REVUE DELLA/AFRIQUE VOL.6 No Spécial– Février 2024 ISSN 27900584 (Online) ISSN 27900576 (Print) https://revues.acaref.net/category/della/ Sous la direction de Koffi Ganyo AGBEFLE Equipe de relecture AGBEFLE Koffi G,
[email protected] TREMBLAY Christian, OEP Paris France, RICHEVAUX Marc, Institut CEDIMES, France, TCHAGNAOU Akimou, Université de Zinder, Niger Tome 2 : Sciences Sociales/Sciences Humaines DOI 10.5281/zenodo.7766957
i Comité scientifique - AFELI Kossi Antoine, Université de Lomé, Togo - AKASI Clément, University of Howard, USA - BLANCHET Philippe, Université de Rennes 2, France - DAO Yao, Université de Lyon 2, France - DEVRIESERE Viviane, Isfec Aquitaine, Bordeaux France - DOSSOU Paulin Jésutin, Université Parakou, Bénin - ELHADJI YAWALE MAMAN, Université de Zinder, Niger - FAULKNER Morgan, St Francis Xavier University Antigonish, Canada - KOUDJO Bienvenu, Université d’Abomey Calavi, BENIN - LAMIAE Slaoui, Centre Régional des Métiers de l’Education et de la Formation, Fès, Maroc - LEMAIRE Eva, Université d’Alberta, Canada - LEZOU KOFFI Aimée-Danielle, UFHB, Abidjan, Côte d’Ivoire - RICHEVEAUX Marc, Institut CEDIMES, France - SORBA Nicolas, Université de Corse, France - SOW N’diémé, Université e Ziguinchor, Sénégal - TCHAGNAOU Akimou, Université de Zinder, Niger - TCHEHOUALI Destiny, Montréal, Canada - TREMBLAY Christian, OEP, Paris France - TUBLU Yves, CELHTO UA Niamey, Niger - VAHOU, K. Marcel, Université FHB, Cocody, Côte d’Ivoire - YEBOUA Kouadio D., ENS UFH Côte d’Ivoire - YENNAH Robert, Legon University, Ghana
ii Lien d’indexation Tome 2 : https://explore.openaire.eu/search/publication?pid=10.5281% 2Fzenodo.10653036 Indexed in Publication date: February 13, 2024 DOI 10.5281/zenodo.10653036 (Open Access Infrastructure for Research in Europe)
iii REVUE DELLA/AFRIQUE VOL.6 No Spécial – Février 2024 ISSN 27900584 (Online) ISSN 27900576 (Print) La Revue DELLA dirigée par L’Académie Africaine de Recherches et d’Etudes Francophones Mise en forme : Honorine KELEBOU, ACAREF/Bureau Afrique, Lomé Maquette de couverture : Koffi AMEWOU, ACAREF/Bureau Afrique, Lomé
iv Présentation de la Revue DELLA 1Nature, champs disciplinaires et périodicité de la Revue La revue DELLA se veut une revue scientifique pluridisciplinaire, mieux transdisciplinaire dont les principaux domaines d’intervention sont les lettres, langues, sciences humaines et sociales. En d’autres termes, cette revue est ouverte à la communauté des enseignants et/ou chercheurs en éducation, en linguistique et en didactique des langues qui sont en relation avec un large spectre de sensibilités scientifiques : histoire, sociologie, psychologie, littérature, pédagogie, philosophie, traduction, etc. donnant lieu à deux tomes par numéro depuis 2019. DELLA est une revue semestrielle. Elle paraît deux fois l’an (en février et en Août). En cas de nécessité, elle peut se consacrer à la publication des numéros spéciaux. La revue peut aussi faire un appel à thématique définie. 2Langue de publication Revue Francophone par excellence, DELLA accepte et publie uniquement des textes écrits en français. Chaque article comporte cependant un résumé en anglais ou dans une langue nationale du pays de l’institution d’attache de l’auteur (voir les consignes aux auteurs). Dans des cas extrêmes, la Direction de la revue peut autoriser une publication dans une autre langue autre que le français. L’auteur devra donc faire préalablement la demande auprès des responsables de la revue. Les consignes de la Revue DELLA aux auteurs TitreL’auteur formule un titre clair et concis (entre 12 et 15 mots). Le titre centré, est écrit en gras, taille 14. Mention de l’auteurElle sera faite après le titre de l'article et 2 interlignes, alignée à gauche. Elle comporte : Prénom, NOM (en gras, sur la première ligne), Nom de l'institution (en italique, sur la deuxième
v ligne), e-mail de l’auteur ou du premier auteur (sur la troisième ligne). L’ensemble en taille 10. Résumé - L'auteur propose un résumé en français et en anglais ou en la langue officielle du pays de l’institution d’attache de l’auteur. Ce résumé n'excède pas 250 mots. Il limite son propos à une brève description du problème étudié et des principaux objectifs à atteindre. Il présente à grands traits sa méthodologie. Il fait un sommaire des résultats et énonce ses conclusions principales. Mots-clés - Ils accompagnent le résumé. Se limiter à 3 mots minimum et 5 mots maxi. Les mots-clés sont indiqués en français et en anglais. NB : Le résumé est rédigé en italique, taille 10. Les mots-clés sont écrits en minuscules et séparés par une virgule. L’ensemble (titre + auteur+ résumé (français et anglais) + mots-clés) doit tenir sur une page. Introduction • La problématique : l'auteur expose clairement la question abordée tout au long de l'article et justifie son intérêt. Il formule des hypothèses qui sont des réponses provisoires à la question. • La méthodologie et les principaux résultats : l'auteur précise la raison du choix d'une méthode particulière et les outils utilisés de collecte des données, si nécessaire. Il cite ses principaux résultats. Il annonce son plan. Développements • Le contexte : l'auteur situe la question posée dans son environnement théorique en donnant des références théoriques et en évoquant les apports d'autres chercheurs.
vi • La méthode : l'auteur explique en détails comment il a mené son étude et quel est l'intérêt d'utiliser ses outils de collecte de données par rapport aux hypothèses formulées. • Les résultats (si le papier n'est pas uniquement conceptuel) : l'auteur présente un résumé des données collectées et les résultats statistiques qu’elles ont permis d’obtenir. Il commente les tableaux et graphiques. • La discussion : l’auteur évalue les résultats qu’il obtient. Il montre en quoi ses résultats répondent à la question initiale et sont en accord avec les hypothèses initiales. Il compare ses résultats avec les données obtenues par d'autres chercheurs. Il mentionne certaines des faiblesses de l'étude et ce qu'il faudrait améliorer en vue d'études futures. Conclusion - L'auteur résume en quelques paragraphes l'ensemble de son travail. Il souligne les résultats qui donnent lieu à de nouvelles interrogations et tente de suggérer des pistes de recherche susceptibles d'y apporter réponses. Bibliographie - Il reprend tous les livres et articles qui ont été cités dans le corps de son texte. Conseils techniques Mise en page - Marges : haut 2 cm, bas 2 cm, gauche 2,5 cm, droite 2 cm. Style et volume – Garamond, taille 14 pour le titre de l'article et pour le reste du texte Garamond taille 12 (sauf pour le résumé, les mots-clés et la bibliographie qui ont la taille 10), interligne 1,5 ; sans espace avant ou après. Le texte ne doit pas dépasser 15 pages (minimum de 10 pages & maximum de 15pages). Le titre de l'article, l'introduction, les soustitres principaux, la conclusion et la bibliographie sont précédés par deux interlignes et les autres titres/paragraphes par une seule interligne. Titres et articulations du texte - Le titre de l'article est en gras, aligné au centre. Les autres titres sont justifiés ; leur numérotation doit être
vii Claire et ne pas dépasser 3 niveaux (exemple : 1. – 1.1. – 1.1.1.). Il ne faut pas utiliser des majuscules pour les titres, sous-titres, introduction, conclusion, bibliographie. Notes et citations - Les citations sont reprises entre guillemets, en caractère normal. Les mots étrangers sont mis en italique. Le nom de l’auteur et les pages de l'ouvrage d'où cette citation a été extraite, doivent être précisés à la suite de la citation. Exemple : (Afeli, 2003 :10) NB : Les notes de bas de page sont à éviter autant que possible. Tableaux, schémas, figures - Ils sont numérotés et comportent un titre en italique, au-dessus du tableau/schéma. Ils sont alignés au centre. La source est placée en dessous du tableau/schéma/figure, alignée au centre, taille 10. Présentation des références bibliographiques : Dans le texte : les références des citations apparaissent entre parenthèses avec le nom de l'auteur et l’année de parution ainsi que les pages. Exemple : (Maurer, 2010 : 15). Dans le cas d’un nombre d'auteurs supérieur à 2, la mention et al. en italique est notée après le nom du premier auteur. En cas de deux références avec le même auteur et la même année de parution, leur différenciation se fera par une lettre qui figure aussi dans la bibliographie (a, b, c, ...). A la fin du texte : Pour les périodiques, le nom de l'auteur et son prénom sont suivis de l'année de la publication entre parenthèses, du titre de l'article entre guillemets, du nom du périodique en italique, du numéro du volume, du numéro du périodique dans le volume et des pages. Lorsque le périodique est en anglais, les mêmes normes sont à utiliser avec toutefois les mots qui commencent par une majuscule. Pour les ouvrages, on note le nom et le prénom de l'auteur suivis de l’année de publication entre parenthèses, du titre de l’ouvrage en italique, du lieu de publication et du nom de la société d'édition.
165 dernières années et contribue énormément à l’amélioration des conditions de vie des populations qui y vivent. Cette étude se propose d’aborder la question du tourisme comme stratégie de développement local, afin d’analyser l’apport de l’hôtellerie dans le développement socioéconomique actuel de San Pédro. 1. Méthodologie Cette recherche est une étude visant à analyser le développement touristique local et l’apport du secteur de l’hôtellerie dans le développement socioéconomique de San Pédro. Elle a été réalisée essentiellement sur la base de la collecte de données primaires et secondaires. Des ouvrages généraux sur l'impact du tourisme dans l'économie ont été consultés pour une meilleure compréhension du sujet. Par ailleurs, nous avons utilisé Google Scholar en recherchant des mots clés tels que ‘‘le tourisme en Côte d’Ivoire’’, ‘‘tourisme et développement local’’, ‘‘industrie hotellière en Côte d’Ivoire’’, ‘‘hôtellerie à San Pédro’’. Nous avons obtenu très peu d’informations sur la question. Cette situation nous a obligé, dans un premier temps à consulter des journaux locaux, notamment Abidjan.net et des plateformes comme Petit futé, etc. En outre, nous avons consulté les données du Ministère du Tourisme et des Loisirs de Côte d'Ivoire et de l’OMT. Pour combler le déficit d’informations sur le tourisme et l’hôtellerie à San Pédro, nous avons adressé une série de questionnaires aux responsables locaux du tourisme, notamment de la Direction Régionale de Tourisme de San Pédro. L’utilisation des SIG pour la géoglocalisation de la ville et des principaux hôtels a été d’une grande utilité. Notre travail part d’une introduction dans laquelle l’on montre, en plus de l’importance du tourisme comme moteur de développement économique et l’intérêt porté par l’Etat au tourisme sud-ouest ivoirien, le contexte dans lequel est née la notion de développement local. Ensuite, nous réfléchissons sur la notion de développement local et l'importance de l'inclusion du tourisme dans les stratégies de développement local, ainsi que sur l'importance de l'offre hôtelière dans le développement de San Pedro, en décrivant spécifiquement ses caractéristiques, sa localisation et sa capacité à générer de l'emploi. Le travail se termine par une section consacrée aux principales conclusions obtenues, qui inclut
166 également les limites de cette recherche et les lignes de travail qui devraient être entreprises à l'avenir. 2. Résultats 2.1. La notion de développement local Il est de plus en plus fréquent d'entendre parler de l'importance pour les villes et régions de disposer d'un projet de développement local. Au début des années 1990, le développement local est apparu en Argentine comme une réponse au niveau local aux changements induits par le processus de réforme de l'État. Les principaux facteurs qui ont poussé les gouvernants locaux à assumer un nouveau rôle ont été le transfert de certaines fonctions du pouvoir central vers les provinces et les municipalités, l'augmentation du chômage et de la pauvreté, et l'émergence de nouvelles demandes de la part de la société civile à l'égard des gouvernements locaux. Il s'agit d'un processus complexe, fruit d'une construction collective au niveau local, qui vise à mobiliser les ressources du territoire autour d'un projet commun et impliquer l'ensemble de la population. Il suppose une approche intégrée du développement, c'est-à-dire qu'il inclut les dimensions sociale, politique, environnementale, culturelle, sociale, etc. (Casalis, 2009). Parler du local dans le contexte actuel de globalisation parait paradoxal. En réalité, la force du local découle de l’incapacité des acteurs à traiter efficacement des stratégies de développement en dehors des cadres spatiaux ; et démontre que la dynamique de la globalisation repose sur des espaces où le local constitue le ciment pour un territoire en réseau. S’il est vrai que dans la pratique l’engouement porté au développement local est relativement nouveau, il tire son origine de la théorie du développement endogène défendue vers la fin des années 50 par John Friedman et Walter Stohr (Djazia et Aissa, 2021). Bien que son objectif, comme le soulignent Pérez et Carrillo (2000), est de réactiver l'économie en tirant parti des ressources endogènes existantes, le développement local a la particularité d’être un processus dans lequel les acteurs sociaux, politiques et économiques d’un territoire donné se mettent ensemble pour formuler une stratégie commune ayant pour finalité l’amélioration des conditions de vie des populations de de ladite localité. Contrairement aux phénomènes de développement
167 précédents, qui s'appliquaient "du haut vers le bas", le développement local inverse la tendance et propose une stratégie "du bas vers le haut" (Moscardó, 2008). Le développement local est donc un processus par lequel les institutions et les divers acteurs locaux s’approprient le territoire, se mobilisent et travaillent ensemble pour mettre en œuvre des stratégies pour faire avancer le territoire du point de vue social, économique, culturel, environnemental, etc. Comment peut-on définir le développement local ? Le développement local comme concept et comme stratégie de planification a été objet de plusieurs études. Pour cette étude, nous entendons par développement local “un processus par lequel une société locale, tout en conservant sa propre identité et celle de son territoire, génère et renforce ses dynamiques économiques, sociales et culturelles, en facilitant l'articulation de chacun de ces sous-systèmes, en réalisant une plus grande intervention et un meilleur contrôle entre les sous-systèmes” (Casanova, 2004, 26). La participation des agents, des secteurs et des forces qui interagissent dans les limites territoriales est fondamentale pour mener à bien ce projet commun qui doit combiner : la génération de croissance économique, l'équité, le changement social et culturel, la durabilité écologique, l'orientation vers le genre, la qualité et l'équilibre spatial et territorial, dans le but d'améliorer la qualité de vie et le bien-être de ses habitants. Le développement local, sans perdre de vue la perspective globale, est un outil fondamental pour parvenir, à l'ère de la mondialisation, et bien que cela puisse paraître contradictoire, à un développement plus humain, plus durable, plus équitable et plus territorial (Moscardó, 2008). Il s’agit du jeu de plusieurs acteurs locaux ou extérieurs dont les intérêts ne sont pas toujours convergents, mais qui trouvent tous avantage à la réalisation du potentiel du territoire auquel ils s‘identifient (Saadi et Amrani, 2020). De ce fait, Pecqueur (2000), dans son livre Le Développement Local, estime que c’est à la fois les politiques publiques (aides aux entreprises, réseaux de transport, télécommunication…etc), décisions stratégiques des entreprises, et la mise en réseaux des acteurs locaux pour plus de synergies positives à l’échelle local mais en harmonie avec le territoire global. En bref, il s’agit d’une prise de conscience du lieu, qui, selon (Magnaghi, 2011) s’acquiert par un processus de transformation culturelle des habitants, de la reconnaissance de la valeur patrimoniale des biens territoriaux communs.
168 2.2. Le tourisme comme stratégie de développement local Depuis il y a maintenant plusieurs décennies, le tourisme est devenu un élément clé du développement socio-économique de nombreux pays et régions (Kotler, 1997). Il est reconnu comme une force motrice et une stratégie de développement local et régional. Aborder la question du développement économique local (DEL) revient à rappeler qu’il ne s’agit pas d’une simple vision appliquée à un territoire de ce que l’on entend au niveau macroéconomique de « développement économique » ; sinon de la capacité des acteurs à influencer positivement, au moins en partie, leur propre avenir économique tout en prenant en compte les ressources locales comme principal atout (Estela, 2019). Le développement touristique local est le processus dynamique et intégré qui se déroule dans une localité définie et qui aspire à améliorer les conditions de vie des habitants. Ainsi, et tel qu’indiqué dans la figure 1, le tourisme comme stratégie de développement économique local poursuit des objectifs qui dépassent le cadre purement économique et intègrent les dimensions comme la préservation de l’environnement et des valeurs culturelles locales.
169 Figure1 : Contribution du tourisme au développement local Source : Elaboration propre basée sur Gambarota et Lorda (2017), Wallingre et Villar (2009) Comme indiqué dans la figure 1, l'activité touristique, développée selon des critères de durabilité, apporte des avantages à la localité où elle est mise en œuvre. Cependant, le développement local basé sur le tourisme est le résultat complexe d’interrelations entre différents acteurs et facteurs à considérer d’un point de vue systémique ; c’est-à-dire, un ensemble d’éléments interdépendants qui évoluent de manière dynamique. Il ressort donc qu’une planification adéquate qui prenne en compte tous les acteurs locaux est nécessaire pour qu’une région ou zone donnée ait une valeur touristique significative afin que le tourisme devienne un élément important dans l’économie locale. TOURISME Le tourisme contribue à sensibiliser la population locale sur la valeur financière des sites naturels et culturels. Cela peut stimuler un sentiment de fierté des collectivités locales à l’égard du patrimoine et de l’intérêt pour sa conservation.
170 Une correcte optimisation des ressources naturelles, infrastructurelles, culturelles, intellectuelles et de la main d’œuvre locale ; couplée à la définition d'un plan de travail qui unifie et coordonne les différentes disciplines (transdisciplinaires) impliquées dans le développement touristique constituent la clé du développement local basé sur le tourisme. Le tourisme doit pouvoir promouvoir, grâce à la correcte définition d’une politique de développement économique local, le développement de tous les secteurs de la localité et l'action de ces secteurs doit contribuer au développement de l'activité touristique et de la communauté en général. 2.3. Hôtellerie et développement socioéconomique de San Pedro La politique touristique ivoirienne s’est affirmée dès les premières décennies de son indépendance à partir d’un plan quinquennal de développement touristique. Les efforts consentis pour développer le potentiel touristique ivoirien furent centrés sur deux grands axes, à savoir la promotion d’un tourisme balnéaire au Sud et la valorisation d’un tourisme de découverte des villes de l’intérieur du pays. Petit village de pêcheurs d’environ 40 habitants dans les années 1968, la ville de San Pedro nait au début des années 1970 grâce à une opération d’aménagement et de développement connue sous le nom de ARSO (Autorité d’Aménagement du Sud-Ouest), créé par le Décret N°69546 du 22 décembre 1969 (Kouamé, 2021). Ce projet de l’Etat ivoirien visait à corriger le retard de développement de cette région par rapport aux autres et était orienté vers la création d’un port et d’une ville industrielle. Cet intérêt porté au sud-ouest du pays a permis, sous l’ARSO, que la ville balnéaire de San Pedro soit dotée d’équipements et d’infrastructures à caractère touristique. Il s’agit entre autres de la façade maritime, du port autonome, de baies sablonneuses, de caps et de falaises, des plages de Monogaga et la célèbre baie des sirènes à Grand-Béréby (Tchetche et Gogbe, 2019).
171 Carte 1 : Localisation de la ville de San-Pedro dans le Sud-ouest ivoirien Source : OGOU Atsé, 2019 La situation géographique, les activités économiques et les pratiques culturelles, entre autres, offrent à San Pédro un cadre favorable pour développer le tourisme, principalement le tourisme de sol et plage grâce à ses plages de sables fins. A cela, il faudra ajouter la présence de collines qui offrent une vue panoramique sur l’Océan Atlantique et les activités portuaires locales. Le tourisme est une activité économique et productive qui englobe différents services, dont l'industrie hôtelière, cette dernière étant celle qui offre au voyageur le service d’hébergement nécessaire pour son séjour. En tant qu’activité multisectoriel, le développement du
172 tourisme à San Pédro a permis le développement de l’hôtellerie comme sous-secteur d’activité économique locale. En effet, des nombreux textes et études abordent la question de la place que tient l’hôtellerie dans le tourisme et l’économie au niveau international. Il s’agit d’un secteur qui génère des retombées directes et indirectes pouvant contribuer au dynamisme économique des régions, à leur organisation et à l’aménagement territorial. D’ailleurs, Cazelais (2004), à travers des exemples tirés du Maroc, des Antilles, du Club Med, de Charlevoix, des Laurentides de Montréal etc. confirme que le développement touristique structuré autour de l’hôtellerie profite à l’économie des destinations et au développement régional. En Côte d’Ivoire, l’industrie hôtelière est en plein essor depuis la fin de la crise post-électorale. Le nombre d’hôtels est passé d’un peu plus de 1700 en 2013 à 2384 en 2015 et 3708 en 2020 (Mintour-Loisirs/DPAP, 2020). Cette évolution est le résultat de la collaboration public-privé qui a abouti à d’importants investissements du secteur privé, à travers l’implantation de grandes chaînes hôtelières à Abidjan, notamment Radisson Blu, Azalaï, Seen Hôtel, etc. Il est d’ailleurs reconnu que l’essor de l’industrie hôtelière est l’un des indices de la relance de l’économie ivoirienne. Dans cette conjoncture générale, le nombre de réceptifs hôteliers dans le sud-ouest ivoirien en général et San Pédro en particulier a rapidement progressé. En effet, en 2000, la région disposait de 56 réceptifs (08 classés et 44 non classés) et la seule ville de San Pédro comptait 25 dont 6 classés (Aphing-Kouassi, 2001). Selon les données (Mintour-Loisirs/DPAP, 2019, 2021), le nombre d’hôtels dans la région de San Pédro est passé de 177 en 2019 à 305 en 2021. L’enquête menée auprès de la Direction Régionale de Tourisme de San Pédro en Aout 2023 révèle que la ville de San Pedro dispose de 125 hôtels et la Région dispose de 205 hôtels dont 20 à Grand-Béréby et 14 à Tabou. Cette croissance peut s’expliquer d’une part, par le désir croissant des touristes de découvrir de nouvelles zones, Abidjan étant déjà trop touristique. D’autre part, le bitumage, entre 1992 et 1994 du tronçon reliant Abidjan aux villes de la côtière qui a rendu la région beaucoup plus accessible (4heures en transport collectif) a incrémenté la demande en termes de chambre d’hôtels.
173 Carte 2 : Distribution spatiale des principaux hôtels de San Pédro. Source : Elaboration propre. 2.2.1. Classement des hôtels de San Pédro par nombre d’étoiles En tourisme, le classement des établissements touristiques a un lien étroit avec la qualité des services offerts dans ces établissements en général et dans les réceptifs hôteliers en particulier. Des études menées par Konan (2022) ont révélé que l’une des plus grandes faiblesses des établissements hôteliers en Côte d’Ivoire a été et demeure la qualité de leurs services. En ce sens, le classement devrait être un élément clé dans l’amélioration de ces services. Cependant, malgré son importance, l’opération a été suspendue en 1984 pour ne reprendre qu’en 2018. Il convient de rappeler qu’en Côte d’Ivoire, le classement ou la classification en nombre d’étoiles est la compétence exclusive du Ministère du Tourisme et des Loisirs à travers sa Direction des Activités Touristiques (DAT). On distingue ainsi, et comme dans presque tous les pays, cinq catégories allant d’une étoile (hébergement économique) à 5 étoiles (hébergement très haut de gamme) ; à cela il faut ajouter les hôtels
174 non classés qui évoluent dans l’informel (Konan, 2022). Depuis 2018, entre le manque de consensus entre les différents directeurs des activités touristiques et le manque de personnels qualifiés, la reprise est très timide. Dans ce contexte national, à San Pédro le constat, tel qu’indique le tableau 1 est que très peu d’hôtels sont classés. Ce qui pourrait être un frein au développement du secteur en ce sens que le classement est un élément qui permet d’améliorer la qualité des services dans les établissements touristiques. Tableau 1 : Distribution des hôtels de San Pédro selon la classification par étoiles Catégorie par étoiles Nombres d’hôtels classés 5 étoiles 4 étoiles 3 étoiles 3 2 étoiles 2 1 étoile En attente de délibération par la Commission Nationale de Classement. 29 Source : Résultat de l’enquête menée auprès de la Direction Régionale de San Pédro (Aout, 2023). La qualité des services est un avantage compétitif pour tous les établissements de tourisme. Aujourd’hui, face à des touristes de plus en plus exigeants, la qualité des services s’impose à tous les établissements hôteliers et c’est une priorité pour la plupart des gestionnaires du secteur de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Le classement donne une visibilité sur la qualité du service, facilite aux clients leurs choix tout en améliorant le positionnement de l’établissement sur les sites d’agences de voyages en ligne. Le tableau 1 nous montre qu’à San Pédro, il n’y a que 5 hôtels classés, dans les catégories Hébergement milieu de gamme (2 étoiles) et Hébergement milieu de gamme supérieur (3 étoiles). Si l’on prend la région comme élément d’analyse, il ressort clairement que 200 des 205 hôtels identifiés ne sont pas classés. Du point de vue de la compétitivité, cela constitue un réel problème auquel il faudrait le plus tôt remédier pour améliorer le positionnement de la ville.