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L'héritage d'Ahmadou Kourouma dans la littérature contemporaine francophone: le cas de Léonora Miano

Outeirinho, Maria de Fátima

Abstract

Jean-Michel Djian remarked in his biography on Ahmadou Kourouma (2010): "On aurait dit que les Mabanckou, Waberi, Koua-Zotti, Léonora Miano, Kossi Efoui, Fatou Diome, pour n'en citer qu'une petite poignée, attendaient que Kourouma clôture d'une oeuvre magistrale un siècle désenchanté, pour qu'enfin ses 'enfants' s'autorisent à ouvrir une nouvelle page littéraire délivrée des scories d'une Afrique épuisée par ses propres ressentiments". In fact, Leonora Miano's writing is indebted to a postcolonial discourse such as Kourouma contributions. Often placed under labels such as those related to the new generation of Migritude or new generation of writers "qui se nourrit tout autant de la culture du pays d'accueil que de celle du pays d'origine" (Volet 2008), Léonora Miano pays attention particularly to issues that cross border identities rooted on African European or Western affiliations, pointing to recenterings on broader spectrum, which includes Africa, Europe and America. Therefore in this paper we aim to reflect on the extensions and variations from Ahamadou Kourouma's legacy, regarding the issue of the duty of remembrance - especially in terms of the slave trade, Independences and post-colonialism -, the discourse about shared responsibility for the outcomes of contemporary Africa in order to better build its relationship to the world and better conceive being in the world resulting from multiple belongings.

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FICHA TÉCNICA TÍTULO LIBRETOS AHMADOU KOUROUMA & CIE. RETOUR SUR LES DISCOURS POSTCOLONIAUX FONDATEURS: RELECTURES, RESSOURCEMENTS ET PALABRES Novembro 2014 PROPRIEDADE E EDIÇÃO INSTITUTO DE LITERATURA COMPARADA MARGARIDA LOSA WWW.ILCML.COM | WWW.LYRACOMPOETICS.COM | WWW.ELYRA.ORG VIA PANORÂMICA, S/N 4150-564 PORTO PORTUGAL E-MAIL: [email protected] | [email protected] TEL: +351 226 077 100 CONSELHO DE REDAÇÃO DE LIBRETOS DIRECTORES ANA PAULA COUTINHO GONÇALO VILAS-BOAS JOANA MATOS FRIAS ORGANIZADOR DO Nº 1 ANA PAULA COUTINHO MARIA DE FÁTIMA OUTEIRINHO JOSÉ DOMINGUES DE ALMEIDA AUTORES ARTHUR NGOIE MUKENGE FERNANDA VILAR JEAN-MARC MOURA JOSÉ DOMINGUES DE ALMEIDA LEONOR COELHO LOBNA MESTAOUI MARIA DE FÁTIMA OUTEIRINHO SÉBASTIEN HEINIGER ASSISTENTE EDITORIAL LURDES GONÇALVES PUBLICAÇÃO NÃO PERIÓDICA VERSÃO ELECTRÓNICA ISBN 978-989-20-5324-0 © INSTITUTO DE LITERATURA COMPARADA MARGARIDA LOSA, 2014 Esta publicação é financiada por Fundos Nacionais através da FCT – Fundação para a Ciência e a Tecnologia, no âmbito do projecto “PEst-OE/ELT/UI0500/2013” AHMADOU KOUROUMA & CIE. Retour sur les discours postcoloniaux fondateurs: relectures, ressourcements et palabres Org. Ana Paula Coutinho Maria de Fa tima Outeirinho Jose Domingues de Almeida Porto, novembre 2014 11/2014: 119-130 | ISBN 978-989-20-5324-0 119 L’héritage d’Ahmadou Kourouma dans la littérature contemporaine francophone: le cas de Léonora Miano Maria de Fátima Outeirinho 1 Univ. de Porto - Instituto de Literatura Comparada Résumé: “On aurait dit que les Mabanckou, Waberi, Koua-Zotti, Léonora Miano, Kossi Efoui, Fatou Diome, pour n’en citer qu’une petite poignée, attendaient que Kourouma clôture d’une œuvre magistrale un siècle désenchanté, pour qu’enfin ses ‘enfants’ s’autorisent à ouvrir une nouvelle page littéraire délivrée des scories d’une Afrique épuisée par ses propres ressentiments”, observa Jean-Michel Djian dans sa biographie sur Ahmadou Kourouma (2010). De fait, l’écriture de Léonora Miano est redevable des apports fondateurs d’un discours postcolonial tel que celui de Kourouma. Se trouvant souvent inscrite sous des étiquettes telles que celles de nouvelle génération liée à la Migritude et nouvelle génération d’écrivaines “qui se nourrit tout autant de la culture du pays d'accueil que de celle du pays d'origine” (Volet 2008), Léonora Miano se penche tout particulièrement sur des questions qui traversent des identités frontalières ancrées sur des appartenances africaine, européennes voire occidentales, pointant vers des recentrements sur un échiquier élargi qui inclut l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Il s’agit donc dans cette communication de réfléchir sur les prolongements et les déclinaisons à partir d’un héritage, celui d’Ahamadou Kourouma, en ce qui concerne la question du devoir de mémoire – notamment pour ce qui est de la traite des Noirs, les Indépendances ou le post-colonialisme –, le discours sur la responsabilité partagé du sort de l’Afrique contemporaine pour mieux construire sa relation au reste du monde et mieux concevoir un être au monde issu d’une multi-appartenance. Mots-clés: Léonora Miano, multi-appartenance, devoir de mémoire Abstract: Jean-Michel Djian remarked in his biography on Ahmadou Kourouma (2010): “On aurait dit que les Mabanckou, Waberi, Koua-Zotti, Léonora Miano, Kossi Efoui, Fatou Diome, pour n’en citer qu’une 11/2014: 119-130 | ISBN 978-989-20-5324-0 130 petite poignée, attendaient que Kourouma clôture d’une œuvre magistrale un siècle désenchanté, pour qu’enfin ses ‘enfants’ s’autorisent à ouvrir une nouvelle page littéraire délivrée des scories d’une Afrique épuisée par ses propres ressentiments”. In fact, Leonora Miano’s writing is indebted to a postcolonial discourse such as Kourouma contributions. Often placed under labels such as those related to the new generation of Migritude or new generation of writers “qui se nourrit tout autant de la culture du pays d'accueil que de celle du pays d'origine” (Volet 2008), Léonora Miano pays attention particularly to issues that cross border identities rooted on African European or Western affiliations, pointing to recenterings on broader spectrum, which includes Africa, Europe and America. Therefore in this paper we aim to reflect on the extensions and variations from Ahamadou Kourouma’s legacy, regarding the issue of the duty of remembrance - especially in terms of the slave trade, Independences and post-colonialism -, the discourse about shared responsibility for the outcomes of contemporary Africa in order to better build its relationship to the world and better conceive being in the world resulting from multiple belongings. Keywords: Léonora Miano, multiple belongings, duty of remembrance Née au Cameroun mais vivant en France dès 1991 et naturalisée française, Léonora Miano publie depuis 2005, toujours dans le marché d’édition français. Elle a publié pour la plupart des romans, mais aussi des textes pour le théâtre (Écrits pour la parole, 2012). Auteure d’une suite africaine comprenant L’intérieur de la nuit (2005), Contours du jour qui vient (2006) et Les aubes écarlates (2009), et ayant publié tout récemment La saison de l’ombre (2013), ouvrage également à contexte africain, elle publie aussi des récits situés en Europe: Tels des astres éteints (2008), Blues pour Élise (2010) et Ces âmes chagrines (2011). Par ailleurs, elle a publié des textes courts, Afropean Soul et autres nouvelles (2008) et Soulfood équatoriale (2009). En 2012, une anthologie de conférences à penchant autoréflexif, intitulée Habiter la frontière voit aussi le jour. Tout récemment Léonora Miano s’est vu décerner le prix Femina et le Grand Prix du Roman Métis pour son dernier roman, Saison de l’ombre. Nombreux mécanismes de consécration littéraire jalonnent en fait son parcours créatif de moins d’une décennie. Dès 2006, elle a reçu pas mal de prix, soit en France soit à l’étranger, dont Le Goncourt des Lycéens en 2006, pour Contours du jour qui vient, prix qui lui a valu une plus large diffusion; pour L’intérieur de la nuit le Prix Montalembert du 1er roman de femme, aussi en 2006, et le Prix Grinzane Cavour en 2008 (catégorie 1er roman étranger), pour la 120 11/2014: 119-130 | ISBN 978-989-20-5324-0 130 traduction italienne du texte; en 2011, Miano s’est vu décerner le Grand Prix littéraire de l'Afrique noire, pour l'ensemble de son œuvre et, en 2012, Ecrits pour la parole a été distingué avec le Prix Seligmann contre le racisme. En partage déjà avec Ahmadou Kourouma le fait donc d’avoir reçu le Grand Prix Littéraire de l’Afrique noire et le Goncourt des lycéens. Mais qu’en est-il des rapports éventuels entre les deux parcours d’écriture? En 2010, Jean-Michel Djian, dans sa biographie sur Ahmadou Kourouma, observait que: On aurait dit que les Mabanckou, Waberi, Koua-Zotti, Léonora Miano, Kossi Efoui, Fatou Diome, pour n’en citer qu’une petite poignée, attendaient que Kourouma clôture d’une œuvre magistrale un siècle désenchanté, pour qu’enfin ses ‘enfants’ s’autorisent à ouvrir une nouvelle page littéraire délivrée des scories d’une Afrique épuisée par ses propres ressentiments. (…) En cinq romans, une pièce de théâtre publiée, et quelques contes pour la jeunesse, une carrière d’assureur menée tambour battant, malgré la lourde charge familiale, et avant que ne se lève le XXIe siècle, il voulait en finir avec les mensonges et les non-dits. (2010: 20-21) S’inscrivant dans la ligne des premiers écrivains africains, Kourouma va en effet miser sur un devoir de mémoire. 2 En 1998, lors d’un entretien conduit par Boniface Mongo- Mboussa, Ahmadou Kourouma affirmait : La colonisation a apporté quelque chose à l'Afrique. Elle a changé radicalement le visage de l'Afrique. Elle a permis le contact des peuples. Elle a en quelque sorte ouvert l'Afrique au monde occidental. Mais elle a également causé beaucoup de tort à l'Afrique, tout comme l'esclavage d'ailleurs. Il faut dire que la colonisation était presque inévitable... Ce qui est sûr, c'est que les Africains ont aussi leur part de responsabilité dans ce qui leur est arrivé : dans l'esclavage, dans la colonisation ainsi que dans la guerre froide. (Kourouma 1998) Même si, comme l’observe Patrick Michel, “Dire cela ne signifie toutefois pas exonérer l’Europe” (Michel 2002: 74), il s’agit d’ores et déjà de parler sur ce non-dit pendant si longtemps ignoré. Et Patrick Michel considère encore que Kourouma “sera l’un des premiers Africains à rompre avec le discours convenu constituant la colonisation en explication unique du sort de l’Afrique. Les Soleils des Indépendances a été le premier ouvrage à souligner que l’Afrique avait une responsabilité dans son malheur” (idem: 73). 121 11/2014: 119-130 | ISBN 978-989-20-5324-0 130 Or, l’écriture de Léonora Miano est, nous semble-t-il, redevable des apports fondateurs d’un discours postcolonial tel que celui de Kourouma, et précisément pour ce qui est du besoin et du dessein de dire le non-dit. Il s’agit ainsi dans notre approche de l’œuvre de Miano de repérer des déclinaisons à partir d’un héritage, en ce qui concerne la question du devoir de mémoire, du dire par le biais de l’écriture la traite des Noirs, les Indépendances ou le post-colonialisme. Il s’agit d’approcher un discours qui tourne autour de la responsabilité partagé du sort de l’Afrique contemporaine, pour mieux construire sa relation au reste du monde et mieux concevoir un être au monde issu d’une multi-appartenance. Se trouvant souvent inscrite sous des étiquettes telles que celles de nouvelle génération liée à la Migritude et nouvelle génération d’écrivaines “qui se nourrit tout autant de la culture du pays d'accueil que de celle du pays d'origine” (Volet 2008), Léonora Miano se penche tout particulièrement sur des enjeux qui traversent des identités frontalières ancrées sur des appartenances plurielles, africaines, européennes voire occidentales, pointant vers des recentrements sur un échiquier amplifié qui inclut l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, aux personnages souvent à condition et conscience diasporiques. Chez Miano, nous avons affaire à une condition afropéenne ou même afroaméricaine. 3 Il s’agit de circuler dans un cadre élargi, enraciné dans une expérience multiculturelle ayant trait au vécu de l’humanité. Il n’est plus question d’un statut afrofrançais. Ce n’est donc pas par hasard que, dans une conférence faite en 2011 au Brésil, intitulée “Afrodescendants en France: représentations et projections”, Miano elle-même pointait: “Mon travail porte souvent sur le non-dit des sociétés que je suis amenée à connaître” (2012: 123). 4 L’écriture de Léonora Miano veut dépasser une localisation géographique, voire thématique, et s’inscrire face à des enjeux qui ont partie liée à une conscience de couleur, et une appartenance à un “fonds humain universel” (Miano 2009: 21). En prise avec le monde, les textes de cette écrivaine d’origine camerounaise travaillent et sur des tranches de vie, des récits de vie, et sur des récits qui ont trait à un peuple, à un collectif ciblé, liés à un décor africain, situé en Afrique ou bien en Europe, mais visant toujours témoigner de l’humain. 5 122 11/2014: 119-130 | ISBN 978-989-20-5324-0 130 Chez Miano, les mouvances diasporiques se structurent autour d’une polyphonie de l’humain, un humain diasporique voire exilique, frontalier et à multi-appartenance, impliquant des voyages dans l’espace, des voyages physiques, impliquant aussi des quêtes intérieurs, et un voyage intérieur car “Le défi est de faire en sorte que les heures sombres du passé deviennent enfin l’Histoire, pas un présent perpétuel” (Miano 2010 : 49). On a affaire à une autre voie que celle d’une littérature liée tout simplement à l’émigration. Ce qui importe à présent, c’est un homo viator rhizomatique en quête d’une nouvelle ère sous une perspective afrodiasporique qui relie différents mondes. 6 L’épigraphe de Murakami à Blues pour Élise est de la sorte une bonne synthèse d’une problématique centrale et transversale chez Léonora Miano: “Un jour nouveau est sur le point d’arriver mais l’ancien porte encore sa lourde traîne. Comme l’eau de la mer et l’eau de la rivière affrontent leurs élans à l’embouchure, le nouveau temps et l’ancien temps luttent et se mélangent” (idem: s/p). Ainsi Léonora Miano donne à voir des questions africaines, mais, d’une part, en les situant dans un référentiel humain et, d’autre part, en misant sur la possibilité de traversée des ombres intérieures africaines. En “Introduction” à Habiter la frontière, anthologie de textes à souci métatextuel, l’écrivaine observe: Ils [Mes textes] sont un appel à la compréhension de soi-même, à l’acceptation de la responsabilité individuelle et collective comme premier levier pour se hisser vers une liberté pleine, entière. Ils sont également une exhortation au travail de mémoire qui tarde à se mettre en place sur le continent africain, à la recréation d’un lien avec les Afrodescendants, ce que je considère comme une des premières étapes vers la réhabilitation d’une conscience de soi actuellement assez dégradée en Afrique subsaharienne. (Miano 2012: 6) Dans une communication présentée aux États-Unis, intitulée “Lire enfin les écrivains subsahariens”, Miano reconnaît son appartenance à un stade où il est déjà possible de parler du refoulé, de ce qui a été caché dans l’ombre par les Africains: J’écris sans mal sur les blessures de la région du monde qui m’a engendrée et, bien entendu, sur les violences qui peuvent découler de ces plaies intimes. Je le fais parce que j’appartiens à une génération qui, ayant bénéficié des luttes de ses ainés pour la réhabilitation de nos cultures, se sent autorisée à entreprendre, avec vaillance et détermination, la traversée 123 11/2014: 119-130 | ISBN 978-989-20-5324-0 130 Notes 1 Ce travail est financé par des fonds nationaux par le FCT – Fundação para a Ciência e a Tecnologia, dans le projet “PEst-OE/ELT/UI0500/2013”. 2 Mais aussi sur une langue française réinvestie d’éléments exogènes. 3 Dans un entretien paru dans Afropean Soul et autres nouvelles, Léonora Miano elle-même l’explicite: “Je suis un auteur d’expression française, mais de culture africaine et afro-américaine (…). J’écris dans l’écho de toutes les cultures qui me composent” (Miano apud Destaing 2008, 94). 4 V. aussi: “La littérature parle avant tout d’humanité. C’est donc le monde que j’écris, à partir de mes lieux de référence, à partir de mes personnages subsahariens ou afrodescendants” (Miano 2012: 6). 5 V. à ce sujet (Outeirinho 2011). 6 V. à ce sujet (Outeirinho 2013) 7 V. http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20131023.OBS2280/leonora-miano-ce-que-l-esclavage-a- fait-a-l-afrique.htmlhttp://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20131023.OBS2280/leonora-miano-ce-que- lesclavage-a-fait-a-l-afrique.html . 8 V. “Les femmes incarnent la permanence des choses. Elles sont le pilier qui soutient la case” (Miano 2013: 38). 9 Ce même dessein, on le repérait déjà dans le contexte de parution d’Afropean soul et autres nouvelles ce qui n’était donc pas une coïncidence. 10 V. le rôle de certains Africains dans la traite négrière: “Pour seulement envisager de se projeter dans l'avenir, il est essentiel que cette histoire soit connue et appréhendée. Je ne pense pas que les sociétés africaines de ce début de XXIe siècle puissent faire l'impasse sur la connaissance précise de cette longue période.” http://www.leonoramiano.com/docs/page_des_libraires_0813.pdf?PHPSESSID=015f696c1b4a49c495c4 629ec7ece5ff 11 V. “J’écris dans l’écho des cultures qui m’habitent : africaine, européenne, africaine américaine, caribéenne” (Miano 2012: 29). 12 A ce sujet voir l’article de Buata Malela, “Mondialisation et littérature. La position d’Édouard Glissant dans le champ culturel afro-antillais”, http://contextes.revues.org/4755. 13 V. les opinions d’Amok dans Tels des astres éteints: “Les identité ne seraient pas nationales mais frontalières. (…) Les hommes sauraient leur destin commun” (Miano 2008b: 126). V. aussi: le mot Afropéen indique “l’obsolescence de la nation comme référent identitaire” (Miano 2012: 139).