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Particules/adverbes exprimant la modalité épistémique : Vers la comparaison des systèmes des langues tchèque et française

Michaela Vybíhalová

Abstract

Epistemic modality represents one of the linguistic modality expressing the speaker’s certainty evaluation of the proposition’s validity. The French and Czech approaches are compared to show the common bases for this linguistic matter. One way of expressing the epistemic modality, among others, are the little words that the French system calls epistemic modal adverbs, while the Czech terminology defines them as particles. These two systems (French epistemic adverbs and Czech epistemic particles) are compared from the point of view of their semantico-syntactic characteristics and their existing classifications based on the level of certainty the adverbs/particles express. To gain a better insight into the functioning of epistemic adverbs/particles the analysis of two French adverbs (vraisemblablement, apparemment) and two Czech particles (pravděpodobně, patrně) has been conducted and confirmed the important influence of context and subjectivity on their semantic interpretation.

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Particules/adverbes exprimant la modalité épistémique: Vers la comparaison des systèmes des langues tchèque et française Michaela Vybíhalová [Université de bohême du Sud] INTRODUCTION Il va probablement ou vraisemblablement venir? Sûrement ou sans doute? Comment fonctionne ce type d’expressions épistémiques en français et en tchèque? Le présent article représente une première approche de la problématique des particules/ adverbes épistémiques visant à présenter ces éléments langagiers dans les deux systèmes de langue mentionnés et à étudier leur côté sémantico-pragmatique qui pourrait servir de base pour un classement éventuel. LA MODALITÉ ÉPISTÉMIQUE Tout d’abord, comparons la conception de la modalité épistémique dans les traditions grammaticales tchèque et française. La modalité épistémique représente selon Skladba češtiny une signalisation des différents degrés de la certitude du locuteur par rapport à la validité du contenu propositionnel. D’une certaine manière, le locuteur prend une attitude qui le dégage de la responsabilité de devoir prouver la validité du contenu propositionnel. Parmi les moyens langagiers de la modalité épistémique, on trouve: Les prédicateurs épistémiques (Zdá se mi, že; Jsem přesvědčen, že etc.) Les particules épistémiques (určitě, zřejmě, asi, pravděpodobně etc.) Les verbes modaux (muset, moci etc.) Les moyens grammaticaux (le futur) On peut également y inclure l’expression de l’opinion d’autrui. (říká se, že; slyšel jsem, že; prý etc.).1 La Grammaire méthodique du français définit la modalité épistémique comme une partie de l’aspect de la subjectivité de l’énoncé appelé l’évaluatif qui exprime l’opinion et l’évaluation du locuteur. La modalité épistémique exprime le degré de la certitude 1 Grepl, M., Karlík, P. Skladba češtiny. Olomouc: Votobia 1998. 266 SVĚT LITERATURY / LE MONDE DE LA LITTÉRATURE du locuteur par rapport au contenu propositionnel et peut être exprimée par les moyens grammaticaux-lexicaux suivants: Mode verbal (le futur, le conditionnel) Verbes modaux (devoir, pouvoir) Adjectifs et adverbes modaux (certain, douteux, certainement, peut-être etc.) Locutions verbales (avoir la certitude, etc.).2 Nous pouvons dire que la modalité épistémique est perçue de la même façon dans les deux traditions grammaticales. Par contre, nous allons voir que ce n’est pas le cas pour les particules/adverbes épistémiques. LES PARTICULES ÉPISTÉMIQUES DANS LA LANGUE TCHÈQUE D’abord, dans la grammaire tchèque, on parle departicules épistémiques. Les particules représentent une des dix parties du discours en tchèque, tandis qu’en français les particules n’ont pas ce statut et qu’on parle donc d’adverbes épistémiques. Néanmoins, il s’agit d’une catégorie morphologique problématique: les particules sont souvent homonymes avec d’autres parties du discours et la limite entre les particules et les adverbes n’est pas tout à fait claire. Les particules épistémiques font partie des particules modales et expriment la modalité sur une échelle allant de «il est sûr que l’’énoncé (ou sa partie) est valable» et le contraire «il est sûr que l’’énoncé (ou sa partie) n’’est pas valable». Les particules sont ordonnées suivant leur position sur cette échelle en 6 catégories dans Akademická mluvnice češtiny.3 Au niveau de la syntaxe, les particules épistémiques ne représentent pas de fonctions syntaxiques, elles ne peuvent pas apparaître dans les réponses aux questions partielles, mais on peut les utiliser pour répondre aux questions totales, en combinaison avec les particules de réponse: Bude doma?— Snad/ Jistě/ Asi ano/ Nejspíš ne. Les particules épistémiques sont présentes dans les phrases affirmatives (On asi půjde snámi.) ou dans les interrogations totales (Bojíš se snad?). La probabilité d’occurrence dans les phrases exclamatives, optatives, impératives est très faible. (*Kdyby tak asi přišel!) Au niveau pragmatique, comme nous l’avons mentionné précédemment, les particules épistémiques communiquent le degré de la certitude du locuteur, donc c’est le rôle du locuteur qui s’y reflète. Néanmoins, il faut bien prendre en compte le contexte, ce que nous allons observer dans des analyses concrètes par la suite. Il faut également remarquer que le degré de la certitude du locuteur peut provenir de sources différentes: ce n’est pas toujours la conviction du locuteur lui-même, mais celui-ci peut baser son information sur les ouï-dire, sur une déduction etc. 2 Riegel, M.— Pellat, J.-C— Rioul, R. Grammaire méthodique du français, Paris: Quadrige, 2004. 3 Komárek, M. et al. Akademická mluvnice češtiny, Brno: Academia, 1986. MIChAELA VYbÍhALOVÁ 267 LES ADVERBES ÉPISTÉMIQUES DANS LA LANGUE FRANÇAISE La grammaire française distingue deux types d’adverbes: les adverbes de constituant qui portent sur un constituant de la phrase et les adverbes de phrase qui sont relatifs à toute la proposition.4 Prenons pour exemple l’adverbe apparemment: Apparemment, elle juge qu’elle en sait assez sur moi. Ils examinèrent, avec apparemment beaucoup d’intérêt, les sinuosités, les ambigüités qu’on avait pu déceler dans la diplomatie nord-africaine du chef d’Etat au cours des semaines récentes. Dans la première phrase, apparemment à la fonction d’adverbe de phrase, dans la deuxième il s’agit de l’adverbe de constituant relatif au groupe prépositionnel. Il est bien évident que les équivalents des particules épistémiques tchèques seraient les adverbes épistémiques de phrase. En observant leur syntaxe, on constate que les adverbes épistémiques n’apparaissent que dans les phrases affirmatives, on ne les trouve pas dans les phrases interrogatives ni dans les phrases impératives ou optatives: *Viendra-t-il peut-être? *Va t’excuser peut-être! *Pourvu qu’il vienne (peutêtre). L’adverbe modal épistémique représente un indice sur le mode de perception de la situation décrite dans la proposition ou bien sur la déduction du locuteur basée sur la réalité perçue. Ainsi l’adverbe épistémique crée un lien entre la réalité extralinguistique et la proposition. Son rôle est d’évaluer la vérité ou le degré de la certitude de la proposition qu’il accompagne. Il s’agit de constituants externes de la phrase et ils ne participent pas à la création de son sens référentiel, néanmoins ils représentent des marques de l’intervention du locuteur, qui commente toute la proposition ou une partie de celle-ci. Ainsi ils apportent l’information concernant un ou plusieurs éléments de l’acte de langage, de la proposition ou du locuteur. En comparant les systèmes tchèque et français, nous avons pu constater que les grammaires en question se distinguent au niveau de la terminologie, car les adverbes modaux épistémiques français correspondent à la classe nommée les particules en tchèque. Vu la nature des particules tchèques qui ont des caractéristiques très proches de celles des adverbes de phrase, elles peuvent être considérées comme équivalentes aux adverbes modaux épistémiques. CLASSIFICATION DES PARTICULES/ADVERBES ÉPISTÉMIQUES Après avoir défini les catégories d’adverbes épistémiques et de particules, nous allons étudier leur organisation interne. Les grammaires du français ne proposent pas de classement des adverbes épistémiques, regardons donc la façon dont les particules épistémiques sont classées en tchèque. Akademická mluvnice češtiny distingue 6groupes de particules épistémiques suivant les définitions suivantes: 4 Guimier, C. Les adverbes du français: le cas des adverbes en –ment. Paris: Ophrys, 1996. 268 SVĚT LITERATURY / LE MONDE DE LA LITTÉRATURE Il est sûr que P Il est probable que P Il n’est pas sûr que P Il est presque sûr que non P Il est sûr que non P Le locuteur ne sait pas, mais quelqu’un d’autre sait, que P est valable, c’est à dire qu’il n’est pas sûr que P5 Miroslav Grepl dans Skladba češtiny propose une approche quantitative de l’épistémicité. Il distingue les quatre degrés suivants: La certitude totale: le locuteur exprime le contenu de sa proposition positive ou négative comme certaine à 100%, quelle que soit la source de la certitude ou la vérité du contenu. Le principal est que le locuteur présente ces informations comme certaines. L’exemple: Vím, že… (Je sais que …) Le haut degré de certitude:le locuteur est quasi convaincu de la validité du contenu propositionnel (certitude presque 100%) ou de l’invalidité du contenu (le degré de conviction s’approche de 0 %). L’exemple: Jsem přesvědčen, že … (Je suis persuadé que…) et à l’inverse Nejsem přesvědčen, že … /Je ne suis pas persuadé que …) ou Pochybuji, že… (Je doute que …). Le degré moyen de certitude: le locuteur peut incliner plutôt à la validité du contenu (plus de 50 %), ou à l’invalidité du contenu (moins de 50 %). L’exemple: Je možné, že … (Il est possible que …) Le bas degré de certitude: la certitude du locuteur oscille autour de 50%6 Essayons de schématiser la certitude exprimée sur l’échelle suivante: 0%? 50% 100% Certitude minimale que P Certitude maximale que P Certitude maximale que non P Nous avons deux extrémités, l’une pour la certitude maximale, l’autre pour la certitude minimale. Nous pouvons quantifier la certitude maximale par le pourcentage de 100%. Les adverbes qui vont s’y approcher seraient par exemple certainement, sûrement en français ou určitě, zajisté en tchèque. Nous optons pour l’emploi du verbe s’approcher de propos délibéré, car il est difficile de dire si un adverbe/une particule 5 Komárek, M. et al. Akademická mluvnice češtiny, Brno: Academia, 1986. 6 Grepl, M., Karlík, P. Skladba češtiny. Olomouc: Votobia, 1998. MIChAELA VYbÍhALOVÁ 269 peut signifier la certitude de 100% du locuteur. La deuxième extrémité est marquée 0% avec un point d’interrogation, car il est difficile de s’imaginer une particule/un adverbe qui exprimerait une certitude de 0%. Il n’est pas possible de créer un antonyme de toute expression figurant sur la deuxième extrémité (sûrement / *insûrement) ou la formation de l’expression opposée est possible mais l’adverbe/la particule n’a pas le sens d’un antonyme (jistě / nejistě, určitě / neurčitě) et ne peut pas être utilisé(e) dans le même type de construction (certainement /*incertainement). Il s’agirait même d’un autre type de partie de discours. La deuxième extrémité correspondrait donc plutôt à la certitude maximale que la proposition n’est pas valable. Néanmoins, cette échelle ne semble pas pouvoir être appliquée au classement des adverbes/particules, car une expression pourrait se trouver aux deux extrémités: Il va certainement pleuvoir. Il ne va pas certainement pleuvoir. Le point indiquant 50% présente un intérêt plus grand. Comme nous l’avons mentionné précédemment, le locuteur peut incliner plutôt à la validité du contenu (plus de 50 %), ou à l’invalidité du contenu. Un représentant typique serait l’adverbe peut-être (možná en tchèque). Dans une recherche menée par M. Guerry, A. Catelain et J.Caron7 l’adverbe peut-être se trouve le plus bas degré de la certitude. Il s’agit d’une expérience où les participants ont dû classer des phrases contenant des adverbes épistémiques différents suivant le degré de la certitude exprimée par le locuteur. Cela est en faveur de l’hypothèse qu’il n’y a pas d’incertitude totale qu’un énoncé est valable, mais seulement de la certitude absolue qu’un énoncé n’est pas valable. ANALYSE DES PARTICULES/ADVERBES ÉPISTÉMIQUES Afin de pénétrer dans le fonctionnement des particules/adverbes épistémiques, essayons d’analyser quelques exemples français et tchèques. A l’aide des exemples choisis, les adverbes vraisemblablement et apparemment pour le français, les particules pravděpodobně et patrně pour le tchèque, nous allons essayer de décrire essentiellement le côté pragmatico-sémantique. VRAISEMbLAbLEMENT Vraisemblablement représente un adverbe monosémique. Il provient de l’adjectif vraisemblable, d’où vient l’idée de ce qui semble vrai (mais ne doit pas l’être). Le locuteur ne doit pas forcément avoir une perception directe des faits rapportés, il peut se baser sur un ouï-dire face auquel il prend position. Les exemples suivants montrent ces différents types de perceptions: 7 Guerry, M. et al. «La compréhension de marqueurs modaux: verbes d’attitude propositionnelle et adverbes», L’année psychologique. vol. 93, 2, 1993, pp.201–225. 270 SVĚT LITERATURY / LE MONDE DE LA LITTÉRATURE Le garçon se penche vers lui, vraisemblablement pour lui dire quelque chose. (perception directe) Cet homme a vraisemblablement tué 2 femmes. (ouï-dire) Cet adverbe pourrait donc être défini comme une perception basée sur un des sens du locuteur ou sur ce qu’il a entendu dire. Il en déduit ensuite quelque chose qui lui parait vraisemblablement et qu’il exprime dans son énoncé. APPAREMMENT L’adverbe apparemment, que l’on peut trouver en tant que synonyme de vraisemblablement (un parmi plusieurs) a une sémantique plus complexe. Il peut exprimer une incertitude, une probabilité ou une certitude. Regardons les exemples suivants: Ex.1: Apparemment, il va pleuvoir. Ex.2: A: Sais-tu pourquoi Pierre est parti si tôt?— B: Apparemment, il était fatigué. Dans le premier exemple le locuteur exprime une déduction à partir de ce qu’il peut lui-même constater (en regardant le ciel qui se couvre). Dans le deuxième exemple, le locuteur exprime une déduction à partir de ce que les autres lui ont rapporté. Dans les deux cas, l’emploi de l’adverbe apparemment est liée à l’expression de l’incertitude. Le locuteur n’est pas parfaitement sûr de ce qu’il déduit de sa propre perception ou de ce qu’il a entendu dire. La situation suivante démontre l’emploi d’apparemment pour exprimer la probabilité: [A arrive chez B qui s’est habillé comme s’il sortait. II lui dit:] Bon! Apparemment, tu viens à la soirée avec nous!8 Le locuteur A peut déduire de la façon dont B est habillé qu’il allait sortir avec lui et ses amis. Il n’est pas sûr de ce qu’il dit dans son énoncé, mais il exprime une probabilité. Le dernier emploi d’apparemment est assez particulier. Il apparait seulement dans les réponsesaux interrogations partielles (réponse du type oui/non), ou réaction à une autre proposition: Ex. A: Est-ce que tu viens? B: Apparemment! Le sens y semble contradictoire avec celui d’origine: ce qui parait. Dans ce cas-là, le locuteur exprime la certitude. 8 Seghouani A. Etude sémantique et lexicographique de quatre adverbes à valeur épistémique: apparemment, visiblement, manifestement et vraisemblablement. Sherbrooke, 2009.<http://savoirs. usherbrooke.ca/bitstream/handle/11143/2586/MR49583.pdf?sequence=1> [20. 06. 2014] MIChAELA VYbÍhALOVÁ 271 PRAVDĚPODObNĚ En analysant la particule épistémique tchèque pravděpodobně, nous voyons que celle-ci correspond tout à fait à son équivalent français. Son origine, l’adjectif pravděpodobný, dispose de la même construction (ce qui «ressemble à la vérité») que l’adverbe français vraisemblable. Son interprétation serait donc la même— une perception basée sur un des sens du locuteur ou sur ce qu’il a entendu dire: Pravděpodobně chtěl někde něco čmajznout a dostal přes čumák.(déduction) Tady pravděpodobně žili naši prapředci. (ouï-dire) Il en déduit ensuite quelque chose qui lui parait vraisemblable et qu’il exprime dans son énoncé. PATRNĚ Le dernier exemple étudié est la particule patrně. Slovník spisovné češtiny (Le dictionnaire du tchèque littéraire) décrit patrně comme contenant le sens de probabilité, de possibilité. Le locuteur déduit à partir de sa propre perception ce qui est probable. Il est difficile de trouver un exemple où le locuteur pourrait se baser sur un ouï-dire. Několik starších paní, patrně místních obyvatelek, při nástupu pozdravilo řidiče. Zapomněl se podepsat. Patrně z roztržitosti. K sochařství mě patrně tolik přitahuje záliba v kameni. ÉQUIVALENCES DES ADVERBES/PARTICULES Nous avons également incorporé dans notre analyse l’étude de l’équivalence des occurrences des adverbes/particules choisies. Il s’agit d’une étude préalable qui pourra être développée postérieurement. Elle a été menée dans le corpus parallèle de la Faculté des lettres de l’Université de Charles (InterCorp)9. Le premier tableau montre les équivalents tchèques de l’adverbe vraisemblablement, le deuxième concerne les équivalents français de la particule tchèque pravděpodobně. Vraisemblablement 28 occurrences Pravděpodobně 12 Nejspíš 4 S největší pravděpodobností 3 Zřejmě 3 Nepochybně 1 9 Rosen, A.— Vavřín, M.: Korpus intercorp_cs, verze 6 z 8. 4. 2013. Ústav Českého národního korpusu FF UK, Praha 2013. <http://www.korpus.cz>[10. 06. 2014] 272 SVĚT LITERATURY / LE MONDE DE LA LITTÉRATURE Myslím 1 Patrně 1 Asi 1 Dá se předpokládat 1 N/A 1 Pravděpodobně 28 (/142 occurrences) Probablement 14 Sans doute 6 Peut-être 2 vraisemblablement 2 C’est / Il est (très) probable 2 Apparemment 1 Potentiellement 1 Cette petite analyse nous montre bien l’influence du contexte ainsi que la force de la subjectivité dans l’emploi des adverbes/particules épistémiques. Regardons par exemple la particule tchèque nepochybně, que l’on utiliserait comme équivalent à sans doute plutôt qu’à vraisemblablement. Il s’agit presque d’une contradiction au niveau du degré de la certitude. On retrouve le même type d’exemple à l’inverse dans le fait que la particule tchèque pravděpodobně est traduite par l’expression française sans doute: Realisticky viděno je Sarkozyho pozvánka pravděpodobně poslední šancí tohoto muže sehrát významnou politickou a mezinárodní roli. À vrai dire, l’invitation de Sarkozy était sans doute sa dernière chance de jouer un rôle politique et international majeur. L’influence de la subjectivité ou bien du style peut être observée sur le choix d’équivalents qui sont plus ou moins synonymes, par exemple le choix entre patrně et asi. La question qui en ressort également est de savoir si le choix dépend du degré de la certitude, ce degré peut-il être quantifié pour tout(e)s particules/adverbes épistémiques? CONCLUSION Le présent article représente une première approche de la problématique des particules épistémiques et de ses équivalents français. Les acquis de nos recherches et analyses ont mené à une question relative à la classification de ces expressions: comment peut-on les classer? Existe-t-il une échelle générale? Nous nous sommes également rendue compte du rôle du contexte dans lequel l’expression est utilisée ainsi que du rôle du locuteur et de sa perception subjective qui peuvent mener à des interprétations sémantiques différentes. Tous ces éléments feront l’objet d’études ultérieures. MIChAELA VYbÍhALOVÁ 273 BIBLIOGRAPHIE Čermák, F. Lexikon a sémantika. Praha: NLN, 2010. Filipec, J. et al. Slovník spisovné češtiny pro školu a veřejnost. Praha: Academia, 2003. Grepl, M. et al. Příruční mluvnice češtiny. Brno:NLN, 1995. Grepl, M., Karlík, P. Skladba češtiny. Olomouc: Votobia, 1998. Grepl, M., Bauer, J. Skladba spisovné češtiny. Praha: Státní pedagogické nakladatelství, 1986. Guerry, M. et al. «La compréhension de marqueurs modaux: verbes d’attitude propositionnelle et adverbes»,L’année psychologique. vol. 93, nº2. 1993, pp.201–225. Guimier, C. Les adverbes du français: le cas des adverbes en –ment. Paris: Ophrys, 1996. Höflerová, E. Průvodce tvaroslovím současné češtiny. Vade Mecum Bohemiae s.r.o., 2007. Komárek, M. et al. Akademická mluvnice češtiny. Brno: Academia, 1986. Kopřivová M. et al. Čeština v mluveném korpusu. Praha: NLN, 2008. Le Querler, N. Typologies des modalités. Caen: Presses universitaires de Caen, 1995. Riegel, M., Pellat, J.-C., Rioul, R. Grammaire méthodique du français. Paris: Quadrige, 2004. Rosen, A., Vavřín, M. Korpus intercorp_cs, verze 6 z 8. 4. 2013. Praha: Ústav Českého národního korpusu FF UK.<http://www.korpus.cz>[10. 06. 2014] Seghouani A. Etude sémantique et lexicographique de quatre adverbes à valeur épistémique: apparemment, visiblement, manifestement et vraisemblablement. Sherbrooke, 2009. <http://savoirs.usherbrooke.ca/bitstream/ handle/11143/2586/MR49583.pdf?sequence=1> [20. 06. 2014] ARTICLES/ADVERBS EXPRESSING EPISTEMIC MODALITY: TOWARDS THE COMPARISON OF CZECHAND FRENCH LANGUAGE SYSTEMS Epistemic modality represents one of the linguistic modality expressing the speaker’s certainty evaluation of the proposition’s validity. The French and Czech approaches are compared to show the common bases for this linguistic matter. One way of expressing the epistemic modality, among others, are the little words that the French system calls epistemic modal adverbs, while the Czech terminology defines them as particles. These two systems (French epistemic adverbs and Czech epistemic particles) are compared from the point of view of their semantico-syntactic characteristics and their existing classifications based on the level of certainty the adverbs/particles express. To gain a better insight into the functioning of epistemic adverbs/particles the analysis of two French adverbs (vraisemblablement, apparemment) and two Czech particles (pravděpodobně, patrně) has been conducted and confirmed the important influence of context and subjectivity on their semantic interpretation. KEY WORDS / MOTS CLÉS: epistemic modality — adverbs — particles — degree of certainty modalité épistémique — adverbes — particules — degré de certitude Michaela Vybíhalová Institut de Langues Romanes Faculté des Lettres, Université de Bohême du Sud, České Budějovice [email protected]