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Le soldat magicien : opéra-comique : représenté pour la premiere fois sur le Théâtre de l'Ópéra-Comique de la Foire S. Laurent, le 14 Août 1760

Anseaume, Louis, 1721-1784

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le SOLDAT I MlGIClEN,^ OPÉRA -COMÏQ U-ÈA •- •-A Repréfenté pour la première foisfurie Théâtre de rOpéra-Comique de la Foire S. Laurent^ le ip Août VrjliO' )jïg - AAVIGNON, Chez Louis Chamseau^ Imprimeiir-Libraiïe, près les R. R. P. P- Jéfuites. M. DCC. LX. acteurs- M. ARGANT,Bourgeois. Me. ARGANT,[a femme. C^R ISPIN,Vulet de M. Argunt. M. BLONDINEAU, Procureur. JJ NSOLDAT. UN TRAITEUR. X,aScene cfidans uiit faille de Province. sr fVcl. i le soldat MAGICIEN, Le Théâtre repréfente un Saîlon dans lequel il yaune cheminée en faillie ,un buffet àdeux battans ,une table couverte d’un tapis verd ,fur laquelle on joue au TriUrac, SCENE PREMIÉ R-E. Monfieur &Madame ARGANT,jouent enfemble au TriUrac, M. ARGANT Je n’y vois déjà plus clair :mettons nous ici }ia0US_ ferons mieux. DUO. Me. Arg. Quatre &: cinq. Mr. Arg. Non. Cinq &quatre«••• Bon. Arécole , Cela me confole , Car je perdrois le trou. Me. Arg. Ah île vieux fou î Mr. Arg. Six ,quatre.... Me. Arg. Elle eft pour moi ; Mr. Arg. Tais toi. Me. Arg. Quatre &lîx.... Font dix. Cinq &fîx.... Mr. Arg, Abas du bois. Me. Arg. Que veux-tu dire? Mr. Arg. Ton coin bourgeois.,^ Me. Arg. Ah !quel Martyre l Mr. Arc. Tu café mal. Me. Arg* Oh!le brutal IAi 4LE SOLDAT MAGICIEN, Mr. Arg. Double deux. Quel coup heureux ! Je marque &je m’en vas. Me. Argant ,fe levant. Ah !je refpire. Mr. Arg. Quoi ?Tu t’en vas ? Me. Arg. Ne dis-tu pas ''Que tu t’en vas ? Mr. Arg. Allons ,recommençons. Me. Arg. Ton maudit jeu m’ennuye. Mr. Arg. Jamais tu nétuaie. Madhme ARGANT,vivement , -Mr. ARGANT , Jeu déteftable ,voulant l’inter- Abominable ,_rompre. Oui ,c’eft le Diable Qui t’inventa j ."Et qui didta ,Mais ,mais.,; Les mots barbares , ^^Lësmots bifarres De Doublets , r’ ,de Bezets ,,C’eft un Diable. De Baudets ,, Marjolets ; Ternes ,Qiiarnes, Fichets , Sonnez ,Quinnes ,Cornets 5Morbleu, Enfilade ,Âmbezas , Coins, Pleins &Toutabas, Ton Ecole Me défoie ;Morbleu, Ta Bredouille , M’embrouille; Jan quine peut m’afTomme ; Comme Jan de rencontre &de trois coups ,C’eft le Diable ; £t je me perds dans les trous. Va t’en au Diable, Jeu déteftable. Adieu 5adieu. Adieu ,adieu. Madame Argant foru) tr- OPERA-C OMIUE. SCENE. 11. Mr. ARGANT,feul. Ouif. va-t’cn ,&fuis -moi pour jamais,méchantLutin. Air, Margotfur la brune. Quelle pétulance ! OCiel !quelle arrogance ! Quelle pétulance ! Ma foi j'en perds refprir. Hélas ,que faire ?.* •Cette megère ,‘*•" Dans fa colere , Fait tant de bruit , Qu'à me taire ,elle me réduit^ Air: Je fensle fouper qui attend. Cependant ,écoutez ,Madame , C’eft moi qui mérite le blâme ; Elle eft douce comme un mouton. Quelle douceur !.. -ah !j’en enrage ; Un tel mouton dans un ménage Eft cent fois pire qu’un Dragon. Ariette. Ofemmes traîtrefles , Vos fauffes carefles. Vos belles paroles, Trompeufes ,frivoles ^Sont comme un trébucher Où les plus avifés le trouvent pris tout net. Un doux fburire , Nous flate, nous attire; Une mine Enfantine , Nous lutine î Difcours poli , Tendre langage , Sont mis en ufage; », Mon cher cœur, mon ami, », Petit fils ,petit Roi , J» Regardez-moi! >. Eh !quoi ?-. 5» Vous faites le cruel ; C'eft tout fucre &tout mieL lOfemmes traîtrefles, &c. €LE SOLDAT MAGICIEN» Ne'foyons point aflez foi blés pour plier. La rigueur morbleu .Vri-ueur eft le frein qùTl .faut oppofer aux caprins du fexL..Voilà qui eft fini, je vais dorénavant marranger de façon.... (U apfellp) Crifpin... CRISPIN,/æ«j erre vK. Monfîeur. ..1 .^. M. ARGANT, aparu ^^ Voyons àpaflêr quelque part une foiree moins defagréable. SCENE III. M. ARGANT, CRISPIN. M. ARGANT. Donne-moi ma canne &mon chapeau. CRISPIN. Eft-ce que vous allez fortir? M. ARGANT Ma canne &mon chapeau, te dis-je. (Crifpin fyrt.) M. ARGA'NT ,continuant de parler. Il n’y apas moyen d’y tenir. (Crifpin apporte ce q^il demande.') Fort bien. Ecoute. Où eft ma femme? CRISPIN. Madame ?Je la croyois avec vous. M. AR G ANT Avec moi !Elle yeft le moins qu’elle peut :Je fuisua Diable àfes yeux. CRISPIN Hinl hin îvous le faites aflTez pour que cela foit.' M. ARGANT Que veux-tu dire. CRISPIN Air :Apied comme àcheval. Votre Epoufè ,entre nous Mérite un fort plus doux ; Vous lui montrez, Monfîeur , Trop de rigueur. Vous combattez tous lès defîrs , Vous lui rognez tous fes plaifîrs. Toujours grondant matin &foir , Veut-elle blanc ,vous voulez noir^ La pauvre femme fait peine àvoir. Mais cr^igaez £bn défefpoir. 7 OPERA COMIQ.UE. - MARGANT Ou’entends-tu par-là? ^CRISPIN Tcner >Monfîeur. 4-1 Ariette. .ia'ii £>. Pemme qu’on offenie , Songe àla vengeance 5 Femme qu’on ofFenfe -^Se venge à la fin, ira L’Epoux le plus fin Veut lutter en vain Contre fon maudit deftin. Par fa défiance Des malheurs qu’il craint tant. Il prefle le moment. Galans , Séduifans , Lui content fleurettes La Poulette D’abord les rejette , •.l'.ü ;Puis elle, ytprend goût ;, Elle plante-là fon hibou. Et s’en va chanter cocodette,jiiu Tandis qu’il fait feul le coucou. M. ARGA N Ts Effeftivement ,je trouve que tu, as raifon XRIs. PIN. Vous vous fiez fur"' fa vertu... ' M. AR'.G ANT„- Non ,par la fembleu ,je rie m’y fie pas. ,„ CRISPIN C’eft ce qui fait... ‘ M. ARGANT C’eft ce qui fait que j’aurai plus que jamais l’œil fur fa conduite. Ecoute ,Crifpin. ... ^RISPIN. Monfîeur. -r M. ARGANT J’ai toujours eu de la confiance en toi. CRISPIN. Monfîeur.... <-“• M. A R GANT Il faut que tu me donnes en cette occafîon des prêüvcÿ de ton zèle. CRISPIN Monfîeur•••• M. A R GANT Je fçaurai t’en récompenfer. Monfîeur LE SOLDAT MAGjCtEî#? CRI SP IN /J iJî-îQrsînü'uO M. ARGANiT o., Obferve toutes les démarches de ma femn^ ?•& moi un compte exaét de tout ee -qui fc pafle ici jje forsfonge àce que je t’ai dit, &fartout qaematemmen en fçache rien. ... - CRISPIN5larrêtant» ;q Avec votre permilEon ,sil voU'S plâàEîî üiîcfcîlMie^â gârder, &puis encore un fecretr'^ejefi bien de i’ouyrage au moins. ^ M. .ARG. AJN T^ Hé Jbien? CRISPIN. -~ Te ne réponds pas de pouvoir yruffire.-: ,.,. ;t M. AK GANT'- D’où vient ?CRISPïN. . Il me prendra des démangeaîfbns dé parler. — M. ARA-N T-'-- ' , Tiens.... voilà pour les faire pàffër. "'''"<1 (îZ îm dôme am hourf?.} Air :Gourdin^ Je puis (ktoc comptéT ftir;toi ? .-oj .c RISpJrKi ^ Vous pouvez compter lùr moi. Je fêrai pïs qu’un Oeiiberé-^^ ..-.. Quand je me mets en colere , La Duegne la plus févere"’" Aux galans, fçait moins faire Ja guerre; .^ Abons coups de gourdin ^ Vous verrez Criîpin _‘ ^^ Les mener grand train. --‘‘ .-fJW- ,AeGAN T .••^r: »" . Cela fufSt. Adieu.... Motus.^ _^,3 B sCENE-,I V, CRISPIN,/e«J. r Orr t le ivoüi partL e- (Il renverfe la hourfedans fon chapeau, ). j Ariette. Quel Démon favorable L’a rendu ûtraitable? (U ^;ompte fon argent,) Un "OPERA-COMIQ^UE. - Un ,deux ,trois ,quatre ,cinq 8c fix j Sept ,huit ,neuf&dix. Ah !fhonnête homme ! La belle fomme î Moi, je n’entends raifon Que de cette façon. (U compte encore.'^ Un ,deux ,trois ^quatre ,cinq.... Ah !l’honnête homme 1 Cinq, lîx, fept. huit &neuf.... Il en fera to-mbé , Ou je me fuis trompé. Comptons encor toute la fomme. Un .deux ,trois .quatre ,cinq Sc ûx , Sept ,huit ,neuf &dix. Le compte eft jufte ,ah !l’honnête homme I La belle fomme ! Moi ,je n’entends raifon Que de cette façon. Mais ne me fuis je point trop engagé ?Au relie ,il en arrivera ce qui pourra ,&pourvu que fy trouve mon compte.... Mais j’entends du bruit.... Oh Ioh îque nous veut cet Algualîl ? SCENE V. B UN SOLDAT. CRISPIN* LE SOLDAT ON jour ,l’ami ;ferviteur. CRISPIN Oue demandez-vous ? lesoldat M. Argant. CRISPIN. Il eft forti. LE SOLDAT N’importe. CRISPIN J’ai ordre de ne lailfer entre' perfonne. LE SOLDAT Et moi j’ai ordre de coucher ici. CRISPIN Coucher ici îLE SOLDAT Oui ,&voilà mon billet. CRISPIN Un inftanc donc ,je vais avertir Madame. X LÉSOLD AT MAGIClE N> AU BLONDlHEn.^ .. Les Loix vous en offrent deux. Le premier leroit une belle &bonne féparatiôn de corps &de biens.-. Me. ARGANT,,, i' , Une réparation îquel expédient me propolez-vous la . blondi ne au \ Vous avez raifon ,cela ne fufEroit pas s&maigre les torts de votre mari vis-à-vis de vous. Air :Des petits ballets, _En vous réparant d’avec lui y Vous n’en auriez que plus d’ennui : En vous réparant d’avec lui ,^ En reroit-ii moins votre mari ? TJn époux ades droits rut fa fenrsme 5 Il faudroit ,pour éviter le blâme , D’unhimen affreux Supporter les noeuds , Et malgré vos défirs Renoncer aux plaifirs . En vous réparant d’avec lui ,&c. Me. ARGANT Vous déraifonnez ,M. Blondineau. BLONDINEAU Non ,Madatîie ,non. 11 vaut donc mieux aller au fait tout d’un coup ,attaquer le mal dans ra fource quand même l’affaire fouffriroic quelques difficultés ,je ne fuis pas Procureur pour rien ,je les lèverai ffioi ,je les lèverai ,}e vous en réponds. Me. ARGANT Eh /quel eft votre but ? ^ELONDIN EAU^. De vous faire contrafter un mariage mieux auorti» - Ariette. L’Himen eft àcraindre. Un cœur eft àplaindre ^ De fentir fes coups 5 De rafaufle ivreffe. Des traits donc il blefîe ,* t)n eft peu jaloux ; Mais de fes noeuds charmans 8c doux Que la chaîne feroit légère ^ur un cœur tendre &fincere , Qui la porreroit avec vous 1 ^Taiffez feulement agir mon zele. iailicz icu Me. ARGANT Vous le pouffez trop loin. '> ^blondineau... f•'nC Ah 1fi VOUS connoiffiez celui pour qui je vous OPERA-COMIQ,.U E. 17 tance .psut-êtte changenez-vôus de lehciroehn IVie. AKGANT Songez ûonc àl’écls-c eue cela fcioïc d^ns le mohd^c ^ îe me verrois tinnp«Ànîfee« je me ^lONDîNEAü. Si toutes Iss femndes pehroiént comme ^vous ,les pauvres Procureurs mourroient de faim. Je nai cependant pas rame intéreffée ;non Madame ,je ne vous demande pour toute reconaoiffance qu'une petite place dans votre cœur. Me. ARGANT Cela èft trop galant. .,tt BGONDINÈAU. Ariette. Sur ma requête àvotre tour , Daignez faire droit en ce jour : Pour vous jw meurs ,je meurs dâmour } Mon fecret M’échappe àregret; Mais ,Madame , ^L'amour dont mon amé Suit la loi Eft plus fort que moi. Secondez l'efpoir qui manime" j De mes feux fans me faire un crime j Dires pour m’en donner le prix , Soit fait, ainfi qu'il eft requis. Me. ÀRG A BT Et moi ,j. ait ^IüEAU. Maliaga. ren appelle.^ Aquel tribunal? BLONDINEAU Amon amour. _ Me. ARGAKT Allez, votre amour eft rou ,je l’interdis. BLOND1NEAU Mprenant la msttrif Hs’en relevera. Me. AR G ANT. Modérez-vous donc. BL ON DINE AU Cette main eft ma prifonniere. Me. A RGANT Lâchez-moi, lî quelqu’un venoit ... . BLONDINEAU. Que me donnerez-vous pour fon élargiflemcnt ? Me. ARGANT Ahi VOUS ,m’impatientez. C as LE SOLDAT MAGIC l’E Na BLO BDINEAÜ Un petit baifer. Me. ARGANT Ah quel extravagant! blondineau Là, ... par proviiîon ,en attendant jugement définitif. DUO, parodié. Me. ARGANT. Ah1finiffez cie grâce , Mais ,mais ,Monfieur ,ah ! finiffez de grâce. Qui moi ? C’eft badinage. Hé bien. !tant pis pour vous. Mais ,mais en vérité Monfieur s’amufe- Avous ? Mais ,mais en vérité Etes vous fage. Et non ,non ,non. Songez-vous Qu’un Epoux Toujours m’engage ? Ah !c’eft l’ufage. Me. AR BLONDINEAU. Pardonnez mon audace. Que craignez vous , Recevez mon hommage ; Vengez vous d’un jaloux ; Il n’eft rien de fi doux. Oui vous. Et non ,non ,non. C’eft tout de bon. Votre rare beauté. Fait mon excufe. Je fuis de bonne foi , Rendez mon fort heureux en vous donnant àmoi. Amoi. De votre liberté Faites ufage. J’ai toute ma raifon. Il vous outrage- GANT Tailèz-vous ,j’apperçois Crifpin ;je ferois fâchée quTl fût témoin de vos folies. SCENE XL B L’O NDINEU,Me. ARGANT. CRISPIN, an Traiteur &fon Gardon, CRISPIN O11..4 lefouper orêt, quand vous voudrez onfervira. Me. A. RGAN T Quant tu voudras toi-même.^ CRISPIN aux Traiteurs-, En ce cas-là ,tout àPheure. Allons vivanSj approchez cette table, &aidez-moi. Me. ARGANT Qu’eft-ce que tu nous acommandé? CUIS PIN KenriVi prisceq^erai«ou,g^^ Il yparoît. TRAITEUR Madame ,i’efpere que vous ferez contente, jviaaam ,ji' ONDINEAU C’eft bien ,c’eft bien. , CRISPINaux Traiteurs. Allons ,décampez ,que je ferme la porte. SCENE XII. Me. ARGANT, BL0NDINEAU, CRISPIN Me. ARGANT Air :Ma mie Babichon. MOnfieur ,fans façon Placez-vous donc. EBONDINEAU Non Après vous. Me. ARGANT Non BLORDINEAU De grâce. Je fçais mon devoir , Je ne puis m'afleoir Si vous n'êces en place. Me. ARGANT s'apyant. Puilque vous le voulez abfolument: Blondi NEAU .fe mettant àtablCr AR:Vous qui donnez de Vamour. Au plaifir que je reflens Rien n’eft comparable 5 Qu’avec vous àtable Je paffe de doux momens ! Ce jour favorable Charme tous mes fens. Me. ARGANT Quittez ce ton doucereux. BLONDINEAU. Cachez moi donc vos beaux yeux » Ces yeux où je puife tant de feux. Ah quel plaifir je reflens Près de vous àtable. . . C» lESÔIDAT magicien, (Mr. Argantfraÿÿê en dehors.^ CRÎSPIN * Chut ,je croîs qu’on afrappé ! Me. ARGANT Ecoutons. CRISPIN C’elc ici, attendez je vais voir ce que c’efî. Me. ARGANT Oh îje m’en doute bien. BLONDINEAU Quel çontretems !TRIO. CRISPIN. BLONDINEAU. revenant» Afcî ,ahi ,tout eft Que dis-tu J perdu C'eft votre mari, Vptre Mari ? Je fuis trahi. Me, ARGANT. Que dis-ru î Mon mari. dMe. Argant, Faut il ouvrir FOà fuir ? Au Cabinet ? ÏI vous tueroit. Il me tueroit î Ah je fuis mort !Ah je fuis mort ! Non ,non. S’il VOUS tronvoit Il vous tueroit. Il frappe enco? Plus fort. BLONDINEAU Que devenir ?Me. ARGANT Crifpin. CRISPIN Madame; Me. ARGANT Monfieur. BLONDINE AU Jufte Ciel ICRISPIN Attendez.... Chut BLONDINEAU He bien !CRISPIN Il me vient... Me. ARGANT %1te mon cher... BLONDINEAU Si tu pouvois... *X p'pTlA COMI Q_ UE« CRISPIN U- voUà. (à Me. Argant.') Ouvrez vite ce ^rt ^.^nfieur ,prenez ces plats ,ces affiettes..., buffet.... vous nDINEaU Qu. veat.tu que Çn^faiTe ^^^ Dépêchons ;ferrec^. feec au^ptatôe. ^ cRISPIN Dans ce buffet. gLONDINEAU Me. AR GANT EtMonfieur? cRIS PI N Vous...aans la cheminée^ ,^j. ^ u Mais... CRISPIN. . Mais ,ne craîgnez-vous P^s de vous noircir ? Me. ARt» ACM i Hé Monfieur!.... Allons ,ne faut-il 1>“ P™! faire une confultatton î Ahlje me réfous àtout^ ^^p^^ Ne remuea pas.. ..vous .Madame tprenez celivte. Ciue lui tépondteé”éhriâoYx!que je fuis malheureufe !I...T» /««rivAr de la table un {Elle fe remet far une chaife auprès ae livre àla main. ) SCENE XIII. Ur. ARGANT,Me. A R GANT CRISPIN. Mr. ARGANT A*.IETT*î IIé bien fatjuin. Jufqu'à demaia iv lÊ SOLDAT MAGICIEN3 Voulois-tu me laifler dans la rue Faire le pié de grüe ? Voyez s'il me répond; Dis donc ,bourreau jdis donc ? Il ne dit mot Le maître fot. Et vous ,Madame , Vous trouviez du plailîr Ame faire languir , Oh !la bonne ame î Pourquoi ne pas m’ouvrir ? Ils gardent le filence ! Oh la maudite engeance 1 Jamais Ni Femmes ,ni Valets Ne vous laiffent en paix. (A Crifpin,') Parleras-tu enfin ?CRISPIN C’eft que... Me. ARGAN1* C’eft que .. . M. ARGANT C’eft que ,c’éft que .. . CRIsPIN Nous ne vous avioiis pas entendu Je ne trouvoispas la clé ..,la précipitation ...pour .. . M. ARGANT Ta Jta Jta ,voilà de belles excufes. CRISPIN D’ailleurs nous étions dans la méditation de certain chapitre fur le Tri&ac. M. ARGANT Hein ?CRI SPIN Oui. ..Monfieurj regardez plutôt jnous en étions au Jan de retour»* Me. ARGANT Oui mon eher ami. M, ARGANT Hun !... &mon fouper ? Me. ARGANT Vous n’aviez pas dit que vous reviendriez. M._ ARGANT Qu’eft-ce que cela fait? ^^Me. ARGANT. Nous ne vous attendions pas. *Terme de Tri^rde* OPERA COMIQ.UE. iÿ CRISPIN. Oui Madame &moi nous avons mangéchacun notre pomme cuite, (à part.) Le voilà bien puni de fes foupçons. ^M. AR GANT,apart aCrtfpt», Ecoute neft-il venu perlbnne Non, Monlîeur ,fi ce n’eft un Sordac qui eft venu loger M. ARGANT. Ou’eft-ce que c’eft que ce Soldat? CRISPIN. Ce Soldat ?c’eft un Soldat. V< SCENE XIV. Mr. &Me. A R GANT,CRISPIN, le solda T. le soldat . Otke ferviteur ,mon cher hôte. M, ARGANT C’eft donc là lui ?o«tam lesoldat Je vous demande pardon ,fi je vous importune ,raai^ ce n’eft pas ma faute. „^ M. ARGANT. Oh IMonfieur ,il n’y apas de quoi. lesoldat Voici l’ordre qui me procure l’honneur de vous faire la révérence. ,. M. ARGANT/«t /c bzllet. C’eft àmerveille, vous a-t'On donné une chambre? LESOLDAT Oui, Monfieur. , ^M. ARGAN-T. .= Hé bien Iallez-vous coucher. Bonfoir. LESOLDAT J’y ai été ,mais il yaune chofe qui mempeche de dormir. _ M. ARGANT Qu’eft-ce que c’eft? LESOLDAT C’eft que je n’ai pas foupé. M. ARGANT _ Le grand malheur lil faut bien que je me couche lans Ibuper ,mol. V HLE SOLDAT MAGICIEN, SXii Ceft ce que ie ne foufFrirai pas &pour reconnoîtse M grâce que vous me faites, il faut que je vous donne uq plat de ma façon. ,^t M. ARGANT. Vous voulez plaifanter ,je croi^ lesoldat^ Non ,vraiment ,je ne plai^nte ^vous me voyez ,écoutez que je vous dilè ,(demi vois /jai 1hon- aeur d’être un peu forcier. M. ARGANT Un peu forcier !. LESOLDAT. Je ne dis pas cela àtout le monde ,belles façons m’ont gagné le cœur ,&je veux abfolument vous donner àfouper. „ M. ARGANT Amoi? le SOLDAT^ ^ Avous, àMadame ,&nous nous réjouirons^ M. ARGANT Où le prendrez-vous ? LESOLDAT Ici ,vous allez voir. Air ;Du Précepteur d’Amour. Cherchons le point de l’Orient.' (1/ trace un cercle avec fon fabre. ) Surtout que perfonne n’avance. (î7 fe met au milieu du cercle &dit avec emphafe.j Gadcem. Trink Meinker ,Hircoglan. M. ARGANT Eft'Ce fait ? LE SOLDÂT d^une voix rude. Gardez le lilerce. Re’ CITATiF. Ovous qui préfidez aux repas des gourmands , Maîtres d’Hôtel ,Officiers jlntendans , Dont le nombre en enfer ,ainfi que dans ce monde abonde. Démons fournis àmes loix , Accourez àma voix , Quittez un moment la cuiline De Pro'érpine , Pour afîbuvir la faim canine D’un honnête Bourgeois. Dans ce buffet, que l’on trouve àl’inftanï Un alloyau fucculent , Deux Lapins de garenne j OPERA-COMIQÜE.- Un pâté de Perdrix , Un Gigot en hachis , Et d’Ortolans une douzaine j Joignez fîx bouteilies de vin Du Bourgogne le plus fin : Pour le deflêrc vin de Champagne Et d’Efpagne , En eft ce affèzf (Ler autres répondent oui par (igm. ) C'en ell affez , Démons obéifiez. Ariette. Ouvrez, ouvrez. Et par l’effet vous jugerez j Si ma parole Eft frivole , Rien! ne balance Ma puiffance , Ouvrez, ouvrez ,7 Par l’effet vous en jugerez. C R IsPIN. Je n’ofe pas. Me. ARGANT Ni moi. Mr. ARGAN"r tremblant» Ah! Je n’ofe pas non-plus. LE SOLDAT àCrifpin, Vas donc. CRISPIN J’ai trop peur. LE SOLDAT Tout cela va fe refroidir. Me. ARGAT Je ne fçai que penfer. CRISPINau Soldat: Ouvrez vous même. LE SOLDAT ouvrant le bu^et. Voilà bien des façons. Tenez. M. ARGANT Air :Du Précepteur d’Amour- OCiel !Me. ARGANT Je tombe de mon haut. M. ARGANT Qu’eft-ce que cela lignifie ?I LE SOLDAT Mangeons pendant qu’il eft chaud. Me. ARGANTàpart. Ceci pafle la raillerie. D ktESOtD AT MAGï CIEH; ^M. ARGANT Voilà bien des raifons iCrifpin »mets cet hotnme-Ià cEisriN Mais ,fî c’eft un Démon. ^^ M. ARGANT Ben îbon !îe ne donne pas la-dedans. CRISPIN Attendez, attendez, nous le verrons bien: (æ». tYËs, )Tirons nous-de-la comme nous pourrons. LETR AI TEUR <Ça ne convient pas ,entendez-vous ,Moniteur ? CRISPIN, fierement. Veux-tu t'en aller. LETRAITEUR Non. Je veux de Targenr. CRISPIN Veux-tu t’en aller ,te dis-je. \ (Il fait femblant d’être brûlé en touchant le Traiteur.) Ariette. Ahi ,ahi ,je fuis brûlé , Je fuis enfbrcelé , Va ,fuis , Maudit liHin , Diable malin. Qui nous pourfiiis ; Retourne tout àl'heure Dans ta fombre demeure j•> ' Ne reparois jamais céans. Et lailïè en paix les gens. LE TRAITEUR Tout le monde eft fou dans cette maifon* CRISPIN. Ma foi ,Moniteur ,le plus court eft de le payer. M. ARGANT fcélerat îLE TRAITEUR î’eft-ce pas une honte de retenir le falaire des pauvres scomme nous ,qui fommes continuellement dans le 3 Vous l'entendez ! LE SOLDAT Je vous le dilbis bien que c'étoit un Démon. M. ARGANT Hé îbien ,quetfaut-ii-faire ? LE SOLDAT Donnez lui ce qu'il demande, il s'en ira. Iv 35 ofera cômïqIi e. Mr. ARGA NT. Jtf m’en vais chercher de t’araerir. LE TRAITEUR. Faut-il vous fuivre ? M--. ARGANT iNon, non„.. Monfieur ,retenez Je ,je vous en prie. LE SOLDAT, au Traiteur. SI tu bouges d’ici. LE TRAITEUR Non ,Monlîeur ,non. CRISPIN,«Jifr. Argant. Voyez-vous comme le Magicien lui en impofè. (Mr. Argantfort. > LE SOLDAT, aCrifpin. Ah !çà ,crainte de nouvel accident jpaye cet hommelà &renvoyé le. CRIsPIN Le payer, avec quoi ? LE SOLDAT. Eh /avec l’argent que tu as reçu du Procureur» Me. ARGANT Comment ,petit drôle ? ÇRISPIN.apart. Pour le coup ,je crois qu’il ell forcier tout de bon. (Il paye le Traiteur, ) LE TRAITEUR. Adieu. ...Ah ,ah ,ah SCENE XVI. Mr. &Me. ARGANT ,CRISPIN, Hé! LE SOLDAT. LE SOLDAT. bien ,Madame ,êtes-vous contente? .tr jr argant. inlbuSt ?hazard étiez-vous ûbii ,, .LESOLDAT. Javois tout vû de la chambre où vous m’aviez mis- Me. ARGANT. De la-hautî 54- I-S SOLDAT MAGiClENî LESOLDAT. Oui ,par cet endroit où le plafond eft endomira^é. ^_CRISPlN Ah !c’efl: vrai ,je Tavois déjà remarqué. M. ARGANT,revenant avec de rargent ,ne voyant plus le Traiteur, Tenez ,voilà votre arsjenc..., Oùeit-ii donc?.,, LES'O LDAT. Par le pouvoir de mon art ,je Pai fait fortir comma il étoit entré- Mr. ARGANT. Ah IMonfietir ,vous ne fçauriez croire le fervice que vous venez de me rendre mais puifque vous avez tant de pouvoir fur les Démons ,pourriez vous en réduire un qui nie fait enrager continuellement ? LESOLDAT Qui ? rvir. AsGANT Ma femme. Me. ARG A NT Je nevous demande rien pour mon mari; car je défie tout votre pouvoir d’en faire un homme aimable. LE SOLDAT La chofe eft poftîble de parc &d’autre. Air :au bord d’un clairruijfeau. Elle dépend de vous. Or voici ma recette. la femme. )Vous ,foyez moins coquette 3 Il fera moins jaloux. (au mari )Vous ,quand vous ferez moins Trifte ,chiche &fevere. Votre époufe àvous plaire Empioyera tous fes foins. Me. ARGANT3bas au Soldat. Si vous n’etes pas forcier ,vous êtes de bon confeilj & ChautJde tou: mon cœur je fuivrai vos avis. Mr. ARGANT. Et moi de même ,je vous en réponds. LESOLDAT. Amniftie générale des deux côtés. Embraftez-vous ;&ne fongeons qu’à nous réjouir. régner la paix. O^ERA COmiQ^üEî QÜATUO TOüS. Çnotre 9 Dans Jvotre ^ménagé Déformaisî Faifbns Faites CRISPIN. Nous allons vivre en paix. le soldat. En mari fage^ Prêtez-vous àfes goûts En femme fage 3 prévenez votre époux. Mr. &Me. 7. Argant. POui, OUI, je le promets. Enferable. 7TOUS. Cnotre "P Ovotre Ç Déformais, Faifons Faites CRISPIN Nous allons vivre en paix. JJ Dans ménage régner la paix. ‘FIN. ^/' ^Ç- ^^OllfLOO AÆa<îO' OvST'k UO .8 UQ,T ’-vmc'if Z.'ÎÊÛ ridl'-Cî- ( esir^nî .i: 1^3133 .xîi^q ns aivlv zrioL'a lacYi ,7 /- UJO3:( J_ a^Jljî-rrr U E'f:ojj ec i-î‘7-s^ii-n cSlS: 0”:; -ÿi l3 './TSjèqb a-JG-r -^nnvbj-T «c. -rr*C'iw *'* I. c .2 UCT f-,- li. j,.OY '2::;. 7 -rroy ,x:: erc. ?: ï73Ir,.D .xi;,c: c:a ^•;,';v /