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Le fond du sac, ou restant des babioles ; T. I

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ee eN | AN z 5 vAE | $ Al | A SN ión” O A, AE SATA. E As me LE FOND DU SAC. PORTRAIT DE LLAUTEUR. LE FOND DU SAC, o U RESTANT DES BABIOLES LABS AO Membre éweillé de P.Académie des Dormars. Parvum proficifcere munus» TOME PREMIER. ALA IS A VENIS, Chez PantaLon- PHÉBUS, M. DIGO: L:X-X Xa 4 LETTRE DE ms X,Arx AN e PA Etre, Monfieur, avec dá un Ty POgraphe de Pai y honneur dee “Les fentimens dus YOtIe importance , Votre tres-humble fervante, SP VNÉS TL 0 EA E MES a ei aro oro acta a O E a RS TAS PRÉFACE. Ye difais donc que fi, au licu de voler LP Avenir, comme M. de P'Empirée (1) » ún Auteur quelconque, foit rimeur, foit profateur , sS'enrichic 'aux dépens du Pafé; il en doit compte au Préfene : C'eft bien le moins. J'ai préché d'exemples J'ai toujours indiqué les fources ot, j'ai puifé. Je voudrais que tout le monde en fit autant : apparemment qu'on a peur de perdre une certaine dofe d'éloges; car tout le monde pille , 8 perfonne ne fe confefles Jete dénoncerai , Bertin , charmant voleur , Dont les vers amoureux, vaingueurs de nos bergeres , e 5 5 5 5 5 (0) IL faut faire comme eno, dit M, de PEmpirée A Con oncle, (comine nos ancétres, ) Ts nous ont dérobé; dérobons mos nevenx, A úij 6 PREFAC E; Te font double profit, fans parler de Phonneur. Tu brilles quelquefois de graces Étrangeres 5 Et tu les prends , ami, fans rien dire au leéteur, Je vai vu chez Ovide; ¡left mon fournifTeur(1). Parle, fais comme moj : je dis Ek je répette Que j*eus recours á lui 3 qu'il eft mon bien faiteur. Bozlean Yemprunta pas, fans avouer la dettes Quand il manquaic d'étoffe, il en faifaie emplette, Et payait (es marchands,comme paicunautenr; En les prónant du moins, en faiíant la courbette , , (1) L*Auteur a traduit ou imité cinq des Elégies amonreufes d'Ovide, des plus dif. ciles, «il en eft refté lá, quoiquil ajt été encouragé par V. 3 contínuer. Il a fenti que Paris ne manquait pas de Poétes érotiques, quí rempliraient mieux que lui la táche Cn tiere. Perfonne nen ef Plus capable que M. Bertín, M. Dorat, M, le Ch. de Parny, X quelques autres, L”Auteur convient qu'il s'elt trop étendu, 11 [ent qu'il fera effacé par quiconque traitera les mémes fujets d'une Maniere plus laconique , fans rien faire perdre d Ovide de Ses idées 6 de fos exprelions, ce qui et tros. défelpérant, AZ a de AS A PORSESECARGOE, 7 1 En fe difant, tout haut, leur humble fervircurs Sois tel, ou prive-toi. Ta Mufe un peu lutine, Fille de la nature, ales droits d'Eupbrofine, Tu peux te difpenfer de devoir au tailleur. Quwil eft ancien cet ufage de prendre ainfi á droite éz 4 gauche , fans tien dire! Virgile lui-méme a volé Homere 8c Théocrite; 8£ il Pa laiflé ignorer. Pour le fayoir, il faut connaftre , ou fes modeles , ou les commentateurs qui ont mis au fait de fes plagiats. Quelle mine mont pas fouillé Jean-Jacques E Voltaire (1) , St quelle difcrétion n'ont-ils A (1) Si la France avait fes Burman 3 celuilá ferait une Edition curicufe des cruvres de Voltaire, qui, le fuivant, pas á pas, dans la prodigicufe quantité de matieres Qwil a traitées, *rapprocherait les uns des autres tous les palfages qui fe raffemble- Yalent, au vernis pres; en quoi tout le monde convient que V. na pas fon parcil. Uya peu d*Auteurs quí ajent réuhi comme lui A empécher de croire que le favoiz tue Pelprit, RÉFACE Pas montrée! Ce dernier, jufque dans Íes contes, a Profité des idées Pautrui, Un des traits de Zadig elt calqué fur la Matrone U'Ephefe: un autre, ( celui de la Chienne ) eft emprunté Pun vieux Ro. man. La ícene du Plas volé , celle de feu mis d la maifon d'un bienfaiteuy , Celle de Enfane noyé , tout cela fe retrouye dans les Fabliaux, DEbítre 4 Uranie Ofite , je ne dis pas des vers, mais des idées qui appartiennent a Chaulien, les trois fagons de penfer il y refte encore des traces d 8 E LD E e o dans fur la MOFt 3 e la tournure, Deux ou trois larcins fufifent quelque. fois pour faire la fortune q? fugitive, Par exemple, mon habit, ces pallages ; , % ne me Permettais AAA a : PRE ACE. 9 » Je ne parlais que pour répondre. 4 e . ... . . . .o». » J'éternuais dans mon chapeau, 2 On pouvait me priver,lans aucune indécence, » De ce (lalut, par Pufage introduit. » 11 nen coútaic de révérence, » Qu quelqu'un trompé par le bruit, ¿Ces paífages , dis-je , offrent des tam bleaux fi vrais, qu'il eltimpofíible de ne Pas applaudir Pabord le Peintre. Mais ce Peintre , quel eft-il2 M. Sedainenous laife croire que c'eft lui : c'elt la Bruyere (1D) (1) Voez, page 214) Edition d*Amítera dam, tome l. « Phédos trouve moyen de fe couler dans » les Maifons, fans étre appercm. Si on le » prie de s'afícoir, il fe met d peine fir de 2 bord de fon Jfiége :il parle bas dans la con. % verfation, $ il articule mal. Il nouvre Y la bonche que pour répondre. 1l toufle, ¿¿ » fe mouche dans fon chapeau : il crache > prelque fur foi, 8 ¿l attend queil fot % feul pour dternuerz ou fi cela lui arrive > ee a binfo de la compagnie. Il nen P cofte d perfonne ni Salut ni compliment ; Pal ef pauvre. y A xxx NN 1O PERSE-EASEZE: Le Poéte a volé le moralifte, 8 il a gardé le filence : il wa pas refulé un Ces derniers mots fur-tout: 11 ef pauvre , méritent attention. Ceftlá ce qui fait la bale de la piece. J'étais pauvre; j'en portais par-tout des preuves, puiíque jétais mal habillé. Quelle vertu, quel talent pcut avoir un pauvre homme? Je trouve moyen de paraftre avec un bel habit; 4 Pinftant je trompe tout le monde par mon écorce : on applaudit julqu'a mes impertinences. <« Ah! mon habit que je vous remercie ! » C'elt vous qui me valez cela, » Accordons 4 M. Sédaine le mérite de Pop. pofition du riche au pauvre : elle lui appat= tient, «elle eft tres-philofophique. aime mieux applaudir aux effers de cet heureny contrafte , que de chercher 4 m*alsúrer , dans fon modele, s'il n*y a pas encore emprunté le fecond caraétere. Au refte, comme de deux morceaux il en aurait fait un, Pop. pofition « lenfemble lui appartiendraient toujours. On ne pourrait fe permettre que julqu:a un certain point de lui faire dire, » La Bruyere, ah! que je vous remercic y » C'elt vous qui me valez cela, A A A PERTPAFSAE CES TL a feul des éloges prodigués A fon petit chef d'ruvre. Pentends dire quelquefois , qu'un mot Vavis ne colite rien. Je crojs que c€ mot coúite beaucoup dans de certaing Cas. M. Sedaine a fenti que s'il avoit la maladrefle d'interrompre le leéteur par cette feule petite note + Vide les Maurs du Siecle de Louis XIV 5 il Sexpoferait au défagrément de paffer pour copifte , 82 qw'on fe contenterait de dire, qu'il avait joliment rimé la profe d'un autre. C'eft un mérite fans doute; mais il n'égals point celui de Pinvention. Quel homme Wa pas du goút pour la gloire? Quand un auteur réufrait A en acquérir davantage, en ajoutant A la monnoie un peu de Por d'un autre ; celt une fupercherie fi innocente, quiil y aurait de la cruauté A lui refufer ce dont il a fi grand befoin. L'Aureur des caradteres du Siecle de Louis XIV elt fi riche, li £é- nm PRÉFACE cond, fi varié; fa réputation elt tellen ment établie, qu'on peut S'approprier Íon bien fans lui faire tort. Voila pourquoi le Poéte a regu en totalité , 'encens qu'il aurait dú Pattager avec Pobferyateur célebre , aux dépens de qui il $ habille, était Etvos, o layri > CATpam > te, proxima Myrte, Sic pofite quóniam fhaves miftetis odores (1). Lauriers, Myrte, Je vous cueilleraj 5Je ferai une bunne moifon , dir á part foi chaque Plagiaite , 8. ce ne fera pas pour vous porterá des gargons ou A des filles, Je ne fuis pas un Corydon ; tout lera Pour moi : j'ai bonne téte, Dieu Merci; (1) Virg, Eglogue IL. Cref Corydon qui parle aiofi, 1 s'adrele au bel Alexis. 1 lui détaille les préfents qw'il Ivi deftine, au prix que favent tous ceux qui ont expliqué au sollége cetro Eglogue tres-édiñante, Podeux A A A PRD AGE. 13 Vodeur de tant de chofes réunies ne nvincommodera pas. — Bien, mon ami : joignez=y des fleurs; OXneZz yotre front modeíte Vune triple coutonne ; 8l comprez fur nos refpeéts. Qui ne ferait Pas rempli d'admiration en vous yoyant? Vous aurez Pair d'un Pape Colas. (1) En morale , péché qu'on cache elt A moitié pardonné : Celt le contraire en lite térature. Vous le [avez, fripons! mais vous vous croyez Padreffe des Lacédémoniens, a RS (1) Pape Colas. Enfant qui dans les det- Miers fecles, paraiffait, un moment, audeffus de fon état $ de fa condirion. Le jour de Saint-Nicolas on faifait choix, dans Cettaines Eglifes, d'un petit tondu a voix gla- Piffante : on lui mettait une mítre fur la téte : On le revétait dr habits pontificaux. Ainái chargÉ de reliques , il allait par-tout donnant des denédittions, dx difant des Oremus POLE avoir des bifcuits 8 des petits gáteauxo Tome 1, B 10 PRÉFACE ” que nous répétons (ans cefle. La nature > RE 10us a point fait tels que vous nons » voyez:: C'elt aux dépens des autres que » Nous avons cet extérieur impolant. » Vous ne manquetjez pas de découvrit » la chofe ; nous aimons mieux vous » Pavouer : gardez-vous de nous fonder, » Que le vulgaire ignore fi nous avons » des corps poftiches : il a pour nous » de la vénération 5 il ny voit goute : » laiffez-lui la tai lur les yeux, » y Mais plutór, au lien de vous expofer 4 demander grace > QUe ne vous montrezvous á tout le monde tels que vous a fait la nature? N'exigez d'hommages que ce que vos talens vous permettent d'en obtenir : vous ne ferez. pas expolés 4 yoir paíler vos ferviteurs de Padoration aux éclats de rire, Pour mon compte, Meflieurs , Je vous honore infiniment , € Cedt parla raifon a PRÉFACE. 21 A e e e ri SN Que je vous connaís. Jaime á payer aux gens de mérite le tribut d'éloges qui leur ett dí 3 mais je ne veux pas aller au-delá. land je nYappergois qu'un homme Woffre fous fon nom ce qui ne lui appartient pas, je deviens fycophante. Si celt UN mal que je fais, je ne crains pas qu'on Me le rende : quand je profite de quelque chofe, Pen avertis. J'avoue ici que je fuis redevable au Conteur égrillard de la Cathédrale de Tours , de l'idée du petit conte qui eft €n téte de cette Brochure. Je pourrais le taire : cet Auteur nelt pas fi délicat que t0ut le monde le life : quelques perfonnes Au moins me croiraient le mérite de Pinvention. Je ne Pai point : je continue mon métier de brodeur. Ce conte, fale- Ment écrit , en peu de mots, J'ai táché de le traiter de maniere A le faire lire Par ceux quil a dú dégoúcer juíqwa NN 22 PREPA OE préfent ; fi Pai réulfi, wWeft-ce pas beaucoup ? D'origine de 1 Eventail m*appartiente Le reíte elt fait avec des mots, Je difais encore qwil y a des LeGeurs qui ne favent point lire, aux yeux de quí un o accouplé avec un u elt la méme chole que fi Po était tout feul : ceuz-lá nvattribuent des chofes qui ne font point de moi, Dieu merci. Je puis ne pas méricer qu'on me loue ; mais je fouhaite éviter qu'on me bláme. J'aiafíez deronces dans mon jardín, fans qu'on me rende le mauvais fervice de venir y en planter encore. Souvenez-vous du fang répandu pour ces deux lettres o; , ajoutées par les Ariens au mot Ojuséosos , él rejerées par les Orthodoxes , 82 combien en effet le fens devenait différent ) puifque par Opuoicióons y les Hérétiques entendaient que le fils était d'une fubítance femblable PRÉFACE 23 A celle du pere; tandis que par Opuoécico a les Fideles entendaient que le fils était de la méme fubftance. Un point mal placé met fouvent de la confufion dans les afíai- Tes, Pai en averfion les w joints aves les O. Cette diphtongue 04-04" 04 reft bonne qwA effaroucher : je n'en veuz point. Je vous donne cette brochure 1 bon marché, A condition que-vous laiflerez A Ou-ou-ou le fumier qui lui appartiento Je vous promets de plus, de vous donner Abon compte encore, ez inceffamment » une imitacion des ouvrages U'un Philofophe grec, qui a écrit de fort jolies chofes, Cela ne vaudra súreiment pas le Théocrite du trop modeíte M. Chabannon 5 mais enfin la chofe fera tellement dans votre goút , que cCelt á peine fi vous vous arrérerez au ftyle. Je prends foin Vailleurs d'omer cette Brochure de Cinquante - une planches > ou je táche de me faire pardonner , par quelques 12 PRÉFACE, | accelloires, ce tort fi grand d'étre tour JOUrS imitateur. Enán' Jc ne néglige rien pour me fauver, gc pour vous Plaire : cela mérite -quelque attention, | ROGER-BON-TEMS, ROGER-BON-TEMS, OU LES MUFS CASSÉS, CONTE. . . . Monfirat Succuba Cur infidentem tergorí Et vellicantem criflulas Gallina Gallum portitet. (Neb. N.) o —— is les femmes font des Poules , Et tous les homunes font des Cocqs. Tome Í, c 26 ROGER-BON-TEMS, q Ñ ______ ___ A A Parlons un peu des jolis moules, ' P*oú nous favons que font éclos Si peu d'Efprits ée tant de fots. a Mon cher Dorat , apres Verville Tu daignas nous entretenir D'un conte heureax, libre, facile, Tout uni, propre a retenir Comme. paroles d*Evangile 5 Conte a ta gloire fort utile, Si tu cherchais d PARVENIR. Ce joli conte des Cersfes (a) Embelli, ranimé par toi, S'offre gáté par DuRo...; Tu vois fi Pon fait des fotifes. Je n'aurais pas l'extravagance De parler, ici, d'eufs cafés, (b) Si ces débris de Pinnocence Nous avajent été retracés Par ton goút €: par ta licence, Puiíque tu gardes le filence Sur ce fait-lá, j'en parlerai. Au public je le livrerai Sans recherche , fans élégance; Et peut=étre que je plairai. Plus d'un auteur vit d'efpérance, Quel bien Pandore a laifié la! Comme il fait vivse d'abílinence ? RT ca cr pas A A CoNTE. 27 Arrive enfin ce qui poutra : Jrentre en matiere > je commence. Roger, gars de vingt ans, dont la Religior: Etait celle de la NAaturo, , Dinait , un jour, dans certaine maifon » Ok Pon ne parlait pas des dogmes d'Epicutes On s'entretenait d'un fermon » Oh le pere Bonaventure Au matin avait dic, en habile orateur, Que, de la chair endurer la torture » Creft mater PEfprit tentateur ; Et gue tout bon chrétien, quoiqu'en dife for cocur >, Doir dédaigner la créature, Pour honorer le Créateur. Roger, de qui les goíts ératent ceux du leóteut, jette un osil de concupifcence Sur un tendron , dont la páleuz Eft le garant de Pinnocence: Servir était Je trifte lot De ce tendron , nommé Conftance. En Champagne elle a pris naiflance. Brebis du Dieu de Sabaoth , Sentant fa fille de campagne»> Elle a 1 air doux»> crédule 8 fot Que Pon rapporte de Champagne : Vous cuffiez dit voir la compagne Femme de fel du paillard Loth. q CH. % | 28 ROGER-BON-TEMS, A Mais 4 .travers la draperie, Le plus beau corps elt deffiné, Un teton life « bien tourné, Perce , en dépit de la manie Qui le retient emprilonné.. € Tandis que chacun s'évertue » Et prend feu pour un Capucin, » Dont Ja morale faugrenue » Tend á dégoúter du prochain; » Prouvons, le dit le libertin, » Que ces doéteurs ont la berlue, 1» De Dieu, qui n%a rien fait envain, » Accompliflons le grand deffein; » Faifons mouvoir cette flatue,., se » Quand,ce fera chofe advenue » Je tiens mon ame en bon chemin, » Comme il tenait ce difcours en lui-méme, La fille fort : il veut fortir auf, Pour s'excufer le dróle a fait fon théme 1 était court; en deux mots la voicj. Meflicurs, dit=il, fait bon A votre Ecole; J'amenderais dans cette maifon-ci ; Mais Pheure avance, 8: ¡"ai donné parole; Vous permettez? —— Point de géne, au -revoir, Répond Phótelle : il fait la tévérence, Et dans Pinftant chacun lui dit ¿bon foir. DH — A A CONTE: +» 19 A Roger décampe, il a rejoint Conftance. L>Arc de Amour elt bandé par l*elpoir. A s'élancer, la fleche elt toute préte. C*eft moi, Conftance, écoutez mon vouloir,: Dit-il, 8 , ce difant, H la tient de Parréte, Heureux ferait, ainfi queje puis voir, Le galant homme 4 qui vous feriez féte 1 Savez-yous bien que, de vous enchanté , J'ai, tout expres, quitté la compagnie ? -—— Oui-da, Monfieur, je vous en remercie » Vous avez bien de la bonté, i —— Elle t'eft due : écoute moi, ma Mie: Tu pes, vois-tu, qu'une fille des champs 3 Sur toi ne font ni pompons, ni rubans , Ni falbalas , ni feftons, ni dentelles, Riens féduifans quí font chez nous les belles5 Et dont l'enfemble embellit les mamañs Qu'on prendrait pour des Demoifelles ; Hé bien! je t'aime beaucoup micux : Oui ; tu me plais, cent fois plus qu'elles, —— Vous vous moquez, ==—- Non, de par tous les Dieux! Tes charmes font a toi; tu n'abufes perfonme + Élles trompent fans cele de la main « les yeux. Ce qu'elles ont d*éclat ef Art qui le leur donne :' De Join creft le Printems; 4 deux pas cele PAutomne. : Ciif.- 36 RoGErR-BON-TEMS, CONTE. A A S'il époufait : il le fit (e). Le vienx Peres, Dont j*ai conté que la morale auftere Etait, quon doit morigéner fes lens, Bénit é fermona le couple á la maniere, Roger fe vit compté parmi fes pénitens. Rien ne manqua dans cette affaire, Dun cóté pour donner cartiere Aux propos des mauvais plaiíans ; Et de lautre, pour faire taire Le cri de ces rerribles gens, Qui, boureaux des beloins urgens , Ne veulent point que Lon foit pere Avant d'avoir payé trois bans: Qui, devant Dieu , par la priere, Rendent purs, moyennant falaire , Les bailers, les attouchemens , Enfin ,... enfin tout le myftere Que nature enfcigne aux amants ; Et que, dans [es égaremens, Se palfant de leur miniftere, Roger fit voir á la commere, Le LE jour qu'il prit les devans. Epoux, il eut beaucoup d*enfans, Dont les noms ne m'importent guéres Quant á celuj qu'Amour fit faire, On Pappela , Roger-Bon-Tems, 42 NOTES- e (DF y z | 37 DE_ÍÁ___R NOTES. A A NN (a) Ce joli conte des cerifes. IT. vient de paraltre trois contes, au nombre defquels fe trouvent encore les cerifes , fous le titre de Maniere de doter les filles. Quoique Pauteur fe déguile, fa tournure le trahic: On le devine, fans dénouer les cordons de fon mafque. Cet homme étajt peut-étre le feul qui pút n'étre pas content de la maniere dont ce conte a été traité par M. Dorat, $e qui eút affez de vanité pour croire qu'il ferait Oublier cette production par une production Nouvelle. Non - feulement il eft refté audeffous de Dorar < de Grécourt, mais méme de Verville. 11 etimpofible de donner moins de liaifon á es idées, $ de parler plus falement en de plus mauvais vers. A A E ES SA (b) Je rranrais pas Pextravagance De parler ¡ci dccufs cafés. On connait ce conte qui eft tres-fale , mais —Mes<naif dans Verville. Nous Pavons auf Tome I, D A 33 Nores. A retrouvé au nombre de ceux qua fait paraltre l'auteur dont nous venons de parler. Chez lui le défaut fubfifte, $ le mérite difparalte Plus de paifanne ; creft une coufine, qui prévient qu'elle a l*efprit fubtil. Le-halard 12 rend 1émoin d'une Ícene pareille á celle que joucrent DPaquette 8 Panglos derriere un buifíon, $: qui coíita au philofophe le nez, les dents € une orcille. La coufine entend les acteurs , comme Candide. La voiX aourante du phyficien perce á travers les brouflailles , $ va inquiéter la fubrile coufine par ces deux mots : Ma ponle. Malgré fa finefe, elle ne peut deviner 4 quoi tient cette dénomination : elle veut le favoit» Un petit:coufín arrive tont d point, comme ut hanneton, X il ajoute beaucoup a la perception de la coufine. Celle-ci n*eft pas plurór informée qu'elle a des ceufs, quello préviont le précepteur , trop lent A Pinítruire , du tort quils luj peuvent faire; elle lui demande! e Si ces eufs ld ne font pas caufe de » quelqueffet que fuivent les doulenrs 2 Que » remede il faut employer?-Ec. Le comfin » répond á la confine, quid fon dge on a uN D parent 06 un ami qui-vons les cafe. » La coufine propofe alors au comfin de faire Popération, Son róle devrait étro d'Y A A na] NomTES. 39 A A Confentir, $ encore , aprés que le coulin ÍW aurait fait entrevoir des conféquences aez, funeftes pour lui fournir une raifon "Etre faible. La petite effiontéc le livre; on "entend dire : Vous voila, parle ciel, nommé mon Médecin. "> — Médecin! Jfoit 3 e vos ferex guérie. Y Cafons donc. — Oui, caffexz ': ab , mon » Confin! ab! chien! : Quelles expreflions | peuton fuppofer qGwune jeune fille parle ainfi? Ce qu'elle dit Auparavant eft pire encore : elle conte en' termes fales comment elle a réuffi a faire celfer certaines démangeaifons, «< elle finit Par réyolter jufqu'aux libertins, en faifant Intervenir le bon Dieu dans cette affaire. » Devous, de Die, Pétais remplic. 39 La chíte mérite attention : perfonne ne Seft permis de pareilles faletés; il et vrai Que c'érait lá Pendroit difficile : 11 fallait in- Venter, pour terminer le conte, d'une ma= Mere plus heureufe que Verville. Mais que £ peut pas une imagination aufíi féconde Que celle de l'imitatenr? Dij A A A A A A go NoreEs. —— La mere de la couline veut coller de vin 3 31 lui faut des ceufs; on en cherche an poulailler ; on nen trouve point. La mere prend de '*humeur; la fibrile coufine lui dit bétement : Ne vous fáchez pas, ma mete. » Chaque jour mon comfin m'en cafe : n Je vous promets de coller votre vin. Et qui boira de ce vin? Je crois deviner Je fentiment général; ceft qu'on laiffe Pauteut s'en abreuver, PA AA A A (0) Car ce mal fi Fáchewr, ma chere, Provient de certains efi, Ec. La furabondance des liqueurs contenant les principes de la vie, eft préjudiciable aux ¡n= dividus des deux fexes. L*excefive dépenfe de ces mémes liquents> leur et fatale auf. La lanté brillante nait de leur épanchement modéré, / Le but de Roger eft de faire goúter 4 Conflance la dernicre de ces propofitions ; il la conduit a Pévidence par les preuves. Lrattention doit moins porter (ur ce qu'il dit que fur ce qu'il veut dire, +. NomTES.: AS A ls S La raifon édairée, qui a perdu fon féricux a la plaifanterie du Paifeur d'oreilles , peut fourire a: colle des eufs caffés. L'attachement aux fiences wvinterdit pas le goút paffagor des chofes légeres : nous efpérons plaire aux Lavans mémec. Obvions, par reconnaiffance , aux progres: u fentiment de Roger. Nous ne fommes pas Plus partifans des erreurs populaires que le - Doéteur Brovun : nous convenons que Roge Ct mal inítruit. Si le mále caffait les ccufs, au moment ou il sen approche , la nature ferait en contradiétion avec le but qu'elle fe propofe. Caffcr les oeufs d'une jeune fille, crelt avoir fes Premieres faveurs. Cette exprefion équivaue A claufiri virginalis ruptios > Lors de cet aóte, (sil eft viai que les femmes ont des ceufs,) ils ne: fe cafíent Point ; ils fe dérachent,- ils voyagent,. avec Vembrion: qu'ils renferment, dans des tubes fotans % femi-lunaires. Dans leur route , ¡ls rencontrent une ame végétante': le tout cft doncement porté dans le fombre afyle qui doit leur Cervir do fol % de'berceau» DM A AAA rr ap > Neo TRA La métamorphofe faite á la renaiffance des arts eft affez connue : des véficules devintent des ccufs : le vulgaire alla plus loin que les anatomiítes ; il prit les femmes pour des Poules. y Nous n*entrerons point dans le labyrinthe de ce [yftéme. L%amour n'eft pas moins accoutumé que la phyfique a lever les vojles qui 'importunent ; mais comme il eft cenfé qu'un autre but Panime, on ne lui permet point des détails trop inftruétifs. Les natu” raliltes peuvent feuls parler [ur cette matierl avec approbation , « en des termes fi lumi- Neux, qu'une vingtaine de Rornans éclairerait moins une innocente que la leóture de vingt lignes de leurs ouvrages, Nous ne dirons rien autre chole, finon que Roger tient ad un fentiment douteuX > <= , qui pis et, quil l*eftropie. 11 doit palfer pour un ignorant, aujourd'hui furtout) quil meft plus guere queltion d'eufs. AUÑll nous demandons grace pour lui aux partifans de Pattration : nous la demandons auX amateurs du double principe eficient, «e des molécules organiques , homogenes 8 diffemblables ; nous la demandons aux fayans» qui , en vertu du finide éleétrique , font J h a A A N 0 1 teY, 43 A A y E IO a O E aboutir, aux organes de la génération , les tíquifles du pere Sc de la mere, 8 les “onfondent dans une prifon oli perfonne ne Voit goute, Roger, qui vivait avant les animalcules, parle le langage de fon tems. De plus, il s'ex- Prime convenablement vis-A-vis une campa Bnarde qu'il fallait déniaifer, $ de qui il agiffait drétre entendu. Le charme de ce Conte naít de l'ignorance des perfonnages quí Y figurent. Les Rogers ont de tout tems préféré Pavantage de confommer le myftere, au défagrément d'y réfléchir envain. Us feraient croire 4 la jurta-pofition. Ce font des étres cuiraffés fur qui le fouci na point de prife : nés joyeux, ils le font pour la vie. Beaucoup de Philofophes , qui les plaignent , devraient les prendre pour modeles, Si le célebre Harvey Wavait pas tant téféchi; s'il n'avait Pas cherché la folution de Pincompréheníble, il iwaurait pas perdu la téte. Celui des hom- Mes, qui avait fait l'une des plus impor= tantes découvertes , finit par déraifonner de Maniere á faire pitié. Rien ne nuit aupres des femmes comme Une profonde méditation. Qwelt.ce qu'un Omme qui ne s'approche d'elles qu'aves Pidés d'en Etudier le méchanifime ? A A A e 5 5 44 NoTEs. A o L'amour eft un doux prélent que Dies nous a fait pour nous Óter Vidée de nos peines : ne les augmentons point par le défefpoir de ne pouvoir découvritce qu'il A voulu nous cacher. Plaignons ceux dont pel prit voyage quand le corps agit. Ce pel pas dans ces inftans de délices qu'il faut occuper fon efprit du jeu de tant de relforts cachés, A lélever au-defíus des fpheres pour en étre réduic a dire ; Seigneur vous. avez fait de belles chofes; car je ny comer prends rien. En patcille circonftance , 1'o6* cupation principale d'un homme délicats eft de faire fon bonheur de la jouiflance de Pécre complaifane qui le fait jouir. Oublions fur ce chapitre Plator, Epicure? Hoyppocrate , Ariltote, Deftartes y Stenos2 Fallope , Malpighy , Levvenbocck » Mauper” tuis, 0. ec. e. Soyons hommes :-11A” vaillons en aveugles: carcílons nos femme? S nos maftrefles : la fagelíe de Salomon € la meilleure de toutes. A e (d) Honteufe devant Die , prit foin de fe cole urir 5 F Et demanda pardon, fans pouvoir Pobtenite. Dans Lucien, Thétis eft reprelentéc pleú” rant 6 failant pare a Doris du chag! N o TES. 45 A a E quelle a de voir expolés dans un coffre A la merci des flos Danaé % fon fils, joli enfant né des amours de Jupiter avec la fille Vacrife. Thétis ne trouVe point Jenfant coupable, di elle fe fent touchée de pitié . Pour la mere : elle arréte, avec Doris qu'il faut fauver Dun $e lautre, en les conduifant dans les filets de quelque pécheur. Telle était la bonté d'ame des divinités payen- Des. Sannazar fait prononcer de belles paroles A VEternel, aun moment qu'il le reprélente le décidant a faire naítre fon fils du feim d'une Vierge, pour nous rachetcr de fon fang. Dicu dit: 4 Quand finiront les malheurs du gente humain? faut-il que les neveux fouffrent encore la peinedune faute depuis fi long-tems commife par leurs auteurs? Laifferai-je mourir Pune mort funefte ceux dont Pimmortalité était le partage? Souffrirai-je que les enfers foient peuplés par ceux que j'avais crées pref= que femblables aux Dieux ? non. » +. « Ecquis erit finis? tantis ne parentum: Drifca luent penis , fer? commifJa nepotes 5 Us quos visturos femper , fuperifque credram Pene pareis, trifli pariver fuccumbere letho , eo AO MARE fur les eaux fans enfoncer , él fauva (es jours pour avoir prononcé cé biaíphéme* Sir nomen Domini malediétum : maudit, foit le nom de Dieu. 11 croyait bien dited' auffi Dicu lui en tint compte. La fayeuh dont il a joui le met de niveau av Saine Odilon (1)+ mz i- (1) Saint Odilon , noble Anvergnar, Abbó de Cluny, travería denx fois deux difrérens fleuves 8 les fit palfer á pied a toute” 5 autres ment émer fuadés que Pendroit était guéable , ils 5 engagerent ; mais lls sen repentirent 1'n d'apres. S'ils ne furent pas tous noyés > que Dieu leur permit de regagner la bergór pour les rendre témoins des différens eMets que produit une foi plus ou moins vive» % Ñ virent:, de leurs yeux, la milice un peu chan celante d'Odílon , enfoncée dans Pean julqué la cuiffe, tandis que le Saint, plus légel qué Camille, avait á peine les talons monil Nos Incrédules Phyficiens furent forcés , conclure de-lá que s'ils avaient eu une Gmaple. dofe de foi parcille 4 celle des compagno» du'Saint, ¡ls auraient gagh é¿, comme €l , le bord oppofé, en faifant un demi prodig”" A Berro. $3 Ce ne font point les espreffions qwil Lu juger , Ceft Pintention.» Plus d'une femme fe fauve , qui, dans PEglife, injurie le bon Dieu fans le favoir, en eftropiant une Langue qwelle Mentend point. On peut marquer fon tefpeEt en paraiflant en manquer. Chaque condition a fon langage. Un Grenadier Jurerait devant fon Roi fans Poffenfer. On fait de quelle maniere le grand Dauphin prir la réponfe de ce foldat , qui, n'étant ni dieu ni belette, 8 faifant fes fonftions naturelles au moment que le Prince paffait , remplic, Pair Pune Odeur qui ne tenait ni du mufc ni de Pambrofie. Sa réponfe , outre qu'elle érait Afaifonnte dans le genre , contenait une vérité qu'un Prince moins grand aurait trouvée outrageante. Les B, 8c les F. ne font pas, J'en Conviens , également bien placés dans Eli E A 54 . AroLnoGteE 3 O a toutes les. bouches. Un petit mattre quí prendrait dans le monde un ton dé grenadier, ferait, fur Pefprit de quelque$ femmes , Pimprefion de Vertevere fur 165. Nones. Les mots grofliers: ont Pavantage de faire valoir les penfées fortes : ilg ont une énergie affez connue de ecux qui ne: Peuven: pas s'en fervir , pour leur donnef quelquefois du regrer, 82 les leur faire marmoter en dédommagement, 4 Les direéteurs qui condamnent ces épithetes Ñi puifTantes » les emploient eux* mémes , él quelquefois avec le plus grand fuccés. Témoin' ce Capucin , qui, n€ pouvant réuflir a confeffer un malheureuX qu'on allait pendre, le rappella 4 fon devoir en lui jettantún crucifix au£ piés; altion quil accompagna de ces paroles: Eh bien B. ,, . marche donc fur ton Dicu, | | DES B. ET DES F, 55 Racontez des traits de ce genre, 82 Lacrifiez Pexprefflion ¿ vous n'entendrez IWune yoix contre vous : « Ce neft pas - » ainfi que parlent ces gens la, » Se trouverait-il des rigoriftes affez imbéciles , pour dire qu'il ne faut point Conter des hiftoires de cette nature, Puifqu'il eft indifpenfable de les écrire Pun pareil ftyle > 11 eft facile de prouver que nous fommes anffi louables qu'ils feraient dignes de bláme. Nous tenons á tout ce qui peint le Violent amour d'un fujet pour. fon Roi ; Vexceffive confiance d'un foldat dans fon Capiraine , Penthoufiafme patriotique fur le bon ¿tat des chofes. C'eft un bien que Ventretenir des fentimens qui font qw'une Poignée d'hommes peut yaloir toute une aArmée, Or, puifque Jes écrivains ne veulent tendre les traits de ce genre que comme s6 AroLocre pes B. er pgs F, ils font fortis de la bouche des perfon ó Nages : leur interdire les termes propres á exiger quiils facrifient Pexprefion qu releve les bons mots de la foldate(que C'elt les empécher de confacrer ces faillic ¿ de Pame , dont Pefet eft de donner d la bravoure : conféquemment Cel étouffer des fentimens utiles, y SAILOR D'UN SOLDAT DE LA MARINE ROYALE. 1 PAN je badaudais dans le port de Toulon. E deus Soldats éraient á bord d'une galerte, Qui, préts a fe frotrer aux tigres d*Albion , a buvaient, chantaient; 6% voici leur chaníon, y A A .58 SATLLIE D'UN SOLDAT. A A A y AS <« Combattons, Vive France , Antoinette % » Bourbon! » Vive d*Eftaing! Vive tout bon Luron! »EF.. de Keppel, facrenom , »F.. de la vieille Angleterre , » Et de fon pavillon. » Je dis albun , comme il tenait fon verte? «Vous chantez, Camarade > S nous avons lguerre ! ] Lui, m'ótant fon chapeau, fe leve $ mé répond: eS » Vive d'Eflaing! Vive tout bon Luron! » F.. de Keppel, facrenom, :] »F. . de la vicille Angleterre , » Et de fon pavillon, » Son chant fini, fur le derriere Mon vivant retombe hors d'aplomb» Et de nouveau trinque avec fon confrerts Je pourfuis, lui difant : Tout doux , mo% i compagnon ! | Les gens dont vous parlez , wentendent pW% railon : Quand, fur mer, avec eux , il nous en fa0f* découdre, , — lis font F..tus.—Hom ! hom ! — 04% F.,tus, vous dit-on. 11 welt plus de C.,tin qui pilTe fur la poudrés ee 59 ORIGINE DES EEÉVENTAIL. Jz m'étais amuíé á donner une origine yA PEyentail; je ne me connaiffais point de rival ; je p'appréhendais point la Comparaifon : mon ignorance me fervait bien $ loríqu'un de ces défolans per- Íonnages a qui ont tout vu, 82 pour qui lmya rien de neuf, eur un jour la Siuauré de m'anéantir , A la fuite P'une Léture , en me difant que je my étais Pris trop tard 5 que deux ou trois hommes de Lettres ayaient merveillenfement traité le méme fujer, 60 NN O Pai lu ces produétions; je vais rendre compte : j'efpere qu'on en com clura qu'il était permis de rifquer quelgW chole de nouveau. 61 ALERTA A NN EXAMEN DU POÉME DE LÉVENTAIL, PUR GAY» Fabulifte de la vicille Angleterre. Pp r analyfer ce Poéme, nous ayons ' Tecours A la traduction frangaile d'une lavante Dame, qui ne fait pas moins Chonneur A fon fiecle qu'A fon' fexe. Nous lui deyons trop de reconnoiflance ; _Rous avons trop dobligations Á toute Woe famille, qui nous inftruic 82 nous Eclaire , pour ne pas prévenir que notre Me ne porte en rien fur cette tra= duétion. Nous Pavons empruntée , parce QWelle palíe pour-avoir le mérite de Pexaftirude, 8 qwWelle nous devenait Déceffaire pour étre entendu de tout le - Monde. Elle met A méme de juger de Tome I, E y ; z : ¿3 A Ó $8 ORIGINE -. A Le gros de la machine s'acheve : uN A de la groffeur 8 de la longueur dont 1 10s ! faut, pour réunir en un point les fleches d'un Eventail, 00 0 Nous avons, fans beaucoup dire, lajTé /4 troupe d”Amouts tailler du bois plus qué moins; mais le tableau de tant de fer 3h forge,-joint au tableau de tant de bois apo prété, nous donne enfin lieu de conclufé | que PEvantail ne fut pas mignon, dsautant A mieux, que Pauteur na pas pu penfer que; ces enfans imduflriens , ces petits artifles ces experts quoiqutenfans, des dicnx enfñ* —puflent faire des maladreffes. De quelle grofieur dút étre le clou, sil fut compolé de Paffemblage du fer de tant de traits” Quelle proportion dút avoir lEventail, Á tant d'Amours y employerent les bojs df leurs fleches ! L*Eventail du monftre qu'uM autcur comique a fait paraltre en brouettó fur la fcene , devant un Cadi, eft affurément un vrai bijou., en comparaifon de celui dont nous parlons. La main de Yénus dut été bien fatiguée, quand elle fe chargea d'un parcil fagor, traveríé d'un clou de charente” La quanticé de fujers qui fe trouyent pcintS E AI AD E NA ie 09 A A Papier blanc (1) eft collé , € wattend Plus que la main du Peintre, A + fur PEventail Cainfi quéon le verra dans la Vte) entretient encore Pidée de fon im- Menfié. Cependant l'auteur dit au: début : E Je chante un bijou léger , $ non pas cet immenfe Eventail qui laffe la main des > Chinoifes Sc des Perfannes. > Celfons de parler par (uppofition ; prenons Que Pauteur na réellement entendu faire forger qu'un clon d'épingle, on conviendra que Ceft trop d?appréts, que C'elt trop d'adtion Pour une bagatelle. Pavturient Montes; naftetur ridiculus mus» Y avait-il moyen d*employer moins de matere? Lrauteur auraitil pu ne faire mettre IWun bout de fleche 4 la forge? Non, a Moins de tomber dans un autre ridicule. Creft Une preuve que d'une idée mal conque on ne Aurait tirer un bon parti. (1) Au milieu de ce valte bois, 8 dans cette grote, ou le Poéte nous a repréfenté lesAmours faconnant des colifichets au fervice des Céladons, ces mémes Amours ont encore la pré- *aution « de tenir en mazalin des rames de : __ A O | 70 OrIGINE A o IR A , On íe fouvient que Vénus a demande ! aux Ámours s'ils avaient vu la queue ds paon, Cette queue eft fi belle, quioM. A » papier á tranches dordes $ 4 vignettes de » toutes couleurs». Ce font eux qui l*ont fait conféquemment ¡ls ont dá prendre la peinó d'aller ramalfer des guenilles de difrérenó cótés, Car on ne doit pas faire á l'auteur PA" 1 Juítice de croite qwil ait penfé que cette CJ? there oú il établic les Manufáéturiers, (ol | un licu oñ ¿ls puillent rencontrer de pareils matériaux, Les Amours ont dá tricr enfuito ces chiffons , 8 puis les éffilocher, 8: puis le réduire en páte, Ec. 8c.:le tout pour avoll de quoi fuffire a la correfpondance des AmoU* reux : il a fallu cette (uppofition pour fait0 Arouver a Venas du papier fous la main : C£ v”eft point pour elle quiil eft fabriqué ; elle profite de lPoccafion : elle nen a d'ajlicor$ befoin dans aucun cas, étant d'une figuró allez engageante pour le dilpenfer deécrite des billets doux. : Puilque le Poéte e 6 fort porté pour le remuement, pourquoj, au licu d'occuper tant de monde á forger un brimborion que la : DELÉVENTAIL. 71 IMagine qu'elle ne fera pas imitée feule- Ment quant au méchanifme. On penfe , IWon va voir briller fur le premier des A A e “enaille peut A peine faifir , qui difparalt fous £ Marteau $e fur Penclumes pourquoi ne fai- Alt-il pas fapper, par les Amours, quelqu*un * SS Srands arbres de ce vafte bois? Que ne les “Mployait-il a le dépouiller de fon écorce den tirer adroitement le liber dont Vénus € ferajt fervie pour couvrir les fleches de Véventail? Le liber eft une matiere prémicre, Jadis en ufage , dont on n'aurait pas été Lurpris de lui voir tirer parti. Ses Onvriers qui il fait prendre tant de pejnes, en au-= Yaient pris ici pour quelque chofe. L*imagi- Mation fe ferait plue au contraíte de ce grand Atbre avec les enfans qui lP'atraient entouré : € chéne fe ferait élevé au milicu deux : la SOupille y difparait, Que ne faifait-il recouvrit £ón éventail d'une étoffe inconnue , á quiil Aurait, sil avait voulu, fait effacer la neige £n blancheur , ( permiflion, de la nature de Celles qui font données aux Pogtes, 8 qui Aurait produit un bon effet). Moins recherché Que nous, l'Ecrivain met bonnement dans 165 mains de Vénps ce qwil a fousles fiennes, E ei A 72 OxricinNgB A Eventails Por > Pazur , les perles:, les rubis, les faphirs 3 enfin , comme difent les naturaliftes , toutes les couleurs 4 a IS du papier blanc, pris dans des rames de papió Peínt; du papier, répétonsile; car ef al | Moderne marchandi(e qwil emploie que nov. devons [ur-tout nous arréter, L'hiftoire qUe forge Pauteur ne peut étre que forr reculé dans Pantiquité, puitque Vénus qui a fait é Premier évantail dit á fon protégé, en le lui Ié Mettant : «Les Indiens embelliront, yn ¿00% » cet ultenfile de leurs couleurs les plus él > tantes. » Or il n*eft perionne qui ne fach% que PEventail eft utile Mcuble des Indic51. de tems immémorial : L>auteur ma recoMtó au papier blanc, que parce que fon deffcil était de faire palfer fon Eventail par les aid. du Peintre ; mais on ne Peint pas moins bieh ' £ur un motcean d'étoffe : PAuteura deaillentó Lon Peintre tout trouyé , Sí ce Peintre ne peo 4 jamais mal faire : c'eft une Décile, crelt ME nerve" Nous le rérétons , quand PAuteurd écrit, il avait Lous les ycux les matériaux d'1” fage, crelt ce qui Pa fait parler comme UN Eventailliíte, ; ciel AAA a a A DE LÉEVENTATL, 73 Ciel 8c de la terre ¿ ce qui ferait affuré- Ment fort: beau, Rien de ccla : P'Auteur Set Propofé de faire un Poéme en trois CRES 201 for foumnig une carriere e, oublier ce que Pon a pro- Mis (0,8 S'écarter de la fimplicité. “Onvenab! A Le Confeil des dicux s'affemble : énus y paralt temant en maín PEyen- Rail; elle "propofe aux Divinités de pro- DOncer fur la nature du fet, dont il COnvient que le Peintre décore le lanc. papier Son fentiment qwelle propofe Want les autres, qui elt des meilleurs A Wi devrair pafler de fuite, 8£ qui elt MJeré; fon fentiment eft « qu'on figure We N*avez-vous Pas vu, dit Yénes, Políean > Magnifique qui conduit le char de Junon , y les comleurs varitós de fa quene? Ne Vavez.. Pos Point vu déployer au foleil (es plu= Mes brillantes? 1 faut que Votre art ¿mite ette bequró de lá Nature.» Voila je crois Qui ca formel. Tome T, G A A 74 OrRIGINE A » fur le papier les Graces , les Amoutó?. » les plaifirs des Bergers; 82 que Partidlé » méle a tout cela des traits de fe0? » quí amolliffene le cour des wierg% » Jfeveres, » La fiere Diane contrarie Venus : el Opine pour des hiftoires qui rappellent le bonheur des ames chafles , 6 les mul heurs de l'hymen. (1) Momus parle á fon tour, 8 rit aU% dépens de Diane , dont il demand E ; AN (0) Strephon a demandé un bijou qui de termine Corinne a Paimer. Vénus cherche % fayorifer_ Lon inclination: Corinne ne dol! voit lur PEventail que des étres jouiflans? qui Pexcitentá amour, en lui faifane nal Pidée du bonheur. Diane, ici ma pas: Lens commun : elle á:beau -parler. felon LP? clination qu*on lui fuppofe; elle ferait mienk de [e taire que de propofer des exemples £ chaítcté 8c les malheurs des ¿poux, chole$ direétement oppoltes au vou Ke a la srequé” de Vénus, Aufi ce net pas (ans raifon 9% Momus le moque d'elle, Y O A me] DELEVENTAIL 75 A A A Qu'on peigne les Amours avec Endymiona Sc, Bcc. 8tc Minerve fait plus : elle offre fon génie les pinceaux 3 elle a lá tout a point Une palette , ou les couleurs brillent dans Sur ordre, Elle peint , € c'eft avec tant de gofit, que fur un papier A qui on doit Cuppofer un développement de quinze Pouces , elle raffemble de quoi décorer We vyoíte de la longueur de celle ou le Brun s'eft immortalifé, «Les rivieres coulent; les tours élevent >» leurs tétes fuperbes; des montagnes » bleuátres bornent Phorifon z des trou- » Peaux paiffent au pié de ces mons» tagnes; des oifeaux fendent Pair; des > forérs cedent A Peffort des vents 5 des 2» Nuages flotent difperfés, La nature, > eft-il dic, paralt lá telle quon la voir 3) Peinte fur un papier blanc, dans »» Une chambre obfcure.» A la bonne heure ; mais ceci p'elt que le pañfages Gi ws A A A A 76 ORIGINE 3 A A Minerve trace enfuite fur PEventl s» les plus célebres folies des mortels; » , ce qui vell pas peu: diré! A: ? Vient enfuite la lóngue hiftoire dé Niobé , dans tous fes détails d'un bovt A Pautre, á partit du moment ol ellé interrompt le facrifice qu'on faifait 4 Latone. On voit 14 le maffacre de (es quatorze enfans. Sept gargons €: fep filles chatmantes font tués 4 coups de fleches des mains de Diane 82 d'Apollony cruels jumeaux, fruit des défordres de A concubine ofenfée ; ce qui compofe qua” torze grandsfujers, au milicn defquels Nipbé , changte en rocher > Le trouvé faire la pyramide! Minerve peint encore Procris , trille viétime de la jalouñie : elle peint la Reine des Voiíques (1)., qu (1), examen ne finirait pas fi on arts tait á diflerter fur le pen de rapport quil Y a entre tous ces fujets « Pinclination réjettés du malhcureux Strephom. Que fait A DE JEVENTAIL 77 O O tombe percée d'un dard mortel, £ les Dymphes qui viennent la pleurer, Elle Y peint enfin Phiftoire fuivie d' Echo 62 de Narciffe, 82, ce qui elt'á remarquer, A A A AAA la Reine des Volíques? De quelle inftruétion *it la mort pour une fille raillenfe quí refufe ' Almer Ya Ainfi, dit le Poéte, une jeune » flle qui oblerve la parure d'un de fes amans »avec complaifance , ef attendric tót ou Deard , $ facrifie au Dieu de Cyihere. » Camille ne monrut point viótime de l"4mour» Aollon , comme on fait, permit qu'Aruns la facrifíát au Dieu Mars. Chloréequ'elle pour» Wivait nréraic point fon amant; c'était un tinemides Latins : était le fien. Le carquois de Chtónte 82 fon cafque éraient d'0t. Camille Re arréta point h cerre parure powr le plaifre de la! contempler, mais pour:atteindre e pet- Cer lrefiéminé:qui la portajt. Celta peine fi on peut acculer Camille avoir eu pour fon compte Pattention qu/or lui fait apporter 4 la parure d'an autre. Il eft doutena que ce fút fon deffein de revétir Cótte armuúre. Coje, dit Virgile, gue le projet de Camille far de confacrer dans le temple G ij 84 ORIGINE “aurait peut-étre ¿té le plus bean. L4É preflion de La Fontaine cft heureule * compare la queue du paon á la boutid” dun Lapidaire, A O po Ce n*était plus dées-lors un exemple a Pl pofer. 903 Pai fait obferver que le clou arepa! devait fe trouver tout fait dans la boutid! des Amours horlogers. Au papier blanc 1% fubltitué du Liber ou une dtofe incontls, efl'acons toutes ces peintures fi déplactcs» 1, prouvons que P'auteur aurait réuM a aci Lon but, quand méme, pour prolongel tion il lui autait plu de faire contrarier vn c'elt-á dire , de ne point exécuter quelg! des fujets agréables qu'elle avait propolés: quoi s'agiffait-11? De difpofer le cocur de rinne a Amour, L*auteur emprunte P YU cela des fujets de la fable: puilqwil y Y; recours, rien nc Pempéchait deen chojlit * q offriffent Pinfenfbilité punic par les remo! cl ou par les Dieux, C*eúr été pout con une lecon qui lui aurait appris á ne P lus ¿ge daigner fon amant. Arcinoé, fille de a | Chypre, elt changée en pierre, O De LEVENTAIL. - 85 OO RES Puiígue PAnteur abandonnait cette idée pour en prendre une autre, il ne fallait faire peindre fur PEventail que des fujers agréables. Vénus fert fort mal EA AA a] Pour avoir fermé J'orcille aux tendres décla- ' Fations d'unjoli homme, pour avoir caufé Í2 mort, 8 vu fes fanérailles d'un cril fec. * Poére aime les femmes changées en rocher 5 € voici un de retrouvé, XK , comme on Voir, Irinfenfbilité punie. Mais l'amant n'étant mort que du chagrin de n*étre point aimé, Tous convenons que le trait n'eft pas affez dans Je goút Anglais : ¡left á propos de fervir Je Poéte de manicre 4 faire voir qu'il pouvait Templir fon objet, fans faire le facrifice de A fombre humeur. Au licu de prendre dans Ovide 'hiftoire de Niobé , que ny choifi/lait- Ace trait fi connu de Pavant dernier Livre s Métamorpho(es? _Anaxaretre, Princelle U lang Royal, dédaigne Iphis qui Paime Pafionément. Le défefpoir s*empare d*Iphis 11 fe pend á la porte d'Anaxarette. Vénos Wtritée change la Princeffe en rocher. L”autur, sil eúr fait choix d'un pareil-fujet , Aurair de méme contenté le goíit de [a na. Tome I, , H A e sc 86 ORrRIGINE RI ANTAS TE AA Strephon , quand , pour répondre a 1%: demande qu'il lui fait Pun bijou capablé” de fixer la maltrefle, elle lui en don; un qui n'offre par-tout que des tragédies PA a tion, $ nous n”aurions pas été fondés á jo reprocher de n'étre pas conféquent. Toujou” un rocher, de plus un pendu , $ enfin Y lecon direéte ala petite Corinne , qui , vé pas d'un fang Royal, aurait eu A conclufé? que £i la fille d'un Roi, qui méprile pamodr elt punie de fon dédain, á plus forte rail devait-elle s*attendre d Pétre, elle quí ne tant qu'une fimple bergere, le donnait des ai de Princelle. í On peut oppofer ici Lafontaine ile có 1 vient á Velprit de notre Fabulifte de fait entendre auf aux jeunes flles, que elles ont! de ne point aimer cenx qui les aiment : effraje par le récit d'un fait qui va droit? but. Daphnis meurtá la porte de Alcimadirs du chagrin de s'en voir dédaigné. 4lcimadl! rit de cette mort , va danfer, avec (es € pagnes, autour de la ftatue de 'Amout: ys ftatuc tombe fur elle de Iraccable de fon pOÍ Ces paroles fortent de la nue: Lie tout aimed préfeotzUDinfe »/sble % sep ple, AA, ' ; 3 DELÉEVENTALLO:. €7 A Ec loríqwen le lui remettant, elle le lui Mnónce encore comme ,, une arme » Perfide , faite pour. feconder un jour 3 les (ratagémes des coquettesa y» (1) E Suppofons un Eventail repréfentant cette de bifoire. Ajourons-y une banderole fur e feraien écrites Jes pArOIeS q mola S de répéter : cren eft affez : la foule des OYens employés pas le Gay ne produira pas t Citet pareil á celui qu'on aurait licu d'at- SOdre de ce fujer 1 Gimple. A) Voyez pag. 309. Cette prophétie, quí "et que le réfultar de quelques obfervations áit, peut, fi on veut, ne pas alarmer trebhon, parce que ce dont Vénus lui parle Hi doit arriver que long-tems aprés lui; mais “auf pen beloin de le favoir que P'au- SN a befoin de le dire. Tel cft Peffet an- 9ncé du bijou, que, quand Corinne le tien- 12, elle deviendra fenfible á Pamour de Prephon. Celvi-ci doit étre plus prefTé de porer le bijow,que tenté d'entendre des prophé- NES WMartiveta ce qui pourra, quand il aura Joni « quil my fera plus. Allez, foyez hen. X> devait lui dire Vénus , % rien de plus, Hi E o SAA 88 OkrrcivE DE LEVENTAIL. | ¡¿__OQQ__ L'Aureur s'eft mis A la tortúre port donner une órigine a PEventail : on v% qu'il n'en a parlé que pour avoir occali0% Ven critiquer Pufage. E e A Le Leéteur s*appergoit que c'eft á lui, genO A Strephon que Vénus s*adrele. La Decio Y fcene avec Strepbon elt aufíi gauche , dans E moment, que la plupart des acteurs, q9* oubliant fans cefle le perfonnage auquel > doivent parler , adrefíent au Parterre les de ticrs des choles qu'ils ont á dire, avs «Sa AS) dl Y o a EXAMEN DUNE AUTRE, PIECE (SUR LE MÉME SUJET. Ay mois de Juin 1740.» parut, dans le €cond volume du: Mercure de France: RON pas Porigine de PEventail , mais » Coin qu'on ren manquát pas) Porigine <S Eventails , badinage prelqu'évangéue, dedié A Mademoifelle trois éroiles Dr un inconnu. Quinze ans aprés, dans le Mercure de MS, parut encore, mot A mot, la Méne. produétion , toujours fous le titre “Origine des Eventails , toujours dédiée Pimmortelle Mademoifelle trois éroiles y toujours fans fignature, bien que la Chofe , miíe de nouveau fur le tapis, H ij A | 90 Examen, n'annongát pas moins la prédilectioR de Pauteur pour fon ouyrage , que % diferte des acceptans, Seraic-il dit que cette piece paralió ainíi de quinze ans en quinze 28% Jans autre changement que la SippreGio” d'une bonne Page, comme cela eft arriv en 1755 (1). Cieft ce que nous ignorons éc Cell ce qui nous refte A vérifier dan les Mercures de 1725 XX de 1770, (1) Dans le Mercute de 1740, l'Introdudi0” de PAnonyme était comique. 11 y comparo. Part de la galanterie á colui de la cuifine» son entreptife l*¿pouventait : «e il lui manquil?? » pour .entrer avec confiance dans la carrietó? » Peiégam badinage de Lingénicux auteul He » la Lettre dy Patifiey Anglais an Cuifnt" » Francais. y Parlaic.il férieufement ,. pla! fantait-1? on n*en fait rien. Ce début LY , trouvé lourd 8 inutile; on le lui retrano” EN 1755, 01 peut-étre en fit-il Jui-méme Lacrifice. CEA A ÉxXAmMeEn, YI A Les Continuateurs du Journal oh PA- Cody a fi heureufement figuré, ne 'Accommoderon: súrement point de ces edites, quoique décapitées ; ¡ls fe mo- Metont de la révolution de la période , * moins que, par un ordre fupéricur , ils l€. trouvent en effer contraints d'y “Voir égard, En cas d'un parcil accident , “inme Pouvrage eft long, quil nous 9 Dermis de fouhaiter , pour nous éz % Revenx , que cet ordre féyere ne foit Ma lichéfans reftriétions. Si Pépoque he Papparition ne peut étre reculée; 4 Me peut obtenir que la piece de- Vienne féculaire ; qwon acheve comme % commencé; quil en foit retranché 'O0s lo quinze ans une partie : ainfi du M0ing Pouvrage Sen ira par lambeaux, Nous fommes fichés de le dire , cette oduRion en prole , mélée de vers, 98S parair fans mérite, comme celle de 27 > du cóté de Pinvention. 9% La prole n'eft point chátice, il sen faut : cependant, comme ce Welt ni jaloufie ni la malighité qui nous 2 déprécier cet Ouvrage, hous nous rions injuftes , fi nous taifions quiil SÍ ¿rouve des vers faciles, 82 quelques ! Ji driganx affez foignés. L”Auteur, sia pas mort , nous pardonnera bien, ap% cet aveu, d'effayer A prouver que la fai” welt pas heuteules : 113 Cro ¿ 48 y 113 ANALYSE DE A PRODUCTION DE L'ANONYME+¡ Savrarra ou Garguille , auteur de Oigine des Eventails , fe promenant un Vir ay Luxembourg , met le pié fur quel- Me chofe qui jette un cri : ce quelque Mole, était un Eventail. G. .. entend. A A 100 ÁNALY sE -Quand B..., ce peintre heurcux de la nature, retrace la Ícene de ZLéandre cueillant la rofe d'Héro , feur qu'il 4 achetée au péril de ía vie; vous Penten” dez dire : Le. o. e HÉrO pamée » Leve au ciel des yeux Janguiffans 2 » Un cri de fa bouche enflammée » Prouve qu? peine elle a quinze ans. % -"Voilá qui eft bien dit de la part du Poéte;: c'eft: faire crier une fille pouf quelque chofe.. “Flore trouve le Zéphir aux genonx ULglad, 8L celle-ci occupée A le panfer de fon bobo. (1) Cerre encrevue , auffí fátale pour lés amans que pour la Deeffe he fait "que juftifier des JSoupgons quelle (1) « Avec un mouchoir de moufleline » »w Paimable Nymphe fe háte d'étancher le » fang qui coule de la piquúre que je m'é- » tais falte. » pe LEVENTAIL. 101 A E ii A a congus. Elle prend de Phumeur. y $5 men dit rien». Elle soffenfe dun, ade qui n'annonce qw'une compañion déplacée de la pare-de la Nymphe. On conviendra qu'il ne.peut y avoir que de quoi rire , 4 PaífpcGt d'un galant, aulli douiller qu'imbécille, qui, au lien de mentre le tems á profit, fouffre des foins pour une piquúre , comme on en donnerait A quelqu'un qui ferait blefé A mort»: Jaloule néanmoins de cet étre qui n'en vaut pas. la peine, Flore médite une vengeance fecrete, Comme elle ne veut pas man= quer fon coup, elle joue au fin» Elle faiz avertir Aglaé de venir lué parler en particulier ; la pauvre nymphe obéit. Aprés lui avoir fait une mercuriale, qui lui tire les larmes des yeux, Flore le compofe; elle a Pair de vouloir Po= bliger, Elle donne A la Nymphe une petize baguette d'ivoire , dont on vient de lut faire préfent 3 baguette qui a la vertu de fixer les inconftans» Elle lui conítille, en 115] Ea pa > 102 'CANALYSEÉ e la lui'remetrant, d'en faire ulage au pluS vite fur le dos de fon amant, Aglaé ne rénedhic pas que fi la baguerte avait cetté verta (1), Flóre s'en fervirait pour elleméme-: elle baile avec réconmaiflance la main qui la trahit , 82 coure en badinart donner de pecies comps fier les ailes de A J Ñ (0) «pen aúrais faitufage poor moi-méme, » divFlores fi Zéphir ne nveút point quitiée 2 pour vous,» 1 n'eft plus tems. Ce raifoniemient' net poiñt'conféquent! un ixconftant ett un homme «qui sabandonné une femme pour une autre. Suppofons a la baguette la vertu qu'on lui donne ; elle ne peut opérer qu?autant que Pinconfiance a licu» Le Z¿phir vient de faire preuve d'Inconflance 5 creftle moment de jouer de la baguette. Pair6 dire á Flore qu'elle sen ferait fervie pour elle=améino, fi le Zéphir ne l'avait point quitrée pour la Nywmpbe 3 c'eft lui faire dire : Simon amant mvétajt refté fidele, je me ferais ferví de la baguette pour fíwer un homme qui n£ me quittait pas. De plus, ce raifonnement 'n'elt point perfualif, $e il devait refter [am$ > pe LEVENTAIL. 103 Zéphir. Funefte badinage ! d peine le Zephir efi-il frappé du fatal prefent, qu'il Se fair en lui une métamorphofe auf Promprte que prodigienfe. La perire baguette le fend en pluficurs” petites languertes Minces , qui deviennent des bátons (1)» Les ailes du Zéphir fe réuniffant aujJi-102 , a effet, parce qu'á moins d*étre de la derniere upidité, une femme quila enlevé l'amant - une autre femme, ne peut pas, fans (0up= SOnner quelque perfidie, le voit gratifier pat la rivale d'un talifman quí lui affure un bien dont elle fe prive. Les femmes ne facrifient Pas ainfi des moyens súrs de farer les hommes Qui leur plailent. Flore fe venge; c'elt une Preuve que le Zéphir Tui plaifait. Le renon- Coment de la Dééffe neft point naturel : "Auteur ne la peint point de maniere 4 Períuader quielle ai pu rénflic a faire une dupe, (1) Effet furnaturel, Une-baguette deivojre £e brife en trongons $ non pas en langueites Qui deviennent des bátons» EI A AN A ii 104 ÁNALYSE fe collerent fur Pivoire (1), E formerent. _ce qu'on appelle vulgairemene un Eventaile Aglaó fe défelpere, 82 meurt avec Je 0 tems, On peut dire que voilá deux érreó bien rigoureufement punis pour rien. a A A A A (1) Dans Ovide on ne voit pas les corps étran” gers faire maífle avec les individus métamol” phofés. Quand la fille du Teinturier Idmont y de brodeule qu'elle était , fe trouve changéé en araignée, on ne voit point les fuleaux $ le métier de cetre fille entrer dans la comp0* fition du nouvel étre. qui la remplace. B..»? dans une ode anacréontique, intituléc ; p A- mour Papillon, emploie les fieches de l»Amouf á former les pates de l'in[ecte : nous croyon$ pouvoir alsúirer que cela 1*eft point de bob ghpíit. Une métamorphole elt déja quelqué chofe de lí inviailembiable! Mes alles ¿tant réunios aufi-tót, dit le Zephir, fe collerent fur l'ivoire, > formerent ce qu'on appelle unlgairement' un Eventall* 1'Eventail ne fut pas mince fi les dena ales du Zéphir fe trouverent collées ans colle auX bátons de la baguerte. Quoi qu'il en Soitz A pe LEVENTAIL. 10$ A NN NN Zéphir Eventail ajoute ici : Je fuis toujours Zéphir y quoique Pate perdu mon ancienne forme 5 gr il demande a /'épouvanté fi Ini Eventail , ef? moins eftimable Pour n'étre plus ce qu'il était ? e A o, Quelle peine ne faut-il pas prendre pout con= Cevoir ordre dans leguel le rangerentles deux alles, fi, comme on doit le préfumer , Aglaég bátonna le Zéphir parallélement áT'horizon ? Lauteur aurait micux fait de repréfenter fon héros ventre á terre, 8 Aglaé de bout, du ¿cÓté de la téte du patient, lui appliquant , lo long des vertebres, non pas de petits, mais de grands coups qwil méritaic, pour avoir fait vis-2-vis elle le róle d'un nigaud, aprés lui avoir échanffé Jes fens par plus d”une déclaration. foimagination r”aurait point eu Alors 4 s%occuper du revirement des ailes, Pour en faire trouver l'emmenchement du CÓté du pojgnete " Ajoutez A cer embarras dans lequel Pauteut vous laiífe, la néceffité de penfer que les ales fe détacherent du corps; car il oublic d'en Parler; de forte que, faute d'explication , ES 106 ANALYSE A A Viennent enfuite de la part du Zépñir hiftorien , voyageur $ critique , un6 foule d'oblervarions rebattues fur Pufage que les femmes font de PEventail ; forti0 étrangere a Porigine des Evencails» Aglaé reffemble au Milan qui enleve a la foíS le Rat K la Grenoville. L*auteur ne permet pas qu*on s'occupe de la féparation du corp3 d'avec les ailes: la baguette emporte tout + la preuve en cft que le Zephir dit, quiil n'4 Fait que perdre fon ancienne forme. Cependant» comment concevoir cette métamorpho(e ? si. c'en eft une , elle cft fajte á la lerpe. La baguette forme les fleches de l'Eventail; les ailes le recouvrent;z il ny a beloin de rien autre chofe ; comment donc le corps du Zéphir s'Y trouve-t-il compris? Palíe pour Pame; elle. eftinvifible, Il aurait dit qu'elle y était logécs qu'il aurait falla en palfer par-lA ; on n*auralf point eu A chicanner.Mais le corps ! on en veut voir l'emploi, Tout fe retrouve dans Ovide» pieds,jambes, tétes, bras, «Kc. L'aurcur 4 manqué d'idées, Ce corps qui l'embarraflaita dl p'avait qu'a lo faire éyanouir, A pe LEVENTAIL. 107 A rd Comme Zéphir acheve fon hiftoire, Arrive un grand jeune Confeiller, guien Plumer , concurrente redoutable pour tout homme de robe, a fait déloger d'un bof- Quer, ol; l'Auteur réfervé Pa placé cóte á Cóte d'une aátrice A fept heures € quel- Ques minutes du foir (1). Nous ne favons A (1) Nous faifons grace d'une heure, afin qwon wait point de reproches á nous faire, l'Auteur inftruit , en commencant, qu?íl était prós de hujt heures du foir, loríque » dans ce bolquet oñ il était entré, il mit le Pié fur PEventail. 11 faut croire qwil (uivit de prés le Plumet érourdi, qui , tout occupé de la femme 8: du bonheur du Confeiller, Ne prit pas garde qwils laifaient des gages Fr lá place. Une preuve qu'il ne faifait pas clair, Se Qwil étaje an juíte U'heure que je dis, crelt Que fi Go... cr tardé a entrer dans le bolquet, qwil eút fait jour, quelqu*autre que lui Aurajt vu lEventail, € obtenu la fayeuz 8nalée de Pentendre parler d cricr, y 108 ÁWALYSE A pas fi c'était en hiver ou en été : quo qwil en foit , Ceft un pen tard. L£ Confeiller réclame PEventail reflé fur la place. 11 ne le redemande pas comme uné chofe de prix; car il na pas la moind/S idée de la vertu occulte : il ne fait rien de rien , pas plus que la propriétaire di bijou , avec laquelle il yit, 8 au nom de qui il fe préfente, a Po e A Quand jraurais tort de: dire que G... ? mis en fcene , dans le Luxembourg , 4 un* heure indue, le Confeiller 8 lraétrice, po importe. G.+.. ne nous feandaliferajt po moins, aprés nous avoir édifiés; car fi PÉ” ventail elt refté A terre plus long-tems 90 je ne le donne a entendre, $ fi cet un couP de halard que lui moralilte ajt fini par la découvrir, en mettant le pié deffus ; il falla au moins que Pendroit fút bien peu fé quenté, bien obfcur en plein jour; VO il réfulte qu'un faint ne pourrait ES s'empécher do foupgonner comme moi ú conduite cathée de P'adtrice 8 du robin £% favori, pu DEDEVENTATL, 109 O Du moment que le Confeiller paralt,, e Zéphir ne crie plus. 1l a peur, fans A E A AA “Mais G. , .n'était-il pas fondé 4 ttre ld Onféquent? Ne lui éraic-il pas permis de fe Ontrer , dans fon fujer principal, fi (cru “leux qwil en ef fade; 8 de le donner car. te fur un accefoite , Au point quéil laiTe A Peine des frais á faire a Limaginarion ? Sans dure, Crelt un homme qui fait fon code, « qui Pinterprete bien. laura lu dáns Ovide, Torátos Cu Veneve in mo!l;i gramine bella decent, Sur la molle épaiffeur den tendre « verd gazon, M Robin décemment peut carefler Fanchon, 19 Pourrait (e faire qu'il eút draillents joint A tont petit-Máttre qui [e troy. eta fur la fougere en téte A této aveg une Jolie femme, deétre la auf décent, aufi Li Ve quun Confeiller affis fur les leurs de 15, Cette loj , qui relft point venue 4 notre Maifance, aura pas échappéA celle de "* + Vojla ce qui Pexcufe , « ce qui prouve pa il faut bien fe gatder de condamner PCIa Be, avant d'avoir bien réfléchi. Lome 1, K A 1 116 AwWaLY sE a áne : mais le chapelet me fert de rien , ¿ parce que Sacrogorgon. eft catholique> c'eft un Fier-A-bras vendu 4 P'Inquifition * il combat, pour la caule divine, Un Chevalier qui prend fait € caufe pout la galanteric. L'áne 'eft de quelque fe” cours 3 mais Sacrogorgon ell peint de maniere 4 ne pas laifler douter qu'en (€ jouant, il enverrait Dunois dans Pautr? monde , s'ils combartaient A pié. 11 fallait que Dunois figurát fur fon áne * c'elt Páne quirend la partie égale. Si Sacrogorgon.elt vaincu, ceft qu'il eft aufi láche qu'il seft montré fañfaron» Le bravache tranfpercé , gringant fouS un fer, fourbi. par des hommes , 8c pris au hafard dans une boutique 3 mais fous un fer guidé parle courage, Pindignarion ét la vengeance; confefle ingénúment qu'il eft un fot, Tout cela rentre dans la clafle des récits fabuleux rendus vraifemblables +.0n n'y: voit rien de mer* veilleux, A NN DE LÉVENTAIL. 117 E ct a Si Pon a de la peine á fe préter aux €nchantemens dans un long Poéme5 fi tout ce qui y eft furnaturel indifpofe Plus qwil n'atrache ; eft-il probable qu'on fafle grace 4 un ouvrage de quinze pages» dont le noeud eft merveilleuz, fans Étrg Une merveille ? Une fois qu'on a cellé de fe faire un fermpule de s'écarier de la nature, on peut pouffer la fildtion jufqw'a Vextravagance; mais il faut renoncer á plaire autrement que par des détails; il faut celfer V'elpérer qw'on fera cru. Lucien seft moqué des exagérations * par des exagérations plus fortes. Dans fon voyage fuppofé , inticulé : Hifloire veritable, il forge expres des menfonges, 82 41 les accumule, pour faire rire aux dépens des hiftoriens Éc des poétes, 3 qui le merveilleux ne coúte rien : il eft Íi outré, que le plus crédule des hommes ng peut éte fa dupes La nature de fo A A A 118 ÁAnaLnyYse j ALS récits décele fon intention. On rit, Y On dit : Voila de quoi corriger les Auteu!$ XX les Ledeurs, Voyez-le , par exemple» aux Colonnes d'Hercule, left la, 1 vingtieme , pour découvrir ce quil y ? d'intéreflant dans cet endroit, Bacchió a planté aux environs des vignes de différentes efpeces , toutes extraordi” haires. Il en rencontre une entrautló qui eft fort étrange :'ce ne font point des ceps qui portent le raifin , ce fon des femmes. On les reconnait de la té Ala ceinture inclufivement. Elles finift0 en tronc d'arbre : leurs doigts font 41” ¿tant de rameaux chargés de fenilles de fruits ; leur cogffure eft faice Y pampres 8 de grapes entrelacées. C% vignes parlent, Pune grec , Pautre latiMo Pautre indien , Pautre perían. Veut-oP cucillir leur fruit > elles crient commé fi on leur faifait du mal (1). Lucien a! » (1) Les cris 8 les [ons plaintifs de Ces E gnes qu'on eftropic , reflemblent afez TA a o DE LEVENTAIL 119 les compagnons s'approchent de ces Cariatides : ils les baifent , 82 ils en font aiíés. Les chofes vont au point que deux des voyageurs féduits , éprouvent des defirs plus prefans, cedent, 6, Comme dit d'Ablancourt , yy fe trouvent 3 pris par les parties criminelles, ,, 115 A RR e Ceux que Ende entend fortir des entrailles de la terre, loríqu'il arrache des Myrthes é£ des Cornouillers, pour orner de feuillages l'autel fur lequel il immole , En Thrace, un taureau lanc, A Jupiter. Le (ang coule des branches des racines. Au troifiéme effort que fait ñée, une voix lui dit; Powrquoz déchirezvoMs un malbeureux ? O ADA AS a Te Ve fuis Polydore , percé en ce méme licu d'une "Cle de traits quí ont pris racine dans mov Corps, » ». ». Gemituslacryimabilis imo Wditur tumulo > (7 vox reddita fertivr ad aures : Ud miferum, Enea, laceras ? jam parce fen Pulto ; 2 arce pias feclerare manus : non me tibi Troja a 120 ANALYSE — — _ _ _ ____—__—— ont beau crier; il Wy a pas moyen de. les tirer dela. Chacun , hanté fur ÍA chacune , prend racine, 82, au fort de la jouiffance, fe défefpere de fe trouvet pris au plus agréable de tous les piéges" Le Lecteur fenfé exige qwon ne 1: berce pas, méme dans un conté, de C£ A Externum tulit, aut crnor bic de Jipire manab* Nam Polydorus ego : lic confiacum ferrea 1ex% Telorum feges, e jaculis increvit acusis. «« Pour les lamentables cris, s »Je le cede á Polydore. » , dit Menage. Il faut convenir qu'on ne pouvait P% faire de plus beaux vers pour dire quelqué choíe de plus abíurde. Ce font lá de cos choles bonnes pour un peuple porté a crol aux augures $ aux prodiges, comme no% y croyons,quand Méxerai en a rempli notó hiltoite. Voltaire ne s'eft rien permis de pare dans la Henriade, quoigu'un Poéte pu tout oler. Si l>Abbé de Yelly avait adopte . . . | VAS fatras de Méxeraí, on lui aurait xi au n£ be qu A a E IR LI DE CÉVENTAIL. 121 e AR A E A Que la Féeric a de plus extravagant : il Waime point qwon lui demande fon ' tems 8 fon atrention , pour de longues Ri pour de courtes abíurdités, Pour Vintéreffer , il faut étre vraifemblable , $ lui facrifier le vulgaire trop crédule. Le Cordelier Reguin ell un chef- Vouvre, Quoi de plus naturel 82 de plus Probable d'un bout á Pautre? Des Cordeliers ont de belles chálles , de beaux Chandeliers, de beaux encenfoirs , du don vin €z des jolies filles. Des Corlaires Arivent lá + ils pillent , boivent, violent, Jttent un fermoneur á Peau, 82 [e rem- Darquent. Une tempéte s'éleve , la gent Sordeliere triomphe : le calme fuccede, “Out change , tout , y compris le cur du Fléras, Le, Comite , par ordre du Ca- Pitaine , Frappe $2 fait ramer de nouveau €s Révérends Peres. Les pénaillons mo "aifent : Vempire des dévors fe développe Á dáns toure fa force, ainífi' que leur Ranatique avenglement, Une robe de Tome I, E PE A A A es o E Y 122% ANALYSE 5 A a Francifcain paratt fur Peau A une certaivo diftance : 'elt fainz Frangois qui vien | les venger! ¿ls le croient ; ils veulent 1 períluader A PEquipage.” Le harpon eft jeté fur le faint objet, 8 on péches quoi? un Requin qui a gobé le fermo” neur, Non pas avec, mais par deffous la robe» Ainfi embeguiné , Frere Requín , quéteur, humble es gourmand? fuivait la galere , dans Pefpoir de quelque nouvelle aubaine. Croirait-on que c'eft lá un fait con” trouvé? Non fans doute : auñi a-t-jl parus avec approbation $ applaudifiement? dans différens recueils, 8 entraurt? dans un Almanach , dont le mom Je annonce lexcellence des pieces qui doY vent le compofer. Joconde , pris dans la nature, plaira te toujours davantage que la Coupe enchanté E A O nt cr Bs vet MD ti DE LÉEVENTAIL. 123 € que Le petit Chien qui fecoue des piftoles. Sans les graces du ftyle, fans la naiveté du técit , qui pourrait Íupporter la lec= tre de ces deux contes? Le fond des Chofes va de pair avec les merveilles de la Barbe bleue. 222 Gr.. fait parler 6% crier un Eventail ! G... pouvait - il donner feulement Pufage de la parole A cer Eventail? Qu'on me permette ici quelqu'extenton, Si G... a tort, cet quil a Elé gáré par des exemples. La parole eft Pexpreffion de la penfée. aire parler un corps qui ne penfe point, Ui ne (e meut point, qui eft privé de Vie; ceft le douer d'une faculté que Períonne ne reconnait en luiz cieft fe- COuet le joug de la vraifemblance : c'eft Paííer les bornes de la convention. On De-fe préte pas plus aux difcours d'un Lij A A A 124 AÁNALYSE . . > Eventail , qu'on ne le ferait 4 ccux gua Cu-de-crin ou Vun Pouf. Qu'on parcoure les Fables de Phedr*? on y verra, qu'A Pexception d'une feules Vipera 8 Lima , toutes les autres wo? frent en aéteurs parlans que des ¿ué gui ont vie, On n'attend rien d'un corps artificicl» qui na ni organifation , ni fenfatioM? ni notion de fon exiftence : nous Y pouvons qu'étre furpris quand il veW communiquer avec nous» Nous N'ignorons pas que . pourrait apporter des exemples tiré d'autres Fabuliítes, ou des corps brué naturels , 82 des corps artificiels , tieP” nent entr'eux la converfation ; mais 1% fautes d'autrui ne juftifient point 154 nótres : elles ne doivent nous fervir 9% éviter d'en faire de pareilles. Cell Phedre que nous nous arrétons, parce -qwil elk reconnu que J'antiquité poftre A a a A a pe LÉVENTAIL. 125 Pas aux Fabuliftes de modele plus ac- Compli. Remarquons que dans cette fable Vipera 8c Lima, ou il a violé la yrai- ' Iemblance:, Jes dents de la Lime ufent celles du Serpent. Cevieffer parle 82 juítifie, en quelque forte, la hardieffe du Poéte. Ce que dit la Lime eft fort court, X de plus d'une telle juftefle , que, fi on avait le tems de s'occuper de Pinvraifemblance , on pardonnerait encofe, malgré foi , A PAuteur. La Fontaine a fait parler le Pot de terre Er le Porode fer : Ceft une faute, que fon goúr trop décidé -pour les imitations lui a fait commettre : cependant cette fable eft trés-courte encore. De Plus les Pots font mis en aétion fur un fleuve qui les porte; Pimagination les Voit voyager : ces Pots réfonnent. Le fon que rend un pot félé ou brifé , eft Une efpece de voix qui avertit de fon malheur, Ces idées rémnies font gu'on fepréte, juíqu'a un certain point, ala Liij PA A A A A e A 132 ÁNALYSE A E faire parler. Quand le voleur Mercure he paílerle bavard Batrus du Regne anim? au Regne minéral, quel fut fon desiein* Que Bartus ne parlát plus. ¿ Nous ne connaiflons point de rapporó entre nous 8z les corps bruts; dont général la végétation eft fi lente, 50% a lieu, que le terme de notre exis Ne fuffit pas pour en juger. Quoiqwil y ait des minérauz mol? morts que d'autres, laiffons » les, po un tems encore, dans la claffe des ¿0% inanimés. La littérature agréable ¡ . poéfie légere , la fable fur-tout, parle au commun des hommes. Son but n% point d'éclairer Pefprit, mais de form le coeur: elle doit tirer parti des chofts, telles qu'elles femblent étre aux yenX le ceux qwelle veut inftruire, afin % trouver tout-A-fait A leur portéc» € Si nous reconnaiílons que le Paba Ñ 1 du Végéral au Minéral eft un peu proque V a A A E DE LEVENTAIL 133 «os, par cette raifon , nous convenons Me les corps qui compofent ce dernier 55 Regnes doivent refter , finon dans Mertie , au moins dans le filence; A Plus forte raifon devons-nous y laiffer SS corps artificiels, qui ont moins de Me que la pierre ; qui n”operent. pas plus Par eux-mémes; qui font purement paf= 5 ; qui magiffent qwen obéiffant, tacho avait railon de dire A fon maítre, AWil fallait avoir des moulins Á vent “ns la téte , pour s'imaginer que des “oulins ¿taient des hommes; 'pour leur “PPOfer la vie 82 la parole ; 8 pour les “Y combattre, dans la perfuafion qwiils "ient de mauvais deffeins, "revenons cependant les réclamations . le got pourrait faire. 11 elt súr que %Mme femble avoir trouvé le fecret : Y Vivifier la matiere : il Seft rendu le DP al de la Nature par la Méchanique : 4 Mide de la Phyfique, il Pa citée a fon Eo una; Pa interrogée, 8 Pa forcé. Domo Í, : M a 134 ÁNALYS E 4 lui répondre. Eh bien; que fes chefs” d'ceuvres obtiennentdes diftinaions? - qwils foient exceptés : flatons fon orgutl juíques-lá. Convenons qu'une Bouffole uné Montre, un Cadran , un Barometlt ? un Miroir, font des ouvrages de nos mains , que la Poéfie eft peut-étre el droir de faire parler , fans que le 1eEteU Sen étonne, pourvu que le difcour$ ne foit pas long : mais refulons obftinémeb? dJ'entendre parler 8 crier la voix que Eventail, dz cela pendant deux heures» 3.9 G..., parmi les Zéphirs, te choifit un , dont Al fair Pamant de Flor. 8 celui d'une des fuivantes de Elort? fans parler de fes autres maitreffes. Queft-ce qwun Zéphir? quielt-cé que Zéphire ? 4 Al . Flore a-t.elle eu J'autre mari, amant que Zéphire? gramo O DELÉEVENTAIL. 135 ES E LP ero Zéphire, Zéphiruss C'était un des Vents qu Heziode a fait enfant des Dieux. ÁAnchife facrifie au Zéphire avant de S'embarquer. 11 y avair dans P Atrique un autel dédié au Zéphire; ce Zéphire était fls d'Eole, Les Zéphirs , Zephiri » Etaient fils Y.4ftrens. Zéphire 8z les Zéphirs étaient des enfans de deux lits : V_4urore palfait pour leur mere. Les Zéphirs étaient des vents bien= —Rifans, 82 rien de plus, Zéphire était un homme-dieu, 'amant -Vune DéefTe, Celui-ci joue fans ceffe, dans la fable, un róle galant +1] eft liberun), il tít yojage, il eft vagabond ; tandis que, Cloués 4 Poccident, Ses freres n'ont Vautre fonétion que celle de foufler , Ms changer de place. Leur halaine porte. lA vie comite celle de Zéphirez mais on AC les faje' point arriver, en perfónnes, AU Printems + ce privilége elt réfervéa M ij e 136 ÁNALYSE — pu zéphire, ainfi qwon le voit par cettó tradudtion, | : «Le fils d'Eole 8 de l.Aurore ; » Zéphire enfin cft de retour, » ÁC» Jci Particle eft fupprimé, parce q Celt un homme qwil sagit, 8 no” dun foufle, On ne dit pas plus le Zéphire qu'on ne dirait le Gauthier» Zéphire eft reconnu pour care! Flore , 8 pour la féconder. Les Zépbir rafraichiflent fon teint; ¿ls agitent loin les trefles de la chevelure. On pourrait peut-étre aller plus ayant» él dire queles Zéphirs ne font pas mené au rang des Divinités, qu'a fair imaginé! Jadis Pignorance de la Phyfique. Zéphire feul eft la caufe animée A 1%” quelle on a rapportó de dóux effetS* dont on ne connaiflait point le princip* Zéphire elt repréfenté dans Ovide commé O SS E A AAA PAAXAÉÓ[Ó[ÉN AA 5 DELPÉVENTAIL. 137 ADO e A da Divinicé qui foufie da Couchant. On Mule peut voir , dans Pendroit de fes Méra- Morphofes , ou ilirend compte: des départemens diftinéls affignés aux Vents Par PAuteur des chofes. His quoque non palim mundi fabricator ha= bendum Adra permifit vir nunc obfiftitir illzs, Cum Jfua quifque regat diverfo famina traóiu. -Xurus ad ABrOtAn AÉREA regna receffit.- Vefper , e occiduo que littora fole tepeftunt , Proxima funt Zephiro. “Uétoile du foir, 8z les rivages que le Í01eil ¿chaufTe quand il fe couche », *Ppartiennent a Zéphire. l o nt pl Seytiam, feptemque Trionem dorrifoy invalit Boreas, Kc. Tci Oyide parlait en Théologien” : il Était tenu de sS'expliquer netrement 5 ,C'efk Par certe raifon qwil a dit Zephiro > éz Pl Zephiris , quoique le pluriel cút faig' ÉBalement fon vers. > M ¡ij A A A A a 138 ;: ÁNALYSE 7 AAA NARRAN HN BE CA ERA INR O En général quand on voice dans 18% Poétes látins Zephiri, il ne s'agic point de Zéphire , mais des vents bienfaifans» «des Zéphirs. 4 Ver erat eternum , placidique tepentibws aurís Mulcebant Zephiti natos fine femine flores" Quand Jupiter dit 4-Mercure : Vade, age, mate, voca Zepbiros e Labert Dennis. / il ne 'agit point de.Zéphire. Allez, volez , mon fils, devancez les Zephirs ou, (comme dit le brúlant abbé Desfor” taines ) : «Pars, mon fils , appelle les » Zephirs y 82 , déployant tes ajles rapides» » delcends promptement fur la terre.” La preuve qu'il n'eft 14 queftion que des vents , c'elt qu'on lit plus bas: Pedibus talaria neólif ; : 4 Aurea, que fublimem alis, five aquora de , Sen terram rapido pariter cum flamine portant. A A AO A OA DELPÉEVENTAIL 139 AR dai ARAS A —Quand il eftqueftion du mari de Blore , celt Zephirus. Les Poétes frangais un peu dificiles; Wont pas manqué de faire cette diítinc= * - Món. Ecoutez Diane dans Bernis , au Moment ou P'Amour la force de faire Endymion le facrifice de fa pudeur. , «Emporte, dit-elle 4 Zépbire, m Ce voile qui couvre mon Ícin.n+.... “Men elt un, queAmour déchire, Et l'immortelle eft dans le bain. ; Si Zéphire eút ¿té employé ici lans e, Arait fallu au , $ non pasa; mais, Emporte dit-elle 44 Zéphir, : Mrait «té moins poétique que ; Emporte dit-elle 4 Zéphire 5 Parco que la poéfie veur des images, 8£ Wan Zéphir n'en ofre aucune; ce Welt Wun loufie, A A A A A AE 140 . ÁnaLYsE —_——_ Quand nos Poétes mettent au boW! de leurs vers Zéphir pour Zéphire) CP parlant de PAmant de Flore , ils Cayent qwils prennent' une licence ; ¡ls fp? priment une lettre pour leur commodité* il relte A croire qwils diftinguent cov Aura 8 Zephirus, Quant á G...a 3 prouve qWil les confond : chez InizépW” elt Péquivalant des mots latins Hom0? Amator ,. Procus 3 8t-cela 4 quoi bon” Vous Pavez vu 3 pour ne rien faire fairé a fon perfonnage de ce gwannoncen tous ces mots lá. Son Zéphir femble W Ouvrage de la Palingenelie, une ombre” G.». tient fi fort au fonfle qu'il anime? qu'il ne veut pas qu'on doute de lo intentions Ce n'eft pas de Zéphire ga? eft queftion dans: fa profe '8z dans es vers; Ceft d'un Zéphir. Le mot un excl Pe néceflairement. On ne dir point % Zéphire ni les Zéphires : enfin ¿Gatti cít tout A Pimpuiflant; il le préfero ? ATA Vr 7D IIA MIRA E A pe LEVENTAIL. 141 1 AA SAA a IA EIA ret y A UI IEA a! Valide. 11 convient méme qu'on le dif- Culpe de ce que, dans fa produétion Ienaiffante , Zéphir eft quelquefois écrit Avec un e. C'elt contre fon gré 5 celt Une ánerie de l'Imprimeur , á laquelle €s Editeurs nont pas eu le tems de Prendre garde. G... en cela eft a Plaindre , comme bien d'autres. Quand Mercure le charge de nos marchandifes , left preflé de vendre (1); elles en loufrent, 8 ne nous font fouvent ni Monneur ni profit. o (1) Nous r*entendons point dire queil Pet % avidité, 11 eft prefque impoffíble que les “Batelles adreffées aux Auteurs du Mercure Dient correétement imprimées. Outre qwelles S valent fouvent pas la peine que ces MM. WPportent attention , ¡ls font obligés de tenir Ut promeffe A point nommé. Ils ont. á “ide le tems de foigner un ou deux articles «nt teffans, Ei ces articles font d'ordinaire * “Analy(es quw'ils font des Ouvragesnonveanx 3. S n*ont va pas tort, puifque c'elt a cette Íeule tie que lo public s*atrache pour juger de