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Quelques raisons pour l’adoption d’une méthode pour la réhabilitation de l’architecture traditionnelle méditerranéenne

Graus, Ramon

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77 LA REHABILITATION DU BATI 7- LA CONNAISSANCE DU BATI ARCHITECTURAL REHABILITATION 7- A COMPREHENSIVE UNDERSTANDING OF CONSTRUCTION Quelques raisons pour l’adoption d’une méthode pour la réhabilitation de l’architecture traditionnelle Méditerranéenne Ramon GRAUS (Espagne) [email protected] Architecte diplômé à l’ Univertitat Politècnica de Catalunya (2000) et enseignant l’histoire de la construction au sein du Département de Composition Architecturale de l’ Universitat Politècnica de Catalunya. Il est responsable dans le réseau d’experts RehabiMed de la méthode pour la réhabilitation de l’architecture traditionnelle méditerranéenne. I. Les processus d’homogénéisation technique et culturelle du monde industrialisé sont à l’origine d’une profonde fracture du monde traditionnel (préindustriel). Ces processus transforment l’architecture traditionnelle1. II. Les experts (architectes, ingénieurs, historiens, etc.) qui interviennent dans cette architecture doivent être conscients du caractère inévitable de la majorité de ces changements ainsi que du fait qu’il ne leur sera possible, peut-être, que de « diriger les transitions »2. III. Le premier engagement est de préserver le fait d’« habiter » ; non seulement au sens de l’amélioration des conditions de logement mais aussi du point de vue de la préservation, dans la mesure du possible, du sens dans la communauté. IV. En second lieu, la reconnaissance de ce que, à son tour, l’architecture traditionnelle méditerranéenne fait partie de notre paysage culturel. La réhabiliter avec un minimum de rigueur implique de lui reconnaître auparavant ses valeurs patrimoniales3. Travailler afin que la collectivité reconnaisse les valeurs patrimoniales de son architecture doit aussi être une priorité. V. La valeur et l’authenticité de l’architecture traditionnelle méditerranéenne, par sa propre diversité, ne peuvent être appréciées avec un critère fixe. Le respect nécessaire des cultures du bassin méditerranéen exige la compréhension de l’architecture dans sa tradition. VI. Par conséquent, il s’agit d’une méthode de réhabilitation qui a pour objectif de rechercher dans la balance du projet un équilibre entre une manière d’habiter intégrale, la préservation du patrimoine et la durabilité à long terme. VII. Il s’agit d’une méthode qui prétend, dans la mesure du possible, être « scientifique » et « objective », c'est-à-dire qu’elle veut individualiser les problèmes, leurs causes et leurs solutions. D’autre part, à découler de l’expérience du monde de la restauration, elle doit trouver sa juste échelle d’application dans une architecture plus modeste. VIII. La mise en place avec succès de cette méthode impliquera nécessairement la participation d’experts de plusieurs disciplines. IX. Dans de nombreux endroits de la Méditerranée les métiers ainsi que les processus de production artisanaux sont sur le point de disparaître. Protéger l’architecture, c’est aussi protéger ces savoirs. X. La méthode RehabiMed insistera sur l’individualisation des trois phases dans le processus de réhabilitation : la phase de connaissance (des habitants et du construit), la phase de réflexion, et la phase de réhabilitation proprement dite. Ainsi, on donnera une grande importance aux premières étapes de diagnostic ainsi qu’au moment de réflexion préalable au projet et à son exécution. Ramon GRAUS 1 Le cadre général est établi dans la Charte ICOMOS de l’architecture vernaculaire, 1999. 2 Comme nous le rappelait Kevin Lynch (What time is this place?, 1972) : « Un changement de l’environnement peut être une avancée ou un recul, une simple redistribution, une variation d’intensité, une altération de la forme. Cela peut être une perturbation suivie d’une restauration, une adaptation à de nouvelles forces, un changement souhaité, un changement incontrôlé. Les changements, lorsqu’ils sont dirigés, sont destinés à atteindre des états meilleurs ou, au moins, à éviter des états pires. Toutefois, tous les changements impliquent des coûts : économiques, techniques, sociaux, psychologiques. ». 3 D’une manière large, nous pourrions extrapoler ici la manière d’envisager les choses de Cesari Brandi (Teoria del restauro, 1963) pour la restauration des œuvres d’art : « Tout comportement envers l’œuvre d’art, y compris l’intervention de la restauration, dépend de ce que se soit produit ou non cette reconnaissance de l’œuvre d’art en tant que telle. ». 78 Schéma de la guide RehabiMed avec les quatre phases : connaissance, réflexion, Photo 1 : Il faudrait se poser la question : Pourquoi l’habitant préfère-t-il habiter la maison de béton juste au côte de l’ancien bâti en pisé ? [Tinerhir, Vallée du Todra, Maroc, 1998] Photo 2 : La réhabilitation et l’entretien permissent revitaliser et conserver l’architecture traditionnelle. [Bayt L’Suhimy, Le Caire, Egypte, 2005 ; Plaça de Sant Pere, Berga, Espagne, 1995 ; Ksar Ait Yahia, Vallée du Rheris, Maroc, 1999] Photo 3 : Mais une réhabilitation soigneuse envisage une connaissance profonde de la construction locale. L’expérience des « Manuale del Recupero » italiens nous montre le chemin de l’étude systématique de la construction locale avant d’une réhabilitation. [Ier Atelier des Kasbahs du Sud, Ksar Tamnougalt, Vallée du Draa, Maroc, 1997 et Ateliers de Beaucaire, Monfrin, France, 2002]