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Roland furieux : Poème héroique de L'Arioste. Tome septième

Ariosto, Lodovico (1474-1533 )

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rw. ROLAND FURIEUX , POEME HÉROÏQUE de L’ARIOSTE, fi v / ti ROLAND FURIEUX? POEME HÉROÏQUE : il*: DE LARIOSTE, NOUVELLE TRADUCTION, PAR MM. FANCKOUCKE ET ïfLAHEÉÏ. TOME SEPTIÈME. — /Cr-V (t PARIS , Chez Plassak, Libraire , Hêïd de Thou, rue des Poitevins. M. D C C. L X X X V 1 1. Ayit Approbation et Privilège ia RaL CHANT VINGT-HUITIEME, I. O Mesdames, et vous qui avez pout les Dames le respect qu’elles méritent, pour Dieu , ne prêtez pas l’oreiile à cette his- toire ; à l’histoire que cet hôte s’apprête à raconter, pour couvrir ce -sexe charmant de blâme, d’ignominie et de mépris: quoi- qu’une langue aussi vile ne puisse vérita- blement lui porter aucune atteinte, et qu’on sache bien que de tout tems ’e vulgaire igno- rant eut la manie de parler à tort et à travers des choses ou’ii entend le moins. II. Laissez, Mesdames, laissez ce Chant de côté. L’histoire n’en ira pas moins bien, n’en sera pas moins claire Turpin a fait ce conte, et je le fais d’après lui, mais sans aucun dessein de malignité ni de persiflage. Vous savez combien je vous aime ; ma bouche l’a toujours avoué; jamais elle ne fut avare de vos éloges. Je l’ai prouvé mille fois ; j’ai tant manifesté mon attachement pour vous , qu’il me seroit impossible d’y renoncer. CANJO ventesiivpottavo I. Donne , e voi , che le Donne avete in pregio , Per Dio non date a questa is oria orecchia; A questa , che 1’ ostier dire in dispregio , E in vostra mfamia, e biasmo s’ apparecchia; Benchè ne macchia vi puo dar, ne fregio lingua si vile ; e sia V asanza vecchia , Che ’I voigare ignorante ognun riprenda, E parli piu di quel che rneno incenda. Lasciat^. qûesto Canto, che senza esso Puo star r istoria , e non sarà men chiara : •Mettendolo Turpino, anch’ io l’hc messo; Non per maîevolenzia , ne per gara. Ch’ io v’ ami , oltre mia lingua , che l’ ha esgress Che mai non fu di célébrât vi avara. N’ ho fatto mille prove; e v’ ho dimostro Ch’ io son, ne potrei essersenon vostto. 4 L’Aiiosïî, I I I. Passi chi vuoi tre carte, o quattro , senza Xeggerne verso; e chi puriegger vuole» Gii dia quella medesima credenza Clie si suol dare a fînzioni , e a foie. Ma tornando al dir nostro ; p&i ehe udienzâ Apparecchiata vide a sue parole , E darsi luogo incontra al Cavalier» , Cosi 1’ istoria incomincio T ostiero. I V. Astolfo , Re de' î-ongobardi , quella; A cul lascio il fratel Monaco il Régna , Eu neîîa giovinezza sua si belio 3 Che mai pochi altri giunseto a quel segno. N s avria a fatica un tal fatto a penneilo Apel’e , o Zeusi , o se v’ e alcun più degno ; Belîo era, ed a cîasetm cosi parea; Ma di nioho eglî ancor più si tenea. Chant XXVIII. 5 I I I. Que Ion passe donc trois ou quatre feuillets sans en lire un seul vers ; ou sf ion veut absolument les lire, qu’on n’y ajoute pas plus de foi que n’en mérite un cu.ne aosurde, une faribole. Pour en revenir a notre propos , après s’être placé vis-à-vis- du Chevalier, et voyant l’Auditoire attentif , l-iote commença ainsi son histoire. I V. Astolfe , Roi des Lombards, celui à qui, son frere céda la couronne pour le cloître-, etoit dans sa jeunesse d’une si grande beauté, que peu d’hommes sont parvenus jamais à un degré si partit. Zeuxis, Apelîe , ou s’il est quelque peintre plus célèbre, auraient eu peine à l’égaler avec leur pinceau. H était charmant; il paroissoittela tout le monde ? mais il se le croyoit encore davantage. À -a A 2 6 L’A iiosTî, V. îl prisoit moins l’éclat du rang qui réle- voit au-dessus de tout autre , et l’avantage de surpasser tous les Rois ses voisms en puissance et en richesses , que celui de l’empotter sur tous les mortels par sa bonne grâce et par sa beauté. Il jouissoit des louanges qu’on lui donno.t sur ce genre de mérite . comme de la chose qui lui- plaisoit le plus, y i. Parmi ceux qui composoient sa coût,. Il voyoit avec plaisir un Chevalier Romam, nommé Fausto latini , auquel lui-même faisait souvent l’éloge , ou de la grâce de sa figure, ou de la beauté de sa mam; ri lui demanda un jour s’il avoit jamais vu nulle part aucun homme aussi accompli en tout point. Il était loin de s’attendre à sa. réponse. Chant XXVIII. 7 V. Non stimava egli tanto per i’ aîtezza Del grado suo d’ avéré ognun minore » Nè tanto che di genti , e di ricchezza, Di tutti i Re vicini era il maggiore, Quanto che dipresenzia, e di beüezza Avea per tutto *1 Mondo il primo onorc. Godea di questo , udendosi dar Ioda s Quanto di cosa volentier pin s’ oda. V I. Tra gîî altri di sua Corte avea assai grato Pausto Latïni , un Cavalier Rornano , Con cui sovente essendosi lodato Or del bel viso 9 or délia belia mano - Ed avendolo un giorno demandai© Se mai vedato avea presse > e lontano, Ahro nomdi forma cost ben composto 3 Contra quel che credea gli fu risposto» ' 8 L’ A ï i » s t Ej V 1 I. Dko ( rïsposse Eausto ) che seconds Ch’ îo veggo, e che parlante odo a ciascunoj Nella beilezza hai pochî pari al Monde , E questi pochi io H restrirsgo in uno. Quesr’ uno è un fratel mio detto Gîocondo t Eccetto lui , ben credero che ognuno Di beltà molto addietro tu ti lassi 5 Ma questo sol credo t’ adegvsi, e passu y ï i i. Al Re parte impossibil cosa udire* Chè sua la palina inSn allora tenne E d’ aver cbnoscenza alto desire Di si lodato giovase gis venne. Fe si con Eausto, che ds far venire- Quivi il frate> promettet gli convenne Bençhè a poterïo indur che ci venisscj Saria fatica,, e la csgion gli disse: Chant XXVÏII. 9 y 1 1. D’après ce que je vois, iui dit Fausto, et d’après ce que j'entends dire à tout le monde, vous avez certainement peu d’égaux sur la terre en beauté; et ce peu même, fe le réduis à un seul; c’est un frété que j’ai, nommé Joconde. Excepté lui , je crois faci- lement que vous l’emportez à cet égard sut tout le reste des hommes. Mais lui seul, je crois, vous égale, si même il ne vous Surpasse, VIII. Le Roi , qui jusqu'alors s’étoit attribué la palme de la beaute , regarde comme impossible ce qu’il vient d’entendre. Il conçoit un violent désir de connoitre le jeune homme dont on faisoit un si bel éloge. Il fait tant auprès de Fausto , qu’il en obtient la promesse de faire venir ce frété auprès de lui ,«quo:quecelui-ci prévoie beaucoup de peine à le déterminer as voyage. Il lui dit même pour raison : a il O 1/ A U I O S T E I X. Que son frere étoit un homme si Iran-» quille, si habitué à la vie paisible qu’il menoit à Rome , qu’il n’en étoit jamais sorti ; que , satisfait des biens qu’il tenoit de la fortune, il n’avoit jamais augmenté ni diminué i’heritage de ses peres - et que îe voyage de Pavie iui paroîtroit plus effrayant, qu’à un autre celui de la T ar tarie» X. La plus grande difficulté seroit de le dé- tacher de sa jeune épouse, à laquelle il étoit uni par un amour si tendre , qu’il ne pouvoir vouloir que ce qu’elle vouloir. Cependant , pour obéir au Roi son maître , il promit de partir et de faire l’impossible. Le Prince joignit à ses prières tant de dons et de promesses, qu’il S’y eut plus moyen de refuser. C Jf A S T XXVIII. II I X. Crie 1 suo fratello erauom, che œosso il pieds Mai non avea di Roma alla sua vira* Che del ben , che Fortima gli concédé , Tranquiha , e senza affanni avea nodritaj La roba, di che ’i padre il lasciô erede. Ne mai cresciuta avea , ne minuits; E che parrebbe a lui Fàvi'a îontana Pih che non parria a un aitro ire alla Tana, X. E la difEcoItà saria maggiore A poterlo spiccar dalla mcgüere, Con cui legato era di tanto amorej Che non voîendo lei , non pno volere. Pur per ubbidir lui , che gli è Signore* Disse d’ audace, e rare oltre il porere. Giunse il Re ai preghi taii offerte, e dons., Che di negar non gli lasciô ragioni. J iS L’Auioste XVII. La nuit qui précéda le matin fixé pour le départ , cette tendre épouse parut prête à rendre l’ame dans les bras de l’époux dont elle aiioit être privée. Elle n’avoir pas dormi un instant : une heure avant le jour, son - mari vient lui faire ses derniers adieux, monte à cheval, et part enfin- Sa femme regagne tristement sa couche. XVIII. Joconde n’avoit pas encore fait deux milles , lorsqu’il vient à se rappeller le reli- quaire que ia veilîç au soir il avoir mis sous- son oreiLer , et qu’il avoir oublié de re- prendre. O Dieux, se dit-il à lui-même, comment faire excuser un tel oubli? Com- ment empecner ma femme de penser que je fais peu d§ cas de son extrême tendresse 5 C H A N T XXVIII. J? X V I L La notte.che ando innanzi a quella Aurora, Che fu il termine estremo alla partenza , Al suo Giocondo par che in braccio mora La mogiie, che n’ hatosto da star senza. Aîai non si dorme; e innanzi al giorno un’ ors Viene il marito ail’ ultima licenza. J'.onto a cavallo , e si parti in effetto ÿ E la moglier si ricorco nel letto. XVIII. Giocondo ancor duo miglîa ito non era Che gli venne la croce raccordata , Che avea sotto il guancial messa la sera. Foi per obblivion I’ avea lasciata. Lasso ( dieea tra se) di che maniera Trovesb scusa , ehe mi sia accettata ? Che mia mogiie non creda che gradito Foco da me sia 1’ amor suo înfinito i 2-0 L A R ! 0 S T E, X I x. Pensa la scusa; e po i gli C ade in mente Che non sarà accettabiie, ne büôna, •Mandi famigli, o mandivi altra genre, S’ egli medesmo non vi va in persona . Sj ferma, e ai fratei dice.: or pianamente l’no a Baccano al primo aîbergo sprona ; Che dentro a Roms è forza ch’ io rivada, E credo anco di giungerti per strada. X X. Non potria fare aitri il bisogno mio. Ne aubîtar , ch’ io saro tosto teco. Voltà il ronzin di trotto, e disse : a Dioj Ne de’ famigli snoi voile alcun seco. Gra cominciava, quando passô il rio , Dinanzi a! Sole a ftggir 1’ aer c : eco . Smonta in casa ; va al letto ; e la consotte Quivi ritrova addormenta ta forte. Chant XXVIII, 21 X I X. Ë songe aux moyens de se justifie* ; il n'en trouve aucun de convenable, ni qui puisse réussir , s’il envoie un valet ou quelques gens de sa suite , et s’il n’y va lui-même en per- sonne. Il s’arrête , et dit à son frere : vas tout doucement jusqu’à la première auberge de Baceano ; je suis obligé. de retourner à Rome; mais certainement je te rejoindrai en chemin. X X. Personne ne peut faire pour qgpi cette commission ; mais sois tranquille, je sais à toi dans peu d’instans. Il lui dit adieu , tourne son bidet, et le mène au trot, sans vouloir être accompagné de personne. Dé;à , lorsqu’il passa le fleuve, les ombres de la nuit commencoient à fuir devant le soleil.; il met pied à terre dans sa.maison, va droit au lit, et y trouve sa femme profondément endormie. 21 L’A Rio STS, XXL Il ieve le rideau sans rien dire, et voit, ce qu'il s atrendoit le moins à voir ; sa chaste et ëdeie moitié couchée sous la couverture, entre les bras d’un Jouvenceau, Il reconnut soudain le drôle , qui depuis long-tems voit sous ses yeux. C’étoit un enfant d’obscure naissance, qu’il avoit élevé lui- meme parmi les gens de sa maison. XXII. S’il resta surpris et peu Joyeux , il vaut mieux le crotre sur la foi des autres , que d’étre dans le cas de l’éprouver soi-même, comme 1 éprouva Joconde à son grand regret. Dans îe premier accès de son cour* roux, ii fut prêt de tirer l’éoée, et de îe s percer tous deux , mais l’amour qu’i! res- sentoit maigre lui pour cette ingrate épouse, retint son bras vengeur. Chant XXVII I. X X I. La cortina levô senza far motte , E vide quel che men veder credea ; Che la sua casta, e fede! moglle sotto La coltre , in braccio a un giovine giacea. y Rsconobbe I* adultéra di botta . s , Per la pratica lunga che n’ avea ; _ j j Ch’ era delta fatnigiia sua un garzone* Aîlevato da lui d* umil nazione. XXII, Se attoniro restasse , e mal contenta Megiio è penssrlo , e famé fede altrui , • Ch’ esserne mai per far f esperisnenîo , Che con suo gran doior ne fe costui. Daüo sdegno assalito ebbe ralenra X)i trar la spada , e ucciderli amfcedu: : .Ma dail’ amor , che porta ai suo dispett® Ail’ ingrata mogiier j gii fu interdetto. XXIII. Nè io lascio guesto ribaido amore 1 Vedi se se io avea fatto vassallo). Destarla Pur, per non ie dar dolore, Che fosse da lui coïta in si gran fallo. Qaanto pote piu tacito usci fuore, Scese ie scale , e rimontô a cayallo ; E punto egii.d’ amor, cosi Io punse, Che ail’ albergo non fu che ’I fratel giunse. x x i y. Cambiato a tutti parve esser nel voko; Vider tutti che ’I cor non avea lieto; Ma non v* è chi s’ apponga gîà di molto, E possa penetrar nel suo secreto. Credeano che da ior si fosse toi to Per glre a Roma j « gito era a Corneto. Cue amor sia del mal causa ognun s’ a v visa; Ma non è già chi dix sappia in che guisa, C h a jî t XXVI II. 2.5 XXIII. te traître amour ( jugez s’il étoit-soumis à son empire ) ne lui permit pas seulement de la réveiller , pour ne pas lui causer le 'chagrin de se voir surprise par son époux dans une faute aussi grave. 11 sort le plus doucement qu’il lui est possible , descend les degrés , remonte à cheval, et le piquant d'autant de pointes que l’amour eu enfonce dans son cœur , il va d’un tel train , qu’avant d’arriver à l’auberge, il a rejoint son frere. XXIV, ï.e changement de son visage fut appercii de tout le monde; chacun vit bien qu’il n’avoit pas le cœur content ; mais nul ne put , même de fort loin , pénétrer son secret : iis croyoient tous qu’il les avoir quittes pour aller à Rome, et le malheureux revenoit de Corneto. On s’appetcevoit bien que l’amour étoit cause de sa tristesse} mais personne ne pouvoir dire de quelle façon. Tome VII. C &6 LAuiostEj XXV. Son frété pense qu’il est chagrin d’avoir, laissé sa femme toute seule 5 le pauvre époux au contraire , enrage et se plaint de l’avoir laissée trop bien accompagnée. Le sourcil froncé , les lèvres gonflées , l’infortuné reste immobile ,!es yeux fixés sur la terre. Fausto , qui emploie tous les moyens de soulager sa peine , faute d’en connoître le sujet, n’y réussit pas trop bien. XXVI. II n’applique à son mal que des remèdes contraires, et loin de calmer sa douleur , il ne fait que l’irriter ; il ouvre et envenime la plaie qu’il voudroit fermer, en lui rappel- lant le souvenir de sa femme. Joconde n’a de repos ni la nuit ni le jour; le sommeil, i’appétit le firent également; rien ne peut le distraire, et ce visage , n’agueres si beau, est maintenant si changé, qu’il n’est plus ïeconr.oissable. C H A K T XXVIII. 27 X X v. Estimas! il fratel che doîor atibia D’ aver la moglie sua sola lasciata ; E per contrario duolsi egli, ed arrabbia Che rimas a era troppo accompagnata. Con fronte creppa, e con gonfiate labbia Sta 1’ ir.felice , e sol la terra guata. lausto, che a confortarlo usa ogni prova* Perche non sa la causa , poco giova. XXVI. Di contrario iiquor la piaga gli unse, E dove tor dovrïa, gli accresce doglie, Dove dovria saldar , più P âpre, e punge; Questo gli fa col ricordar la moglie. Ne posa di , ne notre ; il sonno lunge col g us to, e mai non si raccoglies E la faccia, che dianzi era si bella, $) çangia si, che più non sembra quella. Ç 1 34 L A r î 8 j t ij x X X I I J. Au bout de cette galerie, dans un cadres: obscur , où les fenêtres sont ordinairemes» fermées, il apperçoit que le parquet, mai jcsnt au mur , laisse échapper un rayon ri: lumière : il y porte les yeux , et voit ce qui paromoit difficile à croire à qui î’entendroi: dire ; mais ce n’est pas sur la foi d’un autre, c est de ses propres yeux qu’il le voit , et i. .doute encore de leur témoignage. xxxi y. Par cette fente, il décou vroit l’un des boudoirs de la Reme , le plus secret e: le pms orné, ou personne ne pourroit re nétrer sans avoir sa plus intime confiance. Il regarde et i apperçoit elle-.merne dans use jutte assez étrange avec un Nain entrelacé dans ses bras. Le petit drôle avoir même us ce moment l’adresse de prendre sur la Reir-t tous les avantages ce la supériorité. C S A N T XXVIII. 5f X X X I J I. la capo délia sala, ove è piu seuro, Che non vi s’ usa ie finestre aprire , Vede che ’I palco mal si giunge al muro , E fa d’ aria più chiara un raggio uscire. Pon 1’ ccchio qulndi , e vede quel che dura A creder fora a rhi 1* udisse dire : Non r ode egli da altrui ma se lo vede , Ed -*nco agii occhi suoi proprj non crede, XXXIV. Quindi sEopria délia Regina tutta La più sécréta stanza, e la più bella , Ove persona non verria introdutra , Se per moito fedel non i s avesse ella. Qu:ndi mirando vide in strana lutta Che un Nano avviticchiato era con quellaj Ed era quel piccin stato si do.tro , Che la Regina avea pressa di sotte. ÿ5 V A ïiosTS) XXXV. Attcnîto Giocoado , e stapefatto , E credendo sognatsi , un pezzo stette : E quando vide pur ch’ egli era in fatto, E non insogno , a se stesso credette. A tmo sgrignato Mostro , e contrafatto Dunque ( disse ) costei si softomette, Che ’i maggror Re del Kondo ba per marite, Fia beilo , e piu corteseî o che appatito: XXXVI. E délia mogiie sua , che cosï spesso Fiù d’ ogni altra blasœava , ricordosse, Perche ’I ràgazzo s’ avea toîto appresso ; Ed or gli parve ch 5 escus^bil fosse. Non era colpa sua più che del sesso, Che d’ un solo uomo mai non contentossei E se han mtte una macchia d’ uninchiosno. Aimen la sua non s’ avea tolto un mostro. Chant XXVIII. 57 XXXV. Etonné j stupéfait, Joconde demeure ua moment immobile. Il croit rêver : mais voyant que le fait est réel, que ce n'est point un songe , obligé enfin d’y croire : quoi donc, dit-il, cette Princesse qui a pour époux le plus grand Roi du monde , Je plus aimable et le plus galant, s’aban- donne a un monstre hideux et contrefait ! Quel goût insatiable i XXXVI. 11 se rappelle alors sa femme , qu’il avoit trouvée jusques-!à plus coupable qu’aucune autre, pour avoir mis près d’elle ce jeune vaiet : eiie lui semble en ce moment excu- sable. Ce n’est pas plus sa faute que celle de tour son sexe , à qui un seul homme ne .suffit pas ; et si la même tache leur est commune à tontes , ce n’est pas d’un monstre su moins que la sienne a fait choix. Tome VII. D |8 L 5 À B. I 0 S X E s X X X y I I. Le jour suivant, à ta même heure, il retourne au même lieu : il y voit encore ia Reine et le Nain , qui font au Roi le même outrage. Le lendemain mêmes ébats , le lendemain encore ; il ne se passe pas «s jour que la fête ne soit chommée, et pour- tant la Reine ( ce qui lui paroît bicc étrange) se plaint sans cesse que son Nais 4ui montre peu d’amour. XXXVIII, Un jour , entt’autres , il la vit tout! triste , toute inquiette. Déjà deux fois elle avoit fait appelîer le Nain par sa confi- dente , et il ne venoit point encore. Elis l’envoie : ne troisième , et en reçoit pou réponse : Madame, il joue, et le maraui refuse devenir auprès de vous, avant de te gagner tout ce qu’il a perdu. Chant XXVIII. XXXVII. îl dî seguente alla medesima ora s Al medesimo luogo fa ritoino ; E la Regina, e il Nano vede ancora, Che fanno al Re pur il inedesmo scorno. Trova 1* altto dî ancor che si lavora, E 1* altro ; alfîn non si fa festa giorno; E la Regina , ( chè gli par più strano ) Sempre si duol che poco l 9 amî il Nano. XXXVIII. Stetle fra gli altri un giorno a veder ch’eilâ Era turbata , e in gran malinccnia ; Che due volte chiamar per la donzeîla ïl Nano fatto avea, ne ancor venia, Mando la terza voka , ed udi quelia , Che : raadonna, egli giuoca, riferia;. E per non stare în perdita d 9 un solde, A voi niega venire î! mar.igoldo. D i 4° ^ A S I O S T E, XXXIX. A si sîrano spettacoîo Giocondo Rasséréna la fronte , e gli ocehi, e ’l visa; E , quale in nome , divento gicccndo E> erretto ar.ccra , e torno il picnro in riso, AJegro rcrna, e grasso . e rubicondo, Che sembra un Chérubin del Paradiso ; Che ’i Re , il fratella, e tutta la famigtk E>r tai mutazion si marâviglia. X L. Se da Giocondo ii Re bramava udire Onde venisse il subito conforto. Non men Giocondo lo braœava dire, E fare il Re di tanta ingiitria accorto ç Ma non vorria che pin di se punire ^ 0,esse ü Re la moglie di quel torto ; Si che per dirlo , e non far danno a îei* I! Re fece ginrar su I* Agnusdek Chant XXVIII. Ai XXXIX. A cet étrange spectacle , Joconde sent renaître la sérénité sur son front, dans ses yeux et dans ses traits. Le chagrin fait place à la joie, et il recommence à mé- riter son nom de Jo'conde , qui signifie joyeux. Arec sa gaîté , il reprend de l'em- bonpoint , des couleurs: il semble un Ché- rubin descendu du ciel. Le Roi , son frere, toute la cour, sont émerveillés d’un te! chan- gement. X L. Si le Roi desiroit d'apprendre de Joconde la cause d’une si prompte guérison , joccnde ne desiroit pas moins de la dire, et d’in- former ce Prince de l’outrage qu’il recevoir. Mais il ne voudroit pas qu’Astolphe punît sa femme de cette offense, plus qu’il n’ea a lui-même puni la sienne. Voulant donc faire cet aveu sans qu’elle courre aucun ris- que, il fait faire un serment au Roi sas ce qu’il y a de plus sacré. 5 D 4— JL àb.iostSj X L I. Il le fait jurer que quelque chose quh ‘1 puisse lui dire ou lui faire voir qui lui déplaise , quand même Sa Majesté s’y trou- veroit directement offensée , il n’en pren- droit vengeance ni dans ce moment , ni dans aucun tenus. Il exige même que le B.01 garde le silence de telle façon , que ai par ses actions ; ni par ses discours , le coupable ne s’apperçoive jamais qu’il est instruit de son forfait. X L I I. Astoiphe, qui croiroit toute autre chose avant celle dont il s’agit , jura tout ce qu’il voulut Joconde alors lui découvrit la source des peines qui l’avoient si long- tems tourmenté ; lui dit qu’elles venoient d’avoir surpris sa femme dans les bras d’un misérable valet , et qu’un pareil chagrin auroit infailliblement terminé sa vîe 5 si la consolation eût tardé davantage à se pré* senter. Chant XXVIII. 45 X L L Gîutar lo fe che ne per cosa detca » Ne che gli sia mostrata, che gli spiaccia, Ancor ch 1 cgii conosca che diretta- — Mente a sua Maestà danno si faccia , Tardi , o per tempo mat farà vendetta 5 E di più vuoie ancor che se ne taccia St , che ne il malfattor già mai comprends: In fatto , o in detto, che ’1 Re il caso intenda» X L I I. îl Re, che ogn’ aîtra cosa se non qaestâ Creder pottia , gli giuro largamente. Giocondo la cagion gli manifesta, Ond’ era moiti di staco dolente; Perché trovata avea làsdisonesta Sua moglie in biaccio d’un stto vil sergents 5 E che tal pena alfin Y avrebbe morto , Se tardato a venir fosse il conforte,. a Ub .tsjy 44 - . AV 4la*4» ?î. -• ùn 5° L’àrioste. X L I X, Séjournant un mois d’un côté , deux mois d’un autre , ils s’assurent par des preuves certaines, que ia chasteté, ia foi conjugale ne se trouvent pas plus dans le; femmes d’autrui que dans les leurs. Au beat d’un certain tems, :1s se lassèrent tous derr de chasser sans cesse de nouvelles proies- ils sentirent qu’ils ne pouvoient, sans le plus grand danger , courir ainsi sur les terres des autres. L. Il vaut mieux en trouver une qui, d’hi? meut et de figure , soit également agréable a tous deux , et se prête à leurs commun désirs , sans jalousie mutuelle. Eh ! pourquoi veux-tu, disoit le Roi, que je t’aime moitî qu’un autre pour compagnon de bonne fa? tune ? Ne sais-je pas que dans tout le monde féminin , il n’y a pas un individu qui se contente d’un seul homme ? Chant XXVIII- 5* X L I X. In qaesta Terra un mese , in quella dul Soggiornando . accertarsi a vera prova ^ Che non men nelle lor , che nelle altrui ïemmine , fede, e cast'tà si nova. Dopo alcun tempo increbbe ad ambedut Di sempre procacciar di cosa nova ; Che ma! poteano entrar ne!l’ akrui porte Senza mettersi a rischio délia morte. L. Cl: è meg'io sua trovarne, che di faccia » E di costumi ad ambi grata sia; Che lor comunemente soddisfaccia, X non v* abbian d’ aver mai gelosia. E perche (dieea il Re) vuoi che mi spiaccia Aver più te che un altro in compagnîa J So ben che in tutto il gran femm neo sruoto Cna non è , che stia contenta a un solo. E z L’Arioste, L I. Ur.a (senza sforzar nostro poîere , Ma qnando il natural bîsogno inviri ) an iesta goderemoci , e in piacere 3 Chè mai contese non avrem, ne liti. Ne credo cbe si debfea ella dolere, Che se anco ogn’ alcra avesse duo matiti. Pii, che ad un solo, a duo saria fedeie. Ne iOise s udinan tante quereîe, L I I. Dl quei che disse il Re, moîto contenta Rimaner parve il Giovine Romano. D unque fermât! in tal proponimento Cercar moite montagne , e moîto piano. Trovaro alfin secondo il îoro intento L : na figiiuoia a uno ostiero Tspano, Che tenea aibergo al porto dl Valenza, Eel-.a di modi , e bella di presenza. Chant XX VII I. L I. 55 Ayons en une ; jouissons-en à notre" gré ssns épuiser nos forces, et seulement quand la Nature excitera nos désirs : sûrement elle ne causera entre nous ni contestation ni débat. Pour elle , je ne crois pas qu’elle ait à se plaindre; car si toutes les autres avaient aussi deux maris, il est probable qu’elles leur seraient plus fidèles qu’à an seul , èt qu’il y auroit moins de querelles dans les ménages. L I I. Le jeune Romain parut très-content e la proposition du Roi. Affermis dans ce dessein , ils cherchèrent de côtés et d’au- tres les moyens de l’exécuter. Enfin , ce qu’ils trouvèrent de mieux selon leur idée, ce fut la fille d’un aubergiste Espagnol , établi sur le pott de Valence , jeune tendron d’une taille et d’une figure charmante. E5 ?4 L’Ab.ioste, LUI, A peine encore écloses , les premières fleurs delà jeunesse bïiiicientsur ses appas, le pere , chargé de beaucoup d’enfans , étoit ennemi mortel de la pauvreté; de maniéré qu n ne fut pas difficile aux deux voyageurs d obtenir de lui sa fille , avec la permission de la mener où il leur piaïroit , et après avoir promis d’en avoir soin. l i y. Ils prennent donc cette jeune enfant , la possèdent tour-à-tour , en paix et en con- corde , semblables à deux soufflets qui en- tretiennent le feu d’une forge alternative- ment. Promettant ensuite de parcourir toute l’Espagne -et de passer de-là dans le Royaume de Syphax , ils partent de Valence , et le jeux même, ils vont coucher à Zattiva. C h a k t XXVI IL 55 L I I I. Era ancor snl fiorîr ai prrmavera Sna tenerella , e quasi acerba etade. Di œoki figii il padre aggravato era , E nemico mortai di povertade; Si che a disporio fu co sa legg:era, Che desse lor la figlia in potestades- Ch* ove piacessc ior potessin trarla , Foi che promesso avean di ben trattaris, L 1 V. Figtiaao la fanciulia , e piacer r/ ha nno Oï l’ tino, or 1’ altro in cartade , e in pace. Corne a vicenda i œantici , che danno , Or i ! uno , or T altro , fiato alla fornace. Fer veder tutîa Spagna indr ne vanne? E passar poi nel Regno di Siface , E ’i di, che daValenza si partir» ? Ad albegare a Zaîtiva vendra» 5 6 L 1 À a i o s t e , L Y. I padroni a veder strade, e palazzî Ns vanno , e lochi public: , e divins ; Cise usanza han di piglsa? s:m si soliazzi in ogm Terra 3 ove catran peregrîni ; E ,a fanciulia resta coi ragazzi : Altri i letti , altri acconcia.no i ronzfnl , Altri hanno cura che sia alla tornâta Des Signor lot la cena apparecchiata, L V I. Keu aîbergo un garzon stava per fante, Che :n casa dei'a g:ovane già stette A servigj. dei padre, e d’ essa amante - u da pram anni, e del suo amor godetce. Ben s adocchiar , ma non ne fer semblante. Ch’ esser notato ognun di lor temette : Ha tosto che i padroni , e la famiglia ior dkion luogo, alzar tia lor le cigiia. Chant XXVIII. 57 L V. Nos voyageurs se mettent à parcourir fes rues , les places publiques , à voir îes temples * les palais. C’étoit leur amw sentent ordinaire , lorsqu’ils arrivoiènt dans une ville pour la première fois ; pour la jeune fille , elle teste avec les gens de leur suite. Les uns font les lits ^ lés autres pansent les chevaux , d’autres ont soin que la table soit servie au retour de leurs maîtres. L V I. Il y avoit dar.4 l’auberge, en qualité de valet, un garçon qui avoit servi autrefois- chez le pere de la Jeune fille. Ils furent amans dès leur enfance, il avoir obtenuîes premiers fruits de son amour. D’un coup» d’œil ils se reconnoissent , mais ils ne font semblant de rien , dans la crainte qu’a cha» C’en d’eux d’être remarqué ; mais dès que l’absence des maîtres et des valets leur en laisse la liberté. Ils lèvent îes yeux î’ua vers l’autre. 58 L’ As.i©stb, L V I I. Le garçon lui demande quelle est sa de? tinée , et auquel de ces deux Seigneurs elle appartient. Flammette iui raconte la chose telle qu'elle est ( Flammette droit le nom de la jeune fille , le garçon se nommoit le Grec. ) Hélas , iui dit le Grec, dans le teins même ou je me fiattqis de voit arriver le moment de vivre ensemble , Flammette , ms chere ame , tu t’en vas, et j’ignore si jamais je îe reverrai. l y 1 1*1. Ces projets , qui me sembloient si dons, vont devenir bien amers , puisque tu es au pouvoir d’un autre , et que tu t’éloignes dî moi. Je voulois, ayant eu le bonheur de ramasser quelque argent avec beaucoup de travail et de peine , tant du surplus de mes gages j que de la générosité des voyageurs, jevoulois retourner à Valence-, te demander pour femme à tan pere . et m’unir avec toi. C H A 5T T XXVIII. 55? L V I I. Il tante demande dove ella gisse, E quai dei duo Signer F avesse seco, A punto la Fiammetta il fatto disse, ( Cosî avea nome , e quel garzone il Greco ) Quando sperai che ’l tempo , o imè venisse ( il Greco îe dicea ) di viver teco , Fiammetta, anima mia, tu te ne vai, E non so piu di rivederti mai î L V I I I. Fannosi i dolci miei disegni amari , Foi che sei d’ altri , e tanto mi ti scostL , îo disegnava , a?endo aîcun danari -T\j Con gran fatica , e gran sudor riposti , Che avaozato m’ avea.de’ miei salaxi » E delle benandate di molti osti , Di tomate a Valenza, e domandartî Al padretuo per moglie, e di sposartû 66 L’A a i o s t 2 , L X V. joconde et le Roi avoient tous deux «> tendu le bruit de cette cavalcade , et senti les secousses qu’elle avoir occasionnées ; mais, dupes de la même erreur , chacun d’ens croyoit que son camarade enétoit le héros, Le Grec, parvenu au terme de sa course, s’en alla tout comme il étoit venu Déjà de l’horizon le soleil lançoit ses premiers feux; Fkmmette se leve , et fait entrer les gens à Prince, L X V I. Le Roi , d’un air de persiâiage, dit ï son camarade : frere , tu dois avoir fait bien du chemin; il est tems vraiment dete reposer , car tant que la nuit a dure , tu as couru la poste, Joconde lui renvoyant la balle , répond du même ton : mais ce qae vous me dites là , ce seroït à moi à vous 1« dire. C’est à' vous à vous reposer , et grand bien vous fasse; mais ma foi de toute h nuit vous n’avez cessé de cnasser. A c H A N T XXVIII. 67 L X V. Avea Giocondo, ed avea il Re sentira Il caipestïo 3 che sempre il letto scosse ; E 1’ uno e 1’ altro d’ uno errer schernito s Si avea creduto che ’l compagno fosse. Poich’ebbe il Greco il suo caœmin fornito. Si corne era venuîo , anco tornosse. Saetto il Sol dall’ Orizonte i raggi : - Sorse Fiammetta , e fece entrare i paggî. L X V L Il Re disse al compagno mottegg:ando î Erate, moîto cammin fatto a ver dei , E tempo e ben che ti riposi 3 quando Stato a cavallo tutta cotte sei. Giocondo a lui rîspose dt rimando s E disse : tu d; quel ch’ io a dire avrei. A te tocca posâtes e pro ti faceia , Che tutta cotte liai cavaîcato a caecia» 63 U A K I 0 S T E j L-XYII. Anch r io (soggîunse il Re) senza alcun Mo Easciato avria il 11110 can correre un tratto. Se mi avessi prestato un po 5 il cayallo i anto che 5 1 mio bisogno ayessi fatto. Giocondo replico : son tuo vassallo * E piioi far meco, e rompere ogni patto 5 Si che non convenia taf cennl usare * Ben ml potevi dir : lasciala stare» Lxvm Taiîîo replaça i un y tanto soggiungc i-* altro y che sono a grave lire insieme» \ engon da motti ad un parlai, che DungC'i Che ad ambeduo 1* esse r heffato preme. Chiaman Pummetta ( che nouera lunge, E délia fraude esser scôperta terne) Fer fare in viso F uno alP altro dire Quel che negando ambi parean mendie» Chant XXVIII. €9 L X V ï I. Il n’est pas douteux , reprit ie Roi . que je n’eusse été bien aise decourre un lievre, seu- lement pour faire un- peu d’exercice, si tu avois voulu me laisser un peu la monture. Je suis votre sujet , réplique Joconde ; vous êtes toujours ie maître de faire des conditions , et de les rompre à votre gré : I! n’étoit pas nécessaire d’user de ces simagrées ; il sui6- soit de me dire : n’y touche pas. L X V I I I. Il y eut tant de propos dits et répliqués de part et d’autre j qu’il s’éleva entr’eux un débat assez vif. Des railleries en en vient aux mots piqnans , chacun se sent blessé d’avoir été joué. Ils appellent Fiamarette, qui n’étoit pas loin , et qui trembioit que sa ruse ne fût découverte; ils veulent qu’elle déclaré en leur présence un fait que tous deux nient, en paraissant trahir la vérité. 70 l’A J I O S T ï, L X I X. Parie, lu* dit ie Roi d’un air sévere; ne redoute rien de mon camarade ni de moi: d;s quel est de nous deux le champion si terrible qui toute cette nuit a joui de tes faveurs , s-ans vouloir les partager. Chacua attend sa réponse , avec l’espoir cu’elie va convaincre de mensonge son compagnon, Flanunette, qui se voit découverte , se f ettî a leurs pieds , incertaine de son sort. L X X. Elle implore son pardon, et avoue que, séduite par les feux d’un ancien amour, sensible aux tourtnens d’un cœur passionné, touchée de tout ce qu’il avoir souffert pour eile , sa fci'blesse Favoit égarée cette cuit. Elle continue , et leur raconte sans auras détour comment elle les avoir trompés tous deux _dans l’espoir que chacun mertroîr sur le compte de l’autre tout ce qui se passoit avec elle , ' c h A sr t XXVIII. 71 L X IX. Dimmi (le disse il Re con nero sguardo) î non temer di me , ne di costal , Chi tmta notre fa quel si gagliardo, Cüe n gode senza far parte aitrui 3 Credeado i’ un provar i’ altro faugiardo 3 la nsposta aspettavano arnheduj. ciammetta a’ pied; ior si gitto , incerta Di v i v ci pin s vedendosi scoperta. L X X. Domando Ior perdono, che da amorej Che a un giovinetto avea portato, spinra , 2 da prêta d’ un toimentato core, '-be œolto avea per 1er parito , vinta , Caduta era ia notre in quel'o errore; E segmtô , senza dit cosa fînta. Corne tra ior con speme si cor.dusse 3 Cil ambo eredesser che 1 compagno fusse. yz L’Arioste, L-XXI, Il Re, e Giocondo si guardaro m visa, Di maraviglia, e di stupor confus; > Kè d’ aver anche udito lor fu avviso, Che altxi due fiissin mai cosi delusi. Foi scoppiaro ugualmente in tasto riso, Che conla bocca aperta, e giiocchi chiusi, Fotendo appena il fiato aver dai petto , A dietro si lasciar cadet sul letto. L X X I I. Foi ch ! ebben tanto riso, clie dolere .Se ne senriano il petto , e piangergli occhi, Disson tra lot : corne potremo avéré Guardia, che la mogliernon ne T accocchi, Se non -giova tra due questa tenere , E stretta si, che Ÿ uno , e V altro tocchî? Se piit che crini avesse occhi il marico, Non potria far che non fosse tradito. J Chant XX Y III. L X X I. Émerveilles, confondus d’étonnement, Joconde et ie Roi se regardent en face. Ils ne se rappellent pas d’avoir jamais entendu dire que deux hommes aient éré trompés ainsi ; et puis ils partent en même-tems d’un si violent éclat de rire, qu’ils se laissent tomber sur le lit à ia renverse, la bouche ouverte , les yeux fermés, pouvant à peine respirer. L X X ï 7. Après avoir tant ri , que leurs yeux ea pleuroient , que la poitrine leur en faisoit mal, iis s’écrièrent : eh! comment nous garder des tours que veulent nous jouer nos femmes , puisqu’il ne nous suffit pas de tenir celle-ci couchée dans le même lit , et serrée entre nous : non , quand un mari auroit plus d’yeux que de cheveux , il ne pourroit jamais empêcher qu’on ne .e tra- hisse. Tome VIL G f4 t' À 5. I 0 S T 3 3 L XX I î L Nous en avons éprouvé mille et toutes jolies; pas une encore dans le nombre ne nous- a refusés. Nous éprouverions toutes les autres , que nous les trouverions sem- blables ; mais , pour demiere expérience, celle-ci nous suffit bien. Nous avons donc lieu de croire que nos femmes r.e sont ni plus friponnes , ni moins chastes que Ses autres, et si elles sont comme les autres, nous ferons très-bien de retourner en jouit paisiblement. L X X ï V. La chose ainsi conclue , ils chargent Fîammette elle-même de faire venir son amant , la lui donnent pour femme en pré- sence de témoins , avec une dot suffisante ; puis ils montent à cheval, rebroussent che- min du couchant au levant , et s’en re- tournent auprès de leurs moitiés , ssns prendre à l’avenir aucun souci sur lent compte. c H A N T XXVIII. ?r L X X I I I. Provate mille abbiamo , e tatte belle , üè di tante una è ancor , che ne contraste» Se pioviam 1’ altre , fian simili anth’ elle ; Ma per nltima prova costei baste. Dunque possiamo creder che p;ù fede Ken sien le nostre , o men dell’ altre caste c E se son corne tutte 1’ altre sono , Che tomiamo a godercele fia buono. LX XI V. Coscbiuso ch’ ebbon o,uesto, chiamar fera Per Fiammetta medesima il suo amantes E in presenza di molti gliela diero Per moglie , edote, che gît fu bastante. Poi montaro a cavallo; e il lor sentieroj, Ch’ era a Ponente , volsero a Levante j Ed aile mogli lor se ne tornaro , Di che affanno mai più non si pigîiarot G 2. Si L* À S. I O § T s 3 L X X X I. Le plus souvent celles qui manquent J leurs maris , en ont de bonnes raisons ; elles les voient dégoûtés d’un bien qu’ils pos- sèdent chez eux , et ne desirei que la pro- priété d’autrui. S’ils veulent être aimés , ils doivent aimer eux-mêmes , et rendre avec juste mesure ce qu’on leur a donné. Si j’avais le pouvoir d’établir desjoix , j’en ferais une à laquelle aucun homme ns pour* ïoit s’opposer. L X X X I L Cette loi porteroit que toute femme sur- prise en adultéré, seroit condamnée à mort, à moins qu’elle ne put prouver que son mari se fût ' une seule fois rendu coupable de la même faute; si elle le prouvoit, elle seroit renvoyée absoute, etn’auroitrien àcraïndre de la Justice ni de son époux. L’Auteur de notre croyance ne nous a-t-il pas donné pour précepte , de ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qui nous fût fait. ' Chant XXVIII. 8} L X X X I. Quelle , che i îor mariti hanno lasciati , Le piïi volte cagione avuta n ! hanno. Sel suo di casa li veggon svogîiati , E che fuor, deli’ altrui bramosi vanno. Dovriano amar, volendo essere amatî, E tor con la misara che a lot danno. Io farei { se a me stesse il dada, e terre ) Ta! legge , ch’ nom non vi potrebbe opporrg» L XXX I I. Saria la legge : che ogni donna colts ïn adulterio fosse messa a morte , Se ptovar non potesse ch’ una voïta Avesse adnlterato il sno consorte. Se provar lo potesse , andrebbe assoira , Ne temeria il marito , ne la Cotte. Ctisto ha lasciato nei precetti suoi : Noa faie aitmi quel che patir non vuoî. 1 O 4 L’àriostb, L ï X X ï I I. ' - La incontinenza è quanto mal si piiots Imputai loi j non già a turto îo stuolo. Ma in qaesto chi ha ci noi piu brutte notSj Che continente non si ticva un solo! E molto piu n’ ha ad arrossir le gote; Quando bestemmia , ladroneccio , dolo , üsura , ed omicidio , e se v’ è peggio, jRaro j se non dagii uomini , far veggio. L X X X I V, Apptesso aîle.ragioni avea il sincero, E gmsto vecchio in pronto aicuno esempio E>! donne , che ne in fatto , ni in pensiero Mai di lot castità patiron scempio ; Ma il Saracin , che fuggia udire il vero , Eo minaccià con viso crudc ed empio Si , che lo fece per timor tacere , £îa già non Io muté di suo parère. Chant XXVIII. 8f L X XX I I I. Cette foiblesse est au surplus le seul crime qu’on puisse leur imputer , encore n’en faut-il pas accuser tout le sexe ; mais , sur cet article même , ne sommes-nous pas plus coupables cent fois î II n’est pas un seul homme qui soit chaste; etn’avons-hons pas de plus à rougir des blasphèmes , des vois, ce ia fraude , de l’usure , de l’homicide . des crimes enfin les plus affreux , et que ;e ne vois presque jamais commettre qu’à des hommes ; L X X X I V. A l’appui de ses raisons ,1e sage et sincère vieillard étoit prêt de rapporter quelques exemples de Dames, dont la vertu n’avoit jamais souffert d’atteinte , nî par leurs pen* sees ni par leurs actions ; mais 3e Sarrastn qui ne vouloit pas entendre la vér:té , le menaça d’en regard sévere et farouche. Da crainte l’obligea de garder le suence , mais ne le fit point changer de sentiment. Tome VIL H S S L’Âuasti, l x x x y. Le Roi Fayen ayant ainsi terminé toaî débat et toute dispute , se leva de table , et se mit au lit dans le dessein de dormir ;ns* qu’à ce que les ténèbres épaisses de la naît fassent dissipées; mais il employa plus de rems àgémir sur l’infidéiité de sa Dame, qu’à se livrer au sommeil. Il part donc au pie» mter rayon de l’aurore, et se dispose à faire le voyage par eau. L X X X Y I. D’abord , parce qu’ayant pour l’exceller." coursier qu’il montoit , en dépit de Roger et de Sacripant, tous les égards qu’un bot Cavalier doit à un bon cheval, et songeas: qu’il lui avoit donné pendant ces deux fours plus de fatigue qu’il n’en falloit à une bête si précieuse, il voulut qu’il se reposât, et h fit mettre à son aise dans une barque; il pris 'd’ailleurs ce parti pour aller plus vite. — Chant XXVIII. 87’ L X X X V. Posto ch 1 ebbe aile liti , e aile contese Termine il Re Pagan , lascio la mensa s îndi ne! îetto per dormir si stese ïino al partir de!!’ aria scara , e densâ. Ma délia notre a scspïrar le cfiese Pin délia Donna che a dormir dispensa, Çumdi parte ail’ uscir de! n-'ovo ragglo j E far disegna in nave il suo viaggio. LXXXYI. Pero cbe avendo tutto oue! rîspetto , Che a buon cavailo dee buon cavaliers ,  quel suo belîo , e buono , che a dispetts Tenea di Sacripants, e di Ruggiero, Vedendo per duo giorni averlo stretîo Ea che non si dovria si buon destriers, X.0 pon per riposarlo , e lo rassetta feuaa baica j e peï andar pin in fretta, H â 18 L’ A 1 I O S T E, IXXXVI L Senza indugio al nocchier varar la batca, E dar fa i rerni ali’ acqua dalla sponda, Quel'a non rnolto grande , e poco carea Se ne va per la Sonna gin a seconda. Non fugge :1 suo pensier, nè se ne scarca Rodomonte per terra, nè per onda. Lo trova in sn la proda , e in su la poppa ; b se cayalca , il porta dietro in groppa, Lxxxyiii. Anzi nel caps , o sia ne! cor gli sieâe, E di ruor caccia ogni conforto , e serra, Di rïpararsi ii misero non vede, Ba poi che gl* inirnici ha neila Terra. Non sa da chi sperar possa mercede. Se gli fanno i dcmestici suoi guerra. Tanotte, e’I giorno, esempreè com'oattuto Sa quel crudel* che dovria dargli ajtito. : Csa x t XXVIII. L X X X V IL Sans délai , il ordonne an batelier de faire avancer la barque et de l’eloignet 'du ri vage à force de rames. La nacelle petite et peu chargée , descend légèrement sur la Saône } mais j ni sur ia terre ni sur i’onde , Kodo - mont ne peut échapper a ses soucis ; il les rencontre -sur la poupe et sur la proue: à cheval 3 il les portent en croupe avec lui. L X X X V I I I. Sa triste pensée ne sort point de sa tete^ ou plutôt assiège son cœur, dont elle oann.it toute consolation , qu’elle ferme à. toute espérance. Le malheureux ne sait quelle défense faire contre un ennemi maure ce la place s tourmenté par une guerre intestine 3 il ne sait de qui il doit attendre quelque secours; le jour, la nuit, il est coropattu sans cesse par le cruel amour qui devroit 1$ H I soulager. $0 L’Ariostï, L X XX IX, 1 Ainsi donc , le cœur grevé de chagrins, Rodoxnont vogue tout le jour et la nuit suivante, sans pouvoir arracher de son aine le souvenir de l’outrage qu’il a reçu de sa Dame et de son Roi. La douleur, les tout- mens qu’il ressentoit à cheval, il lestes* rent encore dans sa barque. L’onde qu’i parcourt ne sauroit éteindre son feu ; il a beau changer de séjour , son état ne sauroit changer de même. X c. Comme un malade qui , fatigué , brisé par une fievre ardente , varie sa position; qu’il soit sur l’un ou sur l’autre côté , il es- pere,en se retournant, prendre une meilleure attitude ; mais également tourmenté , ni sut le droit ni sur le gauche, il ne rencontre le repos; ainsi le Payer., ni sur la terre ni sut l’onde, ne trouve de soulagement au ms' Çui le consume. Chant XXVIII. L X X X I X. Nsviga il giorno , e ta nette seguentc Kodomonte , col cor d’ afentîi grave ; E non si pub !’ ingiuria tor ai mente , Che dalla Donna , e dal suo Re avuto hâve j E la pena , e il dolor medesmo sente , , Che sentiva a cavaiio , ancora in nave. Ne spegner pub per star nell’ acqua il foco » Hè pno stato mutai per mutai loco. X c. Corne 1* infermo , che dirotto , e staaeô Di febbre ardente , va cangiando lato ; O sia su i’ uno , o sia su 1* aîtro fianco Speia avei, se si voige, mighor stato | Nè s ni destro riposa , ne su! matteo, E per tutto ugualmente e travagliato - Cosi il pagano al male , ond’ era infermo. Mai trova in terra , e male in acqua scheimo, ÿS L’A H. I 0 S T 3, X G Y I I. Quoique la Dame ait le visage pâle, égaré, les cheveux dans le plus grand dé- sordre ; quoique de son sein brûlant s’échap- pent de continuels soupirs, et que ses yeux soient deux sources de larmes ; quoique tout en elle annonce une vie pénible et misé- rable , cependant il lui reste encore tant d’attraits , que l’amour et les grâces- sem- blent faire en elle leur séjour. X C V I I I- Dès que le Sarrasin voit paraître cette belle, il renonce entièrement au projet d’in- jurier , de hair ce sexe aimable , qui fait l’ornement du genre * humain. Isabelle lu! paroît tout-à-fait digne d’être l’ob.et d’un nouvel amour , et de chasser le premier de son cœur , ainsi qu’un clou en chasse ua filtre. I Chant XX VIÏÏ. 99 X C V I I. Corne che in viso paîlida , e smarrlta Sk la Donzeila , ed abbia i crini inconti , E facciano i sospir continua uscita De! petto acceso , e gîi occhi sien duo font! 5 Ed a! tri testimonj d’ una vita Misera , e grave in lei si veggan pronts, Tanto pero di beilo anco le avanza » Che con le Grazie Âmor vi puo aver stanza^ x c y 1 1 1, Testa che ’l Saracin vide la bella Donna apparir s mise i! pensiero al fonda 3 Che avea d; biasmar sempre,e d’ odiar qnellâ Schiera gentil .. che pur adorna il Monde. £ ben gli par dignissima Isahelia, In cni locar debba il suo amor seconde , E spegner totalmente i! primo , a modo Che daU’ as se si trae çhiodo con chiodcs, I i i ÏOQ L’ A H. I C S, T S j X C I X. Incontta se le fece; e co! più molle Parlai che seppe, e col miglior semblante Di sua condizione domandol'ie; Ed eîla ogni pensier gii spiego innante. Corne era per lasciare il Mondo folle , E fais! arnica a Dio con opre santé.. Ride il Fagano altier , che in Dio non çrede P’ ogni legge nemico , e d’ ogni Eede, C E chiama intenzione erronea , e liçvé J E dice che per certo ella troppo erra ; Ne men biasmar che 1’ avaxo si deve . Che_’l suo ricco tesor mette sotteira ; Alcuno uti! per se non ne riceve, E dalj’ uso degti altri uomini il serra. Chiuder leon si denno, orsi , e serpent!, E non le cose belle, ed innocent!. c H A s T XXV KL K3ï X G I X. Il alla au-devant d’elle, et prenant le to& le plus doux , l’air le plus galant dont il fût capable, il lui demanda qui elle étoit. Isa- belle jui fit part de ses pro jets ; comme elle étoit. prête à quitter un monde insensé, pour plaire au ciel par des œuvres saintes» Cet arrogant Paven , qui ne croit point ers Pieu , cet ennemi de toute Loi , de toute Religion, se met à rire. c. If lui dit que ce dessein est mal va , in- considéré ; qu’elle est certainement dans une grande erreur , et ne mérite pas me?; ns de blâme , qu’un avare qui enterreroit de riches trésors pour en dérober l’usage aux autres hommes , sans en tirer pour lui-même aucune utilité. Ce sont les irons , les ours , les serpens qu’il faut que i’on enferme, et Son pas l’innocence et la beauté» H jci . L’às.iostis 9 Ze Moine , attentif à ces propos , se tenolt comme un pilote habile assis au gouver^ caii ; et craignant que ce jeune cœur sans expérience ne fût entraîné dans la voie de îa perdition , pour le fortifier, il étaîoit avec profusion un banquet splendide de nourriture divine ; le Sarrasin , né sans goût, non-seuiement n en trouve aucuns des mets pareils , mais ils commencent fort à lui déplaire. C I h Après avoir vainement Interrompu Phêî- înite , sans pouvoir jamais l’obliger à se taSe , il perd enfin patience , lui saute au collet avec fureur.... Mais ce discours pourrait vous paraître trop long , si j’en disais davantage Je finirai donc ce Chant, et je ferai mon profit de ce .qui arrive au Moine pour avoir trop parlé. Fin Ait Chant vingt-huitime * C H A N T XXVÏIÏ. 10? C I. SI Monaco, che a quesîo avea P orecchiâ E per soccorrer la Giovane incauta, Che rîtiatta non sia per la via vecchia, Sedea ai governo quai pratîco nauta 5 Qu-vi di spirita! cibo apparecchia Tosto una mensasontuosa, e lauta ; Ma il Saracin, che con mal gusto naeque. Non pux la saporo , che gîi dispiacque. j C I I. E poi che in vano il Monaco interrompes E non pore mai far si che tacesse , E che di pazierza il fieno roppe , Le mani addosso con furor gli messe. Ma le parole mie parervï trcppe Fotriano ornai , se pih se ne dicesse ; Si che finird il Canto 5 e mi fia speechi© Quel, che per troppo dire accadde a! VeechKSs, Fine del Canto venusim’ ottayo. *= 2 — - . -SS'S'—Jt CHANT VINGT-NEUVIEME» L O QUE l’esprit de l’homme est foib'î et inconstant! qu’il est prompt à varier dans ses projets ï Un rien suffit pour changer les sent ; mens qui nous affectent, et sur-tout ceux qui na : ssent d’un dépit amoureux. J’ai vu n’agaeres le Sarrasins! furieux contre les Dames , je l’ai vu si" loin de toute mesure, que loin d’espérer que sa haine pût s’étein- dre , ie n’imaginois pas même que rien la refroidît jamais. I I. Sexe charmant, je suis si yidigné des propos outrageons qa’il a tenus sur vous, contre toute justice, que jusqu’à ce que je lui aie prouvé, par sa punition, toute l’étendue de sa faute , je ne saurais lai par- donner j’y veux employer mon encre et ma plume, et ie ferai si bien, qu’on verra qu’il eut été-plus avantageux pour lui de se taiie ; , et même de se mordre plutôt la langue , qu$ de dite du mal ce YOUS t CANTO VENTE SIMON ON O* I. O Degii uomini înferma, e instabil mente* Corne, siam presti a variai disegno 1 Tutti i pensier mutiamo faciimente, plu quei j che nascon d’ amoroso sdegne, îo vidi dianzi il Saracin sî ardente Contra !e donne, e passar tanto il segno, Che non che spegner 1' odio , ma pensai Che non dovesse intiepidirlo mai, I I. Donne gentil, per quel che a biàsmo vostïC* Pariô contra il dover si offeso sond, Che sïh che con suo mal non gli dimostro Quanto a'bbia fatto error, non gli perdono, Io farô sî con penna , e con inchiostio , Che ognun vedrà , che gli era utile e buono Aver taciuto, e-mordersi anco poi Prima la lingua che ait mal di vol». to6 L’ ÀHÏOSTE, I 1 1. Ma che parlo corne ignorante, e sclocc® Ve io dimostra chiara esperienza, Già contra tutte trasse fuor lo stocco Dell’ ira, senza farvi differenza; Foi a’ Isabelia un guardo si 1’ ha tocco 3 Che subito gii fa mutât sentenza; Già in cambio di quel!’ altra la disia, U ha vista appena , e non sa ancor cûi sra» î y, X , corne biîovo amor lo punge , e scaldîs Muove»aicune ragion di poco frutto Fer romper queila mente intera, e saida, Cn ella avea nssa al Creator del tutto. Ma î’ Eremita, çhe le è scudo, e falda. Perché il caste; pensier non sia distruttOj Con argomenti più validi e fermi , Quanto più puo , le fa ripari s e schermj. Chant XXI X* î®t I I I. Au surplus , l’expérience démontre d’une Manière assez claire, qu’il parla comme un ignorant et comme un sot, Tcut-à-l’heurc il lançoit les traits de son dépit contre tout le sexe sans aucune exception, et voilà qu’un seul regard d’Isabelle le pénètre, et lui fait changer soudainde sentiment. A peine l’a-t-il vue : il ne la connoit pas en- core , et déjà dans son ame ei;e succédé a selle qu’il aimoit. I V. Épris, embrasé d’un nouvel amour, il essaie , avec quelque raisonnement fnvole , de détruire la résolution ferme et constante qu’lsabeiie avoit prise , de se consacrer au Souverain Créateur î mais l’Hermite qui , pour la maintenir dans ce pieux dessein , lui sert de défense et d’égide , emploie des raisons plus graves, plus solides , et comme un rempa't impénétrable , s’oppose au Sar- rasin de tout son pouvoir. ÏI4 i’ A i i o s î 2 , X L Fa nelT animo suo proponimento Di darsi cog sua man prima la morte , Che’I Barbare cradel n ; abhia iistto jntento , E che îe sia cagion d’ errât si forte Confia quel Cavalier , che in fcraccio spenta Jje avea crudele e dispietata sorte ; A cai fatto hâve coi pensier devoto Délia sua castità perpetuo vote.. X I L Crescer pîîr sempre f appetito cieco. Vede del Re Pagan ; ne sa che farsi» Ben sa che vuol ventre aîi’ atto bieco* Ove i centrasti suoi tutti fîen scarsi. Far discarîendo moite cose seco Il modo trovà aifin di rioararsîj E di salvar la castità sua, corne lo vi dire . coa lango e chiaro nome» XXIX. I*s Chant X I. Elle est bien déterminée dans son ame à se donner la mort de sa propre nam, plutôt que de céder aux vœux de ce monstre crue i ; elle ne se rendra point coupable d-ua pareil crime envers le Chevalier , qu’un destin barbare, impitoyable , Su: a ravi entre les bras-, et à qui sa tendresse religieuse a voué use étemelle chasteté. X I I* Elle voit à chaque instant s’accroître ;a passion brutale du Roi P aven ; elle ne sait que résoudre. Elle sent bien qu'il en veut venir aux dernières extrémités , et que toute sa résistance sera inutile enfin, a force de rêver à différer! s partis , elle trouve le move.- de garantir , de Sauver son honneur » et d’acquérir , comme je vais vous le raconter * une gloire éclatante et immortelle^ / w tl6 L 5 À 2. î O S T S J XI H. Déjà îe brutal Sarrasin la pressait , avec des paroles jet des gestes très-éioignés des égards qu’il lui avoit d’abord témoi- gnés. Si vous- me garantissez , lui dit-elle, que vous respecterez mon honneur , et que ?e n’aurai rien à craindre avec vous. Je vous donnera: en récompense un secret qui vous sera bien plus utile , que c.eî honneur que vous m’auriez ravi. X I Y. Pour un plaisir de si courte datée, et qu’on peut satisfaire par-tout si facilement, ne de saignez pas un bien inaltérable , un vetitabie boi heur que rien ne peut égaler. Yo-'S trouverez toujours nulle ec mille femmes charmantes s mais presque nul autre, au monde ne peut vous donner le trésor qui est en mon pouvoir. Chant XXIX. i*7 XIII- Al brutîo Saracin , che le «ma Già contra con parole, e con efifctti Ftlvi di tutta quella cortesia , Che mostrato le a-vea ne’ primi dettii Se fate che'coa voi sicuia io sia Del mio onor, disse , e en io non ne sospetti, Cosa ali’ incontro vi daro, che «îoito p; u v i varia che avermi 1’ cnor toito. X I V. Per un placer di si poco momento, Di che n’ ha si abhondanza tutto ’l Mondo » Non disprezzate un perpetuo contento. Un veto gaudio, a nulle aitro seconde. Potrete tuttavia ntrovar cento , E mille donne di viso giocondo . Ma chi vi possa dar questo mio dono , Nessuno ai Monde o pochi ahn ci sono. Îi8 L' A B. I O S T 2 5 X V. Ho notizia d’ un’ erba , e P ho veduta Venendo , e so dove trovarne apprëssOj Che bollica con eilera, e cor Ad un fuoco di legna di cipresso , * E fra mani innocent! indi premuta 3 .Manda un iiquor , che chi si bagna d’ esso Tre voîte il corpo , in tal modo P indura , Che dal ferro , e dai fuoco P assïcora. X V I. lo dïco, se tre voite se n’ immoîla^ Un mese invulr.erabile si trova. Oprar conviensi ogni mese l’ ampolia } Chè sua virtu più termine non gicva : ïo so far Ÿ acqua, ed oggi ancor farolia» Ed oggi ancor voi ne vedrete prova. E vi puo { s 3 io non falîo) esser più grata Che d* aver tuna Europa oggi acquistatâ* Chant XXIX. U9 X V. C’est une herbe dont j’ai la ccnnoisssnce 5 j’en ai même appetçu en arrivant, et je saurois en trouver ici. On la fait bouillir avec du lierre et de la rue, à un feu- de hors de cyorès ; pressée ensuite pat des mains pures «Innocentes , elle exprime une liqueur dont la vertu est telle, que le corps qui s’y est baigné trois fois, s’endurcit de maniéré a devenir impénétrable au fer et au reu. X V 1 . Je vous répète qu’en s’y baignant trois fois, on est pendant un mois invulnérable; mais tous les mois il faut recommencer, car la vertu de cette eau , ne s’étend pas au-dela de ce terme. Je sais le secret de cette coœ= position; j’en puis faire aujourd’hui même ; dès aujourd’hui vous pourrez 1 epro.uve. » et si je ne me trompe , cette connoissânee doit vous être plus agréable que la conquête de l’Europe entière. •120 JJ A B. I 0 S T E s XVII. Tout ce que je vous demande pour prix d’une faveur pareille , c’est de me iurer votre foi , que ni par vos actions ni par vos pa- roles , vous ne porterez pms aucune atteinte à ma pudeur. Par ce discours , elle rappelle Rodoæont à la decenee, et lui inspire un si vif désir d’être invulnérable , qu’il lui promit au-delà de ce qu’elle lui demandoit. XVIII. Son dessein est de garder sa promesse, jusqu’à ce qu’il ait éprouvé cette eau mer- veilleuse, et de se contraindre assez pen- dant ce tems pour ne faire aucun acte de violence, pour n’en donner aucun soupçon; mais ensuite il compte bien ne pas tenir l’accord , car Pimp :e ne craint et ne resperre ni Dieux ni Saints , et l’emporte dans l’art de manquer a sa foi , sur toute la trotn-, cetjse Afrique, x y 1 1. p a voi dünaüdo in guiderdon di questo, Che su la fede vostra mi giuiiate , Che ne in detto , ne in opeia molesta Mai più sarete alla castitate. Cosidicendo, Rodomonte cnesto Fe ritomar , che in tanta volontate Venue , che invuinerabil si facesse , Che più ch’ eiia non disse le piomesse : XVII I. E serverai'e fin che venga fatto pella mirabii* accjua espenenzaj E sforzerassi intanto a non fare atto , A non far segno aicun di violenza. Ma per.sa poi di non tenere il patto, Peicliè non ha timor 3 ne riverenza Di Dio . o di Saati ; e ne! mancar di fede Tutta a lui la bngiarda Africa cece. •- Tome V JJ* L Ï3.% L'AâîOSTS, X I X. Ad Isabelia il Re d’ Algfér scongiaii Bi non la œolestar fe pià di mille , Fur ch’ essa lavorar 1’ acqua procari , Che farlo pub qualfa glàCigno, e Achille. Ella per faalze , e per vailoni oscuri Bal'e città lontana, e dalle ville Ricoglie di moite erbe; e il Saracino Non P abbandooa , e le e sempre vicîno. X X. Foi che in più parti . e quanto era a bastacza Colson de!” erbe e con radici, e sefiza , Tardi si ritornaro alla lor st 2 nza, Dove quel paragon di continenza , Tutta la notre spende, che le avanza, A hoilir erbe con moka avvertenza ; E a nttca 1’ opra , e a tutti quei misteri Si troVa ognor présente il Re d’ Algierii Chant XXIX. îi> X I x. te Roi d’Alger fait donc à Isabelle mtUe protestations de ne pas la troubler, courva qu’elle se hâte de composer la hqaeur qu doit le rendre ce qu’éroient jadis Cycnus et Achille. La Princesse marchant a travers a précipices et d’obscurs valions , loin fcmeauv et des villes, ramasse une grande quantité d’herbes. Le Sarrasin «narcne a cote d’elle, et ne ia quitte pas un instant. X X. Après en avoir cueilli en divers endroits È¥ ec et sans racines , autant qu’il P*«sso* nécessaire, ils rentrèrent tard le soir ^ logis. Là, ce modèle de chasteté emploie toute la nuit qui lui reste , à faire bout ^ ces herbes avec le plus grand soin. Le Ro d’Alger assiste à toute l’opération, est pït- seat à tous ces mystères. L A IjO L A B. î 0 S T is 5 XXVI I. Vaîtece in va.ce, aima beata e beiia, Cosi i tniei vers! avessirt forza, corne Ben m’ sfiâticherei con tutta quelia Arte, che t 2 nto il pariar oma , e corne. Perche mille e mi!P anni , e pi'u , noveiîs Sentisse il Mondo del tuo chïaro nome; Vattene in pace alla superna sede , E lascia alP altre esempio di tua fede- XXVIII, Ali"' atto incomparabile e stnpeedo Dal cielo ü Creator giîx g'ii occhi voîse; E disse : piu.di quelia t» commendo, La cui mGrte aTarquinio ilRegno toîse; E per questo una legge fare intendo Tra quelle mie , che mai tempo non sc’olse ; La qua! per le invsoiabil aeqne giuto Che eob mutera seeolo futuro. Chant XXIX. 15* ‘ XXV I I. Repose en paix . a me heureuse et belle. Ah ! s i mes vers en avoient le pouvoir, combien ne m’efforcerois-je pas , en ras- semblant tous les omemens de féloquence , de faite revivre ton nom au-delà de mille et mille ans , dans toute sa splendeur . Repose en pais dans le séjour celeste , et fee à tout ton sese Exemple de ta fidélité. XXVIII- Cette act’on étonnante , incomparable , attira du haut des Ci eux les regards du Créa- teur. Il dit : je te prise davantage que ce..- dcnt la mort coûta le trône I Tarquin. veux faire une. loi en faveur d'un trait si beau , et je la rangerai parmi «n« terni ne peut détruire. ]c jure , par le fleuve inviolable , que 1 les siècles futurs ne po.u- sont la changer. If 2 L'Arioste, XXIX. Je veux qu'à Pav.enir toutes celles qui porteront ton nom , soient douées d’un esprit sublime , de beauté , de grâces , de courtoisie et de sagesse , et qu’elles par- viennent au plus baut degré des vertus j qu’elles servent de sujet aux écrivains de leur siècle, pour célébrer ce nom éclatant et glorieux, et qu’Isabelle , et sans cesse le nom d’Isabelle, fasse retentir le Parnasse» Je Fiude et l’Hélicon. XXX. Ainsi dit î’Eternel , et à sa voix l’ait devint plus serein et la mer plus calme qu’elle ne le fut jamais. Cette ame chaste et pure alla prendre sa place dans le troi- sième Ciel , et s’y trouva réunie dans les bras de son cher Zerbîn. Le cruel et nouveau Eréus-sans-pjtié, resta sur la terre couvert de confusion et de honte , et quand les fumees du vin furent dissipées, il sentit toute l’étendue de sa faute, et en parut accablé. C i a n ï XXIX. ij5 XXIX. Per l’ avvenir vo 5 che ciascuna .. che aggis ïl noMe îüo , sia di sublime ingegno . E sia bella , gentil , cortese , e saggla , E di vera onestade arrivi al segno ; Onde materia agli Scrittori caggia Di -celebrare il nome inclito , e degno , Tal che Parnasso , Plndo , ed tdicone Sempre Isabeüa, Isabelia risnone. XXX. Dio co si disse; e fe serena intomo V aria , e tranquillo il mar piu che mai fusse. Fe P aima casta al terzo ciel ritorno, E in braccio al suo Zerbin si ricondusse. Rimase in terra con vergogna , e scorno Quel fier senza pietà nuovo Breusse ; Che noi che’l troppo vino ebbe digesto, Biasmô il suo enore , e ne resto funesto. Tome VIL M 134 L‘ A r i o s t ê, XXXI. Placare, o in patte satisfaï pensosse Âli’ anima beata d’ Isabeiia, Se , poi che a morte il ccrpo le percosse , Cesse almen vita alla memoila d’ ella. T-rovo per mezzo, aecio che cosi fosse. Ci convertirle quel'a Chiesa , quella Bove abitava , e dove ella fu uccïsa , In un sepolcro , e vi diro in che guisa» XXXII. Bï tutti i luoghi intorno fa centre Mastri , chi per amore , e chi per tema ; E fatto ben sei miia uominî unire. De’ gravi sassi i vicin montï scerna, E ne fa una gran massa stabilité , Che dalla cima era aiia patte estrenaa Novanta braccia; e vi rinchiude dentro La chies3, che i duo amants ayea nei centro. C H A N T XXIX. ï)5 XXXI. ïi crut qu’il pourroit appaiser , ou du moins satisfaire en partie Famé fortunes de la Princesse de Galice , en rendant au moins immortelle la mémoire de celle à qu i il avoit donné la mort. Le moyen quil imagina pour y parvenir , fut de conveitsr en un mauzolée cette petite Eglise ou n habitoit, et où il lui avoir ôté la vie. je vais raconter comment il s’y prit. XXXII. ïl fit venir de tous les environs , moitié de bon gré, moitié par crainte , des ou- vriers , au nombre d’au moins sis mine ; il leur fit détacher de grosses pierres des montagnes voisines , et leur ordonna d’en former une pyramide énorme, de quatre vingt-dix brasses , depuis sa base jusqu’à son" sommet C’est là qu’est renfermée l’Eglise , au milieu' de laquelle les deux amans sont inhumés. 1$6 L'ÀICIOSTEy XXXIII. Cet édifice ressemble assez an Môle im- mense qu’ Adrien fit construire sur les bords du Tibre, Près du tombeau, il fait cons- truire une tour élevée , qu’il projette d’ha- biter pendant quelque tems. Il fait jetter sur le fleuve qui couloir près de-la , un pont qui n’a pas pins de deux brasses de large. Ce pont, en longueur, a beaucoup d’étendue, mais il est si étroit, qu’à peine deux che- vaux peuvent y passer ; xxxi v. Deux chevaux marchant de front ou à la rencontre Pun de l’autre^ Il n’y avoït d’ailleurs ni parapet nî appui , et l’on pouvoir tomber des deux côtés. Il veut que ce passage coûte bien cher aux guer- riers Mahométans ou Chrétiens, Il promet aux Ivîanes d’Isabelle , d’érger sur son mo- e muent mille trophées de leurs dépouilles*. Chant XXIX. ïvf XXXIII. ïraità quasi la superba moîe> Che fe Adriano-ali’ onda Tioerinar. Presso al sepolcro una torre alta vuoîe> Chè abitarvi alcun tempo si destina. Un ponte stretto , e di- due btacciâ sofè Fece suit’ acqua, che correa vicina e Lungo il ponte , ma largo era si poco s Che dava apnena a duo cavahi 3 XXXI V.  duo cavaili .che venuti a paie . O che insieme si fosseto scontrad, E non avea ne sponda, ne riparo E si potea cadet da tutti i lati. îl passât quindi vuol che costi caro A. Guerrieri o psgani . o- battezati î. Chè deile spoglie lot mille trofei. fromette al cimiterio di costei. H 5 L’A R I G S T'î, XXXV. *3 In dieci giorni, e in manco fu perfeîta X’ opra de! ponticel, che passa il Surne: Jîa non fa già il sepolcro cosi in fretta, N® la toire condutta al suo cacume. ; Pur fa levata si , che alla veletta Starvi in cima una guardia avea costume; Che d’ ogni Cavalier , che venia al ponte. Col como facea segno a Rodomonte, XXXVI. E quel s’ armava , e se gîi venia a opporre Ora suif una, ora solE altra riva, Che se ’l Guerrier venia di ver la terre , Suli 1 altra proda il B.e d’ Algier versiva. II ponticeilo è il campo, ove si corre, E, se ’l destrier poco del segno usciva, Cadea nel fume , ch’ alto era , e profonde : Ugual perigiio a quel non avea il Monda, £ H A s T XXIX. m X X X Y. î,e pont , qui traversait la riviere , fut cens-’ trait en moins de dix jours ; mais il en fallut davantage pour le Mausolée , et pour porter la tour à sa plus haute élévation. Elle en. eut assez cependant pour qu’on y tînt ha- bituellement une sentinelle en vedette, qui avertissait Rodomont en. sonnant du cor » de tous les Chevaliers qui arrivoient au pont. xxxvi. Il s’armait alors , et se présentoir à lenï rencontre par l’une ou l’autre extrémité. Si le guerrier arrivait du côté de la tour le Roi d’Alger s’avançoit vers lui de la rive opposée. Le pont étoit le champ . de oa taille que les deux adversaires dévoient par- courir , et pour peu que le coursier s éu-u- de sa route , il tomboit dans le fleuve vaste et profond : il n’étoit point de passage pis» périlleux au monde» %4t L’Ar-ïoste* l x y. Le malheureux guerrier ne mourut pas sans vengeance : à i’instant même où il reçut l’atteinte mortelle de cetre épée, qui déjà n’est presque pius à lui , ii se hâte de porter à Roger un coup qui lui auroit fendu la îête, si ce Héros n’avdit d’avance diminué ses forces , ne lui avoir ôte oeaucoup de sa vigueur. Il les lui ravit cette vigueur et cette force, alors qu’il le blessa sous le bras droit. l x y i. Le coup que Mandricard pcrteaRoget à l’insrant ou celui'ci lui ôte la vie , est tel qu’un cercle de fer , quoique fort épais , et nE e coelfe d’acier qui le couvrait en furent partages. Durandai pénètre la peau , les os du crâne , et entre de deux doigts dans la tête de Roger. Ce Guerrier , tout étourdi , tombe sur l’arène , et de sa blessure vers» un ruisseau de sang. Chant XXX. 2.45 ‘ L X V. Non rnorî quel roeschin senza vendetta , Che a quel medesmo tempo che fii coito , La. spada poco sua meno di fretta , Ed a Ruggiero avn'a partïto il volto , Se già Ruggier non gli avesse intercetta Frima la forza, e assai del vigor toltoj Di forza , e di vigor troppo gli toise Bianzi, che sotto il destro braccio il colse. L X V I. Da Mandricardo fu Ruggier perçasse Ne! punto ch’ egli a lai toise la visa, Tal che an cerchio di feiro, ancor che grosso, E una cuffia d’ acciar ne fu partita. X e Durindana tagho cotenna, ed esso , E ne! capo a Ruggiero entré due dits. Ruggier stordito in terra si riversa, 1 $ sangue un ruscel dal capo versa. X X 144 L’Aîiosts, L X V ï ï. Il primo fuRuggter , che andô per terra j E dipoi stette 1* altro a cader , tanto Che quasi crede ognun , che délia guerra Kiporti Mandricardo il pregso, e il vanto; E.Dcraîice sua, che con giî altri erra, E che que! dï più voite ha riso , e pianto* Dio ringraziô coa mani al ciel supme , Che avesse avuto la pugna tal fine. l x y 1 1 1. Ma poi che appare a maaifesti segr.i Vivo chi vive, e senza vira il mono? Nei petti dei fautor mutano regni, Di ià mestizia, e di quà vien conforto. I Re, i Signori , i Cavalier più degni ConRuggier, che a fatica era risotto, A raüegrarsi , ed abbracciarsi vanno, E gloria senza fine, e onor. gli damto». Chant XXX, 24J L X V I I. C’est Roger qui le premier fat renversé i terre. L’autre ensuite mit tant de tems a tomber, que chacun fut près ducroire que “Mandricartf rempoitoit ie pris et ia gloire •'de ce combat. Sa Doraiîce , quis’ÿ trompe comme les autres, et qui plus d’une fois en ce jour a passé de la joie à ta douteur , déjà les mains élevées vers le Ciel , lui "rend grâces de ce qu’il a donné à ce cornu ut un tel succès. L X V I I I. Mais lorsqu’à des signes certains on re- connut que L’un respirait encore , et que l’autre étoit sans vie , les sentimens chan- gèrent dans les coeurs intéressés des spec- tarettrs 5 là oit régnoit la tristesse, régné alors la plus doute satisfaction Le Roi , les Princes , les Chevaliers d’élite courent vers Roger, qui s’est relevé avec beaucoup de peine , le félicitent , l’embrassent , et ne cessent deie combler d’éloges et d’honneurs X à 24:5 L' A K I 0 s î i j L X I X. Chacun d’eux Ici témoigne son conten- tement , et ie c»-.r est d’accord avec !a bouche. Le seul Graciasse est agité de pensées bien differentes de celles qu'il, cherche à exprimer. La joie éclate sur son visage, mais secrètement dévoré d’envie contre un si glorieux exoloit, il maudit le. sort ou ; le hasard qui fît sertir du vase ie nom de Roger, L X X, Que dirai-je de l’accueil , des caresses infinies , et si tendres et si sincères ; que fit à Roger ie'Roi Agramant , lui qui, sans ce Kéros , n’a voit pas voulu déployer ses bannières , ni quitter les bords de l’Afri- que , ni, malgré ses troupes nombreuses, hasarder sans lai le sort des combats Maintenant que", sous ses coups , est éteinte la race du Roi Agtican, il l’estime plus lui seul que tout le monde ensemble. C H A N T XX X. 247 L X I X. '* ~ Cgnua s* aîlegra coa Ruggiero , e sente lï meiesmo nel cor, che ha neila bocsa. Sol Giadasso. il pensiero ha difteieme Tutto dï que! , che fuor la lingpa scocca, Mostta gaudio- nel vise , e occultamente Del glcrioso acquisto invidia il tocca * E maiedice, o sia destino , o csso » Il quai nasse Ruggier prima del vases» L X X, Che dirb del faver , che délié tante Carezze e tante, a&ttuose e vere> - Che fece a quel Ruggiero il ReAgramanîe, Senza il quai dare ai veato le bandiete, Nè vclie mever d’ Atrica te plante , Kè senza lai si fidb in tante schiere 2 Or che del Re Agricane ha sper.to il seme PîSSZê piùlui che CittQ il MosAo mtefflC» à -t ' ‘ ' 2.48 L'ÀS-IOSTSj L X X I. Ne di tal volontà gti uomini soir Etan verso Ruggier, ma le donne anco> Che d 5 Africa, e di Spagna fia gli stuoiï Efan venute al tenkorio Franco; E Doralice stessa , die con dnoi! PiàBgea F amante su o paiiido , e bianco. Torse con F altre ira sarebbe in sch'era,_ Ss di vergogne un duro fren nen et a. L X X I L lo dico forse , non ch’ io ve 1* accertî * Ma potrebbe esser stat-o di leggîerc, Tal la beMezza , e talî etano i merti , I cosîumï , e i sembiantrdi Ruggiero. Ella , per quel che già ne siamo esperti. Si facile era a variai pensiero , Che per non si veder priva d* amore , Aviia potuto in Ruggier poxre il cote, 1 Chant XXX. 24^ L X X I. Et ce n’est pas seulement des hommes que Roger obtenait ces sentimens; il en inspnoit de semblables aux Dames qui étoient venues en France avec les armees d’Espagne et d’Afrique. Doralice elle-même , qui, remplie de deuil, gémissoit aîors sur le corps pâle et inanimé de son amant , Doralice peut-être auroit fait nombre avec les autres, si le frein pénible de la honte ne l’eut retenue. L X X I L Je dis peut-être ; je ne veux pas l’assurer: seulement à la rigueur , cela étoit possible ; tant la beauté , les grâces , le caractère , le mérite enfin deB.ogei avoient de pouvoir. D’ailleurs", et nous en avons déjà la preuve , cette belle étoit si prompte à changer de sentiment, que pour ne pas laisser de vide dans son ame, elle auroit bien pu cherches à y placer Roger. 25° L A s. i o s L X X I I J. iîandricard vivant lui convenolt à mer-* veîiies, mais ou’en eut-eüe fait après sa mort - U valoir mieux qu’elle cherchât un amarst pourvu de la vigueur nécessaire pour lui offrir ses services et' la nuit et le jour. Cependant on n’avoit pas tardé à faire venir le plus habile chirurgien de l’armée, qui, après avoir examiné les blessures de P-Oger.j répondit de sa vie. L X X I V. Rempli d’attentions pour ce Guerrier, le Ko: Agramant le fait coucher sous ses ten* tes ; ri veut l’avoir sans cesse sous les yeux, et lui prouver combien il l’aime, par i es soins qu u prend de lui. De sa propre main il suspeijQ au ht de Roger le bouclier et toutes les autres armes qui appartinrent à Mandricatd : toutes ses armes , excepté D’.-racdal , qui fut réservée au Ko! de Séricane, Chant XXX. ifî L X X I I I. Per îei buono era vivo Mandrlcardo, Ma ehe ne volea far depo la moite ? Provvedei le convien d’ un , che gagliardti Sia noue, e di ne’ s nos oisogni . ë forte. Non era staro in tanto a venir tarde XI plu peitto Zvledico d: cotte , Che di B-uggier veduta ogni ferita, Già F avea assieurato délia yita. l x x i y. Cor. moka diligenza il Re Agramante Pece coîcar Ruggiet neile sue tende ; Che noue s e di veder sel vuole innante» Si 1’ atna, e si di lui cura si prende. ho scüdo al lêtto e F arme tuttè quante , Che fur di Mandrïcardo , il Re gli appende Tutte le appende ,* eccetto Durmdana, Che fu lasciata al Re di Sericana. s i$8 1/ ÂXIOSTE L X X. X I. Quinze ou vingt jouis étoient Je, terme que Roger avoir mi,s à son retour. Il Pavois- même promis à Hyppaique avec tant de sermens , qu’il n’étoit pas à craindre qu’il y manquât. Heias , disoit-elle, qui me rassu- rera contre les accidens si communs dans toutes les circonstances de la vie , mais sur-tout à la. guerre, et .dont un seul peut empêcher Roger de revenir jamais Y L XXX IL Ah ! Roger , mon cher Roger , qui Paaroît pu croire? Tandis eue je t’aime plus que ma propre vie , non-Seulement î! en est d’autres, mais ce sont tes plus cruels en* semis que tu préférés à moi. Tu donnes tes secours à ceux que tu devrais accabler» et ceux- que tu devrais secourir , tu fes accables, je ne sais si tu dois eh attendre de la ho-nte ou de la gloire , quand tu es â- aveugle à récompenser ou. à punir» Cui'ï XXX. 25$ L X X X I. Termine a liternar -quindici , o vsüît' GiorrJ avea Ru godet tolto ; ed affermât©? .. L’ avea ad Ippalca poi con gmratnenti Ba non. tenter che mai fosse inancata- Chi ta’ assicura , cime, degïi accident» > : : (Eüa dicea) che ban forza in ognilato ,» , Ma nelle guerre più, çhe non distorni Alain tanto Ruggier cire, più non. tomi i . L X X X I L Oimè, Ruggiero, oiffiè chi avria eredufe> €he ayendoti amato io più di me stessa-. Tu più di me., non çh’ alîxi , aa. pptptp. 3 Abbi amar gente, tua nemica espçessa.h A chi opprimer dovtesti dont ajutq ; . . ,j Chi tu.dovxesti aitare è da te oppressa, -, Non so se biasnao , Q iaudé esser ti credo*. - Che al gresniar , e si punir si. poco ,ye4u. , î5o V A s. î o s t gj LXXXII I. la morto da Trojan (non so se ’l sa!7 Il padre tuo , ma fino ai sassi il sanno ; E tu del figho di Trojan cura hai, Che nomiceva alcun disnor, nè danno» E questa la vendetta che ne fai, Ruggiero : e a queî, che vendîcato i’ hanno, Rendi tal piemio , che del sangue-îoro' JMc fâi itnorii di srrazio , e di martoro î L X X X I V» Bicea la Donna aî suo Ruggiero assenre; Queste parole, ed aître làgrimando , Non una sola volta, ma sovente. Ippaka la venia pur confortando- Che Ruggier servirabbe interamente Suafede, e ch' elia l’ aspettasse, quando Altro far nonpotea , fino a quel' giorno, Che aveaB-uggierprescxitto al suo ritotso* Chant XXX. 16s L X X X I I I. Ton pere fut massacré par Trojan : je ne sais si tu l'ignores, mais les pierres mêmes en sont informées ; et c’est au fils de Trojan que tu prodigues tes soins! C’est pour son honneur , pour son intérêt que ta te sacrifies ! Est-ce ainsi , Roger , que tu. venges ton pere 5 Et ceux qui- l’ont venge, quel prix en reçoivent-ils de toi, lorsque moi, qui suis de leur sang, tu me rais- mourir de douleur et d’kiquietade î l x x x i v. Tels étaient en partie les reproches que Eradamante en pleurs- adressoit à son cher Roger en son absence- , et non pas une fois , mais à tout instant. Hvppalque s'empressoi s. à la consoler , l’assuroit que Roger iui gar- deront inviolablement sa foi , et r’enga- geoit à l’attendre , ne pouvant pas mieux faire , jusqu’au tems fixe par lui- meme pquç $on rçtaii?. L’ A R I O S T E 252 s L X X X V. Les représentations d’Hyppaiqtte', etTÊs- pérance , cette compagne ordinaire dés' amans , eurent assez* de pouvoir dans 'soft amc , pour calmer quelque feras sescraintës et sa- douleur. Elles la déterminèrent à rester- fixement attachée à Montauban ' (usqir'aÜ terme , au terme promis, assuré par sér* ment, et que Roger observa cependant avec si peu d’exactitude. L X X X Y L Mais si Roger ne tint pas sa promesse , si ne faut pas tout-à-fait l’en accuser. En- traîné tantôt par un motif, tantôt par un autre , il fut forcé de manquer ait jour convenu. .11 lui fallut d’aiiteurs rester au lit plus d’un mois entre la mort et la vie, tant s’accrut après le combat Sa douleur des blessures qn’H avoir reçues du Tanarç. C H A ï» ; T X X X. X&l l x x x y. I confetti d’ Ippâlca. e la sperafea, Che degii amanti suole esseï compagna , Alla tenta, e ai.doior toigon possanza Di far,, che Bradamante ognora Magna, la Montalban senza mutai ma: stan za Voglion che fino a! termine rimagaa, Fino al promesse» termine , e gmt-ato , Che pqi fu da Ruggier male osservato. l x x x y i. Ma c’n’ egii alla piomessa. sua. nuançasse Non pero debhe avec !a colpa anatto; Chè ima causa , «d*n’ altra siio trasse , Che gii : fu foiza pretenie il patto. Convenue che. nel lesta si eolçasse , E pin d’ un mese si stesse di pt.atto In dubbio di mo.rir, si il dolor crebcs Dt®o la pugna che col Tattaro ê>bs. L’ A k i o s t s y L X X X V I I. M4 !’ innamorata Gxovane i* attese Tctto quel giorno , e deslollo in vano % Ne mai ne seppe , fiior quanto n’ intese Ora da Ippalca 3 e poi dai suo germano * Che le narré che Ruggier lui difese , E Malagîgi iibero, e Viviane». Questa noveila , ancor che avesse grarâ , Pur di qualche amarezza erâ turbatà; l x x x y 1 1 1. Che di Marfisa in quel discorso udiîo L’ alto valore, e le beliezze avea; Udî corne Raggier s’ era partito Con esso lei, e che d ! audar dicea Là, dove con disagio in debol sito> Mal sicuro Agramante si fenea. Si degna compagnia la Donna landâ , Ma non che se n’ aüegrï , o che i’ applaudi, C H A N T X X X. 2Ü-5 L X X X Y I I. La jeune amante l'attendit tout ce jouij et l'attendit envaift. Depuis leur séparation , elle n’en avôit reçu de nouvelles que par Kyppaîque , et ensuite par son jeune irere , qui lui apprit comment Roger , apres lui avoir sauvé la vie, avoît delivre Maugis e. Vivien. Quoique le récit de cette circons- tance lui fut très-agréable , il fut cependant mêlé de quelque amertume. L X X X V I I I. Richardeî âvoït vanté dans son discours les grâces et la haute valeur de Marphise, Il avoir appris à sa sœur que Roger étok parti avec elle, eî que leur projet étoit de se rendre aux lieux où Agramant affoibli , dans la détresse , se trouvoit mal en sûreté, La Dame a l’air de faire l’éloge d’une si digne compagnie, mais dans son a me elle est bien loin de l’approuver et de s'ea réjouir. Tome VIL & i&s L’ : A H. I o' S T H i LX XX LX. Un violent soupçon s’y élève. Si la beauté de Marp.hise. est égale à ce qu’on en dit ^ et si jusqu’à ce joui iis ont été continuel- lement ensemble j ce se. oit un mtracie que Roger n’en fût pas épris. Cependant eLe ne veut pas le croire encore : elle cramt , elle espere : dans ce triste état elle attend te jour qui doit la rendre malheureuse ou contente ; et , occupée a soupirer , elle reste à Montauban sans oser en sortir. X c. - Comme.elle était dans ce beau château , celui qui en est ie Prtnee et le Seigneur, le premier de ses frétés ( non pas' le premier «a âge , mais eri dignités', car il avôft deu£ frères plus âgés qüe lui ) ‘Renaud enfin , qui par i-’écîat de sà : glbirev a illustré tous les autres,- comme le Soleil' répand-sa lumiete sur les planètes > arriva dans sa famille uti beau matin , n’ayant qu’un -seul page' pour l’accompagner. C h a n t XX X. i 6% L X X X I X. Ne p icçîclo è il scs'petto , che la p rente s Chè , se Alsrfîsa è'belia corne ha fomâ,~ E che fino a <jueî dl-sien giti Jnsleme *' ë È marsTigü»- se Koggier non i’ ama.' Pur non vuoi creder apeo ; spera , e terne;; E’î giorno, «he la puo far liera, e-grama* Misera aspetta, e sosprrando stassi, pa Moatalban mai non ranvendo i passé» X c. - Stando eîta quivi , il Principe , îi Sigaore Del beTCastellb , il primo de* subi frâtî* (Xo non dico d' etâde, ma d’ or.ore , €hè di lui prima duo ft’ érano Bâti}' Binaldo , che di gîoria , e di spftndbre. Gît ha , cerne il Sol lè stelîe , ithiminàti , Giunseal CisfeHoué giorno in su la ncnaî N:è , fudr che ur/raggio- . M* confe'i fëtsosa» 1 O u El état seroit plus agréable et plus -aoi-S que celui d'on coeur amoureüjr- Quelle vSè cffrircît 'plus dè bonheur et de délires que celle qu’on passeroit dans lés chaînes de 1 aÊiour ,-si te cœur de "homme n’étoit pas sans cesse assiégé de ce soupçon ferais de ceîte crainte , de ce tourment , de cette fié- aésie , de cette rage qu’on nomme jalousie* II. Si qnelqu’autre amertume se mêle à ses douceurs infinies, elle ne sert guâ en aug- menter le charme ; c’est la perfection, le raffinement de ta volupté. Ainsi, la soif donne à i’eaa même un goût exquis ; la faim assaisonne les mets les plus simples ; et ce n’est qu’aptes ies horreurs de la guerre ^ qu’on connoit bien tout le pris de la paix. ' Ï..EP CANIO T R EN TE SIM O P R I M u. L il dolçe gin j che più gtçconJo staio di quel d’ an amoroso cote? viver più felice , e più beato , Che ritrovârsi in servi tu _d’ Aurore, ç Se non fosse 1’ nom s: more stimoiato v. - - , -e - Ba quel sospetto rio , da queftimore s r Da quel maitir, da queila frenesia t Da qaeîia labbia , detta gelosia ? IL Per è che ogni a'tro axjîaro, che -si pqHg- Tra questa spayissima doleezzaj,. .. . A £ un augatnentp . , una gerfezione r _ Z- Ed è.un conduire .amore a più finezza-. . . T’ acque parer fa sapqritej-e buone La se1e5 e.it cibo.pel.cUgiun sVapgrezaa; ? ; Kon conosce la çace ,_e t nqnT estinxa , , Chi provato non ha la guerra prima* $.~6 1/ A S. I O 3 T 2 5 I I L Se ben non veggon gli occhi cio che vede Ognora il cote , in pace si soppotta : Xo star lontano, poi quando si riede, Quanto pin iungo fu, piià riconfortaï Xo stare in servhu senza mercede , Pur che non resti la speranza morîa , Pâtir si puo ; chè premio al bea servira Pur viene aifin, se ben tarda a vcnire, I V. Gli sdegni j le repulse, efinalmente Tïrtti i martîr d’ atnor , tatte le pene Fan per lot rimembranza , che si sente Con miglior gusto un placer quando viene % Ma se P infernal peste una egra mente Avvien che infetti , ammorbi , ed avvelene. Se ben segae poi festa , ed aliegrezza, Han 1* cuia V amante, e non P apptezza. Ç H AÏ I XXXI. 2.77 1 1 1 . On souffre sans impatience de n’avoir plus sous les yeux l’objet dont le cœur offre toujours l’image. Le retour efface les maux de l’absence, et plus elle fut longue, plus il a de douceurs. On peut même sans récompense rester sous les loix de ce qu’on adore , pourvu que tout espoir ne soit pas éteint ; car encore qu’il soit tardif , un jour vient enfin où l’on obtient le prix de ses servage. 1 y. les refus , les dédains , toutes les peines en un mot , toutes les souffrances de l’amour ne font que rendre , par un doux souvenir , ses faveurs plus piquantes , lorsqu’il lui plaît d’en accorder. Mais si la jalousie , cette peste infernale , attaque un cœur malade , s’en empare , le tourmente , l’infecte de ses poisons, plus de joie, plus de plaisir, le malheureux amant n’y est plus sensible, îie sauroit plus les goûter. Tome VIL À3 tjî U A B. ! O STB j ' Y . 1 C’est elle gai fait à l’aine une plaie -fos teste, envenimée , qu’aucune ligueur , gu’ sû« eun remede ne peut guérir j- ni les paroles mystérieuses , ni les talismans dès -enchan- teresses , ns lalongae observation des astres favorables, ni toute l’expérience qu’eut jamais dans .l’art magique Zoroastre sert inventeur. Blessure eruelle., à nulle autre comparable, qui conduit l’homase au tom- beau par la route dit désespoir. . • : V U - : . Blessure incurable,- qtfafi -soupçon vérî» table ou faux imprime avec -une égalé fa ci* Hié dans le cœur : des . amans ! Blessure qui fais: en nous ' tant dè ravages, 1 que notre raison troublée , notre jugement - offusqué bous rendent estièrèraent méconnoisia’blés ! O- jalousie perverse? Dévois-tu ravir aussi injustement à; BradàSiântètohte -sa •coaso»' ration. --"J ; ' - x Chant XXXI. ïj$ V. •' Qiiesta è !a' crüda, ë avveléiîafa pîaga* A cui non valiiqiior, non va!e impiastro , ’ Nè. murmure , 'fiVinùnàg’ne di Saga, - - - ? z ; - ^ Ne val fürigo Qsscifar idï bepigno. astres. Ne quanta esperienza d’ arte maga Fcce mai 1’ înventor suô Zoroastro : Fiaga tïtt'dëî "chë sopra ognf colore Conduce P iront, cKe disperato muore. y j. 0 încurabil piag-a , che nel petto B’ un amator sî facile s’ imprime Non men per faiso che per ver sospetto ! Fiaga, che Y uom si crudelœente.opprimçy Che ia ragion gli offusca, e T inte’îeîto , E io trae faor deile sembianze- prime; O i niqua gelosia , che cosà a tarto Lêvasti a BradamaHte ognj conforto ! Aâ | a i8o ï/ A k. i o s t it V I I. Non di questo, che Ippalca, e die ’l frate‘l0 avea neî core amaramente irapresso, àîa dico d’ uno annunzio crudo e felîo , Cne le fa daro pcchi giorni appresso. Questo eta nuîla a paragon di queîio , Ch io vi diro, ma dopo alcun digressc„ Si Rinaldo ho da dir primieramente , Che ver Parigi viea con la sua genre* VIII. Scontraro il di seguente in ver la sera Un Cavalier, che avea una donna al fîanco % Con scado , e sopravvesta tatta nera , Se non che per travèrso ha unfxegio bianco, Sfidô aiia giostra Ricciardetro , ch 5 era Diaanzi, e vista avea di guerrier 'franco; E quel, che mai nessun ricusar volse, Giïo k briglia , e spazio a correr toise* t s A S T XXX î. 2Sï y 1 1. Je ne parle pas de ce qu’elle apprit d’Hyj— galqne, ni de l’impression. douloureuse qu’avoit fait dans soti ame le récit de Ri-, clurdet , mais d’une nouvelle fatale et dé- sespérante qu’elle reçut peu de jours apres» Ce qu’elle av oit souffert jusques-Iàu’est rien auprès de l’événement dont je vous rendrai compte. j mais, après quelques digressions» U faut d’abord que je parle de Renaud,. qui. s’avance vers Paris avec sa troupe. V ï I I. Ters le soit du jour suivant ils rencon- trèrent tut Chevalier qui ac compagnon -une Dame ; son écu , sa soubreveste étoient tout noirs j mais coupés seulement par une raye blanche. Ce Chevalier defîe ala joute Richardet qui raaïchotî -en avant, et dont la prestance annonçok un vaillant guerrier». Celui-ci., qui jamais me refusa personne,, tourne aussitfi.t-ia.bnde , emprend du eharagï |our courir* A a J. lîi L’ A R I 0 S T S 2 ~i I X. * Sans én dire davaâta’geff sacs" sé fifre mieux connoître pour ce qü’iis étoient sis s’avancent l’un contre l’autre. Renaud et les autres Chevaliers s’arrêtent pour voir l’événement de ce combat. Voilà un homme que je vais renverser par terre, si je puis à ma fantaisie l’atteindre assez à plein, se- disoit tout bas Richardet, mais l’effet fut contraire à sa pensée. X. lî Chevalier étranger lui porta sous la visiere un coup si- violent', qa’il l’en- leva de la selle , et retendit à lâ-IOngueur de deux lances au-delà dé son cheval. Aussi- tôt A-lard’ Se charge du soin de le venger.; mais il se voit renversé sar la poussière tout étourdi, et fort 'mil à son aise, tant fût rude le coup qui 5 dans cette tepribfe S4ncor 4 tre : rui; brisa son bqtKÙiéï, Csa n. t XX XL 2% I X. Senza dir altro , o piit nptizia darsi Dell’ esser lof * si vengono ail’ «teontro» _ç ïünaido , e gü aitri Cavalier fermais! ; Per vedcr corne seguirja lo scontro. Tosto costui per terra .ha d& vmaxsi ; :â Se in luogo fermo a mio modo lo ineontre^: Dicea tra se medesmo Ricciardetto ; iîa contrario alpgnsiei segui-i’ effet-tas. X. ; Perè che îuî sotte ia vista.ofifese- Di tanto cplpo il. Cavaiiero jstrano, Che lo levo di sella , e !o distese Piu di due lance al suo destrier loatano. -, Di vendicaxlo incontinente prese V assunto Alardo, e titrovcssi- al piano ^ Stordito , e male acconc: o, si fù ççido, 4,0 sçcatrg nw* çpe gii sjezzo ics.scîrios, %ÿO V A$.iqsxe 9 XV I L je veux dire que je croirois faire uns faute , si je ne vous éproavois pas égale® ment à l’épée. Je veux savoir si à ce nou- veau jeu vous êtes de ma force ; si vous y valez, plus ou moins que moi. Restez-donc achevai, ou descendez»en , comme vous voudrez , pourvu que vos mains ne restent pas oisives. Je suis si jaloux de vous con- coure l’épée à la main , que je consens â vous donner toute espèce d’avantage. xviii» Renaud ne le tint guère dans l'attente. J'accepte le combat, lui d:t-d, et pour vous mettre à votre aise , et vous otet toute défiance des gens qui sont avec mol , ils marcheront devant jusqu’à ce que je les rejoigne: je ne garderai qu’un homme pour me tenir mon cheval. Xi dit , et donna ordre à sa compagnie de ppursuivre sa soute. Chant XXXI. 2.91 XVII. Yo’ Jir , ehe mi panda commette! falfêt Se con la spada non tï provassi anco . E non sapessi se in quest’ altro ballo Ta mi sia pari, o se più vali, o manco. Corne ti place , o scendi , o sta a cavalio , Par che le man tu non ti tanga a! fîanco, ïo son contento ogni vantaggîo darti» Tanto alla spada biarr.o di provarti. XVIII. Rin a! do moito non lo tenne in Iunga, E disse : la battaglia ti promette ; E perche tu sia ardîto, enon ti ptmga Di questi , che ho d’ intorno, alcitn sospetto, Andranno innanzi fin ch’ îc li raggianga , Ne meco restera fuor çh’ nn vallettc» Che mi tenga 1! cavalio ; e cosî disse Alla sua compagaia che se ne gisse.. B b % api L’ÀinosTBj X I X. la cortesia del Paladin gagüardcs Commendo moîto ii Cavaliero estrano. Smon ta Rinaldo , e del destrier Bajardo . Biede al valletto le redine in mano. E poi che più non vede il suo stendardc* ( Il quai di lungo spazio è già lontano ) lo scudo knbraccia, e stringe il brando fiero^ E sfida alla battaglia il Cavaliero. X X. E quivi s 5 incomîncia UH 2 battaglia , Di che altra mai non fa più fiera in vista. Non crede 1’ un che tan-o l f altro vagira , Che troppo lungamente gii résista. Ma poi che ’l paragon ben li ragguagüa , Ne 1’ un deli’ oitro più s’allegra, o attrista-s Pongcn 1’ orgog’io , ed ii furor da parte s Ed al vantag‘gio loto usano ogni arte. Chant XXXI. X I X. Ce procédé , de la part du vaillant Pala= dîn , donna de lui au Chevalier inconnu la plus haute idée. Renaud descend de cheval, remet la bride de Bayard entre les mains de l’écuyer, et lorsque la troupe qui porte .sa bannière est assez éloignée pour qu’il î’a't perdue de vue, il embrasse son écu, tire du fourreau sa redoutable épée , et provoque le Chevalier. X X. Alors s’engage un combat tel qu’on n’eE vit jamais de plus terrible. Aucun des deux ne croit à l’autre assez de vaillance , pour devoir lui résister long-tems. -Mais voyant à l’épreuve que leurs forces sont égales, et que ni l’un ni l’autre n’a suj'eî encore de se plaindre ni de se réjouir , ils mettent de côté la fureur et l’orgueil, et emploient tout ce qu’ils ont d'adresse; à triompha de leur ennemi. Bb 5 *5> 4 V A R i o s t 3 , XXL Ôn entend retentir au loin avec un son horrible leurs coups affreux , quî enlevoient des morceaux - de leurs épais bouciiers, de- Eachoient les clous de leurs cuirasses, et en brisoient les mailles. Mais il ne s’agit pas ici de bien porter les coups, autant que de les parer , chacun d'eux voulant se montrer- égal à l’autre. La moindre faute de leur part leur setoit fatale à jamais. XXII. L’assaut avoit duré une heure, et pîu? de la moitié de ia suivante. Déjà le Soleil éroit caché sous les ondes, et le voile des ténèbres s’étoit étendu de r’un a i autre horizon , sans que ces guerriers eussent pris aucun repos , ni donné aucun relâche à leurs atteintes furieuses; ces guerriers, que ni la cclere si aucun ressentiment, mais le seul désir de la gloire avoit engagés a$ combat. Chant XXXI. 255 XXI. S J odon loi cc’pi dispietati e crudi, Intorno rimbombar con suono orrendo, Ora ievanao i canti a’ grossi scudî, Schioaando or piastre, e quando maglieaprendo? Nè qui bisogna tanto che si studi A ben férir quanto aparar, yoiendo Star i uno ail* aitro par; chè etemo danno Loi pub causare il primo erior che fanno. X X IL Dur o P'assalto an’ ora , e piu che *1 mezao ï>’ un’ alîra, ed era il Sol già sotto 1’ onde 3 . Ed era sparso il tenebroso rezzo Dell’ orizon fino ail’ estreme sponde ; Nè riposato, o fatto aitro intermezzo Aveano aile petcosse furibonde Questi Guerrier, che non ira, o ranccre , Ma trasta ail’ arma avea disio d’ osioifc i $6 L'A sl i o s r Si XXIII. Bivolve tuttavia tra se Rinaldo Chi sia 1’ estrano Cavalier si forte, Che non pur gii sta contra ardito , e saldo^ Ma spesso il mena a rischio délia morte 5 E gsà tanto travagiio , e tanto caldo GÜ ha posto, che del fin dubita forte, E volentier , se cou suo onor potesse > Vorria che quella pugna rimanesse. X X I Y. Dali’ aîtra parte il Cavalrero estrano | Che similmen'e non avea notizia Che quel fosse ri Signor di Montai bano , Quel si famoso in. tutta la miüzia , Che gü avea incontra conîa spada in inar.c- Condotto cc-ol poca nimicizia , Era certo che d’ uom di più eccellenza Kon potessîn dat f arme esperienza. Chant XXXI. 297 XXIII. Cependant Renaud pense en lui- même qui pouvoit être le Chevalier étranger , assez fort pour lut résister avec tant de valeur et d’audace , et qui même plus d’une fois lui avoit fait courir le danger de ses jours. Il l’a déjà réduit à un tel point de chaleur et de fatigue , qu’il commence à douter de l'évé- nement; et s’il le pouvoit avec honneur % il cesseioit volontiers cette bataille. XXIV. De son côté, le Chevalier inconnu, qui ne se doute pas non plus que c’est contre le Seigneur de Montauban , ce Héros si fameux dans le monde guerrier , qu’un sujet d’aussi peu d’importance lui a mis les armes à la main, sait seulement qu’il seroit impossible de rencontrer un plus habile guerrier. ZÇ)% U A B. I O S T S, X X V. Il voudioit bien n’avoir pas essaye .de venger son cheval $ et s’il ne craïgnoir la honte, il se retiieroit de bon cœur dune danse aussi périlleuse. La nuit avoit déjà tant d’épaisseur et d’obscurité . que leurs coups ne portoient presque pins qu’au hasard : incertains à frapper , a parer plus incertains encore , à peine voyoient-sls leurs épées dans leurs mains. XXVI. Le Héros de Montauban fût le premier a dire qu’ils avciert tort de se battre ainsi dans les ténèbres ; qu’ils devroient suspendre leur combat , et le remettre jusqu’au retous du paresseux Artur ; ca’en attendant l’in- connu pouvoir venir dans sa tente , ou non- seulement il seroit aussi en sûreté que lui-même , mais qu’il y seroit honoré. , ac- cueilli avec autant d’égards , qu’en aucun lieu où i! se soit jamais trouvé. Chant XXXI. 199 x x y. Vorrebbe dei" impresa esser digiuno , Che avea di vendicare il suo cavailo ; E se potesse senza biasmo alcuno , Si trarria fuor dei periglioso ballo. Il Mondo era già tanto oscaro, e farunoj Che tutti i colpi quasi ivano in fallo. Pcsco ferire, e men patar sapeano, Chè a pena in man le spade si vedeano, X X Y I. Fu quel di Montalbano il primo a dire Che far hatta'glia non denno ail’ oscuro , Ma quella indngiar tanto , e differire , Che avesse dato volta il pigto Arturo, E che pub intanto al padiglion venire. Ove di se non sarà men sicuro ; Ma seivito > onorato , e ben veduto Quanto in loco, ove mai fosse venui®. c 6 L’Arïosts, XXXIII. La giande valeur que vous y avez mon- trée ; sert au contraire à me prouver par le plus sûr témoignage que vous êtes un vé- ritable rejetton de notre race antique. Si vous aviez des maniérés plus douces, plus ^pacifiques , nous i’aurions cru plus diffici- lement ; car le lion n’engendre .point le .•daim , ni i’aigle et le faucon la timide colombe. xxxi y. Lu marchant ainsi sans cesser de discourir, ni de marcher en discourant, iis arrivent aux pavillons. Le brave Renaud raconte à sa compagnie que celui qu’il leur présente est Guidon, qu'ils ont t2nt désiré de voir, qu’ils ont attendu s; long-terris, Toute la troupe le reçut avec beaucoup de joie, et chacun trouva qu’il ressemblait à son pere, le Duc Aiffiori, Chant XXXI. 307 XXXIII. Chè per cert’fîcaine elle vol sete El nostra antica stirpe un vero rama » Par nùgiîor testimonio non potete CheT granvalor, che in voi chiai© proviamsj Se plu pacifîche eranb , e quiete Vostre maniéré,, mal vi eredevamo j Chè la damma non généra il ieone> Ne le colombe Ÿ aquiia , o il faieone. xxxi y. Non , pet andar , di ragionar laseiando > Non di seguir, per xagronar, loi via, Vennero ai padig’ioni, ove narrando ïi bu on Riaaido alla sua compsgnia Che questo era Guidon , che desiand» Teder, tanîo aspettato 2Veano pria i Molto gaudio apporté celle sue squaare* E parte a tutti assimighaisi al pâtirez 308 L’A R I O S T ï, XXXV. Non dirô le accogîienze che g!i fero Âlardo, Ricciardetto , e gii altri dui s Che gli fece Viviano , ed Aldigiero , £ Matagigi , frati , e cugin sui ; Che ogni Signer gli fece, e Cavaliero , Cio che egîi disse a loro, ed essi a lai 3 Ma vi conchiudero , che finaimente Sa ben veduto da tutta la genre, XXXVI. Caro Gnidone a’ suoi fratclli stato Credo sarebbe in ogni tempo assai; Ma lor fa al gran bisogno ora piii grato Ch’ esser potesse in aitro tempo mai, Poscia che ’i nuovo Soie incoronato Del mare ns ci di lummosi rai. Guidon coi frati , e coi parenti in schiera 5 p ne tornà sotto la lor bandiers. Chant XX XL 305? XX X V. Je ne parlerai cas de l’accueil que lui firent Aîard ,^Richardet et ses deux autres freres , ainsi que ses cousins Vivien » Maugis et Aidigier; ni des caresses dont le comblèrent tous les Seigneurs , tous les Chevaliers qui composoient cette troupe; ni de tout ce qu’il leur dit d’obligeant, ni des compîimens qu’il en reçut. 11 suffit de dire que tout le monde le vit avec uc plaisir extrême. XXXV I. Je ne doute pas qu’en tout tems l’arrivée de Guidon n’eût été chere à tous ceux de sa famille, mais jamais elle ne pouvoit leur être plus agréable que dans les circons- tances urgentes où iis se trouvoîent. Dès qu’un nouveau soleil couronné de rayons sortit du sein de l’onde , Guidon se joignant à ses freres et à ses païens , se rangea sôa? leur bannière. L' A'à i o s i ï, XXXVII. 1 310 En continuant ainsi de marcher; ils ar- rivèrent au bout de quelques jours sut tes rites de la Seine , à- moins 4 e dix msbes des portes assiégées de Paris. La , leur bonne fortune leur fit rencontrer Aquiiant et Griffon , ces deux guerriers si forts sous les armes; Griffon le Blanc , et Aquiiant îe Noir , fiis d’Olivier et de Gismonde. XXXVIII. Avec eux causoit une dame, dont ''ex- térieur «'annonçait pas un rang médiocre. Sa robe de soie blanche étoit relevée tout- an-tour par une broderie d’or. Sa figure annonçoit les grâces et la beaute , quoique plongée dans la mélancolie et dans les larmes. A sa contenance et à ses gestes, elle paroisso’ï occupée d’une conversation très-importante. C H A N T XXXI. m X X X V I I. Tcnto un giorno , ed un aitro se n’ andaro , Caedi Parigi aile assediate porte, Amerfdi dieci miglia > S* accostaro In ripa a Senna , ove pér buona sorte Giifone, ed A qui! ante ritrovaro, I duo guerrier daii’ armatura forte , Grifone il bianco , .ed Aquilante il nero j Che partoù Gismonda d’ Oüviero. XXXVIII. Con essi ragionava una Donzelia Non già di vil condizione ir. vista, Che di sciamito bianco la gonnella "y Eregiata intorno avea d’ aurata lisca, Molto leggiadra in apparenza, e bel: a. Fosse quantunque lagnmosa e trista j E mostrava ne’ gesti, e nel semblante Di cosa ragionar œolto importante. OC %IÆ\ f , i / X -IM. ; 312, L’Ariostï, XXXIX. -Conobbe i Cavalier, corne essi lui. Guidon, che fa con lor pochi dï innanzi; Ed a Rinaldo' disse : eccovi dui , A cui van pochi di valore innanzi ; E se per Carlo ne verran con nui , Non ne staranno i Saracini innanzi. Rinaido di Guidon conferma il detto s Che i’ uno s e F altro era guerrier perfetto. X L. Gli avea rieondsciuti egü non rnaneo; Pero che qnelli sempre erano usati L’ un tutto nero , e 1’ altro tutto bianco Vestk sali’ anr.e ; e molto andaxe oraati. Bail’ altra parte essi conobbero anco , £ salutar Guidon , Rinaîdo , e i frati ; Ed abbracciar Rinaido corne arnica , Messo da parte ogni lor odio antico. Chant XXXI. 315 XXXIX. Guidon , qui , depuis peu de tems , s’étois trouvé avec ces Chevaliers, les reconnut très-bien, et en fut reconnu de même: voici deux hommes, dit-il à Renaud, que peu de gens surpassent en valeur 5 et s’ils nous accompagnent au secours de Charles, les Sarrasins ne tiendront pas devant nous. Renaud ajouta son témoignage à celui de Guidon , et assura que c’étoient d’exceile&g guerriers l’un et l’autre. X L. Il les ayek egalement reconnus , d’au* tant plus que ces deux freres étoienî dans l’usage de porter une armure très-élégante* l’un toute noire, et l’autre toute blanche. Ils reconnurent de ieur côté , et saluèrent en même tems Guidon , Renaud et ses freres. Ils embrasser-ent Renaud comme ami , mettant de côté tout ancien resse»« ïimem. Tome VIL P 4 3Ï4 L’ASLIOSTE* X L I. Us avoient été autrefois brouillés et en querelle ouverte, an sujet de rruffa.d.n , ce qu’il seroit trop long de raconter; mais oubliant alors leurs fureurs passées , ils se causèrent avec une affection fraternelle. Renaud ensuite aborda Sansonnet , qui avoir un peu tardé à les rejoindre : parfai- tement instruit de son extrême valeur , il l’accueillit avec les égards qui lui éioient d A US. X L I I. La dame affligea , qui connoissoit tous les Paladins . ayant reconnu Renaud en le voyant de plus près, lui apprit une nou- velle qui lui fut très-sensible. Seigneur , lui dit-elle, votre cousin, à qui l’Eglise et l’Empire sont si redevables , cet homme auparavant si respectable et si sage , Roland a perdu la raison, et va maintenant errant par le monde. Chant XXXI. }if X L I. S’ ebbero un tempo in urta. e in gran dispetto Per Truffaidin , che fora lungo a dire; >la qnivi insïeme cou fraterno affetto S’ accarezzar . tatte obbiiando T ire. Rinaldo poi si volse a Sansonetto , Cb s era tardato un poco più a veriire . E !o raccolse col debito onore, A pieno instrutto dei sao gran vaiore. X L I ï. Tosto cbe la Donzeüa pià vicino Vide PjnaidOj e conosciuto 1’ ebbe* (Chè aveanotizia d’ ogr.i Paiadino) Gii disse una noveîia, che gl’ increbbe» E comiaclo : Signore, il Rio cugino , A cui la Chie,.a, e l**a!to Imperio debbe*. Quel già si saggio , ed onorato Orlando , Ê fatto stolto , e vapel monde érrando. Dd z $2-2. L !  i X O S T I, X L I X. Mais se voyant alors à la tête d’une troupe, que le hasard , ou plutôt la vo* lonté du ciel semble avoir réunie , il veut auparavant mettre les Sarrasins ën fuite , et délivrer les murs de Paris, Son avis ( et il y trouve un grand avantage ) est de différer l’attaque jusqu’à la nuit obscure , jusqu’à la troisième ou la quatrième heure, lorsque les eaux du Léthé auront par-tout répanda le sommeil. L, îl fit donc embusquer toute sa troupe dans le bois, ou elle resta jusqu’à la fin du jour. Mais dès que le Soleil, retiré dans son antique demeure, eut laissé le inonde dans l’obscurité 5 lorsque les ours , lés chevres , les serpens sans venin, et lés autres animaux qui peuplent le ciel, l’eurent orné de leurs constellations jusqu’alors obscurcies par le 'plus brillant des astres, Renaud s’avance vers le camp , où régné un silence profond. Chant XXXI. 32.5 X L I X. Ma già lo stuoio avendo fatto unire , Sia volontà dei Cielo, o sia avventura, Vîiol fare i Saracin prima fuggire s E iiberar ie Pariglne mura : Ma consigna i’ assaîto differire { Chè vi par gran vantagg-o ) a notre scura , Nelia terza vigilia, o nelia quarta, Che avrà i s acqua di Lete il sormo sparta» L. Tutta !a gente alloggiar fece al bosco s E qui vi la poso per tutto ’l giorno. Ma poi che ’l Sol lasciando il Mondo fosco. Alla nutrice antica fe ritorno , Ed orsi , e câpre , e serpi senza tosco , E 1’ aître fere ebbono il cielo adorno , Che State erano ascose al maggior iampo . Mosse Risuldo al taeharno campa. |a 4 L’ A B. ï 0 S T B I L I. S ventre con Grifon , cor, Aquilante , Con Vivian, con Alardo , e con Guidome, ConSansonetto,agliaItrinnmigüo innante* A chetipassi, e senza akun seimone. Xrovo dormir l’ ascolta d’ Agramante : Tutta i’ accise , e non ne fe un prigione, îndi arrivô tra 1’ altra gente Mora, die non fu visto , ne sentito ancora, L I L Sel campo d 5 Infedeli a prima giiints X.a ritrovata guardia ail* împrovviso iascio Rinatdo si rotta, e consunîa, Che un sol non ne resta , se non ucciso, Spezzata che lor tu la prima punra, I Saracin non P avean più da riso ; Chè sonnolenti , timidi, ed inermi Bateano a tai gueuler far pochi sçhermk Chant XXXI. 321^ L I. Avec Griffon , Aquilant , Vivien, A'ard, Guidon et Sansonnet , il devance les autres o un mille, marche sans bruit et sans patler. Il trouve endormies les sentinelles d Agratnant , les taille en pièces sans faire un seul prisonnier. De-là , sans être encore vu ni entendu de personne , il arrive jus* tju au milieu des Sarrasins, L I I. A con arrivée , la garde avancée du camp des infidèles ainsi surprise, fut si coffl- pléttement défaite par Renaud , qu’il n’y resta pas un seul homme en vie. Après avoir perdu cette première défense , l’attaque devint sérieuse pour les Sarrasins , qui „ encore endormis , effrayés et sans armes , n’étoient guère en .état de résister à d$ pareils guerriers. Tome VIL £© g zâ VA s. i g s x s 3 lui. En donnant l’assaut , pour redoubler I’é» pouvante des Sarrasins, Renaud fait entendre le son bruyant des cors et des trompettes , et porter le cri de son nom jusqu aux deux* Jl pousse Bayard , qui n’est pas lent a obéir , et qui d’un saut franchit les barrières ; il •renverse les Cavaliers , foule aux pieds les fantassins, abat et détruit les pavillons et les tentes. L I V. l! n’est si brave parmi les Payens, dont ïes cheveux ne se hérissent, lorsqu’il entend retentir dans les airs ces noms redoutables, B. en aud, Montaubak. L’armée des Espa- gnols s’enfuit avec les Africains , sans s’amuser à charger leurs bagages- Ils ne sont pas curieux d’attendre le3 effets de leur fureur : ils ont assez de l’épreuve qu’ils en ont déjà faite , ét dont iis se ressentent encore. Chant XXXI. 5 2 % L I I L Pece Rinaldo per magglor spavento De’ Saracini, ai mcver deîl' assalto , A trombe, e a corni dar subito vento E grïdarsdo , ii suo nome alzare in alto. Spinse Bajardo, e quel non parve lento , Che dentro ail’ alte sbarre entré d’ un saitOs E verso cavalier , pesto pedoni , Ed atterrb tiabacche, e padiglionù L I V. Non fa si ardito tra il popoi Fagano, A cui non s’ atricciassero le cKioœe, Quando senti Rinaldo, e Montalbano Sonar per 1* aria , il fortnidato nome. Fugge col campo d’ Africa i’Ispano, Ne perde tempo a caricar le some; Che aspettar quella furia più non vuole , Ch’ aver provata anco‘si piange, e duole. E e 3. I -8 L' A s i o s t e j l y. Guidon îo segue , e non fa men di lui 3 Ne men fanno i duo figli d’ Oliviero, Alardc , e Ricciardetto , e gli altri dui } Col brando Sansonetto âpre il sentiero j Aldigieroj e Vivian provare altrui Fan quanto in arme l’ uno , e F aitro è fiero 5 Cosï fa ognun, che segue Io sîendardo , Di Chiaramonte , da guerrier gagliaido* L V I. Settecemo con lui tenea RinaMb In Montalbano , e intorno a quelle ville,. Usati a porta? F arme a! freddo, eal caîtio « Non glà plu rei de’Mirmidond’ Achille. Ciascun a’ essi al bisogno era si saldo, Che ceato insieme non fuggian per mille} E se ne potean molti scegüer fuori , Che d’ alcun de* famosi eran migüoii» Chant XXXI. J25J L V. Guidon suit Renaud et ne fait pas de moindres exploits. Autant en font les deux uüS d Olivier, Aiaru, Ri clï aider et ies deux autres. Sansonnet ouvre le chemin avec~ son épee ; Aldigier et Vivien prouvent , sus dépens de l’ennemi , ce eue l’un et l’autre est capable de faire. Tous ceux enfin qui suivent l’étendard de Clermont, font éclater à l’envi leur valeur. L V L Renaud entretenoit â sa solde dans Mon- tauban et dans les environs , sept cent hommes d’armes , endurcis au fiord et à la chaleur, et non moins redoutables que ies hr, rmsaons c Achiue , tous si fermes dans" r occasion, que cent dentr’eux n’autoient pas fer devant mille autres : il y en avoir même dans ce nombre, de préférables à de plus fameux guerriers. 2 3 JO 1/ÀB.IOSTEjfc l y î i. Et quoique Renaud ne fût pas très-riche en argent ni en possessions , il faisoit si bien par son éloquence , par son air affable , par le désintéressement avec lequel il partageoic tout avec eux , que jamais les offres d’une paye plus considérable ne lui fit perdre un seul de ses soldats. Il ne les faisoit jamais sortir de Montât ban , sans y être force par un cas bien extraordinaire. L Y I I L Mais le besoin de secours on se trouve alors Charlemagne , l’engage à laisser pea de inonde dans son château. Cette petite troupe arrivée dans le camp des Sarrasins cette petite troupe dont je célèbre la valeur, en fit ce que les loups féroces de Faiente font sur les bords du Galese, des troupeaux qui portent la toison, ou ce que font les lions delaLybie, des chèvres barbues qui paissent le long du Cyniphe, I C h a k T XXXI, 53X L V I I. E .se Rinaldo ben non era moko Ricco ne di città, nè di tesoro, Facea si con parole, e ccn buon volto, E cio, che avea, partendo ognor con loro Ch ! un di quel numer mai non gli fu tolto Per offerire altrui pib somma d’ oro. Questi da Montalban mai ncn rimove. Se non lo sttinge un gran bisogno altrove ; l y 1 1 i. Edor , pereh’abbiail magno Carlo ajuto» Eascio con poca guaidia il suq Castello. Tra gli African questo drappel venuto - Quesro drappel , de! cui valor favelio Ne fece quel, che dei gxegge lanuto Sal Ealanteo Galeso- il iupo feüo 5 O quel, che sogiia dei baibato , appresso - Il baibaro CinLîo, il leon spesso. *î,8 1/ A 5. I O S T s . si * L X V. Ils dirigent leur route vers l’endroit oïi la Dame avoir rencontsé le Comte , et après quelques jours de marche, ils se trouvent arrivés au pont que garde le Roi d’Alger. La sentinelle en donne le signal à Rodomont , et ses Écuyers en mêæe-tems lui présentent son cheval et ses armes , de façon qu’il se trouva prêt à l’instant ou Brandimart arrivoit au passage. L X V I. D’une voix assortie à sa férocité natu- relle, le Sarrasin crie: qui que tu sois que îe sort amène en ces lieux, égaré dans tes projets ou dans ta toute , descends : dé- pouille-toi de tes armes, et fais-en hom- mage à ce tombeau sacré avant que je t’otc la vie , et que tu sois offert comme victime aux mânes qui errent a l’entour. Si tu t’y refuses, je le ferai moi-même, et ru n’en auras plus îe mérite. C H A K T XXXI. 3 ;o L X V. Verso la parte , ove la Donna il Conte Zvea vedato, il ior cammin drizzaio. Si gîornata in giorrara , fin che a! pontes Che guarda H Re d’ Algier, si ritrovaro. la guardia ne fe segrto a Rodomonte; E gJi scudieri a un tempo gli arrecaro : À arme, eiicavailo; equelsitrovo in-punt© Çuacdo fu Brar.dimarte al passa giimto. L x y i. Con voce, quai conviene al suo fiirore* E Saracino a Brandimarte grida : Quaiunque tu ti sia, che per errore Si via , o di mente qui tua sorte guida ^ Scendi , e spcgüati P arme , e fanne onore Al gran sepolcro inaaszi ch’ io t’ uccfda * E che vittima ail’ ombre tu sia offerte ; Cît' >o 1 faiô pox , ns te n’ avro deun mertOs Ff 2 340 L’ A i i o s i î, L X V I L Non voile Brandimaite a quel!’ altieio Altra risposta dar che délia lancîa ; Sprona Batoldo il suo gentil destriero , E in verso quel con tanto ardir si lancia , Che mostra che pub star d’ animo fiero Con quai si voglia al Mondo alla bilanciaj E Rodomonte con la lancia in resta 'Lo stretto ponte a tntta brigiia pesta, L X V I I I. Il suo destrier, che avea contlnuo nso Tr andarvi sopra , e far di quel sovente Qaando uno , e quando un altro cader ginsOj Alla giostra correa sicuramente. E’akro, del corso insoiito confnso, Venla dubbioso, e timide , e tremente. Tréma anco il ponte » e par cader nell’ onda, Okre che stretto , e che sia senza sponda. Chant I X X L L X V I I. Erandimart ne daigne répondre qu'avec sa lance à ce propos altier. Il pique Batcide t son excellent cheval , et fond sut son ennemi avec tant d’audace, qu’on peut juger qu’il est digne de soutenir le parallèle avec tous les Chevaliers du monde entier. Rodomont , la lance en arrêt, parcourt le pont étroit a tonte bride. L X V I I I. Son cheval qui avoit depuis long- tests l’habitude d’y marcher , et même d’en faire, trébucher tantôt l’un tantôt l’autre , couroit à cette joute hardiment , tandis- que l’autre intimidé par une route pour lui si nouvelle » alloit avec peu d’assurance , d’un pas incer- tain et tremblant. Le pont tremble lui- même, et outre qu’il est étroit et sans rebords , on diroit qu’ü va s’abymer dans le fictive. Ff 3 342- L 1 A u o s ï e, L X I X. Les Chevaliers , tous deux experts dans cet art , armés de lances aussi grosses que des poutres, et teiies qu’elles avoient été coupées dans la foret , se portent des coups assez peu ménagés. L’atteinte est si rude et si violente , que maigre la force et 14 souplesse de leurs coursiers , tous deux à-.a- fois, et leurs maîtres avec eux, sont ren* versés sur le pont l'un sur l’autre. L X X. En voulant se relever avec la promptitude qu’exigeoit l’éperon qui s’enfonce dans leurs flancs , la marge trop étroite du pont ne laissant point d’espace ou leur pied put s’appuyer , une égale destinée les fit tomoer tous deux dans i’eau. Leur chute fit retentir le Ciel d’un bruit semblable à celui que rendit l’Eridan, lorsque l’imprudent con- ducteur de ia lumière y fut précipité. C H A K T XXXI. 545 L I I X. I Cavalier, di giostra ambi maestri „ Che le. iar.ce avean grosse corne travi , Tais quai fur nei lor ceppi siivestri. Si dieroa colpi non troppo soavi. Ai lor cavalli esser possenti , e desni Non grovo moi» agli aspri colpi e gravi j Chè si versar di pari ambo sul ponte, E seco i Signor lor tutti in un monte. L X X. Nel volersi levât cor. quelîa fretta, Ghe lo spronat de’ franchi Snsta, e rtchiede ? 1/ assë dei ponticel lot fa si stretta Che non trovaro ove fermare il piede 5 - Si che una sotte ugna'e ambi- il getta jjeir acqaa,e granrsœbombo a! ciel ne riedéj. Simile a quel , che user del aostro Game s quando ci câdde il mal ïettor del luias* 544 L s A a ! o s î e , L X X I, I duo cavalli andar cou tutto ’! pondo Dei Cavalier j che steron fermi in sella } A cercar la livrera insino al fondo Se v’ era ascosa alcuna Ninfa bella. Non è già il primo salto , nè ’l seconde , Che giu dei ponte abbia il Pagano in quella Onda spiccato col destriero audace ; Per o sa beu corne quel fondo giace. LXXII. Sa dove è saldo . e sa dove c pin molles Sa dove è I’ acqua bassa, e dove è l’ alta. Da! fiume il capo. e il petto, ei fianehï estolîe, E Bxandiæarte a gran yantaggio assaîta, Branailnarte il corrente in giro toile Nelia saobra il destrier, che ’i fondo smalîa 5 Tutto si fîcca, e non puà riaversi , Con rischio di restant! ambo somtnersi. Chant XXXI, 345 LXXI. Iles Jeux chevaux, chargés du poids de leurs Cavaliers, qui* restent fermes sur la selle . allèrent jusqu'au fond du fleuve, voir si quelque jolie nymphe n’étoit point cachée sous ses eaux. Ce n’est pas là le premier , si même Te second saut de cette espèce, que le Payen ait fait du haut du pont , sur son audacieux coursier: il connoît parfai- tement ie 'lit de cette riviere. L X X I I. Iî en connoît les endroits solides et les endroits fangeux; il sait où elle est plus tasse on glus profonde. Il en sort déjà la tète, la poitrine et les flancs, et attaque Braadîmart avec toutes sortes d’avantages, ie courant emporte celui-ci en tournoyant; son cheval , dont le pied s’imprime dans le sable , s’y enfonce de maniéré à ne pouvoir pins s’en tirer, et ils risquent d’être saW saergés i’un et i’aatre^ 345 L’A r i o s t e, LXXI1L L’onde se soulevé, et les entraîne sens dessus dessous dans l’endroit où la rivière a le plus de profondeur . Brandimart va au fond , et son cheval sur lui. Du haut du pont, Fléur-de-Lys désespérée , à demi-morte , em- ploie les larmes', les prières, les supplica- tions : ah I Rodomont , au nom de celle que vous révérez encore après son trépas , n’ayez pas la barbarie de laisser périr un si brave guerrier. L X X I V. O courtois Chevalier ! Si jamais vous avez senti l’amour , prenez pitié de moi et de celui que j’aime ; qu’il vous suffise , an nom du Ciel, d’en faire votre prisonnier. Si vous ornez votre tombeau de ses devises , de toutes les dépouilles que vous y offrîtes jamais, la sienne sera la plus digne et la plus Illustre. Enfin elle fit si bien pat son éloquence, que tout féroce qa’étoitie Roi Bayen , elle vint à bout de l’émouvoir. C H A K T XXXI. 347 L X X I I I. U onda si leva, e ii fa andar sozzopra 3 E dove è pin profonda ii trasporta : Ta Brandimarte sotto , e ’I destrier sopra. Fiordiiigi dal ponte afflitta, e sir.orta E le lagrime , e i voti , e i preghi adopta î Ah Fvodoraonte , per coiei , che morta Tu riverisci , non esser si f ero , Che affogar iasci un tanto Cavaiiero ! ! l x x i y. . Dell, cortese Sigftor , s’ unqua tuamasti, Di me , cil’ amo costiii , pietà ti vegna. Di fario tno prigion , per Dio , ti bastï ; Chè se orni i! sasso tuo üi q relia insegna, Di quant: spogiie mai tu gii arrecasti , Questa £a la più bella e la pin degna.' E seppe si ben èir , che ancor che fosse -Si crudo il Re Pagan , pur îo commosse. 554 L 5 A k i o s t L X X X L Confus , incertain de ce quil de»-o:î faire, il endossoit déjà ses anr.es, quand ïalsircn , avec sort fils Giar.doni-o , Bala* gant , toute cette famille accoururent : ils firent voir au Roi le danger où il étoit de perdre en ce lieu la vie ou la liberté; et qu’il devoir s’estimer fort heureux , s’S pouvoit seulement sauver sa personne, L X X X I I. Ainsi lui dit Marsille , ainsi le sage Sobris et tous les autres lui répètent d’une vo.ï unanime, qu’il est aussi voisin de sa perte que de Renaud , qui s’avance à grands pas 5 que s’il veut attendre le Paladin, et cette multitudeinfinie qui accompagnece guerrier si redoutable, il peut être sur que ses amis et lui vont y perdre la vie , ou tomber a» pouvoir de l’ennenu. S C H A K t XXX L 55f L X X X L Timo eonfuso , e priyo di consigli© Si faces porte in dosso la coialza, Quando côn Faisiron vi giunseii figiio Grandonio , Eaiugaate , e queiia razza 5 E al Re Agramante mostrano il perigîio E>i restai morto , o preso in queiia piazzsj E che puo drr , se salva la persotia , Che Foruma gîi sia propizia e buons, L X X X I L .G o si Marsilio , e cosi il buon Sofcrino , E cosi dîcon gli altri ad una voce, Che a su a disrruzicm tanto è vicino- Quanîo aRinaldo, il quaine vienveloceî Che se aspeita che giunga li Faladîno Con tanta gerite, e un uom tanto féroce. Reader certo si puo ch’ egîi , e i suoi amisi Riinarran morti,-oin man degl’ mhnici» • 55 £ V A 1 I O S T 3T5 L X X X I I I. Ma riduï si puô in Arlî , o sia in- Narbcma. Con qaeîia poca gente , che ha d’ interne Chè 1’ una , e 1’ aitra terra è forte e buona Da mantener la guerra piu d’ un giorno i E , qaando salva sia la sua persona -, Si potrà vendicar ai questo scorrso , B-ifacendo i’ esercito in un tratto , Onds alfin Carîo ne sarà disfatto* L X XX I V. il Re Agramante al parer lor s' attermî-. Senchè ’l partito fosse acerbo e dura. Ando verso Arli , e parve aver le penne Per quel cammin , che piii trovo sïeuro, Oltreaile guide, in gran favor gli renne Che la partira fu per 1* aer scuro. Vend mila tra d’ Africa , e di Spagna Par, che a Bsnaldo uscii fuor délia tagria. \ Ch ATT t XXXI. 3?f L X X X I I I. Mais qu’il pourroit au contraire se ré“ fiigier dans Arles ou dans Narbonne, avec le peu de gens dont il est encore environné ; que ces deux villes sont fortes , et capables de soutenir plüs d’un Jour la guerre ; qu’énfin en sauvant sa personne , il trouvera moyen de venger sa honte , en mettant prompte- ment sut pied' une nouvelle armée , avec laquelle Charles sera défait à son tour, L X X X I V. î.e Roi Agramant s’en tient à leur avis , quoique ce parti lui paroisse bien dur et bien pénible. Il, prend la route d’Arles , qvti lui paroît la plus sûre , et marche vers cette * ville comme s-’ilavoit des ailes. Il avoir de bons guides, et l’obscurité de la riuit fut encore ce qui favorisa le .plus, sa retraite. Vingt mille hommes, tant. d’Afrique que d’Espagne, furent tout ce qui put échapper à Renaud, ; f ç8 L’Ab-iostbj l x xx y. Mais ceux qui tombèrent sous ses coüps et sous les coups de ses fteres , et des deux fils du Marquis de Vienne . et ceux qui éprou- vèrent la rage et la fureur des sept cens guerriers qui obéissent à Renaud, et ceux quejpassacra Sansonnet , eî ceux qui , dans leur fuite , se précipitèrent dans la Seine » qui pcurroit les compter , compteroit aussi ce que Flore et Zéphire font éclorre ds boutons au printenas. L X X X y L On prétend même que Maugis eut quel- que part à cette victoire nocturne ; non pas pour avoir abattu des têtes , ni rougi les campagnes de sang , mais par son art s dit on , il fit sortir des gouffres du tartare un si grand nombre d’esprits infernaux , avec tant de lances et de bannières , eue deux royaumes comme la Fiance n’en pour* soient fournir 'au tant. C h a js t XX XL 359 L X X X Y. Que! ch’egii uccise.e cuei chs i suoi fratelii. Quel che i duo figli dei Signor di Vieana , Quel j che provaro empi nemici , e felli I settecento , a cui Rinsîdo accenna , E quei che spense Sansonetco , e queiii » Che neiia fuga s* affogaro ia Senna , Chi potesse contât , conteria cncora Cio che sparge d’ Aprii Favonio, e Flora, L X XX Y L Estima aicun che Maiagigi parte ÿlella vittoria a vesse deiia notre ; Non che di sangue le campagne sparte Fosser per lui , ne per lui teste rôtie; Ma che gP infemali Angeii per arte Facesse uscir daiie tattaree E con tante bandiere , e tante lance, Che insieme piu nonne pcriian due France j |£o r A î- I O s T ï) L X X X V I I. E che facesse udir tanti metaU'i 2 Tanti tamburi , e tanti varj suoni , Tenti annitriri in voce ai cavalli s Tanti gridi , e tumuki di pedoni , Ctes risonare e piani, e montïj e valh Dovean delle longinqne regieni; Ed ai Mori coït questo un timor diede 3 Çbe li fece voîtare in fuga ii piede. L X X X V I I I. Non si scordo il Re d’ Africa Ruggiero i Ch’ era ferito , e s ta va ancora grave* Quanto pote più acconcio su un destriers Es fece pot, cite avea l’andar soave ; E poi che 1’ ebbe tratto ove il sentiero Eu più sicuro , il fe posare in nave , E verso Arli portai comodamente , Dove s’ avea a raccor tutta la geme. Chant XXX î. %6i L X X X V I L On ajoute qu’il leur fit entendre un sî horrible cliquetis d’armes, tant de tambours età’instrumens gueriers , tant de hennisse* mens semblables à ceux des chevaux , les cris et le fracas de tant de fantassins , que les plaines , les montagnes et les vallées en durent retentir au loin , et que ce bruit inspira aux Maures une telle épouvante t qu’ils ne songèrent plus qu’à s’enfuir, L X X X V I I L le B.OÎ d’Afrique n’oublia pas Roger, que ses blessures rendoienr encore extrêmement foibie : il lent placer, le plus commodément que l’on put , sur un cheval dont l’allure étoit douce , et l’ayant ainsi conduit jusqu’à une soute moins exposée, il le fit mettre dans Un bateau , pour qu’il fût porté plus à son sise iusques dans Arles, où toute l’armee dçvoit se rassembler. H b Tome VIL 3 Si VAkiosts, L X X X I X, Ceux qui prirent la fuite devant Renaud et Charles (ii y en eut je crois cent mille ou à-peu-près ) pour éviter le peuple Chré- tien, cherchèrent à se répandre dans les campagnes , dans les bois , les monts et les yailées ; mais la plupart trouva les chemins coupés, et rougit de son sang la poussiers et la verdure. C’est ce qui n’arriva point au Roi de Séricane, dont la tente étoit dans un quartier plus éloigné. X c. Ayant appris au contraire que c’étoit le Seigneur de Montauban qui donnoit l’as- saut, il en eut le cœur si comblé de joie, qu’il sautoir de tous côtés. Il bénit et re- mercie le ciel tout-puissant , de ce que cette nuit lui procure l’extrême bonheur , Toccasion si peu attendue de conquérir Bayard, ce cheval qui n’a point de pareil. Chant XXXI. ^ 6 % L X X X I X. Quel che a Rina'do, e a Carlo dier le spalle> (Fur credo centomila, o poco manco ] SPer campagne, per boschi, emonte, evalk. Cercaro uscir di man del popol Francor Ma la più parte trovo chiuso il calie» E fece rosso ov’ era verde , e bianca. Cosî non fece ii Re di Sericaira, Cire avea da lor la teada piu lontana. X c. Anzi corne egli sente che ’l Signore DI Montai bàno è questo, che gli assalta, Gipisce di rat giabiio nel cote, Che qua, e la per aüegrezza salta; Loda , e ijngrazia il suo sommo Fattore , Che qaella notre gli occorra tant’ alta, E si rara avventura d’ acquistare Baiardo, quei destrier . che non ha pare. H h z 37° t’ m o s t îj x c y 1 1. Si ta n’as pas le courage d’avoir affaire a moi } si tu sens d’avance ton infériorité; ên un mot , si tu fais plus de cas de la vie que de l’honneur ji tu peux t’en tirer sans péril : abandonne - moi paisiblement ton coursier, et tu vivras , si la vie t’est chere ; mais tu vivras à pied : tu n’es pas digne de monter un cheval , si tu fais un pareil affront à la chevalerie, x c y 1 1 l A ce propos , se trouvèrent présens Richardet et Guidon-le-Sauvage. Tous deux lèvent leurs épées à- la-fois , pour faire re- pentit le Sérican de son insolence ; mais Renaud s’y oppose à l’instant, et ne vent pas souffrir qu’on l’attaque. Croyez-vous, leur dit-il, que sans votre secours, je ne sois pas bon pour repousser qui m’outrage. C H A 3F T XX XL 371 X C V I I. Se d* aver meco a far non îi à à il core, E vedi già che non puoi sîarmi a paro * E plu stimi la vita che 1’ onore, Senza penglio ci paoi far riparo, Qaando mi iasci m pace il corridors ; E viver puoi, se si t’ è il river caros Ma vivi a piè , chè non merci cavallo. Se alla cavaderia fai si gran failo. x c y 1 1 1. A qnei pariar si ritrovô présenté Con Ricciardetto il Cavalier Selvaggio , E le spade ambi trassero ugaalmente , Per far parère il Serican mal saggic- ; Ma Rinaido s’ oppose immantinente, E non pati che se gli fesse oltraggio , Dicendo : senza yoï dunqne non sono A chi m’ oltraggla-per risponder buono ? 37* L s A a. i o s t b s X C I X. Poi se ne ritomb verso il Pagano 5 £ disse : odi Gradasso , iô vogliô farte (Se ta m’ ascoiti) tnanifesto , e piano CH 5 io veïini aîîa marina a ritrovarte 5 E poi tî sosterro cotl 1' arme su mano Che t’ avïo detto il veto ïn ogni parte; E sempre che ta dira , mentirai , Che ails cavalleria mancass* io ma. C. Ma ben ti prego, che prima che sis Pugna tra noi , tu pianamente intenda La giustîssima, e vera scusa mia 3 Acci© che a torto più non mi npienda | E poi Bajardo al termine di pria Tta .noi vorro che a piedi si contenda t Ba solo a solo in soiîtario lato, Sï co me a punto fu da te ordinale» Chant XXXI. 373 X C I X. $é tournant ensuite vers le Payen: écouté, Gradasse , lui dit-il , ; : e veux ( si tu m’en- tends jusqu’au bout'' te démontrer claire- ment que je me suis tendu , pour te trouver , sur le rivage} je te soutiendrai ensuite les armes à la main , que je t’aurai dit en tout point la vérité j et toutes les foi s que tu oseras dire que j'aie jamais manque aux rois de la chevalerie , tu en auras menti. c Mais je te demande en grâce , avant que le combat s’engage entre nous, d’entendre paisiblement ma justification exacte et sin- cère , acn que tu ne me fasses plus de re- proches que je n'ai pas mérites. -Nous dis- puterons ensuite Bayatd aux anciennes con- ditions, à- pied, seul à seul, dans un lieu solitaire , ainsi que tu 1 avois toi-meme exigé. Tome VIL li 174 A s. ï o s ï h j C I. ï-e Roi de Séncane étoit plein de cour- toisie, ainsi que ie sont tous les cœurs magnanimes. li consentit à entendre tran- quillement tout ce que le Paladin avok à lui dire pour s’excuser. Ils vont ensemble sur le bord de la rivière , où Renaud lui dévoile simplement et avec clarté toute sa véritable histoire , en appeilant le ciel à témoin. C I I. îl fait ensuite venir le fils de Beuves , F'homme ie mieux instruit de toute cette affaire , qui de point en point répète le détail de ses enchantemens , sans y mettre an seul mot de plus ou de moins. Renaud ajoute : ce qne je viens de te prouver par témoins , je veux te le prouver encore mieux par les armes, soit à présent, soit dans quelque tems qu’il te plaise de choisir. T ) c s A « T XXXI. 375 C I. Era cortese il Re di Sericana , Corne ogni cor magnanimo essor suoîe ; Ed è contento udir la cosa piana s E corne il Paladin scasar si vaole. Con lui ne viene in ripa alla finmana^ Ove Rinaldo in semplici parole Alla sua vera istoria trasse il vélo E cniainc) in testimonio tutto 1 Cieloj C I I. E poî chiamar fece îi fîg’ino! diEuovo* U uoffij che di questo era informato a pieno^ Che a parte a parte repîico dî nuovo E’ incanto sao, ne disse più, ne meno. Soggiunse poi Rinaldo : ciô ch’io proto Col testimonio j io vo’ che Parme sieno , Che ora , e in ogni tempo che ti piace Te n* abfciano a far prova pin verace. lï Z 37 6 L ’ A R I O S T B, C ï I I. ïl Re Gradasso, che lasciar non voile Ber la seconda la qaerela prima. Le scase di Rînaldo in pace toile , Ma se son vere, o false in du'obio stima. Non toigon campo pià sel lito molle Bi BarceÜona, ove lo toiser prima; Ma s’ aeeordaro per 1* altra mattina Trovarsi a una fontana indi vicina; C I V. Ove Rlnaldo seco abbïa il cavaîlo » Che posto sia cornsmemente in mezzo : Se ’1 Re uccide Rinaido-, o il fa vassaüo , Se ne pigîi il destrier senz’ altro mezzo; Ma se Gradasso e quel, che face la falio, Che sia cor.dotto aîf tUtinro tîbrezzo , O pet pià non poter, che gli si renda* Lia lui Rinaido Durindana premia. C s a n t X XXL Ç7 7 C I I I. te Roi Gradasse qui ne vouloir pas qu’sæe seconde querelle lui fît abandonner la pre» EÎere , s’accommoda des excuses de Re- naud ; mais ,dans le fond, il ne savoir pas trop si elles étaient vraies ou fausses. Le lieu de leur rendez-vous n’est plus , comme U première fois, sur le rivage deBarcelonnes ils conviennent que le lendemain matin iis se rendront à une fontaine voisine du.ii.eit où ils étoient alors ; C I Y. Que Renaud amènera le cheval, qui sera glacé près d’eux a leur égaie disposition i que, si le Roi tue Renaud ou le fait pri- sonnier, il s’emparera de Rayard , sans autre, formalité ; mais que si, au contraire, Gra- dasse a le dessous , s’il est réduit aux derniers abois, ou que la force lui man- quant, il soit obligé de se rendre , Renaud lui en’eveia Durand al, I î 3 578 L’ Arioste, C V. CePaladin avoit appris de !a belle Fleur-de« lys j avec beaucoup d'étonnement et pies en- core de couieui. ainsi que je vous l’ai raconté, que son cousin avoit perdu l’usage de la rai- son; il se rappeilon aussi tout ce qui concer- noit ses armes; les débats qu’elles avoient occasionnés, et en namot que Gradasse était le possesseur actuel de cette épée, que Roland avoit rendu célèbre par tant de triomphes, c y i. D’accord sur tous les points , Gradasse s en retourna vers les siens , malgré les ins- tantes prières que lui fit le Paladin de venir loger avec lui. Dès qu’ii fut jour , le Roi Paven s’arma ; ainsi fit Renaud , et tous deux se joignirent à l’endroit convenu ,prés de la fontaine , où ils dévoient combattre pour Bayard et Durandal, Chant XXXI. 575* c y. Cou marsvigiia incita, e-pià àoîote (Corne v' ho detto) avea Rinaîdo udito I>a Fiardiiigi bella , ch' erra foore Peîi’ mtelieîto il- suo eugino sscito. Avea deiP arme inteso anco il tenore, E deî litigio, che si’ era seguito ; - ciie in somma Gradasso avea quel brandc - Che oino di mille e mille palme Orlando-. CYI. Poi che fnrcn d’ accordo , rirornosss Ti Re Gradasso ai servitori sur ; Benchè dal Paladin pregato fosse Che ne vetnsse a a alloggiar con lut. Corne fu giorno, il Re Pagano armosse^ Cosi Rinaîdo ; e giansero ambedui - G 7e dovea non langi alla fontana Combatîersi Bajardo., e Daandana.- j8 6 U A a i o s t s, I I I. Ma bisogna anco-, prima ch’ io neparli, Che d’ Agtamante io vi ragioni un poco , Che avea ridatfe le reliquie in Arii , Che gîi restar del gran notturno foco , Quando a raccor lo spa so campo , es darîi Soccorso, e vettovagïie era atto il loco : L’ Africa incontra, e la Spagna ha vicina, Ed è in sul hume assiso alla marina. I Y. Per tutto ’l Regno fa scriver Marsilio Genteapiedi , ea cavailo , etrista . e buonz; Per forza , e per amore ogni navilio Atto a battagiia s’ arma in Barcellona. Agramante ogni dï chiama a concilie . Ne a spesa , nè a fatica si perdons, întanto gravi esazioni , e spesse Tutte hanno le Città d’ Africa Oppresse, Chant XXXIL 387 I I I. Mais, ayant d’en parier encore, il faut bien que je vous dise quelques mots d’Agra* mant , qui avoit rassemblé dans la ville d’Arles les débris de son armée , échappés a 1 etno.'asenjent de cette terrible nuit. Cette place état pour son camp dispersé un lien dé reunion tres-commode , propre à lui fournir des vivres et toute espèce de secours , étant situées l’embouchure du Rhône, près de i’Espagne , et à portée de l’Afrique. I Y. Marsilie fait engager dans toute l’étendue de son Royaume tout ce qu’on peut t cuver de gens à pied, achevai, bons ou rnau< vais; il ordonne que de force ou de gré , oa arme à Barceîorne tout ce qu’il y a de vaisseaux en état de combattre. Agrswant tient conseil tous les Jours; il n’épargne ni dépenses ni soins, et cependant, par tant de levées et d’impôts , toutes les yiîies d’Afrique sont ruinées. Kk a 588 L’Arioste, y. îl a fait offrir àRodomont, pour l'engager à revenir , une de ses cousines , fine a’Al- mont , en lui donnant pour dot le beau Royaume d’Qrair : il n’a pu 'obtenir Ce Prince altier ne veut pas quitter le pont . où les armes et ies selles démontéesdes Cheva- liers vaincus à ce pas:age sont déjà ras- semblées en si grand nombre , que tout le rocher en est couvert. y 1. Karpfcise n’imita po'nt le procédé de Rodomont : dès qu’eEe sut au contraste qu’Agrair.ant avoir été défait par Charles, que ses soldats avoient été tués , dispersés , ou faits prisonniers , et qu’il étoit lui même retiré dans Arles avec un petit nombre , sans attendre l’invitation, elle en prit Je chemin, et vint lui offrir, pour le soutien de son sceptre , et sa personne et tout ce qui déjendoit d’elfe. C BT A lî T X XX I L jgjf y. £gir lia ratto offerire a Rod'omonte Perché ritomi , ed impetrar nol puote s Una cugina sua , figlia d 5 A! mon te , E ’l bei Regno d’ Oran.dargü per dote. Non si voile 1* altier œover cal ponte} Ove tant 5 arme, e tante selle vote Dî quel , ché son già capitatf al passe. Ha ragnnate , che ne copre il sasso. y i. Gia non- voi.e Marfisa irnitar 1* atter Bt Rodomonte ; anzi ccm,’ el.’a inîese Che Agramante da Carlo- era disfatto. Sue genti marte, saccheggiare , e prese, E che con pochi in Arli era riîtatto,. Senza. aspsttare ïnvtto-ïi cammîn prese} Veane in ajuto délia sua Corona , “ 1* 3-vet g]i profexse, e la persona ; * Kk t 35’G L’ÀxiostEj V I I. fi gH sieno Brune'îo, e gîiene fece Liber o dono » il quai non avea cffeso, L’ avea tenut© dieci giorni, e diece Notti, serapre m timor d’ esser appeso, E poi ehe ne eon forza, ne con prece X5a nessun vide il patrocinio preso , In si sprezzato sangue non si volse Bruttar F aitiere manï , e lo disciulse» VIII. Tutte le antiche inginrie gii rimesse, E seco in Arli ad Agraœante il trasse. Ben dovete pensât che gaudio avesse Il Re di îei, che ad ajutario andasse ; E del gran conto , ch’ egîi r.efacesse* Voile che Bruneï prova le mostrasse ; Che quel, di eh’ elîa gii avea fatto cer.no ^ Di volerlo îinpiccar , fe ia baon sens®» Chant XX XII xçi V I L Elle lui amena aussi Brunei, qu’elle lui remit en pur don , sans lui 2voirfait aucu» mal. Elle l’avoit gardé dis jours et dix nuits, dans la crainte continuelle d’être accroché ; mars voyant que personne n’em- ployoir ni la force ni la prié e pour prendre sa défense , elle avoir dédaigné de souilles son bras illustre dans un sang si abject,, et l’avoir délié. y ni. Elle lui pardonna toutes ses anciennes offenses-, et le conduisitavec elle dans Arles auprès d’Agramsnt, Vous jugez combien le B.oi ressentit de joie , en la voyant arriver à son secours; il voulut que Brunei servît à lui prouver combien il en avoit de re- cottnoissan ce , eî le supplice dont elle ne lai avoir fait qu'une vaine menace, h le lui fit subir en réalité. !5>2 L’ A R I Q s x s ? î X. On abandonna ce misérable dans un Ires sauvage et écarté , pour servir de pâture aux corbeaux et aux vautours, I.a justice du Cie! voulut que Roger , qui aurefois ayoit été sa sauve garde , et quiauroitpu encore le dérober au supplice , se trouvoit alors malade de ses blessures , et ne pou* roit le secourir. Quand il l’apprit , la chose étoit faite , ainsi rien ne put soustraire Brunei à son destin» X. Cependant Biadamante accusoir d’une longueur extrême ces vingt jours , ce terme heureux auquel- B,oger devok se- rendre à ses pieds et au sein de la foi. Celui qui dans les fers ou dans l’exil attend le jour de sa liberté, ou le moment de revoir sa chere patrie, si vivement desirée , ne- trouve pas que le tems s’avance avec- moins dt lenteur. Chant XXXÏI. 39J I X. Il tnanigoîdo în lu ego înculto , ed erm© Pasto di corvC e d^avoitoi iascioUo. Ruggier , che un’ akra volts gli fUschetmo-, E che il laccio g*i avna tolto bal coua, La giustizia di Dîo fa ch’ ora inférmo S’ è ritrovato , ed ajutar non pnolîo; E quando ï. seppe, era gïà il fatto gccoisOj Si elle testo Brunei senza scccoiso» X.. In tanto Bradamante tVa accnsandb Che cosî ïimghi sian quei venti giornij. I quai finit ! , îî termine era , quando A îei Ruggiero , ed alla Fede tornï. A chi as erra ai çarce e , o di bande Uscir, n. n rat che ’l tempo piusoggiomi A dargîi îibertade , o dell’ amata. Fasria , vista gioconda e desiata. t 'i ft/ÇixJt. 3P4 L’àhiosiz, X L In quel duro aspeîtare elîa tal vo'ta Pensa ch’ Eto, o Piroo sia fatto zoppo, O sia la rota guasta , che a dar vo'ta Le par che tardi , oltr’ ali’ nsato , troppo. Piu lungo di quel giorno , a enî , per moîfâ Pede, ne! Cieio il giusto Ebreo fe intoppo ; Pin délia notte, ch’ Ercoie produsse , Parea a lei che ogni notte, ogni di fusse. X I L O quante voite da invidîar le di'ero E g’i orsi , e : ghiri , e i scnnaccniosi tasst» Chè quel tempo volato avrebbe intero Tutto dormir, che mai non si destassi 5 Ne potere altro adlr, fin che Ruggiero Dal pîgro sonno lei non richiamassî. Ma non pur questo non puo far, ma ancorâ Non puô dormir di tutta notte un’oxa. C H A N- T XXXII. gpf X b Dans cette pénible attente, elle croiroit volontiers quel'on des chevaux du Soleil, Æthon ou Pyroïs est devenu boiteux , ou qu'une roue de son char est brisée , tant sa course lui paroît plus tardive que de coutume. Chaque jour lui paroîr plus long que celui même où ie Saint Hébreu, par une foi ardente , arrêta le Soleil ; chaque nuit plus longue que celle qui donna la naissance à Hercule. X I I. Que de fois elle envia le sort des ours, des loirs , des sommeiiîeux blaireaux ! elle eût voulu dormir pendant tout cet inter- valle , ne pas se réveiller un instant , ne rien entendre , jusqu’à ce que Roger vînt la tirer de ce léthargique sommeil. Mais, loin d’obtenir un pareil avantage , elle ne peut pas même dormir une heure dans toute la nuit. C s a N T XXXI I. 487 CI IL Beaucoup d’autres que moi , - ans femmes, portent leurs cheveux aussi longs que les miens. On sait assez si fat conquis ce logis comme femme ou comme Cheva- ïer : pourquoi donc me donner le titre ce Dame , quand je me suis déclarée homme par mes actions: Selon votre loi meme » es femmes doivent être vaincues pat. des. femmes, et non par des guerriers. C I v.. ' Supposons encore que je sois es etfec âa, sexe dont ie vous parois être, (ce que je n’accorde pourtant pas) et que ma beauté soit inférieure à celle.de cette Dame; je ne crois pas cependant que , malgré le desavan- tage de la figure, vous voulussiez m oter le prix de ma valeur 5 je trouveras fort: «juste- de perdre , pour quelques attraits de moins * ce que j’ai conquis par la force des armes, . 4S8 L'A r i o st ï, C V. Et quand .même tel- sero.it yotre- usage . quand mon peu de beauté me condamneroit à sortir d’ici , je vous déclare que j’y vou- drais rester, de quelque succès que moa obstination pût être suivie, j’en conclus que toute contestation entre cette Dame et moi n’est pas égale, car en disputant toutes deux de beauté, il peut y avoir à perdre , et jamais rien à gagner pont elle, C V ï. Or , tout traité où les risques et les avan- tages ne sont pas parfaitement égaux, est nécessairement injuste 5 ainsi, soit à bon droit, soit comme faveur spéciale, le loge- ment ne lui doit pas être interdit; et si quelqu’un a la hardiesse de dire que ma décision n’est pas juste et convenable , je lui soutiendrai quand il voudra que c’est la sienne qui est fausse , et que c’est moi qui ai raison. C ff A N T XXX II. 4«5ï c y. E quando ancor fosse 1’ usanza taïe*. Che chi perde in beltà ne dovesse ire „ lo ci vorsei restare, o bene, o maie Che la mia ostinazion dovesse uscire, Eer questo che contesa diseguale È îra me, e questa Donna vo’ infenre.^ Che contendendo di beltà , pub assai Perdere; e meco guadagnar non mar, C V 1 . E se guadagni , e perdke non sono In tutto pari , ingiustc è ogni pamtoî Si cbe.a lei per ragion, si ancor per aono Spezial non sia î albergo proibito : ï se alcuno di dir che non sia buono , E dritto il mîo gmdicio sarà ardito Saro per sostenergli a suo piaeere €hs ’Lmio sia veto » e falso il suo gam& ^c,ç> L' À 2. I O S T S J c y 1 1, Xa fig’iuola d’ ÂiBon massa a pietads Cbs questa gentil Donna debba a torto Esser cacciata ove la pioggia cade,‘ Ove ne tetco , ove ne pure è un sporîo. Al Signer deü’ aibergo persuade Con ragîcn moire 3 e con parlare accorto Ma moito più con quel che al fin concîuse Çïie resti cfaeto . e accetîi le sue scuse. e v 1 1 1, Çual sotto il più cocente ardore estivo Çuando di ber più desiosa è I’ erb3, il fior, ch’ era vicino a restar prîvo Di tutto quel! 3 umor , che in vùa il serba Sente T amata pioggia , e si fa vivo ; Cosî, poi che difesa si superba Si vide asparecchiar la Messàggiera , Lieta j e bella tornà, corne priin 5 era. : , . w V *Vy h J? CtyJ à Chant X X X IL 491 C V I I. C'est ainsi que là fille d’Airhon , touchée de voir une Dame aussi aimable renvoyée à tort par un teins affreux , et dans un heu cît l’on n’eût pas trouvé un toit , pas un auvent pour se mettre à l’abri , persuada si bien le maître du logis, par r 'abondance j l’adresse de ses raisons , et sur-tout par 1 ar- gument qui termina son discours , qu il n in * sista plus , et ses conclusions furent agréées. C V I I I. Ainsi qu’aux plus cuisantes ardeurs de l’été, quand la terre desire ie plus dette abreuvee , on voit la fleur, sur ie point a erre privée de la seve qui la nourrit , se ranimer d'es qa’ebe sent .a reste bienfaisante ; ainsi, la Dame d’Isianae voyant sa cause défendue avec autant de vigueur , reprit tes charmes st la joie qu’elle avoit auparavant. 4,fl L* A B. ï © S T E, C I X. On commença donc à fêter joyeusement les mets, depuis long-tems servis sans qu'on y eût encore touché , et le plaisir ne fut interrompu par l’arrivée d’aucun -Chevalier errant. Chacun y fit honneur , excepté Era« damante . accoutumée depuis long-tems à la tristesse et à la douleur. Cette crainte , ces injustes soupçons qui sans cesse agitoient son ame lui ôroient entièrement l’appétit» C X. Dès qu’on eut achevé le souper , qui peut-être auroit été plus long , si la curiosité n’avoit pas voulu à son tour être satisfaite , Bradamante se leva de table, et la messagere îa suivît. Le Châtelain fit signe à l’un de ses gens , qui sui-le-champ courut allumer une grande quantité de bougies. La salie fut bientôt magnifiquement éclairée. Te vous dirai dans l’autre Chant ce qui s’ensuivit. Fin du trente-deu%icme Chant , Chant XXX IL 491 C I X. ta cena , stata lor baon pezzo ayante f îsè ancor pur tocca, alfîn godersi in festa* Senza che più di cavaliero criante Naova venuta fosse loi molesta. T, a goder gli altri, ma non Bradamante , Pure ali’ usanza addolorata e mesta, Chè quel timor, che quel sospetto ingiusto } Che sempre ayea nel cor , le tollea u gusto, C X. fini ta ch’ ella fa, che satia forse Stata piu iunga , se il désir non era ÎDi cîbar gli occhi, Bradamante soiaïj E sorse appresso a lei la Messaggiera, Accenno quel Signore ad un , che corse, E prestamente allumo molta cera, Che splender fe la sala in ogni canto. Quel, che segui , dirb nell’ altro Canto, Tint dcl Canto trtntesimosecondo. Tome VIL Tî t - AJ -