Le radicalisme islamique en France à travers soumission de Michel Houellebecq
Abstract
Departamento de Filología Francesa y Alemana
Full text
1 GRADO EN LENGUAS MODERNAS Y SUS LITERATURAS TRABAJO DE FIN DE GRADO LE RADICALISME ISLAMIQUE EN FRANCE À TRAVERS SOUMISSION DE MICHEL HOUELLEBECQ Presentado por: Pablo Arranz Urueña Tutelado por: Javier Benito de la Fuente Año: 2020-2021
2 RÉSUMÉ : Michel Houellebecq est l’un des plus grands écrivains français dont les œuvres sont parmi les plus lues actuellement ; en plus, elles ont toutes une influence énorme et créent une attente tout aussi grande au moment de leur publication. Soumission, publié en 2015, ne sera pas une exception. Divulguée à un moment très troublé par les attentats de Charlie Hebdo, cette œuvre a soulevé une énorme polémique surtout au sein de la communauté islamique en raison des opinions qui y sont exprimées et des thèmes qui y sont abordés. Tout au long de ce dossier nous allons analyser la situation de l’islam en France au fil de l’histoire à travers une introduction historique où nous étudierons plusieurs aspects comme la relation de la France avec son passé colonial jusqu’à une arrivée à la montée du radicalisme islamique actuel qui a entrainé tant de victimes au cours des attentats si célèbres qui se sont succédés en France tout au long des dernières années. Dans un dernier moment, nous allons relier tous ces aspects au roman de Michel Houellebecq à travers l’étude de celui-ci. Mots clés : Houellebecq, France, Islam, Soumission, histoire, colonialisme. RESÚMEN: Michel Houellebecq es uno de los escritores franceses más importantes. El conjunto de sus obras es uno de los más leídos en Francia; además, todas tienen una influencia enorme y crean una expectativa muy grande en el momento de su publicación. Soumission, publicada en 2015, no será una excepción. Divulgada en un momento muy convulso por los atentados de Charlie Hebdo, esta obra creó una enorme polémica, sobre todo en el seno de la comunidad islámica, debido a las opiniones vertidas en esta obra y a los temas que aparecen en ella. A lo largo de este trabajo analizaremos la situación del islam en Francia a lo largo de los años a través de una introducción histórica donde abordaremos varios aspectos como la relación de Francia con su pasado colonial hasta llegar al radicalismo islámico actual que tantas víctimas ha causado en los atentados tan conocidos que han tenido lugar en Francia en los últimos años. Finalmente, relacionaremos estos aspectos con la novela de Michel Houellebecq a través de su estudio. Palabras clave: Houellebecq, Francia, Islam, Soumission, historia.
3 TABLE DES MATIÈRES 1. JUSTIFICATION …………………………………………….. 4 2. INTRODUCTION HISTORIQUE ……………………………6 2.1. Immigration musulmane en France …………………….. 6 2.2. Multiculturalité en France ……………………………….. 8 2.3. Le passé colonial de la France (la guerre d’Algérie) ……11 2.4. Le Maroc et la Tunisie ……………………………………16 2.5. L’idée de Laïcité …………………………………………..17 3. L’AUTEUR ET SON INTENTION ………………………… 22 4. L’ANALYSE DE L’ŒUVRE ………………………………. 30 5. CONCLUSIONS ……………………………………………... 38 6. BIBLIOGRAPHIE ………………………………………….. 41 7. SITOGRAPHIE ……………………………………………... 41 8. ANNEXES …………………………………………………… 46
4 1. JUSTIFICATION. L’islam est très à la mode ces derniers temps, non seulement sur le territoire français, mais aussi partout dans le monde. En France, cette mode est souvent due à des aspects négatifs. Les attentats de Charlie Hebdo, celui de Bataclan et plus récemment l’assassinat du professeur Samuel Paty ont terrorisé la majorité de la population par la manière dont ils se sont produits et par un autre aspect très important; parce que, dans certains cas, ils portent atteinte à la liberté d’expression. Outre cette terreur de la population, ces attaques provoquent un certain rejet de la religion islamique, ce qui donne lieu à une généralisation puisque tous les musulmans ne sont pas à l’origine de ces attaques. Chaque attentat au nom de l’islam est suivi de grands débats nationaux où la présence de la religion islamique en France est remise en cause. Suite à ces débats, la relation entre la France et l’islam devient de plus en plus insoutenable. Au fond, ces attaques terroristes de ces dernières années n’ont fait qu’aggraver des relations déjà détériorées. Les problèmes existaient déjà pendant l’ère coloniale française. C’est à partir de ce moment, à partir de l’époque coloniale, que les relations commencent à devenir insoutenables. Moi personnellement, j’ai toujours été intéressé par ce sujet et par des sujets de ce genre. Il y a déjà deux ans, dans la matière de la société et de la culture, j’ai eu l’occasion de faire un travail sur un livre qui gardait relation avec ce sujet, le livre était Soumission de Michel Houellebecq. A l’époque, j’ai beaucoup apprécié la lecture et la recherche sur ce livre. Voici les raisons pour lesquelles maintenant que j’ai la possibilité de faire un travail plus long et plus profond, j’ai choisi ce livre comme point de départ de mon TFG. J’ai décidé de réaliser ce travail dans le but de connaître l’histoire de ces relations entre la France et l’islam au fil de l’histoire ainsi que d’approfondir dans l’analyse du roman pour mieux comprendre les intentions de l’auteur dont sa haine envers cette religion reste évidente dans ses œuvres ainsi que dans ses déclarations. En conséquence, la première partie de mon travail s’agit d’une introduction historique qui aborde principalement la relation France-Islam tout au long de l’histoire. Dans cette introduction nous analyserons plusieurs aspects : d’abord nous parlerons de l’immigration musulmane en France, ensuite de la multiculturalité en France, puis du passé colonial de la France, après de la guerre d’Algérie et de l’indépendance du Maroc
5 et de la Tunisie et finalement de la laïcité. En ce qui concerne la deuxième partie, d’un côté nous analyserons les polémiques suscitées par Michel Houellebecq et ses œuvres et d’un autre côté nous aborderons l’analyse de l’œuvre objet de notre étude : Soumission. Nous nous pencherons surtout sur le côté politique et religieux du livre. Enfin, nous ferons une conclusion pour résumer tout ce que nous avons étudié au cours de mon travail. Je dois signaler que pour la correcte réalisation de l’introduction historique je me suis appuyé sur des sites web spécialisés dans les sujets en question. En plus j’ai consulté d’autres œuvres comme celles de Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie et finalement j’ai utilisé mes propres notes de la matière de Société et Culture. Pour la deuxième partie de mon travail j’ai utilisé surtout des entretiens du propre Michel Houellebecq et j’ai consulté d’autres livres de cet auteur pour aborder ses nombreuses polémiques. Dans un dernier moment je me suis concentré sur l’analyse de Soumission qui est le point central de ce travail.
6 2. INTRODUCTION HISTORIQUE. 2.1. Immigration musulmane en France. En Europe, d’après les calculs, la population musulmane s’est multipliée par trois, du 2% jusqu’au 6% entre 1990 et 2010, ce qui a permis à la religion islamique de ne pas être considérée comme une religion marginale en Europe. Tout cela a entraîné de nombreux débats, comme par exemple, le référendum en Suisse à propos de la suspension des minarets ainsi que les déclarations des principaux dirigeants européens qui considéraient que les politiques crées à partie du multiculturalisme avaient échoué au sujet de l’intégration des minorités. En France, le pays où la population musulmane est la plus grande du continent européen ces sujets prennent une importance particulière avec l’établissement de deux lois : la première, en 2004, qui supposait l’interdiction des signes religieux à l’école. La deuxième, en 2010, visait sur l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public, ainsi que d’autres polémiques montrent toutes les difficultés à propos de cette religion. Selon les sondages, une grande partie des Français considèrent l’islam comme une menace pour l’identité du pays tandis qu’une minorité de la population le considèrent comme bénéficiaux pour l’enrichissement culturel de la France. La France est le lieu idéal pour l’établissement des relations entre l’islam et le monde occidental. La majorité de la population musulmane établie en France provient de son ancien empire colonial. On parle très habituellement du problème musulman en France, mais cela n’indique pas forcément que les responsables soient les musulmans. Ce problème est le point de départ de débats idéologiques houleux. L’islam français est souvent lié avec l’essentialisme et le déterminisme religieux. Une infime partie des musulmans sont les responsables des attaques terroristes, mais il est légitime que ces attentats commis au nom de la religion musulmane terrorisent la population, qui donc devient plus réticente à accepter la population musulmane comme de vrais Français. Depuis l’attentat du 11S, une partie des politiques occidentaux était contre ces groupes qui agissaient au nom de l’islam tandis que l’autre partie était contre les pratiques islamiques normatives. Dans ce sens, la France a adopté les lois de 2004 et de 2010 dont on vient de parler avant. Malgré l’instauration de ces lois les hommes et femmes politiques en France assuraient que ce n’était pas leur religion ou leur appartenance à cette religion qui posait des problèmes. C’est la relation de la France avec
7 les musulmans lors de l’ère coloniale qui démentent cette affirmation. La pensée dominant de l’impérialisme français en relation avec les musulmans était alors antiislamique. Actuellement, le président Emmanuel Macron lutte pour un islam français afin d’éradiquer les problèmes de radicalisation et d’extrémisme en France, mais cette question a suscité une énorme polémique. Tout au long de l’histoire il y a eu cinq facteurs qui ont facilité la marginalisation des musulmans en France : xL’héritage de la colonisation et de la décolonisation qui a raréfié les relations entre les musulmans de l’Afrique du Nord et les Français. Ce phénomène s’est produit dans d’autres pays, mais ce qui est décisif en France c’est l’épisode de la Guerre d’Algérie qui a compliqué cette relation entre Français et musulmans. xImmigration nord-africaine. Lorsque l’économie industrielle d’un pays est en expansion, cela favorise l’intégration sociale, mais cela n’est forcément facile. Les musulmans sont arrivés en France dans un moment où l’économie française était en expansion où il y avait beaucoup des postes de travail disponibles pour des travailleurs qui manquaient de qualification. — C’était encore l’époque des Trente Glorieuses —. Ces immigrants pouvaient, donc, s’intégrer dans la classe ouvrière française et dans les syndicats. Le Parti Communiste Français, qui a été très important dans la mutation des immigrés en France, s’est opposé à cette nouvelle condition des immigrants musulmans. Si cette situation de prospérité économique aurait continué tout au long du temps, les nord-Africains peut-être qu’ils se seraient intégrés dans la classe ouvrière française mais la France est devenue une économie post-industrielle et tous ces postes ont été supprimés. xL’urbanisme français d’après-guerre. Après la Seconde Guerre mondiale, la France a construit des vastes bâtiments à la périphérie des grandes villes, mais en raison de leur emplacement et de leur conception, ces bâtiments ont été rejetés par la population locale, de sorte que les immigrants les ont achetés et ces zones sont devenues des véritables ghettos. xLa laïcité. La laïcité est la manière de gérer les relations avec la religion depuis la séparation entre l’Église et l’État. Au début, elle ne gardait
8 aucune relation avec l’islam mais le scepticisme envers toutes les religions, en général, affecte aussi la religion islamique. xLes conséquences sur la population musulmane française des changements du monde islamique. Ces changements visent sur la naissance d’un point de vue plus fondamentaliste de l’Islam qui provoque l’autoségrégation, par exemple. Un autre changement est l’apparition de l’extrémisme et du terrorisme musulman, au début, hors de France et puis les attentats terroristes en France réalisés par des résidents ou même par des citoyens français. Par exemple, les attentats de Charlie Hebdo ou l’assassinat de Samuel Patty ont scandalisé la population parce qu’ils affectent la liberté d’expression et d’enseignement caractéristiques fondatrices des valeurs républicaines françaises. 2.2.Multiculturalité en France. Selon plusieurs dictionnaires en langue française, la multiculturalité peut être définie comme la coexistence de diverses cultures. La culture ici comprend la race, la religion, le groupe culturel et se manifeste dans les comportements coutumiers, les croyances et les valeurs culturelles, les modèles de pensée, et les modèles communicationnels. En France on découvre cette culturalité ou culturalisme sous le plan ethnique ou grâce aux politiques destinés à mieux représenter la population issue de l’immigration. Les éléments qui forment la multiculturalité sur le territoire français sont les cultures régionales, les cultures crées du monde de travail, les cultures étrangères, etc. Tous ces éléments nous permettent de voir que l’ensemble des cultures qui composent une société ont une origine quasi ethnique. Aujourd’hui, les mécanismes d’appartenance son très variés, mais il faut également tenir compte le phénomène des nouvelles technologies qui facilite énormément la construction des nouvelles communautés, crées à partir des intérêts très divers. C’est grâce à tous ces facteurs que la société française devient plus multiculturelle . Dans la politique française, la reconnaissance de la multiculturalité constitue une menace multiculturaliste qui ferait disparaitre la République en faveur du communautarisme. La France ne reconnait pas les droits culturels ; elle reconnait de façon symbolique les langues régionales dont l’enseignement a progressé tout au long de ces
9 dernières années. En plus, la France défend le multilinguisme en Europe pour faire face à la supériorité de l’anglais. Même si l’emploi des langues régionales a fortement diminué, la diffusion des langues étrangères s’est beaucoup développée grâce à l’immigration. Selon les sondages le 20% de la population utilise une langue étrangère pour discuter avec ses amis. La France a fait beaucoup de progrès en faveur de l’approbation de la multiculturalité française grâce à la création des différents musées et grâce à la création de plusieurs programmes linguistiques. Malgré les avances, la méfiance de la France à se reconnaître comme multiple reste encore très importante. Elle veut être reconnue comme une. La France a une conception individualiste du concept « multiculturel », c’est-à-dire : on accepte que les individus puissent être divers et on préserve la diversité des opinions. Bien que l’origine des inégalités soit due aux conditions sociales et non aux origines ethniques, l’opinion publique en France attribue l’origine de ces inégalités aux dimensions culturelles telles que la religion. Malgré l’opinion publique, les divergences culturelles, sociales etc. favorisent l’établissement d’une société partagé et d’une conscience collective. Aujourd’hui, les politiques sociales ont beaucoup de difficultés à comprendre les différences culturelles, bien qu’ils se soient produit beaucoup des avances sur ce thème aux dernières années. Au niveau européen, pour faire face à la diversité ethnique et culturelle ainsi qu’aux écarts de richesse, on a instauré des politiques de cohésion sociale. En France, la situation est moins claire : l’objectif des politiques de l’immigration vise sur l’intégration, mais tout cela ne fait pas disparaître les inégalités sociales ni le renforcement de la ségrégation. Les politiques sociales ont évolué tout au long de ces dernières années : elles ont passé de l’action sociale à la cohésion sociale. Exception culturelle – diversité. Le terme d’ exception culturelle a été créé en France pour désigner les conséquences de la libération du commerce des services ; ce terme fut isolé sur le plan international. La France a donc décidé de ne pas utiliser ce terme en faveur du mot diversité. La convention à propos de la diversité culturelle permet aux états d’employer des politiques culturelles et d’établir la notion de « service public culturel » dans plusieurs domaines.
16 réalité la cause de l’annulation a été les protestations contre cette visite du gouvernement français. 2.4.Le Maroc et la Tunisie. Grâce à l’approbation de la traite de Fès (1912) le Maroc devient un protectorat de la France mais la fin de la Seconde Guerre mondiale signifie l’intensification de la question indépendantiste. Même en 1943 Franklin Roosevelt, le président des États-Unis à l’époque, stimule le sultan du Maroc Mohammed den Youssef dans son désir d’indépendance et en 1947 le sultan se démarque du protectorat et commence à soutenir le parti indépendantiste. Néanmoins, l’instauration du général Juin et après du général Guillaume comme ambassadeurs du gouvernement français au Maroc, fait voir que la France ne veut pas abandonner le Maroc. Le premier de ces deux hommes, le général Juin avec le soutien des colons conservateurs, essaie de destituer Ben Youssef s’il continue s’il maintient son soutien au parti indépendantiste. Au même temps les indépendantistes forment le Front national marocain pour continuer la lutte pour l’indépendance ce qui provoque la montée des tensions comme par exemple de manifestations très violentes réprimées dans le sang. En 1952 la situation du Maroc devient l’ordre du jour de l’ONU. En 1953, Mohammed Ben Youssef est expulsé du palais présidentiel et exilé à Madagascar et en quelques jours il est succédé par Ben Arafa, candidat du Glaoui — pachá du Marrakech—. C’est à ce moment-là que l’activité du parti nationaliste s’intensifie et les attentats deviennent très fréquents. Face à cette situation très instable et violente, le gouvernement français devient aussi très instable à cause de l’énorme pression internationale et ordonne le retour de Ben Youssef. A partir de cet événement les choses vont se succéder très rapidement. En 1955 les accords de la Celle-Saint-Cloud sont signés visant à retourner sur le trône du sultan, mais cette fois-ci, sous le nom de Mohammed V, et pour faciliter l’indépendance du Maroc. Mohammed V revient sur le trône et en 1956 le Maroc accède à l’indépendance. Quelques mois plus tard, ce sera le moment de l’indépendance de la Tunisie pays qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, a été l’objet de désir et d’affrontement entre
17 les Alliés et l’Axe. Après plusieurs combats, les Alliés expulsent les troupes de l’Axe et en mai 1945 la Tunisie est transférée à la France. Le Gouvernement Français décide, donc, de révoquer le bey de Tunis car il avait collaboré avec les Allemands. Le parti Néo-Destour — parti occidentaliste — profité les effets négatifs de la guerre ainsi que l’indépendance des autres territoires comme la Libye pour réclamer des changements. Le leader Habib Bourguiba qui comptait avec le soutien de la ligue arabe réclament un gouvernement responsable. Tandis que le Gouvernement Français voulait un système de co-souveraineté, le chef du parti occidentaliste tunisien accentue la campagne pour l’indépendance de la Tunisie grâce aussi à l’appui de plusieurs institutions locales. En 1952 Bourguiba est arrêté. Le début du terrorisme oblige à la France à agir. En juillet 1954 la France accorde l’autonomie de la Tunisie tandis qu’en mars 1956 les discussions entre la France et la Tunisie concluent avec l’indépendance totale de la Tunisie et au cours des premières élections la victoire est pour Habib Bourguiba qui devient, donc, le président de la République tunisienne. 2.5.L’idée de laïcité. On complète les trois grands piliers de la France de liberté, égalité et fraternité avec celui de la laïcité, parce qu’une société qui n’est pas laïque ne peut être ni libre, ni fraternelle ni égale. En France, depuis 1801, l’État a été lié aux églises par le Concordat. Au cours du XIXème siècle, cela provoque une scission entre une France favorable à la domination de l’Église catholique et une France républicaine, indifférente aux convictions des citoyens. Dans ce contexte, l’Église est de plus en plus importante. La construction d’églises et cathédrales comme le Sacre Cœur où La Bonne Mère — la Cathédrale de Marseille — en font preuve. Les républicains finissent par gagner ce dispute et créent notamment l’école laïque en 1882. Mais l’un d’entre eux, Émile Combes, défend un contrôle de culte et s’oppose fermement aux religions. En 1902, alors qu’il est Chef du Gouvernement, 2500 établissements scolaires catholiques sont donc fermés. Il faut souligner qu’après la Révolution Française apparaissent beaucoup d’ordres religieux, et beaucoup d’elles sont consacrées à l’éducation, c’est pour cela que les ordres religieux gardaient les écoles.
18 En réponse à la fermeture des établissements scolaires catholiques, le Vatican rompe ses relations diplomatiques avec la France en 1904, donc le Concordat devient caduc. La nation est alors profondément divisée. En 1905, la séparation des églises et de l’état est l’occasion de débats houleux à l’Assemblée Nationale. Émile Combes et ses partisans défendent une laïcité visant à éliminer la religion de l’espace publique et à contrôler le culte, tandis que d’autres députés républicains menés par Aristide Briand défendent une loi de compromis respectueux des libertés individuelles et séparent strictement l’État des cultes. La conception de Briand finit par l’emporter et les parlementaires votent à la majorité la séparation des Églises et de l’État. Le texte adopté est une loi d’apaisement qui met fin à un siècle de conflits. Mais il faut souligner que, comme en 1905 l’Alsace et la Lorraine n’appartenaient pas à la France mais à l’Allemagne, cette loi de la laïcité de 1905 n’est pas appliquée dans ces deux territoires. Alors, en Alsace et dans une partie de la Lorraine l’enseignement est catholique. C’est précisément en Alsace, concrètement à Strasbourg où une grande polémique a été soulevée au sujet de l’islam. Comme en Alsace la loi de la laïcité n’existe pas, l’État a dû financer une mosquée promue par la Turquie. Face à cette situation le ministre de l’intérieur Gerald Darmanin a réagi en publiant un tweet : ©ௗ/DPDLULHYHUWH de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l’islam de France et qui défend un islam politique. Vivement que WRXWOHPRQGHRXYUHOHV\HX[HWTXHODORLVpSDUDWLVPHVRLWELHQW{WYRWpHHWSURPXOJXpHௗª La république laïque repose sur 4 piliers qui découlent de cette loi de 1905, de la Déclaration des Droits de l’Homme et de la Constitution de 1958 : - Premier pilier : liberté. Les citoyens sont libres de croire ou de ne pas croire, de changer de religion ou de ne plus en avoir et de les exprimer chez eux mais aussi dans les espaces publiques dans la limite du respect de l’ordre publique. - Deuxième pilier : séparation entre l’Églises et de l’État. Le culte n’intervient pas dans la gestion de l’état et la loi n’émane que du peuple. Réciproquement, l’État n’intervient pas dans l’organisation interne du culte. - Troisième pilier : neutralité de l’État. Elle concerne les agences de l’État et les services publiques mais pas ses usagers. Par exemple, les policiers, les juges ou les professeurs ne doivent montrer aucune appartenance ; mais neutralité ne veut pas
19 dire indifférence, donc le Ministre de l’Intérieur peut entretenir de relations avec les représentants des cultes. - Dernier pilier : égalité. Tous les citoyens sont égaux devant la loi et les services publics, quelle que soit leur conviction. Finalement la laïcité permet à chacun d’exprimer librement ses convictions dans le respect de la loi et des autres. Cependant, la république laïque reste ferme à la foi contre les dérives intégristes contraires à la loi, mais aussi contre ceux qui appellent à la haine des religions et des croyants. De plus, il y a deux lois récentes prêtent souvent à confusion : - En 2004 une loi interdit aux élèves des écoles, collèges et lycées publiques le port de signes ou de tenues par lesquelles ils manifestent ostensiblement une appartenance religieuse (à l’exception des épreuves oraux du Baccalauréat, où les étudiantes peuvent le porter). Toutefois, les élèves peuvent porter de signes religieux tant qu’ils sont discrets. Cette loi vise à préserver les enfants des pressions, y compris de leurs camarades, afin qu’ils puissent ensuite faire leur propre choix. Mais cette loi ne concerne pas l’école privée, ni l’université dont les étudiants sont majeurs, ni les intervenants extérieurs, comme ceux de la fondation Abbaye de Prières ou de la Croix Rouge. Elle ne concerne pas non plus les parents d’élèves, ce qui pose maintenant un problème lors des sorties scolaires, puisqu’il y a des gens qui pensent que les mères des enfants ne devraient pas porter son voile car c’est une activité scolaire, même si elle ne se déroule pas à l’école. - La loi de 2010 prête elle aussi à confusion. Elle interdit de dissimuler son visage dans l’espace publique, c’est-à-dire de porter un voile intégral, un casque de moto… Cette loi ne se fonde pas sur le principe de laïcité, elle a été écrite dans un objectif de sécurité et d’ordre public. Finalement, la laïcité n’est pas une opinion mais bien le cadre qui le permet tout. Être laïc, c’est uniquement adhérer à des lois et de principes. On peut donc être chrétien et laïque, athée et laïc, musulman et laïc… En ce qui concerne les bâtiments religieux, la loi établit que tous les bâtiments religieux construits jusqu’à 1955 appartiennent à l’État. En autres termes, l’État prête les
20 églises à l’Église, mais il en est propriétaire. Néanmoins, l’État ne peut intervenir ni dans la construction ni dans l’entretien de tous les bâtiments construits après, puisqu’ils appartiennent à l’Église, c’est-à-dire au peuple. Mais la loi de la laïcité est une loi pensée pour la religion catholique, c’est pour cela qu’il est difficile d’appliquer cette loi aux autres religions et en particulier à l’islam. Le politologue spécialiste de l’islam et auteur de l’œuvre La laïcité face à l’islam, Olivier Roy, pense que les pratiques de l’islam sont encore plus difficiles à adapter à la loi de laïcité. Lors d’une interview il explique que : « Chaque religion a sa spécificité. Pour la religion catholique, le problème majeur était l’existence de l’Église, comme institution qui a le monopole de la vérité. C’est pour cela que la laïcité française a pris la forme de la lutte contre l’anticléricalisme. Pour les juifs et les musulmans, c’est très différent, c’est plutôt l’adaptation de pratiques rituelles très concrètes. Par exemple, pour ces deux religions, les contraintes alimentaires ou vestimentaires, avec au sein même de chaque religion, une grande variété d’approches : entre un juif orthodoxe, par exemple, et un juif libéral. C’est aussi la pratique de circoncision ou, dans la religion musulmane, les cinq prières quotidiennes. Or, la loi de 1905 définit parfaitement le cadre de cette pratique religieuse dans l’espace public. C’est la neutralité des institutions d’État, d’où l’interdiction du voile dans les écoles. La possibilité de pratiquer sa religion, d’où le droit de construire des mosquées, mais sans financement d’État. Et si construire une mosquée est un droit, celle d’un minaret ne l’est pas car le minaret n’est pas indispensable à la pratique religieuse. De la même manière, l’État n’est pas obligé de fournir des viandes hallal ou casher dans les écoles mais il est normal de prévoir un choix, quelles que soient les raisons, comme pour les végétariens. La burqa n’est pas une obligation religieuse alors que le voile est considéré par une grande partie des musulmans comme un devoir. Une musulmane veut le porter ? C’est son droit mais elle ne pourra dès lors pas travailler dans la fonction publique. Tout au long de l’interview Olivier Roy critique la laïcité de la France et affirme que les Français ont un problème avec sa laïcité : « On a aujourd’hui une laïcité qui exige que les croyants se taisent. Le pape n’a pas le droit de dire qu’il n’est pas Charlie. Mais on peut condamner les attentats sans être d’accord avec Charlie Hebdo. Le problème aujourd’hui est que la laïcité se présente comme l’idéologie de l’État et de la nation. Par exemple, on va opposer une morale laïque à la morale catholique. Mais une morale laïque, qu’est-ce que ça veut dire ? Que la morale catholique ne l’est pas ? On a une laïcité qui s’oppose aux croyances. En 1946, l’abbé Pierre a fait son entrée à l’Assemblée nationale en soutane. Ce ne serait plus possible aujourd’hui. La France a la phobie du religieux. Il faudrait revenir à la lettre et à l’esprit de la loi de 1905, une loi qui n’exclut pas le religieux de l’espace
21 public mais une loi qui le régule. La loi de 1905 n’interdit pas de sonner les cloches mais dit qu’on peut les sonner, à certaines conditions. » .
22 3. L’AUTEUR ET SON INTENTION. Le texte objet de notre analyse est le roman intitulé Soumission de Michel Houellebecq ; poète et romancier français né en février 1956 sur l´île de la Réunion, plus concrètement, à Saint-Pierre. La plupart de ses livres sont considérés comme les meilleures ventes de la littérature francophone et certains d’entre eux sont traduits en plusieurs langues. Il montre dans ses romans son propre image du monde occidental à travers des héros désillusionnés. Figure 1 : Image de Michel Houellebecq Son vrai nom était Michel Thomas. Il était le fils d’un guide de montagne et d’une anesthésiste, en plus, ses parents étaient communistes engagés qui se séparent très rapidement. Alors, Michel part chez ses grands-parents maternels en Algérie et, puis, il grandit avec sa grand-mère paternelle, qui était communiste aussi, en Seine-et-Marne. C’est à ce moment-là que Michel choisit Houellebecq, le nom de jeune fille de son grandmère paternelle, comme son nom artistique. Michel était un brillant étudiant et diplômé en tant qu’ingénieur agronome en 1978 à l’Institut National agronomique Paris-Grignon. De son époque d’étudient il retient seulement la création d’une revue littéraire où il publie des poésies. La connaissance du directeur de la Nouvelle Revue de Paris Michel Bulteau suppose un changement dans la vie de Houellebecq car il lui offre de collaborer dans la réalisation de la collection Les Infréquentables. A cette époque-là Michel Houellebecq se marie. Il prend des études de cinéma mais il se retrouve encore une fois au chômage, alors, il commence à travailler, en 1983, comme ingénieur informatique et, après au ministère de l’agriculture, mais ce qu’il veut faire en réalité est écrire. Il commence alors à travailler à l’Assemblée Nationale au même temps qu’il commence à écrire la biographie de H .P. Lovecraft intitulée : H. P. Lovecraft contre le monde, contre la vie qui fut publiée en 1991. Il commence à écrire aussi des recueils de poésie. En 1992, il gagne le prix Tristan Tzara pour son recueil La poursuite du bonheur. En 1996 Michel Houellebecq obtient son deuxième prix, le prix Flore pour son œuvre Le Sens du Combat.
23 C’est en ce moment qu’il décide de se consacrer entièrement à l’écriture. En 1994, Houellebecq publie son premier roman, Extension du domaine de la lutte. Ce roman montre un monde sans illusion où la solitude et les inégalités sont les protagonistes. Cette idée d’un monde désenchanté va lui accompagner tout au long de son carrière. En 1998, il publie son deuxième roman Les Particules Elémentaires qui connait un grand succès ainsi qu’une grande polémique à cause de laquelle il est exclu de la Revue perpendiculaire, revue d’extrême gauche. En 2001, son livre Plateforme, où Houellebecq parle du tourisme sexuel comme la dernière solution face aux souffrances de l’homme, suscite une autre polémique où il est dénoncé pour sa critique à l’islam. En 2005, il publie la Possibilité d’une île ; après en 2010 La carte et le territoire ; en 2015 Soumission et finalement en 2019 Sérotonine. Comme on vient de signaler, Michel Houellebecq connait un grand succès tout au long de sa carrière. Parmi les prix qu’il a reçus il faut souligner le prix Novembre, en 1998, pour son roman Les particules élémentaires qui a été élu le meilleur livre de l’année par le magazine Lire. Il gagne aussi le prix Goncourt pour La Carte et le Territoire. En plus, en 2015 il gagne le prix BnF, le prix La Tour Carnet et Oswald-Spengler en 2018… ainsi que des prix internationaux comme le prix Impac, en 2002, pour Les Particules Elémentaires en version anglaise ou le prix de l’Etat autrichien pour la littérature européenne en 2019. Mais la caractéristique principale de Houellebecq et ce qui le rend réellement célèbre est la polémique qu’il suscite pour chaque livre qu’il publie. Cette polémique lui a accompagné tout au long de sa vaste carrière et, c’est la cause par laquelle il apparait très souvent dans plusieurs revues littéraires et même dans les journaux. Comme nous venons de dire, la première des plus grandes polémiques à laquelle Houellebecq doit « faire face » tout au long de sa carrière, c’est celle suscité lors de l’apparition de son roman Les particules élémentaires. En réalité cette polémique naît d’une dispute interne entre le propre Houellebecq et ses copains de la revue Perpendiculaire suite à un entretien publiée en septembre 1998 ou ses propres copains se trouvent « déconcertés » par certains points de vue qui apparaissaient dans le roman, alors ils essaient de différencier les limites qui séparent l’opinion de l’auteur et celle du narrateur à propos des idées sur la politique, le racisme
24 et l’exclusion qui peuvent poser des problèmes et peuvent scandaliser la population. Le résultat de ce conflit sera le départ de Houellebecq de cette revue. Quelques jours après l’éclatement de cette polémique, Michel Houellebecq, loin de la calmer, jette un peu plus d’huile sur le feu avec les suivantes déclarations publiées par le journal Le Monde : « Une rumeur maligne se répand autour de mon roman, Les Particules élémentaires. Elle est colportée avant tout par ceux qui l'ont lu et détesté : les membres de la Société Perpendiculaire. Un premier tabassage moral a eu lieu vers fin juin, sous couvert d'un « entretien » : j'en garde le souvenir d'une incapacité de discuter avec des gens dont je ne soupçonnais pas la profondeur de la bêtise. Du châtelet, absent de Paris à l'époque, n'avait pu participer à l'interrogatoire : il vient de se rattraper par voie de presse en enfilant des amalgames où l'ineptie le dispute au délire. N'ayant pas eu alors l'occasion de les réfuter (mais comment réfuter un imbécile hargneux ?), je préfère témoigner ici de ce qu'ils m'inspirent : le dégoût de voir un « écrivain », à qui je n'ai jamais caché le peu d'estime que m'inspiraient ses productions, profiter de l'occasion pour tenter de se venger. Et la tristesse de voir la presse, en l'occurrence « Le Monde des livres », se prêter à cette opération. Dans Libération du même jour, Pierre Marcelle s'avoue impressionné par le prix qu'on m'a déjà fait payer en quinze jours : un référé, une exclusion, au moins deux procès politiques contradictoires... A ce stade, il en est bien conscient, l'hypothèse classique (d'un coup promotionnel) devient peu opérante. Mais de quoi, au fond, me suis-je rendu si coupable ? Dans L'Evénement du jeudi du 27 août, Gilles Tordjman donnait déjà une bonne partie de la réponse. Comme Bret Easton Ellis dans American Psycho, j'apporte de mauvaises nouvelles : et on pardonne rarement aux porteurs de mauvaises nouvelles. Je n'ai pas (pas encore ?) reçu de menaces de mort ; reste qu'à travers mon livre quelque chose (une génération ? un siècle ? un système économique ? une civilisation ?) s'est senti jugé. Nous vivons en des temps où un flux accéléré d'informations et de positionnements nous emporte (avec ses « coups de gueule », ses « réactions à chaud », ses ringardisations arbitraires...), soumettant la doxa à un processus de redéfinition permanent (en d'autres termes, le système intellectuel fonctionne aujourd'hui comme le système de la mode). Les maîtres et les collaborateurs du flux peuvent légitimement entrer en fureur lorsqu'ils le voient se briser, une fois de plus, contre la muraille du livre, ami de la lenteur. Dans ce sens, oui, je plaide coupable : j'ai écrit un livre réactionnaire ; toute réflexion est devenue réactionnaire. » Même cette polarisation touche des questions sociales associées à la gestion de la société contemporaine mais le plus important, c’est de souligner que l’auteur français évolue comme un poisson dans l’eau dans ce climat de tension car cela l’aide à rendre son œuvre plus visible et plus célèbre ce qui provoque une reprise de la vente de ses œuvres.
25 Sa deuxième grande polémique apparaît en septembre 2001 juste après la publication de Plateforme. Comme dans le cas des Particules Elémentaires cette dispute s’origine dans une interview ; dans ce cas dans le magazine Lire. Le but de cette interview est de savoir si l’auteur confirme certaines opinions tenues par le narrateur ou bien par les personnages du roman à propos de la religion islamique et la prostitution. Dans l’entretien Houellebecq affirme que l’islam est la religion la plus con des religions monothéistes en plus de beaucoup d’autres choses. Houellebecq, interrogé à propos de l’islam, répond de telle manière qu’il ne laisse personne indifférent «Oui, oui, on peut parler de haine. […]Non, j'ai eu une espèce de révélation négative dans le Sinaï, là où Moïse a reçu les Dix Commandements... subitement j'ai éprouvé un rejet total pour les monothéismes. Dans ce paysage très minéral, très inspirant, je me suis dit que le fait de croire à un seul Dieu était le fait d'un crétin, je ne trouvais pas d'autre mot. Et la religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré! La Bible, au moins, c'est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire... ce qui peut excuser beaucoup de choses. Du coup, j'ai une sympathie résiduelle pour le catholicisme, à cause de son aspect polythéiste. Et puis il y a toutes ces églises, ces vitraux, ces peintures, ces sculptures... » En plus, quand il est questionné à propos de la phrase suivante, prononce par son personnage principal : « Chaque fois que j'apprenais qu'un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j'éprouvais un tressaillement d'enthousiasme...» Houellebecq répond attisant davantage cette polémique : « La vengeance est un sentiment que je n'ai jamais eu l'occasion d'éprouver. Mais dans la situation où il se trouve, il est normal que Michel ait envie qu'on tue le plus de musulmans possible... Oui... oui, ça existe, la vengeance. L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D'une part, parce que Dieu n'existe pas, et que même si on est con, on finit par s'en rendre compte. A long terme, la vérité triomphe. D'autre part, l'Islam est miné de l'intérieur par le capitalisme. Tout ce qu'on peut souhaiter, c'est qu'il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l'islam. » Rapidement, la presse diffuse ces déclarations et ce point de vue de Houellebecq provoque l’indignation des musulmans qui accusent Houellebecq d’inciter la haine religieuse. Mais Houellebecq se défend de toute polémique en affirmant que las déclarations avaient été manipulées par le magazine Lire car ils étaient convaincus que l’auteur détestait la religion islamique au même temps qu’il défend sa liberté
32 Houellebecq, lors d’une interview avec Patrick Cohen souligne aussi cet aspect, cette victoire de François Hollande dans un pays de plus en plus orienté vers la droite : « […] La réélection de François Hollande en 2017, ce qui est surprenante, pas totalement impossible et ça crée un drôle des climats, la réélection de François Hollande en 2017parce que le pays est tout à fait à droite de plus en plus clairement et par un tour de passe-passe, c’est la gauche qui arrive, donc ça crée un climat trouble » [https://www.youtube.com/watch?v=o5ttzXGKbSY&t=135s] Suivant le volet politique, le livre reflète un autre aspect réel de la France de nos jours, la haine envers le Front National et ses idéaux politiques. Comme nous venons de dire, l’Europe et la France aussi tournent progressivement vers l’extrême-droite mais le Front National n’arrive jamais à gouverner bien qu’il obtient pas mal des votes dans l’hexagone. La cause de cette particularité est le sentiment de haine et rage qui survolent la société française ; bien que le Front National ait de nombreux adeptes, le nombre de détracteurs est encore plus grand. Cela a fait que Jacques Chirac ait gagné, en 2002, les élections présidentielles avec le plus grand avantage de l’histoire avec le 82% des votes face au 18% de Le Pen et qu’en 2017 Macron ait été élu président avec le 66% des votes face au 34% de Marine le Pen. Une victoire assez large aussi. Ce sentiment de haine et de rage envers le Front National est aussi présent chez les partis politiques français. Dans le livre, le fait que le Front National ait arrivé au second tour des élections en 2022 provoque qu’un parti politique récemment crée gagne le scrutin grâce au soutien des autres partis traditionnels. C’est-à-dire, les partis politiques traditionnels français ont préféré un gouvernement islamique, avec tout ce que cela implique, au gouvernement du Front National. Il y a une résurgence de l’esprit « collabo » en France mais très différent de l’esprit collabo du nazisme. « L’information éclata, en effet, peu après quatorze heures : l’UMO, l’UDI et le PS s’étaient entendus pour conclure un accord de gouvernement, un « front républicain élargi », et se ralliaient au candidat de la Fraternité musulmane. Surexcités, les journalistes des chaînes info se relayèrent toute l’après-midi afin d’essayer d’en savoir un peu plus sur les conditions de l’accord et la répartition des ministères, s’attirant à chaque fois la même réponse sur la vanité des considérations politiciennes, l’urgence de l’unité nationale et de panser les plaies d’un pays divisé, etc. Tout cela était parfaitement attendu, prévisible […] » (Houellebecq 2015 : 157).
33 Cet extrait montre tout ce que nous venons d’expliquer, l’union de ces partis, dits, traditionnels pour éviter le gouvernement du Front National bien que cela implique un gouvernement islamique. En plus, « tout cela était parfaitement attendu, prévisible ». « Là, à mon avis, c’est clair : ils ont vraiment peur que le Front national ne gagne les élections. Et toute image de violences urbaines, c’est des voix en plus pour le Front national. C’est l’extrêmedroite, maintenant, qui essaie de faire monter la pression. Evidemment, les mecs réagissent au quart de tour dans les banlieues […] (Houellebecq 2015 : 71). La situation politique en France est très instable et tout cela provoque des bouleversements de la population, ce qui se traduit par des disputes et des manifestations dans la rue. « […] Dans le lointain, on entendit soudain une sorte de pétarade prolongée. « qu’est-ce que c’est, vous croyez ? » demanda Alice. « on dirait des coups de feu… » Ajouta-t-elle d’un ton hésitant. Nous nous tûmes aussitôt, et je pris conscience que toutes les conversations s’étaient tues dans le jardin, on percevait à nouveau le bruissement du vent dans les feuilles, et des pas discrets sur le gravier […]. « C’est la première fois que ça pète à Paris » remarqua Lempereur d’un ton neutre. Au même instant il y eut à nouveau des bruits de fusillade, cette fois très nettes, et qui paraissaient proches, puis une explosion beaucoup plus forte […]. Une centaine de mètres vers le Nord, la place de Clichy était complètement envahie par les flammes ; on distinguait des carcasses de voitures et celle d’un bus carbonisées […]. À ce moment j’aperçus avec stupéfaction deux CRS, mitraillette en bandoulière, vêtus de combinaisons de kevlar, qui descendaient tranquillement la rue de Clichy en direction de la gare Saint-Lazare. (Houellebecq 2015 : 65-69). Mais ce n’est pas le seul moment de tension tout au long du livre ; au moment de la fuite de François de la capitale le matin du second tour de l’élection, il arrive dans une station essence et découvre des signes des violents combats : « L’aire de parking était déserte, et je me rendis compte tout de suite que quelque chose n’allait pas ; je ralentis au maximum avant de rouler, très prudemment, jusqu’à la station-service. La vitrine avait explosé, des myriades de bouts de verre recouvraient le bitume. Je sortis de ma voiture, m’approchai : à l’intérieur de la boutique, la vitrine contenant les boissons fraîches avait elle aussi fracassée, et les présentoirs de journaux étaient renversés. Je découvris la caissière gisant sur le sol dans une mare de sang, ses bras serrés sur sa poitrine dans un dérisoire geste de protection. […] En redémarrant en direction de la sortie, il me sembla apercevoir deux corps étendus près du parking poids lourds. Je redescendais, m’approchai : en effet deux jeunes Maghrébins, vêtus de l’uniforme typique des banlieues, avaient été abattus ; ils avaient perdu très peu de sang mais ils étaient indiscutablement morts. (Houellebecq 2015 : 135-136)
34 Cet aspect qui apparait tout au long du livre est vraiment préoccupant car nous voyons une France au bord d’une guerre civile et le terrorisme naît à nouveau avec beaucoup de force. Lors de son interview avec David Pujadas, Houellebecq fait référence aussi à ces aspects. « En fait, ce qui est bizarre c’est que c’est la première partie du livre avant l’élection du président musulman qui peut faire peur parce qu’il y a des affrontements et on ne sait pas bien quel en a été l’origine, si c’est des musulmans si c’est est des identitaires ou de vrais méchants » [https://www.youtube.com/watch?v=Nx7OPRmpkmM] Maintenant nous allons passer à un autre point de notre analyse, cette fois-ci nous allons parler de la religion, concrètement de l’islam qui est le point central de ce livre ; mais avant d’analyser la position de l’islam dans ce livre on va faire une petite parenthèse. Un aspect remarquable qui garde relation avec ce sujet de la religion est le fait que le protagoniste du livre, François, pendant sa fuite de Paris au moment des élections, se réfugie dans un petit village appelé Martel qui fut l’homme qui a vaincu les armées musulmanes d’Abderrahmane à la bataille de Poitiers, ce qui peut être considérée comme une provocation aux musulmans et à la religion islamique en général. « Ma tentative pour m’intéresser aux beautés naturelles de la région était toute évidence vouée à l’échec : je m’obstinai pourtant encore un peu, et le soir tombait lorsque je repris la direction de Martel. Les hommes de Cro-Magnon chassaient le mammouth et le renne ; […] (Houellebecq 2015 : 141-142). En ce qui concerne l’islam, Michel Houellebecq a toujours soutenu que le livre montrait l’image d’un islam modéré, loin de l’islam radical qui a causé tant de problèmes et de morts en France et dans le reste du continent européen au cours des dernières années. Par exemple, en janvier 2015 Charlie Hebdo, hebdomadaire satirique français, a été abattu dans la ville de Paris le 7 janvier 2015 lorsque deux hommes masqués et armés de fusils d’assaut et d’autres armes sont entrés dans les bureaux de cet hebdomadaire. Once personnes ont été assassinées. En novembre 2015 aux attentats de Bataclan 137 personnes sont mortes… Mais, en réalité, l’image de l’islam dans le livre et tout à fait le contraire à celle d’un islam modéré : « […] La conséquence la plus immédiate de son élection est que la délinquance avait baissé, et dans des proportions énormes : dans les quartiers les plus difficiles, elle avait carrément été divisée par dix. Un autre succès immédiat était le chômage, dont les courbes étaient en chute libre. C’était dû sans doute à la sortie massive des femmes du marché de travail – elle-même liée à la
35 revalorisation considérable des allocations familiales. […] Dans le nouveau système mis en place, l’obligation scolaire s’arrêtait à la fin du primaire ; le financement de l’enseignement secondaire et supérieur devenait, quant à lui, entièrement privé. Toutes ces mesures visaient à « redonner toute sa place, toute sa dignité à la famille, cellule de base de notre société ». (Houellebecq 2015 : 209). « […] Et les étudiantes ? Demandai-je en arrivant devant l’entrée de la station. Il sourit franchement. « Là, évidemment, les choses ont beaucoup changé ; disons que ça a pris des formes différentes. Je me suis marié » ajouta-t-il avec un peu de brusquerie. « Marié avec une étudiante » précisa-t-il. –ils s’occupent de ça aussi ? –pas vraiment ; enfin, les possibilités de contact ne sont pas découragées. Je vais prendre une deuxième épouse le mois prochain » conclut-il avant de disparaître en direction de la rue de Mirbel, me laissant, interdit, à l’entrée des escaliers. » (Houellebecq 2015 : 190-191). Dans ces deux extraits nous voyons les changements qui se sont produits en France après la victoire aux élections de la Fraternité Musulmane : le renvoie des femmes à la maison, c’est-à-dire : l’expulsion des femmes du monde du travail. D’autres changements produits lors de l’ascension des musulmans au pouvoir sont l’imposition du mariage arrangé ainsi que la polygamie y compris pour des jeunes filles de quinze ans. En plus, le système scolaire change complètement. Ce sont des traits qui existent dans certains pays musulmans et qui devient admis en France pour, dans un dernier moment, sacraliser la famille. Mais ce ne sont pas les seuls changements promus par Mohammed Ben Abbés qui voulait changer complètement tous les aspects de la vie et de la politique française : « Ce n’est que deux semaines après mon retour que je reçus le courrier de Paris III. Les nouveaux statuts de l’université islamique de Paris-Sorbonne m’interdisaient d’y pouvoir suivre mes activités d’enseignement ; Robert Rédiger, le nouveau président de l’université, avait lui-même signé la lettre ; il m’exprimait son profond regret, et m’assurait que la qualité de mes travaux universitaires n’était nullement en cause. Il m’était bien entendu tout à fait possible de poursuivre ma carrière dans une université laïque » (Houellebecq 2015 : 187) Nous observons une islamisation de certaines institutions publiques ainsi qu’une conversion à l’islam obligatoire pour accéder à certains postes de travail. Tous ces changements et impositions que nous venons d’énumérer font voir que l’islam décrit tout au long du livre est complètement le contraire aux caractéristiques d’un islam modéré décrit par le propre auteur. Mais Mohammed Ben Abbés à un autre projet encore plus vaste que celui d’islamiser la France, il s’agit de fonder un empire islamique. Il veut recentrer l’Europe vers le sud en ajoutant les pays du nord de l’Afrique, c’est une sorte
36 d’empire roman avec des différences car pour la fondation de cet empire Ben Abbes ne va pas faire la guerre sinon que tout cela passe par des accords entre pays. Cet empire musulman va faire peur parmi la population car elle voit un islam qui vire à l’islamisme, voit l’islam comme une force de pouvoir. « Étonnamment peu de gens ont lu ce qu’il a écrit à ses débuts - il est vrai que ça a été publié dans des revus de géopolitique assez obscures. Mais sa grande référence, ça saute aux yeux, c’est l’Empire romain – et la construction européenne n’est pour lui qu’un moyen de réaliser cette ambition millénaire. Le principal axe de sa politique étrangère sera de déplacer le centre de gravité de l’Europe vers le Sud ; des organisations existent déjà qui poursuivent cet objectif, comme l’Union pour la Méditerranée. Les premiers pays susceptibles de s’agréger à la construction européenne seront certainement la Turquie et le Maroc ; ensuite viendront la Tunisie et l’Algérie. À plus long terme, il y a l’Egypte. […] L’issue logique serait l’élection au suffrage universel d’un président européen. Dans ce contexte, l’intégration à l’Europe de pays déjà très peuplés, et à la démographie dynamique, comme la Turquie et l’Égypte, pourrait jouer un rôle décisif. La véritable ambition de Ben Abbes, j’en suis convaincu, c’est de devenir à terme le premier président élu de l’Europe – d’une Europe élargie, incluant les pays du pourtour méditerranéen. » (Houellebecq 2015 : 165) Dans cet empire que Ben Abbes rêve de construire la France a un rôle moteur ; elle serait la capitale de cet empire. L’instauration de certaines mesures en France telles que la soumission de la femme dans la société qui est l’une des raisons du succès de l’islam, c’est-à-dire, l’islamisation de la France ainsi que la création d’un empire islamique qui inclut une grande partie de l’Europe et dont la France en serait la capitale reflète la mort de la République française car, comme c’est normal, quand une religion avec un tel pouvoir comme l’islam s’introduit dans un état faible, c’est l’état qui finit par disparaître et dans ce cas, l’état faible était la France, la République française. C’est le récit de la soumission de la France à un islam plutôt politique. Mais ce n’est pas seulement la République française qui est morte. La conversion finale de François à l’islamisme constitue un élément fondamental et très significatif pour la dénonciation que l’auteur du livre fait de la crise de valeurs du christianisme qui entraîne, finalement, la mort du christianisme. Comme nous venons de dire, cette conversion est très significative par la conception que Houellebecq avait de l’islam car pour lui l’islam était « la religion la plus con » et par le fait que François a préféré prendre sa retraite avant de se convertir à l’islam pour enseigner. Il y a un extrait du livre qui reflète parfaitement tout ce que nous venons de dire :
37 « […] Le lendemain matin, après avoir chargé ma voiture, après avoir payé l’hôtel, je revins à la chapelle de Notre-Dame, à présent déserte. La Vierge attendait dans l’ombre, calme et immarcescible. Elle possédait la suzeraineté, elle possédait la puissance, mais peu à peu je sentais que je perdais le contact, qu’elle s’éloignait dans l’espace et dans les siècles tandis que je me tassais sur mon banc, ratatiné, restreint. Au bout d’une demi-heure, je me relevai, définitivement déserté par l’Esprit, réduit à mon corps endommagé, périssable, et je redescendis tristement les marches en direction du parking » (Houellebecq 2015 : 178) Pendant son pèlerinage à Rocamadour, il se trouve à la chapelle de Notre-Dame apparemment pour s’approcher à la religion chrétienne et pour résoudre ses doutes, ses questions sur la foi mais ce qu’il trouve est seulement de la résignation. A la fin, François n’est qu’un touriste qui est en train de contempler une pièce d’art. La génialité de l’auteur, c’est de représenter le sentiment, l’opinion de toute la société française à travers le cas concret de François. La société française se trouve dans un moment de crise de valeurs, non seulement à niveau politique mais aussi à niveau de la religion. Il paraît que la foi de la population française et de la communauté chrétienne en général est en train de s’éteindre. C’est à cause de cette crise de valeurs religieuse ainsi que la haine envers le Front National dont nous avons déjà parlé qui ont conduit à l’appui de la France au régime musulman, car la population voit dans l’islam une religion forte avec beaucoup de projets qui renforce le patriarcat, la notion de famille…
38 5. CONCLUSIONS. Nous pouvons constater que ce livre que nous venons d’analyser est une parfaite démonstration de la crise de valeurs religieuses et de la crise politique dans laquelle la République Française est plongée. Cette crise est représentée par le cas concret de François, le protagoniste du livre. La crise des valeurs qu’il souffre est celle de toute la population française en particulier ainsi que celle de la plupart de la population européenne en général. Cette crise conduit à la conversion à l’islam de François après la propre islamisation de la France, un islam présenté par le propre auteur comme « modéré » mais qui, dans la pratique, n’a rien à voir. Cette islamisation de la France est une conséquence de la haine et du refus provoqué par le Front National. Historiquement, la relation entre la France et l’islam a été compliquée, c’est pourquoi cet aspect, cette islamisation progressive de la France est si particulière. Tout au long de notre travail nous avons réalisé une introduction historique dans le but d’analyser la relation entre la France et l’islam au fil du temps. Dès le début, les relations étaient compliquées. Au moment des premières vagues d’immigration musulmane, la population française s’opposait à la probable insertion des musulmans dans la classe ouvrière française. Par ailleurs, l’urbanisme d’après-guerre a contribué à la marginalisation des immigrants musulmans car les français n’aimaient pas les nouvelles constructions en raison de son esthétique et de sa situation à la banlieue. Alors ces bâtiments ont été utilisés pour le logement des immigrants, ce qui a conduit à la création des ghettos. L’aspect qui a raréfié le plus les relations entre la France et l’islam a été le héritage de la colonisation et de la décolonisation lors de l’empire musulman français. La guerre d’indépendance en Algérie ainsi qu’au Maroc et en Tunisie a provoqué que les tensions France-Islam aient augmenté à des niveaux insoupçonnés. L’une des conséquences de l’époque coloniale française a été cette résurgence du racisme avec beaucoup de violence qui s’est traduit par des attaques contre les immigrants musulmans qui vont se révolter pour réclamer l’égalité. Nous avons remarqué lors de cette introduction historique que les tensions envers l’islam et que cette islamophobie présente dans certains secteurs de la population française ne sont pas produites par les attentats terroristes qui ont eu lieu en France lors de ces dernières années mais elles se remontent à travers l’histoire. Il est évident que ces
39 attentats ont produit une certaine peur envers les musulmans, non seulement en Europe mais partout dans le monde. Houellebecq est l’une de ces personnes qui rejette l’islam ; il n’a jamais été pas très favorable à cette religion et à ses coutumes. Cet aspect est montré tout au long de sa carrière comme écrivain, ce qui a suscité beaucoup de polémiques qui ont contribué à rendre célèbre son œuvre au même point que lui en tant qu’écrivain même s’il n’en avait pas besoin en raison de la majesté de son œuvre. La première grande controverse date de l’année 1998 au moment de la publication des Particules Élémentaires ; elle est causée par une dispute lors d’une interview dans le magazine Lire à propos de l’intention de l’auteur au moment de la création de cette œuvre. La deuxième polémique se produit au moment de la parution de Plateforme. Elle s’est produite aussi dans une interview ; dans ce cas les journalistes voulaient que Houellebecq confirme les opinions projetées dans le livre à propos de l’islam et la prostitution. Les polémiques vont se succéder à chaque livre que Michel Houellebecq publie jusqu’à un arrivé à l’année 2015, moment de la parution du live que nous venons d’analyser : Soumission. Il faut souligner que le moment de la publication du livre était une époque avec beaucoup de controverse précisément à cause de la religion islamique, plus concrètement à cause des attentats commis en nombre de l’islam, car le moment de la publication du livre coïncide avec les attentats de Charlie Hebdo. En plus, la polémique était prédictible à cause de l’argument principal du livre ; celui d’une France complètement défénestrée dont les élections générales en 2022 confirment la victoire d’un parti musulman : la Fraternité Musulmane dont le leader et, donc, le nouveau Président de la République était Mohammed Ben Abbes. C’est précisément cet argument principal de l’œuvre dans lequel nous nous sommes centrés pour analyser le roman. Nous avons vu comme la situation politique décrite dans le livre est très semblable à la situation réelle dans la France actuelle, y compris la haine envers le Front National. En plus, nous avons vu comment cette situation de crise politique donne lieu à des situations de violence dans les rues. Nous avons voulu démentir l’affirmation que Houellebecq a fait de l’islam qui apparaît dans le livre auquel il catégorisait comme « modéré » alors qu’en réalité nous pensons qu’il représente plutôt le contraire. Comme nous avons dit à plusieurs reprises, ce livre représente à la perfection la crise politique actuelle de la République Française qui s’est traduite, par exemple, par une énorme quantité de votes blancs lors des dernières élections présidentielles en
40 France2. Dans un article du journal l’Express on voit très clairement quels sont les motives du pourcentage si élevé des votes blancs. « L'enquête note que cette proportion en très forte hausse - 40% aujourd'hui contre 26% en 2012 - s'explique notamment par la logique de "dégagisme" très marquée chez les électeurs et par une offre politique qui ne les satisfait pas. » Après cette analyse des questions politiques nous avons fini notre étude avec la crise de valeurs religieuses chez le lecteur qui représente aussi celle de toute la société française. Sans doute, un livre très intéressant où rien n’est écrit au hasard ! 2 En dehors de ce taux historique de votes blancs en 2017, lors des élections régionales de 2021, il y a eu une autre donnée historique et extrêmement négative pour la France puisque des taux historiques allant jusqu’à 66,7 % d’abstention ont été atteints. Bien que le contexte ne soit pas « favorable » car elles se sont déroulées après une très grave pandémie et au moment des vacances d’été, la réalité est que les français ont, à chaque fois, sont moins motivés pour aller voter.
41 6. BIBLIOGRAPHIE. Blanchot, M., & Sanromán, D. L. (2015). Escritos políticos: Guerra de Argelia, Mayo del 68, etc. 1958–1993 (Acuarela & A. Machado no30) (1.aed.). Madrid: Antonio Machado Libros. Houellebecq, M. (2015). Soumission. Paris: J’ai lu. Houellebecq, M. (1998). Les Particules élémentaires. Paris : Flammarion. Houellebecq, M. (2001). Plateforme. Paris : Flammarion. Houellebecq, M. (2005). La Possibilité d’une île. Paris : Librairie Arthème Fayard. Stora, B. (2006). Les Trois Exils Juifs d’Algérie. Paris : Éditions du Seuil. 7. SITOGRAPHIE. Burgos Gómez, E. (2017). “Sumisión de Houellebecq: Francia frente a sus temores colectivos”. En Revista de Lenguas Modernas, tomo 25, pp. 14–23. Recuperado el 15 de junio del 2021 en https://doi.org/10.15517/rlm.v0i25.27677 Corneau, P. (7 janvier 2015). Michel Houellebecq France 2 06/01/2014. [Archive de Vidéo] YouTube. Récupéré le 8 juin 2021 de https://www.youtube.com/watch?v=Nx7OPRmpkmM Drouglazet, K. (25 mars 2021). C’est quoi cette polémique autour du chantier de la mosquée de Strasbourg ? Sur Ouest-France. Récupéré le 7 mai 2021 de https://www.ouest-france.fr/grand-est/strasbourg-67000/cinq-questions-pourcomprendre-la-polemique-autour-du-chantier-de-la-mosquee-de-strasbourg7200013
48 le nôtre, et dont le degré de civilisation est d’un niveau inférieur à celui du Maroc ; 10-Considérant enfin que le Maroc constitue une unité homogène, qui, sous la Haute direction de son Souverain, prend conscience de ses droits et de ses devoirs, tant dans le domaine interne que dans le domaine international et sait apprécier les bienfaits des libertés démocratiques qui sont conformes aux principes de notre religion, et qui ont servi de fondement à la Constitution de tous les pays musulmans. Décide : AEn ce qui concerne la politique générale : De demander l’indépendance du Maroc dans son intégrité territoriale sous l’égide de Sa Majesté Sidi Mohammed Ben Youssef, que Dieu le glorifie ; De solliciter de Sa Majesté d’entreprendre avec les nations intéressées des négociations ayant pour objet la reconnaissance et la garantie de cette indépendance, ainsi que la détermination dans le cadre de la souveraineté nationale des intérêts légitimes des étrangers au Maroc. De demander l’adhésion du Maroc à la Charte de l’Atlantique et sa participation à la Conférence de la paix. BEn ce qui concerne la politique intérieure : De solliciter de Sa Majesté de prendre sous Sa Haute direction le Mouvement de réformes qui s’impose pour assurer la bonne marche du pays, de laisser à Sa Majesté le soin d’établir un régime démocratique comparable au régime de gouvernement adopté par les pays musulmans d’Orient, garantissant les droits de tous les éléments et de toutes les classes de la société marocaine et définissant les devoirs de chacun. » Manifeste de l’indépendance du 11 Janvier 1944. (s. f.). Sur Istiqlal. Récupéré le 7 juillet 2021, de https://www.istiqlal.ma/Manifeste-de-l-independance-du11-Janvier-1944_a64.html
49 3. Couverture du livre de Bernard Maris, économiste et ami intime de Michel Houellebecq qui a été assassiné lors des attentats de Charlie Hebdo, intitulé Houellebecq économiste où l’auteur fait un tour à travers toutes les œuvres de Houellebecq. Houellebecq Economista. (s. f.). Sur Walmart. Récupéré le 7 juillet 2021, de https://www.walmart.com.mx/libros/licenciaturas-yprofesionistas/economia/houellebecq-economista_00978843396388