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Une classe de patrimoine a Carnac

Gallais, Colette

Abstract

En el marc de l'agermanament del Col·legi amb el Museu de Prehistòria, semblava útil estendre a un públic tan ampli com fos possible el benefici de les nostres experiències i de les nostres reflexions mitjantçant una classe de patrimoni. Associant sense treva el procés de descoberta i d'observació del medi real i d'aprofundiment més teòric, en aquest tipus de classe es proposa igualment els tallers de pràctica i experimentació, que són la prolongació indispensable de l'estudi tractat, de forma complementària i variada, durant tota una setmana.

Full text

Resum: En el marc de l'a g ermanament del Col·le g i amb el Museu de Prehistòria, semblava útil estendre a un públic tan ampli com f os possible el bene f ici de le s nostres experiències i de les nostres reflexions mitjantçant una classe de patrimoni. Associant sense treva el procés de descoberta i d'observació del medi real i d'aprofundiment més teòric, en aquest tipus de classe es proposa i g ualment els taller s de pràctica i experimentació, que són la prolon g ació indispensable de l'estudi tractat, de forma complementària i variada, durant tota una setmana. Resumen: En el marco del hermanamiento del Colegio con el Museo de Prehistoria, p arecía útil hacer extensivo a un público tan amplio como f uera posible el bene f icio d e nuestras experiencias y de nuestras reflexiones mediante una clase de patrimonio. Asociando sin tregua el proceso de descubrimiento y de observación del medio real y de pro f undización más teórica, en este tipo de clase se propone de la misma maner a los talleres de práctica y experimentación, que son la prolon g ación indispensable de l estudio tratado, de forma complementaria y variada, durante toda una semana. Resum:Dans le cadre du j umela g e du Collè g e avec le Musée de Préhistoire, i l p araissait utile d'étendre à un public aussi lar g e que possible le béné f ice de no s expériences et de nos réflexions par le biais d'une classe de patrimoine. Associant sans cesse la démarche de découverte et d'observation du milieu réel e t d'appro f ondissement plus théorique, ce t y pe de classe propose é g alement des atelier s de pratique et d'expérimentation qui sont l'indispensable prolon g ement de l'étud e menée, de façon complémentaire et variée, durant toute une semaine. UNE CLASSE DE PATRIMOINE A CARNAC Colette GALLAIS : Professeur d’Histoire College Les Korrigans UN COLLEGE ENTRE MENHIRS ET MUSEE Carnac est un haut lieu de la Préhistoire, et plus particulièrement du mégalithisme en France et en Europe. Des milliers de pierres dressées dans la campagne, mais aussi quantité de dolmens et de tumulus parfois gigantesques, témoignent des civilisations dont nous sommes à bien des égards les héritiers directs. Le Collège de Carnac a l’insigne privilège de se situer géographiquement presque au coeur de ces mystérieux monuments, à mi-chemin entre les premiers alignements de menhirs et le grand tumulus qui domine le bourg de sa masse imposante. A partir de telles conditions géographiques, on ne peut semble-t-il que s’intéresser à ce patrimoine des tous premiers âges, partager avec d’autres cette passion et la communiquer autour de nous. Et puisque nous sommes des enseignants, notre tâche est de susciter chez nos jeunes élèves un intérêt assez solide et assez durable pour qu’ils soient bien conscients, une fois devenus adultes, qu’ils auront à préserver et à transmettre aux futures générations ce patrimoine exceptionnel. LA CLASSE DE PATRIMOINE À CARNAC Elle est née, en 1994-95, de la fusion de projets divers ayant pour point commun l’étude plus approfondie, avec des scolaires, des monuments mégalithiques de Carnac et Locmariaquer, et de la réunion de plusieurs personnes dont l’entente se concrétisa bientôt par l’élaboration d’un programme, ce qui demanda bien des heures et même bien des journées de fructueux travail collectif. Parmi les personnes évoquées, il convient de citer : - Mme RISKINE, conservateur du Musée de Préhistoire de Carnac, - Mme LE LOUARN, responsable de la conservation des alignements de Carnac auprès de la Caisse des Monuments Historiques, - Mme HUGOT, enseignant responsable de la classe et en quelque sorte instigateur du projet, - Mlle LOISEL, étudiante en Histoire et Archéologie, guide sur le site de Locmariaquer, - Mr BRISHOUAL et Mme GALLAIS, enseignants d’Histoire au Collège de Carnac. LE PROGRAMME PROPOSÉ Bien que défini dans ses objectifs, il peut toutefois varier dans son déroulement ou ses activités en fonction des élèves concernés ou de demandes spécifiques. Intitulé “Découverte des monuments mégalithiques et de la vie quotidienne au Néolithique”, il se déroule sur cinq jours pleins de la semaine, du lundi au vendredi, et s’articule comme suit. La première journée est consacrée à la découverte et à l’étude des sites de Carnac et Locmariaquer, pour une prise de conscience de leur multiplicité et de leur diversité. Un parcours avec cartes, boussoles, planches à dessin, favorise la découverte, l’observation et suggère les premières interrogations; auxquelles une séquence en classe, consacrée à la typologie des monuments et à leur chronologie, permet d’apporter les premières réponses. La seconde journée se déroule sur le site de Locmariaquer, récemment fouillé et restauré, qui abrite dans un périmètre bien défini un très long tertre funéraire, un menhir géant -le plus grand de Bretagne-, brisé en quatre morceaux et couché au sol, et enfin le cairn restauré de la Table des Marchands aux gravures somptueuses. Les élèves peuvent observer à loisir ce qui témoigne d’un chantier de fouilles et en apprécier les méthodes. Ils peuvent également aborder les notions récemment découvertes sur le transport et la mise en place de stèles géantes, leur déchéance puis leur réemploi sur d’autres monuments postérieurs. Ces observations sont prolongées par une séquence en classe, consacrée à un rapport de fouilles, travail ayant pour but de monter la permanence et l’évolution d’un site, de se familiariser avec l’immense travail des archéologues, de vérifier leurs hypothèses ou leurs affirmations, et de mesurer les progrès mais aussi les limites de cette science. Deux demi-journées sont ensuite consacrées au Musée de Préhistoire de Carnac, réputé pour l’exceptionnelle richesse de ses collections mais aussi pour la qualité de leur présentation. Une question s’est alors posée : comment intéresser et guider de jeunes élèves dans ce musée ? Sur quels thèmes ? L’étude adaptée de certaines archives de la bibliothèque du Musée leur permet de retrouver dans les vitrines le mobilier des sépultures et des habitats, d’imaginer de façon plus concrète la vie des constructeurs des mégalithes, leur environnement immédiat, leurs activités, agricoles ou artisanales, la poterie étant particulièrement soignée, originale et abondamment représentée dans certain sites de la région. Une séquence dans l’atelier que le Musée met à la disposition de nos élèves toute l’année leur offre le privilège de manipuler à leur aise de véritables outils préhistoriques en réserve dans les collections, et de retracer ainsi la longue histoire des premiers hommes à travers la permanence d’un outillage en pierre, du chopper à la hache polie. LES ATELIERS DE PRATIQUE ET D’EXPÉRIMENTATION Conçus dans le prolongement des thèmes abordés, ils font appel à des intervenants extérieurs, spécialisés dans l’archéologie expérimentale. L’atelier de tissage Attestée par de nombreuses "fusaïoles" dans les sites de la région, cette activité, qui permet aux élèves de suivre la transformation du matériau brut en matériau achevé, fait appel à la connaissance des plantes et de leurs propriétés de transformation dans un bain de teinture. Ils s’exercent, sur de petits métiers individuels, à la confection de pièces tissées -souvent réussies et colorées. Puis, sur un métier primitif grandeur nature, ils peuvent mesurer combien l’art de tisser se montra très tôt d’une savante complexité. L’atelier de poterie La mise en oeuvre de la technique du "colombin", qui était celle des potiers néolithiques, permet de façonner assez rapidement des objets à la fois utiles et de proportions harmonieuses. La poterie plaît aux jeunes élèves par sa rapidité d’aboutissement, mais aussi pour le contact direct avec l’eau et la terre. Il est tout à fait intéressant de noter les aptitudes et les réussites diverses dans ce domaine, et de constater souvent un renversement des valeurs : tel élève habituellement en difficulté dans le cadre scolaire se réalisera parfaitement dans ce type d’activité et vice-versa. L’atelier de gravure sur granit Le lieu : un terrain disponible attenant au collège. Le support : des dalles de granit, d’un grain assez fin, achetées dans une carrière. L’équipement de protection : gants, lunettes. L’intervenant : un sculpteur sur pierre également peintre, auteur et illustrateur de nombreux ouvrages adaptés à la jeunesse. Les outils : des percuteurs et des burins de quartz tout à fait identiques aux nombreux "dreileauters" d’origine. Intérêt et limites de cet atelier : Il permet, tout comme le précédent, de valoriser certaines aptitudes créatrices, ainsi que certaines qualités de patience, de méthode ou de ténacité. Cet atelier, qui suscite beaucoup d’enthousiasme et fait appel à de laborieux efforts, permet de mesurer pleinement la notion de temps, et de constater que là aussi, elle est essentielle pour toute réalisation d’envergure. Un atelier de transport et de mise en place d’une stèle a aussi été expérimenté. Il a permis de faire prendre conscience aux élèves des notions indispensables d’organisation, de préparation et d’effort collectif. La dernière journée est consacrée pour partie à la visite d’un site particulier : le cairn de l’île de Gavrinis. Outre qu’elle nécessite une sortie en mer très appréciée, cette visite permet de découvrir à proximité des sites qui sont aujourd’hui en partie sous la mer, et partant, d’imaginer une géographie de la Bretagne Sud toute différente il y a 6.000 ans. Ce cairn, qui établit un lien étroit avec celui de Locmariaquer, permet d’aborder à nouveau la question du transport et du réemploi des stèles. De plus, son incomparable richesse d’ornementation permet à nos jeunes "graveurs" de relativiser leur récente expérience, d’apprécier pleinement les difficultés et les réalités, et de mieux admirer un art poussé ici à sa perfection. Pour conclure, le thème des mégalithes est élargi à toute la façade Atlantique dans sa diversité et ses constantes d’architecture, qui traduisent “une communauté de pensée et d’action à l’échelle de l’Europe préhistorique”. LE BILAN – RÉFLEXIONS L’expérience menée sur plusieurs classes, avec des élèves d’âges et de niveaux différents, nous rassure sur la bonne adaptation des jeunes élèves à des thèmes et des concepts assez difficiles. Elle confirme l’intérêt et la curiosité qui grandit par l’approfondissement des connaissances. Enfin, nous espérons que ce type de classe suscite une démarche active, et entraîne l’élève à mieux connaître ses propres ressources et à acquérir son autonomie afin d’assurer sa réussite.