Marisa LÓPEZ SORIA, «Camila de bon cœur»
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HERMĒNEUS, 26 (2024): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X Marisa LÓPEZ SORIA, «Camila de bon cœur» Marisa LÓPEZ SORIA, «Camila de mil amores» Traducido por NICOLAS BALUTET Université Polytechnique Hauts-de-France. Institut Sociétés et Humanités. Le Mont-Houy. 59313 Valenciennes cedex 9, France. Dirección de correo electrónico: [email protected] ORCID: https://orcid.org/0000-0002-3429-9202 Recibido/Received: 15/1/2023. Aceptado/Accepted: 20/6/2023. Cómo citar/How to cite: López Soria, Marisa, «Camila de bon cœur», trad. Nicolas Balutet, Hermēneus. Revista de Traducción e Interpretación, 26 (2024): pp. 589-603. DOI: https://doi.org/10.24197/her.26.2024.589-603 PRESENTACIÓN Con más de treinta libros publicados –son famosas las series en torno a los personajes de Camila, SuperBerta y Coco, Canela y Anís– y varios premios y reconocimientos, Marisa López Soria es hoy en día una de las escritoras de literatura infantil y juvenil más renombradas en España. Suele mezclar los géneros, los estilos y las voces narrativas y escribir sobre temas de la vida cotidiana y universales. Su obra ya fue traducida a diversos idiomas (inglés, japonés, portugués, coreano, etc.). En francés, solo Camila y el abuelo pastelero (1999) se ha beneficiado de una traducción en 2000 por Claude Bleton en Hachette Jeunesse con el título La vie, c’est du gâteau ! El trabajo siguiente ofrece, por lo tanto, la primera traducción completa de otro breve libro de la misma serie, Camila de mil amores (2001). Camila de bon cœur Le moderne et l’actuel On dirait que désormais la maison de Camille est devenue à la mode et tout le monde vient la voir comme si elle était fantastique, seulement parce qu’elle est nouvelle. Camille ne comprend pas ça.
590 Marisa López Soria HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X Personne ne semble plus se souvenir de l’ancienne maison, du chien Maco, de ses amis : Vane, Cristina, Paqui, Perico. Ici, ils sont tous très contents de cette maison si moderne et actuelle, celle aux marbres de Macael et aux portes en chêne d’Amérique. Les invités s’assoient souvent sur la terrasse du salon. Le père de Camille prépare alors du café et sa mère sort de succulents desserts, pendant que la fillette reste là, sans rien dire, aux côtés de papi Juan, jusqu’à ce qu’au bout d’un long moment, ils lui disent : – Camila, prends des petits gâteaux au chocolat, ce sont ceux que tu aimes le plus. Comme s’ils ne l’avaient pas vue auparavant. Et bien sûr qu’ils l’ont vue, ils ne l’ont pas oubliée car Camila est fille unique et elle ne s’est pas encore couchée. Mais ils mettent du temps. Ils mettent tant de temps à les lui proposer que la fillette croit qu’ils ne vont jamais s’en souvenir. Heureusement que son papi, si affectueux, est toujours aux petits soins : – Ma chérie, tu as déjà goûté les « petites galettes » ? Quel papi si attentionné ! Il est chaleureux, cordial et très affectueux. Camila est très attachée à lui, elle l’aime beaucoup…, oh là là, énormément. C’est le papi pâtissier et, elle, son marmiton. Ils cuisinent ensemble de succulents desserts et parlent de choses importantes comme la vie et la mort. Le jour où Alejandro est venu leur rendre visite avec ses parents, ni Camila ni son papi n’avaient fait la tarte qui se trouvait dans la cuisine, mais de toute façon elle était très bonne. Alejandro est le fils des nouveaux voisins. Elle le connaissait déjà parce que, une fois, il s’est mis à la fenêtre et il l’a traitée d’idiote. Alejandro est plus grand que Camila et il a un père instituteur qui lui fait cours . Camila pense que cela doit être un grand avantage. Ainsi, n’importe qui obtient les meilleures notes. Quand les parents d’Alejandro, qui vivent dans l’appartement d’en face, sont venus voir la maison, ils ont dit comme ils sont très aimables : – Si vous avez besoin de quelque chose, vous savez où nous trouver. Les voisins sont là pour s’entraider. Les adultes se mirent ensuite à discuter pendant qu’ils prenaient le café et ils les envoyèrent tous les deux jouer quelque part pour pouvoir rester au calme, à leur aise. Tant mieux , car il s’avère qu’Alejandro sait faire de très nombreuses choses. Par exemple, jongler avec des oranges. Ça a dû être avec des oranges car il ne restait pas assez d’œufs dans le frigo et, comme c’est un jeu fort difficile, certaines s’écrasaient contre le sol. Très drôle ! Camila fut aussi émerveillée par ce que fit ensuite son ami : marcher à l’envers, avec les
Camila de bon cœur 591 HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X mains sur le sol et les pieds en l’air. Là où ils s’amusèrent le plus, bien entendu, c’est quand ils firent le triple saut mortel sur le lit, malgré les chutes. Ce fut une après-midi géniale. Camila se souvient très bien quand Alejandro lui a dit : – Eh, tu n’as pas faim ? J’ai envie de tarte. En y pensant bien, Camila voulait aussi de la tarte. – Bonne idée, allons-y, à l’attaque ! Et comme personne dans la maison ne semblait se rappeler d’eux, ils maraudèrent et se traînèrent comme des Indiens faméliques à travers le désert de la cuisine, silencieux, pour capturer le butin. Quelle rigolade ! Le grandpère ne s’aperçut de rien tant ils surent guetter et se cacher de l’ennemi. Le gâteau était super booooooon. Ce jour-là, la visite dura longtemps. Alejandro, en partant, eut la bonne idée de la rassurer pour qu’elle ne s’en fasse pas, et, bien que Camila était préoccupée, elle pensa que ce voisin était super bien. De plus, elle eut le pressentiment qu’à partir de maintenant ils allaient être de bons amis. – Ne t’en fais pas. Ils ne parviendront pas à découvrir qui a dévoré la tarte car nous n’avons laissé aucune piste, ni aucune miette – avait lancé le garçon. Et c’était tout à fait exact. Maintenant ce que veut Camila c’est être avec ce garçon aux jongleries et aux pirouettes. Et surtout, ce qu’elle veut, c’est aller à la même école qu’Alejandro. Son bon ami Alejandro. Si beau. Ah, quel amour de garçon ! Le pouvoir de Cristal La mère de Camila, Cristal, est rentrée du travail. Cristal est très intelligente et affectueuse. Camila pense que sa mère est la plus tendre du monde entier, ah, et en plus, comme elle est si intelligente, elle sait tout. Tout ce que Camila lui demande, Cristal le sait. C’est sûrement pour cette raison qu’on lui a donné ce nom si joli, Cristal, car, pour elle, les choses qui arrivent, et même les mots les plus étranges, n’ont aucun secret, ils sont transparents. Cristal trouve toujours pour Camila la meilleure explication pour les choses qui arrivent. Par exemple, quand elles sont en train de regarder un film, si Camila lui demande ce qui va se passer, elle le sait, même si elle ne l’a pas vu auparavant. En réalité la maman de Camila est voyante. Ce qui se passe c’est qu’elle n’est pas de celles qui prédisent l’avenir, à grand bruit, avec un foulard sur la tête et une boule de cristal.
592 Marisa López Soria HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X – Il ne me manquerait plus que ça, ma petite ! Non, ma chérie, je ne suis pas une voyante, je suis une maman normale et sans histoire – Cristal a-t-elle l’habitude de répondre avec modestie. Cristal n’apprécie sûrement pas que sa fille aille le répéter un peu partout car c’est un secret de famille et les secrets ne se disent pas, ils se gardent dans l’intimité. Ce qui se passe, c’est que Camila connaît déjà bien sa mère et elle se rend compte de suite quand elle est en train d’utiliser ses pouvoirs. Par exemple, elle dit comme un prophète : – Emporte ta veste Camila, car tu vas avoir froid cet après-midi. Et Camila, qui n’a pas emporté sa veste, a froid l’après-midi. Ou quand elle l’avertit : – Camila, fais attention où tu marches, tu vas tomber. Quelle clairvoyance ! Quelle chute elle a fait la dernière fois où elle n’avait pas suivi les conseils de la voyante. Cristal devine toujours juste. Ah, et elle domine aussi des trucs de magie. La mère de Camila sort, comme si de rien n’était, des pièces des oreilles et trouve souvent de jolis petits cadeaux et des bonbons dans les poches de son père, du grand-père Juan et de Camila.. Une nuit, Camila prit peur car elle voyait des ombres sur le mur de sa chambre. On aurait dit une main noire qui voulait l’attraper. – Mamaaaaaaan – cria Camila fort effrayée. Sa mère arriva tout de suite auprès de son lit pour la calmer. Et elle a encore fait plus. La magicienne particulière de Camila a formulé un « sort » – quelques mots magiques que seules quelques personnes connaissent – pour faire fuir la peur pour toujours. Elle a ensuite remis à la fillette une aigue-marine avec l’ordre de ne jamais la perdre : la pierre est bleue si tu la regardes depuis un endroit ; si tu la regardes de l’autre côté, elle est verte, comme un morceau de mer vert, capturé. Selon les explications de sa mère, c’était une ancienne pierre de famille. Quand elle était petite, la grand-mère Catalina la lui avait donnée car elle craignait les tempêtes. Avec ce talisman, ce même sort, un petit peu de courage et encore un petit peu de prudence, Cristal avait appris à être courageuse et à vaincre sa peur. Depuis, le jeu secret fonctionne aussi pour Camila. Maintenant on peut éteindre la lumière la nuit, car il n’y a désormais plus de peur qui lui résiste ; la fillette serre fort sa pierre prodigieuse et, adieu les ombres et les mains noires ! Maintenant, l’obscurité lui susurre seulement
Camila de bon cœur 593 HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X qu’il est déjà très tard. Cooooommme Camila a sommeil, c’est l’heure de dormir. Oui. Camila adore Cristal. C’est bien de la chance d’avoir une mère aussi fantastique que la sienne. Parfois, quand elle est dans sa chambre en train de jouer depuis longtemps et qu’elle ne l’entend plus, elle l’appelle : – Mamaaaaaan ! – Qu’y a-t-il, ma chérie ? – Rien, rien… Camila adore l’écouter. Qu’elle ne disparaisse pas, comme c’est une mère magique… Aventure au supermarché Esteban, le père de Camila, est un type sympathique. Parfois le matin, quand tout le monde à la maison est pressé pour ne pas arriver en retard à l’école, il se charge de la peigner. – Je te peigne, car c’est moi le plus libre de cette maison. Esteban aime à dire le plus libre car c’est le seul des trois qui n’a pas d’horaires fixes pour se rendre au travail. Ça fait toujours sourire Camila. – Voilà l’œuvre que t’a faite ton père, le seul et unique. Tam ta da tam ! Esteban aime lui faire la coiffure appelée « modèle palmier », celle qui consiste à attacher la queue de cheval le plus haut sur la tête. Il l’appelle aussi l’original « modèle jet d’eau » et les « feux d’artifice spéciaux ». – Camila, vraiment, tu ne peux pas te plaindre – lui explique son père –. Ça sera mieux un autre jour, mais aujourd’hui je t’ai peignée avec beaucoup d’amour. C’est vrai. Camila se met alors à marcher et, en marchant, elle a l’impression qu’elle est une fontaine avec un jet sur la tête. Ou un palmier avec les feuilles qui tombent en dansant. Ah, le père de Camila est un véritable amour. Un chevalier errant et galant. Car Esteban aime à aller chercher sa fille à l’école et la trouver rapidement au milieu de tout ce raffut. Il cherche parmi le boucan de la cour de récré et, sous les feuilles des arbres, elle est là, sa Camila chérie, celle au palmier tordu. La petite trouve très amusant d’avoir un père comme Esteban, bien qu’il serait encore plus parfait s’il était instituteur comme le père d’Alejandro. Ils iraient ensemble à la même classe et elle, qui serait sûrement la déléguée,
594 Marisa López Soria HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X ferait taire les autres enfants et obtiendrait tout un bulletin de notes avec des « En progrès. Continuez » et des croix et encore des croix, toutes positives. Hum, Camila rêve. Avec Esteban aussi il lui arrive des aventures. Quelques-unes très dangereuses. Comme ce qui lui est arrivée un jour, alors qu’elle était petite, quand elle est allée au supermarché avec son père. Ils y allaient tous les deux, très contents, la main dans la main. Camila se souvient qu’elle était dans l’allée des lessives et qu’elle s’arrêta pour lire un nom sur un baril : « Pan-co-lor ». Elle le lit d’une traite, elle savait donc déjà lire, « Pancolor » ! Ce qui se passa, c’est que, ensuite, quand elle regarda la personne à qui elle donnait la main, ce n’était pas son père, c’était une dame qui lui demandait si elle était seule. Quelle horreur ! Mais comment pouvait-elle être toute seule si c’était une petite fille ! Quelle peur immense ! C’est pour cette raison qu’elle commença à parler mal et personne ne la comprenait alors qu’elle criait et pleurait comme une madeleine : – Eeeeebaaaann ! Aaaapppaaaa ! – Que dis-tu ? – demandait la dame. – eeeeuuuuuxx moooon aaaapppaaaa ! – demandait-elle amèrement. Quels instants terribles dans la vie de Camila ! La fillette se cogna de-ci de-là, depuis le rayon des confitures jusqu’à celui des soupes en sachet, et sa peine augmenta dans l’allée des petits gâteaux au chocolat, ceux que Camila aime tant, toujours poursuivie qu’elle était par cette dame pour qui la seule chose qui lui semblait importante était de savoir, grand dieu, si la fillette était seule. Elle pleura et pleura comme une madeleine, jusqu’à être emplie de morve et de larmes et jusqu’à ce que, à la hauteur de la promotion sur les aubergines, elle tomba sur les pantalons de son père qui, alerté par son absence et par les bruyants pleurs, avait commencé à la chercher. – Camila, ma petite ! L’homme la souleva et l’étreignit très fort, il lui essuya ensuite le visage et lui donna de nombreux, nombreux baisers pour la calmer. Et quand il ne lui restait qu’un tout petit morceau de cette grande peine, il la prit par les pieds, la mit la tête en bas et la secoua bien pour que le reste de cette peur tombe complètement par terre. C’est seulement alors que Camila se mit à rire et même à éclater de rire. Quel évènement spectaculaire entre un père et sa fille ! Esteban l’intitula : « Aventure au supermarché » et même Cristal n’en saura rien.. Les secrets,
Camila de bon cœur 595 HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X comme on le sait, si on les raconte, s’échappent de toutes parts et perdent leurs propriétés. Alejandro croche-pieds Hier, Camila est arrivée en retard à l’école. C’est que, avant de partir, elle n’a pas eu d’autre solution que de se mettre du mercurochrome et un pansement sur la blessure que lui avait faite Alejandro. C’est pour cela qu’elle est arrivée à une heure impossible. Il s’avère que, la veille, sa mère l’avait laissée sortir dans le parc avec Alejandro, son formidable voisin. Ils étaient tous les deux, Alejandro et Camila, à se promener tranquillement quand soudain il lui fit un croche-pied et, boum, quel coup at-elle pris. Camila se fit mal au genou. Mais le pire fut cette dent qui bougeait, qui tomba et qu’ils ne purent plus retrouver de toute l’après-midi. Alejandro, fort effrayé, lui promit que jamais, plus jamais, il ne recommencerait. Il était désolé. Comme le visage d’Alejandro est devenu pâle en la voyant saigner ! Camila lui pardonna tout de suite, car elle l’aime, bien qu’elle gardât pour elle son chagrin d’avoir perdu sa dent. – Ah àà, que tu es bête. Au pire je l’ai avalée – se lamentait la fillette. Ce qui la gênait, c’était le picotement au genou, bien que Camila adore porter des pansements et avoir du mercurochrome sur les blessures. Tout le monde s’intéresse alors à toi : – Que t’est-il arrivé au genou, Camila ? Mais les craintes de Camila étaient ailleurs et elle ne cessait de se demander : « Et maintenant ? La souris passera sans la dent-témoin ? Me laissera-t-elle quelque chose sous l’oreiller ? » Quand Camila arriva le lendemain au collège, elle feignait d’avoir une douleur profonde et portait plusieurs pansements sur la blessure qui se voyaient extraordinairement. Malgré cela, Madame Purificación lui dit seulement : – Camila, tu dois te lever plus tôt le matin et te dépêcher davantage. La fillette pensa que certaines personnes n’ont pas de cœur, ni rien du tout. Bien que la dent n’apparût pas, Alejandro ne cessait de lui dire de ne pas s’en faire, que c’était pareil si elle ne la trouvait pas. Elle, elle ne trouvait pas cela drôle car le garçon, chaque fois qu’il le lui disait, éclatait de rire. Les parents de Camila, Esteban et Cristal, sont également heureux, ils sont contents que la petite souris vienne quand la dent de leur fille tombe, c’est
596 Marisa López Soria HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X pourquoi la fillette ne voulait pas les décevoir en raison de la dent perdue. Il faut reconnaître qu’Alejandro, bien qu’elle l’aime énormément, est un petit peu rabat-joie. Était-ce vraiment une blague drôle ? Faire un croche-pied à une amie ? Ben non, monsieur ! – Qu’allais-tu lui demander à la souris ? demanda Alejandro à son amie accidentée. Quelle question ! Tout le monde sait qu’on ne demande rien à la souris et que, comme elle est petite, elle ne peut transporter que des friandises et des bricoles. Camila aime se réveiller, regarder sous l’oreiller avec une extrême joie et avoir une énorme surprise. Finalement, Camila a pensé écrire une petite lettre à la souris en lui expliquant toute cette lamentable histoire. Elle lui indiquera sur le dessin d’un plan l’endroit exact de la chute avec une croix phosphorescente, pour voir si elle, étant donné son intelligence, pourrait trouver la dent et, alors… cadeau ! Au cas où, elle a aussi dit à Alejandro qu’elle va commencer à très bien se comporter car Noël arrive bientôt et elle espère voir les Rois Mages. Patricia ment C’est parfois dur de bien se comporter. Surtout quand dans la vie de Camila intervient Patricia. Patricia est la fille de Paco et d’Isabel, deux amis de ses parents. Camila s’est rapidement rendu compte combien la fillette est menteuse. Et bien qu’elle s’en soit aperçue, personne ne lui faisait cas. Tous les soirs, Patricia pleure et crie, réveillant ses parents, toujours avec la même rengaine : – Au secours ! Les souris m’attaquent… Camila s’imagine la fillette, le visage peiné avec ces yeux si bleus, en train de crier : – Au secours ! Au secours ! Aidez-moi car les souris me frappent ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre. Isabel, sa maman, dit que quand ils accourent pour voir ce qu’il se passe, Patricia est là, le visage empli de grosses larmes et tout est faux. Camila est étonnée de voir à quel point certaines mères sont indulgentes. Tout est un pur mensonge et Camila connaît la vérité de ce qui lui arrive, car elle l’a entendu le dire. Il se trouve que cette histoire a beaucoup à voir avec Sonia, la sœur, encore bébé, de Patricia. Le psychologue a dit à Isabel que sa fille s’est inventé
Camila de bon cœur 597 HERMĒNEUS, 26 (24): págs. 589-603 ISSN: 2530-609X cette façon scandaleuse d’attirer l’attention sur elle car elle est jalouse de sa sœur. C’est donc cela, Patricia est jalouse de devoir partager ses parents avec la nouvelle sœur. Il faut donc avoir beaucoup de patience, sans se fâcher ni la gronder, rien de tout cela. Camila s’étonne de tout cela, vu la petitesse de Sonia et le peu d’espace qu’elle occupe. De plus, il faut apprendre à partager. Elle doit aussi apprendre de son cousin Manolo, tout content qu’il est avec ses huit frères et sœurs et seulement un père et une mère pour tous… Elle n’aime pas être une rapporteuse mais c’est évident que Patricia ment avec cette histoire de souris. De plus, la fillette fait pipi au lit. Camila l’a appris car elle a la faculté d’entendre avec ses oreilles ce que les adultes disent dans son dos quand elle est en train de jouer au salon avec le puzzle. Elle se tait, car si tu te retournes et que tu demandes quelque chose, c’est alors que tout s’écroule et qu’on te demande de ficher le camp. – Camila, va dans ta chambre. Tu n’as pas de devoirs à faire ? Mais Camila est déjà au courant de l’information, de toute la problématique de Patricia, comme ils l’appellent. Il est entendu que je ne peux pas poser de questions, mais si je pouvais en poser, je demanderais : – Pourquoi Patricia peut dire autant de mensonges ? Pourquoi Patricia ne peut-elle pas faire pipi là où il faut ? Pourquoi est-elle si gâtée ? Quelle fille… ! Et l’histoire de l’autre jour ? Quelle honte ! Patricia ment insolemment quand elle dit devant tout le monde : – J’ai un fiancé très beau qui s’appelle Alejandro. Et tout le monde se mit à rire, et à trouver très drôle les propos de la fillette. C’est totalement faux. Car Alejandro est maintenant le meilleur ami de Camila et à ce moment-là de sa vie il ne sait pas encore si, quand il sera grand, il veut être un fiancé ou pas. Elle le lui a dit à Patricia : – Mais comment peut-il être ton fiancé si toi tu continues à faire pipi au lit ! Et la petite fille est vite partie en courant pour rapporter à sa mère. Eh ben ! Camila dit la vérité et voilà le résultat. Tout le monde est fâché. De toute façon, il faut bien le reconnaître, Camila, malgré ses peines, aime beaucoup Patricia. C’est seulement parfois qu’elle la fait enrager, surtout quand elle dérange avec ses impertinences de petite fille, si blonde, et avec ses yeux de mer qu’on entendrait presque le bruit des vagues…