après
le
Nous
ne
fcavons
pas
jufqu'à
Déluge.
se
-
quelle
hauteur
cette
tour
avoit
été
On
croit
que
Nemrod,
fils
de
élevée.
Tour
ce
que
l’on
ên
trou-
Chus,
fut
le
principal
auteur
de
ve
dans
les
Auteurs,
ne
mérite
l'éatreprife
de
la
tour
de
Babel.
Il
aucune
créance.
Plufeurs
ont
cru
vouloit,
dit
Jofephe,
bâttr
une
que
la
tour
de
Bélus,
done
parle
tour
fi
élevée,
qu'elle
pûtle
ga-
Hérodote,
&
que
l'on
vOyoit
en-
rantir
d'un
nouveau
déluge,
&
core
de
fon
tems
à
Babylone,
le
mettre
en
état
de
vengermême
étoit
la
tour
de
Babel;
où
du
contre
Dieu,
la
mort
de
fes
ancé-
moins
qu’elle
avoir
été
bâtie
fur
tres,
caufée
parle
Déluge.
Ileft
les
fondemens
de
l’ancienne.
Ge:
difficile.
de
croire
qu'il
fe
foit
mis
dermer
fentiment
paroit
d'autant
üne
aufh
folle
imagination
dans
plus
vraifemblable,
que
ceïte
tour
l'éfprit,
Quoiqu'il
en
foit,
M.
le
étoit
achevée
&
avoit
toute
{à
préfident
de
Brofles,
dans
un
Mé-
hauteur,
Elle
étoit
compolée
,
fe=
Imoire
que
l’on
trouve
parmi
ceux
lon
Hérodote,
ainf
quenous
l’ob=
de
l’Académie
des
[ufcriptions
&
fervons
à
l’article
de
Babylone,
Belles
Lettres,
remarque
que
la
de
huittonrs
placées
lune
fur
l’au-
Bible
ne
regarde
pointla
conftruc-
tre
en
diminuant
toujours
en
grof-
tion
de
certe
tour,
comme
une
feur
depuis
la
première
Jufqu'à
la
entreprife
condamnable,
&
qu'el-
dernière.
Au-deflus
dela
huitième
le
ne
dit
nulle
part
que
Dieu
eût
étoit
le
temple
de
Bélus.
Hérodo-
fait
quelque
défenfe
à
ce
fujet
te
ne
dit
pas
quelle
étoit
la
hau-
Cefont
les
Commentateurs,ajoûte=
teur
de
tout
l'édifice
;
mais
feule-
M,
le
préfident
de
Brofes,
qui
ment,
que
la
première
des
huit
Ont
mis
depuis
ce
féntiment
en
tours,
&
celle
qui
fervoit
comme
vogue,
faute
d'avoir,
À
ce
que
de
bafe
aux
feprautres,
avoit
on
croit
Périzonius,
bien
entendu
le
ffade
>
Où
cent
cinquante
pas
en
fens
du
pañlage
de
la
Génie,
qui
hauteur
&
en
largeug,
ou
en
quar-
Li
16
BA
récar,
fon
texte
nef
pas
bierr
clair.
Quelques
Écrivains
croyent
que
C’étoit
là
hauteur
de
tout
lé
cfice
;
&
Sirabon
l'a
entendu
en
ce
fens.
D'autres
foûtiennent
que
chacune
des
huit
tours
avoir
un
fade,
&
que
tout
l'édifice
avoit
buit
flades,
ou
douze
cens
pas
de
hauteur;
ce
qui
paroi
impof-
fible.
Cependant,
S.
Jérôme
dit,
fer
le
rapport
des
autres,
qu'il
avoit
quatre
mille
pas
de
hauteur.
D'autres
lui
en
donnent
encore
davantage,
Les
nouveaux
Voyageurs
va-
rient
dans
les
defcriptions,
qu'ils
nous
donnent
des
refles
de
la
tour
de
Babel.
Fabricius
dit
qu'elle
Peut
aYoir
environ
un
mille
de
tour.
Guion
dit
la
même
chofe.
Benjamin,
qui
eft
beancoup
plus
ancien,
aflure
qu'elleavoit
deux
mile
pas
de
long
par
les-fonde.
mens.
Le
fieur
de
la
Boulaye
le
Gouz,
gentil-homme
Anpevin,
‘qui
dit
avoir
fait
un
affez-lone
fé-
Jour
à
Babylone
ou
Bagdac
,
rap-
porte
qu'il.
y
a,
environ
à
trois
Hèues
de
certe
ville,
une
tour
nommée
Mépara,
&
fituée
entre:
PÉuphrate
&
le
Tigre
,
dans
une
rafe
campagne.
Cette
tour.
et
tonte
folide
en
dedans,
&
reffem-
ble
plutôt
à
une
montagne,
qu'à
une
tour,
File
a
par
le
pied
cinq
cens
pas
de
circuit;
&
comme
la
pluye
&
les
vents
l'ont
beaucoup
Tuinée,
elle
ne
peut
avoir
de
hau-
tèur
qu'environ
cent
trente-hunit
ques;
Qui
ont
quatre
doigts
d’é-
…
Paifleur.
Après
fept
ranos
de
bri-
=
;
fa)
Plut,
Tom,
E,
pag.
43
287,
:
+
“Tan
ps.
B
A
ques
,
il
ÿ
à
un
rang
de
paille
de
trois
doigts
d'épailleur,
mélé
avec
de
la
poix
où
du
bitume
Depuis
le
haut
jufu’en
bas,
on
cn
compte
environ
cinquan®
Ï
y
a
apparence
que
tout
@
que
l'on
raconte
de
certe
cour,
cepté
ce
que
l’on
en
trouve
dans
PÉcriture
ef
Abuleux
;
&
que
les
relies
de
quelques
tours,
que
Pon
montre
dans
la
Babylonie
,
ne
font
rien
moins
que
les
reftes
de
tour
de
Babel,
5
BABIA,
Bobia
,
nom
d’un
idole,
qui
étoit
révérée
en
Syrie
&
fur
tout
à
Damas,
On
y
don*
noit
le
nom
de
Babia
aux
enfant
-C6
Qui
a:
fait
Conjedurer
que
h
Babia
étoit
déeffe
de
PEntance,
|
BABRIAS,
Babries,
on
GAN
BRIAS
,poëte
Grec,
qui
à
mis
les
fables
d'Efcpe
en
vers
jambes,
Onne
fçair
pas
en
quel
tems1la
vécu.
BABYCE,
PBabyce,
BaGuuu.
(z)
pont
de
Sparte,
[|
eft
fait
mention
de
ce
pont
dans
la
vie
de
Lyeurgue,
écrite
par
Plurarque
».
Quand
tu
auras
bâti,
répondit.
»
oracle
de
Delphes
À
Lycur
»
gue,
un
temple
à
Jupiter
Syk
»
lamien&
à
Minerve
Syllarien
»
ne;
@
que
tu
auras
rangé
le
»
peuplé
par
lignées
&
par
tri
»
bus,
&
établi
an
Sénat
de
tre.
»
te
Sénateurs,
y
cotnpris
les
»
deux
chefs,
tu
tiendras
de
tems
FE.
»
en
téms
le
confeil
entre
le
Bar
pieds
de
roi.
Elle
eft
bâtie
de
bri=
-»
byce
&
le
Cnacion
;
tu
confer
?_
Veras
Je
pouvoir
de
prolongerà
»
tongré,
ou
de
congédier
l'af
»
fembléé,.
FFAID
B
A
»
femblée,
&
tu
laifleras
au
peu-
»
ple
le
droit
de
ratifier
ou
d’an-
»
nuüller
ce
qu'on
ÿ
aura
propo-
ee.
Le
Babyce
&
le
Cnacion,
c’eft
.
l'Œnonte.
Ariftote
écrit
pourtant
que
le
Cnacion
eft
le
fleuve,
&
que
le
Babyce
eft
le
pont;
car,
les
Lacédémoniens
tenoient
leurs
affemblées
entre
le
pont
&
la
ri-
vière
,
dans
un
lieu
où
il
n’y
avoit
ni
faille
enrichie
de
tableaux,
ni
place
autrement
ornée.
Lycurgue
eftimoit
que
ces
embelliflemens,
bien-loin
de
fervir
pour
le
bon
confeil,
lui
nuifent
au
contraire
,
en
rempliffant
de
penfées,
ou
inu-
tiles
ou
vaines
,
l’efbrit
des
af-
fiftans,
qui,
au
lieu
d'être
atten-
tifs
aux
affaires
,
dont
il
s’agit,
s’a-
mufent
à
regarder
ou
les
flatues
;
ou
les
tableaux,
ou
les
riches
lam-
bris,
comme
on
regarde
lés
déco-
rations
d’une
fcéne,
M.
Dacier,
dans
nne
de
fes
re-.
Marques
,
conclut,
de
ce
que
les
Lacédémoniens
tenoit
leurs
aflem-
blées
entre
le
Babyce
&
le
Cna-
cion,
que
ce
pont
devoit
être
le
pont
de
quelque
torrent
différent
de
cette
tivière
;
Car
,
ajoûte-t-il,
entre
une
rivière
&
fon
pont
il
n'y
a
pas
d'efpace
pour
tenir
des
af-
femblées,
à
moins
que
cette
ri-
vière
nait
deux
bras.
Cette
re-
Marque
me
paroit
fort
judicieufe.
Plutarque
fait
encore
mention
Cu
Babÿce
dans
la
vie
de
Pélopi-
das,
C'eft
au
füjet
d'un
combat
;
qu'il
dit
avoir
été
le
premier,
qui
apprit
à
fous
les
Grecs,
que
ce
n'eft
ni
l’Eurotas
ni
le
lieu,
qui
eft
G)
Crév.
Hift.
des
Emp,
Tom,
V,
p.
391;
403,
Zom.
VI.
B
A
“KZ
entre
le
Babyce
&
le
Cnacion,
qui
portent
des
hommes
belliqueux
&
de
hardis
combattans;
mais
que
les
grands
courages
naïflent
pat
tout
où
les
jeunes
gens
fca-
vent
avoir
de
la
honte
pour
tout
ce
qui
eft
mauvais,
&
de
l'affu-
rance.
&
de
l'audace
pour
tout
ce
qui
eft
bon,
&
où
ils
craignent
plus
le
moindre
affront
que
tout
les
périls
enfemble.
|
BABYLAS,
Babylas,
(a)
évêque
d'Antioche,
vers
le
milieu
du
troifième
fiécle
de
l'Églife.
Se-
lon
S.
Jean
Chryfoftome
,
ce
faint
Prélat
chaffa
de
l’Églife
»
&mitef
pénitence
un
Empereur
,
qui
avoit
fait
mourir
le
fils
d’un
Roi
,
qu'on
lui
avoit
donné
en
Ôtage
;
ce
que
quelques-uns
entendent
de
l’em-
pereur
Philippe,
que
l’on
croit
avoir
été
Chrétien,
&
de
qui
Eu-
sèbe
‘dit
qu'un
Évêque
ne
voulut
pas
le
laifler
entrer
dans
l'Églife,
qu'il
n’eñt
fait
pénitence
publique
de
fes
crimes.
S.
Chryfoftome
ne
*
nomme
point
l'Empereur
à
qui
cela
eft
arrivé,
ni
Eusèbe,
l'Évêque
quien
agit
ainfi.
La
conformité
de
l’Hifloire
&
la
concurrence
du
tems,
font
en-
tendre
ces
deux
relations
d’un
mé-
me
fait,
&
fuppofer
que
c'eft
l’empereur
Philippe
,
que
S.
Ba-
bylas
avoit
chaflé
de
l'Églife
,
&
mis
en
pénitence,
parce
quil
avoit
fait
mourir
le
jeune
Gordien.
Mais
,
cette
hiftoire
en
elle-même
paroît
fufpecte,
L'on
a
fujet
de
douter
que:
l’empereur
Philippe
ait
été
Chrétien
:
&
quand
il
lau-
roit
été,
il
n’y
a
pas
d'apparence
B
À
*
18
bb
À
qu'ilen
ait
fait
profeffion
publique,
encore
moins
qu'il
ait
été
mis
en
pénitence.
Les
reliques
de
S.
Babylas
étoient
en
très-grande
vénération
à
Antioche,
où
il
y
avoit
deux
Éolifes
bâties
en
fon
honneur,
Pune
ancienne,
au
de-là
de
la
rivière
d'Oronte
,
dont
il
eft
£ait
mention
dans
S.
Chryfoftome;
&
l'autre
bâtie
par
Gallus,
vis-à-vis
dutemple
de
Daphné,
où
ce
Prin-
ce
fit
tranfborter
les
reliques
de
S.
Babÿlas.
On
prétend
qu'aufh-tôt
qu'elles
y
furent
tranfportées,
l’o-
facle
d'Apollon
cefla;
&
que
l'empereur
Julien
étant
venu
à
Antioche
en
362,
&
ayant
ré-
tabli
le
temple
de
Daphné,
ne
put
avoir
ancune
réponfe
de
l’oracle,
jufqu'à
ce
qu'il
eût
fait
reporter
les
reliques
de
S.
Babylas
dans
fon
ancienne
Éplife.
Quoiqu'il
en
foit,
le
temple
de
Daphné
fuc
Tüiné
peu
dé
tems
après
par
un
tremblement
de
terre
;
ce
que
les
Chrétiens
attribuérent
à
l’effer
des
prieres
de
S,
Babylas,
-
On
croit
que
ce
faint
Évêque
mourut
durant
[a
perfécution
de
l'empereur
Dece
,
vers
l'an
de
ÉC2:0.
:
-
BABYLONE,
Babylon
,
(a)
=
Ca)
Prolem,
L,
V.
©
20.
Strab.
pag,
775
735
SO:
815
SZ
84%
86
90
»
735:
d
fe.
Pomp.
Mel,
pag,
66,
67.
Pauf.
pag.
275,
Soo.
Plin,
Tom.
1.
Pag:
269:
331,
332:
@
feg.
Tom.
Il,
PAS."
722,
352,
Plur.STom.
T,
pas.
553
»
937-
Diod.
Sicul,
pag,
68.
@
feg.
Herod.
L.
I,
c.
178,
170,
&:
eg,
E.
HI
c.
158.
G
Jeg.
Athen,
pag.
651.
Xenoph.
pag.
188.
@
fey.
Juil.
L.I,
2,7,
L,-XI..c
12,
L,
XI,
c,
10,
13»
@'
feq.
lib:
Q,
Curt.
L,.
II,
&
fèa.
Genef.-c,
10,
v,-10,
Ifai.
<.
4S+
Vr
2:
BA
:
BaËraar
,
ville
d'Afie
dans
la
B
bylonie
,
fituée
fur
PEuphrat
C’étoit
une
ville
d’une
très-grand
antiquité,
puifque
Moïfe,
le
plu
ancien
&
le
plus
refpectable
d
Écrivains
,
en
place
la
fondatià
dan:
les
tems
qui
ont
fuivi
immé
diatement
le
Déluge.
I]
y
ent
qui
croyent
que
Nemrod
en
jet
les
fondemens.
D’autres
en
attrt
Puent
l'honneur
à
Bélus
;
d’autré
à
Sémiramis,
Mais
,
ileft
vifible,
dit
M.
Rollin,
que
les
uns
&
lé
autres
fe
trompent,
s’il
eft
quel
tion
de
celui
qui
bâtit
le
premie
Babylone;
car,
ajoûte-t-il
,
cet
ville
ne
doit
fon
commencement,
ni
à
Sémiramis,
ni
à
Bélus,
nil
Nemrod
,
mais
à
la
folle
varit
de
ceux,
dont
l’Écriture
dit
qu'il
voulurent
bâtir
une
tour
&
un.
ville,
qui
rendiffent
leur
mémoits
immortêlle.
e
ABRÉGE
CHRONOLOGIQUE.
de
lhifloire
des
B
abyloniens.
©
Babylone
fut
d’abord
la
capitas.
le
d'un
État
décrit
dans
la
Génét
Mais
,
cet
État
demeura
aflez
long.
tems
fans
s’accroitre,
Plufieurs
fé
clés
après,
Aflür,
fondateur
&
Ninive,.les
rois
de
Sennaar,
d&
la
Méfopotamie,
du
pais
d’Arat
Roll,
Hift.
Anc,
Tom.
I,
pag,
318.
@'
fuiv.
Tom.
III.
pag.
668,
Méms
de
lPAcad.
des
Infcript,
&
Bell.
Let
Tom.
III,
pag.
343,
cr
fai
Tom,
IV,
pag,
ee
on
jf,
pag.
324:
2.
d:
fuiv,
Tom.
VI.
p
412..@
a
VI
pag.
132.
0
fetv.
Tom,
X,
pag,
26.
Tom.
XI
Pags 128,
@
fiv
Tom.
XIII.
pag:
27:
Tom,
XVI
pag,
»,
735
2j
do.
fniv.
Tom.
XIX,
pag.
528.
&.
fiv.
Tom,
XXI
pag,
2,
3,
G:
Juin
B
À
ou
de
Syrie,
&
de
la
terre
de
Chanaan
,
fémblent
avoir
été
fou-
mis
à
un
Chodorlahomor
,
roi
d'Élam;
c'eft-l-dire,
de
l'Ély=
made
,
de
la
Sufiane
&
peut-être
de
la
Perfe.
Nous
apprenons
par
lhifioire
d'Abraham
,
que
ce
Pa-
triarche
ayant
joint
{es
vaflaux
Ou
fes
domeftiques
,
au
nombre.
de
318
avec
ceux
de
trois
princes
Chananéens
fes
alliés,
furprit
une
parte
de
l’armée
de
Chodorlaho-
mor
,
la
tailla
en
piéces,
&
par
cet
Heureux
fuccès
encouragea
les
peuples
voifins
à
fecouer
le
joug
des
Élimies,
qui
leur
avoient
impofé
un
tribut:
Depuis
ce
terms-
là,
11
eff
plus
fait
mention
dans
PÉcriture
de
la
monarchie
des
Éla-
mites.
On
peut
même
conclure,de
la
facilité
avec
laquelle
Jacob
&
fes
nombreux
troupeaux
paflent
de
Méfopotamie
en
Syrie,
&
de
la
liberté
qu'il
avoit
de
les
con-
duire
de
toures
parts
,
dans
un
païs
Où
1l
ne
poflédoit
pas
un
pouce
de
terre,
que
ces
provinces
étoient
dans
un
état
d’Autonomie
ou
de
pleine
liberté,
aflez
femblable
à
celui
des
peuples
de
l'Amérique
feptentrionale,
<
Il
eft
vrai
cependant
que
fuivant
Alexandre
Polyhiftor
&
Jule
Afri-
Cain
,
il
y
avoit
déjà
deux
cens
ans
que
les
Arabes
s’étoient
em-
parés
de
la
Babylonie
,
&
que
ces
rinces
étrangers
en
jouifloient
Païfiblement,
lorfque
Béëlus,
322
ans
avant
la
prife
dé
Troye
,
entra
ans
cette
province
avec
une
puif-
fante
armée,
Il
défit
Nabonnadus,
qui
y
regnoïtalors
;
&
par
cette
vittoire
,
il
demeutra
maître
de
ce
royaume
,
fur
lequel
il
avoit
des
A
prétentions
légitimes,
Les
Baby
loniens
depuis
demeurérent
fou-
mis
aux
rois
d'Affyrie,
Ceux-ci
y
envoyoient
des
Satrapes,
qui
gou-
vernoient
le
pais,
Les
chofes
étoient
encore
en
cet
état
,
lorfqu’Arbace,
souver-
neur
de
Médie,
foñtenu
de
Bélé-
is,
pouverneur
de
la
Babylonie
,
fecoua
le
joug
de
Sardanapale,
l'an
916
avant
J.
C.,
felon
M:
Fréret,
où
808
feulement
,
felon
M.
le
préfident
de
Brofles,
Bélé-
fis,
pour
récompenfe
d'un
fervice
fimportanc,
fut
maintenu
dans
la
poffeffion
de
la
Satrapie
de
Ba.
bylone.
On
prétend
au’Arbace
ayant
changé
la
forme
du
conver-
nement
Aflyrien
,
les
Cover
neurs
des
provinces
ne
reconnu-
tent
plus
l'autorité
des
rois
Afly-
riens;
mais
que
le
pouvoir
devint
héréditaire
dans
leur
famille
ss
qu'ils
ne
purent
être
deflitués
que
par
une
efpèce
de
diete
où
d’af-
femblée
générale
de
tous
les
Prin-
ces
confédérés.
=
ee
Cependant,
il
arriva
une
révo-
lation
à
Babylone’,
l'an
747
avant
l'Ére
Chrétienne.
Le
Royaume
des
Babyloniens
prit
une
nonvelle
forme.
Nabonaflar,
qui
regnoit
fur
ce
païs
,
ayant
fait
des
établi
femens
confdérables
par
tapport
x
aux
Sciences
&
à
PAftronomie
;
le
comtmencèmenr
de
fon
rephe
devint
une
époque,
que
les
Aftro-
nomes
anciens
émployérent
long;
tems
après
la
deftruchon
de
certe
ville.
La
fuite
des
fuccefleurs
de
Nabonaflar,
&
les
années
de
leur
regne
font
ce
qu'il
y
a
de
plus
afluré
dans
tonte
l’ancienne
Chro-
nologie
,
parce
qu’elles
fonc
déter=
1j
A
lé
xs
20
B
À
minées
par
des
éclipfes
obferyées
avec
exactitude.
Nabonaflar
eut
pour
fuccefleur,
fon
fils
Mérodac-
Balädan.
Mais,
la
race
royale
ayant
manqué
à
Babylone
,
vers
lan
710
,
il
y
eut
un
interreone.
Af-
farhaddon
,
roi
de
Ninive
,
réunit
cet
Empire
à
celui
de
Ninive.
Ce
ne
fut
que
plus
de
cent
ans
après
que
Nabopolaflar
;
général
des
armées
d'Affyrie
,
qui
étoit
de
Babylone,
fe
révolta
contre
Sa-
rac,
&
s'empara
du
gouverne-
ment
de
la
Babylonie.
Pour
fe
foû-
tenir
dans
fa
révolte,
il
ft
alliance
avec
les
rois
des
Médes.
Unis
en-
femble
,
ils
afiégérent
Ninive
,
tuérent
Sarac,
prirent
la
ville
&/
la
tuinérent
de
fond
en
comble,
Depuis
ce
tems,
Babylone
fut
la
capitale
de
l'empire
Afyrien.
Après
la
deftru@tion
de
l'empi-
re
de
Ninive
,
la
puiflance
des
Babyloniens
devint
f
redoutable,
qu'elle
excita
la
jaloufie
des
peu-
ples
voifins.
Néchao,
roi
d'Ésyp-
te,
en
fut
fi
allarmé,
qu'il
mar-
cha
vers
l’Euphrate,
à
la
rêre
d’une
puiflante
armée
;
&
déjà
il
s’étoit
rendu
maître
de
la
Palefti-
ne
&
de
la
Syrie,
lorfque
Nabo-
olaffar
s’aflocia
à
l'empire
{on
fils
K
abuchodonofor
,
&
l'envoya
,
à
la
tête
d’une
armée
formidable,
pour
remettre
ce
pais
fous
fon
obéiffance.
—
Nabuchodonofor
II
;
fils
de
“"Nabopolaflar
,
vers
l'an
606
,
battit
près
de
l’Euphrate
l’armée
de
Néchao,
roi
d'Égypte
,
&re-
_prit
Carcamis,
ville
très-cénfdé-
rable.
De-là
il
s’avança
du
côté
de
la
Syrie
&
de
la
Palefline,
&
B
A
fit
rentrer
ces
provinces
fons
fl
domination.
Îl
fe
rendit
pareille:
ment
maitre
de
Jérufalem,
Un
grand
nombre
de
Juifs,
&
entr:
autres,
les
enfans
de
la
race
rOya:
le
fürent
menés
captifs
à
Babylo-
ne.
Daniel,
&,
quelque
tems
après
lui,
Ézéchiel
furent
auffi
enlevés
C'eft
à
cette
fameufe
époque,
k
quatrième
année
de
Joakim
,
ro
de
Juda,
qu'il
faut
placer
la
cap:
tivité
des
Juifs
à
Babylone,
pré
dite
tant
de
fois
par
Jérémie,
Après
la
mort
de
Nabopolaf.
far,
Nabuchodonofor,
fon
fs
,
&
rendit
en
diligence
à
Babylone,
&
fe
mit
en
pofleffion
des
État
de
fon
pere,
qui
comprenoient
li
Chaldée,
l'Aflyrie,
l'Arabie,
a
<
Syrie
&
la
Paleftine.
Ce
Prince.
eut,
la
quatrième
année
de
fon
repne,
un
fonge,
qui
marquoit}
les
révolutions
des
trois
grand.
empires
des
Perfes
,
d'Alexandre.
le
Grand
&
des
Romains.
Daniel
put
lui
feul
en
rappeler
le
fous
venir
&
en
donner
l'explication.
Le
Prophète
fur
élevé
aux
grandes
dignités
duroyaume.
Joakim,
sé:
tant
révolté
contre
le
roi
de
Ba-.
bylone
,
en
fut
aufi-tôt
puni
Après
la
mort
de\Joakim
,
l
royaume
pafla
a
Jéchonias,
fon.
fils.
Jérufalem
ayant
été
prife
pat
Nabuchodonofor,
les
tréfors,
que
renfermoit
cette
ville,
furent
tranf.
portés
à
Babylone.
Sédécias
fut
mis
fur
le
trône;
Mais,
ayant
fait
alliance
avec
Pha-
raon
Éphrée,
roi
d'Égypte,
ilrom:
pit
le
frment
de
fidélité
,
qu'il
avoit
prêté
au
roi
de
Babylone,
Nabuchodonofor
fongea
aufli-tôtà
en
tirer
vengeance,
Î]
alla
campét
B
A
devant
Jérufalem
&
défitles
Éyp-
tiens,
qui
étoient
venus
au
fecours
de
cette
ville.
Après
un
an
de
fiése,
la
ville
fut
emportée
d’af-
faut,
&il
s’y
fit
un
grand
carna-
ge.
Nabuchodonofor
fit
mourir
les
deux
fils
de
Sédécias
en
fa
pré-
fence
,
avec
tous
les
nobles
&
les
grands
de
Juda.
Il
lui
fit
enfuite
crever
les
yeux
&
l’emmena
à
Babylone
,
Où
il
fut
mis
en
pri-
fon.
La
ville
&
le
temple
furent
livrés
au
pillage,
&
les
fortifica-
tions
démolies.
Nabuchodonofor,
de
retour
"à
Babylone
,
‘fit
élever
une
ftatue
d'or,
&
ordonna
à
rous
fes
fujets
de
l’adorer
,
menaçant
quiconque
lui
défobéiroit,
de
le
faire
préci-
-
piter
dans
une
fournaife
ardente.
Ce
fut
dans
cette
occañon
que
trois
jeunes
Hébreux,
Ananias
,
Mifaël
&
Azarias,
furent
confer-
vés
d’üne
manière
miraculeufe
,
au
milieu
des
flammes.
L'an
572,
le
roi
de
Babylone
s’empara
de
Tyr,
ville
célebre,
après
un
fiége
de
treize
ans.
Les
habitans
,
avant
que
de
fe
rendre,
firent
porter
la
pläpart
de
leurs
effets
dans
une
le
voifine
à
un
demi
mille
du
rivage
,
où
ils
bâti-
rentune
nouvelle
ville
,
dont
les
richefles
&
la
magnificence
firent
;
dans
la
fuite,
oublier
la
première.
Cependant
|
Nabuchodonofor
ayant
eu
un
nouveau
fonge
plus
_€fraÿyant
que
le
premier,
Daniel
ue
encore
confulté.
Le
Prophéte
ne
lui
dépuifa
point
qu'il
feroit
banni
de
la
compagnie
des
hommes
pendant
fept
années;
&
que
ré-
duit
à
la
demeure
&
à
[a
condi-
tion
des
bêtes
,
il
paîtroit
comme
_
Bb
A
2r
elles
,
l'herbe
des
champs
;
que
fon
royaume
lui
feroit
pourtant
confervé,
&
qu'il
le
recouvreroit
après
ce
tems-là
;ce
qui
fut,
felon
PEcriture
,
accompli
à
la
lettre.
L'an
562
,
Évilmérodach
fuc-
céda
à
Nabuchodonofor
,
fon
pere.
Ce
Prince
fit
{ortir
Jéchonias,
roi
de
Juda,
de
prifon,
où
iétoit
en-
fermé
depuis
près
de
trente-fept
ans.
On
place
fous
fon
regne
la
:
découverte
,
que
fit
Daniel
de
la
fourberie
des
prêtres
de
Bel,
&
la
délivrance
miraculeufe
de
ce
Prophéte
dans
la
foffe
aux
lions.
Évilmérodach
fe
rendit
fi
odieux
;
que
{es
propres
parens
confpiré-
rent
Contre
lui
,
‘“&
le
firent
mou
tir.
Son
regñe
ne
fut
que
de
deux
:
ans.:N
érighflor
,
fon
beau-frere
:
chef
des
conjurés
,
regna
à
fa
pla-
ce.
Ce
Roi
fut
tué
la
quatrième
année
de
fon
regne,
dans
une
ba-
taille
contre
Cyaxare
,
roi
des
Médes.
Laborofoarchod
»lonfils,
lui
faccéda.
Lorfqu'il
fut
for
le
trô-
ne,
il
s'abandonna
fans
réferve
à
:
5
fon
humeur
cruelle
&
féroce.
Ce
tyran
fut
tué
par
fes
füujets,
Il
ne
regna
que
neuf
mois,
Labynit
ou
Nabonid
monta
en-
fuite
fur
le
trône
de
Babylone,
Ce
Prince,
eut
encore
d’autres
noms:
L'Écriture
l'appelle
Balthafar,
Il
étoit,
fuivant
le
fentiment
com-
mun
,
fils
d'Évilmérodach
,
par
Nitocris
,
femme
de
ce
Prince
,
&
par
conféquent
petit-fils
de
Na-
bachodonofor.
En
538,
dans
le
tems
même
que
l’ennemi
étoitaux
portes
de
Babylone,
&
qu'il
affié-
geoit
la
ville
,
le
roi
donnoit
un
grand
feffin
à
toute
fa
cour
;
mais,
lR
joie
de
cette
fête
fut
croublée
iï
2
B
A
parune
vifion
bien
effrayante,
On
vit
fortit
de
la
muraille
une
main,
qui
écrivit
en
caradtères
,
que
Da-
niel
feul
put
expliquer,
la
con-
damnation
du
Roi
&
la
deftruc-
tion
de
l'Empire.
En
effet,
la
nuit
même
la
ville
fut
prie,
&
Bal-
thafar
tué.
ci
finit
l'empire
Baby-
lonien,
:
DESCRIPTION
Topographique
de
la
Ville
de
BABYLON.
Babylone
étoit
fituée
dans
une
plaine
,
dont
le
terroir
étoit
ex-
trémement
gras
&
fertile.
Ses
mu-
tailles
éroient
d’une
grandeur
pro=
digieufe.
Elles
avoient
cinquante
coudées
d’épaifleur,
qui
font
dou-
ze
toiles
&
demie;
deux
cens
de
hauteur
;
qui
font
cinquante
toi-
-fes;
&
quatre
cens
quatre-vingts
ftades”de
circuit,
qui
font
vingt-
quatre
lieues.
Elles
formoient
un
quarré
parfait,
dont
chaque
côté
étoit
de
fix
vinpts
flades
;
c'eft-à.
cire
,
de
fix
lienes.
Elles
étoient
toutes
bâties
de
larges
briques,
cimentées
de
bitume
,
liqueur
éparffe
&
glutineufe
,
qui
fort
de
terre
dans
ce
pais-là,
qui
lie
plus
fortement
que
le
mortier,
&
qui
devient
beaucoup
plus
dure
quela
brique
ou
{a
pierre
;
à
qui
elle
fere
de
ciment,
Ces
murailles
étoient
entou-
rées
d'un
vafte
foflé
;
rempli
d'eau,
&
revêtu
de
briques
des
deux
cO-
tés.
La
terre
qu'on
en
avoit
tirée
en
le
creufant
,
avoit
été
employée
à
faire
les
briques
,
dontles
mural.
les
étoient
conftruites.
=
Chaque
côté
de
ce
grand
quar-
BA
—-
:
té
avoit
vingt-cinq
nortes
d’airaill
mafif;
ce
quientout
fafoit
cent
D'où
vient
que
lorfque
Dien
pros
mit
à
Cyrus
la
conquête
de
Ba
bylone,
il
[ui
dit:
Je
marchera.
devant
vous,
&
je
romperai
les
portes
d’airain.
Entre
ces
portes,
&
aux
angles
de
chaque
quarré,s
il
y
avoit
plufieurs
tours,
élevée
de
dix
pieds
plus
haut
que
l&
murales,
-
Des
vingt-cinq
portes
de
cha
que
côté
du
quarré
partoient
aus
tant
de
rues
,
qui
aboutifloien
aux
potes
du
côté
oppofé
;
de.
forte
qu'il
y
avoit
en
tout
cit.
quante
rues,
qui
{e
conpoiencb
angles
droits.
Elles
étoienc.
bots.
dées
de
maifons,
qui
avoient
troh
où
quatre
étages
;
&
dont
le
des
vant
étoit
orné
de
toutes
forte.
d'embelliffemens.
Ces.
maifons
n'étoient
point
contigues
,
ayañl
de
chaque
côté
un
vuide
,
qui
le.
féparoit
les
unes
des
autres,
On
avoit
laïffé
auf
une
grande
diflan
ce
entr'elles
&
les
murs
de
la
ville.
Ainf,
Babylone
étoit
plus
gran.
de
en
apparence
qu’en
réalité.
près
de
la
moitié
de
la
ville
étant.
coupée
par
des
jardins
&
par
des
terres,
qu’on
labouroit
&
qu'on
enfemençoit,
comme
noi
l'apprend
Quinte-Curfe.
Ë
Une
branche
de
l'Euphratetræ.
verfoit
cette
grande
ville
du
nord
au
midi.
On
bâtit
de
chaque
côté
de
la
rivière
;
pour
lui
fervir
dé
Quai
,
une
grande
muraille
de
bri-
que
&
de
bitume,
de
la
même
épaïfleur
que
les
murs
de
la
ville
Ÿn
y
mit
des
portes
d’airain
vis:
4-
Vis
de
toutes
les
rues
,
qui
cou:
poient
le
fleuve,
avec
des
defcen:
k
B
A
tes,
qui
y
conduifoient,
&
dont
les
habitans
avoient
accoûtumé
de
fe
fervir
pour
pañler
en
bateau
d'un
bord
à
l'autre
,
n'ayant
pas
d’autre
paflage
fur
le
fleuve
,
avant
que
le
pont
eût
été
conftruit.
Ces
portes
étoient
ouvertes
pendant
le
jour
;
mais,
la
nuit
on
!::
tenoit
fermées.
Le
pont
ne
le
cédoit
pour
la
beauté
à
aucun
des
autres
ou-
vrages.
Îl
avoit
un
ftade;
c’eft-à-
dire
,
cent
quatre
coifes
de
ldhg,
fur
trente
pieds
de
large.
Les
ar-
ches
étoient
bâties
de
grofles
pier=
res
,
qu'on
avoit
liées
enfemble
avec
des
chaînes
de
fer
&
du
plomb
fondu:
Eorfqu'il
s’éroit
agi
de
le
conftruire
,
on
avoit
dérour-
né
le
fleuve
,
&
mis
fon
lit
à
fec
pour
d’autres
raifons
encore
,
com-
me
nous
le
dirons
bientôt.
Et
comme
tôut
étoit
préparé
de
loin,
le
pont
fat
conftruit
pendant
cet
intervalle
,aufi-bien
que
les
quais,
dont
nous
avons
parlé.
—
Ces
travaux,
objet
de.
l’admi-
tation
des
plus
habiles
connoif-
feurs
,.avoient
encore
plus
d’uti-
lité
que
de
magnificence.
À
l’ap-
proche
de
l'été,
le
foleil
venant
à
fondre
les
neiges
des
montagnes
d'Arménie,
il
en
nait
une
grande
crüe
d'eaux
dans
les
mois
de
Juin,
Juillet
&
Août,
qui,
fe
jettant
dans
l’'Euphrate
,
lui
font
franchir
fes
bords
dans
cette’
faifon,
de
la
même
manière
que
le
Nil
fe
dé-
borde
en
Égypte.
Comme
la
ville
&
le
pais
en
foufroient
beaucoup
de
dommage,
pour
y
remédier
on
fit
tirer
fort
haut
au-deflus
de
la
ville
deux
canaux
artificiels
pour
détourner
dans
le
Tigre
ces
eaux
B
À
“23.
débordées
,
avant
qu'elles
Rens
parvenues
à
Babylone.
Afin
que
le
païs
fût
encore
plus
en
fûreté
contre
les
inondations
,
on
fit
conftruire
une
prodigieufe
digue
de
brique
cimentée
de
bitame
des
deux
côtés
du
fleuve
pour
le
rete-
nir
dans
fon
lit,
laquelle
s’écendoit
depuis
la
tête
des
canaux
artifi-
ciels
jufques
à
la
ville
&
un
peu
au-deflous,
Pour
faciliter
la
conftru&tion
de
la
plûpart
des
ouvrages
,
dont
nous
venons
de
parler,
il
avoit
fallu
détourner
le
cours
dela
r1-
vière.
Onavoit,
pour
cela,
creu-
fé
à
l'occident
de
Babylone
un
grand
lac,
qui,
felon
Hérodote,
.
avoit
quatre
cens
vingtftades
en
quarré
;
c’eft-à-dire,
vingt-une
lhenes,
&
trente-cinq
pieds
de
-profondeur,
ou,
felon
Mégafthè-
ne
,
foixante
-
quinze
pieds.
Le
fleuve
fut
conduit
tout
entier
dans
ce
vaite
lac
par
un
canal
qu'on
avoit
coupé
à
fon
bord
occiden-
tal;
&
lorfqne
tous
les
ouvrages
furent
finis,
on
le
fit
rentrer
dans
fon
lit
ordinaire.
Cependant,
de
peur
que
PEuphrate
,
dans
le
tems
de
fes
crûes
,
n’inondât,
la
ville
par
les
portes
qui
y
conduifoient,
on
conferva
le
lac
avec
fon
canal,
L’eau,qni
y
étoit
conduite
&
reçue
dans
le
tems
des
débordemens,
y
étoit
confervée
comme
dans
ünré-
fervoir
commun,
d’où
on
la
tiroit
par
le
moyen
des
éclufes
dans
les
.
tems
convenables
pour
arroferles
terres
voifines.
Ce
lac
fervoit
donc
en
même
tems
à
défendre
le
pais
contre
les
inondations
&t
à
le
ferti-
lifer.
-
Nous
rapporterons
ce
qu'ont
1V
24
BA
dit
les
Anciens
des
merveilles
de.
Babylone
;
mais,
il
y
en
a
qu'on
a
de
la
peine
à
concevoir
;
&
de
ce
nombre
eft
la
vafte
étendue
du
lac,
qu'on
vient
de
décrire.
Bé-
rofe,
Mégafthène
&
Abydène,
cités
par
Jofephe
&
par
Eufébe,
font
Nabuchodonofor
auteur
de
prefque
tous
ces
ouvrages.
Mais,
Hérodote
atrribue
le
pont
,
les
deux
quais
de
la
rivière,
&
le
lac
à
Nitocris,
belle-fille
de
ce
mo-
narque.
Peut
-
être
que
Nitocris
mit
la
dernière
main
à
ce
que
fon.
beau-pere
avoit
laïflé
imparfait
à
fa
mort;
ce
qui
lui
a
valu
,
chez
cet
Hiforien
,
l’honneur
de
toute
l'entreprife.
Aux
deux
extrémités
du
pont,
1l:y
avoit
deux
palais,
qui
com-
muniquoient
enfemble
par
une
voute,
qu'on
avoit
conftruite
{ous
le
lit
du
fleuve,
pendant
qu'il
étoit
à
fec.
Le
vieux
palais
des
rois
de
Babylone
,
fitué
au
côté
oriental
du
fleuve,
avoit
trente
flades
de
circuit
;
c'eft-à-dire
,
une
lieue
&
demie.
Tout
près
de-
là
étoit
le
temple
de
Bel
ou
Bélus,
dont
nous
parlerons
bientôt.
Le
nouveau
palais,
fitué
vis-à-vis
de
lautre,
au
côté
occidental
du
fleu-
ve,
avoit
foixante
{lades
de
cir-
cuit,
qui
font
trois
lieues,
Il
étoit
environnié
d’une
triple
enceinte
de
murailles,
féparées
l’une
de
l'au-
tre
par
un
efpace
aflez
confidéra-
ble.
Ces
murailles
,.auffi
bien
que
celles
de
l’autre
palais
;
étoient
embellies
d'une
infinité
de
fculptu-
res
,
qui
repréfentoient
au
naturel
toutes
fortes
d'animaux.
On
VOyoit
fur
tout
une
chafle,
où
Sé-
puiramis
de
deflus
fon
cheval
lan
ù
B
À
çoit
un
javelot
contre
un
léopard,
&
où
Ninus,
fon
mari,
perçol:
un
lion,
Dans
ce
dernier
palais
étoienl
ces
jardins
fufpendus
,
fi
renom
més
parmi
les
Grecs.
Ils
for
moient
un
quarré,
dont
chaque
côté
avoit
quatre
cens
pieds.
Îk
étoient
élevés,
&
formoient
plu
fieurs
larges
terrafles,
pofées
ei.
forme
d’amphithéatre
;
dont
plus
haute
égaloit
la
hauteur
des
murs
de
la
ville.
On
montoit
d’uné
terrafle
à
l’autre
par
un
efcalit
large
de
dix
pieds.
La
mafle
en
tière
étoit
foûtenue
par
de
gra:
des
youtes
bâties
l’une
fur
l’autre,
.
&
fortifiée
d’une
muraille
de
vingt.
deux
pieds
d’épaifleur,
qui
l'en
touroit
de
toutes
parts.
Sur
le
fommet
de
ces
voutes,
on
avoit
pofé
de
grandes
pierres
plates
d
feize
pieds
de
long
&
de
quatit
de
large,
On
avoit
mis
par-defli
une
couche
de
rofeaux
enduit.
d’une
prande
quantité
de
bitume,
far
laquelle
il
y
avoit
deux
rang
_de
brique,
liés
fortement
enfem.
ble
avec
du
mortier,
Tout
cel!
étoit
couvert
de
plaques
de
plomb,
&
fur
cette
dernière
couche
étoit
pofée
la
terre
du
jardin.
Ces
pla:
tes-formes
avoient
été
ainfi
conf
truites,
afin
que
l'humidité
del:
terre
ne
perçât
point
en
bas,
&.
ne
s’'écoulât
point
au
travers
des
voutes.
La
terre,
qu’on
y
avoit
jet:
tée
,
étoit
f
profonde
,
que
les
plus
grands
arbres
pouvoient
y
prendre
racine.
Aufli
toutes
les
terrafles
en
étoient-elles
couvertes
,
ainf
que
de
toute
forte
de
plantes
&de.
fleurs
,
propres
à
embellir
un
lieu
de
plaïfance,
Sur
la
plus
hauteters
B
À
rafle
,
il
y
avoit
une
pompe,
qui
_
ne
paroifloit
point,
par
le
moyen
de
laquelle
on
tiroit
en
haut
l'eau
de
la
rivière,
&
on
en
arrofoit
de-là
tout
le
jardin.
On
avoit
mé-
nagé,
dans
l’efpace
qui
féparoit
les
-voutes
fur
lefquelles
étoit
appuyé
touc
l’édifice,
de
grandes
&t
ma-
gnifiques
failles,
qui
étoient
fort
éclairées
,
&
qui
avoient
une
vue
très-agréable.
Amytis,
femme
de
Nabucho-
donofor
,
ayant
été
élevée
dans
la
Médie,
dont
Aftyage
,
fon
pere,
éroit
Roi,
s'étoit
beaucoup
plue
aux
montagnes
&
aux
forêts
de
ce
pais-là.
Et
comme
elle
fouhai-
toit
d’avoir
à
Babylone
quelque
chofe
de
femblable
,
Nabuchodo-
nofor
,
pour
lui
complaire,
fit
conftruire
ce
prodigieux
édifice.
Diodore
dit
à
peu
près
la
même
chofe
;
mais,
il
ne
nomme
point
“les
perfonnes.
Un
des
grands
ouvrages,
qu'il
y
eût
à
Babylone,
étoit
le
temple
de
Bel.
On
a
déjà
dit
qu'il
étoit
fitué
près
du
vieux
palais.
Ce
qu'il
avoit
de
plus
remarquable,
étoit
une
tour
prodigieufe
,
qui
écoit
au
centre
de
cet
édifice
,
bâtie
en
quarré
,
laquelle,
felon
Hérodote,
avoit
un
ftade
de
longueur
fur
au-
tant
de
largeur
,
&,
felon
Stra-
bon,
un
flade
auf
de
hauteur.
Elle
confiftoit
en
hnit
tours
bâties
Faune
fur
l’autre
,
qui
alloient
tou-
jours
en
diminuant.
C’eft
pour-
quoi
;
Strabon
lui
done
le
nom
de
pyidmide,
On
prétend
&
on
dé-
montre
que
cette
tour
furpañoit
de
beaucoup
en
hauteur
la
plus
grande
d'Égypte,
C'eft
ce
qui
donne
un
jufte
lieu
de
croire,
si
B
A
25
comme
Bochart
l'aflure,
que
c'eft
la
même
qui
fut
bâtie
lors
de
la
confufion
des
langues
;
d'autant
plus
que
les
Auteurs
profanes
re-
marquent
qu'elle
fut
toute
bâtie
de
brique
&t
de
bitume
,
comme
P'Écriture
le
dit
de
la
tour
de
Ba-
bel.
On
y
montoit
par
des
déprés,
qui
alloient
en
tournant
par
le
dehors;
ce
qui
fignifie
peut-être
une
rampe
douce
prife
dans
l'é-
paiffeur
du
mur
,
laquelle
tour-
noyant
huit
fois
,
avant
que
d’arri-
ver
au
fommet
,
formoit
une
ap-
parence
de
huit
cours
pofées
l'une
fur
l'autre.
On
y
avoit
pratiqué
plufieurs
grandes
chambres,
avec
des
voutes
foûtenues
par
des
pi-
liers.
Au
fommet
de
la
tour
,
il
y
avoit
une
efpèce
d’obfervatoire,
par
le
fecours
duquel
les
Babylo-
niens
s’étoient
rendus
habiles
en
Aftronomie
plus
qu'aucune
autre
nation,
&
y
avoient
fait
en
peu
de
tems
les
grands
progrès,
que
lHiftoire
leur
attribue.
Mais,
cette
tour
étoit
principalement
deftinée
au
culte
du
dieu
Bel
ou
Baal,
&
à
celui
de
plufieurs
autres
divinités.
Ïl
y
avoit
pour
cette
raïfon
plu-
fieurs
chapelles
en
différens
en-
droits
de
la tour.
Les
richefles
de
ce
temple
en
ftatues
,
tables,
en-
cenfoirs
,
coupes
&
autres
vafes
facrés
,
le
tout
d’or
mañflif,
étoient
immenfes.
Parmi
ces
ftatues
,
il
y
en
avoit
une
de
quarante
pieds
de
haut,
qui
feule
pefoit
mille
talens
Babyloniens.
_
Le
talent
Babylonien
,
felon
Pollux
dans
fon
Onomafticon
,
vaut
7000
dragmes
Âttiques
,
&
par
conféquent
un
fixième
plus
AS
26
B
À
que
le
talent
Attique
,
qui
n'én
vaut
que
6000.
Selon
le
dénom-
brement
,
que
Diodore
fait
des
richefles
renfermées
dans
ce
tem-
ple,
la
fomme
totale
eft
de
6300
talens
Babyloniens.
Le
fixième
de
6300
eft
1050.
Par
conféquent
6300
talens
d'or
Babÿloniens
va-
lent
7350
talens
d’or
Attique.
Or
7350
talens
Attiques
d'argent
va-
lent
22050000
livres
;
c’eft-à-
cite
,
vingt-deux
millions
cin-
quante
mille
livres.
Comme
nous
mettons
pour
les
Anciens
la
pro-
portion
de
l'or
à
l’argent
de
dix
à
un
,
7350
talens
Attiques
d’or
doivent
valoir
220$00000
livres
;
ceft-à-dire
,
deux
cens
vingt
millons
cinq
cens
mille
livres.
Ce
temple
fubfftoit
encore
au
tems
de
Xerxès,
Ce
Prince
,
à
fon
retour
de
fon
expédition
con-
tre
la
Gréce
,
le
démolit
entière-
ment,
après
enavoirenlevé
les
tré-
forsimmenfes.
Alexandre,
quand
il
fut
revenu
des
Indes
à
Babylo-
ne
,
forma
le
deffein
de
le
rebâtir
;
:
&
d'abord
,
il
employa
dix
mille
Hommes
pour
nettoyer
la
pla-
ce
&
en
écarter
les
ruines.
Mais,
comme
1}
mourut
deux
mois
après
,
l'entreprife
cefla.
Il
faut
pourtant
que
ce
temple
ait
été
re-
conftruit
depuis,
puifqu'il
exiftoic
fous
Séleucus
Nicator.
Tels
étoient
les
principaux
ou-
Vrages,
qui
ont
rendu
Babylone
fi
fameufé.
Quelques
-
uns
{ont
attribués
par
les
Auteurs
profanes,
à
Sémiramis.
ee
-
La
prife
de
Babylone
par
Cy-
(a)
Jerem.
c:25.
v.
x,
G)
Mai,
c.
13.
v.
6.
d
feq.
€.
14.
Vs
23»
aq
Jerem,
c,
50,
y,
15,
@
eg.
B
À
rus
eft
un
des
plus
grands
événez
mens
de
l'Hiftoire
ancienne.
Les
circonftances
,
qui
l’ont
accompas
gnée
,
avoient
été
prédites
plus
lieurs
années
auparavant
par
les”
Auteurs
facrés.
;
I.
Prédiéfion
de
la
captivité
des
Juifs,
a
Babylone
&
de
[a
durée
(2)
Dieu
ne
s’étoit
pas
contens.
té
de
faire
prédire
long-tems
au
paravant
la
captivité
,
que
fon
peuple
devoit
fouffrir
à
Babylo…
ne;
mais,
1]
avoit
encore
marqué.
le
nombre
précis
d'années
qu'elle.
devoit
durer.
Îl
en
avoit
fixe
Ie
terme
à
foixante-dix
ans,
après.
lefquels,
ilavoit
promis
de
le
déli.
vrer,
en
détruifant
avec
éclat
&
fans
retour,
la
ville
de
Babylone,
qui
lui
avoit
fervi
de
prifon.
Ser.
vient
regi
Babylonis
feptuagintan
annis.;Qe
qui
avoit
allumé
la
co.
lère
de
Dieu
contre
Babylone,
c’étoit
l’orgueil
infupportable
des
cette
ville
,
la
dureté
inhumaine,
qu’elle
avoit
exercée
contre
les,
Juifs
,
&
limpiécé
facrilége
de
fon.
RO
à
ET
Arrêt
prononcé
contre
Babylone.
Prédifion
des
maux
,
qui
le.
doivent
accabler
,
©
de
[a
ruint
-
entiére,
Lea
(8)
Aiguifez
vos
flêches,
remplif-
ez
vos
carquois.
|
C’eft
le
Pro-
phéte
qui
parle
aux
Médes
&
aux
Perfes.
|
Le
Seigneur
a
[ufoé
courage
des
rois
de
Médie.æil
a
ce
SIs
ve
3
&
fe.
Palm.
136,
8
;
9
-
#
B
À
formé
fa
réfolution
contre
Babylo-
ne.,
afin
de
la
perdre
,
parce
que
le
tems
de
le
vengeance
du
&
eigneur
eflarrivé,
le
tems
de
la
vengeance
de
fon
Temple.
-Pouflez
des
cris
&
des
hurle-
mens
,
parce
que
le
jour
du
Sei-
gneur.eft
proche...
Jour
cruels
plein
d’°
indignation
,
de
colère
6
:
fureur.
...
Je
vais
vifiter
dans
ma
colère
Le
ro
de
Babylone
&
for
pais
,
comme
J'ai
vifité
le
roi
vd
Affur.
Attaquez
cette
ville
z
impie.
Ren-
derba
,Jelon
fes
œuvres.
Traitez-
La
comme
elle
a
traité
les
autres.
N'épargnez
point
fes
jeunes
hom-
mes.
Exterminez
toutes
Jes
(TOUPES.
Quiconque
fera
trouvé
dans
fes
murailles,
fera
tué.
Tous
ceux,
qui
fe
préfenteront
pour
la
défendre,
pafleront
au
fil
de
l’épée.
Les
en-
fans
feront
écrafés
contre
La
terre
à
leurs
yeux.
Leurs
maifons
feront
pillées,
6
leurs
femmes
feront
Vi0-
lées.
Je
vais
fufciter
contr'eux
les
-
Médes
,
qui
ne
chercheront
point
d'argent
,
6
qui
ne
fe
mettront
-
pointen
peine
de
l'or
;
mais
,
ils
Perceront
les
petits
enfans
de
leurs
flèches.
Us
n'auront
point
de
com-
pallion
de
ceux
;
qui
font
encore
dans
les
entrailles
de
leurs
meres
:
6
ils
n'épargneront
point
ceux
,
qui
ne
font
que
de
naïtre....
Mal-
heur
a
toi,
fille
de
Babylone!
Heureux
celui,
quite
réndra
tous
les
maux,
que
tu
nous
a
faits!
Heureux
Fe
qui
i
prehdra
tes
pe-
tits
enfans
,
6
les
brifera
contre
La
zerre
!
Babylone
fi
magnifique
&
fi
[u-
(a)
Ifai,
c,
45.
v.
1,
&
fer.
B
A
27
perbe
,
cette
reine
entre
les
TOY
am
mes
du
monde
;
qui
avoit
porté
dans
un
fi
grand
éclat
l'orgueil
des
Chaldéens,
fera
détruite
|
comme
le
Seigneur
renverfa
Sodome
€
Gormorrhe.
Elle
ne
fera
plus
habi-
tée,
On
ne
la
rebätira
Jamais.
Les
Arabes
n'y
drefferont
pas
même
leurs
tentes,
&
les
pafteurs
ny
viendront
point
pour
y
faire
pe
fer
leurs
troupeaux.
Maïs
,
les
bé-
tes
fauvages
s'y
retireront.
Ses
maifons
feront
remplies
d’oijeaux
funefles
6
nocturnes.
Les
autru-
ches
y
viendront
habiter,
....
Les
hiboux
heurleront
à
l’envi
l’un
de
-
l'autre
dans
fes
maifons
fuperbes,
€
les
dragons
feront
leur
demeure
dans
fes
palais
de
délices...
..
Je
la
rendrai
la
demeure
des
hériffons,
Je
couvrirai
d’un
marais
le
lieu
qu'elle
occupe
maintenant.
Je
re-
cherchera
avec
foin
jufqu'a
fes
moindres
vefliges
pour
les
effacer.
Le
Seigneur
des
armées
a
fait
ce
ferment
:
Je
Jure
que
ce
que
J'
’ai
réfolu
,
arrivera,
G&
que
Ce
que
j
ai
arrété
,
S
"executer
ze
TIT
Cyrus
appellé
pour
détruire
Baby-
lone
&
pour
délivrer
les
Juifs.
(a)
Cyrus
,
dont
la
Providen-
ce
devoit
fe
fervir,
comme
d'un
inftrument
,
pour
accomplir
fes
deffeins
de
bonté
&
de
miféricor-
de
far
fon
peuple
,
avoit
été
nom=
mé
par
fon
nom
plus
de
deux
cens
ans
avant
fa
naiflance,
Et
afin
qu’on
ne
fût
point
furpris
de
la
rapidité
étonnante
de
fes
viétoi-
res,
Dieu
avoit
marqué
en
ter-
RE
mes
magnifiques
,
qu'il
feroit
lui-
A
.
É
:
même
fon
guide
;
qu'il
le
condai-
Toit
par
la
main
dans
toutes
fes
expéditions
;
&
qu'il
lui
foumet-
:
troit
tous
les
Princes
de
la
terre.
Voici
ce
que
dit
le
Seigneur
à
Cy-
TUs
;
qui
efl
mon
Chrifl,
que
j'ai
Pris
par
la
main
pour
lui
affujetrir
les
nations
,
pour
mettre
en
fuite
les
Rois,
pour
ouvrir
devant
lui
toutes
les
portes
,
fans
qu'aucune
lui
foit
fermée.
Je
marcherai
devant
vous.
J'humilierai
les
Grands
de
la
terre,
Je
romperai
les
portes
d’arrain,
€
je
briferai
les
gonds
de
er,
Je
vous
donnerai
les
trefors
ca-
chés
€
Les
richeffes
fecretes
€
in-
connues,
afin
que
vous
fcachiez
que
je
fuis
le
Seigneur,
le
Dieu
S'Jfraël,
qui
vous
ai
appellé
par
voire
nom,
a
caufe
de
Jacob,
qui
ef
mon
ferviteur,
d'Ifraël
qui
eff
ri0n
élu.
T
V.
Dieu
donne
le
fignal
aux
chefs
&
.
ZUX
troupes
pour
marcher
contre
Babylone.
(a)
Placez
mon
étendard,
dit
le
Seigneur,
fur
une
haute
mon-
fagne;
afin
qu'il
foit
vu
de
fort
loin
,
&
que
tous
ceux
qui
doi-
vent
m'obéir
,
connoïflent
mes
Ordres.
Hauffez
la
voix
à
l'égard
de
ceux,
qui
peuvent
vous
enten-
dre:
faites
figne
de
la
main
,
pour
-hâter
la
marche
de
ceux
qui
font
trop
éloignés
,
pour
difcerner
une
autre
efpèce
de
commandement.
Que
les
officiers
des
troupes
e7-
trent
dans
les
pavillons
des
Rois.
Que
chaque
nation
fe
range
au-
B
À
tour
de
fon
Souverain,
&
s'em:
preffe
de
venir
lui
offrir
fes
fervi-
ces
dans
fon
pavillon,
qiti
eft
déj
tout
dreflé.
J'ai:
donné
mes
ordres
à
ceux,
que
J'ai
confacrés
à
l'exécution
di
nes
deffeins
;
&
ces
Rois
mar
chent
déjà
pour
m'obéir,
quois
qu'ils
ne
me
connoiïflent
point
C'eft
moi
qui
les
ai
placés
fur
ke
trône,
&
qui
leur
ai
foumis
divers
peuples,
pour
accomplir
par
eux
mes
defleins.
J'ai
fuit
venir
mes
guerriers,
pour
être
les
TnErifires.
de
ma
colère,
[ls
tiennent
de
moi
leur
courage
,
leur
capacité
dans.
la
ie
»
leur
patience,
leur
fa
gelle
,
le
fuccès
dans
leurs
entre:
prifes.
[ls
font
invincibles,
parce.
qu'ils
me
fervent.
Tout
tremble.
devant
eux,
parce
qu’ils
font
les
minifires
de
ma
colère
&
de
m
vengeance.
Jls
travaillent
ave.
Joie
pour
ma
gloire.
L’honneur,.
qu'ils
ont
de
m'avoir
pour
chef,.
&
d'être
mandés
pour
délivrer
uf,
peuple
que
j'aime
,
les
remplit.
d'allégreffe
&
d’ardeur
,
&
ik.
triomphent
déjà
dans
l’efpérance.
certaine
de
la
viétoire.
Le
Prophéte,
témoin
en
efprit
des
ordres,
qui
viennent
d’être.
donnés
,
eft
étonné
de
la
promp-
titude
avec
laquelle
les
Princes
&
les
peuples
les
exécatent.
Déja
les.
montagnes
;
s’écrie-t-il,
rerentife.
fent
des
cris
différens
d’une
muli
tude
de
peuples.
J'entends
La
voix
des
Rois
confedérés
&
des
nations
qui
S’affemblent.
Le
Seigneur
des
armées
fait
pafler
en
revue
toutes
les
troupes,
qu'il
define
à
la
guërs
|
Ga)
Ifai,
c,
13e
Ve
le
@
feg.
©.
21,
v, 2,
B
A
re.
Elles
viennent
des
terres
les
plus
reculées
&
de
l'extrémité
du
monde
,
où
la
voix
du
Dieu
Sou-
verain,
qui
en
eft
le
maître
,
a
{çu
fe
faire
entendre.
Mais,
ce
n’eft
plus
la
vue
d’une
armée
formidable
;
ni
des
Rois
de
la
terre,
qui
me
frappe.
Je
ne
vois
que
Dieu
feul
;
&
toute
le
refte
ne
paroït
à
fa
fuite
que
com-
me
des
Miniftres
de
fa
juitice,
C’eft
le
Seigneur
lui-même
qui
mar-
che
avec
tous
les
inftrumens
de
fa
colère
,
pour
exterminer
toute
la
terre.
Dieu
m'a
révélé
une
épouvan-
table
Prophétie.
L'impie
Balthafar,
rot
de
Babylone,
continue
d'agir
avec
umpièté,
&
celui
qui
dépeu-
ploit
,
continue
de
dépeupler
tout.
Pour
arrêter
ces
excès,
»
Prince
»
des
Perfes,
partez
:
Afcende
»
Aèlam.
Et
vous,
Prince
des
»
Médes,
formez
le
fiége
de
Ba-
»
bylone
;
‘obfide
Mede.
Je
vais
»
faire
cefler
tous
les
gémifle-
»
mens,
dont
elle
étoit
la
caufe;
»
Omnem
gemitumejusceffare
feci.«.
Cette
ville
criminelle
eft
prife
&
pillée.
Elle
eft
fans
pouvoir,
Mon
peuple
ef
délivré.
V.
Circonftances
du
fiége
&
de
la
prife
de
Babylone,
marquées
en
détail.
(a)
1.9
Cette
ville
fera
atta-
quée
d’une
manière
toute
extraor-
dinaire,
à
laquelle
elle
ne
s’étoit
point
du
tout
attendue
;
venier
fu-
Per
te
malum
,
€
nefcies
ortum
eus.
Elle
fera
tout
d’un
coup
&
en
un
moment
accablée
de
maux,
(a)
Jerem,.
c,
So.
v.
24;
238,
c,
sr,
v.
13.
dr
fe.
Tai.
c,
19.
@
fegr
ce,
a1:V,3,
dr
feg.
ç
47,
ve
114
Dani,
c.
5.v,
6;
104
B
A
2:
qu'elle
n’avoit
pu
prévoir;
ne
fuper
te
repenté
miferia,
quam
nef-
ctes.
En
un
mot,
elle
fera
prife
comme
dans
un
filet,
fans
s'être
apperçue
qu'on
lui
tendoit
des
pièges
:
{aqueavite,
6
captaes
Babylon,
6
nefciebas.
2.9
Babylone
comptoit
que
l’'Euphrate
feul
pouvoit
la
rendre
imprenable
;
&
elle
étoit
toute
fière
de
fe
voir
ainfi
défendue
par
un
fleuve
fi
profond:
Que
habitus
fuper
aquas
multas.
C'eft
Dieu
même
,
qui
l’a
définie
de
la
forte;
&
ce
fera
lEuphrate
qui
fera
la
caufe
de
fa
ruine.
Cyrus,
parun
ftratagème
,
qui
n’avoit
point
eu
d'exemple
jufques-là,
&
qui
n’en
a
point
eu
depuis,
détournera
le
cours
de
ce
fleuve,
mettra
fon
lit
à
fec
,
&
par
là
s'ouvrira
un
paflage
dans
la
ville;
defertum
faciam
mare
ejus
,
&
ficcabo
venam
ejus…..
Sic-
citas
fuper
aquas
ejus
erit,
&
aref-
cent.
Cyrus
s'emparera
des
quais
du
fleuve;
&
les
eaux,
qui
ren-
doient
Babylone
inaccefible
,
fe-.
ront
defléchées
,
comme
fi
le
feu
y
avoit
pañlé;
vada
præoccupata
funt,
&
paludes
incenfæe
ficut
igni.
3.°
Elle
fera
prife
de
nuit
,
un
jour
de
fête
&
de
réjonifflance,
pendant
que
tout
le
monde
fera
à
table
,
&
que
fes
habitans
ne
fon-
geront
qu'à
boire
&
à
manger;
Incalore
eor1m
ponam
potus
eo-
rum
,
6
inébriabo
eos,
ut
fopian-
tur
6
dormiant
[omnum
fempirer-
num.
{]'eft
remarquable
que
c'eff
Dieu,
qui
fait
tout
ici
,
qui
tend
un
piége
à
Babylone,
//aqueavi
#
134
Ve
de
Ce
Tdi
Vi
A
A
PARA
EOE
PE
VE
LIT
A
MUST
RE
Pt
1
30
Se
BA
Le
;
qui
féche
les
eaux
du
fleuve
,
Jéccabo
venam
ejus,
qui
enivre
&
aHoupit
{es
princes
,
z2cbr1abo
prin-
cipes
eJus.
49
Ee
Roï
entrera
tout
d'un
coup
dans
un
trouble
&
une
agi-
tation
incroyables.
Mes
entrailles
Jont
pénêtrées
de
douleur,
Je
fuis
déchiré
au-dedans
/de
rno1
comme
äne
femme,
quiet
en
travail,
Ce
Que
j'entends
,
me
caufe
des
con-
vulfions.
Ce
que
je
vois,
me
Jette
dans
le
trouble.
Mon
cœur
fouffre
de
violentes
agitations.
Je
[uis
faif
de
terreur
&
d'effroi.
Dieu
&
chan-
gé
le
commencement
d'une
nuit
qui
étoit
l'objet
de
mes
defirs,
en
un
fujes
de
terreur.
C'eft
l’état
de
Bal-
thafar
,
lorfqu'au
milieu
du
repas,
il
vit
fornr
de
la
muraille
une
main,
qui
écrivoit
des
caractères
,
qu'aucun
de
fes
Devins
ne
put,
ni
exphquer,
ni
Hire;
@
fur
tout
lorf-
.
que
Daniel
Jui
déclara
que
ces ca-
raétères
contenoient
l'arrêt
de
fa
mort.
Alors,
dit
l'Écriture
,
Le
-
village
du
Roï
fe
changea
,
les
pen-
fées
;
qui
agitoient
fon
efprit,
le
froublérent
,
fes
reins
fe
reläché-
rent,
&
dans
fon
tremblement
fes
genoux
fe
choquoient
l’un
l’autre.
E'étonnement
,
la
frayeur,
la
dé-
faillance,
le
tremblement
de
Bal-
thafar
font
exprimés
par
le
Pro-
phéte
,
qui
en
a
été
le
cémoin,
Comme
par
le
Prophète,
qui
les
“avoit
prédits
deux
cens
ans
aupa-
ravant.
Mais
;
il
falloit
qu’Ifaïe
flt
éclai-
ré
d'une
lumière
bien
divine,
pour
ajoûter
immédiatement
après
la
defcription
du
trouble
de
Balthafar,
les
paroles
qui
fuivent:
Couvrez
La
table
;
confidérez
avec
attention
du
-
dans
le
fommeil.
B
A
haut
d'une
puérite
;
mangez
,
buve,
C’eft
que
Balthafar,d’abord
effraÿé
&t
perdant
courage
,
fera
confol
&
enfuite
rafluré
par
fes
courts
fans
&
plus
encore
par
la
Reine,
fa
mere,
qui
lui
avoit
dit,
dès
commencement,
qu'il
ne
devoi
pas
fe
livrer
à
fes
craintes
&c
à
f@
alarmes
;
207
Le
conturbent
cogla
faliones
tU@
,
neaque
facies
tU&
im
matetur.
On
lexhortera
donc
4
contenter
de
donner
de
bons
of
dres,
pour
être
averti
de
tout
pa
les
fentinelles;
à
faire
fervir
d
nouveau
,
comme
fi
rien
n'étol
arrivé
;
&
à
rappeller
la
joie
&tke
tranquillité
,
que
des
craintesex
céflives
lui
avoient
Ôtées
;
por.
menfam
;
contemplare
1n
fpecula.
comede,
bibe.
3
5°
Mais
pendant
que
les
hommes
donnent
ces
ordres,
Dieu
donné.
auf
les
fiens
de
fon
côté:
Levepe,
vous,
Princes,
&
poliffez
vos
bois
cliers.
C'eft
Dieu
lui-même,
qi
commande
aux
Princes
de
s’ayan:
cer
,
de
prendre
les
armes
6%
d'entrer
fans
crainte
dans
une
ville
noyée
dans
le
vin,
ou
plongé,
6.9
Tfaïie
nous
apprend
deu
circonftances
importantes
de
ki
prie
de
Babylone.
La
premièr
eft
que
les
tronpes
,
dont
elle
el.
remplie,
ne
feront
ferme
nulle.
part,
ni
aû
palais,
ni
dans
la
de
tadellé
;-ni
dans
aucune
place
purs
blique
;
qu’elles
fe
débanderont,.
fans
penfer
à
autre
chofe
qu'a
la
fuite;
&
qu'elles
fe
diviferont
ei
fuyant
par
diverfes
routes,
com”.
me
Uüh
troupeau
de
daims
où
&.
brebis
fe
diffipe,
dès
qu'il
eftef
fraÿé
;
erit
quafi
damula
fd.
B
A
giens,
€
quaft
ovis
;
&
non
erit
“qui
congreget.
Lafeconde
circonf-
.
tance
eft
que
la
plüparr
de
ces
troupes
étoient
à
la
folde
des
Ba-
byloniens
,
mais
n’étoient
pas
de
Babylone
;
&
qu’elles
retourne-
ront
dans
les
provinces
,
d'où
elles
avoient
été
tirées
,
fans
être
pour-
füivies
par
les
vainqueurs,
parce
que
c’étoit
principalement
fur
les
citoyens
de
Babylone
que
la
ven-
geance
divine
devoit
tomber
;
unufquifque
ad
populum
Juum
con-
Vertetur,
&
fingulz
ad
terram
[ua
fugienr,
-
-
7.9
Enfin,
fans
parler
du
car-
nage
horrible
,
qui
doit
fe
faire
des
habitans
de
Babylone
,
où
l’on
népargnera,
m
les
vieillards,
ni
les
femmes
,
ni
les
enfans,
pas
même
ceux
,
qui
feront
encore
enfermés
dans
le
fein
de
leurs
me-
.
res
,
ce
qui
a
déjà
été
marqué
ci-
devant
;
une
dernière
circonftance
eft
la
mort
du
Roi
même,
qui
fera
privé
de
fépulture,
&
l'ex-
tinéhon
entière
de
la
famille
roya-
le,
annoncées
dans
l'Écriture
d’u-
ne
manière
bien
effrayante,
mais
en
même
tems
bien
inftruive
pour.
les
Princes.
Pour
101,
tu
feras
jetté
loin
de
ton
fépulcre
com-
me
un
tronc
abominable,....
Tu
ne
feras
point
mis
dans
le
tombeau
de
tes
ancêtres
,
parce
que
tu
as
TUiné
ton
royaume
,
{4
as
fait
pé-
rir
ton
peuple.
Il
eft
jufte
qu'on
oublie
un
Roi,
qui
ne
s’eft
jamais
fouvenu
qu'il
étoit
le
prorecteur
ët
le
pere
de
fon
peuple.
On
doit
refufer
jufqu'au
tombeau
à
celui
qui
n’a
vécu
que
pour
ruiner
{on
(a)
Dani,
c,
$.
vs
1,
&
feg
B
À
SA
propre
pais.
Il
doit
être
féparé
de
ous
les
hommes!,
puifqu’il
en
a
été
l'ennemi.
I!
étoit
femblable
aux
bêtes
farouches
,
&
il
en
aura
la
fépulture.
Et
puifqu’il_n’avoie
aucun
fentiment
humaih,
il
ef
indigne
qu'on
en
ait
aucun
à-fon
égard.
C'eft
l'arrêt
que
Dieu
lui-
même
prononce
contre
Balthafar;
il
étend
cette
malédition
juf-
ques
fur
fes
enfans
,
qu’on
regar-
doit
comme
aflociés
au
trône,
&
comme
la
fource
d'une
longue
poftérité
de
Rois,
&
que
les
flnt-
teurs
n'entretenoient
que
de
leur
future
grandeur.
Préparez
ces
en-
-
fans
a
être
égorgés
comme
des
vid
nes
à
caufe
de
l’iniquité
de
leurs
peres.
.....
Îls
ne-feront
point
les
héritiers
du
royaume
de
leur
pere,
Je
m'eéléverai
contre
eux.
Je
per=
drai
le
nom
de
Babylone.
J'exter-
minerai
les
refles
de
cette
famille,
le
fils
&
lepetit-fils,
dit
Le
Sei-”
greur,
ne
Voilà
un
détail
bien
circonftan-
cié
de
tout
ce
qui
doit
arriver
à
limpie
Babylone.
Voyons
-
en
maintenant
l’exécution,
VI
Defcription
de
la
prife
de
Babylone.
(a)
Le
fiége
de
cette
place
n'étoit
pas
une
entreprife
faciles
mais
aucune
difficulté
ne
fut
capa-
ble
de:
détonrner
Cyrus
de
fon
deffein.
Ce
Prince
défefpérant
de
prendre
la
place
d’aflant,
aïfla
croire
qu'il
fongeoit
à
la
réduire
par
la
famine,
Il
fit
donc
tirer
d'abord
une
ligne
de
circonvalla-
tion
tout
au
tour
de
la
ville
avec
39
B
À
3
me
un
foffé
large
&
profond
;
&
pour
me
pas
accabler
{es
troupes
de
fa-
tigue
,
il
divifa
fon
armée
en
dou-
ze
parties,
&t
afligna
à
chacune
fon
mois
pour
la
garde
des
tranchées.
Les
afliégés
fe
croyant
en
pleine
füreté
,
à
la
faveur
de
leurs
rem-
parts
&
de
leurs
magazins
,
inful-
toïent
à
Cyrus
du
haut
de
leurs
murailles
,
&
fe
moquoient
de
la
peine
inutile,
qu'il
fe
donnoit,
&
de
tout
ce
qu’il
faioit
contr’eux.
Quand
Cyrus
vit
que
le
foffé,
auquel
on
travailloit
depuis
long-
tems,
étoit
achevé,
il
fongea
fé-
rienfement
à
exécuter
fon
grand
defléin,
dont
il
n’avoit
encore
fait
part
à
perfonne,
La
Providence
lui
en
fournit
une
occafon,
telle
qu'il
la
pouvoit
fouhaiter.
[l
apprit
qu'on
devoit
célébrer
à
Babylone
une
grande
fête,
&
que
les
Ba-
byloniens
avoïent
accoûtumé
,
dans
cette
folemnité,
de
pafler
la
nuit
entière
à
boire
&
à
faire
la
débauche.
Balthafar
prit
part
plus
qu'aucun
autre,
à
cette
réjouiflance
publi
.
que
,
&
fit
un
feflin
magnifique
aux
premiers
officiers
de.
fon
royaume
&
aux
dames
de
la
cour,
®
Dans
la
chaleur
du
vin,
il
fit
ap-
porter
les
vafes
d’or
&
d'argent,
qui
avoïeht
été
enlevés
du
temple
de
Jérufalem;
&
comme
pour
in-
falter
au
Dieu
d'Ifraël,
à
y
but
lui
6
toute
fa
cour
,
&
y
fit
boire
toutes
fes
concubines.
Dieu;
irrité
d’une
telle
impiété
&
d’une
telle
infolence
,
lui
fit
fentir
dans
le
moment
même
à
quiils’étoit
at-
taqué
,
&
fit
paroïtre
tout
à
coup
fur
la
muraille
une
main
;
qui
écrivoit
certains
caractères,
Le
BA
Roi
,
étrangement
furpris
&
ef
frayé
de
cette
vifion
,
manda
für
le
champ
tous
fes
Sages
,
tous
fes,
Devins
,
tous
fes
Aftrologues
pour
hre
cette
écriture
&
en
expliquer
le
fens.
Mais,
ce
fut
inutilement,
Aucua
d'eux
ne
put,
ni
expliquer,
ni
lire
ces
caractères.
C’eft
pets.
être
par
rapport
à
cer
événement!
qu'Hfaie
,
après
avoir
prédit
à
Ba
bylone
,
qu’elle
fe
trouvera
tout
d'un
coup
accablée
de
maux,
aux.
quels
elle
ne
s’attendoit
point,
ajoûte:
Appellez
à
votre
fecourse
VOS
enChanteurs.,.…,
Que
vos
Aflrologues
,
qui
Contemplent
lek
ciel,
qui
étudient
le
cours
&
difpoñition
des
affres
,
fe
préfentente
maintenant
,
6
vous
feuvent,
La.
éme
mere
[
c'étoit
Nitocris,.
princefle
d'us
grand
mérite
]
étant.
venue
au
bruit
de
ce
prodige
dam
À
la
falle
du
feftin
,
tâcha
de
pañluse
rer
lefprit
du
Roi,
fon
fils,
&
lui
parla
de
Daniel,
dont
elle
con.
noïfloit
l’habileté
dans
ces
{ortes,
de
matières
;
&
qu’elle
avoit
tou-
:
jours
employé
dans
le
gouverner
ment
de
l'État,
I
fut
donc
mandé
fur
le
champ,
*
&
parla
au
Roi
avec
une
liberté
véritablement
prophétique.
Il
ke.
fit
fouvenir
de
la
manière
terrible,
=
dont
Dieu
avoit
puni
l'orgueil
de
fon
grand-pere
Nabuchodonofor,
&
labus
criant
qu'il
faifoir
de
&.
puiffance
,
ne
reconnoiflant
d’au-
:
tre
loi
que
fa
volonté,
&
fe
croyant
=
le
maître
d'élever
l’un,
d’abaifler
l'autre
;
de
ruiner
celui-ci,
de
fai
re
mourir
celui-là
,
uniquement
parce
que
tel
étoit
fon
bon
plaifr.
»
Loin
de
profiter
de
fon
exem-
|
»
ple,
dit-il
au
Roi,
vous
qui
»»
ÊTES
|
PA
|
».
êres
fon
fils,
vous
avez
afleQé
».
d'enchérir
fur
{on
ofgueil
&
fur
»
fon
rmpiété.
Vous
vous
êtes
»
élevé
contre
le
Dominaténr
du
»
ciel;
vous
avez
fait
apporter
»
devant
vous
les
vafes
de
fa
mat-
»-
fon
fainte
,
&t
vos
avez
bu
de-
».
dans,
vous,
vos
femmes
&
vos
»
concubines
,
.avec.les
Grands
»
de
votre
cour.
Vous
avez
rendu
».-un
hommage
public
de
louange
»
&
d'honneur
à
vos
dieux
d’or
-an
&
d'argent,
de
bois
&
de
piere
7
16,
qui
ne
Voyent.
point,
qui
»
Nentendent
point
,
qui
ne
fen-
»_tént
Point
;
&,
vous
n'avez
».
point
rendu
gloire
au
Dieu,
»
qui
tient
vôtre
fouffle
dans
fa
»
main,
@&
qui
eft
le
maître
de
7.
toutes_yos
actions
&
de
tous
»
les
momensde
votre
vie:
C’eft
»
pour
cela
que
Dieu
a
envoyé
».
les
doigts
de
certe
main,
qui
a
».
écrit
ce.
qui
eft
marqué
fur
la
»
muraille...
Or,
voici,
ce
qui
eft
ȃcrit:
Mane
Thecel,
Phares:
»
Ê
en
voici
Finterprération.
Ma:
»
63
Dieu
a
comptéles
jours
de
»
Votre
repne.,
&c
1l
en
a
marqué
Da
fin.
Thecel:
vous
avez
été
»,
Pelé
dans.la
balance,
&-on
»”
Vous
a
tronvé-trop
leger.
P/a-
7
Tes
;
votre
royauine
a
été
divi-
».
fé
,
&
il
a
éré
donné
aux
Médes
pt
aux
Perfes:«
:
:
::
Cette
interprétation
devoit
en=
core
augmenter
le
trouble;
mais
;
on
fe
raffura
apparemment
fur.ce
que
le
malheur
n’éroit
pas
annon-
cé.comime
préfenr
,
&
que
l’ave-
nit
pourroit
fournir
des
expédiens
pour
le
dérourner.
Ce
qui
eft
cer-
tain.,
c'eft
que
lacrainte
de
trou
bler
une
joie
univerfelle
&
pré-
:
Tome
VI,
B
A
33
fente
ayant
fait
renvoyer
la
dif
cufhion
des
affaires
{érieufes
à
un
autre
tems
,-on
fe
rémit
à
table
&c
l’on.
pouffa
la
débauche
fort
avant
dans
la
nuit,
ee
5
-Cenendant,
Cyrus
bien
in
formé
de
la
confufon,
que
cette
féte
avoit
coûtume
de
répandre
dans
le
palais
&
dans
la
ville,
avoit
pofté
une
partie
de
Les
trou-
pes
à
l'endroit
où
Je
fleuve
entroit
dans
la-ville,
&
lautre
partie
à
Celui
où1l
en
fortoit,
&
jeur
avoit
commandé
d'entrer
cette
nuit
dans
la
ville.
par
le
Lt
du
fleuve.,
dès
le
moment
quils
le
tronveroient-
guéable.
Après
avoir
donné
tous
Jes
ordres
néceflaires
,
&
exhorté
les
officiers
à
le
füivre,
en
leur
rep'éfentant
qu'il
matchoit
fous
la
<ondure
des
dieux
,
il
fit
ouvrir
für
le:
foir
la
tranchée
des
deux
côtés
de
larivière
au-defions
É&
au-deflus
de
la
ville,
a%n
d'y
faire
écoulerles
eaux.
Par
ce
moyen
le
lt
de
l'Euphrate
£
trouva
bientôr
aiece
Alors,
es
deux
corps
des
troupes
,
felon
lenrs
ordres,
Sy
Jettérent,
conduis;
lon
par
Go
bryas
,
&c
l’autre
par
Gadaras
)
S'avancérent
fans
trouvér
d'obfla-.
cle.
Le
guide
invifible,
qui
avoit
Promis
à
Cyrus-de.J
Ouyrir
tou-
tes
les-porres
,-s'étoit
lervr
de
là
néglisence:&
du-deforûre,
qui
rez
BONE
Par
tout
pendant
cette
nuit
de
diflolution
>
pour
faifler-
ouvertes
les
portes
daran,
qu
fermoient
les
defcenrés.
du
quai
vers
le
fleuve,
qui
feules
auroient
pu-faire
échouer
lon
-entreprife.
Aiïnfi,
ces
deux-corps
de
-troupes
*
LA Là LA
S
x
See
RE
He
LES
É
Pénétrégent
jufques-dans-lé
cœur
de
la
ville,
fans
trouver
de
régit.
Ce
54
BA
palais
royal,
comme
ils
en
étoient
convenus
,
ils
furprirent
la
garde
&
la
mirent
en
piéces.
Îls
fé
jet-
térent
aufhi-tôt
dans
le
palais,
dont
quelques-uns
de
ceux,
qui
etoient
au-dedans
,
avoient
où-
vert
les
portes
pour
fçavoir
d’où
venoit
le
bruit
qu'on
entendoit.
Ils
s’en
rendirent
les
maîtres
;
&
ayant
rencontré
le
Roi
qui
venoit
à
eux,
l'épée
à
la
main,
à
la
rête
de
ceux
qui
s'étoient
trouvés
à
portée
de
le
fecourir,
ils
le
tué-
rent,
&
firent
main-bafle
fur
tous
ceux
qui
l’accompagnoient.
Le
premier
foin
des
vainqueurs
fut
de
remercier
les
dieux
d’avoir
en-
fin
puni
ce
Roi
impie.
Cette
re-
marque
de
Xénophon
mérite
d’e-
tre
peiée
;
&
elle
s'accorde
mer-
veilleufement
avec
tout
ce
que
l'Écriture
fainte
dit
de
l'impie
Bil-
‘thafar.
=
C'eft
ainfi
que
fut
anéantie
la
‘puiffance
de
cette
ville
faperbe,
cinquante
ans
précifément
après
quelle
eut
détruit
Jérufalem
&
{on
Temple.
Par-là
furent
accom-
plies
les
prédiéhons
,
qu'lfaie,
Jé-
rémie
&
Daniel
avoient
pronon-
cées
contr'elle
,
comme
on
l'a
vu
“par
tout
ce
quia
été
rapporté
juf-
‘qu'ici.
Îlen
refte
une,
la
plus
1m-
portante
de
toutes
,
la
plus
in-
croyable
,
&
celle
néanmoins
qui
eft
marquée
dans
l'Écriture
de
la
manière
la
plus
précife
&
la
plus
forte
;
prédiétion
accomplie
à
la
lettre
dans
tous
fes
points
,
&
dont
”
Ja
preuvé
éft
a@tuellement
fubff
tante,
la
plus
facile
à
vérifier,
&
la
plus
inconteftable,
C'eft
la
pre-
fhétion
de
la
ruine
totale
&
entiè-
ance
;
©
s'étanc.
rencontrés
au
re
de
Babylone
,
enforte
qul
n'en
doit
pas
refter
le
moin
veftise,
se
.
NET.
È
Accompliffement
de
la
prédit
de
la
ruine
totale
de
Babylone.
Cette
prédition
fe
trouve
dat
plufieurs
Prophéres
,
mais
fur
tous
dans
Ifaie,
au
Chapitre
XII
dépuis
lé
verfet
19
jufqu'au
verf
22,
&
au
Chapitre
XIV,
vé
fets
23
&
24,
On
la
rapport.
dans
{on
entier
ci-deffus.
1
y
marqué
que
Babylone
fera
ent,
rement
détruite,
comme
le
furel.
autrefois
les
villes
criminelles
Sodome
&
de
Gomorrhe
;
qu'el
ne
fera
plus
habitée
;
qu’on
nek
“rébâtira
jamais;
que
lés
Arab
n'y
drefleront
pas
même
leu
tentes,
&
que
les
pañfteurs
n|
viendront
point
pour
y
faire
pofer
leurs
troupeaux;
qu’elle
dé
viendra
la
retraite
des
bêtes
fan.
vages
&t
des
oïfeaux
nournél
qu'un
marais
couvrira
le
lieu,
qu’elle
avoit
occupé,
enforte
qui
ne
reftera
pas
même
des
veftigi
ee
=
re
de
l'endroit,
où
elle
aura
&
C'eft
Dieu
même,
qui
avoit
pt
noncé
cet
Arrêt.
1.°
Babylone
perdit
d'abordii
qualité
de
ville
royale,
Les
Roi
de
Perfe
lui
préférérent
un
auti
féjour.
Sufe,
Echatane,
Perfépolis
toute
autre
demeure
leur
plut
d#
Vantage
,
&
ils
ruinérent
eur
‘mêmes
une
partie
de
la
ville.
2.9
Strabon
&
Pline
nous
af
prennent
que
les
Macédoniens
qui
fuccédérent
aux
Perfes,
n0i
féulement
la
népligérent
&
net
rent
occupés
,
ni
Qu
foin
de
l'en
B
A
bellir
,
ni
de
celui
de
la
réparer
mais,
qu'ils
affeétérent
même
de
bâtir
dans
fon
voifinage
Séleucie,
pour.
la
faire
abandonner
&
pour
lui
Otér
fes
habicans.
Il
n’y
a
rien
de
plus
propre
à
expliquer
ce
que
le
Prophéte
avoit
prédit:
Vos
habitabitur.
Ses
propres
maitres
s'appliquent
à
la
rendre
déferte.
3.2
Les
nouveaux
rois
de
Per-
fe,
qui
devinrent
maïrres
de
Ba-
bylone,
achevérent
de
la
ruiner
“en
bâtifflant
Ctéfiphon,,
qui
lui
en-
levasce
qui
lui
reftoit
d'habitans.
Er
il
fembloit
que
depuis
qu'elle
avoit
été
frappée.
d'anathème
,
ceux
,
qui
devoient
être
{es
pro-
tecteurs,
devenoient
fes
ennemis;
&
que
tous
croyoïent
être
chargés
du
foin
de
la
réduire
en
folitude
,
mais
par
des
voies
indireétes
&
fans
employer
la
violence,
afin.
qu'il
füt
plus
maniféfle
que
c'étvoit
la
main
de
Dieu,
plutôt
que
celle
des
hommes
,
qui
s’appliquoit
à
lanéantir.
he
:
4.9
Elle
fut
f-univerfellement
“abandonnée,
qu'il
ne
refta
plus
que
l'enceinte
de
fes
murailles,
Elle
étoit
réduite
à
cet.
état,
du
tems
que
Paufanias
écrivoit
fes
obfervations
fur:la
Gréce.
Z//4
aütem
Babylon;
omnium
quas
un:
quam
fol
afpexit
urbium
maxima
,
jam
preter
muros
nihil
hebet
reli-
qui.
;
s%
Les
Rois-de
Perfe,
la
voyant
déferte
,;en-firent
un
parc,
où
ils
enfermérent
des
bêtes
fau-
vages
pour
la
chafle,
Elle
devint
ainfi,
comme.
le
Prophéte-l’avoit
prédit,
la
demeure.
des
animaux
crüels
&
ennemis
de
l’homme
,
où
fugirifs
&
timides,
Ses
cicoyens
B
A
+
furent
convertis
en
des
fnglier
Fe
des
léopards,
des
ours,
des
ânes
fauvages
,
des
cerfs.
Babylone
fut
la
retraite
des
bêtes
funeftes,
fau-
vages,
ennemies
de
la
lumière.
Re.
qguiefcent.
1bi
beflie
|
&
replebuntur.
domus
illorum
draconibus,
&c.
-
Saint
Jérôme
nous
a
confervé
cette
précieufe
remarque.
Il
la
tenoit
d'un
religieux
Perfan,
qui
:
-
avoit
vu
ce
qu'il
lui
avoit
rappor-
té.
Didicimus
à
quodam
fratre
Elamnite
,
qui
de
illis
finibus
eyre=
diens,
nunc
Jerofolymis
viram
exi-
gt
Monachorum
,
venationes
re-
gas
effe
in
Babylone,
€
omnis
generis
beflias
murorum
ejus
ambi-
lt
tantim
continer.
=
6.2
Mas,
c'étoit
encore
-tro
que
les
murs
de
Babylone
fubff-
taflént,
Îs-tombérent
en
plufieurs
endroits,
&
ne
furent
pas
réparés.
Le
refte
fuivit
par
divers
accidens.
Les
bêtes
,
qui
fervoient
aux
plai-
firs
des
rois
de
Perfe,
fortirent,
Les
ferpens
&
les
fcorpions
de-
meurérent,
&
elle
devint
un
lieu
redoutable
pour
ceux
,.qui
au-
-
roient
eu
quelque-curiofité
pour
vilirer
fes
Antiquités.
L’Euphrate,
qui
la
traverfoit,
n'ayant
plus
un
canal‘libre,
prit,
avec
lerems,
fon
cours
ailleurs,
Er:il
ne
refloit.,
au
tems
de
Fhéodoret,
qu'un
filec
d'eau’,
qui
couloit
à
travers
les
mafures.,
&-qui
n'ayant
plus
de
pente
ni
d'écoulement
libre,
dé-
généroit
néceffairement
én
un
ma-
Tais,
$
-
Ar
7.2
Par
tous:
ces
changemens,
Babylone
devint
entièrement
dé-
ferte;
&tous
{es
environs
devin-
rest
auf
affreux
&c
auffi
aban-
donnés
que
le
lieu,
qu’elle
avoit
je
D
occupé
;
&
les
Géographes
les
plus
habiles
ne
fçavent
aujour-
d'hui
où
le
déterminer.
Aïn,
fut
accompli
à
la
lettre
ce
que
Dieu
avoit
prédit:
»
Je
perderai
le
nom
»
de
Bäbylone....,
Je
convrirai
»
d'un
marais
le
lieu,
qu'elle
oc-
»
cüpe
maintenant.
Je
recherche
D
rai
avec
foin
jufqu'à
fes
moin-
»
dres
veltiges
pour
les
effacer.
«
Je
ferai
moi-même
la
recherche,
dir
le
Seigneur,
avec
un
cœil
ja-
Joux
,
pour
découvrir
s’il
ne
refte-
ra
rien
d’one
ville
ennemie
de
mon
nom
&
de
Jérufalem.
Je
balaierai
avec
foin
la
place,
où
elle
aura
été
;
&c
je
la
rendrai
fi
nette,
en
effaçant
jufqu'aux
moindres
vefti-
gés
d’une
ville,
que
perfonne
ne
pourra
conférver
la
mémoire
dû
heu
choïff
par
Nemtod
;
&
aboli
par
moi
qui
fuis
le
Seigneur.
Scoz
pabo
eam
in
fcopa
terens
,
dicit
Dorninus
exercituum.
|
8:
Dieu
ne
s’étoir
pas
con-
tenté
de
faire
prédire
tons
ces
changemens
;
il
avoit
voulu
ter
_tniner
&
fcelier
cette
prédiétion
par
un
ferment,
pour
en
marquer
davantage
la
certitude:
»
Le
Sei-
-»
gneur
des
armées
a
fit
ce
fer:
»
inent:
Je
jure
que
ce
que
j'ai,
»
réfolu
;
arrivera’,
&
que
ce
“que
»
j
ai
arrété,
s'exécutera.
«
Mais,
pour
donner
à
ce
formidable
fer=
ment
toute
fon
étendue,
il
ne
ut
pas
le
bofner
;-ni
à
Babylone,
mi.
au
peuple
qui
la
habité,
ni-aux
Princes
qui
y
ont
reené.
C’eftla
malédittion
du
monde
entier,
que
-
nous
Hfons
ici.
C’eft
l’anathême
“général
des
impies.
C'eft
l'arrêt
oran
5
qui
féparera
pour
toujours
les
deux
cités
de
Baby-
B
À
:
lone
&
de
Jérnfaiem,
&
quime
tra
un
érernel
divorce
entre
kk
Saints
&
les
Réprouvés.
Les
Éd
tures
,
qui
l'onc
prédit,
fubffteroil
jufqu'au
jour
où
il
fera
exécut,
La
fentence
en
eft
écrite
14
Mife
comme
en
désôt
dans
les
a
chives
publiques
de
la
religion,
Juravit
Dominus
exercituum,
de
Cens
:
fEnonut
putavi,
ita
erit
il
quomodo
tra&tavi,
fic
eveniet,
Au
refle,
il
eft
à
propos
dett.
marquer
,
pour
l'intelligence
di,
anciens
Auteurs
;;
que
la
prédié.
tion
de
[a
ruine
totale-de
Babylon
ne
s'exécuta
que
fuccefliveme
En
effet,
Plurarque,
en:
parlait
de
l'expédition
de
Craflus
conti,
les
Parthes,,
dir
que
la
plus
grats
de
de
toutes
les
fautes
,
qu'il
dans
cette
guerre,
après
celleds
lavoir-entreprife,
ce
fut
d’avol
négligé
de
fe
faifir
de
Babylonedl
de
Sélencie
,
villes
toujours
ennés
mies
des
Parthes:
.
ie
M.
Prideaux
,
dans
fon
hiftoit
des
Juifs,
prétend:
que
Plutarqi
s'eft
trompé
dans
cet
endroit
La
qu'ila
pris
deux
noms
d'une
mêm.
ville
pour:le
rom
de
deux
vilé
difiérentes
;
que
Babylone
&
5%
2
leucie
étoient
alors
la
même
vil
_&t
que,
lorfque
Craflus-alla-da.
ce
pais-là,
il
y
avoit
long-teni
que
l'ancienne.
Babylone
n'exis
toit
plus.
Il
fonde
cette:
cnriqi,
fur
des
paflages
de
Strabon
;
d
Pline
&rde
Paufanias
;
qu'il
a
raps
portés
en-ces
termes.:
»
Pline
di
»
que
Babylone
avoit
eté
épuilt
>
d'habitans,
&
rendue
tont-#
»
fait
déferte-par
le
voifinage
d.
».
Séleucie
fur
le
Tigre,
que
Së,
leucus
Nicator-avoit
fait
bâti.
w
Le]
La
BA.
»_exprès;,
&
Strabon
dit
la
même
»
chofe,
aufh-bien
que
Paufanias
»
dans
fes
Arcadiques.
Car,
ce
dernier
dit
que
Babylone
,
au-
»
trefois
la
plus
grande
ville
,
que
».
le
foleil
eût
jamais
éclairée,
»
mavoit
plus
rien
que
fes
mu-
»
railles,
«
:
Il
eft
facile
de
prouver,
dit
M.
Secoufle
,
que
M.
Prideaux
s'eft
trompé
dans
fa
critique
;
&
pour
cela,
il
fuffit
d'examiner
les
pafla-
ges
qu'il
a
cités,
&
de
les
com-
parer
avec
d’autres
endroits
des
mêmes
Auteurs.
Le
paflage
de
Strabon
eft
for=
mel
contre
lui;
&
lon
eft
furpris
d'Y
trouver
précifément
le
con-
trare
de
ce
qu'il
lui
fait
dire.
Strabon
,
après
avoir
rapporté
que
Nicator
fonda
Séleucie,
qui
fut
augmentée
par
fes
fuccelfeurs,
ajoûte
que
cette
ville
eft
préfen-
tement
plus
grande
que
Babylone,
&
qu'une
grande
partie
de
celle-
ci
eft
déferre,
Ce
Géographe,
en
difant
qu'une
grande,
partie
de
.
Babylone
eft
déferre
,
fait
claire-
-ment
entendre
qu’une
petite
par-
tie
de
cette
ville
eft
habitée
;
&
la
comparaifon,
qu'il
fait
de
la
grandeur
préfente
de
Séleucie
&
de
Babylone
,ne
prouve-t-elle
pas
que
cette
dernière
ville
exiftoit
encore
?
Paflons
à
Pline,
dont
voici
les
termes
:
Durat
adhuc
ibi
Jovis
Bell
remplum,
...
Caterd
ad
foli-
tudinem
rediit
,
exhauflé
vicinitate
Seleucie
que
tamen
Babylonia
co-
gr0mInatur.
Si
Von
prend
ces
ter-
mes
à
Ja
riguenr,
il
femble
que
:
Pline
dife
que
l’ancienne
Babylo-
nen’eit
plus
rien
en
comparaifon
B
À
37.
de:
la
nouvelle,
qui
s’eff_
enrichie
de
fes
dépouilles.
Ce
qni
le
per-
fuade,
c’eft
que
Pline,
dans
un
autre
endroit,
parle
de
l’ancienne
Babylone
,
comme
d’une
ville,
qui-exiftoit
encore
de
fon
tems,
&
qu'il
la
diftingue
précifément
:
de
Séleucie.
Il.dit
que
la
ville
de
Philifque
eft
éloignée
de
dix
jours
de
navigation
de
Séleucie,
&
à
peu
près
antant
de
Babylone.
Philifcum...
ab
eo
Selenciam
die-
rum.
decem
navigafio
,
totidermique
feré
Babylonem,
Pour
le
paflage
des
Arcadiques
de
Paufanias
,
il
eft
cel
que
M,
.
Prideaux
Fa
rapporté;
&
il
y
eft
dit
formellement
que
de
cette
grande
ville
de
Babylone
,
il
n'en
refte
plus
que
les
murailles
;
mais,
Ce
pañlage
ne
peut
prouver
que
pour
le
tems
,
auquel
vivoit
Pau
fanias
,
qui
écrivoit
plus
de
deux
cens
ans
aprés
l'expédition
de
Craflus..
D'ailleurs
,
Paufamas
,
-
dans
fes:
Attiques
,
après
avoir
rapporté
que
Nicator
avoit
tranf-
planté
à
Sélencie
les
habitans
de
Babylone
,
ajoûte
qu'il
ne
détrui-
fit,
ni
les
murailles
de
certe
ville,
ni
le
temple
de
Bélus
,
&
quil
permit
a
des
Chaldéens
d’'habiter
au
tour
de
ce
temple.
Ce
pañlage,
joint
à
celui,
deStrabon,
prouve
que
depuis
{a
conftruttion
de
Sé-
lencie
ou
nouvelle
Babylone
,
l’ancienne
n’avoit
pas
été
entière-
ment
dégarnie
d’habitans,
Ain,
Plutarque
a
eu
raifon
de
diftingner
cette
ville
de
celle
de
Séleucie
;
&
la
critique
de
M.
Prideaux
fe
détruit
parles
mêmes
paflages
fur
lefquels'il
l'a
appuyée,
Voyez
Babylonie.
AS
Ci
-
8
BA
2
BABYLONE
,
Babylon,
(2)
Bobi
,
ville
d'Égypte
,
dont
Diodore
de
Sicile
raconce
lorigi-
ne
de
deux
manières
diflérentes.
Sélofiris
,
roi
d'Égypte,
ayant,
‘dit-il,
renoncé
à
tout
projet
de
guerre,
licentia
fes
troupes,
&
“aflura
à
tous
fes
foldats
la
jouiffan-
“ce
des
biens,
qu’ils
avoient
acquis
“par
beaucoup
detravaux.
Ne
per-
“dant
point
toutefois
Pamour
de
la
gloire
,
&
voulant
au
contraire
.
affermir
la
fienne
par
toutes
fortes
d’endroits
,
il
entreprit
des
ouvra-
ges
magnifiques
par
le
deffein
&
-par
la
dépenfe
;
mais,
ils
étoient
tels.
qu’en
immortalifant
fon
nom
;
ils
devoient
contribuer
auff
pour
toujours
à
la
füreté
&
à
la
com-
modité
de
l'Égypte.
Commencant
par
la
religion
,
il
fit
bâtir
en
cha.
que
ville
un
temple
en
l'honneur
du
dieu
,
qu'on
y
révéroit
parti-
culièrement.
Il
nemploya
à
ces
Ouvrages
aucun
de
fes
fujets,
&
il
ny
fit
travailler
que
les
captifs,
-
Il
eut
foin
même
de
faire
graver
ces
mots
für
tons
les
temples:
Aucun
Égyptien
na
mis
la
main
à
cet
édifice.
Maïs,
les
captifs
de
Babylone
,
ne
pouvant
fupporter
ces
travaux,
trolivérent
moyen
de
s'échapper,
&
s'étant
rendus
maitres
d’un
téfrein
avantageux
far
les
bords
du
fleuve
,
ils
firent
“la
guerre
aux
Égyptiens,
&
rava-
.
érent
là
campagne
des
environs.
Enfin,
par
un
traité
fait
avec
eux
<
ils
habitérént
tranquillement
le
lieu,
où
ilsss’étoient
retirés,
&
le
-
nommérent
Babylone
en
mémoi-
(a)
Diod,
Sicul.
:
$-
Strab,
pag,
So,
B
A
re
de
Ja
capitale
de
leur
patrie
Ctéfias,
felon
Diodore
de
ÿ.
cile
,
donne
une
autre
Origines
cétte
ville;
car,
il
aflure
qu'ek
fut
bâtie
par
des
originaires
dela
bylone
,
qui
fe
trouvérent
il.
fuite
de
Sémiramis
,
lorfqueh
pafla
en
Éovypte,
Diodore
de
ÿ
cile
ajoûte
qu'il
n’entreprent
point
de
démêler
la
vérité
fur
€
article,
mais,
que
rapportanth
Opinions
difiérentes,
qu'il
trou
dans
les
Hifloriens
,
1]
lafleh
choix
au
difcernement
des
Lé
.
teuts.
4
S
Jofephe
,
en
racontant
pe
quelle
route
les
Tfraëlites
forte.
d'Égypte,
dit
qu'ils
pafférent
al
près
de
Latopolis
,
qui
étoit
alt
déferte
;
car,
pourfüit-il,
on
_
tit
enfuite
en
ce
lieu-là
Babylon.
dans
le
tems
que
Cambyfe
rayé
geoit
l'Égypte.
Voilà
une
troie
me
Origine
,
que
ce
paffage
dont
à
cette
ville;
mais,
il
nous
4h,
prend
auf
qu’elle
avoit
d’abo
porté
le
nom
de
Latopolis
,
à
ville
de
Latone.
2
Ptolémée
fait
mention
del
ville
de
Babylone
;
&
il
nous
prend
qu'elle
étoit
arrofée
par!
fleuve
Trajanus,
qui
baignoit
auf
les
murs
d’une
autre
ville,
nom
la
ville
des
Héros.
Cellarins
ler
tend
du
fleuve
Bubafte.
Pour
St
bon,
il
dit
qu'en
remontant
D
Eau,
au-deflus
du
delta,
on
trok
voit
Babylone,
place
force
nat
rellement
&
bâtie
par
quelqu
Babyloniens
,
qui,
s’y
étant
tel
rés,
obtinrent
des
Rois
la
per
2
P28:
36:
Jofeph,
de
Antiq,
Judaïc.
pag,
65.
Ptolem.
L.
IV
*
Bb
À
fion
de
s’y
établir.
Il
ajoûte
que
de
fon
terms
,
on
y
tenoit
une
des
trois
légions,
qui
gardoient
VÉ-
ypte.
Jufques-là,
il
femble
que
Babylone
étoit
fur
le
Nil;
mais,
ce
qu'il
dit
enfuite
fait
voir
le
con-
traire.
Entre
ce
lieu
jufqu'au
Nil,
pourfuit
cet
Auteur,
1
y
a
une
hauteur
fur
laquelle
on
fait
mon-
ter
l'eau
du
fleuve
,
à
force
de
moulins,
à
quoi
cent
cinquante
efclaves
font
continuellement
oc-
cupés.
....
[n’y
a
pas
loin
de-là
à
Memphis,
qui
eft
à
trois
fchæ-
nes
du
delta.
Aiïnfi,Strabon
ne
met
pas
cette
ville
fur
un
des
bras
du
Nil,
qui
forment
le
delta,
mais
au-deflus
du
delta
même.
Quelques
Critiques
ont
préten-
du
que
c’étoit
de
cette
Babylone,
que
S.
Pierre
a
écrit
fa
première
Épitre.
Dom
-Calmet
réfute
ce
fentiment,
dans
une
differtation
à
la
tête
du
dernier
tome
de
fon
Commentaire.
Un
livreanonyme,
cité
par
Ortélius
,
qui
foupçonne
Poftel
d’en
être
l’auteur
,
dit
que
cette
ville
étoit
nommée
Mazar
où
Mizir
en
Arabe
,
Maffar
en
Arménien,
Alchabiren
Chaldéen,
&
Mefraim
en
Hébreu.
La
plü-
part
des
Géographes
difent
que
c'eft
la
même.
ville
que
le
vieux
Caire.
Le
moine
Brocardus
dit
que
c'étoient
deux
villes
différen-
tes
,
mais
qui
furent
jointes
en
(a)
Suid.
Tom,
I.
pag.
727.
=
CG)
Prolem.
L.
V.._c.
20.
Strabon.
pag:
80,
109,
02,
602,
736.
dr
feq.
Pomp:
Mel,
pag,
65;
Plin.
Tom.
1.
pag.
331
Tom.
Il.
pag.
354.
Herod.
EL.
I,
C.
192,
dr
feg.
L.IIL.
c.
150.
@&
fes.
Diod.
Sieul,
pag.
71.
Q.
Curt,
E.
Véc,
r.JuftE,
rs
C.
4.
Gene,
€.
10.
y.
10.
Ezech,
c,
12,
y,
13.
Roll,
Hit,
‘en
celui
de
Babylone.
B
À:
39
une.
L'on
ne
voit
rien
que
de
vraifemblable
dans
ce
fentiment...
Cette
ville
a
été
épifcopale
fous
la
métropole
Léoncopolis,
où
la
ville
des
Lyons
;
&
Cyrus,
évé-
que
de
Babylone,eft
nommé
dans
les
aîles
du
concile
d'Éphèfe,
&
dans
le
premier
aëte
du
concile
de,
Chalcédoine.
BABYLONE
,
Babylon,
(a)
Babvrar.
Sémiramis,
au
rapport
de
Suidas,
ayant
entouré
Ninive
de
murailles,
changea
fon
nom
Il
y
eut
en
Phénicie
une
ville
du
nom
de
Babylone.
Elle
n’eft.
guere
connue.
On
fçait
feulement
que
l’on
y
faïfoit
une
forte
de
vin,
qu’on
appelloit
le
vin
Polipodite,
-
Le
nom
de
Babylone
eft
de-
venu
un
nom
injurieux
,
qui
fe
donne
métaphoriquement
aux
vil.
les,
où
l’on
veut
faire
entendre
que
le
vice
eft
monté
à
{on
plus
haut
excès
;
&
c’eft
dans
ce
fens,
que
Pétrarque
&
Bocace
ont
ap-
pellé
Babylone
la
ville
d'Avis
gnon,
où
fiépeoit
la
cour
de
Ro=
me,
qu'ils
haïfloient.
Les
ennemis
de
l'Églife
Romaine
n’ont
pas
épars
gné
ce
nom
à
Rome
la
Sainte.
:
BABYLONIE
,
Babylone,
Ba£urcvi
,
(b)
contrée
d'Afe,
qui,
felon
Ptolémée
,
avoit
pour
bornes
au
feptentrion
la
Méfopo-
tamie
,
à
l'occident
l'Arabie
défer-
Anc.
Tom,
I.
pag,
648.
&:
fuiv,
Géog.
Hit.
Eccléf,
Cie
es
Vail.
Tom,
IX.
pag.
3237,
338.
Mém.
de
PAcad,
des
Inferipr,
&
Bell.
Lett.
T,
IV.
pag.
152.
@*
faiv.
Tom.
V.
page
345.
Tom.
VI.
pag.
6.
Tom,
VII
p.
4313
432.
Tom.
XVI,
pig.
72:
73,
Le
XVI
-pagr-63,
C
iv
te,
à
lorient
la
Sufane
:
au
midi
une
partie
du
golfe
Perfique,
"
TL
Iy
én
à
ui
croyent
que
la
Babylonié
eft
là
même
chofe
que
Ja
campagne
de
Sennaar,
nom-
imée
ainf
dans
Ja
Généfe.
D'au-
tres
l'ont
Confondue
avec
la
Mé-
foporamie
;
quoique
celle-ci
en
ft
féparée,
Ptolémée,
celui
de
fous
les
Anciens,
qui
en
a
parlé
avec
le
plns
de
juftefle,
la
divife
En
plufieurs
petits
pas,
qui
étoient
PAüranitide
für
les
bords
de
l'Eu-
phrate
,
la
Chaldée
auprès
de
l’A-
rabie
“déferte,
l'Amordacie
ou
l'Amordôocie
le
long
des.
marais,
Ce
dernier
&
le
premier
font
de-
meurés
inconnus,
Ï]
n’y
a
eu
que
la
Chaldée,
qui
ait
été
fameufes
&
ce
nom,
{
prenant
dans
un
fens
plus
étendu
,
a
quelquefois
fenifié
tonte
la
Babÿlonie,
Ainf,
toutes
les
fois
que
le
prophéte
Jé-
rémie,
&
ceux
Qui
ont
écrit
l'Hi£
toire
de
fon
tems,
Chaldéens
&
de
leurs
armées
Fil
faut
l'entendre
de
ceux,
qui
de-
Beuroieñt
au
tour
de
Bäbylone,
-
C'éft
dans
le
même
fens,
que
le
prophète
Ezéchiel
met
certe
ville
dans
[a
Chäldée,
quoiqu’elle
fût
bien
éloignée
de
la
‘Chaldée
pro.
pre
de
Prolémée,
Le
nom
de
Babylonie
efl.eme
ployé
par
Diodore
de
Sicie,
par
Strabon
,
par
Pline
&
autres
;
mais
,
il
faut
bien
diflinener
dans.
quellé
étendue
45
le
prennent,
:
sl
Quelquefois
Méfopotamie
,
le
Tigre
&
le
gol-
fe
Perfique;
&
en
ce
fens,
c'eit.
[a
Même
chofe
que
la
terre
des
Chat:
:
déens,
Quelquefois,
fa
Babylonie
:
patient
des.
».
4
-
Babylone.
fe
:
prend
pour
tout
le
païs
entre
Ja
B
À
|
ne
fisnifie
que
la
hante
partie
ve
le
lit-de
PEuphraté
&'au
tour
Ja
ville
de
Babylone.
Ceft
dan
ce
fens,
que
Diodore
de
Sici
dit,
à
l'endroit
cité,
que
l’Eupht
te
êc
le
Tivre
forment
la
Méfopo
Baby
lonie
tamie,
&
<oupant
la
fe
jettent
dans
la
mer.
2
M:
Huet
dit
que,
dans
le
con:
mencement,
la
Babylonie
fe
tér
Mminoit
à
la
jondion
du
Tigre
de
l'Enphrate:
La
contrée
,
pois
füit-1l,
qui
eff
au-deffons
de
cetié
jonétion
jofqu'an
golfe
Perfique,
eft
appellée
fraque
par
Allérgan,
nomme
communément
À]fraoail
par
Abulféda
&
les
autres
Ca
L
>
24
graphes
Arabes,
du
nom
d
Érec,
qui
fut,
avec
Babylone
&
d'autré
lieux
,
le
commencement
du
regft
de
Nemtod.
Ce
font
les
termes
dé
Moïfe.
Érec
étoit
une
ville,
fitués
le
long
du
lit
commun
du
Tigi
&
de
l'Eaphrate.
Babylone
éroi
fituée
für
l'Enphrate
au-deffus
dè
fa
jon@tion,
Ces
deux
villes
dons
nérent
le
noin
à
deux
provinces.
La
Babylonie
s'étendo:t
jafqu’à
Jonction:
des
deux
fleuves,
&
Province
d'Érec
où
d'lragne
sé
tendoit
le
Tong
du
lit
commun
de
ces
deux
fleuves
À
“droite
&
à
Bauche
,
depuis
leur
jon@tion
ju
Gu'à
la
mer.
Le
tems
a
changé
ces.
chofes
;
Flraque
a
empiété
fur,
Babylonie
,
{ar
PAflyrie
&
fur
ha
:
Médie
,
8
leur
à
fait
porter
foi.
nom.-La
Babylonie,
de
fon
côté,
seft
mie
en
pofleflion
de
touté
l’ancienne
province
d'fraque,
M
Huet
prend
ici
Ja
Bäbylonie
au:
trément
que
nous
ne
l'avons
mar.
“quée
-ci-deffus
;çar,
il
la
met.
dans-la
Méfoporamie
;
au-deflus
ncts
j
15)
de
la
jon@tion
du
Tigre
;
ce
qui
€ft
oppoié
à
ce
que-dit
Ptolémée,
qui
la
ner
au
midi
de
la
Méfopo-
taie,
@
par
conféquent
au-deflus
dé-la
jonétion.
Mais,
il
faut
re=
marquer
que
M.
Huet
dit
24
cem-
mencement,
ÔL
que
Prolémée
par-
loit
dans
un
terms,
où
les
chofes
avoient
changé,
-
IE
Comme
tous
les
peuples
de
la
domination
de:
Cyrus.
éroient
obligés
de
lui
fournir,
outre
les
tributs
ordinaires,
fa
nourriture
&
la
nourriture
de
fon
armée,
toute
FAfñie
le
nourrifloit
avec
fes
trou-
pes
huit
mois
de
l’année
;
le
feul
pais
de
Babylone
étoit
obligé
de
le
nourrir
quatre
mois,
de
forte
qu'il
étoit
feu]
égalé
à
la
troifième
partie
de
l'Afe,
Le
souvernement
de
ce
païs,que
lesPerfes
appelloient
Satrapie,
étoit
le
meilleur
&
le
plus
grand
de
tous
les
autres.
!]
étoit
fi
confidérable,
que
Fritech-
me,
fils
d'Artäbafe,
qui
levoit
les
tributs
de
cette
contrée
au
nom
du
Roi
,
en
retiroit
tous
les
jours
un
artabe
,
rempli
d'argent,
IL
nourrifloit
pour
le
Roi,
outre
les
chevaux
de
guerre,
un
haras
de
huit.
cens
chevaux,
&
de
feize
mille
jumens;
enforte
qu'il
y
avoit
vingt
jumens
pour
chaque
cheval,
On
y
élevoit
M
pour
le
Roi
une
fi
prande
quantité
de
chiens
d'Inde,
qu'il
y
avoit
quatre
villes
exémptes
d'impofitions
&
de
vri-
buts,
à
condition
feulement
qu’el-
les
nourriroient
ces
chiens.
Voilà
ce
que
donnoit
la
Babylonie
à
celui
qui
en
étoit
le
maître,
Au
reite
,
if
ne
pleuvoit
pas
fouvent
dans
ce
païs,
flon
Hé-
rodote.
Les
bleds
|
qui
y
vénoient,
BE
-
4x
étoïent
feulement
arrofés
par
l'eat.
de
la
rivière,
qui
s'y
répandoit
par
un
eflet
de
l’mduftrie
des
hom-
mes,
comme
le
Nil
s'étend
de-lmi-
même
fur
les
campagnes.
Car,
tout
le
païs
des
Babyloniens
étoit,
comme
l'Égypte,
divifé
en
ca-
faux,
Gônt
le
plus
grand
portoit
navires,
étoit
tourné
vers
le
folf-
tice
d'hiver
,
&
alloit
de
l'Euphra-
te
dans
le
Figre,
Enfin
,cètte
con-
crée
éroit
pour
le
bled,
la
plus
fer-
tile
&
là
meilleure
qu'on
ait
vue
;
tes,
pour
les
arbres,
comme
le
#Higuier,
la
vigne
&
lolivier,
elle
le
cédoit
aux
autres
pais.
Elle
étoit,
en
récompenfe,
f
propre
pour
les
grains
,
qu’elle
rendoit
ordinairement
deux
cens
fois
plus
qu'on
ne
lui
donnoit;
&
quand
les
années
étoient
bonnes
,
elle
ren
doit
trois
cens
fois
davantage
:
qu'elle
navoit
reçu.
Les
feuilies
des
bleds
&
de
l'orge
y
avoient
quatre
grands
doigts
de
large.
Quoique
je
fçache
bien,
dit
Hé-
:
rodote
,
que
le
mil
&
le
fézame
ÿ
viennent
aufh
grands
que
des
arbres
;
Cependant
,
je
n’en
parle-
rai
point,
parce
qu'il
fembleroit
à
eux
,
qui
n'ont
pas
été
dans
la
Babylonie,
que
je
leur
conterois
des
fables.
On
ne
s’y
fervoit
point
d'autre
huile
que
de
celle
qu’on
faifoit
de
fézame.
Les
palmiers
croifloient
d'eux
mêmes
de
tons
côtés
dans
le
pais;&
la
plüpart
portoient
du
fruir,
dont
on
faifoit-
du
pain,
du
vin
&
.
du
miel.
On
ne
les
cuitivoit
pas
d'une
autre
façon
que
les
figuiers.
De
ces
arbres,
comme
des
autres,
les
Grecs
en
appelloient
quelques
uns
mâles,
On
attachoit.
le
fruit
42.
DA
des
mâles
à
ceux,
qui
rappor-
toient
des
dattes,
afin
que
le
mou-
cheron
;
qui
fortoit
du
fruit
des
males,
fit
mûrir
la
datte
en
péné-
trant
;
autrement,
elle
tomboit.
Les
palmiers
mâles
produifoient
dans
jeur
fruit
des
moucherons
;
comme
le
figuier
fauvagce.
Mais,
il
ne
fant
pas
paller
fous
filence
une
chofe,
qui
femble
la
plas
merveilleufe
de
toutes
,
c’eft
que
les
bateaux
,
dont
on
fe
fer-
voit
fur
le
fleuve,
pour
aller
dans
E
Babylonie,
étoient
tous
faits
de
peaux.
Cétoient
les
Arméniens,
gai
habitoient
au-deflus
des
Ba-
byloniens
,
qui
y
travailloient,
&
les
faifoient
avec
des
perches
de
faule
,
qu'ils
plioient,
&
qu'ils
revétoient
de
peaux
;
en
mettant
“en
déhors
la
partie
|
où
il
n’y
avoit
point
de
poil,
&
les
ten-
doïent
de
telle
forte
,
qu'elles
ref
fermbloient
à
un
plancher.
[ls
n’y
mettoient
,
ni
pouppe,
niproue;
mais,
ils
les
arrondifloient
comme
ua
bouclier.
Ils
mettoient
de
la
paille
au
fond,
puis
ils
les
aban-
donnoient
au
fleuve,
chargés
de
diverfes
marchandifes,
&
princi-
palement
de
vin
de
palme.
Deux
hommes
les
conduifoient
avec
un
aviron
chacun.
Ils
en
faifoient
de
fart
grands
&
de
fort
perits;
les
plus
grands
portoient
le
poids
de
cinq
mille
talens
On:
pouvoit
mettre
un
âne
dans
chaque
petit
bateau
;
mais
,
on
en
mettoit
plu-
ficurs
dansles
grands.
Lorfqu'ils
étoient
arrivés
à
Babylone,
&
qu'ils
y
avoient
décharoé
ce
qu'ils
portoient,
ils
vendoient
aufh
les
perches
du
bateau
&
la
paille
qui
étoit
dedans,
&
remettoient
les
B
A
peaux
fur
leurs
ânes,
qu'ils
reme.
noient
en
Arménie;
car,
com
le
fleuve
étoit
rapide
,
il
étoirime
pofhble
de
le
remonter.
C'efa
qui
étoit
caufe
qu'ils
faifoient
Jeux
bateaux
de
peaux
&
non
past
bois;
&
quand
ils
étoient
de
fé
tour
en
Arménie
avec
leurs
âne.
ils
faifoient
d’autres
bateaux
del
même
forte.
Telle
étoit
leur
ma.
nière
de
naviver.
2
Quant
à
leurs
habits,
ils
por
toient
fur
la
chair
une
chemifetr
lin,
qui
leur
defcendoit
juiqu'all
pieds.
Ils
mettoient
par-deffusutl
robe
de
laine;
&
après
cela,ih
s’enveloppoient
d’une
efpèceld
vefte
blanche,
fs
portoient
di
fouliers
|
qui
reflembloient
pré
que
à
ceux
des
Thébains,
Îlsh
lafloient
croitre
les
cheveux.
ll
fe
couvroient
la
tête
d’un
turbah
&
fe
frottoient
tout
le
cotpstl
liqueurs
odoriférantes,
Chad
d'eux
portoit
au
doigt
fon
cachtl.
&
un
bâton
à
la
main
fort
bit
façonné,
au
bout
duquel
étoitus
pomme
,
où
une
rofe,
ou
un
ÿi
où
un
aigle,
ou
quelque
ant
chofe
;
car,
il
ne
leur
étoit
mi
permis
de
porter
de
bâton,
fi
qu'il
y
eût
deffüs
quelque
enft
gne.
+
Pour
ce
quicéticerne
leurs
loi
Hérodote
croit
que
la
meilleut
qui
étoit
parmi
eux
,
c’étoit
lh
Joi
,
dont
les
Hénétes,
peupl
d'llyrie
;
fe
fervoient
dans
ché.
que
ville
&
dans
chaque
villas
Quand
fes
files
étoient
en
d'être
mariées
|
ils
les
faifoiel
affembler
en
un
endroit,
où
s4
fémbloient
auf
quantité
de
jé
nes
hommes,
Alors
,
le
crieur
pl
B
À
blic
les
vendoit;
mais
,
il
vendoit
premièrement
la
plus
belle,
Quand
il
Pavoit
vendue
à
haut
prix,
il
metioit
en
vente
celle,
qui
la
fui-
voit
en
beauté
;
de
forte
que
les
Babyloniens,
qui
étoient
riches
,
‘êt
qui
n’étoient
pas
mariés,
ache-
_
toient
à
Penchère
les
plus
belles,
qu'on
adjugéoït
à
ceux
,
qui
en
donnoïent
davantage.
Mais,
com.
me
ceux
de
bafle
condition,
qui
étoient
à
marier,
ne
fe
foucioient
_
pas
d’avoir
de
belles
fêmmes,
ils.
>
prenoient
les
plus
laides
avéc
de
.
Targent
qu'on
leur
donnoit
;
C&,
quand
le
crieur
avoit
achevé
de
vendre
les
belles,
il
faifoit
lever
a
plus
laide,
&
demandoit
fi
‘quelqu'un
la
vouloit
prendre
avec
une
petite
fomme
d'argent;
&
on
la’
donnoit
à
celui
,
qui
fe
con-
tentoit
de
peu
de
chofe.
Ainf,
on
vendoit
les
belles
filles
;
&
de
l’ar-
gent
quien
provenoit,
on
marioit
les
laides
&
celles
qui
avoient
quelque
défaut
corporel,
I
n’étoit
pas
permis
à
qui
que
ce
fût,
de
marier
fa
fille
à
fa
fantaifie,
ni
à
celui
qui
l’achetoit,
de
l'emmener
fans
donner
caution
qu'il
l'épou-
feroit.
Et,
fi
les
parties
ne
pou-
voient
s’accorder
,
il
étoit
ordonné
par
la
loï,
qu’on
rendroit
largeat
à
l'acheteur.
Il
étoit
auf
permis
à
ceux,
qui
venoient
d’une
autre
.
ville,
d'acheter
des
filles
pour
les
époufer.
Voilà
les
coûtumes
,
qui
furent
d'abord
en
ufage
parmi
les
Babyloniens.
Mais
,
ils
firent
depuis
une
au-
tre
loi,
par
laquelle
il
étoit
défen-
du
de
faire
de
mauvais
traitemens
aux
femmes,
&
de
les
mener
dans
les
autres
villes,
Comme
ils
étoient
devenus:
pauvres
par
la
ao
leur
ville,
1
n’y
en
avoit
point.
parmi
le
peuple,
qui
ne
proftituät
{es
filles
;
pour
en
tirer
du
profit.
Us
chfervoient
aufli
cette
coûtu-
me
,
qui
étoit
fasement
établie
parmieux
;
c’eft
qu'ils
apportoient
les
malades
dans
la
place
pour
confulrer
les
paffans
fur
leurs
ma-
ladies
;
car
,
ils
ne
fe
fervoient
pot
de
médecins.
ls
deman-
doient
donc
à
ceux,
qui
s’appro-
choient
dés
malades
;
s'ils
n'a
Voient
pas
eu
le
même
mal,
s'ils
ne
fçavoient
point
quelqu'un
qui
-
l'eût
eu
,
&
comment
il
en
étoit
guéri.
Ainfi,
chacun
de
ceux,
qui
venoient
les
trouver
,
leur
enfei-
gnoit
le
reméde
,
qu’il
fçavoit,
&
les
exhortoit
à
faire
ce
qu'il
avoit
fait,
ou
ce
qu'il
avoit
vu
faire
pour
le
même
mal,
C'eft
pour-
quoi
,
1
n'étoit
pas
permis
de
paf=
fer
devant
un
malade
fans
lui
par-
ler.
&
fans
lui
avoir
demandé
quelle
étoit
fa
maladie.
Îs
embaumoient
leurs
morts
avec
du
miel;
&
le
deuil,
qu'ils
en
faifoient
,
étoic
femblable
à
celui
des
Égyptiens.
Toutes
les
fois
qu'un
Babylonien
vouloit
avoir
la
compagnie
de
fa
femme,
il
faïfoit
brûler
fous
lui
des
par-
fums.
La
femme
faifoit
la
même
chofe
;
&
fur
le
matin,
ils
fe
la-
voienttous
deux,
&
ne
touchoient
aucun
vaifleau
,
avant
qu'ils
fe
fuflent
lavés.
Les
Arabes
obfer-
voient
la
même
coûtume.
Mais,
il
y
avoir
une
loi
parmi
les
Babyloniens
,
qui
étoit
hon-
teufe
&
infame,
ceft
que
toutes
les
femmes
du
païs
étoient
obli-
gées
une
fois
en
Jeur
vie
de
fe
4e
7e
FE
de.
dans
le
temple
de
Vénus
pour
fe
proftituer
à
des
étran-
gers,
Mais,
comme
ja
plüpart
de
celles
;
qui
s’eftimoient
plus
con-
fidérables
que
les
autres
,
par
leur
condition
&
par
leurs
biens
,
ne
vouloient
pas
s’abandonner
à
des
étrangers
,
elles
fe
faifoient
fule-
inent
porter
dans
des
litières
jaf-
.
qu'à
l'entrée
du
temple,
où
elles
#
préfentoient,
ayant
laiffé
der-
tière
elles
une
grande
troupe
de
valets;
&c:les
autres
allotent
s’af-
feoir
dans
le
temple
avec
des
cou-
avoit
dans
ce
temple
:
quantité
d'allées
&
de
détours,
par
où
fe
ronnes
de
fleurs
fur
la
tête,
Il
y
-Promenoient
les
étrangers
pour
fai-
re
le
choix
de
celle
qui
leur
plairoit
davantage.
Quand
elles
étoient
dans
ce
temple,
il
n'étoit
permis
à
aucune
de
s'en
retourner
en
fa
maifon
,
que
quelqu'un
des
étran-
gers
ne
lui
eût
jetté
quelque
ar-
gent,
8
que
l'ayant
menée
à
part
“hors
dn
temple,
il
n'en
eût
eu
-connoïffance.
Mais
,
il
falloit
qu’en
lui
préfentant
cet
argent,
il
lui
dit
qu'il
implotoit
en
fa
faveur
la
déefle
Mylitta,
qui
étoic
le
nom,
que
les
Babyloniens
donnoient
À
Vénus.
Au-refte,
il
n’étoit
pas
-
permis
de
refufer
cet
argent,
quel-
que
modique
qu'il
pût
être
,
parce
-qu'on
eftimoit
qu'il
étoit
facré;
&
même
la
femme
ne
pouvoit
pas
-refufer
celui,
qui
la
choififfoit,
&
.
-Étoit
obligée
de
le
faivre,
de
quel.
que
condition
qu'il
fût,
Enfin,
-quand
elle
avoit
fatisfait
à
la
loi
avec
l'étranger
,
&
qu'elle
avoit
facrifié
à
la
Déeffe
felon
la
coûtu-
-
me,
elle
s’en
retournoic
en
fa
maïi-
fon
;
&
;
après
cela
;
quelque
LPK
.
BA
grands
préfens
qu'on
lui
fit,
étoit
impofhble
de
la
gagner.
0
n'aura
pas
beaucoup
de
peine
croire
que
celles,-qui
étoienfil
plus
belles,
étoienr
celles,
qurio
toient
plutôt
de
ce
temple;
m
que
les
laides
étoient
contraint
d'y
demeurer
lono-tems
,
avi
qu'elles
fatistflent
à
la
loi,
&a
Telles
étoient
les
loix
des
B
byloniens,
dont
il
y
avoit
tr
tribus
,
qi
ne
vivoient
que
ds
poiflons
,
&
qui
en
ufoient
th
cetre
forte.
Quand
ils
les
avoiel
fait
fécher
au
foleil
,
ils
les
piloïeil
dañs
un
mortier,
en
tiroient
uk
efpèce
de
farine
,
qu'ils
pafloi
dans
des
hinges
,
&
en
faifoient
dr
tourteaux,
qu'ils
faifoient
cüii
comine
du
pain,
.
IE,
Ce
qW'on
vient
de
lire
dé
mœurs
&
coûtumes
des
Babyl
niens,eft
tiré
d'Hérodote.
Quint
Curfe
nous
trace,
en
peu
de
mot
un
portrait
à
peu
près
femblablé
Le
voici.
El
n’étoit
rien,
dit-il,
4
fi
corrompu
que
ce
peuple,
rit
de
plus
fçavant
en
larrdes
pl
firs
&
des
voluptés.
Les
peresl
les
meres
fouffroient
que
leursfik
les
fe
proftituaffent
à
leurs
hôt
pour
de
largent;
&
les
maris
nt
totent
pas
moins
mdulgens
envéll
leurs
femmes.
Les
Rois
&
les
52
trabes
,
dans
toute
la
Perfe,
n#
_Voient
point
de
plus
grand
div
tiflement
que
les
feftins,
qu'ils
me
loïent
de
jenx
pleins
de
licence
de
diffolutions
;
mais,
les
Babylo®
niens
fe
plongeoient
principale
ment
dans
l'ivroguerie
&
dans
&
B
A
déférdres
qui
la
fivent.
Les
fem-
mes
paroïllaient
d'abord
à
leurs
banquets
avec
modeftie
;
mais,
après.
cela
,
elles
quittoient
leur
rôbe,
puis
le
refte
de
leurshabits
Fun
après
l'autre,
dépouillant
peu
à.
peu
la
pudeur’,
qufqu'à
ce
qu'el-
les
fe
mettoient
toutes
nues.
Et
ce
n’étoient.pas-des
femmes
pu-
bliques,qui
s’abandonnoiïent
aïnñ,
c'étoient
les
dames
les
plus
hono-
rables
&
leurs
filles,
quiprenoient,
‘auffi-bien
que
leurs
peres
&t
leurs
meres
,
cette
horrible
proftitution
pour
une
grande
civilité..
_
+
On
remarque
que
Xerxès,
irri-
té
de
ce
que
les
Babyloniens
sé-
toient
révoltés,
ne
leur
accorda
le
pardon
qu'après
leur
avoir
dé-
fendu
de
porter
les
armes,
&
leur
avoir
ordonné
au
contraire
une
profeflion
moins
honnête.
Il
leur
impofa
la
néceflité
de
porter,
à
exemple
des
femmes
,
des
tuni-
“ques
trainantes
&
à
longs
plis.
Ces
peuples
avoient
uñne
manière
de
broder
toute
particulière.
Ils
ne
formoient
qu'un
tiflu,
quin'étoit
chargé
que
de
la
différence-
des
couleurs.
Après
quoi
,
ils
ne
laif-
foient
pas-cependant
d'employer
l'aiguille.
C'étoienteux,qui
avoient
appris
aux
Grecs
l’ufage
du
pole,
du
fiyle,
la
divifion
des
jours,
&
autres
chofes
femblables.
IV.
Les
Babyloniens
adorérent
.
d'abord
le
foleil
&:la
lune;
mais,
ils
ne
furent
pas
long-tems,
fans
admettre
d’autres
divinités.
Ils
di-
viniférent
Baal
ou
Bel,
autrement
Bélus
,
un
de
leurs
Rois,
avec
Mérodach-Baladan.
Ts
adoroient
encore
,
ainf.que
nous-
l'avons
déjà
dit,
Vénus
fous.
le
nom
de
BA
#4
Myltta.
Cette
dernière
&
Bêlts
étoient
les
principales
divinités
des
Babylomiens.
Ils
avoient
coû-
tume
de
compter
leurs
jours,
de-
puis.
le
lever
du
foleil
jufqu'an
même
tems
du
jour
fnivant.
Hs
avoienc.
cinq
jours
dans
l’ansée,
qu'ils
folemnifoientavec
beaucoup
de
magnificence,
&t
prefque
avec
les
mêmes
cérémonies
que
les
Ro-
mains
célébroient
leurs
Saturna-
les.:
=
;
re
Be
:
Les
Babyloniens
étoient
forr
adonnés
à
l’Aftrologie
judiciaire,
Leurs
Prêtres
,
qui
faifoient
une
profefhion
ouverte
de
cet-art,
_étoientobligés
de
mettre
en
écrit
tous
les
événemens
de
la
vie
des
hommes
fingnliers
;
&
c'étoit
par
le
rapport,
qui
fe
trouvoit
entre
ces
événemens,
&
les
mouvemens
des
corps
céleftes
;
qu’ils
avoient
établi
les
principes
de
leur
art.
Hs
prétendoient
avoir
;-
depuis.
des
milliers
de
fiécles
,
de
pareilles
obfervations
des
événemens
hitto-
tiques,
comparés
aux
révolutions
dés
aftres.
On
leur
cornitefte
avec
raïfon
cette
longue
fuite
d'obier-
vations
,
qui
éroient
allécuées
par
les
feuls-
Aftrolooues
judiciaires
mais,
on.ne
peut
révoquer
eñndou-
te
cellès-de
leurs
Aftronomes.
4
eft
certain
que
l’on
en.avoit:,
au
tems
d'Ariftote,
qui
étoient:plus
anciennes
que-l’empire
des
Baby-
loniens.
RSA
V..
La
Babylonie
étoit.arrofée
de
plufeurs
fleuves,
dontles
prin:
Cipaux--étoient
le-
Tivre-&
JEue
phrate.
Le
premier
étoit
navigable
depuis
fon
embouchure
-jufqu’à
Séleucie
&
Opis
,
-l’entrepôt
des
pais
-circonvoifins
;
-&
le
fecond
de
également,
à
commencer
-
à
fon
embouchure
jufqu’à
Baby-
lone.
ee
Babylone
étoit
la
principale
ville
du
pais;
mais,
il
y
en
avoit
un
nombre
d'autres.
On
voyoit
für
les
bords
du
Tigre
,
au-def-
fous
d'Apamée
jufqu'à
la
mer,
Bilbe
ou
Bible,
Didugua
ou
Di-
gua,
Gunde
ou
Spunde
,
Barra-
charta,
Thalatha
,
Alrha
;
&
fur
ceux
de
l'Euphrate,
Idicare,
Du-
rabe,
Thaccone,
Thelbencane.
Volgèfie&
Barfite
étoient
fituées
le
long
du
Baarfare.
Il
yen
avoitaufñ
plufieurs
le
long
des
marais
&
de
PArabie
“déferre,
C’éroient
Béane
ou
Béone
,
Chuduca,
Phumane
ou
Chumane
,
Ciafe
on
Céafe,
Bérambe
ou
Birande,
Orchoé,
Beththane
,
Théamé
;
Sorthide,
Tamba,
Rhagie,
Chiriphe
,
Rhar-
tés
VI.
Nous
torminerons
cet
article
par
une
courte
defcription,
que
M:
Fréret
nous
a
donnée
de
la
Babylonie,
C'eft
au
fujet
des
Saques
,
dont
:l
eft
parlé
dans
la
Cyropédie
de
Xénophon.
».
La
Babylonie,
dit
ce
fçavant
»
Académicien,
efl
une
pref-
»
quille,
ou
même
uneifle
fer-
»méean
nord
par
le
canal
royal
»
ou
le
Nahar-Malcha
,
à
l'orienc
»
parle
Tigre
;
à
occident
&
au
»
midiparl'Euphrate,
qui,
après
»
avoir
coulé
prefque
nord
&
fud,
»
toùrne
vers
lorient,
$
va
tom-
»
berdansle
Tigre.
Cette
gran-
»
de
ïfle
eft
encore
divifée
en
»
deuxparun
bras
du
Tigre,
qui,
».
fe
féparant
au-deffus
de
la
ville,
»
nommée
Aparmia
Mésène,
cou-
»
le
vers
le
midi,
&
vient
tomber
»
je
crois,
le
pais
des
Saques
B
À
»
dans
l'Euphrace
au-deffous
del
»
ville
de
Séleucie
for
PEupht
»
ce,
différente
de
celle
qui
ét
»
fur
le
Tigre,
&
vers
une
ait
»
ville,
nommée
Apamia
,
db
»
même
que
celle
qui
étoit
fur
»
Figre.
Cette
feconde
ifle,
no.
À
&
_»
imée
Mésène
dans
quelquesAl
»
teurs,
&
formée
par
l'Euplr
»
te,
par
le
canal
principal
dl
»
Tigre
&
par
le
bras
nomtl
»
Délas
ou
Sélas,
étoit,
à
ce
qi
»
Ja
Cyropédie;
ce
qui
me
lefi
»
croire,
ceit
non
{eulementl,
»
convenance
de
cêtte
fituatth
».
avec
toutes
les
circonftancesil
»
récit
de
Xénophon,
mais
et
»
core
Fés-veftiges
de
leur
noi}
»
que
l’on
trouve
dans
ce
pais.
»:
Dans
la
carre
Arabe
de
Bas
»
fora
&t
d’ane
partie
de
la
Baba
»
Jlonie,
publiée
dans
les
recütl
»
de
voyages
de
M.
Thevenoi.
»
oncle
du
voyaseur,
on
troll
»
deux
villes
où
bourgades
,
l'utl
»
fur
le
Tigre
,
&
l'autre
»
l'Enphrate,
nommées
l’unel
»
l'autre
Sakié
ou
Zakié,
&él
»
pgnées
entrelles
de
plus
de
vifs
»
lienes.
Le
rapport
de
ce
no
»
avec
celui
des
Saques
où
Sat
».
de
Xénophon,
elt
fi
fenfblé
»_
que
Jai-cru
pouvoir
fuppol
»
que
lé
nom-de
ces
peuples
étl
»-
demeuré
à
ces
deux
endroits
La
Babylonie
répond
à
pé
fent
à
ce
qu’on
appelle
l'Ir&
Arabi
,
où
l'Yérac-
Arabie,
Cd
une
province,
quiappartiencal
Turcs.
Il
faut
obferver
que
plufie
crivains
de
l’hiftoire
Byzanti
donnent
aux
Arabes,
fujets
27
BA
|
Califes,
entrautres
noms,
celui
d
Babyloniens.
Fofephe
donne
auff
ce
nom-là
aux
habitans
de
Bathy-
ra,
qui
étoit
un
village
aux
envi-
‘rons
de
Syrie.
BABYLONIENS
,
Babylon,
Ba£oréno.
C'eft
ainf
qu'on
ap-
pelloit
les
habitans
de
Babylone
ou
de
la
Babylonie
,
dont
cette
ville
fur
la
capitale,
Voyez
Baby-
lone-&
Babylonie.
-
BABYS,
Babys
,
frere
de
Marfyas
,
qui
fat
écorché
par
Apollon,
pour
avoir
ofé
le
défier
à
qui
joueroit
Lemieux
de
la
flûte.
Comme
Babys
fe
mêloit
aufh
d’en
jouer
,
il
eût
éprouvé
le
mê-
me
fort
que
fon-frere,
s'il
n’eût
été
fauvé
par
l'interceflion
de
Pallas
,
qui
repréfenta
à
Apollon,
‘que
cet
ignorant
étoit
indigne
de
fac
olère..
BABYTACE,
Babytace,
(a)
ville
du
royaume
de
Perfe,
dont
Pline
&
Solinus
difent
que
les
ha-
-
bitans
s'attachoient
à
ramafler
&
énfouir
dans
la
terre,
autant
qu'ils
pouvoient
trouver
d’or,
afin
que
ce
métal
ne
püt
être
entre
les
mains
de
perfonne.
Mais,
comme
on
ne
trouve
ce
trait
d'hif-
toire
dans
ancun
autre
auteur
que
dans
Pline
&
Solinus,
Saumaife
croit
que
Babytace
a
été
une
ville
où
lon
gardoit
le
tréfor
des
Rois
de
Perle
,
&
que
pour
le
mieux.
cacher
;
on
l’avoit
enfoui
dans
la
terre.
[ly
en
a
qui
nomment
certe
ville
Barbythace
ou
Barbytace.
BACA,
Baca,
Bax?,
(b)
village,
qui
féparoit
le
territoire
(a)
Plin,
‘Tom.
I.
pag. 224.
Solin.
pa
:
è
5.
g.
328,
(b3
Jofeph,
de
Bell,
Judaïc,
pag,
832.
des
Tyriens
,
de
la
Galilée,
am
rapport
de
Jofephe.
On
place
une
ville
de
même
nom
au
pied
da
mont
Liban,
BACABASE
,
Bacabafus,
(c)
figneur
de
la
cour
de
Perte,
du
tems
de
Xerxès..
Artabane,
capitaine
des
gardes
de
ce
Prince,
après
l'avoir
aflafhiné
,
Jui
&
Da:
rius
fon
fils
,
vouloit
encore
facri-
fier
un
autre
fils,
qui
réftoit,
fca-
voir,
-Artaxerxe,
qui
fut
fufnom-
mé
Longuemain.
Mais,
aupara-
vant,
il
communiqua
fon
dellern
à
Bacabafe,
Ce
Seigneur,
content
de
fa
fortune
préfente,
le
révéla
à
Artaxerxe.
Îl
lui
apprit
par
quellés
mains
le
Roi,
fon
pere,
avoit
été
aflafliné,
par
quelle
rufe
il
avoit
immolé
lui-même
{on
pro-
pre
frere
fur
le
faux
foupçon
d’un
parricide
;
enfin
par
quelles
em-
bûches
on
fe
préparoit
à
le
faire
périr
lui-même.
Artaxerxe
profira
habilement
de
la
découverte
,
pour
prévenir
les
defleins
d'Arras
bane
,
qui
futtué
par
la
main
mé-
me
de-ce
jeune
Prince.
—
BACASIS
,
Bacafis
,
(d)
lieu-
tenant
de
Mithridate
,
roi
des
Parthes.
Ce
Prince
,
ayant
fait
la
conquête
du
pais
des
Médes,
en
confia
le
gouvernement
à
Ba:
cafñs,
BACATHA,
PBacatha,
ville
ou
bourg,
que
S.
Épiphane
met
dans
lArabie
,
aux
environs
de
Philadelphie,
au
de-là
du
Jour-
dain..
On
trouve
un
évêque
de
Bacatha
dans
les
foufcriptions
dé
quelqües
Conciles.
Charles
de
S.
(c)
Juft.-L.
HT.
c:
+.
(4)
Juft,
L,
41.
c,
6.
48
B
À
-
Paul
&,
après
lui,
le
P.
Labbe
croyent
que
Bacatha
elt
la
même
que
Bazcata
|
dans
la
tribu
de
Jus
BACAUDES,,
Pacaude.,
au-
trement
Bagaudes.
Voyez
Bagau-
des.
BACBACAR
,
Bacbacar,
(2)
BauGarap,
Lévite,
qui-étoit
un
fameux
charpentier.
Au
retour
de
la
captivité
de
Babylone
,
il
fut
employé
à-la
reconftruétion
du
Temple
de
Jérufalem.
BACBUC,
Bachuc,
BaxCoor,
:
(2)
Juif,
dont
les
enfans
revin-
rent
à
Jérufalem
,
-après
la
capui-
yité
de
Babylone.
BACCARIN
,
Baccerinum.,
(c)
forte
de
parfum,
dont
{e
fer-
voient
lés
Anciens.
Il
prenoit
ce
nom
del’herbe,
appellée
Baccar,
qui
porte
une
fleur
de
couleur
de
ourpre.
…
BACCHA.,
Paccha,
Bauyas
nom
que
l’on
donnoit
à.la
prêtrefle
de
Bacchus,
BACCHANALES.,
Baccha-
nalia,
Bauynma,
Aioriæ
,
(d)
fêtes
;-qui
fe
célébroient
en
Fhon-
neur
de
Bacchus:
Les
Grecs
dif-
tinguoient
des-Bacchanales
de
di-
verfes
fortes,
d'anciennes,
de
nou-
velles,
de
grandes,
de
petites,
de
champêtres
,
de
printanières,
Toutes
ces
différences
{e
trouvent
(a);
Para
L,
hi
©.
0.
vis.
:
(ER
ETC,
22
v,
57.7
(ec)
Antiq.
expl.
par:
D.
Bern,
de
Montf,
Tom,
AI.
pag.-207.
-
:
{d)
Thucyd.
pag.
Pag.
67,
148.
Tit.
Liv,
L,
XXXIX.
cr
8,
dr
feq.
Cicer.
de
Natur.
Deor.
Athen.
pag.
212,
659.
Roll,
Hit,
Giecs
&
Larins.
Cette
fêtee
Sauveur.
Añc,
Tom,
JI.
pag.
87.
fiv:
Hi
Rom.
Tom.
IV.
has.
407.
49
Je
Antiq-explpar
Dom
Bern.
de-Mohl
Ë
Tom,
IL.
pag,
227,
2282.
110.
Herod.
L.
T.}
M:
PAbb.
Ban,
Tom.
©
150.
L:
I,
c,
48,
49.
Diod.
Sicul.|
$25.
Tom.
1v.
de:
VA
cad.”
des
Inferipr.
Tom,
XV.
pag,
101,
dans
Thucydide,
dans
Ariftoph
ne
&
fon
Scholiafte
,
dans
ph
fieurs
endroits
de
Plutarque,
da
Cicéron
&
dans
plnfeurs
autel
fon
origine
en
Égypte,
felon
Hs
rodote,
&
fut
établie
dans
la
Gé
par
Mélampus,
qui
l'avoit
appor
tée
d'Égypte,
au
rapport
de
Di
dore
de
Sicile.
Plutarque
fait
all
vénir
d'Égypreles
Bacchanales.
:
Dans
plufieurs
villes
Grecqu
les
femmes
célébroient
les
Bi
chanales
tous
les
trois
ans
;
c'étoit
la
regle
que
les
jeunes
filé
portafient.
alors
des
thyrfes
dit
leurs
mains,
&
qu'éprifes
d'u
efpèce
de
fureur,
elles
chanafs
des
cantiques
enl'honneur
de
B&à
chus.
Elles
s’affenibloient
pour!
offrir
des
facrifices
;
&
elles
fup
pofoienr,
dans
leurs
hymnes,
ls
préfence
de
ce
dieu,
à
l’exemp
des
Ménades
,
qu'on
dit
avoir
ds
à
{a
fuite.,
Comme
l'invention
di
vin
eft.d'une
-grande
utilité
ail
hommes,
tant
à
caufe
du
plaill
qu'il
leur
procure
,
que
parce
di
augmente
leurs-forces
,
‘on
avo
coûtume
d'apporter
au
tniliéu
di
repas
du
vin.pur
à
tous
les.coW.
{
viés,
&
d’invoquer
le-bon:Géni.
Quand
le
repas
éroit
fini
on
le
donnoit
du
vin
mêlé
avec
de
l'eall
d’automnales
;
de
no@urnes
,
&c.
”
&
ils.
invoquoient
alors
J
gpl
A
Ntyrhepil
Pme
Lspar
us
PI£
247,
236.
MG
&
Bell,
Le
B
A
Îl
s'étoit
introduit
plufieurs
in:
famies
dans
la
célébration
des
Bacchanales.
On
y
portoit
un
Phallus
à
limitation
de
celui
qu'fis
avoit
confacré
à
Okris
quoique
les
Auteurs
Grecs
“qui
vouloient
prouver
à
tout
propos,
que
les
dieux
&leur
culte
avoient
pris
naïflance
dans
leur
_pais
,
ayent
inventé
une
autre
raon
de
lraftitution
de
cette
cérémonie
<
en
difant
que
fon
ee.
venoit
de
ce
que
les
peuples
de
l'Arctique
n'ayant
pas
voulu
recevoir
le
cal-
te
de
Bacchus,
ce
dieu
les
avoit
afigés
d'une
maladie
honteute
,
&
que
pour
l’appaïifer
,
ils
avoient
été
obligés
de
confacrer
la
repré
fentation
des
parties,
fur
lefquelles
la
vengeance
du
dieu
étoit
tom:
bée.
5
Quoiqu'il
en
foit,
les
fêtes
de
Bacchus-n’étoient
célébrées
nulle
part
avec
plus
de
folemnité
qu’à
Athènes.
On
yen
avoit
même
établi
plufieurs
en
l'honneur
de
ce
dieu
;
deux
far
tout,
qui
éroïent
plus
connues
que
toutes
les
au-
tres
;
appellées
les
grandes
&
les
pétites
fêtes
de
Bacchus.
Celles-
ci
étoient
comme
une
préparation
aux
premières.
Flles
fe
eéiébroient
en
pleine
campagne,
vers
le
tems
de
lautomne,
&
s'appelloient
Lenez
,
d'un
mor
Grec
»
Qui
figni-
fie
prefloir.
Les
grandes
étoient
nommées
ordinairement
Diony-
Jia;
d'un
des
noms
de
ce
dieu
8
fe-célébroient
dans
la
ville-vers
le
printems.
2e
Dans
lessunes
&cdans
les
au-
tres,
on
donnoit
au
peuple
:
des
jeux
,
des
fpeétacies
;
des
repré-
fentations
de:
théatre
ce
qui.fe
Zon.
FL
BA
+.
faifoit
avec
un
grand
concours
&
une
grande
magnificence,
C'étoit
pourlors
que
les
Poëtes
difputoient
Entreux
le
prix
de
la
poëñe
,
en
foumettant
au
jugément
des
arbi=
tres,
nomméspour
cetefler,
les
piéces
foit
tragiques
{oit
comiques,
qu'ils
avoient
compofées
,
&
que
l’on
répréfentoit
devant
le
peuple.
Ces
fêtes
duroient
plufieurs
jours.
Ceux,
qui
y
étoient
initiés,
imitoient
toug
ce
qu'il
a
plu
aux
Poëtes
de
feindre
du
dieu
Bac-
chus,
[ls
fe
couvroient
de
peaux
de
bêtes
;
ils
tenoient
en
main
des
thyries.,
c'eft=-à-dire,
dés
demi-
piques
couvertes
de:
‘féuilles
dé
hierre
;
ils
avoient
des
tymbales,
des
cors
,
des
fiftres
&
d’autres
infirumens
propres
à
faire
beans
coup
de
bruit
;
3
bortoient
{ur
la
tête
des
couronnes
de
branches
de
lierre,
de
vigne,
&
d’autres
etbres
confacrés
à
Bacchus.
Les
uns
reprelentoient
Silène
;
les
au:
tres,
Pan;
les
autres
des
Saty=
és,
tous
habillés
en
mafcarades.
Plufieurs
étoient
montés
{ar
des
ânes;
d’autres
traînoient-des
che=
VIéS,
pour
les‘immoler.
Hommes
femmes
,
traveflis
de
la
forte
,
paroïloient
en
publie,
&
le
jour
&
la
nuit,
contrefaifant
les
ivro=
gnes,
danfant
d’une
manière
tout-
a-
fait
indécente,
&
couroïent
en
foule
fur
les
Moñtagnes
&
dans
les
forêts,
poufflant
des
cris
&
des
hurlemens
terribles
,
les
femmes
für
tout,
qui
paroïfloient
plus
for-
cenées
que
les
hommes
,
&
qui,
toutes
hors
d'elles
-
mêmes
,
&
tranfportées
de
fureur,
appelloient
à
grands
cris
le
Dieu,
dont
on
cé
lébroit
la.
Éteussévor
-Bdxxe
,
où
De
BA
TAUYE,
où
Téduxe,
ou
lo
Du.
Cette
troupe
de
Bacchan-
tes
étoit
fuivie
de
ce
qu'il
y
avoit
dans
la
ville
de
vierges
plus
ref-
pettables
par
leur
naïffance,
ap-
peliées
xarnpspos
>
parce
qu’elles
portoient
fur
leurs
têtes
des
cor-
beilles
couvertes
de
pampres
&t
de
lierre.
On;
joignoit
à
à
tout
cela
d’autres
cérémonies
de
la
dernière
obfcé-
nité
,
&
dignes
du
dieu,
qui
vou
loit
être
ainf
honoré.
“Tous
les
fpeétateurs
entroient
dans
les
mé-
mes
difpofitions,
&
étoient
faifis
du
même
efprit.
Ce
n’éroient
que
danfes,
ivrogneries,
débauches,
&
tout.ce
que
la
licence
la
plus
effrénée
peut
imaginer
de
plus
grandes
abomunations.
Voilà
ce
que
tout
un
peuple,
qui
a
pañlé
pour
l’un
des
plus
fages
de
la
Gré
é-
en
ce
,
non
feulement
fouffroit,
mais.
admiroit
&
pratiquoit.
Nous
di-
fons
tont
un
peuple;
car,
Platon,
en
parlant
des
Bacchanales,
dit
en
termes
forméls
;
qu'il
avoit
vu
toute
la
ville
d'Athènes
Plongée
dans
livrognerie.
Une
chofe
encore
plus
digne
de
remarque
,
c'eft
ce
qui
fe
pañloit
à
Rome
dans
les
Bacchanales.
On
en
trouve
le
détail
dans
Tite-Live;
&
il.
mérite
certainement
de
trou-
ver
ici
place,
Un
certain
Grec
fans
naïflance
&
fans
nem
vint
d’aborden
Tof-
çcane,
où.il
n’apporta
aucun
de
ces
arts,
aucune
de
ces
fciences
,.que
fa
nation,
la
plus
habile
de
l’uni-
vers
en
toute
forte
de
connoif-
fances
,
a
fouvent
introduites
à
Rome
pour
la
perfection
de
l’ef-
prit
&
du
“corp
als
.
nou
Ge,
æ"
ee
JS
RS
inerte
Pins
De
BA
:
veaux
facrifices,
ou
pour
mil
dire,
de
folles
&
dangereufes
fe
perflitions
;
;
car,
il
n'étoit
past
ceux,
qui,
pour
fubffter,
foi
profeflion
de
quelque
culte
rel
gieux
,
&
enfeï
gnent
ouvertemé
au
peuple
des
ris
&
des
céréni.
mes
,
qui
n'ont
pour
but
quel,
Jui
infpirer
le
relpeét
des
dieu
Ses
myftères
étoienr
inconnis
&
fe
célébroient
dans
le
fecretil.
n'y
initia
d'abord
qu'un
petit
no
bre
de
perfonnes
;
mais
bient},
il
ÿY
admit
indifféremment
t0)
ceux
,
qui
fe
préfentoient
de
Pa
&
de
l’autre
fexe.
Pour
y
attit
un
plus
grand
nombre
de
gen}
il
les
affaïfonna
des
plaifirs
du
vit
&
de
la
bonne
chere.
Levin,
#
cris.
&
les
ténébres
de
la
nil
ayant
bientôc
éteint
jufquall
moindres
reftes
de
pudeur
,
tt
s’abandonna
à
toute
forte
de
co
tuptions
&
d'infamies
,
chaci
trouvant,
pour
ainfi
dire,
fousl
main
,
le
plaifir
qui
étoit
le
ph
conforme
à
à
fon
goût.
:
-
Un
libertinage
fi
affreux
r'étl
pas
le
feul
vice
de
ces
affemblé
no@urnes.
Il
fortoit
de
Ja
ment
fource
une
foule
d’autres
criméi
tels
que
font
les
faux
témoigté
ges,
les
teftamens
&
autres
aût
fuppofés
;
les
dénonciations
&
innocens
,
les
empoifonnemens),
enfin
les
meurtres
exécutés
fi
crétement,
qu'on
ne
trouvoit
pi
même
les
corps
des
malheurell
pour
leur
donner
la
fépulture.
Pli
fieurs
de‘ces
forfaits
fe
committ
toient
par
la
rufe,
&
un
plus
gra
nombre
encore
par
la
violen®
Ceux
de
la
dernière
efpèce
étoil!
couverts
par
les
Ruslomens
aftec
(Æ
B
À
tés
des
coupables,
&
par
le
bruit
des
cymbales
&
des
tambours,
qui
empêchoient
qu'on.n’entendit
les
cris
de
ceux
ou
de
celles,
à
qui
on
Otoit
ou
l'honneur
ou
la
vie.
:
=
Ces
abominations
pafférent
de
la
Tofcane
à
Rome,
comme
une
maladie,
qui
fe
communique
de
proche
en
proche.
La
grandeur
de
la
ville
les
tint
quelque
tems
cachées
,
comme
il
arrive
d’ordi-
naire,
Maisenfin
,
le
conful
Poftu-
mius
en
eut
connoiffance
de
la
manière
qui
fuit...
a
Pub.
Ébutius
,
fils
d’un
officier
de
cavalerie
,
ayant
perdu
fon
pere
,
étoitrefté
,
après
la
mort
des
tuteurs,
qu’on
lui
avoit
nom-
més
,
fous
la
direction
de
fà
mere
Duronia
&
de
fon
beau-pere
T,,
Sempronius
Rutilus
,
qui
l’a-
voient
fait
élever.
Cette
dame
fe
Rifloit
gouverner
par
fon
mari,
qu'elle
aimoit;
&
ce
beau-pere,
qui
avoit
adminiftré
les
biens
de
{on
pupille,
de
façon
à
ne
pou-
voir
en
rendre
compte,
fongeoit
où
a
fe
défaire
de
Ini,
ou
an
moins
à
le
mettre
dans
une
telle
dépendance
de
fa
volonté,
qu'il
ne
pût
jamais
le
troubler.
Le
moyen,
qui
lui
parut
le
plus
pro-
pre
pour
le-conduire
à
fon
but,
ce
fut
de
faire
initier
P.
Ébutius
dans
la
confrérie
des
Bacchana-
les.
Sa
femme,
à
quiil
avoit
fait
part
de
fon
deflein
,
fit
venir
ce
jeune
homme,
&
lui
dit
que
»
pendant
qu'il
avoit
été
malade
,
elle
avoir
promis
aux
dieux
qu’elle
linitieroit
dans
cette
confrérie,
dès
qu'il
auroit
recouvré
la
fanté;
que
puifque
les
dieux
avoient
eu
B
A
SI
là
bonté
d’exaucer.
fes
bé
elle
vouloit
s'acquitter
de
fon
vœu
;-qu'il
falloit
qu'il
paflât
dix
jours
dans
l’abflinence
des
fem
mes
;
&
qu'après
ce
terme
,
elle
le
laveroit
dans
de
l’eau
pure
;
&
le
conduiroit
dans
le
fanétuaire
du
dieu
,
à
quielle
l’avoit
engage.
+
Î
y
avoit,
dans
le
voifinage
de
Duronia
,
une
courtifanne
célebre,
connue
fous
le
nom
d'Hifpala
Fé.
cénia.
Elle
étoit
née
avec
des
fen-
timens
aflez
nobles
;
mais
,
relie
eft
la
force
de
l'habitude
,
que
pour
fe
foûtenir,
elle
continvoit,
depuis
qu’elle
avoit
recu
la
liber=
té,
l'indigne
métier
qu'on
lui
avoit
appris
dès
l'enfance,
&
pen-
dant
fon
efclavage.
P.
Ébutus
s'étoit
engagé
avec
elle
dans
un
commerce,
qui
ne
faifoit
tort,
ni.
à
fa
réputation,
ni
à
{à
fortune.
Car,
c'étoitelle,
qui
l'avoiraimé
là
première,
&
qui
avoit
cherché
à
sen
faire
aimer
;
@&
par
fa
libe
ralité,
elle
le
mettoir
en
état
de
faire
une
dépenfe
,
que
lui
refufoit
lavarice
de
fon
beau-pere
&
de
fa
mere.
Enfin,
la
tendrefle,,
qu’elle
avoit
pour
ce
jeune
hom-
me,
alla
fi
lon,
que
depuis
la
mort
de
fon
patron,
n'ayancper-
fonne
fous
l’autorxé
de
qui
elle
pût
contracter
légicimement
,
elle
fe
fit
nommer
un
tuteur
par
le
Préteur
&
par
les
Tribuns,
&elle
inflitua
par
fon
teftament
P,
Ébu-
tius
pour
fon
unique
héritier.
Comme
ils
éroienc-doncunis
de
marière
qu'ils
n’avoïent
rien
de
fecret
l’un
pour
Pautre,
P,
Ébu-
tius
dit
en
riant
à
Hifpala
Fécénia,
qu'elle
ne
fût
pas
étonnée
,
s'il
Pañloit
quelques
nuits-fans
dormir
Die
-
s2
B
À
avec
elle
;
que
par
une
fuite
du
vœu
,
que
fa
mere
avoit
fait
pour
fa
fanté
,
il
vouloit
fe
faire
initier
dans
les
myftères
de
Bacchus.
Les
dieux
VOUS
en
préfervent
,
S'ÉCria
Hifpala
Fécénia,
effrayée
de
ce
difcours
,
&
qu'ils
nous
envoyent
plutôt
la
mort
à
vous
6
à
moi,
que
de
permettre
que
vous
exécu-
tiez
un
deffein:
fi
funefle.
Et
aufli-
tôt
elle
commença
à
les
conjurer
de
faire
retomber
fur
ceux,
qui
lui
avoient
donné
ce
confeil,
les
malheurs
dans
lefquels
ils
avoient
voulu
le
précipiter.
P.
Ébutius,
furpris
de
ce
difcours
&
encore
plus
du
trouble
de
fa
matrefle,
lui
dic
pour
l’appaifer,
qu'il
n’é-
toit
pas
befoin
de
faire
des
impré-
cations;
que
c'étoit
fa
mere,
qui,
du
confeñtement
de
fon
beau-
pere
,
lui
avoit
ordonné
de
fe
pré-
parer
à
cette
cérémonie.
Worre
beau=pere
a
donc
deffein
,
lui
ré-
pliqua-t-elle
,
[
car,
Je
ne
veux
pas
en
foupconner
votre
mere
|
de
vous.
faire
perdre
votre
honneur,
“votre
réputation
;
votre.
fortune
&
votre
vie.
-
P.
Ébutius,,
plus
étonné
qu’au-
paravant
,
lui
ayant
demandé
de
quoïil
étoit
donc
queftion,
elle
commença-à
prier
les
dieux
&les
-déefles
de-lur
pardonner
,
fi
la
tendrefle;
qu’elle
avoit
pour-lur,
da
forçoit
de
révéler
les
fecrets,
-qu’ellé
auroit
dû
taire.
Puis
,
elle
lui
avoua
qu'écant
efclave,
elle
‘avoitsaccompagné
fa
maîtrefle
à
ces:
myftères
;
où
elle
ne
s’éroit
“Jamais
trouvée
,
depuis
qu’elle
-étoit
libre
;
mais
qu’elle
en
avoir
allez
vu
pour
aflurer
quil
n’y
“avoit
forte.
d'infamies
à
laquelle
“is
B
A
on
ne
fe
livrât
dans
ces
affemblà
noéturnes.
;
&
qu'il
étoit
conf
que
depuis
deux
ans
on
n'y
av
affocié
perfonne
;
qui
ne
füta
deflous
de
vingt
ans;
que
dès
qh
quelqu'un
y
avoit
été
introdil
on
le
mettoit
comme
une
vid
entre
les
mains
des
Prêtres,,
quil
conduifoient
auffi-tôc
dans
uni
à
l'écart
,
où
les
hurlemens,,l
chant
des
muficiens,&
le
bruit
dé
Cymbales,
des
tambours
&auti
infirumens
de
mufique
,
em
choient
qu'on
ne
pût
entend!
les
cris
plantifs
de
ceux
out
celles,
à
qui
on
faifoit
violent
qu'elle
le
prioit
&-le
conjuit
d'éviter
cemalheur,
à
quel
prix
que
cefût,
&
de
ne
points
jetrer
aveuglément
dans
un
pt
cipice,
où
il
lui
faudroit
d’abah
{ouffrir
dans
fa
perfonne
,
pi
exercer
fur
les
autres
tons
les
d
trages
imaginables
;
&
elle
nél,
quitta
point,
qu'il
ne
lui
eût
jui
qu'il
renonçoit
abfolument
à
&
myftères
fr
déreftables.
:
Après
cet
entretien
,
il
vil
chez
fa
mere-;-&
cette
dameli
ayant
dit
ce
qu'il
devoit
faire
@
jour-là
&
les
fuivans
,
pour
préparer
à
la
cérémonie,
doi
elle
lui
avoit
parlé,
il
lui
déclar
en
préfence
de
.fon.
beau-per
qu'il
ne
feroit-rien
de
ce
quel
demandoit
,
&
qu'il
ne
vouli
point
fe
faire
initier.
Aufli-ton
Duronia.s’écria-qu’on-voyoit
bit
qu'il
étoit
retenu.
par
-l'amol
.d'Hifpala
Fécénia.,
dont
il
nav!
pas
la
force
de
fe
féparer
pendil
dix
nuits
;
qu’enchanté
par
les
al
traits
empoïfonnés
de
certe
Circ,
il
ne
refpeétoit
,
ni
fon
hbeau-pert
B
A
ni
fa
mere
,.ni
les
dieux.
La
dif-
pute
s'étant
échauffée
peu
à
peu,
Sempromius.&
Duronia
le
mirent
hors
de
la
maifon
avec
quatre
de
fes
efclaves..
Le
jeune
homme
fe-
retira
chez
Ébutia
fa
tante
pater-
nelle,
&
lui
dit
la
raifon,
qu'a-
voiteue
fa
mere
de
le
chafler
de
chez
elle.
Dès
le
lendemain
,
par
le
confeil
de
cette
dame
,
il
alla
trouver
le
conful
Poftumius
,
à
qui
il
expofa
en
fecret
tout
ce
_
qu'il
fçavoit
de
la
conjuration.
Ce
Magiitrat
le
renvoya
en
lui
or-
donnant
de
revenir
letrouver
trois
jours
après.
Pendant
cet
interval-
le
,
il
demanda
à
Sulpicia,
fa
belle-
mere
,
qui
étoit
une
dame
de
grande
confidération,
fi
elle
ne
connoiffoit
pas
une
femme
âgée
du
mont
Aventin
,
qui
fe
nommoit
Ébutia.
Sulpicia
loi
ayant
répon-
du
qu'elle
la
connoïfloit
pour
une
femme
d'honneur
&
digne
des
premiers
tems
de
la
République,
il
lui
dit
qu'il
avoit
à
lui
parler,
&
qu'il
la
prioit
de
la
faire
venir.
Ébutia
ne
marqua
pas
de
fe
ren-
-
dre
chez
Sulpicia.
Alors
,
le
Con-
ful
feignant
de
s'y
rencontrer
par
hazard,
luiparla
de
la
converfation,
quil
avoit
eue
avec
fon
neveu.
Auffi-tôt,
Ébntia
fe
mit
à
pleurer,
plaignant
le
malheur
de
fon
ne-
veu,
qui,
dépouillé
de
fes:
biens
par
ceux-là
même
quiauroisnt
dû
le
protéger,
étoit
alors
dans
fa
mafon
;
ayant
été
chaflé
de
celle
de
fa
mere;
qu'elle
prioit
les
dieux
de
le
Jui
pardonner
;
maïs
que
la
feule
raïfon,
qui
ur
avoit
attiré
un
traîtement
firude,
c'eft
qu'il
avoit
trop
de
pudeut
&
de
modeftie,
pour
vouloir
participer
à
des
myflères
,
qu’on
difoit
être
_témplis
d’horreurs
&
d’obfcénités,
Le
Conful
convaincu,
ayant
pas
lieu
de
douter
qu'Ébutius
ne
lai
eût
dir
la
vérité,
congédia
Ébutia,
&
pra
fa
belle-mere
de
fui
faire
encore
venir
Hifpala
Fé-
cénia
,
affranchie
aflez
connue
de
tous
ceux
qui
habitoient
fur
le
mont
Aventin,
quil
vouloit
l'in=
terroger
fur
des
faits
importans.
Hüfpala
Fécénia
fut
faife
de
crain-
te,
.quand.elle
fe
vit
mandée,
fans
en
fçavoir
Ja
raifon
,
chez
une
da-
me
de
ce
rang
&
de
cette
réputa=
tion.
Mais
,
quand
elle
apperçut
dans
le
veftibule
de
fon
palais
les
héteurs
du
Conful
&
ta
foule,
qui
accompagnoit
ordinairement
ce
Magiftrat
,:
peu
s'en
fallut
qu'elle
ne
tombät
morte.
Poltumius.,
l'ayant
raffurée
,
la
conduifit
dans
l'endroit
le
plns
fecret
de
la
mai
fon
;
&
là
en
préfence
de
Sulpi-
cia
,
il
lui
dit
qu'elle
n'avoit
rien
à
craindre,
fi
elle
ponvoit
fe
ré-
foudre
à
dire
la
vérité;
qu'il
lui
eñ
donnoït
fa
parole
,
auffi-bien
que
Sulpicia
,
qu'elle
fçavoit
n'être
pas
_Capable
de
la
tromper;
qu'ellelni
apprit
donc
,
fans
aucun
dévuife-
ment
,
ce
qui
avoit
coûtunme
de
fe
pañlér
aux
facrifices
nofturnes
des
Bacchanales
dans
le
bocage
de
Stimula,
À
ces
mots,
l'aflranchie
fat
agitée
d’une
fi
grande
frayeur
&
d’un
tel
tremblement
dans
tont
fon.corps,
qu’elle
demeura
long-
terms
fans
pouvoir
ouvrir
la
bou-
che.
Enfin,
reprenant
fes
efprits
;
elle
avoua
qu’étant
encore
jeune
efclave
,
elle
avoit
été
adoptée
avec
fa
maîtrefle
dans
ces
aflem-
blées
;
mais
que
depuis
plufieurs
fi
B
À
ännées
qu’on
l’avoit
mife
en
liber.
té,
elle
n’avoit
rien
appris
de
ce
qui
s’y
fañoit.
Le
Conful
la
loua
de
ce
qu'elle
avouoit
qu'elle
y
Se
je
SRE
»i
+
FES
avoit
été
initiée
;
que
c’étoit
déjà
üne
marque
de
fa
bonne
foi.
Mais,
il
Pexhorta
à
Jui
apprendre
le
refte
avec
la
même
fincérié.
Comme
elle
perfiftoit
à
nier
quelle
en
fçut
davantage
:
»
Si
»
vous
êtes
convaincue
par
le
té-
»
moignage
d'un
autre
,
lui
dit
»
Poftumius,
de
fçavoir
ce
que
»
vous
refufez
de
m'avouer
,
nef.
»
pérez
pas
que
Je
vous
traite
»
avec
la
même
douceur,
que
fi
»
vous
me
le
découvriez
vous-
»
même.
Je
fçais
ront,
ajoûta-t-
»
1],
de
celui-là
même
que
vous
»
enavez
imftruit.
«
Hifpala
Fé-
cénia,
perfuadée
que
cétoit
de
Pub.
Éburius
que
le
Confal
avoit
tout
appris,
fe
jetta
aux
pieds
de
Sulpicia
,
&
commença
par
la
prier
de
ne
pas
changer
en
une
affaire
,
non
feulement
férieufe,
mais
même
criminelle,
une
fim-
le
converfation
d’un
amant
avec
fa
mairefle
;
que
tout
ce
qu’elle
âvoit
dit
à
P.
Ébutius
»
étoitun
conte,
qui
n'avoit
rien
de
réel,
_&t
qu'elle
n'avoit
inventé
que
pour
fui
faire
peur,
»
Tu
penfes,
lui
dit
»
Poflumius
en
colère,
être
en-
»
core
à
folätrer
avec
ton
amant,
»
&
non
répondre
à
une
des
pre-
»
muières
dames
de
Rome
&
au
»
Conful
lui-même.
«
Alors,
Sulpicia
la
relevant
lexhorte
à
parler
,
&
prie
fon
gendre
de
l’é-
couter
avec
douceur.
Enfin,
ayant
fepris
courage
&
s'étant
plainte
amèrement
de
l’indifcrérion
&
de
Finfidélité
de
Pub.
Ébutius
,
qui
B
A
payoit
d'une
telle
ingratitude,
|.
fervice
important
,
qu’elle
luranil
rendu
en
cette
occafion-là
mênt
elle
ajoûta
qu’elle
redoutoit
fol
colère
des
dieux
..
dont
elle
all
révéler
les
myftères
fecrets,l
encore
plus
la
vengeance
deshon,
mes,
qui,
apprenant
qu'ellehl
avoit
dénoncés
,
ne
manqueroïi.
pas
de
la
mettre
en
piéces
de
leu
propres
mains;
qu’elle
conjul
Sulpicia
&
le
Conful
de
vouloi.
par
pitié
,
la
faire
tranfporterl
de
l'Italie
dans
quelque
lieu,
td
elle
pût
pañler
le
refte
de
fes
jo
en
fûreté.
Poftumius
laflura
que
le
n’avoit
rien
à
craindre
,
&qil
lui
procureroit
à
Rome
autanti!
fûreté
qu'en
aucun
lien
du
mort
Alors
,
Hifpala
Fécénia
déco
vrit
au
Conful
tout
le
myftéret
ces
facrifices
,
en
les
reprenantüi
leur
première
origine
;
»
Quedi.
»
bord
ils
avoient
été
confié!
»
des
femmes,
fans
qu'on
ya
»
mit
aucun
homme;
qu’il
y
avi
_»
eu
trois
jours
dans
l’année,
di
»
_tinés
à
l'initiation
de
celles,
®
»
‘fe
préfentoient
pour
être
adil
»
fes
dans
la
confrérie
;
quel
»
dames
parvenoïent
à
la
prêt
»
fe,
chacune
à
leur
tour;
mi
-
»
que
Paculla
Minia
de
Capoit
»
ayant
été
élevée
à
cette
dipl!
»
té,
avoit
introduit
dans
cest
»
rémonies
des
changemens
Î
»
des
nouveautés,
qu'elle
prêté
»
doit
lui
avoir
été
infpirés
pl
»_les
dieux
;
que
c’évoit
elle
quil
»
avoit
admis
les
premiers
ho
»
mes;
fcavoir,
fes
deux
fils
Me
»
nius
&
Hérennius,
de
la
fan!
»
le
des
Cerrinius;
qu'elle
av
»
voulu
que
ces
facrifices
fe
célé
B
A
braflent
la
nuit
&
non
le
jour;
&
qu'au
lieu
des
trois
jours
confacrés
chaque
année
aux
ini
>
tiations
,
elle
en
avoit
établi
cinq
chaque
mois
;
que
depuis
que
les
hommes
y
avoient
été
admis
pêle-mêle
avec
les
fem-
mes,
&
que
les
ténébres
de
la
nuit
avoient
permis
une
licence,
que
la
lumière
du
jour
en
avoit
bannie
auparavant,
il
n’y
avoit
fortes
de
crimes,
d'infamies
&
d'abominations,
auxquelles
on
ne
fe
fût
abandonné
.
fcru-
-pule
;
que
la
corruption
des
hommes
entr’eux
furpafloit
en-
core
celle
à
laquelle
ils
fe
por-
toient
avec
les
femmes
;
que
ceux,quitémoignoient
de
la
ré-
pugnance
à
fouffrir
ces
indigni-
tés
dans
leur
perfonne,
ou
à
les
commettre
dans
celle
des
au-
tres,
étoient
immolés
comme
des
victimes
;
que
le
caraétère
effenriel
de
leur
religion
étoit
de
fe
croire
tout
permis
;
que
les
hommes,
en
s’agitanc
par
des
mouvemens
convulfifs
de
tous
leurs
membres
,
&
affle@ant
de
n'être
plus
les
maîtres
de
leur
efprit,
parloient
de
l'avenir
d’un
air
&
d'unton
de
prophére
;
que
les
femmes
;
travefties
en
Bac-
chantes
&
laiffant
leurs
cheveux
épars
,
couroient
aux
bords
du
Tibre;
que
plongeant
dans
fes
eaux
les
torches
ardentes,qu’-
eiles
avoient
à
la
main
,
elles
les
en
retiroient
tout
allumées
,
&
donnoïent
pour
miracle
,
ce
qui
n'étoit
que
l'effet
du
fouphre
&
de
la
chaux,
dont
on
les
avoit
enduites
;
que
jettant
dans
le
fond
des
abimes
ceux,
dont
ils
B
A
y
vouloient
fe
défaire
,
ils
pu=
»
blioient
que
les
dieux
les
avoient
»
enlevés
;
qu'ils
traitoient
ainfi
»
ceux,
qui
refufcient
d'entrer
-»
dans
la
conjuration,
de
partici-
»
per
à
leurs
forfaits,
ou
de
fouf-
»
frir
les
proffitutions
auxquelles
»
ils
les
vouloient
aflujettir
;
que
»
la
feûte
étoit
déjà
fi
nombreu-
».
fe,
qu’elle
compofoit
à
Rome
»
un
fecond
peuple
,
dont
plu-
»
fiears
perfonnes
illuftres
de
l’un
»
&
de
l’autre
fexe
faifoient
par-
»
tie
;
que
depuis
deux
ans,
on
»
avoit
fait
une
lot,
qui
défen-
»
doit
de
recevoir
perfonne
au-
_»
deffus
de
vingt
ans
;
qu’on
re-
»
cherchoit
les
âges
les
plus
faf-
»
‘ceptibles
d'erreur
&
de
profti-
»
tution,
«
Après
avoir
déclaré
tout
ce
qu'elle
{çavoit
,
elle
fe
profterna
une
feconde
fois
aux
pieds
du
Confal
,
&
le
conjura
de
l’éloigner
de
Rome.
Mais,
ce
Magiftrat
pria
fa
belle-mere
de
mettre
la
dénonciatrice
en
fûreté
dans
quelque
partie
de
fa
maifon,
Elle
la
logea
tout
au
haut,
dans
un
appartement
fermé
en
dehors,
&
où
l’on
montoit
par
des
dégrés
placés
dans
l’intérieur
de
la
mai-
fon
même.
Hifpala
Fécénia
y.fit
aufli-tôt
tranfporter
tous
fes
eflers
&
y
appella
fes
efclaves.
Pour
P,
Ébatius
,
le
Conful
lui
ordonna
d’aller
loger
chez
un
de
fes
clients,
Par-là
s'étant
afluré
des
deux
dé-
nonciareurs
,
il
informa
le
Sénat
de
toute
cette
intrigue,
Lorfqu’il
eut
expofé
avec
or-
dre
,
tant
ce
qui
lui
avoit
été
rap-
porté
par
d’autres
,
que
ce
qu'il
avoit
découvert
pat
lui-même,
le
Sénat
craignit,pour
la
République,
>
iv
+
)
#
Pa,
6
EAN
ES
6
B
A
e
fuites
d'un
fi
pernicieux
com-
plot,
&
il
ny
eut
point
de
parti:
culier,
qui
nappréhendât
que
quelqu'un
des
fiens
ne
s’y
crouvât
engagé.
En
attendant,
les
Séna-
teurs
ordonnérent
que
le
Conful
feroit
remercié
des
foins
qu'il
avoit
pris
de
découvrir
le
tout
fans
tumulte
&
fans
bruit.
Enfüuite
is
le
chargérent
lui
&
fon
collégue
,
d'informer
extraordinairement
con-
‘tre
les
miniftres
de
ces
cérémonies
noëturnes,
&
contre
leurs
compli-
ces
&
adhérents
,
prenant
grand
foin
de
mettre
À
couvert
de
Jeur
cruauté
P,
Ébutius
&
Hifpala
Fé-
cénia,
&
promettant
des
récom-
penfes
à
quiconque
fe
joindroit
à
eux
,
pour
aider
à
approfondir
ce
myftère
d'iniquité.
Ils
ordonné-
rent
qu'on
arrêtât,
non
feulement
a
Rome,
mais
encore
dans
tous
les
autres
boures
&
villes
circon-
voifines,
les
Prêtres
où
Prétref-
fes
,
qui
préfidoient
à
ces
facrifi-
ces,
&
qu'on
les
mit
au
pouvoir
des
Confuls;
qu’on
défendit
à
Rome
par
un
édit
qui
feroit
en-
VOYÉ
dans
routes
les
provinces
de
l'Italie,
à
tous
ceux
ou
celles,
qui
s’étoient
fait
initier
dans
les’
Bac-
chanales,de
s’affembler
pour
raifon
de
ces
fortes
de
facrifices
,
ou
pour
aucune
cérémonie
qui
y
eût
rap-
port.
L'arrêt
portoit
fur
tout
,
qu'on
décrétât
tous
ceux
,
qui
avoient
confpiré
contre
l’honneur
où
contre
la-vie
de
quelque
per-
fonne
que
ce
pût
être.
Les
Confuls
commandérent
aux
Édiles
curules
de
rechercher
tous
les
Prêtres
de
cette
fete
,
de
les
faire
arrêter
&
de
les
tenir
ren-
fermés
,
fans
cependant
les
en-
/
Æ-
B
A
_chaïner
;
afin
qu'on
pôt
Les
inter.
roger
en
tems
&
lieu
;
&aï
Édiles
du
peuple,
de
veiller
at
qu’il
ne
fe
fit
aucun
facrifice
fecre.
On
chargea
les
Trinmvirs
Cape
taux
de
difpofer
des
fentinelk
dans
les
différens
quartiers
dell
ville
,
&
d'empêcher
les
aflem
bléés
noëturnes.
Et
pour
préver
les
incendies
,
on
nomma
di
Quinquevirs
,
à
qui
on
donm
commifhon
de
travailler
de
co
cert
avec
les
Triumvirs
,
&
4
arder
les
édifices,
chacun
di.
Fe
quartier,
tant
en
de-çà
qu,
de-là
du
Tibre,
=
Dès
que
ces
officiers
furent
partis
,|
pour
aller
où
leur
devo.
les
appelloit,
les
Confuls
mont
renc
fur
la
tribune
aux
hatangués,
Où
la
multitude
accourut
en
foi.
le
;
&
là,
Poffumius
ayant
com
mencé
par
la
priere
folemnelle,
que
les
Magiftrars
âvoient
coût
me
de
prononcer,
avant
que.
parler
,
il
continta
ainfi
:
»
Ro.
»
mains,
1]
n’y
eut
jamais
dal
»_
fernblée
où
il
fût
non
{eulemeit
»
plus
convenable,
mais
encoi
»
plus
inéceffaire,
d'adreffer
au
»
dieux’
la
priere
que
vous
ven
»
d'entendre,
pour
vous
averti
»”
que
nous
n'avons
point
d’autié
»
dieux,
que
ceux
que
nos
at
»
cêcres
ont
adorés
,
&
que
nol.
»
devons
rejetter
ceux,
dont
»
culte
étranger
&
impie,
apré
»
avoir
aveuglé
les
efprits
par
ui
»
entoufiafme
furieux
,
&
lai
»
avoir
entièrement
Ôté
l'ufagt
»
de
la
raifon,
jette
les
homme
»
dans
toutes
fortes
de
défordres,
»
de
déréglemens
&
de
profant
»
tions.
Pour
moi,
Citoyens,
j?
À
B
À
ne
féais
ce
que
je
dois
dire,
ni
ce
que
Je
dois
faire,
J'ai
lien
de
craindre,
fi
je
vous
laïffe
igno-
rer
une
partie
de
ce
que
j'ai
dé-
couvert
,
qu'on
ne
m'accufe
de
négligence
;
8
que
fi
je
vous
fais
cout
connoître,
je
ne
vous
caufe
trop
de
terreur
&
d’allar-
mes.
Mais
,
de
quelque
façon
que
je
vous
parle,
fçachez
par
avance
,
que
mes
expreflons
ne
répondront
jamais
à
l’atroci.
té
des
forfaits,
que
j'ai
à
vous
révéler.
Il
me
fufht
qu'elles
foientaflez
fortes
pour
vous
en-
x
:
,
Li
gager
a
vous
tenir
fur
vos
gar=
des.
Qu'il
regne
depuis
long=
tems
dans
toute
litalie,
&
de-
puis
peu
même,
en
plufeurs
endroits
de
Rome,
ce
qu'on
ap-
pelle
les
Bacchanales
;
c’eft
ce
que
je
füis
perfuadé
que
vous
avez
appris,
non
feulement
par
la
renommée,
mais
encore
par
les
hurlemens
&
le
fracas,
qui
fe
font
entendre
pendant
la
nuit
dans
tontes
les
parties
de
la
ville,
Mais,
je
fçais
en
même
tems
qne
vous
n’en
connoïflez
que
le
nom,
&
que
vous
igno-
rez
de
quoi
il
eft
queftion
dans
lé
fond.
Les
uns
s'imaginent
que
c'eft
le
culte
de
quelque
dieu
particulier
;
d’autres
que
ce
font
des
jeux
&:
des
divér-
tiflemens
permis;
&
qu'après
tout,
il
ny
a
que
très-peu
de
gens
,
qui
foient
mêlés
dans
cette
intrigue,
de
quelque
na-
ture
qu'elle
foit.
À
l'égard
du
nombre
des
initiés,
fi
je
vous
dis
qu'il
ft
compofé
de
plu
fieurs
milliers
de
perfonnes
,
vous
ferez
tout
d'un
coup
ef-
Be
»
frayés
;
fi
je
n'ajoûte
aufi-rôt
»_
pour
vous
raflurer
,
première-
»
ment
que
ce
font,
pour
la
plû-
,
A
»
part,
des
femmes,
[
&
c’eit-fà
.»
Ja
principale
fource
de
tout
le
»
mal};
en
fecond
lieu
,
des
»
hommes
qui
ne
valent
guere
».
mieux
que
des
feinmes
,
unique-
»
ment
occupés
à
corfompre
les
»
autres,
aprèss'être
laifflécorrom-
»
pre-les
premiers;
des
fanatiques,
»
enqui
les
veilles
,
le
vin,
le
bruit
».
des
tambours
&
les
ciameurs
»
nocturnes
ont
étouflé
la
raifon,
»
aufli-bien
que
la
pudeur.
_»
La-conjuration
eft
encore
:»
foible;
mais,
tous
les
jours,
»
elle
prend
de
nouveaux
accroif
»
femens.
Ni
vos
ancêtres
,
ni
»
vous-mêmes,
n'avez
jamais
»
permis
aux
Citoyens
de
s’aflem-
»
bler,
fi
ce
n’eft
ou
quand
on
leur
»
en
donnoït
le
fignal
du
haut
du
»
Janicule,
pour
aller
contre
les
»
ennemis
dans
les
attaques
im-
»
prévues,
ou
quand
les
Tribuns
»
convoquoient
le
peuple
pour
»*ui
propofer
quelque
loi
,
oa
»
quand
quelqu'un
des
antres
»
Magiftrats
je
vouloit
haran-
»
-guer.
En
un
mot’,
on
n'a
jaruais
»
fouffert
que
la
multitude
saf-
»
femblâr,
fans
avoir
à
fa
têtes.
»
un
chef
lépitime,
qui
pût
en
».
modérer
les
mouvemens.:
Que
».
devez-vous
donc
penfer
de
ces
»
afflemblées,
qui
fe
tiennent
la
»'
nuit,
où
les
hommes
{
tron-
»
vent
pêle-mêle
avecles
fem-
mes
?
Si
vous
fçaviez
à
quel
»
âpe
les
mâles
y
fonc
initiés,
»
leur
miférable
condition
ne
vous
».
Cauferoit
pas
moins
de
honte,
»
que
de
compathon.
Quoi,
Ro=
vér
i-;.
atthietéés
dt
Là
ls,
Cle
Los
EN
fe:
fi
ÿ
77.
>>
8
BA
mains,
voudriez-yous
enrôler
pour
foldats
de
jeunes
gens,
qui
ont
prêté
ferment
à
de
tels
corrupteurs
?
Voudriez-vous
leur
mettre
les
armes
à
la
main
&
leur
confier
votre
falut,
après
les
avoir
tirés
de
ce
fanttuzire
obfcur
?
Croyez-vous
propres
à
combattre
pour
l'honneur
de
vos
femmes
&
de
vos
enfans,
des
gens
qui
fe
font
proftituéseux
mêmes
,
avant
que
de
devenir
les
proflituteurs
des
autres
?
»
Encore,
s'ils
s’étoient
con-
tentés
de
fe
deshonorer
eux-
mêmes,
en
fe
plongeant
dans
toute
forte
de
turpitude,
fi
leur
cœur
feul
étoit
fouillé
par
des
impuretés,
&
que
leurs
bras
fuffent
exempts
de
meurtres,
t
leurs
efprits
de
fraudes.
Mais
,
apprenez
qu'on
ne
vit
jamais
dans
la
République
un
amas
fi
complet
de
tous
les
cri-
mes
imaginables,
Sçachez
que,
depuis
quelques
années,
tout
_e
quil
y
a
eu
de
Libertinage,
de
fraudes
,
de
violences
&
d'impiétés
,
eft
forti
de
cette
in-
fame
fociété
,
comme
de
fa
fource.
Cependant,
ils
ne
font
pas
Encore
arrivés
au
but,
qu'ils
fe
font
propofés.
La
conjura-
tion
fe
borne,
quant
à
préfent,
à
nuire
aux
particuliers
;
mais,
elle
s’accrédite
tous
les
jours
,
&
bientôt
elle
fera
aflez
puif-
fante
pour
attaquer
&
peut-être
opprimer
la
République.
Si
vous
ne
prenez
garde,
Ro-
Mains
,
l’afflemblée
noûturne
deviendra
inceflamment
égale
à
celle,
que
le
Conful
tient
ici
en
plein
jour,
Chacun
d'eux
vous
Dee
«?
B
A
:
redonte
à
préfent
qu'ils
vol
voyent
tous
enfemble
;
mal,
fi-1ôt
que
vous
ferez
ren
dans
vos
maifons
,
&
que
voi
ferez
fortis
de
Rome,
poutd
ler
à
la
campagne,
ils
ne
ae
queront
pas
de
délibérer
ent
eux
fur
les
moyens
,
qu'illt
faudra
prendre
pour
leur
fi
&
pour
votre
perte.
Alon
étant
tous
réunis,
ils
devit.
dront
redoutables
à
chaquelh
toyen
en
particulier.
Voust
vez
donc
tous
fouhaiter
qu.
cun
dés
vôtres
n'ait
été
attaql
de
cette
maladie
contagiell,
Car
,
s'il
sen
trouvoit
qu
qu'un,
que
fon
libertinagel
fa
folie
eût
entraîné
dans
tt
abime,
vous
ne
devez:plusk
tenir
pour
votre
ami
ou
ph
votre
parent,
mais
le
repart
comme
un
membre
empeñtél
ce
corps,
avec
lequel
ils
uni
pour
s'abandonner
auxtl
cès
les
plus
honteux
&
les
pl,
déteftables.
Je
ne
fuis
past
me
bien
affûré
qu'aucun
del
ne
fe
foit
laïflé
où
ne
fe
ki
furprendre
à
l'erreur.
»
Gar,
rien
n’eft
plus
cap
de
féduire
qu’une
fuperititi
criminelle,
quand
elle
fe
co
\vre
du
manteau
re(pectablet
la
religion.
Elle
oppofe
ot
nairement
à
fes
ennemis
lan
jefté
redoutable
des
dieux,
!
leur
fait
craindre
qu'en
vouli
punir
la
fraude
&
la
malice
t
hommes
,
ils
n’entreprent#
fur
les
droits
du
ciel.
Mai
nous
avons
une
infinité
de
0
crets
des
Pontifes
,
d’arrêtst
Sénat
&
de
réponfes
des
A
pices,
qui
doivent
vous
ôter
ces
vains
fcrupules.
Combien
de
fois,
du
tems
de
nos
peres,
a-t-on
chargé
les
Magiftrats,
d'empêcher
qu'on
n'admir
à
Rome
aucun
dieu,
aucun
cul-
te
étranger;
de
chafler
de
la
place
publique
,
du
cirque
&
de
la
ville
entière,
tous
ces
{é-
duéteurs
,
qui
courent
le
pais,
fous
le
nom
de
devins
ou
de
rêtres
;
de
rechercher
toutes
P
;
les
formules
nouvelles
de
prie-
res
ou
de
prophéties
,
&
de
les
brûler,
&
d'abolir
tous
les
rits,
toutes
les
cérémonies
&
tous
les
facrifices
,
qui
n'étoient
pas
en
ufage
à
Rome
?
Car,
ces
perfonnages
prudens
&
éclai-
rés
,
qui
connoïloient
épale-
ment,
&
les
loix
facrées
de
la
religion
,
&
la
jurifprudence
des
hommes,
étoient
perfuadés
que
les
États
n’avoient
pas
de
plus
dangereux
ennemis
que
lés
no-
vateurs
,;
&
que
rien
n'étoit
plus
capable
d'abolir
la
vérita-
ble
&
l’ancienne
religion
de
nos
peres,
que
les
facrifices
nou-
veaux
&
inconnus,
qu'on
vou-
loïit
introduire
en
fa
place.
»
Voilà
de
quoi
j'ai
cru
vous
devoir
avertir,
afin
que
vous
n'ayez
aucun
fcrupule
,
quand
vous
nous
verrez
détruire
ces
retraites
de
débauches
&
de
crimes
,
&
difliper
cette
aflem-
blée
d'impies
&
de
fanatiques.
Tout
fe
fera
fuivant
la
volonté
=
&
fous
les
anfpices
des
dieux,
qui
ne
pouvant
foufrir
qu’on
commit
,
fousleur
nom,
tant
de
crimes
&
de
factiléges
,
ont
ti-
ré
ces
attentats
du
milieu
des
»
ténébres,
pour
les
expofer
BA
5
an
grand
jour
,
non
dans
le
deffein,
qu'ils
demeurent
impunis;
maïs,
»
afin
qu'on
venge
leur
majefté
offenfée
,
par
la
punition
exem-
plaire
des
coupables.
Le
Sénar
nous
a
donné
extraordinaire-
ment
,
à
mon
collégue
&
à
mot,
»
la
commiflion
d'informer
de
»
cette
confpiration
&
de
l’étouf-
fer;
&
nous
nous
en
acquit-
terons
ponétuellement.
Nous
avons
ordonné
aux
Masiftrats
du
fécond
ordre
de
faire
faire
exattement
la
ronde
pendant
la
nuit
dans
tous
les
quartiers
de
la
ville.
C’eft
à
vous,
Ci-
»
toyens,
à
vous
acquitter
anffi
»
de
vos
devoirs
dans
les
endroits,
où
chacun
fe
trouvera
polté,
à
bien
exécuter
les
ordres
,
»
qu'on
vous
donnera,
&
à
em-
»
pêcher
que
la
rufe
&
la
malice
»
des
conjurés
n’excitent
quelque
»
tumulte,
qui
mercte
la
ville
en
danger.
«
Enfuite
,
ils
firent
faire
leQure
de
l'arrêt
du
Sénat,
&
propofé-
rent
une
récompenfe
à
quiconque
ameneroit
devant
eux,
où
au
moins
,
leur
dénonceroit
quelqu'un
des
complices.
Ils
déclarérent
en
même
tems
que
fi
quelqu'un
de
ceux
,
qui
auroient
été
dénoncés,
prenoit
la
fuite,
ils
lui
donnoient,
pour
fe
repréfenter
,
un
certain
tems
,
pañlé
lequel
il
feroit
con-
damné
par
contumace
;
que
fon
leur
nommoit
quelqu'un,
qui
fût
aétuellement
hors
de
l'Italie,
ils
lui
accordoient
un
plus
lons
ter-
me
pour
venir
comparoitre
&
fe
défendre.
[ls
défendirent
de
plus
,
par
un
édit,
à
toute
perfonne,
de
Qu
Lie
Un
y
MI
RL
QUIL
Se
CE
St
PL
a
St
NT
EE
HE
D
OR
60.
BA
quelque
condition
qu’elle
fût
;
de
rien
vendre
ou
acheter,
dans
le
deflein
de
favorifer
la
fuite
des
ac-
cufés,
ou
de
les
retirer
dans
fa
maïfon
,
de
les
y
tenir
cachés,
ou
de
leur
donner
fupport
;
en
quel-
que
manière
que
ce
püt
être.
Aufh
-tôt
que
l'affemblée
du
peuple
eut
été
congédiée
,
la
ter-
reur
fe
répandit
par
toute
la
ville,
&
pañla
bientôt
dans
le
rerrivoire
de
Rome,
&
de-là
dans
toutes
les
provinces
de
lltalie
,
à
mefure
que
les
Citoyens
écrivoient
à
Jeurs
hôtes
&
à
leurs
amis,
pour
leur
apprendre
l'arrêt
du
Sénat
quiavoit
été
rendu,
l’aflemblée
du
peuple,
que
les
Confuls
avoient
convoquée
,
&
l’édit
qu'ils
avoient
fait
publier.
La
nuit
qui
füivitim-
médiatement
l’afflemblée
dans
la-
quelle
le
complot
fut
déconvert
au
peuple,
quelques-uns
des
com-
plices,
s'étant
préfentés
aux
portes
de
la
ville
pour
fe
fauver,
furent
arrêtés
par
ceux,
à
qui
on
en
avoit
confié
la
garde
,
&
livrés
aux
Triumvirs.
On
en
ramena
un
grand
ombre
,
qui
en
étoient
déjà
foitis.
On
en
dénonçä
plu-
fieurs
,
tant
hommes
que
femmes,
dont
il
y
en
eut
qui
prévinrent
la
peine
de
leur
crime
par
une
mort
volontaire.
On
faifoit
monter
à
plus
de
fept
mille
le
nombre
des
conjurés
de
l’un
&
de
l’antre
fexe.
On
ne
donta
point
que
la
conjura-
tion
n’eût
pour
chefs
les
deux
Ati-
nius
M,
&
C.
dela
populace
de
Ro-
me
,
&
Falifcus
L.
d'Opiterne,
&
Minius
Cerrinins
de
Capoue
;
&
qu'ils
ne
fuffent
les
auteurs
de
tous
les
crimes
&
de
toutes
les
infamies
de
cetre
feéte
,
comme
ils
étoient
LA
BARSEETE
BA
+
les
fouverains
Pontifes
@
les
ton
dateurs
de
ces
facrifices,
Onpik
des
mefures
fi
juftes
,
qu'ils
fur
bientôt
arrêtés.
Dès
qu'ils
part
tent
devant
les
Confuls,
ils
avoit,
rent
leur
crime,
&
n’apportérel
aucun
délai
au
jugement,
Au
refte
,
la
frayeur
avoït
ch
fé
tant
de
Citoyens
hors
del
ville,
que
comme
plufeurs
d'en
eux,
qui
avoient
des
procès
pti
dans:
pardevant
les
Juges
,
1
quoient
d’être
condamnés
par
fin
clufion
&
de
perdre
leurs
bieth…
ou
d’être
déchüs
de
leurs
droi.
les
préteurs
T.
Ménius
&
M.l®
cinius
,
du
confentement
du
nat,
leur
accordérent
une
furfea.
ce
de
trente
jours
,
pendant
K
quels
les
Confuls
pouvoient
tt
miner
l'affaire
des
Bacchandkt
Par
la
même
raifon
,
ceux
,q.
avoient
été
dénoncés,
ne
fe
roi
vant
pas
à
Rome,
pour
com
roitre
devant
les
Confuls
&
F
défendre
,:
ces:
Magiftrats
fur
obligés
de
fe
tranfporter
dans
Ki
villes
voifines.,
d'y
continuerleli
informations
|,
&
d'y
pronom
leurs
jugemens.
Ceux,
qui
nef
rent
convaincus
que
de
s'être
ll
initier
&
d’avoir
prononcé
lah
mule
de
prieres
,
que
le
Pré.
leur
avoit
diftée
,
&
qui
les
eng
geoit
à
commettre
tous
les
forfal
énoncés
dans
le
plan
de
la
conf
ration;mais,
qui,
jufques.là
,1#
voient
encore,
ni
fouffert
dai
leurs
perfonnes
,
ni
exécuté
fl
celles
des
autres
,
aucun
des
ef
cès
auxquels
ils
s’étoient
obligé
par
leur
ferment,
ceux-là
reftoitf
Les
j
s
prifonniers
&
chargés
de
chairt
C'étoit-là
toute
leur
peine.
Mai
B A
on
punifloit
de
mort
les
corrup-
teurs
,
les
meurtriers,
les
faux
té-
moins
,
les
fanffaires
,
ceux,
qui
avoient
contrefait
des
teflamens,
B
À
blée,
compolée
au
moins
de
cent
Sénateurs,
le
lui
permettoit,
il
.
pourroit
offrir
{on
facrifice,
mais
à
où
préfenté
en
juftice
d’autres
ac.
tes
faux
&
fuppofés,
On
en
pu-
nit
beaucoup
plus
par-la
perte
de
Ja
vie,
que
par
celle
de
la
liberté.
Dans
ces
deux
cas
fe
trouvoient
prefqu’autant
de
femmes
que
d'hommes.
Les
Confuls
remet-
toient
les
femmes
,
qu'ils
avoient
condamnées,
entre
les
mains
de
leurs
parens
ou
de
leurs
tuteurs
,
-
afin
qu'ils
les
fiflent
exécuter
en
-
leur
particulier,
S'il
ne
fe
trou-
voit
perfonne,
à
qui
ils
puñlent
s’en
rapporter
de
leur
fupplice,
ils
les
faifoient
mourir
publique-
ment.
Le
Sénat
chargea
enfuite
les
Confuls
de
détruire
&
d’abolir,
_
premièrement
à
Rome,
puis
dans
tout
le
refte
de
l'Italie,
ces
abo-
minations
facriléges
des
Baccha-
als;
épargnant
cependant
les
_autels
&
les
ftatues
de
Bacchus,
ui
étoient
d’ancienne
date.
Le
as
rendir
énfuite
tn
arrêt,
qui
…
défendoit
qu’à
l'avenir
on
célébrât
ahcun
facrifice
,
aucune
fête
en
l'honneur
de
Bacchus,
ni
à
Ro-
me,
ni
dans
acune
partie
de
PI-
talie.
Que
fi
quelqu'un
fe
trouvoit
obligé
en
confcience
de
faire
quel-
que
cérémonie
dé
cette
nature,
&
qu'il
ne
crût
pas
pouvoir
s’en
difpenfer
fans
oflen{er
les
dieux,
il
en
donnât
fa
déclaration
au
Pré-
teur
de
la
ville,
qui
en
feroit
fon
rapport
au
Sénat;
que
fi
l’äflem-
(4)
Pauf,
pas.
08:
:
1
P'AB,
Ban,
Tom,
&
on
Re
IV,
pag.
250,
2514
Mém,
de
l’Acad,
|
condition
qu'il
n'y
admettroit
que
cinq
témoins
au
plus
;
qu'il
n'y
employeroit
aucun
denier
public,
&
que
perfonne
n’y
prendroit
la
qualité
de
Prêtre
;-
on
de
Maitre
des
facrifices.
5
:
Le
récit,
que
l’on
vient
de
fai-
re
,
{
rapporte
à
l'an
de
Rome
566,
&
186
avant
l'Ére
Chré-
tienne.
ter
ae
-
BACCHANS:,
Bacchantes
,
nom
de
ceux,
qui
fervoient
aux
myfères
de
Bacchus.
On
trouve
beaucoup
de-ces
Bacchans
fur
les
monumens.
see
BACCHANTES
,
Bacche
;
Béxy«,
(a)
nom
que
l’on
don-
noit
aux
femmes
,
qui
célébroient
les
myftères
de
Bacchus.
On
les
appelloit
auf
Ménades
|
Baffari=
des
,
Thyades
,
Mimallonides
;
Édonides
,
Élyades
,
Éléides
;
tous
nomsures
,
ou
de
leur
manière
de
crier,
ou
de
leur
füreur.:Nonnus;:
dans
fes
Dionyfaques
,
les
nom
me
fouvent
Éleufiniennes.
C’eft:
parce
que
la
flatue
de
Bacchus
étoit
portée
certain
jour
de
l'an
née
d'Athènes
à
Éleufss
Voyez
Bacchus
&
Bacchanales,
BACCHEIUS
,
Baccheius,
(b}
Béxxéios,
nom
commun
à
plu=
fieurs
ftatues
de
Bacchus.
I!
y
en
avoit
une
ainfi
nommée
à
Corin-
the
,une
autre
à
Sicyone.
La
pre-
mière
étoit
de
bois
&
dorée,
ex=
cepté
le
vifage
,
qui
étoit
peint
de
vermillon,
Pour
la
feconde
,
des
des”
Infcri
pag.
656.
pt.
&
Bell.
Let,
Tom
AV,
-
(h)
Pauf,
pe
88
n
"89%
£
62
B
A
|
B
À
Sicyoniens
la
renfermoient
avec
8
de
Cénée.
Éétion
,
ne
pouÿa
d'autres
dans
nne
efpèce
de
fa-
avoir
d'enfant,
ni
de
cette
f#
crftie.
Mais,
chaque
année
durant
me,
ni
d'une
autre,
alla
à
D,
une
certaine
nuit,
1ls
les
tiroient
phes
pour
fçavoir
de
l’oradeit
de
ce
ieu
pour
les
porter
dansle
ne
pourroit
jamais
en
avoir
d
temple.
Ils
allamoient
des
flam-
peine
fut-il
entré,
que
la
Pyb
beaux
,
afin
d'éclairer
la
cérémo-
lui
fit
entendre
ces
vers:
nie,
&
chantoient
des
hymnes,
compofées
en
vieux
langage.
La
ffatue
,
qu'ils
nommoient
le
Bac-
cheius,
tenoit
le
premier
rang
à
Toutefois
Étion,
perfonnemell
cètte
procefhion.
C’étoit
une
fla-
tte
;
2
tue,
quils
croyoient
avoir.
été
confacrée
par
Androdamas;
fils
ST
x
ee
.
ue
Qui
tombera
bientôt
[ur
des
mn
Encore
que
ton
corps
Cachek
C@UT
IRAapnaniume
,
Labda
doit
enfanter
un
calk
glorieux
,
d'une
fille
de
Bacchus,
Il
y
en
a
ee
ie
4
qui
prétendent
que
les
Bacchiades
Æ#
dont
la
pefanteur
à
Corl
defcendoient
de
cette
Princefle,
fatale
PD'autres
penfent
différemment.
BACCHIADES,
Bacchiace
,
=.
Baxyial
as,
(«)
nom
que
l'on
Cet
oracle,
qui
avoit
étére.
donnoit
à
Corinthe
aux
defcen-
à
Éétion,
fur
rapporté
aux
W.
dans
de
Bacchis,
fils
de
Prumnis,
chiades,
qui
n’en
avoient
pas.
qui
fe
rendit
maitre
de
cette
ville.
tendu
un
autre,
que
le
dienail
Ées
Bacchiades
la
gouvernérent
rendu
touchänt
la
ville
de
Co
pendant
cinq
générations
,
où,
the,&
quitendoità
la
mêmel
comme
dit
Strabon,
pendant
près
que
celui
d’'Éétion.
Il
éroit
ci
de
deux.
cens
ans:
Pour
mieux
en
ces
termes.
Le
conferver
leur
autorité,
ils
avoient
foin
de
ne
contraéter
mariage
que
dans
leurs
familles.
-
Ps
ces
Mais,
il
arriva
qu'un
d'entr-
Do
Jes
redoutables
approchi
eux
,
appellé
Amphion,
eut
une
M
fille,
nommée
Labda,
qui
naquir
244702
JOU?
en
confufion,
boiteufe
;:&
parce
que-pas
un
Æabitans
de
Corinthe,
habitan
des
Bacchiades
ne
la
voulut.épou-
Pallène,
fer
;
elle
fat
mariée
à
Éétion,
fils
.
Que
cette
voix,
qui
n'ift
d'Échecrate,
qui
n'étoit,
àla
vé-
ne
CT
:
:
«171€
rité
,
que
de
la
tribu
dela
Pierre
;
2
mais
,
qui
defcendoit
de
Lapihès
Æaffé
fur
vous
impreffon.
.
(#
Herod.
EL:
V.c.
92.
Strab.
pag.
l'Acad,
des
Infcrip,
&
Bell,
Let!
326,
378.
Plut,
Tem.
I.
pag.
423,
|
VIN,
Pag.
249.
434
Pauf,
pag.
92,
320,
Mém,
del
:
ES
La
doit
rendre
en
tous
lieux
4
L'aigle
conçoit
parmi
des
roch
Et
doit
enfanter
un
lion,
B
À
Les
Bacchiades
n’avoient
donc
pu
jufques-là
entendre
le
fens
de
loracle,
qui
leur
avoit
été
rendu
auparavant
;
mais
,
aufli-tôt
qu'ils
eurent
appris
celui
d'Éétion,
ils
réconnurent
que
ces
deux
oracies
annonçoient
une
même
chofe.
Ce-
pendant
,
ils
n’en
parlérent
point,
êt
réfolurent
de
faire
mourir
tous
les
enfans
qu’auroit
Éétion.
Ainf
;
dès
que
fa
femme
fut
accouchée,
ils
envoyérent
dix
des
leurs,
où
demeuroit
Éétion
,
afin
de
tuer
fon
enfant;
&
quand
ils
furent
arrivés
au
quartier,
appellé
la
.
Pierre,
&
qu’ils
furent
entrés
dans
la
maïfon
d'Éétion,
ils
demandé-
rent
à
voir
lenfant.
Labda,
qui
ne
fçavoit
pas
le
deffein
de
leur
voyage,
&
qui
s'imagina
qu'ils
_étoient
venus
pour
fe
réjouir
avec
fon
mari
de
la
naiMfance
de
leur
enfant,
leur
apporta
fon
fils,
&.
le
mit
entre
leurs
mains.
Ils
avoient
réfolu
en
chemin,
que
ce-
lui
qui
prendroit
le”
premier
cet
_
enfant,
le
laïfleroit
tomber
fi
ru-
dement,
qu’il
fe
tueroit.
Il
arriva
par
hazard:
que
cet
enfant
jetta
un
fouris
à
celui
à
qui
fa
mere
le
don-
na
;
de
forte
que
ce
perfonnage
en
fut
touché
de
pitié,
&
eut
hor-
reur
de
le
tuer,
{|
le
mit
donc
en-
tre
les
mains
d'un
autre,
qui
le
donna
de
même
à
un
troifième
;
êt
cet
enfant
ayant
ainft
paflé
dans
les
mains
de
cous
les
dix,
fans
que
pas
un
d'eux
fe
pût
réfoudre
à
le
tuer
,
ils
le
rendirent
à
fa
mere,
&&
fortirent
de
fa
maifon.
Quand
ils
furent
dehors
US
s’arrétérent
devant
la
porte
,
&
commencérent
à
s'accufer
les
uns
les
autres
,
&
principalement
le
BA
+
premier,
qui
n’avoit
pas
os
ce
dont
ils
étoient
convenus
entr
eux.
Enfin,
après
avoir
demeuré
quelque
tems
devant
la
porte,
ils
réfolurent
de
rentrer
&
de
tuer
cer
enfant
tous
-enfemble.
Mais
;
l
falloit
que
le
malheur
de
Corinthe
fortit
de
la
race
d’Éétion.
Labda,
qui
étoit
demeurée
derrière
la
por:
te,
&C
qui
avoit
entendu
tout
ce
qu'ils
avoient
dit,
craignant
que
leur
pitié
ne
fe
convertit
en
fureur,
&
qu'ils
ne
tuaflent
fon
enfant,
alla
aufüi-côt
le
cacher
dans
une
cypfele
,
qui
éroit
une
certaine
mefure
de
bled
,
s’imaginant
que
cet
endroit
étoit
le
plus
afluré,
&
que
fi
ces
inhumains
rentroient
:
ils
le
chercheroïent
de
tous
côtés,
comme
1l
arriva.
En
effet,
quand
ils
furent
dans
la
maiïfon,
ils
cher-
chérent
par
tout
cet
enfant,
&
ne
l'ayant
pu
trouver
,
ils
réfolurent
de
s’en
aller
&
de
dire
à
ceux,
qui
les
avoient
envoyés,
qu'ils
>
avorent
exécuté
leurs
ordres.
De-
puis
,
on
nourrit
foipneufement
cet
enfant,
&
parce
que
par
une
cypfele
il
avoit
évité
la
mort
,
on
lui
donna
le
nom
de
Cyplele,
Maïs
,
quand
il
fut
en
âge
d’hom-
me
,
il
alla
confulter
Poracle
,
qui
ne
lui
fit
qu'une
réponfe
obfcure
&
pleine
d'ambiouité.
Néanmoins,
il
ne
laïffa
pas
d'y
ajoûter
de
la
créance
;
&
fur
l’opinion
qu'il
en
eut
,
il
attaqua
Corinthe
&
s’en
rendit
maitre,
Voici
cet
oracle:
Homme
riche
&
Puiffant,
qui
viens
dans
notre
temple,
Fils
d'Étion,
que
je
contemple,
Sois
de
Corinthe
un
des
Rois
triom-
Plans,
TE
Pois,
tes
enfans
€
leurs
enfans,
ais
non
pas
leurs
enfans
,
de
qui
.
la
deflinée
Ne
féra
Jamais
couronnée,
Voilà
donc
l'oracle
qui
fut
ren-
du.
Cependant,
Cypfele
,
ayant
ufurpé
la
puiflance
fouveraine,
perfécuta
pluñeurs
Corinthiens,
én
dépouila
d'autres
de
leurs
biens
,
&
en
fit
mourir
un
plus
grand
nombre,
Ceux
,
qui
ref-
toient
de
la
famille
des
Bacchia-
dés,
il
les
réduifit
à
une
vie
pri-
yée.
11
y
en
a
qui
prétendent
que
les
Bacchiades
s'étant
retirés
à
Lace
démone,
&
ayant
paru
très-défi-
gurés
&
très
-difformes
,
parce
qu'ils
avoient
coupé
leurs
che-
veux
,
les
Lacédémoniens
,
dès
ce
moment
là,
s’aviférent
de
laif=
fer
croître
les
leurs.
Mais,
Plutar-
”
:
que
affure
que
cela
eft
faux,
&
que
cette
coûtume
des
Lacédé-
moniens
de
porter
de
longs
che-
veux,
venoit
de
Lycurgne.
=
BACCHIAS
,
Pacchuns
,
fils
de
Denys
,
tyran
de
Sicile.
Cer-
tains
font
defcendre
de
ce
héros
les
Bacchiades,
Leur
opinion
ne
pardit
pas
mieux
fondée
que
celle
de
ceux,
qui
les
font
venir
de
Bacchia,
fille
de
Bacchus,
BACCHIDAS
|
Bucchidas
:
Baryiduss.
(z)
Eunuque
de
Mi-
thridate
,
qui
fut
chargé
par
ce
Prince,
de
porter
à
fes
fœurs
&xà
fes
femmes
l'ordre
de
mourir.
(4)
Plut,
T.
p.502,
502.
.
(5)
Jofeph.
de
Bell.
Juéaïe,
P:
700.
G)
Maceab,
L,
Ï,
c.
#7.
v:
Jez.
Ce
9e
Val
dr
eg.
L
Te
Ç,
8,
8.
&r
|
pag,
698.
Tom.
B
À
Voyez
Bérénice
,
femme
dell.
thridate.
Le
BACCHIDE,
Bacchides,
bu
XI
y
,
(D)
officier
,
qui
comm
doit
pour
Antiochus
Épiphi
dans
toutes
les
places
de
la
Judi
Comme
il
étoit
naturellem
très-cruel,
il
exécutoit
avec
les
ordres
impies
de
{on
mai
Son
infolence
&
fes
violences!
loient
jafqu’à
un
tel
excès
,
n'y
avoit
point
d'outrages,
ql
ne
fit
aux
perfonnes
de
la
pl
grande
qualité,
Ses
incroyalls
inhumanités
faifoient
voir
chagi
jour
une
nouvelle
&
affrenfeiil
ge
dela
prife
&
de
la.
défolatt
de
la
ville
de
Jéruflem
aupat
vant
fi
puiflante
&
fi
cékeh
Mais
enfin,
une
f
infupporull
tyrannie
anima
ceux
;-
qui
la
ft
froient,
à
s'en
délivrer
&
à
enti
vengeance.
Matthias
où
Math
tias
,
facrificateur
,
qui
demeutt
dans
le
bourg
de
Modin
,
fils.
fes
cinq
fils.*de
fes
domeftiq
tua
Bacchide,
&
s'enfuit
dansh
montagnes,
pour
éviter
la
fur
des
garnifons
établies
par
Anti
chus
Épiphane.
se
BACCHIDE
,
Bacchides,
|
Bauxid
y
,
un
des
amis
de
Din
trius
Soter,
roi
de
Syrie,
86
plas
confidérables
Seioneurs
del
royaume,
Îl
étoit
fidele
à
fon
tre,
&
avoit
obtenu
le
commif,
dément
du
pais
fitué
an
de-ht
l'Euphrate;
c’eft-à-dire
,
del
Méfopotamie.
il
vint
alors
des
hommes
ft
v.
20:
Jofeph.
de
Antiq.
Judaïc.
pl
421.
&
feg.
Roll.
Hit
Anc.
T:l
V,
pag,
170.
©
je
-
chi
BA
|
chans
d'Ifraël
,
porter
de
faufles
_
plaintes
contre
Judas
Maccabée
&
fes
‘freres.
Bacchide
fur
choifi
pour
aller
prendre
connoïlfance
de
_
cette
affaire.
Démérrius
lui
aÎlocia
Alcime,
qui
étoit
venu
à
la
tête
de
ces
prétendus
mécontens,
Étant
artivés
avec
une
grande
armée
dans
le
païs
de
Juda,
ils
député-
rent
yers
Judas
&
fes
freres
pour
leur
faire
des
propoñtions
de
paix
|
dans
le
deflein
de
les
farprendr@
mais,
Judas
&
fes
freres
n’eurent
aucun
égard
à
ces
propoftiôls
de
-
paix.
Cependant,
quelques
Doc-
vinrent
trouver
Bacchide
&
Alci-
me
,
qui
leur
promirent
de
ne
leur
faire
aucun
mal.
Ils
ne
laifférent
_
pouitant
pas
d'en
faire
arrêter
_
foixante
,
qui
furent
tous
tués
en
un
même
jour.
|
Bacchide,
étant
enfüite
parti
.
de
Jérufalem
,
alla
camper
près
.
de
Bérhzétha
;
&
envoya
prendre
plufieurs
de
ceux
,
qui
avoient
.
quitté
fon
parti,
&
quelques-uns
du
peuple
qu'il
tua
&
qu'il
fir
jet-
cela
,
il
remit
toute
la
province
entre
les
mains
d’Alcime,
à
qui
il
laïfa
des
troupes
pour
le
foûre-
nir
;
&
il
retourna
trouver
le
Roi,
On
comptoit
alors
lan
157
avant
3.
C.
Peu
de
tems
après,
Bacchi-
de
fut
envoyé
de
nouveau
en
Ju-
dée.
Judas
s’étoit
campé
à
Laïfa,
avecune
armée
de
trois
mille
hom-
mes
;
&
celle
de
Bacchide
étoit
de
vingt
mille
hommes
de
pied
&
de
deux
mille
Chevaux.
Les
troupes
de
Judas
,
intimidées
par
le
grand
nombre
des
ennemis,
fe
renré-
rent
infenfiblementi,}
enforte
qu'il
Tom.
VIT.
teurs
de
la
loi
s'étant
affemblés
,
mu
ne
lui
refta
que
huit
cens
hommes.
Îlne
laïffa
pas
de
livrer
Ja
bataille
à
Bacchide,
&
de
rompre
fon
aîle
droite
,
quil
pourfuvit
juiques
fur
la
montagne
d’Azoth.
Mais,
l'aile
gauche
de
Bacchide
ayant
enveloppé
Judas
&
fa
perite
ar-
mée
,
ce
héros
fut
opprimé
par
la
multitude,
&
tué
par
lesennemis.
…
Tout
le
pais
fe
rendit
enfuice
à
Bacchide,
Ce
Général
choifit
des
hommes
impies,
&
leur
donna
le
gouvernement
de
ce
pais.
Ces
hommes,
faant
une
très-exadte
recherche
des
amis
de
Judas,
les
menoient
à
Bacchide,
qui
exer-
çoit
fa
vengeance
fur
eux,
&
les
traitoit
avec
infulte,
Le
euple
,
accablé
d'affiétion,
chatte
Jona-
_thas
pour
fuccéder
à
Judas
Mac
ter
dans
un
grand
puits.
Après
cabée,
fon
frere.
Bacchide
n’en
fat
pas
plutôtinftruit
;
quil
vou-
Jut
le
fafir
&
le
faire
mourir,
Jo-
nathas
,
en
étant
informé,
fe
re-
tira
dans
le
défert
de
Thécué,
&
s'arrêta
fur
le
bord
du
Jourdain.
Bacchide
l'y
füivit,
avec
une
puif.
fante
armée
,
le
jour
même
du
Sabbat,
Alors,
Jonathas
dit
à
fes
-
gens
:
»
Âllons
combattre
jes
en-
27
»
»
2)
nemis
;
Car,
il
n'en
ef
pas
de
ce
jour
comme
d'hier,
où
du
jour
d’auparavant,
Nous
avons
les
ennemis
en
têre,
&
derrière
nous
,
l'eau
du
Jourdain
avec
les
marais
;
&
le
bois,
à
droite
&
à
gauche,
87
il
ne
rious
refle
aucun
moyen
d'échapper.
C’eft
pourquoi
criez-au
ciel,
4Ba
que
vous
foyez
délivrez
des
mains
de
vos
ennemis,
«
En
inême
tems
Ja
bâtaille
fe
donna:
Jona-
thas
érendit
la
main
pour
frapper
Bacchide
;
mais
,
Bacchide
évita
»)
bo]
»
»
n.
»
»”
2:
le
coup
,
en
{
retirant
en
arrière.
Enfin
Jonathas
,
&
ceux
,
qui
étoient
avec
lui,
fe
jettérenc
dans
le
Jourdain,
&
le
pallérent
à
la
page,
fans
que
les
ennemis
s'y
jettaflent
pour
les
pourfuivre.
Mil-
le
hommes
de
l’armée
de
Bacchi-
de
demeurérent
en
ce
jour
là
far
la
place,
&
il
recourna
avec
fes
gens
à
Jérufalem,
Il
bâtit
des
villes
fortes
dans
la
Judée,
&
fortifia
de
hautes
murailles,
de
portes
&
de
ferrures
,
les
citadelles
,
qui
étoient
à
Jéricho
,
à
Emmaüs,
à
Béthoron,
à
Béthel,
à
Thamnata,
à
Pharaton
&
à
Taphua.
Îl
y
mit
des
garnifons
pour
faire
des
cour-
fes
contre
lfraël.
Il
fortifia
aufli
la
citadelle
de
Bethfura
&
Gazara,
&
la
forterefle
de
Jérufalem.
H
y
init
des
garnifons,
avec
une
gran-
de
provifion
de
vivres.
Îl
prit
pour
Ôtages
les
enfans
des
pre-
mières
perfonnes
du
pais,
&
les
fit
garder
dans
la
forterefle
de
Jé-
rufalem.
Alcime
mourut
vers
ce
tems-là,
Auffi-tôt
après
fa
mort,
Bacchide
s’en
retourna
vers
le
roi
Démétrius.
ee
La
Judée
demeura
en
repos
pendant
deux
ans.
Au
bout
de
ce
tems-là
,
tous
les
méchans
formé-
rent
entr'eux
ce
deflein:
»
Jona-
-
»
thas,
dirent-ils,
&
ceux,
qui
»
font
avec
lui,
vivent
mainte-
»
nant
en
paix
&
en
aflurance,
»
Faifons
donc
venir
Bacciide,
5»
6
il
les
farprendra
tous
en
une
»
nuit.
&«
Ainfi,
ils
allérent
le
trouver
,
&
lui
donnérent
ce
con-
feil.-Bacchide
fe
hâra
donc
de
ve-
nir
avec
une
grande
armée,
&
envoya
en
fécret
des
lettres
à
çeux
,
qui
étoient
de
fon
parti
B
A
dans
la
Judée,
afin
qu'ils
@b
fiflent
de
Jonathas
&
de
ceuxq
étoient
avec
lui
;
mais
,
ils
ml
purent,
parce
que
leur
entrepih
fut
découverte.
Jonathas
,
aÿi
pris
cinquante
hommes
du
pal
qui
étoient
les
chefs
d’un
del
fi
malicieux
,
les
fit
mourir.
retira
enfuite,
avec
fon
frere
mon
&
ceux
qui
laccompi
gpoicr:
,
à
Bethbeflen.
Il
ent
para
les
ruines,
&
en
fit
une
ph
fortes
Bacchide
le
fçut
;
&
aÿ,
aflefiblé
toutes
fes
troupes,
fait
avertir
ceux
des
fiens,@
étoient
de
Judée
,
il
vint
cam
au-deflus
Bethbeflen.
Ï
lai
long-tems
afiésée
,
&r
fit
dre.
des
machines
de
guerre.
Cependant
,
Simon
fortit
dh
ville
avec
fes
gens,
&
ils
bill
rent
les
machines
des
ennemis
attaquérent
l’armée
de
Bacch
&c
la
défirent.
Is
lui
cauférentii
extrême
douleur,
parce
quil
que
fes
defleins
&
toute
font
treprife
étoient
fans
effet.
C?
pourquoi,
il
entra
dans
une
gra
colère
contre
ces
hommes
di
quité
,
qui
lui
avoient
confeilké
vénir
en
leur
païs.
Il
en
tual,
fieurs
&
rétalut
de
s’en
retols
en
fon
païs
avec
le
refte
del
armée.
Jonathas
,
en
ayant.
averti
,
lui
envoya
des
ambil
denrs,
pour
faire
la
paix
avéthi
offrant
de
faire
un
échange
€
prifonniers.
Bacchide
reçut
fit
rablement
cette
ouverture,
[lc
fentit
à
ce
qu'il
vouloit,
&
1lf'
que
de
fa
vie
il
ne
lui
feroit
al®
mal.
Il
lui
rendit
les
prifonnif
qu'il
avoit
faits
dans
le
pañ”
Juda
;
&
étant
retourné
B
A
_païs
,
il
ne
revint
plus
depuis
en
Judée.
:
BACCHIONITES
,
Bacchio-
nitæ.;
Phiofophes
qui
avoient
un
mépris
fi
univerfel
pour
les
chofes
de
ce
bas
monde,
qu'ils
ne
fe
ré-
fervoient
qu’un
vaifieau
pour
bot-
re.
Encore
,
ajoüte-t-on
qu'un
d’entr'eux
ayant
apperçu
dans
les
champs
un
berger
,
qui
puifoit,
dans
un
ruifleau
,
de
l’eau
avec
le
creux
de
fa
main,
Jetta
loin
delui
fa
tafle
,
comme
un
meuble
in-
commode
&
fuperflu.
C’eft
ce
qu'on
raconte
aufl:\
de
Diogène.
S'il
y
à
eu
jamais
des
hommes
auffi
défintérefles
,
1l
faut
avouer
que
leur
méraphyfque
&
leur
morale
mériteroient
bien
d’être
un
peu
plus
connues.
Après
avoir
banni
d’entr'eux
les
difinttions
funeftes
du
sien
&
du
mien,
il
leur
reftoit
peu
de
chofes
à
faire
pour
n'avoir
plus
aucun
fuyetde
querelle,
:
&
1e
rendre
auffi
heureux,
qu'il
eft
permis
à
l’homme
de
l'être.
…
BACCHIQUE
[
le
rhyth-
me},
(a)
étoit
da
genre
double
où
iambique,
c'éft-a-dire,
qu'il
fe
battoit
à
deux
tems
inégaux,
ou
à
trois
rems
épaux.
Ce
genre
iambique
fe
partageoit
en
plu-
_
fieurs
efpéces.
Îly
avoit
les
rhyth-
mes
iambiques
fimples
&
les
com-
poiés.
Le
rhythme
Bacchique
étoit
du
nombre
des
derniers;
&
il
y
En
avoit
d'abord
de
deux
fortes;
le
Bacchique
par
l’iambe,
formé
d'un
iambe
&
d'ün
trochée
V-I-V
;
&
le
Bacchique
par
le
trochée
,
for-
mé
d’un
trochée
&
d'un
‘iambe
a)
Mém,
de
l'Acad,
des
Infcrip,
&
Bell,
Letr.
Tom,
XV,
pas,
22
22:
Tom,
XVII,
pag.
Ride
nr
i
À
IX,
pag,
235.
B
A
67
-VIV-,
I
y
en
avoit
encore
quel-
ques
autres
plus
compolés,
qui
renfermoient
juiqu'a
douze
tems
-
fyllabiques
on
douze
fyllabes
bre-
ves,
&
que
l’on
peut
voir
dans
Ariftide,
où
ils
font
expliqués
en
détail.
On
donnoit
à
ce
rhythme
le
nom
de
Bacchique,
parce
qu’il
entroit
dans
les
cantiques
deftinés
au
culte
de
Bacchus.
BACCHIQUE
,
Bacchius
;
forte
de
pied
dans
la
poëfie
Grec-
que
&
Latine.
Il
eft
compoté
de
trois
fyllabes
;
la
première
breve
,
êt
les
deux
autres
longues,comme
dans
ces
mots,
épelas
,
dvart.
Le
Bacchique
a
pris
fon
nom
de
ce qu'il
entroit
fouvent
dans
les
hymnes
compofés
en
fhonneur
de
Bacchus,
Les
Romains
le
nom
moient
encore
ænotrius
,
{TipO=
dius,
faltans;
&
les
Gréts,
rapiaG:e.
Le
Bacchique
peut
ter-
miner
un
vers
hexamètre,
BACCHIQUE,
Bacchici,
Baxxixa
,
nom
d’une
feéte
de
Py-
thagoriciens
,
qu'on
appelloit
auff
Orphiques.
Voyez
Orphiques,
BACCAIS,
Bacchus,
Baxyics
fils
de
Pramnis,
fut
la
fouche
des
Bacchiades.
Voyez
Bacchiades.
BACCHNS,
Bacchis,
Baux
,
(£}
courtifanne,
qui
étoit
maîtrefle
de
Clitiphon,
un
des
perfonnages,
que
Térence
introduit
dans
fa
co:
médie,
intitulée
l’ÆHezutontimoru-
menos.
Certe
courtifanne
reparoît
dans
une
autre
comédie
du
même
poë-
te.
C'eft
dans
celle,
qui
a
pour
titre
’ÆHécyre.
Ch)
Terent.
Tom,
I.
pag.
&.
Tom.
Es
e
638
B
A
BACCHIS.,
Bacchis,
BaxyYic,
(a)
autre
courtifanne,
que
Lucien
introduit
dans
un
de
fes
Dialo-
gues.
Elle
s’encretienc
avec
une
autre
courtifanne
,
nommée
Me-
liffe.
Le
Dialopue
eft
intitulé
de
leur
nom,
Mélifle
&
Bacchis.
BACCHIUS,
Bacchius,
(b)
fameux
gladiateur,
qui
vivoit
du
‘tems
de
l’empereur
Aupgufte,
Il
avoit
pour
concurrent
Bithus
;
&
ils
étoient
tous
deux
fi
égaux
en
âge
&
en
force,
qu'ils
ne
purent
jamais
fe
vaincre
l’un
l’autre,
&
:
qu'ils
fe
tuérent
tous
deux-en
mé-
me
tems;
d'où
eft
venu
le
pro-
verbe:
Birhus
contra
Bacchium.
Il
en-eft
fait
mention
dans
Hora-
ce
:
:
sos
se
CIE
NON
CAE
melins
cum
Bitho
es.
Bacchius.
BACCHUS,
Bacchus,
(c)
Aisrvece,
héros,
fameux
chez
les
Mythologues
&
les
Poëres.
Mais,
_comme
ceux
d'entreux
,
qui
font
mention
de
ce
héros,
en
parlent
diverfement,
@
chargent
même
fon
hifloire
de
faits
incroyables
&
abfurdes
,
il
eft
fort
difficile
de
dé-
méler
la
vérité
de
l'origine
&
des
ations
de
Bacchus.
Il
ÿ
en
a
qui
foûtiennent
que
ce
Dieu
n’a
ja-
mais
paru
fous
la
figure
d'un
-
(a)
Lucian.
Tom,
Il
pag.
709.
&
Te
{5)
Hôrat.
L.
I,
Satyr,
9.
v.
at.
(c)
Diod,
Sicul,
pag.
87,
136.
&
fea.
Herod.
L.
Il.
c.
42.
d
Jea.
L,
fV.
©
79.
Athen.
pag.
26.
@
fe.
Plut,
Tom,
pag.
119.
@'
feg.
Suid,
Tom.
I.
pag.
529.
Strab.
pag.
48.
&*
feg.
Paul.
Paffim.
Lucian.
Tom.
|,
pag.
140.
@'
feq.
Tom.
I,
pag,
197.
&
Je,
Ovid,
Meéram,
L,.
HI,
c,
9.
s
fes:
ÉSIVS
CT
il
BA
homme
;
&
ils
veulent
que,
ji
le
mot
de
Bacchus,
on
entai
feulement
le
vin.
Nous
raph
terons
en
abréoé
ce
qui
en
all
dit
dans
ces
différentes
fuppih
tions.
ee
:
Ceux
;
qui
parlent
phyfqé
ment
de
ce
dieu,
&
qui
nom.
le
raifin
du
nom
de
Bacchus;t
fent
que
la
terre
,
entrait
fruits
,
produifit
d’elle-mêmtl
vigne,
qui
navoit
point
ent.
été:
femée.,
Leur
raïfon
eft
qu,
trouve
dans
des
lieux
abandoni
des
vignes
fauvages
,
qui
rappil
tent
un
fruit
femblable
à
celuit
vignes
cultivées.
Ils
prétendi
que
Bacchus
a
été
nommé
Din
ter
par
les
Anciens;
c’eft-à-di
qui.a
deux
meres,
parce
qu'il
pour
la
première
fois
,
loi
la
vigne
fort
de
terre,
&
pot
feconde,
lorfque
le
vin
forte
vigne.
Quelques
Mythologuesh:
attribuent
encore
une
troilt
naïffance
;
car
,
ils
racontent
qi
tant
né
de
Jupiter
&
de
Ci.
il
fut
mis
en
piéces
par
les
ho
“mes,
qui
le
firent
enfaite
bol
lir;
mais
que
Cérès
,
ayant
maflé
fes
membres,
lui
rendlh
vie.
ë
On
donne
une
interprétall
Phyfique
de
ces
fiions,
en
di
que
Bacchus,
fils
de
Jupirrl
&
elib
1h
Myth,
par
M.
lAbb,
Ban,
Tom.
|
124.
Tom.
IV.
pas.
232,
233,
&
[M
Antig.
expl.
paf
D,
Bern,
de
M
Tom,
I.
pag.
229,
Mém.
de
l’A®
des
Infcripr.
&
Béil,
Let.
Tom.
li!
121,122
,
202,
271,
Tom.
II,
ji
7.
D:
friv,
Tom.
IV.
pag.
650!
ë
»
=
faiv,
Tom:
V:
pag.
37.
&
fuiv.
T0
VE,
pag.
94.
Voyez
æuffi
les
Vol:
Ji
APARAPIR
4
B
A
de
Cérès
fignifñe
que
la
vigne
étant
venue
à
fon
point
de
maturité,
par
le
moyen
de
Cérès
qui
eftla
terre
,
&de
Jupiter
qui
eft
la
pluye,
produit
le
fruit
qui
four-
nit
le
vin.
Bacchus,
dans
fa
jeu-
nefle
mis
en
piéces
par
les
hom-
mes,
maïque
la
vendange
&
le
raifin
mis
au
prefloir,
Ses
mem-
Pres
;
qu’on
a
fait
cuire
,
indiquent
la
coûtume
de
faire
cuire
le
vin
-pour
le
rendre
plus
fort
&
d'un
goût
plus
agréable;
ce
qui
fe
pra
tiquoit
chez
plufieurs
peuples.
Son
retour
à
la
vie
&
à
fon
premier
état,
par
les
foins
de
Cérès,
ex-
prime
qu'après
qu'on
a
dépouillé
la
vigne
de
fon
fait
,
&
qu’on
la
taillée
,
la
terre
la
remet
en
état
de
repoufler
dans
fon
tems.
On
ajoûte
que
Cérès'a
été
appellée
Terremere
par
les
anciens
Poëtes
&
Mythologues,
Enfin,
on
re-
marque
que
ce
qu'ils
avancent
eft
entièrement
conforme
à
ce
qu’en
difoient
les
poëmes
d'Orphée.
C’eft
auf,
par
une
raifon
de
Phyfque,
que
d’autres
prétendent
que
Bacchus
eft
fils
de
Sémelé
;
car,
ils
difent
que.
la
terre
fut
nom-
mée
par
les
Anciens
Sémelé
&
Thyoné;
Sémelé
à
caufe
de
la
vénération
qu'on
portoit
à
cette
Déefle,
&
Thyoné
à
caufe
des
facnifices
qu'on
lui
faifoit.
Il
nà-
quit
deux
fois
de
Jupiter
;
felon
eux;
parce
que
le
déluge
de
Deu-
calionayant
fait
périr
la
vigne,
ainfi
que
tous
les
antres
arbres,
les
rai-
fins
furent
bientôt
reproduics
à
l'aide
de
lapluye.
Ce
Dieu
s'étant
montré
ainfi
aux
hommes
une
{e-
conde
fois
,
on
dit
qu'il
avoit
été
gardé
dans
la
cuifle
de
Jupiter,
B
A
69
Voilà
quels
font
les
fentimens
de
ceux,
qui
n'entendent
par
Bac-
chus
que
l'invention
ou
la
décon-
verte
du
vin.
.
Les
Mythologues,
qui
recon-
noïflent
un
vrai
Bacchus,
lui
at-
tribuent
tous
uniformément
Fin-
vention
de
la
culture
des
vignes
&t
de
tout
ce-qui
concerne
le
vin.
Mais,
is
difpurent
s'il
y
ena
eu
plufieuts
,
ou
siln'y
en
a
eu
qu'un
feul.
Les
uns
difent
qu'il
n’y
a
eu
qu’un
feul
Bacchus,
qui
enfeigna
aux
hommes
à
boire
du
vin
&c
à
ramafler
les
fruits
des
arbres;
qui
mena
une
armée
par
toute
la
terre
habitable,
&
qui
introduific
les
facrés
myitéres
&
les
Bacchana-
les.
D’autres
admettent
plufieurs
Bacchus.
Cicéron
en
compte
juf-
qu'à
cinq.
»
Plufieurs,
dit-il,
».
portent
le
nom
de
Dionyfus.
»
Le
premier
eft
fils
de
Jupiter
»
&
de
Proferpine:
Le
fecond,
»
fils
du
Nil
,
eft
celui
qu’on
dit
»_avoirtué
Nifa.
Le
troifième
eut
»
pour
pere
Caprius.
On
dit
que
»
celui-ci
fut
roi
de
lAfie
&
au-
»
teur
des
loix,
qu'on
appella
»
Sabaziènes,
Le
quatrième,
fils
»
de
Jupiter
&
de
la
Lune,
à
qui
»
l’on
croit
que
ce
font
les
céré-
»
monies
facrées
,
qu’on
appelle
»
Orphiques,
Le
cinquième,
fils
».
de
Nifus
&
de
Thyoné,
l'infti-
».
tuteur
des
Friétérides.
«
Entre
ces
cinq,
nous
ne
trouvons
point
le
fils
de
Jupiter
&
de
Sémelé,
qui
eft
pourtant
le
plus
connu,
{oit
dans
l'Antiquité,
foit
dans
les
bas
fiécles.
Philoftrate
,
dans
la
vie
d’Apol-
lonius
de
Tyane,
en
admet
trois,
Le
Thébain,
l'ladien
&
lAfly«
Eü
70
B
A
rien.
Diodore
de
Sicile
en
compte
trois
de
même.
L’Indien,
ou
plutôt
PÉgyprien,
qui
fit
la
conquête
des
Indes,
farnommé
le
Barbu;
celui,
-
qu'on
difoit
être
fils
de
Jupiter
&
-
de
Proferpine
ou
de
Cérès,&
qu’on
repréfentoit
avec
des-cornes,
ou
:
parce
qu'il
avoit
appris
à
labourer
la
terre,
ou
parce
que
les
cornes
étoient
les
anciens
vaifleaux
,
dont
on
fe
fervoit
pour
boire,
[
car
ce
héros
étoit
le
Dieu
du
vin
|
ou
pour
marquer
les
rayons
du
foleil,
dont
il
étoit
le
fymbole.
Enfin,
le
troïfième
Bacchus
étoit
fils
de
Ju-
piter
&
de
Sémelé.
C’étoit
celui-
là
,
qu'on
nommoit
ordinairement
Je
Bacchus
de
Thèbes.
.
Certains,
parmi
nos
Moder-
nes,
ont
voulu
chercher
l’origine
de
cette
divinité
dans
les
Livres
de
l'Écriture
fainte
;
ils
ont
cru
que
ce
Kéros
de
la
Fable
étoit
copié
d’a-
près
ceux
de
la
Bible.
Vofliuüs
a
prouvé
fort
au-long
que
Bacchus
eft
le
même
que
Mot.
fe.
Voici
les
principaux
chefs
du
parallele,
qu'il
en
fait.
Moïfe
eft
hé
en
Égypte,
ainfi
que
Bacchus.
Le
premier
fut
expofé
fur
le
Nit;
les
Poëtes
difent
la
même
chofe
du
fecond;
&
l’un
&
l’autre
ont
tiré
leur
nom
de
ce
qu'ils
avoient
été
fauvés
des
eaux.
Car,
Orphée
appelle
Bacchus
Myfas.
Celui-ci
fut
élevé
dans
une
montagne
d'A.
rabie,nommée
Nyfa
;
c’eft
dans
ce
même
pais
que
Moïfe
a
paflé
qua-
rante
ans.
Le
poëte
Nonnus
parle
de
la
fuire
de
Bacchus
vers
leseaux
de
la
mer
Rouge;
il
ne
fe
peut
rien
de
plus
précis
pour
Moife.
L'armée
de
ce
dieu,
felon
Dio-
dore
de
Sicile,
compofée
d’hom-
LT
B
A
mes
&
de
femmes,
traverfalde
rabie
pour
aller
anx
Indesstel
du
Légiflateur
des
Tuifs,
rempi
de
femmes
&
d’enfans,
pal
défert
pour
aller
dans
la
Paleiln.
qui
étoit
dans
l’Afie.
Les-cors
qu'on
donne
au
dieu
de
la
Fa
ne
{ont-elles
pas
allufond
rayons
de
lümiere,
qui
fal,
fur
la
tête
de
Moiïfe
le
mêmet
fet
que
deux
cornes?
Le
ni
Nyfa
n’eft-il
pas
le
même
quel
na,
par
la
tranfpoñtion
d'ungh!
Le
P.
Thomaflin
ajoûte
del
velles
preuves
au
parallele
dei
fins.
Bacchus,
armé
de
fon
thyt
défait
les
Géans,
felon
Non
Moife
neft:il
pas
obligé
de
or
bactre
les
defcendans
d'Enac,t
te
des
Géans
?
Sa
verge
eftli
trument
de
fes
miracles.
M
traverfe
la
mer
Rouge;
&
Ni
nus
nous
raconte
la
même
chi
d'une
nymphe
de
Bacchus.
Jup
le
lettre
?
+
,
{.
envoye
Îris
à
Bacchus,
pour
qi
elle
lui
ordonne
d'aller
détril
une
nation
impie
dans
les
Int.
&
Dieu
ordonne
à
Moïfe
dl
dans
la
Paleftine
abolir
les
aboï
nations
d’un
peuple
idolâtre,
(
leb,
dont
le
nom
approche!
celui
d’un
chien,
fut
le
fidele
col
pagnon
de
Moïfe
;
les
Poëtesf
difent
que
Pan
avoit
donnéäBi
chus
un
chien
pour
Paccompagl
dans
fes
voyages.
Moïfe
&
Jo!
arrêtent
le
foleil;
Nonnus
le
formellement
de
Bacchus.
Moi
enfin
,
fait
fortir-une
fontaine
d'
rocher;
Bacchus,
en
frappait:
terre
de
fonthyrfe,
en
fait
(0
des
rorrens
de
vin.
M.
Huet
eft
du
même
fa
B
A
:
ment,
&
fait
auffi
un
parallele
entre
Moiïfe
&
Bacchus.
Le
{ça-
.
vant
Bochart
au
contraire,
&t
après
lui,
M.
le
Clerc,
qui
n’abandonne
jamais
fes
opinions,
croyent
que
Bacchus
eft
le
même
que
Nem-
rod,
fils
de
Chus,
ce
qui
lui
fit
donner
le
nom
de
Bar-chus
;
&
ces
deux
Auteurs
trouvent
beaucoup
de
vraifemblance
entre
ce
premier
conquérant
&
le
héros
de
la
Fable,
Bochart
fait
voir
que
tous
les.
noms
de
Bacchus
fonr
tirés
de
la
langue
Affyrienne
,
que
les
Grecs
ont
ajuftée
à
la
leur.
Ainf,
Selon
cer
Auteur,
le
culte
de
Bacchus
a.
commencé
en
Affyrie,
d’où
il
eft
paflé
en:
Phénicie
&
en
Égypte,
&
de-là
dans
la
Gréce
par
le
moyen
de
Cadmus
&
de
Mélam-
pe.
Un
parallele
fi
frappant
n’a
pas
cependant
gagné
tous
les
fuf-
frages.
Il
y
a
des
Scavans,:
qui
prétendent
que
Bacchus
eft
le
même
que
Noë,
puifque
l’inven-
tion
de
la
vigne,
qu’on
attribue
à
Bacchus,
convient
uniquement
à
Noë,
comme
nous.
l’enfeigne
l'Écriture
fainte
;
&
ceux-là
ajoû-
tent
avec
raifon,
que
c’eft
le
pre-
mier
&
le
plus
ancien
Bacchus
,
fur
le
modéle
duquel
on
a
formé
tous
les
autres.
Îl
faut
convenir
qu'il
y
a
des
traits
aflez
femblables
entre
Moïfe
&
Bacchus
;
&
comme
le
Lépifla-
teur
des
Hébreux
fe
rendit
très-
célebre
en
Égypte,
il
peut
bien
être
arrivé
qu'on
ait
emprunté
quelques-uns
de
fes
traits,
pour
embellir
l'Hifoire
de
Bacchus
ou
de
Dionyfins;
c'eft-à-dire,
d'O-
firis,
qui
eftle
véritable
Bacchus.
Le
culte
de
cette
divimité
fuc
por-
B
A:
|
71
-
té
dans
la
Gréce
par
la
colonie
de
Cadmus
;
&
Sémelé,
fa
fille,ayant
eu
un
fils,
qui
fut
appellé
ou
du-
moins
furnommé
Bacchus,
&
qui
fic
quelques
conquêtes
&
quelques
aétions
femblables
à
celles
de
l’ancien,
on
les
a
confondus
dans
la
fuire.
Et
pour
faire
honneur
à
la
famille
de
Cadmus,
on
a
mis
fon
petit-fils
au
nombre
des
dieux.
On
lui
a
rendu
tout
le
culte,
qui
s’éroit
long-tems
auparavant
éta-
bli
parmi
eux
en
l'honneur
de
lan
cien
Bacchus;
&
on
a
chargé
fon
hiftoire
des
aventures
d'Ofris
&
des
autres
Bacchus.
à
.
Nous
allons
maintenant
faire
connoitré
ces
Bacchus
chacun
en
particulier,
en.
nous
attachant
principalement
au
récit
de
Dio-
dore.
de
Sicile.
I.
Ë
BACCHUS
LE
THÉBAIN,
Fils
de
Jupiter
&
de
Sémelé,
fille
de
Cadmus.
:
On
raconte
que
Jupirer,
érant
devenu
amoureux
de
Sémelé,
qui
étoit
extrêmement
belle,
la
vifi-
toit
fouvent;
&
que
Junon,
en
ayant
conçu
de
la
jaloufie,&
vou-
lant-s'en
venger
fur
fa
rivale,
prit
la
figure
d’une
des
confidences
de
cette
jeune
fille.
Dans
ce
déguife-
ment,
elle
lui
perfuada
quil
lui
feroit
glorieux
que
Jupiter
vint
la
trouver
avec
la
même
pompe
&
la
même
majefté
,
qui
l’accom-
pagnoient
,
lorfqu'il
alloit
voir
Junon.
Sémelé
s'étant
laiflé
fédui-
re
à
cette
propofition
flatteuie,
exigea
de
Jupiter,
malgré
lui-
mème,
une
faveur
qui
deévoit
la
|
E
iv.
-
LE
B
À
perdre
;
de
forte
que
ce
dieu
s'é-
tant
PrÉÉRIEs
aile,
armé
duton-
nerre
&
de
la
foudre,
Sémelé,
qui
n'en
put
foûtenr
l'éclat
&
le
bruit,
accoucha
avant
terme,
&
mourut,
Jupiter
renferma
promp=
tement
l'enfant
dans
fa
cuille,
où
il
prit
laccroiffiement
oréere.
Lorue
le
tems
de
la
naïffance
fut
arrivé
,
il
le
porta
à
Nyfe,
ville
d'Arabie
,
où
cet
enfant
ayant
été
élevé
par
les
nymphes,
fut
appellé
Dionyfius,
d'un
nom
“compofé
de
celui
de
fon
pere
&
du
lieu,
où
il
avoit
été
nourri.
-Un
‘grand
nombre
de
villes
Grecques
fe
difputoient
néanmoins
lhonneur
de
la
naiflance
de
Bac-
chus,
Lés
Éléens,
les
Naxiens
,
les
“habitans
d'Éleuthère
,
les
Féiens
&
quantité
d’antres:
peu-
ples
croyoient
démontrer
qu'il
étoit
né
chez
eux.
Les
Téiens,
en
par-
ticulier,
donnoient
pour
preuve
de:-lèur
prétention
»
une
fontaine
d’excellent
vin
qui:
‘couloit
dans
leur
ville
en
tems
réolés.
Quel-
ques-uns
alléguoient
qué
Jeur
pais
-étoit
de
toute
ancienneté
voué
à
ce
dieu
;
d'autres
enfin
Ë
s’autori-
foient
de
quelques
temples
de
leurs
villes,
ou
de
quelques
bois
dé
leurs
campagnes
,
qui
étoient
confacrés
de
tems
immémorial
à
Bacchus.
En
général,
comme
cédieu
avoit
laïfé,
en
plufcurs
endroits
,
des
marques
de
fa
préfence
8e
de
bonté
,
il
n'eft
pas
étonnant
que
chaque
peuplelecrütor
iginaire
de
fon
pais.
_conteflation
pour
le
lieu
de
lan
-
Homère
confirme
ce
récit,
ll
que,
dans
fes
hymnes
;
il
pal
Ant
des
villes,
qui
étoientt,
fince
de
Bacchus,
en
dé
néanmoins
qu'il
étoit
né
dans
partie
de
lPArabie,
qui
to
l'Égypte:
Cent
(a)
peuples
chériffant
fau
à
es
Verius
eulent
avoir
nourri
L
cfa
Bacchus.
Il
n'eft
Grecque
cité,
fi
jo
à
Jon
hifloire
,
|
Qui
ne
puiffe
a
l'Égypte
enk
cette
gloire.
Mas
;
d
une
erreur
corinne;
efépar
tout
féduit;
Dans
ün
profond
fecrer,
he
l'a
produit;
—
En
ces
lieux
,
où
du
hautd
:
nonfagne
,
;
Nyfe
voit
L'eau
du
Nil
couler
la
campagne.
_
Il
femble
que
les
Anciensdt
répandu
à
deflein
,
fur
l’éducatl
de
Bacchus,
l'obfcurité
myftért
fe
de
fa
naïflance
;
car
,
fin
en
croyons
Ovide,
Ino
fa
tal
fut
fa
première
nourrice
;
mi
je
même
Poëre,
pen
coilil
“dans
{es
narfations,
dit
que
ce
de
fat
nourri
par
les
Hyades.
”
D
marchus,
dans
le
poëre
Nonil
affure
que
les
Heures
furenth
nourrices
de
Bacchus.
Paufan
(a)
Les
quatre
premiers
vers
François
ne
préfentent
que
le
fond
du
fo
des
quatre
premiers
vers
Grecs,
où
le
Poëte
nomme
Dracanon.,
le
mé
A
‘care,
l'ifle
de
Naxos
;
le
fleuve
Alphée.
&
la
ville
de
Thébes,
TRE
RSI
ARE
B
À
prétend
que
c’étoit
une
tradition
reçue
parmi
le
peuple
de
Patras
en
Achaïe
,
que
Bacchus
avoit
été
élevé-dans
la
ville
de
Méftis,
&
que
Pan%r
les
Satyres
Ini
avoient
dreflé
des
embûches,
dont
il
avoit
en
de
la
peine
à
fe
délivrer.
Apol-
lonius
dit
que
Mercure
porta
,
par
l’ordre
de
Japiter,
le
jeune
Bac-
chus
dans
l'ifle
d'Eubée,
pour
le
donner
à
Macris,
fille
d’'Ariftée
;
&
que
Junon,
jaloufe
de
ce
que
Je
fils
de
fa
rivale
étoit
élevé
dans
une
ile,
qui
lui
étoit
confacrée,
‘en
avoit
chafé
la
jeune
nourrice,
qui,s’étant
retirée
dans
le
païs
des
Phéaciens
,
l’avoit
élevé
fcréte-
?
E
ment
dans
uñ
antre,
D'autres
Auteurs
affurent
qu'il
:
fut
élevé
dans
l'ifle
de
Naxos.
Il
s’en
frouve
encore
qui
prétendent,
après
Lucien,
que
ce
fut
dans
l’A-
rabie.
Prenoient-ils
plaifir
;
ces
graves
Auteurs,
à
donner
tant
de
nourrices
à
un
dieu,
qui
devoit
être
immortel
?
On
plutôt,
dans
:
l'envie
de
faire
croire
que
tous
les
dieux.
étoient
originaires
de
la
Gréce,
ne,
s’aveuploient-ils
pas
jufqu'à
ne
point
appercevoir
le
ri-
dicule
de
tant
de
narrations
extra-
vagantes
?
s
:
Quoiqu'il
en
foit,
nous
croyons
devoir
nous
en
tenir
à
ce
que
nous
avons
dit
,
d’après
Diodore
de
Sicile,
que
Bacchus
fur
élevé
à
Nyfe
dans
l'Arabie.
Quant
à
ce
qui
a
donné
lieu
à
la
fable
de
fa
naïflance.,
c’eft
que
Sémelé
ayant
eu
quelque
galanterie
,
on
voulut,
pour
fauver
fon
honneur,
da
mettre
fur
le
compte
de
Jupi-
ter.
Quelques
Auteurs
difent
que
Cadmus
,
irrité
contre
{à
fille
à
Phénicienne
ou
dans
l
BA
Pexpofa
fur
la
mer
avec
fon
fils,
:
&
qu'ils
s’arrérérent
fur
les
riva-
ges
d'Orcate,
ancienne
ville
de
Laconie
,
où
l’on
trouva
Sémelé
morte
dans
une
efpèce
de
coffre,
où
elle
avoit
été
enfermée
}
&
on
Fenterra
avec
‘beaucoup
de
ma-
gnificence.
Selon
d’autres
,
elle
fat
-
frappée
de
Ja
foudre
;
ce
qui,
Jointau
brüit
qu’on
avoit
répandu
de
fon
intrigue
avec
Jupiter,
don-
na
lien
à
la
fable,
que
les
Grecs
nous
racontent,
Diodore
de
Sicile
ajoûte
que
cette
Princefle
accou-
cha
d’un
fils
à
l'âge
de
fept
mois;
&
que
commeon
ne
croyoit
pas
que
les
enfans,
nés
à
cer
âce,
puilent
vivre,
Cadmus
publia
que
Jupiter,
qui
en
étoit
le
pere,
l'a
voit
tenu
renfermé
dans
{a
cuille
pendant
deux
mois.
C'eft
une
équivoque
>
qui
a
donné
lieu
à
cette
fable
;
car,
le
mot
Grec
aps,
fignifie
également
la‘cuifle
&
une
montagne,
Ainf,
au
lieu
de
dire
que
Bacchus
avoit
été
-
nourri
fur
le
mont
Nyfe
,
on
ajoûta
cette
circonftance
au
Grec,
qui
en
étoit
la
copie
,
&
on
dit
qu'il
avoit
été
porté
dans
la
cuifle
‘de
Jupiter.
De
deux-fens,
les
Grecs
prenoient
toujouts
le
mer-
:
veilleux.
Bochart,
qui
s’eft
efor-
cé
de
trouver
,:
dans
la
langue
l
ébraïque,
la
clef
de
toutes
les
fables,
pre-
tend
que
celle-ci
tire
fon
origine
de
cette
phrafe
fi
ordinaire
dans
les
Livres
faints
,
natus
ex
femore.
Bacchus
étroit
,
dit-on,
d'une
rare
beauté.
Il
paffa
fa
jeuneffe
parmi
des
femmes,
en
feflins,
en
danfes
,
&
en
toutes
fortes
de
phiñrs,
Mais,
aflemblant
enfuite
+
À
#4
B
A
Lies
;
&
leur
ayant
donné
des
thyrfes
pour
armes
,
il
par-
courut
toute
la
terre
avec
elles.
fl
n'initia
dans
fes
myflères
,
que
des
hommes
pieux
&
d'une
vie
irréprochable.
Il
inflitua
,
en
plu-
fieurs
endroits,
des
fêtes
pnbli-
ques
&t
des
prix
de
mufique.
Îl
appaïfa
les
différends,
qui
.étoient
:
entre
les
Nations
;
&
il
établit
par
tout
la
paix
au
lieu
des
guerres,
qui
repnoient
auparavant,
Le
bruit
de
fa
générofité
&
de
fes
bienfaits
s'étant
répandu,
&
tout
le
mon-
de
fçachant
qu'il
rendroit
le
com-
merce
de
la
vie
plus
agréable
,
on
couroit
au-devant
de
lui
de
tous
côtés
,
&
on
le
recevoit
avec
de
randes
marques
de
réjoniffance.
Odeon
»
Cependant
,
le
re-
fafoient
par
fierté
&
par
jaloufie.
Es
difoient
que
c'étoit
par
incon-
tinence
qu'il
menoit
les
Bacchan-
tes
avec
lui,
&
qu'il
n'avoit
in-
q
venté
fes
myftères
&
fes
initia-
tions
,
que
pour
corrompre
les
femmes
d'autrui.
Mais,
il
tira
bientôt
vengeance
de
ces
calom-
nies;
&
fe
fervant
contre
{es
en-
nemis
de
fon
pouvoir
divin,
tan-
tôt
il
les
rendoit
infenfés,
tantôt
il
les
faifoit
démémbrer
par
les
fem-
mes
qui
le
füivoient.
Il
employa
auf
dans
ces
fortes
d'exécutions
uñ
ftratagême
de
guerre
;
car
,
au
Heu
de
thyrfes
,
il
donna
à
fes
Bacchantes
des
lances,
dont
le
fer
étoit
caché
fous
des
feuilles
de:
lièrre.
Ses
ennemis,
ignorant
ces
artifices,
méprifoient
les
-thyrfes
comme
dés
armes
de
femmes
;
&
ne
fe
précautionnant
point
contre
leurs
coups
,
ils
en
étoient
mor-
tellement
bleffés,
Les
plus
céle-
B
À
|
bres
de
ceux,
que
Bacchus
puni,
furent
,
dit-on,
Penthée
parmik
Grecs,
le
roi
Myrraneëchezls
Indiens,
&
Lycurgue
,
roi
cecté
partie
de
la
Thrace,
qu
étoit
ftuée
fur
l’'Hellefpont,
On
raconte
que
Bacchus,
vol
lant
mener
fon
armée
d'Afe
a
Europe
,
lia
amitié
avec
ce
Ru.
dont
les
États
étoient
fur
fon
pi
fage.
Î
avoit
déjà
fait
avancerh
têre
de
fon
armée
dans
ce
pal
qu'ilcroyoit
für.
Mais,
Lycugi.
commanda
à
fes
foldats
de
si
fembler
la
nuit
pour
fe
faiftt
Bacchus
&c
de
fes
Ménades,
Ba.
chus,
en
ayant
été
averti
pañll
Thrace,
appellé
Tharops
,
enil
très-inquiet
;
parce
que
la
ph
grande
partie
de
fes
troupes
éco.
encore
fur
l’autre
rivage,
&qii
métoit
accompagné
que
d'unti
petit
nombre
de
femmes.
Ok
pourquoi,
il
repafla
fecrétemti
la
mer
pour
aller
rejoindre
li
armée.
Cependant
,
Lycus
ayant
attaqué
les
Ménades,
fé
tées
dans
un
lieu
appellé
Nylu
les
fit
pañler
au
fil,
de
lé
Mais,
Bacchus
amenant
touteli!
armée
,
remporta
la
vicoirell
les
Thraces.
Lycurgue
érant
toi
bé
vif
entre
fes
mains,
il
luf
d’abord
crever
les
yeux
;
&
apf
:
toutes
fortes
d’opprobres
&
4
tourmens
,
1l
le
fit
enfin
attache
en
croix.
Enfuite,
pour
mardif
à
Tharops
fa
reconnoiïffance,
lui
donna
le
royaume
de
Thrat
&
lui
enfeigna
fes
myftères
&
À
orgies.
Quelques
poëtes
,
enli
lefquels
eft
Antimaque
,
difentd'
Lycurgue
étoit
roi,
non
&
ES,
:
Thrace
,
mais
de
l'Arabie,
&°
x
B
A
ce
fut
à
Nyfe
en
Arabie,
qu'il
dreffa
des
embûches
à
Bacchus
&
aux
Menades.
Bacchus,
plus
avancé
en
âge,
inventa
l’ufage
du
vin
&
enfeigna
aux
hommes
la
manière
dé
plan-
ter
la
vigne.
Il
inventa
aufi
la
biere,
qui,
felon
Diodore
de
Si-
cile,
eft
une
boiflon
compofée
d'orge,
&
prefque
auffi
bonne
que
le
vin.
Il
en
gratifia
les
peuples,
qui
habitoient
des
contrées
peu
propres
à
la
culture
des
vignes.
Voulant
répandre
fes
bienfaits
fur
fa
patrie,
il
rendit
libre
tout
le
pais
de
Béotie
;
&
il
y
bâtit
une
ville
,
qui
fat
appellée
Éleurhère
;
c'eft-à-dire
,
libre
;
parce
qu’elle.
ne
recevoit
des
loix
que
d’elle-
même,
I]
employa
trois
ans
en-
tiers
à
fon
expédition
des
Indes,
au
bout
defquels
il
revint
en
Béo-
tie,
chargé
de
riches
dépouilles.
On
dit
que,
monté
far
un
élé-
phant
Indien
,
il
fut
le
premier
,
qui
reçut
l'honneur
du
triomphe,-
es
Béotiens
,
les
Thraces
&
les
autres
peuples
Grecs
avoient
inf-
titué
,
en
mémoire
de
cette
expé-
dition
,
les.
fêtes
qu'on
appelloit
Triétérides
,
parce
qu’elles
reve-
noïènt
trous
les
trois
ans,
&
ils
Prétendoient
qu’alors
Bacchus
fe
manifeftoit
aux
hommes.
On
dit
qu'il
fut
accompagné
dans
fes
expéditions
par
les
Mn-
fes
,
qui
étoient
des
filles
trés-
{çavantes,
&c
qui
le
divertifloient
par
leurs
concerts
,
par
leurs
dans
les
&
par
les
beaux
arts
»
dont
elles
faïfoient
profefon.
Il
avoit
aufñ
dans
fon
armée
Silêne
,
qui
étoit
fon
pere
nourricier
&
{on
Précépieur,
&
qui
avoit
contribué
B
À
Se
à
fon
mérite
&
à
fa
gloire.
Bac
chus
étoit
couvert
à
la
guerre
de
fes
armes
&
d’une
peau
de
pan-
thère
;
mais,
en
tems
de
paix
&
far
tout
les
jours
de
fête
&
d’af-
femblée,
il
s’habilloit
d’étoffes
fines
de
différentes
couleurs.
Il
portoit
une
mitre
fort
étroite
,
afin
de
fe
préferver
des
maux
de
tête,
que
le
vin
caufe
à
ceux
,
qui
en
pren-
nent
avec
excès
;
&
c'eft
pour
cette
raifon
,
qu’on
l’a
appellé
Mi-
trophore,
On
dit
que
c’eft
de
cet-
te
mitre
,
qu'eit
venu
l'ufage
dû
diadème
des
Rois.
On
donnoit
à
Bacchus
une
ba.
guette,
par
la
raïfon
que
nous
allons
dire,
Comme
dans
les
pre-
Miers
tems
du
vin,
on
ne
s'étoit
pas
encore
avifé
du
le
tempérer
avec
de
l’eau
,
la
coûtume
étoit
de
le
boire
pur.
Il
arrivoitfouvent
de-là
que
,
dans
les
affemblées
&r
“les
feflins,
ceux,
qui
étoient
de
la
fête,
en
ayant
trop
pris,
entroïent
en
fureur,
&
fe
frappoient
les
uns
les
autres
,
avec
leurs
bâtons.
Plu-
fieurs
étoient
bleffés,
&
quelques-
uns
même
fi
grièvement
qu'ils
en
mouroient.
Bacchus
,
offenfé
de
ces
accidens,
ne
condamna
pas
les
hommes
à
s’abfienir
entière
ment
de
boire
du
vin
,
à
caufe
du
plaïfir,
que
procure
cette
boiflon
:
mais
,
il
voulut
qu’au
lieu
de
bä-
tons,
ils
fe
{ervillent
de
baguet-
tes.
On
Jui
attribua
deux
cofps
,
parce
qu'il
y
a
eu
deux
Bacchus
;
l'ancien
furnommé
Catopogon
,
parce
que
tous
les
Anciens
avoient
coûtume
de
Jaïifler
croître
leur
barbe
;
&
celui-ci,
qui
étoit
jeune
&
bienfaie,
comme
nous
l'avons
76.
ER
déjà
dit.
Quelques-uns,
cepen-
dant
,
prétendent
qu'on
lui
a
attri-
:
bué
deux
formes
,
à
caufe
des
dif-
férentes
difpoftions
,
qu’on
re-
marque
dans
les
ee
;
qui
de-
viennent
Où
pais
où
furieux.
Bac-
chus
avoit
auf
avec
lui
les
Saty-
res;
qui
lui
donnoient
du
plaifir
par
leurs
danfes
&
par
les
tracé-
dies,
quils
repréfentoient.
Les
Mufes
;
par
l'étendue
de
leurs
commoiflances
,
lui
procuroient
des
divertiflemens
utiles.
Mais
,
les
Satyres,
ne
cherchant
qu’à
le
faire
rire,
lui
fatfoient
agréablement
paf.
fer
le
tems.
On
dit
que
Bacchus
inventa
les
farces
&
les
théatres
,
&
qu'il
établit
même
des
écoles
de
mufique.
Il
exempta
de
toutes
fonétions
militaires
dans
fes
ar-
mées,
Ceux
qui
s'étoient
rendus
habiles
dans
cet
art.
C’eft
pour
cette
raifon
que
depuis
,
à
l'imita-
tion
de
Bacchus,
on
forma
des
compagnies
de
mufciens
,
qu
jouirent
de
grands
privilèges,
LE
BACCHUS
Fils
de
Jupiter
&
de
Proferpine
ou
de
Cérès.
Quelques-uns
difent
qu'il
y
a
eu
un
autre
Bacchus,
beaucoup
plus
ancien,
que
celui
dont
nous
venons
de
parler,
On
prétend
qu'il
naquit
de
Jupiter
&
de
Pro-
ferpine
;
ou
de
Cérès;
&
certains
Aateurs
lui
donnenr
le
nom
de
Sabazins.
On
dit
qu'il
avoir
l'ef-
prit
très-inventif,
&
que
ce
fat
lui
qui,
le
premier,
attela
des
“bœufs
à
la
charme,
&
facilira
les
Semailles
par
ce
moyen;
car
,
au-
B
À
paravañt,
on
ne
labouroit
qi.
force
de
bras.
[Il'inventa
plufeuts
chofes
utiles
à
l’agriculture,
&que
foulagérent
beaucoup
les
labo
reurs.
C'eff
pourquoi,
fuvals
Pinchination
qu'ont
les
hommé.
d’appeller
dieux
leurs
bienfaiteur,
ils
lui
firent
des
facrifices
,
lis
décernérent
les
honneurs
divitss
Les
peintres
&
les
fculpteurs
oi
donné
à
celui-ci
des
cornes
poli,
le
diftinguer
du:
précédent,
&
pour
marquer
de
quelle
utlitéa,
été
aux
hommes
,
l'inventiont,
faire
fervir
le
bœuf
au
labourap
r
Les
cérémonies
du
cuite,
qi.
Von
rendoit
à
ce
Bacchus
,
étoieil.
accompagnées
d'infamies.
Cl
pourquor,
on
ne
l’honoroït
qu,
durant
la
nuit.
Suivant
les
Cr.
tois
,
il
étoit
né
chez
eux.
lis
alé,
guoient,pour
preuve
de
la
naïf
ce
de
ce
dieu
en
Crête,
les
del.
iles
qu'il
avoit
formées
dans
voifinage
,
au
lieu
qu’on
appel
les
déux
Sinus.
I
les
avoit
méni!
nommées
Dionyfennes
;
favelts
qu'il
wavoit
faite
à
aucun
autt.
païs,
ÉET
BACCHUS
L'INDIEN.
On
ne
nous
dit
pas
de
qui
éule
né.ce
Bacchus.
Diodore
de
Sidkh
affure
qu'il
éroit
le
plus
ancien
dis
héros
de
ce
nom:
Comme
fon
pi
étoit-fi
fertile,
qu'il.
portoit.d
vignes,
fans
être
cultivé,
if
s’avil
le
premier
d'écrafer
des
grappest,
raifin,
@c-montra
ain
aux
hoï
mes
l’uface
du
vin.
Après
cela!
apporta
beaucoup
d'attention
i
cultiver
les
figuiers
&
les
autté.
arbres
,-qui
portent
du
fruit,
Er
B
A
fn,
il
fut
très-expérimenté
dans
tout
ce
qui
concernoït
les
produc-
tions
de
la
terre,
On
ajoûte
qu'il
parcourut
toute
la
terre,
à
la
tête
dune
armée
,
&
quil
enfeigna
l’art
de
planter
la
vigne
&
de
pref-
{ét
le
raifin
;
ce
quilui
ft
donner
le
farnom
de
Lénéus.
Enfin,avant
découvert
aux
hommes
plufeurs
autres
fecfêts
,
il
fut
mis,
après
fa
mort,
au
rang
des
immortels,
Les
Indiens
montroient
encore
,
du
tems
de
Diodore
de
Sicile,
l’en-
droit
où
il
prit
naïiffance
;
&ils
avoient
plufieurs
villes,
qui
por-
toient
en
leur
langue
le
nom
de
ce
dieu.
Il
nons
refte
auf,
dit
Dio-
dore
de
Sicile,
plus
d’un
monu-
ment
,
qui
prouve
qu'il
eft
né
dans
les
Îndes
;
mais,
pourfüit-il,
il
feroit
trop
long
de
les
rappor-
RSS
Les
Indiens
,
felon
ce
que
rap-
porte
ailleurs
Diodore
de
Sicile,
difoient
que
lorfqu'ils
n’habitoient
encore
que
dans
les
villages,
Bac.
chus
venant
des
pais
occidentaux
entra
chez
eux,
avec
une
puit
fante
armée,
&
qu'il
parcourut
aifément
toute
l'Inde,
n’y
ayant
alors
aucune
ville
,
qui
fût
capa-
ble
de
l'arrêter.
Des
chaleurs
ex-
ceffives
étant
furvenues
,
&
la
maladie
s'étant
imife
dans
fon
ar-
mée,
cet
habile
capitaine
la
tira
des
lieux
bas
pour
la
conduire
fur
les
montagnes.
Les
vents
frais
,
que
fes
foldats
y
recevoient,
&
les
eaux
pures
,
qu'ils
buvoient
dans
leurs
fources
,
les
eurent
bien-
tôt
rétablis,
On
dit
qu'il
apprit
aux
Indiens
.
Ja
culture
des
fruits
>
qu'il
leur
donna
l'invention
du
vin,
&
qu'il
leur
communiqua
d’autres
fecrets:
nécellaires
ou
utiles.
Outre
cela,
il
bâtit
des
villes
confidérables
&
bien
fituées
.
&
y
appella
les
ha-
bitans
des
villages
pour
les
peu=
pler.
Il
leur
enfeiona
le
culte
des
dieux
&
leur.
donna
des
loix.
établit
la
juftice
parmi
eux,
&
mérita
enfin,par
tant
de
bienfaits,
le
nom
de
dieu,
&
les
honneurs
divins.
On
ajoûte
qu’il
avoit
me-
né
un
grand
nombre
de
femmes
dans
fon
armée;
que
la
trompette
n'étant
pas
encore
en
ufage
,
1
fe
fervoit
de
tambours
&
de
tymba-
les
dans
les
batailles
,
&
qu'il
mou-
rut
enfin
de
vieilleffe
après
ur
re-
gne
de
cinquante-deux
ans.
Ses
fils
li
faccédérent
&
tranfmirent
le
royaume
à
leur
poflérité
,
qui
le
conferva
pendant
plufieurs
gé-
nérations
;
jufqu’à
ce
qu'enfin
la
Monarchie
fut
changée
en
démo-
cratie,
Tel
eft
l'abrégé
de
ce
que
les
habitans
des
montagnes
de
l’{n.
de
difoient
de
Bacchus
&
de
fes
defcendans.
TV:
B'ACCHUS
L’AFRIC
AIN.
Les
Africains
,
qui
habitoiene
les
côtes
de
l'Océan,
foûcenoient
que
Bacchus
étoit
né
parmi
eux.
Îls
prétendoient
que
tous
les
ex-
ploits,
qu’on
raconte
de
ce
dieu,
:
s'étoient
faits
dans
leurs
païs,
Ils
avoient
même
une
ville,
appellée
Nyfe,
à
laquelle
ils
appliquoient
l'hiftoire
de
la
naïflance
de
Bac-
chus.
Plufeurs
anciens
Mytholo-
gues.
ou
Poëtes
de
la
Gréce
ST
même
quelques
Écrivains
plus
ré-
cens
ont
été
de
cet
avis.
C’eft
Pourquoi
,
afin
de
ne
rien
omettre
de
ce
qui
concerne
Bacchus,
nous
rapporterons,
en
peu
de
mots,
ce
que
les
Africains
en
difoient,
con-
qu'en
ont
écrit
_formément
à
ce
les
Grecs.
Bacchus
PAfricain
étoit
fils
d'Ammon
,
roi
d'une
partie
de
PAfrique
,
qui
avoit
époufé
Rhéa,
fille
d'Uranus
,
fœur
de
Saturne
&
des
autres
Titans.
Ammon
,
vifi-
tant
fon
royaume,
trouva
dans
les
plaines
voifines
des
monts
Cé-
rauniens
,une
fille
fingulièrement
“belle;
qui
s’appelloit
Amalrhée.
En
étant
devenu
amoureux
,
ilen
eut
un
entant
d’une
beauté
&
d'u-
ne
force
admirables.
Mais,
Am-
mon
craignant
la
jaloufe
de
fa
femme
Rhéa:,
cacha
avec
foin
cet
enfant,
&
le
fit
élever
fecréte-
ment
dans
la
ville
de
Nyfe,
qui
étoit
fort
éloignée
de
{on
royaume.
On
envoya
le
jeune
Bacchus
dans
un
antre,
&
on
le
donna
à
nour-
rir
à
Nyfe
,
fille
d'Ariftée.
Am-
mon
établit
pour
fon
gouverneur
Âriftée
même,
homme
recom-
mandable
par
fon
efprit
,
par
fa
fagefle
&
par
toute
force
de
con-
noilances.
Afin
qu'il
fût
plus
en
füreté
contre
les
entreprifes
de
Rhéa
,
fä
marâtre,
Ammon
le
re-
commanda
à
Minerve,
qui
étoit
alors
fort
jeune.
Bacchus,
ayant
été
nourri
à
Nyfe.&
inftruit
dans
toutes
fortes
de
fciences,
éroit
non
feulement
d'une
force
&
d'une
beauté
plus
qu'humaines
;
mais
,
il
communi-
qua
aux
hommes
plufñeurs
inven-
tions.
Dans
fon
enfance
,
il
décou-
vrit
la
nature
du
vin
&
fon
utilité,
en
s’amufant
à
écrafer
des
raifins,
qui
croifloient
naturellement
à
:
BA
-
.
Nyfe.
I
remarqua
auffi
qu’on
por.
voit
faire
fécher
les
raifins
min.
&
les
garder
pour
le
befoin,
Ilre
chercha
avec
attention
quel
tr
roir
convenoit
à
chaque
plante]
réfolut
de
faire
part
anx
homni.
de
ces
découvertes
,
perfuit
qu’en
reconnoiffance
d’un
tel
bien
fait,
ils
lui
rendroïent
des
how
neurs
divins,
Ses
vertus
&
fa
putation
étant
venues
à
la
co
noïflance
de
Rhéa,
fa
belle-mert.
cette
femme
en
conçut
de
la
hais
contre
Ammon,
&
elle
réfolurts
fe
faifir
de
Bacchus.
Mais,
18
pouvant
venir
à
bout,
elle
fe
para
de
foñ
mari.
Étant
retolt
née
chez
les
Titans
,
fes
frerés,
elle
époufa
nn
d’entr'eux
,
appels
Saturne.
Celui-ci,
à
la
perfualol
de
fa
femme
,
déclara
la
guérréà
Ammon
>
&t
le
vainquir
en
batallte
rangée,
Ï
alla
enfuite
à
Nyfe
artaqutt
Bacchus
avec
une
grande
armé
Maïs,
Bacchus
ayant
appris
k
défaite
de
fon
pere,
&
fçachail
que
lès
Titans
venoient
le
con
battre,
leva
une
armée
dans
Ny
fe.
Elle
étoir
compofée
fur
toutt.
deux
cens
hommes
,
qui
ayant
ét
nourris
avec
le
jeune
Prince,
li
portoient
une
véritable
affection,
&
qui
de
plus
étoient
d’un
courts
ge
extraordinaire,
Outre
cela,
ll
appella
des
contrées
voifines,
8.
Africains
&
les
Amazones.
O1
dit
que
celles-ci
furent
portées!
cette
guerte
parles
avis
de
Mr
nerve,
qui
avoit
choifi
le
méêr
genre
de
vie,
&
qui
avoit
eñ
braflé,
comme
elles,
la
virginit
&t
le
métier
des
armes.
Bacchus
s'étant
mis
à
La
tête
dés
B
A
hommes
,
&
Minerve
à
[a
crête
des
femmes,
ils
tombérent
tous
enfemble
fur
l'armée
des
Titans.
Be
combat
fut
fanglant,
&cil.y
eut
un
prand
carnage
de
part
&
d'autre,
Mais
enfin,
Saturne
fur
bleflé,
&
Bacchus
gagna
la
ba-
taille:
Les
Titans
s'enfuirent
dans
les
païs,
qu'ils
avoient
conquis
fur
Ammon,
Bacchus
s’en
retour-
na
à
Nyfe,
avec
un
srand
nom-
bre
de
prifonniers.
Peu
après,
les
ayant
fair
aflembler
&
entourer
par
fes
foldats,
il
rappella
hante-
ment
devant
eux
tous
les
crimes
des
Titans,
&
donna
lieu
à
ces
captifs
de
croire
qu'il
les
alloit
tous
condamner
à
la
mott;
mais,
il
leur
fic
grace,
&
leur
laifla
la
liberté.
de
s'en
retourner
,
ou
de
l'äccompagner
à
la
guerre.
Ils
s’at-
tachérent
tous
à
lui;
&
en
recon-
noïflance
de
ce
qu'il
les
avoit
Épargnés
contre
leur
attente,
ils
l'adorérent
comme
un
dieu,
En-
fuite,
Bacchus,
les
ayant
appel-
lés
l'unaprès
l’autre,
&
leur
ayant
donné
du
vin,
les
fit
jurer
qu'ils
le
ferviroient
fidélement
contre
les
Titans
;
&.
qu'ils
combattroient
pour
lui
jufqu’à
la
fin
de
leur
vie.
Comme
ces
foldats
furent
nom-
més
Hypofpondes
;
c'eft-à-dire,qui
fe
font
engagés
par
des
libations,
les
defcendans
de
Bacchus
appel-
lérent
fpondes
ou
ibations
;
les
traités
conclus
avec
l’ennemi.
Bacchus
ayant
fait
fortir
fes
troupes
de
la
ville
de
Nyfe
dans
le
déffein
d'aller
combattre
Sa
turne
,
on
dit
qu'Ariftée,
{on
gou-
verneur
,
lui
offrit
un
facrifice.,
&
que
ce
fut
lui
qui
donna
à
fon
/
égard
le
premier
exemple
de
cet
B
A
|
honneur
exceflif.
On
raconte
au
ff
que.
Bacchus
mit
dans
fon
armée
les
Silènés
,
qui
étoient
les
plus
nobles
des
Nyféens.
Ayant
tra=
verfée,
àla
tête
de
fes
troupes,
plufeurs
pais
,
qui
manquoient
abfolument
d'eau
,
&
quantiré
d'autres
qui
éroient
déferts
&
in
cultes
,
1l
afhégea
enfin
Zabirne,
ville
d'Afrique.
Il
tua
devant
cette
place
un
monftre
né
de
la
terre,
qui
s’appelloit
Campé,
&
qui
avoit
dévoré
beaucoup
d'hab:
tans.
Cet
exploir
le
mit
en
grande
réputation
parmi
eux.
Voulant
en
laïfler
la
mémoire
dans
le
pais,
1l
fit
élever
fur
le
Corps
:de
cette
bête
un
grand
terire,
qui
fubffta
long-tems.
:
Ï
alla
enfuite
à
la
rencontre
des
Titans.
Il
eut
foin
que
fon
armée
ne
commit
aucun
défordre
dans
fa
marche,
&
fe
montra
doux
&c
affable
à
tont
le
monde.
Il
déclara
même
qu'il
n'avoit
entrepris
cette
expédiuon
que
dans
le
deffein
de
punir
les
méchans
&
de
répandre
fes
bienfaits
fur
le
genre
humain.
Les
Africains
admirant
la
difci-
pline,
qu'il
maintenoit
parmi
fes
foldats
,
&
charmés
de
fa
magha-
nimité
,
fournirent
abondamment
des
vivres
à
fon
armée
&
je
fui-
virent
avec
joie,
Cependant,
les
troupes
de
Bacchus
approchant
toujours
de
la
ville
des
Ammo-
niens
,
Saturne
lui
livra
bataille
devant
cette
place
:
mais
;
ayant
eu
du
deflous
,
il
commanda
qu’on
y
mit
le
feu
pendant
la
nuic,
dans
le
deflein
de
détrnire
entièrement
là
maïifon
paternelle
de
Bacchus.
Enfüite
,emmenant
avec
lui
Rhéa,
fa
femme
,
&
quelques-uns
de
fes
80
B
A.
re
à
amis,
1labandonna
la
ville
&
s’en:
fit.
%
.Ce
fut
alors
que
Bacchus
fit
voir
qu'il-agifioit
par
des
princi-
pes
fort
différens
de
ceux
de
fes
en-
nemis
;
Car
,
ayant
fait
prifon-
niers
;
peu
de
tems
après,
Satur-
ne
&
Rhéa
,
non
feulement
il
leur
pardonna
à
caufe
de
la
pa-
renté
qui
étoit
entr'eux
;
mais,
il
les
pria
de
vouloir
le
regarder
-
comme
leur
fils,
&
même
d’ac-
cepter
les
marques
d'honneur
&
d'attachement,
qu'il
avoit
deflein.
de
leur
donner.
Rhéa
l’aima
toute
fa
vie,
comme
s'il
eût
été
fon
fils;
mais,
Saturne
ne
lui
pardonna
ja-
mais
fincérement.
Dans
ce
tems-
à
,
Saturne
eut
un
fils
appellé
Ju-
piter,
à
qui
Bacchus
porta
toujours
beaucoup
de
refpeét,
&
quienfin
devint
le
maître
du
monde
par
fa
vertu.
:
On
dit
qu'avantle
combat,
les
Africains
aflurérent
à
Bacchus,
que
dans
le
tems
qu'Ammon
fur
chaflé
de
fon
royaume,
il
avoit
prédit
que
fon
fils,
ayant
récou-
vréles
États
de
fon
pere
&
éten-
du
fa
domination
par
toute
la
ter-
re,
feroit
mis
enfin
au
rang
des
dieux.
Bacchns
,
ajoûrant
foi
à
cette
prédiction
,
bâtit
une
ville
&
un
temple
à
fon
pere.
Il
l'ado-
ra
comme
un
dieu,
&c
établit
des
Prêtres,
qui
devoient
rendre
fes
oracles.
La
flatue
d’'Ammon.,
qu'on
plaça
dans
ce
temple,
avoit
une
tête
de
bélier
,
parce
que.ce
Prince
portoit
au
combaf
un
caf-
que
orné
de
cette
figure.
Quel-
ques
-uns
prétendent
cependant
qu'il
avoit
naturellement
deux
cornes
à
la
tête,
&
que
fon
fils
feigna
aux
Égyptiens
la
culturel
Et
Bacchus
lui
reflembloit
en
ch!
Bacchus
fut
le
premier
,
qui
co
fulta
l’oracle
de
fon
pere
fur
ki
entreprifes.
On
dit
que
fon
pe
lui
prédit
qu'il
acquerroit
lim
mortalité
par
fes
bienfaits
enverlis
homme:.
Cette
réponfe
lui
ayaïh
élevé
le
cœur
,
il
entra
d'abus
avec
fon
armée
dans
l'Égyptell
ÿ
établit
pour
roi
Jupiter,
fl
Saturne
&
de
Rhéa
,
&
lui
don
Olympe
pour
gouverneur,
Jupi
ter,
ayant
appris
fous
celui-ci
vertu
&
les
belles
lettres;
en
il
furnommé
Olympien.
Bacchuse
la
vigne
&
de
tous
Les
fruits,
cons
me
1l.
l’avoit
enfeignée
aux
aut
nations.
…
AE
Sa
réputation
s'étant
répand
par
tout
,
aucun
peuple
nofili
réfifter
;
mais,
ils
fe
foumiti
tous
à
[ni
volontairement
,
&IM
ofirirent
des
facrifices.
Il
parc
rut
ainfi
toute
la
terre,
plant
des
vignes
dans
toutes
les
pi
vinces
;
&
comblant
tous
les
hoï
mes
de
bienfaits,
[l
reçut
deal
les
mêmes
actions
de
graces
Gtki
êmes
hc
et,
dl
mêmes
honneurs.
En
efter,
0
Diodore
de
Sicile
,
\les
dit
peuples
ont
des
opinions
difiéréts
tes
fur
Je
fujet
des
dieux
&
deshés
:r0s
mis
au
rang
des
dieux,
mais
ils
conviennent
tous
de
l'immofs
talité
de
Bacchus,
parce
qu'ils
répandu
également
fes
breni
fur
les
Grecs
&
fur
les
Barbaïti
Ïl
a
même
enfeigné,
continté
!
même.
Auteur,
à
ceux
qui
ab
tent
des
contrées
fauvages
&
pt
propres
à
la
vigne
,
à
farci
breuvage
d'orge,
qui
n'eft
glé
moins
agréable
que
le
vin.
Bacchis
air
dut
TE
és
:
|
B
A
Bacchus
;
après
avoir
porté
fes
.atmes
jufques
dans
les
Indes
,
re-
.
A
LA
vint
-promptetment
du
côté
de
la
Méditerranée;
car,
les
Titans
:
ayant
ramailé
leurs
forces,
éroienc
venus
dans
l'ile
de
Créte
pour
attaquer
Ammôn.
Jupiter
envoya
des
foldats
Égyptiens
au
fecours
de
ce
Prince;
&
la
guerre
s’allu=<
Mant
de
plus
en
plus
dans
certe
ifle
,
Bacchus,
Minerve
&
quel-
ques
autres
Dieux
ÿ
accoururent,
…
Ïl
fe
donna
là
une
grande
bataille,
qui
fut
gagnée
par
le
parti
de
-
Bacchus
,
&
où
tous
les
Titans
furent
tués.
‘Cependant,
Ammon
&
Bacchus
ayant
pañlé
de
cette
vie
humaine
au
féjour
des
dieux,
Jupiter
regna
far
tout
le
monde
;
d'autant
plus
que
la
deftrudion
des
Tirans
l’avoit
délivré
des
{enls
Ennernis,
qui
euflent
ofé
lui
en
difputer
l'Empire.
Voilà
les
AC
tions
,
que
les
Africains
attribuent
à
Bacchus
,
fils
d'Ammon
&
d’'A-
malthée,
Nous
n'avons
prefque
fait
que
copier
Diodore
de
icile
,
dans
cé
que
nous
venons
de
dire,
com-
me
nous
en
avons
déjà
prévenu
le
Leéteur.
Nous
lui
laiflons
le
foin
de
décider,
sil
faut
diftinguer
tous
ces
Bacchus.
Nous
ne
nous
per-
Mettrons
qu'une
feule
réflexion
;
c'eft
qu'il
nous
femble
apperce-
voit
beaucoup
d'identité
dans
ce
QUE
nous
avons
raconté,
Nous
ajoûterons
que
M.
l'abbé
Banier,
que
nOUS
nous
faifons
un
devoir
de
füivre
,
pour
l'ordinaire
,
dans
l'explication
des
fables
.
aflure
qu'il
faut
reconnoitre
plufienrs
Bac-
chus.
Les
Grecs
ayant
Zom.
FI.
ajoûté
plu-
B
A
ÊE
_fieurs
fables
à
tés
de
Bac-
chus,
il
ét
néceflaire
de
les
ex=
pliquer.
Lorfque
Diodore
de
Sici-
le
&
Plutarque
difent
que
Bac-
chus
defcendit
aux
enfers
pour
en
retirer
fa
mere;
il
ÿ
a
apparence
qu'ils
ont
voulu
nous
parler
de
quelque
évocation
,
qu'il
fit
de
l'ombre
de
Sémelé,
où
plutôt
de
fon
apothéofe,
l'ayant
,
pour
ain
dire,
retirée
des
enfers
pour
la
.
placer
dans
le
ciel,
où
elle
fut
mife
au
nombre
des
déefles
,
fous
le
nom
de
Thyoné,
Paufanias
dit
_
que
Bacchus
defcendit
aux
enfers
;
près
du
lac
Alcyonien,
qui
écoit
aux
environs
de
Lerne
;
qu’un
cer-
tain
Polymnus
lui
en
avoit
mon-
tré
le
chemin,
parce
qu'apparem-
ment
Bacchus
l'employa
pour
fai-
re
l'évocation
ou
l’apothéofe
de
fa
mere.
D'autres
Auteurs
ajoûtent
*
avec
Ovide,
que
Bacchus
chan-
gea
en
dauphins
les
mariniers,
qui
avoient
voulu
l'enlever.
Cette
à-
ble
n’a
d’antre
fondement
;
que
l'aventure
qui
arriva
à
quelques
marchands
Phéniciens
>
qui,
por-
tant
du
vin
en
Italie
»
firent
nau-
frage
;
où
plutôr,
f
nous
en
croyons
Bochart,
parce
que
ces
marchands,
qui
étoient
Tyriens,
avoient
{ur
leur
vaiflean
la
figure
d’un
poiflon
de
mer
»
nommé
/zr-
Jo
,
marfouin,
dont
le
nom
ref-
fembloit
au
leur
;
ce
qui:
donna
lieu
de
dire
qu'ils
avoiene
été
changés
en
dauphins
;
fur
quoi,
il
eft
bon
de
remarquer
que
les
Poë-
tes
rapprochoient
dans
l’hifloire
d'une
même
perfonne,
des
évé-
nemens
arrivés
en
des
tems
bien
LA
2
{
éloignés,
82
BA
.
Le
Poëte,
qu’on
vient
de
nom-
mer,
dit
auffi
que
Bacchus
chan-
gea
en
chauve-fouris
les
Minéides,
parce
qu'elles
avoient
travaillé
le
jour
de
fa
fête.
C'eft
qu’apparem-
ment
quelques
filles
confrdérables
de
Thébes
ayant
fait
paroître
leur
mépris
pour
le
culte
de
Bacchus,
on
en
fit
une
exacte
recherche,
&
que
n'ayant
pu
les
trouver,
ou
piutôt
les
Prêtres
les
ayant
fait
périr
fecrétement
,
on
publia
que
/Bacchus
les
avoit
changées
en
ces
oïfeaux
,-qui
fe
cachent
avec
tant
de
foin.
ee
Ces
prétendus
châtimens
de
Penthée
,
des
Mariniers
,
des
Mi-
héides
&
de
Lycurgue
firent
paf
fer
Bacchus
pour
une
divinité
fort
vindicative
;
@
les
Prêtres
ne
fañquoient
pas
de
faire
valoir
ces
hiftoires
,
pour
rendre
fon
culte
plus
refpeétable,
On
donnoit
à
Bacchus
plutieurs
noms,
tirés
des
lieux,
où
il
étoit
honoré
,
ou
des
cérémonies
de
fon
culre
,
ou
de
quelque
autre
cr-
conftance.
Il
y
a
beaucoup
d’ap-
parence
qu'on
ne
lui
donna
le
nom
de
Bacchus
,.
qu’à
caufe
des
pleurs
&
des
hurlemens
des
Bacchanres.
Nous
n'expliquerons
pas
ici
les
noms
de
Bimater,
de
Bromius,
de
Liber
,
de
Eénéus,
de
Bifor-
mis,
&
autres,
parce
que
chacun
de
ces
noms
a
fon
article
particu-
:
Ber.
Nousajoûterons
feulement,
à
Ja
fin
de
cerarticle,
les
noms
qui
lui
étoient
propres
en
Gréce,
&
que
Paufamias
nous
a
confervés.
-
La
panthèfe
étoit
confacrée
à
Bacchus,
où
parce
que
cet
animal
eft
ford
chaud,
ce
qui
convient
au
vin,
Ou
parce
que
Bacchus
BA
étant
l'Ofiris
des
Égyptiens,
éroit
le
fymbole
du
foleil,
la
thère
marquoit
par
fes
caché
étoiles
,
comme
l'ont
penféqe
ques
Auteurs
;
ou
plutôr,
à
di
que
ce
héros
portoit
la
peau
dt.
animal,
fuivant
lufage
de
cle
Cien
terms.
On
le
repréfentoit
quelqu
comme
un
jeune
homme,
fl
marquer
la
joie
des
feftins
;q
quefois
comme
un
vieillard,
pl
nous
apprendre
que
le
vin,l.
fans
modération,
ufe
la
fant
nous
rend
,
comme
les
vieilan
incapables
de
garder
aueun
ft
La
pie
lui
étoit
confacrée,}l
ce
que
dans
les
triomphes,
fl
il
étroit
l'inventeur
,
on
avoith
mifhon
de
parler
avec
uneli
ce
effrénée,
&
d’infulter
aux
vainqueurs,
en
leur
1}
chant
leurs
défauts,
comme
tone
nous
l'apprend
à
loccafioi.
triomphe
de
Céfar.
SR
C'eft
ainfi
que
les
Épypi
avoient
allégorifé
cetre
hill
C'étoit
leur
génie;
&
toute
Théologie
étoit
remplie
delf
boles
femblables.
Mais,
les
Gi
qui
ne
l’entendoient
pas,
&e
ne
vouloient
pas
voir
que
{ll
qu’on
racontoit
de
Bacchusi
rapport
au
vin
ou
an
foleil,
8
ce
dieu
étoit
le
fymbole,
3
voient,
pour
l'expliquer;
ül
tre
reource
que
leurs
fables’
difoient,
par
exemple,
quo
donnoit
des
cornes
,
par@
Cérès,
dont
Jupiter
avoit
dd
étoit
accouchée
d’un
enfatt”
la
figure
d'un
taureau
;
qu'i
a
couronné
de
figuier
,
parce
qÂ
nymphe
Syca,
dont
le
nom
BA
dire
un
figuier
|
&
dont
Bacchus
“Éétoit
amoureux;
avoit
été
changée
en
cet
arbre,
C’eft
par
la
même
raifon
qu'ils
publioient
que
la
vi-
gne
&t
le
lierre
lui
étoient
confa-
crés,
parce
que
la
nymphe
Sta-
phile
&
le
jeune
Ciflon
avoient
été
métamorphofés
en
ces
plan-
:
tes
;
ainf
des
autres,
Nous
n'avons
pas
defein
d’ex-
pliquer
toutes
les
figures
,
les
bas-
reliéfs
&
les
pierres
gravées,
qui
nous
reftent
de
Bacchus.
Il
y
a
peu
de
divinités
payennes,
dont
le
tems
ait
confervé
un
plus
grand
nombre
de
repréfentations
;
&
on
peut
confulter,
à
ce
fujet,
les
An-
tiquaires
,
@&c
fur
tout
D,
Bernard
de
Montfaucon,
qui
les
a
raflem-
blées,
Mais,
comme
il
y
ena
qui,
par
les
fymboles
qu'elles
portent,
fervent
infiniment
à
éclaircir
Phif
toire
de
ce
dieu,
il
eft
bon
d’en
dire
un
mot,
Îl
eft
ordinairement
repréfenté
comme
un
jeune
homme
fans
barbe
,
quoiqu'il
y
ait
aufh
le
Bacchus
barbu
,
fonvent
même
comme
un
enfant
conronné
de
lierre
ou
de
pampre.
Et
il
eft,
fe-
lon
Pline
,
le
premier
des
dieux,
qui
ait
porté
une
couronne
,
tenant
le
thyrfe
d’une
main,
de
l’autre
des
grappes
de
raifin,
&
quel-
quefois
une
corne,
qui
étoit
un
vale
à
boire,
Un
beau
vafe
de
terre,
donné
par
Spon,
nous
repré-
ente
Mercure,
donnant
le
jeune
Bacchus
à
une
nymphe
,
que
cet
Auteur
croitêtre
Leucothée.
Mais,
comment
pouvoir
deviner
,
à
cau-
fe
de
la
variété
qui
regne
dans
les
Anciens,
à
l'égard
de
l'éducation
de
ce
dieu
?
Il
eft
vrai
que
Lucien
B
A_
dit
qué
Bacchus,
après
fa
naif-
fance
;
fur
porté
par
Mercure
à
Nyle,
pour
être
élevé
par
la
nymphe
du
lieu;
mais,
il
y
a
d'autres
Anciens
,
qui
aflurent
qu'il
fut
élevé
à
Mélatis
on
dans
l'ile
d'Eubée
,
ou
à
Naxe.
Quélquelois
on
le
repréfente
nu
,
quelquefois
les
épaules
cou-
vertes
d'une
peau
de
panthère,
&
quelquefois
fur
les
épaules
du
Pan,
ou
entre
les
bras
de
Silène;
qui,
füivant
Nicandre
de
Colo-
Phon,
étoit
{on
pere
nourricier.
On
le
voit
encore
aflis
fur
un
globe
célefte
couvert
d'étoiles;
&
c'eft
alors
le
Soleil
où
Ofris
,
aufli-bien
que
,
quand
il
paroît
avec
des
fléches,
qui
marquent
les
rayons
de
cet
aftre,
ainf
qu'on
le
voit
fur
une
médaille
de
Maro
née
,
ville
bâtie
;
felon
Diodore
de
Sicile,
par
ce
Maron
compa=
gnon
d'Ofris.
ee
Les
fymboles
qui
accompa=
gnent
le
plus
ordinairement
les
f.
gures
de
ce
dieu
,
font
le
thyrfe,
le
lierre
,
le
pampre
,
des
grappes
de
raifin,
la
peau
de
chevre,
ou
de
léopard,
on
de
panthère,
ou
de
lion,
La
figure
de
Bacchus
,
farnom.
mé
Éfymnéte
,
que
Béger
dit
être
fur
une
pierre
gravée,
&
M,
.
Vaillant
furune
médaille
;
renfer-
me
un
trait
d'hifloire
,
qu'il
ne
faut
pas
omettre.
On
lit,
dans
Paufanias,
que
les
Grecs,
après
Ja
prife
de
Troyes,
ayant
partagé
les
déponilles,
Eurypyle
eut
dans
fon
lot
un
coffre,
dans
lequel
étoit
üné
flatue
de
Bacchus,
de
la
main
de
Vulcain,
que
Jupiter
avoit
donnée
à
Dardanus:;
&
qu'Eury-
1er
=
84
B
A
se
ayant
ouvert
le
coffre,
&,.
jetté
les
yeux
fur
cette
ftatue,
étoit
devenu
furieux.
Dans
un
de
ces
momens
d'intervalle,
que
la
fureur
lui
laïfloit,
il
alla
confal-
ter
oracle
de
Delphes
,
qui
lui.
répondit
qu'il
devoit
s'arrêter
dans
un
lieu,
où
il
trouveroit
des
gens
prêts
à
offrir
un
facrifñice
barbare,
y
dépoferle
coffre,
&
y
établir
fon
domicile.
Eurypyle
,
de
retour
dans
l'endroit
où
étoit
fon
vaif-
feau
,
fe
rembarque
,
&
fe
laiant
aller
au
gré
des
vents,
ilaborde
à
la
côte
de
Patra
,
où
étant
def-
cendu
à
terre,
dans
le
tems
qu'on
alloit
immoler
un
jeune
garçon
&
une
jeune
fille
à
Diane
Friclara
;
fuivant
la
coûtume
du
païs,
il
fe
.
Préfenta
avec
fon
coffre.
Ceux
du
pais,
perfuadés
qu'il
y
avoit
de-
dans
quelque
divinité
,
interrom-
pirent
le
facrifice,
&
reçurent
ce
Prince
,
qui
fe
trouva
dans
ce
moment
guéri
de
fa
folie.
Eury-
pylefixa
là
fa
demeure
;
&,
après
fa
mort,
les
habicans
du
païs
lui
rendirent
de
grands
honneurs
,
&
_
Célébrérent
rous
les
ans
l’anniver-
faire
de
fes
funérailles.
Ils
inftitué-
rent
aufh
une
fête
annuelle
en:
Fhonneur
du
dieu
,
qui
éroit
ren-
férmé
dans
ce
coffre
,
qu'ils
nom-
mérent
Bacchns
Éfymnéte.
Parmi
les
monumens
,
qui
nous
reftent
de
Bacchus,
les
plus
beaux
font
ceux
;
qui
repréfentent
fon
fariage
avec
Ariadne
,
que
Fhé-
fée
avoit
abandonnée
dans
lifle
de
Naxe.
Cecte
cérémonie
eft
gravée
fur
une
pierre
ineftimable,
:
qu’on
nomme
le
cachet
de
Michel-
()
Pauf,
pag.
520.
-
BA
Ange
,
qui
eft
dans
le
cabinll
Roi,
&
quia
été
define
grand
par
M,
le
Haï.
Mai
bas-rehef
de
la
vigne
Mon
repréfente
encore
plus
en
dé
cetre
cérémonie.
Sur
un
chatilk
par
des
Centaures,
font
Bat
&
Ariadne
;
le
corrége,
quk
fuit,
eft
magnifique.
D'abord
voit
des
joueurs
de
flûtes
&
tymbales
,
de
l’un
&
de
lat
fexe,
qui
paroiflent
à
la
té
la
troupe;
un
éléphant
qui,
après,
défigne
la
conquét
Indes.
Il
eit
ceint
d’un
nik
comme
les
viimes
deftinés
facrifices.
Silène
,
monté
fil
âne,
&
ivre
à
fon
ordinaire,
enfuite
accompagné
de
Faunél.
Satyres
&
de
Nymphes,
i
pe
tent
des
pots,
des
vaiflel.
boire
,des
pampres
;
des
gra}
de
raifin
&
des
thyrfes.
:
Les
deux
monumens,
quil
préfentenr
le
triomphe
dl
dieu
;
après
la
conquête
dsl
des
;
font
auf
magnifiques
b
dieu
y
paroït
fur
un
char
tt
par
des
lions
ou
des
panthèrés.
On
remarque
que
les
Si
furent
les
feuls
;
qui
ne
voili
point
reconnoître
Bacchus,
dl
que
c’étoit
une
chofe
ridicuketh
dorer
un
dieu,
qui
rendoit
leshi.
mes
infenfés
&
furieux.
à
BACCHUS
AcraToPhol
Bacchus
Acratophorus
;
An
Axparopapoc,
(a)
avoit
un
ti
à
Phigalie.
Le
bas
de
f
f#
étoit
tellement
couvert
de
fall
.
.
à
de
lierre
&
de
laurier,
quoi!
le
pouvoit
voir.
Les
partié{
B
À
étojent
vifibles,
étoient
enlumi-
|
nées
de
vermillon.
:
ee
_
BACCHUS
AnTaéus,
Bac-
chus
Antheus,
Auvvoos
Aybeuc,
(a)
On
voyoit
une
ftatue
de
Bacchus
.
Anthéus
à
Patra.
Elle
étoit
placée
dans
un
lieu
facré,
fitné
près
du
théatre,
&
qui
ayoit
appartenu
anciennement
à
une
femme
de
la
ville.
Il
y
avoit
au
même
lieu
deux
autres
ftatues
de
Bacchus,
l'une
de
Bacchus,
Méfadéus
,
l’au-
tre
de
Bacchus
Aréus.
Toutes
ces
ftatues
tiroient
leurs
noms
de
dif-
_férentes
villes
d'Achaïe.
Le
jour
_
de
la
fête
du
dieu
,
on
les
portoit
dans
le
temple
de
Bacchus
Éfym-
néte,
qui
étoit
à
l'extrémité
de
la
ville-baffe
fur
le
bord
de
la
mer
&
à
la
droite
du
chemin
par
où
lon
venoit
de
la
place.
BACCHUS
ARËus,
Bacchus
Areus
,
Auérvrcs
A'pevc.
Voyez
Particle
qui
précéde.
BACCHUS
AxrTEs
,
Bac-
chus
Axites
|
Aiéruece
À'Etryc,
(2)
étoit
honoré
par
les
hahitans
-d'Hérée
,
ville
d’Arcadie.
Ils
|
avoient
même
deux
temples
de
Bacchus,
l’un
de
Bacchus
Axitès,
l'autre
de
Bacchus
Politès,
fans
compter
une
chapelle
,
où
ils
cé-
lébroïent
les
Orgies
en
l'honneur
du
dieu.
On
voyoit
cette
chapel-
Je,
auffi-bien
que
les
deux
tem-
-ples,
fur
les
bords
de
VAlphée
,
qui-arrofoit
les
murs
de
la
ville.
BACCHUS
CapmÉen,
Bac-
cChus
Cadmeus,
Aifyveoe
Kad
uslos
(c)
Les
Thébains
afluroient
que,
lorfque
Sémelé
fut
frappée
dela
Pauf.
=
GE
DE
Pere
€)
Pauf.
p,
560.
BA
se
foudre
;
il
tomba
en
même
tems
du
ciel
un
morceau
de
bois
,
que
Polydore
enchafla
dans
du
bron-
ze,
&
qu'il
nomma
Bacchus
Cad-
méen.
re
-
BACCHUS
CALYDONIEN
,
Bacchus
Calydonius
;
(d)
Aicn
cos
Kanvd'owyies.
Ce
dieu
avoit
untem-
ple
à
Patra,
dans
le
quartier
où
{e
trouvoit
le
théatre.
Il
étoit
fur-
nommé
Calydonien
;
parce
que
fa
flatue
avoit
été
zpportée
de
Galydon.
-
BACCHUS
CÉPHALLEN
,
(e)
Bacchus
Cephallen
,
Aires
Ke-
_.gérwr.
Des
pêcheurs
de
Méthym-
ne,
ayant
jetté
leurs
filets
dans
la
mer
,
en
retirérent
une
tête
faite
de
bois
d’olivier,
Cette
tête
ref-
fembloit
affez
à
celle
d’un
dieu,
mais
d'un
dieu
étranger
&
incon-
nu
aux
Grecs.
Les
Méth;y;mnéens,
voulant
{çavoir
fi
c’étoit
la
tête
de
quelque
héros
ou
d’une
divinité,
envoyérent.confulter
la
Pythie,
qui
leur
ordonna
de
révérer
Bac-
chns
Céphallen.
Gardant
donc
cette
tête,
ils
en
firent
l’objet
de
leur
culte
;
mais,
en
même
tems,ils
en
envoyérent
une
copie
à
Del-
phes.
Et
c’étoit
cette
tête
de
bron-
ze
,
que
l’on
voyoit
après
la
ftatue
de
Scyllis.
BACCHUS
CHANTANT,
Pac-
chus
canens
,
Aiérvros
Menréuerses
(f)
EH
fat
ainfi
furnommé,
dit
Paufanias,
par
la
même
raïifon,
que
l’on
appelloit
Apollon
le
chef
&
le
conduéteur
des
Mufes.
Bac-
chus
chantant
étoit
honoré
par
les
Athéniens
,
qui
lui
ayoient
(d)
Pauf,
pag.
437.
(e)
Pauf,
p,
642.
(f)
Pauf,
p.
4,
60.
=
Hi
’
nt
86
B
A
Confacré
un
lieu
partculiet
de
leur
ville.
Il
létoit
auf
par
ceux
d'Acharna
de
la
tribu
Œnéide.
…
BACCHUS
Cissus,
Bacchus
Ciffus
;
Aicrusoc
Kiccoc.
(a)
Bac-
chus
Ciflus;
où
Bacchus
dieu
du
herre
,
c'eft
la
même
chofe.
Il:
étoit
adoré
fous
cé
nom
par
les
habitans
d’Acharna;
&
cela,
par-
ce
que
ce
lieu
étoit
le
premier
canton
de
l’Attique,
où
l’on
eût
vu
du
lerre:
:
BACCHUS
CoLonATE,
(4)
Bacchus
Colonata
,
Afsrvece
Ko-
auvdra.
Îl
y
avoit
à
Sparte
une
éminence
,
appellée
Colona
;
où
étoit
un
ternple
de
Bacchus
Co-
lonate.
Ce
temple
tenoit
prefque
à
un
bois
,
que
les
Spartiates
avoiènt
confacré
à
ce
hé
+
qui
eut
l'honneur
de
conduire
Éacchus
dans
leur
ville.
Ces
femmes
me-
me,
qu'ils
appelloient
Dionyfa-
«des
&
Leucippides
;
facrifioient
à
ce
héros
,
avant
que
de
facrifier
à
Bacchus.
Outre
ces
Prêtrefles
,
il
Y
avoit
on7e
autres
femmes,
qui
fe
nommoient
auffi
Dionyfades
,
&
qui,
tous
les
ans,
difputoient
le
prix
de
la
courfe
entr'elles,
‘
füivantune
coûtume
qui
leur
avoit
“été
fugpérée
par
l'oracle
de
Del.
hes.
-
BACCHUS
Crésius,
Pac-
‘chus
Crefeus
3
Aires
Kpurice.
(:)
On
voyoïtà
Argos
un
temple
‘de
Bacchus
furnommé
Créfius.
La
haine
de
Bacchus
contre
Per-
fée
ayant
pris
fin
avec
la
guerre,
qu'ils
s'étoient
faite,
les
Aïgiens
difoient
que
leurs
ancêtres
décer-
(a)
Pauf,
p.
60.
(b)
Pauf,
p.
185.
{c)
Pauf,
p.
128,
fait
la
dédicace
de
la
flatue
de
-
BA
nérent
à
ce
dieu
de
grands
fon
neurs,
&
lui
bâtirent
ce
rempk,
qui
eut
depuis
le
furnom
de
Cr
fus,
ou
le
Crétois
;
parce
qu,
Bacchus
choïfit
ce
lieu
pourlafs
pulture
d’Ariadne,
En
effet,
Let
céas
racontoit
que
,
lorfque
tt.
temple
fut
réparé,
on
y
trou
uné
urne
de
terre,
qui
renfermil,
les
cendres
d'Ariadne,
Paufans
affure
que
Leucéas
même
&
plu
fieurs
Ârpiens
avoient
vu
clt
urne.
è
EF
BACCHUS
Dasvirius,
\
=
#
=
Fs
Bacchus
Dafyllius
;-Aiciuces
Mb
evaalce.
Ce
dieu
étoit
honoré
fus
ce
nom
à
Mégare.
On
voyill
dans
cette
ville
un
temple
qüilik
étoit
confacré.
On
prétend
qu.
c’étoit
Euchénor,
fils
de
Coral
&
petit-fils
de
Polyidus,
qui
ati
Bacchus
Dafvilius.
BACCHUS
Écorozus,
(}
Bacchus
Ægobolus
;
Ar,
A'ryobcree,
avoitun
temple
à
Pot.
nes.
Voici
la
raifon
de
ce
furntl.
de
Bacchus.
Un
jour
que
les
Por.
niens
facrifioient
à
Bacchus
,
si
tant
enivrés,
ils
portérent
l'inle
lence
jufqu’à
tuer
le
Prêtre
“dieu.
Auf-tôt
frappés
de
la
pli
ils
envoyérent
confulter
Forack
dont
[a
réponfe
fut
que,
pour
4,
païfer
Bacchus
,
il
falloit
lui
im.
moler
ün
jeune
garçon,
qui
el
atteint
l’âge
de
puberté,
Mais,
dit
que
peu
d'années
après,
le
dél,
lui-même
fubltitua
une
chevi
la
place
du
jeune
homme
;
qu
alloïent
égorger
;
de
-
là
vit
k
e)
Pauf,
p,
554
|
(d)
Pauf.
p.
8r,
(
B
À
farnom
d’Égobolus.
BACCHUS
ÉSYMNÉTE,
(4)
Bacchus.
Æfÿymnetes
;
Aréyuss
A'ivuurpruc
,
recevoit
les
honneurs
divins
à
Patra.
[l'a
déjà
été
parlé
ci-deffus
de
Bacchus.
Éfyimnéte.
Nous
ajoûterons
ici,
que
le
peuple
choïfifloit,
parmi
les
plus
honnêtes
gens
de
la
ville,
neuf
hommes
àr
autant
de
femmes
,
pour
être
les
minifires
de
{on
culte,
Sa
fête
fe
célébroit
tous
les
ans
;
&
la
nuit,
:
RE
,
A
di
qui
la
précédoit
,
le
prêtre
du
dieu
apportoit
le
coffre,
dans
lequel
on
gardoit
fa
ftatue,
&
la
tiroit
de
ce
coffre.
On
pratiquoit
enfuite
la
cérémonie
fuivante.
Tousles
en-
fans
du
pais
fe
rendoient
fur
le
bord
du
fleuve
Milichus,
couron-
nés
d'épices
de
bled,
&
dans
l'ap-
pareil
de
ces
viétimes
que
l'on
im-
moloit
à
Diane
;
mais,
du
tems
de
Paufanias
,
ils
dépofoient
{eule:
ment
leurs
couronnes
aux
pieds
de
la
déefle.
Enfuite,
ils
fe
la-
voient
dans
l’eau
du
fleuve
,
re-
prenoient
des
couronnes
de
lierre,
&
s’en
alloient
au
temple
de
Bac-
‘chus
Éfymnéte.
BACCHUS
D'ÉLEUTHÈRE
,
Bacchus
:
Éleutherens
,
Arbrusce
B'reufepede,
(b)
Ce
furnom
de
Bac.
chus
fignifie
Libérateur.
Il
étoit
honoré
à
Athènes
fous
cette
dé-
nomination.
Îl
y
avoit
un
temple,
qui
n'étoit
pas
fort
grand,
&
où
l'on
portoït
la
flatue
du
dieu
tous
les
ans
à
certains
jours.
Elle
étoit
d'or
&
d'ivoire
|
de
la
façon
d'Alcrmène,
Îl
y
avoit
dans
l’Attique
une
(a)
Pauf,
p.436
CB)
Pauf.
pag.
34,
S4s
72e
Ce)
Pauf,
pag.
453,
B
A
87
ville
du
nom
d'Éleuthère;
&
c'e
de-là
que
Bacchus
prit
le
nom
.
d'Éleuthère.
Les
habitans
de
cette
:
ville
avoient
un
temple
dédié
à
ce
dieu
;
dont
la
ftatue
avoit
été
tranfportée
à
Athènes
;
car,
celle
qui
fe
voyoit
à
Éleuthère,
du
tems
de
Paufanias,
n’étoit
qu'une
copie
de
l’autre.
BACCHUS
LAMPTER,
Bac-
chus
Lampter,
Arovvre,
Aaumripe
(c)
Le
temple
de
Bacchus
Lamp-
ter
fe
voyoit
à
Pellène
vis-a-vis
du
bois
confacré
à
Diane
confer-
vatrice.
Ce
dieu
étoit
ainfi
fur
nominé
à
caufe
des
illuminations
que
l’on
faïfoit
à
fa
fêre
;
&
l’on
appelloit
cette
fête
Lampteria.
En
effet,
on
allumoit,
durant
la
nuit,
un
grand
nombre
de
flambeaux
;
&
le
vin
couloit
dans
toutes
les
rues.
BACCHUS
-
LEUCYANITE
,
Bacchus
Leucyanitas.,
Aicrures
Asuxværiraæc,
(d)
Ce
dieu
fut
ainfi
furnommé
de
la
rivière
de
Leu-
cyanias
,
fur
les
bords
de
laquelle,
on
lui
avoit
bâti
un
temple.
BACCHUS
Evsius,
Bacchus
Lyfius
;
Aidivoos
Avis.
(e)
A
Corinthe
dans
la
place
publique,
il
y
avoit
plufieurs
temples,
où,
entr'autres
ftatues,
on
en
remar=
quoit
deux
de
Bacchus
en
bois,
toutes
deux
dorées,
excepté
le
vi-
fage
,
qui
étoit
peint
de
vermil-
lon.
On
nommoit
l’une
Bacchus
Lyfus,
l’autre
Baccheius,
Voici
à
quelle
occafion
elles
avoient
été
confacrées.
On
dit
que
Penthée
fe
déchaina
infolemment.
contre
çd)
Pauf.
pag.
385.
(e)
Pauf,
pag.
88,
89, 98:
566,
|
Fi
88
B
A
Bacchus
,
&
qu'après
plufeurs
marques
de
méptis
,
il
voulut
fça-
voir
ce
qui
fe
pañloit
dans
les
my
tères
,
que
les
Bacchantes
célé-
broïent
en
l'honneur
du
dieu
;
que
pour
cela
,
il
monta
fur
un
arbre
du
mont
Cithéron,
&
qu'il
dé-
couvrit
tout.
Mais,
les
Bacchan-
tes
l'ayant
apperçu
s’en
vengérent
&
le
mirent
en
pièces.
On
ajoûte
que
loracle
avertit
les
Corin-
thiens
de
chercher
l'arbre
où
Pen-
taée
étoit
monté
,
&
quand
ils
l'auroient
trouvé
,
de.
l’honorer
comme
le
dieu
même.
Ce
fut
alors
qu'ils
confacrérent
à
Bac-
chüus
nos
deux
flatues
,
faites
du.
bois
de
cet
arbrelämême.
On
voyoità
Thébes,
près
du
théatre
,
un
temple
de
Bacchus
furnommé
Lyfus
,
parce
que
des
Thraces
ayant
emmené
quelques
Thébains
captifs
,
lorfqu'ils
furent
atrivés
au
pais
des
Haliartiens
,
le
dieu
fit
tomber
les
chaînes
des
Thébains,
&
endormitles
Thra-
ces
;
ce
qui
donna
aux
prifonniers
le
moyen
de
tuer
leurs
gardes
&
de
regagner
Thébes.
Dans
ce
temple,
outre
la
ftatue
de
Bac-
chus
,
on
en
voyoïit
une
,
que
les
Thébains
difoient
être
de
Séme:
lé
;
mais,
on
n’ouvroit
le
temple
que
certains
jours
de
l’année,
_BACCHUS
MéÉranéeis,
(a)
Bacchus
Melanægis,
Aisruoos
Me
aarayié.
Îl
y
avoir
à
Hermioné
un
temple,
dédié
à
Bacchus
Mé-
lanégis.
Le
dieu
y
étoit
repré-
fenté
en
bronze,
appuyant
un
de
fes
pieds
fur
un
dauphin.
Tous
les
(a)
Pauf,
pag.
157.
(6)
Pauf.
pag,
542.
(c)
Pauf,
p.75.
Det
2.
B
A
ans
,
on
célébroit
en
fon
home
des
jeux
publics.
Les
mufñdn,
les
nageurs
&
les
rameurs
y
di
putoient
le
prix
entr'eux.
:
BACCHUS
Mésapeus,
Bi
chus
Mefadeus
,
Aiovoco
Mae
d'evc,
Voyez
Bacchus
Anthéns
-
BACCHUS
ze
MYSTÉRIEU,
Bacchus
Myfles,
Ardrucoc
Murs
()
Sur
le
chemin
de
Tégéi,
Argos,
on
trouvoit
un
temple
dl
Bacchus,
furnommé
le
Myle.
TX
Fat
rieux.
Ë
BACCHUS
Nycrérius,
(Ni
Bacchus
Nyékelius,
ArvocceNit
Tele,
avoit
un
temple
à
Mépat.
Ce
temple
étoit
fur
le
chemise
qui
conduifoit
du
bois
facré
deluh
AA
PURE
Le
.
Pitér
à
une
citadelle,
nommé&lh
Carie.
Bacchus
Nyétélius
well
dire
Bacchus
le
noëturne
,
ouqih
aime
à
veiller,
du
mot
Grecwi
PUMTIC
;
nOX
,
ns
,
la
nt
BACCHUS
Parroës,
Pitt
chus
Patrois,
Aéyvcos
Uarrie
(&)
Bacchus
Patroüs
,
recevoitlas
honneurs
divins
à
Mégare.
Oil
voyoit
dans
cette
ville
la
{tatuedi
Bacchus
Patroüs,
avec
un
rempii
dédié
au
dieu.
“2540
BACCHUS
Pozrrës
,
Ba
chus
Polites
;
Arrucos
Uni
Voyez
Axitès..
ë
BACCHUS
Psrias,
Bach
Phlas,
Dicwcos
Visas.
(e)
Ds
habitans
d'Amycle
_honoroïl
particulièrement
Bacchus
Pfls
Ts
lui
donnoïent
ce
furnom
pl
une
raïfon
aflez
ingénieufe
;
cal,
Pfila,
en
langage
Dorien,
fist
fie
la
pointe
de
l'aile
d’un
oifel
(4)
Pauf,
p.
$r.
Ce)
Pauf.
p,
199.
B
A
Or,
il
femble
que
l'homme
foit
emporté
&
foûcenu
par
une
poin-
te
de
vin
,
comme
un
oïfeau
dans
l'air
par
les
ailes.
BACCHUS
SxoTEs
,
Pac-
chus
Saotes,
Auvvros
Sewrus.
(2)
C'eft
comme
qui
diroit
Bacchus
le
Sauveur.
Ïl
y
avoit
à
Troëzène
un
autel
de
Bacchus
Saotès.
Cet
autel
lui
avoit.été
dédié
en
confe-
quence
d’un
certain
oracle,
Pau-
fanias
parle
ailleurs
d’un
temple
‘confacré
à
Bacchus
Saotès,
où
le
_dien
étoit
en
bois
&
aflis.
BACCHUS
,
Bacchus,
Aucru=
co
,
(D)
ticre
d’un
dialogue
de
Lu-
cien.
C’eft
l’entreprife
de
Bacchus
contre
les
Fndes
,
que
ce
héros,
felon
Lucien,
ft
malgré
la
raillerie
desuns,&
la
compaflon
des
autres,
qui
croyoient
qu'il
feroit
écrafé
par
les
éléphans
,
quand
mêmeil
échapperoit
à
la
fureur
des
ar-
mes
;-car
,
fon
armée
n'étoit
com-
pofée
que
de
femmes
,
éprifes
d'une
fureur
divine,
qui,
au
lieu
de
boucliers,
portoient
des
tam-
bours
&r
des
cymbales
;
pour
lan-
ces
ou
javelots,
des
bâtons
éntor-
tillés
de
lierre
;
au
lieu.
d'armet,
des
girlandes
du
même
arbre;
&
pour
harnoïs
,
des
peaux
de
bi-
ches
&
de
Panthères,
Elles
étoient
füivies
d’une
tronpe
de
Satvres,
qui
ne
faifoient
que
fauter
&
dan-
fer,
comme
de
jeunes
chevréaux,
dont
ils
avoienc
la
queue
&
les
cornes.
&
Bacchus
étoit
auffi
cornu,
mais
fans
barbe
,
vêtu
de
pourpre
avec
des
brodequins
dorés
&
des
pam-
pres
chargés
de
raifins
,
entrelaffés
(#)
Paul.
pag,
144,
158
TZ
;
BA
89
parmi
fes
trefles.
Il
éroit
monté
fur
un
char
trainé
par
des
tigres,
qui
étoit
tout
ce
quil
y
avoit
d'efroyable.
Ses
deux
lieutenans
étoient
;
l’un
un
petit
vieillard
ca-
mus
,
tout
tremblant
,
vêtu
de
jaune,
avec
de
grandes
oreilles
droites,
&
nn
gros
ventre,
monté
la
plüparc
du
tems
fur
un.
âne,
ou,
a
fon
défaut,
appuyé
fur
un
bâton,
mais
du
refte
grand
capi-
taine
;
l’autre,
un
Satyre
commu,
avec
des
cuifles
velues
,
la
barbe
&
les
pieds
de
bouc,
qui
tenoit
de
fa
main
gauche
une
flûte,
&
de
l’autre
un
bâton
courbé,
&
cou-
roit
par
tout
le
camp
en
fautant
&
danfant,
&
faifant
grand
peur
aux
femmes
;
car,
il
étoit
prompt
&
colère.
Etlorfqu'il
s'approchot,
elles
couroïiert
toutes
échevelées,
criant
éyoheé
,
comme
le
recon=
noiflant
pour
maître,
Cependant,
ces.
enragées,
entre
leurs
autres
exploits,
mettoient
en
piéces
les
troupeaux,
&
en
mangeoient
la
chair
crue.
Les
Indiens,
voyant
unf
gro
_tefque
équipage
;
plus
propre
à
un
balet
,
quà
un
appareil
de
guerre,
dédaignérent
d’abord
de
prendre
les
armes
,
&
voulurent
envoyer
leurs
femmes
pour
les
combatre,
de
peur
de
ternir
leur
valeur
par
une
mdigné
viétoire.
Mais,
lorfqw'ils
eurent
appris
que
cette
armée
,
quoique
ridicule,
mettoit
le
feu
par
tout,
ils
s'ar-
mérent
en
hâte;
&
montant
{ur
leurs
éléphans,
ils
vinrent,
pleins
de
rage
&
de
dépit,
rencontrer
ces
boute-feux.
Quand
ils
furent
3
@)
Lucian.
Tom,Il.
pag.
509.
d
Jege
90
BA
en
préfence
,
ils
fe
rangérent
en
bataille
,
couvrant
d’éléphans
le
front
de
leurs
troupes.
“Bacchus
rangea
aufli
fon
armée
,
&
mit
Silène
à
la
droite,
qui
étoic
ce
gros
camus
,
dont
nous
avons
parlé,
&
Pan.
à
la
gauche,
Pour
lui,
il
fe
plaça
au
milieu
5
Après:
:
avoir
répandu
par
tont
les
Saty-
res
,
comme
autant
d'officiers
&
de
capitaines,
&
donné
pour
mot
évohe.
Aufh-tôt,
les
Bacchantes
fonnérent
la
charge
avec
leurs
petits
tambours
&
leurs
cymba-
les
;
&
un
Satyre
ayant
entonné
un
cor,
l’äne
de
Silène
commen-
ça
à
braire
fi
terriblement
,
qu’ai-
dé
du
heurlement
des
Bacchantes,
qui
découvrirent
alors
le
fer
de
leurs.
thyrfes
&
les
ferpens,,
dont
elles
étoient
ceintes.,
il
fit
prendre
la
fuite
aux
Indiens
8e
à
à
lbs
6
élé-
phans
,
avant
qu'ils
fuffenc
à
la
portée
du
Javelot.
[ls
fürent
donc
défaits
&t
affujettis,
ayant
appris
à
leurs
dépens,
qu'ilne
faut
ja-
mais
méprifer
fon
ennemi.
(a)
Il
ÿ
a
un
autre
dialopue
de
Lucien,
qui
eft
intitulé,
Dialogue
d
Apollon
€
de
Bacchus.
C'eft
un
des
dialogues
des
dieux.
:
BACCHYLIDE
,
Bacchylides,
Baxyvaiane,
(8)
poëte
Grec,
qui
naquit
à
Julis
dans
Pifle
de
Céos.
Il
fut
par
conféquent
compatriote
de
Simonide
,
dont
il
étoit
même
ke
neveu.
Suidas
le
dit
fils
de
Mé-
don
&
petit-fils
de
l'athléte
Bac-
chylide.
Mais
;
le
Gyraldi
prétend
que
dans
le
Lexicogriphe
,
il
faut
{&)
Lucian.
Tom.
I.
p»
177.-@
feq.
(b)
Suid,
Tom.
I.
pag,
529.
Strabon.
pag.
486.
Roll.
Hift,
Anc.
Tom.
I.
pag,
340
Tom,
VI,
pag.
142,
Mém..
B
A
lire
Milon,
au
lieu
de
Médon,
il
allégue
pour
garants
les
Scholafn
tes
de
Pindare,
qui
n'en
difent
rien,
&
un
vers
Grec
,
quil
m
cite
Ports
&
dont
il
ne
nomme.
point
l’Auteur.
Sur
ce
pied-R,,il.
faudroit
l'en
croire
fur
fa
paroles
mais,
c'eft
ce
qu'on
n'ofe
exists
des
Leéteurs.
La
chronique
d'Ede.
fébe
place
Bacchylide
dans
la
83%
Olympiade,
puis
dans
la
87e;
&
ces
deux
dates
n’ont
rien
d'incom.
patible
,
puifque
ne
comprenai
à
que
l’efpace
de
vinge-quatre
ask
rien
n'empêche
qheice
Poëte
n'at
pu
fleurir
encore
fort
au
dé-là
il
s'établit
dans
le
Péloponnèfe,
&
y
compofa
la
plüpart
de
fes
où
vrages,
felon
Plutarque.
Il
écrit
en
dialeGte
Dorique
,
ainf
que
foà
oncle
&
Pindare
,
fon
contempo:
|
rain
&
fon
rival.
È
Ils
chantérent
l’un
&
lPautrels,
victoires
d'Hiéron
,
remporté
|
pute
IRLERIPEE
dans
les}
Jeux
publics
de
la
Gréce;!
&c
peut-être
les
poëfies
de
Bas
chylide
plurent
-elles
afez
à
dl
Prince,
pour
excxer
la
jaloufe
de
Pride
Celui-ci
ne'put
s’en
taie
Îlen
marqua
fon
mécontentemeith
dans
une
de
fes
odes
an
|
où
il
défigne
fon
rival
,
fans
Kk
nommer
,
&
s'efforce
de
1
décrigt
|
auprès
d'
ère
comme
l’oblerk
ve
le
Schokhaîte.
Si]
en-faut
croltl
le
Gyraldi;
Porphyrion,
l'ancit
commentateur
d'Horace
,
ant
que
l’ode
de
celti-ci,
Paflor
cl
traheret
per
freta
navibus
,
8
où
il
fait
prédire
par
le
dieu
Ne
de
PAcad,
des
Tifeuipe,
&
Bell,
Lei
Tom.
HI.
pag.
378,
279.
Tom.
V
pas,
158,
ia
202.
&'
fniv.
To
XI,
pe
259,20
fuiu.
BA
rée
à
Pâris
les
malheurs
de
Troyes,
n'eft
qu’une
imitation
de
celle;
où
Bacchylide
mettoit
les
mêmes
prédictions
dans
la
bouche
de
Caf-
fandre.
Mais
,
c’eft
de
quoi
l’on
ne
trouve
pas
un
mot
aujourd’hui
dans
ce
vieux
Scholiafte
Larin,
Ammien
Marcellin
témoigne
que
les
vers
de
ce
poëte
Grec
faifoient
les
délices
de
l’empereur
Julien,
.&
qu'il
eh
citoit
fouvent
un
pafla-
ge
,
où
Bacchylide
,
en
louanr
un
habile
peintre
,
qui
fçait
embellir
Un
portrait,
compare
cet
arc
avec
à
pudeur
,
qui
jetre
un
nouvel
éclat
fur
la
vie
héroïque
d'un
Grand-homme.
H
ne
nous
refle
que
quelques
fragmens
des
poëlies
de
Bacchyli-
de,
qui
étoient
de
plus
d'une
ef-
pèce
;
quoique
renfermées,
pour
la
plüparc
dans
le
genre
Lyrique.
Îl'avoit
compofé
;
r.°
Des
vers
amoureux;
2.°
Des
odes
fur
les
victoires
des
Athlétes;
3.9
Des
profodies
;
4.°
Des
dithyrambes;
5°
Des
hymnes;
6.°
Des
péans;
7.°
Des
hyporchemes;
8.9
Des
parthénies.
11
faut
confulter,
{ur
tous
ces
ouvrages
,
la
bibliothèque
Grecque
de
M,
Fabricius.
Il
rele-
ve
une
méprife
du
Gyraldi,
qui,
fur
la
foi
d'Élien,
nous
parle
de
trois
autres
Bacchylides
,
l’un
Athénien,
les
deux
autres
Arca-
.
Giens
;
au
lieu
que
cet
hiftorien
*
“Grec
ne
dit
rien
de
ces
trois
Bac-
chylides
,
faifant
mention
feule-
ment
de
trois
hommes,
nommés.
Bakides
,
parmi
lefquels
il
y
en
avoit
un
d'Athènes,
&
un
autre
(a)
Cæf.
de
Bell.
Gall,
L.
221,
“être
qu'une
VI,
pag.
|
()
Maccab.
L.H.
c:
12
v:
35.
B
À
“0T
d'Arcadie;
mais,
on
trouve
dans
Suidas
un
fecond
Bacchylide,
poëte
originaire
d'Opunte
,
&
que
le
poëte
comique
Platon
range
parmi
les
Sophiftes,
que
celui-ci
jJouoit
dans
une
de
fes
piéces.
BACCON.
Voyez
Bacon.
BACCONIQUES,
nom
que
l'on
donnoit
à
certains
vaifleaux
-
à
mettre
fur
la
table.
C'étoit
par-
ce
que
l’on
y
fervoit
du
porc,
appellé
anciennement
Bacon,
ou
Baccon.
…
te
_—.
BACENIS
,
Bacenis
,
(a)
nom
d'une
forêr
de
Germanie,
qui
{-
paroit
les
Chérufques
des
Suèves.
Selon
Céfar
,
c'étoit
une
forêt
d'une
grandeur
immenfe,
qui
s’é-
tendoit
fort
avant
dans
le
pais
,
&
qui
fervoit
de
barrière
naturelle
entre
les
Chérufques
&
les
Suë
ves,
pour
arrêter
les
hoftilités
na-
turelles
de
ces
deux
peuples.
C'é-
toit
à
l'entrée
de
cette
forêt,
que
les
Suèves
fe
retirérent
à
l'appro-
che
de
Céfar,
qui
avoit
pañlé
le
Rhin.
-
La
ficuation
de
cette
forêt,
la
fuite
des
Suèves,
qu'un
Géogra-
phe
moderne
dit
être
les
mêmes
ue
les
Cattes
,
qui
s'éloignent
du
hin
de
plus
en
plus;
tout
cela
fait
voir
que
cette
forêt
ne
peut
aue
de
la
forêt,
nommée
aujourd'hui
le
Hartz,
qui
s'étend
encore
à
préfent
très-
loin
,
quoiqu'on
en
ait
détruitune
très-
grande
partie.
:
.
BACENOR
,
Pacenor
,
(b)
Baxirup;
avoit
parmies
gens
un
certain
cavalier
,
nommé
Dof-
+
A
92
BA
thée,
qui
étoit
un
vaillant
homme.
BACHIE,
Bachium
,
(a)
ifle
de
la
mer
Égée
fur
les
côtes
de
PAñe
Mineure.
Elle
eit
appellée
Bachine
dans
Pline;
&
ce
Géo-
Fu
la
met
auprès
de
Smyrne,
ite-Live,
quila
nomme
Bachie,
dit
qu’elle
commandoit
Phocée,
_
Comme
les
Romains,
lan
190
avant
J.C.,
avoient
deflein
d’al-
ler
à
Phocée,
ils
vinrent
mouil-
ler
à
Bachie;
&
après
avoir
pillé
les
temples
,
qu'ils
avoient
refpec-
tés
d’abord,
&
en
avoir
enlevé
les
ftatues,
qui
étoient
très-belles
&
en
grand
nombre
dans
cette
ile
,
ils
s’approchérent
de
la
ville
même
,
dans
le
deffein
de
lui
don-
ner
l'affaut.
Mais,
jugeant
que
fans
le
fecours
des
ouvrages
&
des
travaux
,
il
leur
feroit
impof-
fible
de
l'emporter
avec
leurs
feu-
Jes
armes
&
leurs
échelles,
fur
tout
depuis
qu'un
renfort
de
trois
mille
hommes,
envoyé
par
An-
tiochus,
y
étoit
entré;
ils
aban-
donnérent
aufli-tôt
ce
projet,
&
ra-
menérent
leurs
vaifleaux,
bornant
toute
leur
expédition
au
pillage
des
terres
,
qui
étoient
au
tour
de
la
ville.
BACHIQUE.
Voyez
Bacchi-
ue.
BACHOR
,
Bachor,
ou
Ba-
CHORE
,;
Bachora
,
(b):qu’on
nomme
aufli
Chorame
,
eftla
mê-
me
chofe
que
Bahurim.
Voyez
Ba-
hurim.
CAE
TRE
RENTRER
B
À
BACHTAN
,
Bachtan,
nome
d’une
pierre
,
que
les
Ifmaëlitesis
c'eft-a-dire,
les
Arabes
adoroiente
comme
une
idole
de
Vénus.
Ilsdes
foient
qu'Agar
avoit
conçu
ffinatlh
fur
cette
pierre,
ou
bien
qu'Abta
»
ham
y
aitacha
fon
chameau,|
quand
il
voulut
Gcriñer
Ifaac,
Où
k
y
avoit
reprefenté
la
forme
d'un
tête.
ca
BACIS
,
Pacis,
Béue,
(c)
fs
meux
Athléte,
qui
étoit
de
Træ,
zène,
Il
fe
diftingua
particulière.
ment
à
la
lutte;
ce
qui
lui
mérite
l'honneur
d’une
fatue
à
Olympik
Cette
ftatue
étoit
un
ouvrage,
Naucydés.
A:
BACIS
,
Bacis,
Sue,
(d)!
célebre
Devin,
qui
naquit
en
Beo:k
tie.
On
ditque
ce
Devin
,
infpitl
+
!
parles
Nymphes,
fit
diverfes
pré
Ë
didions
à
plufieurs
peuples
dehh
Gréce,
&
fur
tout
celle-ci,
a
fujet
du
retour
des
Mefféniens:
|
Sparte
alors
expofte
à
de
facheut|
L:
TeVers
-
ë
pe
RER
F
F
Verra
d'un.
œil
jaloux
Mefst
triomphantes
Paufanias
affure
que
Bacis
avoit}
prédit
non
feulement
le
fiége
di.
ra,
mais
même
la
manière
doit,
elle
feroit
prife
;
témoin
ce
vers!
La
tempête
&
les
vents
contre
Ii
conjures.
Bacis
avoit
auf
prédit
l'xrup*|
:
z
VAT
tion
des
Perfes
en
Gréce:
Iln'étolt,
(a)
Plin.
L:
L
pag.
287.
Tit.
Liv.
L,
}
pag.
267,
632.
:
eg.
Cicer.
de
Divinat
|
XXXVIL.
€,
21.
(&)
Jofeph,
de
Antiq,
Judaic.
pag.
230.
(c)
Pauf.
pag.
359.
(42
Suid,
Tom,
[,
pag.
528,
Pauf,
=
L.
I,
c,
34.
Mém.
de
l’Acad.
des
Infcrin,
&
Bell.
Lett.
Tom.
XII.
pag:
17%)
Tom,
XIX.
pag.
160.
Tom.
XX,
pag.
192
B
À
pas
moins
célebre
par
fes
opéra-
tions
inerveilleufes
,
que
par
fes
prédictions.
Îl
guérit
par
des
pu-
tifications
les
femmes
Lacédémo-
ennes,
qu'une
efpèce
de
manie
avoit
faifies,
Le
fiécle
de
Bacis
nous
eft
in-
connu.
Ses
prédictions
formoient:
un
recueil,
qui
portoit
fon
nom.
On
ne
peut
douter
que
ce
recueil
ne
fût
déjà
célebre
au
tems
d'Hé-
rodote,
puifque
cet
Hiflorien
en
fapporte
quelques
oracles,
qu'il
applique
à
des
événemens
de
la
guerre
de
Xerxès.
M.
Fréret
ne
croit
pourtant
pas
qu'il
fût
beau-
coup
plus
ancien
,
puufquon
y
voit
le
nom
des
Perfes,
qui
n'a
pu
être
connu
des
Grecs,
que
de-
puis
la
conquête
de
la
Lydie
par
.
Cyrus,
&
dont
Efchyle,
contem-
potain
de
Darins,
eft
probable-
ment
le
premier
,
qui
fe
foit
fervi.
Sa
tragédie
eft
poflérieure
à
l’an
510,
Ë
à
la
bataille
de
Marathon.
BACIS
,
Bacis
,
Béus,
(a)
nom
d'un
taureau,
qui
étoit
con-
facré
an
Soleil.
On
ladoroit
à
Hermonthi
,
ville
d'Égypte;
&
felon
Macrobe
,
il
changeoiït
de
couleur
à
chaque
heure
du
jour.Son
poil
croïfloit
en
haut
,
enforte
qu'il
étoit
toujours
hériflé
contre
la
coûtume
des
autres
animaux.
BACON
,
oz
Baccow,
(4)
terme
,
qui
fgnifoit
un
porc
en-
granlé,
ee.
dénomination
fe
trouve
dans
le
teflament
de
Léo-
debode
,
abbé
de
Fleuri
&
dans
les
donations
de
Saint
Didier,
évêque
d'Auxerre
,
à
fa
cathédra-
(4)
Antiq.
expl,
Montf.
T,
II.
p,
309.
(5)
Mém,
de
Acad,
des
Infcrip.
&
B
A
05
le,
qui
font
des
piéces
du
com
mencement
du
feptième
fiécle.
Le
grand
nombre
de
citations
du
Gloffaireau
mot
Baco,
pourroïent
faire
remonter
jufqu’à
cetre
haute
antiquité,
la
coûtume
fuivant
la
quelle
le
clergé
de
léglife
de
Paris
étoit
autrefois
nourri
de
porc,
à
certaines
folemnités.
Parmi
les
ti-
tres
dü
chapitre
de
Notre-Dame,
il
y
en
a
un
qui
fait
menrion
des
redevances,
dites
de
carribus
por-
cinis
;
&
c'eft
peut-être
à
ces
re-
devances,
qu'il
faut
rapporter
l’o-
rigine
de
Ja
foire
des
jambons,
qui
,
de
tems
immémorial,
{e
tient
chaque
année
un
des
jours
de
la
Semaine
fainte
au
parvis
de
l'élite
de
Notre-Dame,
Au
refte,
le
goût
des
Germains
&t.
des
Francs
pour
Ja
chair
de
porc
n'exclut
pas
l’ufage
des
autres
viandes.
La
loi
Salique
fait
men-
tion
de
vaches
@
de
veaux
,
de
brebis
&
d’apneaux.
Clotate
I,
fe
rendant
les
Saxons
tributaires,
voulut
que
chaque
année,
ils
ame-
naffent
au
fifc
cinq
cens
vaches
;
&
ce
tribut
fut
exaétement
payé,
jufqu'au
tems
où
Dagobert
les
en
difpenfa,
BACTAILLÉ
,
oz
Becri-
LETH
$
04
BaicTiLaiTR,
(c)
noms
communs
à
une
plaine,
fi-
tuée
dans
la
Syrie
Cafotide,
entre
Hiérapolis
&
Antioche.
Ce
fut
à
l'entrée
de
cette
plaine,
qu'Holo-
ferne-joignit
fes
troupes
qui
s’y
étoient
raffemblées.
Deé-à
à
Nini-
ve
il
n'y
avoit
que
trois
journées
de
chemin.
par
D.
Bern,
def
Bell,
Lett.
Tom.
XVII.
pag.
198,
(c)
Mém.
de
PAcad,
des
Infcrip,
&
Bell,
Leti..
Tom.
XXI,
pag.
s4.
BA
IE
ACTRES.
Battra,
-
(a)
ville
d'Afe
:
Re
de
la
Baëtriane.
Elle
porta
d'abord
le
nom
de
Zariafpe,
au
rapport
de
Strabon
&
de’Pline.
Nous
lifons
dans
Quinte
-Curfe
,
que
la
ville
de
Baëtres
étoit
fituée
au
pied
du
mone
Paropamife,
fur
les
bords
du
fleuve
BaGrus.
Mais,
Prole-
mée
veut
que
cette
ville
fût
aflife
fur
les
rives
du
fleuve
Dar-
gyde.
D'autres
prétendent
que
Zariafpe
éroir
le
nom
du
fleuve,
qui
arrofoit
Baëtres.
Strabon
&
Pline
s'expliquent
là-deflas
d'une
manière
forc
obfcure,
On
ne
fçau-
roit
diflinguer
,
d’après
leurs
ex-
prefhons,
fi
le
fleuve,
dont
les
murs
de
Baétres
étoient
baignés
,
fe
nommoit
ou
Bactrus
ou
Zariaipe.
Quoiqu'il
en
foit
,
cette
ville
étoit
très
-
confidérable
,
dès
le
tems
dei
Ninus,
fameux
roi
d’Af-
fyrie.
Enefler
,
ce
Prince,
à
qui
tant
de
conquêtes
avoit
déjà
ac-
quis
la
plus
grande
réputation
,
réfolnt
d'y
joindre
celle
de
la
Bac-
triane.
Î]
partit
de
Ninive,
avec
hne
armée
formidable
,
accom-
pagné
des
principaux
Seigneurs
de
fa
cour.
Apres
une
bataille
long-téms
difputée,
&
que
perdi-
rent
les
Badriens,
coutes
les
villes
ouvrirent
leurs
portes
à
Ninus,
Baëtres
fut
la
feule
qui
arrêta
la
rapidité
de
fes
conquêtes.
Deux
(a)
Diod,
Sicul.
pag,
pag:
68,
715
74,
S14:.516.
Plin.
T
.
Page
313
;
4
Prolem,
L,
VI,
c.
113-0
GUr
EE
CO
SES
TV,
ec:
SL:
Ve
BE
À
©
ro
Mémde
Letr:T,
III.
pag.
366
;
368,
Tom.
XVII.
pag,
PAcad.
des
Infcripr.
&
Bell.
138.
(b)
Prolem,
EL.
VI,
ç.
11.
Strabon,
66
;
67.
Strab.
PAT
B
À
chofes
contribuoient
à
relever
ke.
courage
des
habitans,
la
force
del
Ja
place,
&
la
nude
de
ce
qui
la
défendoient.
On
eut
bals
preffer
le
fiège,
il
n’avançoitaits
-très-lentement
;
&
il
ne
létot,
guere
plus
que
le
premier
jours
lorfque
Sémiramis
arriva
au
camp
Étant
allée
reconnoitre
la
pi
elle
apperçut
que
la
citadelle-ne
À
toit
gardée
que
pat
un
petit
no!)
bre
de
foldats
,
&
que
ces
foldaie
dans
le
téms
des
attaques,
accols
roient
tons
à
la
défenfe
des
polis.
les
plus
expofés.
Trop
habile
pou
ne
pas
profier
de
la
néplig
nt
à
des
ennemis,
elle
forma
le
dell
d'attaquer
la
ville
du
côté
delà
citadelle,
Un
jour
donc
qu’on
doré
noit
un
aflant,
elles
avança
ave
a
un
corps
de
troupes
,
&
n'eut
pl
de
peine
a
s'emparer
d’un
endroih.
que
la
trop
grande
confiance
dk
afhégés
avoit
laiflé
fans
défenfeu
|
Aüïnii
fut
prife
la
capitale
de
laBes
@riane.
Ninus
,
fenfible
à
un
fr.
vice
de
cette
importance,
combi.
de
préfens
cette
Princefle,
di
lui
faccéda
depuis
au
A
des
Aflyriens.
On
croit
que
la
ville
de
Babe
eft
celle
qui
prend
aujourd'hui}
nom
de
Balkh
,
à
|
|
Perfe
du
côté
de
l'Orient.
BACTRIANE,
Padriana,
(il
BaxrTpiavy,
contrée
d'Afe,
port
rxés,
r
Pi
72
5
516,
517.
Pomp.
Mel
pag
pl
«Pline
Tom
I,
pag.
313
,
354,
324441
660,
Q.
Ourt.
L,
IV.
©,
6,
12.
Eh
A
ES
2 A
me
A
Den
e
Le
VALT,
si
ES
TX."c
7
Herod.
«EL.
1:
2:
153
L
III,
c.
92.
EL,
VII.
c.
68,
86.
nr
Sicul,
pag,
606,
614;
É.
6301.
648
Dom
Vaifr,
Géog.
Hit,
Oil
?
B
A
à
l'occident
par
la
Margiane
,
au
feprentrion
par
la
Sogdiane
,
à
lorient
par
les
montagnes
,
&
au
midi
par
le
Paropaiile.
-
Cette
contrée
étoit
entreconpée
&
enfermée
de
montagnes
de
tous
côtés,
&
arrofée
d’un
nombre
de
fleuves,
tels
que
le
Dargidus,
l'Icarus,
le
Baëtrus,
le
Dargo-
manes,
le
Zariafpe’,
l’Artamis
&
l'Oxus,
dans
lequel
prefque
tons
ces
fleuves
alloient
porter
leurs
eaux.
Ptolémée
fait
mention
de
_plüfieurs
peuples,
qu'il
place
dans
_
les
divers
cantons
de
la
Ba@riane,
Les
Salatares
habitoient
au
{p-
.
tentrion
du
pais,
le
long
de
.l'Oxus.
On
trouvoit
enfuite
les
Zariafpes,
au
midi
defquels
étoient
les
Chomares
,
au-deflous
des
Sa-
latares.
Dans
le
voifinage
des
Cho-:
mares
,
il
y
avoit
les
Comes
,
puis
les
Acinaces
&
les
Tambyzes.
Aux
Zariafpes
étoient
contipus
les
Tochares
,
nation
confidérable
;
après
quoi,
on
trouvoic
les
Mary-
ces,
les
Scordes,
les
Varnes
,
les
Avadies
,
les
Orfippes
&
les
Amarifpiens.
:
Îl
y
avait,chezces
différens
peu-
ples,
quantité
de
villes.
On
trou-
voit
,
le
long
de
l’Oxus,
Chatra-
chatte,
Charifpe,
Choane
,
Suro-
gane
,
Phrati
;:&
le
long
des
au-
tres
fleuves,
Alichorde,
Choma-
te,
Curiandre,
Cuaris,
Aftacane,
Tofmuanafle,
Menapie,
Eucrati-
die,
Badtres,
capitale
du
païs,
se
»
Maracande,
Maraco-
re.
La
Baûriane
avoit
des
contrées
_&
Eccléf.
Tom.
IX,
pag,
116,
117.
Mém,
de
l'Acad.
dés
Infcript,
&
Bell,
Eett,
Tom,
IX,
Pagr
361,
362,
366,
B
A
$.
\J'une
nature
bien
différente,
En
certains
endroits,
tout
étoit
cou
verts
d'arbres
&
de
vignobles,
qui
portoient
quantité
de
fruits
&
de
vins
délicieux,
En
d’autres
la
terre
étoit
plus
grafle
&
arrofée
d'une
infinité
de
ruifleaux
,
où
étoient
ces
belles
prairies
d’une
%
longue
étendue.
Les
terres
les
plus
legéres
étoient
réfervées
pour
le
froment
,
&
les
autres
fervoient
à
nourrir
du
bétail,
Maïs,
d’un
autre
côté,
qui
contenoit
la
plus
grande
partie
du
pais
,‘ce
n'étoient
que
campagnes
de
fablons
arides
,
que
les
fécherefles
rendoïent
inhabita-
bles
,
&
où
il
ne
croifloit
aucun.
fruit.
Quand
les
vents
de
la
mer
du
Pont
y
foufoient
,
ils
empor=-
.
toient
cout
le
fable,
qui
étoit
dans
les
champs
;
&
quand
ce
fable
étoit
ramañlé
,
il
paroïfloit
de
loin
comme
de
grandes
collines,
&
l'on
ne
voyoit
plus
de
chemin;
de
façon
que
ceux
,
qui
traver-
{oient
ces
plaines
,
obfervoient
les
aftres
la
nuit
pour
drefler
leur
route,
comme
fur
la
mer.
Ang,
lon
n’y
pouvoit
voyager
de
jour,
tant
parce
qu'il
n’y
avoit
aucune
trace,
que
l’on
pô
fuivre,
qu'à
caufe
que
ces
vents
excitoient
des
vapeurs
fi
épaifles
,,
qu'on
n’y
voyoit
guere
plus
clair
de
jour
que
de
nuit.
Au
refle
,
fi
cette
tempête
furprenoit
les
paflans,
elle
les
enfeveliffoit
dans
le
fable
;
mais
,
dans
les
lieux
fertiles,
il
y
avoit
quantité
d'hommes
&
de
chevaux.
Les
Ba@riens
furent
foumis
de
&
fui,
Tom.
XVI.
pag.
243.
Tom.
XXV,
p.
17.
&'
fui.
DÉS
BA
très-bonne
heure
à
des
Rois.
Zo-
roaftre,
felon
Eufébe,
ou
Oxyar-
tes,
felon
Diodore
de
Sicile,
re-
-gnérent
dans
la
Badtriane,
&
fu-
rent
contemporains
de
Ninus,
qui
leur
fit
la
guerre,
&
leur
enleva
leur
pais.
Fous
les
Hiftoriens
con-
viennent
que
la
Baétriane
fut
fub-
juguée
d’abord
par
les
Affyriens,
&
enfuite
par
les
Perfes
fous
Cy-
tus
le
Grand.
Elle
tomba
après
cela
fous
la
puiflance
des
Grecs.
Théodore
fut
le
premier
qui
porta
le
titre
de
roi
de
la
Ba@triane,
&
:
qui
fonda
cet
Empire,
vers
lan
255
avant
J,
C.
Il
eut
des
guerres
à
foûtenir
contre
les
rois
des
Par-
thes,
qui
venoient
de
fonder,
dans
le
même
tems,
un
puiflant
royau-
me,
En
mourant,
il
laifla
fes
États
à
lhéodote
IT
fon
fils,
&
celui-ci
fat
tué
par
Enthydème
le
Magné-
fien
,
qui
fe
fit
déclarer
Roi.
Ce
dernier
eut
pour
fuccefleur
Mé-
nandre
,
fon
fils,
qui
fit
de
grandes
conquêtes
au
de-là
du
mont
Imaüs
&
dans
l'Inde,
On
prétend
qu'il
pénétra
même
jufque
chez
des
peuples
Scythes
,
que
Strabon
ap-
pelle
Svpo
&
Dour,
Après
Mé-
nandre,
les
Grecs
furent
gouver-
nés
par
Eucratidès,
qui
fut
tué
par
Eucratidès
IT
fon
fils,
dernier
roi
de
la
Baëtriane.
Ce
royaume
fut
très-floriffant
,
pendant
que
les
Grecs
en
étoient
les
maitres
;
&
il
paroït
que
ces
peuples
,
aufli-bien
que
les
Par-
thes,
leurs
voifins
,
pénétroient
fort
avant
dans
la
Scythie
&
dans
l'Inde,
&
qu'ils
avoient,
ou
étoient
à
portée
d'avoir,
une
grande
con-
noïlfance
de
tous
ces
pais.
Sous
le
reone
de
Théodote
EF,
Tirida-
K
B
À
te
,
roi
des
Parthes
,
obligé
def
devant
Séleucus,
roi
de
Syrkk
s’étoit
retiré
chez
les
Saces,
ln
Scythe
Afpafiaci
;
qui
dowal
être
les
Scythes
du
Captchac,t
tués
au
nord
de
Sihon,
&
quifois
moient
alors
un
royaume
ts
confidérable
,
que
les
Chinois
pellentKam.Kiu.
Ménandrearik
de
même
porté
la
guerre
chezlié
Scythes,
qui
habitoient
au
note
eft
du
Jaxarte.
Euthydème
&
D
métrius,
d’un
autre
côté
>
VOIES
pénétré
Jufque
dans
les
Indes,
àln
tête
de
leurs
armées.
Eucratidsh
après
avoir
foumis
plufebrsprs
vinces
voifines
,
y
étoit
auffi
enfin
dans
la
fuite.
Ces
Grecs
en
furtls
dépouillés
,
vers
lan
144
avale
Je
C:par
Müthridate
,
frere
dh
Phraate,
qui
s’étoit
avancé
juiqus
dans
le
royaume,
où
Porus
avole,
regné,
Fousces
vaftes
païs,
l'Indis
le
Khorafan
,
le
royaume
ts
Grecs,
ne
formoient
,
pour
aillh
dire,
qu'un
très-vafte
Empitis
dont
les
provinces
Les
plus
élok,
gnées
étoient
unies
par
un
COMM
merce
réciproque.
Les
peuplé
du
Khorafan,
les
Parthes
&
lens
voïfins
portoient
dans
l’Inde
&k.
produétions
de
leurs
pais,
pes
dant
que
les
Indiens
venoient
ts
fiquer
dans
le
Khorafan
&
dans
les
environs.
<
Telle
éroit
la
fituation
del
Ba@riane
,
lorfque
quelques
Nas
tions
,
qui
demeuroient
dans
l'O,
rient
,
fur
les
frontières
occide
talès
de
la
Chine,
obligées
paf
un
Prince
puiflant
d’aller
cherches
d’autres
habitations
,
arrivérells
dans
ces
provinces,
y
een
6.
=
TR
Ce
à
&
ni
À
Fe
Re
%
#
BA
le
royaume
des
Grecs,
&
don-
nérent
beaucoup
d'occupation
aux
Parthes.
Ces
nations
poffédoïient
encore
la
Baltriane
fous
les
empereurs
Adrien,
Antonin
le
Pieux
&
Va=
lerien,
Flies
en
furent
enfin
chaf-
{es
par
les
Huns,
lefquels
re-
gaoïent
dangda
Ba@triane,
du
tems
de
Ladiflas
IV,
roi
de
Hongrie,
Dans
les
commencemens,
les
mœurs
des
Ba@riens,
ainf
que
cellés
des
Sogdiens
;
ne
diférojent
pas
beaucoup
des
mœurs
des
No-
mades.Leursfoldatsétoienteltimés
les
meilleurs
du
monde
;
maïs
,
ils
étoient
bruraux
8
netenoient
rien
de
la
politefle
des
Perfes,
Comme
ils
étorent
proches
voifins
des
Scy-
thes
,
peuples
fort
belliqueux,
&
ui
ne
vivoient
que
de
larcins,
ils
étoient
tonjours
en
armes.
Ils
avoient,
comme
eux,
le
vifage
afffeux
,
la
barbe
hériflée
,;
de
longs
cheveux
pendans
&
une.
taille
énorme;
de
manière
qu'ils
firent
peur
d’abord
aux
Grecs
;
quinéanmoins
les
foumirent.
Pline
-
dit
que
les
Baëtriens
envoyérent,
land
CE
142:
des
amball.
deurs
à
lempereur
Antonin
le
Pieux.
Quelques-uns
prétendent
qu'ils
nourrifloient
exprès
des
chiens
,
pour
dévorer
ceux
,
qui
Parvenoient
à
une
extrême
vieil-
lefle,
où
qui
étoient
épuités
par
de
longues
maladies.
On
ajoûre
que
leurs
époufes
s'abandonnoient
IMmpanément
aux
étrangers.
Les
Iats
ofcient
à
peine
s'en
plain-
dre,
à
caufe
de
l'empire
qu'elles
avoient
fur
eux,
Elles
ufoient
de
Parfums,
fe
traitoient
&
s'habil-
(4)
Mém.
de
Acad,
des
Infcrip,
&Bell,
Zom,
VI,
B
A
97.
loïent
avec
magnificence.
Les
ef-
cläves
avoient
plus
de
refpe&
pour
elles
que
pour
leurs
maris.
Elles
ne
paroifloient
jamais
en
public
…
_qu'à
cheval
&
avec
un
appareil
des
plus
fomptueux,
étant
toutes
couvertes
d'or
&
de
pierres
pré-
cieufes,
La
Sogdiane
fit
anciennement
partie
de
la
Ba@riane,
Quand
les
Grecs
f
furent
emparés
de
ce
pais
,
ils
le
diviférent
en
Satra
pies
,
dont
deux,
Afpionia
&
Tu-
tiva
,
furent
détachées
par
les
Par.
thés,
comme
nons
l'avons
déjà
remarqué.
Cette
contrée
eft
repréfentée
aujourd'hui
par
la
grande
Bouka-
HE
;
Qu'on
partage
en
trois
provin=
ces
,
qui
font
celles
de
Bouckara,
de
Maruarhennar
ou
de
Samar-
kand
&
de
Balek.
Les
deux
pre
mières
appartiennent
aujourd’hui
au
Kan
de
Bouckara,
quieft
très-
puiffant,
&
qui
prétend
defcendre
de
Ginghifcan,
auffi:bien
que
les
autres
Kans
des
Usbecks
;
&
Ja
troifième
à
fon
Kan
particulier,
Les
deux
premières
provinces
,
féparées
au
midi
du
Khorafan
par
le
Gihon,
furent
conquifes
par
les
Arabes
Mofumans
au
commencement
du
huitième
fiécle
de
l'Ére
Chrétienne.
Elles
furent
enfuite
poflédées
fuccefivement
par
les
Samanides,
par
les
Kho-
warefmiens,
par
Ginghifcan
&
par
Tamerlan,
Les
Tartares
Uf-
becks
les
conquirent
enfin
en
1526
fur
la
poitérité
de
ce
der-
ner
;
&
ils
les
potiédent
encore.
(2)
M.
Fréret,
dans
fes
ob-
fervations
fur
la
Cyropédie
de
Lett.
T,
IV,
pi
606.
&
fiv.
T.
XXL.
p,
14,
G
\
8
B
À
bi.
|
,
principalement
par
»
il
n’eft
plus
parlé
des
Ba@riensi.
rappoñt
à
la
Géographie,
en
fait
»
mais
,
au
cinquième
,
on
Ih
une
fur
la
Bactriane,
quim'aparu_
»
voit
revenir
fur
la
fcène.
On
aufli
folide
que
lumineufe;
&je
»
lit
qu'après
la
première
défams
fais
bien
perfuadé
qu'elle
ne
con-
»
des
Aflyriens,
Cyrus
trouva,
—
tribuera
pas
peu
à
faciliter
l'intel-
»
parmiles
captifs,
Panthée
fem
ligence
de
certains
endroits
des
»
me
d'Abradate
roi
de
la
Sul
anciens
Auteurs.
C’eft
dans
cette
»
ne
&c
tributaire
du
roi
de
Baby
vue
que
je
placerai
ici
en
entier
»
lone.
Cet
Abradate
étoit
poil
cette
obfervation.
=
)
<
lors
en
ambaffade
à
la
courdik
»
Xénophon,
dit
M.
Fréret,
»
roi
de
la
Baëtriane,
pour
l'en.
n
parle
de
la
Ba@triane
en
plu-
»
gager
dans
le
parti
du
roi
d'Als
n
fieursendroitsdefa
Cyropédie;
».fyrie,
parce
qu'il
étoit
amillk
»
mais,
je
crois
que
le
païs,
au-
»
allié
du
roi
des
BaGriens,
Cu
»
quelil
donne
ce
nom,
neftpas
>»
Jap
à
ÉTLYXAYE
TO
TON
”.
»
celui,
que
nous
connoïflons;
»”
rpravor
Garinei
;
Ce
qui
MONS
»
&
qui
eft
à
lextrèmité
orien.
»
que
la
guerre
des
Médes
at
»
tale
de
la
Perfe,
entre
l'Oxus
»
fait
abandonner
celle
de
la
Bat
»
&
les
montagnés
de
l'Inde;
»
trianeaux
Aflyriens.
F
»_voici
mes
raifons..
»
Si
cette
Ba@riane
étoit
.
4
Ë
»
Au
livre
premier
de
la
Cy-
:
»
de
l'Oxus,onne
comprend
pal
»
ropédie,
onlit
queleroi
d'AF
»
quel
chemin
Abradate
,
rot,
»
fyrie
ayant
fobjugué
les
Ara-
»
la
Sufane,
avoit
pris
pour
»
bes
&
tous
les
peuples
de
Sy-
»
rendre
par
terre.
[nele
ce
»
rie
,
&
tenant
les
Baë@riens
»
voit
fairé
fans
traverfeg
la
Petk.
»
afliégés,
monopuir
d'exar
Bax=
»
ou
la
Médie
dans
toute
le
»
Tplouc
,
penfa
que
sil
pouvoit
»
lonpueur,
au
hazard
d’être
ais
»
foumettre
les
Médes
&
les
Per-
»
rêté
par
les
peuples
,
doit}
»
fes
,
aucune
des
nations
voifi=
»
étoit
ennemi.
Par
mer
;
ouf
.
»
nesne
lui
réffteroit:
Siles
Bac-
»
que
la
navigation
n'étoit
pl
»
triens,
dont
il
s'agitici,
étoient
»
fort
connue
alors
dans
ces
pail
»
ceux
de
l'Oxus
,
comment
Xé-
»
Orientaux
,
il
falloit
toujolih
»
nophon
pourroit-il
diré
que
le
x»
traverfer
une
grande
partie
de
»
roid'Aflyrie
les
cenoit
afégés
,
»
la
Perfe
,
ou
remonter
l'Inde
».
Toncpro
;
Car,
cette
Baltriane
»
dans
toute
{a
longueur,
&
fra
»
eftuntrès-grand
pais?
Îlne
lui
n
chir
les
montagnes
prefquif
»
auroit
pas
même
été
poñlible
»
praticables
dans
lelquellés
!
»
de
les
attaquer
,
puifqu'il
en
»
prend
fa
fource;
ce
qui
fai
(e
»
étoit
féparé
par
une
difance
de
»
voyage
fort
long
&
fort
dir,
»
trois
cens
lieues
&
par
les
états
n
gereux.
:
»
des
Médes
&
des
Perfes,
qui
»
D'ailleurs,
quelle
apparent
»
étoient
entre
la
Ba@triane
&
»
qu'Abradate
aimant
pafhonne,
»
l'Affyrie.
»
ment
fa
femme
Panthée
,
l!
»
Dans
les
trois
Livres
fnivans,
.»
laiflàt
à
la
cour
du
roi
d'Al
LC]
22]
2
»
»
»
LL
2
ED
2
2
De)
»
2
Li
»
ÿ»
3
3)
»
»
3»
?
.
y»
.
)
»
»
»
»
»
3
‘9
»
b)
3
»
»2]
b2]
3»
Li
»
»”
rie,
jèune
Prince
emporté
,
ac-
coûtumé
à
facrifier
tous
{es
in-
térêrs
à
fa
pafhon
,
&
qui
avoit!
été
amoureux
de
cetre
Princef=
fe?
N'eft-il
pas
plus
vraifem-
blable
que
Panthée
,
qui
ché-
BE
.
D
.
rifloit
tendrement
fon
mari,
qui
haïfloit
le
roi
d'Aflyrie
,
auroit
accompagné
Abradate
jufqu’à
Sufe,
capitale
de
fes
États,
&
au
travers
de
laquelle
il
devoit
pañler
néceffairement
,
quelque
chemin
qu'il
prit
,
pour
aller
dans
[a
Plndus
?
ee
z
»
Il
faut
donc
fuppofer
que
Xénophon
donne
ce
nom
à
un
autre
pais.
Le
mot
Pafler
,
d’où
l’on
a
formé
la
Baëtriane.,
fi-
a
en\
général
l'Orient,
le
evant,
ainfi
que
l’obferve
M,
d'Herbelot,
&
par
conféquent
Convient
à
tous
les
pais,
ficués
à
lorient
de
le
Perfe.
Mais,
cela
ne
réfout
pas
la
difficulté
;
Car,
les
pais
Orienraux,
à
l'é-
gard
de
la
Perfe,
feront
tou-
jouts
féparés
de
la
Syrie
par
la
Perfe
même,
qui
eft
à
lorient
de
Babylone,
&
par
conféquent
les
Aflyriens
ne
pourront
y
porter
leurs
armes
fans
traver-
fer
la
Perfe,
»
M.
Bochart
a
conje@turé
que
la
Méfopotamie
&
l'Aflyrie
étoient
divifées
en
deux
parties,
l'une
nommée
Zreb,
Occident,
en
de-ça
du
Tigre,
l’antre
ap-
pellée
Æedem
,
Orient,
au
de-là
du
même
fleuve.
Cette
conjec-
tare
,
qui
lui
fert
à
réfoudre
une
difficulté
confidérable
du
Texte
facré,
pourroit,
je
crois’,
s'em-
ployer
en
cette
occafion
;
en
è<
actriane
voifine
_de
»
__»
5)
3
»
»
2
»
2)
»
2)
»
2?
3
BA
99
fappofant
que
les
Ari
avoient
donné
ce
même
nom
de
Æedem
aux
conquêtes,
qu'ils
avoient
faices
vers
l'Orient,
&
que
l’on
comprenoit
fous
le
nom
de
Æedem
on
d'Orient,
une
partie
de
la
Syracène
&
des
montagnes
des
Cofléens
&
des
Uxiens
,
nations
belliqueufes
,
que
Pline
nomme
Populi
libere
féritatis.”
Néarque
,
cité
par
Strabon
,
affuroit
que
les
feuls
Cofléens
,
dans
une
grande
guerre
contre
les
Sufiens
&
les
Babyloniens
,
ayvoient
mis
dou-
"ze
cens
archers
en
campagne,
La
fituation
de
leur
pais
&
limpoffbilité
de
les
forcer
dans
leurs
montagnes,
les
rendoient
fi
hardis,
qu'ils
mettoient
fou-
vent
la
Perfe
à
contribution
:
&
que
les
rois
des
Parthes
étoient
contraints
de
leur
payer
un
tribut
annuel
,
pour
fe
ga-
rantir
de
leurs
incarfions
,
pen-
dant
les
voyages
qu'ils
faifoient
tous
les
ans
d'Echatane
à
Baby-
lone.
»
Les
Géographes
anciens
met-
tent
les
Cofléens
au
nombre
des
habitans
de
la
Perfe,
Kec-
céx
épos
ITepaifec,
dit
Étienne
de
Bÿzance.lls
traduifiren:
done
en
Perfan
le
nom
de
Kedem
par
celui
de
Baader,
qui
a
la
même
figniñcation.
Comme
ils
avoient
été
pendant
quelque
tems
à.
l'extrémité
orientale
de
l’em-
pire
Babylonien,
on
les
nom-
Ma,
Orientaux
ou
Baûriens,
par
la
même
raifon,
qui,
dans
la
fuite,
fit
donner
ce
nom
aux
peuples
voifins
de
l'Oxus,
à
l'extrémité
orientale
de
la
Per-
Gi
-
100
9
3
x
5
.»
3
»
3
»
»
»
?
»
3
»
3
3)
»
»
»
3
»
”
»
3
2
3)
»
»
»
5)
»
»
»
F
2)
-2
3?
»
7)
fe
,
aux
environs
du
flenve
nommé
d'abord
Zariafpe
&
Araxes
,
mais
dans
la
fuite
Baétrus
;
;
changement,
qui
afri=
va
aufit
à
la
ville
nommée
de-
puis
Padra
,
&
qui
avoit
porté
d’abord
le
nom
de
Zariafpa,
comine
le
fleuve.
Les
Perfans
modernes
nomment
cnsore
au-
jourd'hui
toutes
ces
provinces
orientales
de
leur
Empire,
Cha-
razan
;
@&
ce
nom
fignifie
feu-
lement
le
Levant.
Onfçait
que
les
Grecs
modernes
ont
donné
le
nom
d’Anatolie
à
l’Afie
mi-
neure
;
qui
étoit
Je
pais
le
plus
avancé
vers
l'Orient,
qu'ils
poflédaflent
depuis
létabliile-
ment
de
l’empire
des
Califes.
Les
Romains
avoient,
par
la
même
rafon,
dofiné
le
nom
d'Orient
à
la.
Syrie
&t
à
cette
partie
de
la
Méfoporamie,
qui
confinoit
avec
les
Parthes
&
avec
les
Arabes
,
&t
qui
étoit
par
conféquent
la
frontière
orientale
de
l’Empire.
Je
pour-
rois
montrer
,
par
un
grand
nombre
d’autres
exemples,
que
cet
nfage
de
donner
aux
nations
des
noms
tirés
de
leur
fituation,
à
l'égard
de
certains
pais
,
eft
prefqu'
univerfel;
mais,
je
ne
crois
.pas.que
cela
ait
befoin
de
preuves.
»-Ces
Cofléens
,
Mardes,
Uxiens
&
autres
peuples
monta-
gnards
de
l'Élymaide
ne
furent
jamais
bien
foumis
aux
Perfans,
ni
à
ceux
qui
avoient
regné
avant
eux
dans
ces
cantons.
Néarque,
cité
plus
haut,
aflu-
roit
qu'ils
avoient
fait
la
guerre
aux
Babyloniens
&
aux
Suñens
»
2)
:
Kara
SUYOVXe
BA
en
même
terms.
Cetrête
ven
»
parle
Xénophon;
car,
dent
létabliflement
des
Perfans
ll
Sufiane
n'a
plus
fait
une
pos
vince
féparée
de
la
Perf
les
Babyloniens
n’ont
pontélk
guerre
;
mais,
comme
e.
dans
la
füire,
le-roi
d’Aflyn
rechercher
Valliance
de
ti
mêmes
Ba@riens
,
qu'il
mi
peu
de
tems
auparavant
bloqué
—
leurs
montagnes,
il
eftül,
raifemblable
qu'il
avai
pl
=
foumettre.
:$
»
Au
refte
,
Xénophon
ml
pas
le
feul,
qui
aït
mis
des
Ba
liens
dns
le
voifinage
del
Sufiane.
Héfychins
dic{aun
Nuoæiuc
frrouc,
chevaux.
M
féens.
]
Meraëo
746
Zovs)
xal
Ts
Baurpiee
>
TÔT,
5
[
Kara
srl
dans
Suidas,
=
sh
aa
di
Phavorin
|
o7ep
Emi
ra)
Nycoc.
Entre
la
Sufrane
él
Pattriane,
1
y
a
un
lieu
,mf
mé
Rata
Stégona
ox
Kat
:
gona;
C
"efl-dà-
dire
;
en
Lang
Grecque,
L
ifle,
&c
Ilnyt
pas
d'apparence
que
Jon
à
défigné
:
un
pais,
en
difant
qui
étoirentre
la
Sufiane
&
la
Hi
triane
;
fa
défignation
feroi!
peu
vague.
J'aimerois
autant
figner
quelque
canton
de
la
Fih
ce
,
en
difanc
qu'il
eft
en
PEfpagne
&
le
Danemarck:
f
faut
donc
chercher
une
au
Ba@riane
que
celle
de
Vos)
à
ci
{oit
plus
près
de
a
1
B
A
fiane
;
@
cette
Badtriane
fera
celle
de
Xénophon.
Il
y
avoit
dans
la
Perfe
plufieurs
plaines
avec
des
haras,
dont
les
che-
vaux
étoient
nommés
My/£ens.
Il
femble
même
que
ce
nom
étoit
celui
de
cous
les
grands
pâturages
,
où
le
roi
de
Perfe
:
avoit
des
haras
établis
;
&
Héfy-
chius
parle
ici
des
haras
del'É-
lymaïde
,
auprès
de
la
Sufiane.
Pline
parle
de
la
Battriane
en
plufieurs
endroits
de
fon
ouvra-
ge;
&
filonn’expliqieunepartie
de
ce
qu'il
dit,
de
la
Bactriane
de
Xénophon,
non
feulement
il
fe
contrediroit
d'une
façon
bien
marquée
,
mais
il
ayanceroit
des
abfardités
palpables.
Il
eft
cependant
étonnant
qu'aucun
de
ceux
,
qui
ont
commenté
cet
Écrivain,
ou
qui
ont
cité
les
:
paflages
,
dont
il
s’agit
,
n'ait
fonpçonné
la
difficulté
,
qu'ils
contiennent,
»
Au
chapitre
XVI
du
fixième
Livre,
Pline
décrit
la
Ba@ria-
ne
voifine
de
l'Oxzs,
fitnée
entre
le
mont
Paropamifus
&
la
Sogdiane.
Il
en
parle
confor-
mément
au
fyftême
des
Géo-
*
graphes,
qui-n'ont
connu
que
cette
Ba@riane.
Mais,
au
cha-
pitre
XX
VIT
du
même
Livre,
ce
n'eft
plus
la
même
chofe.
Voici
de
quelle
façon
il
s’ex-
“prime:
Sufz
à
Perfico
mari
ab-
Junt
250
millia
pafluum.
Sufra-
nis
ab
oriente
funt
proximi
Cof-
fei
3
fupra-Coffeos
ad
fepten-
trionem
,
Mefobatene
[ub
monte
Cambalido
qui
eft
Caucafi
ramus.
Indè
molliffimo
tranficu
in
Bactros
;
Sufianen
ab
Ely-
»»
2.
»
»
»
3
B
A
To?
marde
diflerminat
amnis
Euleus
cortus
in
Medis,
medioque
[patio
cuniculo
conditus
,
ac
rurfas
exortus
&
per
Mefobatenen
lap-
Jus,
circuit
arcem
Suforum.
La
difiiculté
de
ce
paflage
confifte
dans
ces
mots,
zrdè
mollifffino
tranfitu
in
Baëros
;
à
quoi
les
doit-on
rapporter
?
Eff-ce
4
-Caucafi
ramus
où
à
Eulens
am-
nis
?-
Faudra-t-il
dire
que
le
mont
Cambalidus
|
qui
eft
au.
nord
de
la
Sufane,
&c
qui
eft
une
branche
du
Caucafe
,
eft
auffi
un
paflage
très-commode
pour
aller
dans
la:
Baûtriane
?
Mais,
outre
que
la
conftruétion
Latine
ne
s’accommode
pas
avec
cette
explication,
eft-1l
vraifemblable
que
Pline
fe
foit
exprimé
aufh
pen
exaftement
?
Comment
a-t-il
pu
dire
que
le
mont
Cambalidus
étoit
un
des
paffages
pour
aller
dans
la
Bac.
triane
,
dont
il
ne
s’agit
point-
là,
qui
eft
éloignée
de
l'Ély-
-imaïde
de
trois
cens
lieues
;
&
qui
en
eft
féparée
par
plufieurs
royaumes
fameux,
la
Médie,
la
Perfe,
la
Carmanie
,
la
Par-
thie
,
la
Margiane,
&c.?
Pare
donneroit-on
aujourd’hui
à
un
Écrivain
,
qui
;
parlant
de
la
Navarre
ou
du‘Béarn,
&
dé-
crivant
une
gorse
des
Pyrée-
nées,
diroit
que
c’eft-un
pafla-
ge
très-commode
pour
aller
en
‘Champagne
ou
en
Picardie,
lorfqu'il
ne
s’agiroit
point
du
tout
de
ces
provinces
?
D'’ail-
leurs
,
l’expreflion
de
Pline
fe-
roit
faufle.
Au
de-là
de
la
Mé-
fobatène
&
du
mont
Cambali-
dus.;
ii
y
a
encore
de
très-rüdes
G
ii
102
»
3»
3)
3)
22
2)
2?
>)]
2
3)
3)
»
2
3
»
=»
2»
»
2)
3)
3
22
>}
3
r2
B
À
montagnes,
de
très-vaftés
plai-
nes
défertés,
couvertes
de
fa-
ble
falé
,
&
par
conféquent
abfolument
ftériles,
qu'il
faut
traverfer
pour
aller
dans
la
Bac.
:
triane.
[1
ne
faut
que
jetter
les
yeux
fur
la
carte
pour
s’en
con-
vaincre.
Aïnfi,
il
n’y
a
point
d'apparence
que
Pline
ait
voulu
parler
en
cet
endroit
de
la
Bac-
triane
orientale
,
ou
voifine
de
l’'Oxus
;
mais
plutôt
de
la
Bac-
triane
occidentale
&
voifine
de
la
Sufiane.
On
ne
peut
même
appliquer
à
la
montagne
ces
mots
,
zadè
molliffimo
tranfitu
17
Battros,
parce
que
l'on
ne
connoïfloit
qu’un
paflage
pour
aller
dela
Sufiane
dans
la
Per-
{e
,
&
que
ce
paflage
fe
nommoit
Sufiane
portæ
;
&
non
point
les:
portes
de
La
Baéfriane.
»
Îl
ne
refte
donc
d'autre
parti
que
dé
rapporter
ces
mots
au
fleuve
Eulaus
,
&
lire:
inde
molliffimo
tranfitu
in
Bactros
Sufianen
ab
Elymaide
difiermi-
nat
amnis
Euleus
ortus
ir
Me-
dis,
medioque
[patio
cuniculo.
conditus
,
ac
rurfüs
exortus
,
per
Mefobatenen
lapfus
,
circuit
arcem
S'uforum.
»
Ce
qui
fignifiera
que
le
fleu-
ve
Exlæus,
qui
prend
fa
fource
dans
la
Médie,
fe
précipite
fous
terre
&
va
fe
remontrer
dans
cette
partie
du
mont
Cambali-
dus,
qui
eft
un
paflage
com=
mode
pour
aller
dans
la
Bac<
triane;
que
ce
fleuve
coulant
par
ce
paflage
,
fépare
la
Su-
fiane
de
PÉlymaide
;
&
après
avoir
traverfé
la
Méfobatène,
va
former
une
ifle
dans
laquelle
en
DA
2
ef
bâtie
la
citadelle
de
Si,
Suivant
cette
explication,
|.
Bactriane
fera
dans
la
Méfou
tène,
entre
l'Élymaide
&|\
Sufiane
,
dans
lés
vallées
À
mont
Cambalidus
;
&
c'eft
th
j'ai
fait
voir
qu’elle
devoitét
fuivant
le
fyflême
de
Xéw
phon.
SAR
»
Cetre
Bactriane
n'eft
pal
feul
païs
,
ne
le
nom
fe
tro.
ve
répété
en
plufieurs
endroi,
différens,
Arrien
,
dans
fon
hs
toire
d'Alexandre
donne
lens
de
Sogdiane
au
païs
voifin
dAt
belles
;
c’eft
que
le
nom
de
Sig
diane
fignifie
feulement
une
walk
le;
&
que
ce
pais,
appel
Adiabene
;
eft
en
effet
unelit,
ge
vallée,
où
coule
le
Tigre
«
»
Je
ne
fçais
fi
le
nom
dlk
Baétriane
eft
entièrement
al
dans
la
Perfe.
Un
dénombt
ment
dés
provinces
&
des
gb
vernemens
de
ce
royaume,
pli
blé
par
Oléarius
;
&
par
Sat
fon
le
Mifiionnaire,
joint
di!
Baéthianis
aux
peuples
de
l'#b
louife
on
de
la
Sufiane
,
&e
met
au
nombre
de
ces
proyir.
ces
,
dont
les
peuples
font
pli
tôt
tributaires
que
fujets,
&loil,
gouvernés
par
un
#a/5
ou
Pris
ce
de
leur
nation.
Ce
pourris
bien
être
une
nation
du
pais
dis
Louts
où
peuples
du
Louvefut.
&
du
Courdiflan
;
car,
cs.
montagnards
ne
fone
pref,
point
foumis
aux
rois
de
Perf,
Ainfi,
les
Baëtriens
de
Xeno.
phon
auroient
confervé
lei.
nom
jufqu'à
ce
jour.
-La
Bat
triane
orientale,
voifine
de
l'O
xus
,
porte
aujourd’hui
le
no
B
À.
»
de
Tochareflan
,
des
peuples
»
nommés
Tochar:
par
les
An-
g»
ciens,
&
qui
fañoient
partie
de
»
cette
Ba@riane.
Comme
ce
To-
»
chareflan
eft
depuis
long-tems
»
fous
la
domination
des
Jouz-
»
beos,
ce
ne
peut
étre
le
pais
des
»
Batthianis,
qui
font
encore
au-
»
jourd'hui
fujets
du
roi
de
Perfe.u
BACTRIÉNS,
Baérii
,
Bac-
triant
,
Baxrplor,
Baxrpraver.
C’é-
toient
les
habitans
de
la
Badtriane
ou
de
Baétres,
qui
fut
la
capitale
de
cette
province.
Voyez
Ba&ria-
ne,
Baétres.
:
-
BACTROPÉRATE,
oz
Bac-
TROPÉRETE,
nom
que
l’on
don-
noit
aux
Philofophes
par
mépris.
Îl
fignifie
un
homme
à
bâton
&
à
beface
,
étant
formé
de
Céxrpcv,
baculus
;
bâton
;
&
de
rñpa
,
pera,
poche
,
beface.
C’eft
Saint
Jérôme
qui
nous
apprend
que
l’on
donnoït
autrefois
ce
nom
aux
Phi-
lofophes.
Du
Cange
croit
qu'il
faut
dire
Ba@tropérite
,
&
que
c'é-
toient
des
voyageurs,
qui
portoient
un
bâton
&
du
vin
dans
des
ou-
tres,
ainfi
que
l'explique
Papias,
_qui
les
appelle
Ba&roperite.
BACTRUS,
Baërüs,
(a)
fleuve
d’Afie
dans
la
Ba@riane.
Il
avoit
fa
fource
au
mont
Paropa-
mife.
En
coulant
de-là
entre
les
montagnes
,
1]
arrofoit
Darapfe,
&t
recevoit
les
eaux
de
l’Icarus.
.
Après
avoir
baigné
les
murs
de
la
ville
de
Baétres,
qui
en
prit
le
nom,
il
alloit
fe
perdre
dans
l’O-
xus,
Ileft
parlé
du
Ba@rus
à
l’ar-
ticle
de
Baétres.
Voyez
Badtres.
BACULUSTP.SExrius],
P.
Ca)
Q.
Curt.
L.
VII.
c.
4.
Cart.
des
Affÿr.
&c.
par
M.
d'Anvill.
()
Diod.
Sicul,
p.
68x.
B
A.
193
Sextius
Baculus.
Voyez
‘Sextius,
:
BACURDE,
ou
Bacurpus,
PBacurdus,
nom
d'un
faux-dieu
,
qui
ne
fe
trouve
que
dans
deux
Infcriptions,
rapportées
par
Gru-
ter.
Les
voici
:
BACVRDO
SACRVM
M
ALBANVS
PATERNFVS
OPTIO-
Ha
L.
M
TT:
STE.
CONS,
BACVRDO
SACRV
M
T.
JVL.
FORTVNATVS
PROSE
ET
SVIS
V.
S.
L.
M.
.
Comme
ces
deux
Infcriptions
ont
été
prifes
à
Cologne
fur
deux
petits
autels,
&
que
ce
nom
ne
fe
trouve
point
ailleurs,
il
eft
à
croi-
re
que
ce
Bacurde
étoit
un
dieu
particulier
de
ce
pais.
BADACE
,
Badaca,
Brdare,
(2)
ville
d’Afe
dans
la
Sufane.
Elle
étoic
fituée
fur
les
rives
du
fleuve
Eulée,
Diodore
de
Sicile
nous
a
confervé
le
nom
de
cette.
ville.
C’eft
à
l’occafon
d’Antigo-
nus
,
l’un
des
lieutenans
généraux
d'Alexandre
le
Grand.
Ce
général
,
après
une
perte
confidérable
qu'il
venoit
de
fai-
re
,
fans
pouvoir
même
y
appor-
ter
aucun
reméde
,
prit
le
parti
de
reculer
du
côté
de
Badace.
Mais,
$
G
iv
I
04,
B
A
comme
cette
route
étoit
expofée
à
toutes
les
ardeurs
du
foleil,
plu-
fieurs
de
fes
foldars
tombérene
morts
;
&
le
refte
de
{on
armée
fe
laïffa
aller
au
dernier
décourage-
inent.
Cependant
,
ayant
demen-
ré
quelques
jours
dans
la
ville
de
Badace,
il
procura
à
fes
foldats
des
rafraïchifflemens,
qui
les
f-
rent
un
peu
revenir;
après
quoi,
il
jugea
à
propos
de
pañler
à
Ec-
batane
de
Médie.
_
Il
y
a
des
leçons
de
Diodore
de
Sicile
,
qui
portent
Bagade
,
au
lieu
de
Badace.
-
BADACER
,
Badacer,
(a)
Bad
exp,
capitaine
des
gardes
de
Jéhu
,
roi
d'Ifraël,
[1
fut
chargé
de
jetter
dans
le
champ
de
Na-
both
de
Jezraël,
le
corps
de
Jo-
ram,
fils
d'Achab
,
que
Jéhu
avoit
percé
d’une
fléche,
_BADAD
,
Padud,
Bopad
,
(B)
étoit
pere
d'Adad,
qui
repna
fur
le
pais
d'Édom.
BADAIAS
,
Badaïas
,
(c)
Badalx
,
un
des
enfans
des
Pré
tres,
qui,
au
retour
de
la
capti-
vité
de
Babylone
,
fe
trouvérent
avoir
pris
des
femmes
étrangères.
TI!
confentit,
comme
les
autres
a
s'en
{éparer
&
à
offrir
un
bélier
pour
fon
péché.
BADAN
,
Padan
,
Bapéx,
(a
un
de
ceux
qui
délivrérent
Ifraël
:
car
,
il
eft
dit,
au
premier
Livre
des
Rois,
que
le
Seigneur
en-
VOya
,
pour
fauver
[fraël,
divers
lhbérateurs
|
comme
Jérobaal
;
(a)
Reg.
L.
IV.
c.
o.
v.
as.
ç>
Gêne.
c,
Cs
1.
V,
46.
:
{c)
Eldr.
L,
1.-c..
10,
v.
35°
4)
JFudic,
Co
10,
V.
encore
contribué
à
Te,
12.-v.
11.
Paral.
26.
ve
35°
Paral,
EL,
TI,
{21
>
2%:
3.
Reg.
L.1I,:
B
A
AR
Badan
,
Jephté
,
Samuël.
Onfal
que
Jérobaal
eft
le
même
que
CEA
déon
;
mais,
on
ne
trouve
pas
nom
de
Badan
parmi
les
Jigak
d'Ifraël.
Les
Septante
,
au
lieude.
Badan,
lifent
Barac.
D’autres{ol.
à
tiennent
que
Badan:eft
le
mêmes
que
Jair
de
la
tribu
de
Manalfe,
à
qui
jugea
Ifraël
pendant
vint,
deux
ans,
Badan
étroit
doncunda!
defcendans.
de
Machir
;
car,
Jah
étoit
arrière-perit-fils
de
Machi
|
Le
Chaldéen
,
les
Rabbins
,
après
eux,
[a
plûüpart
des
Com,
mentateurs
ont
avancé
que
i
étoit
Samfon,
qui
étoit
de
late
de
Dan.
Mais,
Dom
Calmerpié
|
féreroit
le
fentiment
qui
l’expligiée
de
Jaïr,
On
avoit
ajoûté
lesnoms
N
de
Samfon
&
de
Barac
dans
plis
-
fieurs
exemplaires
Latins,
avan
à
les
correttions
des
Cenfeurs
Ro
Ë
mains,
eo
BADIOCASSES,
ou
Vario
CASSES,
Badiocafles,
Vudiouf\
fes.
Voyez
Bxjocafles.
PEAR
:
BADIUS,
Padius
,
(e)
Cam
pañien,
qui
vivoit
fous
l'an
&4
Rome
$40,
&
212
avant
J.C!
Les
Campaniens
,
en
ce
tems-l
L
avoient
la
guerre
avec
les
Ro
4
mains.
Badius
étoit
hé
avec
ui
Romain
nommé
F.,
Quintius
Cifh
pinus,
&
par
les
loix
de
l'hofpin
talité,
&
par
une
amitié
étroite,
|
qui
en
étoit
la
fuite,
Ce
qui
avolh
à
en
reflerrét}
les
nœuds,
c’eft
que
Badius
étant
b
tombé
malade
à
Rome
chez
L.
Î
ne
z;
1Ë
Ce
LS
Y
3
(e\
Tit,
Liv.
L,
XXV.
c.
18.
Rob,
Bift,
Rom.T.
IN,
p.
427.
d
fisive
2
5
A
Quintins
Crifpinus
,
avant
la
ré-
volte
de
Capouë
,
il
avoit
reçn
de
luitous
les
fecours
qu'on
peut
at-
tendre
en
cet
état
d’un
ami
éga-
lement
fidele
&
généreux.
Badius,
voyant
donc
les
troupes
des
Ro-
Mains
cainpées
devant
les
murail-
les
dé
fa
patrie
,’avança
jefqu'aux
(à
premiers
corps
de
garde,
&
de-
manda
à
haute
voix
qu'on
lui
fit
venir
F.
Quinius
Crifpinus.
Ce-
lui-ci
;:
ayant
été
averti,
crut
que.
Badius
vouloit
lui
parler
comme
à
un
ancien
ami,
&
que
la
rUp-
ture
des
deux
nations
n'avoit
pas
êté
capable
d'effacer
dans
fon
ef-
prit
le
fouvenir
de
leur
union
par-
ticulière.
Ainfi
,
il
séloipha
un
peu
des
fiens,
&
alla
au-devant
de
lui
fans
balancer.
Quand
Badius
vit
qu'il
étoit
à
portée
de
l’enten-
dre
:
»
Je
vous
défie
au
combat
:
»
dit-il
,
Crifpinus.
Montons
à
».
cheval,
&
nous
écartant
des
»
nôtres,
voyons
qui
de
vous
ou
»
de
moi
fera
paroître
plus
de
»
courage.»
Crifpinus
répondit
À
ce
gompliment,
auquel
il
ne
S'étoit
point
attendu:
que
lun
&
lautre
,
ils
avoient
aflez
d'ennefnis
|
contre
qui
ils
pou-
voient
éprouver
leur
valeur
&
leurs
forces.
»
Pour
moÏ,
ajOhta-
%
til,
Quand
je
vous
rencontre
»_TOis
par
hazard
dans
la
mêlée,
»
Je
me
détournerois:,
pour
ne
»
pointfouiller
mes
mains
du
fang
.
»
de
mon
ami
&
de
mon
hôte.
«
_
Alors,
Badius,
encore
plus
fier
qu'auparavant
»
COmMeEnça
âtraiter
de
crainte
&
de
lächeté
<étte
modération
&
cette
dou-
ur
de
Crifpinus
;
&
lui
>
qui
Méritoit
toute
forte
de
Tépro-
ritablement
ches,
accabloit
cet
homme
vé-
brave
des
outrages..
les
plus
indignes.
»
Tu
feins,
di-
»
foit-il,
de
vouloir
épargner
ma-
»
vie,
parce
que
tu
fçais
bien
que
»
tunes
pas
en
état
de
défendre
»
Ja
tienne
contre
moi;
mais,
f
»
tu
crois
que
la
guerre,
qui
a
»
rompu
l'alliance
des
deux
pen
»
ples,
n’a
pas
fufifammentétouf
»
fé
routes
les
liaifons
particuliè-
»
res,
apprends
que
Badius
de
_»
apoue
renonce
folemnelle-
»
ment
à
l'amitié
de
T.
Quintius
»
Crifpinus
Romain.
Je
prends
à
»
témoin
de
ma
déclaration
les
»
foldats
des
deux
armées,
qui
»
mentendent.
Je
ne
veux
plus
»
avoir
rien
de
commun
avec
un
»
homme,
qui
eft
venn
attaquer
»
Ma
patrie
&
mes
dieux,
tant
»
publics
que
particuliers.
Situ
as
»
du
cœur
viens
combattre.
«
…
T,
Quintius
Crifpinus
n’auroit-
jamais.
pu
fe
réfoudre
à
accepter’
ce
défi,
fi
fes
camarades
ne
lui
euffent
fait
comprendre
gombien
il
éroit
Hontenx
de
fouffrir
que
Je
Cambanien
l'infular
impunément.
Cependant,
avant
que
de
mar-
cher
au
rendez
vous
;
il
alla
de-
mander
à
{es
généraux
s'ils
vou-
loïent
bien
lui
pérmettre
de
com-
battre
excraordinairement
contre
un
enñémi
qui
le
défoit,
Ayant:
obtenu
leur
confentement
,
il
prit
fes
armes
;
&
monta
À
cheval
nues
ayant
appellé
Badius
par
fon.
nom
;
il
lui
déclara
qu'il
étoit
prêt
à
le
combattre,
Badius
fe
prèfen-
ta
für
le
champ.
Ils
n'eurent
pas
plutôt.
ponflé
leurs
chevayx
l'un
contre
l’autre,
que
T,
Quintius
Crifpinus
perça
l'épauie
gauche
106
B
À
de
Badius
d’un
coup
de
lance,
qui
paifa
au-deflus
de
fon
bouclier:
Cette
bleflure
ayant
fair
tomber
le
Campanien
de
deflus
fon
che-
val,
le
vainqueur
fauta
en
bas
du
fien,
&
fe
jetta
fur
fon
ennemi
pour
l’achever
à
pied.
Mais,
Ba-
dius
le
prévint;
&
lui
abandon-
nant
fon
bouclier
&
fon
cheval,
il
s'enfuit
au
milieu
des
fiens.
T.
Quintins
Crifpinus
retourna
vers
les
Romains
avec
le
cheval
&
les
armes
du
vaincu
;
&
leur
ayant
préfenté
ces
dépouilles
honorables
&t
fa-lance
enfanglantée
,
il
fut
conduit
,
au
rhilieu
des
cris
de
joie
&
des
applandiflemens
de
tous
les
foldats,
à
la
tente
des
généraux
,
qui
donnérenc
à
fa
va-
leur
les
éloges
&
les
récompenfes,
quilurétoient
dûs.
.
BADIUS,
Badius
,
(z)
quieft
de
couleur
baie
ou
brune.
On
trouvé
certaines
Infcriptions
fur
lefquelles
les
chevaux
font
mar-
qués
avèc
cette
couleur.
BABU,
Badn,
Bad.
(ë)
On
raconte
que
les
femmes
des
Éléens
voyañit
fout
leur
pais
dépeuplé
d'hommes
,
firent
un
vœu
à
Mi-
nerve,
pour
obtenir
de
la
déefle
qu'ellès
puflent
concevoir,
dès
la
première
fois
qu'elles
auroient
Commerce
avec
leurs
matis.
Elles
furent
exaucées,
&
bâtirent
un
temple,
qui
fut
dédié,
par
cette
raifon
,
à
Minerve
,
mere
des
hommes.
Enfuite,
les
hommes
&
les
femmes
,
pour
conferver
la
mémoire
d'un
événement
fi
heu-
sn
me.
reux,
donnérent
le
nom
de
Bad
_non
feulement
au
lieu
oùils
se.
toient
rencontrés
,
Mais
encorealh
M:
l'abbé
Gédoyn
fait
là-déf
fus
cette
remarque.»
Badv
pois
»
d&Ju
à
la
manière
des
Doris
»
où
do,
fuivant
le
dialeéte
com
»”
mun
yfv,
dulce
,
jucundumt
»
doux
,
agréable.
«e
BADUHENNA
,
Bzduhens
nom
d’une
divinité,
qui
étoic
at
rée
chez
les
Germains.
À:
BADUHENNE
|
la
Forêtts
Lucus
Baduhennæ.(c)
C'étoit
ue
forêt
de
Germanie
dans
le
pais
tt,
Frifons,
Il
en
eft
fait
mentiondiis
Tacite,
qui
dit
qu'il
y
eut
envi
neuf
cens
Romains
de
taillésth
PIECE
AE
On
croit
que
la
forêt
de
Badte
henne
étoic
à
peu
près
au
mél
lieu,
où
eft
aujourd'hui
la
ph
grande
forêt
de
Frife
;
qui
sh
pelle
Séven
Wolden
ou
les
fs
forêts.
Le
nom
de
Baduhenk
felon
Jérôme
Vérutius
,
s’eft
coïs
fervé
dans
celui
de
Bagueen
{à
eft
un
village
du
païs
à
trois
lie,
dé
Gionmeus
1
BADY
,
Bady.
Voyez
Bad
Ë
BÆTER
,
ou
Berumer
,
0
BÆTHARRUS.
Voyez
Bether.
|
BÆTICUS
,
Baticus.,
10,
d’un
des
chevaux
du
Cirque.
Vaji
Chevaux
du
Cirque.
è
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