Fritz Paepcke et philippe. Forget Ouvertures sur la traduction.
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Hermēneus. Revista de Traducción e Interpretación Núm. 1 - Año 1999 Fritz Paepcke et Philippe Forget Ouvertures sur la Traduction, Heidelberg, Julius Groos, 1997, 192 pp. Lourdes TERRÓN BARBOSA Universidad de Valladolid Issu des séminaires d’été organisés à l’ Université de Heidelberg, cet ouvrage bilingue réunit deux grands noms de la traductologie. Les deux auteurs participent d’une même tendance de la science actuelle, celle qui veut réhabiliter l’herméneutique. Se fondant sur les travaux de H.G. Gadamer, G. Steiner, R. Barthes, J. Derrida, M. Wandruszka, ils entendent s’écarter de la tradition des notes explicatives ainsi que des principes généraux vagues et vides de sens (tels que «traduire le texte, tout le texte, mais rien que le texte» qu’ils décrivent comme la survivance d’une stratégie implicite ou réductrice). Comme les lexèmes occupent une position relativement stable dans le système des références sémantiques mais reflètent dans chaque contexte particulier des usages différents, Philippe Forget et Fritz Paepcke n’adhèrent pas davantage à une translatologie axée sur des modèles linguistiques formalisants, hérités de la grammaire transformationnelle ou de la logique. C’est en cela qu’ils prennent leurs distances vis-à-vis de E. Nida ou de W. Wilss. Fritz Paepcke et Philippe Forget développent des stratégies heuristiques, des stratégies de choix utiles dans l´affrontement entre le traducteur et le texte. Les considérations théoriques s’accompagnent d’extraits du journal «Le Monde» et des oeuvres de Maurois, de Valéry, de Camus, de Malraux, de Duverger... Les traductions illustrant les réflexions des auteurs pourront intéresser nombre de spécialistes et permettre d’animer des séminaires. D’autre part, certaines analyses lexicales, telle celle consacrée au terme «mise au point», qui est traduit selon les cas par référence à un contexte spécifique, font ressortir que traduire c’est «intelligere», comprendre le texte, «espace fini non totalisable, c’est-à-dire matériellement clos et sémantiquement ouvert» (p.47). En effet, à la systématicité de la langue s’oppose la diversité des usages, la variabilité, la fugacité des associations et combinaisons de mots. Tout comme au foot-ball, les règles sont universelles, mais les situations et l’organisation du jeu se modifient sans cesse, ce qui explique l´historicité de la langue et ses aspects asystémiques. Les auteurs réfutent de la sorte un certain structuralisme étroit, niant l’histoire, considérant la langue «sub specie aeternitatis» et n’envisageant pas le langage comme une «enérgeia». Se référant aux souvenirs de Magritte, qui expliquait son tableau «Les affinités électives» par une «magnifique erreur», l’oiseau disparu de la cage et remplacé par l’oeuf, Philippe Forget dit que «le principe premier de la lecture et de la compréhension -et donc de la traductionest la magnifique erreur produite par la finitude de toute lecture par opposition à la virtualité du texte». - 1 -