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Vitreae gemmae, volgi anuli. Bagues et intailles méditerranéennes en Bohême à l’époque de La Tène

Jan Kysela

Abstract

The paper presents a series of finger rings with/or gems of Mediterranean origin unearthed in Bohemia in Late Iron Age contexts. The rings and gems are studied from formal and stylistic point of view; results of technological analyses are also taken into consideration. The assemblage of finger rings from Bohemia is subsequently confronted with other Transalpine finds. The imported rings are relatively numerous in Bohemia but they are of a mediocre quality. Issues concerning the function of rings in the Late La Tène society as well as their role as indicators of romanisation are discussed in the end of the paper.

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STUDIA HERCYNIA XX/1, 33–67 Vitreae gemmae, volgi anuli. Bagues et intailles méditerranéennes en Bohême à l’époque de la tène Jan Kysela ABStrACt The paper presents a series of finger rings with/or gems of Mediterranean origin unearthed in Bohemia in Late Iron Age contexts. The rings and gems are studied from formal and stylistic point of view; results of technological analyses are also taken into consideration. The assemblage of finger rings from Bohemia is subsequently confronted with other Transalpine finds. The imported rings are relatively numerous in Bo‑ hemia but they are of a mediocre quality. Issues concerning the function of rings in the Late La Tène society as well as their role as indicators of romanisation are discussed in the end of the paper. KEyWOrDS Finger rings; intaglios; glyptics; Late La Tène; Oppida; import; Italy. INtrODuCtION Les bagues – ni plus ni moins que la plus petite catégorie de parures annulaires – sont bien connues dans le monde transalpin, où plusieurs types de ces ornements digitaux ont été pro‑ duits et utilisés durant les phases LT A–LT D (Waldhauser 1998; Bujna 2005, 72–81, 91–95). Cette étude s’intéresse aux bagues produites dans l’aire culturelle méditerranéenne et portées ensuite au‑delà des Alpes et plus précisément sur le territoire de la Bohême actuelle, où un corpus remarquable de ces objets s’est accumulé au cours de la fin du Second âge du Fer, no‑ tamment sur les oppida. Les objets d’importation méditerranéenne dans l’aire culturelle de La Tène finale transalpine sont des artefacts au potentiel interprétatif très particulier, qui dépend fortement de la précision de leur classification, du contexte de découverte et des comparaisons à l’échelle régionale ou supra‑régionale (Kysela 2014; Barbau 2015). C’est précisément à ces exercices que nous allons soumettre nos bagues. PréSENtAtION Les critères permettant d’identifier ces bagues comme méditerranéennes sont principalement d’ordre typologique: sont prises en compte les bagues destinées à recevoir une incrustation en pierre ou pâte de verre (conservée ou non), ainsi que les intailles ou pâtes désolidarisées de leur monture. Les anneaux simples sont en revanche exclus, en raison de l’impossibilité de distinguer les exemplaires de production locale de ceux (éventuellement) importés. HISTORIqUE DES RECHERCHES Les bagues d’importation provenant de contextes du Second âge du Fer ont jusqu’à présent reçu de la part des chercheurs moins d’attention que ce qu’elles mériteraient par leur potentiel. 34 STUDIA HERCYNIA XX/1 Cette affirmation est valable pour l’Europe transalpine entière, nous nous limiterons toutefois uniquement à la situation en Bohême. Dans sa publication de l’oppidum de Stradonice, J. L. Píč (1903, 51–52) a présenté les bagues disponibles à l’époque au Musée National de Prague et a dressé une analyse rapide, mais rela‑ tivement pertinente, des quatre pierres gravées provenant du site (nos numéros de cat. S1–4). Par la suite, à l’exception des publications primaires de nouvelles découvertes (Rybová – Drda 1994; Drda – Rybová 2001), les bagues ont été typiquement utilisées soit pour illustrer des ouvrages pour grand public (par ex. Drda – Rybová 1995), soit dans le cadre d’études plus larges, où elles n’étaient traitées que marginalement, sans intérêt spécifique pour les bagues en tant que telles. Les cabochons en pâte de verre et ambre ou les bagues en or de Stradonice ont par exemple été inclus dans les synthèses sur ces matières pour la pré‑ et protohistoire de Bohême (verre: Venclová 1990; ambre: Divac 2013; or: Lehrberger et al. eds. 1997). Par ailleurs, dans la première synthèse globale sur les importations méditerranéennes dans les oppida de Bohême, H. Svobodová (1985, 656–657) n’a malheureusement pu dresser qu’un bref aperçu des types de bagues publiées par Píč (avec références principalement à Henkel 1913). Même dans la présentation de l’apport de la glyptique pour la problématique, elle a dû se limiter aux informations déjà publiées. Le mérite de développer des études dédiées spécifiquement à la glyptique revient parti‑ culièrement à I. Ondřejová. En 1981, elle a publié une analyse détaillée de la seule intaille de Stradonice conservée à l’époque (N° cat. S4; Ondřejová 1982). C’est encore à I. Ondřejová (Drda – Ondřejová à paraître) que l’on doit l’analyse de deux bagues de l’oppidum de Závist (N° cat Z1 et Z2), dont les résultats n’ont malheureusement, et malgré elle, jamais pu être publiés. Ces travaux précurseurs constituent le point de départ de notre article. Nous sommes également redevable à Iva Ondřejová pour ses connaissances de la glyptique et de l’art romain, qu’elle nous a transmises et que nous mettons ici en œuvre pour lui rendre hommage par cet article. Par conséquent, les travaux effectués par le passé sur ces problématiques offrent une bonne base documentaire et les analyses publiées sont d’excellente qualité. D’un autre côté, beaucoup de travail reste à faire: toutes les découvertes anciennes n’ont pas été publiées, les objets issus des fouilles récentes doivent être ajoutés au corpus, les incrustations en pâte de verre n’ont pas encore été analysées selon les approches de la glyptique, et – fait non négli‑ geable – la documentation mérite d’être contextualisée à une échelle supra‑régionale, mais aussi d’amener à réfléchir (et éventuellement à répondre) sur la fonction des bagues importées dans la société réceptrice. CATALOgUE Sont incluses dans le catalogue les bagues et intailles provenant de Bohême et de contextes assurés ou supposés du Second âge du Fer, c’est‑à‑dire avant l’époque augustéenne, période durant laquelle la situation archéologique change radicalement en Europe centrale, avec la disparition de la culture de La Tène et son remplacement soudain par la culture germanique dite «période romaine». Le catalogue est organisé par sites (cf. cartes en Fig. 1 et 7 et Tabl. 1) et les bagues sont nu‑ mérotées en fonction des lieux de provenance, avec une numérotation continue pour chaque site, distingué par sa lettre initiale (par ex. K1–4, Z1–2 etc.). Une numérotation à part est adoptée pour les bagues non retenues pour des considérations ultérieures, en raison de leur authenti‑ cité douteuse (marquées par un point d’interrogation: S?1, S?2) ou parce que tout à fait hors de propos, les raisons étant précisées au cas par cas (le numéro de catalogue est précédé de la lettre «x»: Sx1 etc.). Parallèlement à l’étude archéologique, plusieurs des bagues traitées ici 35JAN KYSELA ont bénéficié d’interventions de conservation, ainsi que d’une étude archéométrique, dont les résultats sont présentés dans l’article annexe (Kozáková 2016). Les numéros de catalogue des bagues en question sont marqués dans le catalogue par un astérisque (S21*). L’orientation des motifs utilisée dans la description des intailles – et donc la distinction droite‑gauche – est celle de l’empreinte, et non de l’intaille elle‑même; toutes les dimensions sont en millimètres. En ce qui concerne la classification typologique des bagues, nous suivons ici la typologie d’H. Guiraud (1989, 78–81). Fig. 1 : Sites mentionnés dans le texte (Europe centrale): BP – Berching Pollanten; Bř – Bořitov; Bv–Bratislava; Bz – Brenlorenzen; De – Devín; H – Holubov; K – Kolo (Týnec nad Labem); Kd–Kundl; Ma – Manching; Pú – région de la culture de Púchov; S – Stradonice; SH – Staré Hra‑ disko; T – Třísov; Z – Závist. (DAO J. Kysela; fond de carte A. Danielisová). Závist, commune: Lhota – Dolní Břežany, dpt. Prague ouest, Bohême centrale. Oppidum de LT C2–LT D1/D2, superficie de 120 ha, fouillé par l’ ARUP entre 1963 et 1989. Les deux bagues proviennent de la fouille de l’enclos sur l’acropole. Elles ont été découvertes dans (et à proximité de) la structure excavée 3b, datée des 3 e et 4 e horizons de la zone, correspondant à la première moitié du 1 er siècle av. J.‑C. Z1 (Pl. 3/1, 3/2) Bague entière en alliage cuivreux avec une incrustation en pâte de verre jaunâtre et trans‑ parent. Épaules légèrement concaves, chaton bas ovale, incrustation assez haute et convexe avec re‑ présentation d’un homme debout marchant vers la droite. Type 2a/1c. Dimensions: Ø de l’anneau 14,5; Circonstances de découverte: remplissage de la structure excavée 3b; Lieu de conservation: ARUP; N° d’acquisition A2625; Bibliographie: Drda – Rybová 1995, 156, Fig. page 155 en haut; Drda – Rybová 2001, 316, Obr. 17:1; Drda – Ondřejová à paraître. Non étudiée personnellement. Z2 (Pl. 3/1) Bague en alliage cuivreux quasiment entière (il manque une petite partie de l’anneau), à épaule large et haute avec une incrustation ovale en pâte de verre jaunâtre. Sur l’incrustation se trouve la re‑ 36 STUDIA HERCYNIA XX/1 présentation excentrée d’une corne d’abondance peu (?) lisible. Type 1b. Dimensions: Ø de l’anneau 15; Circonstances de découverte: à proximité immédiate de la structure 3b; Lieu de conservation: ARUP; N° d’acquisition A2637; Bibliographie: Drda – Rybová 1995, 156, Fig. page 155 en bas; Drda – Rybová 2001, 316, Obr. 17:2; Drda – Ondřejová à paraître. Non étudiée personnellement. Třísov, commune: Holubov, dpt. Český Krumlov, Bohême du Sud. Oppidum de LT C2–LT D2, superficie de 26 ha, fouillé par le NM entre 1958 et 1982. Entre 2007 et 2013, l’oppidum a bénéficié de prospections systématiques régulières au détecteur à métaux (ARUP et JČM). T1 (Pl. 3/1) Bague en fer presque complète (il manque une partie de l’anneau) à épaules basses larges et chaton ovale aux bords relevés. L’incrustation n’est pas préservée. Type: 2a. Dimensions: Ø 17; Long. max. du chaton 13; Circonstances de découverte: campagne 1977; Marge sud de l’oppidum, tranchée B, couche 7; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’acquisition: 9/77‑16; Bibliographie: Kysela 2011, 172, Obr. 2:3; Kysela – Danielisová – Militký 2014, Tab. 1:13, Fig. 1:13. T2 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux: épaules et chaton avec bribes d’anneau. Très abîmée. Dimensions: Long. cons. 16; chaton 10 × 7 × 3; Circonstances de découverte: Prospections au détecteur à métaux, champs à l’est de l’acropole nord; Lieu de conservation: JČM, n° d’inv.: A33129; Bibliographie: Kysela – Danielisová – Militký 2014, 547, 583, Fig. 4, 5, N° 53a. T3 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux: épaules et chaton avec tronçons d’anneau. Très abî‑ mée. Dimensions: Long. cons. 15; chaton 11 × 8; Circonstances de découverte: Prospections au détecteur à métaux, pente sud de l’acropole nord; Lieu de conservation: JČM, n° d’inv.: A33213; Bibliographie: Kysela – Danielisová – Militký 2014, 547, 583, Fig. 4, N° 53b. T4 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux: épaules et chaton avec tronçons d’anneau. Très abî‑ mée. Dimensions: Long. cons. 15; chaton 11 × 8; Circonstances de découverte: Prospections au détecteur à métaux, terrasse n° 8; Lieu de conservation: JČM, n° d’inv.: A33892; Bibliographie: Kysela – Danie‑ lisová – Militký 2014, 547, 583, Fig. 4, N° 53c. Holubov, dpt. Český Krumlov, Bohême du Sud. En 2013, un petit dépôt a été découvert, à 1500 m environ à l’est de l’oppidum de Třísov. Hormis la bague, le dépôt contenait un anneau à nodosités, deux petits anneaux en bronze, un anneau en fer et un morceau d’argent fondu (John – Houfková 2014). H1 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en fer: épaules basses larges et chaton ovale à bords relevés, seule une petite partie de l’anneau est conservée; l’incrustation manque. Type 2a. Dimensions: 12 × 9; Circonstances de découverte: Holubov – dépôt 2013; Lieu de conservation: JČM, n° d’acquisition Z76/2014; Bibliographie: John – Houfková 2014, 183, N°4, Obr. 3:4. Non étudiée personnellement. Kolo, commune: Týnec nad Labem, dpt. Kolín, Bohême centrale. Petit site fortifié de hauteur (9 ha) sur la rive nord de l’Elbe, occupé durant La Tène finale. En 2014, une intervention préventive sur une superficie d’un hectare a mis au jour un faubourg au pied du site, au bord du fleuve (fouille menée par l’Institut d’archéologie préventive de Bohême centrale, sous direction de Z. Beneš: Beneš 2015). La fouille a été accompagnée d’une prospection systématique au détecteur à métaux. La documentation de fouille est toujours en cours de traitement, c’est pourquoi nous présentons ici les objets de manière isolée, sans données concernant leur contexte de découverte. K1* (Pl. 3/1, 3/2) Bague incomplète en alliage d’argent: épaules massives avec chaton en forme d’amande; l’anneau et les épaules sont articulés par une côte verticale qui arrive jusqu’au bord du chaton. La moitié inférieure de l’anneau n’est pas conservée. L’incrustation est assez plate, en pâte de verre jaunâtre et transparente, dont la surface est très légèrement corrodée. Motif d’un protomé de Pégase (tête, col, poi‑ trine, deux pattes avant et une aile) tourné à droite. Type 1b. Dimensions: Long. cons. 20; larg. (épaule) 10; incrustation 12 × 8. N° d’acquisition: 920; Bibliographie: Beneš 2015, 248, Obr. 3. 37JAN KYSELA K2 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux : épaules hautes (avec restes très fragmentaires d’un anneau) et chaton ovale, incrustation très convexe (presque globulaire) en verre clair transparent. Type 1c. Dimensions: Long. cons. 16; larg. 8; incrustation 10 × 8; H. d’épaule avec l’incrustation 6. N° d’acqui‑ sition: 2439; Bibliographie: inédite. K3 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux : épaules basses avec chaton ovale. Les bords du chaton sont relevés, son fond est d’une finition grossière et pourvu d’une rainure: il s’agit d’un aménagement pour y fixer l’incrustation, qui est manquante. Seule une petite partie de l’anneau, repliée vers le haut, est conservée. Type1c/2a. Dimensions: Long. cons. 16, larg. 9, chaton 12 × 8, H. des épaules 3. N° d’acqui‑ sition: 602; Bibliographie: inédite. K4 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux : épaules basses avec chaton ovale sans anneau ni incrustation conservés. Les bords du chaton sont relevés et son fond est d’une finition grossière et pourvu d’une rainure: il s’agit d’un aménagement pour y fixer l’incrustation. Type 1c/2a. Dimensions: Long. cons. 15, larg. 8, chaton: 9 × 7, H. des épaules 2. N° d’acquisition: 711; Bibliographie: inédite. Stradonice, commune: Nižbor, dpt. Beroun, Bohême centrale. Oppidum de LT C2–LT D2, superficie de 90 ha. Les grandes quantités de mobilier découvertes lors des pillages systématiques par des habitants des environs dans les années 1870 ont – tout comme de nom‑ breuses contrefaçons et des objets à la provenance falsifiée – alimenté plusieurs collections privées, principalement celles de S. Berger (aujourd’hui au NM), de W. Grosse (NHM à Vienne), des princes de Fürstenberg (château de Křivoklát) et de N. Lehmann (disparue). Plusieurs fouilles autorisées de petite échelle en 1894, 1902, 1929 et entre 1981 et 1984 ont été menées. Les circonstances de découverte de tous les objets provenant (ou censés provenir) de Stradonice sont inconnues, sauf mention contraire. S1 (Pl. 3/1) Moitié d’intaille ovale en cornaline avec représentation gravée de la partie supérieure d’une figure féminine à gauche avec un casque corinthien (?) sur la tête et un objet non identifié dans la main droite. Dimensions (approx.): 15(cons.) × 16; Lieu de conservation: NM Prague? (perdu); Bibliographie: Píč 1903, 51–52, Obr. 5:1, Tab. VII:47; Waldhauser 2001, Fig. page 467. Non étudiée personnellement. S2 (Fig. 3a, Pl. 3/1) Intaille ovoïde en pierre inconnue de couleur noire («pierre siliceuse» selon Píč). La gravure représente un buste humain de face avec la tête tournée légèrement à droite. On note les formes rondes du visage, l’expression agitée du personnage et les cheveux flottant autour de la tête. Dimensions (approx.): 17 × 16; Lieu de conservation: NM Prague? (perdu); Bibliographie: Píč 1903, 52, Obr. 5:2, Tab. VII:46; Waldhauser 2001, Fig. page 467. Non étudiée personnellement. S3 (Fig. 3c, Pl. 3/1) Intaille ovale allongée en pierre inconnue de couleur brune. La gravure représente un personnage nu assis sur un support horizontal, le corps tourné vers la gauche, la tête levée vers la droite. Les bras sont placés (liés?) derrière le dos. Dimensions (approx.): 15 × 9; Lieu de conservation: NM Prague? (perdu); Bibliographie: Píč 1903, 52, Obr. 5:3, Tab. VII:48; Waldhauser 2001, Fig. page 467. Non étudiée personnellement. S4 (Fig. 4a, Pl. 3/1) Intaille ovale en cornaline. La gravure représente un chien courant à droite (pattes allon‑ gées) derrière un lapin. Les figures sont construites à l’aide de formes géométriques simples: globulaires (plus ou moins importantes) pour les éléments structurants et linéaires (principalement) pour les traits auxiliaires. Dimensions: 25,4 × 15,7; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑102; Bibliographie: Píč 1903, 52, Obr. 5:4, Tab. VII:45; Ondřejová 1980, 78, Fig. 1; Waldhauser 2001, Fig. page 467. Non étudiée personnellement. S5 (Pl. 3/1) Bague en or aux épaules verticales et chaton large enchâssant un grand morceau d’ambre. Le corps de la bague est fabriqué à partir d’une tôle d’or. Type 1a/1b; Dimensions: 23,5 × 28; Lieu de conservation: NM Prague (ex‑collection Berger), n°d’inv. H1‑509273; Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:4; Břeň 1959, 207, 209–210, Taf. 8:6, Nr.8; Waldhauser 1997, 224, Č 830, Abb. 6.28:11. Non étudiée personnellement. 38 STUDIA HERCYNIA XX/1 S6* (Pl. 3/1, 4/1) Bague entière, mais déformée, en alliage cuivreux à épaules légèrement concaves et chaton ovale bas aux bords relevés. L’incrustation n’est pas conservée. Type: 1c. Dimensions: Ø int. 15; chaton: 9,5 × 7 × 2,5; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑80264 (ex‑collection Lorber); Bibliographie: inédite. S7* (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux, épaules larges avec bribes de l’anneau et un chaton bas ovale‑oblong au fond parcouru par une baguette basse. L’incrustation n’est pas conservée. Type 2a. Dimensions: Long. cons. 17,5; chaton13,5 × 9 × 3; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑80265 (ex‑collection Lorber); Bibliographie: inédite. S8* (Pl. 3/1) Bague entière en alliage cuivreux aux épaules étroites et chaton bas ovale‑rond. Une couche de feuille d’or (paillon) est conservée sur la plupart du fond du chaton. L’incrustation n’est pas conservée (bien qu’encore présente dans le dessin chez Venclová 1990, Pl. 44:5). Type: 2a. Dimensions: Ø int. 17; chaton 10 × 8,5 × 3; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81575 (ex‑collection Berger); Biblio‑ graphie: Píč 1903, Tab. VII: 22; Venclová 1990, 111, 302, Pl. 44:5. S9* (Pl. 3/1, 3/2) Bague entière en alliage cuivreux, aux épaules droites et petit chaton ovale haut, enchâs‑ sant une pâte de verre jaunâtre translucide. Sur la pâte est représentée une figure masculine (?) debout, dans une position en «S». Le bras droit est relâché le long du corps, le bras gauche est plié devant le corps. À sa droite se trouve un pilier (?), à sa gauche un objet rond non identifié. En raison d’un moulage imparfait, l’image est claire dans la partie centrale, mais la tête de la figure est indistincte et les jambes au‑dessous des genoux ne sont pas visibles. Type: 1c. Dimensions: Ø int. 13; chaton 9,5 × 7 × 4; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81576 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:18; Venclová 1990, 111, Pl. 44:6, 76:1. S10* (Fig. 5a, Pl. 3/1, 3/2) Bague entière en alliage cuivreux aux épaules droites et chaton ovale haut enchâs‑ sant une pâte de verre violet sombre. Le bord du chaton est souligné par deux côtes horizontales. Sur la pâte est représenté un homme maigre (côtes saillantes) et apparemment bossu marchant vers la droite. Il paraît avoir les cheveux et la barbe décoiffés et être nu ou vêtu d’un pagne. Derrière son dos, un objet globulaire paraît flotter dans l’air. En raison d’un moulage imparfait, une partie de l’image à l’avant la figure manque (c’est pourquoi son bras tendu vers l’avant est «coupé»). Type: 1b. Dimensions: Ø int. 15,5;chaton 10,5 × 9 × 4,5; H. chaton et pâte 7; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81577 (ex‑col‑ lection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:23; Venclová 1990, 111, 302, Pl. 44:7, 76:2. S11* (Fig. 5c, Pl. 3/1, 3/2) Bague entière, mais déformée, en alliage cuivreux aux épaules simples et chaton bas ovale à bords verticaux enchâssant une pâte de verre jaunâtre translucide. L’anneau est complet, mais plié vers l’intérieur (encore entier dans Venclová 1990, Pl. 44:8). Sur la pâte est représentée en relief très profond une scène qui ne devient claire qu’en la comparant avec des images analogues (voir ci‑dessous Iconographie et style des différentes pièces). Le seul élément effectivement visible est une cavité approximativement piriforme.Type: 1b/2a. Dimensions: Ø int. cons.17; chaton 11 × 8 × 2; H. chaton et pâte 6; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81578 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:19; Venclová 1990, 111, 302, Pl. 44:8. S12* (Pl. 3/1, 3/2) Une bague presque complète en alliage cuivreux aux épaules droites et chaton bas ovale enchâssant une pâte de verre jaunâtre translucide. Une partie de l’anneau manque. Sur la pâte est pos‑ siblement représentée une figure féminine, debout dans une position redressée. En raison d’un moulage imparfait, l’image est presque indistincte. Type: 1c/2a. Dimensions: Long. cons. 18,5; chaton 11 × 9 × 3; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81580 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:20; Venclová 1990, 111, 302, Pl. 44:9, 76:3. S13* (Pl. 3/1) Bague incomplète en alliage cuivreux, à chaton ovale bas aux bords relevés. Une partie de l’anneau manque, le reste est replié vers l’intérieur. L’incrustation n’est pas conservée. Sur le fond du chaton, traces visibles d’un paillon. Type: 2a. Dimensions: Long. cons. 16; chaton 10 × 7 × 2; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81581 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:30. 39JAN KYSELA S14* (Pl. 3/1, 3/2) Fragment d’une bague en alliage cuivreux aux épaules arrondies et chaton ovale‑rond, incrusté d’une pâte de verre verdâtre transparente. L’anneau manque. Sur la pâte est représenté un visage masculin de profil vers la droite. Un petit élément de forme irrégulière est présent au‑dessus de la tête, ainsi qu’une petite boule derrière elle. L’identification de ces éléments, le lien entre eux et la tête, ainsi que les détails de la tête elle‑même sont difficiles à comprendre en raison d’un moulage imparfait. Type: 1c/2a. Dimensions: Long. cons. 14,5; chaton 9 × 7,5 × 3; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81582 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:27; Venclová 1990, 111, 302, Pl. 44:4. S15* (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux aux épaules légèrement concaves et chaton bas ovale. Très mauvais état de conservation: la majeure partie de l’anneau manque, le bord du chaton est complètement absent. L’incrustation n’est pas conservée. Type: 1c/2a. Dimensions: Long. cons. 14; chaton 10 × 6,5 × 2,5; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81583 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:31. S16* (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux aux épaules arrondies et chaton bas rond, incrusté d’un fragment d’ambre presque globulaire. L’anneau manque, alors qu’il était encore présent (restitué) du temps de Píč. Type: 2a. Dimensions: Long. cons. 17; chaton: 9 × 7 × 1; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81599 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:28. S17* (Pl. 3/1, 4/1) Bague entière en fer aux épaules droites et chaton ovale haut et massif, autour duquel on peut observer des vestiges des bords relevés, avec des cassures fraîches. L’incrustation n’est pas conservée. Type: 1b. Dimensions: Ø int. 17; chaton 15 × 13 × 6; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81601 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:34. S18* (Fig. 4b, Pl. 3/1, 3/2) Bague entière en fer aux épaules larges et légèrement arrondies et chaton bas ovale allongé enchâssant une pâte de verre couleur ambre. Sur la pâte, endommagée par une crevasse transversale qui a entamé une partie de la surface, est représenté un animal (probablement un cheval) roulant sur le dos. La partie antérieure de l’animal (les jambes, le col et la tête, très probablement tournée vers l’arrière) est invisible en raison de la cassure. L’animal est rendu par des formes nettes, distinctes et précises, sans détails superflus. Type: 2a. Dimensions: Ø int. 16; chaton 17 × 11,5 × 3; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81602 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:25; Divac 2013, 144 (avec information erronée de la présence d’une incrustation en ambre). S19* (Pl. 3/1, 3/2) Bague entière en fer aux épaules droites et étroites et chaton ovale‑rond, incrusté d’une pâte de verre clair translucide. La pâte est brisée et sa surface très corrodée, l’image n’est donc pas lisible. Type: 1b/1c. Dimensions: Ø int. 14,5; chaton 9 × 7,5 × 3; pâte 9 × 6; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81603 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:29; Venclová 1990, 302, Pl. 44:11; Divac 2013, 144 (avec information erronée de la présence d’une incrustation en ambre). S20* (Fig. 6b, Pl. 3/1, 3/2) Bague en fer aux épaules larges et chaton bas ovale allongé, incrusté d’une pâte de verre couleur ambre. Une partie de l’anneau manque, la surface de la pâte est affectée de manière extensive par des corrosions ponctuelles. Malgré la très mauvaise lisibilité, on peut distinguer sur le décalque du chaton l’image d’un être aux jambes relativement courtes, avec une grande tête et une petite figure de cavalier sur le dos. Type: 1b/2a. Dimensions: Ø int. 16; chaton 18 × 12 × 4; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81604 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:32; Venclová 1990, 302, Pl. 44:14, 76:2. S21* (Pl. 3/1) Bague en fer aux épaules larges droites et chaton bas ovale allongé aux bords relevés. Il manque une partie de l’anneau, l’incrustation n’est pas conservée. Type: 1b/2a. Dimensions: Ø int. 20; chaton 19 × 12,5 × 3,5; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81605 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:36; Divac 2013, 144 (avec information erronée de la présence d’une incrustation en ambre). S22* (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en fer aux épaules arrondies et chaton bas ovale, incrusté d’un cabochon d’ambre. L’anneau (dont une grande partie manque) est articulé par une côte verticale. L’incrustation est crevassée et sa surface corrodée. L’état actuel, avec l’incrustation débordant fortement du chaton, sus‑ cite certains doutes quant à l’authenticité de l’ensemble. L’hypothèse d’un pastiche fabriqué à partir de 40 STUDIA HERCYNIA XX/1 deux découvertes authentiques du site n’est pas exclue. Type: 2a. Dimensions: Long. cons. 28; chaton: 18 × 12,5 × 2,5; ambre 16 × 11 × 5; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81606 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:33; Divac 2013, 144, T. 68:14. S23* (Pl. 3/1, 3/2) Fragment d’une bague en fer aux épaules droites étroites et chaton haut rond, incrusté d’une pâte de verre de couleur noire. La partie inférieure de l’anneau manque. L’image sur la pâte est clairement lisible: elle représente deux chiens assis et tournant leurs têtes dans des directions opposées. Celui de gauche, qui tourne la tête vers l’arrière, est représenté à l’avant et son corps cache partiellement le chien de droite, dont seule la partie avant est visible. La bonne qualité du moulage permet de bien dis‑ tinguer les détails, comme les colliers sur les cols ou encore les côtes du chien situé à l’avant. Type: 1b/1c. Dimensions: Long. cons. 23 (Ø int. max. cons. 18), Ø du chaton 14, H. du chaton 7, Ø de la pâte de verre 12, H. pâte et chaton 10; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81607 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:26; Venclová 1990, 302, Pl. 44:13, 76:5. S24* (Pl. 3/1) Bague en fer aux épaules droites et chaton bas ovale‑rond aux bords massifs relevés. Il manque une partie de l’anneau, l’incrustation n’est pas conservée. Type: 1c/2a. Dimensions: Ø int. 16; chaton 13 × 11 × 4; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81608 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Divac 2013, 144 (avec information erronée de la présence d’une incrustation en ambre). S25* (Pl. 3/1, 3/2) Fragment d’une bague en fer, dont les seules parties conservées sont le chaton et une in‑ crustation en ambre. Le très mauvais état de la partie métallique ne permet presque pas de déterminer la forme. L’incrustation est ovale. Seule une partie de l’image est visible: les jambes d’une figure mascu‑ line (nue?). Type: indét. Dimensions: Long. cons. 23; larg. 12; Ø pâte 14 × 10; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑81609 (ex‑collection Berger); Bibliographie: inédite. S26* (Pl. 3/1, 3/2) Bague entière en alliage cuivreux à anneau allongé, épaules légèrement arrondies et cha‑ ton bas ovale enchâssant une pâte de verre jaunâtre translucide. Sur la pâte est représentée une figure féminine debout, de trois quarts vers la gauche. La femme est vêtue d’un peplos, elle tient une corne d’abondance sur son bras gauche, à côté du corps, et de la main droite elle pratique une libation. La très bonne qualité du moulage permet de reconnaître de nombreux détails: une corona muralis sur la tête, les détails du visage, les fruits individuels dans la corne, les plis du vêtement. Type: 2a. Dimensions: H. 23; Ø int. 16; chaton 12 × 9 × 2; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑105608 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:16; Venclová 1990, 111, 302, Pl. 44:12, 76:4. S27* (Pl. 3/1, 3/2, 4/1) Bague en alliage cuivreux aux épaules droites et chaton bas ovale. Une partie de l’an‑ neau manque. L’incrustation en pâte de verre verdâtre translucide est conservée indépendamment du chaton; elle a une forme ovale plano‑convexe. L’image sur la pâte représente la figure d’un homme obèse ou d’un enfant debout à droite. L’identification des éléments iconographiques caractéristiques, et donc du personnage même, est difficile en raison d’un moulage imparfait: la partie de l’image à l’avant de la figure manque complètement (on note la main «coupée» brusquement), tout comme la partie à l’arrière (il ne reste qu’une «baguette» volant dans l’air derrière la figure). Le visage de la figure n’est pas visible non plus. Une grande bulle d’air ou une cavité corrosive a détruit la partie de l’image à l’arrière de la jambe du personnage (Pl. 4/1: S27d). Type 2a. Dimensions: Ø int. 27; pâte13,5 × 11 × 4; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑105628 (ex‑collection Berger); Bibliographie: Píč 1903, Tab. VII:15; Venclová 1990, 303, Pl. 44:12, 76:4. S28 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en feraux épaules droites avec une partie de l’anneau et un chaton ovale aux bords relevés. L’incrustation n’est pas conservée. Type 2a. Dimensions (approx.): Long. cons. 16; larg. max. 12; Ø reconstit. 17; Circonstances de découverte: fouille de 1981, secteur central de la partie II de la tranchée, structure excavée n° 116 – fond d’atelier métallurgique? Horizon 4 de l’occupation – LT D1b/LT D2a; Lieu de conservation: ARUP; Bibliographie: Rybová – Drda 1994, 106–108, Fig. 34:11. S29 (Pl. 3/1) Bague entière en fer aux épaules larges et chaton bas ovale aux bords relevés, sans incrustation conservée. Type 2a. Dimensions: Ø int. 21; chaton 19 × 12 × 2; Lieu de conservation: château de Křivoklát, n° d’inv. KT 172; Bibliographie: inédite. 41JAN KYSELA S30 (Pl. 3/1) Fragment d’une bague en alliage cuivreux avec épaules, chaton et bribes très abîmés de l’anneau. Dimensions: Long. 15; larg. 8; chaton 10 × 8; Lieu de conservation: château de Křivoklát, n° d’inv. KT 176; Bibliographie: inédite. SG 1 (Pl. 3/1) Une bague entière en bronze aux épaules droites, chaton ovale bas, sans incrustation conservée, l’anneau est brisé dans sa partie inférieure. Type: 1a/1b; Dimensions: inconnues; Lieu de conservation: NHM Vienne (?) ex‑collection Grosse; Bibliographie: Collection Grosse, Pl. 28:10. Non étudiée person‑ nellement. SL1 (Pl. 3/1) Intaille ovale à surface supérieure plate en matière inconnue. L’image sur la surface représente un personnage debout, à demi tourné vers la gauche, le bras gauche posé et abaissé, le bras droit par‑ tiellement tendu devant le corps. Dimensions: inconnues; Lieu de conservation: perdu (ex‑collection Lehmann); Bibliographie: Lehmann Monumenta ARUP 08/NM 01 au centre de la ligne 5. Non étudiée personnellement. SL2 (Pl. 3/1) Bague entière en alliage cuivreux (?). Il est difficile de reconnaître si le chaton est pourvu de bords verticaux ou d’une incrustation à bords droits et surface plate. Type: 2a; Dimensions: inconnues; Lieu de conservation: perdu (ex‑collection Lehmann); Bibliographie: Lehmann Monumenta NM 03 à droite au‑dessous du cadre central. Non étudiée personnellement. SL3 (Pl. 3/1) Probablement une bague entière (en fer ?). Seul le chaton large en forme d’amande (sans incrus‑ tation conservée) est visible sur les planches de Lehmann. La comparaison entre les planches du NM et du MMP (photographiées à deux moments différents) confirme qu’il s’agit d’une bague. Sa disposition dans une planche consacrée aux instruments et outils en fer indique la matière de la bague. Dimensions: inconnues; Lieu de conservation: perdu (ex‑collection Lehmann); Bibliographie: Lehmann Monumenta MMP 01/ARU 15/ NM 09 au centre de la ligne supérieure. Non étudiée personnellement. SL4 (Pl. 3/1) Objet dont la forme rappelle les bagues à chaton, presque entier, avec une incrustation. Iden‑ tification incertaine. Dimensions: inconnues; Lieu de conservation: perdu (ex‑collection Lehmann); Bibliographie: Lehmann Monumenta NM 08 partie centrale. Non étudiée personnellement. S?1* (Fig. 2a, Pl. 3/1, 3/2) Partie supérieure d’une bague en fer avec intaille. Épaules basses, larges et droites, chaton en forme d’amande et courts fragments d’anneau. L’intaille en cornaline rouge est très plate. Elle est fortement endommagée: elle est brisée transversalement et sa surface originelle a disparu en grande partie. Seule une petite partie de la gravure est conservée: on peut distinguer sur un côté une forme mas‑ sive avec cinq traits parallèles sur son pourtour et de l’autre côté une ligne étroite composée de plusieurs segments. Type: 1a?; Dimensions: Long. cons. 26; chaton 20 × 15; Lieu de conservation: NM Prague, n° d’inv. H1‑26422 (ex‑collection Mikš/Buchtela); Bibliographie: inédite. S?2 La collection d’E. Lorber (d’où proviennent les N°s cat. S6 et S7) aurait inclus «plusieurs empreintes de camées antiques», «plusieurs bagues simples [et] des bagues en or».1 En 1941, pendant les négociations sur la vente de la collection au Musée national suite à la mort du collectionneur, les «camées» (intailles?) et les bagues en or avaient déjà été vendues; les empreintes mentionnées par B. Svoboda dans son rapport (Svoboda 1941) n’ont pas pu être retrouvées dans les collections du NM. Aussi bien le collectionneur que le rapporteur sont des personnes fiables, mais le caractère succinct du rapport, le manque des descriptions plus précises2 ou de simples quantifications nous empêchent toutefois de développer cette information dans les pages suivantes. Bibliographie: Svoboda 1941, 2. 1 Traduction complète de la partie dédiée du rapport établi par B. Svoboda en 1941 : « À la collection ap‑ partiennent également plusieurs empreintes de camées antiques, lesquelles ont déjà été vendues. C’est un complément intéressant aux exemplaires réunis par le prof. Píč. À part plusieurs bagues simples, M. Lorber aurait eu dans sa collection aussi des bagues en or. [...] il aurait vendu durant sa maladie deux bagues en or, deux pendentifs de boucles d’oreille et un rivet /?/ en or» (Svoboda 1941, 2). 2 Les bagues en or pouvaient être de simples anneaux de production locale (cf. Píč 1903, Tab. VII: 3, 5, 6). 48 STUDIA HERCYNIA XX/1 Tous les autres objets proviennent de l’oppidum de Stradonice. L’image sur l’intaille S1 est décrite par Píč comme «image de Pallas‑Athéna; assise, la tête casquée, elle tient un masque tragique de la main gauche 7 ; près d’elle voltige un papillon. Beau travail grec». Le schéma élé‑ mentaire – une figure féminine assise avec le coude gauche appuyé sur le bouclier derrière son siège et un attribut dans la main droite allongée – est très caractéristique des représentations de déesses armées (Athéna d’abord, Minerve ou Roma8 ensuite et Britannia plus récemment). L’état de la documentation de la pierre elle‑même ne permet pas de vérifier la vraie nature des attributs décrits, peu habituels, de la déesse (un casque à la place du masque – comme suggéré par Déchelette – et une Victoire à la place du «papillon» paraissent plus probables). Il faut noter néanmoins que dans une série d’intailles,9 très proches de la pièce de Stradonice, la déesse tient clairement un masque tragique, toutefois sans papillon ou autre élément à l’arrière. L’ attribution stylistique d’une de ces pâtes (provenant de Magalas) au style perlé convexe/Campanian and Hellenistic‑Roman style (Guiraud 1988, 41, 96) est cohérente avec l’opinion de Píč (1903, 52), qui parle, avec référence à Furtwängler, d’ «une œuvre sud‑italique hellénisante de la République romaine tardive». L’intaille à buste humain (S2, Fig. 3a) a été décrite par Píč comme «un buste féminin [aux formes rebondies10], avec cheveux bouclés, en partie retenus par une bandelette». Les analo‑ gies disponibles (Fig. 3b) nous permettent de corriger les fantaisies de l’auteur: le buste est très probablement celui de Dionysos, avec des grappes de raisin autour de la tête (Boardman 1968a, 31, N° 33; AGDS I/2, 47, Taf. 94, Nr 822, 87–88, Taf. 119, Nr. 1068–1071; Vollenweider 1979, 60–63, Pl. 25, N°s 56–57, 59). L’ attribution stylistique, en revanche, est correcte – la flamboyance volumineuse caractéristique du style «campanien» hellénisant est claire dans les analogies et bien perceptible même dans la photo minuscule de l’intaille de Stradonice. L’image de l’intaille S3 (Fig. 3c, Pl. 3/1), décrite par Píč laconiquement comme un «per‑ sonnage nu accroupi11. Travail sud‑italique», représente un type très intéressant du point de vue iconographique: un captif, ennemi vaincu, nu, aux mains enchaînées derrière le dos et assis sur un bouclier (cf. Fig. 3d). D’autres versions de ce type iconographique enrichissent la composition par la présence d’un trophée à l’arrière‑plan. Il s’agit donc d’un témoignage rare de l’art de la propagande de la haute époque républicaine, conservé par la médiation de l’art mineur. Bien que le style de l’intaille de Stradonice ne soit pas clairement visible, une pâte presque identique conservée à Genève s’en rapproche fidèlement (Vollenweiler 1979, 109, N° 108). Comme les autres analogies du motif,12 elle s’inscrit bien dans le groupe des styles perlés des deux derniers siècles av. J.‑C. 7 Dans la traduction française de l’ ouvrage (Píč 1906), J. Déchelette remplace «masque tragique» par «casque» et «main gauche» par «main droite». 8 AGDS I/3, N°s 3157–1359; Richter 1971, N°109. Cf. Furtwängler 1900, 267–268 pour des observations sur l’origine du type. Dans LIMC, ce type n’est malheureusement pas bien répertorié pour Athéna/Minerve et le répertoire des représentations de Roma se concentre principalement sur l’ époque impériale (Di Filippo Balestrazzi 1997). 9 St. Petersboug, Londres, Berlin: Furtwängler 1900, II 137–138, III 267, XXVII:68; Göttingen: AGDS III, 86, Taf. 35, Nr. 81–82; Magalas dans l’ Hérault: Guiraud 1988, 96, N° 88, Fig. 6, Pl. VII. 10 Dans la traduction française, J. Déchelette a censuré cette observation étonnamment primesautière de Píč. Nous préférons ici la laisser – ou plutôt la réintroduire – à sa place. 11 Déchelette traduit probablement par erreur «personnages nus accroupis». 12 AGDS I/2, 158, Taf. 151, Nr. 1592–1595; Richter 1971, 22, N° 50; Vollenweiler 1979, 108, N° 107 (style perlé convexe). Une parodie (Éros captif) cf. Furtwängler 1900, Taf. XXVII:4–6, XLIX:27; Zazoff 1983, 286, Taf. 80:3; pour ce type parodique en général: Hermary – Cassimatis – Vollkommer 1986, 884–885; Blanc – Gury 1986, 966–967. 49JAN KYSELA Fig. 3 : Intailles S2–3 (d’après Píč 1903) et leurs analogies iconographiques (dessin P. Kazakova d’après AGDS I/2). L’intaille S4 (Fig. 4a) a été étudiée par I. Ondřejová (1982), qui a proposé des observations aux‑ quelles on ne peut presque rien ajouter. La scène générique de la chasse au lapin est rendue par le style globulaire italique ou, dans la terminologie de M. Maaskant‑Kleibrink, «a globolo‑like» du 2e siècle av. J.‑C.13 Très proche de cette dernière en ce qui concerne le style et le sujet, la pâte malheureusement endommagée de la bague S18 est un autre exemple de ce style globulaire (Fig. 4b). Ici aussi nous observons la représentation d’une scène du monde animal du cheval roulant sur son dos. Bien que rendue par le même style que la pièce précédente, l’image en elle‑même n’est toutefois pas aussi statique et schématisée, elle est au contraire naturaliste, vive et spontanée. Ce motif, qui trouve ses racines en Grèce à l’époque archaïque,14 devient 13 Analogie plus ou moins proches: Sena Chiesa 1966, 353–356, Tav. LV–LVI, N°1079–1084, 1098–1099; Maaskant‑Kleibrink 1978, N°86–87; AGDS I/2, Taf. 88, Nr. 765–767; AGDS I/3, Nr 2257; AGDS IV, 63, Taf. 34, N°221; Gagetti 2000, 331, 332–333, Fig. 1:14a, 15. 14 Boardman 1968b, 116, 118, Pl. XXVI, N° 357; XXXIII, N° 503; Wagner – Boardman 2003, 5, N°2, Pl. 5:2. 50 STUDIA HERCYNIA XX/1 très populaire dans la glyptique italique de la fin 2e/début 1er s. av. J.‑C. (Fig. 4c).15 Un autre bel exemple de l’observation de la nature est la pâte S23 (ou plutôt son modèle). Les deux chiens de chasse sont représentés de façon détaillée et soigneuse, dans une attitude attentive (Pl. 3/2). Le style est différent des deux cas précédents: bien que la structure générale des corps reste essentiellement géométrique (globulaire et cylindrique), les différentes parties sont beaucoup plus articulées, une attention est donnée également aux détails. Cette intaille appartient encore une fois au groupe des styles perlés, spécifiquement du «pellet style». Une analogie exacte se trouve dans les collections du Musée Kestner à Hanovre (AGDS IV, 63, Taf. 34. Nr. 222). Fig. 4 : Intaille S4 (d’après Ondřejová 1980); décalque de S18 (photo R. Kozáková) et son analogie iconographique (dessin P. Kazakova d’après AGDS I/2). Le sujet de la pâte S9 (Pl. 3/2) est difficile à déchiffrer. Il s’agit d’une figure de jeune homme (dieu ou héros?), dont la position en S et le modelé souple trahissent une probable inspira‑ tion statuaire. Nous pouvons rapprocher la figure d’une série d’intailles et de pâtes – très probablement d’origines italiques – identifiée par D. Plantzos (1999, 73–76), représentant des figures héroïques ou divines, masculines ou féminines, appuyées sur une colonne disposée à leur gauche ou à leur droite et distinguées entre elles uniquement grâce à leurs attributs (Apollon et Aphrodite étant les divinités les plus communes). Aucun attribut qui pourrait faciliter l’identification (comme les objets tenus dans les mains ou placés au sommet de la colonne) n’est malheureusement visible dans notre cas.16 L’empreinte dans la pâte de verre ne donne pas d’éléments probants pour décider si l’intaille originale était gravée dans le style perlé républicain ou dans le style du courant classique modelé d’époque augustéenne: l’emploi d’une bouterolle pour les éléments comme la base du pilier plaide toutefois pour la première option. Par ailleurs, la majorité des exemplaires d’intailles présentant ce registre iconogra‑ phique appartiennent encore à la glyptique républicaine (Plantzos 1999, 75). La paire de jambes constituant le seul élément figuratif conservé sur S25 défie toute ten‑ tative d’attribution stylistique (probablement un de styles des 1ers s. av./ap. J.‑C.) ou iconogra‑ phique (une figure masculine – divine, héroïque ou autre; les possibilités d’identification sont pratiquement infinies). 15 Cf. Furtwängler 1900, Taf. XXVIII:76, 78 (romaine républicaine); VII:67; LXIV:11 (étrusque); AGDS I/2, 39, Taf. 88, Nr. 762 (3e–2e siècle av. J.‑C.), 205, Taf. 174, Nr. 1955–1957; AGDS IV, Nr. 214 avec références aux nombreuses analogies. 16 Parmi les nombreuses analogies approchantes dans la glyptique (en nous limitant à l’ époque républic‑ aine), nous pouvons citer par ex. AGDS III, 84, Taf. 34, Nr. 67; Maaskant‑Kleibrink 1978, N°101. 51JAN KYSELA Comparativement aux jeunes hommes des deux intailles précédentes, la figure représentée sur l’incrustation de la bague S10 (Fig. 5a, Pl. 3/2) a des traits beaucoup moins canoniques: la poitrine creuse aux côtes saillantes, le dos incurvé, le ventre inexistant, les cheveux et la barbe décoiffés ainsi que le pagne autour du bassin indiquent une personne de condition so‑ ciale extrêmement faible. Il s’agit probablement d’un porteur qui tient son fardeau aux deux extrémités d’une perche posée sur l’épaule (les imperfections du moulage ont fait disparaître la perche et le fardeau à l’avant du porteur). Le motif du porteur‑esclave est connu sous plusieurs variantes dans la glyptique hellénistique/républicaine (Fig. 5b)17 et impériale18. Le modèle de la pâte de Stradonice est un bel exemple du style perlé («pellet style»). Fig. 5 : Décalques de S10 et S11 (photo R. Kozáková) et leurs analogies iconographiques (dessin P. Ka‑ zakova d’après AGDS IV et Furtwängler 1900). 17 Furtwängler 1900, Taf. XXVIII:29, 31–33, XXIX:28; AGDS I/2, 69, Taf. 109, Nr. 961; AGDS IV, 466; Za‑ zoff 1983, 301, Taf. 89:2–3. Version parodique (l’ homme porte sur son dos un seul épi de blé ou une cigale gigantesque): Furtwängler 1900, 277, 286, Taf. XXVIII:19, XXIX:38–40; AGDS I/2, 68–69, Taf. 109, Nr. 958– 960; Zazoff 1983, 301, Taf. 70:6, 89:4; (porteur‑squelette) Furtwängler 1900, Taf. XXIX:50. 18 AGDS I/3, 2348 – daté des 1er siècle av./ap. J.‑C.; Sena Chiesa 1966, 283–284, Tav. XXXVIII, N°755; Sena Chiesa 2002, 22–23, Fig. 5. 52 STUDIA HERCYNIA XX/1 La scène représentée sur S11 (Fig. 5c, Pl. 3/2) ne devient claire qu’en comparaison avec des images analogues (cf. Fig. 5d)19: un cheval se cabrant vu de derrière avec un cavalier sur la selle. En raison du moulage imparfait, une grande part de l’image manque (les jambes et la partie avant du cheval, les bras du cavalier) et le reste est très peu distinct. Il en résulte que la seule partie clairement visible est la croupe du cheval. Le motif varie dans plusieurs détails entre les différentes analogies. Le cheval se cambre toujours à gauche, tandis que le cavalier peut être vêtu d’une exomide, porter ou non un casque, tenir deux lances dans sa main gauche et, tourné vers arrière, gesticuler avec son bras droit; dans d’autres cas, le cavalier couvre la moitié gauche de son corps avec un bouclier ovale et lève une lance dans la main droite. Une ligne diagonale traversant le dos du cavalier (correspondant au contour de l’exomide) permet d’identifier l’image de Stradonice comme appartenant plutôt à la première variante. En raison de la fréquence du motif et de la complexité de la représentation, Vollenweider (1979, 98–101) propose de voir dans ce modèle une représentation commémorative publique du début du 2e siècle av. J.‑C. Le style perlé (ou perlé convexe) des différentes versions de ce sujet corrobore cette datation. Le moulage très abîmé rend toute considération iconographique ou stylistique de l’objet S12 (Pl. 3/2) pratiquement impossible. L’identification de la forme visible actuellement sur la pâte comme un «personnage féminin debout» est la conclusion la moins hasardeuse que nous puissions proposer. L’empreinte du visage masculin sur la pâte S14 (Pl. 3/2) est malheureusement trop indis‑ tincte pour permettre une identification univoque, même d’ordre générique: personnage mythique, masque de théâtreou encore visage symbolique? Les éléments flottants sans liaison structurelle autour de la tête pourraient être des attributs caractérisant le personnage. La mauvaise qualité du moulage ne permet pas de considérations stylistiques. D’une manière générale, nous pouvons toutefois être sûrs que les formes souples et arrondies des détails nous orientent vers la glyptique hellénistique/républicaine/augustéenne plutôt qu’impériale. Une classification parmi les styles perlés républicains paraît impossible. L’image très peu lisible du S20 (Fig. 6b, Pl. 3/2) peut être identifiée grâce aux parallèles: il s’agit d’une image d’Éros assis sur le dos d’un lion.20 La version la plus célèbre de ce motif est le camée hellénistique signé par Protarchos et conservé aujourd’hui à Florence (Fig. 6a).21 Sur ce dernier, Éros est représenté jouant de la lyre. Dans d’autres versions de cette image – limpidement symbolique –, il peut par exemple commander le lion avec un petit fouet (Maaskant‑Kleibrink 1978, N° 1160; 1 er siècle ap. J.‑C.) ou pratiquer cette étrange forme d’équitation sans aucun attribut (Sena Chiesa 1966, 338, Tav. L, N°986; AGDS I/2, 101, Taf. 126, Nr. 1173; AGDS I/3, 2288, 3079 – 1er siècle ap. J.‑C.; AGDS III, Taf. 32, Nr. 44). Le lion peut aussi être représenté en plein saut (Wagner – Boardman 2003, 5, N°228, Pl. 37:228; 1er siècle ap. J.‑C.). L’état de la pâte ne permet malheureusement aucune observation stylistique. 19 Furtwängler 1900, 284, Taf. IX:36, XXVII:31, 33; AGDS I/2, 53, Taf. 98, Nr. 861; 168, Taf. 156, Nr. 1665–1666; Richter 1971, 22, N°49; Maaskant‑Kleibrink 1978, 117, N°125; Vollenweider 1979, 98–101, Pl. 37–38, N°s 94, 96, 99; Zazoff 1983, 277–278, Taf. 77:11; tous les exemplaires datent des 2e–1er siècles av. J.‑C. 20 Pour le type d’ Éros assis sur différentes bêtes, cf. Hermary – Cassimatis – Vollkommer 1986, 874–875; Blanc – Gury 1986, 995–998. 21 Furtwängler 1888–1889, (1888) 215, 218, Pl. 8:20, (1889) 78–79; Furtwängler 1900, 158, Taf. LVII:1; Zazoff 1983, 207, Nr. 89, Taf. 54:6. 53JAN KYSELA Fig. 6 : Décalque de S20 (b; photo R. Kozáková) et son analogie iconographique (a; dessin P. Kazakova d’après Zazoff 1983). La bonne qualité du moulage permet une identification facile de la personne représentée sur la pâte S26 (Pl. 3/2). Il s’agit sûrement de Tyché, tenant très probablement une phiale dans la main droite. 22 Le rendu des fruits dans la corne d’abondance, sous la forme d’objets globulaires, la composition ainsi que l’attitude légèrement raide nous orientent encore une fois vers le style perlé républicain plutôt que vers le style classicisant d’époque augustéenne. L’identification univoque du personnage au ventre proéminent sur S27 (Pl. 3/2) est com‑ pliquée par les imperfections du moulage, qui ont effacé les attributs caractéristiques. Les deux identifications possibles sont celles d’Éros (la baguette derrière le personnage serait un vestige de ses ailes) ou d’un vieux satyre ou silène: les jambes paraissent prendre une forme animalesque (capriné ou équidé?) autour et en dessous des genoux, le visage est potentiel‑ lement pourvu d’une barbe, le trou accidentel à l’arrière des jambes (cf. Kozáková 2016, Pl. 4/1:S27d) paraît cacher une queue de cheval. L’image très peu détaillée de l’intaille SL1 de la collection Lehmann (Pl. 3/1), qui n’est plus conservée, ne nous offre aucune possibilité quant à des considérations stylistiques ou icono‑ graphiques. La lecture de l’intaille S?1 (Fig. 2a, Pl. 3/2) est problématique en raison de l’endommagement de la surface gravée. Le peu qu’il en reste ne peut pas servir de base à des réflexions iconogra‑ phiques; plusieurs éléments stylistiques sont néanmoins conservés, permettant d’avancer quelques considérations dans cette direction. L’élément principal mis en œuvre pour construire l’image est une série de traits brefs aux extrémités se terminant par un ou plusieurs points de façon assez désordonnée. Ces traits sont disposés aussi bien l’un à côté de l’autre qu’alignés sur une seule ligne. Leur interaction avec les parties plus volumineuses de l’image n’est pas claire‑ ment visible. Cet emploi massif de traits courts distingue nettement S?1 du style de toutes les autres figurations étudiées jusqu’ici et le rapproche des styles glyptiques de l’époque impériale. À l’exception de cinq images trop illisibles, la plupart des 20 représentations conservées ont pu être stylistiquement classées. Presque toutes ont été fabriquées dans un des styles caractéris‑ tiques de l’Italie républicaine, notamment dans un des styles perlés des deux derniers siècles av. J.‑C.; seuls deux cas correspondent au style italique globulaire, existant en parallèle puis 22 Pour le type iconographique, cf. Villard – Rausa 1997, 119, 122 – datation principalement hellénistique; AGDS IV, Nr. 1514– époque impériale. 54 STUDIA HERCYNIA XX/1 graduellement remplacé par ces styles républicains au cours du 2e et de la première moitié du 1er siècle av. J.‑C. Un point important pour le site de Stradonice (nous y reviendrons): les éléments stylistiques d’époque impériale et même augustéenne manquent totalement. réSultAtS Et réflExIONS LA qUESTION DE L’ AUTHENTICITÉ – STRADONICE La majeure partie de notre corpus est constituée par les découvertes d’un seul site, Stradonice, tristement célèbre pour l’histoire très complexe de la création de ses collections. Par consé‑ quent, chaque confrontation avec des objets provenant prétendument de Stradonice nécessite une critique de la documentation très poussée, afin de diminuer le risque de travailler avec des artefacts qui ne seraient pas originaires du site. Dans notre cas, ce risque se pose de façon frappante, car – nous pouvons déjà le mentionner – la quantité de bagues présente à Stradonice est énorme en comparaison aux autres sites transalpins contemporains. Une seule bague de Stradonice (S28) a été collectée lors d’une fouille autorisée, sa provenance étant alors incontestable. Dans tous les autres cas, il s’agit d’objet d’une collection ou d’une autre – Berger, Lorber, Lehmann, Grosse, Fürstenberg, Mikš/Buchtela. La plupart de ces collection‑ neurs étaient présents sur place dans les années 1870 et achetaient les objets directement chez les fouilleurs (Berger, Lehmann, Grosse, les représentants des Fürstenberg) ou les collectaient sur place (Lorber). Malgré cela, leurs collections ne sont pas exemptes de nombreux faux. Le meilleur critère pour estimer l’authenticité des découvertes de Stradonice (critère pertinent notamment pour les catégories moins habituelles d’artefacts telles que les bagues) est tout simplement leur chronologie. Dans les années 1870, les antiquaires pragois n’avaient guère de connaissances suffisantes de la glyptique antique pour pouvoir distinguer les in‑ tailles contemporaines de l’occupation de Stradonice de celles d’autres époques. De plus, la chronologie de l’occupation de Stradonice est restée obscure jusqu’au début, voire même au deuxième quart du 20e siècle. En résumé, si les objets dits de Stradonice datent des deux derniers siècles avant J.‑C., ils peuvent alors être considérés comme authentiques et avoir été vendus sous leur provenance réelle aux collectionneurs d’antan. Hormis trois bagues d’époque impériale (Sx2–4), tous les autres objets entrent du point de vue typologique dans les styles charactéristiques des deux siècles avant J.‑C. et du premier siècle de notre ère, sans pour autant pouvoir restreindre cette fourchette chronologique large. Les résultats de l’analyse stylistique apportent des éléments indispensables: une seule intaille de provenance encore moins certaine que les autres (S?1) est possiblement datée de l’époque impériale ou augustéenne. Pour les autres, la datation républicaine est démontrée ou est la plus probable. En définitive, nous sommes enclins à considérer toutes les bagues et intailles provenant des collections de Stradonice comme des découvertes authentiques du site, avec toutes les conséquences que cela implique. BOHêME – EUROPE CENTRALE – EUROPE TRANSALPINE Nous venons de cataloguer 46 (potentiellement jusqu’à 50) bagues méditerranéennes ou intailles provenant de cinq sites différents en Bohême. Trois de ces sites sont des oppida, où 41 bagues ont été découvertes. Quatre objets proviennent du faubourg (port fluvial?) du site fortifié de Kolo. Une découverte vient du dépôt de Holubov. Dans les paragraphes suivants, nous allons comparer cette image archéologique avec la situation dans le reste de l’Europe laténienne (Fig. 7, Tab.1). 55JAN KYSELA Les bagues à intaille de type et d’origine méditerranéens sont déjà présentes ponctuellement dans les tombes de La Tène moyenne, dans les zones les plus proches ou en contact direct avec le monde méditerranéen. À part les nombreux exemplaires des nécropoles sénones (6exem‑ plaires à Santa Paolina di Filottrano, 8 à Montefortino di Arcevia, 4 à Osimo etc.: Micheli 2012), et Boïens (Bologne, Benacci : Vitali 1992, 313, Tav. 43:2; Casalecchio di Reno : Ortalli 1995, 229–231 ; Monte Bibele : Challet 2008, 66–67, Fig. 5), des pièces isolées ont été trouvées à Zimnicea et Enisala en Roumanie (provinces de Teleorman et Tulcea; Repka 2015, 102–103, Obr. 49B: 3, 5), en Suisse dans les tombes relativement tardives (LT C1/2–C2) de Münsingen Rain, t. 180 (canton de Berne; Hodson 1968, 40), de Berne‑Thormannmätteliweg, t. 8 (Stähli 1977, 36, Taf. 18) et de Horgen, t. 2 (canton de Zurich; Brill 1981, 176, Abb.3). Plusieurs imitations de ce type de bague sont en plus connues dans le bassin des Carpates (Repka 2015, 102–103, Fig. 49A, 48B:4), une autre (datée du 2e siècle av. J.‑C.) provient d’Oberhofen am Thunersee (canton de Berne; Megaw – Megaw 2001, 178, Fig. 294). Durant la période de La Tène finale, les bagues à intaille sont relativement communes dans les nécropoles du versant sud des Alpes occidentales (Ornavasso, Giubiasco: Gagetti 2000; Carlevaro – Pernet 2006, 115–117), habituellement dans les tombes considérées comme les plus prestigieuses de ces nécropoles (Gagetti 2000, 329–331). Fig. 7 : Sites mentionnés dans le texte et dans le tableau (Europe): Al – Alésia; Aq – Aquilée; AR – Al‑ tenburg/Rheinau; As – Arras; Bâ – Bâle (Gasfabrik et Münsterhügel); Be – Berne; Bi – Bibracte; Bo – Bologne; Bř – Bořitov; Bv – Bratislava; Bz – Brenlorenzen; Co – Corent; Cs – Casalecchio di Reno; De – Devín; Fe – Feurs; FP – Fossé des Pandours; Gi – Giubiasco; GN – Goeblange Nospelt; Go– Gondole; H – Holubov; Ho – Horgen; K – Kolo (Týnec nad Labem); Kd – Kundl; Ma – Manching; MB – Monte Bibele, Mb – Magdalensberg; Md – Mandeure; Mg – Magalas; Mü – Münsingen‑Rain; Ob – Oberraden; Or – Ornavasso; S – Stradonice; SH – Staré Hradisko; T – Třísov; Ti – Titelberg (Lamadelaine); VG – Villeneuve‑Saint‑Germain; Wd – Wederath; Z – Závist. Le cadre correspond à la carte de la Fig. 1. (DAO J. Kysela; fond de carte www.unc.edu/awmc). 56 STUDIA HERCYNIA XX/1 Pour revenir en Europe centrale à l’époque des oppida, à l’est de la Bohême, en Moravie, une bague en fer provient de l’oppidum de Staré Hradisko (Meduna 1961, 58, Taf. 16:7), une autre en alliage cuivreux du site ouvert de Bořitov (Čižmář 2003, 43, Taf. 22:4). En Slovaquie sud‑occidentale, les bagues et intailles sont relativement fréquentes à l’époque impériale grâce à la proximité du limes, ce qui n’est pas le cas à l’âge du Fer final, où nous connaissons à Bratislava une intaille en cornaline avec la représentation d’une abeille (Vrtel 2012, 177, Fig. 276) et à Devín une bague avec la représentation d’un oiseau aquatique sur l’intaille en pâte de verre (Pieta 1996, 187, Abb. 1: 8; 2008, Taf. 118:13; Mikovínyová‑Daňová 2009, 109, Abb. 2; sa datation à l’époque augustéenne n’est pas exclue). Plusieurs bagues et intailles sont connues dans l’aire de la culture de Púchov, laquelle toutefois persiste jusqu’au 1er siècle ap. J.‑C. (Pieta 2008, Taf. 119:1–3). région site type de site/ contexte total dont pre‑50 av.J.‑C. env. dont post‑50 av. J.‑C. env. ou datation incertaine bagues [dont en or/ argent] intailles isolées [dont en pierre] total bagues [dont en or/ argent] intailles isolées [dont en pierre ] total Bohême Stradonice oppidum 35 30 [1] 5 [4] 35 – – – Závist oppidum 22 – 2 – – – Kolo agglomération 44 [1] – 4 – – – Třísov oppidum 44 – 4 – – – Holubov depôt 11 – 1 – – – Moravie et Slovaquie occ. Staré Hradisko oppidum 11 – 1 – – – Bořitov agglomération 11 – 1 – – – Bratislava oppidum 1– – – – 1 [1] – Devín oppidum 1– – – 1 – – Bavière Manching oppidum 55 – 5 – – – Berching Pollanten agglomération 11 – 1 – – – Brenlorenzen site productif 1– 1 1 – – – Rhin supérieur Altenburg Rheinau oppidum 2– – – 2 – – Fossé des Pandours oppidum 1– – – – 1 [1] – Bâle Gasfabirk agglomération 1– 1 1 – – – Bâle Münsterhügel site de hauteur 1– – – 1 – 1 57JAN KYSELA région site type de site/ contexte total dont pre‑50 av.J.‑C. env. dont post‑50 av. J.‑C. env. ou datation incertaine bagues [dont en or/ argent] intailles isolées [dont en pierre] total bagues [dont en or/ argent] intailles isolées [dont en pierre ] total Gaule Celtique (sélection) Bibracte oppidum 27 3 3 [2] 6 8 13 [4] 21 Aulnat agglomération 1– 1 [1] 1 – – – Alésia camps militaires? 10 – – – 10 – 10 Gondole oppidum 3– – – 3 – 3 Corent sanctuaire 1– – – 1 – 1 Feurs agglomération 1– – – 1 – 1 Mandeure sanctuaire 2– – – 1 1 [1] 2 Gaule Belgique (sélection) Tittelberg nécropole 41 – 1 3 – 3 Villeneuve Saint Germain oppidum 11 – 1 – – – Wederath nécropole 31 – 1 2 – 2 Goeblange Nospelt nécropole 1– – – 1 – 1 Arras camp militaire? 1– – – 1 – 1 Tabl. 1 : Sites transalpins ayant livré des découvertes de bagues à intaille. À l’ouest, cinq bagues sont présentes sur l’oppidum bavarois de Manching: deux en fer, avec uniquement des restes d’incrustations (en pâte de verre) conservés (Lorenz 2004, Taf. 17:17; Sievers 2013, 170, Abb. 5:9), une en alliage cuivreux sans incrustation conservée (van Endert 1991, 13–14, 116, Taf. 4, Nr. 86), une en alliage cuivreux avec une incrustation en pâte de verre illisible (Sievers 2013, 170, Abb. 5:10) et une en fer avec une incrustation en ambre portant la représentation d’un hippocampe (Sievers 2003, 74, Abb. 79). Dans l’agglomération ouverte de Berching‑Pollanten, toujours en Bavière, une bague (sans incrustation conservée) est de type méditerranéen (Schäfer 2010, 54–56, Abb. 39, Nr. 5830). À la périphérie nord du monde laténien, le site de Brenlorenzen (Bad Neustadt, Unterfranken), un établissement de produc‑ tion céramique, a fourni une incrustation en pâte de verre avec la représentation d’un homme debout vêtu d’un himation (Gerlach 2002, 68, Abb. 59:4). Une bague en fer, sans intaille conservée, provient quant à elle d’un contexte d’interprétation problématique (funéraire?) à Kundl (Bez. Kufstein), dans les Alpes bavaroises (Lang 1993, 294, Abb. 6:5). L’oppidum d’Altenburg‑Rheinau (Bade‑Wurtemberg/canton de Zurich) a livré une bague en alliage cuivreux avec une intaille en cristal de roche issue des fouilles des années 1960 (Barbau 2015, N° 342), ainsi que, lors des prospections récentes, une série de bagues (pour la plupart d’époque impériale) dont un fragment – un chaton massif en bronze avec l’image gravée dans le métal – appartient probablement déjà à la phase laténienne du site (Lauber 2012, 751, Abb. 17, Nr. 85). 64 STUDIA HERCYNIA XX/1 travaux militaires romains autour du Mont-Auxois (1991–1997) 2 – Le Matériel. Mémoires de l’ Académie des inscriptions et belles‑lettres. Paris, 295–362. Bujna, J. 2005: Kruhový šperk z laténskych ženských hrobov na Slovensku [Ringschmuck aus latènezeitlichen Frauengräber in der Slowakei]. 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