Full text
Spécificités du sous-titrage pour enfants malentendants Isabel Cómitre Narváez Universidad de Málaga Ce travail aborde la spécificité multisémiotique du texte filmique qui est à l’origine de nombreux défis que le traducteur audiovisuel doit relever. Dans un premier temps, il vise à cerner les différences entre les deux formes principales de sous-titrage: le soustitrage interlinguistique et le sous-titrage intralinguistique. Selon Diaz Cintas (2008: 30), le premier type, à savoir, le sous-titrage interlinguistique ou classique, “concerne le passage d’une langue étrangère à une autre langue”, en revanche, le second type, le sous-titrage intralinguistique, implique, quant à lui, “un passage de l’oral à l’écrit tout en restant au sein d’une même langue.” Dans un deuxième temps, ce travail a pour objet d’explorer les spécificités du sous-titrage pour sourds et malentendants dans la “compensation” du déficit auditif ansi que les rapports intersémiotiques qui s’établissent entre le code verbal et le code visuel de ce type de sous-titrage intralingusitique. Pour ce faire, il déterminera les particularités du public malentendant et son rapport essentiel et spécifique à l’image. Si, tout comme le souligne Gottlieb (1994), le succès du soustitrage dépend du lien crée par rapport à l’image, dans le cas du sous-titrage pour malentendants, la lecture des sous-titres combinée au déchiffrage des images par le public malentendant est une opération complexe. En effet, il faut rappeller qu’il s’agit d’un groupe de personnes très diversifié ayant des besoins très spécifiques. Afin de pouvoir extraire des conclusions représentatives, l’analyse porte sur un public concret et spécifique: les enfants et adolescents sourds et malentendants de langue maternelle française scolarisés se trouvant dans la tranche d’âge de 12 à 15 ans et prétend mesurer la compréhension et la vitesse de lecture d’une séquence d’un film d’animation. Les sujets participants à l’étude doivent visionner une séquence d’une durée de 10 à 12 minutes environ et répondre à un questionnaire. Lors d’un premier visionnage, les sujets visionnent uniquement les images de la séquence. Lors d’un deuxième visionnage, la séquence leur est proposée avec les sous-titres pour sourds et malentendants en langue française (DVD). Un troisième et dernier visionnage est enfin proposé avec des soustitres alternatifs plus visuels. Les sujets reçoivent la consigne de montrer leur préférence entre sous-titres officiels et sous-titres alternatifs. Cette expérience permet non seulement de vérifier le degré de compréhension des sous-titres chez les enfants/adolescents sourds et malentendants, mais également d’apporter de nouvelles pistes concernant le sous-titrage pour sourds et malentendants et l’importance accordée à l’image, afin de lui rendre toute la place qu’elle mérite dans la construction et la compréhension du sens en traduction. Bibliographie succinte Díaz Cintas, Jorge; Remael, Aline (2007): Audiovisual Translation: Subtitiling, Manchester: St. Jerome. Díaz Cintas, J. (2008): “Pour une classification des sous-titres à l’époque du numérique”, in A. Serban; J.M. Lavaur (eds.), La traduction audiovisuelle. Une approche interdisciplinaire du sous-titrage, Traducto, Bruxelles: De Boeck, 27-41. Zarate, Soledad; Eliahoo, Joseph (2014): Word recognition and content comprehension of subtitles for television by deaf children Jostrans. The Journal of Specialised Translation, 21, 133-
152.